Le devoir, 14 février 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 3 1 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le monde \u203a La police israélienne recommande le dépôt d\u2019accusations pour corruption et fraude contre le premier ministre Benjamin Nétanyahou.Page B 7 Avis légaux.A 6 Décès.B 8 Météo.B 6 Mots croisés.B 10 Petites annonces .B 8 Sudoku.B 6 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Justice Ottawa promet une réponse rapide aux autochtones Page A 3 Autisme Des parents désespèrent d\u2019obtenir l\u2019aide promise Page A 5 H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa I l serait tentant d\u2019écarter Jordan Peterson du revers de la main en le cataloguant comme un vulgaire réactionnaire.Après tout, ce professeur de psychologie prône une éducation structurée des enfants pouvant aller jusqu\u2019à la correction physique, il refuse d\u2019utiliser des pronoms inventés pour satisfaire les transgenres et il démolit la théorie de l\u2019oppression.Pour tant, son tout récent livre 12 Rules for Life \u2013 An Antidote to Chaos est en voie de devenir un succès mondial.Loin d\u2019être en retard sur toutes les causes qui passionnent le XXIe siècle, Jordan Peterson se voit comme le contrepoids nécessaire d\u2019une bien-pensance qui va trop loin.Jordan Peterson a commencé à faire ESSAI La vraie nature de Jordan Peterson Célébré par les uns, honni par les autres, le professeur combat la rectitude politique JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Jordan Peterson est populaire : son dernier livre fait partie des dix meilleures ventes aux États-Unis, en Grande-Bretagne et au Canada.KIM BOUTIN: LE BRONZE ET LA HAINE PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE La Sherbrookoise Kim Boutin, que l\u2019on voit ici félicitée par sa coéquipière Marianne St-Gelais, a remporté la médaille de bronze au patinage de vitesse sur courte piste, mais sa performance lui a valu des menaces sur les réseaux sociaux de la part de partisans de la Corée du Sud.Pages B 4 et B 5 I S A B E L L E P O R T E R J E S S I C A N A D E A U à Québec À compter de la fin mars, il n\u2019y aura plus de médecin le soir, la nuit et la fin de semaine à l\u2019Institut universitaire en santé mentale de Québec (IUSMQ).Une décision qui fait craindre aux infirmières une nouvelle surcharge de travail.« On sait très bien que, dans les dépar te- ments de psychiatrie, il y a beaucoup de débordements actuellement.Le personnel est déjà à bout de souffle », explique la vice-présidente du Syndicat des professionnels en soins de la capitale nationale affilié à la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ), Johanne Boies.« Ça va ê tre une sur - charge de travail pour les professionnels en soins.[\u2026] C\u2019est comme si on mettait sur leurs épaules la responsabilité du patient.» Ces révélations sur viennent une semaine après la rencontre du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avec la présidence de la FIQ pour régler les problèmes de surcharge déjà présents dans le réseau.L\u2019IUSMQ compte un peu plus de 300 patients hospitalisés pour des problèmes de santé mentale.Jusqu\u2019à présent, il y avait toujours un médecin généraliste sur place pour intervenir au besoin sur des problèmes de santé physique imprévus.Or, désormais, ce ne sera plus le cas à compter de 16 h la semaine, ainsi que la fin de semaine.En guise de remplacement, des médecins seront sur appel, mais pourront dormir chez eux.Ce changement n\u2019inquiète pas seulement les infirmières.Dans une lettre dont Le Devoir a obtenu copie, la chef de service par intérim INSTITUT EN SANTÉ MENTALE DE QUÉBEC Des infirmières laissées à elles-mêmes Il n\u2019y aura plus de médecin sur place le soir, la nuit et la fin de semaine VOIR PAGE A 10 : SANTÉ VOIR PAGE A 10 : ESSAI S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L e scandale des agressions et inconduites sexuelles qui affecte Oxfam en Grande-Bre- tagne (GB) s\u2019amplifie et fait réagir les organismes humanitaires du Québec.Les groupes contactés par Le Devoir se disent «outrés», «choqués» et «scandalisés» par l\u2019af faire britannique.Ils ajoutent que les mesures déjà en place ici leur permettent de mieux sélectionner, encadrer et surveiller leurs employés afin de prévenir de telles dérives «autant que faire se peut ».Après Haïti et le Tchad, Oxfam GB fait face à de nouvelles accusations de viols visant ses travailleurs humanitaires employés au Soudan du Sud, mais aussi d\u2019agressions sur des mineurs bénévoles dans les magasins de l\u2019organisme en Grande-Bretagne.Ces nouvelles tuiles tombent après les révélations des médias britanniques concernant une enquête ouverte en interne en 2011 qui a mis au jour une «culture d\u2019impunité » parmi les employés d\u2019Oxfam.L\u2019enquête de l\u2019organisme n\u2019exclut pas le recours à des prostituées mineures en Haïti en 2011 et au Tchad en 2006.Le président haïtien a dénoncé une « violation extrêmement grave de la dignité humaine ».SCANDALES SEXUELS Les ONG du Québec tentent de se faire rassurantes Le cas du géant humanitaire Oxfam rappelle qu\u2019aucun groupe n\u2019est à l\u2019abri de l\u2019infamie VOIR PAGE A 10 : OXFAM Pour en apprendre davantage, les-amis.ca Message publié par Cette annonce paraît grâce au soutien de : Christiane Asselin Monique Bastien, Louise-Marie Beauchamp, Richard Beaucher, Marie Beauregard, René Béchard, Angèle Benny, Sylvie Bergeron, Daniel Bernhard, Anne Bilodeau, Danielle Blouin, Jean-Roch Boisvert, Pierre Bonhomme, Jacques Bouchard, Nicole Bouchard, Michel Bourgeois, Marcel Bruneau Richard Caron, Pierre Caron, Vincent Castellucci, Daniel Caya, Dominic Champagne, Denise Chartier, Paule Cossette, Gisèle Cossette, Mireille Côte, Justin Coulombe, Pauline Couture, Guy Coupal Yvon d\u2019Auteuil, Denys Delâge, France Delagrave, Michel Dostie, Gaëtane Douville, Michèle Druelle-Clot, Marielle Dubé, Francine Dumais, Jean-Guy Dupont, Jacques Duval, Claire Duval Bernard Élie Michèle Falardeau, Richard Fortier, Marc-Antoine Fournier Maryse Gagné, Brigitte Garneau, Gilles Gaudreau, Ghislain Gauthier, Denis Girard, Michelle Gosselin, Sarah Gravel Louis Hébert Guy Joussemet Yves La Neuville, René Lachapelle, Denise La?amme, Maryse La?eur, Marie-Claude Langlois, Marie-Claire Laparé, Magali Laplane-Gibbins, Ghislain Laroche, Lucie Larose, Richard Lauzon, Marie LeBlanc, Claire-Andrée Leclerc, Monique Legault, Madeleine Legault, André Richard Lemay, Paul Lemieux, Normand Lemyre, France Lessard, Raymond Lessard, Carol Létourneau, Hélène Lussier Richard Lynch, Luc Martin, Bruno Martin, Rosella Melanson, Natalie Michaud, Marie-Josée Moisan, Lucienne Moreau, Serge Morin, Louise Morissette, Ian Morrison Michèle Nolin, Normand Gélinas Michel O\u2019Neill, PhD Georges Paquet, Jean Claude Parrot, Claude Perras, Danielle Pinsonneault, Jean-Paul Plouffe, Thierry Poitras, Christine Portelance, Ronald Prégent, Jean-Guy Prince, Gaston Proulx Maryse Rastelli, Marie-Andrée Ricard, Yves Rioux, Gilles Rioux, Luc Robillard, Marc Robin, Lucie Rochon-Landry Louise Savard, Catherine Savard, Jacques Sideleau, Michel Sinclair Bernard Tremblay Line Vaillancourt, Constance Vaudrin, André Villeneuve, Anny Vossen Le journalisme crédible et rigoureux si nécessaire à notre démocratie est au bord du gouffre.Ottawa doit intervenir maintenant.Une échappatoire ?scale prive nos médias locaux des milliards de dollars en revenus publicitaires nécessaires pour raconter nos histoires et produire des enquêtes journalistiques rigoureuses : il est temps de colmater la brèche.Le temps presse! COLMATONS LA BRÈCHE L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 L I S A - M A R I E G E R V A I S L\u2019 administration des services de santé du Nunavik se dit victime de facturation exagérée, voire illégale pour l\u2019hébergement à Montréal d\u2019Inuits ayant un handicap physique ou intellectuel.Devant la Commission d\u2019enquête sur les relations entre les autochtones et certains services publics au Québec mardi, elle a également dénoncé les problèmes d\u2019acculturation de ces personnes vulnérables qui, faute de soins spécialisés pour elles dans le Grand Nord, sont contraintes d\u2019aller «au Sud».Un audit datant de 2013-2014 a révélé que le Centre de réadaptation de l\u2019ouest de Montréal facture 253 000 $ par année à la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) pour héberger une personne de niveau 6, soit le plus haut niveau de soins.Or, non seulement cette facturation entre institutions est illégale, mais elle est nettement exagérée, sachant qu\u2019en Estrie, il n\u2019en coûte que 40 000 $ pour le même niveau de soins, a fait valoir Yoan Girard, directeur de la programmation à la RRSSSN, devant la Commission.C\u2019est une différence de 631 %.«Malheureusement, le Nunavik était peut-être la vache à lait de certaines organisations.» La RRSSSN ne reconnaît pas les frais qu\u2019on lui exige et ne paie pas depuis plusieurs années la facture qui s\u2019élève à plusieurs millions.Récemment, le centre de réadaptation a menacé de ne pas accueillir un Inuit si la facture n\u2019était pas acquittée et le problème a dû être réglé par le sous-ministre.« Aux dernières nouvelles, le Nunavik fait encore partie du Québec.Il y a clairement une discrimination basée sur l\u2019ethni- cité et sur la provenance.Pour moi, c\u2019est un préjudice grave », a soutenu M.Girard.Le Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) de l\u2019Ouest-de-l\u2019Île-de- Montréal n\u2019a pas été en mesure de répondre dans les délais requis aux questions du Devoir sur la facturation.Un centre spécialisé au Nord?Par ailleurs, les personnes ayant un handicap physique ou intellectuel vivent une situation de déracinement très difficile, qui a été comparée à celle des pensionnats autochtones.Le cas d\u2019Éva a été évoqué, une jeune fille avec un retard de développement qui, n\u2019ayant pas pu recevoir les soins appropriés au Nord, a été envoyée au Sud et « parquée » dans un CHSLD, loin de sa famille.Le Devoir a appris que la Régie envisage cependant de mettre sur pied un centre de soins spécialisés à Puvirnituq, dans les locaux de l\u2019hôtel coop.« On y travaille.La Régie a adopté un plan d\u2019action pour en arriver là», a confirmé Yoan Girard.En attendant les travaux sur le bâtiment, il faudra former des Inuits pour offrir ces services de santé dans leur langue et leur culture.Des primes injustes C\u2019est là un autre des problèmes majeurs soulevés devant le commissaire Jacques Viens.Il existe une profonde iniquité dans les conditions de travail des personnes venues du Sud et celles des Inuits, ce qui crée de grandes tensions.« Avec la même reconnaissance professionnelle, une sage-femme du village inuite qui a les mêmes pratiques et le même quart de travail a 50 000 $ de moins [que celle du Sud].C\u2019est ridicule », a indiqué Yoan Girard.Pour l\u2019avocat de la Régie, les « primes des Blancs » appartiennent à une époque révolue, où l\u2019aide au Nunavik était considérée comme de la coopération internationale.«Ce n\u2019est plus ça du tout, a affirmé Jean-François Arteau.Moi, je ne peux pas justifier que comme Blanc, j\u2019ai eu accès à une maison, des billets d\u2019avion, une prime d\u2019éloignement quand je suis monté au Nord.» Selon lui, la Convention de la Baie-James garantit aux Inuits l\u2019accès à des emplois de qualité dans le domaine de la santé.« Ce sont eux qui devraient avoir les primes », a-t-il ajouté.Un projet-pilote a d\u2019ailleurs été déposé au ministère de la Santé pour permettre aux Inuits de pouvoir gravir des échelons et d\u2019avoir des conditions de travail plus intéressantes.« On nous ramène toujours sur le sentier des conventions collectives, craignant que ça crée un précédent.Mais ce n\u2019est pas de ça que je parle.Je parle d\u2019une obligation constitutionnelle dans un traité.On n\u2019est pas au même niveau», a dit Me Arteau.En après-midi, Martine Weinzineau, une Atika- mekw originaire d\u2019Obidjwan, est venue témoigner devant la Commission des difficultés qu\u2019elle a eues à déposer une plainte aux policiers pour agression sexuelle dans les années 1990.Elle a décidé de porter plainte à nouveau, 20 ans après la première dénonciation.Sa sœur, elle, avait porté plainte pour agression sexuelle contre un homme qui est devenu policier par après.Lorsqu\u2019elle a fait le suivi, le dossier avait mystérieusement disparu, a expliqué Mme Weizineau.Le Devoir COMMISSION VIENS Les services de santé du Nunavik dénoncent les injustices du système JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Debbie Baptiste, entourée de ses proches, tient dans sa main une photo de son fils, Colten Boushie, tué par un fermier blanc qui a été jugé non coupable de meurtre par un jury formé seulement d\u2019hommes et de femmes blancs.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa Le gouvernement Trudeau promet des réformes «très bientôt» pour corriger la sous- représentation d\u2019autochtones au sein des jurys au pays.Mais Ottawa prévient qu\u2019il veut prendre son temps pour travailler de concert avec les provinces en la matière.La famille du jeune autochtone Colten Boushie, elle, s\u2019impatiente et prévient que le fédéral n\u2019aura d\u2019autre choix que d\u2019agir.« Nous sommes ici avec l\u2019espoir qu\u2019il pourra y avoir une différence, afin qu\u2019aucune autre famille n\u2019ait à endurer ce qu\u2019on a traversé.Parce que ceci s\u2019est passé trop souvent au sein du système judiciaire.Et ça doit cesser », tranchait la cousine de Colten Boushie, Jade Tootoosis, à la suite de sa rencontre avec Justin Trudeau et ses ministres mardi.«Assez, c\u2019est assez.Il doit y avoir un changement.» La famille est à Ottawa depuis lundi pour dénoncer l\u2019acquittement d\u2019un fermier blanc qui a tué Colten Boushie alors que ce dernier se trouvait sur la propriété du fermier Gerald Stanley avec quatre de ses amis.Justin Trudeau et ses ministres ont promis de vastes réformes pour améliorer le système de justice «qui fait défaut pour trop de Canadiens».« Je me suis engagé à travailler avec eux pour améliorer notre système, qui crée trop d\u2019échecs pour les communautés autochtones », a commenté le premier ministre, à la suite de sa rencontre avec les proches de Colten Boushie.Ces derniers l\u2019ont pris au mot et prévenu qu\u2019ils n\u2019accepteraient rien de moins.«Ils nous ont fait des garanties, qu\u2019ils prendraient nos préoccupations et y répondraient», a observé Eleanore Sun- child, une avocate et amie de la famille Boushie.«À un moment donné, les choses doivent changer.Et nous avons espoir que cette tragédie sera un catalyseur de ce changement.» Gerald Stanley a été acquitté au terme d\u2019un procès devant un jur y composé de cinq hommes et sept femmes de race blanche.Plusieurs ont remis en cause les récusations péremptoires utilisées par la défense de M.Stanley \u2014 une procédure qui permet de refuser un candidat juré sans explication.L\u2019équipe de l\u2019accusé a ainsi refusé cinq candidats jurés aux traits autochtones.La ministre de la Justice Jody Wilson-Ray- bould est catégorique : des changements seront annoncés sous peu.Il lui suffirait de modifier le Code criminel.Mais Ottawa souhaiterait que des changements se fassent aussi chez les provinces, qui encadrent leurs propres processus de sélection de jurés.La ministre fédérale veut notamment qu\u2019il y ait suffisamment de personnes autochtones dans les bassins de candidats jurés, revoir peut-être de quelle façon ils sont recrutés, et s\u2019ils sont assez indemnisés pour faire de grands déplacements vers des palais de justice loin de chez eux.Au Québec, les jurés sont pigés dans la liste électorale \u2014 qui ne compte pas tous les résidants.La Saskatchewan a délaissé ce système il y a 35 ans, pour se fier aux registres d\u2019assurance maladie de la province jugés plus complets.Dans plusieurs provinces, y compris au Québec, une personne accusée ou reconnue coupable d\u2019un acte criminel est automatiquement disqualifiée pour être juré.« Les grandes réformes qui s\u2019attaqueront de façon significative à la sous-représentation d\u2019autochtones au sein des jurys prennent du temps.Nous allons procéder de façon responsable », a plaidé la ministre Wilson-Raybould, qui est elle- même autochtone.Son gouvernement espère présenter ses changements vers la fin mars.Pas qu\u2019un cas isolé La ministre s\u2019est par ailleurs défendue de légiférer de façon impulsive pour répliquer à un verdict bien précis.«Ce n\u2019est pas une réponse à un cas particulier.On sait que le système judiciaire ne peut pas rester immuable, qu\u2019il doit changer et être représentatif des vies et des expériences des gens.Et tenir compte de l\u2019inégalité et du manque perçu d\u2019équité.» Jody Wilson-Raybould s\u2019est fait reprocher, cette fin de semaine, d\u2019avoir semblé déplorer l\u2019acquittement de Gerald Stanley en affirmant sur Twitter que le «pays peut et doit faire mieux».Le chef du NPD, Jagmeet Singh, s\u2019est lui aussi prononcé par gazouillis, dénonçant que Colten Boushie n\u2019ait « pas obtenu justice ».Invité à s\u2019expliquer mardi, M.Singh a répondu que « l\u2019injustice, c\u2019est qu\u2019on a dans notre société un jeune autochtone qui est tué ».Le leader néodémocrate n\u2019y voit pas d\u2019ingérence politique.Si les politiciens ne parlent pas des solutions possibles, « il n\u2019y aura jamais de changements qui font avancer la justice », a-t-il argué.«C\u2019est une réalité en général.Quand on a de jeunes autochtones qui font face à de la discrimination et du racisme, c\u2019est clair qu\u2019il y a un manque de justice.» Avec Hélène Buzzetti Le Devoir JURÉS AUTOCHTONES Ottawa promet une réponse rapide Une réforme plus large prendra toutefois du temps, prévient le gouvernement I S A B E L L E P A R É La Commission sur les soins de fin de vie (CSFV) interpellera tous les établissements du réseau de la santé pour tracer un bilan précis de l\u2019accès aux soins palliatifs au Québec, notamment pour savoir si les patients qui ont demandé l\u2019aide à mourir (AMM) ont pu avoir accès à de tels soins aux diverses étapes de leur demande.La Commission, qui veille à ce que les critères pour l\u2019obtention de l\u2019aide à mourir soient respectés, a amorcé sa cueillette d\u2019informations auprès de certains hôpitaux et la poursuivra au cours des prochains mois pour déposer un rapport détaillé sur la question en décembre 2018.C\u2019est ce qu\u2019a fait savoir mardi la présidente de la CSFV, Mireille Lavoie, invitée à commenter le bilan des deux ans d\u2019application de la Loi concernant les soins de fin de vie effectué par Le Devoir dans son édition du 12 février.Mme Lavoie soutient que la Commission, souvent interpellée sur l\u2019aide à mourir dans les dernières années, entend maintenant concentrer ses énergies sur les soins palliatifs, l\u2019autre volet de son mandat.«À cette fin, la [CSFV] a entrepris une cueillette de données auprès des établissements afin de documenter notamment la situation qui prévalait au moment de la demande d\u2019AMM, au moment de l\u2019administration d\u2019AMM ou encore lorsque l\u2019AMM n\u2019a pas été administrée ou refusée », précise Mme Lavoie, dans une réponse écrite faite à la suite de nos demandes d\u2019informations.Dans son dernier rapport, la Commission avait noté une disparité des informations transmises par les établissements, rendant difficile la compilation du nombre de personnes ayant reçu des soins palliatifs.Des médecins excédés Or, des médecins interrogés cette semaine sur cette nouvelle cueillette d\u2019informations se sont dits excédés de demandes répétées faites par la Commission.Pour certains médecins pratiquant l\u2019aide à mourir \u2014 un acte comportant une lourde composante administrative en raison des formulaires détaillés à remplir \u2014, ces nouvelles requêtes sont la goutte qui fait déborder le vase.« C\u2019est le nouveau dada de la commission.Il faut revoir tous les cas depuis 2015 pour dire si la personne a eu une proposition de soins palliatifs.Vous imaginez l\u2019énergie qu\u2019on perd à faire cela ?» a dit l\u2019un d\u2019eux de façon anonyme, indigné de la prolifération de la « paperasse » liée à l\u2019aide à mourir.Bien que non sollicités encore sur cette nouvelle question, d\u2019autres médecins on dit être déjà irrités par les demandes régulières de précisions réclamées par la CSFV.«C\u2019est presque de l\u2019inquisition.Ça finit par avoir un effet dissuasif », a commenté un professionnel de la santé collaborant à l\u2019AMM dans la région de Montréal, requérant l\u2019anonymat.Dans une autre région, un responsable de la gestion des effectifs médicaux affirme devoir doser les demandes d\u2019AMM et « faire des rotations» auprès de ses médecins, pour éviter que certains lui opposent un refus.Interrogée à ce sujet, Mme Lavoie confirme que de tels «compléments d\u2019information» ont été réclamés dans 40% des procédures d\u2019aide à mourir.Même si elle convient que ces demandes peuvent « paraître laborieuses », cette dernière les juge nécessaires pour s\u2019assurer du respect des conditions légales exigées pour l\u2019obtention de l\u2019aide à mourir.Prévisions dépassées Le bilan des deux ans d\u2019application de la loi sur les soins de fin de vie dressé le 12 février par Le Devoir fait état d\u2019une hausse de 65 % des AMM administrées pour l\u2019ensemble du Québec entre 2016 et 2017.Dans quelques régions, la part des décès liés à l\u2019aide à mourir atteint 2 % des décès totaux.Un pourcentage qui reflète le «consensus social » qui s\u2019est dégagé au Québec, dit Mme Lavoie, mais excède les prévisions de 1 % faites lors de l\u2019élaboration du projet de loi.Le Devoir Examen des soins palliatifs au Québec Les questions de la Commission sur les soins de fin de vie irritent des médecins Lire aussi \u203a Un malaise profond.L\u2019éditorial de Manon Cornellier.Page A 8 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.Le Devoir Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Inscrivez-vous dès maintenant au ledevoir.com/classe * Les inscriptions se terminent le 15 février 2018.A L E X A N D R E S H I E L D S D ans la foulée des révélations du Devoir, la ministre Isabelle Melançon a annoncé mardi l\u2019annulation de la session d\u2019information qui avait été offerte en exclusivité aux membres du Conseil patronal de l\u2019environnement du Québec, afin de leur expliquer les détails de la nouvelle Loi sur la qualité de l\u2019environnement (LQE).Le Devoir a révélé mardi que le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) avait accepté d\u2019aller présenter mercredi, en primeur, toute la réglementation de la future LQE dans le cadre d\u2019une journée complète ré- ser vée aux entreprises membres du lobby patronal.En prévision de cette « session d\u2019information », le gouvernement Couillard avait d\u2019ailleurs déjà informé le Conseil patronal de l\u2019environnement du Québec (CPEQ) que 21 projets de règlements de mise en œuvre de la LQE seraient publiés ce mercredi dans la Gazette officielle.Le cabinet de la ministre Melançon indiquait pourtant lundi qu\u2019il n\u2019avait pas « légalement » le droit de révéler la date de publication de ces règlements.Session annulée Mardi matin, la ministre Isabelle Melançon a elle-même réagi sur le réseau Twitter en annonçant que la session d\u2019information prévue ce mercredi pour le CPEQ est « annulée ».« Ma volonté est de consulter TOUS nos par tenaires dans ce dossier », a aussi écrit la ministre de l\u2019Environnement du Québec.Mme Melançon a également demandé au MDDELCC « de revoir sa formule et de tenir des séances d\u2019information plus inclusives pour les par te- naires».Sa directrice des communications, Catherine Maurice, a précisé mardi au Devoir que les entreprises seront invitées à participer à ces sessions d\u2019information, mais aussi les groupes environnementaux et les municipalités, notamment.Mme Maurice n\u2019a pas été en mesure de donner davantage de détails sur cette consultation, puisque le tout deviendra of ficiel uniquement au moment où les projets de règlements seront publiés.Mais selon les informations disponibles, 21 projets de règlements seront effectivement publiés ce mercredi.Ces documents très techniques doivent permettre de préciser les modalités de mise en œuvre de la future LQE.Réforme majeure Ces règlements sont d\u2019autant plus cr uciaux qu\u2019ils ont été élaborés dans le contexte de la plus importante réforme de la LQE des 40 dernières années.Avec cette nouvelle version de la loi environnementale cadre du Québec, le gouvernement Couillard compte notamment réduire de 30 % les autorisations auparavant nécessaires avant de réaliser une activité ayant des impacts sur l\u2019environnement.Les documents publiés mercredi permettront donc de préciser quels projets ne seront plus soumis à l\u2019obligation d\u2019obtenir une autorisation ministérielle avant d\u2019être lancés.C\u2019est aussi à ce moment que le gouvernement annoncera la révision du Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection, dans le cadre des forages.Plusieurs dispositions toucheront enfin à la protection des milieux humides, mais aussi aux enjeux climatiques.Le Devoir ENVIRONNEMENT Québec annule la session d\u2019information offerte au lobby patronal H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L es idées soumises par les militants néodémocrates en vue de leur congrès s\u2019ouvrant ce vendredi risquent de faire jaser.Certains proposent de rompre avec la monarchie britannique, d\u2019autres de décriminaliser toutes les drogues, d\u2019interdire les publicités télévisées de véhicules à essence et même d\u2019imprimer de l\u2019argent pour financer les infrastructures fédérales ! Le cahier de résolutions néodémocrates rendu public mardi contient pas moins de 398 propositions.Un très grand nombre d\u2019entre elles perpétuent le credo traditionnel du NPD : établissement d\u2019une assurance médicament, élargissement du système de santé pour inclure les soins dentaires et ceux en santé mentale, création de places en garderie abordables, réforme du mode de scrutin et lutte contre les paradis fiscaux.D\u2019autres résolutions, par contre, tranchent par leur nouveauté ou leur audace.Ainsi, les militants de Hull-Aylmer proposent qu\u2019au décès d\u2019Elizabeth II, le Canada rompe avec la monarchie et se dote d\u2019un chef d\u2019État qui soit citoyen canadien.Quelques autres résolutions en provenance du Québec plairont aux nationalistes québécois.Ainsi, on demande que le NPD reconnaisse comme une «erreur historique» le rapatriement de la Constitution sans l\u2019accord du Québec, que le parti transfère au Québec l\u2019ensemble des budgets fédéraux destinés aux artistes, qu\u2019une déclaration de revenus unique gérée par le Québec soit instaurée, mais que cela n\u2019entraîne aucune per te d\u2019emploi à Revenu Canada.La drogue est aussi au menu de ce congrès qui se tiendra jusqu\u2019à dimanche à Ottawa.De la même manière que l\u2019ont proposé les militants libéraux en vue de leur propre congrès en avril, les militants néodémo- crates proposent que toutes les drogues soient décriminalisées afin de ne plus stigmatiser les personnes ayant un problème de dépendance.Dans la même veine, on propose d\u2019augmenter le nombre de sites d\u2019injection supervisée et d\u2019ef facer les dossiers judiciaires des personnes ayant été condamnées relativement au cannabis.Des militants de Colombie- Britannique proposent d\u2019interdire les publicités de voitures à essence à la télévision et, pour les autres médias, d\u2019obliger l\u2019ajout d\u2019un avertissement à propos de la nocivité de ces véhicules pour la santé de la planète.Plusieurs résolutions proposent de détaxer les produits menstruels et de fournir gratuitement des moyens de contraception sur ordonnance.Une résolution propose pour sa part de hausser de 50 % les seuils d\u2019immigration pour les porter à 450 000 entrées par année, une autre, de réduire la semaine de travail à 32 heures sans perte de salaire.Prêts sans intérêt Plusieurs résolutions mises en avant proposent que la Banque du Canada prête sans intérêt de l\u2019argent aux gouvernements fédéral et provinciaux afin de financer les grands projets d\u2019infrastructure.Ce mécanisme de création monétaire revient dans les faits à imprimer de l\u2019argent.Les pays d\u2019Amérique latine qui l\u2019ont pratiqué ont souvent connu des épisodes d\u2019hyperinflation.D\u2019autres militants proposent qu\u2019Ottawa crée une «banque d\u2019État» dont le rôle serait notamment de « fournir des prêts, des lignes de crédit, des prêts à court terme et des cartes de crédit à tous les Canadiens qui n\u2019ont pas fait faillite au cours des cinq dernières années».Le Devoir avait déjà fait état des résolutions proposées par le caucus socialiste du NPD, une nébuleuse de militants disséminés dans les instances du parti qui tentent de lui faire prendre un virage résolument à gauche.Certaines ont été retenues par les militants, dont la hausse du salaire minimum à 20$ l\u2019heure et la nationalisation de l\u2019industrie des télécommunications.Les 398 résolutions ne seront pas nécessairement ajoutées au programme néodémo- crate.Les militants choisiront celles qui leur apparaissent prioritaires et en débattront en fin de semaine.La question israélienne occupera beaucoup les militants, treize résolutions portant sur ce sujet.Il est proposé de reconnaître l\u2019État de Palestine, de boycotter Israël, d\u2019appuyer les actions de défi du blocus de Gaza, de demander à Israël de mettre fin aux colonies et de surveiller le traitement par Israël des prisonniers palestiniens mineurs.Le Devoir POLITIQUE Des propositions audacieuses au congrès du NPD Des militants suggèrent notamment d\u2019imprimer de l\u2019argent pour financer les infrastructures fédérales ou encore de rompre avec la monarchie britannique FRED CHARTRAND LA PRESSE CANADIENNE Le cahier de résolutions néodémocrates rendu public mardi contient pas moins de 398 propositions soumises par les militants.«Ma volonté est de consulter TOUS nos partenaires dans ce dossier» L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Collège : Département régional de médecine générale (DRMG) Conformément aux dispositions de la Loi modifiant l\u2019organisation et la gouvernance du réseau de la santé et des services sociaux notamment par l\u2019abolition des agences régionales (RLRQ, chapitre O-7.2), avis est donné pour la désignation d\u2019un (1) médecin omnipraticien au conseil d\u2019administration de chacun des établissements mentionnés ci-dessus.La date de la désignation est prévue le : 26 mars 2018 Conditions d\u2019éligibilité Tout médecin omnipraticien membre du DRMG et inscrit sur la liste peut être candidat s\u2019il remplit les conditions d\u2019éligibilité suivantes ** : ** NOTE : - Dans le cas d\u2019un CIUSSS : le médecin omnipraticien doit exercer sa profession sur le territoire de l\u2019établissement; - Dans le cas d\u2019un établissement non fusionné : le médecin omnipraticien doit exercer sa profession dans la région où est situé l\u2019établissement non fusionné; - Résider au Québec; - Être majeur (18 ans et plus); - Ne pas être sous tutelle ou curatelle; - Ne pas avoir été déclaré coupable d\u2019un crime punissable de trois ans d\u2019emprisonnement et plus au cours des cinq années précédentes; - Ne pas avoir été déchu de ses fonctions comme membre du conseil d\u2019administration d\u2019un établissement ou d\u2019une agence au cours des trois années précédentes; - Ne pas avoir été déclaré coupable d\u2019une infraction à la Loi sur les services de santé et les services sociaux (RLRQ, chapitre S-4.2) ou aux règlements qui en découlent au cours des trois années précédentes; - Ne pas être membre du conseil d\u2019administration d\u2019une fondation de l\u2019établissement visé par la candidature.Modalités de mise en candidature Une candidature est proposée au moyen d\u2019un bulletin de présentation d\u2019un candidat que l\u2019on obtient auprès du président du processus de désignation de l\u2019établissement visé ou auprès de la Direction générale de l\u2019établissement visé; ce bulletin, dûment rempli, doit être signé par le candidat.Il doit également compléter la fiche d\u2019information et la transmettre en même temps que son bulletin de présentation.L\u2019original du bulletin de présentation et de la fiche d\u2019information doit être reçu par le président du processus de désignation de l\u2019établissement visé au plus tard 30 jours avant la date des désignations, soit le 26 février 2018.Les documents reçus par télécopieur ou autres moyens électroniques ne sont pas considérés comme des originaux.Date limite de mise en candidature : 26 février 2018 À la fin de la période de mise en candidature, s\u2019il y a plus de candidatures valides que de postes à combler, le président du processus de désignation de l\u2019établissement visé dressera la liste des candidats et déterminera si le scrutin se fera par scrutin postal, par scrutin fait en personne ou par moyen technologique.Pour plus d\u2019informations ou pour poser votre candidature, visitez le site santemontreal.ca/medecins \u2022 Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l\u2019Ouest-de-l\u2019Île-de-Montréal \u2022 Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal \u2022 Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l\u2019Île-de-Montréal \u2022 Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l\u2019Est-de-l\u2019Île-de-Montréal \u2022 Centre universitaire de santé McGill (CUSM) \u2022 Institut de cardiologie de Montréal \u2022 Institut Philippe-Pinel de Montréal AVIS DE DÉSIGNATION au conseil d\u2019administration de M A R C O F O R T I E R Un froid mordant régnait sur le centre-ville de Montréal.Samuel Kuhn s\u2019est présenté mardi matin devant le bureau de la ministre Lucie Charlebois, avenue Union, avec une affiche montrant une photo de sa fille Charlotte, 7 ans.Il avait aussi apporté un chapeau pour recueillir des dons.« Je vais revenir ici tous les jours jusqu\u2019à ce que j\u2019aie assez d\u2019argent pour payer un orthophoniste pour ma fille autiste.Le système public promet des services qu\u2019il n\u2019offre pas», dit ce père de jumelles diagnostiquées autistes.Comme bien des parents, Samuel Kuhn se démène pour offrir des services à ses enfants autistes.Il est à bout de souffle.Sa voix tremble, à cause du froid et à cause du calvaire qu\u2019il vit depuis plus de cinq ans pour aider sa fille à apprendre à parler.Le système public prévoit des services d\u2019orthophonie ou d\u2019ergothérapie pour les enfants autistes de 0 à 6 ans, mais Charlotte Kuhn n\u2019en a jamais reçu.Elle était sur une liste d\u2019attente.Révolté, Samuel Kuhn a amassé 5000$ sur le site de sociofinan- cement GoFundMe pour acheter trois mois de services d\u2019une orthophoniste et d\u2019une ergothé- rapeute au privé.« Ma fille a fait des progrès fulgurants.Elle peut monter un escalier.Elle peut peler une orange.Elle apprend à s\u2019exprimer.Mais je n\u2019ai plus d\u2019argent pour payer des services privés.Et maintenant qu\u2019elle a fêté ses 7 ans, Charlotte a été retirée de la liste d\u2019attente du système public», raconte Samuel Kuhn.À 7 ans, c\u2019est le système scolaire qui s\u2019occupe des enfants autistes.Charlotte fréquente l\u2019école spécialisée Le Sommet.Samuel Kuhn soutient que sa fille a besoin d\u2019un orthophoniste et d\u2019un ergothérapeute.«Elle a un potentiel fantastique.Si on lui donne la chance de se développer, Charlotte peut un jour trouver un remède contre le cancer.Mais pour ça, il faut lui donner des services individuels, pas des sessions de groupe avec un seul éducateur pour tous les élèves», insiste Samuel Kuhn.Liste d\u2019attente Ce père de famille n\u2019est pas le seul à attendre avec angoisse des services pour ses enfants autistes.Des centaines d\u2019enfants poireautent sur une liste d\u2019attente malgré le plan d\u2019action de 29 millions de dollars sur cinq ans annoncé au printemps 2017 par la ministre Lucie Char- lebois, rappelle Kathleen Sal- vail, cofondatrice de la Coalition autisme Québec.«La ministre nous a menti en pleine face l\u2019année dernière.Elle avait dit qu\u2019on serait agréablement surpris par son plan.En réalité, on a été af freuse- ment surpris », dit cette mère de deux enfants autistes.«Quand on reçoit le service, on est vraiment heureux.Le problème, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas assez d\u2019offre pour répondre à la demande.Mon fils a enfin de l\u2019aide, mais ma fille n\u2019a eu aucun service depuis deux ans: il n\u2019y a pas de budget», dit-elle.Kathleen Salvail a dû aller au privé pour obtenir un diagnostic pour ses enfants \u2014 obligatoire pour avoir des services spécialisés.Son garçon de 4 ans, Devran, a droit à 20 heures de thérapie intensive par semaine.Les matins de semaine entre 8 h et midi, il se rend au Centre de réadaptation en déficience intellectuelle, ou les spécialistes du Centre viennent chez lui.Ce qu\u2019il apprend?À parler.À se laver les mains.À toucher les aliments.À les goûter, aussi.Devran ne mange que quatre aliments.Des barres tendres (une seule saveur), des craque- lins Goldfish, des frites et des croquettes de chez McDonald\u2019s.Rien d\u2019autre.«Les parents nous appellent parce qu\u2019ils sont épuisés.Plusieurs font des dépressions.Il y a des séparations.On vit de l\u2019anxiété.Le plus difficile, c\u2019est qu\u2019on voit tout le potentiel de nos enfants et le peu de services offerts», dit Kathleen Salvail.La ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie dit compatir avec les parents.Le Plan d\u2019action du gouvernement n\u2019a pas un an, il faut laisser le temps aux politiques de se mettre en marche, indique-t- on au cabinet de la ministre Charlebois.Elle fera un bilan de la première année du Plan, le mois prochain.Le plan sur cinq ans prévoit notamment : de diminuer de 45 % la liste d\u2019attente pour le programme d\u2019intervention comportementale intensive (ICI) et de services en réadaptation pour les enfants de moins de 5 ans ; et d\u2019éliminer la liste d\u2019attente et d\u2019inscrire 700 nouvelles familles aux services de répit, de dépannage et de gardiennage.Le Devoir Des parents d\u2019enfants autistes au bord de la crise de nerfs La liste d\u2019attente pour obtenir des services s\u2019allonge malgré le plan d\u2019action annoncé l\u2019an dernier JACQUES NADEAU LE DEVOIR Samuel Kuhn vit un calvaire depuis plus de cinq ans pour aider sa fille Charlotte à apprendre à parler.Il compte se présenter devant le bureau de la ministre Lucie Charlebois tous les jours pour récolter des dons.M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es employés de l\u2019État québécois qui baragouinent l\u2019anglais sont pénalisés, fait valoir le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ).Certains fonctionnaires ont été privés «d\u2019occuper certains postes» au sein de l\u2019appareil administratif puisque «la connaissance de l\u2019anglais» fait de plus en plus partie des critères d\u2019embauche, a déploré le président du SFPQ, Christian Daigle, mardi.Le SFPQ fait partie des Partenaires pour un Québec français (PQF), qui ont lancé une pétition pressant le gouvernement libéral de mettre en vigueur l\u2019article 1 de la loi 104.Adopté à l\u2019unanimité par l\u2019Assemblée nationale, il y a 15 ans, l\u2019article 1 de la Loi modifiant la Charte de la langue française (« loi 104») obligerait l\u2019administration à communiquer par écrit uniquement en français avec les personnes morales établies au Québec ainsi que les autres gouvernements.«Est-ce que, d\u2019ici la fin de la législature actuelle, on va décréter l\u2019application de cette loi qui a des conséquences, notamment, chez les fonctionnaires du gouvernement du Québec, qui se voient refuser des promotions parce qu\u2019ils ne sont pas totalement bilingues?» a demandé le porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019identité nationale, Pascal Bérubé.La ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Marie Montpetit, a pris soin de rappeler que «le Parti québécois s\u2019est retrouvé quand même 18 mois au gouvernement et n\u2019a pas non plus mis en avant ce projet de loi [SIC]».«C\u2019est facile de lancer la pierre quand on n\u2019a rien fait dans le dossier non plus», a- t-elle déclaré en chambre.Le chef de l\u2019opposition officielle, Jean-François Lisée, a demandé au premier ministre, Philippe Couillard, d\u2019expliquer «pourquoi [il ne veut] pas affirmer que le français est la langue officielle dans les rapports entre l\u2019État et les entreprises québécoises».«Le français est la langue officielle du Québec.On en est très fiers.Sachons la parler, l\u2019écrire, l\u2019enseigner correctement, et ça ira encore mieux au Québec», a rétorqué M.Couillard.Un frein diplomatique?Selon le gouvernement libéral, la mise en vigueur de l\u2019article 1 de la loi 104 empêcherait notamment le premier ministre de communiquer avec des dirigeants politiques étrangers dans d\u2019autres langues que le français.« C\u2019est totalement faux», a fait valoir le président général de la Société Saint-Jean- Baptiste (SSJB) de Montréal, Maxime Laporte.« Il va de soi qu\u2019il y aurait des traductions de courtoisie, comme ça se fait en diplomatie internationale.» L\u2019instigateur de la pétition presse le gouvernement libéral de briser l\u2019élan au «bilinguisme institutionnel».«Le français décline.Plus encore, notre propre gouvernement national se trouve à nuire à l\u2019avenir de la langue française, notamment dans l\u2019administration publique», a-t-il déclaré lors d\u2019une conférence de presse sur la colline Parlementaire.M.Laporte, qui est également candidat à l\u2019investiture du Parti québécois dans la circonscription de Pointe-aux- Trembles, y voit un «enjeu de société majeur» à moins de huit mois des prochaines élections générales.D\u2019ailleurs, la SSJB a intenté une poursuite le 19 janvier dernier afin de forcer le gouvernement québécois à appliquer cette «disposition vitale de la loi 101, mais qui est restée lettre morte depuis plus de 15 ans».Le Parti québécois, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire proposent tous de mettre en vigueur l\u2019article 1 de la loi 104 s\u2019ils se voient confier les commandes de l\u2019État québécois le 1er octobre 2018.La co-porte-parole de QS Ma- non Massé a qualifié de « pis- sous » les gouvernements qui se sont succédé depuis l\u2019adoption de la loi 104, en 2002.« Il me semble que ce n\u2019est pas compliqué : il faut que ce gouvernement [libéral]-là arrête de se mettre à genou devant les grandes entreprises.» Le Devoir LOI 104 Les fonctionnaires québécois qui ne maîtrisent pas l\u2019anglais sont pénalisés, selon le SFPQ ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le président général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Maxime Laporte, presse le gouvernement libéral de briser l\u2019élan au «bilinguisme institutionnel». L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 6 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Pierre LAFONTAINE, en son vivant domicilié au 3959, avenue Laval, Montréal, Québec, est décédé à Montréal, le 22 août 2017.Un inventaire des biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Michèle VALLÉE, notaire, au 2665, rue Beaubien Est, Montréal, Québec, H1Y 1G8.Fait à Montréal, le 9 février 2018.Elizabeth HARPER, liquidatrice AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (C.c.Q., art.795) Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès d'Andrée FROGER, en son vivant domiciliée au 3095, rue Sherbrooke Est, Montréal, province de Québec, survenu le 4 février 2017, un inventaire des biens du défunt a été fait par le liquidateur successoral, Linda JAMEISON, le 6 février 2018, devant Me Christopher Dicecca, notaire, ayant son domicile professionnel au 6024, rue de Bordeaux, Montréal (Québec), H2G 2R7, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Christopher Dicecca, notaire, sise au 6024, rue de Bordeaux, Montréal (Québec), H2G 2R7.Donné ce 9 février 2018 A V I S D E D I V I D E N D E S Dividende No Montant Date de référence Payable le Par action ordinaire : 138 0,755 $ 15 mars 2018 15 avril 2018 Par action privilégiée de premier rang à dividende cumulatif rachetable : \u2022 Série S 216 Flottant 28 février 2018 12 mars 2018 \u2022 Série Y 202 Flottant 28 février 2018 12 mars 2018 \u2022 Série AB 126 Flottant 28 février 2018 12 mars 2018 \u2022 Série AD 120 Flottant 28 février 2018 12 mars 2018 \u2022 Série AE 134 Flottant 28 février 2018 12 mars 2018 \u2022 Série AH 134 Flottant 28 février 2018 12 mars 2018 \u2022 Série AJ 79 Flottant 28 février 2018 12 mars 2018 \u2022 Série AK 27 0,184625 $ 28 février 2018 31 mars 2018 \u2022 Série AL 5 0,16964 $ 28 février 2018 31 mars 2018 \u2022 Série AM 14 0,17275 $ 28 février 2018 31 mars 2018 \u2022 Série AN 8 0,18259 $ 28 février 2018 31 mars 2018 \u2022 Série AO 14 0,26625 $ 28 février 2018 31 mars 2018 \u2022 Série AQ 14 0,265625 $ 28 février 2018 31 mars 2018 Les dividendes versés par BCE à des résidents canadiens sont des dividendes admissibles pour ?ns de l\u2019impôt sur le revenu canadien.Michel Lalande Premier vice-président \u2013 Chef du service juridique et Secrétaire de la société, BCE Inc.Le 7 février 2018, le conseil d\u2019administration de BCE Inc.a déclaré les dividendes suivants, payables aux porteurs de ses actions à la fermeture des bureaux aux dates de référence indiquées : AVIS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE (paragraphe 102(4) de la Loi) Dans l\u2019affaire de la faillite de : CLUB PROFORM VAUDREUIL-DORION INC.Avis est par les présentes donné que la faillite de CLUB PROFORM VAUDREUIL- DORION INC.310, BOUL.HARWOOD, VAUDREUIL- DORION, Québec, J7V 1Y5, CANADA est survenue le 6ième jour de février 2018, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 26ième jour de février 2018 à 10:00 heures, au bureau du syndic situé au 3020, boulevard de Rome, bureau 4, BROSSARD, Québec.Daté à BROSSARD, Québec, 7e jour de février 2018.Boris Roussimoff-Sto?ff, CIRP, SAI PIERRE ROY & ASSOCIÉS INC., Syndic autorisé en insolvabilité 3020, boul.de Rome Bureau 4, Brossard (Québec) J4Y 1V9 Tél.: 450-500-1698 Téléc.: 450-823-1735 Service des infrastructures de la voirie et des transports Direction des infrastructures Appel d'offres : 405516 Travaux de voirie dans l\u2019arrondissement de Rosemont-La-Petite-Patrie.(PCPR 2018) L\u2019ouverture de la soumission prévue pour le 14 février 2018 est reportée au 21 février 2018 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019Hôtel de ville.Fait à Montréal, le 14 février 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA FAILLITE Dans l\u2019affaire des faillites de : Fait à Montréal, ce 7e jour de février 2018.André Allard, CPA, CA, SAI, Responsable désigné 1435, rue St-Alexandre, bureau 900, Montréal (Qc) H3A 2G4 Tél.: (514) 282-6767 \u2022 Téléc.: (514) 282-6776 André Allard & Associés Inc.Syndics de Faillite 9321-6620 QUÉBEC INC.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9321-6620 QUÉBEC INC., société légalement constituée selon la Loi et ayant fait affaires au 2-820, rue d\u2019Hibernia, dans la ville de Montréal (Québec), est surve - nue le 6e jour de février 2018 et que la première assemblée des créan ciers sera tenue le 27e jour de février 2018 à 14h00, au bureau du syndic situé au 1435, rue St-Alexandre, bureau 900 à Montréal (Québec).9340-3335 QUÉBEC INC.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9340-3335 QUÉBEC INC., société légalement constituée selon la Loi et ayant fait affaires au 140-3705, Place Java, dans la ville de Brossard (Québec), est surve nue le 6e jour de février 2018 et que la première assemblée des créan ciers sera tenue le 27e jour de février 2018 à 14h30, au bureau du syndic situé au 1435, rue St-Alexandre, bureau 900 à Montréal (Québec).Syndics autorisés en insolvabilité AVIS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE DES CRÉANCIERS (Article 102(4)) GATINEAU \u2022 MONTRÉAL \u2022 OTTAWA VERDUN \u2022 QUÉBEC \u2022 RIMOUSKI \u2022 ST-JÉRÔME Syndic autorisé en insolvabilité STEPHAN V.MOYNEUR, PAIR, SAI 55, rue Castonguay, local 101 Saint-Jérôme (Québec) J7Y 2H9 Téléphone : (450) 432-3563 Sans frais : (877) 356-3563 Télécopieur : (450) 432-6358 DANS L\u2019AFFAIRE DE LA FAILLITE DE 9308-8441 QUÉBEC INC.605, Rte Marie-Victorin, Sorel-Tracy, Dans la province de Québec.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9308-8441 Québec Inc.est survenue le 12e jour de février 2018 et que Ginsberg, Gingras & Associés inc.a été nommée syndic à l\u2019actif de la faillie par le Séquestre Officiel, sous réserve de la confirmation par les créanciers de sa nomination ou sous réserve de la nomination par ceux-ci d\u2019un syndic de remplacement.La première assemblée des créanciers de la faille sera tenue le 12 mars 2018 à 11h00 à notre bureau situé au 4110, rue Wellington, local 303 à Verdun province de Québec.Signé à St- Jérôme, ce 12e jour de février 2018.Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 10 h 30, le 15 mars 2018, à la mairie de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013 Parc-Extension, 405, avenue Ogilvy, bureau 100, Montréal.Catégorie : Exécution de travaux Appel d\u2019offres : IMM-18-01 Descriptif : Décontamination du plafond du garage de L\u2019Épée Date d\u2019ouverture : Le 15 mars 2018 Documents : Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par SÉAO.Renseignements : François Massé fmmasse@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et porter l\u2019identification indiquée dans les instructions aux soumissionnaires.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement à la mairie d\u2019arrondissement, 405, avenue Ogilvy, bureau 200, Montréal, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal (arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension) ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 14 février 2018 La secrétaire d\u2019arrondissement, Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Appel d\u2019offres public LOI SUR LA FAILLITE ET L\u2019INSOLVABILITÉ AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE DANS L'AFFAIRE DE LA FAILLITE DE : VIANDES GIROUX (1997) INC., corps politique légalement constitué selon la Loi, ayant son siège social et son principal établis sement au 250, rue Georges-Pinard, en la ville de East Angus, province de Québec, J0B 1R0.Débitrice AVIS est par les présentes donné que la faillite de VIANDES GIROUX (1997) INC.est surve nue le 6e jour de février 2018, suite au non-dépôt de la proposition et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 21e jour de février 2018 à 10 h, au Quality Hotel & Suites, 4206 rue King Ouest, salle Benoît, Sherbrooke, Québec.FAIT à Montréal, le 14e jour de février 2018.KPMG INC.Syndic à l\u2019actif de VIANDES GIROUX (1997) INC.Maxime Codere, CPA, CA, CIRP, SAI 600, de Maisonneuve Ouest Bureau 1500 Montréal (Québec) H3A 0A3 Téléphone : (514) 940-7528 Télécopieur : (514) 840-2121 Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l'attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Biens et services Appel d'offres : 18-16646 Descriptif : Fourniture de luminaires DEL pour passages inférieurs et tunnels \u2013 36 mois Date d'ouverture : 7 mars 2018 Dépôt de garantie : 5% (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Daniel Léger, agent d'approvisionnement II : 514 872-1059 Appel d'offres : 18-16694 Descriptif : Sacs à ordures Date d'ouverture : 5 mars 2018 Dépôt de garantie : 5 000 $ (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Myriem Laklalech, agent d'approvisionnement II : 514 872-1998 Appel d'offres : 18-16733 Descriptif : Acquisition et installation de filets pour oiseaux au Biodôme de Montréal Date d'ouverture : 5 mars 2018 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Johanne Langlois, agent d'approvisionnement II : 514 868-5957 Appel d'offres : 18-16753 Descriptif : A85-Fourniture de services de nettoyage Date d'ouverture : 5 mars 2018 Dépôt de garantie : 5 000 $ (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Étienne Langlois, agent d'approvisionnement II : 514 872-2988 Appel d'offres : 18-16757 Descriptif : A85-Service d\u2019élagage systématique, sectoriel d\u2019arbres publics, dans l\u2019arrondissement de Saint-Léonard Date d'ouverture : 7 mars 2018 Dépôt de garantie : 5 000 $ (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Simona Radulescu, agent d'approvisionnement II : 514 872-5282 Appel d'offres : 18-16695 Descriptif : Travaux arboricoles dans les grands parcs Date d'ouverture : 5 mars 2018 Dépôt de garantie : 2% (Cautionnement et/ou chèque visé) Renseignements : Myriem Laklalech, agent d'approvisionnement : 514 872-1998 Catégorie : Services professionnels Appel d'offres : 18-16624 Descriptif : Services professionnels pour effectuer des relevés d\u2019arpentage sur le boulevard Henri- Bourassa et la rue de l\u2019Église Date d'ouverture : 5 mars 2018 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Matthieu Crôteau, agent d'approvisionnement : 514 872-6777 Appel d'offres : 18-16678 Descriptif : Services professionnels pour de la surveillance des travaux du Square Viger et des rues limitrophes Date d'ouverture : 5 mars 2018 Dépôt de garantie : Aucun Renseignements : Eddy Dutelly, agent d'approvisionnement : 514 872-5253 Documents : Les documents relatifs à ces appels d'offres seront disponibles à compter du 14 février 2018 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 14 février 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon , avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16587 Fourniture de services techniques pour assurer la relève de l'ordinateur central (Mainframe) de la ville de Montréal L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 14 février 2018 est reportée au 21 février 2018 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 14 février 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service des infrastructures de la voirie et des transports Direction des infrastructures Appel d\u2019offres : 417610 Travaux de réhabilitation de conduites d\u2019eau secondaires par chemisage sur diverses rues de la Ville de Montréal L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 14 février 2018 est reportée au 19 février 2018 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 14 février 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service de l\u2019eau \u2013 Direction de l\u2019épuration des eaux usées Catégorie : Construction Appel d\u2019offres : IP17045-1611266-C Descriptif : Travaux de réparation et de remplacement de vannes manuelles du réseau d\u2019intercepteur de la Ville de Montréal L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 26 février 2018, est reportée au 19 mars 2018 à 10 h 30, au Service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Fait à Montréal, le 14 février 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 17-16543 Renouvellement de l\u2019abonnement aux logiciels et assistance IBM pour une période de 12 mois L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 12 février 2018 est reportée au 19 février 2018 à 10 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 14 février 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres C A R O L I N E P L A N T E à Québec L es résidents des centres d\u2019hébergement de soins de longue durée (CHSLD) pourront installer des caméras, des téléphones intelligents ou des tablettes électroniques dans leur chambre à des fins de surveillance, à l\u2019insu ou non de l\u2019établissement.La ministre responsable des Aînés, Francine Charbonneau, a dévoilé mardi les modalités d\u2019installation et d\u2019utilisation des mécanismes de sur veil- lance dans les CHSLD, lors d\u2019un point de presse au Centre d\u2019hébergement Champlain- des-Montagnes, à Charles- bourg, en banlieue de Québec.Il était déjà permis au Québec d\u2019installer des outils de sur veillance dans les chambres des résidents en CHSLD, mais aucune balise n\u2019existait pour encadrer la pratique.L\u2019installation d\u2019une caméra ne sera désormais permise que dans le but d\u2019assurer la sécurité du résident et de ses biens, ou de vérifier la qualité des soins, notamment pour repérer un cas de maltraitance.Le règlement, qui constitue l\u2019une des mesures phares de la loi 115 visant à lutter contre la maltraitance envers les aînés, entre en vigueur le 7 mars prochain.Il prévoit qu\u2019un résident ou son répondant pourra installer et utiliser un dispositif de surveillance, tant et aussi longtemps qu\u2019il est orienté de manière à respecter la vie privée des autres résidents et des inter venants.Il ne devrait pas non plus capter des images et des sons provenant de l\u2019extérieur de la chambre ou d\u2019une salle de bain.La communication des renseignements récoltés doit être «limitée» et effectuée de manière à protéger l\u2019identité des personnes dont l\u2019image ou la voix est captée, sauf s\u2019il s\u2019agit d\u2019une plainte, d\u2019une poursuite pour un crime ou d\u2019une infraction, ou d\u2019une situation d\u2019urgence mettant la vie, la santé ou la sécurité du résident en danger, a précisé la ministre Charbonneau.Elle croit avoir trouvé le bon équilibre dans ce règlement.«Il prend en considération le droit des résidents à la vie privée et à leur intégrité, les besoins des familles à pouvoir veiller à la sécurité de leurs proches et la prévention de la réputation et la relation professionnelle avec le personnel», a-t-elle déclaré.Réactions mitigées Satisfait, le président du Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU), Claude Ménard, a dit mardi espérer que les services en CHSLD en ressortent améliorés.«Toutefois, ce moyen ne doit pas se substituer à la responsabilité des directions des établissements d\u2019offrir des services de qualité et d\u2019assurer la sécurité des personnes en CHSLD.C\u2019est leur responsabilité.Nous leur confions nos proches, et plusieurs sont vulnérables, fragiles, et sont en fin de vie », a-t-il affirmé dans un communiqué.Le président de la FSSS-CSN, Jeff Begley, qui représente bon nombre de préposés aux bénéficiaires, a quant à lui affirmé en entrevue craindre la mauvaise utilisation des images captées.La Presse canadienne Québec précise les règles d\u2019installation et d\u2019utilisation des caméras en CHSLD JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le dispositif utilisé devra être orienté de manière à respecter la vie privée des autres résidents et des intervenants.P ontoise \u2014 Le tribunal correctionnel de Pontoise, près de Paris, a ajourné mardi le procès d\u2019un homme jugé pour «atteinte sexuelle» après avoir eu une relation avec une fille de 11 ans, demandant au parquet de requalifier les faits en viol.C\u2019est une «victoire pour les victimes », a déclaré l\u2019avocate de la plaignante, Me Carine Die- bolt, à l\u2019issue de l\u2019audience.Cette affaire, qui avait choqué en France, avait nourri le débat sur l\u2019opportunité d\u2019instaurer un âge minimal du consentement à un acte sexuel en France.Un projet de loi qui doit fixer ce seuil doit être examiné par le gouvernement le 7 mars.Au Canada, l\u2019âge minimal du consentement a été établi à 16 ans.Le 24 avril dernier, une fille de 11 ans suit un homme de 28 ans, qui l\u2019a déjà abordée à deux reprises dans le passé, jusqu\u2019à son appartement, où ils ont une relation sexuelle.Ses parents portent plainte pour viol, décrivant une enfant tétanisée, incapable de se défendre, et choquée par ce qui lui était arrivé.Mais les enquêteurs avaient considéré que cette relation était consentie, car aucune contrainte physique n\u2019a été exercée sur la mineure, qui a suivi l\u2019homme de son propre gré.Estimant qu\u2019il n\u2019y avait eu «ni violence, ni contrainte, ni menace, ni surprise», le parquet avait donc décidé de poursuivre ce père de deux enfants pour «atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans», punie de cinq ans d\u2019emprisonnement maximum.Mardi, le tribunal en a décidé autrement.Il a demandé au parquet de requalifier les faits en viol, passible de 20 ans de prison, et ajourné le procès.Me Lilia Mhissen, avocate du Collectif féministe contre le viol, s\u2019est félicitée de cette décision : « [.] On va avoir enfin une enquête digne de ce nom, car une enquête de trois semaines pour des faits aussi graves, ce n\u2019est pas sérieux», a- t-elle dit à l\u2019AFP.Du côté de la défense, Me Goudarzian s\u2019est dit «déçu» par cette décision.Il estimait que l\u2019infraction d\u2019atteinte sexuelle n\u2019était « même pas caractérisée » puisque la plaignante, née le 11 juin 2005, «a l\u2019apparence physique d\u2019une fille qui a plus de 15 ans» tandis que son client «en paraît 17».Agence France-Presse FRANCE Un procès relance la question de l\u2019âge du consentement P A U L I N E G R A V E L M auvaise nouvelle en ce jour de la Saint-Valentin : le chocolat qu\u2019on vous offre au- jourd\u2019hui dans l\u2019espoir d\u2019attiser votre amour pourrait vous plonger dans la dépression et l\u2019anxiété si vous en abusez.Une nouvelle étude a en effet montré qu\u2019une alimentation riche en gras saturés, dont se compose l\u2019huile de palme, principal ingrédient de maints chocolats, non seulement favorise l\u2019obésité et le diabète, mais engendre aussi des compor te- ments dépressifs, anxieux et compulsifs chez la souris.La doctorante Léa Décarie- Spain, ainsi que les chercheurs Stéphanie Fulton et Thierry Alquier du Centre de recherche du CHUM, en sont venus à cette conclusion lors d\u2019expériences menées chez des souris auxquelles on offrait une diète composée de protéines, de 10 % de sucrose et de 50 % de gras, qui étaient saturés (sous forme d\u2019huile de palme) pour la moitié d\u2019entre elles et de gras mono-insatu- rés (huile d\u2019olive) pour l\u2019autre moitié.Bien que les souris des deux groupes soient devenues obèses en l\u2019espace de douze semaines, seules celles qui avaient consommé des gras saturés présentaient des changements métaboliques caractéristiques d\u2019un état prédiabé- tique, ainsi que des comportements dépressifs, anxieux et compulsifs, comme en témoignait leur recherche incessante et incontrôlable de croquettes de sucrose.Les chercheurs ont ensuite observé que la diète riche en gras saturés augmentait la présence de molécules associées à l\u2019inflammation dans la circulation, ainsi que dans le noyau accumbens, une structure du cerveau intervenant dans l\u2019humeur, le plaisir et le sentiment de récompense.Plus précisément, ils ont remarqué que l\u2019inflammation dans le noyau accumbens était induite par le « nuclear factor kappa-b », une molécule reconnue pour son implication dans l\u2019inflammation associée à l\u2019obésité, ainsi que pour un rôle possible dans la dépression.Lorsque les scientifiques ont inhibé l\u2019activité de cette molécule pro-inflammatoire par une manipulation génétique, les souris ont vu l\u2019inflammation de leur noyau accumbens disparaître en même temps que leurs symptômes dépressifs et anxieux, ainsi que leurs comportements compulsifs, ce qui confirmait le rôle de l\u2019inflammation dans la dépression associée à l\u2019obésité.Selon les chercheurs, cette découverte met en évidence une nouvelle cible à viser dans le traitement de la dépression.Les chercheurs ont également constaté que les symptômes anxio-dépressifs \u2014 découlant de l\u2019inflammation du noyau accumbens engendrée par la diète riche en gras saturés \u2014 que les souris présentaient influençaient leur comportement alimentaire subséquent.« Il était plus dif ficile pour elles de contrôler leur recherche de sucrose, ce que nous interprétons comme le cercle vicieux dans lequel se retrouvent les personnes obèses.Comme leur alimentation [riche en gras saturés] affecte [négativement] leur cerveau, elles ont plus de difficulté à modifier leurs compor te- ments [alimentaires].De plus, leur état dépressif et anxieux les incite à rechercher du réconfort, voire une sensation de plaisir, dans la nourriture.Aussi, leurs compor tements compulsifs induits par une diète riche en gras saturés les poussent probablement à manger [toujours plus] », explique la doctorante Léa Décarie-Spain.Minimiser certains produits Cette étude qui a fait l\u2019objet d\u2019un article dans la revue Molecular Metabolism met en évidence de nouveaux effets délétères des gras saturés sur la santé, soulignant ainsi l\u2019importance de privilégier plutôt les gras insaturés dans notre alimentation.Concrètement, il est préférable de minimiser les gras d\u2019origine animale, les produits laitiers et les aliments transformés, comme les pâtisseries et les chocolats qui sont très souvent préparés avec de l\u2019huile de palme, et d\u2019opter plutôt pour des huiles végétales et des noix, comme sources de gras.Même si les auteurs de l\u2019étude incriminent avant tout les gras saturés, ils croient néanmoins que c\u2019est « la combinaison des gras saturés avec le sucre » qui est responsable de l\u2019émergence de l\u2019inflammation et des effets néfastes ob- ser vés, car cer taines études ont suggéré qu\u2019en l\u2019absence de sucre, les gras saturés seuls ne l\u2019induisaient pas.« Le chocolat contient souvent de l\u2019huile de palme et beaucoup de sucre, une combinaison qui est potentiellement dangereuse si on en consomme trop», affirme la doctorante.Le Devoir L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 7 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Quasi-impératif social, lubrifiant relationnel par excellence, substance légale la plus consommée : l\u2019alcool est devenu incontournable.Pour ceux qui y sont dépendants, les avenues de traitement n\u2019ont pourtant jamais été aussi nombreuses.Le Devoir s\u2019y intéresse, à mi-chemin du mois de février, que plusieurs tentent de traverser sans une goutte d\u2019alcool.S A R A H R .C H A M P A G N E «J\u2019 ai toujours eu tous les traits de personnalité liés à la toxicomanie et à la dépendance: excessive, compulsive, obsessive, il n\u2019y a pas de demi-mesure pour une personne affectée par la dépendance.» Éliane Gagnon, 32 ans, ne boit plus.Depuis deux ans « seulement » et en même temps une éternité, quand elle se rappelle «avoir conduit au moins une soixantaine de fois en état d\u2019ébriété ».La comédienne fait le tour des tribunes médiatiques depuis le début du mois pour parler du Défi 28 jours sans alcool, une campagne de la Fondation Jean Lapointe.Elle appelle à une sobriété joyeuse et créative, à se délester « de l\u2019espèce d\u2019autosabotage » ; «bref, à se regarder», dit la jeune comédienne en parlant de plus en plus vite.Refonder une communauté a été salutaire pour elle, une communauté autour de son Soberlab, un organisme pour « faire grandir la culture de la sobriété », montrer à tout le monde qu\u2019on peut être heureux sans «compulser» avec des facteurs extérieurs, explique-t-elle.Avant d\u2019en arriver là, Mme Gagnon a choisi l\u2019abstinence totale, convaincue «d\u2019être née» avec la dépendance.Il n\u2019existe en fait pas de consensus scientifique sur l\u2019alcoolisme, sur ses « causes » ou sur pourquoi, par exemple, certains buveurs excessifs deviennent dépendants physiquement, et d\u2019autres non.Exit l\u2019approche universelle Le profil des consommateurs est au contraire «hétérogène» : « Il y a différents niveaux de sévérité, évidemment.Pour certains, le trouble va durer toute leur vie, de manière très chronique.Pour d\u2019autres, ce sera à la suite d\u2019un événement ponctuel, un gros stress, et leur façon de composer sera à travers la consommation», énumère Laurence D\u2019Arcy, chargée de projet à l\u2019Institut universitaire sur les dépendances.Des formes de médication ont fait leur apparition depuis quelques années, notamment la nal- trexone.Cette molécule agit en quelque sorte en «bloquant» l\u2019euphorie liée à l\u2019alcool, en modulant la libération de la dopamine dans le cerveau.D\u2019autres médicaments vont par ailleurs induire une réaction très désagréable s\u2019ils sont consommés en même temps que l\u2019alcool, pour briser l\u2019association plaisir-alcool.D\u2019autres encore diminueront les effets du sevrage, notamment les convulsions, à l\u2019étape de la désintoxication.Puis vient l\u2019étape de la thérapie, du traitement, de la réadaptation.Selon la sévérité du trouble, l\u2019équipe de l\u2019Institut peut par exemple choisir de réduire les méfaits en contrôlant l\u2019environnement autour du buveur, ou par une approche cognitivo-comportementale, par exemple.La toxicomanie et l\u2019alcoolisme ne sont souvent que la « pointe de l\u2019iceberg », poursuit Mme D\u2019Arcy, s\u2019intéressant à ce qui se trouve sous la surface pour s\u2019adapter à la personne.Une approche dominante Le sociologue et professeur à l\u2019UQAM Am- mon Suissa reprend cet argumentaire en insistant sur « la diversité des raisons pour lesquelles on établit une relation de dépendance avec l\u2019alcool ».Il critique vertement dans deux livres la conception des Alcooliques anonymes (AA) et leur approche «peu professionnelle ».Les AA exercent en effet une influence indéniable à l\u2019échelle mondiale aujourd\u2019hui, leur programme d\u2019abstinence en douze étapes devenu presque hégémonique dans l\u2019imaginaire populaire.Il n\u2019a pourtant jamais fait sa démonstration scientifique, insiste M.Suissa, pour qui l\u2019abstinence totale ne devrait pas être l\u2019unique prescription.« Les AA conceptualisent en effet la dépendance de manière très dichotomique : tu l\u2019as ou tu ne l\u2019as pas», note Laurence D\u2019Arcy.« Nous avons admis que nous étions impuissants devant l\u2019alcool \u2014 que nous avons perdu la maîtrise de notre vie », lit-on dans ce programme auquel l\u2019organisation québécoise des AA a renvoyé Le Devoir.Impuissants, puisque l\u2019alcoolisme est une maladie, affirme l\u2019organisation devenue mondiale.Une conception formellement adoptée par l\u2019Association médiale américaine, notamment sous l\u2019impulsion du cofondateur des AA Bill Wilson.L\u2019époque était alors encore au moralisme, à l\u2019abus vu comme un péché que la foi peut racheter.L\u2019excès d\u2019alcool est plutôt défini aujourd\u2019hui par « trouble d\u2019usage de l\u2019alcool » dans le DSM- 5, la bible américaine de la psychiatrie.Ce n\u2019est donc ni la personne ni la substance qui sont ici pointées : c\u2019est plutôt l\u2019usage, donc « la nature de la relation entre les deux», souligne Ammon Suissa.« Cette façon de dire des AA que vous serez en \u201cperte de contrôle permanente\u201d met en veilleuse les forces et les compétences cachées des personnes», critique-t-il par ailleurs.Les AA représentent toutefois des groupes de soutien importants pour des centaines de milliers de personnes à l\u2019échelle mondiale, dont plus de 85 000 membres au Canada, selon l\u2019organisation.« Les pratiques ne sont pas incompatibles, notamment pour l\u2019aspect social, la motivation, pour se rappeler les raisons derrière la volonté de contrôler la consommation », résume Laurence D\u2019Arcy.Une affirmation à propos de laquelle abonde aussi Éliane Gagnon : «Choisissez-vous, peu importe l\u2019approche ! » Le Devoir FÉVRIER SANS ALCOOL Vers des (non) alcooliques (non) anonymes Les gras saturés seraient responsables de symptômes dépressifs et anxieux Une étude menée sur des souris met en évidence de nouveaux effets délétères de ces substances Une sénatrice appelle à la ligne dure avec l\u2019Iran Ottawa \u2014 Une sénatrice conservatrice dénonce le gouvernement libéral pour sa réaction timide après la mort d\u2019un professeur canado-ira- nien dans une prison de l\u2019Iran.Linda Frum a jugé que le gouvernement devrait être « outré » et non seulement « inquiet » quant aux circonstances du décès de Kavous Seyed Emami, comme l\u2019a écrit le secrétaire parlementaire pour les Affaires consulaires canadiennes sur Twitter lundi.La prison d\u2019Evin, où M.Emami était détenu, est un endroit tristement célèbre où il est impossible de s\u2019enlever la vie, selon Mme Frum.Mardi, le procureur de Téhéran a accusé mardi M.Emami d\u2019avoir fait partie d\u2019un réseau d\u2019espionnage mis en place par les services de renseignement américains et israéliens.L\u2019universitaire irano-canadien de renom et directeur de la Fondation pour la faune persane a été enterré mardi dans le village d\u2019Ammameh, à 40 km au nord de Téhéran.Avec l\u2019Agence France-Presse Associated Press VÉRONIQUE ROCH-LEFEBVRE Éliane Gagnon a fondé Soberlab, un organisme pour « faire grandir la culture de la sobriété», montrer à tout le monde qu\u2019on peut être heureux sans « compulser» avec des facteurs extérieurs.Des refuges sans prohibition De l\u2019abstinence implacable à la réduction des méfaits, un «changement de paradigme» s\u2019opère aussi pour les populations marginalisées, expose Jorge Flores-Aranda.Chercheur pour l\u2019Institut universitaire sur les dépendances, il vient de terminer une revue de littérature sur les «wet shelters» pour un comité multisectoriel chapeauté par le CIUSSS Cen- tre-Sud-de-l\u2019Île-de-Montréal alors que la Ville de Montréal s\u2019y intéresse de plus en plus.La plupart des refuges pour itinérants interdisent en effet complètement la consommation d\u2019alcool.Au Canada, il existe déjà quelques établissements qui au contraire la permettent selon diverses modalités, notamment à Ottawa, Toronto, Thunder Bay, Edmonton et Vancouver.Là où ces refuges «mouillés» existent, les altercations et arrestations de personne en situation d\u2019itinérance diminuent, selon les études recensées par M.Flores-Aranda.Un effet non négligeable «quand on sait que l\u2019un des principaux problèmes de cette population est d\u2019être judiciarisée», souligne-t-il.La plupart de ces centres d\u2019hébergement ont aussi des ententes avec des services de santé, réduisant la fréquence et la durée des hospitalisations.Et c\u2019est peut-être là le principal bénéfice des wet shelters : «Ces services permettent de réaffilier des populations très vulnérables, d\u2019offrir une porte d\u2019entrée vers un médecin de famille ou une carte d\u2019assurance maladie, par exemple», note finalement le chercheur.Certains modèles de refuge vont jusqu\u2019à vendre eux-mêmes l\u2019alcool, pour en contrôler le dosage, pour des personnes qui seraient déjà dans une démarche de changement de leur consommation.Marijuana : le débat pourrait être écourté au Sénat Ottawa \u2014 Les sénateurs sont prévenus : s\u2019ils tardent trop à étudier le projet de loi sur la légalisation de la marijuana, le représentant du gouvernement Trudeau au Sénat y tentera de limiter le temps de débat.Le sénateur Peter Harder réclame que la deuxième lecture du C-45 se termine au plus tard le 1er mars, pour que le projet de loi passe ensuite à l\u2019étude en comité sénatorial.Dans l\u2019idéal, il y serait épluché pendant deux mois, pour que la troisième lecture commence début mai.Si les séna- McKenna critiquée pour une photo sur Facebook Une photo dif fusée sur la page Facebook officielle de Catherine McKenna montre la ministre fédérale de l\u2019Environnement en train de servir des crêpes, dans le cadre du « déjeuner » annuel En- bridge du Bal de neige d\u2019Ottawa.La ministre portait un tablier sur lequel figurait le logo de l\u2019entreprise impliquée dans l\u2019industrie des pipelines et des sables bitumineux.La photo, qui a été partagée par plusieurs militants écologistes, a suscité des commentaires très critiques à l\u2019endroit de la ministre.Certains y voient un appui à l\u2019industrie pétrolière, ou plus directement à Enbridge, une multinationale qui exploite un important réseau de pipelines et de gazoducs au pays.Le porte- parole de Greenpeace Patrick Bonin a dénoncé cet « écart de conduite » de Mme McKenna.Depuis son élection, le gouvernement Trudeau a approuvé un important projet de l\u2019entreprise, l\u2019expansion de la « Ligne 3 ».Le cabinet de Catherine McKenna n\u2019a pas souhaité commenter les critiques formulées à son endroit.Le Devoir teurs ne s\u2019entendent pas pour suivre son échéancier, il a prévenu mardi qu\u2019il pourrait imposer des mesures d\u2019allocation de temps.Il lui faudrait cependant obtenir l\u2019appui d\u2019une majorité de sénateurs.Les conservateurs ont prévenu dans le passé qu\u2019ils voudraient mener une étude minutieuse du C-45.Les sénateurs d\u2019allégeance libérale rejetaient l\u2019imposition d\u2019un échéancier serré mardi.Le Sénat compte 45 indépendants, 33 conservateurs et 12 sénateurs d\u2019allégeance libérale.Le Devoir Selon les chercheurs, cette découverte met en évidence une nouvelle cible à viser dans le traitement de la dépression En fin de semaine, des milliers de personnes sont sorties dans les rues pour manifester leur colère à la suite de l\u2019acquittement d\u2019un fermier blanc de la Saskatchewan, accusé du meurtre non prémédité d\u2019un jeune Cri.Pour les manifestants, ce verdict donnait une fois de plus raison aux autochtones qui ne font plus confiance au système judiciaire.e premier ministre, Justin Trudeau, et la ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson- Raybould, ont eux aussi réagi au verdict en exprimant sur Twitter leur sympathie pour la famille du jeune Colten Boushie et en déclarant que le Canada « peut faire mieux ».Ces déclarations pour le moins impr udentes, étant donné leurs positions, ont donné l\u2019impression qu\u2019ils mettaient en doute le verdict et s\u2019ingéraient ainsi dans le processus judiciaire réputé indépendant.Ils ont rejeté ces accusations, disant avoir seulement voulu reconnaître la nécessité de s\u2019attaquer aux problèmes systémiques et à la discrimination auxquels se heurtent les autochtones relativement à la police et au système judiciaire.Ce sont effectivement les véritables enjeux que cette affaire survenue en août 2016 met en relief.En voici des exemples.La police se serait présentée, armée, chez Debbie Baptiste pour lui annoncer la mort de son ?ls de 22 ans, tué d\u2019une balle derrière la tête par l\u2019agriculteur Gerald Stanley, qui, lui, a toujours plaidé avoir tiré accidentellement.Le véhicule dans lequel était la victime n\u2019a pas été protégé de la pluie, qui, dans les heures qui ont suivi, a lessivé les taches de sang et effacé les traces de pas.Et il y a la sélection du jury ! Se prévalant d\u2019une règle de procédure qui permet d\u2019écarter sans justi?cation un candidat juré, la « récusation péremptoire », la défense a rejeté des candidats d\u2019apparence autochtone.Cela a abouti à un jury entièrement blanc dans une province où 16 % de la population est autochtone.Rien ne dit qu\u2019un jury différent, choisi sans donner l\u2019impression d\u2019exclusion systématique des autochtones, serait arrivé à un autre verdict, mais peut-être que ses conclusions auraient davantage inspiré con?ance.Le profond sentiment de mé?ance bien enraciné au sein de la population autochtone ne se dissipera pas sans une réforme en profondeur des pratiques policières, judiciaires et carcérales.?Comme l\u2019a dit Debbie Baptiste, en visite à Ottawa pour rencontrer des membres du cabinet en compagnie de deux membres de sa famille, la meilleure façon de rendre justice à son ?ls serait de procéder à ces réformes.Cela demandera des années d\u2019ef forts, car cette problématique est complexe, mais il faut démarrer quelque part, et certains éléments peuvent être corrigés sans tarder, comme l\u2019élimination de la « récusation péremptoire » du processus de sélection des jurés.Cela a déjà été recommandé par l\u2019ancien juge devenu sénateur Murray Sinclair dans un rapport d\u2019enquête sur le système judiciaire et les autochtones du Manitoba, réalisé en 1999.L\u2019ancien juge de la Cour suprême Frank Iacobucci y a fait écho dans un rapport sur la représentation des Premières Nations sur la liste des jurés en Ontario, en 2013.Même son de cloche, en 1982, de la défunte Commission de réforme du droit.Au Royaume-Uni, cette pratique n\u2019existe plus depuis 1988.Il ne s\u2019agit pas d\u2019exiger une représentativité parfaite de la population, mais d\u2019éliminer les mécanismes pouvant mener à des résultats discriminatoires, comme c\u2019est le cas pour les autochtones, surreprésentés dans les prisons, mais sous-représentés dans les jurys.Dans son rapport, Frank Iacobucci écrivait qu\u2019« il y a de meilleures chances que le public perçoive un procès, et, par extension, le système judiciaire tout entier, comme étant équitable si les candidats jurés sont représentatifs de l\u2019ensemble de la collectivité dont ils sont issus ».La ministre dit vouloir apporter des changements à la sélection des jurés, mais elle refuse de se commettre sur un échéancier.Ce qui n\u2019est pas rassurant, car elle n\u2019est pas reconnue pour son empressement.On attend toujours des correctifs aux réformes conservatrices.Les provinces n\u2019ont toujours pas vu les amendements aux peines minimales qu\u2019on leur avait promis pour le printemps dernier.Espérons que la mort de Colten Boushie et le dénouement du procès donnent le coup de fouet nécessaire à la ministre pour poser ce premier pas, car ce ne serait que le premier vers ce qui devra être des solutions systémiques.L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Le droit de choisir sa mort Le Devoir du lundi 12 février fait état d\u2019un bond des demandes d\u2019aide à mourir.C\u2019est une nouvelle intéressante.C\u2019est dire que les professionnels de la santé comprennent que l\u2019usager est au cœur des services de santé et des services sociaux.En effet, la Loi sur les services de santé et les services sociaux précise à l\u2019article 3 que « la raison d\u2019être des services est la personne qui les requiert » et que « le respect de l\u2019usager et la reconnaissance de ses droits et libertés doivent inspirer les gestes posés à son endroit ».Ainsi, l\u2019usager n\u2019a pas à dépendre des valeurs des professionnels ou de ses proches, attitude qui s\u2019apparente à du paternalisme.Il ne doit pas être considéré comme un simple partenaire des décisions prises par des professionnels à son endroit.Il a l\u2019autorité de demander ce qu\u2019il considère être bon pour lui\u2026 et de l\u2019obtenir selon les règles auxquelles il est appelé à se soumettre.Au cours de la dernière année, une amie qui a été dirigée vers une unité de soins palliatifs s\u2019est fait dire par le personnel de l\u2019unité des soins palliatifs, «nous autres, on est contre les affaires à Barrette!».Une autre de mes connaissances a dû attendre un an avant d\u2019obtenir l\u2019aide médicale à mourir\u2026 Douleur et souffrance insupportables.À qui profite cette souffrance?En 2004, l\u2019éthicien Hubert Doucet faisait le commentaire suivant: «L\u2019effort entrepris ces dernières années pour contrôler la L I B R E O P I N I O N M I C H E L H É R O U X Montréal L a décision du chef péquiste Jean-François Li- sée de faire de la députée Véronique Hivon la «vice-chef» du Parti québécois fut la surprise de la dernière rencontre des instances de ce parti.Lisée a «sorti» cette idée de son chapeau.Puis, sans qu\u2019aucune résolution formelle ait été présentée, débattue et adoptée, Mme Hivon est devenue la première «vice-chef» de ce parti, qui n\u2019en avait jamais connu depuis sa fondation.Peu d\u2019analyses en profondeur ont été faites sur ce geste de Lisée.On peut expliquer cela probablement par le fait que Véronique Hivon est une des personnes les plus respectées à l\u2019Assemblée nationale.Son parcours politique est éloquent et elle est une femme brillante à l\u2019empathie très développée.Elle est capable d\u2019écoute attentive.Qu\u2019elle ait été choisie par son chef, après la surprise de l\u2019annonce, n\u2019a frustré personne au sein de son parti.C\u2019est tout à son honneur.Un geste révélateur Cela dit, le geste lui-même mérite qu\u2019on s\u2019y attarde.En ayant recours à ce « truc», cette entourloupette, Jean-François Lisée a implicitement fait une étonnante reconnaissance de l\u2019échec de son leadership.Dans les faits, il a reconnu qu\u2019il ne pouvait, tout seul, être « l\u2019homme de la situation» pour reprendre une expression surutilisée.La descente lente mais implacable du Par ti québécois dans les sondages s\u2019est poursuivie sous sa gouverne.L\u2019indifférence mesurée des Québécois pour le concept même de l\u2019indépendance politique du Québec n\u2019a pas été modifiée parce que Jean- François Lisée est devenu le chef du par ti fondé par René Lévesque.Fondamentalement, Jean-François Lisée a gagné la dernière course à la chef ferie du PQ, et rien n\u2019a vraiment changé pour son parti.Pire encore, la CAQ a poursuivi sa montée dans les intentions de vote des Québécois au point d\u2019être maintenant en tête dans les sondages.Lisée est un homme intelligent, tout le monde le sait.Il est capable de faire d\u2019excellentes lectures de l\u2019état des lieux politiques au Québec en ce début de 2018.Il a réalisé comme bien d\u2019autres que le mouvement des plaques tectoniques politiques chez nous était impossible à arrêter.Le déclin de son parti, inscrit dans les résultats électoraux depuis 20 ans, semble impossible à renverser.Aussi, faute de vision stratégique, Jean-François Lisée a eu recours, encore une fois, à une tactique, à un truc pour qu\u2019on parle de son parti.Son truc a fonctionné.Brièvement.On a parlé du PQ et de l\u2019arrivée de sa vice-chef dans les médias pendant\u2026 quelques jours.Puis, l\u2019actualité a poursuivi son chemin.Li- sée a voulu que sa vice-chef pose en Chambre des questions au premier ministre, qui a tout simplement délégué son ministre des Transpor ts pour répondre à la question de Véronique Hivon.Mis à part les journalistes et les mordus de la politique, cet incident n\u2019a pas réellement entraîné de batailles à coups de poing dans les autobus des villes québécoises ou dans le métro de Montréal\u2026 Bref, on peut penser que la décision surprise de Jean-François Lisée aura été un coup d\u2019épée dans l\u2019eau.En même temps, cette décision a constitué un aveu sidérant de la faiblesse et de l\u2019incapacité de redressement d\u2019une situation où le PQ est de plus en plus marginalisé.Qu\u2019on ne s\u2019illusionne pas : le statut d\u2019opposition officielle dont jouit présentement le PQ ne voudra rien dire lorsque les Québécois mettront leur bulletin dans l\u2019urne le 1er octobre prochain.En 1973, l\u2019Union nationale était l\u2019opposition of ficielle.Après l\u2019élection d\u2019octobre de cette année-là, l\u2019Union nationale n\u2019avait plus un seul député à l\u2019Assemblée nationale.Un cul-de-sac Le PQ fait face à un cul-de-sac existentiel.Tous les analystes en conviennent.Les instances péquistes le savent aussi .Le PQ n\u2019existe, au fond, que pour réaliser la souveraineté politique du Québec, ce dont les Québécois, de plus en plus majoritairement, ne veulent même plus entendre parler.Si le PQ mettait de côté l \u2019ar t icle un de son programme, il imploserait.Si le PQ conser ve l\u2019ar ticle un de son programme, il fait face à l\u2019extinction, peut-être même plus rapidement qu\u2019on le pense.La situation de ce par ti qui a fait rêver quelques générations de Québécois et de Québécoises est, à proprement parler, dramatique.Dommage que son chef ait pensé qu\u2019un simple « tr uc » comme l \u2019 invention d\u2019une vice-chef pourrait aider son parti à renverser les tendances politiques lourdes au Québec et à motiver davantage ses troupes de militants.Le PQ, le Québec et, disons-le, Mme Véronique Hivon méritent mieux que cela.L\u2019auteur, maintenant retraité de l\u2019Université Laval, a été journaliste à Radio-Canada, secrétaire de presse de Jacques Parizeau en 1976, vice-président de l\u2019information et des affaires publiques à TVA, puis p.-d.g.du réseau en 1988, et enfin haut cadre à l\u2019Université Laval, dont directeur des communications et chef de cabinet du recteur.Échec et détresse au Parti québécois FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET souffrance fait de celle-ci une condition physique traitable plus qu\u2019une expérience humaine profondément complexe.D\u2019où le risque d\u2019oublier qu\u2019une meilleure gestion de la douleur ne fait à peu près rien pour adoucir la souffrance causée par le spectre de la fin, par l\u2019indignité du déclin et par l\u2019expérience d\u2019impuissance progressive.Toute souffrance n\u2019est pas traitable.Le croire serait perdre de vue que la souffrance est la dégradation de l\u2019identité, une dégradation qui s\u2019exprime jusque dans les actions les plus simples de la vie\u2026» Quatorze ans plus tard, nous sommes engagés vers un nouveau paradigme: celui du droit de choisir sa mort.Refuser à l\u2019usager son droit à demander l\u2019aide médicale à mourir, droit que lui accorde la loi québécoise sur les soins de fin de vie\u2026 et confirmé par la Cour Suprême du Canada, c\u2019est nier sa dignité, c\u2019est nier à la fois sa rationalité et sa volonté.C\u2019est nier sa capacité de décider.Jacques Hould Le 12 février 2018 Combien rapporte la littérature québécoise ?En avril dernier, le gouvernement du Québec reconnaissait l\u2019immense apport à la renommée du Québec dans le monde dont le professeur Peter Klaus a été responsable au cours des quarante dernières années en lui octroyant le titre de chevalier de l\u2019Ordre national du Québec.Initiateur en 1975 des LES AUTOCHTONES ET LA JUSTICE Un malaise profond L MANON CORNELLIER « Études québécoises » à la prestigieuse Université libre de Berlin, Peter Klaus a contribué à faire connaître le Québec sur tous les continents en faisant découvrir la littérature québécoise.Tant en Allemagne qu\u2019en Inde, en Hongrie, en Irlande, à Puerto Rico, en Pologne, en Égypte, à Taïwan, en Turquie, en France, en Autriche qu\u2019en Roumanie, sa passion et sa connaissance intimes du Québec et de ses auteurs ont ouver t les yeux de milliers de personnes sur la quête et l\u2019affirmation de l\u2019identité québécoise.Or, toutes ces démarches n\u2019ont strictement rien coûté au Québec! Et nous apprenons maintenant qu\u2019un petit organisme, l\u2019Association internationale des études québécoises, va de nouveau se faire couper les vivres par le gouvernement alors que son rôle consiste justement à soutenir et à développer les initiatives de professeurs comme celles de Peter Klaus.À ce jour, le ministère des Relations internationales octroie la « fabuleuse » somme de 135 000 $ à l\u2019organisme auquel on veut encore couper 52 000 $.Et on l\u2019incite à se trouver des mécènes.Au XXIe siècle, on en est encore à mesurer la rentabilité de la culture avec des lunettes de comptables.Des lunettes qui confirment la myopie de certains gestionnaires de l\u2019État, pour qui il n\u2019y a de rentable que ce qui se mesure à la couleur noire de l\u2019encre de leurs statistiques.Gilles Gougeon Montréal, le 12 février 2018 L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).E n cette Saint-Valentin particulièrement tendue \u2014 les accusations de puritanisme et de chasse aux sorcières s\u2019élevant contre les dénonciations d\u2019agressions sexuelles qui pilonnent l\u2019espace public \u2014, Cupi- don ne sait plus à quelles flèches se vouer.Il n\u2019est pas le seul.À en juger par les propos de Gilbert Rozon, ciblé par des allégations d\u2019inconduite sexuelle \u2014 « je n\u2019ai jamais fait l\u2019amour à quelqu\u2019un si une personne a dit non» \u2014, la confusion paraît fort répandue.Mais avant de s\u2019attaquer au grand malentendu qui sépare les cœurs aigris des chœurs grecs, disons d\u2019emblée que personne ne prend plaisir à voir des hommes connus piquer du nez.Pas plus qu\u2019à voir des femmes d\u2019envergure avouer qu\u2019elles ont trop longtemps enduré l\u2019inacceptable.Tout ça est très difficile et, oui, humiliant pour tout le monde.L\u2019imbroglio dont je parle tient essentiellement au fait qu\u2019une femme existe pour se faire sauter.C\u2019est une loi après tout incontournable de la nature : les femelles sont, par définition, les proies sexuelles des mâles.Or, que ce soit au nom de l\u2019évolution de l\u2019espèce, de l\u2019Église catholique ou de la stabilité sociale, la disponibilité sexuelle des femmes a toujours été un principe que personne, même pas les suf fra- gettes \u2014 dont on fête aujourd\u2019hui l\u2019anniversaire \u2014, n\u2019a contesté.Le « bas les pattes, bonhomme » est un phénomène, rappelons-le, extrêmement récent.Extrêmement révolutionnaire, aussi.Au Canada, il a fallu attendre 1983 pour que le viol ne soit plus vu comme rare et exceptionnel, l\u2019af faire d\u2019un forcené assoiffé de pénétration vaginale violente.Avant cette date, une femme ne pouvait pas prétendre avoir été violée par son conjoint, par exemple, justement parce que sa disponibilité sexuelle, peu importe la nature des préambules, était un fait accompli.Son consentement, en d\u2019autres mots, comptait pour zéro.Elle ne pouvait pas non plus porter plainte pour viol (ailleurs qu\u2019au sein du couple) sans la corroboration d\u2019un tiers.Même si ce type d\u2019agression se fait quasi toujours en catimini, sa parole à elle ne suffisait pas.Comme nous le rappelait récemment un juge de Halifax, la présomption qu\u2019une femme est par nature ouver te aux avances d\u2019un homme \u2014 peu importe si elle est ivre morte sur la banquette arrière d\u2019un taxi \u2014 est profondément ancrée.Malheureusement, la révolution qui s\u2019est opérée au cœur de la jurispr udence canadienne à la fin du siècle dernier ne semble pas du tout s\u2019être passée dans le cœur des mortels.Et j\u2019inclus les femmes là-dedans.Même si, ici comme ailleurs, la notion de viol disparaît en faveur de l\u2019agression sexuelle \u2014 ce qui implique « une présomption de consentement des femmes à l\u2019acte sexuel », qui, lui, comprend dorénavant toute une panopl ie de gestes, du baiser volé à la pénétration forcée \u2014, nous avons été légion à ignorer les nouvelles consignes, la cuisse qui se veut insistante dans le métro, les mains baladeuses du patron ou le comique de Juste pour rire qui vous fouette les fesses avec sa cravate.Au nom des hommes qu\u2019on aime et qu\u2019on admire, de ceux qu\u2019on est heureuses d\u2019avoir dans nos vies, au nom de l\u2019amour qu\u2019on espère tous, on se l\u2019est bouclée.On s\u2019est royalement tus.Était-ce après tout si grave ?«Après tout, tu n\u2019as pas été violée », comme aurait dit Lise Payette à Léa Clermont Dion.Au nom de l\u2019harmonie entre les sexes, ou simplement la peur de perdre sa job, on a collectivement passé l\u2019éponge.Il est là, le malentendu.Malgré ce que dit la nouvelle jurisprudence, qu\u2019on ne batifole plus avec l\u2019amour, que, sans consentement, implicite tout au moins, les petits gestes comme les grandes embardées sont passibles de sanctions, on a continué comme si de rien n\u2019était, marchant dans les sillons d\u2019une histoire ancienne où les hommes n\u2019ont jamais eu à demander la permission et où les femmes ont toujours feint d\u2019aimer ça.Et puis, l\u2019af faire Weinstein a éclaté, et le compromis bâtard qui a trop souvent scellé les rapports hommes-femmes a finalement sauté.Des milliers de femmes se sont souvenues qu\u2019elles étaient dans leur droit d\u2019être traitées autrement.On peut évidemment comprendre la confusion d\u2019un Gilbert Rozon devant un revirement aussi soudain.On peut aussi craindre les dérapages et une certaine aseptisation des rapports sexuels devant un tel coup de barre.S\u2019il n\u2019est pas inutile de réfléchir aux conséquences du mouvement #MoiAussi, ne perdons pas de vue l\u2019essentiel.La dignité humaine, le respect des femmes, et des hommes aussi, viennent de faire un immense bond en avant.Cupidon peut se consoler.Le grand malentendu FRANCINE PELLETIER Fin janvier, les auteurs du texte ci-dessous ont publié une étude sur la diplomation universitaire dans l\u2019ouvrage Le Québec économique.Éducation et capital humain.Ils répondent ici à une analyse de cette étude publiée le 7 février dans Le Devoir.R O B E R T L A C R O I X Ex-recteur de l\u2019Université de Montréal L O U I S M A H E U Professeur à l\u2019Université de Montréal os collègues Pierre Doray et Benoît Laplante soutiennent dans Le Devoir du 7 février dernier : « Comme il n\u2019y a pas de dif férence entre les deux groupes qui sont comparables (définis comme les Québécois francophones et les Onta- riens anglophones nés, ayant étudié et résidant toujours dans leur province respective), il n\u2019y a pas grand-chose à dire sur les avantages et inconvénients comparés des systèmes québécois et on- tarien à partir de la proportion des diplômés.» Euh vraiment ?Eh bien non ! Leur étude ne rend pas caduques toutes analyses comparatives sur la diplomation universitaire du Québec et ses caractéristiques, dont la nôtre dont ils ne parlent que fort peu.Des informations intéressantes, voire perturbantes, peuvent toujours en découler.Un petit exemple.Leur étude porterait sur les seules vraies populations qui comptent.Chez les Québécois et les Ontariens « de souche » (expression utilisée par nos collègues) de 25 à 34 ans, la proportion de diplômés universitaires est identique : 21 % selon des données tirées du recensement de 2001.Tout indique que ces données incluent tous les diplômes universitaires : les certificats (diplômes courts de 30 crédits), les baccalauréats, les maîtrises et les doctorats.Comme nous le signalons, contrairement à la diplomation universitaire de l\u2019Ontario, celle du Québec au 1er cycle comporte, outre les baccalauréats, beaucoup de certificats.Tendance qui marque la diplomation universitaire québécoise depuis un bon moment et qui va en s\u2019accentuant.Avec 75% de la production totale canadienne de certificats, le Québec se démarque.Aujourd\u2019hui, la diplomation totale des universités québécoises francophones est constituée à près de 40 % de certificats (7,2% pour les anglophones).Bref, en matière de diplômes universitaires, il est plus que vraisemblable que les Québécois francophones et les Ontariens anglophones « de souche » de 25-34 ans ne soient pas vraiment «comparables».Ces derniers comportent certes plus de diplômés du baccalauréat que leurs équivalents québécois.Pour les diplômés concernés comme pour notre collectivité, il y a là un écart préoccupant.Des données dif férentes Notre étude utilise des données tout à fait différentes: soit les diplômes décernés par les universités canadiennes de 2001 à 2012.Elle porte sur des populations analogues : diplômés canadiens étudiant dans une province, dont le Québec et l\u2019Ontario.Dans le cas du Québec, nous avons aussi recours à une distribution des diplômés selon la langue maternelle (francophones, anglophones et allophones).Ces données incluent les «de souche» et les «brindilles» \u2014 selon l\u2019expression de l\u2019anthropologue Serge Bou- chard \u2014, soit les étudiants de langue maternelle française non nés au Québec, mais qui y étudient.Il en va de même d\u2019ailleurs pour les diplômés anglophones et allophones canadiens du Québec.Avec des estimations, notamment dans le cas des diplômes québécois, pour en ajuster le total à la baisse pour tenir compte de diplômés canadiens non résidents de la province.Elle répond à deux questions.D\u2019abord : quelle est la per formance comparative de la diplomation universitaire québécoise par rapport à celles de l\u2019Ontario et du Canada?Puis : quel rôle la diplomation des Québécois de langue maternelle française joue-t-elle dans la surper for- mance ou la sous-per formance du Québec en ce qui a trait à la diploma- tion universitaire ?Ont ser vi à répondre à ces questions les données les plus fiables qui existent, soit celles de Statistique Canada sur les effectifs étudiants, sur une période de 11 ans et selon le cycle d\u2019études et le diplôme décerné, des universités canadiennes.Des analyses pertinentes Soulignons à gros traits quelques résultats significatifs émanant de ces données.Elles incitent tout d\u2019abord à bien distinguer la diplomation conférant un certificat de celle décernant un baccalauréat.L\u2019intense concentration dans les universités du Québec, principalement les établissements francophones, des diplômes de cer tificats engendre des conséquences structurelles quant à la diplomation québécoise au baccalauréat.À ce niveau, l\u2019écart de deux points de pourcentage des taux de di- plomation (nouveaux diplômés en proportion du total des individus d\u2019un groupe d\u2019âge pertinent dans la population totale) du Québec et du Canada en 2002 (Canada 28 % vs Québec 26 %) est passé à six points de pourcentage en 2012 (34,4 % vs 28,3 %).Par rapport à l\u2019Ontario, l\u2019écart s\u2019est aussi for tement élargi , passant de 6,5 points de pourcentage en 2002 (32,5 % Ontario vs 26 % Québec) à 13,8 points de pourcentage en 2012 (42,1 % vs 28,3 %).Que l\u2019on dise que cette situation n\u2019est pas alarmante et qu\u2019il n\u2019y a pas grand-chose à dire sur les causes de ces écar ts nous semble, du point de vue de chercheurs, fort problématique.Entre autres sujets traités à partir de nos données figure aussi le lien entre les tendances mentionnées et la performance comparative en diploma- tion des francophones \u2014 « de souche » et «brindilles» accumulés \u2014 par rapport à celles des anglophones et des allophones du Québec.Au Québec, dans la période 2001- 2012, près de 80 % de la population totale est de langue maternelle française.Mais la distribution selon la langue maternelle des diplômés des universités québécoises indique que 73 % des baccalauréats vont à des francophones et 27 % à des anglophones et allophones ; 70 % des maîtrises sont décernées à des francophones et 30 % à des anglophones et allophones ; enfin, 57,7 % des doctorats sont alloués à des francophones et 42,3 % à des anglophones et allophones.Ces quelques résultats tirés de notre étude indiquent combien demeurent toujours pertinentes les analyses comparatives de la diploma- tion universitaire apportant un éclairage sur celle du Québec.Nous avons la prétention de penser, d\u2019une part, que notre étude soulève des questions qui méritent réflexion.Et d\u2019autre part, que nos collègues, P.Doray et B.Laplante, ne peuvent vraiment soutenir qu\u2019il n\u2019y a plus grand-chose à dire sur un sujet que leurs travaux ont déjà semble-t-il clos.DIPLOMATION UNIVERSITAIRE QUÉBÉCOISE Des analyses comparatives pertinentes S Y L V I E S C H I R M Avocate spécialisée en droit de la famille œuvrant au sein du cabinet Schirm & Tremblay ob Porter, bras droit de John Kelly, qui est le chef de cabinet de Trump, a démissionné de son poste après que des allégat ions \u2014 et des preuves \u2014 de violence conjugale sont devenues publiques.Deux de ses ex-femmes l\u2019ont dénoncé, et il y a une troisième victime qui ne l\u2019a pas encore fait.Le FBI enquêtait sur ces accusations depuis plusieurs mois, mais Por ter occupait toujours son poste à la Maison-Blanche près du Bureau ovale.En effet, tous les hauts gradés de la Maison- Blanche étaient au courant des accusations.Porter n\u2019avait même pas obtenu une vérification de sécurité lui permettant de travailler près du président, et ce, à cause des accusations de violence con jugale.Et lorsque la Maison- Blanche a eu vent des accusations, son patron, John Kelly, n\u2019a pas hésité une seconde à le défendre.Tout cela ne surprend pas venant de cette présidence, il va sans dire.Mais dire publiquement que l\u2019agresseur est un homme d\u2019intégrité et d\u2019honneur, qu\u2019il est un confident et un professionnel à valoriser, démontre ses préjugés, mais surtout son ignorance de ce qu\u2019est la violence conjugale.Car Kelly a défendu vigoureusement son adjoint, mais que connaît-il de Porter dans sa vie privée ?Absolument rien.Car personne de l\u2019extérieur ne peut connaître le comportement de quelqu\u2019un dans l\u2019intimité et derrière des portes closes.Que la Maison-Blanche défende publiquement Rob Porter alors que les photos démontrent cette violence, non pas seulement à l\u2019égard d\u2019une femme, mais de deux et d\u2019une possible troisième, est un bel exemple de l\u2019ignorance et du manque de jugement de ces hommes politiques.Des tentatives d\u2019explications\u2026 Mais Kelly n\u2019est pas le seul à réagir ainsi.On ne peut pas le croire, dit-on.Impossible.Il est si fin, poli, gentil au travail.Jamais un écart.Un vrai gars d\u2019équipe.Donc, message sous-entendu, la victime doit mentir.Il doit y avoir une explication.Peut-être que c\u2019était de la défense légitime.Elle voulait se venger.Les femmes, elles, peuvent être vicieuses\u2026 Et que dire de la nouvelle blonde de Porter, Hope Hicks?Elle ne veut pas croire que son amoureux puisse être violent, ce sont des mensonges, un coup monté, une attaque indirecte contre la Maison- Blanche, c\u2019est du fake news.Elle va le défendre, c\u2019est certain, jusqu\u2019à ce qu\u2019elle devienne la prochaine victime\u2026 Il faut cesser de croire qu\u2019un homme qui a réussi, qui est un diplômé de Harvard et un boursier de Rhodes ne peut pas battre sa femme.Cette violence s\u2019exerce derrière des por tes closes \u2014 l\u2019homme violent sait comment frapper et terroriser sans laisser de marques.Rares sont les cas où la preuve de la violence existe.J\u2019ai connu des femmes mariées à des hommes af faires, des hommes prospères, des hommes ayant une image de réussite, qui se faisaient battre après le cocktail de collecte de fonds ou le discours d\u2019ouverture d\u2019une nouvelle entreprise.Il faut cesser de croire que l\u2019agresseur est un homme pauvre, sans éducation et qui boit.Ou que la femme battue est démunie, laide et stupide.Car j\u2019ai également connu des femmes professionnelles et intelligentes qui ont été victimes de violence conjugale.Cette violence si pernicieuse, qui s\u2019installe tranquillement mais sûrement et qui croît de jour en jour.Cette violence qui manipule, qui fait douter de son amour de soi, de sa personne, de ses capacités.Qui fait qu\u2019on a honte d\u2019en parler et encore plus honte de la dénoncer, et qu\u2019on a si peur de partir\u2026 Cessons de trouver des excuses pour cet homme qui bat des femmes, car nous ne voulons pas croire qu\u2019un être qu\u2019on fréquente et que l\u2019on connaît peut être ainsi.Cessons de voir la cravate et l\u2019habit comme étant des symboles d\u2019intégrité et de droiture.Derrière la cravate, un monstre peut se profiler.VIOLENCE CONJUGALE Ce qui se cache derrière la cravate\u2026 R MICHAËL MONNIER LE DEVOIR Contrairement à la diplomation universitaire de l\u2019Ontario, celle du Québec au 1er cycle comporte, outre les baccalauréats, beaucoup de certificats.Avec 75 % de la production totale canadienne de certificats, le Québec se démarque N Les propos de Rozon démontrent la confusion entourant l\u2019agression sexuelle L E D E V O I R , L E M E R C R E D I 1 4 F É V R I E R 2 0 1 8 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Oxfam-Québec se dissocie fermement de son vis-à-vis britannique et condamne cette « terrible histoire d\u2019abus de p o u v o i r e t d \u2019 i n c o n d u i t e sexuelle [\u2026] avec la plus grande fermeté».L\u2019organisme était présent à Haïti au moment des faits reprochés et y est d\u2019ailleurs toujours.Son communiqué dif fusé mardi rappelle que les faits reprochés avaient été dénoncés à l\u2019époque, au sein de la fédération mondiale oxfamienne.Seulement, les documents de septembre 2011 n\u2019évoquaient que des «écarts de conduite », sans en préciser la teneur.Trois employés avaient ensuite démissionné et quatre autres avaient été renvoyés.« On avait un peu de détails, mais cer tainement pas tous les détails qui sortent maintenant.On ne connaissait pas non plus les cas dans d\u2019autres pays », explique au Devoir Denise Byrnes, directrice générale d \u2019Oxfam -Québec.« Ça nous avait choqués à l\u2019époque.Ça ravive les mêmes senti - ments aujourd\u2019hui.C\u2019est une trahison que les gens vivent.» Elle ajoute que si Oxfam GB devait revivre la même crise qu\u2019à l\u2019époque, elle serait gérée d\u2019une autre façon.« Ce scandale offre aussi une occasion de discuter plus largement des problèmes d\u2019agressions et de harcèlement pour devenir des leaders dans le domaine avec les meilleures pratiques possible.Le mouvement #MeToo a changé beaucoup de chose dans beaucoup de milieux.C\u2019est maintenant au tour du nôtre.» De la honte Au moment de l \u2019entrevue mardi soir, Mme Byrnes s\u2019était retirée temporairement d\u2019une réunion virtuelle avec la vingtaine de directions nationales du réseau Oxfam mondial, de l\u2019Australie au Mexique.Une réunion de gestion de crise, évidemment.« Nous avons décidé de nouvelles actions concrètes que nous révélerons plus tard, explique la diri - geante québécoise.Nous allons aussi échanger nos meilleures pratiques.» Des act ions ont dé jà été mises en place au cours des dernières années.La multinationale des interventions humanitaires a ouvert une ligne téléphonique de dénonciation des exploitations et des abus.Des femmes dirigent 15 des 22 divisions nationales.Ox- fam-Québec a fait signer des codes de déontologie, formé un comité interne contre « les v i o l e n c e s b a s é e s s u r l e genre », vér if ie les antécé - dents judiciaires de tous ses employés.« On est tous choqués et on a tous honte de cette situation dégoûtante.Mais je ne pense pas que ce soit généralisé », dit Linda Gagnon, directrice générale par intérim du Service universitaire canadien outremer (SUCO).Elle ajoute elle aussi que le mouvement de dénonciation des agressions #MeToo a bien prouvé que tous les milieux sont susceptibles de vivre ce genre de comportement.«Ce qu\u2019il faut, c\u2019est sur tout profiter du moment pour chacun faire son examen de conscience et s \u2019assurer qu\u2019on a mis le plus possible des balises pour éviter ce genre de comportement.» L\u2019Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), qui en regroupe 66, développe ses propres mécanismes de contrôle.Elle travaille depuis deux ans à un Protocole d\u2019auto-accréditation à la sécurité.La version définitive du document sera présentée en mars.Un volet complet prop o s e d e s m e s u r e s p o u r contrer le harcèlement dans le groupe des employés aidant comme dans les rapports avec la clientèle soutenue.«C\u2019est tout à fait intolérable, ce qui s\u2019est passé en Haïti et ailleurs », dit Michèle Asselin, d i r e c t r i c e g é n é r a l e d e l\u2019AQOCI, rappelant que l\u2019aide étrangère du Canada se fait obligatoirement, selon des règles ministérielles, dans le respect de l \u2019égalité hommes- femmes.« Les agressions visent en plus les populations les plus vulnérables.Il y a une responsabilité collective à assumer pour les protéger.» La folie de l\u2019aide Comme ses collègues, Linda Gagnon a consacré sa vie professionnelle à l\u2019entraide internationale.Au SUCO depuis 18 ans, elle n\u2019a eu vent d\u2019aucun cas d\u2019agression sexuelle.La sélection des candidats est capitale, explique-t-elle.Ceux de son organisme doivent répondre à un questionnaire, fournir des références et passer par une formation avant le départ notamment sur les questions éthiques.Le SUCO mène en ce moment 17 projets dans 7 pays avec une équipe d\u2019environ 75 personnes.Mme Gagnon n\u2019a jamais eu vent de reproches d\u2019inconduite sexuelle, encore moins d\u2019agressions.« On espère que ce genre de situation ne se reproduira jamais, dit- elle.Tout le monde a des leçons à en tirer.Il faut donc améliorer nos processus de sélection des candidats et nos conditions de travail tout en sachant que le risque zéro n\u2019existe pas.» Selon un audit interne d\u2019Ox- fam, entre 11 et 14 % d \u2019un groupe de 120 personnes ayant travaillé dans trois pays en 2013 et 2014 ont subi ou ont été témoins d\u2019agressions sexuelles.Et l\u2019enquête concentrée sur les inconduites entre employés n\u2019a même pas interrogé les bénéficiaires de services.Le scandale n\u2019a pas encore de répercussions sur le soutien gouvernemental britannique aux organismes humanitaires, malgré une cer taine pression médiatico-populaire.Le quotidien europhobe et populiste Daily Express a lancé dès le lendemain des révélations une pétition demandant de « stopper la folie de l\u2019aide à l\u2019étranger ».Elle a vite recueilli plus de 100 000 signatures.La première ministre Theresa May a plutôt annoncé que l\u2019aide étatique ne bougerait pas et qu\u2019elle maintiendrait la portion de 0,7 % du produit national brut (PNB) consacrée à l\u2019aide internationale \u2014 le Canada stagne à 0,26 %.L\u2019organisme public UK Aid gère un des plus généreux fonds d\u2019Europe, en fait le seul avec celui de l\u2019Allemagne qui atteint encore ce seuil de 0,7 % fixé par l\u2019ONU en 1970, d\u2019après la recommandation d\u2019une commission dirigée alors par l\u2019ex-pre- mier ministre Lester B.Pearson.En 2016, son budget dépassait les 23 milliards.Pour prévenir la réaction négative de ses bailleurs de fonds, Oxfam-Québec les a tous contactés, y compris les gouver nements .Cer ta ins étaient déjà en création critique.«On espère qu\u2019avec cette transparence et les actions que nous faisons, nous pourrons garder leur confiance et la regagner pour certains, dit la di- rectr ice Byr nes .Cer ta ins étaient émus et mécontents.Je les comprends.Nous-mêmes, nous sommes profondément touchés.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 OXFAM du Service de psychiatrie d\u2019urgence plaide qu\u2019un tel changement est « inacceptable ».« Une solution doit absolument être mise en place rapidement, car il ne sera plus sécuritaire d\u2019admettre des pat ients en psych iatr ie sans cette couverture de garde », dénonçait, le 17 janvier, Édith Labonté dans une lettre aux chefs du Dépar tement de psychiatrie du Centre intégré de santé et de ser vices sociaux de la capitale nationale (CIUSSS).La chef de service signalait que « de nombreuses situations médicales aiguës » peuvent survenir à l\u2019IUSMQ, notamment des manœuvres de réanimation.Elle soulignait que « la population souf frant de troubles psychiatriques est plus lourdement atteinte en matière de santé physique que la population générale ».Un service jugé non nécessaire Au CIUSSS, on explique que cette décision découle du départ à la retraite de plusieurs médecins, mais qu\u2019on aurait probablement fait des changements de toute façon pour «moderniser » les soins.« Ce n\u2019est plus absolument nécessa ire » , expl ique le Dr Pierre Laliberté, directeur des ser vices professionnels.« On peut organiser le service pour répondre à des situations d\u2019urgence.» M.Laliberté ajoute que les patients qui arrivent à l\u2019Institut ont dé jà été évalués du point de vue de la santé physique et sont « en situation de stabilisation ».Selon lui, le changement ne pose aucun danger pour les patients.«Le chef du Département de psychiatrie et le chef de service de médecine familiale disent que c\u2019est bien organisé.[\u2026] Il y a peut-être des craintes de certains, mais [\u2026] c\u2019est tout à fait acceptable.» D\u2019emblée, dit-il, en cas d\u2019urgence, l\u2019hôpital de l\u2019Enfant-Jé- sus, lequel offre des soins spécialisés «est à peu près à 5 minutes d\u2019ambulance ».« Si un patient fait un infarctus du myocarde ici, on ne le traite pas sur place, on le traite selon les normes minimales des corridors de services, puis il s\u2019en va vers un centre de cardiologie comme l\u2019Institut de cardio ou l\u2019Hôtel-Dieu et il est pris en charge.» Or, pour Mme Boies, « on ne fa i t que déplacer le problème ».«Pour un patient avec des symptômes de problèmes cardiaques, le généraliste pouvait ausculter le patient, prescrire un traitement.Ça nous permettait d\u2019éviter beaucoup de transferts vers l\u2019urgence.» Mme Boies se demande en outre si le médecin sur appel «va vraiment se déplacer » ou dire à l\u2019infirmière de transférer le patient à l\u2019urgence.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SANTÉ parler de lui à l\u2019automne 2016, lorsqu\u2019il a averti ses étudiants de l \u2019Université de Toronto qu\u2019il refuserait d\u2019utiliser des pronoms inventés tels que « ze » ou « zher » en lieu et place des équivalents sexués « he » ou « she ».Des manifestations ont été organisées.L\u2019université lui a envoyé deux lettres demandant qu\u2019il cesse de prendre publiquement la parole sur le sujet.En vain.M.Peterson a multiplié les entrevues et les lettres ouvertes, faisant valoir qu\u2019il y a une différence entre interdire l\u2019utilisation de mots dénigrants et obliger l\u2019utilisation d\u2019un langage militant que le locuteur ne cautionne pas.C\u2019est à ce titre qu\u2019il s\u2019est opposé au projet de loi C-16 interdisant la discrimination sur la base de l\u2019identité des genres.D\u2019un coup, M.Peterson est devenu le paratonnerre du mouvement transgenre.Une chargée de cours de l\u2019université ontarienne Wilfrid Laurier l\u2019a appris à ses dépens en novembre dernier.Dans sa classe portant sur l\u2019impact de la grammaire sur notre vision du monde, Lindsay Shepherd a eu le malheur de projeter un segment d\u2019une émission d\u2019affaires publiques de TVO dans lequel M.Peterson exposait son point de vue.Elle a été convoquée à une sorte de tribunal informel où trois supérieurs l\u2019ont sermonnée avec condescendance pendant plus de 40 minutes sur l\u2019importance de ne pas véhiculer de telles idées.L\u2019un d\u2019eux a comparé son geste au fait de faire jouer sans filtre un discours d\u2019Adolf Hitler.Ce n\u2019est que lorsque Mme Shepherd a diffusé l\u2019enregistrement secret qu\u2019elle avait fait de cette rencontre qu\u2019elle a eu droit à des excuses.Jordan Peterson est populaire.Il a enseigné à Harvard et se vante d\u2019avoir conseillé le secrétaire général de l\u2019ONU.Un peu plus de 800 000 personnes sont abonnées à son compte YouTube, sur lequel il dif fuse des conférences sur des sujets aussi arides que « le concept de Dieu » (1,5 million de vues) et « le contexte historique et mythologique de la personnalité » (283 000 vues).De Patreon.com, un site de so- ciofinancement pour les créateurs, il touche 1200 $ par mois pour continuer à diffuser ses idées (son éditeur a refusé d\u2019offrir une mise à jour de ce chiffre).Son dernier ouvrage, 12 Rules for Life \u2013 An Antidote to Chaos (Douze règles de vie comme antidote au chaos), figure au top 10 des ventes aux États-Unis, en Grande-Bre- tagne et au Canada.La clé du succès de Jordan Peterson, qui se définit comme un «combattant de la rectitude politique » ?Un gros bon sens conservateur aux accents religieux ancré dans un solide argumentaire documenté, érudit, mêlant à la fois la philosophie, la théologie, l\u2019anthropologie, l\u2019histoire et, bien sûr, la psychologie.Son livre se veut un condensé de sa vision.Chacun des douze conseils de son essai est résumé par une formule accrocheuse telle que « Flatte les chats que tu croises sur la rue», «Règle tes bi- bittes avant d\u2019essayer de changer le monde» ou encore «N\u2019enquiquine pas les enfants qui font du skate».«Tiens-toi le dos droit », pour sa part, se veut une ode à la force.M.Peterson expose que ce sont les gens qui ne s\u2019affirment jamais qui finissent par être intimidés.«Si vous pouvez mordre, vous n\u2019avez généralement pas à le fa ire .Ma is lorsque cela est bien intégré, la capacité à répondre par l\u2019agression et la violence fait diminuer plutôt qu\u2019augmenter la probabilité qu\u2019une agression ait effectivement lieu.» Son chapitre sur la puériculture rappelle que le rôle d\u2019un parent n\u2019est pas de se faire aimer de son enfant, mais de rendre celui-ci aimable.Il a la responsabilité de décourager les mauvais comportements, quitte à recourir à une légère force (une pichenette sur la main, par exemple).« Les bambins de deux ans sont, d\u2019un point de vue statistique, les gens les plus violents, écrit-il.Ils donnent des coups de pied, ils frappent, ils mordent et ils volent la propriété d\u2019autrui.[\u2026] Les bambins sont comme des aveugles qui cherchent des murs.Ils ont besoin de tester pour savoir où se trouve la limite.[\u2026] Jusqu\u2019où puis-je frapper maman ?Jusqu\u2019à ce qu\u2019elle s\u2019oppose.Alors aussi bien que l\u2019opposition survienne tôt.» L\u2019oppression et les femmes Jordan Peterson profite de son livre pour s\u2019attaquer une fois de plus à la rectitude politique qu\u2019il exècre et qu\u2019il associe à une féminisation des campus.«Des disciplines universitaires entières sont carrément hostiles aux hommes, avance-t- i l .I l s \u2019agi t des doma ines d\u2019étude qui sont dominés par cette idée postmoderne/néo- marxiste selon laquelle la culture occidentale est une structure oppressive créée par les hommes blancs pour dominer et exclure les femmes \u2014 et autres groupes sélectionnés \u2014 et qui ne fonctionne bien qu \u2019à cause de cette domination et de cette exclusion.» M.Peterson ne mange pas de ce pain-là.C\u2019est la compétence et non le pouvoir qui détermine la position sociale d\u2019une personne, af firme-t-il.La source originelle de l\u2019oppression des femmes est la nature (la grossesse et les menstruations qui vulnérabili- sent) et non l \u2019homme .Et l\u2019identité sexuelle n\u2019est pas une constr uct ion soc iale, mais une réalité biologique que 98 % des gens acceptent très bien.Selon M.Peterson, la société occidentale n \u2019est pas cette machine à broyer les exclus que dépe ignent certains départements universitaires.Aussi prône-t-il qu\u2019on cesse de les financer.«Si des tenants de l\u2019extrême droite recevaient des fonds publics pour une militance politique qui se fait passer pour des cours un ivers i ta ires, comme le fait clairement la gauche radicale, les cris d\u2019orfraie des progressistes de l\u2019Amérique du Nord seraient assourdissants.[\u2026] Nous n\u2019enseignons pas à nos enfants que la terre est plate.Nous ne devrions pas plus leur enseigner des théor ies idéologiques sans fondement à propos de la nature des hommes et des femmes ou de la nature de la hiérarchie.» Sans surprise, son livre a été accueilli par des éloges et des insultes.Le Monde l\u2019a dépeint comme le « nouveau héraut des masculinistes », le Globe and Mail s\u2019est demandé «comment une personne aussi absurde peut-elle être prise au sérieux ?» tandis que le Guardian a parlé de lui comme d\u2019un « des intellectuels publics les plus éclectiques et stimulants de l\u2019époque ».Chose certaine, il ne laisse personne indifférent.Une entrevue avec lui ?Il faudra attendre au printemps, nous dit son agent.Car d\u2019ici là, il est complètement pris par une tournée qui le conduira aux États- Unis, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas et en Australie.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ESSAI Une solution doit absolument être mise en place rapidement, car il ne sera plus sécuritaire d\u2019admettre des patients en psychiatrie sans cette couverture de garde Édith Labonté, chef de service par intérim « » THONY BELIZAIRE AGENCE FRANCE-PRESSE Après le tremblement de terre de 2010, les organisations humanitaires se sont précipitées à Haïti.Parmi elles, Oxfam Grande-Bretagne, aujourd\u2019hui empêtrée dans des scandales sexuels."]
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