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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-03-08, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 5 0 L E D E V O I R , L E J E U D I 8 M A R S 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a L\u2019éveil des consciences par la culture.La chronique d\u2019Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.B 2 Décès.B 4 Météo.B 6 Mots croisés.B 6 Petites annonces .B 4 Sudoku.A 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Neil Young, géant du folk, sera au Festival d\u2019été de Québec Page B 8 Acier et aluminium Le bras de fer se poursuit Page B 1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Année après année, les femmes prennent la rue le 8 mars, Journée internationale des femmes, l\u2019occasion de faire le point sur la lutte pour l\u2019égalité.Cette année, cette journée a une saveur toute particulière avec le mouvement de dénonciation publique des agressions sexuelles.L I S A - M A R I E G E R V A I S «E nfin.» Le mot est prononcé \u2014 soupiré, presque \u2014 par Léa Clermont- Dion, l \u2019une des instigatrices de la déclaration #Et- Maintenant en soutien aux victimes de violences sexuelles.Il résume bien son sentiment cinq mois après l\u2019affaire Weinstein, qui a déclenché une vague de dénonciations publiques d\u2019agressions de toutes sortes rassemblées sous le mouvement #MoiAussi (#MeToo).Ça pourrait tout aussi bien être le mot « révolution », comme le montre son enthousiasme.« Je ne sais pas si les gens le réalisent, mais on est dans un changement historique et social extraordinaire, qui peut s\u2019apparenter à une révolution», lance l\u2019animatrice, au- teure et militante féministe.Une révolution réelle et profonde, « tout aussi considérable que le mouvement pour l\u2019avortement ».Un mot qu\u2019hésite toutefois à employer le professeur en sociologie à l\u2019UQAM et spécialiste des mouvements sociaux et des contestations Marcos Ancelovici.« À moyen et long terme, on pourra peut-être parler de révolution, mais en sciences sociales, [celle-ci] suppose une transformation en profondeur des str uctures sociales, des institutions.On n\u2019est pas rendu là.» #MOIAUSSI La honte a changé de camp Certains parlent d\u2019une révolution, d\u2019autres d\u2019une révolte ; chose certaine, le mouvement est porteur d\u2019un nouvel ordre des choses 8 mars \u203a Agressions Les limites de la dénonciation Page A 4 Élections Viser la parité dans les candidatures Page A 5 Violence 25 millions pour prévenir et guérir Page A 5 Consensus Sortir la sexualité des zones grises Page A 5 VOIR PAGE A 8 : #MOIAUSSI M A R I E - M I C H È L E S I O U I M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondants parlementaires à Québec L\u2019 étude alarmante sur la hausse de rémunération et la baisse de productivité des médecins ne sera pas la dernière à être produite par le Commissaire à la santé et au bien-être (CSBE) si les libéraux perdent l\u2019élection d\u2019octobre 2018, puisque tous les partis d\u2019opposition se sont engagés mercredi à réinstituer ce chien de garde du système de santé québécois s\u2019ils accèdent au pouvoir cet automne.C\u2019est le CSBE qui a financé l\u2019étude ayant révélé, mardi, que l\u2019enveloppe de rémunération des médecins a doublé entre 2006 et 2015, sans que cela entraîne une amélioration des soins aux patients québécois.Or cet organisme public a été aboli l\u2019an dernier par le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, 12 ans après sa création par Phi l ippe Coui l lard, qui l\u2019avait présenté comme un « gage de transparence » et une façon de « dépolitiser » le système de santé.« Nous remettrons en place l\u2019organisme qui a permis de révéler les dérapages de la rémunération des médecins », a af firmé le Par ti québécois.« Un ministre de la Santé sage et responsable ne devrait pas avoir peur des conséquences de ses décisions sur le système de santé », a affirmé la députée Diane Lamarre.Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a pris le même engagement.« Je pense que c\u2019est nécessaire d\u2019avoir un œil indépendant », a-t-il fait valoir.« Il faut absolument un organisme externe, tout à fait indépendant, qui puisse se pencher sur les meilleures pratiques.La preuve vient d\u2019en être faite », a ajouté l\u2019élu solidaire Amir Khadir.Le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), Louis Go- din, a témoigné de l\u2019importance «d\u2019avoir un regard le plus objectif possible sur les résultats qu\u2019on voudrait atteindre et les résultats qu\u2019on a atteints ».« Est-ce que ça doit être fait par le Commissaire à la santé, est-ce que ça doit être Le poste de commissaire à la santé doit être rétabli, dit l\u2019opposition A L E X A N D R E S H I E L D S Malgré des investissements qui devraient dépasser les quatre milliards de dollars de fonds publics, le Plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques du gouvernement Couillard permettra seulement de «stabiliser» les émissions de gaz à effet de serre du Québec.C\u2019est ce que conclut le bilan «mi-parcours» de ce programme, obtenu par Le Devoir.Le gouvernement du Québec s\u2019est engagé à réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la province d\u2019ici 2020 par rapport au niveau de 1990.Or, les plus récentes données disponibles, qui remontent à 2014, indiquent que le taux de réduction atteignait alors 8 %, mais aussi que ce bilan ne montrait «pas de progression globale significative dans les réductions d\u2019émissions de GES réalisées au Québec».« Ceci laisse entrevoir qu\u2019un effort substantiel de réduction d\u2019émissions de GES est nécessaire d\u2019ici 2020 pour maximiser les réductions d\u2019émissions de GES réalisées au Québec.Selon ces projections, les efforts de réduction déjà prévus permettraient uniquement de stabiliser les émissions de GES d\u2019ici 2020 », peut-on lire dans le bilan mi-par- cours du Plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC 2013-2020).Ce document, produit par le ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, est daté de 2017, mais il n\u2019a toujours pas été publié.Cette stagnation des réductions de GES dans la province « s\u2019explique par la tendance à la hausse des émissions découlant notamment de la croissance démographique et économique du Québec et par certaines tendances lourdes dans le choix des modes de déplacement », ajoutent les auteurs de ce rapport de près de 80 pages dont Le Devoir a obtenu copie.Certes, le PACC 2013-2020 génère des réductions d\u2019émissions.Mais même en y ajoutant des mesures du gouvernement fédéral « à venir », « le risque que les réductions d\u2019émissions de GES réalisées au Québec soient moins importantes qu\u2019on le souhaitait est présentement significatif si aucune mesure additionnelle n\u2019est [prise] d\u2019ici 2020 ».Pour éviter que le Québec soit forcé de se tourner vers des achats importants de crédits d\u2019émissions sur le marché du carbone \u2014 qui pourraient atteindre près de 10 millions de tonnes par année \u2014, le bilan gouvernemental insiste sur la nécessité d\u2019un « renforcement important » du plan actuel.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui serait prévu, afin de « maximiser » les réductions au Québec d\u2019ici deux ans.«De surcroît, la nécessité de réduire le plus possible les émissions en sol québécois prend une importance accrue depuis que le Québec s\u2019est doté, en 2015, de cibles et d\u2019objectifs encore plus ambitieux pour 2030 et 2050, dont l\u2019atteinte exige la décarbonisation de son économie », rappelle le rapport.L\u2019objectif de réduction des RÉDUCTION DES GES Les efforts du Québec restent insuffisants Si rien de plus n\u2019est fait, les émissions polluantes ne pourront être que stabilisées d\u2019ici 2020, selon un rapport d\u2019étape VOIR PAGE A 8 : GES VOIR PAGE A 8 : SANTÉ L\u2019étude sur la rémunération des médecins est inutile, dit le ministre de la Santé, Gaétan Barrette La croissance démographique et économique et les modes de transport expliquent le retard du Québec L E D E V O I R , L E J E U D I 8 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Violences à caractère sexuel sur les campus : la loi 151 va-t-elle assez loin ?Que pensent les diverses parties concernées de cette loi ?Les mesures prévues sont-elles adéquates ?Assureront-elles aux victimes le soutien et le suivi nécessaires ?Jeudi 22 mars 2018, à 18 h Salle Marie-Gérin-Lajoie du pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Sainte-Catherine Est, local J-M400 (niveau métro), métro Berri-UQAM Prix : 12 $ à la porte (étudiants : gratuit sur présentation d\u2019une preuve) LE DEVOIR DE DÉBATTRE Animé par la directrice de l\u2019information du Devoir Marie-Andrée Chouinard Rachel Chagnon Professeure, Département des sciences juridiques, UQAM, et directrice de l\u2019Institut de recherches et d\u2019études féministes Hélène David Ministre responsable de l\u2019Enseignement supérieur et ministre responsable de la Condition féminine Mélanie Lemay Cofondatrice de Québec contre les violences sexuelles Jessica Nadeau Journaliste au Devoir Sandrine Ricci Sociologue, membre de l\u2019équipe ESSIMU (UQAM), coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes J A C Q U E S N A D E A U O ttawa \u2014 Le Canada étudie une série de mesures pour resser rer l \u2019accès aux armes à feu au pays.Ces changements permettraient notamment aux autorités d\u2019identifier plus rapidement ceux qui ne devraient pas posséder d\u2019armes, notamment en raison d\u2019une maladie mentale ou d\u2019un comportement violent.Une note interne obtenue en vertu de la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information explique que le gouvernement libéral présentera bientôt un projet de loi afin de respecter ses promesses électorales en ce qui concerne l\u2019accès aux armes, y compris une vérification «améliorée» des antécédents de ceux qui souhaitent se procurer une arme de poing ou une autre arme restreinte.La note indique que le gouvernement pourrait aller encore plus loin en renforçant la vérification de ceux qui possèdent déjà des armes, dans le but de permettre aux autorités de réévaluer plus rapidement leur admissibilité à détenir un permis.L\u2019accès aux armes à feu fera partie des questions discutées dans le cadre d\u2019un sommet national sur la violence liée aux armes à feu et aux gangs mercredi à Ottawa.Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goo- dale, présidera cette rencontre, au moment où des données jettent un éclairage troublant sur la situation.Le nombre de meurtres commis avec des armes à feu a bondi de 44 % entre 2015 et 2016, à 223 morts.Il s\u2019agissait de la troisième hausse annuelle consécutive.On a recensé 141 meurtres associés aux gangs en 2016, soit 45 de plus que l\u2019année précédente.Les introductions par ef fraction pour voler des armes sont aussi en hausse.Les données fédérales démontrent que 2223 permis d\u2019armes à feu ont été révoqués en 2016.La note interne rappelle que des professionnels comme des médecins et des thérapeutes peuvent informer la police s\u2019ils croient qu\u2019un individu ne devrait pas posséder d\u2019armes.Elle souligne également une loi québécoise qui impose aux employés de garderies, d\u2019écoles et de centres de tir de rapporter de tels individus aux autorités.La Presse canadienne SÉCURITÉ PUBLIQUE Le gouvernement fédéral veut resserrer l\u2019accès aux armes à feu C A R O L I N E S T - P I E R R E D es itinérants alcooliques pourraient bientôt bénéficier d\u2019une ressource d\u2019accueil leur permettant de boire dans un environnement contrôlé à Montréal.Des centaines de sans-abri souffrant d\u2019une dépendance à l\u2019alcool continuent de dormir dans les rues de la métropole, faute de ressources pouvant accueillir les personnes intoxiquées, selon la Ville.Après avoir rencontré une centaine de personnes de la rue l\u2019été dernier, la métropole n\u2019a eu d\u2019autre choix que d\u2019admettre que des services s\u2019adressant spécifiquement aux itinérants alcooliques étaient devenus nécessaires.La Ville souhaite donc lancer en 2019 un projet-pilote de ressource d\u2019accueil «avec consommation contrôlée» \u2014 aussi appelée « wet services » ou « wet shelter» \u2014 s\u2019adressant spécifiquement à ce type de clientèle.L\u2019objectif de ces ressources ne sera pas de faire cesser la consommation, mais plutôt d\u2019aider ces personnes itinérantes « à contrôler et à réduire la consommation pour qu\u2019elles puissent au moins être fonctionnelles, et surtout, être ailleurs que dans la rue », indique le commissaire aux personnes en situation d\u2019itiné- rance à la Ville de Montréal, Serge Lareault.Ce projet, dont les détails seront révélés dans les prochaines semaines, s\u2019inscrit dans le Plan d\u2019action montréa- lais en itinérance 2018-2020 présenté mercredi par la mai- resse Valérie Plante.« Il y a des clientèles qui ne vont pas dans les refuges, note M.Lareault.On a fait des entrevues dans les parcs, dans les espaces publics avec eux et la grande majorité nous ont dit que c\u2019était la toxicomanie, l\u2019alcoolisme, les troubles de santé mentale qui font qu\u2019ils ne peuvent être enfermés pendant 10 heures dans un refuge.Ils ont besoin d\u2019un lieu adapté à leur condition.» La responsable du développement social et communautaire et de l\u2019itinérance au comité exécutif de la Ville de Montréal, Rosannie Filato, explique qu\u2019un projet est déjà en chantier, en collaboration avec le CIUSSS du Centre-Sud-de- l\u2019Île-de-Montréal, afin de déterminer la nature des besoins dans ce domaine.On étudie notamment les différents modèles déjà proposés ailleurs au Canada, plus précisément à Ottawa et à Toronto.Des propositions semblables existent également en Australie, à Manchester et à Seattle, souligne la Ville.«On sait que les wet services, les wet shelters ont des ef fets positifs.On a vu le lien, il y a moins de visites à l\u2019hôpital, par exemple, il y a moins d\u2019interventions de la part du SPVM, il y a moins de journées en refuge, donc ça a des effets positifs.C\u2019est la raison pour laquelle on va avoir un projet-pi- lote d\u2019ici 2019, c\u2019est cer tain, puis on va voir si on a un besoin au-delà du projet-pilote », précise Mme Filato La responsable ne pouvait pour le moment confirmer si la ressource montréalaise fournira de l\u2019alcool aux itinérants alcooliques, comme on le fait ailleurs.Inspiré par Ottawa Du côté de l\u2019Accueil Bon- neau, qui of fre des ser vices aux itinérants, mais où les personnes intoxiquées ne peuvent avoir accès aux lits, on s\u2019est montré ravi par cette proposition de la Ville.« C\u2019est une clientèle qui est laissée à elle-même dans les espaces publics et qui a de grands besoins.Ces gens-là ne paieront pas un loyer parce que leur priorité, c\u2019est la consommation d\u2019alcool.Le problème de dépendance est trop fort.On a besoin d\u2019adapter des services pour les soutenir, mais l\u2019idée, c\u2019est d\u2019avoir un encadrement de la consommation d\u2019alcool, un encadrement au niveau médical », estime Aubin Boudreau, directeur général de l\u2019Accueil Bon- neau, où avait lieu la conférence de presse de Valérie Plante et son équipe.M.Boudreau s\u2019est dit « séduit et charmé » par le refuge offrant la consommation d\u2019alcool contrôlée qu\u2019il a visité à Ottawa et croit que Montréal devrait s\u2019en inspirer.Son équipe est d\u2019ailleurs en discussion avec celle de la Mission Old Brewery afin de déterminer quel genre de modèle pourrait convenir à Montréal et de quelle façon ces deux organismes pourront s\u2019impliquer dans le développement de ces services.La Presse canadienne Projet de refuge pour itinérants alcooliques à Montréal La mairesse Valérie Plante dévoile le Plan d\u2019action montréalais en itinérance 2018-2020 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Des centaines de sans-abri souffrant d\u2019une dépendance à l\u2019alcool continuent de dormir dans les rues de la métropole, faute de ressources pouvant accueillir les personnes intoxiquées, selon la Ville.M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L\u2019 ex-directeur d\u2019école Mario Asselin tentera pour une troisième fois de se faire élire sous la bannière de la Coalition avenir Québec (CAQ), dans la circonscription de Va- nier-Les Rivières cette fois.Et l\u2019année 2018 sera la bonne pour ce natif de Loretteville, espère le chef caquiste François Legault, qui se dit « très confiant qu\u2019on est capables de remporter tous les comtés à Québec».Il y a « comme un vent de changement» à Québec, et celui-ci «a commencé dans Louis-Hébert», s\u2019est-il réjoui, en disant s\u2019affairer à «bâtir une belle équipe Québec pour un éventuel gouvernement de la CAQ».En octobre, sa formation politique a ravi le château fort de Louis-Hébert aux libéraux, en y récoltant 51% des voix.Au scrutin d\u2019octobre 2018, la CAQ ne vise rien de moins qu\u2019un raz-de- marée dans Québec, où l\u2019appui à François Legault atteint un sommet dans les sondages.«La voix du parti doit être influencée par les gens de Québec.Je pense que les gens sont politisés, aiment la politique.Il faut les écouter, échanger », a d\u2019ailleurs fait valoir Mario Asselin, après que le chef caquiste eut souligné « le rôle très important» que jouerait la région de Québec dans un éventuel gouvernement caquiste.Et d\u2019ailleurs, « c\u2019est sûr» que Mario Asselin « a toutes les qualités » pour être ministre de l\u2019Éducation, a attesté François Legault.« Mais je ne commencerai pas aujourd\u2019hui à nommer mon Conseil des ministres», a-t-il ajouté.Mario Asselin œuvre en coulisse pour la CAQ depuis 2012, à titre de conseiller sur les questions de l\u2019éducation et de la technologie et en tant que membre du Conseil national du parti.Il a brigué les suffrages une première fois en 2012 dans la circonscription de Tasche- reau, au centre-ville de Québec.Il a terminé troisième, avec 16 % des voix, derrière le libéral Clément Gignac et la péquiste Agnès Maltais.Mario Asselin a mordu la poussière à nouveau en 2014, dans Louis-Hébert.Il a alors obtenu la faveur de 25 % des électeurs, loin derrière le libéral Sam Hamad, qui avait récolté 49 % des voix.Mais cette fois-ci, « je pense que c\u2019est la bonne », a-t-il lancé.Le candidat estime que le fait d\u2019habiter la circonscription de Vanier-Les Rivières depuis 20 ans fera « une grosse différence » dans l\u2019élection.Son adversaire, le député libéral Patrick Huot, n\u2019a pas souhaité commenter l\u2019annonce de la candidature de Mario Asselin.Le Devoir ÉLECTIONS Le caquiste Mario Asselin tente à nouveau de se faire élire à Québec Mario Asselin Un budget triennal de 7,8 millions La création de 950 logements sociaux et communautaires et d\u2019une centaine de chambres La réalisation d\u2019un dénombrement ponctuel de l\u2019itinérance visible sur l\u2019ensemble du territoire montréalais L\u2019implantation de toilettes publiques dans les arrondissements Le renforcement des programmes de déjudiciarisation des personnes en situation d\u2019iti- nérance à la Cour municipale Le développement d\u2019une approche locale du Service de police de la Ville de Montréal pour répondre aux enjeux de l\u2019itinérance dans les quartiers et le métro Une amélioration de la référence vers les ressources d\u2019aide, notamment par le biais de la ligne 211 Le développement de l\u2019offre de services pour les personnes ayant des besoins spéci?ques, notamment les femmes et les membres des Premières Nations Le Plan d\u2019action montréalais en itinérance ACTUALITES L E D E V O I R , L E J E U D I 8 M A R S 2 0 1 8 A 3 A L E X A N D R E S H I E L D S L e député libéral d\u2019Argenteuil, Yves St-Denis, qualifie d\u2019« intimidation totale » la poursuite de 96 millions de dollars intentée par l\u2019entreprise minière Canada Carbon contre la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge.Le gouvernement Couillard refuse toutefois de dire s\u2019il interviendra dans le dossier.«Ça n\u2019a pas de sens, et pour moi, ça se résume en un mot: intimidation», a laissé tomber M.St- Denis, mercredi soir, en entrevue au Devoir.« Ce sont des intimidateurs et ce n\u2019est pas vrai que je vais laisser ce genre de compagnie intimider mes citoyens et une municipalité.Je vais toujours protéger ma population», a ajouté le député de la circonscription des Laurentides où se trouve Grenville-sur-la-Rouge.« Je ne serai pas gêné d\u2019aller porter une pancarte, avec mes citoyens, parce que c\u2019est un geste démesuré.C\u2019est carrément de l\u2019intimidation », a poursuivi M.St-Denis, élu député du Parti libéral du Québec en 2014.Ce geste « démesuré », c\u2019est la poursuite de 96 millions de dollars intentée par la minière de Vancouver Canada Carbon, qui souhaite exploiter une mine à ciel ouvert sur le territoire de la municipalité de 2800 habitants.Or, le conseil municipal s\u2019est opposé au projet, allant jusqu\u2019à modifier les règlements de zonage de façon à bloquer les projets d\u2019exploitation minière.Selon le conseil, le projet de l\u2019entreprise aurait un impact nuisible sur le paysage de cette région reconnue comme destination de villégiature, en plus de menacer les ressources en eau potable.Canada Carbon réplique que cette opposition « est abusive, illégale et a été adoptée de mauvaise foi, malicieusement et dans la seule intention de nuire ».Silence à Québec La minière n\u2019a toujours pas répondu aux questions du Devoir.Au cabinet du ministre des Affaires municipales, Martin Coiteux, on a seulement indiqué qu\u2019il fallait contacter le cabinet du ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau.Le ministre Moreau «n\u2019émettra pas de commentaire sur la cause pendante devant les tribunaux», a-t-on finalement répondu.Son attachée de presse a cependant expliqué qu\u2019un tel projet doit franchir « de nombreuses étapes » avant d\u2019être approuvé, dont un «processus très strict» prévu notamment par les lois environnementales.Le projet de Canada Carbon ne serait pas soumis à une évaluation du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement.Pour cela, l\u2019entreprise devrait extraire plus de 500 tonnes de matière brute chaque jour.À l\u2019heure actuelle, elle prévoit plutôt un maximum de 480 tonnes.Par ailleurs, « l\u2019acceptabilité sociale » fait partie des critères pour autoriser un projet minier, a-t-on précisé au bureau de Pierre Moreau.«L\u2019acceptabilité sociale ne semblait pas facile dans ce cas-là », a noté pour sa part le député Yves St-Denis.Un constat qui ne devrait pas changer avec l\u2019ajout d\u2019une poursuite.« La compagnie s\u2019est carrément mis le pied dans la bouche en faisant cela, parce que maintenant la \u201cnon-acceptabilité sociale\u201d va passer à un autre niveau», a-t-il conclu.Pierre Moreau aurait par ailleurs accepté d\u2019aller rencontrer la municipalité dès la semaine prochaine, a dit M.St-Denis.Une information qu\u2019il n\u2019a pas été possible de confirmer au cabinet du ministre mercredi soir.Le Devoir POURSUITE CONTRE GRENVILLE La minière fait de l\u2019« intimidation », dit un député libéral Le gouvernement n\u2019a toutefois pas l\u2019intention d\u2019intervenir A N N A B E L L E C A I L L O U L\u2019 échec de la poursuite civile d\u2019une femme qui affirmait avoir eu une relation sexuelle non consentante démontre une nouvelle fois la difficulté de prouver ce genre de faute.En chambre civile, « c\u2019est la parole de l\u2019un contre l\u2019autre devant le juge.Tout devient une question de crédibilité du témoignage s\u2019il n\u2019y a pas de preuve concrète », explique Louise Lan- gevin, professeure à la Faculté de droit de l\u2019Université Laval.La présumée victime soutient avoir eu, en février 2013, lors du gala annuel d\u2019une compagnie de cour tiers immobiliers, une relation sexuelle non consentante avec un homme travaillant dans l\u2019entreprise.La jeune femme garde des souvenirs flous de cette soirée bien arrosée, où le champagne coulait à flots, au point de ne pouvoir expliquer comment elle s\u2019est retrouvée dans la chambre du défendeur.Elle affirme avoir eu alors une relation non consentante, s\u2019être ensuite réveillée à 4 h du matin et être allée dormir dans sa chambre.Si la plaignante reconnaît avoir consommé beaucoup d\u2019alcool, elle raconte avoir perdu le contrôle de son corps.Un état qu\u2019elle n\u2019avait jamais connu auparavant, et qui l\u2019amène à évoquer l\u2019hypothèse de la présence de drogue du viol, sans pouvoir par contre le prouver.Le défendeur assure quant à lui que la relation était consentie « pleinement, volontairement, librement et totalement ».Il af firme que la jeune femme lui a souri en entrant dans sa chambre, qu\u2019il n\u2019aurait pu lui ôter sa robe «sans sa collaboration» et qu\u2019elle lui a demandé «s\u2019il avait un condom» juste avant le rapport.Reconnaissant « qu\u2019il ne faut pas conclure à une relation sexuelle consentante sur le motif d\u2019absence de résistance », le juge a conclu que la seule explication de la plaignante, soit « qu\u2019elle ne contrôlait plus son corps et était incapable de réagir à ce que lui faisait le défendeur », ne pouvait être retenue.Et l\u2019hypothèse d\u2019une pilule du viol a été écartée puisque rien ne pouvait le prouver.Les autres preuves du dossier n\u2019ont pas apporté « d\u2019éléments pour convaincre le Tribunal que la demanderesse n\u2019a pas consenti à la relation qu\u2019elle a eue avec le demandeur ».«Le Tribunal est sincèrement désolé des suites que la demanderesse a dû surmonter après avoir eu une relation sexuelle avec le défendeur, mais aucune faute n\u2019étant retenue contre [lui], le recours doit être rejeté », peut-on lire dans le jugement rendu le mois dernier.Fardeau de la preuve « On ne sait pas exactement ce qu\u2019il se passait dans la tête du juge, mais c\u2019est lui qui a entendu les deux parties, les témoins, c\u2019est lui qui décide selon les preuves qu\u2019on lui présente.Et il n\u2019a pas été convaincu », explique Louise Langevin.Lors d\u2019une poursuite criminelle, qui vise à punir l\u2019agresseur, le juge doit être convaincu hors de tout doute raisonnable qu\u2019il y a eu un crime.Au civil, où l\u2019on cherche un dédommagement, on parle plutôt de «prépondérance des probabilités ».C\u2019est-à-dire que le juge doit être convaincu «à 50% +1 » par le témoignage.Le fardeau de la preuve est donc moins exigeant au civil, laissant davantage de chances aux plaignants de gagner leur cause, mais convaincre le juge n\u2019en est pas moins difficile, assure la professeure.Notion de consentement Pour Suzanne Zaccour, auteure féministe et étudiante à la maîtrise en droit à l\u2019Université de Cambridge, ce jugement est « décevant » et démontre une conception défaillante du consentement.À ses yeux, le verdict du juge reconnaît que le défendeur s\u2019est comporté comme une personne raisonnable lors de ce gala et qu\u2019il n\u2019a pas commis de faute.« C\u2019est dire à la société qu\u2019une personne raisonnable ne va pas vérifier un consentement de façon claire, déplore Mme Zaccour.Ne pas dire \u201cnon\u201d ou ne pas s\u2019en aller, ce n\u2019est assurément pas un consentement.» Décrivant le droit canadien comme avant-gardiste «en théorie » sur ce type d\u2019enjeux, elle estime que dans la pratique certains mythes persistent.« On ne croit pas toujours les femmes, on pense qu\u2019elles regrettent le rapport après coup.On garde l\u2019image d\u2019une femme passive pendant un rapport sexuel », note-t-elle.À ses yeux, cette vision est généralisée dans la société, se retrouvant dans les médias, la police, la justice, entre autres.« Il ne faut pas juste reformer le droit, mais toute la société », croit-elle.Le Devoir AGRESSION SEXUELLE Une poursuite civile comporte aussi son lot de difficultés Une femme a poursuivi un collègue pour une relation sexuelle non consentie, mais son témoignage n\u2019a pas convaincu le juge J E S S I C A N A D E A U B ien qu\u2019elles estiment avoir été flouées par l\u2019entrepreneur Tony Accurso et ses compagnies affiliées pour plusieurs dizaines de millions de dollars, les villes de Montréal et de Laval devront payer respectivement 4 et 5 millions au groupe Hexagone, qui a racheté l\u2019empire d\u2019Accurso.Ces sommes sont le résultat d\u2019une entente à l\u2019amiable qui a été conclue ces derniers jours après plusieurs mois de négociation.Et bien que les villes doivent décaisser des sommes importantes, il s\u2019agit, pour elles, d\u2019une certaine forme de victoire, car elles récupèrent malgré tout plusieurs millions de dollars au terme de cette entente.Dans un communiqué de presse dif fusé en soirée, la Ville de Laval se disait même « heureuse » de la situation, affirmant qu\u2019elle « récupère 4,5 millions du groupe Hexagone dans le cadre des sommes injustement détournées».Factures impayées Le litige remonte à plusieurs années, alors que les compagnies de Tony Accurso réalisaient des contrats pour les villes de Montréal et de Laval.À la suite des révélations de la commission Charbonneau sur la collusion et la corruption dans le milieu de la construction, les villes ont décidé de suspendre leur paiement à ces entreprises, qui avaient été rachetées entre- temps par le groupe Hexagone.Les villes disaient alors avoir de bonnes raisons de croire que les factures avaient été gonflées à la suite de manœuvres frauduleuses.Elles estimaient que c\u2019était plutôt l\u2019entreprise qui leur devait de l\u2019argent et refusaient donc de payer leurs comptes.Dans le cas de Laval, la facture s\u2019élevait à 9,5 millions de dollars.À Montréal, c\u2019était 12,8 millions.Le groupe Hexagone, qui a toujours dit n\u2019avoir rien à se reprocher et être « une entreprise entièrement indépendante du groupe Ac- curso », réclamait donc le paiement des factures en souffrance.Ces demandes avaient été contestées par les Villes.Récupérer l\u2019argent Dans le cas de la Ville de Montréal, on avait même annoncé l\u2019intention de déposer une poursuite de 40 millions contre Hexagone, puisque la ville considérait que la nouvelle compagnie était la continuité des entreprises de Tony Accurso, qui l\u2019aurait flouée.Cette poursuite n\u2019a toutefois pas été déposée, selon nos informations.Les deux municipalités ont exploré différents autres scénarios pour récupérer une partie de l\u2019argent.Toutes ces démarches ont été menées en marge des négociations qui avaient cours entre les villes de Montréal et de Laval et Hexagone.Au terme de huit mois de négociations, les parties en sont donc venues à une entente, qui a été entérinée par le juge Brian Riordan de la Cour supérieure mercredi.Ainsi, la Ville de Montréal paiera 4 millions sur les 12,8 millions qui lui étaient réclamés et Laval devra débourser 5 millions sur une facture de 9,5 millions.Le contrôleur de PricewaterhouseCoopers, Christian Bourque, qui agit dans le cadre de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, s\u2019est dit satisfait de l\u2019entente.«Dans les circonstances, c\u2019est un règlement dont je suis très satisfait», a résumé le contrôleur.Il affirme que l\u2019entente, qui vient « régler l\u2019ensemble des dossiers », compor te plusieurs « avantages », dont « l\u2019élimination des réclamations des villes en vertu de la loi 26, qui étaient de l\u2019ordre de 77 millions », de même que « l\u2019élimination des délais et des frais juridiques » qui auraient résulté de ces procédures qui auraient dû être enclenchées par les villes.L\u2019avocate de la Ville de Montréal, Me Eleni Yiannakis, a toutefois tenu à préciser devant le juge que cette quittance ne touchait que le groupe Hexagone et ne s\u2019étendait pas à Tony Accurso, à ses anciennes compagnies Simard Beaudry et Construction Louisbourg ni à leurs dirigeants.Dans une réponse envoyée par courriel, Hexagone a répété que la compagnie avait «toujours respecté toutes les lois» et qu\u2019elle était «entièrement indépendante du groupe Accurso».« L\u2019entente intervenue entre Hexagone et les villes de Montréal et de Laval ne constitue d\u2019aucune manière une reconnaissance de la part d\u2019Hexagone d\u2019une quelconque participation à quelque stratagème malhonnête que ce soit », ajoute-t-on.Les parties se reverront en cour le 23 mars prochain pour discuter des modalités de paiement, ce qui permettra au groupe de s\u2019affranchir de certains autres créanciers.Le Devoir Laval et Montréal règlent à l\u2019amiable un contentieux avec Hexagone KYM ILLMAN AGENCE FRANCE-PRESSE Une bouteille à la mer Une bouteille contenant un message vieux de 132 ans a été trouvée par des promeneurs sur une plage australienne, au nord de Perth, ce qui en fait le plus ancien exemple connu de «bouteille à la mer ».La bouteille rectangulaire aurait été jetée le 12 juin 1886 dans l\u2019océan Indien à 950 km des côtes par un bateau allemand, le Paula, dans le cadre d\u2019expériences scienti?ques visant à comprendre les régimes de courants et à améliorer les routes maritimes.Entre 1864 et 1933, l\u2019Observatoire naval allemand a ainsi lancé à la mer des milliers de bouteilles avec un message demandant aux personnes qui les trouveraient de les retourner au consulat allemand le plus proche ou à l\u2019Observatoire basé à Hambourg. L I A L É V E S Q U E E n cette veille du 8 mars, Journée internationale des femmes, Québec a annoncé des investissements supplémentaires pour venir en aide aux femmes victimes de violence.Une première somme de 13 millions sur trois ans faisait par tie d\u2019une enveloppe plus globale de 25 millions qui avait déjà été annoncée, à la mi-décembre dernier, mais qui n\u2019avait pas été ventilée.Québec a annoncé mercredi que cette somme servira pour prévenir les agressions sexuelles et accompagner les victimes, essentiellement auprès des CALACS (Centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel) et autres centres d\u2019aide.Il s\u2019agit d\u2019« argent neuf », a pris soin de préciser la ministre de la Condition féminine, Hélène David, au cours d\u2019une conférence de presse, mercredi à Montréal, avec sa collègue Lucie Charlebois, déléguée à la Protection de la jeunesse et à la Santé publique.L\u2019autre partie de la somme dévoilée, soit 6,4 mil l ions pour l\u2019année en cours, n\u2019avait pas été annoncée auparavant.Cette somme sera accordée pour combattre la violence conjugale, soit aux différents types de maisons d\u2019hébergement, notamment pour la clientèle d\u2019origine immigrante.Il faut plus Les groupes d\u2019aide présents sur place ont bien reçu l\u2019annonce, notant toutefois que les fonds octroyés ne répondent qu\u2019à une partie des besoins.«On se demandait comment cet argent-là allait être distribué.C\u2019était un grand mystère », a commenté Mélanie Sarroino, agente de liaison au Regroupement québécois des CALACS.« On est vraiment ravis du travail de Mme David.Depuis qu\u2019elle est entrée en poste à la Condition féminine, elle fait bouger les choses ; on voit que ça lui tient à cœur.Le seul petit bémol dans tout ça, c\u2019est que nous, depuis longtemps, on demande des montants récurrents à même notre mission.Et, malheureusement, ce n\u2019est pas ça cette fois-ci.Mais bon, on a de l\u2019argent pour trois ans», a concédé Mme Sarroino.Sylvie Langlais, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, y a aussi vu une « bonne nouvelle ».Mais elle s\u2019est empressée d\u2019ajouter que « ce n\u2019est pas de l\u2019argent récurrent ; c\u2019est de l\u2019argent qui est là ici et maintenant».Manon Monastesse, directrice provinciale de la Fédération des maisons d\u2019hébergement pour femmes, a reçu favorablement l\u2019annonce de 6,4 millions pour les groupes en matière de violence conjugale.«C\u2019est un certain engagement», a-t-elle admis, en prenant soin d\u2019ajouter que c\u2019est loin de répondre à l\u2019ensemble des besoins.Selon elle, il faudrait 48 millions uniquement pour la centaine de maisons d\u2019hébergement.La Presse canadienne A M É L I P I N E D A C inq mois après la vague de dénonciations #MoiAussi, le temps est venu de sortir la sexualité des zones grises, estiment des sur vivantes de violences sexuelles qui ont lancé mercredi la campagne #Consensus.Dans le cadre d\u2019un spectacle-béné- fice organisé à Montréal par les organismes Québec contre les violences sexuelles et Je suis indestructible, des survivantes ont voulu célébrer leur courage.« Nous sommes tous et toutes liés très intimement au sujet des violences sexuelles.Que ce soit parce que c\u2019est arrivé à une sœur, à une amie, à notre blonde, à notre mère ou à notre frère, ça vous touche, ça nous touche.On est plus que des statistiques », a lancé l\u2019auteure Léa Clermont-Dion, qui a collaboré à l\u2019événement et qui a elle-même dénoncé dans la foulée du mouvement #MoiAussi.Le silence brisé par les femmes doit maintenant amener à la prise de mesures juridiques, politiques et sociales concrètes, a fait valoir Mme Clermont-Dion.Elle a donné l\u2019exemple d\u2019un cours sur l\u2019égalité et la sexualité à l\u2019école pour que la « sexualité sor te des zones grises ».L\u2019épouse du premier ministre Justin Tr udeau, Sophie Grégoire, qui assistait à l\u2019événement, a appuyé ces propos.« Nos garçons, ils sont faits pour devenir des hommes sages, équilibrés, forts et tendres, et ce n\u2019est pas vrai qu\u2019on va les laisser se déterminer en fonction de notions de la masculinité étroites [\u2026] Si on part de l\u2019éducation, on va être capable de changer des valeurs et des manières d\u2019être », a-t-elle fait valoir.Plus tôt dans la journée, la campagne de mobilisation #Consensus a été lancée, invitant les Québécois et Québécoises à porter un cœur jaune pour montrer leur appui aux personnes survivantes de violences à caractère sexuel et réclamer des actions.«Avec cette campagne, on veut répondre à la question #EtMaintenant ?On veut offrir des pistes d\u2019actions à nos membres et à la population, pour que chaque individu puisse contribuer à la cause.On veut donner de la visibilité aux ressources et services offerts sur les campus et par le milieu communautaire, pour qu\u2019à l\u2019avenir, aucune personne survivante ne se sente laissée à elle-même », a déclaré Simon Telles, président de l\u2019Union étudiante du Québec, qui participe à la campagne.Le Devoir JOURNEE INTERNATIONALE DES FEMMES A 5 L E D E V O I R , L E J E U D I 8 M A R S 2 0 1 8 A 4 A M É L I P I N E D A L e mouvement #MoiAussi a délié les langues et fait exploser le nombre de dénonciations.Mais nombreuses sont les victimes d\u2019agression sexuelle qui doivent accepter les répercussions, sachant que leur plainte n\u2019a aucune chance d\u2019aboutir.« Il faut apprendre à accepter qu\u2019il y a une limite à ce qu\u2019on peut faire, et c\u2019est frustrant », indique Julie*, qui avait 21 ans lorsqu\u2019elle a été agressée sexuellement.La jeune femme garde un souvenir flou de la journée de 2003 où elle s\u2019est réveillée nue, confuse et désorientée dans ce qu\u2019elle croit être l \u2019appar te- ment de son agresseur.Ce dont Julie se souvient, c\u2019est d\u2019avoir passé la soirée dans un bar montréalais en compagnie d\u2019amis et d\u2019avoir échangé avec un homme connu.« Il m\u2019avait laissé une serviette et un mot pour me dire de prendre mon temps.J\u2019ai pris une douche et ensuite je suis sortie dans la rue.Je ne savais même pas où j\u2019étais.J\u2019étais vraiment sonnée», raconte Julie.C\u2019est une amie qui a voulu prendre de ses nouvelles qui l\u2019a amenée à l\u2019hôpital, soupçonnant son amie d\u2019avoir été victime de la drogue du viol, mais c\u2019était trop tard.« I l aurait prat iquement fallu que je prenne un échantillon d\u2019urine dans la minute qui a suivi l\u2019agression pour en retrouver des traces », ex- plique-t-elle.« On n\u2019en parle pas beaucoup, on dirait que c\u2019est encore tabou, mais la drogue du viol, c\u2019est ta parole contre celle de ton agresseur.Même si on te croit, les chances que tu puisses prouver ton agression sont presque inexistantes », souligne-t-elle.Bien qu\u2019el le ait dénoncé l \u2019agresseur à la police, aucune plainte n\u2019a été retenue, faute de preuve.Le mouvement de dénonciation #MoiAussi est trop souvent associé par les services de police et les politiciens au dépôt d\u2019une plainte, note Stéphanie Tremblay, por te-pa- role du Regroupement québécois des Centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS).« Ce qu\u2019il faudrait dire aux femmes, c\u2019est que ce n\u2019est pas nécessaire de porter plainte pour briser le silence et se départir des conséquences d\u2019une agression [\u2026] La réalité, c\u2019est que ce ne sont pas toutes les victimes qui ont accès à la justice», mentionne Mme Tremblay.Selon les chiffres les plus récents de Statistiques Canada, de 2009 à 2014, 12% des agressions sexuelles ont mené à une déclaration de culpabilité au criminel, comparativement à près du double (23 %) pour les af faires de voies de fait.«Avant de dire aux femmes de porter plainte, le judiciaire doit faire ses devoirs », souligne Mme Tremblay.Sortir la sexualité des zones grises Des survivantes de violences sexuelles lancent la campagne #Consensus CLAUDE PARIS ASSOCIATED PRESS Le mouvement de dénonciation #MoiAussi s\u2019est rapidement déployé sur tous les continents au cours des derniers mois.BEST-SELLER INTERNATIONAL, TEXTE DÉJÀ CULTE, ENFIN OFFERT EN FRANÇAIS ÉMILIE PERREAULT, 98,5 FM \u2013 PUISQU\u2019IL FAUT SE LEVER CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Cinq mois après la vague de dénonciations #MoiAussi, Mélanie Lemay de Québec contre les violences sexuelles, Tanya St-Jean de Je suis indestructible et l\u2019auteure Léa Clermont-Dion, toutes trois victimes d\u2019agression sexuelle, ont décidé d\u2019organiser le spectacle-bénéfice #Consensus pour célébrer le courage des survivantes.Le spectacle aura permis d\u2019amasser près de 15 000$ au profit d\u2019organismes qui viennent en aide aux victimes de violences à caractère sexuel.Des fonds pour les femmes victimes de violence Que fait-on pour les victimes ?Aperçu des mesures prises pour améliorer l\u2019accès à la justice pour les victimes Le modèle de Philadelphie, qui vise à réviser les plaintes pour agression sexuelle jugées non fondées, a été mis en place à la Sûreté du Québec et aux services de police des villes de Montréal, Québec et Gatineau.La Sûreté du Québec et la Gendarmerie royale du Canada se sont engagées à réviser un échantillon de plaintes pour agression sexuelle classées comme non fondées.Un comité d\u2019examen des décès liés à la violence conjugale, présidé par la coroner en chef du Québec, a été créé.Le ministère de la Sécurité publique s\u2019est engagé à réaliser une « inspection thématique » des pratiques d\u2019enquête en matière d\u2019agression sexuelle de tous les services de police du Québec.Le ministre de l\u2019Éducation a annoncé le retour des cours d\u2019éducation à la sexualité au primaire et au secondaire.La ministre de la Justice s\u2019est engagée à corriger une brèche dans la Loi sur l\u2019indemnisation des victimes d\u2019actes criminels qui aurait pu permettre de tenir compte du comportement d\u2019une victime d\u2019agression sexuelle dans l\u2019étude de son dossier.Le Barreau du Québec a mis sur pied un groupe de réflexion, qui a notamment recommandé, selon Le Journal du Barreau, la révision périodique des infractions de nature sexuelle du Code criminel, la création d\u2019une entente multisectorielle entre les intervenants responsables des dossiers d\u2019agression sexuelle, à l\u2019image de celle qui existe pour les mineurs, le lancement d\u2019une réflexion sur l\u2019intégration de mesures de justice réparatrice au Québec, la modification du Code civil pour abolir la prescription dans les cas d\u2019agression sexuelle, la création d\u2019une formation sur les bonnes pratiques en matière de contre-interrogatoire des personnes vulnérables et la mise sur pied d\u2019une formation obligatoire sur les crimes de nature sexuelle pour tous les policiers.À Ottawa, la Chambre des communes a adopté un projet de loi pour rendre obligatoire la formation des aspirants juges en matière d\u2019agression sexuelle.Il piétine au Sénat depuis des mois.Marie-Michèle Sioui Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É I l y a un engagement préélectoral que les quatre par tis présents à l\u2019Assemblée nationale partagent : augmenter le nombre de candidates aux prochaines élections, si possible pour atteindre la « zone de parité » \u2014 soit minimalement 40 % de femmes.À l\u2019heure d\u2019un premier décompte parmi les candidats officiellement nommés, deux partis passent ce test : la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS).Présentement, 7 des 16 candidats nommés par la CAQ sont des femmes, soit 43,7% du total.À QS, on compte à ce jour quatre candidates et un candidat (80%).Le Parti libéral du Québec (PLQ) a 6 candidates sur 18 (le tiers), alors que le Parti québécois (PQ) en a 5 sur 16 (31,2%).Bien sûr, les nominations des candidats se font selon des calendriers et des processus dif férents d\u2019un parti à l\u2019autre, et les résultats varieront beaucoup d\u2019ici l\u2019automne : mais c\u2019est là un point de départ, alors que les partis ont choisi environ 10 % de tous leurs candidats.Pourquoi un seuil de parité à 40 % (ce qui donnerait 50 candidates) ?Dans un avis remis au gouvernement en 2015, le Conseil du statut de la femme recommandait de fixer à au moins 40 % la proportion de candidatures féminines.Le Comité des femmes de l\u2019Amicale des anciens parlementaires propose pour sa par t d\u2019en faire un seuil obligatoire.Le Groupe Femmes, Politique et Démocratie (GFPD) estime plutôt qu\u2019il faut 50 % de candidates pour espérer atteindre la zone de parité chez les élus.Faible présence des femmes La question de la faible présence des femmes en politique revient fréquemment dans le débat public.À Québec, on compte présentement 29,6% d\u2019élues \u2014 un reflet du portrait des candidatures de la campagne 2014 : le PLQ comptait 26 % de candidates, devant la CAQ (23%) mais derrière le PQ (39%) et QS (50%).Depuis \u2014 et alors que le gouvernement fédéral présente un cabinet paritaire \u2014, tous les chefs ont fait des promesses pour améliorer leur bilan.Parti libéral.En juin 2017, Philippe Couillard s\u2019est engagé à faire avancer son parti « le plus possible dans la zone de parité » pour les candidatures aux élections de l\u2019automne.Le chef libéral a demandé aux militants de s\u2019engager à faire en sorte qu\u2019il y ait au moins 40 % de candidates.Parti québécois.Au Sommet des femmes organisé en mars 2016, le chef Jean-François Lisée a indiqué que le parti « s\u2019efforcera d\u2019atteindre une zone de parité dans [ses] candidatures », tout en promettant un gouvernement paritaire.La vice- chef, Véronique Hivon, a réitéré cet objectif à la fin de février 2018.Coalition avenir Québec.François Le- gault avait indiqué lors de ce même Sommet des femmes son souhait de « percer le boys\u2019 club qu\u2019est l\u2019Assemblée nationale».Son «plan concret de réforme pour faire avancer l\u2019égalité» implique d\u2019abord une réforme du mode de scrutin pour «une meilleure représentativité », prémisse à un quota de 50 % de candidates sur les listes des parités.Dans l\u2019immédiat, Québec solidaire.Québec solidaire a respecté le principe de la parité hommes-femmes (50%) dans ses candidatures dans chacune des quatre dernières élections.Le programme du parti prévoit une modification à la Loi électorale pour obliger la parité dans les candidatures électorales et au sein du Conseil des ministres.Selon Esther Lapointe, directrice générale de GFPD, « il y a une réelle volonté cette année » de la part des partis politiques de recruter plus de candidates.«C\u2019est peut-être dans l\u2019air du temps, dit-elle.Mais l\u2019élection de Valérie Plante à la mairie de Montréal a déclenché quelque chose.Et l\u2019élection de Geneviève Guilbault pour la CAQ dans Louis-Hébert a aussi envoyé un message for t : une jeune femme, enceinte, qui gagne, ç\u2019a été comme une révélation», croit-elle.Reste que ce combat est loin d\u2019être gagné, ajoute Mme Lapointe.«Le problème actuel, ce sont les candidats sortants.Pour faire plus de place aux femmes, il faut que des hommes ne se représentent pas.Ça demande du courage politique aux partis [de demander à certains élus de ne pas se représenter].» Et même si les par tis nomment plus de femmes cette année, il faudra aussi voir leurs réelles chances de victoire selon les circonscriptions, note-t-elle.« C\u2019est un autre enjeu fondamental.» Avec la collaboration de Dave Noël Le Devoir Le Devoir lance ce jeudi «Vigie parité », un projet qui durera jusqu\u2019au début de la campagne électorale sur nos plateformes numériques.Il mesurera de semaine en semaine où en sont les partis politiques par rapport à leur intention de recruter plus de femmes.Premiers constats.ÉLECTIONS 2018 Objectif : zone paritaire dans les candidatures Un outil pour mesurer l\u2019engagement des partis à présenter plus de candidates Pour que la douleur, la tristesse et la colère ne restent pas « lettre morte», l\u2019écrivaine Martine Delvaux a lancé une création documentaire en octobre dernier.L\u2019écrivaine a reçu les témoignages de femmes qui, à visage découvert ou de façon anonyme, racontent les violences sexuelles vécues.«#MoiAussi a permis de mettre des mots sur tout, par- delà ce que permet ou non le criminel, ce qui est possible ou non en vertu de nos lois \u2014 et de nos modes de fonctionnement en matière de justice.Il y a tout ce qu\u2019on aime appeler les «zones grises».#MoiAussi a participé à ouvrir la parole sur une panoplie d\u2019actes qui sont tous des violences sexuelles, mais qui ne tiendraient pas tous la route au criminel \u2014 pour toutes sortes de raison», souligne l\u2019écrivaine.Mme Delvaux poursuit sa démarche pour trouver la forme que prendra cette œuvre collective dans les prochains mois.Documenter #MoiAussi « Ce n\u2019est pas vrai que c\u2019est le désir de toutes les victimes.Ce qu\u2019elles veulent, c\u2019est retrouver leur estime ; la plupart, ce qu\u2019elles veulent, c\u2019est que l\u2019agresseur et l\u2019entourage reconnaissent que l\u2019agression a eu une conséquence dans leur vie », ajoute-t-elle.D\u2019ailleurs une étude publiée cette semaine sur l\u2019accès des femmes victimes de violence conjugale, sexuelle ou d\u2019exploitation sexuelle au système de justice pénale au Québec rapporte que les femmes vont souvent préférer se concentrer sur un cheminement personnel avant d\u2019entamer un processus de plainte.À quoi bon dénoncer C\u2019est le cas de Suzanne*, qui avait six ans et demi lorsque, par un froid matin d\u2019hiver, un inconnu lui a proposé de l\u2019embarquer dans sa voiture pour l\u2019emmener jusqu\u2019à l\u2019école.Si elle se rappelle avoir d\u2019abord refusé, la bourrasque de vent qui a soufflé sur ses joues l\u2019a finalement convaincue d\u2019accepter de monter à bord du véhicule.«Une fois dans sa voiture, il a barré les portes et m\u2019a agressée sexuellement », confie la femme, aujourd\u2019hui dans la cinquantaine.Le mouvement de dénonciation #MoiAussi a chamboulé Suzanne, qui est convaincue de l\u2019identité de son agresseur, mais qui doit composer avec le fait que celui-ci est aujourd\u2019hui décédé.«Je n\u2019ai jamais envisagé de parler à visage découvert, ça serait trop difficile, d\u2019autant plus qu\u2019il est mort et que ce serait ma parole contre celle de quelqu\u2019un qui n\u2019est plus là et pour des gestes commis il y a 50 ans», mentionne Suzanne.Après avoir investi des années à faire la paix avec son passé, Suzanne s\u2019est longtemps demandé à quoi bon dénoncer quelqu\u2019un qui n\u2019est plus de ce monde.« Jusqu\u2019à tout récemment, je me disais que ça ne servait à rien.Et ça se peut qu\u2019effectivement ça ne ser ve à rien, mais je me dis que si jamais d\u2019autres ont aussi dénoncé le même homme, ça pourrait régler des dossiers qui sont peut-être demeurés en suspens pendant des années», confie Suzanne, qui a décidé d\u2019aller rencontrer des policiers plus de 50 ans après l\u2019incident.Le Devoir *Nom fictif pour préserver l\u2019identité de la survivante Ce n\u2019est pas nécessaire de porter plainte pour briser le silence et se départir des conséquences d\u2019une agression Stéphanie Tremblay, porte-parole du Regroupement québécois des Centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel « » #MOIAUSSI Accepter les limites de la dénonciation Plusieurs femmes doivent faire le deuil d\u2019une plainte retenue contre leur agresseur effort de « diplomatie sportive » induit par les Jeux olympiques de Pyeongchang porte ses fruits, ce dont on ne peut que se réjouir, même si ces fruits sont encore très verts.À des mois d\u2019escalade belliqueuse entre Pyongyang et Washington succède une réactivation bienvenue de l\u2019approche sud-coréenne du « rayon de soleil » qui fut appliquée dans les années 2000 avant d\u2019être enterrée, avec le retour de la droite au pouvoir à Séoul, en 2008.Que cette politique de la main tendue envers la Corée du Nord soit ressuscitée par le nouveau président sud-coréen, Moon Jae- in, présente une lueur d\u2019apaisement, indubitable en même temps que fragile.Il y a forcément lieu de penser qu\u2019il s\u2019agit moins pour la Corée du Nord de se dénucléariser que de calmer le jeu et d\u2019obtenir à terme un allégement des sanctions américaines et internationales.Le durcissement de ces sanctions a certainement eu un impact sur la résilience de Pyongyang, comme la Chine s\u2019est montrée mieux disposée à les mettre en application.La porte ouverte par Kim Jong-un à des discussions avec Washington sur la dénucléarisation de la Corée du Nord semble d\u2019autant plus relever d\u2019une stratégie qui consiste à gagner du temps que le dictateur a toujours présenté son arsenal nucléaire comme non négociable.Sans compter, d\u2019un autre côté, qu\u2019il est bien dif?cile d\u2019imaginer que les garanties qu\u2019il réclamerait apparemment en échange de son renoncement \u2014 retrait des forces américaines de la péninsule ?Abrogation de l\u2019alliance de sécurité entre les États-Unis et la Corée du Sud?\u2014 puissent être jugées acceptables aux yeux de Washington.De ce point de vue, le rétablissement du dialogue avec Séoul constitue donc pour lui une issue de secours.Après tout, la politique du rayon de soleil n\u2019avait pas retenu son père de procéder en 2006 au premier essai nucléaire nord-coréen.Avant cela, le président Bill Clinton avait donné des «garanties de sécurité» à Pyongyang en 1994 dans le cadre d\u2019une entente en vertu de laquelle la Corée du Nord acceptait de geler son programme d\u2019enrichissement du plutonium contre de l\u2019aide, notamment alimentaire.En catimini, Pyongyang avait lancé un programme d\u2019enrichissement parallèle.Le président Trump a juré jusqu\u2019à maintenant qu\u2019il ne pouvait y avoir de négociation avec Pyongyang sans reddition nucléaire préalable.Habile, Kim Jong-un se trouve à le mettre devant des choix.On peut présumer que, dans son affrontement avec Pyongyang, M.Trump continuera de souf?er le froid à profusion.Mais on nous souhaite qu\u2019il ait malgré tout la jugeote de laisser les fruits de la diplomatie sportive continuer à mûrir.La demande de prolongation de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a enfin été présentée au gouvernement Trudeau.Au-delà des déboires qui ont ralenti les travaux de la commission, l\u2019ampleur de son mandat et l\u2019obligation d\u2019offrir des réponses aux familles et survivantes exigent qu\u2019on lui accorde plus de temps.n septembre 2016, dès le lancement de la commission, des doutes se sont installés quant au réalisme de l\u2019échéancier imposé par le gouvernement pour réaliser un mandat aussi large.On ne lui demandait pas seulement d\u2019examiner les cas d\u2019assassinat et de disparition et d\u2019entendre les familles et les survivantes, mais aussi d\u2019explorer les causes systémiques de la violence sous toutes ses formes subie par les ?lles et les femmes autochtones.Le décollage de l\u2019enquête a été dif?cile et, jusqu\u2019à l\u2019automne dernier, les dif?cultés et les critiques n\u2019ont fait que se multiplier, sans compter les démissions et départs en cascade.Ce fut au point de faire craindre pour son aboutissement.Ceci n\u2019explique toutefois qu\u2019en partie la demande de prolongation de deux ans, avec un budget supplémentaire pouvant atteindre 50 millions, soumise par la commissaire en chef, Marion Buller, mardi.Problèmes ou non, cette demande aurait atterri sur le bureau de la ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett.Elle en avait d\u2019ailleurs été avertie l\u2019automne dernier lors de la présentation du rapport provisoire de la commission.Ce qui est attendu de cette enquête n\u2019est pas courant.Elle doit offrir aux survivantes et aux familles un lieu pour témoigner de leur drame dans un contexte dénué de confrontation.Jusqu\u2019à présent, les commissaires ont entendu 763 témoins dans le cadre de 134 audiences publiques et 103 tenues à huis clos.Des témoignages ont aussi été recueillis par le personnel de la commission, mais 630 personnes souhaitent encore être entendues.Ce travail ne peut être escamoté.Il ne peut cependant conduire à des recommandations solides si l\u2019autre volet du mandat est négligé.Pour ce dernier, l\u2019enquête doit procéder comme une commission traditionnelle, avec avocats, interrogatoires et contre-interrogatoires, a?n de mettre en lumière la discrimination systémique au sein des institutions gouvernementales, autochtones, judiciaires, et d\u2019identi?er les pratiques ayant pu permettre la perpétuation de cette tragédie.Si la commission devait remettre comme prévu son rapport dé?nitif l\u2019automne prochain, cet aspect de l\u2019enquête ne pourrait tout simplement pas être mené à bien avec rigueur.Y arriver en deux ans était irréaliste et nous l\u2019avons souvent dit dans ces pages.Le gouvernement semble en être conscient, mais la ministre Bennett a dit vouloir en discuter, «au cours des prochaines semaines», avec les familles, ses partenaires autochtones, ses homologues provinciaux et territoriaux ainsi que ses collègues du cabinet.Le gouvernement doit accepter cette demande de prolongation, mais sa prudence est justi?ée étant donné les remous qui ont agité la commission.Il doit s\u2019assurer que le navire est bel et bien redressé, comme le soutiennent des gens à l\u2019interne.On cite une nouvelle direction plus expérimentée qui a su insuf?er, depuis l\u2019automne, davantage de stabilité et une meilleure organisation.La prolongation demandée ne doit toutefois pas être l\u2019occasion d\u2019autres tergiversations.Les commissaires doivent démontrer qu\u2019ils ont tiré une leçon de leurs déboires.Ils doivent faire preuve de plus de transparence et mettre à pro?t chaque minute supplémentaire qui leur est allouée.Cette commission n\u2019a pas le droit d\u2019échouer.Les victimes et leurs proches ont trop souffert pour ne pas avoir des réponses à leurs questions.L E D E V O I R , L E J E U D I 8 M A R S 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S BAnQ cible mal sa clientèle Bibliothèque et Archives nationales n\u2019a pas besoin de faire de la publicité pour les enfants, comme dans les journaux au- jourd\u2019hui.Ces derniers remplissent toujours l\u2019étage du sous-sol les fins de semaine et a fortiori durant la semaine de relâche.Les parents veillent\u2026 C\u2019est aux ados qu\u2019elle devrait plutôt adresser ses messages publicitaires.Et davantage à la télévision et sur Internet.Car les adolescents ne lisent pas les journaux.J\u2019en sais quelque chose ayant œuvré des années durant auprès d\u2019eux.Pourtant, la Grande Bibliothèque possède plusieurs rayons consacrés à la littérature jeunesse expressément pour eux.Et des livres de qualité.On ne les voit que rarement là, malheureusement.Que fait le gouvernement pour eux?Pas grand-chose.Il pourrait au moins enrichir davantage les bibliothèques scolaires et rendre obligatoire dans le corpus des écoles la lecture de petits (et même de grands) romans québécois, qui pullulent.Et organiser des visites fréquentes dans les bibliothèques publiques, voire à la Grande Bibliothèque, pour les jeunes montréalais.Nos ados doivent sortir de l\u2019ignorance de la langue et de la littérature.Germain Corriveau, ex-enseignant et auteur jeunesse Verdun, le 5 mars 2018 L I B R E O P I N I O N M A R T I N E D E L V A U X Professeure de littérature à l\u2019UQAM et écrivaine E n cette Journée internationale des femmes, j\u2019ai envie de dire combien je suis fatiguée, combien nous sommes fatiguées.Nous, qui vivons dans cette société en tant que femmes et qu\u2019on célèbre of ficiellement un jour par année.Nous, qui sommes exaspérées de tout faire, prises avec ce travail qui consiste à rappeler sans arrêt les violences dont on est l\u2019objet, le sexisme qui nous étouffe, les charges mentales et émotionnelles qu\u2019on nous attribue et qui viennent de pair avec notre invisibilisation.Nous qui sommes fatiguées de devoir toujours en venir à un #MoiAussi pour espérer que les choses en viennent peut-être à changer.Nous qui portons depuis des siècles l\u2019odieux qui consiste à dénoncer.Une journée en notre nom, ce n\u2019est certainement pas assez.Mais peut-être aussi que c\u2019est un peu trop\u2026 Je ne suis ni pour ni contre cette journée du 8 mars.Dans les faits, je m\u2019en balance un peu.Parce que je n\u2019ai pas besoin d\u2019être célébrée.Je n\u2019ai pas besoin qu\u2019on me rende hommage.Je n\u2019ai pas besoin qu\u2019on mette le paquet un jour par année pour dire combien les femmes sont extraordinaires et méritent (enfin) la reconnaissance.Et surtout, parce que ce genre de mise en exergue vient avec une essentialisation qui m\u2019énerve profondément.Je ne suis pas «une femme».Minimalement, je suis celle à qui on a assigné le rôle de «femme».Mi- nimalement, je ne suis pas une, mais «des» femmes.Minimalement, je suis une «femme» avec des guillemets.L\u2019écrivaine Monique Wittig écrivait, en 1978, que « la lesbienne n\u2019est pas une femme ».Ce qu\u2019elle entendait par là, c\u2019était qu\u2019en sortant de l\u2019économie hétérosexuelle, de l\u2019hétérocentrisme, on pouvait quitter aussi cet enfermement qu\u2019est l\u2019organisation binaire du monde sur laquelle reposent les identités « homme » et « femme », et peut-être ainsi rêver les choses autrement.Poser les choses de cette façon, ça ne voulait pas dire mettre à mal l\u2019amour entre hommes et femmes, l\u2019idée de couple hétérosexuel en tant que tel, mais cesser de voir cet amour comme le seul modèle valable, et avec lui, ce qui en découle : une compréhension du monde comme coupé en deux, entre des humains hommes et des humaines femmes, les premiers hiérarchiquement supérieurs aux secondes.Mise en lumière Dans cette mise en lumière des femmes à laquelle on assiste d\u2019une manière intense, délibérée, nécessaire, importante depuis l\u2019automne dernier, ce qui est pointé, ce n\u2019est pas la supériorité des femmes, mais le fait qu\u2019elles sont invisibi- lisées (de mille et une façons) depuis trop longtemps.Ce faisant, on ne dit pas : regardez comme on est meilleures que vous ! On ne dit pas non plus : vous êtes tous des salauds ! On dit : regardez comment ce monde est organisé, et comment vous en faites partie ! Pour que ça change, il faut cesser de couper le monde en deux de manière à en exclure la moitié ! Il faut rêver un monde où on n\u2019aura plus besoin de braquer la lumière sur les femmes pour les faire exister.Ce qui ne veut pas dire que la lutte féministe n\u2019est pas nécessaire.Bien au contraire ! La lutte est urgente, elle doit continuer, et justement pour que les choses changent.C\u2019est pour ça que ce qui m\u2019intéresse au- jourd\u2019hui, inspirée par la phrase de Monique Wittig citée plus haut, c\u2019est essayer de penser un énoncé comme «La féministe n\u2019est pas une femme».Et aussi ce qui serait son pendant : « L\u2019allié du féminisme n\u2019est pas un homme», ou «L\u2019homme féministe n\u2019est pas un homme».Ce qui m\u2019intéresse, aujourd\u2019hui, c\u2019est de rêver un monde où on cessera de jouer ces rôles-là.C\u2019est pour cette raison, aussi, que j\u2019ai envie de penser le 8 mars, non pas comme la Journée internationale des femmes, mais comme celle des féministes\u2026 Le 8 mars, journée internationale des féministes FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET L\u2019origine de mes origines La question a été posée gentiment par une dame aussi gentille que sa question\u2026 Aussitôt, ma pensée prit son envol.Qui suis-je ?Méfiez-vous de la couleur de ma peau ou de mes yeux ; même mon accent pourrait être trompeur.Je suis le mélange d\u2019un « Tout » dont on ne peut jamais \u2014 ou presque \u2014 deviner les vraies origines.Durant mes années « léonardoises » (à Saint-Léonard, dans l\u2019est de Montréal), je chérissais l\u2019idée mythique d\u2019appartenir à une descendance sicilienne à cause de la résonance italienne de mon nom de famille.C\u2019était une manière d\u2019appartenir à un imposant clan de jeunes intouchables de mon école secondaire.Par la suite, mes années collégiales et universitaires prirent leur cours.Soudainement, l\u2019envie de me faire passer pour un Québécois devenait primordiale.J\u2019avais remplacé l\u2019accent italo-montréalais par un accent d\u2019universitaire du Quartier latin.Je devenais de plus en plus politisé.Mes idoles n\u2019étaient plus Marlon Brando et Rober t De Niro, mais René Lévesque et Pierre Elliott Trudeau.Même que je lisais L\u2019homme rapaillé de Miron dans le métro pour oublier un long trajet.Je n\u2019étais ni indépendantiste ni fédéraliste, mais j\u2019avais, enfin, conscience des deux solitudes.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai un certain plaisir à déclarer que je suis né au Sénégal.C\u2019est une façon d\u2019af firmer mon universalité.Pour les Haïtiens et les Africains, tout à coup, je deviens fascinant.Pour les Québécois de souche, je deviens exotique.Mais pour les Arabes, un Libanais-Sénégalais est nécessairement un exilé dont les parents ont fait fortune en Afrique.Désormais, sur mon mur on trouve Malcolm X, Mohamed Ali et James Baldwin.Lorsque je fais le bilan de mes origines, je ne sais plus où me poser la tête.Parfois, je me demande si le fait d\u2019accumuler les origines représente un manque de confiance ou l\u2019évasion d\u2019une réalité que je ne suppor te pas.Mais le temps me prouve, jour après jour, que ma manière d\u2019être est la bonne ; j\u2019ai la chance de ne permettre à personne de me placer dans un cadre culturel bien précis et j\u2019en profite.Suis-je un citoyen du monde ?Non, je n\u2019aime pas cette idée.J\u2019habite à Anjou.La dame en question, vous vous en souvenez ?Elle m\u2019avait demandé si j\u2019étais Gaspésien.J\u2019ai beaucoup aimé ce compliment.Mais ce qui me ferait grandement plaisir, c\u2019est qu\u2019on me demande un jour si je suis un Madelinot pour que je puisse raconter mes histoires de soirées sous un ciel étoilé dans les dunes de Fatima \u2014 qui n\u2019ont jamais eu lieu.Nabil Tarhini, blogueur Anjou, le 4 mars 2018 L\u2019 ENQUÊTE SUR LES FEMMES AUTOCHTONES DISPARUES ET ASSASSINÉES Il faut plus de temps, mais\u2026 CORÉE DU NORD Le rayon de soleil E GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER L E D E V O I R , L E J E U D I 8 M A R S 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); 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Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).M A R I E M A L A V O Y H É L È N E D A N E A U L T L O U I S E H A R E L C H R I S T I A N E P E L C H A T C A R O L E T H É B E R G E Pour le Comité des femmes de l\u2019Amicale des anciens parlementaires e 8 mars est jour de mémoire, de bilan et de prospective sur la condition des femmes.Chez nous comme ailleurs dans le monde, nous traçons le por trait des avancées et des reculs, des problèmes et des défis qui concernent la moitié féminine du monde.En tant qu\u2019anciennes parlementaires, nous nous préoccupons particulièrement de la place des femmes en politique.Nous avons certes constaté des progrès au cours des dernières décennies.Depuis l\u2019obtention du droit de vote des femmes en 1940, celles-ci ont fait leur entrée à l\u2019Assemblée nationale du Québec, imprimé leur marque sur nos lois et nos programmes publics, occupé les plus hautes fonctions.Pourtant, les acquis sont fragiles.Entre 2012 et 2014, nous perdions 5,6 % de députées au Parlement.Comme quoi la progression n\u2019est pas linéaire et constante.Si nous n\u2019y prenons garde et surtout si nous pensons que la situation s\u2019améliorera d\u2019elle-même, par un mouvement naturel de l\u2019histoire, nous irons au-devant de bien des déceptions.C\u2019est pourquoi nous défendons l\u2019idée d\u2019une loi sur la parité.Le 6 décembre dernier, nous présentions un mémoire à la Commission des relations avec les citoyens comportant une proposition en deux volets : le premier contiendrait l\u2019obligation pour chaque parti politique de présenter au moins 40 % de femmes lors d\u2019une élection.Nous nous situons dans ce qu\u2019on appelle la «zone paritaire », fixée entre 40 % et 60 % de candidatures féminines.Le deuxième volet du projet de loi inclurait une bonification par le Directeur général des élections, du financement des partis politiques qui ont atteint l\u2019objectif de 40 % de femmes élues à l\u2019Assemblée nationale.Cela est d\u2019autant plus envisageable que ce financement provient maintenant à près de 80 % de fonds publics.Créer une norme Notre raisonnement est le suivant : une loi sur la parité créerait une norme, elle indiquerait la voie à suivre collectivement et servirait de guide aux partis politiques, au-delà des efforts de personnes ou de groupes gagnés à la cause.Par exemple, c\u2019est le même principe qui fut à l\u2019origine de la Loi sur l\u2019équité salariale, enviée par bien des pays dans le monde.Au lieu d\u2019attendre que des femmes qui s\u2019estiment lésées déposent une plainte au nom des droits et libertés de la personne, la loi est venue créer une obligation d\u2019équité de la part des entreprises, renversant ainsi le fardeau de la preuve.De la même manière, nous pensons qu\u2019une loi sur la parité enverrait un signal clair que la société québécoise veut un Parlement paritaire et que les moyens doivent être pris pour y parvenir.Cela aurait un effet mobilisateur sur les femmes et les conforterait dans l\u2019idée qu\u2019un Parlement, c\u2019est aussi leur place à elles.Car il ne faut pas se le cacher.L\u2019un des obstacles importants à l\u2019entrée des femmes en politique, c\u2019est la piètre qualité de leur perception du pouvoir.Presque exclusivement exercé par les hommes pendant des siècles, le pouvoir a établi ses codes, ses règles, ses armes, son langage, sa culture.Pendant ce temps, les femmes, consacrées à l\u2019univers domestique, ont peu développé le goût d\u2019investir la sphère publique.Lorsqu\u2019elles se sont mises à embrasser toutes les professions, à prouver leurs compétences dans tous les métiers, elles sont demeurées toutefois aux portes du pouvoir.Ce n\u2019est que récemment, il y a à peine quelques décennies, qu\u2019elles ont commencé à franchir ces portes.Si elles y ont pris leur place, fait leur marque, pourtant, le monde du pouvoir demeure pour un grand nombre associé à des valeurs souvent négatives, peu inspirantes.La Commission des relations avec les citoyens que nous avons évoquée plus haut do it déposer sous peu son rappor t sur la place des femmes en politique.Espérons que celu i -c i aura un peu de mordant et ne se contentera pas de proposer des aménagements à la vie parlementaire.Ceux-ci pourront avoir un effet bénéfique une fois des députées élues, mais ils ne suffiront pas à vaincre leur résistance face au pouvoir.Ce qui peut contribuer plus profondément à rendre l\u2019univers politique attirant pour les femmes, c\u2019est de prendre les moyens pour qu\u2019elles y soient à part entière, convaincues que c\u2019est normal et que cela ne fait que refléter la composition de la société.Pour cela, il faut envisager des mesures législatives.On le voit déjà, nous sommes en précam- pagne électorale, terrain propice aux déclarations de bonnes intentions qui sor tent de terre comme les fleurs du printemps.Tous les chefs de parti vous diront qu\u2019ils sont pour la parité et qu\u2019ils font des ef for ts désespérés pour attirer des femmes dans leurs rangs.Tant mieux si cela porte ses fruits.Nous les invitons toutefois à doter la société québécoise d\u2019une loi sur la parité qui s\u2019inscrira dans la durée, transcendant les humeurs des dirigeants et les idées à la mode.Les femmes constituent la moitié du monde.Elles doivent constituer la moitié des parlements.PARITÉ HOMMES-FEMMES Les bonnes intentions ne suffiront pas M A N O N M A S S É Porte-parole de Québec solidaire epuis 30 ans, c\u2019est la même clique qui se passe la rondelle du pouvoir.Depuis 30 ans, cette clique est majoritairement masculine.Et ces messieurs ne sont jamais trop pressés d\u2019améliorer le sort collectif des femmes du Québec.Des chefs comme Philippe Couillard, François Legault et Jean-François Lisée font partie de cette clique depuis trop longtemps pour réussir à nous faire croire qu\u2019ils s\u2019engagent envers nous à d\u2019autres moments qu\u2019en campagne électorale.Et puis, disons-le, les plus grands gains pour la cause des femmes depuis 30 ans, ce sont les Pauline et les Louise qui nous les ont donnés, avec les CPE à tarifs réduits, l\u2019équité salariale, le régime québécois d\u2019assurance parentale\u2026 On est toujours mieux servi par soi-même, dit-on.Les membres de ce boy\u2019s club abonné au pouvoir, ce sont eux qui laissent les infirmières s\u2019épuiser et se tuer à la tâche, pour des peanuts.Ce sont eux qui donnent des milliards aux médecins spécialistes et qui refusent d\u2019empêcher les hauts dirigeants d\u2019entreprises financées par l\u2019État de se voter des hausses de salaire faramineuses.Ce sont eux qui essaient de camoufler leurs scandales sexuels tout en refusant de débloquer des budgets adéquats pour lutter contre les violences sexuelles.Ce sont eux qui sabrent les services publics et qui laissent les femmes les remplacer.Ce sont eux qui laissent nos écoles moisir et nos enfants dîner dans les couloirs.Le temps est arrivé où nous avons choisi d\u2019arrêter de supporter la situation.Le couvercle a sauté.Le mouvement #MoiAussi en est un exemple flagrant, tout comme les ras-le-bol des professionnelles du système de santé dans les dernières semaines.Infirmières, enseignantes, préposées, ambulancières, travailleuses sociales, comédiennes ; partout, les femmes se lèvent et refusent d\u2019en laisser passer davantage.Comme celles avant nous, c\u2019est en agissant, en proposant et en prenant notre place dans les officines du pouvoir qu\u2019on va continuer à faire bouger les choses.C\u2019est en adoptant une approche contraignante pour favoriser l\u2019accès des femmes aux postes de pouvoir qu\u2019on va défaire la clique.C\u2019est en haussant le salaire minimum à 15 $ l\u2019heure qu\u2019on va pouvoir agir sur notre capacité d\u2019avancer.C\u2019est en adoptant un système universel de garderie qu\u2019on s\u2019assurera que le plus de femmes possible restent sur le marché du travail.C\u2019est en investissant dans les services publics qu\u2019on va assurer aux femmes l\u2019équité qui mène à une réelle égalité.C\u2019est en agissant sur le racisme systémique qu\u2019on va s\u2019assurer que toutes les femmes avancent.C\u2019est en agissant que tout changera ! En tant que seule femme qui sera au débat des chefs en octobre 2018, je m\u2019engage à porter notre message au cœur de l\u2019arène.Messieurs, la récréation est terminée.Mesdames, brassons la cage.Ensemble, avançons et, surtout, ne laissons personne derrière.Féministe, puisqu\u2019il le faut encore Y V E S G I N G R A S Professeur à l\u2019Université du Québec à Montréal annonce par le gouvernement du Québec d\u2019une « entente » salariale avec les médecins spécialistes a fait couler beaucoup d\u2019encre exprimant indignation, consternation et même révolte devant ce que le sociologue Philippe Steiner a appelé Les rémunérations obscènes (Zones, 2011).On ne peut cependant se satisfaire de l\u2019idée simpliste (et fausse) d\u2019une soi- disant demande légitime de «parité salariale canadienne » quand on sait la différence énorme du coût de la vie entre Montréal, Toronto et Vancouver.Le problème est donc plus profond.Le temps est en effet venu de se demander quel remède on pourrait apporter à ce qu\u2019il faut bien appeler la psychopathologie de l\u2019argent.Parlant de « cette maudite race humaine », Mark Twain disait avoir « conscience que bien des hommes ayant amassé plus de millions qu\u2019ils n\u2019en pourraient jamais en dépenser montraient un appétit féroce pour plus d\u2019argent encore et n\u2019avaient aucun scrupule à tromper les ignorants et les démunis en piochant dans leurs maigres rations pour assouvir un peu cette faim ».Cela ressemble fort à nos spécialistes qui pigent dans les fonds publics alors même que le gouvernement peine à réparer des écoles qui tombent en ruine et à mieux traiter les infirmières épuisées\u2026 À la même époque, le sociologue allemand Georg Simmel s\u2019est lui aussi intéressé à la place occupée par l\u2019argent dans la culture moderne et publia, en 1900, son grand ouvrage consacré à la Philosophie de l\u2019argent.Il a observé que « l\u2019argent, simple moyen n\u2019ayant manifestement aucune utilité pour lui-même », devient de plus en plus une « fin ultime des aspirations humaines ».La possession d\u2019argent est ainsi « pour un nombre incalculable de nos contemporains le but propre et ultime de leurs aspirations, le but au-delà duquel ils ne se posent aucune question ».La fixation sur l\u2019argent comme ultime mesure de toute valeur affecte même la signification accordée aux choses et aux relations humaines au point, selon Simmel, que le désabusement des classes sociales prospères « n\u2019est que l\u2019ef fet psychologique de cet état de fait ».De par son caractère indifférencié et abstrait, l\u2019argent facilite même le laxisme et la fraude.Comme l\u2019écrit encore Simmel, des personnes par ailleurs honorables sont plus enclines à se comporter «de manière plus louche dans de pures af faires d\u2019argent que lorsqu\u2019il s\u2019agit de faire quelque chose de douteux éthi- quement dans d\u2019autres relations».La quête démesurée de plus d\u2019argent est donc bel et bien une pathologie moderne que les psychologues et psychiatres devraient traiter.Ces derniers ont d\u2019ailleurs mis en évidence une relation significative entre les très hauts revenus et une certaine tendance paranoïaque, de même que le fait d\u2019avoir des valeurs très matérialistes diminue les capacités relationnelles et engendre plus d\u2019émotions négatives.Il est aussi connu qu\u2019au-delà d\u2019un certain seuil, plus d\u2019argent ne rend pas plus heureux et diminue même la capacité de jouir de menus plaisirs.Relire Galien\u2026 Les futurs médecins et spécialistes obsédés par l\u2019argent devraient lire (je n\u2019ose dire « relire »\u2026) leur ancêtre Galien, qui écrivait dans son traité de philosophie morale Ne pas se chagriner que celui qui ne possède qu\u2019un champ de terre et le perd se retrouve complètement sans ressource et peu à bon droit se chagriner, «mais si quelqu\u2019un en perd un sur les quatre qu\u2019il avait, il se trouvera à égalité avec ceux qui en possédaient trois dès le début» et n\u2019a donc aucune raison de se plaindre, car s\u2019il examine «les champs qui suffisent à ses dépenses personnelles, il supportera sans souci la perte du superflu».Autrement, il ne supportera pas de voir d\u2019autres gens en posséder plus que lui et se sentira toujours pauvre, son «désir restant inassouvi».Il devrait donc, selon le bon conseil stoïcien de Galien, «cesser d\u2019examiner continuellement combien de champs possède» son voisin et se contenter de ce qui lui suffit déjà amplement.Je propose donc l\u2019annulation pure et simple de l\u2019entente signée avec les médecins spécialistes, annulation pleinement justifiée socialement, nonobstant les propos de nos médecins premier ministre et ministre de la Santé, tous deux spécialistes\u2026 des sophismes.En échange, cependant, le gouvernement devra mettre de côté une partie des sommes ainsi épargnées pour payer le traitement psychologique des spécialistes qui, se croyant injustement traités, subiront des souffrances du fait de ce petit sevrage pécuniaire.Une autre partie devrait être investie dans un projet de recherche sociologique analysant la formation que les universités offrent à ces médecins.Car la question se pose : quel discours éthique et quel sens de responsabilité sociale les professeurs mettent-ils en avant dans les cours qu\u2019ils dispensent aux futurs spécialistes ?Ces derniers croient-ils que tout leur est dû parce qu\u2019ils ont brillé sur le plan scolaire ?Réalisent-ils la spécificité de la profession médicale au-delà du fait que c\u2019est un monopole lucratif ?Croient-ils que le fait de « sauver des vies » \u2014 comme ils disent \u2014 justifie des salaires au-delà de la capacité de payer des citoyens ?C\u2019est donc à l\u2019idéologie sous-jacente aux demandes des médecins spécialistes qu\u2019il est temps de s\u2019attaquer, idéologie selon laquelle c\u2019est l\u2019argent et non pas la personne, comme le croyait Protagoras, qui est la mesure de toute chose.Des médecins malades de l\u2019argent L L\u2019 D «Messieurs, la récréation est terminée.Mesdames, brassons la cage.» ISTOCK Le rapport des médecins spécialistes à l\u2019argent devrait être remis en question, selon l\u2019auteur. L E D E V O I R , L E J E U D I 8 M A R S 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S fait par quelqu\u2019un d\u2019autre ?Ça reste un choix qui appartient au gouvernement », a-t-il ajouté.Inutile, selon Barrette Gaétan Barrette a plutôt avancé que l\u2019étude dirigée par le chercheur Damien Contandriopoulos se révélait d\u2019aucune utilité, puisqu\u2019elle regorge de «faits archiconnus» et concerne la situation qui prévalait de 2006 à 2015.«Pas besoin d\u2019une étude pour montrer ça» a-t-il lancé aux journalistes.«Vous auriez pu le voir si vous aviez cherché !» a- t-il ajouté, en pointant les bases de données de la Régie d\u2019assurance maladie du Québec.Le ministre a rappelé que les médecins québécois n\u2019ont pas obtenu de hausse de rémunération en échange d\u2019un accroissement de leur productivité.« L\u2019augmentation de la rémunération a été faite et conclue pour faire un rattrapage », a-t-il affirmé.Et d\u2019ailleurs : il y a encore un enjeu de productivité dans le corps médical, a reconnu le premier ministre Philippe Couil- lard, en point de presse à la Chambre de commerce de Paris.Il est aussi « honnête » de dire que la baisse de la productivité des médecins est attribuable, en partie, à la hausse de la rémunération consentie par le gouvernement québécois, a reconnu Gaétan Barrette.« Mais, en même temps, le rattrapage, c\u2019est le rattrapage », a-t-il martelé.Les deux élus libéraux ont insisté sur les impacts des projets de loi 20 et 130, qui prévoyaient des sanctions pour les médecins n\u2019atteignant pas des cibles de performance.« Ce qui est malheureux, c\u2019est que l\u2019étude ne se rend pas suf fisamment loin pour montrer à quel point les changements donnent des résultats aujourd\u2019hui », s\u2019est désolé le ministre de la Santé.« Si je regarde objectivement le nombre de patients qui sont suivis dans la communauté, c\u2019est évident que je vais dire qu\u2019il y a eu des améliorations », a aussi attesté Louis Godin, rappelant que, depuis 2014, « un million de Québécois de plus» ont accès à un médecin de famille.Des projets de loi 20 et 130, que son syndicat a qualifiés d\u2019« inutiles » et de « matraque », il reconnaît désormais certains effets positifs.« Est-ce que c\u2019était nécessairement la meilleure façon de faire, d\u2019avoir des approches très coercitives d\u2019obligation ?Ça, je n\u2019en suis pas sûr », a-t-il néanmoins affirmé.Le ministère n\u2019est «pas assez interventionniste» Seul point de rapprochement entre le ministre Barrette et les auteurs de l\u2019étude : celui des mécanismes de rémunération, sur lesquels les fédérations de médecins ont un « très grand contrôle », faute de volonté du ministère «de limiter leur influence sur la gestion de l\u2019enveloppe globale », selon les auteurs de l\u2019étude.Certes, le ministère n\u2019a pas « été suf fisam- ment interventionniste dans l\u2019approbation de telle ou telle mesure », a reconnu Gaétan Barrette.Mais les fédérations médicales «n\u2019ont pas trop de pouvoir » pour autant, a-t-il ajouté, en précisant que la faute revenait plutôt aux gouvernements, qui « n\u2019ont pas exercé suf fisam- ment leurs pouvoirs» à son avis.«Je ne suis vraiment pas d\u2019accord avec l\u2019idée qu\u2019on laisse entendre qu\u2019une fois les ententes signées, on fait ce qu\u2019on veut», a répliqué Louis Godin.« Ce n\u2019est pas de même que ça marche, du tout.» Le président de la FMOQ a écorché l\u2019objectivité de l\u2019étude, qui aurait dû s\u2019intéresser au taux d\u2019assiduité des médecins et au nombre de patients suivis, selon lui.Même constat de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), qui a apparenté le travail des six chercheurs aux « opinions de Damien Contandriopoulos concernant la rémunération des médecins ».Ces opinions « sont connues depuis longtemps et la FMSQ n\u2019a pas de commentaires à faire à la suite de son étude », a écrit la Fédération dans un cour- riel, en déclinant une demande d\u2019entrevue.« La validité de l\u2019étude, quant à ces principales conclusions, m\u2019apparaît tout à fait correcte », a pour sa part déclaré l\u2019ex-ministre libéral et père de l\u2019assurance maladie, Claude Cas- tonguay.Il s\u2019est désolé de la situation actuelle, l\u2019attribuant aux « exagérations du docteur Barrette [et à] son attitude un peu méprisante à l\u2019endroit des autres professionnels de la santé ».Il a dit croire que la solution passe par une approche qui met moins « l\u2019accent sur la rémunération à l\u2019acte » des médecins et par une tentative de médiation entre les fédérations et le gouvernement.« Il est possible qu\u2019on arrive à des compromis où il y aura des gagnants, et pas seulement des perdants», a-t-il affirmé.Avec La Presse canadienne Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SANTÉ GES est fixé à 37,5% en 2030 par rapport à 1990.«Urgence» en transport Pour placer le Québec sur la voie de cette nécessaire «décarbonisation» de l\u2019économie, il y a « urgence d\u2019agir » dans le secteur des transports, qui compte à lui seul pour 41 % des émissions de GES.Les actions dans ce secteur doivent d\u2019ailleurs accaparer plus de deux milliards de dollars du budget du PACC 2013-2020.Le bilan du ministère de l\u2019Environnement constate toutefois que les sommes investies jusqu\u2019à présent dans le transport collectif, jugé «alternatif à \u201cl\u2019auto solo\u201d», «ont essentiellement permis de maintenir et de consolider la hausse de l\u2019offre de services réalisée entre 2006 et 2012».On note cependant que les investissements dans le transport en commun ont contribué à la «mobilité ».« Ils ont toutefois peu contribué à la réduction des émissions de GES, et leur coût [du point de vue des] dollars investis/tonne de GES réduite est élevé ».Celui-ci atteindrait 60 000 $ par tonne, selon ce qu\u2019on peut voir dans un tableau présentant les réductions de GES à l\u2019horizon 2020.En ce qui a trait à l\u2019électrification du parc automobile québécois, le rapport indique que les ventes de véhicules zéro émission (VZE) « devront augmenter de façon significative pour atteindre la cible de 100 000 véhicules immatriculés au Québec en 2020 ».Au mieux, cette cible sera atteinte «vers 2022 ».Et encore, cela ne représentera qu\u2019une infime partie du parc automobile du Québec, qui avoisine présentement les 4,5 millions de véhicules.Décarboniser En parallèle de cet objectif gouvernemental, «peu de mesures visant à réduire les émissions de GES des millions de véhicules qui sont déjà sur les routes du Québec ont été mises en œu- vre ».Qui plus est, les émissions des véhicules lourds ont augmenté de 90 % depuis 1990.Le bilan suggère donc de mener des « études de faisabilité » en vue de la « mise sur pied de mesures additionnelles de réduction des émissions de GES» dans le secteur des transports.Plus largement, ce bilan propose la création d\u2019un « institut de la décarbonisation» pour aider le gouvernement à trouver des solutions « porteuses » pour l\u2019économie et la société québécoise « tout au long de sa transition vers une économie sobre en carbone ».Une mesure qui devrait s\u2019accompagner d\u2019une « campagne de sensibilisation en continu» sur les enjeux climatiques, un domaine où « peu d\u2019actions ont été mises en œuvre à ce jour».Le rapport souligne par ailleurs le manque de gestes concrets en matière d\u2019« adaptation » aux impacts des changements climatiques.À l\u2019heure actuelle, à peine 8 % du budget du PACC 2013-2020 y est destiné.Il faudrait donc réévaluer cette part, d\u2019autant plus que « les impacts des changements climatiques sont déjà tangibles au Québec », notamment par l\u2019augmentation de l\u2019intensité des tempêtes, des inondations, de l\u2019érosion côtière, des glissements de terrain et de la fonte du pergélisol.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GES Car malgré l\u2019immense ralliement derrière les mots-clics #MeToo, #MoiAussi et #BalanceTon- Porc, ce n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg, note le professeur.Il ne souhaite pas décourager outre mesure, mais il a des réserves.« On a eu Ro- zon, Weinstein, oui.Mais c\u2019est infime par rapport à l\u2019ampleur du problème.Tout le sexisme ordinaire, au quotidien, ça passe encore sous le radar.» Certes, des interdits ont été levés, des tabous brisés, des agresseurs ont été pointés, ce qui est « nouveau et sans précédent ».Mais il préfère parler de «révolte symbolique», de «progrès», demeurant prudent sur la portée de #MoiAussi.«Une révolte, ça oui.Ne serait-ce que par la prise de parole des femmes», a-t-il dit.Signes avant-coureurs Coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes (RéQEF), Sandrine Ricci voit néanmoins un «build-up», quelque chose de très ancré dans l\u2019histoire dans ce mouvement qu\u2019elle qualifie aussi de révolte.« On ne part pas de zéro», assure cette chargée de cours en sociologie à l\u2019UQAM.« Il y avait des signes avant-coureurs, il y en a depuis des décennies, et il ne faut pas oublier l\u2019histoire dans laquelle le mouvement s\u2019inscrit.Dans les années 1970, la question du viol était centrale dans l\u2019émergence et la structuration du mouvement féministe dans plusieurs pays du monde, y compris ici.» Il trouverait aussi racine dans des événements plus récents, comme l\u2019affaire Gab Roy contre Ma- riloup Wolfe, les agressions dénoncées dans les milieux universitaires et le viol collectif en Inde en 2013 qui avait eu des échos jusqu\u2019ici, évoque-t- elle.Événements auxquels on pourrait ajouter l\u2019af faire Jian Ghomeshi, celle d\u2019Alice Paquet contre Gerry Sklavounos et bien d\u2019autres.Le Printemps étudiant a aussi joué un rôle.« Il ne faut pas oublier que les femmes qui sont là au- jourd\u2019hui ont vu la grève de 2012, elles se sont politisées à ce moment-là, et il y en a de nouvelles.On observe un formidable regain du féminisme, qui a maintenant droit de cité.» Le mouvement #MoiAussi est une « immense assemblée de cuisine », comme celles qui se faisaient il y a près de 50 ans, où divers types de violences sexuelles \u2014 des propos de « monon- cle » jusqu\u2019au viol, en passant par des inconduites sexuelles \u2014 ont été dénoncées publiquement à travers les médias et les réseaux sociaux.« Que ça fuse de tous bords tous côtés, c\u2019est bien, estime Mme Ricci.On ne peut pas penser qu\u2019on va mener une lutte contrôlée.Dans les mouvements sociaux, on appelle ça la diversité des tactiques.» Un malaise appelé Catherine Deneuve Si le mouvement #MoiAussi n\u2019est pas encore une révolution, il fait certes face à une certaine contestation, prémisse à toute transformation sociale majeure.«Il n\u2019y a pas de révolution sans malaise, sans coup d\u2019éclat», soutient Léa Clermont- Dion.«Avant, on n\u2019aurait pas levé la main pour dire \u201cça suffit !\u201d, mais là, on s\u2019est mis à dénoncer tout haut.C\u2019est sûr que ça a créé des malaises.» L\u2019une de ces contestations s\u2019est incarnée en la personne de Catherine Deneuve, qui a cosi- gné, avec cent Françaises, une lettre dans Le Monde défendant la « liberté d\u2019importuner ».Léa Clermont-Dion ne l\u2019avait pas vue venir.Mais après s\u2019être penchée dessus pour tenter de comprendre pourquoi cer taines femmes pouvaient soutenir cette position, elle a constaté qu\u2019il n\u2019y avait là rien de nouveau.«Depuis deux siècles, on observe ce genre de ressac quand il y a un avancement des femmes dans l\u2019espace public, comme les luttes pour le droit de vote des femmes ou pour l\u2019avortement.Il y a toujours eu un ressac antiféministe, exprimé par la crainte que les relations amoureuses et l\u2019ordre établi du mariage allaient être ébranlés, dit-elle.Plus ça change, plus c\u2019est pareil.Ça m\u2019a réconfortée.C\u2019était normal.» #EtMaintenant\u2026 de l\u2019espoir Les révolutions sont des processus et prennent du temps, rappelle le sociologue Marcos Ancelovici.« Ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on fait comme ça et c\u2019est réglé.» Il cite l\u2019exemple du racisme, qui est présent plus que jamais, malgré les gains de la lutte des Afro-Américains pour les droits civiques.« Pour caricaturer, il y a d\u2019abord la prise du Palais d\u2019hiver », poursuit-il, évoquant cet épisode de la Révolution russe.«Ensuite, il y a les luttes, la mise en place de réformes et de changements qu\u2019on considère comme fondamentaux.Ça peut durer des années, et le processus génère des réactions et des problèmes qu\u2019on n\u2019avait pas anticipés.» Portée par un optimisme certain, Léa Cler- mont-Dion fait remarquer qu\u2019une multitude de groupes féministes sont prêts à porter le mouvement.En début de semaine, une coalition de groupes contre la violence faite aux femmes a vu le jour.Le Regroupement québécois des Centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS), lui, se lancera dans une consultation citoyenne à travers le Québec pour récolter les témoignages et revendications des femmes victimes de violence sexuelle.Et des appuis s\u2019ajouteront à la campagne « Sans oui, c\u2019est non ! », qui vise à prévenir le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles dans les cégeps et universités.« Ce n\u2019est peut-être pas aussi sexy qu\u2019une plainte publique contre Rozon, mais ce sont des initiatives qui pourront nous rallier », croit-elle.Sandrine Ricci voit aussi de manière positive cette révolution en devenir.«Les hommes tombent, il y a un réel changement et des conséquences matérielles, constate-t-elle.La honte a changé de camp, disent les plus positifs.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 #MOIAUSSI 5 octobre 2017 Affaire Weinstein Le New York Times rapporte des allégations de harcèlement sexuel impliquant Harvey Weinstein.Le producteur hollywoodien aurait agressé une centaine de femmes sur plus de trois décennies.16 octobre 2017 #MeToo L\u2019actrice américaine Alyssa Milano incite les femmes à dénoncer les violences sexuelles.Le mot-clic #Me- Too est partagé par des millions de victimes sur les réseaux sociaux.Le cri de ralliement avait été créé au milieu des années 1990 par la militante noire Tarana Burke pour faire connaître la cause des femmes racisées victimes de violence.18 octobre 2017 Éric Salvail sur la sellette Le populaire animateur Éric Salvail est éclaboussé par des allégations de harcèlement sexuel.Il se retire de la gestion de sa compagnie de production deux jours plus tard.18 octobre 2017 Affaire Rozon Le fondateur du Festival Juste pour rire et commissaire aux célébrations du 375e anniversaire de Montréal, Gilbert Rozon, est montré du doigt par une dizaine de femmes pour harcèlement et agression sexuelle.Il se retire de ses fonctions le soir même.19 octobre 2017 Québec s\u2019engage La ministre Hélène David annonce une aide d\u2019un million de dollars aux organismes soutenant les victimes d\u2019agressions sexuelles.23 octobre 2017 Michel Brûlé se retire Visé par des allégations d\u2019inconduite sexuelle, l\u2019éditeur Michel Brûlé se retire de la course à la mairie de l\u2019arrondissement du Plateau-Mont- Royal.26 octobre 2017 Affaire Venne L\u2019auteure Léa Clermont-Dion dénonce l\u2019ancien journaliste et fondateur de l\u2019Institut du Nouveau Monde Michel Venne pour une agression sexuelle qui se serait produite alors qu\u2019elle était mineure.Elle soutient que l\u2019ex- ministre et auteure Lise Payette lui a recommandé de ne pas porter plainte.6 décembre 2017 À la une du Time Les victimes de harcèlement sexuel qui ont brisé le silence en 2017 sont désignées « personnalité de l\u2019année » par le Time.La couverture du magazine met notamment en scène l\u2019actrice Ashley Judd et la chanteuse Taylor Swift.Décembre 2017 Charles Dutoit visé par des allégations L\u2019ancien directeur musical de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (1977-2002) est accusé d\u2019agression sexuelle par trois chanteuses d\u2019opéra et une musicienne.Les gestes auraient été commis entre 1985 et 2010.Le chef d\u2019orchestre d\u2019origine suisse est éclaboussé par les allégations de six autres femmes au début de 2018.9 janvier 2018 Et maintenant?Dans une lettre ouverte publiée dans Le Monde, 100 Françaises, dont Catherine Deneuve, déplorent « la haine des hommes» découlant, selon elles, du mouvement #MeToo.Leur initiative est dénoncée par le collectif #Et- Maintenant, mené par Auré- lie Lanctôt et Léa Clermont- Dion.Le groupe réunissant plus de 150 Québécoises se dote d\u2019un symbole, le cœur jaune, pour afficher son appui aux victimes de violences sexuelles.Dave Noël #MoiAussi en quelques dates JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a commenté l\u2019étude qu\u2019avait commandée le Commissaire à la santé sur la rémunération des médecins et les soins aux patients en disant qu\u2019elle était inutile parce qu\u2019elle faisait état de faits déjà connus et qu\u2019elle portait sur une période antérieure à 2015."]
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