Le devoir, 27 avril 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 9 2 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Le monde \u203a La colère de la rue.Au Nicaragua, les citoyens ont repris leurs manifestations pour réclamer la démission du président Daniel Ortega et de son épouse, aussi vice-présidente.Page A 6 Avis légaux.B 8 Décès.A 6 Météo.B 9 Mots croisés.B 9 Petites annonces .A 6 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Zeitgeist La misère des riches sur les étals Page B 10 M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L es agents des services frontaliers et d\u2019immigration nagent en plein mystère alors que les installations temporaires du poste de Saint-Bernard-de-Lacolle s\u2019emplissent depuis l\u2019entrée en vigueur des nouvelles «balises» fixées par le gouvernement québécois.Le taux d\u2019occupation des centres d\u2019hébergement temporaire situés au Québec est, lui, passé de 69 % à 74 % depuis le début de la semaine, selon les dernières données colligées par le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion.Du coup, 475 des 1575 places réservées aux demandeurs d\u2019asile places étaient inoccupées jeudi.Le gouvernement fédéral prendra en charge tout migrant irrégulier qui franchira la frontière canado-américaine au Québec dès que toutes les 1575 places se- DEMANDEURS D\u2019ASILE Les douaniers appréhendent le pire Que fera Ottawa quand le camp temporaire de Lacolle débordera?demande le syndicat JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les installations temporaires se remplissent un peu plus chaque jour.M A R I E V A S T E L Correspondante parlementaire à Ottawa L e conseil général du Bloc québécois sera mouvementé, dimanche.Un camp rival à la chef Martine Ouellet compte prendre d\u2019assaut la rencontre, afin de faire devancer le vote de confiance à son endroit, a appris Le Devoir.Le camp des dissidents rassemble la majorité des circonscriptions.Et l\u2019un de ses membres est nul autre que Mario Beaulieu, qui défendra le putsch au micro.« Ça va brasser de tous bords, tous côtés », prévient une source bloquiste, à quelques jours de la rencontre prévue à Drummondville.Dès l\u2019ouverture de la séance, les représentants d\u2019une quarantaine de circonscriptions réclameront que soit modifié l\u2019ordre du jour.Plutôt que de causer comme prévu de la proposition de plateforme électorale de Martine Ouellet ou de son idée de référendum à deux volets, le camp des dissidents s\u2019organisera pour que la journée soit consacrée d\u2019abord et avant tout à la crise qui secoue le parti depuis deux mois.« L\u2019objectif, c\u2019est que la crise soit derrière BLOC QUÉBÉCOIS Beaulieu veut précipiter le départ de Ouellet Une majorité de délégués réclameront dimanche un vote de confiance hâtif MBAC Marc Chagall, La tour Eiffel, 1929.Huile sur toile, 100 x 81,8cm.Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa.C A T H E R I N E L A L O N D E C oup de théâtre.Après avoir persisté, malgré le tollé public, critique et muséal, à sor tir de sa collection et à vendre le tableau La tour Eiffel (1929), de Marc Chagall, le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) a reculé jeudi.«Puisque le Saint Jérôme de David [que le MBAC voulait acquérir au prix du Chagall] ne risque plus de quitter le pays, le conseil d\u2019administration en est venu à la conclusion qu\u2019il n\u2019était plus nécessaire de vendre La tour Eif fel [\u2026] comme il avait été prévu.La tour Eif fel demeurera donc au sein de la collection nationale », a annoncé le musée, dans une lettre ouverte non signée envoyée en début de soirée.«Nous avons été sensibles aux débats passionnés des derniers jours et nous nous réjouissons de l\u2019attachement du public pour la collection nationale», conclut la missive.Les obser vateurs du marché international de l\u2019art questionnés par Le Devoir croient que l\u2019annulation d\u2019une telle vente n\u2019est possible qu\u2019en payant une part estimée de la commission que Christie\u2019s aurait obtenu lors des enchères du 15 mai à New York.Une pénalité probablement supérieure au million de dollars.Mais les contrats variant énormément d\u2019un cas à l\u2019autre, il est également possible que des clauses spéciales d\u2019annulation aient été négociées en amont.Le MBAC voulait, par la vente aux enchères de ce Chagall dont il espérait tirer quelque 8 à 10 millions, financer l\u2019acquisition d\u2019un autre tableau, le Saint Jérôme (1779) de Jacques-Louis David, afin de « sauver cette œuvre patrimoniale » et de l\u2019empêcher de quitter le Canada.Or, les raisons invoquées pour vendre le De retour à la maison Le Musée des beaux-arts du Canada renonce à vendre La tour Eiffel de Chagall VOIR PAGE A 10 : CHAGALL VOIR PAGE A 10 : OUELLET VOIR PAGE A 10 : MIGRANTS Réconciliation et dénucléarisation Le sommet des deux Corées prépare le dialogue Kim-Trump Page A 7 L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 À LIRE DEMAIN DOSSIER DU SAMEDI L\u2019enfance à l\u2019ère du #MoiAussi Fellations dans la cour d\u2019école, chantage et harcèlement sexuel au secondaire : la violence sexuelle contamine le monde de l\u2019enfance.Au banc des accusés, l\u2019accès généralisé à la pornographie.Un dossier-choc à lire samedi dans Le Devoir.TEXTES JESSICA NADEAU ET MARCO FORTIER PHOTOS JACQUES NADEAU L e Devoir est en nomination dans deux catégories aux Prix d\u2019excellence en publication numérique 2018 de la Fondation des prix pour les médias canadiens.La première nomination vise l\u2019ensemble du Devoir sur le numérique, dans la catégorie «Excellence générale en publication numérique : large publication ».Le Devoir y côtoie le Globe and Mail ainsi que le Winnipeg Free Press.Cette catégorie vise à « honorer les publications qui parviennent à remplir leur mission éditoriale de la façon la plus exemplaire, en adoptant les plus hautes normes journalistiques et en satisfaisant le mieux les attentes de leur auditoire en optimisant le potentiel of fer t par la publication numérique ».La seconde concerne le dossier Monnaie d\u2019échange, dans la catégorie « Meilleur dossier thématique».Ce repor tage plonge au cœur des transferts d\u2019argent entre migrants et leurs familles dans leurs pays d\u2019origine, qui tissent un lien d\u2019interdépendance entre Montréal, Toronto, le Mexique, Haïti et la Turquie.Signé Sarah R.Champagne et Michel Huneault, et produit par l\u2019équipe Web du Devoir, il marie textes et images pour offrir une lecture immersive et in- novante, sur toutes les plate- formes.Les autres médias nommés sont Air Canada en- Route, Châtelaine, le Globe and Mail et Today\u2019s Parent.Ces deux nominations s\u2019ajoutent à deux récents prix que Le Devoir a gagnés à la Society for News Design le mois dernier.Notre nouveau magazine du week-end, Le D, et son cahier Lire ont chacun reçu un prix d\u2019excellence pour la refonte graphique, pilotée par Lucie La- cava.Ce magazine et ce cahier, que vous découvrez depuis novembre dernier, sont le fruit du travail acharné de bien des personnes au sein du Devoir.En tout, 106 candidatures soumises par 37 publications canadiennes ont été retenues dans 23 catégories.Les gagnants seront annoncés le 29 mai prochain.Le Devoir MÉDIAS Prix d\u2019excellence en publication numérique : Le Devoir en nomination A L E X A N D R E S H I E L D S L a saga du pipeline Trans Mountain se transpor te devant les tribunaux, puisque le gouvernement de la Colom- bie-Britannique a of ficielle- ment demandé jeudi à la Cour d\u2019appel de la province de reconnaître son droit de légiférer pour protéger son territoire contre la « menace » d\u2019un déversement de pétrole.« Nous avons demandé aux tribunaux de confirmer le pouvoir de la Colombie-Britannique de défendre ses intérêts, afin de clarifier cette question pour aujourd\u2019hui et pour les générations à venir», a fait valoir le premier ministre John Horgan, dans une déclaration écrite.«Notre gouvernement continuera de se tenir debout pour défendre le droit de protéger l\u2019environnement, l\u2019économie et les côtes de la Colombie-Britannique », a-t-il ajouté.Concrètement, Victoria espère que la Cour d\u2019appel, le plus haut tribunal de la province, confirmera son droit de mettre en place de nouvelles mesures pour réglementer le transport de pétrole sur le territoire.Le gouvernement néodé- mocrate, qui se maintient au pouvoir grâce à un appui du Par ti ver t, estime qu\u2019un déversement pétrolier « mettrait en danger la santé humaine, l\u2019environnement et les communautés ».Le recours juridique lancé par la Colombie-Britannique vise donc précisément à restreindre le transport de pétrole brut, une mesure qui pourrait permettre de bloquer la réalisation du projet d\u2019expansion du pipeline Trans Mountain, de la pétrolière texane Kinder Morgan.Il faut dire que ce projet ferait passer la capacité quotidienne de transport de 300 000 barils à 890 000 barils.Pour exporter tout ce pétrole des sables bitumineux, jusqu\u2019à 34 pétroliers quitteraient chaque mois un port situé à Burnaby, en banlieue de Vancouver, contre 5 pétroliers actuellement.Or, soutient Victoria, « un seul déversement menacerait des milliers d\u2019emplois en Co- lombie-Britannique ».Pouvoir fédéral Dans son renvoi en Cour d\u2019appel, le gouvernement de la Colombie-Britannique demande par ailleurs au tribunal si une loi fédérale peut avoir la primauté sur des modifications à la loi provinciale de l\u2019environnement qui permettraient à Victoria de réglementer le transport du pétrole lourd.À Ottawa, la ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna, s\u2019est dite «déçue» de la décision du gouvernement provincial, tout en lançant l\u2019idée de créer un «groupe consultatif conjoint d\u2019experts scientifiques» chargé notamment d\u2019étudier les impacts environnementaux des déversements pétroliers.Dans une lettre envoyée à son homologue de la Colombie- Britannique, George Heyman, Mme McKenna rappelle qu\u2019Ottawa a déjà pris des mesures pour réduire les dommages en cas de déversement de pétrole.Elle cite notamment une capacité accrue de remorquer des navires en difficulté, et l\u2019établissement de cinq nouveaux postes d\u2019intervention d\u2019urgence.La responsable de l\u2019action fédérale contre les changements climatiques réaf firme aussi « l\u2019engagement de notre gouvernement à mettre en avant le projet » de Kinder Morgan, «car cette infrastructure vitale est d\u2019intérêt national».Dans une vidéo dif fusée jeudi sur le Web, la ministre McKenna se porte également à la défense du projet de la pétrolière texane, tout en soulignant que «les ressources naturelles du Canada sont et demeureront une partie importante de notre économie».Le Canada possède les troisièmes réserves pétrolières de la planète.Avec La Presse canadienne PIPELINE TRANS MOUNTAIN Victoria emprunte la voie juridique JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE L\u2019expansion du pipeline Trans Mountain ferait passer la capacité quotidienne de transport de 300 000 barils à 890 000 barils.A M É L I E D A O U S T - B O I S V E R T L e ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaé- tan Barrette, avait un accès théorique, dont il n\u2019a pas usé, aux dossiers de santé électroniques de tous les Québécois au moyen d\u2019une clé USB.Cet accès lui sera retiré.La Commission d\u2019accès à l \u2019 information (CAI), après plus de deux ans et demi d\u2019enquête, a ordonné jeudi que l\u2019accès du ministre à titre de « médecin » au Dossier Santé Québec (DSQ) soit suspendu, puisqu\u2019il n\u2019exerce pas la médecine depuis son entrée en poste à Québec.La CAI exige que seul un accès permettant «l\u2019exercice de ses fonctions ministérielles» lui soit octroyé.L\u2019accès du ministre au DSQ sera modifié «dans les meilleurs délais possible », a assuré son attachée de presse, Catherine W.Audet, dans une réponse écrite au Devoir.Conclusions de l\u2019enquête L\u2019enquête de la CAI révèle que le ministre, grâce à cette clé USB, a accédé à 18 reprises à son propre dossier au DSQ entre le 1er janvier et le 14 juillet 2015.C\u2019est la date à laquelle un article du Devoir à l\u2019origine de cette controverse a été publié.Gaétan Barrette avait confié en entrevue s\u2019être servi de cet accès au DSQ lors d\u2019un rendez-vous médical d\u2019un proche pour faire une démonstration de l\u2019utilisation du DSQ au médecin traitant de cette personne.La CAI avait déclenché des vérifications deux jours plus tard.L\u2019enquête montre que le ministre n\u2019a pas accédé au dossier du proche qu\u2019il accompagnait lors de ce rendez-vous, mais bien au sien.L\u2019utilisation de sa clé pour «promouvoir l\u2019utilisation du DSQ », ce jour-là, ne constituait pas une «utilisation autorisée», selon la CAI.L\u2019enquête montre en outre que le ministre a aussi accédé au dossier d\u2019une « agente de formation» en janvier 2015.Elle avait donné son autorisation «à des fins de formation», a-t-elle confirmé lors de l\u2019enquête.Un droit «étendu» La CAI s\u2019interroge sur la « conformité » des droits d\u2019accès qui ont été octroyés au ministre, décision dans laquelle le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) et la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) étaient impliqués.En résumé, s\u2019il n\u2019avait pas été médecin, Gaétan Barrette, même ministre, n\u2019aurait jamais pu obtenir un accès aussi large au DSQ.Il s\u2019agissait d\u2019un «droit d\u2019accès étendu à des informations \u201csensibles\u201d concernant un grand nombre de personnes», rappelle la CAI.La RAMQ et le MSSS ont tenté de just i f ier l \u2019accès « médecin » du ministre au DSQ auprès de la CAI.Mais leurs arguments ne l\u2019ont pas convaincue.« L\u2019interprétation proposée par la RAMQ et le MSSS ne peut justifier l\u2019accès au DSQ conféré au ministre dans le contexte du présent dossier», conclut-elle.La RAMQ et le MSSS ont dit «prendre acte » de la décision.Le Devoir Dossier Santé Québec : l\u2019accès « médecin » de Barrette sera suspendu Le ministre avait un accès théorique, dont il n\u2019a pas usé, aux dossiers de santé électroniques de tous les Québécois A M É L I P I N E D A L es Québécois pourront poser des questions en direct aux chefs des quatre principaux partis lors d\u2019un grand débat qui sera diffusé simultanément par un important groupe de médias en septembre.Pour la campagne électorale provinciale 2018, le traditionnel face à face organisé par Ra- dio-Canada revêtira une nouvelle allure pour rejoindre un vaste public.L\u2019échange de deux heures sera dif fusé le jeudi 13 septembre à 20 h et prendra place au Studio 43 de la Maison de Radio-Canada.Pour la première fois, grâce aux réseaux sociaux et aux stations régionales, les citoyens seront invités à poser des questions en direct à Philippe Couil- lard (Parti libéral du Québec), Jean-François Lisée (Parti québécois), François Legault (Coalition avenir Québec) et Ma- non Massé (Québec solidaire).« Le débat des chefs constitue un moment clé dans une campagne électorale.Nous sommes fiers de l\u2019of frir dans une formule qui place le citoyen et ses préoccupations au cœur de cet exercice démocratique essentiel », souligne Michel Cormier, directeur général de l\u2019Information Radio-Canada.Les citoyens pourront également soumettre leurs questions à l\u2019avance.Les questions sélectionnées seront posées par Patrice Roy, qui animera le grand débat.Celui-ci sera donc diffusé sur les plateformes numériques des journaux Le Devoir, Métro, Les Affaires, Huffington Post, La Presse, de La Presse canadienne, de Radio-Canada.ca ainsi qu\u2019à la télévision sur les chaînes ICI Radio-Canada Télé, ICI RDI et Télé-Québec.« Le regroupement des médias a également l\u2019intention de consulter la population et des groupes de citoyens sur les thèmes du débat », mentionne M.Cormier, qui ajoute que d\u2019autres détails concernant la formule seront annoncés à l\u2019approche de l\u2019événement.Les politiciens croiseront également le fer le jeudi 20 septembre à 20 h lors du Face à face Québec 2018 sur les ondes de TVA et de LCN qui sera animé par Pierre Bruneau.Les Québécois doivent se rendre aux urnes le 1er octobre 2018.Le Devoir ÉLECTIONS Nouvelle mouture pour le débat des chefs Victoria espère que la Cour d\u2019appel confirmera son droit de mettre en place de nouvelles mesures pour réglementer le transport de pétrole sur le territoire Gaétan Barrette Le débat des chefs constitue un moment clé dans une campagne électorale Michel Cormier, directeur général de l\u2019information, Radio-Canada « » L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 E n 1942, Mireille Knoll avait miraculeusement échappé à la rafle du Vél d\u2019Hiv qui mena des milliers de juifs à la mort.Tragique ironie du sort, la voilà à 85 ans rattrapée par l\u2019histoire.Son corps fut retrouvé le 23 mars dernier carbonisé et poignardé, victime de ce qui a toutes les apparences d\u2019un crime antisémite.C\u2019est du moins ce que soupçonnent les magistrats.Si le caractère abject de cet assassinat devait être confirmé, il ne serait que le plus récent exemple de ce nouvel antisémitisme qui sévit en France.Un an plus tôt, c\u2019est Sarah Halimi qui avait été assassinée à Belleville par un jeune musulman qui récitait des sourates du Coran.À ces meurtres, il faudrait en ajouter une dizaine d\u2019autres en dix ans à peine.C\u2019est ce nouvel antisémitisme que dénonçait cette semaine un manifeste signé par 300 personnalités françaises.Rarement avait-on vu alignés des noms venus d\u2019horizons aussi divers : de Charles Aznavour à Nicolas Sarkozy, en passant par Gérard Depardieu, Pascal Bruckner, Bertrand Delanoë et Jean-Pierre Raffarin.Le texte rédigé par l\u2019ancien directeur de Charlie Hebdo Philippe Val a le mérite d\u2019affirmer que si le vieil antisémitisme d\u2019extrême droite n\u2019a pas disparu, la France fait aujourd\u2019hui face à un nouvel antisémitisme provenant principalement des populations musulmanes.Selon les données du ministère de l\u2019Intérieur, les Français juifs ont aujourd\u2019hui vingt-cinq fois plus de risques d\u2019être agressés que leurs concitoyens musulmans.Chacun est en mesure de constater que les banlieues majoritairement peuplées de musulmans sont massivement désertées par les populations juives qui y habitaient souvent depuis des décennies.Certaines communes de Seine-Saint-Denis qui comptaient plusieurs centaines de familles juives n\u2019en comptent plus aujourd\u2019hui que quelques dizaines.«Épuration ethnique à bas bruit au pays d\u2019Émile Zola et de Clemenceau», tranchent les signataires.Il faut savoir que cette « alya intérieure » touche la France au cœur, elle qui avait été le premier pays à accorder la citoyenneté aux Juifs à la Révolution.Un siècle plus tard, la loi de 1905 sur la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État avait scellé ce pacte laïque entre la République et ses citoyens de confession juive.?Il ne s\u2019agit pas de désigner à l\u2019opprobre tous les musulmans, mais de constater que règne dans une partie significative de ces populations un antisémitisme virulent.C\u2019est ce que démontrent seize enquêtes réalisées en Europe depuis douze ans, rappelait dans Le Monde le professeur de l\u2019Université de l\u2019Indiana Gunter Ji- keli, que Le Devoir avait d\u2019ailleurs interviewé en 2016.L\u2019une d\u2019elles, faite en 2015, conclut que 49 % des Français musulmans interrogés étaient d\u2019accord avec au moins six des onze déclarations antisémites qui leur étaient présentées.Récemment, Angela Merkel n\u2019avait-elle pas dénoncé récemment un « autre antisémitisme », cette fois «d\u2019origine arabe »?Si cette évidence continue à être niée sous prétexte de stigmatisation, elle commence à être reconnue chez les musulmans eux-mêmes.Dans Le Monde, trente imams dont il faut souligner le courage admettaient cette semaine qu\u2019ils étaient totalement dépassés par le phénomène.Dans un texte d\u2019une rare lucidité, ils qualifiaient la situation de «cancéreuse» et décrivaient rien de moins qu\u2019« une anarchie religieuse gangrenant toute la société».Ainsi, appelaient-ils leurs coreligionnaires à résister à ce qu\u2019ils désignaient comme une forme d\u2019« orthodoxie de masse ».Des mots qui n\u2019ont rien de frivole.Pourtant, les représentants du culte musulman se refusent toujours à chercher dans l\u2019islam et ses textes fondateurs les causes de cet antisémitisme.C\u2019est justement ce que les invitait à faire Philippe Val en demandant « que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l\u2019antisémitisme catholique aboli par Vatican II ».C\u2019est en effet en 1965, à la fin du concile, que l\u2019Église avait définitivement lavé le peuple juif du vieux stéréotype qui faisait de lui le «peuple déicide ».Un préjugé vieux de plusieurs siècles et qui justifia nombre de pogroms.Si le vieil an- tijudaïsme chrétien peut aujourd\u2019hui être désigné comme tel au sein même de l\u2019Église, pourquoi celui de l\u2019islam devrait-il demeurer tabou?Mais, il n\u2019en va pas du Coran comme des Évangiles.Une grande partie du problème réside dans le fait que, même si l\u2019on sait que la rédaction du livre s\u2019est étalée sur environ deux siècles, celui-ci se présente comme un texte « incréé » simplement dicté par Dieu au prophète.Sans compter que l\u2019islam, surtout dans sa forme sunnite, n\u2019a pas d\u2019autorité centrale.Difficile donc de réunir un concile où l\u2019on pourrait aborder franchement la question comme l\u2019exigerait l\u2019urgence de la situation.Ajoutons que, tout au long des XIXe et XXe siècles, nombre de réformateurs ont échoué à rénover cette religion qui cherche aujourd\u2019hui désespérément sa voie dans la modernité.Au moins, le manifeste des 300 permet-il d\u2019en parler franchement.Sans langue de bois ni fausses pudeurs.C\u2019est déjà ça ! Le nouvel antisémitisme I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a tuerie perpétrée par Alexandre Bisson- nette est assurément un acte raciste, selon l\u2019expert en psychiatrie légale présenté par la Couronne.Par contre, son geste n\u2019a rien à voir selon lui avec le terrorisme.«Ce crime-là est empreint de racisme, même si monsieur ne le voit pas», a expliqué au tribunal le psychiatre Gilles Chamberland, de l\u2019Institut Pinel.Or, à son avis, il ne s\u2019agit « absolument pas» de terrorisme.«C\u2019est trop égoïste pour que ce soit du terrorisme », a-t-il dit, en ajoutant qu\u2019Alexandre Bis- sonnette n\u2019a jamais eu la préoccupation de porter une cause ou de changer les choses.Ses gestes ont été faits « en fonction de lui » et « de ce qu\u2019il avait besoin de faire pour lui ».L\u2019expert en psychiatrie légale était invité par les procureurs de la Couronne à témoigner pour contrebalancer les expertises présentées plus tôt cette semaine par les experts des avocats de la défense.Il a rencontré l\u2019homme de 28 ans pendant quatre heures, mercredi après-midi, au centre de détention.Contrairement à ses collègues psychiatres qui ont parlé pour la défense, le Dr Chamber- land n\u2019a pas voulu se prononcer sur les chances de réhabilitation d\u2019Alexandre Bissonnette.Il est tout simplement impossible de mesurer le risque que l\u2019homme de 28 ans pourra représenter pour la société dans 25 ans, a expliqué le psychiatre.Il croit en outre qu\u2019en plus d\u2019être « narcissique », Alexandre Bissonnette a ce qu\u2019on appelle un « trouble de la personnalité limite », lequel se manifeste par une grande instabilité émotionnelle, des problèmes d\u2019image de soi et des comportements autodestructeurs.Certes, il est possible que le meurtrier profite de son séjour en prison pour travailler sur lui-même, en psychothérapie par exemple.Mais il y a aussi un risque qu\u2019il feigne de changer et manipule comme il l\u2019a fait déjà en simulant une psychose.«Il va toujours persister un doute, dit le Dr Chamberland.Ces thérapies-là peuvent aussi être utilisées par des gens intelligents pour apprendre quoi dire, ajuster ses réponses en fonction des attentes des individus et se présenter sous un jour différent de ce qu\u2019on est.» Le témoignage de cet expert a clos les observations sur la peine, qui ont été particulièrement longues dans ce dossier en raison notamment du grand nombre de personnes appelées à témoigner.Rappelons qu\u2019Alexandre Bissonnette a déjà été condamné à un minimum de 25 ans de prison et que le débat judiciaire actuel porte sur la durée totale de sa peine, qui peut théoriquement s\u2019étendre sur 150 ans.La plus longue peine jamais infligée au Canada a été de 75 ans sans possibilité de libération pour Justin Bourque.En 2015, l\u2019homme avait abattu trois policiers à Moncton.Une sentence à l\u2019automne Dans le cas d\u2019Alexandre Bissonnette, il faudra attendre au moins jusqu\u2019à septembre pour qu\u2019une sentence soit prononcée, a indiqué jeudi le juge François Huot.En effet, la défense veut plaider que l\u2019article du Code criminel permettant des peines de prison à vie cumulées pour plusieurs meurtres est inconstitutionnel.Le juge devra donc trancher cette question avant de se prononcer sur la peine.Il s\u2019attend à pouvoir entendre les arguments des deux parties en juin.Le Devoir ATTENTAT DE QUÉBEC Un crime raciste, égoïste, mais pas terroriste, selon le psychiatre de la Couronne A M É L I P I N E D A L es agressions sexuelles dans les écoles primaires et secondaires sont loin d\u2019être un phénomène « marginal », plaide une coalition d\u2019organismes qui exhorte Québec à adopter une loi pour s\u2019y attaquer.« Il y a une grande banalisation qui existe dans les écoles.Les questions de harcèlement, de sexisme ordinaire, d\u2019attouchements, surtout du côté des écoles primaires, ne sont pas prises au sérieux», a déploré Lilia Goldfrab, directrice des programmes du Y des femmes.Jeudi, une coalition d\u2019organismes a pressé le gouvernement du Québec d\u2019agir, puisqu\u2019à l\u2019heure actuelle il n\u2019y a rien qui oblige les établissements scolaires primaires et secondaires à se doter d\u2019un protocole pour contrer les violences sexuelles.Du soutien financier est aussi demandé, puisqu\u2019il est nécessaire non seulement de former les professeurs, mais aussi de compter sur des spécialistes.Cette coalition a été créée après qu\u2019un groupe d\u2019adolescentes, âgées de 12 à 17 ans, a dénoncé les agressions subies à l\u2019école.Le Devoir rapportait le 30 mars que certaines ont même livré des témoignages troublants lors d\u2019une séance des commissaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).D\u2019ailleurs, la CSDM a adopté mercredi une résolution demandant à Québec d\u2019étendre sa stratégie pour prévenir et contrer les violences sexuelles au réseau des commissions scolaires du Québec.Si ce sont des adultes qui font cette sortie, c\u2019est parce que les intervenantes veulent éviter que ces jeunes subissent la pression d\u2019une dénonciation publique.Actuellement, a rappelé le groupe, les cas liés à des violences sexuelles sont \u2014 lorsque dénoncés \u2014 traités selon le protocole contre l\u2019intimidation et la violence.« Il faut faire la différence.De l\u2019intimidation, ce n\u2019est pas la même chose qu\u2019un attouchement, que du sexting ou qu\u2019un viol », a insisté Mme Martinak.«Ce n\u2019est pas facile de dénoncer des cas d\u2019agressions sexuelles et ça l\u2019est encore moins lorsqu\u2019on est adolescent.» Les organismes estiment aussi que Loi visant à prévenir et à combattre les violences à caractère sexuel, adoptée récemment par Québec, ne doit pas se limiter aux établissements d\u2019enseignement supérieur.De jeunes victimes D\u2019après des données du ministère de la Sécurité publique, 66 % des victimes d\u2019agression sexuelle ont moins de 18 ans, rappelle le regroupement.Quant aux agresseurs, 20 % sont mineurs.Dans une très grande majorité de cas \u2014 85,6 % \u2014, les victimes mineures connaissent leur assaillant.L\u2019intervenante a rappelé que les agressions prennent plusieurs formes qu\u2019il est parfois difficile de détecter.Les réseaux sociaux ne facilitent pas la tâche, puisque le partage d\u2019images en un clic peut faire basculer la vie d\u2019un enfant.«On est en 2018, on doit arrêter de banaliser ces gestes quotidiens de harcèlement qui peuvent commencer par des mots, des commentaires sexuels ou encore des caresses aux seins et aux fesses, qui peuvent parfois se finir en agression sexuelle et même en viol collectif », a fait valoir Mme Goldfrab.Par ailleurs, plusieurs agressions se produisent à l\u2019extérieur des murs scolaires, ont précisé les intervenantes.Cette semaine, la terrible histoire d\u2019une adolescente de 13 ans, victime d\u2019un viol collectif, a mis en lumière le phénomène de partage d\u2019images.Selon le 98,5 FM, l\u2019agression sexuelle en groupe a été filmée puis par tagée sur les applications WhatsApp et Snapchat.Le viol collectif aurait eu lieu lors d\u2019une fête privée dans un appar tement de Montréal-Nord.Toujours selon le 98,5 FM, c\u2019est le frère aîné de la victime qui aurait vu les images et reconnu sa sœur.Il aurait ensuite alerté leur père.« Même si une agression ne se produit pas à l\u2019école, elle a des répercussions au sein de l\u2019établissement, notamment pour les traumatismes pour la victime, pour les rumeurs qui courent dans les cours d\u2019école, les autres jeunes qui sont au courant, les témoins impuissants et déstabilisés», a souligné Mme Martinak, sans vouloir commenter de cas précis.Mélanie Lemay, cofondatrice de Québec contre les violences sexuelles, a rappelé qu\u2019une partie de la solution réside dans l\u2019éducation sexuelle des jeunes.« Il faut un protocole clair et uniforme dans toutes les écoles du Québec, qui rend justice aux victimes et qui assure la rééducation de l\u2019agresseur puisque, effectivement, l\u2019avenir de l\u2019agresseur doit aussi faire par tie de l\u2019équation», a-t-elle souligné.Le Devoir AGRESSIONS SEXUELLES Québec pressé de mieux protéger les jeunes Les écoles primaires et secondaires doivent être mieux outillées, selon une coalition VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Des organismes ont parlé d\u2019une seule voix pour réclamer du gouvernement du Québec qu\u2019il fasse des gestes concrets pour contrer le harcèlement et les agressions sexuelles dans les écoles primaires et secondaires.Sur la photo, les représentantes de cette coalition : Dorothy Alexandre (Conseil des Montréalaises), Vicky Zois (Mouvement contre le viol et l\u2019inceste), Lilia Goldfarb (Y des femmes de Montréal), Émilie Martinak (Maison d\u2019Haïti), Mélanie Lemay (Québec contre les violences sexuelles).CHRISTIAN RIOUX à Paris J E A N N E C O R R I V E A U E xpulsé de son parti par le chef d\u2019Ensemble Montréal jeudi, le conseiller Hadrien Pa- rizeau siégera comme indépendant jusqu\u2019à la prochaine élection.Il s\u2019explique mal la décision abrupte du chef de l\u2019opposition de lui montrer la porte.Hadrien Parizeau avait été élu le 5 novembre der nier comme conseiller dans le district de Saint-Sulpice avec l\u2019Équipe Denis Coderre, devenue Ensemble Montréal après la défaite de l\u2019ex-maire.En février dernier, la mai- resse Valérie Plante l\u2019avait invité à siéger au comité exécutif pour s\u2019occuper des dossiers de la jeunesse, des sports et des loisirs.Il était demeuré un sein d\u2019Ensemble Montréal sans toutefois participer aux réunions du caucus.M.Parizeau relate avoir reçu un appel du chef d\u2019Ensemble Montréal, Lionel Perez, jeudi matin: «Ç\u2019a été un appel excessivement court \u2014 une trentaine de secondes \u2014 pour me dire qu\u2019il m\u2019excluait du caucus et du parti politique.[\u2026] M.Perez fait aujourd\u2019hui le choix de la partisanerie.Je trouve ça un peu triste.» La mairesse étonnée Lionel Perez soutient que sa décision n\u2019est pas liée au fait qu\u2019Hadrien Parizeau siège au comité exécutif et qu\u2019il comprend l\u2019obligation de celui-ci d\u2019être solidaire de l\u2019administration.Mais il est demeuré vague sur les raisons qui ont motivé sa décision.«Au cours des deux derniers mois, j\u2019ai eu la chance de parler régulièrement avec M.Pari- zeau », a-t-il dit.« À la suite de discussions et de rencontres, je peux constater qu\u2019il n\u2019y avait pas une véritable volonté de poursuivre cet engagement auprès d\u2019Ensemble Montréal.Je pense qu\u2019il vaut mieux éviter de faire semblant.» M.Parizeau affirme qu\u2019il n\u2019a jamais eu de divergences avec Ensemble Montréal outre la fois où il a voté contre une motion de l\u2019opposition sur le cannabis en décembre dernier.De son côté, la mairesse Valérie Plante s\u2019est étonnée du geste du chef de l\u2019opposition.« À ce que je sache, il [Hadrien Parizeau] fait un excellent travail.En tout cas, moi, je suis très contente du travail qu\u2019il fait au sein du comité exécutif.» M.Parizeau, qui est le petit- fils de l\u2019ancien premier ministre Jacques Parizeau, siégera désormais comme indépendant, et ce, jusqu\u2019aux élections de novembre 2021.« Je vais tenir ma parole parce que c\u2019est important pour les citoyens de mon district.» Il affirme ne pas avoir été approché pour intégrer Projet Montréal.Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 Tout au long de l\u2019année, votre camelot livre votre journal quelles que soient les conditions?! Remerciez-le d\u2019être au rendez-vous tous les matins.Service à la clientèle : 514 985-3355 Cahier spécial À lire demain J E A N N E C O R R I V E A U U ne fois réaménagée, la rue Sainte-Catherine Ouest fera davantage de place aux piétons et moins aux voitures.La nouvelle mouture du projet, présentée par la mairesse Valérie Plante jeudi, réduira à une voie la circulation automobile et fera disparaître 144 espaces de stationnement.Projet Montréal a révisé le projet qu\u2019avait présenté l\u2019ancien maire Denis Coderre en mai 2015.« Cette rue-là, on la refait pour minimum les cinquante prochaines années.Si une artère commerciale veut se démarquer et se retrouver dans les guides touristiques, il ne faut pas le statu quo», a expliqué la mairesse Plante.«Les consultations publiques ont montré que la population voulait un parcours déambulatoire, du verdissement et une expérience piétonne.Et c\u2019est exactement ce qu\u2019on leur offre : de l\u2019audace et on a mis le statu quo aux poubelles.» Des trottoirs plus larges Rappelons que le projet de l \u2019ancienne administration maintenait les deux voies de circulation actuelles et prévoyait des espaces de stationnement qui pouvaient disparaître si la tenue d\u2019événements spéciaux l\u2019exigeait.L\u2019administration Plante a toutefois décidé de retirer une voie de circulation et d\u2019en ré- ser ver une autre pour les livraisons dans le cadre de la phase 1 du projet qui s\u2019attardera au tronçon situé entre les rues De Bleury et Mansfield.La chaussée s\u2019étendra sur 6,2 m et les trottoirs seront élargis à 6,5 m en moyenne.Les 144 cases de stationnement en bordure de rue disparaîtront, mais l\u2019information sur les places disponibles aux alentours sera améliorée, a-t- on assuré.La Ville croit que le retrait d\u2019une voie de circulation aura des impacts mineurs sur les autres rues, dont Sherbrooke.Une des voies de la rue Sainte- Catherine est souvent entravée par des véhicules de livraison à l\u2019heure actuelle, a-t-on fait remarquer.De plus, on estime que 70 % des clients des commerces se rendent déjà sur la rue Sainte- Catherine en transport collectif ou actif.Le nouveau mobilier urbain sera dessiné par Michel Dal- laire et la rue sera verdie.Les arbres seront mieux traités avec des fosses plus grandes, a- t-on précisé.Le projet prévoit aussi la rénovation du square Dorchester cette année et celle du square Phillips à partir de 2020.Les travaux de la phase 1 du projet, estimés à 123 millions, se termineront en 2021.Un segment de la r ue McGill College, entre la rue Sherbrooke et la place Ville- Marie, sera piétonnisé pour permettre la création d\u2019une place publique qui aura une superficie trois fois supérieure à celle de la place Jacques-Cartier.Les travaux devraient commencer en 2022.La Ville réserve un montant de 4,9 millions pour des mesures destinées aux commerçants, comme des activités d\u2019animation et des subventions à la rénovation.L\u2019administration Coderre souhaitait la construction de trottoirs chauf fants, mais l\u2019équipe de Valérie Plante a écarté cette idée il y a quelques mois, estimant que cette option était trop coûteuse.La mai- resse a souligné que ces trottoirs auraient nécessité un investissement de 20 millions et qu\u2019il aurait fallu aussi chauffer la chaussée aux intersections.Lors de phases subsé - quentes, Montréal entend rénover la rue Sainte-Catherine jusqu\u2019à la rue Atwater.Rappelons que la Ville doit effectuer des travaux majeurs pour remplacer les infrastructures souterraines qui, dans cer tains cas, sont centenaires.Manque d\u2019audace?Le chef de l\u2019opposition a exprimé des réserves quant au projet de l\u2019administration.« Il n\u2019y a vraiment rien d\u2019audacieux dans ce qui a été présenté aujourd\u2019hui », a indiqué le chef d\u2019Ensemble Montréal, Lionel Perez, en soulignant que le projet de l\u2019administration précédente proposait un concept plus flexible en matière de stationnement : « Pour nous, c\u2019est un pari risqué.On sait à quel point le commerce de détail est fragile.» Lionel Perez a aussi déploré que l\u2019administration ait évacué l\u2019idée des trottoirs chauffants.« On aurait démontré que Montréal est unique en Amérique du Nord», a-t-il insisté.Le projet plaît toutefois à André Poulin, directeur général de Destination Centre-ville, qui regroupe les commerçants et les gens d\u2019affaires.« Ce qu\u2019on voit là, c\u2019est emballant, c\u2019est attrayant », a-t-il commenté.Il dit avoir particulièrement apprécié la place accrue accordée aux piétons, l\u2019aménagement d\u2019une voie pour les livraisons, ce qui devrait améliorer la fluidité de la circulation, et les mesures de verdissement.Le Devoir INFRASTRUCTURES Moins de voitures sur la Sainte-Catherine L\u2019administration Plante élimine une voie de circulation et 144 places de stationnement MAQUETTES PROVENCHER ROY La Ville de Montréal a décidé de retirer une voie de circulation et d\u2019en réserver une autre pour les livraisons.Le projet prévoit la rénovation du square Dorchester cette année et celle du square Phillips (ci-haut) à partir de 2020.La CAQ refuse d\u2019être étiquetée comme «parti de droite» Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a brandi jeudi la menace d\u2019un réseau de santé à deux vitesses, dans lequel les moins nantis pâtiraient, adve- nant une victoire électorale de la Coalition avenir Québec le 1er octobre prochain.«C\u2019est un parti très à droite, qui a recruté un candidat qui s\u2019appelle Youri Chassin [ex-économiste à l\u2019Institut économique de Montréal], dont les écrits historiques sont en faveur [d\u2019une privatisation de] la santé», a-t-il déclaré durant la période des questions.Mercredi, Philippe Couillard avait accusé son principal adversaire de se camper avec M.Chassin à l\u2019«extrême droite» du spectre politique.Le député caquiste Jean-François Roberge a nié que sa formation politique proposait «une droite dure» comme l\u2019a aussi indiqué Philippe Couillard mercredi.La CAQ veut «réinvestir massivement» dans les «services publics» à commencer par ceux en éducation.«Est-ce que c\u2019est de l'extrême droite?Je ne pense pas.» Le Devoir MONTRÉAL Hadrien Parizeau est expulsé de son parti JACQUES NADEAU LE DEVOIR Hadrien Parizeau siège au comité exécutif depuis février à l\u2019invitation de la mairesse Valérie Plante.Québec veut reporter les élections scolaires en 2020 Québec \u2014 Le gouvernement Couillard propose de reporter en 2020 les élections scolaires prévues pour l\u2019automne prochain.Un scrutin scolaire coûte environ 13 millions de dollars, a précisé le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, alors que le taux de participation est notoirement insignifiant.M.Proulx fait d\u2019abord valoir comme argument que les élections scolaires de l\u2019automne auraient lieu tout juste après les élections provinciales, ce qui pose problème, notamment un défi logistique au Directeur général des élections (DGEQ).Également, un report pourrait donner assez de temps au DGEQ pour lui permettre d\u2019introduire un mécanisme de vote électronique, afin d\u2019augmenter le taux de participation au scrutin scolaire.La Presse canadienne Une ligne 221 pour le Grand Montréal Après le service Web 211, disponible depuis janvier, la ligne téléphonique 211 est désormais accessible dans la région métropolitaine.Ce service d\u2019aide permet d\u2019orienter les citoyens vers les organismes communautaires et publics en fonction de leurs besoins.Piloté par le Centre de référence du Grand Montréal en collaboration avec Centraide du Grand Montréal, le projet a reçu une aide financière de la Communauté métropolitaine de Montréal qui regroupe les 82 villes de la région.Le service 211 était déjà implanté depuis dix ans ailleurs au Québec, notamment dans la région de la capitale nationale.Le Devoir L I N A D I B à Ottawa L e prélude à une journée de débat parlementaire sur une demande d\u2019excuses du pape François pour les pensionnats autochtones s\u2019est fait dans l\u2019émotion et les pleurs.Le débat, lui, a offert une quasi- unanimité, chose rare aux Communes, les voix dissidentes se faisant discrètes.Des sur vivants d\u2019un pensionnat autochtone, l\u2019établissement ontarien Sainte-Anne, se sont présentés au foyer de la Chambre des communes, jeudi matin, pour insister sur l\u2019importance de ces excuses pour eux.Leurs discours ont été ponctués de larmes.« L\u2019argent ne pourra jamais effacer mes cicatrices», a lancé dans un sanglot Angela Shi- sheesh.«Mais ce qui me réconforterait, c\u2019est que l\u2019Église demande pardon», a-t-elle ajouté, avant de se diriger avec ses compagnons vers les tribunes du public d\u2019où elle a assisté au débat de la motion présentée par le Nouveau Parti démocratique (NPD).La motion invite le pape François à présenter ses excuses pour les sévices subis par les enfants autochtones dans les pensionnats gérés par des institutions catholiques.Peu avant Pâques, les évêques catholiques canadiens ont fait savoir que le pape ne présenterait pas, pour l\u2019instant, pareilles excuses.Le NPD a décidé d\u2019en appeler directement au pape.La motion, débattue jeudi, sera soumise au vote mardi après-midi.Illustrant la dif ficulté de l\u2019exercice, le député Romeo Sa- ganash a assisté au débat sans y prendre par t.« Lorsqu\u2019on demande à des survivants de pensionnats de raconter leur expérience, de raconter leur histoire \u2014 10 ans de tr is - tesse et de mauvais souvenirs dans mon cas \u2014, c\u2019est les inviter à revivre leurs traumatismes.Alors, je ne ferai pas ça aujourd\u2019hui.» C\u2019est son collègue Charlie Angus qui a entamé le débat, une plume d\u2019aigle à la main, en qualifiant les pensionnats de «camps de la mort ».Le gouvernement libéral a rapidement signifié qu\u2019il appuiera la motion.« Notre gouvernement souhaite prendre cette occasion pour démontrer que la réconciliation n\u2019est pas une question partisane», a déclaré la ministre des Relations Couronne-Au- tochtones, Carolyn Bennett, lorsqu\u2019elle a pris la parole aux Communes.Les conservateurs, cependant, sont divisés sur la question.La semaine dernière, certains d\u2019entre eux déclaraient que le Parlement n\u2019a pas à s\u2019immiscer dans les af faires des institutions religieuses.Mais ceux-là n\u2019ont pas pris la parole durant le débat.« Nous avions seulement quatre places d\u2019orateurs », a just i f ié Cathy McLeod, la responsable du dossier dans les rangs conser vateurs.La députée et ses trois collègues se sont exprimés pour la motion.Le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, n\u2019a pas l\u2019intention de participer à ce vote, étant occupé ailleurs, selon son bureau, qui renvoie à une de ses déclarations antérieures.« Je pense que tout groupe ou institution qui a joué un rôle s ignif icat i f [dans les pensionnats] devrait faire ce qu\u2019 i l faut et nous aider à tour ner la page », avait dit M.Scheer le 28 mars dernier, alors qu\u2019on apprenait que le pape ne présenterait pas des excuses.Andrew Scheer permet à ses troupes un vote libre sur la motion.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, a convenu jeudi que le « climat » actuel peut susciter davantage de conflits entre les groupes ethniques dans les écoles, comme l\u2019a constaté une équipe de chercheurs de l\u2019Université Laval qui s\u2019est intéressée à la violence dans les établissements scolaires du Québec.« Je pense que c\u2019est clair, vous n\u2019avez qu\u2019à regarder l\u2019actualité», a-t-il reconnu.Cela dit, « nos enfants sont les mieux placés pour atténuer ces différences », a-t-il ajouté.« Les enfants n\u2019ont pas ce type d\u2019idées préconçues, sauf si quelqu\u2019un les leur met dans la tête quand ils sont très jeunes.» L\u2019Enquête sur la violence dans les écoles québécoises, menée par des chercheurs de l\u2019Université Laval, fait état d\u2019une baisse généralisée de la violence dans les écoles, mais dégage également une tendance haussière dans le nombre de conflits entre groupes ethniques, tant au primaire qu\u2019au secondaire.En 2013, un élève du secondaire voyait ainsi en moyenne, dans une année, 1,9 conflit entre groupes ethniques.Cette moyenne est passée à 2,6 en 2017.Au primaire, un élève était témoin en 2013 de 2,3 conflits entre groupes ethniques par année en moyenne.En 2017, c\u2019était 3,4.Ambiance politique L\u2019Assemblée nationale est le théâtre ces dernières semaines d\u2019une escalade verbale entre les élus, qui s\u2019accusent tantôt de prôner le « nationalisme ethnique », tantôt d\u2019alimenter le « populisme » ou de flirter avec « l\u2019extrême droite ».Le ministre Proulx a reconnu que l\u2019acerbité des échanges peut contribuer à la situation observée dans les écoles.« Je ne pense pas que nous sommes responsables de ce qui se passe dans les écoles, a-t-il néanmoins souligné.Je pense qu\u2019on contribue, oui, à l\u2019environnement et à ce qui se passe dans les écoles.En même temps, je pense que cer tains de nos débats sont faits assez sereinement.» Plus d\u2019agressions par textos L\u2019étude permet en outre de constater une hausse des comportements d\u2019agressions liés à l\u2019utilisation des nouvelles technologies.En 2017, 5,4% des élèves du primaire avaient ainsi reçu des insultes ou des menaces par cellulaire ou texto «une ou deux fois par année », comparativement à 4,3% en 2013.La même année, 1,2 % de ces enfants avaient reçu ce type d\u2019insultes deux ou trois fois par mois, et parfois plus souvent.Les jeunes de 4e, 5e et 6e années possédaient d\u2019ailleurs un appareil pouvant envoyer des textos dans une proportion de 79,4 % en 2017, par rapport à 61 % en 2013.Au secondaire, presque tous les élèves (92,2 %) possédaient en 2017 un appareil leur permettant d\u2019envoyer des textos.En 2013, ils étaient 75,9 % à pouvoir en dire autant.La propor tion d\u2019élèves du secondaire ayant reçu des insultes ou des menaces par cellulaire ou texto n\u2019a pas été rap- por tée par les chercheurs puisqu\u2019elle n\u2019a pas subi de variation importante.Fait à noter : l\u2019enquête fait état d\u2019une carence généralisée dans la formation des enseignants en matière de prévention et de gestion de la violence.En 2017, environ 80 % des enseignants du primaire et au secondaire ont dit n\u2019avoir reçu aucune formation de ce type au cours de leurs études.Une fois sur le marché du travail, 52 % et 69 % des enseignants du primaire et du secondaire, respectivement, ont déclaré ne pas avoir profité de formation continue.L\u2019enquête a été réalisée auprès de 24 000 élèves du primaire et du secondaire, de 3700 parents et de 1600 membres du personnel de 84 établissements scolaires, qui se sont portés volontaires pour y participer.Elle a été financée par le ministère de l\u2019Éducation.Le Devoir SOCIÉTÉ Les incidents entre groupes ethniques sont en hausse dans les écoles 5,4 % Pourcentage des élèves du primaire qui ont reçu des insultes ou des menaces par cellulaire ou texto « une ou deux fois par année », comparativement à 4,3 % en 2013 P A U L I N E G R A V E L U n grand projet de recherche collaboratif visant à accélérer la lutte contre les maladies infectieuses et autres pathologies du système immunitaire prend forme à l\u2019Université McGill grâce à un don de 15 millions de dollars offert par la Fondation privée Doggone.Cette Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill regroupera 250 chercheurs de l\u2019Université McGill et de l\u2019Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill (CUSM).Des ingénieurs, des biologistes, des chimistes, des microbiologistes, des épidémiolo- gistes, des cliniciens chercheurs et des spécialistes de l\u2019implantation des soins au sein des populations vulnérables et plus difficilement accessibles travailleront en étroite collaboration, a souligné le directeur de ce grand projet, le Dr Don Sheppard, professeur de microbiologie et d\u2019immunologie à l\u2019Université McGill et directeur de la Division des maladies infectieuses au CUSM.« Les chercheurs de dif fé- rentes disciplines ont l\u2019habitude de travailler dans des unités de recherche distinctes, des institutions séparées et selon des traditions spécifiques à chaque domaine.Mais si ces différents experts travaillent en équipe, ils seront beaucoup plus efficaces.L\u2019Initiative va encourager cette façon de faire», a expliqué le Dr Sheppard.Subventions Ainsi, l\u2019Initiative offrira des subventions à des équipes réunissant un universitaire effectuant de la recherche fondamentale et un clinicien.«Chaque équipe sera invitée à présenter son projet et à en défendre la pertinence devant un comité formé de quatre personnes de la société civile.Nous accorderons une subvention pour 18 mois aux équipes sélectionnées, ce qui leur permettra de recueillir des résultats préliminaires qui seront susceptibles de convaincre les agences de financement fédérales et provinciales de leur accorder des subventions », a précisé le Dr Sheppard.Le don servira aussi à contribuer aux fonds de contrepartie que les équipes de grands projets de recherche doivent trouver auprès d\u2019entreprises ou de fondations philanthropiques pour être admissibles aux compétitions des agences de financement.Axes de recherche Cette recherche collaborative visera à mieux comprendre d\u2019un point de vue fondamental le fonctionnement du système immunitaire, à mettre au point des méthodes diagnostiques, des traitements, et à trouver des stratégies permettant de rendre ces nouvelles approches accessibles aux populations vulnérables.«Les taux de tuberculose au sein des populations autochtones du nord du Canada sont aussi élevés que dans les pays en développement.Une telle situation est tout à fait inacceptable, alors que nous sommes en processus de réconciliation avec ces populations », fait remarquer le Dr Sheppard.L\u2019Initiative s\u2019attaquera à la résistance aux antibiotiques, ainsi qu\u2019à toutes les pathologies mettant en jeu le système immunitaire, dont les infections émer- gentes, comme la maladie de Lyme et celles causées par le virus Zika et le virus Ebola.« En manipulant le système immunitaire, on peut non seulement s\u2019attaquer aux maladies infectieuses et aux maladies auto- immunes, mais aussi au cancer», a souligné le Dr Sheppard.«Au cours des dix dernières années, l\u2019immunothérapie a permis de guérir certains cancers.On a diagnostiqué un mélanome métastatique de stade 4 à mon père.On lui a administré deux doses d\u2019une thérapie im- munologique qui ont renforcé la force de frappe de son système immunitaire contre la tumeur.Sans qu\u2019aucune chimiothérapie ou radiothérapie soit administrée, sa tumeur a disparu.« Quand on stimule le système immunitaire contre la tumeur, on risque toutefois que celui-ci s\u2019attaque à toutes les cellules du corps.L\u2019immunothérapie en est encore à ses balbutiements.Mais elle est extrêmement prometteuse.» Le Devoir MÉDECINE Un don de 15 millions à McGill Un projet visera à accélérer la recherche sur les maladies infectieuses OTTAWA Pensionnats autochtones : quasi-unanimité aux Communes pour réclamer des excuses au pape Peu avant Pâques, les évêques catholiques canadiens ont fait savoir que le pape ne présenterait pas, pour l\u2019instant, pareilles excuses Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 Abandon des accusations contre des pilotes ivres Londres \u2014 Les procureurs britanniques ont abandonné les accusations qui pesaient contre deux pilotes canadiens d\u2019Air Transat pour s\u2019être préparés à prendre les commandes d\u2019un vol commercial alors qu\u2019ils étaient en état d\u2019ébriété, après que leurs échantillons sanguins eurent été détruits par erreur dans une prison écossaise.Aucune action en justice ne sera ainsi exercée contre Imran Syed, âgé de 39 ans, et Jean-François Perreault, âgé de 41 ans, ont précisé les procureurs.Associated Press JACQUES NADEAU LE DEVOIR Cette Initiative interdisciplinaire en infection et immunité de McGill regroupera 250 chercheurs de l\u2019Université McGill et de l\u2019Institut de recherche du Centre universitaire de santé McGill.L\u2019œuvre d\u2019une Montréalaise La fondation Doggone a été créée en 2011 par Elspeth McConnell, une Montréa- laise qui a travaillé comme journaliste pour le groupe du Montreal Star avant d\u2019épouser John Grif?th McConnell, un des ?ls du riche ?nancier John Wilson McConnell qui fut probablement le premier philanthrope au pays.CPE: le PQ propose un tarif universel Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, et sa vice-chef, Véronique Hivon, ont présenté les grandes lignes de leur plateforme en éducation et en petite enfance, jeudi, dans laquelle ils promettent de ramener la contribution universelle des services de garde à huit dollars pour un premier enfant.De plus, ils entendent réduire à quatre dollars le tarif quotidien pour un deuxième enfant et offrir la gratuité pour les suivants ainsi que pour tous les enfants des ménages dont le revenu annuel est inférieur à 34 000 dollars.La Presse canadienne L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 L E M O N D E A 6 DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.*Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com BAZAR 2018 - BAZAR EN FÊTE! Coup de pouce jeunesse, samedi 28 avril 9h-16h, de tout à petits prix.Encan 14h : spectacles, laissez-passer.11121 av.Salk, Mtl-Nord.514-321-8054 VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES 355 BAZARS ET VENTES DE GARAGE 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE LES PETITES ANNONCES & AVIS DE DÉCÈS M anagua \u2014 L\u2019ouver ture d\u2019un dialogue national sous l\u2019égide de l\u2019Église restait en suspens jeudi au Nicaragua, où les manifestations se poursuivent pour exiger le départ du président Daniel Ortega, qui fait face à une vague de colère inédite avec 34 morts en une semaine.Après une pause d\u2019un jour à peine, les marches ont repris mercredi soir dans la capitale Managua et le reste du pays.Des veillées d\u2019étudiants ont été organisées afin de demander justice pour les personnes tuées et détenues lors de ces manifestations d\u2019une rare violence.La contestation, lancée au départ par les étudiants contre une réforme des retraites, est rapidement devenue une mobilisation générale pour dénoncer la confiscation du pouvoir par le président Ortega, et de nouvelles mobilisations étaient prévues jeudi.Parallèlement, le parti sandi- niste au pouvoir appelle à un rassemblement de soutien au chef de l\u2019État, un ex-guérillero de 72 ans déjà à la tête du pays de 1979 à 1990 puis redevenu président en 2007.Dans ce pays d\u2019Amérique centrale, l\u2019un des plus pauvres du continent, la population a exprimé ces derniers jours son exaspération face à ses conditions de vie toujours plus dif ficiles, dénonçant notamment le manque de liber té d\u2019expression.Mais le zèle des forces de l\u2019ordre devant ces manifestations a vite inquiété la communauté internationale : l\u2019Union européenne, les États-Unis et le Vatican ont critiqué la force excessive utilisée par la police.L\u2019ONU a dit soupçonner de possibles «exécutions illégales».Le dernier bilan du Centre nicaraguayen des droits de l\u2019homme (Cenidh) fait état de 34 morts, en majorité des étudiants, mais aussi deux policiers et un caméraman abattu en plein reportage.Mercredi soir, les manifestants réclamaient à grands cris la «liberté» et exigeaient «qu\u2019ils s\u2019en aillent », en référence au président Or tega et à son épouse et vice-présidente, Rosario Murillo.Méfiance « Ces jeunes ont réussi quelque chose que nous, les générations d\u2019avant, n\u2019avons pas réussi, c\u2019est-à-dire ne plus avoir peur de Daniel Ortega et de Rosario Murillo», a déclaré à l\u2019AFP Francisco Fonseca, commerçant de 36 ans, venu manifester.La peur « a disparu au Nicaragua, et la vie de ces étudiants n\u2019aura pas été donnée pour rien, ce sont des héros, des gamins tout jeunes qui ont donné leur vie pour la liberté », a-t-il ajouté.L\u2019archevêque de Managua, Leopoldo Brenes, a accepté de servir de « médiateur et témoin » du dialogue, insistant pour que le gouvernement «évite tout acte de violence ».Le puissant Conseil supérieur des entreprises privées (Cosep) s\u2019est dit lui aussi prêt à discuter avec l\u2019exécutif, mais exige que le dialogue serve aussi à envisager des réformes pour plus de démocratie dans le pays.Jeudi, le président Ortega, qui avait lui-même appelé à un dialogue, n\u2019avait pas encore donné ni les détails ni le nom des participants à ces discussions.Et parmi les manifestants, la méfiance reste de mise : « S\u2019il n\u2019y a pas de garanties, il n\u2019y a pas de dialogue, parce que nos mor ts ne se négocient pas », af firmaient mercredi plusieurs jeunes participant à une veillée.Car ces derniers jours, les témoignages de mauvais traitements et de tortures des manifestants se sont multipliés : le gouvernement a commis «une violation massive des droits de la personne lors des manifestations, y compris la mise à mort et la torture des jeunes pour décourager leur mobilisation», a affirmé à l\u2019AFP Vilma Nunez, directrice du Cenidh.Des jeunes emprisonnés lors des manifestations ont raconté avoir été battus par des policiers.«Nous avons été torturés [\u2026] Plus nous pleurions, plus nous étions battus », a témoigné l\u2019un d\u2019entre eux, Gilbert Altamirano.Si le président a joué l\u2019apaisement en libérant mardi et mercredi des dizaines de manifestants interpellés, leur état à la sortie de prison était très préoccupant : têtes rasées, certains sans chaussures, voire à moitié nus.Agence France-Presse NICARAGUA Ras-le-bol collectif à l\u2019égard d\u2019Ortega ALFREDO ZUNIGA ASSOCIATED PRESS Une veillée aux chandelles, mercredi soir.Le dernier bilan fait état de 34 morts, en majorité des étudiants, en une semaine de manifestations violentes.M I C H E L M O U T O T à Paris L e président français, Emmanuel Macron, a appelé jeudi à Paris, au terme de deux jours de travaux, les par tici- pants internationaux à la conférence No Money for Terror sur le financement du terrorisme à mieux coopérer pour priver les mouvements djihadistes de fonds et de moyens d\u2019opérer.«Nos ennemis s\u2019infiltrent au cœur de nos sociétés.Ils utilisent toutes les formes contemporaines de financement.Il nous faut franchir une nouvelle étape dans la lutte contre Daech [acronyme arabe de l\u2019État islamique] et al-Qaïda », a lancé, dans la grande salle de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), le chef de l\u2019État.« Il faut assécher le terrorisme à la racine : il se nourrit des trafics d\u2019êtres humains, de drogues ou d\u2019armes.Il y a toujours un sous-jacent économique.Pour être ef ficaces, nous devons prendre l\u2019engagement de la transparence et de la mobilisation», a-t-il ajouté.Le chef de l\u2019État français s\u2019est félicité que les quelque 80 ministres présents, représentant 72 pays, aient « parachevé un Agenda de Paris avec une liste d\u2019engagements forts: le partage de renseignements, la lutte contre l\u2019anonymat des transactions, l\u2019identification des sources de financement, l\u2019anticipation du détournement des nouveaux instruments financiers, l\u2019engagement collectif vis-à-vis des pays vulnérables ou défaillants».Emmanuel Macron a baptisé « Coalition de Paris » la réunion de ces 72 pays signataires d\u2019une déclaration commune et a annoncé que l\u2019Australie « avait accepté d\u2019organiser la prochaine réunion de cette coalition» en 2019.Filières multiples L\u2019offensive contre les bases du groupe EI par la coalition internationale ayant été annoncée des mois à l\u2019avance, le groupe a eu tout le temps de mettre en place des filières financières clandestines multiples, dans une région où les trafics ont toujours été florissants, soulignent les experts.Jeudi après-midi, la conférence s\u2019est ouverte sur un exposé de Peter Neumann, directeur de l\u2019International Center for the Study of Radicalisation du King\u2019s College de Londres, auteur en août d\u2019une étude remarquée intitulée «Don\u2019t follow the money» (ne suivez pas l\u2019argent), dans laquelle il estimait que « la guerre au financement du terrorisme telle qu\u2019elle est menée depuis 2001 a souvent été coûteuse et improductive».Les enquêteurs et les services antiterroristes du monde entier ont été au cours des dernières années confrontés à des attentats ou à des tentatives d\u2019attentats, surnommés « terrorisme low cost», qui ont mobilisé de très petites sommes d\u2019argent, difficiles voire impossibles à tracer et à repérer à l\u2019avance.En janvier 2015, une chercheuse norvégienne, Emilie Of- tedal, a étudié pour le compte du Norwegian Defense Research Establishment (FFI) 40 cellules terroristes qui ont, entre 1994 et 2013, organisé ou tenté d\u2019organiser des attentats en Europe.Le résultat est que dans les trois quarts des cas, le montant des sommes en jeu pour l\u2019organisation des attaques n\u2019a pas dépassé 10 000 dollars.Jeudi matin, le procureur de Paris, François Molins, a révélé qu\u2019un total de 416 donateurs ayant participé au financement du groupe État islamique avaient été identifiés en France.Il s\u2019est alarmé d\u2019un «micro-finan- cement» du terrorisme alimenté par des sommes « modiques mais en nombre important».Interrogé sur le coût des attaques djihadistes de 2015 en France, le magistrat a estimé que « les terroristes ont eu besoin de 25 000euros pour organiser les attentats de janvier 2015 [contre le journal Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher] et 80 000 pour ceux du 13 novembre» 2015 à Paris et à Saint-Denis (130 morts).Agence France-Presse « Il faut assécher le terrorisme à la racine », dit Macron Le président français appelle à la coopération internationale pour priver les mouvements djihadistes de fonds C Y R I L J U L I E N à Washington M auvaise journée pour les hommes de Donald Trump: Ronny Jackson, le médecin militaire de la Maison- Blanche, a retiré jeudi sa candidature au ministère des Anciens Combattants après des révélations embarrassantes, tandis que le ministre de l\u2019Environnement, Scott Pruitt, a dû s\u2019expliquer au Congrès sur un scandale de dépenses excessives et illégales.« Même si je serai toujours reconnaissant envers président Trump pour la confiance placée en moi en me donnant cette chance, je retire avec regret ma nomination au poste de ministre des Anciens Combattants », a déclaré dans un communiqué l\u2019amiral Jackson, ébranlé par des soupçons sur son comportement au travail et en dehors, révélés par un rapport de l\u2019opposition démocrate.Le Sénat avait reporté mardi une audience pour sa confirmation, qui devait intervenir un mois après sa nomination, faite sur Twitter, par le président américain.La Maison-Blanche a plusieurs fois été épinglée pour avoir fait des annonces ministérielles sans vérifier les antécédents des candidats, notamment concernant des conflits d\u2019intérêts ou des questions d\u2019éthique.Des personnes sélectionnées pour le ministère du Travail ou le secrétariat à l\u2019Armée et la Marine ont ainsi déjà jeté l\u2019éponge avant leur audition au Sénat.Quant au chef de l\u2019Agence américaine de protection de l\u2019environnement (EPA), Scott Pruitt, il a notamment dû justifier devant une commission parlementaire les 43 000 dollars dépensés sans l\u2019accord du Congrès \u2014 un acte illégal \u2014 pour installer une cabine téléphonique insonorisée dans son bureau.M.Pruitt, un défenseur des industries fossiles, a invoqué des impératifs de sécurité et a rendu son équipe responsable des irrégularités.Son explication n\u2019a pas convaincu certains parlementaires.«Vous avez mis en cause de manière répétée votre chef de cabinet, votre conseiller juridique, des responsables de l\u2019Agence, nous avons des inquiétudes réelles sur ce qu\u2019il se passe », a jugé le démocrate Ben Lujan.Ronny Jackson, pour sa part, était accusé de surpres- cription de médicaments au sein de l\u2019armée ainsi qu\u2019à la Maison-Blanche, mais également d\u2019avoir instauré un environnement professionnel hostile et d\u2019avoir été aux prises avec une consommation excessive d\u2019alcool.Il aurait notamment été victime d\u2019un accident de la route au volant d\u2019un véhicule du gouvernement après une soirée arrosée.Selon la presse, il était surnommé « Candy Man » (« l\u2019homme aux bonbons ») en raison de sa propension à prescrire des médicaments.Donald Trump a regretté la décision de son candidat, estimant qu\u2019il avait été « traité très, très injustement ».Deux jours plus tôt, il avait pourtant suggéré à demi-mot à l\u2019amiral Jackson de se retirer.Le milliardaire républicain a annoncé jeudi matin à Fox News qu\u2019il avait déjà une idée pour remplacer l\u2019amiral Jackson.Ce serait « quelqu\u2019un de très bien » et « ayant des capacités politiques», a-t-il dit, sans vouloir donner son nom.Après plus de 15 ans de guerre ininterrompue, le ministère des Anciens Combattants a le plus grand mal à prendre en charge les millions d\u2019anciens soldats que comptent les États-Unis.Les révélations de gestion désastreuse y abondent depuis plus d\u2019une décennie.Selon un sondage publié jeudi par NBC et le Wall Street Journal, une majorité d\u2019Américains (56 %) estime que le gouvernement Trump n\u2019est « pas compétent ».Agence France-Presse GOUVERNEMENT TRUMP Ronny Jackson retire sa candidature, Scott Pruitt s\u2019explique sur son train de vie Pompeo investi secrétaire d\u2019État Washington \u2014 À peine investi, le nouveau chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo s\u2019est envolé pour une réunion de l\u2019OTAN à Bruxelles vendredi, avant une tournée en Arabie saoudite, en Israël et en Jordanie, «des partenaires clés dans la région».Le président américain, Donald Trump, s\u2019est dit «ravi» de la confirmation de l\u2019homme qu\u2019il a choisi pour occuper cette fonction cruciale après avoir déjà fait de ce faucon son chef de la CIA.Il devra se saisir immédiatement de deux dossiers brûlants: l\u2019avenir de l\u2019accord iranien et la Corée du Nord, dont il a rencontré le dirigeant récemment.Ex-militaire de 54 ans, à la tête depuis janvier 2017 de l\u2019agence de renseignement la plus puissante au monde, Mike Pompeo a traversé un épineux processus de confirmation parlementaire après sa nomination par Trump mi- mars.Il a fait face à l\u2019opposition d\u2019une majorité de démocrates, qui dénoncent son attitude va-t-en-guerre et des propos jugés is- lamophobes et homophobes, ainsi qu\u2019à l\u2019aile libertarienne des républicains craignant ses velléités interventionnistes.Le zèle des forces de l\u2019ordre devant ces manifestations a vite inquiété la communauté internationale L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 LE MONDE A 7 Nouvelles manifestations d\u2019enseignants aux États-Unis Los Angeles \u2014 De nouvelles manifestations massives d\u2019enseignants avaient lieu jeudi dans l\u2019Arizona et le Colorado, dans l\u2019ouest des États-Unis, pour réclamer des hausses de salaire et une augmentation du financement des écoles, faisant suite à des mouvements similaires dans plusieurs autres États.D\u2019après la presse américaine, plus de 1,4 million d\u2019écoliers et d\u2019étudiants étaient privés de classe à cause de ces grèves auxquelles participaient des dizaines de milliers de professeurs.Le gouverneur républicain de l\u2019Arizona, Doug Ducey, a appelé dans un communiqué le Congrès de son État à voter une hausse «méritée» de 20% des salaires des enseignants.Agence France-Presse ANTOINE LAMBROSCHINI à Berlin A ngela Merkel est attendue vendredi à Washington pour une ultime tentative européenne de convaincre Donald Trump de préserver l\u2019UE de sanctions commerciales et de sauvegarder l\u2019accord stratégique sur le nucléaire iranien.Ce déplacement intervient juste après celui du président français, Emmanuel Macron, qui, malgré sa complicité affichée avec le dirigeant américain, n\u2019a semble-t-il pas obtenu de concessions dans ces deux grands dossiers.La chancelière allemande se fait toutefois peu d\u2019illusions, notamment sur les droits de douane accrus sur l\u2019acier et l\u2019aluminium européens.« On doit partir du principe que les taxes douanières seront là le 1er mai », a indiqué jeudi un responsable gouvernemental allemand sous couvert de l\u2019anonymat, « il nous faudra voir ce que nous allons faire».Le président américain a promulgué en mars ses taxes de 25% sur les importations d\u2019acier et de 10 % sur celles d\u2019aluminium, accusant ses partenaires commerciaux de pratiques déloyales.L\u2019UE a bénéficié d\u2019une exemption in extremis jusqu\u2019au 1er mai en échange d\u2019une demande d\u2019ouverture plus marquée des marchés européens.Les Européens ont déjà dit que des mesures de représailles visant des produits emblématiques américains seraient imposées.En retour, Donald Trump a évoqué d\u2019autres taxes punitives, notamment contre le secteur stratégique de l\u2019automobile de l\u2019Allemagne, dont les excédents commerciaux exaspèrent le locataire de la Maison-Blanche.« La position de la chancelière est que nous préférons négocier, mais pour cela il faudrait une exemption durable de taxes douanières », a expliqué le haut responsable allemand, insistant sur le souhait «d\u2019approfondir les importantes et bonnes relations [économiques] avec les Américains».L\u2019épineux dossier nucléaire iranien L\u2019autre objectif de Mme Mer- kel, comme pour le président français, est de convaincre le président américain que, faute d\u2019une autre solution, l\u2019accord sur le nucléaire iranien reste préservé, faute de quoi Téhéran pourra reprendre sa quête de l\u2019arme atomique.Or, M.Tr ump semble se préparer à dénoncer ce texte négocié par son prédécesseur avant la date limite du 12 mai.Emmanuel Macron a bien proposé la négociation d\u2019un accord complémentaire afin de répondre à certaines revendications américaines, notamment sur le programme balistique iranien, mais il s\u2019est montré ensuite très pessimiste quant aux intentions de son homologue américain.« L\u2019analyse rationnelle de la totalité de ses déclarations ne m\u2019incite pas à penser qu\u2019il fera tout pour maintenir » l\u2019accord, a-t-il dit.«Le postulat de départ de la proposition de Macron est le maintien de l\u2019accord sur le nucléaire [\u2026], il ne peut être dissous de manière unilatérale», a insisté le responsable allemand.Excepté Washington, tous les signataires \u2014 Paris, Berlin, Londres, l\u2019UE, Pékin et Moscou \u2014 et les inspecteurs internationaux considèrent que Téhéran se tient à ses engagements.«L\u2019Amérique d\u2019abord» ou « l\u2019Amérique toute seule»?Qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019Iran ou du commerce, « la grande inconnue est de savoir si le président Trump veut résoudre ces questions afin de relancer la coopération avec les alliés européens ou s\u2019il veut continuer à la miner », relève Karen Donfried, présidente du centre d\u2019analyse German Marshall Fund.«S\u2019il choisit la deuxième option, il fournira encore une preuve que \u201cl\u2019Amérique d\u2019abord\u201d signifie bien \u201cl\u2019Amérique toute seule\u201d», poursuit-elle.Un obstacle supplémentaire pour Mme Merkel est la froideur de ses relations avec le président.Leur tête-à-tête n\u2019est d\u2019ailleurs prévu pour durer que quelques dizaines de minutes vendredi après-midi, loin du faste réservé au président français.Visiblement excédée après un sommet du G7 l\u2019année dernière, la très atlantiste Angela Merkel avait qualifié de « quasiment révolue » l\u2019époque où la confiance prévalait entre Européens et Américains.Agence France-Presse Angela Merkel à Washington pour tenter de convaincre Trump JUNG YEON-JE AGENCE FRANCE-PRESSE Les dirigeants des deux Corées ont échangé une poignée de main sur la ligne de démarcation, vendredi.S U N G H E E H W A N G à Séoul D ans la société démocratique sud-coréenne, les opinions sur le règne autoritaire au Nord, les perspectives de réunification et le sommet prévu vendredi entre le Nord- Coréen Kim Jong-un et le Sud- Coréen Moon Jae-in sont très contrastées.L\u2019AFP a parlé à trois Sud-Coréens aux vues on ne peut plus divergentes, les lignes de fracture étant générationnelles et politiques.Le professeur à la retraite Professeur d\u2019anglais retraité, Lew Je-bong, 84 ans, était adolescent durant la guerre de Corée (1950-1953).Il se rappelle avoir erré avec sa famille à travers le pays en quête de sécurité après l\u2019invasion de Pyongyang.Il se méfie des intentions du Nord et prévient que le Sud ne doit pas tomber dans le panneau.Pyongyang est le « meilleur menteur du monde», dit-il avec colère.Séoul doit tirer les leçons de la litanie des promesses brisées du passé.« Mon espoir pour le sommet, c\u2019est que notre président ne se fasse pas avoir.» « Ils ne renonceront jamais aux armes nucléaires et s\u2019ils ne le font pas, rien ne doit être négocié.» La politique dite du « Rayon de soleil » menée par le président Kim Dae-jung avait vu le Sud renforcer ses liens économiques et diplomatiques avec le Nord, et lui fournir une aide humanitaire considérable.Quelques années après, Pyongyang menait son premier essai nucléaire.« On leur a donné plus de 10 000 milliards de wons [11 milliards $CAN], dit M.Lew.Mais ils s\u2019en sont servis pour fabriquer des armes nucléaires et ils nous menacent avec.» Comme pour beaucoup d\u201dautres de sa génération, la sécurité nationale est sa priorité absolue.Il croit fermement que l\u2019allié américain ne permettra pas une nouvelle invasion nord- coréenne.« Cela n\u2019arrivera pas, l\u2019Amérique ne le tolérerait pas.» Il croit en une « réunification pacifique », mais seulement selon des termes dictés par le Sud.Sinon, « nous serons balayés par le communisme.Et alors, nous mourrons tous».L\u2019homme d\u2019affaires Lee Jeong-jin, 52 ans, a presque pleuré de joie en apprenant la tenue du sommet intercoréen après une décennie de tensions.L\u2019homme d\u2019af faires est de ceux qui sont passés par l\u2019université dans les années 1980, au plus fort du combat pour la démocratie et contre les États- Unis, alimenté pour partie par le ressentiment contre la division de la péninsule et l\u2019alliance américaine avec les dictateurs militaires de l\u2019époque.Il travailla un temps dans le complexe industriel interco- réen aujourd\u2019hui fermé de Kaesong, en Corée du Nord, comme cadre pour le sud-coréen Korea Telecom.Chaque jour, il côtoyait des Nord-Coréens.« Je me suis rendu compte que nous pourrions rapidement par venir à l\u2019harmonie et devenir une nation prospère.» M.Lee est optimiste quant au rapprochement en cours, qu\u2019il voit comme la promesse d\u2019une paix durable.« Nous sommes un peuple.Nous sommes divisés depuis 70 ans.Le fait que les deux parties soient prêtes à discuter de la paix et à surmonter leurs divergences est un grand pas en avant.» À ses yeux, une Corée unifiée sera bien plus forte.«Si notre population atteint les 100 millions, nous aurons une économie forte qui résistera aux changements extérieurs.» Il ne s\u2019attend pas toutefois à ce que tout change du jour au lendemain après des années d\u2019antagonisme.Mais il s\u2019inscrit en faux contre les sceptiques.«Au fil des années, leurs espoirs de paix ont pu s\u2019accumuler, les poussant aujourd\u2019hui à venir.Je ne sais pas pourquoi il faudrait parler de piège.» L\u2019artiste Le sommet fait la une depuis des semaines en Corée du Sud et au-delà, mais Choi Won- yong, 19 ans, ar tiste de hip- hop, n\u2019en a cure.« J\u2019ai vu un titre une fois, mais je n\u2019y connais pas grand- chose.Je ne sais pas vraiment ce qu\u2019ils font.» « Je crois que c\u2019est juste la Corée du Sud et la Corée du Nord qui vont se parler, mais ça ne m\u2019intéresse pas trop.» Cheveux teints en blond, arborant des boucles d\u2019oreille, le musicien passe l\u2019après-midi avec des amis à Sinchon, quartier universitaire animé de Séoul.Les jeunes Sud-Coréens sont ceux dont les connexions avec la Corée du Nord dotée de l\u2019arme nucléaire sont les moins for tes.Ils ont passé leur vie d\u2019adulte dans une démocratie où la scène culturelle est vivace, un pays menacé et attaqué à l\u2019occasion par Pyongyang.Certains s\u2019inquiètent du coût d\u2019une éventuelle réunification, d\u2019autres de la concurrence sur le marché de l\u2019emploi.D\u2019après un sondage réalisé par l\u2019Institut coréen pour l\u2019unification nationale, plus de sept Sud-Coréens sur dix âgés d\u2019une vingtaine d\u2019années s\u2019opposent à la réunification.«Je n\u2019en vois pas la nécessité», dit le musicien.«L\u2019image de la Corée du Nord n\u2019est pas très bonne.C\u2019est bien connu que c\u2019est un pays très autoritaire.» Agence France-Presse Le fossé des générations au Sud S U N G H E E H W A N G à Séoul L e leader nord-coréen, Kim Jong-un, et le président sud-coréen, Moon Jae-in, se sont rencontrés vendredi dans la Zone démilitarisée qui sépare leurs pays pour un sommet historique destiné à concrétiser les espoirs de paix et à dépasser des années de tensions sur le nucléaire.Le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, a salué vendredi l\u2019avènement d\u2019une ère nouvelle pour la paix avant un sommet avec son homologue Moon Jae-in.« Une histoire nouvelle commence maintenant \u2014 au point de départ de l\u2019histoire et d\u2019une ère de paix», a écrit le numéro un nord-coréen sur le livre d\u2019or, dans la Maison de la paix accueillant les pourparlers du côté sud de la Zone démilitarisée qui divise la péninsule.Les dirigeants des deux Corées ont échangé une poignée de main chaleureuse sur la ligne de démarcation qui divise la péninsule avant leur sommet historique.« Je suis heureux de vous rencontrer », a lancé Moon Jae-in à son homologue Kim Jong- un, devenu le premier dirigeant nord-coréen à fouler le sol sud-coréen depuis la guerre de Corée (1950-1953).Le président sud-coréen a également brièvement marché du côté nord-coréen de la frontière.Le devenir de l\u2019arsenal atomique de Pyongyang devrait être au cœur de discussions qui pourraient aussi aborder la question d\u2019un traité de paix pour mettre formellement un terme à la guerre de 1950-1953.M.Kim avait quitté Pyongyang vendredi matin pour se rendre dans la Zone démilitarisée (DMZ), a annoncé l\u2019agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.« Kim Jong-un discutera en toute franchise avec Moon Jae-in de tous les problèmes rencontrés pour améliorer les relations interco- réennes et parvenir à la paix, la prospérité et la réunification de la péninsule coréenne », a indiqué l\u2019agence.Peu après, M.Moon est parti lui aussi pour la DMZ, selon les images en direct des télévisions sud-coréennes.M.Moon a quitté la Maison Bleue, la présidence sud-coréenne, à bord d\u2019un cortège d\u2019une dizaine de véhicules of ficiels entouré de voitures de police et survolé par des hélicoptères.Le long de la route empruntée par le cortège étaient massés des Sud-Coréens venus exprimer leur soutien au président.Les deux premiers sommets intercoréens, en 2000 et 2007, avaient eu lieu à Pyongyang.Cette rencontre à Panmunjom, le «village de la trêve », doit ouvrir la voie à un sommet encore plus attendu entre M.Kim et le président américain, Donald Trump.En attendant, cette réunion est une illustration supplémentaire de la spectaculaire détente sur la péninsule depuis que Kim Jong-un a annoncé le 1er janvier, à la surprise générale, que son pays par ticiperait aux Jeux olympiques d\u2019hiver de Pyeongchang, au Sud.Scénario inattendu Dans la foulée, Pyongyang a envoyé en février aux JO une délégation avant de proposer de négocier la dénucléarisation en échange de garanties sur la sécurité du Nord.Le président américain a accepté la proposition nord-coréenne de sommet et M.Kim s\u2019est rendu en mars à Pékin pour sa première visite officielle à l\u2019étranger.Personne n\u2019aurait parié sur un tel scénario à la fin de l\u2019année dernière, quand la Corée du Nord, qui venait de réaliser son sixième essai nucléaire et multipliait les tirs de missiles, menaçait de frapper les États-Unis du feu atomique.Samedi, M.Kim a annoncé un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques à longue portée, affirmant que les objectifs étaient atteints.Agence France-Presse Une «histoire nouvelle commence maintenant», écrit Kim Jong-un Les présidents des deux Corées se sont rencontrés pour un sommet historique dans la Zone démilitarisée Arabie saoudite : 48 exécutions depuis le début de l\u2019année Dubaï \u2014 L\u2019Arabie saoudite a exécuté 48 personnes lors des 4 premiers mois de l\u2019année, la moitié pour des affaires de drogue, a indiqué Human Rights Watch (HRW), exhortant le royaume à améliorer son système judiciaire, «connu pour son iniquité».«Beaucoup plus de gens condamnés pour des affaires de drogue demeurent dans les couloirs de la mort à la suite de condamnations par le système judiciaire pénal», écrit l\u2019ONG basée à New York dans un rapport publié mercredi soir.Le royaume compte l\u2019un des taux d\u2019exécutions les plus élevés au monde.En 2017, près de 150 personnes ont été exécutées dans le royaume.Agence France-Presse Mexique : les corps des trois étudiants dissous dans l\u2019acide Guadalajara \u2014 Un rappeur mexicain, vedette sur You- Tube, a avoué avoir dissous dans l\u2019acide les corps des trois étudiants en cinéma disparus en mars, dont la mort a été confirmée par les autorités.Christian Omar Palma Gutierrez \u2014 également connu sous le nom « QBA » \u2014 est accusé d\u2019avoir pris part à la disparition de Salomon Aceves Gas- telum, 25 ans, Daniel Diaz, 20 ans, et Marco Avalos, 20 ans, assassinés et torturés par un groupe criminel dans l\u2019État de Jalisco.Gutierrez a confié avoir reçu 3000 pesos (159 dollars) par semaine pour travailler pour le cartel Jalisco Nouvelle Génération, un des plus puissants cartels mexicains.La disparition des étudiants avait déclenché plusieurs manifestations dans le pays.Agence France-Presse Madrid efface Franco Madrid \u2014 La mairie de Madrid a éliminé jeudi deux noms de rues qui honoraient encore des héros de la dictature de Francisco Franco, première étape d\u2019un processus devant mener à y renommer au moins 49 rues.La capitale espagnole, dirigée par l\u2019ancienne juge de gauche Manuela Carmena, explique qu\u2019elle applique ainsi une loi de 2007 sur la «mémoire historique» qui vise à retirer de l\u2019espace public les hommages hérités de la dictature franquiste (1939-1975).Des ouvriers ont déboulonné les plaques de la «rue Général Millan Astray», un militaire mutilé qui a fondé la Légion étrangère espagnole, auteur du fameux cri de ralliement franquiste «Viva la muerte» (Vive la mort), et de la «rue Général Garcia de la Herranz», un officier ayant participé à la tentative de coup d\u2019État de juillet 1936 qui mena à la guerre civile remportée par le camp franquiste.Désormais, les deux voies se nomment respectivement rue Justa Freire, une pédagogue espagnole, et rue de la Coopération.Agence France-Presse CORÉES n convoquant des élections anticipées pour le 24 juin, Recep Tayyip Erdogan pense pouvoir pro?ter de la division et de l\u2019affaiblissement de l\u2019opposition pour renforcer son emprise sur la vie politique turque.Entendu que la tactique n\u2019a rien de bien original.Au Venezuela, la récente décision du président Nicolas Maduro de convoquer en catastrophe des élections pour le 20 mai procède de la même manœuvre.La première ministre britannique, Theresa May, s\u2019y est brûlé les doigts avec son scrutin hâtif de juin 2017, dilapidant la majorité conservatrice pour se retrouver en piteux état de gouvernement minoritaire.Pour M.Erdogan, il s\u2019agit de faire appliquer au plus vite la réforme constitutionnelle qu\u2019il a fait adopter par référendum en avril 2017.Une réforme qui se trouvera à renforcer considérablement les pouvoirs de la présidence.Il n\u2019est évidemment pas sans paradoxe qu\u2019il tienne à utiliser les instruments de la démocratie libérale pour légitimer sa dérive autoritaire.Que l\u2019AKP, son parti islamo-conservateur, l\u2019emporte en juin et, du reste, sa légitimité sera de toute façon discutable, vu le régime d\u2019état d\u2019urgence dans lequel il tient le pays et la répression tous azimuts qu\u2019il exerce contre les médias qui le critiquent depuis le coup d\u2019État raté de juillet 2016.Le fait est que M.Erdogan, vainqueur de tous ses dé?s électoraux depuis 2002, se lance dans l\u2019aventure alors que sa popularité est en baisse.L\u2019usure du pouvoir le gagne, surtout auprès des électorats urbains, dans un contexte de désenchantement qui affecte même sa coterie.L\u2019homme n\u2019a, après tout, remporté son référendum constitutionnel de l\u2019année dernière que par une toute petite marge de 51,47 % des voix.Or, face à cette usure, l\u2019opposition divisée et disparate donne tout à coup des signes de résistance organisée, ce qui est nouveau.Une cause commune: faire échec au système présidentiel que M.Erdogan s\u2019est taillé sur mesure.Les consultations entre partis de l\u2019opposition se multiplient depuis l\u2019annonce des élections hâtives.Cette semaine, contre toute attente, le Parti républicain du peuple (CHP, social-démocrate et laïque) a conclu un accord parlementaire avec un petit parti ultranationaliste, Bon Parti (BP), un accord sans lequel ce dernier aurait été interdit de participer à la campagne.M.Erdogan n\u2019a d\u2019ailleurs pas pu s\u2019empêcher de manifester publiquement son irritation à l\u2019égard de cette alliance contre nature \u2014 dif?cile, en effet, à imaginer.Car elle lui nuira nécessairement, la chef du BP, Meral Aksener, ancienne ministre de l\u2019Intérieur, étant une adversaire redoutable et populaire.Tous contre Erdogan! L\u2019opposition est obligée, dans la conjoncture actuelle, de ratisser large.L\u2019amalgame qui se dessine a au moins le mérite de donner aux opposants des moyens de résister.Toutes sommes confondues, les médecins spécialistes toucheront un total de 4 milliards de plus pour la durée de leur entente.Le président du Conseil du trésor, Pierre Arcand, préfère avancer un plus petit chif fre, ne voulant pas qu\u2019on additionne ce que son gouvernement doit à ce qu\u2019il a promis à des médecins déjà gavés, ni à ce qui est lié à la hausse du nombre de médecins et des actes.C\u2019est son choix et c\u2019est un réflexe naturel.Mais en définitive, c\u2019est l\u2019État, c\u2019est-à-dire les contribuables, qui casque pour ces ententes byzantines et opaques dont l\u2019indécence n\u2019est plus à démontrer.l ne faut pas trop en vouloir aux journalistes d\u2019avoir sous-évalué la note que le gouvernement Couillard s\u2019est engagé à payer en signant la dernière entente avec les médecins spécialistes.Il y a dans cette entente des sommes dues, non récurrentes, engagées avant même que l\u2019entente soit signée, des sommes dues, non récurrentes, à payer maintenant ou plus tard, d\u2019autres qui représentent une dette à payer après le terme de l\u2019entente en 2023, des sommes récurrentes qui sont des hausses de tarifs, d\u2019autres qui s\u2019appliquent à « l\u2019évolution de pratique », ce qui correspond à une augmentation des ef fectifs, des actes médicaux et des primes «pour améliorer l\u2019accessibilité aux services».Une chatte n\u2019y retrouverait pas ses petits.Les premiers intéressés, les médecins, n\u2019y comprennent que dalle.Le médecin et député de Québec solidaire Amir Khadir faisait remarquer que « le détail de ces ententes est très compliqué, la rémunération à l\u2019acte permet ce genre de tour de passe-passe où on n\u2019y comprend rien ».On peut croire qu\u2019une part de l\u2019ascendance dont jouit la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) sur ses membres vient du fait que ses dirigeants sont capables, eux, de déchif frer ces ententes absconses.Dans cette valse des milliards, la mesure la plus éloquente de l\u2019ampleur éhontée des hausses consenties aux médecins, c\u2019est la croissance de la part de leur rémunération dans le budget total de la santé.Ainsi, le pourcentage de cette rémunération dans ce budget s\u2019élevait à 14,9 % en 2006-2007 pour se retrouver à 21,2 % dix ans plus tard.Le même gouvernement libéral, qui est responsable de cette explosion de 40 % de la part des médecins dans les dépenses de santé, se vante aujourd\u2019hui de maintenir à 20 % cette proportion.Tout un exploit.Le gouvernement affirme qu\u2019il a toujours été « transparent » dans la gestion de ces ententes : une transparence qui s\u2019est manifestée après coup, après que les milliards eurent coulé à flots au terme de tractations tenues secrètes.Il est vrai que les ententes sont désormais publiées en ligne.Or, leur interprétation et leur application des plus complexes sont plutôt un gage d\u2019opacité.C\u2019est d\u2019ailleurs une tactique éprouvée pour contrôler l\u2019information que d\u2019ensevelir les journalistes sous une tonne de documents, de chiffres et d\u2019interprétations.Heureusement que certains d\u2019entre eux s\u2019échinent à faire la lumière.Car cette opacité est systémique.Tant le gouvernement que les médecins ont intérêt à présenter un portrait financier qui les avantage.Ce même gouvernement, qui se gargarise de transparence, a aboli les instances, comme le Commissaire à la santé et au bien-être, qui auraient pu fournir une évaluation objective de ces ententes.Cette opacité persistante milite pour la création d\u2019un poste de Directeur parlementaire du budget, comme il en existe à Ottawa.Pour l\u2019heure, le président du Conseil du trésor en est réduit à expliquer l\u2019inexplicable et à défendre l\u2019indéfendable.L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 A 8 EDITORIAL L E T T R E S La politique cubaine vue de l\u2019intérieur En lisant Le Devoir du 24 avril dernier, je suis tombé sur un petit texte écrit par M.Marcel Lapointe de Jonquière qui insinuait que les Cubains ne choisissaient pas leurs dirigeants politiques car leur processus était un simulacre électoral.Au début d\u2019avril, je suis allé à Trinidad et à La Havane dans des casas par ticu- lars.Après avoir discuté avec des Cubains de Trinidad, j\u2019ai eu un autre son de cloche qui tranchait avec nos idées habituelles.Ils nous ont expliqué que les Cubains votaient pour élire leurs responsables au niveau des villes et des villages et par la suite les dirigeants élus cheminaient jusqu\u2019à la tête de l\u2019État en étant choisi par les délégués des différentes régions du pays.Je suggère à M.Lapointe comme à tous ceux qui par tagent son opinion de voyager, car les voyages forment les opinions.Pour ma part, mon sé- L I B R E O P I N I O N P I E R R E A R C A N D Président du Conseil du trésor J\u2019 ai pris connaissance avec étonnement, mercredi matin, de l\u2019ar ticle «Une entente de 4 milliards avec les spécialistes ».Ce texte sous-entend que le gouvernement du Québec a véhiculé des chiffres erronés concernant l\u2019entente conclue avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).Le gouvernement a toujours été transparent dans la gestion de ses ententes, tant avec les fédérations médicales qu\u2019avec la fonction publique.Je l\u2019ai dit à plusieurs reprises, ce sont des montants im- por tants et la population a le droit d\u2019y avoir accès.Ces ententes sont également disponibles en ligne.Au surplus, les données concernant la rémunération des médecins sont également exposées dans le dernier budget.Je tiens à rappeler que les ententes avec les fédérations médicales ont été négociées avec deux objectifs : stabiliser à 20 % la part des dépenses de rémunération médicale dans le budget global du ministère de la Santé et des Services sociaux ; prévoir une croissance moyenne des dépenses liées à la rémunération des médecins à 3 % annuellement.Les ententes conclues permettent donc qu\u2019un dollar sur cinq des dépenses en santé aille à la rémunération des médecins.Cette proportion est d\u2019ailleurs comparable à celle du reste du Canada.Nous nous acquittons donc de sommes que nous nous étions engagées à verser au fil du temps et plafonnons son évolution pour les années à venir.À cela, nous avons demandé aux médecins spécialistes d\u2019abandonner une clause salariale qui nous permet d\u2019économiser 3 milliards de dollars.Il faut faire preuve de prudence dans l\u2019interprétation des ententes inter venues.Le gouvernement du Québec ne consent pas des hausses salariales de 4 milliards aux médecins spécialistes.Il est complètement faux de prétendre une telle chose.Il serait par ailleurs inexact d\u2019additionner comme certains ont pu le faire les montants des ententes passées avec les engagements à venir.Je veux être clair : les augmentations salariales des années futures des médecins se comparent à celles du reste des employés de l\u2019État.Les enveloppes des médecins omnipraticiens et des médecins spécialistes évolueront respectivement pour les huit prochaines années de 1,8 % et 1,4 %.En terminant, je tiens à rappeler que l\u2019entente avec la FMSQ se traduira par des gains majeurs pour la population.La Fédération s\u2019engage à financer à même les montants qui lui sont attribués 105 millions, notamment : un plan national pour éviter tous bris de services dans toutes les spécialités de base, et ce, partout sur le territoire québécois; la prise en charge des frais liés aux échographies dans les cabinets privés ; l\u2019augmentation de l\u2019accès à l\u2019imagerie par résonance magnétique.En plus de respecter les objectifs de négociations fixés sur le plan financier, notre gouvernement a réussi à négocier une entente au bénéfice de la population.Réponse de la journaliste La hausse de l\u2019enveloppe des médecins spécialistes sera, à terme, en 2023, de 1 milliard annuellement par rappor t à 2015-2016, incluant le coût de nouveaux médecins et services.L\u2019accord-cadre permet de calculer que, sur la durée totale de l\u2019entente (de 2015- 2016 à 2022-2023 pour le récurrent, 2026- 2027 pour la dette), plus de 4 milliards auront été versés.Il s\u2019agit de la somme de la dette (non récurrent) envers les médecins spécialistes (1,5 milliard), des augmentations récurrentes (2 milliards) et de l\u2019augmentation de 2 % pour les nouveaux médecins (100 millions par an).Tant les fonctionnaires du Conseil du trésor que le négociateur de la FMSQ l\u2019ont confirmé au Devoir.Le ministre a reconnu, mercredi, que c\u2019étaient « les bons chiffres », mais que « ça dépend de la façon » de les interpréter.La méthode de calcul utilisée est la même qui permet au gouvernement d\u2019affirmer qu\u2019il économise 3 milliards de dollars sur la durée de l\u2019entente.L\u2019information d\u2019un coût de 2 milliards pour la durée de l\u2019entente a été inférée erronément par les médias alors que le texte de l\u2019entente n\u2019était pas disponible.Il a fait la une des journaux et été mentionné à heure de grande écoute à Tout le monde en parle.Le Devoir n\u2019a fait que son travail journalistique de vérification.Amélie Daoust-Boisvert Les faits sur la rémunération des médecins FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET jour à Cuba fut révélateur.Il m\u2019a donné l\u2019heure juste sur le peuple cubain.Je salue sa dignité et son courage.Depuis mon voyage, je suis critique des opinions erronées véhiculées par nos médias.Le peuple cubain est un rempart contre le bulldozeur de l\u2019individualité.Ce peuple est bienveillant avec nous et très uni dans une solidarité indéfectible développée à travers ses épreuves.Michel Houle Québec, le 25 avril 2018 RÉMUNÉRATION DES MÉDECINS Opacité et indécence TURQUIE Tous contre Erdogan ! I E GUY TAILLEFER ROBERT DUTRISAC Quel «argent public» pour le baseball ?Pour une rare fois, j\u2019étais bien d\u2019accord avec Philippe Couillard lorsqu\u2019il a déclaré que le sport professionnel était une entreprise privée et qu\u2019il revenait au privé de le financer.De son côté, la mairesse Plante flirte avec l\u2019idée de ramener le baseball à Montréal, et on jongle maintenant sur la façon de favoriser ce retour.La moitié des fans ne sont même pas convaincus qu\u2019il faille investir de l\u2019argent public dans l\u2019aventure, mais en politique, une fois lancée, une mauvaise idée semble ne plus pouvoir s\u2019arrêter.Alors, on cherche comment aider sans paraître verser de l\u2019argent public.Hélas, il n\u2019y a pas qu\u2019une subvention directe qui pompe l\u2019argent des contribuables.Un congé d\u2019impôts fonciers, un terrain gratuit ou un allégement fiscal, tout cela constitue un manque à gagner pour le trésor public, que doivent compenser les contribuables.Alors, si madame Plante tient à enfiler le costume de Youppi laissé par son prédécesseur, que nous avons pourtant chassé de l\u2019Hôtel de Ville, qu\u2019elle ait au moins l\u2019honnêteté de chif frer le coût de l\u2019aide accordée et qu\u2019elle rende cette cotisation facultative sur le compte de taxes.On verra bien combien de citoyens auront envie de financer volontairement le retour de « Nos Amours » millionnaires.Luc Le Blanc Montréal, le 24 avril 2018 Il faut faire preuve de prudence dans l\u2019interprétation des ententes intervenues L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 A 9 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).Q u\u2019est-ce que le radicalisme?Permettez- moi de partager deux interprétations différentes et bien personnelles de ce concept, en parlant d\u2019abord de ce que représente le conventionnel, auquel s\u2019oppose le radicalisme.Le conventionnel, c\u2019est l\u2019ensemble des facteurs qui définissent le fonctionnement de notre majorité : nos lois, notre système économique, nos valeurs, par exemple.Les mécanismes qui garantissent une certaine qualité de vie, comme les CPE, font partie du conventionnel, tout comme certains phénomènes, comme le sexisme, qui préjudicient certains membres de la population.La majorité d\u2019entre nous nous définissons par le conventionnel.Puis il y a des radicaux.D\u2019abord, les radicaux fragiles.Ces gens ne sont pas bien dans leur peau, et ce, pour différentes raisons liées à des défis sur le plan socioaffectif.Les radicaux fragiles extrapolent à l\u2019extrême des phénomènes inégalitaires qu\u2019on retrouve déjà au sein de notre société conventionnelle.En effet, les actes haineux des radicaux fragiles prennent souvent racine dans les discours ambiants qui alimentent les préjugés.Alek Minassian, qui selon les informations publiques aurait été nourri par la misogynie des « incels », serait un radical fragile parce que son comportement présumé est marginal et n\u2019est pas accepté par le conventionnel.Les radicaux courageux, eux, aiment leur prochain et luttent contre les injustices.«Vous devez agir comme s\u2019il était possible de transformer radicalement le monde.Et vous devez agir de la sorte tout le temps», disait Angela Davis.Ces gens ont comme vision une société où les gens vivent égaux et portent, dans les messages qu\u2019ils véhiculent, cet idéal avec authenticité.Ils rejettent vigoureusement les normes qui perpétuent les injustices et créent ainsi de l\u2019inconfort.De ce fait, le monde conventionnel peine à apprécier pleinement le génie des radicaux courageux.Ricardo Lamour est un radical courageux.Il sor t des sentiers battus afin de réclamer le droit à l\u2019égalité.À ce titre, il n\u2019occupe pas d\u2019emploi typique.Membre du comité de soutien de la famille Villanueva, il m\u2019impressionne particulièrement par son projet Bout du Monde, parrainé par l\u2019UNESCO.Dans le cadre de ce projet, il entretient une relation de mentorat avec cinq jeunes de moins de quinze ans avec pour objectif de susciter leur esprit philosophe.De plus, peu de citoyens se prévalent de leur droit d\u2019interpeller les élus à travers les instances prévues à cet effet.Ricardo Lamour, lui, participe aux séances du conseil de la Ville de Montréal.C\u2019est d\u2019ailleurs à la suite de ses interventions que Valérie Plante a reconnu en février la Décennie internationale des personnes d\u2019ascendance africaine proclamée par l\u2019ONU.Cette Décennie a pour objectif de renforcer les actions garantissant le plein exercice des droits des personnes d\u2019ascendance africaine, et leur pleine participation dans la société.Lors de l\u2019événement «Maîtres chez vous» organisé par Force Jeunesse en avril dernier, Philippe Couillard a aussi confirmé que son gouvernement étudierait cette question.Qui l\u2019a questionné sur le sujet?Ricardo Lamour.Cet entrepreneur social ne fait pas dans la dentelle lorsqu\u2019il est question d\u2019égalité.Dans une entrevue accordée au magazine Nouveau Projet, il affirmait : «Les paradis fiscaux sont le symbole par excellence de ce système qui consacre l\u2019essentiel de son énergie à se protéger et à nier son existence.Ils représentent de l\u2019impôt en moins pour réduire l\u2019attente à l\u2019hôpital, améliorer l\u2019état des routes, offrir une éducation de qualité.» Bien sûr, Ricardo Lamour n\u2019est pas le seul à dénoncer nos élites.Rares sont ceux, toutefois, qui allient avec autant de sensibilité la lutte des classes socio-économiques au colonialisme que subissent les groupes racisés: « Du rhum, des femmes, des enfants et nos plages/Ah, quel beau dommage/Nous avons aussi une grande histoire/Quoi, ça ne vous intéresse pas?/Y a comme un goût de sang dans votre alcool/Y a comme un goût d\u2019alcool dans votre sang/Es-tu à l\u2019aise dans ton tout inclus?/Moi, tu sais, j\u2019suis pas à l\u2019aise du tout/Vous vous croyez en République dominicaine/Ou à Cuba, dans la région de Holguin/Ou quelque part en Thaïlande/Ou sur les plages de la Barbade/Ici, c\u2019est Haïti, terre de Dessalines/Reste avec le peuple ou reste sans lui» L\u2019auteur de ces paroles ?Ricardo Lamour, dans sa chanson Tout inclus, qui dénonce la relation avec les pays en développement et qui rappelle l\u2019histoire d\u2019Haïti, pays notoire pour sa lutte contre l\u2019esclavage.Je ne suis pas toujours d\u2019accord avec Ricardo Lamour.Il m\u2019est néanmoins apparu important de rédiger ces quelques lignes afin de saluer un individu qui m\u2019inspire, par son radicalisme courageux, à lutter pour une meilleure société.Le radical courageux FABRICE VIL P H I L I P P E D U B É Professeur de muséologie à la retraite de l\u2019Université Laval ans son essai sur le don, publié dans Année sociologique en 1923-24, l\u2019ethno-sociologue Marcel Mauss définit le concept d\u2019échange dans les termes d\u2019une triple obligation, « don- ner-recevoir-rendre », pour laisser enfin advenir « un fait social total ».À partir de cette prémisse, on peut tenter de comprendre ce qui cloche dans l\u2019histoire du don du fameux tableau de Jacques-Louis David intitulé Saint Jérôme entendant les trompettes du Jugement dernier (1779), fait par les sœurs Cramail à la basilique Notre-Dame de Québec en 1939.Tout d\u2019abord, à une échelle personnelle, quand on reçoit un don (par définition un bien qui ne nous a rien coûté), il est toujours «malaisant» d\u2019en faire éventuellement le commerce (en exiger un prix en échange) puisqu\u2019il nous a été donné par l\u2019entremise d\u2019un acte généreux posé gratuitement à notre endroit.Dans le cas qui nous occupe, comment expliquer la fièvre mercantiliste autour de cette œuvre majeure qui, pourtant, a bel et bien fait l\u2019objet d\u2019un très généreux don de la part de bonnes et dévouées chrétiennes.L\u2019Église ici, par le truchement de la fabrique, semble bien mal placée pour faire le commerce d\u2019un bien qui est manifestement de l\u2019ordre de la propriété publique puisque le tableau était à la base destiné à l\u2019église en tant que lieu de rassemblement des fidèles, donc aux paroissiens et, in fine, à la population en général.Pourquoi donc le donataire, ici la fabrique, s\u2019autorise-t-il à le marchander contre une somme d\u2019argent (5 millions $US) qui ne court pas les rues à l\u2019heure actuelle?Dans la trilogie du «donner-recevoir- rendre» selon Mauss, l\u2019église manque à son devoir de créer du lien social en ne rendant pas ce qui lui a été pourtant offert de bon cœur.Puisque ne pas rendre est une manière de briser l\u2019obligation morale qu\u2019impose tacitement l\u2019acceptation d\u2019un don.On comprend que l\u2019Église a besoin d\u2019argent pour maintenir en état ses biens que l\u2019on sait nombreux.Pourquoi d\u2019abord ne pas revoir radicalement son train de vie, à l\u2019exemple de François à la tête de cette grande institution.Dans ce contexte, vendre ne devrait pas être une option.Redonner à la communauté des fidèles, c\u2019est-à- dire au public au sens le plus large du terme, est la seule avenue possible et le musée, par définition, est une institution publique qui a le mandat officiel et légal d\u2019être le gardien du patrimoine culturel et naturel.De plus, il est notoire que le musée sait parfaitement bien user des mécanismes de dégrèvement d\u2019impôts pour délivrer de généreux reçus de charité en retour d\u2019un don aussi conséquent.En échange de quelques allégements fiscaux, il saura soulager ainsi le fardeau fiscal de l\u2019église pourtant réputé pour être moins lourd que celui d\u2019autres institutions.Pourquoi alors faire une tempête médiatique avec une affaire qui devrait se conclure tout naturellement par un contre-don, c\u2019est-à- dire par la réciprocité de ce que l\u2019église a reçu.On se rappelle que « dons et contre-dons créent du lien social» et l\u2019Église a le devoir d\u2019y souscrire, elle qui se veut rassembleuse des personnes de bonne volonté.Sans quoi, au Jugement dernier\u2026 PATRIMOINE RELIGIEUX L\u2019Église doit rendre le Saint Jérôme à la population L U C - N O R M A N D T E L L I E R Professeur émérite au Département d\u2019études urbaines et touristiques de l\u2019ESG-UQAM epuis longtemps, le rêve de contrôler l\u2019étalement urbain qui avait inspiré la Loi sur la protection du territoire agricole, adoptée le 9 novembre 1978, a été trahi autant qu\u2019il était possible de le faire.On ne compte plus le nombre de maires, de promoteurs et de cultivateurs ayant réussi à contourner cette loi pour augmenter leur assiette foncière ou pour faire une fortune rapide en accélérant l\u2019étalement urbain dans la grande région de Montréal, mais aussi ailleurs.Les citoyens se sont rués sur les bonnes affaires et les habitations bon marché.Les municipalités de banlieue se sont endettées pour leur fournir les infrastructures, puis les services municipaux de base.On a construit des rues, des routes, des réseaux d\u2019égout et d\u2019aqueduc, des écoles, des cliniques et des hôpitaux.On a inauguré de nouvelles autoroutes, puis on les a prolongées.Tout alla pour le mieux jusqu\u2019au jour où le tout- à-l\u2019auto posa problème en matière de pollution et de congestion.Plus on construisait d\u2019autoroutes, plus il y avait de voitures, et plus il y avait de voitures, plus on réclamait des autoroutes, jusqu\u2019au jour où on réalisa que les autoroutes ne suffiraient pas à la tâche et qu\u2019il fallait leur adjoindre des trains de banlieue, des stations de REM et de métro, ainsi que des voies réservées au transport en commun sur les autoroutes.Les élections approchant, les maires de banlieue réclament maintenant à hauts cris que l\u2019ensemble des citoyens du Québec leur paie ces cadeaux à coups de milliards de dollars.C\u2019est une question de vie ou de mort, insistent-ils.Le problème, c\u2019est qu\u2019il existe une loi économique du développement urbain qui porte le nom de « loi fondamentale de la congestion routière », loi formulée en 2009 par Gilles Duran- ton de l\u2019Université de Pennsylvanie et Matthew Turner de l\u2019Université Brown.Cette loi est basée sur une vaste étude de la congestion automobile aux États-Unis.Elle énonce ce qui suit : « Toute augmentation de 1 % du réseau autoroutier se traduit par une augmentation égale à 1 % du nombre de kilomètres parcourus sur ce même réseau.» Trois facteurs expliquent cela : le développement du réseau autoroutier encourage le recours à l\u2019automobile chez les utilisateurs existants ; il attire de nouvelles activités de production axées sur le transport ; il provoque un influx de nouveaux résidents.Cette même loi vaut aussi pour le transport collectif lié ou non aux autoroutes, si bien que les deux économistes urbains concluent qu\u2019une offre supplémentaire de routes et de transports publics a peu de chances de réduire la congestion (« is unlikely to relieve congestion»).Il ne faut jamais oublier qu\u2019aux États-Unis (tout comme au Canada sans doute), un déplacement en transport en commun prend, en moyenne, 48 minutes, alors qu\u2019un déplacement en automobile prend 24 minutes.Une seule mesure efficace Que faire alors ?Augmenter le prix de l\u2019essence n\u2019aurait que très peu d\u2019effet, du moins si on ne le multiplie pas par 3, par 4 ou même par 5 (en 1995, le prix de l\u2019essence en France et en Italie était cinq fois supérieur au prix de l\u2019essence aux États-Unis !).La seule mesure qui se soit avérée nettement efficace en matière de réduction de la congestion est celle que j\u2019ai été le premier à proposer à Montréal, il y a 25 ans, en 1993, soit le péage urbain.Il suffirait que nous imposions une taxe de congestion sur tous les ponts entourant Montréal pour qu\u2019enfin tous retrouvent la raison et que les citoyens travaillant sur l\u2019île de Montréal désertent les banlieues pour revenir sur l\u2019île et que ceux travaillant dans les banlieues quittent l\u2019île.Ainsi, la congestion, tant sur l\u2019île qu\u2019en dehors de l\u2019île, serait enfin réduite.Faire cela demande du courage politique, alors que promettre des milliards en investissements dans des autoroutes congestionnées et dans des REM et trains de banlieue n\u2019en demande pas, hélas ! Le péage urbain pour contrer les bouchons de circulation Davantage de routes et de transports publics ont peu de chances de réduire la congestion JACQUES NADEAU LE DEVOIR La « loi fondamentale de la congestion routière» énonce ce qui suit : «Toute augmentation de 1% du réseau autoroutier se traduit par une augmentation égale à 1% du nombre de kilomètres parcourus sur ce même réseau.» L\u2019église manque à son devoir de créer du lien social en ne rendant pas ce qui lui a été offert de bon cœur D D Le monde conventionnel peine à apprécier pleinement le génie des radicaux courageux L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 2 7 A V R I L 2 0 1 8 A 10 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Chagall ne tenaient plus après l\u2019intervention de la ministre de la Culture Marie Montpetit, qui a déposé le 23 avril un avis d\u2019intention de classement patrimonial sur le Saint Jérôme.Le dossier a soulevé plusieurs questions sur la gestion des collections muséales et du patrimoine, ainsi que sur la procédure suivie dans ce cas particulier par le MBAC.Sortir un Chagall du pays Parmi celles-ci, comment le tableau de Chagall a-t-il pu sortir si vite du pays?Le diable est dans les détails : ici, il s\u2019agit d\u2019un timing, d\u2019une chronologie.Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) tenait à ce que le tableau soit monnayé vite chez Christie\u2019s, précisément à la vente de mai \u2014 une des plus payantes de l\u2019année avec celle de novembre.Or, l\u2019offre déposée pour le Saint Jérôme de David en décembre devait se conclure, argent sonnant et trébuchant à l\u2019appui, le 11 juin 2018.Calculez le délai : le Chagall ne pouvait techniquement se permettre l\u2019arrêt de deux à six mois, quasi obligatoire pour les tableaux de maître qui sortent du pays, par la Commission canadienne d\u2019examen des exportations de biens culturels (CCEEBC).Le Musée des beaux-ar ts du Canada savait-il à l\u2019avance qu\u2019il pourrait éviter cette étape, ou a-t-il pris un risque en mettant un Chagall en jeu?Experts et muséologues consultés par Le Devoir estiment qu\u2019il était impossible de prévoir que La tour Eif fel éviterait comme il l\u2019a fait la CCEEBC, ce mécanisme de protection du patrimoine du pays.Au contraire.« Je suis un ancien membre de la CCEEBC », indique Alain La- coursière, ancien « policier des arts » devenu cour tier d\u2019œuvres, qui y a of ficié de 2014 à 2017.« Je dis aujourd\u2019hui qu\u2019il faut enlever le mot «exportation» du nom «Commission d\u2019exportation», tabarnak, parce que si c\u2019est comme ça, la commission ne sert plus à rien ! Le Chagall aurait dû y passer ! » La CCEEBC, entité indépendante, « détermine si les biens culturels sont d\u2019un intérêt exceptionnel et d\u2019une importance nationale en vue de protéger et de préserver le patrimoine [\u2026] du Canada ».Pour ces biens, elle impose un délai variant de deux à six mois avant de leur permettre de sor tir du pays, tentant d\u2019abord de trouver une organisation publique qui l\u2019achèterait à un juste prix.Aucun mécanisme ne permet présentement d\u2019obliger un bien culturel à rester au Canada.Au mieux, la commission peut reporter une exportation.Or, La tour Eif fel de Chagall ne s\u2019est pas rendue à la CCEEBC.Car pour ce faire, un expert- vérificateur doit refuser la licence d\u2019exportation.La Art Gallery of Ontario (AGO), expert-vérifica- teur de La tour Eiffel, en a octroyé une, et permanente de surcroît.Comment l\u2019AGO a-t-elle pu conclure que ce «bien ne présente pas un intérêt exceptionnel et qu\u2019il ne revêt pas une importance nationale », comme le mentionne la loi ?Sur quelle base?Mystère.« J\u2019ai bien peur que personne de l\u2019AGO ne commente ce sujet », s\u2019est contentée de répondre la relationniste du musée.Rappelons que l\u2019AGO possède deux des trois huiles de Chagall qui demeurent dans le domaine public au pays, Over Vitebsk (1924) et Le violoniste rouge (date de réalisation inconnue).Vice de forme Selon la loi, « l\u2019expert [vérificateur] n\u2019est pas tenu de fournir les raisons pour lesquelles il recommande à l\u2019Agence des services frontaliers de délivrer la licence [d\u2019exportation].Des motifs sont requis seulement lorsque la recommandation veut que la licence soit refusée », précise Patrimoine canadien.Alors que l\u2019ex- pert-vérificateur doit légalement informer sans délai la CCEEBC de sa recommandation, il ne l\u2019a pas fait ici, comme l\u2019indiquait un texte de l\u2019agence QMI.« Le MBAC a informé le secrétariat de la CCEBC de son intention d\u2019aliéner La tour Eif fel [\u2026] dans une lettre reçue le 21 décembre 2017 », a indiqué Rémi Caradot, de ce secrétariat.Rappelons qu\u2019à cette date, le Chagall était encore offert en première instance aux autres musées canadiens, qui avaient jusqu\u2019au 9 janvier pour signaler leur intérêt à l\u2019acheter avant que le MBAC puisse l\u2019exporter.Le Secrétariat a rappelé par écrit au MBAC le 1er février que c\u2019est Patrimoine canadien qui administre le système de contrôle des exportations.Et « le 22 mars 2018, le secrétariat et la Commission ont appris du site de Art Market Monitor que le tableau avait quitté le pays [\u2026].La Commission n\u2019a eu aucun rôle à jouer dans ce dossier.» Calendrier Le conseil d\u2019administration du MBAC a voté la décision d\u2019aliéner le Chagall pour financer l\u2019achat du David en décembre, selon une entrevue du directeur Marc Mayer à Canadian Art.Monseigneur Denis Bélanger, de la Fabrique, a confirmé au Devoir que l\u2019of fre, déposée le 11 décembre et valide six mois, indiquait noir sur blanc que le financement se ferait par la vente «d\u2019un tableau important du XXe siècle ».Pour être mis en vente en mai, un tableau doit être laissé à Christie\u2019s mi-janvier, afin que la maison d\u2019enchères puisse authentifier l\u2019œu- vre, la photographier, préparer le matériel et les textes promotionnels.On peut conclure que le MBAC a agi dans la précipitation ; une précipitation auto-infligée.Perception Dans ses lignes directrices sur l\u2019aliénation, l\u2019Association des musées canadiens souligne que de telles décisions, si elles sont contraires à l\u2019éthique, ou perçues comme telles, «peuvent avoir des conséquences importantes et souvent fâcheuses pour votre institution [\u2026].En voici quelques-unes : la perte ou la diminution de la confiance de votre communauté ; une publicité défavorable ou négative qui nuit à la capacité de l\u2019institution d\u2019obtenir du financement ; des incidences négatives sur les relations de travail avec les autres institutions qui pourraient refuser de collaborer avec votre institution ou de lui prêter des objets».Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHAGALL ront occupées, a averti le ministre québécois de l\u2019Immigration, David Heurtel, à plusieurs reprises depuis le lundi 16 avril dernier.«Ce n\u2019est pas organisé pour que ça perdure.Est-ce qu\u2019il y a un plan B?C ?D?» demande le président national du syndicat des douanes et de l\u2019immigration (SDI), Jean-Pierre Fortin, dans un entretien avec Le Devoir jeudi.«Augmenter l\u2019hébergement à la frontière ?Ramener les tentes pour la saison estivale?Faire dormir sur le gazon et dans les stationnements?» poursuit-il.À ses yeux, de « nouvelles directives » ainsi que des ressources supplémentaires de la part d\u2019Ottawa sont nécessaires afin de préserver à la fois la « sécurité » tout au long de la frontière ainsi que l\u2019« intégrité de notre régime d\u2019immigration ».De 175 à 200 demandeurs d\u2019asile \u2014 la vaste majorité d\u2019origine nigériane \u2014 franchissent quotidiennement le chemin Roxham, en Mon- térégie, de façon irrégulière.Mais seulement 100 d\u2019entre eux peuvent monter à bord d\u2019un autobus vers la métropole québécoise depuis le début de la semaine, indique M.Fortin.Les autres doivent patienter dans les installations temporaires, d\u2019une capacité de 200 migrants irréguliers, aménagées sur le site du poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle.« Il y en a cette semaine qui ont commencé à coucher sur place en raison des quotas.On ne peut pas en envoyer plus que 100 par jour à Montréal.[\u2026] Présentement, il y a des roulottes chauffées, quelques douches\u2026 Il y a une capacité de 200 personnes sur place.Imaginez-vous combien de temps ça va prendre pour saturer ! » lance le dirigeant du SDI au téléphone.« Je ne sais pas où ils vont les mettre.» M.Fortin prévoit une saison estivale « infernale » au poste frontalier de Saint-Bernard-de- Lacolle.Dès la fin des classes, des milliers de ressortissants salvadoriens établis aux États- Unis af flueront au Canada en prévision de l\u2019abolition du programme de protection temporaire (TPS), prévue le 9 septembre 2019, es- time-t-il.« Ils n\u2019attendront pas 2019.» Même s \u2019 i l n \u2019en est qu \u2019« aux premières étapes de l \u2019é laborat ion de [son] plan de \u201ctriage\u201d » qui permettrait aux migrants irréguliers d\u2019être transportés directement en Ontario après être passés par le chemin Roxham, le ministre fédéral de l \u2019Immigration, Ahmed Hussen, assurait les médias jeudi qu\u2019il n\u2019y aura pas de débordement à Lacolle.« Cela n\u2019arrivera pas parce que nous avons la capacité de traiter beaucoup plus de demandes à Lacolle qu\u2019auparavant », a-t-il déclaré.Pourquoi pas un nain de jardin?D\u2019autre part, le président du SDI, Jean-Pierre Fortin, «ne pense pas» que l\u2019érection d\u2019une clôture pour bloquer le chemin Roxham « réglerait le problème » de migrants qui pénètrent de manière irrégulière sur le territoire canadien en vue d\u2019y soumettre une demande d\u2019asile.Qui plus est, la concentration de demandeurs d\u2019asile au passage Roxham « accommode un peu tout le monde » à l\u2019heure actuelle, convient- il.L\u2019obstruction de la voie de passage entraînerait «énormément de difficultés» pour les autorités canadiennes en plus de mettre les migrants \u2014 adultes et enfants \u2014 dans une situation «extrêmement dangereuse », selon lui.À l\u2019Assemblée nationale, la Coalition avenir Québec et Québec solidaire ont tourné en ridicule la proposition du chef du PQ, Jean-François Lisée, d\u2019ériger une « clôture », une « petite clôture », un « panneau » ou encore une « haie de cèdres » afin de barrer le chemin Roxham advenant la suspension de l\u2019Entente entre le Canada et les États-Unis sur les tiers pays sûrs.Pourquoi ne pas dépêcher un « nain de jardin» pour forcer les migrants à franchir la frontière internationale au poste de Lacolle ?a ironisé le député caquiste Jean-François Roberge, jeudi.« La solution n\u2019est pas un mur physique [\u2026] On doit informer les gens avant qu\u2019ils se rendent ici » que bon nombre des demandes d\u2019asile sont rejetées, a fait valoir, plus sérieusement, le député de Chambly.L\u2019élu solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a qualifié jeudi de «dérangeants» les propos tenus la veille par M.Lisée.En prônant l\u2019installation d\u2019une clôture entre les États-Unis et le Canada, M.Lisée « alimente l\u2019idée, au Québec, selon laquelle il y aurait un envahissement », a-t-il déploré dans un impromptu de presse.« La haie de cèdres, la clôture de bois, la clôture Frost, le bonsaï.[\u2026] On ne fait pas de jokes avec ça ! On essaie de trouver des solutions sérieuses à des problèmes sérieux», a-t-il insisté.De son côté, M.Lisée a souligné jeudi qu\u2019une clôture ne suffirait pas pour empêcher l\u2019entrée irrégulière de migrants par le chemin Roxham.« Il faudra une clôture, un policier, une guérite\u2026 Il faut arrêter d\u2019avoir peur de choses aussi simples», a-t-il affirmé en marge d\u2019une allocution au CORIM.Mais pas de mur.« Je suis contre les murs», a-t-il indiqué.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MIGRANTS nous avant la fin du mois de mai », explique un des présidents de circonscription au Devoir.Les contestataires du leadership de Martine Ouellet veulent abandonner l\u2019idée de référendum de la chef \u2014 qui veut sonder les membres sur le mandat du Bloc, début juin, et tenir un vote de confiance à son endroit.Le camp des dissidents veut uniquement conserver le vote de confiance.Et que celui-ci soit devancé de deux semaines, pour se tenir le 15 mai.Mario Beaulieu participe à leur campagne, ont confié des sources au Devoir.Les présidents de circonscription ont convenu de leur plan de match lors d\u2019une conférence téléphonique mercredi soir.M.Beaulieu, qui est député et président du parti, était de cet appel.Et l\u2019ancien chef a lui-même fait des appels pour convaincre des présidents de circonscription qu\u2019il valait mieux que Martine Ouellet quitte son poste.L\u2019objectif : « Essayer de faire comprendre à Martine que, pour le bien du parti, ce serait mieux qu\u2019elle parte immédiatement », explique un second président de circonscription qui participera à la fronde dimanche.«Les membres ont décidé de se réapproprier leur parti.[\u2026] Mario fait une cavale pour aider le plus possible les membres à atteindre cet objectif », confie une quatrième source au Devoir.Beaulieu sort de sa réserve M.Beaulieu avait retiré son appui à Martine Ouellet, en privé, à la fin mars \u2014 deux semaines après le départ fracassant de la majorité du caucus bloquiste.Il a toujours refusé depuis de se prononcer publiquement sur le sort de la chef, qu\u2019il avait lui-même recrutée l\u2019an dernier.Mais Mario Beaulieu prévoirait maintenant de prendre la parole pour défendre lui-même la demande des dissidents au micro, dimanche, selon nos informations.Certains songent même à demander que le vote de confiance se tienne sur le plancher, dimanche.Un tel scrutin n\u2019aurait cependant pas de pouvoir exécutoire, puisque les votes de confiance doivent se tenir en congrès en vertu des statuts du Bloc québécois.Mais il pourrait être indicatif, note un bloquiste qui prédit que la chef perdrait le vote.Le Bloc québécois compte 67 associations de circonscription actives \u2014 sur les 78 circonscriptions au Québec.De ce nombre, 40 seraient dans le camp des dissidents, selon nos sources.La majorité, voire la totalité, des membres du Forum jeunesse du Bloc devrait appuyer leur demande de devancer le vote de confiance (ils sont 23 membres).La commission de la citoyenneté du par ti, qui compte une autre dizaine de membres, appuierait elle aussi les dissidents.« Nos appuis sont assez solides », assure l\u2019un des conspirateurs, qui n\u2019exclut pas de pouvoir convaincre d\u2019autres délégués sur place au conseil général.« Il s\u2019agit d\u2019être convaincant sur le plancher.Il y a beaucoup de choses qui se décident là.» Le camp de Martine Ouellet se mobilise également en vue de la rencontre.La chef et ses collaborateurs ont à leur tour appelé des présidents de comté pour tenter de les convaincre de l\u2019appuyer.Et ils disent eux aussi avoir une majorité dans leur camp.Or, certains des bloquistes qui appuient toujours le leadership de la chef appuient néanmoins le devancement du vote de confiance, car ils veulent régler la crise une fois pour toutes.«Le monde est tanné.Les militants sont tannés», relate une source du Devoir.L\u2019ordre du jour du conseil général de dimanche avait prévu de débattre de la proposition de référendum de Martine Ouellet seulement en après-midi.Les délégués doivent approuver ou rejeter l\u2019idée de sonder les membres les 1er et 2 juin.Le camp des dissidents souhaite cependant que cette question soit abordée dès la matinée \u2014 afin d\u2019éviter que les autres discussions s\u2019étirent et que les débats sur le leadership de Martine Ouellet soient écourtés faute de temps en fin de journée.Le Forum jeunesse du Bloc proposera quant à lui comme prévu son idée de refondation du parti \u2014 avec un nouveau nom et un nouveau programme politique.Mais les jeunes suggéreront simplement aux délégués dimanche d\u2019appuyer l\u2019idée et d\u2019en reparler plus à fond lors d\u2019une rencontre ultérieure en juin.L\u2019opposition au leadership de Martine Ouellet couvait depuis des mois, au sein du Bloc québécois.Le départ de sept députés, sur les dix que comptait le caucus, a secoué la famille bloquiste fin février.Les deux mises en demeure déposées par la chef contre les émissions La joute, de TVA, et Médium large, de Ra- dio-Canada, ont créé un malaise chez certains.Une trentaine d\u2019associations de circonscription avaient déjà réclamé, fin mars, que le vote de confiance soit devancé et que la consultation de Martine Ouellet sur le mandat du Bloc soit abandonnée.Certains suggéraient aussi que le poste de Mario Beaulieu comme président du par ti soit également soumis à un vote de confiance.«Ce que vous allez voir dimanche, c\u2019est le résultat d\u2019une concer tation qui n\u2019existait pas avant.Tout le monde va tirer dans la même direction », indique l\u2019un des présidents de circonscription.« On n\u2019est plus juste un mouvement de contestation ou de dissidents.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 OUELLET Rectificatif Le titre de l\u2019article publié en page A 3 de notre édition du 26 avril aurait dû se lire de la façon suivante : «Nadeau-Dubois accuse Couillard d\u2019alimenter le populisme».JACQUES NADEAU LE DEVOIR La chef et le président du Bloc québécois, Martine Ouellet et Mario Beaulieu "]
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