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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2018-07-30, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 169 / LE LUNDI 30 JUILLET 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM GRANDEUR NATURE Un rare regard sur l\u2019occupation autochtone de L\u2019Ancienne-Lorette Le Devoir part cet été à la rencontre de chercheurs qui profitent de la belle saison pour mener leurs travaux sur le terrain.Aujourd\u2019hui, la série Grandeur nature s\u2019intéresse à des fouilles archéologiques qui ont mené à des découvertes inusitées à Québec.MARIE-MICHÈLE SIOUI À QUÉBEC LE DEVOIR INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès.B2 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Petites annonces .B2 Sports.B4 Sudoku .B6 ACTUALITÉS Le « jet à Lesage » dans le ciel de la Révolution tranquille A 8 SUR LA ROUTE La trottinette électrique part à la conquête du monde B 5 Pour suivre l'actualité en continu et lire nos critiques de spectacles, consultez nos plateformes numériques.AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Après la Grèce et la Suède, la Californie et l\u2019Ontario brûlent à leur tour.Les incendies de forêt dans les pays nordiques constituent désormais une menace croissante en raison des changements climatiques, préviennent des experts, qui estiment que le pire est à venir.« Avec les changements climatiques, ce qui est prévu, c\u2019est une augmentation des feux de forêt », avertit Yves Berge- ron, professeur d\u2019écologie forestière à l\u2019Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et à l\u2019Université du Québec à Montréal.Les épisodes de chaleur se font plus nombreux, et les précipitations deviennent quant à elles rares.« On n\u2019a encore rien vu », met en garde Edward Struzik, membre du Queen\u2019s Institute for Energy and Environmmental Policy en Ontario.« L\u2019Arctique se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde », souligne-t-il.Les ravages des feux de forêt ont été majeurs partout dans l\u2019hémisphère Nord cette fin de semaine.En Californie, aux États-Unis, au moins six personnes sont mortes, et des milliers ont été évacuées alors qu\u2019un état d\u2019urgence partiel a été déclaré.Près de 12 000 pompiers s\u2019employaient dimanche à lutter contre les feux, mais des vents qualifiés d\u2019« erratiques » et l\u2019air sec ont fait progresser des brasiers parfois encore incontrôlables.Plus près de nous, douze des 39 feux de forêt qui ravagent le nord-est de l\u2019Ontario demeurent hors de contrôle.Le feu « Parry Sound 33 », qui fait rage depuis 10 jours, est le plus important, puisqu\u2019il s\u2019étend sur plus de 76 kilomètres carrés.L\u2019incendie se trouve à environ 7 kilomètres de l\u2019autoroute transcanadienne, et la fumée atteint parfois la route 69 et les communautés avoisinantes.Cette route pourrait être fermée sur un segment si la situation devenait trop risquée.Les incendies de forêt, une menace croissante Des pompiers du comté de San Diego, en Californie, aménageant un pare-feu à De Luz, samedi HAYNE PALMOUR IV THE SAN DIEGO UNION-TRIBUNE/ASSOCIATED PRESS VOIR PAGE A 4 : FOUILLES VOIR PAGE A 2 : INCENDIES SPORTS Un premier sacre au Tour de France pour Geraint Thomas B 4 Les fondations du bâtiment de pierres des champs sont imposantes, d\u2019une dimension de quatorze mètres sur sept.FRANCIS VACHON LE DEVOIR GRANDEUR NATURE uand l\u2019archéologue Stéphane Noël a mené l\u2019an dernier des sondages exploratoires sur le site de la première occupation de L\u2019Ancienne-Lorette par les Hurons-Wendats, il est passé à 20 centimètres d\u2019une découverte qui paraît désormais immanquable.Qu\u2019importe.Le potentiel du terrain situé derrière le presbytère de L\u2019An- cienne-Lorette demeurait évident pour le chercheur, et l\u2019importance de mener des fouilles archéologiques sur ce secteur de 700 mètres carrés, tout aussi impérative avant qu\u2019on transforme le lieu en centre communautaire.Ainsi ont commencé, en mai, les fouilles archéologiques de cet espace désormais en banlieue, dans un partenariat entre la coopérative Gaïa, la Ville de L\u2019Ancienne-Lorette \u2014 enclavée dans la ville de Québec \u2014 et la communauté huronne-wendate de Wendake.Aujourd\u2019hui, la richesse historique de l\u2019endroit saute aux yeux.Et l\u2019ampleur de la découverte qu\u2019a frôlée Stéphane Noël lors de ses sondages aussi.Dès l\u2019arrivée sur le site des fouilles qui ont eu lieu au cours de l\u2019été, elle s\u2019impose visuellement, dans les fondations d\u2019un impressionnant bâtiment de pierres des champs, qui font quatorze mètres sur sept.« Je n\u2019avais aucune idée que c\u2019était là!» lance Stéphane Noël, maître d\u2019œu- vre d\u2019un chantier qui permet de jeter un rare regard sur la période de l\u2019occupation autochtone du territoire, entre 1673 à 1697.L\u2019archéologue estime que le bâtiment a été utilisé vers la fin de cette période, ou dès l\u2019arrivée des prêtres jésuites, en 1698.« Ce qu\u2019on pense que c\u2019est, actuellement, c\u2019est un bâtiment avec une fonction mixte.Probablement qu\u2019il y eût des gens qui vivaient là, mais la fonction principale semble être l\u2019entreposage », avance-t-il.Q Des centaines de pompiers forestiers de partout au Canada, des États-Unis et du Mexique combattent les brasiers.En Grèce, le bilan des morts a été révisé à la hausse dimanche.Au moins 91 personnes ont perdu la vie, principalement à Mati, une station balnéaire à l\u2019est d\u2019Athènes.Ce village prisé des touristes est ravagé par les flammes depuis près d\u2019une semaine.En Suède, la virulence des incendies de forêt a contraint les autorités locales à solliciter la solidarité internationale.Pompiers et militaires, appuyés par des avions Canadair, continuaient à les combattre.Le Québec ne sera pas épargné Les forêts du Québec ne seront pas épargnées, selon les experts.« Ce qui est prédit par les modèles climatiques, c\u2019est que les feux vont être deux fois plus importants en 2040, et trois fois plus en 2100 dans la zone propice aux feux au Québec, qui est au sud de la baie James », indique M.Bergeron.Au Québec, les incendies de forêt prennent généralement naissance dans les zones plus au nord, où on retrouve une végétation coniférienne.« Ça fait partie du processus naturel de la forêt de pouvoir brûler.Il y a, par exemple, des sortes de pins auxquels ça permet d\u2019ouvrir les cocottes, ça permet la reproduction de l\u2019espèce », explique Émilie Bégin, porte-parole de la Société de protection des forêts contre le feu.Dimanche, trois feux étaient en activité, mais maîtrisés, sur le territoire québécois.Depuis quelques années, on observe toutefois des incendies même dans les forêts de feuillus, reconnus pour être des espèces gorgées d\u2019eau et moins ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 JUILLET 2018 E N B R E F L\u2019ancien ministre conservateur Peter Van Loan quitte la vie politique OTTAWA \u2014 L\u2019ancien ministre et leader du gouvernement conservateur de Stephen Harper, Peter Van Loan, a annoncé dimanche qu\u2019il se retirait de la scène politique.M.Van Loan, député de la circonscription d\u2019York-Simcoe, en Ontario, a dit à un groupe de partisans, qui le visitaient sur sa ferme, qu\u2019il quittera la Chambre des communes à compter du 30 septembre.Il a été élu en 2004.Deux ans plus tard, il accédait au conseil des ministres et est demeuré un membre du cercle rapproché de Stephen Harper jusqu\u2019en 2015.S\u2019il a été ministre du Commerce international, de la Sécurité publique, des Affaires intergouvernementales et des Sports, M.Van Loan s\u2019est surtout fait remarquer à titre de leader du gouvernement.La Presse canadienne Trudeau assistera aux funérailles d\u2019une des victimes de Toronto OTTAWA \u2014 Le premier ministre Justin Trudeau assistera lundi matin aux funérailles de Reese Fallon, la jeune femme de 18 ans comptant parmi les deux victimes de la fusillade survenue la semaine dernière à Toronto.Le cabinet de M.Trudeau a aussi annoncé que le premier ministre se rendra à la fontaine du mini-parc Alexandre-le- Grand, à l\u2019intersection des avenues Danforth et Logan, là où les gens ont laissé des fleurs, des cartes et des ours en peluche depuis la fusillade du 22 juillet, pour y déposer des fleurs.Une foule en pleurs s\u2019est rassemblée, dimanche après-midi, pour rendre hommage à Reese Fallon.Une fillette de 10 ans, Julianna Kozis, a aussi été tuée, alors que 13 personnes ont été blessées, certaines grièvement.La Presse canadienne Les parents magasinent tôt, pour réduire le stress de la rentrée scolaire Pendant que les enfants profitent des vacances d\u2019été, de nombreux parents canadiens adoptent une série de stratégies pour contribuer à réduire le stress que représente la rentrée scolaire.Selon un sondage mené par Ebates.ca, les trois quarts des parents effectuent tôt leurs achats de la rentrée, dont 21 % en juin ou en juillet, pour éviter la cohue de dernière minute.En outre, 89 % d\u2019entre eux sont d\u2019avis que la rentrée s\u2019avère « plaisante » si leurs achats ont été réalisés tôt.Étant donné que les dépenses constituent le principal facteur de stress pour les parents, la majorité de ceux-ci, 80 %, recherchent les bonnes affaires pour économiser lors de leur magasinage de la rentrée, 61 % établissent un budget, et 42 % magasinent en ligne pour se simplifier la vie.La Presse canadienne Peter Van Loan JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE SHERYL UBELACKER À TORONTO LA PRESSE CANADIENNE Le fabricant de poudre pour bébé Johnson & Johnson fait l\u2019objet d\u2019une série de poursuites judiciaires, incluant deux actions collectives au Canada, relativement à des allégations selon lesquelles le talc aurait causé le cancer ovarien chez des milliers de femmes utilisant cette poudre pour leur hygiène génitale.Si certaines poursuites entendues aux États-Unis se sont conclues par l\u2019octroi par des jurys de compensations massives, les études sur les liens entre le talc et le cancer des ovaires se contredisent, laissant les femmes s\u2019interroger : est- ce sûr ou non ?« La preuve dont on dispose est partagée et doit être regardée avec scepticisme », dit le Dr James Bentley, gynécologue oncologue de l\u2019Université Dalhousie à Halifax.Bien que certaines études soutiennent avoir trouvé ce qui semble être un lien, d\u2019autres n\u2019ont trouvé aucune corrélation.Ces conclusions dépendent en partie de la méthodologie de l\u2019étude en question, indique le Dr Bentley.Il faut aussi prendre en compte la manière dont les molécules de talc interagissent avec le corps, ce que les chercheurs n\u2019arrivent pas à bien maîtriser, précise le scientifique.« On parle d\u2019une irritation chronique de l\u2019ovaire et l\u2019on sait que l\u2019irritation chronique est associée à certains carcinomes, explique le médecin spécialiste.Possède-t-on de vraies bonnes preuves de ça ?La documentation va constamment dans un sens comme dans l\u2019autre.» Le Dr Daniel Cramer, professeur d\u2019obstétrique, de gynécologie et de biologie reproductive au Brigham and Women Hospital de Boston, a été le premier à sonner l\u2019alerte dans une étude datée de 1982 où il traçait un lien direct entre l\u2019usage à long terme du talc sur les parties génitales et le développement du cancer des ovaires.Puis, en 2016, une étude qu\u2019il dirigeait indiquait que les femmes utilisant de manière habituelle le talc dans la région du vagin augmentaient leur risque de développer une tumeur d\u2019un tiers par rapport aux autres femmes.« Je suis persuadé par la preuve que le talc saupoudré dans la région génitale va atteindre les ovaires et les ganglions lymphatiques, et cela crée un environnement inflammatoire pouvant contribuer au développement du cancer », a déclaré le Dr Cramer depuis Boston.« J\u2019ai toujours cru que les données étaient suffisantes pour mettre en garde les femmes contre l\u2019utilisation du talc dans leur hygiène féminine », insiste l\u2019expert.La poudre pour bébé est faite de talc, une substance minérale qui contient trois ingrédients primaires : du magnésium, du silicone et de l\u2019oxygène.Le talc peut aussi être naturellement contaminé par l\u2019amiante, une substance reconnue pour causer un cancer mortel appelé mésothéliome.La poursuite contre Johnson & Johnson ainsi que Valeant Pharmaceuticals, qui a racheté l\u2019un des produits en 2012, prétend que le fabricant aurait dû indiquer le risque pour la santé sur les emballages.SANTÉ Le talc est-il sûr pour l\u2019hygiène féminine ou peut-il causer le cancer ?Les forêts du Québec ne seront pas épargnées INCENDIES SUITE DE LA PAGE A 1 La communauté grecque de Montréal s\u2019est réunie dimanche lors d\u2019un concert-bénéfice pour aider les victimes des incendies.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR susceptibles aux incendies.« Cette année, on a eu des feux dans la région de Sudbury et du Témisca- mingue, où on a des forêts plus mixtes.Mon hypothèse, c\u2019est que les conditions de sécheresse sont suffisamment grandes pour passer par-dessus le fait que les feuillus brûlent moins », indique M.Bergeron.Depuis 2004, les zones arctiques sont également de plus en plus aux prises avec des brasiers, alors que les forêts boréales, la toundra et les tourbières s\u2019assèchent, observe M.Struzik.« C\u2019était une année extrême ; on a vu 4 % du territoire de l\u2019Alaska et 6 % du territoire du Yukon brûler dans des zones qui ne sont habituellement pas propices à ce type d\u2019incendies.La toundra, c\u2019est juste de l\u2019herbe, il n\u2019y a pas d\u2019arbres.Il fait habituellement si froid et humide que même s\u2019il y a des éclairs qui frappent, c\u2019est extrêmement rare que ça brûle.Cette année-là, il a fait si chaud et le sol était si sec que tout a brûlé », souligne-t-il.Ces types de feux représentent un danger, puisqu\u2019ils sont très éloignés et qu\u2019il est très coûteux d\u2019envoyer des ressources pour les combattre.Quant à ce problème, qu\u2019il qualifie d\u2019international, M.Struzik estime qu\u2019il faudra investir dans la recherche auprès des spécialistes de la foresterie pour développer une expertise des incendies de forêt.« En ce moment, il n\u2019y a pas de pays avec assez de ressources pour pouvoir combattre tous les incendies qui brûlent sur son territoire », indique M.Struzik.Avec La Presse canadienne et l\u2019Agence France-Presse Depuis quelques années, on observe toutefois des incendies même dans les forêts de feuillus, reconnus pour être des espèces gorgées d\u2019eau et moins susceptibles aux incendies ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 JUILLET 2018 MORGAN LOWRIE VICKY FRAGASSO-MARQUIS LA PRESSE CANADIENNE La Ville de Montréal a assuré dimanche qu\u2019elle agissait pour éviter les attaques de coyotes, après que trois enfants eurent été mordus en l\u2019espace d\u2019une semaine dans la métropole.Dans un communiqué, la municipalité dit avoir installé des appâts et des caméras dans les arrondissements d\u2019Ahunt- sic-Cartierville et de Villeray\u2013Saint-Mi- chel\u2013Parc-Extension, où plusieurs bêtes ont été aperçues.« Une campagne d\u2019effarouchement est effectuée au parc des Hirondelles et dans le corridor de l\u2019avenue Papineau jusqu\u2019au parc Sainte-Lucie, incluant le parc Champdoré », peut-on lire dans la déclaration de la Ville.« La sécurité des citoyens et des citoyennes est une priorité pour la Ville de Montréal.La Ville collabore étroitement avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs [MFFP] pour mettre en place les actions nécessaires en lien avec la présence de coyotes sur le territoire montréalais, et ce, selon l\u2019évolution de la situation.» Trois enfants ont été légèrement blessés dans les attaques, qui sont survenues en une seule semaine dans le quartier Ahunstic-Cartierville, selon les informations du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Le dernier événement s\u2019est produit samedi soir, au parc des Hirondelles, vers 18 h 30.Le garçon de 3 ans a été blessé légèrement par l\u2019animal, mais l\u2019enfant a tout de même été transporté à l\u2019hôpital par mesure de précaution.La veille, c\u2019est un garçon de 5 ans qui s\u2019est fait mordre vers 21 h dans le parc Gabriel-Lalemant, situé à moins d\u2019un kilomètre du lieu de la dernière attaque.Il s\u2019agissait là aussi d\u2019une blessure mineure.Selon Urgences-santé, l\u2019enfant a été blessé au mollet.Le premier incident s\u2019est produit il y a une semaine vers 20 h 45, encore dans le parc des Hirondelles.Une fillette de cinq ans a subi une blessure au bas du corps, qui s\u2019est avérée mineure.En avril dernier, l\u2019administration de Valérie Plante a annoncé le premier volet de son plan de gestion du coyote, qui est la ligne info-coyotes.En signalant le 438 872-COYO (2696), les Montréalais peuvent obtenir des informations ou faire des signalements.Selon le site Internet de la Ville, quelque 600 coyotes ont été aperçus en moins d\u2019un an.« Les gens l\u2019oublient, mais les coyotes ont toujours été des animaux urbains », explique sur le site de la Ville le biologiste Frédéric Bussière.On les trouve dans toutes les grandes villes de l\u2019Amérique du Nord.On ne les remarque pas, parce qu\u2019ils ont choisi d\u2019y adopter un mode de vie nocturne.» Montréal dit agir pour éviter les attaques de coyotes MORGAN LOWRIE LA PRESSE CANADIENNE Le cimetière historique Mont-Royal, situé au sommet de la montagne au cœur de Montréal, offre un lieu calme où les défunts peuvent reposer en paix.Selon les administrateurs de l\u2019endroit, les vivants n\u2019ont toutefois pas droit à la même quiétude en raison de la présence de cyclistes qui circulent à grande vitesse.Ces amateurs de vélo vont cependant devoir aller pédaler ailleurs, car ils n\u2019auront plus accès au cimetière à compter du 1er août.L\u2019organisation à but non lucratif, qui gère le cimetière depuis 166 ans, a récemment annoncé qu\u2019elle allait bannir les vélos de ses sentiers pittoresques.Elle cite notamment un « mépris flagrant de la sécurité des piétons » et du caractère sacré du cimetière par certains cyclistes qui s\u2019y entraînent « à haute vitesse et de façon agressive ».Dans un communiqué publié sur son site Web, la direction affirme avoir tenté à plusieurs reprises de sensibiliser les cyclistes afin d\u2019éviter d\u2019avoir à leur interdire l\u2019accès.«Nous regrettons que ces efforts aient échoué et que nous devions maintenant, pour des raisons de sécurité, interdire aux cyclistes l\u2019accès au cimetière.Voilà la conséquence du non-respect des règles », peut-on lire dans le communiqué.La nouvelle ne fait pas l\u2019affaire de certains adeptes de vélo, qui se sentent punis pour les actions d\u2019un petit groupe de récalcitrants.Alors que le cimetière bourdonnait de voitures, de scooters, de promeneurs accompagnés de leur chien et de visiteurs venus pique-niquer par un beau samedi après-midi, certains cyclistes prenant une pause de leur entraînement se demandaient pourquoi ils étaient montrés du doigt.« Je crois que les voitures sont beaucoup plus dangereuses que les cyclistes », estime Thérèse Ryan, une cycliste qui fréquente l\u2019endroit depuis 25 ans.Les clubs élites pointés Elle rejette le blâme sur un petit groupe de clubs élites qui s\u2019entraînent en grand nombre et à grande vitesse.Mme Ryan trouve tout de même injuste que des habitués soient ainsi bannis de ce « merveilleux endroit » qu\u2019affectionnent les Montréalais.Les côtes sinueuses du cimetière font partie des rares endroits où les cyclistes amateurs peuvent pratiquer leur sport sans être importunés par des voitures qui filent à toute allure.Patrick Prévost, un citoyen qui circule sur la montagne presque tous les jours, le confirme.« C\u2019est pratiquement le seul espace vert qu\u2019on a [pour circuler à vélo] sur le territoire de la ville, mentionne-t-il en prenant une pause de sa randonnée.C\u2019est calme, paisible, c\u2019est agréable d\u2019être ici et il n\u2019y a pas trop de voitures.» M.Prévost serait plutôt favorable à l\u2019ajout de dos d\u2019âne et de panneaux d\u2019affichage pour forcer les cyclistes à ralentir.Il plaide cependant que la majorité des gens qui circulent à vélo sont respectueux.« Le cimetière devrait être accessible à tout le monde : coureurs, cyclistes, marcheurs, tant que tout le monde se respecte et je crois que tout le monde respecte les lieux », a-t-il ajouté.Deux autres adeptes de la bicyclette qui passaient par là considèrent plutôt que la décision de bannir les cyclistes est la bonne, même si cela signifie qu\u2019ils vont perdre l\u2019un de leurs parcours favoris.Lyne Raymond et Chantal Bergeron, qui ont gravi la montagne ensemble, disent se sentir elles-mêmes intimidées par les pelotons élites qui les dépassent à haute vitesse.« Ils ne s\u2019arrêtent pas, ils roulent vraiment vite, ils ne sont pas respectueux des gens qui sont là pour se recueillir avec leur famille », souligne Mme Bergeron.Chantal Raymond est d\u2019accord.Elle raconte qu\u2019un cycliste est passé en trombe près d\u2019elle, le matin même, la forçant presque à quitter la voie.« C\u2019est triste, mais je comprends la décision », dit-elle.MONTRÉAL Des cyclistes déçus d\u2019être bannis du cimetière Mont-Royal La direction du cimetière affirme avoir tenté de sensibiliser les cyclistes afin d\u2019éviter d\u2019avoir à leur interdire l\u2019accès.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR LAUREN KRUGEL LA PRESSE CANADIENNE Russell Herold, dont le fils Adam figurait parmi les 16 victimes de l\u2019accident d\u2019autocar ayant décimé les Broncos de Humboldt, s\u2019interroge sur les raisons qui poussent Ottawa à attendre deux ans avant d\u2019imposer le port de la ceinture de sécurité en autobus.Des documents obtenus par La Presse canadienne grâce à la Loi sur l\u2019accès à l\u2019information révèlent que Transport Canada a envisagé d\u2019adopter la nouvelle réglementation rapidement à la suite du tragique accident, survenu le 6 avril en Saskatchewan.L\u2019équipe de hockey se rendait dans le nord de la province pour y jouer une partie de séries éliminatoires lorsque l\u2019autocar qui la transportait est entré en collision avec un camion semi-remorque.Parmi les passagers, 16 personnes ont perdu la vie et 13 autres ont été blessées.Le conducteur du camion fait face à des accusations de conduite dangereuse.Ottawa a évoqué la mise en place de nouvelles règles obligeant le port de la ceinture de sécurité en autobus plus d\u2019un an avant le funeste accident.La version finale de la nouvelle réglementation a été dévoilée au début du mois, mais elle n\u2019entrera pas en vigueur avant le 1er septembre 2020.« Pourquoi ne pas l\u2019imposer plus tôt que tard ?s\u2019interroge Russell Herold.Si cela avait pu sauver une vie, ce ne serait pas bénéfique pour tout le monde ?» D\u2019après des documents internes, Transport Canada a étudié la possibilité d\u2019agir plus rapidement dans les jours qui ont suivi le drame en Saskatchewan.« On examine attentivement la date d\u2019entrée en vigueur, et dès que possible, on va fournir des précisions sur les risques/enjeux de devancer la date », a écrit le directeur général de la division de sécurité des véhicules motorisés SÉCURITÉ Ottawa tarde à rendre obligatoire le port de la ceinture dans les autobus chez Transport Canada, Michael De- Jong, dans un courriel envoyé à ses collègues le 8 avril.Les options étudiées incluaient de devancer d\u2019un an l\u2019entrée en vigueur du règlement ou d\u2019adopter deux dates d\u2019entrée en vigueur différentes pour les grands et les moyens autobus.Besoin de temps Après réflexion, Transport Canada a préféré maintenir la date initiale de 2020, malgré l\u2019accident des Broncos.« Les constructeurs d\u2019autobus ont manifesté leur soutien envers la réglementation, mais ont demandé un délai adéquat pour la mettre en œuvre », ont écrit des fonctionnaires.Transport Canada a aussi été informé que les provinces ont besoin de temps pour traiter les enjeux de responsabilité des chauffeurs concernant les dispositifs pour enfants, les passagers debout et les personnes mineures qui ne seraient pas attachées.Des vérifications devraient aussi être effectuées pour s\u2019assurer que les nouveaux véhicules sont conformes à la réglementation.Les nouvelles règles ne vont s\u2019appliquer qu\u2019aux nouveaux autobus.Les véhicules déjà en service sont soumis à la juridiction des provinces et territoires.Selon Transport Canada, entre 25 et 75 % des autobus en fonction sont déjà équipés de ceintures de sécurité et on estime à moins d\u2019un million de dollars par année le coût pour équiper le reste des véhicules.L\u2019ajout de ceintures de sécurité devrait réduire le risque de décès de 77 % en cas de capotage, selon les calculs de probabilité, et de 36 % pour les autres types de collisions.« Il faut croire que les ceintures auraient pu faire une différence.On s\u2019est fait dire par le coroner que tout le monde a été éjecté de l\u2019autobus », a commenté Russell Herold.Lewis Smith, du Conseil canadien de la sécurité, mentionne que son organisation était divisée en apprenant que les règles ne seraient en vigueur qu\u2019en 2020.« D\u2019un côté, on sent que ce type de réglementation devrait déjà exister depuis longtemps, alors le fait qu\u2019elle ne sera pas mise en place avant 2020\u2026 à première vue, c\u2019est un peu inquiétant », dit-il.Toutefois, Lewis Smith reconnaît que le délai est logique puisque l\u2019application de la loi est une responsabilité des provinces.La famille Herold a déposé une poursuite qui réclame notamment l\u2019obligation que tout autobus transportant une équipe sportive soit équipé de ceintures et autres dispositifs de sécurité.Russell Herold veut aussi savoir comment les autorités entendent faire appliquer la loi pour s\u2019assurer que les passagers sont attachés.Il suggère notamment d\u2019effectuer des vérifications à bord des autobus ou d\u2019exiger des voyants lumineux pour faciliter la tâche des chauffeurs.La version définitive de la nouvelle réglementation a été dévoilée au début du mois, mais elle n\u2019entrera pas en vigueur avant le 1er septembre 2020 Selon le site Internet de la Ville, quelque 600 coyotes ont été aperçus en moins d\u2019un an La maçonnerie massive laisse croire qu\u2019une structure de bois y était déposée et que le bâtiment comportait un étage et demi, poursuit le chercheur.« On n\u2019a aucun document historique qui parle d\u2019un bâtiment derrière [le presbytère] », dit-il au sujet de cette découverte inusitée.Truelles et hypothèses Tout à côté, une autre trouvaille des chercheurs, qui sont nombreux à avoir troqué leurs bureaux de l\u2019Université Laval pour plonger les mains dans la terre pendant que dure l\u2019été.Ici, ils ont déterré une profonde « glacière », large ouverture dans le sol qui était autrefois recouverte de neige ou de glace pour conserver les aliments au frais.Dans la forme en « huit » de celle-ci, Stéphane Noël décode les traces d\u2019un agrandissement de la glacière.Peut- être celui-ci est-il un vestige des largesses de Brassard Deschenaux, prêtre réputé généreux, arrivé à L\u2019Ancienne- Lorette en 1786 et responsable de l\u2019ajout de nouvelles ailes au presbytère ?Au fond d\u2019une tranchée, l\u2019un des « fouilleurs » actifs sur le terrain s\u2019avance : il juge qu\u2019une descente partant du bâtiment principal et se dirigeant vers la cave a été condamnée une fois la vaste structure abandonnée, puis remplacée par des pierres plates formant un escalier.Peut-être cette hypothèse se confirmera-t-elle au fil des recherches.Entre-temps, il retourne à sa truelle, racle le sol et passe soigneusement la terre au tamis.Tout est récupéré, jusqu\u2019aux perles minuscules laissées là par des Autochtones.Un casse-tête à reconstituer Chacune de ces découvertes est transportée dans le sous-sol du presbytère adjacent.Devant leurs écrans, près du bac d\u2019eau où une collègue frotte les artefacts à la brosse à dents, les spécialistes en culture matérielle trient, identifient et classent les artefacts dans une banque de données.Au moment de la fin des recherches, le 20 juillet, ils devraient en avoir trouvé 60 000 à 70 000.Cela fait une moyenne de 2000 artefacts par jour.« Ce qui nous a surpris ici, ce sont les pipes en pierre.[\u2026] On a tous les morceaux de la chaîne de fabrication », constate Marie-Michelle Dionne, responsable du laboratoire et archéologue chez Gaïa.« On savait qu\u2019on trouverait des pipes en pierre, mais pas de là à trouver une chaîne opératoire aussi élaborée, aussi complète.On a des blocs d\u2019argilite, de premier dégrossissage ; toutes les étapes d\u2019éclats », pour- suit-elle en étalant les pipes, témoins des divers stades de leur fabrication.Dans la frénésie des fouilles, ni Stéphane Noël ni Marie-Michelle Dionne ne peuvent prédire ce qui deviendra la signature \u2014 la plus grande découverte, l\u2019angle le plus intéressant \u2014 de cet exercice archéologique.« Souvent, la collection se révèle par après », rappelle le premier.Dès la fin de l\u2019été, l\u2019archéologue retournera au bureau pour «regarder les données, les artefacts et les couches»; pour «démêler le casse-tête» que son équipe aura découvert au fil des semaines.Derrière le presbytère de L\u2019Ancienne- Lorette \u2014 un bâtiment que les travaux vont épargner \u2014, les pelles mécaniques pourront s\u2019activer sur un nouveau chantier, et faire place au centre communautaire ultramoderne de la municipalité.LEDEVOIR // LE LUNDI 30 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 4 AGENCE FRANCE-PRESSE À LONDRES Le voyagiste britannique Thomas Cook va supprimer de son catalogue les attractions incluant « des orques en captivité », a annoncé dimanche son directeur général, Peter Fankhauser.Cette décision fait suite à une révision de la politique du groupe en matière de bien-être animal, explique M.Fankhauser dans un billet publié sur le blogue de Thomas Cook.« À partir de l\u2019été prochain, nous ne vendrons plus d\u2019attractions animales gardant des orques en captivité », écrit- il.« Il faut être clair sur le genre d\u2019entreprise que nous voulons être.C\u2019est pourquoi nous avons introduit notre politique sur le bien-être animal il y a 18 mois, et c\u2019est pourquoi nous avons pris cette décision aujourd\u2019hui.» Selon la presse britannique, cette décision concernera le parc zoologique Loro Parque à Tenerife, dans l\u2019archipel espagnol des Canaries, et les parcs à thème SeaWorld, consacrés aux attractions marines, avec spectacles d\u2019orques et de dauphins.Fondé en 1959 aux États-Unis, Sea- World Entertainment a vu sa réputation entachée par plusieurs scandales et l\u2019opposition farouche d\u2019organisations environnementales.Sous pression, SeaWorld a néanmoins annoncé en mars 2016 mettre fin à l\u2019élevage d\u2019orques en captivité, tout en indiquant que les visiteurs pourraient continuer d\u2019admirer dans ses parcs les majestueux mammifères jusqu\u2019à l\u2019extinction de la génération actuelle.L\u2019annonce de Thomas Cook a été saluée comme une « victoire » par l\u2019association de protection des droits des animaux PETA, qui avait organisé moult protestations contre la présence de ces attractions au catalogue du groupe.« Il y a de bonnes raisons pour qu\u2019une entreprise qui se présente comme respectueuse des animaux refuse d\u2019être associée à SeaWorld.Les orques y sont forcées de passer leur vie entière à nager en rond dans de minuscules cellules de béton pleines de chlore », a souligné l\u2019organisation dans un communiqué appelant l\u2019ensemble des voyagistes britanniques à suivre l\u2019exemple de Thomas Cook.Thomas Cook renonce aux orques en captivité Le voyagiste britannique annonce qu\u2019il supprimera de son catalogue toutes les activités avec ces animaux Le simulateur devrait aider les scientifiques à comprendre quelle est l\u2019empreinte acoustique des bateaux \u2014 et ce, sur les trois dimensions : à l\u2019avant, sur les côtés et en profondeur \u2014 et quel est son impact sur les bélugas.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR MORGAN LOWRIE LA PRESSE CANADIENNE Des chercheurs québécois espèrent qu\u2019un simulateur informatique ressemblant à un jeu vidéo pourra contribuer à sauver les bélugas du Saint-Lau- rent, qui sont en voie de disparition.Le projet, qui a reçu du financement du gouvernement du Québec cette semaine, permettra aux scientifiques de croiser des données sur les mammifères marins et sur les bateaux pour déterminer comment ils interagissent dans différentes situations.Par ce modèle, les chercheurs pourront tester différents scénarios, en ajustant le nombre de bélugas, et en modulant d\u2019autres facteurs, dont la vitesse des bateaux et le volume des moteurs, afin de trouver les meilleurs moyens d\u2019atténuer les risques.Clément Chion, le professeur de l\u2019Université du Québec en Outaouais qui est responsable de l\u2019étude, reconnaît que ce système ressemble à un jeu vidéo.Ainsi, on peut voir le fleuve Saint- Laurent et la rivière Saguenay en trois dimensions, et sur cette interface, les chercheurs déplacent les baleines et les bateaux selon des données existantes.Le simulateur a été créé il y a environ dix ans pour diminuer les cas de collision entre les bateaux et les grandes baleines.L\u2019équipe travaille maintenant sur une nouvelle dimension qui leur permettra de calculer « l\u2019empreinte acoustique » des navires afin de réduire l\u2019impact de ces bruits sur ces mammifères marins.Le système comprendra aussi des données sur les bélugas, qui ont adopté «un comportement social très développé».« Pour le béluga, le Saint-Laurent et le Saguenay, c\u2019est son habitat estival principal, donc c\u2019est une espèce qui est résidante, avec une utilisation beaucoup plus complexe de son habitat.Donc le développement du simulateur de déplacement du béluga va demander beaucoup plus d\u2019investigations et de données », a expliqué le professeur Chion.Collaborations Le gouvernement du Québec a investi 2,1 millions de dollars dans le projet, ce qui couvrira ses coûts d\u2019activités pour les cinq prochaines années.Les chercheurs tiendront aussi des consultations avec les intervenants de l\u2019industrie maritime.Selon M.Chion, leur collaboration est nécessaire pour sauver les bélugas.Pêches et Océans Canada fournira des données sur les bateaux et l\u2019acoustique, alors que les informations sur le comportement et les activités des bélugas proviendront du Groupe de recherche et d\u2019éducation sur les mammifères marins (GREMM).Selon Robert Michaud, qui dirige le groupe, plus de recherches sont nécessaires pour comprendre exactement comment les bruits affectent les bélugas, qui ne compteraient que quelque 900 espèces à l\u2019heure actuelle.Les scientifiques ont longtemps pensé que la pollution sonore avait un impact sur les bélugas, qui utilisent les sons pour communiquer, se déplacer et chasser.Le simulateur devrait aider les scientifiques à comprendre quelle est l\u2019empreinte acoustique des bateaux \u2014 et ce, sur les trois dimensions : à l\u2019avant, sur les côtés et en profondeur \u2014 et quel est son impact sur les bélugas.On cherchera alors à déterminer si l\u2019ajustement de la vitesse ferait une différence sur les mammifères marins.Selon M.Michaud, les recherches sont d\u2019autant plus urgentes avec la mise en œuvre de la Stratégie maritime du Québec, qui pourrait augmenter de façon importante le trafic maritime sur le Saint-Laurent.L\u2019idée est de trouver des moyens de réduire l\u2019impact du trafic sur les bélugas, et cela pourrait nécessiter des sacrifices, a prévenu M.Michaud, mentionnant par exemple les fermetures de zones de pêche qui ont dû être effectuées dans l\u2019est du Canada pour sauver les baleines noires de l\u2019Atlantique-Nord.Un simulateur pourrait contribuer à sauver des bélugas Les chercheurs pourront tester différents scénarios, en ajustant le nombre de bélugas, et en modulant d\u2019autres facteurs, dont la vitesse des bateaux et le volume des moteurs, afin de trouver les meilleurs moyens d\u2019atténuer les risques ENVIRONNEMENT « Souvent, la collection se révèle par après » FOUILLES SUITE DE LA PAGE A 1 Selon la presse britannique, cette décision concernera le parc zoologique Loro Parque, à Tenerife, dans l\u2019archipel espagnol des Canaries, et les parcs à thème SeaWorld, consacrés aux attractions marines, avec spectacles d\u2019orques et de dauphins Des orques au parc SeaWorld d\u2019Orlando GERARDO MORA GETTY IMAGES AFP 60 000 C\u2019est le nombre minimum d\u2019artefacts que les archéologues devraient avoir trouvés au moment de la fin prévue des recherches.Dès la fin de l\u2019été, l\u2019archéologue retournera au bureau pour « regarder les données, les artefacts et les couches » ; pour « démêler le casse-tête » que son équipe aura découvert au fil des semaines année un parti d\u2019extrême droite farouchement opposé aux migrations.Ötzi est aussi devenu une vedette des plus lucratives pour la ville : à la mi-juillet, la file d\u2019attente était longue pour voir l\u2019exposition\u2026 et jeter un coup d\u2019œil à son corps à travers une petite vitre donnant sur une salle réfrigérée.Le Musée a été créé spécialement pour Ötzi, après une brève dispute sur le pays qui devrait en avoir la garde.On sait peu de choses des groupes qui habitaient les Alpes orientales à son époque, mais on sait que bien peu y habitaient depuis longtemps, et bien peu y resteraient pour très longtemps.Ces groupes n\u2019étaient pas encore des Celtes, qui seraient remplacés par les Étrusques, qui seraient supplantés par les Romains, qui verraient arriver les Ostrogoths et ainsi de suite, dans de périodiques déplacements doublés de jeux politiques.Au point où l\u2019Italie, telle qu\u2019on la définit au- jourd\u2019hui, n\u2019apparaîtrait comme État qu\u2019en 1861.Et la région dont fait partie Bolzano, appelée Sud-Tyrol ou Haut- Adige, a continué de faire partie de l\u2019Autriche jusqu\u2019en 1919, et a acquis une autonomie en 1946 lui garantissant un statut bilingue (italien et allemand).Ötzi était-il un « étranger » à cette montagne qui a vu sa fin, comme pourraient le suggérer les taux de strontium et de plomb laissés dans ses os par son alimentation des 20 années précédentes ?Ou était-il un personnage important d\u2019un clan local, comme pourrait le suggérer sa hache en cuivre, matériau rare et précieux à son époque ?Le Musée laisse aussi cette question en suspens.Mais «il avait beaucoup voyagé»: le strontium et le plomb, les fibres de ses vêtements rapiécés, l\u2019état de ses genoux, quatre traces de différents sangs sur ses flèches, deux types de cuir, bovin et mouton, dans ses chaussures, des pollens d\u2019un environnement forestier dans ses vêtements et dans les pochettes attachées à sa ceinture\u2026 Quant à son ADN, il révèle des lignées paternelles et maternelles arrivées en Europe depuis le Proche-Orient pendant «les migrations du Néolithique», il y a 8000 ans.Soit avant d\u2019autres migrations venues du Proche-Orient et qui, elles, avaient commencé, à l\u2019époque de notre homme des glaces, à apporter l\u2019agriculture dans le sud de l\u2019Europe.Si Ötzi, momifié, a survécu jusqu\u2019à nous, c\u2019est parce qu\u2019il a été rapidement emprisonné dans le glacier après son décès, mais surtout à cause d\u2019un bouleversement beaucoup plus grand que toutes ces vagues migratoires : c\u2019est-à- dire le réchauffement climatique, qui dépasse en ampleur tous les hauts et les bas du climat des 5000 dernières années, qui est en train de faire fondre les glaciers des Alpes et qui a mis au jour ce corps en septembre 1991.SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 30 JUILLET 2018 CHRISTOPHE ALIX AMAELLE GUITON LIBÉRATION Une enfant de 6 ans qui commande une maison de poupées \u2014 et une boîte de biscuits \u2014 à l\u2019insu de ses parents ; un message publicitaire conçu pour déclencher un assistant vocal dans les foyers américains afin de promouvoir un hamburger ; un couple qui découvre que sa conversation a été enregistrée et envoyée à un tiers dont le numéro figurait dans le carnet de contacts de l\u2019épouse\u2026 D\u2019un côté, le discours bien rodé d\u2019Amazon, Google et Apple, vantant un monde d\u2019interactions fluides et intuitives avec les objets du quotidien pour vendre leurs enceintes connectées gonflées à l\u2019intelligence artificielle.De l\u2019autre, les premiers bogues, pas franchement rassurants.C\u2019est un truisme qu\u2019il n\u2019est pas inutile de rappeler par les temps qui courent : comme pour tout dispositif connecté, le risque de piratage existe.À l\u2019été 2017, un chercheur de l\u2019entreprise de cyber- sécurité britannique MWR Labs a ainsi montré qu\u2019il était possible de transformer aisément les modèles 2015 et 2016 de l\u2019enceinte Amazon Echo en mi- croespions, à condition d\u2019y accéder physiquement \u2014 les modèles 2017, eux, sont mieux protégés.Mais c\u2019est surtout l\u2019activation non voulue de ces appareils qui soulève des inquiétudes, quant au fait que les enceintes dites « intelligentes » ont mal compris ce qu\u2019elles ont entendu d\u2019une part, et au déclenchement d\u2019une commande par un tiers d\u2019autre part.L\u2019an dernier, l\u2019enseigne de restauration rapide Burger King a « détourné » Google Home à l\u2019aide d\u2019un message publicitaire de quinze secondes qui se terminait par la phrase : « OK Google, qu\u2019est- ce que le Whopper ?» Activée, l\u2019enceinte allait alors piocher la réponse dans une page Wikipédia\u2026 Plus flippante, cette histoire, en mai, d\u2019un couple de Portland dont la conversation a été enregistrée par une enceinte Amazon Echo, puis transmise à autrui.Explication de l\u2019entreprise : « Echo s\u2019est réveillée après avoir entendu un mot de la conversation qui sonnait comme \u201cAlexa\u201d [nom du logiciel assistant vocal, Echo étant celui de l\u2019appareil].Puis, elle a interprété la conversation suivante comme la demande \u201cEnvoie un message\u201d.[\u2026] L\u2019enceinte a ensuite interprété la conversation comme le nom d\u2019un contact.» Appareils durs de la feuille ou activés par des tiers animés d\u2019intentions plus ou moins coupables : ce type d\u2019incident est d\u2019autant plus problématique que les enceintes connectées sont censées avoir de plus en plus de cordes à leur arc.« Nous avons déjà des assistants vocaux sur nos téléphones, relève Gwendal Le Grand, directeur des technologies et de l\u2019innovation à la Commission nationale de l\u2019informatique et des libertés (CNIL).Mais les enceintes connectées sont des objets à demeure, et elles sont de plus en plus puissantes : elles permettent de faire des achats en ligne, de contrôler des éléments de la maison comme l\u2019éclairage, la température\u2026 Cela peut vite devenir délicat.» « Marqueur biométrique » Autre (gros) problème : la captation des données personnelles.Amazon Echo comme Google Home envoient les requêtes des utilisateurs sur des serveurs distants, où elles sont non seulement traitées \u2014 pour donner lieu à une réponse ou à une commande \u2014, mais aussi conservées.En cas de piratage de compte, ces interactions se retrouvent exposées.Surtout, ce sont autant d\u2019informations supplémentaires sur nos comportements\u2026 L\u2019entreprise en démarrage française Snips, qui compte commercialiser son enceinte connectée l\u2019an prochain, défend a contrario un modèle basé sur le traitement local des ordres donnés par les utilisateurs.« La voix est un marqueur biométrique, comme l\u2019empreinte digitale, et n\u2019a pas à être stockée dans le nuage informatique, fait valoir son directeur des opérations, Yann Lechelle.Si je demande à mon assistant d\u2019éteindre la lumière, il le fait directement sans que cet ordre passe par Seattle, comme c\u2019est le cas chez Amazon, qui va ainsi pouvoir accumuler de précieuses données sur nos usages.» « Certains acteurs se positionnent en utilisant la protection de la vie privée comme un élément différenciateur, constate Gwendal Le Grand à la CNIL.Cela montre bien que le règlement européen sur la protection des données peut favoriser l\u2019innovation.» En tout état de cause, mieux vaut garder à l\u2019esprit qu\u2019une enceinte connectée est par nature un dispositif intrusif, dont on peut oublier la présence\u2026 Raison pour laquelle le gendarme de la vie privée recommande, entre autres, de couper le micro quand on ne l\u2019utilise pas ou lorsqu\u2019on a des invités, d\u2019éviter de laisser un enfant interagir seul avec ce type d\u2019appareil, de réfléchir aux « fonctionnalités litigieuses » qu\u2019on active \u2014 le contrôle d\u2019une porte, d\u2019une alarme\u2026 \u2014, et de supprimer régulièrement l\u2019historique de ses conversations avec les assistants vocaux.TECHNOLOGIE Les assistants vocaux, des dispositifs très attentifs et peu regardants Conversations enregistrées en douce, captation des données\u2026 Entre bogues et tactiques mercantiles, le caractère intrusif des enceintes connectées pose problème.PASCAL LAPOINTE À BOLZANO AGENCE SCIENCE-PRESSE Il traversait à pied une région des Alpes orientales, à 3200 mètres d\u2019altitude.Il avait manifestement prévu de marcher un bout de temps encore, à en juger par le contenu de son estomac, tel qu\u2019il serait révélé par l\u2019autopsie : l\u2019homme d\u2019environ 45 ans avait été mortellement blessé au dos par un objet contondant, une heure seulement après avoir pris son dernier repas.À ce jour, l\u2019identité et l\u2019origine du cadavre vieux de 5000ans restent inconnues.Ses maigres possessions et son ADN laissent la porte ouverte à plusieurs possibilités, mais une chose est sûre: comme quantité de migrants avant et après lui, il suivait grosso modo un parcours allant du sud au nord, dont les archéologues ont établi qu\u2019il est utilisé par les voyageurs de passage depuis pas moins de 7000 ans.Pourquoi a-t-il été tué?Par qui?Bien que la science ait fait des pas de géant depuis la découverte de son corps dans un glacier en septembre 1991, il est possible que ces questions restent à jamais sans réponse.Sa dépouille repose aujourd\u2019hui au Musée d\u2019archéologie du Sud-Tyrol à Bolzano, dans le nord-ouest de l\u2019Italie, et Ötzi, ou «l\u2019homme des glaces», comme on l\u2019appelle, est devenu une célébrité.Cruelle ironie dans l\u2019Italie qui a élu cette ARCHÉOLOGIE Ötzi, un migrant de 5000 ans parmi tant d\u2019autres «L\u2019homme des glaces» migrait vers le nord par un passage emprunté depuis pas moins de 7000 ans Amazon Echo comme Google Home envoient les requêtes des utilisateurs sur des serveurs distants, où elles sont non seulement traitées \u2014 pour donner lieu à une réponse ou à une commande \u2014, mais aussi conservées.ANDRES URENA UNSPLASH Le cadavre, découvert dans les Alpes italiennes en 1991, est maintenant exposé au Musée d\u2019archéologie du Sud-Tyrol, à Bolzano.ANDREA SOLERO AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE LUNDI 30 JUILLET 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin es faits sont là.Depuis près de trois mois, le nombre de migrants qui se présentent de façon irrégulière à la frontière a diminué.Et quand ils empruntent le chemin Roxham, ils sont toujours arrêtés à leur arrivée, fichés, questionnés avant de pouvoir faire une demande d\u2019asile.Ceux qui ne peuvent pas en faire une sont détenus, les autres, relâchés mais dirigés vers les services appropriés.Il n\u2019y a pas de chaos à la frontière, a tranché le représentant du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, Jean-Nicolas Beuze, devant le Comité permanent de la citoyenneté et de l\u2019immigration, la semaine dernière.Il a rappelé qu\u2019il y a dans le monde 29,4 millions de personnes déplacées et en attente de statut, et que le Canada n\u2019en a accueilli que 50 000, soit moins de 0,2 %.Tout n\u2019est cependant pas parfait et la réunion d\u2019urgence du comité était justifiée.Cette situation exige qu\u2019on fasse le point à intervalles réguliers et que les responsables rendent des comptes.Élus, provinces, municipalités, groupes humanitaires et citoyens ont des préoccupations légitimes.Il manque de ressources pour le logement temporaire, les services sociaux et ainsi de suite.On veut plus d\u2019effectifs à la Commission de l\u2019immigration et du statut de réfugié pour traiter plus rapidement les demandes d\u2019asile.Et ne devrait-on pas suspendre ou revoir l\u2019Entente sur les tiers pays sûrs conclue avec les États-Unis ?Toutes ces questions ont été soulevées mardi dernier, mais il aurait fallu qu\u2019on écoute les réponses.À un an des élections fédérales, on a plutôt eu droit à un dialogue de sourds fortement teinté de partisanerie, en particulier du côté conservateur.Peu soucieux de leur crédibilité, ils ont demandé l\u2019impossible, comme des prévisions d\u2019arrivées irrégulières pour les cinq prochaines années et la transformation des 9000 km de frontières en port d\u2019entrée géant.Et ils n\u2019ont cessé de parler de « migrants illégaux », à dessein.L\u2019expression « migration irrégulière » est plus juste dans le cas de demandeurs d\u2019asile.Tout migrant qui franchit la frontière en évitant un port d\u2019entrée se voit coller un constat d\u2019infraction, mais s\u2019il fait une demande d\u2019asile, ce constat est suspendu le temps qu\u2019on détermine son statut.S\u2019il est refusé, le constat est rétabli et la procédure de renvoi, activée.Si, par contre, il est accepté, le constat est effacé.Ce n\u2019est pas un truc libéral.La convention des Nations Unies sur le statut des réfugiés et la Loi canadienne sur l\u2019immigration et la protection des réfugiés l\u2019exigent.On ne peut retenir contre une personne fuyant la persécution d\u2019avoir recours à des moyens détournés pour y échapper.Cette exigence est dans la loi depuis des décennies, y compris dans la dernière version adoptée par les conservateurs en 2012.Les libéraux ont raison de corriger les mensonges et les erreurs de l\u2019opposition et de défendre la tradition d\u2019accueil du Canada.Malheureusement, eux aussi se laissent porter par leurs considérations partisanes en ne prenant pratiquement jamais au sérieux certaines questions plus pertinentes des conservateurs.Le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, fait exception, mais le ministre de l\u2019Immigration, Ahmed Hussen, et le premier ministre, Justin Trudeau, ratent rarement une occasion d\u2019accuser les conservateurs d\u2019« attiser la peur et la division » ou même de chercher à « monter une communauté de Néo-Ca- nadiens contre une autre ».Pour se démarquer de leurs adversaires, les libéraux ne s\u2019en tiennent plus aux faits et à un message positif, comme ils l\u2019ont fait face au président américain, Donald Trump ; ils sentent le besoin de tout souligner au crayon gras.Ce choix purement électoraliste, qui ne fait rien pour calmer le ton du débat, joue aussi sur la peur.Mais pour convaincre qui ?Et aider qui ?Myrlande Pierre Sociologue Irrémédiablement, les épisodes SL?V et Kanata obligent la société québécoise à se regarder et à faire une introspection afin de rendre possible un véritable dialogue.Du moins, c\u2019est ce qui serait collectivement bénéfique et constructif pour comprendre ce profond malaise social.La première lecture qu\u2019il nous est permis de faire est sans équivoque le constat de la sous-re- présentation et de l\u2019invisibilisation des minorités ethniques et racisées et des Autochtones dans les lieux où s\u2019exerce le contrôle de la production, de la diffusion et de l\u2019utilisation des savoirs.Ce problème est décrié depuis près de deux décennies.Il suffit de faire une revue des revendications traduites dans des mémoires, des avis et plusieurs études pour se rendre compte qu\u2019il ne s\u2019agit pas là de revendications nouvelles au Québec.Déjà, en 1999, une analyse de la situation amenait le Conseil des relations interculturelles du Québec à publier des recommandations pour favoriser une meilleure connaissance de la situation des artistes des groupes ethnoculturels et un accès plus équitable aux mécanismes de financement public mis à la disposition des artistes.De plus, le Conseil suggérait d\u2019ores et déjà des moyens pour améliorer la représentativité des membres de ces groupes minoritaires dans les instances consacrées à la culture.Le nombre effarant d\u2019avis et de mémoires ainsi que les revendications issues de la société civile dénonçant des situations d\u2019inégalité structurelle dans le domaine de la culture en disent beaucoup sur un problème longtemps décrié.Le phénomène de la sous-représentation de la diversité \u2014 et plus particulièrement des minorités racisées \u2014 est malheureusement observable et exacerbé dans plusieurs autres secteurs : politique, économique, de l\u2019emploi, dans les lieux stratégiques de décision et de pouvoir, etc.Le problème est à ce point cristallisé que cela prendrait un sérieux coup de barre et un changement de paradigme pour sortir de l\u2019impasse et en changer la dynamique.La deuxième lecture qu\u2019il nous est permis de faire de ces épisodes qui secouent une bonne partie de la société québécoise est celle des rapports de domination qui structurent encore aujourd\u2019hui la dynamique sociale.Selon Alain Touraine, trois types d\u2019actions sont attribuables à la classe dominante ou dirigeante : « la gestion de l\u2019accumulation, l\u2019appropriation du mode de connaissance et l\u2019imposition du modèle culturel ».Assis- tons-nous peu à peu à l\u2019éclatement de ce modèle culturel qui tend à dicter les orientations et la représentation de ce que devrait être l\u2019universel ?La société et la culture ne sont pas des entités statiques.Elles se déploient, évoluent et se transforment au contact des apports culturels divers.Comme les personnes humaines, les cultures n\u2019existent qu\u2019en relation les unes avec les autres (UNESCO 2009b : 9).Cette relation, si on la souhaite équitable et dépourvue de tout rapport de domination, ne peut se construire que par une dialectique de l\u2019altérité où l\u2019un et l\u2019autre se rencontrent et s\u2019enrichissent mutuellement.Les défis que posent la diversité ethnoculturelle croissante dans la société québécoise et la présence des Premières Nations sont corollaires d\u2019une mouvance intrinsèque, historique, symbolique et identi- taire qui nous oblige à mieux (re)penser les enjeux du vivre-en- semble.Ce qu\u2019il nous faut retenir de ces épisodes, c\u2019est que le narratif qui sert à raconter le passé, le présent et le futur ne peut plus être désincarné d\u2019une réciprocité et de la reconnaissance de l\u2019existence de l\u2019autre en tant qu\u2019acteur social.Cette perspective conduit inlassablement à parler de citoyenneté.Or, la citoyenneté ne se restreint pas au principe de la légitimité politique, elle est également la source du lien social qui renforce l\u2019idée d\u2019une vision commune de la société.Une société où hommes et femmes d\u2019origines diverses peuvent participer en toute légitimité et de manière juste et équitable à la définition de ses fondements.Ultimement, le retour à la conception de citoyenneté pour repenser les relations interculturelles, les inégalités et la lutte contre la discrimination et le racisme serait-il la voie à privilégier pour sortir de l\u2019impasse ?Une citoyenneté qui serait non pas dictée par une conception jacobine, mais par une réelle prise en compte des facteurs qui compromettent le plein exercice de celle-ci.Les vélos au cimetière Mont-Royal Encore un coup porté à ces dangereux délinquants : les cyclistes.J\u2019habite à deux pas du cimetière Mont-Royal.C\u2019est pour moi une voie de passage obligée pour me rendre à la montagne ou au centre-ville.Je le faisais souvent à vélo.C\u2019était plaisant et sécuritaire, pour l\u2019homme de 64 ans que je suis, et pour son lourd vélo poussif.C\u2019était bon pour ma santé et pour celle de mes concitoyens, car je ne faisais aucun bruit et ne produisais aucune pollution.Je prendrai désormais la voiture.On n\u2019arrête pas le progrès.Depuis des années, je passe presque tous les jours dans le cimetière, à pied ou à vélo.J\u2019y ai vu circuler des centaines de cyclistes.À quelques très rares occasions, ils m\u2019ont paru trop nombreux et ils roulaient un peu vite à mon goût.Jamais assez pour m\u2019importuner.À part cela, je n\u2019ai jamais été témoin de la moindre incivilité de leur part et, chose remarquable, je n\u2019ai jamais vu de déchets sur leur passage.On tolère des jeunes qui se saoulent, se droguent et font du tapage sur la voie publique.Les pelouses et les arbustes massacrés après un spectacle rock, pas de problème! Un jeune qui pétarade à 80km/h à minuit sur un boulevard urbain\u2026 il faut bien que jeunesse se passe.Mais un jeune roulant à 25km/h dans un cimetière, voilà qui trouble notre tranquillité.Tolérance zéro! Leur jeunesse, leur liberté, leur beauté, leur santé sont une insulte à notre mode de vie de consommateurs motorisés en surpoids.Guy Archambault Outremont, le 28 juillet 2018 La résonance d\u2019un profond malaise social LIBRE OPINION LETTRES MIGRATION IRRÉGULIÈRE Le poids des mots LAOS Faire barrage L \u2019Asie s\u2019industrialisant et s\u2019urbanisant à un train d\u2019enfer, l\u2019effondrement dans le pauvre et petit Laos d\u2019un barrage hydroélectrique en construction sur le Mékong éclaire crûment et cruellement les méfaits du modèle de croissance néolibéral.Le territoire du Laos contenant l\u2019essentiel du bassin de ce grand fleuve, la dictature opaque et néocommuniste qui y tient lieu de gouvernement cultive depuis les années 1990 le projet d\u2019exploiter cet immense potentiel hydroélectrique à de strictes fins d\u2019exportation, de manière à faire du pays la «pile de l\u2019Asie du Sud-Est».En foi de quoi, les milliards se sont mis à pleuvoir en investissements étrangers \u2014 chinois surtout, mais également sud-coréens et thaïlandais \u2014 et les barrages à pousser comme des champignons.Celui qui s\u2019est effondré lundi dernier \u2014 le Xe-Pian Xe-Namnoy \u2014, détruisant des dizaines de villages, n\u2019est que l\u2019un de quelque 50 barrages en construction, dont une dizaine est maintenant en activité.La façon dont le Mékong est harnaché tient de la négligence criminelle \u2014 ou, ce qui n\u2019est pas moins grave, de l\u2019aveuglement volontaire.Dans le cas précis du Xe-Pian Xe-Namnoy, le barrage aurait cédé sous la pression d\u2019une mousson particulièrement forte.Auquel cas, il dépasse l\u2019entendement que les ingénieurs n\u2019aient pas mieux mesuré les risques de rupture dans un contexte où il est scientifiquement établi que le réchauffement climatique va forcément augmenter la fréquence d\u2019événements extrêmes.Ensuite, les dégâts pour l\u2019environnement causés par la construction immodérée de barrages, de réservoirs et de centrales électriques ont été bien documentés : dégradation des écosystèmes fluviaux, diminution de la diversité et de la quantité de poissons, et, donc, de la productivité des pêcheries du Mékong, définies dans une importante étude de cas française publiée en 2013 comme les plus importantes en eau douce du monde.De fait, près de 60 millions de personnes au Laos, en Thaïlande, au Cambodge et au Vietnam dépendent pour leur alimentation et leur gagne-pain de l\u2019écosystème du Mékong.Sont-ils consultés ?Bien sûr que non.Pour les Laotiens du monde rural qui subissent les bouleversements induits par cette grande entreprise de modernisation hydroélectrique, il s\u2019agit au reste d\u2019un chambardement dont ils ne profiteront même pas.Dans le cas du Xe- Pian Xe-Namnoy, seulement 10 % de l\u2019électricité produite allait être redistribuée localement\u2026 Une situation qui soulève des questions face auxquelles on se sent forcément désarmé : comment faire barrage au rouleau compresseur de la dite modernité ?L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER MANON CORNELLIER Censure ?Un instant Les mésaventures de SL?Vet de Kanatane sont pas du même ordre.On a tort de crier à la censure dans le cas de Kanata.Devant la controverse et des critiques parfois agressives, Ex Machina a décidé de retirer la pièce.Dans le cas de SL?V, c\u2019est le Festival de Jazz qui a pris, lâchement, la décision d\u2019annuler le spectacle, contre la volonté des créateurs.Après avoir changé leurs rationalisations une ou deux fois, les dirigeants du FIJM ont même eu la malhonnêteté de prétendre qu\u2019ils ne faisaient pas de censure.Mais, de toute façon, deux beaux gâchis.François Thérien Montréal, le 28 juillet 2018 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 30 JUILLET 2018 Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Mille jours : profitons-en ! O n a beaucoup épilogué sur les 500 jours de Donald Trump, mais je vois dans les 1000 jours qui restent une belle occasion à saisir.On peut se désoler de la situation, mais l\u2019isolationnisme américain et le repli britannique créent une conjoncture extraordinaire, dont il faut profiter tout de suite.Or \u2014 est-ce un hasard ?\u2014, cet isolement auto-imposé se manifeste juste au moment où les Facebook, Google et autres Netflix de ce monde perdent leur aura de sainteté.Soudain, pour les pays francophones, et en particulier pour le Canada et le Québec, il devient possible de faire évoluer les règles en matière de commerce, de Web, de diversité culturelle et de plurilinguisme.L\u2019Accord de partenariat transpa- cifique global et progressiste (APTGP) est la preuve éloquente que, grâce à Donald \u2014 ou plutôt grâce à son absence \u2014, on peut faire avancer certaines idées.Car à peine trois jours après son investiture, Donald Trump torpillait cet accord signé avec 11 pays de la zone du Pacifique.Les 11 autres pays l\u2019ont renégocié, et le Canada s\u2019est arrangé pour renforcer la protection culturelle.Historiquement, ce sont les Américains qui ont suscité la nuée d\u2019organismes internationaux tels l\u2019ONU, l\u2019UNESCO, le FMI et la Banque mondiale.Le multilatéralisme était dans l\u2019intérêt de tout le monde.Sauf qu\u2019ils y défendaient aussi leurs intérêts, et farouchement.Si les Américains désavouent tous ces organismes ou s\u2019en retirent, il devient possible de les faire évoluer et d\u2019en changer les règles.(Et les Américains seront devant le fait accompli.) C\u2019est particulièrement vrai pour les grands dossiers chers aux francophones, comme la diversité culturelle et le pluri- linguisme.De même pour presque tous les dossiers de diplomatie commerciale et environnementale, où les Américains ne faisaient aucune concession aux pays francophones, notamment africains.Leur retrait crée un déséquilibre qui peut profiter à ceux qui sont prêts à l\u2019exploiter.Soudain, il y a un boulevard qui s\u2019ouvre.Même chose avec le Brexit.Depuis leur entrée dans l\u2019Union européenne, en 1973, les Britanniques se sont employés à saboter le projet d\u2019origine.Leur recul fournit une occasion en or de renforcer les institutions, cela favorisera le noyau dur des six pays fondateurs, dont la France et la Belgique.De même pour la diversité culturelle.La Convention sur la diversité culturelle de l\u2019UNESCO, promulguée en 2005, établit que la culture n\u2019est pas un bien commercial comme les autres, puisqu\u2019elle exprime aussi l\u2019identité.Un peu comme l\u2019environnement, elle peut donc être donc soustraite aux règles du commerce international et aux accords commerciaux.Ce dossier fut une grande victoire francophone, en particulier française et québécoise.Deux pays s\u2019y opposaient : Israël et les États-Unis.Les principes de cette convention n\u2019ont jamais été mis en application dans l\u2019univers numérique.Il y a six mois encore, quiconque voulait le faire devait se défendre de mener un combat d\u2019arrière-garde.Vouloir réguler le Web pour protéger la culture, c\u2019était être contre le « progrès », contre la mondialisation, contre la technologie, contre la liberté même.L\u2019argument était spécieux, bien sûr, mais il était quasi illégitime de dire : « il y a une mondialisation en français », ou « on peut imposer des règles aux géants du Web sans vouloir les détruire ».C\u2019est d\u2019abord l\u2019Union européenne et quelques pays membres qui ont pris sur eux d\u2019utiliser leurs pouvoirs pour lever des sanctions financières contre les géants du Web.Mais devant le scandale découlant de l\u2019affaire Cambridge Analytica et l\u2019appauvrissement croissant des industries culturelles et médiatiques nationales au profit de Facebook, Google et autres Amazon, le fatalisme le cède à la résolution.Partout, des voix s\u2019élèvent : rien de tout cela n\u2019est inéluctable.Au Canada, l\u2019occasion est belle de pousser une réglementation de contenu canadien sur les plateformes Web et d\u2019imposer la divulgation d\u2019algorithmes et la redistribution équitable des revenus publicitaires, voire la création d\u2019une régie publicitaire nationale.De toute manière, l\u2019ALENA est en danger, et Donald Trump pousse encore le bouchon en déclenchant une guerre commerciale mondiale et en considérant le commerce canadien comme une menace à la sécurité nationale.C\u2019est avec des citrons qu\u2019on fait de la limonade.Alors, autant en profiter pour rebrasser les cartes.C\u2019est une chose que le gouvernement du Québec semble avoir comprise avant Ottawa, mais peu importe.Soudainement, tout cela est devenu possible.Encore faut-il que nos ministres et députés, qui font les lois, aient l\u2019intelligence de le voir.Il ne reste que 1000 jours avant la prochaine investiture présidentielle.À moins que les électeurs américains nous en donnent 1500 de plus ! Jean-Thomas Bernard Professeur invité au Département de science économique de l\u2019Université d\u2019Ottawa Dans son éditorial paru dans Le Devoir du 24 juillet 2018, madame Manon Cornellier critiquait l\u2019achat de l\u2019oléoduc Trans Mountain par le gouvernement Trudeau et soulignait l\u2019incohérence de ce gouvernement dans son soutien au développement des infrastructures permettant l\u2019exploitation du pétrole des sables bitumineux par rapport à sa politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).La position de madame Cornellier porte sur un aspect tout à fait secondaire dans la lutte menée pour abaisser les émissions de GES, et elle détourne ainsi l\u2019attention du vrai facteur causant le réchauffement climatique.De plus, son analyse manifeste une méconnaissance du rôle joué par l\u2019intégration des marchés énergétiques à l\u2019échelle mondiale.Mon analyse de la position de madame Cornellier repose sur les faits suivants : le grand responsable des émissions de GES est la consommation des services fournis par les énergies fossiles, comme le transport, le chauffage, la climatisation, etc.La production des énergies fossiles existe parce qu\u2019il y a une demande pour les services que ces dernières produisent ; tant et aussi longtemps que nous n\u2019attaquerons pas directement la consommation des services fournis par les énergies fossiles, peu de progrès seront réalisés dans la baisse des émissions de GES, comme c\u2019est le cas depuis plus de vingt ans.Selon BP Statistical Review of World Energy, 85 % de l\u2019énergie primaire consommée mondialement en 2017 provenaient des énergies fossiles : pétrole (34 %), charbon (28 %) et gaz naturel (23 %).De plus, le problème est loin de diminuer, car la croissance annuelle moyenne des émissions de GES fut de 1,7 % durant la dernière décennie.Le réchauffement climatique est un problème global pour l\u2019ensemble de l\u2019humanité.Il est relié au stock des GES présents dans l\u2019atmosphère ; c\u2019est la quantité totale qui compte et non le lieu géographique de leur origine.Il faudra donc un effort concerté de tous les pays.En 2017, la part des émissions de GES provenant du Canada fut de 1,7 %.Il faut reconnaître que le rôle du Canada s\u2019en trouve bien limité.La contribution négative de l\u2019extraction du pétrole des sables bitumineux aux émissions canadiennes de GES est maintes fois soulignée, et des stratégies sont proposées pour réduire plus ou moins directement cette activité économique.Mentionnons, à ce sujet, les obstructions au développement des projets d\u2019oléoduc et leur financement par les banques, les caisses et les fonds de retraite publics et privés.Il est possible que la réalisation de telles stratégies limite la production de pétrole à partir des sables bitumineux ; cependant, l\u2019impact sur les émissions de GES serait marginal à cause de l\u2019intégration du marché du pétrole à l\u2019échelle mondiale.Les réserves de pétrole ne sont pas sur le point d\u2019être épuisées, car elles sont suffisantes pour maintenir une production au niveau actuel au cours des cinquante prochaines années.Tout recul de la production des sables bitumineux en Alberta serait compensé par un accroissement de la production dans d\u2019autres pays.Il en résulterait un changement marginal des émissions de GES.Plusieurs raisons peuvent être avancées pour s\u2019opposer à l\u2019expansion de l\u2019oléoduc Trans Mountain et à la participation financière du gouvernement fédéral dans ce projet ; malheureusement, le contrôle des émissions de GES n\u2019est pas une raison valable.L\u2019exposition d\u2019une banderole sur le mât olympique à la Don Quichotte attire l\u2019attention des médias et peut nous donner bonne conscience.Par contre, elle n\u2019informe pas sur la véritable cause des émissions de GES, qui est la con - sommation des services fournis par les énergies fossiles, ni sur les moyens d\u2019en réduire l\u2019usage.Les Don Quichotte de l\u2019environnement Patrick Moreau Rédacteur en chef de la revue Argument Les idéologues n\u2019aiment pas l\u2019art.C\u2019est en quelque sorte dans l\u2019ordre des cho ses.Ils ont une conception lisse, unilatérale, univoque de la réalité, alors que l\u2019artiste, lui, nage dans l\u2019ambiguïté.Le réel, à ses yeux, est équivoque, plongé dans la pénombre, plein d\u2019aspérités et de com plexités, parfois même herméti que.C\u2019est la raison pour laquelle, au lieu d\u2019écrire des éditoriaux ou des textes théoriques, il peint, met en scè ne ou ten te de raconter une réalité dont il a conscience qu\u2019elle échap pe par tous les côtés aux discours rationnels qui essaient de la corseter.Il sait que les seuls moyens qu\u2019il a en sa possession afin de pouvoir la cerner au plus près ce sont précisément les ressources de l\u2019art, ressources qui font moins appel à la raison du lecteur ou du spectateur qu\u2019à sa sensibilité, son intuition, ses impressions forcément subjectives.C\u2019est pourquoi l\u2019œuvre reste « ouverte » en termes de signification.C\u2019est cette « ouverture » \u2014 c\u2019est-à-dire cette absence de sens imposé \u2014, ce caractère ambigu, incertain, indéterminé de l\u2019œuvre d\u2019art, cette grisaille opposée au tout noir ou au tout blanc des idéologues, qui horripile ces derniers.Cette liberté créatrice de l\u2019artiste leur déplaît, car ils veulent à tout prix l\u2019assujettir, au nom de la morale ou de la vérité (comprendre : de leur vérité), aux présupposés de leurs orthodoxies, quel - les qu\u2019elles soient.Cela donne la censure et les procès qu\u2019ont subis Charles Baudelaire, Gustave Flaubert, Boris Vian, D.H.Lawrence et bien d\u2019autres, ou bien les procès d\u2019intention, tels qu\u2019on les affectionne tant aujourd\u2019hui comme autrefois, et dont ont fait les frais Jean-Charles Harvey, Vladimir Na bokov, Günter Grass, ou, plus pro - che de nous, Michel Houel le becq, etc.Cela donne aussi la littérature bourgeoise, moralisatrice, insipide du XIXe siècle et du début du XXe \u2014 ce qu\u2019on appelait alors les « romans pour demoiselles » \u2014, le réalisme socialiste de la défunte URSS, les œuvres globalement médiocres qui entrent, au même titre que les paquets de lessive ou les paires de chaussettes, dans les circuits de la grande distribution, ou tous ces romans à thèse amidonnés à la bien- pensance et qui sont de tous les temps.Bref, les idéologues ne souhaitent pas que disparaisse l\u2019art, mais qu\u2019il se trans - forme en un véhicule supplémentaire de leur étroitesse d\u2019esprit doctrinale.Cependant, l\u2019art véritable n\u2019y survit jamais.Il a un besoin vital de liberté.S\u2019il est nécessaire aujourd\u2019hui, en 2018, de rappeler ces quelques évidences, c\u2019est évidemment à cause de ce procès d\u2019intention qui vient d\u2019être fait dans les colonnes du Devoir à l\u2019écrivain David Dorais.Que lui reproche-t-on, au fond ?De terminer une de ses nouvelles par une scène de viol, et donc, affirment ses deux détractrices, de banaliser les violences sexuelles et d\u2019encourager la « culture du viol ».La première, Vanessa Courville, directrice démissionnaire de la revue XYZ, estime ainsi que sa principale faute n\u2019est pas d\u2019avoir décrit ce viol, mais de l\u2019avoir fait sans qu\u2019« une mise en perspective dans la narration » souligne clairement que l\u2019auteur dénonce cette violence sexuelle.Outre qu\u2019à ce comp - te-là, Robert Merle (La mort est mon mé tier) et Jonathan Littell (Les bienveillantes) seraient coupables quant à eux d\u2019apologie de génocide pour avoir mis en scène un narrateur complice du meur - tre de six millions de Juifs, cet argument rappelle étrangement celui du procureur impérial au procès intenté en 1857 à Flaubert et à son roman Madame Bovary pour « outrage à la morale publique et religieuse et aux bonnes mœurs ».Celui-ci, en effet, ne reprochait pas tant au romancier d\u2019avoir raconté l\u2019histoire d\u2019une femme qui trompait son mari [\u2026] mais d\u2019avoir glorifié l\u2019adultère, car Emma, au lendemain de sa « chute », au lieu d\u2019être rongée par les remords, se délectait à l\u2019idée d\u2019avoir enfin un amant ! En cela, maître Ernest Pinard confondait, tout comme apparemment Vanessa Courville, l\u2019écrivain et son personnage.Il aurait souhaité lui aussi qu\u2019il y eût dans ce roman de Flaubert «une mise en perspective [de l\u2019adul - tère] dans la narration ».Notons toutefois que si ç\u2019avait été le cas, Madame Bo vary ne serait pas ce très grand roman initiateur de la littérature dite « réaliste ».Il n\u2019aurait été qu\u2019un roman moralisateur de plus dans un siècle qui n\u2019en manquait pas.Quant à la seconde, Isabelle Bois- clair, professeure de lettres à l\u2019Université de Sherbrooke, son principal argument à l\u2019encontre de cette nouvelle se situe plutôt sur le plan de l\u2019éthique.« La représentation du viol, écrit-elle, lorsqu\u2019elle est gratuite, n\u2019est pas sans effet chez les lectrices, a fortiori chez celles qui ont déjà été violées ; elle engendre des réminiscences et des souffrances, c\u2019est aussi à ça qu\u2019il faut penser.» Autrement dit, l\u2019écrivain devrait s\u2019autocensurer, ne pas aborder certains sujets, ceci afin de ne pas heurter la sensibilité de ses lectrices, et surtout de ne pas provoquer de douloureuses réminiscences chez celles d\u2019entre elles qui auraient subi un viol.Malgré toute la compassion que l\u2019on peut éprouver pour les victimes de viol ou d\u2019autres actes criminels (violences, meurtres, attaques terroristes, etc.), il me semble assez évident qu\u2019il n\u2019est pas possible ni souhaitable de ne plus évoquer toutes ces violences pour les préserver.C\u2019est l\u2019absurdité du safe place appliquée à la littérature.De plus, qui jugera du caractère « gratuit » ou non de ces représentations ?Ne voit-on pas déjà les futurs pères Sagehomme pointer le bout de leur nez ?Somme toute, la liberté de l\u2019artiste est bien préférable aux tentatives de cen sure de tous ces nouveaux clergés.Oui à la liberté de l\u2019artiste, non aux tentatives de censure Les idéologues ne souhaitent pas que disparaisse l\u2019art, mais qu\u2019il se trans forme en un véhicule supplémentaire de leur étroitesse d\u2019esprit doctrinale JEAN-BENOIT NADEAU Si les Américains désavouent [des organismes comme l\u2019ONU, l\u2019UNESCO, le FMI et la Banque mondiale] ou s\u2019en retirent, il devient possible de les faire évoluer et d\u2019en changer les règles En 1857, la Cour impériale de France a intenté un procès à l\u2019auteur Gustave Flaubert pour avoir « glorifié l\u2019adultère » dans Madame Bovary.WIKICOMMONS Le grand responsable des émissions de GES est la con - sommation des services four - nis par les énergies fossiles, comme le transport, le chauf - fage, la climatisation, etc.[.] Tant et aussi longtemps que nous n\u2019attaquerons pas direc - tement la consommation des services fournis par les éner - gies fossiles, peu de progrès seront réalisés dans la baisse des émissions de GES. LEDEVOIR // LE LUNDI 30 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonce@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com Du salon Bleu au « jet à Lesage », en passant par le 12e étage du siège social d\u2019Hydro-Québec à Montréal, Le Devoir a survolé quelques-uns des lieux de pouvoir où le Québec moderne s\u2019est construit.Troisième de quatre textes.DAVE NOËL MARCO BÉLAIR-CIRINO À L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE LE DEVOIR LIEUX DE POUVOIR Un jet dans le ciel de la Révolution tranquille Aucun avion n\u2019a autant frappé l\u2019imaginaire que le « jet à Lesage » n 1964, au cœur d\u2019une décennie marquée par la course à la Lune, l\u2019équipe du tonnerre de Jean Lesage acquiert un « réacté » DH-125.Filant à 740 km à l\u2019heure, le « jet à Lesage » est, durant un quart de siècle, le modeste équivalent québécois de l\u2019Air Force One américain.« Les rois nègres, en Afrique, ont des Cadillac et notre premier ministre, un avion à jet», s\u2019indigne le chef de l\u2019Union nationale, Daniel Johnson, en mai 1965.Le bimoteur du constructeur aéronautique britannique de Havilland, qui a été acquis pour 775 000 $, constitue la solution la plus économique, se défend Jean Lesage en chambre, tout en voltigeant pour esquiver les frappes de l\u2019opposition.Le « petit jet » peut accueillir jusqu\u2019à sept passagers, deux pilotes et un « steward ».En plus des membres du gouvernement, il doit servir au transport des prisonniers et des malades.« Le temps d\u2019un premier ministre est un temps précieux.J\u2019ai souvent affaire à Montréal, et cela pour le plus grand bien de la province », rappelle Lesage avant de quitter abruptement le salon alors vert.« C\u2019est pour ça qu\u2019il a acheté un jet\u2026 pour se sauver plus vite ! » lance le député unioniste Paul-Émile Allard.Les « play-boys » et les dirigeants des grandes entreprises peuvent avoir des avions personnels, mais pas le premier ministre, insiste Daniel Johnson, accusant ses adversaires libéraux de s\u2019être procuré, à grands frais, quelque chose de « flashy » : « Il y a la politique de grandeur qu\u2019on veut remplacer par une politique de hauteur.» Johnson tente dès lors d\u2019accoler un surnom au DH- 125, soit Jean 1er.Turbulences Le vol inaugural se déroule en novembre 1965.En 22 minutes, le bimoteur franchit les 250 kilomètres qui séparent les aéroports de Dorval et de L\u2019An- cienne-Lorette \u2014 devenus respectivement Pierre-Elliott-Trudeau et Jean- Lesage.Sur le tarmac, les journalistes assistent à la descente de l\u2019appareil gris et blanc traversé d\u2019une large bande horizontale bleu cobalt.Les armoiries du Québec sont peintes sous le cockpit, tandis que l\u2019on peut lire l\u2019inscription « Transports et Communications du Québec » au-dessus des hublots.« Son intérieur est tapissé de tentures ornées d\u2019un motif comprenant des feuilles d\u2019érable et le mot Québec pour souligner son appartenance canadienne et québécoise en même temps », décrit le quotidien Le Soleil.« Son ameublement a été conçu en fonction des besoins des hauts fonctionnaires de la province qui pourront travailler ou discuter pendant qu\u2019ils voyageront.» Les meubles consistent en une table et e trois fauteuils à tribord, et une table, deux fauteuils et un divan à bâbord, le tout de couleur orange, y compris les rideaux.Le pilote de ligne Paul Gagnon se souvient bien de la controverse entourant l\u2019acquisition du « jet à Lesage », qu\u2019il est allé chercher lui-même en Angleterre en 1964.Ironiquement, Jean Lesage n\u2019est monté à bord qu\u2019une dizaine de fois, ce qui a été suffisant pour y associer son patronyme.« M.Lesage avait été dans l\u2019armée comme major, donc il connaissait bien la géographie.Il venait souvent dans le cockpit pour discuter avec nous autres.Il s\u2019intéressait beaucoup au fonctionnement des avions », précise M.Gagnon dans un entretien avec Le Devoir.Jet-set 67 Au lendemain de sa victoire électorale de 1966, Daniel Johnson « hérite de l\u2019avion » qu\u2019il avait pourfendu.Par principe, il refuse de monter à bord, préférant voyager dans le vieux DC-3 du gouvernement, même si celui-ci est trois fois moins rapide.Le pilote Paul Gagnon tente de lui faire entendre raison.Il vole à basse altitude, où les secousses sont plus fortes, et demande même à son mécanicien de retirer une roue du DC-3 avant le décollage pour forcer le premier ministre à monter à bord du jet.« C\u2019est ça, le jet ?» demande M.Johnson en balayant du regard le DH-125.Les membres de l\u2019Union nationale adoptent finalement le DH-125.Les unionistes le réquisitionnent pendant 2321 heures, comparativement à 157 pour les libéraux de M.Lesage.À lui seul, le ministre Marcel Masse l\u2019utilise 147 fois en trois ans, suivi de près par Daniel Johnson (119 vols).Les moteurs du DH-125 tournent sans relâche au cours de l\u2019Exposition universelle de 1967, à Montréal, pendant laquelle le petit appareil est utilisé pour transporter des dignitaires.Le prince Albert de Belgique et la princesse Paola \u2014 la « plus belle femme du monde », selon les magazines people de l\u2019époque \u2014 profitent de l\u2019avion pour rendre visite aux phoques du Grand Nord québécois.Ceux-ci leur feront toutefois faux bond.Le fils cadet du premier ministre, Pierre-Marc Johnson, qui est employé au protocole, les accompagne jusqu\u2019à Fort Chimo (Kuujjuaq).Un lieu de travail Le jet est avant tout un lieu de travail.« Ça arrivait avec des tas de documents.Ils s\u2019assoyaient là et ils ne bougeaient pas du vol.Ils signaient des documents », souligne Paul Gagnon.Les premiers ministres n\u2019ont pas tous la même ponctualité : « M.Lesage était à la minute près.M.Johnson arrivait à temps à l\u2019aéroport, mais là, il pouvait jaser avec tous les mécaniciens et les pilotes avant de prendre l\u2019avion.Mais à part de ça, il était à l\u2019heure, contrairement à René Lévesque.Lui n\u2019était jamais à l\u2019heure.» Claude Morin vole lui aussi dans le célèbre avion à réaction à titre de sous-ministre des Affaires intergouvernementales sous Lesage, Johnson, Bertrand et Bourassa.Il y retourne comme ministre dans le gouvernement de René Lévesque.En 1979, il emprunte d\u2019ailleurs l\u2019appareil pendant une semaine pour inaugurer la délégation du Québec au Venezuela.« [M.Lévesque] a eu besoin de l\u2019avion un moment donné puis ils lui ont apporté l\u2019ancien avion [un DC3].Il a dit : \u201cQu\u2019est-ce que c\u2019est ça ?\u201d En revenant, il a fait la blague : \u201cLa prochaine fois que vous vous emparerez de la flotte aérienne québécoise, vous me le direz.\u201d » Dernier tour de piste Le « jet à Lesage » effectue son dernier vol le 18 février 1990 en transportant le ministre des Finances Gérard D.Lévesque, entre la baie des Chaleurs et Montréal.Après 25 ans, 25 280 missions apparaissent au compteur.Le vénérable appareil est vendu à une compagnie américaine, puis démonté en mai 1995.« On a fait beaucoup d\u2019urgences médicales aussi, d\u2019évacuations médicales », précise le dernier pilote de l\u2019appareil, Jean-Paul De- mers, dans un documentaire réalisé en 1990 par le ministère des Transports.« Ça nous fait quelque chose, parce que, quand on pensait service aérien, on pensait le DH-125.C\u2019est l\u2019avion qui a marqué le plus, je pense, le développement du service aérien pour le transport des passagers.» Deux Fairchild F-27, acquis par Québec au début des années 1970, complètent la flotte fleurdelisée.En février 1995, l\u2019un d\u2019eux effectue un atterrissage d\u2019urgence à Québec en raison d\u2019un train d\u2019atterrissage capricieux.Le premier ministre Jacques Parizeau figure parmi les passagers.L\u2019appareil effectue des boucles au- dessus de la capitale afin de vider les réservoirs de kérosène, puis atterrit sans anicroche.La vie du chef de l\u2019État québécois a-t-elle été compromise à l\u2019aube du référendum sur l\u2019indépendance du Québec ?« Non, assure Paul Gagnon au Devoir.Parce que même si on était forcés d\u2019atterrir sans train d\u2019atterrissage, il n\u2019y a pas grand danger.» Le F-27 subit une autre avarie quatre ans plus tard.Un moteur tombe en panne après avoir déposé Lucien Bou- chard à Montréal.L\u2019incident permet de débloquer le budget nécessaire pour l\u2019acquisition d\u2019un Challenger d\u2019occasion, de Bombardier, au coût de 15 millions de dollars américains.L\u2019appareil immatriculé C-GQBQ est lui aussi la cible des critiques de l\u2019opposition.« La denrée la plus rare que j\u2019ai, moi, c\u2019est mon temps », clame le premier ministre Jean Charest en 2011.Autre temps, autres mœurs, l\u2019opposition adéquiste dénonce alors la pollution atmosphérique dégagée par l\u2019avion de l\u2019exécutif.« Comment peut- il d\u2019un côté prétendre être le champion de l\u2019environnement et d\u2019un autre côté polluer joyeusement lorsqu\u2019il prend le Challenger ?» lui lance Gérard Deltell.C\u2019est à bord du Challenger que Jean Charest regagne Québec au lendemain de sa défaite électorale du 4 septembre 2012.L\u2019appareil est transformé en avion-hôpital l\u2019année suivante.Depuis, le chef du gouvernement québécois nolise des avions ou des hélicoptères privés.Le Québec devrait-il se doter à nouveau d\u2019un jet ?« Moi, je trouve que c\u2019est plus pertinent que jamais », répond l\u2019ancien pilote Paul Gagnon, pointant des considérations de sécurité.« M.Lesage, c\u2019est arrivé qu\u2019il ait pris un avion d\u2019Air Canada.Dans l\u2019aérogare, les gens l\u2019accostent.Dans l\u2019avion, les gens veulent lui parler.Même s\u2019il n\u2019y avait pas le problème de sécurité, cet homme-là ne peut pas voyager en public.» Filant à 740 km/h, le « jet à Lesage » est, durant un quart de siècle, le modeste équivalent québécois du Air Force One américain.MINISTÈRE DES TRANSPORTS DU QUÉBEC E Le « petit jet » acquis en 1964 peut accueillir jusqu\u2019à sept passagers, deux pilotes et un « steward ».En plus des membres du gouvernement, il doit servir au transport des prisonniers et des malades.COLLECTION PAUL GAGNON [Daniel Jonhson] était à l\u2019heure, contraire - ment à René Lévesque.Lui n\u2019était jamais à l\u2019heure.PAUL GAGNON » Le « jet à Lesage » effectue son dernier vol le 18 février 1990 en transportant le ministre des Finances Gérard D.Lévesque, entre la baie des Chaleurs et Montréal "]
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