Le devoir, 5 mars 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 4 7 L E D E V O I R , L E L U N D I 5 M A R S 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le monde \u203a Législatives italiennes.Aucune majorité en vue au Parlement, malgré une avance de la droite.Page B 1 Actualités \u203a Jeux de pouvoir au Bloc québécois.Des membres veulent devancer un vote de con?ance prévu en 2019.Page A 3 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m M A R C O F O R T I E R L e décrochage des élèves du secondaire dans le réseau public reste alarmant, surtout chez les francophones nés au Québec.Jusqu\u2019à un garçon sur deux et une fille sur trois n\u2019ont toujours pas de diplôme sept ans après le début de leurs études secondaires.Selon les plus récentes données obtenues par Le Devoir, le taux de décrochage demeure préoccupant dans certaines régions à forte majorité francophone.La diplomation progresse encore \u2014 80,1 % des élèves québécois ont un diplôme ou une qualification sept ans après leur arrivée au secondaire \u2014, mais le décrochage continue de sévir davantage notamment chez les élèves francophones.Les immigrants de deuxième génération (nés au Québec de parents étrangers) sont plus persévérants dans leurs études que les petits Québécois dits « de souche », révèlent les plus récentes statistiques du ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES).« Les élèves francophones nés au Québec réussissent nettement moins bien que les immigrants qui ne parlaient même pas français en arrivant ici.C\u2019est fascinant », observe Égide Royer, professeur associé à la Faculté des sciences de l\u2019éducation à l\u2019Université Laval.Les trois quarts (76 %) des élèves non immigrants du réseau public ont obtenu un diplôme ou une qualification sept ans après le début de leurs études secondaires, contre 82 % des élèves immigrants de deuxième génération.Il s\u2019agit de statistiques décrivant la cohor te d\u2019élèves ayant commencé ses études secondaires en 2009.L\u2019écart est encore plus important chez les garçons : à peine 71 % des Québécois de souche ont un diplôme, tandis que 79 % des immigrants de deuxième génération l\u2019ont obtenu (toujours après sept années d\u2019études secondaires dans le réseau public).Ces chiffres confirment une triste réalité, selon Gérald Boutin, professeur associé à la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM) : l\u2019éducation n\u2019est tout simplement pas une priorité pour certains parents \u2014 surtout francophones.« C\u2019est une question culturelle.Le ministre [de l\u2019Éducation] Sébastien Proulx en parle dans son récent livre : l\u2019école n\u2019est pas valorisée dans certains milieux.Les gens considèrent qu\u2019on peut faire sa vie sans diplôme.» Mobilisation générale Le décrochage devient tellement préoccupant que des communautés se mobilisent pour garder leurs enfants sur les bancs d\u2019école.La région de Lanaudière, une de celles ayant le plus fort taux d\u2019abandon scolaire au Québec, a décidé de prendre le taureau par les cornes.«On a un niveau de sous-scolarisation qui est inquiétant.On s\u2019est dit qu\u2019il fallait faire quelque chose », dit Jean Pilotte, directeur général du Carrefour jeunesse emploi de Montcalm, dans Alerte au décrochage chez les jeunes francophones La région de Lanaudière se mobilise pour garder ses étudiants sur les bancs d\u2019école P A U L I N E G R A V E L P our faire face à la crise des opioïdes qui sévit au pays, un groupe d\u2019experts propose pour la première fois au Canada des lignes directrices nationales en matière de traitements de la dépendance aux opioïdes.Préconisant le recours à des ago- nistes opioïdes, tels que la buprénorphine-na- loxone et la méthadone, et déconseillant fortement le sevrage rapide et complet, ces recommandations fondées sur des données scientifiques s\u2019adressent à tous les professionnels de la santé.Le Canada traverse ce qu\u2019on peut appeler une crise des opioïdes avec 2861 décès dus à une surdose en 2016 et plus de 4000 en 2017.Cette crise est alimentée par la prescription excessive d\u2019opioïdes médicamenteux pour des douleurs chroniques et la présence non déclarée d\u2019opioïdes synthétiques, comme le fentanyl, qui est 100 fois plus puissant que la morphine, dans maintes drogues vendues dans la rue.Des recommandations nationales fondées sur les données probantes de la littérature scientifique la plus récente s\u2019imposaient donc pour répondre à cette urgence de santé publique.«Ces lignes directrices, qui sont basées sur des données scientifiques ainsi que sur les préférences et les valeurs des usagers qui ont également été consultés, se veulent un outil pour aider les médecins à choisir la meilleure option thérapeutique pour leurs patients», résume la Dre Julie Bruneau, du Centre de recherche du CHUM, qui a dirigé le groupe pancanadien formé de 43 experts et d\u2019usagers qui a développé ces lignes directrices publiées aujourd\u2019hui dans le Journal de l\u2019Association médicale canadienne (JAMC).Traitement aux agonistes opioïdes À la suite d\u2019une rigoureuse revue de littérature, ces experts ont conclu à l\u2019importance de privilégier un traitement aux ago- nistes opioïdes pour les personnes désirant sortir de leur dépendance aux opioïdes.Les agonistes opioïdes agissent sur les récepteurs opioïdes du cerveau auxquels se fixent normalement les endorphines, ces opioïdes produits par notre corps, mais aussi la morphine et l\u2019héroïne.Ils produisent des effets semblables à ceux des opioïdes consommés par les toxicomanes, mais sont exempts de leurs effets indésirables.Des recommandations nationales pour traiter la dépendance aux opioïdes S A R A H R .C H A M P A G N E D es chercheurs et ex-employés du Centre de recherche sur les grains (CEROM) dénoncent un climat de « contrôle », de pressions et d\u2019ingérence à propos de l\u2019épineuse question des pesticides néonicotinoïdes, a appris Le Devoir.En deux ans, la moitié des membres du personnel du centre, financé en majorité par Québec, ont d\u2019ailleurs démissionné.Cinq chercheurs sont au nombre des démissionnaires et une dizaine d\u2019employés.Au total, neuf personnes ont témoigné au Devoir de leur profond malaise avec certains membres du conseil d\u2019administration, qui n\u2019hésitent pas à faire connaître leurs positions pro- pesticides au point de s\u2019ingérer dans les travaux de recherche.Plusieurs ex-employés du CEROM ont tenté d\u2019alerter le ministère de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation du Québec (MA- PAQ) dès 2013.Refusant toute demande d\u2019entrevue, le MAPAQ s\u2019est dit «préoccupé par la situation » du point de vue de la gestion des res- AGRICULTURE Crise dans un centre de recherche financé par Québec ISTOCK VOIR PAGE A 8 : PESTICIDES VOIR PAGE A 8 : DIPLÔMES VOIR PAGE A 8 : SANTÉ LA 90E CÉRÉMONIE DES OSCAR JORDAN STRAUSS INVISION / ASSOCIATED PRESS Le ?lm La forme de l\u2019eau, du réalisateur mexicain Guillermo del Toro (photo), partait grand favori avec 13 nominations aux Oscar, dont celles de la meilleure mise en scène, de la meilleure réalisation et du meilleur ?lm.L\u2019animateur Jimmy Kimmel assurait l\u2019animation de cette cérémonie bien particulière, après plusieurs mois tumultueux dans le domaine du cinéma marqués par le scandale du producteur déchu Harvey Weinstein.Le compte rendu complet de la soirée sur les plateformes numériques du Devoir.Art public Québec veut moderniser la «Politique du 1%» Page A 3 Sur la route Retour sur les débuts du vélo à Montréal Page B 5 SOMMAIRE DU RAPPORT DES DÉPENSES ÉLECTORALES DES PARTIS POLITIQUES AUTORISÉS ET DES RAPPORTS DES CANDIDATS INDÉPENDANTS AUTORISÉS Avis public Élection générale du 5 novembre 2017 1 Montant maximum des dépenses électorales permis par la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.2 N/P : rapport non produit 3 Le candidat indépendant autorisé est son propre agent of?ciel COALITION MONTRÉAL AGENT OFFICIEL André Cordeau MAIRE DE MONTRÉAL Jean Fortier - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 10 670,41 $ Ahuntsic-Cartierville CONSEILLERS DE LA VILLE Sault-au-Récollet Giovanna Giancaspro - Montant maximum1 8 092,80 $ - Montant dépensé 3 677,82$ Ahuntsic Pierre Lachapelle - Montant maximum1 8 492,70 $ - Montant dépensé 2 753,11$ Bordeaux-Cartierville Shant Karabajak - Montant maximum1 8 385,90 $ - Montant dépensé 4 470,60 $ Côte-des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce MAIRE Zaki Ghavitian - Montant maximum1 50 117,94 $ - Montant dépensé 10 934,56 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Darlington Erik Hamon - Montant maximum1 7 312,80 $ - Montant dépensé 7 720,23 $ Côte-des-Neiges Raphaël Assor - Montant maximum1 7 089,60 $ - Montant dépensé 7 752,85 $ Snowdon Marvin Rotrand - Montant maximum1 7 874,70 $ - Montant dépensé 7 667,36 $ Notre-Dame-de-Grâce Caroline Orchard - Montant maximum1 8 486,10 $ - Montant dépensé 5 158,49 $ Loyola Keeton Clarke - Montant maximum1 8 415,00 $ - Montant dépensé 4 970,49 $ Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve CONSEILLERS DE LA VILLE Louis-Riel Joao Neves - Montant maximum1 8 568,60 $ - Montant dépensé 1 348,00 $ Outremont MAIRE Ronald Moroz - Montant maximum1 8 391,30 $ - Montant dépensé 3 021,89 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Jeanne-Sauvé Adrien Mitchell - Montant maximum1 3 028,20 $ - Montant dépensé 0,00 $ Plateau-Mont-Royal CONSEILLERS DE LA VILLE Jeanne-Mance Deborah Rankin - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 1 189,19 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Jeanne-Mance Terrence Regan - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 1 833,94 $ Sud-Ouest CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Henri\u2013Petite-Bourgogne\u2013 Pointe-Saint-Charles Taimur Tanoli - Montant maximum1 11 051,10 $ - Montant dépensé 499,34 $ Ville-Marie CONSEILLERS DE LA VILLE Peter-McGill K.John Symon - Montant maximum1 7 467,30 $ - Montant dépensé 0,00 $ Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension CONSEILLERS DE LA VILLE Parc-Extension Mohammad-Tanbir Yousuf - Montant maximum1 8 122,50 $ - Montant dépensé 3 652,54 $ PLATEAU SANS FRONTIÈRES AGENT OFFICIEL François Gauthier Plateau-Mont-Royal CONSEILLERS DE LA VILLE Mile-End Halil Sustam - Montant maximum1 8 304,00 $ - Montant dépensé 3 771,27 $ Jeanne-Mance Joash Whyte - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 3 715,42 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Jeanne-Mance Yvan Dias - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 3 715,42 $ PROJET MONTRÉAL - ÉQUIPE VALÉRIE PLANTE AGENTE OFFICIELLE Carole LeRoux MAIRE DE MONTRÉAL Valérie Plante - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 270 049,91 $ Ahuntsic-Cartierville MAIRE Émilie Thuillier - Montant maximum1 44 282,01 $ - Montant dépensé 24 727,80 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Sault-au-Récollet Jérôme Normand - Montant maximum1 8 092,80 $ - Montant dépensé 4 448,69 $ Saint-Sulpice Ramzi Sfeir - Montant maximum1 8 883,90 $ - Montant dépensé 4 783,53 $ Ahuntsic Nathalie Goulet - Montant maximum1 8 492,70 $ - Montant dépensé 4 918,04 $ Bordeaux-Cartierville Fadia Nassr - Montant maximum1 8 385,90 $ - Montant dépensé 6 280,21 $ Anjou MAIRE Rémy Tondreau - Montant maximum1 14 664,27 $ - Montant dépensé 6 315,87 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Robert Mailhot - Montant maximum1 10 763,10 $ - Montant dépensé 4 627,44 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Ouest Stephanie Cambria - Montant maximum1 4 816,50 $ - Montant dépensé 2 054,92 $ Est Sylvain Plourde - Montant maximum1 4 554,00 $ - Montant dépensé 1 950,08 $ Centre Julie De Martino - Montant maximum1 5 173,20 $ - Montant dépensé 2 230,20 $ Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce MAIRE Sue Montgomery - Montant maximum1 50 117,94 $ - Montant dépensé 38 126,32 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Darlington Graham Carpenter - Montant maximum1 7 312,80 $ - Montant dépensé 5 396,61 $ Côte-des-Neiges Magda Popeanu - Montant maximum1 7 089,60 $ - Montant dépensé 5 132,75 $ Snowdon Irina Maria Grecu - Montant maximum1 7 874,70 $ - Montant dépensé 5 427,46 $ Notre-Dame-de-Grâce Peter Mcqueen - Montant maximum1 8 486,10 $ - Montant dépensé 6 008,35 $ Loyola Christian Arseneault - Montant maximum1 8 415,00 $ - Montant dépensé 5 975,22 $ Lachine MAIRE Maja Vodanovic - Montant maximum1 16 079,01 $ - Montant dépensé 9 974,65 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Micheline Rouleau - Montant maximum1 11 595,30 $ - Montant dépensé 7 067,91 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Du Canal Julie-Pascale Provost - Montant maximum1 5 357,70 $ - Montant dépensé 3 246,24 $ J.-Émery-Provost Younes Boukala - Montant maximum1 5 019,00 $ - Montant dépensé 3 116,57 $ Fort-Rolland Michèle Flannery - Montant maximum1 4 998,60 $ - Montant dépensé 2 869,19 $ LaSalle MAIRE Kathy Landry - Montant maximum1 26 881,83 $ - Montant dépensé 11 516,46 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Sault-Saint-Louis Loren Dafniotis - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 3 982,48 $ Cécil-P.Newman Yasmina El Babarti Jimenez - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 3 963,16 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Sault-Saint-Louis Poste 1 Alex Lauzon - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 3 982,42 $ Poste 2 Roxanne Gendron - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 3 982,41 $ Cécil-P.Newman Poste 1 Anila Erindi - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 3 963,19 $ Poste 2 Romarick Okou - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 3 963,16 $ L\u2019Île-Bizard\u2013Sainte-Geneviève MAIRE Normand Marinacci - Montant maximum1 7 947,00 $ - Montant dépensé 4 685,00 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Pierre-Foretier Yves Sarault - Montant maximum1 3 138,60 $ - Montant dépensé 1 905,59 $ Denis-Benjamin-Viger Christian Larocque - Montant maximum1 3 022,80 $ - Montant dépensé 1 861,37 $ Jacques-Bizard Robert Samoszewski - Montant maximum1 2 892,90 $ - Montant dépensé 1 576,39 $ Sainte-Geneviève Geneviève Labrosse - Montant maximum1 2 672,70 $ - Montant dépensé 1 492,32 $ Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve MAIRE Pierre Lessard-Blais - Montant maximum1 50 043,48 $ - Montant dépensé 28 034,30 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Tétreaultville Suzie Miron - Montant maximum1 9 876,00 $ - Montant dépensé 5 449,89 $ Maisonneuve\u2013Longue-Pointe Laurence Lavigne-Lalonde - Montant maximum1 9 584,10 $ - Montant dépensé 5 190,65 $ Hochelaga Éric-Alan Caldwell - Montant maximum1 9 215,70 $ - Montant dépensé 5 048,98 $ Louis-Riel Isi Meza - Montant maximum1 8 568,60 $ - Montant dépensé 4 631,86 $ Montréal-Nord MAIRE Balarama Holness - Montant maximum1 26 947,62 $ - Montant dépensé 11 524,17 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Marie-Clarac Mathieu Léonard - Montant maximum1 10 384,20 $ - Montant dépensé 4 439,91 $ Ovide-Clermont Sacha-Wilky Merazil - Montant maximum1 9 494,40 $ - Montant dépensé 4 056,07 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Marie-Clarac Anastasia Marcelin - Montant maximum1 10 384,20 $ - Montant dépensé 4 439,97 $ Ovide-Clermont Stéphanie Casimir - Montant maximum1 9 494,40 $ - Montant dépensé 4 056,01 $ Outremont MAIRE Philipe Tomlison - Montant maximum1 8 391,30 $ - Montant dépensé 4 912,26 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Claude-Ryan Mindy Pollak - Montant maximum1 3 079,50 $ - Montant dépensé 1 815,81 $ Joseph-Beaubien Valérie Patreau - Montant maximum1 3 153,00 $ - Montant dépensé 1 843,64 $ Robert-Bourassa David Desbaillets - Montant maximum1 2 910,60 $ - Montant dépensé 1 540,92 $ Jeanne-Sauvé Fanny Magini - Montant maximum1 3 028,20 $ - Montant dépensé 1 796,08 $ Pierrefonds-Roxboro MAIRE Hélène Dupont - Montant maximum1 24 138,54 $ - Montant dépensé 10 433,42 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Bois-de-Liesse Andréanne Martin - Montant maximum1 9 499,80 $ - Montant dépensé 4 083,81 $ Cap-Saint-Jacques Ross Stitt - Montant maximum1 8 726,40 $ - Montant dépensé 3 737,25 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Bois-de-Liesse Alexis Audoin - Montant maximum1 9 499,80 $ - Montant dépensé 4 083,80 $ Cap-Saint-Jacques Peter Papadogiannis - Montant maximum1 8 726,40 $ - Montant dépensé 3 835,93 $ Plateau-Mont-Royal MAIRE Luc Ferrandez - Montant maximum1 33 004,38 $ - Montant dépensé 22 629,44 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Mile-End Richard Ryan - Montant maximum1 8 304,00 $ - Montant dépensé 5 406,04 $ DeLorimier Marianne Giguère - Montant maximum1 8 846,40 $ - Montant dépensé 5 621,83 $ Jeanne-Mance Alex Norris - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 5 357,10 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Mile-End Marie Plourde - Montant maximum1 8 304,00 $ - Montant dépensé 5 407,81 $ DeLorimier Jose?na Blanco - Montant maximum1 8 846,40 $ - Montant dépensé 5 619,81 $ Jeanne-Mance Maeva Vilain - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 5 320,92 $ Rivière-des-Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles MAIRE Pietro Mercuri - Montant maximum1 40 599,81 $ - Montant dépensé 17 549,74 $ CONSEILLERS DE LA VILLE La Pointe-aux-Prairies Daphney Colin - Montant maximum1 11 195,40 $ - Montant dépensé 4 812,03 $ Pointe-aux-Trembles Tomy-Richard Leboeuf-Mcgregor - Montant maximum1 9 185,10 $ - Montant dépensé 3 948,91 $ Rivière-des-Prairies Hector Perlera - Montant maximum1 9 418,80 $ - Montant dépensé 4 041,98 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT La Pointe-aux-Prairies Lisa Christensen - Montant maximum1 11 195,40 $ - Montant dépensé 4 812,13 $ Pointe-aux-Trembles Vladimir Gelin - Montant maximum1 9 185,10 $ - Montant dépensé 3 948,88 $ Rivière-des-Prairies Jean-Eddie Désiré - Montant maximum1 9 418,80 $ - Montant dépensé 4 758,91 $ Rosemont\u2013La Petite-Patrie MAIRE François-William Croteau - Montant maximum1 50 304,09 $ - Montant dépensé 31 285,72 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Édouard François Limoges - Montant maximum1 9 594,90 $ - Montant dépensé 5 960,40 $ Étienne-Desmarteaux Stéphanie Watt - Montant maximum1 8 882,10 $ - Montant dépensé 5 439,30 $ Vieux-Rosemont Christine Gosselin - Montant maximum1 10 053,00 $ - Montant dépensé 6 351,24 $ Marie-Victorin Jocelyn Pauzé - Montant maximum1 8 867,70 $ - Montant dépensé 5 290,29 $ Saint-Laurent MAIRE Nora Chénier-Jones - Montant maximum1 31 007,73 $ - Montant dépensé 13 358,53 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Côte-de-Liesse Salman Farah - Montant maximum1 11 811,30 $ - Montant dépensé 5 047,86 $ Normand-McLaren Julie Lamontagne - Montant maximum1 10 455,60 $ - Montant dépensé 4 482,08 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Côte-de-Liesse Julio Rivera - Montant maximum1 11 811,30 $ - Montant dépensé 5 047,70 $ Normand-McLaren Ra?k Hakim - Montant maximum1 10 455,60 $ - Montant dépensé 4 481,94 $ Saint-Léonard MAIRE Julie Caron - Montant maximum1 25 382,43 $ - Montant dépensé 10 912,69 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Léonard-Est Arij-Abrar El Korbi - Montant maximum1 8 397,60 $ - Montant dépensé 3 601,76 $ Saint-Léonard-Ouest Oualid Frej - Montant maximum1 10 560,30 $ - Montant dépensé 4 528,60 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Saint-Léonard-Est Giovanni Capuano - Montant maximum1 8 397,60 $ - Montant dépensé 3 601,68 $ Saint-Léonard-Ouest Anick Druelle - Montant maximum1 10 560,30 $ - Montant dépensé 4 528,57 $ Sud-Ouest MAIRE Benoit Dorais - Montant maximum1 27 965,07 $ - Montant dépensé 19 495,34 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Henri\u2013Petite-Bourgogne\u2013 Pointe-Saint-Charles Craig Sauvé - Montant maximum1 11 051,10 $ - Montant dépensé 7 758,94 $ Saint-Paul\u2013Émard-Saint-Henri-Ouest Anne-Marie Sigouin - Montant maximum1 9 426,00 $ - Montant dépensé 6 354,16 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Saint-Henri\u2013Petite-Bourgogne\u2013 Pointe-Saint-Charles Sophie Thiébaut - Montant maximum1 11 051,10 $ - Montant dépensé 7 758,96 $ Saint-Paul\u2013Émard-Saint-Henri-Ouest Alain Vaillancourt - Montant maximum1 9 426,00 $ - Montant dépensé 6 339,76 $ Verdun MAIRE Michèle Chappaz - Montant maximum1 24 839,79 $ - Montant dépensé 12 818,92 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Champlain\u2013L\u2019Île-des-Sœurs Nathalie Pedro - Montant maximum1 10 094,40 $ - Montant dépensé 5 206,82 $ Desmarchais-Crawford Sterling Downey - Montant maximum1 8 544,30 $ - Montant dépensé 4 340,35 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Champlain\u2013L\u2019Île-des-Sœurs Poste 1 Jean-Pierre Boivin - Montant maximum1 10 094,40 $ - Montant dépensé 5 206,97 $ Poste 2 Gabriel Bégin - Montant maximum1 10 094,40 $ - Montant dépensé 5 206,88 $ Desmarchais-Crawford Poste 1 Luc Gagnon - Montant maximum1 8 544,30 $ - Montant dépensé 4 340,48 $ Poste 2 Marie-Andrée Mauger - Montant maximum1 8 544,30 $ - Montant dépensé 4 340,00 $ Ville-Marie CONSEILLERS DE LA VILLE Peter-McGill Jabiz Shari?an - Montant maximum1 7 467,30 $ - Montant dépensé 3 287,68 $ Saint-Jacques Robert Beaudry - Montant maximum1 8 286,00 $ - Montant dépensé 3 656,92 $ Sainte-Marie Sophie Mauzerolle - Montant maximum1 7 405,50 $ - Montant dépensé 3 263,42 $ Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension MAIRE Giuliana Fumagalli - Montant maximum1 45 271,41 $ - Montant dépensé 24 172,66 $ CONSEILLERS DE LA VILLE St-Michel Rana Alrabi - Montant maximum1 8 446,80 $ - Montant dépensé 4 410,54 $ François-Perrault Sylvain Ouellet - Montant maximum1 8 662,50 $ - Montant dépensé 4 499,37 $ Villeray Rosannie Filato - Montant maximum1 9 205,50 $ - Montant dépensé 4 842,21 $ Parc-Extension Ra?k Bentabbel - Montant maximum1 8 122,50 $ - Montant dépensé 4 423,63 $ VRAI CHANGEMENT POUR MONTRÉAL AGENT OFFICIEL Frantzy Charles Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce CONSEILLERS DE LA VILLE Côte-des-Neiges Maureen Chin - Montant maximum1 7 089,60 $ - Montant dépensé 2 301,45 $ Lachine MAIRE Bernard Blanchet - Montant maximum1 16 079,01 $ - Montant dépensé 9 255,49 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Élizabeth Verge - Montant maximum1 11 595,30 $ - Montant dépensé 6 931,03 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Du Canal Marc Hétu - Montant maximum1 5 357,70 $ - Montant dépensé 5 327,14 $ J.-Émery-Provost Christian Lejeune - Montant maximum1 5 019,00 $ - Montant dépensé 4 967,13 $ Fort-Rolland Stéphanie Poitras - Montant maximum1 4 998,60 $ - Montant dépensé 3 508,98 $ L\u2019Île-Bizard\u2013Sainte-Geneviève MAIRE Stéphane Côté - Montant maximum1 7 947,00 $ - Montant dépensé 3 511,43 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Pierre-Foretier Frédérick Pageau - Montant maximum1 3 138,60 $ - Montant dépensé 1 691,74 $ Denis-Benjamin-Viger Stéphane Ritchot - Montant maximum1 3 022,80 $ - Montant dépensé 1 691,72 $ Jacques-Bizard Marie-Ève Dubé - Montant maximum1 2 892,90 $ - Montant dépensé 1 652,54 $ Sainte-Geneviève Sherry Shaban - Montant maximum1 2 672,70 $ - Montant dépensé 1 189,97 $ Pierrefonds-Roxboro MAIRE Justine Mcintyre - Montant maximum1 24 138,54 $ - Montant dépensé 9 157,33 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Bois-de-Liesse Éric Mccarty - Montant maximum1 9 499,80 $ - Montant dépensé 3 216,96 $ Cap-Saint-Jacques Manuela De Paoli - Montant maximum1 8 726,40 $ - Montant dépensé 2 148,23 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Bois-de-Liesse Roger Trottier - Montant maximum1 9 499,80 $ - Montant dépensé 3 136,46 $ Cap-Saint-Jacques Naghmeh Sha?ei - Montant maximum1 8 726,40 $ - Montant dépensé 2 048,21 $ Saint-Laurent CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Normand-McLaren Elias Bitar - Montant maximum1 10 455,60 $ - Montant dépensé 1 519,55 $ Ville-Marie CONSEILLERS DE LA VILLE Peter-McGill Steve Shanahan - Montant maximum1 7 467,30 $ - Montant dépensé 4 824,82 $ Saint-Jacques Daniel Gaudreau - Montant maximum1 8 286,00 $ - Montant dépensé 2 336,04 $ Sainte-Marie Arthur-Adam Urbanowicz - Montant maximum1 7 405,50 $ - Montant dépensé 694,71 $ ÉQUIPE ANJOU AGENT OFFICIEL Michel Foisy Anjou MAIRE Luis Miranda - Montant maximum1 14 664,27 $ - Montant dépensé 13 344,51 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Andrée Hénault - Montant maximum1 10 763,10 $ - Montant dépensé 9 794,44 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Ouest Lynne Shand - Montant maximum1 4 816,50 $ - Montant dépensé 4 383,01 $ Est Richard Leblanc - Montant maximum1 4 554,00 $ - Montant dépensé 4 144,18 $ Centre Kristine Marsolais - Montant maximum1 5 173,20 $ - Montant dépensé 4 707,62 $ ÉQUIPE BARBE TEAM AGENT OFFICIEL Jean-François Strouvens LaSalle MAIRE Manon Barbe - Montant maximum1 26 881,83 $ - Montant dépensé 24 658,18 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Sault-Saint-Louis Richard Deschamps - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 9 322,00 $ Cécil-P.Newman Lise Zarac - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 9 234,08 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Sault-Saint-Louis Poste 1 Laura Palestini - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 9 347,05 $ Poste 2 Nancy Blanchet - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 9 232,04 $ Cécil-P.Newman Poste 1 Serge Declos - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 9 414,13 $ Poste 2 Josée Troilo - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 9 414,07 $ ÉQUIPE DAUPHIN LACHINE AGENT OFFICIEL Robert Desforges Lachine MAIRE Claude Dauphin - Montant maximum1 16 079,01 $ - Montant dépensé 13 225,44 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Julie Ramsay - Montant maximum1 11 595,30 $ - Montant dépensé 9 537,47 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Du Canal Johanne Haines - Montant maximum1 5 357,70 $ - Montant dépensé 4 406,84 $ J.-Émery-Provost Daniel Racicot - Montant maximum1 5 019,00 $ - Montant dépensé 4 128,30 $ Fort-Rolland Dominic Rossi - Montant maximum1 4 998,60 $ - Montant dépensé 4 111,52 $ ÉQUIPE DENIS CODERRE POUR MONTRÉAL AGENT OFFICIEL Robert Richard MAIRE DE MONTRÉAL Denis Coderre - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 420 112,87 $ Ahuntsic-Cartierville MAIRE Harout Chitilian - Montant maximum1 44 282,01 $ - Montant dépensé 42 379,19 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Sault-au-Récollet Lorraine Pagé - Montant maximum1 8 092,80 $ - Montant dépensé 7 185,65 $ Saint-Sulpice Hadrien Parizeau - Montant maximum1 8 883,90 $ - Montant dépensé 7 956,28 $ Ahuntsic Raphaël Melançon - Montant maximum1 8 492,70 $ - Montant dépensé 7 266,04 $ Bordeaux-Cartierville Ef?e Giannou - Montant maximum1 8 385,90 $ - Montant dépensé 7 303,14 $ Anjou MAIRE Angela Mancini - Montant maximum1 14 664,27 $ - Montant dépensé 13 576,82 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Michèle Gagné - Montant maximum1 10 763,10 $ - Montant dépensé 9 981,92 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Ouest René Gauthier - Montant maximum1 4 816,50 $ - Montant dépensé 4 306,14 $ Est Mario Robert - Montant maximum1 4 554,00 $ - Montant dépensé 4 034,10 $ Centre Michelle Di Genova Zammit - Montant maximum1 5 173,20 $ - Montant dépensé 4 620,02 $ Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce MAIRE Russell Copeman - Montant maximum1 50 117,94 $ - Montant dépensé 45 677,04 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Darlington Lionel Perez - Montant maximum1 7 312,80 $ - Montant dépensé 6 166,73 $ Côte-des-Neiges Tiffany Callender - Montant maximum1 7 089,60 $ - Montant dépensé 5 825,87 $ Snowdon Salvador B.Cabugao - Montant maximum1 7 874,70 $ - Montant dépensé 6 125,15 $ Notre-Dame-de-Grâce Elaine Ethier - Montant maximum1 8 486,10 $ - Montant dépensé 6 826,16 $ Loyola Gabriel Retta - Montant maximum1 8 415,00 $ - Montant dépensé 6 949,49 $ Lachine MAIRE Catherine Ménard - Montant maximum1 16 079,01 $ - Montant dépensé 14 092,94 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Jean-François Cloutier - Montant maximum1 11 595,30 $ - Montant dépensé 10 196,74 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Du Canal Anne-Marie Lelièvre - Montant maximum1 5 357,70 $ - Montant dépensé 4 337,62 $ J.-Émery-Provost Mehdi Lama - Montant maximum1 5 019,00 $ - Montant dépensé 3 998,09 $ Fort-Rolland Kymberley Simonyik - Montant maximum1 4 998,60 $ - Montant dépensé 3 954,40 $ LaSalle MAIRE Monique Vallée - Montant maximum1 26 881,83 $ - Montant dépensé 22 497,68 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Sault-Saint-Louis Ben Lumière Moussienza - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 7 683,57 $ Cécil-P.Newman Pino Asaro - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 7 749,37 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Sault-Saint-Louis Poste 1 Josée Aumont-Blanchette - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 7 683,57 $ Poste 2 Balkis Imam - Montant maximum1 9 945,30 $ - Montant dépensé 7 683,43 $ Cécil-P.Newman Poste 1 Devinderpal Singh - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 7 697,64 $ Poste 2 Steven Laperrière - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 7 697,60 $ L\u2019Île-Bizard\u2013Sainte-Geneviève MAIRE Eric Dugas - Montant maximum1 7 947,00 $ - Montant dépensé 7 895,09 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Pierre-Foretier Diane Gibb - Montant maximum1 3 138,60 $ - Montant dépensé 2 856,38 $ Denis-Benjamin-Viger Alain Wilson - Montant maximum1 3 022,80 $ - Montant dépensé 2 685,65 $ Jacques-Bizard Richard Bélanger Montant maximum1 2 892,90 $ - Montant dépensé 2 583,01 $ Sainte-Geneviève Suzanne Marceau - Montant maximum1 2 672,70 $ - Montant dépensé 2 382,79 $ Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve MAIRE Réal Ménard - Montant maximum1 50 043,48 $ - Montant dépensé 45 758,26 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Tétreaultville Richard Celzi - Montant maximum1 9 876,00 $ - Montant dépensé 7 647,43 $ Maisonneuve\u2013Longue-Pointe Simon-Robert Chartrand - Montant maximum1 9 584,10 $ - Montant dépensé 7 693,81 $ Hochelaga Jean-François Beaupré - Montant maximum1 9 215,70 $ - Montant dépensé 7 143,40 $ Louis-Riel Karive Boivin-Roy - Montant maximum1 8 568,60 $ - Montant dépensé 6 751,35 $ Montréal-Nord MAIRE Christine Black - Montant maximum1 26 947,62 $ - Montant dépensé 24 009,83 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Marie-Clarac Abdelhaq Sari - Montant maximum1 10 384,20 $ - Montant dépensé 8 900,21 $ Ovide-Clermont Chantal Rossi - Montant maximum1 9 494,40 $ - Montant dépensé 8 135,67 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Marie-Clarac Jean-Marc Poirier - Montant maximum1 10 384,20 $ - Montant dépensé 8 917,43 $ Ovide-Clermont Renée-Chantal Belinga - Montant maximum1 9 494,40 $ - Montant dépensé 8 093,06 $ Outremont MAIRE Marie Potvin - Montant maximum1 8 391,30 $ - Montant dépensé 8 199,92 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Claude-Ryan Jeremy Murray - Montant maximum1 3 079,50 $ - Montant dépensé 2 801,68 $ Joseph-Beaubien William Habib - Montant maximum1 3 153,00 $ - Montant dépensé 2 892,52 $ Robert-Bourassa Jean-Marc Corbeil - Montant maximum1 2 910,60 $ - Montant dépensé 2 652,28 $ Jeanne-Sauvé Christine Gélinas-Élie - Montant maximum1 3 028,20 $ - Montant dépensé 2 825,77 $ Pierrefonds-Roxboro MAIRE Dimitrios (Jim) Beis - Montant maximum1 24 138,54 $ - Montant dépensé 23 370,01 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Bois-de-Liesse Benoit Langevin - Montant maximum1 9 499,80 $ - Montant dépensé 8 657,83 $ Cap-Saint-Jacques Catherine Clément-Talbot - Montant maximum1 8 726,40 $ - Montant dépensé 8 041,24 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Bois-de-Liesse Louise Leroux - Montant maximum1 9 499,80 $ - Montant dépensé 8 744,55 $ Cap-Saint-Jacques Yves Gignac - Montant maximum1 8 726,40 $ - Montant dépensé 7 995,26 $ Plateau-Mont-Royal MAIRE Zach Macklovitch - Montant maximum1 33 004,38 $ - Montant dépensé 30 646,06 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Mile-End Iris Almeida-Côté - Montant maximum1 8 304,00 $ - Montant dépensé 7 676,41 $ DeLorimier Linda Gauthier - Montant maximum1 8 846,40 $ - Montant dépensé 7 315,04 $ Jeanne-Mance Marc-Antoine Desjardins - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 6 860,91 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Mile-End Jean-David Prophète - Montant maximum1 8 304,00 $ - Montant dépensé 7 227,38 $ DeLorimier Jean-Pierre Szaraz - Montant maximum1 8 846,40 $ - Montant dépensé 7 462,74 $ Jeanne-Mance Daniel Loureiro - Montant maximum1 8 181,00 $ - Montant dépensé 7 243,34 $ Rivière-des-Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles MAIRE Chantal Rouleau - Montant maximum1 40 599,81 $ - Montant dépensé 36 800,97 $ CONSEILLERS DE LA VILLE La Pointe-aux-Prairies Richard Guay - Montant maximum1 11 195,40 $ - Montant dépensé 8 730,90 $ Pointe-aux-Trembles Suzanne Décarie - Montant maximum1 9 185,10 $ - Montant dépensé 6 992,28 $ Rivière-des-Prairies Giovanni Rapanà - Montant maximum1 9 418,80 $ - Montant dépensé 7 224,72 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT La Pointe-aux-Prairies Manuel Guedes - Montant maximum1 11 195,40 $ - Montant dépensé 8 698,60 $ Pointe-aux-Trembles Gilles Déziel - Montant maximum1 9 185,10 $ - Montant dépensé 6 992,27 $ Rivière-des-Prairies Nathalie Pierre-Antoine - Montant maximum1 9 418,80 $ - Montant dépensé 7 318,74 $ Rosemont\u2013La Petite-Patrie MAIRE Marc-André Gadoury - Montant maximum1 50 304,09 $ - Montant dépensé 42 121,92 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Édouard Jack Y.Hallak - Montant maximum1 9 594,90 $ - Montant dépensé 6 791,78 $ Étienne-Desmarteaux Scott Mckay - Montant maximum1 8 882,10 $ - Montant dépensé 6 194,39 $ Vieux-Rosemont Mariam Laagad - Montant maximum1 10 053,00 $ - Montant dépensé 7 030,61 $ Marie-Victorin Nathalie Fortin - Montant maximum1 8 867,70 $ - Montant dépensé 6 212,04 $ Saint-Laurent MAIRE Alan Desousa - Montant maximum1 31 007,73 $ - Montant dépensé 28 923,84 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Côte-de-Liesse Francesco Miele - Montant maximum1 11 811,30 $ - Montant dépensé 10 223,09 $ Normand-McLaren Aref Salem - Montant maximum1 10 455,60 $ - Montant dépensé 8 944,89 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Côte-de-Liesse Jacques Cohen - Montant maximum1 11 811,30 $ - Montant dépensé 10 388,87 $ Normand-McLaren Michèle D.Biron - Montant maximum1 10 455,60 $ - Montant dépensé 8 986,01 $ Saint-Léonard MAIRE Michel Bissonnet - Montant maximum1 25 382,43 $ - Montant dépensé 21 405,11 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Léonard-Est Patricia R.Lattanzio - Montant maximum1 8 397,60 $ - Montant dépensé 7 337,03 $ Saint-Léonard-Ouest Dominc Perri - Montant maximum1 10 560,30 $ - Montant dépensé 8 125,77 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Saint-Léonard-Est Lili-Anne Tremblay - Montant maximum1 8 397,60 $ - Montant dépensé 6 667,56 $ Saint-Léonard-Ouest Mario Battista - Montant maximum1 10 560,30 $ - Montant dépensé 8 143,01 $ Sud-Ouest MAIRE Denise Mérineau - Montant maximum1 27 965,07 $ - Montant dépensé 26 425,84 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Henri\u2013Petite-Bourgogne\u2013 Pointe-Saint-Charles Daniel Boyle - Montant maximum1 11 051,10 $ - Montant dépensé 9 524,44 $ Saint-Paul\u2013Émard-Saint-Henri-Ouest Marc-Antoine Audette - Montant maximum1 9 426,00 $ - Montant dépensé 8 531,33 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Saint-Henri\u2013Petite-Bourgogne\u2013 Pointe-Saint-Charles Nicole Picher - Montant maximum1 11 051,10 $ - Montant dépensé 9 524,58 $ Saint-Paul\u2013Émard-Saint-Henri-Ouest Claudia-Olga Ouamabia - Montant maximum1 9 426,00 $ - Montant dépensé 8 456,82 $ Verdun MAIRE Jean-François Parenteau - Montant maximum1 24 839,79 $ - Montant dépensé 22 273,59 $ CONSEILLERS DE LA VILLE Champlain\u2013L\u2019Île-des-Sœurs Marie-Josée Parent - Montant maximum1 10 094,40 $ - Montant dépensé 8 396,60 $ Desmarchais-Crawford Marie-Ève Brunet - Montant maximum1 8 544,30 $ - Montant dépensé 7 022,89 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Champlain\u2013L\u2019Île-des-Sœurs Poste 1 Pierre L\u2019Heureux - Montant maximum1 10 094,40 $ - Montant dépensé 8 369,03 $ Poste 2 Véronique Tremblay - Montant maximum1 10 094,40 $ - Montant dépensé 8 223,25 $ Desmarchais-Crawford Poste 1 Ann Guy - Montant maximum1 8 544,30 $ - Montant dépensé 7 022,87 $ Poste 2 Tracey Arial - Montant maximum1 8 544,30 $ - Montant dépensé 7 221,21 $ Ville-Marie CONSEILLERS DE LA VILLE Peter-McGill Cathy Wong - Montant maximum1 7 467,30 $ - Montant dépensé 6 963,12 $ Saint-Jacques Richard Bergeron - Montant maximum1 8 286,00 $ - Montant dépensé 7 269,00 $ Sainte-Marie Pierre Mainville - Montant maximum1 7 405,50 $ - Montant dépensé 6 697,05 $ Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension MAIRE Anie Samson - Montant maximum1 45 271,41 $ - Montant dépensé 41 783,49 $ CONSEILLERS DE LA VILLE St-Michel Frantz Benjamin - Montant maximum1 8 446,80 $ - Montant dépensé 6 634,86 $ François-Perrault Erika Duchesne - Montant maximum1 8 662,50 $ - Montant dépensé 6 749,09 $ Villeray Elsie Lefebvre - Montant maximum1 9 205,50 $ - Montant dépensé 9 026,69 $ Parc-Extension Mary Deros - Montant maximum1 8 122,50 $ - Montant dépensé 6 025,39 $ CANDIDATS INDÉPENDANTS3 MAIRE DE MONTRÉAL Bernard Gurberg - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 0,00 $ Fabrice Ntompa Ilunga - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 1 439,77 $ Tyler Lemco - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 665,30 $ Philippe Tessier Agent of?ciel Beverly Bernardo - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 299,24 $ Gilbert Thibodeau Agent of?ciel Antonio Rodrigues - Montant maximum1 446 900,24 $ - Montant dépensé 856,62 $ Anjou CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Ouest Gilles Beaudry - Montant maximum1 4 816,50 $ - Montant dépensé 838,09 $ Est Nadia Ghalem - Montant maximum1 4 554,00 $ - Montant dépensé 524,29 $ Côte-des-Neiges\u2013 Notre-Dame-de-Grâce CONSEILLERS DE LA VILLE Loyola Angeluz Valery Santillan Aguirre - Montant maximum1 8 415,00 $ - Montant dépensé 1 941,29 $ Gianpaolo (Paolo) Trani Agent of?ciel Jason Vietri - Montant maximum1 8 415,00 $ - Montant dépensé 2 345,49 $ Jeremy Searle - Montant maximum1 8 415,00 $ - Montant dépensé 985,68 $ LaSalle CONSEILLERS DE LA VILLE Cécil-P.Newman Carolina Caruso - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 6 606,69 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Cécil-P.Newman Poste 2 Mody Maka Barry - Montant maximum1 9 894,60 $ - Montant dépensé 2 476,52 $ L\u2019Île-Bizard\u2013Sainte-Geneviève CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Pierre-Foretier Ghassan Baroudi - Montant maximum1 3 138,60 $ - Montant dépensé 1 288,88 $ Montréal-Nord CONSEILLERS DE LA VILLE Marie-Clarac Marie-Carmel Michel - Montant maximum1 10 384,20 $ - Montant dépensé 1 355,77 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Marie-Clarac Henri-Paul Bernier - Montant maximum1 10 384,20 $ - Montant dépensé 0,00 $ Elaine Bissonnette Agente of?cielle Annie Dalbec - Montant maximum1 10 384,20 $ - Montant dépensé 1 245,21 $ Outremont MAIRE Alexandre Lussier AGENTE OFFICIELLE Sandrine Caméra - Montant maximum1 8 391,30 $ - Montant dépensé 7 967,37 $ CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Claude-Ryan Chantal Raymond Agente of?cielle Anne-Marie Guertin - Montant maximum1 3 079,50 $ - Montant dépensé 2 803,59 $ Joseph-Beaubien Céline Forget Agente of?cielle Luci Dinelle - Montant maximum1 3 153,00 $ - Montant dépensé 3 076,15 $ Robert-Bourassa Frédéric Lecoq Agent of?ciel Marc Poulin - Montant maximum1 2 910,60 $ - Montant dépensé 1 162,48 $ Jeanne-Sauvé Jacqueline Gremaud Agente of?cielle Catherine Collorec - Montant maximum1 3 028,20 $ - Montant dépensé 3 026,31 $ Pierrefonds-Roxboro CONSEILLERS DE LA VILLE Cap-Saint-Jacques Michael Labelle Agent of?ciel Gaston Houle - Montant maximum1 8 726,40 $ - Montant dépensé 8 329,29 $ Rivière-des-Prairies\u2013Pointe-aux-Trembles CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT La Pointe-aux-Prairies Alain Lanoue - Montant maximum1 11 195,40 $ - Montant dépensé 0,00 $ Saint-Laurent CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Côte-de-Liesse Mario Bonenfant Agente of?cielle Romane Bonenfant - Montant maximum1 11 811,30 $ - Montant dépensé 389,55 $ Normand-McLaren Jamil Ahmad Gondal - Montant maximum1 10 455,60 $ - Montant dépensé 155,00 $ Saint-Léonard MAIRE Tommaso Di Paola - Montant maximum1 25 382,43 $ - Montant dépensé N/P CONSEILLERS D\u2019ARRONDISSEMENT Saint-Léonard-Ouest Nickenson Aldonzar - Montant maximum1 10 560,30 $ - Montant dépensé 1 325,15 $ Sud-Ouest CONSEILLERS DE LA VILLE Saint-Henri\u2013Petite-Bourgogne\u2013 Pointe-Saint-Charles Thomas Tsukalas - Montant maximum1 11 051,10 $ - Montant dépensé 143,13 $ Ville-Marie CONSEILLERS DE LA VILLE Peter-McGill Liyousa Kilani - Montant maximum1 7 467,30 $ - Montant dépensé 288,20 $ Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension CONSEILLERS DE LA VILLE Villeray Charles Sounan - Montant maximum1 9 205,50 $ - Montant dépensé 0,00 $ L E D E V O I R , L E L U N D I 5 M A R S 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 F ugue à treize ans, prostitution à quinze.Fille-mère à dix-sept.La toile de fond de cette histoire est faite de violences, d\u2019agressions sexuelles, de tentatives de suicide, de dépressions, d\u2019un constant sentiment d\u2019humiliation.Vous voyez le portrait.Un cas parfait d\u2019aliénation : privée de la capacité de contrôler sa vie, Cheyenne Sharma, qui a aujourd\u2019hui 23 ans, est en bonne partie privée aussi de la conscience de cette privation.Sa vie s\u2019of fre à nous telle une vaste leçon des ténèbres.Mais peut-on apprendre quelque chose d\u2019une leçon pareille ?Dans sa glissade, Cheyenne Sharma s\u2019est retrouvée à jouer les taxis pour un commerce de drogue.Elle croyait que l\u2019argent ainsi gagné l\u2019aiderait à échapper à un avis d\u2019expulsion de son logement.Cheyenne est amérindienne.Sa grand-mère, enceinte aussi très jeune, prostituée comme elle, s\u2019était livrée au trafic d\u2019alcool, après avoir connu le régime des pensionnats.Son père, lui, fut déporté à Trinidad pour une affaire de meurtre.Il y resta douze ans, au pénitencier.Me viennent à l\u2019esprit des vers de Gaston Miron : « Déchéance est ma parabole depuis des suites de pères.» Cette vie, étalée dans un procès, pourrait constituer une page d\u2019un roman de Zola, du moins si on pouvait arriver à croire, comme le pensait l\u2019écrivain, que la misère est liée à une forme d\u2019atavisme.Mais on sait bien que la spirale noire de pareils destins n\u2019est pas une fatalité et qu\u2019elle se nourrit parce que son terreau ne change pas.Alors que les autochtones comptent pour moins de 5 % de la population, ils représentent le quart de la population carcérale au Canada.En Ontario, le juge Casey Hill a conclu que les vingt-quatre mois d\u2019emprisonnement requis pour trafic de drogue contre Cheyenne Sharma ne risquaient guère d\u2019améliorer sa condition, mais plutôt d\u2019ajouter une couche de malheur supplémentaire à une vie qui en est déjà gorgée jusqu\u2019au trop-plein.Le juge ne l\u2019a donc condamnée qu\u2019à\u2026 dix-sept mois de prison.Ce qui change tout, comme de raison.Le 14 février, dans un de ses messages théâtraux qui sonnent faux, le premier ministre Trudeau avait, encore une fois, promis des solutions à la situation des Premières Nations, en particulier en ce qui concerne le système de justice.C\u2019était à la suite de la mort par balle d\u2019un jeune autochtone tué par un fermier de l\u2019Ouest, lequel venait d\u2019être acquitté après un procès discutable.Mais rien de vraiment concret, encore une fois, pour changer ce système, disaient les critiques.Je vais vite, faute d\u2019espace, pour en arriver à ce budget de l\u2019État fédéral du 27 février : 5 milliards de dollars pour les Premières Nations, dont 1,4 milliard pour l\u2019éducation des enfants.Du jamais vu.Il faut aimer se gargariser de clichés pour penser que cette portion de la population est soudain gâtée.En vérité, le gouvernement ne va pas plus loin que là où il est forcé d\u2019aller.Le Tribunal des droits de la personne a en effet souligné par exemple, preuves à l\u2019appui, l\u2019iniquité de traitement subie par 165 000 enfants autochtones au pays.Loin de se presser pour corriger la situation, Ottawa a dû être rappelé à l\u2019ordre par cinq avis du Tribunal.Le Canada est passé petit à petit d\u2019une politique coloniale qui prônait l\u2019angloconformité comme une nécessité ?ce dont a aussi beaucoup pâti le Canada français ?à la fiction d\u2019un pluralisme culturel commandé par une nouvelle culture politique fondée sur les droits de la personne et le multiculturalisme.« Il n\u2019y a pas d\u2019identité de base, pas de courant dominant au Canada », déclarait Justin Trudeau au New York Times en 2015.Ce qui fait de son pays, ajoutait-il sans rire, « le premier État post-natio- nal ».Voici la zone internationale d\u2019un aéroport envisagée comme un idéal, avec au milieu un musée ethnologique pour faire bonne figure.La politique de « reconnaissance » à l\u2019égard des Premières Nations va exactement dans le sens de cette illusion d\u2019un pouvoir qui feint de ne pas en être un.Les autochtones ser vent de miroir aux alouettes pour ceux-là qui, comme Justin Trudeau, aiment s\u2019admirer pour se sentir exister.Car dans cette nouvelle fiction du pouvoir à laquelle préside M.Trudeau, les Premières Nations sont d\u2019abord invitées à incarner une identité prénationale qui aide à définir et à fonder la légitimité de cet État.La nouvelle représentation sociale des autochtones dans l\u2019État canadien constitue une façon commode de normaliser les dépossessions d\u2019hier.En plongeant les Premières Nations dans le grand bain de la reconnaissance symbolique, le Canada continue de flotter sur ses vieilles eaux usées, mais en plaidant qu\u2019il les adoucit désormais par un alambic politique qui distille en fait les produits nécessaires à sa perpétuation.Et il se perpétue, se flattant désormais de sa bonne conscience lavée à la grande eau du présent.Les fondements de ce régime de pouvoir n\u2019en restent pas moins inégalitaires.Ce mécanisme de normalisation du pouvoir, placé sous le grand chapiteau de la « réconciliation», s\u2019appuie sur un discours plus attentif que jamais à la reconnaissance de la souffrance.Il réduit de la sor te les victimes au silence, puisqu\u2019il maintient leurs vexations dans l\u2019ordre du symbolique plutôt que dans l\u2019idée que le pouvoir est constitué de rapports de force.Hier comme aujourd\u2019hui, ce pouvoir veille d\u2019abord et surtout à se perpétuer sans avoir à lutter.Et il lui suffit à cette fin de tout acheter.Tout acheter JEAN-FRANÇOIS NADEAU G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É P lus de 20 ans après la dernière révision du décret qui encadre l\u2019application de la «Politique du 1 %» en matière d\u2019art public, le gouvernement du Québec entend moderniser celui-ci, a appris Le Devoir.Le ministère de la Culture confirme travailler à un projet de révision du décret qui encadre la Politique d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture et à l\u2019environnement des bâtiments et des sites gouvernementaux et publics.« Cette révision ne vise en aucun cas à limiter le champ d\u2019application de la politique », soutient la porte-parole du ministère, Annie LeGruiec.Une évaluation de la Politique a récemment été menée, et Québec en a dégagé trois constats : il faut « alléger et simplifier les processus administratifs», « réviser les seuils et les modes de calcul », et désigner un répondant officiel dans chacun des ministères.Québec a déjà eu à ce sujet des rencontres avec le Regroupement des artistes en arts visuels du Québec (RAAV), qui se dit encouragé par l\u2019évolution du dossier.«Le ministère de la Culture s\u2019est montré très ouvert à entendre nos suggestions et à les prendre en considération en vue de la mise à jour du décret au printemps 2018», écrivait récemment le RAAV à ses membres.« Il y a une réelle intention d\u2019aller de l\u2019avant », confirme en entretien le directeur général du regroupement, Bernard Guérin.Celui-ci plaide qu\u2019il faut « améliorer, revisiter et rafraîchir » un décret dont la dernière révision date de 1996.Le RAAV souhaite ainsi un élargissement de l\u2019application de la Politique.Changement à la Ville de Québec Les démarches en cours sur viennent quelques mois après une modification importante au fonctionnement de la Politique du 1 %.En juillet dernier, la Ville de Québec et le ministère ont en ef fet conclu une entente déléguant à la Ville l\u2019application de la Politique.Ce processus découle de l\u2019adoption, en décembre 2016, de la Loi accordant le statut de capitale nationale à la Ville de Québec.La même disposition est d\u2019ailleurs prévue dans la Loi augmentant l\u2019autonomie et les pouvoirs de la Ville de Montréal, adoptée en septembre 2017.À Montréal, l\u2019entente de délégation n\u2019est toutefois pas encore signée.« Les discussions se poursuivent avec le ministère », indique Geneviève Jutras, attachée de presse au cabinet de la mairesse Valérie Plante.Une première rencontre a eu lieu le 6 février, et d\u2019autres rencontres de travail doivent se tenir ce printemps.Montréal espère une entente cet été.«C\u2019était une demande des villes de pouvoir à terme gérer cette politique », indique Bruno Boisvert, directeur de la planification et de la coordination (de qui relève le service d\u2019intégration des arts à l\u2019architecture) au ministère de la Culture.« Dans la perspective du gouvernement, il y avait l\u2019intention forte de donner plus de pouvoirs aux villes, notamment en matière d\u2019aménagement du territoire.» Québec et Montréal sont les deux seules villes qui peuvent demander une délégation: la loi qui reconnaît les municipalités comme des gouvernements de proximité (ancien projet de loi 122) ne prévoit rien en ce sens, confirme le ministère.Inquiétudes La délégation de l\u2019application de la Politique à la Ville de Québec a soulevé plusieurs inquiétudes au sein de la communauté artistique québécoise.Dans une lettre envoyée début janvier à la ministre Marie Montpetit, le sculpteur Pierre Bourgault se demandait notamment «quelles sont les motivations réelles qui conduisent à mettre en berne un programme qui fonctionne avec compétence pour en confier l\u2019exercice à des escogriffes».Plusieurs artistes ont écrit à M.Bourgault dans la foulée de la diffusion de sa lettre pour en appuyer le sens.Les craintes exprimées étaient multiples : «régionalisation des décisions», création d\u2019un «système d\u2019art public à deux vitesses (les grandes villes et les régions)», «vent de protectionnisme» autour de la ville de Québec, etc.Or, ces appréhensions seraient largement non fondées, estime le ministère.Et si le RAAV avait lui aussi des craintes, elles ont aujourd\u2019hui disparu.« C\u2019est sûr qu\u2019au début, on voyait ça plus ou moins d\u2019un bon œil, indique Bernard Guérin.Mais on ne connaissait pas les modalités de la délégation de pouvoir.» M.Guérin note que l\u2019entente de délégation prévoit essentiellement les « mêmes paramètres, dispositions et encadrement » que ce qui existe actuellement.Les dif férences par rapport au décret de 1996 sont mineures, dit-il.«On va suivre ça de près», ajoute-t-il.Au ministère, Bruno Boisvert confirme que la Ville doit par exemple se référer au fichier des artistes, qu\u2019elle procède par concours et qu\u2019elle doit « respecter en tout point » les paramètres du décret sur la provenance des artistes.La Ville fait pour sa part valoir que le rapatriement de la gestion de la Politique permettra de mieux «publiciser les concours et projets» mis en avant.Elle souhaite que la nouvelle façon de faire « suscite davantage l\u2019intérêt d\u2019artistes » et favorise «une pluralité de propositions».Depuis l\u2019adoption de la Politique du 1 % en 1961, quelque 3800 œuvres ont été réalisées dans des lieux publics du Québec, un corpus évalué à plus de 125 millions par Québec.C\u2019est la seule mesure gouvernementale en Amérique du Nord qui a pour objet l\u2019intégration des arts dans les bâtiments et les lieux publics.La Politique oblige l\u2019intégration d\u2019une œuvre d\u2019ar t dans les constructions ou rénovations d\u2019édifices du gouvernement (ministères et organismes), de même que pour les projets financés par l\u2019État et dont le site est ouvert au public.En théorie, le propriétaire du lieu doit consacrer 1 % du budget global au projet artistique.Mais dans les faits, le calcul est différent selon l\u2019ampleur des projets.Le décret prévoit notamment la manière de constituer les comités de sélection des artistes ; il oblige à ce que les artistes choisis fassent partie d\u2019un fichier unique (qui compte actuellement près de 900 artistes professionnels) ; il détermine finalement si les artistes doivent être choisis dans la région administrative du projet (les plus petits d\u2019entre eux) ou si le concours doit être ouvert à l\u2019ensemble des artistes du fichier (les plus gros projets).Le Devoir ART PUBLIC Québec veut moderniser la «Politique du 1 %» Le décret qui l\u2019encadre n\u2019a pas été revu depuis 1996 M A R C O F O R T I E R D es membres du Bloc québécois souhaitent pousser Martine Ouellet vers la sortie en devançant le vote de confiance prévu en 2019.Cette stratégie risque plutôt de profiter à la chef controversée, qui contrôle la machine du parti, estiment des sources au Bloc.Des membres du Bloc proches des sept députés ayant claqué la porte du caucus travaillent en coulisses pour rallier des associations de circonscription à l\u2019idée de destituer la chef.Des sources indiquent au Devoir que ce mouvement est embryonnaire.L\u2019idée de montrer la porte à Martine Ouellet laisse toutefois des membres sceptiques.La chef et sa garde rapprochée ont démontré au conseil national du Bloc, tenu à la mi-février, qu\u2019ils contrôlent les instances du parti, indique-t-on.Le président et ex-chef de la formation politique, Mario Beaulieu, proche de Mme Ouellet, a commencé dès l\u2019année 2014 à placer ses partisans au sein de la machine bloquiste.Il semble acquis que la chef a l\u2019appui de la majorité des présidents de circonscription, estime une source proche des députés dissidents.Ces élus démissionnaires misent sur une disposition des statuts et règlements du Bloc québécois prévoyant que le Bureau national du parti doit convoquer un conseil général extraordinaire au plus tard 21 jours après avoir reçu des «résolutions provenant d\u2019au moins 25 conseils exécutifs des organisations de circonscription».Le groupe des sept devrait ainsi compter sur l\u2019appui d\u2019environ le tiers des 78 associations de circonscription pour espérer devancer le vote de confiance.Martine Ouellet a déclaré sur une série de tribunes, dimanche, qu\u2019elle compte rester en poste malgré la fronde qui lui a fait perdre sept des dix députés bloquistes.Elle s\u2019oppose aussi à l\u2019idée de devancer le vote de confiance des militants, prévu au congrès de 2019.Samedi, le Bureau national du parti a renouvelé sa confiance envers la chef, conformément aux règles et statuts du Bloc.Kédina Fleury-Samson, membre du Bureau national, a indiqué dimanche sur Facebook qu\u2019une consultation de tous les présidents de circonscription est en marche afin de prendre le pouls et de recueillir leurs propositions.Un peu moins de la moitié des présidents se sont exprimés, selon elle.« Plusieurs exécutifs se rencontrent aussi cette semaine et nous indiquent qu\u2019ils ont des propositions à soumettre.Les membres peuvent aussi en tout temps communiquer avec le parti.Finalement, d\u2019autres initiatives, plus personnelles, seront entreprises auprès des différentes personnes directement impliquées.Nous voulons une fin à ce déchirement.C\u2019est notre volonté la plus sincère», écrit la représentante du Bureau national.Luc Lemoine, qui se présente comme un membre du Bloc, a réagi à la publication de Mme Fleury- Samson sur Facebook.Il dit souhaiter que les membres soient consultés sur le leadership de Martine Ouellet bien avant le congrès de mai 2019.«Cette crise nuit à la cause et projette une image de chicane et de division chez les indépendantistes, écrit-il.[\u2026] Ce spectacle lamentable n\u2019est pas sans affecter notre parti frère le PQ, qui aura à vivre une élection cruciale dans six mois, et avec qui nous partageons la majorité de nos membres.» Avec La Presse canadienne Le Devoir Jeux de pouvoir au Bloc québécois pour augmenter la pression sur Martine Ouellet JACQUES NADEAU LE DEVOIR Martine Ouellet a déclaré sur une série de tribunes, dimanche, qu\u2019elle comptait rester en poste.Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 3800 C\u2019est le nombre d\u2019œuvres qui ont été réalisées dans les lieux publics du Québec depuis l\u2019adoption de la Politique du 1% en 1961. L E D E V O I R , L E L U N D I 5 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC \u2013 TRAVAUX DIRECTION DES TRAVAUX PUBLICS Soumission CDN-NDG-18-AOP-TP-006 Travaux de réfection de trottoirs, de planage, de revêtement bitumineux de chaussée et de remplacement des entrées de service d\u2019aqueduc en plomb, là où requis, sur les différentes rues de l\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame-de-Grâce (PRR-2-2018) Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 heures, le mercredi 21 mars 2018 au bureau Accès Montréal, 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9.Les soumissions seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.Renseignements : Division Infrastructures et aqueduc : bureau des études techniques Courriel : bureautechniquecdn-ndg@ville.montreal.qc.ca Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du lundi 5 mars 2018.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat doivent obligatoirement se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents doivent être obtenus au coût établi par le SEAO.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin dans une enveloppe cachetée, clairement identifiée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 5 mars 2018.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Appel d\u2019offres APPEL D\u2019OFFRES PUBLIC \u2013 TRAVAUX DIRECTION DES TRAVAUX PUBLICS Soumission CDN-NDG-18-AOP-TP-008 Travaux de planage, de revêtement bitumineux des chaussées, de réfection de trottoirs et de remplacement des entrées de service d\u2019aqueduc en plomb, là où requis, sur les différentes rues de l\u2019arrondissement de Côte-des-Neiges\u2014Notre-Dame- de-Grâce (PCPR-2018).Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 heures, le mercredi 21 mars 2018 au bureau Accès Montréal, 5160, boulevard Décarie, rez-de-chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9.Les soumissions seront ouvertes publiquement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.Renseignements : Division Infrastructures et aqueduc : bureau des études techniques Courriel : bureautechniquecdn-ndg@ville.montreal.qc.ca Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du lundi 5 mars 2018.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat doivent obligatoirement se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents doivent être obtenus au coût établi par le SEAO.Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin dans une enveloppe cachetée, clairement identifiée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 5 mars 2018.La secrétaire d\u2019arrondissement, Geneviève Reeves, avocate Appel d\u2019offres Service de l\u2019eau Direction de l\u2019épuration des eaux usées Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 10 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : AP17020-138374-C Descriptif : Installation de câbles de fibres opti - ques pour les réseaux de contrôles et pro cédés à 10 GB de la Station d\u2019épuration des eaux usées Jean-R.-Marcotte Date d\u2019ouverture : 28 mars 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : Sally Dagher ing.Sally.dagher@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 5 mars 2018 Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669- 7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publi que - ment dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 5 mars 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Services professionnels_ Plans et devis \u2013 Aménagement stationnement \u2013 Gare de Saint-Lambert Numéro de l\u2019appel d\u2019offres : 1001649 Les documents et conditions de l\u2019appel d\u2019offres seront disponibles incessamment via le site du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres : www.seao.ca.Dépôt des soumissions : Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège du Réseau de transport métropolitain, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26ème étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, AU PLUS TARD LE LUNDI 26 MARS 2018 À 13H30.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Le Réseau ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Tim Marinier Directeur exécutif a.i.Approvisionnement Appel d\u2019offres public S u i t e d e s a v i s d e l a p a g e B 4 J O C E L Y N E R I C H E R à Québec L\u2019élection d\u2019un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ), avec sa politique nataliste axée sur les «bébés bonus», entraînerait à coup sûr un recul pour les femmes, selon la ministre Hélène David.Elle met donc en garde les électrices contre la tentation de voter pour le parti dirigé par François Legault, les femmes ayant beaucoup à perdre s\u2019il prend le pouvoir le 1er octobre, aux yeux de la ministre de la Condition féminine.Inquiète quant à l\u2019impact général sur la vie des femmes en cas d\u2019élection d\u2019un gouvernement de la CAQ, elle n\u2019hésite pas à appliquer une grille d\u2019analyse féministe pour dénoncer plus particulièrement les «bébés bonus» promis par ce parti aux femmes prêtes à faire plusieurs enfants.Au XXIe siècle, ce n\u2019est pas à l\u2019État à dire aux femmes combien d\u2019enfants elles devraient avoir, « jamais ! jamais ! », peste Mm e David, « et sur tout pas dans une planète surpeuplée ».Il s\u2019agit donc là d\u2019un engagement d\u2019une autre époque, rétrograde, calqué sur les politiques natalistes «assez classiques de droite conservatrice», fait valoir avec aplomb cette féministe bon teint depuis des décennies.La porte-parole de la CAQ en matière de famille et députée de Louis-Héber t, Geneviève Guilbault, a dénoncé cette attaque en accusant les libéraux d\u2019être « totalement déconnectés» de la réalité que vivent les familles du Québec.«Après 15 ans de hausse de tarifs sous le gouvernement libéral, les parents qui veulent des enfants méritent amplement un coup de pouce financier.Si quelque chose est rétrograde, c\u2019est bien la campagne de peur menée par les libéraux», a déclaré Mme Guilbault, par voie de communiqué.La sortie virulente de la ministre de la Condition féminine contre la CAQ survient au moment où ce parti occupe la première place dans les sondages, à quelques mois d\u2019une campagne électorale, qui fera sans doute une large place à la famille.L\u2019élan des femmes Ce type de politique nataliste peut, selon Mme David, avoir un effet pernicieux, entraîner un retour en arrière, mettre en péril les acquis.Or, « il faut absolument faire en sorte de ne pas freiner l\u2019élan des femmes.Ça, c\u2019est clair et, d\u2019après moi, la question du \u201cbébé bonus\u201d peut freiner l\u2019élan des femmes », a dit la ministre.Pour mieux soutenir les parents, fait-elle valoir, les gouvernements doivent plutôt créer un environnement favorable à la famille, notamment en offrant un bon réseau de services de garde à prix abordable, un plus grand nombre de jours de congés et de nouvelles normes du travail.Dans le passé, au Québec et ailleurs, des recherches ont conclu que les politiques natalistes donnent peu de résultats durables en matière d\u2019augmentation du taux de fécondité.Le gouvernement Bourassa avait pris cette avenue en 1988, sans grand succès.La Presse canadienne CONDITION FÉMININE La ministre David dénonce les «bébés bonus» promis par la CAQ A N N A B E L L E C A I L L O U L es Suisses ont majoritairement voté contre l\u2019abolition de la redevance audiovisuelle dimanche, lors d\u2019un référendum qui menaçait la survie de leur diffuseur public.Le « non » l\u2019a emporté haut la main avec 71,6 % des voix.L\u2019initiative est par tie du mouvement jeunesse du Parti libéral radical en 2014, qui a pu réunir les 100 000 signatures nécessaires pour organiser le référendum.Appuyés par l\u2019Union démocratique du centre, les défenseurs du « oui » critiquaient le montant de la redevance et le poids de la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), qui « n\u2019a plus rien à voir avec leur génération».La redevance en Suisse est l\u2019une des plus chères d\u2019Europe, s\u2019élevant à 451 francs suisses (617 dollars canadiens).Elle doit ê t r e a b a i s s é e à 365 francs (500 dollars canadiens) l\u2019année prochaine et s\u2019appliquer à l\u2019ensemble de la population, et non plus seulement aux détenteurs d\u2019un poste de télévision ou de radio, les programmes étant accessibles aussi sur Internet.La plus grande partie de la redevance est ainsi reversée à la SSR, qui dif fuse dans les quatre langues officielles (allemand, français, italien et romanche) ; 21 radios et 13 télévisions régionales, remplissant un mandat de service public, en bénéficient.La SSR a failli perdre 75 % de son financement dimanche, ce qui aurait mis en péril sa survie et menacé près de 13 500 emplois.Diffuseurs publics en péril « Ils s\u2019en sont sauvés pour cette fois », lance Pierre Barrette, professeur à l\u2019École des médias de l\u2019Université du Québec à Montréal.À son avis, mettre fin à la télévision publique serait une erreur, une telle institution ayant pour mandat de protéger la qualité de l\u2019information et la qualité des contenus.« Si on envoie tout ça au privé, c\u2019est la loi unique des cotes d\u2019écoute qui va régner, elle est déjà bien trop présente», déplore-t-il.Le référendum suisse n\u2019est que le reflet de la situation en Europe et dans les pays occidentaux, où le modèle de télévision traditionnel est voué à une transformation radicale, croit le professeur.Les jeunes de moins de 25 ans ne consomment plus leurs émissions de divertissement et d\u2019information en regardant la télévision, mais plutôt en naviguant sur Internet.« Les jeunes ne se reconnaissent plus dans ce modèle.[\u2026] Un grand nombre d\u2019entre eux n\u2019ont même pas de télé.Donc, quand vient le temps de payer ce service, ils n\u2019en voient pas l\u2019intérêt », soutient M.Barrette.Les chaînes publiques devront tôt ou tard se repositionner et investir davantage dans les plate- formes numériques pour s\u2019assurer un avenir, d\u2019après lui.« Ce qu\u2019il y a de particulier en Suisse, c\u2019est que les gens reçoivent une fois par année une facture à payer.Ça frappe davantage l\u2019esprit, ils ont devant les yeux combien ils doivent payer pour avoir accès à un ser vice public », ajoute le professeur.En comparaison, les Canadiens contribuent à leur diffuseur public, mais à travers leurs impôts, « ce qui donne moins l\u2019impression de réellement payer ».Le cas canadien Si CBC et Radio-Canada ont aussi connu leurs moments difficiles en matière de financement, confrontés à des compressions budgétaires importantes sous le gouvernement Harper, M.Barrette reste plutôt optimiste quant à leur survie.Le ser vice public puise dans le porte-monnaie des Canadiens, mais contrairement à la Suisse \u2014 et à d\u2019autres pays européens \u2014, il s\u2019appuie aussi beaucoup sur la publicité.« On a également un fort attachement à notre télé, à Ra- dio-Canada et au Québec, pour des raisons tant linguistiques ou culturelles qu\u2019historiques.Même si on critique cette institution parfois, on y est viscéralement attachés», estime-t-il.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir Les Suisses prêtent main-forte à leur diffuseur public La consultation populaire tenue dimanche reflète la situation des pays occidentaux A L E X A N D E R P A N E T T A à Washington S i les Canadiens espèrent encore être épargnés par les tarifs aux États-Unis, ils pourraient être déçus.Un responsable à la Maison- Blanche a af firmé aux émissions d\u2019affaires publiques à la télévision, dimanche, que le président Donald Trump a fait son nid : les tarifs sur l\u2019aluminium et l\u2019acier s\u2019appliqueront à tous les pays, y compris le principal fournisseur des deux produits aux États-Unis: le Canada.Le responsable du commerce à la Maison-Blanche, Peter Navarro, a affirmé qu\u2019établir une exception pour un pays créerait une pente glissante, les autres pays réclamant le même traitement que celui qui serait réservé au Canada.«Ce n\u2019est pas sa décision», a dit M.Navarro, questionné sur Fox sur la possible exclusion d\u2019un pays des mesures punitives.«Dès l\u2019instant où il exempte un pays, son téléphone commence à sonner avec des appels d\u2019autres chefs d\u2019État ou de gouvernement», a-t-il poursuivi.Le haut responsable a ajouté plus de détails en entrevue à CNN : « Le Canada compte pour 40 % du marché [américain de l\u2019aluminium].Si vous exemptez le Canada, alors vous devez imposer de gros, gros tarifs à tout le reste du monde.Il s\u2019agit ainsi d\u2019une approche ciblée, équilibrée.» Le haut responsable a cependant laissé une note d\u2019espoir pour le Canada : même si aucun pays ne sera exclu, certains secteurs clés pourraient l\u2019être.Des inquiétudes émanent notamment du secteur automobile au Canada, et des impacts possibles sur les allers et retours transfrontaliers de composantes des véhicules.«Il y a une différence entre les exemptions et l\u2019exclusion d\u2019un pays», a dit M.Navarro à CNN.Le Canada doit se retirer Dans ce contexte, le Canada doit tout simplement quitter la table de renégociation de l\u2019Accord de libre-échange nord- américain, estime le directeur québécois d\u2019Unifor, Renaud Gagné, dont le syndicat représente des travailleurs des secteurs de l\u2019automobile, de l\u2019aluminium et de l\u2019acier.« Depuis le début des négociations, nous sommes attaqués dans le bois d\u2019œuvre, dans l\u2019aéronautique; maintenant, nous sommes attaqués dans l\u2019acier et l\u2019aluminium [\u2026] il faut faire un coup d\u2019éclat», a dit M.Gagné.La Presse canadienne TARIFSAMÉRICAINS Le Canada ne peut être exempté JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ce n\u2019est pas à l\u2019État de dire aux femmes combien d\u2019enfants elles devraient avoir, estime Mme David.La SSR a failli perdre 75% de son financement dimanche, ce qui aurait mis en péril sa survie et menacé près de 13 500 emplois Dans le contexte actuel des dénonciations d\u2019agressions sexuelles et à quelques jours de la Journée internationale des femmes, le 8 mars, plusieurs groupes œuvrant auprès des femmes violentées ont annoncé dimanche la formation d\u2019un nouveau regroupement, la Coalition féministe contre la violence envers les femmes.Le regroupement veut faire pression sur le gouvernement et les partis politiques a?n qu\u2019ils prennent en compte les besoins des femmes victimes de violence en cette année électorale au Québec.Il souhaite mettre en lumière le phénomène et encourager la mise en place de politiques adéquates pour y faire face.La Coalition rassemble une quinzaine d\u2019organismes venant en aide aux femmes victimes de violence conjugale ou d\u2019agression sexuelle, et à celles souffrant de maladies mentales, étant handicapées, sourdes, immigrantes, issues de la diversité sexuelle, itinérantes ou autochtones, notamment.Une coalition de groupes féministes L E D E V O I R , L E L U N D I 5 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Programmation détaillée à banq.qc.ca Fais relâche à la Grande Bibliothèque Jeu d\u2019évasion, contes, cinéma et jouets de toutes sortes pour t\u2019amuser ! Du 3 au 11 mar s P h o t o : i S t o c k p h o t o Activités de création numérique pour les ados du 5 au 9 mars K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I Il n\u2019y a pas que les géants du Web qui peuvent tirer profit des avancées de l\u2019intelligence artificielle.Dans son laboratoire de l\u2019Université Concor- dia, le professeur Amin Hammad tente de mettre les plus récentes technologies au profit d\u2019un secteur qui hésite à innover, celui de la construction.En 2016, plus de 46 milliards de dollars ont été dépensés dans le secteur de la construction, soit 12% du PIB québécois.Les quelque 25 700 employeurs actifs ont embauché près d\u2019un travailleur québécois sur vingt, ce qui fait de ce domaine un incontournable moteur économique.« Le problème, c\u2019est que nous avons une faible productivité, un nombre élevé d\u2019accidents mortels et un faible pourcentage de compagnies innovantes », affirme le professeur Ham- mad, qui est affilié à l\u2019Institut d\u2019ingénierie des systèmes d\u2019information de Concordia.Entre 1982 et 2015, la productivité de l\u2019ensemble du secteur des entreprises au Canada, y compris la construction, a augmenté de 55%, alors que celle du secteur de la construction a diminué de 11%.Comprendre les images Pour rattraper le retard, l\u2019industrie se dote depuis plusieurs années d\u2019outils qui accélèrent ou facilitent les tâches des travailleurs.Les camions sans conducteur commencent à faire leur apparition près des mines et des capteurs en tous genres permettent d\u2019accroître la précision des manœuvres de la machinerie lourde.Le professeur Hammad, lui, s\u2019intéresse à ces capteurs qui se multiplient sur les chantiers de construction, mais surtout à la manière de traiter les données qu\u2019ils produisent.Une bonne partie de ses recherches est consacrée à l\u2019analyse des images que peuvent capter une série de caméras sur un chantier de construction.« La capacité de mettre une caméra sur un chantier de construction n\u2019est pas nouvelle, ex- plique-t-il.Les caméras peuvent capter plusieurs images, mais le défi est de savoir comment analyser les données et automatiser le processus.» Plutôt que de traiter les images à la manière d\u2019un agent de sécurité qui scrute une dizaine d\u2019écrans à la fois, M.Hammad et son équipe utilisent un système qui s\u2019appuie sur l\u2019intelligence artificielle, et plus particulièrement sur l\u2019apprentissage profond.En visionnant des millions d\u2019images, ce système peut ainsi «s\u2019entraîner» à reconnaître ce qu\u2019il voit pour offrir des recommandations.Il peut faire état de l\u2019avancement des travaux sur le chantier, déterminer les étapes à venir, adapter l\u2019horaire ou l\u2019échéancier en cas d\u2019imprévus et signaler un risque potentiel pour la sécurité des travailleurs.Cette technologie combinant la vision par ordinateur et l\u2019apprentissage profond n\u2019est pour l\u2019instant utilisée que par la jeune compagnie Indus.ai, basée à Toronto.Elle a embauché l\u2019un des étudiants d\u2019Amin Hammad l\u2019an dernier et a, jusqu\u2019à maintenant, mené trois projets avec l\u2019équipe de Concordia.M.Hammad aimerait que d\u2019autres compagnies puissent profiter des avantages de ce système, qui permet selon lui de réduire les coûts, d\u2019améliorer la productivité et de réduire le nombre d\u2019accidents mortels.Il constate cependant qu\u2019il est parfois difficile de collaborer avec des entreprises et des gouvernements, puisque certains donneurs d\u2019ouvrage préfèrent garder leurs données et leurs informations confidentielles.« Je ne blâme aucune entité, parce que je comprends les raisons pour lesquelles il peut être dif ficile d\u2019avoir accès aux données », prend-il soin de préciser.Manque d\u2019incitatif Pour ce qui est du retard technologique de plusieurs compagnies, le professeur Hammad estime qu\u2019il est dû à l\u2019absence d\u2019incitatif à l\u2019innovation, surtout en raison de la persistante règle du plus bas soumissionnaire dans le cadre des appels d\u2019offres publics.« Les projets publics retiennent le soumissionnaire qui of fre le prix le plus bas, donc pourquoi une entreprise investirait-elle en technologie si ses concurrents ne le font pas?Pourquoi être le premier ?» Il admet que l\u2019implantation de sa solution en entreprise représenterait un investissement trois à quatre plus élevé que le coût de développement du prototype qu\u2019il a mis au point, mais il est persuadé que la dépense en vaut la peine.Ce contenu est réalisé en collaboration avec l\u2019Université Concordia.Le Devoir L\u2019intelligence artificielle au service de la construction Le professeur Amin Hammad tente de moderniser une industrie qui hésite à innover ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Le professeur Amin Hammad Deux nouveaux candidats investis au Parti québécois Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a présenté deux nouveaux candidats en vue des élections générales du 2 octobre prochain.Députée péquiste de 2012 à 2014 dans la circonscription provinciale de Masson, Diane Gadoury-Hamelin tentera une nouvelle fois de se faire élire sous les couleurs du PQ.M.Lisée l\u2019a décrite comme «une femme de cœur et de convictions», dimanche, lors de son investiture, ravi de la compter une nouvelle fois dans ses rangs.Dans la circonscription de Richelieu, c\u2019est le porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019énergie et de ressources naturelles, Sylvain Rochon, qui sera candidat.Le Devoir L es travailleurs de Bombardier ont voté dimanche pour une entente de réciprocité à Montréal, alors que l\u2019avionneur québécois et Airbus s\u2019af fairent à conclure leur partenariat pour la CSeries.En assemblée extraordinaire, les syndiqués machinistes ont appuyé dans une proportion de 92,3 % l\u2019entente de réciprocité qui leur était proposée.Environ 3000 membres sur 4400 étaient présents.Le contenu de cette entente sera maintenant ajouté à la convention collective des travailleurs syndiqués de Bombardier aéronautique, a indiqué le syndicat, parlant de « passerelles » entre les deux entreprises en vue du partenariat.Le coordonnateur québécois du syndicat des machinistes, David Chartrand, a dit croire en mêlée de presse qu\u2019il aurait été « futile » de contester une scission des unités syndicales devant les tribunaux.M.Chartrand a indiqué que la priorité du syndicat était « de réussir à maintenir plusieurs items entre les deux conventions collectives».En raison des turbulences traversées par Bombardier au cours des dernières années, ayant notamment mené à d\u2019importants licenciements, de nombreux travailleurs voulaient par exemple savoir ce qu\u2019il adviendrait de leur ancienneté et de leur régime de retraite, et du mécanisme à suivre en cas de mises à pied.Selon l\u2019entente, selon ce qu\u2019a indiqué le syndicat, les travailleurs sur les listes de rappels des deux sociétés seront appelés en priorité pour pourvoir les postes libres, et des prêts de main-d\u2019œuvre entre les deux entreprises seront faits afin d\u2019éviter des mises à pied.« Un coup que l\u2019une des deux entreprises se porte mieux, et qu\u2019elle rappelle tous les gens qui sont mis à pied dans cette entreprise-là, il y a une priorité d\u2019aller chercher des gens dans l\u2019autre liste de mises à pied de l\u2019autre entreprise.Ça a apaisé certaines des craintes [des membres] », a indiqué M.Chartrand.De plus, l\u2019ancienneté pour fin de vacances, les avantages sociaux et l\u2019échelle salariale en cas de transfert d\u2019une entreprise à l\u2019autre seraient reconnus, et il y aurait transfert du fonds de pension sans perte advenant un transfert.Les travailleurs ont voté au terme d\u2019une présentation effectuée par leurs représentants syndicaux.Le syndicat a dit avoir obtenu la reconduction automatique de cet accord pour la durée des prochains contrats de travail dans les deux entreprises.Même s\u2019ils sont répartis sur trois emplacements, Mirabel, Dorval et Saint-Laurent, ces employés sont couverts par le même contrat de travail qui a été conclu entre l\u2019employeur et le syndicat et dont l\u2019échéance est prévue en 2019.Toutefois, en vertu de la création de la Société en commandite Avions CSeries, les quelque 2000 travailleurs de Mirabel devraient se retrouver maintenant sous l\u2019égide de cette nouvelle entité.En vertu de l\u2019entente conclue l\u2019automne dernier entre Bombardier et Airbus, c\u2019est le géant européen qui en est l\u2019actionnaire majoritaire.La direction de Bombardier a dit être « très satisfaite» du résultat du vote, parlant d\u2019un « fort appui à la scission de l\u2019unité de négociation syndicale ».Elle a af firmé par communiqué qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019«une bonne nouvelle pour [les] employés syndiqués qui conserveront leurs avantages sociaux même en cas de transfer t de Bombardier à la Société CSeries ou vice versa».« C\u2019est également un dénouement positif pour Bombardier et notre partenaire Airbus puisque nous conserverons notre accès à un grand bassin de main-d\u2019œuvre qualifiée dans la région de Montréal, tout en ayant la flexibilité nécessaire pour répondre aux besoins opérationnels des deux entreprises.C\u2019est une autre étape importante en vue de la conclusion du partenariat annoncé avec Airbus dans le cadre du programme CSeries, alors que nous continuons à progresser vers l\u2019obtention des approbations réglementaires requises», a-t-on ajouté.La Presse canadienne PARTENARIAT CSERIES-AIRBUS Les travailleurs de Bombardier acceptent l\u2019entente sur leurs conditions de travail CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Le coordonnateur québécois du syndicat des machinistes, David Chartrand, a dit croire qu\u2019il aurait été «futile» de contester une scission des unités syndicales devant les tribunaux.Recherche et innovation Le Journal de Québec met fin à son édition régionale C\u2019est la fin de l\u2019édition régionale du Journal de Québec, qui publiait sa dernière version dimanche matin.La direction du journal, qui appartient au Groupe Québecor, en a fait l\u2019annonce dans ses pages.Mais l\u2019actualité régionale ne sera pas négligée pour autant.Elle sera toujours couverte par une équipe de collaborateurs au Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean et se retrouvera dans les pages de l\u2019édition nationale.Cette édition régionale, qui a vu le jour en 2012, consacrait plusieurs de ses pages à des nouvelles culturelles, sportives, politiques et générales de la région du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean.Le Devoir Fin de la production de la boisson FCKD UP Le groupe Geloso cessera la production de sa boisson sucrée alcoolisée FCKD UP et la retirera des tablettes.Dans un courriel transmis à différents médias, dont La Presse canadienne, le coprésident Aldo Geloso, affirme avoir ordonné à ses employés « l\u2019arrêt immédiat de la production de la boisson FCKD UP ».Cette décision survient à la suite du décès d\u2019une adolescente de 14 ans, Athena Gervais, à Laval, la semaine dernière.Selon ses amis, elle aurait consommé le produit FCKD UP peu avant sa disparition.M.Geloso a reconnu que son entreprise avait commis une erreur en tentant de concurrencer la marque Four Loko, une autre boisson alcoolisée énergisante arrivée sur le marché québécois l\u2019an dernier, dont le taux d\u2019alcool est de 11,9 %.La Presse canadienne Dans un ouvrage provocateur, le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, invite à une réflexion sur la création d\u2019un ordre professionnel des enseignants.Une autre fausse bonne idée qui fait trop de chemin chez les libéraux et les caquistes.i l\u2019objectif poursuivi par Sébastien Proulx, l\u2019essayiste, était de susciter « une conversation » sur les meilleurs moyens d\u2019atteindre la réussite scolaire, c\u2019est raté.L\u2019auteur de la plaquette Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire ne peut se dissocier de son statut de ministre de l\u2019Éducation, au sein d\u2019un gouvernement qui a passé les trois premières années de son mandat à négliger l\u2019éducation, avant d\u2019en découvrir les vertus tardives, à la veille des élections, et d\u2019en faire une priorité pour l\u2019avenir du Québec.Les investissements massifs de la dernière année ne peuvent faire oublier le désengagement initial, qui a laissé un souvenir amer dans l\u2019esprit des parents et du personnel enseignant.D\u2019ailleurs, les principaux syndicats, la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) et la Fédération des syndicats de l\u2019enseignement (FSE-CSQ), ont réservé un accueil glacial au livre.Le ministre Proulx entretient la dialectique des rapports de force, en blâmant, sans nommer personne, les objecteurs de changement.« Nous sommes là, à la frontière du corporatisme.Force est de constater que notre société compte plus de gardiens du statu quo que d\u2019accélérateurs de changements», écrit-il.Sa posologie pour valoriser le métier d\u2019enseignant tient à la création d\u2019un programme d\u2019insertion professionnelle pour retenir les jeunes professeurs (le quart d\u2019entre eux partent avant cinq ans), à l\u2019encadrement de la formation continue, à l\u2019évaluation des professeurs, à l\u2019amélioration des conditions de travail et à la création d\u2019un ordre professionnel.Le but poursuivi est noble, soit de transformer le métier d\u2019enseignant pour en faire « l\u2019emploi le plus important dans une société » et en réserver l\u2019accès à l\u2019élite intellectuelle du Québec.Cela revient à dire, d\u2019une manière insidieuse, que les problèmes de l\u2019éducation ne relèvent pas de son ?nancement ou des grandes orientations pédagogiques édictées par le ministère de l\u2019Éducation, mais de la présence de professeurs mal formés, pas assez éduqués.Nous sommes bien loin d\u2019un dialogue constructif.Les syndicats de l\u2019enseignement ont pris le propos du ministre Proulx comme une attaque, non sans raison.Pour eux, la valorisation du métier d\u2019enseignant passe par l\u2019amélioration des conditions de travail : hausses salariales, équilibrage des classes, allège- ment des tâches, respect du jugement professionnel et autonomie.Les professeurs québécois sont parmi les moins payés au Canada, un problème auquel il faudra bien s\u2019attaquer si l\u2019on souhaite attirer les meilleurs candidats à l\u2019entrée.Le principe du rattrapage salarial ne doit pas devenir le monopole des médecins spécialistes.?L\u2019amélioration des conditions de travail fait par tie des moyens de valoriser le métier d\u2019enseignant, mais il faut voir plus large.Des perspectives d\u2019emploi avantageuses permettront d\u2019attirer et de retenir les meilleurs éléments dans le domaine de l\u2019éducation.Il faudra également s\u2019assurer, comme le préconise le ministre Proulx, d\u2019investir dans la formation continue et d\u2019évaluer les professeurs.Les syndicats de l\u2019enseignement n\u2019apprécient guère ces avenues, craignant une érosion de la sécurité d\u2019emploi et l\u2019introduction d\u2019une rémunération au mérite.Il s\u2019agit certes d\u2019un terrain miné, mais les syndicats devront faire preuve d\u2019ouver ture et engager une discussion franche sur les meilleures façons de procéder à l\u2019évaluation continue des enseignants, afin d\u2019assurer le maintien des plus hautes normes d\u2019excellence.Il en va de la réussite des élèves.Le ministre Proulx a malheureusement choisi le chemin le plus court pour y parvenir, en ramenant sur le tapis une vieille idée boudée par les syndicats, soit la création d\u2019un ordre professionnel des enseignants.Le critique de la CAQ en matière d\u2019éducation, Jean-François Roberge, est également favorable à la création d\u2019un ordre, même s\u2019il reconnaissait lui-même dans un entretien à L\u2019Actualité, à l\u2019automne 2016, que cette solution ne garantit pas nécessairement une meilleure réussite des élèves.Les clés de la réussite scolaire forment une énigme complexe, multifactorielle, mais personne ne remettra en question que l\u2019une de ces clés repose sur la compétence des enseignants.Au-delà de la création d\u2019un ordre professionnel, il faudra trouver des moyens d\u2019accroître ces compétences, à toutes les étapes d\u2019une carrière.Des négociations saines et constructives permettront d\u2019y arriver beaucoup plus facilement.À l\u2019inverse, le débat sur la création d\u2019un ordre entraînera des discussions stériles.L E D E V O I R , L E L U N D I 5 M A R S 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Le remède aux congés de maladie Le 2 mars dernier, Le Devoir faisait état du coût élevé des congés de maladie dans le réseau de la santé.J\u2019ai été près de trente ans à la direction d\u2019établissements de santé et de services sociaux à Montréal.La question des absences pour maladie et des absences liées aux accidents du travail a toujours été d\u2019actualité.Et les conventions collectives ont des mesures aidantes pour les employés.Toutefois, la montée des absences ces dernières années est inquiétante non seulement en raison des coûts, mais aussi en raison de leur impact sur la qualité des services.En effet, un remplaçant n\u2019a pas nécessairement une connaissance de l\u2019usager qu\u2019il doit desservir.Il ne lui apporte pas la sécurité attendue d\u2019un employé permanent et n\u2019est pas vraiment intégré dans l\u2019équipe des soignants.Cette situation nuit au contexte de travail, augmente le stress et diminue la qualité de vie autant des usagers que des travailleurs.Quelle est l\u2019origine de cette situation déplorable\u2026?Vient-elle des fusions d\u2019établissements et des réformes successives des services de santé et de services sociaux?En partie, c\u2019est possible.En effet, dans des organisations plus petites, il est plus facile de développer une culture organisationnelle plus humaine, un sentiment d\u2019appartenance à son équipe de travail et à son organisation.Le réseau est maintenant à des années-lumière de l\u2019approche du «Small is beautifull» d\u2019E.F.Schumacher.Vient-elle, en partie, des organisations syndicales et L I B R E O P I N I O N Y A N G I R O U X Infirmier clinicien, étudiant à la maîtrise en administration des services infirmiers à l\u2019Université de Montréal N A T A L I E S T A K E - D O U C E T Infirmière et étudiante au doctorat A L E X M A G D Z I N S K I Infirmier clinicien et titulaire d\u2019une maîtrise en sciences infirmières R écemment, la présidente de l\u2019Ordre des infirmières et infirmiers du Québec a proposé deux solutions pour résoudre les problèmes quant aux conditions d\u2019exercice professionnel dans le réseau de la santé.Bien qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019un pas en avant, en tant qu\u2019infirmières, nous aimerions proposer des solutions qui vont au-delà de la prochaine période électorale.L\u2019augmentation des ef fectifs est importante, mais, selon nous, ne devrait pas être centrale dans le contexte de crise actuelle.Tel qu\u2019il est pensé et orchestré, le système de santé public et sa culture imposée de la performance à tout prix rendent les professionnels de la santé malades à leur tour.La performance lors des élections est bien différente de la performance qui respecte la dignité des patients en allouant des ressources nécessaires pour répondre à leurs besoins.Nous avons été formées pour cette raison, seulement.À cet effet, la solution des ratios patients-infirmières est fondamentale.Là où cette solution a été implantée, on a vu des diminutions de plus de 30 % des congés de maladie.Il faut que les infirmières continuent à se faire entendre.La réelle solution, pour le moment, c\u2019est que notre société démocratique entende et voie les implications de ces conditions d\u2019exercices sur les travailleuses de la santé.L\u2019omer tà qui règne normalement en santé vient d\u2019éclater en morceaux, et ce, malgré les menaces constantes de sanctions.La loi 10 a bousculé les structures formelles qui auparavant permettaient au moins un semblant d\u2019écoute pour les infirmières aux conseils d\u2019administration.Le Commissaire à la santé et au bien-être a été aboli.La vérificatrice générale n\u2019évalue pas la réforme du ministre.Les sanctions pour refus des heures supplémentaires obligatoires continuent de fuser partout.[\u2026] Une petite parenthèse ici : a-t-on jamais vu une sanction aussi absurde et nuisible que de suspendre une infirmière pour refus d\u2019heures supplémentaires obligatoires ?Dans bien des cas, cette mesure ne fait qu\u2019en créer plus.On est donc prêts à exacerber les problèmes existants seulement pour discipliner une professionnelle de santé ?Lacunes évidentes du système Si nous prétendons vivre dans une société où la liberté d\u2019expression et la santé appartiennent à chacun d\u2019entre nous, les travailleuses du réseau de la santé et les gestionnaires devraient être libres de dépeindre publiquement les lacunes évidentes de ce système, et ce, sans aucune crainte.Est-ce trop demander que de vouloir une société où la défense des intérêts des patients à travers les professions prévaudra sur la défense des intérêts politiques et institutionnels ?Avant de pouvoir trouver des solutions, il est essentiel de pouvoir nommer les problèmes.Le ministre a reconnu de peine et de misère l\u2019existence d\u2019un problème.Il prétend que l\u2019ajout de postes à temps plein est la solution magique.En s\u2019entêtant à ne proposer qu\u2019une seule piste de solution à court terme, le ministre ne fait que prouver que soit il manque de volonté, soit il n\u2019est pas en mesure de comprendre la complexité de la situation actuelle.En ce sens, avec tous les problèmes que nous rappor tent les infirmières aux quatre coins du Québec, il serait peut-être temps de commencer à réfléchir à une commission d\u2019enquête sur l\u2019état des soins au Québec.Le problème est clairement vaste et complexe.C\u2019est une proposition qui promettrait d\u2019écouter les infirmières, sans être menaçante, et qui, finalement, mettrait à profit les compétences des infirmières dans l\u2019évaluation du système de santé.Une commission contribuerait à renverser la vapeur sur la censure et l\u2019omertà, et nous permettrait, à plus long terme et de façon non par tisane, d\u2019envisager des solutions systémiques qui incluent les acteurs du terrain.Ainsi, les travailleurs et les professionnelles de la santé, de même que les patients seraient réellement entendus.Les réseaux sociaux ne sont pas suffisants pour recueillir toute cette information qui manque cruellement à notre système de santé.Il faut s\u2019assurer que cette parole infirmière qui émerge pour la première fois soit étudiée et conservée au lieu de se perdre dans le cyberes- pace après la prochaine élection.Les infirmières doivent se faire entendre FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET de l\u2019opinion publique qui, insidieusement, mar tèlent à qui mieux mieux que les conditions de travail du monde de la santé et des services sociaux sont inhumaines?C\u2019est presque devenu anormal de ne pas être épuisé\u2026 La satisfaction au travail estelle devenue une aberration?Vient-elle, en partie, d\u2019une méconnaissance du monde du travail et du stress relié aux autres secteurs de l\u2019économie soumis à la concurrence, à la performance et à l\u2019insécurité?La tendance actuelle m\u2019apparaît autodestructrice.S\u2019il y a un consensus sur le fait que les conditions de travail dans les établissements sont exécrables, comment motiver les travailleurs actuels à ne pas se désengager de leurs tâches?Comment inciter des personnes à embrasser une vocation qui est de porter assistance à ses semblables?L\u2019argent frais que le ministre s\u2019apprête à injecter dans le «système» est probablement une partie de la solution, mais ne viendra pas contrer un malaise qui m\u2019apparaît plus profond.Jacques Hould Le 2 mars 2018 L\u2019indépendance ne se fera pas à Ottawa La promotion de l\u2019indépendance aux Communes, sans mandat péquiste qui fait de même à l\u2019Assemblée nationale, revient presque à essayer de convaincre les autres provinces de se joindre au Québec indépendant, plus qu\u2019à essayer de travailler aux Communes pour les intérêts du Québec.C\u2019est illogique, comme utiliser des ciseaux pour clouer une planche de bois.[.] On le dit souvent, l\u2019indépendance ne se L\u2019ÉCOLE SELON PROULX Un livre maladroit S BRIAN MYLES fera pas à Ottawa et, justement, le Bloc ne peut pas faire de référendum, à moins d\u2019obtenir le pouvoir à Ottawa (ce qui serait étrange).Si le Bloc met le cap sur l\u2019indépendance dès aujourd\u2019hui, malheureusement, il rongera son frein et dépensera des fonds sans qu\u2019ils mènent à une victoire.[.] Mettre le cap sur l\u2019indépendance, oui, mais pas au Bloc.Son travail est celui d\u2019être l\u2019interlocuteur du Québec à Ottawa, advenant un référendum gagnant, et celui de dénoncer le fédéralisme (ce qui, à terme, revient à parler d\u2019indépendance) dans son fonctionnement quotidien.Par exemple : entre la campagne contre Énergie Est et la campagne « le Québec, mon pays », la première aura bien plus d\u2019impact dans la vie de tous les jours du peuple.À long terme, c\u2019est payant, ça crée un mouvement mobilisé contre les intérêts du Canada\u2026 Et que donne le fait d\u2019être contre les intérêts du Canada?L\u2019indépendance, si on réussit à canaliser les énergies du mouvement.De son côté, la campagne « Québec, mon pays » mène plus à une « folklorisa- tion » du mouvement.Si on n\u2019agit pas en même temps que cette campagne (ce que le BQ ne peut faire, étant donné ses pouvoirs limités), ça fera comme les ceintures fléchées ; ça fera partie du décor et diminuera le mouvement à un groupe traditionnel peu menaçant.Un peu comme les Gaulois sont dépeints dans Astérix, ils résistent de façon caricaturale, mais la fin historique reste la domination romaine.Félix-Antoine Latour-Levasseur, candidat à la maîtrise en science politique à l\u2019Université de Montréal Le 2 mars 2018 L E D E V O I R , L E L U N D I 5 M A R S 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Véronique Chagnon (chef de division), Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter), Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants), Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatrices publicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique), Solène M.Hébert (développeuse Web).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L a nuit du 30 janvier, n\u2019ayant aucune envie de sombrer dans la déprime, j\u2019ai refusé de regarder en direct le premier discours sur l\u2019état de l\u2019Union de notre président voyou devant les deux chambres du Congrès réunies en session commune.C\u2019est déjà assez triste d\u2019avoir à endurer le règne Trump sans se soumettre pendant plus d\u2019une heure aux images et aux paroles d\u2019un fou furieux affublé d\u2019un costume de respectabilité.Vers 23 h, persuadé d\u2019avoir évité la mascarade présidentielle, j\u2019ai allumé la télévision pour jeter un coup d\u2019œil aux actualités.Et voilà que je suis tombé sur la réponse officielle du Parti démocrate aux mensonges et aux ricanements du chef de l\u2019État.En plein milieu d\u2019une crise morale et éthique peut-être sans précédent \u2014 alors que la barque nationale est menée par un ploutocrate enragé \u2014, je me suis aperçu que le parti d\u2019opposition avait choisi comme porte-parole Joseph Kennedy III, un aristocrate descendu d\u2019une dynastie politique connue autant pour sa corruption morale et son arrogance que pour sa réussite dans la compétition électorale et les affaires financières.Or l\u2019intervention de ce jeune et beau garçon m\u2019a de nouveau jeté dans le désespoir.À vrai dire, j\u2019ignorais l\u2019existence du petit-fils de Robert Kennedy, l\u2019un des deux frères mythiques devenus des martyrs à la suite de leur assassinat.Membre de la Chambre des représentants depuis 2013, ce dernier Kennedy a profité de son héritage pour se faire élire dans l\u2019un des fiefs familiaux du Massachusetts.Il se peut que Kennedy, apparemment doué pour les études (Stanford, école de droit de Harvard), mérite sa position comme nouvelle vedette sur la scène nationale.Son engagement dans le Peace Corps, programme fondé par son grand-oncle président, témoigne d\u2019un intérêt pour l\u2019amélioration du statut des pauvres, du moins en République dominicaine, et j\u2019admire tout Américain qui se donne la peine d\u2019apprendre à parler espagnol couramment.De plus, ce Kennedy, en se tenant loin de l\u2019alcool, semble faire des efforts pour surmonter la tradition, souvent louche, de son arrière-grand- père financier Joseph, du président John, de son grand-oncle sénateur Edward et de son père, Joseph II, ancien représentant à la Chambre.Toutefois, j\u2019ai remarqué quelque chose chez Kennedy qui sonnait faux dans sa prétendue passion pour la justice et l\u2019égalité.D\u2019une part, les paroles de son discours, sans doute rédigé par un comité, débordaient de clichés progressistes, bien que les clichés soient conformes avec les sentiments anti-Trump partagés par toute personne saine d\u2019esprit.D\u2019autre par t, Kennedy manquait de fougue.On aurait dit qu\u2019il jouait le rôle d\u2019un homme du peuple de façon peu convaincante, peut-être parce qu\u2019il sort d\u2019un milieu aussi privilégié que celui de Trump.Et lorsqu\u2019il a brièvement parlé en espagnol \u2014 pour démontrer sa solidarité avec les «rêveurs» menacés d\u2019expulsion par la politique anti-immi- grants de Trump \u2014, il m\u2019a semblé qu\u2019il faisait preuve d\u2019une certaine condescendance, peut- être inconsciente, envers ces potentielles victimes du président.Les rêveurs sont des immigrants illégaux qui sont venus très jeunes aux États-Unis avec leurs parents et qui donc, pour la plupart, parlent et comprennent l\u2019anglais comme des Américains de souche.Mais je pourrais excuser tout cela si Kennedy s\u2019était montré plus combatif.Pas question avec quelqu\u2019un qui incarne la machine démocrate, machine qui a empêché Bernie Sanders de remporter l\u2019investiture du parti en faveur de l\u2019apparatchik Hillary Clinton.Pour les militants démocrates, il est toujours préférable de perdre avec un Clinton plutôt que de gagner avec un Sanders, parce que le genre Clinton ne bouleverse jamais le clientélisme et la collecte de fonds de Wall Street, qui dominent le parti «populaire ».Sanders, étant libre et indépendant grâce à des centaines de milliers de petits dons, pouvait, par exemple, s\u2019opposer à l\u2019ALENA (projet phare de Bill Clinton attaqué profitablement par Trump) sans prendre en considération les grands dons de l\u2019oligarchie financière.Je ne suis pas seul à me méfier du visage souriant de Kennedy.Joan Vennochi, chroniqueuse au Boston Globe, a noté récemment son refus de participer au comité électoral des démocrates afin de ne pas offenser certains collègues républicains.Kennedy a exprimé une ambivalence bizarre concernant la possible victoire des démocrates dans les élections de mi-mandat 2018.Oui, il aimerait que les démocrates retrouvent la majorité.Mais « est-ce qu\u2019il y aurait moyen de faire cela sans cibler certains membres [républicains] avec lesquels j\u2019entretiens des relations ?\u2026 Malheureusement, certains républicains doivent perdre.Il y a moyen de gagner sans empoisonner la capacité de travailler avec des collègues républicains».Avec une telle stratégie, on peut prévoir une majorité républicaine jusqu\u2019en 2020.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.La politique en héritage G A B R I E L P O I R I E R Étudiant au deuxième cycle, Université de Montréal e débat sur le nucléaire est le parent pauvre des préoccupa- t ions citoyennes .Et pourtant ! La nouvelle approche américaine marque un changement de paradigme, rompant avec l \u2019or thodox ie en place à Washington depuis les années 1950.Elle envisage en ef fet l\u2019impensable, soit le développement d\u2019armes nucléaires à portée limitée, opérationnelles lors de conflits localisés, ainsi qu\u2019en réponse à des menaces étrangères non nucléaires.Contrairement aux apparences, la Nuclear Posture Review 2018 (NPR), soit l\u2019évaluation du dispositif nucléaire, puisqu\u2019il propose d\u2019élargir le recours à la dissuasion et d\u2019empêcher la dépréciation de « l\u2019environnement stratégique » favorable aux États-Unis, ouvre la voie à la mésentente et aux conflits.Parmi le concert des nations, la possession de l\u2019arme atomique est réputée être une source de prestige.C\u2019est pourquoi Churchill s\u2019est refusé à en communiquer les codes à la France en 1945.Il ne pouvait se permettre de réduire le rapport de force du Royaume-Uni.Et quand Paris a entrepris ses recherches pour acquérir la bombe, c\u2019était en partie pour cette raison ; être à même de se différencier de Bonn (République fédérale d\u2019Allemagne).Mais l\u2019armement nucléaire est surtout réputé avoir refondé les bases du pouvoir politique et de l\u2019éthique militaire, en rendant moins vraisemblable, grâce à sa capacité de dissuasion, l\u2019enlisement dans la guerre (pensons aux batailles de Verdun, de la Somme et de Stalingrad, notamment).Il ne s\u2019agit pas de nier l\u2019éclosion des conflits intervenus lors des soixante-dix dernières années, mais notons que les (potentiellement) plus funestes ont pu être étouffés lorsque les intérêts fondamentaux des pays détenteurs de la bombe étaient menacés \u2014 ou quand ceux- ci démontraient d\u2019une façon crédible leur volonté à déployer leur arsenal nucléaire (la crise des missiles de Cuba, par exemple).C\u2019est du moins l\u2019avis de la NPR, qui considère le stock d\u2019armement des États-Un is comme un garant de la sécurité de l\u2019Amérique et de ses alliés.Si elle contraint à une révision, c\u2019est pour permettre aux capacités nucléaires américaines de s\u2019adapter à la complexification et à la diversification des menaces extérieures.Son inconvénient, en ce sens, est de s\u2019interdire toute forme de vulnérabilité.L\u2019intention affichée demeure la dissuasion, mais il n\u2019y a pas lieu de se méprendre : moderniser sa triade nucléaire et acquérir des « minibombes atomiques » dans l\u2019optique « d\u2019élargir [sa] gamme d\u2019options crédibles », en plus d\u2019être belliqueux, signifie une conception élargie et musclée de la dissuasion.À court et à moyen terme, le potentiel interventionnisme américain s\u2019en trouve rehaussé.À la défense des intérêts américains Compte tenu de ses accents thucydidiens \u2014 la NPR met amplement en garde contre la réassurance de la Russie et la montée de la Chine \u2014, il vise aussi, comprend-on, à enrayer le déclin des États-Unis.La Chine est à la tête de la première économie mondiale.Et puisqu\u2019elle détient la plus grande part de la dette américaine, les États- Unis sont impuissants à contenir efficacement ses progressions stratégiques et diplomatiques, tel qu\u2019en atteste le récent aménagement d\u2019une base navale chinoise à Djibouti, à proximité de l\u2019Afrique de l\u2019Est et de l\u2019océan Indien.Il est peu probable que le gouvernement Trump puisse remédier au déclin de l\u2019État américain, d\u2019autant que ses erreurs d\u2019appréciation stratégique risquent d\u2019accélérer le renforcement de la Chine \u2014 pour ne rien dire du cas des Russes, des Nord-Coréens et des Iraniens.Le dernier rapport du National Intelligence Council (2017) est limpide : « Pour le meilleur ou pour le pire, le paysage mondial qui émerge pousse à sa fin une ère de domination américaine, après la guerre froide.» La NPR découle de ce postulat.C\u2019est pourquoi l\u2019un de ses objectifs consiste à couvrir les États-Unis « contre un avenir incertain », en élargissant le rôle joué par le nucléaire dans leur stratégie de défense.Cette approche revient à asseoir le leadership américain là où il est chancelant, en complément des politiques américaines d\u2019endiguement exercées aux portes de la Russie et de la Chine.Elle ne peut donc manquer de cautionner une nouvelle course aux armements nucléaires, et non d\u2019inciter à la dissuasion, comme le permettraient une diplomatie pragmatique et une meilleure lecture des intentions adverses.Le drame est qu\u2019elle impliquera, cette fois, plusieurs nations, au-delà des superpuissances de la guerre froide, ce qui rehaussera les risques d\u2019une conflagration généralisée.La NPR est le produit d\u2019un géant aux pieds d\u2019argile \u2014 dont la supériorité militaire demeure incontestée, entendons-nous.En proposant la paix par un renforcement des outils offensifs américains, c\u2019est autant la sécurité des États-Unis qu\u2019il cherche à assurer que la cristallisation de l\u2019ordre international, tandis qu\u2019il ne dissuade en rien le renforcement de puissances révisionnistes (Russie, Chine, etc.).Pour celles- ci, la NPR représente un défi ; il y a tout lieu de penser, n\u2019en déplaise à notre sécurité collective, qu\u2019elles tenteront de le relever.ÉTATS-UNIS Le potentiel danger à surveiller du nucléaire R É J E A N B E R G E R O N Professeur de philosophie au cégep Gérald-Godin omme plusieurs, j\u2019attendais le livre du ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, avec une brique et un fanal.Mais après une lecture attentive, je dois dire que j\u2019ai été agréablement surpris par certaines de ses prises de position.Évidemment, je n\u2019appuie pas les idées du ministre au su jet de l\u2019école privée, de l\u2019évaluation des enseignants et sur la création d\u2019un ordre professionnel.Mais je ne veux pas m\u2019attarder à tout ceci ; d\u2019autres en ont fait la critique jusqu\u2019à maintenant.Ce que j \u2019ai eu le plaisir de constater dans ce livre, c\u2019est l\u2019importance que le ministre accorde à la transmission d\u2019une culture générale qui s\u2019appuie sur des connaissances solides et approfondies pour la formation de l\u2019élève, de l\u2019étudiant, du futur citoyen ; en somme, pour la formation d\u2019un être humain éclairé et libre.La culture générale, nous dit-il, est «essentielle pour rester connecté à l\u2019humain», elle représente «cette clé qui nous donne accès au monde».Loin d\u2019être une chose inerte, la culture «est vivante et transforme profondément la personne qui la possède», en plus d\u2019être «le seul contrepoids solide à l\u2019intelligence artificielle».Il va plus loin en affirmant que la formation générale est nécessaire si le système d\u2019éducation se donne comme objectif de former non pas de s imples « compé - tents », mais bien des « savants compétents » qu i sauront vo ir plus loin que leurs champs de spécialisation.Bien qu\u2019il en appelle à la fin de cette opposition stérile entre connaissances et compétences, rapidement il précise que, pour mettre en œuvre ces dernières, l\u2019élève doit, a priori, avoir des connaissances, que celles-ci sont essentielles pour mobiliser ces fameuses compétences, d\u2019où la nécessité d\u2019une revalorisation de la culture générale.Manque de rigueur En fait, en insistant ainsi sur l\u2019importance de transmettre des connaissances rigoureuses aux élèves tout en leur donnant une formation générale solide, le ministre en profite par la même occasion pour distribuer quelques taloches à son ministère, qui selon lui souffre depuis quelques années d\u2019un déficit de crédibilité.Bien que d\u2019une façon voilée, il suggère que la réforme de l\u2019éducation entreprise dans les années 2000 est allée trop loin, qu\u2019il faudra mettre un terme aux « ef fets collatéraux » qu\u2019elle a engendrés et qu\u2019il serait grand temps de revenir à l\u2019essentiel, c\u2019est-à-dire aux fondamentaux : lire, écrire, connaître.Voyez ce qu\u2019il affirme : «À l\u2019aube des années 2000, le système scolaire a connu un changement de cap avec la réforme du programme d\u2019éducation.Cette réforme, en centrant ses approches pédagogiques sur l\u2019élève et sur son rôle actif dans la constr uction des connaissances, a marqué une évolution dans la conception de l\u2019éducation.Les limites de cette approche ont toutefois été soulignées par plusieurs qui ont en même temps appelé à une réhabilitation du rôle central de l\u2019enseignant dans les apprentissages.» Il faut comprendre, et je m\u2019en réjouis, que le ministre fait partie de ces derniers, de ceux qui pensent qu\u2019il est temps de revenir au paradigme de l\u2019enseignement axé sur la transmission structurée et explicite de connaissances solides.« Je fais le pari que, si l\u2019on renverse notre conception actuelle et qu\u2019on valorise une formation générale commune forte, nous aurons des concitoyens plus instruits», affirme le ministre.Il faut, ici, le prendre au pied de la lettre.Il parle bien de « renverser » la conception actuelle de l\u2019éducation, celle introduite par la réforme.Ailleurs et à plus d\u2019une reprise, il écrit qu\u2019il « faudra inévitablement s\u2019engager dans une démarche de révision du régime pédagogique, notamment pour y revoir les contenus», et ce, en mettant l\u2019accent sur la culture générale.Un peu à la manière du ministre français de l\u2019Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, qu\u2019il dit d\u2019ailleurs avoir rencontré, Sébastien Proulx propose dans ce livre un système d\u2019éducation centré sur la transmission d\u2019une culture générale et fondamentale qui fait appel à l\u2019enseignement explicite de disciplines comme l\u2019histoire et la littérature et qui s\u2019appuie sur l\u2019acquisition des fondamentaux incontournables que représente le fait de savoir bien lire et bien écrire.[\u2026] Mais qu\u2019adviendra-t-il de toutes ces belles intentions ?Probablement pas grand-chose.Étant donné que le gouvernement libéral a toutes les chances d\u2019être défait aux prochaines élections, le livre du ministre Sébastien Proulx prendra alors rapidement les allures d\u2019un simple testament politique.Ainsi, les fonctionnaires du ministère de l\u2019Éducation pourront continuer de faire rouler la machine à leur manière, comme ils l\u2019ont pas mal toujours fait dans le passé, et ce, peu importe les « ef fets collatéraux » que leurs lubies pédagogiques peuvent engendrer dans la tête des jeunes générations.Il reste à espérer que les partis de l\u2019opposition reprendront à leur compte cette conception humaniste que le ministre tente de ramener au-devant de la scène, bien que d\u2019une manière prudente et encore trop timide.Voilà un enjeu sur lequel ils devront se prononcer aux prochaines élections.ÉDUCATION Une critique à peine voilée de la réforme Retour sur le livre du ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx JOHN R.MACARTHUR JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Le ministre a fait paraître ces derniers jours son essai Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire.L C L E D E V O I R , L E L U N D I 5 M A R S 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S sources humaines.Il a imposé certaines mesures conditionnelles à son financement, renouvelé pour un an seulement plutôt que deux.Observateur externe bien au fait de l\u2019encadrement habituel de la recherche, le professeur Éric Lucas, responsable du Laboratoire de lutte biologique de l\u2019UQAM, a lui aussi fait part de ses inquiétudes au MAPAQ, d\u2019où provient le financement du CEROM.Il craint « la perte d\u2019une précieuse expertise entomologique » au centre avec les démissions répétitives.« C\u2019est une situation inexplicable dans un centre financé en grande partie par des fonds publics.» Le financement public du CEROM pour chacune des trois dernières années s\u2019élève à au moins 2 millions de dollars par année, ce qui représente entre 60 et 70 % du financement total du centre.Le reste vient de fonds de recherches fédéraux, des Producteurs de grains du Québec et de la Coop fédérée.Contradictions Nos sources, qui requièrent toutes l\u2019anonymat par crainte de représailles, rapportent comment s\u2019exprimaient les tensions autour des conclusions des recherches du CEROM.Des chercheurs qui se penchaient plus spécifiquement sur les effets \u2014 désirables et indésirables \u2014 des pesticides néonicotinoïdes étaient carrément avertis de ne pas « faire trop d\u2019efforts » pour diffuser leurs recherches et de ne pas parler aux journalistes sans un processus fastidieux d\u2019approbation.D\u2019autres racontent avoir été découragés de publier dans des revues scientifiques, un processus habituellement encouragé partout ailleurs dans le milieu.Un collaborateur à une recherche raconte avoir été avisé à la dernière minute que le budget ne serait pas débloqué pour payer une telle publication, pourtant prévue au budget initial.Un candidat à l\u2019embauche relate quant à lui sa stupéfaction lorsque le comité d\u2019embauche l\u2019a averti que le poste de chercheur convoité ne prévoyait pas l\u2019écriture de ce genre d\u2019article.Un programme du MAPAQ est pourtant spécifiquement destiné à «encourager la publication d\u2019articles dans les revues scientifiques avec les résultats issus des projets soutenus financièrement », écrit-on au Devoir.Le conseil d\u2019administration du CEROM est composé de 11 membres, dont 5 de l\u2019industrie agricole.Il compte aussi le directeur général par intérim du CEROM.Toutes les sources consultées parlent particulièrement du président du conseil d\u2019administration, Christian Overbeek, à qui ils reprochent de contredire les études du CEROM et d\u2019exercer des pressions.Les résultats obtenus par deux des chercheurs, reconnus dans le milieu en matière de « néonics », ont été contredits publiquement, à plusieurs reprises, par M.Overbeek.Connu pour sa défense des semences enrobées de cet insecticide, il est lui-même producteur de grains, président des Producteurs de grains du Québec, inscrit comme lobbyiste à Québec et siégeait à la Financière agricole en date de mars 2017.«Les néonics ne tuent pas les abeilles», écrivait M.Overbeek dans une lettre publiée dans Le Devoir l\u2019été dernier.Cette position contredit non seulement celle du MAPAQ, qui reconnaît que « la mortalité accrue des colonies d\u2019abeilles observée ces dernières années serait liée, entre autres causes, à l\u2019utilisation systématique des pesticides de la famille des néonicoti- noïdes », mais elle est aussi en contradiction avec le consensus scientifique mondial, ainsi que les recherches du CEROM.La toxicité des néonicotinoïdes pour les pollinisateurs n\u2019est en ef fet plus remise en question ; sont plutôt contestés les autres facteurs de mortalité chez les abeilles et les solutions à mettre en œuvre.Contacté par Le Devoir, M.Overbeek nie se placer en contradiction avec les résultats obtenus au CEROM.«Quand l\u2019utilisation des néoni- cotinoïdes est faite en lien avec ce qui est écrit sur l\u2019étiquette, ça n\u2019amène pas de dommages au niveau des abeilles.» Il affirme que les projets y sont menés « en fonction des attentes exprimées par le ministère de l\u2019Agriculture ».« Le C.A.gère ces élé- ments-là et remet le mandat d\u2019exécution à la direction », ajoute-t-il.Il affirme aussi ne jamais avoir discuté en conseil de restrictions en matière de publication scientifique.«Je ne fais qu\u2019apporter des nuances que tout agronome a droit d\u2019apporter sur des travaux de recherche.J\u2019ai fait des recherches personnellement sur des études comparées, avec ou sans l\u2019utilisation des néonicotinoïdes sur 175 hectares durant deux saisons de végétation.C\u2019est sûr que c\u2019est moins que ce qui a été colligé au sein du CEROM, mais chacun amène des conclusions en fonction de ce qui se passe pour chacune de nos entreprises», s\u2019explique-t-il.À l\u2019été 2016, il aurait ouvertement discrédité les résultats de recherche sur les néonicoti- noïdes du CEROM devant le personnel de recherche, des membres du conseil d\u2019administration et des fonctionnaires du ministère.« Ces recherches-là, ça vaut ce que ça vaut », aurait dit en substance le président du C.A.devant une vingtaine de personnes, rapportent deux témoins au Devoir.«Le seul souvenir que j\u2019ai de cette activité est qu\u2019aucun des chercheurs ne participait », ré- pond-il, puisque les chercheurs avaient boycotté cet événement annuel.«Laxisme» « Le problème n\u2019est pas de contredire les recherches d\u2019ailleurs, mais celles-là même qui sont faites dans son propre centre.C\u2019est ça qui est inquiétant », résume l\u2019un des employés qui sont partis.Le professeur Éric Lucas s\u2019interroge en outre sur le fait qu\u2019un président du conseil d\u2019administration d\u2019un centre de recherche financé en majorité par des fonds publics «puisse déclarer d\u2019une part dans les médias que les néonicoti- noïdes n\u2019ont pas d\u2019effets sur les abeilles, alors qu\u2019une série d\u2019études, y compris celles au Québec, démontrent clairement le contraire ».Le domaine de l\u2019agroenvironnement en général semblait «déranger profondément certains membres du conseil d\u2019administration», rapporte un autre ex-employé, qui a accepté d\u2019en parler à condition de préserver son anonymat, craignant des représailles « dans un si petit milieu que l\u2019agriculture au Québec».Même son de cloche chez un autre chercheur qui a quitté le CEROM : «Je me faisais dire : \u201con n\u2019aime vraiment pas ça que tu travailles là-dedans, et on aimerait mieux que tu ne travailles pas là-dedans\u201d.» Lors d \u2019une rencontre avec le personnel, M.Overbeek, aurait déclaré : «On n\u2019est pas en agroenvironnement», rapportent deux sources.L\u2019agroenvironnement est pourtant la mission principale du programme Prime-Vert, qui finance 11 projets sur 21 actuellement appuyés par le MAPAQ.Questionné sur cette déclaration, M.Over- beek a d\u2019abord affirmé au Devoir ne pas avoir été présent à cette rencontre.Puis, il a ensuite indiqué que ces rencontres devaient rester «entre les personnes concernées par la discussion».Interrogé par Le Devoir sur les mesures mises en place face à cette crise, le MAPAQ répond avoir imposé l\u2019embauche d\u2019un cadre in- terméd ia ire pour permettre au CEROM « d\u2019améliorer la situation au niveau des ressources humaines ».Le directeur en place depuis 2010 a été congédié en février dernier après une réunion à huis clos du conseil d\u2019administration, mais on ignore s\u2019il s\u2019agit d\u2019une exigence du ministère.Le MAPAQ s\u2019en remet entièrement aux règlements généraux et à la régie interne quant aux actes du conseil d\u2019administration.Du «laxisme» selon plusieurs sources ou carrément «sous influence », prétendent deux des témoins.Le conseil d\u2019administration est libre de sa composition, puisque le CEROM est un OBNL, donc un organisme privé.En agriculture, il n\u2019est pas rare que l\u2019industrie et les producteurs agricoles participent au financement de la recherche.Alors que nous menions nos recherches, le CEROM a dif fusé un communiqué jeudi dernier, réitérant « l\u2019importance de sa mission » : « Le conseil d\u2019administration identifie les thématiques de recherche jugées prioritaires.La recherche scientifique est réalisée de manière indépendante », y écrit la nouvelle direction.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 PESTICIDES ISTOCK Le président du conseil d\u2019administration du CEROM nie contredire les résultats obtenus par ce centre au sujet des pesticides néonicotinoïdes et leurs ef fets sur les abeilles.Lanaudière, dans la couronne nord de Montréal.C\u2019est une région décrite comme « fortement défavorisée ».Les jeunes éprouvent de plus en plus de problèmes de santé mentale, comme l \u2019an - xiété ou la dépression.Le décrochage est si important \u2014 et le taux de chômage si faible \u2014 que les entreprises parviennent dif ficilement à recruter des employés qualifiés.Près d\u2019un garçon sur deux de la Commission scolaire des Samares, dans Lanau- dière, n \u2019a toujours pas de diplôme sept années après le début de ses études secondaires.Chez les filles, c\u2019est une sur trois qui n\u2019a pas de diplôme.Pour renverser la tendance, le Carrefour jeunesse emploi a réussi à rallier toute la région (écoles, municipalités, ministères, entreprises, députés, etc.) pour accompagner les jeunes de leur naissance jusqu\u2019à 35 ans.Tous ces acteurs locaux sont regroupés dans une «grappe éducative» inspirée de la Silicon Valley.Le but : s \u2019assurer que les nouveau-nés par tent du bon pied, inciter les enfants à rester à l\u2019école au moins jusqu\u2019à 18 ans et aider les jeunes adultes à trouver un emploi.« L\u2019accompagnement commence avant même la naissance des enfants : on s\u2019assure qu\u2019une infirmière rencontre toutes les femmes enceintes », explique Jean Pilotte.De la naissance jusqu\u2019à l\u2019âge de deux ans, les poupons et leur mère seront examinés tous les mois par une infirmière du CLSC.Il s\u2019agit de repérer très tôt tout trouble de langage, de développement ou de compor tement .Et de le corriger.La même rigueur est de mise durant tout le parcours scolaire des enfants.La municipalité de Saint-Lin ouvre même les portes de l\u2019hôtel de ville trois soirs par semaine pour accueillir les élèves de l\u2019école secondaire locale qui ont besoin de tutorat.Un enseignant est sur place.Un autobus jaune emmène gratuitement les enfants à l\u2019hôtel de ville.La recette gagnante « Il faut agir contre le décrochage, sinon on va se heurter à un mur pour recruter des employés qualifiés.On commence à avoir des difficultés à embaucher », dit Martin Per- reault, vice-président chez Meubles JC Perreault, établi à Saint-Roch-de-l\u2019Achigan.Le professeur Égide Royer a été embauché comme consultant pour con seiller la « grappe éducative » sur les meilleures mesures à mettre en place pour contrer le décrochage.La recette est simple, selon lui : étendre la maternelle 4 ans à l\u2019ensemble des jeunes \u2014 pour détecter tôt dans la vie de l\u2019enfant les troubles de langage ou de développement \u2014 et rendre l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans.« Ça devient extrêmement gênant et même un problème d\u2019éthique de ne pas élargir la maternelle 4 ans à tous les enfants du Québec.Il est prouvé que la maternelle 4 ans peut changer l\u2019avenir d\u2019un enfant », dit Égide Royer.Le ministre Sébastien Proulx affirme dans son livre, publié la semaine dernière, qu\u2019il veut faire de l\u2019éducation une véritable priorité nationale.Il doit passer de la parole aux actes et mener une campagne incessante auprès du premier ministre pour obtenir des fonds pour les écoles, estime Gérald Bou- tin, de l\u2019UQAM.« Les écoles débordent et l\u2019encadrement des élèves en difficulté est déficient à cause du manque de professionnels comme les orthopédagogues ou les psychoéducateurs.Ce n\u2019est pas de nature à aider la persévérance scolaire », dit-il.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DIPLÔMES «Les agonistes contrecarrent les symptômes de sevrage et la sensation de manque tout en permettant au cerveau de fonctionner normalement.La personne peut alors reprendre le contrôle de sa vie et sortir du cycle infernal de recherche d\u2019argent et de drogue», explique la Dre Bruneau.Les lignes directrices recommandent fortement de commencer le traitement par la bupré- norphine-naloxone, mieux connu sous le nom commercial de suboxone, en raison de son profil d\u2019innocuité supérieur aux autres agonistes, dont la métha- done, et de la possibilité d\u2019emporter les doses à domicile.Le suboxone se compose de bupré- norphine et de naloxone.« La buprénorphine est un agoniste par tiel, c\u2019est-à-dire qu\u2019il a un effet plafond, ce qui fait qu\u2019il est plus dif ficile de faire une surdose avec ce médicament.Il est donc beaucoup plus sécuritaire que la métha- done», précise la spécialiste en toxicomanie.La naloxone, que l\u2019on administre lors de surdose, est pour sa part un antagoniste qui bloque les récepteurs opioïdes.«Elle a une plus grande affinité pour les récepteurs opioïdes que l\u2019héroïne.Elle déplace donc l\u2019héroïne qui est liée aux récepteurs, et bloque l\u2019effet de l\u2019héroïne, ce qui entraîne le réveil du patient, mais induit les symptômes du sevrage et la sensation de manque », indique la Dre Bru- neau qui est professeure au département de médecine familiale et de médecine d\u2019urgence de l\u2019Université de Montréal.«La naloxone a été introduite dans les comprimés de su- boxone que l\u2019on met sous la langue pour empêcher les patients de se les injecter.Si la personne prend le suboxone comme il se doit sous sa langue, la naloxone n\u2019aura aucun effet parce qu\u2019elle n\u2019est pas absorbée par les muqueuses.Par contre, si elle l\u2019écrase et se l\u2019injecte, la naloxone exercera son effet antagoniste, et le patient ressentira les symptômes du sevrage », souligne la Dre Bruneau.La buprénorphine n\u2019est toutefois pas efficace pour certaines personnes, dont la consommation d\u2019opioïdes est plus importante et plus ancienne.Les lignes directrices recommandent alors d\u2019opter pour la métha- done, un agoniste complet qui fonctionnera mieux chez les consommateurs ayant besoin de grosses doses d\u2019opioïdes.«La méthadone est toutefois beaucoup moins sécuritaire.Une dose de méthadone pourrait tuer quelqu\u2019un qui a une faible tolérance.De plus, elle est plus susceptible d\u2019interagir avec d\u2019autres médicaments, tels que des antirétroviraux, des antibiotiques et certains antidépresseurs, et ces interactions peuvent induire des effets secondaires, notamment cardiaques.Au Québec, une exemption est nécessaire pour pouvoir prescrire la méthadone.Elle est administrée en liquide par la bouche devant le pharmacien», détaille la Dre Bruneau avant d\u2019ajouter qu\u2019il y a une minorité de personnes qui sont allergiques aux deux médicaments ou qui n\u2019y sont pas sensibles.Pour ces personnes, « la morphine à libération prolongée sous forme orale est une solution de rechange citée dans la littérature».Sevrage complet proscrit Les lignes directrices proscrivent le sevrage complet et rapide (en moins d\u2019un mois), qui consiste à diminuer la dose de méthadone tous les jours jusqu\u2019à ce que la personne n\u2019en prenne plus du tout.La littérature scientifique confirme que cette approche rend les personnes à risque élevé de rechute, voire de décès par surdose, ainsi que de transmission de l\u2019hépatite C et du VIH.«Les personnes en sevrage sont extrêmement malades.Elles vont faire n\u2019importe quoi pour obtenir leur drogue parce que c\u2019est intolérable.Mais si elles ont arrêté de consommer pendant deux à trois semaines, leur tolérance a diminué, la dose dont elles auraient besoin est moindre.Mais comme elles sont très impatientes de se soulager, elles consommeront souvent une dose semblable à celles qu\u2019elles prenaient avant le sevrage, ce qui sera trop élevé et susceptible de provoquer une surdose.L\u2019autre danger est qu\u2019elles risquent de partager des seringues et ainsi de contracter le VIH ou l\u2019hépatite C», explique la Dre Bruneau.Ces lignes directrices sont importantes pour ouvrir un dialogue sur nos pratiques, car le sevrage complet et rapide est pratiqué dans plusieurs centres de thérapie au Canada.«Plusieurs valorisent cette approche en faisant avoir que la personne n\u2019aura plus à prendre un médicament toute sa vie comme une béquille, mais nous la déconseillons fortement», déclare la médecin.« Certains patients qui suivent un programme à la métha- done ou la buprénorphine voudront un jour cesser complètement de prendre ce médicament, mais nous recommandons d\u2019y aller lentement pour que le cerveau ait le temps de se réorganiser.Tranquillement dans les années qui suivent le début du traitement, alors qu\u2019elles se réorganisent, retournent à l\u2019école, changent d\u2019amis et sortent du milieu [de la drogue], on pourra alors commencer à réduire les doses de méthadone, pour changer à terme pour la buprénorphine, qui provoque moins d\u2019effets secondaires, ou diminuer complètement la méthadone.On peut en arriver à un sevrage complet comme ça», indique la chercheuse.Diminuer les doses Environ la moitié des patients qui vont bien arrivent à se sevrer complètement sur des périodes de quelques années.L\u2019autre moitié parvient à diminuer les doses de médicaments jusqu\u2019à un plateau en dessous duquel ils ne sont pas bien, «peut-être parce que leur cerveau n\u2019a pas réussi à se réorganiser ou à reproduire ses endorphines ou à modifier ses récepteurs.On ne le sait pas trop».Ces patients font alors le choix de prendre une petite dose de leur médicament ago- niste pour demeurer stables, « sinon ils devront prendre un antidépresseur et un anxioly- tique pour s\u2019endurer.Ils ne possèdent plus les critères de la toxicomanie et ils ressemblent alors à d\u2019autres patients qui doivent prendre leur médicament contre une maladie chronique, comme l\u2019hypertension ou le diabète.» « Quand les personnes qui souffrent de diabète de type 2 perdent leur surplus de poids, certains pourront cesser de s\u2019injecter de l\u2019insuline.Mais d\u2019autres auront toujours besoin de ce médicament, en moins grosses doses toutefois », explique la spécialiste.Les lignes directrices insistent aussi sur le fait que l\u2019on devrait of frir aux toxicomanes, qui ont souvent plusieurs difficultés dans leur vie, un suivi psychosocial, mais ce dernier «ne devrait jamais être obligatoire pour avoir accès au traitement, car pour plusieurs, la médication seule fonctionne», souligne la Dre Bruneau, qui espère par ailleurs que ces lignes directrices inciteront les médecins de première ligne à prendre en charge les personnes ayant des problèmes de dépendance aux opioïdes, « qui ne sont pas toutes des cas complexes», afin qu\u2019elles «aient accès à notre réseau de la santé un peu plus facilement».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SANTÉ «Il faut agir contre le décrochage, sinon on va se heurter à un mur pour recruter des employés qualifiés» Les personnes en sevrage sont extrêmement malades.Elles vont faire n\u2019importe quoi pour obtenir leur drogue parce que c\u2019est intolérable.La Dre Julie Bruneau, au sujet des patients en sevrage de méthadone « » "]
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