Le devoir, 10 mars 2018, Cahier D
[" CAHIER SPÉCIAL D LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 Musées Collections permanentes MBAM L\u2019art contemporain rencontre des œuvres du passé D 4 MAC Freiner son élan pour faire peau neuve D 6 MAJ Quand le musée vient à nous D 8 CAHIER D \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 2 DE L\u2019ARCHÉOLOGIE À L\u2019ART CONTEMPORAIN, TANT D\u2019OCCASIONS DE VISITER LA COLLECTION DU MUSÉE ! NOUVELLE APPLICATION MOBILE ! TÉLÉCHARGEZ-LA GRATUITEMENT.Visitez gratuitement et en priorité d\u2019accès toutes nos expositions et notre collection, en plus de profiter d\u2019une foule d\u2019avantages ! mbam.qc.ca/vip DEVENEZ ART QUÉBÉCOIS ET CANADIEN ARCHÉOLOGIE ET CULTURES DU MONDE Présentant plus de 4 000 œuvres réparties dans 5 pavillons, la collection du MBAM est l\u2019une des plus importantes au Canada.Impressionnante par son ampleur et sa diversité, elle regorge d\u2019œuvres exceptionnelles des plus grands artistes de tous les courants tels Rodin, Matisse, Renoir, Riopelle, Tiffany, Basquiat, Chihuly, Thomson, Rembrandt, Pellan et Borduas.Parcours thématiques, activités famille, visites guidées, ?lms, conférences et concerts, venez (re)découvrir la collection ! Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.Art québécois et canadien, art international, arts décoratifs et design : Photos © Marc Cramer Archéologie et cultures du monde : Photo Denis Farley © Successions Jean-Paul Riopelle, Louis Archambault, Yves Gaucher, Jacques Hurtubise, Guido Molinari, Serge Lemoyne et Jean McEwen / SODRAC (2018) ART INTERNATIONAL ARTS DÉCORATIFS ET DESIGN Depuis longtemps gardiens du patrimoine matériel et immatériel de l\u2019humanité, les musées ne sont pas pour autant des établissements immuables, figés dans le temps.Au contraire, ici comme ailleurs, les musées sont au cœur de grandes mutations économiques et culturelles.MONDIALISATION Protéger la diversité culturelle A N N I C K P O I T R A S Collaboration spéciale A ffirmant que la préservation du patrimoine culturel est vitale pour le dialogue interculturel, la cohésion sociale et le développement durable, l\u2019UNESCO a récemment dépoussiéré le seul instrument normatif international destiné aux musées, qui datait de 1960 ! Avec sa «Recommandation concernant la protection et la promotion des musées et des collections », adoptée en 2015 par les 195 États membres de l\u2019UNESCO, dont le Canada, l\u2019organisme invite les pays à mettre en œu- vre des politiques internes afin que les musées puissent sauvegarder le patrimoine sous toutes ses formes, stimuler la créativité et être une force transformatrice dans les domaines culturel, social et économique.Bien qu\u2019elle n\u2019ait pas de force contraignante pour les États, cette recommandation est de grande importance, car elle confirme le rôle social des musées et leurs responsabilités en matière de protection de la diversité culturelle, un enjeu majeur au XXIe siècle, affirme Yves Bergeron, professeur au Dépar tement d\u2019histoire de l\u2019art de l\u2019UQAM et titulaire de la Chaire de recherche Musées, gouvernance et droit culturel.« On dit toujours que les musées conservent le patrimoine collectif, mais, malheureusement, la mémoire est sélective, affirme-t-il.Quand on regarde de près les collections des musées montréalais, on constate qu\u2019elles reflètent l\u2019histoire des francophones, des anglophones et à la limite celle des autochtones.Mais très peu s\u2019intéressent aux communautés culturelles.» Mais cela commence à bouger dans le bon sens.«Depuis dix ans, les musées québécois sont sensibilisés à cette problématique et on commence à voir des initiatives intéressantes.» Rattrapés par la mondialisation et Musées Collections permanentes EN UNE À GAUCHE : THE BLUE GARDEN, 2010, ED PIEN À DROITE : COUCHER DE SOLEIL, RIVIÈRE NICOLET, 1925, MARC-AURÈLE DE FOY SUZOR-COTÉ CRÉDIT : VILLE DE MONTRÉAL CAHIER D \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 3 A N D R É L A V O I E Collaboration spéciale Les badauds qui s\u2019aventurent pour la première fois avenue Cartier, à Québec, doivent lever bien haut la tête : leur regard est alors immédiatement attiré par de gigantesques abat- jour qui surplombent l\u2019une des artères commerciales les plus agréables et les plus animées de la capitale.Depuis 2015, ce parcours, intitulé Lumière sur l\u2019art, est le fruit d\u2019une collaboration entre plusieurs partenaires publics et privés, dont le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) qui joue le rôle de commissaire.D\u2019une année à l\u2019autre, l\u2019établissement muséal qui domine les plaines d\u2019Abraham en profite pour présenter des trésors de sa collection, et le talent d\u2019ici.Après les tandems formés de Fernand Leduc et Alfred Pellan en 2015-2016, Rita Le- tendre et Jacques Hurtubise en 2016- 2017, 34 œuvres signées Pierre Ayot et d\u2019inspiration pop art sont reproduites sur les imposants abat-jour, bien visibles jusqu\u2019en octobre 2018.Cette manière brillante de transformer le paysage invite à suivre le chemin qui mène immanquablement au MNBAQ, situé à deux pas de la rue commerçante.Depuis l\u2019ouverture du pavillon Lassonde, nouvelle por te d\u2019entrée elle aussi très lumineuse, les visiteurs se font plus nombreux, plusieurs à l\u2019af fût d\u2019expositions prestigieuses, comme cette incontournable rétrospective Alberto Giacometti, à l\u2019affiche jusqu\u2019au 13 mai 2018.Art du temps présent Les blockbusters muséaux font parfois de l\u2019ombre aux autres expositions of fertes dans les grands musées, et le MNBAQ a beaucoup à offrir, surtout avec le redéploiement de ses collections permanentes.On peut d\u2019abord découvrir toute la finesse de l\u2019art inuit, l\u2019une des collections les plus impor tantes au Canada grâce à un don de Raymond Brousseau en 2005, déploiement qui met en valeur une soixantaine d\u2019artistes de toutes les régions du pays.Pour ceux qui n\u2019ont pas encore été confrontés aux extravagances du Québécois David Altmejd, la gigantesque installation The Flux and the Puddle, celle qui fait fureur partout où elle est exposée, prendra ses aises au musée pendant plusieurs années, et dans une salle qui lui est entièrement consacrée.Autre chef- d\u2019œuvre de démesure : les 30 tableaux de L\u2019hommage à Rosa Luxemburg, de Jean-Paul Riopelle, exposés de manière à en saisir tout le caractère majestueux.Les amateurs de démarches qui s\u2019inscrivent résolument au temps présent, ou dans un passé pas si lointain, en auront encore plus à découvrir grâce aux nouveaux espaces permettant le déploiement de plusieurs propositions massives signées par des artistes québécois depuis les années 1960.À partir d\u2019une riche collection comportant 9000 œuvres, 80 d\u2019entre elles sont disposées dans cinq salles pour offrir un vaste tour d\u2019horizon judicieusement intitulé De Ferron à BGL.Car de la fougue de la peintre Marcelle Ferron, signataire du manifeste Refus global, aux fantaisies débridées du collectif de la capitale en passant par le fabuleux lustre aux objets hétéroclites de Claudie Gagnon, tout est mis en place pour une histoire de l\u2019art au Québec à la fois ludique et flamboyante.MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC Suivez les abat-jour la compétition internationale, les musées doivent être plus que jamais conscients de la diversité ambiante, menacée par l\u2019harmonisation des collections et des expositions.En effet, selon l\u2019UNESCO, « la mondialisation a permis une plus grande mobilité des collections, des professionnels, des visiteurs et des idées, ce qui a des répercussions tant positives que négatives sur les musées et se traduit par une accessibilité et une homogénéisation accrues.Les États membres devraient promouvoir la sauvegarde de la diversité et de l\u2019identité qui caractérisent les musées et les collections».Entre mission et financement Le défi de mieux refléter la diversité culturelle s\u2019inscrit dans un défi encore plus grand et complexe, celui de s\u2019adapter aux réalités muséales du XXIe siècle.« Le monde des musées n\u2019est plus ce qu\u2019il était il y a 30 ans, témoigne le professeur.Depuis les années 1990, les musées collaborent de plus en plus et on voit l\u2019émergence accrue de grandes expositions internationales.On assiste aussi, partout dans le monde, au développement effréné des expositions temporaires.C\u2019est une façon pour les musées de renouveler leurs offres et de générer des revenus.» D a n s s a R e c o m m a n d a t i o n , l\u2019UNESCO reconnaît que de nombreux musées ont, par choix ou par nécessité, augmenté leurs activités génératrices de revenus afin d\u2019accroître leur autonomie.L\u2019organisme souligne cependant que les États ne devraient pas prioriser la génération de revenus au détriment des fonctions culturelles des musées.« Le gouvernement québécois a une politique favorisant la génération de revenus autonomes », note Yves Bergeron.Ces derniers représentent environ 30% des revenus des grands musées, révélait le rapport du groupe de travail sur l\u2019avenir du réseau mu- séal québécois publié en 2013.Pour les musées, chercher à générer des revenus est une décision à double tranchant.De l\u2019avis du professeur, les musées doivent trouver un bon équilibre entre les grandes expositions permanentes, qui sont une monnaie d\u2019échange sur l\u2019échiquier international, et les expositions temporaires, qui exigent beaucoup de ressources et qui peuvent générer d\u2019importantes empreintes carbone.« De plus, le phénomène des expositions temporaires tend à creuser l\u2019écart entre les petits et les grands musées, car tous n\u2019ont pas les moyens financiers nécessaires pour en produire», ajoute Yves Bergeron.Cap sur une meilleure gestion Au Canada comme sur la scène internationale, la fréquentation des musées est en constante progression.Cependant, les divers ordres de gouvernement réduisent leur soutien financier aux musées tout en exigeant qu\u2019ils assument de nouvelles responsabilités, contribuant ainsi à remettre en question leur survie ainsi que la pérennité des collections publiques.C\u2019est pourquoi la Chaire de recherche Musées, gouvernance et droit culturel de l\u2019UQAM adopte une approche écosystémique du monde muséal en l\u2019analysant à travers le prisme de trois disciplines complémentaires à sa gouvernance : la muséologie, la gestion et le droit.«Nous croyons que c\u2019est fondamental de marier ces approches, explique Yves Bergeron.D\u2019abord, peu de spécialistes de la muséologie sont aussi formés en gestion.Or, les pressions économiques sont fortes sur les musées et ceux-ci doivent tenir et tenir les comptes.Ensuite, les aspects légaux sont partout dans le quotidien des musées : négociations de contrats, lois régissant l\u2019importation et l\u2019exportation de biens culturels, droit à l\u2019image, etc.» Le programme de maîtrise en muséologie de l\u2019UQAM, qui a été élaboré il y a une trentaine d\u2019années, sera revu à la lumière des travaux et constats de la Chaire.ISTOCK Au Canada comme sur la scène internationale, la fréquentation des musées est en constante progression.JEAN-GUY KÉROUAC MNBAQ Blues, 1971, Rita Letendre Musées Collections permanentes CAHIER D \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 4 M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale N\u2019 importe qui peut chercher des œuvres par thème dans les moteurs de recherche sur le Web.Et les résultats, qui lient dif férentes œu- vres, de différentes époques et styles, sont parfois étonnants.C\u2019est dans cet esprit que le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) a créé l\u2019exposition Mnémosyne.Quand l\u2019art contemporain rencontre l\u2019art du passé, présentée jusqu\u2019au 5 août au pavillon Jean-Noël Desmarais.Qu\u2019ont en commun les œuvres S\u2019attarder dans la demeure du temps (Vanitas), réalisée en 2016 par Dan Brault, un artiste de Québec qui n\u2019a pas encore 40 ans, et Vanité, de l\u2019Européen du XVIIe siècle N.L.Pe- schier ?Dès le premier coup d\u2019œil, en fait, on voit que l\u2019inspiration est la même.La vanité est, dans les codes anciens du genre, une nature morte associée à une symbolique de la mort.D\u2019où les crânes, au centre des deux œuvres.Et la réflexion qui s\u2019ouvre sur la précarité de l\u2019existence.«Grâce à cette association, le visiteur peut découvrir Dan Brault, aller lire par la suite sur lui et sur ce qu\u2019est la vanité, puis construire en même temps sa connaissance de l\u2019histoire de l\u2019art», explique Geneviève Goyer-Oui- mette, conservatrice de l\u2019art québécois et canadien contemporain au MBAM et commissaire de l\u2019exposition.En passant par la suite par le Pavillon pour la paix Michal et Renata Hornstein, le visiteur pourra prendre plaisir à chercher l\u2019œuvre de Peschier pour l\u2019admirer grandeur nature.« Reconnaître une œuvre qu\u2019on a vue auparavant suscite un grand plaisir chez le visiteur », constate Geneviève Goyer-Ouimette.Créer un pont Dans cet espace dédié à l \u2019ar t contemporain au MBAM, cette exposition est née avec la mission de créer un pont avec le nouveau Pavillon pour la paix Michal et Renata Hornstein, où on trouve 750 œu- vres des maîtres anciens à l \u2019ar t contemporain.Pour relever le défi, Geneviève Goyer-Ouimette a réactualisé l\u2019approche développée par l\u2019historien de l\u2019ar t Aby Warburg dans son Atlas mnémosyne.Elle a ainsi réalisé des associations libres, basées sur le style, la forme ou le thème, entre des œuvres d\u2019aujourd\u2019hui et du passé.Autre exemple d\u2019association: Mixed Blessing (2011) de Rebecca Belmore, première femme autochtone à avoir représenté le Canada à la Biennale de Venise en 2005, et Sainte Marie Madeleine au désert (1784) de Jean-Joseph Taillasson.Les deux œuvres présentent une femme à la chevelure abondante, toutes deux des figures marginalisées, voire repentantes.Puis, Catherine Bolduc a revu le concept de la nature morte en 2016 avec Tentative d\u2019évasion.On voit d\u2019abord un paysage mystérieux d\u2019ombres por tées, puis on comprend qu\u2019elles sont produites par des projections lumineuses sur des objets du quotidien.Cette œuvre a été associée avec Nature morte aux coquillages et au corail de Jacques Linard, de 1640.« Nous avons créé des associations entre des œuvres, mais il y en a d\u2019autres possibles et nous invitons les gens à continuer ce travail d\u2019association, qui est une façon de donner du sens aux œuvres », indique Mme Goyer-Ouimette.Au total, le MBAM a mis en valeur dans cette exposition 14 œuvres d\u2019artistes québécois et canadiens, soit Edmund Alleyn, Rebecca Belmore, Catherine Bolduc, Dan Brault, Jack Chambers, Pierre Dorion, Karel Funk, Ma- non Labrecque, Mathieu Lefèvre, Ka- rine Payette, Michael Snow, Marion Wagschal, Kim Waldron et le collectif N.E.Thing Co.Dessins et estampes Le MBAM présente aussi depuis décembre Hommage au Dr Sean B.Murphy (1924-2017).Cinq siècles de dessins et d\u2019estampes.C\u2019est l\u2019occasion de découvrir une cinquantaine des nombreuses œuvres sur papier du XVIe au XXe siècle que ce collectionneur a léguées au musée.On y trouve des dessins et estampes de maîtres européens anciens et modernes, de même que d\u2019artistes nord- américains.Entre autres, on note du côté de l\u2019Europe des œuvres de Canaletto, Giovanni Battista Piranesi, Pablo Picasso, Henry Moore et Stanley William.Du côté des Américains, on peut admirer notamment des œuvres de George Wesley Bellows et Stow Wen- genroth.Le Québec est aussi bien représenté avec des tableaux d\u2019Alfred Pellan et Jean-Paul Riopelle.Ophtalmologiste de profession, Sean B.Murphy a été président du MBAM pendant plusieurs années et jusqu\u2019à très récemment, il y a présidé différents comités d\u2019acquisition.Le médecin a également créé un fonds d\u2019acquisition d\u2019estampes et ses proches ont créé en son nom un fonds destiné à l\u2019acquisition d\u2019œu- vres sur papier.Ces initiatives ont permis de perpétuer sa donation au MBAM et ont rendu possible l\u2019acquisition de nouveaux chefs-d\u2019œuvre.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL L\u2019art contemporain rencontre des œuvres du passé OBJETS D\u2019ÉMOTION 400 Nouvelle exposition à Québec mcq.org CHRISTINE GUEST MBAM S\u2019attarder dans la demeure du temps (Vanitas), 2016, Dan Brault CHRISTINE GUEST MBAM Vanité,1660, N.L Peschier Musées Collections permanentes CAHIER D \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 5 U À E A JU C\u2019est le type d\u2019expo qu\u2019on se jure de revoir deux ou trois fois.\u2014ODILE TREMBLAY, LE DEVOIR UNE A BRÈCHE CRACK EN IN TOUTE EVERY- CHOSE THING AU MAC JUSQU\u2019AU 9 AVRIL M A R T I N E L E T A R T E Collaboration spéciale P ointe-à-Callière ouvrait enfin au public en mai une partie du premier égout collecteur construit en Amérique du Nord, mis en valeur par Moment Factor y.En même temps, les visiteurs ont pu découvrir la nouvelle exposition permanente Ici a été fondée Montréal, avec l\u2019inauguration du Fort de Ville-Marie \u2014 Pavillon Québecor.Un legs de la Ville de Montréal à l\u2019occasion de son 375e anniversaire qui reconnecte les Québécois à leurs origines.Le musée d\u2019histoire et d\u2019archéologie Pointe-à-Callière, ouvert en 1992, est situé sur le lieu de fondation de Montréal.Comme preuve, on avait découvert sur ce site le premier cimetière qui remonte à 1643.Mais, jusqu\u2019à tout récemment, on n\u2019avait pas de traces du fort de Ville-Marie, la première installation temporaire de 1642 qui a permis aux Français venus évangéliser les Amérindiens de passer leur premier hiver dans le climat nord-américain.« Normalement, le cimetière est à l\u2019extérieur du fort, mais pas loin », explique Francine Lelièvre, fondatrice et directrice générale de Pointe- à-Callière.Premières fouilles Après des recherches infructueuses dans les alentours, un couple de personnes âgées s\u2019est présenté au musée pour vendre un terrain voisin.Dessus, il y avait un entrepôt sous lequel personne n\u2019avait jamais creusé.C\u2019est ainsi que Francine Lelièvre est allée voir l\u2019Université de Montréal pour créer un cours en archéologie historique sur Montréal afin de fouiller le site.« Le premier vestige trouvé a été un foyer amérindien qui précède la fondation de Montréal », raconte Mme Lelièvre.Ensuite, ils ont trouvé des traces du fort construit en 1642, puis agrandi en 1643.Comme les trous dans la terre qui ont été faits par les pieux utilisés pour construire la palissade.Un puits, construit en 1658, a aussi été trouvé.Des 49 fondateurs de Montréal, dont Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance, on connaît le nom de 23.« Seulement trois familles ont des descendances directes jusqu\u2019à au- jourd\u2019hui : les Archambault, les Ga- doua (Godé à l\u2019époque), puis les Hé- bert », énumère Mme Lelièvre.Plusieurs artefacts liés à leur vie quotidienne sont exposés, dont un cadran solaire gravé sur une ardoise, le plus ancien trouvé en Amérique.En 1667, le fort a été transformé en atelier de métallurgie : on a trouvé d\u2019autres traces dans le sol ainsi que des vestiges qui ne trompent pas, comme des scories, des résidus de la fusion métallurgique.Puis, en 1688, le gouverneur de Montréal Louis-Hector de Callière a acquis le terrain où se dressait le fort pour y construire sa résidence.« On a découver t que comme ce site était souvent inondé, il a ajouté un mètre de terre avant de se construire, ce qui a protégé les vestiges », explique Francine Lelièvre.C\u2019est donc grâce à une accumulation de hasards qu\u2019on peut maintenant, après 15 ans de fouilles, visiter les entrailles du lieu de fondation de Montréal.Pointe-à-Callière a opté pour un environnement épuré, qui laisse une place au recueillement, afin de rendre hommage aux fondateurs de Montréal.Un plancher de verre suspendu, avec des mécanismes pour assurer la conservation du sol, a été installé pour protéger les vestiges.Un égout collecteur mis en valeur par Moment Factory Pour découvrir le fort de Ville-Ma- rie, il faut d\u2019abord emprunter le premier égout collecteur d\u2019Amérique du Nord, construit entre 1832 et 1838.À l\u2019époque, les gens jetaient leurs déchets dans la Petite rivière, alors l\u2019eau est devenue contaminée.Cela a atteint les puits et causé des épidémies, notamment de peste.On a donc décidé de recouvrir la rivière et de construire un égout pour recueillir les eaux de pluie et usées.« Construit en pierre taillée, avec un axe cintré, l\u2019égout est une œuvre d\u2019art en plus d\u2019être une œuvre d\u2019ingénierie », affirme Francine Lelièvre.L\u2019installation Collecteur de mémoires, créée par la firme montréalaise Moment Factory, permet de vivre une expérience multisensorielle, un brin mystérieuse, à travers 110 mètres d\u2019égout.Spécialement pour les enfants Pour les jeunes familles maintenant, Pointe-à-Callière a conçu spécialement l\u2019exposition permanente Pirates ou corsaires?C\u2019est l\u2019occasion de plonger dans la rude époque des marins de la Nouvelle-France.Pierre Le Moyne d\u2019Iberville, capitaine de navire, doit enrôler de jeunes recrues pour affronter l\u2019ennemi dans le golfe du Saint-Laurent.Avez-vous les capacités pour être retenu ?C\u2019est ce que vous pourrez tester ! Vous êtes plutôt du type Indiana Jones ?Archéo-aventure permet aux jeunes de vivre l\u2019expérience d\u2019une fouille archéologique simulée.Avec de vrais outils, vous passerez du chantier à la tente de l\u2019archéologue à l\u2019espace laboratoire.POINTE-À-CALLIÈRE La fondation de Montréal comme si on y était POINTE-À-CALLIÈRE Vue sur une partie des fondations du Fort de Ville-Marie Musées Collections permanentes CAHIER D \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 6 E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale L e Musée d\u2019ar t contemporain (MAC) de Montréal vient de dépasser son record de visiteurs pour une seule exposition.Le 27 février dernier, il a annoncé que plus de 200 000 personnes étaient déjà entrées dans son établissement pour visiter Leonard Cohen.Une brèche en toute chose / A Crack in Everything, depuis son inauguration le 9 novembre dernier.« Notre fréquentation augmente », se réjouit John Zeppetelli.Le directeur général et conservateur en chef du MAC observe du même souffle que la notoriété du musée ne cesse de croître.Le MAC va devoir en revanche freiner sa lancée en début d\u2019année 2019.Afin de doubler son espace d\u2019exposition et mettre en valeur sa collection permanente dans un tout nouvel environnement, l\u2019établissement sera forcé de ralentir temporairement ses activités.« C\u2019est vraiment dommage de devoir interrompre tout ça, mais, ultimement, on va aboutir avec un magnifique nouveau bâtiment, qui sera vraiment à la hauteur de l\u2019ambition de la communauté ar tistique de Montréal.» Le projet architectural de la rénovation devrait être dévoilé d\u2019ici quelques semaines.Celui-ci doit attendre le feu vert du Conseil des ministres avant d\u2019être montré au grand public, le gouvernement du Québec étant l\u2019un des principaux bailleurs de fonds de ce chantier de plus de 44 millions.« Ça va être un très bel objet, extrêmement bien intégré dans le tissu urbain de la place des Festivals», assure M.Zeppetelli.La programmation 2018 du MAC a été annoncée au début du mois de février comme la dernière à se dérouler dans la version actuelle de l\u2019établissement.Dès la fin des dernières expositions temporaires planifiées, soit le 20 janvier 2019, le MAC prévoit de se réorganiser pour faire place aux travaux et au déménagement des quelque 8000 œuvres de sa collection permanente.Si au départ il prévoyait de garder ouver t un segment du musée le temps des rénovations, le MAC a dû se rendre à l\u2019évidence que la teneur du chantier ne permettra pas un tel aménagement temporaire à l\u2019intérieur de ses murs.« J\u2019ai confiance que dans les prochaines semaines, on va pouvoir confirmer un lieu pour opérer un MAC temporaire, réduit bien sûr, parce qu\u2019on ne peut pas à la fois mener un chantier complexe de rénovation d\u2019un côté et faire une programmation intense d\u2019une autre, dit M.Zeppetelli.C\u2019est clair qu\u2019on ne veut pas disparaître pendant deux ans.On va être actif, mais d\u2019une autre façon.Peut-être avec des projets ponctuels [\u2026] Mais il nous faudra aussi un peu de temps de réflexion pour déployer la collection lors de la grande réouverture et préparer d\u2019autres expositions temporaires qui vont être pertinentes et intéressantes.» M.Zeppetelli l\u2019admet : ce grand bouleversement lui apparaît à la fois « enthousiasmant » et « stressant ».« Personnellement, je me sens mal, parce qu\u2019on a développé un public fidèle, puis on va lui demander d\u2019aller dans un autre lieu, qui sera peut-être plus petit et où on ne pourra pas vraiment faire quelque chose d\u2019aussi ambitieux.L\u2019idée sera de faire quelque chose de super excitant, mais d\u2019une nouvelle façon.» Il reste néanmoins au moins un an aux amateurs d\u2019ar t contemporain pour visiter le MAC tel qu\u2019on le connaît avant les grands travaux.À partir du 24 mai et jusqu\u2019au 9 septembre, l\u2019établissement exposera l\u2019ar tiste Rafael Lozano-Hemmer.L\u2019automne, quant à lui, se fera sous le signe des manifestes.Du 18 octobre au 20 janvier prochain, l\u2019établissement accueillera l\u2019installation vidéo Manifesto de Julian Rosefeldt.Celle-ci met en scène l\u2019actrice Cate Blanchett, qui prononce des manifestes artistiques à travers 13 rôles différents.Le MAC profitera de l\u2019occasion pour présenter, durant la même période, une rétrospective de la cosignataire du Refus global, Françoise Sullivan.Quant à l\u2019exposition Leonard Cohen.Une brèche en toute chose / A Crack in Everything, les Montréalais ont jusqu\u2019au 9 avril pour l\u2019admirer.Ensuite, il y a de for tes chances qu\u2019elle poursuive sa vie à l\u2019étranger.«Cohen, c\u2019est une figure si mondiale, qu\u2019on a des visiteurs qui font le voyage d\u2019un peu partout expressément pour voir l\u2019exposition », note John Zeppetelli.Au-delà du succès rencontré, le directeur général souligne que cette exposition « a été une expérience très touchante dès le début».En tant que commissaire, John Zeppetelli a commandé plusieurs œuvres et visité les ateliers des ar tistes alors qu\u2019ils concevaient leur hommage au chanteur et poète montréalais décédé en 2016.« On avait énormément confiance en eux, mais quand tout a été installé [\u2026] on était vraiment ravi de la cohérence du propos.Ce fut une super belle expérience et on espère faire voyager cette expo.» MUSÉE D\u2019ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Freiner son élan pour faire peau neuve Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.JULIAN ROSEFELDT ET VG BILD-KUNST Extrait de l\u2019installation vidéo Manifesto de Julian Rosefeldt mettant en scène l\u2019actrice Cate Blanchett, qui prononce des manifestes artistiques à travers 13 rôles différents.OLIVIER SANTANA Vicious Circular Breathing, 2013, Rafael Lozano-Hemmer Musées Collections permanentes CAHIER D \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 METTI Partenaires officiels En collaboration avec Crédit de l\u2019œuvre : Alberto Giacometti, Homme qui marche I, 1960.Bronze, 180,5 x 27 x 97 cm.© Succession Alberto Giacometti/SODRAC pour le Canada (2018) 8 f é v r i e r \u2013 1 3 m a i 2 0 1 8 * Promotion valide les samedis, de 13 h 30 à 17 h, du 10 février au 12 mai 2018.Présentation requise d\u2019une pièce d\u2019identité et d\u2019une carte d\u2019accès Desjardins (débit).Le billet le plus cher sera facturé.Achetez un billet et obtenez en un gratuitement * profitez d\u2019un accès prioritaire à la billetterie et courez la chance de gagner un catalogue.Alberto présente À la Maison de la culture Claude-Léveillée 911, rue Jean-Talon Est accesculture.com \u2022 culturevsp.com museejoliette.org Une soixantaine de chefs-d\u2019œuvre sortis de leur réserve ! Jusqu\u2019au 13 mai 2018 Visites accompagnées d\u2019un historien de l\u2019art Les jeudis à 13 h 30 \u2022 22 mars \u2022 12 avril \u2022 10 mai Inscription : 514 872-6131 À l\u2019aube de ses 30 ans, le Musée de la civilisation de Québec (MCQ) n\u2019a jamais autant mis en valeur les objets de sa collection MUSÉE DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC Pour que le public s\u2019approprie les collections A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale «Notre rôle est d\u2019aider à comp r e n d r e n o t r e p a s s é , à construire notre présent et à rêver notre futur », explique Stéphan La Roche, directeur général du MCQ.Le musée souhaite avant tout donner aux visiteurs accès à « la collection qui appartient à tous les Québécois.» Le musée est un véritable lieu de référence et de crédibilité.C\u2019est pourquoi l\u2019équipe continue de mettre en valeur 225 000 objets, 1,2 km de documents d\u2019archives historiques et 197 000 volumes rares ou anciens que contient la collection muséale.«À l\u2019heure des technologies, de la dématérialisation, des fausses nouvelles, nos visiteurs n\u2019ont jamais eu autant besoin d\u2019avoir accès à des objets réels et tangibles», croit M.La Roche.Faire ressortir l\u2019émotion Dans sa nouvelle exposition, Sortir de sa réserve : 400 objets d\u2019émotion, le musée a décidé de mettre en valeur des pièces hétéroclites de sa collection.« Nous avons demandé à nos conservateurs de choisir les objets qui suscitaient chez eux une émotion, ceux qu\u2019ils trouvaient les plus étonnants, bizarres, troublants\u2026» raconte Stéphan La Roche.À partir de la liste de chaque conservateur, les artefacts ont été répartis en neuf zones, chacune représentant une aspiration humaine : s\u2019enraciner, paraître, se transporter, apprendre, jouer, s\u2019exprimer, habiter, s\u2019élever et se perdre.Les visiteurs peuvent déambuler dans les corridors et y découvrir, par exemple, une veste tricotée de cheveux humains, un tourne-disque des années 1960 ou encore un vélocipède.Dans cette exposition, les objets ne sont pas les seuls à sortir de leurs réserves, les conservateurs le font aussi.«Dans des vidéos, ils expliquent leur travail, pourquoi ils préfèrent tel ou tel objet, et cela permet une démocratisation de leur rôle », croit Stéphan La Roche.D\u2019ailleurs en début d\u2019exposition, les visiteurs sont invités à jouer eux-mêmes les conser vateurs, en choisissant parmi plusieurs objets contemporains celui ou ceux qui, selon eux, devraient faire partie de la collection du MCQ.IPhone première génération, foulard de Régis La- beaume, bouteille de bière ou encore carte de guichet automatique, quel sera l\u2019objet exposé dans 100 ans?«Ce n\u2019est pas si banal une carte de guichet, pourquoi ne serait-ce pas le témoin de notre quotidien ?» dit Stéphan La Roche en souriant.À l\u2019ère de la technologie L\u2019exposition permanente Le temps des Québécois \u2014 dont l\u2019objectif est de faire connaître l\u2019histoire de la Belle Province \u2014 a quant à elle été réactualisée, avec l\u2019ajout d\u2019une zone couvrant les années 1980 à 2010.Les visiteurs peuvent aussi toujours découvrir les expositions De trappeurs à entrepreneurs.4 siècles de commerce à Québec ; Bibis, cloches et escarpins.Regards sur la donation Anne-Cantin-et-Pierre- Cantin et Dallaire.De l\u2019idée à l\u2019objet.Par ailleurs, le MCQ offre maintenant la totalité de ses collections en ligne.Avec quelque 500 000 résultats de recherches possibles, il s\u2019agit d\u2019une des plus vastes bases de données au pays.«Nous sommes le premier musée à mettre en ligne l\u2019entièreté de ses collections», assure M.La Roche, ajoutant pour tant qu\u2019il ne pense pas être un jour remplacé par la technologie.«L\u2019artefact a une magie qui ne peut pas se transmettre en ligne, notre plateforme est un outil d\u2019enrichissement, un complément », ajoute-t-il.En outre, 2018 sera une année de transformation pour le Musée de l\u2019Amérique francophone.« Dans nos collections, la moitié des objets viennent du Séminaire de Québec, et nous trouvons que cette collection n\u2019est pas assez mise en valeur », souligne Stéphan La Roche.Le chantier pour souligner la richesse de ces objets vient de démarrer et devrait aboutir d\u2019ici deux ou trois ans.JESSY BERNIER PERSPECTIVE Couteau croche innu (montagnais) et appeau à orignal anichinabé (algonquin) CAHIER D \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MARS 2018 8 VIVEZ UNE EXPÉRIENCE INTRIGANTE ET MYSTÉRIEUSE MARCHEZ SUR LES TRACES DES FONDATEURS ICI A ÉTÉ FONDÉE MONTRÉAL M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale B on an, mal an, entre 10 et 20 des 8500 œuvres de la collection du Musée d\u2019art de Joliette, le MAJ, sont prêtées à des établissements canadiens, et bien souvent à des musées à l\u2019étranger.Mais pour la première fois, une cinquantaine d\u2019œuvres partent à la rencontre du public mont- réalais dans une exposition intitulée Le musée s\u2019expose.Regards sur les collections du Musée d\u2019ar t de Joliette.Jusqu\u2019au 13 mai prochain, il sera possible de visiter l\u2019exposition à la toute nouvelle Maison de la culture Claude-Léveillée, la MCCL, de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Mi- chel\u2013Parc-Extension.« On essaie de sortir le Musée de ses murs et d\u2019aller vers les gens », lance Jean-François Bélisle, le directeur général et conservateur en chef du MAJ, en poste depuis deux ans.Il ajoute qu\u2019« historiquement, le musée bénéficie d\u2019une fréquentation respectable mais pas énorme, et on tente de la faire grandir ».Comme la mairesse de l\u2019arrondissement, Giuliana Fumagalli, le mentionnait lors du vernissage, c\u2019est extraordinaire de faire quelques pas hors de chez soi, de pousser gratuitement la porte d\u2019une salle d\u2019exposition et de contempler des œuvres d\u2019Emily Carr, de Paul-Émile Borduas, d\u2019Alfred Laliberté et même de Rodin.La collection du MAJ est un secret bien gardé, elle compte parmi les quatre plus grandes au Québec.Mais si elle étonne, c\u2019est aussi par son côté éclectique dû au style atypique du fondateur du musée, le père Wilfrid Corbeil, clerc de Saint-Viateur.Son mandat, qu\u2019il a exercé de 1940 jusqu\u2019à sa mort en 1979, était de doter le collège de pièces d\u2019art sacré, une mission qu\u2019il a très bien accomplie puisqu\u2019il a réussi à mettre la main sur une grande quantité d\u2019œuvres, dont certaines remontent à la Renaissance.Mais le véritable dada du père Cor- beil c\u2019était l\u2019art contemporain : « Il n\u2019a d\u2019ailleurs pas hésité à acquérir un tableau de Borduas de la période où l\u2019artiste basculait dans l\u2019art abstrait», explique le conservateur.L\u2019exposition des commissaires Claude Morissette, agent culturel de la MCCL, et Marie-Claude Landry, conservatrice des collections du MAJ, permet au visiteur d\u2019apprécier cet éclectisme puisque l\u2019exposition établit un dialogue entre ar t sacré et ar t contemporain à travers des «œuvres de toutes les périodes, des connues et d\u2019autres qui le sont un peu moins », précise Jean-François Bélisle.Les commissaires se devaient d\u2019être inno- vants, pas tant dans la sélection des œuvres, mais dans leur présentation.Le musée s\u2019expose, c\u2019est donc aussi une exposition sur la muséologie, plus précisément sur les dessous d\u2019un musée.On a choisi de présenter les œu- vres comme on les verrait si elles étaient entreposées dans les réserves du musée: les informations ne se retrouvent pas sur un cartel au mur, mais sur des étiquettes fixées aux œuvres et toutes les pièces tridimensionnelles sont enveloppées dans leur incrustation, un type d\u2019emballage dont les musées se servent pour l\u2019entreposage.« Je vois les œuvres de cette expo comme des amuse-bouche qui vont donner envie aux visiteurs de venir voir toutes les autres », conclut Jean- François Bélisle.MUSÉE D\u2019ART DE JOLIETTE Quand le musée vient à nous VILLE DE MONTRÉAL Un visiteur observe l\u2019œuvre Divertissement (1943) de Georges Rouault.En arrière-plan, à gauche, Se fueron los curas 4 (2007), photo de Yann Pocreau.Musées Collections permanentes "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.