Le devoir, 31 juillet 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 170 / LE MARDI 31 JUILLET 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM Un béluga en cavale Le cétacé égaré, puis retourné dans le Saint-Laurent l\u2019été dernier, est réapparu.en Nouvelle-Écosse ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR P our les scientifiques, la nouvelle est à la fois réjouissante, surprenante et décevante.Le béluga du Saint-Laurent rapatrié au Québec par avion l\u2019été dernier, à partir d\u2019une rivière du Nouveau- Brunswick où il était coincé, est bel et bien vivant.Le seul hic : il nage désormais dans le secteur du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse.Ce cétacé vagabond est donc reparti très loin de son aire de répartition naturelle.Spécialiste des bélugas du Saint-Laurent depuis plus de 30 ans, Robert Michaud admet qu\u2019il a été surpris d\u2019apprendre que ce jeune béluga avait survécu à l\u2019opération de sauvetage sans pré- cédent réalisée en juin 2017.Mais la joie a été mêlée de « déception », puisque l\u2019animal est au- jourd\u2019hui très loin de l\u2019estuaire du Saint-Laurent.« Nous avons fait des efforts considérables pour le ramener, mais il est reparti.On sait donc qu\u2019il est en forme, mais il n\u2019est vraiment pas à la bonne place », résume-t-il.Les efforts déployés l\u2019an dernier pour rapatrier ce cétacé résident du Saint-Laurent étaient en effet sans précédent.Il faut savoir que ce béluga d\u2019environ trois avait quitté l\u2019estuaire du Saint-Lau- rent pour se rendre jusqu\u2019au Nouveau-Brunswick, INDEX Avis légaux.B6 Petites annonces .B2 Décès.B2 Monde.B1 Économie.B4 Sports.B6 Éditorial.A6 Idées.A7 Culture.B7 Grille TV.B7 Météo .B3 Mots croisés.B3 Sudoku .B3 CULTURE Juste pour rire entend se réinventer B 8 ÉCONOMIE Les producteurs de grains québécois demandent l\u2019aide des gouvernements | B 4 ACTUALITÉS La Transcanadienne menacée par un incendie de forêt en Ontario | A 3 KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR AUTOMOBILE Québec investit dans la filière de l\u2019hydrogène Transition énergétique Québec construira deux stations-service « multiénergies » d\u2019ici 2021 GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Si les femmes et les personnes âgées sont les plus touchées par les maladies du cœur au Québec, elles sont pourtant aux abonnés absents des essais cliniques visant à trouver un traitement à ce type de maladies, conclut une étude.L\u2019âge moyen des participants à ces études s\u2019élève à 63 ans et les hommes y sont majoritaires, à 71 %.Pourtant, la population générale atteinte de maladie cardiaque est composée en majorité de femmes et de personnes âgées d\u2019environ 68 ans, rappelle l\u2019enquête menée par Quoc Dinh Nguyen, professeur à la Faculté de médecine de l\u2019Université de Montréal.Pour en arriver à ces conclusions, le gériatre de formation et son équipe ont passé au peigne fin quelque 500 essais cliniques de cardiologie parus dans les journaux médicaux de la planète pendant près de 20 ans \u2014 soit entre 1996 et 2015 \u2014 avant de retenir pour chaque année les 25 plus cités, et donc les plus susceptibles d\u2019avoir du poids après du personnel de la santé.Seulement 14 % de ces études comportaient une majorité de femmes, alors qu\u2019elles représentent la majorité des patientes atteinte de maladie cardio- vasculaire, ont notamment constaté les chercheurs.Aux États-Unis, alors que les femmes comptent pour 54 % des citoyens aux prises avec une maladie coronarienne, elles ne sont que 27,4% à prendre part aux essais cliniques qui y sont consacrés.Une constatation qui n\u2019est pas sans rappeler que les femmes, vivant en moyenne plus longtemps que les hommes, ont plus de risques de développer un problème au cœur et d\u2019en mourir.Au Canada, les maladies du cœur et l\u2019AVC sont en effet les principales causes de décès prématurés chez les femmes.« On associe beaucoup la maladie cardiaque aux hommes, mais en réalité il y a plus de femmes qui [en] décèdent, et plus tard dans leur vie », explique le Dr Quoc Dinh Nguyen.MÉDECINE Les oubliés des essais cliniques Les études sur le traitement des maladies du cœur négligent femmes et aînés Les Zimbabwéens étaient appelés aux urnes lundi pour choisir non seulement leur prochain président, mais aussi leurs députés et conseillers municipaux.Les bureaux de vote ont fermé, comme prévu, vers 19 h et le dépouillement a débuté, parfois à la lumière des bougies ou des lampes à gaz.Suite en page B 1.LUIS TATO AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019espoir d\u2019enterrer l\u2019ère Mugabe VOIR PAGE A 4 : CAVALE Le gouvernement Couillard vient de concrétiser sa volonté de développer la filière de l\u2019hydrogène au Québec en accordant des subventions de plus de 8 millions de dollars à Transition énergétique Québec (TEQ) pour permettre la mise en œuvre de deux à quatre projets pilotes d\u2019ici trois ans.Un investissement jugé stratégique par TEQ, mais injustifié par un spécialiste des questions énergétiques.Un décret rendu public la semaine dernière a révélé que le gouvernement du Québec accordera 8,25 millions en subventions à TEQ, une société d\u2019État qui a vu le jour en avril 2017, pour «la mise en œuvre de projets pilotes de véhicules électriques à hydrogène» d\u2019ici 2021.Une première tranche de 6,2 millions sera versée lors de l\u2019année financière en cours pour financer deux stations-service « multiénergies » permettant notamment le ravitaillement en hydrogène.La première station sera située à Québec et devrait être opérationnelle au début de 2019.Le projet financé par Québec (2,9 millions), Ottawa (1 million) et Harnois Groupe pétrolier (2 millions) doit permettre de tester 50 véhicules Mirai de Toyota, que le gouvernement du Québec louera aux employés de ses ministères et organismes.La présidente-directrice générale de TEQ a indiqué en entrevue au Devoir qu\u2019une deuxième station-service semblable devrait être construite dans « la grande région de Montréal » l\u2019an prochain, à la suite d\u2019un appel d\u2019offres qui VOIR PAGE A 4 : HYDROGÈNE VOIR PAGE A 2 : MALADIE Il faut voir l\u2019hydrogène comme un sujet d\u2019intérêt pour les prochaines étapes de l\u2019électrification des transports PIERRE MOREAU » Le béluga sauvé l\u2019an dernier (en haut) a été aperçu au large de la Nouvelle-Écosse en balade avec un nouveau compagnon.LEVON DROVER ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 31 JUILLET 2018 BOSTON À partir de : 265 $* DÉPARTS : tous les vendredis jusqu\u2019en octobre NEW YORK 3 ou 4 JOURS À partir de : 205 $* DÉPARTS : tous les vendredis DÉPARTS : tous les vendredis * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1 000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).RÉSERVEZ MAINTENANT Nous acceptons American Express, Mastercard, Visa.Paiements en personne : carte de débit et argent comptant.514 336-0033 // 1 866 235-8687 www.beltour.ca vous amène ailleurs.AGENCE DE VOYAGES TOUS NOS CIRCUITS 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dans les études cliniques persiste à travers le temps.«Il y a eu une petite amélioration, mais d\u2019environ 0,3% pour chaque année, ce qui veut dire que pour augmenter de 3% la représentation des femmes, ça prendra encore 10 ans» si rien ne change d\u2019ici là, dit-il.Le but d\u2019une étude clinique est d\u2019obtenir des résultats les plus justes possible, « sans égard à leur application plus tard », indique également le chercheur.Les participants pouvant présenter d\u2019autres problèmes de santé risquant d\u2019interférer avec l\u2019efficacité d\u2019un médicament testé, par exemple, sont écartés.Rappelons que les participants à ces études le font sur une base volontaire.Cancer M.Nguyen soulève l\u2019exemple du traitement contre le cancer.« Si vous développez une chimiothérapie qui a beaucoup de toxicité, c\u2019est sûr que vous ne voulez pas des personnes âgées qui ont déjà plein de problèmes de cœur, de poumons, chez qui un effet secondaire aura un effet complètement délétère et vous empêchera de détecter l\u2019avantage que ça a sur le cancer.» Là où le bât blesse, poursuit le gériatre, c\u2019est lorsque les résultats de l\u2019étude sont appliqués.Le médecin qui cherche un traitement pour un patient atteint d\u2019une maladie du cœur doit tenir pour acquis que les résultats des essais cliniques ont été menés sur des échantillons où les femmes et les personnes âgées sont sous-représentées.Le directeur du Centre de recherche de l\u2019Institut de cardiologie de Mont- MICHELLE MCQUIGGE À TORONTO LA PRESSE CANADIENNE Plusieurs dignitaires, dont le premier ministre Justin Trudeau et la vice-pre- mière ministre de l\u2019Ontario, Christine Elliott, se sont rendus dans un salon funéraire de Toronto, lundi, où des proches rendaient hommage à Reese Fallon, la jeune femme de 18 ans tombée sous les balles d\u2019un tireur, la semaine dernière, dans le quartier Greektown.Un peu plus au nord, à Markham, les funérailles de la petite Julianna Kozis, âgée de 10 ans, étaient célébrées en toute intimité dans une église orthodoxe grecque.Reese Fallon et Julianna Kozis ont été inhumées par la suite lors de cérémonies privées.Alors que la police maintenait une forte présence autour du salon funéraire, des adolescents se tenaient par la main et se serraient dans leurs bras avant d\u2019aller faire leurs adieux à Reese Fallon, qui venait de terminer ses études collégiales.La jeune femme devait amorcer à l\u2019automne des études en soins infirmiers à l\u2019Université McMas- ter de Hamilton.Peu de temps après avoir assisté aux funérailles de Reese Fallon, M.Trudeau, ému, a tenté d\u2019offrir un peu d\u2019espoir aux proches.Il a admis que la mort de ces deux jeunes gens avait ravivé le souvenir de son frère Michel, mort dans une avalanche il y a 20 ans, à l\u2019âge de 23 ans.« Je voulais juste dire à ces jeunes, et à tous ceux qui sont en deuil, que nos êtres chers, comme ces deux filles particulièrement extraordinaires et belles que nous avons perdues, seront avec nous pour toujours », a déclaré M.Trudeau après avoir déposé des fleurs sur un mémorial improvisé pour les victimes de l\u2019attaque.La petite Julianna Kozis, que ses voisins ont décrite comme une enfant extravertie et athlétique, faisait une sortie en famille sur l\u2019avenue Dan- forth lorsqu\u2019elle a été prise dans la volée de balles tirées par Faisal Hussain, âgé de 29 ans.Reese Fallon a été tuée alors qu\u2019elle passait une soirée avec des amis, notamment des jeunes libéraux.Le premier ministre a d\u2019ailleurs souligné son implication politique et sociale, lundi.S\u2019impliquer dans la communauté « C\u2019était une jeune femme qui était optimiste par rapport à l\u2019avenir, mais aussi réaliste, dans le sens qu\u2019elle savait qu\u2019elle devait s\u2019impliquer pour bâtir un monde meilleur, a-t-il dit.Et s\u2019il y a un message aux jeunes qui l\u2019ont connue, aux jeunes qui auraient voulu la connaî- Dernier hommage pour les victimes de Toronto Le premier ministre Justin Trudeau a assisté aux funérailles de Reese Fallon Peu de temps après avoir assisté aux funérailles de Reese Fallon, M.Trudeau, ému, a tenté d\u2019offrir un peu d\u2019espoir aux proches.NATHAN DENETTE LA PRESSE CANADIENNE tre, c\u2019est de s\u2019impliquer et de prendre soin de sa communauté.» Certains des amis de Reese Fallon, ainsi que le père de la petite Julianna Kozis, seraient au nombre des 13 personnes blessées dans la fusillade.Le tireur lui-même a été retrouvé mort peu de temps après avoir échangé des coups de feu avec deux policiers.Une fontaine du mini-parc Alexan- dre-le-Grand, où certaines des victimes ont été abattues, a été inondée de fleurs, de bougies, d\u2019animaux en peluche et d\u2019autres souvenirs depuis la fusillade du 22 juillet.Des boîtes de craie ont été mises à la disposition des citoyens pour qu\u2019ils laissent des messages d\u2019amour et d\u2019espoir.M.Trudeau a aussi été interrogé par les journalistes sur ce que son gouvernement comptait faire pour éviter de tels drames.« Évidemment, on est en train de regarder toutes sortes d\u2019options, a-t-il dit.Notre responsabilité primordiale, en tant que gouvernement, c\u2019est d\u2019assurer la sécurité des citoyens, et nous allons regarder différents moyens de le faire, d\u2019assurer que d\u2019autres communautés, d\u2019autres familles ne souffrent pas.» Rectificatif Contrairement à ce que nous écrivions samedi dans l\u2019article Travailleurs (désespé- remment) recherchés dans Rousseau de Marie-Michèle Sioui, le Lafortune traiteur de Saint-Alexis se trouve à l\u2019intersection de la route 158 et de la rue Principale, et non de la route 138 et de la rue Principale.réal, Jean-Claude Tardif, estime que la sous-représentation des femmes dans ces études représente le premier problème à régler.Et d\u2019ajouter que cet enjeu lui apparaît plus facile à régler.Il prend pour exemple le National Institute of Health \u2014 la division de recherche médicale du Département américain de la Santé et des Services sociaux des États-Unis \u2014 qui impose depuis quelques années, dans plusieurs études cliniques qu\u2019il finance, des cibles de pourcentage de femmes à atteindre.Sans vouloir « excuser qui que ce soit », le cardiologue de formation juge qu\u2019il est parfois plus difficile de recruter des personnes très âgées pour mener des essais cliniques.« Elles vont souvent avoir les fonctions de leurs reins ou de leur foie altérées.Il n\u2019est pas rare qu\u2019une personne âgée va prendre 8, 10, 12 médicaments.» Le Dr Nguyen propose que les agences réglementaires, comme l\u2019américaine Food and Drug Association ou Santé Canada, resserrent leurs règles quant aux essais cliniques.Notamment pour imposer un pourcentage de personnes âgées ou un écart maximal à l\u2019intérieur de l\u2019échantillon des participants par rapport à la population.« En ce moment, ils demandent juste 100 personnes, dit-il.Et les règlements sont volontaires et non obligatoires.C\u2019est juste de recruter 100 personnes de plus de 65 ans.Ce qui est ridicule.Ce n\u2019est pas avec 100 personnes sur une population de 2000 ou 3000 personnes qu\u2019on va détecter un effet qui serait différent pour les personnes âgées par rapport aux plus jeunes.» Notre responsabilité primordiale, en tant que gouvernement, c\u2019est d\u2019assurer la sécurité des citoyens JUSTIN TRUDEAU » La sous-représentation des femmes dans ces études représente le premier problème à régler ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 31 JUILLET 2018 ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Dès mercredi, le 1er août, l\u2019humanité aura consommé la totalité des ressources que la planète était en mesure de produire pour l\u2019année 2018, prévient l\u2019organisation Global Footprint Network, qui calcule chaque année ce « jour du dépassement ».Et si tous les humains consommaient comme les Canadiens, la situation serait encore pire, puisque toutes les ressources disponibles auraient été épuisées dès le 18 mars.Concrètement, au rythme actuel de consommation des ressources planétaires, il faudrait aujourd\u2019hui 1,7 Terre pour suffire à la demande annuelle.Cela signifie que d\u2019ici la fin de 2018, soit pour une période de cinq mois, l\u2019humanité vivra « à crédit », en hypothéquant encore davantage la capacité de la planète à renouveler ses ressources et à absorber nos déchets, notamment nos émissions de carbone.Qui plus est, cette journée du «dépassement » survient de plus en plus tôt chaque année.Si on remonte au début des années 1970, par exemple, date à laquelle la planète ne comptait que 3,7 milliards d\u2019habitants (contre 7,6 milliards aujourd\u2019hui), nous commencions à vivre à crédit seulement le 21 décembre.Surconsommation Symbole du caractère insoutenable de notre consommation mondiale, l\u2019indice prend notamment en compte l\u2019empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l\u2019élevage, les cultures, la construction et l\u2019utilisation d\u2019eau.Global Footprint Network utilise ainsi des milliers de données de l\u2019ONU, notamment celles de l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture, de l\u2019Agence internationale de l\u2019énergie et du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC).Globalement, le calcul se base sur la biocapacité de la planète, soit sa capacité à renouveler ses ressources et à absorber les déchets, mais aussi sur l\u2019empreinte écologique.Ce concept développé au début des années 1990 par deux chercheurs de l\u2019Université de Vancouver, William Rees et Mathis Wackernagel, représente la quantité de matières consommées par l\u2019humanité (nourriture, terrains à bâtir, bois, produits de la mer, etc.) qui seront converties sous la forme d\u2019une surface terrestre ou marine nécessaire à leur production, ou leur absorption pour ce qui concerne les émissions de CO?.En clair, la biocapacité peut être vue comme l\u2019offre de la nature, tandis que l\u2019empreinte écologique représente la demande humaine.Or, la demande excède plus que jamais l\u2019offre, selon ce qui se dégage des données mondiales.« On met à mal la capacité de la planète à se régénérer », en puisant par exemple dans les stocks de poissons, a fait valoir lundi Valérie Gramond du Fonds mondial pour la nature, partenaire du Global Footprint Network.Et ce mouvement « s\u2019est accéléré à cause de la surconsommation et du gaspillage ».Cancre canadien Le Canada est d\u2019ailleurs un bon exemple de ce phénomène.Si l\u2019humanité consommait au même rythme que les Canadiens, nous aurions commencé à hypothéquer les ressources planétaires dès le 18 mars.Il faudrait donc plus de 4,7 planètes Terre pour suffire à la demande en ressources, mais aussi absorber l\u2019ensemble de nos émissions de gaz à effet de serre.Le Canada fait à peine mieux que les États-Unis, où Global Footprint Network fixe la date au 15 mars pour 2018.Il fait toutefois moins bonne figure que l\u2019Allemagne (2 mai), la France (5 mai), ou encore la Chine (15 juin).Le pire cas est celui du Qatar (9 février), alors que le pays le mieux placé est le Vietnam (21 décembre).Empreinte carbone Pour tenter d\u2019inverser la tendance, l\u2019organisation qui établit cette date « du dépassement » souligne qu\u2019il faudrait s\u2019attaquer en priorité à l\u2019empreinte carbone de l\u2019humanité, qui représente plus de 60 % de l\u2019ensemble de l\u2019empreinte environnementale.Si l\u2019humanité parvenait à réduire cette empreinte carbone de 50 %, il serait possible de faire reculer le jour du dépassement de 93 jours, soit l\u2019équivalent de trois mois.Global Footprint Network insiste aussi sur la nécessité de réduire la demande pour la production alimentaire en réduisant la consommation de viande, mais aussi en réduisant le gaspillage, qui compte pour 9 % de l\u2019empreinte écologique mondiale.À titre d\u2019exemple, 40% de la nourriture produite pour nourrir les Américains est gaspillée, ce qui équivaut à l\u2019empreinte environnementale combinée du Pérou et de la Belgique.Enfin, on fait valoir l\u2019importance de réduire la croissance de la population mondiale, qui doit atteindre plus de 9 milliards de personnes en 2050, si la tendance actuelle se maintient.Avec l\u2019Agence France-Presse Dès mercredi, l\u2019humanité aura épuisé les ressources de la planète pour 2018 Si l\u2019humanité consommait comme les Canadiens, elle vivrait à crédit depuis le 18 mars ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Les feux de forêt continuent de faire des ravages en Ontario, où des milliers d\u2019hectares ont déjà été réduits en cendre depuis le début du mois.Dans le nord-est de la province, les autorités craignent que les flammes n\u2019atteignent désormais la route Transcanadienne, la principale artère reliant Toronto et Sudbury.« L\u2019incendie a déjà traversé une série de voies ferrées et il est maintenant à moins de 6 km de l\u2019autoroute 69.Ça reste encore loin, mais la fumée se dirige dangereusement vers la route », s\u2019inquiète la porte-parole du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de la province, Isabelle Chenard.Les autorités, qui surveillent la situation de près, n\u2019excluent pas de devoir fermer l\u2019artère dans les prochains jours si l\u2019incendie, surnommé le Parry Sound 33, continue de se propager et que sa fumée devient trop dense, au point de considérablement diminuer la visibilité des automobilistes.Considéré comme l\u2019un des plus importants incendies de la province, le Parry Sound 33 flambe depuis plus de 10 jours dans les régions de Killarney et du parc provincial de la Rivière- des-Français, dont l\u2019accès a été interdit aux visiteurs.Selon un dernier bilan, l\u2019incendie a déjà consumé 8973 hectares et continue de se propager vers le nord-ouest.« Le problème, c\u2019est que les vents sont vraiment plus forts dans cette région que dans les autres secteurs, parce que c\u2019est en plein dans la baie géorgienne.On voit parfois des rafales à 30 km/h et ça ajoute un défi aux ressources aériennes envoyées sur le terrain pour larguer de l\u2019eau sur le feu », indique Mme Chenard.Dès le début de l\u2019incendie, la région de Key Harbour a été évacuée, ainsi que certains endroits de la municipalité de Killarney.Des ordres d\u2019évacuation ont également été publiés pour les secteurs des rivières Key et Pickerel.Plus au sud, le parc provincial Grundy Lake a aussi été fermé par mesure de précaution.En Ontario, 37 feux étaient encore actifs dans le nord-est du territoire lundi, dont 12 n\u2019étaient toujours pas maîtrisés en fin d\u2019après-midi.Au nord- ouest, on comptait encore jusqu\u2019à 104 incendies, dont 31 non maîtrisés, selon les derniers chiffres du ministère des Richesses naturelles et des Forêts de la province.Du renfort La situation, qui est devenue très vite préoccupante, a poussé les autorités à demander de l\u2019aide des autres provinces du Canada, par l\u2019entremise du Centre interservices des feux de forêt du Canada.Le rôle de celui-ci est de partager les ressources disponibles à travers le pays lorsqu\u2019une province peine à elle seule à éteindre les brasiers.Ainsi, plus de 600 pompiers des quatre coins du Canada, mais également du Mexique et des États- Unis, sont venus prêter main-forte aux quelque 500 pompiers forestiers ontariens ces derniers jours.L\u2019un d\u2019entre eux, venu de l\u2019Alberta, a perdu la vie jeudi dernier.Jerry Gadwa faisait partie de la Première Nation crie de Kehewin.Il avait été envoyé pour combattre les flammes près de Red ONTARIO Un incendie menace la Transcanadienne Les autorités, qui surveillent la situation de près, n\u2019excluent pas de devoir fermer l\u2019artère dans les prochains jours si l\u2019incendie continue de se propager et que sa fumée devient trop dense, au point de considérablement diminuer la visibilité des automobilistes.MINISTÈRE DES RICHESSES NATURELLES ET DES FORÊTS Les incendies font au moins sept morts en Californie REDDING \u2014 Les gigantesques incendies en Californie ont déjà fait au moins sept morts depuis jeudi alors que 12 000 pompiers s\u2019employaient toujours lundi à lutter contre les différents brasiers qui, alimentés par la sécheresse, ont déjà dévoré des milliers d\u2019hectares.«J\u2019ai habité ici toute ma vie et je n\u2019y ai jamais vu un feu qui sème une telle destruction», a déclaré lors d\u2019une conférence de presse Leonard Moty, un responsable du comté de Shasta, dans le nord de l\u2019État, où sévit depuis le 23 juillet Carr, le principal incendie.Depuis jeudi, six personnes ont péri dans ce feu et sept autres sont portées disparues, ont indiqué les autorités.Par ailleurs, un pompier qui combattait l\u2019incendie Ferguson, près du parc national de Yosemite, est mort dimanche.Agence France-Presse Répartition des pays en fonction de leur jour de « dépassement » Source Global Footprint Network Infographie Le Devoir L\u2019indice prend en compte l\u2019empreinte carbone, les ressources consommées pour la pêche, l\u2019élevage, les cultures, la construction et l\u2019utilisation d\u2019eau.JOHANNES EISELE AGENCE FRANCE-PRESSE Lake, dans le nord-ouest de l\u2019Ontario, à la frontière avec le Manitoba.Province voisine, le Québec n\u2019a toutefois pu venir en aide pour le moment à l\u2019Ontario.« On avait peu de disponibilités au Québec, nos pompiers sont déjà très occupés cette saison, notamment avec deux importants feux qui se sont déclarés en juillet à Labrieville sur la Côte-Nord, et dans le secteur de Le- bel-sur-Quévillon », indique Émilie Bégin, porte-parole de la Société de protection des forêts contre le feu (SOPFEU) du Québec.Les deux incendies dans le nord de la province sont à l\u2019heure actuelle encore actifs mais maîtrisés par les sapeurs- pompiers.Ils risquent néanmoins de « demander encore beaucoup de travail dans les prochains jours, voire semaines », selon Mme Bégin.Depuis le début de la saison, 888 incendies de forêt se sont déclarés en Ontario, brûlant 214 674 hectares, comparativement à une moyenne annuelle de 517 feux au cours des 10 dernières années, selon le ministère.« C\u2019est certainement une année très occupée, mais il faut dire que l\u2019été est très chaud et très sec, et on a vu la foudre frapper le territoire de nombreuses fois depuis juillet surtout.C\u2019est la principale cause de ces incendies », note Isabelle Chenard.Depuis le début de la saison, 888 incendies de forêt se sont déclarés en Ontario, brûlant 214 674 hectares, comparativement à une moyenne annuelle de 517 feux au cours des 10 dernières années, selon le ministère LEDEVOIR // LE MARDI 31 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Vol MH370 : colère de proches de victimes après un rapport jugé décevant PUTRAJAYA \u2014 Un rapport d\u2019enquête publié lundi en Malaisie sur la disparition inexpliquée en 2014 de l\u2019avion de Malaysian Airlines (vol MH370) avec 239 personnes à bord n\u2019apporte aucune nouvelle information, ont critiqué des familles de victimes en colère.Des proches de disparus espéraient que ce rapport officiel leur apporterait des informations leur permettant de faire leur deuil, plus de quatre ans après le plus grand mystère de l\u2019aviation civile moderne.Mais lors d\u2019une réunion au ministère malaisien des Transports, certains ont critiqué ce rapport, technique à leurs yeux.L\u2019équipe d\u2019enquêteurs est « incapable de déterminer la véritable cause de la disparition du MH370 », conclut ce rapport de 400 pages.Agence France-Presse Plaques d\u2019immatriculation personnalisées : déjà 7000 demandes Le système informatique de la SAAQ pour obtenir des plaques d\u2019immatriculation personnalisées est fonctionnel et ne dérougit pas: en date de lundi midi, plus de 7000 commandes avaient déjà été faites.Le désir des Québécois de pouvoir apposer une plaque unique sur leur voiture est donc bien réel.Le système en ligne de la Société de l\u2019assurance automobile du Québec (SAAQ) avait été rapidement suspendu lors de sa première journée d\u2019opération vendredi, après des ennuis informatiques, en raison d\u2019une surcharge de commandes.Quelque 2000 personnes avaient toutefois réussi à demander la plaque qu\u2019elles avaient elles-mêmes conçue, a indiqué Mario Vaillancourt, le porte-parole de la SAAQ.Puis, lundi matin, environ 5000 automobilistes avaient fait leur demande.La Presse canadienne Le gouvernement fédéral ne décriminalisera pas d\u2019autres drogues OTTAWA \u2014 Le gouvernement fédéral n\u2019envisage pas de décriminaliser d\u2019autres drogues que le cannabis, malgré les revendications en ce sens de certaines grandes villes du pays.Face à la crise des opioïdes qui balaie le Canada, les autorités en santé publique de Montréal et de Toronto se sont fait l\u2019écho de Vancouver en réclamant que la lutte contre les drogues se fasse dans une perspective médicale et non criminelle.Thierry Bélair, porte-parole de la ministre de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a cependant déclaré qu\u2019Ottawa ne se penche pas sur l\u2019éventualité de décriminaliser ou de légaliser une autre drogue que le cannabis.Pour sa part, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a pris position pour la décriminalisation de toutes les drogues.La Presse canadienne Un proche de victime consulte le rapport sur la disparition inexpliquée en 2014 du vol MH370.MOHD RASFAN AGENCE FRANCE-PRESSE Le béluga vagabond est-il condamné à ne jamais revenir ?CAVALE SUITE DE LA PAGE A 1 avant de remonter le cours de la rivière Népisiguit, près de Bathurst.C\u2019est là que toute une équipe \u2014 appuyée par des spécialistes américains et canadiens \u2014 a été déployée pour le capturer, après plusieurs jours passés en eau douce.L\u2019animal a ensuite été transporté jusqu\u2019à l\u2019aéroport le plus près, pour être placé à bord d\u2019un avion nolisé pour l\u2019occasion.Sous la supervision de vétérinaires, il a ainsi été transporté jusqu\u2019à Rivière- du-Loup, avant d\u2019être placé à bord d\u2019un camion pour rejoindre le port de Ca- couna.C\u2019est là que l\u2019animal a été déplacé à bord d\u2019un bateau du Groupe de recherche et d\u2019éducation sur les mammifères marins (GREMM), qui l\u2019a relâché la journée même.Succès Comme les bélugas sont des animaux sociaux, il a d\u2019ailleurs été relâché près d\u2019un groupe de son espèce, auquel il aurait pu se joindre.« L\u2019objectif était de vérifier s\u2019il était possible d\u2019intervenir pour rapatrier un animal et le réinté- L\u2019investissement de Québec critiqué devrait être lancé d\u2019ici septembre.TEQ investira là aussi près de 3 millions.Mme Gélinas espère d\u2019ici là élargir la flotte de véhicules à hydrogène pouvant profiter de ces nouvelles infrastructures.« On va commencer des discussions avec les autres manufacturiers qui ont des véhicules à hydrogène et qui se cherchent des bancs d\u2019essai.On parle de Hyundai et de Honda en particulier.» Des 8,25 millions versés par Québec à TEQ , les quelque 2,1 millions restants permettront à la société d\u2019État d\u2019appuyer d\u2019autres projets pilotes qu\u2019on lui présenterait d\u2019ici 2021.« On s\u2019est gardé de l\u2019argent de côté pour en financer peut-être deux autres », explique Mme Gélinas.Investissements « parcimonieux » Les sommes octroyées la semaine dernière par décret s\u2019inscrivent dans la volonté du gouvernement Couillard de développer la filière de l\u2019hydrogène dans la province, comme indiqué dans son budget 2018-2019.Celui-ci prévoit des investissements totaux de 17,2 millions sur trois ans.« Il faut voir l\u2019hydrogène comme un sujet d\u2019intérêt pour les prochaines étapes de l\u2019électrification des transports dans un contexte de transition énergétique, a déclaré le ministre de l\u2019Énergie et des Ressources naturelles, Pierre Moreau, au moment de dévoiler le projet de station-service de Québec en juin dernier.Pour mettre en œuvre des mesures efficaces demain, il faut s\u2019y intéresser aujourd\u2019hui.» « Pour nous, c\u2019est une source d\u2019énergie qui mérite d\u2019être examinée, et on la regarde avec des investissements que l\u2019on considère tout compte fait comme parcimonieux », acquiesce Jo- hanne Gélinas.Les sommes en jeu ne sont peut-être pas colossales, mais cet argent serait mieux investi ailleurs, soutient le professeur de l\u2019Université de Montréal Normand Mousseau, qui a coprésidé en 2013 la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec.« Ce serait intéressant si on était impliqués dans du développement technologique.Si c\u2019est seulement pour tester des autos ou des camions, j\u2019ai de la difficulté à comprendre quel est le gain pour le Québec », affirme-t-il.« Si on avait quelques joueurs au Québec dans le domaine de l\u2019hydrogène, on pourrait investir pour permettre à nos compagnies de développer un marché local et créer une vitrine pour l\u2019exportation de produits.Mais ce n\u2019est pas ça qu\u2019on dit.On dit à une compagnie étrangère [Toyota] : \u201cViens t\u2019ins- HYDROGÈNE SUITE DE LA PAGE A 1 grer dans sa population, et ainsi contribuer au rétablissement de cette espèce en voie de disparition et qui montre toujours des signes de déclin », explique Robert Michaud, directeur scientifique du GREMM.« Mais certains croyaient que l\u2019animal pourrait mourir en quelques heures.» Aujourd\u2019hui, on sait que tous ces efforts ont permis de ramener un animal qui aurait été condamné s\u2019il était demeuré dans la rivière où il était coincé.« Ça a été un succès, puisqu\u2019il a pu être rapatrié, réintégré dans sa population et qu\u2019il a survécu.Pourtant, les pronostics n\u2019étaient pas très bons.Il n\u2019était pas très vigoureux lorsqu\u2019on l\u2019a remis à l\u2019eau.» Il a depuis retrouvé toute sa vigueur, tout en reprenant le large, cette fois en compagnie d\u2019un autre béluga du Saint- Laurent.Tous deux ont été identifiés après avoir été photographiés et biop- siés dans le secteur d\u2019Ingonish, dans la portion est du Cap-Breton.Une nouvelle fugu e dont on ne connaît pas les raisons précises.« Avec les vétérinaires, on s\u2019est demandé pourquoi il était retourné aussi loin.On ne connaît pas la réponse, mais nous sommes tentés de croire que cela fait partie de son comportement.C\u2019est un jeune béluga, et ce comportement de vagabondage est un comportement typique des jeunes », fait valoir M.Michaud.Cétacé sociable Le problème, c\u2019est que les animaux qui se retrouvent isolés, loin de leur aire de répartition naturelle, ont tendance à « socialiser » avec les bateaux de plaisance, les baigneurs ou même les bouées de signalisation maritime des ports.«C\u2019est un sérieux problème.Ils recherchent activement des interactions», souligne Robert Michaud.Les deux bélugas en Nouvelle-Écosse ne font pas exception à la règle, au point où celui dit «de Népisiguit» porte maintenant des cicatrices d\u2019hélices de bateau.La réglementation canadienne leur interdit pourtant de les approcher.Est-ce que cela signifie que cet animal est condamné à ne jamais revenir dans le Saint-Laurent ?« Est-ce qu\u2019il pourrait un jour revenir comme un supermâle, en raison de sa vigueur et de son expérience?On ne le sait pas, mais on a beaucoup à apprendre pour savoir comment sauver les populations en voie de disparition.Et le sauvetage du béluga de la rivière Népisiguit faisait partie de cet apprentissage.» Chose certaine, il n\u2019est pas le premier béluga à quitter l\u2019estuaire du Saint- Laurent.En 2015, un trio s\u2019était même rendu jusqu\u2019au New Jersey.Et parfois, ce sont des mammifères de l\u2019Arctique qui nagent jusque dans le Saint-Lau- rent.Depuis déjà trois ans, un narval y a élu domicile, nageant parmi des groupes de bélugas.De nature sociable, ce béluga vagabond se laisse approcher et photographier par les plongeurs.LEVON DROVER l\u2019hydroélectricité québécoise sont de loin inférieurs à ceux de l\u2019hydrogène.Elle note cependant que l\u2019hydrogène est une source d\u2019énergie non polluante \u2014 sa combustion ne produit que de la vapeur d\u2019eau \u2014 qui pourrait surtout servir l\u2019industrie du transport de marchandises.Il ne faut donc pas opposer le véhicule électrique au véhicule à hydrogène, répète Johanne Gélinas, mais plutôt considérer l\u2019hydrogène comme une source d\u2019énergie complémentaire.« Il y a des gens qui pensent qu\u2019il y a une compétition entre l\u2019un et l\u2019autre.C\u2019est comme à l\u2019époque du Beta et du VHS : qui va gagner ?Nous ne sommes pas du tout dans cet esprit-là, nous en sommes à préparer l\u2019avenir.» taller ici, tu ne construis rien, tu n\u2019as pas de laboratoire de recherche, tout ce que tu as à faire, c\u2019est de tester tes machines ici.\u201d Je ne vois pas quel est l\u2019intérêt, insiste-t-il.Il y a plein d\u2019endroits où on pourrait investir les 8 millions, en technologie ou en savoir-faire, pour qu\u2019il y ait de vraies retombées pour le Québec.» Ces critiques s\u2019ajoutent à celles d\u2019organisations comme l\u2019Association des véhicules électriques du Québec, qui soutient que la filière des voitures à hydrogène n\u2019est pas économiquement rentable.Pas de compétition La p.-d.g.de TEQ reconnaît que, pour l\u2019instant, les coûts de production de Le projet doit permettre de tester 50 véhicules Mirai de Toyota, que le gouvernement du Québec louera aux employés de ses ministères et organismes.CHARLEY GALLAY / GETTY IMAGES / AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE MARDI 31 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 5 PAOLA LORIGGIO MICHELLE MCQUIGGE À TORONTO LA PRESSE CANADIENNE Le conseil municipal de Toronto a voté lundi pour dénoncer le controversé projet de loi du gouvernement de l\u2019Ontario qui réduirait sa taille de près de moitié.Les élus de la Ville Reine se sont aussi prononcés pour demander au gouvernement provincial de mener un référendum sur le nombre de sièges et sur leurs délimitations avant d\u2019adopter le projet de loi, qui ferait passer le nombre de conseillers municipaux de 47 à 25.« Aujourd\u2019hui, le conseil municipal a envoyé un message fort à Queen\u2019s Park, [disant] qu\u2019il s\u2019oppose au processus autour du changement des délimitations des sièges », a déclaré le maire John Tory dans un communiqué.«Le conseil municipal a approuvé ma demande pour que la province tienne un référendum contraignant avant de procéder à tout changement sur les délimitations des sièges à Toronto.Des changements de cette gravité devraient toujours être faits avec un degré de consultation qui permet au public d\u2019être entendu.» Le vote a eu lieu au terme d\u2019un débat houleux à l\u2019hôtel de ville, alors que les élus se demandaient s\u2019il fallait contester devant les tribunaux le projet de loi du gouvernement progres- siste-conservateur.Simplifier Le premier ministre Doug Ford a surpris politiciens et citoyens, la semaine dernière, en annonçant qu\u2019il prévoyait amputer de moitié le nombre de sièges au conseil municipal de la ville canadienne la plus populeuse, sans toutefois toucher aux conseils des autres grandes villes de la province.Le premier ministre progressiste- conservateur a soutenu que cette réduction simplifiera le processus décisionnel à l\u2019hôtel de ville et permettra aux contribuables de Toronto d\u2019économiser 25 millions de dollars en salaires pour les conseillers et leur personnel.Lui-même ancien conseiller municipal de Toronto, Doug Ford avait été candidat à la mairie pour succéder à son frère Rob, en 2014, mais il avait terminé deuxième, derrière John Tory.M.Ford a déclaré lundi à l\u2019Assemblée législative qu\u2019il avait fait campagne pour réduire la taille et les dépenses du gouvernement ontarien, de sorte que cette décision ne devrait surprendre personne.«J\u2019ai parlé à des dizaines de milliers de personnes à travers la province, j\u2019ai parlé à des milliers de personnes à Toronto, et chaque personne à qui j\u2019ai parlé à Toronto m\u2019a dit que la mairie était dysfonctionnelle», a déclaré M.Ford.« Nous ne croyons pas en un gouvernement plus gros, nous ne croyons pas à plus de politiciens ou à plus de bureaucratie : nous allons nous assurer que la Ville de Toronto fonctionne enfin plus efficacement.» M.Ford a même trouvé un argument écologique pour plaider en sa faveur.« Je peux vous assurer que lorsque nous aurons 25 conseillers, il y aura 500000 feuilles de moins : je protégerai l\u2019environnement et je protégerai les arbres », a-t-il lancé.Le conseiller municipal Giorgio Mam- moliti, allié de longue date de M.Ford, a suggéré lundi qu\u2019il pourrait y avoir un autre motif pour ce changement.« Il y aura moins de politiciens de gauche à la Ville de Toronto, ce qui sera une excellente chose», a soutenu M.Mammoliti, lors d\u2019une conférence de presse pour défendre le projet.Le conseil municipal de Toronto dénonce la décision de Ford HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Visiteurs, vos empreintes ! À compter d\u2019aujourd\u2019hui, le Canada emboîte le pas à plusieurs de ses alliés en exigeant des voyageurs nécessitant un visa d\u2019entrée qu\u2019ils fournissent également leurs empreintes digitales.Cette exigence s\u2019applique à toute personne qui demande un visa de voyage, un permis de travail, un permis d\u2019études ou qui présente une demande de résidence permanente au Canada.Depuis 2013, les ressortissants de seulement 30 pays plaçant de telles demandes devaient fournir leurs empreintes.Désormais, ce sont tous les visiteurs d\u2019Europe, du Moyen- Orient et d\u2019Afrique qui sont visés, tandis que ceux d\u2019Asie et d\u2019Amérique le seront à compter du 31 décembre prochain.Les demandeurs d\u2019asile, eux, doivent fournir leurs empreintes depuis 1993.Tous les touristes ne seront pas embêtés pour autant.Ceux provenant des pays pour lesquels le Canada n\u2019exige pas de visa de voyage n\u2019auront pas à fournir leurs données biométriques.Le Canada exige des visas de 147 pays, mais exempte ses alliés habituels, notamment les États-Unis, certains pays européens, Israël, les Émirats arabes unis, l\u2019Australie, le Japon, le Mexique, le Chili, la Corée du Sud et Singapour.Le Canada assure que sa mesure n\u2019est pas exceptionnelle puisque « plus de 70 pays » s\u2019y adonnent déjà, notamment les États-Unis, l\u2019Australie, la Nou- velle-Zélande, le Japon, le Royaume- Uni et les 26 États européens faisant partie de l\u2019espace Schengen.« En élargissant notre programme de biométrie, nous facilitons l\u2019entrée au Canada et protégeons l\u2019intégrité de notre système d\u2019immigration en établissant rapidement et avec précision l\u2019identité d\u2019un voyageur », a fait valoir par communiqué de presse le ministre de l\u2019Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Ahmed Hussen.Les empreintes seront vérifiées en amont du périple du voyageur, notamment en étant comparées au répertoire des empreintes digitales des criminels que gère la Gendarmerie royale du Canada (GRC).La mesure, qui entre en vigueur ce mardi, avait été annoncée par Stephen Har p er en 2 015.Une s omme de 312,6 millions de dollars sur cinq ans y a été consacrée.Évaluation des risques Au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada, on indique avoir tenu des consultations avec le gouvernement sur l\u2019expansion prévue de la prise d\u2019empreintes et reçu plusieurs évaluations des risques.La dernière, reçue en juillet, est encore à l\u2019étude par le commissaire.« Du point de vue de la sécurité, nous croyons qu\u2019il est justifié, aux fins de vérification de l\u2019admissibilité, de recueillir les empreintes digitales des personnes qui cherchent à être admises au Canada », indique le bureau du commissaire, Daniel Ther- rien.Il est satisfait de la mesure voulant que les empreintes soient détruites lorsqu\u2019un résident permanent se verra accorder la citoyenneté canadienne.Le Commissariat demande toutefois qu\u2019une attention particulière soit accordée à la protection des données bio- métriques recueillies par des centres d\u2019inscription privés à l\u2019étranger et qu\u2019Ottawa établisse « avec prudence » des critères pour la communication des données à d\u2019autres pays.Un voyageur n\u2019aura à fournir ses données biométriques qu\u2019une fois tous les 10 ans, nonobstant son nombre de visites au Canada.Le demandeur devra assumer les frais de 85 $ pour la prise d\u2019empreintes.Le coût est plafonné à 170 $ pour les familles et à 255 $ pour les groupes de trois artistes ou plus venant performer au pays.En attendant l\u2019ouverture de nouveaux centres de réception des demandes de visa partout dans le monde, les demandeurs pourront s\u2019adresser à certaines ambassades canadiennes pour fournir leurs données biométriques.Le Canada pourra partager les données qu\u2019il recueille avec ses alliés, notamment les États-Unis, qui auront à leur tour le droit de partager les données reçues avec d\u2019autres pays en vertu d\u2019une entente sur le périmètre de sécurité conclue en 2012.Le Canada recueillera les empreintes de ses visiteurs Seuls les touristes n\u2019ayant pas besoin de visa n\u2019auront pas à les fournir À compter d\u2019aujourd\u2019hui, tous les visiteurs d\u2019Europe, du Moyen-Orient et d\u2019Afrique devront fournir leurs empreintes, tandis que ceux venant d\u2019Asie ou d\u2019Amérique y seront obligés à compter du 31 décembre prochain.Un voyageur n\u2019aura à fournir ses données biométriques qu\u2019une fois tous les 10 ans, nonobstant son nombre de visites au Canada.ORLANDO SIERRA AGENCE FRANCE-PRESSE Le Canada utilise des sites de généalogie pour le renvoi de migrants OTTAWA \u2014 Le gouvernement canadien utilise des tests d\u2019ADN et des sites Internet spécialisés en généalogie pour établir la nationalité de ressortissants étrangers placés en rétention avant leur éventuel renvoi du pays, a indiqué lundi la police des frontières.«L\u2019ASFC [Agence des services frontaliers du Canada] utilise les tests d\u2019ADN afin de déterminer l\u2019identité des personnes détenues à long terme après avoir épuisé toutes les autres ressources d\u2019enquête», a expliqué Jay- den Robertson, porte-parole de l\u2019AFSC dans un courriel.« Les tests d\u2019ADN aident l\u2019ASFC à déterminer l\u2019identité en fournissant des indicateurs sur la nationalité, ce qui nous permet de concentrer nos recherches sur certains pays », a souligné ce porte-parole.L\u2019Agence assure obtenir le consentement des ressortissants avant de soumettre leurs renseignements à des sites Internet d\u2019ADN.Cette affirmation est cependant remise en question par Jared Will, un avocat de Toronto représentant plusieurs ressortissants qui ont subi des tests d\u2019ADN.« D\u2019après mon expérience, l\u2019ASFC fait ces demandes aux détenus qui, en cas de refus, sont accusés de ne pas coopérer aux efforts en vue de leur renvoi.Ce refus de coopérer est ensuite invoqué comme justification pour leur détention prolongée », a-t-il dit à l\u2019AFP.D\u2019autres critiques soulignent que l\u2019origine ethnique d\u2019une personne n\u2019est pas gage de sa nationalité.Cette affaire d\u2019abord révélée par le site Vice News survient alors que plus de 30 000 demandeurs d\u2019asile ont fui les États-Unis pour le Canada depuis l\u2019arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, en janvier 2017.Ces techniques ne sont utilisées que dans des cas extrêmes, comme dans celui d\u2019un demandeur d\u2019asile qui se faisait appeler Ebrahim Touré, arrivé au Canada en 2011 avec un faux passeport français.Il prétendait être originaire de Guinée, pays qui l\u2019a finalement refoulé lorsque le Canada a tenté de le renvoyer en 2013, car la Guinée a jugé que son certificat de naissance guinéen était aussi un faux et qu\u2019il ne parlait pas le français, langue officielle du pays.Il a passé plus de quatre ans en prison avant finalement d\u2019accepter l\u2019an dernier de subir un test d\u2019ADN.Après analyse de son ADN et consultation de sites de généalogie à la recherche de membres de sa famille, l\u2019ASFC a déterminé qu\u2019il s\u2019agit vraisemblablement d\u2019un Gambien dénommé Bakaba Touray.Agence France-Presse En élargissant notre programme de biométrie, nous facilitons l\u2019entrée au Canada et protégeons l\u2019intégrité de notre système d\u2019immigration en établissant rapidement et avec précision l\u2019identité d\u2019un voyageur AHMED HUSSEN » LEDEVOIR // LE MARDI 31 JUILLET 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e Procureur général du Québec vient de subir un cuisant revers en Cour supérieure.L\u2019État québécois n\u2019a pas le droit d\u2019obliger les fournisseurs de services Internet \u2014 les Vidéotron et Bell de ce monde \u2014 à bloquer les sites de jeu en ligne qui, illégalement, peut-on soutenir, font concurrence à Loto-Québec.Dans sa décision de 29 pages, le juge Pierre Nollet conclut que la disposition qui est contenue dans la loi omnibus sur le budget, adoptée en 2016, et qui soumet les fournisseurs à cette obligation, empiète carrément sur des compétences exclusives du gouvernement fédéral, soit le Code criminel et les télécommunications.Le juge donnait ainsi raison à l\u2019Association canadienne des télécommunications sans fil.Il faut comprendre que le gouvernement québécois était bien conscient qu\u2019il s\u2019aventurait sur un terrain miné sur le plan juridique, puisqu\u2019il n\u2019avait pas mis en vigueur la disposition litigieuse, le temps que le Tribunal se prononce sur sa validité constitutionnelle.Selon Loto-Québec, le jeu en ligne représente une manne de 250 millions par an.La société d\u2019État occupe à peine 20 % de ce marché.L\u2019objectif ultime de l\u2019article de loi, qui modifie la Loi sur la protection du consommateur, une compétence du Québec, n\u2019était pas d\u2019assurer l\u2019exercice par Loto-Québec d\u2019un monopole sur les jeux en ligne, mais plutôt de forcer les exploitants privés à s\u2019inscrire auprès d\u2019elle et à s\u2019afficher sur son site Espacejeux.Ainsi la société d\u2019État aurait pu toucher des redevances sur cette activité et imposer des règles de conduite pour limiter le jeu excessif.Le Code criminel stipule que, sauf exception, toutes formes de loterie et de jeux de hasard et d\u2019argent constituent des actes criminels.Et les exceptions ne concernent que les provinces qui, elles, ont seules le droit d\u2019exploiter une loterie, qu\u2019elle soit en ligne ou non, ou, accessoirement, d\u2019accorder des licences pour ce faire à des organismes de charité ou religieux.Malgré tout, en 2010, les Québécois avaient accès à quelque 2000 sites de jeux de hasard et d\u2019argent en ligne, selon le ministère des Finances du Québec, cité dans le rapport du Groupe de travail sur le jeu en ligne.Présidé par Louise Nadeau, le groupe a remis son rapport en octobre 2014.Comment se fait-il que les sites privés de jeu en ligne prolifèrent au Québec, comme dans les autres provinces ?C\u2019est que bon nombre d\u2019exploitants, qui mènent leurs activités présumées illégales ici, sont établis dans des pays où elles sont parfaitement légales.En outre, plus de 70 sites de jeu en ligne sont hébergés au Québec, sur le territoire mohawk de Kahnawake.La formulation du Code criminel relative au jeu en ligne pèche par son ambiguïté, ce qu\u2019un comité sénatorial relevait déjà en 2008.Les sénateurs avaient souligné la nécessité de clarifier le statut légal de l\u2019offre de jeu en ligne à partir de l\u2019étranger, rappelle le rapport.Certes, le Procureur général du Québec peut toujours en appeler du jugement, mais les conclusions du juge apparaissent solides sur le plan constitutionnel.Ce ne serait sans doute que perte de temps.De plus, à la suite du dépôt du projet de loi, l\u2019Union des consommateurs, notamment, était montée au front pour le dénoncer comme une menace à la neutralité d\u2019Internet, un principe garanti par les autorités fédérales.Selon le Groupe de travail, la solution pour mieux encadrer le jeu en ligne est celle qui est appliquée dans nombre de pays, dont le Danemark, l\u2019Italie et le Royaume-Uni, ainsi que dans trois États américains : un système de licences administré par une agence de réglementation.Loto-Québec ne peut concurrencer des exploitants internationaux dont les jeux transgressent les frontières \u2014 souvent, les joueurs de différents pays interagissent \u2014 et qui font preuve d\u2019une capacité d\u2019innovation qui la dépasse.Cela dit, la population doit bénéficier d\u2019une protection contre les abus, l\u2019honnêteté des exploitants doit être assurée, et le jeu excessif ou pathologique doit être contré.Le groupe de travail a recommandé à Québec de mettre en place « un système qui permet la création et l\u2019encadrement d\u2019un marché ouvert du jeu en ligne ».C\u2019est la voie à suivre.Or, le Code criminel ne permet pas à l\u2019État québécois de délivrer des licences à des exploitants privés de jeu en ligne.Puisque ce sont les provinces qui sont responsables des jeux de hasard et d\u2019argent, le gouvernement fédéral doit leur donner les moyens d\u2019encadrer le secteur.Ottawa tolère depuis belle lurette l\u2019ambiguïté du Code criminel relativement au jeu en ligne.Devant tout ce qui touche Internet, l\u2019immobilisme lui sert de politique.Ses compétences exclusives sont confirmées : que le gouvernement fédéral assume ses responsabilités et agisse.« L\u2019économie est à l\u2019écologie ce que l\u2019astrologie est à l\u2019astronomie » Ce titre est rendu ma maxime quand il s\u2019agit d\u2019évaluer les doctes enseignements des économistes (dont mon frère, météorologue, dit qu\u2019ils ont été créés pour bien faire paraître sa profession).Car, n\u2019en déplaise au professeur Bernard, la nature n\u2019a que faire des salmigon- dis explicatifs justifiant la production d\u2019un pétrole aussi sale que celui provenant des sables bitumineux.Que ce soit par le gaspillage d\u2019eau qu\u2019elle requiert, les lagunes archipolluées qu\u2019elle laisse derrière s\u2019écoulant sournoisement vers la nappe phréatique et dans le fleuve Mackenzie empoisonnant la faune et les humains qui s\u2019y abreuvent, ou par l\u2019accumulation, non pas comptable, mais réelle de dioxyde de carbone dans l\u2019atmosphère, la nature encaisse ces «externalités» altérant lentement mais sûrement ses équilibres\u2026 jusqu\u2019aux points de bascule qui ne figurent malheureusement pas dans les abracadabran- tesques théories économiques.Car le vrai problème, c\u2019est la domination des tartufes d\u2019une pseudoscience servant le plus souvent d\u2019alibi à un système oligarchique qui ne carbure qu\u2019à une croissance se voulant sempiternelle.Je parle évidemment du capitalisme, dont le principal moteur demeure de faire de l\u2019argent avec de l\u2019argent.Tant et aussi longtemps que des crises ne viendront pas culbuter les doctrines des valets de l\u2019ordre établi, les reléguant dans la filière des supercheries, nous serons aux prises avec leurs délires.Comme l\u2019a dit le grand chef cri: «Quand vous aurez coupé le dernier arbre, mangé le dernier poisson et pollué la dernière rivière, alors seulement vous rendrez-vous compte que l\u2019argent ne se mange pas.» Il faut lire Trop tard, la fin d\u2019un monde et le début d\u2019un nouveau pour prendre la mesure du drame qui se dessine.Alors entre Don Quichotte et Tartufe, je préfère le discours du rêveur à celui du mystificateur! Pierre-Alain Cotnoir Le 30 juillet 2018 LIBRE OPINION LETTRES JEU EN LIGNE Inaction fédérale L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Vanessa Courville L\u2019auteure réagit au débat lancé par sa démission de la revue XYZ.Les questions soulevées par le débat autour de ma démission de la revue XYZ sont importantes, je dirais même capitales pour l\u2019avenir de la littérature.On avait jusqu\u2019à tout récemment coutume de dire qu\u2019il était impossible, au Québec, d\u2019avoir un débat public tellement le consensus et le statu quo étaient lourds.Réjouissons- nous donc d\u2019avoir eu depuis quel - ques années tant de débats de société passionnants comme celui de la crise étudiante de 2012 ou encore la charte des valeurs, et maintenant l\u2019éthique artistique avec SL?V et Kanata.Malgré certains dérapages, la société québécoise ne peut que gagner à apprendre à débattre de questions difficiles sans tomber dans le populisme et la partisanerie.Essayons donc, dans ce nouveau débat sur la culture du viol, d\u2019élever le niveau des arguments au maximum de leur puissance, sans caricaturer la contrepartie, sans toucher par exemple ce fameux point de Godwin qui consiste à dépeindre l\u2019adversaire sous les traits de Hitler, à l\u2019assimiler au nazisme ou à un régime totalitaire, ce qui revient à refuser le débat.Dire, comme dans la réponse de XYZ du 28 juillet dernier, que ma position tient d\u2019un régime totalitaire n\u2019est pas seulement exagéré, mais insignifiant, voire insultant pour des millions d\u2019êtres humains réels morts sous ces dictatures.Je me demande combien de gens ont souffert à respecter une éthique minimale.Ce que je sais des statistiques est qu\u2019une étudiante sur trois, dans mes classes \u2014 à qui je tente d\u2019enseigner que leur métier est de vivre \u2014, a subi une agression sexuelle au cours de leur vie et que je refuse désormais de reconduire des scénarios de la culture du viol au sein de leurs institutions.C\u2019est précisément ce genre d\u2019arguments qu\u2019il faut éliminer du débat public pour qu\u2019il puisse avoir lieu de manière respectueuse.Présenter ma démission comme un geste irréfléchi et soudain tient aussi de la mauvaise foi, puisque Jacques Richer (dans le texte du 28 juillet) sait très bien que nous avons discuté, lui et moi, de ma proposition de publier le texte, mais d\u2019enlever mon nom de ce numéro.Il a refusé en me forçant à accepter un texte qui va à l\u2019encontre de toutes mes valeurs.Clarifions la chose une fois pour toutes : il n\u2019est pas question de censure dans ce débat, puisque j\u2019ai moi-même proposé de le publier, mais en m\u2019excluant de cette publication.Il n\u2019a jamais été question d\u2019interdire la représentation du viol, mais plutôt la banalisation de cette représentation.La nuance est d\u2019importance.Jacques Richer sait très bien aussi que j\u2019ai rencontré à plusieurs reprises les membres du comité de rédaction, chez lui, au restaurant, au Salon du livre de Québec, dans un jury pour un prix de la revue et que j\u2019ai beaucoup dialogué avec l\u2019ancien directeur.Comment qualifier ce genre d\u2019argumentation de la part de Jacques Richer, qui tire avec violence sur le messager pour ne pas entendre le message, employant des arguments ad homi- nem sans se remettre en question ?C\u2019est encore une fois exactement ce qu\u2019il faut bannir d\u2019un débat honnête cherchant non pas à avoir raison à tout prix, mais qui veut au contraire le mieux pour le public auquel il s\u2019adresse.Un boys\u2019 club n\u2019est pas seulement un comité exclusivement composé d\u2019hommes, bien qu\u2019ils occupent les fonctions de direction et d\u2019administration.C\u2019est surtout un esprit machiste régnant dans une institution qui muselle les femmes dissidentes, les réduisant à un rôle de façade.Il faut aussi sortir du débat public toute forme d\u2019argumentaire fondé sur la pseudo-neutralité.La neutralité n\u2019existe pas, elle est toujours une façon d\u2019avaliser le pouvoir, la domination et le statu quo.Non, la littérature n\u2019est pas neutre, elle est née au début de l\u2019ère moderne en opposition au régime aristocratique des belles-lettres dans le but de donner la parole aux absents de la démocratie à venir.La littérature participe d\u2019une vision politique et idéologique qui la traverse depuis plus de deux cents ans et qui trouve aujourd\u2019hui ses limites dans les questions soulevées par les dérives de la liberté d\u2019expression.La littérature n\u2019est pas une liberté éternelle tombée des cieux, elle est marquée dans l\u2019histoire par un contexte qui change sous nos yeux et auquel il faut accepter de répondre.Je voudrais, en terminant, remercier la grande sensibilité des gens qui m\u2019ont soutenue dans cette mobilisation, reconnaissant l\u2019importance de l\u2019enjeu.À ces personnes qui s\u2019inquiétaient de mon avenir, je désire vous rassurer : si être intègre implique de quitter le capital symbolique, de me détacher de l\u2019argent, puis de la lâcheté, j\u2019accepte de vivre dans ce dénuement essentiel.XYZ : il n\u2019a jamais été question de censure ROBERT DUTRISAC Une sculpture détruite à Baie- Saint-Paul En 1966, le sculpteur Jean Gauguet Larouche (1935-1986) participa à un procès public contre la Ville d\u2019Alma (Lac-Saint-Jean) qui avait lancé à la rivière une sculpture de l\u2019artiste Raymond Mitchell.Ce fut une lutte épique.Or, nous avons appris récemment qu\u2019une sculpture de Gau- guet-Larouche réalisée à la fin des années 1960 dans le cadre du Festival folklorique de Baie-Saint-Paul a tout simplement été détruite et jetée au rebut par la Ville de Baie- Saint-Paul.Dans la biographie de Gauguet- Larouche (Gauguet l\u2019indigné, Éditions Charlevoix, 2017), la sculpture est présentée ainsi: «En 1968, il crée pour le Festival folklorique de Baie-Saint-Paul une sculpture d\u2019acier nommée «Symbiose Écolo- folklorique» d\u2019acier et pierre (5X9) très avant-gardiste qui fut exposée un temps devant l\u2019église de la localité.» C\u2019est donc un geste indigne et inacceptable que la Ville de Baie- Saint-Paul a fait ici.Surtout en cette ville où l\u2019art devrait avoir son importance.C\u2019est une façon de faire inqualifiable et il importe que le grand public sache comment les responsables municipaux de Baie- Saint-Paul traitent les œuvres d\u2019art.Avons-nous évolué au Québec depuis 1966?Sommes-nous encore dans cette grande noirceur où les artistes de valeur sont rayés de l\u2019espace public et leurs œuvres réduites en cendres?L\u2019exemple de Baie-Saint-Paul est à signaler et s\u2019avère très regrettable.Gauguet-Larouche crierait fort et haut face à ce geste scandaleux de la Ville de Baie-Saint-Paul contre la libre expression et l\u2019art.Il n\u2019est plus là pour le faire et c\u2019est maintenant à nous de demander le respect de nos œuvres d\u2019art et de nos artistes contre des vandales municipaux, ceux d\u2019hier à Alma comme ceux de Baie-Saint-Paul aujourd\u2019hui.Serge Gauthier La Malbaie, le 30 juillet 2018 L\u2019appellation « d\u2019adoptions forcées » retenue par le Sénat demande aussi, selon moi, une discussion.Si le régime de vie des maternités fut assurément sévère, si les pressions sociales furent lourdes sur les épaules des « filles- mères », des règles officielles pour formuler un con sentement éclairé existaient au Canada, comme le rappelle le mémoire de l\u2019Armée du Salut présenté au Sénat.La question du choix On sait que des mères célibataires refusaient de signer pour l\u2019adoption de leur enfant, espérant le reprendre un jour lorsque leur situation financière se serait améliorée.Si plusieurs femmes, on s\u2019en doute, n\u2019eurent pas l\u2019impression d\u2019un véritable choix, d\u2019autres, en fonction des possibles de l\u2019époque, ont A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 31 JUILLET 2018 Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Robert Laplante Directeur des Cahiers de lecture Dans un billet tout court, sobrement rédigé, mais avec une précision chirurgicale, Luc-Normand Tellier publiait dans le journal Le Devoir du 23 mai dernier un billet («Montréal, territoire mohawk?») qui aurait mérité un accueil retentissant.L\u2019historien n\u2019a pourtant pas lancé un message banal.Il a tout simplement démontré l\u2019ignorance abyssale dans laquelle la rectitude politique et les postures de repentance sont en train de faire plonger le discours public.À l\u2019heure où politiciens et notables en tous genres rivalisent de vertus pour s\u2019excuser de l\u2019histoire, le geste est méritoire et il porte bien au-delà de l\u2019anecdote qui l\u2019a déclenché.Tellier a tenu à faire un simple rappel des faits: le slogan des bien-pensants qui se croient du bon côté de la morale en rappelant que Montréal est en territoire mohawk non cédé ne repose sur rien d\u2019autre que la contrition.La documentation historique et les recherches archéologiques ne laissent place à aucune ambiguïté.Les trois villages actuellement occupés par des Mohawks aux alentours de Montréal ont été fondés par les missionnaires qui y ont accueilli ou qui y ont rejoint des groupes plus ou moins en dissidence avec la ligue des Cinq-Nations et qui y ont trouvé refuge.Il y avait bien des Iroquoiens du Saint-Laurent pour accueillir Jacques Cartier, mais ils n\u2019étaient plus là quand Maisonneuve et les Mont- réalistes ont fondé Ville-Marie.Ce rappel des faits n\u2019enlève rien aux communautés autochtones qui y vivent, sinon que le sauf-conduit pour la vérité qui devrait leur être accordé du seul fait de leur identité culturelle.C\u2019est sur la base de leur condition et de leur statut politique que le Québec devrait définir ses relations avec elles.C\u2019est chose relativement difficile, d\u2019autant qu\u2019elles vivent sous l\u2019empire de la Loi sur les Indiens, une loi canadian inique, une loi d\u2019apartheid qui ne changera pas parce que des incantations mal fondées sont servies pour agrémenter les scénarios d\u2019ouverture d\u2019événements en tous genres.En appeler au fait que le territoire n\u2019a pas été cédé, c\u2019est, du reste, utiliser un argument qui tient du même paradigme de soumission que celui qui sert de socle à la loi canadian.C\u2019est encore représenter les Autochtones comme inscrits dans une logique de conquête et de cantonnement.Il est plus facile de tripoter les œuvres et les archives que de renverser un ordre qui ne demande pas mieux que de faire semblant de compatir.Les gestes d\u2019appui symbolique qui restent prisonniers de symboles frelatés ne font que prolonger ce qu\u2019ils dénoncent.Le visage de la folklorisation peut être changeant.Et les costumes victimaires en faire ressortir étrangement les traits.Le hasard a voulu que le texte de Tel- lier paraisse le jour même où un musée canadian annonçait qu\u2019un tableau d\u2019une peintre célèbre en ce pays, Emily Carr, allait être renommé parce que son titre, supposément, heurterait des Autochtones.Qu\u2019il en heurte, c\u2019est sans aucun doute vrai, mais cela n\u2019est en aucune manière une raison pour justifier le révisionnisme historique et attenter à l\u2019intégrité d\u2019une œuvre d\u2019art.Le tableau s\u2019intitule Indian Church parce que c\u2019est ainsi que son auteur l\u2019a nommé, usant du vocabulaire en usage et de son choix à l\u2019époque où le tableau a été produit.Le faire disparaître, c\u2019est renoncer à l\u2019inscrire dans son histoire pour le déporter dans le registre des bons sentiments, registre aussi variable que les courants idéologiques qui l\u2019inspirent.Ces anecdotes se multiplient un peu partout, en divers pays, et divers motifs sont invoqués pour les justifier, mais elles se ramènent toutes à cette idée que la culture peut désormais être envisagée, définie et vécue comme désen- castrée de sa condition d\u2019inscription, délestée de son passé et des couches de sens que le temps qui passe sédimente dans la mémoire et les institutions.En territoire inculte occupé Les vertueux qui prennent leurs aises avec les faits historiques encouragent l\u2019inculture Louise Bienvenue Professeure d\u2019histoire à l\u2019Université de Sherbrooke C\u2019est à double titre que je m\u2019intéresse à la récente demande du Sénat canadien pour des excuses officielles du gouvernement fédéral aux mères et aux enfants «victimes des pratiques en matière d\u2019adoption forcée pendant les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale ».En tant qu\u2019historienne, mais aussi en tant qu\u2019enfant adoptée en 1969, je suis évidemment sensible à la réalité des mères célibataires de l\u2019époque et à celle des enfants adoptés, souvent privés de la connaissance de leurs origines.C\u2019est donc avec intérêt que j\u2019ai lu le rapport Honte à nous, récemment mis en ligne par le Sénat, ainsi que les mémoires déposés devant le comité chargé d\u2019étudier ce dossier.Si je me réjouis d\u2019un débat public sur la question, j\u2019ai été déçue du peu de profondeur historique de l\u2019argumentaire déployé dans ce rapport sénatorial.À part une courte citation de l\u2019historienne Veronica Strong- Boag, le document ne convoque aucune étude produite par un ou une spécialiste de l\u2019adoption (historien ou historienne, anthropologue ou sociologue) dans cette prise de position qui fait pourtant le procès de notre passé commun.La base empirique sur laquelle semble s\u2019appuyer le comité se résume à une poignée de témoignages \u2014 certes importants et touchants \u2014 ainsi qu\u2019à cinq courts mémoires.Il existe pourtant de solides travaux sur cette question.Dans ce rapport, le rôle du gouvernement fédéral est pointé du doigt.Or, son implication en matière d\u2019adoption est tardive et indirecte, par un Régime d\u2019assistance publique mis en place dans la seconde moitié des années 1960.C\u2019est au niveau provincial qu\u2019étaient mises en place les politiques d\u2019adoption et, de manière générale, les politiques sociales touchant les populations fragilisées.Au Québec, par exemple, on pourrait blâmer beaucoup plus pertinemment le caractère discriminant de la Loi d\u2019assistance aux mères nécessiteuses, adoptée en 1937 par le gouvernement Duplessis, qui refusait pour des raisons morales de secourir les mères célibataires.Le statut même d\u2019enfant illégitime, figurant dans le Code civil jusqu\u2019en 1980, qui était accordé à ceux et celles qui naissaient hors mariage, serait aussi à rappeler à notre mémoire.Mais, pour autant, dans cette affaire, il semble court et commode de pointer du doigt l\u2019État, voire les Églises, pour la gestion d\u2019un « problème » qui engageait, largement, la morale et les mœurs d\u2019une société tout entière.Qu\u2019en est-il, en effet, de la responsabilité des parents répudiant leur fille enceinte, des garçons prenant le large et n\u2019assumant pas leur paternité, des employeurs refusant d\u2019embaucher une mère célibataire ?Un débat historique et social soutenu devrait aussi soulever des enjeux comme l\u2019absence d\u2019éducation sexuelle et la criminalisation de la contraception jusqu\u2019en 1969.« Adoptions forcées » : le besoin d\u2019un soutien réel L\u2019appellation retenue par le Sénat dans le rapport Honte à nous demande une discussion Le slogan rappelant que Montréal est en territoire mohawk non cédé ne repose sur rien d\u2019autre que la contrition.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les sénateurs Art Eggleton (au centre) et Chantal Petitclerc (à droite) ont recueilli les témoignages de personnes touchées par ce dossier.SÉNAT DU CANADA misé délibérément sur l\u2019adoption com - me l\u2019option la moins dommageable pour leur enfant et elles-mêmes.Puisque cette réalité des séparations mère-enfant est le fruit de normes portées, naguère encore, par toute notre société, soulagera-t-on vraiment la douleur des mères biologiques et de leurs enfants par des excuses fédérales ?Métaboliser son passé est-il si simple ?Ces adoptions étaient conformes non seulement aux mœurs en vigueur, mais aussi à la lettre de la loi.Des actions commémoratives auront peut-être quelque efficacité symbolique, mais je plaide bien davantage pour la mise en place de programmes de soutien dignes de ce nom reconnaissant, plus que la récente loi 113 le fait au Québec, l\u2019importance d\u2019un véritable accès aux dossiers.Il est plus facile de tripoter les œuvres et les archives que de renverser un ordre qui ne demande pas mieux que de faire semblant de compatir Cela renvoie à une terrible et sourde bataille contre la culture savante telle qu\u2019elle s\u2019est constituée en Occident.Modulable au gré des excommunications et des anathèmes, cette culture et les œuvres qui lui donnent sa densité et sa portée devraient désormais s\u2019effacer devant la mise en scène du simulacre ?Qui décidera d\u2019expurger les mots d\u2019un roman de Michel Tremblay, d\u2019une nouvelle de Madeleine Ferron ou de cacher un nu de Cosgrove ?Il n\u2019y a pas de limites pour une telle dérive.George Orwell (1984) a donc vu juste.François Truffaut et Bradbury (Fahrenheit 451) également.Nous campons au bord d\u2019un véritable abîme d\u2019inculture.Applaudir les vertueux qui prennent leurs aises avec les faits historiques, c\u2019est brûler des livres.C\u2019est une menace beaucoup plus grave que le numérique et la dématérialisation.Il y a là un enjeu culturel majeur qu\u2019il importe de bien nommer pour bien comprendre le sens des batailles à livrer.S\u2019imaginer pouvoir reconstruire les œuvres pour se bricoler non pas du sens, mais des armes de légitimation idéologique, c\u2019est travailler contre le lien social fondamental.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue Les Cahiers de lecture de L\u2019Action nationale, été 2018, volume XII, no 3. LEDEVOIR // LE MARDI 31 JUILLET 2018 ACTUALITÉS A 8 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc.dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La rédaction Au téléphone 514 985-3333 Par courriel redaction@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3360 Abonnements (lundi à vendredi, 7 h 30 à 16 h 30) Au téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 463-7559 Par courriel abonnements@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-5967 Publicité Au téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Par courriel publicite@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Avis publics et appels d\u2019offres Au téléphone 514 985-3452 Par courriel avisdev@ledevoir.com Par télécopieur 514 985-3340 Petites annonces et publicité par regroupement Au téléphone 514 985-3322 Par télécopieur 514 985-3340 Par courriel petitesannonces@ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec), H2L 4X4 Berri-UQAM Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16h30 Renseignements et administration : 514 985-3333 sur Facebook et sur Twitter Le Devoir sur ledevoir.com Les polices de caractères ont souvent une histoire étonnante, dans laquelle s\u2019entremêlent enjeux graphiques, économiques et sociopolitiques.Quatrième texte d\u2019une série estivale consacrée à ce sujet.JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR La police honnie par les graphistes Contre toute attente, Comic Sans a rapidement fait des adeptes chez les premiers utilisateurs de Windows 95 lle est amusante, légère, avec des allures d\u2019écriture manuscrite qui donnent un ton sympathique aux messages.Proposée parmi les polices de caractères du système d\u2019exploitation Windows 95 de Microsoft, Comic Sans a entrepris sa conquête du monde à l\u2019heure où les ordinateurs personnels se répandaient dans les foyers.Ses détracteurs la considèrent comme une calamité dans l\u2019univers typographique, allant même jusqu\u2019à réclamer son bannissement.Mais la mal-aimée a tout de même des adeptes.Dans les années 1990, Vincent Connare travaillait au sein de l\u2019équipe de typographie de Microsoft quand il fut appelé à se pencher sur une application visant à familiariser les enfants avec les ordinateurs.« Microsoft Bob » mettait en vedette un chien animé qui donnait des instructions.Le caractère utilisé dans les bulles était du Times New Roman.Cette fonte trop classique ne convenait pas à ce type de communication, a estimé Vincent Connare.« Les chiens ne parlent pas en Times New Roman », expliquera-t-il par la suite.Il décide alors de créer un caractère typographique plus adéquat.S\u2019inspirant de bandes dessinées américaines (« Comics »), Watchmen et The Dark Knight Returns en particulier, il se met à dessiner les lettres à l\u2019écran, avec sa souris.C\u2019est ainsi que naît Comic Sans.La police de caractère n\u2019a jamais pu être intégrée au projet Bob, qui était déjà fort avancé, mais elle fut choisie pour apparaître dans la sélection de fontes offertes par Windows 95.Le boson de Higgs Moins formelle que les autres polices de caractères, elle fut adoptée rapidement pour toutes sortes d\u2019usages.« En 1995, il n\u2019y avait pas autant de polices « par défaut » qu\u2019aujourd\u2019hui », rappelle Sylvie Pouliot, professeure à l\u2019École de design de l\u2019Université Laval.« [Comic Sans] contrastait avec les autres polices offertes à cette époque, telles que Arial et Times, qui sont des polices plus classiques, droites et rigides.Comic Sans a définitivement attiré le regard puisqu\u2019elle suggérait l\u2019écriture faite main, naturelle, sans construction mécanique.» À l\u2019heure où tous pouvaient s\u2019improviser graphistes, Comic Sans s\u2019est propagée : cartes d\u2019invitation, avis en tous genres, affiches de chats perdus, matériel pédagogique ou menus de restaurants.Elle a même été vue sur des enseignes de commerces, allant jusqu\u2019à contaminer de grandes institutions.En 2012, le très sérieux Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) a causé toute une surprise en utilisant cette police dans sa présentation sur une découverte scientifique majeure, celle du boson de Higgs.L\u2019annonce historique, diffusée en direct, a déclenché une tempête sur les réseaux sociaux et dans les rangs des designers graphiques.Comment les chercheurs avaient-ils pu choisir la Comic Sans pour dévoiler une découverte d\u2019une telle ampleur historique ?Prenant la chose avec humour, le CERN en a rajouté deux ans plus tard en annonçant, le 1er avril 2014, qu\u2019après le «succès viral» de la présentation de la physicienne Fabiola Gianotti sur le boson de Higgs, l\u2019institution avait décidé que désormais, toutes les communications du CERN se feraient en Comic Sans.« Selon nos calculs, 80 % du succès de la présentation reposait, non pas sur la découverte de la particule fondamentale qui explique le mécanisme Brout-Englert-Higgs, mais sur le choix de la fonte.» Il s\u2019agissait d\u2019un savoureux poisson d\u2019avril.La police Comic Sans a aussi été mise en vedette en 2013 quand le Vatican a publié un album de photos du pape Benoit XVI avec des textes composés avec la fonte aux allures naïves.Vincent Connare reconnaît lui-même que sa création a été mal utilisée.« Une fonte devrait faire exactement ce qu\u2019elle est censée faire.C\u2019est pourquoi je suis fier de Comic Sans, confiait Vincent Connare au Guardian en 2017.Elle a été conçue pour des utilisateurs d\u2019ordinateurs débutants et ce fut un succès auprès de cette clientèle.Mais les gens l\u2019utilisent de façon inappropriée : s\u2019ils ne comprennent pas comment fonctionne une police de caractères, celle-ci n\u2019aura pas de pouvoir ou de signification pour eux.» Bannissement réclamé La Comic Sans est honnie des designers graphiques partout dans le monde.Sur les réseaux sociaux, certains d\u2019entre eux ne se gênent pas pour dire tout le mal qu\u2019ils pensent de cette police.Des sites plaident même pour son bannissement.« Elle est devenue extrêmement populaire.Mais elle a été mal utilisée en partant.Ça l\u2019a tuée dès le départ.C\u2019est un peu ce qui a fait son malheur », reconnaît le designer graphique québécois Denis Dulude.« On ne va pas mettre une cravate de Mickey Mouse si on s\u2019en va dans un enterrement.[\u2026] Mais de dire qu\u2019on la hait, c\u2019est exagéré.» On reproche à la Comic Sans bien des défauts.À titre d\u2019exemple, le «p» et les « d » ne sont pas de formes identiques.De plus, l\u2019espacement entre les lettres est inégal.« Dans les années 1990, on forçait cette maladresse pour avoir l\u2019air un peu plus grunge.On brisait des mots.On désajustait l\u2019entre-ligne pour essayer de trouver de nouvelles approches», signale toutefois Denis Dulude.D\u2019autres diront qu\u2019elle facilite la lecture aux dyslexiques.Malgré tout, les experts consultés par Le Devoir sont plutôt indulgents à l\u2019égard de la Comic Sans et ils s\u2019accordent pour dire que cette police ne mérite pas d\u2019être proscrite.« Je ne crois pas qu\u2019il faille bannir Comic Sans [ou d\u2019autres polices de caractères].Il faut juste savoir faire des choix éclairés, estime Michel Sabbagh, créateur de caractères.Dans un monde où les communications écrites sont de plus en plus « numériques », je crois qu\u2019il sera important de sensibiliser davantage les gens à la typographie.» Reste que dans le cas de Comic Sans, la prudence est de mise.Ainsi, mieux vaut s\u2019abstenir de rédiger son CV en Comic Sans, car les chances seront fortes que la demande d\u2019emploi prenne directement le chemin du bac de recyclage.E Le Centre européen pour la recherche nucléaire a fait le surprenant choix du Comic Sans en 2012 pour sa présentation sur le boson de Higgs.SAISIE D\u2019ÉCRAN HISTOIRES DE POLICES AGENCE FRANCE-PRESSE À PARIS Le Parlement français a définitivement adopté lundi l\u2019interdiction des cellulaires dans les écoles et collèges, promesse de campagne du président Emmanuel Macron dénoncée comme « cosmétique » par l\u2019opposition.Les députés de la majorité présidentielle et du centre ont voté pour le texte, lors du vote définitif à l\u2019Assemblée nationale, chambre basse du Parlement.Quant à la droite et la gauche, elles se sont abstenues, critiquant « une opération de communication », de « l\u2019affi- La France interdit les cellulaires dans les écoles et collèges chage politique », « une loi de circonstance » qui « ne va rien changer ».La proposition de loi interdit l\u2019usage de tout objet connecté (cellulaire, tablette, montre\u2026) dans les écoles et collèges français, établissements scolaires dont les élèves ont jusqu\u2019à 14-15 ans.Il y aura des exceptions « pour des usages pédagogiques», laissés à l\u2019appréciation de chaque établissement dans son règlement intérieur, ou pour les enfants handicapés.Les activités liées à l\u2019enseignement mais à l\u2019extérieur, comme le sport, seront aussi concernées.Les lycées auront, eux, la possibilité, mais pas l\u2019obligation, d\u2019interdire les portables et autres objets connectés, totalement ou partiellement.Le Code français de l\u2019éducation interdit, depuis une loi de 2010, les cellulaire « durant toute activité d\u2019enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur ».Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-Mi- chel Blanquer, selon lequel cette interdiction n\u2019était pas effective dans tous les collèges et manquait d\u2019un socle juridique solide, a vanté une loi «d\u2019entrée dans le XXIesiècle» qui «envoie un message à la société française», mais aussi à l\u2019international, avec «d\u2019autres pays intéressés».Se prononçant pour une « approche moderne des technologies », caractérisée par du « discernement », il a plaidé pour avoir une approche à la fois « défensive » et « offensive ».Dans un monde où les communications écrites sont de plus en plus « numériques », je crois qu\u2019il sera important de sensibiliser davantage les gens à la typographie MICHEL SABBAGH » Il y aura des exceptions « pour des usages pédagogiques », laissés à l\u2019appréciation de chaque établissement dans son règlement intérieur "]
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