Le devoir, 3 février 2018, Cahier D
[" LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 FÉVRIER 2018 ISTOCK Une bonne proportion des Québécois qui se disent préparés auront de mauvaises surprises une fois rendus à la retraite, soulignent des experts en planification financière.CAHIER SPÉCIAL D Épargne Comment faire fructifier son argent?D 3 Climat Désinvestissement des énergies fossiles D 4 REER Planification et placements J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale «L a bonne performance des marchés boursiers ces dernières années, jumelée à la baisse du chômage et aux faibles taux d\u2019intérêt, rend les Québécois assez optimistes quant à leur situation financière », avance Michel Gariépy, analyste au ser vice de l\u2019éducation financière de l\u2019Autorité des marchés financiers (AMF).Le plus récent indice des investisseurs des Autorités canadiennes en valeurs mobilières (ACVM) montre que plus de la moitié des investisseurs québécois (55 %) ont confiance de réaliser leurs objectifs de placement au cours des 12 prochains mois et encore plus (60 %) d\u2019y parvenir dans les cinq prochaines années.Au Québec, 52 % des gens possèdent de l\u2019épargne ou de l\u2019investissement dans un REER, un FERR ou un autre régime de retraite, selon l\u2019AMF.Les Québécois disent aussi dans une large proportion se préparer à leur retraite.Une étude de l\u2019Institut de la statistique du Québec (ISQ) révèle qu\u2019en 2014, un peu plus de six adultes québécois sur dix affirmaient le faire grâce à un plan d\u2019épargne personnel ou à un régime de pension de l\u2019employeur.Préparés ou rêveurs?Donc, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ?Malheureusement, non.Si l\u2019auto-évaluation des Québécois quant à leur degré de préparation à la retraite se veut optimiste, d\u2019autres indices soulèvent quelques inquiétudes.« Un tiers des Québécois n\u2019ont aucune épargne ni investissement, rappelle Michel Ga- riépy.C\u2019est-à-dire que non seulement ils ne préparent pas leur retraite, mais ils ne disposent même pas d\u2019un fonds d\u2019urgence en cas de coup dur.» Du côté de Retraite Québec, on avance que trois Québécois sur quatre n\u2019ont jamais calculé l\u2019épargne dont ils auront besoin pour leur retraite.Un sur dix n\u2019a même aucune idée de quelle sera sa principale source de revenus à la retraite.« Les gens disent qu\u2019ils épargnent et plusieurs le font, par exemple en contribuant à un REER, explique Nathalie Madore, directrice de la statistique et de l\u2019analyse quantitative de Retraite Québec.Toutefois, ils contribuent souvent de petits montants, pas toujours de manière systématique au fil des ans et surtout, ils restent trop peu nombreux à miser sur un plan réfléchi, avec des objectifs financiers précis.» Autrement dit, une bonne proportion des gens qui se disent préparés auront de mauvaises surprises une fois rendus à la retraite.«Pour les bénéficiaires de régimes de pension à prestations déterminées chez leur employeur, l\u2019impact d\u2019un manque de préparation ne sera peut-être pas dramatique, mais pour tous les autres, les conséquences financières peuvent être lourdes », prévient Angela Iermieri, planificatrice financière et représentante en épargne collective pour Desjardins, cabinet de services financiers.LA PLANIFICATION DE LA RETRAITE AU QUÉBEC Attention aux lunettes roses Les Québécois sont optimistes, mais sont-ils préparés ?VOIR PAGE D 6 : PLANIFICATION R E E R L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 F É V R I E R 2 0 1 8 D 2 IDÉALES POUR VOTRE CELI OU VOTRE REER PLACEZ VOTRE PROJET D\u2019AVENIR EN SÉCURITÉ AVEC NOS OBLIGATIONS À TAUX PROGRESSIF CAPITAL ENTIÈREMENT GARANTI TAUX FIXÉS POUR 10 ANS ENCAISSABLES ANNUELLEMENT Communiquez avec l\u2019un de nos agents d\u2019investissement au du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de février, de 10 h à 16 h.1 800 463-5229 www.epq.gouv.qc.ca JEAN-FRANÇOIS VENNE Collaboration spéciale O n entend depuis longtemps que les fonds de travailleurs constituent une bonne option pour les épargnants se rapprochant de leur retraite.Le Fonds de solidarité de la FTQ est pourtant convaincu d\u2019avoir aussi d\u2019excellents atouts pour séduire les jeunes.« Un crédit d\u2019impôt de 30 % comme celui auquel donne droit le REER du Fonds de solidarité de la FTQ, c\u2019est bon à n\u2019importe quel âge », soutient Denis Leclerc, vice-président principal du marché de l\u2019épargne de l\u2019organisation.Souscrire à un REER du Fonds de solidarité permet de déduire la contribution de son revenu, comme pour tout REER.Cela fait épargner de l\u2019impôt.Mais ce REER donne aussi droit à un crédit d\u2019impôt remboursable de 30%, un atout non négligeable pour les jeunes épargnants, notamment ceux dont les revenus sont peu élevés.Imaginons un instant que vous disposez d\u2019un revenu imposable inférieur à 43 055$ par année.Vous investissez 2000$ dans un REER au Fonds.Grâce à la déduction REER et au crédit d\u2019impôt, cet investissement ne vous coûtera en fait que 849,40 $.Vous aurez économisé 1150,60 $ d\u2019impôt, comparativement à 550,60$ pour un REER ordinaire.«Pour les jeunes qui ont peu d\u2019argent à investir, c\u2019est un réel incitatif pour commencer à épargner plus tôt », croit Denis Leclerc.C\u2019est d\u2019autant plus vrai lorsque l\u2019on opte pour la retenue sur salaire, selon lui, parce que le crédit d\u2019impôt est calculé immédiatement pour chaque prélèvement.Chaque paie baisse donc assez peu.Investir la même contribution de 2000 $ par année en payant toutes les deux semaines coûterait en fait 17,70 $ par paie, alors que le montant investi serait de 41,67 $.Les jeunes pourraient aussi être réceptifs à la facilité de contribuer à un REER du Fonds de solidarité en ligne.Une fois enregistré comme actionnaire, il est possible de faire cette contribution en à peine cinq minutes sur la plateforme du Fonds.Déjà, la moitié des sommes investies dans le REER du Fonds passent par Internet.Commencer tôt Depuis environ cinq ans, plus d\u2019un nouvel actionnaire sur deux du Fonds a 39 ans ou moins et un sur huit a moins de 25 ans.Une bonne nouvelle pour le Fonds, mais aussi pour ces jeunes investisseurs.En ef fet, l \u2019ef fet sur l\u2019épargne accumulée de la longueur de la période d\u2019investissement, laquelle permet de bénéficier des intérêts composés, est souvent sous-estimé par de nombreux épargnants.Le Fonds présente deux exemples aux jeunes.Dans le premier, un actionnaire investit 1000 $ par année dans le Fonds de 20 à 35 ans (donc pendant 16 ans).Dans le second, un autre actionnaire investit aussi 1000 $ par année, mais de l\u2019âge de 35 à 60 ans (soit pendant 26 ans).À 60 ans, le premier aura accumulé 43 370 $, contre 39 710 $ pour le second.C\u2019est donc dire que celui qui a commencé plus tôt aura accumulé 3760 $, tout en ayant contribué au Fonds pendant dix ans de moins ! Denis Leclerc ajoute que plusieurs jeunes sont aussi attirés par la mission du Fonds, qui investit dans des entreprises québécoises souvent novatrices.Il donne l\u2019exemple de l\u2019investissement de trois millions de dollars dans Les Fermes Lufa, annoncé en mars 2017.Les Fermes Lufa cultivent des aliments en ville, par exemple, dans des serres installées sur des toits avec une approche d\u2019agriculture responsable.« Les jeunes apprécient les entreprises conscientes socialement, l\u2019engagement dans la communauté et la création d\u2019emplois locaux, donc nous nous efforçons de leur montrer que cela fait partie intégrante de notre mission », précise le vice-président.Parler le langage des jeunes Pour porter son message auprès des jeunes, le Fonds a dû développer de nouvelles approches marketing et rejoindre les jeunes là où ils sont, c\u2019est-à-dire dans les écoles, cégeps et universités, mais aussi beaucoup sur les médias sociaux.Le Fonds collabore avec des in- fluenceurs très présents sur YouTube, comme Rosalie Lessard et Guillaume Sans Destination.« Nous sor tons de l\u2019approche produit, explique Rachèle Robert, conseillère marketing du marché de l\u2019épargne au Fonds.Il ne s\u2019agit pas de faire simplement la publicité de nos produits auprès des jeunes ou de leur parler de REER, ce qui ne leur parle pas trop.Nous souhaitons plutôt nous faire connaître auprès d\u2019eux, développer des af finités avec eux, notamment en leur fournissant du contenu susceptible de les intéresser.» La conseillère donne l\u2019exemple de deux capsules vidéo.Dans l\u2019une d\u2019elles, Rosalie Lessard, dont la chaîne YouTube est surtout axée sur la nourriture, relève le défi que lui a lancé le Fonds de préparer tous ses lunchs de la semaine avec un budget total de 20 $.Dans une autre, prévue pour mars 2018, Guillaume Sans Destination, un nomade assumé, of frira ses conseils pour passer une journée en voyage avec 20 $.Lorsqu\u2019il est question directement du Fonds, le message est centré sur sa mission économique et aussi beaucoup sur ses valeurs, son rôle dans le développement local.Surtout, ne jamais se montrer moralisateur.« Nous comprenons leur réalité, poursuit Rachèle Robert.Ce n\u2019est pas évident de commencer à épargner quand on est jeune.Nous tentons de les accompagner là-dedans et de les amener à développer cette habitude.» Le Fonds se positionne aussi dans les universités, par exemple, en commanditant le pavillon sportif de l\u2019Université McGill, ce qui permet au Fonds de se faire connaître par une jeune clientèle anglophone, ou encore avec des publicités dans les agendas.Toujours en conservant la même approche ludique.« Nous savons que les jeunes étudiants ont rarement les moyens de contribuer à un REER, mais l\u2019idée est d\u2019augmenter notre notoriété auprès d\u2019eux afin qu\u2019ils pensent à nous lorsqu\u2019ils arriveront sur le marché du travail et voudront commencer à épargner », précise Ra- chèle Robert.Séduire les jeunes investisseurs Épargner tôt comporte son lot d\u2019avantages, dit le Fonds de solidarité de la FTQ ISTOCK Plus d\u2019un nouvel actionnaire sur deux du Fonds a 39 ans ou moins et un sur huit a moins de 25 ans.Plusieurs jeunes sont aussi attirés par la mission du Fonds, qui investit dans des entreprises québécoises souvent novatrices JEAN-FRANÇOIS VENNE Collaboration spéciale C ombien dois-je épargner en vue de ma retraite ?C\u2019est la question que bien des gens se posent et à laquelle il ne s\u2019avère pas toujours aisé de répondre.De manière générale, les professionnels du conseil financier estiment à 10 à 15 % du revenu brut annuel la somme à épargner chaque année en vue de la retraite.Un chiffre à nuancer.Si vous bénéficiez d\u2019un fonds de pension de l\u2019employeur, il faut calculer les contributions à ce fonds dans votre 10 à 15 % et épargner par vous-même la différence.Si vous êtes travailleur autonome, les conseillers seront nombreux à vous suggérer d\u2019épargner jusqu\u2019à 20% de votre revenu brut par année, puisque vous ne bénéficiez d\u2019aucune contribution de l\u2019employeur.Le montant à épargner dépend aussi du type de retraite dont vous rêvez, de l\u2019âge auquel vous souhaitez la prendre, du fait d\u2019être propriétaire ou nom d\u2019une maison, etc.« Cela ne s\u2019improvise pas, prévient le planificateur financier de Brossard André Lacasse.Il faut faire un réel exercice de planification financière de la retraite.Les planificateurs financiers utilisent des logiciels sophistiqués pour jouer avec les chiffres, établir plusieurs scénarios et s\u2019assurer que les prévisions sont solides.» Parce qu\u2019il est facile d\u2019omettre un détail important, André Lacasse donne l\u2019exemple de l\u2019inflation.«Les gens calculent un budget en tenant compte de ce qu\u2019ils auront à payer à la retraite, mais oublient que le coût de la vie augmente en moyenne de 2 à 2,5 % par année, dit-il.Résultat : ils manqueront de fonds.» Imaginons que vous disposez à 60 ans d\u2019assez d\u2019épargne pour avoir un revenu de retraite équivalent à 70% de votre salaire annuel.Avec un taux d\u2019inflation de 2,5%, à 70 ans votre revenu de retraite n\u2019équivaudra plus qu\u2019à 55% de votre salaire, puis à 33% de votre salaire à 90 ans, rappelle l\u2019Autorité des marchés financiers.Vos investissements en pâtiront eux aussi.Si vous investissez 1 000$par année pendant 30 ans, à un taux de rendement de 4%, vous devriez accumuler 58 328$.Mais soumise à un taux d\u2019inflation annuel de 2,5 %, cette somme ne vaudra plus que 37 814 $, soit 35 % de moins.La fortune appartient à ceux qui épargnent tôt S\u2019il y a un conseil qu\u2019André Lacasse voudrait que les gens retiennent, c\u2019est de commencer à épargner tôt, même en débutant avec de petits montants.« Cela fait tellement une grosse dif férence en bout de ligne ! » s\u2019exclame-t-il.Commencer tôt permet de bénéficier de l\u2019intérêt composé.En ef fet, l\u2019intérêt que vous rappor te un placement sur une année est réinvesti.Par exemple, si un placement de 10 000 $ à 2,5 % vous rapporte 250 $ en intérêt, il vaut donc 10 250 $ à la fin de l\u2019année.L\u2019année suivante, le 2,5 % d\u2019intérêt s\u2019applique sur cette somme de 10 250 $, pour un résultat final de 10 506,25 $, et ainsi de suite.Bénéficier de cette force pendant 35 ans plutôt que 20 ans, par exemple, fait une énorme différence.« Beaucoup de gens attendent trop pour commencer à investir », confirme Laurie Therrien, planificatrice financière à la tête de Services financiers Therrien & Alain, à Québec.Elle conseille d\u2019en prendre l\u2019habitude le plus tôt possible, puis d\u2019ajouter les augmentations de salaire au fil des ans, plutôt que de les utiliser pour augmenter son train de vie.À ceux qui croient ne pas avoir assez d\u2019argent pour épargner, elle suggère de consulter un professionnel pour établir un budget.En visualisant bien où l\u2019on dépense notre argent, il est plus facile de dégager des montants à investir.Elle propose aussi de privilégier l\u2019épargne périodique automatisée, par paie ou par mois, plutôt que d\u2019attendre à la fin de l\u2019année pour investir « ce qui reste » à un REER ou à un CELI.Le risque est bien trop grand qu\u2019il ne reste rien ! Si l\u2019investissement se fait automatiquement chaque mois, on apprend à vivre avec un budget un peu moins gros.Dans quoi investir?Opter pour un REER ou un CELI est un autre dilemme des épargnants.Le REER permet de déduire la contribution de son revenu et donc de diminuer l\u2019impôt cette année-là.L\u2019impôt sera payé plus tard, lorsque des sommes seront retirées du REER.Un report particulièrement avantageux si votre taux d\u2019imposition actuel est plus élevé que celui auquel vous serez soumis à la retraite.À l\u2019inverse, si vous payez peu d\u2019impôt ou prévoyez faire face à un taux d\u2019imposition plus élevé à la retraite, le régime devient un peu moins intéressant.Notons que les REER des fonds de travailleurs offrent aussi un crédit d\u2019impôt remboursable de 30% pour le REER du Fonds de solidarité de la FTQ et de 35 % pour Fondactions CSN.Cela réduit de beaucoup les frais d\u2019acquisition d\u2019un REER.Les contributions au CELI ne sont pas déductibles d\u2019impôt, m a i s t o u t e s l e s sommes s\u2019y accumulent à l\u2019abri du fisc.Autrement dit, vous pouvez par la suite retirer autant d\u2019argent que vous voulez du CELI sans payer d\u2019impôt.Ce véhicule est donc plus flexible que le REER.« C\u2019est notamment un bon véhicule pour placer des investissements à long terme axés sur la croissance, car le rendement sera libre d\u2019impôt, ou des investissements plus sécuritaires en vue d\u2019un projet à court ou moyen terme, comme acheter une maison ou démarrer une entreprise, puisque vous pouvez retirer l\u2019argent quand vous le voulez», indique Laurie Therrien.Attention toutefois : la flexibilité du CELI est aussi un piège.Tentant, en effet, d\u2019y piger pour payer la piscine ou le prochain voyage\u2026 Par ailleurs, l \u2019utilisation d\u2019un REER et d\u2019un CELI ensemble peut of frir une certaine flexibilité fiscale, ajoute André Lacasse.Par exemple, un retraité souhaitant obtenir 40 000 $ de revenu par année pourrait retirer 20 000 $ de son REER puis 20 000 $ de son C E L I .C o m m e s e u l s l e s 20 000 $ provenant du REER seront imposables, il paiera au final peu ou pas d\u2019impôt.Reste à savoir quoi investir dans un REER ou un CELI.De manière très générale, les produits financiers se partagent entre ceux qui génèrent plus de rendement à long terme, mais présentent plus de risque (comme les actions), et les titres à revenus fixes, plus sécuritaires, mais moins profitables à long terme (comme les certificats de placement garanti ou les obligations).Les investisseurs doivent acquérir les deux, dans des proportions convenant à leurs objectifs financiers, à leur horizon de placement et à leur tolérance au risque.La manière traditionnelle d\u2019approcher cette répartition consiste à dire que plus un épargnant se trouve loin de l\u2019âge de la retraite, plus il devrait choisir des produits axés sur la croissance.Si le marché baisse pendant un temps et que ses placements perdent de la valeur, il aura le temps de se refaire.Plus il approche de la retraite, plus il devrait miser sur des produits sécuritaires.« Cette équation tient moins bien la route de nos jours en raison de l\u2019allongement de la vie, prévient André La- casse.Les réserves devront durer trente ou même quarante ans.Il faut donc continuer à chercher de la croissance plus longtemps.» Il met en garde aussi contre une mauvaise compréhension de la notion de risque.« Bien des gens choisissent des placements très sécuritaires, comme des certificats de placement garanti [CPG], en se croyant à l\u2019abri du risque, illustre-t-il.Mais si votre CPG vous of fre 0,8 % par année de rendement et que l\u2019inflation est à 2%, vous vous appauvrissez chaque année.Ça aussi, c\u2019est un risque.» Il conclut en rappelant que la pire erreur à faire est de ne pas avoir de plan précis.La planification de la retraite exige un plus gros ef for t qu\u2019une simple contribution annuelle à un REER.Un épargnant averti en vaut deux ! R E E R L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 F É V R I E R 2 0 1 8 D 3 ISTOCK La planification de la retraite exige un plus gros effort qu\u2019une simple contribution annuelle à un REER.« « J\u2019investis dans le REER sans pétrolière de la Caisse d\u2019économie solidaire 1 877 647-1527 caissesolidaire.coop Karel Mayrand, écologiste Contactez-nous avant le 1er mars Comment faire fructifier son argent?Épargner pour la retraite exige d\u2019avoir un plan Opter pour un REER ou un CELI est un autre dilemme des épargnants Que penser du RVER ?Le Régime volontaire d\u2019épargne-retraite (RVER) est un régime offert par l\u2019employeur.Ce dernier n\u2019est pas obligé d\u2019y cotiser et les employés peuvent s\u2019en retirer.André Lacasse et Laurie Therrien sont unanimes: si l\u2019employeur cotise, ne serait- ce que 1%, sautez sur l\u2019occasion.À l\u2019inverse, s\u2019il ne cotise pas, le RVER perd beaucoup de son intérêt.«Le RVER vous limite à un nombre très restreint de portefeuilles et à un seul gestionnaire, alors que si vous investissez auprès d\u2019un planificateur financier ou d\u2019une institution financière vous aurez un accès à un plus large éventail de produits financiers de qualité et à des conseils financiers», avance André Lacasse.Ne pas oublier le REEE Le Régime enregistré d\u2019épargne-étude (REEE) est le grand oublié des régimes d\u2019épargne enregistrés.Pourtant, il présente plusieurs avantages, dont les généreuses subventions fédérales et provinciales.Le gouvernement canadien ajoutera dans votre REEE l\u2019équivalent de 20% de votre cotisation (et jusqu\u2019à 40% de la première tranche de 500$), pour un maximum de 600$ par année.Québec ajoute 10% de la somme cotisée, jusqu\u2019à concurrence de 250$ et pour certains une subvention additionnelle (droits accumulés dans les années précédentes) d\u2019un maximum de 250$.«Choisissez un REEE familial, car il permet de transférer des montants entre les enfants, et commencez dès la naissance», conseille Laurie Therrien.Notez que le REEE peut aussi être ouvert par un parent ou un ami. R E E R L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 F É V R I E R 2 0 1 8 D 4 E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale É tonné de voir dans le por tefeuille d\u2019un fonds dit éthique, voire environnemental, le nom d\u2019entreprises comme Suncor ou En- bridge ?L\u2019investissement responsable ne se résume pas au désinvestissement des énergies fossiles.Dans certains cas, le fonds sélectionne les entreprises avec le meilleur bilan environnemental dans chacun des secteurs, sans mettre une croix sur celui des énergies fossiles.Le fonds peut aussi réaliser de l\u2019engagement ac- tionnarial.Cette stratégie vise à investir dans des entreprises, comme des pétrolières, pour ensuite utiliser son pouvoir d\u2019actionnaire pour inciter la société cotée en Bourse à adopter des pratiques plus soucieuses des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance.«Il ne faut pas seulement avoir une approche où on évite certaines entreprises et certains secteurs, a dit lors de l\u2019atelier de désinvestissement du 25 janvier dernier François Meloche, directeur de l\u2019engagement chez Aequo, une firme de services d\u2019engagement actionnarial pour les grands investisseurs.Il faut aussi avoir une approche où on fait de l\u2019engagement et où on essaie de changer les entreprises.Je pense que c\u2019est deux approches qui peuvent se compléter.» Dans le domaine des énergies fossiles, l\u2019engagement actionnarial cherche souvent à s\u2019assurer que les entreprises adoptent des stratégies qui prennent en compte la transition énergétique et les changements climatiques.La discussion se fait avec les sociétés d\u2019exploitation des combustibles fossiles, mais aussi celles qui ont des activités diversifiées.M.Meloche a notamment évoqué que des entreprises d\u2019électricité aux États-Unis réorientent leur structure pour réduire leur recours aux énergies fossiles.C\u2019est le cas d\u2019American Electric Power (AEP), qui a réitéré publiquement, depuis l\u2019élection de Donald Trump, vouloir se délester du charbon pour trouver d\u2019autres sources d\u2019énergie.« On désinvestit des industries fossiles, mais il y a d\u2019autres secteurs qui sont énergivores.Toute l\u2019économie est exposée d\u2019une façon ou d\u2019une autre », a-t-il rappelé.Les industries du plastique, de l\u2019automobile et des détaillants \u2014 comme Alimentation Couche-Tard, qui tire une grande part de ses revenus de la vente d\u2019essence \u2014 en sont des exemples.Les grands investisseurs ont plus de poids dans leur engagement actionnarial, surtout s\u2019ils ont un nombre élevé d\u2019actions dans une compagnie qui leur permet d\u2019orienter l\u2019ordre du jour.Pour les particuliers, il devient plus difficile d\u2019avoir une voix sur les enjeux et la reddition de comptes, mais il est possible d\u2019investir dans des fonds qui réalisent cette pratique.Investir dans les pétrolières pour les changer Alors que de grands investisseurs retirent leurs sous du secteur des énergies fossiles, des particuliers souhaitent leur emboîter le pas avec leur REER.Quelques institutions financières commencent à répondre à cette demande.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale Lorsque l\u2019idée d\u2019organiser des ateliers de désinvestissement des énergies fossiles a émergé, Karel Mayrand, directeur général pour le Québec à la Fondation David Suzuki et un des instigateurs du mouvement Élan global, rêvait de voir des files d\u2019attente monstres, un peu à l\u2019image de celle qui se formait devant les stations d\u2019essence lors des différentes crises pétrolières.«La réalité, c\u2019est que c\u2019est long de désinvestir et de s\u2019asseoir pour en parler avec son conseiller financier», a-t-il reconnu lors de l\u2019un de ces ateliers organisés à la Maison du développement durable, le 25 janvier dernier.C\u2019est la deuxième année que le mouvement Élan global et la Caisse d\u2019économie solidaire organisent de tels événements pour le grand public durant la saison des REER.Si personne n\u2019était refoulé du hall de l\u2019établissement, plusieurs dizaines de curieux avaient laissé peu de chaises vides devant la table ronde que M.Mayrand animait sur le sujet.Après la séance, les questions fusaient.Les conférenciers et les planificateurs financiers de la Caisse d\u2019économie solidaire, sur place pour l\u2019occasion, étaient sans cesse sollicités par des demandes souvent très concrètes sur les moyens de conjuguer les finances personnelles à des principes écologiques.« Ce n\u2019est pas encore le grand engouement, mais il y a un segment de marché, qui n\u2019est pas nécessairement composé de militants radicaux, mais de gens qui sont préoccupés par leur retraite et qui se posent des questions à propos d\u2019où va leur argent », a observé Karel Mayrand en entrevue avec Le Devoir après l\u2019événement.Le vent tourne Lorsque la Fondation David Suzuki a souhaité désinvestir son fonds de dotation des énergies fossiles en 2010, elle a été confrontée à l\u2019absence de produits pouvant répondre à ses désirs et a lancé un appel d\u2019offres.Le gestionnaire Genus Capital, installé à Vancouver, l\u2019a remporté en lui concoctant un portefeuille sur mesure.Une fois le produit financier développé, Genus Capital a décidé de l\u2019offrir aux particuliers, moyennant en revanche un investissement minimum de 50 000$.« On était assez fréquemment sollicités par des gens qui disaient : \u201cQu\u2019est-ce qu\u2019on peut faire avec nos REER ?\u201d C\u2019était dif ficile.On n\u2019avait pas nécessairement d\u2019option à leur proposer », s\u2019est rappelé M.Mayrand.Mais ce genre de produits financiers tend tranquillement à se démocratiser, alors que des campagnes appelant au désinvestissement des énergies fossiles ont commencé à susciter un éveil sur la question.Promu notamment par l\u2019organisme 350.org, ce message a convaincu plusieurs investisseurs institutionnels.En février 2017, l\u2019Université Laval est devenue le premier établissement supérieur du pays à retirer les investissements de son fonds de dotation des énergies fossiles.Ailleurs, la Ville de New York a réalisé un immense coup d\u2019éclat le mois dernier en annonçant que 5 milliards d\u2019actifs dans le portefeuille du fonds de retraite des employés municipaux seraient retirés du secteur des énergies fossiles.Mais au-delà des grands investisseurs, comment les particuliers peuvent-ils participer à ce mouvement par la voix de leurs sous?La réponse de la Caisse d\u2019économie solidaire Élan global s\u2019est associé avec la Caisse d\u2019économie solidaire pour faire la promotion, durant la saison des REER 2017, de son Placement à rendement social.« On voulait \u201cchallenger\u201d les gens, a expliqué en entrevue Luc Rabouin, directeur du développement des stratégies à la Caisse d\u2019économie solidaire.Il y en a beaucoup qui demandent [au Mouvement] Desjardins et aux autres de désinvestir.Mais eux, est-ce qu\u2019ils le font ?On arrive avec une option si les gens veulent vraiment le faire.» En soi, ce produit financier n\u2019avait rien de nouveau : la Caisse d\u2019économie solidaire offrait depuis longtemps à ses membres ce placement avec capital garanti, dont les sommes servent ensuite à financer des entreprises québécoises collectives et d\u2019économie sociale.Par sa nature, il était d\u2019office libre de tout investissement dans le secteur des énergies fossiles.La nouvelle étiquette « sans pétrolières » et la campagne d\u2019éducation qui l\u2019accompagnait visaient à souligner clairement que cette solution existait.Le déclencheur: l\u2019adoption en décembre 2016 par le gouvernement du Québec du projet de loi 106, qui ouvrait la porte à la fracturation hydraulique et à l\u2019expropriation de terrains par les compagnies pétrolières.«C\u2019était une façon de s\u2019allier avec une mobilisation citoyenne et des groupes écologistes, qu\u2019on a parmi nos membres, et de montrer notre soutien», a souligné Luc Rabouin.Le message semble avoir été entendu.«L\u2019année dernière, la période où l\u2019on a eu le plus de nouveaux membres, c\u2019est en janvier et février», a-t-il noté.Avec plus d\u2019une centaine de nouveaux comptes au premier trimestre 2017, la Caisse d\u2019économie solidaire en a ouvert plus du double par rapport au premier trimestre 2016.Un constat révélateur, puisqu\u2019il faut absolument être membre de la Caisse d\u2019économie solidaire pour avoir un REER dans un Placement à rendement social, ce produit n\u2019étant pas offert dans les autres caisses du Mouvement Desjardins.D\u2019autres propositions «C\u2019est fondamental, l\u2019éducation des citoyens à cette question, a soulevé Karel Mayrand pour justifier la démarche.Il y a de plus en plus d\u2019institutions financières qui ont des fonds sans pétrole ou sans combustibles fossiles, mais elles ne font pas de campagne de publicité pour les vendre.» En 2016, quelques fonds sans investissement dans les compagnies pétrolières, admissibles pour les REER, ont vu le jour.C\u2019est le cas du Fonds Zéro combustible fossile proposé par BMO, qui exclut de ses titres les émetteurs dont les activités principales résident dans la valorisation des combustibles fossiles ou des infrastructures qui y sont liées, comme les entreprises d\u2019exploration, de traitement, de raffinage ou de distribution de charbon, de pétrole ou de gaz.La même année, Desjardins a aussi lancé trois nouveaux fonds admissibles au REER dans lesquels on ne trouve aucun titre de compagnies pétrolières.Le Fonds Desjardins SociéTerre Technologies propres investit dans des titres liés aux énergies renouvelables, mais aussi à l\u2019efficacité énergétique et au traitement et à la gestion de l\u2019eau.«C\u2019est une stratégie qui existe depuis une quinzaine d\u2019années chez le gestionnaire qu\u2019on a sélectionné pour lancer ce fonds ici», souligne Denis Dion, chef de produit investissement responsable chez Desjardins gestion de patrimoine.La firme Impax Asset Management, basée au Royaume-Uni, a obtenu un rendement annualisé qui dépasse les 10% avec cette stratégie.Beaucoup moins volatil, le Fonds Desjardins SociéTerre Obligations environnementales investit dans des obligations vertes émises à travers le monde par des gouvernements et des sociétés pour financer des projets de transition énergétique, comme celles que le gouvernement du Québec a émises en février 2017 pour l\u2019achat de trains Azur et d\u2019autobus hybrides par la Société des transports de Montréal.Ce fonds peut aussi investir dans des obligations vertes émises par une entreprise privée comme Apple, par exemple, pour financer des projets visant à rendre ses téléphones ou ses centres de données moins énergivores.Un suivi est ensuite effectué annuellement par le gestionnaire Mirova pour s\u2019assurer que l\u2019argent a réellement été investi dans le projet en question.Le Fonds Desjardins SociéTerre Actions américaines ne possède pas non plus de titre dans des sociétés du secteur de l\u2019énergie.« Le gestionnaire de ce fonds [ClearBridge Investment] ne voit pas, à court ou moyen terme, d\u2019occasions d\u2019investir dans ce secteur, précise Denis Dion.Il n\u2019y en a pas aujourd\u2019hui, mais je ne peux pas vous faire la promesse que dans cinq ans il n\u2019y en aura pas, parce que ce n\u2019est pas un fonds où l\u2019on a mis un filtre d\u2019exclusion.» L\u2019exception canadienne Les autres Fonds Desjardins SociéTerre ont recours à une approche d\u2019investissement responsable, qui passe notamment par un engagement actionnarial (voir autre texte).On peut en revanche y trouver des titres associés aux énergies fossiles, comme dans le Fonds Desjardins SociéTerre Actions canadiennes, dont plus de 12 % des actifs sont liés au secteur de l\u2019énergie.La plupart des produits financiers exempts d\u2019énergies fossiles étendent leurs investissements à l\u2019échelle de la planète.Pour les fonds se limitant à l\u2019économie canadienne, les choses se corsent.La raison ?Le poids du secteur des énergies fossiles dans le marché boursier au pays : 19 % des actifs associés à l\u2019indice boursier S&P/TSX sont associés au secteur de l\u2019énergie.«C\u2019est pour ça que, lorsqu\u2019on voit des fonds de placement sans énergies fossiles, ce sont souvent des fonds d\u2019actions mondiales, indique Denis Dion.C\u2019est plus facile d\u2019exclure 6 % de mon champ d\u2019investissement que d\u2019en exclure le cinquième.» Temps de transition Pour l\u2019ensemble de l\u2019offre SociéTerre, l\u2019approche consiste à investir dans la perspective d\u2019une transition énergétique, qui devrait s\u2019étaler, selon M.Dion, sur 10 ou 20 ans.«Les investisseurs dans les REER sont préoccupés, prêts à apporter leur contribution, mais pas au détriment de rendements pour leur épargne retraite.Il faut trouver le juste équilibre », dit-il.Karel Mayrand, de son côté, ne serait pas étonné de voir une «bulle carbone » éclater durant la prochaine décennie, qui ferait s\u2019effondrer les cours des compagnies pétrolières.« Il y a des risques importants à prendre la décision de ne pas désinvestir », a-t-il lancé lors de l\u2019atelier de désinvestissement.« Le point d\u2019interrogation, c\u2019est le pétrole.Je ne vois pas, avec les technologies qui s\u2019en viennent, comment le pétrole pourra maintenir son monopole dans le transport, a-t-il précisé en entrevue.Le jour où le moteur à combustion sera abandonné, ça va tomber très vite.» Désinvestissement des énergies fossiles On peut désormais conjuguer finances personnelles et principes écologiques SYLVIANE ROBINI La Maison du développement durable a récemment organisé un atelier sur le désinvestissement des énergies fossiles.Quelques produits financiers sans pétrole admissibles au REER Placement à rendement social Institution: Caisse d\u2019économie solidaire Desjardins (non disponible dans les autres caisses Desjardins).Où va l\u2019argent?Dans des entreprises québécoises d\u2019économie sociale, des organismes sans but lucratif, des coopératives d\u2019habitation, des coopératives funéraires.Placement minimal : 500 $ ou 1000 $ selon le régime.Montant subséquent: pas d\u2019obligation.Niveau de risque: placement avec capital garanti.Fonds Zéro combustible fossile Institution: BMO.Où va l\u2019argent?Dans des titres à travers le monde, excluant ceux dont les activités principales résident dans la valorisation des combustibles fossiles.Placement minimal: 500 $.Montant subséquent: 50 $.Niveau de risque: moyen.Fonds SociéTerre Technologies propres Institution: Desjardins.Où va l\u2019argent?Dans des titres à travers le monde liés aux technologies propres, notamment les énergies renouvelables, l\u2019efficacité énergétique et le traitement de l\u2019eau.Placement minimal: 1000 $.Montant subséquent: 25 $.Niveau de risque: moyen-élevé.Fonds SociéTerre Obligations environnementales Institution: Desjardins.Où va l\u2019argent?Dans des obligations vertes émises à travers le monde par des gouvernements ou des sociétés pour financer des projets de transition énergétique.Placement minimal: 1000 $.Montant subséquent: 25 $.Niveau de risque: faible. R E E R L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 F É V R I E R 2 0 1 8 D 5 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.La valeur et le rendement des actions de Fondaction fluctuent, le passé n\u2019est pas indicatif du futur.Avant d\u2019investir, pour plus d\u2019information notamment sur les frais, veuillez consulter le prospectus à fondaction.com.*Valide jusqu\u2019au 31 mai 2018.Cotisez maintenant ! fondaction.com 1 800 253-6665 Pourquoi investir son épargne dans un REER offert par Fondaction de la CSN?Il y a évidemment les déductions et crédits d\u2019impôt consentis par les deux ordres de gouvernement qui sont plus généreux pour les REER des fonds de travailleurs que pour les REER traditionnels.Et pour l\u2019épargnant soucieux d\u2019environnement et de développement durable, il est réconfortant de savoir que le développement durable est au cœur de la stratégie d\u2019investissement de Fondac- tion, et ce, depuis sa création en 1986.P I E R R E V A L L É E Collaboration spéciale P our s\u2019en convaincre, on n\u2019a qu\u2019à jeter un coup d\u2019œil sur les entreprises québécoises dans lesquelles Fondaction a investi.On constate alors rapidement qu\u2019un fort pourcentage d\u2019entre elles est constitué soit de coopératives ou d\u2019entreprises d\u2019économie sociale, soit d\u2019entreprises privées qui œuvrent dans des secteurs liés à l\u2019environnement et au développement durable ou qui ont des pratiques respectueuses en la matière.De plus, si l\u2019aspect financier d\u2019un investissement ou d\u2019un placement demeure, la stratégie financière de Fondaction est assujettie aux critères ESG (environnement, social et gouvernance) ainsi qu\u2019aux exigences des PRI (principles for responsible investment), dont Fondaction est signataire.« On n\u2019a qu\u2019à donner comme exemple nos sous-secteurs d\u2019investissement, rappelle Léo- pold Beaulieu, président et directeur général de Fondaction.Nous sommes présents dans l\u2019électrification des transports, dans le bioraffi- nage, dans l\u2019énergie éolienne, dans la valorisation de la biomasse, pour ne nommer que ceux- là.De plus, depuis quelques années, l\u2019angle des changements climatiques prend de l\u2019importance dans notre stratégie d\u2019investissement.» À preuve, la création, l\u2019an dernier, en partenariat avec Coop Carbone, du Fonds Islandis.Ce fonds d\u2019investissement, doté d\u2019un actif de 20 millions de dollars, est entièrement consacré au financement de projet de réduction de GES.« La beauté du Fonds Islandis, souligne Léo- pold Beaulieu, est que le remboursement de l\u2019investissement ne se fait pas en argent, mais plutôt en crédits carbone.Ces crédits carbone sont ensuite revendus au Québec, ce qui vient renforcer le marché du carbone québécois.» Obligations vertes La loi sur les fonds de travailleurs stipule que ces derniers ne peuvent pas investir directement dans des entreprises plus que 60% de l\u2019actif total du fonds, le 40% restant devant être placé dans les marchés traditionnels, tels le marché boursier, le marché obligataire et le marché monétaire.Conformément à son engagement à soutenir le développement durable, Fondaction a récemment fait l\u2019acquisition d\u2019obligations vertes.Tout comme les obligations traditionnelles, les obligations vertes sont émises par les gouvernements, les organismes gouvernementaux et les entreprises privées.Mais contrairement à elles, les émetteurs d\u2019obligations vertes doivent spécifier dans le contrat de souscription l\u2019usage qui sera fait de l\u2019argent ainsi emprunté.À titre d\u2019exemple, les obligations vertes émises par le gouvernement du Québec peuvent financer des projets uniquement dans les secteurs suivants : transport public, efficacité énergétique, énergies renouvelables, gestion durable des déchets, aménagement durable du territoire, gestion de l\u2019eau et assainissement des eaux, gestion forestière, agricole et des terres et, finalement, adaptation au climat et résilience.« Nous avons confié l\u2019achat des obligations vertes à deux gestionnaires de portefeuille obligataire, l\u2019un qui œuvre sur le marché québécois, l\u2019autre sur le marché international, explique Léopold Beaulieu.On exige de ces deux gestionnaires qu\u2019il fasse un suivi des obligations vertes de sorte à s\u2019assurer que celles-ci soient toujours conformes au contrat de souscription.Avec l\u2019achat de près de 70 millions de dollars en obligations vertes, elles constituent aujourd\u2019hui la part du lion de notre portefeuille obligataire.» Un projet d\u2019investissement concret La société en commandite Biomont est un bon exemple du type d\u2019entreprise dans laquelle investit Fondaction.Il s\u2019agit d\u2019une usine de cogé- nération d\u2019énergie située au Complexe environnemental Saint-Michel.Biomont utilise le méthane qui s\u2019échappe de l\u2019ancien site d\u2019enfouissement comme combustible pour alimenter trois génératrices produisant 4,8 MW d\u2019électricité, soit l\u2019équivalent de la consommation en électricité d\u2019environ 2000 foyers.L\u2019électricité ainsi produite est vendue à Hydro-Québec.De plus, un système de récupération de la chaleur produite par les génératrices sert à alimenter le système de chauffage à eau chaude du siège social du Cirque du Soleil et de la Tohu.La société Bio- mont compte aussi deux autres investisseurs, soit Éolectric Capital, le fonds d\u2019investissement de la compagnie québécoise Éolectric, qui œu- vre dans le domaine de l\u2019énergie éolienne, et VA- LECO, une entreprise française œuvrant dans les énergies renouvelables, dont Biomont est le premier projet en sol nord-américain.Quelques chiffres sur Fondaction Aujourd\u2019hui, Fondaction a sous gestion un actif net de 1,8 milliard de dollars, soit une augmentation de 5,9% par rapport au 31 mai 2017.De cet actif total, 1,2 milliard de dollars sont directement investis dans des entreprises québécoises.Fondac- tion compte à ce jour 138 000 actionnaires et est présent dans 2400 lieux de travail, ce qui permet de cotiser à un REER de Fondaction par l\u2019intermédiaire d\u2019un prélèvement régulier sur le salaire.La valeur de l\u2019action de Fondaction s\u2019établit au- jourd\u2019hui à 11,81$.Le taux de rendement à l\u2019actionnaire pour les douze derniers mois est de 8,1%.«Il s\u2019agit du taux de rendement effectif, tient à préciser Léopold Beaulieu.Ce taux de 8,1% ne tient pas compte des déductions et des crédits d\u2019impôt dont bénéficie l\u2019actionnaire de Fondaction.» Un REER éco-responsable Fondaction permet un investissement en développement durable VALERO ÉNERGIE QUÉBEC Biomont est un bon exemple du type d\u2019entreprise dans lequel investit Fondaction. R E E R L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 F É V R I E R 2 0 1 8 D 6 C\u2019EST UN REER+ DE 1 000 $ POUR 12,65 $* PAR PAIE *Exemple basé sur l\u2019année d\u2019imposition 2017, pour une personne avec un revenu annuel imposable de 50 000 $, ayant un taux d\u2019imposition marginal de 37,1 %, recevant 26 paies par année, dont les versements tiennent compte des économies d\u2019impôt immédiates sur la paie.Les montants calculés sont des estimations qui peuvent varier selon votre situation ?scale.Veuillez lire le prospectus avant d\u2019acheter des actions du Fonds de solidarité FTQ.Vous pouvez vous procurer un exemplaire du prospectus sur le site Web fondsftq.com, auprès d\u2019un responsable local ou aux bureaux du Fonds de solidarité FTQ.Les actions du Fonds de solidarité FTQ ne sont pas garanties, leur valeur ?uctue et leur rendement passé n\u2019est pas indicatif de leur rendement dans l\u2019avenir.Les crédits d\u2019impôt accordés aux actionnaires du Fonds de solidarité FTQ sont de 15 % au Québec et de 15 % au fédéral.Ils sont limités à 1 500 $ par année ?scale, ce qui correspond à l\u2019achat d\u2019actions du Fonds de solidarité FTQ d\u2019un montant de 5 000 $.J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale D e nombreuses innovations technologiques offrent de nouvelles avenues pour investir, épargner, gérer son argent ou entrer en contact avec son conseiller ou son institution financière.Les investisseurs se laisseront-ils tenter?La technologie financière, communément appelée fintech, a le vent dans les voiles, et la bourrasque est mondiale.Après une année record en 2015 (près de 60 milliards $CAN), puis une accalmie en 2016 (30 milliards $CAN), les investissements dans la technologie financière sont repartis à la hausse selon KPMG, avec 10 milliards de dollars canadiens d\u2019investissement au seul 2e trimestre de 2017.Les consommateurs sem- b l e n t p r ê t s à s u i v r e .L a moyenne mondiale d\u2019adoption est de 33%, déjà deux fois plus qu\u2019en 2015, selon un récent rapport d\u2019EY.La Chine et l\u2019Inde sont les grands meneurs, avec respectivement 69% et 52% de taux d\u2019adoption, suivis du Royaume-Uni (42 %).Le Canada est loin derrière, à 18%.De nouvelles habitudes Certains services sont rapidement passés dans les mœurs, comme le transfert d\u2019argent et les paiements en ligne, lesquels représentent 41% de l\u2019utilisation de la technologie financière, toujours selon EY.L\u2019épargne et l\u2019investissement comptent pour 12% de cette activité, contre 5% pour la planification financière.Plusieurs grandes institutions financières et de nombreux entrepreneurs sont à pied d\u2019œuvre pour augmenter la place des nouvelles technologies dans l\u2019épargne et l\u2019investissement.Depuis plusieurs années déjà, il est possible d\u2019investir soit même à la Bourse en passant par des plateformes de courtiers à escomptes en ligne tels Disnat (Desjardins), Banque Nationale Courtage direct et autres Questrade.Le financement participatif en capital a aussi fait son apparition.Les investisseurs peuvent financer en ligne des entreprises en échange de créances (prêts, obligations) ou de titres (actions).L\u2019Autorité des marchés financiers permet aux entreprises en démarrage de mener deux campagnes annuelles pour ré- c o l t e r u n m a x i m u m d e 500 000 $, chaque individu ne pouvant avancer que 1500$.Des entreprises déjà établies peuvent récolter jusqu\u2019à 1 500 000$ par année, avec un maximum de 2500$ par individu.Ainsi, les petits investisseurs ont désormais accès à des occasions d\u2019investissement autrefois réservées aux gens fortunés.«Les fintechs rendent l\u2019investissement beaucoup plus simple, mais aussi beaucoup plus accessible», constate Philip Barrar, p.- d.g.de Mylo.Sa propre entreprise en démarrage, Mylo, offre une manière originale d\u2019épargner et d\u2019investir.Le consommateur jumelle l\u2019application Mylo à une carte de crédit ou de débit.L\u2019application arrondit automatiquement chaque dépense, puis investit la différence dans des portefeuilles de fonds négociés en Bourse (FNB) contre un frais fixe de 1$ par mois.Il est aussi possible de faire des versements mensuels ou occasionnels.La moyenne des utilisateurs de Mylo est de 29 ans.L\u2019argent investi dans des comptes non enregistrés (donc pas de REER ou de CELI pour l\u2019instant) est géré par Tactex Asset Management, dont Mylo a fait l\u2019acquisition en juin 2017.Mylo permet d\u2019ouvrir plusieurs portefeuilles en fonction d\u2019objectifs différents, comme la retraite, l\u2019achat d\u2019une maison ou un retour aux études.«Le choix des titres et la gestion du portefeuille seront adaptés à ces objectifs», explique Philip Barrar.Des robots très humains Comme technologie financière, le conseiller-robot est probablement le plus connu.Le terme fait pourtant grincer des dents An Tran, directrice de Wealthsimple au Québec.« Nous ne nous présentons jamais comme un conseiller- robot, proteste-t-elle.Nous avons une plateforme technologique pour rendre l\u2019investissement plus simple et accessible à tous, mais l\u2019argent est géré par des humains, desquels les clients peuvent aussi obtenir des conseils de vive voix.» Les 25 à 45 ans se montrent les plus attirés vers Wealthsim- ple.Normal.Selon l\u2019indice des Autorités canadiennes en valeurs mobilières, un quart des 18-34 ans connaît les conseil- lers-robots, et près d\u2019un sur cinq les utilise, des proportions plus de deux fois supérieures aux moyennes canadiennes.Par l\u2019application Wealthsim- ple ou leur site Web, on peut ouvrir un compte et commencer à investir en moins de sept minutes, selon An Tran.Il suffit d\u2019établir un profil d\u2019investisseur pour se voir proposer un portefeuille composé de quelques FNB offrant une diversification appréciable, que l\u2019on peut choisir de placer dans un REER.L\u2019investisseur paiera au total entre 0,6 % et 0,7 % de frais, en fonction de l\u2019importance de son actif.Les premiers 5000$ sont gérés gratuitement.Mais que se passe-t-il si on a besoin de conseils?«Nous offrons du conseil sur demande, soit par courriel ou téléphone, répond An Tran.Nous faisons aussi beaucoup d\u2019éducation financière en envoyant des messages à nos clients, pour les rassurer lorsque les Britanniques décident de quitter l\u2019Union européenne ou que les Américains jettent leur dévolu sur Donald Trump ou pour démystifier des notions financières.» Les grandes banques s\u2019y mettent Les grandes banques canadiennes ne se laissent pas damer le pion et lancent elles aussi de nouveaux outils, comme le Portefeuille futé, à la BMO, une solution bâtie sur le modèle du conseiller-robot.On pourrait croire la formule taillée sur mesure pour les jeunes, mais elle attire en fait une clientèle diverse.« Oui, les jeunes la trouvent intéressante, mais les gens dans la quarantaine très occupés avec le travail et les enfants aiment son côté rapide et pratique, et les personnes âgées sont nombreuses à apprécier de ne pas devoir se déplacer vers une succursale », explique Sabrina Della Fazia, directrice générale pour l\u2019est du Canada de BMO Gestion de patrimoine et BMO Ligne d\u2019action.Bien sûr, les clients sont aussi attirés par une économie du côté des frais.À un maximum de 0,7 %, ils sont bien inférieurs aux 2 % que peut coû- ter un fonds commun de placement pris en succursale.Toutefois, les « por tefeuilles futés » sont composés de FNB.Les clients peuvent choisir en- t r e c i n q p o r t e f e u i l l e s , construits en fonction de divers niveaux de risque et objectifs de rendement.Présentement, tous les FNB offerts sont des produits de BMO, le deuxième manufacturier de FNB en impor tance au Canada derrière iShare.Sabrina Della Fazia aussi est rébarbative quant à l\u2019emploi du terme « conseiller-robot ».« Il n\u2019y a pas de robot chez les conseillers-robots, nuance-t- elle.Ce sont les mêmes humains qui gèrent ces fonds que les fonds communs de placement, avec des méthodologies similaires.» L\u2019investissement au bout des doigts La fintech a le vent dans les voiles, et la bourrasque est mondiale ISTOCK On pourrait croire la formule taillée sur mesure pour les jeunes, mais elle attire en fait une clientèle diverse.Savoir demander de l\u2019aide Selon Angela Iermieri, il ne s\u2019agit pas pour tous les Québécois de devenir des spécialistes des finances et de se fignoler un plan d\u2019épargne- retraite à toute épreuve, mais plutôt de prendre conscience de leur besoin de consulter pour obtenir ce plan, plutôt que d\u2019épargner à l\u2019aveugle.« C\u2019est vrai que ce n\u2019est pas simple de construire un plan de retraite, admet-elle.Il faut tenir compte de la fiscalité, de l\u2019inflation, choisir les bons véhicules de placement et les investissements judicieux, ou encore estimer ses besoins à la retraite sur une longue période.Le résultat di f férera pour chaque individu.Cette opérat ion do i t idéa lement se f a i r e avec une ressource professionnelle.» Elle insiste toutefois pour dire qu\u2019il ne s\u2019agit pas non plus de larguer la responsabilité sur les épaules d\u2019un conseiller, puis d e s \u2019 e n l a v e r l e s mains.Il faut s\u2019in- for]mer afin d\u2019avoir des notions de base.Cela permettra de p o s e r l e s b o n n e s questions au profess i o n n e l e t a u s s i d\u2019avoir une idée plus claire de ses perspectives financières.« La sécurité financière est un gros stress pour beaucoup de gens et détenir plus de connaissances aide à le diminuer », croit Angela Iermieri.Selon les ACVM, 55 % des Canadiens ayant recours à des professionnels du conseil financier comptent sur un plan précis, contre seulement 18 % des autres.Or, ajoute Camille Beaudoin, directeur de l\u2019éducation financière à l\u2019AMF, les gens qui consultent un tel professionnel adoptent au minimum un bon comportement financier de plus que ceux qui ne le font pas (sur la quarantaine que surveille l\u2019Autorité dans son indice annuel).Le recours à un spécialiste permet aussi d\u2019éviter de sous- estimer ou oublier des facteurs dont l\u2019incidence sera cruciale sur notre santé financière à la retraite ou encore de commettre des bourdes regrettables.« Les gens omettent très souvent de calculer l\u2019inflation dans leur plan de retraite, illustre Nathalie Madore.Ils sous-estiment aussi la durée de la retraite.Avec l\u2019allongement de la vie, il faut des fonds pour subsister 30 ans, par fois même plus .Cer ta ins passer ont presque autant d\u2019années à la retraite qu\u2019en emploi.» Autre erreur fréquente, réclamer sa pension de la Régie des rentes du Québec à 60 ans plutôt qu\u2019à 65 ans, malgré le fait que cela signifie que la rente annuelle sera significativement amputée.Une rente annuelle de 10 000 $ à 65 ans ne sera que de 6559 $ si elle est réclamée à 60 ans.Inversement, elle grimpera à 14 200 $ si elle l\u2019est à 70 ans.Beaucoup de ces mauvaises décisions p r o v i e n n e n t d e connaissances financières déficientes.Depuis 2015, le Québec dispose d\u2019une Stratégie québécoise en éducation financière.L\u2019année 2017 a ainsi été marquée par l \u2019 in troduct ion d\u2019un cours en éducation financière pour les élèves de cinquième secondaire, v isant l \u2019apprent is - sage de notions de b a s e c o m m e l e c r é d i t e t l\u2019épargne et du fonctionnement d\u2019organismes tels l\u2019AMF ou l\u2019Office de la protection du consommateur.En 2018, dernière année du plan d\u2019action de la Stratégie, l\u2019objectif est de rejoindre les Québécois dans leur milieu de travail.L\u2019AMF, les syndicats, le Mouvement Desjardins et des organismes communautaires feront la promotion d\u2019outils à dif fuser dans ces milieux concernant la planification de la retraite et la réduction du stress financier au travail.« Le plus grand défi demeure d\u2019intéresser les gens à leurs finances et de les sensibiliser à l\u2019importance de planifier bien à l\u2019avance leurs revenus de retraite et c\u2019est ce sur quoi nous travaillons», conclut Camille Beaudouin.SUITE DE LA PAGE D 1 PLANIFICATION Il ne s\u2019agit pas non plus de larguer la responsabilité sur les épaules d\u2019un conseiller, puis de s\u2019en laver les mains "]
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