Le devoir, 7 février 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 2 5 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 7 F É V R I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Actualités \u203a Montréal met un frein au tra?c sur le mont Royal.La circulation de transit ne sera plus permise au sommet.Page A 4 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 8 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I S amsung of frira un cadeau de bienvenue typiquement coréen aux athlètes qui participeront à par tir de vendredi aux Jeux de Pyeongchang.Tous les sportifs recevront un téléphone neuf, pour leur permettre « de rester connectés, de capter et de partager certains des moments les plus mémorables de leur vie».Certains d\u2019entre eux ne le sortiront cependant pas de sa boîte, conscients que les réseaux sociaux peuvent à fois les motiver et leur nuire.C\u2019est le cas de la patineuse québécoise Marianne St-Ge- lais, qui a annoncé la semaine der nière sur son compte Instagram qu\u2019elle ne toucherait plus aux réseaux sociaux jusqu\u2019à la fin des Jeux olympiques.« Même si je ne peux pas vous lire et même si je ne peux pas voir ce que vous me dites, l\u2019amour et le soutien, je le sens à 100%», a-t-elle pris la peine de souligner à ses 11 000 abonnés.Il y a quatre ans, aux Jeux de Sotchi, des commentaires reçus à la suite d\u2019une performance en deçà des attentes l\u2019ont ébranlée et elle ne veut pas que ça se reproduise.JEUX OLYMPIQUES Éviter le côté sombre des réseaux sociaux Plusieurs athlètes font le choix de se débrancher pour la durée des Olympiques PATRICK SEMANSKI Des membres de la délégation canadienne à Pyeongchang prennent un égoportrait en compagnie du président du CIO, Thomas Bach.VOIR PAGE A 8 : JEUX I S A B E L L E P O R T E R à Québec D\u2019ordinaire à couteaux tirés avec le principal syndicat d\u2019infirmières au Québec (la Fédération interprofessionnelle de la santé), le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, leur a tendu la main à l\u2019occasion de la rentrée parlementaire.« Depuis mon arrivée en poste, je suis extrêmement sensible à l\u2019enjeu que soulèvent les infirmières », a déclaré M.Barrette à l\u2019entrée du caucus des députés libéraux mardi.Lors de la période de questions, M.Barrette a en outre souligné que sa propre mère était infirmière.« J\u2019ai été élevé dans une famille de mère mono- parentale à 40 ans qui est allée à l\u2019école à 38 ans pour faire un cours d\u2019infirmière auxiliaire, qui a élevé trois enfants sur les quarts de travail », a- t-il raconté en réplique à l\u2019opposition, qui lui reprochait de ne pas prendre la mesure de la détresse des infirmières.« Quand il s\u2019agit de prendre la mesure [\u2026] de cette situation-là, je l\u2019ai prise très tôt dans ma vie.Et j\u2019ai beaucoup d\u2019admiration pour ma mère, d\u2019avoir réussi à faire face à tout ça.Elle était sur des quar ts de travail, des shifts , comme on dit.Alors, je le comprends, et je les ai mises en place, les choses.Ça ne va pas assez vite, on va accélérer\u2026 » M.Barrette tenait ces propos quelques heures après la publication d\u2019un sondage démontrant que 61 % des Québécois le jugeaient intransigeant et arrogant et que 70 % estimaient que la situation du système de santé s\u2019était dégradée en trois ans.Les conditions de travail des infirmières font les manchettes depuis le cri du cœur lancé par la jeune Émilie Ricard la semaine dernière.Épuisée, cette jeune employée d\u2019un CHSLD racontait comment elle devait prendre soin seule d\u2019entre 70 et 76 patients durant son quart de travail, tout en étant forcée de faire des heures supplémentaires.Elle interpellait le ministre Barrette en lui demandant comment il pouvait af firmer que la réforme du système de santé était un succès.SURCHARGE DE TRAVAIL Barrette promet de mieux prendre soin des infirmières JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des infirmières ont manifesté mardi, à Montréal, quelques heures avant que leur représentante syndicale rencontre le ministre de la Santé.A M É L I P I N E D A S oupçonné d\u2019avoir offert des voyages et de l\u2019argent à l\u2019ancien maire de Mascouche, Tony Accurso est finalement sorti mardi en homme libre du palais de justice de Joliette au terme de son procès.Près de six ans après son arrestation, Tony Accurso a été acquitté de l\u2019accusation d\u2019abus de confiance qui pesait contre lui dans le dossier de Mascouche.Après une courte période de délibérations, le jury a jugé que les séjours sur son luxueux bateau et le chèque de 300 000 $ of fer ts par M.Accurso à l\u2019ex-maire de Mascouche Richard Marcotte n\u2019avaient pas pour but d\u2019obtenir des contrats de la Ville pour son entreprise.Son dossier, comme plusieurs autres menés par l\u2019Unité permanente anticorr uption (UPAC) dans la foulée de la commission Charbonneau, a tar dé à se met t r e en branle et n\u2019a pas abouti aux résultats escomptés.« Quant à nous, on avait une preuve solide.Malheureusement, la conclusion du jury n\u2019est pas celle qu\u2019on souhaitait », a indiqué Me Pascal Grimard, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales.M.Accurso n\u2019a jamais nié avoir offert de l\u2019argent et des voyages à l\u2019ancien maire Marcotte, entre 2006 et 2008.Lors de son témoignage, il a toutefois expliqué qu\u2019il l\u2019avait fait par amitié et non pour participer à un stratagème.« Je pense que son témoignage a fait [pencher la balance] », a déclaré l\u2019avocat de M.Ac- curso, Me Marc Labelle.Selon lui, la rapidité de la décision du jury montre que la preuve de la Couronne était insuffisante.«Si on fait l\u2019autopsie de cette cause-là un jour, on arrivera à la conclusion qu\u2019il n\u2019aurait jamais dû être accusé, ce n\u2019est pas plus compliqué que ça», a-t-il dit.M.Accurso avait été arrêté avec treize autres personnes.Du lot, quatre ont plaidé coupables, cinq ont obtenu un arrêt de procédures à cause de délais déraisonnables, deux ont été libérées à l\u2019enquête préliminaire faute de preuve, une autre a été acquittée et, finalement, l\u2019ancien maire Marcotte est depuis décédé.Le verdict de M.Accurso était fort attendu, souligne l\u2019avocat criminaliste Walid Hijazi, qui ABUS DE CONFIANCE Le jury a cru Tony Accurso Plusieurs causes qui découlent de la commission Charbonneau et des enquêtes de l\u2019UPAC tardent à connaître leur dénouement Lire aussi \u203a «Mais, hey, c\u2019est un succès» La chronique de Francine Pelletier.Page A 7 Formation professionnelle Des collèges privés pris en faute à répétition Page A 3 Bourse Les marchés ont repris mardi une partie des pertes de la veille Page B 1 VOIR PAGE A 8 : ACCURSO VOIR PAGE A 8 : INFIRMIÈRES Tony Accurso L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 7 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 INSCRIVEZ-VOUS \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Isabelle Melançon Ministre du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec Vendredi 16 février 2018 de midi à 14 h Hyatt Regency 1255 rue Jeanne-Mance Avec l\u2019appui de : Le Québec : un leader engagé dans la lutte contre les changements climatiques Déjeuner-causerie dans le cadre de la Série Environnement présentée par : M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e Nouveau Parti démocratique confie l\u2019enquête sur son député Erin Weir à une professeure de droit de l\u2019Université d\u2019Ottawa.Mais alors que le Parti conservateur a lui aussi promis sa propre enquête sur l\u2019affaire Dykstra, celle-ci se fait toujours attendre.Les néodémocrates ont annoncé mardi que la profes- seure Michel le Flaher ty, membre du Tribunal ontarien des droits de la personne, se penchera sur les allégations portées contre le député Weir.La semaine dernière, le NPD et le Parti conservateur ont annoncé, à 24 heures d\u2019inter valle, la tenue d\u2019une enquête sur le comportement de leurs deux députés accusés dans la foulée du mouvement #MoiAussi.Erin Weir s\u2019est vu reprocher \u2014 par l\u2019entremise de la députée de son propre parti Christine Moore, qui n\u2019a pas elle- même été victime des faits allégués mais qui en a entendu parler \u2014 des «comportements harcelants » envers des employées du par ti.M.Weir ignore ce qui lui est reproché.Les conservateurs ont quant à eux promis une enquête sur le processus décisionnel qui a permis au député sortant Rick Dykstra d\u2019être candidat pour le parti en 2015, malgré le fait qu\u2019il faisait l\u2019objet d\u2019une plainte à la police pour agression sexuelle l\u2019année d\u2019avant.Une ancienne employée parlementaire lui reproche de l\u2019avoir forcée à lui faire une fellation.M.Dykstra nie catégoriquement ces allégations.L\u2019enquête indépendante n\u2019est pas encore officiellement commencée.Le Parti conservateur « travaille sur le cadre et on cherche une compagnie qui a l\u2019exper tise dans ce domaine », a affirmé le chef Andrew Scheer mardi, en refusant de commenter les aveux de son ancien chef la fin de semaine dernière.L\u2019ancien premier ministre Stephen Harper a avoué qu\u2019il avait été mis au courant de ces allégations et avait accepté de garder M.Dykstra dans son équipe parce que la plainte à la police avait été fermée sans faire l\u2019objet d\u2019accusations.« Je vais laisser les conclusions de l\u2019enquête externe déterminer ce qui s\u2019est passé, ce qui a fait défaut, ce que l\u2019on peut faire à l\u2019avenir », s\u2019est contenté de répondre M.Scheer.Le Parti libéral attend pour sa par t le résultat d\u2019une enquête externe sur le comportement de son député Kent Hehr qui a perdu son rôle de ministre après qu\u2019il fut allégué qu\u2019il avait fait des commentaires à connotation sexuelle déplacés et mis la main sur les fesses d\u2019une employée politique.La tâche a été confiée à la firme Rubin Thom- linson, de Toronto.Le Devoir HARCÈLEMENT Le NPD lance son enquête Le PCC, lui, tarde à tenir parole ALEKSANDAR KAMASI GETTY IMAGES Alors que le gouvernement fédéral compte autoriser la culture limitée de marijuana à domicile, le Québec et le Manitoba entendent l\u2019interdire complètement.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e gouvernement fédéral estime que la culture à domicile de la marijuana doit être autorisée afin d\u2019éviter la criminalisation inutile des consommateurs réguliers.Mais Ottawa n\u2019entend pas pour autant rappeler à l\u2019ordre le Québec et le Manitoba, qui ont décidé de faire fi de la consigne et de l\u2019interdire complètement.« En autorisant la culture limitée à domicile, nous visons deux objectifs », a expliqué la ministre de la Santé Ginette Petitpas-Taylor lors d\u2019une séance extraordinaire du Sénat où les quatre ministres fédéraux responsables du dossier du cannabis ont répondu pendant deux heures aux questions des sénateurs.« D\u2019abord et avant tout, [nous voulons] prévenir la criminalisation inutile des Canadiens autrement respectueux de la loi qui font pousser un petit nombre de plantes pour leur usage personnel de façon responsable, et ensuite, contribuer à mettre fin au marché illégal.» Faire bande à part Le projet de loi fédéral C-45 légalisant la marijuana autorise la culture personnelle d\u2019un maximum de quatre plants de cannabis par domicile.Après consultation, il a été décidé de n\u2019imposer aucune limite sur la taille de ces plants.Les provinces sont libres de se doter d\u2019un seuil moindre si elles le désirent.Mais le Québec, et plus récemment le Manitoba, a choisi d\u2019abaisser ce seuil à zéro et de ne permettre aucune culture personnelle.Cela va-t-il à l\u2019encontre de l\u2019objectif poursuivi par le gouvernement fédéral ?La ministre Petitpas-Taylor et sa collègue à la Justice, Judy Wilson-Raybould, ont répondu de manière en apparence contradictoire.Mme Wilson-Raybould a rappelé que l\u2019article 7 du projet de loi stipule qu\u2019un de ses objectifs est « de permettre la production licite de cannabis afin de limiter l\u2019exercice d\u2019activités illicites».« Nous ne voulons pas que des gestes soient posés dans d\u2019autres juridictions qui saperaient l\u2019objectif de la loi », a déclaré la ministre.Puis, sa collègue Petitpas- Taylor a semblé aller dans la direction opposée en concluant que la fixation du nombre de plants permis relève de « la discrétion » de chaque province.« C\u2019est finalement leur décision.» Plusieurs professeurs de droit ont indiqué au Devoir cet automne qu\u2019un citoyen du Québec qui contesterait son arrestation pour culture à domicile pourrait probablement contester avec succès la validité de la loi québécoise sur la base qu\u2019elle contrecarre l\u2019esprit de la loi fédérale.Délai de deux à trois mois Par ailleurs, la ministre Pe- titpas-Taylor a indiqué aux sénateurs qu\u2019il faudrait attendre entre deux et trois mois après l\u2019adoption définitive du projet de loi C-45 avant que celui-ci n\u2019entre en vigueur, c\u2019est-à-dire avant que le cannabis ne soit vraiment légal.« D\u2019un point de vue pratique, les provinces et territoires nous ont dit qu\u2019ils ont besoin de 8 à 12 semaines après la sanction royale pour que les activités démarrent, par exemple le transport légal du produit entre les producteurs et les points de vente, et pour que les gens puissent acheter légalement du cannabis », a indiqué la ministre de la Santé.Aux journalistes qui lui ont demandé si l\u2019objectif de légal iser la substance d\u2019ici le 1er juillet tenait alors toujours, Mme Petitpas-Taylor a soutenu que le jour de juillet n\u2019avait jamais été coulé dans le béton.« Nous pensons toujours que juillet 2018 est réaliste.» Cela signifierait toutefois que le Sénat devrait au plus tard adopter le projet de loi début mai.Le sénateur conser vateur Larr y Smith a déclaré d\u2019entrée de jeu pendant la séance extraordinaire que les conservateurs n\u2019avaient aucune intention d\u2019être « obstructionnistes », comme cela avait été indiqué dans les médias.Le Devoir PROJET DE LOI Ottawa reste coi sur l\u2019interdit de culture du pot au Québec A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T A ucun ajout de ressources ne semble prévu pour assumer une des fonctions centrales du Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE) à son abolition, soit celle de « donner des avis au ministre sur l \u2019évolution de l \u2019état de santé et de bien-être de la population, notamment par l\u2019analyse rétrospective des impacts des politiques gouvernementales ».Au sein du projet de loi 150 présentement à l\u2019étude, cette mission est confiée au ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS) lui-même.Mais « après l\u2019adoption du PL-150, les responsabilités à cet égard pourront se poursuivre à travers les responsabilités déjà existantes du ministère», a indiqué le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) au Devoir mardi.Les directions de la santé publique et de l\u2019évaluation du MSSS assument déjà ces responsabilités, a précisé la responsable des relations de presse Marie-Claude Lacasse.E n c o m m i s s i o n parlementaire sur l\u2019étude du projet de loi 150 mardi, le p.- d.g.de l\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et en services sociaux (INESSS), Luc Boileau, a affirmé qu\u2019un autre organisme assumait lui aussi ces fonctions, c\u2019est-à-dire l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).« Ce morceau-là est important et il l\u2019est dans tous les systèmes de santé », a convenu M.Boileau.« L\u2019INSPQ, c\u2019est sa mission, alors cet article n\u2019a pas besoin d\u2019être rapatrié » à l\u2019INESSS, a- t-il expliqué.Le président du Réseau FADOQ, Danis Prud\u2019homme, lorsqu\u2019il a présenté un mémoire devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 150 en janvier, a déploré que «le plus important des pouvoirs du CSBE sera transféré au ministre directement».L\u2019INESSS se défend Luc Boileau a en outre profité de son allocution de mardi pour défendre l\u2019indépendance de son organisme et ses compétences pour assumer les quatre fonctions du CSBE qui doivent lui incomber dans le futur.Ces fonctions touchent l\u2019évaluation du système de santé, ses résultats en fonction des ressources allouées, sa performance et les changements nécessaires pour en améliorer l\u2019efficience, entre autres.« Nous avons tout autant de distance [que le CSBE], nous sommes un organisme autonome », a clamé M.Boileau.Pour lui, les nouvelles fonctions sont en « totale synergie » avec la mission actuelle de l\u2019INESSS.« C\u2019est un défi réaliste », a-t-il ajouté.Il a fait valoir qu\u2019il avait obtenu, il y a quelques mois, l\u2019accès aux données cliniques de la RAMQ et du MSSS nécessaires pour remplir ce nouveau mandat.Mais de quelles ressources disposera-t-il ?« Nous ne prévoyons pas un très grand transfert de personnel », a-t-il indiqué.Il anticipe des « transfer ts de crédits et même d\u2019expertise ».Un document obtenu du MSSS par Le Devoir par le biais de la loi sur l\u2019accès à l\u2019information précise que des crédits de 500 000 dollars doivent être transmis à l\u2019INESSS pour couvrir les frais de cinq postes « provenant de la structure du CSBE ».Ce document précise que « l\u2019économie » découlant de l\u2019abolition du Commissaire est donc de 2,2 millions de dollars annuellement.Une quinzaine de personnes travaillaient au CSBE avant l\u2019annonce de son abolition.Ils ont démissionné un à un, se trouvant des emplois ailleurs.Pour la députée du Parti québécois Diane Lamarre, «on ne sent pas une grande motivation de la part du ministre [Gaétan Barrette] pour assurer le transfert de ces fonctions », a-t-elle indiqué en entrevue.Bureaux vides Les bureaux du CSBE sont vides depuis la mi-décembre alors que la commissaire par intérim Anne Robitaille est par tie après avoir rendu publics ses derniers rappor ts.Elle a obtenu un poste de directrice générale des politiques et de la per formance ministérielle au ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.La fer meture du CSBE avant l\u2019adoption du projet de loi 150 qui officialise son abolition aurait constitué un « outrage au Parlement », c\u2019est-à- dire, selon les règles de l\u2019Assemblée nationale, quand un ministère ou un organisme public agit comme « si des dispositions contenues dans un projet de loi avaient force de loi ».Pour le MSSS, ce n\u2019est pas le cas.L\u2019enjeu, répond le MSSS, c\u2019est que « les employés ont choisi de se [réaffecter] dans d\u2019autres organisations».« Les responsabilités administratives du CSBE ont été transférées à la Direction générale de la planification, de l\u2019évaluation et de la qualité du MSSS, et ce, jusqu\u2019à l\u2019adoption du PL-150 », ajoute la responsable de relations de presse Marie-Claude Lacasse.Le Devoir QUÉBEC Abolition du Commissaire à la santé : le ministre évaluera lui-même ses propres politiques Le président du Réseau FADOQ a déploré que « le plus important des pouvoirs du CSBE sera transféré au ministre directement » [Nous voulons] prévenir la criminalisation inutile des Canadiens [.], et ensuite, contribuer à mettre fin au marché illégal Ginette Petitpas-Taylor, ministre fédérale de la Santé « » L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 7 F É V R I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 La chronique de Konrad Yakabuski sera désormais publiée le samedi à l\u2019intérieur du cahier Perspectives.J E S S I C A N A D E A U L a Commission consultative de l\u2019enseignement privé recommande de retirer le permis de certains collèges privés offrant de la formation professionnelle au secondaire, dont les collèges Aviron et CDI, qui ne respectent pas le régime pédagogique.Les lacunes constatées au collège technique Aviron de Québec ne datent pas d\u2019hier.Mais cette fois-ci, la Commission consultative de l\u2019enseignement privé considère que la situation a assez duré et donne un « avis défavorable » au renouvellement de son permis.« Dans le contexte où plusieurs éléments structurels de l\u2019organisation pédagogique sont encore en défaut, la Commission estime que le dossier ne répond pas aux exigences de la Loi sur l\u2019enseignement privé.En conséquence, elle ne recommande pas de renouveler le permis de l\u2019établissement », peut-on lire dans le rapport annuel de la Commission, rendu public mardi.« Cette position prend notamment appui sur le fait que l\u2019établissement a déjà reçu plusieurs avis l\u2019invitant à corriger la situation.Il avait alors été informé des conséquences auxquelles il s\u2019exposait s\u2019il ne répondait pas aux exigences applicables.» Depuis 2013, la Commission avait constaté des lacunes, notamment sur la qualification de son personnel.L\u2019établissement était alors invité à « respecter le nombre d\u2019heures de formation et de stage prescrit pour chacune des compétences prévues dans le programme ».On rappelle qu\u2019en 2016, le permis avait été renouvelé pour un an seulement, puisque «des difficultés importantes liées au respect du régime pédagogique étaient toujours observées».On note également que les examens ne sont pas toujours ceux prévus par le ministère et que les conditions d\u2019admission ne sont pas toujours respectées.CDI En se basant sur « la récurrence des manquements constatés », la Commission rend également un avis défavorable au Collège CDI pour ses installations de Montréal, de Laval et de Québec.Cet avis défavorable ne concerne que les programmes de formation professionnelle au secondaire en santé, et non le programme de formation technique de niveau collégial.On constate des lacunes «quant à la qualification du personnel enseignant » et des problèmes liés aux conditions d\u2019admission, «ce qui crée maintenant des situations délicates pour certains élèves».On émet également des doutes sur la qualité de l\u2019enseignement, le nombre d\u2019heures de formation et l\u2019organisation des stages.« Ce doute sur la qualité de la formation of fer te est alimenté également par de nombreuses plaintes adressées au ministère et les réserves soulevées par des employeurs importants dans le domaine de la santé », écrivent les commissaires.Autres Le Collège Inter-Dec, qui of fre des programmes menant au diplôme d\u2019études professionnelles (DEP) en esthétique et en coiffure, reçoit également un avis défavorable au renouvellement de son permis.Ici aussi, on parle de « lacunes récurrentes relativement au nombre d\u2019heures de formation » et de problèmes liés à l\u2019admission aux programmes.On constate également que l\u2019établissement « délivre systématiquement des diplômes maison aux élèves », contrairement à ce qui est prévu par Québec.Collège Canada, qui possède un permis pour l\u2019enseignement des langues au niveau collégial, reçoit un avis défavorable pour élargir son offre au secondaire.Le Collège Herzing passe le test de la Commission, qui donne un avis favorable pour son renouvellement, mais pour un an seulement, «ce qui permettra de suivre l\u2019évolution du dossier et de s\u2019assurer que l\u2019établissement répond de façon satisfaisante à toutes les exigences ».La Commission s\u2019inquiète notamment des «ressources matérielles restreintes» et de la «mise en œuvre des dif férents programmes ».Des problèmes pour l\u2019obtention de stages avaient notamment été évoqués dans les années précédentes.Enfin, l\u2019École nationale de cirque est elle aussi sous surveillance alors que la Commission recommande de renouveler son permis pour trois ans.«La Commission s\u2019attend à ce que l\u2019établissement entreprenne des démarches pour remédier à la situation de son personnel qui ne détient pas de qualification légale pour enseigner, écrivent les commissaires.Elle encourage aussi l\u2019équipe en place à trouver des solutions en ce qui concerne l\u2019enseignement du programme d\u2019éducation physique et à la santé.» Rappelons que la Commission consultative de l\u2019enseignement privé n\u2019a pas de pouvoirs décisionnels : elle ne fait que formuler des recommandations au ministre, qui devra par la suite décider s\u2019il renouvelle ou non les permis.Le Devoir FORMATION PROFESSIONNELLE Des collèges privés répètent les mêmes fautes Aviron, CDI et Inter-Dec pourraient voir leur permis révoqué M A R C O F O R T I E R Le projet de loi visant à réformer la taxe scolaire risque de nuire au financement de l\u2019école publique.La compensation financière exigée du gouvernement \u2014 environ 670 millions de dollars \u2014 est si importante qu\u2019elle serait menacée en cas de récession, fait valoir la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).L\u2019organisme qui regroupe la vaste majorité des commissions scolaires s\u2019interroge sur la pertinence d\u2019appliquer le taux de taxation le plus bas dans chaque région du Québec pour réduire le compte de taxe des contribuables.Ce projet forcerait Québec à compenser les commissions scolaires qui perdraient des revenus.«Ce choix implique une importante compensation du gouvernement (environ 670 M$) qui risque de nuire à la pérennité du financement de ce modèle.En ef fet, plus ce montant est élevé, plus il sera difficile de le maintenir en cas de changement des priorités gouvernementales ou de la situation économique (exemple : une récession qui nécessite des efforts d\u2019équilibre budgétaire) », indique le mémoire de la FCSQ transmis au ministère de l\u2019Éducation.« Malgré l\u2019inscription de cette compensation dans la loi, le système d\u2019éducation scolaire public fait face à un risque réel de coupure qui pourrait fragiliser son financement et nuire ainsi à l\u2019atteinte des objectifs en matière de réussite éducative de tous les élèves», ajoute le document.La Fédération des commissions scolaires est d\u2019accord avec le principe du projet de loi 166, qui propose un grand ménage dans la taxation scolaire.Le projet imposerait un taux de taxation unique dans chaque région pour mettre fin à un tour de passe-passe de plus en plus populaire : des contribuables sans enfant payent leur taxe scolaire à la commission scolaire ayant le taux le plus bas.Par exemple, en Outaouais, au cours des deux dernières années, 18 400 contribuables ont quitté les quatre commissions scolaires francophones pour payer leur compte de taxe à la commission scolaire anglophone, ce qui a entraîné des pertes de revenus qui ont dû être compensées par des hausses des taux de taxe, souligne la FCSQ.Gestion lourde Malgré son accord de principe, la Fédération estime que le projet de loi doit être modifié car il crée des « lourdeurs administratives ».« [\u2026] les modalités proposées risquent de rendre la gestion de la taxe scolaire plus complexe et nuire grandement à l\u2019efficience de ce secteur d\u2019activité.Selon nous, la lourdeur additionnelle, conjuguée aux problématiques touchant la gouvernance, remet en cause la pérennité du modèle.[\u2026] De plus, un comité de la réforme de la taxe scolaire doit être mis sur pied pour bien évaluer les effets des modifications introduites et poursuivre les travaux.» Les revenus de taxes scolaires s\u2019élevaient à 2,2 milliards de dollars en 2015-2016, selon la Fédération.Cela représentait 18,2 % du financement du réseau public d\u2019éducation préscolaire, primaire et secondaire cette année-là.Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, propose qu\u2019une seule commission scolaire soit chargée de percevoir la taxe scolaire uniformisée pour toutes les autres, dans chaque région.À défaut d\u2019entente sur la nomination d\u2019une commission scolaire perceptrice, le projet de loi permet à une région de faire appel aux services du Comité de gestion de la taxe scolaire, qui joue ce rôle dans l\u2019île de Montréal.La FCSQ recommande une autre possibilité : que chaque commission scolaire puisse continuer de percevoir sa propre taxe, comme à l\u2019heure actuelle.La nomination d\u2019une seule commission scolaire chargée de percevoir la taxe dans chaque région risque de créer des difficultés de gestion du personnel, notamment à cause des conventions collectives de travail, estime la FCSQ.Le Devoir TAXATION SCOLAIRE Le projet de taux unique régional inquiète la FCSQ Qu\u2019arrivera-t-il si Québec met fin aux compensations ?demandent les commissions scolaires M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec Le gouvernement libéral ouvre la porte à une révision à la hausse de l\u2019allocation de dépenses personnelles \u2014 actuellement 215$ par mois \u2014 des milliers de personnes handicapées hébergées en ressources intermédiaires.«On va essayer de trouver une solution, s\u2019il y en a une, avec la RAMQ», a déclaré le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, mardi.Les personnes handicapées en situation de pauvreté en ressources intermédiaires et en ressources de type familial n\u2019ont pas touché un sou de la hausse de la prestation de solidarité sociale de 73 $ par mois en vigueur depuis le 1er février dernier.En effet, la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) s\u2019est emparée du montant.Pour y arriver, elle a fait passer la « contribution » exigée de la part des résidents recevant des prestations de solidarité sociale de 747 $ à 820 $, ont dénoncé les partis politiques d\u2019opposition à l\u2019occasion de la reprise des travaux à l\u2019Assemblée nationale.La Coalition avenir Québec menait la charge.« Le gouvernement donne d\u2019une main et reprend de l\u2019autre », avait dénoncé la curatrice privée Nicole David dans un entretien avec Le Devoir samedi.Elle croyait que son protégé, Jean-Pierre (nom fictif), qui est atteint d\u2019une forme grave d\u2019autisme qui le laisse muet et qui a un pied bot qui restreint sa mobilité, pourrait dorénavant mettre de côté un montant d\u2019argent afin d\u2019acquitter les frais d\u2019inscription à un camp d\u2019été ou encore procéder à l\u2019achat d\u2019une paire de chaussures orthopédiques.Elle avait tort.La RAMQ garantit une allocation de dépenses mensuelle de 215 $ à toute personne en situation de pauvreté en ressources intermédiaires.Ainsi, elle garde le reste de la prestation d\u2019aide de dernier recours, c\u2019est-à-dire 820 $ pour les personnes ayant des contraintes sévères, 567 $ pour les personnes ayant des contraintes temporaires ou encore 433 $ pour les personnes sans contraintes à l\u2019emploi.215 $ par mois, est-ce suffisant ?a demandé Le Devoir.« Je fais toujours attention de ne pas porter de jugement sur ce qui est suffisant ou pas suffisant pour vivre », a rétorqué M.Blais à la sortie du Salon bleu.«Ces gens-là sont logés et nourris.Ceux qui sont à l\u2019extérieur ont un appartement qui coûte de plus en plus cher.Ils ont de la nourriture à payer », a-t-il ajouté.Le chef caquiste, François Legault, a quant à lui répondu sans détour.«On parle des gens qui sont les plus vulnérables de notre société.On ne parle pas de montants astronomiques ! Faisons preuve d\u2019un peu de compassion, puis essayons de mieux les aider.Puis arrêtons d\u2019utiliser toutes sortes de trucs pour leur couper de l\u2019argent», a-t- il lancé dans un point de presse.Avec l\u2019appui du Parti québécois et de Québec solidaire, le député de Lévis, François Paradis, a tenté de faire adopter une motion «exige[ant] du gouvernement du Québec de reculer et d\u2019annuler immédiatement ce nouveau choc tarifaire », mais en vain.François Blais dit néanmoins réfléchir à un mécanisme permettant d\u2019améliorer les conditions de vie des milliers de Québécois «à faible revenu » en ressources intermédiaires en ajustant le barème des contributions « pour tout le monde » \u2014 non seulement des prestataires d\u2019aide de dernier recours.L\u2019auteur du Plan d\u2019action gouvernemental pour l\u2019inclusion économique et la participation sociale dit avoir interpellé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à ce sujet.« Il est prêt à ce qu\u2019on regarde ça.Si on le regarde, on va le regarder en toute équité vis-à-vis des autres personnes qui ont des revenus, par exemple de la Régie des rentes du Québec, qui sont assez faibles», a-t-il souligné.Le Devoir SOLIDARITÉ SOCIALE Québec ouvert à l\u2019idée de mieux soutenir les plus vulnérables 2,2 milliards Les revenus de la taxe scolaire en 2015-2016, ce qui représentait 18,2 % du financement du réseau public.PEDRO RUIZ LE DEVOIR François Blais JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au moins trois collèges privés d\u2019enseignement professionnel n\u2019obtiennent pas la note de passage pour ce qui est du respect du régime pédagogique. J E A N N E C O R R I V E A U D ès le printemps, la circulation de transit ne sera plus possible sur le mont Royal, a confirmé mardi Luc Ferrandez, responsable des grands parcs au sein de l\u2019administration de Valérie Plante, qui souhaite rendre cet espace vert plus convivial aux promeneurs et aux cyclistes.Selon le scénario étudié par la Ville, les voitures provenant de l\u2019est par le chemin Camil- lien-Houde se gareraient aux abords de la maison Smith.Celles venant de l\u2019ouest devraient s\u2019arrêter à proximité du lac aux Castors.« Mais entre les deux, il n\u2019y aurait pas de circulation possible », a expliqué Luc Ferrandez mardi, à l\u2019issue de la présentation, devant la Commission des finances, du Programme triennal d\u2019immobilisations du Service des grands parcs.« Ça veut dire que, dans la phase 1, toute personne qui voudra aller en voiture sur le mont Royal pourra continuer de le faire.Il n\u2019y aura pas de restrictions ou de contraintes pour ceux qui veulent se garer sur le mont Royal, a-t-il expliqué.Par contre, ceux qui voudraient transiter par le mont Royal ne pourraient plus le faire.» Au dire de M.Ferrandez, il s\u2019agit d\u2019un projet-pilote : «C\u2019est de la peinture au sol.» En octobre dernier, le cycliste Clément Ouimet a perdu la vie après avoir percuté un véhicule qui faisait un virage en U sur la voie Camillien- Houde.Cet événement avait relancé le débat sur la nécessité de mettre fin à la circulation de transit sur la montagne.Réduire le stationnement La Ville envisage aussi de réduire le nombre de places de stationnement sur la montagne, un projet étudié par au moins trois administrations, a dit le maire du Plateau-Mont-Royal.Une partie de l\u2019ancien hôpital Royal-Victoria, vacant depuis le déménagement de l\u2019hôpital au CUSM, pourrait aussi être utilisée comme bureau d\u2019accueil pour les usagers du mont Royal, dont les skieurs, les jog- geurs ou les promeneurs, a suggéré M.Ferrandez.« Les Amis de la montagne sont un peu serrés à la maison Smith.On pourrait les caser en bas et mettre à la disponibilité du grand public toute la maison Smith», a-t-il dit.L\u2019Université McGill entend utiliser l\u2019ancien hôpital dans le cadre de son projet d\u2019expansion, mais selon M.Ferran- dez, la superficie pourrait être supérieure à ses besoins.La Ville a donc signifié son intérêt pour en utiliser une partie qu\u2019elle pourrait louer.En utilisant des stationnements au bas de la montagne, Montréal pourrait réduire la circulation automobile sur le mont Royal, croit Luc Ferran- dez.«Mais il ne s\u2019agit pas d\u2019empêcher les familles d\u2019aller faire du toboggan ou du patin ou de les forcer à prendre l\u2019autobus.» À plus long terme, l\u2019administration compte réaménager la voie Camillien-Houde.« Il y a tout un travail à faire pour re- configurer cette r ue pour qu\u2019elle devienne un chemin de parc et non par une miniauto- route dans un parc.» Un parc romantique Le parc La Fontaine est aussi dans la mire de l\u2019administration, qui entend y consacrer 30,6 millions au cours des trois prochaines années.Les travaux prévus por te- ront sur la reconfiguration géométrique des rues Rachel, Parc-La Fontaine, Cherrier et de la Roche, le réaménage- ment du secteur du Centre Ca- lixa-Lavallée ainsi que la re- constr uction du théâtre de Verdure, fermé depuis 2014.La Ville pourrait aller plus loin et envisage de fermer toutes les rues qui traversent le parc La Fontaine, comme les avenues Émile-Duployé et Calixa-Lavallée.« C\u2019est dans le plan directeur, mais ce sont des projets sur le très long terme.[\u2026] Tout ça ne peut pas se faire en claquant des doigts », a expliqué Luc Ferrandez.L\u2019élu voit le parc La Fontaine comme un jardin du Luxembourg à Montréal.« Ce n\u2019est pas un espace haché et hachuré de stationnements et de rues.C\u2019est un grand parc romantique », a-t-il dit.Quant au théâtre de Verdure, il pourrait être reconstruit au cours des trois prochaines années selon des plans qui l \u2019 intégreraient mieux au paysage des lieux que la précédente mouture du projet.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 7 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019administration Plante compte un jour réaménager la voie Camillien-Houde pour la réduire aux dimensions d\u2019un chemin du parc.Un frein au trafic sur le mont Royal Montréal interdira la circulation de transit au sommet de la montagne Un collectif réclame l\u2019interdiction des balles de plastique Le collectif Manifester sans peur réclame l\u2019interdiction des balles de plastique et des armes explosives lors de manifestations.Les membres du collectif considèrent que ces armes représentent une «menace» à la «sécurité et à la vie des manifestants», écrivent-ils dans un communiqué, appelant à relancer le débat public sur ces armes dites «intermédiaires» ou «à létalité réduite».Le Comité de déontologie policière blâmait la semaine dernière le policier de la Sûreté du Québec Denis Mu- relle pour ne pas avoir utilisé cette arme avec «prudence et discernement» lors d\u2019une manifestation à Victoriaville en 2012, y blessant gravement trois personnes.Un reportage de l\u2019émission Enquête à Radio-Canada a aussi révélé qu\u2019un adolescent de 16 ans est passé près de la mort après avoir été atteint à la tête par une de ces balles de plastique lors du Sommet des Amé- riques en 2001.Le Devoir H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa I l n\u2019y aura plus de discrimination entre les différentes espèces de poissons et de mammifères marins.Le gouvernement libéral de Justin Trudeau annule en effet les changements législatifs appor tés par les conser va- teurs en 2012 qui avaient restreint les protect ions aux seuls poissons pêchés à des fins récréatives, commerciales ou autochtones.Ottawa en profite pour se donner le pouvoir d\u2019agir plus rapidement lors de crises, comme celle af fectant la baleine noire, et s\u2019engage à prendre en compte le savoir traditionnel autochtone lors de ses décisions.Le projet de loi C-68 déposé mardi à Ottawa restaure les protections de l\u2019habitat pour tous les poissons et les mammifères marins.Les hauts fonctionnaires de Pêches et Océans ont admis, lors d\u2019une séance d\u2019information, que le changement apportera surtout plus de clarté en éliminant les variations régionales.Dans la foulée du changement de 2012, ont-ils expliqué, les provinces s\u2019étaient adaptées différemment.Certaines, comme la Saskatchewan, avaient continué à protéger tous les poissons, tandis que d\u2019autres, comme la Colombie-Britannique, avaient dressé une liste des poissons pêchés à des fins commerciales, récréatives ou autochtones.Si un poisson n\u2019y figurait pas, il n\u2019était plus clair si son habitat nécessitait ou non une protection lors de la réalisation d\u2019un projet.Cette ambiguïté sera levée, clame-t-on.Le projet de loi libéral ne fait pas que restaurer la Loi sur les pêches dans sa version d\u2019avant 2012.Il accorde au ministre deux nouveaux pouvoirs, soit celui de mettre en place des mesures à cour t terme pour réagir rapidement à des menaces imprévues pour la conservation du poisson et celui de mettre en place des restrictions de pêche dans certaines zones afin de protéger la biodiversité.Agir plus rapidement Ce second pouvoir aurait pu être utilisé pour protéger la baleine noire de l\u2019Atlantique Nord.Les fonctionnaires ont expliqué qu\u2019à l\u2019heure actuelle, si le ministre désirait restreindre le nombre de filets de pêche nuisibles à ces baleines, il devrait modifier chacun des permis de pêche délivrés.Or, ont-ils plaidé, il y en a « des centaines, voire des milliers ».Cela crée un délai administratif.Le nouveau pouvoir permettra d\u2019agir plus rapidement, promet-on.Rappelons qu\u2019au moins 16 baleines noires de l\u2019Atlantique Nord, une espèce en voie de disparition, sont mortes l\u2019été dernier dans les eaux canadiennes et américaines.Les nécropsies ont révélé qu\u2019elles étaient mor tes soit d\u2019une collision avec des bateaux, soit après s\u2019être empêtrées dans des engins de pêche.Savoir traditionnel Le projet de loi formalise par ailleurs la prise en considération des intérêts autochtones lorsque le ministre prend des décisions.Le texte législatif stipule que le ministre doit prendre en compte les « effets préjudiciables que la décision peut avoir sur les droits de peuples autochtones du Canada reconnus et confirmés par l\u2019ar ticle 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 ».Cela pourrait se faire sentir quand le ministre accorde des droits de pêche, par exemple.« Les gens et les acteurs de l\u2019industrie de la pêche doivent comprendre que, lorsqu\u2019on parle d\u2019une relation de nation à nation basée sur la reconnaissance de droits des peuples autochtones, il y aura des ajustements à l\u2019avenir en faveur de cer taines nations autochtones et je suis prêt à les faire », a plaidé le ministre LeBlanc.Réactions politiques Le Nouveau Parti démocratique et le Parti vert applaudissent au projet de loi.« Je suis très heureuse de dire que ce projet de loi ressemble beaucoup à l\u2019ancienne Loi sur les pêches », a déclaré la chef du Par ti ver t, Elizabeth May.Le chef conser vateur déplore au contraire que ce premier projet de loi (un autre réformant le processus d\u2019évaluation environnementale des grands projets tels que les pipelines est attendu plus tard cette semaine) s\u2019inscrive dans une politique plus large de blocage systématique du développement.« Beaucoup de ce qu\u2019ils font est construit de manière à obtenir un \u201cnon\u201d.Ils veulent que le processus débouche sur le rejet [des projets] », a déclaré Andrew Scheer.Le Devoir Ottawa en profite pour se donner le pouvoir d\u2019agir plus rapidement lors de crises, comme celle affectant la baleine noire M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L\u2019 Unité permanente anticor- ruption (UPAC) a levé le voile en janvier sur les « problèmes récurrents en matière d\u2019organisation du travail » au sein de son service de vérification, et voilà qu\u2019elle révèle que son service des enquêtes a été gangrené par de la jalousie, de la rivalité et un « climat général de méfiance ».Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, s\u2019est résigné mardi à rendre public l\u2019état de situation du Bureau des enquêtes sur la corruption de l\u2019UPAC que lui réclamaient les partis d\u2019opposition depuis des mois.Le document a été produit par une employée de la Sûreté du Québec (SQ), Karine Martel, en réponse à des signalements d\u2019employés de l\u2019UPAC qu\u2019elle a rencontrés à l\u2019automne 2016.«Rôles et responsabilités seraient peu définis », « climat général de méfiance et de surveillance entre collègues de travail » et « recherche de bouc émissaire de la part des gestionnaires, qui dénigrent les employés devant leurs collègues ou lors de réunions » font partie des constats que la spécialiste des ressources humaines a dressés.Rapport secret Jusqu\u2019ici, la SQ, l\u2019UPAC et le ministre Coiteux s\u2019opposaient à la divulgation de l\u2019état de situation produit par Karine Martel, sous prétexte qu\u2019il ne constituait pas un document officiel.Or, il appert désormais que celui-ci a été accompagné d\u2019un rapport en bonne et due forme, selon les informations fournies mardi par le cabinet du ministre Coiteux.Ce rapport demeurera cependant secret, parce que les rencontres avec les enquêteurs de l\u2019UPAC ont été faites de manière confidentielle.Le document préparé par Karine Martel est le deuxième à plonger l\u2019UPAC dans l\u2019embarras en raison du climat qui prévaut au sein de ses troupes.En janvier, un rapport portant sur le Service de vérification de l\u2019intégrité des entreprises de l\u2019unité policière a révélé que celui-ci a connu des « problèmes récurrents en matière d\u2019organisation du travail » et un « taux de dépar ts volontaires qui est demeuré élevé depuis les débuts du service ».En parallèle, les relations de travail au sein de l\u2019UPAC ont aussi alimenté, la semaine dernière, les débats précédant l\u2019ouverture du procès des ex-minis- tres libéraux Nathalie Norman- deau et Marc-Yvan Côté.Crise de larmes, « source » patronale chez les employés et circulation d\u2019une caricature du grand patron : des employés actuels et passés de l\u2019UPAC ont évoqué une ambiance pourrie au sein de l\u2019unité, qui doit devenir un corps de police indépendant en vertu du projet de loi 107 présenté par le ministre Coiteux.Le Devoir « Climat de méfiance » au sein de l\u2019UPAC Un document interne révèle une ambiance toxique au service des enquêtes Avion-ambulance : Barrette demande des aménagements Les enfants malades de communautés éloignées pourront peut- être bientôt monter avec leurs parents à bord de l\u2019avion-ambu- lance gouvernemental.Le ministre de la Santé Gaétan Barrette a affirmé mardi vouloir trouver une solution au refus systématique d\u2019embarquer les parents, une situation décriée par des médecins.«J\u2019ai demandé de vérifier si on pouvait faire des aménagements physiques [à l\u2019intérieur de l\u2019avion] pour qu\u2019au moins un parent puisse s\u2019asseoir», a-t-il indiqué en impromptu de presse à l\u2019Assemblée nationale.Québec plaidait jusqu\u2019à maintenant «les contraintes physiques» et la configuration du modèle d\u2019avion Challenger utilisé comme ambulance aérienne pour justifier le refus systématique de faire monter les parents à bord.Le Devoir SpaceX réussit le lancement de sa nouvelle fusée Cap Canaveral \u2014 La firme spatiale américaine SpaceX a lancé mardi la fusée Falcon Heavy, pour son premier vol d\u2019essai, transportant avec elle une voiture qui doit se diriger tout droit vers Mars.La Falcon Heavy est devenue avec son lancement la fusée la plus puissante actuellement en service.Le lancement a été retardé de plus de deux heures en raison des forts vents.Associated Press BIODIVERSITÉ Finie la discrimination chez les poissons Ottawa ne protègera plus seulement les espèces pêchées à des fins récréatives ou commerciales Pour en apprendre davantage, les-amis.ca Message publié par Cette annonce paraît grâce au soutien de : Christiane Asselin Monique Bastien, Louise-Marie Beauchamp, Richard Beaucher, Marie Beauregard, René Béchard, Angèle Benny, Sylvie Bergeron, Daniel Bernhard, Anne Bilodeau, Danielle Blouin, Jean-Roch Boisvert, Pierre Bonhomme, Jacques Bouchard, Nicole Bouchard, Michel Bourgeois, Marcel Bruneau Richard Caron, Pierre Caron, Vincent Castellucci, Daniel Caya, Dominic Champagne, Denise Chartier, Paule Cossette, Gisèle Cossette, Mireille Côte, Justin Coulombe, Pauline Couture, Guy Coupal Yvon d\u2019Auteuil, Denys Delâge, France Delagrave, Michel Dostie, Gaëtane Douville, Michèle Druelle-Clot, Marielle Dubé, Francine Dumais, Jean-Guy Dupont, Jacques Duval, Claire Duval Bernard Élie Michèle Falardeau, Richard Fortier, Marc-Antoine Fournier Maryse Gagné, Brigitte Garneau, Gilles Gaudreau, Ghislain Gauthier, Denis Girard, Michelle Gosselin, Sarah Gravel Louis Hébert Guy Joussemet Yves La Neuville, René Lachapelle, Denise La?amme, Maryse La?eur, Marie-Claude Langlois, Marie-Claire Laparé, Magali Laplane-Gibbins, Ghislain Laroche, Lucie Larose, Richard Lauzon, Marie LeBlanc, Claire-Andrée Leclerc, Monique Legault, Madeleine Legault, André Richard Lemay, Paul Lemieux, Normand Lemyre, France Lessard, Raymond Lessard, Carol Létourneau, Hélène Lussier Richard Lynch, Luc Martin, Bruno Martin, Rosella Melanson, Natalie Michaud, Marie-Josée Moisan, Lucienne Moreau, Serge Morin, Louise Morissette, Ian Morrison Michèle Nolin, Normand Gélinas Michel O\u2019Neill, PhD Georges Paquet, Jean Claude Parrot, Claude Perras, Danielle Pinsonneault, Jean-Paul Plouffe, Thierry Poitras, Christine Portelance, Ronald Prégent, Jean-Guy Prince, Gaston Proulx Maryse Rastelli, Marie-Andrée Ricard, Yves Rioux, Gilles Rioux, Luc Robillard, Marc Robin, Lucie Rochon-Landry Louise Savard, Catherine Savard, Jacques Sideleau, Michel Sinclair Bernard Tremblay Line Vaillancourt, Constance Vaudrin, André Villeneuve, Anny Vossen Le journalisme crédible et rigoureux si nécessaire à notre démocratie est au bord du gouffre.Ottawa doit intervenir maintenant.Une échappatoire ?scale prive nos médias locaux des milliards de dollars en revenus publicitaires nécessaires pour raconter nos histoires et produire des enquêtes journalistiques rigoureuses : il est temps de colmater la brèche.Le temps presse! COLMATONS LA BRÈCHE i la dissuasion repose sur un calcul des risques, alors le risque de dérapage et de con?agration se trouve accru avec la nouvelle «posture nucléaire» que viennent de rendre publique les États-Unis.Dans le but de «construire une force plus létale» pour contenir Moscou et Pékin, la Nuclear Posture Review 2018 défend l\u2019idée effarante d\u2019une «guerre nucléaire limitée », comme si les conséquences d\u2019un affrontement atomique sur l\u2019humanité et l\u2019environnement pouvaient être raisonnablement contenues \u2014 et éthiquement minimisées.Outre que la stratégie américaine prévoit la production de nouvelles armes sous la forme de « mini- bombes atomiques » dans le but d\u2019« élargir la gamme d\u2019options crédibles des États-Unis», elle ouvre la porte à l\u2019usage de ces armes même en cas d\u2019attaques non nucléaires \u2014 en cas de cyberattaques de grande ampleur, par exemple.Bref, c\u2019est un projet de réarmement massif qui pousse à la relance d\u2019une course aux armements et qui se trouve à vider de leur sens, quoi qu\u2019en dise le secrétaire à la Défense Jim Mattis, des traités de réduction des armes nucléaires comme le New Start, négocié sous Barack Obama en 2010.C\u2019est un énoncé d\u2019intention qui est le contraire d\u2019une incitation pour Kim Jong-un à dénucléariser la Corée du Nord.Il faut cependant souligner qu\u2019en la matière, M.Obama n\u2019a pas été seulement la colombe à laquelle il a voulu faire croire pendant sa présidence.L\u2019attachement qu\u2019il avait manifesté en 2009 à un monde sans armes nucléaires, dans un fameux discours prononcé à Prague, ne l\u2019a pas empêché en 2016 de donner son aval à un gigantesque programme, évalué à 1000 milliards $US sur 30 ans, visant à moderniser l\u2019arsenal américain.Dif?cile de nier, en ce sens, qu\u2019il y a continuité entre la démarche aujourd\u2019hui avancée par M.Trump et celle de son prédécesseur démocrate.Il faut dire aussi que la Russie comme la Chine sont effectivement engagées dans un vaste programme de modernisation militaire et que même les observateurs critiques de M.Trump estiment qu\u2019il y a lieu pour les États-Unis d\u2019en prendre acte et de s\u2019ajuster.Reste que, relève Le Monde, le budget militaire américain dépasse ceux additionnés des neuf autres pays qui consacrent le plus d\u2019argent à leur armée.Et qu\u2019en matière de capacités nucléaires, Washington et Moscou demeurent grosso modo à parité, alors que la Chine ne dispose encore que d\u2019une fraction du nombre d\u2019ogives que possèdent les États-Unis.Il est dans l\u2019ordre de pensée de ce querelleur de M.Trump de faire croire que les États-Unis sont sur tous les plans en funeste état de faiblesse.Le mensonge est d\u2019autant plus dangereux qu\u2019il sert maintenant à justi?er la surproduction d\u2019armes nucléaires.Après avoir annoncé un assouplissement du régime d\u2019assurance parentale, le gouvernement Couillard entend modifier la Loi sur les normes du travail afin d\u2019accorder davantage de congés payés aux salariés.Québec solidaire promet des mesures encore plus généreuses.À l\u2019heure où l\u2019épuisement professionnel et la conciliation travail-famille sont des préoccupations, favoriser la qualité de vie est un choix judicieux.e printemps dernier, le premier ministre Philippe Couillard avait évoqué la possibilité que les salariés puissent ne plus avoir à attendre leur cinquième année de service continu avant d\u2019obtenir une troisième semaine de vacances payées.D\u2019après Radio-Canada, la ministre du Travail, Dominique Vien, devrait déposer un projet de loi a?n de modi?er en ce sens la Loi sur les normes du travail, qui n\u2019a pas été revue depuis 2002.À cette troisième semaine accordée aux jeunes salariés, s\u2019ajouteraient deux journées de congé payé pour remplir des obligations familiales ou à la suite d\u2019un accident ou d\u2019une maladie.À l\u2019heure actuelle, les normes de travail permettent aux employés de s\u2019absenter pour ces motifs, mais à leurs frais.Cour tisant les jeunes familles, Philippe Couillard a aussi annoncé la semaine dernière des changements au Régime québécois d\u2019assurance parentale (RQAP).À tout seigneur tout honneur, Québec solidaire, bien campé à gauche sur l\u2019échiquier politique, y est allé de propositions inspirées des pays européens les plus progressistes: trois semaines de vacances après un an de service et quatre semaines après deux ans.Les salariés disposeraient aussi de dix jours de congé payé par an pour s\u2019acquitter de leurs responsabilités familiales.Ces promesses, que ce soient celles des libéraux ou des solidaires, n\u2019affectent pas l\u2019équilibre des ?nances publiques.En ce sens, elles sont d\u2019autant faciles à tenir.Mais le gouvernement doit tenir compte des conséquences pour les entreprises, particulièrement les plus petites.La Fédération canadienne de l\u2019entreprise indépendante (FCEI) a évalué à 2,5 milliards l\u2019impact ?nancier de la troisième semaine de vacances pour les petites et moyennes entreprises.Cette évaluation correspond à 1,25% des revenus annuels de l\u2019ensemble des PME du Québec, ce qui semble nettement exagéré.Pour l\u2019employé, une semaine de vacances de plus représente 2% de son salaire.Mais ce ne sont que les salariés comptant trois ans et quatre ans d\u2019ancienneté qui en béné?cieraient, donc un petit nombre d\u2019entre eux.À ce jour, ni le Parti québécois ni la Coalition avenir Québec n\u2019ont fait part de leurs propositions pour améliorer le sort des salariés.La CAQ, dont le député Simon Jolin-Barrette, dans la plaquette qu\u2019il vient de publier, a vanté les mérites de la semaine de 60 heures, a surtout parlé d\u2019argent sous forme de baisses de taxes et d\u2019impôts.Nous attendons leurs propositions.De plus longues vacances devraient contribuer à la satisfaction des employés non syndiqués, ce qui pourrait avoir une in- ?uence béné?que sur leur productivité.Mais l\u2019intérêt de cette mesure dépasse les simples considérations économiques ; elle améliorera concrètement la situation de milliers de travailleurs parmi les moins choyés.En s\u2019intéressant au sort de ces petits salariés, le gouvernement Couillard poursuit certes une stratégie électorale, montrant qu\u2019après les compressions qui ont touché des citoyens vulnérables, il peut arborer un visage «social ».En dépit de ces motifs intéressés, nous devons saluer des propositions qui vont dans le sens d\u2019une plus grande justice sociale.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 7 F É V R I E R 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Lettre en réplique à Mme Lise Bissonnette Je tiens à poursuivre la réflexion que Mme Bissonnette a suscitée dans sa lettre ouverte du 30 janvier 2018 concernant l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) et le Réseau de l\u2019Université du Québec (UQ).Mm e Bissonnette y aborde de nombreux sujets, mais fondamentalement, elle remet en question l\u2019estime et l\u2019intérêt que les partis, les parlementaires et les gouvernements successifs porteraient au réseau de l\u2019UQ, par ticulièrement à l\u2019UQAM, et ce, depuis des décennies.Je tiens à l\u2019exprimer clairement : les universités du réseau de l\u2019UQ ont construit le Québec et sont essentielles pour son avenir, pour la vitalité de ses régions, pour l\u2019accessibilité aux études supérieures et pour la recherche.Non, il ne doit pas, et ne devrait jamais y avoir, de « fatalisme » quant au destin des universités de l\u2019UQ.Ces universités constituent une pièce maîtresse de l\u2019exceptionnel réseau de toutes les universités au Québec.J\u2019ose croire que plusieurs de mes prédécesseurs à l\u2019Enseignement supérieur, de quelque horizon politique qu\u2019ils aient été, ne voudraient pas être associés au fatalisme évoqué par Mme Bissonnette.En tout cas, moi, je me dissocie de cette affirmation.L I B R E O P I N I O N J O S É E L E M I E U X E T M A T H I E U S A N T E R R E Présidente et associé chez L\u2019Orange bleue affaires publiques inc.E n septembre dernier, nous avons été ébahis par l\u2019entente qui accorde à la multinationale Netflix un congé fiscal injustifiable.Certains auront alors dénoncé votre conception d\u2019une « équité à géométrie variable », d\u2019autres parlant carrément de votre « complicité à la délinquance fiscale ».À cette ineptie politique s\u2019ajoute maintenant le manque de transparence flagrant démontré par les réponses aux demandes d\u2019accès à l\u2019information du professeur Jean-Hugues Roy.Nous pensions que nous étions arrivés à une ère de transparence et que la gestion obscure des affaires publiques était d\u2019une autre époque.Or l\u2019entente Netflix nous fait reculer très loin dans le passé sur cet aspect, comme sur ceux de l\u2019équité et de la culture.L\u2019entente Netflix est une offense faite aux petites entreprises québécoises et canadiennes comme la nôtre.Qu\u2019est-ce qui peut justifier qu\u2019une multinationale bénéficie d\u2019un tel passe-droit fiscal alors que dans plus d\u2019un million de PME au Canada les travailleurs se battent pour assurer la rentabilité de leurs entreprises tout en respectant leurs obligations fiscales ?Comment devons-nous réagir face à cette annonce, alors que c\u2019est le « bar ouvert » pour les géants étrangers et qu\u2019il ne reste que des miettes pour les entrepreneurs locaux?Principe de transparence D\u2019autre par t, il s\u2019agit d\u2019un échec flagrant dans votre rôle de ministre du Patrimoine canadien.Non seulement l\u2019entente Netflix abandonne la souveraineté culturelle de notre pays aux mains d\u2019une multinationale, mais elle renie carrément la culture entrepreneuriale canadienne et québécoise, qui fait tout autant partie de notre patrimoine national.Les Canadiens sont fiers de travailler au sein des millions de PME et de contribuer à l\u2019enrichissement collectif autant qu\u2019ils sont fiers de leur culture ar tistique.Cette entente est un désaveu du tissu social canadien, au profit, encore une fois, d\u2019un géant américain prédateur.Venant de la par t de notre ministre du Patrimoine, c\u2019est à se demander si nous sommes dans une fiction.Finalement, la façon dont votre ministère a géré ce dossier est en soi un désaveu du principe crucial de la transparence.C\u2019est pour tant une des valeurs principales de notre entreprise, et certainement de la majorité des PME canadiennes.La transparence est la meilleure façon d\u2019assurer l\u2019intégrité dans nos entreprises et dans nos décisions.Malheureusement, le caviardage des documents concernant l\u2019entente Netflix semble nous confirmer que quelque chose de malsain s\u2019y cache.À nos yeux, il n\u2019y a qu\u2019une solution et elle est simple : vous devez revoir l\u2019entente et soumettre Netflix aux mêmes règles fiscales que toute autre entreprise.Cela relève de votre devoir de ministre du Patrimoine canadien, car le patrimoine canadien n\u2019est pas seulement artistique, il est également entrepreneurial et vit à travers plus d\u2019un million de PME au pays qui, aujourd\u2019hui, se sentent trahies par cette décision inéquitable et opaque de leur gouvernement.L\u2019opacité de l\u2019entente Netflix est un affront à plus d\u2019un million de PME FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Comme ministre de l\u2019Enseignement supérieur, j\u2019ai supporté et supporte encore plusieurs projets de développement du réseau.J\u2019ai rencontré la direction de l\u2019UQAM et sa présidente, nous avons discuté du projet du pavillon des Arts et de la créativité numérique et de celui du projet de l\u2019ESG au Faubourg Sanguinet.Par ailleurs, j\u2019ai annoncé récemment plusieurs projets, dont la restauration du clocher Saint-Jacques.Nous travaillons activement avec l\u2019UQAM et avec toutes les universités, qu\u2019elles soient à charte ou constituantes du réseau de l\u2019UQ, afin de les soutenir dans leurs nombreux projets, lesquels sont essentiels pour l\u2019avenir d\u2019un Québec éduqué, critique, novateur et prospère.Au-delà de tous les enjeux soulevés par Mme Bissonnette, qu\u2019il serait trop long d\u2019aborder ici, je tiens à renouveler mon engagement le plus ferme et le plus authentique, tant envers l\u2019UQAM qu\u2019envers l\u2019ensemble des universités du réseau de l\u2019UQ.Hélène David, ministre de l\u2019Enseignement supérieur et ministre de la Condition féminine Le 2 février 2018 Deux poids, deux mesures ! Un drame demeure un drame, peu importe l\u2019origine de la victime.Un jeune de 18 ans ne devrait jamais tomber sous les balles d\u2019un agent de la paix.Au cours des derniers jours, j\u2019ai pris connaissance de nombreux commentaires concernant l\u2019événement au palais de justice de Maniwaki, où un jeune homme de 18 ans a été atteint par un projectile de l\u2019arme à feu d\u2019un constable spécial.Dans la très grande majorité des textes lus, les personnes dénonçaient le comportement de l\u2019agent et le fait qu\u2019il ait utilisé son arme à feu contre un jeune de 18 ans qui souhaitait « aller fumer une cigarette ».Cet événement me rappelle celui d\u2019un jeune de 18 ans qui jouait aux dés dans un parc de Montréal-Nord avec son frère et des amis.Là aussi, pour un incident banal, il y a eu intervention policière, altercation et utilisation d\u2019une arme à feu.Ce jeune de 18 ans a été tué par un policier.Or, même drame, mais des opinions très dif férentes ! En effet, à l\u2019époque de cet incident et encore aujourd\u2019hui, les commentaires étaient plutôt favorables au travail des policiers impliqués.Certains reprochaient même au jeune homme de 18 ans d\u2019être responsable de son malheur.Il aurait dû respecter les ordres des policiers, disaient certains chroniqueurs.Drame similaire mais opinion publique fort différente ! Pourquoi ?Serait-ce parce que le jeune de Montréal-Nord était issu de l\u2019immigration ?J\u2019ose espérer que non\u2026 Me Stéphane Handfield, avocat Le 6 février 2018 PROMESSE D\u2019UNE 3E SEMAINE DE VACANCES Le temps libre au lieu de l\u2019argent STRATÉGIE NUCLÉAIRE Posture querelleuse L S GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 7 F É V R I E R 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).I l aura fallu une jeune femme aux cheveux roses, un anneau dans le nez et les larmes aux yeux pour enfin nous donner l\u2019heure juste.« Je suis brisée par mon métier, j\u2019ai honte de la pauvreté des soins que je prodigue », écrivait sur sa page Facebook Émilie Ricard la semaine dernière.Le voici donc, le vrai « visage des soins infirmiers» ne ressemblant en rien à la mine réjouie du ministre de la Santé lorsqu\u2019il nous entretient, lui, de ses prouesses dans le domaine.Comme par hasard, la réforme du système, orchestrée à grands coups de baguette depuis trois ans, revêt une tout autre allure sous la plume de cette jeune infirmière «exténuée » qui songe, comment s\u2019en surprendre, à réorienter sa carrière.Avant ce cri du cœur, il était facile de s\u2019en laisser imposer par l\u2019auguste ministre et par des chif fres qui, sans tout dire, indiquent quand même certaines améliorations : 15 % de réduction d\u2019attente dans les urgences et hausse de 30 % des personnes ayant un médecin de famille.Mais pour le reste ?Pour ce qui est du tordage de bras de la loi 20 et du sabrage panta- gr uélique de la loi 10 \u2014 abolition de 18 agences de santé et fusion de 182 autres, abolition des conseils d\u2019administration dans les hôpitaux, des représentants élus par la population et du commissaire à la santé, diminution draconienne des établissements (de 350 à 34) et des administrateurs (de 7000 à 680) \u2014, qui pouvait vrai - ment dire ?CSSS ou CISSS, qui sait faire la dif férence ?La bureaucratie étant ce qu\u2019elle est et les professionnels de la santé, souvent peu doués pour l\u2019administration, qui pouvait jurer que ce régime maigreur n\u2019était pas, en partie du moins, indiqué ?Alors, merc i à Émi l ie pour sa lanterne.Son texte met à nu, d\u2019abord, les prétentions du ministre concernant le manque de motivation des femmes dans le milieu (médecins comme infirmières).Selon lui, les femmes bouderaient le travail qui leur est offert, ce qui expliquerait une bonne partie de la dysfonction du système.« La balle est dans le camp des infirmières », dira le Dr Barrette en réponse à Émilie \u2014 une autre façon de dire « elles ont juste à prendre les postes offerts ».Pourtant, cette pénurie, loin d\u2019être un manque d\u2019appétit pour le travail, est une pure fabrication, disent les fondatrices de l\u2019Observatoire infirmier, Marilou Gagnon et Amélie Perron.«Elle est le résultat direct d\u2019une épidémie de congés de maladie, de démissions, d\u2019absentéisme en tous genres, de gel d\u2019embauche, de perte de postes infirmiers, de mises à pied, d\u2019épuisement [\u2026] et d\u2019abandon de la profession».Le travail d\u2019infirmière, bastion de femmes s\u2019il en est un, est depuis trop longtemps méprisé dans le système de santé.Le contraste entre le traitement de faveur accordé aux médecins, primes «à la jaquette » et «à la ponctualité », en plus de salaires faramineux, et celui qu\u2019on ré- ser ve au personnel infirmier, pour qui les heures supplémentaires obligatoires sont une « mesure complètement normalisée depuis 25 ans», n\u2019aura jamais été aussi criant.Malheureusement, Gaétan Barrette n\u2019est pas exactement la personne tout indiquée pour mettre fin à ce deux poids, deux mesures.Si on regarde l\u2019ensemble de son œuvre, deux choses sautent aux yeux : le traitement de faveur accordé aux médecins et, surtout, la concentration des pouvoirs.Le partage des décisions et la démocratisation des instances ont été sacrifiés au profit d\u2019une concentration des pouvoirs dans les mains du ministre.La pyramide est désormais beaucoup plus petite, mais aussi beaucoup plus pointue \u2014 précisément le contraire de ce que devrait être une bonne gestion des affaires publiques, disent les auteurs de Why Nations Fail.Selon l\u2019économiste Daron Acemoglu et le po- liticologue James Robinson, ce qui différencie les pays qui réussissent des pays qui échouent n\u2019est ni la culture, ni la géographie, ni même les richesses naturelles, mais bien la qualité des institutions.« Une nation prospère lorsqu\u2019elle développe des institutions politiques et économiques \u201cinclusives\u201d et elles échouent lorsque ces institutions concentrent le pouvoir et les opportunités dans les mains de quelques-uns».Exactement ce que s\u2019évertue à faire Gaétan Barrette depuis de nombreuses années.On sabre les instances démocratiques, on empêche la transparence, on concentre les pouvoirs, on privilégie les plus riches, on méprise, voire on «violente» le personnel infirmier\u2026 «mais, hey, dit Émilie, la réforme est un succès».fpelletier@ledevoir.com Sur Twitter : @fpelletier1 « Mais, hey, c\u2019est un succès » FRANCINE PELLETIER P I E R R E D O R A Y Département de sociologie de l\u2019UQAM B E N O Î T L A P L A N T E Centre Urbanisation, culture et société de l\u2019Institut national de recherche scientifique n ar ticle récent du Devoir (24 janvier 2018) faisait état d\u2019une recherche de R.La- croix et L.Maheu concluant au retard du Québec, et spécialement des francophones du Québec, en matière de di- plomation universitaire en comparaison à l\u2019Ontario.Les auteurs s\u2019appuient sur des données administratives agrégées : le nombre de diplômes décernés par année au Québec et en Ontario, le nombre annuel de diplômes décernés selon la langue maternelle au Québec, le taux de diplomation des universités, etc.Or, ces informations ne permettent pas de tirer les conclusions des auteurs.Nous le savons parce que nous avons déjà étudié cette question et que pour y répondre, nous avons utilisé des données d\u2019une autre nature.On ne peut pas mesurer la proportion des individus qui détiennent un diplôme universitaire dans une population à un moment donné à partir du nombre des diplômes qui sont décernés par les universités au fil des années.La détention d\u2019un diplôme est une caractéristique des individus.On ne peut mesurer cette proportion qu\u2019à partir de données recueillies auprès de la population, comme celles du recensement.Rappelons que la population de chaque province est composée de personnes qui y sont nées, qui y ont étudié et qui y travaillent, mais aussi de migrants venant des autres provinces, qui y ont majoritairement étudié et qui les ont quittées pour travailler ailleurs.Chaque province est aussi composée d\u2019immigrants qui proviennent de différents pays et qui ont été largement sélectionnés sur la base de leur éducation, les diplômés universitaires obtenant de plus de points lors de l\u2019évaluation de leur dossier par les autorités canadiennes.Si on veut utiliser la proportion des « francophones du Québec» qui détient un diplôme universitaire pour juger de l\u2019efficacité du système d\u2019enseignement du Québec à éduquer les francophones, il faut définir les « francophones du Québec » quant à la question posée et se concentrer sur les personnes qui sont nées au Québec, qui y ont étudié et qui y résident toujours au moment où on fait la mesure.Pour comparer les francophones du Québec aux autres groupes linguistiques, il faut définir ces groupes de manière analogue.Des résultats dif férents Quand on tient compte de ces contraintes et que l\u2019on utilise les données adéquates (dans notre cas, le recensement de 2001, où l\u2019on retrouvait les informations pertinentes), les résultats de la comparaison sont différents.Dans notre étude, nous constatons qu\u2019en 2001, la proportion des diplômés universitaires était de 21% chez les francophones nés au Québec et y vivant toujours, de 25% chez les anglophones nés au Québec et y vivant toujours, et de 21% chez les anglophones nés en Ontario et y vivant toujours.Autrement dit, les francophones du Québec qui sont nés dans leur province et y ont étudié sont proportionnellement aussi nombreux à détenir un diplôme universitaire que les anglophones nés en Ontario et qui y ont étudié.Oui, la proportion de la population totale qui détient un diplôme universitaire est plus élevée en Ontario qu\u2019au Québec, car la proportion des personnes nées dans une autre province ou à l\u2019étranger est plus élevée en Ontario qu\u2019au Québec.Oui, la proportion des anglophones du Québec qui détient un diplôme universitaire est plus élevée que celle des francophones du Québec, mais ceci tient au fait que les anglophones du Québec, contrairement à ceux de l\u2019Ontario, sont concentrés dans les couches supérieures de la société et que cette position sociale se transmet d\u2019une génération à l\u2019autre, notamment par le fait d\u2019aller à l\u2019université.Bref, quand on prend la méthode qui permet de comparer les comparables, on voit que la proportion des diplômés universitaires est la même chez les francophones du Québec et chez les anglophones de l\u2019Ontario.Comme il n\u2019y a pas de différence entre les deux groupes qui sont comparables, il n\u2019y a pas grand-chose à dire sur les avantages et inconvénients comparés des systèmes québécois et ontarien à partir de la proportion des diplômés.Les systèmes d\u2019enseignement du Québec et de l\u2019Ontario sont différents.La chose est indiscutable, mais elle n\u2019a pas l\u2019effet que les auteurs prétendent voir.Chose amusante, les auteurs omettent de leurs discussions les particularités du système ontarien qui ont fort probablement contribué, bien qu\u2019on ne sache pas exactement comment, à faire varier les indicateurs administratifs qu\u2019ils utilisent, notamment l\u2019abolition de la treizième année du secondaire en 2003 qui a perturbé le flux des admissions à l\u2019université.Ils ont également ignoré le développement des collèges d\u2019ar ts appliqués et de technologie qui offrent un très vaste éventail de programmes de formation professionnelle dont un certain nombre sont couronnés par un baccalauréat, c\u2019est-à-dire des diplômes de premier cycle universitaire.En effet, ironiquement pour les auteurs qui semblent ne pas être sensibles au rôle des cégeps, une partie des nouveaux bacheliers ontariens a obtenu son diplôme dans un collège\u2026 ÉTUDES UNIVERSITAIRES Le diplôme et les francophones : quel retard?K H A L E D S U L A I M A N Écrivain et journaliste ne des plus puissantes armées de l\u2019OTAN, celle de la Turquie, est en train de détruire la région d\u2019Afrin en Syrie, et la communauté internationale, en se bouchant les oreilles et en fermant les yeux, présente son silence comme le plus beau cadeau à Erdogan.Des villages, des temples, des hôpitaux et des ol iv iers sont rasés par les forces aé - riennes turques.Un million et demi de personnes, dont un demi-million de déplacés, vivent sous le bombardement quotidien, des centaines parmi elles se réfugient dans des grottes .Selon ce qu\u2019on peut vo ir sur des images publiées dans les médias locaux et internationaux, les avions turcs n\u2019excluent pas les civils et leurs foyers, ni les ser vices publics et les sites historiques.D\u2019abord, le nord-ouest de la Syrie, où se trouve l\u2019enclave d\u2019Afrin, administré par les Kurdes depuis 2011, est devenu un champ libre pour tester les armes européennes et américaines par le gouvernement islamo- conservateur turc.Il est bien important de noter qu\u2019après l\u2019apparition des chars allemands (Léopard-2) dans cette agression militaire turque, une première vague de critiques a déferlé contre le silence du gouvernement d\u2019Angela Merkel sur l\u2019utilisation de ces chars contre les Kurdes.Mais l\u2019arme plus dangereuse que les Léopard-2 est celle du silence du monde devant une violence étatique qui décuplera le désastre politique et sécuritaire en Syrie.Dans la justification de cette guerre, le président turc a convaincu la communauté internationale que son pays est menacé par le Parti d\u2019Union démocratique (PYD) et ses branches militaires, dont les Unités de protection du peuple (YPG) et les Unités de protection de la femme (YPJ).Mais au-delà de ce mensonge, Erdogan n\u2019a jamais manqué une occasion de montrer qu\u2019il est contre l\u2019existence même des Kurdes en Afrique.Dès la création de leurs administrations autonomes dans la région du nord de la Syrie en 2012, les Kurdes n\u2019ont jamais constitué une menace pour la Turquie, même s\u2019ils sont déjà dans sa mire.Fermer les yeux Il est important de savoir que la région dans laquelle les Kurdes ont vaincu l\u2019organisation de l\u2019État islamique (Daech) se démarque par rapport aux autres régions dans une Syrie en proie à de la violence.Et la pacification de cette région kurde constitue la source d\u2019inquiétude du « sultan » Erdogan, qui est prêt à tout pour que les Kurdes ne puissent pas profiter de leurs droits politiques et nationaux.Cela veut dire que l\u2019of fensive Rameau d\u2019olivier \u2014 Coupeur d\u2019olivier dans les médias kurdes \u2014 ne date pas de son déclenchement le 20 janvier dernier.Elle est plutôt ancrée dans le dogme politique et militaire turc depuis toujours.Entre-temps, les deux grandes puissances, les États-Unis et la Russie, qui sont censées ramener la stabilité en Syrie, ferment les yeux sur les atrocités turques en se concentrant sur l\u2019Iran et le régime de Bachar el-Assad.Pour les Américains, les régions les plus importantes en Syrie sont celles de l\u2019est et du nord- est, où se trouvent les provinces de Deir Ez- Zour, de Raqqa et d\u2019Hassaké, qui permettraient d\u2019établir un corridor d\u2019intervention entre l\u2018Iran, la Syrie et le Liban, et pour le pétrole tant convoité.Pour Vladimir Poutine, tout échec en Syrie couperait l\u2019herbe sous le pied aux Russes dans le grand Moyen-Orient et à la façade maritime méditerranéenne.Il s\u2019agit donc d\u2019une carte régionale forte à jouer pour le nouveau César russe.En bref, les deux puissances ont laissé les Kurdes de Syrie dans la mire de la Turquie, et dans celle de l\u2019Iran en Irak après le référendum de l\u2019indépendance en 2017.Il faut rappeler dans ce contexte que la Syrie, l\u2019Iran et l\u2019Irak ont intérêt à éliminer toute possibilité d\u2019émergence d\u2019une entité kurde dans la région.Cela ramène les Kurdes, qui constituent la plus grande nation colonisée jusqu\u2019à aujourd\u2019hui, à une géopolitique post-coloniale étouffante.Dans ce contexte, et sous le couver t de « préoccupations légitimes en matière de sécurité », la communauté internationale se contente d\u2019un silence complice doublé d\u2019hypocrisie alors que le président Erdogan se prépare à déplacer son cheval de Troie, pour des considérations dites géostratégiques et les intérêts militaro-économiques des uns et des autres.Et Afrin, la sacrifiée, ne suscite la préoccupation d\u2019aucun pays.Les Kurdes dans la mire de la Turquie U DELIL SOULEIMAN AGENCE FRANCE-PRESSE Scène d\u2019une manifestation de mardi, à Jandairis, pour dénoncer l\u2019offensive Rameau d\u2019olivier U MEL EVANS ASSOCIATED PRESS Lorsqu\u2019on prend une méthode qui permet de comparer les comparables, on voit que la proportion des diplômés universitaires ne dif fère pas.La proportion des diplômés universitaires est la même chez les francophones du Québec et chez les anglophones de l\u2019Ontario « Une nation prospère lorsqu\u2019elle développe des institutions politiques et économiques \u201cinclusives\u201d» L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 7 F É V R I E R 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel 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ont fait le même choix, préférant se réfugier dans la proverbiale « bulle olympique » et laisser leur aînée, Maxime, s\u2019occuper des publications.Contexte unique «Plusieurs athlètes de tête vont avoir plus de sollicitations, de messages et de \u201cj\u2019aime\u201d que jamais.C\u2019est un contexte nouveau à gérer, qui est unique aux Jeux olympiques », explique le préparateur mental Fabien Abejean, qui travaille actuellement avec l\u2019équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste, mais a également conseillé des athlètes olympiques en plongeon, en boxe et en judo.« Avec les réseaux sociaux, certains athlètes ne disputent plus leur compétition en fonction de leurs objectifs, ils le font en pensant à ce qu\u2019ils représentent.Ça peut changer la dynamique de performance et la peur de décevoir peut entrer en jeu», souligne-t-il.La stratégie à adopter varie d\u2019un athlète à l\u2019autre, af firme ce spécialiste de la psychologie spor tive.Cer tains profitent de la saison de Coupe du monde pour s\u2019habituer à utiliser les réseaux sociaux et à devenir le centre de l\u2019attention en l\u2019espace de quelques jours, alors que d\u2019autres préfèrent laisser l\u2019équipe de communication de leur équipe, leur agence ou leurs proches s\u2019occuper de leur rayonnement sur Facebook, Instagram ou Twitter.Visibilité payante Qu\u2019ils alimentent les réseaux sociaux eux- mêmes ou non, les athlètes peuvent dif ficile- ment se passer de ce formidable outil de promotion, fait remarquer Marie-Annick L\u2019Allier, la présidente de l\u2019agence qui porte son nom.Pendant les deux semaines des Jeux olympiques, un athlète auparavant inconnu du grand public peut attirer des abonnés par milliers et obtenir une visibilité fort convoitée, note-t-elle.«Quand on fait la recherche de commandites, la présence sur les réseaux sociaux devient un critère de sélection pour les entreprises, parce que les athlètes deviennent des influenceurs.» Lors des Jeux de Sotchi, Mme L\u2019Allier a été témoin de l\u2019impact des réseaux sociaux sur sa protégée Marianne St-Gelais, mais elle a aussi vu à quel point l\u2019appui des internautes a permis au patineur François Hamelin de garder la tête haute après sa chute en demi-finale du relais masculin.« Ça l\u2019a porté.C\u2019était un baume pour lui de voir que les gens le soutenaient.» « Avant les Jeux, on essaie de préparer les athlètes et d\u2019avoir un plan de match, mais s\u2019il y a bien quelque chose qui est imprévisible, c\u2019est les réseaux sociaux, observe-t-elle.On conseille les athlètes en fonction de leur personnalité.» Règles strictes Les athlètes olympiques qui décident d\u2019utiliser les réseaux sociaux doivent cependant faire preuve de prudence.La controversée règle 40 de la Charte olympique interdit à toutes les personnes accréditées pour les Jeux d\u2019utiliser les réseaux sociaux à des fins commerciales, promotionnelles ou publicitaires.Les athlètes ne peuvent pas publier du contenu faisant référence à une marque ou créer du contenu qui associe une compagnie au terme « olympique » ou au symbole olympique.Ironiquement, les Jeux olympiques permettent donc aux athlètes de briller plus que jamais, mais les sportifs ne peuvent pas profiter de cette visibilité inégalée pour faire mention des commanditaires dont ils dépendent en grande partie pour vivre de leur sport, à moins d\u2019obtenir l\u2019autorisation du Comité international olympique (CIO).Depuis l\u2019ouverture du village olympique jeudi dernier jusqu\u2019à sa clôture le 28 février prochain, les athlètes ne peuvent par ailleurs pas partager de vidéos montrant les aires de compétition.Cela signifie qu\u2019un athlète olympique qui voudrait assister à l\u2019épreuve de patinage artistique ne pourrait pas dif fuser publiquement une vidéo enregistrée depuis les estrades.Ces lignes directrices, fréquemment critiquées par des athlètes qui y voient une violation de leur liberté d\u2019expression, ont un objectif bien précis, affirme le professeur de marketing à l\u2019Université de Sherbrooke Marc D.David : protéger les intérêts des commanditaires et des diffuseurs officiels des Olympiques.«Ces compagnies-là paient des centaines de millions pour être un commanditaire olympique, donc elles veulent éviter l\u2019encombrement publicitaire, résume-t-il.L\u2019engouement médiatique des Olympiques doit être rentabilisé pour tout le monde.[\u2026] Tous ces gens-là en veulent pour leur argent.» «Les organisateurs font attention à leurs commanditaires, parce que sans commanditaires, il n\u2019y a pas de Jeux olympiques», poursuit-il.Après avoir légèrement assoupli la règle 40 en 2015 à la suite de la protestation de certains athlètes, le CIO devrait-il encore lâcher du lest ?Pourquoi pas, dit M.David.« Je pense qu\u2019il y aurait place à un compromis pour permettre aux athlètes de mieux se faire connaître sur les réseaux sociaux sans avoir à ef facer le logo olympique.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 JEUX Dès le départ, M.Barrette s\u2019est montré sympathique à la cause de la jeune femme, ce qui ne l\u2019a pas empêché toutefois de dénoncer la dernière campagne publicitaire « hyper négative » de la FIQ.« Il y a une action concertée, c\u2019est clair », disait-il la semaine dernière tout en demandant au syndicat de changer son message.«Venez.Occupez les postes.Ça va régler le problème », disait-il en en soulignant que les heures supplémentaires obligatoires n\u2019étaient «pas la norme » dans le réseau.Dans le passé, le ministre et le syndicat ont souvent été à couteaux tirés, notamment dans le dossier de la clinique d\u2019infirmières SABSA, pour lequel la FIQ a mené une longue campagne et face auquel M.Barrette avait de sérieuses objections.Des réponses dans deux semaines Or mardi, l\u2019heure était à l\u2019écoute envers la FIQ.Le ministre Barrette rencontrait d\u2019ailleurs la nouvelle présidente, Nancy Bédard, en après- midi pour dégager des solutions.«On a eu une conversation très agréable et très ouverte sur les enjeux auxquels on fait face », a-t-il dit à la sortie de la rencontre.La FIQ et le gouvernement s\u2019étaient entendus en 2015 pour augmenter la propor tion d\u2019infirmières travaillant à temps plein et mettre sur pied un projet-pilote pour réduire le ratio de patients par infirmière.Or plus de deux ans plus tard, les changements ne se déploient pas sur le terrain, déplore la FIQ.Un point de vue dont s\u2019est désolé le ministre lui-même mardi.La question des ratios infirmières-employés « doit être revisitée », a-t-il dit en soulignant que les revendications des infirmières étaient légitimes et qu\u2019il souhaitait leur envoyer un message «d\u2019espoir ».Comment expliquer un tel retard ?Les causes demeurent floues.À la FIQ, on reproche notamment aux directions des centres intégrés de ser vices sociaux (CIUSSS et CISSS) de bloquer le dossier en refusant de fournir leurs données sur les ratios et heures supplémentaires qui sont appliqués.Une critique qui a surpris dans les CIUSSS joints par Le Devoir mardi.Au CIUSSS de l\u2019Ou- taouais, par exemple, la porte-parole a signalé que la diffusion des données ne constituait pas « un enjeu ».Par contre, on assurait être « en train de trouver des solutions à court terme » aux problèmes vécus par les infirmières.Des rencontres entre la direction et le syndicat local de la FIQ étaient d\u2019ailleurs prévues en même temps que la rencontre entre le ministre et la présidence du syndicat à Québec.Le ministre Barrette, de son côté, n\u2019a pas voulu pointer de responsables pour les retards à appliquer les changements, mais s\u2019est engagé à fournir plus de réponses lors d\u2019une nouvelle rencontre avec la FIQ dans deux semaines.Satisfaite de la rencontre, Mme Bé- dard a dit que la balle était « dans le camp du gouvernement ».Toute la journée, le dossier des infirmières avait dominé les échanges au Parlement.Tour à tour, les trois partis d\u2019opposition ont consacré la majorité de leurs interventions de la rentrée à ce sujet.« On a un gouvernement qui a fait beaucoup de choses pour les médecins, mais qui n\u2019a pas rien fait pour améliorer la qualité de vie et la qualité de travail des infirmières, et surtout des patients qui en ont besoin et qui reçoivent ces soins-là », dénonçait la porte-parole péquiste en matière de santé, Diane Lamarre.Chez Québec solidaire, on reprochait à Gaé- tan Barrette d\u2019instaurer des « solutions ca- quistes » dans le réseau de la santé.« Déjà, en septembre 2016, la vérificatrice générale dénonçait la situation, la surcharge de travail, le ratio trop élevé qui mettait en danger des patients», faisait aussi fait valoir Amir Khadir.Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault a préconisé des solutions plus globales pour améliorer la situation des infirmières, telles « une nouvelle entente avec les médecins de famille » et une amélioration des soins de première ligne.Tous ont fait référence au cri du cœur d\u2019Émilie Ricard à un moment ou à un autre.Son nom a d\u2019ailleurs été mentionné cinq fois pendant la période de questions à l\u2019Assemblée nationale.Pendant que les députés débattaient, la jeune femme dormait après son quart de travail de nuit.Jointe en début de soirée, elle a dit qu\u2019elle avait « comme tout le monde hâte de voir s\u2019ils [allaient] faire des promesses et les tenir ».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 INFIRMIÈRES estime toutefois que l\u2019acquittement de l\u2019homme d\u2019affaires ne constitue pas un échec.M.Accurso faisait face initialement à six chefs d\u2019accusation.Cinq chefs ont été abandonnés, si bien qu\u2019il ne faisait face qu\u2019à un seul chef lors du procès, so it celu i d \u2019abus de confiance.« M.Accurso a toujours clamé son innocence.Il a voulu un procès et douze concitoyens ont entendu la preuve et ont fait leur travail de façon rigoureuse en se penchant sur ce qui leur a été présenté », souligne Me Hijazi.L\u2019ex-entrepreneur en construction avait été au cœur de plusieurs révélations devant la commission Charbonneau avant d\u2019être arrêté à quelques reprises par l\u2019UPAC.Me Hijazi rappelle cependant que cette commission d\u2019enquête a permis de mettre en lumière le phénomène de la corruption, surtout au niveau municipal.Toutefois, dit-il, ce n\u2019est pas parce qu\u2019un individu a témoigné devant la Commission ou qu\u2019il y a été nommé qu\u2019il est coupable de quoi que ce soit.« Le processus judiciaire est indépendant du processus d\u2019une commission d\u2019enquête », insiste le criminaliste.Selon l\u2019avocat, plusieurs facteurs expliquent qu\u2019il y ait eu peu de condamnations dans certains dossiers de collusion et de corruption.Récemment, l\u2019arrêt des procédures pour délais déraisonnables a permis à plusieurs accusés d\u2019éviter leur procès.«L\u2019arrêt Jordan, ce n\u2019est pas un manque de rigueur dans les enquêtes, c\u2019est un nouvel élément avec lequel le système de justice doit maintenant composer», mentionne-t-il.Avec Jeanne Corriveau, Guillaume Bourgault-Côté et La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ACCURSO Le Faubourg Contrecœur L\u2019interminable procès du Faubourg Contrecœur tire à sa fin avec les plaidoiries qui auront lieu à compter du 14 février prochain.Amorcé il y a deux ans, ce procès découlant de l\u2019enquête Faufil a connu des débuts laborieux compte tenu des nombreuses requêtes déposées par la défense, dont celles pour arrêt de procédures.Frank Zampino, ex-président du comité exécutif, l\u2019entrepreneur Paolo Catania et les ex-employés de Construction F.Catania Pasquale Fedele, Martin D\u2019Aoust, André Fortin et Pascal Patrice font face à des accusations de fraude, de complot et d\u2019abus de confiance dans le dossier de la vente d\u2019un terrain du projet immobilier du Faubourg Contrecœur.Des dizaines de témoins ont été entendus, parmi lesquels l\u2019ex-maire Gérald Tremblay, l\u2019ancien membre du comité exécutif de la Ville Benoit La- bonté et l\u2019ex-président de Génius Michel Lalonde.Pour sa part, l\u2019ex-collecteur de fonds d\u2019Union Montréal Bernard Trépanier subira son procès à compter du 3 avril prochain.Au rythme de la justice ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Frank Zampino Les compteurs d\u2019eau L\u2019enquête Fronde sur les compteurs d\u2019eau est toujours en cours, mais en septembre dernier, l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) a procédé à l\u2019arrestation de huit personnes relativement à ce dossier.Accusés d\u2019avoir participé à un système de partage de contrats à la Ville de Montréal entre 2001 et 2009, l\u2019ex-président du comité exécutif de la Ville Frank Zampino, l\u2019ancien collecteur de fonds pour Union Montréal Bernard Trépa- nier, l\u2019ex-directeur des travaux publics à la Ville de Montréal Robert Marcil, Kazimierz Olechnowicz et Yves Théberge (CIMA +), ainsi que Bernard Poulin, Dany Moreau et Normand Brousseau, de la firme SM, font face à des accusations de fraude, de complot et de corruption dans les affaires municipales.Leurs avocats seront d\u2019ailleurs en cour ce mercredi pour déterminer les dates des procédures à venir.À ce jour, aucune arrestation n\u2019a été effectuée relativement au contrat des compteurs d\u2019eau de 356 millions accordé par la Ville de Montréal au consortium Gé- nieau formé des entreprises Dessau et Simard- Beaudry, qui appartenait alors à Tony Accurso.Dossier Boisbriand L\u2019UPAC frappe à Boisbriand en février 2011 lors de l\u2019opération Fiche, qui s\u2019intéresse au partage de contrats de la municipalité en échange de financement politique.Lino Zambito, qui deviendra un des témoins vedettes de la commission Charbonneau, figure sur la liste des huit coaccusés soupçonnés d\u2019avoir participé au stratagème.Le chapitre Boisbriand, dont les procès ont tardé à commencer, constitue somme toute un succès.Plus de quatre ans après son arrestation, l\u2019ex-vice-président d'Infrabec a plaidé coupable d\u2019avoir comploté avec l\u2019ancienne mairesse de Boisbriand Sylvie St-Jean pour obtenir illégalement des contrats.L\u2019ex-mairesse St-Jean a elle aussi plaidé coupable aux quatre accusations qui pesaient contre elle.Au terme de leur procès, l\u2019ancien maire Robert Poirier, l\u2019ex-conseiller municipal Claude Brière et l\u2019ancienne dirigeante de la firme Roche France Michaud ont tous deux été reconnus coupables.La Couronne avait finalement retiré les accusations contre Gaétan Morin, un ex-ingé- nieur de la firme Roche.Les accusations contre l\u2019ancien employé de la firme BPR-Triax Rosaire Fontaine avaient aussi été retirées, mais cette fois pour des raisons de santé.Giuseppe Zambito, père de Lino, avait reçu une absolution inconditionnelle pour avoir intimidé un concurrent d\u2019Infrabec.Gilles Vaillancourt et Laval Le nom de l\u2019ex-maire de Laval est revenu souvent au fil des audiences de la commission Charbonneau.Gilles Vaillancourt a plaidé coupable le 1er décembre 2016 à des accusations de fraude, de complot et d\u2019abus de confiance.Condamné à six ans de prison et emprisonné dès lors, il bénéficie depuis novembre 2017 d\u2019une semi-liberté.Des 36 autres coaccusés de l\u2019opération Honorer, seul Tony Accurso doit encore subir son procès : vingt-six ont plaidé coupables, six ont obtenu un arrêt des procédures en vertu de l\u2019arrêt Jordan et trois sont morts avant de subir leur procès.En décembre dernier, le premier procès de Tony Accurso a avorté à cause de la contamination de jurés.Le nouveau procès de M.Accurso devrait débuter en mai.Nathalie Normandeau Le procès de l\u2019ancienne vice-première ministre du Québec Nathalie Norman- deau devrait s\u2019ouvrir le 9 avril à Québec\u2026 si tant est que le juge rejette deux requêtes en arrêt des procédures.La première évoque l\u2019arrêt Jordan pour soutenir que les délais observés dans ce dossier sont déraisonnables.La seconde fait valoir que les fuites médiatiques empêchent la tenue d\u2019un procès juste et équitable.Arrêtée le jour de la présentation du budget en mars 2016, Mme Normandeau fait face à des accusations de fraude, d\u2019abus de confiance et de corruption en compagnie de cinq coaccusés : son ex-chef de cabinet Bruno Lortie, l\u2019ex-ministre libéral Marc-Yvan Côté, François Roussy (ex- maire de Gaspé), de même que Mario W.Martel et France Michaud (anciennement de la firme Roche).Ils ont été arrêtés dans le cadre des enquêtes Joug-Lierre \u2014 stratagèmes criminels impliquant notamment des activités frauduleuses de financement politique.Un autre coaccusé (Ernest Murray) a déjà plaidé coupable en août 2017.JACQUES BOISSINOT PC Nathalie Normandeau JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gilles Vaillancourt "]
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