Le devoir, 12 mai 2018, Cahier E
[" CAHIER SPÉCIAL E LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 L\u2019été des musées MBAM Des expos qui honorent les cultures du monde E 8 Musée McCord L\u2019héritage juif de Montréal E 12 CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 2 L\u2019été des musées M A G D A L I N E B O U T R O S Collaboration spéciale O n le sait, les impressionnistes attirent les foules.La collection du musée Ordr upgaard de Copenhague, qui garnira les murs du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa cet été, séduira à coup sûr les amants des maîtres français du XIXe siècle.Mais, après avoir plongé le regard dans un Monet ou un Degas, le public gagnera à arpenter les parcours de deux autres expositions qui promettent des découvertes envoûtantes en matière d\u2019orfèvrerie et de photographie.Des trésors impressionnistes provenant du Danemark À par tir du 18 mai et jusqu\u2019au 9 septembre, le MBAC accueillera en ses murs une soixantaine de chefs-d'œuvre de peintres français du XIXe siècle et du début du XXe siècle.Une collection d\u2019une richesse étonnante constituée par Wilhelm et Henny Hansen durant les premières décennies du XXe siècle.À l\u2019occasion des travaux d\u2019agrandissement qui ont cours au musée Ordrupgaard au Danemark, le MBAC a réussi à mettre la main, le temps d\u2019un été, sur cette collection, qualifiée comme l\u2019un des plus beaux ensembles d\u2019œuvres impressionnistes en Europe du Nord.« Nous avons véritablement sauté sur cette occasion », dit avec enthousiasme en entrevue Erika Dolphin, conser vatrice associée au MBAC et commissaire de l\u2019exposition Trésors impressionnistes.La collection Ordrupgaard.«C\u2019est vraiment une chance d\u2019avoir ces tableaux d\u2019une qualité exceptionnelle ici pour une grande exposition d\u2019été », pour- suit-elle.La collection ne se cantonne pas au courant impressionniste.Aux côtés des œuvres de Monet, Manet, Renoir, Degas, Pissarro et Sisley se glisseront quelques tableaux de leurs prédécesseurs, Delacroix et Ingres notamment.Wilhelm Hansen ayant également eu un grand intérêt pour le postimpressionnisme, des toiles de Gauguin, de Matisse et de Cézanne formeront le point d\u2019orgue de cette exposition qui se veut une incursion aux fondements de l\u2019ar t moderne.Les visiteurs seront ensuite invités à découvrir 16 tableaux de l\u2019âge d\u2019or de l\u2019art danois, d\u2019autres pièces maîtresses de la collection de Wilhelm Hansen.« On a vraiment séparé les deux collections, celle de l\u2019art français et celle de l\u2019art danois, parce qu\u2019elles étaient disposées comme cela dans la maison où M.Hansen présentait ces œuvres », explique Mme Dolphin.Désireux de partager leur trésor avec le public danois, les Hansen ouvraient, une fois par semaine, leur résidence d\u2019été familiale située en banlieue de Copenhague aux visiteurs.À la mort de Wilhelm Hansen en 1936, sa veuve Henny a légué au gouvernement danois la collection et la maison, qui sont devenues ultérieurement le musée Ordrupgaard.L\u2019orfèvrerie, un art méconnu Pour la première fois, une exposition entière est consacrée à l\u2019œuvre de Laurent Amiot, un or fèvre né à Québec en 1764.Pour bien comprendre son importance, il faut reculer à la période marquant la fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle, une période pendant laquelle l\u2019orfèvrerie occupe une place beaucoup plus impor tante que de nos jours.Tout juste après avoir reçu sa première formation, Amiot part pour Paris \u2014 le centre névralgique de l\u2019orfèvrerie en Europe de l\u2019Ouest \u2014, où il séjourne de 1782 à 1787, à la veille de la Révolution.À son retour à Québec, il opère une véritable révolution \u2014 esthétique, faut-il préciser \u2014 dans le milieu de l\u2019orfèvrerie.«C\u2019est lui qui fera passer l\u2019orfèvrerie au pays du statut d\u2019artisanat à celui d\u2019un art à part entière », explique René Villeneuve, conservateur associé de l\u2019ar t canadien ancien au MBAC et commissaire de l\u2019exposition Laurent Amiot.Maître-or fèvre canadien .« Il revisite toutes les formes, tous les décors.Il produit une argenterie de table variée, renouvelée », souligne-t-il.Les autres orfèvres seront contraints de marcher dans son sillage.Pendant une cinquantaine d\u2019années, Laurent Amiot ne cessera d\u2019innover, de bousculer, de se réinventer.L\u2019exposition du MBAC présente au public 75 œuvres d\u2019Amiot \u2014 des vases, des accessoires religieux ou encore des objets domestiques \u2014 ainsi que 17 pièces d\u2019or fèvrerie créées par d\u2019autres artistes.Il aura fallu environ sept ans à René Villeneuve pour rassembler l\u2019ensemble de ces objets, dont plusieurs se trouvaient chez des par ticuliers.Pour permettre au public de bien comprendre le contexte social qui a mené à la confection de ces pièces en argent, les œuvres sont minutieu- MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA Un été éclectique Photographie, orfèvrerie et impressionnisme au menu ANDERS SUNE BERG Camille Pissaro, Pruniers en fleur à Éragny (1894) EN UNE : JO GORDON, KISS OF DEATH (1994).CHAPEAU REPRÉSENTATIF DE L\u2019EFFERVESCENCE CRÉATRICE QUE GÉNÈRE LA VILLE DE LONDRES «C\u2019est vraiment une chance d\u2019avoir ces tableaux d\u2019une qualité exceptionnelle ici pour une grande exposition d\u2019été» F i g u r i n e d e c h e v a l i e r , A n g l e t e r r e , 1 3 7 5 - 1 4 2 5 , p i e r r e .© T h e T r u s t e e s o f t h e B r i t i s h M u s e u m .T o u s d r o i t s r é s e r v é s .DÈS LE 8 JUIN Une exposition réalisée par le British Museum en collaboration avec le Musée canadien de l\u2019histoire.100, rue Laurier, Gatineau QC museedelhistoire.ca/medievale présente mcq.org Achetez vos billets en ligne! UNE EXPÉRIENCE ENRICHIE ET PERSONNALISÉE AVEC L\u2019APPLICATION MON MCQ À TÉLÉCHARGER DÈS MAINTENANT CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 3 L\u2019été des musées sement mises en scène dans l\u2019exposition.Ainsi, le parcours témoignera, par exemple, de l\u2019arrivée du café au pays, une nouveauté qui a mené Amiot à réaliser la première cafetière en argent du Canada.René Villeneuve espère que le public appréciera l\u2019unicité de chacune des pièces, un plaisir lié aux arts de la table qui est devenu plus difficile à satisfaire dans notre société moderne.L\u2019exposition est présentée du 11 mai au 23 septembre.Savourer l\u2019instant Pour souligner les 50 ans de sa collection de photographies, le MBAC propose aux visiteurs de laisser leur regard se noyer dans quelque 175 photographies et images.Celles-ci ont été soigneusement choisies par Ann Thomas, conservatrice en chef intérimaire au MBAC.« C\u2019était difficile de faire une sélection dans une collection qui comprend 200 000 photographies », lance-t-elle d\u2019entrée de jeu en entrevue.Très tôt dans le processus, une ligne directrice s\u2019est toutefois imposée.Celle de la conversation.Une conversation dans le temps, entre des œuvres datant du XIXe siècle et d\u2019autres plus contemporaines.Et une conversation entre les photographes, puisque tout artiste étudie les œuvres de ses prédécesseurs.Coiffée du magnifique titre L\u2019espace d\u2019un instant, l\u2019exposition retrace l\u2019histoire de la photographie.Les visiteurs sont ainsi témoins de l\u2019évolution de la technique sur une période d\u2019environ 180 ans \u2014 du daguerréotype jusqu\u2019au numérique \u2014 et des différentes formes que peut prendre la photographie.«Nous avons cette idée que la photographie représente toujours la vérité, mais ce n\u2019est pas toujours le cas, et on voit dans cette exposition des photographies qui sont assez abstraites », note Mme Thomas.Des œu- vres de Julia Margaret Cameron, Weegee, Ed Burtynsky et Lynne Cohen sont notamment à l\u2019honneur.L\u2019exposition L\u2019espace d\u2019un instant.Cinquante ans de collectionnement de photographies est présentée du 4 mai au 16 septembre.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA Laurent Amiot, Cafetière de la famille Le Moine (vers 1796) «C\u2019est lui qui fera passer l\u2019orfèvrerie au pays du statut d\u2019artisanat à celui d\u2019un art à part entière» CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 4 L\u2019été des musées Faire du lèche-vitrines dans les rues commerçantes de Paris des années 1700 : c\u2019est ce que propose le Musée Stewart avec sa nouvelle exposition Paris en vitrine.Les boutiques du 18e siècle.C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale « C apitale du Royaume de France, Paris est l\u2019une des plus belles, des plus célèbres et des plus florissantes villes du monde.[\u2026] Dès son arrivée, le voyageur est surpris par le tumulte, l\u2019encombrement et la saleté de cer tains Quartiers.[\u2026] » Le voyage dans le temps et l\u2019espace commence dès les premières lignes inscrites à l\u2019entrée de l\u2019exposition.« Toute l\u2019exposition est conçue comme un guide de voyage de l\u2019époque », explique Sylvie Dauphin, conservatrice et chef des collections du Musée Stewart.Ainsi, des mots ou formulations disparus aujourd\u2019hui apparaissent en italique dans les textes de l\u2019exposition et dans le livret qui accompagne les visiteurs tout au long du parcours.« Il y avait une enflure des mots et une façon particulière de présenter les choses à l\u2019époque ; j\u2019ai conservé cela pour donner de la saveur à la visite », ajoute la conservatrice.La visite s\u2019ouvre par une grande reproduction au sol du plan de Paris imprimé en 1739 \u2014 dont l\u2019original est aussi exposé, rel ié sous forme d\u2019atlas.« On a voulu of frir une vue de Paris à vol d\u2019oiseau pour débuter », explique Mme Dauphin.Lorsqu\u2019on lève les yeux du plan, la perspective est ensuite tout autre.Le visiteur plonge au cœur du vieux quartier, nommé La Cité, alors que les silhouettes de maisons comme on en retrouvait sur le bord de la Seine se dressent devant lui.S\u2019étirent derrière une longue rue bordée de commerces.La perspective laisse aussi entrevoir la façade de l\u2019église Notre-Dame qui clôt le premier tableau, tout au fond de la salle.« Cette exposition fait revisiter Paris sous un angle inusité, mêlant à la fois le plaisir de voyager, celui de fréquenter les boutiques et de découvrir la riche histoire de la capitale française, avec laquelle les Montréa- lais ont un lien privilégié depuis toujours », fait valoir Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du Musée Stewart.D\u2019une boutique à l\u2019autre Le « quay de l\u2019Horloge », le pont Neuf, la rue Saint-Honoré, le « quay de Conti », la rue Saint-Jacques\u2026.Les visiteurs parcourent l\u2019exposition comme s\u2019ils traversaient les quartiers et les rues de Paris, dont les noms sont inscrits au sol, passant d\u2019une vitrine de boutique à une autre.« Habituellement, les musées travaillent avec le nom de l \u2019auteur d\u2019une pièce, fait valoir Sylvie Dauphin.Cette fois, on est allés encore plus loin dans les recherches.On s\u2019est demandé où était vendue cette pièce et où était située la boutique qui la vendait.Les boutiques sont le point de départ et le fil conducteur de l\u2019exposition.» Ainsi, toutes les pièces de l\u2019expo sont présentées et classées par boutique.Parmi les boutiques figurent notamment La Sphère, tenue par Jacques Canivet, un « éminent fabricateur d\u2019instrumens de mathématiques », Au Chagrin de Turquie, qui att ire une cl ientèle presti - gieuse, dont Madame de Pompadour et Louis XV, ou encore Le Pet i t Dunkerque, tenue par sieur Granchez et dont « le décor est fort agréable ».Vaisselle, porcelaines, globes terrestres, instruments scientifiques, cafetières, brosse à cheveux, gravures et estampes\u2026 Quelque 400 artéfacts français du XVIIIe siècle, dont 80 livres rares, constituent l\u2019exposition.Ils proviennent tous de la collection personnelle du Musée Stewar t, composée de près de 27 000 pièces.Visites virtuelles de Paris L\u2019exposition propose également le visionnement d\u2019une restitution en 5D du quartier du Grand Châtelet, élaborée par la musicologue Mylène Pardoen.Ce paysage sonore, créé à partir de longues recherches et de documents historiques, fait entendre la vie de Paris dans la seconde MUSÉE STEWART Promenade parisienne sur l\u2019île Sainte-Hélène MUSÉE STEWART Vuë d\u2019une partie du Louvre prise du pont Royal (XVIIIe siècle) MUSÉE STEWART La jardinière au tablier, La laitière, La fermière, La batteuse de beurre (XVIIIe siècle), d\u2019après François Boucher MUSÉE STEWART Bouquet de fleurs en porcelaine de Vincennes (XVIIIe siècle) 12 mai \u2014 16 septembre 2018 Une présentation de D\u2019AFRIQUE AUX AMÉRIQUES EN FACE-À-FACE D\u2019HIER À AUJOURD\u2019HUI Une présentation de NOUS SOMMES ICI, D\u2019ICI L\u2019ART CONTEMPORAIN DES NOIRS CANADIENS 12 mai \u2013 16 septembre 2018 JEAN-MICHEL OTHONIEL : MOTION \u2013 ÉMOTION 20 juin \u2013 11 novembre 2018 Une exposition organisée par le musée du quai Branly \u2013 Jacques Chirac, en collaboration avec le Musée national Picasso-Paris.Une adaptation du Musée des beaux-arts de Montréal.Une exposition initiée par le Musée royal de l\u2019Ontario, Toronto, et adaptée par le Musée des beaux-arts de Montréal pour la présentation montréalaise.Une exposition conçue par le Musée des beaux-arts de Montréal en collaboration avec Jean-Michel Othoniel et la Galerie Perrotin.Pablo Picasso, Femmes à la toilette, Cannes, 4 janvier 1956.Musée national Picasso-Paris, dation Pablo Picasso, 1979.© Succession Picasso / SODRAC (2018).Photo © RMN-Grand Palais / Art Resource, NY / Mathieu Rabeau Artiste kamayura, Brésil, Masque (détail), XXe s.Paris, musée du quai Branly \u2013 Jacques Chirac.Photo © musée du quai Branly \u2013 Jacques Chirac / Patrick Gries, Bruno Descoings Zanele Muholi, Phila I, Parktown, de la série « Somnyama Ngonyama », 2016.© Zanele Muholi.Avec l\u2019aimable concours de Stevenson, Le Cap/ Johannesbourg, et Yancey Richardson, New York Shanna Strauss, Gardiennes de la mémoire (détail), 2017.Collection de l\u2019artiste Jean-Michel Othoniel, Black Tornado, 2017.Avec l\u2019aimable concours de la Galerie Perrotin.© Jean-Michel Othoniel / SODRAC (2018).Photo Claire Dorn CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 5 L\u2019été des musées Soirées musée et feux d\u2019artifice Le musée ouvrira sa cour et ses portes lors de quatre soirées de feux d\u2019artifice cet été.« La vue n\u2019est pas la même qu\u2019au bassin de La Ronde, mais c\u2019est tout de même très beau et très bien situé pour admirer les feux », fait valoir Geneviève Lalonde, conseillère, communications et expérience visiteurs, du Musée Stewart.Pour en faire profiter les Montréalais, le musée a décidé de donner accès aux expositions du musée de 17 h à 22 h à ceux qui voudraient visiter les expositions avant de s\u2019installer dans la cour pour admirer les feux.Les 11 et 18 juillet, les 1er et 8 août, coût d\u2019entrée de 5 $.moitié du XVIIIe siècle.La visite guidée se termine en poésie par l\u2019expérience de réalité virtuelle Il neige à Paris, une déambulation nocturne dans La Cité par un soir d\u2019hiver dans un décor fait de papier découpé.« L\u2019exposit ion permanente du musée est aussi très intéressante et peut être un beau complément à notre exposition temporaire, abordant aussi le Siècle des lumières », ajoute Geneviève Lalonde, conseillère, communications et expérience visiteurs, du Musée Stewart.Couvrant une période historique par ailleurs beaucoup plus large, Histoires et mémoires propose un parcours historique qui mène le visiteur de l\u2019époque amérindienne jusqu\u2019à aujourd\u2019hui.Un site unique « Le site du Musée Stewar t est aussi en soi une destination intéressante, fait valoir Geneviève Lalonde.Plusieurs Montréalais ne sont encore jamais venus ici.Les gens sont vraiment agréablement surpris de la beauté des lieux.» Situé au cœur du parc Jean-Dra- peau, le musée fait face au fleuve et côtoie de près le pont Jacques-Cartier.Logé dans l\u2019arsenal du dépôt fortifié britannique de l\u2019île Sainte-Hé- lène, une construction militaire du XIXe siècle, le long bâtiment du musée a été agrémenté il y a quelques années d\u2019une tour en verre.« Elle crée un pont entre la nature et l\u2019espace muséal et permet d\u2019avoir une très belle vue sur Montréal et sur le pont qui s\u2019illumine le soir », souligne Mme Lalonde.Le musée of fre par ailleurs plusieurs activités extérieures tout au long de l\u2019été, dont des visites guidées dans le parc Jean-Drapeau, un tournoi d\u2019escrime en plein air le 2 juin ou encore un pique-nique napoléonien le 18 août.Plusieurs autres activités spéciales intérieures, dont un jeu d\u2019évasion, sont aussi à l\u2019horaire.Toute la programmation est disponible sur le site Web du musée. CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 6 L\u2019été des musées En lui contant le récit de la tragique épopée que fut la fameuse expédition de sir John Franklin dans le Nord-Ouest arctique au XIXe siècle, puis, en l\u2019invitant à replonger dans la vie de château de l\u2019Europe médiévale, le Musée canadien de l\u2019histoire propose cet été au public deux immersions historiques des plus inédites.R A B É A K A B B A J Collaboration spéciale O uverte depuis début mars, l\u2019exposition Périr dans les glaces.Le mystère de l\u2019expédition Franklin vaut indéniablement le détour.Réalisée dans son entièreté par le Musée canadien de l\u2019histoire en partenariat avec le National Maritime Museum de Londres et Parcs Canada, cette exposition revient sur la funeste expédition Franklin, qui, par tie de Grande-Bretagne en 1845 pour carto- graphier le passage du Nord-Ouest dans l\u2019Arctique, n\u2019est jamais revenue.Originale, cette exposition l\u2019est à plus d\u2019un titre, puisqu\u2019elle présente des objets qui n\u2019ont jamais été vus auparavant au Canada, qu\u2019il s\u2019agisse des artefacts prêtés par le National Maritime Museum, mais aussi et surtout des découvertes archéologiques de Parcs Canada.Les recherches subaquatiques dirigées par l\u2019agence gouvernementale canadienne au cours de la dernière décennie ont ainsi finalement permis de retrouver en 2014 puis en 2016 les deux navires de l\u2019expédition, les HMS Erebus et Terror.Les visiteurs peuvent donc admirer pour la toute première fois des objets retrouvés dans ces épaves.L\u2019exposition s\u2019appuie également sur les précieux récits, transmis de génération en génération, de membres des communautés inuites, dont les ancêtres furent les derniers témoins des navires et de l\u2019équipage.Une tranche d\u2019histoire méconnue En plus d\u2019offrir le compte rendu le plus actualisé à ce jour de cette expédition exploratoire et scientifique dirigée par le capitaine sir John Franklin (1786-1847), célèbre officier de la marine britannique, «en qui l\u2019équipage avait confiance et qui n\u2019en était pas à son premier voyage», cette exposition permet de vulgariser un pan méconnu de l\u2019histoire canadienne.«Ces expéditions polaires \u2014 tant celle de Franklin que celles qui ont suivi lorsqu\u2019on est parti à sa recherche quelques années plus tard \u2014 revêtent une grande importance, car elles ont permis de car- tographier le Nord tel qu\u2019on le connaît aujourd\u2019hui.En ce qui a trait à la carte géographique du Canada, elles ont permis non seulement de finir par tracer ce passage du Nord-Ouest, mais aussi de cartographier l\u2019Arctique », souligne Bianca Gendreau, gestionnaire à la recherche au Musée canadien de l\u2019histoire.Mais l\u2019Histoire avec un grand H n\u2019éclipse pas pour autant ici les destinées individuelles.« C\u2019est aussi l\u2019histoire tragique de 129 personnes, parties d\u2019Angleterre et qui, après, ont disparu.Alors, on présente la préparation de l\u2019expédition, la technologie avancée de leurs navires, qui avaient notamment des provisions pour trois ans.On découvre la vie à bord, ce qu\u2019ils faisaient de leurs loisirs, ce qu\u2019ils mangeaient.On a également donné une idée au sol de l\u2019espace dont ils disposaient pour vivre : à quoi ressemblait le quar tier d\u2019un homme de bord, d\u2019un officier, etc.», explique Mme Gendreau.Reconstituer les pièces du puzzle Les visiteurs de l\u2019exposition en apprendront sur les facteurs qui ont contribué au dénouement fatidique, mais aussi sur les ef forts déployés par lady Franklin pour susciter des expéditions de recherche des deux navires disparus.Une autre section est consacrée au rôle des Inuits et à leur transmission des récits.Les récents résultats des recherches scientifiques sont également présentés, à travers une section médico-légale et une zone consacrée aux investigations subaquatiques de Parcs Canada.Enfin, à travers les livres, les romans ou encore les jeux vidéo que le mystère Franklin a pu inspirer, l\u2019exposition s\u2019arrête sur la culture populaire entourant cet épisode qui a bel et bien « fasciné l\u2019imagination jusqu\u2019à au- jourd\u2019hui», rappelle Bianca Gendreau.Et cela ne devrait pas s\u2019arrêter ici : les recherches se poursuivent toujours pour connaître le fin mot de l\u2019histoire.Donner à voir un autre Moyen Âge Dans un registre diamétralement dif férent, le musée accueillera à compter du 8 juin prochain sa toute première exposition consacrée à l\u2019Europe médiévale.Loin des clichés réduisant le Moyen Âge à un long interlude historique marqué du sceau de l\u2019austérité, Europe médiévale.Pouvoir et splendeur entend redorer le blason de cette période, en donnant à voir toute son opulence et sa vi- brance créative.« Par l\u2019entremise des réalisations, des objets qui seront présentés, on va montrer que, non, ce ne furent pas mille ans de grande noirceur.Au contraire, c\u2019était une période extrêmement dynamique, qui a vu des transformations importantes au niveau de la géographie ou encore des méthodes du pouvoir.C\u2019était également l\u2019époque de l\u2019amour courtois, des croisades, de la guerre de Cent Ans, de la peste\u2026 En définitive, une période extrêmement riche en faits et en histoire, comme en témoigneront les objets présentés », a assuré Mme Gendreau, qui est également la conser vatrice ayant travaillé sur cette exposition.Une exposition d\u2019envergure Fait notable, le musée signe ici sa toute première collaboration avec le très prestigieux British Museum, concepteur originel de l\u2019exposition, qui a fourni la majorité des quelque 250 pièces au programme.Le Musée canadien de l\u2019histoire apporte toutefois sa touche personnelle en y ajoutant des emprunts d\u2019autres établissements, une scénographie originale ainsi que des éléments interactifs visant à contextualiser la période pour le public canadien, qui connaît peut- être moins la période.« Les objets présentés sont de facture incroyable.Certains sont, par exemple, associés à Richard III, d\u2019autres à Saint Louis ! Je pense également à une superbe tapisserie, de la taille d\u2019un mur, prêtée par le Victoria and Albert Museum, et qui raconte la célèbre et épique bataille de Ronce- vaux », a expliqué, avec enthousiasme, Bianca Gendreau.Au fil des différentes zones aménagées à l\u2019image de salles d\u2019un château, les visiteurs se verront raconter la formation de l\u2019Europe à l\u2019époque médiévale, mais aussi le pouvoir royal et ses représentations.L\u2019Église ne sera pas en reste, avec la mise en avant d\u2019objets présentant les différents aspects de la liturgie.L\u2019exposition fera également la part belle aux personnages historiques clés de la période, aux caractéristiques de la vie à la cour, sans oublier la vie quotidienne urbaine des gens ordinaires.Pour boucler la boucle, une zone spécialement développée par le musée sera consacrée à l\u2019influence culturelle du Moyen Âge au Canada.S\u2019accompagnant d\u2019une riche programmation en journées thématiques, ce rendez-vous avec l\u2019histoire devrait, en définitive, ravir tant les amoureux de l\u2019époque médiévale que les néophytes en la matière.MUSÉE CANADIEN DE L\u2019HISTOIRE Entre épopée polaire et vie dans un château médiéval F E M M E I M P R E S S I O N N I S T E MNBAQ.ORG ORGANISÉE PAR LE MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC, LA BARNES FOUNDATION (PHILADELPHIE), LE DALLAS MUSEUM OF ART ET LES MUSÉES D\u2019ORSAY ET DE L\u2019ORANGERIE (PARIS).BERTHE MORISOT, À LA CAMPAGNE (APRÈS LE DÉJEUNER) (DÉTAIL), 1881.HUILE SUR TOILE, 81 X 100 CM.COLLECTION LAWRENCE ELLISON.21 JUIN \u2013 23 SEPTEMBRE 2018 MARNI WILSON PARCS CANADA La cloche de l\u2019 Erebus CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 7 L\u2019été des musées A N D R É L A V O I E Collaboration spéciale L\u2019 établissement n\u2019a pas encore atteint un âge vénérable, mais depuis sa fondation, en 1982, le Musée des beaux-ar ts de Sherbrooke (MBAS) peut revendiquer une indéniable maturité.Situé au cœur de la capitale des Cantons-de-l\u2019Est et ayant pour mission la conservation d\u2019œu- vres d\u2019artistes de la région, le MBAS af fiche une fois encore son éclectisme avec deux expositions estivales reflétant plusieurs de ses ambitions.L\u2019été semble déjà entre ses murs, car le 5 mai dernier commençait le volet sherbrookois de la 4e édition de la Biennale d\u2019art contemporain autochtone (BACA), intitulé níchiwa- miskwém | nimidet | ma sœur | my sister, tandis que le 12 mai était inaugurée l\u2019exposition Clémence.De la fac- trie au musée, consacrée à l\u2019une des plus célèbres artistes et citoyennes de l\u2019Estrie, Clémence DesRochers.Notre Clémence Pour Catherine Duperron, chargée de projets au MBAS, « le timing était très bon » pour rendre hommage « à cette femme extraordinaire».«Par le passé, elle a souvent annoncé à la blague qu\u2019elle présentait son dernier show, mais là, depuis un an, sa retraite, c\u2019est officiel, et l\u2019exposition devenait appropriée, car elle a touché beaucoup de gens à travers le Québec pendant ses 60 ans de carrière.» Au départ, une amie de la célèbre monologuiste, artiste peintre, poète et comédienne voulait mettre en valeur ses dessins, mais « nous souhaitions y ajouter notre couleur mu- séale », précise Catherine Duperron.Clémence.De la factrie au musée est une véritable rétrospective des diverses facettes de son œuvre, elle qui pratiquait déjà la multidisciplina- rité avant que ce concept ne soit à la mode.« L\u2019idée est de montrer que son œuvre visuelle s\u2019insère dans son œu- vre en général, explique la chargée de projets.Tout au long de ce parcours thématique où il sera question de son enfance, de la nature, des femmes et de la famille, on retrouvera ses chansons, ses poèmes, des photographies, et des témoignages d\u2019ar tistes pour qui Clémence a eu une grande influence.» De Luc Pla- mondon à Michel Tremblay en passant par Yvon Deschamps et Marie- Claire Blais, ils furent nombreux, et célèbres.Catherine Duperron était fière de souligner que Patrimoine canadien venait tout juste d\u2019annoncer au MBAS son soutien financier pour mettre en branle une tournée québécoise de cette exposition, qui durera deux ans.N\u2019en déplaise aux Montréalais, aucun arrêt n\u2019est prévu dans la métropole.«Nous sommes proches de Montréal, tient-elle à préciser, et comme Clémence est connue à travers tout le Québec, on a préféré contacter des centres d\u2019art au Saguenay\u2013Lac-Saint- Jean, en Gaspésie et en Outaouais.» L\u2019itinéraire n\u2019est pas encore achevé, mais le tout devrait se mettre en branle en janvier 2019.Célébrer l\u2019audace de l\u2019art autochtone Le MBAS souhaitait depuis longtemps s\u2019associer avec la galerie Art Mûr de Montréal pour contribuer au déploiement de la BACA.Une collaboration qui s\u2019inscrit dans le mandat du musée : « celui de présenter, une ou deux fois par année, des expositions très ancrées dans le présent », souligne Catherine Duperron, comme c\u2019est le cas pour le volet sherbrookois de la biennale.C\u2019est aussi une occasion de témoigner de manière for te du dynamisme des artistes autochtones, qui prennent de plus en plus leur place en art actuel.Au MBAS, on a mis en valeur la démarche de plusieurs artistes féminines du Canada et des États-Unis utilisant le dessin, la photographie ou l\u2019installation.On pourra ainsi admirer le travail de la photographe Kali Spitzer, originaire de la Colombie-Britannique, qui tente de décrire les métissages qui traversent sa communauté, de race comme de genre.D\u2019autres célèbrent le courage des communautés autochtones, dont celui de la réappropria- tion de certains objets culturels, par exemple le tambour, souvent utilisé par les hommes.Avec Woman\u2019s Drum, Lita Fontaine propose une installation qui établit un lien fort avec le « Big Drum », et qui souligne la présence de plus en plus importante de groupes de tambours féminins dans les rencontres communautaires et les pow-wow.Quant à l\u2019ar tiste Erin Konsmo, métisse de l\u2019Alberta, ses dessins sont autant de moyens de communiquer ses préoccupations écologiques, ou ses messages de prévention de santé sexuelle et reproductive, dessins qui circulent bien au- delà de son milieu, sur des affiches ou des t-shirts.Notez que, si les deux expositions estivales du MBAS débutent pratiquement au même moment, celle consacrée à Clémence DesRochers se prolongera cet automne jusqu\u2019au 18 novembre, tandis que la Biennale se terminera le 4 septembre.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE SHERBROOKE Les honneurs pour une artiste des Cantons-de-l\u2019Est Cet été, découvrez LES MUSÉES DU UÉBEC www.musees.qc.ca KALI SPITZER NEVER APART Kali Spitzer, Melaw Nakehk\u2019o (2015) À partir du 12 mai, l\u2019exposition Clémence.De la factrie au musée sera consacrée à l\u2019une des plus célèbres artistes et citoyennes de l\u2019Estrie, Clémence DesRochers C\u2019est une occasion de témoigner de manière forte du dynamisme des artistes autochtones, qui prennent de plus en plus leur place en art actuel L\u2019ESPACE D\u2019UN INSTANT Cinquante ans de collectionnement de photographies PARTENAIRE FONDATEUR DE L\u2019INSTITUT CANADIEN DE LA PHOTOGRAPHIE AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA Z h a n g H u a n , P o u r f a i r e l e v e r l e n i v e a u d e l \u2019 e a u d \u2019 u n é t a n g à p o i s s o n s ( g r o s p l a n ) , [ d é t a i l ] , 1 9 9 7 .M B A C .© Z h a n g H u a n , a v e c l \u2019 a u t o r i s a t i o n d e Z h a n g H u a n S t u d i o .P h o t o : M B A C CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 8 L\u2019été des musées L\u2019art transcende la couleur de la peau et les origines ethniques.À partir du 12 mai jusqu\u2019au 16 septembre, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) présentera deux expositions mettant en valeur l\u2019art africain et les œuvres d\u2019artistes noirs canadiens.Tour d\u2019horizon.S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale Cet été, au MBAM, deux expositions, présentées dans un parcours continu, susciteront la curiosité des amateurs d\u2019art.La première exposition s\u2019intitule D\u2019Afrique aux Amé- riques : Picasso en face-à-face, d\u2019hier à aujourd\u2019hui et la deuxième, Nous sommes ici, d\u2019ici : l\u2019art contemporain des Noirs canadiens.Dans la première, on découvre l\u2019évolution de la perception, depuis surtout le milieu du siècle dernier, en rapport avec les objets d\u2019art outre-Europe et l\u2019intérêt de Picasso pour cet art.Dans la seconde, de talentueux artistes noirs canadiens se révèlent à nous.Picasso et l\u2019art africain La plupart des amateurs d\u2019art avisés connaissent l\u2019intérêt que Picasso entretenait pour l\u2019art africain et, dans une moindre mesure, pour celui provenant de l\u2019Océanie.L\u2019exposition D\u2019Afrique aux Amériques présente plusieurs des œuvres de ces continents, dont celles que le célèbre peintre Picasso possédait.«Picasso n\u2019était pas un collectionneur, rappelle Nathalie Bondil, directrice du MBAM et commissaire pour cette exposition.Mais il aimait bien cet art.Il gardait ces objets dans son atelier et s\u2019en inspirait pour sa création.» Cette exposition regroupe plus de 300 œuvres provenant du Musée du quai Branly- Jacques Chirac, du Musée national Pi- casso-Paris et de collections particulières.Sur ce nombre, une centaine se trouvaient dans l\u2019atelier de Picasso.Cependant, ces objets n\u2019ont pas toujours été considérés comme des objets d\u2019art.L\u2019exposition rappelle que, pendant longtemps, on les a considérés comme des curiosités ethnographiques.«Cette perception était liée au colonialisme », soutient Mme Bon- dil.Ainsi, le Musée ethnographique du Trocadéro, premier du genre à Paris, ouvert en 1878, présentait les œu- vres hors Europe de cette façon.D\u2019objets ethnographiques à objets d\u2019art Au cours du siècle dernier, un revirement de situation s\u2019est opéré.L\u2019art d\u2019Afrique, d\u2019Océanie et des Amé- riques est devenu un phénomène artistique englobant styles, histoires et cultures variées.Dans le cours de l\u2019exposition, on apprend que Picasso avait un attachement particulier pour l\u2019art africain.«Picasso aimait bien cet art africain pour son réalisme et il a été le premier à considérer ces objets comme de l\u2019art », soutient Mme Bon- dil.Preuve d\u2019une évolution des mentalités, le Musée des Colonies à Paris devient, en 1962, le Musée national des arts d\u2019Afrique et d\u2019Océanie.Comme le mentionne le document présentant l\u2019événement, l\u2019exposition pose donc un regard inédit sur l\u2019œuvre de Pablo Picasso (1881 à 1973), en relatant le fil chronologique de sa vie, et sur l\u2019histoire de l\u2019art moderne.Ici au Canada En poursuivant le parcours, le visiteur découvrira l\u2019exposition Nous sommes ici, d\u2019ici.Cette exposition, créée par le Musée royal de l\u2019Ontario, a été enrichie d\u2019un volet québécois.Elle présente les œuvres de huit ar tistes contemporains canadiens auxquels ont été ajoutés trois artistes montréalais (Eddy Firmin, Manuel Mathieu et Shanna Strauss).« Ces trois ar tistes ont été choisis pour leur belle feuille de route artistique », af firme Geneviève Goyer- Ouimet, commissaire de cette exposition, conservatrice de l\u2019art québécois et canadien contemporain et titulaire de la chaire Gail et Stephen A.Jarislowsky au MBAM.Le MBAM est d\u2019ailleurs en processus d\u2019acquisition pour l\u2019œuvre de Manuel Mathieu intitulée Autopor trait.Cette œuvre a été réalisée à la mémoire de sa grand-mère, première immigrante de la famille à s\u2019établir à Montréal en provenance d\u2019Haïti.Abattre les préjugés L\u2019exposition souhaite déconstruire le discours prédominant qui réduit l\u2019expérience des Noirs canadiens à d\u2019éternels immigrants ou à de nouveaux immigrants.« Nous voulions aussi montrer la diversité des communautés noires, qui sont loin d\u2019être monolithiques », affirme Mme Goyer- Ouimet qui croit qu\u2019à l\u2019issue de ce parcours, le visiteur aura une perception différente de cette communauté.Des œuvres percutantes Dans le cadre de l\u2019exposition, des œuvres permettront aux visiteurs de se sensibiliser à l\u2019existence de l\u2019esclavage au temps de la colonie, croit Mme Goyer-Ouimet.Selon les re- MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Des expositions qui honorent les cultures du monde ADMIREZ PLUS DE 350 OBJETS EMBLÉMATIQUES À POINTE-À-CALLIÈRE Jusqu\u2019au 4 novembre 2018 En collaboration avec Une exposition réalisée par Pointe-à-Callière, cité d\u2019archéologie et d\u2019histoire de Montréal, en collaboration avec le Museo Egizio de Turin (Italie).S t a t u e d e l a d é e s s e M o u t © M u s e o E g i z i o , T u r i n CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 9 L\u2019été des musées cherches de l\u2019historien Marcel Tru- del, il y a eu du début de la colonie jusqu\u2019au début des années 1800, 4000 esclaves en Nouvelle-France, dont le tiers était des Noirs.Les deux autres tiers étaient des Amérindiens.L\u2019esclavage a été aboli en 1834.Parmi les œuvres percutantes présentées, Mme Goyer-Ouimet mentionne celle de Chantal Gibson.On y voit 2000 cuillères toutes peintes en noir.« En les peignant ainsi en noir, elle les a uniformisés de façon à créer un amalgame qui correspond souvent à la façon dont on perçoit la communauté noire, dit-elle.En s\u2019approchant des objets, on s\u2019aperçoit que, sous la peinture, chaque cuillère a un motif différent, reflétant la diversité de cette communauté.» Une autre œuvre est également très forte en symbolisme.Créée par l\u2019ar tiste ontarienne Esmaa Moha- moud, elle représente un Noir footballeur vêtu de vêtements typiques des Africains.Dans son dos, il y a toutefois une série de chaînes.«Cela fait référence à la traite des humains», dit Mme Goyer-Ouimet.Enfin, une dernière œuvre marquante est celle d\u2019Eddy Firmin, artiste montréalais originaire de Martinique.Il s\u2019agit d\u2019un buste en céramique où le cou de la personne est orné d\u2019un anneau.L\u2019article portant sur l\u2019exposition dans la revue du MBAM souligne l\u2019inconfortable parallèle entre l\u2019esclavage passé et celui que nous vivons aujourd\u2019hui.« La surconsommation retire au citoyen le contrôle sur sa vie en le réduisant à l\u2019état de consommateur », mentionne-t-on.JEAN-GILLES BERIZZI RMN-GRAND PALAIS (MUSÉE NATIONAL PICASSO-PARIS) Pablo Picasso, Femme dans un fauteuil (1927) La plupart des amateurs d\u2019art avisés connaissent l\u2019intérêt que Picasso entretenait pour l\u2019art africain CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 10 L\u2019été des musées Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Aude Marie Marcoux, directrice des publications spéciales, à amarcoux@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC Impressionnante Berthe Morisot et savoir-faire canadiens R A B É A K A B B A J Collaboration spéciale Si l\u2019on vous dit Monet, Degas ou encore Renoir, vous situez généralement tout de suite ces grands noms de l\u2019impressionnisme.Berthe Mori- sot?La tâche s\u2019avère peut-être un peu plus ardue! Et pourtant\u2026 «Même si elle est bien moins connue que ses collègues masculins, Morisot fait partie des artistes majeurs de l\u2019impressionnisme et des membres fondateurs de ce mouvement.On considérait donc qu\u2019il fallait la remettre à l\u2019avant-plan», explique André Gilbert, conservateur aux expositions au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).C\u2019est d\u2019ailleurs la toute première exposition Morisot au Canada (du 21 juin au 23 septembre 2018), et la première en Amérique du Nord depuis 1987! Fort de ce constat, le MNBAQ a donné l\u2019impulsion à ce projet itinérant autour duquel il a réussi à fédérer la Fondation Barnes de Philadelphie, le Dallas Museum of Art et le Musée d\u2019Orsay de Paris, et qui sera présenté dans chacun de ces quatre établissements, à commencer par Québec.L\u2019une des deux commissaires choisies, Sylvie Patry, conservatrice en chef et directrice de la conservation et des collections du Musée d\u2019Orsay, n\u2019est rien de moins que « l\u2019une des spécialistes mondiales de la peinture impressionniste », souligne M.Gilbert, qui voit là un gage de la haute qualité de l\u2019exposition à venir.Le style Morisot Si, à l\u2019instar de ses collègues, Berthe Morisot (1841-1895) se caractérise par un style impressionniste plutôt classique, la spécificité de ses toiles s\u2019illustre de deux façons.« En tant que femme, elle aborde des sujets assez différents des impressionnistes hommes: des scènes intimes et personnelles à travers la représentation d\u2019autres femmes et d\u2019enfants.Pour une femme, c\u2019est plutôt convenu, mais de la part d\u2019une impressionniste, cela demeure une pratique un peu plus rare», relève André Gilbert.La seconde marque de fabrique de Morisot réside dans sa radicalité : elle part de la technique impressionniste, mais pour la mener beaucoup plus loin que d\u2019autres.« En peinture, c\u2019est l\u2019une des artistes qui pousse le plus loin la question de l\u2019inachevé.Elle décide d\u2019exposer des œuvres qui sont considérées par d\u2019autres comme des esquisses, tandis qu\u2019elle les présente comme finies », analyse le conservateur du MNBAQ.Entre féminisme et raffinement En plus de témoigner de ces particularités de l\u2019artiste, l\u2019exposition se penchera sur ses années de formation, elle qui dut faire preuve de persévérance pour parvenir à se faire reconnaître dans un secteur difficile d\u2019accès aux femmes à l\u2019époque.La peinture en plein air \u2014 une caractéristique de l\u2019approche impressionniste \u2014 ou encore la représentation du fameux personnage bourgeois de la Parisienne seront également d\u2019autres portes d\u2019accès à l\u2019œuvre de Morisot.« L\u2019exposition dresse le por trait d\u2019une femme singulière, qui est un modèle à plusieurs égards.Son œu- vre est très raf finée et séduisante, donc les gens seront vraiment charmés.Évidemment, c\u2019est l\u2019impressionnisme et on sait à quel point ce mouvement nous touche à plusieurs niveaux.Cependant, c\u2019est également une belle réflexion globale sur les relations entre l\u2019ar t et la vie personnelle, deux aspects intimement liés chez Morisot», conclut André Gilbert au sujet de cette exposition qui rassemblera pas moins de 55 toiles en provenance de neuf pays différents.Du fait main pancanadien Tranchant avec une offre habituellement soit québécoise soit internationale, la seconde exposition qui prendra l\u2019affiche cet été au MNBAQ, Fait Main/Hand Made (du 14 juin au 3 septembre 2018), sera entièrement canadienne.Une approche résolument coast to coast qui explorera l\u2019engouement renouvelé, en art contemporain, pour la question du faire ar tistique lié à des pratiques populaires.« Depuis quelques années, on voit émerger le retour d\u2019un discours sur le savoir-faire, la requalification : ce qu\u2019on appelle le reskilling.J\u2019ai donc voulu faire une exposition sur ce mouvement bien réel, en y allant avec une présentation d\u2019œuvres qui témoignent d\u2019un intérêt pour les savoir- faire plus ou moins traditionnels et de marier cela à des questions autour de notions comme l\u2019ar t populaire, les passe-temps, les loisirs, qui entrent aussi en ligne de compte.Il m\u2019apparaissait donc pertinent de proposer cette réflexion sur cette rencontre entre \u201cles beaux-arts\u201d et la culture plus populaire », fait valoir Bernard La- marche, conservateur de l\u2019art actuel (de 2000 à ce jour) au MNBAQ.Explorer les savoir-faire Dans cette perspective, près d\u2019une centaine d\u2019œuvres émanant de 37 artistes canadiens ont été sélectionnées, et donneront à voir des approches diversifiées de multiples pratiques ar tisanales.« Par exemple, pour l\u2019univers de la poterie ou de la céramique, on a Brendan Lee Satish- Tang qui revient sur la poterie traditionnelle, mais en la recoupant avec la culture d\u2019aujourd\u2019hui.Il en fait des espèces de mashups, de rencontres de genre, autant vers le manga que la poterie ancestrale de l\u2019Orient.Avec son approche plus classique, Marie Côté va quant à elle faire parler la céramique, non pas par rapport à son côté usuel, mais plutôt selon ses propriétés sonores suggérées.On a aussi une troisième voie, Clint Neu- feld, qui lui a refait des moteurs de voiture, mais en céramique.Ainsi, il nous permet d\u2019introduire dans l\u2019exposition des questions comme le passe- temps, le temps qui est pris à faire les œuvres et la valeur à lui accorder », explique M.Lamarche.Tantôt conceptuelles, tantôt plus crues, parfois plus technologiques, les œuvres présentées dévoilent un éventail très large de propositions.Elles mettront à l \u2019honneur des icônes déjà bien établies comme Barb Hunt, François Morelli ou Barbara Todd, mais aussi des artistes de la relève ou en mi-car rière comme Dominique Pétrin, qui avait été invitée l\u2019an dernier à collaborer avec le célèbre artiste britannique Banksy.Chose cer taine, ces démonstrations de savoir-faire éclectiques, bigarrées et repoussant les limites du matériau ne devraient pas laisser le public indifférent.« Cette exposition s\u2019annonce ludique et festive, et devrait également brasser un peu la cage à cer tains endroits.Je pense que les gens en ressortiront en réfléchissant aux enjeux de l\u2019exposition, mais aussi avec l\u2019air léger et un grand sourire accroché au visage », estime M.Lamarche.Après avoir galvanisé le public et la critique avec sa spectaculaire exposition Alberto Giacometti, le Musée national des beaux-arts du Québec ne compte pas être à court d\u2019arguments cet été non plus.En s\u2019alliant à trois autres musées internationaux d\u2019envergure pour rendre ses lettres de noblesse à une figure fondatrice de l\u2019impressionnisme, et en donnant à voir la variété des savoir-faire canadiens en art contemporain, l\u2019établissement de Québec vient confirmer la solidité de sa programmation en cette année de son 85e anniversaire.COLLECTION PARTICULIÈRE Berthe Morisot, Jeune femme en gris étendue (1879) «En tant que femme, elle aborde des sujets assez différents des impressionnistes hommes: des scènes intimes et personnelles à travers la représentation d\u2019autres femmes et d\u2019enfants» BIENNALE D\u2019ART CONTEMPORAIN AUTOCHTONE (BACA) 4ÈME ÉDITION níchiwamiskwém nimidet | ma soeur my sister Du 5 mai au 9 septembre 2018 DU 12 MAI AU 18 NOVEMBRE 2018 CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 11 L\u2019été des musées Des abris d\u2019animaux, des habitats pour la reproduction des papillons, des écosystèmes à la cime des arbres\u2026 Au Jardin botanique et à l\u2019Insectarium, le thème de l\u2019été sera celui de la vie en milieu naturel.J É R Ô M E D E L G A D O Collaboration spéciale P remier été, en 26 ans, sans Bio- dôme : qu\u2019à cela ne tienne, à Espace pour la vie, de gîtes et d\u2019animaux, il sera beaucoup question pendant la saison chaude.La programmation originale du complexe mu- séal de sciences naturelles mettra en effet l\u2019accent sur les habitats que les animaux se construisent eux-mêmes.Pas besoin de Biodôme ! Fermé pour rénovations jusqu\u2019en août 2019, le zoo sous toit de Montréal ne sera pas remplacé cet été \u2014 ni le prochain.À Espace pour la vie, on a ainsi accepté de passer les prochains mois amputé d\u2019un de ses quatre membres.Voici la manière choisie pour cette première saison.Abris géants Architectes exemplaires, les animaux font preuve d\u2019ingéniosité, tant ils sont capables de se construire des gîtes avec les moyens du bord, comme diraient les humains.Leurs nids, terriers et refuges de toutes sortes sont construits avec ce que la nature propose.Le castor et son barrage, l\u2019abeille et sa ruche\u2026 les cas connus ne manquent pas.Mais les aviez-vous déjà expérimentés?Au Jardin botanique, c\u2019est ce qui sera proposé : entrer, se coucher, se cacher à la manière d\u2019un animal.L\u2019exposition La nature pour toit consistera en un parcours de sept abris géants.Une grotte d\u2019ours noir, un nid de pygargue, un cocon de papillon, une fourmilière ou encore l\u2019habitat en soie de la chenille à tente seront parmi les cas exposés.Selon la brochure du Jardin botanique, ce « salon de l\u2019habitation animal » donne la preuve que l\u2019on vit dans « un monde où les animaux donnent encore des leçons aux [humains] ».Le Stade olympique de Pékin, conçu par les starchitectes suisses Herzog & de Meuron, n\u2019est-il pas surnommé le Nid d\u2019oiseau ?Présentée dans l\u2019Arboretum du Jardin botanique, un vaste espace doté de 7000 spécimens arbres, La nature pour toit se déroulera du 15 juin au 3 septembre.Aire pour monarques Papillon en grand danger, le monarque voit sa survie menacée notamment par la disparition de son habitat.Une plante indigène au Québec lui est très chère : c\u2019est sur l\u2019asclépiade, et seulement sur elle, que ce grand migrateur pond ses œufs.Comme les champs d\u2019asclépiades se font de plus en plus rares, l\u2019Insectarium veut inciter la population à faire repousser la précieuse plante, source alimentaire des chenilles.L\u2019établissement met en place l\u2019événement Fiesta Monarque ! qui se voudra annuel.Y seront présentées les actions qui peuvent être prises pour la sauvegarde du papillon emblématique.La plantation d\u2019asclépiades en est une, une action que la Ville de Montréal s\u2019est engagée à faire dans ses jardins, comme l\u2019ont déjà fait près de 300 municipalités nord-américaines.Fiesta Monarque ! aura lieu les 25 et 26 août.En haut des arbres Il n\u2019y a pas que des animaux qu\u2019on peut prendre des leçons.Les arbres et parmi eux les plus grands sont aussi de précieux professeurs.En matière d\u2019habitat, il n\u2019y aurait pas meilleur modèle que la canopée.Les visiteurs du Jardin botanique auront pour une rare fois l\u2019occasion d\u2019en voir une de près.C\u2019est que la canopée est un « habitat exceptionnel » qui se forme au sommet des grands arbres, notamment dans les régions tropicales, où la lumière et la chaleur facilitent la naissance d\u2019écosystèmes riches et diversifiés.La reconstitution d\u2019une canopée sera le point culminant d\u2019une exposition consacrée à un botaniste français, dont la réputation s\u2019est bâtie autour de ses explorations en haut des arbres.Intitulée Francis Hallé : carnets d\u2019un botaniste, l\u2019expo étalera dans l\u2019Arboretum 18 dessins grand format.Au travers de leur promenade, les visiteurs tomberont sur la canopée.Selon la brochure d\u2019Espace pour la vie, Francis Hallé a constaté que la « surface totale d\u2019un arbre de 15 mètres de hauteur représente environ 200 hectares », en calculant feuilles, tronc, racines\u2026 « De quoi nous faire pâlir avec nos 2 mètres carrés de peau », écrit l\u2019auteur et journaliste Charles Prémont.Ami des arbres, Francis Hallé a développé ses recherches autour de l\u2019idée que ceux-ci ont beaucoup à nous enseigner.Pour son projet Le radeau des cimes, en cours depuis 30 ans, il a inventé une structure lui permettant de monter dans les arbres et d\u2019en explorer la tête.« On y voit des conditions environnementales très différentes de ce que l\u2019on trouve au sol », affirme le botaniste montréalais Alain Cogliastro, au sujet de la canopée, comme cité par Charles Prémont.« Quand on y reste quelques jours, on s\u2019aperçoit de l\u2019incroyable dynamisme de cet écosystème.» Francis Hallé est un scientifique doublé d\u2019une âme d\u2019artiste.Ses dessins de la nature, résultats de ses observations, fusionnent ses deux expertises.Francis Hallé : carnets d\u2019un botaniste se tiendra du 15 juin au 31 octobre.Cinq ans sous ce toit Déménagé du centre-ville et réinventé depuis 2013, le Planétarium célèbre cet été son 5e anniversaire en tant que quatrième morceau d\u2019Espace pour la vie.Comment ?Par un retour sur « les deux spectacles multimédias coup de cœur des visiteurs ».Le programme double de 63 minutes réunit Continuum, œuvre de Michel Lemieux et Victor Pilon (avec la musique de Philip Glass), et Aurorae, de Philippe Baylaucq et Sébastien Gauthier (avec DJ Champion).Rappelons que le premier propose un « poème cosmique » qui fait voyager de l\u2019infiniment petit à l\u2019infiniment grand.Le second couvre un vaste territoire, de Montréal à Yellowknife, à la recherche des aurores boréales.Le programme est en cours jusqu\u2019en avril 2019.Espace pour la vie: des nids et des arbres ANDRÉ PAYETTE INSECTARIUM DE MONTRÉAL Un papillon monarque C A T H E R I N E G I R O U A R D Collaboration spéciale «L a contribution de la communauté juive au développement de Montréal est importante et multiple, et nous voulions la faire connaître des Montréalais de toutes origines », explique Suzanne Sauvage, présidente et chef de la direction du Musée McCord.Le musée de la rue Sherbrooke présente cet été, et jusqu\u2019au 11 novembre, une sélection de leurs réalisations.Et ces réalisations « sont nombreuses et considérables », peut-on lire dès l\u2019entrée de l\u2019exposition temporaire.« Tellement nombreuses qu\u2019il est dif ficile de témoigner de l\u2019ensemble de l\u2019œuvre dans une seule expo ! répète à plusieurs reprises Mme Sauvage.Quoi inclure, quoi dire, quoi montrer\u2026 c\u2019était un vrai dilemme ! » Retour sur l\u2019Exode La visite débute par un retour sur le contexte historique des vagues d\u2019immigration juives du XXe siècle.Après avoir écouté l\u2019écrivaine et journaliste juive Elaine Kalman Naves raconter son arrivée à Montréal, le visiteur pénètre dans une salle plus sombre.Des draperies grises sont suspendues ici et là.Des vidéos d\u2019archives y sont projetées, dans lesquelles défilent des images de révolutions et de conflits mondiaux sur fond d\u2019antisémitisme.Des souvenirs, mais plus doux cette fois, sont ensuite relatés par des photos de juifs anonymes, souriants, à leur arrivée à Montréal.Quelques objets très symboliques racontent eux aussi des pans de vie, comme une grande nappe brodée par 50 jeunes orphelines juives à Berlin, dans les années 1920, qu\u2019une femme a déménagée avec elle 127 fois en fuyant la Gestapo.«Les sourires des immigrants que l\u2019on peut voir sur les photos prises lors de leur arrivée à Montréal semblent témoigner d\u2019un soulagement, est-il inscrit au mur.Comme si, l\u2019espace d\u2019un instant, le pays d\u2019accueil leur apportait une sorte de paix du cœur.Mais les exilés et les déracinés n\u2019oublient pas leur histoire, ne reviennent jamais complètement de leur grand voyage qu\u2019ils ont entrepris un jour.» Vivre ensemble Le noyau de l\u2019exposition, divisé en cinq grandes sections, présente ensuite des réalisations de la communauté juive dans les domaines de l\u2019architecture, des sciences et de la santé, des droits de la personne, du commerce, des arts et de la culture.De grands projets comme Habitat 67, dessiné par l\u2019architecte Moshe Safdie, des marques de vêtements comme Le Château et Canadelle, des boutiques et commerces, dont la feue chaîne de supermarchés Stein- berg, immortalisée dans la pièce de théâtre Les belles-sœurs de Michel Tremblay, des toiles, des livres, des mots et de la musique de créateurs comme Leonard Cohen, Irving Lay- ton et Mordecai Richler\u2026 Des dizaines de réalisations sont présentées au fil des salles par des photographies, des objets et plusieurs installations multimédias.« Il faut prendre le temps de s\u2019asseoir et d\u2019écouter les vidéos dans cette exposition, sinon on en perd la moitié », souligne d\u2019ailleurs Suzanne Sauvage.L\u2019histoire de l\u2019Hôpital général jui f de Montréal , qui ouvre ses portes en 1934 à tous les Montréa- lais, y est entre autres racontée.« C\u2019était très novateur qu\u2019un hôpital décide d\u2019être si inclusif à cette époque-là », af firme Mme Sauvage.On en apprend d\u2019autre par t sur l\u2019engagement de la communauté juive dans de grands mouvements à Montréal , comme les luttes contre le racisme et l\u2019exclusion, la libération de la femme et les revendications ouvrières.« Les juifs ont le mot mitzvah, qui veut dire \u201cfaire quelque chose de gentil pour quelqu\u2019un d\u2019autre\u201d, explique la photographe Heidi Hollin- ger, ambassadrice de l\u2019exposition, elle-même Montréalaise d\u2019origine juive de 5e génération.Et même si quelque chose semble impossible, les juifs vont essayer de le faire quand même.» Et pas seulement pour eux, mais pour tous les Montréalais, souligne-t- on de plusieurs façons tout au long de l\u2019exposition.Les noms donnés aux dif férentes sections de Shalom Montréal \u2014 Bâtir ensemble, Prendre soin ensemble, Lutter ensemble, Commercer ensemble, Créer ensemble \u2014 en témoignent.S\u2019ouvrant sur le présent, c\u2019est un documentaire projeté sur une série de grands écrans qui clôt la visite.Avec beaucoup d\u2019humour \u2014 central dans la culture juive \u2014, 14 jeunes juifs montréalais parlent de leur ville, de leur culture, de leur apport à la collectivité, de leur vision du futur et de ce que signifie être juif à Montréal en 2018.Plusieurs conférences, rencontres, projections, spectacles de musique et activités sont aussi organisés dans le cadre de cette exposition.La programmation est disponible sur le site Web du Musée.Une 7e forêt urbaine Shalom Montréal sortira aussi des murs du musée cet été en animant La forêt urbaine, créée pour une 8e année par le Musée McCord dans la rue Victoria, entre Sherbrooke Ouest et l\u2019avenue du Président-Kennedy.«Comme chaque été, il y aura nos arbres, du mobilier urbain pour s\u2019asseoir, un piano public et des camions de cuisine de rue, mais on y organisera en plus cet été des concerts de musique juive tous les mercredis, et on y ser vira aussi de la cuisine juive cer tains midis », énumère la présidente et chef de la direction du Musée.« Je pense que c\u2019est un des sites les plus photographiés de Montréal », se réjouit Mme Sauvage, estimant maintenant le nombre de visiteurs sur le site à 200 000 par année.Un grand couturier espagnol au Musée McCord Le Musée McCord accueillera aussi dès le 15 juin l\u2019exposition mode Balenciaga.Maître de la haute couture, organisée par le Victoria and Albert Museum de Londres.«Nous avons beaucoup de robes de Balenciaga dans la collection du Musée McCord, et nous en profiterons pour les intégrer à l\u2019exposition», fait valoir Suzanne Sauvage, rappelant que le musée a la plus importante collection de costumes du Canada.Couturier espagnol, Cristóbal Ba- lenciaga représente l\u2019apogée de la haute couture des années 1950 et 1960.« Il a été le maître et la référence de tous les grands couturiers du XXe siècle, dont Yves St Laurent », explique Mme Sauvage.Par une centaine de robes et d\u2019accessoires, des photos et des vidéos, l\u2019exposition présentera le travail de Ba lenc iaga a ins i que ce lu i de quelques couturiers internationaux qui s\u2019en sont inspirés.Expo photo et expo permanente Une exposition photo de l\u2019artiste en résidence Marisa Portolese viendra compléter l\u2019offre estivale du musée dès la troisième semaine de mai.S\u2019inspirant des photos du Notman, dont le Musée McCord détient les archives, la photographe montréalaise présentera une vingtaine de portraits couleurs de femmes, « une af firma- tion féministe qui est de toute beauté », commente Mme Sauvage.En plus de ces expositions temporaires, il est toujours possible de visiter l\u2019exposition permanente Porter son identité.La collection Premiers Peuples du Musée McCord, qui propose de par tir à la découver te de l\u2019héritage des Première Nations, des Inuits et des Métis en passant par le vêtement.CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 12 L\u2019été des musées Ils sont aujourd\u2019hui 91 000 à Montréal.On les associe surtout aux bagels, au smoked meat et à Leonard Cohen, mais leur empreinte va bien au-delà encore.L\u2019exposition Shalom Montréal.Histoires et contributions de la communauté juive, présentée par le Musée McCord, met en exergue l\u2019importance passée et présente de la communauté juive dans la métropole.MUSÉE MCCORD L\u2019héritage juif de Montréal Le musée de la rue Sherbrooke met la communauté juive de Montréal à l\u2019honneur ARCHIVES JUIVES CANADIENNES ALEX DWORKIN David Bier, Réfugiés séfarades arrivant à l\u2019aéroport Dorval (1974) L\u2019histoire de l\u2019Hôpital général juif de Montréal, qui ouvre ses portes en 1934 à tous les Montréalais, y est entre autres racontée CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 13 L\u2019été des musées E M I L I E C O R R I V E A U Collaboration spéciale C apitale de l\u2019Angleterre et du Royaume-Uni, Londres est une métropole effervescente foisonnant de créateurs.Dès le 17 mai prochain, le Musée de la civilisation de Québec jettera un regard fascinant sur cette cité à la fibre artistique ; il lui consacrera une vaste exposition intitulée Ici Londres, et ce, jusqu\u2019au 10 mars 2019.Portant sur la période contemporaine, soit de 1950 à aujourd\u2019hui, la nouvelle exposition du musée mettra en lumière la singularité créative de la cité londonienne.«On veut parler de ce qui fait de la ville sa particularité, ce qui fait que Londres est à l\u2019avant-garde de tant de courants et qu\u2019elle attire autant de créateurs.On va présenter aux gens des créations qui relèvent à la fois du design, de la mode et des ar ts visuels.La musique et l\u2019architecture seront aussi présentes, mais ce sera en complément », révèle Caroline Lantagne, chargée de projet au Musée de la civilisation et coconceptrice de l\u2019exposition Ici Londres avec Andrea Hauenschild et David Dufresne.Un parcours multisensoriel Plutôt que de s\u2019articuler autour de repères chronologiques, l\u2019exposition prendra la forme d\u2019un parcours mul- tisensoriel se déployant en zones créatives.«Les visiteurs vont pouvoir déambuler dans l\u2019exposition comme ils déambulent un peu dans une ville, puisqu\u2019on n\u2019a pas de parcours imposé », explique Mme Lantagne.Lorsqu\u2019ils franchiront le seuil de la salle d\u2019exposition, la première chose que verront les visiteurs sera le fameux «Mind the gap» qui tapisse les quais d\u2019embarquement du métro de Londres.À quelques pas de là sera installé un taxi londonien.« Ensuite, les visiteurs seront littéralement invités à entrer dans la ville, indique Mme Lantagne.Au sol de la salle d\u2019exposition, on a imprimé une très grande carte de Londres qui représente les dif férents quartiers de la ville et les secteurs créatifs dont on parle.» L\u2019expérience des visiteurs sera enrichie par la nouvelle application mobile du Musée de la civilisation et son volet spécialement consacré à l\u2019exposition.Celle-ci permettra notamment d\u2019entendre une narration originale interprétée par Geneviève Borne, grande amatrice de Londres et porte-parole de l\u2019exposition.« C\u2019est la ville de Londres qui va s\u2019adresser directement aux visiteurs et qui va leur expliquer ce qui se passe dans les différents secteurs explorés», précise Mme Lantagne.À cela s\u2019ajoutera un volet de réalité augmentée.Lorsqu\u2019ils pointeront leur appareil mobile vers certains objets, les visiteurs auront accès à du contenu supplémentaire.Par exemple, quand ils dirigeront leur téléphone vers un chandail des Sex Pistols, ils pourront entendre la musique du groupe.Des œuvres diversifiées Les visiteurs d\u2019Ici Londres auront l\u2019occasion de voir plusieurs œuvres prêtées par des musées britanniques.Ils y découvriront notamment des pièces appartenant au Victoria and Albert Museum, au Design Museum, au London Transport Museum, au Tate Britain, au Museum of London et au Museum of Liverpool.Des créations provenant des British Council Collection, Arts Council Collection et de quelques collectionneurs privés seront également exposées.Une installation de l\u2019artiste Tony Cragg sera aussi prêtée par le Musée d\u2019art contemporain de Montréal.Les œuvres de plusieurs designers de mode seront mises en lumière dans le cadre de l\u2019exposition.Alexander McQueen, Vivienne Westwood, Mary Quant et Barbara Hulanicki seront parmi les créateurs représentés.Ici Londres proposera également une incursion au cœur de l\u2019univers de nombreux artistes visuels, dont Damien Hirst, Jake et Dinos Chapman, Gilbert and George, Eduardo Paolozzi et Richard Hamilton.«Il y aura des œuvres plus connues et d\u2019autres moins, souligne Mme Lan- tagne.Je pense par exemple à une œuvre de Ben Nicholson, qui vient de la Tate Gallery.C\u2019est une grande murale en trois parties qui avait été créée pour le Festival of Britain, qui a eu lieu au début des années 1950.Cette œuvre-là est vraiment très belle et elle est très moderne dans sa facture.À l\u2019époque, elle avait été présentée dans la cafétéria des installations qui avaient été bâties pour le festival.[\u2026] Elle n\u2019a pas été présentée beaucoup ; c\u2019est une chance de pouvoir l\u2019avoir.» Plusieurs objets liés à la musique feront aussi partie de l\u2019exposition.On y trouvera notamment une pochette de disque signée de David Bowie et des articles liés aux Beatles, dont un costume de John Lennon et des lithographies du célèbre chanteur.Ce n\u2019est pas la première fois que le Musée de la civilisation de Québec propose une exposition sur une grande ville européenne.Pendant plusieurs mois en 2011-2012, l\u2019établissement a présenté Rome.De ses origines à la capitale d\u2019Italie et en 2013-2014, Paris en scène 1889-1914.Cette dernière exposition a d\u2019ailleurs remporté l\u2019un des prix Excellence de la Société des musées québécois en 2014.MUSÉE DE LA CIVILISATION DE QUÉBEC La créativité londonienne sous les projecteurs MUSÉE DE LA CIVILISATION Plutôt que de s\u2019articuler autour de repères chronologiques, l\u2019exposition prendra la forme d\u2019un parcours multisensoriel se déployant en zones créatives. CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 14 L\u2019été des musées Néfertiti, Néfertari, Hatshepsout: ces noms de l\u2019antiquité égyptienne ont traversé l\u2019histoire, preuve de la place occupée par les reines et les femmes durant le Nouvel Empire.Le Musée Pointe-à-Callière nous invite à leur rencontre.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale F rancine Lelièvre, directrice générale de Pointe-à-Callière, rêve de cette exposition depuis une vingtaine d\u2019années.L\u2019Égypte antique constitue une période classique à couvrir pour un musée d\u2019archéologie.Celui de Pointe-à-Callière n\u2019avait jamais accueilli de pièces de cette civilisation entre ses murs.« On n\u2019avait pas de salles d\u2019expositions temporaires suffisamment adéquates, rappelle-t-elle.Un thème comme l\u2019Égypte, il faut lui donner un peu d\u2019espace.» Puis, en 2013, l\u2019établissement muséal a inauguré son nouveau pavillon de La Maison-des-Marins.Il a ensuite collaboré avec le Mu- seo Egizio de Turin pour faire venir certains objets de valeur.C\u2019est de cet établissement que vient le clou de l\u2019exposition Reines d\u2019Égypte : le sarcophage de Néfertari, épouse favorite de Ramsès II, découvert dans la vallée des Reines en 1904 par l\u2019archéologue italien Ernesto Schiaparelli.« C\u2019est la pièce maîtresse qui a fait qu\u2019on a lancé cette exposition », indique Francine Lelièvre.Hommage aux femmes de pouvoir L\u2019occasion était donc belle de sortir de l\u2019habituelle exposition sur les pharaons ou les dieux égyptiens pour mettre en lumière les femmes qui ont joué un rôle central durant le Nouvel Empire.Cette époque est considérée par cer tains comme l\u2019âge d\u2019or de cette civilisation de la vallée du Nil, alors que Thèbes constituait son centre névralgique.Cette période de paix, marquée par le développement et le raffinement artistique, s\u2019étend entre 1539 et 1076 avant notre ère, so i t env i r on 1000 ans après la construction des pyramides de Gizeh et 1000 ans avant Cléopâtre.Plusieurs icônes de ce Nouvel Empire furent des femmes.Ahmès-Né- fertari, d\u2019abord, gouverne en tant que régente jusqu\u2019à ce que son fils, Amenhotep 1er, atteigne l\u2019âge de prendre le pouvoir.Cette reine est devenue, par la suite, une déesse vénérée à Deir el-Médineh, le village des artisans affectés aux sites funéraires de la vallée des Rois et de la vallée des Reines.Plus tard, Hatshepsout devient reine-pharaon et est représentée comme la fille du dieu Amon.Environ un siècle plus tard, Néfertiti se révèle bien plus que l\u2019épouse d\u2019Akhé- naton : les sculptures mettent fréquemment en scène le couple royal, preuve de son influence.« Ce que je souhaiterais que les visiteurs retiennent, c\u2019est que c\u2019est une très grande civilisation, et que les femmes y ont joué un rôle important, beaucoup plus que les Romaines ou les Grecques.Les femmes égyptiennes pouvaient être au pouvoir, pouvaient influencer, exprime Francine Lelièvre.Lorsqu\u2019elles avaient des enfants, elles pouvaient transmettre leur héritage.Elles pouvaient boire du vin en public.Elles étaient libres.Elles avaient réussi dans cette société à prendre de la place.» Plonger dans l\u2019ambiance Au-delà des quelque 350 objets que l\u2019on peut y admirer, l\u2019exposition, inaugurée le 10 avril dernier et à l\u2019affiche jusqu\u2019au 4 novembre, permet de plonger dans l\u2019ambiance qui régnait à cette époque grâce à une collaboration avec Ubisoft.Heureuse coïncidence, l\u2019entreprise de jeux vidéo a sorti, l\u2019automne dernier, le jeu Assassin\u2019s Creed Origins, dont le récit se situe en Égypte antique.Deux capsules éducatives, l\u2019une sur les hiéroglyphes et l\u2019autre sur la momification, ont été réalisées par leurs studios.Surtout, des images projetées sur grands écrans reproduisent en détail les décors, particulièrement animés dans l\u2019espace consacré au village Deir el-Médineh.«On a cherché, dans le parcours et les ambiances, à amener les visiteurs dans des lieux », souligne Élisabeth Côté, chargée de projet pour l\u2019exposition.Le premier étage, consacré à la vie à Thèbes, présente d\u2019entrée de jeux de colossales statues à tête de lionne du temple dédié à la déesse de la guerre Sekhmet.Plus loin, les visiteurs sont introduits au harem royal, lieu d\u2019éducation où les femmes et les enfants se côtoyaient.À l\u2019intérieur de cette section se déroule un papyrus judiciaire écrit en hiératique, une forme simplifiée de hiéroglyphes.Il s\u2019agit d\u2019un jugement relatif au complot organisé dans un harem par Tiyi, épouse secondaire de Ramsès III, pour assassiner ce dernier et placer son fils au pouvoir.« C\u2019est un récit marquant du Nouvel Empire », souligne Élisabeth Côté.« On est privilégiés d\u2019avoir cet objet à Montréal.» Le vis i teur monte ensuite au deuxième étage comme s\u2019il traversait le Nil vers sa rive gauche, là où se trouvent la vallée des Rois et la vallée des Reines.L\u2019étage, consacré à la mor t, à ses rites et à son ar t, présente stèles, sarcophages en bois, ainsi que vases dans lesquels certains organes des défunts étaient placés.Le parcours mène au sarcophage en granit de Néfer tari, entouré d\u2019une réplique des murs de sa chambre funéraire et accompagné par des objets qui ont été retrouvés à l\u2019intérieur.Parmi ceux-ci, Francine Lelièvre désigne une paire de sandales en feuilles de palmier tressées.À ses yeux, il s\u2019agit des pièces les plus touchantes de l\u2019exposition, alors qu\u2019elle s\u2019imagine la femme qui les a chaussées il y a plus de 3200 ans.MUSÉE POINTE-À-CALLIÈRE Reines en leur musée Le musée consacre une exposition aux reines d\u2019Égypte MUSEO EGIZIO TURIN La déesse Mout (Nouvel Empire, XVIIIe-XXe dynastie 1539-1076 av.notre ère) «Les femmes égyptiennes pouvaient être au pouvoir, pouvaient influencer.Lorsqu\u2019elles avaient des enfants, elles pouvaient transmettre leur héritage.Elles pouvaient boire du vin en public.Elles étaient libres.Elles avaient réussi dans cette société à prendre de la place.» \u2014 Francine Lelièvre Histoires et contributions de la communauté juive Exposition jusqu\u2019au 11 novembre 2018 MAÎTRE DE LA HAUTE COUTURE EXPOSITION EN EXCLUSIVITÉ NORD-AMÉRICAINE DU 15 JUIN AU 14 OCTOBRE 2018 EXPOSITION ORGANISÉE PAR LE VICTORIA AND ALBERT MUSEUM, LONDRES PRÉSENTÉE PAR © D a v i d S i m s / T r u n k A r c h i v e CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 15 L\u2019été des musées Camille Corot Le pont de Mantes (détail), v.1850\u20131854.Ordrupgaard, Copenhague.Photo : MBAC Avec l\u2019appui du gouvernement du Canada Organisée par Ordrupgaard, Copenhague, et le Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa beaux-arts.ca AU MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA Généreusement soutenu par M.Paul Mandl (PhD) et Mme Elsje Mandl La collection Ordrupgaard CAHIER E \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MAI 2018 E 16 L\u2019été des musées "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.