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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-06-11, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 129 / LE LUNDI 11 JUIN 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM FRANCOS Marjo, l\u2019indétrônable reine du rock vrai Pour la première fois depuis 2011, la chanteuse présente un spectacle en tête d\u2019affiche DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « Pourquoi j\u2019annulerais ?», demande Marjo, la jambe gauche allongée sur une chaise, dans un restaurant de sushis de la 3e avenue à Québec.Dans quelques heures, à 21h30, la rockeuse montera sur la scène du Quartier de Lune, un bar de 250 places de Limoilou, en claudiquant et en s\u2019aidant d\u2019une canne, accessoire auquel elle s\u2019agrippe à cause de l\u2019entorse qu\u2019elle s\u2019offrait mercredi avant de quitter sa résidence de Saint-Sauveur pour une journée de promotion à Montréal.Mais la canne et le tabouret prendront rapidement le bord.Le riff d\u2019Illégal recèlerait-il des vertus thérapeutiques ?Toujours est-il que la vénérable blonde platine de 64 ans \u2014 qui se faisait remplacer le genou gauche par une prothèse en décembre 2016 \u2014 sautillera sur sa jambe en santé comme sur un pogo ball, dès la première chanson d\u2019un concert de deux heures.Une entorse ?Quelle entorse ?INDEX Avis légaux .B2 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Mots croisés.B6 Petites annonces .B4 Sports.B4 Sudoku .B6 SUR LA ROUTE Trop peu, trop tard pour le projet de SRB sur le boulevard Pie-IX ?| B 5 L\u2019Allemand Sebastian Vettel a remporté dimanche le Grand Prix du Canada, 7e manche de la saison de F1.Cette victoire survient 40 ans après la victoire à Montréal de son illustre prédécesseur chez Ferrari, Gilles Villeneuve.À lire en page B 4.DAN ISTITENE/GETTY IMAGES/AGENCE FRANCE-PRESSE Vettel honore Ferrari au Grand Prix HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL À QUÉBEC LE DEVOIR Le coup d\u2019éclat de Donald Trump sera resté sans réponse.Les autres leaders du G7 ont choisi dimanche de ne pas répliquer directement au président américain, qui avait la veille claqué la porte du sommet de La Malbaie en reniant son appui à la déclaration finale pourtant donné quelques heures plus tôt.Ainsi, les quelques réponses aux gazouillis du président sont plutôt venues des porte-parole des six autres chefs d\u2019État ou de gouvernement.« La coopération internationale ne peut dépendre de colères ou de petits mots.Soyons sérieux et dignes de nos peuples », a indiqué un porte-parole de l\u2019Ély- sée, ajoutant que des engagements avaient été pris à La Mal- baie.« Quiconque les quitterait le dos tourné montre son incohérence et son inconsistance.» De la même manière, un porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, a fait valoir que Berlin s\u2019en tenait au communiqué commun.Le Japon, la Grande-Bretagne et l\u2019Italie n\u2019avaient pas réagi dimanche après-midi.Du côté canadien, la réplique venue samedi soir provenait du porte-parole du premier ministre plutôt que de Justin Trudeau lui-même.« Le premier ministre n\u2019a rien dit qu\u2019il n\u2019avait pas déjà dit auparavant, autant publiquement qu\u2019en conversations privées avec le président », a écrit sur Twitter Cameron Ahmad.D\u2019un extrême à l\u2019autre Dans l\u2019entourage de M.Trudeau, on semble résigné à gérer l\u2019imprévisibilité du président américain.« Le pendule passe d\u2019un extrême à l\u2019autre à une vitesse effarante », constate-t-on en rappelant que, malgré les gazouillis belliqueux du président avant le sommet, celui-ci s\u2019était montré très avenant dans les rencontres.Cette source explique que le président est toujours poli en personne et que c\u2019est ensuite par personne interposée ou par Twitter qu\u2019il communique ses critiques.« C\u2019est la méthode Trump.» Samedi en fin de journée, le G7 avait réussi à accoucher d\u2019un communiqué de presse commun auquel s\u2019étaient ralliés les États-Unis.Le passage sur le commerce affirmait « le rôle crucial d\u2019un système commercial international fondé sur des règles » et disait « poursui[vre] la lutte contre le protectionnisme ».« Nous nous engageons à moderniser l\u2019OMC pour la rendre plus équitable dans les SOMMET DU G7 La méthode Trump n\u2019émeut pas Ottawa et ses alliés VOIR PAGE A 2 : G7 VOIR PAGE A 4 : FRANCOS MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR SOCIÉTÉ Le plastique s\u2019est hissé au sommet des menaces à l\u2019environnement.Le remplacer oui, mais par quoi ?| A 5 ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 11 JUIN 2018 Croquée par le photographe officiel du gouvernement allemand lors d\u2019une séance à huis clos samedi matin dans le cadre du sommet du G7, cette photo a depuis fait le tour du monde.On y voit la chancelière allemande, Angela Merkel, qui surplombe le président américain, Donald Trump.À ses côtés, le président français, Emmanuel Macron, semble pointer du doigt ce qui deviendra le com - muniqué conjoint présenté en clôture de l\u2019événement diplomatique hautement médiatisé.À sa droite, les bras croisés, le premier ministre japonais, Shinz?Abe, observe la scène.JESCO DENZEL GOUVERNEMENT FÉDÉRAL ALLEMAND VIA ASSOCIATED PRESS Une photo exceptionnelle tirée du G7 Fin de sommet sur fond de querelle G7 SUITE DE LA PAGE A 1 plus brefs délais.Nous nous efforçons de réduire les obstacles tarifaires, les obstacles non tarifaires et les subventions.» Puis, à la conférence de presse de clôture, M.Trudeau avait réitéré qu\u2019il jugeait « insultant » que les États-Unis invoquent la sécurité nationale pour justifier l\u2019imposition de tarifs sur l\u2019acier de l\u2019aluminium et que le Canada ne se laisserait pas « marcher sur les pieds ».Entendant ces mots, le président américain, qui avait quitté le sommet de La Malbaie plus tôt dans la journée pour se rendre à Singapour en vue de sa rencontre sur la Corée du Nord, a écrit sur Twitter que M.Trudeau était « docile », « malhonnête » et « faible » et qu\u2019il n\u2019appuyait plus le communiqué final.Washington s\u2019emporte Dimanche, le principal conseiller économique de M.Trump, Larry Kudlow, en a rajouté.« Nous avons donné notre accord, nous avons fait des compromis sur le communiqué, nous nous sommes associés au communiqué, en toute bonne foi.C\u2019est une trahison, a-t-il dit à CNN.Il [Justin Trudeau] nous a doublés, pas seulement le président Trump, mais aussi les autres membres du G7.» Le conseiller au commerce du président, Peter Navarro, a pour sa part dit sur les ondes de Fox News qu\u2019il y avait « une place réservée en enfer pour tout leader étranger qui entame de mauvaise foi une relation diplomatique avec le président Donald Trump et qui tente de lui planter un couteau dans le dos ».La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n\u2019a pas voulu répliquer.« Nous ne pensons pas que c\u2019est une façon utile ou productive de travailler.Nous nous abstenons particulièrement de faire des attaques ad hominem quand il s\u2019agit de nos alliés.» L\u2019entourage de M.Trudeau a noté que, dimanche midi, la délégation américaine n\u2019avait toujours pas demandé que soit rediffusé le communiqué lesté de la signature de Washington.Il n\u2019y a pas d\u2019unanimité américaine sur le sujet, même au sein des rangs républicains.L\u2019influent sénateur John McCain s\u2019est adressé aux « alliés » des États-Unis sur Twitter.« La majorité des Américains des deux allégeances politiques demeure en faveur du libre-échange, de la mondialisation et des alliances basées sur des valeurs communes depuis de 70 ans.Les Américains sont avec vous, même si notre président ne l\u2019est pas.» Des précédents Selon le professeur de l\u2019Université de Toronto John Kirton, qui a fondé et qui dirige le Groupe de recherche sur le G7, la discrétion des leaders face à la dernière sortie de M.Trump est compréhensible.« Les gazouillis de Donald Trump n\u2019ont pas donné lieu à une escalade de la part des autres leaders, qui n\u2019ont pas gazouillé en retour.C\u2019est normal, parce que les leaders et leur délégation étaient dans les rencontres.[\u2026] Quand Donald Trump écrit sur Twitter que Justin Trudeau a menti, tous ceux qui étaient dans les rencontres savent que c\u2019est faux.Ils savent que Justin Trudeau n\u2019a pas utilisé en conférence de presse des mots qu\u2019il n\u2019avait pas utilisés auparavant.Mais ils savent aussi que M.Trump a une conception de la vérité qui n\u2019est pas la même que tout le reste du monde.Et ils savent aussi que de plus de plus de gens aux États-Unis appuient M.Trudeau et pas M.Trump.» À son avis, ce revirement de situation n\u2019est pas sans pré- cédent dans l\u2019histoire des sommets du G7.Il rappelle celui de Versailles, en 1982 en plein cœur de la guerre froide.Les leaders avaient accouché d\u2019une déclaration de compromis à propos d\u2019un pipeline russe, mais avaient tout de suite après, dans leur briefing national respectif, chacun affirmé ne pas avoir changé de position ! « C\u2019était bien plus grave que samedi soir ! » Et pourtant, les choses se sont tassées dans l\u2019année.Reste que le premier ministre japonais, Shinzo Abe, qui en était à son sixième sommet, a relaté que les discussions à La Malbaie avaient donné lieu à « des débats intenses » comme il n\u2019en avait jamais vu.Avant que tout déraille, Justin Trudeau avait déjà minimisé la gravité d\u2019un désaccord entre les États-Unis.« Ceux qui pensaient qu\u2019une visite à Charlevoix \u2014 bien que ce soit magnifique ici et que les gens soient très aimables \u2014 allait complètement changer l\u2019approche philosophique et idéologique du président avaient peut-être des attentes un peu trop élevées\u2026 » Prescient, il avait même dit que « le président continuera de dire ce qu\u2019il dit à plusieurs occasions ».Avec La Presse canadienne Rectificatif Dans le texte d\u2019Hélène Buzzeti intitulé « Au G7, les humeurs d\u2019un président » et publié en page A1 de notre édition du samedi 9 juin 2018, on aurait dû lire que c\u2019est le président américain, Donald Trump, et non le premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui a lancé à la blague : « Je suis sûr qu\u2019il est content » à propos de son départ hâtif du sommet du G7.Nos excuses pour cette confusion.La plupart des problèmes importants ne se régleront qu\u2019avec la coopération d\u2019un grand nombre de pays.Que cela plaise au président américain ou pas.ÉRIC DESROSIERS À QUÉBEC LE DEVOIR Au moment de se sauver du sommet du G7 à La Malbaie avant même qu\u2019il soit terminé, Donald Trump s\u2019est vanté samedi d\u2019être capable de juger en cinq secondes de la valeur d\u2019une personne et de savoir en une minute si une entente est possible avec elle ou non.Il parlait alors de sa prochaine rencontre historique avec le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-un, mais on peut présumer qu\u2019il avait aussi utilisé ses super pouvoirs lors de ses rencontres avec ses six autres homologues.Il a dû se rendre compte alors que, en dépit de toutes leurs politesses et ronds de jambe, ils ne partageaient pas vraiment ses points de vue sur un vaste ensemble d\u2019enjeux, notamment sur le commerce international, les changements climatiques et le nucléaire iranien.La mésentente n\u2019avait rien de nouveau et s\u2019étalait devant nos yeux depuis plusieurs semaines déjà.Le ton de plus en plus acrimonieux de certains échanges à l\u2019approche du sommet, tout de suite remplacé par des blagues et de grandes tapes dans le dos une fois arrivé à La Malbaie, tenait plus du théâtre politique que de revirements sur le fond.Il aurait été très étonnant, dans ce contexte, et hautement suspect, qu\u2019on annonce, au ter me de seulement quelques heures pas sées ensemble, une entente sur les questions litigieuses.Des gens seront prompts à y voir la preuve de l\u2019inutilité de ce genre d\u2019exercice, peut-être Donald Trump lui- même.Le président américain ne manque jamais une occasion d\u2019exprimer le peu de valeur qu\u2019il accorde à ces discussions à plus de deux acteurs et sa conviction que l\u2019intérêt général ne sera jamais mieux servi que lorsque chaque pays défendra au maximum de son influence ses intérêts particuliers.Commander la coopération ?Le problème avec cette approche est que, n\u2019en déplaise au chef de la Mai- son-Blanche, plusieurs des enjeux qui lui tiennent à cœur (comme les pratiques commerciales déloyales du géant chinois, la gestion des flots migratoires et le terrorisme) ou qui devraient l\u2019intéresser (comme les paradis fiscaux, la place des travailleurs ordinaires à l\u2019ère des nouvelles technologies et les changements climatiques) nécessitent une approche concertée d\u2019une masse critique de pays.L\u2019autre problème est que cette coopération internationale ne se commande pas, même quand on demeure la plus grande puissance économique et militaire au monde, mais se gagne patiemment à force d\u2019influence, de compromis et d\u2019alliances basées sur la confiance.C\u2019est parce que ce genre de progrès sont si lents et si difficiles à obtenir que les autres membres du G7 faisaient la tête à Donald Trump en fin de semaine après qu\u2019il eut rayé le nom de son pays de l\u2019Accord de Paris sur le climat obtenu de haute lutte, tourné le dos à l\u2019entente à huit sur le nucléaire iranien et choisi de « bulldozer » les règles commerciales internationales dans l\u2019espoir d\u2019arracher des concessions aux uns et aux autres.Le président américain pourrait se défendre en disant qu\u2019il ne fait qu\u2019appliquer le programme politique qui l\u2019a fait élire par la population américaine, ce à quoi les autres lui rétorqueront qu\u2019eux aussi ont des comptes à rendre à leurs citoyens et que le devoir des élus est de savoir écouter, mais aussi de convaincre leurs populations.Donald Trump et d\u2019autres en concluront peut-être que le G7 est décidément un forum qui a perdu de sa pertinence.Le président américain a notamment déclaré cette semaine qu\u2019il ne comprenait pas pourquoi la Russie en avait été exclue.Ce qu\u2019on entend plus souvent dire, c\u2019est qu\u2019une réunion internationale sans des géants comme la Chine, l\u2019Inde, le Brésil, l\u2019Afrique du Sud et le Nigéria, mais aussi le Mexique, l\u2019Indonésie ou des pays du golfe Persique, ne peut pas prétendre s\u2019attaquer sérieusement aux principaux enjeux.C\u2019est juste, mais ce qui est vrai aussi, c\u2019est que l\u2019un n\u2019empêche pas l\u2019autre et que, si l\u2019on a déjà du mal à s\u2019entendre au sein du G7, ce ne sera pas plus facile au sein du G20 avec des régimes qui ne croient ni à la démocratie ni au libre marché.L\u2019éducation de Donald Pour l\u2019organisateur de la fête cette année, Justin Trudeau, le sommet du G7 aura permis de réaliser quelques avancées sur des questions importantes \u2014 comme l\u2019éducation des filles pauvres, la réduction de la pollution plastique et l\u2019adoption d\u2019une position commune contre l\u2019interférence des forces étrangères (Russie) dans leurs processus démocratiques \u2014 qui seront loin de satisfaire tout le monde.Son principal accomplissement aura peut-être été de parvenir à rassembler tout le monde autour de la table, ne serait-ce que pendant quelques heures, et de faire vivre le projet d\u2019un forum où les chefs peuvent se parler franchement des vraies affaires.Pour Donald Trump, le sommet de La Malbaie aura été une (rare) occasion d\u2019être exposé personnellement à des gens influents qui ne partagent pas ses opinions, qui n\u2019hésitent pas à corriger ses contrevérités et qui n\u2019ont pas peur de lui résister.Cette expérience, sans doute extrêmement contrariante, est une façon comme une autre de faire son éducation sur la complexité de la réalité mondiale et l\u2019impossibilité de s\u2019y attaquer seul.ANALYSE Le G7, un exercice contrariant pour Donald Trump ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 11 JUIN 2018 Votre misère, Madame D e vieilles amendes impayées, il y en a pour 2120,88 $.Incapable de les régler, Valérie Brière, une mère seule, s\u2019est retrouvée menottes aux mains, escortée jusqu\u2019à une cellule, obligée de laisser derrière elle sa fille de 7 ans et son fils de 4 ans.À Québec, une peine de 101 journées d\u2019incarcération lui a été imposée.Un juge en a ainsi décidé.Entre 2001 et 2006, au temps où elle en était réduite à vivre à la rue, Valérie Brière s\u2019était vu mettre sous le nez cinq constats d\u2019infraction pour avoir mendié, un autre pour flâ- nage, deux encore pour avoir tenté de gagner de l\u2019argent en lavant des pare-brise, puis un dernier pour s\u2019être soulagée dans un lieu public.Plus d\u2019une décennie a passé.Sa vie a changé.Pas la société.Tout un système se justifie et se paye à même le malheur d\u2019autrui.Au prix de combien de coûteuses démarches s\u2019est- on entêté à toucher cette taxation sur la pauvreté jusqu\u2019à conduire cette femme en prison ?Ce cas est loin d\u2019être unique en matière de mesures iniques.Des taxes sur la misère ont bien force de loi ici et là, même si, en plusieurs endroits, comme à Montréal, elles ont été abandonnées depuis quelques années pour cause d\u2019inefficacité et d\u2019amoralité.Les municipalités demeurent cependant libres de faire comme elles l\u2019entendent.À Québec, des fonctionnaires se sont donc empressés de soutenir que le cachot pour cette mère constituait bien une façon légitime et légale pour récupérer l\u2019argent que lui réclamait la cité.Le maire John Pineault évalue les besoins de sa municipalité à environ 30 millions de dollars, trois fois moins que ce qui a été dépensé pour Hydrocarbures Anticosti.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR La facture assumée par l\u2019État québécois dans la saga Anticosti gonfle encore un peu, a appris Le Devoir.Le gouvernement devra financer les travaux de « fermeture » de deux puits forés par des entreprises privées bien avant le projet Hydrocarbures Anticosti, une opération qui coûtera au moins deux millions de dollars.Dans la foulée de l\u2019abandon du projet d\u2019exploration pétrolière Hydrocarbures Anticosti, financé en majorité par des fonds publics, le gouvernement a accepté de prendre en charge des puits forés au fil des ans sur l\u2019île.Le ministère de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles (MERN) prévoit donc de dépenser cet été plus de deux millions de dollars pour la « fermeture définitive » de deux puits situés dans l\u2019est de l\u2019île.Ceux-ci ont été forés en 2010 dans le cadre d\u2019un partenariat entre Corridor Resources et Pétrolia.La profondeur de ces puits dépasse les 1000 mètres, mais aucune autre information n\u2019est disponible publiquement sur l\u2019état de ces puits.Selon ce qu\u2019a précisé le MERN, ce seraient les deux seuls puits qui nécessiteraient des travaux sur Anticosti, où plus de 30 puits ont été forés au fil des ans.En plus de ces puits, le gouvernement a hérité de plus de 85 % des puits forés depuis 1860 sur le territoire québécois, soit plus de 800 puits.Et plusieurs d\u2019entre eux sont tout simplement introuvables.Cette nouvelle facture de deux millions pour l\u2019État québécois s\u2019ajoute aux 92 millions de dollars déboursés dans le cadre du projet Hydrocarbures Anticosti, lancé par le Parti québécois en 2014.Le gouvernement Couillard a ainsi versé des compensations aux entreprises partenaires du projet.Pétrolia (rachetée depuis par l\u2019entreprise alber- taine Pieridae Energy) a reçu 20,5 millions, tandis que Corridor Resources recevait 19,5 millions et Maurel Prom, 16,2 millions.Qui plus est, le gouvernement a choi - si de dédommager les deux autres entreprises qui possédaient des permis sur l\u2019île, mais qui ne faisaient pas partie du projet de recherche de pétrole et de gaz de schiste.Junex a donc reçu 5,5 millions pour renoncer aux cinq permis qu\u2019elle détenait depuis 2007.Un dernier jou eur, TransAmerican Energy, a reçu 305 694 $ pour céder son seul permis détenu sur Anticosti, et ce, depuis 2009.Ressources Québec a également injecté 29,9 millions dans les travaux d\u2019exploration sur Anticosti.Ce montant ne tient toutefois pas compte des fonds publics déboursés pour la réalisation de l\u2019évaluation environnementale stratégique sur l\u2019île d\u2019Anticosti, entre 2014 et 2016.Forum Le montant dépensé dans l\u2019aventure Hydrocarbures Anticosti représente trois fois la somme jugée nécessaire par la municipalité de L\u2019Île-d\u2019Anticosti pour mettre en œuvre son « plan de développement stratégique ».En incluant le projet de traversier qui permettrait d\u2019améliorer substantiellement l\u2019accès à la plus grande île du Québec, le maire John Pineault évalue en effet les besoins à environ 30 millions.La municipalité insulaire attend toujours un engagement financier de la part de Québec, qui a promis de protéger toute l\u2019île d\u2019ici 2020, en plus de soutenir la candidature d\u2019Anticosti à l\u2019UNESCO.Anticosti organise d\u2019ailleurs, les 22 et 23 juin, un « Forum du futur », afin de discuter du développement de la communauté, et notamment de développement touristique, mais aussi de protection et de mise en valeur du territoire.La ministre de l\u2019Environnement, Isabelle Melançon, doit y prendre la parole, selon des informations transmises au Devoir.Deux millions pour fermer des puits pétroliers sur Anticosti FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Le Québec a un tel retard à corriger en matière d\u2019inclusion qu\u2019il faudrait que le secteur public se fixe un taux d\u2019embauche de 25 % au sein des minorités visibles et ethniques jusqu\u2019à ce que celles- ci représentent 18 % de la main-d\u2019œu- vre, affirme Québec solidaire (QS).Convaincu d\u2019un « coup de barre » à donner, le parti a dévoilé dimanche une politique qui, s\u2019il était porté au pouvoir, prévoirait aussi la création de « Carrefours d\u2019accueil en immigration ».Ceux-ci joueraient un rôle de « guichet unique » permettant d\u2019orienter les nouveaux arrivants vers des services comme l\u2019aide à l\u2019emploi ou des cours de francisation.« C\u2019est là que le Parti libéral, qui est là depuis 15 ans, a le plus échoué : face aux nouveaux arrivants et arrivantes, face aux gens de la diversité culturelle, des minorités visibles », a dit la députée de Sainte-Marie\u2013Saint-Jacques, Manon Massé, lors de la présentation de la politique dimanche en compagnie du député Amir Khadir, d\u2019Andres Fontecilla, qui se présentera dans Laurier-Dorion, et de plusieurs autres candidats.« Dans la fonction publique, il y a des règles.Elles sont à peine respectées.D\u2019ailleurs, il manque énormément d\u2019employés issus de la diversité culturelle au sein du secteur public», a ajouté Mme Massé.« Il faut un coup de barre.» Québec solidaire souhaite que le taux de représentation des communautés culturelles soit le même que dans la société, soit d\u2019environ 18 %.D\u2019ici 2024, la fonction publique devrait embaucher un « minimum » de 3750 personnes, a- t-elle dit.Le parti politique souhaite aussi travailler à la reconnaissance des compétences de l\u2019étranger.En mars 2017, les communautés culturelles comptaient pour 9,4 % des employés du secteur public, selon le Secrétariat du Conseil du trésor.Le gouvernement Couillard a déjà affirmé que le taux d\u2019emploi des immigrants qui sont au Québec depuis plus de dix ans (81,9 %) est inférieur à celui des gens nés au Canada (86,2 %).À quelques mois des élections, les annonces se succèdent.Le gouvernement Couillard a récemment annoncé une stratégie de la main-d\u2019œuvre 2018- 2023 qui promet une somme de 1,3 milliard sur cinq ans.Le plan insiste sur la francisation, mais aussi sur la réduction des délais dans la remise des certificats de sélection.Le Parti québécois a proposé il y a deux semaines de travailler sur la sélection des immigrants en fonction notamment de leur connaissance du français.Il souhaite aussi qu\u2019ils choisissent de s\u2019installer pas seulement à Montréal, mais en région.Du côté de la CAQ, des documents révélés récemment par L\u2019actualité montrent que le parti veut mettre un accent particulier sur la francisation et souhaite réformer « en profondeur » le ministère de l\u2019Immigration.Outre les investissements supplémentaires en francisation, QS souhaite impliquer les entreprises.Par exemple, l\u2019application de la loi 101, qui vise actuellement les entreprises de 50 employés et plus, couvrirait désormais les sociétés de 20 employés et plus.Québec solidaire dévoile sa politique en matière d\u2019inclusion Le parti propose pour le secteur public un taux d\u2019embauche de 25 % au sein des communautés culturelles JEAN- FRANÇOIS NADEAU À la prison de Québec, le coût d\u2019une incarcération s\u2019élève à au moins 213 $ par jour.Pour se donner l\u2019illusion de toucher les 2000 $ d\u2019amendes dus par Valérie Brière, cette ville s\u2019est donc engagée à en dépenser plus de 21 500 $.Régis Labeaume, le maire, s\u2019est même empressé d\u2019affirmer qu\u2019il n\u2019éprouvait aucun malaise devant cette sentence : « Pourquoi on n\u2019annule pas les amendes ?Parce qu\u2019on pense que ce n\u2019est pas une bonne idée, parce qu\u2019il faut que les gens sentent qu\u2019il faut qu\u2019ils se forcent pour tenter de se refaire.» À la prison de Québec, le coût d\u2019une incarcération s\u2019élève à au moins 213 $ par jour.Pour se donner l\u2019illusion de toucher les 2000 $ d\u2019amendes, cette ville s\u2019est donc engagée à en dépenser plus de 21 500 $.Sans compter bien sûr le salaire des officiers de justice et les coûts sociaux qui découlent du fait de priver de leur mère de très jeunes enfants.De votre misère, Madame, nous tirons des jours de paye\u2026 Imaginons plutôt que la Ville ait offert 21 500 $ à cette mère pour l\u2019aider à se tirer pour de bon d\u2019affaire ?Après qu\u2019elle eut passé une semaine et demie en cellule, un groupe de citoyens est parvenu à la faire sortir de prison.« Si une société incarcère des gens pour non-paiement d\u2019une amende, ça ressemble quasiment au Moyen Âge, quand on emprisonnait des gens pour dettes », a affirmé le juge Richard Grenier en cassant le jugement précédent.L\u2019affaire promet d\u2019être à nouveau contestée devant les tribunaux.Mais c\u2019est une erreur de s\u2019attarder seulement aux événe- ments les plus récents pour comprendre la violence qui s\u2019abat sans cesse sur ceux qui souffrent d\u2019insécurité économique.L\u2019idée qu\u2019il faille punir la pauvreté plutôt que de réformer la société qui la crée nous vient de loin et en bonne partie d\u2019Angleterre.Sous le règne d\u2019Édouard VI, les individus considérés comme capables de travailler mais qui ne trouvent pas à le faire sont soumis à l\u2019esclavage.À titre dissuasif, parce qu\u2019ils commettent ce crime infâme de ne pas travailler, on en pendait en moyenne 400 par année.En 1572, toujours en Angleterre, un acte royal réitère l\u2019usage du fouet pour les sans-travail.Ceux qui sont capturés se voient envoyés dans des workhouses.Ces maisons de travail soumettent les indigents à d\u2019incroyables mesures de discipline.Ceux qui ne travaillent pas seront aussi stigmatisés par une marque au fer rouge appliquée dans la main ou sur l\u2019oreille.Le mot travail ne tire pas pour rien son origine du latin tripalium, un instrument de torture.Les lois sur le bien-être social adoptées en Amérique du Nord britannique s\u2019inspirent de la Loi des pauvres votée en 1601.Elizabeth Ire punit le fait d\u2019être pauvre.Elle oblige au travail les démunis, indépendamment de leur faible scolarité, de leur mauvaise santé et du très faible salaire auquel ils sont ainsi réduits.Et l\u2019assistance publique décourage quiconque d\u2019y recourir, au risque d\u2019encourir la honte sociale.Dans son dernier plan de lutte contre la pauvreté, le ministre François Blais propose des mesures en faveur d\u2019une « justice plus humaine ».On peut lire dans ce plan que « la judi- ciarisation des personnes en situation d\u2019itinérance ou vivant avec un trouble mental est une réponse inadéquate à des problèmes sociaux complexes ».Mais le gouvernement se garde bien pourtant de hausser le ton lorsqu\u2019il est question d\u2019un cas aussi délirant que l\u2019histoire de cette jeune mère de Québec.En 1697, une loi imposait aux pauvres le port d\u2019un insigne qui les désignait comme tels.Les archives judiciaires rapportent alors les cas nombreux de femmes dont les maris disparus, broyés dans la gueule de ce système, les conduisent à devoir voler du pain pour nourrir leurs enfants.La condition extrême de ces femmes ne les empêche pas pour autant d\u2019être arrêtées pour atteinte à la propriété.Nombre d\u2019entre elles, pour des sommes en vérité minimes, sont jugées, condamnées et pendues.On ne pend plus.Mais à l\u2019heure de la constante expansion de la pauvreté au nom des forces du marché, cela suffit-il pour ne pas remettre en cause ce système cruel et dépassé dont nous avons hérité ?Votre misère, Madame, révèle la pauvreté de notre pensée. LEDEVOIR // LE LUNDI 11 JUIN 2018 ACTUALITÉS A 4 La voix de Marjo FRANCOS SUITE DE LA PAGE A 1 D\u2019autres artistes annulent des dates pour la moitié du quart d\u2019une blessure à la cheville, lui faisait-on valoir au cours d\u2019une brève, mais fiévreuse, entrevue.« Ben non, ben non, on n\u2019annule pas, on n\u2019annule pas », martelait-elle, avec la détermination de la mariée qui veut se rendre jusqu\u2019à l\u2019autel, malgré un futur mari mal remis de son enterrement de vie de garçon de la veille.« On continue, on s\u2019assoit sur un tabouret, pis on joue.C\u2019est une voix que les gens viennent entendre, han, pas un pied qu\u2019ils viennent voir.» Bien sûr que les gens ne viennent pas seulement voir un pied, mais les fans de Marjo ne viennent pas non plus exactement seulement entendre une voix.Si le spectacle en trio acoustique qu\u2019elle promène depuis quelques années dans toute sorte de petits lieux chaleureux, mais pas forcément somptueux, pourrait ressembler à la dernière scène d\u2019un biopic se concluant dans la déchéance ou l\u2019oubli, la soirée de vendredi au Quartier de Lune tourne rapidement à la salvatrice séance de karaoké de groupe.Il y a chez Marjo une intensité toujours proche de la FLORENCE SARA G.FERRARIS LE DEVOIR Les partisans d\u2019une plus grande autonomie pour les écoles publiques québécoises risquent de trouver des munitions dans le dernier rapport sur les politiques scolaires du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) de l\u2019OCDE.Ainsi, alors qu\u2019a priori, on pourrait pen ser qu\u2019en accordant plus d\u2019indépendance aux écoles, on risque d\u2019accroître les disparités entre les établissements et, par le fait même, nuire à la réussite des élèves évoluant dans des secteurs moins bien nantis, il n\u2019en est rien, souligne le document rendu public lundi.En fait, ce serait même le contraire, observent les rapporteurs de l\u2019Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) responsables du PISA sans toutefois établir un lien de causalité entre les deux.«Plusieurs pays [comme l\u2019Irlande, par exemple] réussissent à accorder beaucoup d\u2019autonomie aux écoles sans compromettre pour autant l\u2019équité entre les établissements et les élèves, peut-on lire dans le document qui compile les données de 2015 de plus de 70 pays répartis sur cinq continents.Dans certains cas, on a même vu s\u2019amoindrir les écarts entre les écoles défavorisées et favorisées.» Et cette plus grande autonomisation peut prendre plusieurs formes: de l\u2019embauche du personnel à la répartition des classes, en passant par l\u2019établissement d\u2019échelons salariaux qui tiennent compte de la charge de travail.Cette manière de faire, indique le rapport, repose sur le fait que ce sont les acteurs locaux qui ont une connaissance fine des enjeux et des besoins spécifiques à leur milieu, ils sont dont les plus compétents pour intervenir sur le terrain.Mesures de rétention À l\u2019heure actuelle, c\u2019est dans les classes des écoles les plus défavorisées que l\u2019on retrouve les enseignants les moins qualifiés et expérimentés, note-t-on également dans le rapport.Cette réalité, qui est encore plus marquée dans les pays où la répartition des effectifs est basée sur l\u2019ancienneté, comme c\u2019est le cas au Québec, a un impact direct sur la performance des élèves.Elle tendrait aussi à creuser le fossé qui existe déjà entre les écoles favorisées et défavorisées.En décentralisant certains pouvoirs, comme les salaires, les écoles moins bien nanties seraient peut-être plus à même d\u2019attirer \u2014 et de retenir \u2014 les enseignants, font remarquer les observateurs du PISA, et ce, malgré les difficultés liées à leur situation socio-économique particulière.À cet égard, la Commission scolaire de Montréal proposait en février dernier que le gouvernement du Québec mette sur pied un système de prime pour récompenser les enseignants des secteurs défavorisés de Montréal.Pour l\u2019heure, les enseignants reçoivent presque la même rémunération, peu importe où ils enseignent au Québec.Loin de faire l\u2019unanimité, l\u2019idée avait, entre autres, été décriée par le syndicat qui représente les enseignants montréalais.Équilibre à trouver Le rapport du PISA souligne tout de même qu\u2019une décentralisation des pouvoirs en milieu scolaire peut avoir des contrecoups non négligeables, notamment sur la répartition des ressources matérielles et sur la vocation même des établissements scolaires.Pour limiter les dérapages, le rapport souligne l\u2019importance de mettre en place des mesures d\u2019encadrement et des mesures incitatives pour s\u2019assurer que les écoles et leur direction gardent le cap sur leur mission éducative.ÉDUCATION Plus d\u2019autonomie pour moins de disparité socio-économique Le dernier rapport du PISA se penche sur l\u2019administration des écoles transe, et cousine de la dignité, bannissant l\u2019hypocrisie et la demi-mesure de toutes les scènes, grosses ou petites, sur lesquelles elle monte.Plusieurs groupes d\u2019amis \u2014 des hom - mes, mais surtout des femmes de 35 à 55 ans \u2014 se crieront ainsi jusqu\u2019à minuit, yeux dans les yeux, les power ballades de leur idole, avec dans la voix une vulnérabilité permettant de croire que ces refrains d\u2019espoir-malgré-l\u2019adversité les ont bercés pendant d\u2019irrespirables moments de détresse.Elles savent ce dont Marjo parle quand elle chante que « trop souvent on fait semblant d\u2019aimer».Elles savent aussi ce dont Marjo parle quand elle chante qu\u2019il y a « trop d\u2019amour qui dort ».Une version de Provocante avec guitare sèche et cajón apparaît comme une gigantesque mauvaise idée, jusqu\u2019à ce que l\u2019on mesure à quel point le rock des hymnes de Marjo ne loge pas dans leurs guitares lascives, mais bien dans l\u2019espace d\u2019inaliénable authenticité qu\u2019ils aménagent, entre elle et son public.L\u2019âme de la chanteuse «Quand je chante qu\u2019il y a trop d\u2019amour qui dort, c\u2019est parce que je trouve que le monde fait trop semblant », explique celle qui participe mercredi aux Francos avec un groupe rock complet, ainsi qu\u2019au Festival en chanson de Petite-Val- lée, début juillet.«Je cherche l\u2019amour.Je cherche la liberté.Je cherche la vérité, toujours la vérité, mais je vais chercher longtemps, je pense, parce que les gens ont toujours deux visages et, quand on découvre le deuxième, on est moins content.» La vérité : éternelle denrée rare, sauf dans un show de Marjo.Mais qu\u2019est-ce qui fait de Marjolène Morin Marjo ?« C\u2019est son âme qu\u2019elle nous présente sur scène, c\u2019est pour ça que c\u2019est puissant!», lancent presque en chœur Anna Frances Meyer et Étienne Barry, alias Les Deuxluxes, qui chantaient Illégal avec sa créatrice en 2016 à Belle et Bum.«Tu ne peux pas \u201cfaker\u201d ce qu\u2019elle fait.Ça vient du cœur.» «Elle a un peu fait la synthèse de toutes les grossesrockstars.Dans une seule personne, t\u2019as Steven Tyler, Joan Jett, Robert Plant.Marjo se tient à côté d\u2019eux sans gêne.C\u2019est ce même niveau de showwo- manship-là», poursuivent ceux qui louent aussi la voix puissante et juste de leur aînée, ainsi que ses qualités de compositrice, trop rarement célébrées.« C\u2019est parce que je ne m\u2019en vante pas ! », pense la principale intéressée, qui ne joue d\u2019aucun instrument, mais cosigne les musiques de la plupart de ses succès.«Je me souviens, quand Jean Millaire est arrivé dans Corbeau, il avait demandé : \u201cQui fait les mélodies ?\u201d J\u2019avais répondu : \u201cDe quoi tu parles ?\u201d Il m\u2019a fait comprendre qu\u2019il voulait savoir qui trouvait l\u2019air des chansons.Ben c\u2019était moi! Et c\u2019est là que j\u2019ai appris que j\u2019étais musicienne ! » À quoi attribuer son silence discographique des dernières années, alors que son cinquième et plus récent album, Turquoise, remonte à 2005 ?Marjo évoque sa crainte de se répéter, mais aussi l\u2019absence de Jean Millaire, son ancien amoureux, avec qui elle a créé ses quatre premiers disques en solo.« C\u2019est comme si j\u2019avais perdu un morceau de moi en cours de route », laisse- t-elle tomber dans un rare moment de fragilité.« Les gars [ses musiciens] me donnent parfois des musiques, mais ce ne sera jamais Jean.C\u2019est Jean qui me manque.» Martin Dubreuil, acteur et tambouriniste kamikaze au sein du groupe Les Breast- feeders, raconte les digues qu\u2019a fait sauter Corbeau dans sa tête.«J\u2019avais une dizaine d\u2019années, je regardais un de leurs shows à la télé et je me rappelle comme si c\u2019était hier de l\u2019effet que Marjo a eu sur moi.Avec son t-shirt-camisole lousse pas de brassière, son assurance sauvage et sa spontanéité, elle me donnait peut-être ma première leçon de punk rock.» Punk, Marjo ?Elle n\u2019a pas peut-être pas écouté les Sex Pistols, mais la femme qui, vendredi, terminait son spectacle dans un chandail noir complètement transparent, laissant parfaitement voir son soutien-gorge, pourrait facilement reconduire tous les faux rebelles jusqu\u2019à leur lit.« Celle-là, c\u2019est pour vous autres, les filles.Tenez-vous deboutte ! », hurlera-t-elle, avant la très carpe diem Amoureuse.En 1979, il y a près de quarante ans, Marjo créait avec Pierre Harel et Jean Millaire la première chanson de sa vie, Cash moé, dans laquelle elle proclame : « De l\u2019amour, j\u2019en peux pus.» «Je me souviens de Harel qui me demande: \u201cTu veux vraiment dire ça?De l\u2019amour, j\u2019en peux pus?\u201d À cette époque- là, c\u2019était ça que je pensais, alors que maintenant, j\u2019en veux, de l\u2019amour.Faque maintenant, je chante \u201cDe l\u2019amour, j\u2019en veux plussss!!\u201d» Pourquoi?«Parce que sinon, ce ne serait pas vrai!» Le 13 juin à 21h à la scène Bell de la place des Festivals et le 6 juillet à 20h au Festival en chanson de Petite-Vallée.Une fuite de l\u2019oléoduc Trans Mountain déverse 4800 litres de pétrole brut KAMLOOPS (C.-B.) \u2014 Les autorités révèlent que le déversement de pétrole brut causé par une fuite de l\u2019oléoduc Trans Mountain, il y a deux semaines, était 48 fois plus important que ce qui avait initialement été rapporté.Le ministère de l\u2019Environnement de la Colombie-Britannique indique que le volume de pétrole qui s\u2019est écoulé dans la nature, d\u2019après les relevés de la station Darfield en date du 27 mai, s\u2019élève à 4800 litres.Au moment de l\u2019annonce de la fuite, le ministère avait avancé un volume de 100 litres seulement.Deux jours après la fuite, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, annonçait que le gouvernement achetait l\u2019oléoduc et tous les actifs de base de Kinder Morgan pour 4,5 milliards de dollars.La Presse canadienne Situation « irrégulière » à l\u2019UQO La composition du conseil d\u2019administration de l\u2019Université du Québec en Outaouais (UQO) est « irrégulière », affirme le Syndicat des professeurs de l\u2019UQO (CSN), qui demande à la ministre de l\u2019Enseignement supérieur de corriger la situation.Le mandat des membres nommés par Québec est de trois ans et est renouvelable une seule fois.Or, certains membres du conseil siègent encore même si leur second mandat est terminé, selon le syndicat.Invité à commenter, le cabinet de la ministre Hélène David a indiqué au Devoir dimanche que des nominations au conseil devraient avoir lieu bientôt.Le Devoir EN BREF C\u2019est dans les classes des écoles les plus défavorisées que l\u2019on retrouve les enseignants les moins qualifiés et expérimentés, note-t-on dans le rapport.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Un nouveau fonds de technologie financière Des investisseurs institutionnels mettent sur pied un fonds de 75 millions pour soutenir des jeunes pousses spécialisées en technologie financière et en intelligence artificielle appliquée aux services financiers.Une première somme de 50 millions a été annoncée à l\u2019automne par le Mouvement Desjardins et la Caisse de dépôt et placement, mais voilà que la Financière Sun Life, le Fonds FTQ et La Capitale ont décidé d\u2019embarquer également.Le fonds, qui portera le nom « Luge Capital », prévoit des investissements se situant entre 250 000 $ et 2 millions.Le Devoir Les installations de Kinder Morgan à Edmonton JASON FRANSON LA PRESSE CANADIENNE Elle a un peu fait la synthèse de toutes les grosses rockstars.Dans une seule personne, t\u2019as Steven Tyler, Joan Jett, Robert Plant.Marjo se tient à côté d\u2019eux sans gêne.LES DEUXLUXES » SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 11 JUIN 2018 E Abandonner le plastique, oui.Mais pour quoi?n 2010, l\u2019entreprise québécoise Naya a lancé une bouteille d\u2019eau faite à 100% de plastique recyclé, puis a modifié son volume pour qu\u2019elle contienne 100ml d\u2019eau supplémentaire avec la même quantité de plastique.Résultat: l\u2019embou- teilleur a réduit de 16% ses émissions de GES et de 17% la masse de ses produits.Aujourd\u2019hui, la bouteille d\u2019eau non réutilisable fait partie des bêtes noires des écologistes, mais à l\u2019époque, l\u2019effort était avant-gardiste.Avant 2015, les produits achetés en ligne au groupe Aldo étaient ensachés dans un plastique oxo biodégradable, non recyclable, doublé de papier bulle en plastique, honni des bacs.Au- jourd\u2019hui, finies les bulles, les chaussures glanées sur Internet arrivent dans un sac 100 % recyclable, issu à 40 % de matière recyclée.L\u2019empreinte, quelle empreinte ?Les temps changent, les mentalités aussi, mais pas aussi vite qu\u2019on le souhaiterait.Car ces deux entreprises et une poignée d\u2019autres font bande à part dans le grand monde de l\u2019industrie.Très souvent, l\u2019empreinte carbone et l\u2019analyse du cycle de vie de l\u2019emballage de leurs produits ne font tout simplement pas partie des priorités des fabricants, déplore Sylvain Allard, directeur du programme de design graphique à l\u2019UQAM et spécialiste de l\u2019emballage.« Il n\u2019y a pas de vision globale dans la plupart des entreprises.On roule encore avec la vision que le plastique est recyclable, que ça règle tout.Or, si le plastique n\u2019est pas recyclé, on n\u2019a rien gagné.Si on l\u2019envoie à l\u2019autre bout du monde, en Chine, il y a une empreinte carbone qui vient annuler tous nos efforts », affirme cet observateur.Il déplore que la dimension écologique soit rarement prise en compte dans la conception des emballages.« Le plastique est une matière extraordinaire, peu coûteuse, mais il n\u2019a une logique que si on l\u2019utilise plusieurs fois, sinon c\u2019est une catastrophe écologique pour l\u2019environnement.La vraie solution, c\u2019est la réduction », croit-il.Pourtant, la réduction ne semble pas à l\u2019ordre du jour, à en croire les chiffres qui établissent à 400 milliards la valeur du marché de l\u2019emballage, dont 60 % est destiné à l\u2019alimentation.La mondialisation favorisant le transport de produits venus des quatre coins de la planète a fait bondir le volume d\u2019emballages produits.En sus, le secteur alimentaire demeure hautement frileux à l\u2019idée d\u2019utiliser du plastique recyclé, pour des raisons sanitaires, craignant la contamination.« Ça frôle la paranoïa plus que la science, car Naya utilise du plastique recyclé à 100 % pour embouteiller son eau », déplore Sylvain Allard.De petits pas Mais de petits pas sont franchis au Québec, notamment par l\u2019entremise d\u2019Éco Entreprises Québec (EEQ), l\u2019organisme qui représente l\u2019industrie, gère et perçoit les redevances payées par les entreprises pour financer le coût de la collecte sélective associée à la récupération de leurs contenants, emballages et imprimés.Parmi ces mandats, l\u2019EEQ a aidé depuis 2005 quelques compagnies à rendre leurs produits ou emballages plus écorespon- sables, en augmentant la part de leur contenu recyclé ou en diminuant leurs poids.Parmi celles-ci, Cascades, Lavo, Aldo, Metro, Les Biscuits Leclerc et la fromagerie L\u2019Ancêtre, qui ont notamment réduit la masse de leurs contenants et, dans la foulée, leurs coûts de transport.Malgré tout, le gros des efforts vise encore à réduire l\u2019indésirable\u2026 mais pas à le remplacer.« C\u2019est déjà bien de limiter le plastique, mais il faut aller plus loin et réfléchir à des solutions de remplacement », croit Sylvain Allard.Écoemballages Les solutions de remplacement au plastique tous azimuts existent, mais sont encore boudées par l\u2019industrie.On sait maintenant que des bioplastiques, ou végéplastiques, peuvent être fabriqués à partir de plantes comme le soya, d\u2019algues ou de fécule de maïs, comme c\u2019est le cas pour les sacs compostables utilisés pour les déchets de table.« La filière du plastique compostable reste encore peu exploitée.C\u2019est plus facile pour les compagnies de continuer à faire ce qu\u2019elles font depuis toujours.Si un végéplastique coûte 3 ¢ de plus par emballage, la logique économique l\u2019emporte.C\u2019est pour cela qu\u2019il faut commencer à penser à des taxes ou à des consignes sur le plastique », croit Sylvain Allard.En fait, la première question à se poser, dit-il, serait : « A-t- on vraiment besoin d\u2019un emballage ?» L\u2019emballage intelligent Pourtant, ce n\u2019est pas l\u2019imagination qui manque pour repenser la fonction même des emballages.Lors des projets Packplay, concours de propositions d\u2019écoemballages orchestré en 2014 et en 2017 par l\u2019École de design de l\u2019UQAM et d\u2019autres partenaires, des étudiants de 19 universités ont avancé des solutions étonnantes.Notamment pour valoriser des résidus de l\u2019industrie agricole et faire en sorte que les contenants ne soient plus de simples objets passifs voués aux ordures.Sylvain Allard rappelle notamment le projet d\u2019une étudiante qui a conçu un tofu glacé présenté dans un contenant fait de soja, entièrement comestible, servant de barquette.«Une fois mangé, ce produit ne laissait aucun résidu ! », explique M.Allard.D\u2019autres idées lumineuses, dont des boîtes de riz en carton recyclé, dotées d\u2019un couvercle cartonné faisant office de tasse à mesurer, ont été présentées.Comme, aussi, ces crèmes cosmétiques contenues dans des pots d\u2019argile qui, une fois mouillés, se muent en masque de beauté, ou dans des pots en cire d\u2019abeille, appelés à devenir des bougies.On a même trouvé une solution au fléau des contenants de la restauration rapide, souvent non recyclables, avec une coque faite de cellulose compostable, pouvant servir d\u2019engrais dans les jardins ou de nourriture aux animaux de ferme.Peu d\u2019emprise Même si les idées fusent sur les tables à dessin, plusieurs designers industriels estiment que leur influence sur les choix des fabricants est plutôt limitée.«On arrive à la fin du processus, quand tout est décidé », estime Élise Cropsal, directrice de création et designer graphique chez LG2.«La question de l\u2019emballage est intimement liée à la chaîne de production et doit être prise en compte au tout début du processus de fabrication.» L\u2019élan pour inclure des designers en amont de ces processus est encore peu présent, dit-elle, mais de rares firmes commencent à développer des expertises en écoconception.Stéphane Allard place cependant beaucoup d\u2019espoir dans la jeune génération de designers, beaucoup plus sensible aux enjeux environnementaux.« Ils ont un regard très critique sur l\u2019industrie », dit-il.Mais en définitive, croit-il, il reviendra aux gouvernements de forcer la main aux compagnies qui continuent de bouder les matières compostables ou perpétuent l\u2019usage des plastiques non recyclables.«Les citoyens apportent leur contribution depuis longtemps en faisant de la récupération dans leurs bacs, les designers tentent de faire mieux, c\u2019est maintenant aux décideurs d\u2019agir.» Omniprésent dans l\u2019emballage des produits, le plastique s\u2019est hissé au sommet des menaces à l\u2019environnement.De rares gouvernements commencent à bannir certains produits à usage unique.Abandonner le plastique, oui, mais par quoi le remplacer ?Des designers affirment que ce souci est bien peu à l\u2019ordre du jour des fabricants, voire pas du tout.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Avenue emballante Diane Leclair Bisson, designer industrielle qui gère sa propre entreprise de design, explore depuis plus de 20 ans l\u2019avenue des produits compostables ou comestibles et se désespère du peu d\u2019intérêt des fabricants pour des contenants écoresponsables.Couronnée de prix, la pionnière a orienté ses recherches dès les années 2000 vers les produits compostables, biosourcés ou comestibles.Bols en gelée d\u2019agar-agar entièrement biodégradables, pailles et cuillères comestibles, «bulles de saveur» en gelée, contenant champagne, spiritueux ou jus sucré: ces créations audacieuses de contenants prêt-à-manger l\u2019ont fait connaître sur plusieurs continents.«J\u2019utilise les aliments comme substituts au plastique depuis près de 20 ans.Un de mes projets, un contenant comestible empli de jus et d\u2019une paille faite d\u2019un craquelin destinés aux enfants, se retrouve même au- jourd\u2019hui dans un musée.Mais les entreprises d\u2019ici ne souhaitent pas changer de matière, personne ne m\u2019a appelée pour les commercialiser.J\u2019ai l\u2019impression de prêcher dans le vide!» Et pour cause, faute d\u2019intérêt, ces prototypes de cuillères comestibles n\u2019ont jamais pu être produits au Québec à grande échelle.Ce sont plutôt des promoteurs venus d\u2019Inde qui écoulent maintenant par milliers cet objet dans leur pays pour remplacer les cuillères de plastique jetables.Selon la designer industrielle, les emballages «dits» biodégradables ou compostables sont aujourd\u2019hui souvent un leurre apposé sur les emballages pour faire plaisir aux consommateurs.«Pour être biodégradable ou compostable, il faut que l\u2019emballage se retrouve dans un milieu régulé et contrôlé, ce qui n\u2019existe à peu près pas dans notre contexte nord-américain.Si on achète du plastique bio, sans avoir les solutions pour le traiter, on ne résout rien», pense-t-elle.Diane Leclair Bisson a développé au fil des ans des urnes funéraires faites de matériaux naturels, et même de glace pour des urnes éphémères, en collaboration avec l\u2019entreprise funéraire Mémoria.Après des années de recherche et développement, la compagnie lancera bientôt des urnes entièrement biodégradables qu\u2019elle a conçues.« C\u2019est un très beau projet, mais ça ne touche que le Québec.Si on veut s\u2019attaquer à un problème environnemental crucial à l\u2019échelle planétaire, il faut viser à transformer des produits de consommation qui touche des millions de personnes, comme les contenants d\u2019alimentation rapide ou les pailles.Si on pouvait se tourner vers des produits biosourcés, biodégradables et compostables, cela aurait un impact exceptionnel.» Les chiffres établissent à 400 milliards la valeur du marché de l\u2019emballage, dont 60 % est destiné à l\u2019alimentation.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Deux idées récompensées lors des projets Packplay: une coque faite de cellulose compostable à utiliser en restauration rapide et des crèmes contenues dans des pots d\u2019argile qui, une fois mouillés, se muent en masque de beauté.PACKPLAY Le plastique est une matière extraordinaire, peu coûteuse, mais il n\u2019a une logique que si on l\u2019utilise plusieurs fois, sinon c\u2019est une catastrophe écologique pour l\u2019environnement.La vraie solution, c\u2019est la réduction.SYLVAIN ALLARD, DIRECTEUR DU PROGRAMME DE DESIGN GRAPHIQUE À L\u2019UQAM » onald Trump a qualifié de « faible et malhonnête » le premier ministre Justin Trudeau à l\u2019issue du sommet du G7.L\u2019expression est drôlement bien choisie.Il suffirait que le président américain tourne le miroir vers lui- même pour qu\u2019elle soit juste.En effet, Donald Trump n\u2019a jamais paru aussi faible et malhonnête qu\u2019au sommet du G7.Après avoir donné son accord à la signature d\u2019un communiqué commun, il s\u2019est désolidarisé des six autres leaders des principaux pays industrialisés en raillant le premier ministre Trudeau.Celui-ci aurait commis un impair en réitérant son intention de riposter à l\u2019imposition déloyale de tarifs douaniers sur l\u2019acier et l\u2019aluminium.Le Canada ne se laissera pas intimider par les actions belliqueuses du pyromane de la Maison-Blanche.Le gouvernement Trudeau est dans son droit de riposter et de profiter de la tribune du G7 pour signifier son profond désaccord à l\u2019égard des pratiques commerciales erratiques des États-Unis.Qu\u2019y a-t-il de mal à profiter d\u2019une tribune internationale, en sol canadien de surcroît, pour le clamer haut et fort et réaffirmer son intention d\u2019imposer à son tour des sanctions ?Ces tarifs, imposés au nom de prétendus impératifs de « sécurité nationale », n\u2019ont aucun sens.Le Canada ne présente aucune menace pour les États-Unis.Il s\u2019agit de son deuxième partenaire commercial en importance avec des échanges annuels évalués à près de 674 milliards en 2017.Quelque neuf millions d\u2019emplois aux États-Unis dépendent des relations commerciales avec son voisin du nord.S\u2019il y a une menace, elle vient des périls de guerres commerciales sur tous les fronts comme celles menées actuellement par les États-Unis.Les explications fournies par Washington au lendemain de la volte-face de Donald Trump n\u2019ont guère plus de cohérence que la décision d\u2019imposer des tarifs douaniers.Le principal conseiller économique du président, Larry Kudlow, a indiqué que Donald Trump n\u2019avait pas le choix de torpiller les efforts du G7 parce que Justin Trudeau l\u2019a trahi, en le plaçant en position de faiblesse à deux jours du sommet nord-coréen.Du grand n\u2019importe quoi, comme à l\u2019habitude avec le locataire de la Maison-Blanche, dont la spécialité est de repousser toujours plus loin les limites de l\u2019incohérence et de l\u2019immoralité.Depuis son élection, Donald Trump est en position de faiblesse permanente à l\u2019échelle internationale.Sa promesse de faire passer « l\u2019Amérique en premier » se traduit par le retour en force de politiques isolationnistes en net décalage avec la réalité moderne.L\u2019expansion du commerce international et la signature d\u2019accords de coopération économique ont mené à une situation d\u2019interdépendance accrue des économies mondiales.Le protectionnisme économique, qui va souvent de pair avec le populisme politique, offre une réponse à courte vue aux problèmes réels engendrés par la mondialisation.Les querelles commerciales entre le Canada et les États-Unis sont le symptôme d\u2019un mal plus grand.On assiste à un travail de sape des valeurs de coopération et de la primauté du droit international, a fait remarquer le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Canada, Perrin Beatty.Dans une certaine mesure, Donald Trump a profité de la tribune du G7 pour affaiblir davantage les piliers de l\u2019ordre mondial mis en place au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.Sa suggestion de réintégrer la Russie dans le G7 témoigne de la piètre importance qu\u2019il accorde à ces instances.Les conditions qui présidaient au moment de l\u2019expulsion de la Russie du G8 n\u2019ont pas changé d\u2019un iota : elle occupe toujours la Cri- mée en contravention du droit international, et c\u2019est sans parler de l\u2019ingérence du Kremlin dans l\u2019élection présidentielle de 2016.En traitant mieux les régimes hostiles aux gouvernements occidentaux que ses alliés, Donald Trump envoie le message à la Russie et à la Chine qu\u2019elles ne rencontreront aucun obstacle dans leurs ambitions de rayonnement et d\u2019influence géostratégique.Pour le Canada et ses alliés, l\u2019heure est à la patience.Ils doivent se rappeler que leur relation historique avec les États-Unis est plus durable que la présidence de Trump, et redoubler d\u2019efforts dans leur défense des instances de coopération internationale.LEDEVOIR // LE LUNDI 11 JUIN 2018 ÉDITORIAL A 6 LE DEVOIR // FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Luce Julien Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Vice-président des ventes publicitaires Mark Drouin Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Directrice de l\u2019information Marie-Andrée Chouinard Directeur de l\u2019information numérique Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet FRÉDÉRIC LAURIN PROFESSEUR D\u2019ÉCONOMIE À L\u2019UQTR, AUTEUR D\u2019OÙ SONT LES VINS ?LE PROBLÈME DE LA DISTRIBUTION DES VINS ET DES ALCOOLS AU QUÉBEC (HURTUBISE 2009) ET COAUTEUR DE L\u2019ÉTUDE MONOPOLE INC.Le débat sur l\u2019avenir de la Société des alcools du Québec (SAQ) a refait surface avec l\u2019annonce presque simultanée de la Coalition avenir Québec et du Parti libéral du Québec de revoir le modèle d\u2019affaires de la société d\u2019État s\u2019ils se font élire en octobre prochain.La CAQ propose de mettre fin au monopole de la SAQ, pour permettre un meilleur accès aux produits, tandis que le PLQ entend réaliser une étude afin de rendre le système de distribution des vins et des alcools plus efficace, peut-être à travers une privatisation totale ou partielle.Campagne électorale oblige, le débat a vite pris une tournure idéologique.Selon le leader parlementaire du PQ, Pascal Bérubé, cette question « n\u2019est pas pragmatique, c\u2019est idéologique ».Michel David, dans sa chronique du Devoir du 2 juin , analyse le débat à travers ce prisme idéologique, en contrastant les positions de l\u2019Institut économique de Montréal (IEDM) \u2014 un think tank résolument de droite \u2014 avec celles de l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socio- économiques (IRIS) \u2014 un think tank résolument de gauche.Or, la vraie problématique n\u2019est pas idéologique.C\u2019est à la base une question de plaisir du vin et de diversité ! Depuis de nombreuses années, je fais la proposition suivante: une libéralisation partielle du marché des vins et alcools au Québec, permettant à des petites boutiques de vins et d\u2019alcool de pouvoir venir faire concurrence à la SAQ.L\u2019objectif est de compléter l\u2019offre de produits par de petits « cavistes », soit de boutiques dynamiques et spécialisées, qui sauraient offrir aux consommateurs québécois des produits typiques et originaux.Attention à la confusion des mots ici.Il ne s\u2019agit pas ici d\u2019une «privatisation», soit la vente de la SAQ, une société publique, à des intérêts privés.Elle demeurerait une société d\u2019État et ne disparaîtrait pas : elle joue un rôle important pour la distribution des vins et des alcools sur l\u2019ensemble du territoire québécois, afin de garantir une diversité de produits dans toutes les régions.Mais à cela, on complèterait le marché par des petites boutiques.C\u2019est donc une «libéralisation partielle», c\u2019est-à-dire qu\u2019on abroge («libère») les règles qui établissent la situation de monopole, afin de permettre un peu de concurrence.[\u2026] La SAQ opère comme un grand distributeur, un supermarché du vin.Elle accorde la priorité aux grandes marques multinationales du vin qui ont les moyens financiers pour accéder aux tablettes de ses succursales.Les producteurs doivent payer des sommes « promotionnelles » importantes pour bénéficier d\u2019une distribution plus uniforme et plus visible.Les petits producteurs trouvent difficilement leur place dans un tel système.C\u2019est la raison pour laquelle mê - me les vins québécois sont si mal distribués à la SAQ, malgré les pressions du gouvernement et l\u2019engouement des consommateurs pour les produits du terroir d\u2019ici.En outre, la SAQ ne souhaite pas gérer plus d\u2019un certain nombre de références, pour des raisons de coûts et de logistique.Malgré les apparences, elle limite donc la diversité de produits pour l\u2019ensemble du Québec, puisque c\u2019est un monopole.Ce sont des milliers de produits à travers le monde que nous ne pouvons pas déguster au Québec.[\u2026] J\u2019ai rencontré un très grand nombre de producteurs européens et, à l\u2019évocation de la SAQ, c\u2019est toujours la même réaction : colère, frustration et incompréhension.Ils ne conçoivent pas pourquoi leurs bons produits, pourtant appréciés par de nombreux touristes québécois, ne pourraient être vendus au Québec.La SAQ agit comme un goulot d\u2019étranglement de la diversité.Est-ce de droite ou de gauche de pouvoir déguster au Québec ses délicieux produits non offerts par la SAQ ?[\u2026] Est-ce de droite ou de gauche de souhaiter l\u2019authenticité d\u2019un service plus personnalisé, informé et spécialisé, sachant partager le plaisir et les connaissances?[\u2026] Puisque c\u2019est une libéralisation partielle, la SAQ risque certes de perdre quelques parts de marché, mais non la totalité.Elle continuera à verser des revenus importants au gouvernement, d\u2019autant plus que la concurrence amènera la SAQ à devenir plus performante, plus efficiente et plus proactive, avec peut- être des prix plus abordables.Quant aux revenus perdus, ils peuvent être retrouvés par une taxation adéquate.C\u2019est le cas pour la cigarette: nul besoin d\u2019un monopole pour assurer un contrôle des ventes et des revenus de taxation.[\u2026] La gauche et la droite s\u2019emparent du dossier de la SAQ puisque, étant une société d\u2019État, c\u2019est un marqueur de ce clivage idéologique.Mais la distribution des vins et des alcools, en soi un marché assez banal, ne devrait être l\u2019objet d\u2019un débat doctrinal.Ce n\u2019est ni un service essentiel (éducation, santé), ni un actif économique stratégique (Hydro- Québec), ni le fruit précieux de la Révolution tranquille (le monopole date des années 1920).Et il n\u2019y a aucune théorie économique pour justifier un monopole du vin, comme c\u2019est le cas pour l\u2019électricité.[\u2026] L\u2019enjeu réel, comme économiste et épicurien, c\u2019est le plaisir de la dégustation et la diversité ! Quatre questions à Jean Chrétien Dans une entrevue réalisée par Le Devoir en lien avec la sortie d\u2019un documentaire à Radio-Canada sur ses meilleurs souvenirs en politique, Jean Chrétien explique qu\u2019il a pris beaucoup de plaisir à se raconter.Mais l\u2019on peut être assuré qu\u2019il ne racontera pas tout, ou du moins qu\u2019il saura en oublier ou en corriger à sa façon des parties, que ce soit sur octobre 1970 ou sur les expropriations du parc Forillon dans la même année, ou encore sur l\u2019aéroport de Mirabel entre 1969 et 1975 et sur la commission Gomery en 2004.Dans le cas d\u2019octobre 1970, Chrétien oubliera certainement de parler des 435 Québécois emprisonnés sans jamais être accusés et en recourant à des techniques de torture psychologique, dont Gérald Godin et Pauline Julien [\u2026].Tout cela pour créer la peur chez les Québécois et ensuite essayer par tous les moyens possibles de les manipuler, comme il l\u2019a fait avec la grande manifestation de la supposée sympathie des Canadians en 1995.Quant à l\u2019expropriation [\u2026] des 225 cultivateurs de Forillon, alors qu\u2019il était ministre responsable, ceux-ci ont non seulement été expropriés pour une bouchée de pain, mais ils ont dû évacuer leur maison en vitesse et en pleurant alors que ses fonctionnaires y mettaient déjà le feu.Pour ce qui est de l\u2019aéroport de Mira- bel, toutes les études québécoises (sauf celle de Benjamin Higgins de l\u2019Université McGill commandée et réalisée en quatre jours) avaient démontré que sa construction à cet emplacement loin de Montréal et des besoins de la population, allait contre toute logique économique et géographique.Aéroport sur des terres expropriées de la même façon barbare qu\u2019à Forillon et qui nous a coûté plus de deux milliards de dollars (d\u2019aujourd\u2019hui) pour rien, tout en ne nous laissant finalement que l\u2019aéroport Trudeau, qui ne pourra que continuer à être congestionné et à multiplier le bruit incessant pour une bonne partie des Montréalais.Terminons avec la commission Go- mery qui s\u2019est vue obligée de le blanchir alors qu\u2019il était le grand patron d\u2019une des plus grandes magouilles canadiennes de détournement de fonds publics pour tuer les espoirs d\u2019un très grand nombre de Québécois.Puisque les acteurs qui travaillaient directement pour lui ont tous pris le blâme sur leurs épaules.À moins que, finalement, il avoue avoir été manipulé ou n\u2019avoir rien vu comme un triple idiot.Et l\u2019on pourrait continuer ainsi en se demandant comment fait le temps pour faire oublier la bêtise humaine, mais aussi, comme le dirait Voltaire, en espérant qu\u2019il en reste toujours quelque chose.Pierre-André Julien, professeur émérite, UQTR Le 4 juin 2018 L\u2019enjeu de la privatisation de la SAQ n\u2019est pas idéologique LIBRE OPINION LETTRES SOMMET DU G7 Trump torpille ses meilleurs alliés D BRIAN MYLES Bravo au Devoir D\u2019abord, concernant La Presse dont je suis un fidèle lecteur comme du Devoir d\u2019ailleurs, pour votre prise de position attendue et parfaitement conforme aux objectifs de liberté des médias qui sont les miens.Ceux qui font un procès d\u2019opinion à ce journal avant de donner leur accord à une formalité législative se déshonorent et n\u2019auront pas beaucoup de crédibilité à l\u2019avenir pour défendre la liberté de la presse.Puis pour cette nouvelle signature du Devoir cette semaine.Vous dites « .attachement du Devoir à son édition imprimée, un produit de niche pour lequel les lecteurs et lectrices sont prêts à payer le juste prix » et je vous appuie totalement.Bonne continuation.Gérard Deschênes Longueuil, le 7 juin 2018 LEDEVOIR // LE LUNDI 11 JUIN 2018 A 7 IDÉES Le premier ministre recadré L e 5 mars à Paris, aux côtés d\u2019Emmanuel Macron, Philippe Couillard, visiblement réjoui, annonçait que le président avait accepté son invitation à s\u2019adresser à l\u2019Assemblée nationale, tout comme Nicolas Sarkozy et François Hollande.« Ce sera un grand moment, le moment où vous viendrez vous adresser aux représentants du peuple québécois.» Il y voyait la « manifestation d\u2019une amitié profonde » entre les peuples français et québécois.Faut-il en conclure a contrario que l\u2019annulation de sa visite à Québec consacre un recul de l\u2019influence du Québec vis-à-vis de Paris et au sein du triangle formé avec Ottawa ?Un rééquilibrage commencé depuis 2014 et l\u2019élection du Parti libéral du Québec ?Avec un peu d\u2019imagination, Emmanuel Macron aurait facilement pu invoquer des raisons de sécurité, mais la consule générale de France à Québec a démenti cette hypothèse dans Le Soleil du 31 mai.Cherchons donc ailleurs.Dans son agenda, nous dit-on.Oui, le président français a un horaire bien rempli.Un horaire présidentiel, quoi ! Mais les choix d\u2019agenda sont éminemment politiques.Il est éclairant de constater, à cet égard, que la République, convertie à la monarchie, a opté pour une rencontre avec la gouverneure générale du Canada ainsi qu\u2019une autre avec les Français établis à Montréal plutôt qu\u2019avec les députés de l\u2019Assemblée nationale du Québec ! Cela, en ramenant le volet bilatéral québécois à sa plus simple expression, qui plus est à Montréal et non à Québec, dans la capitale nationale, pourtant décrétée par la loi comme lieu de ce type de rencontres.En outre, au cours des derniers mois, Québec n\u2019a pas su convaincre Paris de la nécessité de reconduire sa candidate, Michaëlle Jean, au poste de secrétaire générale de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie, et ce, bien que le premier ministre se soit entretenu avec le président à ce sujet, début mars et à nouveau jeudi dernier.Emmanuel Macron a ainsi infligé une rebuffade au Québec, en annonçant fin-mai qu\u2019il soutiendrait la potentielle candidate rwandaise Louise Mushikiwabo.Décision réitérée en conférence de presse à Montréal, en présence même de notre premier ministre.Certes, le courant passe entre les quadragénaires Trudeau et Macron et, pour le président français, il y avait, ne serait- ce que du point de vue de l\u2019image, plus à gagner à se lier avec la rockstar de l\u2019égoportrait qu\u2019avec le cérébral docteur.De tous les présidents français, le leader d\u2019En Marche est le premier à être né après le « Vive le Québec libre ! » de De Gaulle et, sans l\u2019ombre d\u2019un doute, celui qui connaît le moins le Québec.De ce fait, les compteurs s\u2019étaient remis à zéro et il faut blâmer le gouvernement du Québec de n\u2019en avoir pas fait plus pour conserver son « avantage concurrentiel » historique.Avant même l\u2019élection d\u2019Emmanuel Macron, Québec avait perdu de précieux points en France.Qu\u2019on se rappelle la visite ratée de Manuel Valls, premier ministre socialiste, en octobre 2016, pendant laquelle on avait pu constater qu\u2019il y avait déjà pas mal d\u2019eau dans le gaz : ne serait-ce que par les interférences, constamment repoussées jusque-là au plus haut niveau en France et au Québec, de l\u2019ambassadeur de France à Ottawa dans cette relation encore « directe », mais de moins en moins « privilégiée ».Aucun premier ministre québécois, ni Jean Charest ni, bien sûr, les premiers ministres issus du Parti québécois, n\u2019avait accepté jusqu\u2019à maintenant de s\u2019éloigner, ne serait- ce qu\u2019un instant, d\u2019un membre permanent du Conseil de sécurité de l\u2019ONU, ni de voir faiblir le lien politique du Québec avec un membre du G7, un pays actuellement au centre de l\u2019Union européenne, compte tenu du contexte politique en Allemagne et en Italie, ainsi que du Brexit.Un pays qui, avec un PIB de près de 3000 milliards de dollars, constitue la 6e économie mondiale.Mais doit-on réellement s\u2019en étonner puisque la seule ambition du Parti libéral depuis quatre ans est de se comporter en gouvernement ultra complaisant face à Ottawa, gérant une province comme les autres, sans la conscience nationale qui a toujours habité ses prédécesseurs depuis la Révolution tranquille ?Or la politique étrangère d\u2019un État n\u2019est jamais que le prolongement de sa politique intérieure.LOUISE BEAUDOIN ÉMILE MARTEL PRÉSIDENT DE L\u2019ACADÉMIE DES LETTRES DU QUÉBEC Monsieur le Premier Ministre, J\u2019ai un fils, Yann Martel, qui a posté très publiquement 101 lettres à un premier ministre.On en a, à l\u2019époque, fait grand cas dans les médias.Pour ma part, je ne vous en ai adressé que deux ces derniers mois puis, comme je ne recevais pas de réponse, 51 \u2014 51 ! \u2014 collègues de l\u2019Académie des lettres du Québec vous ont signé le 13 mai une troisième lettre, rendue publique, celle-là ; comme président, je me suis joint à eux.Cette lettre-ci ne vient pas du président de l\u2019Académie des lettres du Québec.Elle vient de ce que l\u2019on appelle « un simple citoyen », dont le fils a donné l\u2019exemple d\u2019un désir respectueux de dialogue avec le chef de son gouvernement.On sait que vous êtes un lecteur, on dit que vous aimez la littérature.Vous en connaissez donc l\u2019importance dans ce qui nous singularise, ce qui nous explique à nous-mêmes et au monde.C\u2019est dans le numérique, certes, mais tellement dans l\u2019écrit.N\u2019allez pas croire que je vais parler d\u2019autre chose que du sort de l\u2019Académie.Yann parlait à M.Harper du sort de son pays et du besoin qu\u2019il avait d\u2019un leadership éclairé, informé, sophistiqué, qui a lu et souhaite qu\u2019on lise.La même courtoisie dont je n\u2019ai pas manqué d\u2019émailler les lettres que je vous ai faites, il l\u2019a utilisée sans faille, mais sans réponse.L\u2019énergie que j\u2019ai consacrée à vous présenter mon inquiétude en exposant les tenants et les aboutissants de la demande qu\u2019on accorde à l\u2019Académie des lettres du Québec une reconnaissance officielle, accompagnée d\u2019un modeste viatique, ces lettres sont restées sans réponse.Que dois-je faire pour qu\u2019on en parle, vous et moi ?C\u2019est bien de la société québécoise qu\u2019on parle, et d\u2019un aspect de son avenir ancré dans son passé.C\u2019est de culture qu\u2019il s\u2019agit.Et, quel que soit le titre de vos ministres, l\u2019expérience d\u2019une réunion récente avec celle qui est responsable de la culture nous prouve que c\u2019est vraiment chez vous, sur votre table que cette affaire doit être traitée.C\u2019est une affaire modeste, certes, mais c\u2019est une affaire d\u2019État.Je prends l\u2019audacieux risque de vous répéter la première phrase de ma première lettre, celle qui date du 11 octobre dernier : « Je ne peux commencer cette demande sans affirmer que ce qui est inutile est souvent nécessaire et ce qui est hors de prix peut parfois coûter très peu.C\u2019est un simple citoyen qui vous présente cette demande.» Avec mes respects et mes salutations distinguées.LETTRE À PHILIPPE COUILLARD Sauvez l\u2019Académie des lettres du Québec ÉGIDE ROYER PROFESSEUR À LA FACULTÉ DES SCIENCES DE L\u2019ÉDUCATION DE L\u2019UNIVERSITÉ LAVAL En mars 2017, je proposais une grille pour permettre d\u2019évaluer la politique québécoise (alors à venir) de la réussite éducative.Lors de son dépôt, en juin 2017, j\u2019ai accordé, en utilisant cet instrument, une note de 8/10 au projet proposé par le ministre de l\u2019Éducation, Sébastien Proulx.Nous étions d\u2019ailleurs nombreux à manifester, à la lecture de ce document, un optimisme bien réel, quoique prudent.Une année plus tard, le moment est venu de refaire l\u2019exercice à la lumière des décisions qui ont réellement été prises et des actions qui ont effectivement été faites.Les directives de corrections sont demeurées les mêmes que celles utilisées en 2017 : j\u2019ai accordé une note variant de 0 à 1 à chacune des 10 mesures suivantes, selon qu\u2019elle a fait ou non l\u2019objet d\u2019une décision ou d\u2019une action gouvernementale.1.Le gouvernement a décidé qu\u2019il fallait cesser d\u2019improviser en éducation : il a procédé à la création d\u2019un Institut national d\u2019excellence en éducation, un organisme indépendant qui devient la référence en ce qui a trait aux pratiques exemplaires qui reposent sur des données probantes.Note obtenue : 0 2.Le gouvernement a reconnu que la majorité des enfants vulnérables ne vivent pas en milieu défavorisé : il a pris la décision offrir, d\u2019ici 2022 la maternelle 4 ans à tous les jeunes Québécois.Note obtenue: 0,25 (pour l\u2019augmentation du nombre de places en maternelle 4 ans dans des milieux défavorisés) 3.Le ministre de l\u2019Éducation a ciblé la littératie comme un élément fondamental de la réussite scolaire : il a décidé d\u2019assurer, entre autres, un suivi systématique aux lecteurs débutants et d\u2019offrir rapidement une intervention professionnelle à ceux qui éprouvent des difficultés.Note obtenue : 1 4.Le gouvernement a affirmé clairement que la qualité de la langue et du dossier scolaire des candidats à la profession d\u2019enseignant n\u2019était plus négociable : il a décidé d\u2019en faire une exigence d\u2019admission au baccalauréat en enseignement.Note obtenue : 0 5.Le ministre de l\u2019Éducation reconnaît officiellement que l\u2019enseignement est une profession.Il a décidé que sa pratique deviendrait encadrée par deux ordres professionnels : celui des enseignants et celui des orthopédagogues.Note obtenue: 0,25 (pour le soutien accordé à la demande des orthopéda- gogues de créer un ordre professionnel) 6.Le gouvernement a reconnu la sous- scolarisation des jeunes adultes québécois, particulièrement celle des hommes francophones.Le ministre a donc pris des mesures pour accorder une attention particulière aux difficultés scolaires des garçons et valoriser la présence de modèles masculins de réussite, particulièrement en littératie.Note obtenue : 0,25 (Pour les activités annoncées pour les jeunes en difficulté en lecture, très majoritairement des garçons) 7.Le ministre constate des taux nettement trop faibles de diplomation chez les élèves handicapés ou en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage.Il a révisé la politique en adaptation scolaire et a déposé un plan d\u2019action pour 1) déterminer un plancher garanti de services professionnels, 2) assurer les mesures de prévention et l\u2019intervention précoce en adaptation scolaire, 3) augmenter obligatoirement la formation des enseignants et 4) remplacer l\u2019approche catégorielle (l\u2019exigence d\u2019un diagnostic) pour octroyer le financement et offrir les services adaptés.Note obtenue: 0,25 (pour les mesures assurant des services professionnels minimaux dans toutes les écoles, indépendamment du nombre d\u2019élèves inscrits) 8.Conscient de la confusion qui existe entre les termes diplomation et qualification, le ministre a décidé que dorénavant l\u2019indicateur reconnu au Québec pour évaluer l\u2019évolution de la diploma- tion au secondaire sera la proportion d\u2019une cohorte d\u2019élèves qui obtiennent, avant l\u2019âge de 20 ans, un diplôme d\u2019études professionnelles (DEP) ou un diplôme d\u2019études secondaires (DES).Note obtenue : 1 9.Le gouvernement a reconnu que la société québécoise doit communiquer aux jeunes et à leur famille des attentes élevées quant à la réussite éducative.L\u2019âge de fréquentation scolaire obligatoire a donc été haussé à 18 ans ou l\u2019obtention d\u2019un des diplômes du secondaire.Note obtenue : 0 10.Le ministre a pris la décision que toutes les écoles doivent dorénavant contribuer à la réussite éducative de tous les élèves.Il a donc fait obligation aux écoles privées et aux écoles publiques à projets pédagogiques particuliers d\u2019adopter une politique inclusive d\u2019admission, respectueuse de la proportion des élèves québécois (20 %) handicapés ou en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage.Note obtenue : 0 Résultat total : 3/10 Interprétation et commentaires Les décisions qui ont été prises et les actions qui ont été faites par ce gouvernement sont insuffisantes pour lui permettre d\u2019atteindre la note de passage.(1) La présente administration est retombée dans les mêmes ornières que les précédentes : faire toujours encore plus de la même chose, évitant d\u2019agir sur un nombre suffisant des leviers reconnus parmi les plus importants par les meilleurs systèmes éducatifs.Le Québec ne devra pas se surprendre d\u2019obtenir de nouveau les mêmes résultats et de continuer à accuser le même « déficit éducatif ».Si la tendance des décisions ministérielles se maintient d\u2019ici la rentrée de septembre, et cela me semble probable, les hésitations, l\u2019indécision et la grande sensibilité de ce gouvernement aux pressions des groupes d\u2019intérêt contribueront ainsi, une fois de plus, à l\u2019échec scolaire et à la sous-scolarisation, pourtant évitables, de plusieurs milliers de jeunes Québécois.Faire fi des pratiques exemplaires en éducation a en effet un coût humain: pour plusieurs enfants, adolescents et jeunes adultes, il continuera à être malheureusement bien réel.(1) Note de 8 à 10 : de très bon à excellent.La situation de la réussite éducative au Québec est vraiment susceptible de s\u2019améliorer d\u2019ici cinq ans ; le taux de diplomation après 6 années passées au secondaire rejoindra probablement, d\u2019ici 2025, celui des meilleurs systèmes éducatifs d\u2019Amérique du Nord.Note de 5 à 7 : de faible à passable.Le taux de diplomation (DEP + DES après sept années au secondaire) continuera à augmenter lentement et va très probablement demeurer, compte tenu de l\u2019écart actuel, inférieur à celui des meilleurs systèmes éducatifs nord- américains.Note de 4 ou moins : insuffisant.L\u2019épreuve devra être reprise.RÉUSSITE SCOLAIRE Le gouvernement est loin de la note de passsage Faire fi des pratiques exemplaires en éducation a un coût humain, rappelle l\u2019auteur.ÉRIC FEFERBERG AGENCE FRANCE-PRESSE C\u2019est une affaire modeste, certes, mais c\u2019est une affaire d\u2019État » ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com LEDEVOIR // LE LUNDI 11 JUIN 2018 LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Des affiches faisant la promotion d\u2019une « journée Ricardo », où des plats du chef cuisinier sont au menu de la cafétéria, ont causé un certain malaise dans une école secondaire de Longueuil.Des enseignants se sont dits étonnés de voir qu\u2019on y faisait la part belle à ses recettes et possiblement de la publicité gratuite pour l\u2019homme d\u2019affaires.« Je me questionne.La publicité est, à la base, pour la cafétéria.C\u2019est acceptable.Mais il s\u2019agit d\u2019une pub pour Ricardo par la bande.La publicité n\u2019estelle pas interdite dans les écoles ?», a dit au Devoir un des enseignants de l\u2019école Gérard-Filion, qui a voulu garder l\u2019anonymat.« Dans un contexte où Ricardo, un chef cuisinier businessman, est déjà présenté comme un expert de la nutrition par Lab-École, ça me surprend de voir son visage placardé à la cafétéria et dans les salles de repas des élèves d\u2019abord, et sur des feuilles plus grandes encore dans les salles de profs ensuite.» Les affiches en question présentent « Les journées Ricardo » avec la photo du célèbre créateur culinaire, les photos des trois plats inspirés de ses recettes et le logo de Laberge Services Alimentaires (LSA).Elles ont été produites et installées à l\u2019initiative de l\u2019en- treprise-traiteur qui gère la cafétéria et non de Ricardo Media, qui n\u2019était pas au courant lorsque Le Devoir l\u2019a contacté.Aucune entente n\u2019a été conclue avec ce traiteur ni l\u2019école, as- sure-t-on.« D\u2019emblée, on sait que des garderies et des écoles utilisent les recettes de Ricardo et on n\u2019a aucun problème avec ça.On est bien heureux et flattés, mais ça ne veut pas dire qu\u2019il y a un crédit qui est accordé à la marque Ricardo », explique Nathalie Carbon- neau, responsable des communications et du marketing.« Souvent, on n\u2019est pas au courant quand les écoles reprennent nos recettes.» Ricardo Media ne souhaiterait toutefois pas voir la photo du chef ou son logo repris pour le privilège d\u2019une entreprise privée.« Qu\u2019on utilise nos recettes pour nourrir les jeunes, aucun problème, mais qu\u2019ils en fassent la promotion sur leur site, c\u2019est autre chose.» La Commission scolaire Marie-Vic- torin (CSMV) dit avoir donné son approbation au projet.Mais hormis les affiches, « aucune autre promotion de ces journées n\u2019a été faite », a indiqué Annie Massicotte, porte-parole de la CSMV.Ces journées auraient été approuvées « dans un but de promouvoir la saine alimentation et d\u2019encourager les élèves à manger à l\u2019école, et non dans les restaurants avoisinants ».Lutter contre la malbouffe Depuis 2013, les journées thématiques Ricardo ont lieu huit fois par année dans les neuf écoles où LSA gère la cafétéria de même qu\u2019auprès de ses clients d\u2019entreprise.L\u2019entreprise fait sa propre promotion de l\u2019événement en posant des affiches et fait tirer des cadeaux parmi ceux qui s\u2019abonnent à son infolettre.« On a accès aux rabais d\u2019entreprise de Ricardo et ça nous permet de faire un clin d\u2019œil à notre clientèle et à nos usagers », dit Julie La- berge, cofondatrice et dirigeante, avec sa sœur, de l\u2019entreprise qui a 16 ans d\u2019existence.« Le jour où on fait la recette, on l\u2019imprime, et l\u2019objectif est de sensibiliser les gens à bien manger.» Il semblerait toutefois que ces journées thématiques Ricardo n\u2019aient pas été publicisées auprès des parents de l\u2019école Gérard-Filion.Julie Laberge ne croit pas que ces journées thématiques constituent de la publicité à proprement parler.« Soyons sérieux, je ne pense pas que demain matin un élève de 2e secondaire va me dire « j\u2019ai vu une recette de Ricardo à mon école et je vais m\u2019abonner au magazine ».Et si jamais il le faisait, ce serait tant mieux ! On va peut-être encourager un futur cuisinier », dit-elle.Mme Laberge explique que son entreprise, qui a pour but de lutter contre la malbouffe et vise même devenir zéro déchet, doit batailler ferme pour se tailler une place dans ce milieu de gros joueurs.L\u2019idée de ses journées thématiques Ricardo lui est venue alors qu\u2019elle était déçue d\u2019avoir perdu un gros contrat dans une école privée.« Je suis allée frapper à la porte de Ricardo pour savoir si j\u2019avais sa permission pour cuisiner de ses recettes », raconte-t- elle.« Moi, je n\u2019ai pas les moyens de Ricardo jusque dans les cafétérias d\u2019école Une publicité cause un malaise dans une école de Longueuil me payer Ricardo comme porte-parole, mais on nous a permis de cuisiner les recettes.» En plus d\u2019être bon coup marketing qui lui permet de se démarquer et de lui donner une certaine « crédibilité », c\u2019est une façon d\u2019encourager les créateurs d\u2019ici, croit-elle.« On aime encourager Ricardo et on est en train de regarder ce qu\u2019on pourrait développer avec Marilou [Trois fois par jour].L\u2019objectif, c\u2019est d\u2019encourager les gens de chez nous.» De la publicité pour enfants ?La Loi sur la protection du consommateur interdit la publicité destinée aux enfants de moins de 13 ans.Une publicité risque davantage d\u2019être considérée comme s\u2019adressant aux enfants si un ou plusieurs de ces critères s\u2019appliquent, rappelle Charles Tanguay, porte-parole de l\u2019Office de la protection du consommateur (OPC), à savoir si le bien ou le service peut les intéresser, si la conception de la publicité est enfantine et si le lieu ou le moyen de diffusion contribuent à rejoindre les enfants.« Dans le cas d\u2019une école, il est clair que le lieu de diffusion vise les enfants, mais il reste à déterminer si le message vise les enfants », dit M.Tanguay.Dans le cas dont il est ici question, l\u2019OPC ne peut se prononcer sans avoir mené une enquête en bonne et due forme, explique-t-il.Un cas classique de condamnation pour publicité destinée aux enfants est survenu en 2009 : l\u2019entreprise de petits gâteaux Vachon distribuait des desserts en forme de singe dans des centres de la petite enfance.Les gâteaux étaient accompagnés de livres d\u2019histoire, de bons de réduction et d\u2019autocollants à l\u2019image de la marque de gâteaux.L\u2019entreprise avait plaidé coupable aux accusations de publicité illégale destinée aux enfants déposées par l\u2019OPC.Avec Marco Fortier L\u2019affiche de la cafétéria LE DEVOIR D\u2019emblée, on sait que des garderies et des écoles utilisent les recettes de Ricardo et on n\u2019a aucun problème avec ça.On est bien heureux et flattés, mais ça ne veut pas dire qu\u2019il y a un crédit qui est accordé à la marque Ricardo.NATHALIE CARBONNEAU » MARCO FORTIER LE DEVOIR C\u2019est le travail d\u2019une vie.Un ouvrage décrit comme un « joyau unique ».Le Dictionnaire actuel de l\u2019éducation, considéré comme une bible dans les facultés d\u2019enseignement, est menacé de disparaître du patrimoine culturel québécois, faute d\u2019éditeur pour en produire une version numérique.Cette brique de 1554 pages a fait l\u2019objet de trois éditions, dont une chez Larousse.L\u2019auteur, le professeur émérite Renald Legendre, travaille depuis 12 ans sur une quatrième édition, mais il est au bout du rouleau.Au bord de l\u2019épuisement.Aucun éditeur ni aucun organisme subventionnaire ne veut financer la suite de ses recherches pour publier une quatrième édition \u2014 qui serait numérisée \u2014 de son Dictionnaire actuel de l\u2019éducation.Cette indifférence du milieu intellectuel québécois est scandaleuse, estime Pierre Paradis, professeur retraité du Département des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université du Québec à Ri- mouski (UQAR), qui a déjà collaboré à la rédaction de cet ouvrage.« Je pars en croisade pour sauver ce joyau unique d\u2019une mort certaine, dit M.Paradis.Je trouve honteux, voire scandaleux, que personne n\u2019intervienne pour financer le Dictionnaire actuel de l\u2019éducation.C\u2019est un travail d\u2019une très grande qualité scientifique qui s\u2019en va possiblement aux oubliettes par faute de soutien financier.» Travail de moine À 76 ans, Renald Legendre travaille jusqu\u2019à 10 heures par jour sur cette quatrième édition.Mais il n\u2019a aucune subvention pour embaucher du personnel de recherche.Depuis sa retraite il y a une douzaine d\u2019années, il n\u2019a plus de bureau à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), où il a consacré sa vie à l\u2019enseignement de la pédagogie.Il a déménagé 14 000 documents dans son garage et dans son sous-sol, chez lui à Boucherville.Faute d\u2019espace, il a dû envoyer 10000 de ces documents au recyclage.«Je me sens en burn-out.J\u2019ai peut-être trop travaillé là-dessus dans les dernières années.Mon médecin m\u2019a dit de me reposer et de mechanger les idées», dit Re- nald Legendre.Cet ouvrage de référence dans la francophonie a été publié la première fois en 1993 chez Larousse.Deux autres éditions Croisade pour sauver un « joyau » de l\u2019éducation ont suivi chez Guérin Éditeur.La dernière édition remonte à l\u2019année 2005.Ce livre monumental recense 12 400 définitions sur les grands courants de pensée du dernier siècle en sciences de l\u2019éducation.Les enseignants apprécient aussi les définitions de phénomènes qu\u2019ils voient tous les jours en classe \u2014 dyslexie, déficit de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité, etc.On trouve même une définition des «compétences transversales», ce concept issu de la réforme de l\u2019éducation du début des années 2000\u2026 Compte tenu de l\u2019évolution de la recherche et des technologies, notamment À 76 ans, Renald Legendre travaille jusqu\u2019à 10 heures par jour sur cette quatrième édition.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Ce livre monumental recense 12 400 définitions sur les grands courants de pensée du dernier siècle.en intelligence artificielle, Renald Legendre estime qu\u2019il devrait ajouter plus de 7000 définitions à son dictionnaire, pour en porter le nombre à 20 000.«Il est important de franciser le vocabulaire de la recherche.L\u2019anglais gagne du terrain.Il y a de plus en plus de chercheurs québécois qui préfèrent publier dans des revues en anglais.Le Québec a été un précurseur en francisation, notamment par rapport à l\u2019influence néfaste des Français, qui ont tendance à angliciser les termes», dit Re- nald Legendre.Le Dictionnaire actuel de l\u2019éducation fait encore partie des ouvrages cités dans le milieu de l\u2019enseignement, mais il a besoin d\u2019une nouvelle édition pour demeurer pleinement pertinent, estime Monique Brodeur, doyenne de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019UQAM.«Notre collègue Renald Legendre a fait un travail remarquable, mais son travail a besoin d\u2019être mis à jour», dit-elle.Une version numérique serait essentielle.Mais cela coûte cher à produire, un dictionnaire en version numérique.L\u2019éditeur Guérin dit qu\u2019il n\u2019a pas les moyens de produire cette quatrième édition du Dictionnaire actuel de l\u2019éducation.Il a remis ses droits d\u2019auteur à M.Legendre.Le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur n\u2019a pas non plus de programme pour financer la publication du Dictionnaire, confirme un courriel transmis au Devoir.Cet ouvrage devrait être au menu de l\u2019Institut national d\u2019excellence en éducation, que le ministre Sébastien Proulx projette de créer, estime le professeur Pierre Paradis.« L\u2019accessibilité gratuite du dictionnaire dans un site Internet assurerait une survie inaltérable pour le futur.Y aura-t-il des commanditaires ou des mécènes advenant l\u2019incurie et l\u2019inertie persistante des ministères concernés ?» "]
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