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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2018-09-10, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 204 / LE LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM TIFF L\u2019épuration, façon Dolan The Death and Life of John F.Donovan, l\u2019œuvre lente de celui qui filme plus vite que son ombre ODILE TREMBLAY LE DEVOIR O n avait attendu le film en vain en 2017 au même festival de Toronto ; il avait été retiré in extre- mis pour cause de montage à parfaire.Avec ce nouveau rendez-vous manqué à Cannes au printemps dernier\u2026 The Death and Life of John F.Donovan, premier long métrage en anglais de Xavier Dolan, coécrit avec Jacob Tierney, sur distribution cinq étoiles, aura été l\u2019œuvre lente de celui qui filme plus vite que son ombre.Lundi aura bel et bien lieu sa première, au Winter Garden Theatre.Les spectateurs se sont arraché les billets pour cette séance, comme des pains chauds.En attendant, le cinéaste, rencontré dimanche par Le Devoir dans une suite de l\u2019hôtel Intercontinental, avait la tête un peu ailleurs.Toujours sur le tournage de son Matthias et Maxime, cette histoire de deux amis qui tombent amoureux.Un film pur Québec, avec Anne Dorval, Xavier Dolan, Pier- Luc Funk, Antoine Pilon, Micheline Bernard, et bien d\u2019autres.« Je suis tellement heureux sur ce INDEX Avis légaux.B6 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Élections .A4 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B4 Monde.B1 Mots croisés.B4 Religion .B6 Sports.B4 Sur la route.B5 LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Devant les récentes décisions de Québec, la colère monte d\u2019un cran chez les Cris de la Baie-James.Exaspérés de voir que le gouvernement Couillard n\u2019accède toujours pas à leur demande de protéger de manière permanente l\u2019une des dernières zones vierges de la forêt boréale du Québec située sur leur territoire, la communauté de Waswanipi et ses sympathisants doivent tenir lundi une manifestation pour perturber la circulation au kilomètre 105 de la route de la Baie-James, peu après Matagami dans le Nord-du-Québec.« On veut faire passer un message au monde.On n\u2019est pas contre une loi ou une compagnie en particulier, on veut juste protéger notre territoire de l\u2019exploitation [industrielle] », lance Don Saganash, un maître de trappe du secteur.« Ça fait plus d\u2019une décennie qu\u2019on se bat et on voit l\u2019impact négatif que ça a eu au sud avec les coupes à blanc.» Il réagissait ainsi aux récentes publications dans la Gazette officielle du ministère du Développement durable, de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), qui ne prévoit pas pour cette année de protection permanente de la zone de la forêt Broadback, appelée Mishigamish, que les Cris de Waswanipi veulent absolument protéger.Celle-ci représente les derniers 10 % de forêt boréale intacte de leur territoire ancestral.« On ne demande pas grand-chose, c\u2019est juste un petit espace, mais qui fait partie de notre mode de vie », ajoute le trappeur, qui a grandi sur cette terre.« Les forestières nous en ont déjà pris 90 %, alors on veut sauver ce qu\u2019il reste pour la prochaine génération.» La situation est en train de s\u2019envenimer, à un point tel que certains la comparent à la crise d\u2019Oka.« La manifestation de lundi va être une avant-première de jusqu\u2019où ça peut aller », a indiqué au Devoir de manière anonyme, une personne bien au fait du dossier.Toujours pas de protection En 2015, une entente sur la gestion des opérations forestières a été conclue entre le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris, ces derniers voulant protéger certains de leurs territoires de chasse et de pêche des coupes d\u2019arbres.ENVIRONNEMENT Les Cris de Waswanipi en colère La communauté entend perturber la circulation sur la route de la Baie-James pour revendiquer la protection de leur territoire que lui refuse Québec ÉLECTIONS 2018 François Legault et Philippe Couillard s\u2019affrontent sur les finances publiques du Québec | A 4 VOIR PAGE A 8 : COLÈRE SOCIÉTÉ La légalisation du pot, au-delà du joint B 3 Michael Matthews est devenu le deuxième coureur australien de l\u2019histoire à remporter les honneurs des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal au cours d\u2019une même année, dimanche.Matthews a effectué l\u2019épreuve de 16 tours totalisant 195,2 km en 5 heures, 19 minutes et 27 secondes, répétant ainsi l\u2019exploit de son compatriote Simon Gerrans en 2014.Page B 4 VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Un doublé historique VOIR PAGE A 2 : TIFF Le réalisateur québécois Xavier Dolan LOIC VENANCE ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 Nouveau jour de grève à la SAQ Le syndicat des 5500 employés de magasins et de bureaux de la Société des alcools du Québec (SAQ) a déclenché une grève «surprise» dimanche matin.Les activités des quelque 400 succursales de la SAQ ont donc été perturbées par cette troisième journée de débrayage depuis la mi-juillet.En réaction, la direction de la SAQ a annoncé qu\u2019elle maintenait une soixantaine de succursales ouvertes.Les travailleurs ont également prévu une autre grève d\u2019une journée lundi, ce qui veut dire que le syndicat a encore deux jours de grève disponibles dans le mandat qu\u2019il a obtenu auprès des travailleurs.La Presse canadienne ALENA : un républicain interpelle les libéraux OTTAWA \u2014 Un membre d\u2019un comité influent du Congrès américain exhorte le gouvernement libéral canadien d\u2019assouplir la mainmise de l\u2019État sur le secteur laitier afin de dénouer l\u2019impasse dans les négociations de l\u2019Accord de libre- échange nord-américain.Le républicain Tom Reed, membre du Comité des voies et moyens de la Chambre des représentants, a déclaré dans une entrevue télévisée dimanche que de fournir un plus grand accès au marché aux producteurs laitiers américains pourrait apaiser le président Trump.Le système de gestion de l\u2019offre dans le secteur laitier représente un point d\u2019achoppement majeur dans les négociations.Tom Reed a mentionné à l\u2019émission The West Block que les libéraux devraient éliminer les barrières tarifaires dans le secteur laitier, sans nécessairement se débarrasser de la gestion de l\u2019offre.La Presse canadienne EN BREF The Death and Life of John F.Donovan, l\u2019œuvre lente de Dolan TIFF SUITE DE LA PAGE A 1 plateau que mon cœur n\u2019est pas complètement ici, avoue-t-il.La finalité d\u2019un film se nourrit aussi de la créativité d\u2019un autre.Tourner me permet de conserver une distance émotive.Toronto constitue une plateforme de business sans pareille et un marché énorme, mais le temps a fait son œuvre sur ce film-là\u2026 » The Death and Life of John F.Donovan (Donovan pour les intimes) : avec son budget de plus de 35 millions de dollars, une distribution sans la rousse vedette Jessica Chastain, coupée au montage, sa gestation aura fait causer.Exit en outre la partie historique tournée à Prague, comme divers pans de cet édifice cinématographique.« Les séquences oniriques ont disparu.La première version durait quatre heures, explique Dolan ; celle-ci 1 h 54.Nous avions tourné trois films.Maintenant, on ne peut en présenter qu\u2019un.» Kit Harington, Natalie Portman, Susan Sarandon, Kathy Bates, le jeune Jacob Tremblay, les Britanniques Than- die Newton et Ben Schnetzer sont toujours à l\u2019affiche de la production ambitieuse tournée entre Montréal, Londres, Prague et New York.Sa date de sortie demeure une énigme.En 2019, oui, mais quand ?Tout dépendra, entre autres, d\u2019éventuels acheteurs américains.Point de bande-annonce encore non plus\u2026 Toutes ces péripéties au fil des mois auront modifié l\u2019axe de Donovan et nourri sa légende, lui conférant auprès du public une sorte d\u2019aura trouble.« J\u2019ignore si cette aura est positive ou négative, déclare Xavier Dolan.Chose certaine, les gens devant l\u2019écran arrivent avec leur propre perception du film.Certains peuvent se dire : \u201cOn attendait un film avec plus de problèmes\u201d.D\u2019autres, qui cherchaient des pleurs, vont découvrir une œuvre complètement différente de ce que j\u2019ai fait ailleurs, mais dont je suis fier.» L\u2019admiration féconde Rappelons sa double trame : le petit Rupert (Jacob Tremblay), à Londres avec sa mère (Natalie Portman), entretient une relation épistolaire avec un acteur célèbre (Kit Harrington).Leur relation très pure se verra salie par les soupçons de pédophilie entraînant la chute de l\u2019acteur à New York et modifiant la vie de Rupert également.« Mon film porte sur le sentiment d\u2019admiration éprouvée durant l\u2019enfance et sur la façon dont les artistes vivent un difficile équilibre entre leur vie et leur carrière, en cherchant à préserver une intégrité », résume Xavier Do- lan, qui s\u2019identifie au personnage de Rupert davantage qu\u2019à l\u2019acteur célèbre, John F.Donovan, lui qui écrivait dans son enfance des lettres non seulement à DiCaprio, pour louer sa prestation sur Titanic, mais à plusieurs vedettes et créateurs qui l\u2019impressionnaient.« J\u2019ai toujours été qui je suis.» The Death and Life of John F.Donovan, le cinéaste l\u2019a voulu un hommage aux productions des années 1990 et 2000 qu\u2019il idolâtrait jadis.«Autant Mrs.Doubtfire que Titanic, ou même des téléromans américains à l\u2019eau de rose, puis Harry Potter avec un clin d\u2019œil à Social Network.Sa structure rappelle celle de Laurence Anyways.C\u2019est un film construit de façon complexe et classique.» Nouvelle étape créatrice?Oui et non.Son prochain, Mathias et Maxime, devrait s\u2019offrir des points de concordance avec Mommy et Tom à la ferme.N\u2019empêche\u2026 « Maintenant, comme scénariste, je me demande: \u201cEst-ce que cette scène fera progresser l\u2019histoire?Est-elle nécessaire ?\u201d confie Xavier Dolan.Moi qui ai plutôt le réflexe de la surabondance, en privilégiant un cinéma plus austère, plus contemplatif, qui va droit au but, j\u2019apprends à ne pas me répéter.» Harington en acteur abîmé Kit Harington, célèbre pour son rôle dans la série Game of Thrones, campe l\u2019acteur John F.Donovan.Ce personnage si loin, si proche de sa vie de vedettariat, il affirme l\u2019avoir vécu comme un défi davantage qu\u2019une version de lui-même.« À ma différence, John Fest gai et fragile, plus abîmé », nous a- t-il précisé.Harington se sentait davantage relié aux scènes d\u2019intimité, lorsque Donovan, loin des feux de la rampe, est seul dans une cuisine, ou embrasse un amant, retrouvant une authenticité égarée par la gloire qui force au port du masque.L\u2019acteur, qui a vu le dernier montage du film, songe à toutes les scènes tournées et coupées avec un soupir.« Je comprends pourtant le choix éditorial d\u2019avoir sacrifié le personnage de Jessica Chastain, dit-il.Elle était brillante, mais ça aurait donné un autre film\u2026 » Kit Harington avait trouvé sur le plateau le jeune cinéaste exigeant avec ses comédiens comme avec lui-même, entièrement dévoué à son art.« Que tu aimes ou que tu n\u2019aimes pas son film, nul ne peut remettre en cause la passion qui habite Xavier », conclut-il.Odile Tremblay est à Toronto à l\u2019invitation du TIFF.Sa structure rappelle celle de Laurence Anyways.C\u2019est un film construit de façon complexe et classique.XAVIER DOLAN » Xavier Dolan à Toronto dimanche RICH POLK / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 ÉLECTIONS Têtes d\u2019affiche D ans une de ses meilleures caricatures radiophoniques tirées de sa célèbre série des Deux minutes du peuple, François Pérusse proposait à des journalistes d\u2019interroger celui qui sait tout, absolument tout, son omniscient personnage de Yoko Who Knows.Dans cette capsule humoristique, les journalistes de carnaval que Pérusse personnifie se précipitent en meute pour harceler de questions Monsieur Who Knows à propos d\u2019un seul et unique sujet : l\u2019à-propos des photographies de courtiers d\u2019immeubles déclinées sous forme de publicités.Excédé, Monsieur Who Knows finit par asséner une implacable vérité : « Un citoyen moyen aurait peut-être acheté une maison même s\u2019il n\u2019avait pas vu une photo de courtier sur un bloc-notes.» On est en droit de se demander si ce même citoyen moyen jetterait son dévolu sur un parti même si la tête du candidat de sa circonscription, le plus souvent un illustre inconnu de toute façon, n\u2019apparaissait pas à tous les coins de rue.Les affiches électorales sont-elles encore pertinentes?Dans bien des cas, on peut, chose certaine, les confondre allégre- ment avec les réclames affligeantes des agents immobiliers.Même prédominance obligée du sourire figé.Même usage d\u2019un slogan fourre-tout censé vouloir tout dire à force d\u2019être vide.Mêmes caractères surdimensionnés qui mettent l\u2019accent sur le patronyme de l\u2019individu plutôt que sur l\u2019affirmation de sa vision du monde.Et dans un coin, souvent sur un mode plus discret, le chapiteau sous lequel se joue tout ce mauvais théâtre: le nom du parti, l\u2019équivalent de celui d\u2019une compagnie.L\u2019effet de toute cette orgie de panneaux publicitaires est-il encore déterminant dans le cadre d\u2019une campagne nationale?L\u2019insistance sur le nom de famille des candidats est intéressante à considérer, sachant que c\u2019est pour l\u2019essentiel le nom d\u2019un parti qui éclaire le choix des électeurs.Cet accent mis sur le nom du candidat atteint parfois le stade quasi caricatural de la foire aux vanités.Chez les candidats de la CAQ, les prénoms s\u2019avèrent à peu près illisibles.Ils sont tracés dans une police cursive, style « imitation de signature », lequel est toujours plus décoratif qu\u2019informatif.Sur les rives du Saint-Laurent, c\u2019est plutôt le prénom qui continua un long moment, comme au Moyen Âge, à indiquer une filiation dans la proximité.Pour reconnaître et situer quelqu\u2019un, on disait encore volontiers, il y a tout juste quelques années : « Jean-François, le fils à Daniel à Adé- lard.» Il y avait ainsi dans le prénom quelque chose de plus personnel qui assurait d\u2019une permanence tranquille.Alors que le personnel politique parlait de « Monsieur Lévesque », la population parlait bel et bien de « René ».Bref, le nom de famille n\u2019a pas toujours eu la même valeur qu\u2019aujourd\u2019hui.D\u2019ailleurs, quelle valeur a-t-il désormais ?Pourquoi cet accent sur les noms propres dans cette jungle politique que beaucoup jugent sale ?Ce n\u2019est pas le nom d\u2019un individu qui détermine une option politique, mais plutôt le parti pris pour une certaine idée de la société.Ce dont justement les affiches, hélas, ne disent à peu près jamais rien.L\u2019affrontement des idées se réduit ici à l\u2019affichage d\u2019images lissées.Mince exception du côté de Québec solidaire qui tente, sans beaucoup d\u2019effet il est vrai, d\u2019indiquer par quelques affiches thématiques quelques directions politiques.S\u2019il fallait en juger seulement par cet affichage sauvage, tout se joue apparemment en apesanteur, dans le vide aérien des hauteurs des poteaux de téléphone, sous le seul couvert du sourire figé de tout un chacun.À propos, pourquoi ces sourires ?À de rares exceptions, tous les candidats montrent leurs dents au temps des élections.Certains sourires, à l\u2019évidence faux, apparaissent surtout affamés devant le grand repas électoral.Dans l\u2019histoire de la peinture, on sait que le fait de sourire fut, jusqu\u2019aux environs de la Révolution française, associé au fait d\u2019être un niais ou un enfant ou, encore, de se trouver dans un état second, à cause de l\u2019alcool par exemple.Le sourire soulignait surtout une disponibilité sexuelle : ce sont très souvent des prostituées ou des femmes légères qui sourient sur les toiles anciennes.Ce n\u2019est qu\u2019à compter des années 1920, avec la démocratisation de la médecine dentaire et la popularité grandissante des sourires au cinéma, que soudain cette vision du sourire devint acceptée en société jusqu\u2019à devenir une façade commode pour vendre tout et n\u2019importe quoi.Au temps de la publicité d\u2019élection, très peu de têtes désormais ne montrent pas les dents, ce qui n\u2019était pas le cas il y a quelques décennies encore.Dans son portrait ultra léché, façon magazine sur papier glacé pour riches branchés, Philippe Couillard ne montre pas ses dents.Même chose pour Gabriel Nadeau- Dubois, lequel esquisse plutôt un très vague sourire énigmatique qui fait quelque peu songer à La Joconde.Même chose pour Catherine Dorion, sa candidate du côté Québec, laquelle chauffe de près ses concurrents.Il arrive encore que des gens aux dents longues ne les montrent pas.Et c\u2019est ainsi qu\u2019on peut encore se prendre à rêver d\u2019une campagne aux accents plus mordants dont les ternes résultats ne seraient pas connus d\u2019avance.jfn@ledevoir.com Ce n\u2019est pas le nom d\u2019un individu qui détermine une option politique, mais plutôt le parti pris pour une certaine idée de la société.Ce dont justement les affiches, hélas, ne disent à peu près jamais rien.L\u2019affrontement des idées se réduit ici à l\u2019affichage d\u2019images lissées.MARIE VASTEL Correspondante parlementaire À OTTAWA LE DEVOIR Maxime Bernier n\u2019a pas encore officiellement lancé son nouveau parti politique que, déjà, un ancien député conservateur du Québec songe à s\u2019y joindre.Luc Harvey pourrait ainsi faire un retour dans l\u2019arène politique aux côtés du député beauceron, a-t-il confié au Devoir.Député conservateur de la circonscription de Louis-Hébert de 2006 à 2008, Luc Harvey avait depuis quitté la politique active.Mais l\u2019offre politique que s\u2019apprête à présenter son ami Maxime Bernier cette semaine l\u2019intéresse grandement.« C\u2019est sûr et certain que, lorsque son parti sera formé, je vais sûrement regarder ça avec une très grande attention », a indiqué M.Harvey au Devoir.« Ça serait avec le plus grand plaisir que je porterais la bannière de Maxime.» Le député beauceron annonçait, il y a dix jours, qu\u2019il quittait la famille conservatrice pour former son propre parti politique.Le lancement officiel, qui dévoilera en outre le nom de la formation et son logo, devrait se faire vers la fin de cette semaine.Luc Harvey trouve que le franc-parler de Maxime Bernier est « rafraîchissant ».« Les gens sont un petit peu tannés de la langue de bois qu\u2019on a, à plusieurs niveaux », observe cet ancien député de la région de Québec.M.Bernier avait vivement critiqué sur Twitter le « multiculturalisme extrême » et le « culte de la diversité », avant de claquer la porte du Parti conservateur.Et ses propos reprenaient des inquiétudes partagées par bien des Québécois et des Canadiens, de l\u2019avis de Luc Harvey.Dire les choses « On est rendus tellement politically correct qu\u2019on n\u2019est plus capables de rien dire, qu\u2019on n\u2019est plus capables de rien faire, qu\u2019on est limités dans tout ce qu\u2019on fait », déplore M.Harvey.« Ce n\u2019est pas une question d\u2019être libertarien, conservateur ou quoi que ce soit.C\u2019est d\u2019arriver et de dire les choses comme elles sont.Et Maxime n\u2019est pas là pour essayer de dire qu\u2019un aveugle c\u2019est un non- voyant ou qu\u2019un nain c\u2019est une personne de petite taille.» Luc Harvey n\u2019a rien contre le nouveau chef conservateur, Andrew Scheer, un « chic type » et un « gars honnête ».« Mais ce n\u2019est pas nécessairement quelqu\u2019un de gentil que ça prend », dit-il, en déplorant que le chef conservateur ait choisi d\u2019appuyer la défense de la gestion de l\u2019offre dans le cadre des négociations du Canada sur l\u2019ALENA ou de ne pas dénoncer plus farouchement l\u2019arrivée irrégulière de migrants à la frontière.Daniel Petit, qui a été lui aussi député conservateur de 2006 à 2011, n\u2019a pas l\u2019intention de rejoindre l\u2019équipe de son ancien collègue Bernier.Mais il reconnaît que son discours en matière d\u2019immigration et de « multicul- turalisme à tous crins » \u2014 davantage que son opposition farouche à la gestion de l\u2019offre \u2014 pourrait rejoindre plusieurs Québécois.« Ce que M.Ber- nier fait, présentement, c\u2019est qu\u2019il dit tout haut ce que bien des gens voudraient dire à M.[Justin] Trudeau », admet M.Petit en entretien avec Le Devoir.La popularité du parti de Maxime Bernier demeurera toutefois marginale, selon lui, et la grande famille conservatrice ne sera pas si facilement redivisée en factions des mouvances progressiste-conservatrice et libertarienne.M.Bernier a reproché à Andrew Scheer \u2014 qui l\u2019a devancé avec moins d\u2019un point de pourcentage lors de la course à la chefferie l\u2019an dernier \u2014 de diriger un Parti conservateur devenu « trop corrompu intellectuellement et moralement pour être réformé ».Un récent coup de sonde indiquait que la future formation de Maxime Bernier pourrait susciter un intérêt chez l\u2019électorat canadien.Un sondage Nanos mené pour le compte du Globe and Mail révélait que 17 % des répondants seraient ouverts à l\u2019idée de voter pour un parti dirigé par le politicien beauceron.Lors de sa campagne à la chefferie, Maxime Bernier s\u2019était doté d\u2019une équipe politique à travers le Canada et il avait récolté beaucoup d\u2019appuis dans les Prairies.Le futur parti de Bernier séduit déjà un ex-député Le conservateur Luc Harvey a indiqué vouloir se joindre à lui Dans une conférence de presse, le 23 août dernier, à Ottawa, Maxime Bernier avait annoncé qu\u2019il quittait le Parti conservateur pour en fonder un nouveau.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE On est rendus tellement politically correct qu\u2019on n\u2019est plus capables de rien dire, qu\u2019on n\u2019est plus capables de rien faire, qu\u2019on est limités dans tout ce qu\u2019on fait LUC HARVEY » Luc Harvey JEAN- FRANÇOIS NADEAU ÉLECTIONS 2018 A 4 LEDEVOIR// LE LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 E N B R E F Lisée qualifie une blague de Michelle Blanc sur Hilter « d\u2019humour noir » JONQUIÈRE \u2014 Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, a refusé dimanche de condamner un tweet dans lequel sa candidate Michelle Blanc souligne l\u2019anniversaire d\u2019Hitler, parce qu\u2019il s\u2019agit à son avis « d\u2019humour noir ».« MERDE j\u2019ai oublié de fêter l\u2019anniversaire d\u2019Hitler la semaine dernière ! (foutage de merde en retard) », a écrit Michelle Blanc sur son compte Twitter le 22 avril 2011.« C\u2019est de l\u2019humour noir.C\u2019est clair que c\u2019est de l\u2019humour noir », a commenté Jean-François Lisée, quelques heures après que l\u2019organisation juive B\u2019nai Brith lui eut demandé de larguer sa candidate.Jean-François Lisée avait dénoncé en octobre 2017 les propos du commentateur Luc Lavoie sur « la chasse aux sépa- GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR À MAGOG Le cadre financier dévoilé samedi par François Legault réservait une surprise: la Coalition avenir Québec (CAQ) n\u2019attend rien des futures négociations avec les médecins spécialistes.Mais elle attend trop d\u2019un possible « effet CAQ » sur l\u2019économie, disent ses adversaires.François Legault a donc été le premier chef à plonger dans l\u2019exercice visant à chiffrer l\u2019ensemble des engagements de son parti.Un tel document sert à évaluer le sérieux des propositions en les intégrant à la réalité du budget de l\u2019État : à ce jeu, M.Legault pense avoir accouché d\u2019un plan de « financement stable » et responsable.Concernant les médecins spécialistes, le chef de la CAQ dit être « confiant qu\u2019on va être capable d\u2019aller chercher des montants.Mais pour être très prudents, on n\u2019a pas inclus ces mesures dans le cadre.[\u2026] On sait qu\u2019on a une marge de manœuvre potentielle d\u2019un milliard, et on n\u2019en tient même pas compte.» Les bons chiffres ?Parmi les éléments centraux du plan caquiste, on remarque que le parti mise sur une croissance économique de 1,8 % en 2021 et en 2022, alors que le rapport préélectoral sur l\u2019état des finances publiques prévoit plutôt une croissance économique de 1,3 % pour ces années.Cette « croissance économique accélérée », une forme d\u2019« effet CAQ » sur l\u2019économie, rapporterait 350 millions en 2021-2022, et 700 millions l\u2019année suivante.De la « pensée magique », estime le chef péquiste, Jean- François Lisée.« C\u2019est exactement ce que nous disait M.Couillard [en 2014] : \u201c dès que je vais être au pouvoir, la croissance va augmenter \u201d.» La CAQ espère aussi une augmentation de 7 % des dividendes des sociétés d\u2019État en 2022-2023, ce qui représenterait 350 millions.Mais attention : ces dernières ne pourront couper dans le personnel (la CAQ propose l\u2019abolition par attrition de 5000 postes d\u2019administration dans le secteur public) non plus qu\u2019augmenter les tarifs au-delà de l\u2019inflation.Philippe Couillard a répliqué qu\u2019il « y a déjà eu beaucoup d\u2019efforts dans nos sociétés d\u2019État.Il faut toujours en faire, mais ça m\u2019apparaît très imprécis et très hypothétique », estime le chef libéral.Le cadre de la CAQ prévoit que les différentes mesures de «réduction du gaspillage et de la bureaucratie» annoncées en campagne rapporteront à l\u2019État quelque 2,68 milliards en 2022-2023.De l\u2019autre côté du balancier, le coût des engagements électoraux de la CAQ (sans compter ce qui sera prélevé à même le Plan québécois des infrastructures, comme les Maisons des aînés, le tramway de Montréal, l\u2019Internet partout\u2026) est estimé à 2,67 milliards pour la même année de référence.Cette somme s\u2019explique par trois grands engagements : remettre de l\u2019argent dans le fameux « portefeuille des familles » (1,7 milliard en différentes mesures), et investir en santé (500 millions) et en éducation (400 millions).Concernant les deux missions de l\u2019État qui accaparent l\u2019essentiel de son budget annuel, la CAQ promet d\u2019accorder des hausses annuelles de 3,5 % en éducation et de 4,1 % en santé (4,2 % la dernière année).« C\u2019est certainement suffisant pour faire les améliorations qu\u2019on veut absolument faire dans le réseau », a soutenu Danielle McCann, ministre quasi désignée de la Santé.Dernier élément : une réserve de stabilisation qui serait de 8,6 milliards à la fin du mandat permettra, selon François Legault, de réagir à tout ralentissement de l\u2019économie.Avec Marco Bélair-Cirino et Marie-Michèle Sioui La « pensée magique » de Legault dénoncée Le cadre financier dévoilé samedi par la CAQ exclut les négociations à venir avec les médecins spécialistes AMÉLI PINEDA À MONTRÉAL LE DEVOIR Québec solidaire (QS) entend cesser de payer le Fonds des générations et réorientera les versements prévus durant les quatre prochaines années dans leur programme d\u2019infrastructures.Ainsi, QS veut rediriger tous les versements prévus pour les périodes 2017-2018 à 2022-2023.La formation politique estime ainsi être en mesure d\u2019investir 12,5 milliards de dollars dans son plan d\u2019infrastructures.« Les générations à venir ont besoin d\u2019avoir une planète qui respire avec des infrastructures qui leur permettent de sortir de l\u2019automobile et du pétrole bien plus que de rembourser une dette publique qui est dans la moyenne de l\u2019OCDE », soutient Simon Tremblay-Pepin, candidat solidaire dans la circonscription de Nelligan, à Montréal, et porte-parole en matière d\u2019économie.Cette mesure s\u2019inscrit dans le cadre financier rendu public dimanche par QS par voie de communiqué.Une façon de faire qui a été critiquée par ses adversaires politiques.Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, et le chef péquiste, Jean-François Lisée, ont tous deux dit n\u2019avoir «jamais vu» un parti présenter son cadre financier sans le défendre devant les journalistes en conférence de presse.« On a révélé toute la portion des revenus en conférence de presse.À l\u2019approche du débat, on a voulu rendre l\u2019ensemble du cadre public avec plusieurs informations connues puisqu\u2019elles ont fait l\u2019objet d\u2019annonces dans les dernières semaines.On ne voulait pas être répétitifs », a fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de QS.Modification de la loi QS veut modifier la loi instaurée en 2006 par le gouvernement libéral de Jean Charest dans le but de ne pas léguer aux générations futures le remboursement de la dette publique.Selon QS, le Fonds des générations a « étranglé financièrement » le Québec.« On s\u2019est privés des moyens de financer nos services publics, alors que c\u2019est de ça dont ont besoin les générations futures », indique M.Tremblay-Pepin.Quant au Fonds actuel, il sera préservé dans le but de continuer à faire grossir les rendements.« QS n\u2019utilisera pas l\u2019argent qui s\u2019y trouve, on va le laisser fructifier.Éventuellement, ça pourrait même se faire dans un autre mandat, on pourra le retirer pour rembourser la dette », indique M.Tremblay-Pepin.Jusqu\u2019à présent la Coalition avenir Québec a proposé de prélever 10 milliards dans le Fonds des générations le 31 mars 2019 pour rembourser la dette.Ce plan ressemble à ce que les libéraux avaient annoncé dans le dernier budget.Mais dans leur cas, il s\u2019agissait de puiser 2 milliards par année pendant cinq ans.La valeur du Fonds est actuellement de 13,3 milliards.De 2017-2018 à 2022- 2023, les versements annuels au Fonds devraient passer de 2,3 à 3,5 milliards.QS ne veut plus payer le Fonds des générations Sorties culturelles : la CAQ veut quadrupler le budget Deux sorties culturelles par année pour chaque élève : voilà ce que la Coalition avenir Québec (CAQ) propose en matière de culture \u2014 en plus de maintenir « l\u2019essentiel » de ce que la politique culturelle du gouvernement Couillard prévoit déjà.La CAQ ajouterait 25 millions à l\u2019enveloppe actuelle de 9,5 millions réservée pour permettre aux élèves de faire des sorties culturelles.Une autre mesure peut servir à financer des sorties culturelles : École inspirante, qui dispose d\u2019une enveloppe de 27 millions, mais dont la portée est plus large.La CAQ promet aussi d\u2019ajouter 5 millions annuellement pour regarnir les bibliothèques scolaires.Cette somme augmenterait du tiers le budget actuel.Une publicité qui mise sur le Printemps érable Une publicité de Québec solidaire qui sera lancée lundi mise sur la crise étudiante de 2012 pour illustrer l\u2019engagement de son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Du- bois.La vidéo s\u2019ouvre avec un discours enflammé de celui qui est devenu le visage du printemps étudiant.«Le but de cette vidéo, c\u2019est de démontrer la cohérence de ma démarche.Depuis 2012, j\u2019ai changé de forum pour exprimer mes idées, mais mon combat reste le même, pour notamment la gratuité scolaire», mentionne M.Nadeau-Dubois.S\u2019il n\u2019y a pas une journée qui passe sans qu\u2019on lui parle de la crise étudiante, M.Na- deau-Dubois estime que l\u2019image qu\u2019il projette au- jourd\u2019hui est beaucoup moins polarisante qu\u2019il y a six ans.«La poussière est retombée depuis, beaucoup de gens qui étaient très froissés par le mouvement étudiant de 2012 ont réalisé depuis qu\u2019il était important», soutient M.Nadeau-Dubois.Philippe Couillard s\u2019est fait huer dimanche après-midi lorsque le carrosse le « Gypsy Cob », dans lequel il prenait place, s\u2019est engagé dans l\u2019arène de rodéo de Saint-Tite.Le chef du PLQ s\u2019était engagé à appuyer le Festival western de Saint-Tite, y compris la discipline du rodéo, même si celle-ci contrevient, selon des experts, à la nouvelle Loi sur le bien-être et la sécurité de l\u2019animal.« Le festival de Saint-Tite va continuer de fonctionner », a-t-il promis, avant d\u2019ajouter : « On peut-tu avoir du plaisir ensemble au Québec ?».JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Philippe Couillard appuie le rodéo ratistes », en soulignant que l\u2019employeur de Lavoie de l\u2019époque, TVA, n\u2019aurait jamais accepté qu\u2019il fasse de tels commentaires au sujet des juifs.Or, les propos de Michelle Blanc \u2014 qui a écrit dans un billet de blogue qu\u2019elle aurait « frappé » un juif hassi- dique « par intolérance » si ce dernier ne s\u2019était éloigné de son chemin \u2014 sont d\u2019un autre ordre, selon le chef péquiste.« Il y a une question de chasse, et donc d\u2019utilisation d\u2019armes contre des gens pour leur opinion politique.La chasse aux séparatistes », a-t-il expliqué pour justifier son appui à sa candidate.« Les législateurs ont dit que la liberté d\u2019expression n\u2019était pas totale et que l\u2019appel à la violence était une restriction raisonnable de la liberté d\u2019expression.» Le Devoir Une deuxième candidate autochtone aux élections JONQUIÈRE \u2014 Québec solidaire a confirmé dimanche la mise en candidature d\u2019Alisha Tukkiapik, jeune femme inuite, dans la circonscription d\u2019Ungava.Après Mona Belleau, candidate du NPD-Québec dans Chau- veau, à Québec, Alisha Tukkiapik devient la deuxième Autochtone à briguer les suffrages à l\u2019élection du 1er octobre.La candidate solidaire est née à Pointe-Claire et a ensuite vécu à Kuujjuaq, Kangirsuk, Puvirnituq, Inukjuak et Kuujjuaraapik.Elle est travailleuse communautaire dans le domaine de la santé et a auparavant été directrice d\u2019école et gestionnaire dans le domaine de l\u2019habitation.Le Devoir Couillard promet d\u2019épauler les proches aidants TROIS-RIVIÈRES \u2014 Le chef du PLQ, Philippe Couillard, a clos dimanche une série d\u2019annonces destinées aux aînés, en s\u2019engageant à appuyer financièrement les particuliers qui adaptent leur domicile afin d\u2019y accueillir un proche aîné.L\u2019État remboursera 20% des coûts des travaux jusqu\u2019à concurrence de 2400$, promet-il.Le déploiement de cette mesure fiscale coûterait 40 millions de dollars à l\u2019État.«On n\u2019a pas pris ça dans les airs cette idée du crédit d\u2019impôt pour les maisons.Les gens [\u2026] nous demandaient deux choses en particulier: la gratuité des stationnements dans les CHSLD [, qui a été promise par le PLQ samedi, et l\u2019aide à l\u2019aménagement de] maisons bigénérationnelles», a indiqué M.Couillard devant les Résidences La Villa, à Trois-Rivières.Le Devoir NOUS NE NOUS LAISSERONS PAS DIVISER Les négociateurs de l\u2019ALÉNA de Trump visent le secteur culturel canadien.Ils menacent d\u2019exercer des représailles contre notre secteur automobile si nous n\u2019acceptons pas de laisser le champ libre aux géants américains a?n qu\u2019ils puissent acheter les médias de chez nous.Ça ne fonctionnera pas.Les travailleurs du secteur automobile et la communauté qui soutient le monde de la création et de la culture sont solidaires.La culture canadienne n\u2019est pas à vendre.www.les-amis.ca unifor.org LEDEVOIR // LE LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin epuis le début de la renégociation de l\u2019Accord de libre- échange nord-américain (ALENA) il y a 13 mois, les négociateurs nagent en eaux troubles, à la merci des sautes d\u2019humeur et des idées fixes du président américain, Donald Trump.Menaces et ultimatums se succèdent, rendant difficile d\u2019avoir l\u2019heure juste.Mais le Canada tient son bout.Et il le faut.Après la conclusion d\u2019un accord bilatéral entre les États-Unis et le Mexique à la fin août, le président Trump était catégorique.Le Canada devait adhérer à l\u2019entente dans les jours qui suivaient, sinon il resterait à l\u2019écart.Et si le Congrès refusait d\u2019accepter un accord excluant le Canada, il mettrait fin à l\u2019ALENA.La première date butoir du 31 août est passée sans que le ciel nous tombe sur la tête.Les pourparlers se poursuivent avec pour cible, cette fois, la date du 1er octobre.Passé cette date, le Congrès américain n\u2019aurait plus le temps d\u2019entériner l\u2019accord avant le 1er décembre, jour du départ du président mexicain, Enrique Peña Nieto, le signataire de l\u2019entente.Le Canada a refusé de céder devant les coups de gueule du président américain, non sans raison.Sans prendre Donald Trump à la légère, Ottawa a une carte importante dans sa manche : le calendrier politique américain.Les élections de mi-mandat, le 6 novembre prochain, pourraient faire perdre aux républicains leur majorité au Sénat.Cela influerait sur l\u2019évaluation de tout éventuel accord, surtout s\u2019il excluait le Canada de l\u2019ALENA.Cette éventualité se heurte à de l\u2019opposition dans les rangs démocrates, mais aussi républicains.Donald Trump a beau clamer qu\u2019il peut en faire à sa tête, il n\u2019a pas tous les pouvoirs en matière de commerce.Le Congrès doit être dans le coup.Pour entreprendre une négociation commerciale en vertu du processus accéléré qui oblige le Congrès à accepter ou à rejeter un accord en bloc sans pouvoir l\u2019amender, le président doit obtenir l\u2019autorisation du Congrès.Il l\u2019a eue pour renégocier l\u2019ALENA, pas pour négocier un accord bilatéral avec le Mexique.M.Trump n\u2019a donc pas l\u2019assurance que le Congrès accepterait de dévier de la route convenue.Par conséquent, les négociations continuent parce que Donald Trump sait que l\u2019exclusion du Canada pourrait mener à un échec qu\u2019il ne peut se permettre, la renégociation de l\u2019ALENA étant une de ses promesses phares de la dernière campagne.Il a plus de chance de gagner son pari avec le Canada à bord.Bref, il a besoin du Canada.Cela ne facilite pas pour autant la tâche des négociateurs canadiens.Les Américains ont des idées bien arrêtées sur les concessions attendues du Canada et ce dernier, sur ce qu\u2019il veut préserver.Le premier ministre Justin Trudeau joue la carte de la fermeté en répétant qu\u2019il préfère ne pas avoir d\u2019accord plutôt qu\u2019obtenir un mauvais accord.Les éléments auxquels il tient absolument sont le maintien d\u2019un mécanisme de règlement des différends (MRD) digne de ce nom pour se protéger contre l\u2019arbitraire américain.Donald Trump veut que les tribunaux américains tranchent les litiges et le Mexique a cédé sur ce point.L\u2019obtention d\u2019un MRD était pourtant la raison d\u2019être du premier accord de libre- échange canado-américain ! Ottawa tient aussi à l\u2019exemption culturelle globale que le Mexique a accepté d\u2019affaiblir.La préservation de cette exemption est essentielle, selon la Coalition pour la diversité des expressions culturelles, pour éviter que les dispositions sur le commerce électronique servent de cheval de Troie pour bloquer des mesures en faveur du contenu canadien sur les plateformes étrangères.Reste la gestion de l\u2019offre, que Donald Trump rêve de voir démanteler.On s\u2019attend malheureusement à des concessions du Canada similaires à celles faites dans le cadre de l\u2019accord conclu avec l\u2019Union européenne.Il n\u2019est toutefois pas question d\u2019abandonner un système ordonné de la production laitière pour permettre aux producteurs américains d\u2019écouler ici des surplus qu\u2019encouragent les subventions et le laisser-faire de leur gouvernement.Le gouvernement doit rester ferme sur ces fronts, mais on ne peut nier que l\u2019absence d\u2019entente aurait un impact négatif important sur toute l\u2019économie canadienne.Le Canada gagne du temps.Il doit persister dans cette voie pour, il faut quand même l\u2019espérer, en arriver à un accord satisfaisant.On dit bien un accord, pas une capitulation.mcornellier@ledevoir.com cières, elle a hérité du mandat de rénover la Loi sur la protection du consommateur, qui avait connu une version timide en 1971.Elle a fait adopter la nouvelle loi sur le sujet en décembre 1978.Il s\u2019agit de la loi qu\u2019on applique encore aujourd\u2019hui, 40 ans plus tard, et qui normalise les rapports entre consommateurs et commerçants.Trop peu de gens connaissent l\u2019auteure de cette réalisation ou ne s\u2019en souviennent pas, même si celle-ci a fait inscrire la devise « Je me souviens » sur les plaques d\u2019immatriculation des véhicules.Sa grand-mère avait raison de dire que c\u2019est la mémoire qui manque aux Québécois, non le cœur.Ce texte législatif offrait à l\u2019époque des protections nouvelles au consommateur : recours direct contre le fabricant, ce qui, il est difficile de le croire, n\u2019était pas autorisé jusqu\u2019alors, garanties, admission de la lésion entre majeurs au titre de cause de nullité des contrats, dommages-intérêts punitifs, encadrement des pratiques de commerce et de la publicité, etc.Création d\u2019envergure Il est question ici d\u2019une loi aussi importante, sinon plus, que le Code civil du Québec en matière contractuelle.Elle comporte plus de 500 articles, sans compter son règlement d\u2019application.D\u2019ailleurs, elle a inspiré les concepteurs du nouveau Code civil en 1991, qui y ont puisé certaines de ses mesures de protection.Elle a même servi de source d\u2019inspiration auprès de législateurs de plusieurs pays.Tout le monde devrait la connaître et la lire.Cette loi nous gouverne quotidiennement dans nos activités les plus élémentaires : lorsqu\u2019on fait son marché, lorsqu\u2019on achète des meubles ou des électroménagers, lorsqu\u2019on magasine en ligne, lorsqu\u2019on va s\u2019entraîner au gym, lorsque la publicité nous rejoint.Son application est grande car, si tout le monde n\u2019est pas automobiliste, chacun revêt le statut de consommateur plusieurs fois par semaine.On peut regretter que le temps ou les ressources ne lui aient pas permis d\u2019achever son œuvre et de compléter la loi actuelle d\u2019un second volet en matière immobilière, comme elle l\u2019avait annoncé.Cette lacune persiste encore au- jourd\u2019hui, en 2018, et nous sommes plusieurs à le regretter.Aucune œu- vre n\u2019est parfaite.Bien sûr, le contenu juridique de cette loi ne relève pas de son expertise, plutôt d\u2019une équipe de chercheurs de l\u2019Université de Montréal et des fonctionnaires du ministère, mais elle a eu le courage de mener ce projet à terme malgré sa nature audacieuse et les lobbys existants.Aujourd\u2019hui, il serait pratiquement impensable d\u2019adopter une loi d\u2019une telle ampleur, d\u2019autant plus que ces lobbys se montrent encore plus puissants.L\u2019expérience des dernières modifications apportées à cette loi l\u2019a montré plus d\u2019une fois.Il faut saluer son courage et sa détermination dans ce dossier.Au nom de tous les consommateurs du Québec, merci infiniment, Madame Payette.Un grand monsieur Quand j\u2019ai appris la mort de Gilles Pelletier, j\u2019ai eu envie de partager un souvenir que j\u2019ai toujours chéri précieusement.À la fin des années 1960, je marchais rue Saint-Denis, avec la petite mélancolie qui accompagne souvent les adolescentes qui ne se trouvent pas assez séduisantes\u2026 Soudain, j\u2019ai tourné la tête, en voulant traverser la rue, et\u2026 voilà Gilles Pelletier en chair et en os, là, à côté de moi! J\u2019étais médusée! Je lui ai dit: «C\u2019est vous?» Il m\u2019a répondu avec un sourire: «Oui, et c\u2019est vous?» Et de commencer une conversation\u2026 Nous avons fait route ensemble jusqu\u2019au métro Mont-Royal.Je lui posais des questions sur lui, mais il orientait toujours la conversation sur moi: sans paternalisme, avec un réel intérêt, il s\u2019est informé de mes études, de mes loisirs, de mes goûts.Adieu ma petite mélancolie! Gilles Pelletier s\u2019était intéressé à moi! Il m\u2019a donné ce soir-là l\u2019impression que tous les êtres sont de même importance.Mais l\u2019histoire ne s\u2019arrête pas là.Deux ans plus tard, je l\u2019ai revu, cette fois, dans le métro.Je lui ai fait un petit signe de la tête, mais j\u2019étais certaine qu\u2019il ne me reconnaîtrait pas.Eh bien oui, il s\u2019est souvenu de moi et m\u2019a demandé des nouvelles.Nous avons continué notre conversation comme si nous nous étions rencontrés la veille.Ce n\u2019est qu\u2019une petite anecdote, mais pour moi, elle démontre toute la bonté, la simplicité de ce grand monsieur.Francine Labrie Saint-Jérôme, le 9 septembre 2018 Ne pas oublier la contribution de Lise Payette à la protection des consommateurs Pierre-Claude Lafond Professeur titulaire, Faculté de droit, Université de Montréal Mme Lise Payette nous a quittés la semaine dernière.Ses grandes réalisations et ses succès ont été maintes fois rappelés.Si on a quelque peu souligné son apport à la cause de la protection des consommateurs, ce fait d\u2019armes est resté noyé par l\u2019accent mis sur sa contribution en matière d\u2019assurance automobile, ses téléromans et quelques gaffes, lesquelles dernières, compte tenu de son immense participation à l\u2019évolution du Québec, ne méritaient peut- être pas autant d\u2019intérêt.Qu\u2019il nous soit permis de rappeler que, lorsqu\u2019elle était ministre des Consommateurs, des Coopératives et des Institutions finan- LETTRES ALENA Tout ou rien ?D MANON CORNELLIER ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu LIBRE OPINION Le Canada a refusé de céder devant les coups de gueule du président, non sans raison.Sans prendre Donald Trump à la légère, Ottawa a une carte importante dans sa manche : le calendrier politique américain.Vision tordue de l\u2019immigration Ainsi, François Legault déplore que le Canada n\u2019accorde aucune importance au français dans la sélection d\u2019immigrants, mais promet de le copier en éliminant la maîtrise du français comme critère pour les immigrants sélectionnés par le Québec\u2026 Comme contradiction, chapeau, François! Alors que les autres provinces ont fixé un modeste objectif de 5% d\u2019immigrants francophones, la CAQ propose un minimum de\u2026 0% pour le Québec.Quoique cela soit improbable, potentiellement, 100% des immigrants pourraient être unilingues anglophones, espagnols, arabes, chinois,etc.Et avec des immigrants maîtrisant moins le français, il sera plus difficile de les attirer dans les régions.Réduire de 52000 à 40000 le nombre d\u2019immigrants annuels représente environ 50000 immigrants en moins sur un mandat de 4ans.En additionnant les milliers d\u2019immigrants que Le- gault souhaite expulser, cela fera près de 60000 travailleurs de moins.Il y a déjà 100000 emplois non comblés au Québec\u2026 On peut anticiper le tort que la CAQ ferait à notre économie.Legault oublie aussi de dire que le Québec retient davantage ses immigrants que la plupart des provinces.Pour ce qui est de la langue de nos petits-enfants et de nos arrières-pe- tits-enfants, cela fait un quart de millénaire que nous accueillons des immigrants non francophones, et aucun d\u2019entre eux n\u2019a réussi à assimiler un seul francophone.Monsieur Le- gault peut donc cesser de craindre pour sa descendance, et se consacrer à peaufiner son «Test des valeurs», dont nous aimerions connaître les détails d\u2019ici le 1er octobre.Robert Tremblay Québec, le 9 septembre 2018 La CAQ chez le PQ Alors que les deux premières semaines ont donné lieu à des attaques en règle entre la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), depuis quelques jours, la scène s\u2019est déplacée du côté du Parti québécois (PQ) qui, de toute évidence, est contraint de se défendre contre la CAQ qui se positionne nettement comme le grand défenseur de l\u2019identité nationale, un fief réservé au PQ depuis plusieurs décennies.Et, pour en rajouter, Legault accentue les interventions sur la priorité à défendre la survie de la langue française, un domaine privilégié par le PQ depuis sa fondation.En termes clairs, je suis d\u2019avis que la CAQ commence à sentir la soupe chaude et que, pour s\u2019attirer le maximum de visibilité médiatique, M.Legault tire sur tout ce qui bouge, notamment sur les domaines traditionnellement dévolus au PQ pour lesquels le chef, Jean- François Lisée, démontre un aplomb remarquable.En bref, il appert que la lutte initiale entre le PLQ et la CAQ vient de se voir imposer un troisième joueur, à savoir le PQ, et que le dernier segment de la campagne pourrait bien nous réserver des surprises si Jean-François Lisée persiste à garder le cap sur les valeurs sociales-démocrates du PQ, notamment la défense des intérêts du Québec, un des fers de lance de ce parti depuis sa création.Henri Marineau Québec, le 9 septembre 2018 A 7 LEDEVOIR // LE LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 IDÉES Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Paule Lebel Médecin spécialiste en santé publique et médecine préventive Valérie Lemieux Ergothérapeute et chercheuse en santé publique Michèle Stanton-Jean Chercheuse invitée, Centre de recherche en droit public, Université de Montréal Pascual Delgado Directeur des programmes aux personnes aînées, ACCESSS Sylvain Bleau Directeur, Cinédanse Le Québec de demain aura la tête argentée, on le sait.En 2016, plus d\u2019un million et demi de Québécois avaient déjà soufflé plus de 65 bougies.Dans les 30 dernières années, l\u2019espérance de vie est passée de 75 à 83 ans, un bond inédit dans l\u2019histoire.S\u2019il est désormais possible de vivre aussi longtemps, encore faut-il que ces années ajoutées soient vécues dignement, et qu\u2019elles puissent être inspiran - tes pour les générations plus jeunes.Or, dans une ère axée sur le court terme, la compétition et l\u2019obsolescence programmée, beaucoup de personnes âgées se retrouvent au ban de la société.Les aînés détiennent pourtant un potentiel et des expertises prêtes à servir au bien commun, pour autant qu\u2019on leur en donne les moyens.L\u2019isolement social et le rejet des aînés est un phénomène bien réel.En plus d\u2019avoir un impact désastreux sur la santé, il afflige plus souvent les person nes qui sont déjà en situation de vulnérabilité.En cette période électorale, nous interpellons tous les acteurs politiques ou citoyens pour mettre à l\u2019agenda un enjeu social susceptible de gaspiller des ressources et des talents dont le Québec a besoin.Une épidémie silencieuse L\u2019isolement social et la solitude seraient aussi risqués pour la santé que le tabagisme ou l\u2019obésité.Une analyse de 70 études a montré que le fait d\u2019être isolé, de se sentir seul ou de vivre seul, quel que soit son âge, augmente de presque 30 % ses probabilités de mourir prématurément.C\u2019est pourtant 1 aîné sur 3 qui vit seul au Québec (comparativement à 1 sur 14 en 1951).C\u2019est aussi 1 aî né sur 3 qui n\u2019aurait aucun contact avec sa famille au cours d\u2019une semaine, et 1 sur 5 qui rapporte n\u2019avoir aucun ami proche.Un appel à tous les partis Dans la politique lancée en 2018, Un Québec pour tous les âges : Le Plan d\u2019ac tion 2018-2013, le gouvernement compte valoriser la contribution des aînés à la société, améliorer leurs conditions de vie et déployer des travailleurs de milieu auprès des plus vulnérables.Le document mentionne plusieurs mesures pour briser l\u2019isolement social des aînés, favoriser leur participation et développer des solidarités intergénérationnelles : offre culturelle, francisation, activité physi - que, soutien communautaire en milieu ciblé, bénévolat, projets intergé- nérationnels.C\u2019est un début.Mais il faut aller plus loin.Les générations n\u2019ont jamais été si nombreuses à se côtoyer et, pourtant, on sent qu\u2019elles ont du mal à cohabiter, à communiquer, à se solidariser.Il faut faire en sorte qu\u2019un vieillissement collectif digne et inclusif soit l\u2019affaire de tous.Un plus pour la société On doit voir les aînés comme un actif et non un comme un passif pour notre société.Au Québec, les 65 ans et plus sont ceux qui offrent le plus d\u2019heures de bénévolat, avec une moyenne de 190 heur es par année.Collectivement, ils offrent autour de 500 000 heures non rémunérées à un proche chaque semaine, sans compter les nombreuses heures de dépannage-gardiennage pour leurs petits-enfants.Leur taux d\u2019emploi a presque doublé depuis 20 ans.Enfin, rappelons que ce sont eux qui ont bâti L\u2019isolement social des personnes âgées, un réel gaspillage humain Ivan Bernier Professeur émérite, Faculté de droit, Université Laval Véronique Guèvremont Professeure et titulaire de la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, Faculté de droit, Université Laval Les négociations commerciales impliquent des concessions de part et d\u2019autre.Cela est bien connu.À défaut d\u2019information sur le déroulement de la re- négociation de l\u2019ALENA, les citoyens sont en droit de s\u2019inquiéter de l\u2019octroi de concessions qui auraient pour effet de limiter la capacité du Canada de pré server et promouvoir ses industries culturelles.La renégociation de l\u2019ALENA, on le sait, a été demandée par le président Trump dans le but de remédier au déséquilibre marqué des échanges entre les États-Unis et ses partenaires dans un certain nombre de domaines S\u2019agissant des produits culturels, toutefois, la situation est complètement inversée.Les produits culturels américains sont déjà omniprésents sur nos écrans de cinéma, nos téléviseurs, nos radios, mais aussi sur les plateformes numériques, que les Canadiens fréquentent de plus en plus.Cette omniprésence n\u2019est pas nouvelle, mais le Canada a toujours réussi à sauver l\u2019essentiel, grâ ce à des mesures législatives et réglementaires appropriées pour préserver les capacités de production des industries culturelles nationales.Dans un contexte de libre-échange, ces mesures qui favorisent notre production culturelle ont pu être maintenues grâce à une clause d\u2019exemption culturelle intégrée à tous nos accords de commerce.Il ne faudrait pas qu\u2019un ALENA renégocié si gne la fin de cette approche canadienne.Commerce électronique Un objectif important poursuivi par les États-Unis dans le contexte de la rené- gociation de l\u2019ALENA est d\u2019obtenir un accès illimité au marché du commerce électronique.Or, dans un marché numérique mondialisé, l\u2019intervention du Canada est encore plus essentielle à la survie de ses industries culturelles, et de nouvelles politiques culturelles vont inévitablement s\u2019imposer.Accepter des engagements qui aboutiraient à limiter la capacité d\u2019intervention du Canada dans l\u2019environnement numérique serait très dangereux.D\u2019autres pays ont déjà commencé à réagir à une telle situation.L\u2019Union européenne, la Fran ce, la Belgique, l\u2019Allemagne et l\u2019Australie sont autant d\u2019exemples d\u2019entités politiques qui ont adopté des mesures concrètes pour soutenir leurs industries culturelles nationales sur les grandes plateformes de diffusion de contenus culturels en ligne.L\u2019Observatoire européen de l\u2019audiovisuel du Conseil de l\u2019Europe souligne d\u2019ailleurs le besoin d\u2019intervenir rapidement : « L\u2019industrie audiovisuelle restant dominée par les productions américaines, le besoin d\u2019outils et de solutions de promotion est vital pour la viabilité de l\u2019industrie audiovisuelle européenne [\u2026] telles que les aides publi - ques, les incitations fiscales, les quotas et les obligations d\u2019investissement.» (Annuaire 2017-2018.Tendances clés, 2018, p.40).Dans la négociation en cours, le Canada a rappelé à maintes reprises sa détermination pour maintenir l\u2019exemp - tion culturelle existante.Cela est bien, mais cette position risque fort de ne pas être suffisante.Comment traiter l\u2019exemption culturelle dans un ALENA renégocié Premièrement, il faut comprendre que l\u2019exemption culturelle en cause demeure d\u2019une efficacité très relative, dans la mesure où son utilisation par le Canada pourrait donner lieu à des mesures de représailles.Deuxièmement, cette exemption con - cerne les industries culturelles, et il n\u2019est aucunement question de commerce électronique.Pour que cette exemption conserve sa valeur, il faudrait d\u2019abord que le libellé de la clause actuelle soit revu afin de rendre l\u2019exemption applicable explicitement au commerce électronique.Mais, encore là, l\u2019exemption continuerait d\u2019être affaiblie par la possibilité de représailles.Par conséquent, l\u2019option à privilégier pour assurer la survie des industries cul - turelles canadiennes dans l\u2019environnement numérique serait d\u2019exclure ces industries culturelles de la portée des engagements du Canada en matière de commerce électronique.À défaut de procéder à une telle clarification, le Canada pourrait ne plus pou - voir s\u2019offrir les outils et solutions vers lesquels se tournent actuellement les pays européens pour assurer la présen - ce de contenus culturels européens sur les plateformes numériques utilisées par les Européens.Le Canada s\u2019est pour - tant battu pour obtenir une convention internationale visant à réaffirmer le droit des États d\u2019intervenir pour protéger et promouvoir la diversité des expressions culturelles sur leur territoire et à l\u2019échelle internationale.Il ne faudrait pas que la renégociation de l\u2019ALENA constitue un recul par rapport à cet engagement.Un objectif important poursuivi par les États-Unis est d\u2019obtenir un accès illimité au marché du commerce électronique L\u2019isolement social et la solitude seraient aussi risqués pour la santé que le tabagisme ou l\u2019obésité.Une analyse de 70 études a montré que le fait d\u2019être isolé, de se sentir seul ou de vivre seul, quel que soit son âge, augmente de presque 30 % ses probabilités de mourir prématurément.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR On doit voir les aînés comme un actif et non un comme un passif pour notre société notre richesse collective : nos program - mes sociaux, nos entreprises, nos universités, nos fonds de recherche, nos héritages.Éviter une ghettoïsation Pour prévenir l\u2019isolement et favoriser un vieillissement inclusif, il ne suffit pas de regrouper les aînés dans des milieux de vie collectifs hermétiques.Dans ces projets unigénérationnels, il existe un potentiel bien réel de ghettoïsation.Bien qu\u2019un lieu résidentiel où l\u2019on offre des services de soutien à l\u2019autonomie puisse être attrayant pour plusieurs, nous croyons que ces milieux de vie devraient aussi soutenir et faciliter la participation des aînés aux activités sociales, économiques, culturelles et citoyennes de la communauté.Offrent-ils des espaces animés, des cafés, des lieux collectifs qui permettent aux aînés de côtoyer naturellement d\u2019autres générations ?Accueil- lent-ils des groupes qui facilitent les échanges entre les résidents autant qu\u2019avec la communauté?Si la mixité sociale est un avantage pour le développement des jeunes, pourquoi ne le serait- elle pas pour les plus âgés?Nous commençons à vieillir dès la naissance.Toutefois, certaines person - nes vieilliront mieux, parce qu\u2019elles jouiront de meilleures conditions de vie et auront accès à de meilleurs services.Ces conditions de vie passées et présentes influeront sur leur résilience, soit leur capacité à continuer de s\u2019épanouir malgré les transitions, les deuils, et les événements liés au vieillissement.Il importe donc de créer les conditions nécessaires à ce qu\u2019ils puissent prendre part à la vie de leur collectivité.Pour y arriver, nous lançons quelques pistes d\u2019action: transmettre une image plus positive du vieillissement dans les médias et l\u2019espace public; prendre en con sidération que les aînés de plus de 80 ans vivent une réalité très différente des baby-boomers; créer des occasions de rencontres intergénérationnelles véritablement égalitaires et non une relation «jeune aidant-vieux aidé»; mettre en pla ce diverses formes d\u2019animation ou de médiation sociale pour catalyser les rencontres, intégrer les aînés dans différen - tes sphères d\u2019activités et donner un coup de pouce à ceux et celles qui vivent des transitions bouleversant leur participation sociale.Ce sont là des enjeux collectifs auxquels nos décideurs politiques doivent répondre durant la campagne électorale. LEDEVOIR // LE LUNDI 10 SEPTEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.COLÈRE SUITE DE LA PAGE A 1 Mais la zone d\u2019environ 4500 km2 du nord de la forêt Broadback, qui est au cœur des actuelles revendications de la nation de Waswanipi, n\u2019en faisait pas partie.À la demande de la communauté de Waswanipi, une annexe a finalement été ajoutée in extremis, donnant un statut de protection provisoire, le temps que se poursuivent les discussions entre les ministères qui défendent les intérêts miniers et forestiers et les Cris.Or, une seule réunion aurait eu lieu à la fin 2015, selon Allan Saganash Jr, qui a récemment pris sa retraite comme coordonnateur du département forestier de la nation crie de Waswanipi.Et le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs en aurait été absent.Il y a JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR En 2012, avec quelques grincements de dents, la majorité des maires des 82 villes de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s\u2019étaient entendus sur l\u2019adoption du Plan métropolitain d\u2019aménagement et de développement (PMAD).Ce plan a permis de freiner l\u2019empiétement sur les terres agricoles, mais il n\u2019a pas réussi à soulager les problèmes de congestion routière, révèle un portrait de la grande région de Montréal qui vient d\u2019être publié.Au cœur du PMAD figure le périmètre urbain à l\u2019intérieur duquel le développement doit se réaliser sur une période de 20 ans.Selon Philippe Rivet, responsable de l\u2019Observatoire Grand Montréal à la CMM, les résultats sont encourageants puisqu\u2019en six ans, aucune zone agricole n\u2019a été dézonée dans la CMM.«Je pense qu\u2019on peut dire que le PMAD est très performant à ce niveau», dit-il.« Le PMAD a permis d\u2019établir un périmètre métropolitain qui vient stopper l\u2019étalement urbain comme on le conçoit, soit un étalement sur les terres agricoles.La pression est là.Il y a des demandes qui sont faites [pour du dézonage], mais avec le PMAD, c\u2019est bloqué.» Les efforts pour densifier les milieux de vie avec la création d\u2019aires TOD (Transit-Oriented Development) semblent aussi porter des fruits.Alors que le PMAD vise à orienter les nouveaux ménages vers les TOD dans une proportion de 40 à 60 % d\u2019ici 2031, la CMM constate déjà que 39,9 % des nouveaux logements ont été construits dans ces zones entre 2011 et 2017.Les maisons individuelles sont en perte de vitesse dans toute la région montréalaise.Ainsi, au chapitre des mises en chantiers, la part des maisons unifamiliales est passée de 50,3 % en 2002 à 9,6 % en 2017.Le PMAD a aussi fixé des objectifs en matière d\u2019espaces verts, soit 17 % d\u2019aires protégées d\u2019ici 2031.Depuis l\u2019entrée en vigueur du plan, on note toutefois une diminution de 2 % de la superficie aquatique protégée.En revanche, les aires terrestres protégées ont augmenté de 886 hectares.Globalement, on estime qu\u2019à l\u2019heure actuelle, 10 % du territoire de la CMM est protégé.Congestion coûteuse Le bilan des 6 ans du PMAD s\u2019attarde aussi à la question des transports.Alors que les partis en campagne électorale multiplient les promesses en matière de transport en commun, les coûts de la congestion routière pourraient atteindre 4,2 milliards en 2018 dans la grande région de Montréal, soit le double d\u2019il y a 10 ans.Ce coût a été évalué par les Conseillers ADEC qui, depuis 1997, collaborent avec le ministère des Transports du Québec (MTQ) pour chiffrer les impacts économiques de la congestion routière.Ces données tiennent compte des heures perdues dans la congestion, ainsi que des coûts associés à l\u2019entretien et à l\u2019usure des véhicules, de la consommation supplémentaire de carburant et des émissions de polluants et de gaz à effets de serre.En 2008, la facture liée à la congestion était estimée à 1,85 milliard (en dollars de 2008).Le transport en commun piétine De son côté, la part modale du transport en commun est demeurée stable et semble même plafonner.Ainsi, entre 2008 et 2013, la proportion de déplacements en transport en commun s\u2019est maintenue à 25 % \u2014 alors que l\u2019objectif URBANISME Un plan d\u2019aménagement qui sacrifie moins de terres agricoles, mais cause plus de congestion Six ans après l\u2019entrée en vigueur du PMAD, la Communauté métropolitaine de Montréal dresse son bilan PMAD est de 35 % pour 2031.Elle a tout de même augmenté à Laval et dans les couronnes nord et sud.Le rapport attribue ce résultat au prolongement du métro à Laval et aux ajouts de service sur les lignes de trains de banlieue de Candiac et de Saint-Jérôme.« Si on investit en transport en commun, les gens vont l\u2019utiliser.Ce qui est encourageant, ce sont les projets qui sont sur la table : le REM, le prolongement de la ligne bleue et les 17 nouveaux trains Azur », observe Philippe Rivet.La hausse des coûts de la congestion est préoccupante, estime Florence Junca-Adenot, professeure au Département d\u2019études urbaines de l\u2019UQAM, d\u2019autant que d\u2019importants chantiers continueront d\u2019avoir des répercussions sur la mobilité, qu\u2019il s\u2019agisse des travaux au tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, ceux de la Métropolitaine, du complexe Turcot, du REM, en plus des nombreux chantiers routiers dans les villes.« Ça devrait faire réfléchir et agir ceux qui décident afin qu\u2019on mette en place des mesures d\u2019urgence », dit-elle.Mme Junca-Adenot s\u2019inquiète aussi du surplace que fait le transport en commun.Les résultats les plus à jour de l\u2019enquête Origine-Destination seront connus en 2020, mais la profes- seure ne s\u2019attend pas à une hausse d\u2019achalandage importante dans le transport collectif.Ce n\u2019est donc pas pour rien que la mobilité est devenue un enjeu électoral.« Je crois que tous les partis mettent le doigt sur le bon bobo, soit qu\u2019il faut diminuer l\u2019usage de l\u2019auto solo, augmenter les services en transport collectif et diminuer les gaz à effets de serre.Chacun y va avec sa teinte, mais d\u2019un programme à l\u2019autre, on retrouve des interventions sur des corridors un peu semblables », remarque-t-elle.Quant au vélo, il progresse, mais sa part modale a légèrement fléchi à l\u2019extérieur de l\u2019île de Montréal.La proportion des déplacements à pied a aussi légèrement augmenté entre 2003 et 2013, mais quand on y regarde de plus près, on constate que la hausse ne s\u2019observe que dans l\u2019agglomération de Montréal alors que tant sur la Rive-Sud que sur la Rive-Nord, c\u2019est plutôt une baisse qui est constatée.Les données détaillées du bilan du PMAD seront présentées mercredi à la Maison des régions lors d\u2019un événement en présence de la mairesse Valérie Plante.exactement un an, le plan quinquennal du gouvernement, qui montrait que l\u2019exploitation à l\u2019intérieur de la limite du bassin versant de Broadback pourrait être permise à terme, a été dévoilé\u2026 et a mis le feu aux poudres.« Quand tu vois la carte du plan sur cinq ans, il y a encore des blocs d\u2019exploitation et des routes dans la zone protégée.Mais pourquoi ?Pourquoi ne pas les enlever tout de suite ?», s\u2019est indigné Allan Saganash Jr.« Il y a quelque chose qu\u2019ils savent et que, nous, on ne sait pas.» Le 22août dernier, dans un arrêté publié dans la Gazette officielle,trois territoires de la région de Waswanipi ont en effet obtenu un «statut provisoire», et non permanent, de protection et un porte-parole du MDDELCC a confirmé qu\u2019«il y a encore des discussions à avoir pour répondre à la demande de Waswanipi.» Des discussions doivent être en cours entre le gouvernement cri, celui du Québec et quelques organisations comme Greenpeace.Or, selon Allan Saganash Jr, non seulement les discussions sont au point mort, mais il déplore que les Cris de Waswanipi aient été laissés de côté, notamment par le Grand Conseil des Cris, supposément son allié.La mobilisation bat de l\u2019aile.« Ça fait au moins 15 ans qu\u2019on parle de ça et, chaque fois qu\u2019il y a une nouvelle administration crie, c\u2019est à recommencer.On n\u2019a pas toujours le soutien qu\u2019on devrait avoir d\u2019eux », dit-il.« Ce ne sont pas eux qui devraient faire les consultations, ce devrait être nous ! On est fatigués de ne pas être entendus.» Don Saganash est aussi fatigué de prêcher dans le désert\u2026 d\u2019une forêt sans arbres.« J\u2019essaie de toutes les façons d\u2019expliquer l\u2019importance de protéger notre territoire aux gens.C\u2019est notre territoire, c\u2019est nous.Si tu vis La protection de la forêt comme déclencheur de soulèvement comme notre nation, tu vas comprendre de quoi on parle.Sauf que le gouvernement, lui, il ne comprendra pas même si on lui parle dans sa langue.» Il craint que l\u2019exploitation fasse fuir les animaux, en particulier les caribous, et contamine les plans d\u2019eau, comme ce fut le cas pour la zone au sud.« Là-bas, même les oiseaux sont partis ! » Allan Saganash Jr se souvient d\u2019avoir grandi dans cette forêt vierge, sans route ni exploitation, où sa famille allait chasser.Dans les années soixante, à son retour dans sa communauté après ses études, la porte s\u2019entrouvrait alors à l\u2019industrie forestière.« Ne pas protéger Broadback, ce serait rouvrir la porte qui a été ouverte dans les années 1960 », souligne-t-il.« C\u2019est pour ça qu\u2019on va manifester [lundi].On veut fermer cette porte ouverte depuis plus de 50 ans.» Le 22 août dernier, dans un arrêté publié dans la Gazette officielle, trois territoires de la région de Waswanipi ont obtenu un « statut provisoire » Les coûts de la congestion routière pourraient atteindre 4,2 milliards en 2018 dans la grande région de Montréal, soit le double d\u2019il y a 10 ans.JACQUES NADEAU LE DEVOIR "]
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