Le devoir, 21 juin 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 138 / LE JEUDI 21 JUIN 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.A4 et B4 Décès .B6 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B2 Mots croisés.B2 Petites annonces .B6 Sports.B6 Sudoku .B2 MONDE Migrants : devant le tollé général, les États-Unis cessent d\u2019enlever les enfants à leurs parents B 5 ACTUALITÉS La maladie de Lyme continue de progresser au Québec A 8 Ce genre de mentalité et de commentaires est inexcusable [.] On a des défis, mais ses commentaires n\u2019aident en rien la situation et renforcent les stéréotypes.TUNU NAPARTUK » FABIEN DEGLISE LE DEVOIR C \u2019est le romancier Frédéric Beigbeder qui le dit dans la préface de Bonjour tristesse, de Françoise Sagan, mis en bande dessinée par Frédéric Rébéna : « Le pro - blème de l\u2019adaptation est toujours le même : un autre que vous va choisir le visage de Cécile, il va vous imposer ses choix, insister sur tel ou tel aspect, oublier tout ce qui ne sert à rien et qui est toujours le principal.La beauté est fragile, peut- on la découper en quelques cases ?» La question, forcément, se pose lorsqu\u2019on arrive à la porte de cette nouvelle mutation qui, 60 ans après le cinéma et le film d\u2019Otto Preminger \u2014 avec Jean Seberg dans le rôle de Cécile et David Niven dans celui de son père \u2014, fait basculer le premier roman de Sagan dans l\u2019univers du 9eart.Mais les premières cases font tomber très vite les réticences, éloignent même les doutes, comme une femme mature et un Bonjour tristesse, du roman culte à la bédé lumineuse Pour Denis Westhoff, la transposition ouvre une nouvelle fenêtre sur le récit singulier de sa mère.FRÉDÉRIC RÉBÉNA MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR C\u2019est le 17 octobre que les Canadiens pourront s\u2019allumer un joint en toute légalité.Pas avant.Car d\u2019ici là, le gouvernement de Justin Trudeau somme les citoyens de respecter la loi actuelle et sa prohibition de la marijuana.Cette grande promesse électorale du premier ministre était attendue pour le 1er juillet.Mais les libéraux ont écarté cet échéancier, l\u2019hiver dernier, et parlaient dès lors d\u2019une légalisation à la fin de l\u2019été, voire au début septembre.Ce sera finalement encore plus tard, à la mi-octobre, que le cannabis sera officiellement légal au Canada.Le temps d\u2019offrir un petit délai supplémentaire aux provinces et aux corps policiers afin qu\u2019ils s\u2019y préparent, a expliqué Justin Trudeau mercredi.« Trois de nos grandes provinces, y compris le Québec, nous ont demandé un peu plus de temps.Je sais que c\u2019est important de le faire comme il faut.Alors, nous donnons au Québec plus de temps pour le faire », a fait valoir le premier ministre.Un sursis qui devrait assurer, selon lui, une mise en œuvre en douceur.«Même si l\u2019on reconnaît que la légalisation de la marijuana est un processus complet et non pas un événement d\u2019une seule journée, on s\u2019attend à ce qu\u2019en donnant plus de temps aux provinces pour s\u2019assurer qu\u2019elles sont entièrement prêtes le jour de l\u2019entrée en vigueur de cette loi, ce sera une transition réussie et harmonieuse.» 17 octobre, le jour de la mari Avant cette date, posséder du cannabis continuera d\u2019être illégal Consommer de la marijuana continuera d\u2019être illégal jusqu\u2019au 17 octobre.JACQUES NADEAU LE DEVOIR VOIR PAGE A 5 : BÉDÉ VOIR PAGE A 2 : PRÉJUGÉS VOIR PAGE A 5 : CANNABIS LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Des membres de la communauté autochtone accusent le ministre la Santé Gaétan Barrette d\u2019encourager les préjugés à leur endroit en insinuant que des parents du Nunavik risquent encore d\u2019être expulsés de l\u2019avion-ambu- lance en raison d\u2019une consommation de drogue ou d\u2019alcool.« Je peux vous garantir qu\u2019il y aura au moins un cas dans les six prochains mois où quelqu\u2019un ne sera pas admis dans l\u2019avion.Pourquoi ?Parce que quiconque est agité, drogué ou sous l\u2019influence de quoi que ce soit ne sera pas autorisé à monter à bord, sous aucun prétexte, ça n\u2019arrivera pas.Et ça arrive tout le temps », a affirmé le ministre dans un enregistrement audio obtenu par Le Devoir et CBC.Lors d\u2019un bain de foule dans une mosquée de sa circonscription de Brossard il y a deux semaines, M.Barrette répondait ainsi à un citoyen anglophone qui l\u2019avait interpellé sur le sujet et qui se demandait pourquoi des enfants du Nuna- vik étaient encore évacués par avion sans accompagnateur.Dans cet entretien de cinq minutes où il ne savait pas qu\u2019il était enregistré, il a déclaré que les appareils Challenger étaient maintenant « opérationnels », c\u2019est-à-dire qu\u2019ils avaient été modifiés pour permettre à un accompagnateur de monter à bord, et qu\u2019il ne restait plus qu\u2019à donner une formation au personnel.Le maire de Kuujjuaq, qui a pris connaissance de ses déclarations, s\u2019est dit profondément « choqué » et « déçu » qu\u2019un ministre de la Santé puisse tenir de tels propos, même en privé.« Ce genre de mentalité et de AUTOCHTONES Barrette accusé de nourrir les préjugés Le ministre dit que, d\u2019ici six mois, au moins un accompagnateur d\u2019enfant en avion-ambulance sera expulsé pour cause d\u2019intoxication commentaires est inexcusable, surtout pour une personne qui tente de régler un dossier ici.Ça montre qu\u2019il ne nous connaît pas », a dit au Devoir Tunu Na- partuk.« On a des défis, mais ses commentaires n\u2019aident en rien la situation et renforcent les stéréotypes.» Barrette se défend Dans un courriel envoyé par son attachée de presse, le ministre Barrette n\u2019a pas nié qu\u2019il a eu cette conversation avec un citoyen, conversation qui visait à bien lui expliquer les enjeux entourant les évacuations aéromédicales.Mais il s\u2019est défendu d\u2019avoir fait directement référence à une communauté autochtone.« Il a été effectivement mentionné qu\u2019un parent ou un proche agité ou sous l\u2019influence d\u2019une substance toxique pourrait se voir refuser l\u2019accompagnement d\u2019un enfant à l\u2019intérieur de l\u2019avion- hôpital.Il s\u2019agissait de l\u2019énumération d\u2019une règle de sécurité de la politique d\u2019accompagnement, qui s\u2019adresse à tout parent ou proche, peu importe son origine », pouvait-on lire.Selon lui, les « motifs » qu\u2019on tente de lui imputer sont « infondés », et il déplore cette « interprétation » de ses propos.Mais de l\u2019avis du maire de Kuujjuaq, il ne faisait pas de doute que le ministre visait sa communauté.« Le sujet du Challenger et de l\u2019évacuation médicale, ça fait un peu plus d\u2019un an qu\u2019on travaille sur ça, et c\u2019est un dossier qui nous concerne.Son commentaire est envers les Inuits, et je trouve ça inacceptable, a-t-il dit.Il ne reflète pas la réalité de notre communauté.Il ne nous a pas visités assez souvent.» Selon Cindy Blackstock, professeur à McGill et directrice de la Société de soutien à l\u2019enfance et à la famille des Premières Nations du Canada, la partie « problématique » est celle où le ministre dit que ça arrive tout le temps (« It happens all the time »).« Je suis déçue de la surgénéralisation de sa déclaration, qu\u2019il étend à tous les membres de la communauté », dit-elle.Dans sa conversation avec le citoyen, le ministre se vante d\u2019être le premier à s\u2019occuper du problème, problème qui n\u2019avait jamais été soulevé auparavant, dit-il.C\u2019est faux, insiste Mme Blackstock, rappelant que Philippe Couillard, alors qu\u2019il était ministre de la Santé en 2005, avait été directement interpellé sur cet enjeu par la Commission des droits de la personne.Il lui avait répondu que la directive de ne pas accepter d\u2019accompagnateur s\u2019appuyait « sur des motifs de sécurité, d\u2019intimité, d\u2019éthique et de confidentialité pour les malades ».«Ce n\u2019est vraiment pas quelque chose de nouveau.Heureusement que les citoyens, les médecins et les leaders de la communauté ramènent constamment le sujet.» Propos « racistes » Indignée, Ellen Gabriel, leader de la communauté mohawk, n\u2019a pas mâché ses mots, qualifiant de « racistes » les propos de M.Barrette.« C\u2019est du racisme et du colonialisme à son meilleur, a-t-elle lancé.Et [jeudi] c\u2019est la Journée nationale des peuples autochtones.Ça montre ses vraies couleurs et son niveau d\u2019ignorance du sujet.» Selon elle, le ministre a tenté de trouver des raisons pour expliquer pourquoi le problème n\u2019avait pas encore été réglé.« Ça ressemble à de la propagande pour justifier le fait que les parents n\u2019étaient pas admis à bord de l\u2019avion, dit-elle.Ça vient probablement de EVAQ [Évacuations aéromédicales du Québec].Quand tu reconnais que le consentement du parent est important pour un enfant, tu t\u2019arranges pour qu\u2019il puisse l\u2019accompagner.Et si quelqu\u2019un ne peut pas monter parce qu\u2019il se comporte mal ou est intoxiqué, il suffit de trouver quelqu\u2019un d\u2019autre.» « Les préjugés racistes existent à tous les niveaux du secteur de la santé, ni moi ni les équipes EVAQ n\u2019y faisons exception, et ont des conséquences néfastes pour les communautés autochtones », a dit pour sa part Samir Sha- heen-Hussain, pédiatre urgentiste et professeur à la Faculté de médecine de l\u2019Université McGill.« Il est déplorable de constater qu\u2019au lieu de lutter contre ces préjugés par le biais d\u2019initiatives antiracistes, le ministre de la Santé les perpétue par ses propos scandaleux.» Devant la commission Viens en mars dernier, l\u2019urgentologue avait déploré que le ministre Barrette ait encore une fois insisté, dans une conférence de presse annonçant des aménagements aux deux avions-hôpitaux, qu\u2019il y aurait des interdictions de monter à bord pour les accompagnateurs intoxiqués.«Dans l\u2019imaginaire collectif, ça risque vraiment de soulever l\u2019image du drunk Indian qui est hors contrôle et qui ne peut pas être calme pour un transport aéromédical.» ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 21 JUIN 2018 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Sans espoir et sans possibilité de réhabilitation, l\u2019emprisonnement perd en partie son sens, a plaidé l\u2019avocat d\u2019Alexandre Bissonnette mercredi dans son long exposé devant le juge.« La peine de détention est acceptable parce qu\u2019elle a un sens », a plaidé Me Charles-Olivier Gosselin.« Si on lui enlève le sens, elle est aussi arbitraire que la torture, les châtiments corporels ou la peine capitale.» Même si on ne parle pas de « droit à l\u2019espoir» dans nos lois, il est directement lié à l\u2019idée réhabilitation qui figure parmi les objectifs de l\u2019emprisonnement dans le Code criminel, a-t-il expliqué.« Si [\u2026] on ne lui donne aucun espoir de pouvoir se réhabiliter, d\u2019avoir un but \u2014 comme sortir de prison \u2014, ça peut être assez hypocrite de penser que cette personne-là va travailler sur elle alors qu\u2019on ne lui donne absolument rien en retour.» Dès lors, la possibilité d\u2019une réhabilitation est un critère pour déterminer « si c\u2019est une peine exagérément disproportionnée », a-t-il dit.Le 29 janvier 2017, Alexandre Bisson- nette a ouvert le feu dans le Centre culturel islamique de Québec, arrachant la vie à six fidèles et bouleversant celle de dizaines d\u2019autres.Si le juge François Huot décide qu\u2019il doit attendre plus de 25 ans avant d\u2019avoir droit à une libération conditionnelle, il lui faudra procéder par multiples de 25.L\u2019emprisonnement minimal serait donc de 50, 75, voire 150 ans, comme le réclame la Couronne.Cela voudrait dire que l\u2019homme actuellement âgé de 28 ans, quel que soit son comportement en prison, n\u2019aurait pas la possibilité d\u2019en sortir avant l\u2019âge de 78 ans.Étant donné que l\u2019espérance de vie des hommes est de 76 ans, Me Gosselin estime que c\u2019est abusif, voire cruel.Au-delà du cas de M.Bissonnette, il a fait valoir que c\u2019est inconstitutionnel et que cela brime des droits garantis par la Charte des droits, dont l\u2019article 12, qui garantit « la protection contre les traitements ou peines cruels et inhabituels ».PROCÈS L\u2019avocat de Bissonnette joue son va-tout « La peine de détention est acceptable parce qu\u2019elle a un sens », plaide Me Charles-Olivier Gosselin Or, ce droit à l\u2019espoir peut-il être garanti pour tous ?Le juge a semblé en douter lors d\u2019un échange avec l\u2019avocat.« On fait quoi d\u2019un individu de 74 ans coupable d\u2019un meurtre au premier degré, un seul ?On pourrait arguer qu\u2019il y a violation de l\u2019article 12 parce qu\u2019il perd tout espoir ?» a-t-il demandé.Où mettre la limite d\u2019âge ?Après un certain temps, l\u2019avocat a fini par répondre que le châtiment était « bien plus grand » pour un jeune que pour un homme au crépuscule de sa vie.Où mettre la limite d\u2019âge dans ce contexte?Le juge a semblé perplexe.«Je veux m\u2019assurer que vous comprenez bien l\u2019ampleur de ce que vous me demandez ce matin», a-t-il dit avant d\u2019évoquer «l\u2019impact» que pourrait avoir la requête en inconstitutionnalité de l\u2019avocat.Plus tôt dans son exposé, Me Gosselin avait fait valoir que la décision de permettre des peines de prison sans possibilité de réhabilitation avant 50 ans et plus découlait d\u2019un certain « populisme pénal ».Le gouvernement de Stephen Harper ne s\u2019est « manifestement appuyé sur rien » en prétendant que cette façon de faire allait pouvoir empêcher la multiplication des tueries de masse au Canada, a-t-il avancé.Ottawa a alors adopté une approche « à l\u2019américaine », mais la réalité canadienne est tout autre, selon l\u2019avocat de la défense.« Le taux d\u2019homicide est au plus bas depuis l\u2019abolition de la peine de mort [en 1976].» « Le système avant 2011 fonctionnait et la libération conditionnelle fonctionne.C\u2019est un système qui a fait ses preuves, qui a été reconnu à maintes reprises par la Cour suprême », a soutenu l\u2019avocat.« Les statistiques prouvent que même les meurtriers multiples sont réhabilitables parce que leur taux de récidive est bas.» Les audiences dans le dossier d\u2019Alexandre Bissonnette doivent prendre fin ce jeudi avec la réplique du Procureur général à Me Gosselin.On sait déjà qu\u2019il va plaider que ces règles sont tout à fait constitutionnelles.Il faudra ensuite attendre au moins jusqu\u2019en septembre avant que le juge Huot rende sa sentence.MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Après la mise au jour de dépenses jugées excessives, le Québec pose des conditions à l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF) quant à l\u2019utilisation d\u2019une partie de sa contribution.La ministre des Relations internationales Christine St-Pierre expliquera de vive voix jeudi à la secrétaire générale de la Francophonie, Michaëlle Jean, la décision du gouvernement québécois de « préciser de façon plus explicite ses attentes relativement à l\u2019utilisation des sommes qu\u2019il verse à l\u2019Organisation en qualité de contribution volontaire ».Il y aura un « montant d\u2019argent sur lequel on va avoir le plein contrôle », ré- sume-t-elle dans un entretien téléphonique avec Le Devoir mercredi.Le Québec dicterait à l\u2019OIF de l\u2019allouer à des programmes voués à intensifier la lutte contre les changements climatiques, à accélérer l\u2019atteinte de l\u2019égalité femmes-hommes ou encore à favoriser l\u2019entrepreneuriat chez les femmes, illustre-t-elle.D\u2019autre part, Mme St-Pierre demande officiellement à Mme Jean \u2014 dont elle appuie le renouvellement du mandat à la tête de l\u2019OIF \u2014 de prendre « des engagements concrets en matière d\u2019administration rigoureuse et transparente des ressources » de l\u2019organisation internationale.Qui plus est, elle invite les autres États et gouvernements membres à en faire autant.« Les pays membres doivent exiger davantage de transparence.Et c\u2019est le message qu\u2019on va envoyer au prochain sommet [à Erevan, en Arménie, les 11 et 12 octobre] », indique-t-elle.Changement d\u2019époque Rénovations de l\u2019appartement de la secrétaire générale ( 500 000 $), achat d\u2019un piano à queue (20 000 $), séjour de membres de l\u2019OIF au chic hôtel Waldorf Astoria de New York (50 000 $), croisière d\u2019une centaine de jeunes sur le trois-mâts L\u2019Her- mione (1 million), budget déficitaire : la SG s\u2019est retrouvée sur la sellette à plus d\u2019une reprise au fil de son premier mandat.Mais Mme St-Pierre refuse de voir l\u2019ex-gouverneure générale du Canada porter seule le « blâme » pour ces dépenses jugées par plusieurs excessives.«Est-ce qu\u2019on posait ces questions-là à ses prédécesseurs ?Est-ce qu\u2019on se questionnait sur les chambres d\u2019hôtel de ses prédécesseurs ?La réponse, c\u2019est FRANCOPHONIE Québec ne signe plus de chèque en blanc à l\u2019OIF Christine St-Pierre maintient néanmoins son appui à la secrétaire générale Michaëlle Jean Michaëlle Jean s\u2019est retrouvée sur la sellette à plus d\u2019une reprise au fil de son premier mandat en raison de dépenses jugées par plusieurs excessives.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE Le ministre Gaétan Barrette se défend PRÉJUGÉS SUITE DE LA PAGE A 1 Alexandre Bissonnette MATHIEU BÉLANGER LA PRESSE CANADIENNE non, lance-t-elle au téléphone.Le monde a changé.Les contribuables sont beaucoup plus exigeants.Les contribuables veulent savoir où va leur argent.» La chef de la diplomatie québécoise n\u2019est pas prête pour autant à qualifier, comme l\u2019a fait Mme Jean, de « campagne de salissage » la couverture médiatique dont la SG a été l\u2019objet.« Je n\u2019irai pas jusque-là.Je ne critique pas le travail des journalistes.» Michaëlle Jean navigue en eaux troubles, la France ayant promis d\u2019appuyer la candidature de la ministre rwan- daise Louise Mushikiwabo.D\u2019ici le Sommet d\u2019Everan, le Québec fera campagne en coulisses pour elle.« C\u2019est évident qu\u2019il y a un jeu diplomatique à faire, dit Mme St-Pierre.Ça ne se fait pas dans un climat acariâtre du tout.Ça se fait très poliment.» La perspective de confier les commandes de l\u2019OIF \u2014 qui est vouée à la fois à « la promotion de la démocratie et de la langue française », souligne Mme St-Pierre \u2014 à un représentant du Rwanda n\u2019enchante pas Québec.Le dirigeant rwandais, Paul Kagame, est accusé par l\u2019ONU ainsi que des organisations de défense des droits de la personne de mener une répression féroce contre toute voix dissidente, selon RFI Afrique.« À ma connaissance, le Rwanda n\u2019a pas le français comme langue officielle.C\u2019est sa troisième langue », ajoute l\u2019élue québécoise.Dans un courriel envoyé par son attachée de presse, le ministre Barrette n\u2019a pas nié qu\u2019il a eu cette conversation avec un citoyen, conversation qui visait à bien lui expliquer les enjeux entourant les évacuations aéromédicales ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 21 JUIN 2018 La bilinguisation rampante D epuis que le gouvernement Charest a autorisé le cégep Saint-Laurent et son voisin anglophone, le collège Vanier, à mettre leurs ressources en commun pour offrir des programmes bilingues, comme il en existait déjà dans plusieurs établissements privés, cette pratique n\u2019a cessé de s\u2019étendre.Le phénomène ne se limite pas à Montréal, où on peut toujours faire valoir qu\u2019il vaut mieux voir les allophones poursuivre leurs études dans les deux langues plutôt que de les voir le faire uniquement en anglais, mais également à Québec, dont la proportion d\u2019anglophones est d\u2019à peine 1 % et où le problème d\u2019intégration des immigrants ne se pose pas.Dans un texte paru d\u2019abord dans L\u2019Action nationale et repu- blié mardi dans Le Devoir, un professeur de français au collège Bois-de-Boulogne, Nicolas Bourdon, déplorait que les cégeps ne soient soumis à aucune norme nationale en matière de langue d\u2019enseignement et qu\u2019ils se prévalent de leur autonomie pour s\u2019arracher les étudiants en rivalisant de bilinguisme.Le débat sur l\u2019autonomie des cégeps n\u2019est pas nouveau.En 2004, bien avant que se pose la question de la langue, une coalition formée de syndicats d\u2019enseignants, d\u2019associations de parents et de la Fédération étudiante collégiale (FECQ) s\u2019était déjà opposée à une décentralisation qui risquait de transformer les divers établissements du réseau collégial « en petits ghettos repliés sur eux-mêmes » sans perspective globale.Il est sans doute regrettable de voir les cégeps profiter de leur marge de manœuvre pour se lancer dans la « course à l\u2019anglicisation » que dénonce M.Bourdon, mais cette dérive n\u2019est possible qu\u2019avec l\u2019aval du gouvernement, qui n\u2019impose pas non plus de limite à la croissance des cégeps anglais, dont la majorité des étudiants ne sont pas des anglophones, alors que la clientèle des cégeps français ne cesse de diminuer.Personne ne se surprendra qu\u2019un gouvernement libéral autorise, voire encourage, la création de diplômes d\u2019études collégiales (DEC) bilingues.Durant son bref mandat, le gouvernement de Pauline Marois n\u2019avait cependant rien fait pour l\u2019empêcher.Il est vrai que le programme du PQ prévoyait à l\u2019époque d\u2019étendre les dispositions de la loi 101 au cégep, ce qui aurait réglé la question.On ne saura jamais si Mme Marois aurait osé le faire si elle avait disposé d\u2019une majorité à l\u2019Assemblée nationale.D\u2019entrée de jeu, Jean-François Lisée a estimé que le coût politique d\u2019une telle mesure serait trop élevé.Plutôt que d\u2019interdire aux francophones et aux allophones l\u2019accès au cégep anglais, le nouveau programme du PQ propose plutôt d\u2019augmenter l\u2019enseignement de l\u2019anglais dans les cégeps français, autrement dit de les rendre moins français, dans l\u2019espoir que cela les satisfasse.Les DEC bilingues procèdent du même esprit.Il ne faut pas compter sur un gouvernement Legault pour y faire obstacle.Son « nouveau projet pour les nationalistes du Québec » propose bien d\u2019accroître l\u2019utilisation du français sur le marché du travail, mais la CAQ estime néanmoins que les DEC bilingues répondent aux besoins des entreprises.Il est vrai qu\u2019elle n\u2019est pas à une contradiction près.La société québécoise non plus.À partir du moment où les directions d\u2019établissement et le gouvernement s\u2019entendent pour favoriser la bilinguisation des cégeps, l\u2019opposition ne peut venir que de la société civile, dont il ne faut jamais sous-estimer le poids.Il y a un an, Le Devoir avait révélé que le cégep Bois-de-Bou- logne et le collège Dawson s\u2019étaient entendus en catimini pour offrir conjointement un DEC bilingue en sciences de la nature.De nombreux enseignants et parents d\u2019étudiants, furieux d\u2019avoir été tenus dans l\u2019ignorance de ce projet, ont manifesté leur mécontentement et forcé son abandon.Il est évident que la mondialisation et la généralisation de l\u2019utilisation de l\u2019anglais qui en résulte posent un défi pour de nombreuses langues sur la planète.La plupart d\u2019entre elles peuvent toutefois compter sur la protection d\u2019un État qui dispose des pouvoirs nécessaires.Voisin immédiat du géant américain, le Québec doit composer au surplus avec le bilinguisme dont le gouvernement fédéral se fait l\u2019ardent promoteur.Dans l\u2019esprit de ses concepteurs, la Charte de la langue française était simplement le prélude à la souveraineté, qui allait conférer à l\u2019État québécois le poids qui assurerait la pérennité du français.De toute évidence, ce n\u2019est pas pour demain.À d\u2019autres périodes de son histoire, la société québécoise a su trouver en elle-même les ressources pour faire face à l\u2019adversité dans des conditions très difficiles, sans que ses gouvernants soient nécessairement à la hauteur.Le défi demeure le même.La question est de savoir si on veut toujours le relever.MICHEL DAVID JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Après avoir écarté le projet de ligne rose de Valérie Plante, François Le- gault propose de décongestionner la grande région de Montréal en prolongeant le Réseau express métropolitain (REM) dans les couronnes nord et sud et en construisant un tramway qui relierait le centre-ville de Montréal à la pointe est de l\u2019île de Montréal.Un gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) consacrerait 10 milliards de dollars au Programme québécois des infrastructures d\u2019ici 2030, a indiqué son chef, François Le- gault, mercredi.Pour l\u2019île de Montréal, la CAQ poursuivrait les projets de prolongement de la ligne bleue du métro et la réalisation du Service rapide par bus (SRB) sur le boulevard Pie-IX, mais un gouvernement caquiste aménagerait aussi un tramway dans l\u2019est de Montréal au coût estimé de 1,8 milliard.Ce tramway partirait de la pointe de l\u2019île et passerait par le métro Radisson pour ensuite se rendre jusqu\u2019au centre-ville de Montréal.La CAQ ressusciterait aussi le projet de modernisation de la rue Notre- Dame au coût de 625 millions.Transformée en boulevard urbain, cette artère pourrait accommoder le tramway.« Les propositions de ce plan sont les plus belles que j\u2019aie jamais vues pour l\u2019est de Montréal, un secteur qui a été oublié pour les transports collectifs », a commenté la mairesse et candidate de la CAQ dans Pointe-aux-Trembles, Chantal Rouleau.Le poids du 450 Mais François Legault réserve de gros morceaux de son plan aux banlieues.Un gouvernement de la CAQ étendrait le REM à Laval sur une distance de quinze kilomètres le long de l\u2019autoroute 15.Il étudierait aussi l\u2019expansion du REM dans l\u2019axe est-ouest dans l\u2019emprise de l\u2019autoroute 440.Sur la Rive-Sud, la CAQ envisage de prolonger le REM de Brossard jusqu\u2019au secteur de Chambly.Le train pourrait même se rendre jusqu\u2019à Sainte-Julie, avance-t-on.Le plan suggère aussi de refaire une beauté au boulevard Tasche- reau, qui pourrait accueillir un tramway sur 6,5km pour 700 millions.Les mesures proposées visent les axes les plus achalandés et les plus urgents, a précisé François Legault.Arbitrage de Québec Le chef caquiste se défend de vouloir écarter l\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), pourtant mandatée par le gouvernement pour planifier les transports dans la grande région de Montréal, tout en dépolitisant cet exercice.« Quand on consulte les maires, on voit que les priorités changent d\u2019un maire à l\u2019autre ou d\u2019une mairesse à l\u2019autre.Donc, il y a un arbitrage à faire, qui doit être fait par le gouvernement du Québec », a affirmé M.Legault.Du même souffle, François Legault croit que le modèle de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), que préside la mairesse Valérie Plante, aurait avantage à être revu.Les banlieues devraient avoir un poids égal à celui de Montréal au sein de la CMM, a-t-il dit.En cas d\u2019impasse, c\u2019est le gouvernement qui trancherait, et non la mairesse de Montréal, qui détient un droit de veto à l\u2019heure actuelle.« J\u2019ai rencontré Valérie Plante.Évidemment, elle m\u2019a dit que sa priorité, c\u2019était la ligne rose.J\u2019ai rencontré des dizaines de maires et mairesses du 450.Ils m\u2019ont dit que la ligne rose n\u2019était pas leur priorité », a soutenu M.Legault.Le plan de 10 milliards de la CAQ comporte aussi des mesures pour le réseau routier, dont l\u2019élargissement de l\u2019autoroute 30, le prolongement de l\u2019autoroute 19 jusqu\u2019à Bois-des-Filion et celui de l\u2019autoroute 13.Réaction des maires Valérie Plante se dit ouverte à la proposition concernant la rue Notre-Dame et son tramway.Mais la mairesse estime que le plan de la CAQ ne règle pas le principal problème, celui de la saturation du réseau de métro.« La seule solution concrète à ce problème est et demeure le projet de construction de la ligne rose », a indiqué son cabinet.Les 19 maires de la couronne nord sont plus enthousiastes notamment à l\u2019égard de l\u2019intention de la CAQ d\u2019assurer plus d\u2019équité dans le financement de l\u2019ARTM.« Nous avons manifesté à plusieurs reprises que la politique actuelle défavorisait franchement les banlieues et qu\u2019il était impératif de la revoir », a commenté le maire de Laval, Marc Demers.La mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, s\u2019est aussi montrée satisfaite, saluant l\u2019idée d\u2019un tramway sur le boulevard Taschereau et le prolongement de la ligne jaune, en surface ou en souterrain.Plusieurs propositions sont intéressantes, note Trajectoire Québec, mais son porte-parole, Philippe Cousineau Morin, doute que le prolongement du REM à Laval soit réalisable compte tenu du risque de congestion dans le tunnel du mont Royal.ÉLECTIONS La CAQ propose des tramways et le prolongement du REM La CAQ ressusciterait le projet de modernisation de la rue Notre-Dame au coût de 625 millions.Transformée en boulevard urbain, cette artère pourrait accommoder un tramway.JACQUES NADEAU LE DEVOIR E N B R E F De nouveaux manuels d\u2019histoire pour refléter le point de vue autochtone Québec a décidé de remplacer les manuels d\u2019histoire utilisés dans les écoles secondaires de la province afin d\u2019y ajouter du contenu sur les peuples autochtones.C\u2019est la deuxième fois depuis 2016 que le gouvernement révise le programme d\u2019histoire du secondaire.Lancé en 2016, le programme de deux ans qui commence en troisième secondaire a suscité de la controverse, les communautés culturelles de la province estimant qu\u2019il n\u2019accorde pas suffisamment de place aux non-francophones.Dans une lettre récemment envoyée aux présidents des commissions scolaires du Québec, la sous-ministre de l\u2019Éducation, Sylvie Barcelo, écrit que la Commission de vérité et réconciliation du Canada a permis d\u2019en apprendre davantage sur l\u2019histoire des peuples autochtones du pays, notamment en ce qui concerne les pensionnats indiens, et sur la terminologie appropriée pour les désigner.Selon la sous-ministre, les recommandations de la Commission ont eu un impact sur le programme d\u2019histoire du secondaire, qui a été revu afin de mieux rendre compte du point de vue autochtone.La Presse canadienne Les propositions des partis Philippe Couillard a déjà dit qu\u2019il appuyait le projet de ligne rose de Valérie Plante et réaliserait le prolongement de la ligne bleue du métro.Il a aussi promis qu\u2019un gouvernement libéral financerait des projets de transport collectif dans les couronnes nord et sud avec un possible prolongement du REM.Jean-François Lisée juge que le REM est trop coûteux.En mars dernier, le chef péquiste a dévoilé le « grand déblocage » qui prévoit l\u2019abandon du REM et privilégie vingt et un tracés combinant tramways, bus rapides et trains, dont un tronçon de la ligne rose vers l\u2019aéroport et un tramway sur le boulevard Saint- Laurent.Les couronnes nord et sud auraient droit à un important réseau de bus rapides.De son côté, Québec solidaire a proposé de réduire de moitié les tarifs en transport en commun.À plus long terme, le parti vise la gratuité.Montréal et Saint-Lambert s\u2019entendent sur le contrôle du bruit Montréal et Saint-Lambert disent travailler « main dans la main » pour régler les problèmes de bruit provenant du parc Jean-Drapeau.Trois sonomètres seront bientôt installés autour du site afin de mesurer les décibels en temps réel.À compter de juillet, les mesures de son seront prises toutes les quinze minutes et seront disponibles en temps réel sur un site Internet.À la lumière des données recueillies, les deux villes pourront établir un plafond de décibels autorisés pour le printemps 2019.Une soirée d\u2019information est prévue le 28 juin prochain au centre multifonc- tionnel de Saint-Lambert afin de discuter du dossier.Une ligne téléphonique (514 872-6120) permettra aussi aux citoyens de formuler des commentaires les soirs de spectacles.Les relations étaient tendues entre Montréal et Saint-Lambert sous l\u2019administration Coderre en raison du bruit provenant des spectacles au parc Jean-Drapeau.Le Devoir LEDEVOIR // LE JEUDI 21 JUIN 2018 A 4 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES Chères concitoyennes, Chers concitoyens, Je vous présente aujourd\u2019hui les faits saillants du rapport ?nancier annuel de 2017 de la Ville de Montréal, ainsi que les conclusions des rapports des véri?cateurs internes et externes qui en ont fait l\u2019audit.Cet exercice représente le premier bilan ?nancier déposé par notre administration.Tout d\u2019abord, l\u2019exercice ?nancier qui s\u2019est terminé le 31 décembre 2017 présente un surplus global de 139,5 M$, soit un résultat similaire à celui de 2016, qui s\u2019élevait à 139,1 M$.Ce surplus représente 2,6 % des revenus globaux de la Ville.Cet excédent est notamment dû à des éléments extraordinaires et non récurrents, dont une hausse marquée des transferts, tels que ceux provenant du programme de remboursement volontaire, mis sur pied pour récupérer une partie des sommes payées injustement pour des contrats publics, à l\u2019époque de la collusion.D\u2019autres facteurs importants nous ont permis de générer des surplus et des charges d\u2019exploitation supérieures dans les services centraux et les arrondissements.REVENUS Les revenus totaux de l\u2019exercice ?nancier 2017 totalisent 5 515,3 M$, en hausse de 313,6 M$ par rapport aux revenus anticipés pour 2017, une croissance due, entre autres, à : un marché immobilier en bonne santé qui a permis à la Ville de générer des revenus supplémentaires de 58,5 M$ en droits de mutation et de 25,6 M$ liés à la délivrance des permis de construction; des revenus affectés supplémentaires de 125 M$ provenant principalement de mesures d\u2019allègement relatives aux régimes de retraite et au régime général de la TVQ, des surplus accumulés des années antérieures et du ?nancement à long terme de certaines dépenses de fonctionnement; une augmentation de 105 M$ des transferts gouvernementaux.Plusieurs éléments ont contribué à cet accroissement, soit : - la cession du terrain de l\u2019ancien hippodrome par le gouvernement du Québec à la Ville de Montréal, ce qui a permis à celle-ci d\u2019enregistrer un gain de 33,6 M$; - un transfert, en matière de loisirs et de culture, supérieur de 24,1 M$ au budget initial; - l\u2019obtention d\u2019une subvention de 9,4 M$, dans le cadre du programme Revi-Sols, pour la décontamination du site du Parc d\u2019entreprises de la Pointe-Saint-Charles; - l\u2019entente Ré?exe Montréal, qui produit un revenu supplémentaire annuel net de 8,6 M$; - les transferts effectués dans le cadre du programme de remboursement volontaire mis en place dans la foulée de la commission Charbonneau.DÉPENSES Au chapitre des dépenses engagées, celles-ci atteignent 5 375,8 M$ pour l\u2019exercice ?nancier 2017.Notons des charges d\u2019exploitation supérieures de 173,6 M$ dans les services centraux et les arrondissements.Cette augmentation provient principalement de la rémunération et des cotisations de l\u2019employeur, ainsi que des contributions à des organismes.Il est important de rappeler qu\u2019encore une fois en 2017, les dépenses relatives à l\u2019activité « neige » ont été en croissance et que les cocktails météo que nous avons subis risquent de se reproduire dans les années futures.Déjà pour 2018, les dépenses engagées à cet effet hypothèquent nos marges de manœuvre.Par ailleurs, la crise qui sévit dans le secteur des matières recyclables vient exercer une pression supplémentaire sur les ?nances publiques.ACTIVITÉS D\u2019IMMOBILISATIONS Les dépenses d\u2019immobilisations de la Ville de Montréal ont atteint 1 415 M$ en 2017, soit une progression de 251 M$ (21,6 %) par rapport aux 1 164 M$ investis en 2016.Cette augmentation s\u2019inscrit dans le cadre du Programme montréalais d\u2019immobilisations (PMI) 2015-2024, qui vise entre autres à réduire le dé?cit d\u2019entretien de nos infrastructures vieillissantes.Pour cet objectif de rattrapage, la Ville a continué d\u2019augmenter le paiement au comptant de ses investissements en immobilisations, le faisant passer à 377,3 M$ en 2017, ce qui représente une augmentation de 65,8 M$ (21,1 %) par rapport à 2016.Par ailleurs, des activités d\u2019immobilisations ont été entreprises et réalisées dans le respect des orientations générales et des perspectives budgétaires de 2017-2019.Notons à cet effet : le maintien du ratio d\u2019endettement sous le plafond prévu de 100 % des revenus de la Ville, en conformité avec la politique de gestion de la dette, pour un taux de 89 % en 2017; le maintien du ratio du coût net de la dette sous le maximum de 16 % de l\u2019ensemble des charges de fonctionnement de la Ville, pour un taux de 11,7 % en 2017.RAPPORTS DES AUDITEURS En ce qui a trait à l\u2019audit (véri?cation) des états ?nanciers consolidés de 2017, deux rapports d\u2019auditeurs indépendants ont été produits, l\u2019un par le véri?cateur général de la Ville de Montréal et l\u2019autre par la ?rme externe Deloitte S.E.N.C.R.L./s.r.l.Les deux rapports d\u2019audit indiquent qu\u2019aucune réserve n\u2019a été émise quant aux états ?nanciers de 2017 de la Ville de Montréal.BÂTIR LE MONTRÉAL DE DEMAIN Notre administration a su prendre le relais avec brio.L\u2019élan économique favorable que connaissait Montréal se poursuit et nous avons l\u2019intention de continuer de mettre en œuvre des politiques qui soutiendront cette croissance marquée.Notre stratégie et nos politiques, qui allient ambition et réalisme, portent fruit.Par exemple, au mois d\u2019avril 2018, l\u2019emploi était en hausse de 2,1 % par rapport à la performance de la précédente administration, alors que le taux de chômage avait, lui, diminué de 1,4 % et se situait à 7,3 %.Le plein emploi est donc à portée de main à Montréal, mais son corollaire est la pénurie d\u2019emplois.Les politiques qui seront mises de l\u2019avant, notamment en matière d\u2019immigration, par nos partenaires fédéraux et provinciaux auront une incidence majeure sur l\u2019atteinte de nos objectifs économiques.Les investissements qui continuent d\u2019af?uer et les pouvoirs et responsabilités obtenus par la Ville \u2013 sans compter ceux que nous continuerons d\u2019obtenir en vertu du nouveau statut de métropole \u2013 nous permettront d\u2019atteindre nos objectifs et de renforcer davantage notre situation économique et sociale.La Ville de Montréal devra toutefois s\u2019assurer que le ?nancement accordé en vertu des nouveaux pouvoirs et des nouvelles responsabilités, notamment la gestion de la légalisation du cannabis, sera pérenne et indexé.A?n de transformer la Ville et de l\u2019adapter aux changements et aux nouvelles réalités auxquels nous devons faire face, nous devrons aussi continuer d\u2019investir dans nos infrastructures, notamment celles de l\u2019eau.Des infrastructures en meilleur état nous permettront d\u2019obtenir des investissements stratégiques importants dans des secteurs clés de nos pôles économiques.À ces considérations internes s\u2019ajoutent des facteurs externes qui doivent inciter à la prudence.La résilience de l\u2019économie montréalaise, attribuable à la diversité de ses secteurs d\u2019emplois et de ses pôles économiques, n\u2019est pas inébranlable.La Ville n\u2019est pas entièrement à l\u2019abri de potentiels chocs sur les marchés boursiers.Dix ans après la dernière crise économique, dans le contexte d\u2019incertitude qui plane sur l\u2019avenir des accords commerciaux internationaux et compte tenu des récentes ?uctuations des marchés boursiers, notre administration prendra les mesures nécessaires pour protéger l\u2019économie montréalaise et ses travailleurs.Les travailleurs demeurent d\u2019ailleurs au cœur de nos préoccupations.Au sein même de l\u2019appareil municipal, notre administration s\u2019engage à établir des relations de travail harmonieuses et respectueuses, de façon à créer un climat de travail propice à la mobilisation enthousiaste de nos équipes.Nous nous engageons aussi à maintenir une gestion ?nancière rigoureuse et transparente, tout en poursuivant notre quête pour faire de Montréal une ville plus performante, durable et innovante et pour bâtir le Montréal de demain.La mairesse de Montréal, Valérie Plante MESSAGE DE LA MAIRESSE Présenté lors de la séance du conseil municipal du 18 juin 2018 Le Sénat a donné son feu vert au projet de loi C-45, mardi.La nouvelle loi obtiendra la sanction royale jeudi.Mais le gouvernement avait prévenu, dès le départ, qu\u2019il prévoirait un délai pour permettre en outre aux producteurs de cannabis de se préparer à la demande.Le gouvernement québécois avait été informé de la date fixée par le fédéral.Il n\u2019y a donc pas eu de surprise, pour le cabinet du premier ministre Philippe Couillard.« C\u2019est sûr qu\u2019on va être prêts », a assuré la ministre québécoise de la Santé publique, Lucie Charlebois.La Société québécoise du cannabis prépare ses opérations.L\u2019embauche et la formation du personnel vont bon train, a-t-elle attesté.Le Manitoba a jugé de son côté que la légalisation arrivait encore un peu trop vite.La ministre de la Justice, Heather Stefanson, avait fait valoir au fédéral qu\u2019une légalisation dès juillet n\u2019était «pas réaliste».«Donc, on est contents qu\u2019ils nous aient écoutés», a-t-elle commenté, se disant toutefois encore inquiète que certains paramètres \u2014 comme les appareils de dépistage de facultés affaiblies par la drogue sur les routes \u2014 ne soient pas en place à temps.À cette préoccupation, son homologue fédérale, Jody Wilson-Raybould, a rétorqué que les policiers avaient déjà des outils pour déceler les conducteurs drogués, puisqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une infraction au Code criminel depuis 1925.Des pardons suivront ?Aussitôt Justin Trudeau avait-il annoncé que son gouvernement légaliserait le cannabis, qu\u2019il avait été sommé par des avocats et des militants procan- nabis d\u2019accorder un pardon aux Canadiens accusés de possession simple de marijuana.Une réflexion à ce sujet est en cours, au gouvernement.Des dizaines de milliers de Canadiens sont accusés chaque année d\u2019infractions liées au cannabis.En 2016, ils étaient 23 329 à être visés par des accusations, dont 17 733 qui ont été inculpés de possession de marijuana.Mais le premier ministre a tranché, mercredi, qu\u2019il serait prématuré d\u2019annoncer une quelconque amnistie avant que le cannabis récréatif ne soit réellement légalisé.«La loi qui existe existera encore jusqu\u2019au 17 octobre, a-t-il argué.À partir de l\u2019entrée en vigueur, nous allons commencer à regarder la question des pardons et des dossiers criminels.Mais jusqu\u2019à ce que la loi soit changée, c\u2019est un non-sens, c\u2019est illogique de commencer à vouloir parler de pardons quand la loi actuelle existe encore.» Sa ministre de la Justice avait juste- peu trop morale peut éloigner une maîtresse jeune et frivole de l\u2019environnement estival d\u2019un jeune veuf.La perplexité ne persiste pas, chez le lecteur exigeant, dont le fils de Françoise Sagan fait certainement partie.« Je ne crois pas qu\u2019il y ait d\u2019incarnation parfaite », lance Denis Westhoff joint par Le Devoir en France il y a quelques jours.L\u2019homme est au- jourd\u2019hui le gardien de l\u2019œuvre de sa mère.C\u2019est lui qui a donné son feu vert à la transposition dessinée de ce livre écrit par une jeune romancière de 18 ans en 1954 et qui, avec le temps, est devenu un classique de la littéraire française.En 1999, Le Monde l\u2019a fait entrer à la 41e place de sa liste des 100 livres à retenir du XXe siècle.Entre La montagne magique, de Thomas Mann, et Le silence de la mer, de Jean Bruller, alias Vercors.Rien de moins.« Toute adaptation devient une œu- vre originale, ajoute M.Westhoff, et c\u2019est ce qui arrive ici, avec en plus une similitude entre l\u2019image que je me faisais des personnages du roman et le trait de Rébéna et une lumière identique à celle que je m\u2019imaginais.» Le bédéiste, jusqu\u2019à maintenant, était connu pour son Stieg Larsson, avant Millénium (Denoël), récit plongeant dans l\u2019intimité du créateur du célèbre polar, mais aussi pour son Le Corbusier architecte parmi les hommes (Dupuis) et Mitterrand, un jeune homme de droite (Rue de Sèvres).Étrange concordance des temps : son coup de crayon couplé aux couleurs de Jean-Luc Ruault, complice dans cette adaptation, a quelque chose de rétro, mais paradoxalement, fait ressortir tout le caractère moderne de ce récit qui, à son époque, 14 ans avant une grande révolution sociale, a fait scandale, en plaçant morale et liberté dans un duel à trois sur fond de vacances estivales.On est dans la France des bien nantis, dans l\u2019élégant décor d\u2019une villa de la Côte d\u2019Azur, où Raymond, veuf dans la quarantaine, riche et cultivé, regarde le temps passer en compagnie de Cécile, sa fille, qui vient de se planter au baccalauréat et Elsa, sa maîtresse à la jeunesse aussi insolente que subversive.Ça fume.Ça boit sur la terrasse, près des pins et sous un toit d\u2019étoiles.Et ça se perd dans la vacuité et l\u2019équilibre d\u2019une vie mondaine et oisive dont la précarité va se révéler brutalement avec l\u2019apparition d\u2019Anne Larsen, créatrice de mode, parisienne, amie de la famille en quête de repos.« Je dois avouer que j\u2019avais totalement oublié que je l\u2019avais l\u2019invitée\u2026 », dira le père sans vraiment croire ce qu\u2019il dit.« Nous étions si heureux.Tout ça est fini\u2026 », ajoutera la fille en anticipant avec raison le pire.« C\u2019est un roman qui traite de la liberté, de l\u2019insouciance, de la jalousie, de la révolte, des thèmes qui, au- jourd\u2019hui encore, sont aussi contemporains qu\u2019à l\u2019époque, dit Denis Westhoff.Le livre de ma mère est très bien écrit, avec un style clair et fluide que l\u2019on retrouve dans cette adaptation».Pour Frédéric Beigbeder, cette version est «sexy, frivole, cynique, balnéaire et fruitée», ce qui n\u2019est pas entièrement faux.Le fils de Françoise Sagan insiste toutefois sur le fait qu\u2019il serait futile d\u2019essayer de tisser des liens entre le roman et la bande dessinée, de chercher à faire des comparaisons entre un univers qui laisse les mots d\u2019un auteur baliser les représentations mentales des lecteurs et un autre qui impose et fixe ses images.« Le film de 1958 a laissé des traces dans les esprits, avec les visages forts qui incarnaient les personnages de cette adaptation.La bande dessinée, elle, offre aujourd\u2019hui un nouveau regard sur cette œuvre.Elle ne se dévoile pas comme une version mimétique du roman, qui reste encore et malgré tout une source d\u2019inspiration pour les gens aujourd\u2019hui », la lumière contenue dans la tristesse n\u2019ayant pas d\u2019époque.Bonjour tristesse Frédéric Rébéna, d\u2019après le roman de Françoise Sagan, Rue de Sèvres, Paris, 2018, 108 pages LEDEVOIR // LE JEUDI 21 JUIN 2018 ACTUALITÉS A 5 « Toute adaptation devient une œuvre originale » BÉDÉ SUITE DE LA PAGE A 1 Après avoir roulé pendant plus de cinquante ans dans les tunnels du métro de Montréal, les voitures MR-63 prennent officiellement leur retraite jeudi.En guise d\u2019adieu, le dernier train a effectué une tournée des quatre lignes cette semaine.Mercredi, il était sur la ligne orange, et jeudi, il accueillera des passagers sur la ligne bleue, aux heures de pointe.Certaines voitures MR-63 auront toutefois une seconde vie puisque, à l\u2019automne 2016, la Société de transport de Montréal a approuvé sept projets visant à en recycler une quarantaine.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les MR-63 prennent leur retraite Le différend entre Québec et Ottawa demeure CANNABIS SUITE DE LA PAGE A 1 ment rappelé aux citoyens, en matinée, que « la loi demeure la loi ».Et Jody Wilson-Raybould a invité les Canadiens à continuer de la respecter en attendant l\u2019entrée en vigueur de la légalisation du cannabis.Querelle de compétences La ministre fédérale a par ailleurs refusé d\u2019indiquer quelle loi \u2014 la fédérale ou la provinciale \u2014 les citoyens devraient suivre à compter du 17 octobre.« Il y a une loi qui a été dûment adoptée au Québec et c\u2019est la loi de cette province.Si des individus ne sont pas d\u2019accord avec cette loi, ils peuvent la contester », s\u2019est contentée d\u2019indiquer Mme Wilson-Raybould.La loi fédérale permettra la culture de quatre plants à domicile, tandis que les lois québécoise et manitobaine l\u2019interdiront.La ministre québécoise Lucie Charlebois a maintes fois martelé qu\u2019au Québec les policiers appliqueraient la loi québécoise.« C\u2019est dans nos responsabilités constitutionnelles et on entend utiliser nos compétences complètement, y compris la nécessité de les défendre devant les tribunaux, s\u2019il le faut », a renchéri le premier ministre Couillard mercredi.Un avertissement que martèle aussi le gouvernement du Manitoba depuis quelques semaines.Le gouvernement fédéral a toujours assuré qu\u2019il ne contesterait pas lui- même les lois provinciales.Mais Justin Trudeau a affirmé ce printemps qu\u2019il tenait à ce que la légalisation du cannabis en permette la production à domicile.Et son gouvernement a rejeté un amendement du Sénat à son projet de loi, qui aurait précisé que les provinces ont le pouvoir de prohiber la culture personnelle si elles le souhaitent.La ministre Wilson-Raybould s\u2019est défendue d\u2019encourager les citoyens à contester la loi québécoise, répétant depuis des mois qu\u2019un individu qui se sentirait lésé pourrait s\u2019adresser aux tribunaux.« C\u2019est une mauvaise interprétation de dire que j\u2019encourage les gens.Je ne le fais certainement pas.» Le ministre québécois des Relations canadiennes, Jean-Marc Fournier \u2014 qui l\u2019avait accusée d\u2019en faire autant ce printemps \u2014, lui a cependant reproché de laisser planer « une ambiguïté dans la tête des gens ».Avec Marco Bélair-Cirino et Dave Noël À partir de l\u2019entrée en vigueur, nous allons commencer à regarder la question des pardons et des dossiers criminels.Mais jusqu\u2019à ce que la loi soit changée, c\u2019est un non- sens, c\u2019est illogique de commencer à vouloir parler de pardons quand la loi actuelle existe encore.JUSTIN TRUDEAU » Le projet de loi du gouvernement Trudeau sur les facultés affaiblies a lui aussi été adopté en toute fin de séance parlementaire.Les sénateurs l\u2019avaient renvoyé aux Communes une première fois, amendé, pour en retirer la nouvelle mesure qui permettra aux policiers de faire des contrôles aléatoires pour détecter l\u2019alcool au volant.Le gouvernement a insisté, en y réinsérant cette disposition, et le Sénat a accepté le changement mercredi.Mais le nouveau sénateur et ex-juge à la Cour d\u2019appel du Québec Pierre Dalphond a émis des réserves.«On est dans une démocratie.Et on sait que tout pouvoir, qui n\u2019est pas encadré et qui n\u2019a pas vraiment de limites, peut être abusé», a- t-il confié au Devoir.Il n\u2019est aussi pas resté «insensible» aux craintes du Barreau québécois et de l\u2019Association du Barreau canadien, qui ont prédit que les éthylotests aléatoires ne résisteraient pas à une contestation constitutionnelle.Il a cependant choisi d\u2019appuyer l\u2019adoption du C-46, pour laisser le soin aux tribunaux de trancher la question.Les sénateurs ont adopté le projet de loi sans dissidence, ce qui veut dire qu\u2019ils ne se sont pas levés un à un pour faire connaître leur position.Le Devoir Le C-46 aussi adopté ÈVE LABOISSONNIÈRE Êtes-vous un homme ou une femme ?Telle est la question posée dans de multiples rencontres, inscriptions et formulaires.Est-il possible de se définir comme ni l\u2019un ni l\u2019autre ?Ce qui m\u2019amène à me poser la question suivante : « Est-ce que les personnes non binaires devraient avoir une place dans la société québécoise en 2018 ?» Pour ma part, je crois que ces individus devraient avoir une place dans notre société et même avoir une plus grande reconnaissance de leur identité de genre.Le respect des droits de la personne et les aspects social et personnel méritent d\u2019être considérés.En premier lieu, je suis pour que la non-binarité ait plus de considération dans notre société pour des raisons concernant le respect des droits de la personne.Saviez-vous qu\u2019en vous opposant au genre non binaire vous ne respectez pas les droits de la personne ?Selon l\u2019article 10 de la Charte des droits et libertés de la personne québécoise : « Toute personne a droit à la reconnaissance et à l\u2019exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur [\u2026] l\u2019identité ou l\u2019expression de genre [\u2026] » L\u2019identité de genre, tout comme l\u2019identité sexuelle, par exemple, se doit d\u2019être reconnue et acceptée dans la société québécoise.Savez-vous seulement ce qu\u2019est l\u2019identité de genre ?Selon l\u2019Organisation mondiale de la santé (OMS), « par \u201cgenre\u201d, on entend les caractéristiques des femmes et des hommes résultant d\u2019une construction sociale, par exemple les normes, les rôles et les relations entre les sexes.[\u2026] Il est également important de reconnaître les identités qui n\u2019entrent pas dans le cadre binaire du sexe masculin ou féminin ».Aussi, plusieurs personnes croient que l\u2019apparition du 3e genre rime avec la disparition des genres.À mes oreilles, l\u2019avènement de ce nouveau genre ne signifie aucunement la disparition des genres.Il représente seulement la liberté de pouvoir se définir tel qu\u2019on le souhaite en étant reconnu.Ce qui, selon moi, correspond totalement au respect de la personne.Bref, je crois que la non-binarité devrait être reconnue dans la société québécoise actuelle afin de respecter les droits de la personne puisque ne pas le faire en serait une violation.En deuxième lieu, je suis pour qu\u2019on accorde une plus grande place aux personnes non binaires dans la société québécoise pour des raisons sociales et personnelles.Pourquoi devrait-on absolument classer les gens dans des catégories bien définies telles que femme ou homme ?Selon moi, une personne non binaire est une personne au même titre qu\u2019un homme ou une femme.Accepter et reconnaître l\u2019identité de ces individus est faire preuve de respect, de tolérance, d\u2019ouverture et d\u2019humanité.Je crois que beaucoup de personnes ne savent pas vraiment ce qu\u2019est la non- binarité, qui se définit par le fait d\u2019être ni exclusivement femme ni exclusivement homme.Certains individus au Québec sont en désaccord avec le fait de ne plus indiquer homme ou femme sur les permis de conduire.Je ne comprends par leur point de vue.Pourquoi voient-ils un inconvénient à se faire définir comme un humain et par la même occasion à respecter les individus qui ne souhaitent pas avoir un genre binaire ?Ceux qui contestent l\u2019omission du sexe sur le permis de conduire ont-ils déjà tenté de s\u2019imaginer ce que les personnes ni homme ni femme ressentaient lorsqu\u2019on les obligeait à se catégoriser dans une case qui ne les représente pas seulement en fonction de leurs organes génitaux?Nous ne devrions pas nous baser sur ce qu\u2019un individu a entre les jambes pour le définir, car l\u2019être humain est beaucoup plus complexe et évolué que cela.Bref, je crois que le genre non binaire au Québec devrait être reconnu pour des raisons sociales et personnelles, car les personnes s\u2019identifiant à ce genre devraient pouvoir être reconnues comme toutes les autres.Finalement, je crois que les personnes non binaires devraient être davantage acceptées et reconnues dans la société québécoise en 2018 puisque les gens évoluent et que la société devrait en faire autant.Je crois fermement à cela puisque c\u2019est faire preuve de respect envers les droits de la personne et que c\u2019est socialement important.Alors, quel pronom utiliserez-vous à l\u2019avenir pour désigner un individu non binaire ?Llle ou Iel ?LEDEVOIR // LE JEUDI 21 JUIN 2018 ÉDITORIAL A 6 LE DEVOIR // FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 > FAIS CE QUE DOIS ! DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Luce Julien Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Vice-président des ventes publicitaires Mark Drouin Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Directrice de l\u2019information Marie-Andrée Chouinard Directeur de l\u2019information numérique Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet La Fédération autonome de l\u2019enseignement, qui représente 34 000 enseignantes et enseignants, décerne un prix à deux jeunes pour avoir rédigé les meilleures lettres d\u2019opinion dans le cadre de son concours Héros \u2013 La grande rédaction.La lauréate du prix offert par Le Devoir voit son texte publié ici et reçoit un abonnement d\u2019un an au quotidien.Elle étudie en 4e secondaire à l\u2019École de la Haute-Ville, à Granby, en Montérégie.La Fédération des cégeps démissionne aussi devant l\u2019anglais En 1994-1995, la Fédération des cégeps s\u2019opposait à la création par le gouvernement Parizeau d\u2019un cégep de langue française dans le « West Island ».Ce qu\u2019avait aussi rejeté précédemment le gouvernement libéral.L\u2019an passé, cette même Fédération s\u2019opposait à des mesures en débat au Parti québécois concernant le réseau des cégeps pour favoriser la langue et la culture québécoise de langue française.Et la Fédération des cégeps a, bien sûr, toujours de bonnes raisons.En 2017, c\u2019est la liberté de choix, comme l\u2019avaient crié sur tous les tons la minorité anglophone et d\u2019autres, il y a quarante ans, lors du débat entourant la loi 101.L\u2019âge normal d\u2019un cégépien en première année d\u2019études est 17 ans, il n\u2019est pas encore un adulte.Pourquoi ne pas lui appliquer aussi la loi 101 ?En 1994-1995, la raison était le financement de l\u2019enseignement collégial.La Fédération cégeps ne voulait pas partager son enveloppe avec un 48e collège pour les Québécois de langue française en situation minoritaire (30 %) dans l\u2019Ouest-de-l\u2019Île à Montréal.L\u2019été passé, un directeur des études d\u2019un cégep de Montréal me faisait savoir combien les collèges francophones de la région de Montréal souffraient financièrement d\u2019une baisse de clientèle ces dernières années alors que les cégeps anglophones débordaient.Ayant quitté le réseau collégial depuis plusieurs années, j\u2019étais surpris de l\u2019apprendre.Comment comprendre que la Fédération des cégeps, qui ne pouvait que le savoir fort bien, n\u2019a pas cru bon, cette fois, de faire une sortie dans les médias sur cette question des plus préoccupantes pour la majorité de ses membres ?À l\u2019hiver 2017, les médias nous ont par ailleurs informés que le Collège de Bois-de-Boulogne, un des fleurons du réseau pour la qualité de sa formation, envisageait d\u2019offrir un DEC (diplôme d\u2019études collégial) en anglais pour atténuer son grave problème de financement.La Fédération des cégeps n\u2019a pas, à nouveau, cru bon de prendre position.Le groupe linguistique minoritaire au Québec et majoritaire en Amérique du Nord (98 %) aurait-il donc plus de pouvoir d\u2019influence sur une fédération qui compte 43 cégeps francophones parmi ses 48 membres ?Certains se demanderont certes si le groupe majoritaire de ces institutions d\u2019enseignement supérieur souffre du complexe du colonisé.Un bon sujet de réflexion à l\u2019occasion de notre Fête nationale dans quelques jours.André Campagna, directeur des études du Collège de Bois-de-Bou- logne (1978-1996), directeur général fondateur du cégep Gérald-Godin (1996-2001) et président fondateur de la salle Pauline-Julien (1997-2001) Montréal, le 19 juin 2018 Le troisième genre LETTRES IMMIGRATION Impasse américaine a classe politique américaine arrivera-t-elle jamais à s\u2019entendre sur une réforme du système d\u2019immigration ?En son temps, le président George W.Bush avait fait de gros efforts pour jeter les bases d\u2019un compromis qui combinait un renforcement de la frontière avec le Mexique à de balbutiantes mesures visant à créer un système de permis de travail temporaire pour les migrants et à régulariser le statut des quelque 11 millions d\u2019«illégaux» installés aux États-Unis.Au bout du compte, les seules initiatives votées par le Congrès avaient consisté à investir 10 milliards $US dans la construction de murs et de clôtures à la frontière et l\u2019embauche de 3000 patrouilleurs frontaliers supplémentaires.Après lui, ses touchants discours humanistes n\u2019ont pas empêché Barack Obama d\u2019être surnommé le «deporter- in-chief» pour le nombre record d\u2019expulsions d\u2019illégaux effectuées sous sa présidence \u2014 quelque 3 millions de personnes, soit davantage que tous les présidents précédents réunis.Il espérait apparemment que ces expulsions massives allaient convaincre le Congrès à majorité républicaine d\u2019ouvrir la porte à des mesures de régularisation du statut des illégaux qui se trouvaient aux États-Unis depuis assez longtemps pour s\u2019y être construit une vie et y avoir élevé des enfants.En vain.C\u2019est dans ce contexte que M.Obama avait par ailleurs eu l\u2019intelligence de joindre la parole aux actes en légalisant par décret présidentiel la présence en sol américain de 800 000 « Dreamers », ces immigrants arrivés aux États-Unis alors qu\u2019ils étaient enfants \u2014 un programme que Donald Trump a eu l\u2019insondable méchanceté d\u2019annuler il y a un an, jetant dans les limbes des centaines de milliers de personnes dont la contribution à l\u2019économie et à la société américaines est incontestable.M.Trump a poussé plus loin la méchanceté en acceptant que soient séparés indéfiniment, au nom de sa politique de « tolérance zéro », les enfants des parents entrés illégalement aux États-Unis.Jamais un président n\u2019avait osé aller aussi loin : plus de 2300 enfants envoyés dans des centres de rétention pendant des semaines pendant que leurs parents sont déférés devant les tribunaux.L\u2019approche parfaitement infâme a provoqué des hauts le cœur jusque dans les rangs du Parti républicain.Mais il n\u2019empêche qu\u2019elle est l\u2019expression, poussée à l\u2019extrême, de l\u2019incapacité vieille d\u2019au moins vingt ans de la classe politique américaine à trouver une façon de remettre de l\u2019ordre dans le système d\u2019immigration.La responsabilité de cet échec est collective.L\u2019engagement pris mercredi par M.Trump de « signer quelque chose » afin d\u2019éviter la séparation des familles ne changera rien sur le fond à l\u2019imbroglio.Car le décret qu\u2019il a finalement signé en milieu de journée ne visait en fait qu\u2019à apaiser dans l\u2019actualité une tempête de désapprobation.« Je n\u2019aimais pas voir les familles séparées », a-t-il expliqué.Reculade étonnante, malgré tout, de la part d\u2019un homme qui n\u2019a pas l\u2019habitude de se laisser démonter et dont les positions anti-immigrantes sont un ingrédient fondamental de la popularité auprès des Américains qui l\u2019apprécient.La « tolérance zéro » affichée par le président est en dessous de tout en ce que, contrairement à ses prédécesseurs, elle n\u2019envisage aucun projet de solution au plus large enjeu de la régularisation.Elle est en dessous de tout parce qu\u2019elle se résumait à monnayer le sort d\u2019enfants contre la construction de son mur.Le calcul est d\u2019autant plus exécrable qu\u2019il est probablement mauvais.D\u2019abord parce que l\u2019impasse au Congrès est beaucoup trop profonde pour être résolue sur la base de ce chantage.Paul Ryan, leader des républicains à la Chambre des représentants, a annoncé la tenue d\u2019un vote jeudi sur un projet de loi qui réglerait tout à la fois le problème des Dreamers et celui de la séparation des familles.On peut en douter, comme le ménage à trois que forment les démocrates, d\u2019une part, et les républicains modérés et conservateurs, d\u2019autre part, est profondément conflictuel.Mauvais calcul, surtout, parce que le durcissement migratoire que préconise M.Trump ne découragera pas, ou si peu, les migrants \u2014 qui pour la plupart fuient la violence et la misère d\u2019Amérique centrale \u2014 de traverser la frontière à tout prix.Une approche semblable, quoique moins draconienne, a été appliquée à partir de 2005 dans le cadre de « Operation Streamline », suivant la logique que le dépôt de poursuites contre les migrants illégaux serait un instrument de dissuasion.Les études sont loin d\u2019avoir démontré que la judiciarisation du problème ralentissait le flux migratoire.Preuve, faut-il le rappeler, que les solutions sont en amont : elles passent par le développement dans les pays d\u2019origine d\u2019États de droit dignes de ce nom.Le même argument s\u2019applique à l\u2019Europe.GUY TAILLEFER L Départ d\u2019un grand Québécois À la suite du décès du docteur Jacques Mackay, son œuvre en tant que pédopsychiatre a été soulignée, mais Jacques s\u2019est aussi battu toute sa vie pour la justice sociale, la laïcité et le gros bon sens.Je voudrais citer ici, de mémoire, quelques-unes des causes pour lesquelles il a combattu.D\u2019abord la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État.Il en fallait du courage, il y a soixante ans, pour fonder au Québec, sous Duples- sis, le Mouvement laïque de langue française.Jacques dira plus tard : « On aurait dû l\u2019appeler le mouvement laïque québécois, mais on n\u2019était pas encore rendus là ! » Puis l\u2019école laïque, l\u2019accès à la contraception, la défense de Morgentaler\u2026 Un grand Québécois nous a quittés.Henri Bellemare Le 19 juin 2018 LIBRE OPINION Les personnes non binaires devraient être davantage acceptées et reconnues dans la société québécoise en 2018 puisque les gens évoluent et que la société devrait en faire autant LEDEVOIR // LE JEUDI 21 JUIN 2018 A 7 IDÉES Le président des États-Unis, Donald Trump, lors d\u2019un discours devant l\u2019Assemblée des Nations unies, le 19 septembre 2017 BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE ALAIN VALLIÈRES CHERCHEUR AU CERIUM, CHARGÉ DE COURS À L\u2019UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Le 30 octobre 1943, les ministres des Affaires étrangères des quatre grandes puissances engagées dans la Deuxième Guerre mondiale adoptent une déclaration dans laquelle ils reconnaissaient la nécessité d\u2019établir, en vue de la paix et de la sécurité internationales, une organisation internationale fondée sur le principe de l\u2019égalité souveraine de tous les États pacifiques.Cette déclaration était le prélude à la création des Nations unies.L\u2019étude de la création de l\u2019organisation universelle permet de constater l\u2019importance de l\u2019engagement du président américain de l\u2019époque.Le nom même « Nations unies » a été choisi en référence à l\u2019action du président Roosevelt.Or, la position de l\u2019actuel président semble consister à défaire l\u2019œuvre de ses prédécesseurs.Dans un discours prononcé devant l\u2019Assemblée des Nations unies le 19 septembre 2017, celui-ci a menacé de « détruire totalement » un pays membre de l\u2019organisation.Doit-on comprendre que l\u2019acte d\u2019agression qu\u2019il annonçait comprenait également la destruction totale des 25 millions d\u2019habitants du pays en même temps que les installations militaires et les infrastructures ?À l\u2019acte d\u2019agression, au crime de guerre, au crime contre l\u2019humanité, le président entendait-il ajouter le génocide ?La situation a depuis lors bien changé puisque le dirigeant de la Corée du Nord est devenu un ami.S\u2019il est interdit par le droit international de tenir semblable discours en général, que penser de ce langage guerrier utilisé dans l\u2019enceinte de l\u2019organisation chargée d\u2019assurer la paix sur la planète ?On ne peut accepter qu\u2019un chef d\u2019État soit grossier à l\u2019égard d\u2019un autre chef d\u2019État et on ne peut certainement pas accepter qu\u2019un responsable menace de détruire un pays là où normalement on devrait parler de coopération pour assurer le bien-être de la population mondiale.Lors du même discours, le président Trump a également dénoncé une entente conclue avec l\u2019Iran et plusieurs grandes puissances pour encadrer le programme nucléaire de ce pays et s\u2019assurer qu\u2019il ne serve pas à le doter de l\u2019arme atomique.Le président a toutefois utilisé un langage peu diplomatique pour qualifier sa perception de la société iranienne : « Nous ne pouvons pas laisser un régime meurtrier continuer ses activités déstabilisatrices [\u2026] et nous ne pouvons pas respecter un accord s\u2019il sert à couvrir l\u2019éventuelle mise en place d\u2019un programme nucléaire.» Ici encore, la position américaine pose problème en matière de droit international.Les États sont tenus de respecter leurs engagements avec bonne foi.Or, la posture de M.Trump est plus dogmatique que scientifique, les experts s\u2019entendant généralement pour admettre que cet accord a positivement stabilisé la situation du pays.Opinion peu favorable C\u2019est un secret de polichinelle que le président des États-Unis n\u2019entretient pas une opinion favorable à l\u2019égard de l\u2019Organisation.Avant d\u2019être élu, Donald Trump a qualifié l\u2019ONU de « club où les gens se réunissent, parlent et passent du bon temps ».Rapidement après son accession au pouvoir, le gouvernement Trump a voulu réduire, voire supprimer la contribution financière des États- Unis à plusieurs agences des Nations unies et organisations internationales.Les décisions du président reposent principalement sur sa vision du monde.La dernière manifestation en est le re- Pourquoi les Nations unies ne quitteraient-elles pas les États-Unis ?CHRISTIAN HOARAU PROFESSEUR AU CNAM (CONSERVATOIRE NATIONAL DES ARTS ET MÉTIERS), PARIS Mariano Rajoy a été renversé par une motion de censure portée par Pedro Sanchez et votée par une coalition hétéroclite regroupant le PSOE, Pode- mos et les partis nationalistes catalans et basques.Le gouvernement constitué par le leader socialiste a suscité plus d\u2019éloges que ses prédécesseurs.L\u2019inconvénient est son faible soutien au Cortes (84 députés du PSOE) pour lutter contre l\u2019opposition du Parti populaire et de Ciudadanos.Avec l\u2019arrivée de Pedro Sanchez à la Moncloa s\u2019ouvre une fenêtre d\u2019opportunité pour normaliser les relations avec la Catalogne, mais en réalité les options des uns et des autres sont limitées.Ce gouvernement majoritairement féminin et libéral est « espagnoliste » avec la nomination du flamboyant Catalan Josep Borell comme ministre des Affaires étrangères.Cette nomination a été critiquée par les indépendantistes.Anti-indépendantiste, il est connu pour ses excès de langage : en octobre dernier, il déclarait ainsi qu\u2019il fallait « désinfecter la Catalogne » et, plus récemment, que « la Catalogne est au bord de la guerre civile ».Si une des missions du nouveau ministre des Affaires étrangères consiste à contrer, au niveau international, le récit indépendantiste, il sera contraint à l\u2019avenir de nuancer ces propos.D\u2019autant que Pedro Sanchez souhaite abaisser la tension dans les relations avec la Catalogne.La Catalogne est le principal dossier du nouveau gouvernement.Il lui a consacré son premier Conseil des ministres, lequel a adopté la suppression de la supervision financière de la Ge- neralitat.Par ailleurs, Sanchez doit recevoir le président de la Generalitat, ce qu\u2019avait refusé de faire Rajoy.Le PSOE a soutenu sans faille la mise en œuvre de l\u2019article 155 de la Constitution qui a permis à Rajoy de mettre sous tutelle la Catalogne.Celle- ci a été levée juste avant le vote de la motion de censure.Pedro Sanchez souhaite engager un dialogue avec les indépendantistes, mais dans le cadre strict de la légalité et de la Constitution espagnoles.La ministre des Affaires territoriales, la Catalane Meritxell Batet, a déclaré que la réforme de la Constitution était « urgente, viable et souhaitable ».Si la révision de la Carta Magna est souhaitable, elle n\u2019est pas viable à court terme sans l\u2019accord du Parti populaire qui dispose de la majorité absolue au Sénat.En fait, Meritxell Batet a insisté sur une position officielle du PSOE.De façon symétrique, le président de la Generalitat, le sulfureux Quim Torra, nationaliste radical et supréma- ciste, a rappelé de son côté que le point de départ de toute négociation était le référendum du 1er octobre et la déclaration d\u2019indépendance unilatérale du 27 octobre dernier.Mais quelle est son autorité réelle dans le camp indépendantiste et a-t-il la capacité de s\u2019auto- nomiser de Carlos Puigdemont, qu\u2019il considère toujours comme le président légitime de la Generalitat ?Les indépendantistes continueront-ils de « jouer au poker et de bluffer », comme l\u2019a déclaré Clara Ponsati, l\u2019ancienne « consellera » de l\u2019Enseignement, à propos du précédent gouvernement de la Generalitat ?Au-delà des postures, les positions des uns et des autres peuvent-elles vraiment évoluer ?Normalisation possible La normalisation est possible pour plusieurs raisons.Quim Torra, en renonçant à nommer des ministres emprisonnés, s\u2019est incliné face à la force de la légalité et du pouvoir de l\u2019État espagnol.À court terme, il peut être enclin à respecter ce cadre, d\u2019autant que la supervision des dépenses de la Generalitat a été levée par Pedro Sanchez.Celui-ci a, de son côté, besoin d\u2019abaisser la tension et de négocier un geste Une fenêtre de négociation entrebâillée pour la Catalogne trait des États-Unis le 19 juin du Conseil des droits de l\u2019homme du fait que ce dernier critiquerait trop sévèrement les abus d\u2019Israël.Notons que le Conseil ne juge pas lui-même le comportement des États.Ce sont les États membres du Conseil qui évaluent les membres de l\u2019Organisation.Ce retrait n\u2019est pas en soi une catastrophe, toutefois, il discrédite le Conseil, voire l\u2019ONU elle-même.Ce qui serait toutefois inacceptable serait que les États-Unis refusent de se présenter devant ce conseil lorsqu\u2019il étudie la situation des droits de la personne dans ce pays.Pourtant, paradoxalement, les États- Unis sont également le pays bénéficiant le plus généreusement des activités onusiennes puisque le siège de l\u2019Organisation se trouve à New York.Les fonctionnaires internationaux qui y habitent et les experts qui se déplacent dans cette ville apportent beaucoup à l\u2019économie américaine.Une solution devrait satisfaire le président américain tout en protégeant l\u2019Organisation.Nous proposons de déménager le siège de l\u2019ONU à Montréal! Le comportement actuel du pays hôte de l\u2019Organisation des Nations unies est en contravention directe avec ses buts et objectifs.Maintenir le siège de l\u2019ONU dans ce pays est de nature à discréditer toute l\u2019organisation et à complexifier ses actions futures, voire à mettre en danger les agents en mission.On ne peut que souhaiter le déménagement de l\u2019Organisation.Et pourquoi pas à Montréal ?Le Canada est généralement perçu comme un acteur important dans la protection des droits de la personne.Son engagement auprès des Casques bleus est légendaire.Il nous semble préférable de faire siéger l\u2019ONU dans un pays perçu comme un appui important des soldats de la paix plutôt que dans un pays qui n\u2019hésite pas à utiliser unilatéralement les armes.D\u2019aucuns pourraient considérer que l\u2019opération est économiquement intenable.Pourtant, il n\u2019en coûterait certainement pas plus de construire à Montréal une tour que de rénover l\u2019ancienne à New York.La seule vente du terrain new-yorkais paiera sans doute largement les frais.Par ailleurs, il y a fort à parier que Montréal aiderait l\u2019institution à acquérir un terrain.Ne serait-ce pas prestigieux que d\u2019y avoir une « tour de la Paix » ?Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019ONU n\u2019a pas sa place aux États-Unis.Le comportement actuel du pays hôte de l\u2019ONU est en contravention directe avec ses buts et objectifs Au-delà des postures, les positions des uns et des autres peuvent- elles vraiment évoluer ?mutuel et des sujets concrets afin d\u2019orienter le sens de la crise catalane avant les prochaines élections.Il s\u2019agit de réduire le camp des indépendantistes partisans de la voie unilatérale.Près de 36 % des électeurs indépendantistes souhaitent un accord négocié avec le gouvernement central et 20 %, l\u2019abandon du procès.La négociation ne peut se tenir que dans le cadre constitutionnel \u2014 ce qui écarte d\u2019emblée la question du référendum d\u2019autodétermination.Mais les sujets ne manquent pas, comme les 12 lois catalanes suspendues par le Tribunal constitutionnel et les 23 revendications économiques et sociales d\u2019Artur Mas soumises à Rajoy et devenues 46 avec Puigdemont en 2016.Si l\u2019on écarte le référendum, les 45 revendications concernent quatre catégories de politiques publiques : la garantie des droits sociaux, les politiques sociale et fiscale, les conflits de compétences avec l\u2019État espagnol et la fin de la juridisation de la vie politique catalane.Aujourd\u2019hui, ce point porte sur le sort des indépendantistes emprisonnés ou en fuite.Dans ce domaine, les marges de ma- nœuvre de Pedro Sanchez sont limitées par le principe de séparation des pouvoirs.Mais la ministre de la Justice peut agir auprès de son administration pénitentiaire et du parquet général de l\u2019État afin que les prévenus soient détenus en Catalogne.Les sujets de dialogue ne manquent pas, donc.Mais Pedro Sanchez aura-t- il les coudées franches alors qu\u2019il n\u2019a pas de majorité parlementaire et qu\u2019il est surveillé par les barons du PSOE ?Quant aux indépendantistes, feront-ils plus de politique et moins de poker ? ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 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LE DEVOIR La maladie de Lyme continue sa progression au Québec.Le nombre de cas déclarés en Montérégie a presque doublé l\u2019an passé, frôlant le taux d\u2019incidence endémique observé dans certains États américains de la Nouvelle- Angleterre.La Direction de la santé publique (DSP) de la Montérégie, une des régions où la tique à pattes noires est la plus implantée au Québec, a confirmé mercredi que le petit insecte gagne sans cesse du terrain, notamment dans des secteurs plus au nord.Passé de 56 cas déclarés en 2016 à 102 en 2017, le nombre d\u2019infections rapportées a explosé en un an et le tiers des Québécois affectés proviennent désormais de la Montérégie.Pas moins de 122 des 147 municipalités montérégiennes sont jugées «à risque élevé d\u2019exposition aux tiques».Cette hausse marquée s\u2019expliquerait non seulement en raison de la prolifération de la tique, mais aussi à cause des progrès faits pour diagnostiquer l\u2019infection et signaler les cas aux autorités.« Dans les États limitrophes du Québec, comme le Vermont et l\u2019État de New York, on atteint 8 cas par 100 000 habitants.On s\u2019approche en Montéré- gie de 7 cas pour 100 000 personnes », a souligné la Dre Julie Loslier, directrice de la Santé publique de la Montérégie.L\u2019Estrie et la Montérégie L\u2019an dernier, la Direction de la santé publique du Québec avait observé en date du mois de juin 329 cas de maladie de Lyme pour tout le Québec, dont 76 % avaient été contractés au Québec, 21 % hors du Québec (majoritairement aux États-Unis et en Ontario) et 3 % dans un autre lieu.Les chiffres dévoilés par la Montérégie confirment que désormais plus de 80 % des Montérégiens infectés l\u2019ont été dans leur région.Si le sud-ouest du Québec est un des foyers les plus prospères pour la tique, l\u2019Estrie compte toujours la plus grande proportion de cas au Québec, avec 39 % des infections rapportées (137 cas en 2017) au Québec, l\u2019Outaouais, les Laurentides, Lanaudière et la Mauricie ne comptant qu\u2019un très faible nombre de cas (respectivement six, trois, quatre et cinq chacun).Mais ce tableau pourrait évoluer avec les changements climatiques.« À la vitesse où l\u2019on observe l\u2019augmentation, on peut penser que ça va s\u2019étendre à d\u2019autres régions.Il y a des traces au centre du Québec », a ajouté la Dre Loslier.Malgré la forte croissance des cas observés en Montérégie en 2017, les porte-parole de la Santé publique ont tenu à rassurer la population sur les risques posés par la tique, dont seulement 20 % des spécimens sont porteurs de la bactérie Borrelia burgdorferii causant la maladie.« On parle de seulement 102 cas, mais ça peut être beaucoup, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une maladie qui peut être prévenue, et surtout qui peut avoir des séquelles », a fait valoir la directrice de la DSP de la Montérégie.Le Dr François Milord, médecin- conseil pour la DSP de la Montérégie, affirme quant à lui que les risques d\u2019infection sont minimes si l\u2019insecte piqueur est enlevé rapidement.« Si la tique est enlevée dans la même journée, il n\u2019y a pas de risque d\u2019infection », a-t-il dit, affirmant que la littérature scientifique établit à 24 à 36 heures le temps nécessaire à l\u2019insecte pour transmettre la bactérie délétère.Faute de traitement, des symptômes plus graves peuvent se manifester un à trois mois après l\u2019infection.Un traitement préventif aux antibiotiques est d\u2019ailleurs désormais accessible sur demande et sans prescription à toute personne ayant subi une piqûre de tique dans certains secteurs géographiques de la Montérégie.Rester actif Si les autorités appellent à la vigilance, elles affirment que les citoyens ne doivent pas s\u2019abstenir de pratiquer des activités extérieures ou des sports de plein air en raison de la tique.Hors des boisés et des hautes herbes qu\u2019affectionne la tique, les risques de piqûre sont peu élevés, ajoute la DSP.En forêt ou dans les champs, des mesures de prévention et de protection simples, comme le port de souliers fermés, de chaussettes et de vêtements longs ainsi que l\u2019utilisation de produits à base de DEET peuvent empêcher le contact avec l\u2019insecte.Les retraités actifs plus à risque Les chiffres rapportés par la Montéré- gie révèlent que ce sont les personnes âgées de 60 à 71 ans qui sont le plus souvent victimes de piqûres de tiques, ainsi que les jeunes.« Notre explication est que les personnes de cet âge passent plus de temps à pratiquer des activités extérieures », explique la Dre Loslier.Les enfants qui jouent à l\u2019extérieur ou qui fréquentent des zones boisées lors de sorties en plein air ou de camps de jour doivent être inspectés lors de leur retour à la maison pour déceler la présence de tiques, conseillent les médecins.Des courriels ont d\u2019ailleurs été envoyés aux écoles de la Montérégie pour informer les parents des mesures de prévention à prendre.Quant aux animaux de compagnie, souvent victimes de la morsure de la tique en zones endémiques, le Dr Mi- SANTÉ PUBLIQUE Les cas de maladie de Lyme ont doublé en Montérégie Le tiers des Québécois affectés proviennent désormais de la Montérégie.JACQUES NADEAU LE DEVOIR E N B R E F Enquête sur les femmes autochtones disparues : Audette choisit de rester OTTAWA \u2014 Michèle Audette mènera à terme l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.Il y a 15 jours, la commissaire avait dit songer à quitter ses fonctions après le rejet par Ottawa de sa demande de prolongation de 24 mois.Dans un communiqué, Mme Audette réitère sa promesse faite aux femmes et aux filles autochtones disparues et assassinées, à leurs familles et aux survivantes de poursuivre la route à leurs côtés à titre de commissaire.Mme Audette précise que ce qui ne pourra pas être accompli par l\u2019Enquête nationale sera énoncé dans les recommandations au gouvernement, pour lesquelles il devra en assumer la responsabilité.La Presse canadienne L\u2019ex-journaliste et haute fonctionnaire Julie Miville- Dechêne nommée au Sénat OTTAWA \u2014 Le premier ministre Justin Trudeau a annoncé mercredi la nomination de Julie Miville-Dechêne comme sénatrice indépendante pour le Québec, afin de pourvoir un siège vacant à la Chambre haute.Journaliste à Radio- Canada durant plus de 25 ans, Mme Mi- ville-Dechêne était devenue en 2007 la première femme ombudsman de Ra- dio-Canada, aux services français.En 2011, Mme Miville-Dechêne a été nommée présidente du Conseil du statut de la femme du Québec.Elle a ensuite été représentante du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada à l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019éducation, la science et la culture (UNESCO), à Paris.La Presse canadienne Le SCRS garde-t-il encore des données sensibles de citoyens honnêtes ?OTTAWA \u2014 Le SCRS n\u2019a toujours pas réussi à s\u2019assurer qu\u2019il ne détient plus illégalement des renseignements sensibles sur d\u2019honnêtes citoyens, conclut le Comité de surveillance des activités de renseignement de sécurité.Dans son rapport annuel, ce comité se demande même si le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) sera capable de respecter ses engagements en matière d\u2019élaboration de politiques sur la conservation et la transmission des communications impliquant des tiers, même si les services secrets ont assuré que des progrès étaient en cours.En 2016, la Cour fédérale avait conclu que le SCRS avait violé la loi en conservant et en analysant des données sur des gens qui ne faisaient pas l\u2019objet d\u2019une enquête.La Presse canadienne Michèle Audette SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE La maladie de Lyme Symptômes Rougeur de 5cm ou plus sur la peau, qui s\u2019agrandit au fil des jours, puis disparaît Fièvre Douleurs musculaires et articulaires Fatigue Dérèglement du système nerveux et du rythme cardiaque Traitements Pour une simple piqûre: de 14 à 21 jours d\u2019antibiotiques.Le traitement peut être donné dès l\u2019apparition d\u2019une rougeur sur la peau, ou de façon prophylactique si une tique a été décelée sur la peau.Autres symptômes évolutifs : traitement aux antibiotiques de 14 à 28 jours.Prévention Lors d\u2019activités dans un boisé ou un champ: porter des vêtements couvrant la peau (souliers fermés, chaussettes portées par-dessus les pantalons.) et de couleur claire pour mieux déceler les tiques; utiliser un chasse-moustiques à base de DEET.Autour de la maison Couper herbe et broussailles près des aires de jeu ou de loisirs ; tailler arbres et arbustes près de la pelouse; créer une zone de gravier ou de paillis entre les pelouses et les boisés ; placer les jeux ou carrés de sable sur des zones de paillis ou de copeaux de bois, loin des arbres.Source DSP Montérégie lord juge qu\u2019ils ne constituent pas un risque pour les humains.« Une fois accrochée à l\u2019animal, la tique ne va plus le quitter.Si elle se détache, le domicile est pour elle un environnement hostile où elle va mourir après quelques jours.Être infecté par un animal de compagnie n\u2019est pas un enjeu », dit-il.Variation du risque d\u2019exposition aux tiques en Montérégie Source : Direction de la santé publique de la Montérégie Élevé et endémique Élevé Moyen "]
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