Le devoir, 27 juin 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 142 / LE MERCREDI 27 JUIN 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM FIJM La chance rare d\u2019une chanteuse rare « J\u2019ai toujours eu l\u2019occasion de travailler sur la musique en premier », explique Cécile McLorin Salvant GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Trois albums, deux trophées Grammy, toujours en tête de liste des palmarès critique ou public annuels du magazine Downbeat : à 28 ans, Cécile McLorin Salvant est bien installée en haut de l\u2019affiche.Et elle mesure pleinement la rareté de la chance qu\u2019elle a.« Je le vis comme ça : une immense chance, di- sait-elle la semaine dernière en entretien.J\u2019habite New York, je connais de plus en plus de musiciens et je comprends maintenant plus que jamais ce que ça représente d\u2019essayer de faire son travail.Ça demande un énorme travail personnel, mais il y a aussi plein d\u2019éléments extérieurs INDEX Avis légaux.B4 Décès.B2 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Mots croisés.B6 Petites annonces .B2 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Protectionnisme : le plan d\u2019aide d\u2019Ottawa se fait attendre A 3 MONDE La Cour suprême des États-Unis valide le décret migratoire de Donald Trump B 1 SCOLARISATION Rachelle Kahan, me?re de 14 enfants, présente à l\u2019évaluatrice Bev Miller les cartables de ses enfants à qui elle enseigne à la maison.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Pour la première fois en plus de vingt ans, le gouvernement du Québec et celui du Canada ont convenu d\u2019établir une zone de protection marine dans le Saint-Laurent.Le Devoir a appris qu\u2019ils vont annoncer conjointement cette semaine la protection d\u2019un territoire marin de 1000 km2, nommé le Banc-des- Américains, situé à l\u2019est de la Gaspésie.Mais il faudra en faire beaucoup plus pour respecter les engagements du Québec en matière de protection des milieux marins.Au moment où le parc marin du Sa- guenay\u2013Saint-Laurent fête ses vingt ans, Ottawa et Québec ont finalement réussi à s\u2019entendre pour la création d\u2019une nouvelle aire de protection du milieu marin, cette fois dans la portion québécoise du golfe du Saint-Laurent.Selon les informations obtenues par Le Devoir, la ministre de l\u2019Environnement du Québec, Isabelle Melançon, doit prendre part à cette annonce qui aura lieu probablement jeudi, ou alors vendredi, en compagnie de représentants du gouvernement fédéral.Le cabinet de Mme Melançon a d\u2019ailleurs confirmé au cours des derniers jours que cette annonce implique « plusieurs partenaires ».Il n\u2019a toutefois pas été possible mardi d\u2019obtenir une entrevue avec la ministre de l\u2019Environnement.Son bureau a évoqué un emploi du temps « très chargé ».Le Banc-des-Américains, désigné comme « site d\u2019intérêt » par le gouvernement fédéral en 2011, devrait obtenir un statut qui implique que Québec et Ottawa auront leur mot à dire dans les mesures de protection mises en place.Pour le fédéral, ce secteur deviendra une zone de protection marine (ZPM), une désignation qui vient avec plusieurs règles, dont l\u2019objectif est de préserver l\u2019essentiel de l\u2019écosystème marin et de sa biodiversité.Ce type de protection est d\u2019ailleurs beaucoup strict que les « refuges ma- ENVIRONNEMENT Le Banc-des- Américains sera protégé JESSICA NADEAU LE DEVOIR Après deux ans de scolarisation à la maison, un premier groupe d\u2019enfants de la communauté hassidique a passé avec succès les examens de fin d\u2019année de la Commission scolaire En- glish-Montreal.Si les résultats sont encourageants, ils démontrent toutefois qu\u2019il reste encore beaucoup de chemin à faire, constatent les leaders de la communauté.« J\u2019aurais préféré que les résultats soient un peu plus élevés, en maths surtout, mais l\u2019examen était assez difficile », affirme Jacob Maman, directeur de l\u2019Académie Yeshiva Toras Moshe, qui offre du soutien scolaire aux jeunes de la communauté hassidique ayant opté pour l\u2019école à la maison.« C\u2019est quand même une bonne nouvelle, ajoute-t-il parce que, au-delà des chiffres, ça nous permet de voir où sont nos faiblesses et de réajuster le tir pour les années à venir.» Quelque 70 élèves de cinquième année du primaire ont passé leurs premiers examens officiels dans les locaux du centre culturel, sous la supervision du personnel de la commission scolaire.La quasi-totalité d\u2019entre eux (96 %) ont réussi l\u2019examen de français langue seconde.La moyenne à cet examen était de 84 %.En anglais, les notes sont un peu moins bonnes.Ainsi, quatre élèves sur cinq (82%) ont obtenu la note de passage, avec une moyenne générale de 64%.L\u2019école à la maison chez les hassidiques semble réussir VOIR PAGE A 4 : CHANCE M A R K F I T T O N Ottawa et Québec auront tous les deux leur mot à dire sur ce territoire marin de 1000 km2 VOIR PAGE A 4 : ÉCOLE VOIR PAGE A 2 : ENVIRONNEMENT pèces de cétacés, dont le rorqual bleu et la baleine noire, deux espèces classées « en voie de disparition » en vertu de la Loi sur les espèces en péril.« Ce site a aussi un grand potentiel comme aire d\u2019alimentation pour différentes espèces de poissons et de mammifères marins et comme refuge pour les populations de poissons de fond actuellement en déclin », note Pêches et Océans Canada.C\u2019est le cas du stock de morues du sud du golfe, mais aussi du loup atlantique.Protection essentielle Contacté par Le Devoir mardi, le directeur général de la Société pour la nature et les parcs du Canada, section Québec (SNAP Québec), Alain Bran- chaud, a salué la mise en place de la ZPM du Banc-des-Américains.« Il est essentiel de protéger les écosystèmes pour protéger la biodiver- sité.Il faut mettre à l\u2019abri des secteurs marins, c\u2019est un concept qui est connu depuis longtemps.Si on protège ces zones, c\u2019est l\u2019ensemble de l\u2019écosystème qui en profite.Le cas du Banc-des-Américains est un bon exemple, puisqu\u2019on y retrouve plusieurs espèces en péril, mais aussi des ressources halieutiques importantes », a-t-il souligné.Il a cependant dit vouloir attendre l\u2019annonce officielle avant de commenter la décision de Québec et d\u2019Ottawa.Même chose du côté de la Ville de Gaspé, qui est tout près de la future zone de protection marine.Dans un contexte de controverse entre les pêcheurs et le gouvernement fédéral au sujet des mesures de protection des baleines noires dans le golfe du Saint-Laurent, M.Branchaud a rappelé qu\u2019il est possible de protéger des secteurs marins tout en permettant aux collectivités côtières de maintenir des activités liées à l\u2019exploitation des ressources marines.Le biologiste Richard Sears, fondateur de la Station de recherche des îles Mingan (MICS), juge toutefois que la seule zone du Banc-des-Américains est nettement insuffisante pour assurer la protection des cétacés.« Les baleines transitent dans ce secteur.Même chose pour plusieurs espèces de poissons, les oiseaux marins, les phoques, etc.Mais toutes ces espèces se déplacent, donc dans ce contexte, pourquoi est-ce qu\u2019on ne prend pas tout un écosystème comme le Saint- Laurent ?On pourrait le protéger, tout en permettant la pêche et le transport maritime.» « C\u2019est une question de logique écologique et biologique.On ne peut pas simplement tracer une ligne sur une carte, comme on ne peut pas poser des frontières sur des portions de l\u2019habitat de ces animaux », estime celui qui étudie les grands cétacés, dont le rorqual bleu, depuis plus de quarante ans.La mise en place de la ZPM du Banc- des-Américains est certes une étape de plus dans la protection des milieux marins québécois, mais il reste beaucoup de travail à faire pour atteindre l\u2019objectif du gouvernement du Québec, soit protéger 10 % de ceux-ci d\u2019ici 2020.À l\u2019heure actuelle, le taux de protection atteint à peine 1,3 %.ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 27 JUIN 2018 Silver Star Montréal 7800 Décarie, Montréal, 514 735-3555, mercedes-benz-silverstar.ca Démo GLC 300 4MATIC VUS 2018 à partir de 499 $ / mois.Prix de vente d\u2019un démo GLC 300 4MATIC VUS 2018 de 42 760 $.Le prix total comprend les frais de transport et de préparation pouvant atteindre 2 795 $, la taxe sur le climatiseur de 150 $ et la taxe sur les pneus neufs de 15 $.Taxes en vigueur exigées à la signature.* Offre de location d\u2019une durée limitée disponible uniquement par l\u2019intermédiaire de Services ?nanciers Mercedes-Benz, sur approbation du crédit et pour un temps limité.Offre de location représentative basée sur un démo GLC 300 4MATIC VUS 2018 : taux de location 2,9 % pendant 45 mois.Paiement mensuel de 499 $ avec versement initial ou échange équivalent de 999 $ (comprend crédit de 6 000 $).Première mensualité et frais d\u2019acquisition de démo de 395 $ en sus et exigés à l\u2019entrée en vigueur du bail.Immatriculation, assurance, permis et taxes en sus.Kilométrage limité à 18 000 km/année (0,20 $/km excédentaire).Les offres peuvent être modi?ées sans préavis.Le concessionnaire peut louer/vendre à un prix moindre.Détails chez Silver Star Montréal.Ces offres prennent ?n le 3 juillet 2018.\u2020 Quantité limitée à 2 démos GLC 300 4MATIC VUS 2018 en date du 1 juin 2018.Protéger les écosystèmes, c\u2019est protéger la biodiversité ENVIRONNEMENT SUITE DE LA PAGE A 1 marins » mis en place au cours des derniers mois par le gouvernement Trudeau, notamment dans la portion québécoise du golfe du Saint-Laurent.Ces refuges, établis pour permettre au Canada de rattraper son important retard en matière de protection des milieux marins, ne sont toutefois pas pris en compte par le Québec.Il faut dire qu\u2019ils se résument à protéger des coraux et des éponges de mer, tout en laissant la porte ouverte à la quasi-to- talité des activités humaines, dont l\u2019exploration pétrolière.En vertu de règles de protection qui seront précisées au terme d\u2019une consultation publique de 60 jours qui doit s\u2019amorcer après le 30 juin, le banc des Américains devrait plutôt s\u2019inscrire dans la volonté du gouvernement du Québec de créer un véritable « réseau d\u2019aires marines protégées ».Concrètement, le banc des Américains forme un quadrilatère de 1000 km2 situé au large de la Gaspé- sie.La limite nord se situe à la pointe du parc Forillon et la limite sud est tout juste à l\u2019est de l\u2019île Bonaventure.Selon la description qu\u2019en fait Pêches et Océans Canada, ce secteur « est caractérisé par la diversité de ses habitats, par la présence permanente ou saisonnière de nombreuses espèces à valeur commerciale et de baleines, par la présence d\u2019espèces en péril et par une grande diversité de mollusques et de crustacés ».On y observe en effet plusieurs es- Manifestations à Montréal Note Les données pour 2018 sont partielles Source Service de police de la Ville de Montréal Infographie Le Devoir JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Plusieurs articles du règlement P-6 ayant été invalidés par les tribunaux, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a cessé de l\u2019appliquer.L\u2019administration Plante envisage maintenant d\u2019abroger ce règlement qui avait été adopté dans la controverse en 2012 pour contrôler les manifestations.Devant la Commission de la sécurité publique mardi, Pascal Richard, inspecteur à la division de la planification opérationnelle au SPVM, a indiqué que depuis 2015, les policiers ne statuaient plus sur l\u2019illégalité des manifestations.« On fait l\u2019encadrement de chaque manifestation sur le territoire, mais on ne déclare plus les manifestations illégales.On met fin à une manifestation lorsqu\u2019elle se dégrade ou qu\u2019il y a débordement », a-t-il expliqué.« On a pris acte des décisions des tribunaux [sur P-6].Les tribunaux nous ont carrément dit qu\u2019on ne pouvait pas l\u2019appliquer.Peu importe qu\u2019on ait le trajet ou pas, on ne déclare pas la manifestation illégale.» De même, le SPVM ne procède plus à des arrestations de masse comme il le faisait pendant les manifestations étudiantes de 2012, a souligné Pascal Richard.« On ne peut pas dire qu\u2019on n\u2019en fera pas, mais ça va être en dernier recours.Donc, on priorise l\u2019intervention auprès de groupuscules de casseurs et on fait des arrestations ci- blées », a-t-il dit.Le SPVM a aussi mis fin, en décembre 2015, au recours à des policiers en civil pour se mêler aux manifestants, car cette pratique était source de conflits.Projet Montréal demande depuis 2013 l\u2019abrogation du controversé règlement P-6.Maintenant au pouvoir, l\u2019administration Plante pourrait concrétiser ce souhait.« Il ne reste plus grand- chose de ce règlement de sept articles qui date de 1969.On prend acte de ce qui a été dit.On va analyser la situation pour voir s\u2019il y a matière à le conserver », a commenté la responsable de la sécurité publique au comité exécutif, Nathalie Goulet.« C\u2019est devenu un règlement à forte valeur symbolique.Il faut dépasser ça pour qu\u2019on retrouve le Le règlement P-6 est devenu inutile L\u2019administration Plante envisage de l\u2019abroger Le règlement P-6 a été adopté en 2012.JACQUES NADEAU LE DEVOIR plein droit de manifester en toute sécurité dans les rues de Montréal.» Rappelons que le règlement P-6 avait été adopté en 2012 sous l\u2019administration de Gérald Tremblay en plein printemps étudiant.Il obligeait les manifestants à fournir leur itinéraire et interdisait le port d\u2019un masque lors des rassemblements.Ces mesures avaient été vivement décriées.En février 2015, le juge Randall Richmond, de la Cour municipale, avait acquitté trois participants à une manifestation déclarée illégale.En juin 2016, à la suite d\u2019un recours entrepris par Julien Villeneuve, alias « Anarchopanda », la Cour supérieure avait invalidé l\u2019article 3.2 sur le port du masque.Le tribunal a aussi estimé que l\u2019article 2.1 sur l\u2019itinéraire ne pouvait s\u2019appliquer lors de rassemblements spontanés.Puis, en mars 2018, la Cour d\u2019appel avait invalidé l\u2019article sur les itinéraires.En 2012, Montréal avait été le théâtre de 828 manifestations.Leur nombre a chuté au cours des années suivantes.En 2017, le SPVM en a dénombré 319.Estuaire du Saint-Laurent Le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral auraient convenu d\u2019entamer une consultation en vue de la mise en place d\u2019une aire de protection marine dans l\u2019estuaire du Saint-Lau- rent.Celle-ci doit être annoncée cette semaine, a appris Le Devoir.Un projet existe déjà depuis 1998 sous la forme d\u2019un «site d\u2019intérêt» de 6000km2, dans le but de bonifier la protection de l\u2019habitat essentiel du béluga.Îles de la Madeleine Il s\u2019agit du projet le plus important dans les eaux québécoises, avec une aire d\u2019étude de 17 000km2 englobant tout l\u2019archipel.À lui seul, ce projet pourrait permettre au Québec d\u2019atteindre son objectif de 10% de protection des milieux marins.Présenté pour la première fois en 2004, il ne sera vraisemblablement pas achevé avant 2020.Projets de protection au Québec 10 pour cent C\u2019est le pourcentage des milieux marins que le Québec doit protéger d\u2019ici 2020.Mais pour l\u2019instant, il en protège seulement 1,3 pour cent. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 27 JUIN 2018 AMÉLIE DAOUST-BOISVERT LE DEVOIR Les médecins spécialistes aimeraient récupérer les postes de résidence qui ont été laissés vacants en médecine familiale.Insatisfaite que des finissants en médecine échouent dans l\u2019obtention d\u2019un poste en spécialité alors que 65 postes de résidence en médecine familiale n\u2019ont pas été pourvus, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) en a fait la demande au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS).La FMSQ souhaite que le ratio de postes en spécialité soit rehaussé pour 2019.Ce dernier, pour 2018, était de 54,3 % pour la médecine familiale, soit 498 postes offerts sur un total de 917.Avec les postes restés vacants, dans les faits, 51 % des postes de résidents ont été octroyés en médecine familiale.Le MSSS affiche une volonté que le ratio atteigne 55 %.« Il reste des postes : je les veux », a résumé la présidente de la FMSQ, la Dre Diane Francœur.Elle aimerait récupérer 20 postes de plus en spécialité.Le MSSS a signifié par courriel que ce n\u2019était pas dans son intention d\u2019accéder à cette demande.« Dans les faits, et même si tous les postes offerts en résidence ne sont pas pourvus, le Québec n\u2019a jamais attiré autant de candidats en médecine de famille», a indiqué la responsable des communications Marie- Claude Lacasse.Cela « reflète » la volonté de Québec « d\u2019inverser la tendance» en formant plus de médecins de famille que de spécialistes, ajoute-t-elle.La Fédération médicale étudiante du Québec (FMEQ) appuie la création de davantage de postes en spécialité.«Une mutation prudente de postes en médecine de famille vers des postes en spécialité serait à mettre en priorité », a indiqué son vice-président, Mathieu Groulx, par courriel.« Ce n\u2019est certainement pas une solution », s\u2019indigne le président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ), le Dr Louis Godin.Pour lui, Québec « minimise » la problématique de la désaffection envers la médecine de famille.« La pénurie de médecins de famille est là et risque de s\u2019accentuer », déplore-t-il.Exode possible évoqué Douze futurs médecins n\u2019ont pas été jumelés à un poste de résidence au terme du deuxième tour du jumelage en résidence, ce printemps.La Dre Francœur craint que plusieurs quittent le Québec.Selon elle, les principes de donner la priorité à la médecine familiale sont « bons au départ », mais pas au point de « laisser des postes sur la table quand on pourrait facilement prendre et former ces jeunes-là pour les garder ici ! » Elle ne blâme pas les jeunes de poursuivre leur carrière à l\u2019extérieur du Québec: elle les y encourage même.«J\u2019ai des jeunes qui pleurent leur vie parce qu\u2019ils voudraient aller en spécialité.Je leur dis: \u201cVa en Ontario, au Manitoba, parce que c\u2019est ton rêve\u201d», a-t-elle confié.Le vice-président de la FMEQ, Mathieu Groulx, constate une augmentation des finissants en médecine «qui ne postulent pas en médecine de famille au profit des autres spécialités, quitte à poursuivre leur formation ailleurs au Canada ou à prendre une année sabbatique».Il déplore cette «perte importante d\u2019expertise».Selon la Dre Francœur, il y a des besoins pour former davantage de médecins dans plusieurs spécialités.«Dans notre entente, nous nous sommes engagés» à couvrir les besoins des régions, notamment en anesthésiologie et en chirurgie.SANTÉ Les médecins spécialistes réclament plus de postes Pourquoi laisser les jeunes quitter le Québec alors que 65 postes en résidence en médecine de famille sont vacants ?demande la FMSQ Le ministre fédéral des Finances, Bill Morneau, entouré de ses homologues provinciaux, notamment Karen Casey, de la Nouvelle-Écosse, et Carlos Leitão, du Québec, a tenu à rassurer le monde canadien des affaires face à la montée du protectionnisme américain.PATRICK DOYLE LA PRESSE CANADIENNE HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le gouvernement fédéral prend acte de la nervosité grandissante du monde des affaires face au protectionnisme américain.Il y aura de l\u2019aide, a promis le ministre des Finances Bill Morneau au terme de sa rencontre semestrielle avec ses homologues provinciaux.Mais il faudra encore s\u2019armer d\u2019un peu de patience, car le plan de sauvetage ne sera connu que d\u2019ici « quelques jours ».« Nous soutiendrons nos entreprises canadiennes qui sont éprouvées par ces tarifs et nous soutiendrons les Canadiens œuvrant dans l\u2019industrie de l\u2019acier et les Canadiens affectés par ces tarifs, a promis M.Morneau en point de presse en fin de journée mardi.On va expliquer nos mesures dans les prochains jours.» Pourquoi faut-il encore attendre ?« Nous sommes sur le point de terminer nos délibérations », a expliqué le ministre.Les États-Unis ont imposé des tarifs sur les importations d\u2019acier (25 %) et d\u2019aluminium (10 %), tarifs dont le Canada, le Mexique et l\u2019Europe ne sont plus exemptés.Ottawa a l\u2019intention de répliquer, à compter de dimanche, par des tarifs totalisant une somme équivalant à ce que percevra Washington, soit 16,6 milliards.La liste des biens américains visés, qui a fait l\u2019objet de consultations, sera finalisée au cours des prochains jours.Selon le ministre québécois des Finances, Carlos Leitão, c\u2019est pour cette raison qu\u2019Ottawa n\u2019annonce pas immédiatement son aide.«Ils sont encore en train de finaliser cette liste.Ça va dépendre de la version finale de cette liste de produits pour que le gouvernement fédéral puisse lui aussi considérer des mesures de compensation», signale-t-il.Le ministre Morneau n\u2019a offert aucun avant-goût de l\u2019aide qu\u2019il envisage.Il n\u2019a pas écarté la possibilité d\u2019adapter le programme d\u2019assurance-emploi pour faciliter l\u2019accès aux prestations ou encore de multiplier les occasions de travail partagé.De telles mesures ont été préconisées par les leaders syndicaux qui étaient de passage, en compagnie d\u2019industriels, devant le Comité permanent du commerce international pour exposer leurs attentes envers Ottawa.Signe du sentiment d\u2019urgence, le comité siégeait de façon exceptionnelle mardi bien que les travaux parlementaires aient été suspendus pour la relâche estivale.« Nous pourrons financer ces nouveaux investissements avec les revenus générés par les contre-ta- rifs proposés », a fait valoir Jerry Dias, le président du syndicat Unifor.Mesures de Québec Québec a pour sa part déjà annoncé ses couleurs il y a deux semaines en promettant « un premier montant » de 100 millions de dollars en garanties de prêt pour les plus petits joueurs de l\u2019industrie de l\u2019acier et de l\u2019aluminium.«Ce serait bien sûr beaucoup plus efficace d\u2019avoir des programmes similaires avec le gouvernement fédéral», a reconnu M.Leitão.Il ne s\u2019offusque néan- Protectionnisme américain : patience, demande Bill Morneau MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Après les groupes religieux, c\u2019est au tour d\u2019entreprises privées de contester devant les tribunaux la décision du gouvernement Trudeau de changer les règles pour obtenir une subvention aux emplois d\u2019été.La compagnie ontarienne Sarnia Concrete Products a déposé en Cour fédérale, mardi, un avis de demande de contrôle judiciaire.L\u2019entreprise accuse le gouvernement d\u2019avoir brimé ses libertés de conscience, de croyance et d\u2019expression en tentant de l\u2019obliger à s\u2019engager à respecter le droit à l\u2019avortement.Le gouvernement a resserré les règles de son Programme d\u2019emplois d\u2019été l\u2019an dernier, afin d\u2019exiger que les demandeurs de subventions signent AVORTEMENT Emplois d\u2019été : une entreprise privée conteste la règle d\u2019Ottawa une attestation certifiant que l\u2019emploi d\u2019été et l\u2019organisme respectent les droits de la personne \u2014 y compris les droits reproductifs.« Le droit à la liberté d\u2019expression comprend le droit de ne rien dire », fait valoir l\u2019entreprise dans son avis.« De la même façon, le droit à la liberté de pensée, de croyance et d\u2019opinion comprend le droit de ne pas avoir de pensée, de croyance ou d\u2019opinion sur des enjeux moraux, éthiques et sociaux qui n\u2019ont rien à voir avec son entreprise.» Sarnia Concrete Products avait refusé de cocher la case de l\u2019attestation fédérale sur le respect de la Charte des droits et libertés.Sa demande de subvention a donc été rejetée.L\u2019entreprise demande à la Cour fédérale d\u2019invalider cette décision.D\u2019autres compagnies pourraient lui emboîter le pas au cours des prochains jours, selon son avocat Alber- tos Polizogopoulos.Quatre autres entreprises se sont réunies avec elle sous l\u2019égide d\u2019une nouvelle association, Free to do business Canada, représentée par Tamara Jansen, qui déplorait mardi que l\u2019attestation fédérale soit « injuste et inéquitable » en privant de fonds publics certaines compagnies.Me Polizogopoulos a plaidé que l\u2019association était non partisane.Mme Jansen est toutefois membre de l\u2019association de circonscription du député conservateur Mark Warawa et elle a pris part à des rassemblements pro-vie contre l\u2019aide médicale à mourir.Cet hiver, Toronto Right to Life a intenté une contestation judiciaire en vertu de la Charte.Le gouvernement avait répliqué que ses priorités de financement sont simplement conformes à sa position sur les droits des femmes.Nous soutiendrons nos entreprises canadiennes qui sont éprouvées par ces tarifs et nous soutiendrons les Canadiens œuvrant dans l\u2019industrie de l\u2019acier et les Canadiens affectés par ces tarifs BILL MORNEAU » Le fédéral exige que les demandeurs de subventions signent une attestation certifiant que l\u2019emploi d\u2019été et l\u2019organisme respectent les droits de la personne moins pas que l\u2019aide fédérale n\u2019ait pas été annoncée au terme de la rencontre des ministres.« Il faut éviter aussi de se précipiter, a plaidé le ministre québécois.Annoncer un programme aujourd\u2019hui ou la semaine prochaine ou dans deux semaines, ce n\u2019est pas ça qui va mettre à terre l\u2019économie canadienne.Il faut qu\u2019on soit conscient que oui, les enjeux sont très sérieux et importants [\u2026] mais qu\u2019on n\u2019est pas dans une situation où il faut absolument aujourd\u2019hui, maintenant, tout de suite annoncer de très grands programmes.Il faut prendre le temps de bien structurer notre intervention.» Les tarifs sont des taxes imposées à l\u2019entrée d\u2019un bien à la frontière.Les recettes sont empochées par l\u2019État qui les impose.Il a pour but de faire augmenter le prix du bien importé et d\u2019ainsi pousser l\u2019acheteur à lui préférer une version locale.Mais les acheteurs américains peuvent utiliser leur rapport de force pour exiger des vendeurs canadiens d\u2019acier et d\u2019aluminium qu\u2019ils ajustent leurs prix à la baisse pour compenser.Les vendeurs canadiens peuvent choisir de vendre leurs produits ailleurs dans le monde, d\u2019encaisser la baisse de prix ou encore de réclamer de l\u2019aide du gouvernement pour absorber la perte de revenus.Les ministres des Finances se sont entendus sur la nécessité d\u2019aider les entreprises canadiennes à trouver de nouveaux débouchés pour leurs produits.Avec Éric Desrosiers Avec La Presse canadienne Enfin, en mathématiques, à peine 64 % des jeunes ont réussi l\u2019examen, pour une moyenne générale de 64 %.« Honnêtement, je suis très surpris que le taux de réussite en français soit meilleur qu\u2019en anglais, ça démontre que les enfants sont très motivés à apprendre le français, confie Abraham Ekstein, l\u2019un des porte-parole de la communauté hassidique à Montréal.Ça augure bien pour le futur.Mais je ne dirais pas que c\u2019est mission accomplie : il y a encore beaucoup de travail à faire pour que tous les enfants réussissent.» Jacob Maman apporte une nuance, rappelant que l\u2019examen de français langue seconde est beaucoup moins exigeant que celui d\u2019anglais, qui est considéré comme la langue première, même si, pour ces enfants, il s\u2019agit plutôt d\u2019une troisième langue, après le yiddish, parlé à la maison, et l\u2019hébreu, qu\u2019ils étudient dans les textes religieux.À la Commission scolaire English-Mon- treal, qui accompagne quelque 800 jeunes de la communauté juive faisant l\u2019école à la maison, on se dit «très satisfait» de ces premiers résultats.On était toutefois dans l\u2019impossibilité d\u2019offrir un comparatif avec les résultats des autres jeunes qui fréquentent l\u2019école ordinaire.« On n\u2019avait pas d\u2019attentes particulières, on voulait juste voir où les jeunes en étaient après deux ans d\u2019école à la maison, explique la présidente de la commission scolaire, Angela Mancini.On a vu dès le début que les parents sont très impliqués pour aider les jeunes et, ça, c\u2019est un gage de succès.Je ne veux pas dire qu\u2019il n\u2019y a pas de défis, mais on travaille ensemble.On commence à se connaître de mieux en mieux et donc, on va pouvoir s\u2019adapter pour travailler avec LEDEVOIR // LE MERCREDI 27 JUIN 2018 ACTUALITÉS A 4 Les dirigeants de la commission scolaire n\u2019avaient pas d\u2019attente particulière quant aux résultats des examens ; ils voulaient juste de faire le point.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Je fais ce que je veux, j\u2019ai l\u2019espace et le temps pour développer musicalement des choses qui ne sont pas forcément mainstream.CÉCILE MCLORIN SALVANT » L\u2019implication des parents est un gage de succès ÉCOLE SUITE DE LA PAGE A 1 Des chercheuses de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Montréal vont suivre les communautés hassidiques dans leur projet d\u2019éducation à la maison pendant les trois prochaines années.Christine Brabant, spécialiste de l\u2019école à la maison et de la gouvernance, et Micheline Jo- hanne Durand, spécialiste de l\u2019évaluation des apprentissages, vont observer la progression des apprentissages, les pratiques des parents qui font l\u2019école à la maison et les rapports entre la communauté et la commission scolaire et le ministère.« On va travailler dans un esprit de recherche-action, pour accompagner les groupes dans leurs évolution et leur offrir du soutien au besoin, explique Christine Brabant.Les résultats vont permettre d\u2019informer la communauté, la société et l\u2019État sur certains aspects de la réalité éducative des enfants, et de produire des connaissances qui pourraient servir à d\u2019autres groupes ou ailleurs dans le monde.» Les chercheuses ont reçu une subvention de 150 000 $ du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et travaillent en partenariat avec l\u2019Association éducative juive pour l\u2019enseignement à la maison.Étudier l\u2019école à la maison Honnêteme nt, je suis très surpris que le taux de réussite en français soit meilleur qu\u2019en anglais, ça démontre que les enfants sont très motivés à apprendre le français ABRAHAM EKSTEIN » La chercheuse Christine Brabant (à droite) en compagnie d\u2019une jeune fille qui reçoit son enseignement scolaire à la maison.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Un succès assumé sans prétention aucune CHANCE SUITE DE LA PAGE A 1 qui font que c\u2019est parfois impossible d\u2019arriver à en vivre.» Pour elle, ce fut le contraire : tout est venu relativement facilement, et tout va en crescendo.Gagnante du prestigieux concours Thelonious-Monk en 2010, immédiatement adoubée par le trompettiste Wynton Marsalis, McLo- rin Salvant cumule depuis les honneurs, les fleurs et les éloges.Encore cette semaine, les critiques internationaux de Downbeat \u2014 la référence jazz \u2014 lui ont décerné les titres de chanteuse de l\u2019année et de disque de l\u2019année (Dreams and Daggers, un album double enregistré en concert et sorti à l\u2019automne).Plusieurs raisons à cette unanimité.Sur disque, son jazz classique dans l\u2019approche révèle une formidable maîtrise de tous les registres \u2014 McLorin Salvant a été formée en chant classique \u2014, des inflexions subtiles, un grain de voix qui s\u2019imprime directement dans le cortex.Sur scène, on ajoute des qualités d\u2019interprétation rares : elle plonge dans chaque chanson pour donner vie aux textes et aux émotions sous-jacentes.Au Upstairs en 2013 ou à L\u2019Astral en 2014, ce fut chaque fois quelque chose comme une redéfinition du concept de charisme artistique.Mais on ne trouvera nulle trace de prétention chez Cécile McLorin Sal- vant.« Je crois que les choses se sont alignées d\u2019une certaine manière qui fait que ça s\u2019est passé relativement facilement pour moi », dit-elle simplement.« Ça a fait en sorte que j\u2019ai toujours pu travailler sur la musique en premier, approcher ça comme un effort artistique et non pas commercial.Je n\u2019ai pas eu à trop penser à ma carrière, et ça aussi, c\u2019est une grande chance \u2014 c\u2019est devenu rarissime de pouvoir aborder la musique comme ça aujourd\u2019hui.Je fais ce que je veux et j\u2019ai l\u2019espace et le temps pour développer musicalement des choses qui ne sont pas forcément mainstream.» Des attentes Cette liberté d\u2019action a toutefois un prix : la pression qui vient avec les attentes, tant des producteurs que du public.« Je jongle avec ça : comment sa- à ça quand on s\u2019intéresse à des choses qui mettent ces idées [sur l\u2019amour] à l\u2019envers.» Des lignes comme « dès que je l\u2019aperçois / alors je sens en moi / mon cœur qui bat », très peu pour elle.« J\u2019aime mieux me pencher sur des chansons racistes ou sexistes, qui soulèvent des questions \u2014 par exemple sur le fétichisme des femmes noires, le black- face, ou l\u2019emprise des femmes blanches et blondes [comme image de référence de la beauté].» Club ou salle ?À Montréal, elle sera accompagnée d\u2019Adam Birnbaum au piano \u2014 qui n\u2019est pas son pianiste habituel.Le répertoire « restera un mélange de standards, de pièces originales, de chansons hors du commun, d\u2019histoires de vaudeville ou de vieux blues », dit-elle.Après avoir « fait » le Upstairs (80 places) et L\u2019Astral (environ 320 places assises), McLorin Salvant se frottera cette fois aux 1450 sièges du théâtre Maisonneuve.Une ampleur de salle qui est devenue habituelle pour elle \u2014 et un peu à son désarroi, d\u2019ailleurs.« J\u2019aimerais bien amener cette ambiance de club jazz dans les salles que je fais.J\u2019aime l\u2019intimité d\u2019un club, le fait qu\u2019on peut toucher le public, on les voit, on se regarde, on est très proches physiquement.Dans une salle, il y a un effort supplémentaire à faire pour se rapprocher du public, c\u2019est parfois plus difficile.Mais je suis consciente de la chance que j\u2019ai, aussi, de faire de grandes salles, alors\u2026 » En spectacle le 28 juin à 20 h au théâtre Maisonneuve dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.tisfaire le public qui est venu entendre certaines chansons tout en testant de nouvelles choses qui me permettent de ne pas m\u2019ennuyer ?» demande celle qui a grandi aux États-Unis avec un père haïtien et une mère française.D\u2019autant, ajoute-t-elle, qu\u2019il y a un carcan associé au fait d\u2019être une « chanteuse jazz ».« Les gens ont des attentes.Plusieurs viennent en se disant que ce sera une belle soirée romantique, en amoureux.Ils attendent une certaine chose, et ce n\u2019est pas nécessairement ce qui m\u2019inspire, moi.J\u2019aime l\u2019humour noir, les choses un peu obscures.Je n\u2019ai pas envie de célébrer l\u2019amour chaque fois.Ce n\u2019est pas obligé d\u2019être mon rôle.» C\u2019est d\u2019ailleurs une de ses forces: quand elle ne chante pas ses propres compositions, McLorin Salvant choisit avec grand soin le répertoire qu\u2019elle interprète.Elle puise aux racines profondes du jazz \u2014 celles imbriquées au blues \u2014 pour dénicher des perles inconnues.« Pour chaque chanson, je peux dire exactement le moment où les paroles ont fait que j\u2019ai eu envie de la chanter.En général, ça a à voir avec des questions d\u2019identité, ou de perception.Et il y a beaucoup d\u2019humour ou d\u2019ironie, parce que j\u2019aime qu\u2019il y ait plus d\u2019un sens à une chanson.C\u2019est ce qui m\u2019intéresse et me passionne.» Elle donne elle-même le contre- exemple : La vie en rose, popularisée par Édith Piaf et que McLorin Salvant a enregistrée pour un projet.« Il n\u2019y a rien pour moi dans cette chanson, dit- elle.Je ne m\u2019accroche à rien.C\u2019est une jolie chanson, mais ce n\u2019est pas du tout ce que je cherche à chanter.C\u2019est beau, c\u2019est mignon et c\u2019est doux.Mais c\u2019est très difficile de trouver un angle les jeunes en fonction de leurs forces et de leurs faiblesses.» Nouvelle loi Tant du côté de la commission scolaire que dans la communauté hassi- dique, on espère pouvoir poursuivre cette collaboration dans les prochaines années.Or, la loi qui encadre l\u2019école à la maison, adoptée à Québec l\u2019automne dernier, entrera en vigueur dès septembre, ce qui risque de forcer les familles qui font l\u2019école à la maison à se tourner vers une commission scolaire francophone pour obtenir du soutien.«On est très content que le ministre ait mis des balises pour l\u2019éducation à la maison, mais la question est de savoir qui sera notre partenaire dans le suivi.On est arrivés à un point, après deux ans, où les parents sont très à l\u2019aise avec le personnel de la Commission scolaire En- glish-Montreal et on espère trouver une façon de continuer à travailler avec eux», plaide Jacob Maman.C\u2019est également ce que souhaite la présidente de la Commission scolaire English-Montreal, Angela Mancini.« Il faut penser à ce qui est mieux pour les enfants qui viennent de commencer dans le réseau et qui ont développé certaines habitudes avec nous.On a fait des démarches auprès du ministère pour leur dire que ça pourrait être néfaste pour ces jeunes-là [de changer de commission scolaire].On espère que le gouvernement nous a entendus, mais reste à voir ce que le ministre va faire avec ça.» IAN WEAVER, 31 ANS, A TRAVERSÉ LE SECONDAIRE LA PEAU COUVERTE DE PLAQUES.Enfant, il s\u2019était fait dire qu\u2019il était atteint d\u2019eczéma.Il a appris plus tard qu\u2019il s\u2019agissait en fait de psoriasis.Cependant, il ne s\u2019est fait offrir aucune aide pour traiter sa maladie.« J\u2019ai appris à vivre avec », se rappelle Ian.Pendant les mois qui ont suivi, il a essayé plusieurs crèmes et pommades délivrées sur ordonnance, mais personne ne lui a dit que sa maladie pouvait s\u2019étendre, ou évoluer par poussées.Résultat : une peau amincie et rouge où s\u2019accumulaient des plaques squameuses tellement épaisses qu\u2019elles se fendillaient et saignaient au moindre mouvement des bras.Ian n\u2019osait plus sortir de chez lui et portait des manches longues même l\u2019été.De son propre aveu, il se sentait « monstrueux ».Malgré l\u2019aggravation de sa maladie, Ian a entrepris une carrière de chef cuisinier, ne comptant plus les heures passées en cuisine pour obtenir le « Sceau rouge ».En 2011, alors qu\u2019il était devenu chef de cuisine, plus de 80 % de son corps avait des plaques de psoriasis.Ses petits pots de crème en traitaient à peine une partie.Un jour, on lui a interdit de manipuler des aliments.Il a dû abandonner le métier qu\u2019il aimait et la carrière qu\u2019il avait mis si longtemps à bâtir.Il a trouvé un emploi dans un centre d\u2019appels.Complètement découragé, Ian a aussi remarqué que ses articulations étaient douloureuses et gon?ées.Moins d\u2019un an plus tard, le diagnostic est tombé : arthrite psoriasique.Presque tous les aspects de sa vie en ont été perturbés.« J\u2019étais dans la vingtaine, mais je me déplaçais comme un vieillard \u2013 le trajet entre mon auto et mon bureau prenait une demi-heure.Nous avons dû louer un fauteuil roulant et acheter un VUS parce que j\u2019avais trop de dif?culté à monter dans l\u2019auto et à en redescendre », a-t-il af?rmé.« Ma femme devait m\u2019aider pour tout, pour me mettre au lit et en sortir.Je ne pouvais m\u2019empêcher de penser qu\u2019elle serait bien mieux sans moi.» L\u2019ARTHRITE PSORIASIQUE OU RHUMATISME PSORIASIQUE : DE QUOI S\u2019AGIT-IL AU JUSTE?Il s\u2019agit d\u2019une forme d\u2019arthrite chronique pouvant af?iger les personnes atteintes de psoriasis1.Les effets de cette maladie varient d\u2019une personne à l\u2019autre, mais ils se manifestent généralement par une douleur, de l\u2019en?ure et une raideur articulaires accompagnées de plaques squameuses et rouges (psoriasis) sur la peau1.Cette maladie, qui apparaît habituellement entre 20 et 50 ans touche autant les hommes que les femmes et peut nuire à leur carrière et à leurs relations interpersonnelles1.Ian n\u2019est pas seul dans cette situation.Selon les estimations, un million de Canadiens seraient atteints de psoriasis, cette maladie étant associée à une arthrite chez 30 % d\u2019entre eux1,2.Le traitement de l\u2019arthrite psoria- sique s\u2019est amélioré au ?l des ans grâce à l\u2019arrivée des antirhumatismaux de fond et des agents biologiques, mais pour beaucoup de patients, trouver celui qui leur convient et leur permet d\u2019atteindre leurs objectifs relève du parcours du combattant.De plus en plus dépressif, Ian a en?n été dirigé vers un rhumatologue qui lui a prescrit un nouveau type de médicament : un agent biologique.Il était temps.« J\u2019ai dû en essayer plusieurs avant d\u2019en trouver un qui fonctionnait.Certains agissaient pendant un bout de temps, mais leur effet ?nissait par s\u2019estomper; d\u2019autres ne marchaient pas du tout », se rappelle Ian.« J\u2019ai appris qu\u2019un médicament ef?- cace chez une personne ne l\u2019est pas forcément chez une autre.Entretemps, la recherche progressait, et de plus en plus de produits devenaient disponibles.» L\u2019ÉQUIPE DE SOINS DE L\u2019ARTHRITE PSORIASIQUE « Il ne faut pas minimiser les conséquences potentielles du psoriasis, a déclaré le Dr Louis Bessette, rhumatologue au CHU de Québec.Cette maladie peut devenir plus sérieuse, l\u2019arthrite psoriasique en est un bon exemple.» Il a ajouté : « Un diagnostic précoce de l\u2019arthrite psoriasique augmente les chances du patient de mieux répondre au traitement.Également, depuis plusieurs années, nous savons que certaines maladies sérieuses peuvent y être associées, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et la dépression.De là toute l\u2019importance pour les médecins de considérer l\u2019arthrite psoriasique avec sérieux.» Le Dr Yves Poulin, chercheur de pointe et dermatologue à Québec, a af?rmé : « Les patients atteints d\u2019arthrite psoriasique que je vois dans mon bureau souffrent énormément, autant physiquement que psychologiquement.Ils sont encore trop nombreux à faire l\u2019objet de discriminations au quotidien, que ce soit dans leur vie professionnelle ou dans leurs relations personnelles.» Certaines personnes dont la maladie n\u2019est pas bien maîtrisée ou qui sont incommodées par leurs symptômes physiques préfèrent se tenir à l\u2019écart des situations sociales.« Mon rôle est de soigner la maladie, mais également d\u2019être à l\u2019affût de ce que les patients ressentent à l\u2019égard de la maladie.Il n\u2019est pas rare de constater une détresse, de l\u2019anxiété et même des pensées suicidaires chez les patients qui sont limités dans leurs accomplissements du quotidien », a renchéri le Dr Yves Poulin.L\u2019arthrite psoriasique étant une maladie hétérogène, il est primordial que les patients collaborent étroitement avec leur rhumatologue et leur dermatologue pour trouver un traitement ef?- cace leur permettant d\u2019atteindre leurs objectifs thérapeutiques.L\u2019ARTHRITE PSORIASIQUE : D\u2019HIER À AUJOURD\u2019HUI Le diagnostic et le traitement de l\u2019arthrite psoriasique ont considérablement changé au ?l des ans.Les médecins avaient beaucoup plus de mal à maîtriser l\u2019évolution de la maladie avant l\u2019arrivée des agents biologiques ciblés au début des années 20003.Aujourd\u2019hui, les gens peuvent reconnaître leurs propres symptômes grâce aux nombreuses ressources auxquelles ils ont accès en ligne.Également, nous comprenons mieux la maladie.D\u2019abord considérée comme une maladie rare et à évolution lente, l\u2019arthrite psoriasique est maintenant vue comme une maladie hétérogène et évolutive, dont l\u2019issue est parfois sombre4.Maintenant qu\u2019ils disposent d\u2019options de traitement ciblé, la plupart des patients sont mieux outillés pour maîtriser leur maladie et améliorer leur qualité de vie.Malgré ces avancées, il reste encore beaucoup à faire.Selon une étude récente, plus de 35 % des patients atteints de cette maladie ne sont pas aussi productifs au travail qu\u2019ils le pourraient5.Il faut absolument diagnostiquer la maladie tôt et suivre les patients de près a?n de prévenir ses effets nocifs comme les déformations articulaires, qui peuvent miner leur qualité de vie6.N\u2019oublions pas non plus la stigmatisation qui continue d\u2019entourer cette affection.DES MEILLEURS RÉSULTATS PORTEURS D\u2019ESPOIR Ian voit maintenant un rhumatologue et un dermatologue qui travaillent en concertation au sein de son équipe de soins.Il illustre parfaitement le retentissement que peut avoir un bon traitement.Il peut désormais s\u2019adonner à la photographie, suivre des cours d\u2019aquaforme deux fois par semaine avec sa femme et laisser libre cours à sa passion pour l\u2019art culinaire en cuisinant pour sa famille et ses amis.« Je suggère fortement à ceux qui sont dans la même situation que moi d\u2019être proactifs \u2013 faites vos devoirs, trouvez une équipe de soins qui prendra acte de vos besoins et persévérez jusqu\u2019à ce que vous trouviez quelque chose qui fonctionne », a conseillé Ian.L\u2019ENGAGEMENT DE LILLY ENVERS LA RECHERCHE SUR LES MALADIES AUTO-IMMUNES Eli Lilly Canada est ?ère de s\u2019investir dans le traitement des maladies auto- immunes, dont l\u2019arthrite psoriasique.Lilly s\u2019emploie depuis plus de 140 ans à offrir de nouveaux médicaments aux personnes malades pour leur permettre de reprendre possession de leur vie.« Les patients canadiens ont subi de grandes lacunes en matière de traitement et de soins.C\u2019est pourquoi nous sommes ?ers de l\u2019occasion qui nous est donnée d\u2019apporter une contribution majeure en immunologie », a déclaré Boris Janos, scienti?que principal de la recherche clinique chez Lilly Canada.« Lilly s\u2019est engagée à créer des médicaments immunologiques innovateurs, capables d\u2019atténuer les symptômes et d\u2019améliorer la qualité de vie des patients », a-t-il ajouté.RÉFÉRENCES 1 Arthritis Society.What is psoriatic arthritis?Accessible à l\u2019adresse : https://www.arthritis.ca/about-arthritis/arthritis-types-(a-z)/types/ psoriatic-arthritis.Consulté le 18 avril 2018.2 Papp K, Valenzuela F, Poulin Y, Bernstein G et Wasel N.Epidemiology of moderate-to- severe plaque psoriasis in a Canadian surveyed population.J Cutan Med Surg.2010;14(4): 167-74.3 Mease P.A short history of biological therapy for psoriatic arthritis.Clin Exp Rheumatol.2015;33(5 Suppl.93):S104-8.4 Decision Resource Group.Highlights of Psoriatic Arthritis Studies at the 2016 American College of Rheumatology Annual Meeting.Accessible à l\u2019adresse : https:// decisionresourcesgroup.com/drg-blog/ highlights-psoriatic-arthritis-studies-2016- american-college-rheumatology-annual- meeting/.Consulté le 30 avril 2018.5 Kennedy M, Papneja A, Thavaneswaran A, Chandran V et Gladman DD.Prevalence and predictors of reduced work productivity in patients with psoriatic arthritis.Clin Exp Rheumatol.2014;32(3):342-8.6 Gladman DD et Ritchlin, C.Patient Education: Psoriatic arthritis (Beyond the Basics).UpToDate website.Accessible à l\u2019adresse : https://www.uptodate.com/contents/psoriatic- arthritis-beyond-the-basics.Consulté le 7 mai 2018.7 Gladman DD.Clinical Features and Diagnostic Considerations in Psoriatic Arthritis.Rheum Dis Clin North Am.2015;41(4):569-79.8 Eder L, Law T, Chandran V, et al.Association between environmental factors and onset of psoriatic arthritis in patients with psoriasis.Arthritis Care Res (Hoboken).2011;63(8): 1091-7.CONTENU COMMANDITÉ PRÉSENTÉ PAR LILLY CANADA LE DOUBLE CONTRECOUP DE L\u2019ARTHRITE PSORIASIQUE « Ma femme devait m\u2019aider pour tout, pour me mettre au lit et en sortir.Je ne pouvais m\u2019empêcher de penser qu\u2019elle serait bien mieux sans moi.Ian Weaver « Je suggère fortement à ceux qui sont dans la même situation que moi d\u2019être proactifs \u2013 faites vos devoirs, trouvez une équipe de soins qui prendra acte de vos besoins et persévérez jusqu\u2019à ce que vous trouviez quelque chose qui fonctionne.Ian Weaver « Un diagnostic précoce de l\u2019arthrite psoriasique augmente les chances du patient de mieux répondre au traitement.Également, depuis plusieurs années, nous savons que certaines maladies sérieuses peuvent y être associées, notamment les maladies cardiovasculaires, le diabète et la dépression.De là toute l\u2019importance pour les médecins de considérer l\u2019arthrite psoriasique avec sérieux.Dr Louis Bessette « Les patients atteints d\u2019arthrite psoriasique que je vois dans mon bureau souffrent énormément, autant physiquement que psychologiquement.Ils sont encore trop nombreux à faire l\u2019objet de discriminations au quotidien, que ce soit dans leur vie professionnelle ou dans leurs relations personnelles.» Dr Yves Poulin À PROPOS DE L\u2019ARTHRITE PSORIASIQUE \u2022 L\u2019arthrite psoriasique est une forme d\u2019arthrite chronique caractérisée par une douleur, de l\u2019en?ure et une raideur articulaires1.Si cette maladie n\u2019est pas traitée, elle peut détériorer les articulations et les tissus de façon permanente, d\u2019où une perte de capacité physique fonctionnelle et une altération de la qualité de vie6.\u2022 Comme son nom l\u2019indique, l\u2019arthrite psoriasique s\u2019accompagne de psoriasis, une maladie de la peau qui se manifeste par d\u2019épaisses plaques rouges où des cellules cutanées mortes s\u2019accumulent au point de former un dépôt d\u2019un blanc argenté.Ces plaques sont souvent douloureuses ou prurigineuses1.\u2022 La plupart des patients atteints de l\u2019arthrite psoriasique constatent aussi des changements au niveau des ongles.D\u2019ordinaire, ils prennent l\u2019aspect d\u2019un dé à coudre ou se détachent du lit unguéal7.\u2022 La cause de l\u2019arthrite psoria- sique reste à con?rmer.Néanmoins, des facteurs génétiques et environnementaux (tels qu\u2019une exposition à certaines infections ou des blessures physiques in?igées aux articulations), ainsi que des différences interindividuelles observées dans le système immunitaire constitueraient des facteurs de risque de cette maladie8.Où trouver des groupes de soutien aux patients et des renseignements sur l\u2019arthrite psoriasique : Alliance canadienne des arthritiques (www.arthritispatient.ca) Arthritis Consumer Experts (www.jointhealth.org/index.cfm?locale=fr-CA) Association canadienne de spon- dylarthrite (www.spondylitis.ca/ fr/homepage-fr/) Association canadienne des patients atteints de psoriasis (www.canadianpsoriasis.ca/index.php/fr/) Société de l\u2019arthrite (www.arthrite.ca) Réseau canadien du psoriasis (www.canadianpsoriasisnetwork.com/fr/) Présenté par Canada LEDEVOIR // LE MERCREDI 27 JUIN 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin es deux décisions rendues mardi par la Cour suprême étalent l\u2019efficacité avec laquelle Donald Trump est en train d\u2019armer les tribunaux à des fins ultraconserva- trices.La première a validé le très controversé décret présidentiel anti-immigration, mettant fin à une bataille épique dans l\u2019opinion publique et devant la justice autour de l\u2019ordre donné par M.Trump dans les tout premiers jours de son entrée en fonction de fermer les frontières américaines aux citoyens de plusieurs pays musulmans au nom d\u2019impératifs de sécurité nationale.« Un observateur raisonnable conclurait que le décret était motivé par un préjugé antimusulman », a écrit non sans dérision la juge Sonia Sotomayer dans son opinion minoritaire.En effet.Avec sa promesse de construire un « mur » sur la frontière mexicaine pour bloquer la route aux clandestins, M.Trump avait fait de l\u2019interdiction de l\u2019accès des musulmans au territoire américain un engagement central de sa campagne électorale.Il était même allé jusqu\u2019à relayer sur Twitter les vidéos islamophobes d\u2019une dirigeante d\u2019une organisation néofasciste de Grande-Bretagne.Pour autant, l\u2019évidence que l\u2019homme défend des positions fondamentalement xénophobes aura échappé à la majorité des juges de la Cour suprême.Le président n\u2019a fait qu\u2019«user de façon légitime de ses prérogatives» et l\u2019État « a mis en avant une justification suffisante en matière de sécurité nationale », a conclu la haute cour dans son arrêt rédigé par le juge en chef John Roberts.Avec le résultat que le décret, qui aura fait l\u2019objet de trois moutures et de multiples contestations devant les tribunaux de plusieurs États, a été approuvé par une majorité de cinq contre quatre grâce à l\u2019appui du juge Neil Gorsuch, nommé l\u2019année dernière par M.Trump.La deuxième décision touche aux droits reproductifs des femmes.Par la même petite majorité, la Cour suprême a jugé inconstitutionnelle une loi ca- lifornienne qui exigeait des centaines de centres anti-IVG ayant pignon sur rue dans cet État qu\u2019ils informent les femmes enceintes qui se présentaient chez eux de leur droit de se faire avorter si elles le souhaitent.Autant de «centres de crise de la grossesse » gérés par des organisations de la droite chrétienne dont les autorités californiennes considéraient à juste titre qu\u2019il s\u2019agissait moins de cliniques \u2014 car tel était la façade derrière laquelle ils se présentaient \u2014 que tous simplement de lieux de missionnariat antiavortement.En fait, ces deux décisions ne constituent que les illustrations les plus médiatisées du travail de sape auquel se livre ce président contre l\u2019État de droit en général et en matière de justice en particulier.Arrivé au po uvoir depuis un peu plus d\u2019un an, Donald Trump a déjà nommé 21 des 167 juges qui président les cours d\u2019appel fédérales (ce qu\u2019on appelle aux États-Unis les « circuits courts ») et compte pourvoir au moins 20 postes additionnels d\u2019ici la fin de l\u2019année, selon un bilan effectué par le quotidien The Guardian.La tendance est la même dans les tribunaux inférieurs que sont les cours de district.En promoteur de valeurs autrement plus progressistes, Barack Obama est loin d\u2019avoir pu, sous sa présidence, exercer pareille influence sur les tribunaux, vu la résistance que lui opposait le Congrès à majorité républicaine.Dominé par des hommes blancs, dont plusieurs ont moins de cinquante ans, l\u2019arrivage de nouveaux magistrats présente une pensée particulièrement étroite et peu diversifiée.Selon l\u2019organisation progressiste Lambda Legal, un bon tiers des candidats défendent des positions anti-LGBT.M.Trump serait ainsi en voie de devenir le premier président républicain en près de 90 ans à nommer moins de femmes et de membres des minorités à des postes de juge que son prédécesseur.Il ne s\u2019en repent point.Car ces nominations réactionnaires lui garantissent l\u2019appui, essentiel, de la droite américaine pure et dure, comme les tribunaux sont le nerf de la guerre pour les évangéliques et les ultraconserva- teurs \u2014 un électorat très mobilisé \u2014 dans leur guerre contre tout ce qui ressemble de près ou de loin à une position de gauche.Pour M.Trump, homme sans foi ni loi, le calcul est simple et le profit est instantané.JOHANNE VILLENEUVE PROFESSEURE EN ÉTUDES LITTÉRAIRES À L\u2019UQAM Défendant sa politique migratoire, Donald Trump a récemment eu l\u2019odieux de séparer les enfants de leurs parents à la frontière avec le Mexique.Depuis lors, les médias et les réseaux sociaux se sont emballés, non sans raison.La diffusion d\u2019images montrant des enfants en cage, de très jeunes enfants, paniqués, qui appellent leur mère en pleurant, une procession marchant sous l\u2019œil de gardiens armés, tout cela est, à bien des égards, intolérable.Des images de camps et de séparations déchirantes ne manquent pas d\u2019éveiller nos sensibilités et nos consciences; elles ont vite fait d\u2019évoquer d\u2019autres images intolérables, tirées d\u2019autres événements.Mais voilà donc que certains, sur Facebook ou ailleurs, font maintenant un parallèle entre Trump et Hitler, entre les images des enfants migrants et celles des camps nazis.Voilà que circule, par exemple, la photographie aérienne du camp d\u2019Auschwitz-Birkenau en 1944, juxtaposée à celle des camps érigés pour les migrants par Donald Trump.Il en est d\u2019autres encore qui font un lien entre la «petite fille en rouge» du film Schindler\u2019s List et une petite migrante habillée de rouge (dont on apprend deux jours plus tard qu\u2019elle n\u2019a pas été séparée de sa mère).L\u2019image est forte?Le parallèle est spectaculaire?Le pathos tient donc lieu de vérité et l\u2019indignation de morale.L\u2019image semble trop forte pour qu\u2019on y renonce.Telle est la logique de cet emballement.La dernière image-choc Or, si l\u2019opposition à la politique américaine mérite d\u2019être soutenue, gar- dons-nous de confondre ce qui se passe en ce moment chez nos voisins du Sud avec ce qui est arrivé à Auschwitz sous le régime nazi.S\u2019il y a lieu de s\u2019opposer à la politique de Trump, y associer les opérations de «sélection» menées par les SS sur la rampe d\u2019Auschwitz dépasse l\u2019entendement.Est-il besoin de rappeler ce que fut Auschwitz?Si certains hommes bien portants furent séparés de leurs familles en arrivant à Auschwitz, dans la plupart des cas, on n\u2019y séparait pas l\u2019enfant juif de ses parents.En moins de vingt-quatre heures après son arrivée, l\u2019enfant avait été déshabillé, malmené, parfois battu, conduit à la chambre à gaz avec sa famille et réduit en cendres dans les fours crématoires.Dans une seule chambre à Auschwitz, en 1944, on gazait jusqu\u2019à 3000 personnes.Les enfants mouraient souvent les premiers, écrasés par la masse des adultes.Après les avoir tirés de la chambre à gaz et avant de les brûler, on prélevait la chevelure des filles pour en faire du fil industriel ou des chaussettes destinées aux équipages des sous-marins.S\u2019il y eut un «camp des familles» à Auschwitz, celui-ci fut liquidé avant la fin de la guerre.Quant aux autres enfants, dont très peu survécurent, les SS s\u2019en servaient, soit pour satisfaire leurs plaisirs, soit comme esclaves dans les usines du camp.D\u2019autres encore servirent aux expérimentations dites «scientifiques» des nazis.Les enfants tziganes y furent également liquidés.La distinction entre «camps de concentration» et «camps d\u2019extermination» mérite donc d\u2019être rappelée.Emmenés de force à Auschwitz, les enfants y étaient attendus pour être réduits en cendres le plus rapidement possible.Il n\u2019y avait pas d\u2019autre visée que celle-là.Gardons-nous de publier sur Facebook la dernière image-choc qui nous brûle les doigts.À ceux qui seraient tentés de le faire, je suggère plutôt de lire sur ce que fut réellement Auschwitz pour les enfants qui y périrent.Des historiens et des témoins en ont rappelé le sort avec précision, à commencer par les hommes des Sonderkommandos d\u2019Auschwitz-Birkenau qui les ont vus se consumer de près.Un ami du Québec reçoit le grand prix littéraire africain Essayiste et poète, éditeur et créateur de la Maison africaine de la poésie et président des Biennales de poésie de Dakar, Amadou Lamine Sall est aussi un défenseur des droits de la personne et un ami du Québec.Il recevra le 29 juin prochain le plus important prix littéraire africain.Lamine Sall a siégé au CA de l\u2019Association internationale des études québécoises, participé à plusieurs reprises au Festival international de poésie de Trois-Rivières, publié aux Éditions des Forges, coédité avec des éditeurs d\u2019ici, exposé et débattu dans nos amphithéâtres universitaires.Il a aussi reçu à Dakar de très nombreux écrivains québécois et remis, en 1998, le grand prix international de poésie de langue française Léopold-Sédar-Senghor à Paul-Marie Lapointe.Créé en 1988 par Mohamed Be- naissa, ancien ministre de la Culture du Maroc, dans le cadre du Forum de la ville d\u2019Assilah, le prix Tchicaya U Tam\u2019si porte le nom d\u2019un maître de la littérature africaine, comparable peut-être à notre Gaston Miron.Son jury est de très haut niveau.Il comptait, cette année, une collection de grands noms du Cap-Vert, du Brésil, du Sénégal, du Maroc et du Portugal.Ses lauréats, d\u2019Édouard Maunick de l\u2019île Maurice (1989) à Josué Guébo de la Côte d\u2019Ivoire (2014), constituent un palmarès prestigieux de la littérature africaine de langue française.Ce palmarès sera superbement enrichi par le lauréat 2019, le fils spirituel de Senghor, dont les œuvres sont traduites en plusieurs langues [\u2026].Amadou Lamine Sall est un fier Sénégalais et un francophone convaincu.Il est, à la fois, une autorité littéraire et une autorité morale dans son pays et sur le continent africain.Ce prix nous donne l\u2019occasion de le remercier d\u2019avoir fait le grand voyage culturel et intellectuel qui l\u2019a conduit jusqu\u2019à nous, de le remercier d\u2019avoir inclus le Québec dans son affection.Jean-Louis Roy, p.-d.g, Bibliothèque et Archives nationales du Québec Le 26 juin 2018 Les camps de Trump ne sont pas ceux d\u2019Auschwitz LIBRE OPINION LETTRES TRIBUNAUX La justice rétrograde de Donald Trump PAUL GÉRIN-LAJOIE Un legs inestimable L u\u2019on se rassure : l\u2019existence même du réseau d\u2019éducation tel qu\u2019on le connaît est un obstacle à la mémoire qui flanche.On ne pourra pas oublier Paul Gérin-Lajoie tant l\u2019école du Québec porte partout sa griffe.Murs des « polyvalentes », structures des commissions scolaires, principe de gratuité, tout cela signé à l\u2019encre indélébile par le premier ministre de l\u2019Éducation.Mais ne nous rappelons pas que les structures, car la pierre témoigne très mal de la passion d\u2019un homme.Jusque dans ses dernières apparitions publiques \u2014 toujours sollicité qu\u2019il était pour la finesse de son esprit et la verve de ses discours \u2014, il ne fit jamais l\u2019économie d\u2019un plaidoyer vibrant pour l\u2019importance d\u2019un apprentissage dès le plus jeune âge.« Ma passion pour assurer à tous le droit d\u2019apprendre ne s\u2019essouffle pas », disait-il en 2015 devant un parterre venu l\u2019entendre causer de coopération internationale, un autre de ses combats engagés.On a souligné depuis lundi l\u2019héritage grandiose laissé par cet authentique serviteur de l\u2019État, père de la première réforme de l\u2019éducation.M.Gérin-Lajoie a inscrit dans la loi le principe d\u2019éducation accessible à tous, partout et en tout temps.«Ce n\u2019est pas tout de dire que l\u2019école n\u2019impose pas de droits de scolarité, encore faut-il qu\u2019il y ait une école!» disait-il en 1963 à Droit de cité.Ce fut le dénominateur commun de son action à l\u2019Agence canadienne de développement international (ACDI), puis le moteur de création de la Fondation P.G.L., qui promeut toujours l\u2019alphabétisation et la formation professionnelle et technique des jeunes dans les pays en voie de développement.Dans tout son cheminement, PGL fut un enthousiaste, un « colérique du cœur», comme il le disait parlant de lui.Il fallait certes de la fougue, un corollaire de la passion, pour mettre au monde un réseau d\u2019éducation sous le règne de Jean Lesage.Le journal des débats de l\u2019Assemblée nationale du début des années 1960 a conservé trace d\u2019une certaine capacité d\u2019indignation sous son nom, ce dont il fallait être bien doté pour faire face alors à un clergé courroucé.PGL a été catalyseur de réformes, doctrines et autres structures pérennes.Ceux qui ont côtoyé ce spécialiste des longs discours enflammés savent qu\u2019il fut, de tout temps, le plus ardent des défenseurs de l\u2019école publique, pour laquelle il n\u2019a jamais baissé les bras.Voilà non seulement un legs inestimable, mais un enseignement qui devrait faire école.Q ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Vice-président des ventes publicitaires Mark Drouin Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Mon pays, ce n\u2019est pas un pays.Point.Depuis 1995, au lendemain de la fête dite «nationale», je précise, celle du 24 juin, je suis déprimée.Et pour cause, car mon sentiment d\u2019appartenir à un pays a disparu.Je me sens apatride.Le 1er juillet prochain, dans ce pays confédéré du Canada qui m\u2019a volé mon hymne national et l\u2019a traduit en anglais, à l\u2019ouest et à l\u2019est de ma «province», on va fêter la «fête du Canada».Ici, ce jour-là, on va déménager.Vigneault, je n\u2019y crois plus.Vi- gneault, il me reste deux pays à oublier.Mais j\u2019aimerais tout de même demander aux Québécois de s\u2019assumer et de rebaptiser cet événement du 24 juin, en lui donnant le nom de «fête provinciale».Cessez d\u2019être assis entre deux chaises.Geneviève Chartrand Montréal, le 25 juin 2018 A 7 LEDEVOIR // LE MERCREDI 27 JUIN 2018 IDÉES Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Les étranges L \u2019immigration est un sujet vieux comme le monde.Depuis la nuit des temps, le flot humain en quête d\u2019une vie meilleure bat la mesure de l\u2019évolution de l\u2019espèce.Et pourtant, des deux côtés de l\u2019Atlantique, l\u2019immigration est de plus en plus perçue comme une menace.En 2016, Donald Trump s\u2019est fait élire en promettant de bâtir un mur entre le Mexique et les États-Unis.Aujourd\u2019hui, il titille son électorat en vue des élections de mi-mandat en mettant de nouveaux immigrants, et jusqu\u2019aux enfants, derrière les barreaux.En Europe, l\u2019animosité grandissante vis- à-vis de l\u2019immigration a nourri la flamme du Brexit en Angleterre, en plus de donner des munitions aux partis de droite en Hongrie, en Autriche et en Italie.Ici, au Québec, un dernier sondage révèle que près de la moitié de la population voit l\u2019immigration comme un «grand» ou un «très grand risque», sans parler des mouvements de tendance d\u2019extrême droite, comme la Fédération québécoise de souche, Atalante et La Meute qui en font un cheval de bataille.Le doigt au vent, la Coalition avenir Québec promet, elle, de réduire l\u2019immigration, en plus de soumettre les nouveaux arrivants à un «test de valeurs québécoises».Pourtant, malgré les histoires tragiques relayées par les médias et les discours enflammés de politiciens cherchant à se faire élire, rien n\u2019indique une véritable crise migratoire.Selon un dirigeant de l\u2019Organisation internationale pour les migrants, William Lacy Swing, «la très grande majorité de l\u2019immigration se déroule de façon normale, sécuritaire et ordonnée».Oui, au moment d'écrire ces lignes, un autre navire rempli de migrants erre toujours en Méditerranée après avoir été refoulé par l\u2019Italie.Et, oui, des migrants d\u2019Amérique centrale détenus au Texas sont toujours sans nouvelles de leurs enfants.Ces histoires crève-cœur, comme celle des réfugiés reconduits sans eau ni nourriture dans le désert par les autorités algériennes, indiquent bien davantage une «crise politique», précise M.Lacy Swing, qu\u2019un problème migratoire hors norme.En fait, un rapport de l\u2019OCDE publié la semaine dernière démontre un flux migratoire en baisse.Aux États-Unis, le nombre n\u2019est plus que le tiers de ce qu\u2019il était sous Ronald Reagan, Bill Clinton ou George W.Bush.En Europe, le nombre de migrants, qui atteignait 100 000 ou plus par mois en 2015, se chiffre aujourd\u2019hui entre 4000 et 10 000 par mois, soit sensiblement le même taux qu\u2019il y a dix ans.« Une situation toujours potentiellement mortelle, écrit Doug Saunders du Globe and Mail, mais qui met en cause bien davantage les politiques européennes qu\u2019une crise comme telle.» Il y a donc la réalité migratoire, d\u2019une part, et la perception presque toujours tordue de cette réalité, de l\u2019autre.Partout, d\u2019abord, on surestime la présence des immigrants, allant souvent jusqu\u2019à les considérer comme deux fois plus nombreux qu\u2019ils le sont vraiment.À l\u2019instar de Donald Trump, qui aime dépeindre les nouveaux arrivants comme des violeurs et des trafiquants de drogue, beaucoup redoutent aussi une hausse de la criminalité associée à l\u2019immigration.Pourtant, c\u2019est précisément le contraire.Aux États-Unis, les immigrants, y compris illégaux, ont un taux d\u2019incarcération trois fois moins élevé que les citoyens de souche.En Allemagne, malgré l\u2019arrivée d\u2019un million de migrants depuis 2015, la criminalité est à son plus bas depuis les années 1980.Au Québec, qui partage avec le Canada une vision généralement plus positive de l\u2019immigration, c\u2019est moins le vol à l\u2019étalage que le vol de la langue qui est redouté.On a surtout peur du désintérêt des immigrants vis-à-vis de la culture québécoise.Pourtant, ici aussi, les faits contredisent souvent la perception qu\u2019on en a.S\u2019il est vrai que 20% des nouveaux arrivants parlent peu ou pas français, la très grande majorité d\u2019entre eux sont hautement «francisables» puisqu\u2019il s\u2019agit de ressortissants dont la langue maternelle (espagnol, arabe, italien, créole\u2026) converge facilement avec le français.Comme pour les réfugiés en mer ou à la frontière du Texas, le problème ici est plus politique.L\u2019abandon des centres d\u2019orientation et de formation des immigrants par le gouvernement Bouchard en 2000, déficit zéro oblige, et l\u2019administration parfaitement chaotique, selon la vérificatrice générale, de l\u2019actuel programme de francisation sont responsables d\u2019une bonne partie des ratés.Il faut revoir la façon de faire au plus vite, mais sans oublier que les immigrants donnent «plus en impôts et en cotisations sociales qu\u2019ils ne reçoivent en prestations».Sans oublier, en d\u2019autres mots, la richesse démographique, économique et culturelle que représentent ceux qu\u2019on a trop longtemps appelés « les étranges ».FRANCINE PELLETIER JOSÉE BOUCHARD PRÉSIDENTE DU CONSEIL DE L\u2019ORDRE DE L\u2019EXCELLENCE EN ÉDUCATION ET EX-PRÉSIDENTE DE LA FÉDÉRATION DES COMMISSIONS SCOLAIRES DU QUÉBEC Comme des centaines de milliers d\u2019élèves qui ont commencé l\u2019école en 1964, sous la gouverne d\u2019un tout nouveau ministère de l\u2019Instruction publique et d\u2019un ministre visionnaire et courageux, je suis une enfant de Paul Gérin- Lajoie.Du haut de mes 6 ans, j\u2019ignorais la chance que j\u2019avais d\u2019entrer dans une ère nouvelle, celle de la démocratisation de l\u2019éducation au Québec.Avoir accès à l\u2019instruction partout en province, garçons et filles, pauvres et riches constituait, désormais, l\u2019espace dans lequel les futures générations s\u2019épanouiraient et créeraient le Québec moderne.Je fais partie de ces acteurs et témoins privilégiés qui ne pourront jamais être assez reconnaissants envers l\u2019homme, tant son œuvre eut de l\u2019impact dans nos vies.Dans la mienne, il a permis à mes parents comme à bien d\u2019autres, par sa réforme, de s\u2019impliquer à l\u2019école.Une ouverture inconcevable auparavant.Fille issue d\u2019une famille de la classe moyenne, son œuvre m\u2019a permis, comme à des milliers d\u2019autres, de développer, sans limites, mon potentiel.Et cela n\u2019est qu\u2019une partie du sens qu\u2019il a voulu donner à la démocratisation de l\u2019éducation.En effet, à titre de présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, de 2009 à 2017, nous avons tissé, ensemble, un lien exceptionnel et nos discussions ont beaucoup porté sur cet enjeu auquel il avait tellement réfléchi.Pour lui, il était fondamental que la gouvernance de l\u2019éducation publique, sous l\u2019égide du ministère, soit administrée par les communautés locales afin d\u2019assurer, en toute imputabilité, des choix qui reflètent équitablement leurs besoins et leurs réalités.C\u2019est, entre autres, pour l\u2019importance qu\u2019il accordait à cet engagement des communautés en éducation qu\u2019il a défendu à nouveau, avec conviction, cette position en commission parlementaire, en 2016, alors que le modèle de gouvernance des commissions scolaires était fortement menacé par un projet de loi.Paul Gérin-Lajoie savait observer.Tant sur la scène canadienne qu\u2019internationale, il avait compris que sans la prise en Paul Gérin-Lajoie, un démocrate jusqu\u2019à la fin charge par les communautés de l\u2019éducation, la réussite ne pouvait être garante de leur plein développement.L\u2019actualité en témoigne toujours aujourd\u2019hui.Le Conseil de l\u2019Ordre de l\u2019excellence en éducation l\u2019a décoré de la médaille de l\u2019Ordre à titre de membre émérite il y a à peine deux semaines pour son apport exceptionnel au réseau de l\u2019éducation du Québec et à son rayonnement international.Son fils François, fier compagnon de route de son père, venu recevoir la médaille, a témoigné, à nouveau, de l\u2019engagement, de la passion et de la ténacité de PGL, comme il se plaisait à l\u2019appeler.Jusqu\u2019à son dernier souffle, il aura été un combattant et, surtout, un homme qui laissera en mémoire le plein sens de ce que doit être l\u2019engagement social et politique.L\u2019ancien ministre de l\u2019Éducation Paul Gérin-Lajoie, en 2007 PEDRO RUIZ LE DEVOIR PIERRE BOUCHER EX-SOUS-MINISTRE DANS LA FONCTION PUBLIQUE DU QUÉBEC ET EX-PRÉSIDENT ET DIRECTEUR GÉNÉRAL DE LA COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE DU QUÉBEC Pour une majorité de Québécois et de Québécoises, le décès de Paul Gérin- Lajoie ne sera rien de plus qu\u2019un fait divers.Fera-t-on le lien entre le nom d\u2019écoles polyvalentes, d\u2019une dictée et d\u2019une doctrine avec celui du disparu, qu\u2019on ignorera généralement l\u2019œuvre exceptionnelle d\u2019un géant de notre histoire nationale.Ce n\u2019est pas sans raison que les médias et le monde politique rendent un hommage hors du commun à un quasi-centenaire dont la contribution exceptionnelle a orienté la marche du Québec.Je suis un rare survivant de cette période d\u2019effervescence qui a donné lieu, comme une des principales manifestations de la révolution dite tranquille, à la plus importante mobilisation collective à la faveur de l\u2019éducation (la Commission royale d\u2019enquête sur l\u2019éducation, appelée commission Parent), à la prise en charge de l\u2019éducation par l\u2019autorité politique (en relève à l\u2019Église catholique et au clergé), à la création du ministère de l\u2019Éducation (contre des résistances multiples, notamment celles des évêques habitués à la mainmise sur le système), à la démocratisation d\u2019un régime scolaire si arriéré qu\u2019il plaçait le Québec à la traîne canadienne quant au niveau de scolarisation et de diploma- tion de sa population.D\u2019autres proches collaborateurs de PGL, plus âgés que moi, pourraient apporter un éclairage assuré à la connaissance de l\u2019homme qui vient de nous quitter.Je pense aux Yves Martin, Jean Paré, Roch Bolduc qui l\u2019ont côtoyé de près dans l\u2019équipe du ministre de la Jeunesse et de l\u2019Instruction publique, puis au ministère de l\u2019Éducation.Sans compter le grand Guy Rocher, dont l\u2019influence sur Gérin-Lajoie fut aussi grande que celle qu\u2019il exerçait au sein de la commission Parent.Aux yeux du fonctionnaire de la jeune vingtaine que j\u2019étais en 1964, dans les mois qui ont suivi la création du ministère de l\u2019Éducation (mai 1964), œuvrer dans les parages de Gérin-Lajoie constituait un privilège incommensurable.Cet homme s\u2019imposait par sa stature intellectuelle, sa connaissance du système d\u2019éducation, son remarquable esprit de synthèse, ainsi que par une détermination et un pouvoir de conviction à la hauteur des valeurs qui l\u2019habitaient.J\u2019aurais voulu qu\u2019il reste ministre de l\u2019Éducation à vie afin que la réforme engagée ne soit ni ralentie ni compromise.L\u2019idée d\u2019un homme d\u2019État Il incarnait au regard des jeunes de ma génération l\u2019idée qu\u2019on se fait d\u2019un homme d\u2019État, celle d\u2019un politique qui, en raison de la transcendance de son apport, laissera sa marque parmi les siens et lui vaudra une page d\u2019histoire.Aussi, seul en sa présence, je me sentais petit et toujours étonné qu\u2019il porte intérêt à mes opinions et qu\u2019il me charge de la préparation de ses notes d\u2019allocution, alors que nous volions ou roulions vers les régions en vue de convaincre de larges publics aux vertus d\u2019une réforme dérangeante et de marteler, par souci de se bien faire comprendre, que « qui s\u2019instruit s\u2019enrichit ».Je ne l\u2019aurai fréquenté que pendant deux trop brèves années, mais ce fut assez long pour que l\u2019homme me marque à jamais.Après quarante années de carrière dans la fonction publique du Québec, je n\u2019ai jamais cessé de penser qu\u2019il fut le plus inspirant et le plus déterminant parmi la trentaine de ministres que j\u2019ai côtoyés.Seul Jean-Paul L\u2019Allier s\u2019est inscrit au même diapason.Alors, quoi retenir de PGL ?Il fut un maître parmi les maîtres.Je dis « un maître » car il était, dans son entourage, celui dont la tête dépasse et dont l\u2019esprit s\u2019impose par sa pertinence, sa hauteur et sa compétence.Nous étions nombreux à l\u2019estimer irremplaçable et, conséquemment, à pleurer la défaite du Parti libéral et la fin du règne de Gé- rin-Lajoie en 1966.« Parmi les maîtres », doit-on ajouter, car PGL savait pertinemment que l\u2019éducation d\u2019un peuple repose essentiellement sur la présence et le rôle exclusif des maîtres, quels que soient la dimension et le sens de la réforme du système.Or, pour faire face aux besoins nouveaux suscités par la réforme de l\u2019enseignement élémentaire et secondaire, le Québec manquait cruellement de maîtres.D\u2019où l\u2019urgence de former de nouveaux instituteurs, en qualité autant qu\u2019en nombre, pour accueillir et préparer à la vie les nouvelles cohortes d\u2019élèves, désormais obligés de fréquenter l\u2019école jusqu\u2019à seize ans.Pour lui, les maîtres étaient la clé de voûte de la réforme qu\u2019il conduisait.PGL avait une formation de juriste.Il était spécialisé en droit constitutionnel et il avait emprunté la voie de la politique plutôt que celle de l\u2019enseignement.Mais l\u2019éducation lui tenait tellement à cœur qu\u2019il se fit le maître d\u2019une gigantesque réforme dont on ne mesurera jamais l\u2019impact qu\u2019elle eut sur la jeunesse pour qui l\u2019école devenait accessible et gratuite, sur la société québécoise d\u2019aujourd\u2019hui et sur le destin du Québec.Adieu, Maître ! PAUL GÉRIN-LAJOIE, 1920-2018 Un maître parmi les maîtres Son œuvre m\u2019a permis, comme à des milliers d\u2019autres, de développer, sans limites, mon potentiel LEDEVOIR // LE MERCREDI 27 JUIN 2018 ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com L\u2019ex-entre- preneur en construction Tony Accurso a été reconnu coupable lundi d\u2019avoir participé au système de corruption et de collusion.JACQUES NADEAU LE DEVOIR AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Tony Accurso a été déclaré coupable sur toute la ligne, mais son procès, où ont défilé pour la Couronne de nombreux témoins ayant trempé dans l\u2019un des plus importants systèmes de collusion au Québec, a montré la complexité de mener à bout ce genre de dossiers.« C\u2019est un verdict important parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un des rares procès devant jury où l\u2019accusé est reconnu coupable de corruption », note l\u2019ancien journaliste d\u2019enquête André Noël, qui a également été enquêteur et rédacteur à la commission Charbonneau.M.Accurso fait partie des trente-sept personnes arrêtées par l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC) en 2013 lors de l\u2019opération Honorer qui visait un système de collusion et corruption à Laval.Du lot, vingt-sept personnes ont plaidé coupables \u2014 dont l\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt \u2014, trois sont décédées depuis et six autres ont obtenu ou bénéficié d\u2019un arrêt des procédures, de sorte que M.Accurso a été le seul à subir un procès.Le verdict de culpabilité prononcé lundi au procès de l\u2019ex-entrepreneur en construction constitue une importante décision, d\u2019autant plus qu\u2019en matière de corruption et de collusion la preuve matérielle est souvent inexistante, rappelle la professeure à la Faculté de droit de l\u2019Université de Montréal Martine Valois.« La difficulté, c\u2019est que la preuve doit être démontrée hors de tout doute raisonnable, et la corruption, en général, elle ne laisse pas beaucoup de traces », indique Mme Valois.Trouver des complices La preuve dans ce type de dossier va donc reposer sur les témoignages d\u2019individus qui ont eux-mêmes participé aux stratagèmes illégaux.Collecteur de fonds de l\u2019ex-maire Vaillancourt et entrepreneurs de firmes concurrentes ont dévoilé les façons d\u2019opérer.«Pour comprendre le fonctionnement d\u2019un tel système, il faut pouvoir compter sur des gens qui étaient proches des crimes commis», souligne M.Noël.La « victoire » du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) est surtout d\u2019avoir réussi à présenter des témoins crédibles malgré leur implication dans le système de partage de contrats sur le territoire lavallois, estime Mme Valois.« M.Accurso a choisi de témoigner à son procès et il a offert une version contradictoire de celles de témoins clés.En ce sens, c\u2019est une grande victoire du DPCP, qui a pu établir la crédibilité de ses témoins qui ont chacun of- JUSTICE Le défi de montrer un phénomène invisible Le procès Accurso a démontré la complexité de prouver l\u2019existence d\u2019un stratagème destiné à laisser peu de traces E N B R E F Cannabis : Ottawa dira oui à la culture commerciale extérieure OTTAWA \u2014 La culture extérieure commerciale du cannabis sera permise au Canada lorsque la substance sera légale, a-t-on confirmé mardi au bureau de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor.Le gouvernement se range donc aux arguments majoritaires entendus pendant la consultation menée en vue de l\u2019élaboration de son cadre réglementaire sur la légalisation de la substance.«Notre décision de permettre la culture à l\u2019extérieur du cannabis contribuera à mettre en place une industrie légale diversifiée et concurrentielle, avec l\u2019objectif de contrer le marché illégal», a écrit l\u2019attaché de presse de la ministre, Thierry Bélair.Pendant les consultations, les détracteurs de la culture commerciale extérieure avaient soulevé des préoccupations sur l\u2019impact que cela pourrait avoir sur les cultures agricoles adjacentes.La Presse canadienne La Ville de Toronto demande une aide urgente pour l\u2019accueil des réfugiés TORONTO \u2014 Le maire de Toronto soutient que, sans une aide accrue des gouvernements fédéral et provincial, la métropole ne pourra accueillir davantage de demandeurs d\u2019asile dans son réseau actuel de refuges.Dans une lettre transmise à Ottawa lundi, John Tory lance un appel à l\u2019aide pour soutenir financièrement et physiquement la Ville.Avec maintenant 3000 demandeurs d\u2019asile dans les refuges municipaux, les structures d\u2019accueil ont atteint leur pleine capacité, selon lui.M.Tory rappelle que certains réfugiés sont hébergés à l\u2019hôtel, mais que même ce programme exceptionnel est maintenant saturé.Environ 600 personnes sont aussi hébergées dans des dortoirs de collèges et 200 autres devraient bientôt les imiter.Mais cette mesure ne pourra être offerte après le 8 août, alors que les collèges se prépareront pour la rentrée scolaire.La Presse canadienne Problèmes d\u2019organisation à la Commission de l\u2019immigration OTTAWA \u2014 Un examen indépendant de la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié conclut que l\u2019agence traîne toujours de sérieux problèmes d\u2019organisation qui ne peuvent être résolus sans un changement en profondeur dans sa structure de gestion.Le rapport indépendant, publié mardi, est le fruit d\u2019une analyse d\u2019un an du travail de cette agence qui gère les demandes d\u2019asile et les appels.L\u2019examen a été dirigé par Neil Yeates, un ancien sous-ministre de l\u2019Immigration.Le rapport fait notamment état d\u2019un long historique de problèmes dans la gestion des hausses marquées de demandes d\u2019asile et d\u2019arriérés.M.Yeates recommande notamment des changements fondamentaux dans le fonctionnement de la commission indépendante, y compris une nouvelle structure de gestion qui la placerait sous l\u2019autorité directe du ministre de l\u2019Immigration.La Presse canadienne KRISTEN WYATT ASSOCIATED PRESS fert des versions concordantes », mentionne Mme Valois.D\u2019ailleurs, l\u2019avocat de M.Accurso, Me Marc Labelle, avait misé sur la fiabilité des témoins clés de la poursuite lors de ses plaidoiries finales.Il avait insisté sur l\u2019immunité dont certains ont bénéficié en échange de leur déclaration sous serment.« À défaut d\u2019avoir une preuve directe, les procureurs vont se tourner vers un complice.On le voit dans des causes de gangstérisme ou de trafic de stupéfiants.Les témoins délateurs ne sont pas quelque chose de propre aux dossiers de corruption », rappelle l\u2019avocat criminaliste Walid Hijazi.Le procureur du DPCP, Me Richard Rougeau, avait souligné le travail des douze jurés qui devaient se baser essentiellement sur des déclarations, toutes prononcées sous serment, mais qui étaient parfois contradictoires.« La tâche était très difficile et ardue [\u2026] Je suis toujours fasciné et rassuré par le sérieux avec lequel les jurés s\u2019attaquent à cette tâche-là.Ils ne font pas ça avec désinvolture», avait déclaré Me Richard Rougeau, quelques minutes après que le verdict a été prononcé.Même si le verdict n\u2019a pas été en faveur du témoignage livré par son client, Me Labelle a reconnu que le jury a été bien dirigé.« Après sept jours de délibérations, c\u2019est certain que c\u2019est un dossier où la défense a été considérée.Manifestement, ç\u2019a été un travail d\u2019analyse très long qui a été effectué et c\u2019est certain qu\u2019il y a une évaluation qui s\u2019est faite contre nous », avait commenté Me Labelle.L\u2019affaire Applebaum Le dossier de M.Accurso n\u2019est toutefois pas unique.En janvier 2017, l\u2019ex-maire de Montréal par intérim Michael Applebaum a été déclaré coupable de huit des quatorze chefs d\u2019accusation qui pesaient contre lui, dont fraude envers le gouvernement, abus de confiance et complot.Son procès s\u2019était toutefois déroulé devant un juge seul.Tout comme dans le procès de M.Accurso, c\u2019est la crédibilité des témoins qui était au cœur de l\u2019affaire.Rappelons que la juge Louise Provost avait prêté foi aux témoins de la Couronne, dont Hugo Tremblay, ancien directeur de cabinet de M.Applebaum, qui avait lui aussi trempé dans des activités de corruption.La condamnation de M.Accurso permet aux Lavallois de fermer un «triste» chapitre de leur histoire, selon le maire de Laval, Marc Demers.« C\u2019était une décision importante et attendue.Les Lavallois et l\u2019administration municipale ont été les victimes de ce système qui a eu des conséquences sur la réputation de la ville », a rappelé M.Demers.Selon Florent Michelot, chargé de cours en politique municipale à l\u2019Université du Québec à Montréal, au-delà des condamnations d\u2019accusés, la lutte contre la corruption et la collusion doit se faire au sein des organismes publics par des mécanismes de surveillance et de prévention.« Au-delà de la satisfaction que peut procurer un verdict de culpabilité pour la population, il ne faut pas oublier qu\u2019il n\u2019y a pas de solution miracle et qu\u2019il faut continuer à travailler pour rendre les processus décisionnels transparents », fait-il valoir.Rappelons que M.Accurso est attendu jeudi au palais de justice de Laval pour les observations sur sa peine.L\u2019accusé de 66 ans, qui faisait face à cinq chefs d\u2019accusation, pourrait être condamné à une peine d\u2019emprisonnement allant jusqu\u2019à dix ans pour fraude.La peine maximale pour tous les autres chefs d\u2019accusation est de cinq ans."]
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