Le devoir, 25 août 2018, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 rentrée culturelle epuis sa première mondiale au Festival de Karlovy Vary, La disparition des lucioles (21 septembre), troisième long métrage de Sébastien Pilote, est porté par une rumeur plus que favorable.Après avoir tracé deux magnifiques por trait d\u2019hommes au crépuscule de leur vie (Le vendeur, Le démantèlement), le cinéaste esquisse cette fois celui d\u2019une jeune fille en colère.En voulant à sa mère (Marie- France Marcotte) et à son beau-père (François Papineau) d\u2019avoir contraint son père (Luc Picard) à l\u2019exil, Léo (Karelle Tremblay) trouve réconfort auprès d\u2019un musicien raté (Pierre- Luc Brillant).Pour son troisième long métrage, Malek (automne 2018), Guy Édoin, qui a exploré en finesse la psyché féminine dans Marécages et Ville Marie, offre cette fois une voix à un immigrant libanais (Tewfik Jallab) qui, se croyant responsable de la mort de sa sœur, revisite son passé avec le soutien d\u2019une psychologue (Karine Vanasse).Épris d\u2019une jeune Iranienne (Hiba Abouk), il découvre qu\u2019elle aussi cache un passé trouble.Adaptation du roman Le cafard, de Rawi Hage, écrit par Claude Lalonde (10 1/2, de Podz, Origami, de Patrick Demers), Malek (anciennement intitulé Mr.Roach) met aussi en vedette Mani Soleymanlou, Manal Issa et Wissam Fares.La photographie de La disparition des lucioles et de Malek est signée par Michel La Veaux.Vers un nouveau record ?En 2015, La guerre des tuques 3D, d\u2019après le film culte d\u2019André Melan- çon, s\u2019était classé au sommet du box- office québécois et canadien avec ses trois millions de recettes.Qu\u2019en sera-t-il de sa suite ?Réalisé par Benoit Godbout, Jean-François Pouliot et François Brisson, La course des tuques (7 décembre) s\u2019apprête à livrer une chaude bataille à La Bolduc, de François Bouvier, à La chute de l\u2019empire américain, de Denys Ar- cand, et à 1991, de Ricardo Trogi, les trois seuls films ayant franchi la barre des deux millions cette année.Premières œuvres Prix du meilleur film canadien à Fantasia, Le nid, de David Paradis, met en scène Isabelle Blais et Pierre-Luc Brillant dans le rôle d\u2019un couple s\u2019imposant une thérapie pour le moins étrange\u2026 (31 août) Pour son premier grand rôle au cinéma, Léane Labrèche-Dor se glisse dans la peau d\u2019une doctorante en physique à Polytechnique.S\u2019étant liée d\u2019amitié avec le concierge de nuit (Ted Pluviose), elle tente d\u2019aider le frère du premier (Ricardo Lamour), qui se croit hanté par un fantôme du séisme haïtien.Fayolle Jean, Ayana L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Rentrée culturelle Votre guide pour survoler les plus belles offres de la saison.Une cinquantaine de pages à conserver ! Odile Tremblay Les flâneurs Vitrines du disque Critiques cinéma Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 2 5 26 52 60 51 35 40 36 62 64 66 68 70 72 74 Dominique Fortier Plongeon dans la vie et l\u2019œuvre de la poète Emily Dickinson.Critique May Telmissany Les doyens de notre littérature Louis Cornellier Escapade De Sept-Îles à Schefferville, le train pour parcourir le pays des Innus.Voyage Alimentation Resto Vin Santé Jeux SOMMAIRE 37 41 R E N T R É E C U L T U R E L L E Illustration de la une du D : Bruce Roberts Photo de la une Lire : Marie-France Coallier Le Devoir MANON DUMAIS LE DEVOIR Et de trois ! Sébastien Pilote et Guy Édoin explorent de nouveaux territoires dans leur troisième film Les Québécois s\u2019invitent à Toronto Outre les films d\u2019Arcand et de Pilote, des films québécois s\u2019illustreront au 43e Festival international du film de Toronto, du 6 au 16 septembre.Ainsi, la cohorte sera fièrement représentée par The Hummingbird Project, de Kim Nguyen (Rebelle), The Death and Life of John F.Donovan, de Xavier Dolan (Mommy), Les salopes ou le sucre naturel de la peau, de Renée Beaulieu (Le garagiste), et La grande noirceur, de Maxime Gi- roux (Félix & Meira).Les courts métrages Fauve, de Jérémy Comte, prix spécial du jury à Sundance, et Le sujet, de Patrick Bouchard, lancé à la Quinzaine des réalisateurs, complètent la sélection.Aucune date de sortie n\u2019est encore connue.D O\u2019Shun et Guillaume Lambert sont aussi de la distribution d\u2019Oscillations (26 octobre), de Ky Nam Le Duc.Dans Wolfe (26 octobre), de Francis Bordeleau, Catherine Brunet incarne une jeune femme qui orchestre sa mort devant ses proches.Ludi- vine Reding, Antoine Pilon, Léa Roy et Godefroy Reding sont aussi de cette histoire d\u2019amitié, qui s\u2019annonce joyeusement tordue.Écrit avec le dramaturge Guillaume Corbeil, À tous ceux qui ne me lisent pas (23 novembre) (anciennement intitulé Les chaouins), de Yan Giroux, met en vedette Martin Du- breuil dans le rôle d\u2019un poète qui bouleverse l\u2019existence d\u2019une femme (Céline Bonnier) et de son fils (Henri Picard).Le film s\u2019inspire de la vie du poète Yves Boisvert (1950-2012).Dans Dérive (automne 2018), de David Uloth, d\u2019après un scénario de Chloé Cinq-Mars, Marine (Maève Tremblay) et sa grande sœur Océane (Éléonore Loiselle) ont perdu leur père un an auparavant.Leur mère (Mélissa Désormeaux-Poulin) les négligeant à cause des dettes laissées par son mari, Océane se réfugie dans les bras d\u2019un acteur plus vieux qu\u2019elle (Emmanuel Schwar tz) et Marine, dans son imaginaire où elle retrouve son père (Réal Bossé).En attendant les 21es RIDM (8-18 novembre), les amateurs de documentaires pourront sagement patienter puisque l\u2019of fre s\u2019annonce plutôt substantielle de ce côté.Dans L\u2019amour à la plage (14 septembre), leur premier long métrage, Judith Plamondon et Lessandro Socrates vont à la rencontre de snowbirds qui ont rencontré l\u2019amour à 70 ans.Vingt ans après son décès, la pasiona- ria de la chanson québécoise se dévoile dans Pauline Julien, intime et politique (21 septembre), de Pascale Ferrand.Dans 13, un ludodrame sur Walter Benjamin (21 septembre), Carlos Ferrand s\u2019intéresse en 13 brefs chapitres aux années d\u2019exil du philosophe allemand à Paris.Premier long métrage d\u2019Yvonne Defour, Quand les pouvoirs s\u2019emmêlent (26 octobre) suit Vincent Graton alors qu\u2019il parcourt le monde afin de comprendre les conséquences du rapprochement entre les pouvoirs religieux et politique sur la condition féminine (octobre).Dans L\u2019autre Rio (automne), Émilie B.Guérette se penche sur le sor t des laissés-pour-compte des JO.Enfin, dans Premières armes (novembre), troisième volet de sa série documentaire sur les étapes de la vie, Jean-François Caissy observe des civils suivant une formation intensive dans les Forces armées canadiennes.| 3 C i n é m a q u é b é c o i s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 JE CHERCHE UNE MAISON QUI VOUS RESSEMBLE À LA MÉMOIRE DE PAULINE JULIEN ET GÉRALD GODIN 11 AU 29 SEPTEMBRE THÉÂTRE DENISE-PELLETIER Salle Fred-barry DE MARIE-CHRISTINE LÊ-HUU MISE EN SCÈNE BENOÎT VERMEULEN AVEC CATHERINE ALLARD ET GABRIEL ROBICHAUD Production du Collectif de la Renarde et du Théâtre les gens d\u2019en bas DENISE-PELLETIER.QC.CA BILLETTERIE 514 253-8974 À mettre à l\u2019agenda 8e Festival de cinéma de la Ville de Québec (du 13 au 22 septembre).Ayant séduit le public du Festival de Karlovy Vary et s\u2019apprêtant à conquérir celui du TIFF, La disparition des lucioles, de Sébastien Pilote, donne le coup d\u2019envoi.10e Festival Stop-Motion (du 14 au 16 septembre).Les courts métrages d\u2019animation Bêtes de famille, d\u2019Alexandra Lemay, et La mère des os, de Dale Hayward et Sylvie Trouvé, seront projetés en première canadienne.47e FNC (du 3 au 14 octobre).Le festival fait la part belle au cinéma québécois en incluant dans sa programmation Genèse (notre photo), de Philippe Lesage (Les démons), lancé à Locarno, Ville Neuve, de Félix Dufour-Laperrière, lancé à la Mostra, et Dérive, premier long métrage de David Uloth.24e Cinemania (du 1er au 11 novembre).Film de clôture de la section Venice Day à la Mostra, Emma Peeters, de la Belge Nicole Palo et mettant en vedette la Québécoise Monia Chokri, sera présenté en première nord-américaine.Page de gauche : l\u2019actrice Catherine Brunet dans Wolfe, de Francis Bordeleau, qui raconte l\u2019histoire d\u2019une jeune femme qui orchestre sa mort devant ses proches.Ci-contre : La disparition des lucioles, de Sébastien Pilote, est porté par une rumeur plus que favorable.TVA FILMS / LES FILMS SÉVILLE Genèse, de Philippe Lesage, avec Paul Ahmarani et Théodore Pellerin FUNFILM MANON DUMAIS LE DEVOIR es spectateurs dé- ser tant les salles de cinéma et la nostalgie demeurant au goût du jour, pourquoi ne pas ramener au grand écran des personnages bien aimés de notre enfance ?Entre Winnie l\u2019ourson et sa bande (L\u2019histoire de Jean-Christophe), qui ont repris du service cet été, et l\u2019éléphant Dumbo, qui renaîtra sous la houlette de Tim Burton au printemps, l\u2019un des personnages ayant fait le succès, et la for tune, de Disney ressortira des boules à mites juste à temps pour les Fêtes.Immortalisée par Julie Andrews, qui a approuvé le choix de sa remplaçante, la célèbre nounou anglaise revient sous les trais mutins d\u2019Emily Blunt.Se déroulant durant la Grande Dépression, Le retour de Mary Poppins (25 décembre), comédie musicale de Rob Marshall (Chicago), ramène la demoiselle au parapluie auprès de Jane (Emily Mortimer) et de Michael (Ben Whishaw) qui vivent des moments dif ficiles.Dick Van Dyke, Bert dans la version de 1964 (il s\u2019agit d\u2019ailleurs du plus grand écart entre un film et sa suite), y fait une brève apparition.Avant de célébrer Noël, il ne faudrait tout de même pas oublier l\u2019Halloween\u2026 Quarante ans après avoir frappé l\u2019imaginaire des amateurs d\u2019horreur, Michael Myers (Nick Castle) s\u2019est encore échappé de l\u2019hôpital psychiatrique.Cette fois, Laurie Strode (Jamie Lee Curtis) a bien l\u2019intention de s\u2019en débarrasser pour de bon.Réalisé par David Gordon Green (All the Real Girls), ce Halloween (19 octobre) se veut une suite directe de l\u2019original de 1978 du maître de l\u2019horreur John Carpenter.Cent dix ans après la première adaptation de leurs aventures et huit ans après leur dernier passage au grand L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e C i n é m a a m é r i c a i n 4 | CAMILLIEN HOUDE LE « P\u2019TIT GARS » DE SAINTE-MARIE EN RAPPEL ! Du 27 novembre au 15 décembre 2018 SAISON 18-19 514 521-4191 nte.qc.ca 1945, rue Fullum, Montréal, Qc AVEC PIERRE LEBEAU, JOSÉE DESCHÊNES, 4 AUTRES COMÉDIENS ET 20 CITOYENS DU QUARTIER CENTRE-SUD TEXTE ALEXIS MARTIN, MISE EN SCÈNE DANIEL BRIÈRE ET GEOFFREY GAQUÈRE Quel bon vent vous amène ?Visages familiers, oubliés, aimés ou craints composent le menu de l\u2019automne Gaga de cinéma Après Janet Gaynor (1937), Judy Garland (1954) et Barbra Streisand (1976), Lady Gaga tient le haut de l\u2019affiche d\u2019Une étoile est née (V.F.de A Star Is Born) (5 octobre).Exit perruques, paillettes et falbala, Lady Gaga exhibe en toute simplicité sa beauté naturelle et sa puissance vocale dans ce premier long métrage de l\u2019acteur Bradley Cooper, qui prépare déjà un biopic sur Leonard Bernstein.Incluant des scènes tournées à Coachella et au Festival de Glastonbury, ce drame sentimental relate la liaison tumultueuse d\u2019un chanteur country sur le déclin (Cooper) et d\u2019une jeune chanteuse prometteuse (Gaga).Détestant le lipsync, la flamboyante artiste a convaincu son partenaire de chanter live durant le tournage ; Cooper a alors suivi des leçons de chant pour être à la hauteur.Rappelons qu\u2019en 1938, Une étoile est née avait reçu l\u2019Oscar du Scénario original, tandis qu\u2019en 1976, Streisand et Paul Williams avaient remporté l\u2019Oscar de la chanson originale (Evergreen).La plus célèbre des nounous anglaises, Mary Poppins, est de retour ce Noël sous les traits de l\u2019actrice Emily Blunt.WALT DISNEY STUDIOS MOTION PICTURES L | 5 R e n t r é e c u l t u r e l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 écran, le généreux brigand de la forêt de Sherwood (Taron Egerton), Petit Jean (Jamie Foxx) et Marianne (Eve Hewson) sont de retour dans Robin des Bois (21 septembre), d\u2019Otto Ba- thurst (la série Peaky Blinders).Le tout s\u2019annonce plutôt musclé\u2026 Lumineuse dans la série Netflix The Crown, où elle incarnait Elizabeth II, Claire Foy marche dans les traces de Noomi Rapace et Rooney Mara en se glissant dans la peau de la ténébreuse hackeuse Lisbeth Salander dans Millénium.Ce qui ne me tue pas (9 novembre), de Fede Alvarez (Evil Dead, 2013).Il s\u2019agit de l\u2019adaptation du roman policier de David Lager- crantz, qui faisait suite à la trilogie du regretté Stieg Larsson, paru en 2015.Il n\u2019est pas surprenant que les personnages de sir Ar thur Conan Doyle, au nombre des dix auteurs les plus adaptés au cinéma, reprennent eux aussi du collier.Après Robert Downey, Jr.et Jude Law, c\u2019est au tour de Will Ferrell et de John C.Reilly d\u2019incarner les locataires du 221B Baker Street dans Holmes and Watson (21 décembre), d\u2019Etan Cohen (Prison 101).Le tout s\u2019inspire d\u2019un sketch de SNL\u2026 Mince consolation : Ralph Fiennes joue l\u2019infâme Moriarty.Encore des superhéros Une rentrée cinéma sans superhé- ros ni superméchants est-elle seulement possible ?Ayant incarné l\u2019un des ennemis de Batman, Bane, voilà que Tom Hardy se cache derrière le visage visqueux de Venom (5 octobre) dans ce spin-of f de Spider-Man de Ruben Fleischer (Zombieland).Quant à l\u2019homme-araignée, on le retrouve dans Spider-Man.Dans le Spi- der-Verse (14 décembre), film d\u2019animation de Bob Persichetti, Peter Ramsay (Le réveil des gardiens) et Rodney Rothman.N\u2019étant pas en reste, l\u2019homme au trident, qu\u2019interprète Jason Momoa dans La ligue des justiciers, a enfin son propre film : Aquaman (21 décembre), de James Wan (Insidieux).Une culture à rêver Comment envisager cette rentrée culturelle sans scruter l\u2019horizon des élections provinciales du 1er octobre ?À quelle sauce les arts et lettres seront-ils mangés après le verdict populaire ?Mystère ! La nouvelle politique culturelle et son plan d\u2019action, dévoilés en juin par le PLQ, restent en suspens.En cas de victoire de la CAQ, s\u2019efface- ront-ils du paysage comme un nuage de fin de soirée ?Au fait, en cours de campagne, quel chef de parti parlera de culture, hors d\u2019un avant-midi prévu devant médias pour mieux s\u2019en dédouaner?Trop conscients, les candidats de la course, que l\u2019on gagne la faveur politique sur le front de la santé, de l\u2019économie et des craintes identi- taires à apaiser ou fortifier.On le crie malgré tout dans le désert : la force du Québec repose sur sa culture, la différence de sa mosaïque, l\u2019éducation précoce à un bagage de références d\u2019ici et d\u2019ailleurs, pour aider les gens à se retrouver entre trois fausses nouvelles et deux coups de gueule des amis Facebook.Le matérialisme, l\u2019instantanéité, la peur de l\u2019autre et la consommation à outrance chantent un nouvel « international » à la gloire du chacun-pour- soi face à l\u2019écran.Que faire devant l\u2019envahissante consommation culturelle sur toile mondialisée ?Aujourd\u2019hui, proclamer que l\u2019art dépasse le divertissement et la suprématie planétaire de Netflix, par vocation d\u2019ouvrir et de nourrir des esprits, semble au jugé soit dépassé, soit visionnaire.Votons visionnaire, mais pour qui?Un concept virtuel ?Devant ce mot «culture », repoussoir pour de nombreux concitoyens, condamnons aussi les politiciens qui ne les invitent guère à cheminer sur des voies de lumière : le Québec a besoin de défis plus grands que sa panse.On le voit.On le sait, mais\u2026 Toutes ces volontés partisanes de cacher les bribes de savoir des candidats de peur d\u2019effrayer l\u2019électeur: «La culture, qu\u2019est cela?Un concept virtuel?» Pas étonnant que le brûlant sujet culturel de l\u2019été se soit collé à une pièce peu vue et à une autre jamais montée ! Le contenu et la manière de l\u2019art se diluent dans une dématérialisation bourdonnante.Des enjeux identitaires et d\u2019appropriation culturelle se mêlent aux considérations artistiques en rebras- sant le jeu de cartes.De nouvelles alliances, espérons-les fécondes, se tis- Sa Majesté Freddie Le tournage de Bohemian Rhapsody (2 novembre), le film relatant l\u2019histoire du mythique groupe Queen et du non moins légendaire Freddie Mercury n\u2019a pas été de tout repos.Accusé depuis d\u2019agression sexuelle sur un mineur, le réalisateur Bryan Singer (la franchise X-Men) a été renvoyé par la Fox sous prétexte qu\u2019il avait des rapports difficiles avec l\u2019acteur principal et qu\u2019il s\u2019absentait trop souvent, obligeant le directeur photo Newton Thomas Sigel à le remplacer.Appelé à la rescousse, Dexter Fletcher (Eddie the Eagle) a pu terminer le tout.Prothèse dentaire, «pornstache », combinaison moulante, Rami Malek (I, Robot) ressemble à s\u2019y méprendre au regretté chanteur dans ce biopic musical qui s\u2019annonce classique, mais néanmoins épique.L\u2019acteur Rami Malek (I, Robot) ressemble à s\u2019y méprendre au regretté Freddie Mercury.20TH CENTURY FOX Après Noomi Rapace et Rooney Mara, c\u2019est au tour de l\u2019actrice britannique Claire Foy (The Crown) d\u2019incarner Lisbeth Salander.SONY PICTURES ODILE TREMBLAY sent avec les minorités de l\u2019immigration et les Premiers Peuples.D\u2019autres créateurs, craignant de mettre les pieds sur des surfaces trop chaudes, remisent l\u2019audace.L\u2019art brandit un miroir sociétal.Autant le consulter.Les femmes, dans le sillage de #Me- Too, prennent plus de lumière, muses des œuvres comme à leur barre.De ces séismes, chacun reçoit l\u2019onde de choc.Les candidats feraient mieux de parler de culture.Il y a tant de roues à pousser, tant d\u2019engins explosifs à déminer, et cette ferveur à réinventer\u2026 Les vieux de la vieille En mal d\u2019inspiration, bien des gens demandent au divertissement des frissons éphémères ou un baume pour calmer leurs angoisses.Sur les propositions de cette rentrée culturelle, on sent flotter ces peurs du lendemain, comme le repli vers les valeurs consacrées.L\u2019avenir a ses raisons d\u2019effrayer, les changements rapides tout autant, mais la crainte d\u2019explorer freine l\u2019innovation.On n\u2019a jamais eu tant besoin de politiciens allumés pour guider leur monde dans le brouillard, mais les vedettes confirmées prennent le relais.Tant de musiciens étrangers, vétérans des jours d\u2019espoir, en tournée d\u2019adieu ou pas, se produiront bientôt sur nos scènes : de Joan Baez à Paul McCartney, d\u2019Elton John à Brian Wilson, seuls capables d\u2019attirer massivement le public d\u2019un soir en brandissant ses illusions perdues.De même, le retour du Notre-Dame de Paris de Plamondon-Cocciante porte la marque des grandes nostalgies.Le cinéma international ressuscite à gogo les icônes artistiques du passé, dont celles d\u2019Oscar Wilde ou de Maria Callas, chez nous de Pauline Julien ou du poète Yves Bois- vert, figures plus inspirantes, par- delà leurs épreuves, que celles d\u2019une époque entre deux eaux.Des héros de fiction remettent leurs anciens oripeaux.Au grand écran, Mary Poppins retrouvera son parapluie, Sherlock Holmes sa pipe et sa loupe, Winnie l\u2019ourson son pot de miel, Dumbo l\u2019éléphant ses grandes oreilles et Robin des Bois ses flèches et son carquois.Au Québec, La guerre des tuques 3D reconstruira son fort de glace.La machine à recyclage des formules éprouvées roulera à plein régime.Promis ! Ce qui n\u2019empêche pas certains anniversaires de nous inviter au retour des explosions vitales.Les débordements de 1968, ici comme en France et ailleurs, pourraient, 50 ans plus tard \u2014 rêvons un peu \u2014, fouetter l\u2019ardeur des troupes.À pleines galeries universitaires et à la Cinémathèque, des expos montréalaises rappelleront qu\u2019il s\u2019agit parfois d\u2019une étincelle pour embraser les tisons mal éteints.On souhaite au Québec de hurler à la lune, juste pour se sentir exister\u2026 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e C i n é m a d \u2019a i l l e u r s 6 | ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Ce bel arrachement au quotidien qu\u2019est le cinéma nous fait souvent découvrir des figures extravagantes, inspirantes, parfois familières, ou extirpées d\u2019un passé plus ou moins récent.Vous avez rendez-vous avec plusieurs d\u2019entre elles cet automne, saison que l\u2019on pourrait qualifier de toutes les passions.Et il en faut pour mener jusqu\u2019au bout une vie d\u2019écrivain : elle s\u2019éteint parfois à cause d\u2019un milieu conformiste, ou prend de la vigueur contre vents, marées, et préjugés.Si on ne retient souvent d\u2019Oscar Wilde que ses pièces pleines d\u2019esprit, et ses savoureux aphorismes, on oublie qu\u2019il a payé cher sa passion pour les hom mes.Rupert Everett, devant et derrière la caméra, rend hommage à son courage devant l\u2019adversité dans The Happy Prince (2 novembre), aux côtés de Colin Firth et d\u2019Emma Watson.Dans un registre plus intimiste, maîtrisé à la perfection, le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan explore à son tour la solitude de l\u2019écrivain, et plus encore celle de celui en devenir, un enjeu majeur dans Le poirier sauvage (23 novembre).À nouveau, il brode sur ses thèmes récurrents et ses paysages familiers, ceux de tous ses films maintes fois récompensés (Sommeil d\u2019hiver, Il était une fois en Anatolie).Tout pour la musique Un musicien ou une chanteuse sans passion dévorante ne sur vit pas longtemps dans cette jungle, même si la persévérance a aussi un prix.Parlez-en à Maria Callas ou à Christa Päffgen.La première fait l\u2019objet d\u2019un documentaire qui évoque son magnétisme auprès du public et les côtés sombres de cette grande voix du XXe siècle, tout cela avec un florilège d\u2019images d\u2019archives dans Maria by Callas (26 octobre), de Tom Volf, avec Fanny Ardant comme narratrice.La seconde, associée à Andy Warhol et au groupe Velvet Underground, a tenté par tous les moyens de se faire un nom, comme en témoigne Nico, 1988 (31 août), de Susanna Nicchiarelli, dirigeant l\u2019actrice et chanteuse danoise Trine Dy- rholm dans la peau de cette icône allemande pour qui le temps était La saison des passions Des personnages hauts en couleur, plus grands que nature, dans le tourbillon de la vie L\u2019acteur Gilles Lellouche, capable de tous les excès, s\u2019efface derrière la caméra pour plonger dans Le grand bain.STUDIOCANAL Le cinéaste turc Nuri Bilge Ceylan explore la solitude de l\u2019écrivain, et plus encore celle de celui en devenir, un enjeu majeur dans Le poirier sauvage.MEMENTO DISTRIBUTION | 7 R e n t r é e c u l t u r e l l e C i n é m a d \u2019a i l l e u r s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 \u2022 AVEC SIMON BOULERICE ET PLUSIEURS AUTRES ARTISTES \u2022 ATELIERS D'ÉCRITURE POUR LES 6 À 12 ANS \u2022 ACTIVITÉS LITTÉRAIRES INTERACTIVES SAISON 2018-2019 16 SPECTACLES POUR LES JEUNES DE 18 MOIS À 17 ANS COMBINEZ-EN 3 POUR 39 $* * TAXES EN SUS.CERTAINES CONDITIONS S\u2019APPLIQUENT.MAISON THEATRE .COM LES MOTS PARLEURS JOURNÉE PORTES OUVERTES 22 SEPT.2018 À 10 H GRATUIT La passion durassienne Camarades durassiens, vous serez sûrement fébriles (ou anxieux) à l\u2019idée de découvrir La douleur (17 septembre), une adaptation d\u2019Emmanuel Finkiel d\u2019un roman de Marguerite Duras publié en 1985, inspiré de la déportation de son mari, Robert Antelme, un résistant pendant la Seconde Guerre mondiale, et ses efforts pour le retrouver.Œuvre autobiographique pour les uns, fumisterie pour les autres (où Duras s\u2019octroierait le beau rôle), ce n\u2019est pas d\u2019hier que l\u2019auteure de L\u2019amant suscite la controverse.Celle dont l\u2019univers représente toujours un grand défi casse-cou de transposition cinématographique, sauf pour Alain Resnais (Hiroshima mon amour), n\u2019a jamais perdu de son magnétisme.La douleur, adaptation d\u2019Emmanuel Finkiel d\u2019un roman de Marguerite Duras LES FILMS DU LOSANGE compté en cette année fatidique.Les habitués des émissions de Monique Giroux sur Ici Musique connaissent déjà le son de Chilly Gonzales, et pour tous les autres qui n\u2019auraient pas encore ce bonheur, ils pourront s\u2019en délecter dans Shut Up and Play the Piano (5 octobre), un portrait signé Philipp Jedicke sur ce Canadien depuis longtemps citoyen du monde, associé aux artistes les plus différents (Feist, Daft Punk, Drake, qui dit mieux?).Chercher pour se trouver Il suffit d\u2019un instant ou d\u2019un regard pour basculer dans une passion dévorante.Cer tains ont toutefois moins de facilités dans l\u2019abandon, dont ces curieux empotés voulant faire de la nage synchronisée, et sans le physique de l\u2019emploi.Idée amusante d\u2019un film de l\u2019acteur Gilles Lellouche, capable de tous les excès, s\u2019ef façant derrière la caméra pour plonger dans ce Grand bain (2 novembre), et dans lequel Mathieu Amalric et Philippe Katerine se trempent aussi les pieds.Parfois, la passion de vivre s\u2019est éteinte, mais le temps, ou le hasard, peut faire renaître la flamme.C\u2019est sous le ciel de Naples que le cinéaste Gianni Amelio, dont on voyait plus souvent le travail dans les années 1990 (Le voleur d\u2019enfants, Lamerica) fait jaillir La tendresse (7 septembre).Elle semblait d\u2019ailleurs impossible autour d\u2019un vieil avocat grincheux et malade, retrouvant un certain sourire auprès d\u2019une charmante voisine.Pour les relations plus complexes, où l\u2019on cause de l\u2019amour aussi souvent qu\u2019on le fait, rien ni personne n\u2019éclipse Christophe Honoré (Les chansons d\u2019amour, La belle personne), le chantre d\u2019une certaine jeunesse pas si différente de celle des films d\u2019Éric Rohmer.Plaire, aimer et courir vite (19 octobre), voilà qui ressemble à un trait dominant de son œuvre, sans bien sûr oublier l\u2019élégance typiquement parisienne.Une que l\u2019on ne risque jamais de croiser dans le monde de Christophe Honoré, c\u2019est Laure (Diane Rouxel), prête à tout pour gravir les échelons dans la marine française.Volontaire (12 octobre), d\u2019Hélène Fillières, décrit cette pénible ascension, freinée par un commandant intraitable, incarné par le toujours impérial Lambert Wilson.Monia Chokri vient tout juste de terminer le tournage de son premier long métrage de fiction, mais l\u2019actrice continue d\u2019être sollicitée, ici comme en Europe.Elle se glisse cette fois dans la peau d\u2019une Parisienne que plus rien ne passionne, au point de vouloir en finir, croyant qu\u2019après l\u2019âge de 35 ans commence une déchéance inéluctable.Ça, c\u2019était avant qu\u2019un employé des pompes funèbres ne vienne à sa rescousse, et d\u2019une étrange manière, dans Emma Peeters (novembre), de la cinéaste belge Nicole Palo.La passion se cache vraiment n\u2019importe où. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e T h é ât r e à M o n t r é a l 8 | MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR La saison théâtrale d\u2019automne ne recule pas devant quelques questions sociales, politiques ou économiques qui agitent notre époque.Parallèlement, on assiste à un certain retour du répertoire québécois des décennies 60 et 70, à l\u2019instar de Les fées ont soif, qui sera revisitée au Rideau Vert.Panorama en douze coups de théâtre.Guerres et paix C\u2019est le sujet chaud du début de saison, trois pièces très attendues en septembre tournant autour de l\u2019éternel problème des conflits armés entre humains.Dans Le reste vous le connaissez par le cinéma, à l\u2019Espace Go, le formidable auteur anglais Martin Crimp s\u2019est approprié Les Phéniciennes d\u2019Euripide.Christian Lapointe met en scène cette lutte fratricide commentée par un chœur féminin.Oslo, de l\u2019Américain J.T.Rogers, raconte les tractations en coulisse ayant mené aux accords de 1993 entre deux ennemis : Israël et l\u2019OLP.Édith Patenaude monte ce thriller, maintes fois primé en 2017, chez Jean-Duceppe.Après son stimulant Dans la solitude des champs de coton, en 2016, le metteur en scène français Roland Au- zet revient au Théâtre Prospero avec Écoutez nos défaites END.Une adaptation d\u2019un roman de Laurent Gaudé, avec Gabriel Arcand.La parole libérée Quelques bons échos nous sont parvenus des Barbelés, ce nouvel opus d\u2019Annick Lefebvre (J\u2019accuse) créé l\u2019automne dernier au Théâtre de la Colline, à Paris, par Alexia Bürger \u2014 auréolée depuis par le succès de sa pièce Les Hardings.Un solo écrit pour la comédienne Marie-Ève Milot.Dès le 4 septembre, au Théâtre de Quat\u2019Sous.Humanité à la dérive Golgotha Picnic de l\u2019Espagnol Rodrigo García, qui met en vedette un Christ contemporain, a suscité des manifestations de catholiques lors de sa création en France en 2011.Angela Konrad s\u2019empare de cette critique de la société de consommation et l\u2019adapte pour une distribution majoritairement féminine (Sylvie Drapeau, Dominique Quesnel, Lise Roy).Du 18 au 29 septembre, à l\u2019Usine C.Classiques français revisités Une création sur une création : dans Candide ou l\u2019optimisme, Pierre-Yves Lemieux montre la mise au monde du fameux conte philosophique par Voltaire (incarné par le brillant Emmanuel Schwartz) et son entourage.Alice Ronfard dirige cette production du Théâtre du Nouveau Monde (TNM).Avec Prouesses et épouvantables digestions du redouté Pantagruel, Gabriel Plante, lui, s\u2019attaque à Rabelais et à son «hénaurme» univers satirique.Avec Paul Ahmarani, Nathalie Claude, Renaud Lacelle-Bourdon, Cynthia Wu- Maheux sur la scène du Théâtre De- nise-Pelletier, c\u2019est prometteur.Le chiffre de l\u2019automne Poursuivant sa théâtrographie écrite en collaboration avec les interprètes, Mani Soleymanlou change toutefois de génération avec Neuf.L\u2019auteur d\u2019Ils étaient quatre crée ici avec un quintette expérimenté: Henri Chassé, Pierre Le- beau, Marc Messier, Mireille Métellus et Monique Spaziani, qui jouent un groupe d\u2019acteurs.Dès le 25 septembre, au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Tribunal populaire Après Pour réussir un poulet, la nouvelle création de Fabien Cloutier, Bonne retraite, Jocelyne, s\u2019attaque à la «culture du vide», aux jugements expéditifs et à l\u2019ignorance.Le mordant dramaturge y orchestre une réunion familiale qui vire au tribunal populaire.Dès le 9 octobre, à La Licorne.Un nouveau chez Tremblay Bonjour, là, bonjour est, étonnamment, la première incursion de Claude Poissant chez le dramaturge québécois.Le metteur en scène monte cette œuvre de 1974 sur un amour interdit et les carences de la communication, avec une forte distribution : Sandrine Bisson, Francis Du- charme, Diane Lavallée, Mylène McKay, Gilles Renaud\u2026 Dès le 7 novembre, au Théâtre Denise-Pelletier.Les débats sont ouverts Le nouveau sujet auquel s\u2019attaque Por te Parole (J\u2019aime Hydro) s\u2019annonce d\u2019une grande pertinence.En cette ère de polarisation idéologique croissante, la compagnie documentaire a orchestré des débats autour de thèmes polémiques (ici, accommodements raisonnables et féminisme) entre des individus d\u2019opinions et de cultures diverses.Des échanges que recréent des comédiens (dont Pascale Bussières) sur scène dans L\u2019Assemblée.On pourra aussi voir une version anglophone du prometteur concept, inspiré de participants et de sujets dif férents.Dès le 13 novembre, à l\u2019Espace Go.Amours russes Tchekhov était déjà l\u2019inspirateur du spectacle qui a révélé Angela Konrad à Montréal, Variations pour une déchéance annoncée.Cette fois, la prolifique créatrice utilise la première pièce, inachevée, du grand dramaturge russe afin d\u2019examiner la part d\u2019ombre des relations amoureuses à travers la « reconstitution d\u2019un meurtre passionnel » dans Platonov, amour, haine et angles morts.Dès le 20 novembre, au Théâtre Prospero.#MeToo Quatre années après sa riche Tribus, montée à La Licorne, Frédéric Blan- chette renoue avec l\u2019intéressante au- teure anglaise Nina Raine dans Consentement.Axée sur deux couples d\u2019avocats qui voient leur vie privée s\u2019engluer dans l\u2019ambiguïté des Des mots sur un présent agité Les scènes montréalaises vont vibrer au gré des questions sociales, politiques et économiques Angela Konrad adapte une critique de la société de consommation pour une distribution majoritairement féminine.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR rapports humains, des concepts de vérité et de consentement sexuel, cette «tragicomédie» créée tout juste l\u2019an dernier ne pourrait être d\u2019une plus brûlante actualité.Dès le 2 décembre, au Théâtre Jean-Duceppe.Doublé Marcel Dubé Qui s\u2019attendait à voir deux pièces de ce pionnier de la dramaturgie québécoise à l\u2019automne 2018 ?Au TNM, Benoît Vermeulen monte le rare Bilan, l\u2019œuvre de 1960 avec laquelle Dubé a amorcé sa critique du monde bourgeois.Avec notamment Sylvie Léonard et Guy Jodoin.Et dans une rencontre artistique des plus intrigantes, Christian Lapointe dirige onze jeunes diplômés de l\u2019École nationale dans une relecture de cette charge sociale qu\u2019est Les beaux dimanches.À La Chapelle.Pauline Julien et Gérald Godin Coïncidence : deux spectacles font revivre le mythique couple d\u2019artistes engagés.On verra à Fred-Barry Je cherche une maison qui vous ressemble, une création de Marie-Christine Lê-Huu, dirigée par Benoît Vermeu- len.Et au Studio d\u2019Espace Libre, Je ne te savais pas poète s\u2019appuie sur la correspondance passionnelle entre la chanteuse et le ministre.| 9 R e n t r é e c u l t u r e l l e T h é ât r e à M o n t r é a l L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 ABONNEZ-VOUS AU THÉÂTRE DENISE-PELLETIER À LA SALLE FRED-BARRY JE CHERCHE UNE MAISON QUI VOUS RESSEMBLE \u2014 À LA MÉMOIRE DE PAULINE JULIEN ET GÉRALD GODIN LA PLACE ROUGE LA CONVIVIALITÉ TEMPS ZÉRO AVANT L\u2019ARCHIPEL LES COLEMAN-MILLAIRE- FORTIN-CAMPBELL LASCAUX UNE MAISON DE POUPÉE HARMATTAN \u2014 POUR QU\u2019IL Y AIT UN DÉBUT À VOTRE LANGUE LE SCRIPTARIUM 2019 PROUESSES ET ÉPOUVANTABLES DIGESTIONS DU REDOUTÉ PANTAGRUEL D\u2019après l\u2019oeuvre de François Rabelais Texte et adaptation Gabriel Plante Mise en scène Philippe Cyr BONJOUR, LÀ, BONJOUR De Michel Tremblay Mise en scène Claude Poissant FANNY ET ALEXANDRE De Ingmar Bergman Traduction Lucie Albertini et Carl Gustaf Bjurström Mise en scène et adaptation Félix-Antoine Boutin et Sophie Cadieux LA SOCIÉTÉ DES POÈTES DISPARUS De Tom Schulman* Traduction Maryse Warda Mise en scène Sébastien David BILLETS, ABONNEMENTS ET FORFAITS DENISE-PELLETIER.QC.CA BILLETTERIE 514 253-8974 artenaire de saison * DEAD POETS SOCIETY (LA SOCIÉTÉ DES POÈTES DISPARUS) BY TOM SCHULMAN / BASED ON THE TOUCHSTONE PICTURES MOTION PICTURE / WRITTEN BY TOM SCHULMAN / ORIGINALLY PRODUCED AT CLASSIC STAGE COMPANY / BY SPECIAL ARRANGEMENT WITH ADAM ZOTOVICH / ARTISTIC DIRECTOR : JOHN DOYLE / MANAGING DIRECTOR : JEFF GRIFFIN Banque et théâtre Peu exploré au théâtre, le monde de la finance est l\u2019objet de deux spectacles, qui touchent de différentes façons à la crise économique de 2008.Et à la faillite de la banque Lehman Brothers.Remontant jusqu\u2019à la fondation de cette entreprise, Chapitres de la chute retrace les sources du capitalisme moderne.Dans cette saga de quatre heures, l\u2019Italien Stefano Massini \u2014 directeur du réputé Piccolo Teatro de Milan \u2014 brosse une histoire de l\u2019Amérique.Un duo de metteurs en scène hot, Marc Beaupré et Catherine Vidal, monte l\u2019ambitieux projet au Quat\u2019Sous, à la mi-octobre.«Fiction documentaire » primée, L\u2019art de la chute explore le marché de l\u2019art.Lors de la création à Québec, au printemps 2017, notre collègue Simon Lambert saluait la «profondeur remarquable » de cette création collective dirigée par Jean-Philippe Joubert.Dès le 11 septembre, à La Licorne.La nouvelle création de Fabien Cloutier, Bonne retraite, Jocelyne, s\u2019attaque à la « culture du vide », aux jugements expéditifs et à l\u2019ignorance.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Mani Soleymanlou poursuit sa théâtrographie avec Neuf.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e T h é ât r e à Q u é b e c 1 0 | SIMON LAMBERT À QUÉBEC COLLABORATEUR LE DEVOIR Le théâtre occupe-t-il une place importante dans la vie de la cité ?Isabelle Hubert et Olivier Lépine, entre autres créateurs à l\u2019af fiche cet automne à Québec, sont de ceux qui cherchent à offrir des créations bien ancrées dans leur époque, comme une façon d\u2019infléchir la réponse vers la positive.Pour ce qui est de déterminer s\u2019il parvient présentement à occuper une place importante, Lépine se fait toutefois tranchant : « C\u2019est sûr que non.» Le théâtre peine à s\u2019imposer, notamment devant l\u2019écran et ses commodités.Et les conditions de création empêchent souvent les créateurs de livrer des pièces à la hauteur de leurs ambitions.Celui qui ouvre la saison du Périscope avec Chapitres de la chute, saga des Lehman Brothers, un specta- cle-fleuve retraçant la naissance du Un théâtre ancré dans son temps L\u2019automne offre son lot de pièces critiques de leur époque sur les scènes de la capitale nationale capitalisme, ne désespère quand même pas de présenter des spectacles bien en phase avec l\u2019air du temps \u2014 visiblement, le texte de l\u2019Italien Stefano Massini tombe à point, lui qui sera aussi monté en octobre au Quat\u2019Sous dans une direction de Marc Beaupré et Catherine Vidal.Isabel le Huber t par tage le même désir de mieux cerner son époque : son texte Le baptême de la petite, sur le mode de l\u2019humour cer tes, remettra en question fin octobre la religion et la tradition, à l\u2019heure de l\u2019ouver ture au monde.L\u2019automne multiplie toutefois les titres désireux de prendre notre monde à bras-le-corps.Just In, de Lucien Ratio, ouvre à Premier Acte avec une plongée dans la politique-spectacle.Le Manifeste de la Jeune-Fille, d\u2019Olivier Choinière, offrira en octobre son assaut vitriolique sur la mise en scène du sujet, alors que Baby-Sitter, de Catherine Léger, en novembre, cherchera ses résonnances dans la misogynie, dont l\u2019actualité trace tranquillement les contours.Un projet comme Constituons !, que lance Christian Lapointe ces jours-ci, porte par ailleurs de façon paroxystique le besoin de reconnecter le théâtre à son environnement.Sur la question initiale, Olivier Lépine risque néanmoins une autocritique : « Je pense que la grande part de responsabilité de son occupation trop peu grande dans la cité revient aux artisans du théâtre.Je trouve que, des fois, on a peur.On a peur de br usquer les gens, on a peur que ça les choque ; on a peur Côté répertoire Si la question des mandats des quatre principales institutions théâtrales de Québec peut faire débat dans le milieu, l\u2019année s\u2019ouvre avec une distinction cette fois plus marquée entre création et répertoire, alors que le Trident et La Bordée offrent des automnes plus ancrés dans les textes établis.L\u2019un et l\u2019autre fixent le rendez-vous au 18 septembre pour l\u2019ouverture de saison : le premier avec Le vrai monde ?, de Tremblay, dans une mise en scène de Ma- rie-Hélène Gendreau, le second avec La réunification des deux Corées, du Français Joël Pommerat, ici dans une mise en scène du directeur artistique Michel Nadeau.La saison suivra en novembre au Trident avec La détresse et l\u2019enchantement, les mots de Gabrielle Roy portés par Marie-Thérèse Fortin dans une mise en scène d\u2019Olivier Kemeid, alors que La Bordée proposera The Dragonfly of Chicoutimi, de Larry Tremblay, fin octobre, dans une direction de Patric Saucier. | 1 1 R e n t r é e c u l t u r e l l e T h é ât r e à Q u é b e c L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Olivier Lépine ira à la source du capitalisme, en septembre, alors qu\u2019Isabelle Hubert remettra en question la religion et la tradition, fin octobre.Les spectacles seront tous deux présentés au Périscope.FRANCIS VACHON LE DEVOIR que ce soit trop difficile, que ce soit trop banal.Et on ne franchit pas ce mur-là de la crainte.» Nouvelle donne Cette question de l\u2019audace des créateurs, aujourd\u2019hui, se pose toutefois de façon bien singulière.Dans le sillage des scandales qui ont occupé l\u2019été, Isabelle Hubert, dont Le cas Joé Ferguson défrayait la chronique en décembre dernier pour une cigarette fumée sur scène, ose même parler d\u2019un «nouveau monde avec lequel les artistes doivent désormais composer» : « Il y a maintenant une pression sur une pièce de théâtre, elle doit aborder tous les points de vue ; un peu comme un documentaire, plus que comme une œuvre de fiction.» « Le danger, c\u2019est que ça devienne un théâtre beige », poursuit Olivier Lépine, dont Chapitres de la chute\u2026 raconte la destinée d\u2019une famille juive, entre autres potentiels sensibles.« Avant, on pouvait se dire : \u201cÇa va faire jaser, ça va créer la discussion\u2026 c\u2019est merveilleux : c\u2019est une des choses qu\u2019on souhaite du théâtre.\u201d Là, on dirait que la discussion qu\u2019on souhaite à la fin de la pièce, disons qu\u2019on l\u2019a surtout en amont, entre créateurs.» « À une époque plus ouver te, conclut Isabelle Hubert, oser demandait moins de courage ; mais là, effectivement, ça va en demander de plus en plus.» ENTREVUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR En 2015, la metteure en scène Marie- Hélène Da Silva téléphone à Élise Turcotte et lui propose d\u2019écrire des poèmes sur un projet musical pour les enfants dans lequel il est question des dif férentes étapes de la métamorphose d\u2019un papillon.La poète accepte avec plaisir, mais, à force d\u2019écriture et d\u2019inspirations, l\u2019idée de dépar t se transforme, change de peau et devient Nocturne\u2026 En plein sous l\u2019astre de midi.« Ce que j\u2019ai fait au début, ça a été d\u2019écouter toute la musique de Georges Forget, qui est une musique très contemporaine, électroa- coustique » raconte l \u2019auteure de Guyana jointe par Le Devoir.L\u2019idée de faire une pièce plus traditionnelle lui est apparue alors impossible.D\u2019autant plus qu\u2019au moment de l\u2019écriture, elle était envahie par l\u2019exposition éclatée du sculpteur David Altmejd qu\u2019elle venait tout juste de voir : « C\u2019est une immense salle remplie de miroirs, d\u2019animaux, de loups-garous, toutes sortes d\u2019affaires qui se transforment.Et ça transparaît dans mes poèmes.» Dans une mise en scène très éclectique, combinant effets visuels, ombres, poésie et musique \u2014 qui est un personnage en soi \u2014 Nocturne\u2026 En plein sous l\u2019astre de midi raconte ainsi de façon métaphorique l\u2019histoire d\u2019un petit garçon en deuil de son grand frère.«Tout se passe en une nuit dans le texte, dans l\u2019histoire, sur la scène.Le personnage va traverser sa nuit d\u2019insomnie et apprendre comment transformer son deuil en quelque chose de plus lumineux, passer de l\u2019obscurité au jour.» Le thème de la mort est revenu, comme ça revient souvent dans mes textes, poursuit Élise.« Je n\u2019étais pas capable de l\u2019enlever parce que, pour se transformer, il faut en quelque sorte mourir.Alors, le fantôme du frère lui apparaît pendant la nuit.C\u2019est lui qui va venir dérouler tous les liens du deuil qui le maintiennent triste.» Il faut dire que l\u2019au- teure a vécu le deuil d\u2019un de ses neveux il y a quelques années.Il revenait lui parler, raconte-t-elle.Ce qui a nourri son écriture ici.De l\u2019enfance à l\u2019adolescence Si l\u2019acceptation de la mort est centrale dans cette trame poétique, le second niveau de lecture permet de mettre en lumière le passage de l\u2019enfance à l\u2019adolescence, de cette ouverture sur le monde.À la fin de la pièce, le personnage dit : «C\u2019est le tableau que je peins ce matin, ce jour après le noir, où je me suis inventé.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e T h é ât r e j e u n e s s e 1 2 | Une nuit pour se retrouver Le spectacle poétique d\u2019Élise Turcotte explore le passage de l\u2019enfance à l\u2019adolescence Au calendrier pour petits et grands Pour les préadolescents, le théâtre des Gros Becs à Québec présente Conte du Soleil, une toute nouvelle création du Théâtre des Confettis.Dernier volet d\u2019une trilogie écrite par Philippe Soldevila, cette pièce permet une rencontre intergénérationnelle et intercultu- relle.À voir en novembre.Le Projet Mû offre pour sa part Petite sorcière, un thriller fantastique écrit par Pascal Brullemans et mis en scène par Nini Bélanger, dans lequel une sorcière affronte un ogre dévoreur.Élément singulier, la pièce est offerte en deux formes : en solo pour les petits de 6 à 9 ans et en quatuor \u2014 avec quatre comédiens \u2014 pour les plus grands.Ce sera à la Maison Théâtre en novembre.Les adolescents ne seront pas en reste, notamment avec Avant l\u2019archipel, un conte d\u2019Emily Pearlman qui plonge avec humour et improvisation les spectateurs dans la houle des premiers émois amoureux.Une présentation du Théâtre de la Catapulte en coproduction avec l\u2019Irréductible petit peuple et le Théâtre français de Toronto.En décembre au théâtre Denise-Pelletier.Les jeunes pourront aussi découvrir la danse avec Vraiment doucement, un spectacle de Victor Qui- jada mêlant ballet, culture hip-hop et danse contemporaine, dans lequel dix danseurs incarnent la révolte.Au théâtre Maisonneuve en décembre.Et pour les tout-petits, Sarah Migneron signe Mots de jeux, un spectacle ludique mêlant danse, chant et poème avec lesquels les comédiens valseront pour faire découvrir les mots du quotidien.À la Maison Théâtre en novembre.La poète Élise Turcotte a pondu une œuvre kaléidoscopique et multidisciplinaire pour ouvrir les jeunes à l\u2019art.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Turcotte raconte « qu\u2019il comprend s\u2019être inventé lui-même à travers le noir et le deuil.Il sait qu\u2019il va sortir de sa chambre que, derrière la fenêtre, il y a un monde à découvrir ».Le spectacle n\u2019est ni un recueil de poèmes, ni une pièce de théâtre, ni un concer t, ni même une exposition, explique Élise Turcotte.« Non, c\u2019est tout ça à la fois ! C\u2019est une œu- vre d\u2019ar t.C\u2019est comme si on était dans une petite boîte et qu\u2019on se retrouvait avec le jeune garçon dans sa nuit d\u2019insomnie où tout se transforme, se met à bouger, comme dans un kaléidoscope.» Sans vouloir appor ter quelque chose de précis aux jeunes, la poète espère surtout que la pièce sera pour eux une ouverture à l\u2019art.Nocturne\u2026 En plein sous l\u2019astre de midi Texte : Élise Turcotte.Mise en scène: Marie-Hélène da Silva et Kévin Bergeron.Une production du Moulin à musique.À la Maison Théâtre les 20 et 21 septembre.Public cible 12 ans et plus.Le spectacle n\u2019est ni un recueil de poèmes, ni une pièce de théâtre, ni un concert, ni même une exposition, explique Élise Turcotte.« Non, c\u2019est tout ça à la fois ! » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 4 ?26 SEPTEMBRE 2018 THÉÂTRE DE QUAT\u2019SOUS SAISON 18-19 ?CHAPITRES DE LA CHUTE 16 octobre au 3 novembre 2018 SOUVERAINES 20 novembre au 8 décembre 2018 NOIR 22 janvier au 9 février 2019 PREMIÈRE NEIGE / FIRST SNOW 26 février au 23 mars 2019 SCÈNES DE LA VIE CONJUGALE 9 avril au 8 mai 2019 100, AVENUE DES PINS EST, MONTRÉAL 514 845 7277 ?QUATSOUS.COM TEXTE Annick Lefebvre MISE EN SCÈNE Alexia Bürger AVEC Marie-Ève Milot 26$ EN PRÉVENTE jusqu\u2019au soir de la première L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e D a n s e 14 | LES FÉES ONT SOIF 2018 REVUE ET CORRIGÉE «ART» L\u2019ÉDUCATION DE RITA LE SCHPOUNTZ SA I S O N 2 0 1 8 - 1 9 ABONNEZ-VOUS! INFORMATION 514 845-0267 rideauvert @rideauvert @rideauvertof?ciel La rentrée danse ?Elle se démarque par de nombreux regards sur l\u2019intime \u2014 le rapport aux souvenirs, aux racines, au duo \u2014 et par un nombre inédit de créations intégrant les nouvelles technologies.Des propositions qui flirtent avec la réalité virtuelle, l\u2019idée du corps augmenté, la géolocalisation, la projection vidéo architecturale ou la vidéoprojection en temps réel.Qu\u2019est-ce qui entre en jeu quand danse et nouvelles technologies se rencontrent ?Que devient le corps, la chorégraphie ?Discussion(s), avec trois chorégraphes à la fibre artistico-geek.CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Coïncidence ?Air du temps?Il y aura cet automne Isabelle Van Grimde à l\u2019Agora de la danse et le déploiement en trois temps, du Web au théâtre, de son Eve 2050.Line Nault, à la même enseigne, jouera dans Super- Super de mots et de codages, de systèmes et de flux génératifs.À Tangente, la chorégraphe Margherita Bergamo présentera une autre Eve (la danse est un espace sans lieu), faisant bouger quelques spectateurs greffés de lunettes, pris à la fois dans une réalité vir tuelle et sur scène.Côté vidéo, Caroline Laurin-Beau- cage projettera en très, très grand, dans le Quartier des spectacles, son Rebo(u)nd ; Dave St-Pierre, à l\u2019Usine C, intégrera encore dans Néant 360 des vidéos d\u2019Alex Huot.« Une des questions, quand on parle d\u2019intégration des nouvelles technologies à la danse, c\u2019est ce à quoi on se réfère exactement », se demande de son côté le chorégraphe et interprète Stéphane Gladyszewski.« La vidéo existe depuis les années 1980, le projecteur et l\u2019ordinateur aussi.J\u2019ai l\u2019impression que, dès qu\u2019il y a technologies sur scène, on les considère comme des nouvelles technologies, alors qu\u2019en ce moment elles se trouvent plutôt du côté de la réalité vir tuelle, du traitement de données à grand volume, de la géolo- calisation.Les nouvelles technologies, pour moi, c\u2019est quand il y a un côté inventif dans l\u2019utilisation de technologies multiples, mises ensemble.C\u2019est lié au multimédia.» Si M.Gladyszewski ne présente pas de nouvelle création cette saison, sa signature, depuis ses premières heures universitaires, s\u2019est forgée en utilisant vidéo et technologies.Inspiré par Michel Lemieux et Victor Pilon, il aime ce que les nouvelles technologies peuvent créer d\u2019univers quasi psychédélique.« Ça me fait oublier les limites tangibles, physiques; ça repousse les frontières sensorielles, qui limitent ma façon habituelle de percevoir ; ça dilate ma conception de la réalité ; ça a un grand potentiel d\u2019illusion.C\u2019est une façon d\u2019aller davantage au cœur de la sensation.» Le temps, et l\u2019argent Dès qu\u2019on se tourne en danse vers la technologie, il faut, chose certaine, des moyens.Beaucoup de moyens, dans une discipline considérée de manière générale comme pauvre.Pour le matériel d\u2019abord, de pointe et onéreux.Et pour le temps qu\u2019il faut pour le tester, parfois en présence des interprètes.« On a dû essayer dif férentes lunettes de réalité virtuelle avant de choisir lesquelles utiliser » dans Eve (la danse est un espace sans lieu), explique Margherita Bergamo, pour cette pièce où trois spectateurs plongeront dans un univers virtuel, devenant ainsi partenaire des danseurs sur scène.L\u2019expérience touche ainsi d\u2019autres sens que la vision et l\u2019audition, croit la chorégraphe, qui cherche ici à incarner la réalité virtuelle, à créer des sympathies et empathies entre la copré- sence et le virtuel.«Ensuite, à chaque répétition, il faut connecter des câbles, des routeurs, des matériaux.C\u2019est toujours plus compliqué.» « Le matériel coûte cher, et devient désuet très rapidement.Il faut que ton échéancier soit clair, que tu sois sûr de ta shot quand tu Les mille feuilles technologiques Allier danse et nouvelles technologies demande de la patience et un amour de la complexité Dans Eve 2050, installation- performance d\u2019Isabelle Van Grimde, des caméras infrarouges capteront des images pour en permettre une rediffusion en temps réel.JÉRÔME DELAPIERRE | 1 5 R e n t r é e c u l t u r e l l e D an s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Une présentation DU 18 SEPTEMBRE AU 13 OCTOBRE 2018 TEXTE DE MICHEL TREMBLAY MISE EN SCÈNE MARIE-HÉLÈNE GENDREAU LE VRAI MONDE ?DIRECTION ARTISTIQUE ANNE-MARIE OLIVIER LETRIDENT.COM | 418 643-8131 | À surveiller aussi Le sacre du printemps, de Roger Bernat.Écoutez les consignes soufflées dans les écouteurs pour danser \u2014 ou pas, au choix \u2014 vous- même Le sacre du printemps (1975) de Pina Bausch.À l\u2019Agora de la danse, du 12 au 15 septembre.Néant 360, de Dave St-Pierre.Une performance-fleuve de six heures qui ramène Dave St-Pierre sur le devant de la scène, en solo.À l\u2019Usine C, le 27 octobre.Or, de Sarah Dell\u2019Ava.La chorégraphe poursuit sa recherche hors norme, hors forme, étalant une rencontre intime avec le public sur 4 heures par jour, neuf jours durant, pendant lesquels le spectateur peut y retourner à volonté.À Tangente, du 17 au 22 septembre.Hidden Paradise, de Marc Béland et Alix Dufresne.Une chorégraphie sur l\u2019évasion fiscale?Oui, et les créateurs d\u2019inspirent des discours d\u2019Alain Deneault.À La Chapelle, les 29 et 30 octobre, et du 3 au 6 novembre.Vraiment doucement, de RUBBER- BANDance.Première pièce «grand format», au théâtre Mai- sonneuve, pour le populaire chorégraphe Victor Quijada.À Danse Danse, du 5 au 8 décembre.Les pièces Ground et Rebo(u)nd, présentées en diptyque, explorent les thématiques de gravité et de pulsion, avec un volet multimédia.MONTRÉAL DANSE commences », précise de son côté Stéphane Gladyszewski.Tous les interviewés concluent que la technologie réclame de s\u2019armer de patience.De s\u2019en blinder, même.« Il faut apprivoiser l\u2019outil, se l\u2019approprier, apprendre comment il fonctionne, ses limites, qu\u2019il devienne une extension de soi.Après ça t\u2019impose, par rétroaction, une manière de créer, en redonnant des possibilités, poursuit M.Gladyszewski.« Ça demande des tests, des tests, beaucoup, beaucoup de tests\u2026 C\u2019est un processus beaucoup plus lourd et moins flexible que d\u2019avoir juste un corps en scène.Le rythme que ça impose est autre, et entraîne plus d\u2019étapes de travail.Et tu as plus qu\u2019une partition à prendre en considération.» Une donnée que Mme Bergamo et Isabelle Van Grimde nomment également, et comme étant un facteur excitant, une exigence supplémentaire de concentration qui se déploie en mille couches, sur mille feuilles.« Quand tu veux changer une seule note, c\u2019est problématique », illustre le chorégraphe, « parce qu\u2019il peut y avoir des choses qui ont été coulées dans le béton auparavant et que tu ne peux plus changer \u2014 si tu as déjà filmé tes images vidéo par exemple.» Danseurs + La chorégraphe de Corps secrets n\u2019avait vraiment aucune attirance pour les nouvelles technologies lorsqu\u2019elle a été invitée comme artiste à participer au Centre interdisciplinaire de recherche musique, médias et technologies de McGill.La résidence de trois ans a fait naître deux créations, Duo pour un violoncelle et un danseur et Les gestes, mais aura surtout été un laboratoire extraordinaire pour Isabelle Van Grimde.«C\u2019est un privilège d\u2019être chorégraphe au XXIe siècle, et avec les nouvelles technologies, qui ajoutent beaucoup de complexité.Ça débouche sur le design, sur la science\u2026 Je ne sais pas si j\u2019aurais continué à chorégraphier sans cette ouverture de champ.» La créatrice, qui travaillait déjà en œuvre ouverte, avec des partitions mobiles où les danseurs font des choix (dans l\u2019ordonnancement des sections, par exemple), croit que cette manière est une bonne prédisposition pour l\u2019intégration des technologies ou de l\u2019interactivité.Dans l\u2019installation-performance Eve 2050, caméras infrarouges et ordinateurs camouflés capteront et rediffuseront images et sons en temps réel.« La technologie entraîne des contraintes et des tâches supplémentaires pour les interprètes.Ce sont eux qui déclenchent tout ce qui est image et son.Ils ont, en plus de leur partition chorégraphique, é-nor-mé-ment d\u2019information à gérer, et davantage de responsabilités.Ils ne sont plus simplement exécutants.Dès le moment où les danseurs font des choix, qu\u2019on parle d\u2019œuvre ouverte ou d\u2019intégration des technologies, leur présence, je trouve, devient plus vibrante.Du fait qu\u2019ils déclenchent les effets, ça amplifie leur portée, et le visuel et le son deviennent des extensions de leur corps.On ne le réalise pas encore, mais je crois que ça révolutionne vraiment le travail et les responsabilités de l\u2019interprète dans un spectacle.» Le triptyque SuperSuper, par l\u2019artiste multidisciplinaire Line Nault, allie mouvement dans l\u2019espace et codage.ÉMILIE DUMAIS AGORA DE LA DANSE Dès qu\u2019on se tourne en danse vers la technologie, il faut, chose certaine, des moyens.Beaucoup de moyens, dans une discipline considérée de manière générale comme pauvre. es électriques, des acoustiques.Des pickings, des riffs.Du rock, du coun- try-rock, du folk, du country-folk, du folk indie.Partout, les guitares résonnent.On n\u2019a pas encore entendu le nouvel album de Salomé Leclerc, qui sor t fin octobre, mais la première montréalaise du spectacle qu\u2019annonce le festival Coup de cœur francophone parle de « l\u2019aboutissement d\u2019une évolution vers un ailleurs à la fois plus organique et électrique».Comme dans: guitare électrique.Ton corps est déjà froid, l\u2019album- choc que lançait cette semaine sans prévenir le groupe ad hoc de rock Les Beaux Sans-Cœurs, avec Pierre Lapointe sans piano et quatre as musiciens en formation guitares-basse- batterie comme les Rolling Stones en 1965, n\u2019est pas du tout électro et tout à fait électrique (voire électrisant).Klaus, le projet parallèle de François Lafontaine avec Samuel Joly et Joe Grass, revient aussi à la base du groupe rock de guitares.Catherine Durand va revisiter ses vingt ans de chansons : oui, avec des guitares, beaucoup de guitares.Richard Séguin, guitare en bandoulière mais pas tout seul sur le chemin, proposera Retour à Walden : sur les pas de Thoreau.Jorane et Hugo Perreault, entre autres, tisseront un pont de cordes pour lui permettre d\u2019aller au fond de l\u2019histoire du philosophe, à qui l\u2019on doit l\u2019idée même de la désobéissance civile.Des guitares, il y en aura plein les albums du duo Mountain Daisies (Nouvelle maison, leur premier lotissement de compositions originales), d\u2019Émilie Clepper (un album en français sous la bannière d\u2019Émilie Clep- per et La Grande migration ; c\u2019est Tire le coyote qui réalise), de Pascale Picard (The Beauty We\u2019ve Found, arrangé par Antoine Gratton), et ainsi de suite.Pour le Maladies d\u2019écrans de Vincent Appelby, on promet des « guitares saturées ».Attendu en novembre, le prochain disque de Renée Martel, où il y aura une reprise de Gaston Mandeville, n\u2019ira pas sans belle Martin délicatement grattée.SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Des guitares partout.parmi quelques claviers Salomé Leclerc, Renée Martel, Catherine Durand et même Pierre Lapointe avec ses Beaux Sans-Cœur ont préparé un automne tout en riffs et en pickings L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e D i s q u e s 1 6 | ÉCOUTEZ NOS DÉFAITES END PLATONOV AMOUR HAINE ET ANGLES MORTS Le Groupe de la Veillée et Cie Act Opus Le Groupe de la Veillée et La Fabrik Partenaire de production 10 ?22 SEPT.2018 20 NOV.?15 DÉC.2018 THÉÂTRE PROSPERO THÉÂTRE PROSPERO Partenaire de production D\u2019après Laurent Gaudé M.e.s.et musique : Roland Auzet D\u2019après Anton Tchekhov M.e.s., adaptation : Angela Konrad Avec Gabriel Arcand et Thibault Vinçon Avec : Violette Chauveau, Samuël Côté, Pascale Dr villon, Renaud Lacelle-Bourdon, Debbie Lynch-White, Marie-Laurence Moreau, Diane Ouimet et Olivier Turcotte Richard Séguin s\u2019immerge dans l\u2019univers de Henry David Thoreau, avec Retour à Walden : sur les pas de Thoreau.PEDRO RUIZ LE DEVOIR D | 17 R e n t r é e c u l t u r e l l e D i s q u e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Usine C 2018-19 Salomé Leclerc a décrit son prochain album, que l\u2019on pourra entendre cet automne, comme « l\u2019aboutissement d\u2019une évolution vers un ailleurs à la fois plus organique et électrique ».MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Anniversaires et archives C\u2019était plus que prévisible: on démarre cet automne l\u2019opération fonds de commerce de feu Prince.L\u2019homme aux appellations multiples a amassé des démos, versions et pièces inédites en telle quantité que les fans seront servis jusqu\u2019à la fin des temps (qui n\u2019est peut-être pas si éloignée).Par ailleurs, le cinquantième anniversaire de la parution de l\u2019album double The Beatles (dit « l\u2019album blanc») sera dûment célébré par un coffret où l\u2019on espère enfin obtenir TOUS les dé- mos enregistrés par le quatuor chez George Harrison avant le début des sessions de l\u2019été 1968 : la date de sortie n\u2019est pas encore précisée, mais Sir Paul a confirmé que c\u2019était en chemin.Ce que l\u2019on sait de façon certaine, c\u2019est que le cinquantenaire du moins célébré mais non moins admirable The Kinks Are The Village Green Preservation Society nous vaudra un boîtier «super deluxe» de cinq disques audionumériques, trois 33 tours et autant de 45 tours.Ça fait beaucoup.Beaucoup de musique, et beaucoup de sous.Ma lettre au père Noël est déjà à la poste : on ne sait jamais.Mon cochon de plâtre n\u2019a pas trop confiance : des craquelures de stress sont déjà visibles.Prince CHRIS O'MEARA LA PRESSE CANADIENNE Joseph Edgar, David Marin, Fred Pel- lerin, Thomas Hellman, Florent Vol- lant : tous poursuivront cet automne leur voyage de musique comme on faisait de la drave debout sur des billots.À base de bois.Tout ça alors que le mythique fabricant Gibson est en faillite.Ce qui n\u2019est pas le cas des guitares de chez nous, les Boucher, les Godin, les XXL.Pensez qu\u2019il y a dorénavant une Boucher signature Patrick Norman ! Cela étant, toutes ces guitares reviennent en force dans un monde encore très peuplé de claviers : les nouveaux albums des Ariane Mof- fatt, Koriass, Christine & The Queens et Alaclair Ensemble ne seront pas bluegrass, disons.Le deuxième disque de la phénoménale Jain, le Souldier dont elle nous dévoilait la moitié des titres au dernier FIJM, est très résolument élec- tro.Le prochain Chilly Gonzales sera solo piano.Les plus belles pièces d\u2019Egypt Station, l\u2019album de Paul McCartney dont on promeut la sortie depuis des mois, sont à base de piano.Et notre cher Éric Goulet, homme de guitares s\u2019il en est, offrira fin octobre dans l\u2019ombre de son Monsieur Mono un plein disque joué comme un seul homme, au piano (hanté par des cordes).Le titre est plus qu\u2019évocateur: Le grand nulle part.On ne peut pas tout jouer avec une guitare. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e S p e c t a c l e s 1 8 | AGORA DE LA DANSE 1435, rue De Bleury, Montréal Place-des-Arts Billetterie 514 525-1500 agoradanse.com Le Sacre du printemps 12 > 15 septembre 2018 Eve 2050 19 > 22 septembre 2018 é J é J é © J é © r ô m e m e m e r ô m e ô r ô r ô r ô ô D e l D e l D e D e D e i e a i e a p i e e a p i a p i e a p i e r r e r r e r e r e r e e e © B l © B l e n d a e n d a HORS-SÉRIE 15 $ / billet SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Drôle d\u2019époque, drôle de saison.Ça s\u2019appelle le Fare Thee Well Tour 2018.Entendez : la tournée qui ramènera en septembre la grandissime Joan Baez à Montréal sera très nommément la dernière.Ce sera aussi la der des ders pour Elton John, dont la promenade sur le Yellow Brick Road début octobre af fiche un titre sans équivoque : Final Tour.Messieurs Brian Wilson et Paul McCartney, légendes non seulement vivantes mais vivaces de l\u2019histoire de la musique populaire, nous reviendront également, le premier avec un Greatest Hits Tour qui dit bien ce qu\u2019il dit, le second avec un Freshen Up Tour qui défie l\u2019âge avançant : l\u2019incroyable Paulie fera encore ses trois heures sans boire une goutte d\u2019eau, et nous en serons encore une fois beatlemaniaquement heureux.Pas sûr qu\u2019on le revoie, cependant : la fois d\u2019avant, c\u2019était en 2011, notre svelte végétarien a maintenant 76 ans, faites le calcul.Mais ne présumons pas de la longévité de nos artistes bien-aimés.Gilles Vigneault aura mis le pied (qu\u2019il a bon, comme l\u2019œil) dans sa neuvième Adieux officiels et fins plus ou moins finales Les barouds d\u2019honneur des vétérans de la musique populaire se multiplient, alors que les artistes plus jeunes se réfugient dans les festivals décennie quand on aura le bonheur de vivre en sa compagnie l\u2019intime rencontre intitulée « Parole et musiques » en octobre à la Cinquième salle de la PdA.D\u2019un an son cadet, Hugues Aufray, beau barbu du folksong à franges, promet d\u2019entonner Santiano d\u2019une voix for te lorsqu\u2019il sera le «Visiteur d\u2019un soir» à la Maison symphonique, fin novembre.Survivants N\u2019empêche.La saison des récoltes, c\u2019est le moins que l\u2019on puisse dire, sent la fin des haricots.Annoncées comme telles ou pas, moult visites de vétérans groupes et chanteurs seront selon toute probabilité des adieux.Soulignons par exemple le passage à Montréal de Judas Priest, qui se fera sans Glenn Tipton, affligé de la maladie de Parkinson.Renchérissons avec Phil Collins, qui ne peut plus jouer de la batterie mais qui reprend néanmoins du service au micro (fiston of ficiera derrière les peaux).Tapons sur le clou en mentionnant la soirée au Club Soda du Carl Palmer ELP Legacy, où le batteur est le seul sur vivant du groupe prog qui attira il y a quatre décennies un plein Stade olympique de fans extatiques.Dans le même registre, le retour inespéré de Gong avec Steve Hillage n\u2019aura pas lieu vingt fois : précipitez- vous en novembre au même Soda, c\u2019est l\u2019occasion ou jamais.Pareil pour les férus de punk : les rendez-vous avec Violent Femmes et Public Image Limited pourraient être des barouds d\u2019honneur.Revenants Revenants éternels, les Roger Hodg- son et Chris de Burgh fouleront également nos planches.Les survivants du groupe Chicago itou.Ajoutons la «soirée avec Simple Minds » au MTe- lus ou la bringue « Lost 80\u2019s Live » à la Place Bell de Laval (incluant A Flock Of Seagulls, Men Without Hats, Wang Chung et assimilés), et la revoyure de Boy George et son Culture Club : le circuit de la perpétuation est de plus en plus embouteillé.Curieusement, tous ces ar tistes condamnés à regarder dans le rétroviseur me semblent bien plus vieux qu\u2019un Steve Earle, cer tes septuagénaire, Le Fare Thee Well Tour 2018, la tournée qui ramènera en septembre la grandissime Joan Baez à Montréal, sera très nommément la dernière.FABRICE COFFRINI ASSOCIATED PRESS | 19 R e n t r é e c u l t u r e l l e S p e c t a c l e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Entre les branches, on chuchote le nom d'un homme d'affaires bien connu de la région comme acquéreur potentiel.C\u2019est d\u2019ailleurs la première fois de toute son existence que cet emblème local serait disponible à l\u2019achat.ARTICLE INSPIRÉ DE LA PIÈCE LA QUEENS\u2019 de Jean Marc Dalpé À La Grande Licorne Du 15 janvier au 23 février Dans ce puissant récit aux échos identitaires \u2013 un thème récurrent dans son œuvre \u2013 l\u2019auteur Jean Marc Dalpé nous il se débarrasser du poids de son passé pour mieux avancer ou, au contraire, rester attaché à son héritage par respect pour ses origines ?Jean Marc Dalpé nous livre ici son plus récent texte, qu\u2019il a poète, romancier, traducteur et comédien, il a signé des pièces marquantes produites par La Manufacture dont et Rainville, son grand complice de création, qui signait la mise en scène de ces deux pièces et qui a récemment réalisé celle de TEXTE Jean Marc Dalpé MISE EN SCÈNE Fernand Rainville AVEC David Boutin, Marie-Thérèse Fortin, Alice Pascual, Dominique Quesnel ET Hamidou Savadogo ASSISTANCE À LA MISE EN SCÈNE Jean Gaudreau SCÉNOGRAPHIE Patricia Ruel COSTUMES Mireille Vachon LUMIÈRES André Rioux MUSIQUE Larsen Lupin DIRECTION ARTISTIQUE DU SPECTACLE Jean-Denis Leduc PARTENAIRE DE L A CAMPAGNE D \u2019ABONNEMENT ABONNEZ-VOUS! À gauche : Helena Deland se produira au Mile Ex End.À droite : Koriass présentera sa première montréalaise, mais l\u2019idée même d\u2019une première devient de plus en plus ruineuse, et l\u2019on parle plus souvent maintenant de lancement- spectacle.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR / GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR lequel n\u2019est surtout pas un «nostalgia act », comme on dit chez les promoteurs : son plus récent album So You Wannabe an Outlaw en est la puissante démonstration.Ce baroudeur impénitent est de la race des Neil Young: quand il se produira au MTe- lus avec ses Dukes, ce sera pour jouer très intensément au présent.Ah oui, il y aura aussi l\u2019opéra rock Notre-Dame de Paris, dont on voudrait bien faire l\u2019événement de la saison.Ce n\u2019est jamais qu\u2019une reprise, qui accuse son âge.Ça lui fait combien de printemps, au fait, à cet intemporel Victor Hugo?À peine 216 ans.À eux trois, les Luc Plamondon, Richard Coc- ciante et Gilles Maheu n\u2019atteignent pas ce chiffre vénérable (214 au total).C\u2019est la cathédrale elle-même qui les bat tous : à 855 printemps, on peut penser que les vieilles pierres vont continuer d\u2019enterrer tout le monde.Aspirants Bien sûr qu\u2019il y aura des jeunes et presque jeunes ar tistes à l\u2019af fiche dans les mois qui viennent : impossible de ne pas constater que ce sont sur tout les festivals qui nous les proposeront : Mile Ex End (Eddy de Pretto, Hubert Lenoir, Helena Deland), Pop Montréal (Lydia Képinski, Socalled, Zola Jesus, SOPHIE, parmi plusieurs dizaines d\u2019autres) et Coup de cœur francophone (le mystérieux spectacle de Philippe B & The Alphabet, notamment).C\u2019est quand même dire que les artistes consacrés, à l\u2019auditoire fidélisé, sont de plus en plus les seuls qui peuvent, sans le concours d\u2019événements annuels, prendre le risque de se produire dans de grandes salles.Oui, les Koriass, Cœur de pirate, Éric Lapointe et Safia Nolin présenteront des premières mont- réalaises, mais l\u2019idée même d\u2019une première devient de plus en plus ruineuse, et l\u2019on parle plus souvent maintenant de lancement-spectacle.Que toutes ces considérations n\u2019enlèvent rien au plaisir, qu\u2019il s\u2019agisse de Wanda Jackson à Pop Montréal autant que de Drake ou Gorillaz au Centre Bell, Jack White à la Place Bell de Laval ou Christine & The Queens au MTelus, voire Brigitte Boisjoli chantant Plamondon à Maisonneuve : on peut ravir ou décevoir à tous âges, et vos préférés ne sont pas nécessairement les miens.Nous vivons néanmoins une fin d\u2019époque, laquelle s\u2019étalera sur une bonne quinzaine d\u2019années encore : les idoles, héros, champions du baby-boom ont la vie dure.Et souvent un feu sacré inextinguible.Pendant qu\u2019il est encore temps Voici, par ordre d\u2019importance sur ma feuille de pointage, dans la plus parfaite subjectivité, les dix légendes très vivantes qu\u2019il faut avoir vues sur scène au moins une fois dans sa vie, et qui seront à Montréal ou pas loin d\u2019ici Noël.1.Paul McCartney au Centre Vidéotron le 17 septembre; au Centre Bell le 20.2.Joan Baez à la Maison symphonique de la PdA le 17 septembre.3.Wanda Jackson au Fairmount le 29 septembre.4.Elton John au Centre Bell le 4 octobre.5.Gilles Vigneault à la Cinquième salle de la PdA les 5 et 6 octobre.6.Steve Earle & The Dukes au MTelus le 18 septembre.7.Hugues Aufray à la Maison symphonique le 24 novembre.8.Steve Martin et Martin Short à la salle Wilfrid-Pelletier de la PdA.9.Zachary Richard en solo à L\u2019Astral le 3 novembre.10.Marianne Trudel et Karen Young : «Portraits : chansons de Joni Mitchell », à L\u2019Astral le 26 octobre. est dans un souf fle continu, après une Virée classique reportée à la fête du Travail, que l\u2019Orchestre symphonique de Montréal ouvrira la saison 2018-2019 le 6 septembre avec le Boléro et Le sacre du printemps.Que de noms! Rafael Payare, James Feddeck, Christoph Eschenbach, Juraj Valcuha.François-Xavier Roth, David Afkham, Alain Altinoglu\u2026 Nous n\u2019avions pas vu tant de saine diversité au pupitre de l\u2019OSM depuis douze ans.Même si tous ces chefs ne sont pas candidats à la succession de Kent Nagano, le vent frais donné à la saison 2018-2019 est très appréciable.L\u2019orchestre, qui tournera dans le Grand Nord en septembre et se prépare à séduire l\u2019Europe en mars, renouera avec Fred Pellerin pour son conte de Noël et a invité, le 18 décembre, Paul McCreesh à présenter Le Messie.Kent Nagano dirigera, lui, la Messe en si de Bach les 4 et 5 décembre, chose intéressante car l\u2019œuvre pourra être entendue avec Matthias Maute en janvier et avec Bernard Labadie en mai 2019.Le soliste à ne pas manquer à l\u2019OSM sera Martin Helmchen dans le Concer to pour piano de Schumann, les 29 et 30 novembre.Yannick Nézet-Séguin ouvrira, les 4 et 6 octobre, la saison de l\u2019Orchestre Métropolitain avec Nicholas Angelich pour un double projet d\u2019intégrale : les quatre Concertos pour piano de Rach- maninov en concert sur deux saisons (Concertos nos 3 et 4 cette année) et les symphonies de Sibelius au disque pour ATMA.Le dimanche 28 octobre, la basse Ildar Abdrazakov donnera un concert à la suite de l\u2019enregistrement de son second CD pour DG à Montréal.Autre belle idée du Métropolitain : l\u2019invitation faite à Alexander Shelley de diriger l\u2019orchestre début décembre, juste avant la venue d\u2019Hélène Grimaud, le 21 décembre, dans le concerto de Schumann, Yannick Nézet-Séguin dirigeant la 9e Symphonie de Mahler.Il faut chérir la venue de la pianiste L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e C l a s s i q u e à M o n t r é a l 2 0 | CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Alain Altinoglu (ci-dessus), Rafael Payare (ci-dessous), James Feddeck, Christoph Eschenbach, Juraj Valcuha, François-Xavier Roth, David Afkham\u2026 Nous n\u2019avions pas vu autant de saine diversité au pupitre de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal depuis 12 ans.MARCO BORGGREVE ASKONAS HOLT C\u2019 Pléthore et renouveau La recherche d\u2019un successeur à Kent Nagano apporte un vent frais dans les concerts orchestraux française, car les musiciennes seraient assez peu en vedette cet automne si I Musici ne veillait pas au grain avec un programme conçu comme un « voyage ardent au cœur de l\u2019identité féminine», le 21 octobre à la Maison symphonique, et si Marie- Nicole Lemieux n\u2019ouvrait la saison de la Salle Bourgie, le 14 septembre.La programmation la plus courageuse de l\u2019automne à Bourgie, ce sont les journées Couperin (du 18 au 24 octobre) pour le 350e anniversaire de la naissance du compositeur, avec, en vedette, la venue de Christophe Rousset, puis celle d\u2019Edward Higginbottom dirigeant le Studio de musique ancienne.L\u2019intégrale des Cantates de Bach aura pour invité d\u2019honneur, le 28 octobre, Fabio Bo- nizzoni et La Risonanza.Cet « An 5 » sera entamé le 30 septembre par Les Idées heureuses dirigées par\u2026 Nicolas Ellis ! «Figaro-ci, Figaro-là.» : à ce rythme, en tel homme à tout faire, Nicolas Ellis va finir capitaine des Canadiens de Montréal ! On retrouvera à la salle Bourgie, le 18 novembre, le projet de Voyage d\u2019hiver de Schubert en version klezmer que Philippe Sly avait présenté cet été au Domaine Forget.Philippe Sly ouvrira également la saison du Ladies\u2019 Morning, dès le 8 septembre.Ce club musical accueillera par la suite Marc- André Hamelin, le Quatuor Belcea et Pieter Wispelwey, alors que Pro Mu- sica fêtera ses 30 ans le 27 septembre à la salle Pierre-Mercure, avant d\u2019aligner ses têtes d\u2019af fiche dans la seconde partie de saison.Bach : valeur sûre C\u2019est le Festival Bach qui nous fera venir les monuments : Yo-Yo Ma au violoncelle, Sergei Babayan au piano, et Masaaki Suzuki avec son Bach Col- legium Japan.On comparera avec curiosité le Bach de Yo-Yo Ma et celui de Jean-Guihen Queyras, en récital à Bourgie un mois plus tôt (voir encadré).Bach sera aussi à l\u2019honneur de l\u2019ouverture de saison des Boréades, le 27 septembre ; de celle d\u2019Arion qui, du 11 au 14 octobre, invite pour la première fois le claveciniste Luca Guglielmi, puis des festivités organisées par le Concours international d\u2019orgue du Canada notamment la fin de semaine du 19 au 21 octobre.Quant aux Violons du Roy, leurs héros seront Händel, avec Anthony Roth Costanzo le 29 septembre ; Haydn et Mozart, avec Bernard Laba- die le 3 novembre, et Vivaldi avec Avi Avital le 23 novembre.Du côté lyrique, Rigoletto, de Verdi, en septembre, et L\u2019or du Rhin, de Wagner, seront les deux spectacles de l\u2019Opéra de Montréal.L\u2019of fre lyrique est renforcée désormais par les écrans, notamment grâce au Metropolitan Opera, qui retransmettra cet automne Aida, Samson et Dalila, La Fanciulla del West et deux projets particulièrement intéressants : Mar- nie, de Nico Muhly, d\u2019après le film d\u2019Alfred Hitchcock et La Traviata avec Diana Damrau, dirigée par Yan- nick Nézet-Séguin.Les spectacles estudiantins seront Albert Herring, de Britten, à McGill les 8, 9 et 10 novembre et The Fairy Queen, de Purcell, à l\u2019Université de Montréal le 30 novembre.L\u2019Université de Montréal prévoit un concer t orchestral à la Maison symphonique, lors duquel seront joués les Berliner Momente IV, de Walter Boudreau, qui ouvrira la saison de la SMCQ le 30 septembre sur le thème des «Musiques du feu».Les programmations contemporaines ne viennent pas que de la SMCQ, du NEM, qui se lancera le 11 octobre, ou de l\u2019ECM +, qui présentera son projet de nouvelle génération le 1er novembre.L\u2019Orchestre symphonique de Laval ouvrira sa saison le 26 septembre avec le Garbage Concerto, de Jan Järvlepp, composition canadienne révélée par un spectaculaire enregistrement BIS il y a presque 20 ans.On écoutera aussi les lauréats du prix Azrieli à la Maison symphonique le 15 octobre avec l\u2019Orchestre de chambre McGill et Boris Brott.Deux projets qu\u2019on imagine particulièrement chers au cœur de leurs protagonistes mettront un point final à ce tour d\u2019horizon: le 5 octobre, Luc Beau- séjour et Clavecin en concert se lanceront dans une version scénique du charmant Actéon, de Charpentier, à la salle Bourgie et, la semaine suivante, Charles Richard-Hamelin immortalisera pour le disque en concert les deux concertos de Chopin avec l\u2019OSM et Kent Nagano.| 2 1 R e n t r é e c u l t u r e l l e C l a s s i q u e à M o n t r é a l L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 1945, RUE FULLUM MÉTRO FRONTENAC 514 521-4191 ESPACELIBRE.QC.CA 13 AVENTURES THÉÂTRALES À DÉCOUVRIR SUR ESPACELIBRE.QC.CA SAISON 18-19 ABONNEMENT JE DONNE MON « » à DANSE-CITÉ * À LA FOLIE = 4 spectacles 95 $ (+ de 30 % de rabais) PASSIONNÉMENT = 3 spectacles 75 $ (20 % de rabais) BEAUCOUP = 2 spectacles 50 $ (20 % de rabais) *Achat seulement à LA VITRINE.COM : 514.285.4545 poste 1 ** Billets en vente seulement à partir du 24 août 2018.RECHERCHE.CRÉATION.PRODUCTION.DIFFUSION BELLE SAISON À TOUS ! danse-cite.org 514 525-3595 NOUS (NE) SOMMES (PAS) TOUS DES DANSEURS \u2013 VOLET QUÉBEC SOPHIE CORRIVEAU & KATYA MONTAIGNAC | TRACES-INTERPRÈTES 14 + 15 SEPTEMBRE 2018 \u2013 18 H MAISON POUR LA DANSE, QUÉBEC L\u2019ENTITÉ DU DOUBLE ÉLODIE & SÉVERINE LOMBARDO [LES SŒURS SCHMUTT] | TRACES-CHORÉGRAPHES 4.6 + 9.11.13 OCTOBRE 2018 \u2013 20 H / 5 + 10.12 OCTOBRE 2018 \u2013 19 H THÉÂTRE PROSPERO Billetterie 514 526-6582 NORMAL DESIRES ÉMILE PINEAULT | TRACES-INTERPRÈTES 22.23.24 + 27.28.29.30 NOVEMBRE + 1ER DÉCEMBRE 2018 \u2013 20 H LA CHAPELLE SCÈNES CONTEMPORAINES Billetterie 514 843-7738 EL SILENCIO DE LAS COSAS PRESENTES EDUARDO RUIZ VERGARA | TRACES-CHORÉGRAPHES 16.17.18.19 + 23.24.25.26 JANVIER 2019 \u2013 19 H LA CHAPELLE SCÈNES CONTEMPORAINES Billetterie 514 843-7738 les études (hérésies 1-7) ANTONIJA LIVINGSTONE & NADIA LAURO | TRACES-HORS-SENTIERS 12.13.14.15.16 FÉVRIER 2019 \u2013 19 H FONDERIE DARLING Billetterie 514 285-4545 poste 1 © Danse-Cité Bach et ses titans La musique n\u2019est aucunement assimilable à un combat de coqs, et tel n\u2019est certainement pas l\u2019esprit de ces deux artistes.Mais imaginez tout de même\u2026 En un mois, nous allons pouvoir vivre les Six suites de Bach par les deux titans du violoncelle, Yo-Yo Ma et Jean- Guihen Queyras.Une telle concordance ne survient probablement qu\u2019une fois dans une vie de mélomane.L\u2019Américain, invité vedette du Festival Bach, les jouera d\u2019une traite en une soirée, le 7 décembre à la Maison symphonique.Le Français en deux soirs, les 6 et 7 novembre à la salle Bourgie.L\u2019apothéose de la danse est pour demain ! Cinq concerts à surveiller à Montréal 14 septembre.Marie-Nicole Lemieux ouvre la saison de la salle Bourgie.11, 12 et 14 octobre.Charles Richard-Hamelin et Kent Nagano jouent et enregistrent les deux concertos de Chopin à la Maison symphonique.5 décembre.Récital Sergeï Babayan au Festival Bach (salle Bourgie).7 décembre.Montréal est l\u2019une des 36 villes à accueillir la tournée mondiale de Yo-Yo Ma dans les six suites de Bach (Festival Bach).21 décembre.Yannick Nézet- Séguin et Hélène Grimaud: Schumann et Mahler à la Maison symphonique.Le Festival Bach fera venir des monuments, dont Sergei Babayan.MARCO BORGGREVE L\u2019OSM, qui tournera dans le Grand Nord en septembre et se prépare à séduire l\u2019Europe en mars, renouera avec Fred Pellerin pour son conte de Noël uébec ose ! Et Marie-Nicole Lemieux ose avec Québec ! L\u2019événement programmé par l\u2019Orchestre symphonique de Québec sera majeur et aura lieu le 27 septembre.C\u2019est la rencontre entre une grande dame d\u2019ici et une partition mythique et magique de l\u2019histoire de la musique : Le chant de la terre, de Gustav Mahler.Évidemment, nous savions que Marie-Nicole Lemieux allait marcher un jour ou l\u2019autre sur les traces de Kathleen Ferrier, Christa Ludwig et Brigitte Fassbänder.Mais quand ?Et où?Le rendez-vous est pris pour le 27 septembre à Québec avec l\u2019OSQ et Fabien Gabel.Michael Schade sera le ténor de cette soirée ouverte par Im Sommerwind (Dans un vent d\u2019été), une œuvre de jeunesse d\u2019Anton Webern.Il ne s\u2019agit pas du concert d\u2019ou- ver ture de la saison de l\u2019OSQ, qui aura lieu avec Lise de la Salle une semaine plus tôt, le 19 septembre.La pianiste française jouera le 3e Concerto de Rachmaninov, comme Nicholas Angelich le fera deux semaines plus tard à Montréal avec le Métropolitain et Yannick Nézet-Séguin.L\u2019Orchestre symphonique de Québec se signale par une grande diversité de projets.Ainsi Petrouchka, de Stravinski, sera monté au Grand Théâtre avec des artistes de cirque le 31 octobre, alors qu\u2019une série « Beethoven le dimanche » tentera d\u2019attirer un public différent de celui des concer ts en soirée.Le programme du 18 novembre, qui associe Jean-Marie Zeitouni et Nareh Arghamanyan, échappe d\u2019ailleurs à la L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e C l a s s i q u e à Q u é b e c 2 2 | CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Marie-Nicole Lemieux dans Le chant de la terre ! L\u2019Orchestre symphonique de Québec propose le Mahler de la grande dame d\u2019ici Nicole Lemieux.FRANÇOIS GOUPIL ORCHESTTRE MÉTROPOLITAIN Q Le Club musical de Québec a notamment prévu cet automne un récital de Simon Keenlyside.UWE ARENS R e n t r é e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Billets pour tous les spectacles en vente maintenant ! \u2014 tnm.qc.ca Dès le 11 septembre PIERRE YVES LEMIEUX \u2014 candide ou l\u2019optimisme D\u2019APRÈS VOLTAIRE MISE EN SCÈNE alice ronfard Dès le 13 novembre MARCEL DUBÉ \u2014 MISE EN SCÈNE benoît vermeulen Dès le 15 janvier SHAKESPEARE \u2014 TRADUCTION ET ADAPTATION michel garneau MISE EN SCÈNE robert lepage Dès le 26 février ERIC-EMMANUEL SCHMITT \u2014 le mystère carmen MISE EN SCÈNE lorraine pintal Dès le 26 mars RACINE \u2014 britannicus MISE EN SCÈNE florent siaud Dès le 14 mai MICHEL MARC BOUCHARD \u2014 la nuit où laurier gaudreault s\u2019est réveillé MISE EN SCÈNE serge denoncourt Les cinq rendez-vous de Québec 27 septembre.Marie-Nicole Lemieux dans Le chant de la terre, de Mahler, avec l\u2019OSQ et Fabien Gabel au Grand Théâtre.20 octobre.L\u2019Opéra de Québec présente Werther, de Massenet, au Grand Théâtre.30 octobre.Bernard Labadie dirige la Messe du couronnement, de Mozart, et la Messe Nelson, de Haydn, au Palais Montcalm.31 octobre.«Le cirque donne vie à Pétrouchka,par l\u2019OSQ et Fabien Gabel au Grand Théâtre.27 novembre.Récital Simon Keenlyside et Malcolm Martineau au Palais Montcalm.routine « ouverture-concerto-sym- phonie » en proposant cinq œuvres sur le thème du folklore hongrois.L\u2019OSQ poursuit aussi ses concerts au Palais Montcalm : Cédric Tiber- ghien y jouera le 3e Concerto de Beethoven le 3 octobre.Enfin, l\u2019OSQ reprend les 22 et 23 novembre, sous la direction de Dina Gilbert, l\u2019excellente Symphonie du jeu vidéo montée par l\u2019Orchestre Métropolitain pour le 375e anniversaire de Montréal.Les Violons du Roy entameront leur saison la veille du concert de Marie-Nicole Lemieux, le 26 septembre, avec le contre-ténor Anthony Roth Costanzo qui chantera son programme Händel et Glass, qui devrait paraître concomitamment en disque chez Decca.Bernard Labadie prendra le relais les 30 et 31 octobre avec un menu choral associant Haydn et Mozart avant le retour de Jonathan Cohen le 22 novembre pour un concert avec le mandoliniste Avi Avital.Le Club musical de Québec a prévu deux concerts cet automne : un con - cert du Quatuor à cordes danois le 5 novembre et, surtout, un récital de Simon Keenlyside le 27 novembre, d\u2019autant plus attendu que le baryton avait connu une longue éclipse vocale en 2015 et 2016 à la suite d\u2019une chirurgie de la thyroïde et semble retrouver ces derniers temps toute l\u2019étendue de ses moyens.Ce sera, avec le Mahler de Marie-Nicole Lemieux, l\u2019événement à Québec pour les amateurs de chant, de même, bien évidemment que la production de Wer ther qui prendra l\u2019affiche à l\u2019Opéra de Québec à partir du 20 octobre.L\u2019OSQ poursuit ses concerts au Palais Montcalm et reprend, sous la direction de Dina Gilbert, l\u2019excellente Symphonie du jeu vidéo montée par l\u2019Orchestre Métropolitain pour le 375e de Montréal L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e Ja z z 2 4 | GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Wayne Shorter célèbre, samedi, son 85e anniversaire de naissance, et il le fait de la plus éclatante des manières : en lançant un album triple multidisciplinaire qui tient de l\u2019événement et marque un premier boum dans l\u2019automne jazz qui débute.Le légendaire saxophoniste \u2014 membre du deuxième grand quintette de Miles Davis, fondateur de Weather Report \u2014 a ainsi fait paraître vendredi Emanon (no name , écrit à l\u2019envers), premier enregistrement de sa par t depuis 2013.Trois disques de compositions originales où le quartet de Shorter (un des groupes les plus célébrés depuis une quinzaine d\u2019années) est accompagné des 34 musiciens du Orpheus Chamber Orchestra\u2026 et d\u2019un roman graphique coécrit par Shor ter et Monica Sly, et illustré par Randy DuBurke.Intrigant ?Absolument, d\u2019autant que ce projet s\u2019accompagne une fois de plus chez Shorter d\u2019une démarche singulière qui fait du jazz un véhicule de réflexion intergalac- tique \u2014 ou presque.« Après avoir lu et écouté Emanon , vous allez peut-être commencer à prendre conscience des réalités parallèles qui scintillent quelque part autour du quotidien », promet la contrebassiste et chanteuse Esperanza Spalding dans l\u2019introduction du roman graphique.Ce coup d\u2019envoi placé, que prévoir en matière de jazz d\u2019ici Noël ?S\u2019il devient de plus en plus difficile d\u2019avoir un por trait de situation complet à l\u2019avance \u2014 parce que le jazz n\u2019est pas au premier rang des préoccupations marketing des étiquettes majeures, disons \u2014, on note quand même quelques points de repère tout aussi scintillants que le monde parallèle de Wayne Shorter.Voyons voir : Amour et nature L\u2019exceptionnelle chanteuse américaine Cécile McLorin Salvant \u2014 aux racines haïtiennes et françaises \u2014 revient avec The Window (28 septembre), album décliné en duo avec le pianiste Sullivan Fortner.On en parle comme d\u2019un « cycle méditatif de chansons sur la nature et l\u2019amour».Les deux der niers disques de McLorin Salvant \u2014 qui a dynamité le dernier Festival international de jazz de Montréal en ouver ture \u2014 Shorter et McLorin Salvant pour épicer l\u2019automne jazz Le légendaire saxophoniste présente un ambitieux projet ont remporté le Grammy du meilleur album de jazz vocal, en 2015 et en 2017.Elle est, pour résumer, la quintessence du chant jazz.Diana Krall / Tony Bennett Alerte aux ventes, si ça se peut encore en 2018 : quand deux supers tars populaires comme Diana Kral l et Tony Bennett unissent leurs forces pour un album, on Photo du haut : Wayne Shorter fait paraître un album triple multidisciplinaire qui tient de l\u2019événement.Photo du bas: Cécile McLorin Salvant revient avec un album intitulé The Window.PATRICK KOVARIK AGENCE FRANCE-PRESSE / MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR R e n t r é e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 peut présumer une réponse passablement électrique du public.Qui plus est quand le réper toire concerne deux autres favoris historiques, George et Ira Gershwin en l\u2019occurrence.Love Is Here to Stay doit paraître le 14 septembre, avec le trio de l\u2019excellent pianiste Bill Charlap en accompagnement.Donald Trump Le mot clé étonne ?C\u2019est que l\u2019élection du controversé président américain a inspiré au moins deux disques (plus ou moins jazz) à paraître dans les prochaines semaines.D\u2019abord, celui de la chanteuse Madeleine Pey- roux (Anthem, prévu le 31 août et dont la chanson-titre est une reprise de Leonard Cohen), produit et co- écrit avec Larry Klein.On comprend que Peyroux restera dans le registre folk qu\u2019on lui connaît.Même chose pour Gabriel Kahane, qui fait son entrée sur l\u2019étiquette Nonesuch avec Book of Travelers (paru le 24 août).Les chansons ont été composées lors de voyages en train ef fectués aux lendemains de l\u2019élection de Trump.Scène locale Rayon Québec, quatre par utions s\u2019ajouteront au catalogue de la maison de disques montréalaise Effendi : d\u2019abord, le pianiste Rafael Zal- divar (Cuban Revival, en octobre), puis le Jazzlab Orchestra (Quintessence , en novembre), le pianiste Yves Léveillé (titre et date à déterminer) et le Gentiane MG Trio (Révélation jazz Radio-Canada pour l\u2019année en cours).Le saxophoniste Samuel Blais fera aussi paraître Équilibrium.Sur scène On note parmi les concerts prévus cet automne le projet de la pianiste Marianne Trudel et de la chanteuse Karen Young autour des chansons de Joni Mitchell (à Québec et à Montréal à la mi-octobre) ; le Festi Jazz de Rimouski du 29 août au 2 septembre, avec notamment le superbassiste Stanley Clarke ; l\u2019Off jazz, présenté à Montréal du 4 au 13 octobre (la programmation sera dévoilée sous peu) ; le Festival de jazz de Québec du 10 au 20 octobre ; et puis tout ce qui se passe tous les soirs au Upstairs, au Dièse Onze et au Café Résonance.En diagonale Quoi d\u2019autre ?Le contrebassiste Christian McBride (figure incontournable du jazz actuel, directeur artistique du Newport Jazz Festival, animateur à NPR\u2026) présente à la fin octobre un nouvel album en quartet ; la brillante chanteuse Kandace Springs, aussi jazz que R&B, présentera le 7 septembre Indigo, son deuxième disque chez Blue Note.Deux semaines plus tard, on aura Facing Dragons, du pianiste Christian Sands.Et on jettera une oreille attentive à un gigaprojet paru la semaine dernière : Work présente en six albums numériques l\u2019intégrale des compositions de Thelonious Monk arrangées pour guitare solo par Miles Okazaki.C\u2019est, il va sans dire, consistant.OSLO 5 sept.13 oct.2018 texte J.T.ROGERS mise en scène ÉDITH PATENAUDE traduction DAVID LAURIN interprétation EMMANUEL BILODEAU ISABELLE BLAIS et 12 autres comédiens BILLETS À PARTIR DE 39$ ABONNEMENT DE SAISON À PARTIR DE 120$ J\u2019AIME HYDRO une production PORTE PAROLE ET CHAMP GAUCHE en coproduction avec FESTIVAL TRANSAMÉRIQUES (ÉPISODES 1 À 3) texte CHRISTINE BEAULIEU dramaturgie ANNABEL SOUTAR mise en scène PHILIPPE CYR interprétation CHRISTINE BEAULIEU MATHIEU DOYON MATHIEU GOSSELIN NOUVELLE SUPPLÉMENTAIRE LE 21 AVRIL 2019 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e 2 6 | L E S F L Â N E U RS La poussière retombe sur les controverses entourant le spectacle SLAV, alors aussi bien en profiter pour plonger dans la très terrible histoire de la traite.L\u2019historienne française Catherine Coquery-Vidrovitch propose une synthèse rigoureuse et éclairante des recherches savantes sur le sujet dans son livre Les routes de l\u2019esclavage (Albin Michel).Le panorama de la misère accompagne une série documentaire de quatre épisodes de la chaîne Arte disponible en ligne.L\u2019esclavage, encore On ne sait pas, et on ne saura peut- être jamais, si Cléopâtre avait réellement un nez à ce point remarquable ni si elle séduisait les ennemis par douzaine pour arriver à ses fins.Ce qu\u2019on sait par contre, c\u2019est que son flair politique et sa culture ont fait d\u2019elle l\u2019une des plus grandes meneuses d\u2019hommes de l\u2019histoire.Pour marquer le début de la nouvelle saison, Aujourd\u2019hui l\u2019histoire, sur ICI Première, propose cinq épisodes d\u2019une heure sur les femmes de pouvoir.Elles ont été diffusées déjà, mais le format baladodiffusion de cette émission animée par Jacques Beauchamp est un plaisir qui s\u2019égraine tous les jours, en rafale ou au compte-gouttes.Aujourd\u2019hui les femmes Radiographie d\u2019un amour qui n\u2019en peut plus de mourir, Dans le champ amoureux de la dramaturge et comédienne Catherine Chabot met crûment le doigt sur ce «point du sternum qui brûle et réjouit à la fois».La pièce qui paraît ces jours-ci chez Atelier 10 vibre d\u2019une énergie noire, celle d\u2019un muscle involontaire paradoxalement animé d\u2019un puissant désir de révélation amoureuse.Spinoza, Luchini, Barthes et même Sade traversent ce champ de bataille où verbe et corps croisent le fer sans faire de quartiers.À lire maintenant ou à voir alors que la production reprendra l\u2019affiche à l\u2019Espace libre du 25 septembre au 6 octobre.Tant d\u2019activités extérieures estivales à Montréal valent le détour.M\u2019arrêtant en fin de semaine dernière au marché du parc Monseigneur-J.-A.-Richard de Verdun, c\u2019était un plaisir d\u2019écouter le couple Dick Staber et Judith Chasnoff.Ces deux Américains d\u2019origine, Verdu- nois d\u2019adoption, excellents musiciens de folk-bluegrass, se produisent au parc parfois; lui avec sa mandoline F- Style, elle avec sa guitare, dans l\u2019harmonie de leurs voix.Staber a composé plusieurs chansons lui-même, d\u2019autres sont traditionnelles.Ils vendaient leurs albums.Je suis repartie avec One More Journey, qui me berce pendant que j\u2019écris ces mots.Bluegrass à Verdun Je t\u2019aime, moi non plus ODILE TREMBLAY LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY STÉPHANE BAILLARGEON VALÉRIE DUHAIME Balade en marge des circuits balisés Entre Socalled, Alkaline, Florent Vollant et Bad Gyal, l'automne sera métissé ou ne sera pas L\u2019afro-pop dansante de Fally Ipupa fera vibrer le Théâtre Olympia, le 1er septembre.SIA KAMBOU AGENCE FRANCE-PRESSE est le propre de ces musiques qu\u2019on dit «du monde»: elles apparaissent de partout, généralement hors des circuits balisés par la pop anglo-saxonne, rarement attendues, heureusement découvertes.Tour d\u2019horizon forcément limité de ce que la plus riche scène musicale nous réserve.Septembre s\u2019annonce particulièrement garni au rayon des concerts de sono mondiale.Déçus par le Festival international de reggae de Montréal, dont la 15e édition aurait dû se tenir en août, nous nous rabattrons alors sur une soirée dancehall jamaïcaine de haut calibre le 31 août, avec Mavado le « Gully God », Jahmiel et la jeune star de l\u2019heure Alkaline, au Théâtre Olympia.Et si ce n\u2019était pas suffisant, le Belmont recevra de son côté le singjay français Biga Ranx le même soir.L\u2019embarras du choix.Le lendemain, toujours à l\u2019Olympia, l\u2019ambassadeur de la pop congolaise moderne Fally Ipupa nous fera le plaisir d\u2019une rare visite \u2014 à peine quarante ans, plus de vingt ans de carrière, des succès afropop, sou- kous et rumba pour tenir en haleine un plancher de danse.Les amateurs de grooves antillais ne seront pas en reste, alors que le 5 septembre au Complexe Cristina, un programme double kompa attirera les groupes Kreyol La et Fasil (son premier concert à Montréal).Le 6 septembre, la rappeuse espagnole Bad Gyal chauffera les planches du Belmont; le lendemain à la Maison 2109 pour la soirée No Passport, le Montréalais Poirier réquisitionne Gardy Girault, compositeur et DJ émérite de Port-au-Prince et ambassadeur du rara tech, fusion de house et de techno avec les r ythmes typiques d\u2019Haïti.Toujours sous le signe des fusions musicales, le 8 septembre, place au Gypsy Kumbia Orchestra, qui envoûtera le Théâtre Fairmount avec son improbable combinaison de musiques colombienne et des Balkans.Si le passage de Fally Ipupa ne vous aura pas rassasié en afro-pop dansante, le Théâtre Olympia recevra alors Mr.P (Peter Okoye), vétéran rappeur et chanteur nigérian qui formait autrefois l\u2019immensément populaire duo P- Square avec son frère jumeau Paul.Ça se passe le 13 septembre.L\u2019une des performances les plus intrigantes de la saison aura lieu à la Sala Rossa le 15 septembre lors de la visite de l\u2019artiste (et professeur de droit) norvégien Ánde Somby.Issu du peuple saami de la Laponie, cette région nordique traversant la Russie, la Finlande, la Norvège et la Suède, PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR C\u2019 | 2 7 R e n t r é e c u l t u r e l l e M u s i q u e d u m o n d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 le spécialiste des droits des autochtones of frira les chants typiques (joik) de son peuple.Arrivant du nord du Sénégal avec leurs complaintes désertiques, Ham- paté & le Sahel Blues apparaîtront au Club Balattou le 18 septembre.Le lendemain, la tournée Rebellion Rises 2018 de Ziggy Marley, fils aîné de Bob, fait escale au MTelus.Révélé lors du concours Syli d\u2019or, le joli duo de musique traditionnelle basque TokaTaNoka repasse par le Balattou le 2 octobre.Le 12 octobre, soirée rap latino avec Sonido Pesao à la Vitrola.Du côté des festivals L\u2019abondance, encore, à commencer par la toute première Fête des Amé- riques (fetedesameriques.com) au Vieux-Port de Montréal avec Elvis Crespo (8 septembre) et Charanga Habanera (9 septembre).La série Mardis métissés, produite par Vision Diversité, entame sa nouvelle saison au théâtre Outremont avec le duo folk musicalement inclusif Juliana & Jesse, le 18 septembre, mais on attendra spécialement MUZ, « le rendez-vous des musiques métissées », du 18 au 20 octobre à l\u2019Astral, avec notamment Dakka & le Solid Ground, K-Iri, Dju et Ramon Chicharron.Les amateurs de musiques de racines se donneront rendez-vous à l\u2019incontournable Festival La Grande Rencontre, du 12 au 16 septembre, aux Le Montréalais Socalled revient avec un disque qualifié de retour aux origines intitulé Di Frosh, à paraître le 21 septembre.FRANÇOIS PESANT LE DEVOIR maisons de la culture d\u2019Ahuntsic et de Cartierville.La programmation en détail sur espacetrad.org, mais recommandons l\u2019un des trois spectacles du compositeur et instrumentiste Jean- François Bélanger, dont le plus récent album, Les entrailles de la montagne, sert de voyage dans la musique traditionnelle scandinave.Encore ?Un festival de salsa, La Salsa vive, tiendra sa deuxième édition en octobre, présentant le 13 une soirée au Club Soda mettant en vedette Alexander Abreu y Havana D\u2019Primera et DJ MELAO, 13 octobre, Club Soda.Deux autres événements incontournables de l\u2019automne musical : le Mundial Montréal, vitrine des musiques du monde arrimée au festival M pour Montréal, du 13 au 16 octobre (la programmation complète de l\u2019événement sera dévoilée le 2 octobre).Enfin, le Festival du Monde arabe promet à nouveau de belles rencontres, du 26 octobre au 11 novembre.Enfin, côté parutions d\u2019albums, insistons simplement sur deux événe- ments locaux.D\u2019abord, le retour, trois ans après son dernier album, de Flo- rant Vollant le 1er octobre avec Mishta Meshkenu (La grande route, en innu), un album réalisé par le guitariste Ré- jean Bouchard.Ensuite, le Montréa- lais Socalled revient avec un disque qualifié de retour aux origines intitulé Di Frosh, accompagné par le Kaiser Quartett.Parution le 21 septembre. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e Té l év i s i o n q u é b é c o i s e 2 8 | MANON DUMAIS LE DEVOIR Lorsqu\u2019ils arrivent à l\u2019adolescence, les téléspectateurs se désintéressent de la télé traditionnelle, ne trouvant aucun écho de leur réalité dans ce que les grandes chaînes proposent.À l\u2019instar des plateformes numériques américaines, généreuses en matière de teen dramas, la télévision québécoise n\u2019a d\u2019autre choix que d\u2019étoffer sa programmation en séduisant sa clientèle de demain.Cet automne, quatre séries, dont deux déjà of fertes sur Illico et sur Tou.tv, mettant en scène des adolescents et de jeunes adultes débarquent sur TVA, Vrak, Radio-Canada et Super Écran.Blogueuse, romancière et scénariste, Sarah-Maude Beauchesne carbure aux séries et aux films pour adolescents.Grande fan de Gilmore Girls, Gossip Girls et The O.C., l\u2019au- teure millénariale communique régulièrement avec les jeunes par les réseaux sociaux.C\u2019est donc sans surprise que sa première série se déroule dans une école secondaire.Réalisée par Marie-Claude Boutin (Le chalet), L\u2019Académie se concentre sur l\u2019amitié de trois filles en cinquième secondaire, Agathe (Léa Roy), Marie (Juliette Gosselin) et Wendy (Sabrina Bégin Tejeda), qui, désillusionnées par l\u2019amour, font le pacte de rayer les garçons de leur existence.Or, la directrice de l\u2019Académie (Pascale Bussières) annonce peu après que les garçons y seront désormais admis\u2026 « Ma vision de scénariste, c\u2019est de mettre au cœur de mes histoires la force des personnages féminins.Je veux que les filles soient des vraies filles avec des vraies questions, qu\u2019elles ne soient pas superficielles et, si elles le sont, qu\u2019elles se posent des questions, qu\u2019elles ne soient pas des pâles copies de femmes », explique la scénariste, qui a fait ses classes en collaborant à la série Le chalet.L\u2019amour à mort Jeune, Stéphane Lapointe rêvait d\u2019être adulte et ne s\u2019intéressait pas par ticulièrement aux productions pour adolescents, hormis les films de John Hugues, tel Breakfast Club.Ne se classant pas dans la catégorie « adulescent », le scénariste-réalisa- teur ne pensait pas spécifiquement à un jeune public alors qu\u2019il concevait La malédiction de Jonathan Plourde, « thriller romantique surnaturel ».« C\u2019est une série de genre qui va beaucoup intéresser les ados, mais aussi les adultes.Je l\u2019ai écrite en pensant à un public large, pour faire plaisir à mes amis et me faire plaisir.Je voulais que ça me ressemble.Je ne voulais pas être gnangnan ni ajouter des trucs pour faire ado.Il y a quelque chose de Mr.Robot, mais en moins compliqué», dit celui qui écrit pour la première fois pour un jeune public.Chaque fois que Jonathan (Félix- Antoine Plourde) tombe amoureux, sa nouvelle flamme meur t.Avec son meilleur ami (Simon Lacroix) et sa nouvelle collègue (Laetitia Isambert), il tentera de mettre fin à cette malédiction.Réalisé par Martin Cadotte (Toi et moi), La malédiction de Jonathan Plourde bénéficie des plumes de Stéphane Lapointe, aussi script-éditeur, Marie-Sissi Labrèche, Pierre-Marc Drouin et Philip Rodrigue.Changer le regard des gens Avec les séries Tactik, Ramdam et Kif- Kif au compteur, Martine D\u2019Anjou est passée maître dans l\u2019art d\u2019écrire pour les jeunes.Pour Clash, où elle raconte le quotidien de jeunes en centre de réhabilitation, elle a mis à profit une expérience très personnelle.L\u2019an dernier, à trois jours de son dépar t pour l \u2019Écosse, el le s \u2019est blessée en faisant de l\u2019équitation.Contrainte de faire le voyage en fauteuil roulant, elle a découvert que le regard des autres n\u2019était pas toujours empreint d\u2019empathie.«Clash va enlever ce malaise dans le regard, croit Mar tine D\u2019Anjou.C\u2019est du monde comme tout le monde.Si je n\u2019avais pas vécu cet ac- cident-là, je n\u2019aurais pas été aussi allumée sur cet aspect-là.À cet âge-là, le regard des autres est très important, c\u2019est un défi d\u2019explorer ça.» Quotidienne réalisée par Simon Barrette (District 31), Clash met en vedette Alexandre Nachi, Alex Godbout et Ludivine Reding.Du sport et des hommes Dix ans après Tout est parfait, où ils traitaient du suicide, le scénariste Guillaume Vigneault et le réalisateur Yves- Christian Fournier se sont retrouvés pour donner vie au récit sur lequel le premier planchait depuis six ans.Campé à Montferrand (ville fictive), Demain des hommes s\u2019intéresse aux amitiés et rivalités de joueurs Quand la télé traditionnelle s\u2019offre une cure de jeunesse Qui sont ces scénaristes sondant l\u2019âme des adolescents et jeunes adultes ?En haut : Martin-David Peters, Alexandre Nachi et Evelyne de la Chenelière dans Clash.En bas : Demain des hommes, écrit par Guillaume Vigneault.BELL MÉDIA / RADIO-CANADA | 2 9 R e n t r é e c u l t u r e l l e Té l év i s i o n q u é b é c o i s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Nouveaux arrivages Inspiré du GamerGate, Le jeu, thriller écrit par Mylène Chollet et Martin Girard en collaboration avec Nadine Bismuth, raconte le drame d\u2019une conceptrice de jeu vidéo (Laurence Leboeuf, photo de gauche) victime de cyberintimidation.Éric Bruneau, Iannicko N\u2019Doua, Maxim Gaudette et Debbie Lynch-White sont de la distribution de cette série réalisée par Claude Desrosiers (Feux) et Anne De Léan (The Detectives).TVA, lund, 21 h (dès le 10 septembre).Libre adaptation du livre de François Morency, Discussions avec mes parents met en scène l\u2019humoriste dans son propre rôle dans des situations cocasses avec son père (Vincent Bilodeau), sa mère (Marie- Ginette Guay), son frère (Blaise Tardif) et sa sœur (Caroline Bouchard).La série est réalisée par Pascal L\u2019Heureux (Les pêcheurs).Radio-Canada, automne 2018.Partant du fait que chacun de nous passerait cinq ans à faire la file, Réal Bossé a concocté une comédie dramatique où deux familles se croisent au gré des files d\u2019attente.Réalisé par Martin Talbot (Les Parent), File d\u2019attente (photo ci-dessus) met en scène quelque 360 figurants et une cinquantaine d\u2019acteurs, parmi lesquels Sylvie Moreau, Muriel Dutil, Isabelle Brouillette, Jean-Nicolas Verreault et Richard Fréchette.Unis, mercredi, 20 h (dès le 5 septembre).d\u2019une équipe de hockey junior, coa- chée par l\u2019ex-entraîneur d\u2019un club professionnel (Émile Proulx-Clou- tier), qui rêvent de la LNH.Antoine Pilon, Joey Scarpelino et Alexandre Bourgeois sont de la partie.« Je me suis amusé avec des sortes d\u2019archétypes, après ça, il faut les incarner, mettre de la chair autour de l\u2019os, explique le scénariste qui cite la série Friday Night Lights parmi ses sources d\u2019inspiration.Je ne fais pas évoluer des personnages de carton pour mes propres fins.Je les découvre à mesure que je les écris ; mon secret pour être authentique, c\u2019est d\u2019être fair avec tout le monde, même avec les méchants, qui ne le sont pas de leur point de vue.» De l\u2019authenticité De l\u2019avis de Sarah-Maude Beau- chesne, le public adolescent est ouvert d\u2019esprit, prêt à suivre l\u2019auteur dans ses récits, ses fantaisies, tant que le premier sent que le second le fait avec sincérité et authenticité.« C\u2019est pour ça que j\u2019aime tellement écrire pour eux ! s\u2019exclame la scénariste de L\u2019Académie , qui planche sur l\u2019adaptation cinématographique de son roman Cœur de slush.Les ados n\u2019ont pas le regard critique que les adultes ont trop souvent.Je pense souvent à moi quand j\u2019écris parce que je suis un hybride entre l\u2019ado et l\u2019adulte.Je n\u2019écris pas pour l\u2019ado typique, caricatural.Un ado parle comme moi, comprend les mêmes choses que moi.Ce n\u2019est pas une catégorie de personnes qu\u2019on prend par la main.» Stéphane Lapointe, qui s\u2019avoue touché par les récits d\u2019apprentissage, abonde dans le même sens.« J\u2019aime bien aller jouer dans l\u2019humour, mais aussi dans la peur.Les ados n\u2019ont pas peur d\u2019aller dans des trucs assez scary.Quand on y va, on y va ! Il y a aussi un côté bon enfant, beaucoup d\u2019humour, malgré le côté dark, un peu « buffyesque » », dévoile-t-il, en laissant entendre qu\u2019il est ouvert à une deuxième saison de La malédiction de Jonathan Plourde.À l\u2019instar de Sarah-Maude Beau- chesne, Martine D\u2019Anjou, mère de deux vingtenaires, garde un contact avec les ados af in de demeurer connectée sur leur univers.« J\u2019ai gardé la spontanéité de l\u2019adolescence, l\u2019intensité des émotions.Il n\u2019y a pas d\u2019inhibitions à cet âge-là, il n\u2019y a pas encore eu de désillusion.J\u2019écris en partant de cet espace-là en moi.Avec des chaînes comme Netflix, les ados ont vu beaucoup de choses, mais ce n\u2019est pas tant les effets spéciaux qui les attirent, il faut que ça les prenne émotivement », confie l\u2019auteure de Clash.Boulimique de télé, Guillaume Vi- gneault connaît bien les codes et pourrait se contenter de les appliquer mécaniquement, mais ce serait aller contre nature.« Il y a quinze ans, Christian Mistral, citant Bukowski, me disait qu\u2019un auteur, c\u2019est quelqu\u2019un qui a un \u201cbullshit detector\u201d.J\u2019aime cette idée- là, et ça vaut pour toutes les sortes d\u2019écriture.Des dialogues, de la prose, de la poésie pas honnête, il n\u2019y a rien de plus inutile dans la vie ! » croit l\u2019auteur de Demain des hommes, qui prépare déjà la deuxième saison.« L\u2019authenticité est importante.À cet âge-là, les ados critiquent beaucoup l\u2019autorité.Les leçons de morale les agacent.Mon but n\u2019est pas de leur passer un message, mais de leur montrer une histoire où les émotions sont vraies, où ils se reconnaissent dans les situations, où la réaction des personnages est authentique.Dans chaque scène, chaque personnage, il faut que je trouve la place où je suis intimement interpellée.Si je ne le fais pas, ce ne sera pas vrai, ça ne marchera pas », conclut Martine D\u2019Anjou.L\u2019Académie \u2013 Saison 1 Club Illico, TVA, mardi, 19h30 (dès le 2 octobre) L\u2019Académie \u2013 Saison 2 Club Illico, dès le 11 octobre Clash Vrak, du lundi au jeudi, 19h30 (dès le 5 novembre) Demain des hommes Tou.tv, Radio-Canada, lundi 20 h (dès le 10 septembre) La malédiction de Jonathan Plourde Super Écran, automne 2018 Vrak, automne 2019 Salle Tanna Schulich Université McGill Invité spécial Dorothy Fieldman Fraiberg piano Simon Aldrich clarinette Alexandre Lozowski violon Pierre Tourville alto Sheila Hannigan violoncelle 10 oct \u2022 9 nov \u2022 24 jan 7 fév \u2022 14 mars \u2022 16 mai info: 514.935.3933 allegra1@videotron.ca 30 SEPT.MARC-ANDRÉ HAMELIN piano 21 OCT.BELCEA QUARTET cordes 11 NOV.PETER WISPELWEY piano 2 DÉC.SETZER-FINCKEL WU HAN TRIO piano et cordes 3 FÉV.MIRÓ QUARTET ET INVITÉS cordes 24 FÉV.ESCHER STRING QUARTET cordes 17 MARS FAURÉ QUARTETT piano et cordes 7 AVRIL ARTEMIS QUARTETT piano et cordes 28 AVRIL RICHARD GOODE piano LMMC 514-932-6796 lmmc@qc.aibn.com www.lmmc.ca Abonnement étudiant (26 ans) : 80 $ Billet régulier : 50 $ Billet étudiant : 20 $ Non-remboursable/Taxes incluses 127e saison Abonnement : 300 $ 555, rue Sherbrooke Ouest SALLE POLLACK 9 septembre PHILIPPE SLY Baryton-basse Découvrez la saison 2018-2019 Photo : Adam Scotti CAMI L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e Salle Bourgie 18 19 sallebourgie.ca Présenté par Lieder et mélodies de Beethoven, Enesco, Gounod, Honegger, Schubert, Schumann et Wolf Corps sonores ENSEMBLE ARCHITEK PERCUSSION Œuvres de T.Brook, E.Brown, J.Cage et E.Varèse Quatuor Calder Œuvres de Britten, Cage, Feldman et Stravinski Découvrez dès 17 h l\u2019exposition Calder grâce à une visite guidée exclusive suivie du concert.Musiques originales de George Antheil, Darius Milhaud et Erik Satie pour des ?lms muets de Man Ray, Picabia et René Clair.Avec projection de ?lms sur grand écran.Vendredi 14 septembre, 19 h 30 Dimanche 16 septembre, 14 h Mardi 18 septembre, 19 h 30 MARIE-NICOLE LEMIEUX en récital Jeudi 20 septembre, 19 h 30 Mercredi 17 octobre, 18 h 30 Mardi 30 octobre, 19 h 30 Ciné-concert Dada au cinéma Guy Livingston, piano Arte Musica présente SOIRÉE VIVALDI Vendredi 21 septembre, 19 h 30 LES VIOLONS DU ROY MAUDE BRUNET, mezzo-soprano Soirée consacrée entièrement au grand compositeur vénitien Antonio Vivaldi.CONCERT D\u2019OUVERTURE - 8e SAISON Nouveaux billets disponibles ALEXANDER CALDER : UN INVENTEUR RADICAL Série de concerts dans le cadre de l\u2019exposition du MBAM.LES TALENS LYRIQUES CHRISTOPHE ROUSSET, direction, orgue et clavecin Concert I - Ombre Samedi 20 octobre, 14 h Concert II - Lumière Samedi 20 octobre, 19 h 30 Arte Musica invite Les Talens Lyriques pour la première fois à Montréal, a?n de célèbrer le 350e anniversaire de François Couperin.Concerts présentés dans le cadre des Journées Couperin (18 au 24 octobre).AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Il y a à peine quelques années, on s\u2019étonnait qu\u2019une star de cinéma de « catégorie A » se retrouve au générique d\u2019une série télévisée.Certaines d\u2019entre elles se risquaient à de très courtes miniséries de prestige ou à des apparitions dans des comédies de situation, mais pas beaucoup plus.Maintenant, leur présence n\u2019est plus tellement surprenante, surtout dans les productions des chaînes câblées et des plates-formes de visionnement en continu.Parmi les nouveautés américaines les plus prometteuses cet automne, ou à tout le moins attendues, on compte quelques-unes de ces étoiles très lucratives pour les studios de cinéma.C\u2019est le cas de la comédie dramatique Kidding (Showtime et CraveTv dès le 9 septembre), mettant en vedette Jim Carrey, qui retrouve ici le réalisateur français Michel Gondry, qui l\u2019avait dirigé dans un autre rôle dramatique dans Eternal Sunshine of the Spotless Mind.La bande-an- nonce de cette incursion dans la vie familiale chaotique d\u2019une star de la télévision pour enfants, chargée d\u2019envolées surréalistes en montage très serré, dévoile la grif fe reconnaissable de Gondry.Julia Roberts est également de ce bataillon, dans le premier rôle du drame psychologique Homecoming (Amazon, 2 novembre), inspiré d\u2019une baladodif fusion de fiction du même nom.Elle y incarne une travailleuse sociale qui aide un soldat souhaitant réintégrer la société Une autre saison étoilée De plus en plus de vedettes du grand écran font le saut vers les plus petits, pour notre plus grand bonheur La date de lancement de My Brilliant Friend, une adaptation du premier tome de la saga italienne L\u2019amie prodigieuse, d\u2019Elena Ferrante, qui signe d\u2019ailleurs le scénario, est toujours inconnue.HBO Une scène de Maniac NETFLIX Té l év i s i o n a m é r i c a i n e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 | CONTENU PUBLICITAIRE | En plein cœur du quartier Saint-Michel de Montréal se trouve un lieu unique et circulaire, la TOHU.Cet important lieu de diffusion culturelle a présenté plus de 100 spectacles à ce jour et fête cette année ses 15 ans d\u2019existence.Pour célébrer cet anniversaire, une panoplie d\u2019événe- ments est au programme.Une programmation bien chargée Dans le cadre de cet anniversaire, la TOHU souhaite mettre en valeur le talent québécois en arts du cirque.Ainsi, nous pourrons voir, entre autres, du 14 au 25 novembre, la désormais célèbre troupe Les 7 Doigts qui présentera son nouveau spectacle intitulé Passagers.Un peu plus tôt, du 10 au 14 octobre, une troupe de Québec, Machine de cirque, présentera une performance du même nom.Aussi, au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, le spectacle HOTEL du Cirque Eloize sera présenté du 14 au 17 novembre (une codiffusion avec la TOHU).En?n, le théâtre rencontrera le cirque dans la pièce de Shakespeare Le songe d\u2019une nuit d\u2019été présentée par le Théâtre du Trident et la compagnie Flip FabriQue.D\u2019autres événements sont aussi programmés.Consultez le site de la TOHU (tohu.ca) pour connaître la programmation complète.M.Stéphane Lavoie, directeur général et directeur de la programmation de la TOHU, est ?er de mentionner à quel point les arts du cirque ont évolué au Québec depuis l\u2019inauguration de la TOHU.« Au début, nous aurions eu de la dif?culté à développer une programmation annuelle uniquement composée des troupes québécoises, dit M.Lavoie.Aujourd\u2019hui, ce serait possible tellement il existe de nombreuses et talentueuses compagnies québécoises.Seul obstacle : leur renommée internationale fait en sorte qu\u2019elles sont très sollicitées dans le monde, ce qui limite leur disponibilité pour présenter des spectacles ici.» Cirque, terre, humain La TOHU est certes un lieu de diffusion et de création des arts du cirque de renommée internationale, mais c\u2019est beaucoup plus que cela.La mission à trois volets que se sont donnée les fondateurs de la TOHU (Jan Rock Achard, Charles- Mathieu Brunelle, Marc Lalonde, Gaétan Morency, le Cirque du Soleil, En Piste et l\u2019École nationale de cirque) se résume en trois mots : cirque, terre, humain.Alors qu\u2019on sait à quoi fait référence le mot « cirque », le mot « terre » est lié à l\u2019importance qu\u2019accorde la TOHU à l\u2019environnement.Le lieu est en effet un endroit où une panoplie de technologies vertes ont été implantées (toit vert, géothermie, récupération des eaux de pluie).La TOHU est aussi, depuis 2004, le pavillon d\u2019accueil et d\u2019interprétation du parc Fré- déric-Back.Cet espace de 192 hectares, l\u2019ancienne carrière Miron et un ancien dépotoir, constituera le plus grand parc de Montréal après celui du Mont-Royal lorsqu\u2019il sera terminé en 2025.A?n de le faire connaître, la TOHU organise des visites guidées et des activités éducatives.Par exemple, jusqu\u2019au 7 octobre, il est possible d\u2019effectuer un parcours à vélo dans le parc en compagnie de guides-ani- mateurs.En?n, le mot « humain » se réfère au volet communautaire.« Depuis les débuts, notre lieu est la maison de la culture pour le quartier Saint-Michel, dit Stéphane Lavoie.Nous présentons donc chaque année plusieurs activités gratuites, dont la FALLA qui est très populaire.» La TOHU est ainsi bien enracinée dans sa communauté tout en positionnant Montréal comme lieu renommé de diffusion et de création des arts du cirque.LA TOHU 15 ANS DÉJÀ ! 15 ans de culture, d\u2019activités communautaires et de sensibilisation à l\u2019environnement.B e n o i t Z L e r o u x 7 D o i g t s civile.Une deuxième saison a déjà été commandée.Les stars de la pochade adolescente Superbad, Emma Stone et Jonah Hill, ont pris du galon depuis.Ils se retrouvent au cœur de la comédie noire aux accents de science-fiction Maniac (Netflix, 21 septembre), une adaptation d\u2019une série norvégienne dans laquelle ils incarnent des cobayes d\u2019essais pharmaceutiques mystérieux\u2026 Le réalisateur de la première saison de True Detective, Cary Fukunaga, est derrière la caméra.Dans le cas de la minisérie Escape at Dannemora (CraveTv, 18 novembre), la plus grande vedette du générique se retrouve derrière la caméra.Ben Stiller réalise ce drame inspiré de l\u2019histoire vraie de deux détenus condamnés pour meurtre (Benicio del Toro et Paul Dano) qui ont réussi à s\u2019évader grâce à l\u2019aide d\u2019une employée de leur pénitencier (Patricia Arquette), avec qui ils ont chacun développé une relation charnelle\u2026 Des descendants probables et une amie prodigieuse L\u2019attrait de deux productions très attendues est ailleurs que dans la distribution, quoique\u2026 The Romanoffs (Amazon, 12 octobre) intrigue d\u2019abord parce qu\u2019elle est signée par Matthew Weiner, le créateur de Mad Men, mais aussi parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une anthologie d\u2019histoires indépendantes qui ont toutes pour point commun de présenter des personnages convaincus d\u2019être des descendants de la famille impériale russe.Au générique, on note entre autres la présence d\u2019Isabelle Huppert, et des anciens de Mad Men Christina Hendricks et John Slattery.La date de lancement de My Brilliant Friend (HBO), une adaptation du premier tome de la saga italienne L\u2019amie prodigieuse, d\u2019Elena Ferrante, qui signe d\u2019ailleurs le scénario, est toujours inconnue.On sait cependant que cette coproduction américano-italienne, tournée en dialecte napolitain et qui sera diffusée en version originale sous-titrée (une première pour une série originale de HBO), débutera quelque part à l\u2019automne.On vous tiendra au courant\u2026 Renaissances et retours Les relectures de séries télévisées marquantes des années 80 et 90 sont toujours en vogue cet automne.Pour preuve la nouvelle version de Magnum P.I.(CBS et CTV, 24 septembre), au détective moins moustachu et latino-américain, de Charmed (CW et W Network Canada, 14 octobre), cette bluette savonneuse de sorcières pour adolescentes, qu\u2019on nous promet plus «féministe», et des histoires d\u2019une autre sorcière, issue de l\u2019écurie Archie.À première vue, le ton et l\u2019esthétique de Chilling Adventures of Sabrina (Netflix, 26 octobre) s\u2019annoncent plus près de la production dont elle est un dérivé, l\u2019inénarrable River- dale, que de la comédie de situation adolescente des années 1990 Sabrina, the Teenage Witch, qui était centrée sur le même personnage.Au rayon des retours, on note celui de Murphy Brown (CBS et City Tv, 27 septembre), vingt ans plus tard.Le personnage, toujours incarné par Candice Bergen, est désormais l\u2019animatrice de l\u2019émission matinale d\u2019une chaîne d\u2019information continue.La famille de Roseanne revient pour une deuxième saison après la renaissance de la comédie l\u2019hiver dernier, mais cette fois sans Roseanne, dont l\u2019interprète s\u2019est retrouvée dans l\u2019embarras à la suite de propos controversés sur Twitter.Reste à voir si The Conners (ABC et CTV, 16 octobre) saura rallier les admirateurs de la série originale.Le ton et l\u2019esthétique de Chilling Adventures of Sabrina s\u2019annoncent plus près de la production dont elle est un dérivé, l\u2019inénarrable Riverdale, que de Sabrina, the Teenage Witch, qui était centrée sur le même personnage.NETFLIX AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Le chum à Chabot est sans conteste une des vedettes de la saison télévisuelle québécoise de l\u2019automne, même s\u2019il ne fera son apparition qu\u2019en numérique, sur la plateforme Illico, le 15 novembre.Ce personnage créé sur scène par Fabien Cloutier, qui incarne à merveille le «colon de région» ordinaire, noceur, xénophobe et ignorant, à la parlure crue mais tout de même attachant, gagne un prénom en faisant le saut à l\u2019écran: Léo.Dans cette série, inspirée des succès théâtraux Scotstown et Cran- bourne, dont il était l\u2019unique personnage, ce célibataire sans emploi, sans diplôme et sans relation amoureuse se cherche une vie et un bonheur «normal».Outre Cloutier, qui reprend ce rôle qu\u2019il a fait vivre sur scène un peu partout en tournées, Anne Dorval, Marie-Laurence Moreau, Steve La- plante (le fameux Chabot !), Julien Poulin et Marc Labrèche incarnent les personnages qui étaient évoqués dans les pièces citées plus haut.Reste à voir si le passage à un média de masse ne va pas trop adoucir les angles de ce bougre qui a bousculé (voire choqué) nombre de spectateurs autant qu\u2019il en a fait rire à gorge déployée\u2026 Un autre personnage qui a connu le succès dans un autre média se retrouve à l\u2019écran cet automne, dans une série d\u2019animation : la charmante et loquace Bébéatrice, dont on a d\u2019abord découvert les mots d\u2019esprit sur le compte Twitter de son célèbre papa Guy A.Lepage, puis dans l\u2019ouvrage #bébéatrice illustré par Éric Go- din.Lepage y fera d\u2019ailleurs la voix de son propre personnage de PapaGuy.La jeune Élia St-Pierre interprétera la jeune princesse à la repartie aiguisée, tandis que Mélissa Poulin-Desor- meaux, Guillaume Lambert et Mu- rielle Dutil complètent la distribution.Sur Tou.tv dès le 14 novembre.Anthologies, les suites Les anthologies télévisuelles ont la cote chez nos voisins du sud ces dernières années.Cette tendance commence à nous gagner également, et pour le meilleur.Deux séries de ce type, qui ont fait belle impression à leur première saison, reviennent avec de nouveaux univers.La websérie Terreur 404 de Samuel Archibald, William S.Messier et Sébastien Diaz, qui n\u2019en finit plus de remporter des prix dans des festivals, nous proposera d\u2019autres courtes histoires d\u2019horreur en lien avec les technologies qui peuplent et mènent souvent nos vies.À Tou.tv à l\u2019Halloween.La série Plan B, dont la première saison a été dif fusée sur Séries +, trouve un nouveau cadre sur Véro.tv quelque part en novembre.Sophie Lorain y incarnera une animatrice de radio d\u2019une très populaire émission du matin qui fait appel à l\u2019entreprise Plan B pour retourner dans le passé afin d\u2019empêcher sa grande fille de commettre l\u2019irréparable\u2026 La Grande Faucheuse passe La mort est au centre ou en périphérie de deux nouveautés.Dans la fiction Georges est mort (telequebec.tv, le 27 septembre), un jeune homme encore en deuil profond de son meilleur ami décédé six mois plus tôt fait la rencontre de deux jeunes femmes délurées qui vont l\u2019aider à se relever.Pour sa part, la série documentaire Épitaphe (tv5.ca , le 12 novembre) propose des rencontres avec des artistes à qui l\u2019on annonce le trépas imminent et qui font des choses qui leur plaisent et se livrent à des confessions et réflexions avant de partir\u2026 Parmi les invités, Safia Nolin, Louise Forestier et Yann Perreault.Un troll utile Finalement, le magazine de société On se fera pas d\u2019amis permettra aux ja- sants Manal Drissi, Erich « Preach » Etienne, Judith Lussier et Ouellet de discuter autour de sujets chauds pendant qu\u2019un troll, qui jouera peut-être les trouble-fête en les alimentant avec les points de vue et préoccupations de la «communauté» numérique, suivra l\u2019émission sur les réseaux sociaux.À telequebec.tv, dès le 18 septembre.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e É c r an s 16e ÉDITION 5-15 SEPT.2018 36 CHORÉGRAPHES quartiersdanses.com PRÉSENTÉ PAR James Viveiros, Prix du Jury FQD 2017 Toutes sortes de retours en numérique La websérie Léo est inspirée des succès théâtraux Scotstown et Cranbourne.ILLICO ls animent des soirées dans les bars, créent leurs propres balados et maîtrisent parfaitement l\u2019ar t de multiplier leurs admirateurs grâce aux réseaux sociaux.La proverbiale relève en humour n\u2019attend plus, non, que les gros bonnets du showbiz lui donnent le feu vert afin de s\u2019arroger la lumière.Enthousiasmant bouillonnement que nous vivons, oui.Enthousiasmant bouillonnement nous faisant parfois perdre de vue ces vétérans du rire, qui rameutent encore des milliers de spectateurs partout en province, et qui occuperont le haut de l\u2019affiche cet automne.À commencer par André Sauvé, philosophe en résidence de l\u2019écosystème humoristique, qui dépiaute à nouveau ses angoisses dans Ça, titre laconique désignant ce nœud d\u2019inaliénable volonté enfoui parfois très profondément au fond du ventre de cet animal pas simple qu\u2019est l\u2019humain.Après avoir relevé le défi d\u2019un concert en compagnie d\u2019un orchestre plutôt doué (un certain groupe répondant à l\u2019acronyme OSM), le sage gringalet se mesure à des questions à la fois essentielles et inépuisables comme « quelle place occupons-nous dans l\u2019univers ?» ou « comment plier un drap contour?».Réponses le 10 octobre au Monument-National.Parlant d\u2019angoisses, Lise Dion nous confiait en mai dernier en traverser de costaudes pendant la création de Chu rendue là, un quatrième spectacle en forme de bilan de début soixantaine, lancé devant collègues et scribes le 14 novembre au Saint- Denis.Comment le public, ayant succombé aux charmes de ses protégées, Les Grandes Crues, et d\u2019autres fringantes représentantes de la jeunesse, l\u2019accueillera-t-il ?se demandait alors la chaleureuse dame.La preuve que ni le succès ni l\u2019âge ne savent apaiser les inquiétudes de l\u2019artiste assoiffée d\u2019amour et d\u2019hilarité partagée.Avec ses récentes publicités jouant la car te de l\u2019autodérision, le Par ti québécois se risquait au mariage toujours périlleux entre humour et politique.L\u2019équipe Lisée-Hivon devançait ainsi de quelques semaines les Za- partistes, qui, en réels spécialistes de cette conjugaison, sauront sans doute mieux y faire grâce à leur désormais traditionnelle tournée électorale.DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR | 3 3 R e n t r é e c u l t u r e l l e H u m o u r L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Les vétérans de l\u2019humour n\u2019ont pas dit leur dernière blague Malgré une relève hyperactive, l\u2019automne comique appartient à des valeurs sûres André Sauvé, philosophe en résidence de l\u2019écosystème humoristique, dépiaute à nouveau ses angoisses dans Ça.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR VOIR PAGE 34 : BLAGUE I L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e H u m o u r 3 4 | Présenté par Dernier arrêt de la caravane sillonnant plusieurs circonscriptions à partir de la mi-septembre ?Le Club Soda, au soir du scrutin.Montréalais un jour, et toujours Révélé à Montréal grâce au Couscous Comedy Show et au Zoofest, le diplômé de l\u2019École nationale de l\u2019humour Roman Frayssinet brille désormais davantage à la télé et sur les scènes de son pays de naissance, la France.Parions que c\u2019est néanmoins en enfant prodigue que seront reçus le coloré personnage et son spectacle.Alors, le 15 septembre à l\u2019Olympia.Il a lui aussi déjà vécu dans la métropole et compte parmi les rares comiques français capables d\u2019imiter l\u2019accent québécois sans s\u2019humilier publiquement.Mais c\u2019est dans la langue de Westmount que Gad Elma- leh sculpte son Dream Tour, dont l\u2019itinéraire comprend des passages à Amsterdam, Singapour, Oslo, Chicago et Montréal (le 21 octobre, toujours à l\u2019Olympia).Un peu de rattrapage Vous étiez en vacances à l\u2019étranger pendant le Zoofest, en juillet dernier?Réjouissez-vous que certaines de ses révélations reprennent leur spectacle au cours de l\u2019automne, dont Charles Pellerin (le 27 octobre au Lion d\u2019Or).Ses 60 minutes de stand-up témoignent d\u2019un admirable désir de s\u2019adresser à un vaste public tout en osant le sujet délicat (dans son cas, par exemple, la porno féministe).Même matière à réjouissance quant à l\u2019af fiche double que partagent au Petit Champlain de Québec, le 22 septembre, Matthieu Pepper et Maude Landry.Le premier compte parmi les dépositaires d\u2019un des meilleurs sens de la répartie de sa profession, qu\u2019il met souvent à profit en tant que maître de cérémonie au Bordel Comédie Club.L\u2019autre rappelle à chacune de ses présences au micro à quel point la (fausse) nonchalance peut engranger autant de rires que l\u2019énergie de tous les instants.Elle amorce d\u2019ailleurs le rodage de son premier one-woman show les 14 septembre et 18 octobre au Medley, et il serait étonnant que nous parvenions à patienter jusqu\u2019à sa vraie de vraie rentrée montréalaise pour vous en reparler.Drôle de viaduc Un autre festival d\u2019humour ! ?! nous sommes-nous fréquemment écrié au cours des dernières années, sans que la question que tout le monde se pose trouve sa réponse : quand le marché de la rigolade atteindra-t-il son point de saturation?Pas demain, semble croire l\u2019événement musical Mile Ex End, qui ajoute un pendant comique à sa deuxième édition, se déployant sous le viaduc Rosemont-Van Horne pendant le long week-end de la fête du Travail.Après deux jours de folk, d\u2019électro, de rap, de punk et de rock, place, le 3 septembre de 14 h à 22 h, à presque tout ce que la génération Y compte d\u2019humoristes, dont Adib Alkhalidey, Julien Lacroix, Rosalie Vaillancourt et 36 (!) de leurs collègues.BLAGUE L\u2019événement musical Mile Ex End ajoute un pendant comique à sa deuxième édition.Ici, Rosalie Vaillancourt.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Certaines des révélations du Zoofest de juillet dernier reprennent leur spectacle au cours de l\u2019automne SUITE DE LA PAGE 33 LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Doyens de notre littérature Régine Robin ou l\u2019éternelle jeunesse de la vie intellectuelle Fiction La réalité augmentée de Dominique Fortier L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e 3 6 | CRITIQUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « Le fil menace de décrocher, tout peut foutre le camp, d\u2019une minute à l\u2019autre, pour l\u2019amour du ciel, soyez indulgent avec elle [\u2026] », écrit Clara Dupuis-Morency dans un pastiche très logorrhéique des commentaires plus ou moins bienveillants formulés par ses étudiants dans leur évaluation de fin de session, à l\u2019université.Le fil menace de décrocher, tout peut foutre le camp: reprenons à notre compte ces deux observations, qui collent parfaitement à Mère d\u2019invention, premier livre de cette spécialiste de Proust qui, à l\u2019instar du mangeur de madeleines, aime ses phrases longues, impérieuses, finasseuses et souvent ver tigineuses.Mais ne soyons pas indulgents avec elle : c\u2019est précisément parce que tout menace sans cesse de foutre le camp, parce que son auteure risque constamment d\u2019être emportée par ses propres fiévreux paragraphes que ce récit foudroie avec la vigueur d\u2019une vérité complexe enfin mise au jour.Clara Dupuis-Morency exige beaucoup de la littérature, exige beaucoup d\u2019elle- même et exige beaucoup de son lecteur.Elle va « toujours au plus difficile», reconnaît-elle elle-même.Le nécessaire virus Test de grossesse positif dans un café de Berlin.Au fond du regard de l\u2019amoureux, c\u2019est d\u2019emblée l\u2019évidence : cet enfant ne naîtra pas.Et c\u2019est d\u2019emblée la capacité réelle de l\u2019écriture de dire le monde qu\u2019interroge Clara Dupuis-Morency avec l\u2019intransigeance de celle qui ne se satisfera pas de formules toutes faites ni de réponses élimées.Les mensonges d\u2019un réalisme de pacotille que finit toujours par charrier le langage sont un à un démontés : « [M]oi je l\u2019ai su quand j\u2019ai vu, dans ses yeux, que ça n\u2019allait pas être possible.Certains diraient dans l\u2019instant d\u2019une éternité, ou dans la dilatation du temps, dans sa suspension, mais il me faudrait pour dire cela, pouvoir retrouver cette suspension, cette extraction du temps, j\u2019essaie de renfiler ce fragment de temps comme un vêtement trop petit, ça ne s\u2019étire pas, je n\u2019ai plus accès à l\u2019éternité de la fraction de seconde à l\u2019intérieur de laquelle ça a existé [\u2026]» Récit à la fois hermétique (pour qui ne connaît pas le milieu universitaire) et universel dans sa volonté de nommer la vie du corps infléchissant celle de l\u2019esprit, Mère d\u2019invention raconte en deux parties distinctes la maternité modelant une écriture de soi moins impudique qu\u2019opiniâtre dans son refus des faux-fuyants.D\u2019un côté : les mois suivant la grossesse interrompue, durant lesquels la mère s\u2019adresse à l\u2019enfant qui aurait pu être.De l\u2019autre : les mois précédant l\u2019arrivée dans le monde de ses jumelles.Mais ce livre de naissances, c\u2019est aussi celui de plusieurs colères, de nombreuses digressions sur la douleur de l\u2019accouchement (une risible source d\u2019empowerment), sur les Co- lumbo de la littérature employant le mot autofiction à tor t et à travers, ainsi que sur ces « comptables du savoir » qui hantent les établissements d\u2019enseignement supérieur.« Le mépris de tout ce qui est brillant, voilà ce que c\u2019est, l\u2019Université.» Accouchements pluriels En son cœur, Mère d \u2019 invention scrute donc la question éternelle de la création possible après la maternité.Ce dont accouche l\u2019écrivaine derrière son ordinateur, tout comme le désir d \u2019enfant , répond chez Clara Dupuis-Morency à une même mystérieuse vanité et à une même absolue nécessité.Christine Angot devient ici l\u2019exemple de la mère écrivaine à célébrer, non pas pour l\u2019orgueil de superhé- roïne qu\u2019elle pourrait tirer de son double emploi, mais parce que son écriture « est dans la temporalité d\u2019être une mère, d\u2019être interrompue ».« Je ne veux pas être une mère qui est toujours dans ses livres», annonce sa lectrice, « je veux être interrompue, je veux pouvoir être dérangée, je ne veux pas qu\u2019un enfant sente qu\u2019il vit dans un ordre inférieur de réalité, que sa vie est contingente».L\u2019hommage à la figure indocile de la directrice de thèse, une certaine Catherine derrière laquelle le lecteur perspicace reconnaîtra une importante romancière québécoise, surgit de facto comme un art poétique, comme une profession de foi envers le virus de l\u2019insoumission que peuvent propager le travail de la pensée et l\u2019écriture.« Le grand écrivain, c\u2019est moi », conclut Catherine Dupuis-Morency \u2014 c\u2019est la dernière phrase du livre \u2014 en empruntant la voix de l\u2019enfant qui ne sera jamais né.Voilà une bien paradoxale manière de rappeler que l\u2019on écrit toujours avec son corps et ce qu\u2019il por te.Voilà une bien paradoxale manière de dire que la vie précède, et dépasse, la littérature.Le fiévreux livre de naissances de Clara Dupuis-Morency Mère d\u2019invention, un premier récit, renvoie dos à dos écriture et maternité Mère d\u2019invention est le premier livre de la spécialiste de Proust qu\u2019est Clara Dupuis-Morency.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Mère d\u2019invention ?Clara Dupuis-Morency, Triptyque, Montréal, 2018, 202 pages | 37 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien ?nancier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.Du 13 au 19 août 2018 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 1 2 3 45 67 8 9 10 Romans québécois Romans étrangers Essais québécois Essais étrangers Marcher contre l\u2019oubli Aucune guerre n\u2019est inévitable ni nécessaire.Encore moins les guerres civiles.L\u2019Espagne fascisante de Franco, le Liban des conflits sectaires, l\u2019Algérie des années de terreur et, dernièrement, la Syrie sous le joug de la dictature militaire ont vu des conflits intérieurs entre groupes et États armés au cours desquels s\u2019affrontent les représentants des idéologies nationalistes ou religieuses assoiffés de pouvoir et de sang et les forces populaires (armées ou non), entraînées dans une guerre à laquelle elles souhaitent mettre fin.Dans le cas extrêmement violent de la Syrie, il est facile de perdre ses repères, de passer à côté de l\u2019essentiel.De part et d\u2019autre de la frontière, la raison de guerre triomphe sur la Raison, alors que toute analyse rationnelle et bien informée s\u2019égare dans les méandres du discours, du contre- discours et du mensonge généralisé.La vérité est noyée dans le détail, les oublis sont alimentés par la peur et le déni, le brouillard des revendications légitimes et illégitimes jette sur la réalité un voile opaque, justifie la barbarie et innocente les agresseurs.Dans l\u2019urgence, la réflexion des uns et les analyses des autres deviennent caduques par rapport à la brutalité aveugle qui ne cesse de défaire les vies, déchiqueter les corps, sectionner les villes.Témoignage Dans le contexte de la littérature et du cinéma arabes, le témoignage des victimes se transforme souvent en plaidoyer antimilitariste.Les sous- genres « roman de guerre » et « film de guerre » s\u2019épanouissent en marge de la guerre civile au Liban (1975- 1990) avec des auteurs comme Hoda Barakat (La pierre du rire) et Rachid El-Daïf (Cher Monsieur Kawabata) et des cinéastes comme Maroun Bag- dadi (Beyrouth ô Beyrouth) et plus récemment Ziad Doueiri (West Beyrouth) et Nadine Labaki (Et maintenant, où on va).Ces artistes témoins se positionnent à la fois comme observateurs et comme enquêteurs pour relater en le dénonçant le fratricide collectif des Libanais.Dans le contexte syrien, le nom de la romancière Samar Yazbek s\u2019inscrit dans cette même veine.Après Les portes du néant (Stock, 2016), où elle raconte sa propre expérience en zone de guerre entre 2012 et 2013, son dernier roman emprunte en la sublimant la voie du journal intime non linéaire.Dans La marcheuse MAY TELMISSANY (Stock, 2018), Yazbek dénonce les horreurs de la guerre du point de vue d\u2019une narratrice muette qui raconte à une personne inconnue son adolescence, la mort tragique de sa mère, la disparition de son frère et sa propre agonie.L\u2019étrange manie de la narratrice, c\u2019est qu\u2019elle ne peut pas arrêter de marcher.Tout comme la Syrie, elle avance dès qu\u2019on la libère et elle demeure courageuse même dans la défaite.Comme dans toute situation traumatique, le récit de La marcheuse nous touche et nous perturbe.En littérature (mais aussi en peinture, en cinéma, etc.) les récits de guerre témoignent, analysent, dénoncent.L\u2019auteure n\u2019appelle pourtant ni à baisser les armes ni à la désertion.Le temps des Boris Vian est révolu.Par contre, le récit identifie des héros et des perdants, des bourreaux et des victimes, et demeure collé à l\u2019actualité.Il nous dégoûte de la guerre, certes.Mais alors que le témoignage n\u2019arrête jamais une guerre, le rôle du récit demeure celui de combattre l\u2019oubli volontaire, de réveiller les consciences inhibées, et peut-être aussi de célébrer la résilience des survivants.Résilience La planète secrète de la narratrice, celle qui lui permet de reprendre ses forces, témoigner du cauchemar et d\u2019espérer s\u2019en sortir, c\u2019est la bibliothèque de son enfance, qui l\u2019aurait formée et initiée à l\u2019écriture et au dessin.C\u2019est aussi la planète colorée du Petit Prince et d\u2019Alice au pays des merveilles, cités et commentés à profusion par la narratrice.Tout près de sa planète, elle assiste au bombardement des hôpitaux, à la torture des prisonniers, aux disparitions et aux meurtres, alors qu\u2019elle est liée par une corde au bras de son frère, à un lit d\u2019hôpital ou aux barreaux d\u2019une fenêtre dans un sous-sol abandonné.En tout temps, elle garde les yeux grands ouverts, dessine, écrit, communique.Alter ego de l\u2019auteure, la narratrice raconte pour survivre.Alors qu\u2019en arrière-fond du récit, la révolte pacifique des débuts se transforme en conflit armé entre un régime oppresseur et violent et une armée libre qui regroupe les factions nationalistes, laïques et islamistes dont témoigne le récit.Ainsi, bien que les atrocités de la guerre soient racontées comme une sorte d\u2019hallucination sans fin ou comme un cauchemar sans nom, la narratrice reste résiliente.Elle s\u2019évanouit, dort d\u2019un sommeil profond ou se voit transportée comme une loque ; l\u2019essentiel, c\u2019est de demeurer en vie.Et même si la guerre est irrationnelle, même si certains la croient légitime, sur sa planète, Samar Yazbek continue de marcher contre la mort, contre l\u2019oubli.CONCOURS Fou de culture?Jusqu\u2019au 6 septembre, courez la chance de gagner l\u2019un de nos quatre paniers débordants de laissez-passer culturels, d\u2019une valeur de 1500 $ chacun.Concerts, théâtre, danse, cinéma, cirque, musées.Le Devoir, en collaboration avec ses partenaires montréalais, vous a préparé 4 paniers vous permettant d\u2019assister à près de 20 événements, de quoi rendre votre automne complètement fou.de culture?! 20 événements 4 paniers 6?000$ en prix Pour participer, remplissez le formulaire en ligne : LeDevoir.com/foudeculture Le tirage aura lieu le 7 septembre.Les gagnants seront annoncés dans l\u2019édition du 8 septembre. L i r e L i t t é r at u r e q u é b é c o i s e 3 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E ENTREVUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR À force de gratter sous le papier, on finit parfois par créer une brèche entre la fiction et la réalité.C\u2019est un peu ce qui est arrivé à la romancière Dominique Fortier, qui s\u2019est passionnée pour la vie et l\u2019œuvre de la poétesse américaine Emily Dickinson (1830-1886).Aujourd\u2019hui considérée comme l\u2019un des écrivains les plus importants du dix-neuvième siècle, la recluse d\u2019Amherst, un village du Massachusetts qu\u2019elle n\u2019a presque jamais quitté de toute sa vie, n\u2019a publié de son vivant qu\u2019une petite dizaine de ses poèmes \u2014 sur les 1800 qu\u2019elle avait écrits.Elle s\u2019est penchée sur les mystères de la vie, s\u2019est intéressée aux fleurs et à son jardin, à la mort, à la maladie et aussi à la foi.Emily Dickinson, écrit la romancière et traductrice Dominique Fortier dans Les villes de papier, vivait dans « un bout de papier grand comme la paume ».La romancière fait alterner dans son cinquième roman, au fil d\u2019une narration particulièrement hybride entre fiction et récit de soi, des épisodes imaginés de la vie d\u2019Emily Dickinson avec le récit de sa propre installation dans une vieille maison au bord de la mer en Nouvelle-Angleterre.« Bien sûr, son œuvre a quelque chose de fascinant et d\u2019absolument unique », explique l\u2019auteure d\u2019Au péril de la mer (Alto), Prix littéraire du Gouverneur général du Canada en 2016, lorsqu\u2019on l\u2019interroge sur l\u2019origine de son intérêt pour la poétesse.L\u2019écrivaine, jointe par téléphone, se trouvait dans le Maine, dans la maison du bord de l\u2019océan où elle passe désormais la moitié de l\u2019année avec sa petite famille, maison qui est aussi au cœur de son nouveau roman.« Mais la vie d\u2019Emily Dickinson est une sor te de vie d\u2019écrivain idéale, dans laquelle il n\u2019y a que l\u2019écriture.Tout le reste disparaît peu à peu, elle finit par vivre presque exclusivement dans sa chambre.En même temps, on n\u2019a pas non plus l\u2019impression que c\u2019est une sorte de maladie mentale ou qu\u2019il s\u2019est passé quelque chose de dramatique dans sa vie.Je le vois comme une sorte de démarche presque naturelle.Quelqu\u2019un qui s\u2019approche de plus en plus du cœur des choses.Qui ne se coupe pas vraiment du monde, mais qui trouve un autre moyen de l\u2019appréhender.» Elle poursuit : « Il y a quelque chose d\u2019imprévisible dans son écriture qui est absolument unique.C\u2019est un peu comme lorsqu\u2019on regarde un oiseau La réalité augmentée de Dominique Fortier Sur un ton très personnel, Les villes de papier se penche sur la vie et l\u2019œuvre de la poète américaine Emily Dickinson Dominique Fortier fait alterner, au fil d\u2019une narration entre fiction et récit de soi, des épisodes imaginés de la vie d\u2019Emily Dickinson avec le récit de sa propre installation dans une vieille maison au bord de la mer en Nouvelle- Angleterre.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Livre hybride à la tonalité très personnelle, Les villes de papier nous promène agréablement entre l\u2019autobiographie, l\u2019exercice d\u2019admiration et l\u2019exofiction \u2014 une catégorie de romans qui s\u2019inspirent de la vie d\u2019un personnage à la fois réel et différent de l\u2019auteur.Mais le cinquième roman de Dominique Fortier est peut- être avant tout un livre sur l\u2019enracinement et la nécessité absolue de se créer un espace à soi.Un appel discret à structurer le monde selon ses propres besoins.À travers quelques épisodes choisis ou imaginés tirés de la «vie parfaite» de la poétesse américaine Emily Dickinson, avec intelligence et sensibilité, l\u2019auteure d\u2019Au péril de la mer y livre aussi une profession de foi envers la littérature comme suprême valeur-refuge.Un roman qui donne envie d\u2019égrener les heures en lisant les poèmes d\u2019Emily Dickinson, de faire un herbier ou de prendre le large vers la Nouvelle-Angleterre.Christian Desmeules Les villes de papier ?Dominique Fortier, Alto, Québec, 2018, 192 pages voler.Ça semble parfaitement naturel et en même temps ça a quelque chose de miraculeux.Ses poèmes me font cet effet-là», ajoute-t-elle.Un idéal de pureté C\u2019est l\u2019été dernier, alors qu\u2019elle travaillait à «un gros roman compliqué qui se passait sur plusieurs époques, avec des dizaines de personnages », un roman ambitieux qui, de son propre aveu, n\u2019allait nulle part, que le livre sur Emily Dickinson a fini par apparaître comme une nécessité.«Quand je me sauvais de mon gros manuscrit horrible, c\u2019était une sorte de cachette ou de grande bouf fée d\u2019air.Après quelques semaines, j\u2019ai compris que c\u2019était le livre que je devais écrire», confie-t-elle.Et parlant de cachette, à l\u2019heure de la fausse transparence et de la mise en scène de soi sur les médias sociaux, de la représentation permanente, la posture plus que discrète d\u2019Emily Dickinson a aussi quelque chose de très séduisant.«Elle est l\u2019exact opposé de ça.C\u2019est même quelqu\u2019un qui refuse de publier.L\u2019écriture lui suffit, c\u2019est une fin en soi.C\u2019est une attitude qu\u2019on a vraiment du mal à imaginer aujourd\u2019hui.Les gens font une salade et ils ont besoin d\u2019en parler sur les réseaux sociaux», lance un peu agacée Dominique Fortier.« À sa façon, Emily Dickinson est un antidote par fait à Facebook, à Instagram et compagnie », ajoute-t-elle en riant.L\u2019écrivaine de 46 ans voit dans la position de retrait de la poétesse une sor te de pureté, comprenant mal que les écrivains ne soient pas plus | 3 9 E T D I M A N C H E 2 6 A 0 Û T / 2 0 1 8 CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR En entrant dans cette histoire impossible, vous serez d\u2019abord envahi par un indéniable plaisir de lecture.Dès les toutes premières pages, en ef fet, le lecteur est happé par cet irrésistible talent de conteur qui a fait le charme et le succès des Yeruldelgger.Il n\u2019y a aucun doute : Ian Manook, ou plutôt Roy Braverman, sait vraiment y faire ! Nous sommes toutefois bien loin de la Mongolie : dans les Appalaches, pour être plus précis, en pleine tempête de neige.Un homme suit une voiture dans les collines et lorsqu\u2019elle s\u2019ar rête à un bar dans un village perdu\u2026 tout dérape.L\u2019homme parvient à peine à mettre la main sur celui qu\u2019il poursuivait avant que la lame d\u2019une déneigeuse s\u2019enfonce dans le vieil hôtel en arrachant les fils électriques du voisinage et fasse exploser les réservoirs de propane en semant la panique.C\u2019est tout juste si, dans la bourrasque, le train de marchandises qui s\u2019amène réussira à freiner avant de dévaster davantage la zone sinistrée en proie aux flammes.À elle seule, la scène vaut déjà plus que ce que pourra jamais en donner l\u2019adaptation cinématographique qui s\u2019annonce.Mais nous n\u2019en sommes qu\u2019au tout début ! Il y aura des hectolitres d\u2019hémoglobine, des poursuites et beaucoup de cadavres, cer tains cachés dans la neige et d\u2019autres cloués aux arbres par un tir d\u2019arbalète.Des femmes séquestrées depuis plus de dix ans aussi et transformées en esclaves sexuelles ; des gens qui souffrent aux mains de personnages dégueulasses et éminemment crédibles, salauds de la pire espèce se donnant tous les droits.Et d\u2019autres aussi, dévastés, qui veulent se faire justice puisque, justement, la justice en prend pour son rhume sur Murder Drive.Comme on le dit sur la quatrième de couverture : « Un serial killer peut en cacher un autre.Ou deux.» Ian Manook avait déjà laissé entrevoir dans la série des Yeruldelgger une certaine propension pour la littérature gore, mais ici, il se surpasse : à certains moments, on croirait lire du James Ellroy ou du Bret Easton Ellis.Les amateurs du genre vont avoir l\u2019occasion de se rassasier puisque ce Hunter n\u2019est que le premier d\u2019une série de trois livres développant les mêmes personnages : Crow puis Freeman (le très beau personnage du policier noir rencontré ici) devraient suivre d\u2019ici 2020 chez le même éditeur.Dernière précision.Tout ce goût du détail sanglant, toute cette horreur banalisée sont, bien sûr, ficelés dans une écriture qui roule à cent à l\u2019heure en vous laissant à peine le temps de respirer.Brrrr.On vous souhaite de parvenir à dormir quand même\u2026 Ian Manook en James Ellroy! Nouveau pseudonyme, nouvelle série gore, même plaisir d\u2019écrire L\u2019auteur signe ici le premier de troisù livres développant les mêmes personnages.FRANÇOISE MANOUKIAN Hunter ?Roy Braverman (alias Ian Manook, alias Patrick Manoukian), Hugo \u2013 Thriller, Paris 2018, 354 pages nombreux à l\u2019imiter.À choisir de s\u2019enfermer tranquillement chez eux pour écrire, nourris de solitude et de silence, accompagnés par les livres.Une sorte de fantasme de réclusion qu\u2019elle nourrit peut-être en passant une bonne partie de l\u2019année loin de Montréal.« C\u2019est vrai qu\u2019ici je suis dans une sorte de bulle.Il n\u2019y a personne qui nous connaît ou qui nous pose des questions.» Une réalité augmentée «Le temps ne passe pas, il est immobile.Chaque jour dure une éternité, une vie entière dans les heures entre le lever et le coucher du soleil.Chaque nuit est une petite mort.Elle se réveille pourtant le lendemain, étonnée d\u2019être là », écrit la romancière à propos d\u2019Emily Dickinson.À sa manière, Les villes de papier est aussi une rêverie de sédentaire, la trajectoire personnelle d\u2019un enracinement, la quête, puis la découverte d\u2019un espace protégé qui serait un véritable foyer \u2014 une idée de stabilité que le mot anglais « home » rend beaucoup mieux, estime la traductrice.Campé dans l\u2019Angleterre victorienne, Du bon usage des étoiles (2008) racontait l\u2019expédition de Franklin à la recherche du passage du Nord-Ouest.Les larmes de saint Laurent (2010) nous entraînait en Mar tinique au début du XXe siècle.La porte du ciel (2011) foulait les champs de coton de l\u2019Amérique sudiste.Alors que ses premiers romans étaient d\u2019une certaine façon plus « lointains», Dominique For- tier n\u2019hésite pas désormais à apparaître dans le texte et à employer le « je».L\u2019écrivaine le fait tout en continuant à inventer, avec une sorte de réalité augmentée.Comme s\u2019il y avait deux manières dans son œuvre, un avant et un après.«Je m\u2019aperçois que je fais depuis quelques livres ce que je m\u2019étais dit que je ne ferais jamais : écrire sur l\u2019écriture et sur les livres.Je trouvais qu\u2019il y en avait trop et qu\u2019il fallait parler du monde.Je le pense encore, mais c\u2019est comme si j\u2019avais arrêté de faire une distinction entre les livres et le monde», confie l\u2019écrivaine, qui reconnaît aussi que la naissance de sa fille a été une sorte de tournant dans sa vie et dans ce qu\u2019elle écrit.« Mais je n\u2019ai pas non plus l\u2019impression de parler de moi », ajoute-t-elle paradoxalement, capable de passer du très proche au lointain avec la même aisance.« Ce qui m\u2019intéresse, ce n\u2019est pas tant ce qui m\u2019est arrivé, mais la manière dont ça éclaire avec une lumière un peu plus oblique l\u2019autre chose dont je parle dans le livre : Emily Dickinson.» Et comme chez Emily Dickinson, pour Dominique Fortier les livres parlent des choses et les choses parlent des livres.Voilà tout.Et les livres sont aussi une façon de se faire des racines.« Après avoir fini d\u2019écrire ou de lire un livre avec lequel j\u2019ai vécu pendant plusieurs semaines, j\u2019ai l\u2019impression de ne plus avoir de maison.Je suis un peu comme un bernard-l\u2019hermite qui a perdu sa coquille », avoue-t-elle.Juste avant d\u2019aller remettre à l\u2019eau, avec sa fille de cinq ans, quelques-uns de ces petits crustacés recueillis sur la plage. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 L i r e S é r i e d \u2019é t é 4 0 | Ils ont tout vu, tout vécu et beaucoup écrit.Le Devoir part pour la dernière fois à la rencontre des doyens de notre littérature \u2014 des écrivains de 75 ans et plus \u2014 le temps d\u2019une conversation au sujet de leur œuvre, du temps qui passe et d\u2019un monde qu\u2019ils ont vu se transformer.Régine Robin ou l\u2019éternelle jeunesse de la vie intellectuelle L\u2019écrivaine et professeure raconte une vie de voyages et de travail de la pensée LES DOYENS DE NOTRE LITTÉRATURE L\u2019absence de Régine Robin des réseaux sociaux étonne souvent les anciens étudiants de l\u2019UQAM qu\u2019elle croise, et qui se rappellent comment leur professeure a été parmi les premiers à s\u2019enthousiasmer devant les possibilités du Web.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR aïm Kattan, sujet du précédent portrait de cette série et ami de tout le monde, nous avait demandé de passer le bonjour à Régine Robin.Chose promise, chose due : madame Robin, Naïm Kattan vous transmet ses chaleureuses salutations.« Je l\u2019aime bien, Naïm.C\u2019est vrai qu\u2019il ne se fâche jamais avec personne.Il m\u2019a d\u2019ailleurs toujours un peu énervée à cause de ça », raconte sur un ton plus affectueux que réellement agacé la professeure et écri- vaine qui, elle, n\u2019est pas exactement l\u2019amie de tout le monde.Critique souvent très âpre du nationalisme québécois (et du projet sou- verainiste), l\u2019auteure de La Québécoite rappelait pas plus tard qu\u2019en 2011 dans Nous autres, les autres son attachement pour ce pays relativement jeune qu\u2019est le Canada, un canevas vierge favorisant, à ses yeux, ces croisements et chevauchements identi- taires que n\u2019a jamais cessé de chanter son œuvre.Pas le meilleur moyen de se faire des amis chez les intellectuels de cette province.Y avait-il chez elle un cer tain plaisir à contredire et contrarier ses compatriotes?« Pas vraiment, non.Ça a même été souvent pénible, parce que, comme vous le savez, le débat ici est difficile », confie la dame de 78 ans, arrivée à Montréal depuis la France en 1974.« Il y a ici une très forte tradition du tous-ensemble-on-pense-la- même-chose.Les moutons noirs dans la maison, on n\u2019a pas l\u2019habitude.Alors en plus, quand on n\u2019est pas d\u2019ici, on se traîne une certaine gamelle, pour le dire vulgairement.Un étudiant m\u2019a même déjà reproché de ne pas avoir pris l\u2019accent ! En France, le débat est violent, mais au moins on en a l\u2019habitude.» Pourquoi donc s\u2019échiner à marcher à contresens ?« Parce que j\u2019ai quelque chose à dire ! Parce que c\u2019est plus fort que moi.Je ne pourrais pas, et je ne veux pas, m\u2019arrêter.Ce serait la mort », explique-t-elle de sa petite voix claire, en reprenant non pas le discours de l\u2019écriture-oxy- gène, mais de la vie de la pensée qui nourrit la vie du corps.«C\u2019est tout ce qui précède l\u2019écriture, le bouillonnement intellectuel, les réflexions, les lectures et les rencontres multiples autour d\u2019un projet, qui entretient une certaine jeunesse.C\u2019est ce qui entretient la vie.» La flâneuse immobilisée Peut-on un jour avoir suffisamment parcouru la planète pour voyager, non plus en avion, mais au cœur des souvenirs des villes que nous avons visitées et peuplant notre mémoire ?Régine Robin lance la question sur le ton de la boutade, mais elle ne parvient pas à complètement camoufler le deuil à faire.Une grave maladie, dont elle refuse de prononcer le nom, aura considérablement hypothéqué ses deux dernières années et la contraint toujours à se déplacer, lentement, à l\u2019aide d\u2019une canne.Plus question de marcher pendant des heures dans les rues inconnues d\u2019une métropole, comme elle en avait la grisante habitude.«Je ne sais pas comment la flânerie pourra reprendre, ou si elle pourra peut-être devenir purement imaginaire, étant donné ce que j\u2019ai emmagasiné comme ressources », se demande celle qui racontait en 2009, dans Mégapolis, ses dérives urbaines à New York, Londres, Los Angeles, Buenos Aires et Tokyo, villes parfois épuisantes, mais impossibles à épuiser, dans la mesure où une mégapole se dérobe toujours à nous.« New York, j\u2019y suis allée tous les ans pendant vingt ans; je ne prétends pas la connaître, mais je peux l\u2019appréhender.Je peux m\u2019y sentir chez moi, même si c\u2019est un sentiment en partie artificiel.Ça prend du temps, connaître une ville: il faut lire beaucoup, marcher beaucoup, rencontrer des gens.Et puis il faut accepter de ne pas y vivre que des moments d\u2019exaltation.Réellement connaître une ville, c\u2019est s\u2019y sentir triste, s\u2019y sentir seule, goûter à sa mélancolie.Il faut avoir eu froid dans une ville pour la connaître.» N | 4 1 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Pour qui voterez-vous ?Comme tous les vrais mordus de politique, je raffole des sondages préélectoraux et, contrairement aux politiciens, j\u2019adore les commenter.Je sais bien, cependant, que ces exercices ne font pas l\u2019unanimité.Certains les disent nuisibles à la démocratie et les qualifient de «nouvelles faciles», voire de propagande.Dans un texte publié dans notre page Idées le 27 mars 2014, Patrick Préville, président d\u2019Indice RP, une firme spécialisée en relations publiques et en mesure d\u2019impact, en vient à la conclusion que les sondages en temps d\u2019élection ont une réelle influence sur le comportement des électeurs.«Cette situation est inacceptable en démocratie, écrit-il.Les électeurs devraient pouvoir faire leur choix en respectant leur conviction profonde.» Ce point de vue, partagé par nombre d\u2019experts, est pourtant contestable.Les sondages, en effet, sont là pour de bon.Les partis politiques et les institutions qui en ont les moyens continueront d\u2019en commander, même si on en interdisait la diffusion.Une telle interdiction, par conséquent, reviendrait à empêcher les citoyens ordinaires d\u2019accéder à une information utilisée par les dirigeants.Des conséquences favorables Or, comme l\u2019écrivait le politologue Vincent Lemieux dans Les sondages et la démocratie (IQRC, 1988), « il ne peut y avoir de démocratie dans l\u2019usage des sondages si cet usage est confiné aux acteurs politiques les plus puissants [\u2026], sans que les publics, qui en sont bien souvent les cibles, puissent en prendre connaissance ».Sans nier les carences de ces outils, Lemieux concluait que l\u2019utilisation des sondages politiques avait «des conséquences plus positives que négatives sur l\u2019exercice de la démocratie ».Dans Sondages.Outils de la démocratie ou opinion réalité?(Robert Laffont, 2018, 184 pages), René Géli- nas, expert en la matière et chargé de cours à l\u2019École de gestion de l\u2019UQTR, abonde dans le sens de Le- mieux.«Y a-t-il trop de sondages?Je ne crois pas, répond-il.Sont-ils utiles ?Oui.[\u2026] Les sondages rendent plus visible, plus concrète l\u2019évolution [de la course électorale].Par les réactions qu\u2019ils suscitent, ils animent le débat, public et privé.» Il faut distinguer au moins deux types de sondages politiques.Il y a ceux que commande un gouverne- LOUIS CORNELLIER ment afin de tâter le pouls de l\u2019opinion publique au sujet de diverses politiques et il y a les sondages préélectoraux sur les intentions de vote.Géli- nas, contrairement à Lemieux, traite essentiellement de ces derniers, ceux «qui font le régal des médias et que les politiciens redoutent parfois».Après avoir tracé une brève histoire des sondages où il rappelle, notamment, que la pratique rigoureuse de cet exercice a été codifiée pour la première fois en 1935 par le journaliste américain G.H.Gallup, Gélinas se penche, de manière par moments brouillonne, sur des considérations méthodologiques (échantillon représentatif, marge d\u2019erreur, biais potentiels), avant de s\u2019attaquer à la question de l\u2019influence des sondages sur le vote.Mauvais effets On soupçonne les sondages de faire augmenter l\u2019appui au meneur, mais aussi de susciter l\u2019opposition au meneur.On leur attribue un possible effet de démobilisation \u2014 à quoi bon voter si la course est gagnée ou perdue d\u2019avance?\u2014, mais aussi de mobilisation, quand les militants constatent qu\u2019ils doivent redoubler d\u2019effort.Certains les accusent, enfin, d\u2019encourager le vote stratégique, qui consiste à choisir, à contrecœur, un moindre mal.En démocratie, cette dernière option, vilipendée par les purs et impossible sans les sondages, m\u2019apparaît parfaitement légitime.Gélinas, pour sa part, se demande, à juste titre, si tous ces effets ne finissent pas par s\u2019annuler et il postule que l\u2019influence des sondages n\u2019est pas déterminante, non sans souligner qu\u2019ils peuvent exercer une influence indue dans le cas où les médias font le choix d\u2019accorder plus d\u2019attention aux meneurs.On peut d\u2019ailleurs se demander si on n\u2019assiste pas, à l\u2019heure actuelle, à une telle manifestation, au profit des caquistes et des libéraux et au détriment des péquistes et des solidaires.Même en reconnaissant que les sondages peuvent être des outils de la démocratie, il convient d\u2019insister sur le fait que l\u2019esprit critique, en la matière, s\u2019impose.Que vaut, en effet, un sondage comme celui que l\u2019Institut économique de Montréal a commandé à Léger, en janvier 2018, et qui demandait aux répondants s\u2019ils trouvaient qu\u2019ils payaient trop, juste assez ou pas assez d\u2019impôts?L\u2019exercice, dans ce cas, relève de la pure propagande.Sans surprise, 67 % des répondants ont dit payer trop d\u2019impôt.Un mois plus tard, un sondage Repère communication, lui aussi imparfait et commandé par le PQ, concluait que 74 % des répondants préféraient des réinvestissements dans les services publics aux baisses d\u2019impôt ! Alors, pour qui voterez-vous?Accepter l\u2019inattendu Régine Robin n\u2019est sans doute pas la seule femme de 78 ans à ne pas être présente sur Facebook, Twitter et Instagram.Son absence des réseaux sociaux étonne néanmoins souvent les anciens étudiants de l\u2019UQAM qu\u2019elle croise, et qui se rappellent comment leur profes- seure a été parmi les premiers à s\u2019enthousiasmer devant les possibilités du Web, mais aussi à célébrer la réinvention de soi que permet l\u2019écriture.N\u2019est-ce pas précisément ce que facilitent les réseaux sociaux, que de sculpter son identité selon ses désirs ?« La très grande dif férence, c\u2019est que l\u2019écrivain, lui, simule.Il n\u2019est pas prisonnier de l\u2019avatar, il joue avec son identité en maîtrisant le processus », observe-t-elle en insistant sur l\u2019autoréflexivité critique indissociable d\u2019une réelle écriture de soi.« Sur les réseaux sociaux, on se trompe à son sujet, par définition, en ne donnant qu\u2019une bonne image de soi, en ne soulignant que les aspects positifs de ce qu\u2019on est.» Mais la mise à distance permettant un réel regard sur sa petite personne supposerait d\u2019abord que le propriétaire d\u2019un téléphone intelligent se soustraie parfois au torrent de stimuli le douchant quotidiennement.« Je vois des articles écrits parfois de façon maladroite qui disent : \u201cLes gens ne savent plus s\u2019ennuyer\u201d, et je comprends très bien ce à quoi ils font référence.On ne sait plus être dans le silence.Il faut tout le temps de la musique.Le silence devient terrifiant », regrette la sociologue (et propriétaire d\u2019un téléphone pas intelligent), avant d\u2019évoquer à nouveau le pouvoir de la flânerie.« Flâner, c\u2019est accepter l\u2019inattendu.C\u2019est le contraire des réseaux sociaux, des algorithmes ! C\u2019est refuser de chercher un restaurant sur son téléphone.Marchons et nous trouverons bien un boui-boui ! » CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Il est difficile, lorsqu\u2019on l\u2019a lue même une seule fois, d\u2019oublier cette phrase lourde de sens tirée du Journal de Franz Kafka : « Qu\u2019ai-je de commun avec les Juifs ?C\u2019est à peine si j\u2019ai quelque chose de commun avec moi-même.» À 44 ans, l \u2019Américaine Nicole Krauss ne craint ni le vide ni la complexité.Après L\u2019histoire de l\u2019amour (2006) et La grande maison (2011), son quatrième roman \u2014 A Man Walks into a Room, le premier, est toujours inédit en français \u2014 explore le fardeau que représente le passé, le poids des histoires que l\u2019on se raconte et qui nous constituent.Dans Forêt obscure, une écrivaine qui s\u2019appelle Nicole, une mère de deux enfants en instance de séparation, expérimente un passage à vide et se demande si elle a toujours quelque chose de commun avec elle-même.« Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai par une forêt obscure », écrit Dante en ouverture de sa Divine comédie.Entre la crise de la quarantaine, la panne créatrice et la déroute absolue, la protagoniste traînera jusqu\u2019en Israël le sentiment d\u2019étrangeté qui l\u2019habite.Obsédée par le Hilton de Tel-Aviv, immense bloc de béton à l\u2019architecture « bruta- liste » posé en bord de mer, elle décide subitement de quitter Brooklyn.Là-bas, dans l\u2019appartement de sa sœur à Tel-Aviv, elle envisage de commencer un nouveau roman.Un nouveau roman dans lequel évolue peut- être Jules Epstein, un sexagénaire new-yorkais et philanthrope qui dilapide sa for tune au gré d\u2019une crise mystique entre deux rencontres étranges dans les couloirs du Hilton.Deux récits que fait s\u2019entrecroiser avec un certain brio Nicole Krauss.En coulisses, loin derrière les phrases, il importe peut-être de savoir que Nicole Krauss a longtemps partagé sa vie avec l\u2019écrivain Jonathan Safran Foer, avec qui elle a eu deux enfants.Ils formaient une sorte de golden couple du milieu littéraire new-yorkais.Mais loin des facilités d\u2019un certain type d\u2019autofiction qui se contenterait d\u2019exposer la rupture ou de sonder le propre désarroi de l\u2019auteure, Forêt obscure nous entraîne vers des sentiers au relief beaucoup plus marqué, parfois même vertigineux.Ainsi, Kafka n\u2019aurait pas vraiment été enterré à Prague en 1924, mort de la tuberculose.Comme Jules Epstein, l\u2019auteur de La métamorphose a peut-être fini tranquillement ses jours à planter des arbres dans le désert du Néguev, heureux comme jamais.Avec ce livre à la tonalité mélancolique, Nicole Krauss explore ici en virtuose les questions complexes de l\u2019identité, de l\u2019ambition littéraire, de la judéité, de l\u2019être et du paraître.Jeux de miroirs, faux-semblants, jeux de mains ou de vilains, elle y dessine surtout un puissant dédale narratif qui nous entraîne entre la réalité et le fantastique.À la fois dense et léger.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n 4 2 | À 44 ans, l\u2019Américaine Nicole Krauss ne craint ni le vide ni la complexité.GONI RISKIN À l\u2019ombre du pouvoir ?Neely Tucker, traduit de l\u2019anglais par Alexandra Maillard, Gallimard \u2013 Série Noire, Paris 2018, 355 pages Le journalisme mène à tout, on le sait ; et le journalisme d\u2019enquête complète souvent le travail des policiers, l\u2019actualité nous en fournit constamment des exemples.C\u2019est précisément ce qui se passe ici alors que Sully Carter, un journaliste du Washington Post, profite de la mort d\u2019un Afro-Américain de bonne famille pour se pencher sur une série de meurtres commis dans le même quartier mal famé de la capitale américaine.Très vite, Carter subira des pressions de l\u2019avocat de la famille de la victime, qui l\u2019incite à laisser tomber l\u2019affaire ; on veut bien admettre que le fils Ellison avait des problèmes de drogue, mais ce n\u2019est pas une raison pour salir la réputation des Afro-Amé- ricains les plus influents de Washington.Sauf que Carter découvre que ce n\u2019est pas vraiment le cas : la victime n\u2019avait rien d\u2019un drogué.Mais il était gai\u2026 ce que sa mère nie avec énergie.Et cette guerre d\u2019image menée par la famille se met alors à ressembler à une véritable guerre de tranchées.Les patrons du journaliste le soutiennent dans son enquête jusqu\u2019à ce que la mère de Billy Ellison le convoque sur les lieux du crime pour commettre l\u2019irréparable.Ce sera la goutte qui fera déborder le vase : Car ter est suspendu sans salaire.Coincé entre les hommes de main de la famille Ellison, ses patrons et les truands du quartier, il continue néanmoins à mener son enquête jusqu\u2019à faire éclater la vérité au plein jour.Voilà une histoire fort bien menée par un vrai journaliste du Washington Post, qui connaît bien les rouages du métier.Écriture élégante traduite avec tout ce qu\u2019il faut de rythme et d\u2019allant, intrigue serrée et personnages solides et attachants, cette histoire a tout pour agrémenter une journée de vacances tout en éclairant un pan for t peu connu de l\u2019esclavage aux États-Unis.Michel Bélair Guerre d\u2019image et de tranchées Un ancien correspondant du Washington Post se penche sur la guerre de la drogue Les métamorphoses de Nicole Krauss Entre réalité et fantastique, Forêt obscure explore avec brio les questions de l\u2019identité Forêt obscure ?Nicole Krauss, traduit de l\u2019anglais par Paule Guivarch, L\u2019Olivier, Paris, 2018, 288 pages | 4 3 C i r q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R E N T R É E C U L T U R E L L E CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Les ar tistes de cirque, ces saltimbanques dans l\u2019âme, sont familiarisés avec les dépar ts et ar rivées.Aussi, le thème du voyage en train est venu naturellement à Shana Carroll au moment de concevoir le spectacle Passagers, la nouvelle production de la compagnie de cirque Les 7 Doigts, qui prend l\u2019af fiche cet automne à la Tohu.C\u2019est le premier spectacle à avoir été créé dans les nouveaux locaux du cirque, sur le boulevard Saint- Laurent, à Montréal.Lorsqu\u2019elle était petite, Shana Carroll entendait le train, qui passait sur la voie ferrée à une quinzaine de kilomètres de chez elle.On l\u2019entendait, raconte-t-elle, par-dessus tous les autres bruits, même celui des gros camions.Le spectacle compte notamment un numéro de fildefériste, dont le jeu pourra évoquer autant l\u2019image des passagers clandestins qui circulent sur les toits des wagons que des piétons qui marchent sur les rails.La compagnie a d\u2019ailleurs conçu un système qui permet de faire voyager le fil de fer en tournée.« On a fait toute une recherche pour créer une structure autoportante pour le fil de fer», dit-elle.Le spectacle intègre également un numéro de cadres russes, ce qui est une première pour le Cirque.Deux artistes chanteront, et l\u2019une d\u2019elles joue du ukulélé.La musique qui accompagnera le spectacle est toujours en cours de création, mais on sait qu\u2019elle intégrera autant les sif flets des trains que les bruits mécaniques de ces appareils.Du 14 novembre au 5 janvier.Après le train, l\u2019hôtel.Le Cirque Éloize célèbre pour sa par t ses 25 ans d\u2019existence cette année et fait entrer le public dans son hôtel particulier avec le spectacle Hôtel, une coproduction de la Tohu et de la Place des Arts, du 14 au 17 novembre prochains au Théâtre Maisonneuve.On promet que les murs y racontent leur souvenir à travers la danse, l\u2019acrobatie, le théâtre et la musique dans un décor d\u2019avant-garde.Mais il y a aussi bien d\u2019autres façons de voyager.La compagnie du Gros Orteil exploite par exemple le thème de la lecture dans le spectacle Le bibliothécaire, qui s\u2019adresse à tous, dès l\u2019âge de huit ans.L\u2019artiste multidisciplinaire Paul-Émile Dumoulin y joue le rôle du bibliothécaire, qui se laisse emporter dans ses lectures.Et il se donne comme défi Invitation au voyage Les 7 Doigts et le Cirque Éloize explorent les thèmes du train et de l\u2019hôtel VOIR PAGE 44 : CIRQUE Le Cirque Éloize fait entrer le public dans son hôtel particulier avec le spectacle Hôtel.PIERRE MANNING La nouvelle production de la compagnie de cirque Les 7 Doigts, intitulée Passagers, prendra l\u2019affiche cet automne à la Tohu.SHANA CARROLL L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e Billets et information : centre-phi.com Centre Phi \u2014 407, rue Saint-Pierre, Vieux-Montréal JASMINA CIBIC Everything That You Desire And Nothing That You Fear Cet automne, le Centre Phi et DHC/ART présentent : Exposition 2018.10.25 \u2013 2019.03.03 Avec Véronique Rivest, Emily Campeau et Simon Mathys Du 22 au 25 octobre au Centre Phi Une série d'événements avec le grand collectionneur de vins Michel-Jack Chasseuil Fondation pour l\u2019art contemporain 451 et 465, rue Saint-Jean Entrée libre dhc-art.org DHC/ART CIRQUE SUITE DE LA PAGE 43 de donner le goût de lire au public.À la Tohu, du 20 au 22 avril 2019.La Tohu a concocté une programmation entièrement québécoise pour célébrer ses 15 ans cette année.La troupe Machine de Cirque revient à Montréal pour présenter six représentations de son spectacle homonyme, le premier que le quintette d\u2019artistes a créé, qui tourne présentement en Europe.Du 30 janvier au 10 février, ce sera aussi l\u2019occasion de voir Songe d\u2019une nuit d\u2019été, où la compagnie de cirque Flip Fabrique revi- site Shakespeare, en coproduction avec le Théâtre du Trident.Du 30 janvier au 10 février à la Tohu.Tout de suite après, Camille Boi- tel, de la compagnie L\u2019immédiat, propose L\u2019homme de hus, une codif fusion de la Tohu avec La Chapelle scènes contemporaines.Un spectacle solo qui mêle per formance, cirque d\u2019avant-garde et théâtre.À Montréal, les maisons de la culture offrent elles aussi une certaine programmation circassienne, généralement gratuite.Mentionnons, par exemple, l\u2019Impro Cirque, qui a lieu le 22 septembre au parc du Pélican, en collaboration avec la maison de la culture de Rosemont\u2013La Petite-Patrie.Le tournoi de l\u2019Impro Cirque, organisé par Les Improduits, se tiendra à la Tohu du 28 au 30 mars.Le 23 novembre, au centre communautaire d\u2019Anjou, le spectacle Gabzy perd la boule et met en scène Gabzy jongleur, équilibriste et animateur.La salle Odyssée de Gatineau recevra pour sa part l\u2019hypnotiseur Messmer, les 17 et 18 avril 2019, le Cirque Éloize le 12 mai, et le magicien Luc Langevin le 25 juillet.La Tohu tient également tous les mois une activité qui s\u2019appelle La falla des enfants, où les jeunes sont invités à entendre un conte, puis à suivre un atelier d\u2019art sur les thèmes du feu, de la nature, des matériaux de construction, et de la collaboration.Enfin, notons le retour du Cirque du Soleil avec Corteo au Centre Bell, en décembre.Quinze ans à animer un quartier La Tohu, ce haut lieu de la culture circassienne à Montréal, célèbre ses 15 ans.Depuis l\u2019ouverture du parc Frédéric-Bach, dans le quartier Saint-Michel, qui se veut le deuxième plus grand espace vert de Montréal, la Tohu en est aussi le pavillon d\u2019accueil et y anime une foule d\u2019activités, souvent liées au cirque.La Grande Corvée s\u2019y tient notamment pendant la semaine de la relâche scolaire.Le parc compte désormais deux espaces aménagés: le Boisé est et le Parvis Papineau.Ces espaces s\u2019ajoutent dé-sormais à la voie polyvalente qui ceinture le parc. | 4 5 R e n t r é e c u l t u r e l l e M u s é e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 ENTREVUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR l y a 26 ans, le Musée d\u2019ar t contemporain de Montréal (MAC) prenait racine au centre-ville.Il ne bougera plus, mais le 26e automne sera son dernier tel qu\u2019on le connaît.En janvier 2019, le MAC fermera pour une durée de 36 mois, le temps de se refaire une identité.Le musée de 1992 ne disparaîtra pas totalement, la transformation touchant à peine la moitié du bâtiment.Et encore : une par tie des travaux se fera dans les zones jusque-là non visibles et non publiques, les réserves du sous-sol.L\u2019établissement fondé en 1964 aura cependant une nouvelle image.Cet automne sera le dernier du hall en forme de rotonde, un espace souvent perçu comme l\u2019emblème d\u2019une architecture peu aimée.L\u2019aménagement plus vaste et plus lumineux qui le remplacera sera la principale signature du projet élaboré par la firme Saucier + Perrotte.Pour John Zeppetelli, directeur depuis cinq ans du MAC, il fallait casser l\u2019impression de musée fermé.« Les visiteurs se plaignent qu\u2019ils ne trouvent pas la porte et, quand ils la trouvent, elle est très lourde.Puis ils arrivent dans la rotonde, avec ces colonnes weird\u2026 », dit-il, heureux à l\u2019évocation du « pôle vitré » qui verra le jour à l\u2019angle des rues Sainte- Catherine et Jeanne-Mance.Une dernière avant les rénovations Le MAC honore Françoise Sullivan et la fougue des manifestes Pour John Zeppetelli, directeur depuis cinq ans du MAC, il fallait casser l\u2019impression de musée fermé.JACQUES NADEAU LE DEVOIR VOIR PAGE 47: IMMOBILISME I L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e M u s é e s 4 6 | L E S D I X E X P OS I T I O N S D E L\u2019AU TO M N E 1.Alexander Calder, un inventeur radical, Musée des beaux-arts de Montréal, dès le 21 septembre.Lié à Montréal depuis Expo 67 et l\u2019immense Trois disques (L\u2019homme), Calder n\u2019aurait jamais eu droit ici à une exposition d\u2019envergure.Cette première rétrospective en sol canadien rassemblera une centaine d\u2019œuvres, dont des figurines en fil de fer, des stabiles en tôle et les incontournables mobiles suspendus, ceux par lesquels l\u2019artiste avait fait sienne la quatrième dimension (le temps).2.Françoise Sullivan, Musée d\u2019art contemporain de Montréal, dès le 20 octobre.Un an et demi après la Galerie de l\u2019UQAM, le MAC honore la longue carrière d\u2019une artiste presque centenaire (dans cinq ans).Cette exposition maison circulera par la suite au Canada, une chose rare pour un projet du MAC.3.350 ans de pratiques artistiques au Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, dès le 15 novembre.Le renouveau opéré au MNBAQ depuis deux ans se déplace dans le plus vieux pavillon, avec la remise en place de la collection d\u2019art ancien et moderne.Pas une mince affaire, d\u2019autant plus que le projet piloté par la conservatrice Anne-Marie Bouchard se veut inclusif, tourné vers les voix laissées de côté par l\u2019histoire de l\u2019art.4.Anthropocène, Musée des beaux- arts du Canada et Musée des beaux- arts de l\u2019Ontario, dès le 28 septembre.Portée par les enjeux environnementaux, cette rare exposition simultanée en deux musées, en deux villes (Ottawa et Toronto), est le projet collectif d\u2019Ed Burtynsky, Jennifer Baich- wal et Nicholas de Pencier.Photographies et murales de grand format, installations vidéo et de réalité augmentée, ainsi que des films composent le menu.5.Expositions inaugurales, Museum of Contemporary Art, dès le 22 septembre.Autre rendez-vous ontarien : la réouverture du MoCA, un temps associé à Chantal Pontbriand.Le concept de la Québécoise avorté, voilà enfin qu\u2019aboutit le musée projeté dans 55 000 pieds carrés d\u2019un bâtiment industriel de Toronto.Parmi les quatre expositions qui lui redonnent vie, celle intitulée Believe s\u2019annonce comme une profession de foi.6.Par la forêt, Musée d\u2019art contemporain des Laurentides, dès le 9 septembre.Autre renouveau muséal, celui opéré discrètement pendant l\u2019été à Saint-Jérôme.Rebaptisé MAC LAU, l\u2019ex- Centre d\u2019exposition du Vieux-Palais amorce sa 40e année par une expo explorant le territoire, sa mythologie, son bestiaire.Cinq artistes sont réunis dans ce projet qui met en phase le désir du musée de s\u2019inscrire dans sa région.7.L\u2019architecture en soi et autres mythes postmodernes, Centre canadien d\u2019architecture, dès le 6 novembre.«Un point de vue inattendu et inhabituel sur des projets canoniques», annonce-t-on du côté du CCA.On parlera bien sûr d\u2019architecture avec des dessins et des maquettes, mais ce sera pour aborder les «enchevêtrements» avec la bureaucratie, le marché et le monde universitaire.8.Marcel Barbeau, en mouvement, Musée national des beaux-arts du Québec, dès le 11 octobre.Deux ans après sa mort, le peintre non figuratif aura droit à sa plus importante rétrospective.Elle couvrira tout l\u2019éclectisme de sa carrière, de ses années gestuelles à ses périodes multidisciplinaires, en passant par sa période optique, sans doute sa meilleure.9.Tout ce que vous désirez et rien de ce que vous redoutez, DHC/ART, dès le 25 octobre.Sous ce titre, l\u2019artiste slovène Jasmina Cibic transformera le bâtiment central de la DHC.L\u2019œuvre créée pour l\u2019occasion est un clin d\u2019œil aux expositions universelles et en particulier à Expo 67.Intrigant projet, un peu casse-cou, tant Cibic dénonce ce dont elle semble se servir, c\u2019est-à-dire les emblèmes politiques et ses clichés.10.35 + Prisons in Québec, Musée d\u2019art de Joliette, dès le 6 octobre.Un dialogue entre sculpture (plutôt conservatrice) et intelligence artificielle est au cœur de la principale expo du MAJ.Mais c\u2019en est une autre, de nature sociologique, qui suscite la curiosité.Le projet sculptural de la Montréalaise Sheena Hoszko est né de ses visites de prisons.Le portrait de ce Québec méconnu s\u2019annonce troublant.Jérôme Delgado Herbert Matter, Calder dans son atelier de Roxbury (Connecticut), 1941 2018 CALDER FOUNDATION, NEW YORK / SODRAC, MONTRÉAL Françoise Sullivan, Chute en rouge, 1966 FRANÇOISE SULLIVAN / SODRAC (2018) PHOTO GUY L\u2019HEUREUX R e n t r é e c u l t u r e l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 IMMOBILISME SUITE DE LA PAGE 45 Lui-même n\u2019a jamais compris cet « espace complexe » qu\u2019est la rotonde.Il se souvient pourtant de moments forts, tels que celui du Cheval de Xavier Veilhan \u2014 l\u2019exposition Déjà, en 2011 \u2014 ou un des géants de David Altmejd, placé là en 2015.Pour sa dernière saison, le hall restera tel qu\u2019il est depuis juin.L\u2019œuvre Pulse Spiral, de Rafael Lozano-Hemmer, y fonctionne à merveille, selon John Zeppetelli.Dans les réserves « Le projet de transformation est axé sur la conversion des salles d\u2019entreposage en salles d\u2019exposition », résume le directeur du MAC, qui rappelle qu\u2019à peine 1 % des 8000 œuvres sont montrées.Si l\u2019agrandissement du hall supprimera une salle d\u2019exposition du 2e étage, le réaménagement des réserves en fera gagner quatre.Gestionnaire des collections, Anne-Marie Zeppetelli \u2014 la sœur du directeur \u2014 travaille d\u2019arrache-pied pour vider les réserves.Près de 75 % des œuvres seront localisées dans un autre quartier, pour lequel le gouvernement du Québec doit donner son accord.En attendant, la collection sera entreposée dans le musée, là où il n\u2019y aura pas de travaux.Travaillant au MAC depuis 1989, Anne-Marie Zeppetelli a vécu l\u2019arrivée au centre-ville comme un grand moment.Son plus cher souvenir : « arriver dans de belles réserves ».« En 1992, c\u2019était magnifique.On avait de l\u2019espace pour manœuvrer », confie-t-elle.Son cauchemar ?L\u2019inondation de 2012, causée par la rupture d\u2019un tuyau.«C\u2019était bouleversant, presque tout le sous-sol a été touché.Ça nous a pris six mois pour remettre les réserves en état, trois ans pour traiter les œuvres.» Manifestes Pour conclure ce premier quart de siècle au centre-ville, le MAC fera place à une foule de manifestes.Dans l\u2019installation immersive Manifesto, de Julian Rosefeldt, l\u2019actrice Cate Blanchett clame des extraits de 12 textes fondateurs, du Manifeste du parti communiste de Marx et Engels au Dogma de Lars von Trier.L\u2019inclusion de Refus global, « notre grand manifeste », dit John Zeppe- telli, sera double : d\u2019abord par la grande rétrospective d\u2019une de ses signataires, Françoise Sullivan, puis par l\u2019exposition documentaire Partitions, où le recueil de 1948 sera placé aux côtés des textes de Manifesto.« C\u2019est un beau cycle d\u2019expositions, assez cohérent, promet John Zeppetelli.On aime la déclaration artistique, cette fureur de rhétorique, surtout faite par des jeunes qui ont le courage de se prononcer.» Le MAC n\u2019est plus si jeune, mais s\u2019il fallait lui trouver un manifeste derrière le dernier programme avant les rénovations, le directeur proclamerait un acte de foi pour\u2026 l\u2019immobilisme : «On a l\u2019emplacement le plus incroyable en ville, en plein cœur du Quartier des spectacles», affirme-t-il.Travaillant au MAC depuis 1989, Anne-Marie Zeppetelli a vécu l\u2019arrivée au centre-ville comme un grand moment.JACQUES NADEAU LE DEVOIR C\u2019était bouleversant, presque tout le sous-sol a été touché [par l\u2019inondation].Ça nous a pris six mois pour remettre les réserves en état, trois ans pour traiter les œuvres.ANNE-MARIE ZEPPETELLI » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e G a l e r i e s e t c e n t r e s d \u2019a r t i s t e s 4 8 | NICOLAS MAVRIKAKIS COLLABORATEUR LE DEVOIR Il y a 50 ans cet automne, Montréal s\u2019embrasait.Dans la mouvance de mai 1968 en France, mais aussi de bien d\u2019autres révoltes en Europe et aux États-Unis, cette année-là, les manifestations pullulaient dans notre ville.Un tournant au Québec avec, en octobre 1968, une grève générale de 15 cé- geps sur 23.Dans ce qui était alors la métropole du Canada, les étudiants revendiquaient une deuxième université de langue française \u2014 ce qui fut fait \u2014, ainsi qu\u2019une réforme majeure de l\u2019enseignement et du système des prêts et bourses afin de rendre l\u2019éducation accessible à tous\u2026 Projet qui, lui, est loin d\u2019avoir été réalisé.Les insurrections se poursuivirent début 1969 avec entre autres les émeutes, un peu oubl iées, contre le racisme systémique au centre informatique de l\u2019Université Sir George Williams \u2014 maintenant Universi té Concordia\u2026 L\u2019Université avait alors étonnamment « blanchi » un professeur incriminé.Comment de tels soulèvements ont- ils pu se produire et s\u2019alimenter?Mais surtout, qu\u2019est-ce qui se joue dans les représentations de ces rébellions?Lumières malgré tout L\u2019exposition Soulèvements, dont le commissaire est le brillant théoricien de l\u2019ar t Georges Didi-Huberman, sera à l\u2019affiche cet automne à la Galerie de l\u2019UQAM (du 7 septembre au 24 novembre) et à la Cinémathèque québécoise (du 7 septembre au 4 novembre).Elle nous offrira certainement quelques lumières par rapport à ces mouvements populaires anciens, mais aussi contemporains désirant se sortir des ténèbres.Mise en circulation par le Jeu de Paume à Paris \u2014 après avoir été présentée à Barcelone, Buenos Aires et Mexico \u2014, elle sera à l\u2019affiche dans notre ville dans une version modifiée qui tiendra compte du contexte socio- politico-artistique d\u2019ici.Pour la version montréalaise de cette expo, l\u2019artiste Étienne Tremblay- Les arts visuels sous le signe de l\u2019engagement La saison s\u2019ouvre sur l\u2019indestructibilité de l\u2019espoir avec comme figure phare Georges Didi-Huberman Étienne Tremblay-Tardif, Éphéméride : l\u2019occupation étudiante de l\u2019École des beaux-arts de Montréal (détail), 2018 ÉTIENNE TREMBLAY-TARDIF | 4 9 R e n t r é e c u l t u r e l l e G a l e r i e s e t c e n t r e s d \u2019a r t i s t e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Tardif a réalisé spécialement une pièce traitant de l\u2019occupation de l\u2019École des beaux-arts (EBAM) en 1968-1969.L\u2019artiste a élaboré «une série de diptyques qui confrontent des pages rephotographiées de l\u2019ouvrage Québec Underground avec des documents provenant des fonds d\u2019archives d\u2019Yves Robillard et de l\u2019EBAM».Vous y verrez aussi des photos de la révolte au centre informatique de Sir George Williams, révolte qui mena à des émeutes raciales.À propos de ces images de soulèvements qui traversent l\u2019histoire, nous pourrions peut-être parler de l\u2019indestructibilité de l\u2019espoir, mais aussi des sentiments d\u2019injustice et de révolte.Didi-Huberman, en référence à Freud, parle de l\u2019indestructibilité du désir.Le théoricien explique aussi qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019esthétiser les images de soulèvements afin de les anesthésier, mais plutôt de savoir « comment les images puisent si souvent dans nos mémoires pour donner forme à nos désirs d\u2019émancipation?Et comment une dimension «poétique» parvient- elle à se constituer au creux même des gestes de soulèvement et comme geste de soulèvement?» Notons que Didi-Huberman sera à Montréal le 7 septembre pour y donner une conférence, qui sera suivie par un colloque auquel participeront Nicole Brossard, Katrie Chagnon, L\u2019appétit de l\u2019art Le ton sera aussi à l\u2019engagement dans la 6e triennale Orange à Saint- Hyacinthe, événement qui «aborde les diverses problématiques de l\u2019art actuel en lien avec la nourriture et l\u2019agroalimentaire».En 2015, Céline Mayrand et Sylvie Tourangeau avaient proposé Les viscéraux, une réflexion sur les pulsions de faim et de création.Cette année, cet événement portera le titre : Conjuguer la traçabilité (du 16 septembre au 28 octobre).Ce sont les jumelles Isabelle et Marie-Ève Charron qui en seront les cocommissaires.La première est agroéconomiste et présidente du Groupe Agéco, regroupant des experts-conseils en études économiques dans le secteur agroalimentaire.La seconde \u2014 notre collègue au Devoir \u2014 est historienne ainsi que critique d\u2019art.Quatre lieux seront à suivre, en plus d\u2019un parcours entre deux d\u2019entre eux, le centre Expression et le cégep de Saint-Hyacinthe.S\u2019y ajoute le Jardin Daniel A.Séguin ainsi que la chapelle des Sœurs-de- Saint-Joseph.On y retrouvera des œuvres de 14 artistes, dont des photos de Benoit Aquin, une installation médiatique et interactive de Pascal Audet, un œuvre sonore et une performance de Magali Babin, une installation in situ de Michel Boulanger, une installation sonore et cinétique de Diane Landry\u2026 Magali Babin en résidence à l\u2019Érablière Marc-A.Deschênes, Saint-Jean-Port-Joli, printemps 2018 MARION GOTTI, AVATAR VOIR PAGE 50 : ARTS VISUELS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 R e n t r é e c u l t u r e l l e ADMIREZ PLUS DE 350 OBJETS EMBLÉMATIQUES À POINTE-À-CALLIÈRE Jusqu\u2019au 4 novembre 2018 En collaboration avec Une exposition réalisée par Pointe-à-Callière, cité d\u2019archéologie et d\u2019histoire de Montréal, en collaboration avec le Museo Egizio de Turin (Italie).S t a t u e d e l a d é e s s e M o u t © M u s e o E g i z i o , T u r i n PLUS DE 200 000 VISITEURS DEPUIS L\u2019OUVERTURE DE L\u2019EXPOSITION ! Philippe Despois, Dalie Giroux, Jean- François Hamel, Ginette Michaud et Tamara Vukov.Dans une autre galerie d\u2019art universitaire, le ton sera aussi au politique.À la Galerie Leonard & Bina Ellen de l\u2019Université Concordia, deux événements porteront à réfléchir à la place de l\u2019art dans nos sociétés.L\u2019exposition Au cœur de la toundra (du 4 septembre au 27 octobre) tentera de déjouer les héritages coloniaux.Elle montrera le travail de douze «artistes autochtones contemporains originaires des régions circumpolaires dont les œuvres expriment, sur un mode poétique et politique, des enjeux actuels de l\u2019Arctique concernant la terre, la langue, la souveraineté et la résurgence ».Puis suivra Vincent Meessen.Blues clair (du 17 novembre au 2 février), qui portera sur son film Ultramarine, qui traite de Gylan Kain, fondateur du groupe de rap/hip-hop The Original Last Poets, issu en 1968 du mouvement Black Power.Dans cette expo, Meessen en profite pour fouiller dans les archives de Patrick Straram, écrivain québécois d\u2019origine française qui fut membre du mouvement révolutionnaire l\u2019Internationale situationniste, qui comprenait Guy Debord, intellectuel qui se battit contre l\u2019art-institution.L\u2019imaginaire radical Le Centre de l\u2019image contemporaine VOX inaugure un nouveau cycle d\u2019expositions, en s\u2019inspirant du concept de l\u2019imaginaire radical, développé par le philosophe, économiste, psychanalyste et militant grec Cornelius Castoriadis (1922-1997).La directrice de VOX, Marie-Josée Jean, explique ce concept comme «un processus de création continu, producteur de nouvelles significations imaginaires, susceptible de transformer les positions institutionnelles».L\u2019art aurait des interactions avec les institutions.L\u2019art pourrait même aider à repenser l\u2019université ou la structure économique.Voilà tout un pari\u2026 Le premier volet de ce cycle (du 13 septembre au 15 décembre) portera sur le contrat social et sur les liens entre art et système judiciaire.Cette présentation est accompagnée d\u2019un imposant programme d\u2019activités publiques, dont des performances.Nous surveillerons aussi attentivement deux expos au Centre Optica (du 10 novembre au 15 décembre).Dans Le prisme, l\u2019artiste-anthropologue Virginie Lagardiére examinera les camps estivaux qui servaient pour effecteur de l\u2019endoctrinement politique fasciste.Dans l\u2019installation vidéo Bord d\u2019attaque / Bord de fuite, Geneviève Chevalier aborde la question des changements climatiques à travers les enjeux de colonies d\u2019oiseaux marins boréaux.ARTS VISUELS SUITE DE LA PAGE 49 Anonyme, Sans titre [Groupe de manifestants, émeute au centre informatique, Sir George Williams University, Montréal], 1969 SERVICE DE GESTION DES DOCUMENTS ET DES ARCHIVES DE L\u2019UNIVERSITÉ CONCORDIA L\u2019art aurait des interactions avec les institutions.L\u2019art pourrait même aider à repenser l\u2019université ou la structure économique.Voilà tout un pari\u2026 | 5 1 C u l t u r e D i s q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 POP Souldier ?Jain, Sony Music La Française Jain est l\u2019une des artistes dont la vitalité des mélodies n\u2019a d\u2019égale que la banalité des paroles \u2014 en témoigne ce jeu de mots surfait en titre d\u2019œuvre.La jeune femme en a marre de faire plaisir à tout le monde, surtout à son petit copain, qui, on le comprend en cours d\u2019écoute, n\u2019est plus dans le décor.On ne peut qu\u2019applaudir devant le nouveau caractère affirmé de celle qui s\u2019engageait un peu trop gentiment à nous faire danser sur Zanaka, son premier.Voilà que la chanteuse se lance d\u2019ailleurs dans le rap (Inspecta) avec un flow tout à fait respectable.La jeunesse passée à travers le monde sert ici encore de puits inspiratoire: les sons des pays du Golfe sont mis en avant (On My Way, Abu Dhabi).En ces heures de réflexion justifiée sur qui prend quoi à quelle culture, on ne peut pas s\u2019empêcher de remarquer que la Française \u2014 qui a fait son succès avec le métissage sonore de, notamment, la rumba congolaise \u2014 ne montre que des actrices blanches dans la vidéo de Alright, un hymne à l\u2019émancipation post-rupture.Tout cela étant dit, Soul- dier a quelques jolis passages.Sophie Chartier CLASSIQUE Franz Schubert ?1/2 Symphonie n° 9, Orchestre symphonique de la Radio bavaroise, Mariss Jansons, BR 900 169 Comme nous l\u2019écrivions le 20 juillet, tel l\u2019artisan dans son atelier, Enoch zu Guttenberg, prématurément disparu le 15 juin, dans son dernier CD, allait jusqu\u2019à en découdre avec le texte de la 9e Symphonie de Schubert en le disséquant.Il est très révélateur de recevoir ce concert de février 2018 un mois plus tard.Mariss Jansons démonte la mécanique schu- bertienne avec la même acuité, ne cède en rien en puissance et en énergie, mais il n\u2019éclate rien, fusionnant le tout dans une architecture unitaire et une sonorité solaire.Si je vous parle deux fois de la 9e Symphonie de Schubert en un mois, c\u2019est parce que ce disque vient à point nommé pour montrer à quel point, philosophiquement, cette œuvre tient de « l\u2019ordre cosmique des choses» et ne supporte pas l\u2019agitation.Il faut y gérer la vie intérieure, d\u2019une «certaine manière» que l\u2019on trouve avec la maturité, comme le prouvent les enregistrements de Günter Wand (son 3e est le meilleur), Nikolaus Harnoncourt (son 3e est le meilleur) et Karl Böhm (devinez\u2026).Jansons n\u2019a pas attendu, lui.Christophe Huss DREAM FOLK Deep in The Big ?1/2 Rabbit Island, Bedroom Suck Records Est-ce le ciel, cette grandeur qu\u2019évoque Deep in The Big?C\u2019est en tout cas vers cette hauteur qu\u2019il voyage, bien installé dans la nacelle d\u2019une montgolfière.Accueillez ce genre de dream folk: des pièces de quatre à neuf minutes, des volutes lentes qui montent et montent vers une mystérieuse étoile.Ce que raconte ici la musicienne australienne Amber Fresh (au curieux nom de scène: Rabbit Island) avec sa voix imprécise et murmurée n\u2019est pas clair, mais qu\u2019importe: l\u2019intérêt de cet album repose sur la tenue générale de l\u2019instrumentation, sur l\u2019amour donné à chaque petit détail \u2014 un grain, un contretemps, des bruits de conversation.Le mariage d\u2019un piano flageolant simplissime (quatre accords en rotation sur Deep in The Big), d\u2019un orgue pesant lui aussi minimaliste (11, 12, 13) et d\u2019une guitare légère façon jardin d\u2019oiseaux (Louie\u2019s Song) crée un écosystème absorbant, sorte de rêve dont on se réveillerait mollement avec une incertitude: où était-on, dans les 45 dernières minutes?Mais voilà, Rabbit Island le chante: de réponse, il n\u2019en faut pas.Geneviève Tremblay HIP-HOP R.I.P.Aretha Franklin ?4e Régiment, Indépendant Besogneur, le duo de compositeurs- beatmakers-ingénieurs du son 4e Régiment (Raiden et Brand) inonde sa page Bandcamp de beat tapes, collections de rythmiques instrumentales hip-hop qu\u2019il distribue gratuitement \u2014 plus d\u2019une trentaine parus déjà depuis le début de l\u2019année! Le plus récent, composé et enregistré en moins de 24 heures, rend hommage à la reine de la soul Aretha Franklin, décédée la semaine dernière, en échantillonnant certains de ses plus grands succès, tels Respect, Chain of Fool et Try a Little Tenderness.L\u2019exercice de style a beau être spontané, ses structures somme toute simplissimes, car construites sur de répétitives phrases musicales, son principal mérite est de rappeler combien l\u2019œuvre de la légende a percolé dans les musiques rap et R&B: de Public Enemy (qui a «samplé» Rock Steady sur Night of the Living Base- heads) à MC Solaar (Call Me, sur La 5e Saison), en passant par Nas, Kanye West, EPMD, OutKast et des dizaines d\u2019autres.C\u2019est ainsi, aussi, que la mémoire de Franklin continuera à captiver les jeunes mélomanes.Philippe Renaud RAP Me AF EP ?Miss Eaves, Indépendant Même lorsque cette forme d\u2019art est performée par des femmes, le hip-hop véhicule souvent un message disant que l\u2019artiste au micro fait plus d\u2019argent, a plus d\u2019adorateurs ou a un corps plus désirable que les autres losers dans l\u2019arène.Entre alors en scène la géniale rap- peuse de Brooklyn Shanthony Exum, alias Miss Eves, dont les vers entre sarcasme et candeur visent l\u2019alliance sororale.Son flow nonchalant se déroule sur fond de basses chargées et d\u2019électro coloré, avec un peu de sampling honorant les nobles traditions du hip- hop brooklynois.À mi-parcours de ce sympathiquement féroce mini- album, on se surprend à danser sans scrupules sur des refrains qui parlent libre pilosité pubienne (Bish for the Push) et vendredis soirs en solo (Paper Mache).Disponible depuis début août, Me AF passe beaucoup trop vite et on clique vite vite pour faire enchaîner Feminasty, l\u2019album que l\u2019artiste « body-positive » et libérée des jugements avait fait paraître en 2017.Sophie Chartier R&B Negro Swan ?1/2 Blood Orange, Domino Le talent de l\u2019auteur-compositeur-inter- prète britannique Dev Hynes est plus grand que la somme de ses influences musicales, par ailleurs facilement reconnaissables.Le hip-hop, le funk et le R&B des années 1980 et 1990 exsudent de ce quatrième album sous le nom Blood Orange, lequel succède à l\u2019impeccable Freedom Town, un des meilleurs de l\u2019année 2016.Enregistré aux quatre coins de la planète, Negro Swan expose la fragilité du brillant musicien sous toutes ses coutures délibérément mal cousues: là où Freedom Town impressionnait par la précision de sa réalisation, ce nouvel album paraît plus spontané et à fleur de peau, dans ses thèmes comme dans ses orchestrations chancelantes.Ses mélodies aigres- douces servent des textes intimes et meurtris où il est question d\u2019identité de genre et de race et des combats qui s\u2019ensuivent; la sensibilité de Hynes nous transperce, même si ses chansons collent moins aux tympans.Narré par l\u2019artiste et activiste transgenre Janet Mock, Negro Swan compte aussi sur la collaboration de Puff Daddy (!), A$AP Rocky et Steve Lacy, entre autres.Philippe Renaud JAZZ Life of ?Steve Tibbetts, ECM Ceux qui n\u2019aiment pas le style épuré et atmosphérique de l\u2019étiquette allemande ECM passeront ici leur tour : les autres plongeront avec une absolue délectation dans ce 12e disque du guitariste (et un peu pianiste) américain Steve Tib- betts \u2014 fascinant personnage qui passe l\u2019essentiel de sa vie à voyager (beaucoup en Asie), à enregistrer ce qu\u2019il entend de sons et de chants, à explorer ce que ces fragments d\u2019ailleurs peuvent apporter à ses propres explorations musicales.Life of est entièrement décliné à la guitare acoustique 12 cordes (tout en fingerpicking, avec un travail de fond sur les vibrations), sans compter des ajouts discrets de piano, de percussions (Marc Anderson) et de violoncelle (Michelle Kinney).Presque pas de tempos apparents, une seule grande atmosphère brumeuse en point d\u2019horizon \u2014 néanmoins, plusieurs mises en relief.Ce territoire respire la liberté de création et regorge de subtilités : à chaque écoute sa découverte.Guillaume Bourgault-Côté CLASSIQUE Jan Ladislav Dussek ?Alexeï Lubimov (pianoforte), Brilliant Classics BR 95607 Alexeï Lubimov est, avec Andreas Staier et Ronald Brautigam, l\u2019un des plus éminents spécialistes et connaisseurs du pianoforte.Ce disque a d\u2019ailleurs été enregistré en mai 2017 dans les ateliers de l\u2019éminent facteur Chris Maene en Belgique.Lubimov a opté cette fois non pour une copie d\u2019ancien, mais pour une vraie relique, un pianoforte Longman Clementi fabriqué à Londres en 1799, restauré par Maene.L\u2019instrument est superbe, mais plus malingre qu\u2019une robuste copie contemporaine.Des néophytes peu au fait des sonorités de ces instruments ne devraient pas commencer par ce disque.Par contre, la révélation musicale est fulgurante.Dans le vocabulaire de ces œuvres de 1800 et 1812, Dussek (1760- 1812), que l\u2019on présente souvent comme un précurseur de Schubert, ne cède en rien à la carrure et à la fulgurance de Beethoven à la même époque.Il amène vraiment le piano ailleurs.Juxtaposition essentielle donc avec le CD symphonique du Tchèque Krommer d\u2019il y a quelques semaines: son compatriote et contemporain Dus- sek était bien plus visionnaire! Christophe Huss L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 C u l t u r e À DÉCOUVRIR CET AUTOMNE AU MNBAQ Marcel Barbeau.En mouvement DU 11 OCTOBRE 2018 AU 6 JANVIER 2019 350 ans de pratiques artistiques au Québec DÈS LE 15 NOVEMBRE 2018 présente mcq.org DESIGN ARTS MODE MUSIQUE La créativité britannique depuis 1950 Wensi Yan incarne une femme qui se heurte au conservatisme des siens.FILMOPTION INTERNATIONAL CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Frustrée de ne pas pouvoir avoir d\u2019enfant, Fang (Wensi Yan), immigrante chinoise installée à Montréal depuis dix ans, quitte son mari (Émile Proulx-Cloutier, que l\u2019on voit à peine dix minutes) afin de retour ner quelque temps chez son grand-père (Kefa Cui) et sa seconde femme (Cheng Yan) à Dazu, dans le sud de la Chine.Accueillie par les siens comme l\u2019incarnation de la réussite, Fang n\u2019ose leur avouer l\u2019échec de son mariage.Avec stupéfaction, elle découvre à travers les propos conser vateurs teintés d\u2019envie et les questions insistantes tournant autour de la maternité des membres de sa famille que le sort des femmes n\u2019est guère enviable dans son pays natal, où elle n\u2019avait pas remis les pieds depuis son départ pour le Canada.Lasse de l\u2019attitude glaciale de son grand- père et du bavardage incessant de celle qu\u2019elle appelle « Grand-mère bonbon », Fang trouve momentanément réconfor t auprès d\u2019un ami qui la désire depuis leur adolescence (Xuan Zhao).Délicat portrait de femme déchirée entre sa culture d\u2019adoption et celle de son pays natal, Un printemps d\u2019ailleurs, premier long métrage prometteur de la réalisatrice sino-québé- coise Xiaodan He, propose une réflexion douce-amère, parfois déconcertante, sur la condition féminine, la maternité et le poids des traditions.Ainsi, à en juger par sa façon de dépeindre la famille de Fang, on pourrait croire qu\u2019il n\u2019y a aucun espoir possible quant à un futur changement des mentalités.À travers ce récit lourd de non- dits où la figure centrale apparaît par trop irrationnelle, notamment dans son refus de voir la réalité, on devine qu\u2019il y a peu d\u2019issues possibles pour la femme chinoise.Si elle ne trouve pas un bon mari pour prendre soin d\u2019elle, comme ce fut le cas pour la grand-mère de Fang (qui semble pourtant peu respectée par cet homme peu bavard), elle risque de se retrouver au ban de la société, telle l\u2019une de ses cousines qui a osé avoir un enfant (pis encore, une fille !) hors des liens du mariage.À travers le destin de la petite-cousine de Fang, Xiaodan He en profite pour montrer du doigt les conséquences désastreuses de la politique de l\u2019enfant unique.Privilégiant une approche contemplative, la cinéaste ne pouvait trouver mieux que la photographie de Glauco Bermudez (Antoine et Marie de Jimmy Larouche, Avant les rue, de Chloé Leriche) pour traduire parfaitement le regard mélancolique de l\u2019héroïne sur les magnifiques paysages de sa terre natale.On regrettera cependant que la musique d\u2019Érik Satie donne à cette triste beauté des airs de déjà-vu.Un printemps d\u2019ailleurs ?Drame de Xiaodan He.Avec Wensi Yan, Cheng Yan, Xuan Zhao, Kefa Cui et Émile Proulx-Cloutier.Québec- Chine, 2017, 88 minutes.Je reviens chez nous Une Chinoise vivant à Montréal depuis dix ans retourne dans son pays natal | 5 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Histoires et contributions de la communauté juive Exposition jusqu\u2019au 11 novembre MAÎTRE DE LA HAUTE COUTURE EXPOSITION EN EXCLUSIVITÉ NORD-AMÉRICAINE JUSQU\u2019AU 14 OCTOBRE EXPOSITION ORGANISÉE PAR LE VICTORIA AND ALBERT MUSEUM, LONDRES PRÉSENTÉE PAR © D a v i d S i m s / T r u n k A r c h i v e CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Sasha (Carla Turcotte) est une jeune femme tourmentée qui s\u2019exprime à travers ses chansons.Un soir qu\u2019elle fait la fête chez elle avec son petit ami (David Giguère), une chanteuse (Éliane Préfontaine) et un producteur de spectacles (Emmanuel Schwartz), sa mère Elena (Natalia Dontcheva), immigrante russe aussi expressive que Sasha est taciturne, débarque à l\u2019improviste.Jusqu\u2019à l\u2019entrée en scène de cette tornade blonde, Sashinka, premier long métrage de Kristina Wagen- bauer, s\u2019annonce comme une étude de mœurs décontractée, légère et vivante mettant en scène de jeunes artistes montréalais.Alerte, attentive, fur tive, la caméra de Marie Davi- gnon (Fermières d\u2019Annie St-Pierre, Montréal New Wave d\u2019Erik Cimon) papillonne d\u2019un acteur à l\u2019autre, captant avec sensualité la fébrilité d\u2019une soirée d\u2019été improvisée entre amis.Alors que la petite bande se montre accueillante envers cette femme vulgaire au look provocant, Sasha se montre dure à son endroit.À force de chantage émotif, Elena convainc sa fille de l\u2019héberger pour la nuit.Préparant un concert crucial pour l\u2019envol de sa carrière, Sasha n\u2019a que faire de cette mère qui lui fait honte, qui aime trop la fête et le jeu, qui menace de tout faire échouer.Écrit avec Marie-Geneviève Si- mard, la scénariste de ses courts métrages (Bowling chez Denise et Mila), Sashinka est un film déchirant où Kristina Wagenbauer esquisse patiemment une complexe relation mère-fille.Tirant profit du jeu tout en sobriété de Carla Turcotte, qui a de plus une jolie voix, et de l\u2019intensité de Natalia Dontcheva, tour à tour adorable et détestable, la réalisatrice fait comprendre avec une économie de mots, mais un maximum d\u2019émotion le drame de la jeune auteure- compositrice-interprète écrasée par cette mère instable et menteuse qui s\u2019accroche à ses rêves de jeunesse.Alors que la photo de Marie Davi- gnon, soutenue par le montage fluide de Jules Saulnier (Finissant(e)s de Rafaël Ouellet, Police Académie de Mélissa Beaudet), apporte une bouffée de fraîcheur à l\u2019ensemble parfois oppressant, comme si tout ce qui entourait Sasha et sa mère n\u2019était pas contaminé par leurs malheurs, la musique de Jean-Sébastien Williams (Ailleurs exactement de Wagenbauer) confère au tout une atmosphère envoûtante, réconfortante.Malgré les beaux moments de vérité qui traversent Sashinka, quelques aspects du passé des deux femmes sont abordés non sans quelque maladresse et paraissent même plaqués, comme si Kristina Wagenbauer avait pris quelques raccourcis pour entraîner plus vite ses deux protagonistes vers de douloureuses révélations et une conclusion poignante laissant place à l\u2019interprétation du spectateur.Sashinka ?Drame de Kristina Wagenbauer.Avec Carla Turcotte, Natalia Dontcheva, David Giguère, Emmanuel Schwartz et Éliane Préfontaine.Québec, 2018, 78 minutes.Mère indigne Carla Turcotte et Natalia Dontcheva incarnent un déchirant tandem mère-fille Carla Turcotte et Natalia Dontcheva dans Sashinka FUNFILM L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a Du 1er septembre jusqu\u2019au 14 octobre 2018 TRAJECTOIRES Vernissage : Mercredi 5 septembre, 19 h Du 27 octobre au 2 décembre 2018 LA COLLECTION 2019 DE L\u2019ARTOTHÈQUE Vernissage: Dimanche 28 octobre, 14 h Du 8 décembre 2018 au 13 janvier 2019 ORIGO \u2013 L\u2019EFFEUILLEUSE \u2013 SAM BLACK SKETCHES Vernissage avec spectacle de cirque: Dimanche 9 décembre, 14 h Entrée libre 176, ch.du Bord-du-Lac, Lakeshore Rd.INFO : 514 630-1254 / www.pointe-claire.ca Jeudi 13 septembre, 19 h Passion Van Gogh (En anglais, laissez-passer requis) Jeudi 4 octobre, 19 h Bagages (En français avec sous-titres anglais) Jeudi 1er novembre, 19 h BGL de fantaisie (En français avec sous-titres anglais) * Toutes les activités sont suivies par une période de questions bilingue * DÉMYSTIFIER L\u2019ART LA SÉRIE CINÉ-ART Joignez-vous à nous pour un café et des brioches à la Galerie Mercredi 19 septembre, 10 h Catherine Barnabé \u2013 Le commissariat d\u2019exposition comme terrain de recherche (Bilingue) Mercredi 10 octobre, 10 h Annabelle Ponsin \u2013 Habiter le mouvement ?Ré?exions contemporaines sur le chez-soi (En français) Mercredi 7 novembre, 10 h Susan Fowler - Art Inspired by Art (En anglais) Isabelle Leduc Écho 6 septembre au 6 octobre 2018 Jennifer Macklem 11 octobre au 10 novembre 2018 Lisa Tognon 15 novembre au 22 décembre 2018 a c r y l i q u e , 5 7 x 2 5 x 7 c m .P h o t o : G u y L \u2019 h e u r e u x 550, avenue Beaumont (au coin de Querbes) Du mercredi au samedi, de 12h à 17h Renseignements : 514-885-4238 CRITIQUE ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Plusieurs se souviennent des mémoires publiés en 1969, largement romancés (inspirés parfois des aventures des autres), de l\u2019ancien forçat français Henri Charrière, dit Papillon, dans l\u2019enfer des bagnes de la Guyane française.Le livre, demeuré longtemps best-seller, avait été adapté à l\u2019écran en 1973 par Franklin J.Schaf fner.Et pourquoi un remake, toujours en anglais, production amé- ricano-hispano-tchèque du Danois Michael Noer (Northwest) ?Il est vrai que son récent R (2014) portait déjà sur l\u2019univers carcéral.En tout cas, le résultat n\u2019est pas mal, d\u2019une violence extrême comme il se doit, et malgré des trous de scénario, haletant.Les nombreuses scènes d\u2019action ne sont pas filmées à l\u2019américaine, références établies, mais souvent en plans rapprochés, caméras à l\u2019épaule, offrant une meilleure identification aux personnages.Moins formatées que dans les productions hollywoodiennes, elles y gagnent en vérité.Succédant à Steve McQueen dans le premier film, Charlie Hunnam (The Lost City of Z) en Papillon, ne casse Dans l\u2019enfer du bagne Un second film adapté des mémoires romancés du forçat Papillon Le rythme soutenu de Papillon, la musique subtile, la caméra mobile de Hagen Bogdanski font oublier des invraisemblances et des raccourcis du récit.ENTRACT FILMS C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Vernissage Jeudi 13 septembre 17?h \u2013 22?h Ateliers portes ouvertes le soir du vernissage Fonderie Darling 745, rue Ottawa Montréal (Qc) H3C 1R8 +?1 514 392.1554 fonderiedarling.org Images de haut en bas?: John Heward, Abstraction, 1990 - 2017 © Patrick A.Boivin.Jean-François Lauda, Sans titre, 2018.13 septembre \u2013 09 décembre 2018 Expositions Commissaire?: Caroline Andrieux The Silver Cord JOHN HEWARD LAUDA Concerts sous les chandelles présentés dans des églises uniquement illuminées de chandelles ! - Vivaldi - LES QUATRE SAISONS & les plus belles musiques de ?lms Avec l\u2019Ensemble Ambitus Beauport: 25 août St-Constant: 7 sept.Montréal: 8 sept Pierrefonds: 14 sept.Deux-Montagnes: 15 sept.Beaupré: 21 sept.Charlebourg: 22 sept.Richelieu 5 oct.Sherbrooke: 6 oct.St-Hubert: 12 oct.Thetford Mines: 13 oct.Laval: 19 oct.Kanata: 20 oct.Drummondville: 26 oct.Trois-Rivières: 27 oct.Découvrez la programmation complète www.concertchandelle.com ADMISSION : 30$ / PAR CONCERT / INFO.: 514 774-9148 pas la baraque, mais il insuffle çà et là une intériorité au rôle de dur qui lui échoit, sur tout lors des scènes de cachot, en vue desquelles l\u2019acteur s\u2019est volontairement reclus et affamé.Char rière, condamné pour un meurtre qu\u2019il a toujours nié avoir commis, évadé de deux de ces forte- resses-prisons, a survécu au bagne grâce à son amitié avec le faussaire Louis Dega.Rami Malek (The Master, Mr.Robot) reprend sur un mode mineur le rôle tenu jadis avec plus de panache par Dustin Hoffman.On passera vite ici sur les premières images d\u2019un Pigalle de carton-pâte : sexe, jeu, violence, French cancan et titis parisiens.La faiblesse de ce Papillon est de présenter des réalités françaises à travers des codes internationaux.Guillotine, uniformes militaires, têtes et psyché des personnages, comme dans la première adaptation, auraient été mieux servis par la langue et les interprètes du pays.Mais ce second film adapté des aventures de Papillon permet à un nouveau public de découvrir ce monde abominable.L\u2019action se déroule entre 1931 et 1945 (les bagnes guyanais furent définitivement abolis en 1953).Ces lieux où la corruption, la loi du plus fort, les travaux forcés sous un soleil de plomb, la torture et les cellules d\u2019isolement qui rendent fous les durs et les tatoués furent minutieusement reconstitués à partir d\u2019images d\u2019archives du bagne de Cayenne et d\u2019autres enfers tropicaux pour détenus indésirables en France et de témoignages.Le film parvient à rendre ce climat dantesque, sans femmes, sous le perpétuel qui-vive des forçats et la cruauté des gardiens.Le r ythme soutenu de Papillon, la musique subtile, la caméra mobile de Hagen Bog- danski font oublier des invraisemblances et des raccourcis du récit.Les natures sensibles auront du mal à supporter la violence de cet univers où le sort des morts paraît plus enviable que celui des vivants.Papillon ?1/2 Réalisation : Michael Noer.Scénario : Aaron Guzikowski, d\u2019après le roman éponyme d\u2019Henri Charrière.Avec Charlie Hunnam, Rami Malek, Michael Socha.États-Unis\u2013Espagne\u2013Tchéquie, 2018, 133 minutes. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 5 6 | Les nouveautés sont en rose La chute de l\u2019empire américain ?1/2 Témoin d\u2019un braquage raté, un docteur en philosophie qui gagne sa vie comme coursier se retrouve avec deux sacs pleins d\u2019argent.Tiraillé entre sa nature altruiste et son désir de profiter de l\u2019existence, le voilà plongé en plein dilemme moral et éthique.La prémisse policière de ce nouvel opus ramène Denys Arcand à ses premières fictions, mais la culture du protagoniste ancre le film dans la seconde partie de son œuvre.Le film exsude un réel bonheur de raconter une histoire bien ficelée.Énergique, la réalisation maintient un rythme tendu.Quant au trio dépareillé «Landry-Morin-Girard», il affiche une chimie délicieuse.D\u2019une érudition souvent hilarante, les dialogues se font parfois didactiques.Le dénouement longuet est racheté par la finale émouvante, à l\u2019instar de la poignée de plans qui closent le film.Un beau cru.François Lévesque Leave no Trace ?Tom, une adolescente de 13 ans, ne se souvient pas d\u2019avoir connu une autre maison que la forêt.Revenu de la guerre traumatisé, son père veuf l\u2019a en effet entraînée à sa suite dans une existence où survie rime avec invisi-bilité, d\u2019où le titre du film de Debra Granik.Découverts par les autorités, les voici ramenés en société.S\u2019ensuit pour l\u2019adolescente une découverte de soi, au contact d\u2019autrui, que la cinéaste filme de près, jamais intrusive, mais là pour capter chaque parcelle d\u2019authenticité que génère la jeune Thomasin McKenzie, remarquable de justesse.En quittant l\u2019invisibilité sylvestre, Tom a pour la première fois le choix: continuer de se cacher ou exister.En cela, ce que ce film à la fois subtil et viscéral donne à voir est aussi émouvant qu\u2019une venue au monde.François Lévesque McQueen ?L\u2019exposition Savage Beauty, présentée au Metropolitan Museum of Art de New York et plus tard au Victoria and Albert Museum de Londres, a connu un succès phénoménal : on y célébrait le génie provocateur du styliste britannique Alexander McQueen.Il n\u2019avait que 40 ans lorsqu\u2019il a décidé de mettre fin à ses jours, le 11 février 2010, d\u2019une manière cruelle, pas si éloignée de toutes les collections qu\u2019il va imaginer dès ses débuts en 1992.Ce mauvais garçon de la mode européenne, recruté dans le giron de Gi- venchy, et plus tard de Gucci, va étaler ses névroses et ses démons dans des créations d\u2019où émanent sexe, violence, abus, désillusions.Collaborateurs, amis et membres de la famille se succèdent devant la caméra des deux documentaristes pour célébrer son génie foudroyant, mais aussi ses errances; celles d\u2019un enfant de milieu modeste s\u2019étant fabriqué sur mesure, et à la dure.Les propos et confidences sont accompagnés de la musique de Michael Nyman, un des nombreux complices artistiques de celui dont les vêtements savaient parler pour lui.Et parfois trop.André Lavoie Three Identical Strangers ?1/2 Qui n\u2019a pas déjà songé qu\u2019un double de lui-même se cache quelque part?C\u2019est pourtant ce qui est arrivé à trois hommes qui ignoraient qu\u2019ils étaient des triplets séparés à la naissance, adoptés par trois familles différentes de la région de New York, découvrant leurs liens 19 ans plus tard, complètement ahuris devant la situation.Après la joie des retrouvailles va commencer une insidieuse angoisse autour de cette affaire teintée de l\u2019euphorie clinquante des années 1980, mais aussi de la soif immodérée de découvertes au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale.Ce documentaire admirable et percutant donne la parole aux principaux protagonistes, recrée avec minutie les moments déterminants de cette histoire abracadabrante et rend hommage à la nécessité du journalisme d\u2019enquête.Le documentariste Tim Wardle jongle ici avec de multiples dilemmes éthiques et s\u2019exécute avec brio, forçant le spectateur à s\u2019interroger sur une foule d\u2019enjeux, au lieu de seulement s\u2019apitoyer sur le sort de ces victimes de scientifiques à la moralité élastique.André Lavoie Elena (Natalia Dontcheva, intense), immigrante russe aimant la fête et le jeu.Premier long métrage de Kristina Wa- genbauer, Sashinka est un drame déchirant traversé de beaux moments de vérité, bien que quelques aspects de cette complexe relation mère-fille soient abordés non sans quelques maladresses.À la photo, Marie Davignon apporte une bouffée de fraîcheur à l\u2019ensemble parfois oppressant.Manon Dumais Cielo ?1/2 Point de pollution lumineuse dans le désert d\u2019Atacama, au Chili : dans cet espace désertique poussent des observatoires sur ses collines rocailleuses.Et ce n\u2019est pas seulement un paradis pour les astronomes; une faune particulière, et clairsemée, y habite, certains se faisant poètes, d\u2019autres traqueurs d\u2019ovnis.Alison McAlpine débarque en ces lieux avec humilité, fascinée par un phénomène qu\u2019elle contemple en néophyte, donnant la parole à des astronomes capables de s\u2019éloigner du discours scientifique pour révéler une part d\u2019eux- mêmes, parfois même en agrippant une guitare.D\u2019autres, mineurs, cueil- leurs d\u2019algues, simples paysans, possèdent leur propre connaissance des étoiles, dont certains semblent capables d\u2019entendre le murmure.La cinéaste nous communique son double émerveillement : celui face à ces ciels étoilés dont la beauté, à peine retouchée, a des allures de spectacle de planétarium, et l\u2019autre devant ces femmes et ces hommes si modestes devant l\u2019immensité.André Lavoie Gaspard va au mariage ?1/2 Alors qu\u2019il s\u2019apprête à retourner au zoo familial pour assister au second mariage de son père volage (Johan Heldenbergh), un jeune homme coincé (Félix Moati) y entraîne une inconnue dégourdie (Lætitia Dosch) qu\u2019il fait passer pour sa petite amie.Antony Cordier (Happy Few) convie une faune hétéroclite \u2014 et on ne vous parle pas des bêtes en cage \u2014 dans cet ovni où la sensualité, l\u2019humour et la poésie forment un improbable ménage à trois.En résulte un portrait de famille impressionniste et fantaisiste sur le passage, tardif, à l\u2019âge adulte.Manon Dumais Dans la brume ?Le Paris de Dans la brume, film d\u2019anticipation, n\u2019est ni celui d\u2019une époque révolue ni celui d\u2019aujourd\u2019hui (quoique).Mais embrumée, puis éteinte, sans électricité et presque totalement muette, la Ville Lumière de Daniel Roby (Louis Cyr: l\u2019homme le plus fort du monde) est prise d\u2019un grand effroi, ce qui est plutôt bon signe pour une fiction dite de catastrophe.Alors que le Tout-Paris se meurt sous l\u2019effet d\u2019une mystérieuse brume, Mathieu (Romain Duris) et son ex Anna (Olga Kurylenko) réussissent à survivre en se réfugiant chez leurs voisins, au dernier étage d\u2019une tour d\u2019habitation.Leur fille, restée plus bas, survit grâce à la chambre aseptisée dans laquelle la maladie la contraint à vivre.Or, tôt ou tard, il leur faudra quitter les lieux.Sans bouscu- Sashinka, un long métrage de Kristina Wagenbauer FUNFILM Papillon ?1/2 Réalisé par le Danois Michael Noer, seconde adaptation de l\u2019autobiographie romancée de l\u2019ancien forçat Henri Charrière, dit Papillon, après celle de Franklin J.Schaffner en 1973, Papillon parvient à rendre, sous haute violence, le climat insoutenable de l\u2019ancien bagne de Cayenne, en Guyane française.Charlie Hunnam et Rami Malek, en Papillon et son ami Louis Delga, ne font pas de grandes étincelles, le scénario a ses trous, mais le rythme est soutenu, la caméra se révèle plus vivante que dans les films d\u2019action traditionnels et le spectateur pénètre vraiment cet enfer tropical de sang et de fureur.Odile Tremblay L\u2019ultime voyage (V.F.de El Ultimo Traje) ?Il y a 70 ans, en quittant la Pologne pour l\u2019Argentine, Abraham (Miguel Angel Sola, crédible malgré la piètre qualité du maquillage et de la coiffure) a promis à son ami Piotrek (Jan May- zel), qui l\u2019avait sauvé des griffes des nazis, de retourner le voir.Rappelant par sa simplicité et sa linéarité Une histoire vraie de David Lynch, Le dernier voyage, de Pablo Solarz (Juntos para siempre, inédit au Québec), s\u2019avère un prenant road movie où sont abordés avec tendresse, humour et lucidité les tensions familiales, les affres de la vieillesse et les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale.Manon Dumais Un printemps d\u2019ailleurs ?Frustrée de ne pas pouvoir avoir d\u2019enfant, une immigrante chinoise de Montréal (Wensi Yan) quitte son mari (Émile Proulx-Cloutier) afin de retourner chez son grand-père (Kefa Cui) à Dazu, au sud de la Chine.Délicat portrait de femme déchirée entre sa culture d\u2019adoption et celle de son pays natal, ce premier long métrage prometteur de la réalisatrice sino-québécoise Xiaodan He propose une réflexion douce-amère sur la condition féminine, sur la maternité et sur le poids des traditions.Quant à la photo de Glauco Bermudez, elle traduit parfaitement le regard mélancolique de l\u2019héroïne sur le pays de son enfance.Manon Dumais Sashinka ?Préparant un concert crucial pour l\u2019envol de sa carrière, Sasha (Carla Turcotte, sobre) reçoit la visite de sa mère | 57 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 L\u2019Orchestre symphonique de Laval avec Alain Trudel, chef Saison 2018\u201319 Bruny Surin West Side Story Beethoven Petits Chanteurs de Laval Vivaldi Symphonie fantastique osl.qc.ca Dès le 26 septembre ! Le rire de ma mère ?Partout où elle passe, Marie (Suzanne Clément, radieuse) déplace de l\u2019air.Gravement malade, elle mord pourtant à pleines dents dans la vie.Timide, peu bavard, son fils Adrien (Igor Van Dessel, expressif) doit composer avec la mort imminente de cette mère adorée qui lui fait parfois honte.Premier long métrage du tandem Savignac-Ra- lite, qui puise dans sa propre histoire, Le rire de ma mère est un drame teinté d\u2019onirisme où la justesse des émotions, le fin sens d\u2019observation et le naturel de l\u2019interprétation compensent la fantaisie parfois plaquée.Manon Dumais ler le genre, Daniel Roby livre un film plutôt solide malgré quelques incohérences.Et au-delà de la confrontation un peu superficielle entre le regard scientifique et l\u2019approche instinctive, le récit nous plonge dans un Paris onirique, vu de ses toits comme jamais il ne nous avait été possible de le voir.Jérôme Delgado La rééducation de Cameron Post (V.F.de The Miseducation of Cameron Post) ?Librement adapté du roman d\u2019Emily M.Danforth (l\u2019héroïne a 12 ans dans le livre), ce drame couronné du Grand Prix du jury à Sundance met en scène une orpheline de 17 ans (Chloë Grace Moretz) envoyée dans un camp chrétien pour refouler son penchant pour les femmes.Sans forcer le trait, Desiree Akhavan et la coscénariste Cecilia Frugiuele dénoncent la mentalité étroite de la droite religieuse.Malgré les qualités du film d\u2019une facture évanescente traduisant parfaitement l\u2019état d\u2019esprit de la jeune fille, on pourrait croire qu\u2019Akhavan et Frugiuele ont été Summer of 84 ?Persuadé que son voisin (Rich Sommer) est un tueur en série, un adolescent (Graham Verchere) convainc ses amis de l\u2019aider à lui mettre la main au collet afin de l\u2019empêcher de faire une quatorzième victime dans les environs.À l\u2019instar de leur précédent long métrage, le jubilatoire pastiche des films post-apocalyptiques Turbo Kid (2015), les réalisateurs de RKSS démontrent hors de tout doute qu\u2019ils ont un sacré talent pour recréer l\u2019esthétique, l\u2019atmosphère et le rythme des films de genre des années 1980.Il est toutefois dommage que le scénario ne soit pas à la hauteur de ce film qui évoque avec brio The Goonies, Stand By Me et The Lost Boys.Manon Dumais scènes d\u2019émotions plaquées.D\u2019ailleurs, l\u2019attrait irrésistible qu\u2019il est censé exercer sur pas moins de trois jeunes femmes amuse pour les mauvaises raisons.Un divertissement trépidant mais vite oublié.Pour les fans.François Lévesque L\u2019espion qui m\u2019a dompée (V.F.de The Spy Who Dumped Me) ?Comme dans son premier film, Life Partners, Susanna Fogel rend un vibrant hommage à l\u2019amitié féminine, mais cette fois dans le vacarme assourdissant de l\u2019espionnage international.Au centre de l\u2019affaire, et un peu partout en Europe, deux amies paumées de Los Angeles, une caissière dans une épicerie bio et une actrice toujours au chômage, se voient forcées de jouer aux agentes très spéciales, trimballant un McGuffin qui aurait bien fait rire Alfred Hitchcock, sans compter que les méchants sont aussi bien habillés que les bons\u2026 Il s\u2019agit surtout d\u2019un prétexte pour mettre en valeur les talents comiques de Kate McKinnon, visiblement prête à s\u2019éloigner de Saturday Night Live, avec Mila Kunis en faire-valoir consentante.Une petite comédie qui donne parfois le tournis, faisant 1991 ?Croyant que Marie-Ève Bernier (Juliette Gosselin, pétillante) est la femme de sa vie, Ricardo Trogi (Jean-Carl Boucher, toujours aussi parfait pour ce rôle) part la rejoindre à Perugia afin d\u2019y suivre avec elle des cours d\u2019italien.À peine débarqué en Europe, l\u2019aspirant scénariste de 21 ans vit une multitude de mésaventures.Anecdotique, ludique et nostalgique, cette charmante suite de 1981 et de 1987 ponctuée de délicieux clins d\u2019œil à La dolce vita de Fellini respire l\u2019amour du cinéaste pour le septième art.Manon Dumais sourire à l\u2019occasion, et voyager à peu de frais.André Lavoie freinées dans leur volonté de condamner ces thérapies scandaleuses.Manon Dumais Mission : impossible.Répercussions (V.F.de Mission Impossible \u2013 Fallout) ?Tom Cruise est de retour pour une sixièmemission impossible et prouve encore qu\u2019une telle expression n\u2019a pas sa raison d\u2019être avec lui dans le décor.Peuplée de visages familiers, cette course contre la montre pour retrouver trois bombes ajoute un nouveau mé- chant mystérieux guère difficile à identifier.Incontournables, les jeux de simulacres avec masques s\u2019avèrent eux aussi prévisibles, quoique amusants.Une suite ininterrompue de poursuites haletantes tient lieu d\u2019intrigue en un mouvement bien orchestré, voire élégant.Mais cette fois, hélas, les nombreuses invraisemblances sautent aux yeux pendant le film, et non après.Autre source de décrochage: le jeu faux d\u2019Henry Cavill en agent trouble.Tom Cruise, lui, est parfait dans l\u2019action, mais il ne convainc pas dans des 7 jours pas plus ?Certaines semaines sont plus longues que d\u2019autres, vous en conviendrez.Celle que traverse le personnage défendu par Benoît Poelvoorde, commerçant misanthrope et célibataire endurci, lui semble interminable, étant forcé d\u2019aider un migrant d\u2019origine indienne, ce qui bouscule ses habitudes risibles.Même la pétillante Alexandra Lamy (ici en belle fermière, la vraisemblance en prend pour son rhume) n\u2019arrive pas à adoucir les contours de cet être désagréable, avec qui l\u2019on doit passer 90 minutes\u2026 Ce n\u2019est pas le premier film sur un (salutaire) choc des cultures, et de bons films nous reviennent en mémoire (dont The Visitor, de Tom McCarthy), mais celui-ci, le premier de Hector Cabello Reyes, scénariste plutôt efficace (Retour chez ma mère, 9 mois ferme), sera très vite oublié.André Lavoie Cible 22 (V.F.de Mile 22) ?Quatrième collaboration entre Peter Berg (Crise à Deepwater Horizon) et Mark Wahlberg, qui affiche la même expression d\u2019un plan à l\u2019autre, Cible 22 est un film qui enchaîne tant de scènes de fusillades, d\u2019explosions et de combats à mains nues \u2013 où brille le prodigieux Iko Uwais, que bientôt on ne sait plus trop si Berg et sa coscénariste, la nouvelle venue Lea Carpenter, racontent une histoire ou non.Entre-temps, on se désole de constater que John Malkovich (avec une horrible perruque!) y soit sous-utilisé.Malgré cela, tous deux livrent in extremis un punch pas piqué des vers\u2026 lequel laisse supposer qu\u2019il pourrait bien y avoir une ou, pis encore, plusieurs suites.Manon Dumais L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 5 8 | SAMEDI SWIM TEAM (3) É.-U.2016.Documentaire de Lara Stolman.- Au New Jersey, trois adolescents autistes, membres d\u2019un club de natation fondé par les parents de l\u2019un d\u2019entre eux, tentent de se qualifier pour les Jeux olympiques spéciaux.PBS (WETK) 12h MANNEQUIN (5) É.-U.1987.Comédie fantaisiste de Michael Gottlieb avec Andrew McCarthy, Kim Cattrall, Meshach Taylor.- Un fabricant de mannequins d\u2019étalage met au point une femme en bois qui prend vie sous la forme d\u2019une charmante jeune fille.V 14h LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON (3) Fr.2007.Drame biographique de Julian Schnabel avec Mathieu Amalric, Anne Consigny, Marie-Josée Croze.- Atteint du locked-in syndrome», rendu totalement paralysé à l\u2019exception de son œil gauche, un journaliste dicte par clignements de paupière un livre relatant son expérience.ARTV 14h20 LA VIE SECRÈTE DE WALTER MITTY (4) (The Secret Life of Walter Mitty), É.-U.2013.Comédie sentimentale de Ben Stiller avec Ben Stiller, Kristen Wiig, Adam Scott.- Un recherchiste timoré, sujet à des rêveries héroïques, se lance dans une périlleuse aventure à travers le monde pour sauver son emploi.V 16h DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS (4) Can.2004.Comédie fantaisiste de Claude Desrosiers avec Guy Jodoin, Stéphane Crête, Claude Legault.- En l\u2019an 2039, des explorateurs québécois recherchent une nouvelle planète qui pourra accueillir l\u2019espèce humaine.TQ 18h LA COLÈRE DES TITANS (5) (Wrath of the Titans), É.-U.2012.Drame fantastique de Jonathan Liebesman avec Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes.- Le demi-dieu Persée vole au secours de son père Zeus, fait prisonnier par son frère Hadès, qui s\u2019apprête à libérer le Titan Cronos des entrailles de l\u2019enfer.V 18h30 UNE ÉTUDE EN ROSE (4) (A Study in Pink), G.-B.2010.Drame policier de Paul McGuigan avec Benedict Cumberbatch, Martin Freeman, Rupert Graves.- Avec l\u2019aide de son nouveau partenaire, le docteur Watson, le détective Sherlock Holmes enquête sur une série de suicides mystérieux qu\u2019il croit être le fait d\u2019un assassin.ARTV 20h L\u2019OUBLI (4) (Oblivion), É.-U.2013.Science-fiction de Joseph Kosinski avec Tom Cruise, Olga Kurylenko, Andrea Riseborough.- En 2077, sur la Terre devenue inhabitable, un réparateur de drones renonce à partir vers une autre planète après avoir sauvé une astronaute en état d\u2019hibernation depuis soixante ans.TVA 20h15 COMPLOT MORTEL (5) (Conspiracy Theory), É.-U.1997.Drame policier de Richard Donner avec Mel Gibson, Julia Roberts, Patrick Stewart.- Un chauffeur de taxi new-yorkais qui voit des complots partout devient la cible d\u2019un agent de la CIA.V 20h30 POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE (4) Dan.2012.Comédie sentimentale de Susanne Bier avec Trine Dyrholm, Pierce Brosnan, Molly Blixt Egelind.- En Italie, le mariage de la fille d\u2019une coiffeuse danoise en rémission d\u2019un cancer et du fils d\u2019un homme d\u2019affaires anglais veuf est perturbé par diverses intrigues sentimentales.TQ 21h RIDICULE (3) Fr.1996.Comédie dramatique de Patrice Leconte avec Charles Berling, Jean Rochefort, Fanny Ardant.- Grâce à son bel esprit, un gentilhomme se fait connaître à Versailles où il espère obtenir une audience avec le roi afin de plaider la cause des paysans de sa région.TFO 21h LA SOCIÉTÉ DES POÈTES DISPARUS (3) (Dead Poets Society), É.-U.1989.Comédie dramatique de Peter Weir avec Robin Williams, Robert Sean Leonard, Ethan Hawke.- En 1959, dans un collège aux principes ultra-conser- vateurs, sept adolescents voient leur vie transformée par les enseignements de leur professeur de littérature.MAX 22h30 LES PORTES TOURNANTES (4) Can.1988.Drame de Francis Mankiewicz avec Monique Spaziani, Gabriel Arcand, François Méthé.- À partir de documents adressés à son père, un jeune garçon revit l\u2019histoire de sa grand-mère, une ancienne pianiste du cinéma muet.TFO 22h47 J\u2019AI VU LA LUMIÈRE Voir samedi, 12h.ARTV 23h LE PONT DE LA RIVIÈRE KWAÏ (2) (The Bridge on the River Kwai), G.-B.1957.Drame de guerre de David Lean avec Alec Guinness, William Holden, Sessue Hayakawa.- Des prisonniers de guerre anglais sont forcés par les Japonais de construire un pont dans la jungle.RC 23h10 LES BARBOUZES (4) Fr.1964.Comédie de Georges Lautner avec Lino Ventura, Mireille Darc, Bernard Blier.- Un agent français est délégué auprès de la veuve d\u2019un trafiquant d\u2019armes pour récupérer des plans.TFO 0h30 UNE FEMME EN COLÈRE (4) (TheUpside of Anger), É.-U.2005.Comédie dramatique de Mike Binder avec Joan Allen, Kevin Costner, Erika Christensen.- Rendue cynique par l\u2019abandon inexpliqué de son mari, une femme au foyer déverse sa rogne sur ses quatre filles et s\u2019engage dans une liaison avec son voisin.TQ 1h09 DIMANCHE UN BON CRU (4) (A Good Year), É.-U.2006.Comédie dramatique de Ridley Scott avec Russell Crowe, Albert Finney, Marion Cotillard.- Ayant hérité de son oncle un vignoble en Provence, un loup de la finance londonien revient sur sa décision de le vendre lorsque diverses circonstances l\u2019empêchent d\u2019en repartir.TVA 10h CENTURION (4) G.-B.2009.Aventures de Neil Marshall avec Michael Fassbender, Olga Kurylenko, Dominic West.- Ayant échoué à délivrer leur général, prisonnier des Pictes, un centurion romain et ses hommes sont pris en chasse par un groupe de ces barbares sanguinaires.Z 14h LE PREMIER ENVOL (4) (Fly Away Home), É.-U.1996.Aventures de Carroll Ballard avec Anna Paquin, Jeff Daniels, Dana Delany.- À bord de deux avions ultralégers, un père et sa fille guident des outardes orphelines dans leur voyage migratoire vers le sud.RC 15h GROSSESSE SURPRISE (4) (Knocked Up), É.-U.2007.Comédie de Judd Apatow avec Seth Rogen, Katherine Heigl, Paul Rudd.- Un jeune glandeur tente maladroitement de prendre ses responsabilités auprès d\u2019une journaliste qu\u2019il a mise enceinte lors d\u2019une aventure d\u2019un soir.V 17h CASINO ROYALE (4) G.-B.2006.Drame d\u2019espionnage de Martin Campbell avec Daniel Craig, Eva Green, Mads Mikkelsen.- L\u2019agent secret James Bond cherche à démanteler un réseau international de terroristes financé par un riche adepte du poker.TVA 18h30 UNE INQUIÉTANTE INFIRMIÈRE (5) (Stranger in the House), Can.2016.Thriller d\u2019Allan Harmon avec Emmanuelle Vaugier, Jordana Largy, Matthew MacCaull.- Une femme est persuadée que son père a été tué par son ex- infirmière à domicile, devenue depuis peu son épouse et principale héritière.V 19h45 LES PIEDS DANS LE VIDE (5) Can.2009.Comédie dramatique de Mariloup Wolfe avec Guillaume Lemay-Thivierge, Laurence Lebœuf, Éric Bruneau.- Le propriétaire d\u2019un centre de parachutisme voit son amitié avec un futur pilote casse-cou compromise par son amour pour une jeune parachutiste.ARTV 20h01 I\u2019M NOT THERE \u2013 LES VIES DE BOB DYLAN (2) (I\u2019m Not There), É.-U.2007.Film d\u2019essai de Todd Haynes.- La vie, la carrière et les tourments de Bob Dylan, à travers les différentes facettes de l\u2019homme.TFO 21h BORDERLINE (4) Can.2008.Drame de mœurs de Lyne Charlebois avec Isabelle Blais, Angèle Coutu, Jean-Hugues Anglade.- Une étudiante en littérature qui peine à s\u2019affranchir de son lourd passé entretient une liaison sans avenir avec un professeur marié.TQ 21h30 LE RITE (4) (The Rite), É.-U.2011.Drame d\u2019horreur de Mikael Hafstrom avec Colin O\u2019Donoghue, Anthony Hopkins, Alice Braga.- Un séminariste américain doutant de sa vocation suit à Rome des cours d\u2019exorcisme auprès d\u2019un vieux prêtre aux méthodes peu orthodoxes.V 21h45 MYSTIC RIVER (2) É.-U.2003.Drame policier de Clint Eastwood avec Sean Penn, Tim Robbins, Kevin Bacon.- Trois amis d\u2019enfance issus d\u2019un quartier ouvrier irlandais de Boston se retrouvent 25 ans plus tard, à la suite du meurtre de la fille de l\u2019un d\u2019entre eux.MAX 22h TAXI DRIVER (1) É.-U.1976.Drame de mœurs de Martin Scorsese avec Robert De Niro, Cybill Shepherd, Jodie Foster.- Devenu chauffeur de taxi la nuit à New York, un vétéran du Vietnam supporte mal le monde sordide qu\u2019il doit côtoyer.RC 23h LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON Voir samedi, 14h30.ARTV 23h DES HOMMES ET DES DIEUX (2) Fr.2010.Drame historique de Xavier Beauvois avec Lambert Wilson, Michael Lonsdale, Olivier Rabourdin.- L\u2019histoire des sept moines français de Tibhirine, tués par le Groupe Islamiste Armé d\u2019Algérie en 1996.TFO 23h18 L\u2019HONNEUR À TOUT PRIX (5) (Men of Honor), É.-U.2000.Drame biographique de George Tillman Jr.avec Cuba Gooding Jr., Robert De Niro, Aunjanue Ellis.- L\u2019histoire de Carl Brashear qui devint dans les années 1950 le premier Noir à être promu de l\u2019école de plongée de la marine américaine.TVA 23h45 RÉPULSION (2) (Repulsion), G.-B.1965.Drame psychologique de Roman Polanski avec Catherine Deneuve, Yvonne Furneaux, Ian Hendry.- Une jeune fille angoissée finit par sombrer dans une folie meurtrière.RC 0h53 RIDICULE Voir samedi, 21h.TFO 1h21 POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE Voir samedi, 21h.TQ 1h36 LUNDI FLORIDE (4) Fr.2014.Comédie dramatique de Philippe Le Guay avec Jean Rochefort, Sandrine Kiberlain, Laurent Lucas.- Un vieillard fantasque, dont les pertes de mémoire inquiètent sa fille aînée, décide sur un coup de tête de prendre seul l\u2019avion pour aller en Floride visiter sa cadette.TVA 9h29 HANTÉ PAR SES EX (4) (Ghosts of Girlfriends Past), É.-U.2009.Comédie sentimentale de Mark Waters avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Breckin Meyer.- Un playboy cynique est visité par trois spectres féminins qui lui font réaliser ses erreurs passées et ses sentiments réels pour son amie d\u2019enfance.RC 14h LE RÈGNE DU FEU (4) (Reign of Fire), É.-U.2002.Drame fantastique de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco.- Dans un futur post-apocalyptique, des humains réfugiés dans un château fort sont en proie aux attaques de dragons.MP 17h L\u2019AFFAIRE THOMAS CROWN (4) (The Thomas Crown Affair), É.-U.1999.Drame policier de John McTiernan avec Pierce Brosnan, Rene Russo, Denis Leary.- Une investigatrice d\u2019une compagnie d\u2019assurances cherche à piéger un millionnaire qui a volé une toile de maître juste pour le plaisir de la chose.TQ 21h LA MOITIÉ GAUCHE DU FRIGO (4) Can.2000.Comédie dramatique de Philippe Falardeau avec Paul Ahmarani, Stéphane Demers, Geneviève Néron.- En recherche active d\u2019emploi, un jeune ingénieur permet à son colocataire de tourner un documentaire sur sa vie de tous les jours.TFO 21h ESCOUADE GANGSTER (4) (Gangster Squad), É.-U.2012.Drame policier de Ruben Fleischer avec Josh Brolin, Ryan Gosling, Sean Penn.- À la fin des années 1940, le chef de la police de Los Angeles crée une escouade secrète pour empêcher le gangster new-yorkais Mickey Cohen de contrôler la ville.TVA 23h05 MARDI MADELINE (4) É.-U.1998.Comédie de Daisy von Scherler Mayer avec Hatty Jones, Frances McDormand, Nigel Hawthorne.- Les tribulations d\u2019une petite orpheline pleine d\u2019entrain et de débrouillardise qui vit dans un pensionnat pour jeunes filles.RC 9h INTOUCHABLES (4) Fr.2011.Comédie dramatique d\u2019Olivier Nakache avec Omar Sy, François Cluzet, Anne Le Ny.- Un Noir issu d\u2019une cité défavorisée de la périphérie parisienne est engagé comme aide- soignant par un milliardaire tétraplégique.TVA 9h29 FOCUS (4) É.-U.2015.Comédie policière de Glenn Ficarra avec Will Smith, Margot Robbie, Rodrigo Santoro.- Trois ans après leur rupture brutale, un arnaqueur retrouve à Buenos Aires la jeune femme à qui il avait enseigné les rudiments du métier.TVA 19h QUATRE FILLES ET UN JEAN 2 (5) (The Sisterhood of the Traveling Pants 2), É.-U.2008.Comédie dramatique de Sanaa Hamri avec Amber Tamblyn, America Ferrara, Alexis Bledel.- À nouveau séparées pour l\u2019été, quatre amies d\u2019enfance vivent diverses tribulations et voient leur complicité s\u2019amenuiser.MP 21h COMME UN AVION (4) Fr.2015.Comédie de Bruno Podalydès avec Bruno Poda- lydès, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain.- Un infographiste de la banlieue parisienne prend congé de sa compagne et de son travail durant une semaine, dans le but de remonter la Seine en kayak jusqu\u2019à la mer.TFO 21h LA BELLE-FAMILLE (4) (Meet the Parents), É.-U.2000.Comédie de Jay Roach avec Robert De Niro, Ben Stiller, Blythe Danner.- Un infirmier désirant épouser sa petite amie ne répond guère aux exigences de son futur beau-père, un ancien psychologue de la CIA.TVA 23h05 MERCREDI JANE (4) (Becoming Jane), G.-B.2007.Comédie sentimentale de Julian Jarrold avec Anne Hathaway, James McAvoy, Julie Walters.- En 1795, l\u2019histoire d\u2019amour de la jeune écrivaine Jane Austen, modeste fille de pasteur, avec un jeune Irlandais de bonne famille.TVA 9h29 DIANA (5) G.-B.2013.Drame historique d\u2019Oliver Hirschbiegel avec Naomi Watts, Naveen Andrews, Douglas Hodge.- Les deux dernières années de la vie de la Princesse de Galles Diana Spencer, marquées par sa liaison secrète avec un chirurgien cardiaque d\u2019origine pakistanaise.RC 14h LE PACTE DES ANGES (5) Can.2016.Drame de Richard Angers avec Marc Messier, Émile Schneider, Lenni-Kim Lalande.- Kidnappé par deux jeunes qu\u2019il avait surpris en train de commettre un meurtre, un chasseur est forcé de les conduire en Gaspésie.TQ 21h OZ \u2013 LE MAGNIFIQUE (4) (Oz \u2013 The Great and Powerful), É.-U.2013.Drame fantastique de Sam Raimi avec James Franco, Mila Kunis, Rachel Weisz.- Un illusionniste de foire est parachuté dans un pays merveilleux dont les sorcières dirigeantes croient qu\u2019il est le magicien sauveur annoncé par une prophétie.MP 21h NOBODY KNOWS (2) Jap.2004.Drame de mœurs d\u2019Hirokazu Kore-eda avec Yuya Yagira, Auy Kitaura, Hiei Kimura.- Quatre enfants abandonnés par leur mère vivent seuls pendant plusieurs mois dans un petit logement de Tokyo.TFO 21h AUX FRONTIÈRES DU RÉEL (4) (The X-Files), É.-U.1998.Science-fiction de Rob Bowman avec David Duchovny, Gillian Anderson, Martin Landau.- Deux agents du FBI enquêtent sur un groupe para-gouvernemental qui cherche à cacher la présence d\u2019extraterrestres sur la Terre.Z 22h CLOCLO \u2013 LA LÉGENDE DE CLAUDE FRANÇOIS (5) (Cloclo), Fr.2012.Drame biographique de Florent-Emilio Siri avec Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini.- La vie du chanteur de variétés Claude François, mort à 39 ans à Paris alors qu\u2019il s\u2019apprêtait à percer le marché anglophone.TVA 23h05 JEUDI L\u2019INCONNU DE LAS VEGAS (3) (Ocean\u2019s Eleven), É.-U.2001.Thriller de Steven Soderbergh avec George Clooney, Brad Pitt, Julia Roberts.- Un criminel réunit autour de lui dix experts dans différents domaines pour cambrioler trois casinos à Las Vegas.V 20h ENNEMIS PUBLICS (4) (Public Enemies), É.-U.2009.Drame policier de Michael Mann avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard.- Dans les années 1930, un agent fédéral et son équipe s\u2019efforcent de capturer la bande du braqueur de banques John Dillinger.TQ 21h LE MARI DE LA COIFFEUSE (3) Fr.1990.Comédie de mœurs de Patrice Leconte avec Jean Rochefort, Anna Galiena, Maurice Chevit.- Fasciné par les coiffeuses depuis sa tendre enfance, un homme épouse l\u2019une d\u2019entre elles et passe son temps à l\u2019observer.TFO 21h DARKNESS FALLS: LA VILLE DES TÉNÈBRES (5) (Darkness Falls), É.-U.2003.Drame d\u2019horreur de Jonathan Liebesman avec Chaney Kley, Emma Caulfield, Lee Cormie.- Un homme revient dans sa ville natale pour affronter le fantôme d\u2019une vieille femme morte au XIXe siècle qui terrorise le petit frère d\u2019une copine.Z 22h LES PIEDS DANS LE VIDE Voir dimanche, 20h01.ARTV 23h01 VENDREDI LA GLOIRE DES ONDES (4) (Morning Glory), É.-U.2010.Comédie de Roger Michell avec Rachel McAdams, Harrison Ford, Diane Keaton.- La jeune productrice d\u2019une émission de télévision matinale tente de faire grimper les indices d\u2019écoute en embauchant un vétéran du journalisme d\u2019enquête.TVA 9h29 LITTLE MISS SUNSHINE (4) É.-U.2006.Comédie dramatique de Jonathan Dayton avec Abigail Breslin, Greg Kinnear, Toni Collette.- Accompagnée de sa famille dysfonctionnelle, une fillette se rend à un concours de beauté à bord d\u2019une camionnette en piteux état.VIE 13h SUITE CALIFORNIA (4) (California Suite), É.-U.1978.Comédie d\u2019Herbert Ross avec Jane Fonda, Maggie Smith, Walter Matthau.- Dans un hôtel de Los Angeles, des couples affrontent des problèmes divers.RC 14h LE LIVRE DE LA JUNGLE (4) (The Jungle Book), É.-U.2016.Aventures de Jon Favreau avec Neel Sethi.- Pour échapper à un tigre féroce qui veut sa mort, un garçon élevé parmi les loups est sommé d\u2019aller rejoindre la compagnie des hommes.RC 19h LE PACTE DES ANGES Voir mercredi, 21h.TQ 19h LE DERNIER COMBAT (5) (The Last Stand), É.-U.2013.Drame policier de Kim Jee-woon avec Arnold Schwarzenegger, Eduardo Noriega, Forest Whitaker.- Le shérif d\u2019une petite ville frontalière doit empêcher un baron de la drogue mexicain en cavale de traverser le patelin à bord de sa puissante voiture.TVA 20h L\u2019ÉVEIL D\u2019UN CHAMPION (4) (The Blind Side), É.-U.2009.Drame sportif de John Lee Hancock avec Quinton Aaron, Sandra Bullock, Tim McGraw.- À Memphis, un adolescent afro-américain est recueilli par une famille blanche aisée qui l\u2019encourage à développer son talent prodigieux pour le football.MAX 20h LA GRANDE SAUTERELLE (5) Fr.1967.Drame policier de Georges Lautner avec Mireille Darc, Hardy Krüger, Maurice Biraud.- En attendant de perpétrer un vol au Liban, un truand s\u2019amourache d\u2019une jolie fille dégourdie.TFO 21h AUSTIN POWERS (4) (Austin Powers \u2013 International Man of Mystery), É.-U.1997.Comédie fantaisiste de Jay Roach avec Mike Myers, Elizabeth Hurley, Mimi Rogers.- Placés en état d\u2019hibernation en 1967, un espion et un criminel se réveillent en 1997 pour reprendre leur affrontement.MAX 22h30 MARK TWAIN (1RE DE 2) (3) (Mark Twain), É.-U.2001.Documentaire de Ken Burns.- La vie de l\u2019écrivain américain Mark Twain, auteur des célèbres romans Tom Sawyer et Les Aventures de Huckleberry Finn.PBS (WETK) 0h LA NUIT NOUS APPARTIENT (3) (We Own the Night), É.-U.2007.Drame policier de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Robert Duvall.- Le gérant d\u2019une boîte de nuit doit choisir son camp lorsque son père et son frère, dans la police, menacent de faire tomber son patron, parrain de la mafia russe.TVA 1h20 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 smamontreal.ca | 514 861-2626 01 LES SANGLOTS DE L\u2019EXIL Lamentations de Jérémie Chœur a cappella Dimanche 23 sept.2018\u201415h Église St-Léon de Westmount MARIE, LES SAINTES ET LE ROI F.Couperin, M-A.Charpentier Mercredi 24 oct.2018\u201419h30 Salle Bourgie 02 VISAGES DE PURCELL Anthems, musiques de scène Jeudi 10 janv.2019\u201419h Vendredi 11 janv.2019\u201420h Samedi 12 janv.2019\u201416h Dimanche 13 janv.2019\u201414h Salle Bourgie 03 Coproduction Coproduction TROIS CANTATES FESTIVES J.S.BACH - BWV 59, 126 et 197 Samedi 23 fév.2019\u201415h Dimanche 24 fév.2019\u201414h Salle Bourgie 04 Collaboration Œuvres sacrées des XVIe et XVIIe s.Vendredi 8 mars 2019\u201419h30 Église St-Léon de Westmount L\u2019ITALIE BAROQUE AU FÉMININ 05 CINQ SIÈCLES À 40 VOIX Œuvres chorales du XVe au XXIe s.Chœurs a cappella Samedi 27 avril 2019\u201419h30 Église du Gésu 06 Abonnements à partir de 105 $ Chef invitée Suzie LeBlanc En collaboration avec Elmer Iseler Singers (Toronto) Directeur musical Andrew McAnerney SAISON 2018-2019 ÉMILE PROULX-CLOUTIER MARÉE HAUTE | 16-17 oct., 20 h PIERRE LAPOINTE LA SCIENCE DU CŒUR | 23 janv.à 20 h ZACHARY RICHARD GOMBO | 6 avril à 20 h LA RENARDE, SUR LES TRACES DE PAULINE JULIEN | 21 fév., 20 h SAFIA NOLIN | 18 oct., 20 h MANIFESTE DE LA JEUNE-FILLE D\u2019OLIVIER CHOINIÈRE | 5 oct., 20 h ET PLUS ENCORE SUR THEATREOUTREMONT.CA | 514 495-9944, # 1 SUPPLÉMENTAIRES MANON DUMAIS LE DEVOIR Tour de table Souvenirs cocasses, moments tendres et morceaux d\u2019anthologie sont du menu d\u2019On n\u2019a pas tous les jours 30 ans ! où Sophie Fouron (Ports d\u2019attache) reçoit dix des plus populaires têtes d\u2019affiche de TV5.François Busnel (La grande librairie), Philippe Desrosiers (La vie en quatre temps), Michel Drucker (Vivement dimanche prochain), Mireille Dumas (Vie privée vie publique) et Chantal Lamarre (On passe à l\u2019histoire) figurent au nombre des invités de cette réalisation de Mario Rouleau tournée à Ottawa devant public au cours de l\u2019été.On n\u2019a pas tous les jours 30 ans ! TV5, samedi, 20h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 T V 5 F Ê T E S E S 3 0 A N S Le visionnement en continu de la semaine Après Alec Baldwin, Harrison Ford, Ben Affleck et Chris Pine, c\u2019est au tour de John Krasinski (The Office) d\u2019incarner Jack Ryan, héros créé par le romancier Tom Clancy.Cela dit, cette série créée par Carlton Cuse (Lost) et Graham Roland (Fringe) repose sur un scénario original et non sur un récit tiré inspiré de l\u2019un des romans de Clancy.Docteur en histoire et consultant-analyste pour la CIA, Jack Ryan se retrouve à son corps défendant sur le terrain.D\u2019après la bande-annonce, l\u2019universitaire habitué à un rythme de vie de châtelain semble plutôt doué pour manier les armes à feu.Deux actrices québécoises, Emmanuelle Lussier-Martinez et Marie-Josée Croze, sont de l\u2019aventure.Jack Ryan (V.F.de Tom Clancy\u2019s Jack Ryan) Amazon Prime, vendredi L\u2019histoire selon Historia Avec ses nombreuses émissions de brocante, la programmation de la chaîne Historia nous laisse plus souvent perplexe en ce qui a trait à sa mission.Heureusement d\u2019ailleurs qu\u2019il y a TV5 qui, avec Secrets d\u2019histoire et ses innombrables documentaires sur la Seconde Guerre mondiale, parvient à satisfaire l\u2019historien qui sommeille en nous.Quand ce ne sont pas des séries à saveur complotiste (JFK déclassifié), on rencontre des chauffeurs de gros camions (Hors route: Défi extrême), des gros bras qui fracassent des trucs en métal (De l\u2019acier et du feu : coupe ou crève!), ou encore des illuminés qui pensent mettre la main sur un vieux trésor (Le mystère de l\u2019or confédéré) ou résoudre une enquête datant de la fin des années 1960 (Sur les traces du Zodiaque).Bref, cinq nouveautés à regarder à vos risques et périls.Le mystère de l\u2019or confédéré Lundi, 21h De l\u2019acier et du feu : coupe ou crève ! Mercredi, 21h Hors route : Défi extrême Jeudi, 19h Sur les traces du Zodiaque Jeudi, 20h JFK déclassifié : Sur les traces de Lee Harvey Oswald Jeudi, 21h La route des bois «Si t\u2019es pas passionné, tu fais pas ça», lance l\u2019un des travailleurs forestiers basés au nord du Lac-Saint-Jean dans la nouvelle série documentaire de Canal D, Vie de chantier, de Jean Lefebvre.Travaillant de l\u2019été au printemps, «un peu comme une saison au hockey», explique le narrateur Patrice Robi- taille, dans des conditions météorologiques parfois difficiles, manipulant de la machinerie lourde, le bûcheron des temps modernes n\u2019a rien à voir avec la figure romantique des Filles de Caleb.Vie de chantier Canal D, mardi, 19h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 6 0 | 08/27 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Grand Rire Deuxième chance Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Sang TVA TVA nouvelles Sucré Salé Les Gags Rénos d'Hugo Ma maison bien-aimée Les petits doués TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ 18h05 Texto 18h35 Texto 19h05 Génial! 19h35 Le coût 20h10 Faut en parler 21h10 L'AFFAIRE THOMAS CROWN (1999) Pierce Brosnan.23h10 Messe V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Scorpion / Plus fort que Knox Scorpion Allume-moi Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Vivre ensemble / Entre femmes Secrets d'histoire / Agatha Christie, l'étrange reine du crime Versailles, le propre et le sale Journal/ L'invité CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Machines de génie Ouragan Harvey Projet impossible Rodéo Québec CANAL VIE Tous pour un chalet! Docteur, suis-je normal?Donnez au suivant Devenus Papas 110% Les 7 petits / L'opération d'Alex Urgences RDS Sports 30 Sports 30 Monde sport FIT Tennis - Omnium des États-Unis (D) Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu De l'acier et du feu Malédiction Island Partie 1 de 2 Le mystère de l'or / Trahison Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Pour l'amour du country Lumière sur.Lumière sur./ Rita Lafontaine Pour emporter / Maripier Morin EXPLORA Patagonie Des îles / Nées du feu S'aime chien Big History Papouasie: l'expédition extrême À l'épreuve d'une tribu Légendes Z Jobs de bras Prêt sur gage Remorquage Humoristes Trop fou pour être vrai?Prêt sur gage Prêt sur gage Prêt sur gage Prêt sur gage SNCTM SAVOIR Face à Face Découvertes DeGarde 36.9° Autisme Publications Nomade mers Découvertes Monde Routes science TFO Wendy Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Boum, canon Amélie LA MOITIÉ GAUCHE DU FRIGO (2000) Paul Ahmarani.Amélie Planète 17h00 1971 Faites entrer l'accusé Christian de Portz.Dans l'univers de Christie's Maison-poison, quand Pousser CBC CBCNews Politics Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake / The Pilot CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang American Ninja Warrior / Las Vegas Finals Night 1 The Detail / Off the Path CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS: Los Angeles / Liabilities Salvation / Prisoners Elementary Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Bachelor in Paradise The Proposal News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Mom Life in Pieces Salvation / Prisoners Elementary Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow POV / Nowhere to Hide Business UNIS Pense vite! Échappe Voyage Les encanteurs SANS ELLE (2006) avec Maxim Gaudette, Karine Vanasse.Chercheurs d'or Yukonnais Hooké HBO Hot Coffee Vice News Drew Michael Special Sharp Objects / Milk Real Time With Bill Maher Ballers TVA Sports Le TVA sports Le TVA sports LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Orioles de Baltimore (D) Le TVA sports CollXtion Le TVA sports 08/26 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Faire un tour?/ Patrick Lagacé Le beau dimanche Le Téléjournal PaparaGilles Cinéma TVA TVA nouvelles CASINO ROYALE (V.F.) (2006) avec Judi Dench, Eva Green, Daniel Craig.21h15 R.B.: Rechargé 22h15 Mitsou et Léa 23h15 TVANou.TQ 18h05 Voir autrement Mc$ween Banc public Y'a du monde à messe BORDERLINE (2008) avec Angèle Coutu, Isabelle Blais.V 17h00 GROSSESSE SURPRISE (2007) 19h45 UNE INQUIÉTANTE INFIRMIÈRE (2016) 21h45 LE RITE (2011) Colin O'Donoghue.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal Le 21e Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Riding zone Journal/ L'invité CANAL D Michelle ou la vie sauvage Grand Rire Grand Rire Docu-D / Chicanes de clôtures Docu-D Douanes Douanes Douanes CANAL VIE Donnez au suivant Devenus Papas 110% La vie avec des quintuplées Nombreux et heureux Divorce Ouvrez, jamais Comment rén.RDS Sports 30 Sports 30 Rodéo Québec Rodéo Québec LMB Baseball (D) Sports 30 HISTORIA Fous bolides Fous bolides Chevaux, hommes À fond À fond Rapides Rapides Voitures de Voitures de Voitures de ICI ARTV Prochains Prochains Pour emporter / Maripier Morin Les pieds dans le vide Borgia: N'ayez pas foi en eux Cinéma EXPLORA S'aime chien Curiosités Planète Terre / Les îles Vert d'envie! Planète techno Les bâtisseurs de l'impossible Découverte Sexplora Z Pros du ticket Smashs Wasteland Prêt sur gage Les pires chauffards québécois Démolition Plus dur Bras de fer Rois du drag Pas essayer SAVOIR Monde Dactylo Mémoires Routes science Capsule Électron/ Thèse Nomade mers Voir autrement 22h20 L'ONU Connaissance Apostrophes TFO Amélie Subito texto Flip Lightning Point Mosquée Citoyen monde I'M NOT THERE: LES VIES DE BOB DYLAN (2007) Cinéma Planète 17h00 L'accusé Tanks: Dans l'enfer Demain, nos enfants Topoï: L'époque / Enfant roi Juger Pétain / Acte 3 Topoï: L'époque / Complot CBC 16h00 HULK (2003) Anne When Calls the Heart CBC Docs POV CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal TheAmazingRaceCanada The $100,000 Pyramid iHeartRadio Much Music Video Awards National News GBL Global News Global National Security Security Big Brother NCIS / One Book, Two Covers NCIS: Los Angeles Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Celebrity Family Feud The $100,000 Pyramid To Tell the Truth News CBS Ch.3 News Weekend News 60 Minutes Big Brother Bull / School for Scandal NCIS: Los Angeles 3 News PBS (33) Hidden Killers The 46ers Masterpiece Classic / Poldark Masterpiece Classic / Poldark Masterpiece Classic / Poldark Midwife UNIS Bouffe en cavale Garde-manger / La biodiversité D'un rire à l'autre / Le troisième gala Radio enfer Balade Tor.Balade Tor.Musique HBO 18h05 CONFIRMATION (2016) Wendell Pierce.Real Time With Bill Maher Sharp Objects / Milk Ballers Insecure VICE TVA Sports RAW Team Ninja Warrior CHACUN SON COMBAT 2 (2011) Michael Jai White.Le TVA sports Baseball / Phi./Tor.08/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Gars, fille 1001 vies Les enfants de la télé Outlander / La Bakra 22h10 Journal 22h40 Papara Cinéma TVA TVA nouvelles LES 4 FANTASTIQUES ET LE SURFER D'ARGE.20h15 L'OUBLI (2013) avec Morgan Freeman, Olga Kurylenko, Tom Cruise.22h45 TVANou.Cinéma TQ DANS UNE GALAXIE PRÈS DE CHEZ VOUS (2004) Belle et Bum POUR LE MEILLEUR ET POUR LE PIRE (2012) Pierce Brosnan.Homeland V Cinéma LA COLÈRE DES TITANS (2012) Sam Worthington.COMPLOT MORTEL (1997) avec Julia Roberts, Patrick Stewart, Mel Gibson.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Le p'tit cabaret On n'a pas tous les jours 30 ans! Voisins/ Voisins Journal/ L'invité CANAL D Enchères Enchères Enchères Enchères Hélico tout terrain Eddy! C'est quand 60 jours en prison Déroute CANAL VIE Rénover Quoi ton plan?Quoi ton plan?Quoi ton plan?Les 7 petits / Papa est un scout Qui vit ici?Agents Conviction / L'Orchidée noire Vedette RDS Le PGA tour Sports 30 Sports 30 F1 Magazine F1 Course automobile - Grand Prix de Belgique Rallye Sports 30 Sports 30 PGA Golf HISTORIA De l'acier et du feu En 6ième vitesse FantomWorks FantomWorks Beautés d'acier Beautés d'acier MarinsEauDce ICI ARTV Pour emporter / Maripier Morin Pour l'amour du country Sherlock / Une étude en rose La révolte des bonnes filles Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Îles de beauté Kedi: Au royaume des chats Hackers Sexplora Mégast.nazies Z Rois du drag Humoristes Trop fou pour être vrai?Seuls et tout nu Face Off / Péchés capitaux Expédition extrême Westworld SAVOIR Face à Face Reportage Géo 19h50 Nature Ombre doute 20h55 50 ans Monde Dactylo Semaine Verte Forêt/ Idées Découvertes TFO Amélie Subito texto Flip / Samian Lightning Point Mosquée Citoyen monde RIDICULE (1996) Charles Berling.22h45 LES PORTES TOUR.Planète 17h00 Déteste Mes parents sont homos Les porteurs d'espoir Femmes du Rwanda Le jugement d'Hadwin CBC CBCNews marketplace Mile Enders Exhibitionists Filmmakers ANGRY INUK (2016) Comedy Fest CTV CTV News Montreal W5 / Red Eye/ Kiefer CAPTAIN AMERICA: CIVIL WAR (2016) avec Robert Downey Jr., Scarlett Johansson, Chris Evans.National News GBL Global News Global National Security Security Rookie Blue / Letting Go Rookie Blue / A Real Gentleman Emergency Emergency Global News ABC News News at 6:30 Extra Weekend The Good Doctor Partie 1 de 2 The Good Doctor Partie 2 de 2 20/20 News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight LNF Football / Saints de Nouvelle Orléans c.Los Angeles Chargers - Pré-saison (D) Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Upstart Crow The Doctor Blake Mysteries Death in Paradise Austin City UNIS Hooké In chalet Martin sur la route Balade Écrivain public UVANGA (V.F.) (2013) avec Lukasi Forrest, Marianne Farley.L'espionne HBO ALL THE WAY (2016) avec Anthony Mackie, Bryan Cranston.20h15 FAHRENHEIT 451 (2018) Michael Shannon.Drew Michael Special Sharp Objects TVA Sports 16h00 Baseball / Phi./Tor.(D) MLB: moments Avant-match LMS Soccer / Montreal Impact c.FC Toronto (D) Le TVA sports WTA Tennis S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR On les voit dans les villes d\u2019Italie, offrant leurs babioles aux touristes et aux passants, immigrants illégaux tentant d\u2019arracher un coin de bien- être à l\u2019Europe entre deux raids de police.Comme un caillou dans la botte, le documentaire d\u2019Hélène Cho- quette propose de suivre ces immigrants des rues de Florence jusque dans leur pays d\u2019origine, au Sénégal.C\u2019est sur les entrefaites de trois assassinats de ces vendeurs ambulants issus du Sénégal dans les rues de Florence que ce film a été tourné.Or, en remontant le fil de l\u2019histoire de ces vendeurs jusqu\u2019au Sénégal, on découvre tout un autre pan de leur vie.En fait, cette migration est inscrite comme une tradition au sein de bien des familles sénégalaises.Les « migrants», comme on les appelle, sont bien vus de leur famille, plus encore que ceux qui décident de rester au pays.Cela est vrai même lorsque les migrants en question ne réussissent pas vraiment dans leur pays d\u2019accueil.La véritable force de ce film est donc de lever le voile sur les origines de cette immigration.La réalité, cependant, n\u2019est généralement pas à la hauteur du rêve.Le mythe de l\u2019eldorado européen demeure entretenu, de génération en génération.Mais de nouvelles voix s\u2019y opposent, notamment cel les de mères ayant perdu leur fils sur des pirogues de fortune s\u2019élançant vers l\u2019Europe.Devant le f lot de réfugiés qui cogne aux por tes de l\u2019Europe, la main-d\u2019œuvre immigrante est moins bienvenue qu\u2019autrefois.Et le racisme, quant à lui, prolifère, comme les meurtres des dernières années à Florence en témoignent.Comme un caillou dans la botte, dans le cadre de 1001 vies Radio-Canada, samedi, 19h Sur les traces de marchands Hélène Choquette s\u2019intéresse aux vendeurs sénégalais de Florence SU R VOS ÉC R A N S Toujours en eaux troubles La première saison de ce suspense à la facture sombre, au propre comme au figuré, et mettant en vedette Jason Bateman (en contre-emploi) et Laura Linney (toujours aussi solide) s\u2019avérait fort captivante et réussie.On en souhaite autant de la suite des aventures d\u2019un conseiller financier et de sa famille, « réfugiés» dans la région paumée des monts Ozark au Missouri après une affaire de blanchiment d\u2019argent qui a mal viré, qui doivent survivre dans le dangereux monde des trafiquants de drogues\u2026 Ozark, saison 2 Netflix, dès vendredi HÉLÈNE CHOQUETTE | 6 1 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 08/31 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy LE LIVRE DE LA JUNGLE (2016) Neel Sethi.Disparition / L'échange Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Sucré Salé VLOG Dans ma tête LE DERNIER COMBAT (2013) Arnold Schwarzenegger.TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Passager 18h40 Format f 19h10 LE PACTE DES ANGES (2016) Marc Messier.21h05 Y'a du monde à messe 22h35 Banc p.BelleBum V Souper parfait Souper parfait L'arbitre L'arbitre LA BANQUE GAGNE TOUJOURS (2013) Ben Affleck.Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR On va s'aimer / Ryan Dans les yeux d'Olivier / Rejeté par les siens Corps et monde / Angleterre Journal/ L'invité CANAL D Projet impossible En quête de vérité / Rédemption JonBenét Ramsey Les inondations Craindre son voisin Panique 401 CANAL VIE Meilleur que le chef! Donnez au suivant Devenus Amour aveugle Proprio Proprio SPCA en action SPCA en action Princes RDS Sports 30 Sports 30 L'avant-match LCF Football / Alouettes de Montréal c.Ottawa RedBlacks (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA Zodiaque / Un nouveau suspect Sur la piste des dinosaures Les montagnards Alaska: haute tension Mississippi Mississippi Béliveau ICI ARTV Moi et l'autre Mr Bean Marchlands Pour emporter / Patrick Lagacé Prochains Prochains Les Morissette Les Morissette Sherlock EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Chasseurs de légendes Inventer demain Sexplora Stupidité Stupidité Z Jobs de bras Prêt sur gage Dans l'net Remorquage Remorquage Remorquage Remorquage Prêt sur gage Les pires chauffards québécois Commando SAVOIR Voir autrement 18h50 L'ONU Apostrophes 20h15 Savoir Secrets Électron/ Thèse Encore plus Santé! MTL innovante Nomade mers TFO Wendy Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Boum, canon Amélie LA GRANDE SAUTERELLE (1967) Mireille Darc.Amélie Planète Dossier Paranormal Thierry Dusautoir Sous le radar Pousser planète Nous détestent-ils?/ Nous, les homosexuels?CBC CBCNews Politics JFL: Gags Coronation St.marketplace Hello Goodbye The Detectives CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Criminal Minds / Mirror Image Criminal Minds / Spencer Blue Bloods / Common Ground CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight TKO: Total Knock Out Hawaii Five-0 First Dates First Dates Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless What Would You Do?20/20 News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight TKO: Total Knock Out Whistleblower Blue Bloods / Common Ground Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Breaking Big American Masters / Eva Hesse Business UNIS Pense vite! 5e élément Balade Tor.Balade Tor.Radio enfer Radio enfer D'un rire à l'autre Écrivain public Les encanteurs Ciné tout court HBO 17h05 BeChaos 18h40 A DOG YEAR (2009) Jeff Bridges.20h05 Ebola: Doctor's Flyness Animals.Robin Williams: Come Inside My Mind TVA Sports Le TVA sports MLB: moments LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Marlins de Miami (D) RAW Le TVA sports 08/30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Les Parent Un homme à la mer / La nuit Les échangistes Le Téléjournal Sports/ Dix TVA TVA nouvelles Sucré Salé Chicago Fire / Dos au mur MAGIC MIKE XXL (V.F.) (2015) Channing Tatum.TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Subito texto Subito texto Génial! Banc public Faut en parler ENNEMIS PUBLICS (2009) avec Christian Bale, Marion Cotillard, Johnny Depp.V Souper parfait Souper parfait Détestables Détestables L'INCONNU DE LAS VEGAS (2001) avec Brad Pitt, Matt Damon, George Clooney.Atomes Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les dernières girafes Des racines et des ailes / Entre le Lot et la Dordogne Le p'tit cabaret Journal/ L'invité CANAL D Le convoi de l'extrême Mon pire cauchemar Accident de star Harvey & Irma Docu-D / J'agis, donc je suis Docu-D CANAL VIE Tous pour un chalet! Les 7 petits / L'opération d'Alex Une vie de géant Cris du coeur Maison flot.Quais Normal?RDS Sports 30 Sports 30 Soccer FIT Tennis - Omnium des États-Unis (D) Sports 30 HISTORIA Les infirmières Hors route: défi extrême Zodiaque / Un nouveau suspect JFK déclassifié / La rencontre FantomWorks FantomWorks ICI ARTV 17h30 Paradis Bienvenue au paradis Mr Bean Lumière sur.Anne Les pieds EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Animaux des glaces Naissance continent / La vie Origines, l'histoire Big History Rêver le futur Z Jobs de bras Prêt sur gage Seuls et tout nu Pros du ticket Smashs Expédition extrême DARKNESS FALLS: LA VILLE DES TÉNÈBRES SAVOIR 36.9° DeGarde Nomade mers Routes science Capsule Mémoires Dactylo Découvertes The Migrant Semaine Verte Forêt/ Idées TFO Wendy Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Boum, canon Amélie LE MARI DE LA COIFFEUSE (1990) Jean Rochefort.Amélie Planète Christian de Portz.Dans l'univers de Christie's L'empire Ottoman Les évadés de Drancy Orchestre Fatale attirance CBC CBCNews Politics 22 Minutes Coronation St.Dragons' Den Crawford Comedy Fest CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Take Two / Stillwater Take Two / Family Ties CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Private Eyes Big Brother Ransom / Alters Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Celebrity Family Feud Take Two / Stillwater Take Two / Family Ties News CBS Ch.3 News Evening News LNF Football / Patriots de Nouvelle Angleterre c.Giants de New York - Pré-saison (D) Big Brother Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Stories Road Perry Como Classics Fleetwood Mac: The Dance - An 'In the Spotlight' Special Business UNIS Pense vite! 5e élément Vu intérieur Goût du pays Garde-manger Martin sur la route Unis par le chant Chercheurs HBO Andre the Giant Vice News Real Time With Bill Maher The Deuce / What Kind of Bad?The Deuce / Why Me?Special TVA Sports Le TVA sports L'Impact LMB Baseball / Pirates de Pittsburgh c.Cardinals de St.Louis (D) Le TVA sports CollXtion Le TVA sports 08/29 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes L'Épicerie Guillemets S'aime chien Les échangistes Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Sucré Salé Oeufs d'or Rêvons mais.Malaises Complexe G Esprits criminels TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Subito texto Subito texto Génial! Ça vaut le coût Faut en parler 21h05 LE PACTE DES ANGES (2016) 22h50 di Stasio / Fast Food V Souper parfait Souper parfait Taxi payant Détestables CSI: Miami / Pas vu, mais pris CSI: Miami / Traque sans merci Allume-moi Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Partir Autrement en famille Caméléon Opérations spéciales Vivre ensemble / Entre femmes Journal/ L'invité CANAL D Texas Chrome Rodéo Québec SOS Infesta.L'or des crocodiles Ouragan 360 Les hommes du Yukon Amour fatal CANAL VIE Tous pour un chalet! Cabanes de rêve Quais Rénover William et Harry Agents Qui vit ici?Urgences RDS Sports 30 Sports 30 Images/sec.FIT Tennis - Omnium des États-Unis (D) Sports 30 HISTORIA En 6ième vitesse Surcharge maximale De l'acier et du feu De l'acier et du feu Aux armes! Artéfacts ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Moi et l'autre La petite Dorrit La petite Dorrit La petite Dorrit La petite Dorrit EXPLORA Animo Vert d'envie! Des îles La Semaine verte Anomalies humaines La vérité sur le sucre vs.le gras Épreuve tribu Z Jobs de bras Prêt sur gage Varennes Wasteland Plus dur Démolition Bras de fer Rois du drag AUX FRONTIÈRES DU RÉEL (1998) SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte 19h40 Savoir Santé! MTL innovante Mémoires Reportage Géo 22h20 Nature 36.9° DeGarde TFO Wendy Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Boum, canon Amélie NOBODY KNOWS (2004) avec Yûya Yagira, Ayu Kitaura, Planète Les porteurs d'espoir Femmes du Rwanda Jets privés: Trafics de haut vol Faites entrer l'accusé Ma vie de femme / En Italie CBC CBCNews Politics Rick Mercer Coronation St.The Great British Baking Show Burden of Truth CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang MasterChef / American Heroes MasterChef Criminal Minds / Annihilator CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother SEAL Team / Takedown Best of Border Best of Border Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Am.Housewife Modern Family Am.Housewife Shark Tank / Sara Blakely News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Big Brother SEAL Team / Takedown Criminal Minds / Annihilator Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee Nature Ancient Invisible Cities / Athens Nova / The Origami Revolution Business UNIS Pense vite! Échappe Bouffe en cavale Sel et Diesel Hooké Balade Écrivain public Garde-manger / La biodiversité Martin-route HBO 17h55 THE BREADWINNER (2017) Vice News Pete Holmes Ballers Insecure Sharp Objects / Milk Bill Maher TVA Sports Le TVA sports Le TVA sports LMB Baseball / Blue Jays de Toronto c.Orioles de Baltimore (D) RAW Le TVA sports Le TVA sports 08/28 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Des squelettes Les pêcheurs Galas ComediHa! 2015 Les échangistes Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Sucré Salé FOCUS (V.F.) (2015) avec Margot Robbie, Will Smith.Lise Dion Partie 2 de 2 TVA nouvelles 22h35 Sucré Cinéma TQ Subito texto Subito texto Génial! Ça vaut le coût 20h05 Faut en parler 21h05 Homeland / Faux-nez 22h05 Homeland 23h10 Grands V Souper parfait Souper parfait Taxi payant Taxi payant RODÉO & JULIET (2015) Allume-moi Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Palace Marrakech Transports Alphonse Corps et monde / Angleterre Accusé / L'histoire de Laurent Journal/ L'invité CANAL D Ancient Mysteries Vie de chantier Le convoi de l'extrême Ouragan 360 / Ouragan Katrina Texas Chrome L'or crocodiles CANAL VIE Tous pour un chalet! / Le salon On a raté ma chirurgie Nombreux et heureux SPCA en action SPCA en action César à la rescousse Urgences RDS Sports 30 Sports 30 Le PGA tour FIT Tennis - Omnium des États-Unis (D) Sports 30 HISTORIA Marins d'eau douce Cash Cowboys Cash Cowboys / L'entrevue Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante A$ de brocante ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Quelle famille! Appelez mon agent Appelez mon agent / François La révolte des bonnes filles Borgia: Foi EXPLORA Planète Terre / Les montagnes Des îles Découverte Mégastructures nazies Les pionniers / Le temps Machines Z Jobs de bras Prêt sur gage Face Off Escouade animale Prêt sur gage Prêt sur gage Urgences à Vegas Expédition SAVOIR Forêt/ Idées Reportage Géo 19h20 Nature The Migrant CORIM/ 50 ans Ombre doute 21h25 50 ans Apostrophes 22h45 Savoir Connaissance TFO Wendy Top!/ Top! Subito texto Motel Monstre Boum, canon Amélie COMME UN AVION (2015) Bruno Podalydès.Amélie Planète 17h30 Chocolat Ma vie de femme d'ailleurs / Au Canada Fatale attirance Thierry Dusautoir Rêver le futur Porteurs CBC CBCNews Politics JFL: Gags Coronation St.Kim's Schitt's Creek Workin' Moms Baroness CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang TheAmazingRaceCanada Carter / The Flood Making It / Inside Out CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / One Step Forward Bull / Absolution NCIS: New Orleans Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Bachelor in Paradise Castaways / Three's a Crowd News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / One Step Forward Bull / Absolution NCIS: New Orleans Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Guest of House Outdoor Mark Twain Partie 1 de 2 Frontline / American Patriot Business UNIS Pense vite! Échappe Fous animaux Oiseaux TUKTUQ (2016) Robin Aubert.Ciné tout court Voyage HBO Cinéma Real Time With Bill Maher Vice News CAPTURING MARY (2007) Maggie Smith.21h45 June's Ballers Insecure Sharp Objects TVA Sports Le TVA sports Le TVA sports LMB Baseball / White Sox de Chicago c.Yankees de New York (D) Le TVA sports CollXtion Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Documentaire de Doris Buttignol, Ti-Gars raconte le cheminement du caporal Vincent Lamarre, né Virginie.Reconnu comme homme à l\u2019état civil depuis près de deux, Lamarre préférait, bien avant d\u2019entreprendre sa transition, le sobriquet « Ti-Gars » au prénom que ses parents lui avaient donné à sa naissance.Dès son plus jeune âge, Virginie savait au fond d\u2019elle-même qu\u2019elle n\u2019était pas née dans le bon corps.À l\u2019adolescence, lorsque des filles la prenaient pour un garçon, elle jouait le jeu et prétendait s\u2019appeler Vince.Au fil des années, ce jeu ne suffisait plus.Virginie se sentait de plus en plus mal dans sa peau, allant jusqu\u2019à souhaiter mourir lors d\u2019une mission en Afghanistan.Heureusement, la jeune femme a pu compter sur la compréhension de ses supérieurs immédiats et, surtout, sur le soutien et l\u2019amour inconditionnel de sa famille.Alors que les services médicaux des Forces armées canadiennes ont pris en charge le processus de changement de sexe, Virginie a pu devenir Vincent.Ponctué d\u2019extraits du journal vidéo de Vincent, grâce auquel on découvre les dif férentes étapes de sa transformation, Ti-Gars s\u2019avère un portrait inspirant et positif d\u2019un jeune transsexuel.Si la réalisatrice fait la part belle aux conversations entre Vincent et ses proches, où fusent fous rires, questions directes et réponses franches, elle ne néglige pas pour autant de rappeler que le parcours du combattant est parsemé d\u2019épreuves parfois douloureuses qui paraissent insurmontables.Les grands reportages : Ti-Gars RDI, jeudi, 20h Le parcours du combattant Virginie s\u2019est toujours sentie comme un garçon, elle est donc devenue Vincent RDI L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 V I V R E Trois summums de ce voyage au pays des Innus, entre Sept-Îles et Natashquan, avec crochet à Schefferville : le festival Innu Nikamu à Maliote- nam, le voyage à bord du train Tshiuetin et le Festival du conte et de la légende de l\u2019Innucadie, à Natashquan et à Nutashquan, à la rencontre des communautés innue et acadienne.REPORTAGE HÉLÈNE CLÉMENT SUR LA CÔTE-NORD COLLABORATRICE LE DEVOIR Entre mer et taïga Voyage au pays des Innus, entre Sept-Îles et Natashquan, via Schefferville \u2019est à Mani-utenam (ou Maliotenam), réserve innue de quelque 3500 habitants située à 16 kilomètres à l\u2019est de Sept-Îles, qu\u2019a débuté ce voyage de six jours sur la Côte-Nord.Plus précisément sur les terres de l\u2019ancien Pensionnat Notre-Dame de Maliotenam, où a lieu depuis 34 ans le fameux Festival de musique Innu Nikamu.Bien que le pensionnat n\u2019existe plus, que le site ait été décontaminé et les anciennes fondations retirées, il est dif ficile de ne pas éprouver quelques frissons en imaginant la vie ici de milliers d\u2019enfants autochtones arrachés à leur famille.Fondé en 1984 par une peti te équipe d\u2019artistes, dont le chanteur innu Florent Vollant, ce festival a fait l\u2019objet d\u2019un documentaire en 2017, Innu Nikamu, Chanter la résistance.Réalisé par le cinéaste innu Kevin Bacon Hervieux, le film raconte l\u2019histoire de cet événement où on ne sert pas d\u2019alcool, qui a grandi tranquillement jusqu\u2019à devenir l\u2019un des plus importants festivals de musique et d\u2019art autochtone en Amérique du Nord.D\u2019Essipit à Pakua Shipi, sept des communautés innues côtoient le littoral du Saint-Laurent alors qu\u2019au nord, dans les terres, les deux communautés innue et naskapie de Matimekush et Kawawachikamach vivent dans un paysage de taïga et de toundra.Un train nommé Tshiuetin C\u2019est en compagnie des habitants de ces deux communautés \u2014 certains venus assister au festival Innu Ni- kamu, d\u2019autres de retour d\u2019un pèlerinage à Sainte-Anne-de-Beaupré \u2014 que nous avons pris le chemin de Schef- ferville, à bord du train Tshiuetin.Ce jour-là, nous étions 235 passagers à bord.« Le train est plein à quatre ou cinq occasions par année », précise Tommy Vollant, chef du train.« Début août pour le festival Innu Nikamu, juste avant Noël pour aller se ravitailler, fin mai pour Beauce Carnaval de Sept-Îles, et en juillet pour la fête de Sainte-Anne, à Sainte-Anne-de-Beaupré.» Cette fête remonte aux colons français arrivés il y a 300 ans, mais coïncide avec une célébration plus ancienne des peuples autochtones qui passaient l\u2019été sur la côte.On faisait la fête avant de reprendre le chemin vers l\u2019intérieur du continent pour y passer l\u2019hiver.C C\u2019est au resto le Bla Bla que nous rencontrons Philippe Vollant, un Innu de la réserve de Matimekush, guide à ses heures sur réser vation.En sa compagnie, nous visitons la petite ville rouge de poussière et ses environs.D\u2019abord un arrêt au dépotoir pour y voir les ours, avant de se diriger vers la mine à ciel ouvert Tata Steel Minerals Canada le temps d\u2019une photo avec son fils à côté d\u2019un gigantesque camion et d\u2019une visite dans le ventre du mégadôme aux allures de vaisseau spatial qui abrite le concentrateur.Puis, nous grimpons au sommet de la montagne qui surplombe Scheffer- ville pour une vue d\u2019en haut de cette ville fondée par la société minière Iron Ore of Company Canada (IOC) en 1954, et de ses environs.Le plus impressionnant : les trous de mine d\u2019un rouge vif \u2014 vestige de la société minière IOC \u2014, qui donnent au paysage des allures de planète Mars.Une visite à Schefferville est une expérience et une leçon de géographie et d\u2019histoire.Entre autres celles des Innus venus s\u2019installer ici il y a bien des lunes.Sur la route de Natashquan Natashquan est à cinq heures de route de Sept-Îles.Sur la 138, nous longeons le Saint-Laurent, qui s\u2019apparente ici plus à la mer qu\u2019à un | 6 3 E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 À gauche : un ancien trou de mine rempli d\u2019eau aux abords de Schefferville.La nature a repris son cours et d\u2019une jolie manière.Ci- dessous : deux jeunes Autochtones au festival Innu Nikamu qui s\u2019apprêtent à danser la danse des clochettes.Cette danse des femmes tire son nom des robes ornées de cônes métalliques que portent les danseuses.PHOTOS HÉLÈNE CLÉMENT « La fête de Sainte-Anne, c\u2019est aussi un moment pour souligner la place des grands-mères dans la communauté », explique Tommy Vollant.Bien avant que n\u2019existe le train, les Innus se rendaient à Sainte-Anne-de- Beaupré en canot ».Tout un périple ! Longue de 410 km, celle que l\u2019on surnomme la « Nahanni de l\u2019est », en raison de son fort courant et de ses nombreux rapides, prend sa source au 53e parallèle, près de la frontière À propos du train Tshiuetin Départ de Sept-Îles : lundi et jeudi à 7h ; départ de Schefferville : mardi et vendredi à 8h ; coût d\u2019un aller simple Sept-Îles\u2013Schefferville : autour de 50$; coût de l\u2019avion avec Air Inuit, Schefferville\u2013Sept-Îles, un aller simple : 532$.Le Tshiuetin roule à une vitesse de 65km/h.À propos de la route 138 De Montréal à Natashquan: 1263 kilomètres.La 138 parcourt la ville de Montréal sous le nom de rue Sherbrooke et se termine actuellement à Côte-Nord-du-Golfe-du-Saint- Laurent (Kegaska) sur la Basse- Côte-Nord.Kegaska se trouve à 45 kilomètres à l\u2019est de Natashquan et vaut la visite.C\u2019est la fin de la route, un bout du monde.du Québec et du Labrador, pour se jeter dans le Saint-Laurent à 25 km de Sept-Îles.Les paysages des 80 premiers kilomètres \u2014 distance du trajet en ligne droite 512,1 km \u2014 sont à couper le souffle.«Entre nature et démesure», le slogan de la région Côte-Nord prend ici tout son sens.Falaises escarpées, rapides bouillonnants, forêts touffues, cascades, épinettes à perte de vue, lac après lac.Beaucoup d\u2019eau.Et le téléphone qui recule ou avance d\u2019une heure en fonction du fait qu\u2019on est au Québec ou à Terre-Neuve-et- Labrador.Car nous traversons tantôt une province, tantôt l\u2019autre.Éloge de la lenteur Le train qui fait aussi office de fret effectue deux allers-retours par semaine, toute l\u2019année.Il n\u2019y a pas de gare sur le parcours.Et comme il s\u2019arrête à la demande, il est quasi impossible de prévoir la durée du voyage.On compte un minimum de 12 heures jusqu\u2019à Schefferville.Ce jour-là nous en avons mis 18 jusqu\u2019à destination.Donc beaucoup de temps pour faire la sieste, discuter avec ses voisins, déguster un thé dans la voiture- restaurant, regarder les enfants courir dans les couloirs avec des fusils à eau, photographier entre deux voitures les arbres, les lacs et les plages, les falaises et les rochers qui au coucher du soleil prennent des teintes ocre, regarder disparaître d\u2019entre les épinettes des canoteurs courageux, saluer de la main les passagers partis rejoindre leur chalet ou une pourvoi- rie, faire ses adieux à un groupe de touristes de Québec dont la course s\u2019arrête à Emeril Junction au mile 224.Un autobus les attend pour les emmener passer la soirée à Fermont avant d\u2019aller visiter Manic-5.Tshiuetin signifie « vent du nord » en innu-aimun.Le train est exploité depuis 2005 par trois communautés de la Côte-Nord.Les Innus de Mani- Utenam et de Matimekush-Lac-John et les Naskapis de Kawawachika- mach, la réserve qui se trouve à treize kilomètres du centre de Schefferville et où les habitants parlent l\u2019anglais.À notre arrivée à Schefferville, à 23h, le ciel était illuminé par des milliers d\u2019étoiles, il n\u2019y avait plus une seule place pour une étoile supplémentaire.Des traînées d\u2019étoiles sur le fond noir de la Voie lactée.Jamais de ma vie je n\u2019ai vu un ciel aussi beau.Le Tshiuetin repart le lendemain matin, mardi, à 8 h.Ceux qui le manqueront devront attendre le prochain, vendredi.Ou prendre l\u2019avion qui mène en 90 minutes à Sept-Îles.On a marché sur Mars Le touriste qui mettra les pieds à Schef fer ville pour une nuit, trois jours, ou plus, si le cœur lui en dit, ne doit pas s\u2019attendre à du grand luxe.Il y a bien un ou deux hôtels, mais rien de très exotique.À l\u2019exception du Guest House, dont le côté rustique et rétro lui confère du charme.C\u2019est d\u2019ailleurs dans cette sympathique auberge sur le bord du lac Knob, dans la chambre 7, qu\u2019est mort en 1959 le premier ministre Maurice Duplessis.fleuve.On ne voit pas de l\u2019autre côté.On se croirait parfois sur la côte est américaine, la foule de touristes en moins.À Longue-Pointe-de-Mingan, nous embarquons à bord d\u2019un bateau pour une excursion de 3 h 30 sur l\u2019île Nue et l\u2019île aux Perroquets.Si les monolithes rongés par les vents du large, les macareux moine avec leurs gros becs colorés, les petits pingouins, le phare de l\u2019île aux Perroquets, les marsouins et les rorquals sont autant de merveilles, la pêche aux oursins à l\u2019aide d\u2019une vadrouille est impressionnante.À voir et à déguster.Au Por tail Pélagie-Cormier, à Havre-Saint-Pierre on peut louer un audioguide routier « Sur la route de Natashquan » conçu pour les automobilistes visitant l\u2019est de la Minga- nie.Sur une distance de 160 km jusqu\u2019à Natashquan, on écoute sur deux CD les gens du pays raconter leur histoire et présenter leur milieu de vie.Des haltes sont suggérées.C\u2019est ainsi que nous découvrons le charmant village Baie-Johan-Beetz, le fumoir d\u2019Aguanish où l\u2019on peut se procurer un saumon fumé excellent et l\u2019île Michon.Natashquan grouille de monde venu assister au 13e Festival du conte et de la légende de l\u2019Innucadie.Le peuplement ici par les Acadiens remonte aux années 1850.Sur une période de 40 ans, une centaine de familles acadiennes des îles de la Madeleine s\u2019établissent à Kegaska, à Blanc-Sablon, à Natashquan, à Havre-Saint-Pierre et à Mingan.Sur le thème de la transmission, ce festival met en valeur le milieu de vie qu\u2019offre la Côte-Nord en donnant un espace aux communautés innues et acadiennes.À travers ce festival, nous avons découvert le village natal de Gilles Vigneault.Kue kue ! Notre journaliste était l\u2019invitée de Tourisme Côte-Nord. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Vi v r e To u r i s m e 6 4 | La profusion des ressources de tourisme en ligne pourrait donner à penser que le rôle du conseiller en voyages est désuet.Et s\u2019il était plutôt en train de se réinventer hors des idées reçues ?GRAND ANGLE CAROLYNE PARENT COLLABORATRICE LE DEVOIR L\u2019agent de voyages est mort, vive l\u2019agent de voyages ! l était une fois un séjour à Paris qui ne pouvait pas être acheté par un consommateur sans l\u2019intermédiaire d\u2019un agent de voyages.Ça ne date pas du paléolithique ; c\u2019était il y a à peine trois décennies.Depuis, Internet a procuré aux fournisseurs de ser vices touristiques (transporteurs, hôteliers, guides et autres créateurs d\u2019expériences) une formidable vitrine leur permettant de s\u2019adresser directement aux voyageurs, sans entremetteurs.Avec pour résultat qu\u2019en trois clics, par ici le billet d\u2019avion, avec l\u2019hôtel à la clé, et bye-bye l\u2019agent.Après tout, en 2011 déjà, l\u2019ex-président américain Barack Obama n\u2019avait-il pas insinué, lors d\u2019une allocution à teneur économique, que ce métier était en voie d\u2019extinction?Pour Jean Collette, président de l\u2019Association des agents de voyages du Québec, qui compte quelque 800 agences membres, cette idée préconçue provient de la multiplication des canaux de distribution directe.«Aujourd\u2019hui, il y a, en plus de l\u2019agent, les centres d\u2019appel des fournisseurs, les agrégateurs [Trivago en est un exemple], les agrégateurs d\u2019agrégateurs [comme Kayak], les OTA [les agences de voyages en ligne, comme Expedia], TripAdvisor, qui donnait des conseils et, maintenant, permet de réserver en ligne\u2026 Tout ça fait en sorte qu\u2019il y a de plus en plus de promoteurs du voyage.» Sans compter qu\u2019environ «80 % des Québécois ne voyagent pas, et sont sûrs que tout se passe sur Internet parce qu\u2019ils s\u2019informent sur Internet!» ajoute-t-il.L\u2019ère de l\u2019« amateur expert » La mort annoncée du conseiller en voyages fait bien rire Tony Santelli, directeur des études au collège April-Fortier, le vénérable établissement montréalais qui forme, bon an, mal an, 300 futurs acteurs de l\u2019industrie touristique.« On croit qu\u2019Internet va détruire le rôle de l\u2019agent de voyages, mais I Jamais Aurélie Bastien, 25 ans, technologiste médicale à la Baie-James, n'aurait pensé à passer la nuit en plein Serengeti si un agent de voyages ne le lui avait pas suggéré.ASSOCIATED PRESS dans les faits, c\u2019est l\u2019inverse qui se produit, af firme-t-il.La clientèle revient dans les agences, car elle réalise qu\u2019elle n\u2019a tout simplement pas le temps d\u2019organiser son projet de voyage.» Et elle y revient mieux informée que jamais.Selon le professeur, le consommateur d\u2019aujourd\u2019hui est un «amateur expert» : « Il peut tout apprendre sur le Web, mais il reste un amateur, car il ne maîtrise pas les nuances.» Il achète donc son billet d\u2019avion ou son forfait sur Punta Cana en ligne, mais il consulte un spécialiste pour ses projets plus complexes, dont les «voyages de niche», comme on dit dans le jargon du métier, soit ceux axés sur un intérêt spécifique, comme le cyclisme ou l\u2019observation de la rousserolle en République des Kiribati.Aurélie Bastien, 25 ans, technologiste médicale au Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie-James, semble lui donner raison.La jeune femme, qui a séjourné en Ouganda comme en Norvège en passant par l\u2019île de Pâques, aime organiser ses voyages : « Ça m\u2019aide à patienter ! » dit-elle.Mais elle ne saurait se passer d\u2019un professionnel quand elle sort des sentiers battus.« Lorsque je planifie de grands voyages, comme prochainement en Antarctique, j\u2019aime savoir que quelqu\u2019un est avec moi pour m\u2019aider, pour diminuer les risques si quelque chose tourne mal, comme un vol ou un traversier raté, explique-t-elle.Et puis, un agent ou une visite organisée peut nous emmener dans un endroit qu\u2019on n\u2019aurait pas trouvé par soi-même.En Afrique, je n\u2019aurais certainement pas campé toute seule au beau milieu du Serengeti ! » Ainsi, il n\u2019y a pas que papy-qui-ne- pitonne pas qui s\u2019adresse aux conseillers en voyages.Et même, selon une étude réalisée en avril 2017 par Signature Travel Network et The Center for Generational Kinetics, les millénariaux le devancent, et de loin.En effet, il est ressor ti de l\u2019enquête que 14 % des millénariaux, 7 % des membres de la génération X et 6% des baby-boomers ont pour premier réflexe de consulter un conseiller, et non le Web ou d\u2019autres ressources, lors de l\u2019ébauche d\u2019un projet de voyage d\u2019agrément.C\u2019est moins cher en ligne, vrai ?Leur supposée non-pertinence en raison d\u2019Internet n\u2019est pas la seule perception erronée que les conseillers en voyages doivent combattre.« Les jeunes sont convaincus que tout est moins cher sur le Web, dit M.Collette, ex-copropriétaire de Club Voyages Dumoulin.C\u2019est l\u2019argument massue, la grosse idée reçue.| 6 5 Vi v r e To u r i s m e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Tout organiser soi-même signifie aussi assumer ses bévues\u2026 FIRDIA LISNAWATI ASSOCIATED PRESS La réalité, c\u2019est qu\u2019à par tir du moment où le consommateur ne paie pas pour le service qu\u2019il consomme [par exemple la consultation d\u2019un site de réservation de nuitées d\u2019hôtel], c\u2019est que le fournisseur a déjà prévu dans son prix le coût de la distribution de son service ou de son produit, soit la commission au site\u2026 qui peut atteindre 30 % ! » En fait, ce que le consommateur ne réalise pas toujours, c\u2019est que, dans ce cyberes- pace qu\u2019il consulte, derrière l\u2019écran, il y a, eh bien\u2026 une agence.Le consommateur ignore sans doute aussi que l\u2019agence traditionnelle a des tarifs exclusifs, qui lui sont consentis notamment parce qu\u2019elle vend bien certains produits.« Et ces tarifs sont moins élevés que le meilleur des prix du Web », soutient M.Santelli, cofondateur du réseau Voyages Funtastique.L\u2019expertise de l\u2019agent fait également économiser des sous aux voyageurs.Après tout, son travail consiste à faire des recherches sur Internet 40 heures par semaine, rappelle M.Collette.« Il n\u2019y a pas un client qui est plus au courant que lui !» Un exemple d\u2019économie possible ?Saviez-vous que plusieurs recherches sur le Web pour un billet d\u2019avion pour une destination et à une date données peuvent contribuer à en hausser le tarif ?Voilà pourquoi un agent prendra une « option » sur le meilleur billet qu\u2019il aura trouvé pour son client, c\u2019est-à-dire qu\u2019 i l le lu i réser vera pendant quelques jours jusqu\u2019à ce qu\u2019il se soit décidé.Et ce service est gratuit, contrairement aux transpor teurs qui l\u2019offrent, dont KLM.Sus à l\u2019expérience « touristique » ! Une prétendue absence d\u2019authenticité des expériences proposées par les agents de voyages est une autre perception qui minerait la popularité de ces derniers, selon l\u2019étude citée plus haut.En effet, 26% des millénariaux estiment qu\u2019un voyage organisé par un agent sera trop «touristique».Aussi, deux fois plus de « Y » que de « X » et de baby- boomers craignent de passer à côté de la couleur locale en s\u2019en remettant à un conseiller en voyages.Ils préfèrent donc planifier eux-mêmes leurs périples\u2026 pour le meilleur et pour le pire.«Un agent de voyages, c\u2019est important pour conseiller le bon produit au bon client, note Bianca Bélanger, représentante au développement des affaires chez Transat.Et c\u2019est important aussi quand surgit un problème à l\u2019étranger.On l\u2019a vu l\u2019automne dernier à la suite des ouragans qui ont frappé les Caraïbes.Les voyageurs à destination étaient bien contents d\u2019avoir une personne-ressource pour les aider.» Tout organiser soi-même signifie aussi assumer ses bévues\u2026 Oups, le tarif affiché était en dollars américains et non canadiens ! S.O.S., je fais un long voyage avec des compagnies aériennes dif férentes et mes correspondances sont beaucoup trop serrées ! Misère, il me fallait un visa, vraiment ?! Katherine Breton, une psycho-édu- catrice trentenaire de Granby, qui organise presque tous ses voyages depuis 20 ans, afin de «sortir de sa zone de confort», préfère rire de ce qu\u2019elle appelle ses « erreurs de débutante ».Comme la fois où elle avait réservé un appartement Airbnb en Malaisie alors qu\u2019elle voulait séjourner à Singapour, ce qui lui a valu des passages quotidiens au poste-frontière ! « Ces erreurs parsèment ma route d\u2019anecdotes rigolotes, dit-elle.Elles forgent mes souvenirs et font de moi une voyageuse plus aguerrie.» Pareillement, Aurélie Bastien dit éprouver « beaucoup de fier té » à concocter un voyage, qu\u2019il se déroule bien\u2026 ou pas.« J\u2019aurai alors appris à gérer les pépins», dit-elle.Quoi qu\u2019il en soit, pour Tony San- telli, le travail des agents de voyages est désormais facilité par ces voyageurs avisés parce que branchés sur la Grande Toile.«Notre rôle a changé grâce à Internet, dit-il.Il s\u2019agit maintenant d\u2019un travail de collaboration avec le client.Pour tous, c\u2019est un gain de temps, et pour l\u2019agent, travailler sur des projets complexes est certainement plus intéressant que de réserver des chambres d\u2019hôtel à Cancún.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 6 6 | ENTREVUE GWENAËLLE REYT COLLABORATRICE LE DEVOIR ls s\u2019appellent Benjamin, Homer et Mario.Benjamin est petit et discret.Il passe presque inaperçu aux côtés d\u2019Homer qui se distingue par sa taille plus imposante.Mais dès qu\u2019on entre dans la pièce, c\u2019est le rutilant Mario, avec ses splendides colonnes, qui attire le regard.Bien qu\u2019ils portent des prénoms de personnes réelles, ces « mâles » ne sont autres que les trois alambics de la distillerie Cirka.Chacun à son rôle.Benjamin sert aux prototypes et Homer produit du gin.Quant à Mario, il est réservé à la vodka et au whisky.Leur rencontre constitue le clou de la visite de la distillerie.C\u2019est sans compter la dégustation, il va sans dire.Car depuis le 18 juillet dernier, les distilleries ont l\u2019autorisation de faire déguster leurs produits et de les vendre directement sur place.Cette mesure très attendue ouvre de nouvelles perspectives pour ce secteur qui a connu une forte croissance au Québec ces dernières années.« On est enfin arrivés dans le XXIe siècle, annonce d\u2019emblée Isabelle Rochette, distillatrice chez Cirka.Ç\u2019a été long, mais c\u2019est mieux que ce qu\u2019ont vécu les microbrasseries et les vignobles.» Cirka, située dans un bâtiment industriel de Saint-Henri à Montréal, est en activité depuis 2015.Son fondateur, Paul Cirka, a eu du flair en prévoyant ce changement de réglementation lors de la construction des locaux.Il a donc aménagé une salle de dégustation avec vue sur les alambics.« Elle ser vait jusqu\u2019à maintenant à des événements spéciaux ou à des cours de mixologie.On of frait aussi des visites sur rendez-vous à toutes les personnes qui souhaitaient apprendre et comprendre le processus de distillation et aussi à celles qui voulaient en savoir plus sur notre entreprise.On est transparents », explique Isabelle Rochette, en précisant qu\u2019il était décevant de ne pas pouvoir faire goûter ni vendre du gin ou de la vodka à la fin de la visite.« Maintenant, on a une valeur ajoutée, et ça complète l\u2019expérience.» Pendant une heure, Isabelle Ro- chette mène la visite.Elle passe d\u2019abord par la salle d\u2019entreposage où se trouvent une soixantaine de barriques de whisky en cours de vieillissement.Comme l\u2019exige la loi, celui-ci ne pourra porter le nom de whisky qu\u2019après avoir passé trois ans dans une barrique.« On en a trois en préparation : un single malt, un rye 100 % seigle et un whisky canadien.Ils ne seront prêts que dans 18 mois, et ça sera plus long pour le single malt », explique Isabelle Rochette tout en humant le bong, le bouchon d\u2019une barrique contenant du rye.Courir l\u2019alambic Les microdistilleries du Québec peuvent enfin faire déguster et vendre leurs produits sur place.Un nouveau prétexte pour faire du tourisme gourmand.Cirka, située dans un bâtiment industriel de Saint-Henri à Montréal, est en activité depuis 2015.Son fondateur, Paul Cirka, est ici en compagnie d\u2019Isabelle Rochette, distillatrice.PHOTOS VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR I | 67 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 S\u2019ensuit la visite du petit laboratoire avec ses flacons, ses aromates et surtout son « alcoothèque », une étagère remplie de bouteilles de spiritueux rapportées d\u2019un peu partout pour tester et comparer ce qui se fait ailleurs.Puis, la visite se poursuit dans la salle de fermentation avec ses grandes cuves métalliques.C\u2019est là que tout commence avec les grains 100 % issus du Québec.Puis, la distillatrice passe dans la salle d\u2019extraction, où une douce odeur de céréale règne.Mario est en action.Une « run de distillation » de rye est en cours et va se prolonger encore plusieurs heures.Après quelques explications sur la récupération et l\u2019entreposage, la visite se termine par la dégustation des alcools de la maison : la Vodka terroir, le Gin sauvage et le Gin 375e.Dès le 8 septembre, la petite équipe prévoit d\u2019ouvrir les samedis en plus de la semaine et proposera des visites payantes (10 $), toujours sur réservation.À la Distillerie du St-Laurent à Ri- mouski, le changement de réglementation se fait déjà sentir.« C\u2019est fou, les gens nous trouvent alors qu\u2019on n\u2019a rien affiché, souligne Jean-François Cloutier, cofondateur de la distillerie, qui se trouve dans une zone commerciale peu fréquentée.Depuis l\u2019annonce que la vente sur place est possible, on reçoit une vingtaine de personnes par jour.Le bureau touristique nous appelle, car les gens demandent des informations sur nous.Les gens passent, ils viennent nous voir et repartent avec nos produits.» Pour le moment, l\u2019entreprise se limite à trois visites guidées par jour et c\u2019est déjà complet.L\u2019engouement est identique en Gaspésie pour La Société secrète, la distillerie installée dans une ancienne église anglicane près de Percé.Malgré une rupture de stock de son gin, Les Herbes folles, pendant plusieurs jours, elle est restée ouverte pour les visites.Accueil compliqué Alors que cer taines disti l leries connaissent déjà une bonne affluence, d\u2019autres font face à certains défis pour accueillir des visiteurs.«On n\u2019attendait pas le changement de réglementation avant le temps des Fêtes », confie Jonathan Roy, président de la Distillerie Fils du Roy à Sainte-Arsène, dans le Bas-Saint-Laurent.«Nos locaux sont très petits.Si on entre, on a déjà fait le tour!» assure-t-il.L\u2019entreprise a toutefois le projet de construire de nouveaux locaux plus grands et surtout mieux adaptés à l\u2019accueil des visiteurs.« On veut aussi agrandir et aménager nos jardins pour les intégrer à la visite des installations.Les gens pourront voir les plantes que nous utilisons pour faire notre absinthe ou notre pastis», explique-t-il.En attendant ces transformations, la distillerie ouvre tout de même une boutique uniquement le samedi.«En Europe, j\u2019ai été chez des gens qui avaient des histoires à raconter sur les bouteilles qu\u2019ils buvaient.Ce ne sont pas les meilleurs vins d\u2019un classement, mais ceux du vignoble où leur fille a fait les vendanges ou celui d\u2019amis.On va enfin pouvoir créer ce genre de rapprochement avec les gens qui consomment nos produits», note-t-il.À la brasserie-distillerie Oshlag à Montréal, l\u2019accueil de visiteur pose également plusieurs défis.Située dans un parc industriel du quartier Hochelaga, l\u2019entreprise est difficile à trouver et ses locaux ressemblent plus à ceux d\u2019une usine qu\u2019à un petit atelier de production ar tisanal.« Nous ne pouvons pas faire de visites guidées.Il y a des enjeux de santé-sécurité et on manque d\u2019espace », concède Jean-François Théo- rêt, chef d\u2019exploitation et distillateur chez Oshlag.Toutefois, des aménagements sont également prévus pour mettre en place un comptoir de vente, ce qui permettrait de satisfaire les clients en attente de certains produits qui sont plus difficiles à trouver sur les tablettes de la SAQ, comme la fameuse Fleur d\u2019IPA.« J\u2019ai beaucoup de demandes pour ce produit.La vente sur place facilite l\u2019accès et permettrait aussi de vendre de plus petits brassins.Ça peut aussi être intéressant pour tester certains produits.Mais pour le moment, il n\u2019y a pas beaucoup d\u2019incitatifs à investir dans l\u2019aménagement d\u2019un point de vente sur place », dit-il, en précisant que le prix de vente reste le même qu\u2019à la SAQ et que cette dernière empoche encore la majoration.Donc, pour l\u2019artisan, vendre à la SAQ ou sur place rapporte la même chose.Négociations en cours Jean-François Cloutier, qui est également président de l\u2019Association des microdistilleries du Québec (AMDQ), veut rester optimiste et rappelle que cette situation est provisoire.«La loi a passé au mois de juin et la SAQ a pris rapidement des mesures temporaires pour nous permettre de vendre sur place juste avant les semaines de vacances de la construction.Tout le monde était content», dit-il, en précisant que les négociations avec la SAQ sont en cours.«On va travailler sur un plan à long terme qui devrait être en place cet automne.Dans ce plan, la SAQ a manifesté son intention de baisser la majoration pour ce qui est vendu sur place.Ce n\u2019est pas encore le cas, mais ça va le devenir et on ne sait pas encore ce que ça va être comme montant.» De plus, il précise que les produits vendus sur place doivent aussi être enregistrés dans le catalogue de la SAQ.« On ne pourra pas faire de produits uniques ou saisonniers, mais la SAQ s\u2019est montrée ouverte pour accélérer l\u2019acceptation de ce genre de produit.Toutefois, ça ne s\u2019est pas encore présenté comme situation», note-t-il.Le dossier est donc à suivre et, malgré les différents obstacles qu\u2019il reste à franchir, cette première étape est une avancée pour les microdis- tilleries québécoises et les amateurs de spiritueux, qui peuvent enfin rencontrer les artisans.Alors que certaines distilleries connaissent déjà une bonne affluence, d\u2019autres font face à certains défis pour accueillir des visiteurs L A R EC E T T E D E L A C H E F K I M B E R LY L A L LO UZ Sauce au cresson et aux épinards Donne environ 1 litre Voici une sauce polyvalente, facile à préparer et très riche en vitamines ! À déguster avec du poisson, des fruits de mer ou une volaille.Ingrédients 2 c.à s.d\u2019huile d\u2019olive 400g d\u2019épinards frais 200g de cresson frais 3 échalotes, coupées en grosses rondelles 3 gousses d\u2019ail coupées grossièrement 2 feuilles de laurier fraîches 6 tiges de thym frais 240g de beurre 1 litre de bouillon de légumes Préparation Faire blanchir les épinards et le cresson dans un gros chaudron d\u2019eau bouillante salée pendant 2-3 minutes.Puis, les déposer immédiatement dans de l\u2019eau glacée (pour arrêter la cuisson et garder la couleur vive).Ensuite, bien les essorer et les mettre de côté.À feu moyen, faire revenir l\u2019échalote et l\u2019ail pendant 5 minutes, puis ajouter le bouillon de légumes, le thym et les feuilles de laurier.Laissez cuire à feu moyen-bas jusqu\u2019à ce que le mélange soit réduit de moitié (10-14 minutes).Retirer le thym et le laurier.Ajouter les épinards et le cresson et laisser cuire pendant 30 secondes, puis retirer du feu.Dans un Vitamix ou un autre mélangeur, mélanger le tout à «moyen- élevé» et ajouter le beurre peu à peu pour émulsifier la sauce.Au besoin, passer la sauce au tamis.Servir chaud.Note : la sauce peut être préparée à l\u2019avance! Variante : pour un petit goût marin, ajouter 10 moules fraîches crues en coquille, bien lavées, au même moment que le thym et les feuilles de laurier (et les retirer aussi en même temps).KIMBERLY LALLOUZ L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Vi v r e R e s t o 6 8 | CRITIQUE JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Ce très joli Joséphine récemment ouvert rue Saint-Denis est l\u2019exemple parfait \u2014 digne de figurer au programme de travaux pratiques de l\u2019ITHQ \u2014 de ce qu\u2019un excellent service peut faire.Plus que le décor et presque autant que la cuisine, le service peut en effet ruiner une soirée ou l\u2019embellir et ainsi contribuer à laisser un agréable souvenir.Cette fois-ci, l\u2019embellissement a eu lieu chez Joséphine.Ce restaurant a pris la place du Continental qui, pendant des lustres, a fait la joie des noctambules noceurs.Le soir de notre visite, la plupart des clientes et des clients auraient d\u2019ailleurs pu avoir été conçus au terme d\u2019une de ces soirées au Conti se terminant jadis dans l\u2019ébouriffage.Notre table, par contre, faisait grimper la moyenne d\u2019âge générale de façon marquée.Nous sommes jeunes, mais surtout de cœur, d\u2019esprit et de papilles.La designer Amlyne Philipps a réussi à créer ici un décor si achevé que l\u2019on en oublie facilement celui pourtant très affirmé de l\u2019ancien lieu de perditions, culinaires et autres.Beaucoup de lumière, un accent accordé à la clarté des éléments et, accessoirement, des chaises qu\u2019on ne quitte pas avec un tour de reins.Le décor de Joséphine est joyeux et réjouissant.Côté service Le ser vice, assuré ce soir-là par Étienne et Joanie, aura donc contribué au plaisir d\u2019avoir choisi cette adresse pour nos festivités du vendredi.Il aura également permis de rattraper quel - ques couacs qui auraient autrement pu se changer en désagréments menant à une critique acidulée.Par exemple, attendre 45 minutes avant de recevoir quoi que ce soit à se mettre sous la dent ne contribue pas à mettre de la bonne humeur à une table.Se faire annoncer à plusieurs reprises que les plats choisis ne sont plus disponibles ne constitue pas non plus une source de réjouissances : la dorade commandée par Jean-Pierre avait disparu et un vivaneau la remplaçait ; la morue, plat du jour suggéré à Hélène, s\u2019était métamorphosée en turbot (qui par ailleurs avait bâfré en chemin le pain grillé prévu dans l\u2019énoncé).Recevoir une viande saignante alors que l\u2019on a bien spécifié «bleue».Remarquer que les éléments d\u2019une assiette qui apparaissaient au menu se sont perdus en chemin.Tous ces petits irritants sont fâcheux.Rendus au dessert, on a arrêté de choisir et on s\u2019est dit qu\u2019on prendrait ce qu\u2019ils nous apporteraient.Ça tombait bien puisque ef fectivement le troisième desser t sur lequel nous avions salivé en lecture initiale avait cédé sa place à un truc à la fraise, plutôt mignon.Mais vous savez comment la nature humaine est faite : une fois que l\u2019on a fantasmé sur un «parfait glacé citron, crème chiboust, mandarine au yuzu», le truc de substitution a beau être mignon, on est forcément déçus.Cela dit, en plus de la qualité du service, à peu près tout ce qui était dans les assiettes était délicieux et préparé avec soin.À la sor tie du restaurant, nous étions quatre à conclure que nous pourrions revenir souper chez Joséphine car, une fois remis de la magie des plats disparus, tout le monde s\u2019était délecté.Parmi les entrées retenues, une mention spéciale à ce tartare de pétoncles enjolivé de deux petits bandeaux de concombre mariné enroulés, le tout semblant flotter dans une eau de concombre très légère; un peu de gingembre confit et de jalapeño dynamisait l\u2019assiette avec subtilité.Une pincée de caviar de mulet complétait le tableau en ajoutant un peu de couleur.Mêmes applaudissements pour la pieuvre impeccablement grillée, tendre et ayant conservé toutes ses saveurs, subtils rappels maritimes.À défaut d\u2019ajouter à l\u2019esthétique de l\u2019assiette, la purée d\u2019aubergine noircie à l\u2019encre de seiche et l\u2019huile parfumée de harissa jouent un rôle intéressant en renforçant le goût de la pieuvre.Posé en tas en bordure d\u2019assiette, le dukkah, non moulu, aurait requis quelques explications afin de comprendre comment l\u2019utiliser au mieux.La purée de pomme de terre qui accompagnait mon contre-filet trop cuit était délicieusement robuchonnesque et les quelques haricots verts étaient al dente, comme il se doit à cette saison.Un os, tronçonné dans la longueur selon la mode actuelle, contenait une généreuse quantité de moelle bien cuite.Pour l\u2019ensemble des assiettes servies ce soir-là, les portions étaient généreuses ; à notre table comme aux tables voisines, détail qui n\u2019en est pas un, croyez-moi.Mme B.s\u2019est donc retrouvée avec un rondelet demi-poulet de Cornouailles, accompagné de quatre énormes palourdes.Chair tendre, cuisson parfaite.Une délicieuse sauce fleurant la bisque servait de lit douillet au tout.Le financier au sarrasin était succulent.La compote de rhubarbe annoncée était plutôt de la rhubarbe confite présentée en petits segments délicieux.Espuma yogourt et rose ainsi que tuile de meringue en éclats complétaient harmonieusement le tout.J\u2019aborde rarement le chapitre boissons, mais ici la bonne surprise a été totale.Le vin très judicieusement suggéré ce soir-là par Joanie \u2014 Les Entêtés, 2017, Domaine du Nival \u2014 était aussi impressionnant (un pinot noir québécois venu des berges de la Yamaska) que gouleyant.Joséphine ?1/2 $$$ 1/2 4007, rue Saint-Denis Montréal ?514 840-5015 Ouvert en soirée du mercredi au dimanche.Entrées de 14$ à 21$, plats principaux de 27$ à 38$ et trois desserts de 8$ à 12$.De la carte des vins montée de main de maîtresse par la sommelière Sophie Allaire, l\u2019expert mondial M.Aubry dit: «Les vins du Québec passent actuellement à la vitesse supérieure.Mais ils ont besoin d\u2019ambassadeurs comme ici! Cette carte est comme une étoile de mer qui s\u2019étend dans toutes les directions avec une formule prix à l\u2019identique.Bravo pour ces vins québécois dont il ne faudrait surtout pas bouder l\u2019attrait.Et puis, il y a du Bambara sur la carte: j\u2019y vais!» Joséphine, un joli nouveau venu rue Saint-Denis | 6 9 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 La designer Amlyne Philipps a créé ici un décor si achevé que l\u2019on en oublie facilement celui pourtant très affirmé de l\u2019ancien lieu de perditions, culinaires et autres.Beaucoup de lumière, un accent accordé à la clarté des éléments et, accessoirement, des chaises qu\u2019on ne quitte pas avec un tour de reins.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec AUTOMNE À NEW YORK (18 au 21 octobre) QUÉBEC - une visite au musée (8 septembre : dernière chance !) Berthe Morisot, femme impressionniste URGENT ! 10 septembre \u2014 date limite pour réserver Pour annoncer dans ce regroupement Contacter Évelyne de Varennes au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Vi v r e Vi n 70 | Moins de 16 $ Héritages 2017, Côtes du Rhône, France (14,45$ \u2013 535849) Ce vin ne casse certes pas trois pattes à un canard, mais il est tout de même parfaitement honnête, même sur un canard boiteux.Une façon de dire que, si l\u2019on ne réinvente pas le monde ici, ce rouge souple et coulant malgré la puissance de l\u2019ensemble, ne rechignera pas à claudiquer d\u2019honnête façon avec le volatile.(5) ?La surprise Vignaverde 2016, Marco de Bartoli, Sicile, Italie (28,45$ \u2013 13111228) Les terres siciliennes nous font parfois emprunter des chemins de traverse inhabituels.Telle cette rencontre fortuite entre une mangue et une poire séchées retrouvées figées sous l\u2019œil imperturbable d\u2019une pâte de coing.C\u2019est ce que révèle ce grillo vinifié en sec, avec sa rondeur, sa texture et sa formidable amertume en finale.(5) ?Le blanc Poggio Argentato 2017, Fattoria Le Pupille, Toscana Bianco, Italie (19,05$ \u2013 13038930) Ne nous voilons pas la face, mais voyons clair : les blancs secs de la Toscane ne pè- chent pas toujours par leur originalité, étant souvent neutres et trop technologiques.Celui d\u2019Elisabetta Geppetti s\u2019inscrit à contre- courant.La délicatesse même, que ce blanc sec nuancé et captivant, vivant et de belle persistance.Un bijou ! (5) ?Le rouge Le vin est une fête 2016, Elian Da Ros, Côtes du Marmandais, France (22,30$ \u2013 11793211) Ce rouge est déjà bien « travaillé» en amont, là où l\u2019amendement des sols, la taille et tous ces petits détails servis à la sauce bio ont leur importance.Pensez à Olivier Hum- brecht, en Alsace.La suite est heureuse.Abouriou, merlot et cabernet franc explosent ici dans un style léger, fruité, frais et oui, osons le mot, gouleyant.(5) ?Le bio Rigoleto 2015, Castello Colle Massari, Monte- cucco Rosso, Italie (20,05$ \u2013 13622407) Diablement bon, ce rouge bien en bouche dont le sangiovese constitue la trame de fond.Le fruité vous interpelle tel un boucher vous proposant au marché sa bavette extra, avec cette émotion sincère dans la fibre qui convainc illico.C\u2019est bien construit, avec de la mâche, de la fraîcheur et un rien de rusticité.Bavette grillée ?(5) © ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5 +) se conserve plus de cinq ans (10 +) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Résumer ici le Portugal et ses vins en moins de 3500 caractères, c\u2019est un peu comme demander aux politiciens de tenir leurs promesses électorales au-delà de l\u2019élection gagnée : pari aussi précaire qu\u2019il semble perdu d\u2019avance.Ma promesse à moi ?Vous enrichir de 3500 autres caractères la semaine prochaine en espérant que vous voterez Portugal ! D\u2019à peine deux fois la superficie du vignoble bordelais dans son ensemble (autour de 225 000 hectares) et for t de plus de 250 cépages autochtones couvrant sept grandes régions, dont les Açores et Madère, ce pays atlantique adossé à l\u2019Espagne a beaucoup à dire, à vivre, mais surtout à boire.Connaissez-vous d\u2019ailleurs, en blanc, les cépages arinto, bical, sercial, verdelho, siria, fonte cal, fernão pires, malvasia fina et, en rouge, les baga, touriga nacional, al- frocheiro, bastardo, castelão, tinta roriz, jaen, rufete et autres souzão?Je me rendais cet été dans l\u2019une de ces régions, soit la région centrale, plutôt inconnue du grand public, mais dont l\u2019intérêt, a posteriori, est plus que manifeste.Comme si le pendule du temps égrenait ici ses secondes au sablier des siècles écoulés, en appellations Bairrada, Dão et Beira Interior, des secondes figées dans un espace- temps qui n\u2019exclut nullement pourtant un solide arrimage au siècle qui est le nôtre.L\u2019œnotourisme gagne par ailleurs une place de choix dans ce pays considéré encore aujourd\u2019hui comme étant l\u2019un des moins chers d\u2019Europe.Sans compter évidemment l\u2019extrême gentillesse des Portugais eux-mêmes.Les contrastes sont saisissants.Les chais les plus humbles y côtoient des cathédrales technologiques sans pourtant verser dans la désappropriation culturelle vinicole, bien qu\u2019il faille être vigilant à ne pas écouter ce chant des sirènes pour les cépages dits «internationaux», qui visiblement brillent ici par une aisance qui frise l\u2019indécence.Les chardonnays de Almeida Garrett Wines et syrahs de Quinta dos Ter- mos dans le Beira Interior en témoignent d\u2019ailleurs avec éloquence.Petit parcours de ces trois régions centrales avec quelques belles maisons à la clé.Bairrada.Entre l\u2019Atlantique et la Serra do Buçaco, dont la chaîne montagneuse retient les eaux de pluie, cette appellation d\u2019origine contrôlée est le siège de l\u2019élaboration du premier mousseux portugais (1890) \u2014 véritable petite grenade organoleptique à dégoupiller calmement sur le fameux cochon de lait local (leitão assado) \u2014, mais aussi, en raison de sa proximité avec la mer (20km), une région où a toujours prédominé le négoce et l\u2019export.Ne pas hésiter à visiter le fameux Buçaco Palace, dont les deux cuvées, en blanc et en rouge, distillent un parfum, mais surtout une ambiance surannée des plus exquises.Adega de Cantanhede.Le système coopératif est encore toujours très af firmé au Por tugal.Ici, ce sont 550 adhérents qui livrent sept millions de kilos de fruits et représentent entre 30 et 40% de la production totale de l\u2019appellation.Le Baga 2014 Marquês de Marialva (17,30$ \u2013 10651755 \u2013 (5) ?1/2) est un bel exemple de vin simple mais authentique.Plusieurs personnalités vigneronnes militent d\u2019ailleurs actuellement pour une meilleure reconnaissance de ce cépage capricieux, mais farouchement authentique, qui devrait s\u2019affirmer dans les années à venir.Messias.Cette maison familiale (1926) livre une production fiable, de bon niveau, à petit prix.Le baga reserva ainsi que le mousseux blanc de blancs avec ses 40 mois sur lattes sont tops ! Aliança.Attention, grosse pointure ! Cette entité fait partie du groupe Ba- calhôa Vinhos de Portugal et assure, depuis 1927, quelque 2400 hectares de production dans quatre régions importantes du pays.Des vins pas très chers, de belle qualité.« Il faudrait monter en gamme avec des vins plus chers », me confiait l\u2019incontournable Mario Neves, qui prend cette année sa retraite, un rien attristé par le fait que le consommateur d\u2019au- jourd\u2019hui boit plutôt un «style» de vin plutôt qu\u2019une origine déterminée.Caves São João.Cette maison familiale (1920), célèbre entre autres pour la qualité de son «Espumante», mériterait à elle seule, à l\u2019image de celle de Carlos Campolargo de la maison homonyme, une chronique entière.Mais pour des raisons différentes.La première, parce qu\u2019elle a su attacher les ficelles du passé en «ennoblissant» en quelque sorte le présent, et la seconde, parce qu\u2019elle explore l\u2019avenir en en démultipliant les innombrables possibilités.Toutes deux irréprochables mais complémentaires.Chez São João, recherchez les cuvées à base d\u2019arinto et de cabernet sauvignon : toujours en grande forme après un quart de siècle! guideaubry@gmail.com Le Portugal intérieur (1) Caves São João en Bairrada : des cuvées à base du cépage blanc arinto et de cabernet sauvignon en rouge toujours en grande forme après un quart de siècle ! JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 25 E T D I M A N C H E 26 A O Û T / 2 0 1 8 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com Vacances en famille pour le temps des fêtes Réservez votre croisière pour Noël ou le jour de l\u2019an avec nos spécialistes et pro?tez des promotions en cours ! * Pour les détails, dates et prix, nous contacter à info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730-9293 DÉTENTEUR D\u2019UN PERMIS DU QUÉBEC Réserver au 514.351.5814 NOS DÉPARTS DE GROUPES 2018 LE MAROC circuit traditionnele NOËL EN AUTRICHEr v o y a g e r a v e c y v e s p e t i t .c o m DIMANCHE 26 AOÛT 2018 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS GRAND TOUR DE L\u2019INDE Du 11 janvier au 8 février 2019 NOUVELLE-ZÉLANDE & AUSTRALIE Départs : 14 nov 2018 & 18 jan 2019 INDE DU NORD & BOMBAY Départs : 10 février & 26 octobre 2019 GRAND TOUR DES ÎLES BRITANNIQUES Du 1 au 25 juin 2019 ÉNIGMATIQUES ROYAUMES HIMALAYENS AMRITSAR - DHARAMSALA - LADAKH - DARJEELING SIKKIM - BHOUTAN Départs : 5 avril & 1er mai 2019 GUATEMALA-HONDURAS-BELIZE CHEZ LES MAYAS D\u2019HIER ET D\u2019AUJOURD\u2019HUI Du 15 novembre au 1 décembre 2018 LE MEXIQUE DES TROIS CULTURES Du 6 au 25 février 2019 10h30 10h30 12h00 12h00 13h45 13h45 15h15 n s e o * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.Séjours urbains pour les congés HISTORIQUE ET PITTORESQUE BOSTON, admirée pour son histoire et ses sites enchanteurs 4 jours | départs : 31 août et 5 octobre, à partir de 389 $* de la Fête du travail et de l\u2019Action de grâce ORIGINAL ET UNIQUE NEW YORK, célèbre pour son rythme et sa couleur 3 ou 4 jours | départs : 31 août, 1er septembre, 5 et 6 octobre, à partir de 225 $* Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca À bord du luxueux Paul Gauguin , accompagné par Diane Vervill e-Caron POUR LES DÉTAILS ET PRIX DE CE PROGRAMME: www.louisedrouin.com 1 888 475-9992 Croisière et séjour de rêve POLYNÉSIE FRANÇAISE & ÎLES COOK Du 11 au 30 novembre 2018 20 JOURS DE DÉPAYSEMENT TOTAL ! Découvrez la Polynésie Française et les îles Cook d\u2019une façon sublime avec le navire Paul Gauguin.Petit groupe de 20 voyageurs ! e Est, M ook 75 Sherbr 72 o V S V CONFÉRENCE e v s par Y accompagné gu sont s yage o v s e C * espérance de vie a fait des bonds prodigieux dans le dernier siècle.Au- jourd\u2019hui, on ne s\u2019étonne plus de voir des hommes et des femmes atteindre l\u2019âge de 100 ans.Certains scientifiques ont même décidé de faire la guerre à la vieillesse pour tenter de la retarder le plus possible.La course à la longévité n\u2019a pas dit son dernier mot.Depuis 100 ans, l\u2019espérance de vie est passée de 45 ans à plus de 80 ans chez les deux sexes au Québec.Cela est principalement attribuable à la faible mortalité infantile, mais aussi aux avancées en médecine, particulièrement en cardiologie, qui ont permis de réduire les décès liés aux maladies du cœur.Si l\u2019espérance de vie n\u2019a pas cessé d\u2019augmenter au cours du dernier siècle, la longévité, c\u2019est-à-dire l\u2019âge maximal, est restée stable.Depuis 20 ans, rares sont ceux qui ont réussi à dépasser l\u2019âge de 115 ans.Le record détenu par la Française Jeanne Calment, qui est décédée à l\u2019âge vénérable de 122 ans, n\u2019a pas été battu depuis sa mort en 1997.L\u2019être humain aurait-il atteint un plateau dans sa longévité, une barrière physique impossible à franchir ?La L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Vi v r e S a n t é 72 | LAURIE NOREAU COLLABORATRICE LE DEVOIR Repousser les limites de la vie humaine Faut-il tenter de « guérir » le vieillissement ou simplement de vivre mieux ?Depuis 100 ans, l\u2019espérance de vie est passée de 45 ans à plus de 80 ans chez les deux sexes au Québec.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR L\u2019 question anime de nombreux démographes, biologistes et épidémiolo- gistes de partout à travers le monde, et ce, depuis des décennies.« Il y a des études contradictoires à ce sujet», note le professeur émérite au Département de démographie de l\u2019Université de Montréal Robert Bourbeau.L\u2019étude la plus récente menée par une équipe italienne a conclu que la longévité n\u2019aurait pas de limites.Le taux de mortalité des personnes âgées de 105 ans et plus plafonnerait à 50%.Ainsi, ces centenaires auraient une chance sur deux de décéder pendant l\u2019année en cours.«Dans les années à venir, il y aura de plus en plus de gens qui atteindront 105 ans.Par l\u2019effet du nombre, il risque d\u2019y en avoir de plus en plus parmi ceux-ci qui vont se rendre à 115 ans, voire à 120 ans », explique Robert Bourbeau.Cela considéré, il n\u2019y aurait pas nécessairement de limite à la vie humaine.«Du moins, elle n\u2019a pas encore été atteinte.On pourrait avoir des surprises», avance le démographe.Des révolutions dans le domaine de la santé ou dans la lutte contre le vieillissement pourraient changer la donne.D\u2019ailleurs, le premier humain à souffler ses 130 bougies réussira probablement cet exploit grâce à de nouvelles technologies qui agiront sur le processus de vieillissement, estime Alan Cohen, professeur au Département de médecine de famille et de médecine d\u2019urgence à l\u2019Université de Sherbrooke.«En l\u2019absence de ces technologies, je crois qu\u2019il y aura des limites biologiques à l\u2019âge maximal qu\u2019on pourrait atteindre », constate le chercheur, dont les travaux visent à mieux comprendre les mécanismes du vieillissement.Vieux et en santé Vivre plus longtemps est certes attrayant, mais pour en tirer tous les bénéfices, il faudrait vivre vieux et en santé! Une combinaison pas tout à fait impossible, si l\u2019on se fie au professeur Alan Cohen.Selon lui, le vieillissement serait en partie attribuable à une perte d\u2019homéostasie, c\u2019est-à-dire l\u2019équilibre de tous les mécanismes biologiques qui gouvernent notre corps.La dérégulation de certains de ces mécanismes entraînerait une perte graduelle de nos capacités.«Chez deux individus du même âge, celui qui a le plus de dérégulation aura plus de risque de mourir et de souffrir de maladies chroniques, explique Alan Cohen.On peut donc mesurer les détails du vieillissement de chaque individu», se réjouit le chercheur, qui y voit des possibilités d\u2019applications cliniques, dont des médicaments qui pourraient réduire les effets du vieillissement.Ici, la réalité dépasse déjà la fiction.Un médicament utilisé par les diabétiques est présentement sous la loupe de certains chercheurs montréalais: la metformine.Son champ de compétence ne se limiterait pas au diabète.On teste présentement sa capacité à réduire les risques d\u2019alzheimer, de maladies cardiovasculaires et de cancer pour éventuellement prolonger la vie.Un test qu\u2019il aurait passé haut la main chez les souris.Les chercheurs dans le domaine affirment vouloir «guérir» le vieillissement.Une vision que ne partage pas nécessairement le professeur Cohen, qui ne considère pas la vieillesse comme une maladie, mais plutôt comme un processus naturel.Avec ces recherches, il ne sera toutefois pas possible de prédire l\u2019âge de la mort.« Les gens qui vieillissent plus vite ne mourront pas nécessairement plus jeunes, et vice versa.La mort n\u2019est pas liée directement au vieillissement.On peut vieillir longtemps!» explique Alan Cohen.À défaut de nous rendre immortels, cela nous donnera au moins la possibilité de vieillir en santé ! | 73 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 L\u2019espérance de vie en baisse aux États-Unis ?Aux États-Unis, l\u2019espérance de vie a connu un déclin entre 2014 et 2016, passant de 76,5 à 76,1 ans pour les hommes et de 81,3 à 81,1 ans pour les femmes.La dernière fois que l\u2019espérance de vie a connu une telle baisse pendant plusieurs années consécutives fut lors de la grippe espagnole\u2026 il y a 100 ans ! Alors que l\u2019espérance de vie n\u2019a cessé d\u2019augmenter dans les pays industrialisés, la tendance serait-elle en train de s\u2019inverser ?«Les États-Unis ne sont pas des leaders en matière d\u2019espérance de vie.On ne peut pas dire que l\u2019espérance de vie plafonne à partir des données des États-Unis.Ce n\u2019est pas le pays le plus exemplaire pour représenter le phénomène», indique le démographe Robert Bourbeau.En effet, dans tous les autres pays industrialisés, l\u2019espérance de vie continue son ascension.L\u2019Institut de la statistique du Québec avance même que, d\u2019ici 2061, l\u2019espérance de vie des hommes pourrait atteindre 87,8 ans et celle des femmes, 90 ans.L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Suivre son cycle L\u2019application de fertilité Natural Cycles a fait jaser récemment en devenant le premier dispositif de contraception numérique approuvé par la Food and Drug Administration des États-Unis.Si plusieurs personnes ont remis en doute l\u2019efficacité de cette méthode de contraception, l\u2019idée de simplement suivre son cycle menstruel grâce à une application est sans danger et plutôt pratique pour recenser les divers symptômes ressentis tout au long du cycle hormonal.Clue est une option populaire pour ce faire.Cette application au design épuré et de bon goût permet aussi d\u2019inscrire dans le calendrier de son cycle des informations relatives à la contraception (prise de pilule, pose de stérilet, test de grossesse, etc.).Les informations compilées deviennent aussi une banque de données très pratique lors d\u2019un rendez-vous chez le médecin.Clue BioWink GmbH Régler le dossier des mots de passe Si vous êtes du genre à toujours oublier vos mots de passe, une application regroupant ceux-ci pourrait vous économiser du temps (et quelques frustrations).Avec Last- Pass, vous n\u2019avez qu\u2019à en retenir un seul ; celui qui vous sert à ouvrir l\u2019application.Vous pouvez y sauvegarder tous vos mots de passe, ou simplement ceux que vous n\u2019utilisez pas souvent et que vous êtes susceptibles d\u2019égarer.L\u2019application peut aussi générer pour vous des mots de passe très sécuritaires, ou mettre à l\u2019épreuve ceux que vous avez déjà.LastPass Log Meln, inc.Camille Dauphinais-Pelletier BIOWINK GMBH L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 74 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 75 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 5 E T D I M A N C H E 2 6 A O Û T / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1.2.1.2.1.2.1.3.4.2.1.3.2.SAGNITES AT TBELSE TRIFOGINALE ENIIRGTR A IIAAFNTOISCFI 1741 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions.(Confucius) MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE FARDE LARDE LARME ARME AIME LES ANAGRAMMES \u2022 JONCTIONS / CONJOINTS \u2022 HÉSITER / HÉRITES / THÉIERS \u2022 GÉNOISES / SIÉGEONS / SOIGNÉES \u2022 TERGIVERSATION / INTERROGATIVES \u2022 NATURALISE / AUSTRALIEN JEUX 1740 1741 1741 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.GROSSE BOURSE Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1741 1.À la Vénitienne 2.Artère huileuse 3.Ancienne monnaie 4.Sears en avait un 5.Celles des grands buveurs sont en bois 6.Pays d\u2019Afrique australe 7.Gros poisson océanique 8.Tenir en haute estime 9.Transport informatique 10.Finir \u2022 BONOBO \u2022 OBOLE \u2022 OLÉODUC \u2022 DUCHESSES \u2022 SÉSAME \u2022 AMÉRICAIN \u2022 AINÉ \u2022 INÉGAL \u2022 GALETTES \u2022 TESTAMENT Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 413 Horizontalement I.Imperfection.II.Guimauve.Duo.III.Niño.Rimée.IV.Odelette.Sa.V.Ruaient.Lô.VI.Adam.Vétiver.VII.Noie.Eserine.VIII.Tuent.Zincs.IX.IC.Tora.Ecot.X.Newsmagazine.Verticalement 1.Ignorantin.2.Muid.Douce.3.Pineraie.4.Emoluments.5.Râ.Ea.Tom.6.Furtive.Ra.7.Evitées.Ag.8.Cémentez.9.Tiriez.10.Ides.Vinci.11.Ou.Alençon.12.Non.Oreste.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 414 1.Ce n\u2019est même pas la peine de l\u2019essayer.2.Arrivés depuis peu de temps.3.Compris.En rêve.Ouverture de gamme.4.Galeries qu\u2019il faut vider.5.A éviter.Pour écouter la musique d\u2019aujourd\u2019hui.6.Maison blanche.Pour être sûr de faire un beau gâchis.7.Super nanas.Mesure d\u2019angle.8.Entrent en duel.Fatiguera.9.On tape dedans par hasard.Attaquai le chignon.10.Démonstratif.Dame de la côte.11.Accord régional.Doublé romain.Groupe organisé.12.Prendrait des précautions oratoires.I.Remet les compteurs à zéro.II.Facilite la reproduction.Chargé pour être efficace.III.Forme de pouvoir.Un rien risque de la tourmenter.IV.Dépassement dangereux.Fournisseur pour artiste.V.Se mit à divaguer.Support fragile.Petit bruit sec.VI.Possessif.Jugement de valeur discutable.Se jette en Seine.VII.Observasse les signes extérieurs.En crise.VIII.A pris un F en déménageant.Dans la poche de la boulangère.Mit les mots en pièces.IX.Suit celui qui précède.N\u2019arrangeai pas la situation.X.Apprécieraient.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde L E D E V O I R / L E S S A M E D I 25 E T D I M A N C H E 26 A O Û T / 2 0 1 8 Une présentation de En collaboration avec Une présentation de "]
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