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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-07-07, Collections de BAnQ.

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[" PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 TOUR DE FRANCE Les jambes coupées du champion Chris Froome B 2 RÉCIT Une série de Monique Durand sur les « bouts du monde » B 3 MONDE Un divorce laborieux entre le Royaume-Uni et l\u2019Europe B 4 CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Les houleux débats entourant le spectacle SL?V, élaboré autour de chants d\u2019esclaves afro-américains par Betty Bonifassi et Robert Lepage, ont fait de l\u2019appropriation culturelle un sujet chaud dans les grands médias québécois ces derniers jours.Les discussions, très polarisées, semblent émerger de points de vue fort différents chez les francophones et les anglophones.Est- ce une résurgence des deux solitudes ?Y a-t-il deux façons de percevoir les questions d\u2019appropriation culturelle au Québec ?« Les préoccupations relatives à la représentation de la différence constituent un élément récurrent de la recherche et de la critique entourant le travail de [Robert] Lepage ; ces préoccupations ont toutefois été exprimées quasi exclusivement par des auteurs anglophones.» Cette réflexion n\u2019est pas née des commentaires sur SL?V, mais d\u2019une étude de 2008 sur les Problèmes de représentation dans Zulu Time, signée par Karen Fricker, alors professeure à l\u2019Université de Londres et désormais critique au Toronto Star.Il y a dix ans, ce cabaret technologique mettant en scène un monde d\u2019aéroports où, forcément, de nombreuses cultures se croisent portait des représentations de personnages de différentes origines \u2013 représentations qui avaient suscité des réactions fort différentes selon les milieux.Plusieurs anglophones et membres de communautés immigrantes avaient réagi négativement à ce qu\u2019ils considéraient comme des visions stéréotypées et réductrices.De leur côté, « les commentateurs [francophones] traitent fréquemment le spectacle en termes d\u2019universalisme ».Une variété de réactions qui, selon Fricker, souligne à quel point il est dur d\u2019établir un consensus sur une valeur universelle, un universel qui ne peut prendre forme que dans un contexte local.« Le fait que des observateurs provenant de contextes autres que le contexte francophone québécois trouvent certaines de ces représentations de la différence problématiques, tandis que ce n\u2019est pratiquement jamais le cas des critiques québécois francophones, souligne la présence de codes et d\u2019attentes spécifiques à la culture québécoise quant à la représentation de la différence.» Jour de la marmotte?Dans les protestations entourant SL?V, surgies durant la dernière quinzaine, certains ont cru voir un fossé entre francophones et anglophones; entre les chroniques de La Presse et celles de The Gazette ; entre le « Wake Up Quebec, and listen » émis sur Twitter par Win Butler, chanteur d\u2019Arcade Fire, et la lecture de censure qu\u2019a adoptée Robert Lepage lui-même.Multiculturalisme Pour le sociologue Joseph Yvon Thé- riault, le mouvement postcolonial, en raison de son origine même (voir encadré), est marqué par le milieu anglophone.« On peut dire ça aussi de la politique de la reconnaissance du multiculturalisme.Ce sont les pays anglophones qui l\u2019ont inscrit dans leur politique », estime le professeur à l\u2019UQAM.Simon Brault, directeur général du Conseil des arts du Canada (CAC), admet avoir remarqué une intégration différente de questions d\u2019appropriation culturelle chez les anglophones et SL?V L\u2019appropriation culturelle, entre deux miroirs Y a-t-il deux façons de percevoir cette délicate question au Québec, chez les francophones et les anglophones ?Qu\u2019est-ce que l\u2019appropriation culturelle ?Le concept émerge à la fin du XXe siècle aux États-Unis, dans la foulée de la critique postcolo- niale.Le Danois Kenneth Coutts-Smith greffe d\u2019abord en 1976 l\u2019idée marxiste d\u2019appropriation de classe à ce qu\u2019il nomme le colonialisme culturel, selon Oxford Reference, dans son livre Some General Observations on the Concept of Cultural Colonialism.Le terme « appropriation culturelle » fraie ensuite dans les universités américaines.Il décrit la saisie, l\u2019adoption inappropriée et l\u2019absence de reconnaissance lors de l\u2019utilisation de coutumes, de pratiques, d\u2019idées, etc.d\u2019un peuple par des membres d\u2019une autre communauté, typiquement plus dominante.Des notions d\u2019exploitation, de colonisation, mais aussi de propriété intellectuelle le sous-tendent.L\u2019importation de cette sensibilité au Québec s\u2019est remarquée il y a quelques années seulement ; c\u2019est autour du mouvement Idle No More (2013) qu\u2019elle est devenue récurrente.Elle a été beaucoup portée ici par le militantisme et les voix autochtones.Un militantisme moins développé du côté francophone, les communautés autochtones se retrouvant plus souvent autour de la langue anglaise, voire de l\u2019espagnol.Le concept d\u2019appropriation culturelle est maintenant étudié dans les universités, souvent par le truchement des cultural studies.Le sociologue Joseph Yvon Thériault croit que « la force des universités américaines dans le monde fait que leurs concepts, élaborés à partir de la situation américaine, tendent à vouloir s\u2019imposer dans des contextes qui ne sont pas les leurs.Un contexte permet de comprendre ce qui se passe en un lieu particulier ; et quelque chose se perd lorsqu\u2019on le transporte, car on ne transporte pas les rapports sociaux », croit le professeur à l\u2019UQAM.les francophones.« J\u2019ai un point de vue personnel, qui n\u2019engage pas le CAC, issu de mes 32 ans [comme directeur] à l\u2019École nationale de théâtre.Au Québec, dans les années 1960, on a développé avec Michel Tremblay et consorts l\u2019idée que l\u2019affirmation identitaire francophone passait par l\u2019art.Et particulièrement par le théâtre.Ça s\u2019est développé dans les années 1970 et 1980, jusqu\u2019à penser que cette vision était universaliste et humaniste ; que la culture québécoise en est une d\u2019affirmation, qui a permis à une nation de surmonter son statut d\u2019opprimée.Ça s\u2019est peut-être fait aux dépens d\u2019enjeux des autres minorités \u2014 les autochtones, par exemple.» Comme s\u2019il était difficile de se voir comme colonisé et colonisateur en même temps, opprimé et oppresseur.Pour M.Brault, il y a un « choc aussi parce que M.Lepage est un immense artiste, et qu\u2019on croit alors qu\u2019il est inconcevable qu\u2019on puisse questionner son travail du point de vue de l\u2019identité.» Au contraire, Philip S.S.Howard, professeur à l\u2019Université McGill, ne voit pas la pertinence de considérer la différence linguistique, un angle qu\u2019il estime même être un piège.« Ça omet le fait que les manifestants, dans le cas de SL?V, étaient autant anglophones que francophones, et des Québécois de longue date, et que certains leaders de ce mouvement étaient des francophones \u2014 Marilou Craft, Émilie Nicolas, Ali Ndiaye, etc.À moins qu\u2019on ne considère comme francophones québécois seulement des Blancs?» Le Québec, minorité francophone, a développé une relation particulière avec les concepts de minorité, de majorité et de pouvoir.Sean Michaels, auteur de Corps conducteurs (Alto) et journaliste musical, croit qu\u2019on s\u2019empêtre souvent dans « l\u2019intention » quand on pense l\u2019appropriation culturelle ou le racisme.« L\u2019idée semble pouvoir s\u2019activer seulement autour d\u2019une intention de cruauté ou de supériorité.Mais il devient clair que le racisme, comme le sexisme, perdure quelles que soient les intentions, car certaines structures de pouvoir sont équivalentes ou plus fortes même que les intentions et volontés individuelles.Même quelqu\u2019un qui veut bien faire, ou \u201crendre hommage\u201d, il peut en blesser un autre en posant son geste.» « Si l\u2019intention est d\u2019honorer l\u2019histoire de l\u2019autre, de rendre hommage, poursuit M.Howard précisément à propos de SL?V, et que l\u2019autre te dit \u201cNon, ça n\u2019honore pas mon histoire\u201d, c\u2019est le signal, il me semble, qu\u2019il faut écouter.Pas s\u2019ancrer dans sa position.» Les réactions ont été nombreuses sur Twitter après la sortie publique de Robert Lepage dans la foulée de la controverse qui a mené à l\u2019annulation du spectacle SL?V.TWITTER / MONTAGE LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 PERSPECTIVES B 2 Le Britannique Chris Froome lors d\u2019un entraînement avec les autres membres de l\u2019équipe Sky, bannière avec laquelle il prendra part au prochain Tour de France.La célèbre compétition doit débuter le samedi 7 juillet à Noirmoutier, en Vendée.PHOTOS JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR hris Froome va-t-il se hisser cet été à la hauteur du club très sélect des quintuples vainqueurs du Tour de France ?Bernard Hinault, l\u2019ancien champion désormais attaché à l\u2019organisation du Tour de France, en a appelé au boycottage du cycliste de l\u2019équipe Sky, passé in extremis à travers les mailles d\u2019une affaire de dopage.Lors de la présentation de l\u2019événement, le jeudi 5 juillet, Froome s\u2019est fait très copieusement huer.Au départ, il sera tout de même là.Délesté du poids d\u2019une accusation de dopage après un test positif, Froome devrait en principe se sentir plus léger pour avaler les kilomètres.Le départ du Tour cette année est fixé à Noirmoutier, en Vendée, le samedi 7 juillet.Le 29 juillet, à l\u2019arrivée à Paris, ce qui restera du peloton de 176 coureurs aura parcouru 3329 kilomètres.Froome part tout de même grand favori, porté par une équipe, la Sky, aux moyens financiers considérables.Qui pourrait lui tenir tête ?Les Français espèrent toujours un des leurs.Rien de ce côté depuis\u2026 Bernard Hinault en 1985.Le Français Romain Bardet (équipe AG2R La Mondiale) est un habitué des premières places de l\u2019épreuve.Son tour viendra-t-il ?Les yeux se tournent aussi du côté de Richie Porte, ancien coéquipier de Froome.Cet Australien a déjà démontré des capacités hors du commun, tout comme le Colombien Nairo Quin- tana (équipe Movistar), pétri par les hautes montagnes de son pays.Reste que Froome semble difficile à battre.L\u2019épreuve du dopage L\u2019an passé, Froome avait réussi un rare triplé : Tour d\u2019Italie (Giro), Tour de France, Tour d\u2019Espagne (Vuelta).Mais voici qu\u2019il s\u2019est fait pincer à un contrôle lors de la Vuelta.Taux excessif de sal- butamol.Et pour cette épreuve-là, ce ne sera pas sur ses équipiers fidèles qu\u2019il va compter pour gagner, mais sur un bataillon d\u2019avocats.Dans un dossier d\u2019une épaisseur sans précédent, les procureurs du coureur ont remis en question le test de détection du salbuntamol, utilisé par exemple pour combattre des états comme l\u2019asthme et les broncho-pneumonies.«Le niveau de salbutamol relevé dans un échantillon urinaire unique n\u2019est pas un indicateur fiable de la quantité inhalée », a martelé son équipe.La pression est une spécialité de la maison.L\u2019Agence mondiale antidopage a fini par estimer que, « dans de rares cas, les athlètes peuvent dépasser le seuil limite de concentration sans avoir inhalé plus que la dose maximale autorisée ».Le 7 septembre 2017, lors de la 18e étape de la Vuelta, le test antidopage de Froome avait révélé un taux de 2000 nanogrammes (ng) de salbuta- mol par millilitre de sang, soit le double de la limite autorisée.Les moyens énormes dont dispose l\u2019équipe Sky expliquent-ils seuls ses succès ?Peut-on dominer à ce point en comptant sur les effets d\u2019une micro- CYCLISME Les jambes coupées de Chris Froome Le champion récemment blanchi d\u2019une accusation de dopage a été copieusement hué lors de la présentation du prochain Tour de France gestion de tous les détails en course, comme on veut bien le répéter ?En mai, au Tour d\u2019Italie, Froome fut un long moment décevant.Son équipe était invisible.Aucun coureur de la formation ne montrait des signes de forme exceptionnelle.Et puis soudain, une attaque en montagne, et toute l\u2019équipe se montre capable, du jour au lendemain, d\u2019être à ses côtés dans un effort prolongé auquel seuls les meilleurs ont d\u2019ordinaire accès.Simple effet de tactique ?Le soupçon du dopage plane sans cesse sur le cyclisme.Au point d\u2019en faire oublier que le dopage est un phénomène social qui ne s\u2019attache pas qu\u2019à ce sport.Le rapport au dopage tient en bonne partie à un effet d\u2019époque, les coureurs ayant continué de faire par d\u2019autres moyens ce que leurs devanciers faisaient.D\u2019ailleurs, il ne suffit certainement pas d\u2019être dopé pour gagner une des épreuves sportives les plus exigeantes du monde.Le film Icarus (2017) de Bryan Fogel, documentaire vraiment remarquable, montre bien que le dopage ne suffit pas à déterminer un champion.C\u2019est toute la structure du sport et des projections fantasmatiques de la société sur les athlètes qui est à revoir, à analyser, à remettre en question.Lance Armstrong fut le grand dopé des dopés.Nul ne le conteste.Mais on sait aujourd\u2019hui que nombre de ses opposants et de ceux qui se trouvèrent à ses côtés sur les podiums le furent aussi.Avant qu\u2019on ne les lui retire, Armstrong avait accroché à son cou les médailles de vainqueur de sept Tours de France.Un exploit demeuré inédit.Nouveauté Le dopage est présent depuis longtemps dans les pelotons.Rien de très nouveau de ce côté, sinon les procédés.La vraie nouveauté, au fond, au changement d\u2019esprit qui préside à la course elle-même : les efforts s\u2019avèrent plus mesurés et calculés que jamais.Chaque coureur est désormais muni d\u2019une oreillette pour communiquer avec son directeur sportif.Ce centre de communication gère la course, désormais disséquée avec des scalpels numériques.Les vélos sont équipés de mini-ordinateurs qui accumulent les données et donnent, entre autres choses, une idée de la consommation énergétique de chaque athlète.Quand on connaît les réserves de chacun, il est possible de moduler l\u2019effort des coureurs.Le cyclisme est devenu un univers de gestionnaire comme jamais dans son histoire.Cette gestion et la planification conduisent à une uniformisation des courses.Bien sûr, un bris mécanique, une intoxication alimentaire, une soudaine méforme peuvent encore frapper.Des réserves inattendues peuvent encore surgir.Mais dans l\u2019ensemble, une planification maniaque, reportée jusque sur la mécanique des vélos, a tué dans une large mesure le spectacle.C\u2019est au fond le rapport à ce sport qui a changé.Le vélo fut longtemps associé à une éthique de l\u2019effort, du travail.À ce titre, il était un sport des classes populaires, lesquelles s\u2019identifiaient volontiers à lui, un peu comme pour la boxe.A contrario, il est devenu aujourd\u2019hui de plus en plus lié à l\u2019argent, aux possédants, à l\u2019industrie capable de soutenir la puissance d\u2019une équipe par tous les moyens.Terminé le temps où un cycliste était associé à un forçat, le forçat de la route, comme le décrivait le journaliste Albert Londres.Le cycliste professionnel ressemble désormais plutôt à un homme d\u2019affaires, gérant son capital et mesurant un investissement dont il espère, comme de raison, tirer le maximum avec le minimum.Ce qui contribue peut-être à expliquer pourquoi un champion tel Chris Froome apparaît aussi ennuyeux, tant par son style que par son rapport à la course.Nombre de grands champions du Tour ont usé de dopage.De ceux-là, Jacques Ancquetil est peut-être le plus célèbre.Merckx avoua après sa carrière qu\u2019il avait aussi consommé des substances dopantes.Mais ces coureurs exceptionnels ne manquaient pas de panache, ni d\u2019élégance, à la différence d\u2019un Froome qui appartient bien à une époque où l\u2019idéologie de l\u2019argent tourne à fond, jusqu\u2019à en couper les jambes du cyclisme.Le vélo fut longtemps associé à une éthique de l\u2019effort, du travail.À ce titre, il était un sport des classes populaires, lesquelles s\u2019identifiaient volontiers à lui, un peu comme pour la boxe.A contrario, il est devenu aujourd\u2019hui de plus en plus lié à l\u2019argent, aux possédants, à l\u2019industrie capable de soutenir la puissance d\u2019une équipe par tous les moyens.C n respire à pleins poumons l\u2019étourdissante odeur de la mer.Si elle n\u2019était à sentir, ici la mer serait à manger.Le bout du monde, c\u2019est ce matin de juin, sur le quai de Blanc-Sablon, aux confins du Québec et du Labrador.On attend d\u2019embarquer sur le Bella Desgagnés, qui remontera le Saint-Laurent pour ravitailler les villages isolés de la Basse- Côte-Nord comme La Tabatière, Harrington Harbour, La Romaine.Nous sommes une poignée à papoter doucement avant le départ.Le Bella accuse trois bonnes heures de retard ; bof, pas grave ! Le temps au bout du monde ne se compte pas de la même façon.Aux résidents locaux se mêlent quelques touristes qui monteront à bord : deux hommes de Gatineau, quatre Toron- toises, trois États-Uniennes du Connecticut, un Toulousain, une Japonaise d\u2019Osaka, tous venus humer les vents du bout du monde.On assiste au ballet des véhicules grimpés sur le navire dans de gros conteneurs.On raconte nos aventures.Des porcs-épics croisés sur la 389, entre Baie-Comeau et Fermont, plus nombreux que les voitures.Des ours ici et là.La neige à plein ciel dans le nord du Labrador avant-hier.Une panne de moteur au milieu de nulle part, sur la 510 entre Goose Bay et Port Hope Simpson.Une succulente morue fraîche dégustée au Florian à Forteau.Le café de Bernadette au Motel Blanc-Sablon avec les pêcheurs, une messe tous les matins.L\u2019incongruité des heures dans ce coin de pays : il est 8 h à Goose Bay, au nord du Labrador, 8 h 30 à L\u2019Anse-au-Clair, au sud du Labrador, à deux pas d\u2019ici, et 7 h à Blanc-Sablon.Ajustez vos montres ! On a le cœur léger.Il fait beau.Pas de moustiques encore.Quelque chose d\u2019indéfinissable dans l\u2019air qui ressemble à la joie.Il y a toutes sortes de bouts du monde.Bouts du monde de rivière et de lac.Bout de l\u2019île ou bout de la route.Haut des cimes ou plat des déserts, ces lieux- limites sont souvent grandioses de démesure et de dénuement.Souvent enveloppés de beauté et baignés de silence, ils ont pour alliés les géographes, les aventuriers et les poètes.Mille et un visages Ce qui est bout du monde pour vous ne l\u2019est pas forcément pour les autres.Cette sensation est relative et ne concerne que celui ou celle qui l\u2019éprouve.Ce qui est mon Nord lointain est un Nord proche pour la poète innue Joséphine Bacon.Elle y est née, elle y a grandi.«Je ne suis pas l\u2019errante de la ville, écrit-elle, je suis la nomade de la toundra.» Et le total mystère, pour moi, de la petite communauté inuite de Rigolet, sur la façade atlantique du Labrador, se trouve être le lieu le plus familier de la terre pour son maire, Jack Shiwak.« L\u2019hiver, dit-il, j\u2019entends tomber la neige.L\u2019été, j\u2019entends voler les mouches.C\u2019est chez moi.» Le bout du monde est parfois celui qu\u2019a retenu l\u2019enfance.Le port de Montréal un dimanche matin de pluie avec mon père, les cargos rouillés, l\u2019eau grise qui fait des tourbillons, les goélands qui vont on ne sait où, sans doute dans un bout du monde.Un pâté chinois cuit sur un petit feu de bois dans un champ vacant de l\u2019est de Montréal, trois portions enfouies dans l\u2019alu, blé d\u2019Inde, steak haché, patate, eh oui, le tout jeté dans le feu, puis mélangé dans ma gamelle.Le bout du monde sous le ciel de Rosemont.C\u2019est aussi un petit mort âgé de quatre jours qui revient en avion chez lui, à Schefferville, avec ses parents dévastés, parti d\u2019un hôpital du bout du monde, à Québec.C\u2019est le vieux Garland, né et élevé sur l\u2019île aux Esquimaux, à l\u2019ouest de Blanc-Sablon, enlevé à son rocher perdu pour aller à l\u2019école au bout du monde, à Sherbrooke, quand il avait 13 ans.Ça lui arrache encore des larmes.Parce que le bout du monde, c\u2019est aussi le manque, l\u2019ennui des siens, la nostalgie d\u2019un paradis perdu, le sentiment d\u2019être trop loin.Le bout du monde ?C\u2019est un homme assis sur sa valise d\u2019où déborde une gandoura, découragé, ne sachant par où entamer sa nouvelle vie dans un ailleurs où les arbres perdent leurs feuilles en automne.C\u2019est une femme venue de la touffeur de quelque tropique qui marche sous la neige dans une rue sale et transversale, le cœur gros.Ou une cage à enfants aux États-Unis.La sensation de bout du monde n\u2019est pas seulement celle, exaltante, recherchée par les cœurs de brousse et les âmes exploratrices.C\u2019est aussi le mal du pays, la douleur de l\u2019exil, l\u2019errance des déplacés.Ne rien reconnaître de ce qui est soi et parfois de ce qui est simplement humain.Ces bouts du monde là ne nous manquent pas.En ces temps de branchements et de connexions extrêmes, où les distances se rétrécissent, où le silence et la noirceur deviennent monnaie rare, il y a encore des bouts du monde.Dont plusieurs se trouvent ici, à quelques trajets près, par les routes, par les eaux ou par les airs.Notamment dans ce Nord méconnu et mystérieux, un peu en exil du reste du Québec, même s\u2019il en occupe la majeure partie de la superficie.Et au Labrador.Des lieux vastes et hors norme, de plus en plus recherchés.C\u2019est la lumière d\u2019un dispensaire qui perce la nuit au milieu de la tempête et des vents hurlants à La Tabatière, en Basse-Côte-Nord, où une infirmière veille un patient.Les tempêtes et les mers déchaînées portent souvent avec elles l\u2019idée de bout du monde.C\u2019est une excursion en zodiac sur le bassin Mani- couagan avec Anthony, un jeune Innu, ému, sans mot devant l\u2019immensité.Un voyage en train entre Sept-Îles et Schef- ferville la veille de Noël.Des centaines de travailleurs à Fermont, qui partent pour la mine en autobus jaune faire leur shift de 12 heures.Le puissant fleuve Churchill, vu du pont Veterans Memorial à Goose Bay, dans une aurore grise, inoubliable.Un petit cimetière à l\u2019Anse- Amour, allez savoir pourquoi «Amour», dans le sud du Labrador.L\u2019attente de l\u2019avion avec mon barda, à côté de la piste de gravier, à Rigolet.Chacun ne cherche-t-il pas un jour son trécarré de bout du monde ?Un lac, une chaloupe, un hameçon peut-être, ou un bon livre ?Un coucher de soleil et une goutte de vin blanc ?Un oiseau qui passe ?Ou ce visage qui nous dépayse et en qui l\u2019on se reconnaît, les deux en même temps ?Car les bouts du monde sont parfois des êtres.Le Bella Desgagnésa largué ses amarres.Nous passons devant l\u2019île Greenly, d\u2019où s\u2019envole une nuée de petits pingouins.Le soleil est ardent.« On est-tu bien », fait une jeune femme.Le Tou- lousain a déjà changé de couleur, passé de blanc comme un drap à rouge écarlate.« Comme un homard ! » lance-t-il.La Japonaise d\u2019Osaka ne sait plus où donner du clic clic avec son appareil photo.On est juste dans la mer et dans les îlots rocheux.On est juste dans le soleil et les petits pingouins.Le bout du monde est un état d\u2019âme.Parfois un état de grâce.LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 PERSPECTIVES B 3 MONIQUE DURAND COLLABORATRICE LE DEVOIR Il y a toutes sortes de bouts du monde.Mais, tous, ils dépaysent.Ils sont proches ou lointains et n\u2019appartiennent qu\u2019à celui ou celle qui croit les atteindre.À chacun ses bouts du monde.Ceux de notre collaboratrice Monique Durand se trouvent au nord du Québec et au Labrador.Premier article d\u2019une série de huit.BOUTS DU MONDE (1/8) À chacun son bout du monde Début d\u2019une série de huit textes sur les « bouts du monde » du nord du Québec et du Labrador Paysage de bout du monde à l\u2019ouest de Blanc-Sablon, une petite municipalité située à la frontière de la province de Terre-Neuve- et-Labrador.Un peu plus de 1000 personnes y vivent.PHOTOS MONIQUE DURAND O Il y a toutes sortes de bouts du monde.Bouts du monde de rivière et de lac.Bout de l\u2019île ou bout de la route.Haut des cimes ou plat des déserts, ces lieux- limites sont souvent grandioses de démesure et de dénuement.Souvent enveloppés de beauté et baignés de silence, ils ont pour alliés les géographes, les aventuriers et les poètes.À gauche, le Bella Desgagnés, un navire cargo-passagers de 6655 tonnes qui fait le trajet aller-retour, de Rimouski à Blanc-Sablon, sur une période de sept jours.À droite, un ours croisé par notre collaboratrice sur la route 510, au Labrador. es dizaines de milliers d\u2019europhiles ont manifesté dans les rues de Londres, le samedi 23 juin, pour exiger que le peuple soit consulté sur le résultat final des négociations entre le Royaume-Uni et l\u2019Union européenne, attendu en octobre.Tout un contraste avec le spectacle des députés et des lords qui, trois jours auparavant, avaient choisi d\u2019accepter d\u2019avan - ce ce résultat, même s\u2019il s\u2019avère défavorable.Il est surprenant, vu l\u2019importance de l\u2019enjeu, que le gouvernement (minoritaire, faut-il le souligner) de Theresa May ait ainsi reçu carte blanche des deux Chambres du Parlement.Ces événements, qui surviennent moins d\u2019un an avant que le Royaume- Uni ne dise adieu à l\u2019Union européen - ne, montrent à quel point le « détrico- tage » des liens entre le Royaume-Uni et l\u2019UE se révèle compliqué.Dans la saga du Brexit, la seule chose qui est sûre, à ce stade-ci, c\u2019est que le Royaume-Uni reste divisé en deux.Si on en croit les sondages, la majorité des Britanniques regrettent qu\u2019on se soit embarqué dans cette aventure, mais le nombre d\u2019indécis est tel que, dans l\u2019hypothèse improbable d\u2019un nouveau référendum portant sur la même question, le résultat serait probablement le même que le 23 juin 2016.Les Britanniques campent donc sur leurs positions.Étrangement, ce clivage ne les empêche pas de garder leur flegme légendaire.Du moins jusqu\u2019au deuxième anniversaire du référendum de 2016 qu\u2019on vient de marquer.Ils semblent même indifférents à des débats dont l\u2019issue pourrait pourtant s\u2019avérer lourde de conséquences.Les universités organisent bien ici et là quelques conférences sur le Brexit, mais on ne peut pas dire qu\u2019il s\u2019agit du sujet de prédilection dans les pubs.« Le Brexit a dominé l\u2019actualité pendant deux ans et les gens s\u2019en sont lassés, croit Matthew Francis, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Birmingham.Le public ne s\u2019est jamais beaucoup intéressé aux détails du fonctionnement de l\u2019Union européenne, et cela n\u2019a pas changé.Les négociations sur le Brexit portent surtout sur un petit nombre de questions très techniques, que les gens ne comprennent pas bien et que peu de politiciens et de journalistes se donnent la peine d\u2019expliquer.» « Il se peut que certaines personnes commencent à se lasser, mais dans les médias et pour les spécialistes, la question demeure tout à fait actuelle », assure toutefois Julian Hoerner, spécialiste de la politique européenne à la London School of Economics (LSE).Au printemps 2016, les conservateurs au pouvoir et l\u2019opposition travailliste avaient fait campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l\u2019Union européenne.Depuis lors, sans grand enthousiasme, ils ont fait volte-face afin de « respecter la volonté populaire » telle qu\u2019exprimée lors du référendum.Dans les circonstances, les débats à Westminster ressemblent souvent à ces mêlées qui s\u2019éternisent au rugby, quand les joueurs des deux équipes s\u2019affrontent au corps-à-corps en grimaçant pour gagner un ou deux centimètres\u2026 Les partis n\u2019ont aucune envie, pour l\u2019instant, de prendre le genre de risques qui permettrait d\u2019ouvrir le jeu.Les conservateurs veulent garder le pouvoir et les travaillistes semblent heureux de les voir s\u2019empêtrer dans le Brexit.L\u2019Écosse menace de tenir un deuxième référendum sur son indépendance lors - que le Royaume-Uni aura quitté l\u2019Union européenne.L\u2019autre région qui a voté «Remain» (ceux qui voudraient rester au sein de l\u2019Union européenne), l\u2019Irlande du Nord, partage évidemment une frontière avec la République d\u2019Irlande, qui restera membre de l\u2019UE.La libre circulation entre les deux parties de l\u2019île est au cœur des accords de paix de 1998, qui avaient mis fin à plusieurs décennies de guerre civile entre les républicains et les unionistes, dans le nord.Il serait difficile de garder la frontière ouverte si le Royaume-Uni se retirait du marché unique et de l\u2019union douanière européens.C\u2019est la quadrature du cercle.De leur côté, l\u2019Angleterre et le pays de Galles se sont prononcés pour le Brexit, quoique la plupart des grandes villes y soient opposées.Jen Patrick, la patronne d\u2019un élevage de moutons du Pembrokes- hire, au pays de Galles, est favorable au Brexit parce qu\u2019elle calcule que les règlements de l\u2019Union européenne nuisent à des fermes de taille moyenne comme la sienne.Son fils ne souhaite pas prendre la relève.En Grande-Bretagne, des exploitations agricoles sont souvent achetées par les géants de l\u2019alimentation.Si vous aimez les ports de pêche pittoresques, n\u2019allez surtout pas à Newha- ven, dans le Sussex de l\u2019Est.Le spectacle des 14 derniers bateaux de la flotte, qui s\u2019amarrent à des quais de bois en train de pourrir sur place, est triste à pleurer.La propriétaire de la poissonnerie locale, qui possède quatre de ces bâtiments, est convaincue que l\u2019industrie de la pêche renaîtra une fois affranchie des politiques de l\u2019Union européenne.Les motivations des 52 % de Britanniques qui ont voté pour que leur pays quitte l\u2019Union européenne sont donc variées: elles vont de la volonté de retrouver des pans de souveraineté, dont le contrôle sur l\u2019immigration, à des considérations plus immédiates et liées au gagne-pain des gens.De quelque côté du débat qu\u2019on se trouve, on ne se gêne pas pour parler de gâchis.Les Brexiteers les plus convaincus, dont certains députés et ministres conservateurs, reprochent à Theresa May, la première ministre, et au «secrétaire » du Brexit, David Davis, de manquer de fermeté face à leurs interlocuteurs du continent.Ils refusent de croire leurs propres fonctionnaires quand ces derniers les mettent en garde contre le coût du divorce.Le prix à payer Ces purs et durs veulent que leur pays quitte les institutions politiques de l\u2019UE, son « marché unique » (qui assure la libre circulation des biens, des capitaux, des services et des personnes) et son union douanière (dont les membres n\u2019ont pas le droit de négocier seuls des traités commerciaux).À les entendre, il sera ensuite facile de signer de telles ententes avec les États-Unis, l\u2019Australie, la Chine, les émirats du golfe ou tout autre partenaire alléchant ! De leur côté, les partisans du Remain reprochent aux Brexiteers d\u2019avoir fait l\u2019impasse sur le prix à payer, autrement dit d\u2019avoir trompé l\u2019électorat pendant la campagne référendaire.Bien malin qui pourrait prédire la nature des relations entre le Royaume-Uni et l\u2019Union européenne lorsque le divorce deviendra officiel, en mars 2019.Le gouvernement de Teresa May, plutôt proche des « hard Brexiteers », veut que le Royaume-Uni sorte du marché uni - que et de l\u2019union douanière, mais il espère se prévaloir d\u2019un libre-échange à la pièce, notamment pour les services financiers.Les négociateurs européens excluent que les Britanniques puissent garder ainsi le beurre et l\u2019argent du beurre.Dans cette optique, c\u2019est un « Brexit dur » qui s\u2019annonce, c\u2019est-à-dire une sortie de l\u2019UE sans que soit conclue une nouvelle entente.Sauf que la question irlandaise, ou une complication qu\u2019on n\u2019a pas encore vue venir, pourrait bien forcer tout le monde à mettre de l\u2019eau dans son vin, ou dans sa bière ! LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 PERSPECTIVES B 4 CLAUDE LÉVESQUE COLLABORATION SPÉCIALE LE DEVOIR EUROPE Un gâchis nommé Brexit Moins d\u2019un an avant que le Royaume-Uni ne dise adieu à l\u2019Union européenne, le « détricotage » des liens se révèle extrêmement compliqué Des dizaines de milliers d\u2019europhiles ont manifesté dans les rues de Londres, le 23 juin dernier, pour exiger que le peuple soit consulté sur le résultat final des négociations entre le Royaume-Uni et l\u2019Union européenne, attendu en octobre.NIKLAS HALLE'N AGENCE FRANCE-PRESSE D Les Brexiteers les plus convaincus reprochent à la première ministre Theresa May et au « secrétaire » du Brexit, David Davis, de manquer de fermeté face à leurs interlocuteurs du continent.TOLGA AKMEN AGENCE FRANCE-PRESSE Le public ne s\u2019est jamais beaucoup intéressé aux détails du fonction - nement de l\u2019Union européenne.Les négocia - tions portent surtout sur un petit nombre de questions très techni - ques, que les gens ne compren - nent pas bien.MATTHEW FRANCIS » Bien malin qui pourrait prédire la nature des relations entre le Royaume- Uni et l\u2019Union européenne lorsque le divorce deviendra officiel, en mars 2019 « Sur un terrain privé, on n\u2019a pas de pouvoir, a expliqué la mairesse.La seule chose qu\u2019on peut faire, c\u2019est d\u2019accompagner les entreprises et les inciter à faire des changements.Pour l\u2019asphalte, il est trop tard, mais on pourrait se rasseoir avec la SQ pour trouver des solutions, soit verdir davantage ou compenser autrement.» À la SQ, on indique que la gestion de la propriété relève de la Société québécoise des infrastructures.Celle-ci n\u2019a pas rappelé Le Devoir.Directrice générale du Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal, Véronique Fournier estime que le réaménage- ment de stationnements peut être une occasion de verdissement.« De plus en plus, on voit une gestion écologique des stationnements, des bandes végé- talisées sur ceux existants.[C\u2019est important] qu\u2019on arrête de faire des mers d\u2019asphalte », dit-elle.L\u2019an dernier, le Conseil régional de l\u2019environnement (CRE) de Montréal a souligné les efforts de cinq organisations pour leurs stationnements « éco- responsables ».La bibliothèque du Boisé, dans Saint-Laurent, fut l\u2019un des cinq lauréats d\u2019un prix Mérite.L\u2019arrondissement a notamment prévu des îlots de végétation et un bassin de bioréten- tion réduisant les rejets d\u2019eau à l\u2019égout.« Saint-Laurent est un des premiers arrondissements à mettre en place une réglementation intéressante en matière de verdissement, de pourcentage de canopée, et une réflexion sur les matériaux autorisés », souligne Emmanuel Rondia, responsable des dossiers Espaces verts au CRE.Avec Andréanne Chevalier LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 PERSPECTIVES B 5 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Recouverts d\u2019asphalte, les stationnements sont de potentiels îlots de chaleur.Des mesures de verdissement et le choix de revêtements perméables peuvent toutefois atténuer l\u2019effet de surchauffe, mais encore faut-il que les propriétaires de stationnements fassent les efforts nécessaires.Plus tôt cette semaine, en pleine canicule, le stationnement sud du quartier général de la Sûreté du Québec, rue Parthe- nais, a été refait.Un nouveau bitume noir s\u2019étend au sud du bâtiment, comme un four à ciel ouvert.Lors de la séance du conseil d\u2019arrondissement de Ville-Marie, mercredi, un résident du secteur a interpellé la mairesse Valérie Plante: «Ce que fait la SQ, c\u2019est mettre un revêtement noir qui absorbe le soleil et empêche le ruissellement, a dénoncé le citoyen exaspéré.Est-ce qu\u2019on peut réglementer ça?» La mairesse a relaté avoir discuté de la question avec la SQ dès 2013 alors qu\u2019elle venait d\u2019être élue conseillère.Faute de réduire la taille du stationnement, la SQ ne peut-elle pas faire pousser des plantes grimpantes le long des clôtures ?avait- elle demandé.La SQ avait refusé, invoquant des raisons de sécurité, a-t-elle dit.Pour réduire les mers d\u2019asphalte La lutte contre les îlots de chaleur commence par les stationnements « Sans climatisation, point de salut ?Des solutions existent pour diminuer la chaleur des bâtiments et des espaces urbains Ma climatisation a fait défaut.J\u2019ai essayé de la faire réparer, mais les réparateurs sont complètement débordés ! J\u2019ai essayé de mettre en pratique ce que je pensais être des recettes, pas nécessairement infaillibles, mais qui allaient permettre de ne pas trop souffrir.Ça ne marche pas très bien », concède Denis Boyer, d\u2019Écohabitation, soulignant la situation particulière des derniers jours.Il est toutefois possible d\u2019agir en respectant le principe de base visant à empêcher le soleil de pénétrer à l\u2019intérieur et en évitant toutes les sources de chaleur, soutient le coordonnateur en efficacité énergétique.M.Boyer fait observer qu\u2019ouvrir les fenêtres n\u2019est pas toujours la bonne solution.En fait, il y va d\u2019un constat un peu fataliste : sans « machine », impossible (ou presque) d\u2019avoir moins chaud.Si on n\u2019utilise pas un climatiseur, le bon vieux ventilateur serait la solution la plus efficace.Mais, « quand tout le monde démarre la climatisation, ça contribue à augmenter d\u2019au moins un degré et demi la température générale en ville et à aggraver les effets de la canicule sur ceux qui n\u2019ont pas les moyens de s\u2019en prémunir », faisait remarquer Pierre Gosselin, médecin-conseil à l\u2019INSPQ, au cours d\u2019une entrevue accordée au Devoir il y a quelques étés.L\u2019architecte et professeur à l\u2019Université de Montréal Daniel Pearl croit qu\u2019il est important de trouver des solutions autres que la climatisation pour réduire les effets de la chaleur dans les bâtiments.Parce que la climatisation utilise beaucoup d\u2019énergie \u2014 dont les coûts sont trop bas au Québec, selon lui \u2014 et parce qu\u2019il est simplement plus efficace de bloquer le problème au départ que de le traiter une fois qu\u2019il se présente, affirme-t-il.Des options La première stratégie pour contrer les effets de la chaleur dans les bâtiments consiste à protéger les fenêtres et les murs extérieurs.Un store extérieur, par exemple, est très efficace, selon M.Pearl.«Ça existe beaucoup en Europe et dans les pays très chauds.Un store intérieur est moins efficace parce que la chaleur traverse la fenêtre et reste dans la pièce, même si c\u2019est partiellement bloqué par les rideaux.» Le store intérieur a une efficacité d\u2019environ 30-35 %, affirme l\u2019architecte, tandis que l\u2019efficacité du store extérieur grimpe à 90 %.Des marquises ou auvents extérieurs, ou encore une meilleure isolation des murs et des fenêtres à triple vitrage sont d\u2019autres options.Une autre solution consiste à refroidir la masse thermique de la maison.Un système de tuyaux où circule un liquide (mélange d\u2019eau et de glycol) refroidi par géothermie, par exemple, en fait partie.Plaidoyer pour la verdure La troisième solution proposée par l\u2019architecte de la firme L\u2019OEUF est la végétation.Daniel Pearl souligne qu\u2019en plus d\u2019être « très efficace », la verdure (arbres, toits verts, murs végétalisés) a l\u2019avantage de procurer du plaisir et de permettre de développer la biophilie.Un toit vert peut réduire la température de 5 à 10 degrés, avance-t-il.Ces solutions doivent cependant être mises en place avant les épisodes caniculaires, rappelle Daniel Boyer.« Mettre des plantes à l\u2019extérieur devant ses fenêtres peut contribuer à réduire la température de la maison, mais évidemment, si on est pris dans la canicule, il est trop tard ! On ne peut pas faire pousser une plante en deux heures.Il faut prévoir.» Pour la directrice générale du Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal, Véronique Fournier, la canicule qui a frappé le Québec ces derniers jours « nous dit qu\u2019on a trop d\u2019espaces minéralisés, donc asphaltés [dans nos villes], et pas assez de verdissement ou d\u2019espaces naturalisés ».Elle fait elle aussi l\u2019éloge de la verdure pour contrer les températures extrêmes.Les arbres matures, ces « climatiseurs naturels », comportent plusieurs avantages.En plus de rafraîchir l\u2019air, « ils vont avoir un impact sur la gestion des polluants atmosphériques et permettre de créer des surfaces ombragées.Ils font aussi en sorte que les revêtements captent moins la chaleur », explique Mme Fournier.Dans les cas où la plantation d\u2019arbres n\u2019est pas possible, d\u2019autres options existent, comme le recours aux plantes grimpantes le long des murs ou des clôtures, ou l\u2019installation de pergolas.Depuis quelques années, « on va dans le bon sens [en ce qui concerne le verdissement] », reconnaît Emmanuel Rondia, responsable campagnes Espaces verts et milieux naturels au Con - seil régional de l\u2019environnement de Montréal (CREMTL).« Il y a une prise de conscience.On comprend les conséquences qu\u2019ont les îlots de chaleur, leur impact sur la santé.Maintenant, il faut que des mesures soient adoptées plus largement et que ça ne soit pas uniquement des projets-pilotes ou des initiatives dans certains secteurs.Il faut que ça soit une approche globale.» Les prochains sujets à aborder sont « la question de l\u2019asphalte, la minéralisation de nos espaces et, indirectement, la question de la voiture à travers tout ça », indique de son côté Véronique Fournier.Depuis 2015, le CREMTL coordonne la campagne ILEAU (Interventions locales en environnement et aménagements urbains), qui, en plus d\u2019aborder l\u2019enjeu des îlots de chaleur et de créer du verdissement, vise à relier le fleuve Saint-Laurent à la rivière des Prairies, dans l\u2019est de Montréal, par une trame verte.Un des projets développés cherche à relier les parcs de la promenade Belle- rive et Thomas-Chapais.« On a réuni les propriétaires majeurs dans le secteur pour réfléchir au trajet et aux aménagements à apporter, explique Emmanuel Rondia.Ça crée un mouvement plus intéressant et les gens se sentent engagés dans quelque chose de plus grand que de juste aménager leur propre terrain.» Selon M.Rondia, créer un tel réseau d\u2019espaces verts est plus efficace pour réduire les îlots de chaleur, en plus de « donner des leviers intéressants pour convaincre certains propriétaires ».Appels à la solidarité Pendant la canicule des derniers jours, les autorités publiques ont lancé plusieurs appels à la solidarité \u2014 veiller sur le bien-être de son voisin, particulièrement s\u2019il fait partie des populations jugées vulnérables.Un volet citoyen et participatif fait d\u2019ailleurs partie de la mission du Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal, dont les interventions visent à créer des milieux de vie.Les projets de verdissement peuvent ainsi accomplir un double mandat : créer de la fraîcheur et du lien social.« Je n\u2019aurais pas la prétention de dire qu\u2019il y a un lien direct dans des situations d\u2019urgence, mais une ville où il y a plus de solidarité est plus résiliente lors des événements [comme la canicule], souligne Véronique Fournier.Plus de nature en ville, c\u2019est une stratégie de prévention à la fois pour les épisodes de chaleur et pour la qualité de vie.» *Selon les données d\u2019Ouranos, le Con - sortium sur la climatologie régionale et l\u2019adaptation aux changements climatiques, le nombre de jours par année au dessus de 30 °C passera de 11 (médiane pour 1981 à 2010) à 30 (médiane pour 2041-2070) à Montréal et Laval, selon un scénario «modéré».Y a-t-il de la fraîcheur \u2014 sans climatisation \u2014 au bout de la canicule ?Un épisode de chaleur accablante vient de traverser le Québec, précipitant la mort de plus de 50 personnes jusqu\u2019à maintenant.Même si la vague des températures élevées s\u2019apaise, des indicateurs montrent que le nombre de jours où le mercure montera au-dessus de 30 degrés est appelé à croître*.Comment rafraîchir nos espaces, intérieurs et extérieurs, sans avoir recours à la climatisation ?ANDRÉANNE CHEVALIER LE DEVOIR Les arbres matures, ces « climatiseurs naturels », comportent plusieurs avantages.En plus de rafraîchir l\u2019air, « ils vont avoir un impact sur la gestion des polluants atmosphériques et permettre de créer des surfaces ombragées, selon Véronique Fournier, directrice générale du Centre d\u2019écologie urbaine de Montréal.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Cette semaine, le stationne - ment sud du quartier général de la SQ a été refait.Un nouveau bitume noir, comme un four à ciel ouvert.Quand tout le monde démarre la climati - sation, ça contribue à augmenter d\u2019au moins un degré et demi la température générale en ville et à aggraver les effets de la canicule sur ceux qui n\u2019ont pas les moyens de s\u2019en prémunir PIERRE GOSSELIN » B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 AUX PERSONNES INTÉRESSÉES AYANT LE DROIT DE SIGNER UNE DEMANDE DE PARTICIPATION À UN RÉFÉRENDUM Second projet de résolution adopté le 4 juillet 2018 1.APPROBATION RÉFÉRENDAIRE À la suite à l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 21 juin 2018, le conseil d\u2019arrondissement a adopté, lors de sa séance du 4 juillet 2018, le second projet de résolution CA18 240423.Ce second projet de résolution contient une disposition qui peut faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées afin que la résolution qui la contient soit soumise à leur approbation conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ, c.E-2.2).2.OBJET DU SECOND PROJET En vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modification ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (CA-24-011), la résolution vise à autoriser l'occupation à des fins d'hôtel pour les bâtiments situés aux 1567 et 1571-1575, rue Saint-André, et ce, en dérogation notamment aux articles 134 et 149 du Règlement d'urbanisme de l'arrondissement de Ville-Marie (01-282) relatif, entre autres, aux usages prescrits \u2013 pp 382 (dossier 1174869012); 3.DISPOSITION SOUMISE À UNE APPROBATION RÉFÉRENDAIRE Une demande relative à une disposition ayant pour objet d\u2019autoriser une dérogation aux normes énumérées ci- dessous peut provenir de la zone visée et des zones contiguës : usages prescrits (art.134 et 149 règl.01-282); 4.TERRITOIRE VISÉ Le territoire visé est constitué de la zone visée 0073 et des zones contiguës 0514, 0468, 0100, 0059, 0517, 0258, 0458, 0249, 0382, 183 et 0527; il peut être représenté comme suit : 5.CONDITIONS DE VALIDITÉ D'UNE DEMANDE Pour être valide, une demande doit : - indiquer clairement la disposition qui en fait l'objet et la zone d'où elle provient; - être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d'où elle provient ou, si leur nombre dans la zone n'excède pas 21, par au moins la majorité d'entre elles; - être reçue avant 16 h 30, le 16 juillet 2018, à l'adresse suivante : Demandes de participation à un référendum a/s de Me Domenico Zambito, Secrétaire d'arrondissement Ville de Montréal, arrondissement de Ville-Marie 800, boulevard De Maisonneuve Est, 17e étage Montréal (Québec) H2L 4L8 6.PERSONNE INTÉRESSÉE Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter en vertu de la loi et qui remplit les conditions suivantes le 4 juillet 2018 : - être majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle; et - être domiciliée dans une zone d\u2019où peut provenir une demande valide et, être depuis au moins six (6) mois, au Québec; ou - être, depuis au moins douze (12) mois, propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise au sens de la Loi sur la fiscalité municipale (RLRQ c F-2.1), dans une zone d\u2019où peut provenir une demande.Condition supplémentaire aux copropriétaires indivis d\u2019un immeuble et aux cooccupants d\u2019un établissement d\u2019entreprise : - être désigné, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des copropriétaires ou cooccupants, comme celui qui a le droit de signer la demande en leur nom et être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant.Condition d\u2019exercice du droit de signer une demande par une personne morale : toute personne morale doit désigner parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 4 juillet 2018, est majeure et de citoyenneté canadienne, n\u2019est pas en curatelle, et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue par la loi.Les personnes morales, les copropriétaires et cooccupants doivent produire leur résolution ou leur procuration en même temps que la demande.Elle prend effet lors de sa réception et demeure valide tant qu\u2019elle n\u2019est pas remplacée.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne intéressée à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités (RLRQ c F-2.1).7.ABSENCE DE DEMANDE Ce second projet de résolution contient une disposition susceptible d\u2019approbation référendaire.Les dispositions qui n\u2019auront pas fait l\u2019objet d\u2019une demande valide pourront être incluses dans une résolution qui n\u2019aura pas à être approuvée par les personnes habiles à voter.8.CONSULTATION DES DOCUMENTS PERTINENTS Le second projet de résolution peut être consulté, de 8 h 30 à 16 h 30, aux comptoirs Accès Ville-Marie situés au 17e étage du 800, boulevard De Maisonneuve Est, station de métro Berri-UQÀM, et au rez-de-chaussée du 275, rue Notre-Dame Est, station de métro Champ-de-Mars.Fait à Montréal, le 7 juillet 2018 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Me Domenico Zambito Cet avis peut également être consulté sur le site Internet de l\u2019arrondissement à l\u2019adresse suivante : www.ville.montreal.qc.ca/villemarie AVIS PUBLIC AVIS LÉGAUX Des serres portant des panneaux solaires sur leurs toits, dans un village de la province de Guizhou.La Chine a réorienté son économie et ses modes de consommation vers les énergies non fossiles.STR AGENCE FRANCE-PRESSE Une étude publiée par la revue Nature Geoscience confirme que le pays aurait déjà atteint les cibles de baisse d\u2019émissions de CO2 imposées par l\u2019Accord de Paris.Avec douze ans d\u2019avance sur les prévisions.CHARLES DELOUCHE LIBÉRATION Premier pays émetteur de gaz à effet de serre de la planète, la Chine est en bonne voie en matière de réduction de ses émissions de CO2.Dans le cadre de l\u2019Accord de Paris de 2015, le pays s\u2019était engagé à atteindre un pic d\u2019ici à 2030.L\u2019étude menée par le département des sciences de l\u2019Université Tsinghua de Pékin et publiée dans la revue britannique Nature Geoscience confirme que la Chine aurait d\u2019ores et déjà atteint ce pic et donc entamé une baisse de ses émissions de CO2.Xie Zhenhua, le représentant spécial du gouvernement sur le changement climatique, avait déjà annoncé que le pays pourrait atteindre ce niveau plus vite que prévu et même « éliminer environ 30 % de sa production de dioxyde de carbone en se concentrant sur les secteurs industriels ».Les émissions de CO2 ont cumulé avec un record de 9,53 gigatonnes en 2013, avant de diminuer les trois années suivantes jusqu\u2019à 9,2 gigatonnes en 2016.« À moins qu\u2019il y ait une quantité de changements significatifs, comme cela avait été le cas avec l\u2019intervention gouvernementale dans le plan de relance économique de 2008, les émissions de CO2 du pays se stabiliseront et diminueront graduellement », a assuré Dabo Guan, professeur en économie du changement climatique à l\u2019Université East Anglia de Norwich et auteur de l\u2019étude.Consommation réorientée Mais cette baisse précoce est remise en question par Greenpeace.En mai, l\u2019ONG avait estimé que les émissions chinoises de CO2 avaient progressé de 4 % au premier trimestre 2018, après avoir augmenté de 2 % l\u2019an dernier.De 2000 à 2013, les émissions de CO2 ont augmenté de 9,3 % tous les ans dans le pays.Une hausse principalement liée à la croissance économique chinoise bondissante à cette période.La Chine brûlait du charbon et du pétrole de très haute qualité, bien plus chargé en CO2.Mais en mars 2014, l\u2019empire du Milieu a bouleversé son économie et sa production énergétique.La Chine entreprend un changement structurel important.Li Keqiang, premier ministre chinois, affirme alors que le pays entre « en guerre contre la pollution » et intègre à son plan quinquennal une dimension écologique nouvelle.La Chine a réorienté son économie et ses modes de consommation vers les énergies non fossiles.Les entreprises et institutions les plus polluantes ont été taxées.Grâce à des subventions et à des recommandations, comme un passage forcé du chauffage au charbon au chauffage au gaz ou électrique, le pays peut au- jourd\u2019hui se vanter d\u2019être le leader mondial des énergies renouvelables.«Entre 2013 et 2016, la baisse de 4,2% des émissions de CO2 chinoises a été encouragée par des changements structurels sur le plan industriel, en allant jusqu\u2019à faire aussi baisser la part des énergies dérivées du charbon», analyse le rapport.En mai 2017, alors que les États-Unis annonçaient leur retrait de l\u2019Accord de Paris sur le climat, la Chine s\u2019est engagée à investir 360 milliards de dollars dans les énergies renouvelables d\u2019ici à 2020.POLLUTION La Chine sur la bonne voie E N B R E F Nawaz Sharif condamné à 10 ans de prison ISLAMABAD \u2014 L\u2019ancien premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a été condamné vendredi, en son absence, à dix ans de prison par un tribunal an- ticorruption, une sentence dénoncée comme « politique » par son clan, et qui fragilise son parti avant des élections législatives le 25 juillet.M.Sharif a été condamné à 10 ans de prison et à une amende de huit millions de livres (10 millions de dollars) par un tribunal d\u2019Islamabad dans une affaire concernant l\u2019achat de plusieurs appartements de luxe à Londres.M.Sharif a réagi peu après la sentence en promettant de poursuivre son « combat jusqu\u2019au moment où le Pakistan sera libéré des chaînes de la peur qui lient toute personne disant la vérité ».L\u2019affaire avait initialement été déclenchée par la publication des Panama Papers.La sentence porte un coup sérieux au parti PML-N, fondé en 1993 par Na- waz Sharif, et qui est l\u2019une des principales formations en liste pour les élections législatives du 25 juillet prochain.Agence France-Presse Demande de délai pour les familles séparées LOS ANGELES \u2014 Le gouvernement américain a demandé à un tribunal un délai pour réunir les jeunes enfants de migrants et leurs parents arrêtés en franchissant la frontière, expliquant manquer de temps pour confirmer les identités, selon des documents judiciaires publiés vendredi.Un juge de San Diego a ordonné le 26 juin la réunification sous 15 jours des enfants de moins de cinq ans avec leurs parents, et sous 30 jours pour les autres, fustigeant la politique de «tolérance zéro» sur l\u2019immigration qui ordonnait l\u2019arrestation systématique et les poursuites au pénal de tous les clandestins franchissant la frontière.Plus de 2300 enfants, dont environ 100 de moins de cinq ans, avaient été séparés de leur famille et hébergés dans des centres d\u2019accueil gérés par le ministère de la Santé (HHS) en quelques semaines.Plus de 500 ont déjà retrouvé leurs parents, mais le gouvernement peine à tenir le rythme.Le HHS a admis jeudi devoir recourir à des tests d\u2019ADN et à des procédures accélérées pour réunir les enfants et leurs parents.Agence France-Presse Autre nuit de tensions à Nantes PARIS \u2014 La ville de Nantes, dans l\u2019ouest de la France, a connu une troisième nuit de tensions, alors que des dizaines de voitures ont été incendiées pour protester contre la mort d\u2019un automobiliste qui tentait apparemment d\u2019éviter un contrôle d\u2019identité de la police.Contrairement aux nuits précédentes, toutefois, aucun affrontement entre la police et les manifestants n\u2019a été signalé durant la nuit de vendredi.Les médias français ont rapporté qu\u2019une cinquantaine de voitures avaient été incendiées.Jeudi soir, des centaines de personnes ont marché silencieusement pour protester contre la mort de l\u2019automobiliste de 22 ans, abattu par la police.Sa mort a donné lieu plus tôt cette semaine à deux nuits de violence à Nantes : des manifestants ont affronté la police an- tiémeute, brûlé des voitures et mis le feu à des magasins.Les autorités affirment que le conducteur, qui a été atteint d\u2019une seule balle, était recherché par la police depuis un an en vertu d\u2019un mandat d\u2019arrêt pour vol.Associated Press L\u2019ancien premier ministre pakistanais Nawaz Sharif TOLGA AKMEN AGENCE FRANCE-PRESSE Cette baisse précoce d\u2019émissions de CO2 est remise en question par Greenpeace B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 ADRIEN VICENTE MAUD WATINE À PAMPELUNE AGENCE FRANCE-PRESSE À Pampelune, qui a donné vendredi le coup d\u2019envoi de ses célèbres fêtes de la San Fermin, les femmes espèrent que la célébration ne sera pas assombrie par les agressions sexuelles après l\u2019affaire de «la Meute» qui a secoué toute l\u2019Espagne.Sur la Plaza del Castillo, épicentre de la San Fermin, un point d\u2019information marqué de l\u2019omniprésent slogan «Pam- pelune ville libre d\u2019agressions sexistes» ne désemplit pas.Des employées municipales et des membres d\u2019associations féministes y sensibilisent les participants et distribuent une épinglette représentant une main rouge, symbole de la campagne contre les violences sexuelles menée depuis plusieurs années par la municipalité du nord de l\u2019Espagne.« Nous ne laisserons rien passer ! » prévient Merche Labari, femme au foyer de 56 ans qui arbore la main rouge.« C\u2019est à nous, à Pampelune, de dire \u201cnon, ça suffit\u201d.Avec de la propagande, des amendes, tout ce qu\u2019il faudra ! » Numéro de téléphone accessible 24 heures sur 24, application de géolo- calisation, identification des auteurs d\u2019agressions sexuelles sur les images de vidéosurveillance\u2026 Depuis cinq ans, quand des images d\u2019attouchements généralisés pendant le lancement de la féria avaient causé un électrochoc dans l\u2019opinion, la ville met les grands moyens pour éradiquer ce fléau.En conséquence, dans 95 % des plaintes, l\u2019auteur est identifié, relève une étude sur les violences sexuelles Le souvenir des agressions sexuelles plane sur la San Fermin À Pampelune, l\u2019histoire des cinq Sévillans ayant agressé une Madrilène en 2016 est encore dans toutes les têtes SOPHIE MAKRIS À VIENNE AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Iran a engrangé vendredi le soutien des Européens, de la Russie et de la Chine, qui ont conforté son droit à exporter du pétrole et à rester un acteur du commerce international en dépit des menaces américaines liées au rétablissement des sanctions.Pressés de faire des propositions à Téhéran, menacé d\u2019un nouvel isolement économique, les chefs de la diplomatie des cinq puissances restant parties à l\u2019accord nucléaire (Allemagne, Chine, France, Royaume-Uni et Russie) ont rencontré à Vienne leur homologue iranien, Mohammad Javad Zarif, pour la première fois depuis que Donald Trump s\u2019est désengagé de l\u2019accord.Ensemble, ils ont fixé une feuille de route pour sauver ce compromis historique signé en juillet 2015 et tenter de garder l\u2019Iran connecté au système commercial et financier international.Parmi les onze objectifs définis vendredi, les signataires ont plaidé pour « la poursuite des exportations de gaz et de pétrole iraniens » alors que les États- Unis ont demandé à tous les pays d\u2019arrêter complètement leurs importations de pétrole d\u2019Iran d\u2019ici le 4 novembre.Les récalcitrants s\u2019exposent aux sanctions économiques que Washington va rétablir envers toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique.« Volonté de résister » À l\u2019issue de la réunion, le chef de la diplomatie iranienne a salué la « volonté de résister » aux États-Unis manifestée par ses partenaires.Les Européens, qui affirment leur attachement à l\u2019accord, s\u2019activent depuis deux mois pour essayer de conserver l\u2019adhésion de l\u2019Iran à ce pacte par lequel le pays s\u2019engage à ne pas se doter de l\u2019arme atomique.Mais pour les onze objectifs définis vendredi, les signataires ne précisent pas comment, concrètement, relever ce défi alors que la perspective du retour des sanctions américaines a commencé à faire fuir d\u2019Iran les investisseurs étrangers.Outre le soutien aux exportations de pétrole iranien, ils veulent « la préservation et le maintien de canaux financiers efficaces avec l\u2019Iran, la poursuite des communications maritimes, terrestres, aériennes et ferroviaires, la promotion de la couverture du crédit à l\u2019exportation, un soutien clair et efficace aux opérateurs économiques qui commercent avec l\u2019Iran [\u2026], l\u2019encouragement de nouveaux investissements en Iran, la protection des opérateurs économiques pour leurs investissements et autres activités financières en Iran ».« C\u2019est la première fois qu\u2019ils montrent un tel engagement à ce niveau, mais il faudra voir à l\u2019avenir s\u2019il y a une différence entre ce qu\u2019ils veulent véritablement faire et ce qu\u2019ils pourront faire », a estimé M.Zarif.« Nous formulons une offre que nous trouvons attrayante », a affirmé le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, au début de la réunion.Son homologue français, Jean-Yves Le Drian, interviewé sur la radio RTL avant la rencontre, avait estimé que la formulation de propositions concrètes prendrait encore quelques mois.« Pour le mois de novembre, nous essayons d\u2019y aboutir », a-t-il assuré.Le 4 novembre doit marquer la date du retour en vigueur des sanctions américaines contre le secteur énergétique iranien.L\u2019Iran dispose des deuxièmes réserves mondiales de gaz, après la Russie, et des quatrièmes réserves mondiales de pétrole.En visite en Suisse cette semaine, le président Rohani avait affirmé que les États-Unis ne pourront jamais empêcher l\u2019Iran d\u2019exporter son pétrole, qualifiant l\u2019annonce du département d\u2019État de « pure imagination ».La contrepartie pour l\u2019Iran de l\u2019accord de 2015 et du contrôle de ses activités nucléaires fut la levée des sanctions économiques internationales, avec la perspective de nouveaux investissements pour tenter de remettre à flot une économie en grandes difficultés.NUCLÉAIRE L\u2019Iran gagne des appuis Une entente est conclue en dépit des menaces américaines lors des fêtes dévoilée début juillet.« Quand une femme porte plainte, il est extrêmement probable que l\u2019on finisse par savoir qui est l\u2019auteur des faits, et cela devrait encourager [les gens] à avoir une grande confiance dans les institutions », affirme à l\u2019AFP TV Lohit- zune Zuloaga, sociologue et co-auteure de l\u2019étude.« La Meute » dans toutes les têtes Mais « la Meute », la bande de cinq Sé- villans qui avaient agressé en groupe une jeune Madrilène lors de la San Fer- min en 2016, est encore dans toutes les têtes.Condamnés en avril pour « abus sexuel » et non « agression sexuelle », catégorie comprenant les viols en Espagne et plus lourdement sanctionnée, ils ont été libérés sous caution il y a deux semaines et peuvent en théorie participer aux fêtes.« Il n\u2019y a pas de justice dans ce pays ! » fulmine Leire Delgado, 31 ans, une bière à la main.« Si tu te laisses faire, ce n\u2019est pas un viol, et si tu ne te laisses pas faire, on te tue.Alors qu\u2019est-ce qu\u2019il faut faire ?Ne Le coup d\u2019envoi des célèbres fêtes de la San Fermin a été donné vendredi.ANDER GILLENEA AGENCE FRANCE- PRESSE SOFIA BOUDERBALA À PARIS AGENCE FRANCE-PRESSE Deux anciens bourgmestres rwandais ont vu vendredi leur condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité confirmée en appel par la justice française pour leur participation au génocide des Tutsis dans leur village de Kabarondo, dans l\u2019est du Rwanda, en avril 1994.À l\u2019issue de deux mois d\u2019un procès filmé pour l\u2019histoire devant la cour d\u2019assises de Paris et après huit heures de délibération, Octavien Ngenzi, 60 ans, et Tito Barahira, 67 ans, ont été jugés coupables de « crimes contre l\u2019humanité » et de « génocide », pour « une pratique massive et systématique d\u2019exécutions sommaires » en application d\u2019un « plan concerté tendant à la destruction » du groupe ethnique tutsi.Le verdict a été accueilli dans un pesant silence, à peine troublé par les sanglots discrets de la famille des accusés.Les deux anciens bourgmestres sont restés stoïques, vite entourés par leurs avocats.Ils ont cinq jours pour former un éventuel pourvoi en cassation.L\u2019accusation les avait désignés comme des «artisans de la mort» ayant «pleine autorité» dans leur village, des rouages essentiels du génocide dans leur com- GÉNOCIDE RWANDAIS Prison à perpétuité pour deux ex-maires jugés en France mune de Kabarondo.Une période de sûreté de 22 ans \u2014 qui n\u2019a pas été accordée \u2014 avait en outre été demandée pour Ngenzi, bourgmestre en exercice en 1994 et à ce titre « responsable de tous les morts de la commune».Les deux hommes, qui se sont succédé à la tête de la commune de 1976 à 1994, ont nié jusqu\u2019au bout toute participation aux tueries à Kabarondo, où le pire des massacres a eu lieu le 13 avril.Près de 2000 morts, selon l\u2019abbé du village, pilonnés au mortier, puis découpés à la machette, pendant près de sept heures.« Cette décision est juste et c\u2019est un message : stop à l\u2019impunité pour tous ceux qui ont pris part au génocide et qui ont cru pouvoir se réfugier en France », a réagi Alain Gauthier, président d\u2019une association à l\u2019origine de la plupart des enquêtes françaises sur le génocide rwandais.C\u2019est la deuxième fois que la justice française, qui a jugé ces hommes en vertu de sa compétence universelle pour les crimes les plus graves, se prononce dans un dossier lié au génocide rwandais, après la condamnation de l\u2019ancien capitaine de l\u2019armée Pascal Simbikamgwa à 25 ans de réclusion criminelle.Les récalcitrants s\u2019exposent aux sanctions économiques que Washington va rétablir envers toutes les entreprises ayant des liens avec la République islamique Si tu te laisses faire, ce n\u2019est pas un viol, et si tu ne te laisses pas faire, on te tue.Alors qu\u2019est-ce qu\u2019il faut faire ?Ne plus sortir ?LEIRE DELGADO » plus sortir?» dit-elle, en référence à Na- gore Laffage, infirmière tuée il y a dix ans lors de la San Fermin par un homme dont elle refusait les avances sexuelles.Grande vague féministe Dans toute l\u2019Espagne, l\u2019affaire de «la Meute» a déclenché une puissante vague de manifestations féministes contre la «justice patriarcale».À Pampelune, son écho fait cependant grincer des dents.Certaines femmes ont été gagnées par la peur, comme Maitane Salazar, caissière de 27 ans, qui assure que «cette année, j\u2019essaierai de ne jamais être seule, même pas en allant aux toilettes».Mais d\u2019autres déplorent que la réputation de la ville et de sa féria, où la sangria coule à flots, en pâtisse.«Ailleurs, on nous voit comme une ville sans loi», pense Leire Delgado, vêtue de blanc avec un foulard rouge, comme presque tous les participants à cette fête à laquelle elle prend part chaque année.« Des viols, il y en a à Tenerife, à Séville\u2026 sauf qu\u2019ailleurs, on ne dit rien.À Pampelune, on ne cache rien », se défend cette femme au foyer.«À Pampelune, on porte plainte davantage que dans d\u2019autres villes», confirme la sociologue Lohitzune Zuloaga.«Cela ne veut pas nécessairement dire qu\u2019il y a plus de cas, mais que les gens sont plus sensibilisés.» Les collectifs féministes de la ville ont aussi évité au maximum de se focaliser sur « la Meute », peu évoquée dans les slogans des habituelles manifestations en amont des festivités.« Se concentrer sur un seul cas rend invisible le reste des agressions », ont- elles écrit dans un communiqué. LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin l en aura mis du temps, Donald Trump, à se débarrasser de Scott Pruitt, son ministre de l\u2019Environnement, sali depuis des mois par une somme stupéfiante de conflits d\u2019intérêts, d\u2019allégations d\u2019abus de pouvoir et d\u2019histoires de dépenses éminemment déraisonnables faites aux frais des contribuables.Le zèle de croisé climatosceptique avec lequel il s\u2019employait à défaire les avancées pourtant partielles de Barack Obama en matière environnementale l\u2019aura mis à l\u2019abri \u2014 jusqu\u2019à jeudi après-midi.On savait ses jours comptés depuis quelques semaines.L\u2019analyse dominante veut que l\u2019horizon des législatives de mi-mandat, en novembre, ait finalement eu raison de lui, alors que même des républicains et des commentateurs de Fox News commençaient à le critiquer.M.Trump, un homme dont on sait qu\u2019il a le sens éthique extrêmement élastique, aura apparemment calculé que cette élasticité avait des limites, s\u2019agissant au demeurant d\u2019éviter que l\u2019accumulation d\u2019écarts déontologiques dont son ministre était coupable ne contribue à mettre en évidence ceux qui pèsent sur sa propre personne présidentielle.Y a-t-il jamais eu ministre capable de survivre aussi longtemps à autant de scandales?Confirmé au Sénat en février 2017, il a rapidement commencé à faire tiquer en multipliant les dépenses inutiles ou exagérées: 43 000$US pour sécuriser son bureau, achat en grand nombre de billets d\u2019avion de première classe, triplement de son équipe de sécurité\u2026 Sans compter le recours douteux à ses pouvoirs discrétionnaires pour distribuer des augmentations de salaires à des conseillers clés.Contre les employés qui ont osé se plaindre de sa conduite à la direction de l\u2019Agence de protection de l\u2019environnement (EPA), il aurait appliqué des mesures de représailles.Autant d\u2019errements, parmi d\u2019autres, qui ont fait qu\u2019il était sous le coup de pas moins d\u2019une quinzaine d\u2019enquêtes internes \u2014 dans une Washington où les dépenses inconsidérées n\u2019ont pourtant pas l\u2019habitude de gêner sa classe politique.L\u2019erreur de cet ancien procureur général de l\u2019Oklahoma aura peut-être tout simplement été de ne pas s\u2019y prendre plus discrètement.Entendu qu\u2019en réalité, M.Pruitt a été démissionné pour les mauvaises raisons.Son congédiement n\u2019a pas empêché M.Trump de louer son « travail fantastique ».Car plus dommageable encore que sa mauvaise administration aura été, pour la suite des choses, l\u2019entreprise acharnée de démolition à laquelle il s\u2019est livré contre l\u2019EPA et les lois et règlements qui encadrent la protection de l\u2019environnement aux États-Unis.Sortie de l\u2019Accord de Paris, abrogation du plan visant à fermer les centrales électriques au charbon, dilution des normes antipollution imposées aux constructeurs automobiles\u2026 Les reculs dans la lutte contre le réchauffement climatique ne se comptent plus depuis un an.L\u2019Agence de protection de l\u2019environnement est devenue un nid de lobbyistes vendus aux intérêts des industries chimique et pétrolière.Elle ne protège plus rien.Reflet d\u2019un climat de travail exécrable, l\u2019Agence a vu partir 700 de ses employés depuis avril 2017, dont 200 scientifiques, une hémorragie qui est en train de rapetisser le ministère à ce qu\u2019il était sous Ronald Reagan.On dit que, dans les corridors de l\u2019EPA, des employés ont applaudi jeudi à l\u2019annonce du départ de M.Pruitt.Andrew Wheeler, le directeur adjoint qui le remplace sur une base intérimaire, n\u2019est pourtant ni moins zélé ni moins dangereux.Lobbyiste à Washington depuis 20 ans, il connaît la capitale comme le fond de sa poche.Il a déjà dit considérer le Groupe d\u2019experts intergouvernemental des Nations unies sur l\u2019évolution du climat (GIEC) comme un organisme « plus politique que scientifique ».Avec la bénédiction de M.Trump, il saura mieux manœuvrer que M.Pruitt, si ça se trouve, pour parer l\u2019opération de déréglementation environnementale contre les contestations judiciaires.M.Pruitt disparaît, son empreinte reste.TEXTE COLLECTIF* En tant qu\u2019adeptes du Musée McCord et ambassadeurs de l\u2019industrie de la mode à Montréal, nous avons été extrêmement déçus d\u2019apprendre que le projet d\u2019agrandissement du Musée était en péril à la suite du refus de la mairesse Valérie Plante d\u2019octroyer le terrain de l\u2019îlot Eugène-Lapierre pour y construire un nouvel établissement.Montréal est une ville reconnue dans le milieu de la mode et nous pouvons affirmer haut et fort que le Musée McCord est un pilier essentiel de ce secteur névralgique tant au Québec qu\u2019au Canada.Au fil du temps, le Musée \u2014 qui deviendra le Musée de Montréal dans la foulée de cet agrandissement \u2014 a engendré des retombées significatives pour les designers, les écoles de mode, les détaillants et l\u2019économie locale.Le Musée McCord possède la plus imposante collection Costume, mode et textiles canadienne, composée de plus de 20 000 vêtements et accessoires.Les nombreuses pièces de vêtement haute couture du milieu du XXe siècle signées par des créateurs et des couturiers montréalais, canadiens et internationaux, ainsi que des exemples de manufacturiers, et de tous les secteurs de l\u2019industrie, témoignent du développement de l\u2019industrie de la mode et du secteur de la vente au détail de vêtements au Canada.L\u2019étendue de sa collection et sa longévité (depuis plus de 60 ans) confirment l\u2019importance du positionnement de Montréal comme « ville de mode ».Qui plus est, ses expositions ont reçu des reconnaissances internationales: à trois reprises, le Musée McCord a obtenu le prestigieux prix Richard Martin Exhibition Award de la Costume Society of America, qui récompense les expositions de costumes exceptionnelles, tant en matière de présentation que d\u2019interprétation du costume; ce qui équivaut à autant de fois que ce prix a été emporté par le Metropolitan Museum of Art (MET) de New York.Relations privilégiées Grâce à ses expositions incontournables, sa riche collection Costume, mode et textiles et son expertise incomparable, le Musée s\u2019est bâti une notoriété sans pareille au cours de la dernière décennie.Cette institution a réussi à créer des relations privilégiées avec d\u2019autres importants musées du monde, et fait bénéficier les Montréalais depuis plusieurs années maintenant des expositions de mode du très renommé Victoria and Albert Museum de Londres (V & A).Plus populaire que jamais, le Musée McCord doit maintenant trouver un terrain plus vaste afin de poursuivre sa mission.Comme le démontrent les études réalisées par le Musée McCord, celui de l\u2019îlot Eugène-La- pierre est tout désigné puisqu\u2019il se trouve au cœur du Quartier des spectacles, et donc au carrefour des autres institutions culturelles essentielles à la vitalité de Montréal.Le Musée McCord fait rayonner Montréal et les créateurs d\u2019ici mieux que quiconque.Véritable richesse pour Montréal, il est primordial de le propulser à la vitesse grand V dans la catégorie des musées de classe mondiale, au même titre que le sont les incontournables musées de mode de New York, de Paris et de Londres.Les retombées pour la métropole seront inestimables et l\u2019histoire de la mode pourra plus que jamais raconter celle des gens d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Plus qu\u2019un simple musée ; il s\u2019agit d\u2019un projet de société.Avec l\u2019appui de membres de la communauté de la mode de Montréal, nous demandons à la mairesse Valérie Plante de trouver une solution pour que le Musée McCord puisse occuper la place qu\u2019il mérite au cœur du centre-ville de Montréal.*Lettre signée par Michèle Boulanger Bussière, C.Q., ambassadrice de la mode; Christian Chenail, créateur de la griffe MUSE; Michel Desjardins, designer de mode; Philippe Dubuc, designer de mode; Mariouche Gagné, designer pour Harricana; Denis Gagnon, designer de mode; Stéphane Le Duc, commissaire, Festival Mode et design, journaliste/éditeur Dress to Kill ; Jacques de Montjoye, designer de mode; Jean-Claude Poitras, C.M, O.Q, créateur de mode, designer multidisciplinaire ; Michel Robichaud, C.Q., C.M., créateur de mode; Marie Saint Pierre, designer québécoise L\u2019appropriation culturelle, concept tendancieux Le tollé de contestations ayant conduit à l\u2019annulation de la pièce SL?V de Robert Lepage et Betty Bonifassi, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) révèle, à mes yeux, un imbroglio nocif et antiperformant provenant d\u2019une société malade d\u2019inconfort eu égard au désaccord suscité par une frange de la société.Une frange de la société qui évoque le concept de l\u2019appropriation culturelle comme argument massue pour justifier sa demande d\u2019annulation de SL?V, des Blancs n\u2019étant pas légitimés pour jouer le rôle de Noirs.Un concept tendancieux qui, poussé à l\u2019extrême, écorche au passage la nécessaire liberté d\u2019expression.Pourtant, une telle décision draconienne de la part du FIJM aurait pu être évitée si les pourfendeurs de la pièce avaient manifesté un minimum de souplesse et engendré le dialogue avec les créateurs du spectacle.Mais non, ces mêmes contestataires sont rapidement montés aux barricades, tuant ainsi dans l\u2019œuf toute forme de dialogue avec Robert Lepage et Betty Bonifassi.En réalité, nous assistons à une guérilla assassine qui piétine sans vergogne la liberté d\u2019expression, un concept vital à la survie de toute forme artistique, un concept qui souffre difficilement toute forme de censure, si « justifiée » qu\u2019elle soit présentée à titre d\u2019argumentaire.En fin de compte, la leçon de cette saga nous aura permis de constater que nous vivons au- jourd\u2019hui dans un monde où personne n\u2019ose défendre une position L\u2019agrandissement du Musée McCord, un projet de société LIBRE OPINION LETTRES ENVIRONNEMENT La sale empreinte de Scott Pruitt LAC-MÉGANTIC Le facteur humain I es Méganticois ne dorment pas en paix.Cinq ans après le déraillement d\u2019un train chargé de pétrole venu s\u2019enflammer aux abords du Musi-Café, fauchant 47 vies au passage, la population sursaute encore sur le coup du sifflement maudit du train qui passe en ville.La configuration du centre-ville de Lac-Mégantic a changé.Les acteurs politiques ne sont plus les mêmes qu\u2019en 2013.Mais la peur au ventre, elle, est demeurée.Cette tragédie a bien sûr laissé des marques indélébiles.Mais d\u2019autres ratés ont creusé le sentiment d\u2019impuissance, d\u2019échec et d\u2019immobilisme.D\u2019abord, l\u2019incapacité de la justice à désigner des coupables, avec l\u2019acquittement des trois ex-employés de la Montreal, Maine & Atlantic Railway et l\u2019abandon des procédures contre l\u2019entreprise faute de preuves \u2014 seule une commission d\u2019enquête pourrait maintenant fournir l\u2019espoir de mettre un baume sur les plaies de Lac-Mégantic.Puis le long délai avant d\u2019obtenir la promesse d\u2019une voie de contournement de 11 km, dont le tracé ne fait pas l\u2019unanimité.Enfin, la présence toujours peu rassurante des fameux wagons DOT-111 dont la vie utile se terminera en\u2026 2025.Les Méganticois ne dorment pas en paix, mais ils ne sont pas les seuls.Un comité fédéral chargé de l\u2019examen de la Loi sur la sécurité ferroviaire a récemment conclu que, même si le réseau est apparemment plus sécuritaire qu\u2019il ne l\u2019a jamais été, le public n\u2019en a jamais été si peu convaincu.De l\u2019ensemble des accidents qui continuent de survenir sur les 40 000 km de voies ferrées au Canada, seuls ceux causés par des facteurs humains sont en hausse (11 %).D\u2019autres statistiques, hélas, ne fournissent pas matière à se rassurer.Le Bureau de la sécurité des transports (BST) s\u2019inquiétait il y a quelques jours d\u2019une augmentation de 10 % des accidents associés aux « trains à la dérive » depuis cinq ans.Et il invitait très directement les instances responsables à moderniser leurs exigences en matière de formation, ce qui pointe aussi le facteur humain.L\u2019urbanisation croissante et l\u2019augmentation des transports de marchandises par train ne laissent aucunement présager la fin des défis de sécurité au sein des collectivités, avec le transport du pétrole en filigrane pour augmenter la dangerosité.Mais comment y faire face ?En implantant une « culture de sécurité » au sein des entreprises ferroviaires, juge le comité fédéral.Cette valeur, apparemment peu présente dans les compagnies, devrait être érigée en ligne maîtresse afin de diminuer les pratiques dangereuses et ainsi rétablir la cote du facteur humain.L ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Il faudrait se rappeler Martin Luther King Dans son célèbre discours I have a dream, Martin Luther King déclarait : « Je rêve que mes quatre petits-enfants vivront un jour dans une nation où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau, mais sur la valeur de leur caractère.» Il semble que pour ceux qui se prétendent les héritiers de son combat la couleur de la peau est aujourd\u2019hui plus importante que la valeur du caractère, qu\u2019elle permet de départager les bons et les méchants\u2026 Robert Laliberté Le 6 juillet 2018 soumise à la contestation de peur de déplaire ou de devoir affronter la tempête médiatique pour faire valoir ses idées ! Henri Marineau Québec, le 6 juillet 2018 B 9 Les responsables du Festival auraient pu (auraient dû) opposer une fin de non-recevoir à la poignée de manifestants qui, au contraire de ce qu\u2019ils prétendaient, ne représentaient qu\u2019eux-mêmes.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 IDÉES Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné, Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Le Canada, vendeur d\u2019armes C ette semaine, un groupe d\u2019ONG canadiennes qui milite pour les droits de la personne et pour la paix dans le monde a encore écrit à la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.Ils lui demandaient d\u2019ordonner une enquête indépendante afin de déterminer une fois pour toutes si les forces armées de l\u2019Arabie saoudite ont utilisé des véhicules blindés montés au Canada à des fins proscrites par la loi canadienne, c\u2019est-à- dire pour brimer les droits de ses propres citoyens.Une vidéo est apparue l\u2019an dernier, montrant l\u2019utilisation des véhicules fabriqués au Canada dans une opération de sécurité saoudienne dans une région du pays où la population chiite proteste depuis des années contre le traitement qui lui est réservé par le régime sunnite de Riyad.Depuis, le gouvernement Trudeau se retrouve sur la défensive.Comment ce gouvernement peut-il prôner sur toutes les tribunes la protection des droits de la personne à travers le monde, tout en continuant de vendre des armes à un régime dont le bilan en matière de droits est parmi les pires au monde ?En patinant comme l\u2019un des meilleurs joueurs de la LNH, semble-t-il.Lorsque le Globe and Mail a fait état de cette vidéo troublante l\u2019an dernier, Mme Freeland a demandé une enquête interne auprès de membres de son ministère.Depuis le début, cette enquête manquait de transparence et ses conclusions, rendues publiques en février dernier, en ont laissé plusieurs sur leur faim.« Aujourd\u2019hui, je peux confirmer que les représentantes d\u2019Affaires mondiales Canada n\u2019ont trouvé aucune preuve concluante que des véhicules fabriqués au Canada ont été utilisés pour commettre des violations des droits de la personne, a alors insisté Mme Freeland.C\u2019était l\u2019opinion indépendante et objective de notre fonction publique et les conseils que j\u2019ai reçus en tant que ministre.» Or, il est légitime de se demander si l\u2019opinion des fonctionnaires de Mme Freeland a été si objective qu\u2019elle le prétendait.On peut d\u2019ailleurs lire dans leur rapport que malgré « son bilan en matière des droits de la personne, l\u2019Arabie saoudite demeure un partenaire important du Canada dans la région » et que la relation commerciale entre les deux pays est « importante et croissante ».Les fonctionnaires de Mme Freeland privilégiaient-ils des critères d\u2019ordre économique et politique en faisant leur enquête ?On pouvait critiquer la politique étrangère de l\u2019ancien gouvernement conservateur de Stephen Harper, mais au moins, on savait où il logeait.S\u2019il a donné le feu vert à la vente d\u2019armes à l\u2019Arabie saoudite, c\u2019est parce qu\u2019il considérait ce pays comme un allié dans une région du monde où l\u2019influence nocive de l\u2019Iran est une menace croissante.Par la force des choses, l\u2019ennemi de votre ennemi est votre ami et l\u2019Iran n\u2019a pas de pire ennemi, à part Israël, que l\u2019Arabie saoudite.Depuis quelques années, les deux pays mènent une guerre par procuration au Yémen qui crée des milliers de victimes civiles.Advenant une preuve que des véhicules canadiens ont été impliqués dans la suppression des droits des personnes en Arabie saoudite, le Canada serait dans l\u2019obligation d\u2019annuler tout contrat d\u2019armes existant avec ce pays.Or, c\u2019est sous le gouvernement Harper que General Dynamics a conclu en 2014 un contrat record de 15 milliards de dollars pour vendre des véhicules blindés à l\u2019Arabie saoudite.Ces véhicules, qui diffèrent de ceux qui étaient au centre de l\u2019enquête menée par les fonctionnaires de Mme Freeland, doivent être construits à l\u2019usine du fabricant américain à London en Ontario, dans une région dévastée par le déclin de l\u2019industrie manufacturière depuis la crise économique de 2008.Pour le gouvernement Harper, un tel contrat allait de soi.Non seulement s\u2019agissait-il de fournir un allié au Moyen-Orient, mais aussi de permettre le maintien de centaines d\u2019emplois en Ontario.C\u2019est le gouvernement Trudeau qui a signé les permis permettant à General Dynamics de livrer la marchandise.Rien ne le forçait à le faire.L\u2019Arabie saoudite fait partie d\u2019une liste de 40 pays auxquels le Canada peut autoriser la vente d\u2019armes avec un permis du ministre, seulement si ce dernier détermine qu\u2019il n\u2019existe pas un risque raisonnable que ces armes soient utilisées contre la population du pays acheteur.C\u2019est Stéphane Dion, ancien ministre des Affaires étrangères, qui a signé les premiers permis rattachés à ce contrat et, en 2017, le Canada a exporté des armes d\u2019une valeur de près de 500 millions à l\u2019Arabie saoudite.Il s\u2019agissait sans doute des premières livraisons des véhicules en question.La responsabilité pour ce contrat relève maintenant de Mme Freeland, qui, en février, a déclaré : « Le Canada est un partenaire de confiance et les gens doivent continuer à être sûrs de la valeur de notre parole et de nos engagements.Ils doivent savoir qu\u2019un accord avec le Canada perdure au-delà des élections.» Mme Freeland se vante de vouloir resserrer les critères entourant la vente des armes à des pays étrangers par l\u2019entremise du projet de loi C-47, qui ferait adhérer le Canada au Traité sur le commerce des armes des Nations unies.Mais par ses gestes, elle semble privilégier une application sélective de ces mêmes critères.Patrick Moreau Rédacteur en chef de la revue Argument et auteur de l\u2019essai Ces mots qui pensent à notre place Le spectacle SL?V aura finalement fait les frais des protestations d\u2019une poignée de militants, mais aussi et surtout de la lâcheté des organisateurs du Festival international de jazz de Montréal.Triste journée ! Mais pour le créateur qu\u2019est Robert Lepage, et pour la création en général, c\u2019était une défaite annoncée.De nos jours, la bêtise hurlante, toujours si sûre de son bon droit, sans cesse prête à condamner ce qu\u2019elle n\u2019a ni vu, ni entendu, ni lu, finit toujours par l\u2019emporter ; non pas parce qu\u2019elle parvient à convaincre de son bien-fondé, mais parce que nous n\u2019avons plus moralement la force de lui résister.Les responsables du Festival auraient pu (auraient dû) ainsi opposer une fin de non-recevoir à cette poignée de manifestants qui, contrairement à ce qu\u2019ils prétendaient, ne représentaient qu\u2019eux- mêmes.Il n\u2019existe en effet pas plus de représentants légitimes des Noirs de Montréal, du Québec ou du Canada que de « communauté noire » elle-même.Contrairement aux Noirs états-uniens, qui pour l\u2019immense majorité d\u2019entre eux descendent effectivement des esclaves des États cotonniers du Sud, nos compatriotes noirs sont d\u2019origines diverses \u2014 pour ce qui est du Québec, ils sont ou descendent principalement des immigrants d\u2019origine haïtienne et africaine \u2014 et ils n\u2019ont en partage ni culture commune ni héritage historique identique qui se résumeraient à la seule question de l\u2019esclavage.J\u2019irai même plus loin en affirmant qu\u2019il est à mon sens parfaitement raciste d\u2019associer de cette façon culture ou identité culturelle et couleur de peau.C\u2019est une équation fausse qui nous vient justement de la triste époque de l\u2019esclavage, puis de la ségrégation, et qui s\u2019est maintenue comme une évidence jusqu\u2019à aujourd\u2019hui chez nos voisins du sud.Nous ne sommes toutefois pas obligés de nous américaniser au point d\u2019intégrer les données séculaires de cet apartheid Made in USA qui fait des Noirs et des Blancs deux humanités distinctes.Ils auraient pu (ou dû) également\u2014 comme l\u2019ont fait dans les colonnes du Devoir quelques intervenants extérieurs \u2014 défendre une autre conception de la culture que celle qui découle de ce concept (lui aussi emprunté aux États-Unis) d\u2019« appropriation culturelle ».Ce concept mal ficelé, qui réduit la culture au rôle d\u2019étendard d\u2019une ethnie ou d\u2019une prétendue « race », est de la même eau que ces cultures « nordique » ou « aryenne » défendues en d\u2019autres temps, et dont on ne regrette pas plus les dangereuses approximations que les élucubrations meurtrières de ceux qui les défendaient.Rappelons que les chants d\u2019esclaves eux-mêmes, qui étaient au cœur de cette polémique, sont le fruit d\u2019un métissage culturel : la rencontre de la pratique atroce de l\u2019esclavage, de rythmes et de sonorités originaires d\u2019Afrique et de l\u2019espérance spirituelle distillée par le christianisme et ses cantiques.Parmi d\u2019autres réalisations culturelles d\u2019envergure, sinon toutes, ils apportent la preuve de l\u2019inanité, voire même de la stupidité de ce faux concept d\u2019« appropriation culturelle ».La création culturelle puise toujours à de multiples sources et n\u2019a pas à se ghettoïser.Du chantage Ils auraient pu, enfin (et dû), ne pas céder au chantage de cette poignée de manifestants et du chanteur Moses Sum- ney et prendre leur parti de ce désistement de l\u2019artiste comme de cette manifestation hargneuse et de ses slogans en anglais.Le succès de ce genre de chantage vient aujourd\u2019hui du fait que nos responsables culturels (et parfois politiques) ont peur de leur ombre.Ils craignent par-dessus tout la moindre publicité négative.Ils tremblent à l\u2019idée que quelqu\u2019un quelque part lance contre eux une accusation \u2014 aussi farfelue soit-elle \u2014 de racisme ou de sexisme ou d\u2019un de ces quelconques « -ismes » à la mode dont on abuse malheureusement.Ce faisant, ils offrent à ces gens les verges qui serviront à les fesser périodiquement.S\u2019ils avaient quelques convictions solides, par exemple en faveur de la liberté d\u2019expression et de création, ou d\u2019ailleurs de l\u2019antiracisme, ils ne passeraient pas ainsi leur temps à s\u2019autocensurer et à s\u2019excuser.Évidemment, il ne faut pas non plus se laisser berner par cette contrition généralisée et en grande partie hypocrite.Celle-ci cache surtout en effet la crainte de voir leurs organismes subir la moindre perte de revenus.De ce point de vue, on a là un bel exemple de ce qui se passe dans une société quand l\u2019argent et le succès deviennent les seuls critères de réussite et qu\u2019ils relèguent au second plan, sinon à six pieds sous terre, les principes, les convictions, les idéaux.Quant à ceux qui croient, au moyen de ces scandales montés de toutes pièces, faire reculer ce qui subsiste dans notre société de racisme ou de discriminations raciales, qu\u2019ils se détrompent : à force de crier au loup, non seulement ils desservent leur cause, mais ils contribuent en outre à rendre nébuleuse et à banaliser une notion de racisme qui ne devrait pas l\u2019être.Bref, la principale leçon à tirer de cette déplorable « affaire », c\u2019est qu\u2019on n\u2019y trouve que des perdants.Les seules tendances qui en sortent gagnantes, ce sont le conformisme apeuré qui nous caractérise de plus en plus collectivement ainsi que la pensée approximative qui ne s\u2019exprime que par slogans.Les leçons de cette « affaire » Yves Théorêt Professeur à l\u2019École des médias de l\u2019UQAM Le Festival international de jazz de Montréal (FIJM) doit larmoyer d\u2019avoir jadis invité Stéphane Grappelli et bien d\u2019autres encore qui ont apparemment eu la mauvaise idée de «s\u2019approprier» le jazz comme forme d\u2019expression artistique.Elvis Presley devrait également disparaître des répertoires musicaux pour s\u2019être inspiré de ses concitoyens afro- américains.Oscar Peterson, du quartier Saint-Henri à Montréal, n\u2019aurait eu aucun droit de pianoter du Mozart ou de fredonner un chant afro-américain, et Gauguin a péché en peignant le Christ jaune.Combien d\u2019œuvres musicales, littéraires, visuelles, théâtrales doit-on bannir pour satisfaire une centaine de protestataires ?Et pas l\u2019œuvre de quiconque\u2026 celle de Robert Lepage.Pas celle d\u2019une vague interprète, Betty Bonifassi, qui, jusqu\u2019ici, initiait bien des gens à ce type de chants et de musique et, pour les plus curieux, à l\u2019esclavagisme.Le public ne pourra même pas juger de par lui-même.Ce public devra se rendre dans les régions esclavagistes et entendre chanter d\u2019anciens fils et filles d\u2019esclaves\u2026 Les protestataires de Montréal croient- ils vraiment être les dignes représentants de ces fils et filles d\u2019esclaves?La planète entière connaît Robert Lepage, mais malgré sa crédibilité, il échoppe aux mains d\u2019une centaine de protestataires\u2026 qui n\u2019ont même pas vu le spectacle ! Le FIJM a cédé à des protestataires qui estiment, au-delà de tous doutes, que Lepage et Bonifassi ont péché.Il serait aujourd\u2019hui malvenu, pour certains, de permettre la rencontre des genres et des expressions métissées.Il me semble au contraire qu\u2019une telle approche contribue au dialogue et à la rencontre de l\u2019autre, mais bon\u2026 Une centaine de protestataires en a décidé autrement.À mon avis, la centaine de protestataires met à mal deux principes essentiels : la liberté d\u2019expression et la liberté de création.Dans le premier cas, je crois qu\u2019il est préférable de passer son chemin, de changer de chaîne de télévision, de ne pas assister, que de censurer.En annulant le spectacle de Robert Lepage et de Betty Bonifassi, on refuse au public de se faire sa propre opinion, de s\u2019informer et de débattre.Jamais, aussi, on ne devrait dire à un créateur quoi faire et comment le faire.L\u2019unicité, l\u2019authenticité et la nouveauté de l\u2019œuvre culturelle ne sont pas de la responsabilité des uns et des autres, mais du créateur.Aucun créateur ne devrait avoir l\u2019obligation de soumettre ses idées à quiconque, et encore moins à une opinion souvent minoritaire qui croit qu\u2019elle devrait être consultée.À l\u2019université, où il règne déjà une forme de censure et d\u2019autocensure, où l\u2019on ne parle plus de Lebon et d\u2019Adorno, le premier étant sexiste et le second raciste, la rectitude d\u2019une certaine frange de la population force parfois à tort la révision de l\u2019Histoire.En création, une telle situation est encore plus aberrante.Pour certains, il faudra couvrir David, jeter aux ordures Les bienveillantes de Littell, qui n\u2019est ni juif ni Allemand, et enterrer Dave Brubeck.Drôle de monde.Sur la censure d\u2019une œuvre ANNULATION DU SPECTACLE SL?V KONRAD YAKABUSKI Comment ce gouvernement peut-il prôner sur toutes les tribunes la protection des droits de la personne à travers le monde, tout en continuant de vendre des armes à un régime dont le bilan en matière de droits est parmi les pires au monde ? LEDEVOIR // LES SAMEDI 7 ET DIMANCHE 8 JUILLET 2018 B 10 PETITES ANNONCES DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com PRESTIGE L E P L U S B E L E M P L A C E M E N T D E M O N T R É A L O F F R A N T U N B E A U C H O I X D E C O N D O S ! ! ! LUCIE R ICARD V O I R M E S P R O P R I É T É S L U C I E R I C A R D R E / M A X Q U É B E C C O U RT I E R A G R É É R E / M A X A L L I A N C E , A G E N C E I M M O B I L I È R E 514 386-9804 FACE AU PARC LAFONTAINE, PRÈS MÉTROS ET SERVICES Les Dauphins sur-le-Parc figurent parmi le nec plus ultra du patrimoine montréalais.Qualité de vie en plein cœur du Plateau, prestige, vue spectaculaire, piscine, gym, saunas.Choix de condos 3 ½ au 9 ½, Penthouse.CONDO VEDETTE \u2013 NOUVEAU PRIX \u2013 795 000 $ Situé dans un édifice de prestige, face au Parc Lafontaine et le Mont-Royal Unique et magnifique condo haut de gamme ! 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Avis est donné à KULPID SINGH NAGI et RONALD BUJOLD de vous présenter au greffe de la Cour du Québec du district de Labelle, situé au 645, rue de la Madonne, à Mont-Lau- rier, QC, J9L 1T1, dans les 30 jours, afin de recevoir copie de la demande introductive d'instance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d'une ordonnance rendue le 4 juillet 2018 par la greffière de la Cour du Québec dans le dossier 560-22-005577-181.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Me André Chagnon Avocat de la demande- resse Avis de dissolution Prenez avis que Expertise Financière à l'Entreprise (E.F.E.) inca demandé au registraire des entreprises la permission de se dissoudre, en date du 20 juin 2018.La suite des avis se trouve en page B 6 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com Carrières & professions 1 2 3 1 SERVICES PRIX mcote@ledevoir.com 514.985.3313 publicite@ledevoir.com 514.985.3399 "]
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