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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-04-14, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E Lire Poésie pop?: du lyrisme avec relish et moutarde Vivre Exagérer comme un Napolitain L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Raymonde April La vie seconde des images L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Photographie Avec le collectif Outre-vie, Raymonde April imagine le futur en regardant en arrière.Danse Odile Tremblay Les flâneurs Médias Cinéma Musique Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 16 45 68 6 19 36 28 26 24 44 46 48 50 53 54 Poésie pop Gros plan sur ces auteurs qui assument un lyrisme accessible.Entrevue Louis Cornellier Entrevue Louis Hamelin Critiques Entrevue Voyage Savoir apprivoiser la superstitieuse et fébrile Naples.Alimentation Jardins Resto Vin Jeux SOMMAIRE 25 29 32 34 C U L T U R E Photo de la une du D : Marie-France Coallier Le Devoir Photo de la une Lire : Lucie Lacava ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR n connaît essentiellement l\u2019auteur goncourisé du Soleil des Scorta grâce à ses romans.Mais c\u2019est par la dramaturgie que Laurent Gaudé a d\u2019abord amorcé son œuvre.«Et je pense que je continuerai toujours à écrire du théâtre», soulignait l\u2019écrivain lors de son passage à Montréal en mars pour rencontrer l\u2019équipe qui por te sur scène Le tigre bleu de l\u2019Euphrate.« L\u2019oralité est vraiment importante pour moi.J\u2019entends les voix quand j\u2019écris.Et le plaisir de voir un comédien s\u2019emparer de vos mots, c\u2019est irremplaçable.» Il publiera d\u2019ailleurs prochainement une nouvelle pièce, Les printemps arabes (renommé depuis Et les colosses tomberont, si on en croit le catalogue d\u2019Actes Sud).Et ce, même si son œuvre romanesque a maintenant largement éclipsé son répertoire dramatique.«Il y a finalement assez peu de gens qui savent que j\u2019écris du théâtre.Le succès des romans a un peu écrasé cet aspect de mon travail.» Depuis ce fameux prix Goncour t en 2004, il a constaté cet effet paradoxal : «À partir du moment où est arrivé le succès des romans, tout le monde s\u2019est dit que j\u2019avais arrêté d\u2019écrire du théâtre.» Même des gens du milieu théâtral\u2026 Montée par Denis Marleau au Théâtre de Quat\u2019Sous, Le tigre bleu de l\u2019Euphrate est toutefois une pièce qui a fait l\u2019objet de plusieurs productions à Paris.Laurent Gaudé y donne la parole à un Alexandre le Grand agonisant.Saisi dans son dernier combat, le jeune conquérant (ici por té par Emmanuel Schwar tz) s\u2019adresse directement à la figure de la mort et porte un regard rétrospectif sur son exceptionnelle trajectoire.La richesse du personnage fascine manifestement cet écrivain, dont l\u2019œuvre est nourrie par la mythologie grecque et est traversée par un souffle épique : une décennie après le monologue par u en 2002, Gaudé écrivait Pour seul cortège, un roman s\u2019amorçant avec la mor t de « cet homme trop grand pour la vie ».«Il y a tellement de thèmes à explorer avec Alexandre le Grand que c\u2019est difficile de tout épuiser en un texte.Et la raison fondamentale pour laquelle je reviens à lui, c\u2019est qu\u2019il est difficile à étiqueter.Je suis bien incapable de dire si c\u2019est un personnage monstrueux ou sympathique, terrifiant ou magnifique.Il est tout à la fois.Surtout \u2014 mais c\u2019est peut-être moi qui fabrique mon propre Alexandre \u2014, je le vois comme une figure du désir.Il n\u2019a jamais arrêté d\u2019avoir faim.Il aurait pu se dire qu\u2019il avait conquis tous les empires possibles à l\u2019époque.Non, il en veut toujours plus.Son désir est un moteur permanent.» L\u2019image poétique du tigre bleu est une métaphore de ce désir qui propulse le Macédonien \u2014 et un écho de son monde intérieur onirique.Une force «à la fois très belle et dangereuse, parce qu\u2019il va s\u2019y brûler ».Cette éternelle insatisfaction, cet appétit insatiable qui le pousse à dévorer les territoires, est peut-être ce qui finit par le détruire.« On ne sait pas de quoi il est mor t, à 33 ans.Mais on peut légitimement penser Laurent Gaudé face au mystère d\u2019Alexandre le Grand L\u2019écrivain français fait du mythique conquérant une figure du désir dans Le tigre bleu de l\u2019Euphrate O Il y a tellement de thèmes à explorer avec Alexandre le Grand que c\u2019est difficile de tout épuiser en un texte.Et la raison fondamentale pour laquelle je reviens à lui, c\u2019est qu\u2019il est difficile à étiqueter.Je suis bien incapable de dire si c\u2019est un personnage monstrueux ou sympathique, terrifiant ou magnifique.Il est tout à la fois.LAURENT GAUDÉ » L\u2019image poétique du tigre bleu est une métaphore de ce désir qui propulse le Macédonien \u2014 et un écho de son monde intérieur onirique.Une force « à la fois très belle et dangereuse, parce qu\u2019il va s\u2019y brûler ». | 3 C u l t u r e S c è n e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Danse + Théâtre Du 23 mai au 7 juin 2018 fta.ca 514 844 3822 QUATUOR TRISTESSE Daniel Léveillé Montréal Un chorégraphe et des danseurs au sommet de leur art UNTIL OUR HEARTS STOP Meg Stuart Bruxelles + Berlin « Un moment de pure joie collective » Libération TOM NA FAZENDA Michel Marc Bouchard + Rodrigo Portella Rio de Janeiro Rare et puissant Le chef d\u2019œuvre Tom à la ferme incarné par des Brésiliens Réservez maintenant que l\u2019épuisement en est l\u2019une des causes.Il avait fait tellement en dix ans.Il se donne tout entier.» Un conquérant singulier L\u2019auteur souligne la dimension épique de son voyage de dix années à travers ces terres désormais connues sous les noms Pakistan, Afghanistan, Iran, Irak.« Si demain, vous ou moi décidons de partir pour Kaboul, on va déjà se préparer à un voyage compliqué, difficile, avec un choc de civilisations.Lui a fait tout ça à cheval.Ça donne une idée de l\u2019épreuve physique\u2026 Et il pensait qu\u2019il allait peut- être atteindre le bout du monde.» Et pour Laurent Gaudé, Alexandre le Grand n\u2019est pas tout à fait un envahisseur typique, à la Napoléon (« un personnage que je déteste »).« Sans vouloir du tout faire la promotion d\u2019Alexandre \u2014 qui a aussi des zones d\u2019ombre très fortes, qui est parfois très sanguinaire, violent \u2014, il y a un élément passionnant chez lui : au fur et à mesure qu\u2019il avançait dans ses conquêtes, il intégrait les armées qu\u2019il avait battues.Ce qui est totalement impensable dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui.C\u2019est une représentation très différente de ce que sont la victoire et la défaite.» Cela a d\u2019ailleurs beaucoup déboussolé ses propres hommes, poursuit l\u2019auteur.«Les Grecs et les Macédoniens le suivaient pour aller battre la Perse, point, mais Alexandre propose autre chose à ses troupes.C\u2019est là où il devient un peu mystique.Au fond, on ne peut faire que des hypothèses sur ce qui l\u2019animait.Si ça avait été uniquement la soif de pouvoir, il se serait arrêté après avoir fait tomber Baby- lone.Jamais personne n\u2019avait fait ça avant lui.Mais sa quête est ailleurs.Elle est étrange, insondable.Aller à l\u2019est, toujours plus loin.Et il a réussi à entraîner toute son armée.Ça dit probablement le charisme qu\u2019il avait.» Ce conquérant avide d\u2019«embrasser les mondes inconnus», qui va jusqu\u2019à adopter certains éléments de la culture perse, propose donc une vision « extrêmement déconcertante pour nous».«On a tellement l\u2019habitude de guerres binaires, où celui qui gagne impose sa volonté au perdant, que la trajectoire d\u2019Alexandre le Grand brouille un peu les cartes.» Pour l\u2019écrivain français Laurent Gaudé, Alexandre le Grand n\u2019est pas tout à fait un envahisseur typique, à la Napoléon (« un personnage que je déteste »).GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Le tigre bleu de l\u2019Euphrate Texte de Laurent Gaudé, mise en scène de Denis Marleau, collaboration artistique et conception vidéo de Stéphanie Jasmin, coproduction du Théâtre de Quat\u2019Sous et de UBU présentée au Théâtre de Quat\u2019Sous du 17 avril au 26 mai. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e D a n s e 4 | le NTE et URBANIA présentent 514 521-4191 \u2014 1 945, RUE FULLUM, MONTRÉAL \u2014 NTE.QC.CA 24 -> 19 avril mai SPECTACLE INTERACTIF ! UNE CRÉATION DE DANIEL BRIÈRE, ALEXIS MARTIN ET CHRISTIAN VANASSE AVEC PETER BATAKLIEV, CHRISTOPHE PAYEUR, DOMINIQUE PÉTIN, JADE-M RIUKA ROBITAILLE ET VICTOR TRELLES-TURGEON ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR ancé dans une course ef frénée sur une courroie placée au cœur de la scène, Manuel Roque a l\u2019allure de ces joggeurs compulsifs, jeunes professionnels bien dans leurs baskets qu\u2019on croise matin et soir aux alentours des parcs ou dans les Énergie Cardio de la ville.Cette image familière se trouve vite balayée tandis que le danseur module ses pas et que s\u2019amorce une première métamorphose.Aux commandes d\u2019un dispositif scénique plus complexe qu\u2019il n\u2019en a l\u2019air, en répétition, Jacques Poulin-Denis peaufine l\u2019ambiance installée autour du perfor- meur, contrôlant à la fois la vitesse du tapis roulant et l\u2019environnement sonore qui colle au rythme de ses pas.Chorégraphe et compositeur de musique électroacoustique, Jacques Poulin-Denis, un peu touche-à-tout, a fait ses armes en tant qu\u2019interprète auprès de Mélanie Demers.Running Piece s\u2019inscrit en continuité d\u2019une démarche chorégraphique minimaliste amorcée avec sa dernière pièce, (Very) Gently Crumbling, où il travaillait sur le mouvement de la chute pour en décliner et en démultiplier les possibilités.Cette fois, son intérêt s\u2019est tourné sur le pouvoir d\u2019évocation d\u2019une course exécutée par un individu faisant du surplace : « J\u2019ai plutôt abordé la création d\u2019une manière technique.On a cette courroie qui nous impose un mouvement et on essaie de mettre en lumière les multiples sens qui émergent du simple fait de courir.C\u2019est devenu, dans le fond, une étude sur la locomotion.Le fait d\u2019avancer en courant, juste en soi, peut être interprété comme une fuite ou bien comme une propulsion vers quelque par t.On a un contraste très clair entre ces deux idées.» Des formes évanescentes Au-delà de l\u2019aspect d\u2019épreuve sportive, Jacques Poulin-Denis entrevoit dans cette pièce une métaphore de la course à la réussite et à l\u2019accomplissement La partition chorégraphique plutôt performative et volontairement peu écrite permet à l\u2019interprète d\u2019expérience Manuel Roque de trouver une certaine liberté.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Duo cadencé pour danseur et tapis roulant Jacques Poulin-Denis teste l\u2019endurance de Manuel Roque pour explorer les métaphores liées à la course L Running Piece Une création de Jacques Poulin-Denis (Grand Poney) avec Manuel Roque.Présenté par l\u2019Agora de la danse à l\u2019Espace Danse du Wilder, du 18 au 21 avril. | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Sous la fureur de Giacometti Ces derniers temps, j\u2019ai couru vers Alberto Giacometti comme on entre en orbite d\u2019une planète artistique.Et comment passer à côté de son humour comme de sa gravité?Rattrapée au vol, la grande expo \u2014 111 sculptures et 49 peintures \u2014 consacrée à l\u2019artiste suisse-italien et parisien d\u2019adoption au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).Vu en avant-première The Final Portrait de Stanley Tucci (en salles le 20 juin) qui lui est consacré.Geoffrey Rush est formidable dans la peau de l\u2019artiste à Montparnasse qui fait poser sans relâche en 1964 l\u2019écrivain James Lord (Armie Hammer, ici médiocre).Un film à forme de spirale; les scènes quasi identiques se succédant jusqu\u2019au vertige, afin d\u2019exprimer l\u2019impossibilité de capter le regard du modèle.Cette insatisfaction perpétuelle qui demeure la marque des grands artistes.À l\u2019expo au MNBAQ, un entretien filmé d\u2019Ernst Scheidegger avec l\u2019artiste en 1965 \u2014 un an avant sa mort \u2014 semble faire écho au long métrage de Tucci par son obsession de cerner l\u2019œil du modèle.Ce portrait sans cesse retravaillé, effacé, repris, rejeté, par miracle poussé au bout de sa quête sans la destruction d\u2019une main rageuse, symbolise sa fureur créatrice.«L\u2019aventure, la grande aventure, c\u2019est de voir surgir quelque chose d\u2019inconnu chaque jour dans le même visage.C\u2019est plus grand que tous les voyages du monde», confiait celui qui soupirait devant l\u2019échec programmé de son dessein: «Il est impossible de reproduire ce que l\u2019on voit.» Ceux qui seront à Paris cet été pourront découvrir dès le 21 juin le fameux atelier de Montparnasse, reproduit dans son antre de la rue Hip- polyte-Maindron.Parmi les œuvres en plâtre et en terre, le mobilier et les murs peints par l\u2019artiste, l\u2019expo inaugurale sera consacrée aux relations entre le sculpteur de L\u2019homme qui marche et l\u2019écrivain insoumis Jean Genet.Deux amis, deux artistes fiévreux aux sentiments extrêmes.L\u2019auteur du Journal du voleur a écrit des choses magnifiques sur le peintre- sculpteur: «L\u2019art de Giacometti me semble vouloir découvrir cette blessure secrète de tout être et même de toute chose, afin qu\u2019elle les illumine.» Parce que les célèbres sculptures filiformes, synthèses de distanciation, font pour la postérité de l\u2019ombre à l\u2019ensemble de son œuvre, on est ravis de mieux connaître les portraits noirs de son épouse Annette et de son frère Diego, comme ses petites sculptures de têtes venues dévoiler d\u2019autres dimensions de son être.Surréaliste dans son onirisme, naturaliste par élan spontané.Par-delà l\u2019immense valeur de son art, on se laisse fasciner par sa quête de ce quelque chose qui dépasse le commun des mortels mais relève d\u2019une perfection à saisir, non par sa beauté, mais dans sa vérité immanente, afin de mieux voir.En 1948, Sartre avait signé la préface de la première exposition new-yorkaise de Giacometti, intitulée La recherche de l\u2019absolu.Titre aussi d\u2019un roman de Balzac témoignant d\u2019une identique obsession de découverte jamais atteinte, quoique poursuivie jusqu\u2019à la folie parfois.Le mystère du génie On dit que l\u2019amour de la culture, en France surtout, s\u2019appuie sur la foi aveugle dans le génie d\u2019artistes masculins au demeurant tyranniques, parfois de purs salauds.D\u2019où les difficultés à les juger là-bas sur leurs comportements privés, comme s\u2019y attarde le mouvement #MoiAussi avec des raccourcis.Reste que l\u2019histoire de l\u2019art passerait de la taille d\u2019une encyclopédie à celle d\u2019un livre de poche si on bannissait les œuvres au nom des bonnes mœurs de leurs géniteurs.À son sommet, la création dépasse la main masculine ou féminine qui peint, compose, réalise un film ou écrit un bouquin.Les errements humains sont une chose.La valeur d\u2019un legs, une autre.Le mystère du talent, plus encore du génie, fait peur à nos sociétés égalitaires, qui cherchent à réduire sa portée.Par lui vient la lumière, pourtant, quelles que soient les zones d\u2019ombre de ceux qui l\u2019ont touché.Même s\u2019il fut de son vivant comblé d\u2019honneurs \u2014 l\u2019argent et la gloire le laissaient plutôt froid \u2014, Giacometti avait tout de l\u2019artiste imbuvable, instable, emporté, égocentrique, usant des autres comme d\u2019instruments pour l\u2019aider à traduire l\u2019intransmissible.Criant, buvant, fumant, ordonnant, infréquentable sans doute aux yeux de plusieurs, quoiqu\u2019ami de Genet, d\u2019Éluard, de Beckett, de Miro, de Picasso, de Sartre et de Beauvoir, chacun se mirant dans la mise en abyme de l\u2019autre avant de retourner à sa propre quête.On songe à tout ça en pénétrant son théâtre de la cruauté au fil d\u2019une expo, de l\u2019album qui lui est consacré, d\u2019un entretien filmé, d\u2019un long métrage mettant sa frénésie en scène.Giacometti fait partie des immenses artistes ayant changé notre vision du monde.Dans la rue, la démarche d\u2019un grand efflanqué, un nez pointu, l\u2019œil aigu d\u2019une inconnue nous semblent parfois livrés à travers son regard.Tiens, un Giacometti ! Vision fugitive\u2026 Le génie d\u2019un artiste a accompli ce miracle de se poser sur nos pupilles un instant.À jamais peut-être.Odile Tremblay Chronique personnel.« Au départ, j\u2019avais l\u2019idée un peu romantique de créer des états euphoriques de marches, de promenades, de courses et d\u2019abandon grâce à la musique ; mais à un moment donné, je me suis rendu compte que ça parlait aussi du fait que dans nos vies, on ne s\u2019arrête jamais de courir.» Un phénomène de notre société contemporaine, croit-il, où l\u2019individu est soumis à la vitesse des communications et à la rapidité d\u2019exécution apportée par les nouvelles technologies.La pièce porte ainsi un regard critique sur ce besoin d\u2019être, ou du moins de paraître, toujours occupé, et de se pousser à être plus productif pour donner un sens à son existence.Dans un dispositif qui vise à réduire les paramètres sur le plan du mouvement et de l\u2019espace, la partition chorégraphique plutôt performative et volontairement peu écrite permet à l\u2019interprète d\u2019expérience Manuel Roque de trouver une certaine liberté.Intéressé d\u2019abord par la rencontre avec le chorégraphe, le danseur-créateur s\u2019est senti sur la même longueur d\u2019onde, car dans son propre travail (notamment bang bang vu au FTA l\u2019année passée), il cultive une tendance similaire à réduire la partition à un même mouvement pour en décortiquer l\u2019essence, les possibilités, et en proposer de multiples variations.« Rien que le fait de mettre un humain sur cette machine était porteur d\u2019un fort potentiel pour moi, à la fois visuellement, mais aussi au niveau politique, affirme Manuel Roque.Je pense que le recul que Jacques a pris pour laisser les choses parler d\u2019elles- mêmes, sans ajouter de gros statements, en évoquant plutôt l\u2019idée d\u2019un voyage, ouvre la proposition [à l\u2019interprétation].Sur le plan physique, le projet répondait personnellement à mon travail autour de la verticalité.» Une approche impliquant des pratiques de yoga, de méditation et une attention accrue à ce que génèrent les changements de poids.«Avec cette machine-là, c\u2019est comme si on amplifiait cette recherche, parce qu\u2019avec la vitesse, il y a une possibilité de jouer encore plus avec le déséquilibre et avec une certaine prise de risque.» De ce travail d\u2019écoute et d\u2019adaptation au moindre changement imposé par la machine en direct résultent des formes non fixes, évanescentes et en constante évolution.Une part non écrite d\u2019avance qui stimule chez le performeur une traversée de différents états et une transformation du mouvement où apparaît une série d\u2019archétypes.L\u2019humain face à sa machine Les deux créateurs voient également émerger de la pièce le thème de l\u2019assujettissement de l\u2019humain à la machine, un rapport de force qui tend ici à s\u2019inverser.Sur ce dernier point, Jacques Poulin-Denis admet d\u2019ailleurs s\u2019être fait prendre à son propre jeu : «Il y a quelque chose de très musical dans la cadence d\u2019une course, et comme compositeur, je ne pouvais pas faire fi de ce rythme.C\u2019est la colonne vertébrale d\u2019une partie de la conception.On a essayé différentes façons de recueillir le data des pas pour y calquer la musique.La meilleure approche pour ça, c\u2019était de mettre des senseurs de pression dans les souliers de course de Manuel, reliés sans fil à mon ordinateur.Ç\u2019a demandé beaucoup de temps de recherche et ç\u2019a pris beaucoup d\u2019essais-erreurs.» Une recherche qui a pu créer certaines frustrations chez le chorégraphe, poussé à travailler sur la technique et la programmation plutôt qu\u2019à se consacrer pleinement à la composition.« Ce sont de bonnes idées, mais qui ne marchent pas du premier coup.C\u2019est un peu de la tech porn, et il y a peu de créativité dans ces moments-là.Je me suis fait un peu avoir par l\u2019attrait de ça, et je trouve que quelque part, ça reflète bien ce qui nous est arrivé en tant que société avec les technologies.Dans notre cas, on s\u2019occupe de la machine au lieu que ce soit elle qui nous serve.Ce n\u2019est donc pas surprenant que cet objet-là ait fini par prendre le dessus sur l\u2019humain qui était derrière la création à l\u2019origine.» Au-delà de l\u2019aspect d\u2019épreuve sportive, le chorégraphe Jacques Poulin-Denis (assis) entrevoit dans cette pièce une métaphore de la course à la réussite et à l\u2019accomplissement personnel. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e 6 | L E S F L Â N E U RS Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine 3000 ans après leur mort, on peut lire l\u2019histoire de leurs vies, tracée à la main sous forme de hiéroglyphes, sur les sarcophages par une armée d\u2019artisans spécialement entraînés à cet effet.Les rois et reines du Nouvel Empire de l\u2019Égypte antique se souciaient beaucoup de la vie après la mort, et on en mesure toute la portée aujourd\u2019hui.Reines d\u2019Égypte, l\u2019exposition qui vient de prendre l\u2019affiche au musée Pointe-à- Callière de Montréal, nous accompagne dans cette fascinante plongée dans le temps, parmi les momies et les objets de sépulture, mais aussi dans la vie quotidienne de ces épouses royales.La vie après la mort Caroline Montpetit Le TNM poursuit la présentation de L\u2019idiot de Dostoïevski.Les adaptations littéraires de ce genre abondent sur les scènes québécoises (1984, Les trois mousquetaires, La déesse des mouches à feu, Emma B, Et au pire on se mariera, Testament\u2026).La revue de théâtre JEU se penche sur le phénomène des livres qui débordent sur scène.«Si tant d\u2019artistes du théâtre et de la danse se tournent vers la prose ou la poésie, c\u2019est pour y puiser un souffle, une voix, une vision qui leur permettent de revivifier leur art, écrit le rédacteur en chef Raymond Bertin en éditorial.Et c\u2019est tant mieux pour nous!» JEU, scènes et littératures Stéphane Baillargeon Le bédéiste québécois Samuel Cantin (Vil et misérable) a fait paraître il y a quelques mois le deuxième volet de son roman graphique Whitehorse, une étourdissante, déconcertante mais divertissante plongée dans le monde du personnage Henri Castagnette.Après avoir appris qu\u2019il souffrait du «syndrome de la tortue» qui le mènerait à la mort, le (très) bavard et tourmenté Henri, auteur un peu raté, part à Whitehorse en deltaplane pour reconquérir son ancienne copine qu\u2019il croit sous le charme du cinéaste cool du moment, Sylvain Pastrami.Un peu crackpot ?Imaginez, on n\u2019a pas encore évoqué les pélicans carnivores.Les pélicans de Whitehorse Philippe Papineau De plus en plus d\u2019expériences théâtrales se déploient hors des scènes consacrées, dans des locaux industriels ou résidentiels.Ainsi, jusqu\u2019au 7 juin, dans l\u2019appartement du 1955 rue Fullum, La Mondiola écrite et mise en scène par Julie Vincent sur une idée de Ximena Ferrer, après plusieurs séances d\u2019improvisation en amont.Entre le salon, la salle à manger, le corridor, la chambre, sur choc des cultures, un anniversaire de naissance se double d\u2019une cérémonie funèbre, alors qu\u2019une adolescente rebelle joue de masques et de fureur pour mieux réinventer le père perdu.Le théâtre de l\u2019intime abolit la distance entre les interprètes et le public.Le théâtre de l\u2019intime Odile Tremblay ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR e monde de la réalité virtuelle (RV) a beaucoup fleuri depuis quelques années entre les mains des créateurs et des ar tistes.Mais la puissance émotive de cette technologie immersive peut donner un coup de pouce à la production journalistique.Le Centre Phi à Montréal a accueilli cette semaine l\u2019événement VR : RV, un échange germano-canadien en réalité vir tuelle organisé par le Goethe-Institut Montréal.Onze Allemands et quatorze Canadiens, tous professionnels des médias numériques, ont entre autres creusé les liens qui pourraient unir l\u2019information et cette technologie immersive, qui fait plonger son utilisateur dans une bulle d\u2019images et de sons.Le mot-clé à retenir, c\u2019est « émotion», ont souligné le photographe et cinéaste documentaire torontois Liam Maloney et la cinéaste, journaliste et créatrice allemande Christiane Miethge.Les deux artistes étaient présents à VR: RV et ont aussi pris la parole devant public mercredi dans le cadre de MUTEK_IMG.«Ce que la RV fait, c\u2019est créer une expérience, et une expérience émotionnelle, explique Christiane Miethge, qui est basée à Munich.Alors les bonnes œuvres vont faire qu\u2019on va se préoccuper d\u2019un sujet.Ç\u2019a été vu dans les études, après le visionnement d\u2019une production en réalité virtuelle, les gens s\u2019en vont en ligne et cherchent sur le sujet pour en savoir plus.C\u2019est du pouvoir direct dans nos mains.» Ce qui n\u2019est pas toujours le cas, Quand le journalisme rêve en RV Des créateurs allemands et canadiens réfléchissent aux moyens de concilier réalité virtuelle et information L | 7 C u l t u r e M é d i a s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 TRANSMUTATIONS: RÉALITÉ, CORPS, VÉRITÉ CONFÉRENCE / DÉBAT ANIMÉE PAR ANGELA KONRAD PRÉSENTEUR PRINCIPAL #2 - SAMEDI 14 AVRIL - 13H30 CORPS EN TRANSMUTATION QU\u2019EST-CE QUE LE SUJET ?SUBJECTIVITÉ, SENSATION, SEXUALITÉ.AVEC: BERNARD ANDRIEU; philosophe, professeur à l\u2019Université de Paris Descartes CÉLINE LAFONTAINE; sociologue, professeure au département de sociologie, UdeM DENISE MEDICO; sexologue, professeure au département de sexologie, UQAM ENTRÉE LIBRE, PLACES LIMITÉES INSCRIVEZ VOUS > USINE-C.COM | 514 521.4493 LES RDV_ ART ET POLITIQUE des approches journalistiques plus traditionnelles, qui, estime-t-elle, of frent beaucoup d\u2019informations, mais font par fois moins réagir les lecteurs de façon épidermique.Liam Maloney parle d\u2019un « ef fet viscéral » de la RV sur « la manière dont on absorbe l\u2019information ».Celui qui a entre autres publié pour The Guardian, Le Monde et le Globe and Mail se penche depuis plusieurs années sur la guerre en Syrie, et essaie d\u2019ailleurs « de trouver de nouvelles façons de raconter une histoire qui très souvent ne trouve plus sa place en une et est enterrée dans le fond du journal ».Les liens restent à se souder entre la RV et l\u2019information.Toutes sortes d\u2019expériences ont été faites dans les dernières années, Le Devoir ayant VR : RV en trois étapes L\u2019échange VR: RV entre l\u2019Allemagne et le Canada sur la réalité virtuelle a franchi sa première étape cette semaine à Montréal, avec des discussions et des ateliers.Mais l\u2019affaire ne s\u2019arrête pas là.Presque tous les participants se retrouveront du 2 au 4 mai à Berlin pour le symposium re :pu- blica, avant de renouer une troisième fois à l\u2019automne lors du volet professionnel des RIDM, les Rencontres internationales du documentaire de Montréal.« Il y a beaucoup d\u2019intérêt de la part des créateurs en Allemagne pour créer des liens [avec les Canadiens], raconte Katja Melzer, directrice du Goethe-Institut Montréal.Il y a aussi une scène de réalité virtuelle allemande, qui n\u2019est pas plus petite qu\u2019ici, mais qui est plus diversifiée, moins menée par de grandes organisations comme l\u2019ONF et plus par des studios privés.» Mme Melzer souhaite que les artisans des deux pays partagent de l\u2019expertise et, pourquoi pas, créent des prototypes ensemble.Et l\u2019éthique ?Le créateur Liam Maloney, qui s\u2019est beaucoup penché sur la guerre, estime qu\u2019il faut être prudent lorsqu\u2019on plonge des spectateurs dans certaines productions de réalité virtuelle plus dures.«Peu importe le support avec lequel tu travailles, les mêmes normes qu\u2019en journalisme s\u2019appliquent, dit-il.Mais en RV, quand tu travailles avec des enjeux plus épineux, comme la guerre, il faut rester conscient que quand tu immerges quelqu\u2019un dans un environnement bouleversant, comme le siège de Mossoul en Irak, tu peux les exposer à quelque chose de traumatisant auquel ils ne sont pas prêts à faire face.Il faut être prudent ,et je crois qu\u2019un journaliste responsable, ou un réalisateur responsable, doit guider l\u2019utilisateur dans ça.» Christiane Miethge et Liam Maloney « Ce que la RV fait, c\u2019est créer une expérience, et une expérience émotionnelle », explique Christiane Miethge.De son côté, Liam Maloney parle d\u2019un « effet viscéral » de la RV sur « la manière dont on absorbe l\u2019information ».PHOTOS VIVIEN GAUMAND par exemple travaillé en collaboration avec l\u2019ONF pour allier du contenu traditionnel à une approche immersive.La plus récente preuve est le projet Roxham du photographe Michel Huneault, sur les demandeurs d\u2019asile au Canada, qu\u2019il est encore possible de vivre au Centre Phi.Le récit journalistique de la réalité vir tuelle reste à inventer, estime Christiane Miethge, qui ne se considère pas vraiment comme une reporter malgré des études en la matière à Concordia.« C\u2019est différent du documentaire, où tu es encore en train de voir les émotions de quelqu\u2019un d\u2019autre à travers un écran.Et la RV n\u2019est pas un média de storytelling, tu ne suis pas un récit linéaire, tu vis quelque chose, une histoire à toi, que tu vas pouvoir raconter ensuite.» Et la nuance, la finesse, avec toutes ces émotions que l\u2019utilisateur peut ressentir en étant plongé dans un univers immersif ?Voilà une approche que Liam Maloney aimerait voir davantage.« C\u2019est une technologie grandiloquente, et la tendance est de créer des projets massifs et éclatants.Et je pense qu\u2019il serait intéressant d\u2019explorer des sujets avec plus de nuances, de trouver des façons d\u2019utiliser cette technologie plus doucement et de pénétrer notre subconscient plus profondément.» Des difficultés De là à dire que la réalité virtuelle sera le sauveur des médias en crise, il y a un pas qu\u2019il ne faut pas franchir.Car les embûches restent nombreuses, du côté des utilisateurs, mais aussi des entreprises de presse.Celles-ci ont eu tendance dans les dernières années à prendre une pause dans les créations en RV, estiment les deux créateurs.Liam Maloney souligne deux enjeux aussi simples que majeurs : le temps et l\u2019argent qui sont nécessaires à la production d\u2019un projet viable de RV.« Et ce sont deux choses que les médias n\u2019aiment pas avoir à gérer, rigole-t-il.Il y a bien le New York Times qui a obtenu beaucoup de succès avec ses expériences, souvent des projets de vidéos immersives sur 360 degrés.Ça gagne en popularité, mais il a du personnel à temps plein pour mener à terme ce genre de projets, ce qui ne peut pas être envisageable pour la plupar t des journaux.» Et il y a le problème de la priorisa- tion des technologies à épouser, souligne Christiane Miethge.« Il y a tellement de technologies qui se développent et avec lesquelles on peut créer du contenu, c\u2019est dur pour un média de savoir quoi acheter, où mettre l\u2019argent.» Quant au public, il peut s\u2019avérer limité car la RV nécessite des installations spéciales, ce qui fait que les citoyens intéressés doivent se déplacer pour vivre l\u2019expérience.Il y a bien sûr le marché les appareils du type Google Cardboard, abordables et qui permettent de simuler un casque immersif, « mais il y a encore une barrière à l\u2019entrée », souligne Maloney. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 8 | Les billets s\u2019envolent rapid ement! Faites vite! ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR œil éteint, la mine impassible, Gordon traîne son désarroi amoureux dans un Detroit gris au possible.Travaillant pour une firme de sécurité, le jeune homme opère des hexapodes, ou robots de surveillance, qui quadrillent le parcours d\u2019un pipeline situé dans un pays d\u2019Afrique du Nord non identifié.Un jour apparaît sur son moniteur Ayusha, une jeune femme qui compte fuir avec son amoureux avant que ses parents la marient de force à un autre homme.Ému par le sort d\u2019Ayusha, qu\u2019il a surnommée «Juliette» avant de se manifester à elle, Gordon décide de l\u2019aider par l\u2019entremise des hexapodes.Prémisse originale pour Regard sur Juliette sur lequel revient son auteur, Kim Nguyen.Dévoilé dans la section Venice Days au Festival de Venise, Regard sur Juliette (V.F.de Eye on Juliet) fut tourné au Québec, maquillé en ville américaine impersonnelle, et au Maroc, où le cinéaste a imaginé un pays fictif.Mais avant d\u2019en arriver là, l\u2019histoire inusitée de Gordon (Joe Cole) et Ayusha (Lina El Arabi) mit un moment à prendre forme.«Le scénario a connu plusieurs itérations, a beaucoup évolué», explique Kim Nguyen, joint à Bruxelles où il planche sur le montage sonore de son prochain film, The Hummingbird Project, qui met en vedette Jesse Eisen- berg, Alexander Skarsgård, Salma Hayek, et qu\u2019on attend fin 2018.Solitude tous azimuts Au gré des versions, le cinéaste finit par mettre le doigt sur ce qui l\u2019animait.« J\u2019avais le désir de projeter quelque chose à la limite du surréalisme.Quelque chose qui aborderait, voire confronterait dif férents enjeux que j\u2019observais dans les zeitgeist, dans l\u2019air du temps.Je pense au thème de la solitude, qui m\u2019habitait depuis un tournage précédent, en Afrique du Nord [La cité].Je sentais que les hommes et les femmes avaient de la difficulté à communiquer.» Kim Nguyen percevait un phénomène similaire en Amérique, mais avec des causes tout autres.« Ici, cette solitude et cette incommunicabilité me semblaient tenir davantage à de nouvelles mœurs, comme le speed dating, et surtout les applications comme Tindr.La rencontre homme-femme est devenue très technique et inductrice de cet autre type de solitude.» Ainsi, le film oppose-t-il cet isolement qui découle, d\u2019un côté, des traditions et de la religion, et de l\u2019autre, de la technologie et d\u2019un individualisme forcené : des contraires qui produisent le même résultat.« En toile de fond, durant cette Kim Nguyen, si loin, si proche Regard sur Juliette médite sur la possibilité de l\u2019amour à l\u2019ère du tout-technologique L\u2019 | 9 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 période, j\u2019étais comme tout le monde, témoin des interminables tensions et guerres au Moyen-Orient, de l\u2019usage de drones\u2026 Tout ça s\u2019est mélangé pour donner Regard sur Juliette, qui est donc en fin de compte une réflexion sur la solitude au XXIe siècle, avec lesdits conflits en toile de fond.» Machine humaine Avec le personnage de Gordon qui communique avec Ayusha par le biais de cette espèce de petit robot- araignée, le piège d\u2019un film à « gimmick » était réel.Le cinéaste sut l\u2019éviter de diverses façons, notamment en of frant très tôt une scène qui anthropomorphise les machines.Alors que Gordon et son collègue se taquinent dans leurs locaux de Detroit , à l \u2019écran, on voit leurs hexapodes respectifs cheminer le long du pipeline, comme si c\u2019était ces derniers qui s\u2019asticotaient.« C\u2019est un hommage aux droïdes dans les premiers Star Wars, R2D2 et C3PO », confie Kim Nguyen, ajoutant du même souffle que cette scène-là existe depuis la toute première version du scénario.« George Lucas a eu un beau flash à l\u2019époque de Star Wars en ayant pour parti pris que toutes ces technologies du futur qu\u2019il inventait étaient déjà périmées dans le contexte du film : les robots qui tombent en panne, le Milennium Falcon en constant besoin de réparations, etc.Les drones de Regard sur Juliette, les hexapodes, c\u2019est déjà une technologie dépassée dans le cadre de l\u2019intrigue.Cette désuétude et ces défauts les humanisent.» Des bris inopinés qui deviennent en outre tantôt source d\u2019humour, tantôt de suspense.Suggérer la proximité Ce film, le sixième long métrage de fiction du réalisateur de Rebelle, s\u2019avéra son plus grand défi formel.« C\u2019était à la fois stimulant et effrayant.J\u2019avais deux personnages qui sont séparés par 6000, 7000 kilomètres, et je devais peu à peu, grâce au langage cinématographique, créer l\u2019illusion qu\u2019ils sont face à face.Avec l\u2019équipe, on a appliqué cet usage du langage cinématographique de façon dictatoriale pour les rapprocher de plus en plus.» «Ces deux personnages se parlent par le truchement d\u2019un petit robot, et on veut que l\u2019émotion passe\u2026 Comment y arriver ?On s\u2019y est pris de différentes façons \u201cinvisibles\u201d.Par exemple, on a filmé les acteurs, chacun dans sa par tie du monde, comme s\u2019ils se trouvaient dans le même espace, dans la même pièce.On a choisi des teintes désertiques pour la base de contrôle où travaille Gordon, qui est assis devant ses écrans.On a disposé des lignes d\u2019horizon derrière lui.On a surélevé son écran principal pour qu\u2019il ait à lever la tête pour le regarder.Ce qui fait en sorte que quand on passe à Ayusha, qui elle regarde le robot au sol, donc vers le bas, on a l\u2019impression que leurs regards se croisent.C\u2019est renforcé quand on a le point de vue de l\u2019hexapode, cadré en utilisant le même axe que pour Gordon.» Puis, graduellement, on passe de moins en moins par le robot, à l\u2019image, lorsque les deux personnages se parlent, renforçant cette impression de proximité.Si loin, si proche.Regard sur Juliette sera à l\u2019affiche le 20 avril.Ce film, le sixième long métrage de fiction du réalisateur de Rebelle, s\u2019avéra son plus grand défi formel.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Les hexapodes, c\u2019est déjà une technologie dépassée dans le cadre de l\u2019intrigue.Cette désuétude et ces défauts les humanisent.KIM NGUYEN » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR ans un film, la séquence d\u2019ouverture revêt toujours une importance capitale.Elle donne le ton tout en permettant au spectateur d\u2019ajuster son horizon d\u2019attentes.Celle de Lean on Pete, le nouveau film d\u2019Andrew Haigh, est exemplaire.On y voit un adolescent, Charley, sortir à l\u2019aube pour son jogging.Autour de lui, un quartier pauvre et la rumeur de camions, hors champ.D\u2019emblée, l\u2019isolement de Charlie est palpable.Lorsqu\u2019enfin, on aperçoit un véhicule, celui-ci traîne une remorque à chevaux, présage de ce qui suivra.En repérage à Montréal pour une série coproduite par la BBC, le cinéaste a fait une pause, le temps de revenir sur son plus récent film, qui surprend par sa prémisse.Ce qui étonne en l\u2019occurrence, c\u2019est que le cinéaste anglais eût voulu tâter de la formule du cheval et de l\u2019enfant.En ef fet, il s\u2019agit d\u2019un genre non seulement très américain, mais dont la nature volontiers « édifiante », au sens gentil et inspirant du terme, s\u2019accorde mal avec la sensibilité âpre d\u2019Andrew Haigh.« C\u2019est vrai que le synopsis laisse présager un type bien précis de récit.À tel point que lorsque j\u2019ai terminé le tournage, je me suis demandé comment on allait se débrouiller pour la promotion, parce que les gens s\u2019attendraient à quelque chose que le film n\u2019est pas», confie le réalisateur.Déjouer les attentes Abandonné des années auparavant par sa mère dont les possibles troubles mentaux sont évoqués par la bande, Charley, 15 ans, vit avec son père, le prototype du bon à rien sympathique.Alcoolique et don Juan, ce dernier adore son fils, mais n\u2019en est pas moins complètement inadéquat en tant que parent.Par l\u2019irresponsabilité du père arrive un drame qui force Charley à déguerpir.Dans son périple à travers les États-Unis pour retrouver une tante bonne pour lui au temps de l\u2019enfance, l\u2019adolescent entraîne un cheval usé par le circuit hippique : Lean-on-Pete de son nom.Tous deux sont à bout de course, tous deux sont contraints de fuir.Hormis le contexte, il y a la toile de fond : la face défavorisée de l\u2019Amérique actuelle.Bref, cette histoire-là loge à des lieues des clichés bucoliques attendus.«Ce n\u2019est même pas un film qui porte sur un cheval ; le cheval est impor tant, mais le parcours du personnage va au-delà de ça.Ce n\u2019est pas non plus un road movie, même si ça le devient vers le troisième acte\u2026 Au bout du compte, ça m\u2019a plu, cette perspective de déjouer les attentes.» Andrew Haigh, la solitude du coureur Dans Lean on Pete, le cinéaste anglais s\u2019intéresse à ce qui nous définit lorsqu\u2019il n\u2019y a plus que soi En repérage à Montréal pour une série coproduite par la BBC, le cinéaste Andrew Haigh a fait une pause, le temps de revenir sur son plus récent film, Lean on Pete.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR D C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 OSM.CA | Trois concerts pour (re)découvrir des musiques de pays nordiques 24 AVRIL / 20H Alain Lefèvre dans la RHAPSODIE ROMANTIQUE D\u2019ANDRÉ MATHIEU Concert présenté par Yamaha Canada Musique 25 AVRIL / 20H LE CONCERTO POUR VIOLON DE TCHAÏKOVSKI interprété par Augustin Hadelich Concert présenté par Cogeco 26 AVRIL / 20H CONTES ET LÉGENDES DU NORD Une création mondiale de Samian et Nicole Lizée, inspirée de légendes amérindiennes Vaincre la solitude C\u2019est sur la recommandation de son conjoint qu\u2019Andrew Haigh lut le roman de Willy Vlautin.« Il m\u2019a promis que ça me plairait.Il avait raison.Vlautin aborde avec beaucoup de finesse ce qui est probablement mon thème de prédilection : la solitude, et les moyens que l\u2019on prend pour ne plus se sentir seul.» On tombe amoureux presque malgré soi, comme dans son premier film, Weekend, ou alors on cherche l\u2019amour en se consolant auprès de ses amis en attendant, comme dans sa série Looking, produite par HBO.Pour ne pas vivre seul, on peut également repousser, par déni, l\u2019évidence de la fin d\u2019une relation de couple, comme dans 45 ans (45 Years).Dans Lean on Pete, c\u2019est la mort d\u2019une cellule familiale et le besoin d\u2019en recréer une autre qui propulsent l\u2019histoire.Choc émotionnel D\u2019ailleurs, comme les protagonistes des autres films d\u2019Andrew Haigh, Charley subit un violent choc émotionnel.Dans Weekend , c\u2019était la prise de conscience d\u2019un coup de foudre malvenu, dans 45 ans, c\u2019était la réalisation qu\u2019un mensonge a pour ri les racines d\u2019un long mariage.Lean on Pete, quant à lui, voit Charley br usquement pr ivé du semblant de famille qui lui restait.« Je suis attiré par les personnages passifs.Ça peut paraître bizarre, mais je trouve que c\u2019est représentatif de la vraie vie, sur laquelle on a peu, voire pas, de contrôle.Dans mes films, un événement se produit, et c\u2019est ce qui oblige les personnages tantôt à la remise en question, tantôt à l\u2019introspection, tantôt au mouvement, comme ici.» Perte de repères Quoique les deux intrigues ne partagent guère de similitudes, Lean on Pete s\u2019inscrit tout particulièrement dans la continuité de 45 ans.À l\u2019instar de Charlotte Rampling en femme dont l\u2019univers vole en éclats à la découverte d\u2019un secret concernant la défunte fiancée de son mari, Charlie Plummer, qui joue Charley, est confronté à la disparition soudaine de ses repères.L\u2019une ne peut plus souffrir de voir son reflet dans les yeux de son époux, tandis que l\u2019autre fait désormais face au vide.« On revient à la solitude.Comment fait-on pour se définir lorsqu\u2019il n\u2019y a plus que soi ?Lorsqu\u2019il n\u2019y a plus personne pour nous aimer, nous parler, s\u2019occuper de nous?Avec Lean on Pete, j\u2019avais l\u2019occasion d\u2019explorer cette préoccupation encore plus en profondeur.Je veux dire par là qu\u2019auparavant, j\u2019ai traité du thème de la solitude sur le plan sur tout psychologique, émotionnel.Tandis qu\u2019avec Lean on Pete, oui, il y a cette dimension-là, mais il y a aussi toute la question de la précarité, de la pauvreté, du manque de nourriture, d\u2019un toit au-dessus de sa tête : ça, c\u2019est la solitude absolue.» Optimiste néanmoins Et Charley et son cheval de traverser déserts, bleds anonymes, quartiers de cités retournés à l\u2019état sauvage\u2026 Comme d\u2019autres cinéastes européens avant lui \u2014 on songe au Wim Wenders de Paris, Texas \u2014, Andrew Haigh filme ces paysages ruraux et urbains avec une curiosité dénuée de jugement.En amont du tournage, il se promena beaucoup, effectuant le futur trajet de Charley.«C\u2019était essentiel ; ça nourrit le regard.Je suis un maniaque du détail pour tout ce qui se trouve dans mes compositions, même pour ce qui est à peine visible en arrière-plan.Un souci d\u2019authenticité, j\u2019imagine.Je prends le temps qu\u2019il faut, des heures, si nécessaire, pour obtenir la bonne prise.La séquence d\u2019ouverture était réglée de cette façon.Elle est aussi révélatrice, je pense, de toute ma démarche, qui au fond consiste à incarner, en images, l\u2019idée de solitude.» On le précise, ce ne sont pas là les paroles d\u2019un artiste pessimiste.Car davantage que de la misère humaine, Andrew Haigh montre dans Lean on Pete un jeune héros résilient dont l\u2019innocence n\u2019a d\u2019égale que la détermination.En cela, peut-être le film est-il, après tout, édifiant.Est-ce vraiment là un défaut ?Lean on Pete prendra l\u2019af fiche le 20 avril.Je suis attiré par les personnages passifs.Ça peut paraître bizarre, mais je trouve que c\u2019est représentatif de la vraie vie, sur laquelle on a peu, voire pas, de contrôle.Dans mes films, un événement se produit, et c\u2019est ce qui oblige les personnages tantôt à la remise en question, tantôt àl\u2019introspection.ANDREW HAIGH » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 OFFRE SPÉCIALE 2 BILLETS POUR 30 $ LE PLUS GRAND RÉSEAU DE MUSICIENS PROFESSIONNELS PRÉSENTANT DES CONCERTS EN MILIEU DE SANTÉ AU QUÉBEC www.samsante.org L\u2019occasion d\u2019entendre parmi les meilleurs musiciens de Montréal, réunis autour d\u2019une même cause.Invités spéciaux : Serhiy Salov et Gabriel Thibaudeau C O N C E R T - B É N É F I C E Théâtre Corona - 18 avril 2018, 19 h C u l t u r e C i n é m a 1 2 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Les films por tant sur la prédation masculine sont légion.Ceux s\u2019attardant au pendant féminin sont beaucoup moins nombreux, sans doute parce que le phénomène est plus rare.Et là encore, les longs métrages qui s\u2019y risquent optent volontiers pour une approche sulfureuse confinant parfois à la titillation.Emprise, de Carlos et Jason Sanchez, constitue une exception, car voilà un drame psychologique qui tente réellement de comprendre, tout en racontant une histoire prenante, ce qui se produit dans l\u2019esprit d\u2019une femme devenue prédatrice.Emprise (V.F.de Allure) met en scène Laura, la vingtaine punk indéterminée, milieu ou fin, qui fait des ménages à domicile pour le compte de la compagnie de son père.Dans l\u2019une des maisons où elle travaille, elle remarque Eva, une adolescente de 16 ans si gracile qu\u2019elle en paraît 13.De compliments sur ses talents de pianiste en joints fumés en cachette en l\u2019absence de la mère d\u2019Eva, Laura s\u2019immisce rapidement dans l\u2019intimité de la jeune fille en mal d\u2019émancipation.C\u2019est d\u2019ailleurs ce que lui fait miroiter Laura lorsque, à l\u2019issue d\u2019une querelle entre Eva et sa mère, elle lui offre de venir s\u2019installer chez elle en cachette, rien qu\u2019un petit moment.Évidemment, de chantage émotif en séquestration, le « séjour » d\u2019Eva devient permanent.Jeux de manipulation Une réalité qu\u2019on voit poindre insidieusement, les cinéastes y allant par petites touches successives.On devine dès le départ les intentions tordues de Laura : l\u2019intérêt, si l\u2019on peut dire, réside dans la manière dont elle s\u2019y prend pour gagner, graduellement, la confiance d\u2019Eva.À ce chapitre, le scénario des Sanchez érige une gradation crédible des abus, ceux-ci relevant d\u2019abord de la violence psychologique, physique, puis sexuelle.Les jeux de manipulation auxquels s\u2019adonne Laura sont en outre déclinés avec habileté.Vedette de la série Westworld, Evan Rachel Wood incarne cet être perturbé avec un brio sidérant.Comme Anthony Perkins qui conférait une vulnérabilité touchante au psychopathe Norman Bates dans Psychose (Psycho), Wood suggère dans certaines scènes un mélange troublant de déni et de sincérité.Avec ses yeux immenses et son apparence délicate, Julia Sarah Stone compose une victime dont la geôle physique devient mentale.Sa psyché assiégée, et syndrome de Stockholm aidant, Eva se conforme, se convainc.En parallèle, le film explore la relation entre Laura et son père, dont on en vient à comprendre qu\u2019il a abusé d\u2019elle, enfant.Abordé au moyen d\u2019allusions plutôt que d\u2019explications, cet aspect ne vise pas tant à excuser les agissements de Laura qu\u2019à les expliquer, en partie.Pas de débordement On l\u2019a mentionné d\u2019office, au cinéma, les prédateurs sexuels sont généralement des hommes.Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une femme obsédée par une autre femme comme dans Fenêtres sur New York (Windows), ou qui poursuit un homme de ses avances non sollicitées comme dans Harcèlement (Disclosure), ou qui, encore, s\u2019éprend de l\u2019un d\u2019eux jusqu\u2019à en perdre la raison comme dans Liaison fatale (Fatal Attraction), les versions féminines virent trop souvent au grand guignol.Il est des exceptions, par exemple Anna M., avec Isabelle Carré en érotomane, voire Elle, avec Isabelle Huppert, selon la lecture que l\u2019on fait du film.De la substance Quoi qu\u2019il en soit, Emprise évite tout débordement, misant à fond sur la suggestion \u2014 y compris quant à la pédophilie implicite de Laura \u2014 pour forger un climat étouffant propice au développement d\u2019une folie à deux.La proposition est certes glauque, mais elle ne sombre jamais dans le sordide.Pour qui ne craint pas de La belle captive Evan Rachel Wood est remarquable dans un récit déstabilisant de prédation au féminin s\u2019aventurer dans les méandres tortueux d\u2019un esprit malade, ce premier long métrage ne manque ni de substance ni de qualités cinématographiques (mention à la direction photo de Sara Mishara).Il convient cependant d\u2019insister sur le fait qu\u2019Emprise n\u2019est pas pour tout le monde.D\u2019autant que les frères Sanchez forcent le spectateur à arrimer son regard au point de vue de Laura.Cette dernière qui s\u2019en tire à bon compte à l\u2019issue d\u2019une fin ouver te pas tant gênante sur le plan moral, la licence artistique devant primer, que frustrante sur le plan dramaturgique.C\u2019est là la principale faiblesse d\u2019un film aussi inconfortable que fascinant.Emprise (V.F.de Allure) ?1/2 Drame psychologique de Carlos et Jason Sanchez.Avec Evan Rachel Wood, Julia Sarah Stone, Denis O\u2019Hare, Maxim Roy, Joe Cobden.Québec, 2017, 105 minutes.Evan Rachel Wood incarne Laura avec un brio sidérant.Julia Sarah Stone compose une victime dont la geôle physique devient mentale.LES FILMS SÉVILLE | 1 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019atelier semble un prolongement direct du film le plus auréolé de Laurent Cantet, Entre les murs : le difficile rapport maître-élèves, l\u2019éducation comme vecteur d\u2019émancipation, la littérature pour donner du sens à une vie.Or, L\u2019atelier s\u2019inscrit aussi dans une démarche politique qui traverse toute son œuvre, et ce, depuis l\u2019émouvant Ressources humaines (1999), qui illustrait avec brio le schisme qui sépare les enfants de leurs parents lorsqu\u2019ils accèdent à une autre classe sociale grâce aux diplômes.C\u2019est aussi ce gouffre qu\u2019il met en scène dans ce drame gorgé de soleil, celui du sud de la France, à l\u2019ombre des chantiers navals de La Ciotat dont le silence et la décrépitude témoignent d\u2019un passé industriel autrefois glorieux, aujourd\u2019hui lointain.Les jeunes qui fréquentent \u2014 un peu de force, mais moyennant rétribution \u2014 le stage d\u2019écriture de l\u2019au- teure à succès Olivia (Marina Foïs, solide) portent en eux cette histoire et surtout ses suites, celles d\u2019un avenir bouché, d\u2019un présent marqué par la violence, le racisme et l\u2019ennui.Et s\u2019ils forment un condensé métissé du pays, ces grands ados semblent unis par l\u2019anxiété, sans pour autant l\u2019exprimer de la même façon.C\u2019est d\u2019ailleurs le cas d\u2019Antoine (Matthieu Lucci, éloquent dans son mutisme), vite repéré par Olivia qui voit en lui un participant doué, pas insensible non plus à son charme athlétique.Sa plume, acérée, vitriolique, place ses camarades sur la défensive, rebutés aussi par son mépris à peine voilé.Cet aspect séduira Olivia bien davantage que son physique, vite intriguée par son tempérament mystérieux, en partie éclairé par sa vie 2.0, pas mal moins pudique, proche des idées de l\u2019extrême droite.Laurent Cantet et son fidèle coscé- nariste également réalisateur Robin Campillo (120 battements par minute) scrutent le quotidien étrange et morose de ce garçon, laissant volontairement en retrait les autres jeunes, de même qu\u2019Olivia.Cette figure d\u2019autorité se situe tout de même au cœur de cette dynamique particulière, à la fois rassembleuse et objet de curiosité par son accent, ses manières et la villa opulente où elle est logée.Parfois dépassée, souvent fascinée, quelques moments fur tifs témoignent de ses petites misères d\u2019artiste, éclairant, mais jamais de façon explicite, les raisons de sa présence hors des salons parisiens et ce qu\u2019elle pourrait trouver au contact de ces écrivains d\u2019occasion qui croyaient jusque-là n\u2019avoir rien à dire.Ce qu\u2019ils expriment, dans leurs écrits pas si maladroits et autour de la table dans un langage coloré empreint de frustrations, c\u2019est la réalité d\u2019une société rongée par plusieurs maux que L\u2019atelier décortique avec finesse, sans moralisme ni grandiloquence.La présence visuelle de cette ancienne cathédrale de la force ouvrière \u2014 aujourd\u2019hui recyclée en garage pour yachts de millionnaires\u2026 \u2014 constitue le décor à la fois triste et majestueux d\u2019une dérive sociale.Moins espiègle qu\u2019Entre les murs de par la petitesse du groupe, la personnalité introvertie de l\u2019écrivaine et le cadre estival qui appelle à l\u2019indolence, L\u2019atelier écrit une page de la France au présent.Pas toujours glorieuse, flirtant avec les angoisses du film noir et sans offrir de réponses rassurantes.Ce n\u2019est ni la finalité de la littérature ni celle du cinéma de Laurent Cantet.L\u2019atelier ?Drame de Laurent Cantet.Avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach, Olivier Thouret.France, 2017, 113 minutes.Les maux pour le dire La conviction d\u2019une écrivaine à succès de pouvoir sauver une jeunesse désabusée L\u2019atelier écrit une page de la France au présent.PIERRE MILON / MK2 MILE END Charlotte Gainsbourg endosse le rôle de la mère avec une grande dévotion.AZ FILMS CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Romain Gar y n\u2019est pas seulement considéré comme l\u2019un des plus grands écrivains français, mais aussi l\u2019un des plus mythomanes.L\u2019affaire Émile Ajar, ce pseudonyme qui lui a permis d\u2019obtenir un deuxième Gon- court avec La vie devant soi après celui pour Les racines du ciel, en camoufle d\u2019autres, dont ses extravagances avec sa propre histoire dans La promesse de l\u2019aube.Que certaines péripéties de ce livre puissent relever de la pure fiction ne doit pas faire ombrage au talent de son auteur, à la puissance de sa voix et à son amour pour sa mère \u2014 elle-même une prodigieuse mythomane ! Éric Barbier, un habitué du polar (Le serpent, Le dernier diamant), s\u2019est octroyé un spectacle à grand déploiement comme le cinéma français s\u2019en offre à l\u2019occasion, lui permettant de reconstituer la dimension épique de cette histoire de conquêtes: celle d\u2019un homme face à la femme qui a tout donné et tout fait pour lui, et d\u2019un étranger aux origines russes et polonaises face à la France.Ceux qui fréquentent l\u2019œuvre de Gary savent déjà que la première bataille fut la plus exigeante! Tout comme Jules Dassin l\u2019a fait avec Melina Mercouri dans une première adaptation en 1970, c\u2019est la mère, Nina, qui vampirise cette épopée débutant en Pologne, alors qu\u2019elle et son jeune fils ont fui Moscou et les soubresauts de la révolution bolchevique.C\u2019est dans ce monde enneigé et hostile qu\u2019éclate la démesure de cette actrice ratée, pauvre, mais roublarde et pleine d\u2019ambition pour son petit Romain : il sera tout à la fois héros de guerre, écrivain et ambassadeur de France.Pour y parvenir, Gary n\u2019a pas ménagé les détails et les détours, mais l\u2019adaptation de Barbier se fait forcément plus expéditive, sans pour autant lésiner sur les débordements affectifs de cette femme qui ne craint jamais le ridicule lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019aimer, de célébrer et de protéger son fils.Celui-ci grandira de plus en plus étouffé par cette dévotion dévorante, quittant Nice pour tenter de conquérir Paris, et ensuite de sauver la France de la folie nazie, l\u2019épisode le plus flamboyant où le cinéaste, de l\u2019Afrique à Londres en passant par le ciel de la Manche, s\u2019en donne à cœur joie.Chaque parenthèse géographique est marquée d\u2019une lumière différente, accentuant le passage du temps sur une Europe basculant des espoirs enivrants des lendemains de la Première Guerre mondiale à la noirceur de la Deuxième.Le jeune artiste tourmenté est défendu d\u2019une fois à l\u2019autre par un nouvel interprète jusqu\u2019à Pierre Niney, cet acteur caméléon (Frantz, Yves Saint Laurent).S\u2019il ressemble un peu au célèbre écrivain dans sa tendre jeunesse et aux heures les plus sombres, Niney accepte de se glisser dans la peau d\u2019un homme qui n\u2019en est pas tout à fait un, car infantilisé, et vénéré, par cette tigresse que rien n\u2019arrête, surtout pas l\u2019antisémitisme.Et qui aurait parié que Charlotte Gainsbourg était celle qui pouvait défendre ce personnage haut en couleur, digne de Madame Rosa dans La vie devant soi ?L\u2019actrice, souvent cantonnée dans un registre indolent, loin des rôles de composition, mord dans cette occasion unique de balayer son image d\u2019ingénue sur qui le temps n\u2019a pas d\u2019emprise.Derrière les bourrures, le teint blafard et un curieux accent pas toujours convaincant, elle endosse ce rôle avec une dévotion qui commande le respect.La promesse de l\u2019aube ?1/2 Drame biographique d\u2019Éric Barbier.Avec Charlotte Gainsbourg, Pierre Niney, Jean-Pierre Darrousin, Didier Bourbon.France, 2017, 130 minutes.La femme de sa vie Adaptation à grand déploiement d\u2019un roman qui commande tous les excès L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 14 | Les nouveautés sont en rose La villa ?Après quelques détours, certains plus heureux que d\u2019autres, Robert Guédi- guian (Marius et Jeannette, Les neiges du Kilimandjaro) revient à sa petite musique marseillaise, celle qui l\u2019a fait connaître et avec laquelle il excelle.Portrait de famille hautement dysfonc- tionnelle (ne le sont-elles pas toutes?), réunion obligée autour d\u2019un père gravement malade, il s\u2019agit surtout d\u2019une radiographie mélancolique d\u2019une France en transformation, bazardant toujours plus son passé.Les personnages du cinéaste ressemblent une fois encore à des résistants, écorchés par les malheurs, rattrapés par un présent agité (dont celui de jeunes migrants risquant leur vie sur la Méditerranée), défendus par sa belle ribambelle d\u2019acteurs que l\u2019on aime tant, Ariane Ascaride au premier chef, ici en actrice endeuillée et distante.André Lavoie Isle of Dogs ?1/2 Wes Anderson pratique-t-il l\u2019animation en dilettante?Officiellement, oui, puisqu\u2019il s\u2019agit de son deuxième long métrage, après Fantastic Mr.Fox, à s\u2019aventurer sur ce territoire.En pratique, non, tant son cinéma ressemble à un formidable puzzle de techniques, avec des personnages résolument bé- déesques.Les chiens sont cette fois les grandes vedettes de cette étonnante fantaisie aux accents japonais, où l\u2019on reconnaît ses images comme autant de fresques avec ces figures figées dans le paysage, toutes pleines d\u2019humour, d\u2019insolence et d\u2019esprit (parfois de bottine).Nourri d\u2019un futurisme nippon sorti de la télé des années 1970, le cinéaste puise aussi dans les films de samouraïs et sa cinéphilie américaine (bonjour Citizen Kane) pour concocter une histoire déjantée où propagande, survie et complots en tous genres se mélangent.Comme à l\u2019habitude, sa grande famille d\u2019acteurs fabuleux (Frances McDormand, Bill Murray, Edward Norton, etc.) répond à l\u2019appel, et fait merveille.André Lavoie Les lettres de ma mère ?Il y a quelque chose d\u2019émouvant, mais aussi d\u2019impudique, à parcourir la correspondance de quelqu\u2019un d\u2019autre, surtout lorsqu\u2019il s\u2019agit de sa mère.Celle de Serge Giguère, 15e enfant d\u2019unGeral- dine Viswanathane famille qui en compte 16!, a écrit avec générosité et franchise à l\u2019un de ses fils destiné à la prêtrise.Le cinéaste a mis la main sur cette précieuse correspondance, très éloquente sur la vie des femmes au tournant des années 1950, et surtout révélatrice des rapports complexes de cette besogneuse dévouée, et pas très diplomate!, avec son imposante fratrie.En filigrane, avec de petites trouvailles visuelles et la voix de Muriel Dutil, choix judicieux pour incarner l\u2019archétype de la matriarche canadienne-fran- çaise, c\u2019est à la fois l\u2019histoire du Québec et celle de Giguère qui s\u2019entremêlent avec délicatesse.La même qui parcourt tous ses films (Oscar Thiffault, Le roi du drum, Le mystère Macpherson) depuis tant d\u2019années.André Lavoie Emprise (V.F.de Allure) ?1/2 Laura, une vingtenaire perturbée qui effectue des ménages à domicile, jette son dévolu sur Eva, la fille de 16 ans de l\u2019une de ses clientes.Profitant des tensions entre ces dernières, Laura s\u2019immisce subrepticement dans l\u2019intimité d\u2019Eva.L\u2019adolescente accueille avec reconnaissance la sollicitude de la jeune femme, qui lui offre de venir s\u2019installer chez elle, en cachette, pour un petit moment.De chantage émotif en séquestration, le «séjour» devient permanent.Procédant par petites touches successives et par suggestion, y compris quant à la pédophilie implicite de Laura, les frères Sanchez forgent un climat étouffant, propice entre autres au développement d\u2019un syndrome de Stockholm.En dépit d\u2019une fin un peu bancale, ce premier film glauque mais jamais sordide ne manque ni de substance ni de qualités cinématographiques.Evan Rachel Wood est qui plus est remarquable en prédatrice hantée.François Lévesque L\u2019atelier ?Ce n\u2019est pas tout à fait une copie conforme de son film le plus célèbre, Entre les murs, mais on retrouve quelques-unes des préoccupations du cinéaste de Ressources humaines et Vers le sud: l\u2019éducation, la littérature, le choc des classes sociales.Sa démonstration, sous le chaud soleil du sud de la France et à l\u2019ombre des chantiers navals de La Ciotat, s\u2019effectue en délicatesse, mais sans complaisance, avec cette curieuse dynamique de groupe où trône une romancière à succès (solide Marina Foïs).Dans ce petit laboratoire de création littéraire, des jeunes dont l\u2019avenir semble sombre réussissent tout de même à trouver les mots pour le dire.Parmi eux, Antoine (Mat- thieu Lucci, un nouveau venu étonnant), doué mais tourmenté, fascine de plus en plus l\u2019écrivaine, et pas seulement pour son charme athlétique.Une page écrite avec grande finesse sur quelques-uns des maux qui rongent la France d\u2019aujourd\u2019hui.André Lavoie La promesse de l\u2019aube ?1/2 À une époque pas si lointaine, les adaptations des romans de Romain Gary se succédaient à un rythme effréné.Éric Barbier, un habitué du polar (Le serpent, Le dernier diamant) y revient, et avec panache, dans cette relecture de son célèbre roman autobiographique brouillant une fois de plus la ligne entre vérité et fiction.Ce qui était vrai dans le livre apparaît aussi à l\u2019écran: l\u2019amour excessif et inconditionnel d\u2019une femme brisée par la vie et l\u2019Histoire (de la révolution bolchevique à la Deuxième Guerre mondiale) pour son fils, à qui de grandes choses sont destinées.Beaucoup d\u2019épisodes sont forcément sacrifiés, mais demeure cette relation fu- sionnelle dans une Europe en déroute, de la Pologne à Nice avec détours en Afrique et au Mexique.Un spectacle à grand déploiement qui peut compter sur le solide Pierre Ni- ney en écrivain militaire à l\u2019âge adulte, et surtout une étonnante Cheval indien (V.F.de Indian Horse) ?Si le hockey apparaît trop souvent comme une religion, elle peut aussi être source de fierté, de réconfort, voire une planche de salut, même pour les peuples autochtones.Ce n\u2019est pas le seul aspect étonnant du roman de Richard Wagamese, et encore moins du film de Stephen S.Campa- nelli, un as de la steadicam souvent complice de Clint Eastwood, adaptant avec souffle et beauté ce récit qui illustre un parcours douloureux, dont celui dans l\u2019enfer des pensionnats.Trois acteurs talentueux se succèdent Bloqueurs (V.F.de Blockers) ?Le bal des finissants: plusieurs adolescents célèbrent la fin d\u2019une étape importante, et d\u2019autres le début d\u2019une grande délivrance! La scénariste de Pitch Perfect et de la série 30 Rock, Kay Cannon, pour la première fois derrière la caméra, fait de l\u2019événement un immense moment de pure rigolade irrévérencieuse.Car un trio de parents dominé par l\u2019excellente Leslie Mann s\u2019inquiète d\u2019apprendre que leurs filles adorées, amies depuis l\u2019enfance, ont choisi ce moment festif pour perdre leur virginité.En bons parents hélicoptères, ils vont surveiller de près leur progéniture, une escapade nocturne au pays des angoisses familiales, des valeurs maritales et des mystères de la sexualité.Le tout livré avec une abondance de fluides douteux, de pirouettes rocambolesques (bonjour The Fast & The Furious) et de situations cocasses qui dépassent parfois en audace Bridesmaids : personne ne croyait la chose possible.André Lavoie pour incarner Saul, jeune prodige sur la patinoire arraché à sa famille, croyant trouver son salut un bâton de hockey dans les mains.La rédemption s\u2019avérera toutefois difficile sur la glace vive du racisme et de l\u2019intolérance, le tout servi avec une virtuosité visuelle qui ajoute un éclat brillant à ce récit touchant et tragique.André Lavoie La mort de Staline (V.F.de The Death of Stalin) ?La mort de Staline brode des faits «alternatifs» (c\u2019est de circonstance) autour de la course à la succession du célèbre tyran dans une URSS angoissée et paranoïaque.Inspiré par une bande dessinée de Fabien Nury et Thierry Robin, le film d\u2019Armando Ian- nucci s\u2019inscrit dans la continuité de l\u2019œuvre de ce brillant satiriste politique (Veep) qui n\u2019a pas son pareil pour mettre en place et en scène les fourberies des gros comme des petits joueurs de la classe politique.Caste privilégiée qu\u2019il n\u2019épargne pas, ses personnages étant en effet mesquins, pleutres et incompétents.Ici, l\u2019humour noir domine, car sous la surface désinvolte couve une gravité, pour ne pas dire une horreur, certaine.Cela, afin de rappeler non seulement que le pouvoir corrompt, mais qu\u2019il est des êtres à qui l\u2019on ne devrait jamais le confier.Échos contemporains?François Lévesque Player One (V.F.de Ready Player One) ?En 2044, la surpopulation sont telles que l\u2019humanité vit dans des bidonvilles.Pour s\u2019évader, les gens passent leur temps dans l\u2019Oasis, un univers virtuel foisonnant.Avant sa mort, le créateur de l\u2019Oasis y a caché un jeu de pistes à l\u2019issue duquel le vainqueur en héritera.Une vile corporation cherche à se l\u2019approprier, cela, alors que Wade commence à percer ses mystères dont le créateur, ayant grandi dans les années 1980, a truffé l\u2019environnement numérique de références au cinéma de cette décennie.Devant le ludique et captivant Ready Player One, un constant: Spielberg a eu du plaisir à tourner ce film.Mine de rien, on a du mal à se rappeler quand on a ressenti cela devant une de ses productions récentes.Ce qui n\u2019enlève rien à leurs mérites techniques ou dramatuGeraldine Viswana- thanrgiques.Il est plutôt question d\u2019une qualité insaisissable, que l\u2019on détecte parce que ce plaisir du réalisateur de E.T.est contagieux.François Lévesque Cheval indien (V.F.de Indian Horse), de Stephen S.Campanelli ENTRACT FILMS C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 H Â T E Z - V O U S ! P L U S Q U E 3 S E M A I N E S « À Montréal, une nouvelle exposition offre un portrait somptueux de la vie de cour sous le règne de l\u2019empereur.» \u2014 The Wall Street Journal « L\u2019exposition de Montréal recrée la splendeur et le romantisme de la cour de Napoléon.Mais au-delà de la splendeur, l\u2019exposition explique la manière dont la cour servait d\u2019instrument de propagande par la création et la promotion de représentations du pouvoir impérial.» \u2014 The Art Newspaper Une exposition organisée et mise en tournée par le Musée des beaux-arts de Montréal avec la participation du Château de Fontainebleau et le soutien exceptionnel du Mobilier national de France.Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec et le Conseil des arts de Montréal pour leur soutien constant.| Joseph Franque, L\u2019impératrice Marie-Louise veillant sur le sommeil du roi de Rome (détail), 1811.Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon.Photo © RMN-Grand Palais / Art Resource, NY / Daniel Arnaudet UNE PRÉSENTATION DE EN COLLABORATION AVEC Grand cru ?1/2 Les grands amateurs de bons vins le connaissent depuis longtemps, mais tous les autres auraient intérêt à en savoir plus sur le parcours singulier de Pascal Marchand.Devenir un vigneron pour un Lavallois ressemble déjà à un petit exploit, mais s\u2019établir dans la mythique région de Bourgogne en France pour concocter d\u2019excellents crus dont la qualité est partout célébrée, voilà qui est exceptionnel.Au début des années 1980, cet «aspirant poète» ne se doutait pas qu\u2019en faisant les vendanges, il y trouverait sa vocation, s\u2019intégrant à un monde empreint de traditions, peu porté à laisser les étrangers dicter le cours des choses.Marchand va le faire en revenant à l\u2019essentiel, aux traditions paysannes, celles d\u2019avant les pesticides, un choix courageux mis à rude épreuve en 2016 devant une nature déchaînée et déréglée.C\u2019est d\u2019abord l\u2019histoire d\u2019un succès pas ordinaire, mais surtout le récit d\u2019un homme passionné dont l\u2019ambition dévorante ne broie jamais les autres ni la terre.André Lavoie Charlotte Gainsbourg dans un premier grand rôle de composition, celui de la mère dévorante.André Lavoie La Bolduc ?1/2 Mary Travers est passablement moins connue que La Bolduc: la première, fière Gaspésienne aux racines irlandaises, femme au foyer, mère souvent endeuillée, fut toujours éclipsée par la seconde, une des premières grandes vedettes de la chanson d\u2019ici.Ces deux facettes sont réunies grâce à François Bouvier (Histoires d\u2019hiver, Paul à Québec), transformant cette observatrice de la misère des années 1930 en véritable héroïne féministe, même si l\u2019interprète de La bastringue dictait surtout sa conduite, et ses ambitions artistiques, par pur instinct de survie, pour elle et sa famille.Cet aspect quelque peu plaqué d\u2019une biographie qui couvre principalement ses années conjugales, de gloire et de déchéance physique à cause de la maladie laisse voir une femme de tête autant que de cœur.Son talent, que plusieurs ont longtemps jugé de haut, éclate le temps de quelques scènes magnifiques, et d\u2019autres émouvantes, laissant poindre celui de Debbie Lynch-White dans un rôle qui lui va comme un gant.André Lavoie Louise Lecavalier.Sur son cheval de feu ?1/2 Quiconque a vu danser Louise Lecavalier n\u2019a pu qu\u2019être ébloui par sa présence magnétique, par sa musicalité frénétique et par sa grâce atypique.La danseuse et chorégraphe fait l\u2019objet d\u2019un hommage explorant la richesse et la complexité de son art.Avec une touchante modestie, l\u2019ex-muse d\u2019Édouard Lock et danseuse étoile de La La La Human Steps livre les moments forts et difficiles de sa carrière dans ce superbe portrait de Raymond St-Jean.Si ses propos, jumelés à ceux d\u2019amis danseurs, dont ceux, émouvants, de Marc Béland, séduisent par leur chaleureuse simplicité, c\u2019est lorsque que la caméra de Jean-François Lord met en lumière la danse que le film prend tout son sens.Par sa mise en scène favorisant les plans larges, les ralentis judicieux et mouvements subtils de caméra, le directeur photo révèle la finesse et la fulgurance de la gestuelle de cette artiste incomparable tout en en préservant le mystère.Fascinant.Manon Dumais Un coin tranquille ?Dotés d\u2019une ouïe surdéveloppée, des extraterrestres attaquent les humains au son.Retranchés dans leur ferme, les Abbott ont réussi à éluder les créatures aveugles mais redoutables.Or, alors que la mère va accoucher et que le père est allé secourir leurs deux enfants, les monstres cernent les bâtiments.Prémisse originale pour ce film écrit, réalisé et joué par John Krasinski qui, pas fou, s\u2019est donné un rôle de saint père un brin appuyé, sans toutefois négliger sa conjointe à la ville, Emily Blunt, qui offre une interprétation finement modulée.Riche en moments d\u2019autant plus tendus que le moindre bruit peut être fatal, le film s\u2019effondre, ô ironie, à chaque réplique parlée.En guise de trame, Krasinski offre davantage une succession d\u2019affrontements horrifiques qu\u2019un récit cohésif.À terme, les amateurs de frissons tentés par le concept risquent d\u2019être déçus par l\u2019exécution.Au moins pourront-ils sursauter en toute quiétude.François Lévesque Avec amour, Simon (V.F.de Love, Simon) ?Simon, 17 ans, cache un secret à sa famille et à ses amis : il est gai.Mis au courant par inadvertance, un camarade de classe décide de le faire chanter.Présenté comme la première comédie romantique gaie pour adolescents produite par Hollywood (bien après les percées du cinéma indépendant), Avec amour, Simon est dans cette niche précise, oui, un film précurseur.Ça n\u2019en fait pas un grand film.Une réalisation générique et un désir net de ne pas choquer se traduisent par un manque de mordant.Dans cet uni- vers-là, un enjeu comme l\u2019intimidation est vite réglé et la violence ho- mophobe n\u2019existe pas.Idem pour les réactions des proches, idéales, voire idéalisées.Cela étant, dans un pays où le président a démantelé différentes politiques visant à contrer la discrimination envers la communauté LGBTQ, un film comme celui- ci fait œuvre utile.Qui plus est, le récit est attendrissant, drôle, et les jeunes interprètes sont formidables.François Lévesque ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR ls sont six.Autour de la table comme devant l\u2019objectif de la collègue Marie-France.Mais ils auraient pu être plus que le double : ce sont 13 têtes qui composent le collectif Outre-vie, dit aussi Afterlife.Aucun collectif d\u2019artistes ne ressemble à Outre-vie.Et le groupe fondé en 2013 par la photographe Raymonde April ne se démarque pas que par le nombre impressionnant de ses membres.Sous leur appellation à mille interprétations \u2014 parle-t-on de mort, de spiritisme, de vie céleste ou de quoi encore ?\u2014, les 13 artistes entretiennent un rapport plus doux qu\u2019aigre avec l\u2019inconnu, l\u2019indicible, l\u2019imprévisible.Tout ça dans la bonne humeur, sans un quelconque mysticisme.Et autour d\u2019un bon repas.« Notre point commun\u2026 Qu\u2019est- ce qu\u2019ils ont dit, eux ?» demande Raymonde April, qui revient à la table après sa séance photo en solo.« La bouffe ! » finit-elle par clamer, sous un approbateur rire collectif.Repas, voyages, retraites à la campagne, c\u2019est à ce rythme que vogue Outre-vie.Au menu aussi, bien sûr, des moments de prises de vue et des discussions autour d\u2019une tonne d\u2019images puisque, il faut le dire, le collectif en est un de photographes.Avec treize paires d\u2019yeux, imaginez la quantité d\u2019images.L\u2019exposition Outre-vie/Afterlife, qui ouvre samedi au Centre Optica, en donne la preuve.Pour tant, le groupe, qui ne fabrique pas des œuvres à 26 mains, ne carbure pas à la productivité.Les images sont issues des pratiques individuelles de chacun, mais l\u2019important n\u2019est pas de savoir qui fait quoi.Si les escapades à Kamouraska ont abouti en expositions (dont une à ciel ouvert, en Inde), elles se tiennent L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 6 | Aucun collectif d\u2019artistes ne ressemble à Outre-vie.Et le groupe fondé en 2013 par la photographe Raymonde April (au centre) ne se démarque pas que par le nombre impressionnant de ses membres.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR I C\u2019est comme La nuit américaine de Truffaut.On est une gang, chacun a quelque chose à faire.C\u2019est une fiction qui se construit dans le récit.Les gens sont là pour prendre des photos, puis en deviennent le sujet.RAYMONDE APRIL » La vie seconde des images Avec le collectif Outre-vie, la photographe Raymonde April regarde en arrière pour imaginer le futur à la bonne franquette, sans programme préétabli.Au point que les plus cartésiens finissent par lancer : « Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait maintenant ?» Images éternelles Outre-vie n\u2019est une affaire ni de fantômes ni de spiritualité.L\u2019évocation d\u2019une seconde vie concerne non pas les individus, mais les images, d\u2019où l\u2019appel aux archives, lointaines comme proches.Au-delà du recyclage propre à notre époque, le groupe explore un espace méconnu.Source d\u2019un souvenir ou clé d\u2019une histoire inventée, les photos jouent un double rôle.« Elles ont leur propre vie, explique Raymonde April.Elles transforment la mémoire qu\u2019on a d\u2019elles ; ça devient la réalité qu\u2019on raconte aux autres après.» Pour Jinyoung Kim, une des plus jeunes membres d\u2019Outre-vie, « regarder en arrière nous incite à imaginer le futur que nous souhaitons ».Image tirée du passé, tournée vers l\u2019avenir, le temps, ainsi compressé, est un vibrant appel à la vie.C\u2019est dans la poésie de Marie Uguay, et non dans un manuel d\u2019occultisme, que Raymonde April a puisé le nom du collectif.« L\u2019outre- vie, écrit l\u2019auteure décédée en 1981, c\u2019est quand on n\u2019est pas encore dans la vie, qu\u2019on la regarde, que l\u2019on cherche à y entrer.On n\u2019est pas morte mais déjà presque vivante [\u2026] dans ce passage hors frontière et hors temps qui caractérise le désir.» Un making of sans fin Loin de l\u2019obligation de résultat, Raymonde April valorise le vivre ensemble, depuis toujours.Femme de gang, dira-t- on de la cofondatrice de La Chambre blanche, premier centre d\u2019artistes de Québec.Dans sa photographie si intimiste, le principe se manifeste souvent par des scènes de groupe.«[Une telle scène], c\u2019est comme La nuit américaine de Truffaut.On est une gang, chacun a quelque chose à faire, dit celle qui voit ces photos comme une mise en abyme.C\u2019est une fiction qui se construit dans le récit.Les gens sont là pour prendre des photos, puis en deviennent le sujet.» « Être ensemble, c\u2019est un making of.On est toujours du côté du devenir de la chose, et non du côté de l\u2019af faire finie », poursuit-elle.C\u2019est dans le grand bassin de l\u2019Université Concordia, où elle enseigne depuis 1985, que Raymonde April a choisi chaque membre du collectif, pour la plupar t parmi ses ex-étu- diants.Ceux-ci ont accepté, malgré l\u2019opacité du projet.«Nous avions une petite idée de ce qu\u2019on ferait et en même temps ce n\u2019était pas clair.Le projet avait quelque chose d\u2019ouvert qui nous encourageait à y par ticiper », estime Chih-Chien Wang.Jessica Auer acquiesce et apprécie : « On n\u2019avait ni limites, ni structure, ni but spécifique.Pour travailler comme ça, on doit être prêt à partager.On fait des œuvres et on les abandonne au groupe.Ça devient un travail anonyme.» « C\u2019est vrai, on ne savait pas trop ce qu\u2019on faisait là, mais on faisait confiance à Raymonde », complète Marie-Christine Simard, qui qualifie la méthode April de par ticulière.« On est comme en apesanteur, dans l\u2019écoute et l\u2019attention», précise-t-elle.Pour Raymonde April, la création vient en parlant.Elle n\u2019est ni voyante ni chef spirituelle, mais elle aime bien l\u2019image de l\u2019ectoplasme pour décrire sa vision.«L\u2019ectoplasme, dit-elle, c\u2019est le truc qui flotte autour de la table dans une activité de spiritisme.Cette chose, c\u2019est aussi la création.On parle, on échange des idées, puis tout à coup quelque chose commence à exister, émerge.» L\u2019ectoplasme ne fait pas l\u2019œuvre, mais ouvre une porte.Et repose sur une seule foi, celle du temps et des conversations qui « se répètent, se recoupent, recommencent ».« Afterlife, selon l\u2019éminente photographe, c\u2019est la potentialité de produire quelque chose.» Sans fin, jamais.Outre-vie/Afterlife Au Centre Optica, 5445, avenue De Gaspé, du 14 avril au 16 juin.| 17 C u l t u r e A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 d \u2019a p r è s l e r o m a n d e avec Paul Ah marani, Frédér ic Blanchette, Evelyne Brochu, Hen ri Chassé Francis Duchar me, renaud lace lle-bourdon, Simon L acroix Dominique Leclerc, Macha Limonchik, Pau l Savoie, David S trasbourg, Reb ecca Vachon Assistance à la mise en scène et régie Alexandra Sutt o une création de Étienne Lepage et Catherine Vidal tnm.qc.ca dernières chances ! mar 17 avril à 19 h 30 mer 18 avril à 20 h [\u2026] texte très vif et plein d\u2019humour [\u2026] un premier rendez-vous au TNM réussi pour le jeune duo Lepage-Vidal\u2026 \u2014 Voir.ca Les débuts de Catherine Vidal au TNM avec L\u2019idiot éblouissent [\u2026] \u2014 Le Devoir Photo principale page de gauche : Jinyoung Kim, Watching Birds, 2015.Ci-dessus : Raymonde April, Portrait de groupe à la Société des Plantes, 2014.À droite : aperçu des nombreuses archives.RAYMONDE APRIL Sortir du garde-robe Paysages, portraits de groupe, compositions avec objets, gros plans sur des détails\u2026 Les images du collectif Outre-vie/ Afterlife sont un vaste panorama des sujets et des manières de la photographie actuelle.Né en 2013, le groupe formé de 13 artistes de plusieurs générations n\u2019en est pas à ses premières activités, bien que Raymonde April qualifie la période en cours de «sortie du garde-robe ».Après les expositions Ateliers croisés : Mariette Rousseau- Vermette et Claude Vermette\u2026 (2015) et Seuls, ensemble (2016), ainsi qu\u2019une participation à la biennale de photo de Mumbay, en Inde (2017), Ou- tre-vie fait une triple sortie ce printemps : une projection à la Cinémathèque québécoise (début avril), une expo à Optica et une publication aux Éditions VU.Le collectif ne fait que dans la photo.L\u2019ouvrage de 266 pages rend bien compte de l\u2019éclectisme d\u2019Outre-vie, dont la pratique le situe quelque part entre le documentaire, la fiction, le récit intimiste et l\u2019écrit, notamment à travers un « lexique conceptuel » plutôt riche.Inventif jusqu\u2019à sa manière d\u2019assumer son bilinguisme. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 8 | SUR LE RADAR Morceaux choisis de Betty Goodwin Voilà 10 ans que Betty Goodwin est décédée et Roger Bellemare, son premier galeriste dans les années 1970, ne s\u2019imaginait pas rester coi.Les morceaux choisis de l\u2019exposition qu\u2019il présente en guise d\u2019hommage offrent, en toute modestie, un aperçu juste des avenues empruntées par cette artiste marquante qui fut éprise des corps et de la matière pour le potentiel de leurs surfaces à témoigner du passage du temps et de la mémoire des émotions.Apparaissent les motifs de veste, de tombeau et de passage, qui lui sont si caractéristiques, tout comme les figures de corps frémissants, dus aux repentirs nés de gestes intensément habités.Dans les mots de ces titres, comme celui coif fant l\u2019exposition, To See the Blindnesse / Voir l\u2019aveuglement, se présentent les insolubles quêtes obstinément poursuivies.Ailleurs, sous le rare dessin au graphite d\u2019une bâche, cette matière utilisée par l\u2019artiste comme support se lit «For my beautiful dealer.With love ».En filigrane, l\u2019exposition est aussi une évocation de la longue histoire qui a lié le galeriste à l\u2019artiste dans une relation dépassant les strictes affaires pour devenir amitié.Aux galeries Roger Bellemare et Christian Lambert, jusqu\u2019au 21 avril.Marie-Ève Charron Betty Goodwin, Study for Carbon, 1986 GUY L'HEUREUX CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Dans l \u2019exposit ion int i tulée Qui parle ?/Who Speaks?la commissaire Katrie Chagnon nous invite à explorer des œuvres récemment acquises par la galerie Leonard et Bina Ellen.Ces œuvres abordent à leur manière \u2014 que l\u2019on qualifierait de postmo- derne \u2014 la notion d\u2019engagement artistique.Voilà un terrain glissant\u2026 Comment un artiste peut-il faire un art vraiment engagé et qui surtout mobilisera ses spectateurs ?Simplement en abordant des sujets politiques et sociaux?Plusieurs des œuvres présentées le font.Par exemple, la vidéo Seraphine, Seraphine de Krista Belle Stewart parle de l\u2019aliénation des autochtones.Mais n\u2019est-on pas en train de prêcher à ceux qui sont déjà en accord avec ces valeurs?A-t-on déjà vu des cohortes de visiteurs entrer dans une expo et en ressortir avec des idées totalement différentes?Voilà une problématique délicate, surtout en ces temps où l\u2019opinion publique est très polarisée.Nous assistons à la fois à une évolution majeure des mentalités en ce qui concerne les questions identitaires autochtones, féministes, sexuelles, mais aussi à un backlash sans précédent.Serait-ce plutôt par la forme que l\u2019art peut s\u2019engager et déranger son spectateur sur le long terme?À cet égard, l\u2019art moderne n\u2019a-t-il pas montré une certaine efficacité?Mais de nos jours, la rupture avec les conventions artistiques provoque-t-elle encore?Cette expo propose une autre direction.La meilleure façon de faire un art engagé serait de réaliser des œuvres qui amènent le spectateur à prendre conscience qu\u2019une représentation est toujours un discours construit selon un point de vue.Voilà qui pourra sembler une idée complexe.Mais cela est plus simple qu\u2019il n\u2019y paraît.Cette expo montre simplement des œuvres qui mettent en scène leur processus de création.L\u2019œuvre conceptuelle Magazine Piece (1970-2018) de Ian Wallace souligne cela avec efficacité.Wallace a élaboré une « instruction piece », une œuvre toujours à refaire, un schéma de création à réaliser et à « interpréter » par chaque installateur lors de chacune de ses réitérations.Cette fois-ci, c\u2019est le stagiaire curatorial Chris Gismondi qui a procédé à l\u2019installation-réalisation de cette pièce.Depuis 1970, cette œuvre invite son installateur à prendre un magazine à grand tirage et à en exposer le contenu selon une structure séquentielle prédéterminée.Dans des présentations précédentes, ce fut la revue Look qui fut employée.En 1970, les pages de ce magazine traitaient d\u2019une fusillade dans l\u2019Université d\u2019État de Kent en Ohio, ce qui avait entraîné une grève et des manifestations auxquelles participèrent plus de quatre millions d\u2019individus.Cette année, on utilisa un numéro du TIME traitant des « briseurs.ses de silence » contre les agressions sexuelles.Cette pièce souligne comment toutes les œuvres d\u2019art dépendent d\u2019un contexte historique qui en teinte l\u2019interprétation.La vidéo Fifty Minutes de Moyra Davey montre quant à e l le une femme discutant de la nostalgie et, grâce à la psychanalyse, aux raisons de sa fascination pour cette émotion.Mais Davey expose aussi comment le concept de nostalgie est plus que personnel, totalement construit par notre époque.Dans cet esprit, et dans celui de la pensée de Judith Butler, les œuvres de Suzy Lake montrent comment l\u2019identité sexuelle est une construction, une performance quotidienne, en quelque sorte.Qui parle ?/Who Speaks ?Commissaire : Katrie Chagnon, galerie Leonard et Bina Ellen, jusqu\u2019au 21 avril L\u2019art de se faire entendre Katrie Chagnon invite à prendre conscience des conditions d\u2019existence d\u2019une œuvre Vue de l\u2019exposition Qui parle ?/ Who Speaks ?avec, de gauche à droite, Jo-Anne Balcaen, Mount Rundle, 2014, et Moyra Davey, Fifty Minutes, 2006.PAUL LITHERLAND / STUDIO LUX | 19 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 ENTREVUE PHILIPPE RENAUD LE DEVOIR ui, il fait gris et froid et moche, mais au moins, ça sent le printemps sur la scène musicale montréalaise.Humez donc le parfum de ces jeunes pousses perçant le sol, tirées vers le haut par l\u2019espoir et la créativité ! Au nombre de premiers albums paraissant ces jours-ci, ajoutons celui d\u2019O.G.B., jeune collectif hip-hop/jazz formé par des étudiants du programme musique du cégep Saint-Laurent \u2014 certains chauffent encore les bancs de l\u2019établissement.Spécialisés en musique jazz et musique classique, ils sont unis par leur passion commune pour le hip-hop ; posons l\u2019oreille sur le méritant Volume un, et les doigts sur le pouls d\u2019une nouvelle génération de compositeurs et instrumentistes nourrie au rap.Apparu fin mars sur Bandcamp, Volume un succède à un premier mini-album (Original Gros Bonnet) offert en février 2017, « un an après avoir donné nos premiers concerts», précise Vincent « GreenPiece » Fa- vreau, claviériste.Le cadet du groupe: il vient d\u2019avoir 21 ans et termine son DEC à Saint-Laurent, « où on nous apprend à jouer de tout.C\u2019est un tremplin vers l\u2019université, mais surtout une bonne place pour rencontrer des musiciens de bon niveau, puis tisser des liens».Dire que O.G.B.est un projet de cégep serait réducteur (mais pas faux).C\u2019est surtout, pour ces apprentis professionnels de la musique, un sacré beau laboratoire.Musical, d\u2019abord : «Tous, dans le groupe, sont des beatmakers », insiste le batteur Louis René, arrivé en retard au café où nous retrouvaient Vincent (le pianiste, pas Vincent Bolduc-Boulianne, bassiste, retenu le jour de l\u2019entrevue), Samuel « Sambé » Brais-Germain (programmation/électronique) et le MC François Marceau, qui pilote en parallèle un projet avec Sambé sous le nom Franky Fade.Ne manquaient donc que l\u2019autre Vincent, Arnaud Castonguay le saxophoniste, qui aime bien citer Coltrane dans ses solos, et John Henr y Angrignon Atkins, dont les guitares embellissent si justement les dix nouvelles compositions de Volume un.Tous des beatmakers, donc, ayant appris en dilettante les secrets des instruments numériques tout en traversant leur formation, en jazz et, dans le cas de Sambé et du bassiste, en musique classique.« On a tous une base de jazz.C\u2019est notre grammaire », dit Louis.Sam enchaîne : «Tous écoutent du hip-hop, mais peu décident d\u2019en jouer.En dehors de mes amis musiciens, je la sens aussi, cette vague rap, qui va jusqu\u2019à teinter plein d\u2019autres sor tes de musique.Plus généralement, je sens un gros retour du groove, celui du jazz comme celui de la soul et du R & B.» Les collègues opinent.Profondément inspiré par la démarche du saxophoniste califor- nien Kamasi Washington, du multi- instrumentiste et MC Terrace Martin et de Kendrick Lamar, O.G.B.a repoussé la notion du jam band pour explorer à sa manière ces frontières floues entre tout ce qui groove.Sur Pojanti, les accords de piano jazz viennent se fracasser sur un mur de basses trap ; sur Rebondir, le piano cubain s\u2019assoit sur une r ythmique rap chevauchée par la prosodie allègre de Franky Fade et du collaborateur FouKi.Sur l\u2019enfumée Mind Ya, la rythmique hip-hop étouffée prend une couleur presque dub, formant un écrin moelleux pour le chant agile de K8A, « une amie du cégep », formée, elle, au chant jazz.Avec son envolée de chœurs, la finale de la très « West Coast » Heat fait un clin d\u2019œil à Harmony of Dif ference, le plus récent EP de Kamasi Washington qui, oh joie ! a annoncé plus tôt cette semaine la sor tie en juin de son prochain album double, Heaven and Earth.« Il y a un côté \u201cfaire de la musique pour la musique\u201d à notre travail », dit le parolier Franky Fade, reconnaissant que O.G.B.reprenne à son compte les codes du rap et du jazz sans oser aborder les revendications que ces mouvements ont portées et portent encore : « On est issu d\u2019un milieu qui ne connaît pas le sens de leur lutte.Je me sentirais mal d\u2019être en train de faire de la revendication.On offre tout notre appui [aux rap- peurs et jazzmen engagés], tout notre respect.Nous reconnaissons que nous abordons des styles afro- américains, et que c\u2019est une chance qu\u2019on a de pouvoir diffuser, à notre manière, cette musique-là.» Cette manière, ils la décrivent comme « fraîche, accessible et colorée », à l\u2019image de l\u2019énergie d\u2019un autre collectif rap, Brockhampton.« Ils ont eu une grosse influence sur notre manière de composer, avance Vincent.Y\u2019a une étincelle chez eux, quelque chose qui attire l\u2019attention, et surtout un bel esprit d\u2019équipe, une belle collectivité dans l\u2019assemblage de musiciens, compositeur, rap- peurs, artistes visuels.Ça tient à leur approche très fraîche, percutante et efficace.Il y a beaucoup de personnalité dans leur son et aussi, ils rendent accessibles des éléments de compositions plus étranges \u2014 des progressions d\u2019accords, par exemple \u2014, comme on essaie de faire.» O.G.B lancera sur scène Volume un samedi soir, au Ministère, 4521, boulevard Saint-Laurent.Dans le beau laboratoire d\u2019O.G.B.Le jeune collectif hip-hop/jazz explore à sa manière tout ce qui groove dans Volume un Dire que O.G.B.est un projet de cégep serait réducteur (mais pas faux).C\u2019est surtout, pour ces apprentis professionnels de la musique, un sacré beau laboratoire.Musical, d\u2019abord.FRÉDÉRIC CARLE-LANDRY O L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | ÉCLAIRAGE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR e pianiste « mètre étalon » du dernier quar t du XXe siècle visite Montréal pour la première fois depuis 2006 dimanche, à l\u2019occasion d\u2019un récital à la Maison symphonique.Que sait-on de Maurizio Pollini ?Pas grand-chose.C\u2019est un « intello », jadis politiquement engagé à gauche, qui ne donne que peu d\u2019entrevues.On a souvent associé, bien trop rapidement, l\u2019intellectualisme à de la froideur, alors qu\u2019il faudrait plutôt faire rimer ce mot avec perfectionnisme et rigueur.Soixante ans déjà que Maurizio Pollini fréquente les scènes.Il s\u2019était présenté pour la première fois, en concours, à Genève en 1957, à l\u2019âge de 15 ans.Martha Argerich l\u2019avait alors devancé.L\u2019affrontement ne se renouvela pas, heureusement, à Varsovie.Pollini remporta le Concours Chopin en 1960.Martha Argerich gagna le suivant, en 1965.Le roc artistique Après son triomphe, adoubé ostensiblement, sous l\u2019œil des caméras, par Artur Rubinstein, Pollini ne se précipita pas pour en récolter les fr uits.Le pianiste se retira pour réfléchir et pour éviter de se faire cataloguer comme un « spécialiste de Chopin ».Qui aujourd\u2019hui peut retracer ce qu\u2019il fit durant les dix ans suivant Varsovie ?Le Pollini que tous con - naissent émerge vraiment en 1972, avec un coup de tonnerre enregistré quelques mois plus tôt chez son nouvel éditeur, Deutsche Grammo- phon : les Trois mouvements de Pé- trouchka de Stravinski et la 7e Sonate de Prokofiev.Coup double quelques mois plus tard avec les Études de Chopin.Deux disques, deux enregistrements de référence.Troisième album: la 1re Sonate et la Fantaisie de Schumann en 1973.I l n \u2019est pas innocent, ce disque-là.Une sor te de référence aussi, mais sans état d\u2019âme, sans aucune concession, sur le mode « qui m\u2019aime me suive ».En trois disques, Maurizio Pollini a marqué son territoire.Il sera un roc artistique, alliant poigne de fer, technique bien trempée, sagesse, rigueur et curiosité.La conquête en cinq années sera forcenée, et l\u2019aura qui en découlera illuminera toute sa carrière.Schubert (Wanderer Fantaisie) ; Luigi Nono et Schoenberg, pour la conscience contemporaine ; les Préludes et Polonaises de Chopin, pour cultiver le jardin ; puis d\u2019implacables dernières sonates de Beethoven qui mènent à la consécration : l\u2019association, en concerto, dans Mozar t, Brahms et Beethoven, avec le chef octogénaire Karl Böhm, la conscience de la musique germanique.Musique contemporaine, répertoire allemand, Chopin : Maurizio Pollini est maître en ce qui compte pour les trois décennies qui suivront.Les paradoxes Les grands artistes, ceux que le public suit aveuglément, quel que soit quasiment le programme qu\u2019ils présentent, ont une responsabilité fondamentale dans l\u2019évolution du ré- per toire.On pouvait reprocher à Herbert von Karajan d\u2019avoir si peu fait bouger les lignes.Or, lorsqu\u2019en 2006 nous avions pu échanger avec Pollini sur les priorités en matière de renouvellement de répertoire, nous n\u2019étions guère sortis de la langue de bois, par exemple lorsque Pollini disait : « Il y a dans le XXe siècle, et dans la deuxième partie du XXe siècle, des chefs-d\u2019œuvre qui devraient être plus présents dans notre vie musicale.» Mais encore ?Sommé de lâcher un nom, Pollini sortit alors « Salvatore Sciarrino, qui a composé plusieurs sonates pour piano, avec une richesse et une recherche de timbres étonnantes ».On cherchera pour tant en vain le nom de ce compositeur dans sa discographie.Il ne s\u2019y trouve pas davantage que Stockhausen, dont Pollini apprécie pour tant les « sonorités nouvelles ».De facto, à par t quelques disques militants d\u2019il y a quarante-cinq ans, il n\u2019y a rien dans le parcours que laissera le pianiste qui fera de lui, pour les générations futures, la conscience ou l\u2019avocat de la création contemporaine qu\u2019on a voulu voir en lui.Ce décalage est aussi lié à son ambivalence par rappor t au disque : « Par ce qu\u2019il f ixe un moment, le disque crée inévitablement l\u2019impression d\u2019une lecture définitive, alors que l\u2019interprétation musicale est en perpétuel devenir.C\u2019est peut -être pourquoi je n \u2019a i fa i t qu\u2019un nombre de disques assez limité », dit-il à Paolo Petazzi dans le livret accompagnant le cof fret de ses enregistrements DG.Intéressants paradoxes là aussi.D\u2019abord, le « devenir » est-il forcément un « meilleur » ?À en juger par le dernier CD Debussy, on peut en douter.Ensuite, Artur Schnabel, le pianiste qui a le plus intéressé le pianiste italien, Pollini n\u2019a pu le connaître que par le disque\u2026 Le disque est donc un outil capital.On comprend toutefois mieux l\u2019éthi que de l\u2019enregistrement selon Pollini à travers les propos de son Maurizio Pollini, une légende forgée avec patience Le pianiste sera à Montréal dimanche pour la première fois depuis 2006 Soixante ans déjà que Maurizio Pollini fréquente les scènes.Il s\u2019était présenté pour la première fois, en concours, à Genève en 1957, à 15 ans.MATHIAS BOTHOR / DG L On a souvent associé, bien trop rapidement, l\u2019intellectualisme à de la froideur, alors qu\u2019il faudrait plutôt faire rimer ce mot avec perfectionnisme et rigueur C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 SALLE PRINCIPALE DU 10 AVRIL AU 5 MAI 2018 TEXTE ET MISE EN SCÈNE ALEXIA BÜRGER INTERPRÉTATION MARTIN DRAINVILLE, PATRICE DUBOIS, BRUNO MARCIL LES HARDINGS UNE CRÉATION DU PARTENAIRES DE SAISON DESIGN GAUTHIER PHOTOGRAPHIE CHRISTIANBLAIS.COM RELATIONS DE PRESSE KARINE COUSINEAU COMMUNICATIONS J u a q u \u2019 a u 1 3 m a i 2 0 1 8 présente « Grandiose ! » \u2013 Éric Moreault, Le Soleil « (\u2026) la rétrospective Alberto Giacometti ne manque pas de surprendre.(\u2026) un parcours d\u2019une rare intensité proposé par le Musée national des beaux-arts du Québec.» \u2013 Jérôme Delgado, Le Devoir « Panorama d\u2019un parcours artistique spectaculaire.» \u2013 Yves Leclerc, Le Journal de Québec GIACOMETTI Alberto Partenaires officiels En collaboration avec Crédit de l\u2019œuvre : Alberto Giacometti, Homme qui marche I, 1960.Bronze, 180,5 x 27 x 97 cm.© Succession Alberto Giacometti/SODRAC pour le Canada (2018) * Promotion valide les samedis, de 13 h 30 à 17 h, du 10 février au 12 mai 2018.Présentation requise d\u2019une pièce d\u2019identité et d\u2019une carte d\u2019accès Desjardins (débit).Le billet le plus cher sera facturé.Achetez un billet et obtenez en un gratuitement * profitez d\u2019un accès prioritaire à la billetterie et courez la chance de gagner un catalogue.directeur ar tistique depuis 1986, Christopher Alder, témoignage publié dans le cadre de la compilation par DG de l\u2019intégrale du legs discographique de Pollini.L\u2019accouchement d\u2019un disque est programmé sur quatre journées.La première, Pollini choisit parmi trois pianos placés sur scène celui qui l \u2019 inspire.Les heures subséquentes sont consacrées au placement des micros.Lors des trois journées d\u2019enregistrement proprement dites, Pol- lini joue d\u2019une traite le programme du disque à plusieurs reprises.Ces séquences sont entrecoupées de pauses, où le pianiste discute et s\u2019écoute.« Il peut être très sévère envers lui-même.S\u2019il estime ne pas avoir rendu justice à certains morceaux, il les joue plusieurs fois avant de changer de chemise et de rejouer le programme en entier », dit Alder.Trois jours à tout remettre inlassablement sur l \u2019ouvrage.Et ce n\u2019est pas fini.« Il y a toujours une autre session de quatre jours un ou deux mois plus tard.Pol l ini tient à cette seconde période [\u2026], il a besoin d\u2019être convaincu d\u2019avoir fait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir le meilleur résultat possible et de ne pas avoir l \u2019 impression qu\u2019il aurait pu y consacrer plus de temps », résume Alder, qui ajoute : « Curieusement, après 30 ans passés à l\u2019enregistrer, je n \u2019a i toujours pas détecté de sché ma récurrent dans les prises finalement sélectionnées pour le dis que », et « l\u2019enthousiasme que les grands ar tistes manifestent pour des œuvres qu\u2019ils ont déjà jouées des centaines de fois n\u2019a jamais cessé de me surprendre ».Maurizio Pollini aura besoin de cet enthousiasme à Montréal, où il revisitera la 2e Sonate, la Barcarolle et le Prélude op.45 de Chopin et abordera le 2e Livre des Préludes de Debussy.Maurizio Pollini Récital Chopin Debussy.Maison symphonique de Montréal, dimanche 15 avril à 14h30.Concerts de la semaine Jean-Efflam Bavouzet.Le marathon pianistique montréalais se poursuit.Après Cassard, Tharaud, Fray, Lupo, Stern et Richard-Hame- lin, rien qu\u2019à Bourgie, voici Bavou- zet (notre photo) et revoici Debussy et son Livre I des Images.Avis aux amateurs de comparaisons, nous aurons là le spécialiste en chef du compositeur, auréolé de la gloire de son intégrale discographique, qui jouera notamment le Livre II des Préludes.Ce récital de jeudi sera précédé d\u2019une soirée chambriste, mercredi, avec des professeurs de McGill et, en plat de résistance, le Quintette de Franck.Mercredi 18 avril (musique de chambre).Jeudi 19 avril (récital) à 19h30, à la salle Bourgie.Orphée aux enfers.Puisque, tout obnubilé par la promotion de l\u2019opéra contemporain étasunien, l\u2019Opéra de Montréal persiste à ignorer l\u2019impact, la drôlerie et la portée de l\u2019œuvre de Jacques Offenbach, profitez du fait que l\u2019Atelier d\u2019opéra de l\u2019Université de Montréal présente gratuitement l\u2019irrésistible Orphée aux enfers en formule «black box» c\u2019est-à-dire avec jeu scénique, mais sans décors et avec accompagnement de piano.C\u2019est un compromis.Mais à défaut, on peut en profiter.Jeudi 19 et vendredi 20 avril à 19h30, salle Claude-Champagne (entrée libre). L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e D i s q u e 2 2 | CLASSIQUE Lachrimae ?Œuvres de John Dowland, Nigel North (luth), Les Voix humaines, Atma ACD2 2761 Rencontre entre le grand luthiste anglais Nigel North et nos Voix humaines dans un recueil majeur paru en 1604 : Lachrimae, ou sept larmes en autant de pavanes passionnées, avec diverses autres pavanes gaillardes et allemandes qui conviennent au luth, aux violes et aux violons, à 5 parties.Il y a là larmes anciennes, plaintives, renouvelées, tristes, contraintes, amoureuses et vraies.Gaillardes et œuvres avec luth seul sont là pour donner une respiration à la suite de lamentations.N\u2019allez pas croire cependant qu\u2019au fil des 17 plages l\u2019atmosphère est à la gaudriole.Douleur intérieure, souffrance exacerbée, Dowland a parfaitement calibré ses épanchements lacrymaux par un « tétracorde descendant » qu\u2019explique bien François Fi- liatrault dans la notice.Si l\u2019espace sonore créé par les micros surprend initialement, il s\u2019avère capital pour faire respirer cette musique que Mé- lisande Corriveau, Félix Deak, Margaret Little, Rafael Sanchez-Guevara et Susie Napper laissent s\u2019épanouir avec patience en dilatant le temps.Christophe Huss FOLK ROCK The City of Bootmakers ?1/2 L.A.Salami, PIAS Lookman Adekunle Salami, ou L.A.Salami sur scène, est un fascinant personnage.Musicien de la condition humaine, brillant parolier, philo- sophe-poète au réalisme railleur, il incarne et déclame ses textes plus qu\u2019il ne les chante.Après deux EP et l\u2019album Dancing with Bad Grammar (2016), le Britannique revient avec une exploration toujours aussi dense et frontale du monde un peu cassé d\u2019aujourd\u2019hui, marqué par le terrorisme et la quête de sens \u2014 politique comme individuel.«I\u2019m ageless / But I\u2019m out of time / I\u2019m thoughtless / But I\u2019ve got a lot on my mind», lâche-t-il sur Generation (L)ost, lucide.Mais le lyrisme brut de ses débuts poursuit sa mue: l\u2019instrumentation est plus lourde, la tonalité majeure, le style joyeusement souple \u2014 jazz, folk, americana, pop-rock rétro.Si on se lasse parfois des mélodies, qui varient peu à l\u2019oreille, il y a en revanche dans la prose engagée de L.A.Salami un optimisme qui rend sa peinture sociale semblable à une promesse : le Terre va de travers, mais ensemble, on finira par la remettre dans l\u2019axe.Geneviève Tremblay HIP-HOP Zay ?1/2 FouKi, Disques 7e Ciel Il «fait du rap à tous les matins», chante FouKi sur la bombe All Zay (sertie d\u2019une mémorable apparition de Koriass), et ça s\u2019entend: de son premier mixtape Plato Hess, paru en octobre 2016, jusqu\u2019à la sortie de son nouvel album chez Disques 7e Ciel, on voit clairement la progression de FouKi, tant sur le plan de l\u2019écriture que sur celui de la prosodie, aujourd\u2019hui nettement plus singulière, et cette nonchalance, étudiée et assurée, qui le mène à risquer le refrain pop sans perdre pied.On en prendra pour preuve les accrocheuses iii et Gentil Gang (avec Vendou).Ainsi, consacrer chaque énergie à l\u2019avancement de sa carrière devient le thème central de Zay, récit de l\u2019émergence rapide du jeune MC, étoile montante du rap montréalais, de nouveau épaulé par le talent de son éclectique compositeur-producteur attitré QuietMike, qui lui offre des écrins old school (amusante BTT, duo avec Mike Shabb), vaguement reggae-dan- cehall (Zay Go, Make It) ou d\u2019un mini- malisme glacial (Late Night, Eau avec Kevin Na$h).Concert-lancement le 21 avril au ArtGang, rue Saint-Hubert.Philippe Renaud AMERICANA Johnny Cash Forever Words ?Artistes divers, Sony Legacy Alison Kraus chante The Captain\u2019s Daughter, tendre mélodie folk.Elvis Costello sert I\u2019ll Still Love You en ballade piano, avec des cordes et des vents, à sa manière moitié McCartney moitié Sinatra.Feu Chris Cornell, John Mellencamp, Jewel, Robert Glasper \u2014 ils sont 16 en tout \u2014 ont ainsi contribué au projet Forever Words : la création de chansons à partir de poèmes, pensées, notes et brouillons écrits par Johnny Cash et disséminés un peu n\u2019importe où: fond de tiroir, boîte de chaussures, table de chevet\u2026 On en a d\u2019abord décanté un livre : Forever Words.Cet album est le pas suivant.À la différence de Lost on the River, le projet collectif de T- Bone Burnett autour de textes retrouvés de Dylan, où la moitié des participants rivalisaient de dylanolâtrie, on se tient ici à saine distance d\u2019un style et d\u2019un timbre décidément trop marqués.Grande réussite : on a l\u2019impression que les mots de l\u2019homme en noir, délestés du personnage, émergent dans une lumière neuve.Sylvain Cormier CLASSIQUE Blake Pouliot ?Sonates pour violon et piano (Ravel, Debussy), Hsin-I-Huang (piano), Analekta AN 2 8798 La première apparition de Blake Pouliot à l\u2019OSM, dont il a gagné le concours en 2016, nous avait littéralement renversé.Dans notre critique, nous lui avions attribué «le calibre d\u2019un potentiel dauphin en devenir de James Ehnes».Cette analogie refait surface à l\u2019écoute de son premier disque.Amusant aussi de relire la phrase suivante: «Pour passer de l\u2019admirable au renversant, il manque encore à mes oreilles un petit quelque chose que je suis bien en peine de définir.» Au concert, j\u2019avais parlé d\u2019harmoniques aiguës dans le son.Au disque, je dirais que c\u2019est très proche de ce qu\u2019on a entendu parfois de James Ehnes: une rectitude, une finition, une classe formidables, mais jamais déboutonnées ou canailles (1er mouvement de Ravel).Blake Pouliot, «gendre idéal» du violon, réussit un premierCD d\u2019un raffinement extrême avec des nuances qui laissent pantois.Il est dommage que seuls Tzigane de Ravel et Beau soir de Debussy augmentent le minutage, car un CD de 45 minutes risque de ne pas plus attirer les regards ailleurs qu\u2019ici.Christophe Huss JAZZ Looks of a Lot ?1/2 Jason Moran, Yes Records Tête d\u2019affiche d\u2019une des plus prestigieuses étiquettes jazz (Blue Note) pendant près de 20 ans, le pianiste Jason Moran est maintenant aux commandes de sa propre maison de disques.Yes Records est encore toute petite \u2014 c\u2019est Moran qui a envoyé au Devoir les liens de téléchargement de son album \u2014, mais ne doutons pas de la solidité de la musique qu\u2019elle propose: Looks of a Lot est du pur Moran, pianiste phare de cette génération de jazzmen afro-américains dont les horizons musicaux sont formidablement ouverts.La musique a été créée dans le cadre d\u2019un projet avec des étudiants de la Kenwood Academy Jazz Band (le Chicago Symphony Center commanditait) et explore sans crainte d\u2019éclectisme un territoire blues au centre duquel des questions sociales émergent.La dynamique particulière de la formation (l\u2019exceptionnel groupe Bandwagon, avec des étudiants) en fait un album difficile à classer, mais néanmoins porté par une énergie et un enthousiasme sonore qui rappelle ici et là son précédent projet (Fats Waller).Disponible par le site Bandcamp.Guillaume Bourgault-Côté ARCHIVES The Searcher The Original Soundtrack ?1/2 Elvis Presley, RCA/Sony Vendredi, en ces pages, je commentais le portrait documentaire The Searcher, dont la première sera diffusée samedi à HBO.En voici la bande sonore, offerte en CD simple, en vinyle et en coffret de trois disques.Le coffret, certes préférable, inclut la trame instrumentale de Mike McCready (le guitariste de Pearl Jam) et les versions d\u2019origine des enregistrements qui ont nourri Elvis, tête, cœur, corps et âme.C\u2019est la configuration minimale que j\u2019ai en main, et que j\u2019écoute en boucle : cela suffit à comprendre qu\u2019Elvis n\u2019a jamais cessé de chercher sa vérité à travers ses choix musicaux, loin d\u2019être arbitraires (sinon à l\u2019époque des films en série).Qu\u2019il mêle R & B et hillbilly pour Baby Let\u2019s Play House, qu\u2019il marie le rock\u2019n\u2019roll du diable et le gospel dans Milky White Way, qu\u2019il tente du Dylan, qu\u2019il extirpe sa souffrance à la manière d\u2019un chanteur d\u2019opéra dans Hurt, l\u2019instinctif Elvis aura toujours chanté sa vie.Admirable.Sylvain Cormier PROG-ROCK EP1 ?Garnotte, Indépendant Ce premier EP (mais qui ressemble beaucoup plus à un vrai album mature) était passé sous nos radars à sa sortie, début mars.Remettons les pendules à l\u2019heure.Les cinq jeunes hommes de Garnotte font plus dans le coulant que dans le granuleux, malgré ce qu\u2019indique le nom de leur groupe.Fortement inspirés par l\u2019âge d\u2019or des Yes, Pink Floyd et Gentle Giant, ils ont fait le pari de remettre le combo prog- psychédélique au goût du jour.Mais dans son spectre plus sombre : les enchevêtrements élaborés guitare- claviers reflètent moins la libre insouciance qu\u2019on peut associer à la musique psyché qu\u2019un spleen métaphysique d\u2019une lourdeur changeante.Qu\u2019on se rassure : tout ça n\u2019est que du bon.Le groupe présente aussi une forte maîtrise du clavier comme colonne vertébrale d\u2019une chanson (Micro-ondes, Dans bouette).Et notons, de plus, un petit clin d\u2019œil à Harmonium (la suite Scutigères).Le tout enrobé dans des paroles passablement déprimantes, sur la monotonie du quotidien et l\u2019ennui qui nous prend à la gorge.Pourquoi s\u2019en priver?Sophie Chartier LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Entrevue Julia Posca pourfend la pensée bon marché de l\u2019élite québécoise Poésie pop Du lyrisme avec relish et moutarde L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e E s s a i 2 4 | PHILOSOPHIE L\u2019effet science ?1/2 Louis Marchildon, Éditions Multi- mondes, Montréal, 2018, 180 pages Dans une époque, celle dite de la post-vérité, où des intérêts populistes cherchent à avoir constamment raison contre les faits, où les mensonges finissent par devenir des croyances à force d\u2019être répétés, cet essai s\u2019impose dans l\u2019environnement comme un baume sur les plaies du présent en exposant, sans dogmatisme ni prosélytisme, les vertus de la démarche scientifique, au sens large, pour comprendre et appréhender notre monde.Docteur en physique, spécialiste de la mécanique quantique et fin vulgarisateur, l\u2019auteur connaît bien le territoire.Il rappelle d\u2019ailleurs en plongeant dans l\u2019histoire et en remontant aux fondements de la science qu\u2019il n\u2019y a pas de certitudes à aller chercher là, plutôt des « cadres conceptuels » en mouvement qui se nourrissent de la curiosité humaine et qui attisent cet esprit critique dont la valorisation, aujourd\u2019hui, selon lui, ne devrait pas relever du mythe, mais plutôt de la réalité.Fabien Deglise BIOGRAPHIE Nick Cave l\u2019intranquille ?Christophe Deniau, Le Castor Astral («Castor Music»), 2018, 309 pages Première biographie française de Nick Cave, le livre de Christophe Deniau s\u2019avère avant tout le distillat chronologique de ce qui a pu s\u2019écrire et se dire au sujet du chanteur australien depuis la fin des années 1970.Sans style nerveux ou informations de première main \u2014 deux éléments qui ont fait du Bad Seed d\u2019Ian Johnston (1994) le mètre étalon des « travaux caviens» \u2014, l\u2019ouvrage souffre de n\u2019avoir rien de véritablement nouveau à nous apprendre sur le dernier grand rockeur épargné par la tentation nostalgique ; du moins, durant les 160 premières pages, qui couvrent un territoire déjà arpenté par Ian Johnston.On y apprend cependant, à nos dépens, que Deniau a tenté de combler les lacunes de l\u2019entreprise par de la glose et des réflexions sans aplomb.Seul sursaut salvateur de cette biographie qui en bave par ses ellipses et par la manière dont certains événements sont introduits (la mort du fils de Cave !) : l\u2019analyse de l\u2019apport du chanteur au 7e art.Il aurait été là, le sujet digne d\u2019un nouveau livre sur Nick Cave.Ralph Elawani ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR est bien connu, ou ce doit l\u2019être, la richesse deviendra un signe indéniable du succès le jour où fleurira dans tous les esprits une culture entrepreneuriale, écrit Julia Posca.Tel est la règle d\u2019or de la destinée manifeste des gagnants, des winners, de la nouvelle élite du pouvoir de cette belle et grande province.» Voilà un plaidoyer qui arracherait sans doute un sourire aux dragons de ce monde si personne ne leur signalait que ce Manifeste des parvenus déborde autant d\u2019ironie que les poches de la famille Desmarais débordent de fric.Charge contre la richesse ostentatoire érigée en unique étalon de mesure de la réussite personnelle, ce caustique essai ridiculisant le « think big des pense-petit» se décline à l\u2019instar d\u2019un guide de pop-économie trouvé en pharmacie en six importants commandements : « L\u2019argent, tu honoreras», «À plus petit que toi, tu ne t\u2019intéresseras pas», «Une économie de dirigeants, tu bâtiras», «Par l\u2019impôt, tu ne te laisseras pas dérober», «Le Bien, tu convoiteras» et «La réalité de la vie, c\u2019est l\u2019entreprise privée».Autant de manières de démontrer par l\u2019absurde l\u2019idée reçue voulant que les Québécois entretiennent une relation timorée avec leurs bidous.« Alain Bouchard de Couche-Tard prend souvent la parole au sujet de la littératie financière en disant qu\u2019on ne comprend pas bien le monde des placements au Québec et que si on maîtrisait mieux nos finances personnelles, on pourrait s\u2019enrichir », souligne en entrevue l\u2019auteure Julie Posca.« Mais il faut rappeler qu\u2019Alain Bouchard dirige une entreprise qui paie ses employés au salaire minimum, et qu\u2019il s\u2019est opposé farouchement à l\u2019augmentation du salaire minimum à 15$», poursuit la sociologue œuvrant à l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio-économiques.«Le problème, évidemment, ce n\u2019est pas que les gens comprennent mal les produits financiers, mais davantage le surendettement de ceux qui n\u2019ont tout simplement pas la marge de ma- nœuvre nécessaire pour investir.» C\u2019est simple : deviens rentier Face à un ascenseur social que le néolibéralisme refuse d\u2019huiler adéquatement, le salarié moyen ne pourrait donc que rêver de faire fortune en regardant Dans l\u2019œil du dragon, suggère l\u2019essayiste.« Le grand paradoxe, c\u2019est que ces entrepreneurs plaidant pour un régime minceur de l\u2019État québécois sont des boomers qui ont pu s\u2019élever socialement grâce à ce modèle.Mais une fois qu\u2019on a démantelé le Souffler les braises sous les fesses des dragons Julia Posca liquide la pensée bon marché des chantres de l\u2019entrepreneuriat «C\u2019 Il y a un moment où nos besoins sont comblés et ça devient mortifère comme logique sociale de viser l\u2019accumulation de l\u2019argent JULIA POSCA » | 2 5 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 L\u2019UPA nuit-elle à l\u2019agriculture ?Ce n\u2019est certainement pas ici qu\u2019on lira une charge contre le syndicalisme et contre les agriculteurs, tous genres confondus.Je tiens le premier pour un des principaux responsables de l\u2019amélioration de la qualité de vie des Québécois ordinaires depuis plus de cent ans.J\u2019ai, pour les seconds, la plus grande estime.Les gens qui nous nourrissent méritent notre respect.Mon père, de plus, fils d\u2019habitant, vouait un culte à l\u2019agriculture et était abonné à La terre de chez nous, que je feuilletais pendant mon adolescence.Aussi, j\u2019ai été élevé avec l\u2019idée que l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) était une institution indispensable et amie.Roméo Bouchard pourrait en dire autant et bien plus.Homme de gauche, ancien prêtre recyclé en cultivateur, le militant défend le principe syndical et la vie paysanne depuis toujours.Or, il est inquiet.« J\u2019ai 81 ans, écrit-il, et je constate avec tristesse que le modèle agricole des multinationales a fait main basse sur notre agriculture et notre alimentation, et que, pendant que l\u2019UPA protège son monopole et que les politiciens préservent leurs sièges, nos fermes, nos terres, nos campagnes, nos savoir-faire disparaissent à toute allure.» Voilà la raison pour laquelle Bou- chard publie, ces jours-ci, L\u2019UPA.Un monopole qui a fait son temps (VLB/La vie agricole, 2018), une vigoureuse charge contre les dangers d\u2019une agriculture productiviste, en voie de s\u2019imposer comme l\u2019unique modèle en la matière.Un sombre portrait Les Québécois, constate le militant, connaissent mal le monde agricole.Pour la majorité d\u2019entre eux, « la ferme, la campagne, la cabane à sucre sont [\u2026] une sorte de fantasme plus ou moins folklorique ».Les médias, quand ils daignent se pencher sur cet univers, mettent souvent en vedette les petits producteurs bio et les aliments du terroir, mais le portrait d\u2019ensemble est moins réjouissant.«L\u2019agriculture est devenue une industrie, la ferme est une usine, la nourriture est un produit du commerce comme un autre, et toutes trois sont désormais sous le contrôle absolu des grandes compagnies multinationales», souligne Bouchard.Au Québec, poursuit l\u2019essayiste, «15% des fermes fournissent à elles seules 75% de la production agricole» et les autres fermes vivotent.Les produits biologiques et du terroir, dont on parle tant, ne constituent qu\u2019environ 5% de notre alimentation.Le gros de ce que nous mangeons provient donc d\u2019une agriculture productiviste, «gigantesque, mécanisée, chimique, génétique, marchande», qui, ajoute Bouchard, est toxique pour nous et pour l\u2019environnement.C\u2019est ce type de production qui accapare l\u2019aide étatique (au Québec, 2 milliards par année), alors que l\u2019agriculture biologique ne reçoit, c\u2019est le cas de le dire, que des pinottes.Pour compléter ce sombre portrait, Bouchard précise que cette agriculture commerciale, tournée vers les marchés extérieurs, dessert l\u2019objectif de l\u2019autosuffisance alimentaire, qui est passée d\u2019un taux de 80 % en 1985 à 33 % en 2013.La nouvelle Politique bio alimentaire présentée le 6 avril dernier par le gouvernement Couillard promet essentiellement de mieux financer ce même système.Le modèle souhaité Cofondateur de l\u2019Union paysanne en 2001, Bouchard déplore donc le quasi-monopole de la grosse production et plaide, en s\u2019appuyant sur le rapport Pronovost de 2008, pour une agriculture diversifiée.Il souhaite un modèle permettant la viabilité des petits producteurs et de l\u2019approche biologique et de proximité, axé sur l\u2019autosuffisance alimentaire ainsi que respectueux des milieux de vie et de l\u2019environnement.Il reconnaît que le modèle agricole défendu par l\u2019UPA depuis 1972 \u2014 mise en marché collective, financement et zonage agricoles, monopole syndical \u2014 «a contribué considérablement au développement d\u2019une agriculture moderne et au mieux- être des agriculteurs québécois en général », mais il affirme qu\u2019il barre la route, aujourd\u2019hui, à la nécessaire diversification de l\u2019agriculture.Bouchard ne veut pas en finir avec l\u2019UPA, mais il veut briser son monopole.Favorable à «une syndicalisation vigoureuse des agriculteurs», le militant en appelle donc à un pluralisme syndical, qui permettrait aux divers types d\u2019agriculteurs \u2014 paysans écologiques, propriétaires de fermes familiales, gros entrepreneurs \u2014 d\u2019être mieux représentés.Le 28 mars 2018, sur le site de l\u2019UPA, Marcel Groleau, président du syndicat, opposait une fin de non-recevoir à la proposition de Bouchard.Le modèle actuel fonctionne bien, écrivait-il, et l\u2019union, sous la houlette de l\u2019UPA, fait la force.Ce n\u2019est pas très convaincant.En 2003, mon père, sans résilier son abonnement à La terre de chez nous, s\u2019est aussi abonné au journal de l\u2019Union paysanne.Il savait que l\u2019union, dans la diversité, ne doit pas être forcée pour faire la force.Louis Cornellier Chronique filet social et les institutions qui nous permettaient collectivement de nous émanciper, on se retrouve isolé, et donc les solutions pour améliorer notre condition n\u2019apparaissent plus comme des solutions collectives », observe celle qui cite avec ahurissement plusieurs passages du best-seller du comptable Pier re-Yves McSween, En as-tu vraiment besoin ?« Faire des placements, devenir rentier, c\u2019est comme ça qu\u2019on va améliorer notre condition, nous ré- pète-t-on, et les gens adhèrent à ce discours parce que c\u2019est devenu plus dif ficile d\u2019entrevoir d\u2019autres avenues.On a à ce point dépolitisé les questions économiques qu\u2019on ne les voit plus que par la lorgnette des efforts individuels.» L\u2019entrepreneuriat partout Célébré par des portraits journalistiques complaisants ou entre les pages d\u2019hagiographies lui offrant sa place dans l\u2019alignement d\u2019un talk- show à heure de grande écoute, l\u2019entrepreneur québécois aurait non seulement imposé son discours dans les médias, mais aussi dans les écoles, où son vocabulaire prend désormais toutes sor tes de s igni f icat ions n\u2019ayant pas toujours à voir avec ce qu\u2019en pense le dictionnaire.« Un entrepreneur, c\u2019est un individu qui a le courage de concrétiser ses rêves, d\u2019ignorer les risques et d\u2019utiliser son plein potentiel de créativité pour innover», nous apprend par exemple sur le site J\u2019entreprends.ca Valérie Bellavance, ancienne direc- L\u2019auteure Julia Posca MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Le manifeste des parvenus Le think big des pense-petit Julia Posca, Lux, Montréal, 2018, 148 pages trice générale pour le Québec de Futurpreneur Canada.« On nous dit qu\u2019on valorise l\u2019en- trepreneuriat, mais ce sont surtout les riches qu\u2019on valorise, en fait, précise Julia Posca.Les petits entrepreneurs qui animent les vies de quartier et les villages, c\u2019est extrêmement difficile pour eux de survivre dans un contexte où Bombardier et V idéotron sont ceux qui sont le plus aidés par le gouvernement.On fait miroiter l\u2019idée que tout le monde peut s\u2019enrichir, alors qu\u2019on abandonne les petits entrepreneurs qui essaient de sur vivre dans un modèle qui valorise les multinationales.» Les autres formes de richesse Après une première partie dont le sarcasme rappellera la férocité d\u2019un Pierre Falardeau période Le temps des bouf fons, Le manifeste des parvenus abandonne l\u2019ironie pour mieux proclamer, sans deuxième degré, que les «parvenus souffrent de délire paranoïaque ».Surtout lorsqu\u2019ils pointent la gauche comme responsable d\u2019un immobilisme économique dont le Québec serait le maître.« Tout ce discours met en avant l\u2019idée que la richesse, c\u2019est le fait d\u2019accumuler de l\u2019argent, alors qu\u2019on oublie que la richesse, c\u2019est la qualité des liens avec notre famille et notre entourage, c\u2019est la qualité de l\u2019environnement dans lequel on vit, c\u2019est avoir du temps pour ses proches », plaide Julia Posca, pour qui l\u2019argent qui dort est une des plus troublantes absurdités de notre époque.« On nous vend l\u2019idée que le but qu\u2019on devrait partager, c\u2019est d\u2019accumuler toujours plus d\u2019argent.Or, une fois qu\u2019on a une maison, un chalet, deux voitures, une télé plasma, on ne peut pas accumuler des choses sans fin\u2026 à part l\u2019argent.Il y a un moment où nos besoins sont comblés et ça devient mor tifère comme logique sociale de viser l\u2019accumulation de l\u2019argent.» Faudrait-il plafonner la richesse des particuliers ou les revenus des hauts dirigeants, comme de plus en plus de penseurs crédibles le proposent ?« On avait déjà plafonné la richesse, dans la mesure où on a déjà eu un système fiscal beaucoup plus progressif, rappelle la sociologue.Plafonner le salaire des hauts dirigeants, ça me semble tomber sous le sens, parce que les inégalités de richesse vont nous nuire à tous.Il faut reconnaître qu\u2019on est membre d\u2019une société et que donc, on est responsable du bien-être de tout le monde, et non seulement de notre bien-être individuel.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e E s s a i 2 6 | ENTREVUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Un virage ! Ce n\u2019est pas nous, mais Erin Wunker, professeure au Département d\u2019anglais de l\u2019Université Dal- housie à Halifax, qui le dit.« Nous sommes témoins d\u2019un virage » perceptible aujourd\u2019hui un peu partout dans l\u2019environnement social, politique et culturel, six mois après que le scandale Har vey Weinstein eut éclaté et après les nombreuses affaires subséquentes ou connexes qui ont libéré la parole des femmes, estime l\u2019auteure de Carnets d\u2019une féministe rabat-joie (Les Presses de l\u2019Université de Montréal).« La façon dont nous abordons dé - sormais les inégalités dans nos conversations, qu\u2019il soit question de genre, de race, de handicap ou de sexualité, a changé », se réjouit cette figure importante du féminisme canadien qui, deux ans après la publication remarquée de Notes from a Feminist Killjoy (BookThug), laisse depuis quelques jours son message se rapprocher de notre solitude dans une traduction signée Madeleine Statford.« Ces conversations [qui se tenaient dans des cercles restreints depuis plusieurs années] sont entrées dans les médias généralistes et c\u2019est là un des changements les plus importants.» Du coup, une question s\u2019impose : de féministe rabat-joie, la présidente de l\u2019organisme Femmes canadiennes dans les arts littéraires serait-elle en train de devenir féministe optimiste.« Je reste une féministe rabat-joie », lance-t-elle sans ambages, en ajoutant : « Optimiste ?Oui, mais avec prudence.Car il reste encore beaucoup de travail à faire.» « Plus qu\u2019une job à temps plein » Travail.Le mot ne peut pas être mieux choisi par cette universitaire qui, dans son bouquin, dit de son féminisme rabat-joie qu\u2019il est « plus qu\u2019une job à temps plein».«Le féminisme est nécessaire comme façon de penser et d\u2019être dans le monde, comme forme de pédagogie et moteur de changement politique», ajoute-t-elle, tout en détaillant le cadre d\u2019une pensée qui vise à opposer un regard critique et une dénonciation constante des « joies» découlant de l\u2019oppression du patriarcat \u2014 les grivoiseries de mo- noncles, l\u2019esprit de club des gars, les contraintes sociales guidant l\u2019habillement et le comportement des femmes.L\u2019optimisme prudent d\u2019une féministe rabat-joie Dans un essai sur le quotidien, Erin Wunker appelle au refus du bonheur asymétrique imposé par les normes patriarcales Erin Wunker, figure importante du féminisme canadien ZACH FAYE CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Si l\u2019on s\u2019interroge sur la division actuelle entre les tenants progressistes de l\u2019indépendance et les nationalistes qui, fér us d\u2019identité, restent des conservateurs souvent inavoués, il faut lire Aux quatre chemins d\u2019Yvan Lamonde.L\u2019historien émérite y juge que Louis-Joseph Papineau et Étien - ne Parent « représentent les deux hémisphères du cerveau politique québécois, à la source d\u2019une ambivalence identitaire profonde ».À la faveur des insurrections au Bas-Canada (futur Québec) contre le pouvoir colonial britannique, quatre natifs du lieu suivirent les itinéraires scrutés par Lamonde.L\u2019auteur précise en sous-titre : « Papineau, Parent, La Fontaine et le révolutionnaire Côté en 1837 et en 1838».Louis-Joseph Papineau (1786-1871), l\u2019instigateur parlementaire du mouvement d\u2019émancipation, s\u2019inspire, par opposition à l\u2019impérialisme monarchique et européen de Londres, du républicanisme états-unien, mieux adapté à l\u2019Amérique.Son cadet le journaliste Étienne Parent (1802-1874), avant la lettre nationaliste à la manière des conser vateurs européens tout en étant populiste, envisage déjà le Bas-Canada comme la par tie d\u2019un ensemble réformiste des colonies britanniques nord-américaines.Si Papineau est le partisan indéfectible d\u2019un Conseil législatif élu par les Canadiens et non plus imposé par le pouvoir colonial, Parent souhaite davantage l\u2019avènement de la responsabilité ministérielle pour démocratiser le régime de façon modérée.Il rejette la stratégie, préconisée par Papineau, de non-consommation des biens britanniques pour affaiblir l\u2019oligarchie impériale.Il opte pour « une soumission » doublée d\u2019une « résistance passive », et non d\u2019une «opposition constitutionnelle ».Lamonde excelle à décrire les différences entre les attitudes des deux hommes qui influencent beaucoup l\u2019opinion.Par son combat radical, Papineau incarne Montréal, sa ville natale.Par son goût du compromis, Parent reflète la région de Québec dont il est originaire.Cette dualité, qui se perpétue jusqu\u2019à nos jours, l\u2019historien la résume de manière incisive : « Les dispositions du peuple dans la région de Québec et la région de Montréal sont dif férentes, opposées, irréconciliables.» Malgré cela, Lamonde voit avec raison en Parent « le père intellectuel et politique » du parlementaire Louis-Hyppolite La Fontaine (1807- 1864), ancien Patriote né près de Montréal mais devenu après 1837 l\u2019adversaire de Papineau au nom de la bonne entente avec le dominateur britannique.Cette collaboration profitait déjà de façon socioéco- nomique à la ville de Québec, du moins à son élite.Chez Cyrille-Hector-Octave Côté (1809-1850), médecin encore plus hostile que Papineau à la mollesse de Parent et de notre clergé catholique, la conversion à la religion du dominateur, le protestantisme, aggrave ce que Lamonde exhume : notre vieux désarroi.À l\u2019origine de notre division identitaire Yvan Lamonde situe la dualité Québec-Montréal au cœur du débat sur l\u2019avenir national Louis-Joseph Papineau (1786-1871) s\u2019inspire, par opposition à l\u2019impérialisme monarchique et européen de Londres, du républicanisme états- unien, mieux adapté à l\u2019Amérique.BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA Aux quatre chemins ?1/2 Yvan Lamonde, Lux, Montréal, 2018, 248 pages L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Essais étrangers Le feu et la fureur.Trump à la Maison Blanche Michael Wolff/Robert Laffont 1/5 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 2/20 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 4/30 Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 3/111 La part d\u2019ange en nous.Histoire de la violence et de.Steven Pinker/Les Arènes \u2013/1 Histoire de la sexualité \u2022 Tome 4 Les aveux de la chair Michel Foucault/Gallimard 5/3 Le IIIe Reich pouvait-il gagner la bataille de l\u2019Atlantique?Boris Laurent/Économica \u2013/1 La vie secrète des arbres Peter Wohlleben/Multimondes 6/54 Peau rouge, masques blancs.Contre la politique.Glen Sean Coulthard/Lux \u2013/1 L\u2019origine des autres Toni Morrison/Bourgois \u2013/1 Essais québécois En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 1/76 Un selfie avec Justin Trudeau Jocelyn Coulon/Québec Amérique \u2013/1 La perte et l\u2019héritage Raphaël Arteau McNeil/Boréal \u2013/1 Le vivre ensemble n est pas un rince-bouche Rachida Azdouz/Édito 5/2 La face cachée du multiculturalisme Jérôme Blanchet-Gravel/Cerf \u2013/1 L\u2019UPA.Un monopole qui a fait son temps Roméo Bouchard/VLB \u2013/1 Un Québec libre est un Québec qui sait lire et écrire Sébastien Proulx/Septentrion 4/6 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 3/20 Lettres biologiques.Recherches sur la sexualité humaine frère Marie-Victorin/Boréal 8/8 Discours de réception du prix Nobel Jean Barbe/Leméac 2/4 Romans étrangers La disparition de Stephanie Mailer Joël Dicker/Fallois 1/3 Sleeping beauties Stephen King | Owen King/Albin Michel 2/4 Origine Dan Brown/Lattès 3/26 La femme à la fenêtre A.J.Finn/Presses de la Cité 4/7 Lumière noire Lisa Gardner/Albin Michel 5/13 La disparue de la cabine n° 10 Ruth Ware/Fleuve 6/7 L\u2019amie prodigieuse \u2022 Tome 4 L\u2019enfant perdue Elena Ferrante/Gallimard 7/5 My absolute darling Gabriel Tallent/Gallmeister \u2013/1 Dark web Dean Ray Koontz/Archipel 10/2 Le pouvoir Naomi Alderman/Calmann-Lévy \u2013/1 Romans québécois Yamaska, Julie Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 1/2 Yamaska, Hélène Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 2/2 Yamaska, Réjanne Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 4/2 Le gazon.plus vert de l\u2019autre côté de la clôture?Amélie Dubois/Les Éditeurs réunis 3/3 Un seul Dieu tu adoreras Jean-Pierre Charland/Hurtubise \u2013/1 Histoires de gars P.Senécal | S.Lafrance | J.Du Temple/Goélette 8/3 Au chant des marées \u2022 Tome 2 La vie sur l\u2019Île Verte France Lorrain/Guy Saint-Jean 6/5 Affaires privées Marie Laberge/Québec Amérique \u2013/1 Il y aura des morts Patrick Senécal/Alire 10/21 Le temps de le dire \u2022 Tome 3 Les années fastes Michel Langlois/Hurtubise 9/5 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Du 2 au 8 avril 2018 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès YVES LÉVEILLÉ + 12 JAZZMEN 3 VISIONS | 26 avril, 3, 10 mai LAETITIA ISAMBERT CHANTE FRANÇOISE HARDY | 27, 28 avril 4\u2019SOUS SUR LE TRÉTEAU T.O.M.M.THÉÂTRE | 2 mai theatreoutremont.ca 514 495-9944, poste 1 ET PLUS ENCORE ! PROCHAINEMENT LE DERNIER SACREMENT DENIS BOUCHARD | 17, 18, 19 mai Spectacles à 20 h KIRAN AHLUWALIA + SOUAD MASSI LOVEfest | 17 avril ÉMILE PROULX-CLOUTIER MARÉE HAUTE | 20 avril ENCORE QUELQUES BILLETS SUPPLÉMENTAIRES À L\u2019OUTREMONT SEULEMENT POUR LES 13 ANS ET + Entre autres.«Le féminisme rabat- joie prend plaisir à démonter les normes patriarcales qui passent pour du bonheur », écrit-elle, en rappelant avec assurance et certitude que ce « bonheur » n\u2019est certainement pas partagé de manière équitable entre toutes les composantes de la société.« C\u2019est une très longue démarche, commente-t-elle en entrevue, démarche qui devrait nous conduire dans un espace de justice pour tous.» La «culture du viol» Sous-titré Essais sur la vie quotidienne, le livre d\u2019Erin Wunker, publié ici dans la collection «Vigilantes» dirigée par Martine Delvaux et Valérie Lebrun, qui traque les essais féministes singuliers, se présente comme un ensemble de réflexions adressées à la fille de l\u2019auteure sur l\u2019expérience du genre dans le monde, sur le corps de la femme et sa place dans la société.Avec une plume aiguisée, un ton personnel et une subjectivité assumée, elle passe au crible les navrantes composantes de la «culture du viol», parle d\u2019amitié, de solidarité et sort de l\u2019indifférence tous ces mots, tous ces commentaires socialement acceptés qui expriment bel et bien des con - traintes inacceptables selon elle, des asservissements injustifiés.Elle invite aussi au passage à opposer un refus systématique à ces réalités inscrites dans l\u2019ADN de sociétés patriarcales, citant d\u2019ailleurs le manifeste Refus global de 1948 et rappelant son caractère révolutionnaire qui visait à faire sortir un monde de sa «Grande Noirceur ».Dans sa version originale en anglais, l\u2019essai a vu le jour à une «autre époque », soit novembre 2016, « le jour qui a suivi l\u2019élection présidentielle américaine », rappelle-t-elle aujour d\u2019hui.Mais, même à la lumière du virage qu\u2019elle perçoit, le propos qu\u2019elle adressait à sa fille à l\u2019époque reste valable en l\u2019état.« Je lui donnerais le même genre de conseils [sur l\u2019importance d\u2019être critique et en contrôle de son corps, pour ne citer que celui-là] et je surli- gnerais l\u2019impor tance de soutenir tous les gens qui, dans la société, se battent pour la justice.» Dans quelle société sa fille devrait- elle vivre?lui demande-t-on.«Je crois que nous vivons dans un monde qui prête de plus en plus attention à la façon dont on respecte, ou pas, les droits de tous, ajoute-t-elle.Et j\u2019espère que nous sommes entrés dans un monde plein de personnes qui œuvrent avec passion et prévoyance pour le changer et le rendre meilleur.» Rabat-joie ?Sans doute, mais pas de manière si évidente.Carnets d\u2019une féministe rabat-joie Essais sur la vie quotidienne Erin Wunker, Les Presses de l\u2019Université de Montréal, Montréal, 2018, 216 pages TÉMOIGNAGE Ces hommes qui m\u2019expliquent la vie ?Rebecca Solnit, traduit de l\u2019anglais par Céline Leroy, Éditions de l\u2019Olivier, Paris, 2018, 175 pages Le livre s\u2019ouvre sur cette savoureuse anecdote qui porte à elle seule toute la raison d\u2019être du bouquin : Rebecca Solnit, une auteure féministe califor- nienne qui venait d\u2019écrire un ouvrage sur l\u2019industrialisation du quotidien, s\u2019est retrouvée dans une soirée à se faire raconter par un homme suffisant qui ne la laissait pas placer un mot qu\u2019elle devait absolument lire le livre\u2026 qu\u2019elle venait elle- même d\u2019écrire.Survenue en 2008, cette histoire, qui suintait la condescendance liée au genre, a inspiré à la prolifique au- teure le mot «mansplaining» («mec- pliquer »), dont la maternité lui revient.C\u2019est aussi le point de départ de Ces hommes qui m\u2019expliquent la vie, un recueil d\u2019essais qui a eu un grand retentissement à sa sortie aux États-Unis en 2014 et qui prend la forme d\u2019un combat acharné \u2014 Solnit est infatigable \u2014 contre ces hommes qui croient savoir mieux que les femmes ce qu\u2019elles ressentent, veulent dire et pensent.Par une savante analyse des rapports hommes-femmes à travers l\u2019affaire DSK, le mythe de Cassandre ou encore le regard que l\u2019essayiste Susan Sontag a por té sur Virginia Woolf, cette historienne de l\u2019art s\u2019emploie à démontrer comment s\u2019est perpétué le puissant schème du patriarcat, mais surtout : comment la femme en est venue à être réduite à un objet, ef facée et dépossédée de ses droits.Truf fé d\u2019anecdotes personnelles \u2014 sur des agressions subies, lues ou vues \u2014 et de statistiques accablantes \u2014 on signale un viol toutes les six minutes aux États-Unis \u2014, le livre indigne autant qu\u2019il informe.Rebecca Solnit en est l\u2019auteure- guerrière qui se bat à coups de mots pour ouvrir de force les yeux d\u2019un monde aveugle, qui ne voit pas qu\u2019une « por tion significative des femmes de [son] entourage entre dans la catégorie des survivantes ».Des munitions pour #MeToo.Lisa-Marie Gervais S\u2019indigner tout en informant L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E L i r e Po é s i e 2 8 | GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR est Marjolaine Beauchamp qui, entre les pages de ce journal il y a quelques semaines, disait faire «de la photo polaroïd, de la poésie pop.Mais l\u2019affaire, c\u2019est que trop de gens ont encore peur de ce qui est pop.Pour moi, c\u2019est important de désacraliser la littérature.Une bonne partie de la nouvelle poésie est intéressante précisément parce qu\u2019elle a quelque chose de moins figé».Un rapide coup d\u2019œil aux sorties de la dernière année témoigne du poids important qu\u2019occupent désormais en librairie des textes accessibles comme L\u2019amour et autres choses plates de Jonathan Doré (L\u2019Oie de Cravan), Les bikinis couleur peau d\u2019Ellie Mar tineau-Lavoie (Del Busso), Calamine de Mélanie Jan- nard (L\u2019Hexagone), Chenous de Véronique Grenier (Ta Mère) ou La fin du monde est en osti de Saint-Claude (Stopstopstop éditeur).Il y a quelque chose de moins figé, oui, dans ces livres ayant tous en commun une volonté de sublimer le trivial, un rapport décomplexé à l\u2019oralité, un désir évident de raconter, d\u2019émouvoir ou de faire rire, ainsi que de multiples clins d\u2019œil à la culture pop.« Texter / t où / à deux heures quarante-cinq // l\u2019humanité à son plus / vulnérable », écrit l\u2019actrice Charlotte Aubin dans Paquet de trouble (Del Busso), un manuscrit essentiellement rédigé dans son téléphone, mêlant les aphorismes, les blagues, une appar tition éclair de Kim Kardashian et de nombreux authentiques flashs de poésie.« Quand Simon Boulerice est arrivé avec le manuscrit de Géolocali- ser l\u2019amour [un roman par poèmes paru en 2016], le côté narratif m\u2019a beaucoup plu et était en phase avec notre façon de raconter des histoires de plein d\u2019autres façons», se rappelle le cofondateur des Éditions de Ta Mère, Maxime Raymond.La maison renouait alors avec la poésie après en avoir brièvement publié à ses débuts, il y a 13 ans.Son plus récent titre, Dimanche de Jérôme Baril, décrit l\u2019aliénation du quotidien dans une langue minima- liste héritée de Patrice Desbiens, référence majeure de cette nouvelle poésie pop (au sens le plus noble du terme).Évoquons aussi Josée Yvon et le catalogue des Éditions de L\u2019Écrou (fondées en 2009).Maxime Raymond demeure cependant mal à l\u2019aise par rapport à l\u2019expression «poésie pop», parce qu\u2019«en littérature, on a souvent tendance à diviser les choses entre ce qui est vrai et ce qui ne l\u2019est pas.Je crains que pour plusieurs, \u201cpoésie pop\u201d, ça sonne comme de la sous-poésie».Pour en finir avec l\u2019homogénéité Bien qu\u2019il n\u2019affectionne pas particulièrement lui non plus les étiquettes, le poète et critique chez Estuaire François Rioux considère d\u2019un bon œil cette poésie refusant l\u2019hermétisme et revendiquant son accessibilité comme une qualité.«Oui, dans la mesure où ça peut ramener les gens à la poésie.Je relisais récemment la préface de Pour une poésie impure de Robert Melançon, et il dit que si les gens ne lisent plus de poésie, c\u2019est de la faute aux poètes qui font de la poésie à laquelle on ne comprend rien, sauf si on est poète soi- même.Alors qu\u2019avec ces nouvelles formes face auxquelles il faut quand même demeurer critiques, les gens saisissent les images et l\u2019émotion et vont peut-être aller loin plus après.» «Le mot \u201cpop\u201d peut être problématique, parce qu\u2019il réduit cer tains poètes à leur accessibilité plutôt qu\u2019à la profondeur de leurs vers », souligne pour sa part l\u2019auteure et chercheuse Stéphanie Roussel, une spécialiste de la scène des soirées de lecture et des micros ouverts.«Mais ce mot peut aussi nous amener à envisager une poésie moins homogène.C\u2019est comme si, actuellement, la poésie était un genre en soi qui ne peut pas être subdivisé.Pourquoi n\u2019y aurait-il pas de la poésie de science- fiction, de la poésie de détective, de la poésie dont vous êtes le héros?» Impossible de sous-estimer la puissance De la poésie pop bonne comme un hot dog relish-moutarde Gros plan sur ces auteurs qui osent le volontairement accessible VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR P A S P V A S A C\u2019 C\u2019est un message fort de dire que n\u2019importe quelle expérience peut être poétisée STÉPHANIE ROUSSEL » | 2 9 T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Nous le peuple Après William Johnson, l\u2019ancien pitbull de la Gazette et d\u2019Alliance Québec, faisant de René Lévesque un menteur pathologique, voici que deux historiens canadiens s\u2019attaquent, dans le « devoir d\u2019histoire » du Devoir du samedi 7 avril, au rêve de Champlain\u2026 Ce rêve a d\u2019abord donné son titre à la monumentale biographie du fondateur de la Nouvelle-France dont accoucha l\u2019historien américain David Hackett Fischer (Le rêve de Champlain, Boréal, 2011, traduit de l\u2019anglais par Daniel Poliquin).L\u2019expression semble être ensuite passée dans le langage courant, au point d\u2019avoir été reprise, en 2015, par un éditorialiste du Globe and Mail à propos de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR).Ce rêve de Champlain que décrit Hackett Fischer serait la vision qui présida aux actions de ce navigateur, explorateur et soldat, et à son projet de colonie française au nord des Amériques : celle d\u2019un Nouveau Monde pacifique et tolérant, favorisant les alliances et les unions inter- raciales, prêchant l\u2019égalité, l\u2019ouverture et le métissage, une société des nations d\u2019une nature presque utopique, multiculturelle avant la lettre.Messieurs de Waele et Cohen, auteurs du devoir d\u2019histoire susmentionné, contestent, en gros, l\u2019existence d\u2019un tel rêve d\u2019un monde meilleur chez Champlain.« Les historiens qui s\u2019intéressent à ses actions en Amérique du Nord, font-ils remarquer, ne se fient presque exclusivement qu\u2019aux écrits de l\u2019explorateur pour présenter ses faits et gestes et leurs réceptions par ses interlocuteurs.» Ils soupçonnent donc le sieur Champlain d\u2019avoir, dans ses livres, systématiquement enjolivé les perspectives locales dans le but de convaincre son monarque et les commanditaires de son aventure de lui fournir « les hommes et l\u2019argent nécessaires à la consolidation de l\u2019établissement ».Il est vrai qu\u2019une source unique prête flanc à la critique et qu\u2019il convient de l\u2019approcher avec suspicion.Mais les 134 pages de notes, suivies d\u2019une bibliographie de 53 pages, qui apparaissent à la fin du Champlain de Hackett Fischer montrent assez que parler d\u2019une source unique à l\u2019origine de cette vaste et magistrale démonstration relève de la plus évidente mauvaise foi.On y constate que, pour tout ce qui concerne les contacts avec les Premières Nations, l\u2019auteur s\u2019est aussi, entre autres, abondamment appuyé sur les Relations des Jésuites, qui sont, à l\u2019époque, ce qui se rapproche le plus d\u2019un corpus scientifique d\u2019observations sur le terrain.Cohen et de Waele objecteront sans doute que les Jésuites, c\u2019est bien connu, avaient eux aussi leur programme en Canada, et donc intérêt à dorer la pilule à leurs lecteurs européens.Donc, au fond, tout le monde ment.À part, bien sûr, les deux universitaires qui, drapés dans la «science historique » dont ils se gargarisent à la fin de leur texte, écrivent, eux, cela va de soi, sans aucun biais ni parti pris d\u2019aucune sorte.Après avoir reconnu, au passage, la bienveillance de Champlain à l\u2019égard des Premières Nations, le duo s\u2019ingénie à prouver que le père de l\u2019Amérique française n\u2019était pas «[tolérant] au sens philosophique du terme, [son] approche de l\u2019altérité est fondamentalement pragmatique», puisque « les Français ont alors besoin d\u2019entretenir de bonnes relations avec les autochtones».Puis, le coup de grâce : «[son] projet est, contrairement à ce que prétend Fischer, marchand et non humaniste».On ne peut pas être les deux à la fois ?À ce compte-là, la Révolution américaine, déclenchée par l\u2019imposition d\u2019une taxation abusive au seul profit de la métropole, fut une simple affaire de boutiquiers.« Nous tenons pour vérités évidentes que tous les hommes sont créés égaux, et qu\u2019ils sont doués par leur créateur de certains droits inaliénables, parmi lesquels se trouvent la vie, la liberté et la poursuite du bonheur.» Les mots de Thomas Jefferson continuent de résonner même si le rêve donne aujourd\u2019hui l\u2019impression de virer au cauchemar dé-climatisé.Les idéaux s\u2019usent, les systèmes se corrompent, les institutions s\u2019affaiblissent, les principes se pervertissent, les présidents passent, mais les écrits restent.Et s\u2019ils nous font assez rêver, ils sont parfois même réédités.Ainsi, chez Gallmeister, le triptyque formé par la Déclaration d\u2019indépendance des États-Unis d\u2019Amérique, la Constitution des États-Unis d\u2019Amérique et la Déclaration des droits est devenu un beau petit livre de poche (Nous le peuple, 2018, traduit de l\u2019américain par Jacques Mailhos).Lancé un peu plus de 15 ans après la Conquête, le fraternel appel contenu dans ces textes fut ignoré par nos ancêtres soumis à un clergé à la botte de l\u2019occupant.Mais il est encore temps de faire nôtre le grand récit de Champlain, nettement plus inspirant, en 2018, que la saga de John Macdonald et de sa clique d\u2019affairistes faisant main basse sur l\u2019Ouest et expédiant les chefs indiens et métis à la potence.Louis Hamelin Chronique du signal envoyé par la diversification des types de visages \u2014 des ouvriers, des étudiants, des piliers de taverne \u2014 présents sur la scène des micros ouverts et celle du slam, qui transforment depuis une dizaine d\u2019années l\u2019identité poète telle que traditionnellement conçue.Des acteurs (Fabien Cloutier), des romancières à succès (Sophie Bienvenu) et des cinéastes (Robin Auber t) publient même désormais des poèmes, en ligne ou en recueil.C\u2019est d\u2019ailleurs en entendant Au- bert lire un extrait de son livre Entre la ville et l\u2019écorce à Tout le monde en parle que Jonathan Doré sentira l\u2019appel de l\u2019écriture.«Tu chantes du Piaf à moitié nue au bout de mon lit / Je peux mourir en paix / J\u2019aurai tout vu / On s\u2019affectionne à la lueur du matin / En juillet / Mon linge te va comme un gant», écrit-il dans L\u2019amour et autres choses plates, un livre parfois fleur bleue, mais témoignant aussi d\u2019une palpable et chaleureuse tendresse.« Le lancement à Montréal était plein à craquer de ses amis : des ska- teurs tatoués partout qui semblaient mettre les pieds dans une librairie pour la première fois, mais qui ont acheté son livre et même plusieurs autres», raconte par courriel son éditeur Benoît Chaput.Une poésie décomplexante « C\u2019est un message fort de dire que n\u2019importe quelle expérience peut être poétisée», observe Stéphanie Roussel au sujet de ces poèmes abordant souvent des sujets en apparence banals.« Il y a présentement une multiplication des types de poésie, qui va forcément rejoindre des publics plus diversifiés.Ces nouveaux lecteurs peuvent ensuite facilement se faire entendre dans un micro ouvert.On peut donc non seulement parler d\u2019une plus grande accessibilité des textes, mais d\u2019une plus grande accessibilité pour ceux qui voudraient devenir auteurs.» Tous pourront bénéficier de ce décloisonnement, mais surtout d\u2019abord les communautés minorisées, historiquement mises à l\u2019écart par l\u2019écosystème éditorial, pense la chercheuse.«On se dégage d\u2019une idée de la poésie qui pour exister doit gagner des prix, être critiquée, et dont le travail sur la langue et les références devraient traverser le temps», au profit d\u2019une poésie sur laquelle règnent « le plaisir, la référentialité, l\u2019instantanéité, l\u2019intimité, tout ce qui n\u2019est pas célébré par l\u2019institution».Des valeurs embrassées par les figures de la nouvelle sincérité et de l\u2019intimité radicale comme Daphné B., Marie Darsigny et Maude Veilleux, très influentes sur les scènes des micros ouverts, ou par un iconoclaste comme Baron Marc-André Lévesque, pour qui rien ne mérite pas de devenir poème.« Pour le lecteur, ce genre de poésie est décomplexante.On n\u2019est pas en train de comparer un conifère à un sentiment lointain que tu n\u2019as pas vécu, plaide Charlotte Aubin.Je suis ouverte à toutes les poésies, mais ça me plaît quand je n\u2019ai pas l\u2019impression qu\u2019on me dit que je suis une tarte lorsque j\u2019ouvre un livre.» Patrice Desbiens NNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Stéphanie Roussel EDRO RUIZ LE DEVOIR Véronique Grenier NNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Simon Boulerice NNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR 3 0 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e des années plus tard, sa fille aînée depuis privée de mère sur ses traces.« Elle pensait à la mort, en proie à des crises d\u2019anxiété à toute heure du jour, s\u2019imaginait mourir d\u2019un cancer dans les trois mois suivants, avait des visions de son corps sous les roues d\u2019une voiture quand elle faisait de la bicyclette, elle craignait les courts-circuits qui feraient flamber la maison pendant la nuit, dans son journal, elle écrivait que c\u2019était sûrement passager, que c\u2019était l\u2019incident de Valence qui s\u2019immisçait dans ses pensées.» Grâce à un langage précis qui frôle par moments la poésie, la redondance des réflexions autopunitives de Claire, ce martèlement de pensées ressassées inlassablement par un esprit martyrisé, renforce l\u2019angoisse suffocante inhérente à l\u2019œu- vre et of fre un contraste paradoxal avec la progression des deux protagonistes en quête de réponses.Car ce roman est avant tout celui de deux personnages qui refusent l\u2019immobilisme dans lequel les plonge leur culpabilité.« Je sais trop bien que cette course, ce dérisoire effort de courir 42,2km en moins de quatre heures, ne sauvera rien, ne ramènera pas ma mère, n\u2019expliquera pas l\u2019inexplicable, et pourtant je cours, je cours parce que, comme ma mère, je suis assoiffée, je ne veux pas m\u2019enliser.» Avec une maîtrise impeccable du rythme, l\u2019écrivaine suit la trajectoire des deux femmes, avançant obstinément vers un inconnu rédempteur.La structure de l\u2019œuvre, qui divise le parcours de Claire en anecdotes de voyage, et celui de sa fille en kilomètres du marathon de Valence, reflète cette course acharnée.Son humanisme et sa prose sont d\u2019une incroyable justesse.Annie Perreault of fre un premier roman frappant et prometteur, une réflexion intelligente et dosée sur les tourments de l\u2019âme humaine qui force l\u2019introspection en abordant les ravages de l\u2019indif férence et la puissance du dévouement.CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR L\u2019anxiété, ses interminables insomnies, ses étourdissements impromptus, ses battements cardiaques indomptables, ses souf fles cour ts, cette incessante culpabilité qui vous ronge les tripes\u2026 Dans La femme de Valence, Annie Perreault explore avec doigté et sensibilité les conséquences physiques et psychologiques de cet impitoyable mal du siècle.Avec l \u2019 invent iv i té d \u2019un Knut Hamsun décor tiquant la faim ou d\u2019un Alfred Hitchcock s\u2019amusant du vertige, elle donne vie aux démons sournois qui empoisonnent l\u2019existence de ses personnages.À l\u2019aide d\u2019indices inachevés, de mystères irrésolus et de redondances émotionnelles appuyées, elle submerge le lecteur dans une atmosphère étouffante de laquelle, en symbiose avec les héroïnes du récit, il cherchera à s\u2019extirper en tournant résolument les pages vers l\u2019espoir d\u2019une conclusion heureuse.Claire Halde se prélasse au soleil sur le toit d\u2019un hôtel de Valence, en Espagne, lorsqu\u2019une femme visiblement en détresse, les poignets marbrés de sang, lui demande de surveiller son sac avant d\u2019enjamber la balustrade et de plonger dans le vide.Dans les pages suivantes se dévoilera toute l\u2019ampleur de cet instant fugace qui bouleversera à jamais l\u2019équilibre de Claire et qui lancera, Une femme de Valence face aux ravages de l\u2019anxiété Annie Perreault raconte le destin de trois personnages cherchant à échapper à leur culpabilité Son humanisme et sa prose sont d\u2019une incroyable justesse.Annie Perreault offre un premier roman frappant et prometteur.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR La femme de Valence ?Annie Perreault, Alto, Québec, 2018, 216 pages 18-21 octobre Pour l\u2019automne, le voyage à NEW YORK se prépare.Mais avant\u2026 9 juin OTTAWA - Trésors impressionnistes au musée 27 juin MORRISBURG (Ontario) - un concert dans une église et l\u2019histoire des villages engloutis : un rendez-vous! 14 juillet QUÉBEC - Berthe Morisot, femme impressionniste 5 août VAUDREUIL - le musée et le jardin de sculptures www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Rencontre avec Simon Boudreault, dramaturge Lundi 16 avril 19 h 30 Contribution suggérée : 5 $ Librairie indépendante de quartier 2653 Masson, Montréal, Qc 514 849-3585 | 3 1 L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Ce qu\u2019il y a de troublant dans cette histoire, c\u2019est son caractère échevelé et broussailleux, mystérieusement cohérent, quelque chose du chaos structuré, qu\u2019un petit tas de stigmates de safran séchés posés pêle-mêle sur une table ou délicatement contenus dans une petite boîte de plastique pourrait parfaitement illustrer.Mettre le fond et la forme d\u2019une fiction en symbiose avec l\u2019image d\u2019une de ses composantes, le safran.Voilà le tour de force \u2014 involontaire ou pas ?\u2014 réalisé par Miléna Babin dans L\u2019étrange odeur du safran, récit, étrange lui aussi, qui rapproche des âmes perdues dans le Bas-du-Fleuve sur fond de dépotoir, de safranière, de maladie et de restauration.Une femme y est en fuite.Elle s\u2019appelle Nil, a un caractère sauvage que la présence à ses côtés d\u2019une renarde partiellement apprivoisée, son animal de compagnie, vient subtilement sur- ligner.Sa trajectoire incertaine va croiser celle de créatures singulières, dont Jacob, restaurateur de la région qui cultive le raffinement dans ses assiettes et l\u2019angoisse maîtrisée d\u2019avoir à vivre dans la séropositivité.Pas une mince af faire dans le Québec des régions de la fin des années 1980 où le cœur de l\u2019action se joue.La tension du premier contact fait place à cette complicité qui naît parfois chez les êtres abîmés par l\u2019existence et qui devient nécessaire quand il est question de trafic, comme celui du safran, l\u2019une des épices les plus chères du monde, qui se vend près de 1000$ le kilo.Oui, dans ce monde, le Crocus sativus, comme l\u2019appellent les botanistes, a aussi l\u2019odeur de l\u2019argent qui attise les convoitises, plus que celle qui donne ce côté persan à certaines compositions culinaires.Miléna Babin a été révélée en 2014 avec Les fantômes fument en cachette \u2014 l\u2019histoire d\u2019un triangle amoureux ambigu forcé de vieillir et dans lequel une verveine citronnelle faisait partie du décor.Son écriture se pose, ici encore, avec la même délicatesse sur le détail qu\u2019elle montre, qu\u2019elle dévoile avec chaleur, sensualité, mais toujours dans une sorte d\u2019inachevé, dont profite ici l\u2019énigme de ses personnages se définissant surtout par les stigmates de leurs existences troubles.« Plus son frère [jumeau] était loin, mieux Nil se portait.[\u2026] Leur interdépendance avait largement dépassé le col de l\u2019utérus de leur mère.» Tableau du désespoir inscrit dans la beauté d\u2019un territoire, celui de la région du Bic, à quelques minutes de route de Rimouski, L\u2019étrange odeur du safran sonde avec son style vif et incarné la nébuleuse de la sur vie, celle de solidarité et des abus.Il le fait aussi en invitant au passage, et sans lien très clair avec le récit principal, une famille de producteurs de safran vivant en Inde.Mais si le récit expose le charme de ses couleurs, plutôt ambré foncé tirant sur le clair, pourrait-on dire, son odeur au final reste malheureusement un peu fade et fourragère, comme celle émanant de trop de brindilles de quotidiens exposés dans un désordre qui dévoile un parfum pas totalement désagréable, mais qui n\u2019arrive pas à trouver sa mélodie.Manger épicé dans le Bas-du-Fleuve Miléna Babin rapproche des âmes perdues sur fond de safranière et de gastronomie Miléna Babin a été révélée en 2014 avec Les fantômes fument en cachette.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR L\u2019étrange odeur du safran ?Miléna Babin, XYZ, Montréal, 2018, 200 pages CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Depuis Cima, minuscule communauté quasi-fantôme plantée près de la frontière séparant le Nevada et la Californie, Sofia Loera anime Voix du déser t, l\u2019émission vedette de la radio locale.Pour faciliter les trafics transfronta- liers dont il est complice \u2014 drogues, armes, êtres humains \u2014, le directeur de la petite Cima Radio a eu l\u2019idée de diffuser vingt-quatre heures sur vingt- quatre les appels qui entrent et qui sortent d\u2019une cabine de téléphone plantée en plein désert des Mojaves.« La cabine est tatouée de mille vies.Elle est une pointe de clocher, un phare guidant les pèlerins égarés sur une mer de sable.L\u2019amour du désert, comme l\u2019amour de l\u2019océan, a des sources profondes.» Mais chaque fois que l\u2019animatrice lit en ondes un extrait de La petite sirène d\u2019Hans Christian Andersen, elle envoie en réalité un message codé.Cette Mexicaine est le personnage où palpite le cœur rouge de Pacific Bell, quatrième roman de Julie Hétu.Associée par son mari à un réseau de prostitution montréalais, lui- même lié au « cartel du Pacifique », la jeune femme a décidé de fuir Montréal après un coup de balai des autorités contre le crime organisé, laissant derrière elle son jeune fils.Chaque vendredi, l\u2019enfant appelle la cabine et demande à sa mère de lui raconter sur les ondes le destin d\u2019Eco Loera et de son histoire d\u2019amour avec le fils d\u2019un criminel local \u2014 reflet déformé de la propre histoire de Sofia.Un récit auquel se mélange l\u2019histoire de saigneuses de cactus mexicaines, qui récoltent les cochenilles afin de produire un pigment carmin rouge cramoisi utilisé traditionnellement pour colorer les tissus et pour peindre, et qui seront mêlées à un mouvement de révolte sociale dans la région d\u2019Oaxaca \u2014 faisant écho à des événements réels survenus en 2006.Ces trois niveaux de récit \u2014 l\u2019histoire de Sofia, la culture de la cochenille et les insurrections d\u2019Oaxaca, la fable de La petite sirène \u2014 vont ainsi alterner jusqu\u2019à se fondre en un même désir de changement.Changements sociaux, changement de vie, altération de la personnalité.Un peu comme dans Mot (Triptyque, 2014), son précédent roman, l\u2019écri- vaine et artiste multidisciplinaire née à Montréal en 1976 compose une histoire très dense qui se nourrit de fuite et de drames violents.Porté par une langue plutôt neutre qui laisse parfois l\u2019impression de lire une traduction, Pacific Bell, comme le pigment rouge né de l\u2019insecte séché au soleil, est le résultat de l\u2019arrimage fragile de plusieurs éléments disparates, à coup de niveaux de fiction qui se mélangent et de personnages qui, hantés par la violence et le déracinement, en viennent à ne plus savoir faire la dif férence entre le rêve et la réalité.Une histoire froide comme un désert la nuit, alourdie par un certain didactisme, où résonnent exotisme, douleurs humaines et consolations impossibles.Quelques nuances de rouge Violence et déracinement hantent le quatrième roman de Julie Hétu Julie Hétu livre une histoire froide comme un désert la nuit.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Pacific Bell ?Julie Hétu, Alto, Québec, 2018, 152 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n 32 | CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Si loin et pourtant si proche.Douze ans après le succès de ses Bienveillantes, prix Goncourt 2006, le romancier franco-américain Jonathan Littell déballe aujourd\u2019hui Une vieille histoire (Gallimard), prolongement d\u2019une œuvre aussi étonnante que troublante partiellement publiée en deux chapitres en 2012 aux éditions Fata Morgana.Avec un sous-titre subtil, « nouvelle version », le récit à volets peut sembler éloigné des mémoires fictives de l\u2019obersturmbannführer SS Max Aue, technicien de l\u2019horreur des années nazies, au cœur de son premier roman.Il sonde toutefois avec la même minutie vicieuse, le même voyeurisme documentaire l\u2019horreur, l\u2019abus, les pouvoirs et les dominations, mais surtout les cruautés qu\u2019ils finissent par engendrer.Âmes prudes et sensibles, s\u2019abstenir.Cette Vieille histoire est particulièrement bien ancrée dans son époque, qui n\u2019a pas peur de montrer ou de choquer pour témoigner de la violence du présent.Les corps- mor ts y tombent de camions en marche dans un réalisme glacial.Il est souvent question de « verge », dont la fréquence mesure uniquement l\u2019omniprésence d\u2019une sexualité se jouant dans le stupre, l\u2019asservissement, la contrainte ou la soumission.Le tout dans un cadre sortant ici et là de l\u2019hétéronormativité.Sept histoires à l\u2019architecture similaire composent cette œuvre qui cultive sa propre répétition et forme un tout à la finitude arbitraire.Cha que fois, un corps commence par sortir d\u2019une piscine pour revêtir «un survêtement gris et soyeux » et des « baskets blanches ».À la fin, il y replongera.Entre les deux instants, la narration, fait entrer un « je », tenue par un homme ou par une femme, parfois au cœur d\u2019une transidentité, dans une diversité de lieux : une chambre conjugale, un studio, une chambre d\u2019hôtel, un jardin, une cellule de prison\u2026 Il sera en contact avec la douceur, l\u2019indifférence, l\u2019aigreur ou la puanteur des humains qui en font l\u2019esprit.Lewis Carrol n\u2019aurait pas détesté cet univers qui laisse un hyperréalisme se fondre dans une structure onirique \u2014 ou cauchemardesque \u2014 dont les décors changent brusquement au gré des passages dans des couloirs apparaissant soudainement et de portes ouvrant sur la fin d\u2019un calvaire ou le début d\u2019un nouveau.C\u2019est un peu comme si Ken Grim- wood (Replay) forniquait avec Maurice G.Dantec (Les racines du mal).Jonathan Littell y tient un verbe cru qui va chercher toute sa brutalité dans la précision des descriptions, dans les images sans compromis posées comme des bombes à fragmentation dans cet espace narratif balisé par ses redondances : dans chaque histoire, un circuit électrique saute, plongeant les protagonistes dans le noir, des queues de langoustine se trouvent au menu, la drogue aide à supporter le pire et des tonalités de l\u2019œuvre de Mozart s\u2019invitent comme un baume impossible sur la rugosité du propos.Le romancier maîtrise les images de la guerre et celles de la détresse humaine qu\u2019il a côtoyée dans des missions humanitaires.Mais par-dessus tout, il donne une nouvelle fois l\u2019impression de tutoyer le mal dans son intimité, de s\u2019approcher de la matrice d\u2019une violence qu\u2019il arrive à rendre magnifiquement réelle en la faisant basculer dans l\u2019irréalité.Une mesure de la domination à la «verge» Douze ans après Les bienveillantes, Jonathan Littell redonne des visages à la brutalité dans Une vieille histoire Le nouveau livre du romancier franco-américain Jonathan Littell est bien ancré dans son époque, qui n\u2019a pas peur de montrer ou de choquer pour témoigner de la violence du présent.FRANCESCA MANTOVANI Une vieille histoire Nouvelle version ?1/2 Jonathan Littell, Gallimard, Paris, 2018, 380 pages Sept histoires à l\u2019architecture similaire composent cette œuvre qui cultive sa propre répétition et forme un tout à la finitude arbitraire.Cha que fois, un corps commence par sortir d\u2019une piscine pour revêtir « un survêtement gris et soyeux » et des « baskets blanches ».BANDE DESSINÉE 3 fois dès l\u2019aube ?Aude Samama et Denis Lapière, d\u2019après Alessandro Baricco, Futuropolis, Paris, 2018, 100 pages « Dehors régnait cette obscurité qui précède l\u2019aube, ni encore la nuit, ni déjà le matin\u2026 » L\u2019instant est précis.Et c\u2019est dans cette précision que le duo de bédéistes Aude Samama et Denis Lapière pose l\u2019exactitude de leurs traits pour illustrer l\u2019étrange roman d\u2019Alessandro Baricco Trois fois dès l\u2019aube.Magnifiquement.On rappelle les faits.Deux personnages, un homme, une femme, se rencontrent trois fois dans trois chambres d\u2019hôtel dif férentes.Il y a des détresses, des fêlures, parfois des soumissions, des drames et des secrets dont le poids va apparaître dans l\u2019intensité croissante de la lumière.Le huis clos est propice aux rapprochements, aux doutes, aux décisions radicales.Il y a quelque chose des toiles d\u2019Edward Hopper qui traverse la proposition graphique de cette œuvre singulière.Son Chop Suey, son Morning Sun, son Hotel by the Railroad\u2026 Lumineuse, chaque case fige ces rapprochements et les inscrit dans un temps qui semble suspendu, le tout dans une beauté forcément en décalage avec le caractère trouble qui définit ces somnambules en quête d\u2019une pause dans l\u2019agitation de leur quotidien.La complicité du duo d\u2019ar tistes, qui a donné corps à son Martin Eden (Futuropolis), récit autobiographique de Jack London soumis au même traitement en 2016, sert une nouvelle fois la poésie d\u2019un texte révélé par la force du dessin.Sublime.Fabien Deglise Des âmes la nuit FUTUROPOLIS | 3 3 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES LE DEVOIR l est certaines plaies qui sont plus longues que d\u2019autres à cicatriser.Comme celles, par exemple, qui ont longtemps défiguré le Pays basque espagnol, marqué par quatre décennies de «lutte armée», d\u2019enlèvements, d\u2019extorsion.Par des centaines de vies fauchées, de relations de voisinage empoisonnées et de familles disloquées.Créé en 1959 en plein cœur de la dictature franquiste en Espagne, l\u2019ETA (acronyme en langue basque d\u2019Euskadi ta askatasunam, « Pays basque et liberté ») fait moins parler de lui aujourd\u2019hui.Mais jusqu\u2019au « cessez-le-feu unilatéral » décrété le 20 octobre 2011, l\u2019organisation armée indépendantiste d\u2019inspiration marxiste se serait rendue responsable de la mort de 829 personnes.L\u2019écrivain espagnol Fernando Aramburu, né à San Sebastián, capitale de la Communauté autonome basque, l\u2019année même de la fondation de l\u2019ETA, a choisi de plonger ses mains dans le cambouis, les entrailles et le sang de ce conflit fratricide.À hauteur de femmes et d\u2019hommes, Patria, le neuvième roman de cet auteur qui vit en Allemagne depuis 1985 (seuls Le salon des incurables et Années lentes ont été traduits en français), a été le phénomène littéraire de l\u2019année 2016 en Espagne, source de vifs débats tout en s\u2019écoulant à plus de 500 000 exemplaires, en plus d\u2019être couronné du prestigieux Premio Nacional de Narrativa.Dans un petit village près de San Se- bastián, Miren et Bittori étaient deux amies d\u2019enfance que rien n\u2019aurait dû séparer.Propriétaire basque d\u2019une petite entreprise de transport, le Txato, mari de Bittori, a un jour été rançonné par l\u2019ETA.Il a accepté de payer une première fois, comme un peu tout le monde, mais a cessé de le faire face à sa propre culpabilité et devant l\u2019escalade des exigences pour « l\u2019entretien de la structure armée nécessaire au processus révolutionnaire basque vers l\u2019indépendance et le socialisme».L\u2019homme sera vite mis au ban de sa communauté, avant d\u2019être troué de balles un jour de pluie.Pas un seul de sa quinzaine d\u2019employés n\u2019osera se présenter à l\u2019enterrement.De l\u2019autre côté de la rue, l\u2019un des fils de Miren, envoûté par la hache et le serpent, croupit maintenant dans une prison d\u2019Andalousie pour sa participation à un attentat attribué à l\u2019ETA.Mais peut-être a-t-il encore plus de sang sur les mains\u2026 Deux familles, deux réalités qui semblent complètement opposées en apparence, mais deux mondes qui sont aussi réunis par une même plaie ouverte.Mais en 2011, Bittori, veuve en colère et inconsolable qui habite désormais dans un appartement en ville, veut retourner au village, en dépit de l\u2019hostilité générale à son endroit.Même le curé la prend à part et lui demande sans détour de ne pas revenir au village, « pour ne pas enrayer le processus de paix».Alternant les angles et les points de vue, Fernando Aramburu s\u2019intéresse avec beaucoup de réalisme aux trajectoires de l\u2019un et de l\u2019autre de ses personnages, devenus les «satellites d\u2019un homme assassiné».Nerea, la fille de Bittori et du Txato, qui veut participer à un programme de justice réparatrice en prison : « Une seule chose est claire pour moi.Je veux que l\u2019un d\u2019eux sache ce qu\u2019on nous a fait et comment on l\u2019a vécu.» Gorka, l\u2019adolescent passionné de lecture qui deviendra écrivain.Arantxa, la fille de Mirren, qui sera foudroyée par une attaque de paralysie \u2014 maladie où il est difficile de ne pas voir une sorte de métaphore globale du conflit.Chacun tente de composer avec la réalité gluante de la violence, formant sous nos yeux un remarquable microcosme social en forme de réprobation du terrorisme basque: «On leur fourre des mauvaises idées dans la tête, et comme ils sont jeunes ils tombent dans le piège.Ensuite, ils se prennent pour des héros parce qu\u2019ils ont un pistolet.Et ils ne se rendent pas compte qu\u2019en échange de rien, parce qu\u2019au bout du compte il n\u2019y a d\u2019autre récompense que la prison ou la tombe, ils ont tourné le dos au travail, à la famille, aux copains.Ils ont tout quitté pour obéir aux ordres d\u2019une poignée de profiteurs.Et pour briser la vie d\u2019autres personnes, en laissant des veuves et des orphelins à tous les coins de rue.» Le roman de Fernando Aramburu, certes, ne prétend pas à l\u2019objectivité.Les motivations des terroristes nous restent floues, quand il ne s\u2019agit pas tout simplement de malheureux immatures manipulés par d\u2019obscures forces de l\u2019ombre.La réalité est sans doute encore plus complexe.L\u2019écrivain est du côté de la paix et se positionne contre la violence \u2014 surtout celle alimentée par le sentiment nationaliste.Interrogé par le quotidien espagnol El Mundo à l\u2019automne 2017 à propos de la foire d\u2019empoigne entourant le référendum sur l\u2019indépendance de la Catalogne, il déclarait : « Il est triste de voir que des gens consacrent le peu de temps dont ils disposent à des questions violentes, négatives, crispantes.» Exercice romanesque tout en finesse, Patria se démarque par la profondeur psychologique de ses personnages.Et l\u2019ampleur du roman \u2014 six cents pages bien tassées \u2014 sert ici à exposer toutes les ramifications de la violence idéologique, à illustrer l\u2019infime mécanique de la terreur et de toutes ses conséquences.Une réussite, à l\u2019évidence.Et une réussite qui nous force à réfléchir.Fernando Aramburu a choisi de se plonger les mains dans le cambouis, les entrailles et le sang d\u2019un conflit fratricide.IVAN GIMENEZ Les blessures à vif du Pays basque Dans Patria, l\u2019Espagnol Fernando Aramburu expose le destin de deux familles déchirées par la violence terroriste Patria ?Fernando Aramburu, traduit de l\u2019espagnol par Claude Bleton, Actes Sud, Arles, 2018, 624 pages I L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n f r a n c o - b r i t a n n i q u e 3 4 | ENTREVUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR ur la page Instagram de Linden Malegarde, qui compte très exactement 319 abonnés, des dizaines de photographies au teint argentique témoignent de l\u2019amour du photojournaliste pour les tilleuls et pour Paris.Plusieurs clichés rappellent les dégâts causés par la crue de la Seine, en janvier dernier.Linden, toutefois, n\u2019existe pas véritablement.Il est un personnage fictif, héros du dernier roman de Tatiana de Rosnay, dont le compte, bien réel, est animé quotidiennement par l\u2019auteure elle-même.« Je suis personnellement très active sur les réseaux sociaux, et je pense qu\u2019il faut sortir de la promotion standard pour proposer un contenu plus ludique et amusant.Ce petit jeu permet de faire vivre mes romans et mes personnages un peu plus longtemps, et d\u2019établir un lien complètement différent avec les lecteurs», raconte l\u2019écrivaine franco-bri- tannique, jointe par Le Devoir à Paris il y a quelques jours.Sur la Toile, on peut donc également trouver le compte Facebook de la thanatopractrice Angèle Rouvatier, héroïne de son roman Boomerang, ainsi que la page Instagram de l\u2019écrivain Nicolas Kolt, protagoniste d\u2019À l\u2019encre russe.Secrets de famille Cette exposition est assez paradoxale, étant donné que les personnages de Tatiana de Rosnay sont bien souvent entourés de secrets et de non-dits et ont du mal à exprimer leurs émotions.« C\u2019est comme ça dans la vie aussi.Tout le monde s\u2019af fiche sur les réseaux sociaux et y dévoile une intimité factice et virtuelle.En réalité, on ne sait rien les uns des autres.» L\u2019écrivaine, fascinée par l\u2019universalité des ombres et des nœuds familiaux, esquisse dans Sentinelle de la pluie le por trait d\u2019une famille aimante, dont l\u2019éloignement géographique et le passé trouble créent une brèche communicationnelle.Linden rejoint sa mère, sa sœur et son père à Paris afin de célébrer l\u2019anniversaire de ce dernier, arboriste à la réputation mondiale.Alors que des pluies diluviennes font dangereusement monter la Seine, le patriarche subit un AVC et doit être hospitalisé d\u2019urgence.En miroir au fleuve qui menace de se déverser, la tension monte entre les Malegarde qui devront, pressés par le temps qui s\u2019essouffle, révéler ce qu\u2019ils gardent scellé au fond de leur cœur.«J\u2019ai voulu pousser l\u2019indicible à son paroxysme, en mesurant un drame national à une situation extrêmement intime.Après son attaque, Paul Male- garde se retrouve dans l\u2019impossibilité de communiquer avec des mots.Son fils devra lui révéler son homosexualité sans avoir de rétroaction directe, sans connaître sa véritable réaction.Ils devront explorer une nouvelle manière de communiquer », souligne l\u2019écrivaine qui, en 2007, s\u2019est fait remarquer avec Elle s\u2019appelait Sarah, récit touchant sur fond de déportation d\u2019enfants juifs dans le Paris des années 1940.Ce roman a été porté au grand écran en 2010 par Gilles Paquet-Brenner avec Kristin Scott Thomas dans le rôle principal.L\u2019instinct de la crue La trame du roman s\u2019est avérée mystérieusement prémonitoire, puisque, alors que Tatiana de Rosnay y appo- Tatiana de Rosnay dans l\u2019universalité des ombres Sentinelle de la pluie fait affluer les tensions familiales au rythme vertigineux de la Seine sait la touche finale, la Seine est sortie de son lit en juin 2016, avant de récidiver en janvier 2018.« J\u2019avais tellement peur que quelqu\u2019un ait la même idée que moi, dit-elle en riant.Mais ça a surtout servi à étayer mon propos.Les humains ont intérêt à se réveiller.Comme le dit un policier dans le roman, on peut s\u2019entraîner à stopper les menaces terroristes, mais on ne peut rien contre la puissance de la nature.Elle nous renvoie notre mode de vie et notre manque de respect en plein visage.Paris a connu deux crues en deux ans.Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond.» Richesse culturelle Bien que le roman se déroule à Paris, Tatiana de Rosnay a préféré le rédiger en anglais.« Ce n\u2019est pas vraiment un choix conscient.L\u2019histoire se présente à moi dans l\u2019une ou l\u2019autre de mes langues maternelles, et je suis mon instinct.» La traduction française \u2014 « un art à part entière » \u2014 a été confiée à Anouk Neuhoff.Sa double nationalité franco-britan- nique, ainsi que l\u2019héritage culturel extrêmement riche que lui a transmis sa famille \u2014 son grand-père, Gladwyn Jebb, a ainsi été secrétaire général de l\u2019ONU et son père, Joël de Rosnay, est un scientifique et prospectiviste reconnu \u2014, inspire grandement l\u2019auteure dans le choix et la manière d\u2019aborder les thèmes au cœur de ses œuvres.Ici, c\u2019est l\u2019influence de ses enfants qu\u2019on retrouve généreusement saupoudrée tout au long du récit.À travers les photographies de Linden, Tatiana de Rosnay met en valeur le talent et la «vision unique » de sa fille cadette.Chez son fils, elle a puisé le courage du coming-out.« C\u2019est un moment très intime pour une famille, car l\u2019enfant doit avoir une confiance infinie en ses proches avant de pouvoir en discuter ouvertement.Quand mon fils a été prêt, je l\u2019ai accueilli comme la plus grande preuve d\u2019amour du monde.Pour d\u2019autres, cette révélation est toutefois une source de conflits et de grande peine dont je tenais à témoigner.» Tatiana de Rosnay, qui a déjà vu deux de ses romans adaptés au cinéma, espère que les thèmes de Sentinelle de la pluie retiendront l\u2019attention de l\u2019enfant chéri du cinéma québécois, Xavier Dolan.« Il me semble qu\u2019on a beaucoup en commun, lui et moi, affirme-t-elle d\u2019un ton espiègle.Je trouve que tous ses films sont des coups de poing émotionnels, sans compter qu\u2019il maîtrise à la perfection l\u2019art du non-dit.C\u2019est décidé, je vais le contacter sur Twitter !» Sentinelle de la pluie Tatiana de Rosnay, traduit de l\u2019anglais par Anouk Neuhoff, Éditions Héloïse d\u2019Ormesson, Paris, 2018, 368 pages Bien que le roman se déroule à Paris, l\u2019écrivaine franco-britannique Tatiana de Rosnay a préféré le rédiger en anglais.CHARLOTTE JOLLY DE ROSNAY S | 3 5 Jaz z L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C U L T U R E BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR n l\u2019a déjà écrit.On va le répéter, car il y a matière à ce qu\u2019il en soit ainsi : comment fait-il ?Comment, celui que l\u2019on a surnommé le parrain du blues à l\u2019anglaise, pas la crème mais bien la Worcestershire, fait-il pour être encore et toujours pertinent ?Comment le vétéran de la guerre de Corée a-t-il fait pour être inscrit, en matière de longévité, au palmarès où figurent Duke Ellington et Count Basie ?Bref, comment John Mayall fait-il pour régaler la compagnie une fois par an depuis plus de 50 ans ?Cet homme-là est vraiment à part.Année après année depuis son premier enregistrement, Mayall, tranquille, pépère, nous propose un album.De cette longue série, le monde a sur tout retenu et retient encore les enregistrements réalisés avec la sainte trinité de la six- cordes, qui devait rejoindre ou former les Rolling Stones, Fleetwood Mac et The Cream, soit Eric Clapton, Peter Green et Mick Taylor.Cela nous a toujours agacé, car on fait encore l\u2019impasse sur ces copinages musicaux avec des souffleurs venant du jazz, des musiciens de campagne, qui ont résulté en des bijoux qui t iennent la distance.Ainsi, son Jazz/Blues Fusion demeure un chef-d\u2019œuvre.Aujourd\u2019hui, voilà que l\u2019octogénaire, il a 84 ans, se présente à nous avec deux musiciens seulement : Greg Rzab à la basse et Jay Davenport à la batterie.Il va sans dire que, la réputation de Mayall étant ce qu\u2019elle est, il n\u2019attire que des cracks.Toujours est-il que le vieux est au piano, à l\u2019harmonica, une ou deux fois à l\u2019orgue.Pas une fois il ne joue de la guitare.Bref, pour la première fois dans son long parcours, voici Mayall à la tête d\u2019un trio.Le titre de l\u2019album : Three for the Road sur étiquette Forty Below Records.L\u2019enregistrement a été effectué en public.En Allemagne, pour être exact.À Stuttgar t et à Dresde, laquelle fut totalement détruite pendant la Deuxième Guerre mondiale, au point d\u2019avoir convaincu le grand écrivain Kurt Vonnegut, qui fut prisonnier de guerre, d\u2019écrire un chef- d\u2019œuvre : Abattoir 5.L\u2019enregistrement a été réalisé il y a un an.Sur les neuf pièces mises en boîte, seulement deux sont de sa plume : Streamline et Lonely Feelings.Les autres ont été composées par des vétérans du blues : Eddie Taylor, Sam Taylor, Lionel Hampton, Henr y Townsend, Curtis Salgado et Jerry Lynn Williams.L\u2019absence de guitare électrique a eu pour résultat de forcer, si l\u2019on peut dire, Mayall à remplir l\u2019espace sonore.Jamais on n\u2019a autant réalisé qu\u2019il est un sacré pianiste.Mieux, un très grand musicien.Le résultat est à la hauteur de l\u2019homme : superbe ! Un merveilleux Roswell Rudd Il y a quelques semaines, on a consacré une chronique à la disparition de l\u2019immense tromboniste et militant Roswell Rudd.On avait alors suggéré un ou deux albums.Bien.Depuis, on a fait l\u2019acquisition de The Incredible Honk sur Sunnyside.Cet album est une merveille, car il met en relief la science de Rudd pour tout ce qui a trait à l\u2019archéologie musicale.Il faut rappeler qu\u2019il fut l\u2019assistant d\u2019Alan Lomax au Librar y of Congress avant d\u2019enseigner l\u2019ethno- musicologie à l\u2019Université du Maine pendant 20 ans.Pour faire court, il a fait cet album avec des musiciens du monde entier, y compris de la Mongolie.Vous avez aimé Buena Vista Social Club avec Ry Cooder ?Vous allez adorer The Incredible Honk.Les vivacités de l\u2019ancêtre Mayall Pour la première fois dans son long parcours, voici que l\u2019octogénaire prend la tête d\u2019un trio Année après année depuis son premier enregistrement, John Mayall nous propose un album.Aujourd\u2019hui, voilà que l\u2019octogénaire se présente à nous avec deux musiciens seulement.CHRISTINA ARRIGONI Spectacles de la semaine C\u2019est ce qu\u2019on appelle une affiche sympathique.Samedi soir, au Upstairs, les trompettistes Kevin Dean et Lex French vont décliner les grands moments que Dizzy Gillespie et Roy Eldridge avaient déliés ensemble.Le vendredi 20 avril, au même endroit, le trio Gentiane MG recevra l\u2019excellent saxophoniste Yannick Rieu.À noter enfin que l\u2019immense pianiste Marc Copland occupera la scène le samedi 21 avril avec Roddy Ellias à la guitare et Adrian Vedady à la contrebasse.On en reparlera.O L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | CRITIQUE STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Il suffit de quelques minutes de visionnement de Baron noir pour y être accroc, comme si on venait de recevoir sa première dose de Fen- tanyl.Le drame polit ique dynamique est por té par une écriture complexe, un jeu dynamique, une réalisation nerveuse.L\u2019histoire captivante raconte la lutte vengeresse entre deux pires amis, le député-maire de Dunkerque Philippe Rickwaert (irréprochable Kad Merad) et le candidat à la présidence de la République Francis Laugier (Niels Arestr up).Le champ de bataille socialiste où tous les coups semblent permis mène des usines en crise du nord paumé jusqu\u2019au plus haut sommet empesé des ministères parisiens.Bref, c\u2019est un must, comme on disait autrefois par là-bas.Il suffit aussi de quelques scènes pour regretter encore une fois l\u2019absence déplorable d\u2019au moins une, rien qu\u2019une production semblable ici même.Oui bon, Paris paraît fournir à peu près autant de magouilles et de bassesses que Washington.Quand même, on ne peut pas dire que le jeu politique national manque d\u2019affaires louches et de personnages intrigants.À lui seul, le rappor t de la commissaire Charbonneau fournit plus de canevas de scénarios qu\u2019une collection de numéros de TV Hebdo.Bref, SVP, on en veut, nous aussi, au moins une bonne série politique à la Baron noir.Bouilles et magouilles Revenons-y donc.L\u2019action débute juste avant le premier tour d\u2019une élection présidentielle.Le candidat du PS Laugier a bénéficié de comptes trafiqués par son allié de longue date, le député Rickwaert.Étouffer l\u2019af faire va faire monter la pression de plusieurs centaines de bars jusqu\u2019à risquer l\u2019explosion de tout un système, avec les dommages collatéraux qu\u2019on devine.Des films (Quai d\u2019Orsay, Ides of March\u2026) et des séries (House of Cards, Borgen, Veep, Our Cartoon President ou même Pérusse Cité) concentrent le regard au plus près et au plus haut du pouvoir.L\u2019originalité et, à vrai dire, la force de Baron noir proviennent du décentrement de la perspective.L\u2019action se concentre surtout à Dunkerque et le personnage devient le maire-député, le baron noir.Ce gars-là fera passer l\u2019ex-maire Vaillancourt de Laval pour un scout vendeur de chocolat.Comme disait l\u2019autre, même le mal se fait bien et le député-maire n\u2019a aucun scr u- pule : il pige dans les caisses des HLM, vole ou barbouille les affiches de ses adversaires, manipule les syndicats, achète les électeurs, pactise avec ses ennemis et poignarde à mor t ses alliés, sans oublier de casser des urnes.Avec sa bouille de gars bien ordinaire, Kad Merad rend presque le bonhomme acceptable.Seulement, Une leçon française Baron noir, série politique et exemple à suivre L\u2019histoire raconte la lutte vengeresse entre le député-maire de Dunkerque Philippe Rickwaert (Kad Merad, photo du haut) et le candidat à la présidence de la République Francis Laugier (Niels Arestrup, en bas à gauche).PHOTOS CANAL + C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Anne Brochu Lambert Zoé Fortier Jean-Sébastien Gauthier Michèle Mackasey Claude Morin Laura St.Pierre Adèle Suveges Commissaire: Serge Murphy 20 avril - 5 mai 2018 Galerie LUZ Vernissage 21 avril, 14h-17h La vie fragile Laura St.Pierre 372 rue Sainte-Catherine O.# 418, Montréal Exposition présentée par le Conseil culturel fransaskois Trump : un cauchemar américain Le réseau en ligne Netflix propose depuis quelques semaines un documentaire consacré aux parcours professionnel et personnel de Donald J.Trump, de ses premiers pas comme promoteur immobilier de Brooklyn (dans l\u2019ombre de son père) jusqu\u2019à la présidence américaine.La série Trump: An American Dream, offerte en version anglaise et française, a d\u2019abord été diffusé à Channel 4 en Grande-Bretagne.La production repose sur une impressionnante sélection dans les archives télé liées à des extraits d\u2019entrevues avec des gens qui ont bien connu le magnat politicien, des amis, des journalistes, d\u2019anciens employés.La démonstration pointe vers une conclusion forte qui ne surprendra personne : au fond, le président américain est tel qu\u2019il a toujours été, frondeur, ambitieux, chanceux, imbu de lui-même, obstiné jusqu\u2019à l\u2019entêtement et surtout, surtout, sans aucune morale.Le trumpisme révélé tel qu\u2019en lui-même, c\u2019est du pragmatisme extrême (il n\u2019y a que le résultat qui compte) lié à une conception darwinienne du monde où soit on mange (si possible, en s\u2019empiffrant), soit on est mangé.Netflix, dès maintenant NETFLIX ce prototype du Français bourru, frondeur, mal embouché appartient à un monde foutu.Les usines délocali- sent la production et les grèves ouvrières n\u2019y changent rien.Les très vieilles bases socio-idéologiques héritées du XIXe siècle disparaissent.Un des candidats qui se présente contre Rickwaert est communiste.Mécanique et machinations Les deux rivaux viennent du camp socialiste, ni plus ni moins croche que les autres.On comprend en visionnant les premiers épisodes de la première saison (il y en a deux) que la rivalité entre l\u2019homme du sommet et celui de la base fournit l\u2019essentiel de l\u2019huile à la mécanique narrative.Une conseillère (Anna Mouglalis) formée dans les grandes écoles de la République, pure gauche caviar, a aussi sa part de responsabilités dans le jeu des machinations.Le résultat réaliste dépend en bonne partie du travail d\u2019Éric Benze- kri, coscénariste avec le réalisateur Jean-Baptiste Delafon.Il avait des atouts précieux pour réussir, dont une connaissance du terrain.Diplômé en études politiques, il a milité au sein du mouvement socialiste et travaillé au cabinet de Jean-Luc Mé- lanchon au début du siècle.Il connaît donc la machine de l\u2019intérieur.Il a d\u2019ailleurs confié en entrevue à Télérama avoir voulu parler de son pays avec Baron noir.« C\u2019est une série sur la France, sur les dif ficul- tés du pays à gérer sa situation, à parler de lui-même, à savoir où il va.[\u2026] Qui sommes-nous ?Où allons- nous ?Qu\u2019est-ce qui fait une nation ?Qu\u2019est-ce qui fait une classe sociale ou un groupe d\u2019intérêt ?C\u2019est ça, la politique.» On voudrait entendre parler de la même chose ici, avec notre propre baron noir, rouge ou bleu.Dommage qu\u2019on ne le fasse pas.Baron noir Tous les lundis, 20h à partir du 16 avril, à Canal+ International Il suffit aussi de quelques scènes pour regretter encore une fois l\u2019absence déplorable d\u2019au moins une, rien qu\u2019une, production semblable ici même.À lui seul, le rapport de la commissaire Charbonneau fournit plus de canevas de scénarios qu\u2019une collection de numéros de TV Hebdo. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | 4 JOURS DE CONCERTS D\u2019INSTALLATIONS SONORES DANS L\u2019ESPACE PUBLIC DE FILMS ET D\u2019ARTS VISUELS - ROVA SAXOPHONE QUARTET - - WILLIAM PARKER - - PHEW - SAICOBAB - - ANNA HOMLER - - METTE RASMUSSEN - - MATS GUSTAFSSON - BILLETS / INFOS FIMAV.QC.CA 17 20 AU MAI 2018 WALTER BOUDREAU « DE L\u2019INFONIE À LA SMCQ » GRAND ANGLE MANON DUMAIS LE DEVOIR En février dernier, le film Les rois mongols, écrit par Nicole Bélanger et réalisé par Luc Picard, remportait l\u2019Ours de cristal à la Berlinale.Or, la scénariste, qui avait porté ce projet pendant plus de 20 ans, brillait par son absence.Ce manque de considération envers l\u2019auteure du film de Luc Picard a mené les scénaristes Marie Vien (La Passion d\u2019Augustine) et Joanne Arseneau (la série Faits divers) à exprimer le ras-le-bol de leurs pairs lors d\u2019une table ronde intitulée « Le scénario, une œuvre ?» aux Rendez-vous Québec cinéma.« Les scénaristes ont envie de parler ; ils sont tannés de se taire, d\u2019être toujours dans l\u2019ombre », annonce Marie Vien, membre du CA de la SARTEC (Société des auteurs de radio, télévision et cinéma).« Il y a une méconnaissance totale de ce que nous faisons.Nous passons, quatre, cinq, six ans à développer un univers, une histoire, des personnages.C\u2019est aussi impor tant et grand comme travail que d\u2019écrire un roman.Le scénario est une œuvre en soi, à la différence que c\u2019est une œu- vre qui sera lue pour le cinéma.» À la fin de cette table ronde présentée par la SAR TEC, à laquelle participaient également Nicole Bé- langer, Fernand Dansereau et Martin Girard, Johanne Larue, directrice générale du cinéma et de la production télévisuelle de la SODEC, a promis de mettre fin à cette culture voulant que le scénariste soit mis de côté une fois le financement obtenu sur scénario.« Il y a dix ans, on se serait tu, mais grâce au mouvement #MeToo, on a planté une petite graine et on a l\u2019intention de se pencher là-dessus, af firme Joanne Arseneau, vice-présidente de la SARTEC.On n\u2019a pas eu de retour de Johanne Lar ue, mais c\u2019est sûr que nous voulons en parler.Comme le disait Fernand Dansereau, il faut que nos conventions collectives voient à nous protéger.Dans nos conventions collectives, on se bat encore pour obtenir des choses, comme le nom du scénariste de la même taille que celui du réalisateur.» « À la SARTEC, nous jouons à la police, renchérit Marie Vien.Nous devons appeler les producteurs pour nous assurer que le nom du scénariste soit sur l \u2019af fiche.On doit reconnaître les scénaristes comme auteurs de cinéma.On ne Le ras-le-bol des scénaristes Dans la foulée de #MeToo, ceux qui signent les histoires sur nos écrans réclament plus de reconnaissance En février dernier, la scénariste qui a porté le projet du long métrage Les rois mongols pendant plus de 20 ans, Nicole Bélanger, brillait par son absence à Berlin où le film a remporté l\u2019Ours de cristal à la Berlinale.ÉCHO MÉDIA | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Papier Foire d\u2019art c o n t e m p o r a i n 20 - 22 avril 2018 Arsenal art contemporain Montréal 2020, rue William papiermontreal.com Organisé par Présenté par veut pas être des stars, on ne veut faire la guerre à personne, on veut être juste reconnus et respectés.» Un vieux débat Outre la reconnaissance et le respect, les scénaristes réclament d\u2019être consultés lors du tournage et du montage, d\u2019assister aux premières lectures par les acteurs, de voir les rushs, d\u2019être invités dans les festivals, d\u2019être convoqués aux entrevues et d\u2019être traités avec plus d\u2019égard les soirs de première.Dans une déclaration écrite, Ma- rie-France Godbout, directrice nationale, longs métrages, marché francophone à Téléfilm Canada, af firme que « la promotion de tous les talents est au cœur de notre mission et, pour nous, les scénaristes sont au cœur des œuvres que nous finançons.Ils sont aussi importants que les producteurs et les réalisateurs.Un exemple qui démontre bien cette équité est que nous prenons en considération les feuilles de route de ces trois rôles également lors de notre prise de décision de financement.Ils sont aussi inclus dans nos initiatives promotionnelles, comme l\u2019Hommage Diamant Birks au TIFF et le Guichet d\u2019or ».« Pour le Guichet d\u2019or, le réalisateur et le scénariste obtiennent chacun 20 000 $.Des lobbys faits par la SARTEC ont fait en sorte que le travail des scénaristes soit reconnu par ce prix.On est rendu à cette période- là où les gens n\u2019ont pas le choix de reconnaître le travail des scénaristes et aux médias d\u2019en parler.C\u2019est très rare que les journalistes mentionnent le nom ou parlent des scénaristes ; les agences de presse y sont pour quelque chose », constate Ma- non Gagnon, responsable des communications à la SARTEC.Bien qu\u2019il admette d\u2019emblée que tout cela soit un vieux débat, le cinéaste Gabriel Pelletier, président de l\u2019ARRQ (Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec), se montre sensible aux demandes des scénaristes : « Il faut respecter le travail des scénaristes, mais il faut que les réalisateurs puissent faire cette écriture cinématographique là aussi.Nous prônons une complicité, une collaboration beaucoup plus proche avec le scénariste.Le problème, c\u2019est que les scénarios sont développés par le producteur et le scénariste.Quand le réalisateur arrive, il va vouloir faire évoluer le scénario vers sa vision, il va demander des changements ; quand il remet la version finale, le contrat du scénariste est en pratique terminé.» Cette complicité que propose le président de l\u2019ARRQ laisse Marie Vien sceptique : «La plupart des scénaristes ne souhaitent que ça, être complices avec les réalisateurs, mais au moment où le film obtient l\u2019aval financier des institutions, le réalisateur fout le scénariste à la porte.Le scénariste ne veut pas dire au réalisateur comment tourner, mais il faut qu\u2019il reste garant de son histoire, qu\u2019il soit en mesure d\u2019apporter des changements au besoin, qu\u2019il soit présent au premier montage.» « Il y a des contraintes de production inhérentes à la vie qui font en sorte qu\u2019une scène ne soit pas aussi percutante que prévu pour toutes sortes de raisons techniques, de jeu.Au montage, le scénariste n\u2019est pas toujours consulté et n\u2019a pas besoin de l\u2019être non plus parce qu\u2019il faut que le réalisateur et le monteur prennent leurs responsabilités, tout en respectant l\u2019esprit de l\u2019œuvre écrite par le scénariste », maintient Jean-Claude Marineau, chef d\u2019équipe et chargé de projet au contenu à la SODEC.Plutôt que la complicité, Joanne Arseneau aime l\u2019idée de chevauchement : « Quand Ken Scott et Jean- François Pouliot travaillaient ensemble, l\u2019un disait qu\u2019il aidait l\u2019autre à terminer la scénarisation ; l\u2019autre disait qu\u2019il aidait l\u2019un à commencer la réalisation.Je ne veux pas faire de réalisation, car c\u2019est un métier en soi, mais je ne voudrais pas non plus que le réalisateur soit présent quand j\u2019écris le synopsis.» Discussions à venir Si aucune discussion ni activité ne sont à l\u2019ordre du jour des institutions, tout le monde s\u2019entend pour dire que la porte n\u2019est pas fermée : « La réussite des projets repose sur le respect mutuel de toutes les parties prenantes.Nous encourageons les scénaristes à établir clairement leurs attentes avec les producteurs et de s\u2019assurer que le contrat les reflète bien.De plus, nous encourageons la poursuite de ces discussions, et que des rencontres et des collaborations fructueuses entre producteurs, réalisateurs et scénaristes aient lieu », affirme Marie-France Godbout chez Téléfilm Canada.À la SODEC, Jean-Claude Mari- neau rappelle que des mesures ont déjà été mises en place pour améliorer la condition des scénaristes : « Nous demandons aux producteurs la preuve de paiement aux scénaristes.Nous octroyons de l\u2019argent au développement et nous nous assurons que les contrats sont respectés.» Ouvert à la discussion, le président de l\u2019ARRQ, Gabriel Pelletier, amène quelques bémols : « On a maintenant du cinéma d\u2019auteur et du cinéma populaire.Il faut qu\u2019on trouve un modus operandi pour les films écrits par un scénariste qui n\u2019est pas le réalisateur.Ce qui m\u2019inquiète, c\u2019est qu\u2019on revienne en arrière et qu\u2019on dise qu\u2019il faut respecter le scénario parce que c\u2019est une bible.Ce n\u2019est pas une bible ni une œuvre immuable.Je veux qu\u2019on aille de l\u2019avant, et la solution, c\u2019est la collaboration.» « On ne va pas lâcher notre bâton de pèlerin et on va faire la tournée des institutions.On ne veut prendre la place de personne, on veut seulement prendre notre place et être reconnus pour ce qu\u2019on est, point », conclut Marie Vien.Marie Vien PEDRO RUIZ LE DEVOIR Joanne Arseneau ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 4 0 | SAMEDI MAX ET LES MAXIMONSTRES (3) (Where the Wild Things Are), É.-U.2009.Comédie fantaisiste de Spike Jonze avec Max Records, Catherine Keener, Mark Ruffa- lo.- Un enfant solitaire s\u2019évade de la maison et se retrouve sur une île peuplée de monstres parlants qui font de lui leur roi.V 8h ATTILA MARCEL (4) Fr.2013.Comédie fantaisiste de Sylvain Chomet avec Guillaume Gouix, Anne Le Ny, Bernadette Lafont.- Grâce aux pouvoirs magiques de la tisane d\u2019une voisine musicothérapeute, un pianiste muet fait remonter à sa mémoire les traumatismes de son enfance.ARTV 13h BEAN (5) G.-B.1997.Comédie de Mel Smith avec Rowan Atkinson, Peter MacNicol, Pamela Reed.- Un musée londonien se débarrasse d\u2019un employé gaffeur en l\u2019envoyant à Los Angeles en tant qu\u2019expert pour y présenter un célèbre tableau.V 14h15 L\u2019INCONNU DE LAS VEGAS (3) (Ocean\u2019s Eleven), É.-U.2001.Thriller de Steven Soderbergh avec George Clooney, Brad Pitt, Julia Roberts.- Un criminel réunit autour de lui dix experts dans différents domaines pour cambrioler trois casinos à Las Vegas.MAX 15h30 LOVE, MARILYN (5) É.-U.2012.Documentaire de Liz Garbus.- À partir de pages du journal intime de Marilyn Monroe, lues à l\u2019écran par diverses actrices, ce film tente de jeter un éclairage nouveau sur la vie de la star, disparue le 5 août 1962.ARTV 16h GODZILLA (4) É.-U.2014.Science-fiction de Gareth Edwards avec Aaron Taylor-Johnson, Bryan Cranston, Ken Watanabe.- Accidentellement réveillé et alimenté par des substances radioactives, un monstre préhistorique géant sème la terreur et la destruction au Japon et à San Francisco.TVA 18h30 FOOTLOOSE (4) É.-U.1984.Comédie musicale d\u2019Herbert Ross avec Kevin Bacon, Lori Singer, John Lithgow.- Dans une petite ville du Kansas où la danse et la musique rock sont interdites, un adolescent se démène pour organiser une soirée dansante.MAX 20h30 POMPIERS EN ALERTE (4) (Backdraft), É.-U.1991.Drame policier de Ron Howard avec William Baldwin, Kurt Russell, Robert De Niro.- Un jeune pompier assiste un détective qui enquête sur une série d\u2019incendies d\u2019origine apparemment criminelle.V 20h45 UNE FEMME EN COLÈRE (4) (The Upside of Anger), É.-U.2005.Comédie dramatique de Mike Binder avec Joan Allen, Kevin Costner, Erika Christensen.- Rendue cynique par l\u2019abandon inexpliqué de son mari, une femme au foyer déverse sa rogne sur ses quatre filles et s\u2019engage dans une liaison avec son voisin.TQ 21h SHAKESPEARE ET JULIETTE (3) (Shakespeare in Love), É.-U.1998.Comédie sentimentale de John Madden avec Joseph Fiennes, Gwyneth Paltrow, Colin Firth.- À Londres en 1593, un dramaturge trouve l\u2019inspiration en tombant amoureux d\u2019une jeune noble promise à un lord.ARTV 21h PARTIR (3) Fr.2009.Drame psychologique de Catherine Corsini avec Kristin Scott Thomas, Sergi Lopez, Yvan Attal.- Une kinésithérapeute quitte son mari chirurgien et leurs deux enfants afin de donner libre cours à sa liaison passionnelle avec un ouvrier.TFO 21h LES TÉMOINS (3) Fr.2006.Drame de mœurs d\u2019André Téchiné avec Emma- nuelle Béart, Sami Bouajila, Michel Blanc.- En 1984, l\u2019existence d\u2019un policier marié à une écrivaine est chamboulée par un jeune provincial.TFO 22h27 L\u2019INCONNU DE LAS VEGAS Voir samedi, 15h30.MAX 22h30 NOS ÉTOILES CONTRAIRES (4) (The Fault in Our Stars), É.-U.2014.Drame sentimental de Josh Boone avec Shailene Woodley, Ansel Elgort, Willem Dafoe.- À l\u2019occasion d\u2019une réunion d\u2019un groupe de soutien pour jeunes cancéreux, une adolescente solitaire tombe amoureuse d\u2019un garçon de son âge, amputé d\u2019une jambe.MP 23h MÉCHANTE SOIRÉE! (4) (Date Night), É.-U.2010.Comédie sentimentale de Shawn Levy avec Tina Fey, Steve Carell, Mark Wahlberg.- S\u2019étant fait passer pour d\u2019autres afin d\u2019obtenir une table dans un restaurant chic de New York, un couple sans histoire est pris en chasse par des malfaiteurs.VIE 23h RECHERCHÉ (4) (Wanted), É.-U.2008.Thriller de Timur Bekmambetov avec James McAvoy, Angelina Jolie, Morgan Freeman.- Pour venger la mort de son père, un modeste employé de bureau aux habiletés insoupçonnées se joint à une fraternité millénaire de tueurs d\u2019élite.TVA 0h01 10 ON TEN (4) Fr.2004.Documentaire d\u2019Abbas Kiarostami.- Le cinéaste iranien Abbas Kiarostami médite sur l\u2019état du cinéma et son processus créatif.TFO 0h22 UNE FEMME EN COLÈRE Voir samedi, 21h.TQ 1h11 LE PACHA (4) Fr.1968.Drame policier de Georges Lautner avec Jean Gabin, Dany Carrel, André Pousse.- Un commissaire de police tend un piège à l\u2019assassin d\u2019un de ses inspecteurs.TFO 2h02 DIMANCHE LES SIMPSON \u2013 LE FILM (4) (The Simpsons Movie), É.-U.2007.Film d\u2019animation de David Silverman.- Après avoir provoqué une catastrophe écologique à Springfield, Homer Simpson prend la fuite en Alaska avec sa famille.V 8h LA TAUPE (3) (Tinker Tailor Soldier Spy), Fr.2011.Drame d\u2019espionnage de Tomas Alfredson avec Gary Oldman, Benedict Cumberbatch, Tom Hardy.- En 1973, un agent secret à la retraite est appelé à enquêter à distance sur la présence d\u2019une taupe au sein des services de renseignement britannique.ARTV 12h LA LÉGENDE DU DERNIER DRAGON (4) (Dragonheart), É.-U.1996.Drame fantastique de Rob Cohen avec Dennis Quaid, David Thewlis, Dina Meyer.- Un chevalier et un dragon font équipe pour anéantir un roi tyrannique.TVA 14h TRON (3) É.-U.1982.Science-fiction de Steven Lisberger avec Jeff Bridges, David Warner, Bruce Boxleitner.- Un ingénieur en électronique se retrouve à l\u2019intérieur d\u2019un ordinateur sophistiqué où il découvre un mini-monde surprenant.V 14h30 DÉTESTABLE MOI 2 (4) (Despicable Me 2), É.-U.2013.Film d\u2019animation de Pierre Coffin.- Réformé par la paternité, un ex-vilain accepte de travailler pour une agence ultrasecrète luttant contre le Mal.TVA 16h LES BEATLES \u2013 LES ANNÉES DE TOURNÉE (4) (The Beatles \u2013 Eight Days a Week \u2013 The Touring Years), É.-U.2016.Documentaire de Ron Howard.- De 1962 à 1966, les Beatles produisent huit albums et deux films, tout en enchaînant les tournées mondiales de plus en plus éprouvantes.CD 19h LA VOLEUSE DE LIVRES (5) (The Book Thief), É.-U.2013.Drame de Brian Percival avec Sophie Nélisse, Geoffrey Rush, Emily Watson.- En Allemagne, durant la Deuxième Guerre mondiale, la fillette d\u2019une communiste pourchassée par les nazis est adoptée par un couple sans enfants qui cache un jeune juif.V 19h L\u2019INCONNU DE LAS VEGAS Voir samedi, 15h30.MAX 20h30 L\u2019ANGE GARDIEN (4) Can.2014.Drame de Jean-Sébastien Lord avec Guy Nadon, Marilyn Castonguay, Patrick Hivon.- Un gardien de nuit sexagénaire et cardiaque vient en aide à une jeune cambrioleuse qui lui a sauvé la vie.ARTV 21h DE L\u2019AUTRE CÔTÉ (2) All.2007.Drame de Fatih Akin avec Baki Davrak, Nurgül Yesilçai, Hanna Schygulla.- Entre l\u2019Allemagne et la Turquie, les destins de quatre femmes et deux hommes s\u2019entrecroisent de façon tragique.TFO 21h CITÉ DE DIEU (2) Br.2002.Drame social de Fernando Meirelles avec Alexandre Rodrigues, Leandro Firmino da Hora, Matheus Nachtergaele.- Les parcours distincts de deux jeunes ayant grandi dans l\u2019enfer de la violence d\u2019une favela de Rio.TQ 21h30 LES 4 SOLDATS (4) Can.2013.Drame de Robert Morin avec Camille Mongeau, Christian de la Cortina, Antoine Bertrand.- Dans un pays ravagé par une guerre civile opposant l\u2019armée des possédants et les troupes rebelles issues de la misère, une amitié se crée entre quatre soldats cantonnés dans un bois.ARTV 22h35 LE CODE DA VINCI (4) (The Da Vinci Code), É.-U.2006.Thriller de Ron Howard avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Ian McKellen.- Un Américain soupçonné du meurtre du conservateur du Louvre se lance avec la petite-fille de celui-ci dans une enquête qui pourrait ébranler la chrétienté.TVA 22h45 VALSE AVEC BACHIR (2) (Waltz With Bashir), Isr.2008.Film d\u2019animation de Ari Folman.- Un cinéaste israélien, qui n\u2019a aucun souvenir de son passé de soldat au Liban dans les années 1980, part à la recherche de ceux qu\u2019il a côtoyés durant cette guerre.TFO 22h58 MARS ATTAQUE! (3) (Mars Attacks!), É.-U.1996.Comédie fantaisiste de Tim Burton avec Jack Nicholson, Annette Bening, Glenn Close.- Des Martiens malicieux envahissent la Terre où ils s\u2019amusent à décimer les humains et à détruire les villes.MP 23h MARIS ET FEMMES (3) (Husbands and Wives), É.-U.1992.Comédie de mœurs de Woody Allen avec Woody Allen, Mia Farrow, Judy Davis.- La rupture d\u2019un couple d\u2019amis amène deux intellectuels à remettre en question leur propre mariage.RC 0h23 PARTIR Voir samedi, 21h.TFO 0h32 LE BAL DU MONSTRE (3) (Monster\u2019s Ball), É.-U.2001.Drame de Marc Forster avec Billy Bob Thornton, Halle Berry, Heath Ledger.- Un ancien gardien de prison s\u2019éprend de la veuve d\u2019un détenu qu\u2019il a accompagné dans le couloir de la mort.TQ 1h46 PIEDS NUS DANS LE PARC (4) (Barefoot in the Park), É.-U.1967.Comédie de Gene Saks avec Jane Fonda, Robert Redford, Mildred Natwick.- Les difficultés d\u2019installation d\u2019un jeune couple.RC 2h10 10 ON TEN Voir samedi, 0h22.TFO 2h13 LUNDI YEAR OF THE DOG \u2013 UNE VIE DE CHIEN (4) (Year of the Dog), É.-U.2007.Comédie dramatique de Mike White avec Molly Shannon, Laura Dern, Regina King.- Après la mort de son chien adoré, une secrétaire célibataire et timide traverse une période de profonds changements.VIE 13h LANTANA (3) Aust.2001.Drame psychologique de Ray Lawrence avec Anthony LaPaglia, Geoffrey Rush, Barbara Hershey.- Un policier infidèle enquête sur la disparition d\u2019une psychiatre que sa femme consultait à son insu.TQ 21h SAINT AMOUR (4) Fr.2015.Comédie dramatique de Benoît Delépine avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste.- Afin de se rapprocher de son fils, qu\u2019il espère bientôt voir prendre sa relève, un vieux fermier visite avec lui différentes régions viticoles de France.TFO 21h WHAT LIES UPSTREAM (3) É.-U.2017.Documentaire de Cullen Hoback.- Aux États-Unis, des cas patents de contamination chimique de l\u2019eau potable sont traités avec laxisme par les organismes réglementaires, subordonnés aux lobbys industriels.PBS (WETK) 22h SANG-FROID (4) (Drive), É.-U.2011.Thriller de Nicolas Winding Refn avec Ryan Gosling, Carey Mulligan, Albert Brooks.- Un cascadeur, qui sert le soir de chauffeur aux gangsters de Los Angeles, met sa vie en péril en voulant aider le mari d\u2019une charmante voisine à rembourser une dette contractée en prison.TVA 23h35 HAUT DANS LES AIRS (3) (Up in the Air), É.-U.2009.Comédie dramatique de Jason Reit- man avec George Clooney, Anna Kendrick, Vera Farmiga.- L\u2019existence nomade d\u2019un consultant pour une firme de licenciement de personnel est menacée par une jeune collègue chargée de réduire les coûts et sédentariser la main-d\u2019œuvre.ARTV 0h DE L\u2019AUTRE CÔTÉ Voir dimanche, 21h.TFO 0h12 PARTIR Voir samedi, 21h.TFO 2h12 UNE FEMME EN COLÈRE Voir samedi, 21h.TQ 2h37 MARDI LES BEATLES \u2013 LES ANNÉES DE TOURNÉE Voir dimanche, 19h.CD 10h UN ÉTÉ EN PROVENCE (5) (Avis de mistral), Fr.2014.Comédie dramatique de Rose Bosch avec Jean Reno, Anna Galiena, Chloé Jouannet.- En Provence, durant les vacances d\u2019été, un cultivateur bourru et son épouse sont contraints d\u2019héberger leurs trois petits-enfants venus de Paris.TVA 13h LOVE, MARILYN Voir samedi, 16h.ARTV 14h L\u2019ORDRE ET LA MORALE (4) Fr.2011.Drame de guerre de Mathieu Kassovitz avec Mathieu Kassovitz, Iabe Lapacas, Malik Zidi.- En mai 1988 en Nouvelle-Calédonie, le chef d\u2019une unité d\u2019élite tente d\u2019empêcher un assaut contre des indépendantistes kanaks qui ont pris des gendarmes français en otages.TFO 21h LA TAUPE Voir dimanche, 12h.ARTV 23h SAUVAGES (4) (Savages), É.-U.2012.Drame de mœurs d\u2019Oliver Stone avec Aaron Taylor-Johnson, Benicio Del Toro, Blake Lively.- La dirigeante d\u2019un cartel mexicain enlève la petite amie de deux jeunes Californiens qui ont créé la meilleure marijuana au monde, pour les forcer à s\u2019associer avec elle.TVA 23h35 SAINT AMOUR Voir lundi, 21h.TFO 0h39 CITÉ DE DIEU Voir dimanche, 21h.TQ 2h20 DE L\u2019AUTRE CÔTÉ Voir dimanche, 21h.TFO 2h24 MERCREDI LES VACANCES DE MR.BEAN (4) (Mr.Bean\u2019s Holiday), G.-B.2007.Comédie de Steve Bende- lack avec Rowan Atkinson, Willem Dafoe, Emma De Caunes.- Gagnant d\u2019un voyage sur la Côte d\u2019Azur, un hurluberlu anglais connaît diverses péripéties en traversant la France.TVA 13h LE BALAFRÉ (4) (Scarface), É.-U.1983.Thriller de Brian De Palma avec Al Pacino, Steven Bauer, Michelle Pfeiffer.- L\u2019ascension fulgurante et la descente aux enfers d\u2019un expatrié cubain dans le milieu de la pègre de Miami.TQ 21h LES RÊVES DANSANTS \u2013 SUR LES PAS DE PINA BAUSCH (3) All.2009.Documentaire d\u2019Anne Linsel.- Sans expérience en danse, quarante-six adolescents allemands préparent, pendant un an, une reprise de la pièce Kontakthof, créée en 1978 par la chorégraphe Pina Bausch.TFO 21h BILL NYE \u2013 SCIENCE GUY (4) É.-U.2017.Documentaire de David Alvarado.- Un ex-anima- teur d\u2019une émission de vulgarisation destinée aux enfants se reconvertit en pourfendeur des créationnistes, climatoscep- tiques et autres militants anti-science.PBS (WCFE) 22h L\u2019ORDRE ET LA MORALE Voir mardi, 21h.TFO 0h03 OSS 117, RIO NE RÉPOND PLUS.(4) Fr.2009.Comédie d\u2019espionnage de Michel Hazanavicius avec Jean Dujardin, Louise Monot, Rüdiger Vogler.- À Rio en 1967, un agent des services secrets français fait équipe avec une espionne du Mossad afin de retrouver un vieux criminel de guerre nazi.TVA 1h20 SAINT AMOUR Voir lundi, 21h.TFO 2h20 LANTANA Voir lundi, 21h.TQ 2h25 JEUDI LE VILLAGE (5) (The Village), É.-U.2004.Thriller de M.Night Shyamalan avec Joaquin Phoenix, Bryce Dallas Howard, William Hurt.- Les habitants d\u2019un village isolé ne s\u2019aventurent jamais dans la forêt voisine où vivraient de terrifiantes créatures.MP 16h30 ANALYSE-MOI ÇA (4) (Analyze This), É.-U.1999.Comédie policière de Harold Ramis avec Billy Crystal, Robert De Niro, Lisa Kudrow.- Un psychanalyste new-yorkais en vient bien malgré lui à traiter un gangster notoire en proie à des crises d\u2019angoisse.TQ 21h ANTON TCHEKHOV 1890 (4) Fr.2015.Drame biographique de René Féret avec Nicolas Giraud, Lolita Chammah, Robinson Stévenin.- Médecin et écrivain à succès, Anton Tchékhov tient la promesse faite à son frère mort de la tuberculose de se rendre sur l\u2019île de Sakhaline, un des bagnes de l\u2019Empire russe.TFO 21h L\u2019ANGE GARDIEN Voir dimanche, 21h.ARTV 22h INFECTÉS (4) (Carriers), É.-U.2009.Thriller d\u2019Alex Pastor avec Lou Taylor Pucci, Chris Pine, Piper Perabo.- Sur une plage du Texas, le combat pour la survie de quatre jeunes rescapés d\u2019une pandémie de grippe.Z 23h LES RÊVES DANSANTS \u2013 SUR LES PAS DE PINA BAUSCH Voir mercredi, 21h.TFO 0h10 3 CŒURS (4) Fr.2014.Drame sentimental de Benoît Jacquot avec Benoît Poelvoorde, Chiara Mastroianni, Charlotte Gainsbourg.- Un contrôleur fiscal parisien amorce une liaison avec une antiquaire de province, sans savoir qu\u2019elle est la sœur d\u2019une femme à qui il avait involontairement brisé le cœur.RC 0h35 L\u2019ORDRE ET LA MORALE Voir mardi, 21h.TFO 1h44 VENDREDI LE VILLAGE Voir jeudi, 16h30.MP 12h J\u2019AI SERRÉ LA MAIN DU DIABLE (4) (Shake Hands with the Devil), Can.2007.Drame historique de Roger Spottiswoode avec Roy Dupuis, Tom McCamus, Deborah Kara Unger.- Le génocide rwandais de 1994, à travers la douloureuse expérience du général Roméo Dallaire, qui était à l\u2019époque à la tête des Casques bleus de l\u2019ONU.VIE 13h THE TOWN (4) É.-U.2010.Drame policier de Ben Affleck avec Ben Affleck, Rebecca Hall, Jeremy Renner.- À Boston, un cambrioleur noue, sous une fausse identité, une relation amoureuse avec la gérante de la banque qu\u2019il a braquée quelques jours plus tôt avec ses complices.MAX 20h ABC AFRICA (3) Iran.2001.Documentaire d\u2019Abbas Kiarostami.- Reportage sur le sort de plus d\u2019un million et demi d\u2019enfants ougandais devenus orphelins à cause de la guerre ou du sida.TFO 21h DOUBLE DÉTENTE (4) (Red Heat), É.-U.1988.Drame policier de Walter Hill avec Arnold Schwarzenegger, James Belushi, Peter Boyle.- Un policier de Chicago fait équipe avec un collègue moscovite, chargé de ramener des États-Unis un dangereux trafiquant de drogue géorgien.V 21h L\u2019ANGE GARDIEN Voir dimanche, 21h.RC 23h05 ANTON TCHEKHOV 1890 Voir jeudi, 21h.TFO 0h LA FLÈCHE BRISÉE (3) (Broken Arrow, The), É.-U.1949.Western de Delmer Daves avec James Stewart, Jeff Chandler, Debra Paget.- Un ancien officier de l\u2019armée américaine tente d\u2019amener les Apaches et les Blancs à faire la paix.RC 1h05 LES RÊVES DANSANTS \u2013 SUR LES PAS DE PINA BAUSCH Voir mercredi, 21h.TFO 1h52 LA TAUPE Voir dimanche, 12h.ARTV 2h LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 4 1 C u l t u r e é c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 MANON DUMAIS LE DEVOIR Retours attendus Alors qu\u2019on brûle de savoir dans quel état on retrouvera Ariane Beaumont dans la prochaine saison de Ruptures, ça risque de chauffer le lundi soir dans la cuisine des Chefs, où huit hommes et quatre femmes s\u2019affronteront dans cette huitième saison animée par Élise Marquis et Daniel Vézina.Prenant la place des Enfants de la télé le mercredi soir, Caroline Néron, Christiane Germain et Martin-Luc Archambault accueillent un nouveau dragon en cette septième saison de Dans l\u2019œil du dragon, Dominique Brown, propriétaire de Chocolats Favoris.En plus de cette acquisition, un cinquième dragon invité se joindra à l\u2019assemblée chaque semaine.Du lundi au jeudi, à 21h, Pé- nélope McQuade reprend les commandes du talk-show Les échangistes pour une troisième saison.Se joignent au groupe France Castel, Anne-Marie Withenshaw, Manal Drissi, Jay Du Temple, Louis T.et Philippe Fehmiu.Les chefs Radio-Canada, lundi, 20h Dans l\u2019œil du dragon Radio-Canada, mercredi, 20h Les échangistes Radio-Canada, du lundi au jeudi, 21h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 L A SA I S O N D E S R E TO U RS Le visionnement en continu de la semaine Venant tout juste de perdre son emploi, Alex (Jean-Philippe Perras) annonce à sa femme (Marie-Claude Guérin) qu\u2019il a l\u2019intention d\u2019être papa au foyer, ce qui fait bien l\u2019affaire de madame, qui met fin à son congé de maternité.Il constate bientôt que papa à temps plein n\u2019est pas une tâche de tout repos; heureusement, son meilleur ami et voisin (Guillaume Cyr) est là pour le sortir, ou pas!, du pétrin.Une sympathique série de neuf épisodes de dix minutes d\u2019André Gulluni et de Yannick Savard où petits et grands nous en font voir de toutes les couleurs.Papa épique Véro.tv, dès jeudi Victimes de la mode En décembre 2016, le Musée des arts décoratifs de Paris présentait l\u2019exposition Tenue correcte exigée.Quand le vêtement fait scandale, où l\u2019on proposait quelque 300 vêtements et accessoires ayant choqué la bienséance du XIVe siècle jusqu\u2019à nos jours.Présenté à Point doc cette semaine, ce documentaire de Julia Bracher retrace les principaux points abordés dans cette grande et petite histoire de la mode.Aussi instructif qu\u2019amusant.Tenue correcte exigée.Quand le vêtement fait scandale Télé-Québec, mardi, 20h Petit guide de survie pour adultes en devenir Dès mardi, la chroniqueuse culturelle Tatiana Polevoy anime un nouveau magazine rigolo et décomplexé sur les ondes de Vrak où, en compagnie de ses collaborateurs et de ses invités, elle propose des conseils pour adoucir notre existence.Cette semaine, Catherine Éthier et Marie- Soleil Dion se joignent à elles pour établir les cinq règles pour «Te gérer pendant une rupture ».Pour les fans de Code F et de Code G.#5règles Vrak, mardi, 17h30 SÉRIE ÉLECTRO : 7e ÉDITION DE SOUFFLES ET DE MACHINES III 17 ET 18 AVRIL 2018 À 20 H AMPHITHÉÂTRE DU GESÙ \u2014 RENCONTRES INCENDIAIRES 17 AVRIL 2018 À 19 H E N T R É E L I B R E QUASAR4.COM Dans le cadre du Printemps numérique 2018 30 SEPT.MARC-ANDRÉ HAMELIN piano 21 OCT.BELCEA QUARTET cordes 11 NOV.PETER WISPELWEY piano 2 DÉC.SETZER-FINCKEL WU HAN TRIO piano et cordes 3 FÉV.MIRÓ QUARTET ET INVITÉS cordes 24 FÉV.ESCHER STRING QUARTET cordes 17 MARS FAURÉ QUARTETT piano et cordes 7 AVRIL ARTEMIS QUARTETT piano et cordes 28 AVRIL RICHARD GOODE piano LMMC 514-932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca Abonnement étudiant (26 ans) : 80 $ Billet régulier : 50 $ Billet étudiant : 20 $ Non-remboursable/Taxes incluses 127e saison Abonnement : 300 $ 555, rue Sherbrooke Ouest SALLE POLLACK 9 septembre PHILIPPE SLY Baryton-basse Découvrez la saison 2018-2019 Photo : Adam Scotti CAMI L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 2 | 04/16 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Lâcher prise Les chefs! Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur La Voix: Extra Coeur et bras Ma maison bien-aimée Chicago Fire / J'ai tenu sa main TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc / Pompei sous l'eau LANTANA (2001) avec Geoffrey Rush, Anthony LaPaglia.23h15 Messe V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire Mets-y le Permis chanter Scorpion / Vertiges de l'amour Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Grands reportages Partie 1 de 2 Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Mixeur Champions Les châteaux de France Les bombes / Partie 2 Un village français Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Secrets souterrains Phénomènes vus de l'espace R.I.S, police scientifique Mme Lebrun CANAL VIE Vendre ou rénover?ByeMaison Quoi ton plan?Une vie de géant Survivre / Dennis et Tamar Proprio Proprio Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball / Cardinals de St.Louis c.Cubs de Chicago (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante / De A à T Les a$ de la brocante Boardwalk ICI ARTV Le temps d'une paix Prochains Prise de son Les dieux de la danse Luc Langevin, 10 ans de magie Réellement sur scène Réellement EXPLORA Chats des villes et Alex+Tyler, éco Les îles Canaries Repères Homo sapiens Étincelles de génie Au-delà fiction Z Remorquage Dans l'net Les pires chauffards québécois Sleepy Hollow / Jeu d'enfants Animal Kingdom The Leftovers (v.f.) Star Trek: Voy.SAVOIR Face à Face uniVERT Découvertes Santé! Autisme Un grand pas 21h50 De neuf uniVERT Monde Saint-Laurent TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils Carte de visite SAINT AMOUR (2016) Gérard Dépardieu.22h45 Visite 23h15 Citoyen Planète Les nouveaux explorateurs Namibie Big Bang et caetera: La science à l'épreuve Le Roi des coeurs Vu sur terre D'où je viens CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice / The Live Playoffs: Night 1 The Crossing / Pax Americana CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Big Brother Canada Chicago Med Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition American Idol / Top 24 Celebrity Duets The Crossing / Pax Americana News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Kevin Can Wait Man Plan Super Donuts Biblically Scorpion / A Lie in the Sand Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens / What Lies Upstream UNIS Pense vite! Cochon dingue Mauvais karma Mauvais karma Trait d'humour Canada, plus grand que nature Les Chinois dépannent Hooké HBO 17h45 INTO THE FOREST (2016) Ellen Page.Barry I Am Evidence Silicon Valley Here and Now / It's Here Last Week TVA Sports 17h00 Destination Coupe LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) 04/15 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h55 Infoman 23h25 Danse TVA TVA nouvelles VLOG La Voix / Les directs 21h15 Maxim Martin enfin 22h15 TVANou.22h45 LE CODE DA VINCI TQ Microphone Mc$ween Banc public Y'a du monde à messe LA CITÉ DE DIEU (2003) Alexandre Rodrigues.V 16h30 HOMMES, FEMMES .LA VOLEUSE DE LIVRES (2013) avec Geoffrey Rush, Sophie Nélisse.21h45 UNE FEMME CONTRE LE CRIME (2016) Andrea Bowen.ICI RDI Enquête Le National Les grands reportages Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champions 22h45 Échos-L.Journal/ L'invité CANAL D Madame Lebrun Docu-D / Les Beatles: Les années de tournée Déroute Enchères Cauchemar sur l'autoroute Motard espion CANAL VIE Une vie de géant J'aurais donc dû, docteur! Accouchements extrêmes Encan et flip au Texas À vos marques À vos marques Décore ta vie RDS Au 19e Sports 30 25 ans d'émotions LMB Baseball / Rangers du Texas c.Astros de Houston (D) Sports 30 HISTORIA Récupérateurs Récupérateurs La justice dans le sang Artéfacts sous la loupe Poirier enquête Poirier enquête Détroit: bêtes d'acier Fous bolides ICI ARTV Monsieur Selfridge Créateur d'illusions Crescendo L'ANGE GARDIEN (2014) Guy Nadon.22h35 LES 4 SOLDATS (2012) EXPLORA S'aime chien Curiosités Le refuge de l'espoir Alex+Tyler, éco Prouesses d'ingénierie Planète techno Découverte Sexplora Z Maripier! P.Lemieux En prison Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Sleepy Hollow / Jeu d'enfants Lizard Lick T'es pas game Américars SAVOIR Monde Dactylo La boîte noire Saint-Laurent 20h15 Universc Électron 10 découvertes Au coeur du cinéma québécois Connaissance Apostrophes TFO Subito texto Top!/ Top! Boum, canon Danse rêves Mosquée Citoyen monde DE L'AUTRE CÔTÉ (2007) avec Tuncel Kurtiz, Baki Davrak.Cinéma Planète 17h30 So Fr.Dans la tête d'un animal Je suis amoureuse d'un condamné Tout savoir.Philippe Pétain Une martyre iranienne CBC 17h30 To Be Announced LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang Lucifer The Detail / Secret Liars Criminal Minds / Outlaw National News GBL Global News Global National BorderSecur TheSimpsons X-MEN: THE LAST STAND (2006) Patrick Stewart.Timeless / The Kennedy Curse Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol / Top 24 Solos A Higher Loyalty News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes The 53rd Academy of Country Music Awards / Dierks Bentley , Kenny Chesney.3 News PBS (33) The Coroner / Gilt A Place to Call Home Call the Midwife Masterpiece Classic / Unforgotten Last Tango in Halifax UNIS Bouffe en cavale Les fermiers Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Galaxie près Galaxie près Peaky Blinders HBO 17h30 EDGE OF WINTER BEWARE THE SLENDERMAN (2016) Richard Dawkins.Here and Now / It's Here Silicon Valley Barry Last Week TVA Sports Le TVA sports Coupe Stanley LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) 04/14 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie De l'Univers / Brigitte Lafleur Deuxième chance Notre vie / Raison et sentiments Le Téléjournal Info, sexe Dre Grey TVA TVA nouvelles GODZILLA (V.F.) (2014) Aaron Taylor-Johnson.20h45 RAPIDES ET DANGEREUX 5 (2011) avec Paul Walker, Vin Diesel.23h15 TVANou.TQ SOURIS CITY (2006) Shaun/ Léon Microphone UNE FEMME EN COLÈRE (2004) avec Kevin Costner, Joan Allen.23h10 Poldark V Cinéma TUEUR À GAGES: AGENT 47 (2015) Rupert Friend.20h45 POMPIERS EN ALERTE (1991) avec Kurt Russell, Robert De Niro, William Baldwin.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages La Facture Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche prochain Tous en choeur avec Michel Fugain 21h50 Vie des chansons 22h50 Voisins Journal/ L'invité CANAL D Déroute Garage d'élite Mayday / Livraison fatale Madame Lebrun Festival Grand Rire Galas ComediHa! 2015 Déroute CANAL VIE Proprio Proprio Mini-maisons Mini-maisons De taudis à logis Survivre / Ty et Mahogany The Affair (v.f.) Cinéma RDS Sports 30 24CH glace Hockey - Coupe Allan Finale (heure à confirmer) (D) Le sommet Sports 30 F1 Course automobile HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu Aux armes! Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Détroit ICI ARTV Révolution rétro Pour l'amour du country Appelez mon agent / Cécile SHAKESPEARE ET JULIETTE (1998) avec Gwyneth Paltrow, Joseph Fiennes.EXPLORA Animo Pharmachien Les îles Canaries La nouvelle grotte de Lascaux Forces nature Cerveau Sexplora Légendes Z Milot Land Blood Brothers T'es pas game Varennes Seuls et tout nu / Île San Jose Robot Wars Six / Un homme à terre En prison SAVOIR Face à Face 360° Le Reportage Géo Voir autrement 20h50 Fabrique Monde Dactylo Semaine Verte 22h40 Oser uniVERT TFO Subito texto Top!/ Top! Flip Danse rêves Mosquée Citoyen monde PARTIR (2009) Kristin Scott Thomas.22h25 LES TÉMOINS (2007) Planète 17h00 Ukraine à feu et à sang Les routes du crime Les ambassadrices de l'espoir Vu sur terre Namibie Big Bang Arts backstage CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) CTV CTV News Montreal W5 / TBA/ The Big Thaw ALL OF MY HEART: INN LOVE (2017) Lacey Chabert.The Detail National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Ransom / Alters Private Eyes Emergency Emergency Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend The Crossing / Pilot Station 19 The Marvel Universe News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Ransom / Alters 48 Hours 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Want My Wife Doctor Blake / Sorrow Songs Death in Paradise / The Healer Austin City UNIS Hooké Filles de moto Blanche Double identité Peaky Blinders Martin sur la route Tudors HBO 17h00 A Giant JEAN OF THE JONESES (2016) Elvis Presley: The Searcher Partie 1 de 2 21h50 Elvis Presley: The Searcher Partie 2 de 2 TVA Sports Le TVA sports Coupe Stanley LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Les dépanneurs ont la vie difficile depuis un quar t de siècle : d\u2019une dizaine de milliers sur le territoire québécois au début des années 1990, ils ne sont aujourd\u2019hui qu\u2019un peu moins de 7000.Dans ce marché où les marges de profit sont très faibles et où la concurrence est féroce, les immigrants chinois ont fait leur place depuis une quinzaine d\u2019années.Tellement, qu\u2019ils sont maintenant propriétaires d\u2019environ 35 % des dépanneurs indépendants du Québec.La cinéaste Isabelle de Blois (le sympathique documentaire Paroles d\u2019enfants) a eu la bonne idée de documenter cette réalité «visible» non pas dans la métropole, mais dans des coins du Québec où on l\u2019attend moins.Elle suit donc le quotidien de trois familles d\u2019immigrants chinois installées à Québec, à Inverness, dans les Bois- Francs, et à East Broughton, dans la Beauce, les deux premières étant propriétaires de dépanneur alors que la dernière a vendu son dépanneur pour acheter l\u2019épicerie du village.Ainsi, Jun, Alex-Koching et Xian- Christina s\u2019expriment sur ce choix d\u2019une vie «laborieuse», motivé par leur volonté d\u2019être leur propre patron, sur les contraintes professionnelles d\u2019une connaissance peu approfondie de la langue française, sur les défis de ce travail qui les occupe pendant de très longues heures, 365 jours sur 365.On entend également leurs enfants, très à l\u2019aise devant la caméra, qui ne souhaitent pas une existence aussi dure.Les commentaires enjoués des clients, employés et fournisseurs, tous dithyrambiques sur le travail des «Chinois du coin», complètent ce portrait très positif, qui a le défaut de ne pas s\u2019intéresser à ceux pour qui l\u2019expérience de dépanner hors des grands centres n\u2019a pas été aussi réussie.Voilà peut-être le sujet d\u2019un autre film\u2026 Les Chinois dépannent UNIS, lundi, 22h Les Chinois du coin Un documentaire suit le quotidien de propriétaires de dépanneur d\u2019origine chinoise hors Montréal SU R VOS ÉC R A N S Presque tout des Monty Python, tout d\u2019un coup Les amateurs de l\u2019humour absurde de ce groupe humoristique qui a fait école dans les années 1970 risquent de trouver leur bonheur dans l\u2019avalanche de productions de leur cru disponibles cette semaine sur Netflix.Leurs longs métrages «cultes» (Monty Python & The Holy Grail, The Meaning of Life), leur série télé Flying Circus, des captations de spectacles et quelques documentaires consacrés à ces légendes, tout ça, tout d\u2019un coup.Netflix, dès dimanche UNIS | 4 3 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 04/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal L'Orchestre Prière de ne pas Guillemets Magnifiques Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Du talent à revendre LES SACRIFIÉS (2010) avec Jason Statham, Sylvester Stallone.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Format familial Cuisine futée, Cuisine futée, Un chef à la cabane Y'a du monde à messe Banc public Microphone V Souper parfait Souper parfait L'arbitre SQ 911 DOUBLE DÉTENTE (1988) avec James Belushi, Arnold Schwarzenegger.ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Grands reportages Partie 2 de 2 Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50 Hep Taxi Journal FR Rega 1414: les secours arrivent Faut pas rêver / Norvège: sur la route des fjords Sexe autour du monde / Japon Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Amour fatal Opération Police Motard espion Délateurs / Karla Homolka Frontières CANAL VIE Accouchements extrêmes Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Une vie de géant ByeMaison Pro du patio Vendre rénover RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° IIHF Hockey / Canada c.Biélorussie - Championnat du monde M18 L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les montagnards Les montagnards / Le réveil Les montagnards L'acier et feu ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Mission X La petite Dorrit Les pays d'en haut Les pays d'en haut Faits Divers EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Au-delà de la science-fiction Concevoir l'impossible Sexplora Gagner Homo sapiens Z Remorquage Dans l'net Maripier! P.Lemieux Rapide et mill Week-end Lizard Lick Prêt sur gage Infiltration Banshee (v.f.) SAVOIR Au coeur du cinéma québécois Apostrophes 20h15 Universc Secrets Électron/ Thèse Encore plus FutureMag 10 découvertes Un grand pas TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite A.B.C.AFRICA (2001) Abbas Kiarostami.22h25 Visite Citoyen monde Planète Le Moulin à images Namibie Big Bang So France J'ai vu changer la Terre Devoir d'enquête Arts backstage CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot / Clamorous Night Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.Blue Bloods CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver / Wind + Water Hawaii Five-0 Emergency Emergency Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Once Upon a Time Marvel's Agents of S.H.I.E.L.D.20/20 News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight MacGyver / Wind + Water Hawaii Five-0 Blue Bloods Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week In Principle Live From Lincoln Center Great Performances Business UNIS Pense vite! Cochon dingue Galaxie près Galaxie près Radio enfer Radio enfer Chair de poule Chair de poule Mauvais karma Mauvais karma Imelda/ Godwin HBO 17h55 Every Brilliant Thing BESSIE (2015) Bryan Greenberg, Silicon Valley Barry Real Time With Bill Maher Rellik TVA Sports 17h00 Destination Coupe LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) 04/19 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 Infoman 1res fois / Julie Bélanger Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Les petits doués UN AMOUR INFINI (2014) avec Alex Pettyfer, Gabriella Wilde.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Banc public Microphone ANALYSE-MOI ÇA (1999) avec Robert De Niro, Billy Crystal.F.-tireurs V Souper parfait Souper parfait Imposteurs Chicago Police Chicago Police / L'échange Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National 24/60 Grands reportages Partie 1 de 2 Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Phoques gris Des racines et des ailes / Sur la route des Grandes Alpes Terres d'exploration Journal/ C à dire CANAL D Galas ComediHa! 2015 Docteur Jeff Les dossiers de la NASA Hantise / Contrôle de l'esprit Docu-D / Deux degrés: Le point de non-retour CANAL VIE Vendre ou rénover?Accouchements extrêmes Proprio Proprio À vos marques À vos marques Mini-maisons Pro du patio Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° IIHF Hockey / Canada c.Etats-Unis - Championnat du monde M18 L'antichambre (D) Sports 30 Docu-D HISTORIA Rois scrap Rois scrap Détroit / L'inauguration Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Extraterrestres / L'autre Terre Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Prochains Rétroviseur Hubert & Fanny Faits Divers L'ANGE GARDIEN (2014) Guy Nadon.EXPLORA Nos voisines les araignées Animal Fight Club (v.f.) Océania Structures à hauts risques Repères Rêver le futur Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nu Robot Wars Maripier! T'es pas game Les hors-la-loi du volant INFECTÉS SAVOIR Santé! Découvertes Un grand pas 19h50 De neuf 21e Siècle Cent regards Sociologie uniVERT Québec monde Planète Terre Révolte TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point Carte de visite ANTON TCHÉKHOV 1890 (2015) Nicolas Giraud.22h40 Visite 23h10 Citoyen Planète Lutèce, l'enfance de Paris Les routes du crime L'ombre d'un doute 7 merveilles ind.Le Roi des coeurs Vu sur terre CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Grey's Anatomy The Big Bang Young Sheldon Station 19 / Stronger Together Criminal Minds CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother Canada Chicago Fire S.W.A.T./ Patrol Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy Station 19 / Stronger Together Scandal / Over a Cliff News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Life in Pieces S.W.A.T./ Patrol Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Quebec: The Lumberfros Great Performances / Joan Baez 75th Birthday Celebration Joe Bonamassa: Brit.UNIS Pense vite! Cochon dingue Couleurs locales Les fermiers Blanche Constellation franco / Québec Les Chinois HBO 17h20 Elvis Presley Last Week Wyatt Cenac Here and Now / It's Here Westworld Westworld / The Bicameral Mind TVA Sports 17h00 Destination Coupe LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) 04/18 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 L'Épicerie Dans l'oeil du dragon Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Campagne Oeufs d'or Malaises Boomerang Esprits criminels / Prisonniers TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween National Geographic LE BALAFRÉ (1983) avec Steven Bauer, Michelle Pfeiffer, Al Pacino.V Souper parfait Souper parfait Lucifer / Lucifer, à la niche NCIS: Los Angeles X-Files: Aux frontières du réel Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Envoyé spécial Opérations spéciales Journal/ C à dire CANAL D Enchères 24CH glace Déroute Garage d'élite Australie: La ruée vers l'or Frontières Docu-D Docteur Jeff CANAL VIE Vendre ou rénover?Survivre / Dennis et Tamar De taudis à logis Vendre ou rénover / St.Ives Design V.I.P.Mini-maisons Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA L'atelier de restauration L'atelier de restauration De l'acier et du feu / La haladie De l'acier et du feu Aux armes! Poirier enquête ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Lumière sur.Pour l'amour du country Olivier Mozart jungle 22h35 Mozart 23h10 Marie EXPLORA Chats des villes et Animo S'aime chien La Semaine verte Immortalité, dernière frontière Les pouvoirs du cerveau Étincelles Z Remorquage Dans l'net Lizard Lick Passe ou casse Blood Brothers Varennes Week-end Rapide et mill Silicon Valley Démolition Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte DeNeuf/ Idées FutureMag 10 découvertes Planète Terre Reportage Géo 22h20 L'ONU Santé! Découvertes TFO Amélie/ Je dors Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite Les rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch Carte de visite 23h05 Citoyen Planète Dans les coulisses de l'enquête Namibie Big Bang Les routes du crime / Réunion Faites entrer l'accusé Autoportrait sans moi CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice Law & Order: S.V.U.Designated Survivor CTV National GBL Global National Global News Big Brother Canada Survivor: Ghost Island Ransom / Alters Chicago P.D./ Saved Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Alex, Inc.Modern Family Alex, Inc.Designated Survivor News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Survivor: Ghost Island Criminal Minds / Mixed Signals Criminal Minds / Believer Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Seeing Canada Yankee Nova / Decoding the Weather Machine POV / Bill Nye: Science Guy UNIS Pense vite! Cochon dingue Guides d'aventures Filles de moto Hooké Double identité Les fermiers Canada, nature HBO 17h50 War Dog: Best Friend Real Time With Bill Maher Michelle Wolf: Nice Lady Silicon Valley Barry Last Week Wyatt Cenac Fight Game TVA Sports 17h00 Destination Coupe LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) 04/17 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal District 31 La Facture Unité 9: Le documentaire Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ninja Warrior / Qualifications à Daytona Beach L'arme fatale TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc Poldark / Les vents tournent Chroniques du crime américain Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Tout s'embellit Taxi payant ATTAQUE DE REQUINS À JERSEY SHORE (2012) Jack Scalia.Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Grands reportages Partie 2 de 2 Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Dans la tête de.Terres d'exploration Sexe autour du monde / Japon Tandem / La tête du coupable Journal/ C à dire CANAL D Phénomènes vus de l'espace Nature sauvage / Mel B Le convoi de l'extrême Mayday / Mission mortelle Fugitifs / Terreur au vieux pen Australie: Ruée CANAL VIE Vendre ou rénover?Mini-maisons Mini-maisons Encan et flip au Texas Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Idées-grandeur Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Docu-D / Bagarreurs inc.Trajectoires L'antichambre (D) Sports 30 En route 2018 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Fièvre encans ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Les Morissette Les Morissette Appelez mon agent / Cécile Hubert & Fanny Faits Divers LA TAUPE EXPLORA Chats des villes et Le refuge de l'espoir Découverte La valse des continents Aliens: Premier / La guerre Concevoir Z Remorquage Dans l'net Les hors-la-loi du volant Training Day / Les Amazones Penny Dreadful (v.f.) The Strain / Blackout Infiltration SAVOIR 18h20 L'ONU Reportage Géo 19h20 L'ONU Québec monde CORIM Voir autrement 21h20 Métiers Au coeur du cinéma québécois Vues d'UQAM La bibliothèqye TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite L'ORDRE ET LA MORALE (2011) Mathieu Kassovitz.23h15 Visite Planète La menace du coyotte Devoir d'enquête Le lion des marais Namibie Big Bang Femmes du Rwanda Global sushi CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Roseanne The Voice MasterChef Canada For the People CTV National GBL Global National Global News Rise / Bring Me Stanton NCIS / Sight Unseen Bull / Justified NCIS: New Orleans Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Roseanne The Middle Black-ish Splitting Up For the People News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Sight Unseen Bull / Justified NCIS: New Orleans Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Points North Outdoor Civilizations American Experience Frontline / McCain Business UNIS Pense vite! Cochon dingue Être bête Ça va brasser! LA LIGNE BRISÉE (2008) Germain Houde.Imelda/ Godwin Maisons Filles de moto HBO 17h55 Traffic I Am Evidence Rellik / Episode One Last Week Wyatt Cenac Silicon Valley Barry Here and Now TVA Sports 17h00 Destination Coupe LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) LNH Hockey - Séries éliminatoires (D) M A R D I J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I PBS CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Souvent rétrogradée au rang de petite sœur de la Grande Histoire, l\u2019histoire de l\u2019art bénéficie, dans les neuf épisodes de Civilizations, de toute l\u2019importance qui lui revient.L\u2019histoire, c\u2019est l\u2019art, dit-on dès le chapitre initial, intitulé «Le second instant créateur».La peinture et la sculpture, notamment, ne servent plus seulement d\u2019illustrations.Une pléthore d\u2019œuvres, de l\u2019Antiquité à aujourd\u2019hui, de Palmyre (Syrie) à Copan (Honduras), en passant, bien sûr, par Paris et New York, sont prises comme de vénérables documents pour comprendre l\u2019humanité.L\u2019enjeu était de taille : traverser les millénaires et faire, littéralement, plusieurs fois le tour du globe.Avec des moyens financiers, c\u2019est possible.La caméra et le narrateur se rendent en ef fet là où le sujet l\u2019exige, que ce soit dans la jungle ou dans un musée méconnu.Si l\u2019information est densément livrée, sous forme d\u2019entrevues avec des spécialistes, les moments de contemplation ne manquent pas.Ni les spectaculaires plans.Civilizations se situe quelque part entre les Grands Explorateurs et les cours de Télé-université.Bien que les thèmes soient conventionnels (le corps humain, la religion, la couleur\u2026) et répondent à un ordre chronologique, la série arrive à surprendre.On soulignera ainsi, lors du dernier épisode sur l\u2019industrialisation, judicieusement politisé, les choix de s\u2019attarder, au travers des impressionnistes ou de l\u2019inévitable Picasso, sur la représentation des Amérindiens dans la peinture américaine ou sur la misère telle que captée par le photographe Jacob Riis.L\u2019art démontre, dit-on ici, que le progrès n\u2019est pas gage d\u2019éternité.Civilizations PBS, mardi, 20h L\u2019histoire par l\u2019art Une série documentaire donne à l\u2019histoire de l\u2019art ses galons historiques L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 V I V R E | 4 5 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 REPORTAGE MONIQUE DURAND COLLABORATRICE LE DEVOIR À NAPLES avion se glisse entre d\u2019effrayants cumulus noirs.Il tombe des cordes.« Mariage pluvieux, mariage heureux », dit l\u2019adage.Si se marier sous la pluie est gage de bonheur, alors je suis mariée à Naples pour le meilleur et pour toujours.Comment aborder une ville dont le nom est une chanson, O sole mio, chantée par la terre entière, tapie au fond d\u2019une baie immense et enchanteresse, bella Napoli, inventeuse de la pizza margherita, capitale de la tomate cerise, antre de la terrifiante Camorra, une histoire qui s\u2019étend sur 28 siècles, où les Grecs, les Romains, les Byzantins, les Espagnols ont laissé des traces?Par quel bout saisir cette ville italienne la plus étoilée au guide Michelin, avec son million d\u2019habitants, son centre historique inscrit au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO et ses mille églises?Bella Napoli, troisième agglomération du pays et plus gran - de cité méditerranéenne d\u2019Europe après Barcelone, écar telée entre deux volcans, le Vésuve à l\u2019est et les champs Phlégréens à l\u2019ouest, des volcans encore actifs ! Par où donc commencer?C\u2019est simple, par les Napolitains.Ceux qui se promènent sur les trottoirs avec des pizzas fumantes à emporter, ceux dont le linge à sécher pend des balcons, ceux des rues étroites qui ne voient jamais le soleil, ceux dont l\u2019extraversion est une seconde peau et « l\u2019exagération, un état normal», écrivait Paul de Musset, le frère d\u2019Alfred, en 1843.Vu un jeune homme pleurer à chaudes larmes devant une amoureuse qui le quittait, là, en pleine rue, à l\u2019heure du midi, ses larmes étanches au reste du monde, éploré.Où ailleurs qu\u2019à Naples un tel épanchement d\u2019éphèbe aux yeux pers est-il possible?Ville généreuse, charnue, charnelle, à qui sait comment l\u2019entreprendre, ville du caffè sospeso où l\u2019on paie un « café en suspens» à un client à venir.L\u2019écrivain Erri De Luca dit qu\u2019il n\u2019est pas Italien, mais Napolitain.«Les Italiens du Nord nous appellent, nous du Sud, les ter- rone, ou les rustres, les sans culture.Eh bien, on l\u2019assume ! » fait Angela Buono, sourire en coin, enseignante en lettres à l\u2019Université «L\u2019Orientale» de Naples.«Mon italien a un accent napolitain.Naples, c\u2019est moi.» Superstitieuse et fébrile Bella Napoli fébrile, un peu dingue, avec des jongleurs aux feux rouges, un Musée de la folie sur la via dei Tribunali, des taxis qui fulminent au volant, « sont fous, ces Napolitains, pas de police, pas de contrôle ! » et des mammas qui, du haut de leur 4e étage, vous renversent leur lessive sur la tête et vous engueulent parce que vous avez l\u2019air surpris ! Ville qui aime le mystère et les prodiges.Saint Janvier, patron de Naples, mort au IIIe siècle, fait des miracles trois fois par année en liquéfiant son sang.Y croient ceux qui veulent ! « Naples est accueillante, mais pas simple, dit Angela, il faut connaître un peu ses coutumes, son mode d\u2019emploi.» Ville un peu «éso» et superstitieuse en plus ! Un soir, au ristorante Euro- peo, dans la via M.Campodisola.D\u2019un geste machinal, le serveur effleure de sa main la corne torsadée qui pend entre la cuisine et la salle à manger pour attirer la chance.Tandis que Tonino à la guitare et Daniele à la mandoline sé- rénadent la célébrissime ballade Santa Lucia.Me voilà émue, chantant avec d\u2019autres à pleine voix.De la table voisine, Julio m\u2019envoie une pastiera gourmande à la fleur d\u2019oranger, comme ça, pour le plaisir.Il habite Milan, au nord de l\u2019Italie.Avec ses lunettes d\u2019intello et son air réservé, il est venu à Naples pour Pâques.« Ça me fait du bien d\u2019être ici.» Julio est venu pour ça, pour ces instants de chaleur humaine, pour ce doux dérèglement, tous unis par la mandoline et le bon vin.Les Napolitains se disent différents des autres et, pour cela, souvent déconsidérés par leurs compatriotes.«On aimerait gagner de l\u2019argent sans avoir à travailler ! » rigole Antonio Dente, un agronome\u2026 bourreau de travail.« Pourquoi faire aujourd\u2019hui ce qu\u2019on peut faire demain ?» pour- suit-il, n\u2019hésitant pas à user des pires clichés, comme pour les exorciser.« On passe pour des voleurs, des paresseux, des mafieux», lance Angela, avec un haussement d\u2019épaules.Mais le grand mot est lâché : mafia.Sujet qui blesse, sujet qui tue.Voir Naples et puis mourir Scampia, banlieue nord de Naples.Quartier pauvre, gris, haut lieu de trafic de stupéfiants, bastion de la Ca- morra.On entre à La Scugnizzeria, minuscule librairie enfouie au rez-de- chaussée d\u2019une barre d\u2019immeuble.À travers une porte filtre la voix du petit Giuseppe, neuf ans, qui joue une scène de théâtre.Rosario Esposito La Rossa a créé de ses mains cet espace culturel après l\u2019assassinat d\u2019un cousin, en 2004, pour une af faire de drogue.«Il fallait que je fasse quelque chose, dit Rosario, j\u2019ai voulu faire partager le théâtre, la poésie, les livres, la beauté plutôt que la drogue.C\u2019est la culture qui va sauver Scampia et ses enfants, vous verrez.» Sous l\u2019impulsion de dizaines de petites poches de résistance comme La Scugnizzeria, Scampia est en train de se réinventer.L\u2019Université Federico II veut y installer une antenne.Un original a mis sur pied le Scampia Trip Tour dans le but d\u2019adoucir la sale réputation de l\u2019endroit.Parait que les touristes américains s\u2019y précipitent ! Retour dans le centre de Naples.Je bois un admirable café à San Dome- nico Maggiore, une place belle de n\u2019être pas une car te postale, mais juste elle-même.Comme le reste de la ville.Avec mon italien sommaire, j\u2019essaie de décr ypter les titres du journal Corriere della Sera.D\u2019autres journaux européens ici ?Difficiles à trouver.« Naples est plus proche de l\u2019Afrique que de Paris et Berlin ! » s\u2019exclame Wilson Voto, jeune homme qui me guidera jusqu\u2019à San Martino.San Martino, accessible en funiculaire, ancien monastère devenu musée.De ses hauteurs, on étreint le panorama.Après des jours de pluie, le soleil vient d\u2019apparaître.La baie de Naples s\u2019embrase, répondant au Vésuve qui s\u2019est allumé.Voir Naples et puis mourir.Vedi Napoli e poi muori.Bon, on ne veut pas mourir tout de suite.Mais quand on a vu Naples une fois, on ne l\u2019a pas encore quittée qu\u2019on s\u2019en ennuie déjà.Comme d\u2019un être cher.Bella Napoli Là où « l\u2019exagération est un état normal » Vue de Naples construite en amphithéâtre et du Vésuve, en montant vers San Martino.Page de gauche : une rue typique de la ville.PHOTOS MONIQUE DURAND GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR L Naples est accueillante, mais pas simple, il faut connaître un peu ses coutumes, son mode d\u2019emploi ANGELA BUONO » Par où commencer ?C\u2019est simple, par les Napolitains.Ceux qui se promènent sur les trottoirs avec des pizzas fumantes, ceux dont le linge à sécher pend des balcons, ceux des rues étroites qui ne voient jamais le soleil.\u2019 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 6 | Au resto avec ou sans enfants ?ISTOCK GRAND ANGLE GWENAËLLE REYT COLLABORATRICE LE DEVOIR bsence de table à langer, chaise haute dans un état douteux, sempiternel menu composé de fritures et de pâtes, boissons servies dans un grand verre à pied, assiettes brûlantes : pourquoi est-ce si compliqué pour les restaurateurs d\u2019adapter leur of fre aux familles ?C\u2019est la question posée par le chef Ian Perreault dans un billet de blogue publié dernièrement.Ce texte, sur lequel l\u2019auteur n\u2019a pas souhaité s\u2019exprimer davantage, a suscité de vives réactions dans les médias sociaux.D\u2019un côté, ceux qui sont d\u2019accord avec lui, parmi lesquels se trouvent les parents qui aiment sortir et bien manger.Ils relatent leurs mauvaises expériences tout en partageant les adresses où ils sont bien accueillis avec leur marmaille.De l\u2019autre, ceux qui revendiquent le droit de manger en paix et qui estiment que les enfants n\u2019ont rien à faire dans un restaurant.Leur argument est que le McDonald\u2019s ou tout autre établissement de restauration rapide devrait permettre d\u2019assouvir les familles en mal de sorties.Et lorsque la discussion déborde sur la présence d\u2019enfants sur les terrasses de bar, le débat prend des allures de guerre des tranchées.Pour en avoir un aperçu, il suffit de lire les commentaires qu\u2019a suscités l\u2019annonce du projet de loi pour moderniser la Loi sur les permis d\u2019alcool.Ce dernier devrait être adopté cette année et prévoit, entre autres, de permettre aux mineurs accompagnés d\u2019un adulte de rester sur une terrasse de bar jusqu\u2019à 23 h, contrairement à 20 h actuellement.À coups d\u2019arguments massue, les deux camps s\u2019af frontent : sécurité des enfants, droit d\u2019avoir une vie sociale, prévention de l\u2019alcoolisme, éducation à la vie en société pour les enfants, droit à une soirée au calme, etc.De ce débat ne sortira probablement aucun vainqueur.Mais alors, comment concilier ces deux camps pour qu\u2019une soirée en présence d\u2019enfants se déroule dans l\u2019harmonie ?Ayant partagé le billet de Ian Per- reault sur sa page Facebook, le chef Danny St-Pierre admet que le sujet polarise l\u2019attention.Mais selon lui, tout est question de savoir être de part et d\u2019autre.«Les parents ont leur part à faire », explique ce père qui va souvent au restaurant avec ses deux enfants de 3 et 10 ans.« On a réussi à faire en sor te que la table soit un endroit agréable.Mes filles sont capables de rester à table et de ne pas lancer des trucs par tout.Mais si ça se passe mal, on se lève et on part.Il faut être ferme », assure-t-il.Interdit de crier Selon lui, il est inacceptable que des parents laissent leurs enfants crier et déranger l\u2019ensemble de la salle.«Les autres clients n\u2019ont pas à subir ça.C\u2019est pour ces parents-là que l\u2019ensemble des parents paie », note Danny St-Pierre.Pour le sociologue Jean-Philippe Laperrière, ce clivage autour des enfants dans les restaurants peut s\u2019expliquer par l\u2019évolution de ce type de commerce.« Contrairement à d\u2019autres cultures, le restaurant au Québec était avant tout destiné aux classes sociales aisées et aux gens qui voulaient af ficher leur rang social », explique le chargé de cours au certificat en gestion et pratiques socioculturelles de la gastronomie à l\u2019UQAM.Selon lui, le restaurant est resté un lieu de distinction pour des gastronomes à la recherche d\u2019un savoir- faire.Quant aux familles, elles auraient commencé à fréquenter les restaurants plus tardivement avec l\u2019arrivée des établissements ethniques et les chaînes de restauration rapide.«Les familles sont donc cantonnées à un type d\u2019établissements.On pourrait même se demander si les restaurants sont des lieux destinés aux enfants, s\u2019interroge-t-il.Moralement, ils doivent les accepter, mais ce sont des lieux de consommation et, a priori, les enfants ne con somment pas ou très peu.» Danny St-Pierre n\u2019est pas de cet avis.« Quel restaurateur peut se priver d\u2019une addition de 150 $ ?» demande celui qui a dirigé plusieurs établissements.« Si ton enfant ne veut manger que des pâtes au beur - re, je vais lui en faire, mais je vais les facturer comme un plat courant, car il occupe une chaise comme les autres clients», poursuit-il.Pour que tout se passe bien avec les familles, il estime que le restaurateur a également sa part à faire en conscientisant son équipe.« Il faut offrir de la souplesse aux parents et Est-ce que les enfants ont leur place dans tous les restaurants et sur les terrasses de bar ?La question divise toujours autant, que ce soit du côté des professionnels de la restauration ou des clients.A | 47 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 HÔTEL MANOIR VICTORIA VIEUX-QUÉBEC Hôtel Manoir Victoria Vieux-Québec Avril\u2026c\u2019est exquis à Québec! Vous aimez bien manger, découvrir la richesse du terroir québécois?L\u2019événement Québec Exquis vous comblera.Du 17 au 29 avril prochain, saisissez l\u2019occasion de venir savourer des menus dégustation créatifs offerts par 25 chefs et 25 artisans dans autant de restaurants de Québec.Dans ce cadre gastronomique, l\u2019Hôtel Manoir Victoria vous propose son Forfait Québec Exquis pour deux personnes, incluant la chambre pour une nuit, le souper Québec Exquis concocté par le Chef Arnaud Marchand du réputé restaurant Chez Boulay-bistro boréal, le petit déjeuner à La Table du Manoir et les frais de service sur les repas, à partir de 295 $ plus taxes.Vous apprécierez l\u2019emplacement stratégique de cet hôtel historique niché au cœur du Vieux-Québec, son service chaleureux et attentionné, ses chambres entièrement rénovées, sa piscine intérieure et le SPA du Manoir offrant huit salles de traitement santé-beauté pour votre détente.Réservez votre forfait en ligne dès maintenant www.manoir-victoria.com ou appelez-nous au 1-800-463-6283 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS être aux aguets, prévient-il.Il faut classer les commandes par ordre de priorité en cuisine.Mettre du pain sur la table, amener à boire et donner un petit truc à grignoter pour permettre à l\u2019enfant de patienter », suggère-t-il.Le bon moment et le bon endroit Quant aux clients, plusieurs stratégies sont adoptées par ceux qui ne veulent pas renoncer aux plaisirs de la table avec leur progéniture.Ariel Tarr sort en moyenne deux fois par mois au restaurant avec ses enfants de 7 et 3 ans.«On se présente très tôt au restaurant.On choisit des établissements assez grands pour qu\u2019il y ait de la place et dans lesquels on sait qu\u2019on va être bien accueillis, explique-t- elle.J\u2019amène de quoi dessiner pour les occuper, comme ça, ils sont capables de patienter longtemps.Mais s\u2019ils s\u2019ennuient, il va y avoir des problèmes », reconnaît-elle.Pour elle, il est important que ses enfants vivent l\u2019expérience du restaurant et qu\u2019ils essayent des choses nouvelles sur le plan gustatif.«C\u2019est aussi pour relaxer et ne pas faire la cuisine.Il faut juste choisir le bon moment et le bon endroit.S\u2019il y a un dégât, je ramasse.Et si je vois que mes enfants ont bu tous les petits pots de crème de la table ou qu\u2019on a demandé plus de travail aux serveurs, je vais donner un pourboire plus élevé.» Et lorsqu\u2019elle souhaite manger dans un restaurant plus haut de gamme, les enfants restent à la maison avec leur grand-mère ou la gardienne.Ne pas être dérangé par les enfants des autres, surtout quand on a fait l\u2019ef fort de laisser les siens à la maison, est un droit que tout le monde devrait avoir, estime Sarah Grant, cofondatrice de cfplaces.com.Ce site Internet a été mis en ligne en février dernier et regroupe des adresses de restaurants, de bars, de complexes touristiques et d\u2019autres lieux sans enfants sur la planète.« Il est dif ficile de trouver les endroits qui n\u2019acceptent pas les mineurs, car c\u2019est rarement annoncé officiellement », explique la femme qui vit à Calgary et qui consacre une quinzaine d\u2019heures par semaine pour étof fer son carnet d\u2019adresses.Elle estime que les enfants parlent for t, ne restent pas en place et créent une atmosphère trop énergique.« Quand je sors, que ce soit pour un repas romantique ou autre, j\u2019ai envie d\u2019être dans un environnement calme.C\u2019est important de pouvoir choisir en pleine connaissance de cause », assure-t-elle.Socialisation et découverte Reste que le restaurant est aussi un lieu de socialisation et de découverte.Pour Marie Watiez, psychoso- ciologue de l\u2019alimentation, il permet aux enfants d\u2019expérimenter de nouvelles cuisines et d\u2019apprendre comment se comporter au restaurant, car c\u2019est différent de la maison.«C\u2019est une forme d\u2019éducation dans la mesure où ça reste une expérience plaisante.Le tout est de savoir dans quel but on va au restaurant et quelle position on veut donner à l\u2019enfant.Est-ce qu\u2019on veut qu\u2019il nous fiche la paix ou bien lui faire vivre une expérience ?» Pour 2 portions Pour la feta 200g de feta, égouttée et émiettée 3/4 tasse de yogourt grec nature 1 c.thé de jus de citron 1 c.table de ciboulette hachée finement 1/4 tasse d\u2019amandes tranchées rôties Sel et poivre au goût Pour les asperges 1 paquet d\u2019asperges 1 piment thaï, tranché finement 1 c.table d\u2019huile d\u2019olive 1 c.thé de jus de citron 1 c.thé de vinaigre de cidre de pomme 1 c.thé de sirop d\u2019érable Basilic en feuille Sel et poivre au goût Préparation Dans un bol, bien mélanger tous les ingrédients du mélange à feta jusqu\u2019à ce que le tout soit homogène.Réserver.Retirer les bases trop fermes des asperges, puis les faire cuire sur le gril jusqu\u2019à ce qu\u2019elles soient tendres mais avec encore un peu de croquant.Une fois cuites, les assaisonner avec le reste des ingrédients.Pour dresser, déposer quelques cuillerées du mélange de feta dans le fond d\u2019une assiette et garnir le tout d\u2019asperges grillées.Accompagner avec quelques tranches de pain croûté.Un vrai délice ! L A R EC E T T E D U C H E F M I C H A E L TOZ Z I Feta aux amandes et asperges grillées Les parents ont leur part à faire .On a réussi à faire en sorte que la table soit un endroit agréable.Mes filles sont capables de rester à table et de ne pas lancer des trucs partout.Mais si ça se passe mal, on se lève et on part.Il faut être ferme.DANNY ST-PIERRE » MICHAEL TOZZI L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e 4 8 | 240 boul.St-Jean-Baptiste, Mercier, J6R 2B8 1-866-692-4110 groupesvasco.com SPÉCIAL CROISIÈRE NORWEGIAN DAWN \u2013 VISITE NAVIRE À QUÉBEC 22 SEPTEMBRE 18 / 125 $/pers.NORWEGIAN BLISS \u2013 RIVIERA MEXICAINE OCTOBRE 18 / à partir de 2 485 $/pers.NORWEGIAN BREAKAWAY \u2013 CARAÏBES NOËL / à partir de 2 028 $/pers.NORWEGIAN ESCAPE \u2013 CARAÏBES 14 NUITS JANVIER 2019 / à partir de 2 399 $/pers.NORWEGIAN BLISS \u2013 CARAÏBES RELACHE 2019 / à partir de 2 275 $/pers.NORWEGIAN JADE \u2013 EUROPE 12 NUITS JUIN 2019 / à partir de 3 995 $/pers.SCENIC \u2013 FLUVIALE EUROPE JUILLET 2019 / à partir de 4 275 $/pers.NORWEGIAN JADE \u2013 EUROPE 14 NUITS OCTOBRE 2019 / à partir de 3 995 $/pers.VoyageVascoMercier Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 24 ANS ! P e r m i s d u Q u é b e c LA GRÈCE ET SES ÎLES \u2013 22 JRS Départ 15 septembre Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, Vols.Toutes les entrées et visites incluses, Découverte des plus hauts lieux culturels de la Grèce incluant les Météores et des îles grecques, 3 nts Corfou, 3 nts Athènes, 2 nts Mykonos, 2 nts Santorin, 2 nts Crète, 2 nts Rhodes.MAGNIFIQUE ÉGYPTE PHARAONIQUE \u2013 18 JRS Un des plus beaux circuits et des plus sécuritaires!!! Nouveau Départ : 7 novembre 6 places Départs 2019 : 11 février & 4 mars 4 nts au Caire, 2 nts Louxor, 6 nts croisière en Dahabya exclusif à VSB, 3 nts croisière Lac Nasser.Tous les repas sans exceptions.Hôtels 5 * de luxe, vols intérieurs, vol AF.GRANDE ARGENTINE & PATAGONIE \u2013 21 JRS Départ : 3 novembre (7 places disponibles) Buenos Aires (5nts) Péninsule de Valdès, Croisière de luxe dans les glaciers Salta (3nts) Circuit 5 jrs désert du Nord-Ouest, Cafayate, Puerto Iguazu (2nts) Vol Air Canada, 46 repas, hôtels 4* Une présentation claire de nos circuits qui font toute la différence ! Pas de kilométrage inutile, NOUS PRENONS LE TEMPS DE VISITER Culture, histoire, petit groupe, Nous couchons à l\u2019intérieur des villes.L\u2019INDE DES GRANDS EMPIRES - 29 JRS Du Nord au sud Départ 3 novembre (6 places disponibles) Un Circuit maison mêlant tradition &culture.Toutes les entrées, visites exclusives.Tous les repas sans exception.Guides francophones, vols intérieurs, hôtels 5* durant ce circuit.M A I N T E N A N T O U V E R T \u2014 7 J O U R S S U R 7 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 BON VOYAGE Partager ses listes de tâches Avis à tous ceux qui aiment utiliser des listes de tâches pour s\u2019organiser : avec Trello, non seulement vos compilations de choses à faire vous suivent sur votre téléphone, mais vous pouvez aussi les partager avec d\u2019autres usagers de l\u2019application.Ainsi, une liste de corvées ménagères peut être partagée à tous les membres de la famille (ou à vos colocataires !), et des tâches de bureau peuvent être partagées avec des collègues.Parlant de travail, si vous gérez une équipe ou un projet, vous pouvez créer une liste pour chacun de vos employés et suivre l\u2019évolution de leur travail directement à partir de l\u2019application.Il faut le dire : le design de Trello est moins beau que celui d\u2019autres outils du genre (comme la superbe application Monday), mais elle a le gros avantage d\u2019être gratuite pour toutes ses fonctionnalités de base.Trello Trello inc.Des suggestions de lecture sur mesure Vous avez envie de varier vos sources de lecture tout en vous en tenant aux sujets qui vous intéressent?Medium est là pour ça! Lors du lancement de l\u2019application, celle-ci vous demande d\u2019indiquer les sujets qui vous intéressent, puis vous suggère chaque jour des articles correspondant à ces thèmes.Plus vous en lisez, plus vous risquez de voir du contenu qui vous intéresse, surtout si vous cliquez sur l\u2019icône d\u2019applaudissement lorsque vous aimez un texte.Une bonne partie du contenu est gratuite, mais pour 5$ par mois \u2014 argent redistribué aux auteurs des articles que vous lisez \u2014, vous pouvez avoir accès à tout le matériel réservé aux membres.À noter que sauf exception, les textes offerts sur la plateforme sont en anglais.Camille Dauphinais-Pelletier Medium A Medium Corporation TRELLO MEDIUM CORPORATION L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Un monarque sur un lantana, une plante-aimant à papillons PHOTOS LISE GOBEILLE | 4 9 Vi v r e Jar d i n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 BILLET LISE GOBEILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR onjour, chers lecteurs! J\u2019espère que vous avez passé un bel hiver.Comme chaque printemps, c\u2019est un réel plaisir de vous retrouver.Pour ce premier billet, je vous propose d\u2019inviter les papillons au jardin.Pour deux raisons : la joie de les observer de près et la nécessité de leur fournir une oasis, car leurs habitats, en milieu urbain surtout, se font rares.Créer un habitat propice à la présence des papillons de jour est tout simple.D\u2019abord, on choisit un endroit où il y a du soleil, car les papillons sont des animaux à sang froid et, pour s\u2019activer, ils doivent se réchauf fer.Comme la pierre accumule la chaleur, c\u2019est un bon élément à intégrer, sous forme de petits murets, de sentiers ou dans les boîtes à fleurs.Ensuite, le site doit être le plus possible à l\u2019abri du vent, afin que les papillons puissent butiner paisiblement.Enfin, comme ils préfèrent les lieux tranquilles, on évite, autant que possible, les sites passants.C\u2019est simple, non?Il ne reste qu\u2019à sélectionner les végétaux.Quels végétaux choisir?Un habitat pour papillons doit comprendre deux types de végétaux, soit des plantes nectarifères pour les nourrir et des plantes hôtes où ils déposeront leurs œufs.Il est préférable d\u2019avoir une grande variété de plantes nectarifères, c\u2019est-à-dire des annuelles, des vivaces, des grimpantes et des arbustes pour les attirer.Au jardin et en bac, c\u2019est possible; toutefois, pour les boîtes à fleurs, vu la petitesse du volume de terre, on doit s\u2019en tenir aux annuelles.Mais pas d\u2019inquiétude, les papillons viendront quand même.Par ailleurs, les fleurs doubles peuvent vous sembler bien jolies, mais optez plutôt pour les fleurs simples, car leur nectar est plus accessible et en général plus abondant.Pour un succès presque garanti, assurez-vous de planter l\u2019une ou plusieurs de ces plantes : l\u2019eupatoire maculée (vivace), l\u2019asclépiade (vivace), le camara commun (tropicale annuelle), le pentas lancéolé (annuelle) ou l\u2019arbuste à papillons, le buddleja davidii (arbuste).Ces plantes sont des aimants à papillons.Quant aux plantes hôtes, on les sélectionne pour attirer une espèce de papillon en particulier.Par exemple, pour attirer les monarques, on doit avoir des asclépiades.Et pour attirer les papillons du céleri, on doit avoir soit du persil, des carottes ou de l\u2019aneth.D\u2019autres plantes aussi les attirent, mais en voici au moins trois.Vous devrez, cela va de soi, développer une certaine tolérance pour les plantes grignotées par les chenilles\u2026 et n\u2019utiliser aucun insecticide.Lors de ma rencontre à Papillons à liberté avec la colorée Sonya Cha- rest, agente de programmes éducatifs à l\u2019Insectarium-Espace pour la vie, celle-ci y est allée de quelques trucs.Vous avez seulement un balcon, mais vous souhaitez attirer les monarques?Elle recommande l\u2019asclépiade de curaçao, une asclépiade tropicale qui se cultive bien en pot.Vous plantez du persil?Mettez-en un peu plus, il y en aura aussi pour les papillons! «Partager notre habitat, c\u2019est ainsi que cela commence!» s\u2019exclame-t-elle.Des villes amies des monarques Plus de 270 municipalités des États- Unis, du Mexique et du Canada sont des Villes amies des monarques.C\u2019est-à-dire qu\u2019elles se sont engagées à déployer des ef for ts visant à la sauvegarde des monarques sur leur territoire.En juin dernier, Montréal est devenue la première ville québécoise à faire partie de ce groupe.Elle a été suivie par la ville de Sainte- Anne-de-Bellevue.Cette initiative a été lancée au Québec par la Fondation David Suzuki, en par tenariat avec Espace pour la vie.Inviter les papillons au jardin En vrac Au jardin cette semaine Même si on a bien hâte de jardiner, il faut être patient et attendre que la terre s\u2019assèche avant de s\u2019y mettre.Toutefois, on peut enlever les protections hivernales, ramasser les branches cassées et passer un léger coup de râteau.Et pour prendre un peu d\u2019avance, on achète les semences et on prépare les boîtes à fleurs, on aiguise les sécateurs et on planifie : venue d\u2019un élagueur, plantation d\u2019un arbre, organisation du potager, création d\u2019un mur végétalisé\u2026 Question de rêver le jardin en attendant la chaleur! Visite de la semaine Profitez des deux dernières semaines de Papillons en liberté au Jardin botanique de Montréal pour vous inspirer.L\u2019accent est mis sur la création d\u2019habitats pour les papillons en milieu urbain.Puis, c\u2019est toujours une magnifique sortie! À lire Les quatre saisons de votre potager Mélanie Grégoire, Québec Amérique, 200 pages, 2018 Avec ce livre, Mélanie Grégoire accompagne les jardiniers semaine après semaine durant toute la saison du potager.C'est exactement le livre qui manquait pour les gens qui jardinent au Québec.Les nouveaux jardiniers l\u2019aimeront, car ils se sentiront bien guidés, tandis que les plus expérimentés y trouveront de bonnes idées, entre autres pour prolonger la saison.J\u2019aime le fait qu\u2019elle y donne des trucs simples, des idées pour jardiner avec les enfants et des suggestions pour ceux qui vivent en régions nordiques.La présentation est aérée, on s\u2019y retrouve rapidement et il est magnifiquement illustré par Anouk Noël.L\u2019asclépiade tubérosa est une des espèces d\u2019asclépiade qu\u2019on peut planter pour attirer les monarques.B L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e R e s t o 5 0 | CRITIQUE CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC Exceptionnellement ce mois-ci, la critique resto de la région de Québec est remplacée par un spécial Québec Exquis.Du 17 au 29 avril, ce festival gourmand permet de découvrir (ou redécouvrir) le travail de 25 chefs, jumelés à autant de producteurs agroa- limentaires, à prix amical.En plus des menus midi et soir, plusieurs établissements of frent la promotion Jeunes Gourmands, qui permet d\u2019initier les enfants à d\u2019excellentes tables.Voici les plats qui ont charmé Le Devoir.Donnez-vous la peine d\u2019entrer Le ceviche de pétoncle de la Gaspé- sie proposé Chez Boulay met superbement en valeur son producteur associé, Nutra-Fruit : la sauce vierge à l\u2019huile de pépins de canneberge et au poireau, jointe au craquant de pétoncle à la canneberge, crée un ensemble inusité et fort réussi.Du côté de l\u2019Échaudé, on est surpris et ravi par le tar tare de thon rouge au chimichurri, pois chiches au wasabi et pain aux algues, qui est assurément à découvrir.Réclamez un verre de Saint-Chinian pour l\u2019accompagner : ses belles notes minérales feront frétiller vos papilles de bonheur.Avec une vue panoramique sur l\u2019île d\u2019Orléans, déguster une caille de la Ferme Orléans représente un envol gastronomique riche de sens.Au bis- tro-bar tournant Ciel !, le petit volatile se décline en deux temps : la poitrine est laquée au poivre des dunes, tandis que les cuisses sont confites.La purée de carotte, la salade de poireau et les noix sauvages du Québec complètent l\u2019ode au terroir.Pour une entrée plus roborative mais recherchée, on découvre avec bonheur le mi-cuit de bœuf infusé au zeste de truffe servi au Graffiti avec sa déclinaison de légumes à la bari- goule, une émulsion à l\u2019ail noir, des échalotes frites et une huile vierge aux boutons de marguerite.Le plat fait le mois Le carré de porc de la ferme Turlo apprêté par le chef du Monte Cristo, au Château Bonne Entente, a fait l\u2019unanimité de mon comité consultatif \u2014 mes trois enfants âgés de 10, 12 et 14 ans.Cuit sous vide, le porc est présenté avec des pommes de terre Gabrielle au thym et à l\u2019ail doux, et nappé d\u2019un simple jus de viande.Assurément un choix qui ralliera toutes les générations.Retour au Ciel Pure merveille que le plat de bœuf de la ferme Germain servi au Graffiti.La tendre pièce de viande est servie avec une saucisse au poivre des dunes et au sapin baumier ainsi que des légumes de saison.Le tout est déposé sur un nid de spätzle (quelle découver te que ce surprenant accompagnement !) aromatisé au mélange forestier de Morille Québec, avec une sauce bordelaise au thé du Labrador.Retour au Ciel ! pour un râble farci à la persillade, servi sur cavatellis avec un somptueux effiloché de lapin au jus à la moutarde, ainsi que des choux de Bruxelles, du céleri-rave et du panais.Mention spéciale à un autre lapin, celui de l\u2019Échaudé, qu\u2019on a audacieusement associé au saumon fumé et aux épinards.Surprenant et délicieux.Simplement coiffé de crème glacée à la vanille, le brownie de chocolat blanc ZÉPHYR 34%, de canneberges et de caramel salé au bacon de canard et d\u2019émietté de bacon de canard du Canard goulu proposé par le Café du monde s\u2019avère une finale soyeuse et très réussie.Raf finement pour les yeux aussi bien que pour les papilles du côté de l\u2019Échaudé, avec un financier au chocolat noir INAYA 65 % de Cacao Barr y et au sirop d\u2019érable, agrémenté de glace au Coureur des bois et d\u2019une pimpante pâte de fruit à l\u2019argousier.Les amateurs de nougat se régaleront de la gourmandise à base de chocolat blanc et de nougat qui conclut le menu du Monte Cristo\u2026 à moins qu\u2019ils ne préfèrent une finale moins sucrée, avec la proposition qui se retrouve Chez Boulay, soit un brownie au confit de canne- berges surmonté d\u2019une délicate mousse au chocolat blanc et au thé des bois.Le Devoir a été invité à déguster les menus Québec Exquis en avant- première dans les restaurants suivants : Le Graf fiti, Chez Boulay, Le Café du monde, Ciel ! bistro-bar, Le Monte Cristo du Château Bonne Entente et L\u2019Échaudé.Goûter la capitale et les environs Quelques-unes des assiettes proposées dans le cadre du festival gourmand Québec Exquis Une entrée de pétoncles de Chez Boulay.Page suivante : un plat audacieux de lapin et de saumon fumé à l\u2019Échaudé.PHOTOS CATHERINE FERLAND | 5 1 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 SOIF D\u2019IPA?Actualités gastronomiques à Québec La région a maintenant son propre gin.Créé par Vice & Vertu Distilleries, BeOrigin est aromatisé aux baies de genièvre, mais aussi aux bleuets, à la coriandre, aux pétales de rose, à la lavande, aux écorces de bouleau et aux zestes d\u2019agrume.Aussi, visites de la distillerie, séances d\u2019étiquetage et dégustations.L\u2019aïeul de tous les Cochon Dingue, dans le quartier Petit Champlain, est fermé pour quelques semaines, le temps d\u2019une cure de rajeunissement majeure de l\u2019établissement historique.Le Groupe Restos Plaisirs fait appel à la firme LemayMichaud, qui jouit d\u2019une réputation internationale.Le 47e Parallèle a dévoilé son menu printemps-été élaboré avec la collaboration de l\u2019Association québécoise de l\u2019industrie de la pêche: produits marins frais du Québec, tant les poissons que les crustacés et les coquillages.Jolie fantaisie que ces nouveautés créées par le Cosmos : des sphères chocolatées artisanales, peintes à la main, représentant notre système solaire au complet ! L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 24 ANS ! Une présentation claire de nos circuits qui font toute la différence ! Pas de kilométrage inutile, NOUS PRENONS LE TEMPS DE VISITER.Culture, Histoire, Petit groupe, Nous couchons à l\u2019intérieur des villes.Meilleur rapport qualité prix sur le marché pour des circuits exclusifs à VSB ! LA FRANCE ET SES RICHESSES \u2013 26 JRS Départ 8 sept.(5 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, Vol Air France.Toutes les entrées et visites incluses, dégustations, guides locaux.Le plus complet des circuits sur le marché ! GRAND TOUR D\u2019ESPAGNE ET PORTUGAL \u2013 25 JRS Départ 22 sept.(8 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 46 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, dégustation et Spectacles.Guides locaux, écouteurs durant tout le circuit.GRAND CIRCUIT D\u2019EUROPE DE L\u2019EST \u2013 24 JRS Départ 10 sept.(5 places disponibles) Prague 4 nts, Berlin 3 nts, Varsovie 2 nts, Cracovie 3 nts, Vienne 3 nts, Salzbourg 2 nts et autres villes visitées.Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 44 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses.LES PERLES DES BALKANS \u2013 20 JRS Départ 10 sept.(6 places disponibles) Slovénie, Croatie, Monténégro, Bosnie, Hôtels 4* au Centre-Ville, 49 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, Dégustations, Croisière, guides francophones.ANGLETERRE, ÉCOSSE, IRLANDE \u2013 23 JRS Départ 5 sept.(6 places disponibles) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, Londres 4 nts, Édimbourg 3 nt, Dublin 2 nts et autres villes visitées, 57 repas, vol.Toutes les entrées et visites incluses, Dégustations, Spectacles, et plus encore\u2026.LES SPLENDEURS DE L\u2019ITALIE \u2013 22 JRS Départ 9 & 23 sept.(Places limitées) Hôtels 4* et 3* au Centre-Ville, 3 nts Venise, 3 nts Florence, 2 nts Bologne, 3 nts Golfe Sorentine, 4 nts Rome et autres villes visitées.47 repas, vol, entrées et visites incluses.P e r m i s d u Q u é b e c M A I N T E N A N T O U V E R T \u2014 7 J O U R S S U R 7 Circuit exclusif guidé par Ferna ndo Spatolisano, guide exceptio nnel ! Du 8 au 28 septembre 2018 Une chance unique de découvrir ce pays du nord au sud avec l\u2019un des meilleurs guides italiens certi?és.N\u2019hésitez pas à comparer la qualité des prestations ainsi que les très nombreuses inclusions, vous constaterez qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un voyage d\u2019exception.POUR LES DÉTAILS ET PRIX DE CE PROGRAMME: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 Un voyage d\u2019exception de 3 semaines GRAND TOUR D\u2019ITALIE P P P P e P e P e P P e P P P P P e P e P e P P e P P e r m P P e r m P P P P e P P P e P e P e P e P e P e r m P P e r m P e r m P P P P e P e P e P e e e e e e e e e r m e e r m e r m e r m e r m e r m e r m e r m e r m e r m r r m r r m r m r r m r r m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m m i s i s i s i s i s i s i s i s i s i i s i s i i s i s i s i s i s i s i s i s i s i s i i s i s i s i s d s s d s d s s s s s s d s s s s s s s d s s s s s d s s d s s s s s d s d s s s s s s d s d s d s s s d s s d s d s s s s s d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d d u Q u u u u u u u u u Q u u u Q u Q u Q u u Q u u u u Q u u u u Q u u u u Q u u Q u Q u u Q u Q u u u u Q u Q u Q Q Q u Q u Q u Q Q u Q u Q u Q u Q Q u Q u Q u Q u Q u Q u Q Q u Q Q Q Q u Q u Q u Q Q Q Q Q u Q Q Q Q Q u Q u Q u Q u Q u Q Q u Q Q Q Q Q Q Q Q u Q u Q Q Q u Q Q u Q Q Q Q u Q Q u Q Q Q u Q u Q u Q Q Q u Q u Q Q u Q Q Q Q Q u Q Q Q Q Q u Q Q Q u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u é b é b é b e c é b e c é b e é b e c é b e é b e é b é b é b é é b e c é b e é é é b e é é é é é é é b e c é é é b e c é b e c é b e c é b e c b e c b e c b e c b e c b e c b e c e c e c e e c e c e e e c e e c 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com LA PATAGONIE (ARGENTINE & CHILI) Du 7 au 25 février 2019 JAPON Du 10 au 29 octobre 2018 COSTA RICA ET PANAMA Du 12 au 28 février 2019 CROISIÈRE AMÉRIQUE DU SUD & ANTARCTIQUE Du 6 janvier au 1 février 2019 16h00 16h00 19h00 19h00 MARDI 8 MAI 2018 LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST DIMANCHE 15 AVRIL 2018 LIEU : ROYAL VERSAILLES - 7200, RUE SHERBROOKE EST VIETNAM & CAMBODGE Du 11 janvier au 3 février 2019 BALKANS AUX MULTIPLES FACETTES Du 10 au 30 septembre 2018 ÉNIGMATIQUES ROYAUMES HIMALAYENS Départs : 12 septembre 2018 & 6 avril 2019 11h00 12h45 14h30 PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS - ENTRÉE LIBRE Départs de Groupes Du 08 au 30 Octobre 2018 Du 05 au 27 Novembre 2018 PAR PERSONNE EN OCCUPATION DOUBLE SUPPLÉMENT OCCUPATION SIMPLE 1699$ LES PLUS DU GROUPE VIP : Petit groupe, maximum 17 personnes Accompagnateur de Montréal Vol international avec Lufthansa & Swiss International Airlines 20 Nuits d\u2019hébergement en hôtels 3*-4*-5* Tous les repas inclus Services d\u2019un guide accompagnateur francophone Permis du Québec MERVEILLES DE L\u2019 INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN 5289$ Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 angie@legroupevip.com Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal, QC H3A 1V4 Visitez LEGROUPEVIP.COM RABAIS PAIEMENT PAR CHÈQUE -150$ PAR PERS.LES GRANDS LACS BERLIN L\u2019ÉTÉ LE MAROC circuit culturel L\u2019ESSENTIEL DE L\u2019INDE L\u2019INDE DU SUD, YOGA ET MÉDITATION NOS DÉPARTS DE GROUPES 2018 Réserver au 514.351.5814 v o y a g e r a v e c y v e s p e t i t .c o m du tion à 18?h?30 a sent é Pr Hâte au printemps?PROFITEZ-EN pour vous amuser n s e o * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 NEW YORK, 3 ou 4 jours Fête des Patriotes, vendredi 18 et samedi 19 mai, à partir de 225 $* BOSTON et les châteaux de la Nouvelle-Angleterre, 3 jours Départs : 4 mai et 1er juin, à partir de 299 $* vous amène ailleurs.POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Moins de 16 $ Cuvée William 2017 Blanc, Vignoble Rivière du Chêne, Québec (15,25$ \u2013 744169) Ce blanc sec d\u2019ici est tout aussi aromatique qu\u2019il sait installer un fruité particulièrement ravageur au palais ! La trame est légère mais endiablée, expressive et de belle vivacité.L\u2019ensemble est digeste et doté d\u2019une finale qui s\u2019étire, à défaut d\u2019un léger creux de bouche.Un apéritif du tonnerre ! (5) ?La surprise Jèma Corvina Veronese 2012, Cesari, Vénétie, Italie (31$ \u2013 12469316) Ce rouge remporte une franche unanimité parmi les néophytes à qui je le fais déguster.Il semble que les parfums amples de cacao et de kirsch et le volume fruité mûr et riche y soient pour quelque chose, mais il y a aussi cette texture qui le rapproche des meilleurs merlots, avec cette amertume fine en plus qui l\u2019allonge.Suis d\u2019accord! (5+) © ?1/2 Le blanc Cabral Reserva 2016, Douro, Portugal (13,95$ \u2013 12757692) Cette modeste cuvée trouve toujours preneur chez les dîneurs attablés autour d\u2019un mijoté de porc-palourdes typique de la roborative cuisine portugaise.Avec raison car, à ce prix, ce blanc sec offre suffisamment de caractère et de fruité pour s\u2019assurer une place à table.Du volume, de la densité, de la vitalité.Tout y est ! (5) ?1/2 Le rouge Château de Poncié «Le Pré Roi» 2015, Fleurie, Beaujolais, France (24,35$ \u2013 13553974) Ce gamay se cristallise actuellement autour de la roche mère (granite?) avec une expression de contraction minérale forte.À moins qu\u2019il soit sur le mode fermeture.Toujours est-il que la robe violacée est profonde, que les arômes fleurent bon le fruit frais et mûr et qu\u2019une solide trame tannique installe confortablement le palais.(5) © ?1/2 Le bio Château des Sarrins Grande Cuvée 2016, Côtes de Provence, France (23,10$ \u2013 13514836) Certains n\u2019ont que faire du rosé.« Insignifiant, pas du vin, ça\u2026 » entends-je ici et là.Permettez que je ne sois pas d\u2019accord.Prenez ce bijou du Champenois Bruno Paillard.Ici, le terroir sublime les cépages noirs provençaux en les détaillant avec une précision qu\u2019envieraient les meilleurs blancs.(5) © ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Votre référence en matière de whisky est écossaise ?Je ne saurais vous contredire ! Mais elle peut aussi être d\u2019Irlande, du Canada, des États-Unis, du Japon, d\u2019Allemagne, de la Belgique, de l\u2019Inde, de l\u2019Italie, de Suisse ou de Nor vège, sans compter Taïwan, la Suède, la Finlande, en comptant bien sûr la France qui est, avec plus de 200 millions de bouteilles bues chaque année, la seconde plus grande consommatrice mondiale.La France?Au dernier décompte, il y aurait une cinquantaine de petites maisons distillant orge, seigle, avoine et maïs.La matière première y est, l\u2019expertise en ce qui a trait à la distillation a fait ses preuves depuis belle lurette et la futaille, elle, est d\u2019une qualité sans faille.Il n\u2019en fallait pas plus, dans ce contexte, pour que deux larrons \u2014 Jean Moueix et Alexandre Sirech \u2014 se consacrent entièrement au bonheur des gens, par l\u2019entremise de leur toute jeune société si habilement nommée Les Bienheureux.À ce niveau, cela devient presque de l\u2019altruisme tant la démarche s\u2019avère pertinente! Surtout que les eaux-de-vie, provenant de trois régions françaises, ne sont pas piquées des hannetons.Exigeants et pointus, les gaillards, passés maîtres sur le plan des assemblages comme des élevages pratiqués dans leur fief charentais, n\u2019ont de toute façon pas le choix.La concurrence est rude et les gros joueurs ne souhaitent pas nécessairement leur laisser une once carrée de terrain.Leur approche ?Séduire une clientèle jeune et sophistiquée avec des produits de niche, certes léchés sur le plan visuel du contenant, mais aussi performants sur celui du contenu.À prix étudiés.La famille des « triple malt » tricolores, Bleu, Blanc et Rouge, déclinés sous le nom Bellevoye et issus ici des distilleries lilloise, alsacienne et charentaise, s\u2019avère déjà un trio dont la réputation, en France comme à l\u2019export (valorisé par l\u2019équipe), est déjà plus que solide.Et ce, après quelques années à peine d\u2019opération.Mais Moueix et Sirech ne sont pas pour autant assis sur leurs lauriers, les fesses plaquées sur une barrique et les pieds dans le vide à rigoler jusqu\u2019à plus soif.Il ne faut jamais mélanger le fun et le plaisir.Ils évaluent constamment au contraire l\u2019ensemble de la production hexagonale par des dégustations à l\u2019aveugle, histoire de souscrire aux meilleurs approvisionnements possible.Bref, une gamme évolutive toujours marquée par cette idée originelle de rigueur et de boulot bien fait.Bienheureux soient les rhums ! S\u2019il ne faut jamais mélanger le fun et le plaisir (air connu), il n\u2019est pas dit qu\u2019il faille éviter de fusionner le rhum et le désir.Le désir bien sûr d\u2019essayer d\u2019en sublimer l\u2019expression tout en sortant du sentier des recettes éprouvées.Comme assembler, par exemple, rhums agricoles et rhums légers (rones ligeros), infuser rhum et cacao ou élever longuement en futaille chauf fée « à froid » un rhum d\u2019une seule origine.Encore une fois, le résultat étonne.Les produits font peu à peu leur apparition chez nous, même si la majorité est à venir.Impressions sur quelques produits dégustés.Bellevoye Bleu Triple Malt (69 $ \u2013 13061478) En voilà un qui a du swing, à la fois frais, épanoui, fruité, joliment tourné.Non tourbé.?Bellevoye Blanc Triple Malt (n.d.) Affiné en fût du sauternais, ce malt, plus floral, est aussi plus suave, avec de jolis amers en finale.Non tourbé.?Bellevoye Rouge Triple Malt (112,25 $ \u2013 13345041) Des malts entre cinq à huit ans d\u2019âge et un assemblage des meilleurs fûts livrent un profil plus coloré, plus riche, à la fois complexe et velouté.Non tourbé.?1/2 Rhum El Pasador de Oro XO (69 $ \u2013 13062091) À ce prix, vous ferez des heureux ! C\u2019est riche, ample, épicé, d\u2019un équilibre et d\u2019un charme fou.?Rhum El Pasador de Oro Gran Reserva (109,50 $ \u2013 13347126) Ce Guatémaltèque a du panache ! Texture de rêve, sensuelle et opulente sans être lourde et affais- sante.Coin du feu ?1/2 Rhum Embargo Esplendido Anejo (59,75 $ \u2013 13574732 \u2013 Mai 2018) Assemblage de distillats de canne (Antilles françaises) et de mélasse (Cuba, Trinidad et Tobago) pourvu d\u2019un moelleux caressant et d\u2019intrigantes notes de calvados.Une affaire à ce prix ! ?1/2 Lectures recommandées : Iconic Whisky.les meilleurs whiskies du monde, Seconde Édition (Éditions de la Martinière) et Le guide Hachette des rhums : 400 rhums du monde commentés (Hachette).guideaubry@gmail.com Des heureux qui vous veulent du bien ! Les Bienheureux : des gaillards passés maîtres sur le plan des assemblages comme des élevages JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 395 Horizontalement I.Invalidation.II.Neige.Enesco.III.Curé.Gaine.IV.Urinal.Sa.Ca.V.Bol.Bataclan.VI.Aligoté.Elit.VII.Tôt.Niñas.La.VIII.Egéen.Dr.Pli.IX.Ui.Mes.Avion.X.Ressemblante.Verticalement 1.Incubateur.2.Neurologie.3.Virilité.4.Agen.Ems.5.Le.Abonnée.6.Glati.Sm.7.Dea.Tend.8.Anisa.Aral.9.Tenaces.Va.10.Ise.Ll.Pin.11.Oc.Caillot.12.Nonantaine.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 396 1.Pour les préparations délicates en cuisine.2.Débordements inutiles.3.Possessif.De la viande ou du poisson.4.Ne se trouve plus au travail.Crie en forêt.Vaut de l\u2019or.5.Mange en plein vol.Possessif.6.Frotte ses six cordes.7.Protège la maison romaine.Bout d\u2019avenue.Au centre de Provins.8.Aller sans retour.Dame ripou.9.Souvent retournée après avoir été prise.Faire l\u2019innocent.10.Mou et précieux.Sur le dos des équidés.11.Corbeille d\u2019argent.A perdu un E à Maastricht.12.Mauvais placements.I.Le beau Pablo n'y faisait pas que sa lessive.II.Nomades africains.Cherche à mordre.III.Vert et bien droit.Un peu secoués.Assure la liaison.IV.Sur une carte asiatique.Bien mauvais fond.Mauvaise part de l\u2019héritage.V.Donne du volume et du relief.Dangereuse sécrétion animale.VI.Fait vinaigre.Parcourue ou dévorée.Point matinal.VII.Enchante mais ne chante pas sur scène.VIII.Vallée fluviale.Fait tomber les rois.Musique en boîte.IX.En Thuringe.Avance à la chaîne.Préposition.X.Ne doivent pas laisser de traces aux passages.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque mot (incluant l\u2019ajout ou le retrait d\u2019une lettre), trouver les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.A U N E M A N G E MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.LARMES DINDON PEAU RAPIDE PIED POSER FILER TÊTE VACHE LINOTTE CROCODILE LAPIN GAZELLE LIÈVRE GRUE FARCE 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE Nous sommes simplement une race avancée de singes sur la planète mineure d'une banale étoile.(Stephen Hawking) L\u2019INTERVALLE RAME - BRAME - BRAIE - BRAIT - BRUIT LES ANAGRAMMES souris / roussi - souterrain / retournais / tournerais - raconte / canoter / contera - amer / arme / rame / mare - organe / orange / onagre / rongea MOT IMAGE Chat dans la gorge / Curieux comme une belette / Fort comme un bœuf / Avoir le cafard / Muet comme une carpe / Fièvre de cheval / Traiter comme un chien / Glisser comme une couleuvre Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.C E I H N R R A I G D N E I O M D N R E E AT M N L E É U R M S 1.3.2.1.3.2.1.3.2.1.2.1.2.1 7 2 2 Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1 7 2 2 1 7 2 2 1 7 2 2 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 4 E T D I M A N C H E 1 5 A V R I L / 2 0 1 8 Abonnez-vous ! tnm.qc.ca Dès le 11 septembre PIERRE YVES LEMIEUX \u2014 candide ou l\u2019optimisme D\u2019APRÈS VOLTAIRE MISE EN SCÈNE alice ronfard Dès le 13 novembre MARCEL DUBÉ \u2014 MISE EN SCÈNE benoît vermeulen Dès le 15 janvier SHAKESPEARE \u2014 TRADUCTION ET ADAPTATION michel garneau MISE EN SCÈNE robert lepage Dès le 26 février ERIC-EMMANUEL SCHMITT \u2014 le mystère carmen MISE EN SCÈNE lorraine pintal Dès le 26 mars RACINE \u2014 britannicus MISE EN SCÈNE florent siaud Dès le 14 mai MICHEL MARC BOUCHARD \u2014 la nuit où laurier gaudreault s\u2019est réveillé MISE EN SCÈNE serge denoncourt GRAND PARTENAIRE "]
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