Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2018-05-07, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" V O L .C I X N o 1 0 0 L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A I 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a Cinéma.Quoi de neuf , docteur?Page B 8 Actualités \u203a Les poissons.Une chronique de Jean-François Nadeau.Page A 3 Le Monde \u203a Hypocrisie nucléaire.Une chronique de François Brousseau.Page B 1 Avis légaux.B 6 Décès.B 4 Météo.B 8 Mots croisés.B 5 Petites annonces .B 4 Sudoku.B 5 ?w w w .l e d e v o i r .c o m Une bonne affaire, les centres de conditionnement physique?Page B 3 Mobilité durable Pas de mesures pour freiner l\u2019auto solo Page B 5 A L E X A N D R E S H I E L D S L e gouvernement Couillard compte dépenser près de 90 millions de dollars cette année dans la restauration des sites miniers abandonnés au Québec.Il s\u2019agit d\u2019un montant sept fois plus élevé que la moyenne de la dernière décennie.Mais le budget nécessaire pour venir à bout de cet héritage toxique devra encore être bonifié substantiellement au cours des prochaines années pour espérer respecter les objectifs du gouvernement.Selon les données transmises au Devoir par le ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles (MERN), l\u2019État québécois injectera 88,9 millions de dollars dans la restauration des sites miniers dont il a la charge au cours de l\u2019année financière 2018-2019.S\u2019il se concrétise, ce montant représentera une croissance très importante des dépenses par rapport à l\u2019année 2017-2018.Le gouvernement avait alors prévu un montant de 10,8 mil- RESTAURATION DE SITES MINIERS Québec allonge les millions La facture totale pour les 459 sites abandonnés pourrait atteindre 1,2 milliard Le Costa Rica est l\u2019une des démocraties les plus consolidées de toute l\u2019Amérique latine, sa population de moins de 5 millions d\u2019habitants, parmi les plus alphabétisées du monde.Le pays n\u2019a pas d\u2019armée et le quart de son territoire naturel est protégé.Et le gouvernement comporte maintenant une majorité de femmes ministres.Alors que le Québec voit se profiler une campagne électorale polarisante, y a-t-il des leçons à tirer ?Entrevue avec le nouveau président, Carlos Alvarado, à quelques jours de sa cérémonie d\u2019intronisation.S A R A H R .C H A M P A G N E M I C H E L H U N E A U L T O n se surprend à avoir envie de l\u2019appeler par son prénom, après à peine deux minutes de cette entrevue pour Le Devoir.Il cite l\u2019écrivain Mario Vargas Llosa dans une phrase, parle de son amour du groupe canadien Rush dans la suivante, tout en exposant bientôt la stratégie de son parti pour la « décarbonisa- COSTA RICA Rockeur, romancier\u2026 et président MICHEL HUNEAULT LE DEVOIR Carlos Alvarado, «président millénial?», s\u2019interroge le quotidien El Financiero.En une du populaire magazine Perfil, sa conjointe, Claudia Dobles.Une couverture médiatique qui mise sur leur fraîcheur et qui rappelle celle du couple Trudeau-Grégoire.I S A B E L L E P O R T E R à Québec L a contribution des Filles du roi au pool génétique des Québécois s\u2019élève à 9%, selon une recherche qui sera présentée cette semaine au Congrès de l\u2019ACFAS à Saguenay.Et parmi ces Filles du roi, celle qui a eu le plus de descendants n\u2019a eu aucun enfant en Nouvelle-France! Veuve, Anne Lemaître a quitté Rouen pour la Nouvelle-France avec son fils, Nicolas Roy, et ses deux petits-fils.Une fois débarquée, elle n\u2019a pas eu d\u2019autres enfants, mais les chercheurs lui ont trouvé plus d\u2019un million de descendants.« Son impressionnante descendance est due à un seul enfant, contrairement à d\u2019autres femmes qui ont pu avoir une dizaine d\u2019enfants et dont les lignées se sont éteintes», note Sophie Desportes, qui a étudié le sujet dans le cadre de sa maîtrise à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).La jeune femme fait par tie de l\u2019équipe de recherche du fichier BAL- SAC, une immense banque de données démographiques créée dans les années 1970 par le sociologue Gérard Bouchard.Grâce à BAL- SAC, les Québécois sont l\u2019une des populations les mieux caractérisées à l\u2019échelle mondiale, note le directeur du projet, Simon Girard.Depuis 45 ans, on y a compilé pas moins de 3 millions d\u2019actes de mariage de toutes les paroisses du Québec.«On a des gens qui prennent des photos des registres paroissiaux.Ils lisent les pattes de mouches des curés, retranscrivent chacun des actes de mariage à l\u2019informatique puis ceux-ci sont intégrés à une grande base de données.Aujourd\u2019hui, on a pratiquement 90% des mariages qui ont eu lieu sur le territoire québécois dans une paroisse catholique.» Ainsi, pour faire sa recherche sur les Filles du roi, Sophie Desportes a utilisé une banque de données de 60 000 généalogies du XXe siècle en la croisant avec les lignées de 727 Filles du roi.« On a pris un corpus généalogique contemporain qui est composé de l\u2019ensemble des individus qui se sont mariés dans BALSAC en 1960.À partir de ce corpus généalogique là, on a pu CONGRÈS DE L\u2019ACFAS Les Filles du roi et leurs millions de descendants ATTAQUE CONTRE LE PLASTIQUE VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Des dizaines de consommateurs montréalais ont accepté d\u2019ouvrir leurs sacs d\u2019épicerie, dimanche après-midi, pour démontrer l\u2019ampleur du suremballage des aliments, à l\u2019occasion de la première «attaque contre le plastique» dans la métropole.Notre reportage à lire en page A 2.VOIR PAGE A 8 : ACFAS VOIR PAGE A 8 : MINES VOIR PAGE A 8 : COSTA RICA L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 Secrétaire général, Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE) Angel Gurría Inscription CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Avec l\u2019appui de : Lundi 14 mai 2018 · de 7 h30 à 8 h30 Le Westin Montréal · 270 rue Saint-Antoine Ouest Des solutions aux dé?s de l\u2019économie mondiale Petit-déjeuner-causerie de la Série Économie Mondiale présentée par : S aint-Jean, N.-B.\u2014 Au Nouveau-Brunswick, les autorités affirment que les niveaux de l\u2019eau dans le sud de la province dépassent maintenant les seuils historiques observés en 1973, alors que le niveau du fleuve Saint-Jean continue de monter.L\u2019Organisation des mesures d\u2019urgence prévient que la crue n\u2019est pas encore arrivée dans le sud de la province et explique que l\u2019eau augmente lentement, mais de manière constante.Les régions du nord du Nouveau-Brunswick sont également surveillées de près, notamment à Edmundston.Le niveau de la rivière Madawaska augmente en raison de l\u2019accroissement du débit d\u2019eau au barrage Témiscouata, au Québec, et en raison des niveaux élevés du fleuve Saint-Jean.Jusqu\u2019à présent, 975 personnes ont évacué leur résidence à travers la province et se sont inscrites auprès de la Croix-Rouge.Risques de contamination Les autorités craignent également des risques de contamination de l\u2019eau à certains endroits, puisque les eaux des inondations peuvent être contaminées avec des eaux usées, les systèmes d\u2019égouts et d\u2019aqueduc étant saturés, a mis en garde le directeur de l\u2019Organisation des mesures d\u2019urgence, Greg MacCallum.Le gouvernement provincial dit consulter la GRC, les Forces armées et la Garde côtière canadienne, qui continue de prêter main-forte à la province, « concernant les besoins en matière de secours».Des embarcations patrouillent également dans les secteurs touchés pour assurer la sécurité des sinistrés, affirment les autorités.L\u2019autoroute Transcanadienne reste fermée entre Moncton et Fredericton dans les deux directions.La route 10 entre Chipman et Fredericton est maintenant fermée.Près de 800 clients d\u2019Énergie NB ont été débranchés en raison des inondations.L\u2019entreprise demande aux citoyens qui comptent évacuer leur maison d\u2019appeler pour procéder à un débranchement d\u2019urgence, car «éteindre le disjoncteur n\u2019est pas suffisant ».La Presse canadienne INONDATIONS L\u2019eau continue de monter au Nouveau-Brunswick S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L es jeux se font.Vincent Marissal lançait dimanche après-midi sa campagne d\u2019investiture pour Québec solidaire (QS) dans la circonscription montréalaise de Rosemont.Il s\u2019agit d\u2019une formalité avant qu\u2019il soit désigné candidat officiel.La période des mises en candidatures est terminée et personne ne brigue les mêmes couleurs.Les jeux sont faits.Ils le seront aussi ce matin dans Mercier, où une « candidate de la relève » qui cherchera à remplacer Amir Khadir sera présentée officiellement ce lundi matin.Le premier élu de la formation de gauche (en 2007) a annoncé vendredi qu\u2019il ne briguerait pas un quatrième mandat.M.Marissal, ancien chroniqueur politique de La Presse +, a profité de son propre lancement pour redire ses convictions tout en soulignant les luttes menées par son parti.« Québec solidaire est le seul parti à sonner l\u2019alarme sur plusieurs sujets : gratuité scolaire, parité, protection des consommateurs, limite des salaires des dirigeants d\u2019entreprises subventionnées par l\u2019État et combien d\u2019autres sujets dont on préférerait, je crois, ne pas parler à l\u2019Assemblée nationale.Les partis de l\u2019establishment peuvent bien nous prendre de haut, s\u2019abriter derrière leur suffisance, c\u2019est à la population que nous nous adressons et elle veut nous entendre.» Il a aussi reproché à d\u2019anciens collègues de considérer avec « condescendance » sa formation de gauche.Il a nommément cité Joseph Fa- cal, ancien ministre péquiste, chroniqueur au Journal de Montréal.« Mais je suggère que nous ne passions pas trop de temps à argumenter avec nos adversaires qui, pour certains, ont élevé leur antipathie au rang de détestation suprême », a dit M.Marissal.Contre Lisée La démarche partisane a rameuté quelques dizaines de militants du parti de gauche dans un bar du boulevard Rosemont.Il y avait aussi Gabriel Nadeau-Dubois, député de la circonscription voisine de Gouin depuis le départ de la cofondatrice de QS Françoise David, et d\u2019autres candidats adoubés ou pressentis.C\u2019est d\u2019ailleurs Marlène Lessard, autre candidate de la formation \u2014 et non pas les journalistes \u2014 qui a évoqué le parcours en apparence étonnant de M.Marissal.« Qui aurait cru il y a un an que notre Françoise [David] tiendrait une chronique régulière dans La Presse et que Vincent Marissal serait candidat de QS», a fait remarquer la militante de longue date, en lice dans Bourget, après avoir tenté sa chance deux fois dans Anjou\u2013Louis-Riel.Le choix de Vincent Marissal est d\u2019autant plus audacieux qu\u2019il se présente contre Jean- François Lisée, chef du Parti québécois (PQ) et député de cette circonscription du centre de l\u2019île de Montréal.« J\u2019ai entendu des commentateurs dire que ça ne se fait pas, que c\u2019est une déclaration de guerre », a expliqué en entrevue l\u2019ancien chroniqueur, qui connaît la chanson.« Je le connais ce discours très guerrier, très macho.Je comprends tout ça.Mais moi, je ne me suis pas levé un matin en me disant que ce serait le fun d\u2019aller me battre contre Jean-François Lisée dans Rosemont.Je le répète : Jean-François Lisée, je le respecte.Je connais ses capacités et ses limites.Il se trouve que c\u2019est mon député depuis des années et, moi, la dérive identitaire du PQ, ça ne m\u2019a pas plu beaucoup.» Il a réitéré cette opinion devant ses partisans en accusant M.Lisée de « manipuler les manettes de la division » à des fins électoralistes.Cette attaque lui a valu une des plus fortes ovations et pourrait bien annoncer un des thèmes forts de la prochaine bataille titanesque qui se prépare dans Rosemont.La candidature de Vincent Marissal deviendra officielle le 31 mai.Les jeux se feront.Le Devoir POLITIQUE Marissal lance sa campagne d\u2019investiture Sans opposant, l\u2019ex-journaliste deviendra le candidat solidaire dans Rosemont le 31 mai VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR «Je ne me suis pas levé un matin en me disant que ce serait le fun d\u2019aller me battre contre Jean- François Lisée dans Rosemont», a déclaré Vincent Marissal dimanche.M A R I E - L I S E R O U S S E A U À leur sor tie de l\u2019épicerie, une femme et ses deux enfants s\u2019arrêtent devant la rangée de chariots placés sur le béton.Puis, ils déballent le contenu de leurs emplettes pour le transférer dans des sacs et des contenants réutilisables.La pellicule de plastique entourant leur fromage, la barquette contenant leurs tomates cerises\u2026 Hop! Tout est largué dans les chariots, qui se rempliront au cours de la journée.Ce geste de désemballage collectif, répété des dizaines de fois devant un Provigo de Rose- mont dimanche, s\u2019inscrit dans le cadre du mouvement mondial Plastic Attack, dont c\u2019était la première édition en Amérique, selon les organisatrices montréalaises.L\u2019initiative est née à Bristol, en Angleterre, en mars.Depuis, des «attaques au plastique » se sont produites aux quatre coins du monde.L\u2019événement pacifique souhaite sensibiliser l\u2019ensemble de la population au désastre écologique causé par les six à huit millions de tonnes de plastique qui finissent dans les océans.En l\u2019espace d\u2019une heure, les chariots disposés devant le supermarché se sont remplis de déchets de plastique.« Les gens ne s\u2019en rendent pas compte lorsqu\u2019ils jettent un emballage, mais en les empilant dans ces paniers, on voit l\u2019ampleur du phénomène », explique une des organisatrices, Marie-Eve Bolduc.Pour l\u2019occasion, Loblaw, propriétaire de Provigo, a dépêché sur place sa directrice principale aux affaires de l\u2019entreprise et aux communications.La chaîne se montre sensible à cet enjeu qui interpelle de plus en plus de consommateurs.«C\u2019est sûr que si la clientèle le demande, ça nous force à réfléchir davantage.On se doit d\u2019être à l\u2019écoute », affirme Jo- hanne Héroux.Les défis du zéro déchet Jocelyne Faille et son conjoint ont été scandalisés par la quantité de déchets de plastique qu\u2019ils ont vus sur des plages lors de vacances en Thaïlande et en Indonésie.C\u2019est pourquoi ils se sont déplacés depuis Laval pour prendre part à l\u2019événement.« Plus on en parle, plus on se conscientise, surtout notre génération.Avant, on gaspillait sans en avoir conscience», souligne la femme, dans la soixantaine.Stéphanie Bernard s\u2019est elle aussi déplacée spécialement pour l\u2019occasion.« J\u2019achète de moins en moins de choses ici, parce que je privilégie ce qui est non emballé», dit-elle au Devoir.Certains aliments sont plus dif ficiles à acheter en vrac, concède-t-elle en transférant de fragiles bleuets dans un sac réutilisable.Une autre cliente, Emmanuelle, pose le même constat en découpant l\u2019emballage de plastique qui entoure son salami végéta- lien.« On n\u2019a souvent pas le choix d\u2019acheter du surrem- ballé.Comme cette viande, elle n\u2019existe pas en vrac.» Le manque d\u2019options sans emballage dans les grandes chaînes a d\u2019ailleurs été dénoncé dimanche par plusieurs consommateurs, dont Ghys- laine Coutu, qui habite dans l\u2019est de Montréal.« J\u2019essaie de faire les choix les plus écologiques, mais je marche avec une canne.Dans mon quartier, je n\u2019ai souvent pas le choix.» Claudia Houle Champoux, une adepte du zéro déchet, a même remis une lettre au gérant du Provigo dimanche afin de réclamer une plus grande offre de produits en vrac.Enjeu politique Seul élu présent sur place, le député néodémocrate Alexandre Boulerice a dénoncé l\u2019inaction du gouvernement fédéral.«Quarante pays dans le monde ont des stratégies nationales de réduction du plastique, mais pas le Canada.On est en retard », a déclaré au Devoir l\u2019élu de Rosemont, rappelant que son parti a déposé une motion à la Chambre des communes pour que le pays se dote d\u2019une telle stratégie.La pollution par le plastique préoccupe de plus en plus les citoyens, selon Greenpeace Canada.« Depuis 2017, des vidéos d\u2019océans remplis de plastique obtiennent des records de visionnement sur les réseaux sociaux », souligne Agnès Le Rouzic, de la campagne « Pour un futur sans plastique » de l\u2019organisme, qui était présente pour appuyer la démarche citoyenne.Le Devoir Séance de déballage collectif Une première « attaque au plastique » s\u2019est déroulée devant un supermarché de Montréal dimanche VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L\u2019initiative s\u2019inscrit dans le cadre du mouvement mondial Plastic Attack, dont c\u2019était la première édition en Amérique. L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A I 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de Loto-Québec, cette dernière a priorité.l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s l o t o q u e b e c .c o m / l o t e r i e s Résultats des tirages du : Résultats des tirages du : compl.compl.COMPL.01 11 15 16 20 29 39 32 60 000 000 $ Prochain gros lot (approx) : 5406094 14 000 000 $ 04 18 24 26 33 48 34 03 08 10 16 25 33 47 2018-05-05 2018-05-04 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 55361540-01 + 1 LOT GARANTI DE 1 000 000 $ 16 Prochain gros lot (approx.) : 0087815 + lots de 1 million $ (APPROX.) Résultats complets sur lotoquebec.com A L E X A N D R E S H I E L D S U ne coalition de groupes écologistes presse les différents partis politiques de prendre des engagements ambitieux en matière de protection de l\u2019environnement, en vue de la prochaine campagne électorale.Elle réclame notamment un virage majeur en transport, mais aussi une accélération de la protection du territoire et de la biodiversité.Et elle promet de talonner les candidats au cours des prochains mois.Un total de 11 groupes environnementaux et citoyens a présenté dimanche 23 propositions qui ratissent large, de l\u2019enjeu climatique à la protection des terres agricoles, en passant par la promotion du transport actif, la protection des milieux marins et la fin des projets d\u2019exploration pétrolière et gazière.Les groupes, parmi lesquels on retrouve notamment Équiterre, Vivre en ville, Nature Québec, Greenpeace, la Fondation David Suzuki et Vélo Québec, misent beaucoup sur l\u2019enjeu du transport dans leurs revendications, qui ont déjà été transmises aux différents partis politiques provinciaux.Ils exigent ainsi l\u2019adoption d\u2019un plan «pour réduire d\u2019au moins 50% les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur des transports d\u2019ici 2030 à partir du niveau actuel».Cet objectif de réduction est similaire à celui inscrit par le gouvernement Couillard dans sa Politique de mobilité durable présentée il y a de cela quelques semaines.Les groupes environnementaux vont toutefois plus loin et réclament la mise en place d\u2019un «bo- nus-malus » incluant « une taxe sur l\u2019achat de nouveaux véhicules énergivores, dont les revenus permettraient d\u2019offrir des incitatifs à l\u2019achat de véhicules zéro émission».Une telle idée a déjà été rejetée par le gouvernement.Un rapport du ministère de l\u2019Environnement sur le bilan de « mi-parcours » du Plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques suggérait toutefois d\u2019évaluer la faisabilité d\u2019une telle mesure.La coalition d\u2019organismes estime par ailleurs que Québec devrait investir pas moins de 100 millions de dollars par année, pendant trois ans et en partenariat avec le fédéral, afin de développer les infrastructures cyclables de la province.«Dans la lutte contre les gaz à effet de serre, il n\u2019y a pas UNE solution miracle.Toutes les options doivent être considérées, des plus complexes aux plus simples.En considérant qu\u2019un travailleur sur trois vit à moins de 5km de son lieu de travail, il faut cesser de sous-estimer le potentiel du vélo et investir massivement dans les infrastructures qui en facilitent l\u2019usage», fait valoir Suzanne Lareau, présidente-directrice générale de Vélo Québec.Les groupes pressent également les partis à s\u2019engager à accélérer la protection des milieux naturels québécois, mais aussi de la biodiversité.Québec s\u2019est engagé, sur la scène internationale, à protéger 10% de ses milieux marins d\u2019ici 2020, mais aussi 17 % de ses milieux terrestres.À l\u2019heure actuelle, à peine plus de 1% des milieux marins sont protégés, et environ 10% des milieux terrestres.«Une société comme le Québec se doit de respecter et même de dépasser les objectifs internationaux de création d\u2019aires protégées, sur terre comme sur l\u2019eau, à l\u2019horizon 2020», estime Christian Simard, de Nature Québec.Ce dernier ajoute que les partis doivent promettre de mieux protéger le Saint-Laurent.Mobilisation Disant rejoindre «plus de 250 000 personnes», les organisations écologistes promettent de se mobiliser au cours des prochains mois et de talonner les candidats des différents partis.Elles ont d\u2019ailleurs conçu une «trousse électorale» qui invite les citoyens à contacter les candidats des différentes formations politiques, mais aussi à participer à des débats, des conseils municipaux, ou encore à intervenir dans les médias.Selon Karel Mayrand, de la Fondation David Suzuki, leur objectif est d\u2019inscrire les enjeux environnementaux parmi les priorités des différents partis.Directeur principal d\u2019Équiterre, Steven Guilbeault estime d\u2019ailleurs que la crise environnementale nécessite « une réponse de plus en plus musclée».Le Devoir Des groupes écologistes exigent des engagements ambitieux en vue des élections provinciales A L E X A N D R E S H I E L D S S\u2019 il veut respecter ses engagements dans le cadre de l\u2019Accord de Paris sur le climat, le Canada devra rapidement prendre le virage vers une économie qui n\u2019émettra plus de gaz à effet de serre.C\u2019est du moins le constat que fait le Comité sénatorial de l\u2019énergie, de l\u2019environnement et des ressources naturelles, tout en rappelant que l\u2019industrie des énergies fossiles suit plutôt une trajectoire de forte croissance des émissions de gaz à effet de serre (GES).Le gouvernement de Justin Trudeau s\u2019est engagé à réduire les émissions de GES du Canada de 30 % d\u2019ici 2030, par rappor t à 2005.Cette cible, qui est la même que celle du précé- dent gouvernement, sous Stephen Harper, demandera des efforts substantiels au pays, prévient un nouveau rapport du comité, intitulé «Le pétrole et le gaz canadiens dans une économie à faibles émissions de carbone ».« L\u2019atteinte de la cible fixée pour 2030 nécessitera une transformation titanesque des modes de production et des habitudes de consommation d\u2019énergie au Canada.Il faut concevoir une société essentiellement transformée et sans carbone après 2030 », souligne le comité sénatorial dans ce rapport, publié vendredi.Les auteurs du document ne se prononcent pas formellement sur les impacts de cette dé- carbonisation pour l\u2019économie canadienne, dans un contexte où l\u2019industrie pétrolière et gazière a contribué pour 142 milliards de dollars au PIB en 2015.« Il demeure toutefois qu\u2019une société décarbonisée signifie de nouveaux débouchés économiques, moins de pollution et une meilleure qualité de l\u2019air, une population plus en santé et une productivité accrue, grâce à de nombreux gains sur le plan du rendement énergétique », insistent-ils.La commissaire à l\u2019environnement et au développement durable, Julie Gelfand, a d\u2019ailleurs dit au comité qu\u2019« en ne s\u2019engageant pas à réduire les émissions dans le secteur pétrolier et gazier, le Canada a raté des occasions ».Qui plus est, en raison de son inaction, il est probable que le pays ratera l\u2019objectif fixé pour 2020 (17 % sous les niveaux de 2005 d\u2019ici 2020).Croissance des GES Pour corriger le tir et atteindre la cible de 2030, le Canada devra réduire ses émissions de GES annuelles de 199 millions de tonnes (Mt).Le comité souligne que cette réduction «est supérieure aux émissions projetées pour la totalité de l\u2019industrie pétrolière et gazière en amont du Canada en 2030 », soit 193 Mt.Les données officielles indiquent en effet que l\u2019industrie des énergies fossiles se trouve sur une trajectoire de croissances des émissions de GES d\u2019ici 2030, contrairement à d\u2019autres secteurs importants comme les transports, la production d\u2019électricité et l\u2019agriculture.Cette augmentation est en bonne partie imputable à la croissance de la production pétrolière, qui devrait dépasser les cinq millions de barils par jour en 2030, dont 3,7 millions de barils provenant des sables bitumineux.«L\u2019industrie gazière et pétrolière est une des plus importantes de l\u2019économie canadienne, mais c\u2019est aussi la pire source d\u2019émissions de gaz à ef fet de serre.Nous nous attendrons à une aide énorme de sa part pour que le Canada progresse vers ses objectifs en matière de réduction de ces gaz », a résumé la sénatrice Rosa Galvez, présidente du comité, par voie de communiqué.Une réduction des émissions de GES dans le secteur des énergies fossiles sera même « essentielle » pour que le pays espère respecter ses engagements envers l\u2019Accord de Paris et la lutte contre les changements climatiques.Le Devoir GAZ À EFFET DE SERRE Un comité du Sénat appelle à concevoir une société « sans carbone » après 2030 D ans La mouette, de Tchekhov, le personnage de Trigorine dit : « J\u2019aime la pêche.Je ne connais pas de plus grand plaisir que de m\u2019installer le soir au bord de l\u2019eau et de surveiller mon bouchon.» La pêche à la ligne est une façon de goûter les textures de toute une gamme de silences.En concluant une trêve avec le monde, elle permet de goûter aux plaisirs de l\u2019action dans l\u2019inaction.À Cookshire, capitale de mon enfance, j\u2019ai grandi non loin de la rivière Eaton.Certains matins, l\u2019eau de cette rivière des Cantons-de-l\u2019Est était verte.D\u2019autres jours, elle était rouge ou bleu-mauve.Parfois, elle était jaune ou orange.Cela dépendait de la production du jour de l\u2019usine de lainage.Sous le pont où nous allions, toutes ces couleurs se mélangeaient les unes aux autres.Des résidus de laine tournaient dans des ressacs, s\u2019accrochaient aux pierres, s\u2019agglutinaient en une boue douteuse, dans un grand écheveau liquide.On pêchait là néanmoins un poisson blanc dont personne n\u2019a jamais osé se nourrir.Au bénéfice des agriculteurs des environs, le lit de cette rivière était creusé sans ménagement à l\u2019aide de machineries lourdes.Certains gros agriculteurs réclament encore des gestes pareils, arguant que les petits graviers que laisse autrement la rivière polluent leurs champs.Au temps des Abénaquis, la rivière Eaton s\u2019appelait d\u2019un long nom que je ne retrouve pas.En français, il signifiait «rivière aux saumons».Ce n\u2019est pas par hasard si, non loin de là, dans les environs de Scotstown, une autre rivière est baptisée au nom de ce salmonidé.Ce roi des poissons avait l\u2019habitude de remonter le cours des rivières jusqu\u2019au sud du Québec afin d\u2019y frayer, en cheminant par la rivière Saint-François.En 1833, Samuel Brooks de Lennoxville rédige un rappor t pour le monopole impérial voué à exploiter les environs.Il écrit qu\u2019on trouve tout l\u2019été dans les eaux de la Saint-Fran- çois quantité de beaux saumons.En 1759, le colonel Rogers et ses hommes avaient remonté la Saint-François pour massacrer les autochtones.Bientôt, il n\u2019y aura pas plus de saumons que d\u2019Abénaquis dans les Cantons.À ceux-là dont l\u2019expansion de l\u2019industrialisation profita le plus, on réserva les saumons qui, au nord, avaient échappé au rayon de leur exploitation du sud.Les riverains de ces cours d\u2019eau se virent interdire l\u2019accès aux poissons au profit de riches hommes d\u2019affaires américains et canadiens qui s\u2019octroyaient le plaisir de la pêche au nom d\u2019une nouvelle forme de régime seigneurial : les clubs privés.Selon le bon vouloir de ses possédants et de leurs amis, les patro- neux du terroir, leurs privilèges sont consacrés.À compter de 1885, le gouvernement de Québec laisse libre cours à l\u2019expansion de ces clubs.Le gouvernement du premier ministre John Jones Ross, un médecin, adopte cette an- née-là une loi vouée en principe à protéger le poisson et le gibier.En pratique, elle ne fait qu\u2019assurer, comme au Moyen Âge, la mainmise des possédants sur la faune par l\u2019entremise de ces clubs de chasse et pêche huppés.Les documents de cette époque qui n\u2019ont pas été détruits par la négligence gouvernementale envers l\u2019histoire montrent que plus de 80 % des membres de ces baronnies étaient des anglophones.Les Canadiens français qui s\u2019y retrouvent gravitent dans la même nébuleuse qu\u2019eux : profession libérale, commerce et industrie, monde politique.En 1899, ces clubs sont au nombre de 30.En 1941, on en dénombre un peu plus de 600.Au début des années 1960, à mesure que le sentiment démocratique croît, ces protectorats suscitent l\u2019indignation générale.En 1965, plus de 2000 clubs privés sont répertoriés au Québec.On va en démanteler quelques centaines entre 1966 et 1970, essentiellement près des villages.Jusqu\u2019en 1978, au moins 1200 lacs du Québec restent encore inaccessibles à la population.Plus de 37 000 kilomètres carrés de territoire demeurent soumis aux termes de cette féodalité.Mais cette an- née-là, le gouvernement Lévesque décide que ce régime d\u2019aliénation a fait son temps.Depuis, on croyait sottement tout cela bien révolu.Mais non.Les lacs privés se sont remis à pulluler, même si, devant la loi, rien de tel n\u2019existe en principe.La plupart des cours d\u2019eau du nord sont à nouveau réser vés à quelques riches pourvoiries.Les prix demandés promettent de ne pas attirer n\u2019importe qui : jusqu\u2019à 20 000 $ pour une semaine de pêche.À qui profite aujourd\u2019hui la pêche en des lieux pareils, en particulier celle du saumon ?Avant d\u2019être arrêté, l\u2019ex-maire de la ville de Ter- rebonne organisait des sorties de pêche aux frais des entrepreneurs, rapportait la semaine dernière Le Journal de Montréal.Entre 2003 et 2012, l\u2019enquête a démontré qu\u2019une dizaine de voyages de pêche au saumon avaient été organisés, au coût de 1200 à 1400 $ par jour par participant.Était-ce simplement pour le plaisir d\u2019y apprécier la nature ?Muet comme une carpe au sujet de ces privilèges consentis à de nouvelles principautés de l\u2019argent, le gouvernement Couillard a fini par retrouver sa langue pour s\u2019expliquer.Il a avancé que cette nouvelle façon de faire, qui n\u2019est pas sans rappeler l\u2019ancienne, avait été rendue nécessaire par\u2026 les Amérindiens.Ma foi, ils ont le dos large pour expliquer le pillage, les autochtones ! L\u2019eau douce chez nous est en train de redevenir une af faire très salée.Et à l\u2019évidence, on nous prend plus que jamais pour des poissons.Les poissons JEAN-FRANÇOIS NADEAU CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR La coalition a présenté 23 propositions qui ratissent large, notamment en ce qui a trait à la promotion du transport à vélo. Vous aussi, faites partie des plus grands! Emilie Guilbaud Directrice, Partenariats / Director, Partnerships eguilbaud@ccmm.ca | T 514 871-4000 #4054 La Chambre est fière de ses Grands Partenaires Platine L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Avec un horaire impossible à respecter, même un bus ?ambant neuf sera en retard.On le voit comme vous, on est du même monde.Syndicat des chauffeurs d\u2019autobus, opérateurs de métro et employés des services connexes au transport de la STM S T É P H A N E B A I L L A R G E O N L e complexe abbatial cistercien de Notre-Dame-du-Lac à Oka passe aux mains de promoteurs privés.Les nouveaux propriétaires promettent de rendre à l\u2019abbaye fondée au XIXe siècle sa gloire architecturale, de préserver et d\u2019enrichir son patrimoine agricole et d\u2019y développer un centre récréotouristique « de classe internationale ».La transaction immobilière de 5,5 millions de dollars a été conclue vendredi après un an de négociations entre la Corporation de l\u2019abbaye d\u2019Oka, propriétaire du lieu depuis une décennie, la firme Tridan, spécialisée en investissement immobilier, et Groupe Connexion, qui allie des compagnies de transpor t et de productions agricoles.« Quand je suis rentré dans l\u2019abbaye, j\u2019ai vu un potentiel énorme de développement avec cette architecture assez unique, une sorte de château intact et merveilleux, avec une histoire et une valeur patrimoniale très importantes pour le Québec », explique au Devoir Alexandre Triquet, p.-d.g.de Tridan.« Je me suis dit qu\u2019il fallait faire revivre la richesse de ce lieu pour faire comprendre aux Québécois sa signification tout en faisant découvrir au reste du monde cet aspect culturel du Québec.» Des projets Le détail des projets de développement pour les immeubles et le domaine de quelque 300 hectares sera connu dans les prochaines semaines.M.Triquet en annonce déjà certains en entrevue : Patrimoine « Les moines ont bien entretenu le complexe.La première chose pour nous sera de sauvegarder ce patrimoine, de faire revivre l\u2019âme du lieu et d\u2019expliquer son existence et sa raison d\u2019être.Nous allons développer un projet porteur, inscrit dans l\u2019histoire et qui rassemble les gens.» Agriculture et jardins Le partenaire Groupe Connexion possède notamment Vegkiss, qui produit du brocoli et du chou- fleur en Amérique du Nord.« Cette association avec un grand agriculteur permet de conserver les terres de productions agricoles intactes et de les développer.On va continuer la production existante et la bonifier.» Le nouveau propriétaire promet en plus de restaurer les bâtiments de ferme et les jardins français de l\u2019abbaye «comme ils étaient en 1912».Hôtellerie Tridan a rénové le manoir McGibbon du lac des Sables, dans les Laurentides, pour y installer le Complexe Stone Haven Resort.Neuf millions de dollars y ont été injectés l\u2019été dernier.La firme a aussi un projet d\u2019hébergement à Los Cabos, au Mexique, et un autre au centre-ville de Montréal.« J\u2019ai besoin de plusieurs pôles québécois pour intéresser la clientèle internationale, asiatique ou européenne, dit le promoteur.Je souhaiterais offrir des séjours de deux ou trois jours dans chacun de ces pôles pour faire découvrir le meilleur d\u2019ici.» Une trentaine de chambres, sur les 180 cellules monastiques sont déjà rénovées, mais de manière « austère ».M.Triquet voudrait bonifier ces espaces et en rajouter.Agrotourisme « Le fromage d\u2019Oka offre un potentiel énorme de branding », dit le nouveau propriétaire des lieux en parlant de l\u2019aliment pionnier de la production fromagère québécoise.Il dit avoir pris contact avec des vignerons et des brasseurs pour développer des produits spécialisés.Il pense créer un grand marché à l\u2019ancienne.Divertissement Tridan compte reproduire des expériences immersives développées dans l\u2019auberge Les Intraitables du Vieux- Montréal où les «Brunchs des sorciers», inspirés de l\u2019univers d\u2019Harry Potter, connaissent un franc succès.L\u2019abbaye pourrait gonfler l\u2019offre en proposant des semaines thématiques complètes et des camps de vacances à la Potter ou médiévaux.Événements Oka va continuer à s\u2019offrir en location pour des occasions festives (mariages ou soirées), mais aussi pour des tournages.M.Triquet dit négocier un contrat avec un producteur américain pour un film qui y serait réalisé cet été.1010, 1880, 2007 La vente permet à la municipalité de récupérer des taxes impayées de quelque 860 000 $, une facture assumée par les nouveaux propriétaires.La municipalité conserve par contre une dette résiduelle de 465 000$ liée à l\u2019abbaye.Ce découvert sera renégocié auprès d\u2019une institution financière.« Mon gros travail cette année, c\u2019est d\u2019arrêter les saignements, dit le M.Triquet.L\u2019abbaye perdait beaucoup.En parallèle, on travaille sur des plans d\u2019affaires.Les premiers gros travaux seront réalisés sur les terrains, et ça va vite faire la différence.» La Corporation de l\u2019abbaye, un organisme sans but lucratif dirigé en partie par la municipalité d\u2019Oka, possédait le site patrimonial depuis sa vente par les trappistes en 2007.Notre-Dame- du-Lac a été fondée en 1880 par des trappistes français en provenance de l\u2019abbaye de Bellefon- taine de Bégrolles-en-Mauges, dans le Maine-et-Loire, dont les premiers ermitages semblent remonter à 1010.Oka a rassemblé jusqu\u2019à 180 moines.La communauté devenue beaucoup moins nombreuse a déménagé dans la nouvelle abbaye Val-Notre-Dame, à Saint-Jean-de-Matha, au tournant de la décennie.« Je connais l\u2019abbaye d\u2019Oka depuis mon enfance, raconte M.Triquet, maintenant âgé de 40 ans.Ma famille habitait de l\u2019autre côté du lac et, avec mes parents, j\u2019ai beaucoup fréquenté la plage d\u2019Oka.J\u2019ai visité la Trappe presque tous les week-ends d\u2019été.Pour moi, ce site a beaucoup de significations personnelles.» Il explique que le ministère de la Culture du Québec a contacté George Coulombe il y a plus d\u2019un an pour l\u2019intéresser à la vente du complexe des Basses-Laurentides.M.Coulombe a acheté et rénové des dizaines d\u2019immeubles patrimoniaux du Vieux-Montréal.C\u2019est lui qui a finalement pensé à Tri- dan pour l\u2019acquisition d\u2019Oka.« C\u2019est le berceau de l\u2019agriculture au Québec.Oka a été la première école dans le secteur.[.] C\u2019est toute cette tradition que nous voulons évoquer et poursuivre.» Le Devoir L\u2019abbaye d\u2019OKA vendue à un promoteur touristique et agricole JACQUES NADEAU LE DEVOIR C\u2019est la Corporation de l\u2019abbaye d\u2019Oka qui possédait le site patrimonial, après sa vente par les trappistes.M A R I E - L I S E R O U S S E A U L e «design exceptionnel» du Complexe sportif de Saint- Laurent, de la Maison de la littérature de Québec, du pavillon pour la Paix du Musée des beaux-arts de Montréal et du Stade de soccer de Montréal a valu à ces quatre bâtiments québécois d\u2019être décorés d\u2019une médaille du Gouverneur général en architecture.Au total, 12 bâtiments canadiens se verront primés ce lundi par l\u2019Institut royal d\u2019architecture du Canada (IRAC) et le Conseil des arts du Canada.Une cérémonie de remise de prix aura lieu à l\u2019automne à Ottawa.Les autres lauréats sont le Musée d\u2019art Audain (Colombie- Britannique), le pavillon du parc Bordon (Alberta), la Maison Casey (Ontario), l\u2019Aéroport international de Fort McMurray (Alberta), le centre d\u2019accueil des visiteurs du Fort York (Ontario), la Résidence parallélogramme (Manitoba), le chalet de la gorge du Piège à lapins (Nou- velle-Écosse) et la maison aux deux coques (Nouvelle-Écosse).« Les lauréats peuvent être fiers puisqu\u2019ils fournissent des lieux qui poussent les athlètes à se dépasser, mettent un baume sur les souffrances de personnes qui doivent composer avec la maladie, construisent des ponts entre le passé et le présent», a souligné le directeur et chef de la direction du Conseil des arts, Simon Brault.Le jury était composé des architectes David T.Fortin, Andrew Frontini, Andrea Wolff et Róisín Heneghan.Le Devoir ARCHITECTURE Des bâtiments québécois récompensés Sous-financement chronique du système scolaire public, salaires qui stagnent, classes de 45 élèves\u2026 Aux États-Unis, les professeurs sortent de leurs gonds par dizaines de milliers depuis deux mois dans plusieurs États rouge foncé où sont appliquées sans états d\u2019âme des politiques d\u2019austérité.Hardi coup de gueule face à l\u2019horizon bouché des républicains.enant d\u2019une profession qui a plutôt eu tendance à encaisser et à faire le dos rond, le ras- le-bol manifesté par les professeurs des écoles élémentaires et secondaires américaines signale peut-être un tournant dans le cours des événements comme aimait à en voir Howard Zinn, historien des mouvements sociaux et grand pourfendeur des lectures du monde qui réduisent l\u2019histoire aux seuls faits et gestes des élites.Le soulèvement enseignant qui se dessine depuis le mois de mars n\u2019a cessé, en effet, de prendre de l\u2019ampleur.L\u2019insatisfaction est salariale, mais pas seulement, tant s\u2019en faut : beaucoup ont perdu patience devant la détérioration de leurs conditions de travail et de la qualité de l\u2019enseignement induite par les coupes appliquées depuis la Grande Récession de 2008 au nom du sacro-saint principe de l\u2019équilibre budgétaire.Pas impossible que des concessions politiciennes suf?sent, ici et là, à désamorcer les colères.Toujours est-il que, pour le moment, ces professeurs en ont assez de se laisser intimider par la droite intimidante.Ce n\u2019est pas par hasard si le mouvement a pris forme dans les États les plus conservateurs, là, donc, où l\u2019idée de justice sociale est la moins respectée.Il a commencé, début mars, en Virginie-Occidentale où les enseignants ont arraché leur première hausse de salaire (5 %) en quatre ans, après neuf jours de grève.Il s\u2019est propagé au cours des semaines suivantes comme une traînée de poudre en Oklahoma, au Kentucky et en Arizona, autant d\u2019États qui ont considérablement réduit leur budget en éducation dans la foulée de la crise de 2008, mais sans les réapprovisionner ces dernières années alors que l\u2019économie redémarrait, suivant en cela une idéologie anti-taxe \u2014 et par ailleurs très antisyndicale \u2014 qui interdit aux gouvernements en place de demander aux nantis d\u2019apporter leur contribution au ?nance- ment des services publics.Début avril, à Oklahoma City, le débrayage des professeurs a entraîné l\u2019annulation des cours pour la quasi-majorité des 700 000 élèves de l\u2019État.Sous pression, le gouvernement de l\u2019État a rapidement accepté de voter une loi ?scale \u2014 la première en 28 ans ! \u2014 augmentant les salaires des enseignants qui sont parmi les plus mal payés du pays (en moyenne, environ 41 000$US par année).L\u2019Oklahoma a réduit de 30% depuis dix ans le ?nancement de son système scolaire public.Les professeurs n\u2019avaient pas vu leur salaire augmenter depuis ; le nombre d\u2019étudiants a, lui, crû de plus de 50 000.Résultats : des manuels scolaires dépassés, des professeurs forcés de trouver un deuxième emploi et de payer de leur poche les fournitures scolaires, des directions d\u2019école qui n\u2019ont même plus les moyens de payer la facture de chauffage\u2026 Dynamique semblable au Kentucky, où le gouvernement cherchait en plus à s\u2019attaquer au régime de retraite des enseignants, et en Arizona, où le gouverneur républicain Doug Du- cey, cédant au mouvement de grève, a ?nalement signé jeudi dernier une loi prévoyant des hausses salariales de 20 %.On s\u2019attend à ce que, d\u2019ici quelques semaines, le mouvement s\u2019étende à la Caroline du Nord.D\u2019où vient l\u2019argent ?Surtout de la hausse de différentes taxes à la consommation, jamais de l\u2019augmentation des impôts prélevés sur les revenus des plus riches.Et c\u2019est pourquoi les leaders du mouvement en Arizona comptent pro?ter des législatives de mi-mandat, en novembre prochain, pour présenter une initiative référendaire sur l\u2019opportunité d\u2019imposer davantage les revenus supérieurs à 250 000 dollars américains.Pour un journal de gauche comme The Nation, apôtre de Bernie Sanders, cette vague de grèves enseignantes tient du soulèvement ouvrier.Car on peut à peine dire que ces professeurs font partie de la classe moyenne, af?rme ce journal.Il n\u2019est pas interdit de parler de prolétarisation, tant les conditions de travail se sont détériorées dans la profession \u2014 qui est largement féminine, faut-il le rappeler.Le fait est que cette grogne contre la liquidation du système scolaire public est portée par de jeunes professeurs qui sont au bas de l\u2019échelle.Du reste, leur levée de boucliers s\u2019inscrit dans un mouvement plus large d\u2019exaspération sociale contre une classe politique et un président qui renvoient à un nombre croissant d\u2019Américains l\u2019image d\u2019un horripilant dérapage antidémocratique qu\u2019il devient capital de freiner.L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A I 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Mai 68 contre Mai 2018 Ainsi, les manifestations du 1er mai, de la Journée internationale des travailleurs, coïncidaient cette année avec le 50e anniversaire de Mai 68, l\u2019idéal révolutionnaire dont beaucoup de commentateurs de l\u2019actualité se souviennent avec nostalgie.Elles ont été l\u2019occasion pour eux de jeter l \u2019opprobre sur ces jeunes manifestants anticapitalistes agitant le drapeau du marteau et de la faucille dont l\u2019ignorance de l\u2019histoire du L I B R E O P I N I O N É T I E N N E S T - J E A N Professeur titulaire en lockout de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières J e suis professeur d\u2019université.J\u2019exerce sans doute l\u2019une des professions les plus stimulantes et agréables au monde.J\u2019ai le privilège de former la relève de demain, de l\u2019amener à réfléchir et à penser les problèmes contemporains.Je fais avancer les connaissances sur notre monde, sur ses rouages, ses enjeux.Je propose des solutions aux personnes qui orientent les politiques publiques et qui interviennent sur le terrain, à dif férents niveaux.Je peux m\u2019investir dans le développement de ma région et on m\u2019accueille à bras ouverts chaque fois.Être professeur d\u2019université, c\u2019est une chance inouïe.Je construis l\u2019avenir, à mon échelle, à petits pas, entouré de centaines de personnes réfléchies et tout aussi passionnées que moi.Difficile de trouver un plus beau métier.Aujourd\u2019hui, je suis rempli d\u2019une grande tristesse.La direction de mon université m\u2019empêche d\u2019exercer ma profession.Elle a contacté les cadres, les professionnels et les employés de soutien afin de leur dire que je ne suis plus professeur.Si par mégarde je devais les contacter, ces personnes ont reçu l\u2019ordre de m\u2019ignorer, de me rappeler que je ne suis plus un employé de l\u2019université.Après autant d\u2019années de dévouement dans cette institution que j\u2019aime tant, je me sens rejeté, inutile, trahi.Mais je suis aussi triste pour plusieurs personnes que je côtoie.Je pense à tous ces projets annulés, ces étudiants laissés pour compte, ces stages annulés et qui retardent les diplômes, à ces échanges qui n\u2019auront pas lieu, à ces découvertes qui devront attendre.Je pense aux histoires que mes collègues me racontent, tout aussi tristes.Je pense à ces employés que je ne pourrai pas embaucher cet été et qui seront en chômage forcé.Aux thèses en attente de soutenance, au stress vécu, à l\u2019absurdité de la situation.Comment se fait-il que tout ça arrive ?Mon université veut avoir un moins grand nombre de professeurs pour le nombre d\u2019étudiants qu\u2019elle forme.Dans notre jargon, on appelle ça le plancher d\u2019emploi.Parce qu\u2019une personne qui donne une charge de cours, c\u2019est précaire et ça se contente de prendre les cours qui sont laissés vacants.En prime : ça coûte moins cher.Ça équilibre bien un budget qui a été compressé par l\u2019austérité, un précaire, à moindre salaire.Mais même si j\u2019ai beaucoup d\u2019estime pour ces personnes, qui font un travail formidable, elles ne font qu\u2019entrer donner leurs cours, et repartir par la suite.C\u2019est ce qu\u2019on leur demande.Ça coûte moins cher, c\u2019est vrai.Mais ils ne dirigent pas de thèse, ni de mémoire, ni d\u2019essai.Ils n\u2019amènent pas de bourses pour les étudiants, ni de subvention de recherche pour payer des salaires à coup de milliers, parfois de millions de dollars.Ils n\u2019inventent pas de nouvelles formations, ni ne créent de solutions pour vaincre les cancers, ni n\u2019inventent des nouveaux biocarbu- rants pour être prêts quand il n\u2019y aura plus de pétrole.Bref, on ne leur permet pas de changer le monde, on leur demande de le faire rouler.À une époque où il n\u2019y a jamais eu autant d\u2019écarts entre les riches et les pauvres sur la planète, où la pollution et les changements climatiques sont des menaces d\u2019une telle ampleur que notre manière de vivre sera radicalement transformée, à l\u2019aube de la plus vaste extinction des espèces animales de l\u2019histoire, les défis auxquels nous faisons face sont énormes.Nous avons un urgent besoin de personnes créatives, engagées à changer le monde, un petit pas à la fois, chacun à sa mesure.C\u2019est pour ça que j\u2019ai choisi de devenir professeur.Et c\u2019est la même flamme qui anime mes collègues, des personnes tout aussi passionnées que moi.Et pour que nous puissions continuer à faire notre travail, cela implique une vision de l\u2019université qui nous permette de faire de la recherche et de nous investir dans la société.Quand on veut réduire la proportion de professeurs afin que les cours soient donnés par des précaires, on détruit la mission de l\u2019université, qui est de changer le monde.On s\u2019attaque à la mission qu\u2019on s\u2019est donnée, comme professeur.Je suis triste quand je pense au lockout et à toutes les conséquences que cela amène sur des centaines de vies.Je suis triste de ne pas pouvoir faire le métier qui me passionne, en ce moment.Je me console en me disant que c\u2019est temporaire, que ça va revenir à la normale, que mon université va finir par entendre raison.Mais il y a une chose qui ne changera pas : c\u2019est la raison pour laquelle j\u2019ai choisi de faire ce métier.Et c\u2019est la même chose pour mes collègues.C\u2019est la mission que nous nous sommes donnée, c\u2019est la mission de l\u2019université.Et c\u2019est cette mission que nous allons continuer de défendre, contre vents et marées.Malgré le lockout.Malgré l\u2019intimidation.Malgré la tristesse, malgré notre désarroi.Malgré l\u2019austérité.Pour changer le monde.Témoignage d\u2019un professeur de l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières en lockout FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Chef des technologies SYLVAIN COUTU Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET communisme disqualifierait leur démarche de contestation.Depuis Mai 68, on distingue les nobles intentions des intentions malveillantes des manifestants qui animent le même modus operandi et conduisent au même résultat de « tout casser ».Il y aurait donc une différence entre la révolution et la révolte.Et « en matière de révolte, aucun de nous ne doit avoir besoin d\u2019ancêtres », disait André Breton.Les nobles révolutionnaires qui avaient 20 ans en 1968 ont maintenant 70 ans et jouissent paisiblement de leur retraite après s\u2019être construit le monde qu\u2019ils désiraient et s\u2019être donné ces bénéfices dont nous jouissons avec eux.C\u2019est pour ça que j\u2019imagine que, de leur point de vue, on leur doit beaucoup, ce qui les autorise à por ter un regard condescendant sur ces jeunes révoltés ignorants de l\u2019histoire.Ils pourraient leur enseigner, par exemple, cette sagesse de Simone Weil : « Les opprimés en révolte n\u2019ont jamais réussi à fonder une société non oppressive.» Pour le reste, cette rencontre occasionnelle entre les manifestants et les forces de la Loi et de l\u2019Ordre est un bel exemple de coopération conflictuelle où chacun de son côté, mais aussi ensemble, on confirme sa vision du monde et satisfait ses intérêts respectifs.Et en fait, toutes ces manifestations de révolte qui ne réussissent pas à renverser l\u2019ordre établi le renforcent.Marc Therrien Le 6 mai 2018 AUSTÉRITÉ Profs américains à bout de patience V GUY TAILLEFER Desjardins, bougie d\u2019allumage de l\u2019économie dans nos régions Plusieurs caisses Desjardins à travers le Québec ont récemment annoncé des modifications à leur réseau de distribution.J\u2019ai eu l\u2019occasion de lire de nombreuses lettres ouver tes et commentaires sur les réseaux sociaux de membres qui pourfendaient leur coopérative de services financiers et déchiraient leur chemise sur la place publique, au nom de la dévitalisation des régions, dont la cause n\u2019est rien de moins que le Mouvement Desjardins dans son ensemble.À titre de dirigeant élu d\u2019une caisse Desjardins, je me suis senti interpellé.C\u2019est en réalité tout le contraire.Le Mouvement Desjardins est l\u2019une des seules institutions financières qui contribuent quotidiennement au développement social, économique et culturel de nos régions à travers le Québec.Desjardins est la bougie d\u2019allumage de nombreux projets qui contribuent à augmenter le dynamisme économique des régions du Québec.Il suffit de voir les projets destinés au développement de nouvelles entreprises qui sont soutenus par notre grand mouvement coopératif.Le Fonds de 100 millions, mis sur pied par M.Guy Cormier, président du Mouvement Desjardins, en novembre 2016 est un bon exemple du souffle que Desjardins souhaite donner aux régions afin de leur permettre d\u2019atteindre leurs ambitions de développement.Il suf fit aussi de se promener à travers le Québec pour constater à quel point la présence de Desjardins est for te, que ce soit par les logos dans les arénas, sur les programmes des festivals, dans les maisons des jeunes et la majorité des organismes communautaires.La présence de Desjardins ne se résume pas à des points de ser vice sous-utilisés qui demeurent accessibles, mais plutôt à un appui à des projets dont les communautés ont le plus besoin.La dynamique économique a changé et les membres des caisses ont changé également, c\u2019est ainsi et Desjardins n\u2019a d\u2019autres choix que de s\u2019adapter aux nouvelles habitudes de consommation de ses membres.Mario Simard, président de la Caisse Desjardins de La Côte-de-Beaupré L\u2019Ange-Gardien, le 3 mai 2018 L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A I 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).P our un Franco-Américain désespéré par une Amérique dépourvue de gérance politique, morale, ou rationnelle, la France représente parfois un modèle séduisant.Bien qu\u2019Emmanuel Macron soit très loin de mon président idéal \u2014 car il incarne les pensées néoli- bérales que je déteste \u2014, j\u2019avoue qu\u2019il détient la capacité de s\u2019exprimer logiquement et même avec un sens de la comédie, du moins en comparaison avec le bouffon Trump.On peut discuter le choix d\u2019Edwy Plenel et de Jean-Jacques Bour- din pour le grand entretien télévisé du 15 avril, mais on ne peut qu\u2019apprécier la vive réplique du président au sujet de l\u2019occupation de Notre- Dame-des-Landes par les zadistes.Interrogé par Plenel sur l\u2019intervention musclée contre des manifestants par les forces de l\u2019ordre, Macron a ironisé : «Je vais avoir, moi, un projet agricole alternatif.Je vais aller m\u2019installer dans votre salon et puis je vais dire: «C\u2019est un projet agricole alternatif».» Pas mal pour un banquier.Toutefois, la récente visite du président de la République à Washington souligne de nouveau la crise constitutionnelle et intellectuelle dans mes deux patries, ainsi que ma nouvelle désillusion française.L\u2019importance de la France sur la scène internationale s\u2019appuie sur une supposition d\u2019indépendance et de savoir-faire soutenus par des principes de droit \u2014 sa position postcolo- niale est toujours sous son meilleur jour lorsqu\u2019elle sert de contrepoids à la politique étrangère irréfléchie et souvent illégale des États-Unis superpuissants.Mais voilà que Macron, emporté par sa vanité, fait de son mieux pour détruire l\u2019héritage, pour ternir le prestige de Charles de Gaulle, de Jacques Chirac et de Dominique de Villepin, qu\u2019il se porte volontaire pour la tâche d\u2019appuyer les gestes brusques et gratuits de son homologue américain.Après la frappe purement symbolique contre le régime Assad, le président français aurait dû rougir devant la légitimation du New York Times : «Il était rassurant que sa réponse [celle de Trump] militaire à l\u2019attaque chimique présumée qui a tué des dizaines de personnes le 7 avril à Douma, la banlieue de Damas tenue par les rebelles, ait été cordonnée avec la Grande-Bretagne et la France.» La France s\u2019est donc abaissée au niveau d\u2019estampille afin de «rassurer» l\u2019establishment américain sur le fait que son voyou de président n\u2019est pas entièrement fou.Bravo! Sans doute les pourparlers à Washington et l\u2019intervention de Macron devant le Congrès ont-ils renforcé la bonne santé mentale redécouverte du président américain.Néanmoins, le déclin moral et juridique qui entraîne Paris en tandem avec Washington doit être noté.En Amérique, le pouvoir constitutionnel de déclarer la guerre, réservé au Congrès, a depuis longtemps été affaibli par des présidents successifs, à commencer par John F.Kennedy.Avec la guerre du Vietnam, le «commandant en chef» est devenu législateur et général simultané aux dépens de la souveraineté populaire garantie dans la Constitution.Le Vietnam fut la pire catastrophe de nos guerres non déclarées, mais le renversement de Mouammar Kadhafi appuyé par le président Obama \u2014 action militaire faite sans le moindre consentement du Congrès \u2014 a fait des dégâts considérables.Macron, comme Nicolas Sarkozy et François Hollande, se croit également au-dessus de la consultation parlementaire bien que, comme le constate l\u2019expert en droit et affaires militaires Jean-Philippe Imma- rigeon, «n\u2019importe quel constitutionnaliste sait que le président français n\u2019a aucun pouvoir de guerre, sauf en matière de feu nucléaire pour des contraintes de rapidité de réaction ; il n\u2019est que lieutenant-général des armées de la République».L\u2019Article 35 de la Constitution de 1958, comme l\u2019Article 1 section 8 rédigé à Philadelphie en 1787, ne contient aujourd\u2019hui que des mots vidés de tout pouvoir.Écrivant dans la Revue Défense nationale, Immarigeon nous rappelle le commentaire du Figaro de Beaumarchais : «Sommes-nous des soldats qui tuent et se font tuer pour des intérêts qu\u2019ils ignorent?Je veux savoir, moi, pourquoi je me fâche.» En tant que citoyens mutuellement mal informés, les Français et les Américains ont peut-être beaucoup plus en commun que les prétendues valeurs démocratiques vantées dans le discours en anglais de Macron à l\u2019intérieur du Capitole.Lorsque Trump a brossé les pellicules de la veste de son petit ami français \u2014 avec une condescendance évidente \u2014, je me suis dit que la France ne pouvait pas descendre plus bas dans son image mondiale.Le lendemain, pourtant, Macron s\u2019est surpassé avec sa référence (qui se voulait spirituelle) à la célèbre rencontre entre Voltaire et Benjamin Franklin et leurs étreintes amicales \u2014 semblables, ricanait Macron, à celles des deux présidents copains.Apparemment, il a oublié l\u2019analyse du philosophe français sur la méconnaissance de la comédie en traduction \u2014 peut-être enseignée au lycée par celle qui était alors sa future épouse \u2014, à savoir que « la bonne comédie est la peinture parlante des ridicules d\u2019une nation ; et, si vous ne connaissez pas la nation à fond, vous ne pouvez juger de la peinture ».John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.La comédie JOHN R.MACARTHUR M I C H È L E A U D E T T E Commissaire à l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) e d i s c o u r s d u premier ministre Tr udeau à l\u2019assemblée spéciale d e s C h e f s d e l\u2019Assemblée des Pr emièr es Na - t i o n s l e 2 m a i dernier m \u2019a di - rectement interpellée.Les simples paroles « nous pouvons le faire rapidement ou nous pouvons le faire correctement » m \u2019a frappé au cœur, car c\u2019est exactement ce que les commissaires s\u2019évertuent à expliquer dans le cadre de l\u2019enquête.Cette enquête est le résultat de batailles menées par de nombreux leaders et militants autochtones pendant des décennies.Pour eux, la durée initiale de deux ans fixée par le gouvernement a toujours été inadéquate pour permettre à la Commission d\u2019apporter un éclairage suffisant pour expliquer les niveaux de violence effarants envers les femmes et des filles autochtones de ce pays.Rappelons qu\u2019au Canada, les femmes autochtones courent 3,5 fois plus de risques que les autres femmes d\u2019être victimes de violence conjugale et d\u2019agression sexuelle.Les jeunes femmes autochtones sont quant à elle 5 fois plus susceptibles que les autres femmes du même âge de connaître une mort violente.La FFADA est la première véritable commission d\u2019enquête nationale de l\u2019histoire du pays.Elle couvre 14 administrations provinciales et territoriales et son mandat a une portée englobante, presque universelle.Elle intègre notamment les services de police, la protection de l\u2019enfance, les systèmes de justice et les services sociaux.Chacun de ces su jets de l\u2019Enquête pourrait être l\u2019objet d\u2019enquêtes distinctes en bonne et due forme.Et ou i , je vous l \u2019accorde, la FFADA a fait face à des défis qui ont fait régulièrement la une des médias depuis sa création en septembre 2016.Sans grande surprise, plusieurs d\u2019entre eux ont utilisé des termes peu élogieux pour qualifier l\u2019Enquête au moment où nous demandions une prolongation de 24 mois au gouvernement fédéral.Dans les faits, les raisons pour lesquelles l\u2019Enquête a besoin de plus de temps pour mener à bien son mandat sont tout autres que celles qui ont fait les manchettes.Les membres de famille et les sur vivantes autochtones ont à cœur le succès de l\u2019Enquête nationale.Chaque survivante et chaque membre de famille venu témoigner à la FFADA partagent une caractéristique commune : le courage.Ce courage de rendre publique une expérience de vie d\u2019une douleur extrême, marquée par la souf france et la per te d\u2019êtres chers.En témoignant, ils espèrent que leur témoignage comptera et contribuera réellement à changer les choses.À ce jour, les audiences tenues à travers le pays nous ont permis d\u2019entendre plus de 1200 témoins venus partager leur histoire.Plus de 500 autres personnes sont inscrites et souhaitent aussi partager leur vérité propre.L\u2019Enquête nationale continuera de consigner des témoignages tant que le temps le permettra.L\u2019Enquête nationale va tenir des audiences institutionnelles ainsi que des audiences d\u2019experts et de Gardiens du savoir pour se pencher sur les thèmes au cœur des recommandations de la Commission, notamment les droits de la personne, les services gouvernementaux, le racisme et les services policiers.Malheureusement, à moins qu\u2019elle n\u2019obtienne la prolongation souhaitée, l\u2019Enquête nationale devra réduire la portée de ces activités.Si l\u2019Enquête nationale devait prendre fin sans disposer des ressources et du temps nécessaires pour mener à bien son mandat, les membres de famille et les survivantes en subiraient des conséquences autrement évitables.Ils ne seraient pas seulement amèrement déçus, ils risqueraient d\u2019être victi- misés à nouveau par des systèmes qu\u2019ils contribuent à corriger.Mais l\u2019enjeu est plus important encore : il faut du temps et beaucoup de travail pour produire des recommandations solides et pertinentes, susceptibles d\u2019engendrer des changements systémiques.Si nous échouons à élaborer des solutions pour mettre fin à cette tragédie qui af flige encore les communautés autochtones, ce sont les filles, les petites-filles et les nièces de la prochaine génération qui continueront d\u2019en payer le prix.La demande de prolongation formulée par la FFADA n\u2019est ni unique ni une première pour une enquête mise sur pied par le gou- ver nement du Canada .Par le passé , plusieurs commiss ions d\u2019enquête ont vu leur mandat prolongé afin de leur permettre de terminer leurs travaux.La Commission de vérité et réconciliation en est un exemple parmi d\u2019autres : son mandat est passé de deux ans à sept ans.[\u2026] L\u2019urgence n\u2019est plus seulement de démontrer des faits, mais de rallier tous les citoyens et de s\u2019exprimer avec des actions concrètes qui se font attendre depuis trop longtemps.Déjà, dans notre rapport provisoire de novembre 2017, les commissaires y allaient de recommandations visant à apporter un soutien immédiat aux membres de famille, aux survivantes et aux communautés autochtones.Ces actions, et bien d\u2019autres encore, peuvent être mises en œuvre sans attendre la fin des travaux de l\u2019Enquête nationale.Par le passé, le gouvernement canadien a fait des déclarations claires démontrant son engagement à agir face à cet enjeu et l\u2019importance de permettre à l\u2019Enquête de terminer ses travaux.Il doit maintenant honorer sa parole en accordant la prolongation demandée de 24 mois.Alors, oui nous pouvons la faire rapidement ou le premier ministre Trudeau peut décider de la faire correctement.La FFADA ne peut faire cavalier seul.Nous avons besoin de toute l\u2019aide et la collaboration disponible pour surmonter les défis, poursuivre et terminer nos travaux.Nous refusons l\u2019idée d\u2019un travail bâclé ou superficiel.Le temps est venu pour les organisations autochtones, les gouvernements, les membres de famille, les sur vi - vantes, les communautés et les Canadiens de partout au pays d\u2019unir leurs efforts pour faire face à cette tragédie qui touche chacun d\u2019entre nous.Car comme le confirme le premier ministre : « Les autochtones et les non-autochtones bâtissent un Canada meilleur et plus fort ensemble.» Alors, et seulement à ce moment, nous réussirons à honorer convenablement la mémoire des femmes et des filles autochtones qui nous ont été volées.La version intégrale de ce texte est disponible sur la page Facebook de l\u2019auteure.L\u2019enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones doit être prolongée L O U I S E V A L L I È R E S Retraitée de la Commission scolaire de Montréal epuis le temps que l\u2019on cherche à améliorer les résultats scolaires de nos enfants sans vraiment y réussir, peut-être faudrait-il élargir nos horizons\u2026 On sait que la pauvreté engendre souvent beaucoup de stress, de mal- nutr it ion, de mauva ise santé , de conditions de vie inacceptables, de dévalorisation, qui handicapent les enfants face à leurs apprentissages.On sait que beaucoup d\u2019écoles offrent un cadre de vie malsain et nocif pour la santé, tant des enfants que des enseignants.On sait qu\u2019il faudrait plus de bibliothèques de quartier, mieux équipées et mieux financées, qui soient un lieu de culture stimulant à fréquenter tant pour les jeunes que pour leurs parents.On sait que l\u2019activité physique tout comme l\u2019art (et pas seulement quelques cours par semaine) sont nécessaires à l\u2019équilibre des jeunes.On sait que des projets spéciaux à l\u2019école contribuent à raccrocher de potentiels décro- cheurs, ce qui suppose plus d\u2019autonomie pour l\u2019école et l\u2019accès à des budgets spéciaux.On sait que la valorisation de l\u2019éducation et de la culture, des enseignants et des artistes, des métiers comme des professions, contribue à motiver nos jeunes et à leur ouvrir des horizons.On sait que présenter à nos jeunes des modèles inspirants, qui font et ont fait le Québec d\u2019aujourd\u2019hui, qui ont contribué à changer le monde, est nécessaire.On sait que très majoritairement les centres de la petite enfance (CPE) préparent mieux les enfants à l\u2019entrée à l\u2019école que toute autre forme de garderie.On sait que les ressources manquent pour accompagner les jeunes en difficulté et que les enseignants sont débordés.On sait que les directions d\u2019école sont accablées par les tâches administratives qui leur laissent peu de temps pour jouer leur rôle pédagogique et leur rôle de leader.On aura beau rénover ou constr uire de belles écoles, saupoudrer ici et là quelques mesures cor rect ives, mod if ier des programmes scolaires, je crois que ces efforts seront vains si on n\u2019a pas un plan d\u2019ensemble cohérent et une vision à long terme claire pour diminuer la pauvreté, améliorer l\u2019ensemble de ces conditions et favoriser les apprentissages de nos enfants.Agir sur tous les plans pour favoriser la réussite scolaire L ANDREW VAUGHAN LA PRESSE CANADIENNE L\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées est la première véritable commission d\u2019enquête nationale de l\u2019histoire du pays.D FRANCIS VACHON LE DEVOIR La valorisation de l\u2019éducation et de la culture contribue à motiver nos jeunes et à leur ouvrir des horizons. L E D E V O I R , L E L U N D I 7 M A I 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S tion » de l\u2019économie.Prononcer simplement « Carlos » ne semble néanmoins pas à la hauteur des fonctions qu \u2019 il s\u2019apprête à assumer.Élu le 1er avril dernier à la tête du Costa Rica, Carlos Alvarado insiste lui-même au téléphone : «Je me sens une personne plutôt ordinaire.Je suis surpris de recevoir autant d\u2019attention, quand les gens s\u2019approchent pour me prendre en photo ou pour me parler dans la rue.» Ancien rockeur éphémère, journaliste insatisfait, romancier primé, conseiller de l\u2019ombre \u2014 et visiblement encore humble \u2014 il a néanmoins rejoint le club très sélect des présidents de moins de 40 ans.Est-il pour autant un Macron de l\u2019Amérique centrale?À 38 ans, il doit en partie sa victoire à sa capacité à tenir tête aux courants les plus conservateurs du pays.Son adversaire au deuxième tour, Fabricio Alvarado (aucun lien de parenté), un pasteur évangélique de 43 ans, avait promis de «ramener Dieu dans le gouvernement».Une idée notamment incarnée par son opposition farouche au mariage homosexuel.La Cour interaméri- caine des droits de l\u2019homme avait pourtant statué en janvier que le Costa Rica devait garantir les droits des couples homosexuels, y compris le droit au mariage.L\u2019autre Alvarado, Carlos cette fois, se positionnait pour sa part en défenseur des institutions et de l\u2019État de droit.«Cette campagne a montré un pays avec des positions très différentes en matière de droits de la personne et elle a généré une grande polarisation.Elle ne peut que nous enseigner qu\u2019il faut gouverner pour tout le monde », réitère-t-il au téléphone de sa voix grave et posée, sérieuse sans être sévère.Cette même voix qui a opposé sa fermeté, et sa préparation politique, à la férocité et à l\u2019improvisation de son adversaire.Choisir la République Son ascension fut rapide et inespérée.Les derniers sondages avant le premier tour de l\u2019élection présidentielle, tenu le 4 février, lui donnaient à peine 10 % des votes dans les meilleurs scénarios.Le président sor tant, Luis Guillermo Solís, était cer tes issu de la même formation politique, Parti action citoyenne (PAC), mais le PAC n\u2019est encore que le troisième parti, qui crève lentement un bipartisme indiscuté depuis 1953.Le mandat de Solis commencé en 2014 n \u2019était que le premier rempor té par le PAC, ayant tiré profit de cette image de «changement ».Le pari de Carlos Alvarado a donc semblé audacieux par moments, admet-il sans vouloir s\u2019avouer surpris du résultat.« Nous savions que nous allions être des protagonistes.Nous avons dû bien sûr adapter nos stratégies aux contextes changeants », ré- sume-t-il en entrevue.Il a ainsi su convaincre 60,7 % des citoyens, qui ont voté pour lui au deuxième tour, notamment en ralliant plusieurs partisans de l\u2019opposition.Et pour prouver que ses discours de gouvernement d \u2019unité nationale ne resteraient pas que de belles paroles, il vient de nommer un cabinet avec des ministres issus de cinq partis dif férents.« C\u2019était mon engagement », dit-il, conscient que d\u2019offrir autant de sièges à l\u2019opposition peut avoir l\u2019air d\u2019une hérésie, vu du Québec.Le président ne s\u2019est pas non plus contenté de la parité, qu\u2019il avait déjà annoncée à son homologue Justin Trudeau lors de leur conversation téléphonique.Son cabinet comporte en fait une majorité de femmes, soit 14 sur 25.Epsy Campbell est quant à elle la première femme d\u2019ascendance africaine à être élue vice-présidente dans toute l\u2019Amérique latine.Faire l\u2019histoire?L\u2019 impress ion d \u2019être « du bon côté de l \u2019h isto ire » les porte décidément, comme le tweetait la première dame, Claudia Dobles Camargo, durant la campagne, alors que des forces conser vatr ices s \u2019af firment par tout dans le monde.Autant de « premières » monte forcément la bar re des attentes très haut.Trop beau pour être vrai ?Carlos Alvarado ne se fait pas d\u2019illus ions sur la d i f f iculté de maintenir le petit miracle co- staricain à flot.L\u2019année 2017 fut en ef fet marquée par le déficit fiscal le plus élevé en trente ans, soit 6,2 % du PIB nat ional .Inégal i tés cro issantes, narcotraf ic, routes migratoires, fossé technologique, la « Suisse de l \u2019Amérique latine » n\u2019échappe pas non plus aux défis régionaux.Lors d\u2019une entrevue à CNN inter nat ional, Carlos Alvarado parle par exemple avec une ouver ture pragmatique du demi-million de migrants présents sur le territoire national (en majorité du Nicaragua), et des « nombreux citoyens amér ica ins » qu i y prennent leur retraite, sourire en coin.Le pays cont inue néanmoins à faire figure d\u2019exception en Amérique centrale, une région malmenée par les conflits sociaux et politiques, par une violence qui ne diminue pas d\u2019intensité et des indices de développement humain qui jettent des milliers de migrants sur les routes du Nord.Ce leadership peut aussi être mondial, croit Alvarado, notamment en ce qu i concerne l\u2019af franchissement des énergies fossiles.Développer un système de trans- por t public plus ver t digne « d \u2019une matr ice é lectr ique dé jà propre et durable à 99 % » figure parmi ses chantiers prioritaires.Une tâche à laquelle se consacrera notamment la première dame.Fils de parents de classe moyenne, « des travailleurs » précise-t-il dans un billet en l igne, le prés ident é lu est aussi l\u2019incarnation d\u2019une relative mobilité sociale .C\u2019est une bourse du Conseil bri - tannique qui lui a permis de décrocher une maîtr ise de l \u2019Un ivers ité du Sussex, en Angleterre.« Le Costa Rica veut améliorer l\u2019éducation publique, tant en incluant les personnes qui sont en dehors du système qu\u2019en augmentant sa qualité », commence à énumérer Carlos Alvarado.Faire sortir les emplois de la capitale pour « of frir des possibi- l i tés par tout sur le ter r i - toire », se préparer technolo- giquement à la « quatrième révolut ion industr ielle » et pérenniser le système de sécurité sociale.Son premier poste de responsabilité publique fut d\u2019ailleurs celui de ministre du Bien-être social et du développement humain, en 2014, puis il est rapidement passé à ministre du Travail en 2016.Il avait jusqu\u2019alors préféré rester dans les coulisses politiques, comme conseiller du PAC depu is 2004, des pé - riodes en alternance avec ses études en Angleterre et un emploi au Panama\u2026 et l\u2019écriture de trois romans.La littérature lui portera-t- elle secours au moment de relever d\u2019aussi grands défis ?« La littérature et la politique sont très, très dif férentes.La littérature consiste à raconter des histoires et, comme le dit Vargas Llosa, à raconter par fois des mensonges, parce que ce sont des h is- toires.La politique est un travail qui utilise la vérité pour construire des histoires, et la vérité pour transformer les choses.Mais la littérature est un acte d\u2019empathie et, en ce sens, elle peut servir.» Travailler en communication ne l\u2019a pas satisfait longtemps.: « Pour transformer, il faut s\u2019engager.» C\u2019est donc maintenant l\u2019heure de passer à l\u2019action.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 COSTA RICA retracer les ancêtres et identifier les fondateurs immigrants et donc, les Filles du roi.C\u2019est à par tir de ces analyses-là qu\u2019on a pu estimer la contribution génétique totale des Filles du roi au pool génétique des Québécois à 9,35 %.» Le pool génétique (ou gé- nique) renvoie à l\u2019ensemble des gènes portés par les individus d\u2019une population à partir des immigrants de cette population jusqu\u2019à leurs descendants aujourd\u2019hui.Des enfants Fièvre, Premier et Gargottin La recherche a en outre révélé que certaines Filles du roi se démarquent par leur nombre de descendants et le nombre de généalogies auxquelles elles sont rattachées.« Une dizaine de femmes sont dans plus de 30 % de nos corpus contemporains », signale Sophie Desportes.«C\u2019est toujours impressionnant de se rendre compte qu\u2019un petit groupe de femmes a contribué à une telle proportion.» Elles s\u2019appellent Catherine Fièvre, Mar tine Premier, Louise Gargottin, Renée Rivière et Andrée Remondière.Des noms de famille qui peuvent sembler colorés, mais seraient devenus aussi communs que Tremblay, Côté ou Gagnon si la Nouvelle-France avait décidé de donner aux enfants le nom de leur mère.Si ça avait été le cas, le nom de famille le plus courant au- jourd \u2019hui serait Langlois et non Tremblay.Il y aurait en outre davantage de Gargottin que de Bouchard et plus de Ri- ton que de Morin ! Au-delà de leur intérêt historique, ces recherches recèlent un intérêt dans le domaine de la génétique et de la santé, note le professeur de biologie et directeur de projet BALSAC Simon Girard.« On sait que cer taines maladies viennent d\u2019une Fille du roi.Ça, ça nous permet de voir d\u2019où viennent les mutations, qui les a introduites en terre de Nouvelle- France.Mieux comprendre la dynamique de dispersion de ces maladies-là, ça va aussi nous aider à comprendre comment intervenir.» Dès lors, les campagnes de dépistage de certaines maladies pourraient être mieux ci- blées, poursuit-il.« On va être capables de faire des of fres de tests de por teurs un peu plus précises pour chacune des régions.» Le colloque sur le fichier BALSAC s\u2019étale sur deux jours et compte plus d\u2019une douzaine de présentations, dont l\u2019une traitera des migrations bretonnes à l\u2019origine de l\u2019effet fondateur de la fibrose kystique au Québec.Des représentants de Génome Québec et de la plateforme de recherche publique CARTaGENE doivent aussi y prendre part.L\u2019évènement se déroule dans le cadre du Congrès de l\u2019Association canadienne-fran- çaise pour l\u2019avancement des sciences (ACFAS), qui a lieu toute la semaine à l\u2019Université du Québec à Chicoutimi.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 ACFAS EZEQUIEL BECERRA AGENCE FRANCE-PRESSE Le nouveau président du Costa Rica, Carlos Alvarado 9% C\u2019est la contribution des Filles du roi au pool génétique des Québécois.lions de dollars, selon ce qu\u2019a indiqué le MERN au cours des derniers jours.En mai 2017, le même ministère avait pourtant indiqué au Devoir que des investissements de 82,4 millions de dollars étaient prévus pour l\u2019année 2017-2018.Quoi qu\u2019il en soit, les investissements ont plutôt atteint un total de 5,5 millions de dollars l\u2019an dernier, puisque des travaux prévus sur cer tains sites « ont été retardés d\u2019une année », notamment pour mener des études supplémentaires.Parmi ces sites, on compte le plus important site minier abandonné au Québec, mais aussi un autre qui est contaminé par des composés toxiques cancérigènes.Globalement, le gouvernement a déboursé en moyenne près de 13 millions de dollars chaque année depuis une décennie pour la restauration des sites miniers dont il a hérité.Le montant prévu pour l\u2019année à venir est donc sept fois plus élevé que la moyenne des dix dernières années.Il faut dire que le gouvernement Couillard a promis de « réduire » de 80 % d\u2019ici 2022 le « passif environnemental » légué par l\u2019industrie minière depuis quelques décennies.Il s\u2019agit d\u2019ailleurs d\u2019une tâche colossale, puisque le Québec compte un total de 459 sites miniers abandonnés.De ce nombre, 225 sont d\u2019anciens sites d\u2019exploitation et 223 sont des sites d\u2019exploration.Certains sites ont besoin de travaux de décontamination qualifiés de majeurs.Selon la plus récente évaluation de la facture qui doit être assumée par les contribuables, datée de 2017, l\u2019ensemble des travaux pourrait coûter entre 745 millions et 1,2 milliard de dollars.Fait à noter, cette facture était évaluée, en novembre 2016, à un montant variant entre 620 et 800 millions.Dépenses en hausse En se basant sur la facture estimée de 2017, on constate que le gouvernement devra augmenter significativement ses dépenses annuelles dans la restauration s\u2019il veut respecter son objectif pour 2022.En fait, en supposant que le montant total s\u2019élève à 745 millions de dollars, il faudrait, dès l\u2019an prochain, augmenter les investissements à un montant variant entre 130 millions et 173 millions chaque année pour y parvenir.Mais si la facture totale est plutôt de 1,2 milliard, l \u2019État devra y consacrer entre 222 millions et 296 millions chaque année d\u2019ici 2022.Quel que soit le scénario, le gouvernement qui sera élu en octobre prochain devra donc s \u2019engager à bonifier l \u2019enveloppe budgétaire consacrée au « passif environnemental » hérité de l\u2019industrie minière.Il serait en ef fet risqué de tarder à faire les travaux de décontamination et de restauration, prévient Ugo Lapointe, por te-parole de la Coalition Québec meilleure mine.« Les r isques sont mult iples, incluant des s ites qu i cont i - nuent de polluer l\u2019environnement, d\u2019autres moins stables qu i r isquent de vo ir des fuites, des bris de digues ou des déversements de résidus miniers advenant des événe- ments imprévus, ou encore la faune et la flore qui sont exposés aux contaminants sur les sites eux-mêmes ou dispersés par le vent dans les écosystèmes environnants.» Selon M.Lapointe, les différents partis politiques québécois devraient d\u2019ailleurs s\u2019engager à mettre sur pieds un fonds de restauration des sites miniers abandonnés « financé en par tie par l\u2019industrie minière, et non entièrement par les contribuables québécois ».Une option que le gouvernement Couillard et l\u2019industrie ont toujours rejetée.Au cabinet du ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, on dit avoir bon espoir d\u2019atteindre les objectifs fixés dans le « plan de travail » pour la restauration.Selon ce que précise le bureau du ministre, « la restauration des sites miniers abandonnés est une priorité ».Celle-ci devrait permettre « de limiter les impacts environnementaux et d\u2019éliminer les dangers potentiels sur la santé », en plus de « remettre le site dans un état acceptable permettant ainsi la jouissance du territoire par les utilisateurs potentiels, humains et la faune ».Le gouvernement évoque aussi la volonté de « maintenir un dynamisme dans le domaine minier, notamment au regard du maintien et de la création d\u2019emplois en région».Ces dépenses de fonds publics pour les sites miniers abandonnés s\u2019ajoutent à plus ieurs invest issements annoncés au cours des derniers mois en faveur de l\u2019industrie.Dans son plus récent budget , le gouver nement s\u2019est ainsi engagé à financer les études d\u2019impact social et environnemental que les entreprises minières doivent mener pour leurs projets, afin de les « encourager » à mieux prendre en considération les enjeux liés au développement de l\u2019industrie.Il a aussi injecté 200 millions dans la prolongation d\u2019un programme qui ser t à acquérir des connaissances géoscienti- fiques en vue de découvrir de nouveaux gisements miniers et de mettre en production de nouvelles mines.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MINES LIA LEVESQUE LA PRESSE CANADIENNE Le Québec compte 459 sites miniers abandonnés."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.