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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-03-15, Collections de BAnQ.

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[" V O L .C I X N o 5 6 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Black Panther, anatomie d\u2019un triomphe.La chronique d\u2019Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.A 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 4 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 4 ?w w w .l e d e v o i r .c o m P A U L I N E G R A V E L L e célébrissime physicien britannique Stephen Hawking, qui émouvait le grand public par sa grande intelligence tapie dans un corps impotent, est décédé mercredi 14 mars à l\u2019âge de 76 ans.Il laisse en héritage des théories majeures, considérées comme révolutionnaires, qui ont fait progresser notre compréhension de l\u2019univers.Mais aussi des écrits fabuleux destinés au grand public et un exemple de détermination et de persévérance unique au monde qui a inspiré de nombreux chercheurs.Alors qu\u2019il n\u2019est âgé que de 21 ans, en 1963, il apprend qu\u2019il est atteint de la sclérose latérale amyotrophique, une maladie neurodégénérative qui ne lui laisse que deux ans à vivre.Ne se laissant pas abattre par ce verdict, il se concentre sur les recherches qu\u2019il mène Stephen Hawking, l\u2019héritage d\u2019un géant L\u2019astrophysicien a rendu sa science accessible au grand public, qu\u2019il a aussi touché par sa détermination hors du commun ANDREW COWIE AGENCE FRANCE-PRESSE Stephen Hawking aura déjoué tous les pronostics, lui à qui les médecins ne donnaient que deux ans à vivre alors qu\u2019il commençait à peine sa vie adulte.Télé-Québec Électrons libres ne reviendra pas à l\u2019écran Page B 7 Empoisonnement Londres expulse 23 diplomates russes Page B 5 ÉTATS-UNIS MOINS D\u2019ARMES, MOINS DE LARMES JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE De New York à la Californie, de Chicago jusqu\u2019au Texas, des milliers d\u2019élèves américains ont marché, munis de pancartes et de slogans, pour réclamer un meilleur encadrement de la vente d\u2019armes aux États-Unis, écœurés de voir des tireurs faire irruption dans des établissements scolaires pour y faucher des jeunes auxquels on promettait un bel avenir.Page B 4 M A R I E - M I C H È L E S I O U I F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S L es agences de notation accordent une importance négligeable à la « nouvelle historique » que constitue selon les libéraux la nouvelle gestion de la dette, qui sera remboursée à raison de deux milliards de dollars par an par le biais de ponctions au Fonds des générations.Le premier ministre, Philippe Couillard, et le ministre des Finances, Carlos Leitão, ont annoncé mercredi une mesure phare du prochain budget du Québec, qui sera déposé le 27 mars.À partir de 2018-2019, et pour une période de cinq ans, Québec puisera 2 milliards par année à même le Fonds des générations afin de rembourser une par tie de la dette, qui s\u2019élève à 203,5 milliards, ce qui représente 51,9 % du produit intérieur brut au Québec (PIB).Le ratio dette/PIB passera donc « sous les 50 % dès l\u2019an prochain » et à 45 % en 2022- 2023, s\u2019est réjoui le premier ministre, évoquant une « nouvelle importante », et «même historique ».À ses côtés, le ministre Leitão a terminé son allocution en évoquant « a new debt management strategy » ; une stratégie de gestion de la dette qu\u2019il a pris la peine d\u2019expliquer une seconde fois en anglais, afin d\u2019attirer l\u2019attention des agences de notation.« On veut que les agences de notation, les agences de crédit entendent cette mesure de façon isolée dans l\u2019espace médiatique, plutôt que perdue dans un budget où il faut aller chercher et fouiller », a ajouté Philippe Couillard, quand des journalistes ont souligné qu\u2019il n\u2019avait pas l\u2019habitude de présenter les grandes lignes RÉDUCTION DE LA DETTE Les agences de notation impassibles Le remboursement anticipé d\u2019une partie de la dette à même le Fonds des générations n\u2019influencera pas la note du Québec M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L es appuis à Martine Ouellet n\u2019ont peut-être pas autant de poids que ce qui est clamé.Le Bloc québécois a beau s\u2019être vanté que 30 associations de circonscriptions soutenaient la chef, des vérifications faites par Le Devoir ont permis de constater que plusieurs de ces appuis étaient personnels et n\u2019engageaient pas l\u2019exécutif de la circonscription en entier.Dans au moins un cas, un président d\u2019association blo- quiste a carrément demandé au parti de retirer son nom.Une semaine après la démission fracassante de sept des dix députés bloquistes, les instances du Bloc québécois ont diffusé une lettre d\u2019appui à la chef Martine Ouellet.Or, trois des signataires ont confirmé au Devoir qu\u2019ils avaient entériné la missive uniquement en leur nom personnel.À Bellechasse-Les Etchemins-Lévis, l\u2019exécutif a adopté de façon unanime une motion réclamant un vote de confiance d\u2019ici juin si Martine Ouellet et les sept députés qui l\u2019ont désavouée ne parviennent pas à se réconcilier.Pourtant, le président Olivier Pouliot-Audet figure parmi les signataires de la lettre de soutien à la chef.« Il a fait une gaffe \u2014 c\u2019est-à-dire qu\u2019il a donné son appui avant de consulter son exécutif », explique Gaston Cadrin, qui siège au sein de l\u2019exécutif bloquiste de la circonscription de la région de Québec.BLOC QUÉBÉCOIS Les appuis à Martine Ouellet auraient été exagérés L\u2019appui de présidents d\u2019associations locales n\u2019engageait pas toujours l\u2019exécutif «On veut être certain que le message est bien entendu sur les places fortes financières» Philippe Couillard VOIR PAGE A 8 : DETTE VOIR PAGE A 8 : BLOC VOIR PAGE A 8 : GÉANT Lire aussi \u203a Piger dans le Fonds des générations.L\u2019analyse de Gérard Bérubé.Page B 1 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, se défend d\u2019avoir cautionné l\u2019extrémisme sikh.H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa L e chef du Nouveau Par ti démocratique, Jagmeet Singh, se défend d\u2019avoir cautionné l\u2019extrémisme sikh en prenant la parole à un rassemblement indépendantiste rendant notamment hommage à une figure controversée du mouvement.Il déplore une « simplification à l\u2019extrême » des dynamiques en jeu.Mercredi, le Globe and Mail a écrit que M.Singh a par ti- cipé en 2015, à San Francisco, à un rallye en faveur de la création d\u2019un État sikh indépendant, le Khalistan.Dans son discours, traduit du punjabi par le quotidien, M.Singh explique que l\u2019Inde s\u2019est rendue coupable d\u2019un génocide en 1984 parce qu\u2019elle «a intentionnellement tenté de nous éradiquer».Derrière lui se trouvait une image de Jarnail Singh Bhindranwale, un leader sikh abattu en 1984 lors du raid du Temple d\u2019or que le Globe présente comme le « chef d\u2019un groupe armé extrémiste».Dans une déclaration écrite, Jagmeet Singh réitère qu\u2019il « condamne tous les actes de ter rorisme par tout dans le monde, peu impor te qui les commet et qui en sont les victimes.Le terrorisme ne peut jamais être envisagé comme une façon de faire progresser la cause d\u2019un groupe ou d\u2019un autre ».Procès d\u2019intention Le chef du NPD ajoute qu\u2019il «est important de nommer les atrocités commises contre les droits de la personne, comme [il l\u2019a] fait, pour les mettre au jour et s\u2019assurer qu\u2019elles ne se répètent pas ».Mais il ne s\u2019est pas prononcé sur Jarnail Singh Bhindranwale et il refuse de dire s\u2019il appuie le mouvement séparatiste.« Ce n\u2019est pas à moi de décider de l\u2019avenir de l\u2019Inde.Je ne suis ni un citoyen ni un politicien de ce pays.» Il a décliné les demandes d\u2019entrevue.Balpreet Singh Boparai, l\u2019avocat de la branche canadienne de la World Sikh Organization (WSO), déplore les procès d\u2019intention faits ces jours-ci aux politiciens canadiens d\u2019origine sikhe.« Les événements des années 1980, dont l\u2019attentat d\u2019Air India, sont loin derrière nous.La communauté est passée à autre chose », lance-t-il.Les « événements », ce sont les velléités indépendantistes ayant culminé en 1984 par le raid meurtrier du gouvernement indien contre le Temple d\u2019or où s\u2019étaient retranchés des militants sikhs armés, l\u2019assassinat quatre mois plus tard de la première ministre par ses gardes du corps sikhs, puis la contre-attaque gouvernementale s\u2019étant soldée par près de 3000 morts sikhs.Selon M.Boparai, la communauté sikhe ne pense plus le débat dans les mêmes termes et recherche avant tout une reconnaissance des exactions commises contre elle il y a 35 ans.La WSO elle-même, qui a longtemps milité pour le Khalistan, n\u2019en fait plus mention.Il trouve « inapproprié» de demander à Jagmeet Singh ou à d\u2019autres politiciens sikhs s\u2019ils sont séparatistes.« On ne demande pas à tous les catholiques s\u2019ils appuient l\u2019Armée républicaine irlandaise ou aux musulmans s\u2019ils soutiennent le groupe EI.» L\u2019ex-premier ministre de la Colombie-Britannique Ujjal Dosanjh n\u2019est pas du tout du même avis.« Il veut être le premier ministre du Canada.On doit savoir s\u2019il croit au démembrement d\u2019une démocratie alliée.C\u2019est important en tant que question de politique étrangère», lance-t-il au Devoir.Dénonciation attendue M.Dosanjh a été brutalement battu en 1985 pour avoir pris la parole contre l\u2019extrémisme sikh.Ce sikh non pratiquant dit avoir rencontré Jar- nail Singh Bhindranwale au Temple d\u2019or en 1984.« Nous nous sommes obstinés pendant une heure.Il voulait que je me fasse pousser les cheveux et disait que, si je ne le faisais pas, j\u2019étais un bâtard.» Le statut de Jarnail Singh Bhindranwale ne fait pas l\u2019unanimité.« Saint » pour certains, «terroriste» pour d\u2019autres.Les tribunaux indiens ont d\u2019ailleurs été saisis en 2017 d\u2019une requête pour faire retirer d\u2019un manuel scolaire une section cataloguant l\u2019homme comme un terroriste.Il n\u2019a jamais été accusé de violence avant sa mort pendant le raid.Mais M.Do- sanjh croit que cela n\u2019est pas important.«Il croyait à l\u2019utilisation de la violence pour atteindre ses buts politiques.» Et Jagmeet Singh, pense-t-il, aurait dû le dénoncer.Le Devoir Jagmeet Singh nie toute complaisance envers le terrorisme M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L e ministre des Finances, Carlos Leitão, refuse de présenter ses excuses à la Coalition avenir Québec, qu\u2019il a accusée dans une entrevue à The Gazette d\u2019être par tisane du «nationalisme ethnique ».« Les propos que j\u2019ai tenus la semaine der nière ne vi - saient surtout pas à caractériser la CAQ ou M.Legault comme raciste.Je vous mets au défi de trouver ces mots- là », a-t-il déclaré à la sor tie d\u2019une séance du Conseil des ministres.En ef fet, M.Leitão n\u2019a, à aucun moment, taxé la CAQ de raciste durant son entrevue à The Gazette la semaine dernière.En revanche, le député de Robert-Baldwin a reproché au favori des sondages de s\u2019être drapé d\u2019un nationalisme ethnique.« Le genre de nationalisme que propose la CAQ est, à mon avis, un nationalisme ethnique.Je n\u2019ai pas peur des mots.C\u2019est ça qui est ça.Ils considèrent que la majorité française est attaquée par tous ces étrangers », a-t-il affirmé dans un entretien publié mercredi.Wikipédia M.Leitão s\u2019est abstenu de réitérer ces propos à la presse parlementaire mercredi.« [Les caquistes] aiment mieux diviser que mobiliser.[\u2026] Ils aiment bien souligner les dif férences qu\u2019il y a entre les dif férents groupes de la société », s\u2019est- il contenté de dire avant de s\u2019éloigner au pas de course.De son côté, un stratège libéral a transmis au Devoir un extrait de l\u2019entrée « nationalisme ethnique » ou « ethno- nationalisme » de l\u2019encyclopédie l ibre Wikipédia : « Le thème central des tenants du nationalisme ethnique est que les nations ont chacune son identité incontournable, définie par un patrimoine commun qui peut comprendre même une langue, culture, rel igion ou foi rel i - gieuse, histoire, origine ethnique, des mêmes traditions, coutumes, mœurs et un attachement af fectif à la terre.Quant à un nationalisme qui se fonderait sur des \u201cliens du sang\u201d ou biologiques, cela renvoie plutôt à une autre idéologie, soit le racisme.» « Personne n\u2019a dit qu\u2019 i l [M.Legault] était raciste », a insisté le conseiller politique.«Sale petite politique» François Legault s\u2019est indigné des propos tenus par M.Leitão dans le quotidien anglophone montréalais The Gazette.« C\u2019est de la sale petite politique.Je pense que là, les libéraux viennent de dépasser les bornes », a-t-il lancé, bleu de colère.La sor tie médiatique du ministre des Finances s\u2019inscrit dans une « une campagne préméditée de mensonges organisés, de salis- sage » du Parti libéral du Québec contre la CAQ.M.Le- gault a réclamé des excuses, mais en vain.Le premier ministre Philippe Couillard a accusé dans le passé la CAQ de « souffler sur les braises de l\u2019intolérance » en proposant de res- ser rer le nombre d\u2019immigrants admis au Québec.« Mais là, dire que la CAQ est un parti de nationalistes ethniques ! » s\u2019est exclamé M.Le- gault, avant de préciser ne jamais avoir entendu « une déclaration aussi directe » de la part d\u2019un élu libéral.« On va voir c\u2019est quoi l\u2019impact [dans l\u2019opinion publique], mais moi, je ne peux pas croire que Philippe Couillard, que le premier ministre du Québec va cautionner de tels propos », a-t-il poursuivi.Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a pour sa par t dénoncé l'« intolérance crasse » de M.Leitão et M.Couillard à l\u2019égard des formations politiques qui « offrent d\u2019autres visions de l\u2019identité et du nationalisme » que celle défendue par le PLQ.« La nation, c\u2019est un beau mot.L'identité, c\u2019est un beau mot.Mais \u201cethnique\u201d, ça n\u2019a rien à voir là-dedans », a-t- il lâché.« Les libéraux pensent faire des gains avec ça chez les non-francophones.Ils le pensent.Mais moi, je fais le pari que les non-franco- phones en ont aussi soupé de ce cynisme, de ces accusations qui n\u2019ont pas de relations avec la réalité.» Le Devoir «Nationalisme ethnique » : Leitão refuse de s\u2019excuser M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e ministre des Transports, André For tin, a refusé mercredi une proposition du Parti québécois (PQ) pour tester la limite de 120 km/h sur les autoroutes, ce à quoi un député péquiste a répliqué en suggérant de prendre en défaut les automobilistes qui dépassent la limite actuelle de 100 km/h.« En réalité, ce que je dis, c\u2019est collons-nous sur la réalité qu\u2019on connaît et sinon, appliquons la loi comme il se doit », a lancé le député péquiste de Berthier, André Villeneuve, pendant l\u2019étude du projet de loi visant à moderniser le Code de la sécurité routière.Dans l\u2019espoir de mettre fin au « système d\u2019hypocrisie, où on laisse al ler les choses jusqu\u2019à 120 km/h sans intervenir », le PQ a proposé de lancer un projet-pilote qui permettrait de tester, sur un tronçon routier donné, une vitesse maximale de 120 km/h, qui serait modulée en fonction des conditions météorologiques.« Cer tains pourront dire qu\u2019on veut augmenter la vitesse sur les autoroutes, mais en réalité, soyez francs : on ne l\u2019augmenterait pas, on se collerait à la réalité actuelle.Présentement, il y a une tolérance à 118, 119, voire 120 km/h », a expliqué le député Villeneuve, insistant sur son souci d\u2019améliorer la sécurité routière.Exemple en C.-B.Le ministre Fortin ne s\u2019est pas rangé à ses arguments, préférant se rallier à des études qui illustrent que, «dès qu\u2019on augmente la limite de vitesse, on met à risque la sécurité sur nos routes », selon ce qu\u2019il a déclaré.« Ça nous semble être une mesure qui augmenterait les risques sur les autoroutes du Québec, donc ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on veut mettre en avant», a- t-il affirmé.Il a notamment fait référence à la tentative mitigée du gouvernement de la Colombie- Britannique d\u2019augmenter la limite de vitesse sur 33 tronçons d\u2019autoroute, en 2014.Deux ans plus tard, le gouvernement a abaissé la limite de vitesse dans deux de ces secteurs.Sur 14 des 33 portions où la vitesse avait été changée, une augmentation de 11 % des collisions sérieuses et mortelles avait été observée.André Fortin a aussi dit souhaiter se fier au bon jugement des policiers, qui profitent d\u2019un « seuil de tolérance » leur permettant de juger de la pertinence d\u2019interpeller les automobilistes «en fonction de certaines circonstances », comme la congestion ou les conditions météorologiques.Mais « quelle est la vitesse véritablement tolérée par les policiers ?» a demandé le député péquiste Mar tin Ouellet.« C\u2019est un mystère.[\u2026] C\u2019est complètement absurde, et ça démontre que la loi doit absolument être ajustée à la réalité sur le terrain », a-t-il martelé.Avec Marco Bélair-Cirino Le Devoir Le PQ veut hausser la limite de vitesse sur les autoroutes C\u2019est de la sale petite politique.Je pense que, là, les libéraux viennent de dépasser les bornes.François Legault « » GETTY IMAGES Ce n\u2019est pas à moi de décider de l\u2019avenir de l\u2019Inde.Je ne suis ni un citoyen ni un politicien de ce pays Jagmeet Singh « » 11 % Sur 14 des 33 portions où la vitesse avait été changée, une augmentation de 11 % des collisions sérieuses et mortelles avait été observée en Colombie- Britannique. L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 L e retour au travail a commencé lundi à l\u2019usine de la compagnie Delastek, à Shawinigan, un des fournisseurs de pièces de la CSeries, où une grève avait été déclenchée le 1er avril 2015, ce qui en avait fait le plus long conflit en cours au Québec.Au début du mois, le Tribunal administratif du travail (TAT) a dénoncé l\u2019«antisyndicalisme» de la direction de l\u2019entreprise, son «hostilité envers le processus de négociation » et constaté les «contraventions répétées aux dispositions anti- briseurs de grève», sans lesquelles l\u2019entreprise n\u2019aurait pas été en mesure de poursuivre ses activités durant tout ce temps.Se déroulant loin des grands centres, ce conflit a été moins médiatisé que d\u2019autres dans le passé, mais il n\u2019en a pas moins donné lieu à des épisodes dignes de l\u2019époque de Duplessis.Afin d\u2019éviter que des conflits s\u2019éternisent de la sorte, le syndicat Unifor, affilié à la FTQ, a demandé au gouvernement Couillard de resserrer les dispositions du Code du travail, notamment pour faciliter le travail des enquêteurs et faire en sorte que le fardeau de la preuve repose sur l\u2019employeur.Le premier ministre a opposé un refus catégorique, faisant valoir que la loi québécoise est déjà une des plus restrictives au Canada.Il faut dire que la barre n\u2019est pas très haute.Avec la Colombie-Britannique, le Québec est la seule province à avoir légiféré à ce chapitre.Il y a eu une quinzaine de tentatives pour amener le gouvernement fédéral à interdire le recours aux scabs dans les entreprises qui relèvent de sa compétence, mais elles n\u2019ont jamais abouti.?Les recours à la loi anti-briseurs de grève ont diminué progressivement au cours des dernières années.En 2016-2017, le TAT avait reçu 14 demandes d\u2019ordonnance, par rappor t à 27 en 2004- 2005.Il est vrai que les conflits étaient nettement plus nombreux et violents quand le gouver nement Lévesque avait résolu de manifester concrètement son « préjugé favorable envers les travailleurs » par l\u2019adoption d\u2019une loi qui semblait révolutionnaire à l\u2019époque, mais le marché du travail a lui-même changé considérablement depuis.À l\u2019été 2010, le premier ministre Jean Cha- rest avait applaudi quand le congrès de l\u2019aile jeunesse du PLQ avait adopté une résolution demandant que la loi soit modernisée pour la mettre à l\u2019heure de l\u2019Internet et du travail à distance.Quelques semaines plus tard, l\u2019Assemblée nationale avait voté à l\u2019unanimité une motion en ce sens.Si le recours aux briseurs de grève dans sa forme classique existe toujours, comme l\u2019illustre bien le cas de Delastek, le long conflit au Journal de Montréal a parfaitement démontré à quel point les dispositions actuelles de la loi ne correspondent plus à l\u2019intention des législateurs de 1977.La commission parlementaire qui s\u2019était réunie en février 2011, après deux ans de lockout, avait recommandé de revoir la notion totalement désuète d\u2019« établissement », sur laquelle la loi est fondée.Le patronat, Pierre Karl Péla- deau en tête, s\u2019y était férocement opposé.La ministre du Travail de l\u2019époque, Lise Thériault, avait reconnu l\u2019existence du problème, mais n\u2019avait rien fait.M.Couillard ne semble même plus penser qu\u2019il y a un problème.?Jusqu\u2019à ce que M.Péladeau apparaisse dans le décor, la modernisation de la loi anti-briseurs de grève faisait partie des engagements du PQ, mais elle avait disparu de la plateforme électorale de 2014.Sa démission a permis d\u2019y revenir.Le programme adopté en septembre 2017 prévoit d\u2019« interdire à un employeur d\u2019utiliser, à l\u2019intérieur où à l\u2019extérieur d\u2019un établissement, les services ou le produit du travail autres que ceux d\u2019un salarié ou d\u2019une salariée faisant partie de l\u2019unité d\u2019accréditation en grève ou en lockout ».Sans surprise, le renforcement des dispositions de la loi fait également partie du programme de Québec solidaire.En revanche, personne n\u2019a jamais soupçonné la CAQ, ni son chef, d\u2019entretenir un quelconque préjugé favorable envers les travailleurs, et encore moins envers les syndicats.Au fur et à mesure que l\u2019élection approche, elle s\u2019évertue à se montrer la moins menaçante possible, mais rien n\u2019indique qu\u2019elle a renoncé au projet de « moderniser » les règles syndicales dont elle a hérité de l\u2019ADQ.Un de ceux qui pourraient peut-être nourrir sa réflexion est le député de Blainville, Mario Laframboise.En 2009, alors qu\u2019il siégeait à la Chambre des communes sous les couleurs du Bloc québécois, il avait déposé un projet de loi visant à interdire le recours aux briseurs de grève dans les entreprises régies par le Code canadien du travail, comme les banques, la téléphonie ou les télécommunications.Son chef pourra toutefois lui expliquer qu\u2019il n\u2019y a rien de mal à changer d\u2019idée, peu importe le sujet.mdavid@ledevoir.com Une loi mourante MICHEL DAVID L I S A - M A R I E G E R V A I S L e Protecteur du citoyen a de nouveau sonné l\u2019alarme sur les conditions inhumaines de détention des Inuits qui ont toujours cours dans certains villages du Nunavik.À la suite d\u2019un rapport d\u2019enquête dévastateur publié en 2016, certaines recommandations ont été appliquées, mais d\u2019autres, pourtant très urgentes, ne l\u2019ont pas été, a affirmé devant la commission Viens l\u2019un des enquêteurs, qui revient tout juste d\u2019un séjour de suivi dans le Grand Nord.La principale recommandation était et demeure la construction d\u2019un centre de détention à Puvirnituq, où les quelques cellules du poste de police ne suffisent plus aux besoins et posent des risques pour la sécurité.Certains détenus devaient même être menottés aux poignées de porte extérieures des cellules, faute d\u2019un nombre suffisant de cellules.Des discussions entre le ministère de la Sécurité publique, l\u2019Administration régionale Kativik et d\u2019autres acteurs concernés devaient permettre de concrétiser le projet.Robin Aubut-Fréchette, qui a mené l\u2019enquête pour le bureau du Protecteur du citoyen, craint que ce projet ne voie pas le jour rapidement.« On a été informés que ce lieu de détention pourra être construit en 2019 seulement si l\u2019appel d\u2019offres est fait dans les prochains mois, sinon ce sera impossible de faire livrer les matériaux.[\u2026] La construction sera alors retardée à 2020», s\u2019est-il inquiété.Interrogé par Le Devoir, le ministère de la Sécurité publique n\u2019a pas été en mesure de dresser l\u2019état de la situation.Insalubrité et vétusté En 2015, lors de son premier séjour, M.Au- but-Fréchette avait également constaté « l\u2019état lamentable » des lieux où les détenus sont incarcérés en attente d\u2019une comparution ou lors du passage de la cour itinérante, en particulier à Puvirnituq.Promiscuité forcée, accès limité à l\u2019eau potable, odeurs nauséabondes, literie manquante ou souillée, malpropreté des cellules.Le Protecteur du citoyen de l\u2019époque, qui peut faire office d\u2019ombudsman correctionnel du Québec, avait qualifié les conditions de détention de dignes du « tiers-monde ».Cette fois, les problèmes d\u2019insalubrité semblent avoir été réglés, sauf pour les matelas « qui étaient tous déchirés ».Le problème de l\u2019eau n\u2019a pas non plus été entièrement réglé en raison du manque de réservoir.« Les principaux problèmes ont été réglés, mais la vétusté du poste de Puvirnituq fait en sor te que les gens doivent encore manger par terre », a souligné M.Aubut-Fréchette, rappelant qu\u2019il n\u2019y avait pas de table dans les cellules.Demeure aussi le problème de confinement des détenus, qui sont dans leurs cellules 24 heures sur 24 faute d\u2019aire commune.C\u2019est contraire à la loi, rappelle M.Aubut-Fréchette.Seul l\u2019établissement de détention de Kuujjuaq possède une cour, mais elle n\u2019est toujours pas utilisée, a-t-il déploré.Et plus de deux ans après la sortie du rapport, l\u2019angle des caméras de surveillance, qui pointe la toilette de chaque cellule, n\u2019a pas non plus été modifié par le Service de police de Puvirnituq.Améliorations Des vols nolisés ont toutefois été ajoutés entre l\u2019Abitibi et le Nunavik afin de réduire le nombre de personnes en détention dans les cellules, et les effets personnels des détenus, qui étaient très souvent égarés, sont désormais entreposés correctement.En 2016-2017, de toutes les plaintes concernant l\u2019administration publique reçues par le Protecteur du citoyen, 4885 (41 %) touchent les ser vices correctionnels du Québec, dont à peine 23 proviendraient d\u2019autochtones.La protectrice du citoyen, Marie Rinfret, a reconnu que son bureau n\u2019a pas le portrait juste de la situation des autochtones puisqu\u2019il ne comptabilise pas les données sur les origines afin d\u2019écarter toute apparence de profilage.Elle a aussi admis que très peu d\u2019autochtones avaient recours à son ser vice, ignorant for t probablement son existence.Le Devoir NUNAVIK Des conditions de détention inhumaines Devant la commission Viens, le Protecteur du citoyen sonne l\u2019alarme une deuxième fois JACQUES NADEAU LE DEVOIR L\u2019hiver refuse de se faire oublier À moins d\u2019une semaine du printemps, une tempête hivernale a balayé le Québec mercredi, laissant des accumulations de neige qui ont atteint presque 40 cm en Gaspésie et au Nouveau-Brunswick.Les Montréalais, pour leur part, ont reçu une vingtaine de centimètres de neige depuis mardi.Dans l\u2019est de la province, la neige et les vents ont provoqué la fermeture de plusieurs routes et des écoles ont aussi été fermées.K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I L es utilisateurs de plateformes liées à l\u2019économie du partage, comme Airbnb ou Uber, sont souvent moins protégés qu\u2019ils ne le croient en cas de pépin, conclut une étude publiée mercredi par Option consommateurs, qui demande à Québec d\u2019intervenir pour mieux encadrer ces plateformes numériques se présentant généralement comme de simples intermédiaires.« Les innovations technologiques évoluent plus rapidement que le droit, souligne le rapport produit par l\u2019association qui défend les droits et les intérêts des consommateurs.Il faut maintenir les avantages qu\u2019apporte la technologie, tout en s\u2019assurant que les consommateurs sont protégés adéquatement.» Dans le cadre de son étude, Option consommateurs a analysé les protections offer tes aux utilisateurs des principales plate- formes collaboratives.« Notre analyse révèle certains problèmes avec les conditions d\u2019utilisation des plateformes numériques d\u2019économie du partage.Souvent, ces dernières limitent leur responsabilité civile.Elles le justifient en disant qu\u2019elles ne font que mettre en contact des personnes.Or, dans les faits, elles font beaucoup plus que cela », écrit-on.Protection surestimée Au Québec, la Loi sur la protection du consommateur ne s\u2019applique qu\u2019aux transactions conclues entre un consommateur et un commerçant, explique l\u2019avocate d\u2019Option consommateurs Annik Bélanger-Krams.« Or, dans le contexte de l\u2019économie du partage, celui qui rend le ser vice n\u2019est pas toujours un commerçant », précise-t-elle.En étant couverts par la loi québécoise, les consommateurs peuvent par exemple faire respecter leurs droits en matière d\u2019obligations contractuelles et d\u2019assurances, ou encore se défendre en cas de modification unilatérale d\u2019un contrat.Selon un sondage mené par Option consommateurs auprès d\u2019un peu plus de 1000 Canadiens, 63 % des personnes interrogées croient pour tant bénéficier des mêmes protections lorsqu\u2019elles obtiennent un bien ou un service par l\u2019intermédiaire d\u2019une plateforme Web ou mobile que lorsqu\u2019elles font affaire avec un commerçant.Les plus confiants sont les 18-34 ans (73%), qui sont également les plus grands adeptes de l\u2019économie collaborative.Aux yeux de l\u2019association, la Loi sur la protection du consommateur devrait s\u2019appliquer aux plateformes liées à l\u2019économie du partage, mais pour éviter toute confusion, elle réclame que Québec modifie la loi en élargissant par exemple la définition de «commerçant ».Le rapport recommande également d\u2019adopter de nouvelles règles propres aux plateformes collaboratives afin de protéger adéquatement les consommateurs.« Ce qu\u2019on a vu dans presque tous les contrats [des plateformes d\u2019économie collaborative], c\u2019est qu\u2019ils excluaient toute responsabilité pour tous dommages.Mais on ne peut pas exclure la responsabilité pour le préjudice corporel au Québec, illustre Me Bélanger-Krams.On a vu de nombreuses clauses qui nous sont apparues contraires à la loi.Donc, on considère que c\u2019est inquiétant.» La ministre responsable de la Protection des consommateurs, Lise Thériault, a dit vouloir prendre le temps d\u2019analyser le rapport avant de le commenter.Le Devoir ÉCONOMIE DU PARTAGE La protection des consommateurs n\u2019est pas assurée La législation n\u2019évolue pas au rythme de la technologie, déplore Option consommateurs M.Couillard ne semble même plus penser qu\u2019il y a un problème L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 AV I S L É G AU X E T A P P E L S D \u2019 O F F R E S AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia - tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est donné conformément au Code civil du Québec de la clôture de l'inventaire en regard de la succession Madeleine BÉGIN, née le 14 juin 1937, en son vivant domiciliée au 1738, rue Pierre-Arthur, Lévis, province de Québec, G6W 2G4, est décédée le 3 septembre 2017.Cet inventaire peut être consulté par toute personne ayant un intérêt, à l'étude de Me Robert LEDOUX, notaire, au 1845, boulevard Guillaume-Cou- ture, Lévis (Québec) G6W 5M6.Lévis, le 2 mars 2018 Me Robert LEDOUX, notaire AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné que, suite au décès de Simon- Jacques LEMIEUX en son vivant domicilié au 355-1540, rue Mon- tarville, Saint-Bruno-de-Montar- ville (Québec) J3V 3T7, survenu le sept novembre deux mille dix- sept (7 novembre 2017), un inventaire des biens a été fait par le liquidateur, le vingt-six février deux mille dix-huit (26 février 2018), devant Charles LEROUX, notaire conformément à la loi et peut être consulté en l'étude du notaire susdit, au 65, rue Rabas- talière Ouest, Saint-Bruno-de- Montarville, (Québec), J3V 1Y7, durant les heures normales d'ouverture.Madame Françoise Trudel, psychologue, ayant pratiqué rue Bernard, Outremont, a mis fin à sa pratique professionnelle le 1er mars 2018.Madame Ariane Lazaridès, psychologue au 6777 de Bordeaux, Montréal, est maintenant cessionnaire de ses dossiers et peut être contactée au (514) 574-7429.AVIS PUBLIC EN VERTU DE L\u2019ARTICLE 192 DE L\u2019ANNEXE C DE LA CHARTE DE LA VILLE DE MONTRÉAL, MÉTROPOLE DU QUÉBEC 1er avis Avis est donné qu\u2019aux dates ci-après mentionnées, la Ville a approuvé la description des immeubles suivants, lesquels forment des rues, ruelles, voies ou places, afin d\u2019en devenir propriétaire en vertu de l\u2019article 192 de l\u2019annexe C de la Charte de la Ville de Montréal, métropole du Québec : - Les lots 4 142 160, 4 145 345, 4 967 191 et une partie du lot 4 142 159 (16,8 m2) du cadastre du Québec, situés dans le quadrilatère délimité par les rues Irène, Saint-Jacques, Saint-Antoine Ouest et l\u2019avenue Laporte, dans l\u2019arrondissement du Sud- Ouest (DA172551017 \u2013 15 février 2018) Les propriétaires des immeubles expropriés en vertu de l\u2019article 192 peuvent réclamer une indemnité de la Ville.À défaut d'entente, l'indemnité est fixée par le Tribunal administratif du Québec à la demande des propriétaires ou de la Ville, et les articles 58 à 68 de la Loi sur l'expropriation (RLRQ, chapitre E-24) s'appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.Cet avis est le premier de trois que la Ville est tenue de publier.Fait à Montréal, le 15 mars 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Avis public Service de l\u2019eau Direction de l\u2019eau potable Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 10237 Descriptif : Modernisation et automatisation de l\u2019usine de Pointe-Claire L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 19 mars 2018, est reportée au, 12 avril 2018, à 13h30, au service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Montréal, le 15 mars 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Services professionnels_ Avant-projet préliminaire pour l\u2019implantation de mesures préférentielles pour autobus \u2013 boulevard Fréchette à Chambly Numéro de l\u2019appel d\u2019offres : 1001721 Les documents et conditions de l\u2019appel d\u2019offres sont disponibles incessamment via le site du Système électronique d\u2019appel d\u2019offres : www.seao.ca.Dépôt des soumissions : Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège du Réseau de transport métropolitain, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26ème étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, AU PLUS TARD LE VENDREDI 6 AVRIL 2018 À 13H30.Une ouverture publique des soumissions reçues suivra au même lieu.Le Réseau ne s\u2019engage à accepter aucune des soumissions reçues.Erin Geldard Directrice exécutive Approvisionnement Appel d\u2019offres public PRENEZ AVIS que la personne morale sans but lucratif Association des entrepreneurs de systèmes intérieurs du Québec inc.ayant son siège au 227-3221, desserte Nord autoroute Laval Ouest, Laval, Québec, H7P 5P2 demandera au Registraire des entreprises la permission de se dissoudre.Publicités : Arcand défend les dépenses du gouvernement Le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, a défendu mercredi les dépenses gouvernementales en matière d\u2019information, de communication et de publicité.Celles-ci ont bondi à l\u2019approche des élections générales.À elle seule, la promotion du «Plan économique du Québec, volet création d\u2019emplois» a coûté 1,26 million de dollars en novembre et en décembre 2017.«[Le] plan économique du Québec, ce n\u2019est pas juste un plan pour essayer de faire la promotion du parti», a-t-il précisé à l\u2019Assemblée nationale.«C\u2019est un plan économique du Québec dans lequel on parle de création d\u2019emplois, d\u2019accès, de réussite des jeunes, de l\u2019effort économique du Québec qu\u2019il faut faire.Et c\u2019est pour ça qu\u2019on dit qu\u2019il faut faire avancer le Québec.C\u2019est donc extrêmement positif.» Le Devoir Vers le revenu minimum garanti Le ministre de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, a déposé mercredi le projet de loi 173, qui vise à instaurer un revenu minimum garanti.Selon Québec, la mesure aidera à terme quelque 85 000 personnes qui présentent des contraintes sévères à l\u2019emploi et qui sont prestataires du programme d\u2019aide sociale.Le projet de loi devrait être adopté d\u2019ici la fin de la session parlementaire, qui se termine le 15 juin.Québec prévoit injecter 3 milliards $ au cours des cinq prochaines années pour mieux lutter contre la pauvreté.On croit ainsi possible de sortir de la pauvreté quelque 100 000 personnes démunies, d\u2019ici l\u2019échéance de 2023.Le Québec compte 802 377 personnes vivant sous le seuil de la pauvreté, fixé à 18 000 $ par an, pour une personne seule.La Presse canadienne Décès des deux alpinistes en Alaska Marc-André Leclerc et son compagnon de cordée sont morts en Alaska, a annoncé sur les médias sociaux le père du jeune alpiniste de 24 ans.Marc-André Leclerc, originaire de la Colombie-Britannique, mais dont la famille est du Québec, et Ryan Johnson, 34 ans, devaient gravir le glacier Mendenhall du 4 au 7 mars.Leurs proches étaient toutefois sans nouvelles d\u2019eux depuis.Une importante tempête de neige s\u2019est abattue sur la région mercredi dernier et aucun des deux alpinistes n\u2019était équipé d\u2019une radio satellite ou d\u2019un phare d\u2019urgence.Les recherches des derniers jours ont permis de confirmer le décès des alpinistes.La Presse canadienne M O R G A N L O W R I E L es policiers de Montréal ratissent à nouveau mercredi le secteur de l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville et les berges de la rivière des Prairies, où Ariel Jef frey Kouakou, un garçon de 10 ans porté disparu depuis 48 heures, a été vu pour la dernière fois.Les enquêteurs tentent quant à eux de remonter le fil des événements afin de découvrir une piste qui permettrait de retrouver le garçon, a expliqué l\u2019inspecteur André Durocher, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en entrevue avec La Presse canadienne mercredi matin.L\u2019enfant avait quitté son domicile de l\u2019arrondissement d\u2019Ahunt- sic-Car tier ville vers midi, lundi, pour se rendre chez un ami, mais il n\u2019a pas été aperçu depuis.Ce sont des membres de sa famille qui ont signalé sa disparition lundi en fin d\u2019après-midi.Hypothèses Mercredi matin, des pompiers et des volontaires ratissaient le secteur fraîchement recouvert de neige afin de tenter de trouver le garçon, ou du moins des indices.« On n\u2019écarte aucune possibilité, a déclaré M.Durocher.Évidemment, cer taines sont plus probables que d\u2019autres.C\u2019est triste, mais il y a une rivière tout près.On doit regarder près des berges, regarder s\u2019il y a des indices qui nous portent à croire qu\u2019il pourrait avoir glissé.» Le père du garçon, Frédéric Kouakou, ne croit pas que l\u2019enfant serait allé au bord de l\u2019eau.« Je connais mon fils : on n\u2019est jamais allés au bord de l\u2019eau.Ça l\u2019aurait tenté si on avait pris l\u2019habitude d\u2019aller au bord de l\u2019eau avec lui », a dit M.Kouakou, qui s\u2019est joint aux volontaires sur le terrain mercredi.M.Kouakou, un enseignant, a par ailleurs « formellement » exclu la thèse de la fugue ; il penche plutôt pour l\u2019enlèvement.Les policiers soutiennent que la piste de l\u2019enlèvement n\u2019est pas écartée, mais qu\u2019elle n\u2019est pas la plus probable.Issiaka Samassi, qui connaît le père du garçon, s\u2019était joint aux bénévoles qui ratissaient le secteur mercredi, à l\u2019invitation de l\u2019association ivoirienne locale.Il a décrit le père comme un homme « très aimable, très sociable », qui a immigré de Côte d\u2019Ivoire il y a plusieurs années.Les quelque 70 informations reçues par la police mardi ont presque toutes été traitées, a par ailleurs indiqué l\u2019inspecteur Durocher.« Dans ces types d\u2019enquêtes, nous devons être sûrs que nous n\u2019avons rien oublié.Toute piste \u2014 que ce soit un vêtement, une empreinte, n\u2019impor te quoi \u2014, c\u2019est ce que nous essayons de trouver.» Alerte En fin de soirée mardi, les policiers avaient levé l\u2019aler te AMBER déclenchée durant l\u2019après-midi.Cet «électrochoc» que les policiers souhaitaient donner aux recherches a atteint son objectif, a soutenu l\u2019enquêteur Durocher.L\u2019alerte a notamment permis de retrouver une femme qui avait parlé au garçon au parc des Bateliers \u2014 un témoin « très crédible », que les policiers voulaient à tout prix retrouver.La police s\u2019est entretenue mardi soir avec cette femme, qui aurait aperçu le garçon la veille, vers 14 h, dans le parc des Bateliers.Selon l\u2019inspecteur Durocher, le garçon se serait rendu à destination chez son ami et, « voyant qu\u2019il n\u2019était pas là et que la porte était barrée, aurait voulu revenir vers chez lui ».C\u2019est à ce moment que la femme aurait pu le voir dans le parc des Bateliers.Ariel Jef frey Kouakou mesure 1 m 40 (environ 4 pi 8 po), pèse 40 kg (environ 90 lb), il a la peau noire, les yeux noirs et les cheveux noirs, et il s\u2019exprime en français.Au moment de sa disparition, il portait un manteau noir avec un capuchon, un pantalon gris et des souliers jaunes.Toute personne ayant de l\u2019information à communiquer concernant la disparition d\u2019Ariel Jef frey Kouakou peut le faire de façon anonyme et confidentielle à Info-Crime Montréal, au 514 393-1133, ou en composant le 911.La Presse canadienne AHUNTSIC-CARTIERVILLE Le jeune Ariel Jeffrey Kouakou introuvable J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U A près plus de trois ans à travailler sur des maquettes, à consulter des spécialistes et à sonder d\u2019éventuels partenaires, l\u2019architecte Pierre Thibault et l\u2019homme d\u2019affaires Benoît Berthiaume croient qu\u2019il est plus que temps d\u2019aller de l\u2019avant avec une idée globale pour relancer la vie en bordure du quai de la Pointe-du-Moulin, tout autour du Silo numéro 5.Cet imposant silo, Pierre Thibault croit que c\u2019« est un peu notre Coli- sée de Rome » et que cela suffit de le laisser à l\u2019abandon alors qu\u2019il fait face à la ville.Si le duo Thibault-Berthiaume s\u2019empresse aujourd\u2019hui de présenter sous tous les projecteurs les maquettes de sa vision d\u2019un nouveau quartier, c\u2019est en partie parce qu\u2019il est inquiet de voir la Société du Vieux-Port de Montréal (SVPM), une entité de la Société immobilière du Canada, lancer un appel d\u2019offres pour la réalisation d\u2019un projet qui ne consisterait qu\u2019à penser la réutilisation d\u2019une portion de l\u2019espace plutôt qu\u2019à proposer une vision sociale et urbaine globale.«On ne voudrait pas que Montréal connaisse un Griffin- town II», dit Pierre Thibault en entrevue au Devoir.Du côté de la SVPM, on ne cache pas qu\u2019on est en attente de lancer un appel d\u2019offres.Un plan directeur général existe déjà.Pour l\u2019instant, le porte-parole de la SVPM affirme que la société est en discussion avec la nouvelle administration municipale avant de lancer un appel de projets.Aucune date n\u2019a encore été fixée pour un appel public de projets.Pour le duo Thibault-Ber- thiaume, il faut une école, une épicerie, mille logements à louer à prix abordable, des lieux où les familles pourraient voir jouer leurs enfants dans des cours communes, un hôtel sur pilotis, des ateliers d\u2019artistes, des commerces de proximité, un musée, bref, un ensemble cohérent qui va au-delà d\u2019un simple remodelage.«Maintenant, il faut aller vendre le projet à Ottawa», dit Benoît Berthiaume.Au nombre des appuis sur lesquels compte Ikonik, le promoteur du projet, on compte le groupe hôtelier Germain, l\u2019entrepreneur Pomer- leau.Benoît Berthiaume laisse tomber aussi les noms de bonzes de la finance montréa- laise tels France Desmarais, Andrew Molson, Stephen Bronf- man et l\u2019ancien ministre Raymond Bachand.La structure du silo serait à peine touchée.On en ferait un point d\u2019observation, un circuit aérien avec à sa base un musée d\u2019interprétation et un déambulatoire au cœur de ce nouveau quartier montréalais où, sur les toits, on pourrait se livrer à la culture, notamment celle du blé, en rappel du passé.Coût prévu de la visite pour payer les frais: 20$.«Ce nouveau quartier serait situé à quelques pas du nouveau REM.Ce serait une image forte pour Montréal.» Ce projet de valorisation d\u2019un quartier abandonné depuis des décennies ferait retrouver à ces espaces leur énergie d\u2019antan, à une époque où Montréal, grâce au fleuve, était l\u2019un des plus grands greniers à blé du monde.Ses bâtiments industriels du port avaient déjà suscité l\u2019admiration d\u2019un architecte comme Le Corbusier.Les projets pour redonner vie au lieu, tous timides, sont morts les uns après les autres.Le duo Thi- bault-Berthiaume souhaiterait l\u2019habiller, sans trop le modifier, et développer tout autour un nouveau quartier.« On ne se donne pas beaucoup la possibilité d\u2019imaginer le meilleur, de mettre les exigences hautes», regrette Pierre Thibault.Les appels de projets, en général, donnent trop peu de temps à des groupes pour penser un lieu qui sera là pendant un siècle au moins.«Nous, ça fait plus de trois ans qu\u2019on y pense, alors que rien ne bouge là depuis des décennies.On ne peut pas se permettre de gâcher ça.Nous, on veut faire réfléchir et rêver», dit M.Berthiaume.Le Devoir VIEUX-PORT DE MONTRÉAL Quel plan pour l\u2019avenir du Silo no 5 ?Ariel Jef frey Kouakou OLIVIER ZUIDA LE DEVOIR Le Silo numéro 5, dans le secteur du Vieux-Port A L E X A N D R E S H I E L D S L\u2019 entreprise Teck Resources compte lancer un imposant projet d\u2019exploitation des sables bitumineux à quelques kilomètres du parc national Wood Buffalo, le plus grand du genre au Canada.Un projet qui a soulevé des craintes jusqu\u2019à l\u2019UNESCO, puisque le parc, inscrit au patrimoine mondial, subit déjà des impacts majeurs liés à l\u2019industrie pétrolière albertaine.L\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale vient de lancer une période de consultation publique pour le «Frontier Project », une étape qui doit permettre de juger si l\u2019étude d\u2019impact est complète, avant de passer aux audiences publiques.Ce projet de 20 milliards de dollars doit mener à l\u2019exploitation quotidienne maximale de plus de 260 000 barils de pétrole des sables bitumineux, et ce, pendant plus de 40 ans.Le futur site d\u2019exploitation à ciel ouvert aurait une superficie totale de 240 km2, ce qui en ferait l\u2019un des plus importants au Canada.Le projet de Teck Resources, situé au nord de Fort McMurray, se trouve à seulement une trentaine de kilomètres du parc national Wood Buffalo, le plus grand au pays et le deuxième dans le monde, avec ses 44 792 km2.Ce parc, créé en 1922 pour protéger une population de bisons, mais aussi la biodiversité d\u2019un des plus grands deltas d\u2019eau douce au monde (le delta Peace-Athabasca), est aussi reconnu par l\u2019UNESCO depuis 1983, en raison de sa «valeur universelle exceptionnelle ».Or, l\u2019UNESCO a tiré la sonnette d\u2019alarme l\u2019an dernier, af firmant que le Canada manquait à ses devoirs de protection de cet important milieu naturel, qui compte de vastes forêts et plusieurs cours d\u2019eau.L\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale vient de publier l\u2019analyse produite par Teck Resources, à la demande du gouvernement.L\u2019entreprise conclut que la production annuelle de 95 millions de barils de pétrole des sables bitumineux aura un impact « négligeable » sur le territoire protégé.Elle estime que son projet n\u2019aura pas d\u2019effets significatifs sur la faune et « sur la qualité de l\u2019air et la qualité de l\u2019eau » du parc.Le Devoir SABLES BITUMINEUX Un projet d\u2019exploitation près du plus grand parc national du Canada L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e ministère du Développement durable doit se mêler du dossier du lac Saint-Charles afin de surmonter les rivalités entre Québec et les municipalités de la banlieue nord, croit la directrice de l\u2019Association pour la protection de l\u2019environnement du lac Saint-Charles et des marais du Nord (APEL), Mélanie Deslongchamps.« Le ministère doit intervenir.Ça prend un médiateur qui va intervenir et regarder la situation de l\u2019extérieur », a déclaré Mme Deslongchamps, en ajoutant qu\u2019on devrait s\u2019inspirer de l\u2019exemple de New York à cet égard.New York, comme Québec, dépend de sources en eau potable qui se trouvent à l\u2019extérieur de son territoire, les sources Catskills.« Il y a eu de la chicane entre New York et les municipalités des Catskills dans les années 1990, et c\u2019est l\u2019Agence de protection environnementale (EPA) qui est venue jouer le rôle de médiateur.» Rappelons que, lundi, la Ville de Stoneham a réussi à faire invalider par un tribunal un règlement de contrôle intérimaire (RCI) qui limitait son développement immobilier afin de protéger le lac.Le règlement avait été adopté par la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), qui représente Québec et les MRC, mais qui est aussi présidée par le maire Régis Labeaume.Labeaume déçu Dans sa décision, le juge Michel Beaupré reproche à la CMQ d\u2019outrepasser son rôle en réglementant des domaines relevant du ministère du Développement durable.En se basant sur les travaux du chercheur en limnologie Richard Carignan, il critique aussi vivement le travail scientifique des experts sur lequel la CMQ a basé son règlement, en particulier l\u2019homme de confiance de Régis Labeaume, François Morneau.Mercredi, le maire La- beaume a refusé de dire s\u2019il comptait porter la cause en appel.Or il affirme que, contrairement à ce qu\u2019a af firmé le juge, la CMQ avait « le droit de faire ce qu\u2019elle a fait » en réglementant dans la banlieue nord.Par ailleurs, on observait aussi mercredi des signes de rapprochement entre Québec et les villes auxquelles elle s\u2019opposait dans ce dossier.M.Labeaume a déclaré qu\u2019il va communiquer avec elles «pour voir» s\u2019ils peuvent «travailler ensemble».L\u2019entrée en scène d\u2019un nouveau maire à Stoneham pourrait en effet changer la donne, tant était forte l\u2019acrimonie entre M.La- beaume et l\u2019ancien maire Robert Miller dans le passé.Débat scientifique À propos du manque de rigueur scientifique de sa démarche, M.Labeaume a rétorqué que « la protection de l\u2019eau» n\u2019était pas «une science appliquée sûre ».« Si tu n\u2019appliques pas le principe de précaution, si t\u2019attends d\u2019avoir des preuves scientifiques que ton lac est pollué, il est trop tard, et c\u2019est ça, le problème de ce jugement-là.» Joint mercredi, le chercheur Richard Carignan, qui a été cité comme référence dans le procès, a dit au Devoir que la «bonne étude» restait à faire dans ce dossier.Après avoir pris connaissance du jugement, l\u2019expert en limnologie a déclaré «qu\u2019il aurait fallu que la CMQ commande une vraie étude sur les vrais enjeux au lac Saint-Charles et qu\u2019elle en mûrisse sagement les conclusions avant d\u2019agir».En 2015, c\u2019est à M.Carignan que la CMQ avait demandé de valider les études de l\u2019APEL qu\u2019elle détenait déjà sur le lac Saint-Charles.Dans son rap- por t, il avait formulé des réserves sur les études et recommandé qu\u2019on fasse d\u2019autres analyses.C\u2019est le rapport qu\u2019il avait remis à l\u2019époque qui a servi aux avocats de Stoneham pour miner la crédibilité de la démarche du RCI et des experts sur lesquels M.Labeaume appuyait sa démarche.Du côté de l\u2019APEL, la directrice Mélanie Deslongchamps rétorque que les erreurs méthodologiques relevées par M.Ca- rignan portent sur des «choses mineures».«Il n\u2019y a rien là-de- dans pour mettre en doute le fait qu\u2019il y a des problèmes au lac Saint-Charles», ajoute-t-elle.En entrevue au Devoir en 2016, M.Carignan avait déclaré que, selon lui, la dégradation du lac Saint-Charles découlait davantage des stations d\u2019épuration sur le territoire que des nouvelles constructions.Il espère maintenant qu\u2019on procédera autrement dans ce dossier.« Il n\u2019est pas trop tard pour bien agir là-dessus», a-t-il ajouté mercredi.Le Devoir RÈGLEMENT SUR L\u2019EAU POTABLE Lac Saint-Charles : le ministère invité à agir comme médiateur RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR La Ville de Québec souhaite procéder rapidement pour avoir sa part des fonds qui sont actuellement disponibles à Québec et à Ottawa.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a Ville de Québec est sur le point de présenter son projet de tramway, dont les coûts oscilleraient autour de 3 milliards.La présentation du projet de transport pourrait se faire dès vendredi, selon nos informations.« On travaille très for t actuellement, on a hâte de l\u2019annoncer, nous aussi.[\u2026] Il y aura un moment pour ça », déclarait à ce propos le maire de Québec, Régis Labeaume, lors d\u2019un point de presse la semaine dernière.M.Labeaume insistait en outre sur la nécessité de procéder rondement pour avoir sa part des fonds qui sont actuellement disponibles à Québec et à Ottawa.Selon le journal La Presse, la Ville compte demander entre 215 et 250 mill ions au gouver nement du Québec pour le financer.Ce dernier doit d\u2019ailleurs présenter son budget sous peu, soit le 27 mars prochain.Du projet, on sait qu\u2019i l prendra la forme d\u2019un tramway au moins en par tie et qu\u2019il visera à mieux desservir les banlieues réputées peu favorables au transport en commun à Québec.I l y a dix jours, Le Journal de Québec révélait que le projet comprenait une section en tunnel entre l \u2019autoroute Duf ferin- Montmorency et le secteur de la rue Cartier.Une information que le maire n\u2019a pas voulu confirmer depuis.Rappelons par ailleurs qu\u2019il existe déjà un tunnel sous l\u2019autoroute Duf ferin-Mont- morency qui avait été constr uit dans les années 1960 sous Jean Lesage.L\u2019ouvrage, qui devait permettre aux voitures de traverser le Cap-Diamant, avait f inale- ment été abandonné, mais la cavité est demeurée.En 2007, le metteur en scène Rober t Lepage avait projeté d\u2019y construire une nouvelle salle de théâtre, laquelle est finalement en train de se construire tout près, à la place d\u2019Youville.La semaine dernière, lorsque Le Devoir a demandé au maire s\u2019il avait récemment visité les lieux, il a répondu par la négative.Un an d\u2019incertitude Voilà près d\u2019un an qu\u2019on attend que le maire de Québec clarifie ses intentions dans ce dossier.Rappelons qu\u2019en avril 2017, il avait abandonné le projet de Service rapide par bus (SRB), qui bénéficiait déjà de l\u2019appui du gouvernement du Québec.Ce projet était évalué à environ 1,5 milliard.Alors que le mouvement anti- SRB et pro-troisième lien prenait de l\u2019ampleur, M.Labeaume avait jeté l\u2019éponge en prétextant que son partenaire, la Ville de Lévis l\u2019avait laissé tomber.Quelques semaines plus tard, il lançait une consultation publique pour présenter à la population ce qu\u2019il avait voulu faire avec le SRB et savoir quels services de transport public elle souhaitait désormais.Enfin, quand la campagne électorale a débuté en septembre dernier, M.Labeaume a vendu aux électeurs un projet de « transpor t structurant » sans en dire davantage, si ce n\u2019est qu\u2019il comptait améliorer les ser vices entre le centre- ville et les arrondissements plus au nord (Charlesbourg, Haute-Saint-Charles, etc.) et à l\u2019est (Beauport).Le Devoir Un projet de tramway de 3 milliards à Québec 1,3 milliard pour l\u2019achat de 963 bus Montréal franchit un pas de plus pour augmenter la flotte de véhicules de la Société de transport de Montréal (STM).Le comité exécutif a approuvé, mercredi matin, un règlement d\u2019emprunt de 1,34 milliard qui permettra l\u2019achat de 963 autobus climatisés d\u2019ici 2024.La STM pourra ainsi faire l\u2019acquisition des 300 autobus promis par Projet Montréal en campagne électorale.De ce nombre, 34 seront entièrement électriques.La flotte de véhicules de la STM sera ainsi haussée de 16% d\u2019ici 2020, a-t-il dit.Par la suite, 165 autobus s\u2019ajouteront au réseau en plus des 500 nouveaux bus qui remplaceront ceux ayant atteint leur fin de vie utile.Précisons que les autobus ont une vie utile moyenne de 16 ans.Le Devoir Le RTM injecte 450 millions Le Réseau de transport métropolitain (RTM) dédommagera les usagers pour les pannes subies à répétition cet hiver et injectera 450 millions sur cinq ans afin d\u2019améliorer la fiabilité et la ponctualité de son réseau de trains de banlieue.Les usagers pourront obtenir dans les prochaines semaines un rabais de 30 % sur un titre mensuel TRAM ou TRAIN ou six titres de train gratuits en guise d\u2019excuse pour les désagréments.Les sommes investies dans le réseau de train permettront quant à elles d\u2019améliorer les infrastructures, le matériel roulant, l\u2019opération et la maintenance.La Presse canadienne Autoroute 13: où sont les indemnités?Il y a un an jour pour jour, le cafouillage sur les autoroutes 13 et 520 à Montréal a contraint des centaines d\u2019automobilistes à passer la nuit dans leurs véhicules, en pleine tempête de neige.Bien que le premier ministre Philippe Couillard ait offert des excuses aux automobilistes, aucune compensation financière ne leur a été offerte à ce jour.Une requête en action collective prévoyant des dommages de 2000$ par individu et des dommages punitifs additionnels de 500$ a été autorisée en novembre.Une conférence de règlement à l\u2019amiable a été proposée au gouvernement et à la Ville de Montréal, mais la Ville aurait refusé cette offre.Des avocats représentant le gouvernement auraient accepté de tenir certaines discussions, mais aucune entente n\u2019a été conclue.La Presse canadienne Mont Royal : pas de transit pendant cinq mois La voie Camillien-Houde sera fermée à la circulation de transit pendant cinq mois, soit du 1er juin au 31 octobre, dans le cadre d\u2019un projet-pilote, a annoncé mercredi la mairesse Valérie Plante.Quant à la consultation de l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM), elle débutera le 1er mai et se poursuivra jusqu\u2019à l\u2019automne.Les automobilistes pourront continuer de se rendre sur le mont Royal en voiture, mais il leur sera interdit de traverser la montagne.Les détails du projet-pilote seront divulgués au cours des prochaines semaines.Le rapport de l\u2019OCPM est attendu dans les 90 jours suivant la fin de la consultation.Le Devoir J E A N N E C O R R I V E A U L es policiers ont dû intervenir mardi soir pour ramener l\u2019ordre à la séance du conseil d\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc- Extension au cours de laquelle les élus ont approuvé deux projets immobiliers.Résultat : une trentaine de personnes ont été expulsées et deux ont été arrêtées.Lorsque les élus ont annoncé qu\u2019ils autorisaient, à l\u2019unanimité, la démolition d\u2019un bâtiment du 7294, rue Lajeu- nesse pour permettre la construction de 24 condominiums, des membres de l\u2019assistance se sont mis à chahuter.« Pourris, câlisse ! » a crié l\u2019un d\u2019eux.« Pas de bourgeois dans mon quar tier ! Pas de quartier pour les bourgeois ! » se sont mis à scander des citoyens, avant que la mairesse Giuliana Fumagalli décide de suspendre la séance.C\u2019est à ce moment que les policiers sont intervenus.Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé avoir procédé à l\u2019expulsion d\u2019une trentaine de personnes et arrêté deux citoyens pour entrave.On ignore pour l\u2019instant si des accusations seront portées contre ces derniers.Déception Résidant de la r ue Berri, Guénaël Charrier était présent dans la salle avec quelques voisins opposés au projet immobilier.Mais il soutient que ce sont des militants anti-gen- trification venus dénoncer un autre projet immobilier, celui de la Plaza Hutchison, qui ont causé le tumulte.Le projet de la Plaza Hutchison a reçu l\u2019aval des élus un peu plus tard dans la soirée, après l\u2019intervention policière.Il reste que M.Charrier est très déçu de la décision rendue par les élus.Le promoteur aura désormais le champ libre pour démolir le bâtiment appartenant autrefois à Taxi Diamond pour construire un immeuble de quatre étages comportant 24 condos.Les voisins dénoncent la hauteur autorisée, soit quatre étages, alors que les immeubles voisins n\u2019en compor tent que deux.« Ça détériore notre vie, notre intimité et nos propriétés», déplore Guénaël Charrier.Les citoyens s\u2019inquiètent aussi de l\u2019accroissement de la circulation automobile dans la ruelle, puisque les propriétaires des condos accéderont aux 12 espaces de stationnement souterrains par la ruelle.En août dernier, la Ville avait rejeté la demande de démolition soumise par le promoteur.Des modifications ont par la suite été apportées au projet et, en janvier, le comité de démolition a finalement donné le feu ver t au promoteur, une décision que les citoyens ont por tée en appel.Mardi, les élus ont toutefois rejeté la requête citoyenne.Les citoyens fondaient beaucoup d\u2019espoir dans l\u2019administration de Projet Montréal.« Vu que le maire du Plateau, Luc Ferrandez, veut moins de circulation dans les ruelles de son arrondissement, on se disait que ça allait dans le sens de nos demandes», a expliqué M.Charrier.Quant à l\u2019autre projet litigieux, la Plaza Hutchison, il s\u2019agit de la conversion en condos d\u2019un bâtiment situé au 7290, rue Hutchison qui abrite des commerces et des organismes communautaires.Selon la mairesse Valérie Plante, les deux projets étaient déjà très avancés lorsque son équipe a été portée au pouvoir: «Les projets sont attachés bien en amont.Ce n\u2019est pas en trois mois qu\u2019on peut tout changer», a-t-elle dit tout en affirmant que son administration comptait faire des gestes afin de protéger la mixité dans les quar tiers montréalais.Le Devoir VILLERAY\u2013SAINT-MICHEL\u2013PARC-EXTENSION Une trentaine d\u2019expulsions lors du conseil d\u2019arrondissement Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 SOURCE 2 ARCHITECTURES Projet immobiler projeté sur la rue Lajeunesse «Si t\u2019attends d\u2019avoir des preuves scientifiques que ton lac est pollué, il est trop tard, et c\u2019est ça, le problème de ce jugement-là» FRANCIS VACHON LE DEVOIR Le maire de Québec, Régis Labeaume uelle est votre vision du féminisme ?C\u2019est la question que posait Condition féminine Canada (CFC) pour souligner la Journée internationale des femmes, la semaine dernière.Pour l\u2019occasion et pour lancer sa campagne #MonFéminisme, CFC a produit cinq vignettes publicitaires où cinq personnes par tagent en quelques mots leur point de vue.Une femme dit que, pour elle, le féminisme, c\u2019est « faire entendre sa voix», une autre, que « la peur, ça suf?t» et une troisième, que c\u2019est repousser « les limites du possible ».Un homme se présente comme un « allié de l\u2019égalité entre les sexes».Et il y a la cinquième vignette qui montre une jeune femme portant un hidjab et qui af?rme que son féminisme « veut dire l\u2019égalité pour toutes et tous».Cette dernière publicité a fait des vagues, même choqué, non sans raison.Une telle image aurait été pertinente pour revendiquer l\u2019égalité de traitement des minorités religieuses.Ou encore pour promouvoir la participation de toutes les femmes à ce débat, sans égard à leur statut économique, à leur origine ou à leur religion.Mais pour promouvoir l\u2019égalité entre les hommes et les femmes?Le port du hidjab est le symbole le plus connu de la différence de traitement entre hommes et femmes au sein de l\u2019Islam.Un courant impor tant y soutient que les femmes, et non les hommes, doivent se soumettre à des contraintes vestimentaires, l\u2019envers du message que CFC a associé à cette femme.Cette dernière est peut-être féministe, là n\u2019est pas la question.Et il ne s\u2019agit pas non plus de mettre en doute la liberté de choix des femmes de porter ce qu\u2019elles veulent, y compris des symboles religieux.L\u2019exercice de cette liberté de choix que défendent les féministes ne veut toutefois pas dire que les choix sont, eux, féministes.Le choix du hidjab ne peut l\u2019être puisqu\u2019il exprime l\u2019acceptation d\u2019une inégalité entre les sexes, comme le sont bien d\u2019autres pratiques et symboles religieux, pas seulement musulmans.Il est important de rappeler que la liberté de choix invoquée pour défendre le port du hidjab a un corollaire qui est la liberté des ?lles et des femmes de choisir de ne pas le porter.Or cette liberté n\u2019est pas toujours respectée, parfois au prix de la sécurité physique de ces femmes et jeunes ?lles.Et que dire du message que le Canada envoie ainsi à l\u2019étranger où, en Iran et en Arabie saoudite, des femmes se battent contre l\u2019obligation de porter le voile?Avec cette vignette, CFC fait preuve de confusion, mêlant lutte pour l\u2019égalité des femmes et celle pour l\u2019égalité de traitement des minorités religieuses.CFC veut se montrer inclusive, ce qui est bien, mais cela ne doit pas se faire au détriment d\u2019une défense cohérente de l\u2019égalité entre hommes et femmes.Du point de vue de Vladimir Poutine, la Russie est en guerre permanente contre des ennemis réels ou inventés, intérieurs comme extérieurs.Comme quoi ses démêlées avec la Grande- Bretagne servent bien ses intérêts \u2014 et sa réélection attendue à la présidentielle de dimanche prochaine suspicion en ultimatum, le roman d\u2019espionnage qui s\u2019écrit depuis dix jours autour de l\u2019empoisonnement de l\u2019ex-agent double Ser- gueï Skripal et de sa ?lle Loulia a débouché mercredi sur l\u2019annonce par la première ministre Theresa May de l\u2019expulsion de 23 diplomates russes, entre autres mesures de représailles.Que la Russie soit «coupable » de cette tentative de meur tre, comme l\u2019a af?rmé Mme May, est de l\u2019ordre de l\u2019indéniable, ce qui n\u2019exclut pas qu\u2019il y ait, à la Homeland, anguille sous roche ; et que Moscou clame son innocence en ridiculisant les accusations qu\u2019on lui fait tient a priori de la comédie, tant les circonstances sont incriminantes.Certes, cette affaire sied d\u2019une certaine manière à Mme May, qui peut s\u2019en servir pour se redonner un peu d\u2019aplomb sur le plan politique, elle qui souffre énormément du débat autour du Brexit.Mais cette crise diplomatique de grande envergure, la plus grave en 30 ans entre les deux pays, illustre surtout la tournure que prend l\u2019application du « poutinisme » en relations internationales.Elle témoigne du reste d\u2019un im- por tant retournement de l\u2019approche de la Grande-Bretagne, qui s\u2019était montrée jusqu\u2019à maintenant plutôt complaisante à l\u2019égard des machinations des services de renseignement russe sur son sol.Le Royaume-Uni est devenu depuis dix ans une terre d\u2019asile privilégiée pour un grand nombre de critiques de M.Poutine.Mais aussi pour des centaines de ressortissants russes nantis, attirés par son marché immobilier et le confort de son système bancaire.Avec le résultat que Londres, selon les services de renseignement britanniques, grouillerait aujourd\u2019hui de plus d\u2019espions russes que dans les moments les plus froids de la guerre froide.Une enquête du site BuzzFeed datant de juin 2017 af?rmait que quatorze personnes étaient mortes ces dernières années dans des circonstances « suggérant l\u2019implication de la Russie », mais que les autorités avaient fermé les yeux « par peur des représailles, du fait de l\u2019incompétence de la police et pour préserver les milliards déversés par les Russes sur la City ».De ceci à cela, Le Monde signale cette semaine que Mme May, ministre de l\u2019Intérieur entre 2010 et 2016, a longtemps résisté à l\u2019ouverture d\u2019une enquête sur l\u2019assassinat par empoisonnement, en 2006 à Londres de l\u2019ex-agent du KGB Alexander Litvinenko.C\u2019est dire que Moscou aura apparemment cru pouvoir continuer d\u2019agir en relative impunité en éliminant M.Skripal.De fait, cette crise témoigne d\u2019un durcissement des relations entre la Russie et les capitales occidentales, une crispation accélérée par la guerre en Syrie et les efforts d\u2019ingérence électorale de Moscou aux États-Unis et en Europe.On n\u2019en serait pas là si la ?n de la guerre froide avait donné lieu à un réchauffement plus constructif des relations internationales.Au lieu de quoi, l\u2019État russe se résume à un service de renseignement emmené par un politique formé à une école, celle du KGB, pour laquelle la légalité, nationale comme internationale, est assez accessoire.Légalité ?État de droit ?Évidemment qu\u2019il y a communauté de pensée entre M.Poutine et Donald Trump.C\u2019est en tout cas dans cette logique que le con?it avec Londres constitue ?nalement pour le président russe l\u2019occasion de cultiver son discours ultranationaliste : la Russie est une forteresse assiégée \u2014 par les accusations britanniques, en l\u2019occurrence \u2014 et il est le seul à pouvoir la défendre.L\u2019homme a le bras long, il le fait savoir en faisant le vide des oppositions autour de lui.L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Des agronomes dans la ruche des fabricants de pesticides Le 19 février 2018, la ministre Isabelle Melançon, responsable du Développement durable et de l\u2019Environnement, présentait la mise en œuvre de la Stratégie québécoise sur les pesticides.Sans interdire l\u2019utilisation des nicotinoïdes responsables de la mor t de mill iers d\u2019abeilles, elle confère aux membres de l \u2019Ordre des agronomes du Québec (OAQ) le soin d\u2019encadrer l\u2019utilisation de ces pesticides tueurs d\u2019abeilles et possiblement néfastes pour la santé publique, en prescrivant leur utilisation selon certaines conditions.Mais là où le bât blesse cependant, c\u2019est lorsque l\u2019on apprend que « la majorité des agronomes travaillant dans le domaine de la protection des plantes sont en effet liés à l\u2019industrie des pesticides » (Le Devoir, 12 mars 2018).De plus, la majorité des études qui ont conduit Santé Canada à autoriser l\u2019utilisation de tels pesticides proviennent de recherches ef fectuées par l\u2019industrie agrochimique.Ainsi, selon L I B R E O P I N I O N M É L A N I E L E M A Y Cofondatrice de Québec contre les violences sexuelles P A S C A L E N A V A R R O Essayiste et journaliste* L a semaine dernière, le 8 mars, la députée de Joliette et co-chef du PQ, Véronique Hivon, a évoqué un projet que nous trouvons porteur et emblématique d\u2019une vision féministe de la politique.Elle propose de créer une chambre spécialisée en matière de violences sexuelles et conjugales au sein de la Cour du Québec.Cette idée est en phase avec le principe selon lequel il faut transformer, ou du moins améliorer le système de justice de manière à ce qu\u2019il réponde aux besoins spécifiques des victimes d\u2019agressions sexuelles.Nous ne pouvons pas juger de ce projet pour le moment, mais il exprime une volonté de changement que nous saluons et soutenons.Madame Hivon dit viser avec cette idée une plus grande cohérence entre les inter venants judiciaires et les procureurs, les juges et les corps de police à travers la province.N\u2019est-ce pas un minimum ?Comme elle le mentionne dans les entrevues qu\u2019elle a données aux médias, la classe politique doit se saisir de la suite du mouvement #MoiAussi.En ef fet, la politique compor te un rôle d\u2019exemplarité et une fonction de législateur.Créer notre modèle Plusieurs modèles existent, comme celui de l\u2019Afrique du Sud, qu\u2019a cité madame Hivon, qui amélioreraient les choses pour les victimes.On a vu dans ce pays, selon l\u2019organisation ONU Femmes, un taux plus haut de condamnations pour infractions sexuelles.Toujours selon l\u2019organisation, certains modèles permettent aussi que les procureurs spécialisés lèvent plus d\u2019obstacles pour l\u2019accès à la justice.Que pourrions-nous faire, nous, au Québec ?Aux spécialistes d\u2019y réfléchir et de proposer les meilleures pratiques et solutions.Peut-être aussi pourrait-on envisager la voie de la justice dite alternative.Quoi qu\u2019il en soit, avec toutes les connaissances et expertises dont il dispose, le Québec doit progresser vers plus de justice et changer la culture en matière d\u2019agressions sexuelles et de sexisme.Bien sûr, nous avons à l\u2019esprit qu\u2019une unité attitrée ne sera pas une baguette magique et que le droit reste le droit.En modifiant la structure du système judiciaire, en mettant à la disposition des organismes qui accompagnent les femmes, tout comme aux services sociaux et de santé, dans les villes et les régions éloignées, des ressources récurrentes, on s\u2019assurerait peut-être enfin d\u2019une amélioration durable.Dans ce modèle, les victimes et plaignantes se sentiraient d\u2019abord reconnues, puis encadrées, sécurisées et surtout dans leur bon droit de réclamer justice puisque l\u2019institution le soutiendrait.Enfin, nous souhaitons aussi, et c\u2019est peut- être le plus important, que si ce projet se concrétise, il ne soit pas instrumentalisé par les partis politiques mais qu\u2019au contraire, il les rassemble.Nous serions extrêmement fières des femmes et des hommes politiques en poste de leur engagement au sein de leurs organisations pour que tous et toutes contribuent au progrès.Pour que les femmes aient une influence en politique, elles doivent être appuyées.En publiant cette lettre, nous voulons indiquer clairement que c\u2019est l\u2019idée que nous appuyons et non pas un parti.Ainsi, nous invitons toutes les députées siégeant à l\u2019Assemblée nationale à défendre ce projet de loi s\u2019il voit le jour.Toutes les organisations politiques comptent parmi elles des femmes courageuses, et c\u2019est à toutes ces femmes que nous nous adressons.*Lettre appuyée par une douzaine de personnalités, dont on trouvera la liste sur nos plateformes numériques.Une idée prometteuse pour améliorer le système de justice FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET Équiterre, « entre 60 et 74 % des études utilisées par les autorités réglementaires émanent de l\u2019industrie ».De telles pratiques ne reflètent-elles pas un laxisme évident de la part de nos dirigeants, dont la préoccupation première devrait être la protection de l\u2019environnement et le souci de la santé de la population ?Nos décideurs agissent-ils par naïveté ou par complaisance envers une industrie qui patauge dans les conflits d\u2019intérêts?Dans un cas comme dans l\u2019autre, l\u2019attitude de nos gouvernants est déplorable et mérite d\u2019être dénoncée haut et fort.Marcel Perron Neuville, le 13 mars 2018 GRANDE-BRETAGNE Poutine, maître espion CONDITION FÉMININE CANADA Quel féminisme ?D Q GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER La défense de la laïcité au Devoir C\u2019est seulement aujourd\u2019hui, 13 mars, en lisant l\u2019ar ticle du Devoir qui a pour titre « Des militants pour la laïcité veulent rouvrir le débat » que l\u2019on apprend que, le 20 février dernier, la Commission des institutions de l\u2019Assemblée nationale a approuvé une proposition du Directeur général des élect ions du Québec changeant le règlement autorisant maintenant un futur candidat à porter un signe religieux sur sa tête sur sa photo de candidature.Il aurait été impor tant que le débat quant à savoir si ce geste corrige ou non un règlement existant discriminatoire ait lieu.Il est malheureux que Le Devoir, à ma connaissance, n\u2019ait pas signalé plus tôt cette attitude des partis politiques progressistes qui ne se font défenseurs de la laïcité qu\u2019en période non électorale.Et il décevant de voir Québec solidaire appuyer le PLQ pour ce changement et renoncer au principe de la laïcité au nom d\u2019une conception de la diversité.L\u2019argument qui soutient que peu de candidats seront touchés à court terme par ce règlement est une tentative évidente d\u2019éviter le débat nécessaire, alors que ce prétendu petit changement est une atteinte au principe de la laïcité.Merci au groupe des défenseurs de la laïcité de rouvrir le débat et à l\u2019excellent ar ticle de Lisa-Marie Ger vais qui nous permettent de bien saisi la dif fé- rence entre « photo à visage découvert » plutôt qu\u2019« à tête découverte » du règlement actuel.Robert Comeau, historien Le 13 mars 2018 L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).V A L É R I E D E S G R O S E I L L I E R S Chargée de cours et doctorante en santé communautaire à la Faculté des sciences infirmières de l\u2019Université Laval e suis toujours étonnée de lire que les salaires faramineux dont jouissent les médecins au Québec sont justifiables du fait que ces derniers sauvent des vies et étudient longtemps.Après un calcul minutieux, on déduit que les études de médecine peuvent durer en moyenne 10-11 ans, selon la spécialité, et au minimum 6- 7 ans en comptant les années rémunérées de résidence.Quelle différence entre un médecin et une personne détenant un doctorat en santé communautaire, par exemple?Essentiellement, une souffrance financière et un manque de reconnaissance sociale parce qu\u2019en définitive, les deux types d\u2019étudiants passent une durée similaire sur les bancs d\u2019école et que les deux participent à sauver des vies.[\u2026] Sans vouloir restreindre mon raisonnement à une logique mercantile qui tendrait à ne reconnaître la valeur des années d\u2019étude qu\u2019en fonction de la souffrance financière qui leur sont liées, je ne vois plus en quoi les médecins sont plus méritoires que d\u2019autres universitaires (Ph.D.) et comment on en vient à penser que les « disciples d\u2019Hippocrate » méritent les prérogatives salariales dont il est présentement question.La vie et la santé Qu\u2019en est-il maintenant de cette idée selon laquelle les médecins sauvent des vies ?Enten- dons-nous d\u2019abord sur ce qu\u2019est la vie.La vie peut-elle se résumer au rythme cardiaque et à la respiration ?Le riche apport des sciences humaines et sociales nous a conduits à comprendre que la vie, c\u2019est le fait d\u2019exister et que l\u2019existence concerne plus que la dimension biologique.Elle concerne tout ce qui lui donne du sens, qui nous permet de nous réaliser et d\u2019avancer en dépit des malheurs.Bien sûr, pour jouir de l\u2019existence, il importe de gérer l\u2019effet des agents pathogènes.S\u2019épargner tous ces maux est salutaire, mais peut-on avancer pour autant que la santé ne tient que sur l\u2019affaire physico-organique?Qui, au vu des avancées scientifiques, peut encore prétendre que les docteurs sont les seuls dépositaires de la santé et qu\u2019à ce titre, ils sont ceux qui sauvent des vies?Et que cela se paye! [\u2026] La santé est le produit de gestes et de paroles posés par des citoyens, mais aussi par toute une variété de professionnels qui mettent la main à la pâte en vue de contribuer au maintien de la vie.Mais s\u2019ils le font, si on le fait, c\u2019est aussi parce que nous croyons au pouvoir salutaire de l\u2019interdépendance, à cette écologie sociale qui autorise de penser que nous avons tous un rôle à jouer et que la synergie de l\u2019énergie collective conduit à des formes de bien-être individuel et communautaire qui, eux aussi, ont le pouvoir de sauver des vies ! Ceux qui le font dans cet esprit ne le font pas nécessairement à l\u2019acte payé, mais bien plus à l\u2019aune de la solidarité, de la bienveillance.Ainsi, je ne pense pas me tromper en affirmant qu\u2019il est urgent de renoncer à cette marchandisa- tion de la santé qui contribue à malmener un système de santé tout en cultivant une bourgeoisie qui s\u2019acoquine avec la classe politique pour faire de la cause santé une af faire lucrative qui concerne bien plus le portefeuille du médecin que le serment d\u2019Hippocrate.La santé est l\u2019affaire de plusieurs acteurs, et consentir à ce qui se produit actuellement revient à alimenter un acte de foi trompeur! Et tiens, il me semble que la cloche vient de sonner pour certains et qu\u2019elle appelle ces derniers à retourner encore un temps sur les bancs d\u2019école pour comprendre que la santé est loin de n\u2019être qu\u2019une affaire médicale! Mais cette fois-ci, ce sera à leurs frais, et un acte de foi.Renonçons à la marchandisation de la santé J O C E L Y N A U B U T Médecin-psychiatre e suis médecin spécialiste en fin de carrière.Je travaille à temps très partiel et par conséquent, je ne profiterai pas ou très peu des hausses de rémunération accordées aux médecins spécialistes.Je peux donc parler librement.Ma réflexion est animée par le bien-être des patients, la dignité de la profession de soignant et par la préservation de la relation patient-médecin qui a été mise à mal ces derniers temps par la perception que les médecins ne cherchent qu\u2019à s\u2019enrichir sans vergogne au détriment des patients eux-mêmes et des autres professionnels de la santé.Certains d\u2019entre nous seront chanceux, ils mourront subitement dans leur sommeil sans jamais avoir vu un médecin.La majorité d\u2019entre nous devra passer tôt ou tard par les soins d\u2019un médecin qui nous accompagnera pour traiter notre cancer, en guérir, rechuter puis mourir.Quand on se fait ouvrir le thorax en deux pour un quadruple pontage ou quand on se fait vider les entrailles de son cancer et de ses métastases, on a besoin d\u2019avoir confiance en celui ou celle qui va procéder à l\u2019opération.Il faut être convaincu que le médecin est là pour nous et qu\u2019il va nous aider à faire les meilleurs choix pour traverser la maladie et éventuellement mourir.La principale catastrophe du passage de monsieur Barrette à la Santé aura été d\u2019avoir réussi à saboter cette relation.Remarquez que je dis « monsieur Barrette » et non « docteur ».Un médecin a de l\u2019empathie et de la compassion pour son malade et surtout, il ne lui inflige pas un traitement de travers dans la gorge.Il écoute son patient, essaie de comprendre ses réticences et il l\u2019aide à cheminer et à accepter le traitement, aussi pénible soit-il.Les méthodes de gestion prônées par monsieur Barrette et transmises du haut vers le bas de la pyramide des soins ont généré un niveau de grogne et de mépris jamais vu.J\u2019ai eu à aller dans divers hôpitaux ces derniers temps et chaque fois, sans manquer, un professionnel de la santé, toutes professions confondues, passe des remarques acerbes sur monsieur Barrette et sa réforme.[\u2026] Il est quand même ironique que celui qui a négocié les plus hautes hausses de rémunération pour les médecins les fasse couler en utilisant l\u2019argent.Gagnons-nous trop par rapport au travail que nous faisons, c\u2019est possible, c\u2019est probable, je n\u2019en sais rien, je ne suis pas assez connaissant des tenants et aboutissants de ces questions.[\u2026] Une belle illusion On veut couper la rémunération des médecins pour la redonner dans le réseau.Voilà une belle illusion.Le gouvernement va se targuer de couper les médecins, mais en même temps, il va couper les crédits qu\u2019il aurait prévus pour la santé.L\u2019argent risque d\u2019aller dans le fonds consolidé de la province.Si on veut vraiment que les médecins redonnent de l\u2019argent dans le réseau, que nos fédérations prennent une cotisation spéciale pour donner aux Fondations en santé ou pour financer des projets novateurs pour améliorer l\u2019accessibilité aux soins.Veuillez noter que je n\u2019ai aucunement le mandat de ma fédération de faire cette proposition.On dit que monsieur Couillard va traîner un boulet (monsieur Barrette) durant la prochaine campagne électorale.Ce n\u2019est pas monsieur Barrette, le boulet.Ce boulet, c\u2019est la colère, l\u2019indignation et le mépris qui règnent de manière endémique actuellement dans le réseau de la santé, et ce, à tous les niveaux.C\u2019est aussi la perte du sentiment d\u2019appartenance, avec la création de mégastructures beaucoup trop éloignées de la gestion clinique quotidienne.L\u2019exemple le plus frappant de cela est la persistance à vouloir fusionner Sainte-Justine avec le CHUM.Le personnel professionnel et administratif de Sainte- Justine a un fort sentiment de fierté, une forte identification à la mission pédiatrique.Mais le plus important à mes yeux, c\u2019est le manque de considération pour les enfants.Ils sont dans des phases très vulnérables de leur vie.Ils ont besoin de savoir que les adultes ont construit un hôpital juste pour eux, adapté à leurs besoins et à leurs craintes.Pourquoi leur enlever cet élément d\u2019identification et d\u2019appartenance qui est important au traitement et à la guérison?Certains réclament la démission de monsieur Barrette, c\u2019est trop peu trop tard.De toute façon, monsieur Barrette n\u2019est pas responsable à lui seul de l\u2019état du réseau.Plusieurs acteurs y ont participé de manière active ou passive.S\u2019il ne veut pas traîner de boulet, monsieur Couillard doit reconnaître que malgré de bonnes intentions, la réforme du réseau n\u2019a amené somme toute que des améliorations modestes et que les effets secondaires ont été intolérables pour la majorité des acteurs, et au premier chef pour les patients.Avis aux futurs candidats premiers ministres lors des prochaines élections, promettez-nous : De ne pas jouer dans les structures du réseau pour une xe réforme sauf pour rapprocher les lieux décisionnels le plus près possible des patients.De faire cesser la culture de mépris et d\u2019intimidation qui règne dans le réseau De faire des changements à échelle humaine qui tiennent compte des besoins de tous les acteurs du système et prioritairement de ceux des patients en se basant sur les données probantes.(Nous avons au Québec des chercheurs d\u2019envergure dans la gestion des systèmes de santé, on devrait mieux les utiliser.) De rétablir le rôle du commissaire à la santé en tant que chien de garde du réseau.À tous les niveaux, nous avons un rôle à jouer pour rétablir un niveau de conversation qui dépasse l\u2019argent comme seul enjeu du système.Le prochain gouvernement devra donner le ton, mais aussi nos fédérations professionnelles et nous tous sur le terrain.Pour en finir avec le mépris M É L A N I E B O U R Q U E J O S É E G R E N I E R N A T H A L I E S T - A M O U R Université du Québec en Outaouais\u2013Saint-Jérôme ans un article du Devoir, le 13 février dernier, la journaliste Marie-Lise Rousseau décrit la détresse psychologique des travailleuses sociales qui évoluent dans le réseau de la santé et des services sociaux québécois.Une recherche menée auprès de 84 de ces professionnelles nous permet de confirmer les propos de la journaliste et nous conduit à dénoncer vigoureusement les conditions dans lesquelles elles doivent accompagner les personnes parmi les plus vulnérables de notre société.Selon nous, le contexte d\u2019exercice de leur profession comporte des risques pour les personnes et les familles pour qui le soutien des travailleuses sociales est une nécessité.Les services sociaux constituent le parent pauvre du réseau de la santé au Québec et le rôle des travailleuses sociales est peu reconnu.Pourtant, celles-ci interviennent avec des personnes parmi les plus démunies de la société et préviennent, dans plusieurs cas, l\u2019aggravation de problèmes sociaux importants.Leur contribution au mieux-être de nos concitoyens nous apparaît donc essentielle.Pourtant, les 84 travailleuses sociales que notre équipe de recherche a rencontrées étaient toutes, à des degrés divers, dans des situations de détresse manifeste.Leurs témoignages rendent compte du temps dont elles manquent pour intervenir avec les personnes parce qu\u2019elles sont trop occupées à compiler des statistiques et à atteindre des cibles de performance.Mais il y a pire.Plusieurs travailleuses sociales disent travailler dans un climat de tension et de peur de représailles si elles n\u2019atteignent pas le niveau de per formance attendu.Bon nombre d\u2019entre elles se disent victimes de pressions démesurées faites par leurs supérieurs, qui en sont souvent eux-mêmes victimes.La violence institutionnelle existe dans le réseau de la santé et des services sociaux.Un réseau malade de sa gestion appelant à des contre-per for- mances, c\u2019est-à-dire à rendre de moins bons services.Le réseau n\u2019a jamais connu un taux d\u2019absentéisme aussi élevé qu\u2019actuellement.Parallèlement aux effets délétères du récent virage, bon nombre de professionnels quittent le réseau lorsqu\u2019on leur propose une retraite anticipée, ou gagnent le secteur privé.Une démocratie qui s\u2019étiole Le Québec s\u2019est doté d\u2019une politique d\u2019universalité et d\u2019équité en ce qui concerne les services de santé et les services sociaux.Ces valeurs ont guidé la mise en œuvre d\u2019un réseau et d\u2019un système d\u2019éducation permettant à tous, des plus démunis aux mieux nantis, d\u2019avoir accès aux ressources nécessaires au développement de son plein potentiel.À travers l\u2019histoire des réformes, on remarque toutefois une démocratie décisionnelle qui s\u2019étiole \u2014 le projet de loi 10, il faut le rappeler, a été adopté sous bâillon.Les récentes orientations ont été pensées par et pour les médecins, et non pour la population.De plus, la gestion du réseau est une gestion de contrôle dans laquelle la population est laissée pour compte en matière d\u2019accessibilité aux services : liste d\u2019attente pour des services publics, aidants épuisés, personnes laissées dans des situations à risque, coupes de financement pour les organismes communautaires, qualité des services en jeu dans des résidences pour personnes ayant des problèmes de santé mentale.Pendant que le premier ministre Philippe Couillard et le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette négocient des augmentations de salaire faramineuses pour les médecins, dont certains préféreraient voir cet argent réinvesti dans le réseau, les services sociaux et les autres professionnelles du réseau doivent composer avec des ressources moindres pour intervenir.Le rendement financier est devenu une obsession qui s\u2019est installée dans le réseau de la santé et des services sociaux avec un pouvoir managérial.Que souhaitons-nous de nos institutions publiques?La détresse des travailleuses sociales et celle des infirmières est le reflet de changements politiques et économiques entraînant la désertion des valeurs sociales et professionnelles pour qui ces actrices se sont engagées: la cause humaine.Les travailleuses sociales aussi sont à bout de souffle GETTY IMAGES SHANI MILLER GETTY IMAGES Les travailleuses sociales interviennent avec des personnes parmi les plus démunies de la société et préviennent, dans plusieurs cas, l\u2019aggravation de problèmes sociaux importants.J D Écrivez-nous! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l\u2019abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 5500 caractères (y compris les espaces), ou environ 850 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi : si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com), mais dans tous les cas, n\u2019oubliez pas d\u2019indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.J L E D E V O I R , L E J E U D I 1 5 M A R S 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel 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général des finances entamé il y a quelques années.« Nous n\u2019avons pas vu les détails encore, mais nous tenons déjà compte du Fonds des générations dans notre calcul de la dette québécoise », a expliqué au Devoir Travis Shaw, v ice-prés ident des f inances publ iques à l\u2019agence de notation DBRS.« De ce point de vue, ça n\u2019aura aucun impact net sur nos calculs de la dette.» Sur le plan technique, l\u2019estimation du fardeau de la dette faite par S & P demeure inchangée, a aussi relevé Paul Judson, directeur principal dans cette agence de notation et spécialiste de la dette souveraine à Toronto.« Mais ça soutient l\u2019opinion que nous avons concernant la gestion financière robuste » du gouvernement, a-t-il ajouté.Déjà, les agences de notation considèrent que les cotisations au Fonds constituent un geste équivalant à un remboursement de dette.La décision de Québec n\u2019aura donc pas d\u2019ef fet instantané sur la cote de crédit, mais DBRS se dit néanmoins encouragée par les efforts consacrés par le gouvernement pour redresser les finances publiques.La cote de crédit du Québec chez S & P est de AA\u2013 depuis l\u2019été dernier, au troisième rang des provinces canadiennes.Le gouvernement fédéral jouit de la cote AAA, la plus élevée Du «détournement de fonds» Créé en 2006, le Fonds des générations contient 13 milliards et est alimenté par diverses sources, comme les redevances sur l\u2019eau, les redevances minières et les taxes sur les boissons alcoolisées.Il est géré par la Caisse de dépôt et placement du Québec et les montants qui y sont liés sont af fectés exclusivement au remboursement de la dette du Québec.En clair, l\u2019objectif du Fonds consiste à générer des rendements qui sont supérieurs au coût des nouveaux emprunts.Cette stratégie a porté ses fruits à chacune des années depuis sa création, sauf en 2008, lors de la crise des marchés financiers.Toute autre utilisation du Fonds constituerait un « détournement » ; une « catastrophe » qui fragiliserait « instantanément » la cote de crédit du Québec, ont averti MM.Couillard et Leitão, lançant une flèche aux partis d\u2019opposition.En outre, Québec ne renonce pas aux investissements dans le Fonds, qu\u2019il maintiendra au fil des ans.Si ses contributions deviennent plus modestes, Québec estime néanmoins que sa nouvelle stratégie lui permettra d\u2019épargner un milliard sur cinq ans, du fait de la diminution des intérêts payés sur la dette.Et d\u2019ailleurs, sa décision repose en partie sur la crainte que ces taux augmentent, dans un contexte de « fin de cycle » financier.« Il est possible [\u2026] qu\u2019on soit à la fin d\u2019un cycle économique.Qu\u2019un autre cycle économique commence, qui pourrait comporter des risques de récession », a reconnu le premier ministre.Une décision saluée Dans les rangs de l\u2019opposition, l\u2019annonce libérale a fait la quasi-unanimité, ralliant le Parti québéco is et la Coal it ion aven ir Québec (CAQ).« [C\u2019]est une bonne proposition et nous l\u2019appuyons », a commenté le chef péquiste, Jean-François Lisée.« Nous n\u2019avons jamais proposé, contrairement à la CAQ, d\u2019utiliser l\u2019argent du fonds pour des dépenses », a-t-il ajouté.Le chef caquiste, François Legault \u2014 qui a auparavant proposé de réduire certains versements au Fonds pour financer des baisses d\u2019impôt \u2014, s\u2019est défendu d\u2019avoir déjà eu de telles intentions.« Quand on a lancé le Fonds, [on disait] : pourquoi ces versements-là ne sont pas tout de suite appliqués sur la dette ?À l\u2019époque, [le ministre libéral] Michel Audet était contre et aujourd\u2019hui, le Parti libéral a changé d\u2019idée, ils nous disent qu\u2019ils sont prêts à mettre le Fonds des générations.On est d\u2019accord avec ça », a-t-il affirmé.Québec solidaire s\u2019est plutôt désolé de voir Québec emprunter un chemin différent de celui du gouvernement fédéral, qui a choisi dans son dernier budget d\u2019utiliser l\u2019ensemble de ses revenus excédentaires pour financer de nouvelles mesures.L\u2019argent envoyé au Fonds « devrait servir à nos services publics, devrait servir à du développement économique, pas à un projet chimérique de réduction de la dette », a pesté le député Gabriel Nadeau-Dubois.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 DETTE à l\u2019Université de Cambridge et qui visent à résoudre des questions fondamentales sur la nature de l\u2019univers.« Mon but est simple.C\u2019est une compréhension complète de l\u2019univers.Pourquoi est-il comme il est, et pourquoi existe- t-il ?» disait-il.À la grande stupéfaction des médecins, sa maladie progresse beaucoup plus lentement que prévu puisqu\u2019il y survivra 55 ans.Même si sa maladie paralyse graduellement son corps, il poursuit avec enthousiasme ses recherches avec ses étudiants et il ne perdra jamais sa joie de vivre.Robert Brandenberger, professeur de physique à l\u2019Université McGill, qui l\u2019a connu personnellement alors qu\u2019il était stagiaire postdoctoral dans son équipe de 1985 à 1987, le confirme.« Il était très inspirant comme personne.Il était habité par la joie de vivre.Il aimait les gens, les étudiants.Il ne s\u2019intéressait pas seulement au travail des étudiants, mais aussi à la vie quotidienne.Il était toujours présent à la pause de l\u2019afternoon tea avec les étudiants et il allait même au cinéma avec eux le soir », relate-t-il.En 1970, il effectue sa première grande découverte : l\u2019existence de singularités dans l\u2019univers, notamment dans l\u2019origine du Big Bang et au centre des trous noirs, qui prennent en défaut la théorie de la relativité générale d\u2019Einstein.Puis, dans l\u2019espoir de contribuer à trouver cette fameuse théorie du tout qui unifierait la relativité générale et la mécanique quantique qui décrit l\u2019infiniment petit, il élabore la théorie de l\u2019évaporation des trous noirs, appelée rayonnement de Hawking.Selon Julie Hlavacek-Larrondo, professeure adjointe au Département de physique de l\u2019Université de Montréal qui a fait son doctorat à l\u2019Université de Cambridge entre 2009 et 2012, Stephen Hawking ne fut peut-être pas le plus grand physicien de son époque, mais « ses contributions à notre compréhension de l\u2019univers sont importantes et sont arrivées à des moments critiques pour l \u2019étude des trous noirs».Communiquer avec Stephen Hawking n\u2019était pas facile.En 1985, on le sauve d\u2019une grave pneumonie en procédant à une trachéotomie qui l\u2019empêche ensuite de parler.Il utilisera alors un synthétiseur vocal qui lui donnera cette voix de robot caractéristique.Pour exprimer sa pensée, il doit choisi les mots que lui propose un ordinateur qu\u2019il commande d\u2019abord à l\u2019aide de quelques doigts et, plus récemment, par le biais de petites contractions des muscles de ses joues.«On a appris à lui poser des questions dont les réponses étaient aussi succinctes que « yes» ou «no».Lorsqu\u2019il assistait à des séminaires, il posait des questions et proposait des idées.Lors d\u2019un séminaire que je donnais sur mes travaux, il a tapé une question sur son clavier et cette question était stratégique », se souvient M.Brandenberger.Sa popularité auprès du grand public s\u2019est grandement accrue lors de la publication de son livre Une brève histoire du temps, qui fut un succès planétaire.Certains affirment que son handicap physique a probablement contribué à affiner ses aptitudes de communication en le forçant à plus de concision.Même si la cosmologie était sa passion, il était aussi préoccupé par l\u2019avenir de notre planète, par la politique de son pays.Il a milité contre le Brexit arguant que « ce serait un désastre pour la science au Royaume-Uni ».Il aimait beaucoup voyager.Il est venu quelques fois au Canada.Notamment, il a visité en 1998 et en 2012 l\u2019Observatoire de neutrinos de Sudbury SNO Lab, qui est situé à deux kilomètres sous terre dans une mine de Sudbury.En 2010, il s\u2019est rendu à l\u2019Institut Périmètre de physique théorique de Waterloo en Ontario, qui l\u2019avait nommé titulaire de l\u2019une de ses prestigieuses chaires de recherche.Il a continué à travailler et à écrire des articles provocants jusqu\u2019à sa mort.Il y a un an, il a publié un article avec les physiciens Malcolm Perry et Andrew Strominger, des spécialistes de la théorie des supercordes, dans lequel ils suggèrent une nouvelle solution au problème de l\u2019information perdue dans les trous noirs.« Il a continué d\u2019être à l\u2019avant-garde dans son domaine [de la cosmologie]», affirme M.Brandenberger.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GÉANT PQ: dynamiser le fonds En 2012, le Parti québécois avait pris l\u2019engagement de vider le Fonds des générations pour s\u2019attaquer directement au remboursement de la dette.Il a changé d\u2019idée une fois au pouvoir, optant plutôt pour un retrait d\u2019un milliard et un élargissement des sources alimentant la cagnotte.L\u2019élu Nicolas Marceau a déjà qualifié les placements du Fonds de «pépères»; son parti souhaite d\u2019ailleurs les dynamiser.L\u2019an dernier, le PQ a suggéré de réduire le montant des sommes allouées au Fonds pour les investir dans le déploiement d\u2019un réseau d\u2019Internet à haute vitesse et de téléphonie cellulaire dans l\u2019ensemble du Québec.Marie-Michèle Sioui et Dave Noël CAQ: maintenir les transferts La Coalition avenir Québec a auparavant suggéré d\u2019utiliser une partie des versements au Fonds des générations pour « remettre de l\u2019argent dans les poches des familles», au moyen de baisses d\u2019impôt, notamment.Son chef, François Legault, s\u2019est déjà dit prêt à suspendre les transferts au Fonds dans l\u2019optique de faire de l\u2019éducation une «priorité nationale ».Mercredi, il s\u2019est engagé à ne pas réduire les versements au Fonds en raison des «surplus qu\u2019il y a» désormais au Québec.Marie-Michèle Sioui et Dave Noël QS : changer la vocation Québec solidaire propose de changer la vocation du Fonds des générations pour le transformer en Fonds de stabilisation des finances publiques.Le parti souhaite que Québec ait le loisir de contribuer à ce fonds durant les périodes de croissance, puis de suspendre les versements lors de ralentissements économiques.Les solidaires souhaitent réduire le montant des versements au fonds pour consacrer davantage de sommes aux services publics.Marie-Michèle Sioui et Dave Noël « Ma signature était plus personnelle.Ce n\u2019était pas une signature qui représentait l\u2019exécutif », confirme M.Pouliot-Audet au Devoir.« J\u2019ai demandé au bureau national, après la parution de la lettre, de retirer mon nom », confie- t-il en entrevue.Le parti n\u2019a cependant pas encore envoyé de rectificatif aux journalistes qui ont reçu la lettre d\u2019appui la semaine dernière.Olivier Pouliot-Audet trouve « dommage » que l\u2019envoi du Bloc québécois n\u2019ait pas indiqué plus clairement les présidents qui s\u2019étaient exprimés en leur propre nom.« Parce qu\u2019il y a quelques présidents qui ont signé ça à titre personnel aussi, sans nécessairement consulter leur exécutif », relate-t-il.C\u2019est le cas de Christian Rivard, de l\u2019association bloquiste d\u2019Abitibi-Témiscamingue.« Je l\u2019ai signée [la lettre d\u2019appui] à titre de président, mais on n\u2019était pas tenus de consulter les membres », a-t-il indiqué au Devoir mercredi.L\u2019exécutif de la circonscription a été dissous après l\u2019élection de 2015 et est en voie de reconstruction.Deux des membres \u2014 qui n\u2019ont pas encore été élus au conseil exécutif \u2014 auraient donné leur accord à l\u2019appui de M.Rivard à la chef.Mais le président admet qu\u2019une autre membre de l\u2019exécutif « semblait avoir des réserves» \u2014 une information corroborée par une source du Devoir.Les bloquistes de Laurentides-Labelle ont quant à eux convenu de rester neutres dans cette crise qui secoue le Bloc québécois.Mais le nom du président de leur exécutif, Frédéric Labrie, figure lui aussi parmi les signataires de la lettre de soutien à Martine Ouellet.« Je l\u2019ai signée personnellement, pas au nom du comté », a-t-il af firmé à son tour au Devoir.M.Labrie s\u2019était lui-même dit derrière la chef, la semaine dernière, mais il avait reconnu que son exécutif était très divisé, d\u2019où son désir de rester neutre.« On est toujours aussi divisés », a réitéré M.Labrie mercredi.Des appuis d\u2019alliés camouflés?La missive distribuée par le Bloc québécois pour calmer la crise avait pourtant été présentée par l\u2019un de ses employés comme une lettre « que des circonscriptions ont fait parvenir au bureau national pour exprimer leur appui à la chef Martine Ouellet ».En réalité, Christian Rivard rappor te que «c\u2019est le bureau national directement» qui lui a envoyé la lettre par courriel.L\u2019envoi provenait d\u2019un président de circonscription qu\u2019il n\u2019a pas voulu nommer, et le président du parti et député \u2014 et fidèle allié de Martine Ouellet \u2014 Mario Beaulieu était en copie conforme.Olivier Pouliot- Audet a quant à lui été invité par téléphone par un président de circonscription à signer la lettre.Certains membres d\u2019exécutifs bloquistes notent que, parmi les circonscriptions signataires, certaines ont vu leur association démantelée à la suite de l\u2019élection de 2015 et auraient été prises en charge, selon eux, par le bureau national \u2014sorte d\u2019exécutif du parti.Une source du Devoir fait remarquer que Christian Rivard, d\u2019Abitibi-Témiscamingue, a été président intérimaire du Mouvement Québec français \u2014 qu\u2019a présidé Mario Beaulieu.Frédéric Labrie, de Laurentides-Labelle, est de son côté un ancien de la Société Saint-Jean-Bap- tiste \u2014 qu\u2019a présidée aussi Mario Beaulieu.Cinq autres présidents de circonscription signataires de la lettre de soutien à Mar tine Ouellet ont confirmé au Devoir qu\u2019ils l\u2019avaient fait avec l\u2019appui de leur conseil exécutif \u2014 ceux de Manicouagan, de Shefford, de Longueuil\u2013 Saint-Hubert, de LaSalle-Émard-Verdun et de Pierre-Boucher\u2013Les Patriotes\u2013Verchères.Julien Valois-Francoeur, de LaSalle, est membre du bureau national.Jean-Marc Duval, de Pierre-Boucher, est le père du député local Xavier Barsalou-Duval (lui aussi un allié de Martine Ouellet).Depuis que sept des dix députés bloquistes ont claqué la porte du caucus, en désaveu à la chef, douze associations bloquistes ont réclamé la démission de Martine Ouellet ou que soit devancé un vote de confiance à son endroit.Le prochain congrès national du Bloc québécois \u2014 où se tiendra un vote de confiance \u2014 est prévu au printemps 2019.Certains exécutifs réclament qu\u2019il se tienne dès ce printemps ou à l\u2019automne.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 BLOC JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Martine Ouellet Dans sa théorie de la relativité générale qu\u2019il a publiée en 1915, Einstein prédisait l\u2019existence de trous noirs, mais la communauté scientifique a ignoré ce résultat pendant 50 ans, jugeant les trous noirs des objets trop bizarres pour exister dans l\u2019univers.En 1970, alors qu\u2019il s\u2019intéresse aux trous noirs, Hawking fait une analogie entre ces objets célestes si compacts que l\u2019intensité de leur champ gravitationnel empêche toute matière, voire la lumière, de s\u2019en échapper, et le Big Bang.«Lors de la formation d\u2019un trou noir qui survient à la suite de l\u2019effondrement d\u2019une étoile, la matière de cette étoile est compressée et devient donc de plus en plus dense, jusqu\u2019à devenir un point infiniment petit qui n\u2019a pas de dimensions et qui a une densité techniquement infinie.Ce point est une singularité par le fait que ses paramètres sont infinis», explique Julie Hlavacek-Larrondo, professeure adjointe au Département de physique de l\u2019Université de Montréal.«Or, Hawking a réalisé que le Big Bang partait d\u2019une singularité, soit un point infiniment petit et infiniment dense, qui a explosé.Grâce aux contributions de Hawking, la communauté scientifique a commencé à croire en l\u2019existence des trous noirs.» Mais comme les lois de la physique ne marchent plus quand nous arrivons dans l\u2019infiniment dense et l\u2019infiniment petit, «ainsi, en démontrant l\u2019existence de plusieurs singularités dans la théorie d\u2019Einstein, Stephen Hawking mettait en évidence le fait que cette théorie est incomplète et ne peut pas être utilisée pour décrire adéquatement l\u2019univers», ajoute Robert Brandenberger.L\u2019autre contribution Stephen Hawking a tenté de relier la relativité générale qui décrit l\u2019infiniment grand, comme en l\u2019occurrence les trous noirs, et la mécanique quantique qui décrit l\u2019infiniment petit.Le grand défi de la physique étant d\u2019unifier les deux théories pour en arriver à une théorie du tout qui décrirait toutes les dimensions de l\u2019univers.Pour ce faire, il a proposé une théorie appelée rayonnement de Hawking ou évaporation de Hawking, qui prédit que les trous noirs s\u2019évaporent.«Le trou noir comprend une singularité en son centre.Cette singularité est entourée d\u2019une frontière, nommée l\u2019horizon.À l\u2019intérieur de l\u2019horizon, la gravité est tellement forte que rien ne peut s\u2019échapper, même la lumière, tandis qu\u2019une particule se trouvant à l\u2019extérieur de cette barrière pourra s\u2019échapper si elle a assez d\u2019énergie.La théorie du rayonnement de Hawking prédit l\u2019existence de cette frontière », précise la physicienne.Or, la théorie de la mécanique quantique affirme que l\u2019énergie présente au niveau de l\u2019horizon peut être convertie en une paire de particules, dont l\u2019une se retrouvera à l\u2019intérieur de l\u2019horizon et l\u2019autre à l\u2019extérieur.Celle qui est à l\u2019intérieur ne pourra jamais sortir du trou noir et est donc perdue à tout jamais, tandis que celle qui est à l\u2019extérieur pourra s\u2019échapper si elle possède suffisamment d\u2019énergie.«Le trou noir perd ainsi une partie de son énergie qui se disperse dans l\u2019univers.Avec le temps, il en vient à perdre toute son énergie, et donc toute sa masse, on dit alors qu\u2019il se sera évaporé.» «C\u2019est une première étape pour relier la relativité générale d\u2019Einstein et la mécanique quantique.Mais il y a encore beaucoup de travail à faire, car il n\u2019existe pas encore de solution», souligne la chercheuse.Les deux découvertes fondamentales de Stephen Hawking "]
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