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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2018-03-24, Collections de BAnQ.

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[" Facebook La démocratie menacée à l\u2019ère de la politique du 2.0 Page B 4 Michel David Immigration: comme un relent d\u2019hypocrisie Page B 5 PERSPECTIVES C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 Sciences Des îlots de pollution à l\u2019intérieur de nos maisons Page B 10 T E X T E S D E S O P H I E M O N G A D O A u lendemain de l\u2019élection de Donald Trump, Sidah- med* perd tout espoir d\u2019avenir aux États-Unis, où il vit depuis six ans en attente d\u2019un statut permanent.Il doit prendre une décision déchirante, celle d\u2019un deuxième exil, la seule perspective d\u2019avenir.New York, Plattsburgh, Rox - ham: il a entendu parler de la trajectoire via les réseaux sociaux.Au bout du chemin, ce matin de janvier 2017, il n\u2019a pas peur.«L\u2019agent criait fort pour m\u2019avertir que j\u2019allais commettre un acte illégal, c\u2019était impressionnant, mais c\u2019était une question de survie.» Sidahmed sait qu\u2019il pourra déposer une demande d\u2019asile.Il sait aussi qu\u2019en franchissant ainsi la frontière, il perd toute possibilité de retour en arrière, annihile sa chance d\u2019obtenir un statut aux États-Unis.Il avance, enjambe le fossé, se fait arrêter.« L\u2019agent est devenu plus amical une fois que je suis passé », se souvient-il.Journaliste mauritanien, il collabore avec des médias étrangers depuis son pays natal, dénonçant parfois les exactions de son gouvernement.Son calvaire commence par du harcèlement ; suivent les menaces, l\u2019emprisonnement, la torture.Il se souvient très précisément du bruit de la pince qui se referme sur ses phalanges pour les fracturer.«J\u2019ai entendu d\u2019abord, ressenti la douleur ensuite.Quand tu es journaliste, on commence par briser la main avec laquelle tu écris.» Sidahmed a obtenu le statut de réfugié deux mois après en avoir fait la demande.Il disposait de nombreuses preuves des persécutions subies et de danger de mor t.La route a été longue, mais elle a abouti.À New York, son lieu d\u2019arrivée, il avait enclenché les démarches pour obtenir un statut de réfugié, appris l\u2019anglais, travaillé.Il avait rêvé d\u2019offrir un avenir à son fils de deux ans, resté avec sa mère.Sept années se sont écoulées depuis.Sidahmed a vu son fils grandir sur Internet, déchiré entre la culpabilité et la volonté de lui ouvrir une autre voie.C\u2019est chose faite, à présent.Aujourd\u2019hui, Sidahmed travaille à Montréal pour une organisation de défense des droits de la personne.* Les prénoms ont été modifiés.Les pays d\u2019origine ou certains détails relatifs aux témoins interrogés ont été omis pour préserver leur anonymat durant l\u2019étude de leur demande de refuge.Le deuxième exil de Sidahmed Franchir la frontière sans retour possible Voyage virtuel sur le chemin Roxham La Gendarmerie royale du Canada a intercepté l\u2019an dernier 18 836 demandeurs d\u2019asile au Québec, dont une majorité sur le chemin Roxham.Le photographe Michel Huneault a documenté près de 180 de ces arrestations pour en tirer une œuvre interactive qui nous emmène au bout de ce chemin, devenu celui de l\u2019espoir.Présenté ici dans nos pages et sur nos plateformes numériques, ce voyage immersif rend compte de 32 moments choisis de ces traversées, survenues entre février et août 2017.Pendant 16 jours, sa caméra a saisi ces instants charnières, ces trajectoires de vies brisées.Pour Michel Huneault, assister à ces passages, c\u2019est « observer directement l\u2019histoire se dérouler sous nos yeux.Les guerres, les crises, les grands mouvements de populations : tout cela se passe à Roxham, concentré en quelques mètres carrés.Ce sont aussi les familles divisées, le choix radical de partir, l\u2019espoir, la survie, la confusion ».Produit par l\u2019ONF et exposé à Montréal au Centre Phi, à compter du 27 mars, ce récit fusionne photographies et captations sonores des arrestations.Pour préserver leur anonymat, le photographe a choisi de recouvrir les silhouettes des demandeurs d\u2019asile d\u2019images de tentes et de vêtements, captées en 2015, lors de la crise migratoire en Europe, jetant un pont entre ces événe- ments qui «participent de la même histoire».Découvrez l\u2019expérience de réalité virtuelle sur LeDevoir.com, en partenariat avec l\u2019ONF et le centre Phi.Une interception de demandeurs d\u2019asile au chemin Roxham, à Saint-Bernard-de-Lacolle, documentées entre février et juillet 2017.Photographies composites par Michel Huneault.D e son passage par Roxham, Nora* garde un souvenir confus.«J\u2019étais dans un état second, entre choc et épuisement.Quand l\u2019agent m\u2019a avisée de ne pas passer, tout ce que je savais, c\u2019est qu\u2019on ne me tirerait pas dessus.Ici, la police ne fait pas ça.Je savais à quoi m\u2019attendre.» Derrière ses quatre enfants, Nora ferme la marche.« On nous a accueillis, rassurés.» Nora a quitté son pays avec un visa pour les États-Unis, déterminée à se diriger ensuite vers le Canada.« Je pensais qu\u2019on aurait plus de chances ici.» Au port d\u2019entrée de Saint-Bernard-de-Lacolle, on la refoule en vertu de l\u2019entente sur les tiers pays sûrs.Nora aurait préféré entrer de manière régulière.Peu informée, elle a tenté sa chance.Elle rebrousse chemin pour se rendre à Roxham.Sa demande d\u2019asile a été déboutée et son pays d\u2019origine fait l\u2019objet d\u2019un moratoire sur les renvois : Nora se retrouve dans une situation absurde.« On estime ce pays assez dangereux pour décréter un moratoire, mais on lui refuse le statut de réfugiée », ironise son avocat.Aujourd\u2019hui, elle espère obtenir une décision en sa faveur dans son dossier d\u2019examen des risques avant renvoi (ERAR), qui lui permettrait de rester.Angoissée par l\u2019incer titude, rongée par la séparation d\u2019avec son mari \u2014 que les autorités n\u2019ont pas laissé quitter son pays d\u2019origine \u2014, Nora songe parfois à repartir.Elle se ravise aussitôt en pensant à ses enfants et à l\u2019absence totale d\u2019avenir si elle rentrait.Elle se souvient des obus dans le jardin, des murs de la maison criblés de balles.Des violences subies pour s\u2019être opposée à un groupe armé influent du pays.Elle se prend à rêver, espère ouvrir une garderie ici.Scolarisés à Montréal, ses enfants se voient policier, architecte, avocat.Meurtris par l\u2019absence de leur père, il leur arrive aussi de vouloir repartir.Nora a obtenu un soutien pour assumer les frais juridiques reliés à la défense de son dossier.Elle espère réunir assez de preuves des persécutions subies.Sans permis de travail et sans droit à aucune prestation, elle subsiste grâce à la débrouille, avec le soutien de ressources communautaires.L\u2019incertitude angoissante de Nora Une femme et ses quatre enfants refusés à l\u2019immigration Migrants sur la route de l\u2019espoir Quand tu es journaliste, on commence par briser la main avec laquelle tu écris « » J\u2019étais dans un état entre choc et épuisement.Quand l\u2019agent m\u2019a avisée de ne pas passer, tout ce que je savais, c\u2019est qu\u2019on ne me tirerait pas dessus.« » Dossier \u203a Sur la route de l\u2019espoir.Migrants: des milliers de demandeurs d\u2019asile refusés glissent dans la clandestinité.Faith et John: se faire arrêter pour éviter l\u2019excision de leur ?lle.Jean: traverser deux continents en quête d\u2019un lieu sûr.Entrevue avec Louise Arbour.Pages B 2 et B 3 L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 SUR LA ROUTE B 2 E n route vers Roxham, le chauffeur de taxi prévient le couple.«On va vous dire de ne pas passer, mais il ne faudra pas vous laisser impressionner.» L\u2019idée de commettre une infraction les effraie.«On n\u2019est pas aventuriers, on se demandait ce qui arriverait ensuite.Est-ce qu\u2019on allait nous renvoyer directement, nous mettre en prison?Quand le policier m\u2019a défendu de passer, j\u2019ai levé les bras pour montrer que j\u2019acceptais d\u2019être arrêté et j\u2019ai avancé», raconte John.Faith a suivi, leur fillette dans les bras.La famille a quitté l\u2019Afrique de l\u2019Ouest fin septembre 2017 grâce à un aller simple pour les États-Unis, 1500 $ d\u2019économies et l\u2019intention d\u2019y demander l\u2019asile.Ils comprennent vite que leurs chances y sont minces.Un contact en banlieue de New York les aiguille vers Roxham.«Ce sera plus facile au Canada», leur dit-on.En novembre, l\u2019appartement montréalais où ils sont installés depuis deux semaines est vide.Une couverture fait office de lit.Mais ils sont en sécurité et remplis d\u2019espoir.«Là d\u2019où on vient, on peut se faire arrêter de manière arbitraire et plus personne n\u2019entend parler de vous», explique John.Au-delà de l\u2019absence totale d\u2019avenir (malgré leurs diplômes universitaires en comptabilité et en technologies de l\u2019information), ce sont les pressions pour faire exciser leur fillette qui les ont poussés à partir.Ce n\u2019est pas avant de longs mois qu\u2019ils pourront plaider leur cause devant la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié.D\u2019ici là, ils auront, espèrent-ils, commencé à travailler, à se refaire une vie ici.Ils ont obtenu leur permis de travail en décembre.L\u2019aide sociale verse 995 $ par mois à la petite famille.Avec l\u2019aide d\u2019organismes communautaires et d\u2019une église, ils ont trouvé quelques meubles et se forgent tranquillement un réseau.Quand nous lui avons demandé de choisir un prénom d\u2019emprunt pour ce reportage, elle a d\u2019abord hésité quelques secondes, puis, dans un grand sourire, elle a répondu « Faith », pour foi, en anglais.* Les prénoms ont été modifiés.Les pays d\u2019origine ou certains détails relatifs aux témoins interrogés ont été omis, pour préserver leur anonymat durant l'étude de leur demande de refuge.Un aller simple pour Faith et John* Se faire arrêter pour éviter l\u2019excision de leur fille T E X T E S D E S O P H I E M A N G A D O \u2022 P H O T O S C O M P O S I T E S D E M I C H E L H U N E A U L T Les trois photos : interceptions de demandeurs d\u2019asile au chemin Roxham à Saint-Bernard-de-Lacolle, documentées entre février et juillet 2017 Chaque année, des milliers de personnes échouent dans leur tentative d\u2019obtenir le statut de réfugié.Toutes ne repartent pas, glissant dans la clandestinité.Les sans-papiers, le prochain enjeu migratoire au Québec ?Irène* vit dans la peur au quotidien depuis plus d\u2019un an.Quinze mois après avoir demandé l\u2019asile, le couperet tombait : statut de réfugié refusé.« J\u2019ai tout sacrifié pour me sauver, je ne peux pas repartir.» Depuis, Irène vit dans l\u2019ombre.« Je me sens honteuse.» Payée 10 $ de l\u2019heure pour un emploi non déclaré deux jours par semaine, elle ne s\u2019estime pas trop mal lotie.Rongée par l\u2019anxiété, elle s\u2019efforce de ne pas tomber malade.Muselée une fois dans l\u2019ombre Voilà quelques mois, elle a été victime de violence.Porter plainte et recevoir des soins médicaux ?Impensable.Elle a cessé de fréquenter l\u2019église de sa communauté d\u2019origine.« Tu deviens vulnérable dès que quelqu\u2019un connaît ta situation.» Pourquoi rester dans de telles conditions ?Parce que rentrer est inconcevable.Parce que chez elle, elle a vu des collègues mourir d\u2019exercer son métier.Parce qu\u2019elle ne pense pas survivre si elle rentrait.«La CISR n\u2019a pas cru à mon histoire », conclut-elle.« Les gens qui lâchent tout ne repartiront pas.Ils viennent d\u2019endroits où ça va très mal.Personne ne ferme sa maison, abandonne son travail, prend ses enfants sous le bras, se lance dans un tel voyage pour vivre par plaisir dans la précarité », soutient Justine Daoust-Lalande, infirmière chez Médecins du monde à Montréal.Les estimations du nombre de personnes sans statut oscillent fortement.De 200 000 à 500 000 à travers le pays, de 20 000 à 50 000 au Québec.À la clinique pour migrants à statut précaire de Médecins du monde, on observe une augmentation de cette clientèle.En précisant bien que les chiffres qui circulent doivent être pris avec des pincettes.Ce que l\u2019on observe assurément, c\u2019est la vulnérabilité de ces personnes.La peur, Rachel Laberge-Mallette la voit défiler dans son bureau de travailleuse sociale.«C\u2019est l\u2019isolement extrême, l\u2019absence de confiance.Même au sein de la communauté, les risques de dénonciation existent.Quel qu\u2019un m\u2019a dit : c\u2019est comme si j\u2019étais emprisonné avec moi-même.» Délais et doutes Pour ceux qui espèrent toujours obtenir un statut officiel, le délai de traitement actuel des demandes peut s\u2019étendre jusqu\u2019à 18 mois, parfois plus.Certains demandeurs d\u2019asile rencontrés par Le Devoir n\u2019avaient pas encore obtenu de date d\u2019audition par la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié (CISR).Pas dans l\u2019attente passive pour autant, ils travaillent, apprennent le français, envoient les enfants à l\u2019école, tentent de se faire un réseau, recommencent une vie.À la question «que ferez-vous si le Canada vous refuse le statut de réfugié», les réponses restent confuses.On ne veut simplement pas se la poser, plutôt nourrir l\u2019espoir malgré tout.Adopté à l\u2019unanimité par le conseil municipal de la Ville de Montréal en février 2017, le principe de la ville « sanctuaire » demeure pour l\u2019instant lettre morte.L\u2019administration Plante a décliné notre demande d\u2019entrevue, arguant que le dossier est «à l\u2019étude ».Nous n\u2019avons pas obtenu de précisions ni de réponse de la part de l\u2019élue responsable du dossier.Le statut de « ville sanctuaire » impliquerait de ne pas lier l\u2019identité des personnes à leur statut sur le territoire.Par exemple, en délivrant des cartes d\u2019identité comportant uniquement un nom et une photographie.« Une organisation comme la nôtre pourrait se porter garante de l\u2019identité des personnes», explique Véronique Houle, directrice des opérations nationales chez Médecins du monde.« Aujourd\u2019hui, les personnes sans statut ne recourent pas aux ser vices de sécurité publique en cas de besoin, de peur d\u2019être dénoncées.Lors d\u2019un contrôle d\u2019identité, le Service de police de la Ville de Montréal peut vérifier le statut migratoire et communiquer avec l\u2019Agen - ce des services frontaliers du Canada, exécuter un mandat d\u2019arrestation lancé par cette dernière.Une \u201c ville sanctuaire \u201d ne permettrait pas ce type d\u2019intervention.» Droits fondamentaux Pour Louise Arbour, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les migrations internationales, « toute personne sur un territoire devrait avoir accès aux droits et aux services fondamentaux.On n\u2019a aucun intérêt à ce qu\u2019une personne malade et contagieuse ne se fasse pas soigner par peur d\u2019être expulsée.Le principe est le même pour les études : quel intérêt pour un pays de laisser se développer des enfants sans éducation ?Ce n\u2019est pas une question de générosité, mais bien d\u2019intérêt collectif.Pousser vers la clandestinité est contraire à l\u2019intérêt commun.» L\u2019enjeu du retour, en cas de refus d\u2019asile, fait débat dans le contexte des négociations autour du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.«Le processus de détermination du statut de réfugié est long, et quand il se solde par un refus, que faire?Repartir?Glisser dans l\u2019économie informelle?Le Canada va vivre cela», soulève Louise Arbour, tout en précisant que le phénomène est «bien moindre qu\u2019ailleurs».«On ne devrait jamais éliminer la possibilité de régulariser les personnes sans statut», conclut-elle.Le Devoir Le processus de détermination du statut de réfugié est long, et quand il se solde par un refus, que faire ?Repartir ?Glisser dans l\u2019économie informelle ?Le Canada va vivre cela, même si le phénomène est moindre qu\u2019ailleurs.Louise Arbour « » 24 980 C\u2019est le nombre de demandes d\u2019asile faites au Québec en 2017.On ignore combien de personnes glissent dans la clandestinité.Des milliers de demandeurs d\u2019asile refusés glissent dans la clandestinité P R O P O S R E C U E I L L I S P A R S O P H I E M A N G A D O Vous êtes à contre-courant des discours qui voient la migration internationale comme un problème, vous y voyez plutôt un moteur de développement.Pourquoi?Les Nations unies se sont déjà positionnées en ce sens.Avec les Objectifs de développement durable adoptés en 2015, on a établi que la migration sûre, ordonnée et régulière contribue au développement et doit être utilisée pour réduire les inégalités.En 2016, la Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants [.] a préconisé de se doter de mécanismes en ce sens.Ensuite, il y a une dislocation entre la réalité et la perception.Il faut changer la perception en ramenant des données économiques, démographiques, scientifiques pour orienter le débat vers des solutions ancrées dans la réalité.Bien gérée, la mobilité humaine est un facteur de développement.Mal gérée \u2014 ce qui est le cas aujourd\u2019hui \u2014, elle amène les situations chaotiques que l\u2019on connaît.Vous portez une attention toute particulière aux termes utilisés en matière de migration.Pourquoi?Le fait de recourir à de mauvais termes valide certaines perceptions.Dire que des migrants en situation d\u2019irrégularité sont des migrants illégaux, ça évacue la source de l\u2019irrégularité.Entre illégal et criminel, la confusion est facile.Ça évoque les passeurs, les faux passeports\u2026 La majorité des personnes en situation d\u2019irrégularité sont entrées régulièrement sur le territoire ; par exemple, une femme avec un visa d\u2019étudiant d\u2019un an, qui trouve un emploi à la fin de ses études et reste six mois de plus.Ce n\u2019est ni violent ni dangereux.Il faut changer le discours, en contrepoids à ceux qui tirent profit des perceptions erronées qui résonnent dans l\u2019opinion publique sur des questions iden- titaires et culturelles.En recourant au terme «migrant », crée-t-on un amalgame entre ceux qui fuient et ceux qui émigrent par choix, associés aux migrants économiques?Aujourd\u2019hui, on distingue les réfugiés des autres migrants, car ils sont protégés par la Convention [de 1951 relative au statut de réfugié, dite Convention de Genève].C\u2019est justifié par les causes de leur déplacement : la persécution implique un déplacement involontaire.Mais je ne pense pas que ce soit utile pour développer des politiques en matière de migrations.Il faut se demander ce que c\u2019est que le choix.Partir pour donner la chance à nos enfants d\u2019accéder à l\u2019éducation : est-ce un choix?La notion de migrant économique recouvre tout un éventail : des investisseurs nantis qui achètent des condos, des gens qui quittent un pays où ils ne sont pas persécutés, mais où ils n\u2019ont aucun avenir.C\u2019est tout ça, les migrants dits économiques.Le problème du choix, c\u2019est que ça évoque le mérite.Et je ne pense pas que ce soit un concept utile.Le Pacte mondial en cours de négociations doit être adopté en décembre 2018.Quelles avancées pourrait-il permettre?Je vois ça comme le Sommet de la Terre à Rio, en 1992, et les Accords de Paris adoptés en 2015.Rio fut le début d\u2019une grande conversation sur l\u2019environnement, qui a continué à évoluer pendant des décennies.Là, c\u2019est le début d\u2019une conversation sur la mobilité humaine.Un sujet sur lequel les États sont très chatouilleux, gardiens de leur souveraineté, mais qui implique inévitablement l\u2019interdépendance.Il faut donc créer une atmosphère de coopération.Sur le plan juridique, le texte sera non contraignant.Quel poids aura-t-il?Certains peuvent se demander si ça vaut la peine, mais parfois, il vaut mieux miser sur une volonté de coopérer que sur des instruments contraignants.Il existe par exemple une convention sur le droit des travailleurs migrants qu\u2019aucun pays occidental n\u2019a ratifiée.On peut prendre dix ans à négocier un texte contraignant, mais qui finalement n\u2019a pas d\u2019impact dans la réalité.L\u2019idée, ici, est d\u2019instaurer des mécanismes de négociation.C\u2019est le début d\u2019une infrastructure encourageant la coopération entre États pour mieux gérer ce qui autrement va se faire de manière chaotique.Ce Pacte mondial est un point de départ.Voilà dix ans, on ne pouvait même pas aborder ce genre de sujets.Les États démontraient beaucoup de volonté pour la mobilité des biens et des capitaux, mais pas humaine.On peut donc être optimistes d\u2019être rendus là.Il faut voir ça comme un jalon.L\u2019apport de la mobilité humaine pour les pays d\u2019origine et d\u2019accueil est-il considéré à sa juste valeur?Pas toujours.Prenez par exemple les transferts d\u2019argent.Aujourd\u2019hui, 258 millions de migrants dépensent 80 % de leur revenu dans leur pays d\u2019accueil et renvoient chez eux 15 % \u2014 soit trois fois l\u2019aide of ficielle que les gouvernements les plus riches envoient vers des pays plus pauvres.Cette aide provient des impôts, donc des contribuables.Cette contribution a un impact énorme sur le développement international.Sur ce dossier-là, on pourrait faire des progrès.Notamment sur le coût trop élevé des transferts.Il n\u2019y a aucune raison que cela coûte 7 % d\u2019envoyer de l\u2019argent du Canada au Kenya, par exemple.Mais souvent, on se heurte, là encore, à des perceptions erronées.En continuant à mettre en avant ce type de données, j\u2019espère qu\u2019on va changer la perception dans l\u2019opinion publique, qui influence les décideurs politiques.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 DE L \u2019ESPOIR B 3 Représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies pour les migrations internationales, Louise Arbour espère un changement de paradigme.Au moment où les négociations du Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières battent leur plein, elle estime primordial d\u2019aborder les enjeux migratoires à l\u2019aune de leur potentiel.Bien gérée, la mobilité peut favoriser le développement social, selon Louise Arbour DARREN CALABRESE LA PRESSE CANADIENNE Louise Arbour, représentante spéciale du se - crétaire général des Nations unies pour les mi - grations internationales : «Entre illégal et cri mi - nel, la confusion est facile.» S on long voyage vers l\u2019exil a commencé en 2015, en Haïti.République dominicaine, Brésil, Pérou, Équateur, Colombie, Amérique centrale et enfin les États-Unis.Pour chaque étape, Jean se souvient précisément des dates, comme un carnet de voyage bien estampillé dans sa mémoire.«On n\u2019oublie pas cette route- là.» Il n\u2019oublie pas les compagnons morts en chemin, les environnements hostiles, les pieds crevassés, la faim, la soif, la peur.Jean reste quelques mois en Floride, puis se dirige vers le Canada, convaincu que les orientations politiques américaines ne lui laissent aucune chance.« Tout le monde parlait de Roxham.» Il suit des milliers de compatriotes à l\u2019été 2017.« Je savais exactement à quoi m\u2019attendre.» Jean ne se souvient pas d\u2019avoir éprouvé une émotion particulière en franchissant la frontière.Plutôt le sentiment d\u2019avoir atteint un but au terme d\u2019un voyage éreintant.Il a lu de nombreux témoignages sur Internet, vu des images, sait ce qui l\u2019attend.Traverser le fossé est presque insignifiant, une formalité de plus parmi les démarches à entreprendre en vue de demander l\u2019asile.Il fait gris dedans et dehors en ce matin de janvier.Les rideaux de son logement restent fermés.Jean vit sagement, allant de l\u2019immeuble résidentiel à l\u2019usine où il travaille, dans cette ville de région où il a pu trouver un emploi.Il vit un jour à la fois, dans l\u2019attente.Il sait qu\u2019il ne rentrera pas en Haïti si l\u2019asile lui est refusé.Il tentera sa chance dans un autre pays.« On meurt rapidement et pour pas grand- chose, là-bas.» Enseignant, Jean collaborait avec des organismes œuvrant en alphabétisation.Victime de violence et d\u2019extorsion, il a fini par laisser sa famille derrière lui, espérant trouver refuge ailleurs et la faire vivre un jour en lieu plus sûr.Jean attend une décision de la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié (CISR) pour le début du printemps.* Les prénoms ont été modifiés.Les pays d\u2019origine ou certains détails relatifs aux témoins interrogés ont été omis, pour préserver leur anonymat durant l'étude de leur demande de refuge.Jean sans terre* Traverser deux continents en quête d\u2019un lieu sûr Jean vit sagement, allant de son logement à l\u2019usine où il travaille, dans cette ville de région où il a pu trouver un emploi.Il vit un jour à la fois, dans l\u2019attente.Il sait qu\u2019il ne rentrera pas en Haïti si l\u2019asile lui est refusé.Il tentera sa chance dans un autre pays.80 % Aujourd\u2019hui, 258 millions de migrants dépensent 80 % de leur revenu dans leur pays d\u2019accueil et en renvoient chez eux 15 % \u2014 soit trois fois l\u2019aide officielle que les gouvernements les plus riches acheminent vers des pays plus pauvres. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 P E R S P E C T I V E S B 4 D epuis son élection, l\u2019actuel occupant de la Maison-Blanche a maintes fois encensé le président philippin et sa guerre contre la drogue.Or Duterte ne s\u2019embarrasse pas de considérations morales.Ses moyens sont radicaux : intimidation des défenseurs des droits de la personne et campagnes d\u2019assassinats pour « éliminer » ceux que l\u2019on suspecte de participer au trafic de stupéfiants et les militants qui « feraient obstruction à la justice » (12 000 morts selon Human Rights Watch, dont des journalistes et des enfants).Pour autant, Donald Trump n\u2019a eu de cesse de montrer, lors de sa controversée visite à Manille en novembre, sa grande complicité avec le président philippin.Tellement complice, en fait, que le président américain s\u2019est délibérément inscrit dans la même veine, lundi dernier : dans un discours prononcé au New Hampshire (qui cult ive les records dans cette cr ise des opioïdes), il a af firmé que, si le gouvernement fédéral n\u2019est pas prêt à durcir le ton et à exécuter les (plus gros) trafiquants, i l « gaspille son temps ».Ce qui pouvait être entendu comme d\u2019énièmes errements d\u2019un président en mal de ferveur électorale a toutefois pris une autre teneur lorsque le ministre de la Justice Jeff Sessions a produit, mercredi, une directive à l\u2019attention des procureurs fédéraux leur enjoignant de requérir la peine de mor t dans les cas où « de grandes quantités de drogue sont en cause ».Pourtant, les bases juridiques qu\u2019utilise Sessions dans sa note n\u2019ont jamais permis d\u2019invoquer la peine capitale sans homicide.S\u2019il y a de fortes probabilités que les recours qu\u2019intenteront les associations de défense des droits de la personne établissent l \u2019 inconstitutionnalité de cette décision, il reste que le signal est fort : la guerre contre la drogue vient d\u2019atteindre un autre niveau en terres états-uniennes.Ce combat mené par les États-Unis à l \u2019 issue de la guerre froide est un enjeu « intermestique », se situant à la fois en politique interne et en politique étrangère.C\u2019est pour cela qu\u2019il a en partie redéfini les relations du pays avec ses voisins d\u2019Amérique latine.En retour, des mesures comme les vagues d\u2019expulsions des membres du Gang MS13 vers l\u2019Amérique centrale à compter de la présidence Clinton, tout en contribuant à déstabiliser un peu plus des pays comme le Salvador, ont en définitive renforcé ce groupe aux États-Unis, par effet de ressac.Il ne faut donc pas s\u2019étonner que le président américain ait choisi de lier, du même souf fle, le Gang MS13, la politique migratoire, le mur et la crise des opioïdes qu\u2019il a, à juste titre, défini comme une urgence nationale de santé publique en octobre dernier.Les États-Unis sont aux prises avec une crise sans précédent, qui pour une deuxième année consécutive fait régresser l\u2019espérance de vie des Américains.Selon les données des Centers for Disease Control and Prevention, 64 000 personnes sont mor tes (of ficielle- ment, car les chif fres sont semble-t-il beaucoup plus élevés) d\u2019une surdose aux États- Unis en 2016 \u2014 l\u2019équivalent de la ville de Granby qui disparaîtrait en douze mois.Or, au-delà du drame humain que l\u2019organisme Al- tarum dit ne pas pouvoir évaluer justement (déstructuration des familles, stress induit par une précarité économique accrue, détresse des enfants), l\u2019impact économique \u2014 en perte de productivité, en coûts de santé et de justice pénale, en ser vice d\u2019aide à l\u2019enfance \u2014 est estimé à 1000 milliards de dollars depuis 2001, montant auquel on pourra ajouter 500 milliards d\u2019ici 2020.Le traitement envisagé par le gouvernement demeure symptomatique et privilégie la répression plutôt que la prévention.Si le président a annoncé de manière grandiloquente qu\u2019il donnait une fraction de son salaire au département de la Santé pour appuyer sa lutte contre les opioïdes, les mesures prises touchent essentiellement l\u2019accroissement des pouvoirs des agents fédéraux (l\u2019Interdict Act promulgué en janvier 2018) et l\u2019usage par la Drug Enforcement Administration des données de prescriptions transmises par les pharmaceutiques pour découvrir les médecins délinquants.Par contre, il y a toujours un directeur par intérim à la tête de la Drug Enforcement Agency et l \u2019enveloppe votée sous Obama pour appuyer les États fédérés n\u2019a pas été renouvelée.L\u2019adoption par le Congrès d\u2019un budget substantiel pour lutter contre les opioïdes ne palliera pas le déclin vertigineux du budget des agences concernées (Office of National Drug Control, Substance Abuse and Mental Health Ser vices Administration) et des programmes sociaux.Dès lors, le « carnage » évoqué par le président dans son discours d\u2019intronisation continuera de frapper de plein fouet la « classe ouvrière » et les Blancs.Ceux-là mêmes qui ont voté massivement pour lui.Stone.Le monde est stone.ÉLISABETH VALLET Les États-Unis sont aux prises avec une crise sans précédent, qui pour une deuxième année consécutive fait régresser l\u2019espérance de vie des Américains MARIO TAMA AGENCE FRANCE-PRESSE / GETTY IMAGES De San Diego à New York, ils sont des milliers, ces jeunes qui s\u2019engagent politiquement pour demander un contrôle plus strict des armes à feu.Ici, des élèves de Los Angeles préparent leurs banderoles et af fiches pour la manifestation intitulée Marche pour nos vies, qui doit avoir lieu dimanche.Plus de 500 000 personnes sont attendues dans les rues d\u2019un peu partout au pays pour l\u2019occasion.I S A B E L L E H A N N E à Washington «C\u2019était un jour comme les a u t r e s .Pour tant , ce jour-là, j\u2019ai dû utiliser le cadavre d\u2019un camarade de classe pour me protéger des balles.Ça fait 36 jours, et rien n\u2019a changé.» Il y a un mélange de sanglots et de rage dans la voix d\u2019Aalayah Eastmond.L\u2019élève de 16 ans, à l\u2019école Marjor y Stoneman Douglas, dans la ville de Parkland, en Floride, s\u2019exprimait jeudi dans une salle de conférence du Capitole, à Washington.Le 14 février dernier, Nikolas Cruz, un ancien élève de son établissement, armé d\u2019un fusil d\u2019assaut, a tué 17 personnes \u2014 14 élèves et trois professeurs.Le nom « Parkland » suf fit depuis à évoquer ce carnage.Une tuerie parmi d\u2019autres dans un pays miné par la violence des armes à feu, mais qui a déclenché une émotion et une mobilisation nationales inédites.Samedi, les élèves rescapés de Parkland seront en tête de cor tège pour demander des législations plus fermes sur les armes à feu.La capitale fédérale américaine attend environ 500 000 personnes, dont beaucoup de jeunes, pour la «March for our lives» (Marche pour nos vies), également organisée dans des centaines de villes du pays.En amont de cette manifestation, les tenants d\u2019un contrôle plus strict sur les armes semblent bien vouloir battre le fer tant que les médias regardent.À Washington, les jours précédant la marche, ont foisonné réunions municipales, débats publics, veillées religieuses et autres préparatifs logistiques \u2014 notamment pour proposer des centaines de logements gratuits aux adolescents qui déboulent des quatre coins du pays.Avec cette volonté, affichée, de laisser la place aux jeunes.Avec ou contre nous Lors de la conférence de presse au Capitole, où ont été présentés plusieurs projets de loi et expé- r iences locales concluantes (contrôles des antécédents stricts et obligatoires, possibilité de faire retirer, sur décision d\u2019un juge, une arme à un individu jugé dangereux par ses proches, etc.), il y avait bien une poignée de sénateurs en pointe sur le sujet.Des élus, des procureurs, des policiers, et des représentants d\u2019associations qui militent pour mieux encadrer l\u2019accès aux armes depuis des décennies, habitués à n\u2019entendre en réponse guère que leur écho.Mais ce jour-là, ce sont les visages juvéniles des lycéens de Parkland que sont venues capter les nombreuses caméras.Et notamment celui de David Hogg, 17 ans, l\u2019une des figures du mouvement #NeverAgain, qui a émergé aux côtés de sa camarade Emma Gonzalez.Tous deux font la tournée des plateaux télé du pays, chouchoutés comme des stars.Chemise blanche, joues lisses et coiffure impeccable, le nouvel activiste assène son message : « Il y a 435 membres dans la Chambre des représentants, et pour tant, un tiers n\u2019a jamais pris position sur la question des armes.Je demande donc à nos représentants, dès aujourd\u2019hui, de le faire publiquement, pour que leurs électeurs sachent où ils se situent.Et pour ceux qui ont pactisé avec la NRA [la National Rifle Association, le principal lobby des armes], c\u2019est très simple : aux prochaines élections, ce sera terminé pour vous.Soit vous êtes avec les enfants, soit vous êtes avec la NRA.La question des armes n\u2019est pas un problème républicain, ni un problème démocrate.C\u2019est un problème américain.» Questionné sur la suite du mouvement, Hogg évoque de nouvelles grèves des étudiants, prévues le jour anniversaire de la tuerie de Colombine, le 20 avril, ou la perspective des élections de mi- mandat, en novembre prochain, où seront remis en jeu les sièges de l\u2019intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat.« Notre colère, c\u2019est presque de l\u2019adrénaline dans ce combat, même si ça nous vide émotion- nellement », reconnaît- i l .« On veut des événements tous les mois », enchaîne Aalayah.Puis, à l \u2019adresse des parlementaires : « Réglez le problème, ça nous évitera de nous répéter.» Les jeunes de Parkland, leur spontanéité et leur engagement ont créé des vocations.À quelques kilomètres de là, dans une église luthérienne d\u2019Annandal, en Virginie, terne et spacieuse, au bord d\u2019une ar tère passante, qui accueille le visiteur avec un drapeau LGBT, des dizaines d\u2019adolescents peignent, découpent et colorient.Pinceau dans une main, téléphone intelligent dans l\u2019autre : ce jeudi après-midi, ils préparent leurs pancartes pour la marche de samedi.Ils viennent de plusieurs écoles du district, et l\u2019événement a été organisé par Students Demand Actions, un jeune mouvement qui essaime depuis Parkland.Appel à l\u2019action Pour la plupar t, le 14 février, mais surtout la réaction des jeunes du lycée endeuillé, a été un électrochoc.« J\u2019ai toujours su que la violence armée était un énorme problème dans le pays, tout en me disant qu\u2019on ne pouvait rien y faire », se rappelle Ivy, 17 ans, en peignant en rouge les lettres de sa pancarte (« La NRA, tu as du sang sur les mains »).« Mais de voir les lycéens de Parkland tenir tête aux adultes, de voir qu\u2019ils n\u2019avaient pas peur, et surtout, qu\u2019on les écoutait, ça m\u2019a vraiment donné envie de m\u2019engager.» Une table plus loin, Mckay Evans analyse le succès du mouvement, les doigts barbouillés de peinture : «Ce sont des jeunes bien éduqués, qui savent s\u2019organiser et utiliser les réseaux sociaux.» La jeune fille va, pour la première fois, voter en novembre.Elle se revendique militante, et milite pour de nombreuses causes.« C\u2019est vraiment génial ce que font les lycéens de Parkland, transformer cette tragédie en action.Je me souviens très bien, en tant que membre de la communauté LGBT, de l\u2019après-Orlando.Très vite, les gens disaient : \u201cC\u2019est trop tôt pour politiser la chose.\u201d Mais ils ont tellement attendu qu\u2019ensuite, il n\u2019y avait plus personne pour les écouter.» Ces adolescents, par fois très jeunes, se retrouvent à gérer des pages Facebook, à coordonner des actions avec des dizaines d\u2019établissements, à chercher des commanditaires pour obtenir du matériel, à décrocher leur téléphone pour faire bouger leurs élus.« On a moins d\u2019heures de sommeil que d\u2019habitude », dit Michael McCabe, qui coordonne Students Demand Actions dans plusieurs districts, visiblement galvanisé par l\u2019expérience.«Mais mes parents me soutiennent.» «Hier, il était interviewé par le New York Times, ce qui est à la fois dingue et génial, renchérit sa mère, Jennifer, assise à côté.Il n\u2019a peur de rien, quand je le vois prendre son téléphone pour appeler des sénateurs.Ces jeunes ont tous ce défaut magnifique : l\u2019impatience.Ils ont une énergie dingue et ne sont pas cyniques.C\u2019est un mouvement mené par ces jeunes, et franchement, les adultes ont de quoi avoir honte.» Cheveux roses, Converse aux pieds et chemise à carreaux nouée autour de la taille, Ella Wogaman, l\u2019organisatrice de cet atelier pancarte, regarde la salle d\u2019un air satisfait.La jeune femme se prépare à commencer ses études en enseignement musical, mais elle envisage sérieusement de « prendre une option en politique ».« Je suis très contente qu\u2019on nous écoute, mais en même temps, ça m\u2019agace de comprendre pourquoi c\u2019est nous, ou les jeunes de Parkland, qui recevons l\u2019attention : nous sommes tous blancs, ou presque, issus de familles de classe moyenne supérieure dans des banlieues confortables.Alors qu\u2019on sait très bien que les populations les plus touchées par les violences armées sont les gens de couleur en milieu urbain.» Pour Miranda, ado de 12 ans et appareil orthodontique aux dents, le réveil est surtout venu d\u2019un incident dans son établissement.« Un mois après Parkland, l\u2019agent armé de notre école \u2014 il y en a dans toutes les écoles d\u2019Alexandria \u2014 a vidé son chargeur sans faire exprès dans son bureau.Personne n\u2019a été blessé, mais une balle a traversé le mur jusqu\u2019à la salle de sciences.Je me suis dit que cette histoire d\u2019armer les professeurs [le Congrès a récemment voté le budget pour financer cette mesure] était vraiment dingue.Quand on voit ce qu\u2019il se passe avec un professionnel bien entraîné\u2026 » Sa voisine, quelques années de plus, s\u2019agace : « Je n\u2019ai plus assez de place sur ma pancarte ! J\u2019ai mal calculé mon coup.» Elle écrit les noms de tous les jeunes tués lors de fusillades dans les écoles américaines.Libération ARMES À FEU La force de la jeune colère Plus d\u2019un mois après la tragédie de l\u2019école Marjory Stoneman Douglas, des adolescents de partout aux États-Unis s\u2019apprêtent à lancer une grande marche Soit vous êtes avec les enfants, soit vous êtes avec la NRA.La question des armes n\u2019est pas un problème républicain, ni un problème démocrate.C\u2019est un problème américain.David Hogg, 17 ans, figure du mouvement #NeverAgain « » LARRY FRENCH AGENCE FRANCE-PRESSE / GETTY IMAGES L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 P E R S P E C T I V E S B 5 D ans son édition du 30 octobre 2008, Le Devoir titrait : «Yolande James dévoile le plan d\u2019intégration du gouvernement Charest.Les immigrants devront s\u2019engager à respecter les valeurs québécoises».« Notre défi, c\u2019est de vivre ensemble dans le respect de chacun : le Québec dit oui à l\u2019immigration à condition que les immigrants s\u2019intègrent à notre société », avait déclaré la ministre de l\u2019Immigration et des Communautés culturelles en présentant la « Déclaration sur les valeurs communes de la société québécoise » rédigée par son ministère.Après avoir pris connaissance des principes fondamentaux qui sous-tentent la Charte des droits et libertés de la personne, les nouveaux arrivants devaient \u2014 et doivent toujours \u2014 signer la déclaration suivante : « Comprenant la portée et la signification de ce qui précède et acceptant de respecter les valeurs communes de la société québécoise, je déclare vouloir vivre au Québec dans le cadre et le respect de ses valeurs communes et vouloir apprendre le français, si je ne le parle pas.» Il n\u2019était pas prévu de leur faire passer un examen pour vérifier dans quelle mesure ils comprenaient ce à quoi cela les engageait concrètement ni d\u2019expulser qui que ce soit, mais Mm e James avait été on ne peut plus claire : « Si la personne ne veut pas signer et s\u2019engager, elle ne pourra pas venir.» Les réactions avaient été immédiates.Dans une lettre ouverte au premier ministre Cha- rest, la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes clamait son indignation : « Cette mesure ne peut que renforcer le clivage entre le \u201cnous\u201d et le \u201cvous\u201d qui divise déjà la société québécoise.[\u2026] Cette approche divise plus qu\u2019elle ne rassemble.Elle prône le soupçon et les préjugés face à l\u2019étranger.» « D\u2019obliger les immigrants à signer une telle déclaration est anti-québécois et anti-cana- dien », avait renchéri le président du Conseil musulman de Montréal, Salam Elmenyawi.On croirait entendre le premier ministre Couillard pourfendre le « test des valeurs» de la CAQ.Le déchirage de chemises des derniers jours dégageait comme un relent d\u2019hypocrisie.?C\u2019est bien connu, les mêmes causes produisent les mêmes effets.Au printemps 2007, la percée fulgurante de l\u2019ADQ dans l\u2019électorat francophone à la faveur de la crise des accommodements raisonnables avait failli renvoyer les libéraux dans l\u2019opposition.Il fallait à tout prix s\u2019en rapprocher, de la même façon qu\u2019au moment de proposer son « test des valeurs», au printemps 2015, François Legault cherchait désespérément à sortir son parti de la marginalisation à laquelle le condamnait la polarisation autour de la question nationale.Dix ans après la Déclaration sur les valeurs de 2008, ce ne sont plus les francophones, mais les anglophones que le PLQ cherche à racoler.Lors de la course à la direction, M.Couillard avait poussé les hauts cris quand Raymond Ba- chand avait proposé la nomination d\u2019un ministre responsable des relations avec la communauté anglo-québécoise.Pas question de « diviser la société québécoise » en créant « deux classes de citoyens», disait-il.Quand les électeurs anglophones ont semblé vouloir secouer quelque peu la tutelle libérale, M.Couillard a découvert que la proposition de M.Bachand était finalement la meilleure façon de s\u2019assurer qu\u2019ils soient traités comme des « citoyens de première classe ».Il est vrai que M.Legault change d\u2019idée avec une fréquence inquiétante, mais le premier ministre est lui- même loin d\u2019être un modèle de constance.?L\u2019idée qu\u2019un « contrat moral » entre les nouveaux arrivants et la société québécoise soit la condition d\u2019une intégration réussie est bien antérieure à la Déclaration de 2008.C\u2019est un autre gouvernement libéral \u2014 celui de Robert Bourassa \u2014 qui en avait avancé le principe en 1991 dans son Énoncé de politique en matière d\u2019immigration et d\u2019intégration.« Étant donné que l\u2019immigration constitue un privilège qu\u2019accorde la société d\u2019accueil, il est légitime qu\u2019elle fasse connaître ses attentes aux immigrants, si possible dès l\u2019amorce du projet migratoire, afin que ceux-ci apprennent graduellement à les partager », peut-on y lire.«La collectivité d\u2019accueil est donc en droit de s\u2019attendre à ce que les immigrants, comme l\u2019ensemble des citoyens, respectent les lois et les valeurs qui la gouvernent et s\u2019enracinent en terre québécoise en apprenant à connaître et à comprendre leur nouvelle société, son histoire et sa culture.» Cette phrase aurait facilement pu être extraite d\u2019un document du PQ ou de la CAQ.Les libéraux auraient intérêt à se relire.De la théorie à la pratique, il y a un pas qu\u2019il faut parfois se garder de franchir trop rapidement.L\u2019ADQ ne s\u2019était attirée que des sarcasmes, en 1994, quand elle avait inclus dans son programme un « contrat social » par lequel les immigrants s\u2019engageraient à « s\u2019établir, à vivre et à prospérer en français au Québec ».Dans son rapport publié en 2008, la commission Bouchard-Taylor estimait néanmoins que les principes formulés dans l\u2019Énoncé de 1991 étaient toujours valables.Dix ans plus tard, cela demeure vrai.Comme un relent d\u2019hypocrisie MICHEL DAVID S T É P H A N E B A I L L A R G E O N M éfiez-vous des milliardaires.C\u2019était un des titres du Washington Post cette semaine dans la foulée de l\u2019af faire Cambridge Analytica-Facebook.Le cabinet britannique a utilisé sans leur consentement des données de millions de comptes du réseau social américain pour mettre au point un logiciel permettant de prédire et d\u2019influencer le vote des électeurs.La mécanique a servi pendant la dernière campagne présidentielle américaine.Les dirigeants de Cambridge Analytica ont en plus été filmés en caméra cachée en train de vendre des services illégaux de manipulation politique.L\u2019affaire Cambridge Analytica-Facebook s\u2019arrime au scandale de la désinformation en ligne de pirates présumés russes intervenus dans les dernières élections présidentielles.«Les milliardaires ne nous sauveront pas», ironisait donc le célèbre journal de la capitale américaine, d\u2019ailleurs propriété du fondateur d\u2019Amazon, probablement l\u2019homme le plus riche du monde.L\u2019analyse proposait un parallèle entre le président Donald Trump et Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook.Tout semble les séparer, à commencer par la coiffure et les costumes (ah! le look cool du ga- minet gris).Pourtant, au total, les deux ont formidablement réussi en manipulant des masses par leurs promesses d\u2019améliorer le monde.Les travaux récents du professeur de sciences politiques Thierry Giasson portent sur des sujets connexes, les stratégies numériques de communications partisanes, gouvernementales et citoyennes, le marketing politique et électoral, le cadrage médiatique des enjeux sociaux.Les révélations de Cambridge Analytica ne le surprennent pas.«Ça fait six ans que je travaille sur les stratégies numériques des partis politiques, ça fait six ans que je parle à des stratèges qui pratiquent une analyse très poussée des bases de données, dit au Devoir le professeur de l\u2019Université Laval.Il y a eu des reportages sur ces sujets.On sait que le Parti conservateur du Canada a développé la Constituency Information System Management [CISM], une base de données très performante à laquelle sont intégrées des données achetées.» L\u2019industrie du conseil politique est moins développée au Canada qu\u2019aux États-Unis, où les firmes fournissent aussi de l\u2019expertise pour enquêter sur les adversaires de leurs clients.Les relations d\u2019affaires entre les partis d\u2019ici et les firmes de publicité ou de sondage semblent d\u2019abord se développer au sommet des organisations, par accointance idéologique.Le professeur explique que tous les grands partis au Québec colligent des informations sur leurs électeurs potentiels.C\u2019est le nouveau nerf de la guerre politique.Le Parti québécois a été pionnier en la matière avec une base datant de 2012 liée à une plateforme de mobilisation (L\u2019Atelier, devenu monpq.org).Le Parti libéral est beaucoup plus discret sur ses pratiques.«Les données s\u2019accumulent sur une base volontaire dès qu\u2019on se branche, explique le professeur.Les partis demandent aux gens de fournir des informations en présumant qu\u2019 i ls consentent à leur utilisation.On tient pour acquis qu\u2019il y a une espèce d\u2019entente tacite et morale entre l\u2019internaute et le parti.» Protégez-nous! Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada estime que l\u2019intégrité du processus électoral est menacée lorsque les partis politiques ne sont pas assujettis aux lois qui encadrent l\u2019utilisation et la gestion des renseignements personnels des citoyens.Dans une entrevue accordée à La Presse canadienne, le commissaire Daniel Therrien a dit qu\u2019il s\u2019agit là d\u2019une lacune importante dans la loi canadienne.Il soutient que les partis politiques devraient être eux aussi soumis aux lois qui régissent l\u2019utilisation des renseignements personnels, afin de prévenir toute manipulation de l\u2019information dans le but d\u2019influencer le vote.Au Québec, la ministre responsable de l\u2019Accès à l\u2019information, Kathleen Weil, a dit être inquiète des révélations récentes, « sur tout lorsqu\u2019on voit que ces informations peuvent être utilisées pour détourner la démocratie ».Thierry Giasson souhaiterait autant de vigilance de la part des élus.«La ministre Weil aurait dû dire qu\u2019elle prend la situation très au sérieux et que le gouvernement est en train de revoir la Loi électorale, dit- il.Il faut se demander comment nous pourrons davantage protéger la vie privée et la vie démocratique dans le contexte nouveau qui nous définit maintenant.Personne ne fait cet exercice en ce moment, et certainement pas dans les partis politiques, qui sont les derniers à vouloir s\u2019auto- réguler parce qu\u2019ils bénéficient du système et de ses failles.» Le politologue dit aussi que les directeurs généraux des élections au fédéral et au provincial devraient tenir des discours beaucoup plus musclés et critiques sur cette question.Il rappelle qu\u2019en France, les partis n\u2019ont pas le droit d\u2019acheter de données.L\u2019Union européenne a de son côté réclamé cette semaine une « protection totale » des données personnelles.« Le problème ne vient pas seulement de la collecte de données personnelles: il découle de ce que l\u2019on fait avec ces données et des effets de ces informations sur nos démocraties.C\u2019est ce lien qu\u2019on oublie de faire.Il y a une incidence sur la vie démocratique.Quand on dresse le profil des électeurs, quand on cible les messages, on atténue l\u2019espace public, on atténue le bien commun.On crée des micropu- blics, des microdébats.On développe des programmes pour répondre à ces intérêts très particuliers.Certains électeurs deviennent plus importants que d\u2019autres, et ça, c\u2019est très problématique en démocratie puisque le vote de chaque citoyen est censé avoir autant d\u2019importance.» Le Devoir SCANDALE CAMBRIDGE ANALYTICA-FACEBOOK Bienvenue dans la politique du 2.0 P H I L I P P E P A P I N E A U A u réveil, vous défrichez votre fil Twitter pour savoir ce qui se trame dans l\u2019actualité.Au travail, votre page Facebook est toujours ouverte et vous êtes à l\u2019affût de la moindre notification.Dans le métro, vous avez abandonné votre livre pour fouiner sur Instagram et espérez avoir reçu quelques gratifications sur votre dernière publication.Et parfois le soir, en plein visionnement d\u2019un film (sur Netflix), vous vous surprenez à agripper sans raison valable votre téléphone intelligent pour savoir ce qu\u2019il y a de neuf en ligne.Vous avez dit dépendance?Rassu- rez-vous (en quelque sorte), car vous n\u2019êtes pas seuls.Et si chaque utilisateur a sa part de responsabilité, les coupables de notre surconsommation numérique ont souvent pignon sur rue dans la Silicon Valley.Les chiffres d\u2019abord.Le Pew Research Center a dévoilé la semaine dernière des statistiques montrant que 26 % des adultes américains disaient être en ligne « presque constamment ».Une hausse de 5 points de pourcentage par rapport à 2015.Et cette proportion passe à un astronomique 39 % pour les 18- 29 ans et à 36 % pour les 30- 49 ans.Plus globalement, le coup de sonde ef fectué début janvier révèle que 77 % des Américains vont en ligne au moins une fois par jour.Au Québec, les plus récents chif fres de l \u2019organisme de recherche et d\u2019innovation CEFRIO montrent qu\u2019en 2016, 67 % des Québécois dotés d\u2019un téléphone intelligent l\u2019utilisaient « au moins une fois par jour » pour accéder à Internet, un ratio qui est de 54 % pour ceux qui se connectent « plusieurs fois par jour ».Si les statistiques sur la présence quasi permanente en ligne progressent, c\u2019est d\u2019abord parce que la technologie mobile est beaucoup plus au point et les accès, presque permanents, souligne Jonathan Roberge, de la Chaire de recherche du Canada sur les nouveaux environnements numériques et l\u2019inter- médiation culturelle.« Quand on est passés à la téléphonie intelligente, on a traversé le mur du son, d\u2019une cer taine manière, illustre-t-il.La mobilité, c\u2019était un défi incroyable, on ne s\u2019en rend déjà plus vraiment compte.Il n\u2019y avait pas de signal dans le métro avant et tout le monde vivait sans.Aujourd\u2019hui, si tu embarques dans le wagon et qu\u2019il n\u2019y a pas de signal, tu deviens complètement fou ! » Même plusieurs avions fournissent le wifi, ajoute M.Roberge, ce qui était inimaginable il y a quelques années à peine.Pour Nadia Seraiocco, doctorante en communication et chargée de cours à l\u2019UQAM, il ne faut pas oublier le fait qu\u2019aux États- Unis, « les plans de données [des entreprises de télécommunications] sont très avantageux.Ce qui fait que les gens sont toujours en contact avec un ailleurs quand ils sont quelque part ! » Autre facteur, ajoute Mme Se- raiocco : celui du « cord cutting ».De plus en plus de personnes abandonnent leur ligne de téléphone à domicile et leur service de câblodistribution pour se rabattre sur leur téléphone mobile.Le désir d\u2019être connecté Individuellement, et collectivement aussi, nos téléphones intel- l igents modifient nos besoins d\u2019interactions.«Ce sont des machines ultrapuis- santes, et il faut apprendre un peu mieux à s\u2019en servir, croit Catherine Mathys, journaliste techno aussi chargée du cours Culture mobile à l\u2019Université de Montréal.On est un peu dans l\u2019adolescence de notre utilisation de la mobilité.C\u2019est arrivé très vite, c\u2019est une vague, c\u2019est hégémonique, cette affaire-là.» Certes, l\u2019occasion fait le larron.Si on peut se connecter, pourquoi ne pas le faire tout le temps, partout, jusqu\u2019aux toilettes, tiens.Mais il y a davantage, estime Jonathan Roberge.« Il y a plus que simplement un accès qui est possible, il y a un accès qui est souhaité, à la limite.Il y a une désidérabilité de se connecter, il y a une valeur sociale, culturelle, dans l\u2019idée de la connectivité ».Le modèle d\u2019affaires Mais il ne faut pas être dupe, dit Catherine Mathys.Si nous alimentons nous-mêmes notre dépendance, les technologies que nous utilisons ont bien souvent été pensées pour profiter de nos failles.De nombreuses entreprises et plusieurs consultants « font leur pain et leur beurre » du fait que nous sommes accros, dit-elle.«Les outils qui sont développés dans la Silicon Valley ne sont pas développés pour notre bien-être, mais pour capter notre attention et créer des dépendances.» Jonathan Roberge parle même de modèle d\u2019affaires.«La connecti- vité, ou la surconnectivité, c\u2019est un modèle d\u2019affaires pour les grands opérateurs, les Google, Facebook et Amazon », qui pour plusieurs se dirigent rapidement vers un Internet « ubiquitaire », avec des outils sans écran comme Google Home ou Amazon Echo.«C\u2019est du capitalisme des données, c\u2019est le moteur de la croissance de consommation du Web, tout est organisé pour que les individus accroissent leur usage », ajoute M.Roberge.Des pistes de sortie Après une prise de conscience de sa consommation d\u2019Internet peut- être abusive, Nadia Seraiocco a décidé d\u2019installer sur son téléphone l\u2019application Moment, qui calcule le temps passé à l\u2019écran et le nombre de fois qu\u2019elle y retournait.« Écoute, c\u2019était presque quatre heures par jour ! C\u2019était beaucoup.Et quand j\u2019étais plus conscientisée, ça baissait à deux heures.Parce que j\u2019arrêtais d\u2019aller vérifier tout le temps pour rien.» Et il y a les notifications, qui sont de véritables hameçons numériques.Avec ses étudiants, Catherine Mathys a fait un test l\u2019automne dernier.Ceux-ci devaient désactiver ces aver tisse- ments sur leur téléphone pendant deux jours.Finis les messages lumineux qui apparaissent, les mentions que tel ou tel ami a aimé un statut Facebook.« Quand on voit une notification, on ne peut pas s\u2019empêcher d\u2019aller voir, il y a une espèce d\u2019anticipation, on sécrète de la dopamine, et on a besoin d\u2019aller voir ce que contient ce message-là », résume Catherine Mathys.Le Devoir Société connectée, dépendance programmée Des chiffres du Pew Research Center montrent que 26 % des adultes américains et 39 % des 18-29 ans sont « presque constamment en ligne » CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Les compagnies de la Silicon Valley savent exploiter nos failles pour nous rendre accros à la technologie. A L E X A N D R E S H I E L D S I l est devenu malgré lui le symbole de notre impuissance collective à enrayer le déclin de plusieurs espèces emblématiques de la faune menacée à l\u2019échelle de la planète.Sudan, le dernier rhinocéros blanc mâle du Nord, est mort cette semaine au Kenya.Sa disparition sonne le glas d\u2019une espèce qui comptait encore 700 individus il y a de cela une quarantaine d\u2019années.Les rhinocéros, dont toutes les espèces sont aujourd\u2019hui en voie de disparition, ne sont toutefois pas des cas à part.En fait, au cours du siècle écoulé, deux espèces de vertébrés ont dispar u chaque année en moyenne sur la Terre.Et le déclin de plusieurs milliers d\u2019autres espèces se poursuit inexorablement, selon ce que nous rappellent constamment les rapports scientifiques faisant état de la situation de la biodi- versité dans le monde.À preuve, la « liste rouge » de l\u2019Union internationale pour la conser vation de la nature (UICN) ne cesse de s\u2019allonger.Les données compilées par le réputé organisme sur la base de travaux scientifiques ont jusqu\u2019à présent permis d\u2019évaluer la situation de 91 523 espèces animales et végétales.De ce nombre, 11 783 sont qualifiées de « vulnérables », 25 821 sont «menacées», 8455 sont « en danger » de disparition et 5583 sont en danger «critique ».Extinction massive Jamais, dans toute l\u2019histoire de l\u2019humanité, le déclin a-t-il été aussi rapide et dévastateur.Et rien ne semble vouloir stopper cette érosion de la vie sur la seule planète où la vie soit possible.Si bien que les scientifiques réunis cette semaine en Colombie, dans le cadre du sommet de la Plateforme intergouvernementale sur la biodi- versité et les services écosys- témiques (IPBES), n\u2019ont pas hésité à qualifier la situation actuelle de « sixième extinction massive », la première depuis la disparition des dinosaures, il y a de cela 65 millions d\u2019années.«C\u2019est une expression qui est pertinente, dans la mesure où on constate une perte très, très rapide à l\u2019échelle humaine, mais qui est également massive», a fait valoir jeudi la secrétaire exécutive de l\u2019IPBES, Anne Larigau- derie, en entrevue au Devoir.Contrairement à l\u2019extinction des dinosaures, probablement imputable à la chute d\u2019une météorite, celle-ci est provoquée directement par l\u2019activité humaine, a-t- elle ajouté.Cette extinction massive est en effet due à l\u2019exploitation abusive des ressources, à la dégradation accélérée des terres, à l\u2019urbanisation croissante, au développement industriel, aux bouleversements climatiques et aux espèces inva- sives.« Nous sommes en train de saboter notre propre bien-être à venir ! » a lancé à l\u2019Agence France-Presse Robert Watson, président de l\u2019IPBES.« Cette tendance alarmante menace des économies, des moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout » dans le monde, ont aussi déclaré les experts à l\u2019origine de quatre rappor ts de 600 à 900 pages chacun, publiés vendredi.Ces rapports, qui synthétisent les données de plus de 10 000 publications scientifiques por tant sur les dif fé- rentes régions du globe, ont été analysés par plus de 750 exper ts et décideurs de 115 des 129 pays membres de l\u2019IPBES réunis toute la semaine à Medellín, en Colombie.Ils constituent la synthèse la plus précise et la plus révélatrice de l\u2019état de dégradation de la biodiversité sur la Terre.Passer à l\u2019action Au-delà des constats « sombres », Anne Larigauderie estime toutefois qu\u2019il impor te d\u2019agir dès maintenant pour tenter d\u2019inverser la tendance actuelle.Selon elle, la protection de la biodiversité constitue d\u2019ailleurs un enjeu environnemental aussi cr ucial que la lutte internationale contre les changements climatiques.Mais pour que ce constat se généralise, elle juge urgent de sensibiliser les citoyens, les décideurs politiques et les acteurs économiques à l\u2019importance des services « écosysté- miques » liés à la biodiversité.« La biodiversité sous-tend un ensemble de production de services et de biens matériels, comme la production de nourriture, de produits pharmaceutiques ou encore le contrôle de la qualité de l\u2019eau.La biodi- versité a une valeur intrinsèque et immatérielle, mais elle fournit également un ensemble de services qui contribuent au bien-être humain », a expliqué Mme Larigauderie.« On espère que les gouvernements vont trouver, dans les rappor ts, ce dont ils ont besoin pour pouvoir appuyer leurs décisions sur la biodiver- sité et ainsi avoir un impact sur celle-ci », a-t-elle ajouté.« Nous devons prendre la bio- diversité en compte dans notre façon de gérer l\u2019agriculture, la pêche, la forêt, la terre », a expliqué de son côté le président de l\u2019IPBES, Rober t Watson, conscient que la population mondiale va continuer à croître, donc ses besoins aussi.« Le monde gaspille environ 40 % de la nourriture qu\u2019il produit [\u2026] Si nous pouvions réduire le gaspillage de nourriture, nous n\u2019aurions pas nécessairement à doubler sa production dans les 50 prochaines années», a-t-il suggéré.Appel au Canada Pour Sophie Paradis, directrice pour le Québec de la branche canadienne du Fonds mondial pour la nature (WWF), le gouvernement de Justin Trudeau doit d\u2019ailleurs absolument être attentif aux mises en garde de la communauté scientifique internationale.« Malgré nos grands espaces naturels, le Canada n\u2019est pas du tout à l\u2019abri des reculs de sa biodiversité.Nous constatons un déclin de plusieurs espèces», a-t-elle prévenu.Dans son plus récent rapport Planète vivante Canada, publié en 2017, le WWF a analysé la situation de 900 espèces de vertébrés, réparties dans environ 3000 populations à travers le pays.« La moitié des espèces connaissent un déclin majeur depuis 1970.Ces espèces nous indiquent clairement que notre environnement se por te de plus en plus mal », a souligné Mme Paradis.Enseignant au Centre universitaire de formation en environnement et développement durable de l \u2019Université de Sherbrooke, Marc-An- dré Guertin est lui aussi d\u2019avis que la biodiversité s\u2019érode au Canada et au Québec, même s\u2019il n\u2019existe pas de portrait fiable à l\u2019heure actuelle.« Notre capital de biodiversité a tendance à s\u2019effriter.Il n\u2019y a qu\u2019à regarder l \u2019état de nos espèces en péril, comme les caribous.Mais on se contente habituellement de constater les déclins sans s\u2019interroger sur les causes de ceux-ci et de la pression sur la biodiver- sité.Et ces causes sont liées à nos pratiques, notamment en matière d\u2019aménagement du territoire.» M.Guertin juge d\u2019ailleurs qu\u2019il serait primordial de repenser le développement économique, de façon à préserver les milieux naturels.« On veut découpler la croissance économique de la croissance des émissions de gaz à ef fet de serre.Il faudrait faire la même chose avec la biodiversité, et donc découpler la croissance de la destruction de la nature.Mais c\u2019est une question dont on parle très peu au Canada.» Le Devoir G U I L L A U M E B O U R G A U L T - C Ô T É H abitué au rôle de figuration lors de la présentation des budgets, le secteur culturel pourrait profiter cette année d\u2019une visibilité rare dans le même exercice.Voire jouer un premier rôle, laisse entendre Québec.«Ce ne sera pas un budget où la culture va passer sous le radar, au contraire», assure une source gouvernementale.«Le budget qui sera déposé mardi et le dépôt prochain de la politique culturelle seront l\u2019occasion de dévoiler d\u2019autres actions afin de soutenir nos créateurs, nos industries culturelles et nos grandes institutions », soumet plus officiellement le cabinet de la ministre de la Culture, Marie Montpetit, par la voix de son attaché de presse.Chose certaine, Québec est attendu de pied ferme par le « milieu », thème générique qui désigne un ensemble de compagnies, de créateurs, de producteurs, de dif fuseurs\u2026 « S\u2019il y a un momentum, c\u2019est maintenant, et si on l\u2019échappe, ce serait catastrophique », résumait récemment David Lavoie, coprésident du Conseil québécois du théâtre (CQT).« Les attentes sont très grandes», acquiesçait jeudi Hélène Messier, p.-d.g.de l\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM).Cela, à cause du contexte de présentation de ce budget : forcément préélectoral \u2014 les élections auront lieu le 1er octobre \u2014, il s\u2019annonce particulièrement généreux.Après des années d\u2019austérité/rigueur, il y a des surplus à redistribuer un peu partout.Déjà, cette semaine, le cabinet de Mm e Montpetit attribuait à la «bonne performance de l\u2019économie du Québec » sa décision-surprise de financer l\u2019Orchestre symphonique de Montréal (7,5 millions) et Bibliothèque et Archives nationales du Québec (2,8 millions) \u2014 pour simplement les aider à « poursuivre leur mission », sans projet par ticulier.« Le gouvernement dispose de revenus additionnels qui nous permettent de dégager certaines marges de manœuvre », expliquait-on alors.Mais il y a autre chose qui gonfle les attentes : le dépôt très attendu du plan d\u2019action de la politique culturelle du gouvernement se fera dans les jours suivant le budget \u2014 le plan initial prévoyait une présentation avant Noël 2017.Selon nos informations, le budget de mardi permettra de comprendre l\u2019ampleur du projet que Québec a entre les mains.C\u2019est le morceau vers lequel les yeux des intervenants sont rivés.« On attend le plan d\u2019action et ses mesures concrètes [pour mettre en œuvre la politique culturelle], dit Hélène Messier.On s\u2019attend donc à ce que budget donne la marge de manœuvre financière nécessaire au ministère pour pouvoir implanter ce plan d\u2019action.» Elle rappelle qu\u2019il « y a eu beaucoup de travail fait avec le milieu» depuis le lancement de ce chantier, il y a deux ans.«Québec a reçu plus de 450 mémoires, il y a eu un forum où les gens se sont exprimés, un comité a été formé sur les conditions socio-économiques\u2026 On espère que tout ce travail portera ses fruits.» Netflix et autres Autre élément qui retiendra l\u2019attention de tous : l\u2019enjeu de la taxation des produits intangibles offerts par les géants du Web.Avant même le dépôt des orientations de la politique culturelle canadienne par Mélanie Joly en septembre, son homologue québécois, Luc Fortin, avait indiqué au Devoir que Québec était prêt à agir seul dans ce dossier.C\u2019est-à- dire ?Appor ter les changements législatifs nécessaires pour que les produits comme ceux offerts par Netflix soient soumis à la TVQ.Tout indique que le budget Leitão concrétisera cette intention souvent répétée depuis.Jeudi, Carlos Leitão a confirmé qu\u2019il « y aura des mesures » dans son budget de la semaine prochaine, « des mesures très intéressantes et très structurantes.On va adresser [sic] cette question » de la taxation.Ottawa a toujours dit que Québec était libre d\u2019agir à sa guise s\u2019il souhaitait agir.Une question demeure à cet égard : est-ce que les sommes récoltées seront ultimement réservées au financement de la culture ?C\u2019est là une demande claire des différents intervenants\u2026 en plus de celles présentées ci-dessous : Doubler le budget.Tous les inter venants joints cette semaine se rallient derrière une demande exprimée en février par la coalition La culture, le cœur du Québec : que le gouvernement fasse passer d\u2019ici trois ans de 1,1 % à 2 % la part du budget que Québec consacre à la culture.Selon les calculs de la Coalition, qui regroupe 44 organismes, cela reviendrait à ajouter près de 1 milliard au 1,2 milliard de dollars actuellement octroyé par Québec.Appuyée par une étude, la demande a été présentée au gouvernement lors des consultations prébudgétaires.Christine Bouchard, porte-parole de la coalition et directrice générale d\u2019En piste (le regroupement national des ar ts du cirque), estime tout à fait «raisonnable» cette revendication, malgré l\u2019ampleur de la demande.«Dans le 1,1% actuel, on parle souvent de subventions aux artistes, mais on oublie que ça sert aussi à beaucoup d\u2019autres choses, notamment des services aux citoyens \u2014 l\u2019accès aux bibliothèques, des infrastructures, etc.», dit-elle.Aider la production télé et cinéma.À l\u2019AQPM, Hélène Messier espère que le crédit d\u2019impôt remboursable pour la production cinématographique ou télévisuelle québécoise (qui por te sur les dépenses de main-d\u2019œuvre), qui était de 45 % jusqu\u2019en 2014, sera rétabli au même niveau.Les libéraux l\u2019avaient ramené à 36 % en début de mandat, avant de l\u2019augmenter à 40 % en 2015.«Le but est de réussir à augmenter les budgets de production, dit Mme Messier.Les budgets, à l\u2019heure actuelle, sont moindres qu\u2019il y a dix ans.On produit plus d\u2019heures de télé, mais avec moins d\u2019argent.» Dans le même espoir d\u2019aide à la production, l\u2019AQPM souhaite une augmentation de 5 millions du budget de la SO- DEC (Société de développement des entreprises culturelles du Québec).L\u2019association plaide pour que la SODEC finance non seulement des longs métrages, mais aussi des productions télévisuelles.Une augmentation identique \u2014 5 millions \u2014 est demandée pour bonifier le budget de Télé-Québec.Donner de l\u2019air à la musique.La directrice générale de l\u2019ADISQ (Association québécoise de l\u2019industrie du disque, du spectacle et de la vidéo), Solange Drouin, a un chiffre en tête pour mardi : 12,25 millions pour les entreprises qu\u2019elle représente.Le calcul s\u2019appuie sur des besoins exprimés par l\u2019ADISQ à l\u2019automne 2016.Pour aider les producteurs de musique à s\u2019adapter aux mutations induites par la popularité des ser vices d\u2019écoute en ligne, l\u2019ADISQ demandait une aide spéciale de 15 millions au gouvernement québécois.Québec a partiellement répondu à la demande dans le budget 2017, avec 5 millions en soutien au secteur de la musique québécoise.De même, en octobre 2017, le ministère publiait un Plan d\u2019action pour la musique, d\u2019une valeur de 8,4 millions.Mais il y avait là cumul de plusieurs sommes déjà existantes, estime Mme Drouin.«L\u2019aide supplémentaire réellement annoncée pour les entreprises de la musique ne s\u2019élève qu\u2019à 2,75 millions sur les 8,4 millions», dit-elle.Le Devoir L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 P E R S P E C T I V E S B 6 Les attentes sont grandes\u2026 et Québec ne fait rien pour les dégonfler : le budget Leitão qui sera déposé mardi s\u2019annonce comme le plus important en matière de culture depuis des lustres.Tour d\u2019horizon.BUDGET DE QUÉBEC L\u2019heure H pour le milieu culturel Les nouveaux règlements en taxation des géants du Web et la politique culturelle sont attendus de pied ferme S\u2019il y a un momentum, c\u2019est maintenant, et si on l\u2019échappe, ce serait catastrophique David Lavoie, coprésident du Conseil québécois du théâtre « » À force d\u2019ignorer la destruction en accéléré de la vie sur la Terre, l\u2019humanité est en train de saboter les conditions essentielles à sa propre survie.Tel est le message lancé cette semaine par la communauté scientifique internationale, réunie en Colombie pour faire le point sur la crise sans précédent de la biodiversité et inciter les décideurs politiques à agir, enfin, avant qu\u2019il ne soit trop tard.BIODIVERSITÉ Urgence d\u2019agir, pour éviter le pire L\u2019humanité détruit en accéléré la vie sur la Terre, constate la communauté scientifique JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE Des milliers d\u2019espèces sont présentement menacées.C\u2019est le cas du léopard de l\u2019Amour, une sous-espèce vivant dans le sud-est de la Russie.Avec à peine une cinquantaine d\u2019individus vivant dans la nature, cette espèce est en danger critique d\u2019extinction. Le placement publicitaire de la présente campagne s\u2019inscrit dans le cadre de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (chapitre Q-2) et de la réglementation relative.Les journaux assujettis sont tenus de contribuer en espaces publicitaires à leur juste part.RECYC-QUEBEC.GOUV.QC.CA Pour savoir tout ce qui va dans le bac et continuer à bien récupérer : Attisés par la nature identitaire de l\u2019enjeu, les esprits des élus s\u2019échauffent quand ils échangent, ou plutôt s\u2019interpellent, sur l\u2019immigration.Philippe Couillard accuse François Legault d\u2019être carrément contre les étrangers.De leur côté, tant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec font des propositions du réalisme desquelles on peut douter.Or l\u2019immigration au Québec est une question complexe qui ne fait pas bon ménage avec les simplifications politiciennes.l y a deux ans, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, sortait de son chapeau la proposition de soumettre les immigrants à un test de « valeurs » et à un test de français trois ans après leur arrivée.En cas d\u2019échec, l\u2019immigrant serait invité à quitter le Québec.À cette époque, la CAQ cherchait sans doute à attirer l\u2019attention alors que Pierre Karl Péladeau portait ombrage au chef caquiste.Les failles dans cette proposition sont si nombreuses qu\u2019on se demande comment François Legault pourra s\u2019y tenir.Un premier os : le Québec ne peut expulser un immigrant, une prérogative du gouvernement canadien.Quant au test des valeurs, François Legault a déjà reconnu qu\u2019il serait d\u2019une simplicité telle que n\u2019importe quel immigrant pourra le réussir, même ceux qui n\u2019auraient pas l\u2019intention d\u2019en respecter les préceptes.Finie la connaissance du français comme critère premier dans la sélection des immigrants, s\u2019est hasardé le chef caquiste.On comprend qu\u2019il veut ainsi répondre aux vœux des gens d\u2019affaires prêts à embaucher des travailleurs quali?és même s\u2019ils ne parlent pas français.Ils l\u2019apprendront à l\u2019usine, font valoir les capitaines d\u2019entreprise.C\u2019est peut-être vrai en Beauce, dans les Bois-Francs ou en Abitibi, mais c\u2019est une autre paire de manches sur l\u2019île de Montréal.Une telle proposition, si elle était appliquée, n\u2019augurerait rien de bon pour l\u2019usage du français au travail dans la région métropolitaine.Pour sa part, Jean-François Lisée y est allé de 20 propositions visant une meilleure intégration des immigrants.La plupart des mesures envisagées, qui portent notamment sur la reconnaissance des acquis professionnels et la lutte contre la discrimination, tombent sous le sens.Mais c\u2019est quand il est question d\u2019exigences linguistiques que Jean-François Lisée a sauté par-dessus le cheval, pour employer une expression populaire.Il veut que tous les immigrants que sélectionne le Québec, y compris leur conjoint ou leur conjointe, possèdent une connaissance intermédiaire ou avancée du français avant même de débarquer au Québec.Le problème, c\u2019est que le Québec risque de manquer de candidats quali?és, à moins de réduire ses exigences en matière de compétence professionnelle.Qui plus est, la diversité eu égard à la nationalité des candidats à l\u2019immigration compte dans leur sélection.Au ministère, on ne le crie pas sur les toits, mais on estime que l\u2019intégration des immigrants peut s\u2019avérer dif?cile s\u2019ils proviennent en trop grand nombre du même pays ou de la même région du globe.En matière d\u2019intégration, le bilan du gouvernement Couillard est médiocre.La francisation des immigrants va de mal en pis : seulement le tiers des immigrants qui ne connaissent pas le français suivent les cours de français qui leur sont offerts.Près de la moitié des immigrants allophones optent pour l\u2019anglais lorsqu\u2019ils font un transfert linguistique.Le Québec peine à attirer des immigrants francophones: moins de la moitié des candidats sélectionnés connaissent le français \u2014 l\u2019objectif du gouvernement est de 85%.Philippe Couillard a beau s\u2019émouvoir des pénuries de main- d\u2019œuvre en région, l\u2019immigration aide peu à y remédier puisque la vaste majorité des nouveaux arrivants s\u2019installe dans la région de Montréal.Les immigrants y sont écartelés entre deux légitimités nationales \u2014 canadienne et québécoise; les libéraux ne s\u2019en plaignent pas puisque cela accroît leur emprise politique.Dans cette atmosphère préélectorale et délétère, les libéraux n\u2019hésitent pas à associer les positions de leurs adversaires en matière d\u2019immigration \u2014 la CAQ, de nos jours \u2014 au nationalisme ethnique ou à la xénophobie.Le PQ et la CAQ auraient certes intérêt à ajouter une dose de réalisme à leurs propositions.Ils ne doivent surtout pas succomber à la tentation de présenter l\u2019immigration comme une irrépressible menace.Inversement, nous saurions gré aux libéraux de cesser d\u2019accuser d\u2019intolérance tous ceux qui refusent d\u2019ânonner que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 B 8 EDITORIAL L E T T R E S La montagne pour tous et en toute sécurité J\u2019observe, ébahi, le débat sur le projet (pilote) de bloquer la circulation automobile de transit sur le mont Royal dès juin.Pour louable que soit l\u2019objectif de rendre encore plus vert notre joyau montréalais, ceci sera source de moult inconvénients pour tout le monde fréquentant ce lieu unique pour s\u2019y revigorer, se remplir les poumons, le découvrir, le montrer ou y passer un bon moment, y compris cyclistes et piétons.On peut d\u2019ores et déjà prévoir en effet un encombrement de la circulation dans les rues entourant la montagne, comme l\u2019avenue des Pins et Côte-Sainte-Catherine, mais aussi sur la voie Camillien-Houde même, en raison des deux culs-de-sac se faisant face au sommet.Plus de voitures passeront au même endroit, et plus souvent.L\u2019air sur et autour de la montagne n\u2019en sera aussi que plus pollué.Clément Ouimet n\u2019a pas été heurté par un véhicule faisant le transit par la montagne.La circulation plus dense sur le versant oriental rendra encore plus tentant de faire un virage à gauche illégal à la hauteur du belvédère est pour simplement faire demi-tour, faute d\u2019une autre solution.Il conviendrait en fait d\u2019aménager au plus vite une manière d\u2019accéder à ce belvédère et de le quitter en toute sécurité, tant en montant qu\u2019en descendant.Et ce, en installant un ar- L I B R E O P I N I O N D A N I E L T R E M B L A Y Journaliste à la recherche Nos élus, dans un élan presque unanime (sauf ceux de QS, qui ont voté contre), viennent d\u2019adopter à la sauvette (sans consultation publique et en urgence) une loi qui modifie un des fondements et des principes de la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels.Une loi visant directement à ajouter une nouvelle couche de protection à l\u2019opacité gouvernementale, au moment même où des journalistes doivent protéger leurs sources devant les tribunaux.D\u2019un seul élan, la ministre Kathleen Weill, responsable de l\u2019accès à l\u2019information, vient de faire plusieurs victimes collatérales : la transparence de l\u2019État, l\u2019obligation de rendre des comptes et le droit à une justice civile équitable\u2026 et les orphelins de Duplessis.Avec l\u2019adoption de la loi 164, nous, les millions de citoyens du Québec, sommes tous devenus un peu «orphelins» de notre droit fondamental à être informés des motifs «réels» des décisions de l\u2019État.Concrètement, nos législateurs refusent qu\u2019une partie publique des mémoires ministériels, tout comme les analyses des ministères qui ont nourri les décisions gouvernementales, soit publique malgré les tribunaux.Dans un souci de vérité et d\u2019intégrité professionnelle, je me débats justement depuis près de 10 ans afin de rendre publiques des parties de mémoires ministériels concernant les raisons qui ont motivé le Québec à of frir des sommes dérisoires (entre 15 000 $ et 60 000 $) comme aide de subsistance aux anciennes pupilles de l\u2019État qu\u2019étaient les orphelins de Duplessis.Comme journaliste, je me questionne notamment sur la manière dont notre gouvernement a voulu « régler l\u2019affaire ».Surtout que le Québec ne leur a reconnu aucun dommage, malgré des allégations d\u2019abus sexuels et physiques.J\u2019ai essuyé quatre refus en accès, avant que la Commission d\u2019accès à l\u2019information ne confirme qu\u2019une partie des documents était publique, après 12 jours d\u2019audience.Le procureur général contesta cette décision, mais tous les tribunaux ont confirmé que les documents auraient dû être accessibles.Au grand dam de nos élus, qui ont décidé de contourner les obligations légales en adoptant une loi massue, rétroactive, pour limiter la transparence publique.Peu de compassion C\u2019est un fait troublant de voir aussi peu de compassion pour les victimes du passé de la par t de ces mêmes élus qui prétendent au- jourd\u2019hui vouloir mieux défendre les victimes d\u2019abus sexuels à l\u2019avenir.Depuis plus de 35 ans, les gouvernements successifs ont dissimulé sciemment, aux orphelins de Duplessis, des documents publics, préférant distiller des demi- vérités, ce qui ne leur a pas permis de tourner la page et de cicatriser leurs blessures.Blessures qui vont malheureusement continuer de se gangrener, avec la connivence presque unanime de nos élus ! La portée des modifications à la loi sur l\u2019accès à l\u2019information dépasse donc largement la poignée de dollars que le gouvernement croit pouvoir gagner en évitant des poursuites en responsabilité civile, ou en faisant disparaître des preuves dans des recours en dommages.Dans les faits, la députation québécoise dans son ensemble s\u2019est attaquée au fragile équilibre démocratique existant entre les différentes lois prédominantes du Québec, comme celle de l\u2019accès à l\u2019information, la Charte des droits de la personne, et le Code civil.Sciemment, nos élus ont choisi d\u2019ignorer les mises en garde de la Commission d\u2019accès à l\u2019information et du Protecteur du citoyen, sur les ef fets dominos non négligeables que peut engendrer cette loi bâclée.L\u2019Assemblée nationale a refusé d\u2019entendre l\u2019avertissement de la FPJQ, du Conseil de presse et du père de la loi d\u2019accès, Jean Paré, sur les risques pour notre démocratie.À long terme, quel impact aura votre contre- exemple sur la transparence déjà anémique des organismes publics au Québec?Ne sera-t-il pas tentant pour certains gestionnaires publics de vouloir cacher leurs squelettes, quand le gouvernement fait disparaître tout le placard?Et il y a la responsabilité ministérielle.Qui se sentira responsable de rendre des comptes au Québec si notre propre gouvernement dissimule sa responsabilité ministérielle sous le tapis?Sans compter que cette loi est un affront direct à notre inestimable tradition parlementaire.Nos anciens législateurs se sont battus âprement pour jeter les bases de la démocratie législative, en obligeant les ministres à être responsables devant l\u2019Assemblée nationale et devant les citoyens.Notamment en forçant l\u2019instauration d\u2019une partie publique dans les documents ministériels.D\u2019autres faits me navrent.Nos élus se sont voté une clause d\u2019immunité, offerte sur un plateau d\u2019argent à tous les ministres passés, présents ou futurs, ainsi qu\u2019à tous les fonctionnaires.Oui, un «no fault», contraire au Code civil du Québec adopté en 1991.À l\u2019époque, le Québec était en retard sur le reste du Canada, qui avait aboli la non-responsabilité en dommages de la Couronne.Le Code civil établit qu\u2019il faut examiner la responsabilité de l\u2019État à travers la preuve qu\u2019on a.Or, c\u2019est le mot «preuve » que les députés ont omis de retenir ici.Une preuve se bâtit autour des faits, des documents (notamment ministériels) et des affidavits.Sans preuve, aucun décideur n\u2019est véritablement responsable, ni sur la place publique ni devant les tribunaux ! Un dernier fait : ministres et députés, de tous les par tis confondus, votre mutisme presque total quant au conflit d\u2019intérêts pourtant patent du gouvernement dans ce dossier est assourdissant ! À quelques mois des élections, vous avez fait honte à votre peuple et à vos électeurs ! La loi 164 et les victimes collatérales de l\u2019opacité FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET rêt obligatoire et un virage protégé à gauche aux deux extrémités dudit belvédère.Cela aiderait aussi à réduire la vitesse.Toute autre solution ne comprenant pas ceci n\u2019améliorera pas la sécurité des piétons et cyclistes sur la voie Camillien- Houde.Les automobilistes inconscients et imprudents ne manquent pas, hélas, et il y en aura encore davantage à cet endroit avec la fin du transit automobile, et plus de victimes innocentes.Je suggère que le projet-pilote et ce qui suivra se limitent à installer une guérite quelque part entre la maison Smith et le lac des Castors empêchant le transit seulement aux heures de pointe, les mêmes par exemple que pour les couloirs de bus sur Côte-des-Neiges en semaine.Avec une vigilance policière appropriée, et des panneaux de signalisation annonçant cela aux deux entrées du parc pour les véhicules.On ne toucherait pas ainsi aux aménagements essentiels du parc et il continuerait d\u2019être possible de montrer aux visiteurs les trois belvédères (Westmount, Chalet et Est) en un seul parcours sur la montagne.Soyons logiques et pratiques tout en pensant aux gens, en par ticulier les moins jeunes ou ceux mal desservis par le transport en commun, pour qui l\u2019accès et la jouissance de ce lieu impliquent l\u2019utilisation d\u2019une automobile.Yvon Turcotte Le 18 mars 2018 La solidarité se construit J\u2019appuie la lettre publiée dans votre édition du 22 mars intitulée « Pour l\u2019égalité femmes/hommes : oui à la combativité, non à la mesquinerie ».Et j\u2019ajouterais que, parmi ces personnages politiques que sont aussi les dirigeants syndicaux à tous les niveaux ainsi que nos collègues syndicaux et du milieu communautaire, nombreux sont ceux qui se sont levés en assemblée ou en réunion pour nous appuyer, nombreux sont ceux qui ont poussé à la roue pour enraciner nos revendications et nous aider à les mettre en œuvre.Sans ces collègues, certains pas n\u2019auraient pu être franchis car, en s\u2019affichant ouvertement, ces collègues ont contribué à lever les obstacles qui freinaient l\u2019adhésion à l\u2019équité salariale, au régime d\u2019assurance parentale, aux congés parentaux, au harcèlement sexuel, aux services de garde, et j\u2019en passe.Il est parfois difficile de travailler dans des organisations mixtes, comme un parti politique, un syndicat ou un organisme communautaire, pour une militante féministe, mais mon expérience m\u2019a appris que la solidarité, cela se construit avec le temps, même si parfois, et même souvent, cela nous semble une éternité.Et pour cela, je ne renierai jamais la contribution de mes collègues.Nicole de Sève Montréal, le 22 mars 2018 DÉBORDEMENTS PRÉÉLECTORAUX L\u2019arme de l\u2019immigration I ROBERT DUTRISAC L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 B 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).C e n\u2019est pas en raison de notre paralysie constitutionnelle que nos sénateurs nouvellement indépendants auraient pu acquérir la légitimité qui échappait à leurs collègues à l\u2019époque où la Chambre haute se vautrait dans les scandales.Les Canadiens demeurent plus convaincus que jamais qu\u2019un Sénat rempli de non-élus n\u2019a pas sa place dans une démocratie moderne.Mais un petit groupe de sénateurs indépendants nommés par le premier ministre Justin Trudeau, auxquels se sont joints quelques sénateurs de plus longue date, pensent qu\u2019en démontrant le sérieux de leur travail, ils peuvent convaincre les Canadiens du bien-fondé de cette Chambre haute si mal-aimée.Ou à tout le moins réhabiliter l\u2019image d\u2019une institution qui est tombée dans la disgrâce sous l\u2019ancien gouvernement de Stephen Harper.Si ce dernier avait nommé quelques sénateurs dignes de sa confiance, la plupart de ses nominations relevaient de la partisanerie totale.Les scandales des dépenses des sénateurs Duf fy, Brazeau et Wallin \u2014 qui continuent tous de siéger à la Chambre haute, par ailleurs \u2014 auront convaincu les Canadiens une fois pour toutes qu\u2019il faut abolir cette relique du passé.Or, la Cour suprême du Canada a statué en 2014 que le gouvernement fédéral ne peut pas à lui seul abolir le Sénat.Une telle modification de la Constitution nécessiterait l\u2019unanimité des provinces, chose quasi impossible dans ce pays apparemment ir réformable .La barre est quelque peu moins haute pour changer la façon de nommer des sénateurs \u2014 par exemple, en les sélectionnant parmi les listes de candidats élus ou choisis par les provinces.Mais rallier sept provinces représentant 50 % de la population canadienne serait presque aussi dif ficile que l\u2019atteinte de l\u2019unanimité.Depuis les échecs constitutionnels des années 1990, personne n\u2019ose essayer.Les Canadiens semblent donc condamnés à vivre avec le Sénat qu\u2019ils ont.M.Trudeau a eu l\u2019idée, en nommant des sénateurs indépendants qui ne siègent pas au caucus libéral, qu\u2019il pouvait ainsi se dissocier des scandales futurs et faire en sorte que le Sénat ne fasse plus les manchettes.Cela aurait nécessité que la trentaine de sénateurs indépendants qu\u2019il a nommés ne fassent pas de vagues, ce que certains d\u2019entre eux ne sont pas prêts à accepter.La tentative du sénateur André Pratte de retarder l\u2019adoption du budget fédéral en 2017 en demandant le retrait des clauses concernant la création de la Banque d\u2019infrastructure du Canada de la loi budgétaire en a fait sourciller plusieurs dans l\u2019entourage de M.Trudeau.Quel monstre au juste avons-nous créé ?se sont-ils demandé.Les sénateurs indépendants ont aussi tenté de mettre des bâtons dans les roues du gouvernement dans le dossier de la légalisation de la marijuana.Mais ne voulant pas faire le jeu des sénateurs conservateurs qui s\u2019opposaient en bloc au projet de loi C-45, les indépendants sont finalement rentrés dans le rang cette semaine, en permettant son adoption en deuxième lecture.M.Pratte, ancien éditorialiste en chef de La Presse, serait de loin le plus grand champion d\u2019un Sénat plus militant.Dans ses nombreuses inter ventions dans les pages d\u2019opinions des journaux tant francophones qu\u2019anglophones du pays, le sénateur essaie de démystifier le travail de la Chambre haute et défend des interventions qui semblent parfois frustrer les intentions de la majorité des députés élus.Les Canadiens devraient se réjouir de voir des sénateurs plus travailleurs occuper les sièges de la Chambre haute.Mais il est loin d\u2019être certain qu\u2019ils soient emballés à l\u2019idée que ces non-élus s\u2019approprient le droit de changer des lois.Au nom de qui, au juste, parlent-ils, ces nouveaux sénateurs indépendants ?On peut parfois déplorer la nature par tisane de la politique canadienne, mais au moins, des sénateurs qui siègent au caucus conservateur travaillent de concer t avec des collègues qui constituent l\u2019opposition officielle à la Chambre des communes.Ils ne sont pas des électrons libres qui agissent comme bon leur semble.Les sénateurs indépendants et non affiliés ne rendent de comptes à personne.Bien qu\u2019ils n\u2019aient jusqu\u2019ici empêché l\u2019adoption d\u2019aucun projet de loi, ils en ont amendé plusieurs.Pourtant, la vaste majorité, sinon la quasi-tota- lité, des Canadiens ignorent l\u2019existence même de ces nouveaux sénateurs militants.À moins de changer la Constitution, rien ne peut stopper des sénateurs qui se prennent pour des sages, comme s\u2019ils étaient imbus d\u2019une intelligence supérieure à celle des législateurs que nous avons sciemment élus.Il leur manque toutefois la légitimité que seul le peuple peut leur accorder.Et les Canadiens ne sont pas à la veille de légitimer cette institution vétuste.Cacher ce Sénat KONRAD YAKABUSKI L U C D E S J A R D I N S Maire de la municipalité de Ripon ainsi que les maires et préfets de la MRC de Papineau et de la Vallée-de-la-Gatineau a survie des guichets Desjardins de Ripon et de Plaisance, dans la Petite-Nation, comme celle des guichets de la vallée de la Lièvre et du Bas-du- Fleuve, ne peut être réduite à une simple question de rentabilité.Loin de là.Ces fermetures interpellent la nature même du mouvement coopératif, fondement de toutes ces caisses \u2014 jadis populaires \u2014 qui émaillent le paysage socio- économique de notre coin de pays depuis près d\u2019une centaine d\u2019années.Alphonse Desjardins écrivait en 1910, au sujet des coopératives d\u2019épargne et de crédit : « Ce n\u2019est pas le capital qui domine, qui fait la loi et règle tout, mais c\u2019est la personne.Le capital n\u2019est que l\u2019accessoire, non le principal.Les personnes éprouvant les mêmes besoins, à la recherche des mêmes satisfactions légitimes, mais frappées de la même impuissance économique se réunissent, et par une entente basée sur la justice et l\u2019intérêt de tous, forment ces sociétés (les caisses) où règne une parfaite égalité.» Les pionniers de nos caisses populaires avaient compris que seul un mouvement bâti sur l\u2019entraide et la coopération pouvait permettre aux petits épargnants de combattre les abus des grandes banques anglo-canadiennes.Aussi, au fil des décennies, les adhérents ont-ils afflué par milliers, puis par millions, fondant plus de 1600 caisses populaires dans les villes et villages du Québec, ainsi qu\u2019au sein de collectivités francophones ailleurs au pays.Est-il besoin de rappeler qu\u2019il y a à peine un demi-siècle, plus de la moitié de ces caisses populaires desser vaient des communautés rurales, pendant que dans les régions urbaines, la paroisse locale servait souvent d\u2019encadrement.De ces élans de solidarité a jailli un vif sentiment d\u2019appartenance dont Desjardins récolte aujourd\u2019hui les fruits \u2014 avec plus de cinq millions de membres.Des membres, rappelons-le, pas des clients\u2026 En 1991, le Québec comptait près de 1500 caisses populaires Desjardins.Aujourd\u2019hui, avec les fusions et fermetures, il en reste 422, avec quelque 800 centres de services.Nos villages abritaient autrefois une caisse populaire complète, devenue par la suite un simple centre de services qu\u2019on a ensuite remplacé par un guichet automatique\u2026 qui doit maintenant disparaître.Nous ne sommes pas seuls, dans la Petite-Nation, à subir un tel scénario.D\u2019autres localités québécoises en sont aussi victimes.De 2012 à 2017, près de 500 guichets automatiques Desjardins ont été débranchés ! Tenir compte de la spécificité socio-économique Dans les régions rurales, les membres des caisses apprécient la portée de l\u2019évolution technologique et ses répercussions importantes sur les habitudes financières de tous et toutes.Les innovations y sont accueillies avec autant de réalisme qu\u2019à l\u2019ombre de la Place Ville-Marie.Ces sociétaires ne sont-ils pas, cependant, en droit d\u2019espérer \u2014 d\u2019exiger même \u2014 que la direction du mouvement coopératif tienne compte de leur spécificité socio-économique ?Ainsi que l\u2019affirmait la Fédération québécoise des municipalités, « l\u2019argent comptant est utilisé pour toutes sortes d\u2019activités locales et est au cœur de la vie économique de plusieurs de nos municipalités en milieu rural.En ce sens, les effets de la disparition d\u2019un guichet dans ces milieux sont multiples et ne se limitent pas aux difficultés de transiger en espèces».Les justifications de fermeture sont invariablement économiques.Les guichets seraient déficitaires à cause d\u2019une baisse d\u2019achalandage.Mais les critères de rentabilité ainsi que les sommes exactes en jeu restent nébuleux.Ce qui est clair et connu, c\u2019est que le Mouvement Desjardins \u2014 malgré tous ces guichets en difficulté \u2014 a engrangé 2,15 milliards de dollars d\u2019excédents avant ristournes en 2017 et que le président de la Caisse Desjardins de la Petite- Nation reconnaît qu\u2019elle est en très bonne santé financière et capable de maintenir le guichet de Ripon\u2026 et d\u2018autres.En annonçant 320 millions de dollars en ristournes aux membres, le président du Mouvement Desjardins a affirmé son intention d\u2019augmenter les excédents et les ristournes.Rien sur l\u2019esprit coopératif.Rien sur les besoins des petites localités.Rien sur la justice et l\u2019intérêt de tous.Rien sur la « parfaite égalité » des membres.Le capital domine désormais, et non la personne.Il nous apparaît même que le capital est devenu « le principal souci » du mouvement coopératif, et non « l\u2019accessoire » comme le voulaient Alphonse Desjardins et ces millions de membres qui ont uni leurs épargnes pour créer le vaste réseau Desjardins.En axant ses énergies sur les objectifs financiers au lieu de s\u2019occuper de ses membres, Desjardins «a perdu son âme», affirmait récemment l\u2019ancien président du Mouvement, Claude Bé- land.Nous, les maires des municipalités soussignés, sommes d\u2019avis que Desjardins peut revenir à l\u2019idéal coopératif sans nuire à sa rentabilité.Diverses solutions ont été mises en avant pour conserver les services de proximité, y compris les guichets, à l\u2019extérieur des grandes villes.Nous allons exercer toutes les pressions possibles sur Desjardins pour en arriver à des ententes satisfaisantes et défendre les droits des membres des régions rurales.Les membres de nos caisses se mobilisent en vue de faire annuler des décisions de fermeture, et se disent prêts à envisager la destitution de conseils d\u2019administration au besoin.Que Desjardins se le tienne pour dit ! Cette fois, les membres entendent occuper la place qui leur revient de droit dans leur mouvement coopératif.Desjardins doit revenir à l\u2019idéal coopératif D O M I N I Q U E L A P O I N T E Analyste principal à l\u2019Institut des finances publiques et de la démocratie à l\u2019Université d\u2019Ottawa e Fonds des générations, instauré en 2006, est un remarquable ef for t d\u2019épargne collective.Sa valeur estimée à la fin du mois de mars sera d\u2019environ 13 milliards de dollars, un montant équivalent à plus de 12% du budget du Québec.Le principe est simple : en investissant des revenus dédiés, dont près de la moitié proviennent d\u2019Hydro-Québec, on accumule un actif financier qui génère un rendement plus élevé que le coût d\u2019emprunt de la dette du gouvernement.On vient ainsi diminuer le poids de la dette plus rapidement que si ces sommes étaient consacrées immédiatement au remboursement de la dette ou à des dépenses fiscales.D\u2019ailleurs, un des faits remarquables du Fonds est sa politique de versements dédiés qui a survécu jusqu\u2019à ce jour à trois gouvernements successifs, à une récession et à une sévère période de restriction budgétaire.La société québécoise a donc constamment privilégié un impératif de long terme aux besoins de court terme.Le gouvernement a annoncé la semaine dernière son intention de réduire de 10 milliards sur cinq ans les versements prévus au Fonds afin de réduire la dette publique.Nous voyons deux problèmes à cette approche, l\u2019un de nature financière et l\u2019autre de nature politique.D\u2019abord, les rendements potentiels des 10 milliards investis dans le Fonds seraient de 2 milliards, selon nos calculs, soit le double des sommes économisées en remboursant la dette.Le remboursement de la dette pendant cinq ans a donc un coût d\u2019opportunité.Certes, une crise financière mondiale pourrait entraîner un rendement négatif du Fonds, comme en 2008, rendant caduc ce simple calcul.En revanche, les crises financières ont un impact négatif important sur les portefeuilles du fait même qu\u2019elles sont imprévisibles.Cet argument de gestion du risque, amené par le gouvernement, peut donc être fait chaque année.De plus, elles ne durent généralement pas cinq ans.Toutefois, si le gouvernement tient à se protéger des aléas des marchés financiers, une intention louable, il peut toujours exiger du gestionnaire du Fonds, la Caisse de dépôt, une répartition des actifs plus sécuritaire, sans altérer les versements.Ce qui nous amène au deuxième point, qui lui est politique.En modifiant les versements prévus au Fonds simplement sur la base des risques futurs, on crée un précédent.Cela ouvre la por te à une panoplie d\u2019utilisations du Fonds qui, elles, nous éloigneraient de l\u2019objectif ultime de réduire l\u2019endettement du Québec à long terme.Des propositions se sont déjà fait entendre pour vider le Fonds des générations afin d\u2019abaisser le niveau de taxation général.D\u2019autres ont suggéré d\u2019exiger une politique de placement ayant un lien avec les objectifs politiques du moment.Utiliser le capital du Fonds, ou les revenus dédiés, pour financer une dépense fiscale récurrente donne l\u2019absolue priorité aux considérations de court terme.Nous reconnaissons toutefois que les besoins sont criants, notamment en matière d\u2019éducation et de santé.Or, ces deux objectifs ne sont pas irréconciliables puisqu\u2019une utilisation soutenable du Fonds des générations afin de réinvestir maintenant pourrait impliquer l\u2019utilisation des revenus de placement afin de rembourser la dette.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que fait l\u2019Alberta avec l\u2019Heritage Fund.La marge de manœuvre sur le service de la dette qui en résulterait pourrait répondre à des besoins en matière de santé, d\u2019éducation ou de logement.Ainsi, le mécanisme de réduction de la dette à long terme, soit les revenus dédiés au Fonds, resterait intact et les rendements positifs générés sur les marchés financiers permettraient d\u2019of frir de meilleurs services à la population.Utiliser 10 milliards du Fonds des générations maintenant pour diminuer la dette n\u2019est pas la pire idée, mais ce n\u2019est pas la meilleure non plus.La gestion des finances publiques se doit de conjuguer la livraison des meilleurs services à la population actuelle et la gestion de la dette à long terme pour les générations futures.Toute proposition d\u2019utilisation d\u2019une somme aussi importante que celle du Fonds des générations doit donc être soigneusement examinée sous cet angle et comparée à d\u2019autres solutions.Il s\u2019agit d\u2019une question d\u2019équité intergénérationnelle.Soyons prudents avec le Fonds des générations L L MICHAËL MONNIER LE DEVOIR De 2012 à 2017, près de 500 guichets automatiques Desjardins ont été débranchés. L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 SCIENCES B 10 P A U L I N E G R A V E L A u cours des cinquante dernières années, on a beaucoup étudié la pollution atmosphérique de nos villes sans vraiment porter attention à l\u2019air que nous respirons dans nos maisons.Les scientifiques commencent tout juste à s\u2019intéresser au cocktail de composés chimiques qui flottent dans ces espaces intérieurs où nous passons l\u2019essentiel de notre temps.Des chercheurs américains faisaient remarquer récemment dans la revue Science que les composés chimiques émanant notamment des produits d\u2019hygiène personnelle et de nettoyage, des peintures et de la cuisine contribuent autant à la pollution de l\u2019air que les gaz d\u2019échappement du parc automobile et des usines.Nos habitations seraient de véritables boîtes de Pandore dont le contenu nous est encore largement inconnu.Dans un commentaire paru récemment dans la revue Science, deux chimistes, Sasho Gligo- rovski, de l\u2019Académie chinoise des sciences de Guangzhou, et Jonathan P.D.Abbatt, de l\u2019Université de Toronto, passent en revue les différentes sources de pollution intérieure.Ils insistent sur le fait que ces sources ne sont que le premier maillon d\u2019une suite de réactions chimiques susceptibles d\u2019aboutir à la production d\u2019autres composés chimiques fort probablement nocifs pour la santé, et dont nous ignorons encore la nature.Combustion Toutes les sources de combustion, celles de la cuisinière au gaz, des bougies et de la cigarette, émettent d\u2019importantes concentrations d\u2019acide nitreux (HONO), un polluant qui résulte également de la réaction entre le dioxyde d\u2019azote (NO2), dégagé par les cuisinières au gaz, et les divers composés organiques issus de la cuisine et des produits de nettoyage qui se sont déposés sur les murs et les plafonds de la maison.« Même s\u2019il n\u2019y a que des traces d\u2019un composé organique quelconque, étant donné les grandes surfaces dans chaque pièce, le NO2 produit beaucoup d\u2019acide nitreux qui se dégage dans l\u2019air.Lorsque l\u2019on respire cet acide nitreux, notre corps le métabolise en nitrosa- mine, un composé hautement cancérigène », précise Sasho Gligorovski.L\u2019acide nitreux réagit aussi avec la nicotine de la cigarette qui a adhéré aux différentes surfaces à l\u2019intérieur de la maison, dont notamment les murs et le plafond.« Le produit de cette réaction est aussi la nitrosamine.Le problème est que cette réaction continue de se produire une semaine, voire deux semaines ou plus après qu\u2019une personne a fumé dans la pièce.Des nitrosamines se dégagent donc des murs pendant plusieurs semaines, et c\u2019est ce qu\u2019on appelle la fumée tertiaire, par comparaison à la fumée directe et à la fumée secondaire », souligne le chimiste.Les sources de combustion, telles que la cuisine, les bougies et la cigarette, dégagent également des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), qui eux aussi sont cancérigènes.«Même si ces polluants sont émis à des concentrations beaucoup plus importantes dans les habitations des pays en développement, où on brûle le bois dans l\u2019espace ouvert et non dans une cheminée, il n\u2019est pas exclu que, même dans les sociétés modernes occidentales, ces composés soient émis par différentes sources de combustion et se déposent sur les murs et les plafonds.Puis, par réaction avec le dioxyde d\u2019azote ou l\u2019ozone, ils pourront former d\u2019autres composés secondaires qu\u2019on ne connaît pas et qu\u2019il faudra étudier dans le futur, mais qui pourraient être encore plus toxiques que les composés initiaux (HAP) qui sont déjà très agressifs», fait savoir le chercheur.Solutions « Il est donc primordial d\u2019éviter toutes les sources de combustion dans les pièces de la maison, car on a tendance à construire des maisons bien isolées afin de consommer moins d\u2019énergie.Cela veut dire que la ventilation et le taux de renouvellement de l\u2019air y sont bien moindres, et que les polluants s\u2019y accumulent », prévient M.Gligorovski, qui ne recommande pas les cuisinières à gaz parce qu\u2019elles sont une source non seulement de HONO, mais aussi de NO2.«Si on utilise une cuisinière au gaz, il faut mettre en route la hotte ou ouvrir la fenêtre.» Le chercheur précise néanmoins que c\u2019est la durée d\u2019exposition à ces polluants très agressifs qui est déterminante.« Un cuisinier qui y est exposé pendant 20 à 30 ans court beaucoup plus de risques de souffrir d\u2019une maladie respiratoire, ou même d\u2019un cancer, à moins de bien se protéger », dit-il.Produits de nettoyage Laver les surfaces intérieures d\u2019une habitation avec de l\u2019eau de Javel entraîne l\u2019évaporation d\u2019acide hypochloreux (HOCl) et de di- chlore (Cl2), deux gaz toxiques qui peuvent à leur tour oxyder les autres surfaces de la pièce, ou même, sous l\u2019ef fet des rayons ultraviolets qui pénètrent par les fenêtres, se décomposer en atomes de chlore qui sont extrêmement réactifs.« Ces atomes de chlore peuvent réagir avec tout ce qui est présent à l\u2019intérieur de la maison, dont les composés organiques volatils (COV) qui proviennent de la cuisine, du ménage et des meubles qui dégagent des aldéhydes, et ils peuvent ainsi former une large gamme de produits qui sont susceptibles d\u2019êtres nocifs, vu qu\u2019ils contiennent du chlore.Mais c\u2019est une chimie qui n\u2019est absolument pas connue et sur laquelle nous devons faire des recherches », affirme M.Gligorovski.Dans une étude publiée dans les PNAS, M.Gligorovski a démontré que des rayons ultraviolets pénètrent à l\u2019intérieur des habitations, bien que de façon moins homogène qu\u2019à l\u2019extérieur, car les fenêtres n\u2019arrêtent qu\u2019une certaine fraction d\u2019entre eux.« Les ultraviolets de 320 à 400 nanomètres peuvent entrer à l\u2019intérieur des maisons.L\u2019intensité est un peu moindre qu\u2019à l\u2019extérieur, mais suf fisamment grande pour provoquer la photochimie », pré- cise-t-il.Lors d\u2019une expérimentation dans un lycée de France, le chercheur a observé que les UV pénétrant à l\u2019intérieur du bâtiment fragmentaient les polluants, tels que l\u2019acide nitreux, et contribuaient à la formation de radicaux hydro- xyles (OH) qui sont très réactifs.« On a ainsi montré pour la première fois que des radicaux hydroxyles peuvent se former à l\u2019intérieur de la maison, et ce, à la même concentration qu\u2019à l\u2019extérieur», précise-t-il.Présence d\u2019humains Non seulement les activités menées par les humains contribuent à polluer l\u2019air, mais leur seule présence dans une pièce y par ticipe aussi.L\u2019équipe de Charles J.Weschler, de l\u2019Université Rutgers au New Jersey, a remarqué que, lorsque deux personnes entraient dans une pièce, la concentration d\u2019ozone dans cette pièce diminuait de moitié en l\u2019espace de 30 minutes.Qui plus est, la concentration de composés organiques volatils (COV) toxiques s\u2019accroissait d\u2019autant.Ces chercheurs ont alors compris que l\u2019ozone réagissait avec une molécule, appelée squalène, présente sur la peau des humains.« Les humains dégagent beaucoup de composés carbonylés nocifs, tels que des aldéhydes et des cétones, qui résultent de la réaction entre l\u2019ozone et le squalène », précise M.Gligorovski.« On a longtemps pensé que l\u2019ozone, parce qu\u2019il est réactif, pouvait purifier l\u2019air en éliminant tous les polluants présents à l\u2019intérieur de la maison.Et pour cette raison, nombreux étaient ceux qui avaient recours à des purificateurs d\u2019air à l\u2019ozone au Canada et aux États-Unis.Mais on ne s\u2019est pas demandé quels composés résultaient des réactions entre ces polluants et l\u2019ozone, et si ces composés sont nocifs ou pas ! » Composés organiques Les produits d\u2019hygiène personnelle, savons et par fums, contiennent beaucoup de composés organiques, comme les terpènes qui réagissent avec des oxydants, tels que l\u2019ozone et les radicaux hydroxyles.Or, « ces réactions produisent de nombreux intermédiaires qui souvent seront toxiques.Les réactions d\u2019oxydation conduisent très souvent à la formation de composés nocifs, mais on ne connaît pas encore très bien cette chimie », souligne le chercheur.De même, les produits de nettoyage qui sentent bon contiennent des terpènes, dont le limonène qui a une odeur fraîche et propre d\u2019agrumes.La cuisson du poivre et d\u2019herbes aromatiques libère aussi des terpènes.Les vaporisateurs électriques qui se branchent dans les murs, les bougies parfumées, voire l\u2019encens, dégagent également des composés organiques volatils susceptibles d\u2019être oxydés par l\u2019ozone et les radicaux hydroxyles.« On a trouvé de nombreux cas de cancer du poumon chez les moines bouddhistes, qui pourtant mènent une vie saine.Mais ces moines étaient exposés pendant des dizaines d\u2019années à de l\u2019encens qui brûle dans un espace clos », fait remarquer M.Gligorovski.« On utilise souvent des produits pour soi-disant purifier l\u2019air, mais on ne purifie pas l\u2019air, on ne fait que masquer les odeurs.Une bougie qui sent bon n\u2019élimine pas les polluants, ne renouvelle pas l\u2019air, elle ne fait que masquer une odeur et générer des polluants, des COV qui réagissent avec l\u2019ozone et les radicaux hydro- xyles», souligne le chercheur.Les peintures sur les murs réagissent même plusieurs années après avoir été appliquées avec les oxydants.Les meubles dégagent pendant plusieurs années des aldéhydes, comme le formaldéhyde qui est cancérigène et l\u2019acétaldé- hyde qui est potentiellement cancérigène, ajoute-t-il.Ouvrir les fenêtres « Même si l\u2019air extérieur est souvent pollué, les concentrations de polluants sont toujours plus élevées à l\u2019intérieur qu\u2019à l\u2019extérieur, affirme M.Gligorovski.L\u2019air extérieur est toujours plus propre que l\u2019air intérieur, parce que c\u2019est un grand volume, il y a sans cesse un brassage, de la turbulence qui exerce un effet de dilution.Par contre, à l\u2019intérieur, on est enfermés dans un plus petit volume qui est pollué par de nombreuses sources», explique-t-il.Pour cette raison, il recommande d\u2019ouvrir les fenêtres souvent, et ce, en dépit de la pollution atmosphérique.Il conseille de ne pas rester enfermé longtemps à l\u2019intérieur et d\u2019être le plus souvent possible dans la nature.« Nos sociétés modernes nous obligent à être à l\u2019intérieur pour le travail et pour l\u2019école.Cer taines sources de pollution intérieure sont inévitables, dont celles reliées à la cuisine, mais Il faut écarter les autres sources, comme les bougies et les produits de nettoyage qui sentent bon, et nettoyer la maison avec de l\u2019eau chaude sous haute pression en limitant aussi l\u2019usage de l\u2019eau de Javel.» «Les solutions idéales n\u2019existent pas encore.Les peintures photocatalytiques et les fenêtres au verre photocatalytique [contenant un photo- catalyseur capable de détruire les composés organiques présents dans l\u2019air sous l\u2019effet d\u2019une lumière naturelle ou artificielle] ne constituent pas encore une solution viable.Il faudra investir encore beaucoup d\u2019efforts pour améliorer ces matériaux afin qu\u2019ils puissent être lancés sur le marché, car pour le moment ils produisent plus de COV qu\u2019ils en éliminent», affirme le scientifique.Le Devoir Des îlots de pollution à l\u2019intérieur de nos maisons L\u2019air de nos habitations est plus vicié que l\u2019air pollué de nos villes LA PRESSE CANADIENNE «On utilise souvent des produits pour soi-disant purifier l\u2019air, mais on ne purifie pas l\u2019air, on ne fait que masquer les odeurs.Une bougie qui sent bon n\u2019élimine pas les polluants, ne renouvelle pas l\u2019air, elle ne fait que masquer une odeur et générer des polluants, des COV qui réagissent avec l\u2019ozone et les radicaux hydroxyles», explique Sasho Gligorovski, de l\u2019Académie chinoise des sciences de Guangzhou.Il est donc primordial d\u2019éviter toutes les sources de combustion dans les pièces de la maison, car on a tendance à construire des maisons bien isolées afin de consommer moins d\u2019énergie.Cela veut dire que la ventilation et le taux de renouvellement de l\u2019air y sont bien moindres, et que les polluants s\u2019y accumulent.Le chimiste Sasho Gligorovski « » L E D E V O I R , L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 M A R S 2 0 1 8 L E S P E T I T E S A N N O N C E S B 11 PRESTIGE CHARME & DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com T 514 789 2889 realta.ca CDN | 3124 Fendall 784 000 $ Westmount | 295 Victoria, app.101 549 000 $ L\u2019Assomption | 690 Point-du-jour 289 000 $ Outremont | 1001 Mont Royal, app.204 400 000 $ Outremont | 812 Dollard 735 000 $ Ville-Marie | 3982 Côte-des-Neiges, 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