Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2018-03-09, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C I X N o 5 1 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Économie \u203a Tarifs sur l\u2019acier et l\u2019aluminium.Trump épargne le Canada et le Mexique.Page B 7 Avis légaux.B 8 Décès.A 6 Météo.B 4 Mots croisés.B 4 Petites annonces .A 6 Sudoku.B 9 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Zeitgeist Un trio d\u2019enfer contre les paradis Page B 10 SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE La ministre de la Condition féminine, Maryam Monsef, photographiée dans la bibliothèque du parlement M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa «I l n\u2019y a pas d\u2019équité salariale au gouver nement fédéral.» Le constat sévère de la ministre de la Condition féminine peut paraître étonnant en 2018, d\u2019autant plus lorsqu\u2019il est prononcé pendant la J o u r n é e i n t e r n a t i o n a l e d e s femmes.Mais les gouvernements successifs à Ottawa n\u2019ont jamais lé- gi féré sur le sala ire égal des femmes, malgré des appels répétés en ce sens depuis plus de 20 ans.Le gouver nement Tr udeau promet maintenant d\u2019agir.Les syndicats, eux, attendent de voir le détail de la proposition avant de crier victoire.La disparité salariale entre les hommes et les femmes au sein de l\u2019appareil fédéral et des entreprises sous charte fédérale a beau avoir été déclarée un «acte discriminatoire » en vertu de la Loi canadienne sur les droits de la personne en 1977, l\u2019équité salariale ne s\u2019est pas pour autant retrouvée garantie au Canada.Quarante ans plus tard, les femmes sont toujours payées moins que leurs collègues masculins \u2013 en moyenne 88 ¢ pour chaque dollar de salaire payé à un homme, ou 12 700 $ de moins par année.« S\u2019attaquer à l\u2019équité salariale au niveau fédéral, et présenter un projet de loi en ce sens cette année, ce sera une étape impor tante pour les femmes, mais aussi pour tout le monde, parce que cela stimulera l\u2019économie et profitera à tout le monde », a fait valoir la ministre fédérale de la Condition féminine, Mar yam Monsef, au Devoir jeudi, en marge d\u2019activités soulignant la Journée internationale de la femme.Son gouvernement promettait, dans son budget déposé la semaine dernière, de déposer un projet de loi sur l\u2019équité salariale au fédéral d\u2019ici la fin de l\u2019année.«Lorsque cela deviendra la loi, et que le gouvernement fédéral donnera l\u2019exemple, nous croyons JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES Équité salariale, le projet inachevé Ottawa promet de légiférer avant la fin de l\u2019année, mais c\u2019est le projet de loi qui fera foi de la volonté réelle du gouvernement G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É M A R I E V A S T E L P our crever l\u2019abcès qui affecte le Bloc québécois, le Bureau national du parti propose de tenir un référendum interne sur le « rôle et la mission du Bloc québécois».Mais il est hors de question d\u2019interroger les membres sur le leadership de Martine Ouellet\u2026 ce qui fait dire aux dissidents que la chef vit dans le déni.Selon Mme Ouellet, la crise que vit le Bloc repose d\u2019abord et avant tout sur des divergences au sujet de l\u2019article 1 du programme du parti.C\u2019est cet ar ticle qui parle de faire « la promotion de l\u2019indépendance sur toutes les tribunes».« La question du rôle du Bloc est au cœur du débat » actuel, a-t-elle dit jeudi en conférence de presse à Montréal.Vraiment ?Les sept députés dissidents estiment plutôt que la vraie question n\u2019est pas là.« Mme Ouellet est dans le déni et rejette du revers de la main toute remise en question de son leadership », ont-ils écrit jeudi.«Nous sommes indépendantistes et nous croyons que le débat actuel entre intérêts du Québec et promotion de l\u2019indépendance est en train de sombrer dans le ridicule et ne sert ni le mouvement indépendantiste ni les Québécois », a répondu par communiqué le groupe des sept.La solution de sor tie de crise proposée par le Bureau national (sorte d\u2019exécutif du parti) paraît avoir ainsi peu de chances de répondre à son objectif : « en finir avec les déchirements sur la place publique » et « dissiper tout ce qui se passe présentement au Bloc », selon les mots de la vice-présidente Kédina Fleury- Samson.Mar tine Ouellet a réitéré que le vote de confiance auquel elle doit se soumettre se fera en 2019, pas avant.La chef du Bloc croit que devancer le vote de confiance « ne réglerait pas la question» qui a mené au schisme des dernières semaines.«La question \u2014 c\u2019est récurrent et c\u2019est une question fondamentale \u2014, c\u2019est sur le rôle du Bloc », a-t- elle soutenu à plusieurs reprises jeudi.Pour régler ce problème, le Bloc veut donc faire appel à sa base.Et rien de mieux qu\u2019un référendum pour prendre le pouls de celle-ci, croit Martine Ouellet.Le Bureau national adoptera samedi les « détails » de la consultation souhaitée : on ignore toujours quelle question sera posée, selon quel mécanisme, et si les députés dissidents auront accès à des listes de membres s\u2019ils veulent s\u2019impliquer dans le processus.Le Bloc tiendra un référendum Martine Ouellet veut sonder les membres sur l\u2019article 1 du programme du parti, mais pas sur son leadership L\u2019équité salariale stimulera l\u2019économie et profitera à tous, dit Maryam Monsef L I S A - M A R I E G E R V A I S U ne brise d\u2019espoir a soufflé sur la journée du 8 mars : un groupe de chercheuses féministes estime avoir été enfin entendu dans une cause de harcèlement criminel où un homme s\u2019est servi de photos de Marc Lépine pour les menacer.Jugé potentiellement récidiviste, l\u2019homme, qui a plaidé coupable, demeurera incarcéré jusqu\u2019à ce qu\u2019il connaisse sa sentence, le 15 mars prochain.La Couronne a demandé le maximum pour ce type d\u2019accusation, soit six mois de prison ferme.« Ça m\u2019étonne qu\u2019un procureur ait décidé de porter la cause devant le tribunal.De mon expérience, il y en a qui se dé- responsabilisent et n\u2019ont pas l\u2019audace d\u2019aller plus loin parce que ce sont des dossiers circonstanciels où il est dif ficile de faire la preuve hors de tout doute.C\u2019est un problème systémique », a confié au Devoir Mélissa Blais, chercheuse et spécialiste des mouvements antifé- ministes, en marge de l\u2019audition pour la détermination de la sentence au palais de justice de Montréal.Elle-même a été victime de cyberharcèlement dans une autre cause.Le 23 juillet 2016, Sandrine Ricci s\u2019aperçoit que la page Facebook du Réseau québécois d\u2019études féministes (RéQEF) qu\u2019elle coordonne est la cible d\u2019un harceleur qui publie sous un faux profil Facebook près de 20 liens vers des photos de Marc Lépine et des «#JeSuisMarc».Prise de peur, elle en parle aux administratrices du groupe et porte plainte à la police dès le lendemain.L\u2019enquête s\u2019enclenche.Peu de temps après, une autre plainte envers le même agresseur est déposée par Harcelées, des femmes obtiennent justice Un homme avoue son crime et la Couronne réclame son emprisonnement Évoquant Marc Lépine, Alexandre Chebeir menaçait des chercheuses féministes Lire aussi \u203a Les femmes manifestent à travers le monde.Les Espagnoles font la grève.Page A 2 L\u2019humanitaire et les scandales sexuels.Marie-Claude Bibeau réitère sa confiance.Page A 3 VOIR PAGE A 10 : ÉQUITÉ Donald Trump accepte de rencontrer Kim Jong-un Page A 6 VOIR PAGE A 10 : BLOC VOIR PAGE A 10 : JUSTICE L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 DOSSIER DU SAMEDI Rage contre la machine La jeunesse du monde se fédère autour de positions antisystème.La colère gronde partout.Et pendant ce temps, au Québec\u2026 À LIRE DEMAIN UN DOSSIER DE STÉPHANE BAILLARGEON, MARCO BÉLAIR-CIRINO ET JEAN-FRANÇOIS NADEAU A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouver nement Couil - lard affirme que les coûts pour restaurer l\u2019habitat des derniers caribous de Val-d\u2019Or sont trop élevés par rapport à la probabilité de sauver cette population de l\u2019extinction.Ils sont donc condamnés à disparaître, a annoncé jeudi le ministre de la Faune, Luc Blanchette.Dans une capsule vidéo publiée sur Facebook, le ministre Blanchette a dit vouloir donner « l\u2019heure juste » en résumant les conclusions d\u2019un « rapport préliminaire » sur la viabilité des caribous de Val- d\u2019Or publié ce jeudi par le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.Selon le rapport, les coûts de restauration de l\u2019habitat \u2014 perturbé par des décennies de coupes forestières intensives et d\u2019activité minière \u2014, mais aussi le suivi de la population et les per tes économiques pour la région représentent, sur 50 ans, une facture de 76 millions de dollars.Il s\u2019agit d\u2019une moyenne de 1,5 million de dollars par année.Pour le gouvernement Couillard, cette facture scelle le sort des cer vidés.« Ces investissements sont trop impor tants par rapport à la probabilité de réussite qui, elle, s\u2019avère très, très faible.Cette situation est triste, mais il faut être raisonnable », a laissé tomber le ministre Luc Blanchette.Les quelque 18 caribous restants devraient donc disparaître d\u2019ici quelques années au plus tard.Habitat perturbé « L\u2019habitat est perturbé de façon temporaire, mais aussi de façon permanente », a admis le ministre.Cette perturbation est en bonne par tie due à l\u2019activité forestière, particulièrement importante aux limites de l\u2019habitat essentiel des caribous.Or, pour restaurer ce milieu naturel, « il faudrait 50 ans d\u2019investissements très importants ».Plusieurs entreprises détiennent des droits de coupe dans la région.Qui plus est, un projet de mine d\u2019or à ciel ouvert est prévu dans le secteur, considéré comme un habitat essentiel pour la survie de la harde.Un récent rapport de l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale a d\u2019ailleurs conclu que « le projet pourrait nuire à la survie et au rétablissement de la population de caribous de Val-d\u2019Or », puisqu\u2019il aurait des « effets nocifs» sur son milieu de vie.Nous croyons qu\u2019il est préférable de mettre nos efforts sur les 7000 autres caribous du Québec, là où nous avons encore de bonnes chances de succès», a par ailleurs indiqué Luc Blanchette.Il faisait ainsi référence au caribou forestier, dont il subsiste d\u2019autres populations au Québec.L\u2019une d\u2019elles, qui sur vie dans le parc national de la Gas- pésie, pourrait d\u2019ailleurs être la prochaine à disparaître.On n\u2019y dénombre plus que 75 individus, alors que la population accuse un recul de 60 % depuis 10 ans.Incompétence Réagissant aux propos du ministre, Nature Québec a dénoncé la décision du gouvernement.« Le ministre Blanchette rejette d\u2019emblée les scénarios qui donneraient une chance de survie à la population des caribous de Val-d\u2019Or et les condamne à une extinction à très cour t terme », a déploré le directeur général de l \u2019organisme écologiste, Christian Simard.« Contra irement au dire de M.Blan- chette, ce ne sont pas les loups qui sont coupables du déclin précipité de cette harde relique, mais bien l\u2019incompétence des ministres responsables des forêts depuis 1989 et leur mépris exprimé envers les mises en garde et les inquiétudes répétées par les biologistes, les écologistes, les Anicinapek, etc.», a ajouté Henri Jacob, président de l\u2019Action boréale.La situation des caribous de Val-d\u2019Or a attiré l\u2019attention au printemps 2017, lorsque le gouvernement Couillard a annoncé son intention de déménager les derniers individus vers le zoo de Saint-Félicien.Cette décision, qui avait été prise alors que Québec ne détenait pas d\u2019étude de viabilité sur cette population, a soulevé une vive controverse.Le zoo de Saint-Félicien a fait avorter le projet en s\u2019en dissociant.Le Devoir FAUNE Québec laissera les caribous de Val-d\u2019Or disparaître PEUPLELOUP CC Les quelque 18 caribous restants devraient disparaître d\u2019ici quelques années au plus tard.Réagissant aux propos du ministre, Nature Québec a dénoncé la décision du gouvernement M adrid \u2014 Des femmes d\u2019un peu par tout dans le monde ont profité jeudi de la Jour née inter nat ionale des femmes pour réclamer plus d\u2019égalité, plus de respect et plus d\u2019autonomie.Des manifestantes ont déclenché une grève de 24 heures en Espagne, pendant que des foules descendaient dans les rues de Manille, de Séoul et de New Delhi, notamment.Des milliers de femmes ont marché en soirée dans les plus grandes rues de villes à travers l\u2019Espagne pour protester contre les écarts de salaire et la violence contre les femmes, et pour réclamer la fin des plafonds de verre dans le monde du travail.« Si nous freinons, le monde freine », tel a été le slogan scandé au début de plus de 300 manifestations.Quelque 5,3 millions de personnes ont participé au mouvement de grève, selon deux des principales organisations syndicales espagnoles.Les arrêts de travail ont été particulièrement remarquables dans les médias, alors que des lectrices de nouvelles et des journalistes brillaient par leur absence à la télévision et à la radio.Près de 7500 femmes journalistes ont signé un manifeste appelant à une égalité des salaires et à des occasions d\u2019emploi.Contre Duterte Des centaines de manifestantes vêtues de rose et de mauve ont défilé au centre-ville de Manille contre le président philippin Rodrigo Duter te, qu\u2019elles accusent d\u2019être le pire transgresseur des droits des femmes de toute l\u2019Asie.Les manifestantes ont chanté et dansé avec entrain sur la Plaza Miranda, en distribuant des fleurs aux mères, aux femmes et aux sœurs des trafiquants de drogue tués par les forces de M.Duterte.En Afghanistan, des centaines de femmes qui n\u2019auraient jamais osé sortir de chez elles sous le règne des talibans se sont rassemblées dans la capitale pour rappeler à leurs dirigeants que beaucoup de travail reste encore à faire pour assurer l\u2019égalité des Afghanes, leur garantir l\u2019accès à l\u2019éducation et les protéger de la violence.Des centaines de Sud-Coréennes, dont plusieurs vêtues de noir ou agitant des affiches #MoiAussi, se sont rassemblées au cœur de Séoul.Le mouvement #MoiAussi prend de l\u2019ampleur dans ce pays depuis janvier, lorsqu\u2019une avocate a commencé à dénoncer publiquement les inconduites sexuelles et le harcèlement en milieu de travail.Le nombre de femmes qui se manifestent augmente de jour en jour.En Inde, des centaines de femmes ont défilé dans la capitale pour dénoncer la violence domestique, les agressions sexuelles et la discrimination en milieu de travail.En Afrique, le président ougandais, Yoweri Mu- seveni, a condamné la violence conjugale en traitant les agresseurs de poltrons.« Si vous voulez vous battre, pourquoi ne trouvez-vous pas un autre homme avec qui le faire ?» a-t- il demandé.«Un moment charnière» Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a déclaré que le monde se trouve à un «moment charnière pour les droits des femmes» et a appelé les hommes et les femmes à travailler pour faire de l\u2019égalité des sexes « une réalité » pour toutes et tous.La Journée internationale des femmes est une journée fériée en Russie, mais la candidate présidentielle Ksenia Sob- chak comptait parmi les rares manifestantes dans les rues de Moscou.S\u2019inspirant du mouvement #MoiAussi, Mme Sobchak a manifesté en solitaire devant l\u2019édifice de la Douma pour demander la démission d\u2019un élu bien vu à qui plusieurs femmes journalistes reprochent de les avoir harcelées sexuellement.En Chine, des étudiantes de l\u2019Université Tsinghua ont profité de l\u2019occasion pour se moquer d\u2019une proposition visant à modifier la Constitution afin d\u2019abolir la limite au nombre de mandats présidentiels.Une bannière affichait, à la blague, que le mandat d\u2019un petit ami devrait lui aussi être illimité.Les photos des affiches des étudiantes, comme tout ce qui concernait la modification proposée, ont rapidement été retirées des réseaux sociaux.Associated Press Les femmes manifestent à travers le monde Les Espagnoles déclenchent une grève pour dénoncer la violence et l\u2019iniquité salariale JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES Un billet de 10 $ à l\u2019effigie de Viola Desmond Halifax \u2014 Le courageux geste de désobéissance civile de Viola Desmond, longtemps ignoré de la plupart des Canadiens, est maintenant immortalisé sur le nouveau billet de 10$.Le billet de polymère montre un portrait de Viola Desmond sur une carte historique du quartier North End de Halifax où elle a vécu.Il sera émis «vers la fin de 2018», indique la Banque du Canada.Le 8 novembre 1946, dans un cinéma de la Nouvelle- Écosse, Viola Desmond a refusé de quitter le parterre, réservé aux Blancs, pour gagner le balcon, réservé aux Noirs.Traînée hors du cinéma par la police, elle fut arrêtée puis détenue pendant 12 heures, avant d\u2019écoper d\u2019une amende.Mme Desmond est morte à l\u2019âge de 50 ans, en 1965, trop tôt pour recevoir les excuses officielles du gouvernement de la Nou- velle-Écosse \u2014 et obtenir un pardon de la justice canadienne pour son «délit».La Presse canadienne Des centaines de manifestantes vêtues de rose et de mauve ont défilé à Manille contre le président Rodrigo Duterte Ottawa nommerait une femme à la tête de la GRC Justin Trudeau devrait annoncer vendredi qu\u2019il désigne une femme à la tête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), signalant un changement de culture dans le corps policier fédéral ayant été ébranlé par des plaintes de harcèlement sexuel et de discrimination à l\u2019égard des femmes dans ses rangs.Des sources affirment que le premier ministre nommera Brenda Lucki commissaire de la GRC à l\u2019occasion d\u2019une visite dans un centre d\u2019entraînement à Regina, où Mme Lucki occupe actuellement les fonctions de commandant.Comptant 31 ans d\u2019expérience à la GRC, Mme Lucki a aussi servi dans l\u2019ex-Yougoslavie et au sein de la police civile des Nations unies en Haïti.Elle a reçu plusieurs honneurs au fil des années, incluant deux médailles des forces de protection des Nations unies et la médaille de service des Casques bleus canadiens.La Presse canadienne JACQUES NADEAU LE DEVOIR Hommage au courage des dénonciatrices Pour souligner la Journée internationale des femmes, des dizaines de personnes se sont rassemblées jeudi dans le cadre de la 17e manifestation du 8 mars dans les rues de Montréal.Les manifestantes ont notamment salué le courage des femmes qui ont dénoncé les agressions et le harcèlement sexuel grâce à la vague #MoiAussi.Un peu plus tôt dans la journée, le Collectif 8 mars s\u2019est réuni devant les bureaux du ministère de la Santé et des Services sociaux pour réclamer le respect des droits des femmes.Une hausse du salaire minimum et l\u2019arrêt des discriminations envers les femmes autochtones et immigrantes ont notamment été revendiqués. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 «P opuliste ou populaire ?» Voilà la question que me lançait la semaine dernière à Rome un représentant du Mouvement 5 Étoiles, le parti fondé par l\u2019humoriste Beppe Grillo, qui est arrivé en tête dimanche dernier.La question mérite en effet d\u2019être posée tant le populisme est devenu un mot fourre-tout qui sert à désigner tout et n\u2019importe quoi.Sous ce mot, on range aussi bien des mouvements néonazis comme L\u2019Aube dorée, en Grèce, les partis conservateurs de l\u2019ancienne Europe de l\u2019Est, comme celui de Victor Orban en Hongrie, un parti d\u2019extrême gauche comme Syriza, un personnage hérétique comme Donald Trump et le Mouvement 5 étoiles qui se dit « ni de droite ni de gauche ».De là à conclure que le mot « populisme » sert à désigner tout ce qui dérange la mondialisation heureuse et qu\u2019on n\u2019arrive pas à comprendre, il n\u2019y a qu\u2019un pas qu\u2019on serait tenté de franchir.C\u2019est d\u2019abord en Italie que le mot est revenu au-devant de l\u2019actualité.Il faut dire que ce pays est depuis un siècle le laboratoire politique de l\u2019Europe.C\u2019est là qu\u2019apparurent les premiers mouvements fascistes, largement inspirés du socialisme révolutionnaire.Après la guerre, le pays abrita le plus important parti communiste d\u2019Europe.C\u2019est avec Silvio Berlusconi qu\u2019apparut au début des années 1990 le populisme médiatique moderne.Bien avant Nicolas Sarkozy et Donald Trump, Il Cavaliere inaugura un nouveau style politique décomplexé qui a fait depuis des émules dans le monde entier.Berlusconi savait de quoi il parlait.Longtemps avant Trump, ce propriétaire de chaînes de télévision comprit que, pour franchir le mur de verre du nouvel univers virtuel, il n\u2019y avait pas mieux que l\u2019arrogance, l\u2019impertinence et la grossièreté.Dans un monde où, avec l\u2019aide des chaînes publiques, on ne peut plus faire campagne sans passer à Tout le monde en parle, les dirigeants politiques étaient sommés de se comporter en ar tistes de variétés.Les nouveaux médias dits sociaux n\u2019ont fait qu\u2019accentuer cette hystérisation de la vie publique.Des déguisements ridicules de Justin Trudeau aux «vaffanculo» de Beppe Grillo, en passant par les allures populo de Manon Massé, sans oublier le refus des mélanchistes français de porter la cravate à l\u2019Assemblée nationale, tout est bon aujourd\u2019hui pour se distinguer des élites et franchir ainsi le mur de la téléréalité.Si l\u2019Italie est un cas d\u2019espèce, c\u2019est parce que son système politique, où les promesses disparaissent au gré des coalitions, offre plus de marge de manœuvre que les autres à la démagogie.L\u2019Italie montre pourtant que, poussé à bout, ce petit jeu ne peut déboucher que sur le cynisme.?Mais il y a un autre populisme.C\u2019est un populisme qui est le fruit des nouveaux clivages qui se font jour dans un monde en plein bouleversement.« Populiste » est aujourd\u2019hui le sobriquet par lequel les élites médiatiques désignent tous ceux qui ne jouent pas le jeu de la mondialisation heureuse.Une façon aussi pour certains de nommer ce qu\u2019ils ne comprennent pas.Partout en Europe, les vieilles distinctions entre la gauche et la droite sont en train de se brouiller.Cette confusion n\u2019est peut-être que temporaire, mais elle n\u2019en est pas moins réelle.Les fractures qui sommeillaient au sein des blocs qui réglaient traditionnellement la vie politique éclatent au grand jour, faisant exploser les partis de gouvernement qui sur l\u2019Europe, qui sur l\u2019immigration, qui sur la laïcité.Il en va du Parti socialiste français et de Forza Italia comme du Parti québécois.Ces nouveaux clivages semblent en ef fet échapper aux partis traditionnels.Comme s\u2019ils étaient incapables de voir poindre la résistance populaire spontanée à une mondialisation sauvage présentée, non seulement comme inévitable, mais comme la seule et unique morale de notre époque.Pour ne pas dire la seule incarnation du bien et de l\u2019« ou- ver ture à l\u2019autre ».Or, contrairement à ses élites mondialisées, le peuple, lui, n\u2019a pas vraiment le choix de demeurer attaché à ses quartiers, à ses villages, à ses traditions, à sa culture, à sa famille et à sa nation.Bref, à un mode de vie hérité de l\u2019histoire et qu\u2019il n\u2019entend pas voir liquider au nom d\u2019un universalisme abstrait, fût-il moral ou économique.On voit donc surgir des mouvements, certes souvent erratiques et parfois même dangereux, mais attachés à une politique conçue non pas comme la recherche universelle du bien, ce qui devrait être l\u2019objet de la religion, mais comme la défense des intérêts des citoyens d\u2019une nation donnée à une époque donnée.«L\u2019enracinement est peut-être le besoin le plus important et le plus méconnu de l\u2019âme humaine », disait la grande philosophe Simone Veil.Or, ajoutait Pé- guy, « les patries sont toujours défendues par les gueux et livrées par les riches».Une certaine gauche universitaire et médiatique cherche à se rassurer en brandissant les vieilles catégories politiques du fascisme et de l\u2019extrême droite pour éviter surtout d\u2019entendre ce que disent ces électeurs qui ont le grand défaut de lui échapper.Elle n\u2019exprime ainsi que son désarroi face à un monde qui n\u2019entre plus dans les catégories d\u2019hier.Vous avez dit « populiste » ?CHRISTIAN RIOUX à Paris A M É L I P I N E D A U n jury devra déterminer le statut juridique d\u2019un bébé poignardé dans le ventre de sa mère alors qu\u2019un Montréalais vient d\u2019être cité à procès pour meurtre prémédité.Le procès de Sofiane Ghazi pourrait rouvrir le houleux débat sur le statut juridique du fœ- tus au Canada.En juillet 2017, l\u2019homme de 37 ans aurait poignardé au ventre à de nombreuses reprises sa conjointe, enceinte de huit mois, dans son ap- par tement de Montréal-Nord.La dame de 33 ans a survécu à ses blessures, mais « Bébé Ghazi » est décédé.Jeudi, la juge Linda Despots a conclu, au terme de l\u2019enquête préliminaire de M.Ghazi, que la preuve était suffisante afin qu\u2019un jury détermine si le nouveau-né était un être vivant tel que le définit la loi.«Pour qu\u2019un verdict de culpabilité soit rendu, il faudra prouver que le bébé est complètement sorti du corps de sa mère et que les blessures ont entraîné sa mort après qu\u2019il est devenu un être humain », explique l\u2019avocat criminaliste Walid Hijazi.Il rappelle qu\u2019au Canada, on peut seulement être reconnu coupable du meurtre d\u2019un être humain.Le Code criminel prévoit qu\u2019un bébé qui «naît vivant » peut être reconnu comme une victime pour des sévices subis pendant qu\u2019il était encore dans le ventre de sa mère.Il établit qu\u2019« un enfant devient un être humain au sens de la loi lorsqu\u2019il est complètement sorti, vivant, du sein de sa mère », et ce, «qu\u2019il ait respiré ou non», «qu\u2019il ait ou non une circulation indépendante » et « que le cordon ombilical soit coupé ou non».Le jury sera également appelé à se prononcer sur la préméditation des gestes commis, puisque M.Ghazi est accusé du meurtre au premier degré de son bébé.« Si le fœtus est devenu un être humain au sens prévu par la loi, il faudra faire la preuve que lorsqu\u2019il a été poignardé, il y a eu une intention de viser le ventre de la mère porteuse et qu\u2019une fois que le fœtus est sorti vivant, il est mor t des suites de ses blessures », indique Me Hijazi.La procureure de la Couronne, Me Chantal Mi- chaud, s\u2019est dite satisfaite de la décision, qui «est conforme aux accusations qui ont été portées».La défense quant à elle a indiqué analyser la possibilité d\u2019en appeler du jugement.« Nous, on a une position sur la définition d\u2019un être vivant et si elle s\u2019applique dans ce cas- ci.Notre position, on la maintient, et on verra de quelle façon on va la faire valoir de nouveau, soit en révision ou soit lors d\u2019un procès», a indiqué Me François Taddeo, qui défend l\u2019accusé avec Me Badre Aber.M.Ghazi sera de retour au palais de justice de Montréal le 19 avril pour connaître la date de son procès.L\u2019homme, qui est actuellement détenu, fait face à plusieurs autres accusations, dont celle de tentative de meurtre sur son ancienne conjointe.D\u2019ailleurs, il n\u2019a pas encore été déterminé si ces autres chefs s\u2019ajouteront à l\u2019acte qui sera déposé dans un éventuel procès.Cas rares, mais pas exceptionnels Les dossiers où l\u2019identité juridique d\u2019un nouveau-né se retrouve devant les tribunaux sont rares, mais pas exceptionnels.En juillet dernier, la Couronne avait expliqué avoir analysé la jurisprudence avant de porter les accusations pour le meurtre prémédité de «Bébé Ghazi ».« C\u2019est souvent du cas par cas et des situations rarissimes avec toutes sor tes de variantes », avait indiqué Me Anne Aubé, procureur en chef adjointe en matière de violence conjugale au Directeur des poursuites criminelles et pénales.La première décision à cet égard remonte à 1933.Une enfant née avec les pieds bots à la suite d\u2019une négligence commise par la compagnie Montreal Tramways avait poursuivi cette dernière.La Cour suprême du Canada avait statué que «permettre à l\u2019enfant né vivant et viable d\u2019agir en justice afin d\u2019obtenir réparation du préjudice infligé à tort à sa personne alors qu\u2019il était dans le ventre de sa mère est simplement conforme à la justice naturelle ».Plus récemment, un automobiliste ayant happé à mort une femme enceinte sur le boulevard Laurier à Québec a aussi été accusé d\u2019avoir causé des lésions corporelles au bébé qu\u2019elle portait.Le Devoir JUSTICE Être humain ou fœtus ?Accusé du meurtre de son bébé après avoir poignardé sa conjointe enceinte PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE La ministre canadienne du Développement international, Marie-Claude Bibeau, que l\u2019on voit ici distribuant du matériel scolaire à des enfants haïtiens après le passage de l\u2019ouragan Matthew, en novembre dernier, réitère sa confiance dans les organisations humanitaires canadiennes.M A R I E - L I S E R O U S S E A U M algré le scandale Oxfam, qui a démontré l\u2019ampleur de l\u2019exploitation sexuelle dans le milieu de l\u2019aide humanitaire, la ministre du Développement international, Marie-Claude Bi- beau, estime que les grandes organisations canadiennes sont « parmi les meilleures [en ce qui concerne] les bonnes pratiques à l\u2019échelle internationale ».Ainsi, nul besoin d\u2019instaurer de nouveaux règlements pour prévenir de tels crimes et lutter contre eux, dit- elle, et ce, même si l\u2019aide humanitaire canadienne met désormais l\u2019accent sur les filles et les femmes, principales victimes des cas d\u2019abus qui ont fait les manchettes.La ministre compte plutôt «renforcer les mesures qui existent déjà » afin d\u2019améliorer «la prévention, la dénonciation, les sanctions [envers les agresseurs] ainsi que la protection et l\u2019accompagnement des victimes», a-t-elle fait valoir au Devoir lors d\u2019un entretien accordé dans le cadre de la Journée internationale des femmes.Une fois que « les meilleures pratiques » auront été déterminées, Ottawa compte les appliquer aux plus petits organismes, « qui ont moins de ressources».Après avoir notamment bouleversé les milieux ar tistique et spor tif, le mouvement #MoiAussi a entaché le secteur humanitaire le mois dernier avec la révélation du licenciement d\u2019employés de la branche britannique d\u2019Oxfam ayant eu recours à des prostituées en Haïti.Oxfam-Québec et Oxfam-Canada n\u2019étaient pas impliqués dans ces crimes, mais les deux branches locales de l\u2019ONG ont fait face à cinq cas d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle au cours des 10 dernières années.« On ne peut pas prétendre être à l\u2019abri de cas d\u2019inconduite sexuelle », affirme Mme Bibeau.Politique féministe En juin dernier, le gouvernement fédéral a instauré une Politique d\u2019aide internationale féministe qui place les femmes au cœur de l\u2019aide canadienne.Quelque 2 milliards de dollars sur cinq ans ont été débloqués dans le plus récent budget à cet effet.Cet argent frais était attendu de pied ferme par le milieu humanitaire, qui déplorait le manque de ressources assor ties à cette politique.Il fallait « faire les choses dans l\u2019ordre », s\u2019est défendue la ministre.« Ça prenait d\u2019abord une vision claire [\u2026] [pour ensuite] établir les besoins.» Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) salue cet investissement ainsi que la décision d\u2019Ottawa d\u2019accueillir 1000 femmes et filles réfugiées supplémentaires d\u2019ici cinq ans.« Des progrès immenses restent à faire», met toutefois en garde le représentant de l\u2019UNHCR au Canada, Jean-Nicolas Beuze, dans une lettre d\u2019opinion publiée en page A 9.La ministre Bibeau qualifie de «pression saine» ces attentes de la communauté internationale.Elle dit déjà constater un « virage significatif » dans l\u2019approche des organisations partenaires du Canada à l\u2019étranger depuis l\u2019annonce de la politique féministe.Selon elle, un constat fait consensus : «Si on veut mettre fin à la pauvreté \u2014 ce qui est notre objectif ultime \u2014, il faut absolument que 100 % de la population contribue au développement d\u2019un pays.» Et ce, aussi dans les États où les droits des femmes ne sont pas respectés, soutient-elle.À cet égard, la ministre dit sentir une «ouverture» chez la plupart des dirigeants qu\u2019elle rencontre sur le terrain.«Je dirais qu\u2019il y a un manque de courage politique à mettre en application des lois pour [\u2026] mettre fin [aux inégalités dans certains pays]», nuance-t-elle toutefois.L\u2019approche du Canada est d\u2019aider ces États à développer des « mesures plus inclusives envers les femmes » tout en travaillant à l\u2019autre bout du spectre avec les organisations locales de femmes, poursuit-elle.Le témoignage d\u2019une femme du Burkina Faso qui a pu éviter de vendre sa fille en mariage grâce à un programme d\u2019aide canadienne a convaincu la ministre des bienfaits de sa politique.«Quand on donne à une femme les moyens, c\u2019est toute la famille et la communauté qui en sont changées.» Le Devoir JOURNÉE INTERNATIONALE DES FEMMES L\u2019humanitaire n\u2019est pas à l\u2019abri des scandales sexuels Les organisations canadiennes sont malgré tout bien outillées, juge Marie-Claude Bibeau «On ne peut pas prétendre être à l\u2019abri de cas d\u2019inconduite sexuelle» Marie-Claude Bibeau J U L I E N A R S E N A U L T À l\u2019approche de la saison des sucres, l\u2019Institut économique de Montréal (IEDM) revient à la charge en réclamant des assouplissements des règles en vigueur pour les acériculteurs québécois alors que la production américaine augmente.Dans une note publiée jeudi, le groupe de réflexion dit avoir constaté une hausse des importations, dont la quasi-tota- lité provient des États-Unis, alors que la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) est aux prises avec des surplus.Sans prôner un démantèlement du système en place, l\u2019IEDM estime que ce modèle est « extrêmement contraignant» pour les quelque 7300 entreprises acéricoles obligées de transiger avec la FPAQ.Celle-ci remet toutefois en question cette analyse.Reconnaissant qu\u2019on ne peut pas seulement blâmer la FPAQ pour la croissance de la concurrence étrangère, l\u2019IEDM plaide pour une réforme des règles en vigueur en brossant une série de constats jugés inquiétants.Une emprise en baisse Après avoir atteint un sommet de 82 % en 2003, la part du marché mondial des acéricul- teurs québécois s\u2019est ef fritée au fil du temps, s\u2019établissant à 72 % en 2017, selon l\u2019Institut.De plus, depuis le début des années 2000, la production du Québec n\u2019a progressé que de 60 %, ce qui représente la pire performance à l\u2019échelle nord- américaine.À l\u2019inverse, le Vermont a affiché une hausse fulgurante de 254 %, suivi du Nouveau-Brunswick, à 179 %, ainsi que du Maine, à 131 %.Au cours de cette période, le nombre d\u2019entailles exploitées dans la province n\u2019a grimpé que de 17 %, alors qu\u2019au sud de la frontière la hausse était de 89%.Le directeur général de la FPAQ, Simon Trépanier, a toutefois voulu remettre ces données en perspective.«À seulement deux reprises le Québec a vu sa par t de marché franchir la barre des 80 %, soit en 2000 et en 2003.Il s\u2019agit de deux bonnes années de production au Québec alors que la récolte était moins fructueuse chez nos voisins.» Selon M.Trépanier, sur un horizon de 15 à 20 ans, la part de marché des producteurs québécois oscille aux alentours de 72 %.Selon l\u2019analyste en politiques publiques de l\u2019IEDM et auteur de la note, Alexandre Moreau, le « tournant » est survenu au début des années 2000, quand la Fédération est devenue l\u2019agent exclusif pour la vente en vrac.De plus, le système de contingents attribuant des quotas de production en 2004 n\u2019a rien fait pour aider, estime-t-il.« Il y a des frais de mise en marché et énormément de contraintes, af firme M.Moreau.Sans abolir la Fédération, qui offre certains services qui plaisent aux acériculteurs, il faut penser à des réformes et leur retirer leur monopole.» À son avis, une telle décision permettrait à des producteurs québécois de développer eux-mêmes des marchés.La Presse canadienne L es fausses nouvelles rencontrent un écho bien plus large sur Internet que les vraies informations.On le pressentait, mais une vaste étude scientifique vient de le démontrer.Elle livre des pistes d\u2019intervention.Fausses nouvelles, intox, rumeurs : les fausses informations, largement relayées sur les réseaux sociaux, sont une arme redoutable de manipulation de l\u2019opinion publique.Elles auraient favorisé l\u2019élection de Donald Trump et le Brexit , di t -on, mais dans quelle mesure cette rumeur est-elle abusive ou fondée ?« Les réseaux sociaux ont démultiplié la diffusion de l\u2019information, mais on sait peu de choses sur la façon dont ils favorisent la dissémination des fausses informations », écrivent Soroush Vosoughi et ses collègues du Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge (États-Unis).Leur analyse parue dans la revue Science du 9 mars le démontre, chiffres à l\u2019appui : sur Twitter, les fausses informations se propagent plus vite et plus loin, touchant davantage de gens que les vraies.L\u2019équipe du MIT a disséqué la dif fusion de fausses et de vraies informations sur Twitter entre 2006 et 2017.Au total, elle a épluché 126 000 histoires relayées plus de 4,5 millions de fois par 3 millions de gens.Précision importante: ces informations ont été classées comme « fausses» ou «vraies» par six organisations indépendantes de vérification des faits ; leurs classifications ont été consensuelles dans 95 à 98 % des cas.Retweet en cascade Résultats : globalement, les fausses informations avaient 70 % de « chances » en plus d\u2019être retweetées en « cascade » que les vraies.Alors qu\u2019une histoire vraie était rarement diffusée à plus de 1000 personnes, le 1 % de fausses informations les plus virales se propageaient facilement à des groupes compris entre 1000 et 100 000 individus.La vérité mettait six fois plus de temps qu\u2019une fausse nouvelle à atteindre 1500 personnes.Alors que la vérité n\u2019était jamais retweetée au- delà de 10 fois, les fausses informations pouvaient être ret- weetées 19 fois ; et ce, 10 fois plus vite qu\u2019une vérité relayée seulement 10 fois.La catégorie de rumeurs la plus largement colportée était les nouvelles politiques.Venaient ensuite les légendes urbaines, puis les affaires économiques, le ter rorisme, les sciences et technologies, les loisirs et enfin les désastres naturels.Mais d\u2019où viennent ces écarts accablants entre la diffusion \u2014 modeste \u2014 de la vérité et la dissémination \u2014 virale \u2014 des intox?Première piste explorée : les relayeurs de fausses nouvelles seraient des twitteurs plus aguerris, ils suivraient plus de twitteurs et auraient plus d\u2019abonnés.Faux, ont tranché les auteurs : c\u2019est même le contraire.Seconde hypothèse : les coupables seraient des « robots».Ce sont des algorithmes programmés pour retweeter automatiquement des données, sur des comptes fictifs.Séviraient- i ls davantage pour relayer de fausses nouvelles ?Non, ont montré ces chercheurs.Les robots accélèrent bien la diffusion des informations, vraies comme fausses.Mais la diffusion des fausses nouvelles restait plus large.«Une des stratégies de lutte contre la dif fusion à grande échelle des fausses nouvelles consiste à repérer et neutraliser les robots sur les réseaux sociaux.Cette étude suggère que ce ne serait pas si efficace», relève Ewa Kijak, de l\u2019Université de Rennes 1 en France.«Effet militant» Alors ?L\u2019équipe du MIT pointe un autre fautif : le comportement des utilisateurs de la twittosphère.Les chercheurs ont sélectionné au hasard un échantillon de 5000 utilisateurs.Ils ont analysé le contenu sémantique des tweets auxquels ils avaient été exposés avant de retweeter une information.Résultat : les fausses nouvelles relayées avaient un contenu plus « original » que les vraies infos retweetées.De plus, elles inspiraient des émotions dif férentes : de la peur, du dégoût, de la surprise, tandis que les vraies infos inspiraient de l\u2019anticipation, de la tristesse ou de la joie, un sentiment de vérité.« Nos jugements peuvent être biaisés par des nouvelles sensationnelles, confirme David Chavalarias, du CNRS à Paris.Mais un «effet militant » peut aussi jouer.En France, lors des dernières élections présidentielles, nous avons montré que, sur Twitter, les fausses nouvelles se propagent préférentiellement dans les communautés politiques dont elles sont issues.» Ainsi, l\u2019information circule souvent en vase clos.Comment endiguer le pouvoir de nuisance des fausses nouvelles ?Deux stratégies sont possibles.Ce sont, d\u2019une part, des actions visant à repérer et à signaler les fausses informations.Par exemple, « il y a plusieurs moyens de détecter si une image a été falsifiée », indique Ewa Kijak.D\u2019autre part, on peut miser sur l\u2019éducation des utilisateurs de réseaux sociaux.Mais la psyché humaine est complexe, soulignent les auteurs d\u2019un « For um politique » publié dans Science.La plupart des gens préfèrent traiter des informations familières qui confortent leurs opinions antérieures, ce qui ne facilite pas la tâche.Ce groupe d\u2019experts appelle donc à un effort de recherches interdisciplinaires, mobilisant les plateformes des réseaux sociaux.L\u2019enjeu : créer « une culture de l\u2019information qui valorise et encourage la vérité».Le Temps L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Cahiers spéciaux À lire demain Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 JEFF CHIU ASSOCIATED PRESS Fausses nouvelles, intox, rumeurs : les fausses informations, largement relayées sur les réseaux sociaux, sont une arme redoutable de manipulation de l\u2019opinion publique.RÉSEAUX SOCIAUX Les fausses nouvelles se répandent vite La vérité prend plus de temps et rejoint moins de lecteurs que les informations erronées Une des stratégies de lutte contre la diffusion à grande échelle des fausses nouvelles consiste à repérer et neutraliser les robots sur les réseaux sociaux.Cette étude suggère que ce ne serait pas si efficace.Ewa Kijak, de l\u2019Université de Rennes 1 en France « » Les acériculteurs québécois perdent des parts de marché, s\u2019inquiète l\u2019Institut économique A L E X A N D R E S H I E L D S M ême si son propre bilan du plan d\u2019action contre les changements climatiques constate qu\u2019il n\u2019y aura pas de réductions suf fisantes des émissions de gaz à ef fet de serre au Québec, le gouvernement Couillard continue d\u2019affirmer qu\u2019il atteindra ses objectifs d\u2019ici deux ans.Le Devoir révélait jeudi les conclusions du bilan « mi-par- cours » du Plan d\u2019action 2013- 2020 sur les changements climatiques, un document produit l\u2019an dernier par le ministère de l\u2019Environnement, mais qui n\u2019a toujours pas été rendu public.Ce rapport indique que malgré des investissements de plus de quatre milliards de dollars, les mesures inscrites dans le plan permettront seulement de « stabiliser » les émissions de gaz à effet de serre de la province.L\u2019objectif de les réduire de 20%, par rapport à 1990, sera donc loin d\u2019être atteint.Appelé à réagir, le cabinet de la ministre de l\u2019Environnement, Isabelle Melançon, a répété jeudi que «le Québec est un leader sur la scène internationale en matière de lutte contre les changements climatiques et en avance par rapport à de nombreuses autres juridictions».« Nous sommes convaincus que les actions que nous avons menées \u2014 comme l\u2019instauration du Marché du carbone, qui a été renforcé par l\u2019arrivée cette année de l\u2019Ontario, la norme véhicules zéro émission, nos grands projets en matière de transport collectif ou le Plan d\u2019action en matière de sécurité publique relatif aux inondations \u2014 nous permettront d\u2019être, en 2020, rendus là où nous le souhaitons», a ajouté son cabinet, dans une réponse écrite.Le por te-parole de Greenpeace, Patrick Bonin, a toutefois plaidé pour un «virage majeur» dans le secteur des transports, responsable à lui seul de 41% des émissions.Selon lui, il serait impor tant d\u2019instaurer des mesures pour décourager l\u2019achat des modèles de véhicules les plus polluants.Le Devoir ENVIRONNEMENT Réduction des GES : Québec toujours convaincu d\u2019atteindre ses objectifs V ancouver \u2014 L\u2019homme au cœur d\u2019une controverse entourant la récente visite du premier ministre Justin Trudeau en Inde affirme qu\u2019il a renoncé au terrorisme et ne milite plus pour le séparatisme sikh.Jaspal Atwal a déclaré jeudi que, depuis sa condamnation pour avoir tenté de tuer un ministre indien en 1986, il s\u2019est efforcé de trouver des moyens de contribuer à la société canadienne, ce qui explique entre autres ses rencontres avec des politiciens de divers partis.Avant son récent départ pour un voyage en Inde, il a indiqué avoir joint le député libéral fédéral Randeep Sarai pour voir s\u2019il pourrait avoir la chance de participer à une réception avec M.Trudeau.M.Atwal a pris part à la réception à Mumbai, où il a notamment été photographié avec Sophie Grégoire, la femme de Justin Tr udeau, causant une tourmente politique et diplomatique.Une invitation reçue par M.Atwal pour une autre réception à New Delhi a été annulée dès que la nouvelle de sa présence sur la liste d\u2019invités a circulé dans les médias.Dans une mise au point organisée par le bureau du premier ministre, le conseiller à la sécurité nationale de M.Trudeau a laissé entendre que la présence de M.Atwal avait été orchestrée par des factions au sein du gouvernement indien.Celles-ci auraient voulu jeter un froid et éviter un trop grand rapprochement du premier ministre indien Narendra Modi avec un gouvernement étranger jugé peu enclin à soutenir l\u2019unité de l\u2019Inde face aux velléités séparatistes.Un porte-parole of ficiel du gouvernement indien a réfuté cette théorie.Des excuses de Randeep Sarai Randeep Sarai a revendiqué la responsabilité de l\u2019invitation de M.Atwal et s\u2019est excusé pour son manque de jugement, avant de démissionner comme président du caucus du parti en Colombie-Britannique.M.Atwal, qui a déjà été membre d\u2019un groupe séparatiste sikh considéré comme une organisation terroriste par le Canada et l\u2019Inde, a été condamné pour avoir tenté de tuer le ministre indien Malkiat Singh Sidhu sur l\u2019île de Vancouver en 1986.Il a aussi été accusé, mais pas condamné, relativement à une attaque en 1985 contre Uj- jal Dosanjh, un farouche opposant au mouvement séparatiste sikh ayant par la suite occupé les fonctions de premier ministre de la Colombie-Britannique et de ministre libéral fédéral.Des sources internes au sein du gouvernement Trudeau ont affirmé que M.Sarai avait présenté ses excuses la semaine dernière à ses collègues députés durant une réunion du caucus à huis clos.Elles ont indiqué qu\u2019il avait expliqué à certains collègues libéraux en privé qu\u2019il ignorait la condamnation pour tentative de meurtre de M.Atwal, bien qu\u2019il ait été au fait de l\u2019accusation relativement à l\u2019attaque contre M.Dosanjh.Des députés libéraux ont contré une récente tentative des conservateurs qui aurait forcé le conseiller à la sécurité nationale de M.Trudeau à expliquer son affirmation selon laquelle des factions du gouvernement indien auraient voulu saboter le voyage du premier ministre en Inde.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 GRANDE BIBLIOTHÈQUE E N C O L L A B O R AT I O N AV E C L E F E S T I VA L E x p o s i t i o n Quand l\u2019art retravaille le passé SÉBASTIEN CLICHE MORIDJA KITENGE BANZA MARC-ANTOINE K.PHANEUF Grande Bibliothèque Salle d\u2019exposition, niveau M Berri-UQAM | Entrée libre banq.qc.ca JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Jaspal Atwal, à droite, a tenu jeudi après-midi à Vancouver une conférence de presse avec son avocat Rishi T.Gill.Jaspal Atwal dit avoir renoncé au terrorisme Source d\u2019embarras pour Justin Trudeau en Inde, l\u2019homme affirme ne plus militer pour le séparatisme sikh P A T R I C E B E R G E R O N à Paris L a France restera aux côtés du Québec, quel que soit son avenir politique.C\u2019est ce qu\u2019a laissé entendre le premier ministre français, Édouard Philippe, flanqué de son homologue Philippe Couil- lard, jeudi, à l\u2019hôtel de Mati- gnon à Paris.M.Couillard visitait son vis- à-vis dans le cadre des rencontres alternées des deux premiers ministres, une tradition depuis 40 ans.La question nationale du Québec est revenue sur le tapis lors de la conférence de presse qui clôture la rencontre.M.Philippe n\u2019a pas voulu afficher de préférence quant au choix constitutionnel du Québec, mais il s\u2019est distancé de la position du précédent président Sarkozy, qui avait affiché un penchant fédéraliste.« La France et le Québec sont depuis longtemps côte à côte et pour longtemps côte à côte, a-t-il déclaré « L\u2019amitié et l\u2019intensité du lien qui nous unit semblent plus durables et plus essentielles que n\u2019impor te quelle position sur une organisation institutionnelle.» Neutralité La position de la France sur l\u2019avenir politique du Québec a connu ses variantes avec les époques, depuis le « Vive le Québec libre » du président de Gaulle, selon les soubresauts des débats au Québec.La France a longtemps dit qu\u2019elle allait « accompagner » le Québec, puis une politique de « non-ingérence et non-in- dif férence » avait été établie, et enfin, le président Sarkozy avait marqué une rupture en manifestant une préférence pour le maintien du Québec à l\u2019intérieur du Canada.Édouard Philippe a ainsi recentré le propos avec une certaine neutralité, qui évoque néanmoins l\u2019accompagnement du Québec, sans égard aux choix politiques qu\u2019il exercera dans l\u2019avenir, fédéralisme ou indépendance.Appelé plus tard à commenter la réponse donnée par son homologue français, M.Couil- lard s\u2019est fait à son tour laconique, comme s\u2019il n\u2019accordait pas d\u2019importance à cette question \u2014 lui qui tout récemment tirait comme conclusion des déboires du Bloc québécois l\u2019af faiblissement majeur de l\u2019idée de l\u2019indépendance du Québec.« J\u2019ai trouvé sa réponse très bien, je n\u2019ai rien à y ajouter », a-t-il dit en point de presse en banlieue de Paris.50 ans de l\u2019OFQJ En soirée, M.Couillard a participé à une réception pour souligner les 50 ans de l\u2019Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) au Quai d\u2019Orsay, le siège du ministère des Affaires étrangères français.L \u2019 O F Q J o r g a n i s e d e s stages et des échanges pour les jeunes de 18 à 35 ans dans plusieurs secteurs, culturel, économique, social, universitaire, etc.D a n s s o n a l l o c u t i o n , M.Couillard a appelé à investir dans la mobilité des jeunes.Il faut leur promettre «des aventures qu\u2019ils porteront plus loin», a-t-il poursuivi, citant le chansonnier Jean-Pierre Ferland : «Quand on aime, on a toujours 20 ans, et voilà le message qu\u2019il faut garder aujourd\u2019hui.» La Presse canadienne Question nationale : la France restera aux côtés du Québec, dit Philippe L a ministre canadienne des Af faires étrangères est « indignée » que l\u2019Iran ait interdit à la femme d\u2019un professeur canado-iranien qui a perdu la vie dans des circonstances obscures dans une prison de Téhéran de rentrer chez elle.Chr ystia Freeland a exigé sur Twitter, mercredi soir, qu\u2019on accorde à Mar yam Mombeini la liberté de rentrer chez elle.Le mari de Mme Mombeini, le professeur de sociologie Kavous Seyed-Emami, est mort dans la tristement célèbre prison d\u2019Evin, à Téhéran, en février.Les autorités iraniennes affirment que l\u2019homme de 63 ans s\u2019est suicidé, ce dont doutent sa famille et d\u2019autres observateurs.Des proches de la famille ont fait circuler mercredi un courriel du fils de M.Seyed- Emami dans lequel il explique que son frère et lui ont pu re- par tir d\u2019Iran, mais que leur mère a été retenue.Ramin Seyed-Emami écrit qu\u2019on a refusé « à la toute dernière minute » le droit à Mme Mombeini de sortir du pays.Il ajoute que sa famille et lui vivent dans un « chaos et une terreur complets » depuis la mort de son père.Mme Mom- beini et ses deux fils avaient des billets pour un vol de Lufthansa à destination de Vancouver, où Ramin Seyed-Emami est attendu au cours des prochaines heures.Des diplomates canadiens ont refusé de commenter l\u2019affaire plus avant.On ne sait pas où se trouve Mme Mombeini.«Ma mère doit être conduite à l\u2019hôpital tous les deux jours en raison de ses crises de panique, a-t-il écrit.Mon frère et moi sommes suivis et constamment surveillés partout où nous allons.Les responsables [iraniens] ont dit à nos avocats : \u201cDites aux frères de se taire sinon nous allons les faire taire.\u201d Des agents du gouvernement m\u2019ont dit qu\u2019ils me surveillent.» M.Seyed-Emami enseignait à l\u2019université Imam Sadeq, à Téhéran, et dirigeait une organisation environnementale.Il avait été arrêté le 24 janvier.Le mois dernier, le procureur de Téhéran, Abbas Jafari Dolatabadi, a annoncé l\u2019arrestation de plusieurs personnes non identifiées soupçonnées d\u2019espionnage sous le couvert de dif férents projets scientifiques et environnementaux.L\u2019Iran prétend, sans fournir la moindre preuve, que M.Seyed- Emami a transmis des renseignements concernant des bases iraniennes à la CIA américaine et au Mossad israélien.Associated Press Ottawa demande à l\u2019Iran de permettre à une veuve de rentrer au pays La France et le Québec sont depuis longtemps côte à côte et pour longtemps côte à côte Édouard Philippe, premier ministre français « » FOURNIE PAR LA FAMILLE /AP Le sociologue Kavous Seyed-Emami, photographié en Iran à une date inconnue avec sa femme, Maryam Mombein, est mort dans la tristement célèbre prison d\u2019Evin, à Téhéran, en février. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 L E M O N D E A 6 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.*Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE L E S P E T I T E S A N N O N C E S & D É C È S A N N E C H A O N à Kaboul E lles ne sont qu\u2019une vingtaine, contre une centaine de leurs compatriotes masculins.Mais les filles de l\u2019équipe d\u2019haltérophilie d\u2019Afghanistan sont prêtes à soulever des montagnes dans une société qui considère le sport féminin comme un outrage à la réputation des femmes.Avec les moyens du bord, elles se retrouvent deux à six fois par semaine dans une minuscule salle moquettée de rouge au Comité olympique afghan, à Kaboul, pour hisser de la fonte, levant avec elle les tabous tenaces hérités des traditions.Ici pour tant, toutes af fir- ment avoir le soutien et même les encouragements de leur père ou mari, à l\u2019instar de Ra- sheda Parhiz, 40 ans, une belle femme aux rondeurs rares pour l\u2019Afghanistan, où les filles sont souvent petites et surtout très menues.C\u2019est parce qu\u2019elle était justement trop forte que Rasheda s\u2019est mise au spor t d\u2019abord, puis aux poids quand la discipline s\u2019est créée à Kaboul il y a sept ans.En jogging, tunique et foulard noirs, allongée sur un banc, dos à plat, elle brandit au-dessus d\u2019elle la barre lestée de 50 kilos : « 70 kilos au total », sous-titre l\u2019entraîneur To- takhail Shahpor.« Il y a neuf ans, j\u2019allais à la gym en burqa, j \u2019étais trop grosse : je pesais 120 kilos, je passais mon temps chez le médecin.Maintenant, j\u2019en fais 82 », raconte-t-elle entre deux expirations.Le record de Rasheda, c\u2019est 100 kilos, ce qui lui a valu déjà deux coupes et des médailles en série dans les compétitions locales et régionales, en Inde et au Kazakhstan.De retour chez elle, dans un quartier périphérique de Kaboul aux rues de terre brute, elle étale ses trophées sur le tapis du séjour.Au lieu de trôner dans une vitrine, avec les services à thé et les bouteilles thermos, ses récompenses sont rangées pêle-mêle dans un sac plastique du bazar.«Parce qu\u2019on est trop paresseuses pour les épousseter ! » s\u2019amuse sa fille aînée, Lema, 22 ans.« Qui ça intéresse ?» reprend Rasheda.Pourtant, affirme-t-elle, son mari est « très fier » d\u2019elle.Il autorise même les filles à la suivre et Beshta, 20 ans, a commencé à s\u2019entraîner au Comité olympique avec sa mère.C\u2019est plus compliqué pour la salle de gym, confessent les deux sœurs, qui s\u2019échappent en cachette avec leur mère dès que le père part travailler.« Il trouve qu\u2019on est trop jeunes pour ça », glisse Lema.« Si tu fais du sport, ici, on te considère comme une fille de mauvaise vie », ajoute-t-elle, sans pouvoir l\u2019expliquer.C\u2019est mal, c\u2019est tout.Défier l\u2019ultraconservatisme En fait, dès leur plus jeune âge, 6 ou 7 ans, les mères expliquent aux filles qu\u2019elles ne doivent ni courir ni sauter, ni même faire du vélo, au risque de perdre leur sacro-sainte virginité, la pire honte qui soit et une véritable calamité pour une future mariée.Peu de filles, face à cette menace, osent braver cette croyance bien ancrée.Pour 38 % des hommes afghans, le vêtement approprié pour les femmes en public reste donc la burqa, qui les couvre intégralement, regard compris, d\u2019après une étude de l\u2019Asia Foundation.Plus des deux tiers (72%) considèrent que les femmes ne doivent pas travailler hors de la maison et 66% des femmes afghanes n\u2019ont reçu aucune éducation, selon cette étude intitulée «Afghanistan in 2017».Aussi, quand le comité olympique afghan a lancé la fédération d\u2019haltérophilie, il a fallu faire un peu de publicité pour attirer les filles, se souvient To- takhail Shahpor.Lui-même a repris le flambeau il y a trois ans, après la défection de son prédécesseur, par ti avec la caisse de l\u2019équipe pendant une compétition au Canada.Militaire de carrière, ce grand brun de 52 ans considère de son devoir d\u2019encourager et de protéger les filles.«Si j\u2019imposais une discipline comme à l\u2019armée, le lendemain je n\u2019aurais plus personne, s\u2019amuse-t-il.Je les traite comme mes filles.» Il veille aussi à organiser de nombreuses compétitions pour les motiver, malgré un budget étique : « Chacun de nous touche 1000 afghanis [moins de 15 $] par mois » \u2014 à peine de quoi payer le transport.«Regardez leurs vêtements, elles n\u2019ont même pas de chaussures», reprend-il en désignant Sadia Ahmadi, dont le survêtement gris et jaune arbore un énorme trou sur la cuisse.À 25 ans, la jeune femme aux yeux chargés de khôl est pourtant la plus titrée de la fédération.« Quatre médailles d\u2019or », insiste Shahpor, glanées en Ouzbékistan, en Inde et au Kazakhstan.« Avec davantage de budget, on pourrait préparer les Jeux olympiques.» Mais la fédération afghane avantage les hommes, re- grette-t-il.Avec toutefois un certain succès.Malgré leur arrivée récente dans la discipline, les Afghans se sont illustrés sur la scène régionale et internationale avec 250 récompenses en huit ans et même un record du monde en 2012.Agence France-Presse AFGHANISTAN Des filles qui soulèvent des montagnes (ou presque) L\u2019équipe féminine d\u2019haltérophilie du pays défie les conventions WAKIL KOSHAR AGENCE FRANCE-PRESSE Rasheda Parhiz s\u2019est mise aux poids il y a sept ans.WAKIL KOSHARAFP Rasheda Parhiz avec ses trophées Si tu fais du sport, ici, on te considère comme une fille de mauvaise vie.C\u2019est mal, c\u2019est tout.Lema, 22 ans « » Front national : vers un changement de nom du parti Paris \u2014 Le principe d\u2019un changement de nom du parti d\u2019extrême droite français Front national (FN) a été validé par une «courte majorité» de militants invités à se prononcer dans un questionnaire, a indiqué jeudi sa présidente, Marine Le Pen.Mme Le Pen proposera elle- même un nouveau nom dimanche lors de son discours de clôture au congrès du FN à Lille, où elle est assurée d\u2019être réélue.La nouvelle appellation fera l\u2019objet d\u2019un vote des militants par courrier, dont le résultat sera connu après au moins six semaines.Agence France-Presse Turquie : 25 journalistes condamnés Istanbul \u2014 Un tribunal turc a condamné jeudi 25 journalistes à des peines allant jusqu\u2019à sept ans et demi de prison à l\u2019issue de l\u2019un des nombreux procès ouverts contre la presse après la tentative de coup d\u2019État de juillet 2016.La plupart des personnes condamnées ont collaboré avec des médias proches du mouvement du prédicateur Fethullah Gülen, accusé par Ankara d\u2019avoir ourdi le putsch manqué, mais tous nient toute implication dans la tentative de renversement du gouvernement turc.Parmi les accusés figurent le chanteur et journaliste Atilla Tas, condamné à plus de trois ans de prison, et le journaliste Murat Aksoy, condamné à plus de deux ans.Agence France-Presse États-Unis : un contrat militaire avec le Qatar Washington \u2014 Les États-Unis ont approuvé jeudi la vente au Qatar d\u2019équipements pour moderniser le centre d\u2019opération de ses forces aériennes, saluant le rôle joué par l\u2019émirat «pour la stabilité de la région» malgré la crise diplomatique qui agite le Golfe.Le département d\u2019État a donné son feu vert à un plan qatari visant à renforcer les capacités technologiques et logistiques du centre d\u2019opération de la Force aérienne du Qatar pour un montant de 197 millions de dollars.Cette vente permettra d\u2019aider «la politique étrangère et la sécurité nationale des États- Unis en aidant à améliorer la sécurité d\u2019un pays ami», écrit le département d\u2019État.Ce contrat est un nouveau témoin de l\u2019exercice d\u2019équilibriste que doit mener Washington entre ses alliés du Golfe, enferrés depuis des mois dans une profonde crise.Agence France-Presse Bagdad condamne à mort la sœur de l\u2019ancien chef d\u2019al-Qaïda Bagdad \u2014 Un tribunal irakien a annoncé jeudi avoir condamné à mort la sœur d\u2019Abou Omar Al- Baghdadi, ancien chef d\u2019al- Qaïda en Irak, dont est issu le groupe djihadiste État islamique (EI), tué en 2010.Cette femme, dont l\u2019identité n\u2019a pas été dévoilée, «a été condamnée à la mort par pendaison», a indiqué dans un communiqué le porte-parole de la Cour pénale centrale, le juge Abdel Sattar Bayraqdar.La justice irakienne prononce régulièrement depuis plusieurs mois des peines capitales à l\u2019encontre de centaines d\u2019Irakiens ou d\u2019étrangers, hommes et femmes, accusés d\u2019être liés au groupe EI.Agence France-Presse J E R O M E C A R T I L L I E R à Washington L\u2019 annonce est aussi inattendue que spectaculaire : le président américain Donald Trump a accepté de rencontrer le leader nord- coréen, Kim Jong-un d\u2019ici fin mai, a af firmé jeudi un responsable sud-coréen.Ce rebondissement, impensable il y a quelques semaines, fait suite à une rencontre entre une délégation sud-coréenne de haut niveau et le maître de Pyongyang après deux années de très vives tensions liées aux programmes nucléaire et balistique nord-coréens.Dans une brève allocution devant la West Wing de la Maison-Blanche, à la nuit tombée, Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité, a annoncé que M.Trump avait accepté l\u2019invitation formulée par Kim Jong-un et s\u2019était engagé à le rencontrer «d\u2019ici fin mai».La Maison-Blanche a confirmé que le président américain avait accepté cette invitation.Le lieu d\u2019une telle rencontre entre le 45e président des États-Unis et le leader nord-coréen, qu\u2019il a par le passé qualifié de « fou», n\u2019a pas été précisé.M.Chung a par ailleurs précisé que Kim Jong-un s\u2019était engagé à œuvrer à la «dénucléa- risation» de la péninsule coréenne et avait promis de s\u2019abstenir « de tout nouveau test nucléaire ou de missile ».Cette annonce intervient à l\u2019issue de la remarquable détente qui s\u2019est amorcée sur la péninsule depuis le début de l\u2019année à la faveur des Jeux olympiques d\u2019hiver de Pyeongchang.Après s\u2019être longuement entretenu lundi avec le leader nord-coréen, Kim Jong-un, M.Chung avait assuré que ce dernier était désormais prêt à bouger sur le dossier longtemps tabou de l\u2019arsenal nucléaire de Pyongyang, «si les menaces militaires contre le Nord disparaissent et si la sécurité de son régime est garantie».« J\u2019ai dit au président Trump qu\u2019au cours de notre rencontre, le leader nord-coréen, Kim Jong-un, a dit qu\u2019il est ouvert à la dénucléarisa- tion», a déclaré M.Chung.« Kim a promis que la Corée du Nord s\u2019abstiendrait de tout autre test de missile ou nucléaire.Il comprend que l\u2019exercice militaire conjoint de routine entre la République de Corée et les États-Unis doit continuer et il a fait part de son désir de rencontrer le président Trump le plus vite possible », a-t-il poursuivi.« Le président Trump a apprécié le compte rendu et a dit qu\u2019il rencontrerait Kim Jong-un d\u2019ici fin mai pour parvenir à la dénucléarisation permanente », a-t-il ajouté.Après cette mission à Pyongyang, la présidence sud-coréenne avait fait savoir que le Nord était prêt à un « dialogue franc » avec les États-Unis pour évoquer la dénucléarisation et suspendrait tout essai nucléaire ou de missile pendant la durée des discussions.Nord et Sud ont également décidé selon Séoul de la tenue fin avril d\u2019un troisième sommet inter- coréen, après ceux de 2000 et 2007.Le sommet aura lieu dans le village de Panmunjom, au milieu de la Zone démilitarisée (DMZ) qui sépare la Corée du Nord de la Corée du Sud.Le président américain, Donald Trump, avait salué mardi ces signes d\u2019ouverture de la Corée du Nord tout en appelant à la prudence et en réaffirmant que toutes les options étaient sur la table.Il avait déclaré que les déclarations venues du Sud comme du Nord étaient « très positives ».« Ce serait bien pour le monde, bien pour la Corée du Nord, bien pour la péninsule, mais nous verrons ce qui va se passer », avait-il ajouté.D\u2019autres responsables de son gouvernement avaient néanmoins conseillé la prudence, certains se montrant même sceptiques devant ce soudain apaisement diplomatique après des mois de guerre des mots entre Washington et Pyongyang, sur fond de progrès nord-coréens dans les domaines nucléaire et balistique.La Corée du Nord affirme désormais que ses missiles sont en mesure d\u2019atteindre le territoire américain.Il y a moins de trois semaines, M.Trump avait annoncé de nouvelles sanctions visant à isoler encore plus la Corée du Nord, quelques heures après l\u2019arrivée de sa fille Ivanka en Corée du Sud pour la fin des Jeux olympiques.Agence France-Presse Trump rencontrera Kim Jong-un d\u2019ici fin mai L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 LE MONDE A 7 STR AGENCE FRANCE-PRESSE Au Sri Lanka, les violences antimusulmanes se propagent Colombo \u2014 Des cocktails Molotov ont été lancés jeudi sur une mosquée au Sri Lanka, où les violences contre la minorité musulmane ont entraîné l\u2019instauration de l\u2019état d\u2019urgence.Des dizaines de commerces tenus par des musulmans ont été incendiés et pillés dans plusieurs régions du pays.Au total, 85 personnes ont été arrêtées dans le district de Kandy (centre), point de départ de la vague de violence, parmi lesquelles le chef d\u2019un groupe bouddhiste cinghalais radical connu pour son militantisme antimu- sulman.Le gouvernement a ordonné le blocage de l\u2019accès à Internet après que la police eut découvert que les émeutiers utilisaient les réseaux sociaux pour coordonner les attaques contre les établissements musulmans.Les violences ont éclaté durant le week-end à la suite de la mort d\u2019un Cinghalais bouddhiste battu par une foule la semaine dernière.Les Cinghalais, majoritairement bouddhistes, constituent les trois quarts des 21 millions d\u2019habitants de l\u2019île.Les musulmans représentent environ 10 % de la population et les Tamouls, majoritairement hindous, environ 18 %.Le Sri Lanka connaît une montée de l\u2019extrémisme bouddhiste, attisé par des moines radicaux.P H I L I P P E R A T E R aux Nations unies U n cessez-le-feu exigé à l\u2019unanimité et une dizaine de jours plus tard, rien.Pire, dans la Ghouta orientale, le régime syrien, soutenu par la Russie, a accéléré sa reprise territoriale.À quoi sert l\u2019ONU?Pour plusieurs membres du Conseil de sécurité, des experts ou des ONG, interrogés par l\u2019AFP, c\u2019est un même constat : l\u2019impuissance, voire, pour certains, une perte de crédibilité de l\u2019organisation censée garantir la paix dans le monde.«Prenons garde que la tragédie syrienne ne soit pas aussi le tombeau des Nations unies ! » Avec cette phrase-choc, l\u2019ambassadeur français François Delattre a récemment voulu réveiller les consciences.Tous ne partagent pas son inquiétude sur le devenir de l\u2019ONU.Pour l\u2019ambassadeur britannique adjoint à l\u2019ONU, Jonathan Allen, « le Conseil de sécurité a échoué à l\u2019égard du peuple syrien» en raison d\u2019oppositions de la Russie.Mais « la Syrie ne signifie pas la fin du Conseil de sécurité», ajoute-t-il, et son action continuera pour sauver des vies et tenter d\u2019empêcher des atrocités.En dépit de son insistance humanitaire, seulement deux convois de l\u2019ONU ont été autorisés par Damas depuis début 2018 vers des zones assiégées.Il s\u2019exprimait lors d\u2019une réunion « urgente » du Conseil de sécurité qui n\u2019a donné lieu à aucune nouvelle initiative forte pour changer la donne.«Un instrument aux mains de ses États membres» «Ce n\u2019est pas ce qu\u2019on fait à l\u2019ONU », explique avec franchise un diplomate sous couvert d\u2019anonymat en rappelant que les consensus ou divisions sont surtout décidés par les capitales des pays membres.«Le changement de jeu [en Syrie], ce serait si Emmanuel Macron et Donald Trump bombardaient Damas», ajoute-t-il.Membre de l\u2019International Peace Institute (IPI) à New York, Alexandra Novosselof f abonde.L\u2019ONU n\u2019est qu\u2019« un instrument aux mains de ses États membres », et ce « n\u2019est pas que le Conseil de sécurité», mais aussi tout un «système» et «des agences sur le terrain qui tentent d\u2019apporter une aide humanitaire, quand elles sont autorisées à avoir accès aux populations».Donc, « il faut blâmer les États, cer tains États, pas l\u2019ONU dans son ensemble».Un point de vue auquel adhère Richard Gowan, de l\u2019European Council for Foreign Relations.«Il est injuste de blâmer l\u2019ONU dans son ensemble pour les échecs du Conseil de sécurité.Beaucoup de fonctionnaires de l\u2019ONU, en fait nombre de diplomates du Conseil, ont usé leurs ner fs à essayer de mettre fin à la guerre.» Depuis son exigence d\u2019une trêve, le Conseil de sécurité enchaîne les réunions.Après deux premières rencontres, au moins quatre nouvelles sessions sont prévues en mars, dont la prochaine lundi avec le patron de l\u2019ONU, Antonio Guterres, plutôt discret sur le dossier syrien.«Si le Conseil de sécurité ne se réunissait pas et si l\u2019on ne s\u2019efforçait pas de faire appliquer la résolution» exigeant un cessez-le-feu, «on nous demanderait ce qu\u2019on fait», dit un diplomate.Ces rencontres visent à mettre la pression sur Moscou.Crédibilité en lambeaux Depuis le début de la guerre en 2011, «le Conseil de sécurité n\u2019a pas beaucoup de crédibilité sur la Syrie », résume Louis Charbonneau, de l\u2019ONG Human Rights Watch.Et de prédire: «Si le Conseil ne fait pas appliquer ses propres résolutions [\u2026], alors il perdra les lambeaux de crédibilité qui lui restent.» Pour les États-Unis, la responsabilité est à imputer à la Russie, qui ne pèse pas assez sur le régime syrien et « continue de mener des raids aériens dans la Ghouta avec ses propres avions».« La Russie a repoussé plusieurs fois l\u2019adoption de la résolution» sur la trêve «et ses réticences à la voter s\u2019expliquent maintenant : elle n\u2019avait pas l\u2019intention de l\u2019appliquer», affirme à l\u2019AFP un responsable américain sous couvert d\u2019anonymat.Aucun commentaire n\u2019a pu être obtenu auprès de la mission diplomatique russe.Ces derniers mois, Moscou a plusieurs fois assuré vouloir l\u2019arrêt des combats en Syrie, affirmant à ses partenaires ne pas pouvoir imposer toutes ses vues à Damas.«La réalité est que la Russie a utilisé le Conseil comme un moyen de compliquer et de ralentir les efforts de paix en Syrie », explique M.Gowan.Et « les États-Unis et leurs alliés sont dans une certaine mesure complices».« Ils ont toujours su que la Russie jouait avec le système alors que le seul moyen d\u2019arrêter cela aurait été d\u2019intervenir militairement en Syrie ou de céder à Bachar al-Assad.Au lieu de cela, Washington et ses amis sont revenus sans cesse à New York et à Genève pour davantage de jeux diplomatiques.Personne en fait ne s\u2019est jamais assez soucié du peuple syrien pour arrêter la guerre.» Agence France-Presse SYRIE La crédibilité de l\u2019ONU mise à l\u2019épreuve par sa trêve illusoire La Ghouta sous les bombes, l\u2019aide humanitaire bloquée Hammouriyé \u2014 Le régime syrien a bombardé sans relâche jeudi les dernières zones rebelles dans la Ghouta orientale, empêchant la livraison d\u2019aides humanitaires vitales à une population traumatisée par une offensive qui a tué plus de 900 civils depuis le 18 février.Appuyé par son allié russe, le pouvoir de Bachar al- Assad a reconquis plus de la moitié du dernier bastion insurgé aux portes de Damas.Par ailleurs, au moins 60 personnes ont souffert mercredi de difficultés respiratoires à Saqba et à Ham- mouriyé après des frappes aériennes.«En raison d\u2019une attaque au gaz de chlore, des patients souffrent de difficultés respiratoires sévères», a indiqué de son côté la Société médicale syro- américaine (SAMS).Le régime, qui a plusieurs fois démenti utiliser des armes chimiques, a été montré du doigt ces dernières semaines après plusieurs attaques présumées au gaz de chlore.B arcelone \u2014 Les principaux partis indépendantistes de Catalogne prévoient, dans un accord consulté jeudi par l\u2019AFP, d\u2019organiser un nouveau référendum sur une future Constitution de la «République catalane », proclamée en octobre et restée lettre morte.Ils proposent également la création en Belgique d\u2019une structure de gouvernement parallèle présidée par le président destitué Carles Puigdemont, qui s\u2019est exilé dans ce pays après la déclaration d\u2019indépendance avortée du 27 octobre.L\u2019accord, fruit de semaines de négociations ardues entre les deux principaux partis, Ensemble pour la Catalogne de Carles Puigdemont et la Gauche républicaine de Catalogne, doit encore être ratifié par la Candidature d\u2019unité populaire, petit parti séparatiste d\u2019extrême gauche.Il prévoit le lancement d\u2019un processus participatif pour définir ce que devrait être la Catalogne indépendante, qui aboutirait à « la proposition d\u2019une future Constitution de la République catalane ».Ce processus doit se conclure par un référendum par lequel les citoyens se prononceraient sur chaque paragraphe.Cette consultation serait sans aucun doute déclarée illégale comme le référendum d\u2019autodétermination du 1er octobre, marqué par des violences policières.Les séparatistes s\u2019engagent en outre à créer en Belgique un «Espace libre en exil », une entité « de droit privé » présidée par Carles Puigdemont.Son rôle sera de « favoriser l\u2019internationalisation de la cause de l\u2019indépendance de la Catalogne » et « avancer vers l\u2019établissement de la République catalane » de manière coordonnée avec le gouvernement de Barcelone.« La cause de la Catalogne émerge aujourd\u2019hui comme la cause juste de tous les peuples qui veulent être libres », proclame ce texte.Aux élections régionales du 21 décembre, les indépendantistes ont obtenu la majorité absolue des sièges, mais ne sont pour l\u2019heure pas par venus à s\u2019entendre pour investir un gouvernement et se libérer ainsi de la tutelle de la région par le gouvernement central.Lundi doit avoir lieu la séance d\u2019investiture d\u2019un nouveau président régional, mais sa tenue est incertaine, le seul candidat, Jordi Sanchez, en détention provisoire, devant obtenir une improbable autorisation pour sortir de prison.Agence France-Presse CATALOGNE Les indépendantistes proposent un nouveau référendum F L O R E N C E P A N O U S S I A N à Bogotá L\u2019 ex-guérilla des FARC, présente pour la première fois aux élections en Colombie, a annoncé jeudi son retrait de la présidentielle à la suite des problèmes cardiaques de son chef et candidat Rodrigo Londoño, mais reste dans la course pour les législatives de dimanche.L\u2019inter vention à laquelle a dû se soumettre Rodrigo Lon- doño mercredi «nous amène à retirer notre aspiration à la présidence », a déclaré en conférence de presse l\u2019ex-com- mandant guérillero Ivan Marquez, candidat au Sénat.Plus connu sous ses noms de guerre « Timochenko » ou « Timoleon Jimenez », Rodrigo Londoño, âgé de 59 ans, donné bon dernier dans les sondages pour le premier tour de la présidentielle du 27 mai, a souffert d\u2019un infarctus il y a une semaine et a dû subir un pontage coronarien.Issue en 1964 d\u2019une insurrection paysanne, l\u2019ex-guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a déposé les armes dans la foulée de l\u2019accord de paix historique signé le 24 novembre 2016 avec le président Juan Manuel Santos.« Timo- chenko», qui a rejoint la guérilla à 17 ans, avait pris la tête des FARC en 2011.En septembre, les FARC, qui furent la plus puissante rébellion d\u2019Amérique latine, se sont reconverties en parti politique sous le nom de Force alternative révolutionnaire commune, conservant le même acronyme.Pour Camilo Echandia, expert du conflit armé colombien, le retrait de la FARC de la présidentielle est «une bonne décision».«C\u2019est un choix politique, car les enquêtes présageaient une grande défaite», a déclaré à l\u2019AFP ce professeur de l\u2019Université Externado de Bogotá.Législatives Ivan Marquez a souligné jeudi que la FARC se maintient pour les législatives du 11 mars et a appelé à un «dialogue avec tous les secteurs politiques afin de tendre des ponts pour réaliser une grande convergence nationale».Les Colombiens élisent dimanche les députés et sénateurs d\u2019un Parlement qui passe de 268 à 280 sièges, dont cinq garantis par l\u2019accord de paix à la FARC dans chaque chambre.«Le fait de ne pas participer directement avec un candidat à la course pour la présidentielle ne veut pas dire que nous n\u2019avons pas de voix face aux autres candidats », a-t-il ajouté, affirmant qu\u2019aucun rapprochement n\u2019a été initié.« Nous restons dans l\u2019expectative », a ajouté l\u2019ancien négociateur de l\u2019accord de paix.Gustavo Petro, ex-maire de gauche de Bogotá, Ivan Duque, candidat du Centre démocratique de l\u2019ancien président et leader de la droite dure Álvaro Uribe, ainsi que Sergio Fajardo, ex-maire centriste de Medellín, deuxième ville du pays, sont en tête des sondages pour la présidentielle, dont l\u2019issue devrait se jouer au second tour le 17 juin.Insécurité En février, « Timochenko » avait annulé tout rassemblement électoral public à la suite de manifestations violentes menées contre des candidats de l\u2019ex-guérilla par des adversaires de l\u2019accord de paix.Crédité de seulement 1 % d\u2019opinions favorables, il se plaçait en queue des sondages pour la présidentielle lors de laquelle sera désigné le successeur de M.Santos, au pouvoir depuis 2010 et qui ne peut se représenter après deux mandats consécutifs.La FARC a aussi dénoncé le « manque de garanties » de sécurité pendant la campagne pour justifier son retrait de la présidentielle.Sa candidate à la vice-présidence, Imelda Daza, qui se présentait au côté de « Timo- chenko», a affirmé que depuis l\u2019accord de paix, plus de 50 ex- guérilleros ou proches de membres des FARC ont été assassinés.« Nous assumons de manière décisive notre engagement à surmonter tout lien entre violence et politique », a-t-elle déclaré jeudi.Agence France-Presse COLOMBIE La FARC renonce à la présidentielle « Timochenko » se retire à la suite de problèmes cardiaques RAUL ARBOLEDA AGENCE FRANCE-PRESSE Rodrigo Londoño, au lancement de sa campagne, le 27 janvier dernier Personne en fait ne s\u2019est jamais assez soucié du peuple syrien pour arrêter la guerre Richard Gowan, de l\u2019European Council for Foreign Relations « » Le gouvernement fédéral s\u2019est rendu à l\u2019évidence et a annoncé dans son dernier budget le remplacement du système de paye Phénix.Cela prendra toutefois du temps, et les moyens pris pour résoudre les problèmes actuels des fonctionnaires lésés restent insuffisants.a publication du budget 2018, la semaine dernière, coïncidait avec le deuxième anniversaire du début du cauchemar de dizaines de milliers d\u2019employés fédéraux : la mise en œuvre du système de paye Phénix.Dès la première phase de son implantation, on a vu les ratés : absence de paye, paiements en trop, heures supplémentaires non payées, relevés d\u2019emploi ou d\u2019impôt erronés\u2026 Cela aurait dû suf?re à freiner le gouvernement mais, malgré les avertissements, il a choisi de procéder en avril 2016 à la seconde phase du projet et de lier à Phénix les ministères et organismes restants.Avec les retombées catastrophiques que l\u2019on connaît.Il aura fallu trois mois au gouvernement pour reconnaître le problème et commencer à éteindre les feux.Un délai que le véri?cateur général a déploré dans son rapport dévastateur de l\u2019automne dernier.(Un second est attendu ce printemps.) Plus de la moitié des quelque 300 000 fonctionnaires fédéraux sont aujourd\u2019hui touchés et, pour un grand nombre, cela dure depuis deux ans.Les engagements pris dans le budget sont un début, mais ils ne sont pas à la hauteur des dommages causés.On est muet sur l\u2019indemnisation éventuelle des fonctionnaires dont la santé ou la situation ?nancière a été affectée.On n\u2019offre pas de véritable solution à ceux qui ont été payés en trop et qui doivent rembourser le salaire brut, soit plus que ce qu\u2019ils ont reçu.Pour certains, cela peut représenter des milliers de dollars.Une petite porte a été ouverte cet hiver.Les employés qui rapportaient un problème de trop-payé avant le 20 janvier n\u2019avaient qu\u2019à rembourser le montant net, mais, encore une fois, le gouvernement a été débordé et des milliers de fonctionnaires n\u2019ont pu pro?ter de ce répit.Le gouvernement doit mettre ?n à cette pratique qui équivaut à punir les fonctionnaires pour une erreur dont ils ne sont nullement responsables.?Ce ?asco n\u2019a toutefois pas la même ampleur partout.Voici pourquoi.La transformation du système de paye comportait deux volets: d\u2019une part, l\u2019adoption d\u2019un nouveau système informatique, le fameux Phénix d\u2019IBM, par tout l\u2019appareil fédéral et, d\u2019autre part, la centralisation partielle de la saisie des données au Centre des services de la paye de Miramichi.Actuellement, le traitement de la paye de 46 ministères et organismes, qui embauchent près de 70% des fonctionnaires fédéraux, est entre les mains du centre de Mira- michi et les bureaux satellites mis sur pied pour faire face à la crise.Les 53 autres ministères et organismes, eux, ont toujours des conseillers en rémunération à leur service.Selon les dernières données publiées par Services publics et Approvisionnement Canada, les organisations qui dépendent de Miramichi sont nettement plus af fectées que celles qui comptent sur leurs propres conseillers.Ainsi, 633 000 transactions de paye attendaient d\u2019être traitées à Miramichi vers la fin du mois de janvier.Un employé peut avoir plusieurs transactions en suspens, mais on parle ici de trois fois plus de transactions que d\u2019employés.Dans les organisations ne relevant pas de Miramichi, on parle d\u2019environ une demi-transac- tion en attente par employé.Le gouvernement a déjà augmenté les effectifs, et les augmentera encore, au centre de Miramichi et a annoncé l\u2019embauche de personnel en ressources humaines dans les ministères.Il s\u2019est aussi engagé à travailler, au cours des deux prochaines années, aux « prochaines étapes de la mise en place d\u2019un nouveau système de paye ».Bravo ! Mais on devra avancer au pas de charge, car il y a urgence.Et on aurait intérêt à s\u2019appuyer sur les experts fédéraux en technologies d\u2019information plutôt que sur IBM, de qui on attend des comptes.Mais changer de technologie ne pourra suf?re.La fonction publique fédérale, avec sa centaine de ministères et agences, est trop complexe pour ne pas avoir du personnel local comprenant la réalité de chaque organisation.On devrait même commencer sans attendre à déployer des conseillers en rémunération dans celles les plus touchées, et ce, de façon permanente.Comme les chiffres cités plus haut tendent à le démontrer, il faudrait revoir la centralisation du traitement de la paye.Car l\u2019échec de Phénix, c\u2019est aussi ça.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 A 8 EDITORIAL L E T T R E S Enthousiasmes printaniers intempestifs Depuis déjà quelques jours, certains de nos animateurs du matin s\u2019épivardent devant les quelques signes annonciateurs d\u2019un éventuel printemps.On les surprend à s\u2019attendrir sous les premiers chauds rayons, on les entend rêver à des champs sans neige, à des virées à moto et quoi encore.Décidément, il y en aura toujours qui n\u2019apprendront jamais de leurs erreurs du passé.À peine un jour ou deux après ces débordements idylliques et lyriques, arrive Environnement Canada avec un avertissement de «tempête hivernale» pour la nuit du 7, ainsi que pour et les 8 et 9 mars.L\u2019auteur Carl Bergeron, dans son livre en forme de journal intime intitulé Voir le monde avec un chapeau (Boréal 2016), nous avait pourtant mis en garde : sous la date du 3 mars, il écrivait : « Début de mars.On entre dans la période la plus cruelle de l\u2019hiver, la fausse fin.» Alors attendons avril, qui sera meilleur.Détrompez-vous.Sous «14 avril », Berge- ron poursuit : «Tant que je n\u2019aurai pas reçu le rapport d\u2019autopsie qui confirme la mort de l\u2019hiver, surtout ne rien en croire.[\u2026] Notre printemps ne vit pas d\u2019une vie autonome.Dans le pire des cas, il est un hiver qui ne veut pas mourir ; dans le meilleur, une convalescence.» Et, citant le célèbre André Laurendeau, il ajoute : «Notre printemps est un printemps de pauvre.» Voilà.Vous aurez été prévenus.Les L I B R E O P I N I O N J O H A N N E T U R B I D E Professeure à HEC Montréal La controverse entourant les agissements des membres du conseil d\u2019administration (CA) du CEROM (Centre de recherche sur les grains) publiée par Le Devoir et Radio-Canada en début de semaine mérite qu\u2019on s\u2019attarde à plusieurs questions de gouvernance pour ce type d\u2019OBNL.Le centre de recherche, majoritairement financé par le MAPAQ, a fait les manchettes à la suite d\u2019une série de dénonciations d\u2019ex-employés qui se questionnent, entre autres, sur l\u2019ingérence des membres du conseil d\u2019administration dans la publication de leurs recherches.En ne voulant pas être trop impliqués dans les organismes qu\u2019ils contrôlent indirectement par leurs contributions financières, les gouvernements se retrouvent eux-mêmes dans des situations inconfortables qui éclatent par délation, car le public en a marre de ces manques d\u2019intégrité et est, au bout du compte, le grand perdant ! Le cas du CEROM n\u2019est pas le premier et ne sera pas le dernier si une réflexion sur la gouvernance et la reddition de comptes des OBNL «semi-privés» n\u2019est pas amorcée.Dans ces articles, on évoque l\u2019indépendance des administrateurs.Au sens de la loi, les administrateurs du CEROM sont indépendants puisqu\u2019ils ne travaillent pas pour l\u2019OBNL.Mais, dans ce cas-ci, cette forme d\u2019indépendance est-elle dans l\u2019intérêt de l\u2019OBNL de par les fonctions occupées par la majorité des administrateurs?On observe plutôt un déséquilibre des profils des administrateurs au sein du CA, ceux-ci provenant majoritairement de l\u2019industrie de la production de grains.Ne serait-il pas pertinent qu\u2019un chercheur du CEROM siège au CA comme représentant des employés ?Bien qu\u2019il ne soit pas indépendant au sens de la loi, il peut être un atout lors de discussions sur les recherches effectuées.Il est dans l\u2019intérêt des dirigeants d\u2019obtenir de l\u2019information sur les affaires de l\u2019organisation par le biais de dif fé- rentes personnes.De plus, la direction générale peut difficilement contredire les membres du CA, qui sont ceux et celles qui l\u2019embauchent ou le congédient.Par ailleurs, peut-on discuter du lien de dépendance (et non de l\u2019indépendance) entre le MAPAQ et le CEROM ?De quelle manière le gouvernement peut-il parler d\u2019indépendance par rapport au CEROM quand il le finance à près de 70 %, selon Le Devoir et Radio-Canada ?La dépendance financière est indéniable.Cesser le financement public du CEROM équivaut à une fermeture très probable à cour t ou moyen terme.Catégoriser cet OBNL de « privé » au même titre que plusieurs autres OBNL dont le financement de l\u2019État n\u2019est pas majoritaire équivaut à analyser de manière monolithique un secteur qui ne l\u2019est pas.Le CE- ROM et bien d\u2019autres OBNL, dont la majorité des fonds proviennent des subventions et d\u2019autres taxes directes ou indirectes, sont plutôt des OBNL « semi-privés ».Pourquoi n\u2019avons- nous pas accès aux états financiers annuels sur le site Internet de ces organismes ?Les fonds publics étant le mode de financement dominant, il y a lieu de remettre en question cette absence publique de reddition de comptes.L\u2019intérêt et le conflit d\u2019intérêts Dans un article sur le site de Radio-Canada, on se questionne sur le fait que le conseil d\u2019administration soit « entièrement dominé par le privé ».En soit, cela ne constitue pas un problème puisque les administrateurs d\u2019OBNL sont très souvent issus d\u2019entreprises privées.Ces administrateurs ont un profil d\u2019expertise qui cadre avec la mission du CEROM, ce qui est une bonne pratique de gouvernance.Ces derniers ont un intérêt pour la recherche sur les grains pour qu\u2019ils soient plus performants et durables, soit la mission du CEROM.Ce qui est plus discutable, c\u2019est le fait que les administrateurs ne semblent pas démontrer de « neutralité dans les orientations du centre » et que Les Producteurs de grains et la Coop fédérée aient possiblement droit à des sièges au CA en raison d\u2019une petite contribution (environ 5 %) de leur organisation respective au financement du CEROM.L\u2019intérêt de ces individus envers le CEROM peut se convertir en apparence de conflit d\u2019intérêts lorsque ces derniers prennent connaissance de résultats de recherche qui vont à l\u2019encontre de leur pratique d\u2019affaires au sein de leur entreprise.Et cela peut devenir un conflit d\u2019intérêts si des pressions sont exercées pour que les chercheurs ne puissent pas publier ces travaux de recherche (comme le rapporte Sarah Champagne dans Le Devoir de lundi dernier).Dans ce cas-ci, les dérapages sont fort probables en raison de la liberté donnée au secteur privé de choisir les administrateurs.Il serait souhaitable que les instances gouvernementales (fédérales, provinciales et municipales) qui alimentent des structures semi-pri- vées comme le CEROM participent de manière proactive aux choix des administrateurs en créant, par exemple, un comité de nomination composé de chercheurs indépendants : des agronomes enseignants, des producteurs agricoles, etc.Les mandats des administrateurs devraient être renouvelables pour un maximum de six ans afin d\u2019assurer une rotation, ce qui permettrait aussi de varier les profils et les intérêts.Finalement, les états financiers devraient être disponibles et accessibles au public.Indépendance et conflit d\u2019intérêts dans les OBNL semi-privés FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET enthousiasmes intempestifs inévitablement suivis des inévitables déceptions ne sont pas bons pour l\u2019équilibre mental, surtout quand on les répète tous les ans.L\u2019hiver, c\u2019est comme une grippe.Cela a une durée et peu impor te les décoctions, cela ne se guérit pas.Il faut juste attendre et surtout, ne pas croire qu\u2019une accalmie, c\u2019est une guérison.Et après un intervalle, c\u2019est programmé pour revenir, quoi que l\u2019on fasse.Jean-François Couture Sainte-Thècle, le 7 mars 2018 SYSTÈME PHÉNIX Remèdes insuffisants L MANON CORNELLIER Xi, le Mao du XXIe siècle Xi Jinping est en passe de devenir président à vie en Chine, car l\u2019Assemblée nationale populaire, soumise au PCC, validera probablement dimanche l\u2019abolition de la limite de deux mandats présidentiels.Quand Xi Dada (tonton Xi), 64 ans, laissera le pouvoir dans 10 ou 15 ans, il le laissera à son protégé, le nouveau chef de son clan, comme un empereur mourant à son fils.Il n\u2019y aura pas de guerre à la corruption, comme celle que Xi a lancée il y a cinq ans lorsqu\u2019il a pris le pouvoir, car les membres d\u2019un clan se protègent entre eux.Xi pour rait devenir le Mao du XXIe siècle.Or, nous savons tous les malheurs que le long règne de celui-ci a réser vés au peuple chinois.Si celui-ci pouvait s\u2019exprimer librement, il ferait savoir ses appréhensions.Sylvio Le Blanc Montréal, le 7 mars 2018 Bloc et PQ, deux partis dégonflés ! Il n\u2019y a pas de doute, les deux partis, Bloc et PQ, nagent en eaux troubles dans les sondages.Ils peinent à se sortir la tête de l\u2019eau.« Indépendance» et «succès» ne se retrouvent plus dans la même phrase.Le PQ, par les moyens du bord, tente de rebâtir son image qui s\u2019est effritée en portant les rides de l\u2019abandon et de l\u2019impopularité.Qui peut arrêter cette hémorragie ?Le chef, M.Lisée, a monté en grade Mme Hivon et, pour la suite, accueillerait M.Aussant et M.Péladeau les bras ouverts.On repassera pour le nouveau.Où est la relève, la vraie, chez les jeunes ?M.Aussant et M.Péladeau accepteraient-ils un rôle de simple soldat au sein du PQ ?Pendant ce temps, notre Martine nationale au Bloc perd des plumes sept à la fois et courrouce généreusement.Elle dirige, sans être pragmatique, une version très « diète » et édulcorée d\u2019un parti agonisant.Peut-on parler d\u2019avenir au Bloc ?Bref, le pneu est complètement à plat.Quand Mar tine pourra-t-elle asseoir sa crédibilité ?À mon sens, si l\u2019indépendance doit se faire, ceux qui la feront sont à la maternelle aujourd\u2019hui.Le Bloc et le PQ présentent deux partis visiblement dégonflés.Michel Beaumont Québec, le 7 mars 2018 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).À six mois des élections provinciales, sur fond de mobilisation contre les violences sexuelles, le gouvernement égrène fièrement les bonnes nouvelles pour les travailleuses, les intervenantes communautaires et les femmes en situation vulnérable.Curieux alors qu\u2019il y a quelques mois encore, les impératifs de « rigueur budgétaire » coupaient court à toutes les revendications en ce sens.Cette semaine, on a annoncé 6,4 millions supplémentaires pour lutter contre les violences sexuelles.On a aussi dévoilé un nouveau soutien financier pour la création de nouvelles places en garderie, dans le réseau public.Difficile d\u2019accueillir avec hostilité celui qui, au milieu du désert, accourt avec un verre d\u2019eau.Mais faut-il être dupe ?Réagissant à l\u2019annonce sur les garderies, Louis Sénécal, directeur de l\u2019Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), a bien résumé la situation : le gouvernement crée un remède à une situation qu\u2019il a lui-même créée.?Le cas des CPE est fascinant.Depuis 2014, on leur fait la vie dure.On a d\u2019abord diminué la contribution publique à la création de nouvelles places, puis sabré les budgets jusqu\u2019à rendre les établissements dysfonctionnels.Ensuite, en 2015, on a déclaré que la tarification universelle avait fait son temps.Pas équitable, a-t-on prétexté, que les familles aisées paient autant que les familles modestes pour envoyer leurs enfants à la garderie \u2014 omettant bien sûr que l\u2019impôt sur le revenu, lorsqu\u2019on ne renonce pas à le prélever, sert précisément à ce que chacun contribue aux institutions publiques à la hauteur de ses moyens.Qu\u2019à cela ne tienne, on a indexé les frais de garde au revenu des ménages, ce qui a fragilisé le réseau public par deux fois en incitant les familles plus fortunées à se tourner vers le privé, où elles bénéficient d\u2019un crédit d\u2019impôt.Il est curieux d\u2019avoir ainsi amoché les CPE, alors qu\u2019ils sont à l\u2019image de ce que le modèle québécois a produit de mieux.Pilier fondamental de notre politique familiale, l\u2019institution a fait ses preuves, autant sur le plan de la réduction de la pauvreté chez les femmes et sur le taux d\u2019emploi des jeunes mères que sur le plan de l\u2019offre de services éducatifs préscolaires de qualité.Mais lorsque les chimères de la prospérité-retrouvée-à-force-d\u2019austérité dominaient le discours public, rien n\u2019était plus suspect qu\u2019une institution publique fondée sur un principe de tarification universelle.Si bien qu\u2019on a ignoré sa valeur sociale, jusqu\u2019au point critique.À présent, faudrait-il applaudir parce qu\u2019on nourrit la bête après l\u2019avoir af famée ?Et bien sûr, lors de l\u2019annonce de cette semaine, on s\u2019est gardé de mentionner que, pour les 1700 places créées en CPE, près de 20 000 places, selon l\u2019AQCPE, ont été créées au privé depuis le début du mandat libéral.?Le sort réservé aux CPE est emblématique du modus operandi de ce gouvernement.On désorganise l\u2019économie publique jusqu\u2019à friser l \u2019absurde (voyez les hôp i taux, les écoles), on épuise des travailleurs (sur tout des travailleuses) et on aggrave au passage la situation de citoyens vulnérables.Et pour maquiller la détresse sociale produite, on jette ensuite quelques miettes à ceux qui, de toute façon, sont trop épuisés pour mordre la main tendue.Maria Jose Barela en sait quelque chose.Arrivée au Québec en 2007 comme réfugiée, mère de famille monoparentale de trois enfants, elle s\u2019implique auprès de l\u2019Escale Famille le Triolet, un groupe communautaire d\u2019Hoche- laga qui accompagne les familles en difficulté.Comme bénévole et bénéficiaire de services, elle a vu l\u2019offre fondre à vue d\u2019œil au fil des ans, surtout dans les trois dernières années.Les groupes communautaires doivent pallier les in- suf fisances du réseau de la santé, mais sans avoir les ressources ni l\u2019expertise appropriées.Et pour les mamans qui, comme Maria, gagnent un petit revenu, le fait de devoir courir partout et de se battre pour obtenir des services rares rend la vie insoutenable.« Quand il faut courir partout pour survivre, on est privé d\u2019accès aux oppor tunités d\u2019améliorer nos conditions de vie », résume-t-elle.On touche ici au paradoxe de l\u2019austérité néo- libérale.On dit aux gens, y compris aux femmes qui aspirent à l\u2019égalité, de faire leur propre chance, mais que peut-on vraiment lorsqu\u2019il faut soi-même faire tenir ensemble les mailles rompues du filet social ?La sensibilité aux conditions de vie des femmes qu\u2019affiche le gouvernement est une insulte à tous ceux \u2014 et surtout celles \u2014 qui appellent à l\u2019aide depuis des mois.Leur détresse n\u2019est pourtant pas secrète.Elle tapisse chaque jour les pages des journaux.Mais pour quiconque administre l\u2019État comme une business, la justice sociale est, comme le reste, tributaire d\u2019un calcul : tantôt budgétaire, tantôt électoral, mais toujours antisocial.Les miettes AURÉLIE LANCTÔT J E A N - N I C O L A S B E U Z E Représentant du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) au Canada lors que nous marquons la septième année du conflit en Syrie, le sort des femmes et des enfants pris au piège des villes assiégées ou des bombardements incessants et indiscriminés n\u2019émeut, me semble-t-il, plus grand monde.Trop d\u2019images de tragédies individuelles sont venues se superposer dans notre mémoire collective \u2014 images de la Syrie et des camps informels de réfugiés aux alentours, mais aussi celles des femmes rohingyas traversant un fleuve, les yeux hagards, avec juste assez de force pour nous raconter les violences subies, ou celles des femmes sud-soudanaises arrivant totalement démunies avec leurs enfants mal nourris en Ouganda.La liste est longue\u2026 Que peut bien faire le Canada pour ces femmes et ces filles, qui au bas mot sont plus de 33 millions sur les routes de l\u2019exil?C\u2019est le défi que s\u2019est lancé la ministre du Développement international et de la Francophonie, Marie-Claude Bibeau, en juin dernier, en décidant de mettre l\u2019accent sur le soutien à apporter aux femmes les plus vulnérables à travers le financement de l\u2019aide internationale.Sur les routes de l\u2019exil et dans les pays où elles trouvent un refuge temporaire, les femmes sont, nous le savons, particulièrement à risque d\u2019être soumises à des violences sexuelles, prises à partie par les groupes armés, mais le champ de bataille ne s\u2019arrête pas aux corps des femmes.La responsabilité de trouver un abri et à manger pour leurs enfants leur incombe, alors que bien des hommes manquent à l\u2019appel, tués, emprisonnés ou ayant été forcés de se joindre aux combats.La grande majorité n\u2019a plus accès aux soins de santé reproductive et sexuelle, avec des risques accrus de grossesses non désirées et de complications gynécologiques.Et toutes, comme les mères canadiennes, ont pour souci principal de donner la meilleure éducation possible à leurs enfants, car leur futur compte bien plus que le présent.Agir Il n\u2019est donc pas surprenant que le Canada veuille agir pour aider ces millions de femmes déplacées.Il s\u2019agit maintenant de savoir comment.Traditionnellement, l\u2019aide humanitaire s\u2019est souvent cantonnée à fournir de l\u2019assistance immédiate : nourriture et eau potable, couvertures et médicaments de base.Mais nous savons qu\u2019il est essentiel de penser à plus long terme : ces femmes et ces filles doivent avoir les moyens de se prendre en charge elles-mêmes.Au Haut- Commissariat pour les réfugiés, nous avons depuis longtemps pris en considération les besoins différenciés entre hommes et femmes, jeunes et vieux, personnes avec des handicaps et personnes avec diverses orientations sexuelles, pour adapter nos programmes.Plus de 50% de nos réfugiés volontaires sont des femmes: elles informent leurs communautés à propos des distributions humanitaires, des risques liés au mariage des enfants ou encore elles sont formées pour aider ces enfants à faire leurs devoirs.Des progrès immenses restent à faire: nous venons de publier des statistiques qui montrent que les adolescentes ont deux fois moins de chances d\u2019aller à l\u2019école secondaire que leurs frères.Des normes socioculturelles qui forcent ces filles à accomplir des tâches domestiques plutôt que de s\u2019éduquer et des barrières liées à l\u2019absence de toilettes distinctes ou de serviettes hygiéniques, quand il ne s\u2019agit pas de risque d\u2019agressions sexuelles sur le chemin de l\u2019école ou même à l\u2019école, les privent des moyens de se construire l\u2019avenir qu\u2019elles désirent et méritent.Mais les moyens nous manquent.Quand je suis arrivé au Liban en 2013, au début de la crise syrienne, nos programmes étaient financés à 74% de nos besoins ; l\u2019année passée, c\u2019était seulement à 50%.Et cette année a mal commencé, avec seulement 7% des fonds disponibles.L\u2019annonce dans le budget fédéral d\u2019une ligne budgétaire de 2 milliards sur cinq ans pour la mise en œuvre de la politique d\u2019aide internationale en faveur des femmes et des filles est une bonne nouvelle.Il en est de même de la décision de réinstaller au Canada 1000 femmes réfugiées qui autrement ne pourraient survivre dans leur premier pays d\u2019accueil.Ces décisions montrent la volonté du Canada de se donner les moyens de ses ambitions.Le HCR est prêt à s\u2019engager auprès du Canada pour s\u2019assurer que les femmes et filles déplacées à travers le monde deviennent les actrices de leur propre destin.Alors que nous avons célébré cette semaine la Journée internationale des femmes, il est temps qu\u2019elles continuent d\u2019être le centre de nos préoccupations, et en cela, nous sommes heureux de pouvoir compter maintenant sur l\u2019appui du Canada.NOUVELLE POLITIQUE D\u2019AIDE DU CANADA Au secours des femmes réfugiées A N N I E - C L A U D E V A N I E R Enseignante d\u2019histoire au secondaire u cours des dernières semaines, on a pu voir se multiplier les demandes des étudiantes et des étudiants en enseignement pour que leur stage final soit rémunéré.En tant que fière détentrice d\u2019un brevet d\u2019enseignement et jeune enseignante au secondaire, je me souviens encore très bien de mes quatre stages, effectués entre 2011 et 2015.La semaine de relâche est arrivée, le blitz des bulletins est maintenant terminé, et j\u2019ai le temps de dire pourquoi je comprends et j\u2019appuie la demande de la communauté étudiante en enseignement.J\u2019ai été quatre fois stagiaire et j\u2019ai expérimenté la précarité financière que dénoncent les regroupements étudiants qui réclament une compensation financière.J\u2019ai dû, trois fois, quitter mon emploi pour me concentrer sur l\u2019essentiel : mes stages, qui me demandaient d\u2019être présente à l\u2019école de 8 h 30 à 16 h environ, du lundi au vendredi, pour un nombre de sema ines var iable .J \u2019a i eu la chance d\u2019avoir un employeur compréhensif qui m \u2019a laissé revenir travailler pour lui à chaque fin de stage, limitant mon endettement.Je crois cependant être davantage l\u2019exception que la règle.Outre l\u2019argument de la précarité financière, c\u2019est l\u2019argument de la prise en charge complète de l\u2019enseignement qui revient le plus souvent à la bouche et à la plume des étudiants et des étudiantes qui demandent une bourse d\u2019études pour rétribuer le travail accompli.Pour comprendre exactement pourquoi les stagiaires en enseignement doivent obtenir ces bourses, c\u2019est exactement cette charge de travail qu\u2019il faut regarder.L\u2019enseignement n\u2019a rien d\u2019une tâche comme les autres ! Les heures passées en classe avec les élèves représentent la partie la plus plaisante et la plus facile de notre travail.Oui oui, malgré la gestion de classe souvent difficile et les autres défis présents dans les classes québécoises (qui font d\u2019ailleurs l\u2019objet de nombreux autres débats et demandes) ! Enseigner, guider, questionner, motiver\u2026 c\u2019est pour ces moments précieux que les enseignants, les enseignantes et les stagiaires font ce qu\u2019ils et elles font.Sauf que le travail ne s\u2019arrête pas lorsque la cloche sonne.Pas de punch out ! Le gros du travail, c\u2019est le soir qu\u2019il s\u2019accomplit.C\u2019est la correction des examens et des projets.C\u2019est le suivi à faire avec les collègues et les parents.C\u2019est la construction, chaque semaine, des cours et des activités toutes plus motivantes les unes que les autres.Peu de gens réalisent le nombre d\u2019heures que peut passer un enseignant ou une enseignante à créer une situation d\u2019apprentissage pertinente et significative pour les jeunes.Les stagiaires qui font une prise en charge complète en stage 4 font précisément ce travail.Les stagiaires sont stagiaires 24 heures sur 24.C\u2019est leur dernière chance de construire et d\u2019expérimenter des activités d\u2019apprentissages.Certes, les maîtres de stage par tagent leur matér iel et leurs conseils avec leurs stagiaires : mais ceux-ci et celles-ci apprennent le plus en volant de leurs propres ailes, et c\u2019est précisément ce qui est encouragé lors du stage 4.J\u2019aspire profondément à prendre des stagiaires dans quelques années.Je souhaite que ces étudiantes et ces étudiants puissent tirer le maximum de ces semaines de stage.Je veux qu\u2019ils donnent le meilleur d\u2019eux-mêmes en classe parce que mes élèves ne méritent rien de moins.Je veux les voir tester leurs stratégies de gestion de classe et s\u2019améliorer avec chaque semaine qui passe.Je veux être tellement impressionnée par les projets qu\u2019ils et elles auront construits que je vais les intégrer à ma planification des années suivantes.Je ne veux pas que mes stagiaires se couchent au petit matin parce qu\u2019elles et ils étaient débordés par la planification, les suivis et la correction, parce que c\u2019est ce que leur horaire de la semaine leur exige puisqu\u2019ils doivent travailler la fin de semaine.J\u2019en ai assez de voir des collègues ayant fraîchement obtenu leur brevet se surcharger avec plusieurs tâches d\u2019enseignement dif fé- rentes, en plus de la suppléance, parce qu\u2019ils ne pourraient autrement rembourser les paiements exigés sur une dette étudiante qu\u2019ils ou elles n\u2019auraient pas accumulée s\u2019ils ou elles avaient fait un choix de carrière différent.J\u2019aimerais que l\u2019enseignement attire plus de personnes en réorientation de carrière.Ces personnes, une fois devenues profs, ont souvent de grandes expériences de vie à partager avec les élèves, mais qui peut en vouloir à un parent d\u2019éviter les programmes universitaires qui exigent chaque année un stage à temps plein non rémunéré ?Rémunérer les stages finaux en enseignement, c\u2019est reconnaître le travail que les stagiaires effectuent du matin souvent jusqu\u2019à tard le soir, et c\u2019est permettre aux élèves de compter sur (l\u2019apprenti) enseignant ou enseignante dévouée qu\u2019ils et elles méritent.Stagiaires en enseignement tout le temps DOMINIQUE FAGET AGENCE FRANCE-PRESSE Une femme rohingya et ses enfants dans un camp de réfugiés au Bangladesh Sauf que le travail ne s\u2019arrête pas lorsque la cloche sonne.Pas de punch out ! Le gros du travail, c\u2019est le soir qu\u2019il s\u2019accomplit.« » A A L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 9 M A R S 2 0 1 8 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S On ignore aussi quelles conséquences aura la consultation, par exemple si les membres répondent qu\u2019ils ne soutiennent plus l\u2019article 1 tel qu\u2019il est écrit actuellement.« C\u2019est évident qu\u2019on devra s\u2019asseoir en Bureau national pour voir à ce moment comment les orientations du Bloc s\u2019alignent, a répondu Mme Ouellet.Mais aucune décision ne va se prendre a priori.» Dif férence?Il y a toutefois un a priori du Bureau national sur le résultat attendu.« Je pense qu\u2019il y a une volonté du Bloc d\u2019aller sur l\u2019indépendance et de s\u2019assurer qu\u2019indépendance et promotion des intérêts du Québec sont indissociables », a dit Martine Ouellet.Le président du parti, Mario Beaulieu, a fait le même plaidoyer.Y a-t-il une dif férence concrète entre l\u2019approche « défense des intérêts du Québec » et celle d\u2019une promotion constante de la souveraineté ?C\u2019est une des trames de fond de la crise actuelle.Selon Mme Ouellet et M.Beaulieu, on ne peut opposer les concepts.Mario Beaulieu soutient notamment que faire la promotion de l\u2019indépendance en tout temps « ne veut pas dire répéter le point de façon incantatoire ».« Ça veut dire vraiment y aller de façon méthodique, démontrer la dif férence entre les champs de compétence fédéral et provincial, expliquer que quand c\u2019est fédéral, on n\u2019a pas un mot à dire, a-t-il illustré.Et c\u2019est aussi démontrer que le problème est le système, qu\u2019on subordonne nos intérêts les plus importants à ceux d\u2019une autre nation.» La manière\u2026 Sauf que de l\u2019avis des dissidents, tout est dans la manière de défendre l\u2019ar ticle 1.La question qui divise n\u2019est pas de savoir quel est le mandat du Bloc, mais plutôt comment Martine Ouellet l\u2019interprète, dit-on.Selon eux, les prises de position de Martine Ouellet nuiront au parti souverainiste à long terme.Les dissidents citent en exemple le dossier de la légalisation de la marijuana.Mar tine Ouellet af firmait, en septembre, qu\u2019un Québec indépendant aurait pu encadrer ce changement de société en ver tu de ses propres paramètres, ma is qu \u2019 i l deva it se contenter de gérer seul la production et ses retombées économiques.Pendant ce temps, l\u2019électorat se préoccupait davantage de la santé et de la sécurité de l\u2019éventuelle légalisation de cette drogue, argue le camp des dissidents.La position défendue par la chef était « complètement déconnectée », di- sent-ils.Idem quand Martine Ouellet insistait, en septembre, pour parler de l\u2019indépendance de la Catalogne à la Chambre des communes.Les députés dissidents réclamaient plutôt de parler du sujet de l\u2019heure en politique fédérale : la réforme fiscale du ministre des Finances Bill Morneau, afin de défendre les entrepreneurs québécois.« C\u2019est la soumission ou le \u201ccause toujours, mon lapin\u201d», déplorait la semaine dernière l\u2019un des dissidents, Gabriel Ste-Marie, au sujet du climat de travail avec la chef.Jeudi, les sept députés ont interprété la proposition du Bureau national comme une nouvelle tentative de les « discréditer en remettant en question [leurs] convictions indépendantistes».Pour sa part, Martine Ouellet a vivement dénoncé le traitement médiatique reçu dans les dernières semaines.Elle a évoqué le «salissage dont [elle] a été l\u2019objet», tant de la part des dissidents que des « animateurs ».Les gens ont ainsi « eu une information qui [relevait selon elle] de la calomnie ».La tenue du référendum proposé par le Bureau national devra être approuvée au prochain conseil général du Bloc à la mi-avril.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BLOC JACQUES NADEAU LE DEVOIR La chef et le président du Bloc québécois, Martine Ouellet et Mario Beaulieu, ont annoncé la tenue d\u2019un référendum pour dissiper toute ambiguïté sur le rôle du parti en vertu de l\u2019article 1 du programme politique.que cela mènera à des changements systémiques qui encourageront les autres à nous emboîter le pas», a plaidé la ministre en entrevue jeudi.Environ 10 % de la main-d\u2019œuvre au pays est sous autorité fédérale \u2014 des fonctionnaires, mais aussi des employés d\u2019entreprises sous charte fédérale, comme les banques ou les secteurs des transports et des télécommunications.Bien que certaines provinces aient légiféré en matière d\u2019équité salariale sur leur territoire \u2014 notamment le Québec, en 1996 \u2014, ces lois ne s\u2019appliquent qu\u2019aux employés sous leur propre autorité.Les fonctionnaires fédéraux du Québec ne profitent donc pas de la loi québécoise sur l\u2019équité salariale.Une équité fragmentaire À l\u2019heure actuelle, des employées peuvent porter plainte contre un employeur fédéral leur offrant un salaire moindre que celui versé à un homme qui effectue un travail équivalent.Mais le processus mène à des « dif férends longs, coûteux et litigieux », constatait un comité parlementaire qui recommandait une loi proactive sur l\u2019équité salariale il y a deux ans.Ce n\u2019était pas la première critique émise à l\u2019endroit du système qui est toujours en place aujourd\u2019hui.Dès 2001, un rapport de la Commission des droits de la personne suggérait au Parlement d\u2019instaurer un régime d\u2019équité salariale proactif.Quatre ans plus tard, un groupe de travail fédéral sur l\u2019équité salariale concluait à son tour que le régime au fédéral n\u2019avait «pas permis d\u2019accomplir des progrès appréciables et systémiques ».La recommandation était la même : la création d\u2019une loi en la matière.Car en corrigeant les disparités salariales au cas par cas, pour répondre aux plaintes parti- cul ières de cer ta ins groupes d \u2019emplo is, l\u2019équité salariale demeure inéquitable, ont constaté tour à tour ces rappor ts.Un em - ployeur qui ne fait pas l\u2019objet d\u2019une plainte, par exemple \u2014 mais qui a les mêmes pratiques qu\u2019un autre ayant été dénoncé \u2014, n\u2019est pas obligé de corriger la situation.Les employés fédéraux qui ne sont pas syndiqués n \u2019ont quant à eux pas les mêmes recours que ceux qui peuvent être défendus par leur syndicat.L\u2019Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) s \u2019est notamment battue pendant 15 ans pour obtenir en 1999 un règlement de 3,2 milliards pour 200 000 fonctionnaires.La présidente de l\u2019AFPC, Robyn Benson, se réjouit de voir le gouvernement officialiser à même le budget son intention de légiférer.Le document n\u2019offrait cependant aucun détail sur les intentions des libéraux.Il faut voir la loi Les troupes de Justin Trudeau n\u2019ont pas précisé l\u2019enveloppe prévue pour atteindre l\u2019équité salariale au fédéral, ni l\u2019encadrement qui assurera que le gouvernement et les employeurs sous son autorité mettent en œuvre la parité salariale et la maintiennent.Mme Benson aimerait que la loi libérale prévoie une commission de l \u2019équité salariale, qui sur veillerait les employeurs et assurerait le respect de la parité.« Le diable est dans les détails », argue à son tour Annick Desjardins, adjointe au président du Syndicat canadien de la fonction publique, qui a elle-même défendu l\u2019équité salariale devant les tribunaux.« On est convaincus qu\u2019une loi sera déposée.Mais toute l\u2019efficacité d\u2019une loi sur l\u2019équité salariale repose dans ses détails », insiste-t-elle.La preuve ; la loi québécoise sur l\u2019équité salariale a elle-même perdu de son mordant avec la réforme en 2009, certains de ses articles ont été déclarés inconstitutionnels et discriminatoires par la Cour supérieure et la Cour d\u2019appel du Québec.L\u2019affaire est maintenant pendante à la Cour suprême.Les changements retiraient l\u2019obligation de maintenir une équité salariale «en continu» et prévoyaient plutôt une révision de la situation tous les cinq ans.La loi fédérale devra assurer des recours efficaces, un encadrement suffisant, et permettre aux salariés de déterminer de concert avec les employeurs les équivalences entre «salaire égal pour travail égal», prévient Annick Desjardins.Le gouvernement conservateur de Stephen Harper avait adopté en 2009 une Loi sur l\u2019équité dans la rémunération du secteur public dénoncée par les syndicats fédéraux \u2014 car elle retirait aux fonctionnaires le droit de déposer des plaintes auprès du Tribunal des droits de la personne \u2014 et qui n\u2019est jamais entrée en vigueur.Le gouvernement libéral affirme que sa loi toucherait 800 000 aux salariés au secteur privé fédéral et 400 000 dans la fonction publique.Les libéraux veulent ramener la disparité salariale à environ 94,1 ¢ pour les femmes sur le dollar payé aux hommes dans l\u2019administration publique, ou 90,7 ¢ sur le dollar dans le secteur privé fédéral.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ÉQUITÉ JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sandrine Ricci, victime d\u2019un harceleur On est convaincus qu\u2019une loi sera déposée.Mais toute l\u2019ef?cacité d\u2019une loi repose dans ses détails.Annick Desjardins, adjointe au président du SCFP « » l\u2019a dministratrice du groupe Facebook de la campagne «Sans oui, c\u2019est non!», contre les agressions sexuelles sur les campus.Un an plus tard, le 12 septembre 2017, Alexandre Chebeir, un résidant de Gatineau, a plaidé coupable à des accusations de harcèlement criminel dans les deux cas.Atteint de troubles de santé mentale, l\u2019homme n\u2019a pas d\u2019antécédents judiciaires.Dans l\u2019attente de sa sentence, l\u2019agresseur a été à nouveau arrêté en février pour avoir tenu des propos haineux envers une femme sur Internet.« Ça a été envoyé au bon service au SPVM, qui a été tellement horrifié par les messages qui ont été [publiés] que ça a accaparé des services informatiques qui normalement ne [le] sont que pour des dossiers de pédophilie ou de pornographie juvénile », a indiqué le procureur de la Couronne, Jimmy Simard, à propos du cas du RéQEF.Problèmes d\u2019enquêtes?Au palais de justice, dans le groupe d\u2019universitaires venues épauler Mme Ricci, les questions fusaient de toute part.Pourquoi les plaintes pour ce genre de crimes haineux envers les femmes ne sont pas toutes retenues?Pourquoi certaines ne se rendent pas jusqu\u2019à l\u2019étape du procès, comme ce fut le cas récemment pour une revue en études féministes de l\u2019UQAM?Plusieurs mettaient aussi en doute le fait que des enquêtes approfondies soient réellement menées dans tous les cas.Sandrine Ricci s\u2019est montrée étonnée d\u2019apprendre que les enquêteurs et le procureur n\u2019avaient même pas tapé dans un fureteur le nom de l\u2019accusé, où il est possible de trouver plusieurs plaintes de femmes qui se disent harcelées.«Si on n\u2019utilise pas Google dans le cas d\u2019un crime haineux commis sur Internet, du point de vue de la méthodologie de travail, il y a un problème», a-t-elle lancé.À la division crime, prévention et sécurité urbaine du SPVM, la lieutenante-détective Line Le- may assure que des enquêtes sérieuses sont menées pour chacun des signalements qui constituent des crimes haineux au sens du Code criminel.Mais elle admet que les enquêteurs manquent parfois de temps.Demander des mandats de perquisition pour saisir un ordinateur ou obtenir une ordonnance à l\u2019international pour avoir accès aux ser veurs de Facebook prend du temps.«Certains dossiers sont très complexes et demandent énormément de moyens et d\u2019efforts.Les délais vont jouer contre nous, malheureusement», dit-elle.Elle rappelle que pour certaines infractions par voie sommaire, le délai est de six mois.«C\u2019est très court.» Plus que des «trolls» De l \u2019avis de Me Simard, si la plainte de Mme Ricci s\u2019est rendue jusqu\u2019à l\u2019étape des tribunaux, c\u2019est parce que le dossier, dans ce cas-ci, était complet et convaincant.Il a donc été plus facile pour un procureur de le défendre devant un juge.Mélissa Blais, qui a reçu par courriel des menaces de mort d\u2019un homme qui a aussi fait des références à Marc Lépine, n\u2019a pas pu porter sa cause devant les tribunaux parce que le procureur a souhaité une entente à l\u2019amiable contre son gré.«On nous balance le 810, c\u2019est comme ça qu \u2019on traite les violences contre les femmes», a-t-elle dit, faisant référence à un article du Code criminel assorti de conditions à respecter qui exempte l\u2019agresseur d\u2019un dossier criminel.« Il y a aussi la subjectivité des procureurs qui entre en ligne de compte.» Sandrine Ricci s\u2019est néanmoins dite satisfaite de la tournure des événements dans son cas.« Le procureur et le juge semblent tout à fait conscients des enjeux politiques entourant les crimes de haine envers les femmes.Ils semblent prendre la mesure de la por tée du recours à la symbolique de Polytechnique et de Marc Lépine.C\u2019est quelque chose qui est positif », a-t-elle soutenu.La chercheuse de l\u2019UQAM aimerait inciter les femmes à dénoncer, elles-mêmes ayant parfois tendance à minimiser cette cyberviolence.« On est dans une logique de banalisation du sexisme et de la misogynie tant c\u2019est omniprésent dans la société.L\u2019expression « troll » elle- même contribue à minimiser.Les trolls, ce sont de petites créatures souriantes et grimaçantes, mais elles ne sont pas très menaçantes », sou- ligne-t-elle avant d\u2019ajouter : « Je veux envoyer le message aux femmes et aux féministes qu\u2019on peut s\u2019opposer à ça.Et envoyer le message aux hommes et aux prédateurs de ce monde que l\u2019impunité, ça va faire.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 JUSTICE "]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.