Le devoir, 31 mai 2018, Cahier A
[" V O L .C I X N o 1 2 0 L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 1 , 3 0 | S + T A X E S = 1 , 5 0 | S AUJOURD\u2019HUI Culture \u203a La politique au concert.Dissocier art et politique en des zones où ils sont si intimement liés ?nit par relever de l\u2019aveuglement.La chronique d\u2019Odile Tremblay.Page B 8 Avis légaux.B 4 Décès.B 6 Météo.B 2 Mots croisés.B 2 Petites annonces .B 6 Sudoku.B 2 ?w w w .l e d e v o i r .c o m C A R O L I N E M O N T P E T I T L\u2019 éternel adolescent est mort à 91 ans, cette semaine.C\u2019est le comédien Gabriel Gascon.Il fut, au petit écran, l\u2019Alexis Labranche des Belles histoires des pays d\u2019en haut, il fut de la première production du Théâtre du Nouveau Monde, L\u2019avare de Molière, en 1951.Pas plus tard qu\u2019il y a quatre ans, octogénaire, il remontait brièvement sur la scène du TNM dans Le roi Lear dans une mise en scène de Denis Marleau.Entre-temps, il ne cessa de se réinventer, en Europe comme ici, entre autres au théâtre et au cinéma.Le théâtre québécois est en deuil.Pour Gabriel Gascon, le théâtre était l\u2019équivalent du bonheur.Il aimait prendre le temps, avant une représentation, de laisser son personnage entrer en lui.Il y soignait chacun de ses gestes, comme le 1927-2018 Rideau sur une vie de théâtre Gabriel Gascon, qui s\u2019est éteint à 91 ans, était encore monté sur scène il y a quatre ans VIVAVISION Gabriel Gascon dans le film La passion selon Gabriel, réalisé par sa nièce, Sylvie Groulx Trans Mountain Qui voudra acheter l\u2019oléoduc?Page A 5 PLQ Robert Poëti ne sollicitera pas un nouveau mandat Page A 2 L I S A - M A R I E G E R V A I S V ermine, insectes et moisissures, problèmes de sécurité et grande vulnérabilité.Une enquête de la santé publique sur les maisons de chambres de Montréal révèle qu\u2019un grand nombre d\u2019entre elles est insalubre et ne respecte pas les normes en matière de santé et de sécurité.Le Devoir a obtenu l\u2019enquête.Les constats sont plutôt accablants.Pour tous les critères observés, les résidents de ces maisons de chambres vivaient à tout coup une situation souvent pire que celle du locataire à faible revenu moyen, notamment en matière d\u2019insalubrité.L\u2019enquête dresse également le portrait type du chambreur \u2014 un homme francophone d\u2019environ 50 ans, pauvre, aux prises avec des problèmes de santé divers et ayant vécu l\u2019itiné- rance \u2014, tout comme elle s\u2019intéresse aux prix des loyers, qui semblent beaucoup trop élevés.Une personne sur deux dit avoir subi de la violence physique et 16 % disent avoir subi cette violence au sein même de leur maison de chambres.C\u2019est la première enquête aussi exhaustive que mènent conjointement la Direction de la santé publique (DSP) et la Ville sur les maisons de chambres du territoire montréalais.« [Les maisons de chambres] constituent un parc de logement méconnu, qui diminue d\u2019année en année et pour lequel l\u2019application des exigences de sécurité et de salubrité est difficile», lit-on.Elles ne doivent pas pour autant disparaître du paysage, car pour plusieurs, elles sont le premier pas vers une stabilisation après un séjour à la rue, ajoute- t-il.«C\u2019est un bassin de [chambres] à très faible coût et très accessibles », note l\u2019une des coordonnatrices du rapport, Suzanne LaFerrière, de la Direction de l\u2019habitation de la Ville de Montréal.S\u2019il fallait faire fermer ces maisons, il y aurait un nombre important de gens à reloger, soit environ 2400, ajoute-t-elle.MONTRÉAL Des maisons de chambres insalubres Un rapport fait état de problèmes récurrents dans ce type de logement JACQUES NADEAU LE DEVOIR Najib paie 375$ pour la chambre qu\u2019il occupe.Il lui reste environ 10$ par jour pour satisfaire ses autres besoins.J E A N - F R A N Ç O I S N A D E A U L\u2019 affaire se passe à Kiev, la plus grande ville d\u2019Ukraine.Le journaliste russe Arkadi Babtchenko, un critique acerbe de Moscou, est tenu pour mort, fauché par une arme automatique sur le pas de sa porte.Émois.Larmes.Indignations.Mais à peine vingt-quatre heures plus tard, dans un grand coup de théâtre, le voici qui réapparaît, bien vivant, et donne ainsi à voir une pièce d\u2019un vaste jeu de miroirs qui reflète la complexité des enjeux politiques qui éblouissent l\u2019Ukraine autant que la Russie.Bel et bien planifié, l\u2019assassinat de ce journaliste aura été joué deux fois, semble-t-il.La première fois telle une tragédie ; la seconde, telle une farce vouée à contrer l\u2019influence de Moscou.Car le faux assassinat a en effet servi de bouclier contre le vrai complot, comme dans un roman policier, du moins selon ce que prétendent les services secrets ukrainiens.L\u2019objectif de ce tout ce théâtre fumeux : déjouer, semble-t-il, un meurtre commandité en sous-main par la Russie, laquelle soutient militairement et financièrement des territoires séparatistes dans la volonté de mieux assurer son emprise sur la région.Ainsi la fiction peut-elle parfois rejoindre la réalité puis la façonner au point de se substituer à elle.Selon les Services de sécurité ukrainiens (SBU), Arkadi Babtchenko, qui a servi dans l\u2019armée russe dans les deux guerres en Tchétchénie avant de devenir journaliste, avait donc été froidement assassiné.Tout cela le temps qu\u2019on attrape le vrai meurtrier, dont les plans ont été déjoués on ne sait comment par cette feinte censée le prendre de vitesse.Journalisme de combat Ancien soldat russe, Babtchenko a fait deux tours sur le front tchétchène.Il a raconté cette guerre dans La couleur de la guerre (2009), un recueil de treize récits publié en français chez Gallimard.Il y met l\u2019accent sur le délabrement de l\u2019armée de Moscou, sur le malheur des soldats plongés dans la saleté et l\u2019alcool et mourant de faim.Son portrait pour l\u2019armée russe n\u2019est pas tendre.La mort n\u2019était pas au rendez-vous Les services secrets ukrainiens ont simulé l\u2019assassinat d\u2019un journaliste afin, disent-ils, de lui sauver la vie.Récit.VOIR PAGE A 8 : GASCON VOIR PAGE A 8 : CHAMBRES VOIR PAGE A 8 : MOR T L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 2 NOUVEAU BALADO Découvrez «?Le mythe start-up?», notre balado en 6 épisodes, qui suit la vie d\u2019une entreprise étape par étape, avec ses hauts et.ses bas?! Qui n\u2019a pas un jour rêvé de créer sa propre entreprise?LeDevoir.com/balado AUJOURD\u2019HUI Écoutez le cinquième épisode de la série?: Le financement M A R I E - M I C H È L E S I O U I Correspondante parlementaire à Québec L e ministre Robert Poëti a pris de court ses collègues \u2014 et même le premier ministre, Phil ippe Couil lard \u2014 mercredi matin en annonçant son départ de la vie politique à la veil le de l \u2019élection du 1er octobre.Le député de Marguerite- Bourgeoys, qui avait été of fi- ciellement investi en décembre pour le prochain scrutin, avait gardé ses réflexions et sa décision secrètes.Il a donc opté pour une annonce-sur- prise au caucus, sans aviser le premier ministre au préalable.« Je pense qu\u2019il ne faut pas faire une histoire avec ça.Moi, c\u2019est ma façon de faire», a-t-il affirmé, se défendant d\u2019avoir manqué de respect.« Si des gens pensent que ma relation avec M.Couillard est mauvaise, c\u2019est inexact», a-t-il dit plus tard, précisant entretenir d\u2019excellents liens avec le chef libéral.Élu pour la première fois en 2012 dans l\u2019équipe de Jean Charest, Robert Poëti a vécu un af front lors du remaniement ef fectué par Philippe Couillard en janvier 2016.L\u2019ex-policier avait été le seul élu à être exclu du conseil des ministres, peu de temps après avoir fait état d\u2019irrégularités au sein du ministère des Trans- por ts (MTQ), qu\u2019il dirigeait depuis 2014.Le remaniement d\u2019octobre 2017 a marqué la fin de son purgatoire : il est devenu ministre délégué à l\u2019Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles.La controverse au MTQ, « je vous dirai qu\u2019elle est constructive », a-t-il déclaré mercredi, se félicitant d\u2019avoir « sonné l\u2019alarme de façon positive ».«Et je pense que nous avons réussi à donner de meilleurs outils à cer tains ministères, dont celui des Transpor ts, pour contrer la collusion et la corruption et être plus ef fi- caces», a-t-il soutenu.Place au renouveau Le premier ministre Couil- lard a dit en anglais ne pas avoir de regrets au sujet de l\u2019épisode du remaniement de 2016, non sans mentionner avoir vécu certains « moments plus dif ficiles » avec Rober t Poëti.En guise de mot-clé, le chef libéral a répété l\u2019expression « renouveau », pour contrebalancer les questions sur les quatorze départs jusqu\u2019ici annoncés par des élus libéraux.«Quand vous verrez l\u2019équipe le jour du dépar t [\u2026] vous verrez que c\u2019est l\u2019équipe la plus renouvelée que le Parti libéral aura jamais présentée.Ce qui, en soi, est une bonne nouvelle pour la démocratie et pour notre formation politique», s\u2019est-il réjoui.Robert Poëti a travaillé à la Sûreté du Québec pendant près de trente ans avant de faire une courte carrière dans le milieu des communications.Les rumeurs l\u2019envoient désormais à la firme de sécurité Garda, qui l\u2019a approché une première fois en 2016, dans la tourmente du remaniement.Le principal intéressé a nié avoir l \u2019intention d\u2019entamer une nouvelle carrière chez Garda\u2026 pour l\u2019instant.« Moi, aujourd\u2019hui, je vous dis que je ne vais pas à Garda.Je verrai en octobre, mais actuellement, ce n\u2019est pas ça », a-t-il assuré.« Je ne peux rien exclure », a-t- il ensuite déclaré.Guy Ouellette reste Un second député libéral, lui aussi un ex-policier de la Sûreté du Québec, s\u2019est prononcé sur son avenir politique mercredi.Guy Ouellette, élu depuis 2007 dans Chomedey, briguera les suffrages en octobre.L\u2019élu de Chomedey est ci- blé par une enquête de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC), qui a procédé à son arrestation le 25 octobre 2017.Il ne fait toujours face à aucune accusation et le fait qu\u2019il estime n\u2019avoir « rien à se reprocher » motive la poursuite de son implication politique.Guy Ouellette a été exclu du caucus libéral au lendemain de son arrestation.Il a réintégré l\u2019équipe libérale quelques semaines plus tard, non sans perdre la présidence de la commission des institutions \u2014 celle-là même qui a le pouvoir de convoquer l\u2019UPAC à l\u2019Assemblée nationale.L\u2019UPAC a déclaré avoir arrêté Guy Ouellette \u2014 pour des motifs qui demeurent vagues \u2014 dans le cadre d\u2019une enquête de «vol [et de] diffusion illégale de documents confidentiels» provenant de l\u2019opération Mâchurer, qui vise notamment l\u2019ex-premier ministre libéral Jean Charest.Le Devoir Un autre ministre libéral quitte la vie politique Robert Poëti ne sollicitera pas un nouveau mandat aux prochaines élections générales J E S S I C A N A D E A U L a majorité des cégeps et des universités du Québec ont commencé à intégrer des activités de prévention pour lutter contre les violences sexuelles, mais celles-ci ne font l\u2019objet d\u2019aucune évaluation pour savoir si elles donnent des résultats concrets.Le manque de financement constitue également «un frein majeur » aux initiatives proposées par les établissements.C\u2019est le constat d\u2019une équipe de chercheuses québécoises qui, à quelques mois de l\u2019entrée en vigueur de la Loi visant à combattre les violences à caractère sexuel dans les établissements d\u2019enseignement supérieur, a recensé les activités actuellement en place dans les cégeps et les universités et documenté les besoins et les défis rencontrés par ceux-ci.Elles ont sondé l\u2019ensemble des cégeps, des collèges privés et des universités du Québec ces derniers mois.Plus de 80% des cégeps ont répondu à l\u2019appel, contre 37 % pour les collèges privés et 65% des universités.Au total, ce sont donc 63 établissements postsecondaires qui ont partagé, sur une base volontaire, leurs stratégies en matière de prévention.« Cela nous a permis de détailler 150 activités de prévention ou de sensibilisation mises en place dans les établissements québécois », résume la chercheuse Martine Héber t de l\u2019UQAM, qui présente jeudi le résultat de son enquête dans le cadre d\u2019un symposium canadien sur les violences sexuelles.Les deux types d\u2019activités les plus fréquentes sont, sans surprise, les kiosques d\u2019information et les af fiches, « une option moins coûteuse et moins exigeante en matière de ressources humaines» qui permet néanmoins de sensibiliser un grand nombre de personnes, notent les auteurs du rapport.Cer ta ins of frent égale - ment des ateliers, des conférences ou des for mat ions aux étudiants et aux membres du personnel.«Plusieurs des programmes de prévention offerts sont des one shot deal », af firme Martine Hébert.C\u2019est clair qu\u2019un atelier d\u2019une heure, ça n\u2019a pas autant de por tée que s\u2019il est combiné avec d\u2019autres activités de sensibilisation et de formation.Pour que ce soit ef fi- cace, il faut que les messages préventifs soient répétés.» Évaluations Mais ce qui l\u2019inquiète vraiment, c\u2019est de constater que 70% des établissements n\u2019évaluent pas les programmes qu\u2019ils mettent en place.Et ceux qui l\u2019ont fait se sont contentés de sonder la satisfaction des participants, mais non l\u2019impact réel de cette activité sur les connaissances, le changement d\u2019attitude, la victimisation ou la perpétration des actes de violence sexuelle.« Il faut être capable de s\u2019assurer que ça fonctionne, que ça change quelque chose, s\u2019exclame Martine Hébert.Il faut faire des contrôles pour voir concrètement les impacts de chacun de ces programmes, sinon on va faire des programmes, mais sans jamais savoir si ce sont les meilleurs.» Plusieurs établissements s\u2019inter rogent sur les meil - leures façons de rejoindre les cl ientèles qui ne sont pas déjà sensibilisées à cette problématique, dans la mesure où il s\u2019agit d\u2019activités volontaires.Ils aimeraient avoir du matériel « clé en main » déjà testé et approuvé pour s\u2019assurer d\u2019avoir un maximum d\u2019impact.Un autre défi mentionné est le manque de ressources.«Nous avons beaucoup d\u2019idées, mais peu de ressources », résume un répondant cité sur une base anonyme dans le rapport.Selon les auteurs, « le bilan actuel [démontre] la nécessité de soutenir les milieux dans l\u2019élaboration, la planification et la dispensation d\u2019activités préventives ».C\u2019est d\u2019autant plus important que la nouvelle loi 151, qui entrera en vigueur en septembre, oblige tous les établissements postsecondaires à se doter de politiques spécifiques pour contrer les violences sexuelles, incluant la mise en place de pratiques préventives.Le Devoir VIOLENCES SEXUELLES L\u2019efficacité de la prévention sur les campus est rarement évaluée M A R C O B É L A I R - C I R I N O Correspondant parlementaire à Québec L\u2019 épais nuage de gaz lacrymogène, les manifestants épiés du haut des airs par des hélicoptères, la mobilisation citoyenne, la répression policière : Agnès Maltais garde un souvenir vif du Sommet des Amériques.Dix-sept ans plus tard, elle appréhende le retour des « horribles casseurs » en haute ville.« Il y aura de la casse.Il y a toujours de la casse dans ces occasions-là», a lancé la députée de Taschereau durant la période des questions mercredi.Le Parti québécois et la Coalition avenir Québec appellent Ottawa à indemniser les résidents et les commerçants du centre-ville de Québec pour les dommages causés à leur propriété par des vandales durant le Sommet du G7.« Le vandalisme peut être couvert par l\u2019assurance individuelle », précise le gouvernement fédéral dans la section « Information utile pour les gens de Charlevoix, de Québec et du Saguenay » du site Web du G7 de 2018.Assurances personnelles «Vandalisme, émeutes ; ce sont des protections de base qu\u2019on retrouve dans les contrats.C\u2019est d\u2019emblée couvert », fait remarquer la porte-parole du Bureau d\u2019assurance du Canada (BAC), Anne Morin.Mais pas les guerres, actes de terrorisme et rébellions.Cela dit, le BAC ignore les montants versés par les compagnies d\u2019assurance aux victimes collatérales des manifestations durant le Sommet du G8 à Huntsville et du G20 à Toronto en 2010, ou encore le Sommet des Amériques en 2001.« Si vous êtes un commerçant ou un citoyen et que vous habitez à Québec, et que vous avez des dommages associés à la venue du G7, il ne faut pas que ce soit votre assurance responsabilité personnelle vers laquelle vous devriez vous tourner, car [vous serez] pénalisé.[Vos] primes d\u2019assurance responsabilité vont monter», a aver ti le député caquiste Simon Jolin-Barrette dans un impromptu de presse.« Ce n\u2019est pas acceptable.» Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a indiqué mercredi que « les forces de l\u2019ordre sont prêtes à intervenir avec toute la mesure nécessaire si jamais il y avait des débordements » en marge des manifestations.«Les gens ont le droit de manifester.C\u2019est un droit démocratique.Ce qui est important, c\u2019est de le faire dans le respect des lois, de le faire sans violence, de le faire sans casse», a-t-il insisté.Les petits : à la maison La Commission scolaire de la Capitale a tout de même convenu de fermer six établissements situés « à proximité de la zone potentielle de manifestation» les 7 et 8 juin.Le ministre de la Famille, Luc Fortin, a quant à lui fortement incité les centres de la petite enfance (CPE) du centre-ville de Québec à fermer leurs por tes durant les journées de manifestations anti-G7.« Il n\u2019y a pas de risque à prendre », a-t-il fait valoir mercredi.M.Fortin se garde d\u2019ordonner formellement aux directions de CPE de suspendre leurs activités durant le Sommet du G7, mais c\u2019est tout comme.« Ce serait inquiétant que quelqu\u2019un qui a sous son autorité des enfants maintienne des services ouverts, vous ne pensez pas ?» a-t-il demandé lors d\u2019une mêlée de presse.Les CPE, qui suspendront leurs activités la semaine prochaine pour des considérations de sécurité, ne subiront pas de pénalités financières, a précisé l\u2019élu libéral.La directrice du Regroupement des centres de la petite enfance des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, Élise Paradis, accueille avec soulagement la décision du ministre.Les dizaines d\u2019enfants inscrits dans les CPE situés à l\u2019intérieur de la «zone de feu», dont la Coopérative Saint-Jean- Baptiste, «au cœur du quartier où ça a brassé le plus» lors du Sommet des Amériques, n\u2019ont pas à vivre une « telle situation de désorganisation».Le Devoir SOMMET DU G7 Le retour appréhendé « des casseurs » L\u2019opposition à Québec demande à Ottawa de prévoir des indemnités aux citoyens JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Robert Poëti avait perdu son poste de ministre des Transports en 2016 avant de devenir ministre délégué à l\u2019Intégrité des marchés publics et aux Ressources informationnelles l\u2019année suivante.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le Sommet des Amériques, tenu à Québec en 2001, avait été marqué par plusieurs af frontements entre la police et des manifestants.Il faut être capable de s\u2019assurer que ça fonctionne Martine Hébert, chercheuse à l\u2019UQAM « » L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 ACTUALITES A 3 A rmé de sondages qui lui permettaient de faire miroiter un avenir radieux aux candidats qu\u2019il voulait recruter, François Legault a pu réunir une « équipe du changement » qui se comparera avantageusement à celle des autres partis.Les électeurs qui souhaitent un gouvernement le moindrement de gauche devront évidemment regarder ailleurs, mais ceux dont la priorité est de chasser les libéraux seront d\u2019autant moins hésitants à voter pour la CAQ qu\u2019ils se sentiront rassurés sur sa capacité de gérer les affaires de l\u2019État.Il a déjà choisi ceux qui occuperont les postes clés dans son éventuel gouvernement : Finances, Éducation, Justice, Conseil du trésor\u2026 Il manque cependant la pièce maîtresse du casse-tête : un ministre de la Santé.Quand la CAQ a annoncé que le neurologue Lionel Carmant défendrait ses couleurs à l\u2019élection du 1er octobre, plusieurs ont conclu à tort que M.Legault avait trouvé son homme.L\u2019objectif en le recrutant était surtout de faire une profession de foi dans le système public, que plusieurs soupçonnaient la CAQ de vouloir privatiser en partie.Si la compétence médicale de M.Carmant est reconnue de tous, il n\u2019a aucune expérience de gestionnaire, sans parler d\u2019expérience politique, et le réseau de la Santé n\u2019est pas précisément l\u2019endroit pour faire ses classes.?Si M.Legault devient premier ministre, il héritera d\u2019une situation plus enviable que n\u2019importe lequel de ses prédécesseurs au cours des dernières décennies.Tous les partis d\u2019opposition ont dénoncé sans relâche les politiques d\u2019austérité du gouvernement Couillard, mais il n\u2019en demeure pas moins que les finances publiques sont dans un excellent état.Le chef de la CAQ déplore continuellement l\u2019écart de richesse entre le Québec et le reste du Canada, mais l\u2019économie québécoise fait actuellement mieux que celle de la plupart des provinces canadiennes et les perspectives sont encourageantes.Pour l\u2019avenir prévisible, le futur président du Conseil du trésor aura la partie nettement plus facile que Martin Coiteux, malgré la nouvelle cure d\u2019amaigrissement que la CAQ pourrait faire subir à l\u2019État, et son collègue des Finances aura l\u2019agréable tâche d\u2019annoncer de bonnes nouvelles aux contribuables.Le parc d\u2019écoles est en mauvais état et le réseau de l\u2019éducation ne s\u2019est pas encore remis des compressions budgétaires de la première moitié de mandat, mais Sébastien Proulx l\u2019a remis sur la bonne voie.Qui plus est, un ministre de l\u2019Éducation caquiste n\u2019aura pas à imposer aux enseignants les mesures controversées que la CAQ envisageait au départ.C\u2019est pour le ministre de la Santé que le programme de la CAQ sera le plus exigeant, au point de s\u2019apparenter aux douze travaux d\u2019Hercule.Après l\u2019extrême concentration des pouvoirs imposée par Gaétan Barrette, la décentralisation du réseau entraînera un nouveau bouleversement de structures, dont on préfère ne pas parler, mais qui paraît inévitable.Sans compter le dur af frontement avec les médecins qui s\u2019annonce.M.Legault s\u2019est engagé à couper d\u2019un milliard l\u2019augmentation que le gouvernement Couillard a consentie aux spécialistes.Une opération d\u2019autant plus nécessaire que le cadre financier de la CAQ reposera largement sur la récupération de ce milliard.Parallèlement, un gouvernement caquiste entend modifier le mode de rémunération des omnipraticiens, auquel aucun de ses prédécesseurs n\u2019a osé s\u2019attaquer depuis la création de l\u2019assurance maladie, il y a plus de quarante ans, tout en les forçant à prévoir des consultations à court terme dans leurs horaires.Sans quoi la promesse de réduire à 90 minutes en moyenne le temps d\u2019attente à l\u2019urgence n\u2019aura pas plus de suite que toutes celles qui ont été faites dans le passé.?Cela fait beaucoup pour un néophyte.D\u2019ailleurs, un autre ministre médecin aurait-il la crédibilité requise pour négocier avec ses ex-col- lègues ?M.Legault n\u2019a pas voulu répondre à cette question, mais le simple fait de la poser a valeur de réponse.La CAQ a encore en réserve une demi-douzaine de circonscriptions « prenables» à l\u2019intention de candidats qui préfèrent attendre avant de se manifester publiquement.Le futur ministre de la Santé serait de ceux-là.Après avoir misé sur sa renommée, il n\u2019est cependant pas question d\u2019expédier M.Carmant dans un ministère totalement hors de son champ de compétence.Il serait plutôt le membre junior d\u2019un tandem de la santé qui se partagerait le travail.M.Legault a lui-même fait l\u2019expérience de cette formule.En janvier 2002, Bernard Landry l\u2019avait nommé ministre d\u2019État à la Santé et aux Services sociaux, en lui adjoignant David Levine, jusque-là directeur de l\u2019Hôpital d\u2019Ottawa, à titre de ministre délégué.En réalité, M.Legault n\u2019avait pas beaucoup aimé cette cohabitation.Il était plutôt soulagé quand M.Levine a dû démissionner six mois plus tard, après avoir été défait à une élection partielle dans Berthier.Peu importe, il lui faut bien terminer son casse-tête.mdavid@ledevoir.com La pièce maîtresse M A R C O F O R T I E R L e Directeur général des élections du Québec (DGEQ) a besoin de temps pour implanter le vote par Internet.Il propose d\u2019organiser le premier scrutin électronique dans cinq ans et non dès les prochaines élections scolaires, que le gouvernement Couillard souhaite tenir en novembre 2020.L\u2019étude du projet de loi 185, qui vise à reporter les élections scolaires, a donné lieu à une partie de bras de fer entre les élus et le DGEQ, mercredi.Le directeur des élections, Pierre Reid, a proposé de reporter le scrutin à février 2019 et d\u2019implanter le vote électronique aux élections scolaires suivantes, en 2023.M.Reid a prévenu les élus qu\u2019il «ne peut pas garantir » un scrutin par Internet fiable à 100 % si les élections scolaires ont lieu le 1er novembre 2020, comme le propose le gouvernement Couillard.Le délai de deux ans d\u2019ici au scrutin serait trop court pour garantir la confidentialité et l\u2019intégrité du vote électronique, a expliqué le DGEQ.«On mettra tous les efforts nécessaires pour être en mesure de proposer une solution compte tenu des délais serrés.S\u2019il y a des risques qu\u2019on ne peut pas pallier, les gens seront au courant », a laissé tomber Pierre Reid en commission parlementaire.Le DGEQ tentait de répondre à l\u2019impatience des élus, dont le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, qui sont pressés d\u2019implanter le vote électronique.Le projet de loi 185 a deux objectifs : éviter un conflit d\u2019horaire avec le scrutin provincial du 1er octobre prochain et implanter le vote par Internet.Les élections scolaires sont prévues le 4 novembre 2018, un mois après les élections provinciales.Le gouvernement Couillard craint que la proximité des deux scrutins mine encore plus le taux de participation aux élections scolaires, qui a atteint à peine 4,85 % chez les francophones en 2014.Plus vite, s\u2019il vous plaît En privé, des sources estiment que les libéraux veulent éviter que les commissions scolaires deviennent un enjeu de la campagne électorale qui s\u2019annonce.La Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, qui domine dans les sondages, propose d\u2019éliminer les élections et de transformer les commissions scolaires en simples appareils administratifs.« Il faut passer à l\u2019action.[\u2026] J\u2019aimerais qu\u2019on travaille plus vite », a dit le ministre Sébastien Proulx en réponse aux mises en garde du DGEQ.Le ministre tient à faire adopter le projet de loi 185 avant la fin de la session parlementaire, dans deux semaines.Tous les partis sont d\u2019accord avec le report du scrutin.La députée Carole Poirier, du Parti québécois, a dit être étonnée du peu de préparation du DGEQ par rapport au vote électronique.«La technologie est là, le monde est rendu là, il n\u2019y a que le DGEQ qui n\u2019est pas rendu là au Québec», a dit la députée d\u2019Hochelaga en commission parlementaire.Pierre Reid a répondu qu\u2019il connaît bien les avantages et les risques du vote par Internet, mais qu\u2019une analyse en profondeur s\u2019impose avant d\u2019aller de l\u2019avant au Québec.Il tient surtout à mener une vaste consultation de la population au coût estimé d\u2019un demi-million de dollars.« J\u2019ai proposé en octobre dernier de faire une analyse globale sur le vote à distance, mais je n\u2019ai pas eu de réponse des parlementaires.Ça ne fait pas l\u2019unanimité », a expliqué le DGEQ.Le vote électronique n\u2019est pas une panacée pour augmenter l\u2019intérêt des électeurs, a souligné Pierre Reid.Le vote par Internet a eu peu d\u2019effet sur le taux de participation dans les villes de Markham, Peterborough et Halifax, selon lui.La Norvège et le Royaume-Uni ont renoncé au vote par Internet après l\u2019avoir essayé.La participation est demeurée stable aussi en Estonie, en Suisse et dans une région de l\u2019Australie.Si les élections scolaires sont reportées à 2020, le DGEQ a suggéré qu\u2019un projet-pilote de vote par Internet prenne place dans un nombre limité de commissions scolaires ou auprès de certaines catégories d\u2019électeurs.Il faudra aussi que le vote traditionnel avec papier et crayon reste offert.Le Devoir VOTE PAR INTERNET Les élus veulent aller trop vite, dit le DGEQ Québec demande de passer à l\u2019action aux élections scolaires de novembre 2020 I S A B E L L E P O R T E R à Québec Robots, codage, formation des enseignants, plateforme numérique nationale\u2026 Le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx, prépare le terrain pour que le réseau de l\u2019éducation soit prêt à prendre le virage numérique en 2019-2020.En attendant, son gouvernement injecte 212 millions de dollars dès cette année pour accroître la place du numérique, de l\u2019école primaire jusqu\u2019à l\u2019université.Ainsi, à la rentrée, toutes les écoles primaires et secondaires du Québec pourront mettre à la disposition des enseignants des « combos numériques» incluant des robots adaptés aux différents niveaux, des iPad et des imprimantes 3D, notamment.«Ce n\u2019est pas grave si le 4 septembre ce n\u2019est pas fait partout.C\u2019est dans l\u2019année qui vient, la prochaine rentrée, qu\u2019on veut que le Québec change », déclaré le ministre mercredi lors du dévoilement de son Plan d\u2019action numérique, une stratégie de 1,3 milliard sur cinq ans.Cer tains combos sont déjà testés par des classes dans le cadre d\u2019un projet-pilote.Lors de l\u2019annonce mercredi, des élèves et leurs professeurs s\u2019activaient derrière des kiosques.Avec leurs ordinateurs portables, les jeunes programmaient dans leur ordinateur les déplacements qu\u2019ils souhaitaient faire faire à un robot dont ils testaient ensuite les déplacements au sol.À lui seul, ce volet du Plan d\u2019action numérique coûtera 45 millions de dollars en équipement et 15 millions en formation cette année.Les cégeps et universités doivent eux aussi recevoir 10 et 20 millions de dollars respectivement, mais les représentants du ministère ont été moins précis sur l\u2019usage qu\u2019on en fera.On mentionne notamment le déploiement d\u2019un «eCampus» regroupant tous les cours offerts à distance dans le réseau.Le Plan prévoit aussi la création d\u2019un dossier numérique unifié pour tous les élèves et des fonds pour assurer la formation continue du personnel.On ne sait pas quels fonds supplémentaires seront offerts aux enseignants.Le gouvernement va notamment payer pour que les professeurs soient libérés lors des Journées numériques, un nouvel événement de formation continue.Le Plan prévoit également qu\u2019on modifie la formation des futurs professeurs à l\u2019université, mais rien n\u2019est prévu sur ce plan avant l\u2019hiver 2019.Le Plan a été accueilli avec un certain scepticisme par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui reproche au ministre de s\u2019immiscer dans la gestion des écoles.Selon son porte-parole en éducation, Jean-François Roberge, « si une école a déjà pris le virage numérique, a déjà des iPad et de la robotique et que, de son côté, elle a besoin d\u2019argent pour le mobilier et la bibliothèque, elle sera pénalisée.Cet argent-là est voué au numérique et à rien d\u2019autre ».Parlant d\u2019« improvisation », la députée péquiste Carole Poirier a réagi sur Twitter en disant que « ça ressemble aux tableaux blancs».Du côté syndical, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) déplore qu\u2019on n\u2019ait pas évalué les besoins du milieu avant d\u2019agir.La Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) trouve par ailleurs elle aussi la démarche précipitée.« Des gadgets dispendieux seront distribués à la hâte dès la prochaine rentrée scolaire », dénonce son président, Sylvain Mallette.« Le numérique doit être au service des professeurs, pas le contraire.» Le Devoir Québec incite les écoles à prendre le virage numérique Le gouvernement injecte 212 millions dès à présent pour l\u2019achat d\u2019équipement PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le taux de participation aux élections scolaires est famélique.Mais, prévient Pierre Reid, l\u2019implantation du vote par Internet ne réglera pas à elle seule ce déficit de démocratie.MICHEL DAVID Le virage vers la programmation est loin de signer l\u2019arrêt de mort des tableaux blancs interactifs, a par ailleurs révélé le ministre Sébastien Proulx.« Il faut poursuivre le maintien, l\u2019entretien et l\u2019acquisition de ces appareils qui sont importants et font partie de la réalité de nos enfants», a déclaré le ministre en réponse à la question d\u2019une journaliste.Acquis en 2011 par le gouvernement Charest au coût de 240 millions, les tableaux blancs interactifs ont été loin de faire l\u2019unanimité dans le milieu de l\u2019enseignement.En 2013, un rapport interne du ministère avait en outre révélé que ces tableaux branchés à Internet avaient été payés plus cher que leur valeur estimée.Ne risque-t- on pas de reproduire cette erreur avec l\u2019achat massif de robots, comme l\u2019a suggéré le Parti québécois mercredi ?L\u2019approche est différente, selon le professeur Thierry Kar- senti, un expert de l\u2019utilisation du numérique à l\u2019école basé à l\u2019Université de Montréal.«Les tableaux numériques, ça avait été imposé aux écoles», note-t-il en soulignant que, cette fois, les écoles peuvent choisir entre différents outils.Nouveaux fonds pour les tableaux blancs interactifs L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 4 P A U L I N E G R A V E L L e triclosan, un antimicro- bien présent dans de multiples produits de consommation courante, comme les dentifrices, les savons pour les mains et certains cosmétiques, favorise l\u2019inflammation de l\u2019intestin et la progression du cancer du côlon chez la souris, révèle une nouvelle étude publiée dans la revue Science Translational Medicine.Très peu d\u2019études ont cherché à connaître les effets sur la santé humaine de faibles doses de triclosan semblables à celles auxquelles nous sommes exposés.Cette fois, une équipe de chercheurs de l\u2019Université du Massachusetts à Amherst a exposé des souris à du triclosan pendant trois semaines en l\u2019ajoutant à leur nourriture.Cette dernière contenait des doses de triclosan qui se retrouvait dans le plasma des souris à des concentrations similaires à celles mesurées dans le plasma d\u2019humains exposés à des produits de consommation incluant du triclosan.Contrairement aux souris n\u2019ayant reçu aucun triclosan, celles ayant ingéré l\u2019antimicro- bien présentaient un état d\u2019inflammation généralisé qui était particulièrement marqué au niveau du côlon.Les souris qui souf fraient d\u2019une maladie inflammatoire de l\u2019intestin, comme la colite ulcéreuse, ont vu leurs symptômes s\u2019aggraver.Chez les souris atteintes d\u2019un cancer du côlon, le triclo- san augmentait le nombre de tumeurs, leur taille, l\u2019expression des gènes favorisant la genèse du cancer du côlon, ainsi que la colite associée aux tumeurs.Les chercheurs ont également remarqué que l\u2019exposition au triclosan diminuait la diversité bactérienne de la flore intestinale (ou micro- biote) et modifiait sa composition.Notamment, le triclosan induisait une réduction de 75 % des bactéries bénéfiques du genre Bifidobacterium, qui sont reconnues pour leurs effets anti-inflammatoires.Effets pro-inflammatoires Les scientifiques ont également observé que le triclosan ne provoquait aucun de ces effets pro-inflammatoires chez les souris élevées dans un environnement stérile qui empêchait la formation de tout microbiote.Cette dernière observation souligne le rôle incontournable du microbiote dans l\u2019expression des effets néfastes du tri- closan, font remarquer les auteurs de l\u2019étude, qui rappelle au passage une étude récente effectuée chez l\u2019humain qui a justement montré que l\u2019utilisation quotidienne d\u2019un dentifrice contenant du triclosan modifiait le microbiote de ces personnes.Ils insistent sur l\u2019importance et l\u2019urgence d\u2019évaluer l\u2019impact de l\u2019exposition au triclosan sur la santé de l\u2019intestin chez l\u2019humain et de revoir les politiques réglementaires visant cet antimicrobien.Maryse Bouchard, profes- seure à l\u2019École de santé pu- bl ique de l \u2019Universi té de Montréal, croit qu\u2019il faudrait probablement interdire le tri- closan, « du moins dans les produits comme les dentifrices que l\u2019on ingère, car il ne semble même pas y avoir de bénéfices à l\u2019utilisation de ces produits antimicrobiens».«En l\u2019absence de bénéfices et en présence de risques, on ne devrait pas en favoriser l\u2019utilisation », dit-elle avant d\u2019ajouter que « l\u2019ajout d\u2019antimicrobiens est une mode qui fait écho à une peur peu fondée des microbes».Le Devoir Le triclosan néfaste pour la santé intestinale Cet antimicrobien se retrouve dans des dentifrices, des savons et des cosmétiques M A R I E - L I S E R O U S S E A U A près l\u2019avoir réclamé pendant des années lorsqu\u2019il était dans l\u2019opposition, Projet Montréal annoncera au- jourd\u2019hui l\u2019aménagement de deux pistes cyclables unidirectionnelles et protégées sur un tronçon de l\u2019avenue des Pins s\u2019étendant entre les avenues Hutchison et Berri, a appris Le Devoir.Pour ce faire, 130 places de stationnement seront retirées.«C\u2019est un projet phare de l\u2019année», a soutenu en entrevue la porte-parole du parti en matière d\u2019enjeux piétons, de cyclisme et de verdissement, Marianne Gi- guère.L\u2019administration Plante détaillera ce jeudi l\u2019ensemble de sa très attendue vision vélo pour l\u2019année en cours.Dès 2019, des travaux d\u2019aqueduc et d\u2019égouts seront entamés sur ce tronçon de l\u2019avenue des Pins situé sur le Plateau- Mont-Royal, ce qui sera l\u2019occasion de lui refaire une beauté, indique l\u2019élue.En plus de l\u2019aménagement de deux pistes cyclables unidirectionnelles qui seront protégées par un ter re-plein bordé d\u2019arbres, les trottoirs de l\u2019avenue seront élargis.« Actuellement, c\u2019est un îlot de chaleur notoire du secteur et les trottoirs sont très étroits.On va changer la face de la rue et on va en faire un long couloir vert », déclare Marianne Giguère.Afin de rejoindre la piste cyclable de la rue Berri, l\u2019aménagement empruntera un court tronçon de la rue Roy, à l\u2019est de la rue Saint-Denis.D\u2019ici le début des travaux, des mesures temporaires seront mises en place afin de sécuriser le secteur.Des bandes cyclables seront peintes de part et d\u2019autre de la chaussée dans l\u2019espace actuel des stationnements.Il ne s\u2019agira pas de simples marquages au sol, insiste la conseillère municipale.«Les pistes seront très larges, et il y aura une zone tampon pour protéger les cyclistes de la circulation».Des sas seront également peints au sol à trois intersections.Un projet attendu Projet Montréal milite depuis longtemps pour sécuriser l\u2019avenue des Pins, jugée dangereuse par le milieu cycliste.En septembre dernier, une cycliste y a été frappée mortellement par un autobus scolaire, à l\u2019angle de l\u2019avenue du Parc.Au lendemain de ce tragique événement, le maire du Pla- teau-Mont-Royal, Luc Ferran- dez, s\u2019en était pris au maire de l\u2019époque, Denis Co- derre, qu\u2019il accusait d\u2019être personnellement intervenu pour bloquer un projet de piste cyclable dans ce secteur.« On ne le fait pas parce qu\u2019on veut faire un pied de nez à l\u2019ancienne administration, explique Marianne Giguère.Le projet est nécessaire.Des données de la Direction de la santé publique de Montréal font état de 65 collisions impliquant des piétons ainsi que de 95 collisions impliquant des cyclistes sur ce tronçon en l\u2019espace de 10 ans.» Le projet, réalisé en deux phases, devrait être achevé en 2020, avance l\u2019élue.Il est encore trop tôt pour en évaluer les coûts, dit-elle.La Ville présentera jeudi les autres aménagements cyclables qu\u2019elle compte réaliser d\u2019ici l\u2019an prochain.«On peut s\u2019attendre à moins de peinture au sol et à des pistes plus sécuritaires », indique Marianne Giguère.Le Devoir MONTRÉAL Des pistes cyclables seront aménagées sur l\u2019avenue des Pins J E A N N E C O R R I V E A U De passage à Montréal mercredi pour vanter sa ville auprès des gens d\u2019affaires de la métropole, le maire de Québec, Régis Labeaume, a plaidé en faveur du recrutement d\u2019immigrants pour combler le manque de main-d\u2019œuvre dans la capitale.« Ça prend du monde, ça presse.Actuellement, à Québec, j\u2019ai besoin de 17 000 personnes », a expliqué M.La- beaume devant les membres de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.« Il faut faire quelque chose parce que sinon, on va frapper un mur.[\u2026] À Québec, la ville blanche, judéo-chrétienne et parlant français par excellence, on a besoin d\u2019immigrants et il faut se métisser, sinon notre avenir économique est en jeu.C\u2019est ça, la vérité.» Entre 2006 et 2016, la proportion de la population immigrante à Québec est passée de 4,5 % à 7,2 %, mais ce n\u2019est pas suffisant, a soutenu le maire.Au cours des dix prochaines années, 1,3 million de postes seront à pourvoir au Québec et 80% d\u2019entre eux se trouveront à l\u2019extérieur de l\u2019île de Montréal, mais il est plus difficile pour la ville de Québec et les régions d\u2019attirer les immigrants, a-t-il reconnu.Régis Labeaume prévoit d\u2019ailleurs d\u2019aller au Salon de l\u2019immigration de Montréal jeudi afin d\u2019attirer des travailleurs à Québec.«Je suis en recrutement», a-t-il précisé.«Nous, à Québec, on a besoin de docteurs en physique, mais ceux qui ne sont pas scolarisés, on les prend.On est tellement mal pris qu\u2019on prend tout le monde: dans l\u2019hôtellerie, la restauration et tout ce que vous voulez.» Litige maritime Le maire Labeaume a aussi soulevé l \u2019enjeu dél icat de l\u2019agrandissement du por t de Québec, qui souhaite se doter d\u2019un terminal de conteneurs, ce qui est source de frictions avec l\u2019administration du por t de Montréal, qui a son projet de terminal maritime à Contrecœur.Face à la concurrence de la côte américaine, le maire insiste sur l\u2019impor tance pour Québec et Montréal de travailler ensemble dans ce dossier : « Ça ne veut pas dire qu\u2019on va amener tous les conteneurs à Québec et qu\u2019il n\u2019en restera plus à Montréal.Il va falloir que les gouvernements forcent les ports à s\u2019asseoir ensemble.[\u2026] En attendant, les Américains font ce qu\u2019il faut, et nous, on placote et on se chicane dans une petite province de 8 millions de personnes.Ce n\u2019est pas fort, notre affaire.» Le Devoir La ville de Québec a besoin d\u2019immigrants, dit Régis Labeaume M A R I E - L I S E R O U S S E A U L es enfants nés au Québec de parents au statut migratoire précaire sont injustement privés de la gratuité des soins de santé à laquelle ils ont pourtant droit, déplore le Protecteur du citoyen dans un rapport rendu public mercredi.Ces enfants devraient être admissibles au régime public québécois d\u2019assurance maladie, conformément à la Loi sur l\u2019assurance maladie, selon l\u2019institution, qui accuse la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ) d\u2019interpréter la Loi de façon « restrictive, voire erronée » en liant l\u2019admissibilité des enfants au statut migratoire de leurs parents.Selon une disposition de la Loi modifiée en 2001 par Pauline Marois, alors ministre de la Santé, il ne fait aucun doute que les enfants nés au Québec, donc citoyens canadiens, sont admissibles à la RAMQ dès leur naissance.« Lorsqu\u2019un enfant est né au Québec [\u2026] il y a lieu de le rendre admissible au régime même si ses parents ne sont pas domiciliés au Québec», avait déclaré Mme Marois à l\u2019époque.Or, la RAMQ ne tient pas compte de cette modification, déplore le Protecteur du citoyen.C\u2019est pourquoi l\u2019institution lui demande d\u2019appliquer la Loi « telle qu\u2019elle est rédigée ».Plus précisément, elle réclame des actions de la part de la RAMQ pour donner suite à son rapport.Droits bafoués En refusant de soigner les enfants de parents en attente d\u2019une régularisation de leur statut \u2014 par exemple dans le cadre d\u2019une demande pour motifs humanitaires, d\u2019une démarche de parrainage ou d\u2019une requête pour un permis de travail \u2014 ou encore étudiants étrangers, la RAMQ contrevient à la Convention relative aux droits de l\u2019enfant, ratifiée par le Canada, dit le Protecteur du citoyen.En plus d\u2019être victimes d\u2019injustice, ces enfants subissent les impacts de ce « déni de droit ».Le Protecteur parle de conséquences sur le développement et l\u2019intégration de l\u2019enfant.À long terme, « les risques sont accrus en matière de santé publique », peut-on lire dans le rapport.L\u2019ensemble des conclusions du Protecteur du citoyen trouvent écho chez l\u2019organisme Médecins du monde, qui prodigue des soins de santé aux sans-papiers.Selon sa directrice générale, Nadja Pollaert, pas moins de 105 enfants nés au Québec ont été soignés par les médecins bénévoles de la clinique depuis 2015.« On fait le constat commun que la RAMQ n\u2019applique pas la Loi », soutient Mme Pollaert.Médecins du monde et Amnistie internationale font campagne ensemble depuis quelques mois pour réclamer l\u2019accès au régime d\u2019assurance maladie pour tous les enfants nés au Québec, peu importe le statut de leurs parents.Une pétition à cet effet doit être déposée à l\u2019Assemblée nationale vendredi.Mme Pollaert souhaite que le ministre de la Santé et des Ser vices sociaux, Gaétan Barrette, oblige la RAMQ à appliquer la Loi dans son ensemble.L\u2019attachée de presse de ce dernier ainsi que la RAMQ affirment toutes deux que la Régie applique déjà la Loi « telle qu\u2019elle a été modifiée en 2001».Une décision du Tribunal administratif du Québec à cet égard est présentement devant les tribunaux.« Nous laissons ainsi le soin à ce tribunal de se prononcer sur la question [\u2026] et nous attendrons la décision avant de déterminer des suites [aux recommandations du Protecteur du citoyen] », a déclaré la RAMQ.Le Devoir Des enfants de sans-papiers exclus par la RAMQ Des enfants nés au Québec se font refuser l\u2019assurance maladie, dénonce le Protecteur du citoyen JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le «prince du pot » reçoit une amende de 5000 $ Le militant Marc Emery, surnommé le «prince du pot», a reçu une amende de 5000 $ mercredi après avoir plaidé coupable à une accusation de trafic de marijuana lors de l\u2019ouverture d\u2019une boutique Culture Cannabis à Montréal en décembre 2016.L\u2019homme d\u2019affaires avait fait la promotion, dans un geste d\u2019éclat, de six boutiques illégales de cannabis récréatif dans différents quartiers de Montréal.Des mesures temporaires seront mises en place d\u2019ici le début des travaux Il faut faire quelque chose parce que sinon, on va frapper un mur Régis Labeaume, maire de Québec « » Transparence : QS passe de la parole aux actes Les trois députés de Québec solidaire ont fourni des détails sur l\u2019utilisation qu\u2019ils ont faite des sommes allouées par l\u2019Assemblée nationale, y compris dans leurs bureaux de circonscription.Les élus libéraux ne les imiteront pas.« On fait de la même façon qu\u2019avant.Puis, le Bureau de l\u2019Assemblée nationale nous guide.Ça va très bien », a lancé le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, tout en marchant d\u2019un bon pas, mercredi.Québec solidaire demande à l\u2019Assemblée nationale de rendre « automatique » et « obligatoire » la publication de rapports détaillés des dépenses faites par les cabinets, le bureau de la présidence et les bureaux de circonscription.La formation politique réclame aussi l\u2019assujettissement des « budgets et allocations des 125 parlementaires » à la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics.Le Devoir Projet de loi de Saganash : étape importante franchie Ottawa \u2014 Le député néodémo- crate Romeo Saganash aura attendu deux ans avant que son projet de loi sur les droits des peuples autochtones soit adopté à la Chambre des communes.Il a été adopté en troisième lecture avec l\u2019appui des libéraux et devra maintenant cheminer au Sénat.Seuls les conservateurs ont voté contre.Cette législation vise à harmoniser les lois canadiennes avec la Déclaration des peuples autochtones de l\u2019Organisation des Nations unies (ONU).Elle dresse une liste des droits individuels et collectifs des peuples autochtones et aborde de nombreuses questions, comme les terres traditionnelles, l\u2019autodétermination, l\u2019identité, la langue et l\u2019éducation.La Presse canadienne Le Barreau de Montréal suit celui du Québec Après le Barreau du Québec lundi, au tour du Barreau de Montréal de demander la suspension du recours qu\u2019ils avaient déposé ensemble pour faire déclarer inconstitutionnel le processus d\u2019adoption des lois à l\u2019Assemblée nationale.Dans un courriel envoyé à ses membres mercredi soir et obtenu par Le Devoir, le Barreau de Montréal dit avoir «entendu et pris acte des commentaires émis lors de l\u2019Assemblée générale extraordinaire du Barreau du Québec», lors de laquelle une majorité d\u2019avocats a demandé que le Barreau se désiste du recours.En début de semaine, le bâtonnier du Québec a proposé la suspension du recours et suggéré à la ministre de la Justice et à l\u2019Assemblée nationale un règlement à l\u2019amiable.Le Devoir L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 A C T U A L I T É S A 5 Assemblée annuelle des actionnaires de L\u2019IMPRIMERIE POPULAIRE, LIMITÉE (LE DEVOIR) Avis est par les présentes donné aux détenteurs d\u2019actions des classes A et B de L\u2019Imprimerie Populaire, Limitée (¨Société¨) que l\u2019assemblée annuelle des actionnaires se tiendra le vendredi 22 juin 2018, à 9h30, heure locale, aux bureaux de BCF 1100, boulevard René-Lévesque Ouest, 25e étage Montréal pour y traiter des points suivants: \u2022 Recevoir et examiner les états financiers de la Société pour l\u2019exercice terminé le 31 décembre 2017 et le rapport des vérificateurs; \u2022 élire les administrateurs; \u2022 nommer les vérificateurs pour l\u2019exercice suivant; \u2022 traiter tout autre sujet qui pourrait être dûment soumis à l\u2019assemblée.PAR ORDRE DU CONSEIL D\u2019ADMINISTRATION Brian Myles K A R L R E T T I N O - P A R A Z E L L I A près avoir fait le tour du monde dans un avion propulsé à l\u2019énergie solaire, le Suisse Bertrand Piccard veut pousser encore plus loin son travail de persuasion en faveur des énergies propres.L\u2019an prochain, il compte à nouveau parcourir la planète, mais cette fois avec 1000 solutions inno- vantes et rentables à proposer aux gouvernements.De passage à Montréal mercredi dans le cadre de l\u2019événement Movin\u2019 On, consacré à la mobilité durable, il a accepté de livrer au Devoir sa vision du défi énergétique et environnemental auquel nous faisons face.Quel est l\u2019objectif de votre nouveau projet intitulé « 1000 solutions » ?Le tour du monde avec l\u2019avion solaire, c\u2019était la crédibi- lisation du message, pour montrer que les technologies propres et les énergies renouvelables peuvent accomplir des choses a priori impossibles.Maintenant, ce qu\u2019il faut, c\u2019est aller dans le concret.[\u2026] À la fin de l\u2019année, le but est de trouver 1000 solutions qui protègent l\u2019environnement de façon économiquement rentable, donc qui créent des emplois, qui génèrent du profit, qui soutiennent une croissance propre.Les projets qui seront sélectionnés et présentés aux gouvernements lors de votre tournée mondiale en 2019 doivent être rentables.Pourquoi accorder autant d\u2019importance à la rentabilité?Je pense qu\u2019il faut parler le langage de ceux qu\u2019on veut convaincre.Ça ne sert à rien de parler au monde industriel et au monde politique en disant qu\u2019il faut faire des efforts.Ils ne vont pas vouloir faire d\u2019efforts.[\u2026] On veut fournir aux gouvernements la preuve que les technologies, les produits, les processus industriels permettent d\u2019être beaucoup plus efficients, beaucoup plus rentables, de protéger l\u2019environnement, et par conséquent, qu\u2019on peut avoir des politiques énergétiques et environnementales beaucoup plus ambitieuses.Est-ce qu\u2019à votre avis la transition énergétique mondiale s\u2019effectue à rythme satisfaisant?La transition énergétique va beaucoup trop lentement parce que, pour l\u2019instant, on veut lutter contre ce qui ne va pas plutôt que d\u2019essayer d\u2019améliorer ce qui ne va pas.On a donc l\u2019énergie renouvelable contre l\u2019énergie fossile.On a ceux qui ne polluent pas contre ceux qui polluent.Je ne pense pas que c\u2019est une bonne manière de faire.Ce qu\u2019il faut, c\u2019est montrer à un maximum de gens pourquoi ils doivent se diversifier, en leur montrant pourquoi ils ont un avantage à le faire.Que faut-il faire pour accélérer les changements?Ce qu\u2019il manque, c\u2019est une réglementation moderne.Au- jourd\u2019hui, les réglementations sont archaïques et elles permettent l\u2019utilisation de technologies archaïques, comme le moteur à combustion, les ampoules incandescentes, les maisons mal isolées, les réseaux de distribution inef ficients et démodés au lieu de réseaux intelligents.[\u2026] Il faut que ceux qui font les réglementations soient conscients qu\u2019aujourd\u2019hui on peut aller beaucoup plus loin dans les exigences, dans les normes environnementales.Pourquoi?Parce que la technologie permet de le faire et que cette technologie est rentable.C\u2019est donc avant tout aux gouvernements d\u2019agir?Les gouvernements portent la plus grande partie de la responsabilité parce que toutes les entreprises qui sont prêtes à investir sont déconcertées par l\u2019incertitude dans laquelle les laissent les gouvernements.[\u2026] Aujourd\u2019hui, les industriels sont prêts, mais le monde politique doit faire le pas pour clairement montrer dans quelle direction aller.C\u2019est le leadership dont on a besoin dans les gouvernements.Un gouvernement n\u2019est pas seulement là pour faire de la gestion.Il est là pour montrer une voie, donner un but et expliquer comment on va y arriver.Après, vous allez voir, la population et les entreprises vont emboîter le pas sans aucun problème, mais il faut cette vision politique.Au Canada, le gouvernement fédéral a annoncé mardi son intention d\u2019acheter un pipeline, mais dit également vouloir protéger l\u2019environnement.Est-ce que ce double discours peut tenir la route?Vous devez faire un certain nombre de concessions, mais il ne faut pas que le nombre de concessions soit plus élevé que le nombre de décisions courageuses et audacieuses.Par exemple, dans certaines provinces canadiennes, vous avez une taxe carbone.Cette taxe carbone est remarquable.Il faut absolument la généraliser.Pourquoi?Parce que ça oblige à être plus efficient, à utiliser moins d\u2019énergie et par conséquent à produire pour moins cher, avec moins de gaspillage.Le grand paradoxe de la taxe carbone, c\u2019est que ceux qui ne l\u2019ont pas ne la veulent pas, mais que ceux qui l\u2019ont en redemandent, parce qu\u2019ils voient à quel point ça les rend plus compétitifs.Le Devoir Transition énergétique : « Le monde politique doit faire le pas » Le président de la Fondation Solar Impulse, Bertrand Piccard, veut convaincre les gouvernements de la planète d\u2019agir DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE Donna Oleksiuk a démontré son opposition au projet d\u2019agrandissement de l\u2019oléoduc Trans Mountain, mardi, lors d\u2019une manifestation à Vancouver.F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S Q ui pourrait bien vouloir acheter un oléoduc et dépenser quelques milliards de plus pour achever son projet d\u2019expansion?Si des hypothèses mentionnent déjà des noms comme Enbridge ou TransCa- nada, il reste que les entreprises potentiellement intéressées ne courent pas les rues, estime un expert selon lequel Ottawa devra peut-être faire avancer la construction lui- même pour attirer les offres.« La liste est relativement courte », a indiqué en entrevue Joseph Doucet, doyen de la Faculté d\u2019administration de l\u2019Université de l\u2019Alberta et expert des enjeux énergétiques.«Pour l\u2019instant, s\u2019il voulait vendre le pipeline dans les prochains mois, je crois qu\u2019il n\u2019y aurait pas d\u2019acheteurs.[\u2026] Je pense qu\u2019Ottawa a tout intérêt à s\u2019assurer que le pipeline peut être construit et être fonctionnel, dans un premier temps.Après ça, il travaillera davantage sur la vente.» L\u2019annonce du gouvernement fédéral, qui s\u2019engage à verser à Kinder Morgan une somme de 4,5 milliards s\u2019il n\u2019arrive pas à dénicher un acheteur d\u2019ici le mois d\u2019août, a déclenché un torrent d\u2019hypothèses sur les investisseurs susceptibles de vouloir mettre la main sur le tuyau existant et son projet d\u2019expansion.Ou, à tout le moins, prendre une participation minoritaire.Contactées par Le Devoir, la Banque TD et la Banque Royale, qui figurent déjà parmi les grands prêteurs du projet Trans Mountain, ont toutes deux refusé de commenter.Quant à Enbridge, sa direction des communications s\u2019est limitée à une brève déclaration.« Enbridge se concentre sur son programme de 22 milliards axé sur la croissance », a indiqué l\u2019entreprise par cour- riel.Trans Mountain « n\u2019est pas notre projet et nous n\u2019allons ni commenter ni spéculer à son sujet ».Investisseurs à long terme Les régimes de retraite et les investisseurs institutionnels figurent probablement au rang de ceux qui pourraient vouloir y investir quelque chose, a indiqué au Globe and Mail l\u2019ex-premier ministre du Nouveau-Br unswick Frank McKenna, qui est vice-président du conseil de la TD.Lorsque le projet sera purgé de son « risque politique », les actifs vaudront leur pesant d\u2019or, car ils généreront des flux financiers à très long terme.« Ce n\u2019est pas nécessairement facile d\u2019exploiter un pipeline », a dit M.Doucet, car cela implique un savoir-faire que certains investisseurs, comme des régimes de retraite, n\u2019ont tout simplement pas.Ceux-ci seraient contraints de se joindre à un spécialiste, comme Enbridge ou TransCanada, dit- il.Il n\u2019est pas exclu que des joueurs internationaux soient intéressés un jour.La somme de 4,5 milliards porte sur les infrastructures existantes, constr uites en 1953.Tourné vers les marchés d\u2019exportation, le projet d\u2019expansion pourrait coûter 7,4 milliards, selon les chiffres de Kinder Morgan.Il ferait passer la capacité de l\u2019oléoduc de 300 000 barils par jour à 890 000.La compagnie a déjà dépensé plus d\u2019un milliard sur le projet.Selon l\u2019agence de presse Reuters, les contrats que Kinder Morgan a signés avec les producteurs pétroliers alber- tains qui se serviront du pipeline contiennent des dispositions visant à protéger l\u2019entreprise texane si jamais le projet n\u2019allait pas de l\u2019avant.En gros, ces producteurs s\u2019engagent à assumer 80 % du coût des investissements, ce qui se fera par le biais des redevances sur le tuyau actuel.Prix payé par Ottawa À l\u2019heure actuelle, le fonctionnement l\u2019oléoduc existant vaut environ 7 $ dans le cours de l\u2019action de Kinder Morgan Canada, selon une analyse de la Banque Royale citée par le Globe, alors que l\u2019investissement dans le projet se chiffre à 3 $.Dans ses documents publiés mardi, Kinder Morgan a dit que le prix de 4,5 milliards consenti par Ottawa équivaut à 12 $ par action, après impôts.L\u2019écar t se chif frerait donc à 1,2 milliard.À la Bourse de Toronto, l\u2019action de Kinder Morgan Canada a ouver t la journée de mardi à 18 $, mais elle a depuis dégringolé de 11 % à 15,95 $.Le Devoir Qui achètera Trans Mountain?Ottawa n\u2019aura peut-être pas le choix d\u2019avancer seul dans le projet d\u2019expansion pour attirer des investisseurs, selon un spécialiste M A R I E V A S T E L H É L È N E B U Z Z E T T I Correspondantes parlementaires à Ottawa L\u2019achat par Ottawa du projet d\u2019oléoduc Trans Mountain a déchaîné les passions à la Chambre des communes, où Justin Trudeau a dû essuyer les tirs répétés de l\u2019opposition, mercredi.Mais au sein de sa propre équipe, les derniers opposants au pipeline semblaient s\u2019être résignés à la décision de leur gouvernement.Hedy Fry, qui est députée libérale de Vancouver depuis 1993, était tellement défavorable à l\u2019agrandissement de l\u2019oléoduc de Kinder Morgan qu\u2019elle était allée jusqu\u2019à voter contre une motion d\u2019appui indéfectible au projet.Mercredi, elle n\u2019a pas osé semoncer à nouveau son gouvernement.«L\u2019an dernier, j\u2019ai voté contre l\u2019oléoduc et le trafic de navires pétroliers.C\u2019était à une époque où 70% des électeurs de ma circonscription n\u2019approuvaient pas [le projet].Un an plus tard, 50 % de mes commettants l\u2019appuient», a expliqué l\u2019élue.Quand on lui a demandé si elle était en désaccord avec l\u2019achat du pipeline par Ottawa, Mme Fry s\u2019est montrée évasive.«Je comprends la décision», s\u2019est-elle contentée de répondre.Sa collègue Joyce Murray, qui encore récemment qualifiait de « très décevante » la détermination d\u2019Ottawa à soutenir à tout prix le projet, était elle aussi beaucoup moins critique mercredi.« Ils ont pris une décision qui prend en compte des intérêts plus larges », a-t-elle reconnu.« Je comprends que la décision n\u2019est pas populaire auprès de mes commettants, mais les gens comptent sur moi pour que je porte leur voix ici, et j\u2019ai absolument fait cela et continuerai de le faire.» Attaques de l\u2019opposition Le Par ti libéral détient 18 des 42 sièges de la Colombie- Britannique, et tous, sauf un, sont situés à Vancouver ou dans sa périphérie \u2014 où aboutit l\u2019oléoduc que veut doubler Kinder Morgan.La plupart de ces députés ont toutefois remporté la victoire en 2015 avec de confortables majorités.Mardi, le gouvernement fédéral annonçait qu\u2019il était prêt à acheter, pour 4,5 milliards, l\u2019oléoduc Trans Mountain existant si aucune autre entité ne s\u2019en porte acquéreur d\u2019ici le mois d\u2019août.Il financerait alors \u2014 à hauteur d\u2019un montant non divulgué \u2014 l\u2019agrandissement du pipeline dans l\u2019espoir de le revendre une fois les travaux terminés.Aux Communes mercredi, les partis d\u2019opposition ont sans surprise fait de ce dossier l\u2019objet de toutes leurs attaques à l\u2019endroit du gouvernement.Le chef conser vateur, Andrew Scheer, a reproché au premier ministre Trudeau «de signer un chèque de 4,5 milliards pour un oléoduc existant.Pas un seul centimètre de nouveau pipeline ne sera construit, avec cette facture aux contribuables».« On défend les emplois de l\u2019Alberta et du Canada », lui a rétorqué M.Trudeau.Le néodémocrate Nathan Cullen l\u2019a quant à lui accusé de ne pas être le champion de la lutte contre les changements climatiques qu\u2019il avait promis d\u2019être.M.Cullen a prédit que le premier ministre lui répliquerait, comme il le fait toujours, que l\u2019environnement et l\u2019économie vont de pair.«Vous savez ce qui doit aussi aller de pair ?Faire une promesse aux Canadiens et ensuite la tenir réellement.» Les conser vateurs ont par ailleurs profité de l\u2019investissement d\u2019Ottawa pour sommer le gouvernement de déployer les mêmes ef for ts pour ressusciter le projet d\u2019oléoduc Énergie Est.Le Devoir Trudeau essuie les tirs de l\u2019opposition Le caucus libéral se range derrière la décision de son gouvernement Voir aussi \u203a En vidéo, quatre questions à Bertrand Piccard.Entrevue avec Le Devoir.ledevoir.com Voyez François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Congédié?Vieux Montréal 514-845-5545 ego démesuré de l\u2019omnimaire Denis Coderre, jumelé au manque de courage de son comité exécutif, a pesé lourd dans le ?asco de la Formule E.Le rapport rendu public lundi par le Bureau de l\u2019inspecteur général (BIG) a con?rmé avec moult détails révoltants ce que l\u2019on savait déjà.Le cabinet du maire Coderre pilotait le dossier de la Formule E du premier au dernier virage tortueux.L\u2019organisme à but non lucratif (OBNL) Montréal c\u2019est électrique n\u2019était qu\u2019une coquille vide dirigée par un gestionnaire fantoche, Simon Pillarella, dont l\u2019utilité était de servir de paravent pour le promoteur Evenko, que le maire souverain avait choisi pour organiser la course.Denis Coderre devrait avoir honte.Au contraire, il pousse le narcissisme à la limite de la perversion en reprochant à la nouvelle mai- resse, Valérie Plante, d\u2019avoir tiré un trait sur la Formule E trop vite pour qu\u2019elle soit rentable.Montréal c\u2019est électrique n\u2019avait ni l\u2019expertise ni la légitimité pour faire la promotion de l\u2019électri?cation des transports et améliorer le bilan environnemental de la métropole.Sa création résultait d\u2019une manœuvre grossière du cabinet du maire pour faire indirectement ce que la loi municipale ne lui permettait pas de faire directement, soit subventionner Evenko.Les leçons à tirer de ce scandale sont nombreuses.Pour les maires: le ?asco de la Formule E invite à la modestie.Ils devraient s\u2019abstenir de jouer aux promoteurs, un rôle dans lequel ils sont historiquement mauvais.Pour le comité exécutif : ses membres élus sont redevables à la population, et ils doivent prendre leur rôle plus au sérieux.Dans le dossier de la Formule E, ils ont avalisé bêtement le plan du maire.Ils auraient dû exiger les avis juridiques, remplis de mises en garde, qu\u2019on leur a cachés.Pour le gouvernement du Québec : il doit en faire plus pour freiner l\u2019usage des OBNL pour dépenser des fonds publics en toute opacité dans le monde municipal.Les mesures proposées dans la réforme de la loi sur l\u2019accès à l\u2019information sont nettement insuffisantes.Pour le BIG: l\u2019inspecteur Denis Gallant a du travail à faire pour élucider les liens qui unissaient l\u2019ex-maire Coderre à Evenko, auquel l\u2019administration a pratiquement sous-loué pour presque rien le parc Jean-Drapeau, saccagé au préalable pour satisfaire aux exigences du promoteur.Pour la mairesse Plante: elle peut déjà resserrer les règles administratives entourant le recours aux OBNL et leur ?nance- ment par la Ville de Montréal, et continuer d\u2019exiger que la pleine lumière soit faite sur la ?lière Coderre-Evenko.Les résultats à la fois confus et cohérents des législatives du 4 mars étalent les déchirements de la société italienne entre le Nord et le Sud.De nouvelles élections, apparemment inévitables, n\u2019y changeront rien.À l\u2019Europe, les rebondissements de la crise dans laquelle s\u2019enfonce l\u2019Italie présentent un test majeur de crédibilité démocratique.éputée politiquement instable, l\u2019Italie a connu plus de 60 gouvernements depuis la Deuxième Guerre mondiale, ce qui revient en moyenne à un peu plus d\u2019un gouvernement par année.Avec la crise qui la secoue actuellement, la société italienne atteint sans doute des sommets d\u2019imbroglio.D\u2019abord en Italie même, comme ces élections mettent le «système» à mal et imposent des remises en question.Puis, à l\u2019échelle de l\u2019Europe, comme l\u2019onde de choc de ce qui se passe en Italie, troisième économie du continent et membre fondatrice de la CEE, est d\u2019ores et déjà majeure, présentant un scénario de sortie de l\u2019euro manifestement plus menaçant que le fut celui de la Grèce.Les résultats électoraux combinés de l\u2019extrême droite incarnée par la Ligue du Nord et par ce mouvement « antisystème » qu\u2019est le Mouvement 5 étoiles (M5S) ont traduit l\u2019élan de frustration populaire contre des classes politiques nationale et européenne par lesquelles beaucoup d\u2019Italiens se sentent ignorés.La crise migratoire, face à laquelle les Italiens se sont sentis abandonnés par l\u2019Europe, a exacerbé leur rancœur.En cela, les électeurs ont fait preuve, dans les urnes, de cohésion dans l\u2019expression de cette colère collective.En même temps que ces élections ont débouché sur une con?guration politique alambiquée, dans la mesure où la Ligue et le M5S ont à maints égards des positions contradictoires, nommément en matière de politiques sociales et économiques, des différences qui ne feraient que se creuser si le président de la République, Sergio Mattarella, acceptait qu\u2019ils forment un gouvernement.Qu\u2019ils soient autorisés à le former et ce mariage politicien du Nord riche avec le Sud pauvre tournerait du reste rapidement au divorce, tant leurs incompatibilités sont grandes.Encore que le M5S est une créature dif?cile à cerner: partisan de la «démocratie participative», environnementaliste et donc plutôt à gauche, le M5S a, en principe, plus d\u2019af?nités avec la gauche traditionnelle incarnée par le Parti démocrate qu\u2019avec la Ligue.Ce qui n\u2019exclut pas qu\u2019en parallèle, les 14 eurodéputés de M5S fassent front commun au Parlement européen avec la formation d\u2019extrême droite Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD), présidée par Nigel Farage, rien de moins que champion du Brexit\u2026 Cela dit, il y a objectivement eu déni de démocratie dans la décision du président Mattarella, qui, usant de ses prérogatives, a décidé de bloquer la candidature proposée par la Ligue et le M5S d\u2019un ministre des Finances \u2014 Paolo Savona \u2014 qui est depuis longtemps eurosceptique déclaré.Que les quelque 50 % de votants qui se sont prononcés pour les « populistes » crient au vol est légitime.Empêcher, au demeurant, la formation d\u2019un gouvernement Ligue-M5S dans l\u2019immédiat ne fait, au fond, que reporter le problème.Dans l\u2019ordre actuel et écartelé des choses, il se trouve que c\u2019est la Ligue du Nord de Matteo Salvini, ?n orateur radicalement anti-UE, qui pro?te de la situation depuis trois mois, si bien que la Ligue, en pleine ascension dans les sondages, souhaite un retour aux urnes à plus ou moins brève échéance.Auquel cas, les nouvelles élections prendront nécessairement la forme af?rmée d\u2019un référendum sur l\u2019euro.Le dé?est grand pour Bruxelles et la classe politique italienne : réconcilier le projet européen avec les attentes et le mécontentement qui s\u2019est manifesté dans les urnes.Est-ce possible ?L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 A 6 EDITORIAL L E T T R E S Haraway, de façon sommaire Le nom de Donna Haraway \u2014 une penseuse contemporaine véritablement pluridisciplinaire, à cheval entre les sciences, les arts et l\u2019histoire des idées \u2014 ne figure pas souvent dans les pages du Devoir.Or, Christian Rioux y fait référence dans un article récent, «Menace contre l\u2019humanité» (ni plus ni moins\u2026), une entrevue avec Jacques Testar t, le « père du premier \u201cbébé-éprouvette\u201d français».Ce qui ressort de cette entrevue, c\u2019est que Testart semble regretter sa participation dans le développement d\u2019une technologie de procréation médicalement assistée dont les usages n\u2019avaient pas été pleinement mesurés.À plusieurs moments, Rioux vise délibérément les couples homosexuels, qu\u2019il associe à des dérives « transhumanistes», l\u2019incarnation de ladite «menace contre l\u2019humanité».Je doute de la pertinence de ses commentaires sur les homosexuels.Par ail- L I B R E O P I N I O N Y A N N I C K C O R M I E R Historien L es années passent, l\u2019actualité peine à reprendre son souf fle, d\u2019une manchette à l\u2019autre, la saga des interminables rebondissements du camp souverainiste fait la une, encore et encore.On présente, en le voulant ou non, la bande de lurons qui veut faire de la Province of Quebec un État souverain comme des chicaniers ac- cros à la controverse.Faisons le bilan avant qu\u2019un autre trublion nous sorte un nouveau lapin de son chapeau.Des démissions fracassantes, des potins sur les émotions de Martine Ouellet, des députés choqués qui vont bouder dans leur coin avec un nouveau par ti.PKP en réserve de la République qui reviendra peut-être manger de l\u2019intention de vote caquiste.Lisée et son caucus de demi-mesures qui nous sort des surprises pour revivre.Les solidaires qui veulent être souverains à condition que.Le Bloc qui n\u2019en finit plus de mourir et qui se coalise contre sa chef.Et puis tant d\u2019autres choses que je ne comprends plus, comme tellement de monde.Puis les intentions de vote qui, de mois en mois, d\u2019année en année, nous rapprochent de la marge d\u2019erreur du sondage.Les gens lâchent, ils sont ailleurs, comme moi, qui ne suis juste plus là.Nous, souverainistes de tous partis et d\u2019ailleurs, ne sommes pas au festival des bonnes nouvelles\u2026 et ça dure depuis je décrochais des pancartes du Oui dans Limoi- lou.Mais qu\u2019est-ce qui s\u2019est passé, au juste, depuis 20 ans ?Peut-être même depuis 40 ans?Pourquoi tant de gens sont-ils partis à gauche, à droite, ou juste nulle part?Dans mon écosystème de ce qui me reste de vieux chums souverainistes, tout le monde est parti, comme dirait la mère- chanson, chacun de son bord.Notre génération, celle qui a porté les premiers chandails du Bloc, puis qui a vu l\u2019élection de 1994, les discours de Bouchard et au final le référendum, a pour ainsi dire décroché.Pour mille raisons.Dans son dernier livre, Parizeau disait « qu\u2019ils sont tombés de haut ceux-là ».Pourtant, ce n\u2019est que la pointe de l\u2019iceberg : il y a tous ceux qui ne sont juste plus là du tout.La conjoncture, avant d\u2019être un mot compliqué au Scrabble, ne joue pas pour nous, depuis des lunes, c\u2019est vrai.Bien sûr, deux grandes défaites, le fait qu\u2019on n\u2019est plus au pouvoir depuis 2003 (sauf la note de bas de page du gouvernement Marois), puis, la démographie, le temps, le français qui recule, et puis ces maudits jeunes qui comprennent jamais rien, les chefs qui lâchent, l\u2019argent puis les votes ethniques, puis tout ce qu\u2019on voudra bien déconstruire pour se dire que ça va donc mal.Mais il y a autre chose aussi.Même si on dit que la chicane est dans « notre ADN », a-t-on pris le temps de mesurer, juste depuis 20 ans, l\u2019impact de nos interminables vaudevilles?Les départs fracassants, les refondations perpétuelles, nos articles et leurs répliques, les dates du prochain référendum, les innombrables courses à la chefferie, les chartes, les « je dois m\u2019occuper de mes enfants» ou même le naufrage d\u2019Option nationale ou du Nouveau Mouvement pour le Québec, puis d\u2019autres\u2026 et tant d\u2019autres niaiseries qu\u2019on sert au peuple depuis 1995, on en fait le bilan?D\u2019où qu\u2019elles viennent, qu\u2019elles soient péquistes, solidaires ou d\u2019ailleurs, tout ça, ces chicanes de choqués- choqués qui font bâiller, voire rire le monde, po- sons-la la question, est-ce que ça a été inspirant ?Poser la question\u2026 ce ne serait pas essayer de répondre à un discours de Parizeau ?« Ne pensez pas que les gens ne voient pas ça.» Le fait est que, depuis 20 ans, sans discipline ni victoire ou clarté à l\u2019horizon, choisissez votre coupable, nous avons épuisé une génération complète à nous crier après sur la place publique.Dire que c\u2019est la faute aux maudits péquistes ou aux médias est incomplet, voire trop confor table comme réponse.Quelles que soient nos allégeances, nous sommes tous responsables d\u2019avoir gaspillé l\u2019histoire.Depuis sa mort, personne n\u2019a pensé à balayer le champ de ruines dont Monsieur parlait.N\u2019entends-tu pas le cri ?C\u2019est celui de ceux qui perdent tout le temps.INDÉPENDANCE NATIONALE Les souverainistes, ces perdants à répétition FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 \u203a FAIS CE QUE DOIS ! Directeur BRIAN MYLES Rédactrice en chef LUCE JULIEN Vice-présidente du développement CHRISTIANNE BENJAMIN Vice-président des ventes publicitaires MARK DROUIN Directeur des ?nances STÉPHANE ROGER Chef des technologies SYLVAIN COUTU Directrice de l\u2019information MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Directeur de l\u2019information numérique FLORENT DAUDENS Adjoints PAUL CAUCHON, VÉRONIQUE CHAGNON, VALÉRIE DUHAIME, LOUIS GAGNÉ, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, DOMINIQUE RENY, LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Directeur de la production CHRISTIAN GOULET leurs, la présentation sommaire de Hara- way manque absolument de rigueur \u2014 comme si elle était la chantre des «rêves d\u2019enfants » de tous les transhumanistes.Dans les dernières années, Haraway s\u2019est évertuée à penser comment vivre avec les effets de la technologie sur les corps, sur les écosystèmes, sur les identités, sur les idées, sur les récits.On ne lui en voudra pas d\u2019envisager les possibilités d\u2019une technologie, aussi improbables soient-elles.Si on prend le temps de lire Haraway, on ne la trouve pas naïvement séduite par la publicité technologique, mais bien critique et sensible aux transformations (matérielles, idéologiques, symboliques, etc.) que nous traversons.Peut-être un «Devoir de philo» sur Haraway?Jonathan Hope, Département d\u2019études littéraires à l\u2019Université du Québec à Montréal Le 28 mai 2018 Réponse du journaliste Vous êtes visiblement en désaccord avec Jacques Testart, mais il ne trahit pas la pensée d\u2019Haraway en affirmant qu\u2019elle rêve d\u2019« une humanité enfin débarrassée des genres».Dans son Cyborg Manifesto, Hara- way qualifie elle-même de « vieillerie humaine sexuée et enracinée dans le genre» les rapports qu\u2019entretiennent hommes et femmes depuis des millénaires.Que dire de plus sinon qu\u2019au lieu d\u2019argumenter avec Testart, vous préférez dénigrer le messager en l\u2019accusant d\u2019associer «délibérément LES (c\u2019est moi qui souligne) couples homosexuels [\u2026] à des dérives \u201ctranshuma- nistes\u201d [\u2026] incarnation de ladite \u201cmenace contre l\u2019humanité\u201d».Vous n\u2019avez évidemment pas trouvé la moindre phrase pour appuyer cette accusation gratuite.Et pour cause, la critique de Testart s\u2019adresse tous ceux pour qui la technique n\u2019est plus un instrument destiné à aider l\u2019homme à se réaliser, mais au contraire un moyen d\u2019effacer chez lui toute trace d\u2019humanité.Peu importe ici la façon dont on baise\u2026 Christian Rioux Le 30 mai 2018 L\u2019 EUROPE L\u2019épreuve italienne FIASCO DE LA FORMULE E Honte à Coderre R GUY TAILLEFER BRIAN MYLES «Le fait est que, depuis 20 ans, sans discipline ni victoire ou clarté à l\u2019horizon, choisissez votre coupable, nous avons épuisé une génération complète à nous crier après sur la place publique» L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 A 7 IDEES L\u2019ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Robert Dutrisac, (éditorialiste), Michel Garneau et Pascal Élie (caricaturistes), Jacques Nadeau (photographe), Olivier Zuida (recherchiste photos); information générale : Isabelle Paré (chef de division et reporter),Stéphane Baillargeon (généraliste), Gérald Dallaire (pupitre), Amélie Daoust-Boisvert (santé), Jean Dion (sports), Marco Fortier (éducation), Lisa-Marie Gervais (diversité), Pauline Gravel (sciences), Jessica Nadeau (éducation).Alexandre Shields (environnement); information politique : Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Marie Vastel (correspondantes parlementaires à Ottawa), Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui (correspondants parlementaires à Québec) Dave Noël (recherche), Jeanne Corriveau (affaires municipales, Montréal), Isabelle Porter (affaires municipales, Québec); information culturelle : Guillaume Bourgault-Côté (politiques culturelles), Julie Carpentier (pupitre), Fabien Deglise (livres), Catherine Lalonde (arts vivants), François Lévesque (écrans),Caroline Montpetit (arts vivants),Philippe Papineau(médias); information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l\u2019information), François Desjardins et Éric Desrosiers (reporters), Benoît Munger (pupitre); information internationale : Guy Taillefer (chef de division et éditorialiste); section art de vivre : Diane Précourt (responsable des cahiers Week-end et Plaisirs); cahiers spéciaux : Aude Marie Marcoux (responsable); équipe numérique : Laurence Clavel, Guillaume St-Hilaire et Geneviève Tremblay (pupitres); correction : Andréanne Bédard, Christine Dumazet et Michèle Malenfant (correctrices) ; soutien à la rédaction : Amélie Gaudreau (coordonnatrice à la rédaction), Jean-Philippe Proulx (commis).DOCUMENTATION Manon Derome (Montréal), Denise Ledoux (Ottawa).PUBLICITÉ Charleyne Bachraty (adjointe au vice-président), Marlène Côté, Évelyne De Varennes, Amel Elimam, Claire Paquet, Chantal Rainville et Nadia Sebaï (directrices de comptes), Alain Tréhout (directeur créativité média), Amélie Maltais (commis aux avis légaux), Alessandra Tantalo et Laurence Hémond (coordonnatricespublicitaires).PRODUCTION Caroline Desrosiers, Yannick Morin, Anthony White et Nathalie Zemaitis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Jean-François Côté (analyste programmeur), Luc Girard (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Catherine Gentilcore (coordonnatrice marketing, communications et relations publiques), Sébastien Beaupré (coordonnateur service à la clientèle), Manon Blanchette, Caroline Filion, Nathalie Filion, Isabelle Sanchez (préposées au service à la clientèle).ADMINISTRATION Olena Bilyakova (responsable des services comptables), Mélisande Simard (adjointe administrative et responsable des ressources humaines), Florentina Draghici (technicienne comptable), Véronique Pagé (responsable du crédit).L O U I S - G I L L E S F R A N C Œ U R Ex-vice-président du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE) et ancien journaliste du Devoir e projet de loi C-69, qui régira l\u2019évaluation environnementale au niveau fédéral pour les prochaines années, progresse devant le Parlement dans la plus grande indif férence médiatique malgré l\u2019importance des enjeux qu\u2019il recèle.Un de ces enjeux réside dans le mode de nomination des futurs membres des commissions d\u2019enquête responsables de l\u2019évaluation des grands projets relevant de l\u2019autorité fédérale, comme le récent projet Énergie Est.À l\u2019évidence, ce projet de loi assure une prépondérance du politique dans le choix des commissaires, ce qui apparaît peu compatible avec les exigences d\u2019indépendance de cette fonction.Selon le projet de loi C-69, le ministre de l\u2019Environnement et des Changements climatiques du Canada nommerait les membres des commissions d\u2019évaluation des grands projets relevant, en début du processus, de l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale.Quant aux projets énergétiques relevant en partie de la nouvelle Régie canadienne de l\u2019énergie (RCE), de la Commission canadienne de sûreté du nucléaire (CCSN) ou d\u2019un Office des hydrocarbures extra- côtiers, comme celui formé avec Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse pour les projets d\u2019exploration dans le golfe du Saint-Laurent, le ministre fédéral nommerait dans ce cas le président et au moins deux autres membres de la commission (quatre dans le cas des offices extracôtiers).Dans ces trois cas, un nombre minimal de membres seraient nommés en consultation avec le ministre sectoriel responsable de la RCE, de la CCSN ou des offices extracôtiers à partir de listes proposées par ces organismes généralement perçus comme proches de l\u2019industrie énergétique.Or, on sait que le gouvernement, dont le ministre fédéral fait partie, n\u2019est pas neutre par rapport aux grands projets.La saga entourant le projet du pipeline Trans Mountain, et le récent soutien financier promis par le gouvernement fédéral qui en fait systématiquement la promotion, n\u2019est que la dernière démonstration d\u2019un tel parti pris, malgré sa légitimité politique.Indépendance et crédibilité Or, l\u2019exigence la plus fondamentale pour le succès d\u2019un exercice crédible de consultation et d\u2019évaluation publiques réside dans la confiance du public envers l\u2019impartialité du processus.En plus d\u2019une procédure claire, équitable et prévisible, le mode de nomination des commissaires constitue le fondement de leur indépendance et de leur crédibilité.À l\u2019évidence, le processus de nomination proposé par l\u2019actuel projet de loi C- 69 s\u2019écarte de ces exigences de base.Il ne suffit pas, en effet, que le président d\u2019une commission et ses commissaires soient indépendants de l\u2019instigateur d\u2019un projet, mais il faut qu\u2019ils soient aussi à l\u2019abri de toute possibilité de collusion, de complicité, de partialité culturelle ou professionnelle, voire de partisanerie.Ce n\u2019est pas faire offense à quelque gouvernement que ce soit de reconnaître qu\u2019ils ont des idées précises à l\u2019endroit des projets majeurs, qu\u2019ils les favorisent souvent plus ou moins ouvertement, que des ministres les appuient parfois publiquement alors que les audiences ne sont pas terminées\u2026 Mais il faut un contrepoids à cette liberté reconnue au gouvernement d\u2019appuyer légitimement un projet.Et ce contrepoids, c\u2019est la neutralité, l\u2019indépendance et la rigueur du processus d\u2019évaluation environnemental et des commissions d\u2019enquête, qui doivent être à l\u2019abri de tout soupçon.Cette indépendance s\u2019af firme à deux moments précis.D\u2019abord au moment de la sélection des personnes aptes à devenir commissaires.Et dans un deuxième temps, au moment de nommer ceux ou celles qui seront affectés à l\u2019examen d\u2019un projet précis.Au Québec, la nouvelle Loi sur la qualité de l\u2019environnement a permis d\u2019élaborer un nouveau processus de sélection des candidats, confié à un comité tripartite qui compte un représentant du public.Dans un deuxième temps, et ce, depuis plus de 40 ans, le choix des commissaires responsables d\u2019un projet particulier n\u2019est pas celui du gouvernement ou du ministre de l\u2019Environnement, mais plutôt celui du président du Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE), un organisme indépendant.Ce dernier choisit parmi les commissaires permanents et dans la liste des commissaires additionnels ceux qui lui semblent les plus aptes à réaliser une consultation publique et un rapport dont la crédibilité sera sans faille.Qui devrait nommer les membres?Selon les dispositions du projet de loi C-69, le ministre et le président de l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale auraient le pouvoir de nommer les membres des commissions.Il aurait été préférable de confier cette responsabilité en exclusivité au président de l\u2019Agence.Mais une telle amélioration risquerait de placer l\u2019Agence et les commissions dans des situations délicates.En effet, une commission pourrait en toute légitimité devoir critiquer dans son rapport le cheminement d\u2019un projet alors qu\u2019il était géré par l\u2019Agence avant qu\u2019il n\u2019aboutisse devant une commission.Au Québec, il arrive par fois aux commissions d\u2019enquête du BAPE de relever dans leurs rapports des failles dans les étapes préliminaires du processus d\u2019évaluation, lesquelles relèvent du ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.Tous conviendront que des commissaires fédéraux nommés par le ministre titulaire de ce ministère ou par le président de l\u2019Agence fédérale seraient mal placés pour critiquer l\u2019institution qui les a nommés.Or il n\u2019est jamais souhaitable de multiplier les structures étatiques, surtout si elles sont redondantes.Il existe déjà une institution fédérale reconnue pour son indépendance et sa crédibilité, soit le Commissaire à l\u2019environnement, lequel relève du Vérificateur général.Si le Commissaire à l\u2019environnement a toute l\u2019indépendance nécessaire pour s\u2019entourer de spécialistes capables de radiographier avec rigueur les politiques environnementales fédérales, il est assurément tout aussi capable de choisir des personnes aptes à procéder avec compétence et indépendance à un examen dépolitisé des grands projets énergétiques ou autres.C\u2019est de ce côté que les auteurs de C-69 devraient s\u2019orienter pour assurer une crédibilité sans faille au futur processus d\u2019évaluation environnemental que souhaite la population.L\u2019évaluation environnementale à la merci des nominations politiques P E T E R D I E T S C H Professeur de philosophie à l\u2019Université de Montréal et chercheur au CERIUM expansion du Trans Mountain Pipeline (TMX) divise la population et elle est devenue un des enjeux les plus controversés en politique canadienne.D\u2019un côté, les défenseurs de l\u2019expansion soulignent les bénéfices économiques pour le Canada, et pour l\u2019Alberta en particulier.De l\u2019autre, les critiques font valoir l\u2019empreinte écologique des sables bitumineux ainsi que les risques associés au transport du pétrole.Devant un désaccord si profond, la question des compétences des différents ordres de gouvernement est caduque.Le fait de savoir qu\u2019Ottawa a le pouvoir de trancher ne nous rapproche guère d\u2019une solution acceptable.Il faut un compromis réel.Le débat a jusqu\u2019ici été centré sur plusieurs controverses qui, malgré leur pertinence, le détournent de la question fondamentale : comment mesurer les coûts et les bénéfices de TMX ?Est-il même possible d\u2019attribuer une mesure financière à la valeur d\u2019un écosystème aussi riche que celui de la Colombie-Britannique ?Le processus d\u2019évaluation de projet de TMX a-t-il été transparent ?Les Premières Nations du Canada ont-elles une voix réelle dans ce processus?Même s\u2019il était envisageable de trouver des réponses satisfaisantes à ces questions \u2014 ce qui serait pour le moins optimiste \u2014, de simples « oui » ou « non » ne représenteraient certainement pas un vrai compromis.Quel serait-il, alors ?Oléoduc plus taxe carbone La réponse du gouvernement libéral à cette question est que l\u2019oléoduc sera construit en même temps qu\u2019il appliquera une taxe sur le carbone avec un prix par tonne d\u2019émission de CO2 qui passera de 10$/tonne aujourd\u2019hui à 50 $/tonne en 2022.Le but de cette mesure est de respecter les engagements canadiens à l\u2019égard de l\u2019Accord de Paris sur le climat.Une taxe sur le carbone peut effectivement aider à réduire les émissions, mais peut-on la combiner au projet TMX pour façonner un compromis acceptable ?Pas vraiment.Nous savons que le pétrole des sables bitumineux est par ticulière- ment polluant.Avant sa combustion, il produit de trois à quatre fois plus d\u2019émissions que le baril de pétrole standard.Nous savons également que pour avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à moins de 2 °C, la proportion d\u2019énergie renouvelable devra passer de 30 % à 80 % de la production énergétique totale d\u2019ici 2050.Le reste relève des principes de base de la science économique.Si on impose une taxe sur le carbone, c\u2019est pour qu\u2019elle ait un effet sur le secteur d\u2019activités dont les émissions sont les plus élevées afin, bien sûr, de les voir chuter.Au Canada, ce sont clairement les sables bitumineux.Cela nous laisse avec deux interprétations possibles des événements récents.La taxe carbone telle qu\u2019elle est proposée est inef ficace et devrait alors être augmentée dès au- jourd\u2019hui ; ou, pour une raison ou une autre, TMX a été soustrait entièrement à la logique économique de la taxe carbone et sera construit pour des raisons politiques plutôt qu\u2019économiques.Dans le premier scénario, le gouvernement fédéral est hypocrite quant au respect de l\u2019Accord de Paris.Dans le deuxième, les contribuables financeront un projet qui risque de ne pas être rentable et qui ne le serait certainement pas avec une taxe sur le carbone qui a des dents.Or, ces deux interprétations contredisent l\u2019idée que TMX associé à une taxe sur le carbone est un compromis réel.Une solution TMX ou pas, les sables bitumineux ne représentent pas une stratégie à long terme pour l\u2019Alber ta.Les réser ves les plus accessibles ayant déjà été exploitées, leur qualité sera en déclin dans les années à venir et le pétrole ne sera bientôt plus compétitif par rapport aux énergies renouvelables.En partie du moins, on peut imputer aux cycles électoraux de quatre ans l\u2019engagement aveugle de la province envers le pétrole.Une façon de mettre en équilibre l\u2019intérêt économique et les impératifs écologiques d\u2019au- jourd\u2019hui consiste à subventionner la transition de l\u2019économie albertaine vers un avenir plus diversifié et durable.Un calcul simple l\u2019illustre.Selon le gouvernement de l\u2019Alberta, à peu près 140 000 personnes travaillaient dans le secteur extractif de la province en 2017.En supposant que l\u2019on veuille financer la formation de 25 % d\u2019entre eux (35 000 personnes) dans un autre secteur pendant les cinq prochaines années au coût de 50 000 $ par personne (un montant généreux, considérant qu\u2019une partie pourrait être assumée par le secteur privé), le coût total d\u2019un tel programme serait de 1,75 milliard.C\u2019est à peine plus du tiers du montant que le gouvernement semble être prêt à verser à Kinder Morgan pour TMX.Qui plus est, Ottawa pourrait inviter la Colombie-Britannique et les autres provinces à contribuer à ce projet.Une telle formule demanderait des concessions des deux côtés.D\u2019une part, l\u2019Alberta devrait abandonner TMX.Rappelons ici que plusieurs oléoducs sont déjà en place et que l\u2019économie albertaine semble se débrouiller assez bien sous le statu quo.D\u2019autre part, la Co- lombie-Britannique et tous ceux qui sont motivés par des considérations environnementales seront également forcés de faire une concession sous la forme d\u2019une contribution financière.Il est stupéfiant qu\u2019un gouvernement qui ne laisse passer aucune occasion de souligner ses engagements en faveur de l\u2019environnement et des Premières Nations laisse passer une telle occasion.Le gouvernement de Justin Trudeau devrait s\u2019ouvrir à un compromis réel.Un vrai compromis est possible au sujet du pipeline Trans Mountain L\u2019 L JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manifestation en marge des audiences de l\u2019Office national de l\u2019énergie au sujet du pipeline Énergie Est.Selon l\u2019auteur, l\u2019exigence la plus fondamentale pour le succès d\u2019un exercice crédible de consultation et d\u2019évaluation publiques réside dans la confiance du public envers l\u2019impartialité du processus.Une façon de mettre en équilibre l\u2019intérêt économique et les impératifs écologiques d\u2019aujourd\u2019hui consiste à subventionner la transition de l\u2019économie albertaine vers un avenir plus diversifié et durable « » L E D E V O I R , L E J E U D I 3 1 M A I 2 0 1 8 A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com A C T U A L I T É S Certaines maisons de chambres sont gérées par des organismes sans but lucratif qui reçoivent généralement des subventions pour offrir des services.Mais dans la présente enquête, la DSP et la Ville se sont attardées uniquement aux maisons de chambres de propriété privée.Insalubrité et insécurité De son propre chef, Le Devoir a visité une maison de chambres de l\u2019arrondissement du Sud-Ouest.La porte de l\u2019immeuble est tellement pourrie qu\u2019on a peur qu\u2019elle nous reste dans les mains.Sur trois étages, incluant le rez- de-chaussée, de sombres couloirs mènent à une vingtaine de minuscules chambres.La peinture est défraîchie et les salles de bains communes sont malpropres.Le silicone est rongé de moisissure et les robinets coulent.«Le concierge plonge sa moppe dans la toilette et lave le plancher de la salle de bains avec.J\u2019appelle pas ça \u201claver les planchers\u201d », s\u2019es- claf fe Réal, un résident de cette maison de chambres, qui a entrepris de laver lui-même la salle de bains.Il paie aussi de sa poche pour les rideaux de la salle d\u2019eau et le coup de peinture pour rafraîchir sa chambre.« Des punaises de lit ?On en a tout le temps.Le concierge ne fait rien.Tout ce qu\u2019il fait, c\u2019est mettre de l\u2019huile de fleurs de souci pour les chasser », raconte Paul (nom fictif), un autre résident qui préfère taire son vrai nom.Sa minuscule chambre mal isolée est un capharnaüm, remplie d\u2019objets et de meubles.Les murs sont sales et suintants, tachés de goudron de cigarette, le robinet coule, le moustiquaire de sa fenêtre est rapiécé avec du ruban à conduits.Le détecteur de fumée est en miettes.« Les propriétaires n\u2019ont jamais rien fait ici.Ils ne dépensent pas un sou pour l\u2019entretien.Comment vou- lez-vous ne pas déprimer ?» ajoute l\u2019homme en alternant bouf fées de cigarette et de pompe pour son emphysème.Selon l \u2019enquête de la DSP et la V ille, la grande majorité (69 %) des chambreurs a rapporté la présence de vermine (souris et rats), d\u2019insectes nuisibles (punaises, coquerelles), de moisissures ou d\u2019infiltrations d\u2019eau durant la dernière année.Près d\u2019un chambreur sur deux rapporte des problèmes de punaises de lit, soit 18 fois plus que dans la population montréalaise en général.À Montréal, il est illégal de louer une chambre de moins de 9m2, sans lavabo et sans fenêtre.Le Code du bâtiment exige la présence d\u2019un détecteur de fumée.Or, bien que ces critères soient dans l\u2019ensemble respectés, plusieurs maisons de chambres sont en violation des lois.La plus criante violation étant celle de l\u2019article 62 du Règlement municipal sur l\u2019entretien et la salubrité des logements, qui oblige à munir les chambres de sonnettes et d\u2019interphones : un répondant sur deux dit ne pas en avoir.Trop d\u2019argent va au loyer Bien que les prix des loyers soient parmi les moins élevés sur le marché (425 $ par mois), la majorité des chambreurs consacrent à leur logement une trop grande proportion de leur revenu, ce qui limite « leur capacité à répondre aux autres besoins de base, notamment se nourrir convenablement ».L\u2019enquête révèle aussi que trois quarts des répondants consacrent environ 30 % de leur revenu pour payer le loyer et 44 % vont jusqu\u2019à consacrer 50 % de leur revenu pour se loger.48 $.C\u2019est ce qu\u2019il reste dans les poches d\u2019une personne recevant un chèque d\u2019aide sociale (633 $) et qui paie le loyer médian de 425 $.La majorité des chambreurs (58 %) ont recours aux banques alimentaires.Najib paie 375 $ pour sa chambre et gagne environ 700 $ par mois.«Ça me fait environ 10 $ par jour pour manger », dit-il.« C\u2019est assez.» Devant notre air dubitatif, il admet fréquenter les banques alimentaires, car il dépense beaucoup en cannabis.D\u2019ailleurs, il est particulièrement coincé ce mois-ci.Une « amie » lui aurait volé tout son argent.Ce serait d\u2019ailleurs la raison pour laquelle il n\u2019a pas de lit et dort depuis trois mois sur le plancher.« C\u2019est bon pour le dos», plaisante-t-il.Mais les chambreurs sont relativement stables, certains vivent plus de deux ans au même endroit, a relevé Marianne Cloutier, de la Direction de l\u2019habitation de la Ville de Montréal.«Ce qu\u2019on doit quand même souligner, c\u2019est que bien qu\u2019ils constatent des problèmes d\u2019insalubrité, les chambreurs sont quand même satisfaits de leurs conditions.Ils ont une petite communauté, les logements sont centraux.» La Ville et la DSP proposent notamment de créer un groupe de travail avec les partenaires communautaires pour avoir une « approche intégrée d\u2019intervention », ce qui n\u2019existait pas à proprement parler.Ses principaux mandats seraient, entre autres, de veiller à mettre en lien les chambreurs avec les « ressources » du réseau de la santé et de développer «un dispositif de détection précoce des situations d\u2019insalubrité dans les maisons de chambres ».« On va devoir synchroniser nos affaires.Les réseaux interviennent plus en séquence que de façon coordonnée », a dit Mme LaFerrière.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 CHAMBRES À Moscou, Babtchenko avait coopéré avec le journal Novaïa Gazeta ainsi que la radio Echo de Moscou, deux médias réputés critiques à l\u2019égard des politiques du Kremlin.C\u2019est à No- vaïa Gazeta, rappelons-le, que travaillait la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée à Moscou en 2006.Babtchenko avait quitté la Russie en février 2017, dénonçant le « harcèlement » à son endroit.Il a d\u2019abord vécu en République tchèque, puis en Israël, avant de s\u2019installer à Kiev, où il anime une émission de télévision.Babtchenko soutient la thèse du pouvoir à Kiev, partagée par les puissances occidentales, thèse selon laquelle la Russie soutient militairement les rebelles séparatistes au pourtour du pays.Rocambolesque Après une pluie d\u2019accusations réciproques essuyées par Moscou et Kiev, les services secrets de la SBU ont tenu une conférence de presse pour annoncer que le journaliste était en fait vivant.« Je voudrais féliciter la famille d\u2019Ar- kadi Babtchenko et Arkadi Babtchenko lui- même », a rapidement lancé le chef des services secrets devant tous les médias.Arkadi Babtchenko est alors entré dans la pièce, l\u2019air mal à l\u2019aise aux côtés d\u2019of ficiels qui étaient quant à eux tout sourires.Applaudissements, cris et incrédulité ont accueilli cette mise en scène inattendue.Face aux caméras, en pull à capuche sombre, le journaliste a expliqué avoir participé à une « opération spéciale » préparée depuis deux mois.Quel rôle le journaliste joue-t-il auprès des services secrets ?Cela n\u2019apparaît pas bien clair.«Je voudrais vraiment remercier les Services de sécurité ukrainiens de m\u2019avoir sauvé la vie, a-t-il en tout cas déclaré.Je voudrais présenter mes excuses à ma femme pour l\u2019enfer qu\u2019elle a vécu pendant deux jours.» Après avoir d\u2019abord appelé à une enquête rapide à la suite de ce meurtre de Babtchenko qui n\u2019en était pas un, l\u2019Union européenne s\u2019est dite « soulagée » de ce revirement néanmoins rocambolesque.L\u2019UE a demandé « plus de détails » à Kiev sur cette opération pour le moins étrange.Meurtriers?Ce faux meurtre cachait apparemment un vrai complot : un Ukrainien qui devait apparemment tuer Babtchenko a été arrêté.Il travaillait dit-on pour Moscou.Ce sont 40 000 $ qu\u2019il aurait reçus, selon les sources ukrainiennes.Les dépêches indiquent qu\u2019il aurait eu le dessein d\u2019assassiner une trentaine d\u2019autres personnes, pour la plupart des Russes exilés en Ukraine.Le président ukrainien, Petro Porochenko, a en tout cas félicité le SBU pour sa «brillante opération », laquelle s\u2019est révélée propre à flatter le nationalisme.De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a dénoncé une « nouvelle provocation antirusse ».Volodymyr Groïsman, le premier ministre ukrainien, a pour sa part mis en cause « la machine totalitaire russe », ce qui a suscité un nouveau flot de démentis de Moscou.Les accords de paix de Minsk, signés en février 2015 entre la Russie, l\u2019Ukraine et ses deux soutiens occidentaux, la France et l\u2019Allemagne, n\u2019auront jamais réussi à apaiser les vives tensions entre Moscou et son ancien grenier financier.En mars 2017, un ancien député russe réfugié en Ukraine avait été abattu dans le centre de Kiev.En juillet 2016, le journaliste russo-béla- russe Pavel Cheremet avait péri dans l\u2019explosion d\u2019une bombe placée sous sa voiture à Kiev.Les coupables?Nul ne le sait encore avec certitude.S\u2019il n\u2019y a pas eu finalement de mor t dans cette étrange affaire, il semble que l\u2019information en soit tout de même une victime.L\u2019ONG Reporters sans frontières (RSF) a condamné une simulation « navrante » et « une nouvelle étape dans la guerre de l\u2019information» que se livrent Kiev et Moscou.Avec Agence France-Presse Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 MORT AGENCE FRANCE-PRESSE Le journaliste Arkadi Babtchenko en compagnie du président de l\u2019Ukraine, Petro Porochenko raconte Denis Marleau dans le très beau documentaire La passion selon Gabriel, que signait la nièce de l\u2019acteur, Sylvie Groulx, en 2012.Pour Lorraine Pintal, directrice du TNM, Gabriel Gascon, qu\u2019on appelait familièrement « Gaby », était un « électron libre », conteur d\u2019histoires inimaginables, d\u2019une incroyable créativité.« C\u2019était un enfant dans un corps d\u2019adulte.Il était très adolescent dans sa manière d\u2019être dans la vie », dit-elle.Au-delà du comédien, Gabriel Gascon était un «spectateur, un ami et un membre de la famille du TNM», dit-elle.Il faut dire que la famille Gascon est étroitement liée à l\u2019histoire du théâtre.Jean Gascon, frère de Gabriel, en a été l\u2019un des fondateurs, et André, un autre membre de la fratrie de 14 enfants, en a été l\u2019administrateur.Des nombreux enfants de Gabriel Gascon, seule sa fille Sophie a pour sa part choisi le théâtre.Enfant, Gabriel Gascon n\u2019est pas allé à l\u2019école parce qu\u2019il était malade, nous apprend La passion selon Gabriel.Mais il était déjà passionné d\u2019art dramatique.Après avoir joué dans les grands classiques, entre autres sous la direction de son frère Jean, Gabriel Gascon s\u2019est manifesté sous une autre forme de théâtre, notamment sous la direction de Denis Marleau, de la troupe de théâtre Ubu.C\u2019est sur les scènes françaises, où Gabriel Gascon s\u2019est produit de 1965 à 1980, que Denis Marleau a vu le comédien au théâtre pour la première fois.«Je l\u2019avais vu dans une pièce de Ibsen, Le canard sauvage », raconte l\u2019homme de théâtre.«J\u2019ai été très frappé par son jeu.» Douze ans plus tard, Denis Marleau retrouvera Gabriel Gascon au Québec.Gaby a alors 63 ans.Denis Marleau lui propose un rôle dans La trahison orale, une pièce de théâtre musical de Mauricio Kagel.« C\u2019était le seul acteur qui connaissait déjà Mauricio Kagel et qui connaissait la pièce », se souvient Marleau.Gascon, qui avait une formation en musique, était sensible à l\u2019œuvre.« Il avait étudié le chant et le piano », raconte Mar- leau.En 1994, Gascon interprète Krapp, dans La dernière bande, de Samuel Beckett, toujours dans une mise en scène de Denis Marleau.« Il a marqué le personnage de Krapp », dit Marleau.Le metteur en scène se souvient notamment de la dextérité manuelle de Gascon, qui avait étudié la musique.« Il avait une gestuelle virtuose.Il pouvait faire quelque chose de complètement différent de la main droite et de la main gauche.Dans La dernière bande, il pouvait, dit-il, frotter le magnétophone d\u2019une main et se gratter la tête de l\u2019autre.» Pour Marleau, Gascon était une sorte d\u2019« archange » qui pouvait faire preuve d\u2019une sensibilité presque musicale, et même aussi être fantasque jusqu\u2019au clownesque.En fait, les deux hommes avaient une telle complicité, et une telle confiance l\u2019un dans l\u2019autre qu\u2019un critique avait même relevé qu\u2019ils ne faisaient qu\u2019un.Pour la comédienne Annie Gascon, nièce de Gabriel Gascon, aujourd\u2019hui directrice des communications au Théâtre du Nouveau Monde, l\u2019oncle Gaby a été l\u2019inspiration qui lui a fait choisir le théâtre.« Il habitait derrière chez nous et je lui faisais répéter son rôle d\u2019Alexis Labranche.Il ne voulait jamais me dire comment cela allait finir », dit-elle.Dans la famille Gascon, on aimait raconter la fondation du Théâtre du Nouveau Monde, quand, chez les grands-parents, les fils s\u2019activaient à écrire les invitations, à écrire des textes pour cette nouvelle troupe.« Il était très gentil, se souvient Annie.Quand il était avec vous, il était complètement là».Pour Denis Marleau, le comédien savait parfaitement «être à sa place » dans un collectif.« Il avait une sorte d\u2019humilité générale qui lui donnait quelque chose de princier.Il avait une bienveillance, une discrétion, tout en n\u2019en pensant pas moins.» Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 GASCON Profil du chambreur Homme (89 %) Francophone (72 %) Âge moyen (51 ans) Né au Canada (75 %) Peu scolarisé (60 % ont un DES ou aucun diplôme) Pauvre (revenu médian de 920 $/mois) Problème de santé mentale (28 % ont un diagnostic) Problème de santé chronique (58 %), surtout musculo-squelettique Consommateur excessif de tabac (76 %), drogue (47 %), alcool (38 %) Passé d\u2019itinérance (68 %) Méthodologie de l\u2019enquête Quand: juin à juillet 2017 Où: 5 arrondissements montréalais (Côte- des-Neiges\u2013Notre-Dame-de-Grâce, Sud- Ouest, Ville-Marie, Rosemont\u2013La Petite-Pa- trie et Mercier\u2013Hochelaga-Maisonneuve) Combien: sélection aléatoire de 52 maisons de chambres Taux de réponse: 75 % (274 sur 364 sollicitées) Maison de chambres Définition: Bâtiments de minimum quatre chambres où la salle de bains et la douche, parfois la cuisine, sont partagées.Combien: environ 150 maisons pour 2400 chambreurs Loyer: 425 $ (prix médian) JACQUES NADEAU LE DEVOIR Tout ce que les chambreurs possèdent s\u2019entasse évidemment dans l\u2019unique pièce qu\u2019ils occupent."]
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