Le devoir, 3 juillet 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 146 / LE MARDI 3 JUILLET 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM GRANDEUR NATURE La science au service du vélo Des chercheurs parcourent les villes pour mesurer l\u2019exposition des cyclistes à la pollution Le Devoir part cet été à la rencontre de chercheurs qui profitent de la belle saison pour mener leurs travaux sur le terrain.Aujourd\u2019hui, la série Grandeur nature se penche sur l\u2019exposition des cyclistes à la pollution.INDEX Avis légaux.A4 Culture.B7 Décès.B2 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B6 Mots croisés.B6 Petites annonces .B2 Sports.B6 Sudoku .B6 SUR LA ROUTE S\u2019inspirer de l\u2019audace de Grenoble pour les artères commerciales du Québec | B 5 Un nouveau record de chaleur a été atteint dans la région de Montréal lundi avec 35 degrés, soit un de plus que la précédente marque établie en 1963.Si de nombreux résidents sont demeurés cloîtrés au frais dans leur demeure, d\u2019autres ont profité des piscines et autres installations municipales pour se rafraîchir.Et le temps caniculaire n\u2019est pas terminé ! À lire en page A 3.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Le professeur Philippe Apparicio (à droite) en compagnie de son étudiant Vincent Jarry JACQUES NADEAU LE DEVOIR Folie caniculaire ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Pendant que Santé Canada se penche sur la possibilité d\u2019interdire la vente libre de médicaments à base de codéine, une récente étude nord-américaine conclut que restreindre l\u2019accès aux opioïdes utilisés à des fins médicales pousse les patients vers le marché noir.Une avenue pourtant envisagée comme une solution dans la lutte contre la crise des opioïdes par le Collège des médecins et l\u2019Ordre des pharmaciens.Publiée dans le British Medical Journal le mois dernier, l\u2019étude montre que la quantité d\u2019opioïdes qui circulent sur le marché noir a doublé aux États-Unis depuis l\u2019application en 2014 d\u2019une réglementation plus stricte de la vente légale de ce type de médicaments.« On a constaté une augmentation de 4 points de pourcentage par année à partir de 2014 de ce type de produits sur le marché noir américain.Ça veut dire que ç\u2019a doublé en seulement deux ans, car on est passés d\u2019une part de marché attribuable à ces opioïdes de 6 à 14 % entre 2014 et 2016 », explique au Devoir le professeur adjoint à l\u2019École de criminologie de l\u2019Université de Montréal (UdeM) David Décary- Hétu, qui a coécrit l\u2019étude avec des chercheurs australiens et anglais.« Et la composition du marché des opioïdes d\u2019ordonnance a aussi changé : le fentanyl, qui était le produit le moins acheté en 2014, est devenu le deuxième parmi les plus fréquemment achetés en juillet 2016 », poursuit le chercheur.La collecte de données a été réalisée entre 2013 et 2016 et provient de 31 des plus grands marchés de médicaments sur le « darknet » à travers le monde.Les chercheurs ont établi un lien entre l\u2019augmentation de la vente illicite d\u2019opioïdes et la mise en application en 2014, aux États-Unis, de la Drug Enforcement Administration (DEA) sur les prescriptions d\u2019hy- drocodones et d\u2019oxycodone, les analgésiques opioïdes les plus prescrits au pays.« On a comparé avec ailleurs dans le monde et on ne voit une telle augmentation qu\u2019aux États-Unis et que pour cette catégorie de médicaments.C\u2019est significatif ! », indique David Décary-Hétu.ÉTUDE L\u2019accès limité aux opioïdes mènerait au marché noir MONDE La gauche de retour au Mexique.Quels impacts pour le Canada ?| B 1 MARCO FORTIER LE DEVOIR L e chercheur Philippe Apparicio et son équipe ont un drôle d\u2019équipement pour des cyclistes: ils roulent avec un sonomètre attaché à leur chandail pour capter les bruits ambiants.Ils portent aussi un maillot intelligent qui mesure le volume d\u2019air aspiré et le rythme cardiaque, une caméra vidéo, une montre GPS, un téléphone intelligent et un sac de batteries pour alimenter tous ces appareils.Ces scientifiques à vélo parcourent une série de grandes villes du monde, y compris Montréal, pour mesurer l\u2019exposition des cyclistes à la pollution de l\u2019air et au bruit.Leur but : déterminer les endroits en ville où les adeptes du vélo sont le plus \u2014 et le moins \u2014 exposés à la pollution.Et conseiller les urbanistes sur les meilleurs aménagements de voies cyclables pour la santé des cyclistes.Ils ont même comparé les temps de déplacement entre trois moyens de transport pour se rendre au centre-ville de Montréal.Résultats : les déplacements à vélo aux heures de pointe sont aussi rapides (ou presque) qu\u2019en voiture ou en transports en commun.Mais les cyclistes aspirent trois à quatre fois plus de polluants dans l\u2019air que les automobilistes à cause du rythme VOIR PAGE A 5 : SCIENCE VOIR PAGE A 2 : OPIOÏDES LEDEVOIR // LE MARDI 3 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 2 Confronté à une augmentation importante du nombre de décès par surdose d\u2019opioïdes, le gouvernement américain avait décidé d\u2019interdire l\u2019accès à cette catégorie de médicaments en vente libre et demandé parallèlement aux médecins de réduire la prescription de ces analgésiques.« Des gens ordinaires se sont fait dire par leur médecin qu\u2019il ne peut plus leur prescrire le médicament qui pouvait soulager leur douleur.Alors, logiquement, beaucoup de patients devenus dépendants se sont tournés vers le darknet pour s\u2019en procurer », explique le chercheur de l\u2019UdeM, qui ne s\u2019étonnerait pas de voir la même situation se produire au Québec.À ses yeux, en limitant l\u2019accès aux opioïdes par voie légale sans s\u2019attaquer au cœur du problème \u2014 soit la dépendance des patients \u2014, le mal a juste été changé de place.Accompagnement «Ce genre d\u2019étude montre bien que, quand on ferme une valve, ça va simplement en ouvrir une autre ailleurs», reconnaît le président de l\u2019Ordre des pharmaciens du Québec, Bertrand Bolduc, MARCO FORTIER LE DEVOIR Le bon vieux livre en papier n\u2019est pas mort, mais il acccumule la poussière sur les rayons des bibliothèques.Les livres savants, en tout cas, perdent de l\u2019influence auprès des chercheurs universitaires, qui se tournent massivement vers les articles scientifiques en ligne pour dénicher de l\u2019information à citer dans leurs propres ouvrages.La proportion des livres cités par des universitaires a connu un déclin « majeur » partout dans le monde, y compris au Canada, depuis l\u2019arrivée du numérique au début des années 2000.Les articles publiés dans des revues scientifiques accaparent désormais la majorité des citations dans les sciences humaines et sociales, con firme une étude de l\u2019Université de Montréal (UdeM).Le déclin du livre au profit du périodique scientifique est « frappant » en gestion, en criminologie, en études urbaines, en sciences politiques et en sciences de l\u2019information.L\u2019influence dominante des revues scientifiques se mesure aussi dans la recherche en géographie, en anthropologie, en droit, en sciences de l\u2019éducation et en démographie, précise l\u2019étude publiée le 14 juin 2018 par l\u2019Acfas (Association francophone pour le savoir).Les chercheurs Vincent Larivière, de l\u2019UdeM, et Delphine Lobet, de la pla- teforme de diffusion Érudit, se demandaient si le livre savant est bel et bien une espèce en voie de disparition, comme certains l\u2019affirment depuis plus de 30 ans.Leur conclusion : il n\u2019est pas mort, mais il n\u2019est pas fort.Le livre savant fait face à une « crise de la citation ».« Les livres connaissent bel et bien un déclin dans l\u2019usage qu\u2019en font les chercheurs.Ils prennent une part de moins en moins importante dans les paysages des références en SHSAL [sciences humaines et sociales, arts et lettres], même si cette tendance est moins marquée en arts et lettres », indique l\u2019étude.« Dans l\u2019ensemble, le Canada se comporte comme le reste du monde.La baisse observée à l\u2019échelle mondiale est une tendance lourde et généralisée », poursuit le document.Le numérique d\u2019abord Sans surprise, le livre savant perd du terrain en bonne partie à cause de la meilleure accessibilité des articles scientifiques : ceux-ci sont immédiatement accessibles en ligne et facilement repérables dans les bases de données.En comparaison, il faut travailler fort pour dénicher une citation dans un livre savant \u2014 y compris se rendre à la bibliothèque, si le livre n\u2019est pas offert en format numérique.Les livres électroniques restent souvent mal indexés par les moteurs de recherche, ce qui nuit à leur diffusion et à leur accessibilité, note l\u2019étude de Larivière et Lobet.La lente agonie du livre savant Les chercheurs citent davantage les périodiques scientifiques offerts en ligne Le livre savant pourrait bel et bien être en voie de disparition.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Les auteurs montrent aussi du doigt la « pression à publier » qui sévit dans les universités : pour obtenir un poste permanent ou une promotion, les professeurs doivent avoir plusieurs publications à leur actif.S\u2019ils ont le choix entre publier un article de 22 pages et un livre qui nécessite trois ans de travail, « le choix est malheureusement facile à faire », souligne Vincent Larivière.Les articles se multiplient ainsi aux dépens des livres savants.Et plus il y a d\u2019articles, plus les articles sont cités.Cette domination des articles scientifiques coûte cependant une fortune aux universités: les abonnements aux périodiques savants accaparent jusqu\u2019à 80% des budgets d\u2019acquisition des bibliothèques universitaires.Comme l\u2019a rappelé Le Devoir, certaines bibliothèques parviennent difficilement à acheter des livres à cause de l\u2019explosion des coûts d\u2019abonnement aux revues savantes.Sauver le livre Pour établir la place du livre dans les citations scientifiques, les auteurs ont extrait 26,6 millions de publications dans la base de données Web of Science, entre les années 1980 et 2017.À l\u2019époque, il y a 38 ans, la majorité des disciplines (sauf la psychologie) référaient à des livres.Ce n\u2019est plus le cas.De nos jours, seuls les arts et les humanités renvoient majoritairement à des livres \u2014 dans une proportion de 69 %.Le livre reste incontournable en littérature, en histoire, en religion et en arts, note Vincent Larivière.« L\u2019accessibilité des livres savants demeure toutefois cruciale.Car le livre n\u2019est pas qu\u2019un véhicule de communication savante, c\u2019est aussi un véhicule de construction des savoirs.Et c\u2019est aussi par le livre que la recherche sort de l\u2019université et part à la rencontre d\u2019un autre public.Il faut urgemment réfléchir à améliorer sa diffusion pour s\u2019assurer que le livre ne finisse pas par vraiment mourir de la mort qu\u2019on lui prédit depuis si longtemps.» qui ne considère pourtant pas la décision américaine comme une erreur en soi.« Restreindre l\u2019utilisation d\u2019opioïdes chez les gens qui en ont besoin, ça ne peut jamais être une mauvaise chose.[\u2026] Mais là où il faut vraiment agir, c\u2019est en prévention de développement des dépendances », poursuit-il, estimant qu\u2019une diminution des prescriptions et de l\u2019accès à la codéine et autres opioïdes ne peut se faire sans accompagnement.Les patients, devenus dépendants, ont besoin d\u2019aide pour diminuer leur consommation.Un plus grand rôle pourrait être attribué aux pharmaciens dans ce combat contre la crise des opioïdes, croit M.Bolduc.À l\u2019heure actuelle, ces derniers rencontrent encore des barrières administratives les empêchant de fractionner les ordonnances de ce type de traitement.«Parfois, les médecins prescrivent une grosse quantité d\u2019un coup à un patient qui pourrait en prendre moins tout en soulageant sa douleur.La bonne dose, c\u2019est celle qui nous laisse encore un peu de douleur.Quand on soulage complètement, là ça peut devenir une dépendance.» De son côté, le président du Collège des médecins du Québec, Charles Bernard, se veut tout de même rassurant, considérant que le scénario américain ne pourrait se reproduire au Québec.« Le système de santé américain est très différent du nôtre, et la crise y est bien plus forte qu\u2019ici, dit-il.Ce problème de santé publique était tellement majeur aux États-Unis que le pays n\u2019avait pas le choix de trouver des solutions et de prendre des mesures.» M.Bernard rappelle que le Québec est déjà, au départ, la province canadienne où les médecins prescrivent le moins d\u2019opioïdes.« On fait beaucoup de surveillance au Canada, et au Québec particulièrement.Les ordres sont plus sévères et encadrent davantage la pratique de leurs membres pour éviter les excès de prescriptions », soutient-il.Interrogé sur le sujet, Santé Canada n\u2019a pas souhaité commenter l\u2019étude, justifiant que, « compte tenu de la situation particulière de chaque pays, Santé Canada ne serait pas en mesure de commenter les actions des autres gouvernements ».Le ministère a toutefois précisé qu\u2019il souhaite « trouver l\u2019équilibre » entre l\u2019accès aux produits contenant une faible dose de codéine \u2014 actuellement en libre accès en pharmacie \u2014 aux personnes en ayant besoin, et la diminution des dangers liés à la consommation d\u2019opioïdes pour ces personnes et à l\u2019échelle de la santé publique.«Les opioïdes doivent être disponibles pour les patients qui en ont besoin, sur la base des conseils médicaux de leur médecin.[\u2026] Mais [Santé Canada] recommande que les patients souffrant de douleur chronique non cancéreuse essayent d\u2019abord des options non opiacées, avant d\u2019envisager un essai de traitement aux opioïdes», explique le ministère.Le Québec est la province canadienne où les médecins prescrivent le moins d\u2019opioïdes.PATRICK SISON ASSOCIATED PRESS Beaucoup de patients devenus dépendants se sont tournés vers le darknet pour s\u2019en procurer DAVID DÉCARY-HÉTU » OPIOÏDES SUITE DE LA PAGE A 1 L\u2019accès aux opioïdes, un enjeu de santé publique ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 3 JUILLET 2018 L\u2019uniformisation « Au début du trait prolongé, il sera exactement midi, heure normale de l\u2019Est ».Ce signal horaire, la radio de nos impôts le fait entendre depuis 1939, afin que chacun se trouve au diapason d\u2019un temps commun.Ce fut longtemps un défi que d\u2019essayer de convaincre tout le monde d\u2019aligner sa journée.Chacun avait son temps à lui, selon ses occupations, ses saisons, ses urgences ou ses patiences.Le temps variait.Nos vies ont peu à peu été réglées.En 1811, Londres dut décréter que la seule heure tenue pour juste était celle fixée par l\u2019observatoire de Greenwich.Ce qui n\u2019empêcha pas plusieurs villages de continuer d\u2019établir la leur, selon les indications d\u2019un cadran solaire ou de l\u2019angélus sonné par les cloches de l\u2019église.Des sanctions furent prises pour qu\u2019un seul régime d\u2019heure s\u2019impose.En Angleterre comme ailleurs, l\u2019uniformisation du monde commença par cette réduction des différents registres du temps à un seul.Dans notre temps de tous les jours, il n\u2019y a plus guère d\u2019entrebâillements.Même au milieu des chaleurs moites de l\u2019été, le temps est devenu raide et froid.Les cadrans affichent partout la même heure.Tout est chronométré, quantifié, pesé, soupesé.Au temps du numérique et de ses mathématiques, la mise en conformité avec la majorité, selon ce contrôle implacable du temps, s\u2019impose désormais dans toutes les sphères de notre vie.Ceux qui ont eu à magasiner un nouveau logement en vue de la grande migration annualisée du 1er juillet s\u2019en sont rendu compte à leur façon.En matière de décoration et d\u2019aménagement, les photographies que publient sur le Web les propriétaires et leurs agents présentent des lieux désormais à peu près indifférenciés.Nous vivons à l\u2019heure fixée par tous les IKEA du monde.Dans le flot d\u2019images de logements à louer désormais visibles sur le Web, il est à noter que les livres demeurent aussi rares qu\u2019avant.Très discrets en effet sont les étagères, les rayonnages, les bouquins.Autrefois, le foyer québécois ne comptait jamais plus que trois livres : la Bible, l\u2019Almanach du peuple et un tome de l\u2019encyclopédie Grolier.Aujourd\u2019hui, à en juger par les photos de location, il n\u2019en compte aucun.On se souvient de la maison située au bord du lac Mem- phrémagog qui sert de théâtre au Déclin de l\u2019Empire américain de Denys Arcand.Elle regorgeait de livres.Détruite par les flammes quelques années après le tournage, la maison fut reconstruite en laissant de côté les bibliothèques.Les bibliothèques n\u2019étaient plus dans l\u2019air du temps, expliquait en entrevue son propriétaire.Le progrès est parfois une mauvaise idée qui va de l\u2019avant.C\u2019est d\u2019ailleurs le principe qui préside au déclin.Au Plateau Mont-Royal, rue Fabre, l\u2019immeuble de trois étages qu\u2019habita l\u2019écrivain Michel Tremblay au temps de son enfance est à vendre pour près de deux millions de dollars.Si elle l\u2019avait su, la grosse femme d\u2019à côté en aurait été prise de vertige.On chercherait en vain une ombre de Tremblay dans ce que sont devenus ces lieux-là.Le propriétaire a tout simplement mis l\u2019immeuble au diapason du présent.Qui pourrait d\u2019ailleurs lui en faire reproche ?En cet endroit comme dans nombre d\u2019autres, le passé a été raboté, biffé, évacué.Plancher neuf, intérieur immaculé, espaces dégagés, laminés, stratifiés, sanctifiés par les divinités de la nouveauté.La nouveauté s\u2019est imposée comme une nécessité à laquelle il faut désormais coûte que coûte se soumettre.Un ami répète toujours que les gens de ce quartier sont décidément comme leurs maisons : surévalués.Je prétends au contraire qu\u2019il se trouve là matière à une juste évaluation de notre situation commune.Les Tremblay vivaient à treize dans cet appartement qui inspira l\u2019œuvre immense du dramaturge.« Pour me faire venir manger, ma mère se mettait au coin de la galerie, pis elle criait au meurtre : Michel ! Michel ! » (Voix de Michel Tremblay en 1969, dans une entrevue à la télévision.) Nous nous tenons désormais au milieu de logements indifférenciés, comme s\u2019il s\u2019agissait de ronds-points où différentes routes se croisent continuellement mais où rien ne s\u2019arrête, où l\u2019identité même des lieux est devenue un embarras qui invite à aller constamment voir ailleurs, n\u2019importe où, en tournant gaiement sur nous-mêmes, jusqu\u2019à nous étourdir.Nous habitons les mêmes espaces, la même durée, dans des intérieurs de plus en plus semblables, au nom de la fausse promesse de bonheur que nous promettent les magazines de décoration voués à la consommation.C\u2019est comme si nous ne trouvions plus dans notre passé le moindre signe qui vaille d\u2019être préservé.Si bien qu\u2019un logement à Montréal, à Paris ou à New York se ressemble de plus en plus.Dans la suite de ces décors interchangeables qui forment notre horizon commun, nous sommes à la fois partout et nulle part, sans souvenir et sans attente, là où seul un présent perpétuel irradie.Nous ne connaissons, semble-t-il, pour toute passion que ce présent flottant, lui subordonnant tout, au risque de nous y laisser couler.La mémoire n\u2019est pas un temple à vénérer dont il faudrait avoir peur.Elle est un lieu ouvert, à explorer, comme le montre d\u2019ailleurs l\u2019œuvre de Michel Tremblay.Pourquoi vouloir cesser d\u2019arpenter la mémoire en la balayant sous le tapis ?On assiste en tout cas à une mue de nos façons d\u2019être.Et ce déchirement avec le passé a certainement son prix à payer.Au Plateau Mont-Royal, rue Fabre, l\u2019immeuble de trois étages qu\u2019habita l\u2019écrivain Michel Tremblay au temps de son enfance est à vendre pour près de deux millions de dollars.Les Montréalais ont tenté d\u2019échapper à la vague de chaleur, et même d\u2019en profiter jusqu\u2019à un certain point, à la place des Festivals lundi.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR ANDRÉANNE CHEVALIER LE DEVOIR Comme prévu, les températures élevées combinées à une très forte humidité ont sévi lundi et sont là pour rester au Québec jusqu\u2019à la fin de la semaine.Urgences-santé, qui a élevé son niveau d\u2019alerte, appelle la population souffrant de la chaleur à être patiente et à communiquer avec une infirmière d\u2019Info- Santé (au 811) si la vie d\u2019une personne n\u2019est pas menacée.« On reçoit présentement un volume très élevé d\u2019appels.Depuis ce matin, on est sur le plus haut niveau d\u2019alerte », a affirmé lundi après-midi Benoit Gar- neau d\u2019Urgences-santé au Devoir.Dimanche, ce sont 200 appels de plus qu\u2019en temps normal qu\u2019a reçus le service de soins d\u2019urgence.« Aujourd\u2019hui [lundi], la tendance est à la hausse.On présume que c\u2019est la canicule.» En raison de l\u2019épisode de chaleur accablante, Urgences-santé, qui couvre le territoire de Montréal et de Laval, a déployé un plan de mesures d\u2019urgence, qui prévoit plus d\u2019effectifs ambulanciers et de répartiteurs.La Coopérative des techniciens ambulanciers de la Montérégie (CETAM) est quant à elle intervenue une dizaine de fois depuis vendredi pour des malaises directement liés à la chaleur, en plus de recevoir plusieurs appels avec un lien possible avec la température, a indiqué Alexandre Barbeau, relation- niste de la CETAM.Plusieurs des appels provenant de personnes incommodées par la chaleur accablante ne nécessitent pas de transport par ambulance, a soulevé M.Garneau.« On veut dire à la population d\u2019appeler le 911 si la vie d\u2019une personne est en danger, et sinon de contacter une infirmière par le 811.On a besoin de la collaboration de la population.» Urgences-santé a ainsi rappelé les conseils de base pour éviter d\u2019être incommodé par la chaleur, notamment : éviter de s\u2019exposer au soleil, bien s\u2019hydrater, utiliser des serviettes d\u2019eau froide au besoin et rester dans un endroit climatisé quelques heures par jour.Un record à Montréal Il faisait 35 °C lundi à Montréal vers 17 h, avec un facteur humidex de 45.Il s\u2019agit d\u2019un nouveau record dans la région, avec un degré de plus que la précédente marque établie en 1963.Frédérique, une employée à l\u2019accueil du Festival international de jazz de Montréal, n\u2019avait pas l\u2019impression que la chaleur a freiné l\u2019enthousiasme des festivaliers.« Le public grossit de jour en jour », fait-elle remarquer.Le Festival a mis en place des mesures pour atténuer les effets de la chaleur pour les visiteurs, décrit la relationniste Jessica Alcide, comme la création de zones d\u2019ombre, l\u2019installation de brumisateurs et l\u2019ajout de vendeurs d\u2019eau.Les températures de plus de 30 °C étaient aussi bien établies depuis dimanche dans « l\u2019extrême sud-ouest » du Québec (comprenant l\u2019Outaouais, les Laurentides, Lanaudière, l\u2019Estrie, la Montérégie et Laval), a indiqué au Devoir le météorologue d\u2019Environnement Canada René Héroux.Même les régions de l\u2019est de la province \u2014 de Québec jusqu\u2019aux portes de la Gas- pésie, en passant par le Saguenay et le Lac-Saint-Jean \u2014 ont été touchées lundi.À Rivière-du-Loup, le mercure a grimpé au-delà de 30 °C avec un humidex de 40; idem pour Rimouski.«C\u2019est très rare pour eux», a souligné M.Héroux.C\u2019est le niveau élevé d\u2019humidité de cette vague de chaleur qui retient l\u2019attention, a dit le météorologue.« Ce n\u2019est pas anormal qu\u2019il fasse chaud au Québec.Mais un humidex de 45, c\u2019est dans le tapis.» La chaleur accablante persistera jusqu\u2019à jeudi (inclusivement) dans l\u2019extrême sud-ouest du Québec.Quelques braves fréquentaient, lundi, les jeux d\u2019eau au parc Toussaint-Lou- verture, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie.« Cette semaine, on avait prévu des activités comme des jeux avec de la course, mais on a changé nos plans pour des jeux d\u2019eau et des activités aquatiques », a raconté Camélia, monitrice au camp de jour Milton-Parc.C\u2019est à environ dix minutes de marche des installations du camp de jour qu\u2019elle et sa collègue Sunni ont trouvé une source fraîche pour les petits.« On a des réserves d\u2019eau et les patrons nous ont donné des vaporisateurs pour éviter que les enfants subissent un coup de chaleur.» Lieux publics climatisés Un lien sur le site Web de la Ville de Montréal permet de visualiser sur des cartes les lieux publics climatisés et les lieux de rafraîchissement.Il demeure important de vérifier les heures d\u2019ouverture de ces endroits avant de se déplacer, comme l\u2019a constaté Le Devoir.Par exemple, l\u2019horaire d\u2019été des bains libres à la piscine intérieure du cégep du Vieux Montréal, listée comme lieu de rafraîchissement par la Ville, ne commence que le 10 juillet.Au YMCA Centre-Ville, la piscine intérieure était ouverte selon un horaire modifié en raison du jour férié.Daisy, au service à la clientèle, n\u2019a pas remarqué un achalandage plus grand qu\u2019à l\u2019habitude en cette journée de canicule.« Peut-être en raison des vacances », a-t-elle avancé.En plus de la piscine, les aires publiques \u2014 et climatisées \u2014 du centre sportif sont accessibles à la population, a précisé l\u2019employée.Avec La Presse canadienne MÉTÉO La chaleur accablante gagne l\u2019ensemble du Québec JEAN- FRANÇOIS NADEAU LEDEVOIR // LE MARDI 3 JUILLET 2018 A 4 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES L a s u i t e d e s a v i s s e t r o u v e e n p a g e B 4 POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.Direction des travaux publics et des approvisionnements APPEL D\u2019OFFRES SP-18-22 La Ville de Boucherville demande des soumissions pour : ACHAT D\u2019UN CHARGEUR SUR ROUES 2018 OU PLUS RÉCENT Ouverture des soumissions : LE MERCREDI 18 JUILLET 2018, À 10 HEURES Ne sont considérées que les soumissions préparées sur les formulaires fournis par la Ville de Boucherville et distribués par le site internet SEAO (Système électronique des appels d\u2019offres).On peut commander les documents d\u2019appel d\u2019offres à compter du MARDI 3 JUILLET 2018 sur le site Internet du SEAO à l\u2019adresse www.seao.ca.Pour toute information, veuillez composer le (514) 856-6600.Toute soumission, pour être valide, devra être accompagnée d\u2019une garantie de soumission sous forme d\u2019un chèque visé ou traite bancaire, au montant de CINQ MILLE DOLLARS (5 000 $) payable à la Ville de Boucherville.Chaque soumission doit être déposée au bureau du greffier de la Ville de Boucherville, situé au 500 rue de la Rivière-aux-Pins, Boucher ville, avant 10H LE MERCREDI 18 JUILLET 2018 (horodaté par la Direction du greffe), dans une enveloppe scellée portant l\u2019inscription « SP-18- 22, ACHAT D\u2019UN CHAR GEUR SUR ROUES 2018 OU PLUS RÉCENT», ainsi que les coordonnées de la compagnie soumissionnaire.Les soumissions seront ouvertes publique - ment à 10 H LE MERCREDI 18 JUILLET 2018 à la salle Pierre-Viger du Centre administratif Clovis-Langlois, situé au 500, rue de la Rivière- aux-Pins, Boucherville.Le Conseil Municipal de la Ville de Boucher - ville ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni la plus haute ni aucune des soumissions reçut, sans encourir aucune obligation ni aucuns frais d\u2019aucune sorte envers le ou les soumis - sion naires.La Ville peut, s\u2019il est avantageux pour elle de le faire, passer outre à tout défaut de conformité de la soumission si ce défaut ne brise pas la règle de l\u2019égalité entre les soumis - sionnaires et elle n\u2019est pas tenue de motiver l\u2019acceptation ou le rejet de toute soumission.Pour tout renseignement supplémentaire concernant cette soumission, veuillez com - muni quer avec Mme Marie-Josée Nolin au (450) 449-8100, poste 8005.Fait à Boucherville ce 3 juillet 2018.Marie-Josée Salvail, directrice Direction des travaux publics et des approvisionnements Ville de Boucherville Direction des travaux publics et des approvisionnements APPEL D\u2019OFFRES SP-18-23 La Ville de Boucherville demande des soumissions pour : TRAVAUX D\u2019ABATTAGE ET DÉCHIQUETAGE DE FRÊNES POUR LES RUES ET LES PARCS RÉCRÉATIFS SUR LE TERRITOIRE DE LA VILLE DE BOUCHERVILLE Ouverture des soumissions : LE MERCREDI 18 JUILLET 2018, À 10 HEURES Ne sont considérées que les soumissions pré - parées sur les formulaires fournis par la Ville de Boucherville et distribués par le site inter net SEAO (Système électronique des appels d\u2019offres).On peut commander les documents d\u2019appel d\u2019offres à compter du MARDI 3 JUILLET 2018 sur le site Internet du SEAO à l\u2019adresse www.seao.ca.Pour toute information, veuillez composer le (514) 856-6600.Toute soumission, pour être valide, devra être accompagnée d\u2019une garantie de soumission sous forme d\u2019un chèque visé ou traite bancaire, au montant de NEUF MILLE DOLLARS (9 000 $) payable à la Ville de Boucherville.Chaque soumission doit être déposée au bureau du greffier de la Ville de Boucherville, situé au 500 rue de la Rivière-aux-Pins, Boucherville, avant 10H LE MERCREDI 18 JUILLET 2018 (horodaté par la Direction du greffe), dans une enveloppe scellée portant l\u2019inscription « SP-18-23, TRAVAUX D\u2019ABAT - TAGE ET DÉCHIQUETAGE DE FRÊNES POUR LES RUES ET LES PARCS RÉCRÉATIFS SUR LE TERRITOIRE DE LA VILLE DE BOUCHER - VILLE», ainsi que les coordonnées de la com - pa gnie soumissionnaire.Les soumissions seront ouvertes publique - ment à 10 H LE MERCREDI 18 JUILLET 2018 à la salle Pierre-Viger du Centre administratif Clovis-Langlois, situé au 500, rue de la Rivière- aux-Pins, Boucherville.Le Conseil Municipal de la Ville de Boucher - ville ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni la plus haute ni aucune des soumissions reçut, sans encourir aucune obligation ni aucuns frais d\u2019aucune sorte envers le ou les soumis - sion naires.La Ville peut, s\u2019il est avantageux pour elle de le faire, passer outre à tout défaut de conformité de la soumission si ce défaut ne brise pas la règle de l\u2019égalité entre les soumis - sionnaires et elle n\u2019est pas tenue de motiver l\u2019acceptation ou le rejet de toute soumission.Pour tout renseignement supplémentaire concernant cette soumission, veuillez commu - niquer avec Mme Marie-Josée Nolin au (450) 449-8100, poste 8005.Fait à Boucherville ce 3 juillet 2018.Marie-Josée Salvail, directrice Direction des travaux publics et des approvisionnements Ville de Boucherville Appel d\u2019offres Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous, au bureau d\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville à l\u2019attention du secrétaire d\u2019arrondissement, 555, rue Chabanel Ouest, bureau 600, Montréal, H2N 2H8, pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : S-AC-2018-013 Descriptif : Travaux de voirie sur les rues Farly, Jasmin et De La Roche et sur les avenues D\u2019Au- teuil et Léon-Trépanier dans l\u2019arrondissement d\u2019Ahuntsic-Cartierville (PRR-PCPR 2018) Date d\u2019ouverture :20 juillet 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission (par cautionnement, chèque visé ou garantie bancaire) Renseignements : Valérie Simard, ingénieure \u2013 chef d\u2019équipe valerie.simard@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 3 juillet 2018.Visites supervisées des lieux : S.O.ou Oui, obligatoire Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7236 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Internet www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du cahier des charges.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au bureau de l\u2019arrondissement immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.FAIT à Montréal, le 3 juillet 2018.Chantal Châteauvert Secrétaire d\u2019arrondissement Avis public Secrétariat d\u2019arrondissement Direction du développement du territoire et des services administratifs Des soumissions sont demandées et devront être reçues avant 10 h 30, à la date ci-dessous mentionnée, à l\u2019adresse suivante : M.Mathieu Legault, secrétaire d\u2019arrondissement Arrondissement de Lachine 1800, boul.Saint-Joseph Lachine (Québec) H8S 2N4 Catégorie : Travaux de construction Appel d\u2019offres : LAC-PUB-1808 Descriptif : Travaux de voirie dans l\u2019arrondissement de Lachine (PCPR 2018) Date d\u2019ouverture : Vendredi 20 juillet 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur des soumissions Visite supervisée des lieux : N/A Renseignements : Pour renseignement technique, communiquez avec Mathieu Legault à l\u2019adresse suivante : lachinegreffe@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du mardi 3 juillet 2018 sur le SÉAO.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement à l\u2019endroit susmentionné, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, arrondissement de Lachine, ce 3 juillet 2018.Mathieu Legault Secrétaire d\u2019arrondissement Service des infrastructures, de la voirie et des transports Direction des transports Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 13h30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 18-62002 Descriptif : Travaux d\u2019installation de poste de comptage véhiculaire (26 intersections) Date d\u2019ouverture : Le mardi 7 aout 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : info.soumission.reseau.arteriel@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 3 juillet 2018 sur le SEAO Visite supervisée des lieux : N/A Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 3 juillet 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres DIRECTION DU DÉVELOPPEMENT DU TERRITOIRE ET ÉTUDES TECHNIQUES Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 11 h à la date ci-dessous mentionnée, à la réception de la Maison du citoyen, située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H1B 2Z1, pour : Appel d\u2019offres : RP-PARC18-11 Descriptif : Parcs Clémentine-De La Rousselière et Daniel-Johnson \u2013 Réaménagement des terrains de balle Date d\u2019ouverture : Le jeudi 19 juillet 2018 Dépôt de garantie : Chèque visé ou lettre de garantie bancaire irrévocable ou cautionnement de 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : soumissions- parcs_rdppat@ville.montreal.qc.ca Pour être considérée, toute soumission devra être présentée sur les formulaires spécialement préparés à cette fin.DOCUMENTS Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter de la publication du présent avis.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SEAO), en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SEAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.OUVERTURE DES SOUMISSIONS Les soumissions seront ouvertes publiquement à 11 h, le jeudi 19 juillet 2018, soit immédiatement après l\u2019expiration du délai pour leur présentation, à la Maison du citoyen située au 12090, rue Notre-Dame Est, Montréal (Québec) H1B 2Z1.La Maison du citoyen est ouverte de 8 h 30 à 12 h et de 13 h à 16 h 30, du lundi au vendredi.L\u2019arrondissement de Rivière-des-Prairies\u2013Pointe- aux-Trembles ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelque nature que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Montréal, le 3 juillet 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement Charles-Hervé Aka, LL.M., OMA APPEL D\u2019OFFRES Service des grands parcs, du verdissement et Mont-Royal Bureau de projets d'aménagement - Grands parcs Des soumissions sont demandées et devront être reçues, avant 13 h 30 à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 18-6227 Descriptif : Travaux de réfection des terrains de balle du stade et du terrain no 2 au parc Arthur-Therrien Date d\u2019ouverture : Le jeudi 19 juillet 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dgpv@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 3 juillet 2018 sur le SEAO Visite obligatoire : N/A Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 18-6224 Descriptif : Travaux de réfection des terrains de balle au parc Peterborough et au parc des Roseraies, arrondissement Anjou Date d\u2019ouverture : Le jeudi 19 juillet 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dgpv@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 3 juillet 2018 sur le SEAO Visite obligatoire : N/A Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 18-6226 Descriptif : Travaux de réfection du terrain de balle au parc Louisiane (Terrain nord) Date d\u2019ouverture : Le jeudi 19 juillet 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dgpv@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 3 juillet 2018 sur le SEAO Visite obligatoire : N/A Les personnes et les entreprises intéressées par ces contrats peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l'Hôtel de Ville, immédiatement après l'expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s'engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n'assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 3 juillet 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres ORDONNANCES Avis est donné que le comité exécutif, à sa séance du 27 juin 2018, a adopté les ordonnances suivantes : Ordonnance relative à l\u2019autorisation de la garde d\u2019animaux de la ferme dans le cadre de la réalisation d\u2019événements publics sur le territoire de l\u2019arrondissement de Rivière-des-Prairies\u2013Pointe- aux-Trembles (11) Cette ordonnance est adoptée en vertu de l\u2019article 54 du Règlement sur le contrôle des animaux (16-060).Ordonnance modifiant l\u2019Ordonnance régissant l\u2019évaluation de l\u2019intérêt patrimonial d\u2019un lieu (numéro 1) (1-1) Cette ordonnance, adoptée en vertu de l\u2019article 19.1 du Règlement sur le Conseil du patrimoine de Montréal (02-136), met à jour la procédure à suivre lorsqu\u2019une évaluation de l\u2019intérêt patrimonial est requise en vertu de l\u2019article 12.2 de ce règlement.Ces ordonnances entrent en vigueur en date de ce jour.Elles sont disponibles pour consultation durant les heures normales de bureau au Service du greffe, 275, rue Notre-Dame Est et peuvent également être consultées en tout temps sur le site internet de la Ville : ville.montreal.qc.ca/reglements.Fait à Montréal, le 3 juillet 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Avis public Service des infrastructures, de la voirie et des transports Direction des infrastructures Des soumissions, sont demandées et devront être reçues, avant 13h30, à la date ci-dessous, au Service du greffe de la Ville de Montréal à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6 pour : Catégorie : Travaux Appel d\u2019offres : 442610 Descriptif : Projet intégré SRB Pie IX - Réfection des chemins de détour pour autobus en direction Nord - Avenue Bourbonnière, boulevard Rosemont, 23e avenue et boulevard des Grandes-Prairies Date d\u2019ouverture : Le mardi 7 août 2018 Dépôt de garantie : 10 % de la valeur de la soumission Renseignements : Pour toute question s\u2019adresser à : appelsdoffres.infos.dtp@ville.montreal.qc.ca Documents : Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 3 juillet 2018 Visite supervisée des lieux : N/A Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Chaque soumission doit être placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identification fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement dans les locaux du Service du greffe à l\u2019Hôtel de Ville, immédiatement après l\u2019expiration du délai fixé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation de quelques natures que ce soit envers le ou les soumissionnaires.Fait à Montréal, le 3 juillet 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (Avis dans un journal : C.c.Q., art.795, al.2) Prenez avis que Carole Charbonneau, en son vivant domiciliée au 8, rue de Forillon, Blainville, Québec, J7B 1G9, est décédée à Montréal, le 29 octobre 2017.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les personnes intéressés à l\u2019étude de Paméla Marinier, notaire, 400-3380, Boul.Concorde Est, Laval, Québec, H7E 2C2.Donné ce 28 juin 2018 à Laval.Signé par Catherine Poupart, liquidatrice AVIS public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Fadi Ghaddar de vous présenter au greffe civil du district de Longueuil situé au 1111, boul.Jacques-Cartier Est à Longueuil dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation et pièces, l'avis d'exécution et déclaration sous serment qui y ont été laissés à votre attention et qui porte le numéro de cause 505-22-027640-186.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Julie Côté, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier la demande introductive d'instance.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 28 juin 2018 Michel Gaucher, Huissier de justice HÉBERT & ASSOCIÉS, NOTAIRES Avis d'inventaire Avis est par les présentes donné, qu'à la suite du décès de Pierrette LAURIN, en son vivant domiciliée au 999, rue Marion, L'Assomption, Québec, J5W 2P9, survenu le 1er décembre 2017, un inventaire des biens de la défunte a été fait par le liquidateur successoral, Louise BÉLISLE, le 28 juin 2018, devant Me Sonia BERLATIE, notaire, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les personnes ayant un intérêt dans cette succession, à l'étude de Me Sonia BERLATIE, notaire sise au 10, boulevard Brien, bureau 100, Repenti- gny (Québec) J6A 4R7.Donné ce 28 juin 2018.Me Sonia BERLATIE, notaire AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE Dans l'affaire de la faillite de 9091-4243 Québec Inc.Avis est par les présentes donné que la faillite de 9091-4243 Québec Inc.est survenue le 28 juin 2018, et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 19 juillet 2018 à 9h00, au bureau du syndic, 2550, boul.Daniel-Johnson, bureau 220, Laval, Québec.DEVLETIAN & ASSOCIÉS INC.Syndic autorisé en insolvabilité Jerry J.Devletian CPA, CA, CIRP, SAI 210-5000 Jean-Talon O., Montréal Québec H4P 1W9 Téléphone: (514) 777-8888 APPEL D\u2019OFFRES - TRAVAUX DIVISION AMÉNAGEMENT DES PARCS \u2013 ACTIFS IMMOBILIERS Place de Darlington - Aménagement d\u2019une nouvelle aire d\u2019exercice canin Intersection de l\u2019avenue de Darlington et de la Place de Darlington Soumission CDN-NDG-18-AOP-DAI-035 L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 3 juillet 2018 à 11 heures est reportée au 9 juillet 2018 à 11 heures.Les soumissions devront donc être reçues avant 11 heures le 9 juillet 2018 au 5160, boulevard Décarie, bureau 100, (Accès Montréal), rez-de- chaussée, Montréal (Québec), H3X 2H9, à l\u2019attention du secrétaire d\u2019arrondissement.Fait à Montréal, le 3 juillet 2018.La secrétaire d\u2019arrondissement substitut, Julie Faraldo-Boulet Appel d\u2019offres LEDEVOIR // LE MARDI 3 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 5 Pédaler pour étudier la pollution de l\u2019air SCIENCE SUITE DE LA PAGE A 1 l\u2019air que les automobilistes à cause du rythme accéléré de leur respiration dû à l\u2019activité physique.« La situation des cyclistes n\u2019est pas alarmante à Montréal.Les bénéfices du vélo surpassent largement les risques pour la santé, même en tenant compte du fait que les cyclistes absorbent plus de polluants à cause de l\u2019activité physique », dit Philippe Appari- cio, de l\u2019Institut national de recherche scientifique (INRS).Lui et son équipe du Laboratoire d\u2019équité environnementale passent une partie de l\u2019été à sillonner les rues du Grand Montréal à vélo (y compris Laval et Longueuil) pour raffiner leurs recherches sur l\u2019exposition des cyclistes à la pollution.Ils iront aussi à Copenhague, considérée comme la capitale mondiale du vélo, pour constater l\u2019effet des aménagements cyclables sur la santé des cyclistes.Ils planifient aussi des déplacements à vélo à Pékin et à New Delhi, deux des villes les plus polluées au monde.«À Mexico, on roulait huit heures par jour et on était tous en crise d\u2019asthme à la fin de la journée.Deux de nos collègues avaient des symptômes d\u2019asthme même si elles ne sont pas asthmatiques.Ce n\u2019est pas du tout le cas à Montréal», raconte Philippe Apparicio.Efficace à deux roues Jusqu\u2019à maintenant, les nouvelles sont bonnes pour les Montréalais qui se déplacent à deux roues.L\u2019air et les niveaux de bruit sont meilleurs qu\u2019à Paris, à Mexico ou à Ho Chi Minh-Ville, par exemple.De plus, le vélo est un moyen de transport aussi efficace que la voiture ou le métro, indique la plus récente étude de Philippe Apparicio et ses collègues, publiée dans le Journal of Transport Geography.Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont formé trois équipes de trois personnes qui se rendaient à une série d\u2019endroits (entreprises, universités) à partir de Villeray, Rosemont et d\u2019autres situés à une douzaine de kilomètres du centre-ville.Ils faisaient les parcours du matin (à 8 h) et du soir (à 17 h) à vélo, en auto et en transports en commun.La durée moyenne des trajets aux heures de pointe est de 38 minutes pour les automobilistes, 39 minutes pour les cyclistes et 42 pour les usagers des transports en commun (bus et métro).Dans 25 % des trajets, le cycliste est même arrivé avant l\u2019automobiliste.Et ces données ne tiennent pas compte du temps nécessaire pour garer la voiture.« Il n\u2019y a pas de différences significatives entre les trois modes [de transport].Par conséquent, utiliser l\u2019automobile aux heures de pointe à Montréal pour des trajets d\u2019environ 45 minutes n\u2019est pas plus rapide que de se déplacer à vélo ou en transport en commun.Autrement dit, le vélo et le transport en commun sont des alternatives efficaces à l\u2019automobile aux heures de pointe », écrivent les auteurs.C\u2019est efficace, se déplacer à vélo, mais les cyclistes sont exposés à des niveaux importants de bruit et de pollution de l\u2019air.En moyenne, les automobilistes sont exposés à des niveaux sonores de 67 décibels (en roulant les fenêtres baissées), contre 69 pour les cyclistes et 73 pour les usagers des transports en commun.Cette différence est significative, ce qui indique que les cyclistes et surtout les usagers du métro sont beaucoup plus exposés au bruit.Plein les oreilles et les poumons Les niveaux d\u2019exposition au dioxyde d\u2019azote (NO2), émis par la combustion du carburant, sont à peu près les mêmes pour les usagers des trois modes de transport.Ces niveaux sont deux fois moindres que la norme de l\u2019OMS de 200 microgrammes par mètre cube à l\u2019heure.Mais les cyclistes aspirent plus de litres d\u2019air par minute et inhalent plus de polluants atmosphériques, à cause de l\u2019effort physique.La nouvelle collecte de données dans les rues de Montréal vise à déterminer jusqu\u2019à quel point les cyclistes respirent de l\u2019air pollué.Jusqu\u2019à quel point, aussi, le fait de rouler sur une artère importante, la rue Saint-Urbain, par exemple, expose-t-il davantage les cycliste s à la pollution ?Jusqu\u2019à quel point faut-il aménager des pistes cyclables dans des rues où l\u2019air circule bien ?Sans grande surprise, les chercheurs concluent à ce jour qu\u2019il États et taxes sur Internet \u2019ajustement du cadre juridique applicable aux activités se déroulant sur Internet a franchi un pas important grâce à une décision de la Cour suprême des États-Unis rendue le 21 juin dernier.Le plus haut tribunal américain a reconnu que les États américains ont la faculté de contraindre les fournisseurs qui proposent des biens et services au moyen d\u2019Internet à percevoir les taxes auprès des clients, et ce, même si ces entreprises n\u2019ont pas de présence physique sur leur territoire.Il s\u2019agit d\u2019un revirement par rapport au droit jusque-là applicable.Cela ouvre la porte à un rétablissement de l\u2019équité entre les commerçants proposant des biens ou services en ligne, qui souvent ne percevaient pas les taxes et les autres, et ceux qui ont pignon sur rue et qui ne peuvent échapper aux obligations fiscales.Pour obvier aux difficultés d\u2019appliquer les lois fiscales lors de transactions par Internet, plusieurs États ont adopté des lois obligeant les vendeurs à percevoir les taxes lors des transactions impliquant la livraison de biens ou de services sur leur territoire.Ce sont ces lois que la société Wayfair et d\u2019autres fournisseurs sans présence physique dans les États ont contestées.Dans la décision Wayfair, le plus haut tribunal américain a décidé que le Dakota du Sud pouvait obliger une société commerciale sans présence physique sur le territoire de l\u2019État à percevoir des taxes lors de transactions portant sur des biens ou services devant y être livrés.Tout comme au Canada, la taxe de vente est imposée à l\u2019acheteur mais perçue par le vendeur, en tant que mandataire de l\u2019État, qui remet ensuite la taxe à l\u2019État.Revirement Cette décision est d\u2019autant plus significative qu\u2019elle annule des décisions datant de 1967 et de 1992, dans lesquelles il avait été jugé qu\u2019un État ne peut imposer une obligation de perception de taxe à un contribuable étranger, sauf si ce contribuable a une présence physique significative dans cet État.Au nom de ces précédents désormais écartés, plusieurs tenaient pour acquis que les États ne pouvaient taxer les transactions impliquant des entreprises qui n\u2019avaient pas d\u2019établissements physiques sur leur territoire.La majorité des juges de la Cour retiennent qu\u2019il est nécessaire d\u2019adapter le cadre juridique afin de procurer un environnement commercial équitable.Relevant que les États avaient à subir un manque à gagner de plusieurs milliards, ils reformulent les règles relatives à la libre circulation des biens et des services entre les États de manière à permettre la mise en place de régimes fiscaux équivalents aussi bien pour les ventes en ligne que pour les ventes par les canaux traditionnels.Ce type de mise à niveau des règles de droit témoigne de la capacité des tribunaux de faire évoluer leurs analyses afin de refléter les contextes induits par l\u2019avènement des activités se déroulant sur Internet.Critiques Les critiques de cette décision ont évoqué les difficultés que pourraient subir les petites entreprises obligées de gérer les multiples exigences fiscales de l\u2019un et l\u2019autre des États.Il y a en effet des défis bien réels, surtout pour les sites de dimension modeste, à devoir tenir compte des exigences différentes et des conditions parfois complexes des multiples lois fiscales prévalant dans chacun des États.Cela indique qu\u2019il faut rattraper le retard dans le développement d\u2019outils, notamment fondés sur l\u2019intelligence artificielle, afin de faciliter la tâche des commerçants qui ont à percevoir les taxes.S\u2019il est possible d\u2019assurer le fonctionnement de réseaux en disposant des outils techniques précisément conçus pour prendre en charge des situations complexes, on ne voit pas pourquoi ce type d\u2019instruments ne pourrait être déployé afin de gérer les complexités découlant des différences fiscales entre les multiples espaces territoriaux qui coexistent sur la planète ! La décision Wayfair est un pas important vers la mise en place de règles équitables pour tous les acteurs, ceux qui agissent en ligne et les autres.La fascination suscitée par Internet a entretenu longtemps le mythe selon lequel ce qui se déroule au sein du réseau échappe aux lois des États.Dans beaucoup de pays, cette croyance a considérablement retardé le travail de mise à niveau des lois.Avec cette décision, il est farfelu de prétendre que les États ne peuvent appliquer leurs lois aux activités se déroulant sur Internet et qui ont des conséquences sur leurs territoires.La tâche des autorités canadiennes désireuses de rétablir l\u2019équité fiscale entre les univers en ligne et hors ligne est facilitée.L Selon l\u2019étude de l\u2019INRS, utiliser l\u2019automobile aux heures de pointe à Montréal pour des trajets d\u2019environ 45 minutes n\u2019est pas plus rapide que de se déplacer à vélo ou en transport en commun.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR À Mexico, on roulait huit heures par jour et on était tous en crise d\u2019asthme à la fin de la journée.Deux de nos collègues avaient des symptômes d\u2019asthme même si elles ne sont pas asthmatiques.PHILIPPE APPARICIO » PIERRE TRUDEL TERESA WRIGHT À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Justin Trudeau a dit dimanche ne pas se souvenir d\u2019une quelconque « interaction négative » au cours d\u2019une activité à laquelle il a participé il y a dix-huit ans en Colombie- Britannique.Du coup, il a reconnu pour la première fois l\u2019existence d\u2019allégations d\u2019inconduite sexuelle contre lui qui ont récemment refait surface.S\u2019adressant à des journalistes à Regina, M.Trudeau a dit se souvenir d\u2019avoir assisté à un festival de musique à Cres- ton, en Colombie-Britannique, mais il ne se rappelle pas avoir fait quelque chose de mal.« Je me souviens de ce jour à Creston.C\u2019était une activité de la Fondation Avalanche.J\u2019ai passé une bonne journée, ce jour-là.Je ne me souviens d\u2019aucune interaction négative, ce jour-là », a-t-il déclaré.C\u2019est la première fois que M.Trudeau commentait directement des allégations qui ont refait surface dans des médias, la semaine dernière.Ce commentaire ressemble à celui qu\u2019a formulé son cabinet en réponse à des questions au sujet des allégations.L\u2019incident se serait produit en 2000 lors d\u2019un festival de musique visant à amasser de l\u2019argent pour la Fondation Avalanche, une cause pour laquelle M.Trudeau s\u2019est impliqué à la suite de la mort de son frère Michel dans une avalanche en 1998.Au cours des jours qui ont suivi ce festival, un article publié par le Creston Valley Advance disait que M.Trudeau avait présenté des excuses auprès d\u2019une journaliste non nommée pour l\u2019avoir « pelotée ».Le futur premier ministre aurait dit à la dame qu\u2019il ne l\u2019aurait pas touchée s\u2019il avait su qu\u2019elle était en reportage pour un média national.La Presse canadienne tente de parler à l\u2019autre personne impliquée dans le soi-disant incident, mais ses efforts n\u2019ont pas encore été couronnés de succès.Trudeau réagit à une ancienne accusation de conduite inappropriée vaut mieux faire un détour par de petites rues résidentielles pour aspirer moins de polluants.Laisser la science décider « Un cycliste qui décide d\u2019arrêter de rouler sur Saint-Urbain et qui prend une petite rue à côté, sur une année, si c\u2019est un trajet qu\u2019il fait tout le temps, il va significativement réduire son niveau d\u2019exposition au bruit et à la pollution », dit Jérémy Gelb, qui fait sa thèse de doctorat sur ce sujet à l\u2019INRS.Le représentant du Devoir est allé rouler au centre-ville et dans le Sud- Ouest avec Vincent Jarry, qui commence ses études de maîtrise avec l\u2019équipe de Philippe Apparicio.Armé de sa panoplie d\u2019appareils de mesure, il faisait systématiquement des détours par les grandes artères et par des voies cyclables nichées dans des parcs ou des rues peu fréquentées.Rue Saint-Jacques, les camions nous crachent au visage \u2014 et dans les oreilles \u2014 les rejets de leur système d\u2019échappement.À deux jets de pierre, la piste cyclable Saint-Henri, qui se faufile parmi les arbres matures, est un havre de paix.On se croirait en campagne.Vincent Jarry rêve de contribuer, par ses recherches, à l\u2019aménagement de voies cyclables saines.« C\u2019est important que les axes cyclables soient planifiés de manière rationnelle et non politique.On a l\u2019impression que les politiciens vont privilégier tel axe pour gagner des votes.» CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE MARDI 3 JUILLET 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin BENOIT LÉGER RETRAITÉ, MONTRÉAL Ce texte est hérétique.Il est presque séditieux.Il est en tout cas en marge de la rectitude politique.Il se veut une réponse à ces juges qui protègent la liberté de religion contre cette loi fort timide pourtant, qui réglementerait le port de signes religieux.Il veut parler au nom d\u2019une minorité invisible et inaudible.Il prend le parti de tenter de mieux nommer les choses pour éviter, comme le disait Camus, d\u2019ajouter aux malheurs du monde.Il espère semer le doute chez des gens qui ne vivent que dans des certitudes inattaquables, protégées par toutes les chartes.De façon plus réaliste, il aimerait donner envie à ceux et celles qui pensent au lieu de prier de le dire haut et fort.J\u2019en ai assez de devoir faire des génuflexions de complaisance devant la sacro-sainte liberté de religion, exempte d\u2019impôts, détentrice de tous les droits, y compris celui de bafouer les femmes ou de priver les enfants L\u2019hélicoptère du père Noël enfin médicalisé À l\u2019Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal, au cours des années 1970, le Dr Ernest Prégent, ur- gentologue de cette première période affecté à la prise en charge des polytraumatisés, était notre porte-parole et promoteur du transport héliporté.Lorsqu\u2019on soulevait la question, il répondait : « Il faut que ça serve aux patients.Pour le moment, l\u2019hélicoptère ne sert qu\u2019à transporter le père Noël au défilé annuel », ce qui était tout à fait vrai.Sacré-Cœur s\u2019est doté d\u2019un héliport pour assurer la couverture médicale du Grand Prix de F1.Comme il s\u2019agit du centre hospitalier le plus éloigné de l\u2019île No- tre-Dame, cette particularité nous permettait de démontrer, en présence d\u2019un accident grave, que le patient n\u2019est pas amené à l\u2019hôpital le plus proche, mais au centre qui répond le mieux à ses besoins particuliers.En hélicoptère, la durée de transport d\u2019un coureur blessé est de sept minutes.À l\u2019occasion du drame des jeunes hockeyeurs de Saskatchewan transportés par ambulance hélicoptère, mon confrère et ami le Dr David Mulder a trouvé le bon argument et aussi le bon moment pour convaincre le ministre Gaétan Barrette de lancer un projet pilote.Ainsi il est à espérer que le transport héliporté médicalisé, boudé par le ministère durant toutes ces années, profitera éventuellement à l\u2019ensemble des patients du Québec.Léon Dontigny Montréal, le 25 juin 2018 ter.Tous sur Facebook, ils s\u2019y informent et conversent sans trop savoir, ou du moins sans se préoccuper du fait qu\u2019ils se trouvent ainsi enfermés dans une bulle de technologie, une technologie omniprésente à laquelle ils sont asservis.Exit les capacités de calcul mental, de rédaction structurée, de lecture stratégique.Tout enseignant vous le dira, faire en sorte que les étudiants «fassent leurs lectures», ne serait-ce que de courts textes, constitue un véritable exploit! Bien sûr, comme enseignants, nous n\u2019avons que le choix de nous adapter.Ne pas tenir pour acquis, par exemple, que des mots pourtant usuels sont compris ou que nos institutions politiques sont bien connues ou encore que la lecture des travaux de session qui nous seront présentés sera aisée; ce ne sera pas nécessairement le cas! À cette époque de défis planétaires et de bouleversements accélérés, il n\u2019a jamais été aussi important de savoir s\u2019informer, de posséder un bon sens critique.Mais comment comprendre le monde dans lequel on vit si on n\u2019a pas les mots pour le nommer?Louis Langelier, enseignant à l\u2019ESG UQAM, Le 21 juin 2018 Les athées, minorité oubliée LIBRE OPINION LETTRES COMMERCE Match dangereux es messages étaient quelque peu surréalistes.Le 30 juin, le président américain, Donald Trump, son secrétaire d\u2019État, Mike Pompeo, et son ambassadrice au Canada, Kelly Craft, ont tous envoyé leurs vœux aux Canadiens pour la fête du Canada.Chacun en a profité pour vanter la longue et indéniable amitié entre les deux pays.Heureux qu\u2019ils se le rappellent, un mois à peine après avoir imposé des tarifs punitifs de 25 % et de 10 % respectivement sur l\u2019acier et l\u2019aluminium canadiens, et la veille du jour où entrait en vigueur la réplique \u2014 nécessaire \u2014 d\u2019Ottawa à ce que le premier ministre Justin Trudeau a maintes fois qualifié, avec raison, de geste «insultant» et «illégal», le gouvernement Trump ayant invoqué la sécurité nationale des États-Unis pour le justifier.Le Canada, un danger ?Ce sont plutôt les décisions du gouvernement américain sur le front commercial qui en sont un pour les économies canadienne et américaine.Les effets des tarifs américains commencent à se faire sentir au Canada, ont témoigné des représentants des entreprises et des travailleurs des deux secteurs devant un comité parlementaire, la semaine dernière.La réplique canadienne aura aussi des impacts des deux côtés de la frontière, ont-ils dit, sans pour autant retirer leur appui au gouvernement canadien.Mais cette solidarité à laquelle M.Trudeau a appelé les Canadiens le 1er juillet pourra-t-elle durer ?Le premier ministre doit l\u2019espérer à un an des élections fédérales, car le climat pourrait s\u2019envenimer encore plus.Le président Trump, qui a promis de faire payer les Canadiens, menace d\u2019imposer des tarifs de 20 % sur les produits du secteur automobile.S\u2019il s\u2019exécute, le Canada réagira, il n\u2019a pas le choix, mais il ne pourra pas répliquer du tac au tac, car le morceau sera trop gros.Selon des calculs effectués par la Financière Banque Nationale à partir de données de Statistique Canada, les exportations d\u2019acier et d\u2019aluminium touchées par les tarifs représenteraient respectivement environ 0,1 % et 0,2 % du PIB canadien, celles du secteur automobile, 1,4 %.Depuis dimanche, le Canada impose aux Américains des tarifs de 25 % sur l\u2019acier et de 10 % sur l\u2019aluminium.Une foule d\u2019autres produits provenant d\u2019États dépendant largement du marché canadien, mais qui ont, pour la plupart, la caractéristique d\u2019être clés pour les républicains, sont touchés.La stratégie canadienne est similaire à celles d\u2019autres pays, dont l\u2019espoir commun est de provoquer une pression sur les républicains à la veille des élections de mi-mandat au Congrès.Même s\u2019il est le premier partenaire commercial des États-Unis, le Canada a besoin de ce front commun, car il ne peut résister seul.Dépendant plus que quiconque de son accès au marché américain, il est plus vulnérable à une escalade, qu\u2019il ne souhaite pas.Et avec raison.Si Donald Trump met sa menace à exécution contre le secteur automobile, le choc pour l\u2019économie canadienne sera nettement plus important et la facture, plus élevée.Le gouvernement s\u2019est engagé à aider entreprises et travailleurs, comme il l\u2019a fait la semaine dernière pour ceux de l\u2019acier et de l\u2019aluminium, mais ce dernier programme coûte à lui seul environ 2 milliards.Imaginez pour le secteur automobile.Actuellement, l\u2019économie se porte bien, mais l\u2019incertitude commerciale obscurcit l\u2019horizon et, par ricochet, brouille les prévisions financières du gouvernement fédéral, qui affiche toujours un déficit.En jouant la carte de l\u2019amitié, M.Trump n\u2019a berné personne, d\u2019autant moins que, le lendemain, il déclarait sur les ondes de Fox News ne pas vouloir signer une nouvelle version de l\u2019ALENA avant les élections de mi-man- dat au Congrès.Cela signifie que la guerre d\u2019usure dans laquelle il s\u2019est lancé n\u2019est pas près de cesser.Ce nouvel échéancier démontre encore que ses calculs électoraux à court terme sont ses premiers guides, sans égard pour les dégâts à long terme.Ce qui importe, à quelques mois des élections de mi-mandat, est de satisfaire la frange protectionniste de la base républicaine qui l\u2019a porté au pouvoir.Un jeu dangereux pour les Américains, mais encore plus pour le Canada, coincé dans un rapport de force inégal.Comme les aime Donald Trump.Pour Justin Trudeau, le défi d\u2019ici le prochain scrutin sera de convaincre les Canadiens de porter avec lui le fardeau et non de le punir pour un combat qu\u2019il n\u2019a pas cherché.ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu d\u2019une véritable éducation.J\u2019en ai assez de revendiquer qu\u2019on cesse de m\u2019imposer le voile ou le crucifix alors que, soyons honnêtes, c\u2019est carrément Dieu que je veux enfin voir disparaître du décor.Je devais avoir sept ou huit ans lorsqu\u2019en m\u2019amusant avec les jouets que le père Noël venait de m\u2019apporter, j\u2019ai découvert ses habits dans le fond du placard.Un monde venait de s\u2019écrouler.Des années plus tard, ce sont les livres qui ont à nouveau fait basculer ma vie.Dieu ne serait donc que la version pour adultes du père Noël ?Conduis-toi bien et tu seras récompensé.Malraux aurait dit il y a longtemps : « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas.» Il reconnaissait ce besoin universel de réprimer ses peurs et ses angoisses derrière le mur de la certitude, que d\u2019autres appellent aussi la foi.Il avait peut-être compris que, dans une société où l\u2019éducation et la pensée scientifique prennent de plus en plus d\u2019importance, il était inévitable que ceux et celles qui n\u2019ont accès ni à l\u2019une ni à l\u2019autre sentent leurs certitudes menacées et ripostent par tous les moyens.Dans notre monde post 11 septembre 2001, il est devenu impossible de confronter voire de seulement questionner ces individus pour qui le doute est l\u2019ennemi à abattre.Je ne m\u2019en prends pas ici à une croyance en particulier ni aux croyants de pacotille qui ne vont à l\u2019église ou à la mosquée que pour se marier ou pour mourir.Je parle de ceux et celles qui croient fermement à l\u2019un ou l\u2019autre de ces livres sacrés qui exigent de nous la mise en veilleuse de la raison et du sens critique.Comment réconcilier leur monde et le mien autrement qu\u2019en me taisant au nom du respect de leurs croyances ?Je ne parviens pas à discuter avec des gens qui disent savoir qu\u2019un créateur est à l\u2019origine de tout, que ce créateur se préoccupe d\u2019eux personnellement et qui prétendent surtout savoir qu\u2019ils le rencontreront une fois morts, dans un paradis quelconque.Comment font-ils pour en être si sûrs ?Quel pouvoir extrasensoriel que je n\u2019ai pas possèdent-ils ?Pensée magique En ce qui me concerne, et jusqu\u2019à preuve du contraire, j\u2019ai mis la création de l\u2019existence à partir de rien et la vie éternelle au rang des possibilités improbables.Dieu, lui, appartient à la catégorie de la pensée magique.Je suis athée, comme des milliers d\u2019autres au Québec.Je fais partie d\u2019une minorité qui croit que ceux et celles qui pratiquent sérieusement une religion au point où elle régule toute leur vie souffrent d\u2019un délire collectif.Je les tolère au nom d\u2019une société que je veux libre et égalitaire, mais je revendique mon droit de dire le dégoût que m\u2019inspirent des siècles d\u2019obscurantisme religieux que ces gens s\u2019évertuent à perpétuer.Pour ma part, je n\u2019impose mon choix à personne, je ne demande aucun accommodement, raisonnable ou autre, j\u2019invite la critique vigoureuse et intelligente de ceux et celles qui sont en désaccord avec moi, et je doute chaque jour de ma vie.Oh ! Et merci à mon oncle Henri qui a mal caché son déguisement dans le placard.Sans le vouloir, il a contribué à faire de moi un être pensant.La seule angoisse aujourd\u2019hui que je ne parvienne pas à calmer grâce à l\u2019amour de mes proches, à l\u2019art, à la beauté des lieux et des mots, ou à la bonté et au génie humains, est celle de voir un jour ce monde retomber sous le joug des adultes qui, par ignorance ou manque d\u2019imagination, croient encore au père Noël.Cette peur est alimentée par l\u2019omniprésence de la religion dans nos débats publics.J\u2019en ai assez qu\u2019il n\u2019y en ait, certains jours, que pour les signes religieux, les accommodements, les cours d\u2019éthique, les errances identi- taires et les braises de l\u2019intolérance.Alors qu\u2019on gaspille tout ce temps à vouloir protéger les droits de ces fabulateurs moyenâgeux, la souffrance humaine, bien réelle, se répand sans que jamais aucune intervention divine vienne la soulager.L MANON CORNELLIER Les mots pour le dire Il est souvent question de l\u2019université dans les pages du Devoir,et les derniers jours ne font pas exception avec les intéressants articles d\u2019Aurélie Lanctôt sur la détresse des étudiants et la libre opinion de Stéphane Martineau de l\u2019UQTR sur la vision mercantile de l\u2019université, où ce dernier dénonce les ravages de la pensée néolibérale.Il s\u2019est également écrit beaucoup de choses sur la maîtrise du français au Québec, tant pour ceux qui enseignent au primaire et au secondaire que pour les étudiants et pour la population du Québec en général, pour moitié analphabète.Je constate comme Martineau la concurrence entre les institutions ainsi que l\u2019acceptation aux études supérieures d\u2019étudiants peu préparés et peu motivés, mais je crois que les ravages du néolibéralisme qu\u2019il dénonce vont encore plus loin.Si, comme chargé de cours, il est triste de constater dans ses groupes l\u2019impréparation de certains étudiants, je crois qu\u2019il faut s\u2019alarmer davantage des impacts plus pernicieux de ce néolibéralisme: la préparation d\u2019une chair à canon docile et enthousiaste à y participer.Un grand nombre de jeunes qui nous arrivent en classe ne maîtrisent pas leur langue.La pauvreté de leur vocabulaire fait peine à consta- A 7 LEDEVOIR // LE MARDI 3 JUILLET 2018 IDÉES Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet PASCALE ST-ONGE PRÉSIDENTE DE LA FÉDÉRATION NATIONALE DES COMMUNICATIONS DE LA CSN (FNC-CSN) Chaque 1er juillet est l\u2019occasion pour le Canada de mettre en avant sa diversité culturelle et la vitalité de ses régions.Pourtant, cette année, la fête a un goût amer.Cette pluralité tant célébrée s\u2019effrite à grande vitesse, au rythme effréné des fermetures de journaux locaux.Cette année, la voix de nombreuses régions du pays s\u2019est éteinte et, à moins d\u2019une action rapide du gouvernement Trudeau, cette diversité régionale ne sera plus qu\u2019un slogan vide de sens.La semaine dernière, neuf hebdomadaires et un quotidien de Postme- dia ont annoncé leur fermeture.Cette annonce, qui suit celle de 36 publications du Canada anglais et de plusieurs autres au Québec plus tôt cette année, n\u2019est pas une surprise, et c\u2019est ce qui fait le plus mal.Depuis plusieurs mois, nous interpellons les gouvernements et les élus de tous les partis au sujet de la crise des médias.Tous disent comprendre l\u2019intérêt de maintenir une information journalistique de qualité partout au pays, mais le sentiment d\u2019urgence n\u2019y est pas.L\u2019année 2018 sera sans doute l\u2019année charnière de l\u2019information au pays.Sera-t-elle celle où les gouvernements auront eu le courage de dépasser les intérêts partisans pour assurer la survie du journalisme régional et national ?Pour le moment, le Canada demeure le cancre parmi les pays industrialisés sur le plan de l\u2019aide gouvernementale aux médias et il serait temps de sortir de cette queue de peloton.Nous pourrions discuter en long et en large des décisions prises par un média ou un autre pour s\u2019adapter au virage numérique.Mais s\u2019attarder sur cette question masquerait le véritable enjeu : les médias écrits pourront-ils survivre au Canada sans l\u2019aide de l\u2019État ?La réponse est non.Les médias écrits sont tous passés en mode « survie » au cours des trois ou quatre dernières années, chacun se demandant comment produire la même information avec moins de revenus.Ceux-ci sont condamnés à disparaître si rien n\u2019est fait, car la source de leur désarroi demeure bien présente : la chute des revenus publicitaires.La publicité, le nerf de la guerre Le débat sur l\u2019avenir de l\u2019information est complexe, et il est commun de blâmer les médias comme étant responsables de leur sort.Cette posture me semble aussi pertinente que de dire qu\u2019un chômeur est responsable d\u2019une crise économique qu\u2019il subit.Nous n\u2019avons plus le temps des faux débats et des disputes partisanes.Que les journaux soient payants ou gratuits, imprimés ou numériques, à tendance fédéraliste ou souverainiste, la question n\u2019est plus là.Les médias vivent tous principalement de revenus publicitaires et la source s\u2019est tarie considérablement depuis que Google et Facebook ont mis la main sur ces milliards de revenus.Ces jours-ci, il est aussi de bon ton de dénigrer le travail des journalistes parmi les opposants à toute aide gouvernementale aux médias.Ceux-ci semblent à la fois mal connaître ce métier et fermer les yeux sur ses apports nécessaires.Sommes-nous réellement prêts à vivre dans un monde sans information journalistique ?Qui passera des journées à décortiquer les projets de loi ou les budgets, à assister aux débats parlementaires ou à enquêter pendant des semaines sur des systèmes de corruption?Les journalistes sont les yeux et les oreilles de la population et ils sont un atout nécessaire à la démocratie.Les timides programmes d\u2019aide récemment créés tant du côté provincial que du fédéral doivent céder la place à des mesures beaucoup plus costaudes et structurantes.On pense ici particulièrement à des crédits d\u2019impôt sur la masse salariale, qui permettraient le maintien des emplois et la continuité dans la production de contenus d\u2019information de qualité.Au Québec, lors de la campagne électorale, nous interpellerons nos politiciens pour savoir s\u2019ils considèrent que le journalisme professionnel doit encore jouer son rôle de contre-pouvoir et de surveillance.Cet automne, nous attendons des engagements concrets de la part de tous les partis pour assurer la pérennité et l\u2019indépendance de nos sources d\u2019information.À Ottawa, le gouvernement fédéral préparera pour sa part son dernier budget avant les élections.Espérons que le message sera entendu à temps.CRISE DES MÉDIAS La plus grande menace pour la diversité canadienne L\u2019ennemi de l\u2019intérieur L a nostalgie Barack Obama bat son plein.Chaque jour de méchancetés et d\u2019insultes par Donald Trump augmente les regrets pour un président qui se comportait comme un adulte.Certes, une restauration de dignité à la Maison-Blanche serait une aubaine.Toutefois, je me trouve de plus en plus agacé par les analyses du caractère de l\u2019ancien président par des journalistes anti-Trump.En tant que critique d\u2019Obama avant la lettre, je me suis souvent buté à l\u2019ignorance de mes confrères, surtout au début de sa montée spectaculaire en 2006-2008.Avec du recul, j\u2019aurais souhaité plus de sagesse de leur part.Mais voilà que Maureen Dowd, du New York Times, se trompe de nouveau, malgré son admirable effort pour blâmer le bien-aimé Barack pour l\u2019ascension de Trump.Dowd souscrit à l\u2019idée d\u2019un Obama céleste, celui qui voulait être au-dessus du sale jeu de la politique.Selon ce scénario, Obama était trop idéaliste pour la politique crue, et en même temps trop arrogant et condescendant pour se rendre compte des réalités de l\u2019Amérique profonde et du travail brut nécessaire à un politicien professionnel.Citant le nouveau livre de Ben Rhodes, Dowd saisit la déclaration suivante attribuée à Obama, peu après l\u2019élection de Trump : « Peut-être est-on allés trop loin.Peut-être les gens veulent-ils juste se replier sur leurs propres tribus.» Et encore, « parfois, je me demande si j\u2019étais dix ou vingt ans en avance ».En effet, il y a là une indication qu\u2019Obama se sent sorti de la cuisse de Jupiter.Cependant, Dowd s\u2019étonne qu\u2019Obama ait pu ignorer ce qu\u2019elle appelle « la faim pour le changement révolutionnaire » affichée aux rassemblements de Donald Trump et de Bernie Sanders \u2014 faim née de « la peur » qu\u2019avaient de nombreuses petites gens d\u2019avoir sombré dans le vide, oubliés par Washington.Comment se fait-il que le président sortant, bénéficiaire en 2008 du même désir de rupture après huit ans de Bush, ait, en 2016, « appuyé le candidat le plus statu quo et le plus élitiste », Hillary Clinton ?Ironie aiguë, d\u2019après Rhodes, car en fin de compte le message d\u2019Obama en 2008 fut le même que celui de Trump en 2016 : « [Hillary] fait partie d\u2019un establishment corrompu à qui on ne peut pas faire confiance pour qu\u2019il change.» Pour Dowd, la réponse est dans le manque d\u2019intérêt par Obama de travailler avec les militants du Parti démocrate.Étant « l\u2019homme seul dans l\u2019arène\u2026 Obama n\u2019aimait pas persuader les gens de faire ce qu\u2019ils ne voulaient pas faire », ce qui est « l\u2019essence de la politique ».Mon Dieu, comment va-t-on se sortir du cauchemar Trump si les médias méconnaissent la politique américaine à ce point ?Obama était, et reste toujours, un politicien de souche, membre de la faction démocrate la plus puissante et corrompue du pays, le Parti démocrate de Chicago.Ayant quitté son travail de militant pour les pauvres afin de poursuivre ses études de droit à Harvard, il est revenu dans sa ville adoptée et s\u2019est mis à côtoyer les barons locaux pour préparer son avenir.Au long de ce parcours, Obama a littéralement épousé la machine démocrate : en tant que fille d\u2019un capitaine de circonscription, Michelle Obama a non seulement grandi dans le milieu dominé par le « boss » réactionnaire du parti, le maire Richard J.Daley, mais elle lui était redevable pour sa survie économique.Son père, Fraser Robinson, travaillait dans le système hydraulique municipal où l\u2019emploi était quasi garanti aux soldats de la machine.C\u2019est par Michelle que Barack, en 1991, a rencontré Valerie Jarrett, alors chef d\u2019état-major adjoint pour le maire Richard M.Daley, fils de Richard J.et l\u2019héritier du fief familial.Au Sénat d\u2019Illinois et ailleurs, Obama a rendu service à son nouveau patron, et le patron l\u2019a bien remercié en février 2007 lorsqu\u2019il a annoncé son soutien \u2014 et ce, très tôt dans le cycle électoral \u2014 pour la candidature présidentielle d\u2019Obama.Un seul événement affirme les liens serrés entre patron politique et disciple : en septembre 2009, en pleine crise financière et alors engagé dans une lutte cruciale pour la réforme nationale des soins médicaux, le président Obama s\u2019est rendu, en vain, à Copenhague afin de décrocher les Jeux olympiques\u2026 pour Chicago.Pourquoi Obama a-t-il appuyé Hillary aux dépens de la nation et en contradiction de ses valeurs censées être progressistes et réformistes ?Sans doute parce qu\u2019en 2008, Hillary a cédé sa place dans sa campagne présidentielle contre la promesse qu\u2019elle deviendrait secrétaire d\u2019État et obtiendrait le soutien d\u2019Obama pour sa candidature en 2016 au moment où ce serait « son tour ».Aujourd\u2019hui, Obama, loin d\u2019être isolé dans des nuages philosophiques, continue à tremper ses pieds dans la boue électorale, surtout pour empêcher les alliés de l\u2019insurgé Bernie Sanders de capter des postes importants au Parti démocrate.Dans ce rôle de seigneur de l\u2019ancien régime, Obama risque encore d\u2019étouffer la réforme et d\u2019encourager la réélection de Donald Trump.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient au début de chaque mois.Pourquoi Obama a-t-il appuyé Hillary aux dépens de la nation et en contradiction de ses valeurs censées être progressistes et réformistes ?Sans doute parce qu\u2019en 2008, Hillary a cédé sa place dans sa campagne présidentielle contre la promesse qu\u2019elle deviendrait secrétaire d\u2019État et obtiendrait le soutien d\u2019Obama pour sa candidature en 2016 au moment où ce serait « son tour ».HÉLÈNE PANNETON PRÉSIDENTE DE L\u2019ASSOCIATION POUR LA DIFFUSION DE LA MUSIQUE D\u2019AUGUSTE DESCARRIES Le compositeur André Mathieu connaît de nouvelles heures de gloire dans le cadre des célébrations entourant le 50ean- niversaire de sa mort.Sa cause a été brillamment portée jusqu\u2019à présent par Alain Lefebvre, un pianiste bien en vue, et défendue par des éditions sérieuses, sans parler des films et des ouvrages sur son histoire singulière.Fort bien ! Hélas, comme l\u2019indique l\u2019entrevue intitulée « Bruno Laplante, le sauveur de patrimoine », réalisée par Christophe Huss et parue dans Le Devoir du 23 juin, combien d\u2019autres compositeurs québécois sont laissés dans l\u2019ombre depuis des décennies, en attente de « sauveurs» qui vont les tirer vers la lumière?Pourtant, avant Bruno Laplante et ses éditions de musique canadienne, de nombreux efforts ont été déployés pour nous faire connaître les différents chapitres de notre histoire musicale, que ce soit par l\u2019édition de partitions (ex.: les 25 volumes édités de 1982 à 2003 par la Société du patrimoine musical canadien), la promotion des compositeurs et la conservation de leurs œuvres (le Centre de musique canadienne), la diffusion radiophonique (émission Suite canadienne à Radio-Canada dans les années 1980), les enregistrements (les 39 coffrets de Radio-Canada International, 1978-1991), la recherche musico- logique (publiée dans différentes revues).Au moment de dresser le bilan, comment expliquer que les œuvres des Achille Fortier (pourtant éditées et enregistrées par le pianiste Réjean Coal- lier), ou encore celles d\u2019Emiliano Renaud, Lionel Daunais, Omer Létour- neau et Antoine Dessane, parmi tant d\u2019autres, demeurent des maillons manquants dans la chaîne médiatique reliant nos balbutiements à la musique d\u2019aujourd\u2019hui ?C\u2019est avec l\u2019idée de reconstituer l\u2019un de ces maillons qu\u2019a été fondée, en 2012, l\u2019Association pour la diffusion de la musique d\u2019Auguste Descarries (ADMAD), avec le soutien de la famille du compositeur.Prix d\u2019Europe en 1921, Descarries a reçu une formation unique pour l\u2019époque auprès des musiciens russes qui s\u2019étaient réfugiés à Paris après 1917.À son retour en 1929, il a généreusement redonné à la société québécoise par son enseignement, ses écrits, ses conférences et, surtout, plusieurs dizaines de compositions, qui méritent d\u2019être diffusées sur toutes les tribunes et dans les médias.Le chemin parcouru depuis six ans par l\u2019ADMAD pourrait faire l\u2019objet d\u2019un ouvrage en soi.Contentons-nous d\u2019évoquer les faits saillants de cette aventure: agrégation d\u2019Auguste Descarries au Centre de musique canadienne, enregistrement de ses œuvres religieuses (Productions XXI), édition d\u2019une trentaine de partitions manuscrites (Éditions Outremontaises, Éditions du Nouveau Théâtre Musical, gravures par des musiciens sur commande de l\u2019ADMAD (Aleksey Shegolev, Julien Proulx) ou dans le cadre d\u2019études universitaires (Isabelle David), organisation de conférences et de concerts en partenariat (notamment avec la Société d\u2019art vocal et la Fondation Arte Musica), remise de bourses annuelles, commande d\u2019articles sur la vie et l\u2019œuvre de Descarries, parution d\u2019un bulletin annuel, élaboration d\u2019un site Web et enrichissement de l\u2019article Wikipédia sur le musicien, etc.Le travail est sans fin.Il s\u2019avère parfois difficile de fournir à la tâche et de trouver le financement nécessaire pour mener à bien tous les projets (pour l\u2019heure, trois CD en perspective).Comme l\u2019expose pertinemment Marie-Thérèse Le- febvre dans son article sur Descarries publié dans Les Cahiers des Dix (67, 2013, 149-186) : « Ce travail d\u2019édition et d\u2019enregistrement des œuvres qui appartiennent à notre patrimoine culturel est essentiel pour mieux comprendre le développement de la musique québécoise.[\u2026] Que penserait-on d\u2019un enseignement de la littérature ou des arts visuels qui ne reposerait que sur des titres, mais dont les livres et les tableaux auraient disparu ?» En ma qualité de présidente de l\u2019AD- MAD, je voudrais exprimer la joie que j\u2019éprouve en particulier à la découverte de chaque œuvre qui naît ou renaît, issue de la mise au jour d\u2019un manuscrit entreposé depuis 60 ans, et qui réussit à définir avec une précision accrue les traits d\u2019Auguste Descarries, de l\u2019homme et de l\u2019artiste.Il ne reste plus qu\u2019à souhaiter qu\u2019il se forme autant de nouvelles associations qu\u2019il existe de compositeurs oubliés.Ainsi, Bruno Laplante se sentira moins seul dans sa galère ! Revaloriser l\u2019œuvre d\u2019Auguste Descarries La semaine dernière, neuf hebdomadaires et un quotidien de Postmedia ont annoncé leur fermeture.Cette annonce, qui suit celle de 36 publications du Canada anglais et de plusieurs autres au Québec, n\u2019est pas une surprise.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE En ma qualité de présidente de l\u2019ADMAD, je voudrais exprimer la joie que j\u2019éprouve en particulier à la découverte de chaque œuvre qui naît ou renaît, issue de la mise au jour d\u2019un manuscrit entreposé depuis 60 ans, et qui réussit à définir avec une précision accrue les traits d\u2019Auguste Descarries JOHN R.MACARTHUR LEDEVOIR // LE MARDI 3 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com E N B R E F Harvey Weinstein inculpé d\u2019agression sexuelle sur une troisième femme NEW YORK \u2014 Le dossier criminel contre Harvey Weinstein s\u2019est alourdi lundi, l\u2019ex-producteur de cinéma devenu le catalyseur du mouvement #MeToo étant désormais inculpé d\u2019agressions sexuelles sur trois femmes, alors que son avocat maintenait son innocence.Le procureur de Manhattan Cyrus Vance a annoncé que l\u2019ex-producteur, déjà inculpé fin mai pour un viol présumé remontant à 2013 et une fellation forcée datant de 2004, faisait désormais l\u2019objet d\u2019une nouvelle inculpation pour un «acte sexuel forcé» sur une troisième femme, remontant au 10 juillet 2006.Cette agression a donné lieu à trois nouveaux chefs d\u2019accusation, dont deux pour «agression sexuelle prédatrice», punissables d\u2019une peine minimale de dix ans de prison et d\u2019une peine maximale de perpétuité, a précisé le procureur dans un communiqué.Il n\u2019a donné aucun détail sur l\u2019identité de cette troisième victime supposée.Après sa première inculpation fin mai, M.Weinstein, 66 ans, avait plaidé non coupable.Multi-oscarisé et longtemps l\u2019un des producteurs les plus courtisés de Hollywood avant d\u2019être présenté comme l\u2019un des plus dangereux prédateurs sexuels que l\u2019Amérique moderne ait jamais connus, Harvey Weinstein avait été remis en liberté moyennant un million de dollars de caution.Il doit aussi porter un bracelet électronique et rester dans les États de New York et du Connecticut.Au-delà de ces inculpations, près d\u2019une centaine de femmes ont affirmé depuis octobre avoir été harcelées ou abusées sexuellement par le producteur.New York est la seule juridiction où il a été formellement inculpé à ce stade.Agence France-Presse La Station spatiale internationale a reçu une cargaison de 2700 kg CAP CANAVERAL \u2014 La Station spatiale internationale (SSI) a reçu lundi une cargaison comportant des fruits, de la crème glacée, des souris génétiquement identiques, de même que le tout premier robot doté d\u2019intelligence artificielle à séjourner dans l\u2019espace.La capsule Dragon de la firme privée Spa- ceX a atteint la SSI trois jours après son décollage du Centre spatial Kennedy à Cap Canaveral, en Floride.Dragon transportait aussi 57 aliments canadiens, dont des pâtés de crabe, de saumon et de homard, du saumon fumé et du saumon glacé à l\u2019érable en vue de la mission de l\u2019astronaute canadien David Saint-Jacques, dont le lancement vers l\u2019espace est prévu pour décembre prochain.Associated Press Harvey Weinstein EDUARDO MUNOZ ALVAREZ AGENCE FRANCE-PRESSE Destructrice, la pêche en haute mer ne serait rentable que grâce à des subventions, d\u2019après une nouvelle étude.Rashid Sumaila, professeur d\u2019économie des océans et de la pêche à l\u2019Université de la Colombie-Britannique, demande son interdiction dans le cadre de prochaines négociations onusiennes.CÉCILE BONTRON LE TEMPS Dans quelques semaines, l\u2019ONU va reprendre ses négociations pour un traité sur la haute mer.Cet espace situé au- delà de 200 milles des côtes, représentant plus de 60 % de la surface des océans, est très peu réglementé.Le traité de l\u2019ONU devra permettre d\u2019y organiser la protection de la biodiversité et son exploitation.Or, la revue Science Advances vient de publier un article affirmant que plus de la moitié de la pêche en haute mer n\u2019est pas rentable.Rashid Sumaila, professeur d\u2019économie des océans et de la pêche à l\u2019Université de Colombie-Britannique (Canada), l\u2019un des auteurs de l\u2019étude, estime que la pêche en haute mer est à la fois destructrice et faussée par les subventions.Il appelle à interdire cette activité qui représente 10 % de la pêche mondiale.Le Temps : Quels outils avez-vous utilisés pour calculer les coûts et revenus de la pêche en haute mer, une activité parfois cachée ?Rashid Sumaila : Nous compilons les données sur la pêche depuis 2000.Nous avons analysé les données sur les prix, les coûts, les chiffres de l\u2019emploi, les subventions.À côté de ça, nous nous sommes alliés avec Global Fishing Watch [une pla- teforme créée par les ONG Sky- Truth et Oceana avec Google, qui permet de localiser les bateaux de pêche partout dans le monde].Grâce à leur technologie par satellite, nous avons été capables de repérer et d\u2019identifier le nombre de navires opérant réellement en haute mer.Puis nous avons combiné ces éléments, ce qui nous permet d\u2019étudier la logique économique en haute mer.Quel est le chiffre d\u2019affaires que vous avez estimé pour cette activité ?En 2014, les prises totales de la pêche en haute mer ont été de 4,4 millions de tonnes avec un chiffre d\u2019affaires global de 7,6 milliards de dollars.Cinq pays seulement se partagent 64 % de ce chiffre d\u2019affaires : la Chine (21 %), Taïwan (13 %), le Japon (11 %), la Corée du Sud (11 %) et l\u2019Espagne (8 %).Or nos estimations des coûts globaux liés à cette pêche se situent entre 6,2 et 8 milliards de dollars.La pêche en haute mer ne serait donc pas rentable ?Les subventions gouvernementales pour la pêche en haute mer s\u2019élèvent à 4,2 milliards de dollars en 2014.En analysant les données au niveau des flottes, nous avons aussi découvert que 54 % des navires pêchant en haute mer ne seraient pas rentables sans subvention.Et il faut ajouter le fait que, dans certains pays, il existe du travail très peu rémunéré, voire de l\u2019esclavage moderne.C\u2019est un facteur clé dans la réduction des coûts de la pêche lointaine : d\u2019une certaine manière, le tra- « Je propose de transformer la haute mer en banque à poissons » Menaçante pour l\u2019écosystème, la pêche en haute mer est faussée par les subventions 4,2 milliards Estimation des subventions gouvernementales à travers le monde pour la pêche en haute mer La haute mer, située au-delà de 200 milles des côtes et représentant plus de 60 % de la surface des océans, est très peu réglementée.MARCEL MOCHET AGENCE FRANCE-PRESSE vail sous-payé est une subvention.Les coûts de main-d\u2019œuvre représentent la plus grande source d\u2019incertitude dans notre analyse, nos estimations sont donc très prudentes.Mais elles pourraient être sous-estimées, augmentant la rentabilité de certaines flottes.Quelle est la flotte qui bénéficie le plus de subventions ?Celle de la Chine.Pour cet État, et Taïwan, notamment, la pêche en haute mer n\u2019est rentable qu\u2019avec les subventions gouvernementales et une main- d\u2019œuvre très peu chère.La Chine est aussi le pays qui pêche le plus.Nous avons estimé que 35 % du total des prises en haute mer est pêché uniquement par la Chine.A eux deux, la Chine et Taïwan comptent pour 48 % du total des prises.Et c\u2019est là qu\u2019il faut considérer la distribution des ressources de la haute mer.Les poissons vont et viennent sur tout le globe.Toutefois, la Chine et quelques autres pays en prennent tout le bénéfice.Si on fermait tout ou une majeure partie de la haute mer, alors les petits pays pourraient bénéficier des poissons migrateurs quand ils arrivent dans leurs eaux.Aujourd\u2019hui, ils n\u2019ont pas cette chance.Les grands pays pêcheurs accaparent tout.Quels sont les impacts de la pêche en haute mer sur la ressource ?Les différentes techniques de pêche employées en haute mer, comme sur les côtes, ont un impact : le chalutage de grand fond [qui a été interdit en Europe] détruit des écosystèmes entiers, la palangre entraîne des problèmes de prises accessoires.Par ailleurs, de nombreuses espèces font l\u2019objet d\u2019une pêche excessive.Le thon rouge du Sud est en danger d\u2019extinction.Le thon obèse et l\u2019albacore sont également en difficulté, même si moindre que le thon rouge.Mais le plus gros problème est certainement celui des poissons qui vivent très longtemps, au-delà de 50 ans, voire bien après 100 ans, comme l\u2019empereur.Ils sont très difficiles à gérer durablement, car ils grandissent si lentement.Quelles sont vos conclusions pour la haute mer ?Je propose de transformer la haute mer en banque à poissons.C\u2019est là que les poissons peuvent se cacher, grandir, se reproduire, et revenir vers les zones économiques exclusives [les zones de 200 milles autour des côtes, gérées par les États].Et là, nous les pê- chons pour un coût bien moindre, en émettant moins de carbone.En plus, le bénéfice social reviendra à beaucoup plus de pays.Si nous avons la volonté politique de fermer la haute mer, les bénéfices seront économiques, écologiques et sociaux.Moins de 1,5% des poissons qui nagent en haute mer y passent toute leur vie.Le reste va et vient.Ce n\u2019est pas comme si nous perdions tout un potentiel de prises.Nous leur offrons juste une pause.C\u2019est comme mettre votre argent sur un compte en attendant les intérêts.Q&R "]
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