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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-03-31, Collections de BAnQ.

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[" Religion LES SAMEDI 31 MARS ET DIMANCHE 1 E R AVRIL 2018 CAHIER SPÉCIAL C TASSO MARCELO AGENCE FRANCE-PRESSE Un fidèle brandit un paréo à l\u2019effigie du drapeau brésilien en attendant l\u2019arrivée du pape François pour la messe de clôture des Journées mondiales de la jeunesse, sur la plage de Copacabana, à Rio de Janeiro, en juillet 2013.Ce n\u2019est pas parce que les jeunes désertent les bancs de l\u2019église le dimanche matin qu\u2019ils n\u2019ont plus la foi.Les jeunes croyants préfèrent aujourd\u2019hui se retrouver au sein de communautés vivantes pour prier, mais aussi partager leur manière de voir le monde et donner de leur temps.Ils souhaitent également que la religion soit au service de leur épanouissement personnel.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale S i les statistiques manquent pour dresser un portrait des jeunes croyants en général et des jeunes chrétiens et catholiques en particulier, plusieurs indices permettent de penser qu\u2019en Occident, de moins en moins de jeunes manifestent leur foi ou revendiquent l\u2019avoir.Sabrina di Matteo est la directrice du centre Benoît- Lacroix, un organisme d\u2019animation chrétienne affilié à l\u2019Université de Montréal.Elle indique par exemple que lorsque la question de la religion est posée aux États- Unis, chez les jeunes adultes, la mention de la non-affi- liation religieuse est celle qui est en plus forte croissance ces dernières années.Elle présume par ailleurs que les résultats seraient les mêmes au Canada ou en Europe de l\u2019Ouest.De son côté, la directrice du centre Présence religieuse intercommunautaire (PRI), Chantal Jodoin, fait remarquer qu\u2019elle fréquente dif férentes paroisses et que lorsqu\u2019elle se rend à la messe dominicale, à 43 ans, elle fait largement baisser la moyenne d\u2019âge.Elle ajoute qu\u2019on assiste également à un vieillissement des célé- brants, la moyenne d\u2019âge des prêtres se situant au-delà des 80 ans au Québec.Une remarque que ne conteste pas le recteur du Grand Séminaire de Montréal et de l\u2019Institut de formation théologique de Montréal (IFTM), Jorge Pacheco, qui souligne que le Grand Séminaire accueille au- jourd\u2019hui une vingtaine de séminaristes destinés à la prêtrise chaque année.Il rappelle qu\u2019il y a une cinquantaine d\u2019années, les cohortes comptaient en moyenne 350 étudiants.Pas à la messe du dimanche Des constats qui pourraient avoir de quoi déprimer, s\u2019ils ne cachaient pas une tout autre réalité.À savoir que si la jeunesse catholique n\u2019est pas là où on l\u2019attend traditionnellement, à savoir à la messe du dimanche, cela ne signifie pas que sa foi ne soit pas vivante.« Il y a peu de jeunes familles à la messe, reconnaît Chantal Jodoin.Elles ne s\u2019y sentent peut-être pas non plus très bien accueillies.Les enfants qui courent dans les allées de l\u2019église ou qui pleurent, ça en irrite certains, qui ne se gênent pas pour le faire remarquer.» On les retrouve alors ailleurs.Ils font par tie de groupes qui organisent des soirées de prières, de louanges, de partage biblique, ou des activités d\u2019enseignement évangélique.Cer tains vivent des expériences de silence, ils se déconnectent, font des pèlerinages, participent aux Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).Ils vont à la messe également, mais rarement le matin.Le centre Benoît-Lacroix la programme notamment en soirée et cela n\u2019a pas grand-chose à voir avec la messe traditionnelle.La musique y est centrale, le décorum, notamment l\u2019éclairage, est important également.«C\u2019est toute une expérience qui émerge de cela, note Sabrina di Matteo.Les jeunes croyants cherchent un groupe d\u2019appartenance, des communautés vivantes composées de pairs de leur âge avec lesquels ils peuvent échanger, partager leur foi, mais aussi donner.Nombreux sont ceux qui partent en voyage de coopération internationale ou qui préparent et vont distribuer des sandwichs aux sans-abri, tout en passant un peu de temps avec eux.» Pour les jeunes d\u2019aujourd\u2019hui, être chrétien, ce n\u2019est pas une obligation, comme ça a pu l\u2019être pour les générations précédentes, c\u2019est un choix.Peu d\u2019entre eux ont été élevés dans la foi.Peu d\u2019entre eux ont fréquenté l\u2019église en famille.«Avant, il fallait aller à la messe.Aujourd\u2019hui, tu es plutôt pointé du doigt quand tu y vas, souligne Réjean Ber- nier, directeur adjoint du centre de formation chrétienne Agapê.Ils ne sont pas dans l\u2019endoctrinement, ils vivent une expérience et ils veulent la pousser, la partager.Être chrétien, ça passe par la prière, mais c\u2019est surtout une Les jeunes et la foi VOIR PAGE C 4 : FOI Le potentiel «unificateur» de la philanthropie C 2 Tout être humain est spirituel C 8 R E L I G I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 M A R S E T D I M A N C H E 1 E R A V R I L 2 0 1 8 C 2 Chapelle consacrée Messes de funérailles Une équipe respectueuse, à votre écoute Messes quotidiennes Baptêmes \u2022 Mariages Funérailles \u2022 Catéchèse LA FABRIQUE DE LA PAROISSE NOTRE-DAME DE MONTRÉAL, PRÉSENTE POUR LES GRANDS ÉVÉNEMENTS DE VOS VIES.514 735-1361 cimetierenotredamedesneiges.ca 514 842-2925 basiliquenotredame.ca Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale «L\u2019 Institut Mallet se consacre à l\u2019avancement de la culture philanthropique en plaçant le don de soi au cœur des priorités de la société », lance d\u2019emblée son président et chef de la direction, Jean M.Gagné.Vu par ce dernier comme un carrefour inclusif de partage et de mise en valeur des savoirs, des pratiques et des innovations, l\u2019Institut Mallet mobilise l\u2019ensemble des acteurs de la société dans le but d\u2019encourager et de soutenir le don de soi : «On en dégage des savoirs sur les conditions préalables à l\u2019action philanthropique dans le but de mieux les faire connaître au grand public afin de l\u2019inspirer à faire des gestes.» Ainsi, les activités de l\u2019Institut sont multiples, dont de nombreuses tables rondes.Le 2 juin dernier s\u2019est tenue une table ronde portant sur la philanthropie et la religion.Parmi les objectifs, on notait celui de recenser les valeurs, les croyances et les convictions promues par la religion qui favorisent le développement de la culture philanthropique.Ensuite, les par ticipants cherchaient à comprendre les mécanismes qui permettent de mobiliser le don de temps et d\u2019argent, ainsi qu\u2019à déterminer les secteurs d\u2019activité et les causes dans lesquels la religion est particulièrement active et finalement, à cerner les contributions de la religion à la culture philanthropique.Cette table ronde réunissait des représentants de dif férentes religions et, parmi les participants se trouvait à titre d\u2019observateur Alain Bouchard, coordonnateur du Centre de ressources et d\u2019observation de l\u2019innovation religieuse, ainsi que sœur Monique Gervais, supérieure générale des Sœurs de la charité de Québec.Les Québécois, les moins généreux des Canadiens?Pour la mise en contexte de cette table ronde, de nombreuses études qui démontrent une corrélation positive entre la religion et les comportements philanthropiques comme le don d\u2019argent, le bénévolat et le don de sang ont été présentées.Certaines de ces études postulaient que le lien est encore plus fort chez l e s c r o y a n t s p r a t i q u a n t s pu isque leurs va leurs a l - truistes seraient davantage ancrées et ces derniers seraient sollicités fréquemment pour faire des dons.On entend souvent que les Québécois seraient les moins généreux des Canadiens.Récemment encore, selon des données rendues publiques par Statistique Canada, à l\u2019échelle nationale, la valeur médiane des dons s\u2019élevait à 300 $ en 2016, alors qu\u2019au Québec, elle n\u2019était que de 130 $, plaçant ainsi la province au dernier rang.Cependant, l\u2019Institut Mallet, afin d\u2019alimenter les débats autour de la table ronde, a apporté une nuance en citant un article scientifique récent qui indique qu\u2019à revenus et taux de pratique religieuse comparables, les dons des résidents du Québec seraient analogues à ceux de l\u2019Ontario et des provinces de l\u2019Atlantique.Le don de soi en héritage «Ce qui me préoccupe, c\u2019est pourquoi le phénomène religieux semble avoir une incidence sur la culture philanthropique », lance Alain Bou- chard, sociologue des religions.Il explique qu\u2019une des fonctions importantes du religieux est de réunir des gens.« Ils interagissent autour du sentiment d\u2019être rassemblés au nom de quelque chose qui est plus grand qu\u2019eux, ce qui semble avoir une incidence sur la perception qu\u2019ils ont des gestes à poser », explique-t-il, en ajoutant que « la reconnaissance d\u2019un principe supérieur induit un sentiment d\u2019humilité, postuler quelque chose de plus grand nivelle le niveau humain et rend conscient de l\u2019interdépendance qu\u2019on a les uns avec les autres».C\u2019est pourquoi, selon lui, dans le phénomène religieux, il est courant de voir des individus qui feront abstraction d\u2019eux-mêmes : « Émerge alors un altruisme qu\u2019on appellera dans le bouddhisme la compassion, dans le christianisme la charité chrétienne, dans le judaïsme, ce sera le concept central qui veut qu\u2019on répare le monde, et l\u2019un des cinq piliers de l\u2019islam est l\u2019aumône.» Finalement, dans de nombreuses religions, on retrouve ce souci de l\u2019autre, et c\u2019est pourquoi lorsqu\u2019on réunit des gens de ces différentes religions pour échanger sur la philanthropie, tous sont sur la même longueur d\u2019onde.« En fondant l \u2019 Ins t i tu t , c\u2019était très impor tant pour nous de trouver un moyen nouveau de rejoindre la société actuelle », explique sœur Ger vais.Sa par ticipation à cette table ronde lui a permis de constater que « le lien entre religion et philanthropie était en fait un moment où l\u2019on pouvait ensemble travailler à la transformation de la société, un lieu de rassemblement qui touchait toutes les religions ».Même si le don est inné chez l\u2019être humain, il est im- por tant de nourrir cette faculté.Aujourd\u2019hui, avec la religion qui perd du terrain, la philanthropie devient un concept qui unit l\u2019humanité, un point de rencontre qui va bien au-delà des dif férences.« Chez les jeunes, on constate que le souci de son prochain est un enjeu important dans l\u2019ensemble de leurs actions et même dans leur vie profess ionne l le » , a f f i r me Jean M.Gagné.« Ce nouveau paradigme dans les milieux de travail amène les gestionnaires à se questionner et à diriger leurs actions en tenant compte de ces valeurs», ajoute-t-il.« La philanthropie doit s\u2019universaliser, surtout le modèle traditionnel qui est complètement révolu.Elle doit s\u2019adapter aux jeunes et à leur vision du monde.Il faut les impliquer.Pourquoi ne pas penser à une formation philanthropique of fer te à tous ?» propose le directeur.De son côté, sœur Gervais cultive l\u2019espoir : « Il faut mettre l\u2019accent sur ce qui nous unit, et non pas sur ce qui nous sépare.On assiste au réveil des jeunes et il faut qu\u2019ils réalisent que ces valeurs sont impor tantes et qu\u2019ils doivent s\u2019unir au service des autres et toujours garder ce souci de travailler ensemble à changer le monde.» Le potentiel «unificateur» de la philanthropie ISTOCK De nombreuses études démontrent une corrélation positive entre la religion et les comportements philanthropiques comme le don d\u2019argent, le bénévolat et le don de sang.Même si le don est inné chez l\u2019être humain, il est important de nourrir cette faculté R E L I G I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 M A R S E T D I M A N C H E 1 E R A V R I L 2 0 1 8 C 3 Ensemble pour la Depuis plus de 50 ans, Développement et Paix s\u2019emploie à faire tomber les murs pour construire des ponts en mettant en œuvre des projets dans les pays du Sud qui favorisent le dialogue, l\u2019ouverture et la connaissance d\u2019autrui.  Grâce à votre solidarité, la paix sur Terre est possible.DONNEZ GÉNÉREUSEMENT! devp.org | 1 888 234-8533 L\u2019Université de Montréal et des études religieuses.La diversité culturelle et religieuse de Montréal et l\u2019expertise des professeures et professeurs de l\u2019Institut d\u2019études religieuses en font un milieu idéal pour explorer ou approfondir le monde des religions et de la spiritualité.Il est encore temps de faire une demande d\u2019admission ! ier.umontreal.ca M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale L es nouvelles sont accablantes : 3000 chrétiens ont été tués en 2017, attentats suicides dans les églises, monastère passé au bulldozer, femmes emprisonnées pour leur foi.Le rap- por t sur les chrétiens opprimés pour leur foi 2015-2017, publié par l\u2019organisme Aide à l\u2019Église en détresse (AED), constate que, dans 12 des 13 pays étudiés, la situation des chrétiens s\u2019est dégradée.Le pays d\u2019exception : l\u2019Arabie saoudite, où la situation était déjà tellement catastrophique qu\u2019elle n\u2019a pu empirer.«Afin de dresser un portrait le plus large possible pour ce rapport, nous compilons les observations de nos partenaires de projet, nous scrutons l\u2019actualité et les publications d\u2019autres organismes qui gravitent autour de ce dossier », explique Marie- Claude Lalonde, directrice nationale d\u2019Aide à l\u2019Église en détresse.L\u2019association AED a été fondée en 1947, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, par un religieux hollandais, le père Weren- fried.Elle soutient les chrétiens dans le monde, là où ils sont confrontés à des difficultés matérielles ou à des persécutions.Au tout début, la mission de l\u2019AED était localisée en Allemagne et en Europe de l\u2019Est.Puis, au fil des années, ses actions se sont étendues à l\u2019Asie, à l\u2019Amérique latine, à l\u2019Afrique puis au Moyen-Orient.L\u2019AED finance plus de 6000 projets par an dans 140 pays et défend la liberté religieuse dans le monde, qu\u2019elle promeut en tant que droit fondamental de la personne.En tête de liste des rapports précédents, la Corée du Nord est encore aujourd\u2019hui l\u2019endroit sur la planète où il est le plus dif ficile d\u2019être chrétien.Quand on se penche sur le cas de l\u2019Irak, le rapport constate que l\u2019exode des chrétiens reste important, mais que l\u2019espoir renaît, et on assiste même à des retours.Par contre, en Syrie, et en particulier à Alep, où jusqu\u2019en 2011 résidait la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient avec 150 000 fidèles, le déclin est évident puisqu\u2019il n\u2019en reste aujourd\u2019hui que 35 000.Dans ces deux pays, le groupe État islamique (EI) ainsi que d\u2019autres groupes militants islamiques ont commis de nombreuses exactions alors qu\u2019au Nigeria, c\u2019est le groupe Boko Haram, af filié au groupe EI qui a, selon les termes du rapport, « mené un génocide contre les chrétiens du nord du pays ».Du côté de l\u2019Inde, c\u2019est la montée du nationalisme religieux qui est responsable de la violence et de l\u2019oppression à l\u2019égard des chrétiens.En Chine, où le président considère le christianisme comme une « infiltration étrangère », l\u2019hostilité a entraîné la destruction d\u2019édifices religieux.Pas d\u2019améliorations «En 17 ans, je n\u2019ai jamais vu d\u2019améliorations significatives», lance Marie-Claude Lalonde.Elle parle même d\u2019accélération des persécutions lorsqu\u2019elle songe au groupe EI présent dans certains pays.En même temps, « le groupe État islamique a permis de faire la lumière sur la situation des chrétiens parce que les réseaux généralistes se sont mis à parler régulièrement de ces persécutions», ajoute-t-elle.De plus, les médias sociaux ont eux aussi joué un rôle important dans la diffusion de l\u2019information sur les persécutions, mais en même temps, ils ont aussi permis une vaste transmission de la propagande.Si on fait grand cas des groupes islamistes, il ne faut pas perdre de vue que ce sont les États qui demeurent les plus grands persécuteurs : « On pense aux pays communistes et aux pays totalitaires », précise la directrice, ou encore à certains pays comme le Pakistan, où les dirigeants tolèrent les agressions perpétrées par les groupes extrémistes contre les chrétiens.Le Pakistan compte 110 des 1922 chrétiens détenus dans le monde.Évidemment, le récent rapport, qui couvre la période 2015-2017, se concentre sur la situation en Irak et en Syrie où, ce qui impressionne, c\u2019est d\u2019abord le nombre de personnes touchées : « On y a forcé un déplacement des populations, les kidnappings ont été nombreux et la quantité de mor ts est importante », explique Marie-Claude Lalonde.Malheureusement, ces évaluations, par leur nature même, ne peuvent être exhaustives.Le bilan de l\u2019organisme principalement qualitatif ne fournit pas de statistiques permettant une analyse comparative complète.En l\u2019état actuel des choses, il est impossible de deviner où, quand et comment la violence éclatera.Il n\u2019existe pas de scénarios capables de prédire une accélération des persécutions : «Du jour au lendemain, un pays peut changer de gouvernement et alors décider d\u2019être répressif contre l\u2019Église.Il peut y avoir des indices, mais on ne sait jamais quand les politiques seront édictées », déplore la présidente.Parfois, l\u2019accroissement des violences se fait lentement et ailleurs, c\u2019est assez brutal : «Le groupe État islamique a été présent longtemps sur le territoire avant d\u2019intervenir», ajoute-t-elle.Toutefois, il suffirait d\u2019actions de la part des gouvernements pour que la situation s\u2019améliore: « l\u2019incapacité des États à prendre les mesures nécessaires pour arrêter le génocide et poursuivre les responsables en justice \u2014 comme prévu par la Convention \u2014 représente un revers important pour les chrétiens qui souffrent», mentionne-t- on dans le rapport.Pourtant, la présence de chrétiens est importante dans des pays comme l\u2019Irak et la Syrie ; « parce que le Moyen-Orient est le berceau du christianisme et, souvent, les chrétiens, par leurs valeurs, sont des acteurs de paix et favorisent le dialogue, la discussion et dans les situations tendues, ils ont un rôle à jouer », ajoute Marie-Claude Lalonde.Rappelons l\u2019article 18 de la Déclaration universelle des droits de l\u2019homme: «Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seul ou en commun, tant en public qu\u2019en privé, par l\u2019enseignement, les pratiques, le culte et l\u2019accomplissement des rites.» LIBERTÉ DE RELIGION Sombre époque pour les chrétiens BANARAS KHAN AGENCE FRANCE-PRESSE Une survivante chrétienne pakistanaise d\u2019une attaque terroriste sort de la messe de Noël de Quetta.Le groupe État islamique a revendiqué une attaque suicide dans une église le 17 décembre dernier.Le Pakistan compte 110 des 1922 chrétiens détenus dans le monde R E L I G I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 M A R S E T D I M A N C H E 1 E R A V R I L 2 0 1 8 C 4 En librairie et sur FR.NOVALIS.CA PRIONSENEGLISE.CA SUIVEZ-NOUS Découvrez aussi , la revue mensuelle qui accompagne vos moments d\u2019intériorité et de prière.Foi _ spiritualité _ société LE GOÛT DU BONHEUR AU FONDEMENT DE LA MORALE AVEC ARISTOTE Jean Vanier, Albin Michel, collections « Espaces libres », Paris, 2018, 272 pages Nourri très jeune par la sagesse d\u2019Aristote, le fondateur des communautés de l\u2019Arche et lauréat du prix Templeton, Jean Vanier, permet de comprendre dans cette réédition du livre Le goût du bonheur les racines de son engagement auprès des plus faibles.Une implication qui n\u2019est pas sans lien avec la doctrine du bonheur du célèbre philosophe grec, à qui il a consacré une thèse.Il partage dans cet ouvrage la sagesse d\u2019Aristote grâce auquel il ancre sa spiritualité dans l\u2019amitié et la rencontre avec autrui, et répond à cette question centrale : qu\u2019est- ce qui donne à chacun le goût du bonheur ?VAL NOTRE-DAME L\u2019ABBAYE DANS LES BOIS Bruno-Jean Rotival, frère Bruno-Marie, Médiaspaul, Montréal, 2017, 256 pages Ce livre de plus de 250 images entraîne les lecteurs dans une plongée au cœur de l\u2019univers de l\u2019abbaye cistercienne de Val Notre-Dame, nouveau refuge des moines depuis 2009.Nichée au milieu de la forêt de la Montagne-Coupée, à Saint-Jean- de-Matha, cette abbaye pensée par l\u2019architecte Pierre Thibault est reconnue comme une réussite de l\u2019architecture religieuse contemporaine.Les photos illustrent à merveille le résultat : lignes pures, cohabitation du bois et de l\u2019ardoise et larges fenestrations qui permettent un dialogue constant entre la nature et la vie monastique.Un livre que l\u2019on parcourt tel un voyage intérieur rythmé par les textes de moines d\u2019ici et d\u2019ailleurs.TINTIN, LE DIABLE ET LE BON DIEU Bob Garcia, Novalis, Paris, 2018, 248 pages Dans cet ouvrage unique, le tintinophile reconnu Bob Garcia s\u2019attaque, au fil d\u2019un long et minutieux décryptage, aux diverses références religieuses qui parcourent les albums d\u2019Hergé.Créé dans un monde catholique de l\u2019entre-deux-guerres, Tintin incarne les grandes valeurs chré tiennes qui étaient fondamentales chez le mondialement connu bédéiste belge.Loin de vouloir faire du prosélytisme, ce dont Hergé a souvent été accusé à tort, les albums marquent, au con traire, un intérêt très documenté et un profond respect pour les autres religions telles que le boud dhisme et l\u2019islam.Le jeune reporter se meut alors en ambas - sa deur de la paix, de la tolérance et de l\u2019ouverture sur le monde, et la relecture de ses aventures reste plus que jamais d\u2019actualité.De la lecture pour l\u2019âme L U D I V I N E M A G G I H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale A u centre de formation chrétienne Agapê, une dizaine de jeunes vivent ensemble dix mois durant, par ta- geant leur foi, mais aussi toutes les tâches inhérentes à la vie communautaire.Tous arrivent à la fin du mois d\u2019août pour une année universitaire en théologie dans les locaux du centre de formation chrétienne à Québec, mais aussi à l\u2019Université Laval.Ils viennent d\u2019horizons très divers et n\u2019en sont pas tous au même point dans leur cheminement spirituel.Mais tous ont le désir d\u2019approfondir leur foi.« C\u2019est le critère le plus important dans notre sélection, explique le directeur adjoint du centre, Réjean Bernier.Ce désir de mieux se connaître, de donner un sens à sa vie.Au départ, personne ne se connaît et au fil des expériences qu\u2019ils vont partager, ils vont apprendre à connaître les autres, tout en se connaissant mieux eux- mêmes.Ils vont accepter la dif férence.C\u2019est une acquisition très importante ensuite dans la vie de tous les jours.» Les repas sont pris en commun avec le personnel d\u2019animation.On se parle, on s\u2019écoute.Toute situation peut faire l\u2019objet d\u2019un enseignement puisqu\u2019il ne s\u2019agit pas de remplir les têtes, mais d\u2019alimenter les cœurs pour qu\u2019ils s\u2019ouvrent aux autres.Au cœur de l\u2019expérience, il y a bien évidemment la vie spirituelle et intérieure faite de prières et de louanges.La messe également trois fois par semaine, mais qui représente elle-même une occasion de célébrer ensemble et de partager ses expériences plutôt que de subir des prêches à n\u2019en plus finir.« Il s\u2019agit d\u2019approfondir sa relation avec le Christ, explique M.Bernier.La parole circule.Quand nous avons des invités, en général, ils nous disent, seigneur ! je ne pensais pas que ça pouvait être ça, une messe ! » Allumer le feu intérieur Au centre Agapê, l\u2019objectif n\u2019est donc pas de remplir des cer veaux, mais bien d\u2019apprendre les uns des autres.Et l\u2019enseignement n\u2019est d\u2019ailleurs pas unilatéral.Même s\u2019il n\u2019y a pas de confusion des rôles, le directeur adjoint raconte qu\u2019 i l peut lui -même très bien faire la vaisselle.Ici, l\u2019équipe d\u2019animation fait corps avec les participants.« Nous sommes des disciples qui accompagnent d\u2019autres disciples, précise M.Ber- nier.Chaque parcours est coloré de son expérience, de sa trajectoire.Nous nous accompagnons mutuellement afin de mieux discerner ce qui est im- por tant dans nos vies.Au- jourd\u2019hui, la vie nous propose une multitude d\u2019options, ce cheminement en communauté appor te à tous un éclairage pour mieux choisir.» Dans ce contexte, Réjean Bernier salue l\u2019initiative du Synode sur la jeunesse et le questionnaire planétaire pré- synode.Parce qu\u2019il amène les jeunes à se questionner sur leurs aspirations.Pas sur le film qu\u2019il aimerait voir au cinéma, leur vedette préférée ou la marque la plus cool.Mais bien sur leurs attentes et les défis qui se dressent devant eux.« On leur demande ce qu\u2019ils portent au fond d\u2019eux-mêmes, ce qui les anime, ce qui allume leur feu intérieur, conclut-il.Il y a peu d\u2019espaces qui of frent cette possibilité.Avec ce synode, le pape François semble vouloir aller dans cette direction et ouvrir les por tes de l\u2019Église plus largement aux jeunes.Ça me paraît être un pas dans la bonne direction.» Approfondir sa foi JOLANTA OKUPNIAREK CENTRE AGAPÊ Durant dix mois, une dizaine de jeunes ont décidé de vivre une année universitaire en théologie dans les locaux du centre de formation chrétienne Agapê à Québec, mais aussi à l\u2019Université Laval.manière de voir le monde, d\u2019avoir les bras ouverts sur le monde.Dans l\u2019autobus, c\u2019est être ouvert aux gens et leur sourire plutôt que d\u2019être enfermé avec ses écouteurs et son écran.» Tous ces sujets seront abordés durant le prochain Synode des évêques, qui aura lieu au Vatican en octobre prochain.Le pape François semble vouloir mettre la jeunesse au cœur de son pontificat et ainsi, la thématique du prochain Synode portera sur les jeunes, la foi et le discernement des vocations.Cette grande réunion est destinée à écouter les préoccupations des jeunes croyants afin de mieux les accueillir et les accompagner dans leur cheminement spirituel.Pour une Église plus ouverte Pour préparer cette rencontre, un grand questionnaire a été adressé aux paroisses afin qu\u2019il soit rempli par les jeunes.Les premiers résultats ont été publiés.Pas ceux du Québec, mais la Conférence des évêques de France a rendu ses conclusions.Il en ressort que les jeunes souhaitent que la religion soit au service de leur épanouissement personnel.Ils en appellent également à une Église plus ouverte aux femmes, aux divorcés, aux couples remariés, aux homosexuels.Sur l\u2019avortement également, ils aimeraient que la position évolue.Ils veulent enfin une institution plus transparente, qui communique plus, notamment via les réseaux sociaux, une Église rassembleuse, exemplaire.Une Église qui fait un peu plus de place aux jeunes dans ses instances.« Nos jeunes ne sont pas des cruches qu\u2019il faut remplir, lance Sabrina di Matteo.Ils ont des maîtrises, des doctorats, ils veulent être des acteurs de la réflexion sur l\u2019avenir de l\u2019Église.C\u2019est eux, la relève, il faut les écouter.» « J\u2019ai par ticipé aux consultations dans le diocèse de Montréal et je dois dire que les préoccupations sont les mêmes qu\u2019en France, précise Chantal Jodoin.Les jeunes ont des idées, l\u2019Église doit les écouter si elle souhaite les intégrer.Ce que je trouve particulièrement intéressant, c\u2019est que ce ne sont pas seulement les jeunes catholiques qui ont été consultés.Car c\u2019est important de savoir ce que pensent les jeunes qui sont loin de l\u2019Église.» Or, la baisse de l\u2019engagement dans la vie consacrée et la pénurie de prêtres font en sorte qu\u2019il est de plus en plus difficile de les rejoindre.« Il faudrait plus amener la parole de l\u2019Église dans les écoles et les cé- geps, estime le recteur Pacheco.Il y a des enfants et des adolescents qui sont en plein questionnement et qui ne savent même pas ce que c\u2019est que la foi, qui n\u2019ont jamais entendu parler de la religion puisque la transmission ne s\u2019est pas faite dans les familles.Nous arrivons à accompagner les jeunes qui gravitent dans nos paroisses.Mais ceux qui ne s\u2019en approchent pas, il est très difficile de les atteindre.» SUITE DE LA PAGE C 1 FOI «Nos jeunes ne sont pas des cruches qu\u2019il faut remplir.Ils ont des maîtrises, des doctorats, ils veulent être des acteurs de la réflexion sur l\u2019avenir de l\u2019Église.C\u2019est eux, la relève, il faut les écouter.» YASUYOSHI CHIBA AGENCE FRANCE-PRESSE Des croyantes argentines attendent le pape François devant le Théâtre municipal de Rio de Janeiro durant les Journées mondiales de la jeunesse, en 2013. R E L I G I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 M A R S E T D I M A N C H E 1 E R A V R I L 2 0 1 8 C 5 S\u2019AIMER ENFIN ! UN CHEMIN INITIATIQUE POUR RETROUVER L\u2019ESSENTIEL Dr Christophe Fauré, Albin Michel, Paris, 2018, 208 pages Véritable récit initiatique, S\u2019aimer enfin ! raconte le parcours de vie de son auteur, le psychiatre et psychothérapeute Christophe Fauré, devenu moine puis psychiatre à nouveau.Dans ce qui s\u2019apparente à une confession, il retrace les moments marquants de sa vie vécus comme autant de ruptures avec le monde qui l\u2019entoure, jusqu\u2019au jour où, en quête de sens, il décide de tout quitter pour se tourner quelque temps vers une vie de moine bouddhiste.Fort de ce voyage intérieur, il partage ici les enseignements et les clés pour se reconnecter à son essence.Un livre qui, à partir du récit d\u2019un être, parle à chacun de la quête de soi et de la quête de sens.LE CHANT DU MONDE EST LÀ René Lenoir, Albin Michel, Paris, 2017, 144 pages Le chant du monde est là retranscrit les pensées de René Lenoir, qui s\u2019interroge sur le sens qu\u2019il peut donner à son existence au crépuscule de sa vie.A-t-il vraiment besoin de ce Dieu auquel il a cru depuis l\u2019enfance et qui a marqué ses com - bats en politique, notamment auprès des exclus?L\u2019auteur s\u2019en remet plutôt à la beauté du monde et à son mystère dans ses courts chapitres qui posent la question de la place de l\u2019homme dans l\u2019univers.Nourri d\u2019anec do tes, l\u2019ouvrage transmet une sagesse ancestrale que la vie de cet ancien homme politique sur les cinq continents lui a permis d\u2019acquérir.RÉFORMER L\u2019ÉGLISE LE PAPE FRANÇOIS À L\u2019ÉPREUVE DE LA RÉFORME DE L\u2019ÉGLISE : TOUS LES TEXTES ! Pape François, Novalis, Montrouge, 2018, 420 pages Est-il possible de réformer l\u2019Église en profon - deur?Si cette question appelle, de prime abord, une réponse négative confortée par les scandales qui secouent périodiquement le Vatican, elle n\u2019en demeure pas moins importante avec l\u2019arrivée du pape François.Depuis son élection en mars 2013, le successeur de Benoît XVI a su amener un vent d\u2019air frais par son style, mais aussi par les cardinaux qui lui ont donné pour mission de réformer l\u2019Église.Une entreprise qu\u2019il honore et relate dans ce livre qui réunit l\u2019ensem ble de ses discours évoquant là son souci de réorganiser en profondeur le fonctionnement de l\u2019Église.UNE FLAMME À TRANSMETTRE L\u2019HÉRITAGE SOCIAL ET CULTUREL DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Sylvie Bessette, Médiaspaul, Montréal, 2018, 184 pages En allant à la rencontre d\u2019un religieux et d\u2019un responsable laïque de six communautés fondatrices d\u2019œuvres sociales importantes à Montréal, Sylvie Bessette invite les lecteurs à s\u2019interroger sur la notion de « patrimoine immatériel ».Au-delà des églises et des couvents, le patrimoine religieux désigne aussi l\u2019esprit de l\u2019engagement social et spirituel qui a façonné la société et le devenir de Montréal.Que léguer, pourquoi et comment ?Chaque chapitre reflète la vision du legs de l\u2019intangible par une communauté.Ensemble, les congrégations fondatrices d\u2019institutions montréalaises et des professionnels laïques réfléchissent au défi de la transmission, entre tradition et renouveau, passé et avenir.De la lecture pour l\u2019âme L U D I V I N E M A G G I INSTITUT D\u2019ÉTUDES RELIGIEUSES Croiser les regards A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale «E n plus d\u2019être complexe, le phénomène religieux est souvent caricaturé, donc pour essayer de le saisir dans sa cohérence et son incohérence, nous avons besoin de plusieurs points de vue», lance d\u2019emblée Alain Gignac, directeur de l\u2019IER, ancienne Faculté de théologie et de sciences des religions (FTSR) de l\u2019UdeM.Dans l\u2019optique de construire des ponts avec les autres disciplines, en mai dernier, la FTSR a été intégrée à la Faculté des arts et des sciences (FAS) de l\u2019UdeM sous le nom d\u2019Institut d\u2019études religieuses.« En tant que nouveau département de la FAS, nous prétendons donner une formation pluridisciplinaire à nos étudiants sur l\u2019objet religieux.Ils ont par exemple des cours d\u2019histoire et certains autres avec une porte d\u2019entrée plus sociologique ou encore anthropologique », explique M.Gignac.Rassembler les chercheurs Pour souligner son intégration à la FAS, l\u2019Institut a organisé un colloque multidisciplinaire au mois de février dernier, nommé L\u2019étude de la religion aujourd\u2019hui : déplacements thématiques, conceptuels et méthodologiques.Pendant deux jours, chercheurs et professeurs de divers horizons sont venus défendre leur point de vue sur la religion.« Ce colloque a été l\u2019occasion de se retrouver entre chercheurs qui réfléchissent sur cet objet qu\u2019est la religion », commente M.Gignac, qui remarque que des choses bougent dans l\u2019étude de la religion et des religions.«Quelles que soient nos approches et notre définition des religions, il y a des êtres humains qui sont en quête de sens, des institutions portent cela, des gens se posent la question», ajoute-t-il.Selon lui, le colloque a mis en lumière l\u2019impor tance et la nécessité d\u2019un travail en commun.«Cela inaugurait tout un potentiel de collaborations.Par exemple, les historiens vont s\u2019associer avec des sociologues et l\u2019Institut va jouer un rôle d\u2019animation, de fédération.Et la collaboration doit aussi dépasser la FAS», croit-il.Différents domaines d\u2019études Depuis son intégration à la Faculté des arts et des sciences, l\u2019Institut a fait le choix de conjuguer trois champs disciplinaires : les sciences des religions, la théologie et les études en spiritualité.«Nous avons profité de toutes les institutions, de toutes les méthodologies des sciences humaines et sociales pour mieux comprendre le fait religieux», relève le directeur.Pendant longtemps, la Faculté de théologie et de sciences des religions était une école professionnelle qui formait notamment des agents de pastorale.« Nous avions alors beaucoup d\u2019étudiantes et étudiants, mais cela s\u2019est atrophié au fil des ans et nous nous sommes dit que la théologie allait demeurer, mais qu\u2019elle serait moins importante et que la science des religions allait prendre plus de place », note Alain Gignac.En outre, la théologie n\u2019est pas uniquement l \u2019étude du christianisme, mais plutôt d\u2019essayer de comprendre le monde à partir de l\u2019épistémologie chrétienne.Il existe une théologie de l\u2019ar t, de la culture, de la justice sociale, de la polit ique\u2026 « Il s \u2019agit de voir à travers le prisme du christianisme, la théologie est un ef for t de cohérence, de rationalité qu\u2019une foi se donne pour penser Dieu, sa p r o p r e e x p é r i e n c e e t l e monde », mentionne le directeur de l\u2019Institut.Il rappelle au passage que cer tains concepts de théologie sont récupérés par la sociologie, comme la notion de charisme développée par Max Weber.Les études en spiritualités, développées à l\u2019UdeM depuis quelques années, se présentent comme «une troisième voie des études religieuses s\u2019exerçant à la frontière, ou à l\u2019interface, de la théologie et des sciences des religions.» Ainsi l\u2019Institut forme notamment des intervenants spirituels dans les milieux hospitaliers.«Au Québec, nous avons déconfessionnalisé, mais le citoyen a le droit à un service d\u2019accompagnement spirituel ou d\u2019éducation spirituelle », rappelle M.Gignac.Il mentionne notamment le service d\u2019intervenants spirituels du CHUM, où les étudiants de l\u2019Institut peuvent faire des stages.Pertinence des études religieuses Si l\u2019UdeM a décidé de garder une unité d\u2019enseignement et de recherche, c\u2019est parce que les études religieuses ont toujours leur place au sein de l\u2019Université.L\u2019Institut compte actuellement une soixantaine d\u2019étudiants au premier cycle, et près de 80 aux cycles supérieurs.« Évidemment, nous n\u2019of frons pas une formation clé en main avec un ordre professionnel, mais plutôt une formation fondamentale, pas uniquement théorique, mais aussi pratique.Nous allons apprendre à lire, à écrire, à formuler la pensée, et cela peut ouvrir à une infinité de portes », développe le directeur.Alain Gignac défend l\u2019idée que l\u2019étude de la théologie est toujours pertinente.«Ce n\u2019est pas une langue morte, il s\u2019en fait encore de façon créatrice et même provocatrice », note-t-il, mentionnant les théologiens qui se heurtent aux évêques ou au Vatican à cause de leurs réponses novatrices.« Ils veulent faire bouger les choses et penser Dieu avec la philosophie postmoderne et non plus avec celle d\u2019Aristote », explique-t-il.Il regrette toutefois que la religion représente souvent un problème aux yeux de la société.« Pourtant, c\u2019est un des trésors de l\u2019humanité, un héritage culturel et intellectuel », défend-il, ajoutant que plusieurs chercheurs mettent leurs ressources et talents intellectuels à profit pour penser la spiritualité chrétienne autrement aujourd\u2019hui.Selon M.Gignac, la société québécoise devrait se poser la question de la spiritualité.«Nous observons une véritable quête de sens chez les jeunes, on pourrait trouver un pivot intégrateur, par exemple travailler en amont avec les élèves pour poser toutes les questions de sens et de spiritualité, cela peut humaniser nos écoles », pense-t-il.Il déplore aussi que le sujet ne semble pas intéresser les politiques, et qu\u2019il n\u2019en sera probablement pas question pendant la campagne à venir.Pour comprendre la religion aujourd\u2019hui, la seule approche théologique n\u2019est pas suffisante.Conscient de cela, l\u2019Institut d\u2019études religieuses (IER) de l\u2019Université de Montréal (UdeM) offre une formation multidisciplinaire.ISTOCK Depuis son intégration à la Faculté des arts et des sciences, l\u2019Institut a fait le choix de conjuguer trois champs disciplinaires : les sciences des religions, la théologie et les études en spiritualité.En tant que nouveau département de la FAS, nous prétendons donner une formation pluridisciplinaire à nos étudiants sur l\u2019objet religieux.Ils ont par exemple des cours d\u2019histoire et certains autres avec une porte d\u2019entrée plus sociologique ou encore anthropologique.Alain Gignac, directeur de l\u2019Institut d\u2019études religieuses « » R E L I G I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 M A R S E T D I M A N C H E 1 E R A V R I L 2 0 1 8 C 6 /mediaspaul.ca mediaspaul.ca/infolettre nouveautés - entrevues - rencontres 12 avril Que le printemps de Dieu apporte un renouveau de vie à toute personne en recherche de sens et de bonheur ! Christ est ressuscité.Alléluia ! Joyeuses Pâques ! Les Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe www.sjsh.org INSTITUT DE FORMATION THÉOLOGIQUE DE MONTRÉAL L\u2019IFTM est situé en plein coeur du centre-ville de Montréal Notre mission .la formation de leaders catholiques.Vous souhaitez étudier la Bible ?Vous avez le désir d\u2019approfondir votre foi ?L\u2019étude de la Parole de Dieu vous intéresse ?Nous proposons des cours universitaires à tous ceux et celles qui désirent étudier et même obtenir un diplôme en philosophie, en théologie ou en théologie pastorale.Nos programmes sont reconnus par le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.Admission - Automne 2018 Les formulaires de demande d\u2019admission sont disponibles sur notre site internet Registrariat (514) 935-1169, #216 registrariat@iftm.ca 2065, rue Sherbrooke Ouest, Montréal (Québec) H3H 1G6 Tél.: (514) 935-1169 Courriel: info@iftm.ca www.iftm.ca Enracinées en Jésus Christ, dans l\u2019amour et la compassion, nous osons.Vivre l\u2019interculturalité Aller aux périphéries Honorer et respecter notre maison commune CongregationDeNotreDame SoeursCND www.cnd-m.org BENOÎT LACROIX UN DOMINICAIN DANS LE SIÈCLE Guy Laperrière, Médiaspaul, Montréal, 2017, 312 pages Guy Laperrière a rédigé à chaud, en un an, la biographie de Benoît Lacroix pour garder sa mémoire la plus vivante possible dans la continuité des témoignages qui ont suivi son décès.L\u2019auteur déroule le fil de la vie d\u2019une des très importantes figures du Québec, de sa naissance en 1915 à son décès en 2016.À la fois universitaire, personnalité médiatique et homme engagé, le père Benoît Lacroix conservait toutefois une mystérieuse unité dans sa vie.À quoi tenait-elle ?C\u2019est ce que propose de découvrir cette biographie.LA BIBLE EN 1001 BRIQUES NOUVEAU TESTAMENT Brendan Powell Smith, Novalis, éditions « Première partie », Paris, 2017.272 pages Quoi de plus inattendu que l\u2019alliance entre la Bible et les briques Lego®?C\u2019est pourtant le pari relevé avec brio par Brendan Powell Smith.Depuis plus de dix ans, il travaille à reproduire des scènes bibliques brique après brique pour les rendre ludiques et accessibles.Avec plus de 1000 images, ce magnifique album illustre des centaines de scènes du Nouveau Testament placées dans un contexte moderne qui fait le lien entre les récits du passé et le quotidien d\u2019aujourd\u2019hui.PETIT TRAITÉ DE SPIRITUALITÉ AU QUOTIDIEN Anselm Grün, Albin Michel, collections « Espaces libres », Paris, 2018, 208 pages Moine bénédictin allemand, Anselm Grün invite ses lecteurs, à travers les conseils de 50 anges et autant de chapitres, à revisiter les valeurs qui fondent notre existence.De l\u2019ange de l\u2019amour à l\u2019ange du silence, cette réédition du Petit traité de spiritualité au quotidien se lit comme un guide spirituel et un manuel de morale pratique qui nous enseigne le chemin vers la paix intérieure.De la lecture pour l\u2019âme L U D I V I N E M A G G I En République démocratique du Congo, l\u2019Église catholique est devenue la figure de proue d\u2019un mouvement réclamant une transition politique pacifique et la tenue d\u2019élections.Entrevue avec monseigneur Marcel Utembi, l\u2019un des principaux acteurs de cette mobilisation.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale «Nous avons besoin d\u2019une solidarité internationale, en particulier du peuple canadien », a souligné Marcel Utembi, président de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), lors d\u2019une entrevue téléphonique accordée au Devoir au moment de son passage à Montréal.Avec une délégation, il a effectué durant le mois de mars une tournée en Belgique et au Canada pour sensibiliser la communauté internationale à la crise sociale et politique que traverse son pays de 80 millions d\u2019habitants.Ce voyage visait notamment à demander un accompagnement et un soutien de la part du Canada pour que la République démocratique du Congo (RDC) puisse mener à bien un processus électoral en bonne et due forme.Tout ça au moment où un climat de tension règne dans ce pays: le gouvernement s\u2019accroche au pouvoir en allant à l\u2019encontre de la Constitution et réprime la contestation.Marcel Utembi souhaite que le gouvernement canadien contribue à faire valoir les revendications démocratiques auprès des instances et organisations de la communauté internationale, notamment celles des Nations unies, pour « pouvoir por ter plus haut la voix du peuple congolais qui crie sa détresse».Active pour trouver une sortie de crise La CENCO se montre très active pour trouver une sortie de crise, au point où elle est devenue une figure de proue du mouvement de revendication d\u2019une alternance politique pacifique et la tenue d\u2019élections en RDC.Quelques mois à peine après ses débuts comme président de la CENCO, en juin 2016, Marcel Utembi se retrouve à jouer les conciliateurs au cœur des tractations politiques déchirant son pays.Le président de la RDC, Joseph Kabila, ne donne pas de signes de vouloir quitter son siège, alors que son deuxième mandat doit se terminer le 19 décembre 2016.Or, la Constitution lui interdit un nouveau quinquennat à la tête du pays.Au début du mois de décembre de la même année, la CENCO mène, au Centre in- terdiocésain de Kinshasa, les pourparlers entre les multiples factions politiques de l\u2019opposition et le parti au pouvoir afin d\u2019en arriver à une feuille de route vers un processus électoral.«Le travail a été laborieux, raconte Marcel Utembi.Cela n\u2019a pas été facile.Chacun campait sur ses positions.Il a fallu le savoir-faire, la force de discernement et l\u2019autorité morale des évêques pour mettre les uns les autres d\u2019accord pour privilégier l\u2019intérêt supérieur du peuple et de la nation.» Après trois semaines de négociations, les démarches aboutissent le 31 décembre 2016 à l\u2019Accord de la Saint-Sylvestre.L\u2019entente prévoit une transition politique pacifique avec la tenue d\u2019élections présidentielles, législatives et provinciales avant la fin de l\u2019année 2017.La promesse n\u2019est finalement pas respectée.Le 5 novembre, la commission électorale du pays annonce un calendrier qui prévoit des élections le 23 décembre 2018.Le 31 décembre 2017, un an après l\u2019Accord de la Saint-Sylvestre, des manifestations sont organisées à travers le pays pour exiger le départ de Joseph Kabila.La répression est brutale : sept personnes sont tuées et plus d\u2019une centaine d\u2019autres, dont des prêtres, sont arrêtées.À la sortie d\u2019une messe, célébrée le 12 janvier 2018 à la cathédrale Notre-Dame du Congo de Kinshasa en mémoire des personnes mortes durant cet événement, les forces de l\u2019ordre lancent des gaz lacrymogènes.Le 21 janvier, une autre journée de manifestations se termine avec six morts et 127 blessés à travers le pays.Le 25 février, deux jours après que le pape François eut fait un appel à la prière pour la paix en RDC, des marches organisées à travers le pays sont à nouveau réprimées dans la plupar t des villes dans lesquelles elles se déroulent.Deux morts, des dizaines de blessés et des dizaines d\u2019arrestations sont dénombrés.«Ces marches pacifiques, qui se tenaient après les célébrations liturgiques des messes du dimanche, ont été chaque fois interdites ou violemment réprimées par le pouvoir en place», souligne Marcel Utembi, aussi archevêque de Kisangani.Il ajoute que l\u2019Église a été l\u2019objet de campagnes de dénigrement, de désinformation, de division et de diffamation, en plus d\u2019être victime d\u2019actes de « banditisme ».Sa réaction de voir l\u2019Église catholique ainsi prise pour cible ?« Ça nous réconforte plutôt dans notre détermination à servir la cause du peuple, affirme-t-il.Quand nous re- visitons l\u2019histoire de l\u2019Église, ceux qui ont servi le bien, la vérité, la justice et la paix ont aussi été persécutés.Cela ne nous fait pas peur.Cela nous conforte aussi dans notre espérance d\u2019accompagner le peuple dans les hauts comme dans les bas, toujours en ravivant son espérance que, tôt ou tard, même si la nuit est longue, le jour finira par pointer à l\u2019horizon.» Même si des élections sont prévues en décembre 2018, des obstacles se dressent sur le chemin vers la tenue d\u2019un vote légitime.« Les défis sont toujours là, admet Marcel Utembi, parce qu\u2019on a parfois af faire à un déficit de bonne foi et de bonne volonté de la part des parties prenantes qui sont appelées à faire avancer le processus électoral.» Depuis 2016, la CENCO développe un programme d\u2019éducation civique et électorale avec l\u2019organisme non gouvernemental Développement et Paix \u2013 Ca- ritas Canada.Le programme, mené conjointement, vise à renforcer l\u2019engagement politique dans la population congolaise et la sensibiliser au processus démocratique, à la non-violence, au respect des lois et des droits fondamentaux.« Nous estimons que nous devons être vigilants et éveiller la population à être à son tour vigilante pour demander, auprès des uns et des autres, de s\u2019engager et de s\u2019impliquer pour que ce processus électoral devienne réalité», indique Marcel Utembi.Il rappelle que la crise démocratique a des répercussions sociales et politiques, mais aussi économiques, humanitaires et sécuritaires.« L\u2019insécurité, qui est entretenue dans le pays, fait beaucoup de victimes, de morts, de déplacés internes, qui ont tout perdu, et de déplacés externes, c\u2019est-à- dire des Congolais qui ont trouvé refuge ailleurs et qui vivent péniblement.» RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO L\u2019Église comme pilier de mobilisation vers la transition démocratique JOHN WESSELS AGENCE FRANCE-PRESSE Des catholiques chantent et dansent devant l\u2019église Saint-François-de-Sales en guise de protestation pour pousser vers la sortie le président congolais, Joseph Kabila, en février dernier.Même si des élections sont prévues en décembre 2018, des obstacles se dressent sur le chemin vers la tenue d\u2019un vote légitime R E L I G I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 M A R S E T D I M A N C H E 1 E R A V R I L 2 0 1 8 C 7 Regards croisés sur une figure incontournable Albin Michel richement illustrées en couleur 800 pages ET SI LA CLÉ ÉTAIT AILLEURS ?Yves Duteil, Médiaspaul, collection « Grands témoins », Paris, 2017, 112 pages « La spiritualité guide ma vie », confie l\u2019auteur- compositeur-interprète de la chanson Prendre un enfant par la main, Yves Duteil.L\u2019homme aux multiples facettes offre dans ce livre son récit de vie, son sentier de quête intérieur, mais aussi ses interrogations quant à l\u2019exis tence.Les courts chapitres se succèdent en relatant son regard sur la vie et ses mystères avec en toile de fond les grandes étapes marquantes de son histoire, de sa carrière et de son métier d\u2019arti san de la chanson.Yves Duteil se confie comme il ne l\u2019a jamais fait dans ses précédents ouvrages.JÉSUS UNE ENCYCLOPÉDIE CONTEMPORAINE Daniel Marguerat (sous la direction de), Novalis, Montrouge, 2017, 528 pages Ce livre est un panorama complet des connais - sances actuelles sur Jésus.Abondamment illustrée (environ 400 tableaux, photos, cartes, sculptures), l\u2019encyclopédie réunit les meilleurs exégètes, biblistes et historiens qui prennent le temps de partager la somme de savoirs acquis sur cette figure spirituelle fondatrice du monde occidental.Avec des formes variées (récits, encadrés, entrevues), ces spécialistes reconstituent la vie du Christ à travers les décou vertes archéologiques majeures, les points de vue histo - riques, théologiques et artistiques les plus récents.Un ouvrage constitué de savoirs passionnants sur cet homme qui a su unir et opposer les trois monothéismes.JÉSUS L\u2019ENCYCLOPÉDIE Joseph Doré (sous la direction de), Albin Michel, Paris, 2017, 848 pages Si Jésus est une figure mondialement illustre, il n\u2019en reste pas moins que sa vie, ses actes et son message demeurent quelque peu mécon nus.C\u2019est pour répondre à toutes les interro gations du public que Jésus présente une grande synthèse des éléments obtenus par la recherche historique en se fondant sur un des textes fondateurs: l\u2019évangile de Luc couvrant l\u2019ensemble du parcours du Christ.Mêlant lectures critiques des textes, regards croisés de philoso phes, de psychanalystes, d\u2019écrivains, mais aussi de personnalités du monde juif, chrétien, musulman, athée et agnostique, cette encyclopédie se propose de démocratiser un savoir trop souvent cantonné à des revues et à des ouvrages spécialisés.De la lecture pour l\u2019âme L U D I V I N E M A G G I ACTION MISSIONNAIRE Les OPM du Canada francophone vers un renouveau De meilleures communications et la réanimation d\u2019une œuvre sont au programme E M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale «E n juin 2016, j\u2019étais depuis peu directeur et c\u2019était la première fois que je rencontrais le pape François », relate le père Yoland Ouellet, directeur national des Œuvres pontificales missionnaires du secteur français au Canada, à propos de l\u2019assemblée générale annuelle des OPM lors de laquelle le Saint-Père a explicitement invité ces dernières à se renouveler.«Il parlait d\u2019une réforme adéquate, d\u2019un authentique renouvellement pour le bien de la formation continue à la mission de toute l\u2019Église.Ça m\u2019a beaucoup fait réfléchir », indique-t-il.Au cours des semaines et des mois qui ont suivi, le père Ouellet s\u2019est posé toutes sortes de questions quant à la nature et à la forme du renouveau qu\u2019il devrait orchestrer au Canada francophone.La réanimation de l\u2019Union pontificale missionnaire, l\u2019Œu- vre qui a pour responsabilité de sensibiliser les animateurs des paroisses à la Mission et de promouvoir la conscience missionnaire chez les séminaristes, les prêtres, les religieux et les laïcs engagés dans l\u2019Église, s\u2019est naturellement imposée comme priorité.« Au Canada francophone, nous avons trois œuvres dynamiques.Il y a l\u2019Œuvre pontificale de la propagation de la foi, qui contribue à la vie des diocèses pour l\u2019évangélisation et la catéchèse, l\u2019Œuvre pontificale de Saint-Pierre-Apôtre, qui se soucie de la relève sacerdotale et de la formation des séminaristes, et l\u2019Œuvre pontificale de l\u2019enfance missionnaire, qui s\u2019occupe de projets liés à l\u2019éducation et à l\u2019évangélisation des jeunes.Dans ce contexte de renouveau, il m\u2019est apparu très important de remettre sur pied l\u2019Union pontificale missionnaire.Elle a déjà existé ici, mais elle n\u2019est plus en activité depuis longtemps.On travaille présentement à la réanimer.» Une nouvelle stratégie de communication Mais là n\u2019est pas la seule action que les OPM du Canada francophone ont entreprise pour répondre à l\u2019exhortation de renouveau du pape François.Celles-ci ont également décidé de revoir leur stratégie de communication afin d\u2019améliorer leur visibilité et de rejoindre le public plus efficacement.«Je trouvais que les œuvres n\u2019étaient pas suf fisamment connues au Canada francophone et que ce nous faisions était aussi méconnu.Plusieurs pensent que notre mission, c\u2019est de recueillir des fonds, mais c\u2019est beaucoup plus que ça ! Donc, au printemps dernier, j\u2019ai fait analyser et critiquer par des exper ts de la firme Torchia Communications tout notre travail de communication, nos sites Web, etc.On a élaboré avec elle un plan de communication marketing qui va nous permettre de renforcer notre service dans tous les domaines», indique le père Ouellet.Notamment, les OPM ont choisi de regrouper leurs anciennes publications pour n\u2019en faire qu\u2019une seule.La revue Univers, qui était autrefois distribuée tous les trimestres, n\u2019est désormais publiée que deux fois l\u2019an.Cependant, elle est maintenant distribuée gratuitement à l\u2019ensemble des abonnés des OPM canadiennes, soit à plus de 11 500 personnes, alors que l\u2019an dernier, elle n\u2019était imprimée qu\u2019à 700 exemplaires.De plus, cette dernière contient maintenant un fascicule détachable de nouvelles et d\u2019informations concocté par Mond\u2019Ami à l\u2019intention des jeunes, de même que le bu l le t in La Barque de Pierre, qui est produit par l\u2019Œuvre pontificale de Saint-Pierre-Apôtre.Dans le même esprit, les OPM du Canada francophone ont entamé un réalignement de leur présence sur le Web.« On a toujours eu un site Internet dans lequel on mettait tout, et c\u2019était assez étourdissant quand on voulait connaître une œuvre en particulier, explique le père Ouellet.Là, on va avoir un site général qui va s\u2019appeler OPM Canada et qui servira de point de dé- par t aux gens, mais on aura aussi un site pour chacune des œuvres.» Dans la foulée, deux des Œu- vres pontificales seront rebaptisées.Celle de Saint-Pierre-Apô- tre sera appelée Prêtres de demain et celle de la Propagation de la foi, Mission foi.Ni l\u2019Enfance missionnaire, qui est déjà connue depuis plusieurs années comme Mond\u2019Ami, ni l\u2019Union pontificale missionnaire ne changeront de nom.«On a étudié les objectifs de chacune des œuvres, on a refait les char tes et on leur a donné des noms plus contemporains, précise le père Ouellet.On voulait que ces noms-là évoquent plus clairement ce que font les œuvres.» Le 10 avril prochain, les OPM du Canada francophone dévoileront aussi trois nouveaux logos créés spécialement pour mieux représenter leurs œuvres.Signe que l\u2019organisation désire réellement s\u2019ancrer dans la modernité, l\u2019événement sera dif fusé en Facebook Live.En juin 2016, à l\u2019occasion de leur assemblée générale annuelle, le pape François exhortait les Œuvres pontificales missionnaires (OPM) du monde entier à se renouveler.Au printemps suivant, le Saint-Père réitérait sa demande et annonçait dans la foulée que le mois d\u2019octobre 2019 serait extraordinairement consacré à la mission.Vivifiées par ces encouragements, les OPM du Canada francophone se sont lancées dans une vaste démarche de revitalisation. R E L I G I O N L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 1 M A R S E T D I M A N C H E 1 E R A V R I L 2 0 1 8 C 8 POUR L\u2019AVANCEMENT DE LA CULTURE PHILANTHROPIQUE Développer et partager les savoirs Rassembler et susciter le dialogue www.institutmallet.org © M a g d a l e n a W o l n i k SON AVENIR ?LA PERSÉCUTION.C.P.670, Succ.H, Montréal, Québec H3G 2M6 Tél.: Aidez maintenant ! 200 MILLIONS DE CHRÉTIENS NE PEUVENT VIVRE LEUR FOI LIBREMENT Un regard sur la vie consacrée Dimanche 22 avril 2018 AU-DELÀ DES MURS Gratuit et ouvert à tous Que sont devenues les communautés religieuses?Qu\u2019est-ce qu\u2019un institut séculier?Qui est à l\u2019origine de ces institutions?Comment vivent ces femmes et ces hommes aujourd'hui?Visite guidée à 13h30 Saisissez cette chance d\u2019aller à la rencontre de ces personnes qui répondent «oui» à la vie consacrée et de comprendre ce qui les motive.Pour connaître les lieux et adresses www.centrepri.qc.ca Québec Montréal Chicoutimi CÉLÉBRATION DE PÂQUES Tendre la main aux autres H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale Ce n\u2019est pas parce que le Québec a rejeté la religion catholique que les Québécois ne cultivent pas leur spiritualité.Car selon la théologienne et professeure émérite de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) Suzanne Rousseau, la quête de sens est inhérente à l\u2019humanité.Elle publie un ouvrage en forme de guide, afin d\u2019outiller quiconque voudrait s\u2019engager dans cette quête, qui est, selon elle, celle de toute une vie.Quel lien faites-vous entre religion et spiritualité?Les gens confondent les deux.Ils croient que parce qu\u2019ils ne pratiquent pas de religion, ils ne sont pas spirituels.Or, ce n\u2019est pas la religion qui fait la spiritualité, mais la spiritualité qui fait la religion.Les peuples se sont toujours donné des religions en fonction de ce en quoi ils croyaient.Que Dieu a créé le monde en six jours pour les chrétiens, que la Terre est une grande tortue pour les Amérindiens, etc.C\u2019est un phénomène nouveau que des gens vivent aujourd\u2019hui sans dieu.Mais cela ne signifie pas que le spirituel ait disparu.Comment cette spiritualité se manifeste-t-elle?Il suffit d\u2019écouter les gens.Le vocabulaire a changé, mais les concepts demeurent.Au lieu de parler de Dieu, d\u2019ange ou de destin, ils évoquent l\u2019énergie, la lumière, la force ou le karma.Ils continuent à chercher un sens à tout ce qui leur arrive.Ils se posent des questions sur l\u2019avant, sur l\u2019après.La question de l\u2019origine et de la fin de l\u2019univers est au cœur des préoccupations.Notre propre finitude également.Lorsqu\u2019un enfant demande à un parent comment ça se fait qu\u2019il est au monde et où est-ce qu\u2019il était avant, il pose une question spirituelle.À vous lire, cette spiritualité permettrait à l\u2019être humain de négocier les épreuves qui se dressent sur son chemin\u2026 Tout être est spirituel, mais il n\u2019en a pas forcément conscience.Lorsque tout va bien, ça ne pose pas trop de problèmes.Mais lorsque survient un pépin, on se demande souvent : pourquoi moi?Qu\u2019est-ce que j\u2019ai fait pour mériter cela?Lorsqu\u2019une personne chère décède par ailleurs, on commence à se questionner sur la possibilité de la revoir et d\u2019établir un jour un nouveau contact.Ce sont souvent les événements tragiques qui nous font évoluer dans notre quête de sens.Mais en entreprenant ce cheminement spirituel en amont, en entrant en relation avec son intériorité avant que les événements ne nous poussent à le faire, c\u2019est certain que l\u2019on atteint plus facilement la paix intérieure.Cette paix intérieure, c\u2019est l\u2019ultime étape du cheminement spirituel?On atteint la paix intérieure lorsque l\u2019on a résolu nos dilemmes.Les gens ont pris leurs distances avec l\u2019Église parce qu\u2019elle ne répondait plus à leurs besoins.Elle ne les aidait plus à résoudre leurs dilemmes.Ça ne signifie pas que les Québécois n\u2019aient plus de dilemmes.Ces dilemmes les mettent face à des choix qui viennent bousculer leurs croyances et leurs valeurs.Ils les font évoluer, cheminer spirituellement.Résoudre ses dilemmes permet d\u2019atteindre la paix intérieure, ce qui est finalement l\u2019objectif de la dynamique spirituelle.EN-QUÊTE DE SENS GUIDE DE LA DYNAMIQUE SPIRITUELLE CONTEMPORAINE Suzanne Rousseau, Novalis, Montréal, 2018, 300 pages QUÊTE DE SENS Tout être humain est spirituel SOURCE SUZANNE ROUSSEAU La théologienne et professeure émérite de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières Suzanne Rousseau A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale L ors de son discours à Rio en 2013, devant quatre millions de jeunes, le pape François avait dit vouloir construire une civilisation de la rencontre.« Ceci est un message qui a éclairé ma propre vie pastorale », explique Mgr Lépine.À l\u2019occasion de Pâques, il souhaite avant tout rappeler la nécessité d\u2019aller vers les autres, quelles que soient les dif fé- rences et les appréhensions.«Le temps de Pâques est un temps pour que la lumière et l\u2019espérance rayonnent, c\u2019est le moment de tendre la main », pense-t-il, ajoutant qu\u2019il ne faut pas oublier que nous sommes tous des êtres humains.« À l\u2019occasion de Pâques, je fais un appel pour que chacun et chacune aient comme horizon l\u2019ensemble de l\u2019humanité, pour dépasser les dif férences et pouvoir voir la dignité de tous», ajoute Mgr Lépine.Célébrer le vivre-ensemble Au quotidien, l\u2019archevêque de Montréal échange avec des personnes seules.«Beaucoup de gens vivent sans personne à Montréal, cet isolement peut être dû à la pauvreté ou à l\u2019âge», commente-t-il.À l\u2019occasion de Pâques, il souhaite ainsi rappeler l\u2019importance de penser à ceux qui ne font pas partie de réseaux.«Nous sommes toujours à la recherche de moyens de tendre la main aux personnes seules.Parfois, c\u2019est dans notre propre famille, parce qu\u2019on est tous occupés, on est pris dans une dynamique sociale, mais il faut faire ce dépassement de soi, sortir de son horaire régulier pour aller les voir», ajoute-t-il.Par ailleurs, l\u2019archevêque trouve belle l\u2019expression « vivre ensemble » et estime qu\u2019elle est très impor tante dans une grande ville comme Montréal, où se croisent différentes cultures.« Pourquoi ne pas aller saluer quelqu\u2019un qui n\u2019a pas l\u2019air de notre culture?Il faut prendre le temps d\u2019aller la voir et d\u2019échanger avec elle.Selon mon expérience, quels que soient les préjugés, quand on rencontre les gens, alors les idées reçues tombent, parce qu\u2019elles se construisent sur le fait qu\u2019on ne fait pas connaissance.Quand on échange, on découvre l\u2019autre, on réalise que c\u2019est un être humain et on voit la dif férence comme quelque chose qui vient nous enrichir et non pas comme un obstacle », défend Mgr Lépine.Il pense que Pâques est aussi un temps d\u2019espérance, non pas pour une seule culture, mais pour tous les êtres humains.«La culture est à l\u2019interface de nos rencontres humaines.On doit surmonter les inquiétudes, les ignorances, les peurs, ne pas rester seul enfermé avec ses ruminations, sortir pour aller à la rencontre de l\u2019autre, c\u2019est un chemin vers la paix sociale», ajoute-t-il.Solidarité et engagement social À Montréal, mais aussi ailleurs au Québec et au Canada, l\u2019archevêque constate une véritable volonté de solidarité.« Ce qui compte surtout, c\u2019est de mettre en valeur ce désir de solidarité, pour ne pas perdre ce trésor.On parle de compassion, en étant sensible aux situations de détresse qui peuvent être vécues et la réponse, c\u2019est de tendre la main.Mais, il ne faut pas le tenir pour acquis et renouveler ce souci de l\u2019autre, chez nous ou ailleurs», croit-il.D\u2019ailleurs, en novembre dernier, le diocèse a ouvert le centre Le Pont \u2014 situé dans le presbytère de la paroisse Notre- Dame-des-Victoires \u2014 qui accueille de façon temporaire des familles, des femmes et des enfants demandeurs d\u2019asile.«Les réfugiés vivent des moments de crise, ce sont des moments où nous sommes appelés à fournir un effort spécial, pour donner à ceux qui vivent des tragédies.Avoir ce sens de solidarité et voir l\u2019autre en tant qu\u2019être humain, cela demande un effort de par tage, mais en fin de compte, cela vient enrichir notre humanité », commente Mgr Lépine.En outre, l\u2019archevêque de Montréal insiste sur la force du rassemblement.« Parfois, les problèmes apparaissent avec une grande ampleur, mais il ne faut pas oublier qu\u2019avec des petits gestes, ensemble, on peut répondre à de grands défis.Il ne faut jamais cesser de combattre la pauvreté, de travailler pour la santé ou l\u2019éducation.Ce sont des formes d\u2019engagements sociaux indispensables pour le bien commun », mentionne-t-il.Il ajoute que tous les problèmes peuvent être résolus.«Cela ne veut pas dire que ça va être facile, mais il faut le faire tous ensemble, avec des petits gestes à notre por tée qui vont por ter leurs fruits, s\u2019additionner et se compléter», défend-il.La fête de Pâques est un temps de rassemblement.Pour l\u2019archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine, c\u2019est le moment de souligner l\u2019importance de la rencontre, de la main tendue et de la confiance dans le regard sur l\u2019autre.JACQUES NADEAU LE DEVOIR « Le temps de Pâques est un temps pour que la lumière et l\u2019espérance rayonnent, c\u2019est le moment de tendre la main », pense l\u2019archevêque de Montréal, Mgr Christian Lépine."]
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