Le devoir, 1 juin 2018, Cahier B
[" C A T H E R I N E L E F E B V R E I l y a trois ans, alors qu\u2019elle collaborait à un projet artistique au Musée mexicain du jouet antique (Museo del Ju- guete Antiguo Mexicano), Hilda Palafox, alias Poni, a commencé à peindre des murales.« Ils avaient invité des artistes à peindre les murs de manière à améliorer l\u2019allure du quartier où se situe le musée, ra- conte-t-elle.Ils ont accepté que je puisse en peindre un.Puis, j\u2019ai reçu de plus en plus d\u2019invitations à participer à divers festivals d\u2019ar t urbain à Mexico.» Ce sera la première fois qu\u2019elle prendra part à un festival du genre à l\u2019extérieur de son pays natal, dont l\u2019histoire de l\u2019art est particulièrement r iche et une source d\u2019inspiration incontestable pour l\u2019artiste.« Mon travail est largement influencé par ma culture, notamment quant à la palette de couleurs et aux formes.Je m\u2019inspire aussi grandement des femmes et de la nature pour créer.» En ef fet, son style bien à elle est facilement reconnaissable.Ses traits doux tout en rondeurs se démarquent joliment des œuvres signées Poni.Pendant le Festival Mural, elle collaborera avec Cyrielle Tremblay, et leur œuvre verra le jour au 3469, avenue du Parc.?Luis Enrique, alias Smithe, a toujours dessiné, même s\u2019il n\u2019avait pas forcément envie de devenir ar tiste.« On a commencé à me payer pour mes dessins sur des affichettes pour annoncer des expositions artistiques ou des prestations de groupes de musique, dit-il.Après, j\u2019ai commencé à imprimer mes illustrations sur des vêtements.» À l\u2019époque, son atelier de confection se situait au mê - me endroit qu\u2019il par tage au- jourd\u2019hui avec d\u2019autres amis artistes.Sa marque de vêtements, Tony Delfino, se vend tellement bien qu\u2019il a dû déplacer son atelier il y a cinq ans pour répondre à la demande.Il possède même une boutique à quelques minutes de son studio, non loin du magnifique Pa- lacio de Bellas Artes (Musée des beaux-arts).Puis, ses illustrations ont continué à prendre de l\u2019expansion pour se retrouver sur des canevas de plus en plus grands.Son style unique est immanquable.On se croirait parfois devant une version hautement améliorée d\u2019un livre de référence d\u2019anatomie.Mais ce sont sur tout les dessins animés mexicains qui sont sa source principale de création.« J\u2019essaie de m\u2019inspirer de dif férents sujets, de dif férentes person nes.Ce n\u2019est pas toujours 100 % mexicain, explique-t-il.Après, je ne sens pas de pression pour m\u2019inspirer de mes origines, mais tu dois comprendre d\u2019où tu viens.Même si tu voyages beaucoup, tu ne dois jamais oublier ça.» Smithe réalisera sa murale au 4383, rue Clark.?Edgar Flores, alias Saner, décore les murs depuis plus de 20 ans.Après une petite pau - se de deux ans, en 2002, pour suivre son envie de peindre à plus petite échelle, il a rapidement renoué avec les peintures d\u2019immense format.Mais cette fois-ci, il leur a accordé plus d\u2019attention en misant sur les explorations graphiques plutôt que de s\u2019en tenir à la typographie.Depuis lors, il pratique son art avec d\u2019autant plus de passion et d\u2019intention.« Je m\u2019inspire énormément de l\u2019ar t mexicain d\u2019autrefois.Cela me permet d\u2019explorer l\u2019imaginaire collectif du passé, dit-il.Au fil du temps, cer tains souvenirs s\u2019oublient ou se cachent au fond de notre mémoire.Bien souvent, ils nous permettent d\u2019en apprendre plus sur nous-mêmes, d\u2019ouvrir une porte vers un monde qui nous lie à plusieurs autres cultures.» Et cela se perçoit dans ses créations.Il va sans dire, ses interprétations du masque, des têtes de mor t, des emblèmes mexicains rappellent constamment ses origines.« Je m\u2019inspire aussi de la vie, des sociétés, de leurs qualités et leurs défauts, précise-t-il.Mais par-dessus tout, je m\u2019inspire de l\u2019espoir que chacun d\u2019entre nous puisse avoir une meilleure qualité de vie dans tous les sens du terme.» Ce sera aussi son premier passage à Montréal, une ville justement synonyme d\u2019espoir à ses yeux.« Culturellement, je sais que Montréal se veut une destination parfaite pour toutes les formes de quêtes culturelles, confie-t-il.Ce sera donc immanquablement un séjour formidable.» Saner peindra sa murale au 4429, rue Drolet.Collaboratrice Le Devoir Cinéma La Terre, pour le meilleur et pour le pire dans Métamorphose Page B 2 Théâtre Une charmante version des Choristes Page B 4 C A H I E R B \u203a L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 Des suggestions de sorties pour le week-end ACTIVITÉ PORTUAIRE ACCRUE La croisière n\u2019est pas pour cette année ?Qu\u2019à cela ne tienne, le nouvel espace aménagé pour les croisiéristes, le Grand Quai du port de Montréal (anciennement la jetée Alexandra), s\u2019ouvre à tous dimanche en proposant une fête familiale à saveur nautique.Atelier de nœuds, exposition de photos maritimes et sur l\u2019histoire navale, jeux gonflables et matchs d\u2019impro sont au rendez-vous.Fête familiale au Grand Quai du port de Montréal, dimanche, de 10h à 18h, 200, rue de la Commune Ouest.Accès gratuit.port-montreal.com HISTOIRES D\u2019ALBUMS La musique que l\u2019on écoute est imbriquée dans nos vies : rencontres, tristesses, fêtes, emplois, amours ont tous une trame sonore.Pour célébrer les 20 ans du collectif PME-ART, Jacob Wren, Caroline Dubois et Claudia Fancello présentent, dans le cadre de Suoni Per Il Popolo, une version longue (de 10 heures !) de la performance Le DJ qui donnait trop d\u2019information.Chacun des trois artistes a des vinyles à faire jouer et des histoires à raconter en lien avec ces œuvres.On peut circuler, entrer, sortir, prendre un verre.Le DJ qui donnait trop d\u2019information, par PME-ART, à Suoni Per Il Popolo, samedi à partir de 15h à la Vitrola, Montréal, 5$ (contribution volontaire).suoniperilpopolo.org PORTRAITS D\u2019UN MONDE CHANGEANT Depuis mercredi se déroule à la Maison de la culture Claude-Léveillée une exposition collective comptant certains des photographes les plus incisifs du moment, à l\u2019invitation du commissaire Jean De Julio-Paquin.Ces cinq reporters de l\u2019image (le photographe du Devoir Valérian Ma- zataud, Isabelle Hayeur, Thomas Kneubühler, Jean-François Lemire et Andreas Rut- kauskas) documentent les paysages de désolation laissés par la course à l\u2019enrichissement industriel.Regards critiques et nouvelle photographie, jusqu\u2019au 26 août, à la Maison de la culture Claude-Léveillée à Montréal.Accès gratuit.lavitrine.com/activity/ Regards_critiques_et_ nouvelle_photographie LE BAL DES ARTISTES La Foire en art actuel de Québec n\u2019est pas réservée exclusivement à ceux et celles qui ont le budget pour faire des acquisitions d\u2019œu- vres.Les adeptes de nouveaux artistes auront sans doute beaucoup à admirer parmi le travail des 20 créateurs sélectionnés par le commissaire invité Marc-An- toine K.Phaneuf.Collage, sculpture et peinture abstraite sont à découvrir.Cinquième Foire en art actuel, jusqu\u2019à dimanche, à la chapelle des Jésuites de Québec.Accès gratuit.foireartactuel.com Sophie Chartier icietla@ledevoir.com Le festival montréalais Mural, qui rend hommage à l\u2019art urbain d\u2019ici et d\u2019ailleurs, se tiendra du 7 au 17 juin à Montréal.Parmi les 19 invités, 3 sont Mexicains.Entretien avec quelques-uns des artistes qui font honneur à ce mouvement en pleine ébullition.Le Festival Mural, l\u2019art urbain mur à mur L\u2019événement montréalais rend hommage à un mouvement artistique en pleine ébullition, avec le Mexique à l\u2019honneur PHOTOS FESTIVAL MURAL Edgar Flores, alias Saner, décore les murs depuis plus de 20 ans.El tamano del tiempo, de Hilda Palafox, alias Poni SanCosmic Wall, de Luis Enrique, alias Smithe L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 W E E K-E N D C U L T U R E B 2 À L A T É L É CANAUX 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit ICI RC Télé Le Téléjournal LES BAGNOLES (2006) Owen Wilson.Fatale-Station Le Téléjournal Sports express /23h05 COTEAU ROUGE (2011) TVA TVA nouvelles Sucré Salé L'arme fatale REPRÉSAILLES (2015) avec Shiloh Fernandez, Rosamund Pike.TVA nouvelles 22h35 Sucré 23h05 KICK-ASS (V.F.) (2010) TQ Passager Format familial Cuisine futée, Cuisine futée, Un chef à la cabane Y'a du monde à messe Banc public Belle et Bum MTL V Souper parfait Souper parfait L'arbitre Code 111 911 AIR BAGNARDS (1997) avec John Malkovich, John Cusack, Nicolas Cage.NVL Intimes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National TV5 17h50 Champi.Journal FR Chasseurs / Sri Lanka Thalassa 22h10 Transports de rêve Journal/ C à dire Journal Afrique C à vous D Situation A.P.Agents Amour fatal / L'affaire Belajonas Délateurs / Donald Lavoie Un tueur si proche Jumeaux diaboliques Scènes de crime Trésor inca VIE Minichefs au défi Donnez au suivant Devenus Amour aveugle Proprio Proprio Dr Dee vétérinaire en Alaska Vendre ou rénover / Jindalee Cinéma MAX Dr House / Partie de chasse Le mentaliste / Tapis rouge OPÉRATION SWORDFISH (2001) John Travolta.TRON (1982) avec David Warner, Bruce Boxleitner, Jeff Bridges.Cinéma VRAK Code F.Med Conviction / Victime et bourreau Journal d'un vampire LA MENTEUSE (2014) avec Shawn Roberts, Yvonne Zima.Les frères Scott Hors d'ondes RDS 17h00 Le 5 à 7 Les Soirées Classiques FIT Tennis - Internationaux de France L'antichambre (D) Sports 30 Show de moto HISTORIA Perdus en Alaska Les trappeurs du Klondike Les montagnards Les montagnards / Grand froid Les montagnards / Prédateur Les armuriers Les armuriers L'acier et feu ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Mission X / La force des mots La petite Dorrit Les grandes entrevues Faits Divers Le siège Enquêtes EXPLORA Superpouvoirs Alex+Tyler, éco Planète techno Pharmachien Mystérieux vestiges Internet / Gardiens de la toile Sexplora Stupidité Stupidité Stupidité Stupidité SÉRIES+ Les enquêtes du NCIS Les enquêtes du NCIS Hawaii 5-0 / Na Hala a ka makua Hawaii 5-0 / Pale 'la Hawaii 5-0 / Hoku Welowelo Hawaii 5-0 / Ma lalo o ka 'ili Code Black Z S'coucher Prêt sur gage Dans l'net Remorquage Remorquage Remorquage Remorquage Prêt sur gage Les pires chauffards québécois Des jobs de fous Californication C.SAVOIR L'avenir de Radio-Canada Apostrophes / Sade sadien sadiste sado sadique Secrets Électron/ Idées Encore plus FutureMag MTL innovante Nomade mers Santé! CORIM ÉVASION Bouffe en cavale Le wine show Tout un festival Sur le pouce Sur le pouce / Lac Saint-Jean Le cuisinier rebelle / Alentejo Le wine show TFO SallyB./ Sally B.Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Boum, canon Amélie EUROPE 51 (1952) Ingrid Bergman.22h50 Le Puits Amélie Boum, canon 23h55 Citoyen Cinépop 17h25 DOROTHY DANDRIDGE 19h20 MOINS CHER LA DOUZAINE 2 (2005) Steve Martin.INTRAÇABLE (2015) Nicolas Cage.22h35 LES GUERRIERS DE LA NUIT (1979) Cinéma SÉcran 17h30 RESTAURER LA VÉR.MEGAN LEAVEY (V.F.) (2017) avec Ramon Rodriguez, Kate Mara.TERRE TERNIE (2017) Dianna Agron.22h40 L'ÉTRANGER (2014) avec Jason Patric, James Caan.Planète Quand la bière monte Crash Investigations So France Hollywood Homicide L'affaire Kevin / Le témoin Iphigénie, un choeur à l'ouvrage Entrer l'accusé MATV Ère libre UrbArt NumériQc Balade rétro La route La Coupe Romanesque UrbArt La Scène Vers l'ouest Signé Guylaine Place des Arts CBC CBCNews On the Money Rick Mercer JFL: Gags marketplace Investigator the fifth estate CBC News: The National CBCNews Exhibitionists Coronation St.CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang American Ninja Warrior / Dallas City Qualifiers Blue Bloods / Common Ground CTV National News Montreal 0h05 BigBang GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Off the Grid Hawaii Five-0 First Dates First Dates Global News 23h35 The Late Show ABC News at 6 News Local 22 News Inside Edition Quantico / The Blood of Romeo Shark Tank / Richard Branson 20/20 News at 11 23h35 Jimmy Kimmel Live CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight UndercoverBoss:Celeb Hawaii Five-0 Blue Bloods / Common Ground Ch.3 News 23h35 The Late Show NBC 6pm News NBC News Jeopardy! Wheel Fortune American Ninja Warrior / Dallas City Qualifiers Dateline NBC NBC5 @ 11 23h35 The Tonight Show PBS (33) PBS NewsHour BBC Newsnight Vermont Week Wash.Week In Principle Live From Lincoln Center / Falsettos Amanpour World News PBS (57) News Business PBS NewsHour M.Lake Journal New York NOW Joe Bonamassa: British Blues Explosion Live Three Steps to Incredible Health! With Joel Fuhrman, MD UNIS Galaxie près Cochon dingue Balade Tor.Balade Tor.Radio enfer Radio enfer D'un rire à l'autre Mauvais karma Mauvais karma Larry/ Paolo Été/ Neige Galaxie près HBO 17h10 Elvis 18h50 ATOMIC HOMEFRONT (2017) Dawn Chapman.A Dangerous Son Real Time With Bill Maher CB Strike: Cuckoo / Episode 1 Wyatt Cenac AddikTV Blindspot: Mémoire tatouée Chicago Fire / Le fruit défendu Les enquêtes de Murdoch S.W.A.T./ Retour au bercail Esprits criminels / Un pour tous GUERRE (2007) avec Jason Statham, Jet Li.TVA Sports 17h30 Destination Coupe LMB Baseball / Cubs de Chicago c.Mets de New York (D) D.Morissette 22h45 TVA sp.23h15 Esports 23h45 Rock 0h15 CollXtion 06/01 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 minuit Notre choix cette ?n de semaine CETTE SOIRÉE-LÀ Les frères Naudet, réalisateurs de 9/11, qui montrait les attentats de New York vus par les pompiers de la ville, racontent en trois épisodes les attentats terroristes qui ont secoué Paris il y a deux ans et demi à travers les témoignages de ceux qui les ont vécus de près.13 novembre : Fluctuat Nec Mergitur, Netflix, vendredi CHRÉTIEN SE RACONTE Dans ce documentaire en deux parties (suite samedi prochain), l\u2019ex-premier ministre canadien dresse un bilan de sa vie politique bien chargée.L\u2019homme que l\u2019on n\u2019attendait pas, Radio-Canada, samedi, 19h NOUVEAUTÉS PROMETTEUSES Début de deux séries dramatiques attendues par la critique américaine: la première est sise dans la ball culture new-yorkaise des années 1980, et la seconde au sein d\u2019une famille propriétaire d\u2019un immense conglomérat médiatique international.Pose, FX, dimanche, 21h et Succession, HBO, dimanche, 21h Amélie Gaudreau MÉTAMORPHOSE ?1/2 Documentaire de Nova Ami et Velcrow Ripper.Canada, 2018, 85 minutes.Au Cinéma du Parc à Montréal et au cinéma Cartier à Québec dès le 1er juin.C A R O L I N E M O N T P E T I T I ls ont l\u2019œil pour voir la Terre, sous ses angles les plus beaux et les plus durs.Et dans ce regard qui se pose parfois sur des scènes d\u2019apocalypse liées aux changements climatiques, il y a toujours un espoir.C\u2019est à l\u2019aide d\u2019images magnifiques que les réalisateurs Vel- crow Ripper et Nova Ami abordent les questions de gestion de l\u2019eau, de récupération des déchets et de sur vie des espèces dans le documentaire Métamorphose, coproduit par l\u2019ONF, Clique Pictures et Transparent films, qui s\u2019est donné pour mission de changer le monde à travers des longs métrages documentaires.Le film s\u2019ouvre en évoquant le mythe de Protée, ce dieu de la mythologie grecque qui avait le pouvoir de se métamorphoser.Mais Protée n\u2019avait recours à ce pouvoir qu\u2019en cas de nécessité.Sur les images d\u2019une chenille se préparant à se transformer en papillon, les narrateurs font référence à la capacité des humains de s\u2019adapter aux changements à venir, notamment en matière d\u2019environnement.Or, ce changement est incontournable, disent tant les auteurs que les nombreuses personnes interrogées dans le film, si l\u2019humanité veut subsister sur terre à l\u2019avenir.Certains constats sont affolants.On aborde par exemple le fait que 80 % du récif corallien des Caraïbes a disparu.«Cet univers sous-marin, on ne le voit pas, alors on le néglige », dit un intervenant.Ou que les inondations frappent une ville comme Venise de plus en plus souvent et de plus en plus longtemps.Ou encore que la ville de São Paulo, au Brésil, est menacée de manquer d\u2019eau alors qu\u2019elle est située dans un pays qui abrite 13% de l\u2019eau douce du globe.À partir de là, ce film, toujours superbement tourné, nous propose différentes ébau - ches de solutions, produits d\u2019initiatives citoyennes.C\u2019est ainsi que, dans la région de Phœnix, en Arizona, également menacée de pénurie d\u2019eau mais où les piscines abondent, on rencontre les fondateurs de Garden Pool.Cet organisme propose de transformer la piscine en un jardin, où on peut à la fois faire pousser des légumes, élever des poissons et des poules et recycler toute l\u2019eau utilisée.Avec ce système, on arrive à récupérer 96 % de l\u2019eau utilisée en agriculture, soutiennent les organisateurs de Garden Pool.À Milan, on rencontre un architecte constructeur de « forêts verticales», des gratte-ciel entourés d\u2019arbres jusqu\u2019au ciel.En Californie, les représentants de Grid Alternatives permettent la conversion des immeubles à l\u2019énergie solaire pour les ménages à faible revenu.Toujours en Californie, on rencontre les fondateurs de Walking Water, qui marchent dans la vallée de l\u2019Owens, dans les environs de Los Angeles, pour conscientiser la population aux politiques dévastatrices de gestion de l\u2019eau de la région.Aussi, les sculptures sous-marines de l\u2019artiste anglais Jason deCaires nous conscientisent à la force et à la fragilité de la vie sous l\u2019eau.Un film à voir absolument, et à mûrir longuement.Le Devoir CINÉMA La Terre, pour le meilleur et pour le pire ONF Les réalisateurs sont notamment allés rencontrer, à Milan, un architecte constructeur de « forêts verticales », des gratte-ciel entourés d\u2019arbres jusqu\u2019au ciel.P H I L I P P E P A P I N E A U F orte d\u2019une nouvelle méthodologie harmonisée et approuvée par Québec, une analyse du Regroupement des évé- nements majeurs internationaux (REMI) montre qu\u2019un groupe de 17 de ses principaux membres a généré au total, lors de leurs plus récentes éditions, des retombées économiques de 290,8 millions.L\u2019organisation en profite pour demander un meilleur partage des subventions fédérales et une meilleure redistribution de l\u2019argent des associations touristiques.Devant une centaine de personnes travaillant dans le monde des festivals et des évé- nements au Québec, le p.-d.g.du REMI, Martin Roy, a présenté les grandes lignes d\u2019une étude de KPMG sur les retombées économiques consolidées des principaux membres du regroupement, dont le Carnaval de Québec, la Coupe Rogers, le Festival d\u2019été de Québec et le Festival international de jazz de Montréal.Quelque 190 000 touristes sont venus de l\u2019extérieur du Québec pour participer à ces événements, qui, selon une approche de calcul dite « restrictive », ont permis de créer ou de conser ver 4606 emplois.Selon la même approche, qui tient compte des visiteurs venus «principalement » pour un événement en particulier, les 17 rassemblements auraient fait des dépenses totales de 396 millions, et par le fait même généré des revenus fiscaux de 49,3 millions pour le gouvernement du Québec et de 17,3 millions pour le gouvernement fédéral.Si Martin Roy a souligné que «l\u2019industrie événementielle au Québec est payante» et engendre «d\u2019importantes retombées économiques et touristiques», il a aussi insisté sur un manque d\u2019équité et une redistribution des sous inadéquate.«Quand on voit que le Grand Prix avec 7 millions du gouvernement du fédéral produit 42,4 millions par année et que ce groupe de 17 événements qui produit 290,8 millions par année le fait avec à peine 9,2 millions d\u2019aide, il y a là l\u2019évidence d\u2019une iniquité qu\u2019il faut corriger, tout particulièrement au gouvernement fédéral.» À Ottawa, les membres du REMI sont « relégués » à des fonds de commercialisation chez Développement économique Canada, ou à « des critères culturels » chez Patrimoine canadien.M.Roy demande au gouvernement fédéral de mettre en place un programme voué à la croissance des événements majeurs internationaux.Au moment où ces lignes étaient écrites, le bureau de Patrimoine canadien n\u2019avait pas répondu aux demandes de réactions du Devoir.Faire tourner la roue Le REMI aimerait aussi que les associations touristiques régionales, comme Tourisme Montréal, redistribuent plus généreusement aux événe- ments l\u2019argent dépensé par les touristes dans les restaurants et les hôtels.«Le problème sera résolu le jour où tous ceux qui bénéficient des impacts économiques accepteront qu\u2019ils ont à redonner une partie de l\u2019argent qu\u2019ils ont reçu, estime Martin Roy.C\u2019est simplement s\u2019assurer que la roue continue de tourner.» Le Grand Prix, encore une fois, est la mesure étalon dans le domaine.Le p.-d.g.du REMI souligne que l\u2019événement de course automobile reçoit quel - que 6 millions de Tourisme Montréal, alors que « nos 17 événements, qui génèrent 6,85 fois ce que le Grand Prix génère, ont moins de 2 millions par année de la part des cinq associations touristiques qui sont concernées.Alors, il y a un problème d\u2019équité certain.» Méthodologie En trame de la présentation du REMI se trouve un enjeu méthodologique.Les impacts, c\u2019est beau, mais que calcule-t- on et comment?Le rapport de KPMG s\u2019est basé sur l\u2019approche officielle restrictive désormais utilisée par le ministère québécois du Tourisme.Bref, tout le monde aura maintenant la même façon de compter, et les analyses seront plus faciles.Le p.-d.g.de l\u2019Équipe Spectra et administrateur du REMI, Jacques-André Dupont, s\u2019est dit «content qu\u2019on puisse maintenant comparer des pommes avec des pommes.Et le message que j\u2019ai pour les économistes, c\u2019est choisissez votre méthode, mais si vous dites que les événements n\u2019ont pas d\u2019impact, vous n\u2019êtes pas sérieux.» Il reste que le REMI préfère l\u2019approche de calcul « modulée», qui inclut non seulement les visiteurs venus principalement pour un événement, mais aussi ceux venus partiellement pour l\u2019occasion.M.Roy donne l\u2019exemple d\u2019une festivalière qui va voir un concert au Festival d\u2019été de Québec, mais qui en profite pour aller visiter le pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec.Dans tous les cas, insiste-t-il, les visiteurs locaux \u2014 qui vivent dans un rayon de 40 kilomètres de l\u2019événement \u2014 ne sont pas pris en compte dans les calculs.Le Devoir Un regroupement réclame une aide plus généreuse du fédéral aux festivals Selon une nouvelle étude, 17 événements majeurs québécois ont généré des retombées économiques de 290 millions JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Le Festival western de St-Tite se retrouve au deuxième rang du palmarès dévoilé par le REMI concernant les retombées économiques.Le top 6 des retombées économiques 1.Festival international de jazz 48,5 millions (2017) 2.Festival western de St-Tite 45 millions (2017) 3.Grand Prix de F1 du Canada 42,4 millions (2015) 4.International des feux Loto-Québec 37 millions (2016) 5.Festival Juste pour rire 33,8 millions (2017) 6.Festival d\u2019été de Québec 26,5 millions (2017) En bref Voici quelques faits saillants du rapport de KPMG sur les retombées économiques créées par les 17 membres du REMI analysés lors de leur plus récente édition.En 2016-2017, 16,7 % des revenus de ces rassemblements proviennent des subventions publiques.Du côté des dépenses, 40 % des coûts totaux sont constitués des cachets et des salaires.Ces événements ont attiré 5,9 millions de personnes, dont 4,4 millions ayant 16 ans et plus.Quelque 14 % de ces visiteurs proviennent de l\u2019extérieur du Québec et 10 % sont des Québécois passant au moins une nuit à l\u2019hôtel alors que 10 % reviennent à la maison le jour même.Chaque visiteur a dépensé en moyenne 378 $ pendant son séjour. TOUT LE MONDE DEBOUT ?Comédie sentimentale de Franck Dubosc.Avec Franck Dubosc, Alexandra Lamy, Gérard Darmon, Elsa Zylberstein, Caroline Anglade, Claude Brasseur.France, 2018, 107 minutes.F R A N Ç O I S L É V E S Q U E A fin de séduire une jeune aide-soignante, un Casanova sur le retour feint la paraplégie.Or, voilà qu\u2019il s\u2019éprend plutôt de la sœur de celle-ci, qui, elle, est réellement handicapée.Et la supercherie de durer, alors que l\u2019attirance s\u2019avè - re mutuelle.La prémisse de la comédie sentimentale Tout le monde debout n\u2019est ni drôle ni romantique, mais elle se veut apparemment craquante.Du moins, suf fisamment pour qu\u2019on ait envie de savoir de quelle manière, inévitable, l\u2019agresseur et sa victime \u2014 pardon, le charmant escogriffe et la belle compréhensive \u2014 finiront ensemble.On a beau vouloir éviter la posture morale pour critiquer un film, il n\u2019empêche\u2026 Cette première réalisation de l\u2019acteur et humoriste Franck Dubosc (Boule et Bill), qui signe le scénario en plus de tenir la vedette, témoigne d\u2019une conception étriquée, passéiste des rapports amoureux et, par extension, humains.La séquence d\u2019ouverture à l\u2019aéroport est éloquente : Jocelyn, 49 ans, en forme, cheveux argentés et sourire étincelant, reluque avec ostentation tous les derrières féminins de moins de 30 ans qui croisent son chemin.Et je feins d\u2019échapper un truc par terre, et tu te penches pour le ramasser, et je plonge mon regard dans ton décolleté : gros plan de la poitrine une fois, deux fois\u2026 Trois fois ?On ne saurait dire : on était occupé à rouler des yeux.Vernis de sophistication Et si le film se trouvait ainsi à mettre la table pour une décons- truction d\u2019une certaine image du séducteur français véhiculée dans quantité de films d\u2019antan?Ces types qui giflaient volontiers les femmes avant de les embrasser (ce dont s\u2019abstient heureusement Jocelyn).Une déconstruction, donc.Parce qu\u2019on n\u2019est plus là, parce que 2018, parce que #MoiAussi.Non, il ne s\u2019agit pas d\u2019une hyperbole.Car c\u2019est ça.C\u2019est platement ça.Jocelyn est l\u2019archétype grossier du bellâtre macho et mytho qu\u2019un vernis de sophistication rend irrésistible.Bien sûr, ses proches désapprouvent.« C\u2019est mal, ce que tu fais », répètent-ils avec indulgence : façon pour le film de se dédouaner.Et puis, Jocelyn n\u2019est au fond qu\u2019un petit garçon qui vient de perdre sa mère (deuil qui tient lieu à la fois de psychologie et d\u2019alibi au personnage).Entre en scène cette « fem - me qu\u2019il ne mérite pas », au contact de laquelle il se transformera: Florence.Elle est tout le contraire de Jocelyn: authentique et traversant l\u2019existence avec une droiture dont lui est incapable, et ce, bien qu\u2019elle soit, des deux, celle qui est confinée à un fauteuil roulant.En fait, Florence est d\u2019une perfection dramaturgique invraisemblable, mais le jeu conquérant d\u2019Alexandra Lamy (Brice de Nice) permet pres - que d\u2019y croire.Elle est le principal atout d\u2019un film dont les rares bonnes idées restent inabouties.On pense à cette apparition de Claude Brasseur, en paternel âgé, dans une scène qui sombre dans l\u2019humour scatologique facile après avoir flir té avec l\u2019émotion sans se commettre (à l\u2019instar du protagoniste).Clichés éculés Les seconds rôles, pour leur par t, tiennent d\u2019un cliché éculé ou d\u2019un autre : la bimbo pas si sotte, la secrétaire maladroite secrètement amoureuse de son patron, l\u2019ami gai sage (et forcément volage)\u2026 Dans les années 1970, 1980, début 1990 en poussant, un tel film eût pu être digeste, voire rigolo, recul historique aidant.Là, c\u2019est pénible.Oui, mais c\u2019est du cinéma, objectera-t-on.C\u2019est discutable.En tout cas, rien dans la réalisation à numéros ne permet d\u2019en jurer.Oui, mais c\u2019est léger, sans prétention\u2026 Et ça empêche d\u2019être pertinent ?Pour ce qui est du dénouement attendu, tributaire d\u2019une révélation fort peu plausible, il est censé excuser le com- por tement inexcusable de Jocelyn, héros romantique réhabilité.Ou lorsqu\u2019on confond rin- gardise et charme suranné.Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 CINEMA B 3 W E E K-E N D LA CHUTE DE SPARTE Drame de Tristan Dubois avec Lévi Doré, Karl Walcott, Lili- Ann de Francesco.Québec, 2018, 84 minutes.Steeve Simard, adolescent solitaire, en est à sa dernière année au secondaire.Toutefois, sa vie se voit bousculée par un incident avec un membre de l\u2019équipe de football de son école.Dans presque tous les cinémas du Québec LES FANTÔMES D\u2019ISMAËL Drame d\u2019Arnaud Desplechin avec Mathieu Amalric, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard.France, 2017, 114 minutes.Un réalisateur se voit hanté par le retour de son épouse, disparue 21 ans auparavant, chamboulant sa vie de couple et sa vie professionnelle.Beaubien, Cinémathèque québécoise, Clap THE SEAGULL Drame de Michael Mayer avec Saoirse Ronan, Elisabeth Moss, Annette Bening.États-Unis, 2018, 98 minutes.À l\u2019aube du XXe siècle, famille et amis se réunissent pour des vacances en pleine campagne russe.V.O.A.: Forum DÉSOBÉISSANCE PAR LE RÉALISATEUR D\u2019UNE FEMME FANTASTIQUE \u2013 GAGNANT D\u2019UN OSCAR® SEBASTIÁN LELIO MAINTENANT AU CINÉMA RACHEL WEISZ RACHEL McADAMS ALESSANDRO NIVOLA « UNE ÉMOUVANTE HISTOIRE D\u2019ÉMANCIPATION.» LE DEVOIR ANNETTE BENING SAOIRSE RONAN COREY STOLL ELISABETH MOSS « LA MEILLEURE ADAPTATION À L\u2019ÉCRAN D\u2019UNE PIÈCE DE CHEKHOV » ENTERTAINMENT WEEKLY T H E S E AGU L L MAINTENANT AU CINÉMA HÉROÏNE.ICÔNE.DISSIDENTE.UN INSPIRANT PORTRAIT DE LA JUGE PIONNIÈRE RUTH BADER GINSBURG Le Devoir MAINTENANT AU CINÉMA theatreoutremont.ca 514 495-9944, #1 VISAGES VILLAGES Documentaire d\u2019Agnès Varda et JR (FR) 9,00$ Lundi 4 juin | 16h et 19h30 Tout le monde debout : au ras des pâquerettes Une comédie romantique d\u2019une ringardise d\u2019autant plus affolante qu\u2019elle est inconsciente AZ FILMS Le jeu conquérant d\u2019Alexandra Lamy permet presque de croire à la perfection dramaturgique invraisemblable de son personnage.MÉTROPOLE FILMS DISTRIBUTION La prémisse de cette comédie sentimentale n\u2019est ni drôle ni romantique, mais elle se veut apparemment craquante L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 W E E K-E N D C U L T U R E B 4 C H R I S T O P H E H U S S E n marge de ses concerts avec l\u2019Orchestre de Phila- delphie à Hambourg, lors d\u2019une tournée moins perturbée que l\u2019on pouvait le craindre après un départ houleux à Bruxelles, Yannick Nézet-Sé- guin en a profité pour signer un contrat d\u2019enregistrement désormais exclusif avec Deut- sche Grammophon (DG).En s\u2019attachant Yannick Né- zet-Séguin, le label jaune souhaite clairement se lier au nouveau directeur musical du Metropolitan Opera.Sans aucun détail, le communiqué de presse publié mercredi fait état de «grands projets à l\u2019étude».Avec ses orchestres existants, c\u2019est à Philadelphie que vont se tendre les micros de DG pour une intégrale des concertos, avec Daniil Trifonov, et des symphonies de Rachma- ninov.La 2e Symphonie a été enregistrée il y a quelques semaines en concert.Yannick Né- zet-Séguin complétera aussi la série Stravinski, entamée avec Le sacre du printemps.Il enregistrera Pétrouchka et L\u2019Oiseau de feu.Une 8e Symphonie de Gustav Mahler est aussi au programme.Il s\u2019agit probablement de la captation du concert en 2016, célébrant le centenaire de la création américaine de l\u2019œu- vre, à Philadelphie justement, par Leopold Stokowski.La collaboration du chef avec l\u2019Orchestre de chambre d\u2019Europe (OCE) se poursuit et La flûte enchantée reste encore à enregistrer dans le cycle des opéras de Mozart.Le pianiste coréen Seon-jin Cho, vainqueur du Concours Chopin, s\u2019associera au chef et à l\u2019OCE dans le 20e Concerto de Mozart.D\u2019autres cycles symphoniques ne sont pas encore annoncés.L\u2019Orchestre Métropolitain ne sera pas oublié, puisqu\u2019un second CD Deutsche Grammo- phon sera enregistré à Montréal à l\u2019automne: le premier récital en solo de la basse Ildar Abdra- zakov.Le nouveau contrat DG, malgré son «exclusivité» proclamée, n\u2019empêchera pas Atma de continuer à publier des disques de Yannick avec son orchestre.Une intégrale des symphonies de Sibelius est au menu.DG bouclera le chapitre Yan- nick-Rotterdam par la publication, le 8 juin, d\u2019un coffret de 6CD de concerts choisis.On y trouvera notamment la Symphonie no 10 de Mahler, la Symphonie no 8 de Bruckner, Dvorák et Beethoven, la Symphonie no 4 de Chostakovitch et la création mondiale du Concer to pour piano de Mark-Anthony Tur- nage avec Marc-André Hamelin.Le Devoir CLASSIQUE Contrat exclusif avec DG pour Yannick Nézet-Séguin C H R I S T O P H E H U S S D ans les jours prochains, pas moins de trois événe- ments musicaux mettront en vedette l\u2019œuvre du compositeur José Evangelista.Avec cinq représentations, les 1e r, 2, 8, 9 et 10 juin au Conser vatoire de Montréal, Chants Libres ouvre le bal du feu d\u2019artifice final de la série hommage à Evangelista avec la reprise de La porte.La porte est un monodrame pour voix et percussions, créé par Pauline Vaillancourt et Julien Grégoire en 1987.Chant Libres en présente une reprise confiée à Ghislaine Descham- bault (mezzo-soprano) et Huizi Wang (percussions), dans une mise en scène et une scénographie de Joseph Saint-Gelais et Pauline Vaillancourt.La porte, sur un livret d\u2019Alexis Nouss, s\u2019inspire de contes de traditions perses, indiennes et arabes, et cherche à nous plonger «dans une atmosphère de rite païen» avec pour seul décor 25 bougies.La SMCQ aussi Entre ces deux séries de représentations, le 7 juin, la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) affichera au studio-théâtre Alfred- Laliberté de l\u2019UQAM Manuscrit trouvé à Saragosse.Cette œuvre, également sur un livret d\u2019Alexis Nouss, une création de Chants Libres en 2001, sera proposée cette fois en version de concert et mise en espace par Lorraine Pintal.Walter Boudreau, qui dirigera le concert, n\u2019imaginait pas un hommage à Evangelista sans la reprise de ce jalon majeur de sa production : « Il était primordial de reprendre son opéra Manuscrit trouvé à Saragosse, qui est en quelque sorte un \u201ccondensé\u201d de tout ce qui peut nous séduire et nous fasciner dans sa musique: un savant mélange de mélodies exotiques et contemporaines, mis ici au service d\u2019un récit labyrinthique qui frôle le psychédélique.» Les solistes vocaux seront Jacques Arsenault, Marie- Annick Béliveau, Michel Du- cherme, Suzie LeBlanc, Bernard Levasseur, Dion Maze- rolle, Monique Pagé, Vincent Ranallo et Michiel Schrey.Le troisième rendez-vous, le mardi 5 juin à 19 h 30 dans l\u2019amphithéâtre du Gesù à Montréal, sera un hommage plus modeste, mais réel.Paolo Bellomia et son Orchestre 21 ont intégré la Symphonie minute (1994) d\u2019Evangelista dans un concer t à ef fets visuels, principalement consacré à Alexandre Scriabine (Concerto pour piano et 2e Symphonie).Le chef revêtira pour l\u2019occasion une veste munie de capteurs agissant sur les éclairages au rythme des mouvements de sa direction.Le Devoir CLASSIQUE Tour du chapeau pour José Evangelista L\u2019œuvre du compositeur résonnera maintes fois à Montréal au cours des prochains jours C H R I S T O P H E H U S S L e Festival Classica, conçu et animé par le baryton Marc Boucher, entre dans sa phase principale cette fin de semaine.Avec pour thème De Schubert aux Stones, Classica va explorer tout d\u2019abord le meilleur de Schubert, dès vendredi à 19h à la Paroisse catholique de Saint- Lambert, avec le baryton Russell Braun dans le bouleversant Voyage d\u2019hiver.Dans un registre plus léger, l\u2019ensemble Al\u2019mira, à l\u2019église Saint Andrew à 20h, et Stéphane Tétreault en duo avec le bandonéoniste Denis Plante, à l\u2019église Unie à 21h, offriront des propositions méditerranéennes et sud-américaines.À associer à la Winterreise de Russell Braun: la venue, dans la même paroisse, de la grande pianiste Alice Ader, dimanche à 15h30, pour l\u2019ultime sonate de Schubert, la fameuse D.960.Crève cœur, ce concert aura lieu en même temps que la finale Mélodie du concours Chant 2018, tout comme Winterreise coïncide avec la fin du cycle Beethoven de Kent Nagano! Mais il en faut plus pour décourager Marc Boucher, qui enchaîne les concerts, parmi lesquels la suite de l\u2019aventure André Mathieu de Jean-Philippe Sylvestre, avec, dimanche à 16h, un programme d\u2019œuvres de chambre, dont certaines tirées de manuscrits inédits.Un quatuor formé d\u2019Andrea Tyniec, Marc Djokic, Elvira Misbakhova et Stéphane Tétreault accompagnera Sylvestre.Natalie Coquette, Alexandre Da Costa, Marina Thibeault, Marc Djokic, Nadia Labrie, le Quatuor de guitares du Canada, Valérie Milot, Antoine Ba- reil, le Studio de musique ancienne, Suzie LeBlanc et Daniel Taylor se produiront pendant cette fin de semaine, avant que Classica se dissémine à Boucherville, mardi, pour la recréation de La résurrection du Christ de Sigismund Neukomm et, jeudi, à Saint-Bruno-de-Mon- tarville pour une présentation en concert de Pelléas et Méli- sande de Debussy.Ah, j\u2019oubliais la partie Stones, avec un grand concert de rock symphonique samedi soir à 21h en plein air! Le Devoir FESTIVAL CLASSICA : DE SCHUBERT AUX STONES Du 25 mai au 12 juin 2018 festivalclassica.com CLASSIQUE Schubert et André Mathieu à Saint- Lambert ÈVE LINE LAMONTAGNE Les écoliers sont incarnés en alternance par deux distributions issues des Petits Chanteurs du Mont-Royal et des Petits Chanteurs de Laval.LES CHORISTES Livret : Christophe Barratier et Philippe Lopez Curval.Musique : Bruno Coulais et Christophe Barratier.Adaptation : Maryse Warda et Serge Denon- court.Mise en scène : Serge De- noncourt.Une production de Juste pour rire Spectacles.À la salle Ludger-Duvernay du Mo- nument-National jusqu\u2019au 23 juin.C H R I S T I A N S A I N T - P I E R R E E n 2004, à partir de La cage aux rossignols, un film de Jean Dréville datant de 1945, Christophe Barratier a donné Les choristes, l\u2019un des plus gros succès de l\u2019histoire du cinéma français : 9 millions d\u2019entrées, deux César et deux nominations aux Oscar.En 2017, pour enchanter une nouvelle génération, mais peut-être aussi afin de raviver et d\u2019étendre la marque, le réalisateur a imaginé un spectacle musical inspiré de son long métrage, une formule qui a été célébrée à Paris et en province jusqu\u2019en février dernier.Mise en scène par Serge De- noncour t, la production de Juste pour rire a des proportions plus modestes, mais elle s\u2019appuie en bonne partie, à tout le moins d\u2019un point de vue scé- nographique, sur celle qui a été présentée en France.Du portail d\u2019entrée à la salle de classe, les tableaux sont généralement jolis, surtout ceux qui se déroulent à l\u2019extérieur, d\u2019abord dans la cour arrière où sont suspendus les draps, puis au bord de l\u2019eau, où les enfants s\u2019amusent en toute insouciance.Cela dit, les nombreux changements de décor, la continuelle reconfiguration de panneaux coulissants finissent par lasser.Pétri de bons sentiments, empreint de nostalgie, le spectacle n\u2019en est pas moins charmant.À vrai dire, il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas se laisser attendrir par les 15 écoliers incarnés en alternance par deux distributions issues des Petits Chanteurs du Mont-Royal et des Petits Chanteurs de Laval.L\u2019internat de rééducation réservé aux garçons en difficulté, Fond de l\u2019étang, a été pour l\u2019occasion transposé « quelque par t en Beauce» en 1949.De la langue jusqu\u2019aux références, l\u2019adaptation « duplessiste » réalisée en collaboration avec Mar yse Warda est impeccable.Ce qui étonne, cependant, c\u2019est le peu d\u2019ampleur du récit et la minceur de certains protagonistes.Chansons retranchées Il faut dire que pour faire tenir l\u2019action en 90 minutes sans entracte, on a attribué aux enfants un minimum de répliques et carrément retranché les chansons qui étaient interprétées par les adultes dans la production française.Les personnages de Renaud Paradis (le désopilant professeur Lan- glois), Charles-Alexandre Dubé (l\u2019acrimonieux Mongeau) et Lynda Johnson (la courageuse Violette Morhange) auraient franchement mérité qu\u2019on leur accorde plus de place.On déplore aussi le peu de complicité \u2014 pourtant essentielle \u2014 entre François L\u2019Écuyer, au demeurant impeccable dans le rôle principal, et Clément Henry De Villeneuve, le jeune homme qui incarnait Pierre Morhange le soir de la première.Heureusement, il y a la musique, véritable raison d\u2019être du spectacle.Vois sur ton chemin, Caresse sur l\u2019océan, Cerf-volant : sur les mélodies poignantes de Bruno Coulais, les voix des garçons se posent de manière tout simplement angélique.Si bien qu\u2019on en aurait pris plus, beaucoup plus, et davantage de solos.Pas surprenant que, le soir de la première, toutes les pièces musicales, jusqu\u2019au rappel, aient été chaudement applaudies par la foule.Collaborateur Le Devoir THÉÂTRE Cœurs d\u2019enfants Charmante, cette adaptation des Choristes est néanmoins inconsistante PEDRO RUIZ LE DEVOIR Yannick Nézet-Séguin Lire aussi \u203a La critique du 4e concert de l\u2019intégrale de Beethoven par l\u2019OSM, qui interprétait les Symphonies n° 1 et n° 3, jeudi soir, sur toutes les plateformes numériques du Devoir.PEDRO RUIZ LE DEVOIR L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 W E E K-E N D C U L T U R E B 5 335, boul.de maisonneuve est berri-uqam cinematheque.qc.ca cinemathequeqc cinematheque.quebecoise Les fantômes d\u2019Ismaël L\u2019Arche d\u2019Anote de MATTHIEU RYTZ de ARNAUD DESPLECHIN MARTIN ARGYROGLO On sent qu\u2019il y a davantage au travail de Philippe Quesne que la rigolade suscitée par ces taupes maladroites.LA NUIT DES TAUPES De Philippe Quesne (Nanterre).Présentée au Grand Théâtre de Québec dans le cadre du Carrefour international de théâtre, la pièce se déplace à l\u2019Usine C, à Montréal, du 3 au 6 juin à l\u2019occasion du Festival TransAmériques.S I M O N L A M B E R T à Québec L es êtres humains accomplissent de nombreuses choses : ils naissent et mangent, font du sexe, se font la guerre ou se réconcilient.Ils travaillent, aussi, vont au concer t, ils bâtissent des villes.Et à grand renfor t de mots, on en vient rapidement à se dire que tout ça a un sens.Le pari de Philippe Quesne, lui, prend toutefois à rebours notre propension à nous expliquer les choses, La nuit des taupes mettant en scène sept créatures sans voix.Car elles sont muettes davantage qu\u2019aveugles, ces sept taupes qu\u2019on découvre une à une alors qu\u2019elles se dénichent un trou dans la montagne.Le gros bourru, la petite ner veuse, elles auraient toutes leur nom façon sept nains.À coups de pioche, les attachantes créatures détruiront bientôt leur petit abri en feuilles de gypse pour se donner un espace plus vaste, agrandissant tranquillement leur galerie.Dans leur repaire sous la sur face, on les verra se livrer à divers rituels, le repas, la sieste, toujours avec leur démarche empâtée résolument cocasse.Fable des profondeurs Dans l\u2019abondance des rires suscités par ces bouilles sympathiques, on saura pourtant gré au spectacle d\u2019avoir malgré tout tempéré les cabotinages.Les étranges museaux, les pattes maladroites sur d\u2019immenses corps pelucheux sortis d\u2019un film de Pixar, tout est en place pour nourrir le comique.Or on sent rapidement qu\u2019il y a davantage au travail de Philippe Quesne que cette rigolade ; la retenue dont il fait montre nous laisse habiter d\u2019autres espaces plus réflexifs, il y a du sérieux derrière tout ça.Du beau, aussi.Les éclairages nous trempent dans une pénombre caverneuse faite de stalagmites en carton-pâte, de parois rocheuses et, sans jeu de mots, on soulignera la profondeur des décors.Scéno- graphe de formation, Quesne crée un espace enfumé et sou- ter rain riche de plusieurs images for tes, d\u2019ambiances enveloppantes.Et tour à tour, les taupes prendront les instruments, tirant ici du théré- mine des atmosphères lancinantes, là des guitares des sonorités inquiétantes, d\u2019autres plus entraînantes.Au milieu de cet opéra rock, les scènes de la vie quotidienne se multiplieront pour les sept taupes qui jouent, copulent, donnent naissance sans qu\u2019une direction très claire soit donnée, jamais le spectacle ne deviendra une « histoire ».L\u2019absence de mots, elle, forcera le spectateur à remplir les trous, à s\u2019inventer s\u2019il le souhaite un récit ou un sens.Cer tes, dans cette simple superposition des moments, certains segments s\u2019avéreront plus opaques, offrant ici et là un risque de décrochage.Dans l\u2019ensemble, toutefois, on retient surtout une fable éclatée et réjouissante sur le fait d\u2019être en vie, émerveillés par la façon qu\u2019a cette représentation tout en textures de nous renvoyer à nous-mêmes et aux gestes que nous multiplions au gré des jours, à la surface.Collaborateur Le Devoir THÉÂTRE L\u2019art de se taire Le Français Philippe Quesne revient au Québec avec La nuit des taupes VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Markita Boies loue la transcendance, l\u2019audace, les permissions que s\u2019était données Réjean Ducharme pour façonner son univers unique.M A R I E L A B R E C Q U E V ingt-quatre années ont passé depuis qu\u2019elle a joué La fille de Christophe Colomb.Markita Boies retrouve avec bonheur Réjean Ducharme à travers une œuvre écrite à la même époque, dans les années 1960.Sa lecture théâtrale Autour du Lactume, créée au Festival international de la littérature en septembre 2017, un mois après le décès de l\u2019auteur mythique (une coïncidence), est reprise au Festival TransAmériques (FTA).L\u2019interprète, qui affiche elle- même une candeur que ne semble pas atténuer le passage des ans, se reconnaît dans l\u2019humour de Ducharme.Et se dit touchée par sa façon de représenter l\u2019état d\u2019enfance « dans sa pureté, dans ce qu\u2019il a de beau et de laid aussi, d\u2019eros et de puissance ».Préférant le romancier au dramaturge, elle en loue la transcendance, l\u2019audace, les permissions qu\u2019il s\u2019était données pour façonner son univers unique.« Mais je suis trop admirative, je n\u2019ai pas de distance.» Markita Boies évoque avec tendresse un homme qu\u2019elle n\u2019a jamais rencontré, mais qu\u2019elle a un jour reconnu dans la rue, puis souvent aperçu dans les parages de la Petite-Bourgogne.Depuis la présentation de La fille de Christophe Colomb, elle avait gardé contact avec la compagne, et intermédiaire avec le monde, de Ducharme, feu Claire Richard.Et la comédienne conserve comme des trésors certains souvenirs de messages du grand auteur, dont la dernière carte de Noël reçue, écrite de sa main même.«Toutes les petites choses qui me viennent de cet homme, c\u2019est comme si c\u2019était de l\u2019or.» Ducharme à 23 ans Lorsque Ducharme a appris que Le Lactume allait faire l\u2019objet d\u2019une représentation, il avait un message à transmettre à l\u2019actrice \u2014 par l\u2019intermédiaire de sa nouvelle porte-parole : se rappeler « que c\u2019est niaiseux tout ça ! ».Manière de souligner le ludisme, la légèreté de cette œuvre singulière, une collection de dessins, abstraits ou naïfs, accompagnés de légendes.L\u2019impertinent jeune homme de 23 ans y joue avec des références culturelles, laisse émerger sa quête romantique, sa méfiance envers le monde adulte, son rejet de la société de consommation\u2026 Le spectacle a vu le jour à l\u2019initiative des éditions du passage, qui ont finalement publié ce manuscrit envoyé en 1966 à Gallimard, puis oublié dans des boîtes.Markita Boies a contacté Mar tin Faucher, le metteur en scène de La fille\u2026, dont le premier spectacle, le célébré À quelle heure on meurt ?en 1988, était déjà un collage de textes duchar- miens.Le créateur a choisi 160 des presque 200 dessins, les a reclassés par sous- thèmes et a inséré d\u2019autres textes de Réjean Ducharme datant de la même époque, celle du Nez qui voque, et dévoilant « le talent inouï de cet homme, sa sensibilité ».Autour du Lactume intègre également des extraits d\u2019auteurs qui l\u2019ont influencé dans sa jeunesse, ses poètes préférés : Lautréamont, Rimbaud, Nelligan.« Ça donne un arrière- plan, une profondeur à la rencontre.C\u2019est vraiment beau.» En plus d\u2019exécuter parfois ce que Martin Faucher nomme des « ballets », de petits intermèdes dansés, l\u2019interprète montre donc chaque dessin aux spectateurs, en lit la légende, souvent absurde.« Ce que j\u2019aime, c\u2019est de passer du normatif au québécois, puis à des voix d\u2019enfants, explique-t- elle.Il y a douze niveaux de langage.Il était très drôle.Mais je pense qu\u2019il avait un mal de vivre, une angoisse.» Déjà alors, il faisait allusion à la mort.Le FTA, un «cadeau» Pour Markita Boies, être au FTA est aussi un « cadeau ».« Je l\u2019ai tellement fréquenté ! Mais c\u2019était compliqué parce que Martin en est le directeur, et il ne peut pas s\u2019engager.» L\u2019intervention d\u2019un producteur extérieur (le Jamais Lu) a permis que ça se fasse.Autrement, la comédienne se fait rare au théâtre.Depuis la trentaine, elle a privilégié l\u2019enseignement, dit-elle, énumérant fièrement certains de ses ex- étudiants qui ont du succès.Et dernièrement, elle a pris soin de son mari, mort à la maison.Mais tout ça n\u2019explique pas entièrement son absence des grandes scènes.Celle qui a beaucoup interprété de répertoire regrette notamment de ne plus être embauchée au TNM.Markita Boies pense que les théâtres ne savent pas quel genre de rôle lui of frir.« Incarner des mères, je trouve ça plate à mort, rit-elle.Ça ne m\u2019est pas arrivé souvent et ce n\u2019était pas très heureux.» Et il faut être visible à la télévision pour « jouer dans les grands théâtres à Montréal, maintenant, constate-t-elle sans amertume.Je crois que c\u2019est une erreur.Moi, lorsque je vais au FTA, voir des acteurs polonais que je ne connais pas, je ne sais pas s\u2019ils sont des vedettes dans leur pays, mais je les trouve bons pareil\u2026» Collaboratrice Le Devoir AUTOUR DU LACTUME Conception, collage et mise en scène de Martin Faucher.Textes de Réjean Ducharme, Corneille, Lautréamont, Émile Nelligan et Arthur Rimbaud.Un spectacle original des Éditions du passage.Production déléguée : Jamais Lu.Du 1er au 4 juin, au Théâtre La Chapelle.FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES Markita Boies et l\u2019auteur de légende(s) L\u2019actrice reprend sa lecture théâtrale Autour du Lactume, hommage à Ducharme Les demi-finalistes de Mélodie La mezzo Rihab Chaieb et le baryton John Brancy, les deux seuls candidats de Chant 2018 à concourir dans les compétitions Mélodie et Aria, se sont qualifiés tous deux pour la demi-finale, qui se déroulera vendredi Guillaume Lambert à Fantasia Amoureux du cinéma de genre (horreur, fantastique, science- fiction), Guillaume Lambert a accepté d\u2019être le porte-parole du festival Fantasia, qui se tiendra pour une 22e année du 12 juillet au 1er août.D\u2019autres artisans du cinéma d\u2019ici seront présents, dont la comédienne Sandrine Bisson, présidente du jury de la section Fantastiques week-ends du cinéma québécois.Fidèle à son habitude, l\u2019événement rendra hommage à une figure marquante.Pour ce cru-ci, les organisateurs ont porté leur choix sur Joe Dante, dont le succès culte Gremlins, sorti en 1984, jouira d\u2019une projection spéciale en présence du réalisateur auquel on doit aussi les films Hurlements et Matinée.Le Devoir René Derouin pose ses couleurs sur Griffintown Haute de 62 mètres, la griffe de l\u2019artiste René Derouin s\u2019étirera sur les 21 étages du MaryRo- bert Condominiums, à l\u2019angle sud-est des rues Peel et Wellington, dans Griffintown.Ambitieuse, la proposition gagnante dévoilée jeudi par le promoteur Devimco Immobilier marquera le paysage mont- réalais par son format inusité couvrant les quatre faces des deux tours de ce projet.Baptisée Un phare sur le fleuve, l\u2019œu- vre puise dans des tons de vert, s\u2019inspirant du fleuve, du territoire, mais aussi de la nordicité et de la migration (avec l\u2019intégration d\u2019oiseaux, récurrents dans le travail de Derouin).«Cette initiative dépasse largement l\u2019immobilier.C\u2019est un geste créatif, un legs que De- vimco désire faire à Montréal, à l\u2019arrondissement», a déclaré son président, Serge Goulet.Lancé en mars dernier, le concours sur invitation comprenait Nicolas Baier, Pascale Gi- rardin et Doyon-Rivest.Le Devoir A U C A L E N D R I E R La créativité fait son nid au Festival Quartiers Danses Pas moins de 26 nouvelles créations et premières formeront le cœur battant du 16e festival Quartiers Danses (FQD) du 5 au 15 septembre prochains.En ouverture, le festival mettra en vitrine le travail d\u2019un jeune chorégraphe berlinois, Roderick George, avec DUST et Flesh- less Beast.D\u2019ailleurs, on pourra voir le travail de la Belge Dominique Duszynski, de la Française Hélène Tad- dei-Lawson, mais aussi de l\u2019Israélien Roy Assaf et de la New-Yorkaise Rebecca Mar- golick.D\u2019ici, on retient notamment le premier duo de James Viveiros, une œuvre de Jane Mappin et une intrigante cocréation d\u2019Alix Du- fresne et Marc Béland.La soirée de clôture reviendra à l\u2019Attakkalari Dance Company, avec Bhinna Vinyasa.Le Devoir Un projet de loi pour La Presse La ministre de la Culture et des Communications, Marie Mont- petit, a déposé un projet de loi permettant à La Presse de passer sous le contrôle d\u2019un organisme à but non lucratif (OBNL) à l\u2019Assemblée nationale jeudi.Formé de deux articles, le projet de loi 400 abroge une disposition d\u2019une loi privée adoptée en 1967 empêchant au quotidien de changer de main sans l\u2019autorisation du Parlement.Le Parti québécois et l\u2019élue indépendante Martine Ouellet refusent de l\u2019appuyer tant que la famille Desmarais s\u2019entêtera à garder la main haute sur son conseil d\u2019administration de La Presse, ont-ils averti.Le Devoir à la salle Bourgie.La Française Axelle Fanyo, l\u2019Américaine Clara Osowski, la Coréenne Irina Jae-Eun Park, le Finlandais Tomi Punkeri, l\u2019Anglaise Gemma Summerfield et le Néo- Zélandais Julien Van Mellaerts seront leurs compétiteurs.Le Devoir G É R A R D B É R U B É W all Street a ressenti le plus durement les contrecoups de la guerre commerciale déclenchée par le gouvernement Trump.Après un choc initial, les Bourses européennes ont contenu leur chute alors qu\u2019à Toronto l\u2019indice de référence a terminé la séance en territoire positif.En réaction immédiate à la décision de Washington de taxer les importations d\u2019acier et d\u2019aluminium, la plupart des Bourses européennes ont amorcé un repli.Le recul a toutefois été amoindri en fermeture.L\u2019économie allemande étant la plus sensible aux sanctions décrétées, l\u2019indice Dax de la Bourse de Francfort a lâché 1,4 %.Ailleurs, les pertes sur papier oscillaient entre 0,1 % pour Milan et 0,5% pour Paris.Londres se permettait même de fermer sur un léger gain.« Si le marché pensait vraiment que les États-Unis entrent dans une guerre commerciale frontale avec non seulement l\u2019Union européenne, mais aussi le Canada et le Mexique, ses deux principaux par tenaires commerciaux, les indices chuteraient beaucoup plus», a estimé Gre- gori Volokhine de Meeschaert Financial Services.«Les investisseurs ont pris l\u2019habitude de volte-face de la part du gouvernement Trump et considèrent sans doute les dernières décisions comme une nouvelle tactique dans un processus de négociation encore en cours.» D\u2019ailleurs, New York écopait davantage.L\u2019indice symbolique Dow Jones s\u2019est replié de 1 % pour terminer à 24 415,84 points.Plus représentatif, l\u2019indice élargi S & P 500 a abandonné 0,7 % à 2705,27 points.« Tout ce qui porte atteinte au libre-échange a tendance à faire monter les prix et à faire baisser la productivité.Dans une économie dont la croissance n\u2019est pas encore à 3 %, cela représente un pas dans la mauvaise direction », a estimé Jack Ablin, responsable des investissements pour Cresset Wealth Advisors.La réaction des marchés est toutefois selon lui restée assez mesurée, car « ce gouvernement fait maintenant face à un problème de crédibilité dans la mesure où il change sans cesse de position », et les investisseurs voient dans ses dernières décisions « surtout une tactique de négociation».À Toronto l\u2019indice S & P/TSX a fait fi l\u2019escalade des tensions commerciales pour repasser en territoire positif en fin de séance.La hausse a été de 12,84 points, à 16 061,50 points.Impact négligeable Dans sa lecture de la situation, l\u2019économiste senior Nathan Janzen, de la Banque Royale, estime que l\u2019ef fet de l\u2019imposition des tarifs sur l\u2019acier et l\u2019aluminium est « gé- rable ».Il soutient que l\u2019impact immédiat se traduit par l\u2019incertitude freinant les investissements, et qu\u2019il y a plus à craindre d\u2019une escalade de la rhétorique aboutissant à une véritable guerre commerciale.La décision de Washington « aura un impact négatif modéré mais gérable sur tous les pays impliqués », souligne l\u2019économiste, qui ajoute que nous sommes encore loin d\u2019un scénario de guerre commerciale à grande échelle.Nathan Janzen rappelle que 90 % de l\u2019acier et de l\u2019aluminium canadien est dirigé vers les États-Unis.En revanche, près de la moitié de l\u2019acier et des trois quarts de l\u2019aluminium canadiens exportés seront touchés par les tarifs américains, ce qui ne représente qu\u2019environ 3 % de l\u2019ensemble des exportations canadiennes.« Globalement, la production combinée de l\u2019acier et de l\u2019aluminium compte pour environ 0,5 % du PIB et des emplois au Canada», nuance l\u2019économiste.S\u2019ajoute l\u2019effet réel de ces tarifs, qui se traduit généralement par une hausse des prix devant se ressentir, ici, davantage sur le marché américain que du côté des producteurs et consommateurs extérieurs.Et par un éventuel recul du dollar canadien devant en atténuer l\u2019impact.Avec l\u2019Agence France-Presse Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 É C O N O M I E B 6 La Scotia plus près des médecins La Banque Scotia et l\u2019Association médicale canadienne (AMC) ont annoncé que la Banque fera l\u2019acquisition de Gestion financière MD, un plus important fournisseur de services financiers destinés aux médecins canadiens et à leur famille.MD détient plus de 49 milliards de dollars d\u2019actif sous gestion et sous administration.Le prix d\u2019achat est de 2,6 milliards, payables en espèces.Sur la base d\u2019une acquisition ferme, un appel public à l\u2019épargne de 19,7 millions d\u2019actions ordinaires au prix unitaire de 76,15$ générera un produit brut de 1,5 milliard pour financer une partie du prix d\u2019achat fixé pour l\u2019acquisition, peut-on lire dans le communiqué.«La Banque Scotia et l\u2019AMC établiront une collaboration de 10 ans, dans le cadre de laquelle l\u2019AMC fera la promotion exclusive de la Banque Scotia comme fournisseur privilégié de produits et services financiers auprès des médecins canadiens et de leur famille», ajoute l\u2019établisse- Canada Goose en Chine Toronto \u2014 Canada Goose s\u2019envole vers la Chine, où le fabricant de parkas haut de gamme a l\u2019intention d\u2019exploiter deux magasins, d\u2019établir un partenariat avec Alibaba dans le commerce électronique et d\u2019ouvrir un siège social régional, à Shanghai.Le président et chef de la direction de Canada Goose, Dani Reiss, a expliqué que l\u2019entreprise prenait de l\u2019expansion dans le pays parce qu\u2019elle observe depuis des années une demande de la part des consommateurs chinois.Les magasins de briques et mortier ouvriront leurs portes à Pékin et à Hong Kong.Canada Goose possède déjà des magasins phares à Toronto, Calgary, New York, Londres, Tokyo, Chicago et Boston.La Presse canadienne Trimestre record pour BRP BRP a commencé l\u2019exercice en force en affichant des résultats records au premier trimestre, alors que le constructeur de véhicules récréatifs a profité de conditions économiques avantageuses dans ses principaux marchés.L\u2019entreprise établie à Valcourt a également élevé ses prévisions pour l\u2019année en cours, propulsant ainsi son action à un sommet historique à la Bourse de Toronto, où elle s\u2019est temporairement échangée à 62,10 $.Pour la période de trois mois terminée le 30 avril, BRP a engrangé un bénéfice net de 13,3 millions, comparativement à une perte nette de 5,1 millions au premier trimestre l\u2019an dernier.Abstraction faite des éléments non récurrents, son profit ajusté a été de 53,5 millions, ou 52 ¢ par action, par rapport à 42,8 millions, ou 38 ¢ par action, il y a un an.De son côté, le chiffre d\u2019affaires a bondi de 16,4 %, atteignant 1,14 milliard.Quant à ses prévisions pour l\u2019exercice en cours, le constructeur de véhicules récréatifs s\u2019attend à ce que la croissance de son profit ajusté par action varie entre 24 et 30 %, alors que sa fourchette précédente était de 20 à 25 %.En ce qui a trait aux revenus, l\u2019augmentation devrait osciller entre 6 et 10 %, comparativement à la prévision antérieure d\u2019une croissance de 5 à 8 %.La Presse canadienne ment.Pour sa part, la Scotia investira 115 millions au cours des dix prochaines années afin de soutenir l\u2019avancement de la médecine et des soins de santé au Canada.Le Devoir MARY ALTAFFER ASSOCIATED PRESS L\u2019indice symbolique Dow Jones s\u2019est replié de 1% pour terminer à 24 415,84 points.La Bourse américaine réagit aux sanctions commerciales de Washington Q uébec \u2014 L\u2019incertitude entourant les politiques commerciales a pour effet de limiter les investissements des entreprises, a observé jeudi un sous-gouverneur de la Banque du Canada.Dans un discours prononcé à Québec, Sylvain Leduc a indiqué que la banque centrale s\u2019attendait à ce que l\u2019investissement des entreprises augmente, mais pas autant qu\u2019il le ferait si cette incertitude était absente.«Cela dit, la confiance et les intentions d\u2019investissement des entreprises demeurent positives, ce qui donne à penser que celles-ci poursuivent leurs activités et s\u2019ajustent à cet environnement plus volatil», a affirmé M.Leduc dans le texte préparé d\u2019un discours destiné à l\u2019Association des économistes québécois et CFA Québec.«À cet égard, la hausse supérieure aux attentes des importations de machines et de matériel observée au premier trimestre de l\u2019année est de bon augure pour la croissance des investissements des entreprises.» Les États-Unis ont annoncé, plus tôt jeudi, qu\u2019ils imposeraient des tarifs sur les importations d\u2019acier et d\u2019aluminium en provenance du Mexique, du Canada et de l\u2019Union européenne dès minuit vendredi soir.Cette décision des États-Unis survient alors que se poursuivent les négociations sur un nouvel Accord de libre- échange nord-américain (ALENA).La Banque du Canada a annoncé mercredi qu\u2019elle maintenait son taux d\u2019intérêt directeur, mais a laissé tomber une référence à la «prudence» utilisée dans ses décisions précédentes.Les économistes ont interprété ce changement de ton comme un signal suggérant que les taux pourraient grimper plus tôt que tard.Cependant, la banque centrale a également noté que l\u2019incertitude persistante au sujet des politiques commerciales freinait les investissements des entreprises mondiales et a noté que les tensions se développaient dans certaines économies de marché émergentes.PIB en hausse Par ailleurs, Statistique Canada a indiqué jeudi que la croissance du premier trimestre s\u2019était établie à 1,3% sur une base annualisée, un résultat conforme aux prévisions de la banque centrale dans son rapport sur la politique monétaire d\u2019avril.Les résultats du premier trimestre ont été plus faibles que le prévoyaient de nombreux économistes du secteur privé, mais certains ont souligné que la forte croissance observée en mars appuyait leur prévision voulant que la Banque du Canada hausse son taux d\u2019intérêt directeur en juillet.La Presse canadienne ANDREW VAUGHN LA PRESSE CANADIENNE La croissance du premier trimestre s\u2019est établie à 1,3% sur une base annualisée.COMMERCE L\u2019incertitude limite les investissements, dit la Banque du Canada L I A L É V E S Q U E L\u2019 Aluminerie de Bécancour interjette appel du jugement du Tribunal des droits de la personne, qui lui avait ordonné d\u2019indemniser ses travailleurs étudiants parce qu\u2019ils étaient payés à un taux de salaire moindre que ses autres travailleurs.La direction de l\u2019entreprise a confirmé l\u2019information à La Presse canadienne jeudi.Elle n\u2019a toutefois pas voulu commenter plus avant.Le 11 mai dernier, le Tribunal des droits de la personne avait condamné ABI à verser 1000$ à titre de dommages moraux à ses travailleurs étudiants.Il lui avait aussi ordonné de verser, à titre de dommages matériels, une somme pour compenser les pertes de salaire subies au fil des ans.La période de compensation remonte à 2008 pour 45 étudiants, à 2009 pour 1 étudiant, à 2013 pour 68 étudiants et à 2014 pour 117 étudiants.La Charte des droits et libertés de la personne prévoit un salaire équivalent pour un travail équivalent.Le Tribunal avait également ordonné de modifier la convention collective pour éliminer la clause qui prévoit une distinction salariale fondée sur le statut d\u2019étudiant.Dans cer tains cas, l\u2019écart de salaire pouvait atteindre 30%.Cette décision du Tribunal des droits de la personne avait semé l \u2019émoi dans les rangs patronaux, puisqu\u2019il semble que bien des entreprises versent un taux de salaire moindre à leurs employés étudiants.Le Tribunal des droits de la personne avait refusé de rendre le syndicat des Métallos, présent chez ABI, coresponsable \u2014 même si la direction de l\u2019entreprise le demandait \u2014 parce qu\u2019il s\u2019était fait imposer cette clause lors du dépôt d\u2019une offre finale visant à conclure des négociations pour le renouvellement de la convention collective.La Presse canadienne ABI interjette appel L\u2019aluminerie avait été condamnée par le Tribunal des droits de la personne au sujet du salaire de ses travailleurs étudiants Les travailleurs étudiants de l\u2019entreprise étaient moins payés que les autres travailleurs L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 ECONOMIE B 7 PATRICK DOYLE LA PRESSE CANADIENNE Des sanctions d\u2019Ottawa de 16,6 milliards viseront des produits américains importés au Canada.F R A N Ç O I S D E S J A R D I N S C ontre des mesures punitives «illégales» et «contre- productives » imposées par Washington sur l\u2019acier et l\u2019aluminium, le gouvernement fédéral a déployé jeudi sa réplique commerciale la plus sévère depuis la Deuxième Guerre mondiale avec des sanctions de 16,6 milliards qui viseront des produits américains importés au Canada.Ottawa, qui lance une consultation de deux semaines, a confectionné deux listes de produits potentiellement ci- blés : une première liste tournant autour de l\u2019acier fera l\u2019objet d\u2019une surtaxe de 25% alors qu\u2019une deuxième, qui va des sacs de couchage au papier hygiénique en passant par les tuyaux en aluminium et les stylos, se situera à 10%.Les tarifs sur les produits choisis entreront en vigueur le 1er juillet.« Ces tarifs sont inacceptables.Au cours des 150 dernières années, le Canada a été le partenaire le plus solide des États-Unis », a af firmé le premier ministre Justin Trudeau en faisant le décompte de tous les conflits au cours desquels les Canadiens et les Américains «se sont battus côte à côte».« Le Canada achète plus d\u2019acier américain que tout autre pays au monde.Nous comptons pour la moitié des exportations américaines», a ajouté M.Trudeau, qui a donné une conférence de presse avec la ministre des Affaires étrangères, Chrys- tia Freeland.« Nous devons croire que le bon sens finira par triomphera.Mais malheureusement, les mesures prises au- jourd\u2019hui par le gouvernement américain ne semblent pas aller dans cette direction.» La ministre Freeland a dit que les tarifs canadiens seraient en vigueur jusqu\u2019à ce que Washington élimine les siens et que ceux-ci contreviennent directement aux règles de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et de l\u2019Organisation mondiale du commerce (OMC).Ottawa a d\u2019ailleurs l\u2019intention de lancer des procédures en vertu de l\u2019article 20 de l\u2019ALENA et de l\u2019organe de règlement des différends, à l\u2019OMC, et travaillera étroitement avec l\u2019Europe.Fin de l\u2019exemption En mars, le Canada, le Mexique et l\u2019Europe ont d\u2019abord été exemptés des sanctions américaines sur l\u2019acier et l\u2019aluminium, mais le gouvernement Trump a signalé jeudi matin que cette protection ne tient plus.Lors d\u2019une conférence avec des journalistes, le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a fait un lien avec les négociations de l\u2019Accord de libre-échange nord-américain.« En ce qui concerne le Canada, le Mexique, vous vous souviendrez que le report dépendait de l\u2019issue des discussions sur l\u2019ALENA », a-t-il dit selon les médias américains.« Ces discussions prennent plus de temps que ce que nous avions espéré.» Invité à dire si le fédéral entre en guerre commerciale avec Washington, M.Trudeau a répondu qu\u2019« on dit depuis longtemps qu\u2019on était prêt à tout ».Ottawa travaille depuis un cer tain temps sur la liste des produits visés, a précisé Mme Freeland.Le bras de fer soudain sur vient à l\u2019approche d\u2019une réunion importante: en marge du G7, des dirigeants de pays producteurs ont l\u2019intention de se réunir à Montréal les 3 et 4 juin pour un « sommet de l\u2019aluminium ».Le rendez-vous comptera notamment des Américains, des Japonais et des Européens, lesquels doivent discuter d\u2019un certain nombre d\u2019enjeux, comme la surcapacité dans l\u2019industrie.Huit alumineries québécoises qui appartiennent à Rio Tinto, Alcoa et Alouette comptent pour environ 60% de la capacité des installations nord- américaines, indique la grappe AluQuébec sur son site Internet.Le secteur emploie 10 000 personnes et représente 20 000 emplois indirects.L\u2019industrie canadienne de l\u2019acier, pour sa part, compte environ 23 000 emplois directs.Réactions négatives L\u2019annonce de Washington a déclenché un concert de critiques dans les milieux politiques, industriels et syndicaux.Selon l\u2019Association de l\u2019aluminium du Canada, par exemple, la décision «aura des effets négatifs sur la chaîne de valeur intégrée de l\u2019aluminium en Amérique du Nord ».Les expor tations canadiennes d\u2019aluminium vers les États- Unis totalisent environ 5,6 milliards, ce qui veut dire que la sanction de 10 % ajoutera plus de 500 millions aux coûts de l\u2019industrie américaine.Le vrai problème est celui de la surcapacité en Chine, a indiqué son président, Jean Simard.Le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, a indiqué que les mesures américaines « entraîneront des répercussions économiques de chaque côté de la frontière ».Aux États-Unis, l\u2019institut américain de la bière, qui représente des brasseurs comme Molson Coors, s\u2019est insurgé contre les tarifs sur l\u2019aluminium.Son président et chef de la direction, Jim McGreevy, a estimé qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une nouvelle taxe de 347 millions $US qui frappe l\u2019industrie américaine de la bière, dont une partie de la production s\u2019effectue avec des canettes.Tout compte fait, les tarifs punitifs de Washington vont toucher une infime partie de la production économique canadienne, a fait valoir l\u2019équipe d\u2019économistes de la Banque TD.« Les sanctions sont susceptibles d\u2019avoir un effet direct très mineur sur l\u2019activité économique, l\u2019emploi et l\u2019inflation dans les pays concernés », a-t- elle écrit.Cependant, l\u2019impact pourrait être plus important si les tarifs douaniers finissaient par miner la confiance et retarder des investissements.Avec La Presse canadienne Le Devoir Les taxes sur l\u2019acier et l\u2019aluminium sont « totalement inacceptables » Le gouvernement fédéral déploie sa réplique O ttawa \u2014 Justin Trudeau a révélé avoir dû annuler une rencontre à Washington avec le président américain Donald Trump cette semaine après que la Maison-Blanche eut insisté pour qu\u2019il accepte l\u2019ajout d\u2019une «clause crépusculaire» dans le nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALENA).Le premier ministre a raconté cette anecdote aux médias, jeudi, au cours d\u2019une rencontre avec la ministre des Affaires étrangères Chr ystia Freeland, où ils ont détaillé la réplique du Canada aux tarifs douaniers imposés par les États-Unis sur les impor ta- tions d\u2019acier et d\u2019aluminium.Alors qu\u2019un possible déblocage dans les renégociations de l\u2019ALENA semblait se pointer à l\u2019horizon, Justin Trudeau a of fer t vendredi dernier au président Donald Trump de s\u2019asseoir ensemble avec le président mexicain Enrique Peña Nieto pour convenir d\u2019un accord définitif.Selon la version du premier ministre, il aurait fait savoir à ses homologues que le nouvel accord « avait l\u2019esquisse d\u2019un très bon accord pour nous tous ».Il aurait ajouté qu\u2019une rencontre de quelques heures pour en discuter pourrait peut-être permettre de conclure le nouveau pacte commercial.D\u2019après Justin Trudeau, le président Trump semblait «ouvert» à l\u2019idée.Toutefois, un appel du vice-président Mike Pence, mardi, a contrecarré le projet.« Il m\u2019a dit qu\u2019ils étaient contents et ouverts à ce que je descende et qu\u2019on fasse les négociations.Mais avant que je descende, il fallait que j\u2019accepte que l\u2019ALENA ait une clause crépusculaire », a rapporté le premier ministre.Une telle clause réclamée par les États- Unis depuis le début des négociations mettrait fin à l\u2019accord au bout de cinq ans à moins que les trois parties décident de le renouveler.« C\u2019est tout à fait inacceptable pour nous, alors j\u2019ai dit que, malheureusement, si c\u2019était un préalable, je ne pouvais pas l\u2019accepter », a relaté le premier ministre aux journalistes.« Évidemment, nous ne nous sommes pas rendus à Washington pour faire cette journée de négociation.» Le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, a déclaré jeudi que la décision de punir le Canada et le Mexique avec d\u2019imposants tarifs douaniers sur l\u2019acier et l\u2019aluminium était appuyée sur les faibles progrès dans les discussions sur l\u2019ALENA.La Presse canadienne Washington fait du chantage au sujet de la « clause crépusculaire » Les produits américains touchés par des représailles Tabac, jeans, bourbon : la liste des produits pour l\u2019UE L\u2019Union européenne a promis de taxer lourdement des dizaines de produits américains, dont le tabac, le bourbon, les jeans ou les motos.La liste d\u2019articles emblématiques établie par la Commission cible dans certains cas des États américains, souvent agricoles, ayant voté pour Donald Trump en 2016.Il s\u2019agit de produits fabriqués sur le territoire américain et non pas vendus par les marques américaines.Acier, fruits et fromages pour le Mexique «Le Mexique imposera des mesures équivalentes sur divers produits», dont certains aciers, des fruits et des fromages, a annoncé dans un communiqué le ministère de l\u2019Économie.Le Mexique est le principal acheteur d\u2019aluminium américain et le deuxième acheteur d\u2019acier américain.Des dizaines de produits pour le Canada Les produits assujettis aux contre-mesures seront sélectionnés à partir des dizaines de produits répartis entre deux catégories.Ceux de la première, tournant autour de l\u2019acier, seront assujettis à une surtaxe de 25% ou à une mesure similaire visant à restreindre le commerce.Ceux de la deuxième \u2014 allant des sacs de couchage au papier hygiénique en passant par les tuyaux en aluminium et les stylos \u2014 seront assujettis à une surtaxe de 10% ou à une mesure similaire visant à restreindre le commerce.Ces contre-mesures s\u2019appliqueront seulement aux produits originaires des États-Unis.Le Devoir L\u2019aluminium et l\u2019acier au pays Le montant allant jusqu\u2019à 16,6 milliards que le Canada entend imposer en surtaxes ou en d\u2019autres mesures similaires visant à restreindre le commerce, sur des importations d\u2019acier, d\u2019aluminium et d\u2019autres produits provenant des États-Unis, représente le total des exportations canadiennes en 2017 d\u2019acier et d\u2019aluminium vers les États-Unis.L\u2019industrie canadienne de l\u2019acier emploie directement plus de 25 000 personnes.L\u2019industrie de l\u2019aluminium abrite quelque 10 000 emplois directs et 20 000 emplois indirects.Le Québec compte neuf des dix alumine- ries au Canada.En plus des grands transformateurs, plus de 1400 entreprises sont actives dans le domaine de la transformation.En 2017, les exportations québécoises d\u2019aluminium vers les États- Unis représentaient près de 7 milliards de dollars et près de 90% de l\u2019ensemble des exportations québécoises d\u2019aluminium.La même année, les exportations québécoises de produits sidérurgiques et de produits en acier vers les États-Unis représentaient respectivement 787 millions et 291 millions de dollars.Le Devoir C É L I N E L E P R I O U X à Bruxelles L es dirigeants européens ont appelé jeudi à rester unis et solidaires face aux taxes douanières « injustifiables » annoncées par le gouvernement Trump sur l\u2019acier et l\u2019aluminium en provenance de l\u2019Union européenne.La Commission européenne, chargée de la politique commerciale des 28 pays membres, a promis des contre-mesures aussitôt que les Américains auront mis leur menace à exécution.Une décision qualifiée d\u2019« illégale » par le président français, Emmanuel Macron.« L\u2019Union européenne ne peut pas rester sans réagir.Ce qu\u2019ils peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose», a averti le président de la Commission, Jean- Claude Juncker, lors d\u2019une conférence à Bruxelles.L\u2019Allemagne, dont les excédents commerciaux sont dans le collimateur du président américain, Donald Trump, et qui a le plus à perdre d\u2019une guerre commerciale avec Washington, a été prompte à réagir.La chancelière Angela Merkel a ainsi souligné que la décision du président américain serait «désormais analysée en détail au sein de l\u2019UE», qui s\u2019est préparée «pour répondre par des contre-mesures appropriées ».« Notre réponse à \u201cl\u2019Amérique d\u2019abord\u201d sera \u201cl\u2019Europe unie\u201d», a martelé le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, ajoutant que « les guerres commerciales ne connaissent aucun vainqueur».Jusqu\u2019à la dernière minute, la première économie de l\u2019UE avait espéré pouvoir raisonner la Maison-Blanche et avait même caressé l\u2019idée d\u2019un accord commercial restreint sur certains produits industriels.Peine perdue : le président américain a ignoré ses appels et a même accentué la pression en menaçant également de taxer jusqu\u2019à 25 % les importations de voitures, un nouveau coup dur pour le pays des BMW et Mercedes.Comme l\u2019a annoncé le chef de la Commission européenne, l\u2019UE va porter ce conflit devant l\u2019OMC et imposer des droits de douane supplémentaires à un nombre de produits en provenance des États-Unis.Cette procédure devant l\u2019Organisation mondiale du commerce, qui peut durer des années, devrait être lancée dès vendredi.Quant aux droits de douane supplémentaires sur un certain nombre de produits américains, la Commission a déjà préparé, fin avril, une liste de produits emblématiques.Cette liste d\u2019articles établie par l\u2019exécutif européen cible, dans certains cas, des États américains, souvent agricoles, ayant voté pour Donald Trump en 2016.Ces taxes ou contre-mesures sur les produits de cette liste portent sur un total de 2,8 milliards d\u2019euros qui ne couvrent pas la totalité des dommages infligés à l\u2019industrie européenne, mais permettent à l\u2019UE d\u2019être dans le cadre de l\u2019OMC.Elles peuvent entrer en application dès le 20 juin, car tout est réglé du côté de l\u2019OMC.Mais il faudra encore un débat entre États membres, pour une dernière validation, pour que ce soit le cas.Selon plusieurs sources, les Allemands sont plus frileux sur ces contre-mesures que les Français et les Néerlandais.Agence France-Presse Les dirigeants européens lancent un appel à « l\u2019unité » Une réponse à « l\u2019Amérique d\u2019abord » «Le Canada achète plus d\u2019acier américain que tout autre pays au monde.Nous comptons pour la moitié des exportations américaines», a ajouté M.Trudeau. É R I C D E S R O S I E R S L\u2019 événement n\u2019avait rien de tellement étonnant, mais l\u2019image reste frappante et n\u2019est pas rassurante pour le Canada, qui met la dernière main à l\u2019organisation d\u2019une petite fête de famille, la semaine prochaine, à La Malbaie, dans Charlevoix.En tombée de rideau, mercredi, de la réunion annuelle de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), tous les pays membres de ce que l\u2019on présente souvent comme le club des pays développés ont signé un communiqué final condamnant le protectionnisme et rappelant l\u2019importance des enjeux des changements climatiques.Tous ?Ce n\u2019est pas tout à fait exact.Ils ont été plutôt 33 pays sur 34 à poser leurs griffes sur le document, le géant américain choisissant de faire bande à part.« Nous n\u2019aimons pas les palabres infinies, nous préférons les actions bilatérales pour négocier.Les réunions multilatérales prennent beaucoup de temps et nous sommes animés d\u2019un sentiment d\u2019urgence », a expliqué le secrétaire américain au Commerce, Wilbur Ross, lui-même occupé, à ce moment-là, à prêter la dernière main à l\u2019annonce de l\u2019imposition, le lendemain, de tarifs douaniers sur l\u2019acier et l\u2019aluminium de la plupart des autres pays autour de la table.Trouble-fête Cette défiance envers les membres de l\u2019OCDE de la première économie mondiale ne présage rien de bon pour le sommet du G7 de la semaine prochaine au Québec.Né G6, en 1975, à l\u2019initiative du président français Valéry Giscard d\u2019Estaing, avec dans ses rangs les États-Unis, le Japon, l\u2019Allemagne, le Royaume-Uni, la France et l\u2019Italie, le forum était devenu G7 dès l\u2019année suivante avec l\u2019ajout du Canada, pour que les Américains ne soient pas seuls de leur continent, puis s\u2019est fait G8 après l\u2019ef fondrement du bloc soviétique, jusqu\u2019à ce que la Russie se distancie trop de l\u2019économie de marchée, de la démocratie représentative et des intérêts géostratégiques des sept autres pour pouvoir rester dans la bande.Créées à l\u2019origine pour donner une occasion aux dirigeants des principaux pays industriels libres de se réunir et de discuter de façon ouverte et détendue des principaux problèmes économiques de l\u2019heure, les rencontres annuelles de ce club sélect ont rapidement pris, plutôt, des allures de grande messe du capitalisme où les questions économiques ont graduellement cédé le pas aux enjeux de nature politique.S\u2019il fut une époque où le G7 pouvait passer pour ce qu\u2019on avait de plus près d\u2019un gouvernement du monde \u2014 ou à tout le moins de ce qu\u2019on appelait « le monde libre » \u2014, il a graduellement perdu de l\u2019influence avec l\u2019entrée sur scène et le développement rapide de nouvelles puissances.Qui penserait aujourd\u2019hui que la réunion de ces sept pays seulement serait suffisante pour discuter d\u2019enjeux de l\u2019heure comme le commerce, la lutte contre le terrorisme, la protection de l\u2019environnement et les paradis fiscaux ?Un autre forum a été inventé durant la Grande Récession pour combler cette lacune, le G20, qui se rapproche déjà plus d\u2019un véritable gouvernement mondial et auquel appartiennent notamment des acteurs incontournables comme la Chine, l\u2019Inde, le Brésil et l\u2019Afrique du Sud.Famille désunie Cette évolution conforte le G7 dans son rôle de lieu de concer tation et de coordination entre un nombre restreint de pays développés influents.Pour exercer cette influence, les membres de ce petit groupe de gros joueurs doivent convenir de positions communes qu\u2019ils défendront ensemble dans l\u2019arène internationale.Pour autant qu\u2019on puisse en juger compte tenu des revirements continuels d\u2019opinion du président américain, la présence à la fête au Manoir Richelieu de Donald Trump empêchera le G7 de présenter une position commune en matière de changement climatique, bien sûr, mais aussi de commerce, même si tout le monde autour de la table devrait normalement y avoir plus d\u2019intérêts en commun que le contraire, face à des puissances comme la Chine notamment.On ne s\u2019entendra probablement pas non plus sur des enjeux géopolitiques de l\u2019heure, comme le programme nucléaire iranien, la Russie ou la Corée du Nord.Par ailleurs, les États-Unis ne devraient normalement pas s\u2019opposer à la volonté du Canada de faire avancer les questions de promotion de l\u2019émancipation des femmes, d\u2019aide aux simples travailleurs et à leurs familles à profiter eux aussi des nouvelles technologies ou encore de diminution de la pollution plastique, mais on ne sait jamais.Cette incapacité des économies développées à bouger ensemble, même seulement à sept pays, ne peut pas être interprétée comme le signe d\u2019une influence grandissante sur la scène internationale, même pour les États-Unis.Les États-Unis de Donald Trump ne sont pas les seuls au G7 à penser qu\u2019ils peuvent être plus forts seuls qu\u2019au sein d\u2019une alliance de pays aux intérêts communs.La première ministre britannique Theresa May représentera à La Malbaie un pays qui en avait soupé d\u2019être soumis à des règles fixées à plusieurs pays européens.L\u2019Italie n\u2019est pas loin non plus de cette situation, elle qui vient tout juste de se donner un premier ministre issu d\u2019un gouvernement d\u2019union entre un mouvement antisystème et un parti d\u2019extrême droite, eux aussi opposés à l\u2019Union européenne.Le Devoir L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 É C O N O M I E B 8 B ruxelles \u2014 L\u2019inflation dans la zone euro s\u2019est rapprochée en mai de l\u2019objectif de 2% fixé par la Banque centrale européenne (BCE), por tée par les prix du pétrole et par un chômage au plus bas depuis neuf ans, selon des chiffres publiés jeudi par l\u2019Of fice européen des statistiques, Eurostat.Le taux de chômage en zone euro s\u2019est établi à 8,5 % en avril, en baisse par rapport à 8,6 % en mars (révisé à la hausse).Il s\u2019agit du taux le plus faible enregistré dans la zone euro depuis décembre 2008, quand il était de 8,3 % puis avait bondi à 8,7 % en janvier 2009.D\u2019autre part, selon une première estimation d\u2019Eu- rostat, l\u2019inflation a atteint 1,9 % en mai dans les 19 pays ayant adopté la monnaie unique, un taux bien plus élevé que celui de 1,2 % enregistré en avril.Ce chiffre permet à la zone euro de s\u2019inscrire dans les objectifs de la BCE, pour qui une inflation très légèrement inférieure à 2 % sur un an est considérée comme un signe de bonne santé de l\u2019économie.Mais il pourrait aussi accentuer les pressions pour que la BCE mette un frein à son vaste programme de rachats de dette publique et privée, ce qui pose problème au moment où l\u2019Italie, très fortement endettée et qui bénéficie grandement de ce programme, traverse une grave crise politique.L\u2019« Italie crée une sorte de casse-tête pour la BCE », résume Stephen Brown, économiste chez Capital Economics.Cette accélération de l\u2019inflation « n\u2019aurait pas pu survenir à un moment plus dif ficile », estime pour sa par t l\u2019économiste Ber t Colijn, de la banque néerlandaise ING.Le contexte est également compliqué par le fait que les États- Unis ont annoncé des droits de douane sur l\u2019acier et l\u2019aluminium européens, « ce qui [\u2026] pourrait avoir un impact inflationniste supplémentaire si le conflit commercial devient incontrôlable ».Agence France-Presse L\u2019inflation s\u2019envole dans la zone euro A N D Y B L A T C H F O R D à Whistler L a décision des États-Unis d\u2019imposer des tarifs douaniers sur l\u2019acier et l\u2019aluminium au Canada et à d\u2019autres pays jette une ombre sur la rencontre des ministres des Finances du G7 à Whistler en Colombie- Britannique.La mesure annoncée par le président Donald Trump représentera sûrement un obstacle de taille pour que le gouvernement canadien atteigne ses objectifs au cours de cette réunion.Elle dresse aussi la table pour un sommet du G7 qui s\u2019annonce houleux.Celui- ci se déroulera la semaine prochaine dans la région de Char- levoix au Québec.Ce sera la première fois que M.Trump posera le pied en sol canadien depuis son élection.La nouvelle bombe lancée par le gouvernement américain ne pouvait qu\u2019attirer l\u2019attention à la rencontre de Whistler, même si un groupe d\u2019éminents économistes et de leaders politiques a fait de son mieux pour éviter d\u2019en parler.Au cours d\u2019une séance de questions, ils ont tenté d\u2019éviter de répondre directement aux interrogations suscitées par les tactiques commerciales américaines et leurs conséquences.Ils ont plutôt défendu contre vents et marées le G7, soulignant son rôle de leadership, notamment en ayant contribué à éviter une deuxième Grande Dépression, il y a une décennie.« Merci, Amanda, d\u2019avoir lancé cette grenade dans ma direction.Je vais tenter de me jeter dessus », a lancé à la blague le gouverneur de la Banque d\u2019Angleterre, Mark Carney, à l\u2019animatrice de la discussion, Amanda Lang, qui tentait d\u2019aborder le sujet.La directrice générale de Fonds monétaire internationale, Christine Lagarde, l\u2019ancien premier ministre canadien Paul Martin et un ancien premier sous-gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, figuraient aussi parmi les invités de ce groupe de discussion.«En fin de compte, si le commerce est sérieusement perturbé, si le niveau de confiance parmi les acteurs économiques a considérablement diminué, ce sont les plus pauvres et les moins privilégiés qui en souf friront le plus», a déploré Mme Lagarde, qui a dénoncé une forme « de remise en cause de la manière dont le monde fonctionne» depuis des décennies, basée sur « le principe de la confiance et de la coopération».La rencontre de Whistler est présidée par le ministre canadien des Finances, Bill Mor- neau.Il a insisté sur l\u2019importance de montrer un front uni au G7.«Travailler ensemble est préférable à tenter de se contrecarrer, a-t-il déclaré.C\u2019est un message vraiment important aujourd\u2019hui et à long terme.» Ce G7 Finances va finalement être essentiellement consacré au commerce, et le Canada va tenter de convaincre les États- Unis de reconsidérer leur décision, a-t-il ajouté.Bill Morneau a déclaré lors d\u2019une conférence de presse qu\u2019il avait l\u2019intention de « clairement signifier notre désaccord avec les décisions qui ont été prises » jeudi soir au cours du dîner des ministres des Finances auquel devait participer le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.« Je m\u2019attends à ce que nos alliés autour de la table expriment le même point de vue.Nous essaierons donc d\u2019avancer [\u2026] pour encourager [les Américains] à revenir sur leur décision, qui n\u2019est dans l\u2019intérêt de personne », a-t-il ajouté.La rencontre de Whistler se poursuivra jusqu\u2019à samedi.Avec l\u2019Agence France-Presse La Presse canadienne Les nouveaux tarifs américains jettent une ombre sur une rencontre du G7 Le G7 n\u2019est plus le club des économies les plus influentes du monde depuis longtemps.Mais est-il seulement encore un club ?ANALYSE Le Canada sera-t-il l\u2019hôte d\u2019un G6 contre 1 ?TIZIANA FABI AGENCE FRANCE-PRESSE Les États-Unis de Donald Trump ne sont pas les seuls au G7 à penser qu\u2019ils peuvent être plus forts seuls qu\u2019au sein d\u2019une alliance de pays aux intérêts communs. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 LES SPORTS B 9 T A L E S A Z Z O N I à Madrid Z inédine Zidane a causé jeudi une onde de choc dans le monde du soccer en annonçant qu\u2019il quittait son poste d\u2019entraîneur du réputé club Real Madrid, après avoir déclaré que le club espagnol avait besoin de prendre une nouvelle direction.L\u2019annonce faite par Zidane lui-même lors d\u2019une conférence de presse à Madrid survient deux saisons et demie a p r è s s o n e m b a u c h e e t moins d\u2019une semaine après que l\u2019équipe a remporté le titre de la Ligue des champions pour une troisième fois de suite.Le Français âgé de 45 ans a expliqué qu\u2019il était temps pour lui et pour le bien de l\u2019équipe de quitter son poste de sélectionneur.« Ce club a besoin d\u2019un changement pour continuer de connaître du succès, a déclaré Zidane.Si j\u2019étais resté en poste, alors ç\u2019aurait été difficile de continuer de connaître du succès.» Il s\u2019agissait d\u2019une annonce étonnante de Zidane, qui a remporté neuf titres à la barre de l\u2019équipe, dont trois titres de la Ligue des champions, un titre de la Ligue espagnole, une Super Coupe espagnole, deux Super Coupes de l\u2019UEFA et deux Coupes du monde des clubs.Problèmes « C\u2019était totalement inattendu, a déclaré le président du Real Madrid, Florentino Perez.C\u2019est une jour née triste pour moi, pour les partisans et pour tous les gens qui travaillent dans l\u2019organi- sat ion.J \u2019aurais aimé que Zidane reste a v e c n o u s pour toujours, mais nous savons tous que quand \u201cZizou\u201d prend une décision, la seule c h o s e q u e nous pouvons faire est de l\u2019accepter et de la respecter.» Zidane a mentionné qu\u2019il n\u2019y avait pas de raison en particulier qui a mené à sa décision.« Tu dois savoir quand partir, a-t-il dit.Après trois ans, le club a besoin d\u2019un nouveau discours, une nouvelle méthode de travail.» Zidane a évoqué les problèmes rencontrés par son club cette saison, notamment en Ligue espagnole et en Copa del Rey.La formation madrilène a terminé troisième dans la Liga \u2014 17 points derrière le FC Barcelone \u2014 et a été éliminée en quarts de finale de la Copa del Rey par Leganes, un des pires moments de sa carrière d\u2019entraîneur, a admis Zidane.Départ de Ronaldo Zidane a très peu discuté de son avenir, et il a précisé qu\u2019il ne cherchait pas pour l\u2019instant de nouveau poste d\u2019entraîneur- chef.Perez a lui aussi préféré ne pas aborder le dossier du nouvel entraîneur-chef.La décision de partir de Zi- dane a été prise après que Cristiano Ronaldo eut laissé entendre qu\u2019il pourrait quitter le club madrilène.L\u2019attaquant étoile a dit après la finale de la Ligue des champions contre Liverpool à Kiev que « ç\u2019a été merveilleux » de jouer pour le Real Madrid.Il n\u2019a toujours pas annoncé ce que l\u2019avenir lui réservera.L\u2019embauche de Zidane en janvier 2016 avait suscité de nombreux doutes chez les ob- ser vateurs en raison de son manque d\u2019expérience en tant qu\u2019instructeur-chef.Cependant, les nombreux succès récoltés par le Real Madrid depuis son entrée en poste ont surpassé toutes les attentes.Associated Press SOCCER Zinédine Zidane cause un choc P aris \u2014 Le parcours de Denis Shapovalov aux Internationaux de tennis de France a pris fin au deuxième tour.L\u2019Ontarien âgé de 19 ans, 24e tête de série, a été éliminé 5-7, 7-6, 7-5 et 6-4 jeudi par l\u2019Allemand Maximilian Marterer.Dans une lutte entre deux tennismen qui ont accédé au tableau principal à Roland Gar- ros pour la première fois de leur carrière, Shapovalov a commis plus de doubles fautes (11) que d\u2019as (six), et beaucoup plus de fautes directes (82) que de coups gagnants (52).Le représentant de l\u2019unifolié est ainsi devenu la 10e tête de série à être éliminée depuis le début de la compétition.Shapovalov a indiqué après la rencontre qu\u2019il avait beaucoup appris sur la terre battue, mais qu\u2019il lui restait encore des choses à démystifier.« J\u2019ai l \u2019 impression que je pourrais devenir très bon [sur la terre battue].Je suis très excité par cette perspective, a commenté Shapovalov.J\u2019ai hâte à l\u2019an prochain, afin de prendre part à tous ces tournois sur la terre battue.» « Mais il faut savoir que je n\u2019ai pas grandi en jouant sur cette surface, donc je ne savais pas trop comment m\u2019y comporter, a ajouté l\u2019Ontarien.Quand tu af frontes tous ces joueurs européens ; ils savent quoi faire sur cette surface.J\u2019étais perdu dans les échanges, et je me disais : \u201cComment est-ce que je dois exploiter mon jeu pour gagner ces points, ces matchs?\u201d, particulièrement en début de tournoi.» « En conséquence, après avoir trouvé mes repères, les choses ont été beaucoup plus faciles pour moi, et j\u2019ai pu bâtir ma confiance et me dire que j\u2019avais ce qu\u2019il fallait pour jouer sur cette sur face, et, cer tes, connaître ma part de succès », a-t-il évoqué.Défaite de Pospisil Shapovalov, de Richmond Hill en Ontario, était le dernier joueur canadien toujours en lice dans le tableau principal.Peter Polansky, de Thorn- hill, en Ontario, et Vasek Pos- pisil, de Vancouver, ont perdu leur match de premier tour plus tôt cette semaine.Ce revers a mis un terme aux espoirs d\u2019un éventuel match revanche entre Shapovalov et le «roi de la terre battue», Rafael Nadal, au quatrième tour.Pospisil et l\u2019Américain Ryan Harrison se sont inclinés au premier tour du tournoi de double, jeudi.Ils ont plié l\u2019échine 6-4, 6-3 devant le Français Benoît Paire et l\u2019Argentin Federico Delbonis.La Presse canadienne TENNIS « Je pourrais devenir très bon » Inexpérimenté sur la terre battue, Denis Shapovalov subit l\u2019élimination au deuxième tour à Roland-Garros J O S H U A C L I P P E R T O N à Las Vegas L ars Eller dit que plus il joue, mieux c\u2019est.Le polyvalent joueur de centre des Capitals de Washington l\u2019a démontré lors du match no 2 de la série finale de la Coupe Stanley, et il pourrait obtenir davantage d\u2019occasions de le faire dans les moments cruciaux puisqu\u2019il est présentement l\u2019un des favoris parmi les siens pour l\u2019obtention du trophée Conn Smythe.Eller a marqué un but et amassé deux mentions d\u2019aide mercredi, dans la victoire de 3-2 des Capitals contre les Golden Knights de Vegas.La série est donc égale 1-1, et se transporte maintenant dans la capitale fédérale américaine.Le Danois âgé de 29 ans est passé du troisième au deuxième trio après que le joueur de centre no 1 des Caps, Evgeny Kuznetsov, eut été ébranlé par une mise en échec du défenseur des Golden Knights Brayden McNabb en première période.Kuznetsov, qui domine la LNH avec 11 buts et 14 passes en séries éliminatoires cette saison, a quitté la patinoire en se tenant le bras gauche, et il n\u2019est pas revenu au jeu.Ce coup du sor t a semblé fouetter les Capitals, qui tiraient de l\u2019arrière 1-0 à ce mo- ment-là.Eller a créé l\u2019égalité avant de mettre la table pour le filet en avantage numérique d\u2019Alex Ovechkin et le premier du défenseur Brooks Orpik en 220 matchs.C\u2019était alors 3-1 en faveur des visiteurs.« La finale de la Coupe Stanley \u2014 tu veux être sur la patinoire, pas sur le banc, a mentionné Eller.Je savoure chaque instant.» Et il a de bonnes raisons de le faire.Eller totalise six buts et 11 mentions d\u2019aide en 21 rencontres éliminatoires, après avoir marqué six filets et récolté 17 aides lors de ses 50 premiers matchs éliminatoires en carrière \u2014 tous avec le Canadien de Montréal.«Il a été extraordinaire, s\u2019est exclamé le joueur de centre des Capitals Nicklas Backstrom.Il connaît de très bonnes séries éliminatoires.C\u2019est agréable à regarder.C\u2019est ce qu\u2019il nous fallait.Il faut que tout le monde hausse son niveau de jeu d\u2019un cran, et il [Eller] l\u2019a vraiment fait.» Acquis du Tricolore au repêchage de la LNH en 2016 en retour de deux choix de deuxième ronde, Eller a retrouvé ses repères avec les Capitals et signé en février dernier une prolongation de contrat de cinq ans d\u2019une valeur de 17,5 millions $US.Cette entente a déjà l\u2019air d\u2019une véritable aubaine.« Ce gars-là est en quelque sor te notre arme secrète, a évoqué Ovechkin.Lorsqu\u2019il est au sommet de sa forme et qu\u2019il a de bonnes sensations avec la rondelle, ce gars-là est difficile à freiner.» La Presse canadienne FINALE DE LA COUPE STANLEY Eller : «Notre arme secrète» Alex Ovechkin ne tarit pas d\u2019éloges envers l\u2019ancien attaquant du Canadien Paris \u2014 Même si elle disputait un deuxième match en autant de jours, la favorite Si- mona Halep n\u2019a démontré aucun signe de fatigue en route vers une victoire de 6-3, 6-1 contre Taylor Townsend au troisième tour des Internationaux de tennis de France.Du côté masculin, Rafael Nadal a signé une autre victoire en sets consécutifs pour se retrouver au troisième tour.Nadal est de nouveau le favori à Paris, et le détenteur de 10 titres à Roland Garros a aisément défait, comme prévu, l\u2019Argentin Guido Pella 6-2, 6-1, 6-1 sur le court Suzanne Lenglen.Nadal n\u2019a pas perdu une manche aux Internationaux de France depuis 2015, lorsqu\u2019il s\u2019était incliné en quarts de finale devant No- vak Djokovic.Halep et Nadal au troisième tour DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en location (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.NOUVEAU ROSEMONT 5 1/2 HAUT DUPLEX Rénové - 960$ non-fumeur / pas d'animaux Référence (450) 430-9160 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE AVIS DE DÉCÈS Lorsqu\u2019il est au sommet de sa forme, ce gars-là est difficile à freiner Alex Ovechkin, capitaine des Capitals de Washington « » Zinédine Zidane JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE Les Alouettes contre les champions La troupe de Mike Sherman affrontait le Rouge et Noir d\u2019Ottawa, champion en titre de la Coupe Grey, jeudi soir dans la capitale nationale pour son premier match présaison.Lisez le compte rendu de cette rencontre sur nos plateformes numériques.THIBAULT CAMUS ASSOCIATED PRESS Denis Shapovalov a indiqué après la rencontre qu\u2019il avait beaucoup appris sur la terre battue, mais qu\u2019il lui restait encore des choses à démystifier. L E D E V O I R , L E V E N D R E D I 1 E R J U I N 2 0 1 8 B 10 V ous ne vous en doutiez peut-être pas avec un taux de divorce de 50 % avant cinq ans, mais nous sommes à l\u2019aube d\u2019une grande expérience humaine dont on ne sait sur quelles voies parallèles elle nous mènera.Pour certains, ce sera devant l\u2019autel de la monogamie en série, pour d\u2019autres, ce sera plutôt dans le lit d\u2019hôtel d\u2019une aventure extraconju- gale ; les plus chanceux réussiront à tout conjuguer : l\u2019idéal romantique et la réalisation de soi, le désir et l\u2019épicerie, l\u2019aventure et le jacuzzi, tout en demeurant fidèles à leur serment d\u2019unis pour la vie, comme pôpa dans môman.La psychothérapeute belge Esther Perel oppose plusieurs contradictions dont le couple moderne se réclame dans son dernier livre Je t\u2019aime, je te trompe, où elle repense l\u2019infidélité pour réinventer le couple.Elle ne condamne ni n\u2019absout ; elle accompagne.C\u2019est sa spécialité, l\u2019infidélité, les couples détruits, « le fracas de l\u2019ambition du grand amour », me disait-elle récemment en entrevue sur Skype.Parmi ces besoins humains qui semblent irréconciliables dans un même aïoli, elle nomme engagement et liberté, connexion et indépendance, nous et moi, sécurité et aventure.«Et tout cela ne se résout pas avec des jouets et de la lingerie», ajoute-t-elle avec un humour et une intelligence relationnelle développés à force de tendre l\u2019oreille\u2026 et la bonne.Elle a ausculté une vingtaine de pays en dix ans, entendu des milliers de confidences et réalisé qu\u2019on en demandait beaucoup (trop ?) au couple.Du duo purement reproductif, nous avons accédé au tandem social, puis au couple- fusion dans lequel on se définit émotivement, sexuellement, romantiquement, matériellement, biologiquement.«Le poids du moi n\u2019a jamais été aussi lourd.Nous sommes passés du devoir et des obligations au choix et au doute.» «Les» infidélités Bien qu\u2019il y ait des pays où l\u2019infidélité est passible de la peine de mort, il n\u2019en demeure pas moins que, de l\u2019aimable passade à l\u2019habitude enracinée, le tabou subsiste.« L\u2019Amérique permet le divorce, mais est assez intransigeante sur l\u2019infidélité.Dans les cultures où la famille est très importante, on est plus tolérant », surtout pour les hommes, réputés plus « chauds », constate la thérapeute basée à New York.«Pour la majorité des gens, ils ont été fidèles 10, 15, 20 ans.Et un jour, ils traversent la ligne rouge.» Combien le font ?C\u2019est « la » question qu\u2019on lui pose toujours à titre de spécialiste des jeux interdits et traumatismes inhérents.Entre 25 % à 75 %, selon la définition qu\u2019on donne à l\u2019infidélité.Essayez ça avec votre conjoint(e) ; c\u2019est une conversation amusante.Est-ce que regarder un film porno en solo ; recevoir un massage avec « finition » ; échanger des sextos ; s\u2019abonner à une camgirl via le Web ; passer au salon privé dans un bar de danseuses ; avoir recours aux services d\u2019un(e) prostitué(e) font partie de l\u2019infidélité ?Vous pourriez être surpris des réponses.Les formes d\u2019incartades sexuel - les se sont tellement raffinées qu\u2019il est nécessaire de se mettre à jour quant aux modalités et limites de chacun.Pour l\u2019un, la limite se situe dans l\u2019engagement émotif, pour l\u2019autre dans le contact physique, mais pour la majorité, la théorie est plus facile à encaisser que la pratique.Et Esther Perel, dans ce domaine qui tend vers le noir ou blanc, le tout ou rien, le monogame ou polygame, apporte dans son livre des exemples bien tangibles de couples nuancés qui ont préféré les accommodements raisonnables et sont fidèles « à 95 % », démontrant une souplesse et une ouver ture qui ne conviennent pas à tous, mais qui peuvent leur éviter la rupture.« Il n\u2019y a pas de réponse absolue, me dit- elle.Pour certains, c\u2019est OK.Ils ne sont pas dans le déni ; ils sont dans l\u2019adaptation.Peut- être qu\u2019ils ne veulent pas dissoudre tout l\u2019édifice, car le couple, ce n\u2019est pas juste deux, c\u2019est la base qui donne accès à plein d\u2019autres relations.» Sans compter que certains amoureux fermeront les yeux à cause d\u2019un handicap, de la maladie, des enfants (une raison qui traverse les époques), d\u2019une absence d\u2019érotisme dans la relation, du confort matériel.« Peut-être qu\u2019ils sont simplement intelligents ?» propose Perel, qui maîtrise neuf langues mais ne connaît qu\u2019un langage commun, celui de l\u2019amour.L\u2019amour est un oiseau volage « Le sexe, ce n\u2019est pas quelque chose qu\u2019on fait, mais un lieu où l\u2019on va », répète dans ses conférences la thérapeute très demandée, qui ne connaîtra pas le chômage de sitôt.Et quand on y va avec une tierce (ou un tiers), « on brise la grande ambition de l\u2019amour », mais pas nécessairement parce que le couple bat de l\u2019aile.« Ma profession ne voit en général que deux motivations possibles à leur comportement : soit il y a un problème au sein du couple, soit il y a un problème avec l\u2019individu fautif.» Parfois, l\u2019infidèle part à la découverte de lui- même, « comme la quête d\u2019une identité nouvelle (ou perdue) », souligne la thérapeute qui a entendu toutes les raisons possibles de partir en cavale.Outre l\u2019attrait de la transgression, elle constate que les liaisons n\u2019ont parfois rien à voir avec notre douce moitié.C\u2019est une façon comme une autre de se sentir plus vivant à l\u2019extérieur des contraintes du quotidien et du couple.Une pulsion de vie liée à l\u2019éros.«Chose intéressante, très peu d\u2019infidélités survivent à leur découverte », constate la thérapeute, car «on ne veut jamais que ce qui nous échappe ».J\u2019ai toujours cru que les oiseaux étaient une espèce fidèle.Jusqu\u2019à ce que j\u2019apprenne que les oiseaux chanteurs sont des coureurs de jupons, que les flamants et les grands hérons ont des taux de divorce de 100 %.Le neurobiologiste Jean-Didier Vincent signale trois facteurs pouvant expliquer la longévité d\u2019un couple d\u2019oiseaux : la qualité (reproductive), la compatibilité et la familiarité.La familiarité, celle du temps qui passe, serait le plus important des trois et nous renvoie à cette citation de Michelet : « On s\u2019aime à mesure qu\u2019on se connaît mieux, qu\u2019on a vécu ensemble et beaucoup joui l\u2019un de l\u2019autre.» Au final, certains sont fidèles par paresse ou pour avoir la sainte paix.Et ce n\u2019est peut-être pas une question de vertu.cherejoblo@ledevoir.com Twitter : @cherejoblo NEW HAMPSHIRE DIVISION OF TRAVEL AND TOURISM DEVELOPMENT J\u2019ai toujours cru que les oiseaux étaient une espèce fidèle.Jusqu\u2019à ce que j\u2019apprenne que les oiseaux chanteurs sont des coureurs de jupons et que les grands hérons ont des taux de divorce de 100%.Lu dans Biologie du couple, du neurobio- logiste Jean-Didier Vincent, que les oiseaux sont peut-être plus fidèles au nid qu\u2019au couple : « Il semble que la conservation du nid soit un facteur important de stabilité du couple chez les oiseaux migrateurs.» Bref, si le nid disparaît, le taux de divorce augmente de beaucoup, jusqu\u2019à 80 % (contre 4 % à l\u2019inverse).De la tique à l\u2019humain, l\u2019auteur s\u2019intéresse aux mœurs sexuelles et de reproduction.Il cite Chaval : «Aussi cons que les hommes disent certains.D\u2019autres affirment qu\u2019ils le sont davantage.» À lire avec un sourire en coin.messageries-adp.com/pocket Adoré l\u2019entrevue avec la chanteuse Monique Leyrac à l\u2019émission Les grands entretiens, interviewée en février par Catherine Pépin.Aujourd\u2019hui âgée de 90 ans, elle nous raconte son mariage sans amour avec Jean Dalmain, qui semble l\u2019avoir séduite à l\u2019usure, son aventure charmante avec Charles Aznavour, qui lui demande encore de chanter, mais avoue au détour de la conversation : «La vraie grande histoire d\u2019amour de ma vie, c\u2019est Jacques Normand.» Paf ! On aurait pris une heure de confidences amoureuses comme celles-ci.Et les extraits musicaux nous invitent à fredonner La rôdeuse ou Pour cet amour.bit.ly/2IRWGX8 Écouté une psychothérapie de couple de la série Where Should We Begin avec Esther Perel.De vrais couples, des problématiques universelles en radioréalité.Sur iTunes, deux saisons gratuites : apple.co/2rAByer Réécouté la conférence TED d\u2019Esther Perel sur l\u2019infidélité.Son tour du monde lui a fait réaliser que, partout où le romantisme a atterri, une crise du désir s\u2019est installée.Passionnante.bit.ly/2xjNPrE Adultes acceptés «J\u2019ai 16 ans et je m\u2019appelle Steeve Simard.J\u2019habite à Saint-Lambert pis ça me fait profondément chier.» La chute de Sparte, tiré du roman éponyme de Biz (et qu\u2019il coscénarise), est un film sur le monde ado qui permet aux adultes d\u2019être admis dans un univers qui les exclut d\u2019emblée.Des codes, un langage commun, des rites, toute la tribu est rassemblée autour de ce protagoniste un peu asocial, un brin intello et l\u2019antihéros de sous-sol par excellence.Mon ado de Saint-Lam- bert a adoré le film qui navigue entre amour, défis, drame, sport d\u2019équipe, polyvalente, solidarité et maudit secondaire qui n\u2019en finit pas.Dès le lendemain, il s\u2019est procuré la musique, particulièrement accrocheuse, ici: bit.ly/2ISq0bN.Le film de Tristan Dubois sort en salle au- jourd\u2019hui, vendredi, et toute la famille a apprécié.bit.ly/2GXVmMh «Parfois j\u2019entends mes os se tendre à craquer sous le poids de toutes les vies que je ne vis pas» Jonathan Safran Foer «Le sexe joue sur le frisson que l\u2019on éprouve à découvrir sans cesse combien nous sommes des inconnus à nos propres yeux» Virginia Goldner «Pour Proust, une dose de jalousie est la seule chose capable de venir en aide à une relation gâchée par l\u2019habitude» Alain de Botton Même les oiseaux sont volages Les infidèles ont des ailes JOSÉE BLANCHETTE MHJ FILMOPTION INTERNATIONAL Une scène du film La chute de Sparte "]
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