Le devoir, 16 juin 2018, Cahier B
[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 DOSSIER La 41e législature en 10 points B 6 Le bulletin ministériel de Michel David B 7 MARIE-MICHÈLE SIOUI MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANTS PARLEMENTAIRES À QUÉBEC LE DEVOIR Philippe Couillard Les bons coups On s\u2019est donné les moyens », répète Philippe Couillard depuis le retour à l\u2019équilibre budgétaire, en mars 2016.L\u2019économie restera le point fort de son mandat, au cours duquel la cote de crédit du Québec a été augmentée pour surpasser celle de l\u2019Ontario et le taux de chômage a diminué, chutant à 5,4 % en mai.À l\u2019approche de l\u2019élection, le chef libéral joue à fond la carte de la « stabilité économique ».Mais dans un contexte où « l\u2019économie va bien », comme le martèle le gouvernement, le défi pour les libéraux sera de con vaincre les électeurs de ne pas profiter de l\u2019embellie pour prendre le ris que du changement.Autre bon coup : la gestion sereine du dossier du cannabis, que le premier ministre a confié à la ministre Lucie Charlebois.Les coups durs Philippe Couillard a tenté de con - vaincre les Québécois que son parti incarne le changement dans la continuité.Une stratégie floue, couplée de tentatives de faire croire au « renouveau » du Parti libéral, dans un con texte où plus du quart de son caucus a jeté l\u2019éponge à l\u2019approche de l\u2019élection.L\u2019étiquette « progressiste » accolée au parti par son directeur de campagne, Alexandre Taillefer, a aus si été reçue avec scepticisme.Sera-t- elle payante face à la CAQ , qui a plutôt tendance à attaquer les libéraux par la droite ?Autres coups durs : la tentative d\u2019attaquer la CAQ sur les enjeux de l\u2019immigration, les courbettes devant les anglophones, pendant que le vote des non-francophones fléchit dans les sondages.Jean-François Lisée Les bons coups La controverse du « Bonjour-Hi », qui a plongé le gouvernement libéral dans l\u2019embarras, c\u2019était lui.« I set the oldest trap in the book », s\u2019est félicité Jean- François Lisée dans un point de presse en anglais.L\u2019année s\u2019est ouverte sur une vague de départs au Parti québécois, mais le chef Lisée a vite rebondi.Aux électeurs, il a eu tôt fait de présenter une recrue (Jean-Martin Aus- sant) et une nouvelle co-chef (Véronique Hivon).Le hic ?Aucun de ces « bons coups » ne s\u2019est jusqu\u2019ici traduit par une hausse des appuis dans les sondages.Autre bon coup : l\u2019insistance du PQ a permis de montrer des failles dans les contrats du futur REM, dont les modalités financières demeurent pour une large part inconnues.Les coups durs Il y a bien eu des tentatives de charmer les X et les Y, de courtiser l\u2019électorat en proposant un « État fort », mais, sondage après sondage, le PQ échoue à combler le fossé qui le sépare des électeurs.Même les « gaf fes » \u2014 qui semblent souvent calculées \u2014 de Jean-François Lisée sur les enjeux identitaires semblent servir la CAQ , dont la députée Nathalie Roy est la porte-voix au Salon bleu.Après tout, les sondages donnent aux sympathisants caquistes le plus haut taux de préoccupation au sujet de l\u2019immigration\u2026 Autre coup dur : la candidature de Muguette Paillé, vite retirée après que la vedette du débat des chefs de 2011 eut cautionné des commentaires islamo- phobes sur Facebook.François Legault Les bons coups François Legault a fait ses choux gras de l\u2019uniformisation régionale de la taxe scolaire par les libéraux.« Dans les Laurentides, les gens paient 250 $ en moyenne de taxe scolaire.[Au] Sague- nay\u2013Lac-Saint-Jean, ils paient 750 $.Qu\u2019est-ce que [le premier ministre] a contre les gens du Saguenay\u2013Lac- Saint-Jean ?» a-t-il deman dé encore et encore, en promettant d\u2019appliquer le plus bas taux de taxation scolaire à l\u2019ensemble du Québec.Au fil des mois, laissant toujours de plus en plus de place à son équipe, il s\u2019est imposé comme la figure du changement en vue du scrutin d\u2019octobre.Autres bons coups : le recrutement de l\u2019ex-libérale Marguerite Blais, les annonces répétées de candidatures vedettes, donnant une impression d\u2019impulsion au parti.Les coups durs La grande réactivité de la CAQ a ses désavantages, dont celui de contraindre ses élus à reculer sur des déclarations faites à la hâte.Après avoir déclaré qu\u2019il était possible de réaliser « une bonne partie » du 3e lien entre Québec et Lévis dans un premier mandat, la CAQ a dû revenir sur ses propos pour plutôt parler d\u2019une « intention de 3e lien » dans un premier mandat.Même scénario pour le « grand chantier » énergétique promis par le chef caquiste : il a été reporté à un horizon de « 10, 15 ans » après que le p.- d.g.d\u2019Hydro-Québec lui eut tourné le dos.Le PLQ comme le PQ s\u2019en réjouissent, et reprochent à la CAQ d\u2019être « brouillonne » et de manquer de crédibilité.Autre coup dur : François Legault n\u2019a toujours pas détaillé les moyens qu\u2019il envisage pour accélérer la croissance économique et « viser la péréquation zéro », et cela fournit une ligne d\u2019attaque à ses adversaires.Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois Les bons coups QS est parvenu à faire une alliance avec le PQ et la CAQ pour réclamer une réforme du mode de scrutin, apaisant la discorde qui l\u2019oppose au PQ depuis l\u2019échec du projet de convergence au printemps 2017.Le parti a aussi attiré l\u2019attention avec sa plateforme militante « Mouvement », inspirée de la stratégie du démocrate Bernie Sanders.Fort de celle-ci, le parti promet d\u2019optimiser les efforts de ses sympathisants dans les circonscriptions qui sont à portée de main.QS vise à marquer le maximum de points sur le terrain, étant donné la grosseur et le budget de son équipe.Autre bon coup: l\u2019arrivée chez les solidaires de Vincent Marissal, bien que mouvementée, a donné un coup de pouce à la notoriété du parti.Les coups durs Les solidaires s\u2019efforcent de formuler des propositions concrètes pour séduire l\u2019électorat, mais certaines de ses discussions continuent d\u2019être tournées en ridicule.Les réseaux sociaux se sont enflammés quand le parti a proposé de bannir le mot « patrimoine », jugé trop masculin, ou de renoncer à l\u2019expression « magie noire », considérée comme trop offensante pour les personnes de couleur.En congrès en mai, QS a eu du mal à incarner les valeurs de transparence qu\u2019il prône, en tenant la quasi- totalité de ses échanges à huis clos.Dans les sondages, les intentions de vote pour les solidaires stagnent, autour de 10 %.Autres coups durs : le fémur cassé de Manon Massé, qui a privé Québec solidaire du tiers de sa députation pendant près de deux mois, et le départ annoncé du tout premier député solidaire élu à l\u2019Assemblée nationale, Amir Khadir.III BILAN DE FIN DE SESSION À QUÉBEC Bons coups et ratés des quatre chefs Jean-François Lisée GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Philippe Couillard JACQUES NADEAU LE DEVOIR Manon Massé VALERIAN MAZATAUD LE DEVOIR François Legault JACQUES NADEAU LE DEVOIR « orsqu\u2019elle fait surface, on croirait voir émerger un animal d\u2019un autre temps.Le souffle en V et les calosités que porte chaque individu rendent la baleine noire relativement facile à identifier.Mais en voyant la lenteur avec laquelle se déplace ce cétacé, en le voyant respirer jusqu\u2019à une quinzaine de fois, ou encore écrémer littéralement la surface pour s\u2019alimenter, on comprend mieux pourquoi cette baleine est toujours au seuil de l\u2019extinction, 80 ans après l\u2019interdiction de la chasse qui a presque anéanti l\u2019espèce.Il faut dire que cet animal, qui peut atteindre 15 mètres de longueur, passe beaucoup de temps en surface, le plus souvent près des côtes, le long de la côte est américaine (de la Géorgie au Maine), dans des zones où l\u2019industrie de la pêche est très active, de même que l\u2019industrie maritime.Qui plus est, elle est reconnue pour être peu réactive aux bruits générés par les navires.Résultat : la baleine noire a été victime pendant des décennies de très nombreuses collisions fatales, notamment au large du port de Boston, ou encore dans la baie de Fundy.Les engins de pêche ont eux aussi fait des ravages dans leur population.Encore au- jourd\u2019hui, les études des spécialistes, qui connaissent chacun des 450 individus, indiquent que 83 % des adultes portent des cicatrices, après s\u2019être empêtrés dans de tels engins.On ne comptait donc que 275 baleines noires au début des années 1990.Tout portait à croire à une extinction prochaine.Mais à force de plaidoyers de scientifiques, des mesures de protection ont été mises en place, d\u2019abord pour réduire les risques de collisions avec les navires commerciaux.Par exemple, au large de Boston, au nord de Cape Cod, un système de détection signale en continu la présence des animaux aux capitaines qui naviguent dans la zone.Règles américaines Dans ce secteur crucial pour l\u2019industrie maritime nord-américaine, des voies de navigation sont même déplacées selon les saisons, de façon à protéger les zones d\u2019alimentation.Ce programme, mis en place à la demande de l\u2019Agence américaine océanique et atmosphérique (NOAA), a d\u2019ailleurs dû être approuvé en 2009 par l\u2019Organisation maritime internationale, un organisme de l\u2019ONU.Cette règle, sans précédent aux États-Unis, s\u2019ajoute aux mesures imposées depuis maintenant 10 ans pour ralentir les navires.Ces mesures sont similaires à celles qu\u2019on voit aujourd\u2019hui dans le golfe du Saint-Laurent.Quant aux pêcheurs de la côte est, ils ont aussi été soumis depuis une décennie à des mesures strictes pour protéger les baleines noires.Ils doivent notamment faire usage de lignes de pêche qui ne restent pas en surface, attacher plusieurs casiers à leurs bouées et respecter des zones de fermeture.Bref, aux États-Unis, la sauvegarde des baleines noires est prise très au sérieux, et ce, depuis plusieurs années.Et toutes ces mesures ont démontré leur efficacité.Elles ont permis de faire doubler la population par rapport à ce qu\u2019elle était en 1990.Il s\u2019agit d\u2019ailleurs d\u2019un énorme succès de conservation, puisque le rythme de reproduction de la baleine noire est lent.La femelle peut, au mieux, donner naissance tous les trois ans, et ce, une fois qu\u2019elle a atteint l\u2019âge de 10 ans.Pendant que les autorités américaines mettaient en place toutes ces mesures pour sauver l\u2019espèce, rien de tout cela ne concernait véritablement le Canada.Il faut dire que les observations régulières de baleines noires sont relativement récentes.Mais au cours des dernières années, et sans qu\u2019on sache précisément pourquoi, elles ont été de plus en plus nombreuses dans le Saint-Laurent.Cette présence a pris un tournant dramatique en 2017, alors que les animaux retrouvés morts se sont multipliés, notamment en raison de collisions avec des navires ou d\u2019engins de pêche.Une situation qui a forcé le gouvernement à improviser des mesures de protection dès la mi-juillet.Il s\u2019agissait d\u2019ailleurs d\u2019un geste sans précé- dent pour la protection d\u2019une espèce de cétacé au pays.Puisque la saison de pêche au crabe tirait à sa fin, et que celle du homard était terminée, c\u2019est la limite de vitesse imposée aux navires qui a eu le plus d\u2019impacts.Le secteur des croisières a ainsi dû faire face à plusieurs annulations d\u2019escales.Tirer des leçons Ottawa a tiré des leçons de cette crise pour élaborer les mesures mises en place en 2018.Des limites de vitesse sont de nouveau en vigueur dans le golfe, mais avec des couloirs où les navires peuvent circuler à pleine vitesse.Malgré le caractère inédit et contraignant de ces mesures, elles sont bien accueillies par le secteur maritime.«La situation est meilleure cette année, parce que les mesures ont été développées par un groupe de travail.Il y a des annulations [d\u2019escales de croisières], mais elles sont moins nombreuses que l\u2019an dernier.Et à moyen ou à long terme, on pense que les compagnies de croisières vont s\u2019y habituer », explique René Tré- panier, directeur général de l\u2019Association des croisières du Saint-Laurent.Comme on a pu le voir cette semaine, la situation suscite surtout la colère des pêcheurs de homard et de crabe des neiges.Pêches et Océans Canada a multiplié les fermetures de zones de pêche (13 000 km2 au total), au fur et à mesure que les baleines noires arrivent dans les eaux du golfe pour s\u2019y alimenter au cours des prochains mois.Le ministre de Pêches et Océans, Dominic LeBlanc, s\u2019est d\u2019ailleurs dit « sensible» aux revendications des pêcheurs, mais aussi à celles du Québec et du Nouveau-Brunswick, qui réclament des compensations pour les pertes de revenus occasionnées par ces fermetures.Celles-ci ont été décrétées parce que les baleines, en s\u2019alimentant, peuvent aisément se prendre dans les cordages attachés aux casiers de homards ou de crabes, ce qui peut entraîner leur mort à court ou à moyen terme.Plusieurs espèces de cétacés ont été victimes de ces incidents dans les eaux du Saint- Laurent au fil des ans.Dans certains cas, il s\u2019agit d\u2019espèces qui constituent l\u2019épine dorsale d\u2019une autre industrie vitale pour l\u2019économie régionale, celle des croisières d\u2019observation de cétacés.Le gouvernement Trudeau est donc bien conscient que l\u2019épisode des mortalités élevées de baleines noires ne doit pas se reproduire, mais aussi que l\u2019industrie canadienne de la pêche doit se conformer, d\u2019ici 2022, aux dispositions du Marine Mammal Protection Act.Cette législation américaine impose à l\u2019industrie de démontrer que ses activités ne mettent pas en péril les mammifères marins.Si ce n\u2019est pas le cas, le lucratif marché américain sera tout simplement fermé.Or, pas moins de 80% de nos ressources marines y sont exportées.«Dans ce contexte, ne pas prendre de mesures aurait des impacts beaucoup plus importants, et à long terme», ont d\u2019ailleurs répété cette semaine, et sur toutes les tribunes, les porte-parole du fédéral.Les mesures inédites mises en place cette année par le gouvernement fédéral pour éviter une nouvelle hécatombe de baleines noires dans les eaux canadiennes ont suscité de vives critiques de la part de l\u2019industrie de la pêche, directement touchée.Ottawa réplique en disant que l\u2019inaction risquerait de bloquer l\u2019accès au lucratif marché américain, où de telles règles sont déjà imposées aux pêcheurs.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR BALEINES NOIRES Pêcheurs en colère Les mesures de protections font réagir l\u2019industrie, mais des règlements similaires existent déjà aux États-Unis La baleine noire a été victime pendant des décennies de très nombreuses collisions fatales avec des bateaux et de l\u2019équipement.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Le gouvernement fédéral s\u2019est engagé à protéger les baleines noires qui viennent se nourrir dans les eaux canadiennes.Mais pour y parvenir, il doit déployer des moyens très coûteux et inédits dans l\u2019histoire du pays.Une vaste opération qui doit aussi permettre d\u2019en apprendre beaucoup sur les mammifères marins qui nagent dans le golfe du Saint-Laurent.« C\u2019est un effort sans précédent au Canada », laisse tomber Jean-François Gosselin, biologiste à Pêches et Océans Canada.Ce dernier a d\u2019ailleurs plusieurs mois très occupés devant lui.C\u2019est en effet à lui que revient la tâche de coordonner les relevés aériens réguliers instaurés pour surveiller les baleines dans le golfe, mais aussi dans la baie de Fundy et au large de la Nouvelle-Écosse.En tout, cinq avions ont été nolisés uniquement pour surveiller cet immense écosystème marin, d\u2019une superficie de plus de 460 000 km2.Deux avions doivent ainsi patrouiller dans les zones de pêche sur une base quotidienne.Deux autres effectuent des opérations tout le long de la côte est canadienne.Un cinquième appareil effectue des vols au moins deux fois par semaine, afin de patrouiller sur les voies maritimes du golfe du Saint-Laurent, notamment pour surveiller les secteurs où des baleines noires pourraient se trouver.À cela s\u2019ajoute une équipe américaine, qui fait déjà un suivi régulier depuis plusieurs années.Des observateurs formés pour identifier les cétacés sont à bord de chacun des appareils, qui volent à moins de 300 mètres d\u2019altitude.Et leur tâche n\u2019est pas simple.« Les avions volent bas pour obtenir des conditions idéales pour les relevés visuels, qui sont notre principale méthode de détection.Mais il ne faut pas de brouillard, ni de nuages bas, ni trop de vent.Ces conditions ne sont pas toujours réunies », explique M.Gosselin.« Et dans le cas des baleines noires, on cherche en moyenne un animal par 1000 km2 », ajoute-t-il.Baleines à comptabiliser Pour aider les équipes, des avions sont munis de caméras qui prennent automatiquement des photos.Cela peut permettre de compter, par exemple, un grand groupe de dauphins.« On veut obtenir une meilleure compréhension de la distribution et de l\u2019abondance saisonnière des baleines noires dans les eaux canadiennes.Mais nous notons aussi les autres espèces de mammifères marins, car nous avons un problème avec les baleines noires, mais aussi avec les autres espèces », souligne le biologiste.Si elles sont prises sur plusieurs années, ces données permettront donc de préciser les mesures de protection nécessaires pour protéger les cétacés, afin de se plier aux exigences du Marine Mammal Protection Act, la législation américaine qui oblige l\u2019industrie de la pêche à prendre des mesures pour éviter les mortalités.D\u2019autres moyens sont mis en place pour bonifier les connaissances scientifiques.Des hydrophones sont disposés dans certains secteurs réputés comme étant fréquentés par les baleines, de façon à détecter leur présence.Un projet de « planeur sous-marin » automatisé permet en outre d\u2019enregistrer entre autres des informations sur les différentes espèces de cétacés, détectées par leurs chants.Combien coûte cette opération sans précédent ?Pêches et Océans Canada répond qu\u2019il est trop tôt pour préciser la facture globale.Mais Ottawa a prévu, sur cinq ans, une enveloppe de 167 millions consacrée uniquement à la protection des mammifères marins menacés.Une surveillance sans précédent Cinq avions ont été nolisés pour couvrir un total de 460 000 km2 Si elles sont prises sur plusieurs années, ces données permettront de préciser les mesures de protection nécessaires LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 PERSPECTIVES B 2 L Comment décrire notre relation commerciale avec les États-Unis?Pour bien comprendre la nature de ce qui nous unit, précisons d\u2019abord une chose : les échanges quotidiens entre le Canada et les États-Unis représentent le deuxième plus gros commerce bilatéral au monde, derrière celui qui lie les États-Unis et la Chine.Environ 30 % de cela passe par la frontière à Windsor- Detroit, où circulent chaque jour plus de 8000 camions.En 2017 seulement, les entreprises canadiennes ont vendu aux voisins du Sud biens et services pour 470 milliards.« Il y a une relation de dépendance très importante.On est un pays qui, toutes proportions gardées, exporte beaucoup plus que les États-Unis », rappelle Richard Ouellet, qui enseigne le droit international économique à l\u2019Université Laval.« On est un pays exportateur.Comme on a traditionnellement une économie de ressources naturelles, et qu\u2019on a de plus en plus une économie de services, on a besoin des marchés d\u2019exportation pour maintenir notre niveau de vie et nos emplois.[\u2026] Et on a besoin d\u2019un accès relativement prévisible au marché américain, ce qu\u2019on n\u2019a pas présentement.» En 2017, 76 % des exportations canadiennes ont pris le chemin des États- Unis.Parmi les produits les plus importants : le secteur automobile (18 % du total), les réacteurs nucléaires, les bouilloires et la machinerie (15 %), l\u2019équipement électrique (9 %) et l\u2019énergie (5,8 %).À quel point le Canada est-il important pour l\u2019économie américaine?Lorsqu\u2019on combine exportations et importations, les États qui font le plus de commerce avec leur voisin du Nord, selon Ottawa, sont le Michigan (en raison du secteur automobile), l\u2019Illinois (où se trouvent quatre grandes raffineries), la Californie (qui écoule ses fruits et légumes au Canada), l\u2019État de New York et le Texas, carrefour pétrolier.Quel que soit le ton du président au sujet de ce que les États-Unis subiraient bon an mal an aux mains du Canada, le gouvernement américain lui-même reconnaît d\u2019emblée que « le Canada était en 2017 le marché d\u2019exportation le plus important des États-Unis ».Sur l\u2019année, le Canada a acheté 18 % des exportations américaines, ce qui représente 282 milliards $US.Il s\u2019agit là d\u2019une augmentation de 6 % par rapport à 2016.« Le Canada est un marché très réceptif, ouvert et transparent pour les produits et services américains », est- il d\u2019ailleurs souligné sur le site Internet du programme Export.gov, coordonné par le Département du commerce américain.« Les Canadiens dépensent plus de 60 % de leur revenu disponible sur des produits et services des États-Unis.» « Les clients canadiens sont très importants », dit Benoit P.Durocher, économiste au Mouvement Desjardins.« Si on regarde le principal client par État américain, le Canada arrive en tête pour la grande majorité des États.C\u2019est le cas pour tout le nord et l\u2019est des États-Unis.» Ainsi, onze États seulement ont comme principale destination d\u2019exportation un pays autre que le Canada.Parmi les produits importés au Canada, on retrouve des produits du secteur automobile, de l\u2019équipement électrique et des hydrocarbures.Comment explique-t-on le chemin sinueux des présentes négociations?« Le ton a toujours été assez tendu quand on négocie avec les Américains.Il n\u2019y a pas eu de période dorée, sauf évidemment quand il n\u2019y a rien à négocier et que l\u2019ALENA a roulé tout seul.On sort de ça », dit Richard Ouellet.« Les Américains sont des négociateurs super durs.» La différence, maintenant, c\u2019est le ton acrimonieux, dit-il.Cette difficulté s\u2019est d\u2019ailleurs manifestée lors des négociations de l\u2019Accord de libre-échange, signé à la fin des années 80.Après avoir reçu un appel du secrétaire au Trésor, lequel a exprimé les réticences du Congrès américain au sujet d\u2019un organisme de règlement des différends, le premier ministre Brian Mulroney a menacé d\u2019appeler le président Reagan pour poser une question simple : pourquoi les États-Unis étaient-ils arrivés à s\u2019entendre sur les armes nucléaires avec un ennemi juré, l\u2019URSS, mais pas sur le commerce avec leur meilleur ami ?Cela dit, mentionne M.Durocher, les Américains ont le gros bout du bâton, et la moins grande importance des exportations de biens et services dans leur économie (moins de 12 % du PIB américain) permet d\u2019être plus exigeant en négociation.En d\u2019autres termes, de faire la fine bouche.Arrivera-t-on un jour à exporter davantage dans le reste du monde qu\u2019aux États-Unis?Oui, le Canada a mis les bouchées doubles depuis quelques années pour développer de nouveaux marchés ailleurs dans le monde.Les exportations canadiennes vers la Chine ont atteint 22,4 milliards en 2016, soit la moitié des exportations vers l\u2019Union européenne.Mais le voisin américain sera probablement toujours le principal partenaire commercial.« Il y a toujours une contrainte géographique », dit M.Durocher.« Veut, veut pas, c\u2019est quand même plus simple d\u2019exporter aux États-Unis.On peut envoyer la plupart des biens par camion.Exporter en France, en Allemagne, au Japon, ça demande une logistique un peu plus compliquée.» Est-ce que la place des États-Unis dans les exportations canadiennes (76%) peut descendre au bénéfice des autres?« La réponse est oui.Par exemple, on a conclu un accord de libre-échange avec l\u2019Europe, et il y a aussi le Partenariat transpacifique, que Justin Trudeau veut ratifier.» Aux prises avec un gouvernement américain dont la vision des relations commerciales porte sur le belliqueux, Ottawa veut ratifier au plus vite le Partenariat transpacifique afin d\u2019ouvrir de nouveaux marchés.Quelle est l\u2019importance réelle des voisins du Sud pour l\u2019économie canadienne ?État des lieux.FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR COMMERCE Un partenaire capricieux, mais vital Plus des trois quarts des exportations canadiennes vont vers les États-Unis Après des échanges de mots durs entre le premier ministre, Justin Trudeau, et le président américain, Donald Trumps, lors du sommet du G7 la semaine dernière, la menace d\u2019une guerre commerciale avec les États-Unis plane.LARS HAGBERG AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 PERSPECTIVES B 3 470 milliards de biens et services ont été vendus aux États-Unis en 2017 2020, c\u2019est demain ier soir, je me suis assise sur le rebord de son lit.On a parlé de sa journée.J\u2019ai glissé cette éternelle mèche rebelle derrière son oreille en me disant combien ce moment était précieux.Car du haut de sa décennie, il est à la fois un enfant et un petit adulte qui prend doucement son envol.À son rythme.Au mien.Une image entêtante m\u2019est alors revenue, comme souvent ces temps- ci.Lui aussi a dix ans.Ou peut-être onze.Lui aussi est un petit garçon qui promène partout son ballon de soccer.Il s\u2019appelle Matteo.Sebas- tián.Ou Jesús.Ce soir, à McAllen, au Texas, c\u2019est sur un matelas de mousse posé à même le sol d\u2019un hangar et derrière le grillage de ce qui ressemble plus à un chenil qu\u2019à un centre de détention qu\u2019il va essayer de s\u2019endormir.Ou encore entre les murs d\u2019un ancien Walmart à Brownsville.À son poignet, un bracelet marqué d\u2019un code-barres pour l\u2019identifier, un numéro.Il va peut- être essayer de se bercer en pleurant sous sa couverture, brûlé par le soleil, épuisé par ce voyage qui n\u2019en finit pas.En réclamant sa mère, qui ne pourra pas balayer cette mèche de cheveux de son front.Parce qu\u2019il en a été séparé.Dans quelques semaines, sa mère, sortie de détention ou déportée de l\u2019autre côté du mur, le cherchera peut-être en vain.Car il pourra faire partie de ces enfants perdus dans les méandres du système de placement en famille d\u2019accueil du Office of Refugee Resettlement.Si elle ne parvient pas à avoir accès aux services juridiques, elle pourra être déchue par un juge de ses droits parentaux : en espérant sauver son enfant de la violence de son pays, elle aura tout perdu.Comme Marco Antonio Mu- ñoz, venu du Honduras avec sa famille et qui s\u2019est suicidé le 12 mai dernier dans une prison de Rio Grande City au Texas après avoir appris qu\u2019il serait séparé de ses enfants.Il y a deux jours, pour justifier cette politique devant les forces de l\u2019ordre en Indiana, Jeff Sessions a invoqué l\u2019épître de saint Paul aux Romains, « car il n\u2019y a point d\u2019autorité qui ne vienne pas de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par lui ».Sans ambages.Sans complexe.Faisant de son gouvernement une de ces autorités supérieures.Dans sa version originale, la déclaration n\u2019est pas anodine, car elle établit la prévalence d\u2019un pouvoir d\u2019origine divine sur l\u2019état de droit et conforte cette administration dans l\u2019idée que l\u2019exception juridique est la norme, que la Constitution est un artefact obsolète, que l\u2019humanité, c\u2019est finalement tellement 2012.Et de fait, Sessions a recours de manière atypique à un pouvoir d\u2019autosaisine qui lui permet de renvoyer vers lui-même les décisions pendantes devant le Board of Immigration Appeals.Il a ainsi le pouvoir de redéfinir les orientations des décisions, comme lundi dernier, en établissant que le fait de subir ou de craindre la violence domestique ou celle de gangs ne représentait plus une forme de « persécution » permettant d\u2019obtenir l\u2019asile aux États-Unis.Or, les leaders religieux \u2014 parmi lesquels la Southern Baptist Convention, le groupe évangélique le plus pesant sur l\u2019échiquier protestant américain \u2014 commencent à formuler des réserves sur l\u2019inhumanité de la politique de séparation des familles indiquant que l\u2019immigration \u2014 les enfants migrants \u2014 est en passe de devenir le terrain d\u2019affrontement politique de novembre prochain.Mais le parti de l\u2019éléphant n\u2019est plus le parti des républicains.Au-delà du grand nombre de républicains « traditionnels » qui ont déclaré forfait, les primaires ont vu (en Virginie-Occi- dentale, en Indiana ou en Ohio) la nomination de fervents trumpistes.Alors logiquement, l\u2019opposition au sein du GOP demeure frileuse.En face, les démocrates espèrent faire basculer au moins une des deux Chambres \u2014 idéalement, la Chambre des représentants en raison de son pouvoir d\u2019enquête.Mais si 2018 ne permet pas de redéfinir l\u2019alignement des astres, quel démocrate se risquera dans la fosse aux lions pour 2020 ?Qui osera faire face à un président sortant, un candidat incontrôlable, qui a déjà mis sur pied son comité de campagne et recueilli 10 millions de dollars en quatre mois ?Car 2020 c\u2019est demain.Pendant ce temps, au début de cette semaine, au palais de justice fédérale de McAllen, 290 migrants non documentés ont été inculpés pour franchissement illégal de la frontière.Soixante enfants ont alors été séparés de leurs parents.On leur a dit, racon- tent-ils au procureur, que les enfants allaient être emmenés pour être douchés ; ils ne les ont jamais revus.Une maman du Honduras raconte alors, en larmes, comment le bébé qu\u2019elle allaitait lui a été arraché des bras.Alors pour eux, pour ces humains-là, 2020, c\u2019est encore trop loin.H ÉLISABETH VALLET LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 PERSPECTIVES B 4 PARIS 18E VENTE DIRECTE Mini-studio moderne et terrasse.Vue panoramique, toits de Paris, Sacré-Coeur et Butte Montmartre.lestudioparis18@gmail.com DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en lo-cation (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convict ions pol i t iques, la langue, l'origine ethni-que ou nationale, la condit ion sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handi-cap.16E À PARIS : CONDO 3 1/2 jardin, asc., rénové, équipé, calme, ensoleillé, sécuritaire.Près Tour Eiffel, 2 à 5 pers.850 $ et +/sem.Clés à Mtl.514-585-6341 condoparis16@yahoo.fr À PARIS Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartementmontmartre.com CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PARIS - 1er charmant et élégant appart.2 min.à pieds du louvre.Jusqu'à 4 pers.175 euros/nuit aubinmj88@gmail.com 011-33-6-18-76-85-78 125 HORS FRONTIÈRES 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER 170 HORS FRONTIÈRES EUROPE À LOUER GASPÉSIE - PERCÉ Bord de mer.Studio/Loft, court ou long séjours.Équipé.Chiens permis.N-fum.Env.4 pers.Faluna2018@aol.com *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre 514 914-2142 www.bonheurdoccasion.com VOTRE ORDINATEUR B0GUE OU RALENTIT ?Mise à jour et réparation P.C., Mac et portables.10 ans d'exp.Service à domicile.514 573-7039 Julien Difficultés relationnelles?Stress?Perte de confiance?Je peux vous aider à trouver vos ressources.Joëlle St-Arnault: TRA, Thérapeute en relation d'aide par l'ANDCMD.starnault_joelle@videotron.ca 514-703-3877 307 LIVRES ET DISQUES 515 INFORMATIQUE ET BUREAUTIQUE 544 CROISSANCE PERSONNELLE 176 CHALETS À LOUER 599 MESSAGES Promotion spéciale Petites annonces Pour les annonces textes de 5 lignes et moins 7 jours de parution 100$ ou 4 samedis consécutifs 100$ Pour information Téléphone : 514 985-3322 Courriel : petitesannonces @ledevoir.com LES PETITES ANNONCES AVIS DE DÉCÈS Deux consensus ont émergé de la présentation de la nouvelle politique culturelle du gouvernement du Québec : primo, tous les intervenants du secteur culturel la jugent bien ficelée ; mais secundo, tous sont inquiets au sujet de son avenir\u2026 Et maintenant, quoi ?Bien accueillie, la nouvelle politique culturelle du gouvernement pourrait être mort-née C\u2019est la mesure que l\u2019UNEQ (Union des écrivaines et des écrivains du Québec) attendait.Celle-ci juge que la loi qui concerne les écrivains « n\u2019offre pas une protection semblable à la loi qui régit les artistes de la scène, du disque et du cinéma, car elle n\u2019impose pas la négociation d\u2019une entente-ca- dre entre les écrivains et les éditeurs », note-t-on.Des fonds pour la SODEC et le CALQ.Le plan d\u2019action de la politique prévoit des fonds supplémentaires de près de 50 millions pour la SODEC (Société de développement des entreprises culturelles) et de 66 millions pour le CALQ (Conseil des arts et des lettres du Québec).Les sommes sont prévues sur cinq ans.« Cet investissement permettra à la SODEC de mieux s\u2019outiller pour soutenir l\u2019entrepreneuriat numérique, la création, la production et la diffusion des contenus québécois ici et à l\u2019étranger », estime l\u2019Association québécoise de la production médiatique (AQPM).L\u2019ADISQ, qui représente l\u2019industrie du disque, du spectacle et de la vidéo, a aussi salué cette décision, tout en ajoutant qu\u2019il sera « impératif que les besoins criants du secteur de la musique soient reconnus afin que le soutien qui lui sera accordé à partir de ces sommes supplémentaires soit en phase avec les besoins exprimés ».Les crédits octroyés par le ministère à la SODEC sont passés de 67,7 millions en 2013-2014 à 63,8 millions en 2016-2017.Les jeunes et la culture.Un des axes de fond de la politique est de permettre aux jeunes québécois d\u2019entrer plus facilement, et plus rapidement, en contact avec la culture.Cette « nouvelle alliance » entre la culture, l\u2019éducation et la famille suscite l\u2019adhésion de tous les acteurs du milieu.« Il est essentiel de former les artistes et le public de demain », a indiqué la Guilde des musiciens, en saluant «l\u2019amplification de la relation entre la culture et l\u2019éducation (30,5 millions), notamment la sensibilisation des familles, des milieux scolaires et de la petite enfance aux bienfaits liés à la pratique d\u2019activités culturelles ».Protéger le patrimoine.« L\u2019intention annoncée de doter le Québec d\u2019une stratégie gouvernementale en architecture est une mesure innovante », a commenté le Conseil du patrimoine culturel du Québec (CPCQ), qui a offert un « accueil très favorable » aux éléments de la politique culturelle qui concernent le patrimoine.Quoi donc ?L\u2019idée de doter le Québec d\u2019une stratégie gouvernementale en architecture, de soutenir les initiatives des communautés pour sauvegarder les biens à caractère religieux et de faire de l\u2019État un modèle exemplaire de gestion de son patrimoine bâti.Autant « d\u2019avancées importantes pour la préservation, la protection, la transmission et la mise en valeur du patrimoine », juge le CPCQ.Survivre aux élections.Autre point consensuel : la volonté de voir la politique culturelle proposée survivre aux prochaines élections.« On ne peut pas se permettre de repartir à zéro le 2 octobre prochain », a indiqué Alexandre Curzi, président de l\u2019AQTIS (Alliance québécoise des techniciens de l\u2019image et du son).L\u2019UNEQ a de son côté dit souhaiter « que les partis d\u2019opposition s\u2019engagent à tout le moins à maintenir cette politique s\u2019ils forment le nouveau gouvernement ».GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Il y a plus de 60 pages de texte pour 41 mesures, et 20 pages détaillant le cadre financier.Il y a 600 millions impliqués et 34 ministères ou organismes gouvernementaux.Il y a eu deux ans de consultations.Et pourtant, la nouvelle politique culturelle du Québec « n\u2019a pas de valeur », disait Luc Ber- nier cette semaine.Ce n\u2019est pas la teneur du document que le titulaire de la Chaire Jarislowsky sur la gestion dans le secteur public qualifiait ainsi, mais bien son potentiel de survie.Parce que le document présenté mardi ne pourra faire l\u2019objet d\u2019aucun débat à l\u2019Assemblée nationale \u2014 les activités de celle-ci sont suspendues depuis vendredi jusqu\u2019aux prochaines élections.Et parce que le plan présenté « ne lie pas le prochain gouvernement », rappelle M.Bernier.Autrement dit : il y a un risque que le grand exercice de réécriture de la politique culturelle du gouvernement québécois \u2014 26 ans après la première version \u2014 soit un projet mort-né.Et que la plupart des mesures détaillées dans le plan ne soient jamais appliquées.Tout dépendra du résultat des élections du 1er octobre, et de ce que le parti gagnant décidera de faire de la politique.Chose certaine, aucun des trois partis d\u2019opposition n\u2019a d\u2019emblée accordé son soutien au document.Tant le Parti québécois que Québec solidaire ont à gros traits souligné qu\u2019à leurs yeux, la politique culturelle n\u2019est qu\u2019un élément de la plateforme électorale des libéraux.À la Coalition avenir Québec (CAQ), le chef, François Legault, s\u2019est dit d\u2019accord avec les principes de la politique, tout en avançant qu\u2019il apporterait des modifications.« Si la politique n\u2019apparaît pas dans le cadre financier d\u2019un des partis, vous pourrez conclure sur leur niveau d\u2019engagement par rapport au milieu culturel », a pour sa part soutenu Philippe Couillard.Titulaire de la Chaire de gestion des arts Carmelle et Rémi-Marcoux, François Colbert se « pose comme tout le monde la question de savoir ce qui va arriver de cette politique ».Mais étant donné le contexte de sa conception \u2014 un processus large de consultation \u2014 et la réception très positive de cette semaine, il doute qu\u2019un parti politique pourrait oser la mettre entièrement aux poubelles.« Je m\u2019attends à des changements [sous un autre gouvernement] parce qu\u2019en l\u2019état actuel, c\u2019est la politique culturelle des libéraux, dit-il lors de notre entretien.Mais tout rejeter ?Je le vois mal.» D\u2019autres intervenants envisageaient un entre-deux : que les grands principes de la politique soient conservés, mais que le plan d\u2019action de 600 millions sur cinq ans (qui était pour l\u2019essentiel dans le dernier budget Leitão) soit modifié pour répondre aux objectifs financiers de ce nouveau gouvernement.Cela dit et malgré cette incertitude, le contenu et les grands axes de la politique culturelle ont été largement applaudis cette semaine.Le Devoir a recensé les réactions pour déterminer ce qui, au-delà des questions de stratégie partisane, semble faire consensus.Les artistes au cœur du projet.« Nous avons le sentiment d\u2019avoir été entendus », a indiqué Sophie Prégent, présidente de l\u2019Union des artistes (UDA).En énumérant les grandes mesures de la politique, Mme Prégent a noté que « l\u2019artiste et la création sont au cœur » du projet, ce qui était une priorité pour l\u2019UDA et plusieurs autres organismes.Une révision bienvenue.La révision annoncée des deux lois sur le statut de l\u2019artiste était souhaitée par pratiquement tout le monde.« La Loi sur le statut professionnel et les conditions d\u2019engagement des artistes de la scène, du disque et du cinéma est incomplète et a besoin d\u2019être révisée pour mieux accomplir sa mission, a déclaré le président de la Guilde des musiciens et musiciennes du Québec, Luc Fortin.Des réformes adéquates pourront faciliter l\u2019accès à un régime de retraite et à des assurances collectives.» « Je m\u2019attends à des changements [sous un autre gouvernement] parce qu\u2019en l\u2019état actuel, c\u2019est la politique culturelle des libéraux.Mais tout rejeter ?Je le vois mal.» FRANÇOIS COLBERT Le premier ministre Philippe Couillard a présenté la nouvelle politique culturelle le 12 juin dernier.JACQUES NADEAU LE DEVOIR es cas épineux en provenance d\u2019Europe permettent de reposer ces questions fondamentales et quelques autres aussi : la liberté et la responsabilité de l\u2019artiste ne font-elles qu\u2019un dans l\u2019œuvre ?Peut-on finalement distinguer l\u2019éthique et l\u2019esthétique ?À Londres, la police a réussi à faire interdire la diffusion sur YouTube de vidéos de drill-hop qui encourageraient la violence entre gangs criminalisés.À Paris, une campagne publique tente d\u2019empêcher le rappeur Médine de se produire au Bataclan pour sa supposée complaisance à l\u2019égard de l\u2019islam radical.Le Bataclan est la salle martyre des attentats du 13 novembre 2015, qui ont été menés par des terroristes islamistes.Partout en France, jusqu\u2019en Suisse et en Belgique, les prestations de Bertrand Cantat, assassin de Marie Trinti- gnant, attirent des manifestations demandant de ne plus se donner en spectacle par décence et pudeur.« Merde à tous les censeurs qui se cachent », a lancé le chanteur la semaine dernière au Zénith de Paris.«Ce sont des cas très différents quand même, dit Jérémie McEwen, enseignant de philosophie et spécialiste du rap.Cantat s\u2019exprime, les gens réagissent, les paroles se confrontent.C\u2019est dans l\u2019ordre des choses libres.Dans les deux autres cas, il s\u2019agit d\u2019autre chose : on tente d\u2019empêcher la parole.» Le rappeur et sociologue Sylvain Helmé Lemay est du même avis.« Le cas du rockeur est différent, dit-il.C\u2019est une censure du peuple, peut-on dire.L\u2019artiste fait ce qu\u2019il veut et les gens aussi : ceux qui l\u2019aiment peuvent le voir et ceux qui ne l\u2019aiment pas peuvent s\u2019exprimer.Tandis que dans les deux autres cas, on sent une volonté de faire taire des discours par la police ou le gouvernement.» Quand le rap dérape Reprenons donc en nous concentrant sur les deux cas de rappeurs avec les deux spécialistes du rap.Drill.La police métropolitaine de Londres a demandé au cours des deux dernières années que YouTube retire plus de cinquante vidéos de la tendance drill- hop.Le site, propriété de Google, en a banni une trentaine selon de récentes révélations des médias britanniques.Le sous-genre de hip-hop, né à Chicago au tournant de la décennie, se caractérise par un contenu sombre et violent.Scotland Yard affirme que les gangs de rue en lutte utilisent des vidéos de drill pour se provoquer à coups de menaces verbales ou gestuelles plus ou moins codées allant jusqu\u2019au meurtre qui finiraient par se concrétiser.« La censure des clips par la police n\u2019est pas nouvelle», dit M.Lemay en citant le cas de Hardcore (1998), du groupe français Ideal J, et de Suprême NTM, condamné en 1997 à deux mois de prison (avec sursis) pour propos outrageants envers les forces de l\u2019ordre.«L\u2019effet de la punition est toujours inverse: on crée un engouement.On dit à tout le monde de ne pas regarder telle vidéo, alors tout le monde a la curiosité d\u2019aller la voir.Le même phénomène se produit avec les films ou les livres censurés.» Parler d\u2019une réalité M.McEwen commente le cas du drill en citant une chanson de 2008 de Ice Cube : « Gangsta Rap Made Me Do It ».Le rappeur récite les fautes criminelles attribuées à la musique, dont les tueries dans les écoles.«L\u2019idée, c\u2019est de dire que la violence existait bien avant le gangsta rap et que ce genre reflète la réalité sans faire la promotion de la chose.Ice Cube dit aussi qu\u2019il faut renverser la perspective, que pour diminuer la violence, il faut par exemple investir dans les écoles publiques.» Sylvain Lemay prédit que la vague de crimes qui touche la capitale anglaise ne sera pas enrayée en censurant des vidéos.« Londres est une des villes les plus riches et les plus inégalitaires dans le monde, dit le sociologue qui a déposé en 2016 un mémoire de maîtrise proposant une analyse des messages dans le rap francophone du Québec.Les rappeurs expriment ce qu\u2019ils vivent et ce qu\u2019ils ressentent.» Médine.L\u2019artiste français doit se produire au Bataclan en octobre 2018.La polémique a traversé jusqu\u2019ici, en pleines Francos de Montréal.Médine a été décrit comme « un agent du djihad » dans une chronique du Journal de Montréal.Lui en spectacle au Bataclan, jugeait Mathieu Bock- Côté jeudi, « c\u2019est l\u2019équivalent moral d\u2019organiser une soirée commémorative pour les anciens SS sur le terrain d\u2019un ancien camp de concentration ».Reductio ad Hitlerum\u2026 Le plus célèbre album de Médine s\u2019intitule Djihad (2015).Sa chanson la plus controversée, Don\u2019t Laïk, dit notamment : « Crucifions les laïcards comme à Golgotha », mais aussi « À la journée de la femme, je porte un burqini » et «j\u2019mets des fatwas sur la tête des cons».Des avocats, parlant au nom des familles de victimes des attentats de 2015, ont explicitement demandé de ne pas « souiller la mémoire des morts » en citant ces extraits de Don\u2019t Laïk.Jérémie McEwen fait poliment observer que c\u2019est bel et bien le Bataclan qui a programmé Médine et que plusieurs victimes des attentats de 2015 se retrouvent du côté de la salle et de cet artiste dans cette polémique.Le fin connaisseur souligne aussi que Don\u2019t Laïk est calquée sur la chanson Don\u2019t Like de Chief Keef, chef de file du drill, comme quoi tout se tient et tout est beaucoup plus compliqué qu\u2019il n\u2019y paraît, surtout en art.«Plusieurs commentateurs français disent qu\u2019il faut voir dans la tentative d\u2019interdire Médine au Bataclan de la récupération de la droite française, et je suis assez d\u2019accord avec cette lecture, dit le professeur qui donne un cours sur la philosophie du rap.La chanson Don\u2019t Laïk dit que le mouvement laïc est devenu un instrument de la droite, et c\u2019est exactement ce qui se produit dans le cadre des attaques sur son concert.Médine a clairement condamné les attentats de Charlie Hebdo.Ce n\u2019est pas quelqu\u2019un qui fait la promotion de la haine ou de la violence.La phrase des laïcards sur le Golgotha, c\u2019est un oxymore.» Jérémie McEwen vient de déposer chez son éditeur un essai fignolé pendant des années dans lequel il analyse le genre musical le plus populaire des dernières décennies à la lumière des grandes pensées philosophiques.« Kant a réfléchi au lien entre éthique et esthétique, dit-il.L\u2019esthétique permet de réconcilier la réalité et l\u2019idéal.À travers ces chansons, il y aurait moyen de sublimer la froide réalité (la violence existe) et ce qui devrait être (la violence est mauvaise).» Autrement dit, la liberté d\u2019expression ne peut pas uniquement servir à défendre le statu quo.« Il y a des tensions entre le Français blanc traditionnel et les communautés issues de l\u2019immigration constamment racisées », ajoute Sylvain Lemay.Il cite alors les trois types de violences ciblées par l\u2019évêque Dom Helder Camara : la première est institutionnelle et mère de toutes les autres ; la seconde, révolutionnaire, réagit à la première pour l\u2019abolir, notamment par l\u2019art ; la troisième se fait répressive pour faire taire la révolutionnaire et légitimer l\u2019ordre institutionnel.«Je vois la violence de Médine comme une violence révolutionnaire qui cherche la provocation en jouant à la limite de l\u2019acceptable, dit-il.La tentative de l\u2019interdire au Bataclan, c\u2019est de la violence répressive.» «L\u2019ordre et la loi me sont très chers et doivent être défendus, enchaîne le philosophe McEwen.Cela dit, tout un monde de marginaux doit être écouté.Si les Maghrébins de France, les Noirs de Londres ou de Chicago, les femmes partout ne se reconnaissent pas dans l\u2019ordre et qu\u2019ils prennent des moyens pour l\u2019exprimer, jusqu\u2019à contrevenir à la loi, comme les Pussy Riots, une chance que ça existe.» Made in Québec Cette voie du rap critique, dérangeante, parfois violemment antisys- tème existe aussi ici aussi, même si on ne l\u2019entend jamais dans les voix traditionnelles, dont les Francos.« Il y a un clivage entre le hip-hop qui pogne dans les médias, Alaclair Ensemble, Dead Obies ou Loud, et le rap du nord de Montréal, beaucoup plus violent, avec Enima, White B ou Lost par exemple, dit encore M.McEwen, enseignant au cégep.Ce n\u2019est pas du rap québécois relativement propre, mais c\u2019est celui qu\u2019écoutent mes étudiants.Ils ont des millions de vues sur Internet.Je ne me reconnais pas dans cette musique.Mais en redoublant la marginalisation, en disant que c\u2019est de la musique de gangster, on passe à côté d\u2019une possibilité de contact et de compréhension d\u2019une partie de la réalité.» Là encore, le sociologue et le philosophe, interviewés séparément, se rejoignent.Dans son mémoire universitaire, M.Lemay cite des paroles de chansons qui font passer Médine pour un enfant de chœur.Des charges enragées, violentes, incendiaires et totalement déplacées, allant jusqu\u2019à des appels au meurtre et au viol.Du genre : « On prépare l\u2019attentat pour brûler le parlement » (Cheak13, 2012).Où commence la métaphore?Où s\u2019arrête la violence symbolique ?Finalement, l\u2019artiste a-t-il le droit de tout dire?«Le rap québécois radical est encore dans l\u2019ombre, dit M.Lemay.On y retrouve des messages extrémistes et terroristes, mais qui ne sont pas médiatisés et qui ne choquent donc pas la majorité qui ne s\u2019intéresse pas à cette parole.En tout cas, si on était en France, il y aurait certainement matière à censure si on les diffusait largement au FM par exemple.» LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 PERSPECTIVES B 5 Est-ce la censure qui rattrape le rap et frappe ?Ou n\u2019est-ce pas plutôt que la liberté d\u2019expression a des limites, de sorte que si certains rappeurs les dépassent en faisant l\u2019apologie de la violence, les sociétés ont raison de les bâillonner ?STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR MUSIQUE Entre l\u2019irrévérence et les responsabilités Dans la mire des censeurs, des artistes de rap font à nouveau polémique D C\u2019est bien le Bataclan qui a mis Médine, dont certaines paroles font grincer des dents les laïcistes français, à sa programmation.YOUTUBE Médine doit jouer au Bataclan en octobre.PHILIPPE LOPEZ AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019effet de la punition est toujours inverse : on crée un engouement.On dit à tout le monde de ne pas regarder telle vidéo, alors tout le monde a la curiosité d\u2019aller la voir.SYLVAIN HELMÉ LEMAY, RAPPEUR ET SOCIOLOGUE » DOSSIER : BILAN D LE DEVOIR // LES SAMEDI 16 B 6 À trois mois et demi des élections générales, le premier ministre Philippe Couil- lard n\u2019a pas à rougir devant le Polimètre, estime le chercheur à l\u2019Université Laval, François Pétry.Le hic : l\u2019électorat québécois a toujours en tête les promesses que le gouvernement a foulées au pied en début de mandat.L\u2019équipe de l\u2019Université Laval a scruté un à un les 158 engagements pris par le Parti libéral du Québec lors de la campagne électorale de 2014 pour les trier : ici les promesses tenues, là les promesses rompues.Près de 80 % ont été remplies ou sont en voie de l\u2019être, indique l\u2019outil de suivi des promesses électorales.« Il a fait plus de promesses dans sa plateforme que la plupart des partis et des gouvernements qui l\u2019ont précédé et il s\u2019est plus efforcé à les tenir, c\u2019est certain.Surtout lorsqu\u2019on le compare avec son prédécesseur Jean Charest », affirme M.Pétry.Mais, plusieurs électeurs réduisent le mandat de M.Couillard à la rigueur budgétaire imposée après le scrutin de 2014.« En théorie, les électeurs sont myopes : leur mémoire ne remonte pas à quatre ans, mais à l\u2019année qui précède.Or, ce n\u2019est pas le cas », souligne à gros traits le chercheur.Toute la « colère de l\u2019opinion publique face à l\u2019austérité » ne s\u2019est pas estompée.Et ce, même si Philippe Couillard et Carlos Leitao ont « bien calculé leurs coups pour faire en sorte que l\u2019année qui précède l\u2019élection, on ouvre les vannes, on crée un tas de programmes ».Dans le lot : le Plan d\u2019action gouvernemental pour l\u2019inclusion économique et la participation sociale 2017-2023 et la Stratégie des partenariats de lutte contre l\u2019itinérance.Promesses rompues Dans la liste des promesses non tenues « la plus fameuse, c\u2019est celle de continuer à augmenter les budgets de la santé et de l\u2019éducation », respectivement de 4 % et 3,5 % par année.« Pendant la période d\u2019austérité, les budgets de la santé et de l\u2019éducation n\u2019ont pas diminué, mais n\u2019ont pas augmenté comme prévu.On qualifie ça de «promesse rompue», rappelle le créateur du Polimètre.Promesse de limiter la hausse des tarifs des services de garde à l\u2019inflation ?« Rompue ».Pour plusieurs, « on est allé trop loin dans le serrage de ceinture en 2014, 2015 », estime M.Pétry.Le premier ministre Philippe Couil- lard soutient qu\u2019il ne pouvait faire autrement compte tenu de l\u2019état des finances publiques au printemps 2014.« Personne, personne n\u2019avait laissé entrevoir la taille de l\u2019impasse budgétaire à laquelle on a fait face.[\u2026] Il a fallu prendre nos responsabilités.Est- ce qu\u2019on aurait voulu, nous, laisser couler le Québec ?Jamais », s\u2019est-il justifié au terme de la session parlementaire vendredi.L'« usure du pouvoir, aussi, joue un rôle » dans l\u2019effritement des intentions de vote au PLQ, assure M.Pétry.L\u2019appui au PLQ a fondu de 42 % à 28 % d\u2019avril 2014 à juin 2018.M.B.-C.La rigueur budgétaire a marqué l\u2019opinion publique Rapport définitif de la commission Charbonneau, arrestation des ex-minis- tres libéraux Nathalie Normandeau et Marc-Yvan Côté, mise au jour d\u2019une enquête de l\u2019UPAC ciblant l\u2019ex-premier ministre Jean Charest: le thème de l\u2019intégrité a collé à la peau du gouvernement libéral.Philippe Couillard a tenté tant bien que mal de se distancier de son prédécesseur, mais il a tôt fait de vanter le bilan de Jean Charest en novembre 2017, quand ce dernier a été invité à célébrer le 150eanniversaire du PLQ.Un comité de suivi de la commission Charbonneau a évalué à 42%, en 2017, le pourcentage de recommandations mises en œuvre «de manière satisfaisante» par le gouvernement Couillard.En route vers le scrutin d\u2019octobre 2018, les libéraux profiteront vraisemblablement d\u2019une accalmie, notamment parce que le procès Norman- deau-Côté est retardé par les multiples requêtes des accusés.Intégrité: un caillou dans le soulier PHOTOS ISTOCK ET JACQUES NADEAU, FRANCIS VACHON, PEDRO RUIZ, ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR Gaétan Barrette a amorcé son mandat à la Santé dans la collégialité, en travaillant de pair avec la péquiste Véronique Hivon pour l\u2019adoption du projet de loi sur l\u2019aide médicale à mourir.La personnalité obstinée du ministre s\u2019est révélée lors de la mise en branle de sa réforme du réseau, au moyen du projet de loi 10.Plusieurs gestionnaires sont passés à la trappe.Le ministre a ensuite forcé les médecins à prendre sous leur aile davantage de patients, sous peine de pénalité financière.Mis à l\u2019écart des négociations avec les fédérations médicales, M.Barrette a supervisé le déploiement du réseau de supercliniques ainsi que du Carnet santé Québec.Si les doléances des gestionnaires et des médecins n\u2019ont pas entamé la volonté du ministre hyperactif, les appels à l\u2019aide d\u2019infirmières à bout de souffle l\u2019ont déstabilisé.Des projets sur le ratio patients- infirmière ont rapidement été créés.Un bulldozer nommé Barrette Le gouvernement Couillard a signé en novembre 2014 la fin du tarif unique en garderie.Fini, le « choc tarifaire » dénoncé en campagne électorale : au nom de la « justice sociale », les libéraux ont opté pour une modulation des tarifs accompagnée de crédits d\u2019impôt.La mise à jour économique de novembre 2017 a permis un nouveau clin d\u2019œil aux familles, à qui le gouvernement a remis un chèque de 100 $ par enfant de 4 à 16 ans « pour l\u2019achat de fournitures scolaires ».Il a aussi procédé à une réduction d\u2019impôt rétroactive de 1,1 milliard de dollars, qualifiant son geste de « baisse responsable du fardeau fiscal des familles ».La fin du tarif universel en garderie Les gestes législatifs les plus marquants des libéraux en matière d\u2019environnement auront été la réforme de la Loi sur la qualité de l\u2019environnement (LQE) et l\u2019adoption de la Loi sur les milieux humides.La LQE a introduit un « test climat » qui n\u2019existait pas auparavant.Le gouvernement a cependant échoué à l\u2019imposer à Ottawa dans les dossiers de développement portuaire à Québec et Montréal.L\u2019ambition de la Loi sur les milieux humides a été saluée par les groupes environnementaux, d\u2019autant plus que les inondations des dernières années en ont rappelé la pertinence.Par contre, le gouvernement n\u2019a toujours pas légiféré sur les hydrocarbures \u2014 de loin l\u2019enjeu environnemental le plus controversé au Québec.Les libéraux le promettent pourtant depuis 2010.L\u2019environnement, parent pauvre de la législature Dans son discours inaugural, Philippe Couillard a promis «le gouvernement le plus transparent que les Québécois auront connu».Ministères et organismes devront partager les réponses aux demandes d\u2019accès à l\u2019information, a-t-il promis, et les ministres publier leur agenda public sur un site Web, y compris leur participation aux rencontres non sollicitées.Quatre mois après être devenue responsable de l\u2019accès à l\u2019information, Kathleen Weil a déposé un premier projet de loi\u2026 visant à empêcher la transmission de toute «communication» d\u2019un ministre avec d\u2019autres membres du gouvernement avant l\u2019expiration du délai de 25ans.Sa réforme promise à la Loi sur l\u2019accès aux documents publics a été déposée à moins d\u2019un mois de la fin de la session.Comble de malheur, l\u2019élue a remis le document aux journalistes avant son dépôt en Chambre, ce qui lui a valu un outrage au Parlement.Son projet de loi est mort au feuilleton.50 nuances de transparence Le mandat libéral a lancé la mise en chantier du Réseau express métropolitain (REM), présenté en avril 2016 comme « notre baie James du XXIe siècle » par le défunt ministre Jacques Daoust.À l\u2019approche des élections, une multitude d\u2019autres projets ont été annoncés : instauration d\u2019un service rapide par bus sur le boulevard Pie-IX, construction d\u2019un troisième lien entre Québec et Lévis, arrivée d\u2019un tramway à Québec, création d\u2019un pont vers Ta- doussac et prolongement de la ligne bleue et des autoroutes 19 (Laval et Basses-Laurentides) et Félix-Leclerc (Québec).Pas de monorail en vue, cependant.Ce « projet phare pour le nouveau Québec », selon l\u2019expression du premier ministre, a été abandonné au profit d\u2019un train à grande fréquence entre Québec et Montréal.Transports : la grande séduction La faucheuse législative Plusieurs projets de loi morts au feuilleton Le projet de loi 179, réformant la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics, présenté à quatre semaines de la fin de la session parlementaire.Le projet de loi 79, qui devait faire passer le salaire de base des députés de 90 000 à 140 000 $, est lui aussi demeuré sur la glace.Le projet de loi 174, modulant ou bonifiant les congés parentaux, a connu le même sort.Le projet de loi 401, visant à favoriser notamment le traitement des dossiers des aînés devant la Régie du logement.Avec mon équipe, j\u2019ai fait exactement ce que j\u2019avais dit que je ferais.Il y a un élément de contrat avec les citoyens, en cette époque, qui est particuliè - rement important.[\u2026] Les résultats sont au-delà de mes espérances.PHILIPPE COUILLARD 15 JUIN 2018 » La 41e législature en dix points Malgré les polémiques, les distractions et les tirs de l\u2019opposition, l\u2019équipe de Philippe Couillard a laissé sa marque sur la légi Coup d\u2019œil sur l\u2019héritage de la session.Textes: Marco Bélair-Cirino, Marie-Michèle Sioui, Isabelle Porter, correspondants p L ucie Charlebois (Santé publique) ne pouvait pas faire l\u2019unanimité, mais elle a fait adopter un projet de loi responsable sur le cannabis, malgré les obstacles que le « fédéralisme de guerre » du gouvernement Trudeau a placés sur son chemin.A Après les années d\u2019austérité, les universités ont enfin reçu un peu d\u2019oxygène.Hélène David (Enseignement supérieur, Condition féminine) a forcé la levée du lockout et la poursuite des négociations à l\u2019UQTR.Une détermination sans faille dans la lutte contre les inconduites sexuelles.A Le budget de Carlos Leitão (Finances) a été généralement bien accueilli.Il a imposé la TVQ aux abonnés de Netflix et a eu le bon sens de modifier son projet de loi sur l\u2019encadrement du secteur financier.Il a toutefois dérapé en accusant François Le- gault de pratiquer un « nationalisme ethnique ».A\u2013 Le ministère des Transports a cessé d\u2019être une source d\u2019embarras pour le gouvernement depuis l\u2019arrivée d\u2019André Fortin, en qui certains voient déjà un futur chef du PLQ.Malgré son aplomb à l\u2019Assemblée nationale, il n\u2019a cependant pas pu justifier que les trains du futur REM soient fabriqués en Inde.B Avant de partir, Martin Coiteux (Sécurité publique, Affaires municipales) a pu mettre sur pied le comité de surveillance de l\u2019UPAC, mais il a dû renoncer à interdire les pitbulls.B Dominique Vien (Travail) a passé outre les objections du patronat en imposant une troisième semaine de vacances et en interdisant les « clauses orphelins » dans les régimes de retraite.B Pierre Moreau (Ressources naturelles) avait été la révélation de la course de 2013, mais il donne déjà l\u2019impression d\u2019un homme du passé.L\u2019entrée en scène d\u2019Alexandre Taillefer l\u2019a visiblement agacé.Il a banni l\u2019exploitation du gaz de schiste des basses terres du Saint- Laurent et éloigné les forages des périmètres urbains.B Même si seulement 84 000 personnes les plus démunies en bénéficieront, François Blais (Emploi, Solidarité sociale) a au moins pu instaurer l\u2019embryon du revenu minimum garanti universel dont il rêvait.B L\u2019affection de Geoff Kelley pour les autochtones n\u2019a jamais fait le moindre doute.Il est le premier à reconnaître que les progrès sont très lents, mais il a su se garder de tout paternalisme.B .L\u2019ultimatum que David Heurtel (Immigration) a lancé au gouvernement fédéral dans le dossier des migrants a porté ses fruits, mais il quittera la vie politique sans avoir produit la politique sur l\u2019interculturalisme promise.B\u2013 L\u2019économie québécoise se porte mieux, mais Dominique Anglade (Économie) n\u2019a convaincu personne que céder gratuitement la CSerie à Airbus était une bonne affaire.Elle aurait dû garder secrète son ambition de devenir chef.B\u2013 L\u2019UPA était ravie du retour de Laurent Lessard à l\u2019Agriculture et pleure déjà son départ, mais le dossier de la taxe foncière agricole, qui avait déclenché la guerre avec Pierre Paradis, n\u2019est toujours pas réglé.C À l\u2019instar de sa vis-à-vis fédérale, Catherine McKenna, Isabelle Melan- çon présente un visage sympathique à l\u2019Environnement, mais l\u2019action ne suit pas toujours le discours.Le dossier de l\u2019eau potable à proximité des forages pétroliers et gaziers n\u2019est toujours pas réglé.Un recul malheureux dans la protection des milieux humides.C Malgré une réelle amélioration, Gaétan Barrette (Santé) a manqué à son engagement de donner accès à un médecin de famille à 85 % des Québécois.Après les avoir injustement blâmées, il s\u2019est finalement assis avec les infirmières pour régler le problème de leur surcharge de travail.C Marie Montpetit (Culture) a déposé une nouvelle politique qui n\u2019est pas sans valeur, mais qui est venue trop tard.Un court-circuitage désolant du conseil d\u2019administration de BAnQ pour lui imposer Jean-Louis Roy.C La question de la laïcité aura hanté Stéphanie Vallée (Justice) du début à la fin de son mandat.Les lignes directrices attendues pour baliser les demandes d\u2019accommodement raisonnable ne règlent strictement rien.Le projet de loi pour protéger les sources journalistiques a heureusement été adopté.C Sébastien Proulx (Éducation) ne semble pas avoir de solution au décrochage scolaire, sinon blâmer les parents.La réfection des écoles a été accélérée, mais l\u2019encadrement des 2000 enfants qui font l\u2019école à la maison demeure insuffisant.Une nouvelle directive entend interdire les frais scolaires abusifs, mais celle qu\u2019il a édictée l\u2019an dernier n\u2019a pas réussi à éliminer le phénomène des notes gonflées.C\u2013 Luc Fortin (Famille) a eu un regain d\u2019intérêt pour les CPE.Malgré les nombreux cas de négligence survenus dans les garderies non régies, il estime toutefois qu\u2019il appartient aux parents de faire les vérifications nécessaires.C\u2013 Le gouvernement a décidé de déménager à prix d\u2019or la délégation à Paris pour « renforcer la diplomatie d\u2019influence du Québec », a déclaré Christine St-Pierre (Relations internationales).On a pu en mesurer les limites quand le président Macron a préféré prendre un bain de foule à Montréal plutôt que de s\u2019adresser à l\u2019Assemblée nationale.C\u2013 .Par une entente qui demeure nébuleuse, Pierre Arcand (Trésor) a laissé les médecins spécialistes partir avec la caisse sans même s\u2019assurer que leur rémunération puisse être révisée à la baisse s\u2019il s\u2019avère qu\u2019ils gagnent plus que leurs confrères ontariens.D Robert Poëti (Intégrité des marchés publics) avait provoqué une chasse aux sorcières au ministère des Transports sur la foi d\u2019allégations qui ont été jugées sans fondement par la vérificatrice générale.Il aurait dû aviser le premier ministre de son départ avant de l\u2019annoncer.D Égal à lui-même, Jean-Marc Fournier (leader parlementaire, Relations canadiennes) a conclu sa carrière par deux coups pendables : miner la crédibilité de la commissaire à l\u2019éthique afin de protéger Pierre Paradis et imposer le bâillon pour faire adopter un projet de loi que La Presse avait demandé trop tard.Après 25 ans à l\u2019Assemblée nationale, il a finalement découvert qu\u2019Ottawa « manque de respect » envers le Québec.D Elle a beau se répandre en lamentations, Francine Charbonneau (Aînés) assiste impuissante aux fermetures sans préavis de résidences pour personnes âgées.Elle fait regretter Marguerite Blais à ses collègues.D Après s\u2019être battue bec et ongles pour obtenir l\u2019investiture libérale dans la circonscription fusionnée de Laviolette\u2013 Saint-Maurice, Julie Boulet s\u2019est soudainement dégonflée devant la perspective d\u2019une défaite.D Luc Blanchette (Faune) a soulevé un tollé en confiant l\u2019exclusivité de la pêche au saumon du Nord à des pour- voiries privées qui ne s\u2019adressent pas à ce qu\u2019il a appelé la « clientèle de Walmart ».E Une ministre responsable des Institutions démocratiques qui est blâmée pour outrage au Parlement, c\u2019est un comble.Kathleen Weil a présenté son projet de loi sur l\u2019accès à l\u2019information avec une lenteur qui contraste avec la diligence dont elle a fait preuve pour renforcer le secret ministériel.E mdavid@ledevoir.com B 7 DE FIN DE SESSION 6 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 Le bulletin ministériel La ministre Stéphanie Vallée s\u2019est engagée dans lutte contre les discours haineux ou incitant à la violence.Son projet de loi s\u2019est heurté à la très vive opposition de juristes et des partis d\u2019opposition, qui y ont vu une «entrave majeure et injustifiée» à la liberté d\u2019expression.La ministre a dû battre en retraite, ne conservant que les dispositions sur les crimes d\u2019honneur et le mariage forcé des filles.Mme Vallée s\u2019est ensuite avancée sur un autre front: la neutralité religieuse.Rapidement, l\u2019article 10 obligeant une personne à avoir «le visage découvert» pour offrir ou recevoir un service a été contesté par des municipalités et des femmes musulmanes.La Cour supérieure a suspendu l\u2019obligation du visage découvert.Après ce camouflet, la ministre publié ses lignes directrices visant à encadrer le traitement des demandes d\u2019accommodements religieux, espérant la mise en vigueur de l\u2019article 10 le 1er juillet prochain.Le vivre-ensemble\u2026 dans la discorde « Ç\u2019a été une grosse législature pour les villes », résumait cette semaine le président de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson.Retraites, conventions collectives, abolition des référendums\u2026 Les gains ont été nombreux pour les maires.Dès le début du mandat libéral, le ministre Pierre Moreau a donné le ton, attaquant de front les syndicats avec le projet de loi 3, très près de ce que réclamait le maire de Québec, Régis Labeaume.Pompiers, policiers et fonctionnaires ont eu beau prendre la rue, le projet de loi a été adopté avant Noël.Avec l\u2019arrivée de Martin Coiteux aux Affaires municipales, les maires ont ensuite obtenu l\u2019autonomie accrue réclamée depuis des années avec le projet de loi 122.À nouveau, M.Labeaume et son homologue montréalais, Denis Coderre, ont joué d\u2019influence dans cette croisade qui leur a permis notamment d\u2019obtenir l\u2019abolition des référendums citoyens.Les villes exaucées François Blais a laissé sa marque au ministère de l\u2019Emploi et de la Solidarité sociale en mettant sur pied le programme Objectif emploi.Celui-ci oblige, depuis le 1er avril, les primo-de- mandeurs d\u2019aide sociale à participer à un « plan d\u2019intégration en emploi » sous peine de sanctions.Pour « retrouver une autonomie financière », ils devront suivre un « plan d\u2019intégration en emploi personnalisé ».Trois voies s\u2019offrent à eux : la recherche active d\u2019un emploi, le développement de leurs compétences ou le développement de leurs habiletés sociales.En cette ère de pénurie de main-d\u2019œuvre, M.Blais est aussi parvenu à hausser progressivement le revenu disponible de personnes ayant des contraintes sévères à l\u2019emploi depuis cinq ans et demi, notamment au moyen d\u2019un revenu de base.Tous au travail L\u2019Assemblée nationale a adopté in ex- tremis une refonte de la Loi sur les normes du travail.La nouvelle loi donne droit à une troisième semaine de vacances après trois années de service continu \u2014 et non plus après cinq ans.En cette année marquée par le mouvement #MoiAussi, la refonte a aussi permis d\u2019élargir la notion de harcèlement pour y inclure les violences sexuelles.Normes du travail : refonte à temps pour les élections MICHEL DAVID islation, pour le meilleur ou pour le pire.parlementaires à Québec Toute la colère de l\u2019opinion publique face à l\u2019austérité ne s\u2019est pas estompée.Et ce, même si Philippe Couillard et Carlos Leitao ont bien calculé leurs coups pour faire en sorte que l\u2019année qui précède l\u2019élection, on ouvre les vannes, on crée un tas de programmes.FRANÇOIS PÉTRY » LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 B 8 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.Avis légaux et appels d\u2019offres TOMBÉES SPÉCIALES FÊTE DE LA ST-JEAN Jour de non publication : Lundi 25 juin 2018 TOMBÉES : Publication du mardi 26 juin : Réservation et matériel le vendredi 22 juin 11 H Publication du mercredi 27 juin : Réservation et matériel le vendredi 22 juin 15 H TOMBÉES RÉGULIÈRES Les réservations doivent être faites avant 15 H pour les publications deux (2) jours plus tard.Publication du lundi : Réservation avant 11 H le vendredi Publication du mardi : Réservation avant 15 H le vendredi Téléphone : 514-985-3452 Télécopieur : 514-985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com Avis de clôture d'inventaire Prenez avis que Mme Sophie Tellier, en son vivant domiciliée au 125 rue Morgan, Sorel-Tracy est décédés à Sorel-Tracy le 18 avril 2017.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à Sorel- Tracy, à l'adresse du domicile.Donné ce 14 juin 2018 à Sorel-Tracy Stéphane Niquette Liquidateur successoral Groupe Immobilier Tremblay Inc., corporation légalement constituée ayant eu sa place d\u2019affaires au 123, rue Bigras, Roxton Pond (Québec) J0E 1Z0.Faillie AVIS est par les présentes donné que la faillite de Groupe Immobilier Tremblay Inc.est survenue le 8 juin 2018 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 28 juin 2018 à 14h00 au bureau du syndic.Ce 11e jour de juin 2018.9043-9399 Québec Inc., corporation légalement constituée ayant eu sa place d\u2019affaires au 429, avenue.de Mortlake, Saint-Lambert (Québec) J4P 3C7.Faillie AVIS est par les présentes donné que la faillite de 9043-9399 Québec Inc.est survenue le 7 juin 2018 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 28 juin 2018 à 15h00 au bureau du syndic.Ce 11e jour de juin 2018.7807414 Canada Inc., corporation légalement constituée ayant eu sa place d\u2019affaires au 197, croissant Sainte-Catherine, Saint-Constant (Québec) J5A 1W1.Faillie AVIS est par les présentes donné que la faillite de 7807414 Canada Inc.est survenue le 13 juin 2018 et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 28 juin 2018 à 10h00 au bureau du syndic.Ce 13e jour de juin 2018.Avis de la première assemblée (paragraphe 102(4) de la Loi) Dans l\u2019affaire des faillites de : PRIMEAU PROULX ET ASSOCIÉ INC., Syndics autorisés en insolvabilité SYLVAIN PROULX, CPA, CA, SAI, Syndic administrateur 103-3410, Chemin de Chambly, Longueuil (QC) J4L 1N8 Tél.: (450) 670-1040 \u2022 Téléc.: (450) 670-1542 Syndics autorisés en insolvabilité AUX PERSONNES INTÉRESSÉES AYANT LE DROIT DE SIGNER UNE DEMANDE DE PARTICIPATION À UN RÉFÉRENDUM Second projet de résolution adopté le 12 juin 2018 1.APPROBATION RÉFÉRENDAIRE À la suite de l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 28 février 2018, le conseil d\u2019arrondissement a adopté le 12 juin 2018, le second projet de résolution CA18 240368.Ce second projet de résolution contient des dispositions qui peuvent faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées afin que la résolution qui les contient soit soumise à leur approbation conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ, c.E-2.2).2.OBJET DU SECOND PROJET En vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (CA-24-011), le second projet de résolution CA18 240368 autorisant l\u2019usage restaurant pour le bâtiment situé au 221, rue du Saint-Sacrement, et ce, en dérogation notamment aux articles 201 et 266 du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatifs, entre autres, à la superficie de plancher maximale pour un usage commercial spécifique et à la distance minimale d'un autre restaurant \u2013 pp 373 (dossier 1186255004); 3.DISPOSITIONS SOUMISES À UNE APPROBATION RÉFÉRENDAIRE Une demande relative à une disposition ayant pour objet d\u2019autoriser une dérogation à la norme énumérée ci- dessous peut provenir de la zone visée et des zones contiguës : - superficie de plancher maximale pour un usage commercial spécifique (art.201 regl 01-282); - distance minimale d\u2019un autre restaurant (art.266 règl.01-282).4.TERRITOIRE VISÉ Le territoire visé est constitué des zones visées 0092 et 0074 et des zones contiguës 0145, 0347, 0171, 0427, 0367, 0065, 0550, 0112, 0211, 0320 et 0421; il peut être représenté comme suit : 5.CONDITIONS DE VALIDITÉ D'UNE DEMANDE Pour être valide, une demande doit : - indiquer clairement la disposition qui en fait l'objet et la zone d'où elle provient; - être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d'où elle provient ou, si leur nombre dans la zone n'excède pas 21, par au moins la majorité d'entre elles; - être reçue avant 16 h 30, le 26 juin 2018, à l'adresse suivante : Demandes de participation à un référendum a/s de Me Domenico Zambito, Secrétaire d'arrondissement Ville de Montréal, arrondissement de Ville-Marie 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage Montréal (Québec) H2L 4L8 6.PERSONNE INTÉRESSÉE Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter en vertu de la loi et qui remplit les conditions suivantes le 12 juin 2018 : - être majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle; et - être domiciliée dans une zone d\u2019où peut provenir une demande valide et, être depuis au moins six (6) mois, au Québec; ou - être, depuis au moins douze (12) mois, propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise au sens de la Loi sur la fiscalité municipale (RLRQ c F-2.1), dans une zone d\u2019où peut provenir une demande.Condition supplémentaire aux copropriétaires indivis d\u2019un immeuble et aux cooccupants d\u2019un établissement d\u2019entreprise : - être désigné, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants, comme celui qui a le droit de signer la demande en leur nom et être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant.Condition d\u2019exercice du droit de signer une demande par une personne morale : toute personne morale doit désigner parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 12 juin 2018, est majeure et de citoyenneté canadienne, n\u2019est pas en curatelle, et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue par la loi.Les personnes morales, les copropriétaires et cooccupants doivent produire leur résolution ou leur procuration en même temps que la demande.Elle prend effet lors de sa réception et demeure valide tant qu\u2019elle n\u2019est pas remplacée.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne intéressée à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.7.ABSENCE DE DEMANDE Ce second projet de résolution contient une disposition susceptible d\u2019approbation référendaire.Les dispositions qui n\u2019auront pas fait l\u2019objet d\u2019une demande valide pourront être incluses dans une résolution qui n\u2019aura pas à être approuvée par les personnes habiles à voter.8.CONSULTATION DES DOCUMENTS PERTINENTS Le second projet de résolution peut être consultés, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Fait à Montréal, le 16 juin 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC ORDONNANCES À sa séance du 12 juin 2018, le conseil d\u2019arrondissement a adopté les ordonnances suivantes : - B-3, o.573, P-1, o.523, CA-24-285, o.118 et P-12- 2, o.126 relatives à la tenue des festivals et des événements culturels sur le domaine public (saison 2018, 3e partie B); - B-3, o.574 permettant le bruit d'appareils sonores sur les sites du Vieux-Port de Montréal, selon les horaires des événements identifiés pour la période estival 2018; - B-3, o.575, P-1, o.524, P-12-2, 127, C-4.1, o.212 et 01-282, o.206 relatives à la tenue des festivals et des événements culturels sur le domaine public (saison 2018, 5e partie A); - B-3, o.576, P-1, o.525, CA-24-085, o.120, P-12-2, o.128, et 01-282, o.208 relatives à la tenue des festivals et des événements culturels sur le domaine public (saison 2018, 5e partie C); - CA-24-085, o.119 relative au service de triporteurs dans le Vieux-Montréal; - 5984, o.137 exemptant le propriétaire du bâtiment situé au 2375, rue Olivier-Robert, de l'obligation de fournir 1 unité de stationnement; - 5984, .o.138 exemptant le propriétaire du bâtiment situé au 2503, rue Sainte-Catherine Est, de l'obligation de fournir 2 unités de stationnement; et ce, en vertu des règlements concernant le bruit (R.R.V.M., c.B-3), la paix et l\u2019ordre sur le domaine public (R.R.V.M., c.P-1), le civisme, le respect et la propreté (CA-24-085), la propreté et la protection du domaine public et du mobilier urbain (R.R.V.M.c.P-12.2), la circulation et le stationnement (R.R.V.M., chapitre C-4.1), l'urbanisme (R.R.V.M., 01-282, article 560) et les exemptions en matière d\u2019unités de stationnement (5984).Ces ordonnances entrent en vigueur à la date de la présente publication; elles peuvent être consultées aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Fait à Montréal, le 16 juin 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC CANADA PROVINCE DU QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL NO : 500-02-227612-186 Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Fady Farkouh de vous présenter au greffe de la cour du Québec du district de Montréal situé au 1 rue Notre-Dame Est, Montréal afin de recevoir l\u2019AVIS D\u2019EXÉCUTION, PROCÈS-VERBAL DE SAISIE ET AVIS DE VENTE SOUS CONTRÔLE DE JUSTICE qui aura lieu le 17 juillet 2018 à 10h00 suite à la saisie de vos véhicules automobiles au 1315 rue Jules-Poitras, Montréal et qui y a été laissée à votre attention.Le présent avis est publié à la demande de Michel Di Fiore, huissier de justice, qui a tenté sans succès de vous signifier l\u2019avis d\u2019exécution.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Saint-Sauveur, le 11 juin 2018 Michel Di Fiore, Huissier de justice 36 avenue Filion bureau 102, Saint-Sauveur, Québec J0R 1R0 514-668-0426 COUR DU QUÉBEC RAAMCO INT\u2019L PROPERTIES CDN LTD Partie demanderesse C.FADY FARKOUH Partie défenderesse DEMANDES D\u2019AUTORISATION D\u2019EXERCER UN USAGE CONDITIONNEL Les personnes intéressées sont priées de noter qu\u2019elles pourront être entendues par les membres du conseil d\u2019arrondissement qui statueront, en vertu de la procédure des usages conditionnels du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282), sur les demandes approuvant : - pour le bâtiment portant les numéros 1172-1188, rue Sherbrooke Ouest, l\u2019usage « parc de stationnement public intérieur », et ce, conformément au paragraphe 3º de l\u2019article 232 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1186399005]; - pour le bâtiment portant le numéro 176, rue Sainte-Catherine Est, l'usage « établissement cultuel, tels que lieu de culte et couvent » à tous les étages, sauf dans la partie nord rez-de-chaussée, et ce, conformément à l\u2019article 232 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement Ville-Marie (01-282) [dossier 1184869009]; - pour le bâtiment portant le numéro 320, rue Notre-Dame Est, l\u2019usage « bâtiment abritant un nombre illimité de logements » au niveau du sous-sol et au rez-de- chaussée comme déjà autorisé aux étages, et ce, conformément au paragraphe 8° de l\u2019article 136 du Règlement d\u2019urbanisme de l\u2019arrondissement de Ville-Marie (01-282) [dossier 1184869009].La séance du conseil d\u2019arrondissement au cours de laquelle seront étudiées ces demandes aura lieu le mercredi 4 juillet 2018, à 18 h 30, à la salle du conseil, 800, boulevard De Maisonneuve Est, rez-de-chaussée.Toute personne qui désire obtenir des renseignements relativement à ces demandes d\u2019autorisation peut communiquer avec la Division de l\u2019urbanisme de la Direction de l\u2019aménagement urbain et des services aux entreprises au 514 872-9545 et en mentionnant les numéros de dossiers indiqués précédemment.Fait à Montréal, le 16 juin 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Domenico Zambito, avocat Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (art.795, C.c.Q.) Prenez avis que, à la suite du décès de Jean-Claude Farly, en son vivant domicilié au 226, Grand Boulevard Ouest, Saint-Bruno- de-Montarville, Québec, J3V 0L2, survenu le 21 avril 2018, un inventaire de ses biens a été dressé par Francine CHOQUET et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Myriam VERREAULT, notaire, située au 100-1691, rue Montarville, Saint-Bruno-de-Montarville, province de Québec (450 653-7897).Fait à Saint-Bruno-de-Mon- tarville, ce 13 juin 2018 AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est donné conformément au Code civil du Québec de la clôture de l'inventaire en regard de la succession Gertrude POIRIER, née le 05 novembre 1926, en son vivant domiciliée au 4565, chemin Queen-Mary, Montréal, Québec, H3W 1W5 et décédée le 23 septembre 2016 à Montréal.Cet inventaire peut être consulté par toute personne ayant un intérêt, à l'étude Beauchamp et Gilbert, Notaires, au 507 Place d'Armes, bureau 1300, Montréal, Québec, H2Y 2W8.Montréal le 16 juin 2018.Beauchamp et Gilbert, Notaires AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Avis est donné conformément au Code civil du Québec de la clôture de l\u2019inventaire de la succession Réal ST-GERMAIN, né le 18 septembre 1947, en son vivant domicilié au 1180, rue D'Évreux, Boucherville, Québec, et décédé le 16 février 2013 à Longueuil.Cet inventaire peut être consulté par toute personne ayant un intérêt, à l\u2019étude Beauchamp et Gilbert, Notaires, au 507 Place d\u2019Armes, bureau 1300, Montréal, Québec, H2Y 2W8.Montréal le 16 juin 2018 Beauchamp et Gilbert, Notaires PRENEZ AVIS que Fernande Côté, en son vivant domiciliée au 1991, rue du Souvenir #221, Varennes (Québec) J3X 0C4, est décédée à Longueuil le 11 février 2018.L'inventaire des biens peut être consulté par toute personne ayant un intérêt au domicile de l'un des liquidateurs, au 43, rue de Montbrun, Boucherville (Québec) J4B 4T6.Prenez avis que le 1er juin 2018, Dre Véronique Ga- gnon-Pouliot a confié la garde des dossiers des patients l\u2019ayant consulté au 5011, rue de Verdun à Montréal, Québec, H4G 1N5 (514) 767-2120, suite à la cessation définitive de sa pratique dentaire, au Dre Nasim Attaran exerçant au 5280A, de Salaber- ry à Montréal, Québec, H4J 1J4 (514)-336-6181.Les patients ont cinq (5) ans pour accepter la cession de leur dossier au Dre Nasim Attaran, reprendre leur dossier ou en demander le transfert à un autre dentiste.Pour plus d\u2019informations, vous pouvez communiquer avec le Dre Nasim Attaran, (514)-336-6181 durant les heures d\u2019ouverture de la clinique (lundi/mardi de 7h30 à 18h00, mercredi de 7h30 à 16h00, jeudi de 12h00 à 20h30, vendredi fermé et samedi de 9h00 à 17h00).Prenez avis que le 1er juin 2018, suite au décès du Dr Paul Bourret le 13 septembre 2014, Dr Iyad Al Eid a acquis la garde des dossiers des patients ayant consulté le Dr Paul Bourret au 7965 Est, Notre Dame, Montréal (Québec) H1L 3K8, (514) 355-7635.Les patients ont cinq (5) ans pour accepter la cession de leur dossier au Dr Iyad Al Eid, reprendre leur dossier ou en demander le transfert à un autre dentiste.Pour plus d\u2019informations, vous pouvez communiquer avec Dr Iyad Al Eid au (514) 355-7635, durant les heures d\u2019ouverture de la clinique (lundi/mardi de 8h30 à 17h00, et jeudi de 8h30 à 17h00). SCIENCE B 9 LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 L\u2019 L\u2019immunothérapie est-elle en voie de supplanter la chimiothérapie ?immunothérapie du cancer a plus que jamais le vent dans les voiles.Elle se décline désormais sous différentes approches.La greffe de moelle osseuse, qui est la première immunothérapie à avoir fait ses preuves, demeure le traitement par excellence pour de nombreuses leucémies.Depuis cinq ans, des anticorps synthétiques qui bloquent les freins que les lymphocytes T du système immunitaire s\u2019imposent s\u2019avèrent efficaces pour éliminer certains mélanomes et cancers du poumon, et pour cette raison sont remboursés par la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ).L\u2019immunothérapie cellulaire, qui consiste à stimuler les lymphocytes T qui infiltrent les tumeurs cancéreuses afin d\u2019améliorer leur force de frappe, donne des résultats très encourageants.« Un patient atteint d\u2019un cancer de la peau métastatique sur deux répond bien à cette thérapie qui guérit complètement un patient sur cinq », précise le Dr Simon Turcotte, chirurgien onco- logue et chercheur en immunologie du cancer au CHUM.La fin de la chimiothérapie ?Cette semaine, le Centre de recherche du CHUM annonçait le lancement d\u2019une étude clinique visant à éprouver une nouvelle technique d\u2019immunothérapie cellulaire faisant appel à un appareil appelé « trieur cellulaire », qui sélectionne les lymphocytes T les mieux armés pour combattre les tumeurs cancéreuses.Des patients atteints d\u2019un mélanome métastatique qui ne répondent pas aux traitements classiques seront invités à participer à cette étude.Et « une fois que nous aurons fait la preuve de concept avec le mélanome, nous effectuerons une étude similaire avec des patients atteints du cancer du côlon et peut-être du cancer du pancréas », affirme le Dr Simon Turcotte, qui est un des responsables de cet essai clinique.« Comme scientifique, c\u2019est toujours L\u2019immunothérapie, qui fait appel aux forces vives de notre système immunitaire, remporte de francs succès dans la lutte contre le cancer.Serait-elle en voie de supplanter, voire d\u2019éliminer définitivement, la chimiothérapie, qui a tant mauvaise presse ?Rien n\u2019est moins sûr.Les traitements anticancéreux de l\u2019avenir combineront chimiothérapie et immunothérapie.Reste à déterminer les combinaisons gagnantes\u2026 PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Le Centre de recherche du CHUM annonçait le lancement d\u2019une étude clinique visant à éprouver une nouvelle technique d\u2019immunothérapie cellulaire faisant appel à un appareil appelé « trieur cellulaire », qui sélectionne les lymphocytes T les mieux armés pour combattre les tumeurs cancéreuses.JACQUES NADEAU LE DEVOIR tentant de parler de révolution, d\u2019affirmer qu\u2019une approche va supplanter l\u2019autre.Ce n\u2019est pas encore le cas, dans le sens où la chimiothérapie va encore demeurer longtemps la pierre angulaire pour la majorité des cancers.L\u2019immunothérapie peut probablement remplacer des chimiothérapies inefficaces, comme pour les cancers de la peau, par exemple.Mais on obtiendra probablement une efficacité encore plus grande avec des combinaisons de thérapies où on associera une chimiothérapie ciblée qui visera certains signaux anormaux dans les cellules cancéreuses à une immunothérapie », croit le Dr Jean-Sébas- tien Delisle, hématologue à l\u2019hôpital Maisonneuve-Rosemont (HMR).« Le grand défi maintenant sera de chercher une synergie entre les différentes approches.On ne peut pas tenter de combiner au hasard.Il faudra se baser sur ce qui a du sens scientifiquement.Et il faudra tester ces combinaisons dans le cadre d\u2019études cliniques.» « L\u2019avenir est plutôt dans une utilisation judicieuse de la chimiothérapie combinée à l\u2019immunothérapie.L\u2019avenir est vraiment dans les combinaisons », ajoute le Dr Simon Turcotte, avant de rappeler qu\u2019on a découvert il y a quelques années que plusieurs types de chimiothérapie [les anthracyclines et les sels de platine, par exemple] stimulent le système immunitaire.« Tout le monde a peur de la chimiothérapie.Au congrès annuel de l\u2019Association américaine d\u2019oncologie clinique (ASCO), la fin de semaine dernière, plusieurs femmes atteintes d\u2019un cancer du sein ont affirmé ne tirer aucun bénéfice des chimiothérapies.En réalité, la chimio, quand elle est utilisée de façon judicieuse, est bien tolérée par la majorité des patients et va même les aider.C\u2019est important de rééquilibrer le message pour qu\u2019il y ait moins d\u2019appréhension et de militer plutôt pour une utilisation judicieuse de la chimiothérapie, notamment en sélectionnant les patients qui en auraient vraiment besoin plutôt que de la donner à tous les patients sans distinction comme on le faisait dans les années 1990.Plusieurs études sont actuellement menées en cancer du sein pour déterminer si on peut réduire la durée de la chimiothérapie ou éviter de la donner au sous- groupe de patientes qui sont moins susceptibles d\u2019avoir une récidive de leur cancer », fait valoir le Dr Turcotte.Plusieurs études en cours visent à découvrir les signes qui permettraient de prédire si un cancer sera susceptible de bien répondre à l\u2019immunothérapie.« Un patient qui a un cancer qui est très bien reconnu par le système immunitaire n\u2019aura probablement pas besoin de chimiothérapie.Par exemple, un sous-groupe de patients atteints d\u2019un cancer de la peau qui répond aux inhibiteurs des points de contrôle de façon spectaculaire n\u2019aura jamais besoin d\u2019autres formes de thérapie », souligne-t-il.Cancers sensibles Deux facteurs sont déterminants dans la sensibilité d\u2019un cancer à l\u2019immunothérapie : la quantité de mutations dans les cellules cancéreuses et les caractéristiques du micro- environnement tumoral.Le cancer de la peau est le cancer qui répond le mieux à toutes les formes d\u2019immunothérapie.« C\u2019est le cancer qui est le mieux reconnu par le système immunitaire, entre autres parce que ce sont les rayons ultraviolets qui le causent et qui génèrent des milliers de mutations dans le génome des cellules de ces tumeurs », précise le Dr Turcotte.Les protéines produites par ces cellules mutées sont altérées et donc reconnues comme étrangères par le système immunitaire.« On a établi une bonne corrélation entre le nombre de mutations dans une tumeur et la capacité de mobiliser une réponse immunitaire significative contre celui-ci », indique le Dr Delisle.« Les cancers du poumon de fumeurs qui comportent de nombreuses mutations sont aussi plus vulnérables à l\u2019immunothérapie que les cancers du poumon de non-fumeurs.Mais la charge de mutations n\u2019explique pas tout, car le cancer du rein est aussi assez sensible à l\u2019immunothérapie, alors qu\u2019il n\u2019est pas plus muté que les autres cancers.On pense que le cancer du rein est plus sensible en raison de son micro-environne- ment qui est un milieu inflammatoire.Si vous tentez de vous attaquer à un cancer qui est très peu inflammatoire, très peu infiltré par des cellules immunitaires, il n\u2019y aura rien à ressusciter, ça ne marchera pas.Il y a certains cancers qui sont plus hermétiques et qui ne se laissent pas infiltrer par les cellules immunitaires.Or, Il faut que les cellules immunitaires soient capables d\u2019atteindre le cancer pour faire leur travail.» « Il faut qu\u2019il y ait une ébauche de réponse immunitaire dans la tumeur pour que l\u2019immunothérapie fonctionne.Si le cancer a complètement échappé au système immunitaire, il n\u2019y aura aucune forme d\u2019immunothérapie qui pourra fonctionner.Il n\u2019y aura aucun lymphocyte T à potentialiser », explique le Dr Turcotte.La greffe de moelle osseuse On procède à un prélèvement de moelle osseuse chez un donneur.On isole les cellules souches hématopoïétiques qui sont présentes dans celle-ci.Ces cellules souches qui fabriquent tous les types de cellules sanguines et immunitaires sont injectées au malade atteint d\u2019une leucémie, à qui on a administré au préalable une chimiothérapie afin d\u2019éliminer un maximum de cellules cancéreuses et d\u2019assommer son système immunitaire.« Les cellules souches hématopoïétiques remplaceront les systèmes sanguin et immunitaire du receveur par celui-ci du donneur.Le système immunitaire du donneur se retrouve dans un organisme qu\u2019il reconnaît comme étranger et il provoque alors un rejet des cellules leucémiques.Malheureusement, ce rejet peut s\u2019étendre à d\u2019autres organes.Il faut donc bien contrôler cette réaction immunitaire en donnant des immunosuppresseurs pendant plusieurs mois », précise le Dr Jean-Sébastien Delisle, hématologue à l\u2019HMR.Les inhibiteurs de points de contrôle Ce sont des anticorps fabriqués en laboratoire et qui bloquent les freins \u2014 appelés points de contrôle \u2014 que les lymphocytes T du système immunitaire expriment à leur surface pour contrôler leur activité.« Si l\u2019activation des lymphocytes T se faisait sans aucun contrôle, ce serait dangereux pour la cellule elle- même, car elle pourrait s\u2019épuiser, et dangereux aussi pour l\u2019organisme d\u2019être soumis à une réaction immunitaire non contrôlée », explique le Dr Delisle.En se liant à ces freins (appelés PD-1 et CTLA-4) présents sur les lymtphocytes T, les anticorps réactivent ces combattants du système immunitaire qui s\u2019étaient en quelque sorte endormis.Certains cancers hématologiques, dont particulièrement le lymphome de Hodgkin, ainsi que le mélanome et certains cancers du poumon répondent bien à cette forme d\u2019immunothérapie.L\u2019immunothérapie cellulaire La technique actuelle d\u2019immunothérapie par transfusion de cellulaires immunitaires consiste à prélever les lymphocytes T qui ont infiltré une métastase d\u2019un cancer solide (par opposition aux cancers liquides ou sanguins) et à les multiplier en laboratoire avant de les ré- infuser au patient.Cette technique n\u2019a fait ses preuves que sur des cancers solides, tels que des cancers de la peau.Le CRCHUM lancera d\u2019ici un an et demi une étude clinique visant à éprouver une version améliorée de cette technique.« La première génération de cette technique ne comportait aucune sélection parmi les lymphocytes T puisés dans la tumeur.On réinjectait au patient tout ce qui provenait de la tumeur.Ça fonctionnait dans certains cas, mais l\u2019efficacité était sous-opti- male.Entre-temps, nous avons compris que seulement un petit pourcentage de lymphocytes T présents dans la tumeur reconnaissent les antigènes de la tumeur et s\u2019y attaquent vraiment », explique le Dr Simon Turcotte, coresponsable de l\u2019étude clinique.« Le trieur cellulaire que le CRCHUM vient d\u2019acquérir permettra de sélectionner la petite fraction de lymphocytes T qui sont réellement antitumoraux.En général, on réussit à en sélectionner environ 500 000 à partir d\u2019une métastase d\u2019au moins un à deux centimètres.On les fait ensuite proliférer dans un incubateur pour en produire plus d\u2019un milliard.Et on les infuse au patient.» « Avant de procéder à la transfusion de cette préparation cellulaire, on administre au patient une chimiothérapie dans le but de diminuer ses défenses immunitaires et ainsi de donner toute la place aux lymphocytes T antitumoraux que l\u2019on a sélectionnés.» Vaccins antitumoraux On développe des vaccins qui induisent la formation d\u2019anticorps contre des antigènes présents sur les cellules cancéreuses tumorales, qui ont été découverts comme étant une bonne cible pour le système immunitaire.Différentes formes d\u2019immunothérapie LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 ÉDITORIAL B 10 LE DEVOIR // FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Luce Julien Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Vice-président des ventes publicitaires Mark Drouin Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Directrice de l\u2019information Marie-Andrée Chouinard Directeur de l\u2019information numérique Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet ès l\u2019élection de Donald Trump à la présidence américaine en novembre 2016, le gouvernement Trudeau a adopté une stratégie consistant à ne pas froisser le président tout en multipliant les liens avec quiconque pouvait influer directement ou indirectement sur ses décisions.Au centre des préoccupations : la préservation de la relation commerciale entre les deux pays.L\u2019approche a fonctionné jusqu\u2019à il y a deux semaines, quand Donald Trump a décidé contre toute logique d\u2019imposer des tarifs sur les importations d\u2019acier et d\u2019aluminium en provenance du Canada, du Mexique et de l\u2019Union européenne sous le prétexte fallacieux de la sécurité nationale.La réplique de tous les pays fut immédiate : imposition de tarifs sur des importations américaines et plainte à l\u2019Organisation mondiale du commerce.À l\u2019issue du Sommet du G7, le président Trump n\u2019a toutefois pris que Justin Trudeau pour cible, ce dernier ayant eu l\u2019audace de répéter à la face du monde qu\u2019invoquer la sécurité nationale pour frapper le Canada était insultant et que le Canada ne se laisserait pas bousculer sans rien dire.Tout ce que le président a réussi à provoquer est un ralliement des forces politiques canadiennes derrière Justin Trudeau, du conservateur Doug Ford, nouvellement élu premier ministre de l\u2019Ontario, à l\u2019ancien premier ministre Stephen Harper, en passant par le NPD et les provinces.La grande majorité des Canadiens ont suivi, indiquait jeudi un sondage de la firme Angus Reid.Fidèle à sa stratégie, le gouvernement a réagi en ne jetant pas d\u2019huile sur le feu, dépêchant plutôt des ministres auprès de leurs homologues américains afin de leur rappeler l\u2019importance de notre relation commerciale.Il y a toutefois plus que cette relation en jeu ici.L\u2019architecture multilatérale, dont une puissance de taille moyenne comme le Canada a besoin, est fragilisée par le protectionnisme de Donald Trump, son mépris des règles internationales et sa logique du chacun pour soi.Dans un discours portant sur les menaces pesant sur les démocraties libérales, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Free- land, a déclaré mercredi à Washington que l\u2019imposition de tarifs sur l\u2019acier et l\u2019aluminium était «?un cas flagrant où les États-Unis font pencher la balance de leur côté au mépris des règles qu\u2019ils ont eux-mêmes contribué à formuler?».Les consommateurs américains paieront le prix du «?protectionnisme?» américain, a-t-elle poursuivi, mais «?le prix en sera également payé par ceux qui croient qu\u2019un système fondé sur des règles vaut la peine d\u2019être préservé.Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous avons mis en place un système qui a favorisé la prospérité et empêché les petites querelles et les querelles régionales de se transformer en guerres ouvertes.Nous avons bâti un système qui privilégie la liberté et la démocratie plutôt que l\u2019autoritarisme et l\u2019oppression.Pour sa part, le Canada se portera à la défense de ce système lorsque ce système sera attaqué?».Le Canada doit toutefois faire plus.Les institutions multilatérales ne sont pas parfaites et n\u2019ont pas toutes bien vieilli.Des réformes s\u2019imposent presque partout pour leur assurer pérennité et pertinence.Bien qu\u2019elle maîtrise bien cet enjeu, la ministre Freeland est avant tout absorbée par la relation canado-américaine et les négociations de l\u2019ALENA.Le premier ministre doit par conséquent s\u2019investir davantage dans ce dossier des réformes institutionnelles et exposer plus clairement les changements qu\u2019il souhaite mettre en avant.Après tout, il prétend toujours solliciter un siège au Conseil de sécurité des Nations unies.Le Canada a participé à la création de ces institutions, il doit être partie prenante de leur redéfinition urgente et nécessaire.STÉPHANE MARTINEAU PROFESSEUR TITULAIRE À L\u2019UQTR Le lockout à l\u2019Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et la saga des négociations entre la direction et les professeurs, s\u2019ils sont bien entendu liés à ses acteurs, prennent aussi racine dans un mal bien plus grand et bien plus profond.Depuis des décennies, les idées dominantes en économie veulent que les principes régissant le marché doivent s\u2019appliquer à toutes les sphères de la société et à toutes les institutions.Nos gouvernements, l\u2019un après l\u2019autre, ont adhéré à cette idéologie et ont ainsi exigé des institutions publiques qu\u2019elles se comportent de plus en plus comme des entreprises privées.Tel est le cas des universités où le mode de financement force celles- ci à mener l\u2019une contre l\u2019autre une course à la « clientèle ».Une université, aujourd\u2019hui, est une organisation en compétition sur un marché.Plus encore, les tendances néolibérales de nos politiques publiques ont permis que les CA de nos universités soient, pour l\u2019essentiel, aux mains d\u2019acteurs extérieurs à celles-ci, des agents socio-économiques, comme on les nomme.Effets pervers Depuis 20 ans, je vois ces changements se faire sous mes yeux.Les effets pervers sont nombreux et touchent tous les niveaux de l\u2019institution.La recherche constante de clientèle pousse les universités à abaisser toujours davantage les exigences à l\u2019admission, à tout le moins dans certains programmes.La recherche toujours plus grande de financement conduit à l\u2019acceptation d\u2019étudiants peu préparés et peu motivés et conduit ces mêmes universités à mettre en place des dispositifs parfois onéreux de soutien afin que ces étudiants puissent cheminer et ne décrochent pas.Cette situation se traduit par le fait que nombre de professeurs sentent une pression à « faire passer tout le monde » : « on ne doit pas perdre de clientèle ».Entreprises en quête de marchés, les universités ont vu leurs effectifs de personnel affecté à des tâches autres que l\u2019enseignement et la recherche croître à une vitesse grand V.La surcharge de travail pour les professeurs, qui, par le fait même, nourrit l\u2019augmentation du personnel administratif à l\u2019université, diminue la liberté et le pouvoir du professeur.Se pensant comme une entreprise privée, l\u2019université \u2014 à tout le moins sa direction \u2014 développe les mêmes réflexes que celle-ci, par exemple en adoptant des pratiques de « gouvernance » non collaboratrices avec ses employés.Ainsi, il est évident que les directions cherchent par tous les moyens à réduire les professeurs au simple rang d\u2019exécutants.Autre effet pervers \u2014 et paradoxe pour le moins surprenant \u2014, les directions de nos universités, en définitive, ne valorisent que la recherche subventionnée (celle qui rapporte des sous).Ainsi, l\u2019université en est venue à être un lieu où c\u2019est moins la production intellectuelle qui importe que l\u2019argent qu\u2019elle peut rapporter.Un professeur productif scientifiquement mais sans subvention y est peu considéré.La liste des effets pervers pourrait continuer longtemps.Une vision En somme, les tensions que vit l\u2019UQTR depuis des mois sont le fruit non seulement des acteurs en présence, mais aussi de l\u2019adoption d\u2019une vision mercantile de l\u2019université.Cette vision a profondément transformé nos universités qui, d\u2019établissements de hauts savoirs, sont conduites à se comporter comme des usines à diplômés.L\u2019entrée du néolibéra- lisme dans les universités se traduit par un mépris envers les étudiants (réduits à n\u2019être que des sources de financement), les professeurs (dont l\u2019expertise est de moins en moins considérée) et du savoir (ramené à une simple marchandise).Au-delà de la défense de leurs conditions de travail, c\u2019est cette vision purement économique de l\u2019université à laquelle les professeurs de l\u2019UQTR s\u2019opposent dans le présent conflit avec la direction.Une première ?La manière dont les médias, y compris Le Devoir, se sont extasiés devant l\u2019obtention de la Coupe du monde FIFA 2026 m\u2019a choqué.Nombreux sont les commentateurs qui ont affirmé que c\u2019était la première fois que le continent accueillait cet événement.Or, c\u2019est tout simplement faux: en 1999 et en 2003, les États-Unis l\u2019ont organisé; et en 2015, ce fut le tour du Canada.Ah, mais pardonnez-moi, messieurs du monde footbalis- tique, c\u2019était la Coupe du monde féminine! Donc, ça ne compte pas vraiment.Pourtant, il s\u2019agit du même sport et de la même fédération.En 2026, nous partagerons la programmation de matchs avec le Mexique et les États-Unis, les Américains accaparant tous les matchs à partir des quarts de finale, en plus de matchs de poules.Je ne suis même pas certain que les retombées économiques dépasseront celles de la Coupe du monde féminine de 2015 à l\u2019échelle du Ca- Une vision mercantile de l\u2019université LIBRE OPINION LETTRES JUSTIN TRUDEAU ET DONALD TRUMP La nécessaire réplique NICARAGUA Vent de révolution D amais depuis la guerre civile des années 1980 le Nicaragua n\u2019a traversé pareilles turbulences.C\u2019est comme si se rejouaient dans ce petit pays pauvre d\u2019Amérique centrale les bouleversements de 1979, mais cette fois- ci avec Daniel Ortega dans le rôle d\u2019Anastasio Somoza, le dictateur que sa révolution sandiniste a renversé il y a presque 40 ans.C\u2019est la répression, le 18 avril dernier à Managua, d\u2019une marche contre une réforme des retraites qui a mis le feu aux poudres.Le lendemain, des étudiants ont protesté, à leur tour sévèrement réprimés par la police.Bilan : trois morts.D\u2019étudiante, la contestation n\u2019a depuis cessé de s\u2019élargir à toutes les couches de la société, prenant à la grandeur du pays une tournure catégoriquement anti-Ortega \u2014 alimentée de fait par la féroce répression exercée par les autorités.Le retrait de la réforme n\u2019a pas calmé la colère.Les violences auront fait jusqu\u2019à maintenant plus de 150 morts, face auxquels Ortega, loin de les pleurer, a dénoncé une « conspiration » de l\u2019opposition.Daniel Ortega a été adulé dans les années 1980 par les gauches du monde entier pour l\u2019héroïque résistance sandiniste aux Contras soutenus par Ronald Reagan.Défait aux élections de 1990, il a continué de jouer un rôle politique prépondérant dans la société nicaraguayenne.Il s\u2019est représenté à la présidence en 2006 et l\u2019a remportée, pour ensuite être réélu en 2011 et en 2016 à l\u2019issue de scrutins plus ou moins propres.Fort du soutien des milieux d\u2019affaires, qui se retournent aujourd\u2019hui contre lui, il n\u2019a cessé d\u2019étendre son emprise sur la police, l\u2019armée, la justice et les médias.Il y a du bien à dire d\u2019Ortega pour ses mesures de lutte contre la pauvreté et contre la criminalité.Mais dans la façon dont il s\u2019accroche au pouvoir et refuse le dialogue, sa méthode est vénézuélienne.« La violence d\u2019Ortega révèle sa faiblesse.Il a perdu ses symboles, la rue et beaucoup de soutiens », affirme l\u2019écrivain Sergio Ramirez, qui fut vice-président sous Ortega (1985-1990) avant de rompre avec lui.Étudiants, patrons, paysans, in- tellos, société civile : l\u2019appel à son départ est devenu collectif.Pour le bien de la chancelante démocratie nicaraguayenne, il serait temps pour lui et sa clique de s\u2019incliner.J nada\u2026 Encore une fois, le contraste frappant entre le traitement médiatique des deux événements montre qu\u2019il ne suffit pas de cliquer sur un mot-clic pour changer les mentalités concernant l\u2019égalité hommes- femmes.Seulement au Québec, plus de 40% des 200 000 joueurs de soccer sont des filles\u2026 Pour un taux dérisoire d\u2019entraîneures.Où est le problème?Le «soccer» reste encore au pays un sport sexiste, à l\u2019image de la société.Didier Périès Le 14 juin 2018 lippe Couillard avec son beau programme politique basé sur l\u2019austérité et l\u2019acharnement contre les plus démunis de la société.On estime toujours entre 700000 et 1,1million le nombre de personnes à faible revenu au Québec, qui peinent à joindre les deux bouts.Que notre système de santé est dans le plus lamentable état (où êtes-vous, M.Barrette?) et que, sur le plan du droit à l\u2019éducation, il y a toujours 51% de Québécois qui souffrent d\u2019un sérieux problème d\u2019analphabétisme.Mais, pour revenir à la question de l\u2019absence de mémoire des Québécois, on semble oublier qu\u2019avant la fondation de la CAQ, en 2011, François Legault, pour le PQ, avait été un médiocre ministre de l\u2019Éducation (2001-2002) et un encore plus mauvais ministre de la Santé et des Services sociaux (2002-2003).Alors, sommes-nous réellement prêts à le porter au pouvoir comme premier ministre du Québec à l\u2019automne prochain?Vivement, réparons nos trous de mémoire avant les prochaines élections\u2026 Alain Petel 14 juin 2018 GUY TAILLEFER Trous de mémoire «Je mesouviens» a beau être la devise du Québec, les Québécois n\u2019ont semble-t-il pas de mémoire.C\u2019est toujours comme ça.Après les années de misère avec le PLQ de Jean Charest au pouvoir (2003- 2012), où les systèmes de collusion et de corruption ont régné de façon généralisée, avec la crise étudiante pour couronner le tout, on élisait Pauline Marois pour un bref mandat de deux courtes années (2012- 2014), pour relancer le PLQ de Phi- MANON CORNELLIER LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 B 11 IDÉES L\u2019université fait naufrage (2) J \u2019écrivais hier qu\u2019un malaise est perceptible entre les murs des établissements d\u2019études supérieures.Les étudiants craquent à une fréquence alarmante et, la plupart du temps, on offre pour seule réponse des stratégies de bien-être et de résilience.On tarde à voir le lien entre cette détresse et les transformations politiques et culturelles à l\u2019œuvre au sein des établissements d\u2019enseignement postsecondaire.J\u2019en parlais à Benjamin Brunot, ex-professionnel des services aux étudiants et cofondateur de l\u2019organisation étudiante Healthy Legal Minds.Il soulignait ceci : dès qu\u2019on interroge les pratiques institutionnelles et leurs effets sur la santé mentale des étudiants, on brandit aussitôt un discours sur « l\u2019excellence ».La barre doit rester haute.On se cramponne à l\u2019idée tordue d\u2019une vocation à l\u2019élite, qui revient en gros à dire que, si les étudiants sont malheureux, c\u2019est soit parce qu\u2019ils se mettent eux-mêmes trop de pression, soit parce qu\u2019ils ne sont pas à leur place.Pas surprenant qu\u2019en parallèle fleurisse une véritable industrie du « self-help » universitaire (livres, conférences, coaching) qui propose d\u2019aider les étudiants à prendre en charge leur réussite.On appréhende au fond les études comme l\u2019accomplissement d\u2019un projet entrepreneurial : dans un monde où la compétition est féroce et où les possibilités sont limitées, la seule voie de salut est l\u2019excellence, et chacun doit fourbir ses armes.Mais quelle est cette « excellence » dont on nous parle ?Même ceux qui, en principe, l\u2019incarnent dans l\u2019espace universitaire sont secoués par la même crise.Aux cycles supérieurs, la détresse est encore plus fréquente qu\u2019au premier cycle de l\u2019université.Au doctorat, près de la moitié des étudiants auraient des épisodes dépressifs.Normal de souffrir en rédigeant une thèse ou un mémoire, dit-on.Normal aussi d\u2019être seul avec ses nœuds et ses angoisses.Fixez-vous les bons objectifs et vous garderez la tête hors de l\u2019eau.Or on ne peut saisir la détresse qui se vit dans les établissements « d\u2019excellence » sans s\u2019interroger sur les modalités de production de la connaissance.Celles-ci s\u2019éloignent de plus en plus de l\u2019idéal universitaire qui, au départ, pousse les étudiants à poursuivre une carrière universitaire.Un lecteur, à la maîtrise, m\u2019écrit : « Je lisais Derrida et Weber sur l\u2019université, j\u2019étais idéaliste.Je voulais devenir professeur et chercheur, on me proposait de devenir technicien ou fonctionnaire.» «Les chercheurs sont généralement motivés d\u2019abord par cet idéalisme, une volonté de changer le monde», me dit Sara Mathieu-C, chercheuse et cofondatrice de Thèsez-vous, un organisme qui aide les étudiants aux cycles supérieurs à sortir de l\u2019isolement.«Puis, ils se retrouvent dans un environnement académique hyperpolitique, axé avant tout sur la performance et la pression de produire, de diversifier son CV.» Il faut produire du savoir plus vite qu\u2019il est possible de penser \u2014 « publish or perish », dit l\u2019adage \u2014, enseigner, décrocher des bourses.Aménager la relation parfois difficile avec le directeur de recherche.Les abus de pouvoir sont fréquents et les supérieurs sont eux aussi soumis à la spirale d\u2019accélération de la production universitaire.Et au bout du compte, les culs-de-sac professionnels sont fréquents.Que fait-on pour surmonter cette impasse ?On se tourne vers la filière entrepreneuriale.« Investissez votre projet de thèse dans une start-up ! » résume Sara.Ce qui, souligne-t-elle, reflète la place du discours entrepreneurial dans les programmes pédagogiques en général.On touche ici au cœur de la dérive de l\u2019université.On dit aux jeunes chercheurs de ne pas se décourager, de bâtir leur propre carrière, mais on fait l\u2019impasse sur la question de la précarité.Et alors que les injonctions pour accélérer le rythme de la production scientifique s\u2019intensifient, la qualité du savoir s\u2019érode et ceux qui le produisent vacillent.Arrivé au plus haut niveau d\u2019études, on travaille dans des conditions qui nuisent à l\u2019avancement de la connaissance.C\u2019est aussi le constat que « l\u2019économie du savoir » est une fabrique de l\u2019ignorance, qui méprise la fonction culturelle, sociale et démocratique de l\u2019université.Une élève de 5e secondaire m\u2019écrit : « Je rêve de faire un doctorat.» Mais elle s\u2019inquiète de la pression qu\u2019on met sur les élèves, dès le plus jeune âge.On craque, dit-elle, la pression est immense pour se démarquer, être toujours au meilleur de soi-même.« Je sens qu\u2019on ne va plus à l\u2019école pour apprendre.On y va pour s\u2019assurer que l\u2019on rentre bien dans le moule de l\u2019étudiant parfait.» La fabrique des petits soldats du savoir se porte bien, déduis-je.Aurait-on oublié que l\u2019éducation doit en principe préparer l\u2019avenir, pas épuiser les forces qui le réalisent ?AURÉLIE LANCTÔT ROBERT LÉVESQUE ÉCRIVAIN Un jour d\u2019avril 2012, chez un fabricant de bagels de la rue Saint-Viateur, je suis tombé sur Gabriel Gascon qui avait l\u2019air hésitant devant les fromages à la crème; je le salue et nous engageons une conversation.Je lui dis que je m\u2019apprête à visionner le documentaire La passion selon Gabriel, que la nièce de Georges Groulx (autre grand comédien de sa génération, née dans les années 1920, embarquée dans la création du TNM en 1951) lui consacre.Il ne semblait pas savoir que ce film passait le 1er mai sur Artv.Un peu triste, il me confie qu\u2019il perd la mémoire immédiate et qu\u2019il ne peut plus mémoriser un texte, le cauchemar ultime de ces grandes bêtes de scène qui ont donné leur vie à ce qu\u2019elles aimaient le plus, le théâtre\u2026 J\u2019avais la chance depuis quelques années de croiser parfois Gabriel Gascon rue Bernard.Il habitait la conciergerie Royal York (construite l\u2019année de sa naissance, en 1927) et j\u2019ai pu avec le temps me rendre compte à quel point cet homme était d\u2019une aristocratie de la réserve, de la simplicité, de la bonté, de la douceur ironiste, tout le contraire de son frère, Jean Gascon, le matamore fondateur du TNM, qui disait sans plus d\u2019élaboration que « le théâtre, c\u2019est comme la merde, ça se sent », et dans l\u2019ombre duquel son cadet Gabriel a d\u2019abord fait son chemin avant de partir pour Paris.Gabriel était l\u2019intellectuel des deux frérots (d\u2019une famille de quatorze enfants).Jean était le géant, mais, des deux, à mes yeux, c\u2019est Gabriel qui est le grand Gascon, et cela, le metteur en scène Denis Marleau l\u2019a bien compris lorsqu\u2019il l\u2019a abordé, connu, et lui a offert ses plus beaux rôles de vieil acteur dans Maîtres anciens de Thomas Bern- hard, dans La dernière bande de Beckett et dans Intérieur de Maeterlinck\u2026 Je tiens Gabriel Gascon pour le plus grand interprète du rôle de Krapp que j\u2019ai pu voir à l\u2019œuvre, et je me désole que Beckett n\u2019ait pas pu voir son Krapp\u2019s Last Tape si magistralement interprété.Beckett disait que le plus grand Krapp était le comédien Patrick Magee, pour qui il avait écrit la pièce, mais Beckett n\u2019a pas vu ce que j\u2019ai vu quand Gabriel Gascon s\u2019est emparé du rôle de cet homme qui, vers la fin de sa vie, écoutant ses propos enregistrés à différentes étapes de sa vie, se rit tragiquement de la vacuité de celle-ci (et j\u2019ajoute \u2014 sar- trien \u2014 comme de toutes les autres, pas plus, pas moins).Le grand Gascon JOLANE T.LAUZON AVOCATE ET PASSIONNÉE DES DROITS DE LA PERSONNE Je suis arrivée à Buenos Aires il y a deux semaines afin de faire un stage lié aux droits de la personne.Malgré mon intérêt marqué pour les droits reproductifs, je n\u2019avais pas suivi attentivement la lutte pour la légalisation de l\u2019avortement en Argentine.Je savais simplement qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un sujet chaud, ardemment débattu.Mes premiers contacts ici furent avec mes collègues de travail, des jeunes femmes et hommes particulièrement progressistes, qui arborent avec fierté le pañuelo (petit foulard) vert, symbole d\u2019appui à la légalisation de l\u2019avortement.Après ma première journée de travail, le 4 juin, ils m\u2019ont invitée à la manifesta- tion-anniversaire Ni Una Menos, un mouvement social créé en Argentine en 2015 afin de dénoncer les féminicides.Cette manifestation avait pour but de commémorer la première manifestation de juin 2015, où plus de 300 000 personnes s\u2019étaient rassemblées à Bue- nos Aires.Ce premier évènement avait pris forme à la suite de la découverte du cadavre d\u2019une adolescente, tuée par son conjoint.Ce décès s\u2019inscrivait dans un contexte alarmant, où plus de 1808 fé- minicides avaient été répertoriés entre 2008 et 2014 en Argentine.Cette année, la manifestation rassemblait des groupes de tous les horizons.Toutefois, le groupe le plus visible était certainement celui de la Cam- paña Nacional por el Aborto Legal, Se- guro y Gratuito (Campagne nationale pour l\u2019avortement légal, sécuritaire et gratuit).Dès les premières secondes de cette marche hivernale, j\u2019ai été gagnée par l\u2019enthousiasme, l\u2019espoir et la bonhomie de mes compagnons de marche.Que c\u2019était beau de voir tous ces gens \u2014 jeunes, vieux, hommes, femmes, étudiants, travailleurs \u2014 marcher main dans la main pour une cause commune, celle du mieux-être des femmes ! Je ne me souviens pas avoir eu autant de frissons en une soirée.Je me suis mise à scander les slogans criés par la foule : « Éducation sexuelle pour décider, contraceptifs Le combat des Argentines pour l\u2019avortement se poursuit Cris de joie, étreintes, chants\u2026 Les personnes prolégalisation ont exprimé leur bonheur après l\u2019annonce de la victoire du oui au référendum sur la légalisation de l\u2019avortement.EITAN ABRAMOVICH AGENCE FRANCE-PRESSE Aujourd\u2019hui, je décide donc de célébrer avec mes amies argentines.Toutefois, je ne suis pas dupe : il reste encore beaucoup de travail à accomplir.JOLANE T.LAUZON » pour ne pas avorter, avortement légal pour ne pas mourir ! » À partir de cette manifestation, le compte à rebours était commencé: il restait neuf jours avant le vote par les députés, où les camps du «oui» et du «non» ont multiplié les efforts afin de les influencer.Jusqu\u2019à la toute dernière minute, les médias faisaient état d\u2019une situation incroyablement serrée.En fait, plusieurs de mes collègues avaient déjà le cœur gros, anticipant une amère défaite, déterminée par quelques députés d\u2019arrière-plan qui hésitaient toujours.Le jour J Le jour J arriva.Le 13 juin, en matinée, les 257 députés de la Chambre des députés se sont rassemblés afin d\u2019entamer les débats qui allaient mener au vote.Ils ont duré près de 24 heures, ce qui a repoussé le vote au 14 juin vers 9 h 30 du matin.Pendant tout ce temps, les médias ont rapporté au compte-gouttes les déclarations de chaque député afin d\u2019anticiper l\u2019issue du vote.Les manifestants pour et contre la légalisation se sont rassemblés devant le Congrès, où l\u2019espace public avait été divisé afin d\u2019empêcher les affrontements.Ainsi, une veille d\u2019innombrables heures a débuté et certains ont entrepris de passer la nuit à l\u2019extérieur.Tentes, feux de camp, sacs de couchage : une soirée de camping s\u2019est improvisée afin d\u2019attendre le vote.J\u2019y suis arrivée au petit matin.Les visages étaient fatigués, les déchets jonchaient les rues, mais du côté du «oui», l\u2019espoir était palpable et les slogans étaient toujours chantés avec enthousiasme.Finalement, peu avant 10h du matin, le vote a eu lieu et, quelques minutes après, la victoire du «oui» a été annoncée.Cris de joie, étreintes, chants\u2026 Les personnes prolégalisation ont exprimé leur bonheur.En voyant certaines femmes dans la soixantaine se serrer dans leurs bras, j\u2019ai réalisé à quel point, pour elles, il s\u2019agissait probablement du combat d\u2019une vie ! Si plusieurs collègues m\u2019ont demandé comment s\u2019était déroulée la légalisation de l\u2019avortement au Canada, je n\u2019ai malheureusement pas pu leur répondre avec détail : je n\u2019étais pas née.J\u2019ai évidemment lu les décisions phares de la Cour suprême en la matière \u2014 l\u2019affaire R.c.Morgentaler de 1988 et l\u2019affaire Daigle c.Tremblay de 1989.Toutefois, je n\u2019étais pas là pour vivre le débat social ni pour attendre anxieusement les décisions de la Cour suprême.Aujourd\u2019hui, je suis heureuse d\u2019avoir pu partager cette victoire avec toutes les femmes argentines.Mais la lutte n\u2019est pas terminée: le projet de loi devra maintenant être adopté par le Sénat, qui est reconnu pour son conservatisme.Ensuite, si le Sénat vote pour, les femmes auront toujours à faire face au jugement de leurs pairs et de la société si elles sont aux prises avec une grossesse non souhaitée et décident de se faire avorter.En effet, au Canada, près de 30 ans après la légalisation de l\u2019avortement, des citoyens choqués manifestent toujours devant les cliniques d\u2019avortement (sauf en Ontario, où un règlement l\u2019interdit), et certains de nos députés fédéraux croient qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un droit.Et ne parlons même pas de nos voisins du Sud, où l\u2019avortement est vu par plusieurs comme un homicide.Aujourd\u2019hui, je décide donc de célébrer avec mes amies argentines.Toutefois, je ne suis pas dupe: il reste encore beaucoup de travail à accomplir.Et lorsque je serai de retour au Québec, je les accompagnerai en pensée à chaque défi, chaque rebuffade et chaque déception qu\u2019elles rencontreront sur leur chemin. LEDEVOIR // LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 JUIN 2018 B 12 PETITES ANNONCES DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com PRESTIGE L E P L U S B E L E M P L A C E M E N T D E M O N T R É A L O F F R A N T U N B E A U C H O I X D E C O N D O S ! ! ! LUCIE R ICARD V O I R M E S P R O P R I É T É S L U C I E R I C A R D R E / M A X Q U É B E C C O U RT I E R A G R É É R E / M A X A L L I A N C E , A G E N C E I M M O B I L I È R E 514 386-9804 FACE AU PARC LAFONTAINE, PRÈS MÉTROS ET SERVICES Les Dauphins sur-le-Parc figurent parmi le nec plus ultra du patrimoine montréalais.Qualité de vie en plein cœur du Plateau, prestige, vue spectaculaire, piscine, gym, saunas.Choix de condos 3 ½ au 9 ½, Penthouse.CONDO VEDETTE \u2013 399 000 $ Complètement rénové avec produits nobles : Granite, marbre aux planchers, bois (bambou), armoires laquées.Vue exceptionnelle face au Parc, balcons faisant la largeur du condo.2 salles de bains rénovées.Possibilité d'acheter le garage à 38 000 $.CENTRIS # 15913590 335-337 CÔTE-STE-CATHERINE CHARLOTTE MICHAUD cmichaud@sutton.com 514·894·0866 10 h à 22 h groupe sutton-immobilia inc.agence immobilière 514.272.1010 DUPLEX PRÈS DE TOUT, Grand duplex de qualité, intergé- nérationnel au besoin.2 grands 6 ½ et une garçonnière rénovée, 2 garages et 4 stationnements extérieurs en façade.Travaux majeurs exécutés en 2017.LIBRE À L\u2019ACHETEUR 1 989 000 $ CENTRIS 146 840 19 DEPUIS 30 ANS BONNE ST-JEAN OUTREMONT LOIS HARDACKER 450 242-2000 www.loishardacker.com Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Action, Agence Immobilière DUNHAM LAC BROME DÉPAYSEMENT \u2013 Au cœur du village de Knowlton, domaine de 7,7 acres, qui fait allusion aux tendances européennes.Résidence en pierres des champs circa 1845, spacieuse, pittoresque et élégante, 5 ch., garage double.895 000 $ UN SECRET BIEN GARDÉ \u2013 Caché sur la route des vins, cottage en pierre de granit, toit en ardoise, sis sur un fond de jardin anglais.Joli comme dans les contes de fées, minutieusement restauré et entretenu.2,3 acres.572 500 $.ERIN MCGARR courtier immobilier, Immeubles Stuart 514 833 9508 emcgarr@sympatico.ca 523 BRIXTON Superbe maison rénovée par des architectes qui présente un attrait plutôt rare: 4 chambres au 2ème étage! 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