Le devoir, 12 mai 2018, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Richard Desjardins L\u2019album fantôme d\u2019Abbittibbi Lire Les lettres d\u2019amour de Gilles Jacob Vivre Higgins Beach, loin des foules du Maine L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Entrevue L\u2019album fantôme d\u2019Abbit- tibbi revit avec les égards d\u2019une digne réédition.C U L T U R E V I V R E L I R E 6 4 8 14 20 13 4 35 28 32 27 42 44 46 48 50 53 54 Entrevue La déclaration d\u2019amour de Gilles Jacob au Festival de Cannes.Escapade Le Maine qui résiste au chant des sirènes du tourisme.SOMMAIRE 30 34 C U L T U R E Voyage Alimentation Resto Vin Jardins Jeux Louis Hamelin Critiques Louis Cornellier Bande dessinée Les flâneurs Danse Musique Vitrine du disque Cinéma Arts visuels Écrans et grilles télé Photo de la une du D : Marie-France Coallier Le Devoir Photo de la une de Lire : Antonin Thuillier Agence France-Presse GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR J\u2019peux pas aller là ! » s\u2019exclame un Jean-Thomas Jobin rougissant à la 89e minute du 124e épisode de Sous écoute.Et pourtant, oui, il ira là, et racontera à la centaine de personnes réunies devant lui une anecdote d\u2019une impossible intimité sur la découver te de sa sexualité bourgeonnante, à l\u2019adolescence.Mais pourquoi Jean-Thomas Jobin se livre-t-il à un tel exercice d\u2019impudeur ?Parce que tout, tout, tout peut être dit pendant Sous écoute, le populaire balado de Mike Ward, d\u2019abord imaginé en 2011 comme une série de discussions menées avec deux invités par le biais de Skype, avant de renaître en 2015 devant le public du Bordel Comédie Club (dont l\u2019animateur est copropriétaire).« Les humoristes, même ceux que je ne trouve pas drôles sur scène, je les trouve intéressants dans la vie », explique le vétéran, qui récolte en moyenne avec chacun de ses épisodes 60 000 vues sur YouTube, en format vidéo, et 12 000 écoutes sur iTunes.« C\u2019est étonnant à quel point deux gars que tu penserais différents \u2014 Martin Matte et Guillaume Wagner, par exemple \u2014 par tagent les mêmes insécurités.Faire de l\u2019humour, c\u2019est comme une maladie mentale.Se dire : \u201cJe vais écrire des idées, je vais aller les présenter à un public qui ne me connaît pas et ça va rire\u201d, il y a de quoi de\u2026 de\u2026 [il hésite] de triste, de pathétique là-dedans.» Avec comme objectif de dépouiller ses invités du personnage plus ou moins ostensible qu\u2019ils revêtent à la radio FM ou à la télévision, Mike Ward mène dans les meilleurs épisodes de Sous écoute de (longues) Comment Mike Ward est-il devenu le confesseur des comiques ?Tendons l\u2019oreille à son balado, où tout l\u2019écosystème humoristique \u2014 de Boucar Diouf à Cathy Gauthier \u2014 raconte ce qui ne se dit pas ailleurs « conversations dont le ton alterne entre la blague grasse, la confidence grave, les anecdotes de tournée et les réflexions sur le processus créatif.Pensez à une jasette amicale lubrifiée par l\u2019alcool \u2014 Ward enfile les vodka et coke diète sans discontinuer \u2014 et saupoudrée d\u2019une série de références récurrentes, dont la compréhension récompense ici les auditeurs fidèles.«L\u2019alcool aide sans doute un peu à ce que certains filtres et inhibitions tombent», reconnaît l\u2019ami de Ward et habitué de Sous écoute Jean-Thomas Jobin, «mais si je me gêne absolument pas pour en dévoiler davantage sur qui je suis, c\u2019est plus parce que je pense que c\u2019est une des forces du podcast, ce côté liberté totale et nettement moins formel que la télé conventionnelle, qui donne aux fans une impression de \u201cprivilège d\u2019avoir été témoin de tel moment ou de telle anecdote\u201d.» L\u2019anti-Tout le monde en parle Mais comment Mike Ward, dépeint comme un irrécupérable bourreau d\u2019enfant vulnérable pendant son Je me fais nettement plus parler de mes apparitions à Sous écoute que de mes apparitions dans des émissions qui ont des cotes d\u2019écoute plus élevées que le podcast JEAN-THOMAS JOBIN » | 3 H u m o u r L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Trois balados d\u2019humour québécois à découvrir 3 bières.Concept minimaliste, mais aussi efficace qu\u2019une gorgée de pilsner par temps caniculaire, que celui de 3 bières, lors duquel Gabrielle Caron, Yannick Belzil et Pierre-Luc Racine discutent avec leur invité de sujets, saugrenus ou sérieux, soumis par le public.Ça dure combien de temps?Ça dure le temps nécessaire pour avaler trois biberons houblonnés.Le carré de sable.Aucun balado ne donne davantage l\u2019impression d\u2019épier une conversation dans l\u2019arrière-boutique exiguë d\u2019un bar présentant des soirées d\u2019humour que cette série de Pierre-Bruno Rivard, qui reçoit en chaussettes, dans son appartement, confrères et consœurs du rire.Drette su\u2019l tape.La langue de puck prévalant aux chaînes sportives?David Beaucage la pulvérise en parlant hockey avec des collègues humoristes de la relève, des experts (Dany Dubé, Chantal Machabée) et d\u2019anciens joueurs (Mathieu Dandenault, Kim St-Pierre), qui s\u2019expriment plus librement que lorsqu\u2019on leur place un micro sous le nez, entre la deuxième et la troisième.procès hypermédiatisé, est-il devenu le confesseur de (presque) tous ceux qui font rire, de Cathy Gauthier à Boucar Diouf, en passant par Katherine Levac et François Pér usse ?Sans doute grâce à son intolérance envers les faux-semblants et les faux-fuyants, ainsi qu\u2019à son absolu désir d\u2019authenticité.«Quand un invité arrive et tente de puncher, de faire rire sans arrêt, je n\u2019ai pas le choix de le casser, parce que ce que je veux, c\u2019est montrer la vraie personne.Il y a rien que je déteste plus que lorsqu\u2019un invité se comporte comme s\u2019il était à Tout le monde en parle.J\u2019aime ça quand la personne est honnête et n\u2019agit pas comme elle agirait à la télé », précise celui qui admire la façon dont le pape de la radio parlée américaine, Howard Stern, mène ses entrevues à l\u2019aide d\u2019un détecteur à hypocrisie très sensible.Pour Julien Morissette, coorga- nisateur du festival de radio numérique Transistor, qui présentera un enregistrement de Sous écoute dimanche à Gatineau, le succès de Sous écoute tient beaucoup au temps que s\u2019accorde Ward \u2014 un épisode dure rarement moins de 90 minutes.Un invité ne se comportera pas de la même manière s\u2019il sait qu\u2019une pause publicitaire approche dans 3, 2, 1.«Et c\u2019est beaucoup aussi une question d\u2019ambiance, observe-t-il.Suivre un balado, c\u2019est s\u2019engager dans une relation à long terme, souvent avec des formats-fleuves, ce qui est assez étonnant compte tenu de l\u2019économie de l\u2019attention dans laquelle on vit.On aime passer du temps avec Mike au Bordel.Malgré l\u2019étymologie du mot, le balado, comme la radio traditionnelle, demeure un média d\u2019accompagnement, et le format assez lousse de Sous écoute permet qu\u2019on fasse autre chose pendant un épisode, sans que notre compréhension soit altérée si on manque un petit bout.» Cette convivialité expliquerait en partie l\u2019espace imposant qu\u2019occupent sur le Web québécois les balados créés par des humoristes.Julien Morissette évoque également leur ubiquité dans l\u2019espace médiatico-cultu- rel, ainsi que leur aptitude à bien raconter des histoires, au cœur d\u2019un format où la qualité de la mise en récit fait presque foi de tout.« Et il y a aussi la structure financière.C\u2019est très dif ficile pour un créateur indépendant de balado de se lancer dans du documentaire, par exemple, avec tout ce que ça demande de recherche, de scénarisa- tion, de création d\u2019ambiances sonores, dans la mesure où la SODEC ne finance toujours pas les balados.Parler simplement dans un micro, ça demande évidemment moins d\u2019investissement.» La communauté Sous écoute L\u2019absence de masque prévalant à Sous écoute pourrait-elle inviter les médias de masse, le petit écran surtout, à se délester des trompe-l\u2019œil nombreux qu\u2019elle place entre les spectateurs et elle ?« Je me fais nettement plus parler de mes apparitions à Sous écoute que de mes apparitions dans des émissions qui ont des cotes d\u2019écoute pour tant plus élevées que le podcast », assure Jean-Thomas Jobin, en se réjouissant que ces radiographies de l\u2019âme du spécimen humoriste ait donné naissance à un public de comedy nerds, mieux instruits que jamais des écueils et des angoisses ponctuant le quotidien d\u2019un artiste du rire.« C\u2019est clair qu\u2019il y a des boss de grands médias qui vont se dire : \u201cÇa marche sur le Web cette af faire-là, on va l \u2019essayer à la télé\u201d, pense Mike Ward.Mais c\u2019est sûr qu\u2019aussitôt qu\u2019il y aura la moindre plainte, les bonnes intentions vont prendre le bord.De toute façon, la télé et la radio sont contrôlées par une poignée d\u2019entreprises au Québec, donc ce n\u2019est pas une bonne place pour prendre des risques, parce que si tu perds ta job, souvent, tu perds ta carrière.» Il n\u2019y a que son honneur que l\u2019on peut momentanément perdre à Sous écoute.« Quand un invité arrive et tente de puncher, de faire rire sans arrêt, je n\u2019ai pas le choix de le casser, parce que ce que je veux, c\u2019est montrer la vraie personne », explique Mike Ward.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e 4 | L E S F L Â N E U RS Des reporters boulimiques de culture partagent leur coup de cœur de la semaine Dur de rester de glace devant le travail inquiétant et souterrain de Miss Me.Ses amazones nues aux oreilles de Mickey apposées clandestinement sur le tissu urbain contribuent à donner à Montréal son côté frondeur.Sous sa cagoule, l\u2019artiste inaugurait cette semaine Unframed, une série documentaire en ligne du festival Mural faisant le portrait de l\u2019art urbain à travers ceux qui le font.Animée par André Bathalon, cette première incursion est courte, mais pleine de fraîcheur, montrant l\u2019artiste de Pussylluminati dans une intimité touchante tranchant avec ses sorties habituelles, souvent plus querelleuses et controversées.Bluffante Miss Me Louise-Maude Rioux Soucy Il y a 25 ans, Jane Campion devint la première, et toujours la seule, réalisatrice à remporter la Palme d\u2019or.Dans La leçon de piano, Holly Hunter, lauréate d\u2019un Oscar, incarne Ada, une jeune Écossaise envoyée avec sa fille de 8 ans épouser un propriétaire terrien en Nouvelle-Zélande, où un autre homme s\u2019éprend d\u2019elle.Muette par choix, Ada s\u2019exprime avec son piano.Avant d\u2019être un récit amoureux, ce film d\u2019une finesse exquise est une histoire d\u2019affranchissement.Et, paradoxalement, de prise de parole.À Télé-Québec le 13 mai à 21 h 30.Parole et musique François Lévesque Les séries éliminatoires de la LNH déçoivent bien des sportifs de salon d\u2019ici.La série Demain des hommes (dans l\u2019Extra de Tou.tv) pourrait sans doute les égayer, tout en ralliant un public moins friand de notre sport national, mais partant pour des intrigues bien troussées et des personnages bien dessinés.Le scénariste Guillaume Vigneault et le réalisateur Yves Christian Fournier, derrière le film Tout est parfait, raconte avec finesse et réalisme le destin de jeunes gens d\u2019une équipe de hockey junior d\u2019une ville ouvrière et de leur entourage.Le tout agrémenté de séquences sur la glace qui n\u2019ont rien à envier à Lance et compte.Sur la patinoire de la vie Amélie Gaudreau Coup de cœur pour l\u2019œuvre portable de l\u2019Ontarienne Esmaa Mohamoud, Untitled (no fields), montrant les épaulettes et le casque d\u2019un sportif prêt à bondir.Ces accessoires sont ornés d\u2019un tissu de wax et accompagnés d\u2019une traîne de chaînes.L\u2019œuvre fait partie d\u2019Ici, nous sommes ici.L\u2019art contemporain des Noirs canadiens au MBAM.Accompagnée d\u2019une photographie monumentale, l\u2019allégorie est un commentaire sur « l\u2019histoire plus ancienne de l\u2019exploitation et du contrôle social des corps des hommes noirs sur le terrain, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019esclavage ou de sport».Elle raconte aussi «l\u2019endurance et la résilience de la communauté noire».Le poids de l\u2019histoire Caroline Montpetit ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR éclenchant souvent son lot de jugements et de méfiances, la part de spiritualité que certains artistes cultivent dans leurs créations s\u2019avère ardue à assumer.C\u2019est pourtant une dimension présente chez de nombreux créateurs de danse qui se tournent vers des pratiques centrées sur l\u2019hyper- conscience et la sensation intérieure du mouvement en s\u2019inspirant, entre autres, des techniques et des philosophies orientales, de la méditation, voire de certains rituels chamaniques.Outre la peur du jugement, peut-on faire d\u2019une quête spirituelle, et de la part thérapeutique qui éventuellement l\u2019accompagne, un spectacle?Et comment susciter l\u2019empathie nécessaire au par tage d\u2019une telle expérience tout en produisant un objet d\u2019art ?Ce sont des questions auxquelles s\u2019est frottée Annie Gagnon, artiste prenant part au programme double Empathie kinesthésique à Tangente.Annie Gagnon et la géométrie des âmes Le partage d\u2019une quête spirituelle à travers l\u2019acte de création Établissant une corrélation entre les différentes facettes du diamant et la structure de l\u2019origami, Annie Gagnon guide ses quatre interprètes dans l\u2019incarnation des plis et replis de la sculpture de papier.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR D | 5 C u l t u r e D an s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Le TRV remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui ?nancier.rideauvert @rideauvert @rideauvertof?ciel BILLETTERIE RIDEAUVERT.QC.CA Une pièce d\u2019Harold Pinter Traduction Maryse Warda Mise en scène Frédéric Blanchette Avec Julie Le Breton, François Létourneau, Steve Laplante Du 8 mai au 9 juin 2018 Formée en arts visuels, la chorégraphe considère les objets comme des générateurs d\u2019imaginaire et de formes chorégraphiques.Comme dans un rituel, ils se chargent d\u2019une symbolique qui constitue le sous- texte de ses créations.Dans Rituel géométrique, c\u2019est autour de la f igure du diamant, symbole de clar té et de puissance spirituelle, qu\u2019elle tisse un réseau de sens.« La quête de spiritualité est souvent vue comme une sorte d\u2019ésotérisme, mais pour moi, c\u2019est pourtant quelque chose de très concret, de terre à terre », affirme la danseuse, dont la pratique du qi gong vient informer et nourrir la démarche, et qui recherche, à travers la présence à soi, l\u2019interaction des corps entre eux ainsi que leur relation à l\u2019objet et à sa géométrie, « un alignement entre ciel et terre, un enracinement et Odile Tremblay La chronique d\u2019Odile Tremblay fait relâche.Elle sera de retour après le Festival de Cannes.une connexion à quelque chose de plus grand que nous ».Établissant une corrélation entre les dif férentes facettes du diamant et la str ucture de l\u2019origami, elle guide ses quatre interprètes dans l\u2019incarnation des plis et replis de la sculpture de papier : « Il y a toujours une métaphore en dessous des formes que je cherche.L\u2019origami, pour moi, est une métaphore de ce qu\u2019on cache en dessous des plis, ces petites tensions et anxiétés qu\u2019on dissimule à l\u2019intérieur de soi qui peuvent déclencher des maladies et occasionner un désaligne- ment.Comment faire alors un aller- retour entre intériorité et extériorité et déplier la structure pour dévoiler des sensations, des émotions, une expressivité ?» Un processus qui appelle au dévoilement, et ce rituel de dévoilement induit un acte de guérison.Entités lumineuses Accompagnée en studio par la photographe Marjorie Guindon, Annie Gagnon développe une scénographie en s\u2019appuyant sur des clichés pris au long du processus : « Marjorie [Guindon] devient une dramaturge de l\u2019image.Comme je suis très visuelle et attachée à l\u2019image, ça me donne une autre perspective sur les mouvements et je compose à partir des photos comme si je peignais une toile.» Pour certaines sections, à l\u2019instar d\u2019un gros plan photo, la chorégraphe s\u2019attache à isoler des parties du corps des interprètes pour mettre en lumière leur relation aux objets et les animer, les mouvoir, quitte parfois à faire disparaître le corps.Le rôle de la lumière s\u2019avère alors essentiel pour installer une certaine magie.Aussi interprète dans Night Owls du collectif CHA dirigé par les concepteurs Paul Chambers et Da- vid-Alexandre Chabot, Annie Gagnon expérimente dans cette pièce un autre type de dispositif.Revêtant un masque lumineux, elle déambule dans le public et entre en contact avec le spectateur par le toucher.«Par la qualité de présence, j\u2019insuffle une énergie dans ce personnage qui est comme un être de lumière.Quand je m\u2019approche de quelqu\u2019un avec le masque, j\u2019ai accès à ce que la personne vit et sent, je vois comment son visage change.» En amenant le spectateur à s\u2019allonger au sol, elle perçoit l\u2019hésitation entre l\u2019abandon ou bien la résistance à se laisser aller.Une façon directe de susciter une forme d\u2019empathie par le mouvement et de jouer avec la magie que peut détenir la lumière en scène en lui donnant corps.Empathie kinesthésique Rituel géométrique / Night Owls Une création d\u2019Annie Gagnon avec Geneviève Boulet, Sonia Montminy, David Rancourt et Arielle Warnke St-Pierre ; photographie et dramaturgie de Majorie Guindon; scénographie et lumières du collectif CHA./ Une création du collectif CHA (Paul Chambers et David-Alexandre Chabot) avec Annie Gagnon.Présenté par Tangente, à l\u2019Espace danse de l\u2019édifice Wilder, du 17 au 20 mai.La quête de spiritualité est souvent vue comme une sorte d\u2019ésotérisme, mais pour moi, c\u2019est pourtant quelque chose de très concret, de terre à terre ANNIE GAGNON » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 6 | ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Rémi Perron s\u2019empare de mon exemplaire de la réédition de Boomtown Café, déposé sur la table.«Je l\u2019ai pas vue encore.» Il soupèse le CD, l\u2019examine, admire la nouvelle pochette, qu\u2019il montre à Richard Desjardins.On voit le groupe Abbittibbi autour d\u2019une grande table, à l\u2019intérieur d\u2019une bâtisse en bois, la photo est signée Robert Monderie.Fierté dans le regard de Rémi.Un nuage noir passe dans les yeux de Richard.Une très ancienne colère remonte à la surface des mots: «Quand on avait eu la pochette du vinyle, en 1981, tu te rappelles, Rémi ?Avec la petite fumée blanche qui sortait de la cheminée de l\u2019usine, tabarnak ! En pleine catastrophe écologique\u2026 Je la trouvais pas drôle.» Trente-sept ans plus tard, la suture lâche encore.« En même temps, [Robert Monderie et moi], on faisait un film sur la Noranda, imagine\u2026 » Bête et sempiternelle histoire de sabotage, que ce premier album « mythique » d\u2019Abbittibbi.Pochette « imposée », matriçage aplati, musique amputée de ses plus hautes et plus basses fréquences, zéro promo.« On avait organisé de quoi à Rouyn pour lancer le disque, mais à Montréal, y avait rien eu.Rien.» Petite pause de Richard le conteur.«On n\u2019a plus jamais revu les deux productrices, on n\u2019a jamais su combien de copies avaient été tirées, ni combien avaient été vendues.Rien!» Ainsi prit fin la première vie d\u2019Abbittibbi.« Tu comprends, nous autres, on voulait faire un disque.On pensait pas plus loin.Et elles, c\u2019étaient les seules qui avaient dit oui.» Morale de l\u2019histoire : «Y a rien de plus fragile qu\u2019un orchestre qui se cherche un producteur.» Ainsi Richard Desjardins devint-il artiste solo.En 1988, sept ans plus tard, c\u2019était Les derniers humains.Et Tu m\u2019aimes-tu, en 1990.Difficile de se plaindre d\u2019un destin qui a permis ça.N\u2019empêche qu\u2019au jeu des Trois décennies et demie plus tard, le disque mythique du groupe d\u2019avant la carrière solo de Richard Desjardins a droit aux grands égards d\u2019une digne réédition.Justice est faite.Bienvenue au Boomtown Café L\u2019album fantôme d\u2019Abbittibbi revit avec les grands égards d\u2019une digne réédition Richard Desjardins se souvient de l\u2019époque d\u2019Abbittibbi, entre colère et grand rire.PHOTOS MARIE- FRANCE COALLIER LE DEVOIR possibles, il y a dans la tête de chaque ancien d\u2019Abbittibbi un paysage qui se dessinait.Un vrai succès, comme Offenbach ou Harmonium.Une suite, d\u2019autres albums.« Au moins cinq ! » s\u2019exclame Richard.Une vraie vie complète de groupe.« Écoute, on était vraiment bons.On avait toute une palette, on était country, on était prog, on était jazz, tout en même temps.On faisait des shows de quatre heures, ça levait dans la place.On tenait quelque chose.» En studio, avant le rapetissage au lavage, l\u2019album était formidable : cela s\u2019entend maintenant qu\u2019on a la réédition restaurée à par tir des bandes maîtresses.« Ç\u2019a été toute une affaire, un vrai roman d\u2019espionnage, retrouver l\u2019une des productrices, racheter les droits, récupérer les bandes qui, miracle, existaient encore dans deux places différentes\u2026 en pas pire état ! On est chanceux, finalement.Parce que là, ça sonne comme c\u2019était censé sonner.Ça sonne comme quand on l\u2019a mixé nous autres.» La magie en studio Richard et Rémi se regardent.Se sourient.Richard continue : « Ça, c\u2019était LE moment magique.Y avait Ç\u2019a été toute une affaire, un vrai roman d\u2019espionnage, retrouver l\u2019une des productrices, racheter les droits, récupérer les bandes qui, miracle, existaient encore dans deux places différentes\u2026 en pas pire état ! On est chanceux, finalement.Parce que là, ça sonne comme c\u2019était censé sonner.Ça sonne comme quand on l\u2019a mixé nous autres.RICHARD DESJARDINS » Boomtown Café Abbittibbi, Foukinic C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Danse + Théâtre Réservez maintenant ! fta.ca 514 844 3822 Dans 10 jours.Une expérience sensorielle hors du commun DARK FIELD ANALYSIS Jefta van Dinther Stockholm + Berlin 25 au 27 mai Théâtre Prospero BETROFFENHEIT Crystal Pite + Jonathon Young Vancouver 5 au 7 juin Centre Pierre-Péladeau QUATUOR TRISTESSE Daniel Léveillé Montréal 30 mai au 1 juin Édi?ce Wilder - Espace danse Une œuvre où la tristesse perd sa gravité TOM NA FAZENDA Tom à la ferme Michel Marc Bouchard + Rodrigo Portella Rio de Janeiro 1 au 3 juin Maison Théâtre Un spectacle puissant qui triomphe au Brésil 6 & 9 TAO Dance Theater Beijing 23 au 25 mai Place des Arts Théâtre Jean-Duceppe LA VIE UTILE Evelyne de la Chenelière + Marie Brassard Montréal 28 mai au 1 juin Théâtre ESPACE GO « Théâtre et danse s\u2019allient avec audace\u2026 Virtuose.» La Croix Deux pièces éblouissantes, virtuoses, raf?nées « Marie Brassard orchestre cela de main de maître.» Revuejeu .org Rémi Perron, bassiste d\u2019Abbittibbi Il y a eu des changements de personnel en cours de route, mais on peut dire qu\u2019Abbittibbi a existé parce que Rémi Perron le voulait ardemment.Extrait du texte de Richard Desjardins dans le livret de la réédition de Boom- town Café : «Écrire du rock ou du folk en français, voilà comment parvenir à la gloire, se disait-on à l\u2019époque.Rémi ne me lâcherait plus jusqu\u2019à ce qu\u2019on arrive au bout de notre projet.» Pour Rémi, l\u2019arrivée est encore à l\u2019horizon.«Même aujourd\u2019hui, pour moi c\u2019est une grande tristesse de ne pas avoir réussi à aller jusqu\u2019au bout de notre rêve avec ce groupe de gars assez spéciaux, aux multiples talents.On avait quatre chanteurs de styles différents : country, punk, rock et r\u2019n\u2019b.Il y avait 60 chansons qu\u2019on pouvait jouer.» S\u2019il joue encore à l\u2019occasion avec des anciens de César et ses Romains (des gars de Rouyn-No- randa, eux aussi), Rémi serait «prêt demain matin» à relancer Abbittibbi, à tout le moins pour que cet album réédité vive sur scène.«Pour moi, ça serait un grand plaisir et un honneur de refaire ça en show ! » Il est quand même plus que content.Le Boomtown Café d\u2019Ab- bittibbi a désormais sa place dans la discographie de Richard Desjardins\u2026 et la sienne.«Enfin les gens vont savoir que les débuts de Richard se sont faits avec nous et non quand il a été connu en solo.Tout le travail du groupe est passé inaperçu à travers les années.Je crois que nous étions les premiers musiciens d\u2019expérience avec qui il travaillait\u2026» Rémi Perron est fier, mais ne bombe pas trop le torse.«On était pas si mal comme musiciens.» Richard, dans le livret, sait à qui revient le crédit : «[\u2026] c\u2019est en grosse partie grâce à lui que j\u2019ai ce bonheur d\u2019être artiste.» Rémi Perron 48 pitons, à par tir du bass drum jusqu\u2019au piccolo, chaque musicien était installé devant les pitons de son instrument\u2026 » Nommons-les : Gary Farrell aux guitares, Claude Ven- dette au saxo, à la flûte, Theo Bush au violon, Michel Jetté à la batterie, Rémi à la basse, Richard au piano.« Ça par tait, et on mixait toute la gang.Ostie que c\u2019était le fun ! » Les gars éclatent d\u2019un beau grand rire aussi beau que le «beau grand slow», l\u2019une des chansons de l\u2019album que le grand public découvrit en 1993 sur l\u2019album Au Club Soda (en même temps que Le chant du bum et Boom- town Café : il faudra attendre l\u2019album Boom Boom en 1998 pour obtenir Y va toujours y avoir).Richard : «Fallait pas que l\u2019ego soit trop for t et que tu te montes trop par rapport aux autres ! » Rémi ajoute : « On se respectait.On connaissait nos forces.» Richard réfléchit tout haut : « Je me suis demandé si ça aurait vraiment pu marcher.Même avec le bon son et la bonne pochette.Tu sais, on a enregistré ça en novembre 1980, on l\u2019a sorti en octobre 1981\u2026» Le référendum avait eu lieu en mai 1980, le Non l\u2019avait emporté, la plupart des groupes s\u2019étaient dissous, et la chanson québécoise en français dans le texte était entrée au purgatoire, punie d\u2019avoir porté le rêve de la nation et portant le deuil d\u2019un peuple.Hello The Box! Mission accomplie, boucle bouclée « Y avait pus de place pour nous autres », résume Rémi.« C\u2019était moins magique, mettons », tranche Richard.« C\u2019est pour ça qu\u2019une fois que, moi, j\u2019ai commencé à vendre des disques avec Tu m\u2019aimes-tu, j\u2019ai voulu qu\u2019Abbittibbi en profite un peu.C\u2019est pour ça qu\u2019on s\u2019est réunis pour faire Chaude était la nuit [et Desjardins Abbittibbi Live], pour montrer au monde qu\u2019on était vraiment bons.» Rémi évoque un spectacle d\u2019Abbittibbi première époque dans un Café Campus délirant de joie.« Le 3 janvier 1978, précise Richard.Mon fils est né le 4.Quand je suis arrivé à la maison, après quatre heures de show, les eaux ont crevé ! Je peux pas l\u2019oublier, cette fois-là ! » Comme tout le monde, je pose la question à un million : réécouter l\u2019album et le trouver aussi bon, ça donne pas envie de\u2026 le célébrer?«Pas moi, déclare Richard.C\u2019est trop d\u2019ouvrage.» Rémi en aurait envie, c\u2019est écrit dans sa face.Richard fait la moue.« On pourrait, c\u2019est sûr qu\u2019on pourrait.Moi, je veux continuer à travailler tranquillement.Cet été, je vais publier dans la revue Liberté un texte que je viens de finir, \u201cLes Algonquins de Val-d\u2019Or\u201d.Je vais te dire, ça rentre au poste.» On a maintenant Boomtown Café l\u2019album, en CD et en vinyle, c\u2019est déjà pas mal inespéré, comprends-je à demi-mot.«On a réparé une injustice, on s\u2019est enlevé une épine qui était encore plantée dans le pied.» C\u2019est Richard Desjardins, ancien des Fabulous Cascades, qui le dit à Rémi Perron, ancien des Caïds et ancien accompagnateur de Marc Hamilton : « On a fait ce qu\u2019on avait à faire, hein ?» rythmiques.L\u2019idée d\u2019aller, c\u2019est cette question : qu\u2019est-ce que c\u2019est, un album de piano ?C\u2019est se rendre à la limite de la définition d\u2019un album de piano.» Lutherie sur scène Il y a sur ce deuxième album l\u2019écho des fer tiles expériences menées à l\u2019automne 2016 avec le compositeur électronique montréalais CFCF, rencontre studio impulsée par le Red Bull Music Academy qui, l\u2019année L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 8 | 17 20 AU MAI 2018 BILLETS / INFOS WWW.FIMAV.QC.CA JEUDI 17 MAI 2018 SOIRÉE D\u2019OUVERTURE GRANDIOSE 54 ARTISTES 3 SCÈNES DIFFÉRENTES WALTER BOUDREAU « DE L\u2019INFONIE À LA SMCQ » 20 H 22 H LAN TUNG « THE GIANT PROJECT » DAVID AND THE MOUNTAIN ENSEMBLE MINUIT ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR es différents éléments qui forment la trame musicale de Dans ma main « ont tous un sens ; tout est symbolique », assure le compositeur et pianiste Jean-Michel Blais.Son second album paru vendredi débute ainsi sur une longue note de piano réverbérée signalant d\u2019emblée «que ce ne sera pas seulement un album de piano instrumental », mais un disque où s\u2019additionnent ses passions pour les musiques de Rachmaninov et de John Cage, les toiles de Basquiat et le souvenir du maté qui le tenait éveillé pour danser dans les boîtes de nuit de Berlin il y a dix ans.Cette première chanson s\u2019intitule Forteresse, elle fait référence à la bâtisse de Pianos Bolduc, boulevard Saint-Laurent, juste devant le parc Jarry, où Blais a enregistré la nuit cer taines pistes ; à la fin de cette chanson, on découvre le bruit que fait une employée marchant vers l\u2019entrée pour mettre la clé dans la porte.« Elle ferme les lumières et s\u2019en va.Mais alors, qu\u2019est-ce qui se passe la nuit, quand personne n\u2019est là pour voir ce que font les pianos?» Jean-Michel Blais aime la poésie de cette question fabuleuse, « une poésie que je trouve impor tante parce que l\u2019album a été composé la nuit, enregistré la nuit, mixé la nuit ».Noctambule, le compositeur ?« Ben, un peu insomniaque\u2026 » corrige-t-il en riant.Matinal, pour autant.Il accordait une entrevue dans un morning show avant de nous retrouver au café.Pas un cerne.Blais, toujours aussi allumé, généreux et verbomoteur, ses réponses qui prennent de sinueux détours, une idée bondissant sur la précédente et ainsi de suite jusqu\u2019à ce qu\u2019on doive l\u2019interrompre : dis, ce sont bien des violons qui habillent la belle finale de Roses et la première partie de A Heartbeat Away, avant qu\u2019elle ne vire au techno (il appelle ça de la «musique de bulletin de nouvelles ») ?Et le son d\u2019une guitare jouée à l\u2019archet électronique (EBow) sur Forteresse ?Eh ben non.« Que du piano, lance Blais.J\u2019ai étouf fé les cordes avec mes mains, je les ai grattées, je les ai pincées.On a pensé engager un quatuor à cordes pour cer taines pièces, mais le temps pressait, on a tout fait nous-mêmes, en frottant les cordes du piano, puis en arrangeant le tout.Le son EBow, une note de piano étirée en postproduction.Je voulais faire ce disque avec un piano et un ordinateur.Enregistrer tout ce qu\u2019on pouvait sur le piano, puis ajouter les orchestrations, les pistes Jean-Michel Blais et la vie nocturne des pianos Dans ma main étonne par la diversité de ses atmosphères, ses textures et ses influences musicales Les forces de Jean-Michel Blais : son sens mélodique, sa capacité à accoucher de thèmes évocateurs et son jeu pianistique en dentelle MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR L suivante, avait accouché d\u2019un EP, Cascades, contenant par ailleurs une interprétation de In a Landscape du compositeur minimaliste américain John Cage.« Tous les jours durant notre session de travail, on enregistrait une nouvelle pièce.C\u2019est CFCF qui m\u2019a initié [au logiciel de composition musicale] Ableton, c\u2019est grâce à lui que j\u2019ai découvert comment ça marchait, une carte de son, un contrôleur MIDI », des outils qui lui ont permis de peaufiner ce nouvel album et qui font aujourd\u2019hui partie de sa lutherie sur scène.« C\u2019était nouveau pour moi.» Ce le sera aussi pour ses fans .Après le dépouillé II paru en 2016 qui lui avait valu une reconnaissance internationale après que le magazine Time l\u2019eut inclus dans sa liste des dix meilleurs albums de l \u2019année (« La musique respire, vous invite à prendre un moment et à reconnaître qu\u2019 i l reste encore beaucoup de beauté dans le monde », commentait la publ icat ion), Dans ma main étonne par la diversité de ses atmosphères, de ses textures et de ses influences musicales.Retrouvant le collaborateur Buffalo (Devon Bates) du premier album, Blais ajoute plusieurs étages sonores à ses orchestrations, osant même les rapprochements avec la musique électronique cadencée : l\u2019hypnotique Blind vire au house douillet, Igloo prend du coffre sur un groove électro-dub, A Hear tbeat Away tombe dans le trance psychédélique des années 1990.Parsemés sur l\u2019album, des bruits de fond, des conversations volées et un bref extrait d\u2019une entrevue qu\u2019accordait le peindre et graffiteur Jean-Michel Basquiat à un journaliste britannique.Et, surprise !, Blais chante : c\u2019est bel et bien sa voix, frêle falsetto, qu\u2019on entend à la toute fin (Chanson).«Si je la ferai en concert ?Je sais pas\u2026 Je pleure toujours quand je chante.» Langage commun Certes, il y a une tendance dans le rapprochement entre les compositeurs néoclassiques et l\u2019esthétique électronique (voir Nils Frahm), mais Blais assure ne pas chercher à suivre le courant.« J\u2019ai habité à Berlin, j\u2019en ai man - gé, de la musique électronique.Passé mes nuits seul dans un bar, à boire du maté pour me tenir éveillé jusqu\u2019au petit matin\u2026 La ligne directrice [de toutes ces influences musicales], c\u2019est le minimalisme.Steve Reich, Philip Glass, le son minimal électro berlinois, le langage est commun.Seulement, les moyens pour l\u2019exprimer sont dif fé- rents.Je trouve ça beau, on est dans la répétition et dans le détail, la subtilité.Ça me ramène au moment présent ; inévitablement, j\u2019allais y arriver un jour.» Sa musique prend de nouveaux habits, mais la force de Blais reste intacte : son sens mélodique, sa capacité à accoucher de thèmes évocateurs et son jeu pianistique en dentelle.« Mettre [des références à] Radiohead ou à Rachmaninov dans une pièce, ça me parle et je crois que ça touche aussi les gens.Aujourd\u2019hui, surtout : on est dans cette ère où t\u2019ouvres une playlist Spotify, tu passes d\u2019un genre musical à l\u2019autre, c\u2019est une époque de syncrétisme musical, et c\u2019est le fun.Il m\u2019arrive de m\u2019asseoir pour composer et de chercher les influences dans ce que je joue : ça, c\u2019est Chopin ou Ginette Reno ?C\u2019est les deux, pis c\u2019est pas grave.Je trouve ça beau de mêler tout ça.» Dans ma main Jean-Michel Blais, Arts & Crafts | 9 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Abonnez-vous ! tnm.qc.ca GRAND PARTENAIRE Julie Le Breton et Éric Bruneau \u2014 La nuit où Laurier Gaudreault s\u2019est réveillé Une création de Michel Marc Bouchard, mise en scène de Serge Denoncourt Je voulais faire ce disque avec un piano et un ordinateur.Enregistrer tout ce qu\u2019on pouvait sur le piano, puis ajouter les orchestrations, les pistes rythmiques.L\u2019idée d\u2019aller, c\u2019est cette question : qu\u2019est-ce que c\u2019est, un album de piano ?C\u2019est se rendre à la limite de la définition d\u2019un album de piano.JEAN-MICHEL BLAIS » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 1 0 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR ernière ligne droite à l\u2019Opéra de Montréal, qui prépare la reprise de Roméo et Juliette de Gounod pour quatre représentations à partir du 19 mai.Marie-Ève Munger et Ismael Jordi étaient cette semaine en pleine répétition pour créer l\u2019alchimie parfaite sur scène, samedi prochain.Les chanteurs seront le pôle d\u2019attraction principal de la production dont le contenant aura des airs de déjà vu, puisque les décors de Claude Girard ont été utilisés non seulement lors de la dernière série de représentations, en 2007, mais aussi lorsque l\u2019Opéra de Montréal avait monté l\u2019œuvre précédemment, en 1986 et 1992.Ce qui avait changé en 2007, c\u2019était l\u2019époque.Un saut de cinq siècles par le seul truchement des costumes, puisque le metteur en scène Michael Cavanagh avait fait passer l\u2019action de Vérone au XVe siècle à l\u2019immédiat après-guerre.Avec le metteur en scène Tom Diamond, qui proposera à Montréal sa première mise en scène de Roméo et Juliette, nous reviendrons à l\u2019époque de l\u2019histoire de Shakespeare qui a inspiré Gounod en 1867.Qui sont donc ces chanteurs qui attirent notre attention ?Et pourquoi ?Tout d\u2019abord, il s\u2019agit, sauf erreur, du premier très grand rôle à Montréal de la Saguenéenne Marie- Ève Munger.Soprano colorature, Marie-Ève Munger a fait partie de la distribution de la légendaire production d\u2019Elektra de Richard Strauss à la Scala de Milan et à Aix-en-Provence en 2014, l\u2019ultime mise en scène de Patrice Chéreau.Aix-en-Provence l\u2019a réengagé pour la création, en 2017, de Pinocchio, le nouvel opéra de Philippe Boesmans, qu\u2019elle a aussi chanté, depuis, au Théâtre de la Monnaie de Bruxelles.La soprano québécoise contribue aussi à des productions du Palaz- zetto Bru Zane, tenant le haut de l\u2019affiche dans Le pré aux clercs de Ferdinand Hérold sous la direction de Paul McCreesh, aux côtés de Michael Sypres, ce fameux ténor qui tient l\u2019écrasant rôle d\u2019Énée dans Les Troyens de Berlioz avec Marie-Nicole Lemieux et Joyce DiDonato.Chanteuse associée de la nouvelle «Troupe Favart» de l\u2019Opéra comique de Paris, Marie-Ève Munger est aussi une excellente titulaire du rôle de Lakmé, qu\u2019elle a chanté à la Radio de Munich sous la direction du chef français Laurent Campellone.Nous sommes donc évidemment heureux de l\u2019entendre dans un grand rôle.Face à elle, un nom d\u2019un calibre assez inhabituel ici.L\u2019Espagnol Ismael Jordi, 45 ans, est, dans ce que nous avons entendu de lui, l\u2019un des ténors lyriques les plus intéressants apparus lors de la décennie.Le Royal Opera House de Covent Garden, à Londres, semble partager cet avis.Après lui avoir confié le rôle de Roberto, comte de Leicester dans Maria Stuarda de Donizetti en 2014, la vénérable maison londonienne a réengagé Ismael Jordi pour chanter Alfredo dans La Traviata et, cette saison, Edgardo dans Lucia di Lam- mermoor.Son tableau de chasse inclut désormais les Opéras de Paris- Bastille, la Deutsche Oper de Berlin, les opéras de Munich, Hambourg, Dresde, Vienne, Madrid, Barcelone et j\u2019en passe.Troisième larron du plateau : Hugo Laporte (Mercutio).Hugo Laporte n\u2019a pas de palmarès européen à faire Roméo et Juliette retrouve ses habits La distribution retenue par l\u2019Opéra de Montréal sera à scruter de près Marie-Ève Munger et Ismael Jordi en répétition cette semaine pour créer l\u2019alchimie parfaite sur scène, samedi prochain.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR D | 1 1 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 festival international des arts jeune public 20 > 27 mai Montréal 2018 *Forfait Duo (parent-enfant) ; autres tarifs et forfaits disponibles.OFFREZ-VOUS UNE SORTIE EN TÊTE-À-TÊTE AVEC VOTRE ENFANT POUR 35 $*! Romanzo d\u2019infanzia Danse Italie | Sans parole 20 > 22 mai 6+ YI-HA Danse Espagne/Catalogne | FR 21 > 22 mai 8+ COUPSDETHEATRE.COM Au courant Théâtre | Performance Belgique/Flandre | FR 21 > 23 mai 16+ valoir, même s\u2019il s\u2019est déjà produit dans un Rigoletto au Teatro Communale de Bologne.Le baryton de Québec fut le vainqueur-surprise du Concours OSM-Standard Life (au- jourd\u2019hui OSM-Manuvie) en 2014.Les autres faits d\u2019armes de ce chanteur distingué comme « Jeune ambassadeur lyrique » sont d\u2019avoir remporté le Concours de musique du Canada et d\u2019avoir eu un 3e prix au Prix d\u2019Europe.Autant dire que cette occasion à l\u2019Opéra de Montréal, dans une telle production, est le premier très grand saut dans le grand bain.Il ne reste plus qu\u2019à souhaiter que tous soient à la hauteur des espérances.Dix ans avec Roméo et Juliette On peut réduire à cinq les ouvrages musicaux majeurs inspirés de Roméo et Juliette : l\u2019opéra I Capuleti e i Mon- tecchi de Bellini (encore qu\u2019il ne doive rien à Shakespeare), une symphonie dramatique de Berlioz, l\u2019opéra de Gounod, un ballet de Prokofiev et un poème symphonique de Tchaï- kovski.Une vraie disette, mais une vraie brochette de chefs-d\u2019œuvre ! L\u2019opéra de Gounod comprend tout ce qui manque à celui de Bellini, notamment une scène sous le balcon de Juliette (l\u2019air Ah, lève-toi, soleil) et des duos torrides (Ô nuit divine, Nuit d\u2019hyménée, etc.).L\u2019opéra ne scelle aucune réconciliation, contrairement à la symphonie dramatique de Berlioz, et s\u2019achève donc sur l\u2019empoisonnement de Roméo et le suicide de Juliette.Entorse à Shakespeare, évidemment très justifiée à l\u2019opéra : Roméo est empoisonné mais encore en vie lors du réveil de Juliette, ce qui nous vaut l\u2019incontournable et déchirante scène finale.Cet opéra, représenté lors de l\u2019Exposition universelle de 1867 à Paris, valut à Gounod un succès fulgurant, avec plus de cent représentations la première année et une dissémination très rapide partout en Europe.Depuis la dernière présentation à l\u2019Opéra de Montréal, Roméo et Juliette de Gounod nous a accompagnés par le truchement de divers médias.En ef fet Roméo et Juliette fut un tournant de la carrière de Yannick Nézet-Séguin, marquant en 2008 ses grands débuts à Salz- bourg, dans une représentation (avec Rolando V il lazon et Nina Machaidze) publ iée ensuite en DVD par Deutsche Grammophon.Roméo et Juliette fut également l\u2019opéra qui fit titrer au Devoir dès la fin de l\u2019année 2007 « Votre cinéma n\u2019est plus un cinéma!».Alors que les portes du Metropolitan Opera commençaient à s\u2019ouvrir sur le monde, Anna Netrebko et Roberto Alagna s\u2019y régalaient des derniers feux d\u2019une production, remplacée en 2017 par celle-là même montée par Bartlett Sher (mise en scène) et Michael Yeargan (scénographie) pour Salz- bourg en 2008.Nous étions là pour en témoigner.Et à ce moment-là, Diana Damrau et Vittorio Grigolo chantaient sur scène à New York relayés dans plus de 2000 salles dans 73 pays ! Roméo et Juliette Opéra en 5 actes de Charles Gounod (1867) sur un livret de Jules Barbier et Michel Carré.Avec Ismael Jordi (Roméo), Marie-Ève Munger (Juliette), Hugo Laporte (Mercutio), Katie Miller (Stéphano), Alexandra Beley (Gertrude), Alexandre Sylvestre (Capulet père), Scott Brooks (duc de Vérone), Alain Coulombe (frère Laurent), Sebastian Haboczki (Tybalt), Max Van Wyck (Grégorio), Rocco Rupolo (Benvolio), Nathan Keoughan (Paris), Chœur de l\u2019Opéra de Montréal, Orchestre Métropolitain, dir.Giuliano Carella.Salle Wilfrid-Pelletier, les 19, 22, 24 et 26 mai 2018 à 19h30.Concerts de la semaine Yuja Wang.Nous avons eu chaud! Après avoir été la soliste de Yannick Nézet-Séguin lors d\u2019une tournée européenne de l\u2019Orchestre philharmonique de Rotterdam, la pianiste chinoise a annulé les concerts sur la côte ouest par lesquels elle devait lancer sa tournée nord-américaine.Le public de Montréal est donc plus chanceux que celui de Los Angeles et devrait voir, mardi, la spectaculaire virtuose dans des Préludes et Études de Rachmaninov et Ligeti, la 10eSonate de Scriabine et la 8eSo- nate de Prokofiev, un programme de connaisseurs.Mardi 15 mai à 20h, à la Maison symphonique.Maxim Rysanov.Si l\u2019on cherchait à définir le carré d\u2019as des plus grands altistes du monde, le quatuor Lawrence Power, Maxim Rysanov, Antoine Tamestit et Tabea Zimmer- mann, par ordre alphabétique, ferait assez majoritairement consensus.Eh bien, le grand Maxim Rysanov, qui n\u2019est pas, disons, un «espoir local», est reçu à Montréal par I Musici pour des concerts diurnes à Bourgie! Si vous pouvez, allez-y.Il jouera et dirigera avec au programme Tchaï- kovski, Tabakova et Britten.Jeudi 17 mai à 11h et 18h, à la salle Bourgie.Avec le metteur en scène Tom Diamond, qui proposera à Montréal sa première mise en scène de Roméo et Juliette, nous reviendrons à l\u2019époque de l\u2019histoire de Shakespeare qui a inspiré Gounod en 1867 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e Fe s t i va l i n t e r n at i o n a l d e j a z z d e M o n t r é a l 1 2 | ENTREVUE SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR nnée après année, depuis 65 ans, le saxophoniste Houston Person propose un album.Il est, à cet égard, aussi ponctuel qu\u2019une montre suisse catégorie Zurich.Année après année, depuis autant de temps, il tourne.Il va de par le monde.Parfois seul, d\u2019autres fois en formation.Le 30 juin, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal (FIJM), il se produira avec Emmet Cohen au piano, Russell Hall à la basse et Evan Sherman à la batterie, au Upstairs.Bien.Il faut le savoir et le souligner : Person est le dernier représentant d\u2019une lignée de saxophonistes qui se distingua par son inclination prononcée pour le son pesant.Un son lourd, ample et profond qui se caractérisa par son souci pour le relief, soit le contraire d\u2019un son lisse, bien propre.Coleman Hawkins d\u2019abord et Ben Webster ensuite établirent les canons du genre.Après eux, Don Byas, Eddie Lockjaw Davis, Arnett Cobb, Frank Foster et deux ou trois autres qu\u2019on oublie ont creusé pendant des lunes les mêmes sillons.Aujourd\u2019hui, on le répète, Person est le porte-étendard de ce genre qui emprunta beaucoup, beaucoup au gospel et au blues qu\u2019ignorent la majorité des labels contemporains, ceux-ci ayant opté pour les musiques actuelles tout en se réclamant du jazz.Ce qui est le comble de l\u2019outrance.Voire d\u2019un racisme qui ne dit pas son nom.On a joint notre homme chez lui.Après avoir rappelé le commentaire que David Murray nous avait fait concernant l\u2019enseignement du jazz et son ef fet pervers \u2014 un son identique \u2014, Person a répondu comme suit à notre entrée en matière: « Je suis d\u2019accord avec vous.D\u2019autant plus que je crois aux valeurs du gros son [the pretty big sound].J\u2019ai l \u2019impression qu\u2019au- jourd\u2019hui, les plus jeunes ne sont pas à la recherche de leur individualité.» Il est bon de le rappeler, Murray disait aussi que les big bands faisaient of fice d\u2019université pour les saxophonistes de la génération de Person et de ceux qui l\u2019ont précédé.Il ajoute que les vétérans refusaient de partager leurs secrets avec eux afin justement de les forcer à trouver leur propre identité.À l\u2019aise avec cette lecture, M.Person ?« Écoutez, en ce qui concerne les big bands, une chose très importante doit être soulignée : le respect de la mélodie était sacré.Prenez tous les saxophonistes que vous avez nommés.Écoutez le même standard joué par eux.Vous constaterez qu\u2019ils ont chacun un son qui singularise le standard de celui des autres.Et c\u2019est le respect de la mélodie qui l\u2019explique.» Avec le contrebassiste Ron Carter, le saxophoniste a enregistré des albums en duo ainsi qu\u2019avec le pianiste Bill Charlap.Cette formule vous plaît, M.Person?« Avec Carter, nous avons enregistré sept disques en duo.Il y a des années de cela, j \u2019en ai réalisé un avec Les McCann ainsi qu\u2019avec Ran Blake, il y a trente ans de cela.Ce que j\u2019aime dans cette formule, c\u2019est son exigence.Et puis, le duo, c\u2019est le jazz de salon par excellence.» Il y a quelques semaines de cela, Person a publié sur High Note un album intitulé Rain or Shine en compagnie notamment du trompettiste Warren Vaché.Et alors ?S\u2019il reprend ne serait-ce que la moitié du programme de cet album, alors on aura entendu un sculpteur de la catégorie poids lourd.Houston Person, saxophoniste en eaux profondes Entretien avec celui qui affectionne le son lourd à la veille de son passage à Montréal Le 30 juin, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal, Houston Person se produira avec Emmet Cohen au piano, Russell Hall à la basse et Evan Sherman à la batterie, au Upstairs.ALAIN MERCIER A Ce que j\u2019aime dans cette formule, c\u2019est son exigence.Et puis, le duo, c\u2019est le jazz de salon par excellence.HOUSTON PERSON » | 1 3 C u l t u r e D i s q u e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 POP EXOTICA Voyager léger ?1/2 Yann Perreau, Bonsound C\u2019est tendance, comme on dit : le mi- nialbum-surprise.Plus question d\u2019absence prolongée entre deux albums, on revient en quelque sorte aux 45 tours de quatre titres des années 1960 (l\u2019extended-play) : c\u2019est à l\u2019avantage de tout le monde, jugez-en par cette agréable escapade en compagnie d\u2019un Yann Perreau qui n\u2019a pas à penser grand œuvre, pour une fois.La facultative proposition n\u2019en est pas moins pertinente parce que jouissive : voyager léger sans voyager bête, ça se peut.Ça demeure du Yann Perreau, mais avec des ailes.Notre chanteur en goguette plane entre The Doors (Riders on the Storm) et Zombies (Time of the Season) dans Belle d\u2019Hawaii, baigne dans la félicité amoureuse de Go With the Flow, s\u2019encanaille à Buenos Aires (une histoire de danseurs de tango sans tango), et s\u2019autorise même avec La Bronze une reprise électro franchement épatante de Voyage voyage (oui, le tube de Des- ireless, estampillé 1987).J\u2019appelle ça des vacances sans vacance.Inventer l\u2019été, quoi.Sylvain Cormier MUSIQUE CLASSIQUE Majesté ?Grands motets de Michel- Richard de Lalande, Vincent Dumestre, Alpha 968 Après plusieurs projets à la redécouverte de répertoires méconnus, Vincent Dumestre retourne à la grande musique sacrée du temps du roi Soleil (Louis XIV) avec Deitatis Majestatem, Ecce Nunc Benedicte et Te Deum, trois grands motets (genre propre à la musique française et à la cour de Versailles) de Michel-Richard de Lalande (1657-1726).Cette parution s\u2019inscrit donc dans l\u2019exacte continuation de la parution du Te Deum de Marc-An- toine Charpentier (1643-1704) par Du- mestre, chez Alpha également, chose d\u2019autant plus intéressante que le Te Deum est aussi l\u2019œuvre la plus marquante de ce programme-ci.Du point de vue interprétatif, Dumestre et le Poème harmonique, qui baignent dans la musique de cette époque depuis près de vingt ans, ont eu l\u2019excellente idée de s\u2019associer aux chanteurs de l\u2019Ensemble Aedes.Ce qui frappe en premier, outre la prise de son parfaite, c\u2019est la pureté des alliages sonores orchestraux, par exemple des flûtes.Mon seul bémol personnel est mon léger manque d\u2019accointance avec le timbre du ténor Cyril Auvity.Christophe Huss POST-PUNK Moody Boots ?Silver Dapple, Indépendant Offrant un dream-pop nostalgique des années The Cure abrillé d\u2019un manteau grunge à la mode Liz Phair, les Montréalais de Silver Dapple proposent ces jours-ci Moody Boots, second album officiel.«Moody», ce cocktail post-punk, comptant deux voix de femmes à signature lo-fi, l\u2019est.Entre des mélodies pop plongées dans la mélancolie et une instrumentation clin d\u2019œil à The Radio Dept et My Bloody Valentine \u2014 en moins romantique \u2014, les 11 pièces font dans le rock\u2019n\u2019roll réflectif, sans toutefois être sinistre.Rappelant parfois Speedy Ortiz en moins frontal, le groupe ressasse visiblement beaucoup de choses et de souvenirs mornes.C\u2019est certes bien fait : les ingrédients pour une jolie minestrone émotive sont rassemblés.Mais Emily Deimert, Melissa Di Menna, Julien Bakvis et Markus Lake semblent trop contraints par l\u2019envie de bien faire.Il manque un iota de laisser-aller, ce petit brin de caractère qui différencie un album chouette d\u2019un super disque.Sophie Chartier MUSIQUE CLASSIQUE Gérard Caussé ?Viola Legend, The Erato Years (1979-2011), Erato, 13CD 0190295681586 «La légende de l\u2019alto».Voilà bien le titre qui définit le statut de vedette incontesté de l\u2019instrument en France, notamment dans les deux dernières décennies du XXe siècle, de ce musicien qui fêtera ses 70 ans le 26 juin prochain.Après la fusion entre Warner et EMI Classics, les deux étiquettes pour lesquelles Caussé a principalement enregistré \u2014 Erato et EMI \u2014 se retrouvent réunies, ce qui facilite la composition du coffret.Le sous-titre The Erato Years est donc superfétatoire, puisqu\u2019il y a autant d\u2019EMI (le Harold en Italie avec Plas- son par exemple) que d\u2019Erato.On n\u2019y trouve évidemment pas « tout», puisqu\u2019un altiste contribue à moult projets chambristes.Mais il y a tout ce qui met Caussé en évidence, seul et dans ses partenariats les plus marquants, y compris à travers deux CD sous licence.Avantage collatéral précieux : je ne connais pas d\u2019autre coffret monographique consacré à un altiste.Ces 13CD bien remplis permettent donc d\u2019avoir une bonne anthologie consacrée à l\u2019essentiel du répertoire pour alto.Christophe Huss FOLK ÉLECTRO Traveler ?1/2 CHANCES, Indépendant Chloé Lacasse, Geneviève Toupin, Vincent Carré ont beaucoup voyagé.Ensemble.Deux ans de tribulations dans les sons, les harmonies et les rythmes.Là où ça chante en anglais, en ojibwé, en cri, en français aussi.Détour par l\u2019Inde.Traversée d\u2019un grand pont entre le monde folk familier et l\u2019univers électro-pop sans limites.Ils ont pris des risques, entreposé les carrières solos : chances à saisir, on n\u2019a qu\u2019une vie.Surtout une vie en trio.On obtient en récompense de leur audace conjuguée des multiples de trois, des moments très pleins, d\u2019autres très épurés.Parfois on plane, parfois on est en contact très tactile avec le sol.Parfois ça baigne dans les ambiances, et parfois ça donne très envie de danser.Les pièces sont moins des chansons que des aventures exaltantes et méditatives à la fois, on ne sait jamais trop où ça va aboutir mais on avance et on explore.On contemple ce qu\u2019il y a autour et on examine ce qu\u2019il y a en dedans.Et puis on recommence, à l\u2019infini : tout un périple.Sylvain Cormier ÉLECTRONIQUE Knock Knock ?1/2 DJ Koze, Pampa Records Après 20 ans de métier, cinq albums et une panoplie de singles, le composi- teur-producteur-DJ allemand Stefan Kozalla (DJ Koze) obtient enfin toute la reconnaissance qu\u2019il mérite.Comme Herbert dans les années 2000 et Four Tet aujourd\u2019hui, DJ Koze s\u2019est illustré comme un véritable innovateur du house pourvu d\u2019une touche singulière, psychédélique et chaleureuse à la fois, un son qui traverse le temps et les modes à coups d\u2019échantillons inusités, de basses irrésistibles et de rythmiques ingénieuses.Ce qui ne rend pas Knock Knock plus facile à embrasser : 16 chansons en 80 minutes qui se répandent dans le folk, la pop, le hip-hop et le house (Pick Up, quelle bombe!).Aucun reproche à adresser côté grooves, c\u2019est du Koze admirablement riche; les idées, parfois contradictoires, s\u2019empilent pour un résultat joyeusement déstabilisant.Là où ça faiblit, c\u2019est du côté des compositions plus «chansonnières» (avec les voix de José Gonzalez, Roisin Murphy, Kurt Wagner), inégales.Knock Knock demeure toutefois un disque ambitieux et emballant.Philippe Renaud EXPÉRIMENTAL Minus ?Daniel Blum- berg, Mute Il est des albums qui sont comme une soudaine et petite commotion.Minus est dans ces eaux: effrayant dans sa beauté en parcelles, arrachée à une douleur très apparente.Avec ce premier album solo, le musicien britannique Daniel Blumberg, 27 ans, multiplicateur de projets collectifs, dévoile une schizophrénique agonie jamais tout à fait consumée.Le fil est chambranlant, sa cassure, si proche.Les dessins, les mots, les mélodies tourmentées, tout est de lui \u2014 avec, aux instruments, des amis londoniens.Parfois litanies, parfois expérimentations disjonctées achevées aux percussions (Madder), plus rarement parfaitement calmes (splendide The Bomb), ses pièces suivent une succession de cicatrices encore rougeâtres.Vieux folk, rock, classique moderne, son genre est l\u2019expression d\u2019un intérieur en constantes oscillations.Si son inquiétude transparaît dans ses lignes criardes de guitare électrique et dans l\u2019imprévisibilité des cordes, sa survie suinte du piano lent et régulier \u2014 un cœur, peut-être.Sa voix est une grande promesse.Geneviève Tremblay FOLK ROCK Damned if I do ?Kandle Sleepless Records Quatre ans après la sortie du premier album In Flames chez Dare to Care, l\u2019auteure, compositrice et interprète Kandle Osborne refait surface avec un nouveau contrat de disque auprès de la torontoise Sleepless Records et un nouvel EP, coécrit et co- réalisé par le complice Sam Goldberg (Broken Social Scene).Beaucoup de neuf, donc, sinon dans la proposition musicale : sa formule de chanson rock, de blues et de folk n\u2019a pas changé d\u2019une note depuis les premières chansons apparues il y a six ans.Ceux qui ont aimé sa gouaille, la flamme qui brûle dans sa gorge y trouveront leur compte, et peut-être même la satisfaction d\u2019entendre des guitares plus mordantes qu\u2019auparavant, comme dans Bender, laquelle fait passer Kandle pour la petite cousine montréalaise de Jack White.C\u2019est plutôt dans le folk dépouillé, planant mais incarné, de Broken Boys que l\u2019on cherchera plus de personnalité, dans le texte autant que dans l\u2019interprétation plus posée qui rappelle vaguement le travail de Krisin Hersh des Throwing Muses.Philippe Renaud L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 14 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Non loin d\u2019une demeure isolée, une jeune femme victime d\u2019un viol est laissée pour morte par ses agresseurs.Or elle survit et revient se venger de ses bourreaux.Sur papier, Revenge annonce un certain type de film d\u2019exploitation des années 1970 indéfendable même à l\u2019époque.Sur grand écran, c\u2019est toutefois une autre histoire.D\u2019une part, parce que la cinéaste Co- ralie Fargeat subvertit les poncifs misogynes propres auxdits films et, d\u2019autre par t, parce qu\u2019elle déploie une réelle vision cinématographique pour conter son récit sanguinaire.Filmé dans une villa moderne et lisse opposant un contraste saisissant aux escarpements et aspérités du désert marocain environnant, Revenge annonce d\u2019of fice une stylisation formelle, tant dans sa débauche de couleurs que dans ses angles et mouvements de caméra.De là, graduellement, la mise en scène évoluera vers le surréalisme.Dans l\u2019intervalle, il en ira de même pour l\u2019héroïne, en cela qu\u2019elle se transformera elle aussi.Même qu\u2019elle renaîtra.Tension et empathie Elle s\u2019appelle Jennifer, comme le personnage vengeur d\u2019Œil pour œil (I Spit on Your Grave), film emblématique du sous-genre évoqué.Elle a été conviée à un week-end en amoureux avec Richard, son amant marié.Après une mise en place sexy et volontairement trompeuse, la langueur laisse place à l\u2019oppression dès lors que s\u2019amènent Stan et Dimitri, les compagnons de chasse de Richard.Débarqués deux jours plus tôt que prévu, ils veulent surprendre leur ami et reluquer sa dernière conquête (qui devait être partie à leur arrivée).Tout ce premier acte est redouta- blement orchestré par Coralie Far- geat, qui montre de quelle manière insidieuse le piège se referme sur la protagoniste.D\u2019abord sourde, la tension devient palpable et culmine par le viol de Jennifer par Stan, au vu et au su de Dimitri, dont la réalisatrice filme l\u2019expression complice en l\u2019accompagnant hors de la chambre.L\u2019agression n\u2019est, hormis son amorce, pas montrée, mais elle n\u2019en ébranle pas moins.En instaurant une proximité croissante avec Jennifer, la cinéaste favorise un lien d\u2019empathie.Blâmée pour son allure aguichante, Jennifer ne trouve aucun réconfor t auprès de Richard qui, après avoir voulu la « dédommager », la pousse en bas d\u2019un ravin pour se couvrir.Ici, la maison et ses occupants prennent valeur de microcosme : en 30 minutes environ, la cinéaste parvient à faire partager au spectateur, ne serait-ce qu\u2019un peu, l\u2019angoisse et la peur qui sont le lot de trop de femmes parce qu\u2019elles sont femmes.Une vraie beauté Blessée mais vivante, Jennifer se réfugie dans le désert, les trois chasseurs à ses trousses.Là encore, si on ne doute jamais, conventions obligent, que l\u2019héroïne les châtiera un à un, c\u2019est ce que Coralie Fargeat choisit de montrer, et comment elle choisit de le montrer, qui distingue son film.Un exemple en apparence anodin s\u2019avère ainsi on ne peut plus révélateur, soit celui de la nudité : seul Richard est « exhibé », deux fois plutôt qu\u2019une, en nu intégral.Dans ce genre de films, c\u2019est, d\u2019habitude, toujours la femme que le réalisateur parade.La souffrance de la femme lors des sévices qu\u2019elle subit y est aussi partie intégrante du « spectacle », cliché dont la réalisatrice met en exergue l\u2019odieux en ne la montrant pas, justement.De jour comme de nuit, Coralie Fargeat insuffle une vraie beauté à ses plans, recourant volontiers au symbolisme, notamment à l\u2019image du phénix, oiseau qui renaît de ses cendres.Ce que fait en quelque sorte Jennifer après sa chute : empalée, elle parvient en effet à brûler la branche sous elle pour la casser, laissant en lieu et place de sa dépouille un rond de terre brûlée.Plus tard, elle util isera encore le feu pour cautériser sa plaie.En sous-texte Il s\u2019en trouvera évidemment pour être rebutés par la violence intrinsèque de l\u2019œuvre, qui du reste assume et revendique ses excès.La trame, d\u2019abord un prétexte à démonstration, est en outre mince, c\u2019est entendu.On ne peut cependant nier la pertinence du sous-texte, car Coralie Far- geat a beaucoup réfléchi non seulement sur la facture de son film, mais sur son propos.La séquence avec Dimitri, le premier à y passer, est en cela représentative : pensant le prendre par surprise, Jennifer s\u2019aperçoit qu\u2019il l\u2019a appâtée.« C\u2019est ma technique de chasse favorite : je fais venir ma proie jusqu\u2019à moi.Elle ne se méfie pas, et bam ! » pavoise-t-il.En filigrane, l \u2019auteure parle de prédation, de femmes traitées comme du gibier, et of fre un châtiment, une « catharsis », comme seul l\u2019art le permet.Est-ce subtil ?Sans doute pas, mais c\u2019est fichtrement ef ficace, viscéral.L\u2019apothéose sanglante, qui ramène Jennifer et Richard à la villa, allie grand guignol et poésie macabre.À l\u2019issue de l\u2019af frontement, Jennifer, sous sa nouvelle peau, aura achevé sa venue au monde.À l \u2019 instar de Coral ie Fargeat, cinéaste née.Revenge (V.O.F.) ?1/2 Thriller de Coralie Fargeat.Avec Matilda Lutz, Kevin Janssens, Guillaume Bouchède, Vincent Colombe.France, 2017, 108 minutes.Le sang des bêtes Coralie Fargeat renverse les rôles de chasseurs et de proies sur fond carmin dans Revenge La cinéaste Coralie Fargeat insuffle une vraie beauté à ses plans, recourant au symbolisme, notamment à l\u2019image du phénix, oiseau qui renaît de ses cendres.MES PRODUCTIONS / MONKEY PACK FILMS | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Marie Brassard signe une mise en scène d\u2019une originalité exemplaire, fortement émue par le texte puissant d\u2019Evelyne de la Chenelière.La mise en scène captivante, cérémoniale et dans une zone d\u2019inconfort majestueux.Pari gagné propositions de l\u2019année.Élie Castiel, revuesequences.org angoissante.La metteuse en scène Marie Brassard orchestre cela de main de maître.Jean-Philippe Roy, revuejeu.org entraîner dans ce délire existentiel en créant est pleine d\u2019inventions et d\u2019audaces.Une œuvre Gilles G.Lamontagne, sors-tu.ca La vie utile.L\u2019écriture de la Chenelière et son interprétation force l\u2019admiration et nous déconcerte, nous sortant, de façon assumée, de la zone de confort pendant plusieurs jours.Gabrielle Brassard, montheatre.qc.ca CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Pièce à succès de Jules Romains créée en 1922, plusieurs fois adaptée au cinéma et sur laquelle plane l\u2019ombre écrasante du vénérable acteur Louis Jouvet, Knock évoque à la fois les duperies de la médecine et la naïveté du bon peuple prêt à les gober.Certains cyniques diront qu\u2019elle est toujours d\u2019une cruelle actualité.Star au sourire craquant, au physique imposant et à l\u2019allure débonnaire, Omar Sy possède un immense capital de sympathie : plusieurs lui donneraient tous les droits, dont celui de se faire rouler dans la farine par ses bons soins.Ce charisme n\u2019a pas échappé à Lorraine Levy (La première fois que j\u2019ai eu 20 ans, Le fils de l\u2019autre) au moment d\u2019offrir sa propre lecture d\u2019un récit à la base plus grinçant, plus moqueur, moins larmoyant.Le petit monde dans lequel ses personnages évoluent a certes connu deux guerres mondiales, mais est aussi fortement imprégné du triomphalisme des années 1950, celui d\u2019un grand renouveau, par fois à saveur mercantile.Ajoutez à cela un charmant petit village qui plairait autant à Marcel Pagnol, à Jacques Tati qu\u2019à Dany Boon, une distribution de solides acteurs capables de s\u2019ef facer devant leur personnage (Hélène Vincent, Michel Vuillermoz, Andréa Ferréol), et on pourrait croire que la cause est entendue.Or, parachuter Omar Sy dans un univers vieille France-béret-baguette sans que jamais la couleur de sa peau ne soit un enjeu dramatique, cela relève du pari courageux, mais sur tout d\u2019une vision d\u2019un pays et d\u2019une époque que l\u2019on pourrait croire envahis par les licornes\u2026 Même un des rares personnages détestables du film ose à peine en faire mention, au tout début du film, question d\u2019expédier la chose pour laisser place à ce que Lorraine Levy juge essentiel.Celui qui fut autrefois un petit bandit de grand chemin s\u2019est découvert une passion pour la médecine, et après cinq années d\u2019études acharnées, il revendique fièrement son diplôme en débarquant dans le village de Saint-Maurice (plus carte postale que ça, tu meurs\u2026) pour remplacer un médecin sans ambition.Knock, lui, en a à revendre, of frant des consultations gratuites, prodiguant des conseils judicieux à des gens qui jusque-là refusaient les médicaments, et surtout de délier les cordons de leur bourse.Le voilà donc qui opère une véritable révolution médicale, au point de froisser le curé (Alex Lutz, sans nuances) et de séduire, en gentleman, une jeune paysanne (Ana Girardot) à la solde d\u2019une patronne acariâtre (Sabine Azéma en passant).Alors que le Knock de Jules Romains ne faisait pas de mystère sur ses intentions, celui de Levy détrousse ses semblables avec un large sourire, mais, preuve d\u2019un scénario tarabiscoté, sans que l\u2019on comprenne vraiment ses motivations profondes.Sous nos yeux s\u2019opère une si spectaculaire transformation sociale, portée par un tel enthousiasme, que chaque village dévitalisé du Québec rêvera bientôt d\u2019accueillir son Knock\u2026 Il n\u2019y a pas de mal à injecter une dose d\u2019optimisme à un monde qui en a bien besoin, mais le faire dans une posture digne d\u2019un cinéma de papa d\u2019un autre temps, y a de quoi courir chez le docteur.Knock ?1/2 Comédie de mœurs de Lorraine Levy.Avec Omar Sy, Ana Girardot, Alex Lutz, Michel Vuillermoz.France\u2013Belgique, 2017, 114 minutes.Docteur Filou À vouloir explorer d\u2019autres avenues, Lorraine Levy s\u2019est perdue en cours de route Knock (Omar Sy) opère une révolution médicale dans le village de Saint-Maurice.CHRISTINE TAMALET L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 6 | M O N T R E A L BA R O Q U E .C O M 5 1 4 8 4 5 - 7 1 7 1 UNE SOMPTUEUSE PANOPLIE DE SES PLUS EXTRAVAGANTES ET INTIMES ŒUVRES ! Schafer@85 R.Murray Schafer Quatuors nos 1-3-7 Aline Kutan, soprano Vendredi 18 mai 19h30 Conservatoire de Montréal 4750 avenue Henri Julien Montréal Billets 26,50$, 21,50$, 11,50$ www.quatuormolinari.qc.ca Tél.: 514-527-5515 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Il est des films qui hérissent sans qu\u2019on sache trop pourquoi pendant qu\u2019on les subit.Le redoutable est un tel film : on sor t de la projection lessivé d\u2019avoir été trop crispé.Dans cette adaptation du récit autobiographique qu\u2019Anne Wiazemsky a consacré à son mariage avec Jean- Luc Godard, alors très investi dans Mai 68, Michel Hazanavicius dépeint ce dernier en être exécrable sans parvenir à rendre patent pourquoi, au juste, on devrait s\u2019y intéresser.Sinon parce qu\u2019il s\u2019agit de Godard.Plus d\u2019une fois, Hazanavicius abandonne le point de vue d\u2019Anne Wia- zemsky, vedette de La Chinoise devenue auteure primée, en épousant celui de Jean-Luc Godard, cinéaste chouchou de la Nouvelle Vague.Voix hors champ de madame, voix hors champ de monsieur.Révélateur, ce par ti pris rend compte d\u2019une incapacité ou d\u2019un refus, malgré la source, à plonger dans la psyché de celle qui devrait logiquement être la protagoniste \u2014 c\u2019est sa version de l\u2019histoire.Elle apparaît plutôt, dans la lorgnette d\u2019Hazanavicius, comme un témoin passif des événements (la principale intéressée n\u2019en a pas moins apprécié le film, on le précise).Humour « pouet pouet » Il en résulte un portrait à la focalisation incertaine, en constant déséquilibre.L\u2019interprétation est à l\u2019avenant : Stacy Martin joue de finesse face à un Louis Garrel qui caricature, évoquant tour à tour Woody Allen et Louis de Funès.Reprenant la plastique colorée et les codes des films de Godard de l\u2019époque, Hazanavicius s\u2019of fre une satire gentille du 7e ar t.Il fait par exemple déambuler les acteurs nus tandis que leurs personnages discutent de la question de la nudité gratuite au cinéma.Mouais\u2026 Idem pour ce running gag des lunettes brisées à répétition.La maîtrise technique a beau être indéniable, la manière est un brin «pouet pouet ».Pourtant, en théorie, on a une histoire d\u2019amour qui se délite sur fond de révolution qui ne tient pas ses promesses : une adéquation porteuse.Seulement voilà, le film préfère se complaire dans son esthétique à gogo et ses effets de miroir faciles.D\u2019ailleurs, quand la relation devient malsaine et que Godard \u2014 tel qu\u2019il est montré ici, s\u2019entend \u2014 se met à recourir à une violence psychologique sour noise puis criante, la dichotomie entre le traitement léger et la gravité croissante des situations laisse perplexe.Lorsque Hazanavicius opte in extre- mis pour une rupture de ton pour les adieux en Italie, le contraste est trop subit.Ce segment est prenant, mais on dirait un court métrage dramatique inséré dans un long comique.Tendre simplisme Dans Le redoutable, le respect du réalisateur de L\u2019ar tiste et de OSS 117 pour celui d\u2019À bout de souf fle et Pierrot le fou est évident.L\u2019est autant son désintérêt pour les essais radicaux subséquents de Godard, qu\u2019il tourne en dérision.Hazanavicius aura-t-il été intimidé par son sujet, d\u2019où son traitement superficiel ?Anne Wiazemsky et son point de vue « de l\u2019intérieur» lui offraient justement un accès idéal au monstre sacré\u2026 À terme, Hazanavicius pose sur Godard un regard à la fois attendri et simpliste, échouant, ce faisant, à le rendre complexe ou fascinant.Deux qualités, que l\u2019on soit friand ou non de ceux-ci, qui font rarement défaut aux films de Godard.Quant à celui d\u2019Hazanavicius, on cherche encore sa raison d\u2019être.Le redoutable ?Comédie biographique de Michel Hazanavicius.Avec Stacy Martin, Louis Garrel, Bérénice Bejo, Micha Lescot.France, 2017, 102 minutes.L\u2019insupportable Michel Hazanavicius peint un portrait exaspérant de Jean-Luc Godard en adorable monstre En théorie, on a une histoire d\u2019amour qui se délite sur fond de révolution qui ne tient pas ses promesses : une adéquation porteuse.Seulement voilà, le film préfère se complaire dans son esthétique à gogo et ses effets de miroir faciles.MK2 MILE END C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 jean-françois guilbault Jasmine Daigneault Alex-Aimée Martel Rosalie Payotte théâtre des fonds de tiroirs coproduction théâtre du nouveau monde conception anick la bissonnière linda brunelle caroline ross pascal robitaille angelo barsetti assistance à la mise en scèn e stéphanie capistran-lalonde avec monique miller gilles renaud mise en scène frédéric dubois tnm.qc.ca À L\u2019AFFICHE ! CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Chaque année, la tradition américaine veut qu\u2019un film traitant de maternité prenne l\u2019affiche peu avant la fête des Mères.Eh bien, cette année, c\u2019est au tour de Melissa McCarthy et de Ben Falcone, à qui l\u2019on doit déjà deux comédies taillées sur mesure pour et par la première, Tammy et The Boss, de livrer leur offrande.Deanna (McCarthy, drôle et tendre), quadragénaire fraîchement divorcée affectionnant les pulls à paillettes, s\u2019inscrit à la même université que sa fille (Mollie Gordon) dans l\u2019espoir de terminer ses études en archéologie.Gagnant instantanément le cœur des copines de sa fille et même celle de son asociale coloc (Heidi Gardner) grâce à ses sages conseils sur la confiance en soi, l\u2019enthousiaste femme au foyer essuie toutefois les sarcasmes des vilaines filles.Une mise en beauté et une confrontation sur le plancher de danse viendront régler ce problème.La panique s\u2019installe toutefois lorsque l\u2019ex (Matt Walsh) de Deanna, sur le point de se remarier, menace de lui couper les vivres.Comédie gentille et conventionnelle sur l\u2019empowerment au féminin écrite par McCarthy et son réalisateur de mari, La reine de la fête ressasse tous les clichés du film de campus : soirée de beuverie, liaison d\u2019un soir, fête costumée et initiation inclus.En fait, on croirait un croisement maladroit entre American Pie, Never Been Kissed et Old School.Mettant en scène une pléthore de godiches et de pimbêches, sans oublier une galerie de mâles risibles, le tout s\u2019avale difficilement.Certes, on y célèbre la solidarité et l\u2019amitié féminines, de même que les relations mère-fille.On aura même droit à quelques scènes touchantes lorsque, en visite à la résidence de sa fille, Deanna reçoit les confidences de ses jeunes amies mal dans leur peau.On y chante aussi le charme des femmes mûres, tandis que Deanna fait craquer un bel étudiant.Dans la foulée, on ridiculise la génération Y, on ringardise la génération X et l\u2019on s\u2019attarde jusqu\u2019au malaise sur les aléas de la préménopause.Un peu plus et on serait tombé dans le fatshaming.Heureusement, c\u2019est le regard amoureux de Ben Falcone qui est derrière la caméra.Toutefois, on ne saurait dire que le réalisateur s\u2019avère un grand metteur en scène.Anonyme et fonctionnelle, sa mise en scène ne sert qu\u2019à faire valoir Melissa McCarthy, moins irrévérencieuse et survoltée que dans Bridesmaids, qui éclipse tous ses partenaires.Il faut dire que si Deanna, au grand cœur de maman, pense d\u2019abord aux autres, cela ne semble pas le cas de la star, qui se fait son cinéma.Bonne fête des Mères quand même.La reine de la fête (V.F.de Life of the Party) ?1/2 Comédie de Ben Falcone.Avec Melissa McCarthy, Mollie Gordon, Gillian Jacobs, Adria Arjona, Sarah Baker, Heidi Gardner et Matt Walsh.États-Unis, 2018, 105 minutes Maman retourne à l\u2019université Melissa McCarthy joue une mère divorcée en pleine crise de la quarantaine Comédie gentille et conventionnelle sur l\u2019empowerment au féminin, La reine de la fête ressasse tous les clichés du film de campus.WARNER BROS.CANADA L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 1 8 | Les nouveautés sont en rose Jusqu\u2019à la garde ?Réduire Jusqu\u2019à la garde à un sordide drame conjugal serait faire une injure à Xavier Legrand.Certes, pour son premier long métrage de fiction, il tenait à conscientiser le public à la gravité du phénomène de la violence domestique, mais sans sacrifier les impératifs du cinéma.Et ce n\u2019est pas à grand renfort d\u2019effets tonitruants qu\u2019il y parvient, optant pour quelques choix audacieux, dont une entrée en matière volontairement verbeuse et ambiguë, installant par la suite un climat d\u2019angoisse.Il s\u2019exécute sans nécessairement tout dévoiler de la complexité de ses personnages, observant leurs contradictions et leurs secrets, plaçant la caméra au ras du sol s\u2019il le faut, alignant aussi des scènes du quotidien marquées par des silences lourds de sens.En couple meurtri, Léa Drucker et Denis Ménochet frisent la perfection, aidés par le jeune Thomas Gioria, tout aussi remarquable au milieu de cette tornade émotionnelle.André Lavoie Cheval indien (V.F.de Indian Horse) ?Si le hockey apparaît trop souvent comme une religion, elle peut aussi être source de fierté, de réconfort, voire une planche de salut, même pour les peuples autochtones.Ce n\u2019est pas le seul aspect étonnant du roman de Richard Wagamese, et encore moins du film de Stephen S.Campa- nelli, un as de la steadicam souvent complice de Clint Eastwood, adaptant avec souffle et beauté ce récit qui illustre un parcours douloureux, dont celui dans l\u2019enfer des pensionnats.Trois acteurs talentueux se succèdent pour incarner Saul, jeune prodige sur la patinoire arraché à sa famille, croyant trouver son salut un bâton de hockey dans les mains.La rédemption s\u2019avérera toutefois difficile sur la glace vive du racisme et de l\u2019intolérance, le tout servi avec une virtuosité visuelle qui ajoute un éclat brillant à ce récit touchant et tragique.André Lavoie Bloqueurs (V.F.de Blockers) ?Le bal des finissants: plusieurs adolescents célèbrent la fin d\u2019une étape importante, et d\u2019autres le début d\u2019une grande délivrance! La scénariste de Pitch Perfect et de la série 30 Rock, Kay Cannon, pour la première fois derrière la caméra, fait de l\u2019événement un immense moment de pure rigolade irrévérencieuse.Car un trio de parents dominé par l\u2019excellente Leslie Mann s\u2019inquiète d\u2019apprendre que leurs filles adorées, amies depuis l\u2019enfance, ont choisi ce moment festif pour perdre leur virginité.En bons parents hélicoptères, ils vont surveiller de près leur progéniture, une escapade nocturne au pays des angoisses familiales, des valeurs maritales et des mystères de la sexualité.Le tout livré avec une abondance de fluides douteux, de pirouettes rocambolesques (bonjour The Fast & The Furious) et de situations cocasses qui dépassent parfois en audace Bridesmaids : personne ne croyait la chose possible.André Lavoie tit les poncifs misogynes desdits films (objectifiant par exemple l\u2019homme plutôt que la femme).D\u2019autre part, parce qu\u2019elle déploie une réelle vision pour conter son récit sanguinaire.La cinéaste insuffle une vraie beauté à ses plans, recourant à un symbolisme riche.Fait révélateur, le viol est le seul acte de violence qu\u2019elle ne montre pas.Assumés, revendiqués, les excès gore en rebuteront certains.On ne pourra cependant nier la pertinence du sous- texte, car Coralie Fargeat a beaucoup réfléchi non seulement sur la facture, mais aussi sur le propos de ce premier film viscéral.François Lévesque Player One (V.F.de Ready Player One) ?En 2044, la surpopulation est telle que l\u2019humanité vit dans des bidonvilles.Pour s\u2019évader, les gens passent leur temps dans l\u2019Oasis, un univers virtuel foisonnant.Avant sa mort, le créateur de l\u2019Oasis y a caché un jeu de pistes à l\u2019issue duquel le vainqueur en héritera.Une vile corporation cherche à se l\u2019approprier, cela, alors que Wade commence à percer ses mystères, dont le créateur, ayant grandi dans les années 1980, a truffé l\u2019environnement numérique de références au cinéma de cette décennie.Devant le ludique et captivant Ready Player One, un constat : Spielberg a eu du plaisir à tourner ce film.Mine de rien, on a du mal à se rappeler quand on a ressenti cela devant une de ses productions récentes.Ce qui n\u2019enlève rien à leurs mérites techniques ou dramatur- giques.Il est plutôt question d\u2019une qualité insaisissable, que l\u2019on détecte parce que ce plaisir du réalisateur de E.T.est contagieux.François Lévesque Revenge de Coralie Fargeat MÉTROPOLE FILMS La promesse de l\u2019aube ?1/2 À une époque pas si lointaine, les adaptations des romans de Romain Gary se succédaient à un rythme effréné.Éric Barbier, un habitué du polar (Le serpent, Le dernier diamant) y revient, et avec panache, dans cette relecture de son célèbre roman autobiographique brouillant une fois de plus la ligne entre vérité et fiction.Ce qui était vrai dans le livre apparaît aussi à l\u2019écran: l\u2019amour excessif et inconditionnel d\u2019une femme brisée par la vie et l\u2019Histoire (de la révolution bolchevique à la Deuxième Guerre mondiale) pour son fils, à qui de grandes choses sont destinées.Beaucoup d\u2019épisodes sont forcément sacrifiés, mais demeure cette relation fu- sionnelle dans une Europe en déroute, de la Pologne à Nice avec détours en Afrique et au Mexique.Un spectacle à grand déploiement qui peut compter sur le solide Pierre Ni- ney en écrivain militaire à l\u2019âge adulte, et surtout une étonnante Charlotte Gainsbourg dans un premier grand rôle de composition, celui de la mère dévorante.André Lavoie Tully (V.O.et V.F.) ?1/2 Marlo, 40 ans et des poussières, arrive au bout de sa troisième grossesse et du proverbial rouleau.Son salut revêtira les traits d\u2019une «nounou de nuit», Tully, sorte de Mary Poppins hipster.La réalisation de Jason Reitman (Juno) est adéquate, mais dénuée de personnalité.Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas: Tully est d\u2019abord le film de la comédienne Charlize Theron et de la scénariste Diablo Cody: elles sont respectivement le corps et l\u2019âme de ce récit inusité, et brillant, de difficile post-partum.Theron se transforme pour mieux donner vie au personnage, et rarement l\u2019expression a-t-elle mieux convenu.Cody, elle, multiplie les observations franches, brutales, souvent hilarantes, toujours fines, sur la maternité, la féminité, les méandres de la libido post-ac- couchement, le passage du temps\u2026 Des failles de ses personnages, elle extrait leur humanité.À terme, Tully propose une variation inédite, et mémorable, du thème de la renaissance.François Lévesque La Bolduc ?1/2 Mary Travers est passablement moins connue que La Bolduc: la première, fière Gaspésienne aux racines irlandaises, femme au foyer, mère souvent endeuillée, fut toujours éclipsée par la seconde, une des premières grandes Après la guerre (V.O.) ?1/2 France, 2002 \u2014 Menacé d\u2019être extradé en Italie où il a été condamné pour le meurtre d\u2019un juge en 1982, un ancien militant d\u2019extrême gauche entraîne sa fille de 16 ans dans sa fuite à Bologne.De leur côté, la mère et la sœur du fuyard subissent en Italie les contrecoups des événements alors que les plaies du passé viennent d\u2019être ravivées par un nouvel assassinat politique.Enfant des Années de plomb, la cinéaste Annarita Zambrano refuse de conférer quelque romantisme que ce soit au révolutionnaire, faisant plutôt de lui un être de paradoxes: inspirant lorsqu\u2019il parle de justice sociale, mais répugnant dans sa manière de manipuler sa fille.Ce volet français est si puissant, si finement observé et joué, que son pendant italien apparaît un peu moins abouti par comparaison.À l\u2019inverse, la mise en scène est maîtrisée de bout en bout, de l\u2019ouverture coup- de-poing jusqu\u2019à la finale dure, mais qui tend vers l\u2019apaisement.À voir.François Lévesque Le cowboy (V.F.de The Rider) ?Ce récit d\u2019un champion de rodéo brisé par une chute a l\u2019heur de s\u2019incruster dans la mémoire.Chloé Zhao instaure d\u2019emblée un rapport d\u2019intimité absolue avec le personnage, Randy Blackburn, qui fut modelé sur son interprète, Randy Jandreau (un naturel, une présence).En 2016, à 19 ans, ce dernier fut victime d\u2019un accident qui mit fin à sa carrière \u2014 et à son existence telle qu\u2019il la concevait.Il résulte de la rencontre entre la cinéaste et le cowboy un véritable état de grâce cinématographique.Attentive, Zhao capte les élans de spontanéité, les bouts de magie chaque fois qu\u2019ils surviennent.C\u2019est là une vie qui touche, qui émeut.Randy s\u2019en remettra-t-il?C\u2019est avec une acuité poétique que la cinéaste répond, filmant la splendeur et la plénitude immuables des paysages du Dakota du Sud auxquels elle donne valeur d\u2019augure.À l\u2019instar des chevaux qui s\u2019y ébattent, cela fait partie de Randy.Comme une promesse de sérénité.François Lévesque Revenge (V.O.F.) ?1/2 Non loin d\u2019une villa isolée, une jeune femme victime d\u2019un viol est laissée pour morte par ses agresseurs.Or elle survit et revient se venger.Sur papier, Revenge annonce un certain type de films d\u2019exploitation des années 1970 indéfendable même alors.Sur grand écran, c\u2019est une autre histoire.D\u2019une part, parce que Coralie Fargeat subver- La maison des Syriens ?1/2 Le métissage et la solidarité internationale se moquent des frontières et des paysages: c\u2019est autant l\u2019affaire des campagnes que des villes, comme le démontrent de belle manière Nadine Beaudet et Christian Mathieu Fournier dans ce documentaire qui ressemble parfois à une apologie de la patience.Il faut dire que ces trois réfugiés syriens attendus par un comité de parrainage sont pris dans les dédales d\u2019une crise qui rend tout très complexe.Mais à Saint-Ulbalde, un petit village de la région de Portneuf, des hommes et des femmes de bonne volonté se retroussent les manches, ne comptent pas les heures (bien que oui, parfois\u2026) et savent se faire persuasifs devant les impatients, courageux devant les intolérants.Une belle leçon de persévérance étalée sur quatre saisons, avec au cœur une maison vide, mais pleine des espoirs de villageois compatissants, et une famille du bout du monde qui n\u2019en peut plus de vivre sous les bombes.André Lavoie C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Boz Scaggs Out of the Blues Tour 2 juillet Charlotte Gainsbourg 26 et 27 juin Leslie Odom, Jr.| Jill Barber 6 juillet Metronomy Première partie : We Are Wolves 29 juin Al Di Meola Première partie : Hichem Khalfa 28 juin Jann Arden 29 juin Archie Shepp Quartet Première partie : Wray Downes 30 juin 30 juin Au rendez-vous : projections et bandes originales interprétées par l\u2019Orchestre Métropolitain.© 2 0 1 8 D r e a m W o r k s A n i m a t i o n L L C .A l l R i g h t s R e s e r v e d montrealjazzfest.com Plus de 150 concerts en salle Billets en vente maintenant ! 2 8 j u i n \u2013 7 j u i l l e t 39e LE FESTIVAL À LA MAISON SYMPHONIQUE Maison symphonique, 19 h ÉVÉNEMENTS SPÉCIAUX TD Salle Wilfrid-Pelletier, PdA, 19 h 30 LES GRANDS CONCERTS Théâtre Maisonneuve, PdA, 20 h MTELUS 20 h 30 LES RYTHMES Avengers : Infinity War ?1/2 Avec son budget faramineux, cette troisième réunion des Avengers a les moyens d\u2019être spectaculaire.Elle l\u2019est.Les acteurs sont au diapason et on a encore droit à des répliques savoureuses.Le matériel n\u2019en est pas moins usé, ce film étant le 19e de l\u2019univers cinématographique Marvel en 10 ans.Côté enjeux, on a pas mal fait le tour.Cette fois, le monstre Thanos tente d\u2019acquérir les six Pierres d\u2019infinité qui lui assureront un pouvoir absolu sur l\u2019univers tout entier \u2014 Thanos est le control freak suprême.Pour contrecarrer ses plans: Iron Man, Docteur Strange, Thor, Capitaine America, les Gardiens de la galaxie, la Panthère noire\u2026 Ils sont plus d\u2019une vingtaine à se partager un bout de l\u2019intrigue dispersée.Pis, le film met tout en place pour une apothéose mais opte in extre- mis pour l\u2019expectative: un procédé un peu cheap visant à assurer des salles pleines pour le 20e opus.À terme, ce film-ci fait l\u2019effet de ce dessert en trop qui provoque l\u2019indigestion.François Lévesque vedettes de la chanson d\u2019ici.Ces deux facettes sont réunies grâce à François Bouvier (Histoires d\u2019hiver, Paul à Québec), transformant cette observatrice de la misère des années 1930 en véritable héroïne féministe, même si l\u2019interprète de La bastringue dictait surtout sa conduite, et ses ambitions artistiques, par pur instinct de survie, pour elle et sa famille.Cet aspect quelque peu plaqué d\u2019une biographie qui couvre principalement ses années conjugales, de gloire et de déchéance physique à cause de la maladie laisse voir une femme de tête autant que de cœur.Son talent, que plusieurs ont longtemps jugé de haut, éclate le temps de quelques scènes magnifiques, et d\u2019autres émouvantes, laissant poindre celui de Debbie Lynch-White dans un rôle qui lui va comme un gant.André Lavoie Knock ?1/2 Pas étonnant qu\u2019il soit devenu une star : Omar Sy irradie à chacune de ses présences à l\u2019écran, et son sourire étincelant attire tous les regards.C\u2019est sans doute pourquoi on a bien du mal à l\u2019imaginer en petit bandit de grand chemin devenu médecin altruiste, mais parfois retors.Très librement adapté d\u2019une célèbre pièce de Jules Romains où l\u2019acteur Louis Jouvet a souvent triomphé, Knock a été réalisé par Lorraine Levy (La première fois que j\u2019ai eu 20 ans), qui signe un film plus gentil que grinçant, oblitérant volontairement certains enjeux, dont ceux à caractère racial, une jolie aberration dans un village vieille-France- béret-baguette des années 1950.Cela en fait un film que l\u2019on dirait peuplé de licornes, du cinéma de papa réconfortant, surtout grâce à la présence d\u2019acteurs chevronnés qui semblent en colonie de vacances.Et pas du tout malheureux d\u2019y être.André Lavoie La reine de la fête (V.F.de Life of the Party) ?1/2 Deanna (Melissa McCarthy, drôle et tendre), quadragénaire fraîchement divorcée, s\u2019inscrit à la même université que sa fille (Mollie Gordon) afin de terminer ses études en archéologie.La panique s\u2019installe lorsque son ex (Matt Walsh), sur le point de se remarier, menace de lui couper les vivres.Comédie gentille et conventionnelle sur l\u2019empowerment au féminin écrite par McCarthy et son mari Ben Falcone (Tammy, The Boss), La reine de la fête ressasse tous les clichés du film de campus avec une pléthore de godiches et de pimbêches.Bonne fête des Mères quand même.Manon Dumais Moi, belle et jolie (V.F.de I Feel Pretty) ?Après s\u2019être assommée, une fille ordinaire (Amy Schumer) croit correspondre aux critères de beauté imposés par les magazines de mode.Désirant rappeler que la beauté intérieure vaut plus que l\u2019apparence physique, les réalisa- teurs-scénaristes Abby Kohn et Marc Silverstein (Never Been Kissed, How to Be Single) ont concocté une embarrassante comédie aux rares moments touchants où ils exploitent la générosité de l\u2019humoriste, qui y exhibe sans complexe ce qu\u2019Hollywood condamne, capitons de cellulite et ventre mou.Médusé, le spectateur cherche à comprendre pourquoi une femme enfin sûre d\u2019elle-même ne pense qu\u2019à mettre sa beauté au service de gens superficiels et devient une plaie pour tous.Manon Dumais pérément en quête de sous-titres.Le ch\u2019ti, on le connaît pourtant, grâce à son film à succès, Bienvenue chez les Ch\u2019tis.Il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019une suite, mais d\u2019une nouvelle visite dans cette région du nord de la France, avec en prime un clash des cultures avec la bonne société parisienne.Déguisé en couturier renommé, Valentin (Boon) fait tout pour masquer son passé prolo et son accent méprisé de tous, mais l\u2019arrivée tonitruante de sa famille (alors que tous le croient orphelin!) va bousculer son existence.Comme à son habitude, il mélange sentimentalisme et humour burlesque, faisant l\u2019apologie du terroir, mais évidemment sauvé par les bonnes manières des gens de la capitale.Et même si parfois on a autant de mal à la comprendre que tous les autres, la chanteuse Line Renaud triomphe sans partage dans cette sympathique lutte des classes qui ne réinvente jamais le genre.André Lavoie La ch\u2019tite famille ?1/2 Devant la nouvelle comédie de Dany Boon, beaucoup de spectateurs d\u2019ici vont parfois se sentir comme des Parisiens devant un film québécois: déses- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 2 0 | CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Berceau de la Renaissance, Florence est reconnue, et visitée, pour les chefs-d\u2019œuvre de l\u2019histoire de l\u2019art et de l\u2019architecture qu\u2019elle recèle.Elle est la ville des grands siècles que sont le quattrocento et le cinquecento.Mais du novecento ?Voilà la principale contribution de l\u2019exposition du Centre canadien d\u2019architecture (CCA) lancée le 1er mai : la capitale de la Toscane a aussi été un nid créateur au XXe siècle.Des «utopistes radicaux», dont les dénommés UFO, Zziggurat ou 9999 (prononcez « nove , nove , nove , nove »), y ont cherché à redéfinir l\u2019architecture.Présentée en Italie à l\u2019automne 2017, Utopie Radicali .Florence 1966-1976 fait pour la première fois un retour exhaustif sur ce mouvement peu connu.Fort de son identité très italienne (le directeur Mirko Zardini, la conservatrice en chef Giovanna Borasi, le conservateur en architecture contemporaine Francesco Garutti), le CCA offre un second arrêt à cette expo.En fait, de mouvement, il n\u2019en est pas question, puisque les sept noms ici réunis (cinq collectifs et deux individus) n\u2019ont pas travaillé main dans la main, sauf à de rares occasions.Si ces radicaux de l\u2019architecture italienne ont néanmoins en commun l\u2019Université de Florence, ils ont œu- vré sans manifeste \u2014 et sans familiarités avec le parti politique Partito Radicale (1955-1989).Les nombreux projets exposés, pour la plupart non réalisés ou éphémères, répondent à une ou l\u2019autre des lectures du mot radical : il s\u2019agit soit d\u2019un commentaire politique, soit d\u2019une manière extrémiste d\u2019expérimenter sur le terrain.Le Britannique Cedric Price, qui se qualifiait d\u2019anti- architecte, serait une de leurs principales sources, les Bernard Tschumi, Rem Koolhaas ou Daniel Libeskind, leurs successeurs.Croisements et ruptures Divisées en huit sections, les salles du CCA n\u2019exposent pratiquement aucun plan, aucune maquette.On a plutôt droit à des photomontages, des archives de performances, des films, des objets de design, des installations, des vêtements.En 2004, le CCA avait présenté Sortis du cadre, une expo au ton similaire.On y retrouvait déjà Price, ou encore l\u2019anarchitecte et ar tiste Gordon Matta-Clark, mais aucun des radicaux florentins.Utopie Radicali n\u2019a pas l\u2019approche destructrice de Matta-Clark, mais les couleurs pop de la Factory d\u2019Andy Warhol.Les Florentins font d\u2019ailleurs beaucoup appel à la multidisciplina- rité où se croisent musique, design, danse et même conquête spatiale.C\u2019est par le thème « Pop » que commence l\u2019expo.Archizoom As- sociati, responsable d\u2019avoir teinté l\u2019architecture d\u2019une révolte kitsch et médiatique, est un des premiers groupes radicaux.La structure sinusoïdale du divan Superonda (1967) cherche à af franchir le meuble de sa fonction classique.L\u2019exposition Superarchitettura (1966), qui réunissait Archizoom et un autre collectif, Superstudio, invitait aussi à rompre avec le pragmatisme rassurant.«La superarchitecture, lit- on sur une affiche très cynique, est l\u2019architecture de la superproduction, de la surconsommation, de la super- incitation à la surconsommation, du supermarché, du superman, de l\u2019essence super.» Architecture mobile, immatérielle ou verte Thématiques plutôt que monographiques, les sections ne sont pas toutes dans le même ton, bien que chacune soit politisée.L\u2019approche est festive dans « Disco », où le loisir et la discothèque sont valeur de vie.Le projet Piper d\u2019Alessandro Poli, présenté ici dans sa maquette aux airs de jouet, consiste en deux grandes roues destinées à la fois à un garage et à un manège.Dans la salle « Azion », qui regroupe en photos des actions urbaines de Gianni Pettena et des collectifs 9999 et UFO, l\u2019esprit est plus anarchiste, visant à se réapproprier Dix ans d\u2019une Florence radicale Des architectes italiens ont exploré des manières extrémistes de penser l\u2019art du bâti Utopie Radicali.Florence 1966-1976.Vues d\u2019installations, 2018 SANDRA LAROCHELLE PHOTOGRAPHE 3 au cube La galerie 3 fête ses trois ans ! Elle fut fondée à Québec par un trio de collectionneurs bien connus du milieu de l\u2019art \u2014 Abdelilah Chiguer, Norber t Langlois et feu Pascal Champoux \u2014 équipe à laquelle s\u2019est ajoutée Audrey Careau en tant que directrice adjointe.Cette galerie vient de présenter le travail du duo Doyon-Rivest et of fre ces jours-ci une exposition de Claudie Gagnon.Mais elle représente aussi d\u2019autres artistes canadiens reconnus comme Annie Baillar- geon, Daniel Barrow, le trio BGL, Cooke-Sasseville ou Mathieu Valade.Pour fêter son anniversaire, la galerie 3 organise une exposition intitulée Pop Up Montréal, dans l\u2019édifice Belgo, rue Sainte-Catherine, dans le local 216, lieu où se succédèrent les galeries Pierre-François Ouellette et Graf f.Une expo qui comprend une quinzaine d\u2019œuvres d\u2019artistes de la galerie, dont l\u2019installation monumentale Camp Wakonda de Graeme Patterson.Nicolas Mavrikakis Pop Up Montréal 372 Sainte-Catherine Ouest, espace 216, jusqu\u2019au 20 mai.C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 CATHERINE RINGER première partie : Fanny Bloom 12 juin ARTHUR H première partie : Bernhari 16 juin CAMILLE première partie : Pomme 13 juin GAËL FAYE première partie : Sam Faye et D-Track 13 juin PIERRE LAPOINTE La science du coeur premières parties : Hollydays 15 juin Voyou 16 juin CANAILLES premières parties : Mon Doux Saigneur | Les Royal Pickles 9 juin L\u2019ASTRAL \u2014 19 h 30 TOUT EN CHANSON en collaboration avec LES GR ANDS SPEC TACLES THÉÂTRE MAISONNEUVE \u2014 20 h TENDANCES CLUB SODA \u2014 19h 8 AU 17 J U I N francosmontreal.com SU R L E R A DA R la ville de Florence.De Pettena, la Vestirsi di siede (1971), ou «s\u2019habiller avec une chaise », appelle au nomadisme, un peu comme le fera ici, bien plus tard, François Morelli avec des prothèses.Le territoire à couvrir est vaste, l\u2019architecture est immatérielle, le corps humain est aussi œuvre.Les utopistes rêvent à une vie sans limites, au point où certaines salles respirent l\u2019autocratie, l\u2019ésotérisme et les libertés sexuelles.Plus pragmatiques, si l\u2019on peut parler ainsi, les projets de la section « Città » (ville) observent la réalité telle qu\u2019elle est.On y pointe la banalité des constructions standards, la fragilité de l\u2019architecture ou le potentiel créateur de sites existants.Futuristes, ces architectes conceptuels auront aussi été marqués par le grand pas pour l\u2019humanité posé par Neil Armstrong.La section « Luna » donne quelques idées de leur architecture spatiale.Mais ils restent terre à terre : dans la salle «Natura», sans doute la plus liée au besoin actuel du toit vert, on y présente, de 9999, la Vegetable Garden House (1971), de Zziggurat, La città di foglie (1973) \u2014 ou « la ville de feuilles» \u2014, et de Gianni Pettena, Ice House (1971) parmi d\u2019autres formes qu\u2019il sculptait à partir de la nature.Utopie Radicali.Florence 1966-1976 Centre canadien d\u2019architecture (1920, rue Baile), jusqu\u2019au 7 octobre.MARIE-ÈVE TANGUAY MARIE-ÈVE TANGUAY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 2 2 | CRITIQUE NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Entre Paris \u2014 où j\u2019ai eu le bonheur de la voir l\u2019an dernier \u2014 et Montréal, cette expo a changé de titre et même de contenu\u2026 Lorsqu\u2019elle fut présentée au Quai Branly, elle était intitulée Picasso primitif.Au Musée des beaux-arts (MBAM), elle est maintenant désignée par une formulation complexe et élargie : D\u2019Afrique aux Amériques, Picasso en face-à-face, d\u2019hier à aujourd\u2019hui.Ce titre alambiqué souligne comment cette exposition \u2014 encore plus que sa version française \u2014 souhaite décor tiquer l\u2019évolution des liens entre l\u2019art occidental et les arts développés hors de la tradition gréco-romaine.Elle nous invite même à poursuivre la réflexion avec des œuvres créées par des artistes africains ou d\u2019ascendance africaine après la mort de Picasso.Comment l\u2019Occident et Picasso, en particulier, ont-ils appréhendé ces arts non occidentaux?Cette expo permettra de le comprendre grâce à toute une série de documents historiques (livres, revues, photos\u2026), mais surtout grâce à des comparaisons judicieuses entre des tableaux, dessins et sculptures de Picasso avec des œuvres qualifiées de non occidentales.Parler d\u2019art primitif en Amérique Désignés arts primitifs, arts nègres ou arts tribaux \u2014 arts presque sauvages \u2014, ces arts furent de fil en aiguille regroupés sous les catégories d\u2019arts premiers ou d\u2019arts des origines, avant d\u2019être nommés arts non occidentaux.Mais cette expression estelle pour autant moins eurocentriste ou moins colonisatrice ?Pourrait-on imaginer faire l\u2019inverse et décrire l\u2019art de Picasso comme étant de l\u2019art non africain ?Dans le communiqué de presse du MBAM, on parle d\u2019œuvres tirées du « musée des Autres », expression qui fait comprendre comment tout ce qui n\u2019est pas occidental est longtemps tombé dans une case à part, et même dans un musée diffé- rent, celui d\u2019ethnographie.Nathalie Bondil, directrice du MBAM et commissaire de l\u2019expo montréalaise, rappelle d\u2019ailleurs que, lorsque Picasso est mort, André Malraux conseilla à sa veuve Jacqueline de ne pas déposer sa collection d\u2019art africain et océanien dans un musée d\u2019anthropologie, mais plutôt de la garder pour un musée d\u2019art.Attitude révolutionnaire à l\u2019époque ! Alors, comment appeler ces arts inclassables?Cette expo nous rappelle aussi que le critique d\u2019art Félix Fé- néon parlait d\u2019arts lointains, alors que l\u2019historien de l\u2019art Jean Laude discutait plutôt des arts des sociétés sans écriture\u2026 Pourtant, pour Yves Le Fur, commissaire de l\u2019expo parisienne, le mot « primitif » n\u2019est pas nécessairement péjoratif.Il fut utilisé entre autres par Cézanne pour parler d\u2019un élan vers ce qui est le plus profond, le plus essentiel.Il peut ainsi évoquer les pulsions de vie, de mort ou sexuelles.Faut-il alors se rabattre simplement sur les expressions arts africain et océanien traditionnels ?C\u2019est le point de vue qu\u2019a implicitement adopté Bondil, en incluant logiquement toute une sélection d\u2019œuvres contemporaines africaines qui travaillent, tout comme Picasso, l\u2019idée d\u2019assemblage, de collage ou d\u2019appropriation de matériaux, d\u2019images ou de cultures.La chose pouvait paraître hasardeuse, pour tant les dialogues fonctionnent parfaitement.Il faut dire que cette présentation s\u2019appuie entre autres sur l\u2019impressionnante recherche réalisée par l\u2019équipe de Le Fur, qui elle-même fait référence aux livres Le nouveau dictionnaire Picasso (2012) de Pierre Daix et Picasso\u2019s Collection of African & Oceanic Art (2006) de Peter Stepan.Longtemps Picasso a nié s\u2019être inspiré de l\u2019art africain.Cette expo démontre, pièces à l\u2019appui, la proximité des recherches plastiques et intellectuelles de cet artiste avec celles d\u2019artistes africains, océaniens\u2026 Et ce dialogue complexe, ce face-à-face, se poursuivit toute la vie de l\u2019artiste, et ce, même en dehors de ses périodes précubiste ou cubiste.Réécrire l\u2019histoire de l\u2019art Voilà une expo qui relit avec intelligence l\u2019histoire de l\u2019art.On restera néanmoins surpris par un des angles de présentation historique.Dans un texte qui sert de préface, vous lirez que les œuvres contemporaines qui y sont exposées offrent une révision du Siècle des lumières, époque où le commerce des esclaves prit des «proportions industrielles».On poursuit en statuant qu\u2019à cet égard le «silence des philosophes \u2014 Locke, Montesquieu, Diderot, Rousseau \u2014 est éloquent».Voilà un raccourci embêtant\u2026 Fait-il oublier le virulent texte de Montesquieu De l\u2019esclavage des Nègres ou celui de Diderot dans Histoire des deux Indes ?Quant à Voltaire, « ému par la brutalité de l\u2019esclavage de colonies dans Candide», devrait-il être condamné parce qu\u2019« il en percevait tout de même les dividendes » ?De nos jours, ne profitons-nous pas silencieusement du travail des enfants des pays pauvres?Nos descendants devront-ils pour autant nous condamner tous?Pas si simple.Cette expo nous entraîne vers une réécriture de l\u2019histoire de l\u2019art, nécessaire dans notre monde contemporain \u2014 pensons aux statues des confédérés aux États-Unis.Mais si nous n\u2019agissons pas avec circonspection, nous ne pourrons plus présenter Balthus, Degas ou Renoir qui adoraient les jeunes filles.De plus, Degas était antisémite et misogyne.Et je n\u2019ose parler du rapport de Picasso aux femmes, blanches ou noires.D\u2019Afrique aux Amériques, Picasso en face-à-face, d\u2019hier à aujourd\u2019hui Au Musée des beaux-arts de Montréal, jusqu\u2019au 16 septembre Décoloniser le regard grâce au primitif Le MBAM propose une brillante exposition sur Picasso et notre rapport aux arts dits premiers Photo du haut : Pablo Picasso, Mère et enfant, Paris, été 1907 SUCCESSION PICASSO / SODRAC (2018).PHOTO © RMN-GRAND PALAIS / RENÉ-GABRIEL OJÉDA À droite : Mickalene Thomas, J\u2019ai appris à la dure, 2010 © MICKALENE THOMAS / SODRAC (2018) À gauche : Artiste de Nouvelle-Irlande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, sculpture cérémonielle malanggan, début du XXe siècle PHOTO © MUSÉE DU QUAI BRANLY \u2013 JACQUES CHIRAC / ART RESOURCE, NY / CLAUDE GERMAIN LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Critique L\u2019hommage de Daniel Pennac à son frère Cannes Les lettres d\u2019amour de Gilles Jacob L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 L i r e 2 4 | CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR En véritables fables modernes et ul- traréalistes, les récits de Grégoire Delacourt frappent là où ça fait mal, à grands coups d\u2019impitoyables vérités, de leçons douloureuses, d\u2019évanescentes promesses de bonheur et de réflexions sur la tragédie des stéréotypes.La femme qui ne vieillissait pas ne fait pas exception à la règle.Comme Oscar Wilde, dont l\u2019inoubliable Dorian Gray formulait le souhait de voir son portrait vieillir à sa place afin de conserver son éternelle jeunesse, Delacourt s\u2019intéresse avec ce septième roman à l\u2019angoisse vaine et universelle suscitée par l\u2019inéluctable et vertigineuse course du temps.À travers le personnage de Betty qui, à quarante-sept ans, n\u2019a «toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d\u2019oie ni ride du sillon nasogé- nien, d\u2019amertume ou du décolleté ; aucun cheveu blanc, aucun cerne », alors que ses amies, pour retrouver l\u2019amour et les illusions de leurs vingt ans, placent leurs espoirs dans le scalpel et les injections, l\u2019auteur de La liste de mes envies situe l\u2019obsession de la jeunesse dans la crainte de la solitude et de la mort anonyme.Pourtant, pour Betty et son mari, qui s\u2019amusaient à s\u2019imaginer en bienveillants vieillards, les doigts entrelacés sur un banc de parc, leur visage persillé témoignant de leur histoire, l\u2019inaltérable printemps s\u2019avère plutôt un fardeau.Car le temps, contrairement à l\u2019image de la protagoniste, n\u2019interrompt pas son élan, entraînant amant, fils et amis sur son passage, astreignant progressivement cette dernière à l\u2019isolement.« [\u2026] parce qu\u2019il n\u2019est pas normal d\u2019avoir trente ans pendant trente ans; parce qu\u2019il faut bien que ce qu\u2019on a aimé un jour s\u2019altère, que l\u2019image qu\u2019on a eue s\u2019amenuise, petit à petit, s\u2019efface, pour nous rappeler son éphé- mérité et la chance que nous avons eue de l\u2019attraper, comme un papillon au creux de la main; il faut que les choses meurent pour que nous ayons la certitude de les avoir un jour possédées.» Par sa plume acérée, sa clairvoyance et ses formules percutantes, Grégoire Delacourt, bien qu\u2019il ne parvienne pas tout à fait à réconcilier son lecteur avec les rides et les cheveux blancs, rappelle le privilège de la vieillesse et donne à tout le moins le fervent désir de ne jamais marcher dans les traces de ces femmes qui falsifient leur corps et lèsent leur esprit pour faire jaillir une dernière étincelle, pour retenir de nouveau le regard, ne serait-ce que quelques secondes.Bien qu\u2019il ne fasse pas toujours dans la nuance, empruntant çà et là quelques raccourcis pour exposer les tourments de l\u2019âme féminine, appuyant un peu trop lourdement la confiance de la femme dans l\u2019unique lucarne de l\u2019homme, le message passe et rassure, en rappelant que « la beauté n\u2019est pas la jeunesse, et la jeunesse n\u2019est pas le bonheur» et que la responsabilité de la béatitude ne se trouve nulle part ailleurs qu\u2019entre nos propres mains.Grégoire Delacourt et la victoire de l\u2019âge La femme qui ne vieillissait pas est un conte réaliste sur le fardeau et l\u2019espoir factice de la jeunesse éternelle L\u2019auteur situe l\u2019obsession de la jeunesse dans la crainte de la solitude.ARNAUD DELRUE La femme qui ne vieillissait pas ?1/2 Grégoire Delacourt, JC Lattès, Paris, 2018, 253 pages I L S O N T P I Q U É N OT R E C U R I OS I T É Il faut se méfier des images figées dans les préjugés et dans le temps.La Corée du Nord ne serait plus une dictature grise et moyenâgeuse.Kim Jong-un n\u2019en serait pas plus le leader démoniaque prêt à toutes les folies pour assurer son pouvoir, au mépris de l\u2019équilibre de sa région et du monde.Vingt ans d\u2019enquête «dans tous les pays frontaliers» et en Corée du Nord, d\u2019entrevues et de rencontres avec des Nord-Coréens de l\u2019intérieur permettent aux auteurs de cet essai de mettre en perspective les idées reçues en racontant une Corée du Nord en pleine mutation qui, oui, veut assurer la survie de son régime, et le fait en prenant le chemin du précapitalisme, en améliorant la vie de son peuple ou en formant des pirates informatiques pour détourner les monnaies virtuelles à son avantage.Un monde qui fait peur à Donald Trump, surtout parce qu\u2019il n\u2019essaye pas de le comprendre, résument les auteurs.Le monde selon Kim Jong-un Juliette Morillot et Dorian Malovic, Robert Laffont, Paris, 2018, 268 pages «De mois en mois, la terre, actuellement, se rétrécit et, ce qui est plus important encore, le domaine de l\u2019imagination diminue.» Qui parle?Rudyard Kipling, le 17 février 1914, devant les membres de la Royal Society of Geography de Londres où il expose sa vision d\u2019un monde en mutation.Un monde qu\u2019il connaît bien pour l\u2019avoir parcouru, dès l\u2019âge de 16 ans, pour le compte de la Civil et Military Gazette de Lahore en Inde.Rédacteur hyperactif à l\u2019activité débordante et protéiforme, l\u2019homme laisse très vite sa marque dans l\u2019univers de la chronique et du reportage, dont plusieurs sont rassemblés ici : ses Lettres de marque, qui relatent un voyage au Rajputana en 1887, ses Lettres du Japon, ses Lettres aux Américains et des Lettres de voyages qui, ensemble, invitent autant au respect qu\u2019à l\u2019évasion.Le parfum des voyages Rudyard Kipling, Robert Laffont, Paris, 2018, 660 pages Fabien Deglise Le fou et le génie ASSOCIATED PRESS L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 HARARI YUVAL NOAH L\u2019histoire du monde me fascine parce que c\u2019est la mienne.C\u2019est notre biographie à tous.Stéphane Laporte, La Presse PHOTO AUTEUR © ILYA MALNIKOV - ILLUSTRATION COUVERTURE © STUART DALY - DESIGN © SUZANNE DEAN Albin Michel MAINTENANT VOUS ALLEZ CONNAîTRE LE FUTUR L\u2019œuvre incomplète d\u2019Amílcar Torpp ?André Marois et Pierre Pratt, Somme toute, Montréal, 2018, 164 pages Ne pas trop chercher à comprendre et se laisser bercer par la douce illusion des faits : Amílcar Torpp a étudié à l\u2019École polytechnique de Montréal pour devenir ingénieur en énergie électrique.Mais un jour, il tue sa femme pour ne pas avoir à lui avouer qu\u2019il veut quitter l\u2019ingénierie pour se lancer dans l\u2019illustration.Et il se met à dessiner.Pas n\u2019importe quoi : des couver tures de polars toutes porteuses d\u2019un t i tre en por tugais.Celle inti tulé Le bègue (O gago , dans la langue de Pessoa) représente même sa douleur « sous la forme d\u2019un couteau qui le transperce, mais qui semble l\u2019avoir raté (épargné ?) quelques fois ».Amílcar Torpp a tué pour dessiner.« Maintenant, il dessine parce qu\u2019il a tué», ce qui semble particulièrement amuser André Marois et Pierre Pratt, qui viennent de donner la vie à ce personnage singulier.Le deuxième est illustrateur, il a vécu à Lisbonne, où il a imaginé des couvertures de livres sans autre intention que de se distraire.Le premier est romancier, auteur de polars, et a décidé de coller de courtes histoires à ces dessins donnant l\u2019impression de construire quelque chose d\u2019inachevé.Au début, la marée de l\u2019Atlantique crache le corps d\u2019un homme recroquevillé tenant fermement un dossier dans un sac en plastique, dossier contenant les couvertures de 32 polars.À la fin, l\u2019inspecteur en chef De Moraes estime que l\u2019af faire est réglée.Entre les deux, outre le bègue, le lecteur fait la connaissance rapide de Nadia, d\u2019un manchot, croise un pendu qui a enlevé ses chaussures ou dix petits Japonais dans un assemblage de 32 récits interreliés, mais pas toujours, qui prennent appui sur les codes d\u2019un genre pour démontrer très vite que « tout est dans tout, et vice versa».C\u2019est étrange et brillant à la fois.C\u2019est ludique et bien ficelé, mais au final, c\u2019est surtout aussi mystérieux comme objet que le destin du personnage qui en occupe le centre.Fabien Deglise Tuer pour dessiner L\u2019empire du mensonge ?1/2 Aminata Sow Fall, Le Serpent à plumes, Paris, 2018, 125 pages Une prose dénudée, une absence d\u2019éclat qui exacerbe la sincérité des émotions, une douceur inhabituelle dans la dénonciation, des personnages soudés, à l\u2019abri de la superficialité ; dix ans après sa dernière offrande littéraire, l\u2019écrivaine sénégalaise Aminata Sow Fall n\u2019a rien perdu de sa délicate sagesse.De sa plume suggestive plutôt que militante, la romancière de 74 ans porte un regard acerbe sur la société sénégalaise, la corruption omniprésente, la course insatiable au gain et au pouvoir, offrant de ce fait une critique universelle des tares de l\u2019humanité moderne, de sa décadence morale, de sa «gymnastique nationale et mondiale » : le mensonge.À travers des personnages qui ne sont individuellement qu\u2019effleurés au passage, leur force et leur beauté résidant dans les liens qui les unissent, l\u2019auteure souligne et encense les valeurs de curiosité, de dignité, de courage et de fraternité dont elle déplore l\u2019étiolement progressif.Ces protagonistes, ce sont les membres de trois familles réunis dans un espace commun, une cour paradisiaque où se partagent le plaisir de la nourriture, le devoir de transmission, les joies et les peines.Dispersés par une sévère famine, les enfants grandissent, nostalgiques de cette époque de solidarité.Peu à peu ils se retrouveront et créeront à leur tour une nouvelle cour qui évoluera en un véritable plaidoyer pour l\u2019éducation des enfants et pour l\u2019entraide.Malgré la misère sous-jacente à la terre de l\u2019hospitalité, les bidonvilles anarchiques sans canalisations, l\u2019absence de services publics, l\u2019omniprésence de la saleté et de la misère, les héros sont animés d\u2019une volonté de réussir dénuée de l\u2019individualisme inhérent à l\u2019ambition.Tour à tour, ils sèmeront les grains d\u2019un rêve, forgeront de leurs propres mains une vie meilleure fondée sur la tolérance et la justice.Bien que frôlant par moments la dichotomie, ce roman où le bonheur est d\u2019une simplicité exempte de naïveté est une grande ode à la culture et au dépassement de soi.Une rare source d\u2019inspiration.Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Éloge de la connaissance L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 L i r e 2 6 | CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Mathilde avait toujours eu avec son jeune frère une relation étroite, quasi exclusive.Dif férent comme elle, à leur manière tous les deux semblables, attiré par les garçons comme elle était attirée par les filles, ils seront proches jusqu\u2019à ce que le jeune hom - me se métamorphose à l\u2019adolescence en une sorte d\u2019exalté religieux.Pour son quatrième roman, Françoise de Luca, Montréalaise née en Italie en 1956, reste fidèle aux thèmes de ses premiers livres et compose une histoire dans laquelle une peintre française installée à Brooklyn essaie de s\u2019affranchir des fantômes de son passé familial et amoureux.Campé dans une époque floue à la géographie incer taine, Le renard roux de l\u2019été raconte l\u2019histoire en accéléré de cette jeune femme qui va quitter « la petite ville grise » européenne pour la « Grande Ville », où elle ira étudier les arts visuels.Loin de sa famille, elle vivra une courte histoire d\u2019amour avec Sara, étudiante comme elle à l\u2019école des beaux-ar ts, avant que celle-ci ne parte rejoindre son père, diplomate au Japon.Malgré de belles promesses, Mathilde n\u2019aura plus jamais de nouvelles.À qui la faute ?De perte en perte, la jeune femme se reconstruit, tandis que la peintre en elle se trouve et s\u2019af firme.Ce qu\u2019elle fixe sur la toile devient une forme de permanence qui lui fait défaut, une présence plus vraie et plus concrète, éprouve-t-elle, que tous les serments d\u2019amour.Quelques années plus tard, après un déménagement à New York, malgré le temps et la distance, la douleur et le manque persistent.« Toutes les recherches de Mathilde étaient demeurées vaines.Et elle s\u2019étonnait toujours que dans cette immense galaxie du possible, là où l\u2019univers entier semblait à sa portée, il n\u2019y ait nulle part trace de Sara ni de son père.Sara était-elle devenue peintre?Pourquoi n\u2019avait-elle pas répondu à Jérémy?Avait-elle choisi un autre nom?Pourquoi Mathilde n\u2019avait- elle jamais reçu de lettre?» De ruptures en abandons, Mathilde tombera amoureuse d\u2019une autre femme, s\u2019approchant peu à peu du bonheur.«Il n\u2019y a pas de mots pour décrire le bonheur.Il ne se mesure qu\u2019en images: la vie éclatant de partout et se recourbant autour de quelques visages et d\u2019un carré de rues.» Mais toujours habitée par le souvenir de sa relation symbiotique avec son frère, avec lequel elle a coupé les ponts, et croyant un jour l\u2019apercevoir dans la rue, elle sera forcée de faire la paix avec tous les fantômes de son passé.À sa manière, elle fera le choix de « la ligne médiane » pour mieux nourrir «l\u2019alchimie de la toile».À coups de phrases sobres ou interrogatives, Françoise de Luca compose une sorte de roman d\u2019apprentissage à demi impressionniste où la protagoniste recherche un équilibre intérieur rompu.L\u2019auteure de Pascale (Varia, 2003) et de Sèna (Marchand de feuilles, 2015) met au jour une fois encore avec sensibilité des racines familiales tordues et des histoires d\u2019amitiés féminines équivoques.Entre passions sobres et désincarnées, déchirements et création artistique, Le renard roux de l\u2019été est malgré tout une histoire sans éclat racontée sur un mode linéaire.Moyen et un peu redondant.Un roman d\u2019apprentissage à demi impressionniste Françoise de Luca raconte l\u2019histoire en accéléré d\u2019une femme fuyant les fantômes de son passé Françoise de Luca publie un roman campé dans une époque floue.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Le renard roux de l\u2019été ?Françoise de Luca, Marchand de feuilles, Montréal, 2018, 248 pages ESSAI Porn Valley Une saison dans l\u2019industrie la plus décriée de Californie ?Laureen Ortiz, Premier Parallèle, Paris, 2018, 320 pages Après la Silicon Valley, plus au nord, c\u2019est l\u2019autre «Valley » de l\u2019État le plus populeux des États-Unis.Surnommée « Porn Valley », la vallée de San Fernando abonde en tournages, en vedettes du X et en jeunes inconnues venues souvent de la Bible Belt américaine pour servir de chair à canon à des sites comme Pornhub \u2014 au 31e rang parmi les sites Web les plus visités au monde.La journaliste Laureen Ortiz lève un peu le voile sur cette industrie de l\u2019ombre avec Porn Valley.Une saison dans l\u2019industrie la plus décriée de Californie.Cette Française qui a travaillé comme correspondante aux États- Unis pour Libération et l\u2019AFP a choisi de s\u2019intéresser de près à l\u2019industrie de la pornographie en Californie.Laureen Or tiz va y passer trois mois en 2015 à explorer les coulisses de cette petite industrie locale, rencontrant vétérans du porno, producteurs, actrices et militants.Elle va ainsi y suivre les ef for ts d\u2019une ancienne actrice pour former un syndicat et se faire l\u2019écho des débats entourant l\u2019obligation du port du préservatif durant les tournages de films X \u2014 loi votée par la Californie en 2014, aujourd\u2019hui abrogée.Mais il y a plus : « Plus menaçant que le préservatif, une société ultra secrète, basée à Montréal, mais dont le siège se trouve au Luxembourg, a fauché le secteur à coup de contenus piratés et gratuits via les \u201ctubes\u201d et autres \u201chubs\u201d (YouPorn, PornHub, Redtube, etc.).» Une intéressante mais un peu trop sage incursion gonzo dans l\u2019industrie du X.Hunter S.Thompson et Tom Wolfe étaient écrivains, ce que n\u2019est pas d\u2019évidence l\u2019auteure de Porn Valley, qui est aux commandes d\u2019un récit faible et mal ser vi par une recherche sommaire.Un livre qui nous donne l\u2019impression que, par dégoût ou par pudeur, l\u2019auteure détourne le regard de son sujet.Christian Desmeules Dans la vallée des avalés POÉSIE Désinhibée ?Emmanuelle Riendeau, L\u2019Écrou, Montréal, 2018, 112 pages «Dropout du 2e cycle, loner défoncée, saucée de belles lettres, millenial basic babe, lectrice délirante », Emma- nuelle Riendeau n\u2019affiche pas exactement le profil propret de celle que l\u2019on invite à bruncher chez ses parents pour la fête des Mères.«Vomir dangereusement / je vous attends à la sortie / de la librairie / un ouvre- bouteille / en guise d\u2019argument », annonce en guise d\u2019art poétique la star titubante de la scène montréalaise des micros ouverts.Disciple de Drake et de Josée Yvon, la « simili princesse pour emporter » multiplie les emprunts au vocabulaire du hip-hop et à la scansion du rap, comme les porte-étendard de la contre-culture des années 1970 s\u2019adossaient au rock.Là où Lucien Francœur avait élu Jim Morrison en guise de figure tutélaire, Riendeau, elle, a dans son coin Nicki Minaj et tra i te les gars avec le même égard que le freak de Montréal parlait jadis de sa Barbie en vie.« Lick it well / et j\u2019écrirai un poème sur toi / maybe », suggère-t-elle, bien consciente de la subversion de ce renversement de perspective.Quelque part entre l\u2019autocongratu- lation arrogante douchée de champagne bon marché et le mépris de soi quand les arrière-goûts de la veille s\u2019attardent dans notre bouche, Désinhibée présente l\u2019autodestruction comme un attentat contre la sagesse d\u2019une poésie qui ferait beau, mais qui s\u2019entêterait à ne rien dire.« Le pornographique de mes mots / n\u2019invalide pas le littéraire / de mes baises », assure la « call girl on the run», comme si la poésie était la fois une damnation, une bénédiction et un personnage auquel on joue pour oublier que l\u2019on est « celle à qui on dit tout / sauf je t\u2019aime ».Rien n\u2019est ici trop sacré, ni la langue française, lourdement noyautée par l\u2019anglais, ni la poésie, qui peut émerger d\u2019une chanson de La Chicane (faut le faire).Même Simone y goûte : «On ne naît pas horny / on le devient.» Provocante, elle fait exprès, et elle (le) fait bien.Dominic Tardif Attentat contre la sagesse L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Essais étrangers Une loyauté à toute épreuve.Vérité, mensonge, éthique.James B.Comey/Flammarion Québec 1/2 Le feu et la fureur.Trump à la Maison Blanche Michael Wolff/Robert Laffont 2/8 Le miracle Spinoza Frédéric Lenoir/Fayard 3/23 Sapiens.Une brève histoire de l\u2019humanité Yuval Noah Harari/Albin Michel 4/114 Homo deus.Une brève histoire de l\u2019avenir Yuval Noah Harari/Albin Michel 5/33 Lire! Bernard Pivot | Cécile Pivot/Flammarion 6/3 Un continent derrière Poutine?Anne Nivat/Seuil \u2013/1 Holocauste.Une nouvelle histoire Laurence Rees/Albin Michel 7/2 Histoire de la sexualité \u2022 Tome 4 Les aveux de la chair Michel Foucault/Gallimard \u2013/1 10 Pourquoi lire les classiques (Nouvelle traduction) Italo Calvino/Gallimard 8/3 Essais québécois 25 mythes à déboulonner en politique québécoise Michel C.Auger/La Presse 1/3 Demain le Québec.Des initiatives inspirantes pour un.Collectif/La Presse 3/3 En as-tu vraiment besoin?Pierre-Yves McSween/Guy Saint-Jean 4/79 Un selfie avec Justin Trudeau Jocelyn Coulon/Québec Amérique 2/4 La crise de la masculinité Francis Dupuis-Déri/Remue-ménage 6/3 Libérer la colère Collectif/Remue-ménage 8/3 Les belles-sœurs.L\u2019œuvre qui a tout changé Mario Girard/La Presse \u2013/1 Le peuple rieur.Hommage à mes amis Innus Serge Bouchard | Marie-Christine Lévesque/Lux 7/23 Le manifeste des parvenus Julia Posca/Lux 5/3 Sur la piste du Canada errant Jean Morisset/Boréal \u2013/1 Romans étrangers La jeune fille et la nuit Guillaume Musso/Calmann-Lévy 1/2 La disparition de Stephanie Mailer Joël Dicker/Fallois 2/6 Après tout Jojo Moyes/Milady 3/2 La fille de Maggie Joanna Goodman/Guy Saint-Jean 7/2 Madame Pylinska et le secret de Chopin Eric-Emmanuel Schmitt/Albin Michel 5/3 Le chasseur de lapins Lars Kepler/Actes Sud 4/3 Sans défense Harlan Coben/Belfond 6/3 La terre des morts Jean-Christophe Grangé/Albin Michel \u2013/1 La fille dans les bois Patricia J.MacDonald/Albin Michel 8/3 Une fille en cavale Charlotte Link/Presses de la Cité \u2013/1 Romans québécois Yamaska, Julie Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 1/5 Yamaska, Hélène Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 2/5 Yamaska, Réjanne Anne Boyer | Dominique Drouin/Homme 3/5 Autoportrait de Paris avec chat Dany Laferrière/Boréal 4/3 Le gazon.plus vert de l\u2019autre côté de la clôture?Amélie Dubois/Les Éditeurs réunis 5/6 Indésirables Chrystine Brouillet/Guy Saint-Jean 6/3 Le petit chaperon rouge Sonia Alain/ADA 8/3 Le grand magasin \u2022 Tome 3 La chute Marylène Pion/Les Éditeurs réunis 7/3 Pinocchio Maude Royer/ADA 9/3 La quête d\u2019Alice Gagnon \u2022 Tome 1 Une fille de Chicoutimi Louise Chevrier/Hurtubise \u2013/1 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Du 30 avril au 6 mai 2018 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien financier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.AUTEUR/ÉDITEUR CLASSEMENT PRÉCÉDENT/ NB DE SEMAINE(S) RANG Palmarès Les hommes de madame Oates Il y a quelques mois, je parlais d\u2019un «automne JCO»: trois livres en français de ce monstre sacré des lettres américaines.Eh bien, ça continue\u2026 À peine le temps de souffler que voici un quatuor de nouvelles totalisant 250 pages (Amours mortelles, 2018, Philippe Rey, traduit de l\u2019américain par Christine Auché).Dans cette manne de proportions bibliques que madame Oates continue de faire pleuvoir sur la Littérature, et dont le flirt avec le gothique est un trait récurrent, la dernière fournée offre un pain plus noir que jamais, sur et amer, marqué de plusieurs croix.On peut remarquer, sans pour autant verser dans un appui tacite aux thèses défendues par les groupuscules masculinistes de la tendance supréma- ciste, que l\u2019image du mâle blanc occidental, qui n\u2019a pas le bonheur d\u2019être queer et qu\u2019affligent des pulsions hétérosexuelles d\u2019une suspecte normalité, est devenue un fardeau, la preuve de quelque crime encore à commettre, faisant de lui la cible idéale de toutes les vindictes, de toutes les montées de lait, un coupable a priori.Une analyse le moindrement poussée du profil socio-psychologique des personnages masculins d\u2019Amours mortelles ne serait, en tout cas, vraiment rien pour remonter le moral du queutard nord-américain ordinaire.Dans la première nouvelle, un grand ponte des arts de la scène californien accule sa quatrième femme, qui lui concède une trentaine d\u2019années \u2014 «cette différence d\u2019âge ressemblait à une fissure dans le sol, qui n\u2019aurait représenté un danger que si on essayait de sauter par-dessus» \u2014, au suicide.Dans la seconde, le garçon un peu plus vieux dont est tombée amoureuse la narratrice de 16 ans s\u2019avérera être un psychopathe qui, des années auparavant, a assassiné sa jeune sœur à coups d\u2019aviron pendant une promenade en barque.Dans la troisième, un adolescent, membre d\u2019une fraternité étudiante, règle le cas de ses deux parents à coups de hache, à la Raskolnikov, de nuit, avec préméditation, dans leur chambre de la grosse maison de banlieue familiale.Dans la quatrième enfin, une jeune femme abusée sexuellement par son grand-père au cours de son enfance ourdit malgré elle sa vengeance en lui donnant rendez-vous dans un cimetière, occasion que saisit son soupirant, pour corriger et bastonner à mort le vieux pervers.Dans ces quatre fictions, à l\u2019exception des quelques personnages secondaires au sujet desquels on ne sait presque rien (exemple: le paternel expédié à coups de cognée par fiston), impossible de trouver un seul protagoniste mâle qui ne soit pas un agresseur libidineux en position d\u2019autorité (le ponte culturel, le grand-père) ou un être habité d\u2019une violence primaire dont les pulsions sadiques et homicides n\u2019attendent qu\u2019une occasion d\u2019éclater (le petit copain, le fils, l\u2019amant).Dans un des essais réunis sous le titre La foi d\u2019un écrivain, réédité en format poche l\u2019automne dernier (Philippe Rey, 2018, traduit de l\u2019américain par Claude Deban), Joyce Carol Oates, écrivant sur son enfance, notait ceci à propos de ses anciens petits camarades d\u2019école : «Ces garçons apprenaient de leurs pères à chasser et tuer des animaux, et ils \u201ctaquinaient\u201d (le mot \u2018harcèlement\u2019 n\u2019avait pas encore cours) sans pitié les enfants plus jeunes.Certaines de ces \u201ctaquineries\u201d pouvaient devenir très cruelles [\u2026], elles glissaient en tout cas vers ce que, dans un environnement plus policé, on qualifierait d\u2019\u201cagression\u201d et d\u2019\u201cagression sexuelle\u201d\u2026 mais c\u2019est une autre histoire, en désaccord avec la poésie de la nostalgie enfantine.» Dans un autre essai du même recueil, Écrire et courir, revenant sur cette période, elle écrivait : «Souvent, lorsque je cours dans les paysages les plus idylliques, je me rappelle les galopades affolées de mon enfance; j\u2019étais un de ces enfants malchanceux qui n\u2019avaient pas de sœur ou de frère aînés pour les protéger contre la cruauté systématique des camarades plus âgés, ce qui en faisait des proies faciles.[\u2026] Les abus sexuels nous semblent les plus répugnants de tous, et ce sont assurément ceux qui provoquent une amnésie palliative.» Ce qui ressemble assez à une confession à peine déguisée, curieusement glissée dans un essai censé traiter des rapports entre le jogging et l\u2019écriture.Sur Twitter, Oates s\u2019est prononcée en faveur du mouvement #MeToo.Et dans une récente critique d\u2019un roman de A.J.Finn qu\u2019elle signait dans le New Yorker, y saluant «une triomphante parabole de #MeToo», elle ajoutait : «La vengeance, cruellement tardive, est tout de même douce » (ma traduction).Et donc, oui, il y en a sans doute, des raisons pour que les hommes de ces Amours mortelles se résument à une aussi belle collection de salauds.«Son problème, dit de l\u2019ado parricide la narratrice de «L\u2019exécution», c\u2019est qu\u2019il était né avec la mauvaise couleur de peau.Si seulement il avait eu la peau sombre\u2026» White man\u2019s tears.Louis Hamelin Chronique L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 L i r e C a n n e s 2 0 1 8 2 8 | ENTREVUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR e paradoxe est aussi prévisible qu\u2019amusant : depuis des lunes, la relation entre le Festival de Cannes, qui a remis ses paillettes en marche sous les flashs des photographes cette semaine pour une 71e édition, et Hollywood, haut lieu du rêve mis en pellicule, a toujours navigué entre l\u2019amour et la haine.Et rien n\u2019est plus normal.C\u2019est que l\u2019un a besoin des films de l\u2019autre pour donner du coffre, du faste, du glamour à son événement.Et l\u2019autre se demande bien ce qu\u2019il irait « faire au Festival, surtout en compétition », avec le risque de vivre l\u2019affront public d\u2019une Palme lui passant sous le nez «au profit d\u2019un petit film d\u2019auteur devant un jury international aux goûts peu discernables», résume Gilles Jacob, ex-délégué général et ex-prési- dent de l\u2019illustre messe du cinéma mondial et auteur du Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes, une déclaration d\u2019amour en 800 pages à un lieu, à une instance de valorisation, à ses artisans, à ses stars, à sa conception du cinéma, à son passé et aussi à son avenir que Cannes, y compris dans l\u2019euphorie des prochains jours qui vont faire de la ville du sud de la France l\u2019épicentre du septième art, ne devrait jamais tenir pour acquis, dit-il.«Rien n\u2019est éternel, lance au téléphone Gilles Jacob, joint il y a quelques jours par Le Devoir.Cannes a une avance très forte sur les autres festivals, parce qu\u2019il a le marché du film le plus important du monde associé à un volet artistique d\u2019envergure.Mais il a des concurrents sérieux», dont le Festival international du film de Toronto, pointe-t-il, comme une nouvelle flamme vers laquelle Hollywood pourrait bien un jour se tourner pour entamer une nouvelle relation, comme dirait l\u2019autre.« Hollywood n\u2019a jamais voulu faire un festival international parce qu\u2019il en serait toujours l\u2019unique gagnant, dit l\u2019homme qui a côtoyé, enlacé, embrassé les plus grandes stars du monde au sommet des marches du Palais des festivals pendant ses 13 années de présidence.Toronto, un concurrent Par contre, Hollywood ne boude pas Toronto, parce que l\u2019endroit est proche de Los Angeles, parce qu\u2019on y parle la même langue et parce que, mieux que Cannes, l\u2019événement est bien placé dans l\u2019année pour le début de la campagne des Oscar.En plus grand nombre année après année, les agents, les acheteurs, les acteurs, les vedettes sont là.Ce qu\u2019il manque à Toronto, c\u2019est une compétition de films.Et si cela devait s\u2019y ajouter, alors Toronto deviendrait un concurrent estimable et sérieux » au vieux festival du Vieux Continent.Mais tout ça, ce ne sont que des «si» avec lesquels on peut mettre autant Cannes en bouteille que faire naître l\u2019illusion sur un grand écran dans une salle obscure, une magie que l\u2019homme connaît bien pour l\u2019avoir dé couverte en 1964, lors de son premie festival.Gilles Jacob était alors jeune journaliste à la revue Cinéma 64.I est ensuite passé à L\u2019Express.«C\u2019étai l\u2019émerveillement, se souvient-il.J\u2019ar rivais dans le temple du cinéma, je rencontrais des metteurs en scène Un cinéphile comme moi était com blé.Il y avait aussi moins de monde qu\u2019aujourd\u2019hui, pas de sécurité, pa de gardes du corps, juste un événe ment ar tistique.C\u2019était beaucoup plus agréable.» Depuis 1978, année où, comme re cruteur d\u2019aspirants à la Palme d\u2019or Gilles Jacob a fait fi de la politique in ternationale pour présenter à Canne L\u2019homme de marbre du Polonais An drzej Wajda, alors censuré dans son pays \u2014 le film a reçu le prix de la Fé dération internationale de la presse cinématographique cette année-là \u2014 Cannes a effectivement bien changé dit-il, en assumant sa part de respon sabilité.« En matière de sécurité, on prêche aujourd\u2019hui par le trop-plein dit-il.Quand les stars débarquent L La déclaration d\u2019amour de Gilles Jacob au Festival de Cannes L\u2019ex-président des lieux consacre un dictionnaire aux petites anecdotes et aux grands moments qui ont fait l\u2019institution cinématographique | 2 9 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 e é- er e Il it r- e e.me s e- p e- r, n- s n- n é- e \u2014, é, n- n n, à Gilles Jacob sur\u2026 Harvey Weinstein « Il y avait quelque chose dans son physique et dans ses manières qui me dégoûtait.Ce n\u2019était pas tant sa corpulence que son regard acéré, dont on sentait confusément qu\u2019il vous scrutait pour mieux vous intimider », écrit-il à la lettre W de son Dictionnaire amoureux du festival de Cannes.«C\u2019était quelqu\u2019un d\u2019extrêmement violent qui n\u2019hésitait pas à vous téléphoner 15 fois pour vous forcer à prendre un de ses films [dans la sélection], ajoute l\u2019ex-prési- dent du Festival au téléphone.Nous ne savions rien de ce qu\u2019il cachait, mais ce que nous avons appris révèle qu\u2019il n\u2019est pas normal et qu\u2019il est répugnant.» Xavier Dolan « L\u2019arrivée sur la scène internationale du petit prodige Xavier Dolan, né en 1989, découvert par la Quinzaine (J\u2019ai tué ma mère), multi- primé à vingt-huit ans (Mommy, Juste la fin du monde, Grand Prix Cannes 2016), fait du bruit.À ce rythme, il ne sera pas long à rattraper, le record de participation can- noise de Denys Arcand, phénoménal succès mondial avec Le déclin de l\u2019empire américain\u2026 au titre symbolique (Quinzaine 1986).Et \u2014 qui sait ?\u2014 à réconcilier un cinéma de recherche boudé par le public et un cinéma de coproduction à gros budget\u2026 », écrit-il dans son article consacré au Québec.Article dans lequel il revient sur J.A.Martin photographe, de Jean Beaudin, et son prix d\u2019interprétation décerné à Monique Mercure en 1977 et sur Jean-Claude Lauzon, « destiné à une grande carrière », « mais mort prématurément à quarante-trois ans dans un accident d\u2019avion ».La critique « On tiendra compte, bien sûr, du tempérament de chaque critique, mais, au Festival, il est plus facile de descendre en flammes un film qui a déplu que d\u2019exposer longuement, après mûre réflexion, les qualités et les défauts d\u2019une œu- vre attendue, y compris au tournant », écrit-il avant de nuancer lui-même ses propos.« Je pose un regard critique sur la critique, mais c\u2019est aussi un regard tendre, dit-il.Les critiques travaillent très dur pendant le Festival.Tout va trop vite.Ce n\u2019est pas évident pour eux.Mais ce métier reste tout de même l\u2019intermédiaire entre l\u2019artiste et le public.Sans critique, il n\u2019y aurait pas de progrès du cinéma.» Jeanne Moreau « C\u2019est la marraine du Festival, car elle a occupé tous les postes, dit-il.Elle a été starlette, comédienne, elle a gagné un prix d\u2019interprétation [pour son rôle d\u2019Anne Desbarèdes dans Moderato cantabile de Peter Brook, en 1960], elle a été deux fois présidente du jury, elle a présenté les cérémonies de remise de la Palme d\u2019or, celle du cinquantième anniversaire\u2026 Et en plus de son talent, elle avait une très grande sensibilité.C\u2019était une grande dame du cinéma.» Serge Losique « Le souverain et talentueux Serge Losique a très longtemps porté à bout de bras le Festival des films du monde de Montréal, qu\u2019il a créé en 1977 et dont il s\u2019enorgueillissait d\u2019avoir fait le Cannes des Amé- riques », écrit-il dans son dictionnaire.Mais il se dit triste d\u2019apprendre qu\u2019aujourd\u2019hui, ce festival n\u2019est même plus l\u2019ombre de lui-même.« Serge n\u2019a pas su passer la main à temps, dit-il.Il a énormément travaillé pour ce festival, qui avait de grands visiteurs et un programme important.Comme tout le monde, il a ses qualités et ses défauts, mais il mérite d\u2019être salué pour sa contribution.Et je le salue.» L\u2019affaire La grande bouffe En 1973, le film de Marco Ferreri fait scandale lors du Festival de Cannes.« Ce soir-là, le public en tenue de soirée s\u2019insurge, les acteurs du film doivent quitter la salle sous les huées, voire les crachats.La grossièreté était dans le film [l\u2019histoire d\u2019un suicide collectif entre amis à grand coup d\u2019excès de nourriture, de sexe et d\u2019alcool\u2026] et la vulgarité aux lèvres des siffleurs », écrit-il.« Quand on y pense aujourd\u2019hui, c\u2019est inimaginable, ajoute-t-il en entrevue.C\u2019était un film agressif, oui, une fable pessimiste en avance sur son temps.Mais quand même : Catherine Deneuve s\u2019est fait cracher dessus, non pas parce qu\u2019elle était dans le film, mais plutôt au bras de Marcello Mastroianni, son compagnon de l\u2019époque.» Les starlettes « La starlette a longtemps fait les beaux jours du Festival de Cannes, les unes des magazines, les pages spectacle de France-Soir à l\u2019époque où le journal tirait à un million et demi d\u2019exemplaires, écrit-il.[\u2026] L\u2019élégance en maillot de bain évoque le sous-vêtement, le sous-vêtement c\u2019est le sex-appeal, on est prié de regarder mais de ne pas toucher.» La starlette est au croisement du cinéma et de la sexualisation à outrance de ses actrices.« Le cinéma a toujours été l\u2019art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes, pour reprendre la formule de Jean George Auriol de La Revue du cinéma, dit-il.Les starlettes sur la croisette ont toujours attiré le regard des hommes.Mais il ne faut pas oublier que les acteurs ont aussi attiré le regard des femmes.» Cannes, elles sont entourées de leur garde du corps, des gardes du corps de leur studio, de la protection du Festival, de la protection de la Ville et de la police nationale.Cela, en plus des tireurs d\u2019élite sur les toits qui sur veillent en permanence le site.Du coup, le public a plus de chances de voir un garde du corps qu\u2019une vedette » qui devient dès lors plus accessible sur l\u2019écran d\u2019un téléphone ou d\u2019une télévision que dans la rue et au cœur de toutes ces mondanités cannoises.Cet autre paradoxe est savoureux, mais pas suffisant toutefois pour briser son histoire d\u2019amour avec l\u2019événement qui, dit-il, reste un « agrément, même s\u2019il y a trop de monde ».« Pendant douze jours, Cannes rassemble des gens du monde entier qui ont en commun la passion du cinéma.Ceux qui font de l\u2019art le montrent, ceux qui le mettent en marché se rencontrent, et tout ça se passe dans une atmosphère de vacances, même si le travail est dur.Cannes, c\u2019est comme une pile que l\u2019on recharge sous le soleil de la Côte d\u2019Azur et qui redonne au cinéma mondial un regain d\u2019énergie pour le reste de l\u2019année», tout en nourrissant chez certain, comme Gilles Jacob, les racines d\u2019un amour éternel.Harvey Weinstein KEVORK DJANSEZIAN AGENCE FRANCE-PRESSE Xavier Dolan LOÏC THÉBAUD TÉLÉFILM CANADA L\u2019ex-président du Festival de Cannes, Gilles Jacob, à la 70e édition en 2017 VALERY HACHÉ AGENCE FRANCE-PRESSE Jeanne Moreau FRANCOIS MORI ASSOCIATED PRESS Dictionnaire amoureux du Festival de Cannes Gilles Jacob, Plon, Paris, 2018, 820 pages Serge Losique ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Hollywood n\u2019a jamais voulu faire un festival international parce qu\u2019il en serait toujours l\u2019unique gagnant GILLES JACOB » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 L i r e 3 0 | ALBUM JEUNESSE La montagne ?Carmen Chica et Manuel Marsol, Les Fourmis rouges, Montreuil, 2018, 56 pages « Chaque jour, le livreur traverse la montagne.Mais aujourd\u2019hui, il doit faire une petite pause.» Ce qui devait être un arrêt banal pour soulager une envie pressante se transforme en aventure onirique conviant cet homme à une communion surréelle avec la nature.Si le texte se veut bref et sans effet par ticulier, menant simplement le voyageur à chercher son chemin pour retrouver son camion, les illustrations appor tent une tout autre dimension à l\u2019histoire.Le camionneur solitaire présenté dans le texte de Carmen Chica devient, sous le pinceau de Manuel Marsol, un homme curieux, avide de découvrir cette nature abondante, touffue qui grouille de vie et au sein de laquelle il n\u2019est pas du tout seul.Les tableaux propulsent ainsi le personnage \u2014 et par ricochet le lecteur \u2014 dans un univers étrange où tout prend des proportions gigantesques.Sentir une fleur, écouter les sons de la forêt, tremper un or teil dans le lac ont pour ef fet d\u2019éveiller les sens du personnage dont le corps se métamorphose pour mieux savourer ce voyage.Il prend par t à une réelle incursion dans un monde parallèle accompagné de différents animaux et surtout d\u2019une petite créature noire, une ombre informe aux yeux rouges qui se déplace dans les paysages, dans cette forêt aux mille tons de vert, invitant l\u2019œil à fouiller le décor pour la retrouver.Cette traversée surnaturelle, portée à bout de bras par les peintures de Marsol, par son trait gras, ses lignes impures, est présentée dans un grand format qui témoigne et appui l\u2019ampleur du moment vécu.L\u2019atmosphère étrange qui émane des lieux, le parcours atypique du promeneur, la présence de bêtes mystérieuses participent ainsi avec finesse de ce tableau fantasmagorique qui rejoue avec singularité le thème de la nature.Couronné du prix international de l\u2019illustration 2017 à la Foire du livre jeunesse de Bologne, dans sa version espagnole, cet album donne finalement envie de se perdre en montagne.Marie Fradette Le gigantisme des hauteurs FICTION FRANÇAISE Centre ?1/2 Philippe Sollers, Gallimard, Paris, 2018, 128 pages Qu\u2019est-ce qui nous empêche encore et toujours d\u2019être libres ?Depuis les découvertes de Freud au début du XXe siècle, c\u2019est un peu l\u2019objet de la «science des rêves».Écrivain, le narrateur « hypermné- sique » et un peu misanthrope de Centre se pose lui aussi la question et se demande quoi faire de son imagination, tout en pourfendant la nouvelle morale, sourire en coin.Il vit avec Nora, une psychanalyste parisienne et polyglotte de 40 ans qui est la petite-fille, nous dit-il, du chef d\u2019orchestre et compositeur américain Leonard Bernstein.Oreille musicale, mais oreille aussi vouée à capter les préoccupations et l\u2019inconscient de ses patients, la jeune femme « a plutôt des goûts que des opinions ».Leur relation est une sorte de « rêve qui dure ».Sous une forme légèrement différente, l\u2019écrivain de 81 ans persiste dans la manière et les thèmes qu\u2019il manie depuis longtemps, incapable de résister à nous livrer une énième fois son inventaire personnel des névroses de l\u2019époque \u2014 religieuses, sexuelles ou criminelles.L\u2019auteur de Femmes et de La guerre du goût s\u2019amuse ici avec ironie du désarroi de ses contemporains, de leur indépassable pulsion de mort et de leur esclavage librement consenti face aux séductions du Spectacle et de la technologie.« J\u2019ose l\u2019avouer : je vis chaque minute comme une préparation à être savouré par le néant.» Avec Centre, plus que jamais chez Sollers, marié depuis longtemps à la philologue et psychanalyste Julia Kristeva, le commentaire mange le roman et le « réduit » tel un cercle concentrique.« Je continue, j\u2019écoute les voix de mes multiples sœurs, le fil de mon existence se déroule et s\u2019enroule, le passé se joue du futur, le présent est toujours central.» Une théorie intime des exceptions en forme de méditation romanes - que, où la psychanalyse renvoie tantôt à la théorie des cordes, tantôt à Dante ou à la musique classique.Alors que « la platitude et la régression l\u2019empor tent », à sa manière, Centre est à la fois un grand rire de liberté, une profession de foi et un coup d\u2019épée dans l\u2019eau.Christian Desmeules Totems et tabous CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Même à la retraite, même avec une ombre sur le poumon, John Rebus n\u2019arrive pas à lâcher le morceau : flic un jour, flic toujours ! Heureusement d\u2019ailleurs\u2026 Dans une Édimbourg où le caïd Big Ger Cafferty semble avoir passé la main aux plus jeunes, Rebus n\u2019arrive pas à oublier un meurtre commis quarante ans plus tôt.Lorsque le prétendant à la succession de Caf- ferty, Darryl Christie, se fait sérieusement tabasser, la vieille affaire remonte de façon tout à fait inattendue.Surtout quand le policier à la retraite qui avait enquêté à l\u2019époque est assassiné.À l\u2019aide de ses complices habituels, Siobhan Clarke et Malcom Fox, Rebus parvient comme toujours à se faufiler au cœur de l\u2019enquête malgré les interdits de la hiérarchie.Ses deux anciens acolytes sont bientôt débordés par l\u2019ampleur que prend soudain l\u2019af faire puisque s\u2019y greffent rapidement un enlèvement, une disparition et, à la clé, une colossale histoire de blanchiment d\u2019argent.L\u2019intuition de Rebus ne le trompe pas : il y a un lien entre tout cela et la vieille histoire non résolue qui le préoccupe.Mais peut-être pas celui qu\u2019il croit.En explorant toutes les pistes, en en rejetant la plupart, il entraînera son ancienne équipe dans une course contre la mort d\u2019une dimension insoupçonnée.Une course folle où, tiens, il ne serait pas étonnant \u2014 malgré ce que l\u2019on pense au sommet de la hiérarchie policière \u2014 que Morris Gerald Cafferty, Big Ger lui-même, tire les fils dans l\u2019ombre\u2026 Ian Rankin vit avec ses personnages depuis si longtemps \u2014 Le Masque a publié plus de 20 aventures mettant Rebus en scène et il est traduit dans une vingtaine d\u2019autres langues \u2014 qu\u2019il les connaît encore plus qu\u2019eux-mêmes.Sa longue complicité avec Rebus et son double inversé, le mafieux Caf fer ty, donne lieu ici à des dialogues exceptionnels qui dépassent largement les limites de l\u2019intrigue policière tout en définissant un type de tendresse insaisissable.On peut d\u2019ailleurs dire la même chose du regard qu\u2019il jette sur la modernité et la société écossaise en général.Voilà ce qui arrive quand un auteur ne se contente pas de mener une intrigue du point A jusqu\u2019au point B.Bizarre quand même de suivre un Rebus qui ne boit plus et qui a cessé de fumer.Mais, même si son état de santé semble parfois précaire, il est ici dans une forme splendide ; sa perspicacité, son humour, son sens de la répartie séduisent encore plus que d\u2019habitude\u2026 De quoi vous donner l\u2019envie de célébrer les vingt années de présence de l\u2019inspecteur dans les bacs des libraires en plongeant dans The Beat Goes On \u2014 en français malgré le titre \u2014, un recueil de nouvelles qui retrace les 40 années de carrière de Rebus à Édimbourg.Un délice pour insomniaques (600 pages !) et fans finis.Flic un jour, flic toujours Avec une tendresse insaisissable, Ian Rankin pose son regard sur la modernité et l\u2019Écosse d\u2019aujourd\u2019hui Ian Rankin vit avec ses personnages depuis si longtemps qu\u2019il les connaît encore plus qu\u2019eux-mêmes.ANTHONY WALLACE AGENCE FRANCE-PRESSE Le diable rebat les cartes ?Ian Rankin, traduit de l\u2019anglais par Freddy Michalski, Éditions du Masque, Paris 2018, 382 pages CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Si l\u2019art de la conversation est en voie de disparition, Laure Bouvier en est rien de moins qu\u2019une résistante.Suite argentine, le troisième roman de l\u2019auteure de Tanisi (2012), ondoie entre dif férents sujets, passe d\u2019une considération à l\u2019autre, serpente entre le social et l\u2019intime, à la manière d\u2019une discussion qui s\u2019étirerait après le repas, en fin de soirée.Que ses longues phrases zigza- gantes rappellent les routes étroites du nord-ouest de l\u2019Argentine, où sa narratrice se réfugie afin de traverser le deuil de son mari, ne tient peut-être pas du hasard.« L\u2019art nous requiert tout entier, et le brouillard est loin d\u2019être dissipé.C\u2019est en effet toujours le néant dans ma tête, et le jour où je pourrais me remettre à inventer en écrivant me paraît aussi lointain que l\u2019autre côté des hautes montagnes qui nous entourent », explique d\u2019emblée la voyageuse, qu\u2019accueille là-bas sa meilleure amie expatriée.Serait-on en présence ici d\u2019un aveu, d\u2019une façon à peine voilée de signaler la nature personnelle de cette fiction, se déployant à la manière d\u2019un calepin rempli de micropor- traits de ceux qui croiseront le chemin de l\u2019écrivaine Élise Paradis ?Ça ressemble pas mal à ça, oui.Mais ce n\u2019est pourtant que par petites touches rapides, dans une perspective pudique aux antipodes de l\u2019écriture de soi, que Bouvier compose son personnage principal, entre de longs passages consacrés, en vrac, au récit de l\u2019invasion espagnole du XVIe siècle, aux confidences d\u2019une vieille dame dont la famille a beaucoup souf fer t du règne de la junte militaire et à des commentaires sur l\u2019œuvre de Borges.Plusieurs romans se cachent donc sous la couverture de cette Suite argentine.De retour à Montréal après son séjour dans le Sud, Élise s\u2019installe à la campagne, vit une amourette avortée (et une sorte de relation à trois) à New York avec un peintre célèbre, puis exhume d\u2019un vieux coffre un secret de famille d\u2019une gravité dont on ne se remet pas rapidement.Une accumulation donnant parfois à ce livre l\u2019allure d\u2019une table sur laquelle on aurait déposé trop de plats.Sommes-nous bien en présence d\u2019un roman, en fait ?Laure Bouvier semble, elle, n\u2019avoir que faire de ces considérations.«Pourquoi perdre son temps à se demander si tel texte est un roman ou une nouvelle plus ou moins longue, ou encore une novella?» écrit- elle, comme pour se dédouaner préventivement.Donnons-lui au moins en partie raison: que son roman n\u2019en soit pas exactement un ne gâche en rien le charme de ces carnets d\u2019une femme certes endeuillée, mais pas au point de cesser de s\u2019émerveiller.Réflexion faussement légère autour de la mémoire et des chemins étonnants sur lesquels elle propulse celles pour qui dire oui au futur équivaudrait à renier le passé, Suite argentine affiche l\u2019élégance d\u2019une douce conversation à bâtons rompus.Une conversation dont la profondeur se mesurerait moins à ce que notre interlocutrice nous a révélé à son sujet qu\u2019au plaisir momentané d\u2019avoir pu contempler le monde à travers ses yeux.| 3 1 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 BEST-SELLER INTERNATIONAL, TEXTE DÉJÀ CULTE, ENFIN OFFERT EN FRANÇAIS ÉMILIE PERREAULT, 98,5 FM \u2013 PUISQU\u2019IL FAUT SE LEVER Suite argentine ?Laure Bouvier, Marchand de feuilles, Montréal, 2018, 320 pages Les voyages endeuillés de Laure Bouvier À la manière d\u2019une discussion qui s\u2019étire, Suite argentine est un roman qui en cache plusieurs autres Le troisième roman de l\u2019auteure ondoie entre différents sujets, passe d\u2019une considération à l\u2019autre, serpente entre le social et l\u2019intime.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 L i r e E s s a i 32 | Marcuse en mai Les événements de Mai 68 ont cinquante ans.L\u2019appellation courante désigne d\u2019abord la révolte française, mais, cette année-là, ça brasse un peu partout dans le monde, même au Québec.La jeunesse en général et les étudiants en particulier contestent le vieil ordre conservateur et la société de consommation.Je suis né en février 1969.Je n\u2019ai donc pas vécu ces événements.Toutefois, quand je fais le compte, je constate que j\u2019ai été conçu en mai 1968, précisément.Ça explique peut- être mon attirance pour cette fête de la contestation.Quand j\u2019ai lu, à 20 ans, mes premiers textes sur le sujet, la séduction a opéré.Étudiant au cégep, j\u2019aimais bien faire la grève.Je frayais avec des camarades d\u2019extrême gauche \u2014 il en restait quelques-uns \u2014 sans toutefois partager leur enthousiasme révolutionnaire.J\u2019étais peut-être un enfant de Mai 68, mais mes parents n\u2019avaient rien à voir avec cet esprit et appartenaient à la génération d\u2019avant les boomers.Ils incarnaient une sorte de conservatisme populaire joyeux.Ces deux ascendances \u2014 celle de l\u2019époque et celle de ma famille \u2014 m\u2019ont marqué, ce qui explique sûrement en partie mon idéologie de gauche conservatrice et mon parti pris pour la social-démocratie.Je trouve donc, à certains égards, inspirant l\u2019esprit de Mai 68, mais je n\u2019arrive pas à y adhérer totalement.Freud et Marx Professeur de philosophie au collégial, Louis Desmeules ne partage pas mes réserves.Dans Marcuse, Mai 68 et le retour de l\u2019histoire?(PUL, 2018), il s\u2019emballe pour cette époque dans laquelle il voit le « refus d\u2019une société qui ne bénéficie qu\u2019à une minorité de privilégiés».Pour Desmeules, le philosophe allemand Herbert Marcuse (1898-1979) est un des penseurs phares de ce refus et il doit continuer de nous inspirer.Un peu brouillon, voire assommant par moments \u2014 les longs développements sur Hegel et Marx diluent le propos au lieu de l\u2019enrichir \u2014, l\u2019essai de Desmeules n\u2019est pas sans défauts, mais il a le mérite de remettre sur le devant de la scène un penseur aujourd\u2019hui méconnu, mais dont les idées demeurent souvent actuelles.Marcuse, comme le spectaculaire Wilhelm Reich \u2014 M éditeur réédite cette saison son classique Qu\u2019est-ce que la conscience de classe?\u2014, est un théoricien du freudo-marxisme.Selon lui, comme le résume Des- meules, « il serait aujourd\u2019hui possible de supprimer la faim et la misère, mais l\u2019organisation sociopolitique actuelle du monde nous en empêche.Les possibilités techniques servent la répression alors qu\u2019elles pourraient être mises au service de la libération et de la pacification».Marcuse s\u2019inspire de Marx pour expliquer que l\u2019économie est politique, c\u2019est-à-dire non naturelle, et qu\u2019on peut donc changer le système pour le mettre au service du plus grand nombre.Il constate toutefois, comme Reich, que les victimes de ce même système s\u2019y soumettent trop souvent au lieu de se rebeller.Freud affirmait que les pulsions (principe de plaisir), pour n\u2019être pas destructrices, devaient être réprimées par la civilisation (principe de réalité) et, dans l\u2019idéal, sublimées dans des activités constructives comme l\u2019art et le travail.Le philosophe Stéphane Haber associe la vision freudienne à un «pessimisme anthropologique radical ».Pulsions en liberté En revanche, le freudisme de Marcuse est rousseauiste, explique Haber, et repose sur un «naturalisme confiant».La société capitaliste, avance le philosophe allemand, pratique une surrépression en imposant à tous le «principe du rendement» et en interdisant la saine sublimation par la satisfaction frelatée des pulsions grâce à des divertissements insignifiants.Esclaves de la production, nous ne nous rebellons pas, endormis que nous sommes par les industries culturelles.«L\u2019injonction de jouir», selon la formule de Zizek, nourrit le capitalisme qui nous asservit.Dans un monde juste et libre, croit Marcuse, les pulsions non réprimées contribueraient à l\u2019émancipation.Les thèses libertaires et non répressives de Marcuse correspondent donc à l\u2019esprit de Mai 68, que chante Desmeules.Le problème, ont expliqué certains analystes depuis, c\u2019est que le capitalisme les a vite récupérées parce que, moyennant quelques détournements, elles lui conviennent très bien.Le capitalisme n\u2019aime pas, lui non plus, les traditions, le sens du devoir et les institutions publiques, qui sont des entraves à son déploiement.Il veut libérer les pulsions pour les canaliser vers l\u2019individualisme marchand.Pour cette raison, la meilleure façon de lui résister sans naïveté consiste peut-être à le limiter, en combinant la lucidité de Freud, c\u2019est- à-dire en reconnaissant que le paradis libertaire serait un enfer et en se dotant de saines institutions d\u2019encadrement, à une morale de gauche classique, arrimée au principe de réalité.Ça s\u2019appelle la social-démocratie.Louis Cornellier Chronique CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Les lois d\u2019exception, appelées aus - si lois spéciales, qui visent à suspendre des règles de droit pour « préserver la paix, l\u2019ordre et la sécurité publique », ont nombre de fois, depuis 1965, réprimé l\u2019exercice du droit de grève au Québec.En 2012, l\u2019une des plus controversées a mis fin à la grève des étudiants lors du Printemps érable.Martin Petitclerc et Martin Robert montrent que ces lois ont, au profit du néolibéralisme, marginalisé le syndicalisme politique.Qu\u2019elles s\u2019appliquent au secteur public ou au secteur privé, c\u2019est leur influence sur l\u2019évolution so- cioéconomique de l\u2019ensemble de la société québécoise qui attire l\u2019attention des deux historiens dans leur ouvrage Grève et paix.Le titre ne s\u2019inspire pas pour rien de celui du roman de Tolstoï Guer - re et paix.Grâce surtout à une documentation inédite, les luttes syndicales contre le patronat y ont le caractère épique et inéluctable de la résistance de la Russie à l\u2019invasion napoléonienne de 1812.Depuis l \u2019adoption en 1964 du Code du travail du Québec, Petit- clerc et Robert dénombrent 42 lois adoptées pour régler de façon autoritaire des conflits entre syndicats et patrons en menaçant les contrevenants de pénalités, en général plus rigoureuses que celles qu\u2019ont imposées des lois semblables ailleurs au Canada.Dans la même période, ajoutent-ils, le Parlement fédéral en a adopté 31, dont la plupart touchent des travailleurs québécois.Entre 1975 et 1980, non seulement Des lois spéciales au profit du néolibéralisme Dans Grève et paix, deux historiens s\u2019intéressent à cette forme croissante de répression législative Une manifestation à Montréal, en 2013, en mémoire du Printemps érable MARIE-HÉLÈNE TREMBLAY LE DEVOIR Grève et paix Une histoire des lois spéciales au Québec ?1/2 Martin Petitclerc et Martin Robert, Lux, Montréal, 2018, 280 pages | 3 3 L i r e F i c t i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 les lois d\u2019exception augmentent, mais elles deviennent « de plus en plus punitives », si bien que Petit- clerc et Robert endossent pour décrire la situation la formule « excep- tionnalisme permanent » des polito- logues ontariens Leo Panitch et Donald Swartz.Déjà, en 1972, la résistance à une loi pour régler le conflit entre le gouvernement libéral et un front commun syndical, représentant une multitude de travailleurs du secteur public, avait jeté en prison les chefs des grandes centrales.Le caractère punitif des lois En 1976, la victoire du PQ, un parti qui, rappellent les historiens, avait un « préjugé favorable aux travailleurs », atténue la tension.Cependant, dès 1980, soulignent-ils, une loi pour mettre fin à un conflit entre syndiqués et patrons dans l\u2019enseignement « renoue avec le caractère punitif des lois » du gouvernement libéral.Ce qui annonce le rôle coercitif du deuxième mandat péquiste (1981-1985).Petitclerc et Robert estiment que les gouvernements du PQ et du PLQ ont adopté en 1983 et en 1986 les lois « les plus répressives dans l\u2019histoire du Canada » pour arrêter des grèves illégales dans les services publics.On ne peut guère en douter devant le succès du néolibéralisme économique.L\u2019antithèse de celui-ci, l \u2019alter- mondial isme, n\u2019a presque pas, comme le regrettent avec justesse Petitclerc et Robert, donné au mouvement syndical, af faibli et peut- être indif férent, le souf fle qui lui manque.CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Les grandes passions, les vocations rayonnantes prennent parfois racine autour de petites choses, comme les collations quotidiennes après l\u2019école.Le romancier Daniel Pennac appelle ça forcément le « goûter » et se souvient de ceux qu\u2019il par tageait avec son frère Bernard, à Djibouti \u2014 où il a passé une partie de son enfance.Lui avait cinq ans, l\u2019autre dix, et ces moments entre les deux étaient devenus un rituel « où le langage l\u2019emportait sur le goûter proprement dit ».C\u2019est que le grand frère forçait le plus petit à élaborer des phrases « prodigieusement alambiquées » à cette étape de développement d\u2019un p\u2019tit gars, et ce, pour obtenir ce fragment de repas censé aider l\u2019estomac à attendre le suivant.Des « mélodies laudatives et suppliantes » dont « il m\u2019apprenait la plupart des mots et qui chaque jour s\u2019allongeaient un peu plus », écrit-il dans Mon frère, récit personnel et délicieux qui rend hommage à cet aîné, aujourd\u2019hui disparu, qui a sensibilisé très tôt Daniel Pennac à la valeur des mots, à la richesse de leur combinaison et sur tout au monde des livres.Sans l\u2019un, l\u2019autre n\u2019aurait peut-être pas été le même, et il n\u2019aurait pas eu, non plus, le même style.Du style : l\u2019exercice de mémoire n\u2019en manque pas d\u2019ailleurs en dévoilant en alternance deux mondes éloignés.En apparence.D\u2019un côté, les petits bouts de vie par tagés entre Daniel et Bernard, des bribes de conversation, des détails circonscrivant la psychologie de ce « frangin » pas très bavard, mais très présent.De l\u2019autre, Bartelby le scribe, texte de Herman Melville, que Daniel Pennac a monté et joué dans un théâtre à Paris il y a quelques années et dont il se souvient ici en puisant abondamment dans cette drôle d\u2019histoire, celle d\u2019un clerc embauché dans une étude de notaire et qui va finir par imposer une présence étrange en étant là, avec ses biscuits au gingembre, sans être vraiment là.« Le désir de monter au théâtre le Bartleby de Melville m\u2019est venu un jour que je pensais à mon frère Bernard », pose Daniel Pennac dans l\u2019incipit.Plus loin, le petit frère se fait plus précis : « Bartelby m\u2019était une compagnie qui palliait \u2014 inexplicablement, dans une très faible mesure, comme une allusion \u2014 l\u2019absence de mon frère », écrit-il, en avouant son «grand plaisir à pétrir la phrase de Melville ».Loin de son côté « hussard » et de l\u2019imaginaire ludique qu\u2019il a posé sur papier le siècle dernier, Daniel Pen- nac se rapproche plus avec Mon Frère de l \u2019 introspection de son Journal d\u2019un corps (2012) ou de son Chagrin d\u2019école, pour lequel il a décroché un prix Renaudot en 2007.Pas question de se prendre au sérieux, ici, l\u2019œuvre laisse surtout la beauté des mots donner cette matérialité à un spectre fraternel avec lequel le romancier doit aujour - d\u2019hui vivre.La tristesse et l\u2019angoisse du vide y sont magnifiquement dépassées et laissent sur tout la place à une réflexion simple et sensible sur la part de l\u2019autre en soi et sur le mystère de ces attachements familiaux, de ces liens solides qui s\u2019installent entre des êtres capables au bout d\u2019une vie passée ensemble de se connaître, oui, mais finalement très peu.« Je ne sais rien de mon frère mor t si ce n\u2019est que je l \u2019ai aimé, écrit Daniel Pennac.Il me manque, comme personne, mais je ne sais pas qui j\u2019ai perdu.» Mon frère, ce héros Entre souvenirs d\u2019enfance et Herman Melville, Daniel Pennac rend hommage à Bernard, ce grand frère qui l\u2019a fait entrer dans le monde des mots Le petit Daniel Pennac dans les bras de son grand frère Bernard GALLIMARD Mon frère ?Daniel Pennac, Gallimard, Paris, 2018, 130 pages Je ne sais rien de mon frère mort si ce n\u2019est que je l\u2019ai aimé.Il me manque, comme personne, mais je ne sais pas qui j\u2019ai perdu.DANIEL PENNAC » CRITIQUE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Il faut l\u2019avouer, le roman jeunesse d\u2019Henri Bosco L\u2019enfant et la rivière, publié en 1945, se rappelle au bon souvenir de notre présent avec un intérêt plutôt moyen, pour ne pas dire très mince.C\u2019est que le conte est franchement suranné, avec son personnage principal, Pascalet, enfant de l\u2019après-guerre qui, dans sa Provence natale, se confronte lui-même aux limites de la liberté.Il vit près d\u2019une rivière qui lui est interdite, et où il rêve de partir sur les traces de Bargabot, braconnier revêche qu\u2019il a en admiration.Profitant de l\u2019inattention de sa tante, il met un jour son projet à exécution et court vers l\u2019inconnu.Il fera la rencontre de Gatzo, enfant perdu, prisonnier de bohémiens, de l\u2019amitié et de la nature.Le récit a été posé sur papier 70 ans après Les aventures de Tom Sawyer, comme un écho évident au roman initiatique de Mark Twain.Le fond est prévisible.L\u2019ambiance, elle, l\u2019esprit des lieux, est sans doute ce qu\u2019il reste de plus intéressant dans cette œuvre et c\u2019est justement ce que l\u2019élégance du trait et la lumière des encres de Xavier Coste saisissent parfaitement dans cette mise en bande dessinée magistrale du récit de Bosco.La poésie vieillotte et évanescente chez l\u2019un trouve donc une deuxième jeunesse dans le dessin de l\u2019autre et dans une série de cases qui s\u2019ouvrent les unes après les autres comme des fenêtres laissant entrer le son des grillons et l\u2019odeur des herbes humides venant de tous ces extérieurs.Pagnol, Cézanne et même Loustal ne semblent pas très loin.À 28 ans, Xavier Coste, qui s\u2019est mis au monde dans l\u2019univers du 9e art en 2012 avec Ergon Schiele, vivre et mourir (Casterman), une biographie remarquée et remarquable du peintre autrichien, expose une nouvelle fois un environnement graphique époustouflant, précis, riche et dense.L\u2019ensemble puise dans les nuances de rouge, de bleu, de jaunes, pour donner corps à ces dix jours d\u2019escapade, à ce récit initiatique dans lequel deux enfants surmontent métaphoriquement le traumatisme d\u2019une guerre dans « une vie confuse et mystérieuse ».Et face à « une extraordinaire impression de silence et de solitude », ils vont finir par grandir, au contact de la plus simple beauté du monde.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 L i r e B a n d e d e s s i n é e 3 4 | Grandir au contact de la beauté simple du monde Avec sa marque graphique lumineuse, Xavier Coste éclaire le roman suranné d\u2019Henri Bosco Xavier Coste expose une nouvelle fois un environnement graphique époustouflant, précis, riche et dense.ILLUSTRATIONS TIRÉES DE L\u2019ENFANT ET LA RIVIÈRE L\u2019enfant et la rivière ?Henri Bosco et Xavier Coste, Sarbacane, Paris, 2018, 112 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C U L T U R E | 3 5 É c r an s Ceux qui restent Netflix lance avec beaucoup de précautions la seconde saison de Treize raisons MANON DUMAIS LE DEVOIR été dernier, une étude d\u2019Internal Medicine affirmait qu\u2019il y avait eu un accroissement de 19 % de recherches sur le suicide dans les 19 jours suivant la mise en ligne en avril de Treize raisons, série de Netflix relatant les circonstances ayant mené une adolescente à mettre fin à ses jours.Alarmée, la communauté scientifique avait même demandé à la plateforme numérique de retirer la série à laquelle on reprochait de « glamouriser » le suicide et de la modifier afin qu\u2019elle respecte les direct ives de l\u2019Organisation mondiale de la santé.De fait, l\u2019OMS suggère de ne pas s\u2019attarder sur le suicide d\u2019un personnage ni d\u2019illustrer l\u2019acte en question.Or, non seulement y montrait-on de façon explicite le suicide d\u2019Hannah Baker (Katherine Langford), la série de treize épisodes d\u2019une heure mettait en scène Clay Jensen (Dylan Minnette), meilleur ami d\u2019Hannah, écoutant les treize cassettes où celle- ci relatait les treize raisons l\u2019ayant poussée à commettre l\u2019irréparable.En avril 2017, alors que la popularité de la série battait son plein, Réal Labelle, psychologue et directeur du Alors que la première saison était narrée par Hannah, chacun des personnages assure la narration de l\u2019épisode tournant autour de son témoignage en cour.NETFLIX Centre de recherche et d\u2019intervention sur le suicide et l\u2019euthanasie, parlait de l\u2019ef fet Werther à la journaliste du Devoir Amélie Daoust- Boisver t : « Devant un antagoniste qui nous ressemble, si on est vulnérable, son suicide peut nous apparaître comme une option.Plus ce geste est glorifié, plus c\u2019est dangereux.Il faut éviter de créer des héros ou d\u2019en faire un geste romantique.» Un petit vent de polémique Face à la polémique, les représentants de Netflix, persuadés que la série allait entraîner plus de discussions que de passages à l\u2019acte, avaient par communiqué promis de développer la suite de la série en approfondissant les recherches sur le sujet.La chaîne avait ensuite ajouté un avertissement général au premier épisode et renforcé ceux des épisodes au contenu plus éprouvant.Rappelons par ailleurs que sur le compte Twitter de la série se trouvaient l\u2019adresse d\u2019un site de prévention et dif férents numéros de ligne d\u2019écoute aux quatre coins du monde.Aussi populaire que controversée, Treize raisons revient pour une deuxième saison, mais cette fois, Netflix a pris encore plus de précautions afin de mettre en garde les jeunes spectateurs.Avant le générique du premier épisode, quatre acteurs de la série annoncent que Treize raisons est une fiction qui traite de sujets délicats, tels le suicide, la dépression et l\u2019intimidation.Ils suggèrent de ne pas regarder la série si on traverse une période difficile, de la regarder en compagnie d\u2019un adulte avec qui pouvoir en discuter et de ne pas hésiter à contacter les personnes ou ressources à sa disposition.Ce segment a d\u2019ailleurs été ajouté à la première saison, toujours disponible sur Netflix.Dans le générique final de chaque épisode, on rappelle également l\u2019existence du site 13reasonswhy.info.La chaîne s\u2019est-elle conformée aux directives de l\u2019OMS ?Dans les neuf des treize épisodes que Netflix a consenti à déposer sur le site de presse, aucune image du suicide d\u2019Hannah ni de la tentative de suicide d\u2019Alex Standall (Miles Heizer).Toutefois, le suicide est encore au cœur de l\u2019action puisque le fantôme d\u2019Hannah hante Clay et qu\u2019Alex, partiellement amnésique et handicapé, doit vivre avec les conséquences de son geste.En parallèle, les parents d\u2019Hannah, Olivia (Kate Walsh) et Andy (Brian d\u2019Arcy James), poursuivent l\u2019école qui n\u2019a pu protéger leur fille, tandis que Clay reçoit des photos Polaroid au contenu troublant d\u2019un expéditeur anonyme.Alors que la première saison était narrée par Hannah, chacun des personnages assure la narration de l\u2019épisode tournant autour de son témoignage en cour.À chaque nouvelle révélation, le personnage d\u2019Hannah se complexifie\u2026 Netflix ayant fait parvenir une liste de onze divulgâcheurs à ne pas partager, le compte rendu se termine ici.Ce que l\u2019on peut révéler toutefois, c\u2019est qu\u2019il y aura certainement encore matière à polémique.À preuve, la publication durant le tournage de la deuxième saison d\u2019une photo suggérant qu\u2019Alex et Jessica Davis (Alisha Boe) reforment un couple avait créé un tollé de protestation sur Twitter \u2014 cela dit, plusieurs jeunes fans souhaitent les revoir ensemble.Pour mémoire, Alex n\u2019avait pas empêché son ami Bryce Walker (Justin Prentice) de violer Jessica et a longtemps caché la vérité à sa petite amie.Parions, et souhaitons, que la série suscitera plusieurs discussions sur la notion de consentement, sur les agressions sexuelles et sur la culture du viol.Besoin d\u2019aide ?13reasonswhy.info suicideactionmontreal.org 1 866 277-3553 Treize raisons 2 Netflix, dès vendredi L\u2019 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | theatreoutremont.ca 514 495-9944, poste 1 Les 17, 18 et 19 mai 2018, à 20 H une Comédie dramatique entre la vie et la mort LE DERNIER SACREMENT Avec Denis Bouchard So?a Blondin Ayana O\u2019Shun collaborateurs Sarah Beauséjour Pascale Delhaes Yves Aucoin Damiàn Siqueiros Arte Musica présente Présenté par Anderson & Roe duo de piano MERCREDI 16 MAI, 19 h 30 Découvrez l\u2019un des duos de piano les plus électrisants avec des arrangements de MOZART, PIAZZOLLA, John ADAMS et Hallelujah Variations sur un thème de Leonard Cohen.Katia & Marielle Labèque duo de piano VENDREDI 25 MAI, 19 h 30 STRAVINSKI Le Sacre du printemps P.GLASS Four Movements for Two Pianos B.DESSNER El Chan Le piano retentira dans toute sa puissance avec les célèbres sœurs Labèque ! SALLEBOURGIE.CA \u2022 514-285-2000 ENTREVUE MANON DUMAIS LE DEVOIR artin Henri de Roméo et Fi ls a eu du f la ir lorsqu\u2019 i l a décidé de présenter Henry Bernadet à Samuel Cantin.Le premier était fan des bédés du second (Vil et misérable, Whitehorse) ; le second aimait beaucoup le long métrage du premier (À l\u2019ouest de Pluton, réalisé avec Myriam Verreault).Partageant le même type d\u2019humour, les deux artistes se sont tout de suite bien entendus : «Martin est un alchimiste », lance le réalisateur joint par téléphone à son retour de Lille, où il a présenté la websérie Sylvain le Magnifique au festival Séries Mania.« J\u2019ai été très séduit par la prémisse : un magicien qui peut faire tout ce qu\u2019il veut mais qui est blasé parce qu\u2019il ne peut pas reconquérir le cœur de son ex.Je trouve ça très drôle, mais il y a aussi un côté dramatique que j\u2019aime qui permettait une cer taine profondeur, un onirisme dans la réalisation, ce qui était un mélange intéressant pour moi.En fait, chaque personnage a Sylvain le Magnifique vous offre un peu d\u2019amour et de magie Samuel Cantin et Henry Bernadet signent une websérie fantaisiste et décalée Emmanuel Schwartz incarne le magicien que les animateurs de talk-show, dont Patrick Mathieu (Christian Bégin), s\u2019arrachent.ROMÉO ET FILS M C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 un peu de drame en lui », explique Henry Bernadet.« Je ne sais pas comment j\u2019ai eu ce flash, mais j\u2019aimais l\u2019idée d\u2019une personnalité publique, qui ait un agent, une cer taine vanité, un ego qui va avec tout ça, tout en ayant une grosse insécurité.J\u2019ai alors eu l\u2019idée d\u2019un vrai magicien, mais qui ferait de la vraie magie.Je me suis dit que je pouvais faire du millage avec ça», raconte Samuel Cantin.À des années-lumière du personnage qu\u2019il incarne dans L\u2019écrivain public, websérie de Michel Duchesne et Éric Piccoli, Emmanuel Schwartz incarne ce magicien que les animateurs de talk-show, surtout le survolté Patrick Mathieu (Christian Bégin), s\u2019arrachent, au grand dam de son rival, Barloute l\u2019Étonnant (Daniel Lemire), et de l\u2019agent de celui- ci, le dévoué Bernard (Éric Bernier).Toujours amoureux de Léa (Léane Labrèche-Dor), Sylvain découvre qu\u2019elle fréquente depuis peu Jug (Julien Lacroix), champion de BMX qui n\u2019a peur de rien, sauf des tornades.Ne sachant plus quoi faire pour séduire son ex, il ne cesse de demander à son agent, l\u2019incompétent Marc (Julien Corriveau, aussi conseiller à la réalisation avec Henry Bernadet), de planifier puis d\u2019annuler sa tournée.L\u2019entrée en scène d\u2019un mystérieux personnage venu d\u2019une contrée lointaine (Berdj Garabedian) pourrait changer la vie de tout ce petit monde.« Sylvain, c\u2019était le personnage le plus difficile à caster.Tous les personnages sont assez typés, caricaturaux, et lui, il est le straight-man, même s\u2019il est le personnage principal », se souvient Samuel Cantin.« Emmanuel est apparu très vite, on espérait qu\u2019il puisse le faire parce que c\u2019est un comédien qui a un charisme incroyable et qui portait bien ce personnage qui a des convictions, qui est assez complexe.En plus, Emmanuel connaissait l\u2019univers de Sam », révèle Henry Bernadet.Liberté de création En passant de l\u2019écriture de la bédé à celle d\u2019une websérie de huit épisodes de dix minutes, Samuel Cantin affirme qu\u2019il ne s\u2019est pas senti freiné dans son élan créateur.Si d\u2019emblée il éliminait des scènes qui auraient occasionné trop de dépenses, le scénariste a eu plus de difficulté à trouver son rythme.« Pour des scènes de deux minutes, je pouvais avoir vingt pages de texte ; j\u2019ai trouvé ça un peu dif ficile de réduire la durée des scènes », dit le scénariste, qui a conçu le récit comme un grand tout avant de le structurer en épisodes.Bien que, lorsque regardés en rafale, les épisodes de Sylvain le magnifique forment un long métrage, Henr y Bernadet ne l\u2019a pas conçu comme un film, mais bien comme une série : « Peu importe le nombre de morceaux, c\u2019est quand même un univers qu\u2019on crée, et il fallait que ce soit cohérent.Même si on frôle le fantastique, qu\u2019on est dans l\u2019humour absurde et des situations décalées, c\u2019est un monde quand même réaliste.Il fallait que le jeu soit authentique afin de rendre les personnages attachants.» Critique par moments féroce du showbiz québécois \u2014 toute ressemblance avec certaines vedettes ne serait pas fortuite \u2014, Sylvain le Magnifique transforme une fête donnée chez Patrick Mathieu en une suite de scène des plus inattendues grâce à l\u2019imagination débordante de Samuel Cantin, à l\u2019audace du réalisateur et des producteurs, de même qu\u2019à la générosité de l\u2019humoriste Jay Du Temple, qui se moque de son image publique, et du peintre Marc Séguin, que l\u2019on découvre sous un nouveau jour.« Je me suis pincé ! » s\u2019exclame le scénariste.À la première lecture, je me disais que cette scène allait être la première à sauter.C\u2019était l\u2019affaire la plus improbable, mais on l\u2019a fait, alors qu\u2019on a eu des problèmes pour des scènes plus simples à tourner.» « On se disait que ce serait étonnant de pouvoir le faire», renchérit le réalisateur.Je pense qu\u2019au départ, tout le monde a été séduit par le texte et l\u2019univers de Sam, ce qui nous a ou- ver t des por tes.C\u2019est un projet quand même ambitieux qu\u2019on a tourné en neuf jours, ce qui n\u2019est pas beaucoup.À Lille, j\u2019ai entendu un producteur se plaindre qu\u2019il n\u2019avait eu que 17 jours de tournage\u2026 Disons qu\u2019on est dans un autre monde.» Souhaitant une deuxième saison pour Sylvain le Magnifique, Samuel Cantin et Henr y Bernadet aimeraient cette fois avoir plus de moyens à leur disposition.« La websérie permet plus de liberté que la télévision traditionnelle.Le Web est aussi là pour qu\u2019on essaie des choses.Le paradoxe, c\u2019est qu\u2019on n\u2019a pas les moyens de faire des choses qui donneraient une vraie voix à cette liberté-là parce que les moyens sont dérisoires», conclut le réalisateur.Sylvain le Magnifique telequebec.tv, dès vendredi Sylvain, c\u2019était le personnage le plus difficile à caster.Tous les personnages sont assez typés, caricaturaux, et lui, il est le straight-man, même s\u2019il est le personnage principal.SAMUEL CANTIN » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI NO (3) Chil.2012.Drame historique de Pablo Larrain avec Gael Garcia Bernal, Alfredo Castro, Antonia Zegers.- Au Chili en 1988, un publicitaire devient le maître à penser derrière la campagne référendaire du Non visant à chasser du pouvoir le dictateur Augusto Pinochet.ARTV 12h DANNY OCEAN 13 (4) (Ocean\u2019s Thirteen), É.-U.2007.Thriller de Steven Soderbergh avec George Clooney, Brad Pitt, Al Pacino.- À Las Vegas, un criminel et sa bande planifient le cambriolage du casino appartenant à l\u2019homme qui a bafoué l\u2019honneur d\u2019un des leurs.TVA 13h30 AUSTIN POWERS AGENT SECRET 00SEXE (4) (Austin Powers: The Spy Who Shagged Me), É.-U.1999.Comédie fantaisiste de Jay Roach avec Mike Myers, Heather Graham, Michael York.- Un agent secret lutte contre un criminel qui a inventé une machine à voyager dans le temps.V 14h HOMICIDE À HOLLYWOOD (4) (Hollywood Homicide), É.-U.2003.Comédie policière de Ron Shelton avec Harrison Ford, Josh Hartnett, Lena Olin.- Diverses tracasseries ralentissent l\u2019enquête de deux détectives sur les meurtres des membres d\u2019un groupe de musique hip-hop.V 16h BRILLANTINE (5) (Grease), É.-U.1978.Comédie musicale de Randal Kleiser avec John Travolta, Olivia Newton-John, Stockard Channing.- Les difficultés sentimentales de deux étudiants provenant de milieux différents.TQ 18h DIVERGENCE (5) (Divergent), É.-U.2014.Science-fiction de Neil Burger avec Shailene Woodley, Theo James, Kate Winslet.- Dans un Chicago post-apocalyptique, une adolescente découvre qu\u2019elle n\u2019appartient à aucune des cinq factions qui composent la nouvelle société hyper-réglementée.TVA 18h30 SHERLOCK HOLMES \u2013 LE JEU DES OMBRES (5) (Sherlock Holmes \u2013 A Game of Shadows), É.-U.2011.Comédie policière de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Noo- mi Rapace.- Le détective Sherlock Holmes et son ami le docteur Watson tentent de mettre en échec un vil professeur qui sème la zizanie entre les grandes puissances européennes.V 18h30 TROIE (4) (Troy), É.-U.2004.Drame épique de Wolfgang Petersen avec Brad Pitt, Eric Bana, Orlando Bloom.- L\u2019enlèvement de la reine Hélène de Sparte par le jeune prince Pâris provoque la guerre de Troie.MAX 20h30 L\u2019ARRIVISTE (3) (Election), É.-U.1999.Comédie satirique d\u2019Alexander Payne avec Matthew Broderick, Reese Witherspoon, Chris Klein.- Un professeur d\u2019une école secondaire tente d\u2019empêcher une élève pédante d\u2019être élue présidente de l\u2019association étudiante.TQ 21h UN ÉTÉ ITALIEN (4) (Genova), G.-B.2008.Drame psychologique de Michael Winterbottom avec Colin Firth, Willa Holland, Perla Haney- Jardine.- Veuf depuis peu, un universitaire américain s\u2019installe avec ses deux filles à Gênes, en Italie, où il a obtenu un poste d\u2019enseignant.ARTV 21h LE VENT SE LÈVE (3) (The Wind that Shakes the Barley), Irl.2006.Drame de guerre de Ken Loach avec Cillian Murphy, Padraic Delaney, Orla Fitzgerald.- Au début des années 1920, la lutte pour l\u2019indépendance de l\u2019Irlande rapproche puis divise deux frères ayant grandi dans le sud du pays.TFO 21h LA FRONTIÈRE DES TÉNÈBRES (5) (Edge of Darkness), É.-U.2010.Drame policier de Martin Campbell avec Mel Gibson, Ray Winstone, Danny Huston.- Après que sa fille eut été assassinée sous ses yeux, un détective de police met au jour un vaste complot impliquant le patron de la défunte.V 21h15 LOIN DES HOMMES (3) Fr.2014.Drame de David Oelhoffen avec Viggo Mortensen, Reda Kateb, Djemel Barek.- En 1954, un instituteur de l\u2019Atlas algérien est forcé par les colons français d\u2019escorter jusqu\u2019à la ville un paysan accusé de meurtre.TFO 23h04 SOUS SURVEILLANCE (4) (The Company You Keep), É.-U.2012.Thriller de Robert Redford avec Robert Redford, Shia LaBeouf, Julie Christie.- Démasqué par un journaliste d\u2019enquête, un ex-militant radical recherché par le FBI prend la fuite dans le but de retrouver la complice susceptible de rétablir sa réputation.RC 23h30 LE TOUT NOUVEAU TESTAMENT (4) Bel.2015.Comédie fantaisiste de Jaco Van Dormael avec Pili Groyne, Benoît Poelvoorde, Marco Lorenzini.- À Bruxelles, de nos jours, un Dieu râleur et égoïste, travaillant dans la joie au malheur de l\u2019Humanité, voit sa petite fille bien décidée à écrire un Tout Nouveau Testament.TV5 0h ADIEU AU LANGAGE (5) Fr.2014.Film d\u2019essai de Jean-Luc Godard.- Les destinées sentimentales d\u2019une femme et de deux hommes sont liées par la présence d\u2019un chien.TFO 0h45 POUR L\u2019AMOUR DE BENNETT (3) (The Greatest), É.-U.2009.Drame psychologique de Shana Feste avec Pierce Brosnan, Susan Sarandon, Carey Mulligan.- Les membres d\u2019une famille tentent de surmonter l\u2019épreuve de la mort du fils aîné tout en faisant connaissance avec la petite amie enceinte du défunt.VIE 1h TOURNÉE (4) Fr.2010.Comédie dramatique de Mathieu Amalric avec Mathieu Amalric, Miranda Colclasure, Suzanne Ramsey.- Exilé aux États-Unis, un ex-producteur de télé en disgrâce revient en France à la tête d\u2019une troupe d\u2019effeuileuses issues de l\u2019école du «New Burlesque».TFO 1h57 TUCKER \u2013 L\u2019HOMME ET SON RÊVE (3) (Tucker \u2013 The Man and His Dream), É.-U.1988.Drame biographique de Francis Ford Coppola avec Jeff Bridges, Joan Allen, Martin Landau.- Dans les années 1940, un entrepreneur indépendant qui a conçu une nouvelle automobile a des ennuis avec les grosses sociétés concurrentes.RC 2h DIMANCHE LE MONDE DE CHARLIE (4) (The Perks of Being a Wallflower), É.-U.2012.Drame sentimental de Stephen Chbosky avec Logan Lerman, Emma Watson, Ezra Miller.- Rentré d\u2019un long séjour en institut psychiatrique, un adolescent doué et solitaire réussit à se tailler une place au sein d\u2019un petit groupe d\u2019outsiders de son école.ARTV 12h IVRESSE AU COMBAT (4) H.-K.1994.Aventures de Lau Kar-leung avec Jackie Chan, Ti Lung, Anita Mui.- Un expert dans l\u2019art de l\u2019ivresse au kung- fu affronte un diplomate britannique qui dérobe des objets d\u2019art chinois.Z 14h TROIE Voir samedi, 20h30.MAX 18h THELMA ET LOUISE (3) (Thelma & Louise), É.-U.1991.Drame de mœurs de Ridley Scott avec Susan Sarandon, Geena Davis, Harvey Keitel.- Après avoir abattu un violeur, une serveuse et une femme au foyer deviennent des fugitives qui s\u2019enfoncent de plus en plus dans le crime.V 18h45 LE GRAND DÉPART (5) Can.2008.Comédie sentimentale de Claude Meunier avec Marc Messier, Guylaine Tremblay, Hélène Bourgeois Leclerc.- Un médecin quinquagénaire sème la colère autour de lui lorsqu\u2019il prend la décision de quitter son épouse pour aller vivre avec sa maîtresse, de vingt-cinq ans sa cadette.ARTV 21h LA CHAMBRE DU FILS (3) It.2001.Drame psychologique de Nanni Moretti avec Nanni Moretti, Laura Morante, Jasmine Trinca.- Un psychanalyste qui se sent coupable de la mort accidentelle de son fils met en péril les liens qui l\u2019unissent à sa femme et à sa fille.TFO 21h LA LEÇON DE PIANO (1) (The Piano), Aust.1992.Drame sentimental de Jane Campion avec Holly Hunter, Harvey Keitel, Anna Paquin.- Vers 1850 en Nouvelle-Zélande, une Écossaise muette, mère d\u2019une fillette, délaisse le colon qu\u2019elle a épousé par correspondance pour entamer une liaison avec un voisin de ce dernier.TQ 21h30 LE SECRET DE MA MÈRE (4) Can.2006.Comédie dramatique de Ghyslaine Côté avec Ginette Reno, Céline Bonnier, Joëlle Morin.- À l\u2019occasion des funérailles de son père, une jeune femme fait des découvertes bouleversantes sur sa famille.V 21h30 TOURNÉE Voir samedi, 1h57.TFO 22h36 GROSSESSE SURPRISE (4) (Knocked Up), É.-U.2007.Comédie de Judd Apatow avec Seth Rogen, Katherine Heigl, Paul Rudd.- Un jeune glandeur tente maladroitement de prendre ses responsabilités auprès d\u2019une journaliste qu\u2019il a mise enceinte lors d\u2019une aventure d\u2019un soir.MP 23h MILLE ET UNE FAÇONS DE MOURIR DANS L\u2019OUEST (4) (A Million Ways to Die in the West), É.-U.2014.Comédie de Seth MacFarlane avec Seth MacFarlane, Charlize Theron, Liam Neeson.- Largué par sa fiancée qui le trouve trop poltron, un éleveur de moutons reçoit des leçons de courage d\u2019une belle inconnue, qui s\u2019avère être l\u2019épouse d\u2019un dangereux hors-la-loi.TVA 23h15 VIE SAUVAGE (4) Fr.2014.Drame de Cédric Kahn avec Mathieu Kassovitz, Céline Sallette, Romain Depret.- Au terme d\u2019une séparation houleuse, un homme s\u2019enfuit dans la nature avec deux de ses fils, et amorce avec eux une cavale qui durera onze ans.TV5 0h DANS LA MAISON (3) Fr.2012.Comédie dramatique de François Ozon avec Fabrice Luchini, Ernst Umhauer, Kristin Scott Thomas.- Un adolescent s\u2019immisce dans la maison d\u2019un camarade de lycée et fait le récit épisodique de ses découvertes à son professeur de français, qui s\u2019embarque alors dans un jeu dangereux.RC 0h05 LE VENT SE LÈVE Voir samedi, 21h.TFO 0h32 SEIGNEUR DE GUERRE (4) (Lord of War), É.-U.2005.Thriller d\u2019Andrew Niccol avec Nicolas Cage, Jared Leto, Bridget Moynahan.- Pourchassé par un agent d\u2019Interpol, un trafiquant d\u2019armes américain d\u2019origine ukrainienne s\u2019interroge sur les implications morales de son métier.TQ 1h43 DEVINE QUI VIENT DÎNER (4) (Guess Who\u2019s Coming to Dinner), É.-U.1967.Comédie de mœurs de Stanley Kramer avec Sidney Poitier, Spencer Tracy, Katharine Hepburn.- Une jeune femme qui veut épouser un médecin de race noire doit convaincre son père qui, en dépit de ses idées libérales, voit ce projet d\u2019un mauvais œil.RC 1h50 LUNDI APOCALYPSE NOW (V.F.) (1) (Apocalypse Now), É.-U.1979.Drame de guerre de Francis Ford Coppola avec Martin Sheen, Robert Duvall, Marlon Brando.- Pendant la guerre du Vietnam, un officier des forces spéciales américaines remonte un fleuve en bateau pour aller tuer un colonel renégat.TQ 21h J.A.MARTIN PHOTOGRAPHE (3) Can.1976.Drame de mœurs de Jean Beaudin avec Marcel Sabourin, Monique Mercure, Jean Lapointe.- Au début du XXe siècle, un photographe ambulant qui effectue une tournée annuelle se voit obligé d\u2019emmener sa femme.TFO 21h UN ÉTÉ ITALIEN Voir samedi, 21h.ARTV 23h45 LA RELIGIEUSE (3) Fr.2012.Drame religieux de Guillaume Nicloux avec Pauline Étienne, Isabelle Huppert, Louise Bourgoin.- Au XVIIe siècle, une jeune fille contrainte d\u2019entrer dans les ordres est aux prises avec des mères supérieures bienveillantes, cruelles ou trop affectueuses.TV5 0h LA CHAMBRE DU FILS Voir dimanche, 21h.TFO 0h08 LE VENT SE LÈVE Voir samedi, 21h.TFO 1h46 MARDI IRON MAN (4) É.-U.2008.Drame fantastique de Jon Favreau avec Robert Downey Jr., Jeff Bridges, Gwyneth Paltrow.- Transformé par une éprouvante expérience, un riche marchand d\u2019armes se consacre désormais au Bien en se glissant dans une armure superpuissante de son invention.MP 16h30 ROSE BONBON (4) (Pretty in Pink), É.-U.1986.Comédie dramatique d\u2019Howard Deutch avec Molly Ringwald, Andrew McCarthy, Jon Cryer.- Les tribulations sentimentales d\u2019une adolescente, fille de chômeur, étudiant dans une école fréquentée par des jeunes de milieux aisés.V 20h PARTY GIRL (3) Fr.2014.Comédie dramatique de Marie Amachoukeli avec Angélique Litzenburger, Joseph Bour, Samuel Theis.- Entraîneuse dans un cabaret en Lorraine, une sexagénaire aimant la fête accepte d\u2019épouser un de ses clients.TFO 21h LE GRAND DÉPART Voir dimanche, 21h.ARTV 23h TOMBOUCTOU (4) (Timbuktu), Fr.2014.Drame d\u2019Abderrahmane Sissako avec Ibrahim Ahmed, Toulou Kiti, Abel Jafri.- Un père de famille nomade ayant causé accidentellement la mort d\u2019un pêcheur tombe aux mains des djihadistes qui se sont empa-rés du pouvoir dans la ville voisine.TV5 0h J.A.MARTIN PHOTOGRAPHE Voir lundi, 21h.TFO 0h06 LA CHAMBRE DU FILS Voir dimanche, 21h.TFO 2h03 APOCALYPSE NOW (V.F.) Voir lundi, 21h.TQ 2h10 MERCREDI SHERLOCK HOLMES (4) G.-B.2009.Drame policier de Guy Ritchie avec Robert Downey Jr., Jude Law, Rachel McAdams.- Le détective Sherlock Holmes et son fidèle associé, le médecin John Watson, cherchent à neutraliser un meurtrier mégalomane ressuscité d\u2019entre les morts.MP 16h30 DONNIE BRASCO (4) É.-U.1997.Drame policier de Mike Newell avec Johnny Depp, Al Pacino, Michael Madsen.- Un agent du FBI s\u2019infiltre dans les rangs de la mafia new-yorkaise en gagnant la confiance d\u2019un gangster expérimenté.TQ 21h AU-DELÀ DES COLLINES (3) Roum.2012.Drame de Cristian Mungiu avec Cosmina Stratan, Cristina Flutur, Valeriu Andriuta.- Une jeune Roumaine qui rêve de s\u2019établir en Allemagne avec son ancienne amante échoue à convaincre celle-ci de quitter le monastère isolé où elle vit.TFO 21h TRANSCENDANCE (4) (Transcendence), É.-U.2014.Science-fiction de Wally Pfister avec Johnny Depp, Rebecca Hall, Paul Bettany.- Avant de mourir, un spécialiste de l\u2019intelligence artificielle parvient à transférer sa conscience dans un super-ordinateur, avec l\u2019aide de sa collègue et épouse.TVA 23h35 UN SECRET (4) Fr.2007.Drame de Claude Miller avec Patrick Bruel, Cécile de France, Ludivine Sagnier.- En 1962, un garçon d\u2019origine juive apprend d\u2019une voisine de troublants secrets sur sa famille.TV5 0h PARTY GIRL Voir mardi, 21h.TFO 1h JEUDI L\u2019ÉPREUVE \u2013 LE LABYRINTHE (4) (The Maze Runner), É.-U.2014.Science-fiction de Wes Ball avec Dylan O\u2019Brien, Will Poulter, Thomas Sangster.- Des adolescents se retrouvent captifs dans une clairière ceinturée par un énorme labyrinthe peuplé d\u2019araignées géantes.MP 16h30 FREEHELD \u2013 LE COMBAT DE LAUREL HESTER (4) (Freeheld), É.-U.2015.Drame social de Peter Sollett avec Julianne Moore, Ellen Page, Michael Shannon.- Condamnée par le cancer, une détective de la police du New Jersey se bat pour faire reconnaître sa concubine par son employeur, afin que cette dernière puisse toucher sa pension.TQ 21h CET ÉTÉ-LÀ (4) (The Way, Way Back), É.-U.2012.Comédie dramatique de Nat Faxon avec Liam James, Sam Rockwell, Steve Carell.- Forcé de passer ses vacances d\u2019été en compagnie des membres de sa famille dysfonctionnelle, un adolescent introverti se lie d\u2019amitié avec un employé fantasque d\u2019un parc aquatique.MP 21h LA VISITE DE LA FANFARE (3) Isr.2007.Comédie dramatique d\u2019Eran Kolirin avec Sasson Gabai, Ronit Elkabetz, Saleh Bakri.- En visite en Israël, les membres d\u2019une fanfare égyptienne s\u2019égarent et aboutissent dans un bled au milieu du désert où une restauratrice leur offre l\u2019hospitalité.TFO 21h LE GRAND DÉPART Voir dimanche, 21h.ARTV 22h MAMA (4) Esp.2013.Drame d\u2019horreur d\u2019Andres Muschietti avec Jessica Chastain, Nikolaj Coster-Waldau, Megan Charpentier.- Un couple retrouve et adopte deux nièces qui vivaient terrées dans un chalet en ruines au fond des bois depuis un terrible drame familial survenu cinq ans plus tôt.Z 23h LES MONUMENTS MEN (5) (The Monuments Men), É.-U.2013.Drame de guerre de George Clooney avec George Clooney, Matt Damon, Cate Blanchett.- En 1944, un peloton formé d\u2019experts du monde des arts est chargé d\u2019aller récupérer les chefs-d\u2019œuvre dérobés par les nazis.TVA 23h35 AU-DELÀ DES COLLINES Voir mercredi, 21h.TFO 23h59 L\u2019ÉCUME DES JOURS (4) Fr.2013.Drame sentimental de Michel Gondry avec Romain Duris, Audrey Tautou, Gad Elmaleh.- Le bonheur d\u2019un inventeur parisien est assombri par le nénuphar qui pousse dans le poumon droit de sa jeune épouse, lequel met sa vie en péril.TV5 0h JEFF VIT CHEZ MAMAN (4) (Jeff Who Lives at Home), É.-U.2011.Comédie dramatique de Jay Duplass avec Jason Segel, Ed Helms, Susan Sarandon.- Parce qu\u2019il voit dans un événement anodin un signe de sa destinée, un trentenaire qui habite toujours chez sa mère en vient à aider son frère à vérifier si son épouse le trompe.RC 0h35 VENDREDI L\u2019ÉPREUVE \u2013 LE LABYRINTHE Voir jeudi, 16h30.MP 12h MARGOT VA AU MARIAGE (4) (Margot at the Wedding), É.-U.2007.Comédie dramatique de Noah Baumbach avec Nicole Kidman, Jennifer Jason Leigh, Jack Black.- Une écrivaine new-yorkaise bouleverse l\u2019existence de sa sœur cadette, à qui elle rend visite avec son fils adolescent à l\u2019occasion du mariage de celle-ci.VIE 13h MALÉFIQUE (4) (Maleficent), É.-U.2014.Drame fantastique de Robert Stromberg avec Angelina Jolie, Elle Fanning, Sharlto Copley.- Pour se venger de son ancien amant, un roi humain, une fée jette sur la première-née de celui-ci un maléfice qui s\u2019accomplira à l\u2019adolescence.RC 19h THE INVISIBLE NATION (4) (Le peuple invisible), Can.2007.Documentaire de Richard Desjardins.- L\u2019histoire déchirante des Algonquins, nation autochtone disséminée dans une dizaine de réserves à travers l\u2019Abitibi-Témiscamingue.PBS (WETK) 20h LE CHEIK BLANC (3) It.1952.Comédie de Federico Fellini avec Alberto Sordi, Brunella Bovo, Leopoldo Trieste.- En voyage de noces à Rome, une jeune femme s\u2019esquive pour rencontrer le héros d\u2019un roman-photo.TFO 21h IRON MAN Voir mardi, 16h30.MP 23h LE GRAND DÉPART Voir dimanche, 21h.RC 23h05 LA VISITE DE LA FANFARE Voir jeudi, 21h.TFO 23h56 LE CAPITAL (4) Fr.2012.Comédie satirique de Costa-Gavras avec Gad El- maleh, Natacha Régnier, Bernard Le Coq.- Le nouveau p.-d.g.d\u2019une banque française prend les grands moyens pour asseoir son pouvoir auprès des actionnaires.TV5 0h AU-DELÀ DES COLLINES Voir mercredi, 21h.TFO 1h27 LE MONDE DE CHARLIE Voir dimanche, 12h.ARTV 1h30 LABYRINTHE (3) (Labyrinth), G.-B.1986.Conte de Jim Henson avec Jennifer Connelly, David Bowie, Toby Froud.- Une adolescente retrouvera son petit frère si elle parvient à traverser en temps voulu le labyrinthe qui mène au château du roi des lutins.TVA 1h35 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable Ça change pas le monde, sauf que\u2026 Réalisé par Alexis Veller afin de souligner le 60e anniversaire de la Palme d\u2019or, La légende de la Palme d\u2019or est le premier documentaire entièrement consacré à ce bijou confectionné par le joaillier suisse Chopard et convoité par les ci - néastes du monde entier.Alors que l\u2019on y suit les dif férentes étapes de la confection du Graal du cinéma, Jane Campion, seule femme à avoir mis la main sur ce prix prestigieux, Emir Kusturica, membre du très sélect club des doubles palmés, Nanni Morretti, Martin Scorsese, Steven Soderbergh, plus jeune palmé de l\u2019histoire, et Wim Wen- ders partagent en toute simplicité des anecdotes tantôt amusantes, tantôt bouleversantes sur la vie après la Palme d\u2019or.La légende de la Palme d\u2019or Radio-Canada, samedi, 19h; RDI, mardi, 20h Pendant ce temps sur la Croisette En direct de Cannes, Léa Salamé et ses collaborateurs consacrent le contenu du magazine Stupéfiant ! au 71e Festival de Cannes.Au menu : on s\u2019entretient avec des stars et des jeunes espoirs du septième art, on discute du retour de Jean-Luc Godard et de Spike Lee, et on prête une oreille attentive aux r umeurs de toutes sortes.Stupéfiant ! TV5, samedi, 20h59, vendredi, 14h03 | 3 9 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 * Taxes en sus.Certaines conditions s\u2019appliquent.MAISON THEATRE .COM SAISON 2018-2019 FORFAIT 3 SPECTACLES POUR 39 $* Les belles histoires commencent à la Maison Théâtre ! MANON DUMAIS LE DEVOIR Palmes d\u2019or Alors que la planète cinéma vibre au rythme de la Croisette, Télé-Québec et TFO puisent dans leur collection afin de nous présenter la crème du cinéma primé au Festival de Cannes.Ainsi, Télé-Québec diffusera La leçon de piano, de Jane Campion, et Apocalypse Now, de Francis Ford Coppola, respectivement lauréats de la Palme d\u2019or en 1993 et 1979.Pour sa part, TFO propose toute la semaine un imposant palmarès cannois, dans lequel on trouve La chambre du fils, de Nanni Morretti, Palme d\u2019or 2001 ; J.A.Martin, photographe, de Jean Beau- din, qui a valu à Monique Mercure le prix de la meilleure actrice en 1977 (ex æquo avec Shelley Duvall pour 3 femmes de Rober t Altman) ; et Au-delà des collines, de Cristian Mun- giu, qui remportait en 2012 le Prix du scénario et la Palme d\u2019or, en plus de voir ses actrices Cristina Flutur et Cosmina Stratan couronnées du Prix d\u2019interprétation féminine.Cinéma TFO, tous les soirs, 21h La leçon de piano Télé-Québec, dimanche, 21h30 Apocalypse Now Télé-Québec, lundi, 21h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 B O N S BA I S E RS D E L A C RO I S E T T E Le visionnement en continu de la semaine Avec sa voix dont on dit qu\u2019elle évoque un jaguar se terrant dans un violoncelle, Benedict Cumberbatch est l\u2019un des acteurs les plus fascinants de sa génération, qu\u2019il incarne un su- perhéros (Doctor Strange), un enquêteur mythique (Sherlock Holmes) ou un roi shakespearien (Richard III).Dans Patrick Melrose, série en cinq épisodes du scénariste David Nicholls (Loin de la foule déchaînée) et du réalisateur Edward Berger (The Terror), d\u2019après les romans d\u2019Edward St.Aubyn, il se surpasse une fois de plus avec son interprétation fiévreuse d\u2019un homme de la haute société britannique hanté par le souvenir de son père abusif (Hugo Weaving) et par son passé de toxicomane.La série met aussi en vedette Blythe Danner et Jennifer Jason Leigh.Patrick Melrose Showtime et Crave.tv, samedi, 21h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 05/14 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes Rétroviseur Les chefs! Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur ARTIS, les coulisses Ma maison bien-aimée Les petits doués TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc APOCALYPSE NOW (1979) avec Martin Sheen, Robert Duvall, Marlon Brando.V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Rire et délire La trappe Permis chanter Scorpion / Les Super Fun Guys Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Mixeur Champions Les châteaux de France Révolutions sexuelles Un village français Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Secrets souterrains Phénomènes vus de l'espace R.I.S, police scientifique Mme Lebrun CANAL VIE Vendre ou rénover?ByeMaison Quoi ton plan?Nombreux et heureux Survivre / Christian et Heather SPCA en action SPCA en action Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball / Rays de Tampa Bay c.Royals de Kansas City (D) Sports 30 Sports 30 /22h45 Antichambre HISTORIA Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Boardwalk ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Prochains Prise de son ICI on chante / Joël Legendre Frank Sinatra, le crooner à la voix de velours 22h45 À communiquer EXPLORA Chauve-souris Yellowstone: terres d'extrêmes S'aime chien Repères Vivre loin du monde Îles de création Homme mer Z Remorquage Dans l'net Les pires chauffards québécois Sleepy Hollow / Liberté Animal Kingdom The Leftovers (v.f.) / Les loupes Star Trek: Voy.SAVOIR Face à Face uniVERT Découvertes Santé! Autisme Un grand pas 21h50 De neuf uniVERT Monde Saint-Laurent TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Conseils Carte de visite J.A.MARTIN, PHOTOGRAPHE (1976) 22h45 Visite 23h10 Citoyen Planète Manfred Richthofen Namibie Big Bang Trésors volés Arsène Lupin Vu sur terre Jean Couty CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice / Live Semi-Final Performances The Crossing CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Super Donuts Man Plan Chicago Med Elementary / Pushing Buttons Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars The Crossing News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Man Plan Super Donuts The Big Bang Elementary / Pushing Buttons Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Royal Wedding Watch Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Mauvais karma Mauvais karma Trait d'humour Canada, plus grand que nature Maman?Non merci! Hooké HBO Cinéma RIVER (2015) Rossif Sutherland.Andre the Giant Barry 22h05 Silicon 22h35 Westworld TVA Sports 17h00 Destination Coupe Stanley Hockey Dave Morissette en direct Le TVA sports 05/13 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h55 Infoman 23h25 Danse TVA TVA nouvelles VLOG Artis, le Tapis rouge Gala Artis 22h45 TVANou.Cinéma TQ Microphone Mc$ween Banc public Y'a du monde à messe LA LEÇON DE PIANO (1992) avec Anna Paquin, Holly Hunter.V Cinéma 18h45 THELMA ET LOUISE (1991) avec Geena Davis, Harvey Keitel, Susan Sarandon.LE SECRET DE MA MÈRE (2006) Ginette Reno.ICI RDI Le Téléjournal Vocation Le National Qui êtes-vous?Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Champion 22h45 Échos-L.Journal/ L\u2019invité CANAL D Madame Lebrun Docu-D / Culture Cosplay Transport Déroute Enchères Le convoi de l'extrême Motard espion CANAL VIE Nombreux et heureux J'aurais donc dû, docteur! Accouchements extrêmes Encan et flip au Texas Catastrophe Ouvrez, jamais Des rénos qui RDS 14h00 PGA Golf (D) Sports 30 Hors-jeu 2.0 LMB Baseball / Washington Nationals c.Diamondbacks de l'Arizona (D) Sports 30 HISTORIA Marty et Bam Bam brocantent Artéfacts sous la loupe Artéfacts / La boule en laiton Poirier enquête Poirier enquête Chopper Chopper Fous bolides ICI ARTV Monsieur Selfridge / Le portrait ICI on chante Crescendo LE GRAND DÉPART (2007) Marie-Évelyne Baribeau.Louis T EXPLORA S'aime chien Superpouvoirs Le refuge de l'espoir Planète colère Planète techno Étincelles de génie Découverte Sexplora Z Maripier! P.Lemieux En prison Prêt sur gage Les hors-la-loi du volant Sleepy Hollow / Liberté Lizard Lick T'es pas game Américars SAVOIR Monde Dactylo La boîte noire Routes science Sciences/ Idées Électron/ Nature Nomade mers Au coeur du cinéma québécois Connaissance Apostrophes TFO Subito texto Top! /18h45 Top! Conseils Mosquée Citoyen monde LA CHAMBRE DU FILS (2001) Nanni Moretti.22h35 TOURNÉE (2010) Planète 17h30 So Fr.Thierry Dusautoir Statu Quo: Le combat inachevé du féminisme Arts backstage L'ombre d'un doute 7 merveilles ind.CBC 17h00 DR.SEUSS' CAT IN T.LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Big Bang The Big Bang Lucifer / A Devil of My Word The Detail Deception / The Unseen Hand National News GBL 14h00 PGA Golf (D) Global News The Simpsons Instinct / Long Shot NCIS: Los Angeles / Venganza Timeless / The General Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos American Idol / Top Five Deception / The Unseen Hand News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes Instinct / Long Shot NCIS: Los Angeles / Venganza Madam Secretary / Protocol 3 News PBS (33) The Coroner / The Deep Freeze A Place to Call Home Masterpiece Classic 21h05 Masterpiece Classic / Unforgotten 22h35 Last Tango in Halifax UNIS Bouffe en cavale Les fermiers / La mi-saison Chair de poule Chair de poule Radio enfer Radio enfer Balade Tor.Balade Tor.Constellation fr HBO FANARCHY (2014) Greg Nicotero.Real Time With Bill Maher Being Serena Westworld 22h15 Silicon 22h45 Barry TVA Sports Question tue Le TVA sports Coupe Stanley LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) Le TVA sports Baseball / Bos./Tor.05/12 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille Des gens de son pays Les enfants de la télé Notre vie Le Téléjournal Pharmachien Les pêcheurs TVA TVA nouvelles DIVERGENCE (2014) avec Theo James, Kate Winslet, Shailene Woodley.21h15 NOUS SOMMES LES MILLER (2013) Jason Sudeikis.TQ BRILLANTINE (1978) avec Olivia Newton-John, John Travolta.Microphone L'ARRIVISTE (1999) Reese Witherspoon.22h55 Poldark / Naufrage V Cinéma SHERLOCK HOLMES: LE JEU DES OMBRES (2011) Robert Downey Jr.21h15 LA FRONTIÈRE DES TÉNÈBRES (2010) avec Ray Winstone, Mel Gibson.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages La Facture Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche prochain Johnny Hallyday: la France rock'n roll 22h20 Voisins Voisins/ Voisins Journal/ L\u2019invité CANAL D Déroute Garage d'élite Mayday / Attitude mortelle Madame Lebrun Michel Barrette Comme du monde Déroute CANAL VIE SPCA en action SPCA en action Mini-maisons Mini-maisons De taudis à logis Survivre / Michael et Arune The Affair (v.f.) Cinéma RDS 17h00 Course Sports 30 Au 19e ATP Tennis - Omnium de Madrid Demi-finale ATP Tennis - Omnium de Madrid Demi-finale HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu Prêt au combat Prêt au combat Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Chopper ICI ARTV Prochains Rétroviseur Pour l'amour du country Appelez mon agent UN ÉTÉ ITALIEN (2009) avec Catherine Keener, Colin Firth.Prise de son EXPLORA Animo Pharmachien Fascinantes petites bêtes Espions pour la planète Cerveau Sexplora Mégast.nazies Z Rapide et mill Blood Brothers T'es pas game Varennes Seuls et tout nu Robot Wars Six / Fin de la partie En prison SAVOIR Face à Face Reportage Géo 19h50 Nature L'inis reçoit.Jean-Claude Lord Monde Dactylo Semaine Verte DeNeuf/ Idées Le grand TFO Subito texto Flip Conseils Mosquée Citoyen monde LE VENT SE LÈVE (2005) avec Padraic Delaney, Cillian Murphy.Cinéma Planète 7 merveilles ind.L'affaire Kevin / Le témoin Aux origines./ L'hellénité Vu sur terre Le mystérieux singe Marche CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) LNH Hockey (D) CTV CTV News Montreal W5 MY FAVORITE WEDDING (2017) Maggie Lawson.The Detail / Bad Traffic National News GBL 14h00 PGA Golf (D) Global News BorderSecur Ransom / Legacy Home to Win Rise / Totally Hosed Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend American Idol / Top Seven 20/20 News at 11 CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight Ransom / Legacy NCIS: Los Angeles 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Want My Wife Doctor Blake / First Dance Death in Paradise Austin City UNIS Hooké Filles de moto Blanche Devenir adulte Hors série LITTORAL (2004) avec Gilles Renaud, Miro Lacasse.Tudors HBO 15h55 Spielber 18h25 THE SPECIAL RELATIONSHIP (2010) DUNKIRK (2017) avec Cillian Murphy, Tom Hardy.Boxing - HBO After Dark (D) TVA Sports Le TVA sports Coupe Stanley LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) Le TVA sports Soccer / Philadelphie vs Montreal S A M E D I L U N D I D I M A N C H E SU R VOS ÉC R A N S Toute une soirée avec « The Voice » Le crooner «immortel» Frank Sinatra, dont l\u2019un des nombreux surnoms n\u2019est rien de moins que «The Voice», est décédé il y a tout juste 20 ans.Pour marquer le coup, Artv propose un programme double constitué d\u2019un documentaire produit par la chaîne franco-allemande Arte, qui dresse un portrait de l\u2019artiste multidisciplinaire et de l\u2019homme à l\u2019existence un peu turbulente.Suit une émission spéciale enregistrée en 1965 par le réseau NBC, l\u2019une des premières en couleur de la chaîne, dans laquelle il interprète plusieurs de ses grands succès.Sinatra, le crooner à la voix de velours, suivi de Frank Sinatra : un homme et sa musique Artv, lundi, dès 21h PBS CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Little Women (Les quatre filles du docteur March dans sa version française) reste, plus de 150 ans après sa première parution, un roman jeunesse que l\u2019on souhaite mettre dans les mains de jeunes filles.Cette histoire de sœurs qui prennent leur existence à bras-le-corps dans la Nouvelle-Angle- terre de la guerre de Sécession et les années qui suivent a de quoi inspirer les futures jeunes femmes en fleur.Cette énième adaptation à l\u2019écran du classique a la particularité d\u2019être signée par une Britannique, Heidi Thomas, qui est également la scénariste de la série historique Call the Midwife (SOS Sage-femme en français), une autre œuvre qui met en lumière le destin de femmes de tête.Cette minisérie s\u2019avère tout à fait fidèle à l\u2019œuvre dont elle est inspirée et se révèle souvent très réaliste lorsqu\u2019elle montre la misère des moins nantis qui entourent cette famille privilégiée mais pas for tu- née et les terribles conséquences de la guerre.La distribution quatre étoiles, dominée par Emily Watson, superbe en Marmie « courage », et par la jeune Maya Hawke (fille d\u2019Ethan Hawke et d\u2019Uma Thurman), très inspirée en créative et impétueuse Jo, rend justice aux personnages archiconnus.Il manque tout de même quelque chose, un brin de douce folie, de fantaisie, qui illumine le roman.L\u2019ensemble est compétent et même fort bien livré, mais un peu trop sage.Comme si la fougue poétique du personnage central n\u2019avait pas réussi à traverser l\u2019écran.Reste que les admirateurs du livre devraient donner une chance à cette nouvelle mouture, ne serait-ce que pour renouer avec cet univers qui donne espoir dans la détermination des jeunes femmes en devenir.Little Women PBS, les dimanches 13 et 20 mai, 20h Petites femmes fortes Une adaptation du classique de Louisa May Alcott fidèle, mais sage | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Derek Muller, communicateur technologique derrière le blogue Verita- sium, a le sens de la formule.Internet, la grande révolution, une incursion documentaire en trois temps de Peter Schnall, bénéficie grandement de ses talents de vulgarisateur.Son regard franc contribue à donner corps à ce voyage critique dans le passé, le présent et le futur d\u2019Internet.La série commence un peu nonchalamment, portée par un enthousiasme initial mal canalisé.La formidable progression du réseau attire les superlatifs, Internet devenant «une sorte de voyage cosmique que même Newton, Tesla ou Einstein n\u2019auraient pu imaginer ».La surenchère se gave de chif fres \u2014 100 milliards de recherches par mois sur Google, 41 000 mises à jour par seconde sur Facebook \u2014 comme de barrières technologiques tombées en série.Mais au moment où l\u2019on soupire à l\u2019idée de se farcir un énième dithyrambe du Net, Derek Muller nous fait basculer à l\u2019autre pôle, là où les racistes, intimidateurs et autres enragés trouvent un ferment à la mesure de leur haine.Là où la surveillance menace aussi la vie privée.Là, enfin, où toute information est susceptible d\u2019être bradée, volée et monnayée.Bien entouré de spécialistes, du lanceur d\u2019alerte Edward Snowden au blo- gueur John Green, derrière Brotherhood 2.0, Derek Muller plonge de plus en plus profondément dans cette matière vivante qui évolue à un train d\u2019enfer.La leçon est de bonne tenue tout en restant grand public, complète sans verser dans le trop pointu.Internet, la grande révolution ICI Explora, vendredi, 21h En rediffusion, mardi, 23h Les séismes numériques Internet, la grande révolution propose un voyage critique dans le passé, le présent et le futur du Web 05/18 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal À COMMUNIQUER Fatale-Station Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur L'arme fatale LES SACRIFIÉS 2 (2012) avec Bruce Willis, Sylvester Stallone.TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Passager Format familial Cuisine futée, Cuisine futée, Un chef à la cabane Y'a du monde à messe Banc public Microphone V Souper parfait Souper parfait L'arbitre SQ 911 PARTIS EN 60 SECONDES (2000) avec Angelina Jolie, Nicolas Cage.ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Chasseurs / Éthiopie Faut pas rêver / Au Maroc, sur la route des oasis Sexe autour du monde / Liban Journal/ C à dire CANAL D R.I.S, police scientifique Amour fatal / Le cas Dingle Opération Police Motard espion Délateurs / Bernard Provençal Soldats sec.CANAL VIE Accouchements extrêmes Quoi ton plan?Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Nombreux et heureux ByeMaison Pro du patio Vendre rénover RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Images/sec.ATP Tennis - Internazionali BNL d'Italia Quart de finale Monde sport Sports 30 Sports 30 /22h45 Antichambre HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Les montagnards / Commotion Les montagnards Les montagnards L'acier et feu ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Mission X / Rapprochements La petite Dorrit Les grandes entrevues À communiquer Le siège EXPLORA Superpouvoirs VolteFace Planète techno Pharmachien Un homme à la mer / S'aimer Internet / Branché sur l'avenir Sexplora Stupidité Stupidité Z Remorquage Dans l'net Maripier! P.Lemieux Rapide et mill Week-end Lizard Lick Prêt sur gage Infiltration Trop fou pour être vrai?SAVOIR Au coeur du cinéma québécois Apostrophes 20h15 Universc Secrets Électron/ Thèse Encore plus FutureMag 10 découvertes Un grand pas TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite LE SCHEIK BLANC (1952) 22h25 Carte de visite 22h55 Citoyen Planète Colères de mer Crash Investigations So France Étoiles Monaco Enquête Les routes du crime / Best of Marche CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot / In Memory Agents of SHIELD / The End Blue Bloods / Out of the Blue CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight BorderSecur BorderSecur Hawaii Five-0 Madam Secretary / Protocol Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Once Upon a Time Partie 2 de 2 Agents of SHIELD / The End 20/20 News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight UndercoverBoss:Celeb Hawaii Five-0 Blue Bloods / Out of the Blue Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week In Principle American Masters Royal Wedding Watch UNIS Galaxie près Cochon dingue Balade Tor.Balade Tor.Radio enfer Radio enfer D'un rire à l'autre Mauvais karma Mauvais karma Jachère/ Circuit HBO 17h15 GAME CHANGE (2011) 19h15 I Am MLK Jr.20h55 Silicon 21h25 Barry Real Time With Bill Maher Rellik TVA Sports Destination Coupe Stanley Hockey Dave Morissette en direct 05/17 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes Malheurs Prière de ne pas Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Chicago Fire / Les rencontres FLIRT À HAWAÏ (2008) Heather Locklear.21h45 VLOG TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Banc public Microphone / Dumas FREEHELD: LE COMBAT DE LAUREL HESTER 22h50 Les francs-tireurs V Souper parfait Souper parfait Imposteurs Chicago Police Chicago Police Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR L'ogre de nos rivières Des racines et des ailes Terres de cinéma Journal/ C à dire CANAL D Festival Grand Rire Docteur Jeff Les dossiers de la NASA Hantise Docu-D Docu-D CANAL VIE Vendre ou rénover?Accouchements extrêmes SPCA en action SPCA en action Catastrophe Ouvrez, jamais Mini-maisons Pro du patio Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Le sommet À comm.IIHF Hockey - Championnat du Monde Quart de finale Sports 30 /22h45 Antichambre HISTORIA Belles ordures Belles ordures Chopper Chopper Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Prochains Rétroviseur Hubert & Fanny Le siège LE GRAND DÉPART (2007) EXPLORA Animal Fight Club / Le littoral Un loup contre les bisons La fureur du climat Forces invisibles Repères Rêver le futur Z Remorquage Dans l'net Seuls et tout nu Robot Wars Maripier! T'es pas game Les hors-la-loi du volant MAMA (V.F.) SAVOIR Santé! Découvertes Un grand pas 19h50 De neuf 21e Siècle Cent regards Sociologie uniVERT Québec monde Planète Terre Révolte TFO Amélie Top!/ Top! Flip Motel Monstre Lightning Point Carte de visite LA VISITE DE LA FANFARE (2007) Carte de visite Citoyen monde Planète Colères de mer L'affaire Kevin / Le témoin L'ombre d'un doute 7 merveilles ind.Arsène Lupin Vu sur terre CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Grey's Anatomy / All of Me The Big Bang Young Sheldon Station 19 / Not Your Hero Quantico / Spy Games CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Chicago Fire / One for the Ages Chicago Fire S.W.A.T./ Hoax / Sherilyn Fenn Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy / All of Me Station 19 / Not Your Hero Quantico / Spy Games News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Life in Pieces Life in Pieces S.W.A.T./ Hoax / Sherilyn Fenn Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Artisans Artisans Beyond Bernie Bardo: Night Bardo: Night Royal Wedding Watch Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Couleurs locales Les fermiers / La fin de l'été Blanche Constellation francophone Maman?Non HBO 17h00 TOTEM 18h35 Number 18h55 Last Wk 19h25 W.Cenac 19h55 Silicon 20h25 Barry Westworld 22h15 Whitney Cummings' Bleep Show TVA Sports Vérité de la rue L'Impact Baseball Dave Morissette en direct Le TVA sports 05/16 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes L'Épicerie Dans l'oeil du dragon Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Campagne Oeufs d'or Malaises Boomerang Esprits criminels TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc / Absolument Trans DONNIE BRASCO (V.F.) (1997) avec Al Pacino, Johnny Depp.23h15 Stasio V Souper parfait Souper parfait Lucifer / Le fils préféré NCIS: Los Angeles / L'emprise X-Files: Frontières / Babylon Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille 19h55 Cellule de crise / Face à la rue 21 jours Journal/ C à dire CANAL D Enchères Déroute Déroute Garage d'élite Australie: La ruée vers l'or Soldats secouristes Docu-D Docteur Jeff CANAL VIE Vendre ou rénover?Survivre / Christian et Heather De taudis à logis Vendre ou rénover?Australie Design V.I.P.Mini-maisons Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LMB Baseball (D) Sports 30 Sports 30 /22h45 Antichambre HISTORIA Restauration Restauration Restauration Restauration De l'acier et du feu / Le talwar De l'acier et du feu Prêt au combat Prêt au combat Poirier enquête ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix ICI on chante / Joël Legendre Pour l'amour du country Olivier Mozart jungle 22h45 Mozart dans la jungle EXPLORA Animo Planète colère Une ferme sauvage La Semaine verte Le non-verbal décodé 9 mois pour la vie Îles de création Z Remorquage Dans l'net Lizard Lick Ça passe Blood Brothers Varennes Week-end Rapide et mill Science Démolition Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte DeNeuf/ Idées FutureMag 10 découvertes Planète Terre Reportage Géo 22h20 L'ONU Santé! Découvertes TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Danse rêves Carte de visite AU-DELÀ DES COLLINES (2012) avec Cristina Flutur, Cosmina Stratan.Planète Devoir d'enquête Namibie Big Bang L'affaire Kevin / La mémoire Faites entrer l'accusé La grande inondation CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Code Black / The Same as Air Law & Order: S.V.U./ Mama Designated Survivor / Run CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: Ghost Island SEAL Team Timeless / Chinatown Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Alex, Inc.Modern Family Am.Housewife Designated Survivor / Run News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Survivor: Ghost Island SEAL Team Code Black / The Same as Air Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Travelscope Yankee Nature / Super Hummingbirds Nova Wonders Royal Wedding / Ceremony Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Guides d'aventures Filles de moto Hooké Devenir adulte Hors série Les fermiers / La mi-saison Canada, nature HBO 16h20 Hemingway 18h55 Bill Maher 19h55 W.Cenac 20h25 Last Wk 20h55 Silicon 21h25 Barry Being Serena Westworld /22h35 THE CHA.TVA Sports Destination Coupe Stanley Vérité de la rue Avant-match Soccer RAW 05/15 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Des squelettes Les pêcheurs Galas ComédiHa! 2015 Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ninja Warrior: Le parcours ultime / Los Angeles City Finals Du talent à revendre TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Cochon dingue Subito texto Génial! Mc$ween Point doc Poldark Chroniques du crime / La vérité Chef cabane V Souper parfait Souper parfait Tout s'embellit Taxi payant ROSE BONBON (1986) avec Andrew McCarthy, Molly Ringwald.Le show de Rousseau Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50Champion Journal FR Stupéfiant! / Spéciales Cannes Sexe autour du monde / Liban Tandem Journal/ C à dire CANAL D Phénomènes vus de l'espace Nature sauvage Le convoi de l'extrême Mayday / Mythe mortel Fugitifs / Le chaînon manquant Australie: Ruée CANAL VIE Vendre ou rénover?Mini-maisons Mini-maisons Encan et flip au Texas Vendre ou rénover au Québec Quoi ton plan?Idées-grandeur Vendre ou rén.RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° IIHF Hockey / Canada c.Allemagne - Championnat du Monde Toutes rondes Sports 30 Sports 30 /22h45 Antichambre HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Fièvre encans ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix #Bougaricci #Bougaricci Appelez mon agent Hubert & Fanny Faits Divers Cinéma EXPLORA Le refuge de l'espoir Yellowstone: terres d'extrêmes Découverte Mégastructures nazies Siècle d'inventions Concevoir Z Remorquage Dans l'net Les hors-la-loi du volant Training Day Killjoys / Les écorcheurs The Strain / Le dernier voyage Infiltration SAVOIR 18h20 L'ONU Reportage Géo 19h20 L'ONU Québec monde CORIM Voir autrement 21h20 Métiers Au coeur du cinéma québécois Vues d'UQAM La bibliothèqye TFO Amélie Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Lightning Point Carte de visite PARTY GIRL (2014) Angélique Litzenburger.22h35 Visite 23h05 Citoyen Planète Secrets de chats Les routes du crime / Best of Retrouvez la nature / Brésil Crash Investigations Cannabis en France Sous le radar CBC CBCNews On the Money LNH Hockey - Séries éliminatoires de la Coupe Stanley (D) CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk Roseanne The Voice MasterChef Canada For the People CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Fallout / Don Lake NCIS: New Orleans NCIS: New Orleans Global News ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Roseanne The Middle Black-ish Splitting Up For the People News at 11 CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Fallout / Don Lake NCIS: New Orleans NCIS: New Orleans Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Points North Outdoor Civilizations / Renaissances First Civilizations / Trade Royal Wedding / What to Wear Business UNIS Galaxie près Cochon dingue Être bête Ça va brasser! LE CONFESSIONNAL (1995) Lothaire Bluteau.Jachère Amaretto Sour Filles de moto HBO 17h20 Captivated ATOMIC HOMEFRONT (2017) Dawn Chapman.20h40 W.Cenac 21h10 Last Wk 21h40 Silicon 22h10 Barry 22h45 Westworld TVA Sports 17h00 Destination Coupe Stanley Hockey Dave Morissette en direct Le TVA sports M A R D I J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I ICI EXPLORA L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 V I V R E Higgins Beach, loin des foules du Maine Tapie dans l\u2019ombre de la discrète Scarborough et limitrophe de l\u2019enjouée Portland, Higgins Beach a su résister au chant des sirènes massivement touristiques et conserver sa quiétude, sa plénitude, sa simplicitude.Survol d\u2019un agréable pied-à-terre pour s\u2019ancrer face à la mer. REPORTAGE GARY LAWRENCE COLLABORATEUR LE DEVOIR À SCARBOROUGH défaut d\u2019être relativement longue \u2014 elle fait à peine 1km \u2014, la plage est large, très large même.Avec l\u2019amplitude de ses marées et la douce déclivité de son plancher, elle rappelle presque la mer du Nord, comme si elle en était le dernier terrain vague de ce côté-ci de l\u2019Atlantique.Elle, c\u2019est Higgins Beach, secrètement lovée dans un écrin de rochers, d\u2019anonymat, de surf et de farniente, à trente minutes de route de Portland, dans le Maine.Même les habitants de Scarborough, où est située la plage, n\u2019y sont pas si assidus : les aires de stationnement se font rares, les commerces sont quasi inexistants, et le bord de mer ne compte aucun greasy spoon où étancher sa soif de cholestérol.Plutôt méconnue des touristes mais chérie par les familles qui occupent depuis longtemps les quelque 300 cottages et propriétés qui la bordent, Higgins Beach est une sorte d\u2019anti- Old Orchard.Juste assez éloignée de la célèbre station balnéaire pour ne pas lui ressembler, elle en est aussi juste assez proche pour qu\u2019on puisse y prendre un bain de foule, de barbe à papa, de boardwalk ou de fête foraine à l\u2019occasion, sans avoir à y dormir ou à se demander si le Pier est à venir.Prisée par les sur feurs, Higgins Beach ne peut \u2014 ne veut pas \u2014 aspirer à recevoir des contingents d\u2019estivants.À preuve : on y trouve que trop peu de pieux où crécher, hormis les propriétés en location ainsi que deux auberges.L\u2019une d\u2019elles, le Higgins Beach Inn, est située à 23 secondes et quart de la plage et est croquigno- lette à souhait, avec ses bardeaux de bois fraîchement renippés et sa dégaine coloniale revival.La quiétude Contrairement à la grande majorité des bourgades balnéaires du Maine, Higgins Beach n\u2019a jamais succombé à l\u2019appât du gain et du développement, les Higgins Beachers préférant maintenir leur quiétude, ne pas être forcés de se corder comme des sardines sur le liseré côtier et s\u2019offrir de longues marches sans but précis, les orteils enfoncés dans le quartz pulvérisé de leur plage.Celle-ci est si authentique qu\u2019on y laisse même émerger l\u2019épave d\u2019un navire échoué là en 1897.Pour se délier les doigts de pied, il n\u2019y a pas trente-six solutions : Higgins Beach n\u2019a pas toujours envie de bouger et de faire bouger, si ce ne sont les pages d\u2019un roman ou la mâchoire de celui qui enfourne un lobster roll décadent à l\u2019une des popotes roulantes de Bite Into Maine.Mais les Higgins Beachers disposent tout de même d\u2019une ou deux écoles de surf, pour qui veut apprendre à faire corps avec le creux de la vague.Les marais saumâtres de la société Audubon sont aussi juste là, à portée de rame, pour zieuter la gent aviaire en canot, en kayak ou en planche à pagaie.Dans les environs, le Scarborough Land T r ust gère également les sentiers de Prouts Neck, où allait flâner le peintre Winslow Homer, au XIXe siècle.Quant à la poiscaille de la rivière Spurwink, elle est prête à en découdre avec l\u2019hameçon de toute fine mouche de la canne, c\u2019est quand il le veut.Et pour tout le reste, il y a Portland.Festive Portland Souvent éclipsée par sa célébrissime vis-à-vis de la côte ouest, Portland (Maine) mérite pourtant mieux qu\u2019une éclaircie par temps nuageux.Elle bat déjà Portland (Oregon) sur au moins un terrain : celui des microbrasse- ries.Aucune autre ville des États- Unis n\u2019en compte autant qu\u2019elle, par personne, à savoir 24 adresses pour 67 000 âmes assoiffées (520 000 pour la grande agglomération).Et puis, certains pans de son cadre architectural sont tellement plus ravissants\u2026 Habilement ragaillardies et restaurées au fil des ans, les devantures du centre historique et du vieux port de Por tland (Maine) arborent au- jourd\u2019hui une surprenante joliesse.Par endroits \u2014 dans Wharf Street, par exemple \u2014, la ville se donne même de petits airs d\u2019Angleterre victorienne, avec ses briques rouges, ses réverbères, sa ruelle couverte de pavés\u2026 Considérée comme étant parmi les meilleures «petites villes» pour gourmets du pays de l\u2019oncle Donald, Portland permet aussi de naviguer entre le meilleur et le pire de la sapidité, sans jamais qu\u2019on soit déçu par sa créativité.Entre les beignets de pommes de terre érable et bacon chez Holy Donut et le crab cake bénédictine de Gilbert\u2019s Chowder House, on peut tâter de la tapa espagnole chez Chaval, tenter une tarte à l\u2019oignon et à la moelle chez Scales ou s\u2019enfiler une soupe won-ton au homard et champignons confits au Honey Paw\u2026 avant d\u2019être rattrapé par la dure réalité états-unienne en humant les parfums aile de poulet, fromage bleu ou érable-sriracha du maïs soufflé de Coastal Maine Popcorn.Si un grain orageux se pointe, l\u2019éclectique Portland Art Museum mérite un crochet pour son expo sur les voitures au design streamline (dès le 16 juin), les œuvres de la pho- tojournaliste Fazal Sheikh (jusqu\u2019au 20 mai) ou les artéfacts autochtones, Kandinski et autres Matisse de la collection permanente.Enfin, pour s\u2019élever au-dessus de la mêlée, il reste l\u2019Observatoire de la ville, qui a tout d\u2019un phare mais qui n\u2019en est pas un.Son ascension permet d\u2019embrasser d\u2019un coup d\u2019œil l\u2019agglomération et son port, mais aussi de relever que l\u2019immeuble octogonal de 26 mètres n\u2019a pas de fondations : seules des pierres (122 tonnes, tout de même) servent de lest à sa base, déposée crûment sur le roc.Le même roc auquel s\u2019accroche Higgins Beach, 17 km plus au sud, et auquel elle continuera longtemps de s\u2019accrocher en toute authenticité, est-on en droit d\u2019espérer.L\u2019auteur était l\u2019invité de Visit Maine.| 4 3 E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Higgins Beach au coucher du soleil PHOTOS GARY LAWRENCE Du maïs éclaté chez Coastal Maine Popcorn À savoir Higgins Beach est situé à 5h de Montréal et à moins de 4h du poste-frontière de Highwater, près de Mansonville, dans les Cantons-de-l\u2019Est.La route pour s\u2019y rendre passe par les splendides White Mountains (New Hampshire), ce qui permet d\u2019agrémenter le trajet d\u2019un jour ou deux de randonnée.Aménagé dans une ravissante demeure de 1897 et remise au goût du jour en 2017, le Higgins Beach Inn compte 23 chambres, un bon petit resto (le Shade), un bar bien garni, une terrasse couverte et\u2026 un stationnement (fort pratique dans le secteur).À compter de 215$/nuit.Si Portland est réputée pour ses microbrasseries (et de plus en plus pour ses microdistilleries), le Maine a présentement droit à une chouette reviviscence de cidreries artisanales.Du reste, plusieurs vignobles ont essaimé dans l\u2019État côtier, ces dernières années ; une trentaine d\u2019entre eux font partie de la Maine Wine Trail.Renseignements : higginsbeachmaine.com, themainebeaches.com, visitportland.com, visitmaine.com À Plutôt méconnue des touristes mais chérie par les familles qui occupent les quelque 300 cottages et propriétés qui la bordent, Higgins Beach est une sorte d\u2019anti-Old Orchard L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Viv r e REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATRICE LE DEVOIR À CHAMPSECRET a campagne normande est un terreau des plus fertiles qui nourrit généreusement les vaches, qui produisent un lait unique pour la confection des quatre fromages d\u2019appellation d\u2019origine protégée (AOP) de cette région française.Et elle se sillonne parfaitement d\u2019un délice laitier à l\u2019autre.Les quatre fromages AOP de la Normandie sont le très populaire camembert, le livarot, le pont-l\u2019évêque et le neufchâtel.Ils doivent tous être produits dans un territoire défini de la région.Nous nous aventurons donc sur les routes de traverse qui nous mènent chez de petits et de plus grands producteurs laitiers, au grand bonheur de nos papilles et de nos pupilles.Afin d\u2019aller au fond de l\u2019histoire du camembert, nous entamons notre tournée gourmande à Champsecret, à une heure au sud-ouest de la ville au nom dudit fromage, puisque, à la Ferme du Champ Secret, ils vont au- delà des exigences de l\u2019AOP.Ils optent en effet pour un modèle d\u2019agriculture biologique, mais ils respectent aussi le modèle fermier, c\u2019est-à- dire que le lait est produit et transformé sur place.De plus, ils ont un troupeau de vaches normandes seulement, en pâturage au moins neuf mois par année et qui est uniquement nourri d\u2019herbes et de foin séchés en grange.En entrant dans l \u2019usine (maison) de transformation, on observe les gens mouler le camembert à travers la vitre.Un réfrigérateur contient tous les produits laitiers de la maison, crème, beurre, fromage.Une liste de prix est af fichée au mur et chaque visiteur n\u2019a qu\u2019à laisser ses euros dans la petite caisse et noter ce qu\u2019il a pris, tout simplement.De là, nous passons la nuit à la chambre d\u2019hôtes Le Presbytère à Saint-Bomer-les-Forges, un petit village d\u2019à peine plus de 1000 âmes.Les propriétaires, Antoinette et Tom Jack, d\u2019origine anglaise, nous accueillent chaudement avec une tasse de thé.Classique.Nous sirotons notre boisson chaude dans le jardin avec vue sur les prés d\u2019un ver t tendre, tel de jeunes bourgeons au printemps.Tant qu\u2019à être dans le coin, nous en profitons pour nous délecter à l\u2019Auberge de la Mine à La Ferrière- aux-Étangs, étoilée Michelin depuis 2008.Depuis 27 ans, Catherine et Huber t Nobis ont redonné vie à l\u2019ancienne cantine de la mine de fer.Et quelle vie ! Cette adresse de travailleurs est désormais une référence pour les voyageurs qui désirent goûter aux richesses locales apprêtées avec le plus grand soin.Nous poursuivons notre route et nous faisons un arrêt à la fromagerie E.Graindorge à Livarot, une méga- production comparativement à La Ferme du Champ secret.Là-bas, ils produisent évidemment le l ivarot, de même que le pont-l\u2019évêque.La fromagerie familiale appartient désormais au géant agroalimentaire Lactalis depuis 2016, d\u2019où la capacité de transformation de 100 000 à 130 000 litres de lait par jour.Si plusieurs manipulations sont mécanisées, la fromagerie accorde tout de même de l\u2019importance au savoir-faire fromager.Chaque visite est animée de panneaux, de jeux et de grandes vitrines à travers lesquelles nous pouvons voir toutes les étapes de transformation des fromages.En boutique, il est aussi possible de déguster les quatre fromages AOP normands.Mais c\u2019est en arrivant au minuscule village de Saint-Philber t-des- Champs, à quelques kilomètres au sud de Pont-l\u2019Évêque, que nous découvrons l\u2019essence même de l\u2019ar t fromager normand.Sans trop savoir où se trouve la Sur la route des fromages de Normandie Bon à savoir À partir de l\u2019été 2018, la Route des fromages de la Normandie permettra aux passants d\u2019aller d\u2019adresse en adresse de producteurs, éleveurs laitiers, restaurateurs, crémeries et musées au fil de leur séjour dans la région.L POUR ANNONCER : 514 985-3454 G O L F EN RÉGION Vous désirez organiser un tournoi ou un mariage ?(site enchanteur) Il me reste encore quelques samedis, faites vite ! GOLFVALLEEDESFORTS.COM valleedesforts@sympatico.ca | 450-346-6090 Ouverture du parcours bientôt Pour annoncer dans ce regroupement Contacter Évelyne de Varennes au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec Club Voyages Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Le détail des séjours d\u2019été et d\u2019automne sera prêt bientôt.Trésors impressionnistes de la collection Ordrupgaard UNE BONNE NOUVELLE! Ajout de places pour le circuit du 9 juin à OTTAWA Ne tardez pas! NEW YORK Opéra du Met, concert, jardin, musées\u2026 18-21 octobre QUÉBEC pour le FESTIVAL D\u2019OPÉRA 31 juillet - 1er août Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre fromagerie, nous apercevons une enseigne « Bienvenue à la ferme », ce label français indiquant où nous pouvons visiter des fermes.Nous nous y arrêtons dans le but de revoir notre géolocalisation.Au mê - me moment, Jérôme Spruytte entre dans la cour.« Je vous attendais », s\u2019exclame-t-il.Cet ar tisan fromager de troi - sième génération ne fait que du pont-l \u2019évêque à par tir du lait de vaches normandes seulement.Pourquoi ?« Je ne sais pas.Je suis né dedans et je ne connais rien d\u2019autre, répond-il.Quand j\u2019ai fait mon service militaire, j\u2019étais posté à Évreux, à 1 h 10 d\u2019ici.Et tous les soirs pendant neuf mois, je revenais aider mon père à faire le fromage.» Aujourd\u2019hui, il exploite la fromagerie avec sa femme, Françoise.Tous les deux travaillent 365 jours sur 365.« On ne prend jamais de vacances, parce qu\u2019on n\u2019a personne pour nous remplacer.C\u2019est un métier de fou, vous savez.Mais on est des malades, alors\u2026 Et puis mon père m\u2019a dit un jour : tu ne réussiras pas.C\u2019est un peu pour lui prouver le contraire que je travaille comme ça », ajoute-t-il.Tous les jours, ils transforment 400 litres de lait en 120 fromages.Une fois posés à la chambre d\u2019hôtes La Douce Folie, nous nous installons dans le jardin avec nos trouvailles lactées, verre de vin à la main.Chaque bouchée raconte une histoire.Chaque bouchée mérite notre entière reconnaissance du travail bien fait.Notre journaliste était l\u2019invitée de l\u2019Office du tourisme de la Normandie, d\u2019Air Canada et de Rail Europe.| 4 5 Vi v r e Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Les fromages AOP Livarot Pâte molle et croûte lavée: Fait à partir de lait cru de vaches de race normande à 100% et en pâturage plus de 6 mois par année.Ceinturé de 5 tours de laîches Neufchâtel Pâte molle et croûte fleurie: Fait à partir de lait cru de vaches de race normande à 60% et en pâturage plus de 6 mois par année.Moulé en forme de cœur.Pont-l\u2019évêque Pâte molle et croûte lavée: Fait à partir de lait cru de vache normande à 50%, en pâturage plus de 6 mois par année.Moulé en forme carrée Camembert Pâte molle et croûte fleurie: Fait à partir de lait cru de vaches de race normande à 50 %, en pâturage plus de 6 mois par année.Moulé à la louche en cinq couches de caillé, avec un temps de repos de 40 minutes entre chaque couche.Obligatoirement commercialisé dans une boîte en bois Une ferme près de Camembert CHARLY TRIBALLEAU AGENCE FRANCE- PRESSE Ci-contre : le fromage fermier pont-l'évêque d\u2019appellation d\u2019origine protégée CATHERINE LEFEBVRE À la Ferme du Champ Secret, on opte pour l\u2019agriculture biologique, mais on respecte aussi le modèle fermier, c\u2019est-à- dire que le lait est produit et transformé sur place ALLISON VAN RASSEL COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC C\u2019est commercialisé comme un produit miracle, lance avec émoi Fran- çois-Xavier Fauck, propriétaire de Chapeau les bois, une toute petite entreprise de Québec spécialisée dans la transformation et la commercialisation de produits forestiers.Au lieu d\u2019être objectif et de miser sur les analyses scientifiques, tout le monde veut faire un coup d\u2019argent avec le chaga, sans prendre le temps nécessaire pour bien faire les choses.» Selon M.Fauck, le chaga passe trop souvent pour un produit de charlatan.L\u2019innotus obliquus, nom latin du champignon chaga, prend vie dans les fissures des bouleaux jaune et blanc.Riche en phytonutriments, le chaga se nourrit de l\u2019eau et de l\u2019acide botulinique qui coule naturellement au cœur de l\u2019arbre emblématique de la forêt boréale.« C\u2019est comme une carie qui vient s\u2019installer dans une faiblesse du tronc de l\u2019arbre, explique-t-il.Le mycélium du champignon, c\u2019est un réseau de filaments très fins qui s\u2019installe au cœur de l\u2019arbre où il se nourrit.Il grossit, lentement.Ça peut prendre 20, 30 ans et l\u2019arbre est toujours vivant.Ce que l\u2019on récolte est une fructification du champignon, et non pas le champignon en tant que tel.» En Scandinavie et dans l\u2019est de l\u2019Europe, le chaga est considéré comme un champignon sauveur de l\u2019arbre, un miracle de la nature en quelque sor te.En Amérique du Nord, il est vu comme un parasite, notamment en raison de sa forme non traditionnelle ressemblant à une verrue noir et jaune.Mycologues sceptiques Le Cercle des mycologues amateurs du Québec est loin de croire aux vertus attribuées à l\u2019innotus obliquus.Joint au téléphone, le président du Cercle, Jean Bérubé, avance que les bienfaits allégués au chaga sont « de la poudre de perlimpinpin».« Ils n\u2019ont jamais vraiment passé à une étape scientifique qui prouve hors de tout doute une ef ficacité quelconque, lance-t-il en riant au bout du fil.C\u2019est comme le kombu- cha et le kéfir, ce sont tous des produits naturels qui n\u2019ont aucun effet bénéfique sur la santé.» M.Fauck déplore que le Cercle des mycologues ne redirige pas les consommateurs vers des informations disponibles ouvertement sur Google Scolar, cité en exemple.«C\u2019est aussi, ça leur rôle, affirme-t-il.C\u2019est tellement facile de donner l\u2019information au lieu d\u2019effacer ou d\u2019ignorer les questions et commentaires sur le chaga.Plus les gens sont informés, plus ils font des achats éclairés.» Questionné sur le sujet, le président du Cercle des mycologues amateurs du Québec précise que le but des clubs de mycologie est de faire découvrir la science et la beauté des champignons, et non pas de répondre aux questions sur la comestibilité, peu importe le type de champignon.Afin de répondre à ce scepticisme, François Xavier Fauck a fait analyser trois échantillons de chaga cueillis dans la forêt boréale québécoise au laboratoire de l\u2019Institut sur la nutrition et les aliments fonctionnels (INAF) situé à l\u2019Université Laval à Québec.Son but : déterminer une fois pour toutes la réelle teneur en antioxydant du champignon chaga.Les résultats sont surprenants : le chaga a un indice ORAC (Oxygen Radical Absorbance Capacity) de plus de 345 858 pour 100 g de poudre.En comparaison, les données du Nutrient Data Laboratory de la United States Department of Agriculture affiche un indice ORAC de 125 300 par 100 g pour des feuilles de thé vert broyées, 102 700 par 100 g pour la poudre de baies d\u2019açaï et 4633 par 100 g pour la poudre de bleuets.Selon ces résultats, le champignon chaga serait un des aliments les plus antioxydants sur la planète.Au-delà de la nutrition, la vertu la plus fabuleuse du chaga est son goût.À entendre les réactions des pâtissières Alexandra Marcil et Sarah For tin-Lausier, de Sumo bei- gnerie ar tisanale, goûtant pour la première fois à une décoction de chaga, c\u2019est une fabuleuse expérience aromatique.« C\u2019est praliné, ça rappelle la mélasse avec un beau goût boisé, s\u2019exclame Alexandra Marcil.Ah ! Je le L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 6 | Utilisé depuis des millénaires dans la médecine douce du nord de l\u2019Asie, le champignon chaga fait de plus en plus sa place dans les habitudes de consommation des Occidentaux.Profondément boréaux, les produits à base de chaga prennent d\u2019assaut les rayons des boutiques spécialisées en produits d\u2019alimentation : poudre, encens, décoction, boisson gazeuse, bière, etc.Bourrée de polyphénols et d\u2019antioxydants, l\u2019histoire du chaga est presque trop belle pour être vraie.Vertueux chaga Le champignon boréal controversé prend les assiettes d\u2019assaut Les pâtissières Alexandra Marcil et Sarah Fortin-Lausier, de Sumo Beignerie artisanale, dans le quartier Saint-Roch à Québec, après la dégustation d\u2019une concoction de chaga.PHOTOS ALLISON VAN RASSEL vois déjà dans une crème pâtissière, avec un glaçage plus léger pour \u201cpuncher\u201d le goût du chaga, ajoute sa collègue Sarah Fortin-Lausier.« La plupar t des gens ne savent pas comment bien apprêter le chaga.Ils versent de l\u2019eau sur un morceau de chaga ou ils ajoutent de l\u2019eau à la poudre et ça ne goûte rien », raconte François-Xavier Fauck.Le chef Émile Tremblay (Le Cercle, Légende par la Tanière, Les Faux Bergers) a suivi les conseils de Chapeau les bois et a développé une crème de pomme de terre à partir d\u2019une décoction de chaga.« J\u2019ai fait pleurer un mec cet été avec ma crème, raconte-t-il au bout du fil.Désarmant de simplicité, l\u2019amertume dans ce plat est douce avec une délicatesse qui rappelle celle de la noisette et de la mélasse.» «Le chaga, c\u2019est comme un bon pinot.Ça demande une cer taine finesse du palais pour reconnaître la complexité et sa délicatesse.En « | 47 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 François-Xavier Fauck tient dans ses mains un chaga de près de 30 ans cueilli dans la forêt boréale québécoise.Cette recette de pancakes à la ricotta est riche en saveur et en texture.Elle est un ajout idéal pour vos brunchs du week-end.Si vous ne pouvez pas trouver la crème de noix de coco chez votre épicier, vous pouvez simplement n\u2019utiliser que la partie épaisse et crémeuse du lait de coco en conserve.Donne 2 portions Ingrédients Pour les pancakes 1 tasse de farine tout usage 1/2 c.à thé de bicarbonate de soude 3/4 tasse de lait 1 1/2 c.à soupe de sucre 1 tasse de ricotta, bien égouttée Le zeste d\u2019un demi-citron (ou d\u2019une demi-orange) 2 œufs (jaunes et blancs séparés) 1 pincée de sel Du beurre pour graisser la poêle Flocons de noix de coco grillée pour garnir Pour la sauce 2 bananes, tranchées 1 boîte de crème de noix de coco 1/4 de tasse de miel 1/4 de tasse de cassonade 2 c.à soupe de beurre 1 c.à soupe de rhum ou de bourbon Préparation Pour la sauce, faire fondre le beurre dans une casserole et y ajouter la cassonade, le miel et les bananes.Cuire quelques minutes afin de bien dissoudre la cassonade.Ajouter le rhum et la crème de noix de coco.Mijoter quelques instants et réserver.Dans un bol, mélanger la farine et le bicarbonate, puis ajouter le lait, le sucre, la ricotta, le zeste de citron et les jaunes d\u2019œufs.Remuer pour obtenir une pâte homogène.Fouetter les blancs d\u2019œufs en neige jusqu\u2019à ce qu\u2019ils forment des pics presque fermes, puis les incorporer délicatement à la pâte à l\u2019aide de mouvements circulaires, en soulevant la préparation de manière à conserver un maximum d\u2019air.Dans une poêle, chauffer légèrement une noisette de beurre.Cuire 1/2 tasse de mélange à pancakes bien pleine.Laisser cuire 1 à 2 minutes (la formation de petites bulles d\u2019air signifie que la pancake se décollera facilement) ; retourner et cuire encore 1 minute.Mettre les pancakes dans une assiette et répéter avec le reste de la préparation.Servir les pancakes avec quelques cuillères de sauce et garnir de flocons de noix de coco grillée.L A R EC E T T E D U C H E F M I C H A E L TOZ Z I Pancakes à la ricotta, sauce banane et noix de coco même temps, c\u2019est un peu du healing by the food.Ça me plaît ça et ça me tient à cœur », dit Émile Tremblay.Spécialisée dans les plantes sauvages comestibles, le gibier et les champignons, la chef et propriétaire de la table champêtre Les Jardins sauvages, Nancy Hinton, se préoccupe surtout de la qualité « discutable et sans traçabilité» qui domine actuellement le marché des produits sauvages au Québec.Selon elle, le chaga est grandement victime de cette tendance.Elle le cuisine peu, préférant de loin des champignons plus goûteux.« Je suis chef et gourmande avant tout, alors les trucs pas super délicieux ça ne m\u2019intéresse pas tellement, même si c\u2019est soi-disant excellent pour la santé, écrit -elle par courriel.On a tellement de choix pour manger et boire, alors vaut mieux jumeler avec le plaisir des papilles.On a embarqué surtout parce qu\u2019il y a une demande », poursuit celle qui vend du chaga en morceaux et en poudre au marché Jean- Talon à Montréal.En cuisine, elle favorise aussi la décoction afin de faire ressortir le maximum des arômes, mais sa préparation prend énormément de temps.Développement de produits Il faut entre deux et quatre heures pour éral iser une décoct ion de chaga à par t ir de la poudre, un obstacle important à la commercialisation du produit, selon François- Xavier Fauck.En 2015, il a eu l\u2019idée de lyophiliser une décoction afin de créer une sorte d\u2019instantané hyper concentré.La lyophilisation déshydrate un aliment sans en altérer la qualité et a pour ef fet de concentrer les nutriments, la couleur, les saveurs et les arômes.La lyophilisation est un procédé couramment utilisé par les compagnies pharmaceutiques.C\u2019est alors que M.Fauck a fait appel à l\u2019expertise du centre de développement en biotechnologie Biopterre.À par tir de ce qu\u2019il appelle un « concentré de chaga lyophilisé », Chapeau les bois développe toutes sor tes de produits de consommation réalisés en collaboration avec des entreprises situées aux quatre coins du Québec : un café avec la brûlerie Faro à Sherbrooke, une bière avec le brasseur de Québec Michel Marcoux, un soda avec Bull\u2019s Head dans les Cantons-de- l\u2019Est, etc.En ce moment, les marchés de Vancouver et de Toronto s\u2019arrachent le chaga cola.D\u2019ici quelques mois, Chapeau les bois déménage son étal du marché du Vieux-Por t à Québec dans une nouvelle boutique du quartier Saint- Roch dans l\u2019arrondissement La Cité- Limoilou à Québec.« Je n\u2019ai pas un souci de commercialisation pour faire de l\u2019argent avec ça, précise-t-il.Je veux faire des produits à valeur ajoutée avec ce champignon, car je sais que le chaga a des propriétés extraordinaires autant pour le cosmétique que pour l\u2019alimentaire.» MICHAEL TOZZI L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e R e s t o 4 8 | L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Agenda sur mesure pour le secondaire Cycles de neuf jours, semaines A/B, journées de planification\u2026 les horaires des élèves du secondaire (et ceux de leurs professeurs!) ne ressemblent à ceux de personne d\u2019autre.L\u2019application québécoise Studyo consiste en un agenda numérique adapté pour eux, qui leur permet de paramétrer leur horaire en début d\u2019année scolaire et d\u2019y noter leurs devoirs et évaluations directement sur leur tablette, leur téléphone portable ou leur ordinateur, au fil des jours.Il faut y mettre un peu de temps pour bien comprendre toutes les fonctionnalités de l\u2019outil et entrer l\u2019horaire de base, mais une fois cela fait, on se retrouve vraiment avec un outil sur mesure intéressant.L\u2019application est gratuite pendant deux semaines, puis l\u2019abonnement est de 2$ par mois ou 24$ par année.Studyo est disponible seulement pour les appareils mobiles Apple.Studyo Intuitic Inc.Méditer, en français s\u2019il vous plaît ! On vous parlait la semaine dernière de Headspace, une populaire application de méditation anglophone.Petit BamBou offre un service semblable, mais en français.Ses séances de méditation guidées durent de 10 à 15 minutes chacune; les huit premières sont gratuites, et l\u2019abonnement est ensuite de 60$ pour six mois.Plus de 600 séances sont offertes pour les membres, et plusieurs thématiques peuvent être abordées lors de celles-ci, comme le stress, la gestion de la douleur ou la compassion \u2014 il y a même une méditation qui permet de réfléchir à sa dépendance au tabac.L\u2019application offre aussi une option «crise de calme», une courte méditation de trois minutes à faire lors d\u2019un moment de stress intense.Petit BamBou FeelVeryBien Camille Dauphinais-Pelletier INTUITIC INC.CRITIQUE CATHERINE FERLAND COLLABORATRICE LE DEVOIR À QUÉBEC Désireux d\u2019oublier la grisaille d\u2019un printemps qui tarde à s\u2019installer pour de bon, mon compagnon et moi optons pour un lieu réputé pour sa cuisine chaleureuse, Le Clocher Penché, sur la rue Saint-Joseph.Un peu interloqués par le volume sonore qui nous assaille dès l\u2019entrée \u2014 la salle à manger est pleine et l\u2019acoustique amplifie le bruit des conversations \u2014, nous nous attablons.La suite des choses confirmera que cette ambiance certes joyeuse ne se prête guère à la conversation\u2026 ou convient précisément aux confidences, qui seront assurément bien couvertes par la clameur ! À l\u2019ombre du clocher Étonnant petit resto : à deux pas se dresse l\u2019église Notre-Dame-de- Jacques-Cartier, dont le clocher légèrement oblique a inspiré le nom.Construite en 1875 et consolidée en 1940, cette curiosité architecturale veille avec bienveillance sur ce coin du quartier Saint-Roch.L\u2019édifice lui- même est une ancienne banque, comme le laissent deviner le comptoir et, surtout, l\u2019accès aux toilettes\u2026 situées dans une ancienne portion voûtée gardée par une porte blindée.Ce qui était à l\u2019origine un café est maintenant un restaurant qui a atteint sa pleine maturité.Certains éléments sont devenus des classiques du Clocher Penché, par exemple le fromage en faisselle, les plats en cocotte prévus pour deux personnes ou encore le recours assumé aux meilleurs produits locaux.Nous nous en prévaudrons largement.Fraîcheur, fraîcheur Pour commencer, nous décidons de partager une faisselle.Dave se dévouera afin d\u2019essayer une viande totalement nouvelle pour nous, le loup marin, tandis que je savourerai quelques huîtres.La carte des vins est intéressante, proposant des valeurs sûres ainsi que des produits beaucoup moins usuels.Le sommelier du Clocher, Marc La- marre, vient d\u2019ailleurs de remporter le prix du Sommelier de l\u2019année lors du gala des Lauriers de la gastronomie québécoise.Mon homme se décide pour un Stellenbosch Thirst Cin- sault 2017 Radford Dale, tandis que je m\u2019offre un verre de Terra Alta gar- naxta blanca (je vous le donne en mille : il s\u2019agit de grenache blanc) 2016 de la maison Herència Altés, un Cuisine du marché au Clocher Penché Ce qui était à l\u2019origine un café est maintenant un restaurant qui a atteint sa pleine maturité.Certains éléments sont devenus des classiques.PHOTOS RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR éclatant catalan qui semble prometteur avec les entrées.C\u2019est ef fectivement le cas.La saveur acidulée et la texture crémeuse du fromage frais sont fort bien mises en valeur par le fléflé (une purée de piment rouge d\u2019origine syrienne), la laitue iceberg, les chips de bagel et la touche d\u2019huile d\u2019Espelette.Une entrée tout en fraîcheur.Dans une présentation fort originale, sur deux étages, je reçois ensuite mes six huîtres de l\u2019Île-du- Prince-Édouard accompagnées d\u2019un amusant granité au Bloody Mar y, tandis que mon compagnon découvre son mi-cuit de loup marin en croûte d\u2019épices, avec purée de mat- sutake et champignons marinés.Cette viande \u2014 du phoque \u2014 est tendre comme du filet mignon ! Mais on aurait aimé pouvoir en découvrir le goût naturel, qui se trouve ici un peu occulté par la vinaigrette aux noix et surtout les épices.Peut-être est-ce simplement une manière d\u2019introduire cet aliment inhabituel dans nos assiettes?Qu\u2019est-ce qui mijote ?Poursuivant en partage, nous avons opté pour la casserole du moment, un délicieux magret de canard ser vi avec un ragoût d\u2019orge, de champignons et de légumes.Présenté dans un plat en fonte, il dégage d\u2019appétissants arômes.Les textures et saveurs sont variées et bien contrastées, ce qui permet de s\u2019adonner, encore et encore, au plaisir de composer des bouchées.Un peu d\u2019orge, un bout de canard, et hop, on pique un brocoli, puis on plonge dans la sauce au vin\u2026 enfin, vous voyez ce que je veux dire.Une part de cette copieuse casserole finit dans un plat pour emporter.On y gagne un somptueux repas pour le lendemain\u2026 et le petit espace nécessaire pour conclure par un desser t, par tagé lui aussi.L\u2019homme, qui a la dent plus sucrée que la mienne, est chargé de choisir.Bien que n\u2019étant pas le genre de personne à m\u2019exciter devant la mention « tar te au sucre » d \u2019un menu, il faut ici admettre qu\u2019on a su réinventer ce classique avec beaucoup de finesse et d\u2019originalité.L\u2019appareil onctueux est en quelque sorte camouflé dans une pâte feuilletée évoquant le strudel, coiffé de bâtonnets de pommes et de dés de légumes racines (j\u2019admets avoir omis de noter lesquels) et parsemé de noix grillées.Un peu de glace à la vanille vient donner la petite touche de « cochonceté » recherchée.Une finale à donner une raison d\u2019aller se confesser à l\u2019église d\u2019à côté, si elle n\u2019était désacralisée.Le Clocher Penché ?$$$ 1/2 203, rue Saint-Joseph Est, Québec, 418 640-0597 Les plus : Un service affable.Des propositions permettant de belles découvertes.Une expérience gastronomique très agréable.Les moins : Le bruit ambiant tend à être très fort en période d\u2019affluence.J\u2019y retournerais plutôt en semaine ou pour le dîner.Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes : 115$.Coût total pour deux (incluant alcool, taxes et service) : 178$.| 4 9 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Gagnez une croisière gastronomique vers les Îles de la Madeleine.Le Devoir et Croisières CTMA vous offrent la chance de gagner une croisière d\u2019une semaine pour deux personnes au départ de Montréal jusqu\u2019aux Îles de la Madeleine* sur le thème : Le Québec gastronomique, du 14 au 21 septembre 2018.Pour participer : LeDevoir.com/concoursctma Remplissez le formulaire et répondez correctement à la question mathématique.Le concours se termine le 24 mai 2018.Les points forts de cette croisière : Soupers gourmands signés Ann-Rika Martin, gagnante 2017 de l\u2019émission Les chefs?! Ateliers culinaires et conférence sur les traditions culinaires québécoises Découverte et dégustation des fromages madelinots Escales à Baie-Comeau et à Pointe-au-Pic sur l\u2019itinéraire du retour * Valeur approximative de 3 000 $ CONCOURS Le printemps serait-il enfin arrivé?Ô Joie ! Il reste que, en ce mois de mai, aucun sursaut météorologique ne peut encore nous étonner.On se surprend même à envisager une supercherie : hop, on saute directement à l\u2019été.À l\u2019inverse, ô désespoir, un cruel retour à la case départ des journées froides et humides semble toujours possible.Nous vous proposons donc un antidote à ce climat d\u2019incertitude.Un parfait cocktail de transition à la fois désaltérant et réconfortant.On y mélange les arômes de la nature qui revit : feuille de sauge et bitter forestier Arbor donnent le ton.Le printemps, c\u2019est aussi le réveil des abeilles, auquel l\u2019hydromel \u2014 seul alcool du cocktail \u2014 rend hommage.L\u2019orange et la vanille, quant à elles, ont un goût fiable, et assurent le plaisir en période de doute.Cette orangeade de transition est faible en alcool et sera idéale pour accompagner vos premières soirées de terrasse et de barbecue, ou simplement vos moments de détente après le grand ménage du printemps! Ingrédients 5 feuilles de sauge fraîche 45ml (1,5 oz) de Shrub à l\u2019orange sanguine (Shrub & Co) 45ml (1,5 oz) d\u2019hydromel (ici Médiéval, d\u2019Intermiel) infusé à la vanille 7,5ml (0,125 oz) d\u2019amer aux conifères Arbor (Sombre et Amer) Une tranche d\u2019orange sanguine Préparation Pour préparer l\u2019hydromel à la vanille, il suffit de laisser infuser une gousse de vanille ouverte sur le long dans 250ml d\u2019hydromel pendant 6 jours, en remuant régulièrement.Il faut ensuite filtrer finement le liquide et le mettre en bouteille.Pour l\u2019orangeade, dans un verre haut, presser légèrement la sauge avec un pilon en bois (sans dents).Ajouter ensuite tous les ingrédients liquides.Remuer les feuilles de sauge dans le mélange à l\u2019aide d\u2019une cuillère de bar.Garder la cuillère dans le verre, et remplir de glace concassée.Remuer jusqu\u2019à ce que la glace et le liquide soient au même niveau.Remplir à nouveau de glace.Garnir d\u2019une tranche d\u2019orange sanguine et de quelques feuilles de sauge.Pour cette recette, nous conseillons vivement l\u2019utilisation d\u2019une paille réutilisable ou biodégradable.Cocktail préparé par Manuel Perrier pour Alambika L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Viv r e VOYAGES GAUTHIER spécialité voyages sur mesure 514.336.0606 www.voyagesgauthier.com info@voyagesgauthier.com Les tarifs sont à partir de, par personne, en occupation double, et sujet à disponibilité.Inclus : transferts, hébergements, visites, transports, et accompagnement lorsque indiqué.P e r m i s d u Q u é b e c Rome, Côte Amalfitaine, Florence, Cinque Terre, Venise \u2014 15 jours / 14 nuits Rome, Côte Amalfitaine, Florence \u2014 13 jours / 12 nuits Tanzanie grandeur nature \u2014 10 jours / 7 nuits du 13 au 22 octobre, circuit en groupe, vol inclus.Kenya et Tanzanie \u2014 15 jours / 12 nuits, circuit en groupe, vol inclus Inde du Nord \u2014 17 jours / 14 nuits, circuit en groupe, vol inclus Circuit groupe Magie de l'Italie \u2014 15 jours / 13 nuits, les 7 et 14 septembre, vol inclus Couleurs du Vietnam \u2014 24 jours / 20 nuits, circuit en groupe, vol inclus 2 990 $ 2 690 $ 6 999 $ 8 499 $ 4 099 $ 4 949 $ 4 099 $ Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca BON VOYAGE Pour annoncer dans ce regroupement, contacter Évelyne de Varennes au 514 985-3454 edevarennes@ledevoir.com C O C K TA I L D U M O I S Orangeade à basse teneur en alcool JEAN-SÉBASTIEN MICHEL | 5 1 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Moins de 16 $ Mâcon-Villages 2016, Blason de Bourgogne, France (15,85$ \u2013 10667423) Quelque 800 familles vigneronnes réparties dans cinq régions du «grand bourgogne » s\u2019affairent à mettre en bouteille, à bon prix, le fruit de leur passion commune.Ce chardonnay le prouve, sans crier au génie certes, mais avec le sentiment du travail bien fait.Et du fruité bien frais.Une cuvée des amis.(5) ?La surprise Syrah Sentinel Oak Vineyard 2009, Terre Rouge, États-Unis (60$ \u2013 13057348) Cette syrah la joue profil bas sur le plan des arômes mais compense sur celui des saveurs, mais surtout des textures.Robe encore bien juvénile et profonde et trame aromatique compacte où fruit mûr et tabac frais dominent.Bouche serrant ses tanins denses comme si elle ne voulait pas s\u2019en départir, sur un ensemble vineux, étoffé, minéral.(10 +) © ?Le blanc CaSal di Serra 2106, Umani Ronchi, Marches, Italie (19,25$ \u2013 10254725) Ce verdicchio a de la gueule et claque déjà au palais pour mieux annoncer le printemps en terrasse.En plus d\u2019être traité avec diligence et respect par cette belle maison des Marches qui lui assure toute la densité et la fraîcheur voulues, derrière des amers qui prolongent habilement la finale.Melon et son prosciutto?(5) ?Le rouge Marques de Casa Concha 2015, Concha y Toro, Chili (20,85$ \u2013 10694253) Une visite sur place il y a 20 ans m\u2019avait fait prendre conscience de l\u2019immensité des lieux, mais aussi de l\u2019importance de cette maison dans le paysage chilien.Rien ne semble avoir changé depuis.Toujours ce «goût » maison si caractéristique, cette densité de fruit, ce volume, ce boisé fumé.La côte à l\u2019os lui fera honneur ! (5 +) © ?Le bio Esprit d\u2019Automne 2015, Domaine Borie de Maurel, Minervois, France (17,60$ \u2013 875567) Il y a toujours eu cette espèce de glissement qui évite tout écueil et rend la dégustation coulante, comme si elle roucoulait sous les tanins ronds et charnus.La famille Escande s\u2019emploie une fois de plus à vous dérouler ce tapis bien rouge, bien fruité, bien serré et frais de textures.J\u2019aime! (5) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E CRITIQUE JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR C\u2019est avec les Dagueneau, Foreau, Chave, Rayas, Clape, Raveneau, Foucault et autres Tertre Rotebœuf que la maison Charles Joguet faisait ses premiers pas au Québec sous la démarche avisée de l\u2019agence Réserve & Sélection et de sa redoutable « tête chercheuse » Jean Parent.C\u2019est l\u2019artiste, le peintre établi à Montmartre, que Parent rencontrait alors, mais aussi un vigneron en herbe qui, deux décennies auparavant, avait repris l\u2019affaire familiale léguée par son père du côté de Chinon.C\u2019est au milieu des années 1980 que je rencontrais pour ma part ce grand monsieur qui faisait inlassablement la navette entre son atelier parisien et ses belles parcelles de cabernet franc plantées de part et d\u2019autre de la Loire.Un artiste dans l\u2019âme qui s\u2019adjoindra rapidement les conseils du grand Jacques Puisais, auteur, formateur et œnologue, mais aussi celui qui allait alors fonder l\u2019Institut du goût à Tours et à Paris en 1976.Avec ce pèlerinage qui avait démarré à un jet de caillou à l\u2019ouest, à Saumur-Champigny, chez les frères Foucault plus précisément, je commençais à réaliser que je me frottais, avec les vins du tandem « Nady- Charly » Foucault et de Charles Jo- guet, aux plus palpitants cabernets francs que cette bonne vieille planète vin m\u2019eût alors permis de goûter.C\u2019est encore le cas aujourd\u2019hui, bien que les Baudry, Breton, Vallée, Ami- rault, Mabileau et Blot ne sont pas en reste non plus ! Le passage J\u2019ai souvenir de véritables crus de terroir avec les cuvées Clos de la Cure, Les Varennes du Grand Clos, le Clos du Chêne Vert et le Clos de la Diote- rie.Des vins brillants dont l\u2019étoffe et cette espèce de « taffetas de bouche» détaillaient tout en les sublimant les socles siliceux, silex et argilo-cal- caires locaux.Je ne les avais que trop rarement dégustés depuis, les arrivages s\u2019étant raréfiés au Québec.Au- jourd\u2019hui ?Ils semblent avoir gagné en précision, en brillance, en finesse.Joguet s\u2019associait en 1985 à Jacques Genêt, ce dernier rejoignant le domaine avec, à titre de « dot », ses 10 hectares de vignes du côté de Beau- mont-en-Véron.Forts aujourd\u2019hui de 36 hectares de vignoble, dont trois en Touraine, d\u2019où la maison tire une sublime cuvée en chenin blanc sec (le saumur blanc Brézé des Foucault n\u2019est pas loin sur le plan de l\u2019intégrité !), les Genêt (Jean-Jacques et Charlotte), accompagnés de Kevin Fontaine (au chai et aux vignobles) et d\u2019une équipe terrain des plus fidèles, se sont employés à mieux définir leur parcellaire en essayant de mieux comprendre l\u2019interaction entre les vignes et les sous-sols qui les nuancent.Un travail d\u2019artisan, presque d\u2019artisan joaillier, que soulignait cette semaine une dégustation animée par Anne-Charlotte, de passage au Québec.Trop peu de vins disponibles hélas, mais il serait tout de même parfaitement incompréhensible qu\u2019ils ne soient pas proposés aux amateurs de cabernet franc.Et il y en a! Le phénix renaî- tra-t-il de ses cendres?C\u2019est à espérer.Voici quelques cuvées dégustées.Les Silènes 2015 Une cuvée axée sur le bonheur de boire léger, digeste, sainement.Un vin de «sable», aromatique, coulant, affriolant.(5) ?1/2 Les Petites Roches 2014 Le fruité se resserre un peu plus en bouche, avec une expression idéale de fraîcheur.Petit régal.(5) ?La Cure 2014 Les sols plus graveleux et argileux impriment plus de caractère ici, mais avec cette rondeur dans le velouté qui étonne.Encore et toujours cette admirable fraîcheur ! (5 +) ?Les Charmes 2014 Cette parcelle dans la parcelle (1 ha, 5) sur une base argilo-calcaire offre évidemment un charme fou avec ses tanins frais, fermes mais soyeux.(5 +) ?1/2 Les Varennes du Grand Clos 2014 Les vieilles vignes offrent ici style, élégance et pureté sur un ensemble floral et fruité, d\u2019une parfaite harmonie.Féminin.(5 +) ?1/2 Clos du Chêne Vert 2014 Un rouge racé et de caractère issu d\u2019un vignoble pentu et bien exposé, fabuleux sur le plan du détail mais surtout de la remarquable qualité des tanins.De garde ! (10 +) © ?Clos de la Dioterie 2014 Toute la grâce et la synthèse d\u2019un beau pinot noir de Bourgogne résumé ici avec délicatesse et précision.Expression sublimée du cabernet franc.(10 +) © ?guideaubry@gmail.com Les vins d\u2019un artiste Cabernet franc en son pays, la Loire JEAN AUBRY Des vins brillants dont l\u2019étoffe et cette espèce de « taffetas de bouche » détaillaient tout en les sublimant les socles siliceux, silex et argilo- calcaires locaux.Je ne les avais que trop rarement dégustés depuis, les arrivages s\u2019étant raréfiés au Québec. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 POUR TOUS LES DÉTAILS ET PRIX DE CES CIRCUITS: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 ANGLETERRE, ÉCOSSE, IRLANDE 3 au 20 sept.2018 (18 jours) SUISSE, BAVIÈRE, AUTRICHE 6 au 19 sept.2018 (14 jours) VIENNE, PRAGUE, BUDAPEST 6 au 18 sept.2018 (13 jours) CIRCUITS EUROPE ACCOMPAGNÉS GRAND TOUR D'ITALIE 8 au 28 sept.2018 (21 jours) GRAND TOUR DU PORTUGAL 11 au 26 sept.2018 (16 jours) ESPAGNE, COTE MÉDITERRANÉENNE 30 sept.au 16 oct.2018 (17 jours) Permis d u Québec Départs GARANTIS CROISIÈRES par Les rabais pour les résidents Canadiens s\u2019appliquent sur le prix de la croisière seulement et sont sujets à disponibilité au moment de la réservation.L\u2019EXPÉRIENCE TOUT-INCLUS PRESTIGE : - Vols aller-retour de Los Angeles à Papeete - Cabines avec vue mer - Boissons alcoolisées incluses et pourboires prépayés Découvrez de magni?ques itinéraires en Polynésie française, aux Îles Cook et aux Îles Fidji.{ } Pour les itinéraires et les prix, contactez-nous ! info@collectionneursdevoyages.com 514 730-9293 Dernières places disponibles ! 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Départ de Groupe accompagné Du 08 au 30 Octobre 2018 PAR PERSONNE EN OCCUPATION DOUBLE SUPPLÉMENT OCCUPATION SIMPLE 1699$ LES PLUS DU GROUPE VIP : Petit groupe, maximum 17 personnes Accompagnateur de Montréal Vol international avec Lufthansa & Swiss International Airlines 20 Nuits d\u2019hébergement en hôtels 3*-4*-5* Tous les repas inclus Services d\u2019un guide accompagnateur francophone MERVEILLES DE L\u2019 INDE DU NORD ET DU RAJASTHAN 5289$ RABAIS jusqu\u2019à 250$ PAR PERS.OFFRE PROMOTIONNELLE : -100 $ par personne RABAIS PAIEMENT PAR CHÈQUE : -150 $ par personne Réservation au plus tard le 31 mai 2018.Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 angie@legroupevip.com Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal, QC H3A 1V4 Visitez LEGROUPEVIP.COM Permis du Québec 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com KENYA & TANZANIE Du 12 février au 3 mars 2019 GUATEMALA-HONDURAS-BELIZE CHEZ LES MAYAS D\u2019HIER ET D\u2019AUJOURD\u2019HUI Du 15 novembre au 1 décembre 2018 16h00 19h00 MERCREDI 16 MAI 2018 LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST DERNIÈRES PLACES DISPONIBLES PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS - ENTRÉE LIBRE LES BALKANS AUX MULTIPLES FACETTES SERBIE, KOSOVO, MACÉDOINE, ALBANIE, MONTÉNÉGRO.Du 10 au 30 septembre 2018 PLACES 6 PLACES TERRES DES ANDES LE DÉSERT D'ATACAMA (CHILI) ET LE SALAR D'UYUNI (BOLIVIE) PROLONGATION À L'ÎLE DE PÂQUES Du 4 au 22 octobre 2018 PLACES 6 SICILE & ITALIE DU SUD Du 7 au 27 octobre 2018 PLACES 4 L'AUTRE ITALIE Du 9 au 28 octobre 2018 2 WWW.VOYAGESMALAVOY.COM ROSEMONT 514-593-1010 FLEURY 514-389-7777 ST-EUSTACHE 450-472-7112 QUÉBEC 418-650-2222 JAPON-CHINE-TAIWAN 7 AU 24 NOVEMBRE 2018 CARAÏBES SUR LE EDGE 19 AU 27 JANVIER 2019 AMÉRIQUE DU SUD 30 JANVIER AU 17 FÉVRIER 2019 ESPAGNE-MAROC-PORTUGAL 20 FÉVRIER AU 7 MARS 2019 RUSSIE 25 JUILLET AU 8 AOÛT 2019 IRAN 6 AU 19 SEPTEMBRE 2019 CROISIÈRES CIRCUITS n s e o * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).Tous nos circuits comprennent : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.Vive les vacances! Voici des idées de courts séjours.4 jours à : PHILADELPHIE, à partir de 389 $* WASHINGTON, à partir de 359 $* 3 jours à : NIAGARA, à partir de 320 $* CHARLEVOIX, à partir de 516 $* LE CONNECTICUT, à partir de 529 $* NEW YORK ou BOSTON départs les vendredis en juin, juillet et août.POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER ÉVELYNE DE VARENNES AU 514 985-3454 / edevarennes@ledevoir.com BON VOYAGE | 5 3 Vi v r e Jar d i n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 BILLET LISE GOBEILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR Vous aimez vos voisins, mais vous aimeriez un peu d\u2019intimité ou voudriez délimiter votre espace : l\u2019écran en branches de saules et la haie de saules sont deux options tout à fait appropriées.Original, l\u2019écran forme une clôture ajourée qui peut être installée autant sur un balcon qu\u2019au jardin.Quant à la haie, peu coûteuse et peu sensible aux maladies et aux insectes, elle atteint incroyablement presque deux mètres en un an.Le plaisir avec l\u2019écran et la haie, c\u2019est qu\u2019ils sont faciles à réaliser soi- même.Voici comment on s\u2019y prend.D\u2019abord, pour l\u2019écran, on doit préparer le terrain de plantation ou le bac, car les tiges doivent être plantées dans les 48 heures après leur réception.Sinon, la reprise risque d\u2019être compromise.Ensuite, la technique de montage est passablement simple.En bref, on plante des tiges de plus gros calibre aux extrémités qu\u2019on relie avec un fil de fer.Entre les deux tiges, on enfonce en angle, tous les 20 cm, une fois vers la droite, une fois vers la gauche deux tiges de saules.Puis, on les entrecroise à partir du bas jusqu\u2019à la hauteur désirée et on les taille.Au besoin, on utilise des attaches pour solidifier le tout.Enfin, une fois par année, à l\u2019automne, on taille les branches à 3cm de la tige principale.Pour ceux qui préféreraient l\u2019acheter tout fait, l\u2019écran végétal se vend en bac dans certaines jardineries, mais il faudra y mettre le prix.Pour la haie, à la dif férence de l\u2019écran, on plante des boutures.Donc, si le lit de plantation n\u2019est pas prêt à la réception, on peut facilement les réfrigérer.La plantation se fait sans effort, car on enfonce simplement les boutures aux trois quar ts, bourgeons vers le haut, à une distance de 30 cm sur le rang et à 15 cm entre les rangs.Afin d\u2019obtenir une haie dense, Mario Allard, des Écrans verts, conseille de receper la haie les premières années pour favoriser la ramification des branches.Il recommande également l\u2019utilisation de l\u2019espèce Salix miya- beana, car elle est peu sensible aux maladies et aux insectes.Deux points importants : d\u2019abord, ces projets se réalisent au printemps seulement, parce qu\u2019on travaille avec des tiges et des boutures ; enfin, on doit pouvoir arroser amplement et régulièrement et planter les saules au soleil, sinon ils ne seront pas, disons, heureux.Voilà ! Maintenant que vous savez comment faire, vous vous demandez sûrement où vous procurer des tiges ou des boutures.Dans la région de Montréal, on en trouve aux Écrans ver ts.Dans la région de Québec, rendez-vous à Enviro-saule.Bon projet ! Un écran de verdure À lire Le jardin fruitier Facile et naturel Bertrand Dumont, Multimondes, Montréal, 288 pages Des fraises, des framboises, des poires, des kiwis et des gojis cultivés en ville, en pot ou dans le jardin, voici le sujet du dernier livre, Le jardin fruitier, de Bertrand Du- mont.Avec clarté, il guide le jardinier à travers les différentes étapes et techniques de sa culture et propose des cultivars adaptés à notre climat.Pour le contrôle des insectes et des maladies, il encourage la biodiversité à s\u2019installer au jardin et suggère des produits naturels.Quant à la taille, parfois vue comme un casse-tête, il l\u2019explique et la simplifie pour la rendre accessible.Son message en résumé: cultivons dans le plaisir des fruits succulent et frais pour la maisonnée.Demain, c\u2019est la fête des Mères.Un bouquet, c\u2019est bien, mais une vivace printanière, un rhododendron ou un lilas, c\u2019est extra, car votre mère pourra l\u2019admirer pendant des années ! Une sortie au Château Le Château Ramezay, dans le Vieux-Montréal, vous invite à découvrir ses jardins du passé et à explorer comment vous pouvez contribuer à verdir votre environnement.Les ateliers interactifs Vert le Vieux-Montréal sont offerts gratuitement tous les samedis jusqu\u2019au 26 mai de 13h à 16h.Beau temps, mauvais temps.Au jardin cette semaine Le printemps, c\u2019est le bon moment pour déplacer la vivace qui n\u2019est pas au bon endroit, l\u2019arbuste rendu trop gros ou le petit arbre tout coincé dans le fond de l\u2019aménagement.Vous voulez donner une division de votre vivace préférée à votre belle-fille, c\u2019est aussi un excellent temps pour le faire, sauf pour les pivoines, les iris barbus et les pavots, qui eux préfèrent qu\u2019on les divise au mois d\u2019août.Planète Jardin Planète Jardin est une nouvelle revue réalisée au Québec pour les jardiniers du Québec.Elle est magnifique, je l\u2019adore et la dévore aussitôt que je la reçois.Je vous la conseille fortement.Photo du haut : écran végétal.Photo du bas : clôture tressée.LISE GOBEILLE / LES ÉCRANS VERTS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | GRILLE BLANCHE GRILLE DES FÉRUS SUDOKU MOTS FLÉCHÉS | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES MOTS CROISÉS DU SAMEDI Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 399 Horizontalement I.Thuriféraire.II.Rose.Alarmer.III.Areva.Utopie.IV.Forains.Nini.V.Ida.Do.Ode.VI.Ca.Rouspétât.VII.Otions.Ena.VIII.Ténus.Hie.Dg.IX.Eure.Coopère.X.Erasme.Nones.Verticalement 1.Traficotée.2.Horodateur.3.Usera.Inra.4.Rêva.Roues.5.Aidons 6.Fa.Nous.Ce.7.Elus.Ho.8.Rat.Option.9.Aronde.Epo.10.Impiété.En.11.Rein.André.12.Ereintages.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 400 1.Redonne de la force.2.Sur l\u2019épaule du maître.Fin de journée.3.Difficile d'imaginer plus mal.Bout d\u2019intestin.4.Dans les petits papiers.Sorties des bras de Morphée.5.Renvoie vers la campagne.Tiré une fois l\u2019an.6.Attention s\u2019il montre les dents.Pour les bâtisseurs de demain.7.Note.Guanaco ou vigogne.En liasse.8.Ses caisses sont vides.Ratage total.9.Accompagne le maître.Mesure douteuse.10.Enflammé.Pointe au sommet.11.Porté avant de boire.Droit et vert.12.Complètement éliminées.I.Un retour pas toujours prévu.II.A de plus en plus de mal à garder ses travailleuses en bonne santé.III.Protège la carène du bâtiment.Capitale de la Numidie.IV.Met les organes en feu.Un peu d\u2019eau sur le bout des doigts.V.Stratégie asiatique.Ses yeux et sa plume ont séduit Louis.Mis à mal d\u2019un coup.VI.Dangereusement chargée.Personnel.En résine.VII.Sa réalité est souvent affligeante.Sa réserve de gaz s\u2019épuise.Aux bouts des témoins.VIII.L\u2019Irlande libre.Dame ou demoiselle.IX.Enrichit la langue.Vole à l\u2019opéra.X.Augmentent le mouillage.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde CITATION MYSTÉRIEUSE L\u2019INTERVALLE Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque mot (incluant l\u2019ajout ou le retrait d\u2019une lettre), trouver les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.TA R I E B E R N E MOTS IMAGES Associez deux mots pour former une expression imagée.HABIT BONNET PLEIN ESPRIT JUS DORER PLIER PASSER BOTTINE CHAUSSETTES MOINE PILULE BOTTES BAGAGE BILLARD ÂNE 1.2.3.4.5.6.7.8.SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE GRILLE BLANCHE MOTS FLÉCHÉS SUDOKU : SOLUTION DU DERNIER NUMÉRO GRILLE DES FÉRUS CITATION MYSTÉRIEUSE Je n'accepte plus les choses que je ne peux changer, je change celles que je ne peux accepter.(Angela Davis) L\u2019INTERVALLE Boulet / boulot / boulon / bouton / mouton LES ANAGRAMMES sacrément / crémantes \u2013 plantée / épalent / épelant \u2013 voilier / olivier \u2013 gravite / grevait / vitrage \u2013 nectaire / certaine / centiare MOT IMAGE Coup de cochon /Monnaie de singe / Rat de bibliothèque / Mouche assassine / Crinière de lion / Revenir à nos moutons / Brebis galeuse / Yeux de biche Conception de la grille blanche, de la grille des férus et des mots fléchés : Étienne Hannequart-Ferron.SSSÉEOADR R G N E I A Q S N O U E I F F E E U A L R NNNMTRIOEE 1.3.4.2.1.2.1.2.1.2.1.2.1 7 2 6 Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1 7 2 6 1 7 2 6 1 7 2 6 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 2 E T D I M A N C H E 1 3 M A I / 2 0 1 8 Saint-Lambert 60 CONCERTS EN SALLE ET DANS LES RUES ÉVÈNEMENTS EXTÉRIEURS GRATUITS, SAINT-LAMBERT, 1-3 JUIN VIENS VALSER! YOGA GRÉGORIEN AVEC LYNE ST-ROCH MONTRÉAL AUDIO FEST EN TOURNÉE NOTES GOURMANDES PEINTURE EN DIRECT HOMMAGE AUX ROLLING STONES CONCERT ROCK SYMPHONIQUE ALEXANDRE DA COSTA JEAN-MICHEL RICHER RAPHAËLLE PAQUETTE GINO QUILICO EN COLLABORATION AVEC PARTENAIRES PUBLICS 25 MAI AU 16 JUIN 2018 PRÉSENTE festivalclassica.com "]
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