Le devoir, 26 avril 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 9 1 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 A V R I L 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S ?w w w .l e d e v o i r .c o m AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Piaf, Dietrich et les deux solitudes\u2026 La chronique d\u2019Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.B 6 Décès.B 2 Météo.B 4 M.croisés .B 4 Annonces.B 2 Sudoku.B 3 LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Les Torontois ont continué de déposer des gerbes de fleurs et de se recueillir 48 heures après l\u2019attaque meurtrière.L I S A - M A R I E G E R V A I S à Toronto M algré la réouver ture de tous les commerces et le retour de la circulation sur la rue Yonge, l\u2019émotion des Torontois de North York était toujours aussi vive moins de 48 heures après l\u2019attaque meurtrière au camion-bélier.Pour panser les blessures invisibles, l\u2019aide et le soutien psychologique s\u2019organisent.«Rien.Je ne sais toujours rien d\u2019elle et sa famille non plus.» Les larmes coulent lentement des grands yeux verts de Laura Squire et tracent des sillons sur ses joues, comme les gouttes d\u2019eau sur son parapluie.Elle demeure sans nouvelles de son amie camionneuse qui habite Toronto.« J\u2019ai appelé le numéro de téléphone que la police donnait pour les proches des victimes, mais je n\u2019ai pas pu avoir d\u2019informations.J\u2019ai aussi appelé [l\u2019hôpital] Sunnybrook et elle n\u2019est pas là », san- glote-t-elle.Retenue au travail jusqu\u2019ici, la jeune femme originaire d\u2019Oshawa s\u2019est libérée mercredi pour venir déposer des fleurs à la mémoire des victimes, coin Yonge et Finch.Laura n\u2019a pas de raison particulière de croire que son amie se trouvait sur la rue Yonge au moment du drame et pourrait se réjouir qu\u2019elle n\u2019ait pas été admise à l\u2019hôpital.Mais rien n\u2019y fait.« Je suis comme engourdie, sous le choc.J\u2019ai un rendez-vous avec mon psy cet après- midi, j\u2019ai besoin de parler.Parce que même si mon amie n\u2019est pas parmi les victimes, c\u2019est tellement effrayant, ce qui arrive», dit la jeune femme se décrivant comme une hypersensible.Pour aider des gens comme Laura, les secours et le soutien psychologique se sont organisés en moins de deux après l\u2019attaque à la fourgonnette blanche.« Beaucoup de gens ont l\u2019impression de perdre la raison, mais on les rassure en leur disant que c\u2019est normal », a indiqué Bonnie McMur- rich, directrice générale associée du service d\u2019aide aux victimes de Toronto (Victim Services Toronto).Habitué des crises, ce service a tout de suite propagé partout dans ses réseaux le numéro de sa ligne téléphonique d\u2019urgence.Il a reçu une ATTAQUE AU CAMION-BÉLIER Le besoin d\u2019une présence réconfortante Le soutien aux proches des victimes s\u2019est rapidement organisé C A T H E R I N E L A L O N D E S aint Jérôme, cette huile sur toile de Jacques- Louis David que le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) veut acquérir au prix d\u2019un Marc Chagall, a été offerte à la vente à des musées canadiens en 2016 pour seulement 4,56 millions de dollars.L\u2019offre est restée pendante.Quelques mois plus tard, la Fabrique de la paroisse Notre-Dame, propriétaire du Saint Jérôme, lasse d\u2019attendre, est allée « tester la valeur théorique de l\u2019œuvre » à l\u2019international.Le temps, ici, est de l\u2019argent ; et la concurrence a fait monter la mise de près de 2 millions.Ce n\u2019est qu\u2019en décembre 2017 que MBAC a relancé la négociation en proposant cette fois de mettre 6,3 millions sur la table.En juillet 2016, la Fabrique a of fer t Saint Jérôme au MBAC, mais aussi au Musée national des beaux-ar ts du Québec (MNBAQ) et au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM).«Le MBAM a immédiatement signifié son intérêt dans une lettre adressée à M.Bélanger le 8 août 2016», a indiqué Patricia La- chance, relationniste du MBAM.«Le prix de l\u2019œuvre était alors de 3,5 millions $US », soit 4,56 millions de dollars canadiens.C\u2019était le «prix plancher indiqué par Sotheby\u2019s si nous avions choisi d\u2019aller à l\u2019encan», a précisé Monseigneur Denis Bélanger, de la paroisse.Le MBAM ne voyait alors pas d\u2019urgence.Dans les pratiques habituelles muséales, si un vendeur approche dif férents établissements, il of fre en général son bien à un seul prix.Le MNBAQ, lui, a répondu à la Fabrique ne pas malheureusement avoir les moyens de faire l\u2019achat, comme l\u2019a indiqué une source anonyme proche du dossier.Le Musée de la civilisation, dépositaire de l\u2019œuvre et conséquemment détenteur d\u2019un droit de premier refus sur toute of fre d\u2019achat, n\u2019est pas intervenu dans ce processus puisqu\u2019aucune of fre SAINT JÉRÔME Des musées sont passés à côté d\u2019une aubaine La toile n\u2019a pas trouvé preneur en 2016 alors qu\u2019elle était offerte pour 4,56 millions ; trois musées se la disputent aujourd\u2019hui pour 6,3 millions VOIR PAGE A 8 : SAINT JÉRÔME VOIR PAGE A 8 : TORONTO Des gens sont venus de provinces voisines pour soutenir les Torontois Lire aussi \u203a Des visages sur les noms des victimes.Le portrait des personnes fauchées émerge au fil des identifications.Page A 4 Le MBAM a manifesté son intérêt, mais n\u2019a pas ressenti l\u2019urgence d\u2019agir MUSÉE DE LA CIVILISATION Saint Jérôme, de Jacques-Louis David M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L es partis d\u2019opposition ont écorché mercredi l\u2019entente de Québec avec les médecins spécialistes, en plus de reprocher au gouvernement Couil- lard son « manque de transparence », puisque Le Devoir a révélé que l\u2019accord qu\u2019il a conclu coûtera à terme au moins 4 milliards de dollars, soit deux fois plus que le montant véhiculé depuis février par les médias.« Ce dont on est surpris, c\u2019est évidemment ce manque de transparence et d\u2019explications qui proviennent du gouvernement », a reproché la députée péquiste Véronique Hi- von lors d \u2019une mêlée de presse.Le débat s\u2019est transporté à la période des questions.«Est- ce que c\u2019est parce que ce gouvernement a honte de présenter ses cadeaux démesurés, indécents qu\u2019il dissimule les vrais chif fres aussi longtemps ?» a inter rogé la péquiste Diane Lamarre.« C e s c h i f f r e s - l à s o n t connus, s\u2019est défendu le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand.Les ententes sont publiées sur les sites Web, également elles vont être revérifiées par la vérificatrice générale.Alors, M.le Président, le gouvernement est tout à fait transparent dans ce dos- sier-là.» La vérificatrice géné- ENTENTE AVEC LES MÉDECINS Québec critiqué pour son manque de clarté VOIR PAGE A 8 : MÉDECINS Au Congrès américain, la réponse de Macron à «l\u2019Amérique d\u2019abord» Page B 5 La poète Nicole Brossard devient la première lauréate du prix Violet Page B 8 AVRIL 13 h à 16 h PORTES OUVERT ES 29 VENEZ N OUS RENCON TRER Michel Forget, Ambassadeur OÙ L\u2019EXCEPTIONNEL PREND VIE CONFORT DISTINCTION NOUVEAU ! CONDOS-LOCATIFS 55+ OFFRE ÉVOLUTIVE CHOISISSEZ DÈS MAINTENANT ! FORMULES D\u2019HÉBERGEMENT UN COMPLEXE, 4 RÉNOVÉ POUR VOUS En plus d\u2019agrandir et de rénover le hall d\u2019entrée, la salle à manger et les aires communes du rez-de-chaussée, nous avons rehaussé la qualité d\u2019une centaine d\u2019appartements pour répondre aux demandes de la clientèle.Sélection Île des Sœurs propose un environnement plus contemporain et mieux adapté au style de vie de ses résidents et de la communauté.Curieux ?Venez voir comment 10 millions en rénovations peuvent vous permettre d\u2019oser rêver.325, chemin de la Pointe Sud, Île-des-Sœurs, QC H3E 0B1 1 844 732-3386 \u2022 selectionretraite.com \u2022 L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 A V R I L 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 I l y avait longtemps qu\u2019on n\u2019avait pas vu Gaé- tan Barrette d\u2019aussi bonne humeur.Sourire aux lèvres, le ministre de la Santé brûlait visiblement de dire aux journalistes que la rémunération des médecins n\u2019était plus de son ressort.Après avoir été exclu des négociations avec les fédérations médicales, il s\u2019est fait un plaisir de renvoyer les médias à son collègue du Conseil du trésor, Pierre Arcand, pour tout commentaire sur la manchette du Devoir, qui révélait mercredi que la hausse consentie aux spécialistes est en réalité deux fois plus importante que ce qu\u2019on avait laissé entendre.Il est de notoriété publique que M.Barrette était mécontent de l\u2019entente intervenue en février dernier.On lui a beaucoup reproché d\u2019avoir cherché à favoriser ses anciens confrères depuis son entrée en politique, mais il était sans doute trop orgueilleux pour se laisser mettre en boîte dans une négociation.Ceux qui avaient demandé au premier ministre Couillard de l\u2019écarter ne le connaissaient que trop bien.Face aux questions des par tis opposition, comme à celles de la presse, les explications de M.Arcand ont été tout sauf convaincantes.Après avoir d\u2019abord reproché au Devoir d\u2019avoir mélangé les pommes et les oranges pour arriver à la conclusion que l\u2019entente rapporterait 4 milliards additionnels aux spécialistes, plutôt que 2 milliards, il a fini par admettre que ces chiffres étaient bons, mais que « ça dépend de la façon dont vous les interprétez».?Précisément.Il est évident que le gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes avaient tout intérêt à laisser croire que l\u2019entente était la moins coûteuse possible pour le contribuable.Comme par hasard, les textes d\u2019ailleurs très obscurs qui la détaillaient n\u2019étaient pas disponibles quand elle a été rendue publique.Dans un communiqué visant à « rectifier les faits » publié plus tard dans la journée, M.Ar- cand s\u2019est défendu d\u2019avoir cherché à minimiser les coûts de l\u2019entente.Il en veut pour preuve un fascicule annexé au discours sur le budget, le 27 mars, soit un mois et demi après le dévoilement de l\u2019entente.Cela lui permettra d\u2019obtenir la bénédiction de la vérificatrice générale dans le rappor t sur l\u2019état des finances publiques qu\u2019elle publiera en août prochain.Entre l\u2019interprétation avantageuse et le tripotage de chif fres, la ligne est mince.Tout le monde convient que la rémunération des médecins est un sujet complexe et les rééchelonne- ments successifs du rattrapage consenti aux spécialistes ont rendu le fil difficile à suivre.Le gouvernement Couillard n\u2019est pas le premier à faire preuve de créativité dans sa comptabilité, mais il n\u2019est pas normal que la confusion demeure aussi totale.On aurait voulu la créer délibérément qu\u2019on n\u2019aurait pas agi autrement.Si cela était encore nécessaire, ce nouvel imbroglio démontre à l\u2019évidence que le mode de rémunération des médecins a besoin d\u2019être revu, comme plusieurs le réclament depuis des années.Comme l\u2019a dit Amir Khadir, « la rémunération à l\u2019acte permet ce genre de tour de passe-passe où on n\u2019y comprend rien».Sans compter qu\u2019elle ouvre la porte à tous les abus.La vérificatrice générale a elle-même reconnu qu\u2019il n\u2019est pas possible de contrôler les 55 millions de dollars de réclamations que les médecins adressent chaque année à la Régie de l\u2019assurance maladie.?L\u2019incompréhension engendre inévitablement la suspicion.L\u2019entente avec les spécialistes demeure si nébuleuse aux yeux de la population qu\u2019elle verra un aveu de culpabilité dans ce manque de transparence.Contrairement à l\u2019engagement pris par M.Couillard durant la campagne électorale, son gouvernement s\u2019est plutôt signalé par son opacité au cours des quatre dernières années.Alors que le Québec avait fait figure de pionnier quand le gouvernement Lévesque avait fait adopter la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information en 1983, il est devenu le mouton noir de la fédération canadienne à ce chapitre.Après Jean-Marc Fournier et Rita de Santis, c\u2019est maintenant au tour de Kathleen Weil de promettre le dépôt d\u2019un nouveau projet de loi avant l\u2019ajournement de la session parlementaire, à la mi-juin.Un projet qui semble voué à mourir au feuilleton.De toute évidence, l\u2019esprit n\u2019est pas à l\u2019ouverture.Toutes les raisons sont bonnes pour rejeter les demandes d\u2019accès à l\u2019information.Les cabinets politiques n\u2019hésitent pas à intervenir dans le processus.La semaine dernière, La Presse rapportait que 32 ministères et organismes ont soulevé des objections à l\u2019ébauche du projet de loi que Mme Weil a fait circuler.On ne donne le bénéfice du doute qu\u2019à ceux qui l\u2019ont mérité.Pourquoi un gouvernement aussi peu soucieux de transparence aurait-il eu un soudain accès de vertu dans le cas de l\u2019entente avec les médecins spécialistes?mdavid@ledevoir.com La confession organisée M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 élu solidaire Gabriel Nadeau-Dubois reproche au premier ministre Philippe Couil- lard de nourrir le populisme en dirigeant l\u2019« un des gouvernements les plus opaques » de l\u2019histoire québécoise.«Il a précisément fait ce qu\u2019il reproche toujours aux autres de faire, c\u2019est-à-dire alimenter les mouvements populistes qui carburent à la méfiance, qui carburent aux scandales [\u2026] qui montrent une classe politique qui ferme les portes plutôt que de les ouvrir», a lancé M.Nadeau-Dubois lors de l\u2019étude des crédits budgétaires du ministère du Conseil exécutif, mercredi soir.À quelques mètres de lui, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault \u2014 qui s\u2019est vu accusé de « souffler sur les braises de l\u2019intolérance » à plus d\u2019une reprise par M.Couil- lard \u2014, acquiesçait ostensiblement.Le député de Gouin a accusé le chef du gouvernement d\u2019avoir renié la promesse qu\u2019il a faite au printemps 2014 de « faire évoluer la relation État-citoyen pour [diriger] le gouvernement le plus transparent que les Québécois auront connu» en légiférant afin de resserrer l\u2019accès aux documents du Conseil des ministres, en montrant la porte au commissaire à la santé et au bien-être, en ayant désormais la mainmise sur le processus de désignation des commissaires du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) ou encore en tenant à huis clos de larges pans du «Forum sur la valorisation de la diversité et la lutte contre la discrimination».« Un des facteurs qui alimentent le plus la méfiance des gens à l\u2019égard des gouvernements, des partis politiques, des institutions politiques [et par ricochet aliment les mouvements populistes], c\u2019est l\u2019absence de transparence », a souligné M.Nadeau-Dubois.Du coup, M.Couillard a tort de s\u2019imposer, selon lui, «comme le champion de la lutte contre tous les populismes».Le chef du gouvernement a qualifié de sévère le jugement porté à l\u2019égard de son gouvernement.Il a notamment rappelé avoir demandé la publication des agendas publics des ministres ainsi que les réponses aux demandes d\u2019accès à l\u2019information.Qui plus est, un projet de loi visant à dépoussiérer la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics sera dévoilé prochainement, a précisé M.Couillard à sept semaines de la fin de la session parlementaire.« Le populisme, c\u2019est dire n\u2019importe quoi au peuple [\u2026] : présenter des solutions simplistes à des problèmes compliqués, essayer de faire croire aux gens qu\u2019on va régler tel ou tel problème en claquant des doigts ou de façon miraculeuse », a expliqué le premier ministre.Un exemple : la proposition faite par le chef du Par ti québécois, Jean-François Lisée, de construire une clôture pour bloquer le chemin Roxham, où ont afflué des milliers de demandeurs d\u2019asile depuis l\u2019arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche.D\u2019une «clôture» à une «haie de cèdres» M.Lisée a en effet proposé mercredi d\u2019ériger une « clôture », puis une « petite clôture », puis un « panneau », puis une « haie de cèdres » afin de barrer le chemin Roxham, « le chemin irrégulier le plus connu au monde », advenant la suspension de l\u2019Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs.La suspension de l\u2019Entente, qui est entrée en vigueur le 29 décembre 2004, libérerait les demandeurs d\u2019asile de l\u2019obligation de présenter leur demande dans le premier pays sûr où ils arrivent, soit les États-Unis.Ils pourraient ainsi se présenter à l\u2019un ou l\u2019autre des postes frontaliers sans crainte d\u2019être refoulés.Le gouvernement canadien pourra alors dire : « Il y a plein d\u2019endroits normaux [pour traverser la frontière] où vous ne serez plus [contraints de passer] dans un bois.» « On va vous accueillir humainement.[\u2026] Une fois qu\u2019on a décidé ça et qu\u2019on leur donne une autre voie, bien, avec le gouvernement fédéral, on dit bien écoutez, ce chemin-là qui a été construit, maintenant élargi et qui a des cabanes autour, on met une clôture, c\u2019est tout.On dit : \u201cNe passez plus ici.\u201d » Le chef péquiste a précisé plus tard avoir en tête une « petite clôture qu\u2019on a dans les écoles ».« On est ouvert à toutes les propositions.[\u2026] Est-ce qu\u2019il faut mettre un panneau, une haie de cèdres, un policier [ou] peu importe ?» a demandé M.Lisée avant d\u2019ajouter qu\u2019il faut y voir non «pas un signe d\u2019exclusion», mais bien un «signe d\u2019information».Le Devoir Nadeau-Dubois accuse Couillard de populisme Le député solidaire s\u2019en prend particulièrement à l\u2019opacité du gouvernement MICHEL DAVID Entre l\u2019interprétation avantageuse et le tripotage de chiffres, la ligne est mince M É L A N I E M A R Q U I S à Ottawa L a ministre fédérale de la Justice, Jody Wil- son-Raybould, semble chercher à «encourager » des contestations judiciaires citoyennes de l\u2019interdiction que veut décréter le gouvernement du Québec sur la culture de cannabis à domicile, a déploré mercredi le ministre Jean- Marc Fournier.C\u2019est la raison pour laquelle le ministre des Relations canadiennes a invité le comité sénatorial permanent des affaires juridiques et constitutionnelles à proposer une modification au projet de loi fédéral C-45, afin de dissiper la confusion semée par les propos « pas utiles », « problématiques » et « ambigus » tenus par la ministre Wilson-Raybould devant le même comité il y a un mois.« Puisque la ministre fédérale a encouragé la contestation, les citoyens contesteraient, j\u2019imagine \u2014 et nous gagnerions.Donc, la loi fédérale devrait apporter une précision pour éviter aux citoyens d\u2019aller tester la loi [québécoise] devant la cour », a-t-il soutenu en mêlée de presse à l\u2019issue de son témoignage.Une contestation judiciaire sur la question de la culture de cannabis à domicile est tout à fait plausible : alors que le projet de loi fédéral permettrait de faire pousser jusqu\u2019à quatre plants par foyer, le projet de loi québécois l\u2019interdirait.Le ministre Fournier estime qu\u2019en optant pour la prohibition, le Québec agit tout à fait dans son champ de compétence sur le plan constitutionnel.« Le fédéral n\u2019a pas écrit, et ne peut pas écrire, qu\u2019il autorise un, ou deux, ou trois, ou quatre plants à domicile \u2014 l\u2019autorisation est de compétence provinciale \u2014, il ne fait qu\u2019interdire cinq plants ou plus à la maison.Le droit criminel est prohibitif.La compétence fédérale ne peut être exercée que pour interdire les actes et non pour autoriser des pratiques », a-t-il plaidé.Il a aussi fait valoir que la ministre fédérale de la Justice aurait dû faire preuve d\u2019un plus grand respect à l\u2019égard du pouvoir des provinces et territoires de légiférer, au nom du principe de « fédéralisme coopératif ».Le Manitoba, a-t-il mentionné, a aussi choisi de proposer d\u2019interdire la culture de cannabis à domicile.En mars dernier, devant le même comité, Jody Wilson-Raybould disait que le fédéral n\u2019avait pas l\u2019intention de contester les lois provinciales.Par contre, elle notait que « si une personne conteste une loi provinciale parce qu\u2019elle veut cultiver du cannabis licite dans son logement, c\u2019est sa prérogative de le faire et le gouvernement fédéral prendrait alors position ».« Il y a là clairement un gouvernement qui dit aux citoyens : \u201cNous sommes avec vous pour contester la loi de la province\u201d », a regretté mercredi Jean-Marc Fournier.Le bureau de la ministre Wilson-Raybould n\u2019a pas été en mesure de réagir aux propos du ministre québécois au moment de publier ces lignes en soirée, mercredi.Le projet de loi C-45 est actuellement à l\u2019étape de l\u2019étude devant cinq comités sénatoriaux qui se penchent sur ses divers aspects.En vertu du calendrier établi par les dirigeants des différents groupes de sénateurs, il devrait revenir à la chambre haute pour un vote final le 7 juin.Même si le projet de loi est alors adopté, le cannabis ne sera pas légal au pays avant plusieurs semaines, et non en juillet 2018, comme l\u2019espérait initialement le gouvernement fédéral : les provinces auront besoin de huit à douze semaines pour mettre en place leur régime de vente.La Presse canadienne CANNABIS Fournier devant le Sénat pour éviter une contestation du règlement québécois Ottawa autorise la culture de quatre plants, ce qu\u2019interdit le Québec JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le ministre des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier, craint que des consommateurs de marijuana soient tentés de tester devant la cour le règlement québécois qui interdit toute culture de cannabis à domicile.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Gabriel Nadeau-Dubois JACQUES NADEAU LE DEVOIR Philippe Couillard L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 GALIT RODAN LA PRESSE CANADIENNE Une photo d\u2019Anne Marie D\u2019Amico, tuée lors de l\u2019attaque au camion-bélier lundi, a été déposée au milieu des fleurs sur la rue Yonge.M A R I E - L I S E R O U S S E A U U ne mère monoparentale, une aînée pleine d\u2019entrain, « la meilleure grand-maman», un Jordanien en visite, un cuisinier dévoué, une femme à la bonne humeur « légendaire»\u2026 Le por trait des victimes de l\u2019attaque au camion- bélier qui a fait dix morts à Toronto se traçait lentement, deux jours après la tragédie.Mardi, le coroner en chef de l\u2019Ontario, le docteur Dirk Huyer, a expliqué que l\u2019identification officielle des victimes prendra plusieurs jours.Mais les proches de certaines d\u2019entre elles ont confirmé leur décès aux médias mercredi.Parmi les victimes, Renuka Amarasingha, mère monopa- rentale d\u2019un garçon de sept ans qui était très active au sein de la communauté sri-lankaise de Toronto.Selon un membre du temple bouddhiste qu\u2019elle fréquentait, elle apportait chaque semaine des biscuits aux élèves de l\u2019école du dimanche.La communauté se mobilise actuellement pour soutenir son fils, qui n\u2019a désormais plus de famille au Canada.À 94 ans, Betty Forsyth vivait dans une résidence pour personnes âgées.Une voisine, Mary Hunt, l\u2019a décrite comme une personne pleine d\u2019entrain, qui se promenait quotidiennement dans le quartier pour aller nourrir les oiseaux et les écureuils.Elle a été happée mortellement sur le chemin du retour de sa promenade lundi.Munir Alnajjar, un septuagénaire jordanien, était de passage à Toronto pour visiter sa famille.M.Alnajjar et sa femme étaient au pays depuis environ deux semaines, selon Harr y Malawi, un ami de la famille et président de la Société jordano- canadienne.Dorothy Sewell, une dame de 80 ans, laisse dans le deuil ses trois petits-enfants, dont Elwood Delaney.«On ne pouvait rêver d\u2019une meilleure grand- maman», a déclaré ce dernier.Sa grand-mère était une maniaque de sports, qui « aimait presque autant les Blue Jays et les Leafs que sa propre famille», a-t-il décrit.Chul Min \u201cEddie\u201d Kang, chef dans un restaurant, a également perdu la vie dans la tragédie.Le cuisinier d\u2019origine coréenne a été décrit comme « travaillant et loyal » par son employeur.«Son sourire illuminait la pièce», a déclaré ce dernier au Toronto Star, précisant que l\u2019ensemble de son personnel est «dévasté» par sa perte.Les collègues d\u2019Anne Marie D\u2019Amico, identifiée mardi, ont souligné sa bonne humeur légendaire.Un ancien camarade de classe de l\u2019Université Ryer- son de Toronto, Abdullah Sno- bar, se souvient également de son large cercle d\u2019amis et de ses succès scolaires.Au moment d\u2019écrire ces lignes, cinq des quatorze blessés se trouvaient toujours dans un état critique.Pas le droit à l\u2019erreur L\u2019identification officielle des victimes prendra du temps en raison du nombre de victimes et de la nature de l\u2019incident, a prévenu le coroner en chef de l\u2019Ontario mardi.Cela est tout à fait normal, soutient l\u2019ex-coro- ner Denis Boudrias.« Personne ne traîne les pieds, je vous l\u2019assure ! » af- firme-t-il, expliquant que le processus d\u2019identification est très « rigoureux ».M.Boudrias explique que la reconnaissance du corps par un proche ne suffit pas pour confirmer l\u2019identité d\u2019une victime.« Ça prend une pleine cer ti- tude», qui s\u2019établit entre autres par des mesures scientifiques comme le prélèvement d\u2019ADN ou d\u2019empreintes dentaires.Si le bureau du coroner de l\u2019Ontario se montre aussi prudent, ce serait notamment pour ne pas répéter l\u2019erreur commise il y a quelques semaines en Saskatchewan.«Ça me paraît clair», affirme l\u2019expert.Rappelons qu\u2019un des blessés de l\u2019accident d\u2019autocar des Broncos, Xavier Labelle, avait faussement été identifié comme étant décédé.En 25 ans de carrière, il s\u2019agit de la seule erreur du genre dont a été témoin l\u2019ex-coroner.Cela ne peut absolument pas se reproduire, prévient-il.« Dans le cas de Toronto, il y a une forte charge émotive.Les gens sont secoués, émus.Dans ce contexte, il faut d\u2019autant plus être prudent.» La présence de ressor tis- sants étrangers parmi les victimes ne facilite en rien la tâche des coroners, ajoute M.Boudrias.« S\u2019il n\u2019y a personne à Toronto pour les identifier, il faut joindre les familles à l\u2019étranger, passer par les ambassades, ce qui complique le processus.» Avec La Presse canadienne Le Devoir ATTAQUE À TORONTO Des visages sur le nom des victimes Une mère monoparentale, une grand-mère adorée, un cuisinier apprécié.Le portrait des personnes fauchées émerge au fil des identifications.C A R O L I N E S T - P I E R R E L a Cour supérieure du Québec a récemment autorisé l\u2019exercice d\u2019une action collective contre le gouvernement du Canada pour certains des employés touchés par les ratés du système de paie Phénix.La demande d\u2019action collective faisait état des nombreuses erreurs avec lesquelles les employés ont dû composer depuis l\u2019implantation du système en février 2016.Elle notait par exemple que certains employés ont été payés en trop avant d\u2019être contraints de rembourser, que des heures supplémentaires n\u2019ont pas été rémunérées et que certains employés n\u2019étaient simplement pas payés pour leur travail alors que d\u2019autres étaient payés incorrectement ou en retard.La demanderesse Ezmie Bouchard a travaillé au bureau de Passeport Canada, à Québec, d\u2019abord comme employée étudiante puis comme employée occasionnelle, de janvier à août 2016.Au moment où elle a quitté son emploi, un montant de l\u2019ordre de 4800$ de salaire lui était dû, peut-on lire dans la demande.Lorsqu\u2019elle a finalement reçu un remboursement, celui-ci était trop élevé de 1000$, un montant qu\u2019elle a dû rembourser par la suite.L\u2019action collective viserait à obtenir un montant de base de 500$ pour les employés admissibles, en compensation pour tous les inconvénients relatifs au milieu de travail en général.Dans sa décision rendue le 3 avril dernier, le juge Jean- François Émond a toutefois mis un bémol quant aux catégories d\u2019employés visés.Ainsi, « les employés ayant le droit de présenter un grief en vertu de l\u2019article 208 de la Loi sur les relations de travail dans le secteur public fédéral ont été exclus du groupe.Cela inclut autant les employés syndiqués que les employés non syndiqués », précise le cabinet Saraïlis Avocats.Par conséquent, souligne-t-il, « les principaux employés qui demeurent dans le groupe sont ceux qui n\u2019ont pas accès au système de grief, dont les étudiants, les occasionnels et les retraités».La Presse canadienne OTTAWA Action collective autorisée pour les fonctionnaires lésés par le système Phénix H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondante parlementaire à Ottawa F aut-il y voir un autre exemple de déconnexion entre le nouveau chef du NPD et son caucus ?Jagmeet Singh a été incapable de dire si ses députés étaient d\u2019accord avec lui pour appuyer un projet de loi libéral sur les armes à feu déposé il y a un peu plus d\u2019un mois.Il a été obligé d\u2019en référer à son conseiller.Le projet de loi C-71 resserre le contrôle des armes à feu.Ces questions ont historiquement divisé le caucus néodé- mocrate composé à la fois de députés urbains et ruraux.Niki Ashton et Nathan Cullen, qui sont encore en poste, avaient par exemple appuyé les conservateurs pour abolir le registre des armes à feu.En point de presse mercredi, M.Singh a dit «soutenir ce projet de loi » tout en ajoutant qu\u2019il fallait rester « sensible » aux gens « qui utilisent les armes à feu pour leur culture, pour la chasse ».Ses députés sont-ils d\u2019accord avec lui ?Il a fallu qu\u2019une jour nal is te pose la question à quatre reprises.M.Singh s\u2019est alors retourné vers son adjoint et le député Guy Caron, qui l\u2019accompagnaient, pour leur demander quelle était la position du caucus.Le tout devant les caméras.Après un bref échange, M.Singh a affirmé : « Notre caucus appuie ce projet de loi.» La députée Brigitte Sansoucy ne se préoccupe pas de cette apparente méconnaissance des dossiers législatifs.«Moi, mon chef, j\u2019aime bien quand je vois des photos de lui devant des salles pleines un peu partout au Canada.Pour moi, qu\u2019il parle aux citoyens et crée cet engouement est plus important que de passer beaucoup de temps à tout apprendre.» Le porte-parole en matière de Sécurité publique, le député Matthew Dubé, met cet incident sur le compte de la fatigue, alors que le chef avait voyagé la veille.« Il était présent au caucus quand j\u2019ai offert ma recommandation comme porte-parole aux collègues.» Le mois der nier, après que M.Singh eut mécontenté ses troupes en sanctionnant un de ses vétérans, le caucus avait unanimement reconnu le besoin que le chef soit plus présent à Ottawa.« On s\u2019aperçoit du besoin d\u2019avoir le chef ici pour mieux connaître le caucus », avait indiqué Guy Caron.« Il doit prendre du temps pour être avec les députés du caucus », avait pour sa part dit Alexandre Boulerice.Weir encore en attente Par ailleurs, on ignore toujours le sort définitif qui sera réservé au député Erin Weir, qui fait l\u2019objet d\u2019une allégation de comportement déplacé de nature non sexuelle.M.Weir a été suspendu de ses fonctions officielles en février, mais il est demeuré membre du caucus.Jagmeet Singh avait commandé un rapport sur la situation, rapport qu\u2019il a entre les mains depuis maintenant une semaine.Qu\u2019en fera-t-il?« Il y a un processus à suivre », s\u2019est-il borné à répéter sans jamais expliquer de quel processus il parlait maintenant que l\u2019enquête est terminée.Le Devoir Moment d\u2019embarras pour Jagmeet Singh Le chef du NPD ignorait la position de son caucus sur le projet de loi sur les armes à feu Un libéral fédéral démissionne Ottawa \u2014 Bien qu\u2019il reste encore dix-huit mois à son mandat, le député libéral fédéral de Saint-Léonard\u2013Saint-Michel, Nicola Di Iorio, démissionnera sous peu.Pudique, il n\u2019a pas voulu s\u2019épancher sur les raisons précises de son départ, sauf pour reconnaître qu\u2019elles étaient de nature personnelle et liées à son entourage.Il a proclamé «mission accomplie» parce qu\u2019Ottawa a accepté de financer le prolongement de la ligne bleue du métro, qui se trouve dans sa circonscription.Cet avocat et professeur de droit se félicite surtout de sa sortie publique dans Le Devoir en faveur du respect de l\u2019alternance entre un juge anglophone et un juge francophone à la tête de la Cour suprême du Canada.Des rumeurs faisaient croire que Justin Trudeau aurait pu nommer un autre anglophone après de départ de Beverley McLachlin.Il a finalement choisi le Québécois Richard Wagner.Ce départ porte à deux les sièges québécois vacants à la Chambre des communes.Le libéral Denis Le- mieux a démissionné en décembre dans Chicoutimi\u2013Le Fjord.Outremont se libérera sous peu lorsque Thomas Mul- cair quittera son siège.Le Devoir J E A N N E C O R R I V E A U L a Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) craint que l\u2019aménagement du dépotoir nucléaire de Chalk River mette en péril l\u2019approvisionnement en eau potable de nombreux citoyens du Grand Montréal.Les élus représentant les 82 villes de la CMM seront appelés à se prononcer, jeudi matin, sur une résolution visant à s\u2019opposer au projet.La résolution, dont Le Devoir a obtenu copie, a déjà été adoptée par le comité exécutif de la CMM, qui réunit notamment les maires et mairesses de Montréal, de Laval et de Longueuil.La CMM dit être préoccupée par le stockage prévu de déchets nucléaires sur un site situé en territoire ontarien, tout près de la rivière des Outaouais.Ils craignent les risques de contamination en cas de fuite.Appui à Gatineau La CMM s\u2019inquiète aussi de la gestion qui sera faite des eaux de pluie, de la fonte des neiges et des eaux de ruissellement.«L\u2019aménagement du dépotoir nucléaire de Chalk River à proximité de la rivière des Ou- taouais dans sa forme actuelle est susceptible de menacer la source d\u2019approvisionnement en eau potable d\u2019une importante propor tion des citoyens du Grand Montréal», souligne-t-on.La résolution propose donc que la CMM accorde son appui à la Ville de Gatineau et s\u2019oppose au projet.Elle suggère de demander à l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ) de faire de même afin que les villes québécoises puissent développer une position commune.La CMM pourrait aussi demander à la Commission canadienne de sûreté nucléaire de s\u2019assurer auprès du promoteur, les Laboratoires nucléaires canadiens, que toutes les options de gestion des déchets nucléaires ont été évaluées.Les villes voudraient aussi qu\u2019une réflexion globale sur la sécurité nucléaire soit menée au Canada.Projet de 800 millions La CMM envisage de présenter un mémoire devant la Commission canadienne de sûreté nucléaire, qui doit donner son aval au projet.Rappelons que le projet de dépotoir prévoit la construction d\u2019un important complexe afin d\u2019enfouir plus d\u2019un million de mètres cubes de déchets nucléaires sur le site de Chalk River.Le projet suscite déjà la controverse chez les Premières Nations depuis plusieurs mois.Des sols et des matériaux contaminés par la radioactivité depuis des décennies se trouvent déjà en bordure de la rivière des Outaouais.C\u2019est pour en disposer de façon sécuritaire qu\u2019un dépotoir nucléaire doit être construit, selon les Laboratoires nucléaires canadiens.L\u2019entreprise estime le coût du projet à 800 millions.Avec Alexandre Shields Le Devoir ENVIRONNEMENT Le dépotoir nucléaire de Chalk River inquiète les maires du Grand Montréal Jagmeet Singh Les géants du Web doivent jouer «un rôle prépondérant pour contrer toutes formes de discrimination ou de harcèlement en ligne », a déclaré la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, mercredi, lorsque questionnée sur les présumées motivations misogynes de l\u2019attaque à Toronto.Mardi, on rapportait qu\u2019un message à caractère masculiniste, faisant allusion au lexique du mouvement « incel » \u2014 abréviation pour « involontairement célibataire », présent sur certains sites Web et réseaux sociaux \u2014 avait été publié sur la page Facebook d\u2019Alek Mi- nassian.«Tout comportement qui normalement n\u2019est pas permis dans la réalité ne peut pas l\u2019être dans un monde virtuel », a affirmé Mme Joly, sans préciser comment ces plateformes doivent s\u2019autoréguler.Joly évoque la responsabilité des GAFA L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 D E S R A C I N E S E T D E S A I L E S N O U V E A U X É P I S O D E S A R T I S A N S , B Â T I S S E U R S E T V I S I O N N A I R E S N O U S D O N N E N T CE SOIR 20H I S A B E L L E P O R T E R à Québec L e manque d\u2019empathie manifesté par Alexandre Bis- sonnette pour ses victimes a été souligné par le juge François Huot et le procureur de la Couronne à l\u2019approche de la fin des observations sur la peine mercredi.Lors d\u2019un échange avec un témoin expert de la défense, le juge a remarqué que, depuis le début des observations sur sa peine, M.Bissonnette semble indif férent aux témoignages bouleversants des victimes de la tuerie.«M.Bissonnette demeurait d\u2019une impassibilité pratiquement totale», a-t-il noté, en soulignant qu\u2019à l\u2019inverse, «à peu près tout le monde dans la salle d\u2019audience» semblait bouleversé.Le magistrat voulait savoir comment la psychiatre Marie- Frédérique Allard conciliait cette att i tude avec ses remarques indiquant que M.Bis- sonnette avait fait des progrès sur le plan de l\u2019empathie ces derniers mois.« J\u2019ai de la difficulté un peu à voir une progression de l\u2019extérieur de cette empathie-là avec ce que j\u2019ai pu observer en salle de cour », a dit le juge.Mme Allard a rétorqué que M.Bissonnette n\u2019avait certes pas fait de «progrès énormes», mais qu\u2019il en avait « la capacité».La veille, elle avait avancé que l\u2019homme de 28 ans pourrait être réhabilitable après 25 ans de détention.Des propos haineux en prison En contre-interrogatoire, la Couronne a mis en doute la franchise manifestée d\u2019Alexandre Bissonnette dans ses entretiens avec les psychiatres embauchés par la Défense.Son empathie « f luctue en fonction de la personne à qui il parle », a dit le procureur François Godin.« Il vous dit ce que vous voulez entendre.» Le procureur a ensuite fait allusion à des propos haineux que l\u2019homme de 28 ans aurait tenus lors d\u2019un échange en prison avec un codétenu.Ce document n\u2019a toutefois pas été admis en preuve.Selon ce qu\u2019a rappor té le procureur, les deux hommes regardaient la télévision lorsqu\u2019un reportage a fait état des fonds recueillis pour payer une résidence adaptée à Ay- men Derbali.Blessé gravement lors de la tuerie, M.Derbali a perdu l\u2019usage de ses jambes et en partie de ses bras.Il ne peut plus vivre dans l\u2019appartement qu\u2019il partageait avec sa femme et ses trois enfants.« L\u2019es\u2026, je peux pas croire qu\u2019après sept balles, il soit pas mor t », aurait alors déclaré Alexandre Bissonnette.« Il va se faire donner une maison et moi, ma famille aura rien.» La Couronne a demandé par ailleurs à ce que son propre expert, Gilles Chamberland, de l\u2019Institut Pinel, rencontre aussi le tueur.L\u2019entrevue a eu lieu mercredi après-midi et M.Chamberland devrait témoigner à son tour jeudi.Lectures de Bissonnette La Défense a enfin voulu revenir sur recherches en ligne du meurtrier afin de montrer qu\u2019il ne s\u2019intéressait pas uniquement aux tueurs en série, aux ténors de la droite alternative américaine et à d\u2019autres sujets en lien avec ses crimes.Ainsi, avant de partir vers la mosquée le 29 janvier, il avait certes consulté des pages Web sur les fusils Glock et le tweet de Justin Trudeau sur les demandeurs d\u2019asile.Mais il avait aussi visité le site du quotidien progressiste anglais The Guardian, le compte twitter de l\u2019icône féministe américaine Lena Dunham et, tout juste avant de partir, une chronique de Martine Desjardins sur les dénonciations des victimes d\u2019agressions sexuelles.Enfin, les deux dernières entrées sur son ordinateur portaient sur James Gamble et sa mère.Le jeune Gamble s\u2019est enlevé la vie 2015 après que la police a découvert qu\u2019il planifiait une tuerie de masse dans un centre commercial d\u2019Halifax.Le Devoir ATTENTAT DE QUÉBEC L\u2019empathie du tueur mise en doute Bissonnette aurait manifesté du mépris en prison envers une de ses victimes JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Aymen Derbali a perdu l\u2019usage de ses jambes après avoir été atteint de sept balles par Alexandre Bissonnette.A M É L I P I N E D A L\u2019 adolescente de 13 ans victime d\u2019un viol collectif le mois dernier pourrait recroiser ses agresseurs à l\u2019école.Puisqu\u2019ils sont mineurs, ceux-ci ont obtenu mercredi une détention à domicile, qui prévoit entre autres leur retour en classe.« Il y a des personnes impliquées dans le dossier qui vont à la même école [que la victime], c\u2019est pourquoi ils ont des conditions strictes à respecter si elles devaient se retrouver dans la même classe », a indiqué Tiago Murias, l\u2019avocat d\u2019un des jeunes accusés.Selon Me Murias, la façon dont ont été rédigées les conditions de détention assurera la protection de la victime.Les trois adolescents \u2014 deux garçons et une fille \u2014 accusés dans cette affaire d\u2019agression sexuelle en groupe devront être sous la supervision de leurs parents en tout temps.« Ce sont des enfants d\u2019âge scolaire, des enfants qui doivent être scolarisés, et les conditions doivent permettre que ces mineurs-là aillent à l\u2019école », a ajouté Me Murias.Mercredi, devant la Chambre de la jeunesse de la Cour du Québec, les trois jeunes sont restés impassibles alors que leurs parents s\u2019engageaient à les sur veiller « 24 heures sur 24 ».La juge Pauline R.Laforce leur a précisé qu\u2019ils ne sont pas remis en liberté, mais bien détenus à domicile et sous surveillance d\u2019une « personne digne de confiance ».Les adolescents, âgés de 13 à 15 ans, n\u2019auront pas le droit d\u2019utiliser les réseaux sociaux.D\u2019ailleurs, il leur est interdit d\u2019avoir accès à tout appareil électronique ayant Internet, notamment cellulaire et ordinateur.Une liste d\u2019adolescents avec lesquels ils ne peuvent entrer en contact a également été dressée.Pour éviter qu\u2019ils ne croisent la victime, ils devront d\u2019ailleurs être reconduits tous les jours à l\u2019école par leurs parents.Rappelons que, lundi, le 98,5 FM a révélé que le viol collectif a été filmé puis partagé sur les applications What- sapp et SnapChat.L\u2019agression en groupe aurait eu lieu lors d\u2019une fête privée dans un ap- par tement de Mont- réal-Nord.Toujours selon le 98,5 FM, c\u2019est le frère aîné de la victime qui aurait vu les images et reconnu sa sœur.Il aurait ensuite alerté leur père.«C\u2019est désolant pour la personne à qui on a fait subir ça», a commenté le père de l\u2019adolescente accusée dans cette affaire.Un quatrième adolescent, âgé de 15 ans, doit comparaître jeudi devant la Chambre de la jeunesse.Un cinquième suspect fait toujours l\u2019objet d\u2019une enquête du SPVM.Le Devoir JUSTICE Viol collectif : les trois adolescents accusés seront détenus à domicile Les trois adolescents devront être sous la supervision de leurs parents en tout temps uelque 90% des vêtements achetés au Canada sont fabriqués à l\u2019étranger.Et si les principaux approvisionneurs demeurent, et de loin, les ateliers chinois, la part du Bangladesh dans les importations canadiennes est au- jourd\u2019hui supérieure à 10%, ce qui n\u2019est pas rien.Ce qui fait qu\u2019en aval, la tragédie du Rana Plaza, survenue il y a cinq ans cette semaine, nous interpelle tous comme consommateurs de manière assez directe, qu\u2019on le veille ou non.Le Rana Plaza, un immeuble de huit étages situé en banlieue de Dacca, s\u2019est effondré le 24 avril 2013, faisant 1138 morts et plus de 2000 blessés parmi les quelque 5000 personnes, en majorité des femmes, qui y travaillaient dans des conditions de misère.Ce n\u2019était pas le premier accident à se produire dans l\u2019industrie textile bangladaise, mais ce fut le plus grave.Les opinions internationales s\u2019en sont émues; les grandes marques occidentales qui y faisaient fabriquer leurs produits, comme Gap et Benetton, ont été stigmatisées.L\u2019émoi ?t que les victimes furent indemnisées et que la sécurité des usines fut améliorée.Sous pression, le gouvernement bangladais a réformé ses lois du travail, faisant voter une augmentation du salaire minimum de 70% et réduisant les embûches à la syndicalisation pour les quelque deux millions de travailleuses employées dans les 5000 usines du pays.Mais, cinq ans plus tard, ces gains demeurent dans les faits in- suf?sants, sinon tout simplement théoriques.Si le salaire minimum mensuel de ces travailleuses du textile est passé de 44$CAN à 94$CAN, ces dernières restent les moins bien payées du monde.Face aux syndicats, le patronat persiste impunément dans ses pratiques de harcèlement, avec congédiements massifs d\u2019employés trop revendicateurs et poursuites en justice contre les leaders syndicaux.La fédération patronale de l\u2019habillement dispose d\u2019une énorme in?uence sur le gouvernement bangladais, comme l\u2019industrie textile, responsable de 80% des exportations du pays, est un moteur de l\u2019économie nationale.Il ne faut donc pas s\u2019étonner que les procès contre les propriétaires du Rana Plaza n\u2019aient pas abouti.Après les mea culpa, les multinationales n\u2019ont quant à elles pas modi?é, ou si peu, un modèle d\u2019affaires fondé sur les coûts de production les plus bas possible et des délais de livraison très serrés, ne se gênant pas d\u2019ailleurs pour jouer les pays les uns contre les autres.C\u2019est pourquoi, tant que ce modèle vivra, l\u2019industrie du prêt-à-porter reposera sur une logique du prêt-à-exploiter.Un sondage publié dans nos pages montre qu\u2019une grande majorité de Québécois (84 %) estime que les cours de français devraient être obligatoires pour les nouveaux arrivants.De même, pour près des trois quarts d\u2019entre eux, connaître mini- malement le français devrait être une condition pour demeurer au Québec.Ces données indiquent les limites des enquêtes d\u2019opinion quand il est question de concevoir des politiques et des programmes étatiques.e moins qu\u2019on puisse dire, c\u2019est que le sondage Léger, commandé par le Mouvement national des Québécoises et Québécois, con?rme que la Coalition avenir Québec est en phase avec la population quand elle propose de rendre les cours de français obligatoires pour les nouveaux arrivants qui ne connaissent pas le français et de les soumettre à un examen pour tester leur connaissance du français trois ans après leur arrivée, évoquant même leur expulsion s\u2019ils n\u2019obtiennent pas la note de passage.Le sondage, dans lequel une majorité des répondants (54 %) se dit pessimiste quant à l\u2019avenir de la langue française au Québec, révèle que 57 % d\u2019entre eux croient que la francisation des immigrants est un échec.En cela, les Québécois sondés rejoignent la véri?catrice générale, Guylaine Leclerc, qui, dans un rapport publié l\u2019automne dernier sur le sujet, en était arrivée à cette conclusion.Le problème, c\u2019est que cette mesure d\u2019imposer des cours de français aux nouveaux arrivants, si elle apparaît simple, ne tient pas la route.Apprendre une langue, pour un adulte surtout, requiert qu\u2019on y mette du sien.Comme le fait remarquer dans notre section Idées une enseignante en francisation des adultes, il est inconcevable qu\u2019on puisse enseigner à des étudiants contre leur gré, qu\u2019on puisse apprendre par la force.La solution n\u2019est pas d\u2019obliger les nouveaux arrivants à suivre des cours de français, mais de faire en sorte qu\u2019ils se sentent, eux-mêmes, obligés d\u2019apprendre le français, qu\u2019ils en voient la nécessité dans leur vie de tous les jours, un constat que font nombre d\u2019entre eux, n\u2019en doutons pas.Il est vrai, comme l\u2019a signalé la véri?catrice générale, que seulement le tiers des immigrants qui devraient se franciser s\u2019inscrivent à des cours de français offerts par le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion (MIDI).Un certain nombre suivent d\u2019autres cours de français, mais selon l\u2019évaluation du ministère, même si on en tient compte, 60 % des immigrants visés s\u2019en passent.C\u2019est beaucoup trop.Une des raisons qui expliquent ce phénomène, c\u2019est que la priorité de bien des nouveaux arrivants, c\u2019est de se dénicher un emploi.De là, l\u2019importance, d\u2019une part, qu\u2019ils puissent travailler en français.D\u2019autre part, le gouvernement libéral, dont la désinvolture en matière de promotion de la langue française est notoire, aurait dû depuis longtemps obliger les entreprises à accueillir sur les lieux de travail des classes de français ou encore permettre à ces employés de suivre leurs cours ailleurs, tout en étant rémunérés.Il y a aussi plusieurs autres cas d\u2019espèce : les grands-parents arrivés au pays en vertu du programme de réuni?cation des familles ou encore les conjoints \u2014 surtout des femmes \u2014 qui choisissent de rester à la maison.Il faut adopter de meilleures stratégies pour les rejoindre.Et accepter, dans certains cas, que la véritable francisation soit l\u2019affaire de la génération suivante.Quant à l\u2019expulsion des récalcitrants, point besoin de démonstration pour la juger inapplicable, mais surtout inhumaine.La CAQ doit tout simplement la biffer de son programme.L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 A V R I L 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Lettre à mon oncle «Alphonse» C\u2019est un plaisir pour moi de t\u2019écrire au- jourd\u2019hui.Il y a trois générations, Alphonse Desjardins nous a fait la démonstration que, lorsqu\u2019on s\u2019unit tous dans un même but, on est capables de grandes choses.Mon oncle Alphonse, tu nous as montré le chemin et toute la population du Québec francophone t\u2019a suivi dans le «Mouvement Desjardins», qui avait pour but d\u2019aider tous nos concitoyens de nos municipalités.Même si parfois tous les critères n\u2019étaient pas au rendez-vous, on parvenait à avoir des prêts, ou un peu d\u2019argent pour réaliser nos objectifs ou nos rêves.Alphonse, tu étais notre fierté et toutes nos petites caisses de toutes les municipalités ont contribué au succès sans précédent du «Mouvement Desjardins».Mon oncle Alphonse, on te considérait au même rang que Maurice Richard ou René Lévesque.C\u2019est à la petite école que, L I B R E O P I N I O N P I E R R E K A R L P É L A D E A U Président et chef de la direction de Québecor inc.Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) s\u2019apprête à se pencher sur la transaction par laquelle Bell souhaite remettre la main sur les chaînes Séries + et Historia dont elle avait été forcée de se départir en 2013 à la suite de l\u2019acquisition d\u2019Astral.Or, le temps ne serait-il pas venu pour le Conseil de faire la promotion de l\u2019innovation plutôt que de renforcer la dominance de Bell ?Le CRTC réalise-t-il que, par ses décisions, il a contribué à accélérer la concentration des chaînes à un niveau qui confère à Bell un pouvoir de négociation qui lui permet d\u2019écraser ses concurrents en acquérant les contenus les plus prisés dans les deux langues?Ainsi, le Conseil permet aussi que des chaînes qui ont bénéficié pendant des années d\u2019une situation monopolistique perçoivent des tarifs trop élevés qui ne correspondent pas à leur valeur marchande.Ceci augmente la facture des consommateurs et accélère le phénomène du cord-cutting et, par conséquent, la diminution des contributions au Fonds des médias du Canada, affectant ainsi notre capacité à produire des émissions qui nous rassemblent et nous ressemblent.Malgré toutes les réserves et les mises en garde exprimées par plusieurs intervenants, dont Québecor, au moment de l\u2019approbation de l\u2019acquisition d\u2019Astral, force est de constater que, cinq ans plus tard, la saine concurrence souhaitée par le Conseil et les autres membres du secteur n\u2019est pas au rendezvous.On en veut pour preuve le fait que Bell récolte actuellement 51% des redevances versées par les entreprises de télédistribution canadiennes aux chaînes spécialisées dans le marché francophone, proportion qui est appelée à monter à 56% si Bell acquiert ces deux chaînes.Comment a-t-on pu en arriver là ?Au- delà du fait que la transaction Bell-Astral n\u2019aurait jamais dû être avalisée, il faut regarder du côté de l\u2019héritage monopolistique de plusieurs des chaînes spécialisées de Bell.Des chaînes comme RDS, Canal D ou Vrak ont en effet longtemps bénéficié de protections réglementaires, comme la protection des genres qui garantissait une exclusivité à cer taines chaînes dans leur créneau de programmation.Ces chaînes profitaient également du droit d\u2019accès qui obligeait les télédistribu- teurs à les offrir à la base ou dans des forfaits à haute pénétration.Malgré la levée de cette protection, le CRTC n\u2019a jamais véritablement réussi ou même cherché à éliminer les avantages concurrentiels et surtout tarifaires dont ces chaînes profitent à ce jour.Le simple fait que le Conseil tienne compte de l\u2019évolution historique des tarifs payés aux chaînes par les entreprises de distribution lorsque vient le moment de fixer ces tarifs en arbitrage est une aberration.Ainsi, il devient difficile de baisser les tarifs de chaînes qui ne sont plus regardées et choisies par les abonnés, ou qui sont tout simplement surévaluées en comparaison de la moyenne du marché.En d\u2019autres mots, alors qu\u2019on dit vouloir encourager la concurrence, on récompense des entreprises pour avoir déjà profité d\u2019une position monopolistique.Prenons comme exemple la dernière décision d\u2019arbitrage du CRTC relativement au tarif payé par Bell Télé pour la distribution de TVA Sports.Alors que la proposition de Groupe TVA respectait en tout point la jurisprudence du Conseil, celui-ci a plutôt choisi de baser sa décision sur des interprétations et des principes différents de ceux utilisés dans ses décisions passées afin d\u2019avantager indûment Bell, tout en désavantageant indûment Québecor.Ceci alors que, malgré un monopole de plus de 20 ans dont a bénéficié RDS, TVA Sports a su, grâce à des investissements annuels moyens de près de 100 millions, se tailler une place de choix avec près de 1,9 million d\u2019abonnés et des parts de marché enviables et comparables à celles de RDS.En agissant de cette façon et n\u2019analysant pas de façon complète l\u2019environnement concurrentiel dans lequel les diffuseurs évoluent, le CRTC maintient artificiellement les avantages de ces anciens monopoles plutôt que d\u2019appuyer, comme il se doit, les nouveaux joueurs qui appor tent choix et concurrence dans un marché télévisuel transformé par le Web, les services de vidéos numériques et les réseaux sociaux.Plus le régulateur encourage le maintien, voire l\u2019augmentation des tarifs de ces anciens monopoles, plus les téléspectateurs vont fuir le système canadien de radiodiffusion et s\u2019abonner à des services comme Netflix, dont le coût est inférieur à celui de l\u2019abonnement aux services des entreprises de télédistribution canadiennes.Ce faisant, le CRTC se retrouve pris à son propre jeu et met en danger la pérennité du système canadien de radiodiffusion.Ces façons de faire dépassées risquent d\u2019anéantir des années d\u2019efforts en vue d\u2019assurer un plus grand choix pour les téléspectateurs et une plus grande diversité de points de vue.Si le CRTC veut vraiment établir une concurrence vigoureuse comme il le clame depuis des années, il est impératif qu\u2019il passe de la parole aux actes.Pour une véritable concurrence en télévision FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET mon oncle Alphonse, tu nous as donné notre première leçon d\u2019économie\u2026 Arrêtez d\u2019acheter des « petits Chinois » et formez des caisses scolaires\u2026 Le Mouvement Desjardins était notre fierté\u2026 Impliquée dans toutes nos petites paroisses\u2026 Un local, des bénévoles et des employés.On se côtoyait et on se connaissait, c\u2019était un vrai «mouvement», les sociétaires étaient à la base des décisions.Mais aujourd\u2019hui, depuis la fédération des caisses populaires, mon oncle Alphonse, les décisions sont prises en « haut lieu » et ce n\u2019est plus la base qui décide\u2026 La prise de décision s\u2019éloigne de la base\u2026 C\u2019est regrettable, mais « le Mouvement Desjardins » est en train de s\u2019éloigner de nos paroisses\u2026 C\u2019est dans la terre de ces petites municipalités qu\u2019a germé « le Mouvement Desjardins ».Tourner le dos à nos petites paroisses, c\u2019est favoriser l\u2019érosion des activités socio-économiques et ça ressemble à l\u2019aide à mourir.Chaque paroisse du Québec est un joyau, une toile unique, et ensemble les paroisses forment la mosaïque que l\u2019on appelle « la Belle Province».C\u2019est grâce à la beauté, au pittoresque, à la fierté de chaque petite paroisse.Saint-André de Kamouraska, Ri- vière-Ouelle, Saint-Onésime d\u2019Ixworth, Saint-Roch-des-Aulnaies, Saint-Gabriel-Lale- mant, Saint-Denis-de La Bouteillerie, etc., autant de petits villages qui ont formé notre peuple et qui méritent de la considération et un minimum de services\u2026 Alphonse Desjardins, tu donnais avant beaucoup de services aux membres, avec peu ou sans frais\u2026 Aujourd\u2019hui, on impose le plus de frais possible avec le moins de services aux membres.Les vieux avaient toujours des paroles très justes : on ne mord jamais la main qui nous nourrit\u2026 Je vais aller chez le curé pour faire effacer la parenté, mon oncle Alphonse.Qui sait ?Dans quelques années, les petits Chinois vont peut-être prendre la relève dans nos petites municipalités.Pierre Kidd Sainte-Anne-de-la-Pocatière, le 25 avril 2018 FRANCISATION DES IMMIGRANTS Vrai problème, fausse solution RANA PLAZA L\u2019industrie du prêt-à-exploiter L Q GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 A V R I L 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).M A R I E - A N D R É E P R O V E N C H E R Enseignante en francisation d\u2019adultes L es enseignants en francisation d\u2019adultes, dont je fais par tie, ont dû sursauter en l isant dans Le Devoir, mard i , qu\u2019une ma jor ité de Québécois sont favorables à l\u2019idée de rendre obligatoire la francisation des immigrants ! Imaginez la situation si des étud iants éta ient dans une classe contre leur gré, quels ravages ils risqueraient de causer : perturber les cours ; persuader des camarades que le cours est inutile\u2026 Ou le professeur, incompétent\u2026 Il y a un proverbe haïtien qui s\u2019applique bien à cette situation : « Ce n\u2019est pas mener la couleuvre à l\u2019école qui est difficile, c\u2019est la faire asseoir sur le banc ! » Il est évident qu\u2019on ne peut pas faire apprendre par la force ! Ce qu i do it s \u2019amé l iorer, c\u2019est l\u2019offre de cours.Les horaires doivent être déterminés en fonction des besoins des étudiants et non des désirs des enseignants ou de leur convention collective .D\u2019après ma longue expé - r ience en franc isat ion d\u2019adultes, le format idéal est de 15 heures semaine : trois heures chaque jour, avec le moins d\u2019interruptions possible.Par contre, un adulte ne peut pas arriver à maîtriser une nouvelle langue grâce à seulement quelques heures de temps en temps ! Horaires variables Comme une bonne par tie des arrivants a de jeunes enfants, il faut en tenir compte pour les horaires.Il faut des places en garderie pour les tout-petits et le temps de les y reconduire pour les parents ; le début des cours du matin et la f in des cours d\u2019après- midi doivent être en fonction des hora ires des écoles .Il do it y avo ir des l ieux de cours dans chaque quar tier où des nouveaux ar r ivants s\u2019installent.Pour ne pas « échapper » d\u2019arrivants, il faut leur of frir la francisation, avec allocation de survie, dès leur arrivée, quitte, s\u2019il n\u2019y a pas de place dans les cours du MIDI, à les inscrire dans les commiss ions scola ires ou d\u2019autres établ issements d\u2019éducation : des cours structurés, suffisamment intensifs, donnés par des enseignants qualifiés.Besoins individuels La francisation doit correspondre aux beso ins ind iv i - duels, surtout à ceux de l\u2019em- ployabilité.Par exemple, un professionnel, un enseignant d iplômé à l \u2019étranger, do it avo ir accès à des cours lui permettant de réussir les examens exigés pour l\u2019exercice de sa profess ion .Une personne se préparant à travailler avec le public aura besoin d\u2019un per fect ionnement à l\u2019oral, alors qu\u2019un secrétaire devra approfondir l\u2019écrit.Il faut cesser d\u2019allouer un même temps d\u2019apprentissage à tous sans tenir compte des écarts linguistiques et culturels.Sous cette justice apparente, une grande iniquité se dissimule : un unilingue asiatique ne peut pas progresser au même rythme qu\u2019une personne de langue latine.Il faut investir suf fisamment pour former des groupes plus petits afin qu\u2019il soit possible de respecter le rythme d\u2019apprentissage de chacun.Oui, avoir accès à la maîtrise de la langue commune est un droit.FRANCISATION DES IMMIGRANTS Ne pas faire apprendre par la force É R I C P I N E A U L T Professeur au Département de sociologie de l\u2019UQAM e gouvernement Trudeau négocie actuellement à Houston ce qui sera possiblement le plus important investissement public dans le secteur énergétique des dernières décennies.Ironiquement, ce sera pour appuyer la construction d\u2019un pipeline qui transpor tera un des pétroles les plus sales de la planète.Alors que nous devrions nous engager dans une transition de grande ampleur pour respecter les engagements climatiques pris à Paris, Justin Trudeau et ses ministres usent de tous les moyens à leur portée pour forcer le passage de Trans Mountain.Le projet serait dans «l\u2019intérêt national » : il est une pièce essentielle du puzzle par lequel le premier ministre tente de convaincre la population que l\u2019on peut concilier développement économique et environnement.À ceux qui tiennent à nos engagements climatiques, il explique que Trans Mountain est la clé pour faire accepter à l\u2019industrie pétrolière un prix sur le carbone, première étape de la transition.Pourtant, devant les représentants de l\u2019industrie, il présente les choses autrement.La tarification du carbone est le prix à payer pour assurer son développement à long terme, notre pétrole perdrait enfin son stigmate et gagnerait en acceptabilité sociale.Réserves importantes Le Canada dispose de réserves en bitume de 170 milliards de barils, assez pour assurer la croissance de l\u2019industrie des sables bitumineux tout le long du XXIe siècle, à condition que s\u2019accroisse en parallèle la capacité de transport par pipeline.De ce point de vue, il n\u2019est aucunement question de transition ou de décarbonifica- tion.Trans Mountain ainsi que Keystone XL et l\u2019expansion de la ligne 3 d\u2019Enbridge ont tous pour fonction de permettre l\u2019expansion à long terme de l\u2019industrie des sables bitumineux.Si ces trois projets de pipeline sont construits, la capacité de production de pétrole dans l\u2019Ouest pourra doubler d\u2019ici 2030.Dans un tel scénario, pour atteindre nos cibles de réduction des gaz à effet de serre (GES), il faudrait que le reste de l\u2019économie canadienne, y compris les ménages, réduise ses émissions de 90 %.Trans Mountain n\u2019est décidément pas dans l\u2019intérêt national de ceux qui croient aux engagements que nous avons pris à Paris.Donc, reposons la question.Qui a besoin de Trans Mountain ?L\u2019économie, la péréquation, les extracteurs ?Les banques qui ont sauté sur l\u2019occasion pour investir dans le projet il y a près d\u2019un an?Peut-être.Regardons de plus près l\u2019aspect économique du projet.Rappelons d\u2019abord que le secteur des sables bitumineux au Canada est en pleine restructuration.Or, cela n\u2019a rien à voir avec l\u2019accès ou non aux marchés internationaux, avec l\u2019écart de prix entre le Canada et le reste du monde ni avec la construction de pipelines.Rentable à 70 ou 90 $ le baril, un investissement dans l\u2019extraction de sables bitumineux ne l\u2019est plus depuis que le prix du baril sur les marchés internationaux se situe à 40$ ou 50$.Ce bas prix a une cause: la révolution du pétrole de schiste aux États-Unis, amorcée vers 2010 et censée se prolonger jusqu\u2019en 2030.Au début des années 2000, l\u2019investissement dans les sables bitumineux était massif et structurant pour l\u2019économie canadienne.Mais depuis 2014, la donne a complètement changé.Dans ce nouveau contexte, la stratégie des entreprises, celles qui n\u2019ont pas tout simplement plié bagage (comme le firent Total, Shell et Statoil), a été de s\u2019asseoir sur leurs actifs et de réduire leurs coûts pour rétablir leurs marges.Incapables de promettre une croissance exceptionnelle à leurs actionnaires, les Suncor de ce monde se tournent vers une stratégie défensive et dirigent leur surplus vers l\u2019augmentation du dividende et le rachat d\u2019actions.Toutes les entreprises du secteur que nous avons pu étudier se vantent de ne plus être exposées à l\u2019écart de prix entre le «Western Canadian Select» et les prix sur les marchés internationaux.Dans leurs communications avec les analystes financiers, elles soutiennent toutes ne pas souffrir du manque de capacité de transport.Certes, il y a eu un engorgement pendant quelques semaines cet automne, mais il résulte de la décision de TransCa- nada de limiter l\u2019usage du réseau Keystone après un déversement de plus de 8000 barils de pétrole dans le Dakota du Sud.Comme le résuma avec éloquence et simplicité le p.-d.g.de Suncor lors d\u2019une discussion avec les analystes en octobre dernier, «les tuyaux et l\u2019écart de prix ne me font pas perdre le sommeil».Les grandes entreprises extractives affirment que ce qui les amènerait à investir de nouveau dans l\u2019expansion de leur capacité, ce n\u2019est pas un nouveau pipeline comme Trans Mountain, mais plutôt un rétablissement, de manière durable, du prix du baril à l\u2019échelle internationale.Or, cela est très improbable tant que dure le boom du pétrole de schiste aux États- Unis.Autre grande inconnue qui nuit aux projets d\u2019investissement : il est dif ficile de savoir quelle sera la demande après ce boom, en 2030 ou 2040.Cela dépend de la vigueur des politiques de transition des grandes économies, de la Chine en premier lieu.Bref, l\u2019ajout du pipeline Trans Mountain ne peut seul relancer le secteur.L\u2019économie alber- taine, la péréquation, l\u2019économie canadienne se sont déjà adaptées à cette nouvelle conjoncture économique ; les emplois ont été perdus, les actifs radiés, les investissements futurs annulés.Le contexte est propice pour planifier la décroissance de l\u2019industrie et la diminution de la dépendance économique aux hydrocarbures.Dans ce contexte, l\u2019ultimatum lancé par Kinder Morgan est un curieux signal.Doute-t- elle de la rentabilité de son projet ?Cherche-t-elle des partenaires publics à qui elle peut transférer une par tie de ses risques commerciaux ?Rappelons qu\u2019il y a un an, la compagnie mère a créé Kinder Morgan Canada pour isoler l\u2019entité amér ica ine de l \u2019act ivité de l\u2019entité canadienne.La filiale américaine a utilisé une bonne partie des sommes tirées du Canada pour améliorer son bilan et diminuer son endettement.Et si Kinder Morgan n\u2019avait plus besoin de Trans Mountain ?Quand on compare les coûts et les risques écologiques (déversements et marées noires) et sociaux (répression, conflits avec les Premières Nations) au maigre bénéfice économique à court et à moyen terme du pipeline, on peut douter de l\u2019intérêt national du projet.Cer tes, à long terme, Trans Mountain pourrait avoir un ef fet sur la croissance de l\u2019industrie.Les conditions pourraient être réunies pour un nouveau cycle d\u2019expansion de l\u2019extraction de sables bitumineux, mais à partir de 2040.Une telle éventualité nous forcerait à renier nos engagements climatiques internationaux alors que l\u2019humanité \u2014 il est à espérer \u2014 aura définitivement pris la décision de réduire, de façon draconienne, son usage des énergies fossiles.SABLES BITUMINEUX Vers l\u2019expansion des énergies fossiles au-delà de 2040 G É R A R D B O I S M E N U Professeur titulaire de sciences politiques à l\u2019Université de Montréal u cours d\u2019une campagne électorale, tout se dit.Le raisonnable n\u2019est pas toujours au rendez-vous, car la propagande puise dans un stock limité d\u2019idées, souvent racoleuses et exploitant les perceptions les plus sommaires.Il faut se prémunir contre des séductions trop faciles.On doit porter une grande attention aux populations laissées- pour-compte.Les grands organismes internationaux pointent l\u2019accroissement des inégalités et de la pauvreté comme des menaces pour la croissance économique et l\u2019avenir des sociétés démocratiques.Ce n\u2019est pourtant pas une fatalité que l\u2019on doit subir au nom de «lois intangibles».La comparaison des sociétés occidentales montre que les taux de pauvreté diminuent avec la hausse des dépenses sociales, que les services publics contribuent à la réduction des inégalités et de la pauvreté et que les mesures fiscales jouent un rôle comparable lorsqu\u2019elles sont utilisées à cet effet.Des réalisations dignes de mention Les inégalités sont plutôt fortes au Canada (en comparaison avec les autres pays de l\u2019OCDE).Elles sont cependant modulées régionalement.En comparaison avec l\u2019Ontario, l\u2019Al- ber ta et la Colombie-Britannique, les inégalités sont plus faibles au Québec au cours des 25 dernières années, et cela, dans la durée.À l\u2019échelle internationale, l\u2019indice d\u2019inégalité nous rapproche des pays européens et nous éloigne du reste du Canada.Dans un récent livre (Combatting Poverty), Axel van den Berg et ses coauteurs retiennent la mesure de la pauvreté à 50% de la médiane provinciale du revenu disponible des ménages (c\u2019est une mesure très courante dans les études comparées).Outre le Québec, l\u2019Ontario, l\u2019Al- ber ta et la Colombie-Britannique sont considérés.Le Québec se distingue.Depuis 2000, le taux de pauvreté est le plus bas et la tendance est à la décroissance, tandis que c\u2019est généralement l\u2019inverse dans les autres provinces.Depuis 1995, il y a environ deux fois moins (en pourcentage) de familles biparentales pauvres au Québec que dans les autres provinces.Pour les familles mono- parentales, il y a une plus grande similitude avec le reste du Canada, mais, début 2000, le Québec «décroche» et se distancie de façon remarquable de l\u2019ensemble canadien.Pour les célibataires sans enfant, le Québec suit une évolution similaire à celle connue dans le reste du Canada.L\u2019«ex- ceptionnalisme québécois» ne se manifeste pas ici.Les rôles des politiques publiques Les politiques publiques possèdent une grande influence sur la répar tition de la richesse.Il y a une marge entre la répartition primaire du revenu et le revenu disponible une fois considérée l\u2019intervention publique (mesures de redistribution et de fiscalité).La comparaison avec les provinces nous enseigne que le Québec est à l\u2019avant-plan pour les dépenses de programmes.Et ce, sur tous les plans de l\u2019intervention sociale : les services sociaux et l\u2019habitation, le travail, l\u2019emploi et l\u2019immigration, les mesures d\u2019activation, l\u2019intervention en faveur des familles avec enfants, la conciliation travail-famille (services de garde, congés parentaux, par exemple).La fiscalité comme programme social On parle de la forte pression fiscale au Québec.Mais au-delà, la charge fiscale nette (l\u2019impôt fédéral et provincial sur le revenu, plus les cotisations sociales, moins les prestations auxquelles ont droit les ménages) fournit une bonne estimation du poids réel de la fiscalité pour les ménages.Elle est révélatrice du revenu disponible des familles québécoises (bilan 2018 de la Chaire en fiscalité et en finances publiques, dirigée par Luc Godbout).La charge fiscale nette au Québec « est inférieure à la moyenne des 35 pays membres de l\u2019OCDE» dans six des huit cas de figure présentés, selon ce bilan.C\u2019est même la plus faible de l\u2019ensemble des pays de l\u2019OCDE pour les familles mono- parentales avec deux enfants et les familles biparentales dont un adulte gagne le salaire moyen au Québec.Par rappor t aux pays de l\u2019OCDE, la charge fiscale nette du Québec est «parmi les plus basses dans les cas de faibles revenus et en présence d\u2019enfants » (p.50).Par contre, la charge fiscale pour les plus hauts revenus est plus nettement progressive, mais reste dans la moyenne de l\u2019OCDE.Il n\u2019y a pas de pays de cocagne La comparaison du Québec avec le Canada ne doit pas faire illusion.Son exceptionnalisme n\u2019a pas de sens si on élargit le champ d\u2019observation vers l\u2019Europe.La situation québécoise actuelle est le fruit d\u2019un équilibre de compromis qui a donné un rôle plus soutenu à l\u2019intervention publique.La situation est fragile, car soumise au jeu politique.C\u2019est là que les apprentis sorciers montrent toute la limite de leur pensée magique.Les compressions des dernières années des dépenses publiques ne devaient pas hypothéquer les services aux citoyens ou aux usagers.Pourtant, c\u2019était une rhétorique qui avait comme suprême vertu de faire fi des faits.Or, les tentations actuelles de restreindre l\u2019intervention publique et de réduire les impôts, si elles devaient se réaliser, auraient un ef fet systémique qui minerait durablement ce qui a été construit et qui donne comparativement de bons résultats.Réduire significativement les impôts, ce peut être séduisant, mais c\u2019est mettre en incapacité l\u2019État à la fois de jouer son rôle dans la redistribution et de contribuer à une certaine égalité des chances.Laissons les mirages aux aventuriers irresponsables.REDISTRIBUTION DE LA RICHESSE La fiscalité au Québec, une réussite sociale menacée A La situation québécoise actuelle est le fruit d\u2019un équilibre de compromis qui a donné un rôle plus soutenu à l\u2019intervention publique « » PATRICK DOYLE LA PRESSE CANADIENNE Des opposants au projet Trans Mountain ont manifesté lundi à Ottawa.L L E D E V O I R , L E J E U D I 2 6 A V R I L 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S officielle n\u2019avait alors été déposée.Devant la lenteur de la réaction des musées canadiens, la Fabrique a décidé de tâter l\u2019eau à l\u2019international, comme l\u2019a expliqué précédemment en entrevue au Devoir le curé, Denis Bé- langer, même s\u2019il demeurait important à ses yeux et à ceux de sa hiérarchie que le tableau reste en sol canadien.« Ce que ça nous a permis, ça, d\u2019aller voir d\u2019autres musées, c\u2019est de comprendre la juste valeur du tableau.C\u2019est im- por tant, ça, pour nous, la juste valeur marchande », admettait encore Mgr Bélanger.«Le prix a ensuite augmenté à 5 millions $US [6,3 millions de dollars canadiens], une hausse impor tante », poursuit Mm e Lachance, du MBAM.Un prix qui correspondait à l\u2019évaluation faite par Christie\u2019s.« La Fabrique demandait par ailleurs au musée la confidentialité relativement à la vente », poursuivait le MBAM, « ce qui rendait dif ficile l\u2019impact de nos démarches vis-à-vis du public et du ministère ».Mais pourquoi le MBAC, seul musée au pays à bénéficier d\u2019un budget d\u2019acquisition irrigué par des fonds publics, soit 8 millions de dollars par an venant de Patrimoine canadien, n\u2019a-t-il pas bougé plus tôt ?Paul Lang, qui était conservateur en chef au moment du début des négociations et qui est parti en décembre pour diriger les Musées de Strasbourg, affirme en entrevue au Globe and Mail que le MBAC a passé 18 mois à chercher sans succès de potentiels donateurs ; et que l\u2019offre de 3 millions de dollars faite par le musée, et compatible avec le budget du MBAC, a été refusée par la Fabrique.Une version qui ne correspond pas à celle de la Fabrique.Par ailleurs, le rapport annuel 2016-2017 du MBAC mentionne que le « musée a enregistré à la fin de l \u2019exercice 900 000 $ d\u2019apports reportés disponibles pour de futures acquisitions d\u2019objets de collection ; ce montant était de 2,2 millions de dollars en 2015-2016 ».Autrement dit, le MBAC a commencé son année financière 2017 en avril avec un fonds d\u2019acquisition de base de 8,9 millions ; et l\u2019an précédent, avec 10,2 millions de dollars.Normes, us et pratiques Rappelons que dans une lettre ouverte envoyée lundi 23 avril, le MBAC réitérait sa décision de vendre La Tour Eif fel de Chagall aux enchères de Christie\u2019s le 15 mai.Le musée espère en tirer 8 à 10 millions de dollars.Et ce, même si sa raison principale de le faire s\u2019est pratiquement évanouie.La vente du Chagall devait « permettre une éventuelle acquisition du Saint Jérôme» pour «prévenir la sortie du pays d\u2019une œuvre d\u2019art majeure ».Mais l\u2019avis d\u2019intention de classement patrimonial déposé par la ministre de la Culture Marie Montpetit rend la sortie du tableau hors du Québec beaucoup moins probable, d\u2019autant que la ministre a demandé dans la foulée à la Fabrique de réviser sa démarche de vente.Les deux autres raisons qui poussent le MBAC à poursuivre le processus de vente du Chagall, comme le mentionnaient conjointement la présidente du conseil d\u2019administration Françoise Lyon et le directeur Marc Mayer, sont « d\u2019établir un filet de sécurité financier pour l\u2019achat d\u2019œuvres menacées de quitter le pays et de renforcer la capacité du Musée d\u2019acquérir des œuvres d\u2019art d\u2019importance ».La décision a été mûrement réfléchie, surli- gnait le MBAC.Ce n\u2019est pourtant qu\u2019en décembre que le conseil d\u2019administration a voté l\u2019aliénation de La tour Eiffel.Et en février, le tableau était déjà à Londres, et déjà entre les mains de Christie\u2019s.La vente est prévue pour le 15 mai prochain.« Nous avons suivi les procédures prescrites et nous avons respecté les normes éthiques qui prévalent dans le domaine », assurait encore le MBAC.Or, l\u2019Association des musées canadiens mentionne dans ses lignes directrices qu\u2019une aliénation est jugée inacceptable « lorsqu\u2019elle intervient principalement pour des raisons financières », qui sont les seules qui demeurent.Les principes déontologiques de la même association soulignent aussi que « les musées devraient annoncer publiquement leur décision d\u2019aliéner des biens de leurs collections au moins trois mois avant la date prévue, en ayant recours aux médias appropriés», ce qui n\u2019a pas été le cas dans ce dossier, la nouvelle ne s\u2019étant répandu que par le communiqué de presse lancé par Christie\u2019s début avril \u2014 et donc une fois le Chagall hors du pays.L\u2019American Association of Art Museum Directors \u2014 dont Marc Mayer, directeur du MBAC, est membre \u2014 précise dans son guide des bonnes pratiques qu\u2019une aliénation ne devrait jamais « être faite en réaction aux exigences d\u2019un moment particulier ».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 SAINT JÉRÔME centaine d\u2019appels en moins de deux jours.Des membres de la famille de témoins ou de personnes décédées.« Chaque individu réagit différemment en situation de crise.La plupart des gens sont en état de choc et il n\u2019y a pas de grandes conversations quand ils appellent.On essaie juste d\u2019être présent pour eux », explique Mme McMurrich.Trois équipes de deux intervenants de VST ont également été dépêchées sur les lieux du drame à la rencontre des familles, mais l\u2019objectif est surtout de livrer des informations très pratiques, comme où appeler pour avoir des renseignements lorsqu\u2019on n\u2019a pas de nouvelles d\u2019un proche.Parfois, à chaud, il s\u2019agit de dire aux gens comment se mettre en sécurité.Partout, le soutien aux proches des victimes s\u2019est rapidement organisé.Des collectes de sang ont aussi été mises sur pied, de même que des fonds pour aider les victimes, dont celui annoncé par la ville de Toronto, «Toronto Strong».Des entreprises comme Invesco, où travaillait Anne Marie D\u2019Amico, l\u2019une des victimes, ont fait venir sur place des intervenants pour offrir soutien psychologique à leurs employés.Les écoles aussi ont eu besoin d\u2019aide, surtout celles situées près de la rue Yonge.On a d\u2019emblée confié la tâche aux enseignants et au personnel d\u2019en parler avec leurs étudiants.« S\u2019ils ont besoin d\u2019un soutien additionnel, ils peuvent avoir accès au programme d \u2019aide aux em - ployés », a expliqué Ryan Bird, porte-parole de la Commission scolaire du district de Toronto.À l\u2019école secondaire Earl Haig, située près de la rue Yonge, l\u2019événement tragique a eu une résonance particulière.L\u2019une des victimes confirmées, Renuka Amarasingha, venait de terminer sa première journée de travail à cette école lorsque le camionneur fou l\u2019a fauchée.Cette mère monoparentale d\u2019origine sri-lankaise avait aussi travaillé pour les services de nutrition dans plusieurs écoles, a confirmé la commission scolaire.Très présents, de nombreux groupes religieux sont venus appor ter leur soutien à la communauté du quartier Willowdale de North York, très multiculturel et multiconfessionnel.Des musulmans, des catholiques.Mercredi matin, une cinquantaine de Coréens d\u2019origine, membres d\u2019une église presbytérienne d\u2019Etobi- coke, sont venus prier sous leurs parapluies.Des soins venus de loin Des gens sont même venus de partout au Canada pour écouter et soutenir la communauté de North York.Donald Murray Prince est le coordonnateur de l\u2019équipe d\u2019inter vention rapide d\u2019une église fondée par Billy Graham, l\u2019un des prédicateurs les plus célèbres du protestantisme évangélique.Comme il habite Waterloo en Ontario, l\u2019ex-pasteur a été un des premiers de son groupe à arriver coin Yonge et Finch dès lundi.« On est formé pour offrir un secours aux sinistrés dans des tragédies, mais on ne fait pas de conseil, on s\u2019efforce plutôt d\u2019écouter », dit-il.Comme en s\u2019asseyant sur un banc pour parler avec une résidente du quar tier qui avait vu l\u2019horreur.« On crée un contact.On prie avec ceux qui le veulent et sinon on parle, parce que parler fait partie du processus de la guérison.» Ses aumôniers bénévoles et lui ont même parfois été appelés à offrir du soutien ailleurs dans le monde, en Floride après les ouragans, à McMur- ray pendant les feux de forêt et même pendant les deux épisodes récents d\u2019inondations au Québec.Originaire de Montréal, Pat Miller a répondu à l\u2019appel des Torontois de North York.Elle a l\u2019habitude des situations traumatiques, s\u2019étant rendue en moins de 48 heures à Bruxelles lors des deux attentats terroristes en mars 2016.«J\u2019ai toujours travaillé dans le milieu de la santé et ça répond à mon besoin de faire plus et d\u2019aider», dit-elle.À un jet de pierre du fameux coin des rues Yonge et Finch, l\u2019église Baptiste de Willowdale offre aussi un précieux soutien en ouvrant ses portes à tout le monde.Un peu de repos, un café ou un chocolat chaud et même de quoi recharger un téléphone ou réchauffer des journalistes qui ont passé la journée dehors.Mais sa mission est surtout d\u2019apporter un soutien à la communauté, mission qui prend tout son sens maintenant que celle-ci a été frappée en plein cœur.Mais le pasteur Bruce Jones est conscient qu\u2019il jouera un rôle encore plus important d\u2019ici quelques jours, lorsque la poussière retombera.« D\u2019ici quelques jours, les caméras vont partir et les projecteurs ne seront plus sur nous, mais les blessures des gens vont demeurer, même si le monde regarde ailleurs», dit-il.« Et c\u2019est là que le gros du travail commencera pour les églises et les autres organisations comme les nôtres, qui sont dans la communauté depuis longtemps.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 8 TORONTO Ce que ça nous a permis, ça, d\u2019aller voir d\u2019autres musées, c\u2019est de comprendre la juste valeur du tableau Denis Bélanger, curé Fabrique de la paroisse Notre-Dame « » rale du Québec doit en ef fet déposer un rapport préélectoral avant le prochain scrutin.Avec les journalistes, M.Arcand a reconnu que les chiffres du Devoir sont « les bons chiffres », mais a précisé que « ça dépend de la façon dont vous les interprétez».Un rattrapage «effectué», dit le premier ministre Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a déploré la «clause cadenas» prévue à l\u2019entente.« Ça veut dire que, d\u2019ici 2023, même si on avait une étude qui montrait que les spécialistes au Québec sont plus payés que dans le reste du Canada, bien, il ne pourrait y avoir aucun ajustement », a-t-il lancé.L\u2019étude que l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS) réalisera pourra en effet entraîner une négociation à la hausse de la rémunération des spécialistes si ces derniers sont désavantagés par rapport à leurs collègues du reste du Canada.Mais dans le cas contraire, l\u2019accord-cadre ne prévoit pas que l\u2019enveloppe puisse être revue à la baisse.Le premier ministre, Philippe Couillard, a une fois de plus reconnu que « le rattrapage a été ef fectué » pour les médecins spécialistes par rapport à leurs collègues ailleurs au pays.«Ce qui est clair, également, c\u2019est que l\u2019entente permet de protéger exactement ce qu\u2019elle dit, puisqu\u2019on fait diminuer le poids de la rémunération médicale dans le budget de la santé, ce qui était un enjeu important ; on a réussi à la ramener en bas de 20 %, à contrôler l\u2019augmentation des masses de rémunérations médicales à 3 %», a-t-il justifié.Le député caquiste Simon Jolin-Barrette a sommé le gouvernement Couillard de dévoiler « l\u2019ensemble des chif fres » associés aux ententes avec les médecins.Les accords-cadres sont publics, mais complexes L\u2019élu solidaire Amir Khadir, lui-même médecin spécialiste, a admis n\u2019avoir jamais été avisé de ces chiffres par la FMSQ, dont il est membre.« Le détail de ces ententes est très compliqué, la rémunération à l\u2019acte permet ce genre de tour de passe-passe où on n\u2019y comprend rien, a-t-il déploré.Croyez-moi, la plupart des médecins, on n\u2019a même pas le temps, si on veut faire notre travail, de regarder ces choses-là.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MÉDECINS «Le choix fait par le gouvernement » de «concentrer » ses investissements en santé sur la rémunération médicale «explique en partie » le manque à gagner de «5 à 7,5 milliards» de dollars en santé et services sociaux depuis 2013-2014, juge la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN).Cette dernière a mis à jour son analyse des budgets de la santé en tenant compte du plus récent budget du Québec, analyse dont Le Devoir a obtenu copie.Cette étude estime que, depuis l\u2019arrivée des libéraux au pouvoir en 2014, les manques à gagner cumulatifs se sont élevés à 406 millions de dollars en santé publique, à 227 millions de dollars en santé physique, 293 millions en déficience intellectuelle et autisme et 231 millions en santé mentale, pour ne nommer que ces secteurs.Selon cette étude, « l\u2019austérité n\u2019est pas terminée », puisque le financement prévu au dernier budget ne serait toujours pas à la hauteur des besoins.Le président de la FSSS, Jeff Begley, en appelle à un débat urgent sur la rémunération médicale et sur les priorités de financement, notamment en prévention et en soins à domicile.Le Devoir La santé souffre encore de l\u2019austérité, selon une étude JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, a confirmé les chif fres du Devoir sur la rémunération des médecins.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE Les citoyens ont bravé la pluie pour rendre hommage aux victimes."]
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