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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Le D Magazine
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-09-29, Collections de BAnQ.

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[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Safia Nolin La noirceur sous les projecteurs Lire Conversation avec les nouveaux mâles de la littérature québécoise Vivre L\u2019Occitanie de tous les appétits Certaines histoires donnent du pouvoir lorsqu\u2019elles sont racontées », écrit Émilie Monnet dans Okinum.L\u2019ar tiste interdisciplinaire amorce ainsi une résidence de deux créations au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, là où elle jouait dans Le Wild West Show de Gabriel Dumont il y a un an.Cette autofiction poétique s\u2019inspire notamment de la période où elle a suivi (avec succès) des traitements, relevant à la fois de la médecine occidentale et des soins autochtones, « plus holistiques », contre un cancer de la gorge.Mais selon celle qui a grandi entre un père francophone et une mère anichinabée parlant anglais, sa création traite davantage d\u2019identité.« Cette expérience m\u2019a amenée à faire un travail sur moi- même et à peut-être réconcilier toutes les facettes de mon identité.Raconter mon histoire, c\u2019est comme un processus pour intégrer toutes ces parties-là et me sentir entière.» Le texte a aussi pour origine un rêve récurrent fait par l\u2019artiste, où un castor géant (une créature ayant L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Entrevue La noirceur sous les projecteurs de Safia Nolin, sur son album Dans le noir.Danse Odile Tremblay Les flâneurs Musique Cinéma Arts visuels Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 6 5 7 14 22 36 8 4 28 26 24 42 44 46 49 50 51 53 54 Grand angle Conversation avec les nouveaux mâles de la littérature québécoise.Entrevue Maya Ombasic Poésie Fiction Essai Louis Cornellier Voyage L\u2019Occitanie, de black wine en bonnes tables du Sud-Ouest français.Alimentation Escapade Jardins Vin Resto Famille Jeux SOMMAIRE 25 27 32 33 C U L T U R E Photo de la une du D : Marie-France Coallier Le Devoir Photo de la une Lire : Valérian Mazataud Le Devoir ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR Les histoires qui guérissent Avec Okinum, Émilie Monnet se donne la permission d\u2019exprimer, entre autres émotions, la colère » arrière-arrière-grand-mère.C\u2019est à son époque que la Loi sur les Indiens a été créée, donc le système des réser ves.Je vois tout ce qui a été enlevé à chaque génération.Et comment on por te ces histoires à l\u2019intérieur de nous.» L\u2019endroit où s\u2019est logé son cancer n\u2019est pas insignifiant : ce barrage (okinum en langue anichinabée) dans la gorge apparaît comme le symbole d\u2019une parole qui a été réprimée.«Pour moi, ça fait partie de ma guérison de m\u2019exprimer et de partager mon histoire.Et j\u2019entends souvent les aînés dire que lorsqu\u2019on se guérit soi-même, on contribue à apaiser la mémoire de nos ancêtres aussi.On brise un cycle.» Le caractère curatif d\u2019Okinum provient peut-être aussi de ce que le spectacle of fre à Émilie Monnet la permission d\u2019exprimer, entre autres émotions, de la colère.« Je ne vois pas comment on peut ne pas être en colère contre tout ce qui perdure.Par exemple, c\u2019est désolant, et frustrant, de voir que si je dis les mots \u201canichinabémowin\u201d ou \u201ckanien\u2019kéha\u201d, il y a tellement de gens qui ne savent même pas que ce sont les deux langues nées de ce territoire (Montréal).C\u2019est dommage, parce que les langues, c\u2019est une façon de nous y connecter davantage.Et peut-être que si on y était plus enracinés, on aurait tendance à prendre mieux soin de l\u2019endroit d\u2019où on vient.On verrait moins le territoire comme une commodité.» S\u2019il est majoritairement en français, le spectacle intègre d\u2019ailleurs, en sus de l\u2019anglais, l\u2019anichinabémo- win.Une langue que l\u2019ar tiste polyglotte \u2014 ayant travaillé en Colombie, au Brésil, elle parle couramment l\u2019espagnol et le portugais \u2014 s\u2019est mise à la tâche dif ficile d\u2019apprendre.Elle constate qu\u2019on entretient un rapport différent à chaque langue.« C\u2019est intéressant de voir où les langues se logent dans le corps et à quelles émotions elles sont associées.» Dans cette pièce voguant entre le concret et l\u2019onirique, les sonorités jouent un rôle majeur.La création d\u2019environnements immersifs est récurrente dans le travail d\u2019Émilie Monnet.« Jackie Gallant, qui fait ma conception sonore, est sur scène avec moi.Le son devient vraiment un interprète.Bien que le défi consiste à s\u2019assurer qu\u2019elle ait l\u2019air très organique, j\u2019aime travailler avec la technologie, pour ce côté enveloppant et parce qu\u2019elle peut aider à rendre visible l\u2019invisible.Dans les conceptions autochtones, le visible et l\u2019invisible sont l\u2019envers et l\u2019endroit de la réalité.Et je m\u2019intéresse aux frontières un peu poreuses entre les deux.» Émilie Monnet était l\u2019une des participantes, cet été, de la rencontre avec Ariane Mnouchkine et Rober t Lepage, autour de Kanata.Une réunion où il y a eu de l\u2019écoute, « mais je ne pense pas que notre point de vue a été forcément entendu».La créatrice tient à rappeler qu\u2019ils ne demandaient pas l\u2019annulation du spectacle \u2014 qui aura finalement lieu \u2014, mais voulaient parler d\u2019un processus «problématique» qui risquait d\u2019exclure, « encore une fois, la [vision] des Autochtones de la trame narrative de ce pays».«Ce sont des sujets tellement sensibles.Même comme Autochtones, on a des protocoles.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019on appartient à un groupe culturel qu\u2019on peut raconter ces histoires-là, comme ça.Il y a tout un processus sur les façons s\u2019approprier une histoire aussi douloureuse et actuelle.» Rien n\u2019a été réglé, donc ?La créatrice puise espoir dans les paroles d\u2019un aîné qui est venu conclure la rencontre, en réitérant une prophétie.Soit qu\u2019un jour, « nos savoirs traditionnels et culturels vont bénéficier à toute l\u2019humanité.Et je me dis que c\u2019est important en tant qu\u2019artiste autochtone de prendre des espaces pour exprimer qui on est.Cela me donne un moteur supplémentaire pour mon spectacle.» | 3 S c è n e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 LES FÉES ONT SOIF Une pièce de Denise Boucher Mise en scène Sophie Clément Avec Bénédicte Décary, Caroline Lavigne, Pascale Montreuil BILLETTERIE RIDEAUVERT.QC.CA Le TRV remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec de son appui ?nancier.rideauvert @rideauvert @rideauvertofficiel © Julien Faugère | Design Marc Ouellette | Graphisme folio&garetti Du 25 septembre au 10 novembre 2018 S\u2019il est majoritairement en français, le spectacle intègre, en sus de l\u2019anglais, l\u2019anichinabé- mowin.Une langue que l\u2019artiste polyglotte s\u2019est mise à la tâche difficile d\u2019apprendre.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR réellement existé à l\u2019ère des dinosaures, ce qu\u2019elle ignorait alors) lui donnait un sac de médecine.«Lorsque je racontais ce rêve, je me faisais toujours rappeler notre histoire de la création : le castor est l\u2019un des trois animaux à avoir plongé au fond de l\u2019eau pour en ramener de la terre, pour créer la Terre sur le dos de la tortue.» Dans sa pièce, Émilie Monnet utilise cet animal industrieux, emblème canadien, mais qui fut « pratiquement exterminé à la fin du XIXe siècle » à cause de la traite des fourrures, comme une métaphore pour parler de la colonisation.Barrage intérieur La créatrice s\u2019y questionne sur la transmission, sur « ce qui est légué de femme en femme » dans sa famille.« Je parle beaucoup de mon C\u2019est désolant, et frustrant, de voir que si je dis les mots \u201canichinabémowin\u201d ou \u201ckanien\u2019kéha\u201d, il y a tellement de gens qui ne savent même pas que ce sont les deux langues nées de ce territoire [Montréal] ÉMILIE MONNET » Okinum Texte et mise en scène d\u2019Émilie Monnet.Co- mise en scène et direction d\u2019acteur : Emma Tibaldo.Co- mise en scène et direction du mouvement : Sarah Williams.Une création des Productions Onishka.À la salle Jean-Claude- Germain, du 2 au 20 octobre. que la Britannique Cathy Marston traîne sur son téléphone, attendant l\u2019occasion de les chorégraphier.«J\u2019aime les narrations, j\u2019aime composer des chorégraphies narratives», indique celle qui a hérité de ses parents profs leur passion pour la littérature.La chorégraphe s\u2019attache aussi particulièrement aux personnages, surtout ceux, comme Roméo et Juliette ou lady Macbeth, « qui ont des vies au-delà des livres où ils sont nés, qui sont devenus des archétypes, pratiquement.lady Chatterley, je veux dire, c\u2019est presque devenu le nom d\u2019un symptôme » ! Son histoire est connue, populaire.Dans l\u2019Angleterre puritaine amochée par la Première Guerre, où l\u2019industrialisation prend de plus en plus ses marques, Constance Chatterley, 23 ans, pleine de sève, se consacre aux soins de son mari Clifford, revenu impotent et impuissant du combat.De sa rencontre avec Mellors, le garde-chasse, naîtront de sexuelles étincelles.Des étincelles qui ont servi à l\u2019imaginaire créatif de Cathy Marston, inspirée, pour trouver la texture de ses tableaux, d\u2019abord par le charbon, moteur financier de l\u2019époque, et par les manipulations que réclamait son extraction.«Les mines n\u2019étaient pas loin de ressembler aux tranchées encore dans la mémoire, et les travailleurs y étaient vraiment pressés comme des citrons ; les femmes y travaillaient aussi, mettant le charbon sur les chariots, chargeant et portant physiquement, vraiment, ces poids\u2026 Comme Constance, qui se retrouve obligée de manipuler Clifford, de le porter\u2026» L\u2019étincelle, amoureuse, le feu qui prend ensuite avec le garde-chasse ont généré d\u2019autres ambiances ; puis la fumée, épaisse, étouffante, qui en naît ; et, à la toute fin, l\u2019ambre, résidu précieux qui reste parmi les cendres.Une alchimie ?Rires de la chorégraphe.« Oui, une alchimie.J\u2019ai voulu chorégraphier ce voyage-là, mais on ne le voit pas littéralement.» Des mots aux gestes Cathy Marston est plutôt entrée en studio avec des listes de mots \u2014 « fondre », « exploser », « s\u2019écrouler », « tomber » \u2014 pour chaque personnage comme nourriture à improvisations dirigées ; elle s\u2019est attardée aussi à la structure narrative du roman, tentant d\u2019analyser les manières et modus de Lawrence.En fondation, la musique, du compositeur Philip Feeney s\u2019appuie sur des partitions pour piano d\u2019Alexandre Scriabine (1871-1915), réorchestrées.Le côté sexy-sexu-sexuel a été une des questions de travail de Mme Mars- ton.« On n\u2019arrête pas de me deman- e gros nuages de sulfure, de curiosité sexuelle et d\u2019interdits accompagnèrent, et longtemps, la sortie du roman de D.H.Lawrence, L\u2019amant de lady Chatterley ; en 1928 en Italie et en 1932, expurgée, en Angleterre.Pas question aujourd\u2019hui, dans la version dansée par les Grands Ballets canadiens de Montréal et pensée par la chorégraphe Cathy Marston, de chercher à renouveler ce que le livre fit à l\u2019époque : faire voler en éclats les tabous sexuels, la gêne à utiliser cer tains mots (« fuck » et « cunt », entre autres) et les tabous sociaux dans la foulée.En s\u2019attachant à donner corps et danse aux personnages, Constance Chatterley en tête, Mme Marston cherche à reproduire, en « ballet romantique », la beauté des mots du roman.Et la beauté d\u2019un homme et d\u2019une femme cherchant leur sensualité à eux, hors diktats, dans un monde de plus en plus mécanique, usiné, productif, répétitif, industriel.«Nous vivons dans un âge essentiellement tragique; aussi refusons-nous de le prendre au tragique.Le cataclysme est accompli ; nous commençons à bâtir de nouveaux petits habitats, à fonder de nouveaux petits espoirs.C\u2019est un travail assez dur : il n\u2019y a plus maintenant de route aisée vers l\u2019avenir, nous tournons les obstacles ou nous grimpons péniblement pardessus.Il faut bien que nous vivions, malgré la chute de tant de cieux.» C\u2019est par ce tableau que débute L\u2019amant de lady Chatterley, œuvre phare de D.H.Lawrence; une œuvre, entre La mort d\u2019un commis voyageur et Les sorcières de Salem d\u2019Arthur Miller ou Bonjour tristesse de Françoise Sagan, qui était de la liste de celles L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e D a n s e 4 | DENISE-PELLETIER.QC.CA BILLETTERIE 514 253-8974 PROUESSES ET ÉPOUVANTABLES DIGESTIONS DU REDOUTÉ PANTAGRUEL D\u2019APRÈS L\u2019ŒUVRE DE FRANÇOIS RABELAIS TEXTE ET ADAPTATION DE GABRIEL PLANTE MISE EN SCÈNE DE PHILIPPE CYR AVEC PAUL AHMARANI, NATHALIE CLAUDE RENAUD LACELLE-BOURDON ET CYNTHIA WU-MAHEUX ET LA VOIX DE DANY LAFERRIÈRE THÉÂTRE DENISE-PELLETIER 26 SEPT.\u2014 20 OCT.CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Donner corps à lady Chatterley Cathy Marston chorégraphie l\u2019œuvre phare de D.H.Lawrence aux Grands Ballets canadiens de Montréal Lady Chatterley interdite au Québec Six mois après son adoption, la loi canadienne Fulton sur l\u2019obscénité est appliquée contre L\u2019amant de lady Chatterley de D.H.Lawrence.Le cinq novembre 1959, muni «de mandats de perquisition, le lieutenant-détective R.Trépanier, de l\u2019escouade de la moralité montréalaise, confisque \u201cone sample of an obscene publication\u201d chez le libraire Larry Brodie, de même que quinze exemplaires chez deux autres libraires», écrivait en 2009 Pierre Hé- bert, de l\u2019Université de Sherbrooke, dans les Cahiers de propriété intellectuelle.Seize exemplaires confisqués, et d\u2019autres circuleront sous le manteau, parfois lus à une main, pendant que la justice suivra son cours jusqu\u2019à ce que la Cour suprême exonère le roman en 1962 par une faible majorité de cinq juges contre quatre.Entre-temps, la première adaptation au cinéma, par Marc Allégret (France, 1955), sera refusée par le Bureau de censure du Québec et devra attendre sept ans avant d\u2019être diffusée.Le dossier juridique Chatterley servira de précédent quelques années plus tard, en 1967, dans le procès engagé contre Histoire d\u2019O de Pauline Réage.D On n\u2019arrête pas de me demander si ce sera sexy ! C\u2019est quoi, sexy ?Ça veut dire quoi ?On cherche plutôt avec les deux danseurs comment ils se sentent, se font sentir l\u2019un et l\u2019autre\u2026 Nous tentons d\u2019aller au-delà des clichés.CATHY MARSTON » | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Un mécène allumé Appelons ça le blues d\u2019une veille d\u2019élection quand les candidats se tirent des couteaux dans le dos : cette envie de parler avec un Québécois dévoué à sa société par pure conviction, semant à tout vent comme la fille du Larousse.On manque de mécènes francophones dans la sphère artistique.La vieille tradition britannique si vivace chez les Anglos d\u2019ici ne s\u2019est guère exportée dans nos rangs.Autant que de politiciens allumés, la culture, cette mal-aimée, a besoin de gens d\u2019affaires à la roue pour trouver ses racines.Au MBAM, j\u2019avais rencontré l\u2019inspirant philanthrope Michel de la Che- nelière, prenant bientôt rendez-vous avec lui.On s\u2019est retrouvés lundi, jour de fermeture muséale, arpentant les locaux vides de l\u2019Atelier international d\u2019éducation et d\u2019art-thérapie qui porte son nom au Pavillon pour la paix.Sur les murs de la salle à manger, 80 esquisses d\u2019œuvres du musée y familiarisent les enfants en sorties pédagogiques et les clientèles de tous âges venues aux ateliers créatifs La ruche d\u2019art.Depuis un an et demi, deux fois par semaine, aînés, itinérants, tous ceux qui en ont envie, tâtent gratos de matériaux divers avec l\u2019aide d\u2019animateurs issus de cette ruche-là.Certains artistes en herbe ont dit à Michel de la Chene- lière : «Vous avez transformé notre vie », mais à ses yeux, ce miracle vient de l\u2019art qui fait un bien fou.«Bientôt, on offrira des laissez-passer muséaux aux médecins qui pourront donner à leurs patients des prescriptions artistiques», dit-il.Et de m\u2019annoncer que la murale de Leonard Cohen, à deux pas, sera éclairée la nuit dès novembre ou décembre, étant impliqué aussi auprès de MU, l\u2019organisme qui sème à Montréal tant d\u2019œuvres sur les parois des bâtiments.Le trou des arts Michel de la Chenelière peint à ses heures et adore copier les œuvres des fauvistes, Matisse surtout.«Celle-ci, par exemple », me dit-il en passant devant son Portrait au visage rose et bleu.En 2006, il vendait sa maison d\u2019édition, Chenelière Éducation, pour se consacrer à la philanthropie après s\u2019être senti sidéré : «On n\u2019apprend pas les arts aux enfants.En éducation, il y a ce trou.» Deux dons de sa fondation en 2012 et 2013 au Pavillon de la paix du MBAM, d\u2019un total de 5 millions, ODILE TREMBLAY Vanesa Garcia-Ribala Montoya (Connie), Jean-Sébastien Couture (Oliver), Cathy Marston et Raphaël Bouchard (Oliver) en répétition SASHA ONYSCHENKO lui auront permis de mettre la table : établir son projet de prix et bourses aux étudiants universitaires en art en culture, rassembler ses programmes culturels, éducatifs et communautaires dans la douzaine de studios de ce grand complexe d\u2019art-thérapie : 80 000 élèves par an en visites scolaires, sans compter les adultes.Il vient souvent faire un tour, s\u2019y sent chez lui.Les décors d\u2019une vie sont bien changeants.Je lui fais parler de son château natal en Normandie près d\u2019Évreux ; romanesque berceau.«Vous savez, dans ce milieu, les gens sont souvent ruinés.Le toit coule.On vend un tableau, on vend des terres, puis le château\u2026 » À vingt ans, en 1969, il partait sac au dos visiter l\u2019Amérique du Nord, tomba amoureux du Québec et s\u2019y installa, déclarant tout de go : « Je ne rentre plus ! » «Mes parents m\u2019ont coupé les vivres.J\u2019ai fait 36 métiers, lavé la vaisselle, balayé, travaillé dans une colonie de vacances.Le Québec, c\u2019est la liberté.» On l\u2019a embauché comme intervieweur pour une maison d\u2019édition anglophone, ancrant ainsi sa carrière dans le manuel scolaire : le voici bientôt marié, avec deux filles, dont la future femme de théâtre Évelyne de la Chenelière.Il obtint sa citoyenneté en 1975, devint directeur d\u2019édition après avoir appris sur le tas.En 1984, il fondait dans son sous-sol sa maison Chenelière Éducation, traduisant au départ des manuels pour les Francos hors Québec et les Anglos en immersion, sillonnant le pays, avant de finir avec 230 employés à temps plein.Et hop, nouveau virage ! Pourquoi ce manque de mécènes culturels francophones dans un champ occupé à 80% par les Anglos?on lui demande.« Il y a 40 ans, peu de francophones avaient des sous, ré- pond-il.Aujourd\u2019hui, les nouveaux riches sont plus anxieux.Peut-être le fait d\u2019être immigrant change-t-il la donne.J\u2019ai tant reçu du Québec avec cette envie de lui rendre la pareille, mais il me semble qu\u2019on ne prêche bien que par l\u2019exemple.» Vrai ! Dada percute Giselle Parlant de personnalités inspirantes, un mot pour souligner la pulsion du Giselle de la Sud-Africaine Dada Ma- silo, qui fait éclater le moule du ballet romantique après un Lac des cygnes tout aussi décapant en 2016.Tête rasée, menue, éblouissante, vibrante, Dada Masilo, en Giselle soudain vengeresse, est le clou de cette distribution de danseurs noirs, où les tutus sont des vêtements unisexes.Mieux vaut connaître le propos de ce ballet pour s\u2019y retrouver, reste que la modernité en danse passe beaucoup par l\u2019Afrique du Sud.Dernière représentation samedi à la PdA.Et longue vie à Dada Masilo ! der si ce sera sexy ! C\u2019est quoi, sexy ?Ça veut dire quoi ?On cherche plutôt avec les deux danseurs (Éline Ma- lègue et Raphaël Bouchard) comment ils se sentent, se font sentir l\u2019un et l\u2019autre\u2026 Nous tentons d\u2019aller au-delà des clichés.» S\u2019est posée aussi la question du fauteuil roulant auquel Clif ford, le mari, est confiné, « à cause de l\u2019appropriation de récit qu\u2019on peut se retrouver à faire.Je suis très sensible à cette idée.On s\u2019est demandé s\u2019il fallait engager un interprète handicapé ; il y a aussi deux scènes du passé, où Clifford est valide.Le fauteuil roulant est important dans le symbolisme de Lawrence, il représente la machine, l\u2019industrialisation en cours.On a fait beaucoup de recherches \u2014 physiquement et sur Internet.On utilise le fauteuil de manière assez fine, poétique.L\u2019intention est là ; j\u2019espère que ça fonctionne ».Même les souliers dont les danseurs sont chaussés entrent dans le symbolisme.« Et les chaussures influencent grandement les mouvements.Bien sûr que Constance est sur pointes, à cause de son statut social, mais aussi de sa petite rigidité.Mellors porte des bottes.Mrs Bolton a des souliers de caractère, avec un petit talon, parce qu\u2019elle est en train de se hausser socialement.» Cathy Marston s\u2019est baladée entre la version deux (lady Chatterley et l\u2019homme des bois), de 40 000 mots plus dodue, et la troisième et finale version du texte.« Ce que j\u2019aime de ces textes, écrits depuis longtemps, c\u2019est qu\u2019on peut y voyager \u2014 à travers les mots, ou la structure.» L\u2019amant de lady Chatterley Une chorégraphie de Cathy Marston pour les GBC.À la Place des Arts, du 4 au 13 octobre. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 6 | ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR Je m\u2019excuse de mon corps»: premiers mots de Miroir, deuxième extrait dif fusé du nouvel album de Safia Nolin, intitulé Dans le noir.Que demander à celle qui a écrit et chante ces mots-là ?Une explication personnelle ?Dis, Safia, pourquoi tu t\u2019excuses de ton corps ?Ou alors une justification chansonnière ?Dis, Safia, pourquoi écrire une chanson qui commence par s\u2019excuser de son corps ?Non.Rien à demander.Tout à recevoir.C\u2019est un cadeau du cœur, ces mots, pour tous ceux et toutes celles qui les ont chuchotés, enfouis, ou alors hurlés dans l\u2019intimité de leur regard dans le miroir.Depuis Cendrillon : « Miroir, miroir / Je sais que c\u2019est moi la plus laide », chante aussi Safia plus avant dans la chanson.«Je sais, quand je la joue en spectacle, cette chanson, que je rends beaucoup de gens mal à l\u2019aise.Je me dis que si ça crée un malaise, c\u2019est qu\u2019il y a quelque chose à chercher là- dedans.» De l\u2019autre côté du miroir, au- delà du jugement sans appel, au-delà du dénigrement presque universel des humains dans la perception intime d\u2019eux-mêmes, il y a que les mots si doucement, si tendrement, presque affectueusement chantés par Safia No- lin existent au grand jour, dans la lumière.«Faut nommer les choses difficiles à nommer.C\u2019est le seul pouvoir qu\u2019on a : s\u2019affronter, y aller.La vérité, ce que j\u2019ai compris, c\u2019est que c\u2019est la plus grande preuve d\u2019amour envers soi-même qui existe.Dire devant le miroir ce qu\u2019on pense vraiment.Et La noirceur sous les projecteurs Dans le noir, le deuxième album de ses terribles et terriblement belles chansons, Safia Nolin creuse encore plus profond que Limoilou : tout déterrer, c\u2019est tout éclairer » | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 L E S F L Â N E U RS Il n\u2019est pas trop tard pour monter à bord de la grinçante deuxième saison de Faits divers.Partie sur un train d\u2019enfer sur ICI Radio-Canada Télé, la série signée Joanne Arseneau poursuit son exploration des «zones amorales» avec une surenchère de revirements frisant le grotesque.À la caméra, Stéphane Lapointe prend visiblement un malin plaisir à surligner les défauts des uns et les malaises des autres, tirant vers le haut (et l\u2019absurde!) cette incursion dans un univers policier aux antipodes des multiples déclinaisons ultraléchées à la CSI.Décapant! Croustillante Faits divers Attachez vos ceintures, vous êtes sur le point d\u2019effectuer un voyage inter- galactique.Le Centre Phi, à Montréal, présente la trilogie Spheres d\u2019Eliza McNitt dans le cadre de sa nouvelle exposition Écho.Spheres propose de partir en quête des sons du cosmos à l\u2019aide d\u2019un casque de réalité virtuelle.L\u2019expérience se divise en trois parties.Chorus of the Cosmos fait plonger le participant au cœur de notre système solaire.Songs of Spacetime l\u2019invite à l\u2019intérieur d\u2019un trou noir, et A Pale Blue Dot le ramène sur la Terre d\u2019au- jourd\u2019hui.Le tout est conçu à l\u2019aide d\u2019images fabriquées par ordinateur, mais basées sur nos connaissances scientifiques.En anglais seulement.Voyage intergalactique au Centre Phi Après s\u2019être hissé parmi les dix finalistes du prix Polaris \u2014 et avoir livré une prestation éblouissante lors du grand gala de la récompense prestigieuse \u2014, le pianiste Jean-Michel Blais est remonté à la surface de notre écoute musicale.Son dernier disque Dans ma main mélange des racines plus classiques \u2014 disons à la Satie, pour résumer \u2014 à des sonorités électroniques, issues d\u2019une récente collaboration de Blais avec le groupe CFCF.C\u2019est doux, épuré et assez hypnotique.À écouter tard le soir calé dans son sofa, un casque sur la tête.On savoure la performance d\u2019Emmanuel Schwartz en Voltaire, entouré de ses personnages de Candide ou l\u2019optimisme, à l\u2019affiche du TNM, avec folle équipée dans un XVIIIe siècle de violence insensée que le philosophe Pangloss et son disciple voient à travers des lunettes roses.Cette amusante et éloquente adaptation, avec ponts temporels érigés, du conte de Voltaire par Pierre-Yves Le- mieux s\u2019appuie sur une fine mise en scène d\u2019Alice Ronfard.Lire ou relire Candide dans cette foulée n\u2019est pas plus mal.Ça permet de comparer l\u2019adaptation au texte original.En voyage avec Voltaire Dans mes oreilles ODILE TREMBLAY PHILIPPE PAPINEAU LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY CAROLINE MONTPETIT Cette écriture chansonnière en prise directe avec le mal-être, le désir, la douleur et la mort est sa manière, son truchement, son issue, la solution de Safia Nolin.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR moi, j\u2019ai la chance de partager ça.» Comme pour les chansons de Li- moilou, le premier album paru en 2015, cette écriture chansonnière en prise directe avec le mal-être, le désir, la douleur et la mort (« les doigts direct dans la prise de courant », ri- gole-t-elle), est sa manière, son truchement, son issue, sa solution.Il y a bien eu en 2016 les relectures de succès de Céline Dion, de Julie Masse, de La Chicane et autres Éric Lapointe pour l\u2019album Reprises vol.1, interprétations à la fois jouissives et bouleversantes, sa sorte de récréation.Les mots clés Mais il n\u2019en demeure pas moins que son mode d\u2019expression est un mode de survie.« Trois ans ?Ça fait juste trois ans ?Ben voyons donc ! Crisse que j\u2019en ai vécu, des choses, en trois ans ! Trois vies et autant de morts, minimum ! Ayoye ! » El le pouf fe d\u2019un grand rire mal retransmis par nos téléphones moyennement intelligents : elle est à Val-David en plein montage de scène ; c\u2019est la pause.« Écrire ce que j\u2019écris, c\u2019est pas plus facile, en fait c\u2019est plus tough, mais il y a un niveau d\u2019acceptation qui a été atteint.Ça permet de dire les choses de manière encore plus\u2026 prononcée.» Le dernier mot la fait rigoler : euphémisme dénoncé.Dans le profil que fournit Bonsound, la compagnie de disques, elle parle plutôt d\u2019une plume « purement déprimante », ou de « folk triste ».On s\u2019amuse un instant à établir des statistiques sur la fréquence de ses mots clés.«Je pense que «mort», c\u2019est le mot qui revient le plus souvent», dit-elle, de mémoire.Dans la grande feuille dépliée qui affiche les textes blanc sur noir, je le vois bien: la mort est partout.Je note que le corps sert à cinq chansons, dans un large registre : ça va de «Le fond de mon cœur, c\u2019est sombre » (dans Encore) à «Je voudrais dormir / Contre ton corps » (dans Le néant).» À ma grande surprise, ça la surprend : « Ben voyons donc ! Je m\u2019en étais pas trop rendu compte\u2026» Elle rit encore.«My god, c\u2019est lourd!» Mais non, pas lourd.Dense, oui.Dur, intense, noir, bien d\u2019accord.Cat Power, PJ Har vey, c\u2019est pas lourd.Les 2Frères, Gregory Charles, ça, c\u2019est lourd, même quand ça se veut léger, c\u2019est pesant.Quand Safia No- lin chante « Tant que la mort n\u2019est pas loin / Je pourrai passer » (dans Les chemins) ou « Je grandis et je meurs » (dans Le néant, pièce finale vraiment finale), elle se donne les moyens de cohabiter avec sa vérité sans mourir, justement.« Je pense que, plus je vais dans le noir, plus je me donne de chances de voir les rayons de lumière.Ma victoire ce coup-ci, c\u2019est d\u2019avoir pu aller jusque dans mon adolescence, mon enfance.» Dans 1998 , elle chante : « L\u2019été est six pieds sous ter re / Comme mes rêves / et ma tête d\u2019enfant ».Creuser ainsi, c\u2019est déterrer.Tout dire et tout montrer Au Cinéma Beaubien le 3 octobre, on projettera un film qu\u2019elle a monté à partir « d\u2019archives de quand j\u2019étais jeune, de moments en studio\u2026 » Elle rit fort et résume, sur un ton exagéré exprès : « Un beau petit film amateur de moi\u2026 » La première montréalaise du spectacle aura lieu le 18 octobre à l\u2019Outremont.« C\u2019est le meilleur moment pour moi, en show, en France, au Québec, partout le rush d\u2019amour, c\u2019est juste fou, et là, pour la première fois, si je veux, je peux faire rien d\u2019autre que mes tounes ! » Et ce sera intense, et ce sera doux.Ces pickings qui bercent, cette instrumentation pleine de réverbération des Joseph Marchand et Philippe Brault qui nous enveloppe, cette voix d\u2019une infinie tendresse, ces harmonies avec Ariel Engel (La Force) dans la magnifique Lesbian Break-Up Song, c\u2019est beaucoup, beaucoup de délicatesse.« J\u2019ai eu beaucoup besoin de douceur autour de moi, et de douceur dans la voix, et de douceur dans les mélodies, pour dire les af faires que je voulais dire.J\u2019avais besoin d\u2019arrondir les coins de la musique pour que les saillies me fassent pas trop mal.Ça aurait pu être un album punk aussi, tu sais ?» La voix au bout du fil, déjà douce, devient caresse.«J\u2019ai été attaquée, insultée beaucoup, mais aimée encore plus.Je suis entourée de gens avec qui je suis bien, avec qui je peux être complètement moi et rire.Même dans les pires moments, je me trouve chanceuse, je remercie la vie.C\u2019est pas compliqué, finalement.Je pense qu\u2019en allant vraiment au bout de la marde, tu trouves de la beauté.» Dans le noir Safia Nolin, Bonsound, en magasin et en ligne le 5 octobre.Projection et discussion au Cinéma Beaubien le 3 octobre.En spectacle au théâtre Outremont le 18 octobre.Faut nommer les choses difficiles à nommer.C\u2019est le seul pouvoir qu\u2019on a : s\u2019affronter, y aller.La vérité, ce que j\u2019ai compris, c\u2019est que c\u2019est la plus grande preuve d\u2019amour envers soi-même qui existe.Dire devant le miroir ce qu\u2019on pense vraiment.Et moi, j\u2019ai la chance de partager ça.SAFIA NOLIN » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 8 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR n programmant Actéon et Les plaisirs de Versailles de Marc-Antoine Charpentier en version scénique, vendredi à la salle Bourgie, Luc Beauséjour et Clavecin en concert élargissent leur palette artistique.Luc Beauséjour, qui a fêté en mars dernier son 60e anniversaire, est depuis trois décennies notre incontournable claveciniste vedette.L\u2019univers de l\u2019art lyrique ne lui est cependant pas étranger : « J\u2019aimais beaucoup, à l\u2019époque de mes 18 ans, des voix incroyables comme Elisabeth Schwarzkopf, Maria Callas\u2026 Mais le disque que j\u2019ai le plus écouté quand j\u2019étais jeune, c\u2019était un «best of» de Janet Baker.Pas forcément du répertoire baroque.J\u2019étais simplement pris par la voix», confie le musicien au Devoir.Le claveciniste, qui n\u2019est pas un « collectionneur de DVD d\u2019opéra », se rappelle avec émotion ses années au Conservatoire « J\u2019étais organiste et claveciniste et j\u2019avais invité la jeune Karina Gauvin à chanter.Je ne me souviens plus des pièces, mais la manière de respirer, l\u2019attitude, la voix m\u2019avaient enchanté, et c\u2019est comme cela qu\u2019est né son premier enr eg is t r ement , Le pe t i t l i v re d\u2019Anna Magdalena Bach.» Parmi ses écoutes récentes, Luc Beausé- jour cite « beaucoup de Haendel par William Christie et L\u2019Orfeo de Jordi Savall, qui ont mené à ce que nous faisons aujourd\u2019hui ».Un rêve vieux de dix ans Cette actualité, c\u2019est la présentation en version scénique, à la salle Bour- gie, le vendredi 5 octobre, des Plaisirs de Versailles et d\u2019Actéon de Marc-Antoine Charpentier (1643- 1704).« Il y a une dizaine d\u2019années, nous faisions des plans stratégiques avec le conseil d\u2019administration de Clavecin en concert, et l\u2019opéra était dans ses plans.J\u2019ai toujours aimé la voix.Introduire le chant dans nos saisons a été une considération omniprésente depuis nos débuts il y a 25 ans», résume Luc Beauséjour.L\u2019objectif de Clavecin en concert est désormais de proposer un programme lyrique de cet acabit par saison : la série entamée la saison dernière avec Venus et Adonis de John Blow doit se renforcer la saison prochaine par une collaboration avec la Fondation Ar te Musica.« Cette année, nous sommes autonomes, c\u2019est-à-dire que nous assumons tous les frais.Mais nous le Luc Beauséjour, du clavecin à l\u2019opéra Clavecin en concert se lance dans l\u2019opéra baroque.À la bonne heure ! Luc Beauséjour en répétition avec la mezzo-soprano Stéphanie Pothier et Margaret Little à la viole de gambe.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR E | 9 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 DERNIÈRE SEMAINE! Un texte touffu et dense.Une mise en scène explosive.Des interprètes fous comme des balais.Christian Lapointe a conçu un objet théâtral inventif et foisonnant.Un spectacle à voir et à revoir.Mario Cloutier, La Presse+ Le texte de Martin Crimp et la mise en scène déjantée de Christian Lapointe [posent] des questions très modernes sur le pouvoir, la politique et la place des femmes.Benoit Valois-Nadeau, Journal Métro Concerts de la semaine Schéhérazade payant.Revoilà Schéhérazade de Rimski-Korsakov à l\u2019OSM, cinq semaines après le concert gratuit au Stade olympique.Cette fois, le concert sera payant, le dernier mouvement ne sera pas amputé de ses premières pages, et le chef sera James Feddeck, qui avait effectué un remplacement très convaincant en février 2017.En première partie, Truls Mork usera de son talent pour ne pas faire paraître trop rébarbative la Symphonie concertante pour violoncelle et orchestre de Prokofiev.Les 2 et 3 octobre à 20h à la Maison symphonique.Rachmaninov.Après leur Rhapsodie sur un thème de Paganini au Festival de Lanaudière à l\u2019été 2016, Nicholas Angelich, Yannick Nézet-Sé- guin et l\u2019OM se retrouvent pour une intégrale des concertos de Rachma- ninov sur deux saisons qui débute avec les Concertos pour piano no 3 (le 6 octobre) et no 4 (le 4 octobre).La Symphonie no 1 de Sibelius, en seconde partie, sera le premier volet d\u2019un nouveau cycle discographique chez ATMA.Le 5 octobre, les musiciens se produiront à Toronto.Les 4 et 6 octobre, à 19h30, à la Maison symphonique de Montréal.voyons comme un investissement.» L\u2019idée est de pouvoir proposer le spectacle en tournée par la suite.« Comme nous présentons Actéon dans une salle de concert, pourquoi ne pas le refaire ailleurs?» se demande le chef et claveciniste.À la salle Bourgie, l\u2019ensemble instrumental sera dans la salle, et les chanteurs sur scène, une configuration qui s\u2019est imposée après l\u2019expérience Vénus et Adonis de la saison passée.Entre l\u2019œuvre de John Blow et Marc-Antoine Charpentier, le concept a évolué : «Nous voulons développer l\u2019aspect visuel.Nous avons fait appel à un costumier, et les éclairages seront plus travaillés.» Le créneau de Clavecin en concert est celui des opéras baroques sans trop de déploiements : le budget doit rester dans des limites, et nous ne sommes pas prêts de voir des opéras de Rameau : « Il faut avancer de façon sûre et être en terrain solide avant de faire le pas suivant », analyse Luc Beauséjour.Actéon a été rodé en novembre 2017 à l\u2019Université de Montréal, où Luc Beauséjour enseigne.Raison pragmatique : « C\u2019est plus facile de monter des opéras que l\u2019on connaît déjà.» Il cite Didon et Enée et The Fairy Queen de Purcell et Orphée descendant aux enfers de Charpentier parmi les ouvrages « à portée » de Clavecin en concer t et de sa par tenaire à la mise en scène, Marie-Nathalie Lacoursière.« J\u2019ai trouvé une passionnée, et je crois que nous formons un tandem intéressant », se réjouit le musicien.Une pastorale de chasse Alors que Charpentier est principalement un compositeur de musique religieuse, Actéon est un petit bijou à part dans sa production, une pastorale.L\u2019histoire d\u2019Actéon a été racontée par Ovide au Ier siècle.Au cours d\u2019une chasse à l \u2019ours, un jeune prince surprend Diane nue en train de se baigner.Comme punition, puisque la déesse ne saurait être vue dénudée par un mortel, le chasseur va être transformé en proie.Actéon, métamorphosé en cer f, mour ra dévoré par ses propres chiens.Si la pastorale est le genre musical, la chasse en est le cadre, et c\u2019est pour cela qu\u2019Actéon fut composé en relation avec des fêtes liées à la chasse à la cour de France.Actéon comporte cependant davantage de dialogues que de scènes d\u2019action.La partition d\u2019Actéon n\u2019est pas vraiment datée, mais les spécialistes s\u2019entendent pour la situer dans les années 1680.Quant aux Plaisirs de Versailles, c\u2019est un divertissement de 1682, mettant en scène des personnages allégoriques : la musique, la conversation et le jeu.Ce concert ouvre la 25e saison de Clavecin en concert, et Luc Beau- séjour convient qu\u2019il « fallait être un peu original ».« Vous savez, Arte Musica organise quand même 105 concer ts par année.Cela devient donc très dif ficile pour de petits organismes comme nous de ne pas être noyés complètement, et il faut, pour nous distinguer, présenter des choses qu\u2019Arte Musica ne propose pas.» Pour son prochain concert, dans le cadre du Festival Bach, Luc Beau- séjour a trouvé une idée imparable : « Je propose un concer t avec des clavecins de ma collection, voilà quelque chose qu\u2019Ar te Musica ne peut pas présenter, puisque ce sont mes propres instruments.» Il y aura ensuite un concert des Noëls français commandé par Radio-Canada pour le Noël Euroradio 2018, et une soirée avec Jean-Philippe Sylvestre le 17 avril lors de laquelle seront associés deux précieux pianos Erard.En mai, le célèbre claveciniste Jory Vinikour mettra un terme à cette saison anniversaire.Actéon.Les plaisirs de Versailles Avec Jacqueline Woodley, soprano (La Musique), Stéphanie Pothier, mezzo-soprano (La Conversation), Philippe Gagné, ténor (Actéon), Marianne Lambert, soprano (Diane), Chœur et Ensemble Clavecin en concert, Luc Beauséjour, clavecin et direction.Mise en scène: Marie- Nathalie Lacoursière.Salle Bourgie, vendredi 5 octobre, 19h30. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 1 0 | ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Ça fait six mois que je ne suis pas resté plus de trois jours au même endroit », souffle Robert Nelson, rappeur au sein du collectif Ala- clair Ensemble, du duo Rednext Level et Président du Bas-Canada.Le sens des paroles, album tout chaud d\u2019Alaclair, est le miroir de cette dernière année mouvementée au sein du groupe, plus soudé que jamais, constamment sur les routes du Québec et de l\u2019Europe à donner des concerts \u2014 les musiciens repartent d\u2019ailleurs pour le Vieux Continent le 11 octobre, c\u2019est à Paris d\u2019abord, le 25, que sera lancé ce septième album, avant le grand rassemblement au Club Soda du 30 novembre.Président Ogden Robert Nelson s\u2019accordait au moment de notre entrevue quelques jours de repos dans sa cabane au Bas-Canada, un chalet sur le bord d\u2019un lac non loin de Shawinigan où il a élu domicile lorsque l\u2019horaire de tournée le lui permet.« Je ne viens pas d\u2019une famille rurale, mais d\u2019une famille d\u2019intellectuels urbains », dit le rappeur pour tenter d\u2019expliquer cette attirance pour le large de la ville.« J\u2019ai testé l\u2019expérience l\u2019hiver dernier, voir ce que ça faisait au moral de vivre seul dans le bois.Finalement, à moyen-long terme, je me projette davantage ici.» Déformation professionnelle, il ne sort plus vraiment dans les clubs autrement que pour s\u2019y produire, accompagné de ses acolytes Maybe Watson, KenLo, Eman, Vlooper, Claude Bégin.Depuis la parution du précédent album, Les frères cueilleurs (2016), et du succès de la chanson Ça que c\u2019tait (1,1 million de visionnements sur YouT ube, p lus de 900 000 écoutes chez Spotify), Ala- clair Ensemble récolte de concert en concert huit ans de labeur à imposer sa vision, ludique et foisonnante, d\u2019un rap québécois.Les tournées, celles en Europe surtout, ont recentré le noyau de la famille Alaclair : « On n\u2019avait jamais fait des tournées de deux semaines, à être constamment ensemble, 24 heures sur 24 \u2014 ça ne se fait pas, au Québec.La camionnette est un peu devenue notre bureau.C\u2019est là- dedans que se passent nos brainstorms, que les questions se règlent, que les idées viennent », note Ogden, qui insiste sur le caractère nomade de la vie de groupe.« Ça génère un autre rythme mental.» Et une toute nouvelle dynamique sur disque.Le sens des paroles a été enregistré sur plus d\u2019un an, tantôt en studio, à Québec ou à Montréal, tantôt dans des chambres d\u2019hôtel ; les voix des membres du groupe ont toujours paru en cohésion sur ses albums, c\u2019est encore plus patent sur ce nouvel album, qui s\u2019ouvre sur un tour de force, la chanson De Partout, une longue diatribe de presque sept minutes articulée sur une rythmique plombée de Vlopper et entrecoupée d\u2019une brève comptine façon Passe- Partout, dans le pur style Alaclair.Ainsi, après un retour aux sonorités old school des Frères cueilleurs, le groupe embrasse aujourd\u2019hui goulûment les sonorités modernes du trap, avec quelques petits écarts stylistiques du côté de la ballade aux tons soul (436), la salsa (fameuse Quand même clean), reggae-dance- hall (Pied sul gaz), ainsi qu\u2019au rap du tournant du millénaire \u2014 on aurait entendu Jay-Z rapper sur la r ythmique de Refined Moment , alors que la deuxième chanson du disque, Paroisse, semble être un clin d\u2019œil au Drop It Like It\u2019s Hot de Snoop Dogg et Pharrell (2004).« Ce sont toutes des références qui flottent » dans l\u2019air des studios où travaillent les membres d\u2019Alaclair, commente Président Nelson.«Ça fait tellement longtemps qu\u2019on écoute du rap, même sans vraiment se fixer une chanson particulière lorsqu\u2019on attaque un nouveau morceau, ces influences finissent par émerger.» «J\u2019ai surtout l\u2019impression que c\u2019est le premier album explicitement porté sur la tendance » de l\u2019heure, poursuit Ogden, qui ajoute que le son de ce nouvel album « est dif fé- rent [de celui de] nos débuts, alors qu\u2019on essayait de mélanger plein d\u2019influences, ni comme le dernier album, ef fectivement old school.Là, c\u2019est un peu Les frères cueilleurs prise deux, mais avec l\u2019approche nouvelle école \u2014 bon, c\u2019est un peu simpliste de présenter l\u2019album comme ça, mais il serait cohérent de le voir ainsi.» Le vocabulaire est toujours aussi créatif, et de plus en plus autoréféren- tiel, comme l\u2019est d\u2019ailleurs la pochette de l\u2019album, mi-Sex-Pistols avec sa reine Élisabeth « tatouée dans le visage comme ça semble être la mode chez les rappeurs américains », note L\u2019autre tour de piste d\u2019Alaclair Ensemble Le sens des paroles est le miroir de cette dernière année mouvementée au sein du groupe « | 1 1 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 ENTREVUE CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR lorent Vollant aime être en mouvement.Il dit que, lorsqu\u2019il bouge, son esprit est bien, à l\u2019abri des mauvaises tendances.Il faut dire que ses ancêtres ont marché des mois durant : le Nord au complet, de Sept-Îles à Kuujjuaq.Son dernier disque, Mishta Meshkenu, est un hommage à la route.La grande route : la 138, celle que Florent Vollant a empruntée sans relâche, à partir du moment où ses parents, originaires du Labrador, ont été relogés dans la réser ve innue de Maliote- nam, où il vit encore aujourd\u2019hui.Celle qui mène de Kahnawake à Natashquan.Mishta Meshkenu.La grande route.« On connaît la route.La route nous connaît.Soyez sans crainte.Nous venons en amis », peut-on lire dans le livret du disque.« Je suis toujours en tournée, dit le chanteur, joint au téléphone alors qu\u2019il visitait l\u2019Abitibi.J\u2019ai aussi un circuit autochtone.Je suis appelé à faire des spectacles dans ces endroits, où j\u2019ai des amis».Projet acoustique Au cours des dernières semaines, Florent Vollant a entre autres accompagné l\u2019Orchestre symphonique de Montréal et Kent Nagano dans une tournée de plusieurs communautés autochtones.Florent Vollant y était narrateur de l\u2019opéra Chaakapesh, un conte qui met en scène le fripon à l\u2019origine de la création du monde, dans l\u2019esprit innu.« C\u2019était fascinant d\u2019avoir accès à l\u2019univers de l\u2019orchestre.J\u2019ai vécu quelque chose de très grand.Je me suis senti très bien.J\u2019ai vu la manière de travailler du maestro, sa façon de faire et sa rigueur », dit-il.Pour Mishta Meshkenu, Florent Vollant a voulu un projet plutôt acoustique, avec guitare, podoryth- mie, teweikan (tambour), banjo, violon, harmonica et flûte.Et toujours cette voix, douce et soutenue, que le monde a découverte il y a plusieurs décennies déjà, avec le groupe Kash- tin, que Florent Vollant a créé à l\u2019époque avec Claude Mackenzie.Comme bien des autochtones, Florent Vollant a dû quitter sa famille, qui vivait alors en plein Labrador, pour le pensionnat, à l\u2019âge de quatre ans.C\u2019est un petit xylophone qui l\u2019a aidé à traverser ces premières années de scolarité, jusqu\u2019au départ du pensionnat, vers 13 ou 14 ans.« La musique était très présente dans ma famille, dit-il aujourd\u2019hui.Ma famille était très musicale.Mon père jouait de l\u2019harmonica et du violon.Il y avait beaucoup d\u2019instr uments, et des rassemblements proches de la musique ».Le makusham, notamment, est une célébration où il y a un festin, de la danse, et du chant.Makusham, c\u2019est aussi le nom d\u2019un studio d\u2019enregistrement et d\u2019une maison de formation et de création que Florent Vollant a créés à Maliotenam.Il a pourtant fallu du temps avant que Florent Vollant ne se mette à chanter en innu.«Mes parents chantaient en français.Parfois, un peu en innu, pour rigoler.Il n\u2019était pas question de penser qu\u2019on pouvait chanter en innu, ou enregistrer un disque en innu», dit-il.C\u2019est au contact du chanteur innu Philippe McKenzie, que Florent Vol- lant a accompagné durant plusieurs années, que la perspective de chanter en innu fait surface.Elle prend son envol au festival Innu Nikamu, de Maliotenam, qui célèbre cette année ses 35 ans.L\u2019une des chansons de Mishta Meshkenu s\u2019intitule d\u2019ailleurs ainsi, Innu Nikamu, dont Vollant résume les paroles ainsi en français : «Grand rassemblement / Autour de la musique / Partager sa fierté / Partager le rêve / J\u2019entends l\u2019appel.» Une autre chanson, Pmutetau \u2013 La ballade de Stanley, est un hommage au chirurgien innu Stanley Vollant, de la communauté innue de Pessamit, qui a marché des milliers de kilomètres, et qui marche toujours, pour la santé et la rencontre des Autochtones et des non-Autochtones.« J\u2019ai un grand respect pour Stanley, pour ce qu\u2019il fait, pour ce qu\u2019il démontre, comme exemple aussi.C\u2019est un exemple de réussite», dit Florent Vollant.Comme une implosion La route donc, qu\u2019on la traverse à pied, en voiture, en avion, est au cœur de Mishta Meshkenu.La 138 que Vollant a empruntée, adolescent, pour se rendre aux pow-wow, à Pes- samit ou à Masteuiash.La route qui permet aussi de rentrer chez soi.Parce qu\u2019il y a Tshiam Tshiue, une chanson dédiée «à ceux qui viennent perdre le nord dans les grandes villes.Il y a de la place dans le cœur de vos proches.Il serait peut-être temps de rentrer ».Depuis Kashtin, le grand public a peu à peu appris à reconnaître la langue innue, une langue douce, qui peut aussi contenir beaucoup de colère.« C\u2019est une langue très musicale, dit Florent Vollant.Elle ne compte pas le son \u201cr\u201d.Il n\u2019y a pas la friction de ce son.Moi, dans mon esprit, mon attitude ou la vision que j\u2019en ai, ce serait plutôt une implosion.Cela va vers l\u2019intérieur.Cela reste très vivant, très rythmé ».Mishta Meshkenu Florent Vollant, Instinct Musique La vie en mouvement Florent Vollant lance Mishta Meshkenu, un album hommage à la route 138 Florent Vollant aime être en mouvement.Il dit que, lorsqu\u2019il bouge, son esprit est bien, à l\u2019abri des mauvaises tendances.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR F Les tournées, celles en Europe surtout, ont recentré le noyau de la famille Alaclair : « On n\u2019avait jamais fait des tournées de deux semaines, à être constamment ensemble, 24 heures sur 24 », note Ogden.LOÏC FORTIN Ogden, mais qui reprend même la photo souveraine qu\u2019avait utilisée Alaclair pour illustrer la pochette de son album Les maigres blancs d\u2019Amérique du Noir (2013).L\u2019une des belles surprises du Sens des paroles demeure FLX, la collaboration du vétéran du street rap québécois Souldia \u2014 lequel offre d\u2019ailleurs une des meilleures punchs lines de l\u2019album qu\u2019on vous laisse le soin de dénicher (indice : c\u2019est une référence à un classique des Colocs).La chanson fait ici référence au prix remporté par Alaclair Ensemble au gala de l\u2019ADISQ en 2017 dans la catégorie Album hip-hop pour Les frères cueilleurs\u2026 et à ceux que ne remporte pas l\u2019immensément populaire Souldia, « mais c\u2019est parce qu\u2019il ne s\u2019inscrit pas à l\u2019ADISQ, ce n\u2019est pas un cas de boycottage », note Ogden.«Le fait de gagner ce Félix nous a propulsés dans certaines zones médiatiques, sur la première ligne même.Nous, on en revient, c\u2019est-à- dire qu\u2019une fois retournés derrière le rideau, entre nous, on réalise qu\u2019on a moins de visionnements et d\u2019écoutes et qu\u2019on vend moins d\u2019albums que Souldia», ce collègue rappeur lui aussi originaire de la capitale qui pratique un style de rap diamétralement opposé, dans son attitude comme dans ses thématiques, à celui d\u2019Alaclair.«C\u2019est mystifiant de sentir à la fois que ce qui se passe pour nous, c\u2019est mérité parce qu\u2019on travaille for t, mais qu\u2019en parallèle de l\u2019intérêt qu\u2019Alaclair suscite, y\u2019a aussi tous ces rappeurs qui se battent dans l\u2019ombre sans obtenir, eux, la reconnaissance qu\u2019ils devraient avoir\u2026» Le sens des paroles Alaclair Ensemble, Disques 7ième Ciel L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e M u s i q u e 1 2 | ENTREVUE SOPHIE CHARTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR our que son projet musical conserve sa pertinence, Anatole, le chanteur aux suggestifs déhanchements, devait se repentir de ses mensonges passés et mettre en scène sa propre mor t.Testament, son nouvel album, explore les thèmes de la fin de cycle et du rituel.« L\u2019approche qu\u2019on a avec Anatole, c\u2019est de contourner les codes qu\u2019on a au Québec, de tenter de redéfinir le spectacle et ses possibilités, explique par téléphone Alexandre Martel.À force de faire des spectacles, année après année, je m\u2019étais créé d\u2019autres attentes.» Mis au monde en réaction aux horizons limités du spectacle musical, Anatole en devenait une composante.Donner au public ce qu\u2019il attend, c\u2019est ce qu\u2019Alexandre ne voulait justement pas faire dès le début en créant cet énergumène suave qui se touche les parties.Le poids de la formule était devenu trop lourd.Avec son visage peint de blanc, ses costumes moulants, son rouge à lèvres, son allure de pierrot explicite, le personnage emprisonnait l\u2019interprète.« Il fallait tout le temps que ce soit plus big, plus flamboyant, avec des plus gros costumes, se rappelle le jeune homme.Vers la fin de la dernière tournée, on avait commencé à travailler sur [Testament] puis il fallait sortir du studio pour aller faire des shows.C\u2019était de plus en plus lourd à porter, tout ça devenait mécanique.Et, forcément, désincarné.J\u2019ai eu la volonté de tout mettre à terre.Je devenais ce que je critiquais.» Offre et demande Mais à qui la faute ?À l\u2019ar tiste, qui prend sur lui de correspondre aux attentes?Ou bien au public, qui exige ce qui existe déjà?«Un peu des deux, répond-il, après courte réflexion.Pour citer la classique phrase de Mouffe dans la chanson Ordinaire, \u201cplus on en donne, plus le monde en veut\u201d\u2026 C\u2019est à la fois les demandes du public et moi aussi, en étant sur scène.» Entre donc en scène le nouvel Anatole.Le visage blanc est toujours là.Mais le per formeur présente ses aveux : cette « Nouvelle L.A.» messianique qu\u2019il nous avait promise auparavant n\u2019était qu\u2019un Tu tueras ce que tu as créé Avec Testament, Anatole se sacrifie pour renaître Entre donc en scène le nouvel Anatole.Le visage blanc est toujours là.Mais le performeur présente ses aveux : cette « Nouvelle L.A.» messianique qu\u2019il nous avait promise auparavant n\u2019était qu\u2019un bluff.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR P bluff.« On passe d\u2019un truc qui était très noir et blanc dans ma tête, à quelque chose de peut-être un peu plus humain », expose Martel.Faut- il comprendre que le personnage en est moins un ?« Le personnage est toujours aussi présent.[.] Le personnage a toujours été une toile vierge sur laquelle je pouvais projeter ce que je voulais.C\u2019est un prétexte à l\u2019aventure esthétique.» Auto-référentiel dans son propos, ce second album, pétulant et vif, fait appel aux génies d\u2019une révolue époque dorée de la musique pop intelligente : Talking Heads, Niagara, The Proclaimers, Kate Bush, Peter Gabriel.C\u2019est aussi disco, parfois.Et aussi très cinématographique.La voix du jeune homme se fait voilée, nimbée dans une distorsion très boudoir.Sur fond de synthétiseurs chatoyants, de gated reverb et de basse groovy, Anatole chante l\u2019ennui de soi-même, mais aussi l\u2019amour des applaudissements, le besoin d\u2019être adoré, la mythification.Il expose ce qu\u2019il est : un bonimenteur, un prétexte, une image.Mais c\u2019est pour ça que vous m\u2019aimez, semble-t-il avancer, avec l\u2019insolence de celui qui ose occuper le devant de la scène.Rituel scénique Créé exprès pour la scène, Anatole n\u2019a d\u2019autre choix que d\u2019en parler.«C\u2019est un album qui parle de la scène puis de la relation que l\u2019artiste a avec son public, une relation cannibale.Dernièrement, j\u2019ai cette réflexion : j\u2019ai vraiment l\u2019impression que la scène, le spectacle au sens large, ça a quelque chose du sacrifice.C\u2019est un rituel.» Et dans cette cérémonie, l\u2019artiste est sacrifié.Mais il se porte lui-même volontaire.« Le public sacrifie l\u2019artiste, mais le public voit ça comme le plus grand des honneurs.Cette façon qu\u2019on a de se rassembler pour assister à un [spectacle], ça a quelque chose des anciennes croyances païennes.Mais bon, c\u2019est pas un truc que je théorise de façon consciente\u2026 Le public est là, il attend de recevoir quelque chose, l\u2019ar tiste doit of frir quelque chose.Puis, le public repu peut repartir chez lui.» Cet automne, Anatole sera en spectacle (rituel) avec Keith Kouna pour quelques dates, avant de se lancer dans une tournée comme tête d\u2019af fiche cet hiver.Testament sera alors offert directement à son public, dans la forme qu\u2019il se doit, sur scène.Même si le vieux Anatole est mort, parions qu\u2019il y aura à nouveau costumes, gestes passablement obscènes et moments d\u2019intensité.Une nouvelle construction de l\u2019alter ego qui n\u2019attendra, encore une fois, qu\u2019à être contestée plus tard.« Clairement.On crée un nouveau précédent qui sera à détruire.» Testament Anatole, Duprince.En concert à Coup de cœur francophone le 6 novembre. | 1 3 C u l t u r e D i s q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 ROCK EXPÉRIMENTAL The Mountain That We Live Upon ?Thus Owls, Secret City Regarder le temps s\u2019étioler, alors que les feuilles jaunissent et que, résolument, on ne rajeunit pas.Mais avec l\u2019âge vient l\u2019expérience et l\u2019expérience permet une plus grande appréciation de la beauté.Avec ce quatrième album, le duo créateur et amoureux Thus Owls \u2014 Simon et Erika Angell \u2014 nous donne à apprécier justement ça, la beauté.Moins folk et plus épique qu\u2019auparavant, le plus scandinave (d\u2019accord, ils ont aussi un point d\u2019ancrage à Stockholm) des groupes montréalais, proche de Karkwa et de Patrick Watson, sort les grands instruments à cordes, dans un opéra rock aux forts accents Godspeed You! Le chant d\u2019Erika se fait hommage aux grandes dames de l\u2019indie, celles qui n\u2019ont peur de rien: PJ Harvey, Kate Bush, Patti Smith.Au centre du truc, il y a cette pièce qui s\u2019appelle Vessel, qui bâtit l\u2019anticipation sonore à travers ces changements de tonalité et cette tension en crescendo, c\u2019est quasi physique.En concert-concept avec installation artistique, performance de la danseuse Hanako Hoshimi-Caines et projection du cinéaste Karl Lemieux, samedi au Centre Phi.Sophie Chartier RÉENREGISTREMENTS Vingt ?1/2 Catherine Durand, KatMusik Vingt comme dans vingt ans depuis Flou, son premier album.Vingt ans de création de beauté mélodique et d\u2019arrangements soignés, de sentiments discrètement exprimés, de résilience admirable.Je dirais à quiconque n\u2019a pas suivi Catherine Du- rand de près : cet album de chansons revisitées est le parfait point d\u2019ancrage.Une invitation.Commencez là : ça donne envie d\u2019aller à la recherche des six disques précédents, et ça en fait désirer six de plus.L\u2019unité de ton et d\u2019instrumentation dans l\u2019approche, en plus de procurer à ces chansons déjà si belles un écrin commun, donne la mesure de tout le répertoire.Les élues des débuts chez Warner, La lune est au ciel, Peu importe, bénéficient particulièrement de l\u2019occasion, la voix très aérienne d\u2019alors s\u2019étant déposée, affermie, densifiée, sans perdre rien de sa douceur.Seule chanson inédite, Le loup, avec l\u2019apport d\u2019Alexandre Désilets, s\u2019intègre tout naturellement à l\u2019ensemble : pour les habitués de Catherine, c\u2019est la suite, et c\u2019est l\u2019essentiel.Sylvain Cormier DREAM FOLK For my Crimes ?Marissa Nadler, Sacred Bones Il faut voir For my Crimes comme une réapparition: avec ce huitième album, Marissa Nadler revient en effet à une forme fantomatique et uniforme de son folk vaporeux, une matière aussi réverbérante que le serait un lamento dans une église gothique.On est assez loin en cela de l\u2019audacieux Strangers (2016) et de la beauté spectrale de July (2014), qui avaient montré le talent caméléo- nesque de la musicienne américaine.Maintenant, il faut admettre que sa formule, aussi enveloppante soit-elle, est aussi lassante.Difficile de distinguer les morceaux dans la répétition de motifs, difficile aussi de croire à l\u2019émotion dans sa prose inégale et sa voix languissante.Avec une guitare en accords simples, des cordes intenses et des voix en échos suraigus \u2014 par Angel Olsen, notamment \u2014, Marissa Nadler explore les tranchées du couple et l\u2019éléphant que devient la solitude entre deux âmes qui ont commencé leur dérive.Seules You\u2019re Only Harmless When You Sleep et Said Goodbye to That Car sortent d\u2019un certain étouffement \u2014 la mémoire apparaît alors plus juste.En spectacle le 30 novembre au Ritz PDB.Geneviève Tremblay EXPÉRIMENTAL Konoyo ?1/2 Tim Hecker, Domino Le compositeur ambient-expérimental montréalais Tim Hecker change d\u2019air.Après les denses et pastorales sonorités de grandes orgues décortiquées sur ses derniers albums, il se transpose dans la tradition musicale japonaise.Sa matière sonore principale est cette fois le son, les timbres et les harmonies particulières des orchestres gagaku, musique maintes fois centenaire de la Cour impériale de Kyoto, puis du Palais impérial de Tokyo, qu\u2019il triture et dé- construit comme lui seul sait le faire.En rupture avec les massives couches sonores des précédents disques, Hecker privilégie l\u2019effondrement des structures musicales réglementées du gagaku \u2014 c\u2019est frappant sur Across to Anoyo, où les repères orchestraux amenés depuis le début de l\u2019album, ces timbres typiques de l\u2019orchestre japonais enregistré sur place, sont retournés comme une crêpe avec une dissonance appuyée.Quelque chose comme un nouveau chapitre dans la démarche du compositeur, avec même des moments rythmés et mélodieux, possédant autant de moments de grâce que de passages rugueux et déboussolants.Philippe Renaud CLASSIQUE Gaîté parisienne ?1/2 Orchestre symphonique de Québec, Fabien Gabel.Atma ACD2 2757.Déception ou désillusion?Fabien Ga- bel est à la tête de l\u2019OSQ depuis près de sept ans et on espérait que ce disque symphonique, dans un répertoire souvent jovial et flamboyant, serait une brillante carte de visite venant à point nommé dans le redressement et la redynamisation de l\u2019orchestre.Hélas, c\u2019est pire qu\u2019un coup d\u2019épée dans l\u2019eau tant l\u2019étrange sonorité établit une barrière entre l\u2019auditeur et la musique.Le son mat et sec semble avoir été capté dans un endroit si confiné que l\u2019orchestre étouffe et la musique aussi.Ce faisant, l\u2019orchestre sonne, disons, «modestement».En termes psychoacoustiques, l\u2019impression laissée est déplorable, le manque de respiration acoustique étant intuitivement associé à une crispation musicale, néfaste à des esthétiques aussi opposées que Ravel et Poulenc.L\u2019auditeur a l\u2019impression d\u2019entendre un orchestre lambda jouant dans un kiosque, fâcheuse conclusion entérinée par un Offenbach qui ne saurait se mesurer aux disques de Munch, Previn, Ozawa, Rosenthal-EMI, Dutoit, Solti, Maazel et autres.Christophe Huss HIP-HOP Black Soap ?Waahli, Wyzah Musk Le genre de disque nous faisant prendre conscience dès les premières chansons qu\u2019il devait se rendre jusqu\u2019à nos oreilles.Ces inventifs métissages servis à la sauce rap moderne constituent un nécessaire rappel des bienfaits de l\u2019ouverture aux autres musiques au sein de cette éprouvette musicale qu\u2019est la scène montréalaise.Mais où donc se cachait Waahli pendant dix-sept ans?Au creux du collectif soul-afro-funk-rap Nomadic Massive, tantôt à la console, tantôt au microphone, tantôt à la guitare.Enfin, un premier album du vétéran musicien, épatante rencontre entre le hip-hop (ambiance façon The Roots sur Kote, boom bap sur l\u2019imparable Fly Life, moderne sur Rewind), le funk et les musiques antillaises (reggae-dub sur Caps Fit, rara sur la furieuse Kulenge) interprétée en anglais, en français et en créole pour honorer ses racines haïtiennes.Lancé vendredi soir durant POP Montréal, Black Soap s\u2019enrichit aussi des collaborations avec les chanteuses Meryem Saci, Taliwah et Thayana Iver, ainsi que KenLo (et Caro Dupont) d\u2019Alaclair.Philippe Renaud CLASSIQUE Camille Saint-Saëns ?1/2 Louis Lortie, BBC Philharmonic, Edward Gardner, Chan- dos CHAN20031 Deux parutions célèbrent simultanément les concertos pour piano de Saint-Saëns: un disque de Bertrand Chamayou et Emmanuel Krivine (concertos no 2 et no 5) brillant mais tendu chez Warner, et cette nouveauté de Louis Lortie, qui l\u2019emporte en matière de qualité de réglage et de captation du piano, mais aussi, et surtout, de souplesse de jeu et de finesse d\u2019esprit.Le déploiement de puissance de Louis Lortie est impressionnant dans cette version qui, comme, jadis, Du- châble et Lombard (Erato), associe le fameux 2e Concerto avec le trop mésestimé 4e Concerto.Chandos doit vraiment se féliciter du retour en grâce de Louis Lortie il y a quelques années, car il enchaîne les disques comme autant de réussites successives.Désormais, aussi, un partenariat fructueux a été trouvé avec un chef, Edward Gardner, puisque ce Saint-Saëns est le 4e opus du tandem, après Lutoslawski, Szymanowski et Poulenc.Avec ce CD spectaculaire mais distingué, ni clinquant ni bruyant, Lortie et Gardner ont probablement réussi leur plus impressionnant opus.Christophe Huss HOMMAGE My Way ?Willie Nelson, Sony Legacy En fumer du bon a vraiment du bon.Non seulement ça conserve, mais ça met en appétit.Après s\u2019être offert Gershwin et Ray Price, voilà que le Texan à nattes se roule des pages du catalogue Sinatra.À l\u2019aise partout, le diable d\u2019octogénaire réussit là où les Bublé et Cullum se cassent les dents trop blanches.Pourquoi ?Il a le swing leste depuis des décennies, le patriarche, sa voix est inimitable et il n\u2019a nul besoin de se la jouer Ol\u2019 Blues Eyes pour entrer dans le vif des chansons.It Was a Very Good Year en rumba?Lui peut.Trigger (sa guitare à trous) résonne de son bon nylon, l\u2019équipe de routiers aux cuivres et cordes suit sans s\u2019énerver ni traîner de la patte, et on se surprend à ne pas penser à Frank.Tout en ayant, après écoute, très envie d\u2019aller se frotter aux albums du Chairmain of the Road.Signalons What Is This Thing Called Love, en duo avec No- rah Jones, merveille de confection, toute en soie et denim.Et My Way ?Pas de souci, Willie se l\u2019approprie.Oui, à sa façon.Sylvain Cormier L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 14 | ENTREVUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Le féminisme sous toutes les latitudes Quatre pays, quatre visions, et un même danger pour les droits des femmes L\u2019équipe du film Quand les pouvoirs s\u2019emmêlent, de gauche à droite : Louisa Déry, Vincent Graton, Yvonne Dufour et Michèle Grondin.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR imone de Beauvoir l\u2019avait prédit, et des figures comme Lise Payette, Françoise David et Micheline Du- mont l\u2019ont répété, preuves à l\u2019appui : les luttes des femmes ne sont jamais gagnées ; celles-ci doivent demeurer vigilantes, car les reculs sont possibles, sur tout en temps de crise.Après la projection de presse du documentaire Quand les pouvoirs s\u2019emmêlent, dont la sor tie est prévue le vendredi 5 octobre, la cinéaste Yvonne Defour ainsi que les S productrices Louisa Dér y et Michèle Grondin ont reconnu que, pendant longtemps, elles ont mené leur vie, et leur carrière, avec la conviction qu\u2019elles avaient bénéficié des batailles de leurs aînées, et qu\u2019 i l suf f isai t d \u2019en récolter les fruits.Pour chacune, à leur façon, à un moment ou à un autre, une prise de conscience fut nécessaire, et ce, bien avant l \u2019ar r ivée toni - truante du présent locataire de la Maison-Blanche.Ce sont ces questions, ces doutes, voire ces angoisses, qui sont au cœur de ce grand voyage sur trois continents et dans quatre pays, avec pour guide l\u2019acteur Vincent Graton, figure familière du petit écran, mais aussi personnalité bien campée à gauche, incapable de taire ses opinions, encore moins ses indignations.Chemin sinueux De Tunis à Washington en passant par Paris, pour finalement atterrir à Montréal, le parcours de ce père de quatre enfants (deux f i l les , deux garçons : la parité !) est ponctué de rencontres avec des militantes, des intellectuelles, des po- l i t iciennes, autant de battantes pour la cause des femmes, in - quiètes devant les reculs et les attaques causés par cette alliance sournoise entre le religieux (et pas C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 PRÉSENTEMENT À L\u2019AFFICHE ! Consultez les guides horaires des cinémas Pauline Julien i n t i m e e t p o l i t i q u e U n e i c ô n e d e l a c h a n s o n q u é b é c o i s e U n f i l m d e Pa s c a l e F e r l a n d o n f .c a / p a u l i n e j u l i e n U n e p r o d u c t i o n d e l \u2019 O f f i c e n a t i o n a l d u f i l m d u C a n a d a E n c o l l a b o r a t i o n a v e c R a d i o - C a n a d a « \u2026 un document essentiel\u2026 » \u2013 Le 15-18, Radio-Canada « C\u2019est un très beau film ! » \u2013 Gravel le matin, Radio-Canada \u2013 Le Devoir « \u2026 une œuvre profondément belle et émouvante\u2026 » \u2013 Le Devoir Vincent Graton, le militant et ses personnages Bien présent dans le paysage culturel depuis les années 1980, Vincent Gra- ton s\u2019est fait connaître dans plusieurs émissions à succès (Le parc des Braves, La vie la vie, L\u2019auberge du chien noir), mais beaucoup voient en lui un fort en gueule, un militant capable de brandir un mégaphone pour se faire entendre (comme à l\u2019époque où il coanimait Des kiwis et des hommes !).Celui qui interpelle quotidiennement le premier ministre Justin Trudeau sur Twitter au sujet des paradis fiscaux croit-il que ce militantisme peut nuire à sa crédibilité d\u2019acteur, voire à sa carrière ?« Je suis conscient du danger, concède-t-il.Avec les années, je tape moins fort sur la table, je mets plus d\u2019humour, même si je peux être pris dans le piège de l\u2019image du gars qui jappe.Mon but, c\u2019est de gagner des guerres.Justin Trudeau, je ne l\u2019insulte jamais, mais je lui pose des questions, et je suis ferme.Évidemment, comme militant, il faut être conséquent : pas question d\u2019accepter des publicités pour des banques ou des automobiles.» Le projet était d\u2019abord conçu pour donner la parole aux représentants des différentes religions au Québec, mais j\u2019ai vite compris qu\u2019il fallait aller voir ailleurs ce qui se passe, d\u2019autant plus que j\u2019avais déjà tourné dans des pays musulmans comme le Sénégal, le Maroc et la Turquie.Il y a une vérité que l\u2019on n\u2019aurait pu obtenir si nous avions uniquement gardé une perspective nord-américaine.YVONNE DEFOUR » seulement musulman) et le politique.Le chemin pour assurer l\u2019aboutissement du film fut tout aussi sinueux, selon les productrices : au moins quatre ans à essuyer des refus, à se faire dire que « le féminisme, les gens ne veulent pas en entendre parler », souligne Louisa Déry.« En tant que mères, enchaîne Michèle Grondin, on voit les jeunes générations qui ne sentent pas la menace, pensant qu\u2019au Québec, au Canada, nous sommes protégés contre tout ça.» « Il faut se rappeler, poursuit Louisa Dér y, que dans les années 1970, dans plusieurs pays arabes, les femmes allaient à l\u2019université\u2026 en mini-jupes ! Et elles étaient aussi nombreuses que les hommes.» Yvonne Defour a joint les rangs quatre ans après les balbutiements de Quand les pouvoirs s\u2019emmêlent, elle dont la feuille de route comporte de multiples séries documentaires tournées aux quatre coins du monde (Marchés sur terre, Partir en famille autrement, Le sexe autour du monde).« J\u2019ai d\u2019abord appor té mon expérience des tournages à l\u2019étranger, parce que l\u2019on a peu de temps : tu arrives, tu tournes, tu repars\u2026 Le projet était d\u2019abord conçu pour donner la parole aux représentants des différentes religions au Québec, mais j\u2019ai vite compris qu\u2019il fallait aller voir ailleurs ce qui se passe, d\u2019autant plus que j\u2019avais déjà tourné dans des pays musulmans comme le Sénégal, le Maroc et la Turquie.Il y a une vérité que l\u2019on n\u2019aurait pu obtenir si nous avions uniquement gardé une perspective nord-américaine.» Démarche inclusive «Voir ailleurs», c\u2019est se retrouver sur le terrain de l\u2019autre, particulièrement de ces femmes, et de ces hommes, qui, en Tunisie par exemple, risquent leur vie au nom du droit des femmes, et de la laïcité.Vincent Gra- ton, à l\u2019écoute, mais n\u2019arborant jamais la posture neutre de l\u2019interviewer, ne masque pas « une certaine vulnérabilité », l\u2019af fichant devant la caméra au moment où il livre, à chaud, ses impressions sur toutes ces rencontres.« Je dois avouer que lorsque tu as devant toi deux personnes sous escorte policière, tu regardes où sont les portes ! On sent vite une urgence.» L\u2019acteur fait une suite de découvertes étonnantes, souvent choquantes, sur des situations qui se déroulent parfois loin de chez nous, parfois dans notre cour, comme aux États-Unis : « Je connaissais la puissance de la droite religieuse, mais à ce point- là ?» Pour les productrices, choisir Vincent Graton s\u2019inscrivait dans une démarche « inclusive », montrant un père, qui, comme tous les bons pères, « souhaite le meilleur pour sa fille », mais aussi quelqu\u2019un qui pose sur ces réalités un regard neuf, étonné.« Le spectateur fera avec Vincent le même chemin que Louisa, Yvonne et moi avons fait, soit celui de la découverte du rapprochement du religieux et du politique, catastrophique pour les droits des femmes », conclut Michèle Grondin. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 6 | UNE CRÉATION POUR LA SCÈNE DE PIERRE YVES LEMIEUX \u2014 D\u2019APRÈS LE ROMAN DE MISE EN SCÈNE ALICE RONFARD AVEC Valérie Blais Patrice Coquereau Larissa Corriveau Benoît Drouin-Germain Emmanuel Schwartz Dernière semaine à Montréal ! TNM.QC.CA \u2014 Élie Castiel, revuesequence.org IL FAUT COMMENCER PAR SE RÉJOUIR DU RETOUR D\u2019ALICE RONFARD AU TNM.[\u2026] LA DISTRIBUTION, SANS FAILLES, EST BRILLAMMENT MENÉE PAR EMMANUEL SCHWARTZ EN VOLTAIRE.\u2014 Christian Saint-Pierre, Le Devoir LES COMÉDIENS, TOUS EXCELLENTS.LA PIÈCE EST FURIEUSEMENT D\u2019ACTUALITÉ.\u2014 Evelyne Charuest, Gravel le matin, R-C, ICI Première [\u2026] UNE BRILLANTE ADAPTATION DU ROMAN DE VOLTAIRE.\u2014 Sophie Jama, quebec.huffingtonpost.ca MISE EN SCÈNE FORMIDABLE ET TRÈS ALERTE D\u2019ALICE RONFARD.\u2014 Francine Grimaldi, Samedi et rien d\u2019autre, R-C, ICI Première VOILÀ QUI RÉCHAUFFE L\u2019ÂME ! \u2014 Franco Nuovo, Radio-canada.ca CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Le documentaire Primas est le genre de proposition qui exige de la patience, mais récompense celle-ci en retour.Son auteure, Laura Bari, réalisatrice argentine basée à Montréal, y donne la parole à deux toutes jeunes femmes : Rocio et Aldana, cousines avec qui l\u2019on passe de longs moments de quotidien, en alternance.Sous la normalité apparente et l\u2019épanouissement de façade, quelque chose cloche, et, bientôt, sans insister, la caméra révèle le bras entièrement sca- rifié de Rocio.Le moment venu, les deux protagonistes relateront, chacune leur tour, leur histoire d\u2019horreur.Gamine, Rocio fut happée sur le bord d\u2019une route, puis kidnappée, droguée et violée.Son calvaire ne s\u2019arrêta pas là ; en témoignent la quantité effarante de greffes de peau que la survivante dévoilera courageusement, à un certain point du film.Intégrées à celles du présent, des images d\u2019alors montrent une fillette qui fait face aux événements avec un aplomb désarmant (au point de transformer en profondeur un dépar te- ment médical entier).Aldana, elle, fut agressée des années durant par son père.Deux vols d\u2019enfance, deux parcours, une même force tranquille.Immersion et empathie Au sein d\u2019une reconstitution brutale lorsque les mots nomment l\u2019indicible, et impressionniste lorsque silences, regards et panoramas prévalent, Primas intègre des extraits de performances hors du temps.Rocio s\u2019exprime à travers l\u2019art circassien tandis qu\u2019Aldana livre un soliloque théâtral.Elles s\u2019avèrent toutes deux simultanément gracieuses et déchirantes.Il en résulte une proposition hétéroclite sur le plan narratif, parfois trop, rendant la lecture inutilement ardue par endroits.L\u2019ajout d\u2019accents symboliques, ces derniers intéressants pris séparément, mais confus lorsqu\u2019ils se trouvent plaqués dans le contexte global, amplifie cette impression.Pour autant, Laura Bari, qui signe aussi le montage, réussit à suggérer quelque chose comme une mémoire fragmentée, en phase avec les souvenirs émergents de Rocio et d\u2019Aldana.En cela, son approche a le mérite indéniable de favoriser l\u2019immersion et l\u2019empathie.Il est, bien sûr, des passages bouleversants.Or, sans esquiver la douleur, Primas place l\u2019accent sur la guérison \u2014 au propre et au figuré \u2014 de Rocio et d\u2019Aldana.Sur leur force de résilience.Une œuvre réfléchie, sensible et inspirante.Primas (V.O.espagnole avec s.-t.f.) ?1/2 Documentaire de Laura Bari.Québec\u2013Argentine, 2017, 99 minutes.Parler, créer, guérir Laura Bari s\u2019attarde à la résilience peu commune de deux jeunes femmes victimes d\u2019agressions dans Primas Rocio et Aldana sont deux cousines avec qui l\u2019on passe de longs moments de quotidien, en alternance, dans Primas.Sous la normalité apparente et l\u2019épanouissement de façade, quelque chose cloche.LES FILMS DU 3 MARS | 17 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 du fe stival 47e nouveau cinéma CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Nathalie, productrice télé à succès à Paris, pend ce soir la crémaillère dans le manoir champêtre où elle vient de s\u2019installer.Y sont attendus Castro, animateur vedette sur le déclin, Hélène, sœur de Nathalie impliquée dans diverses causes humanitaires et ex de Castro avec qui elle a eu une fille, Nina, dont le best-seller égratigne père et mère\u2026 S\u2019ajoute une variété de conjoints, d\u2019accointances et de m\u2019as- tu-vu, les destins de tout un chacun s\u2019entremêlant le temps d\u2019une sauterie fertile en quiproquos.Dès les premières minutes, le cinquième film du tandem formé par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, Place publique, annonce une sorte de best of.Impression qui se confirme, tant côté fond, sur scénario coécrit par les anciens époux, que côté forme, sur réalisation de Jaoui.Entre causticité et marivaudages, les coauteurs proposent un récit choral, leur spécialité, en filigrane duquel ils intègrent différentes marottes et préoccupations, telles la célébrité, la famille, et les contrastes observés entre vies publiques et vies privées.Le sort du monde est abordé en surface (comme dans la vie?), pour faire bonne mesure.Tourner une réplique Parfois, on croirait voir défiler des personnages vus dans leurs précédents (et supérieurs) Le goût des autres et Comme une image, écrivains et pantins du milieu élargi de la culture entrant dans la mêlée.L\u2019auguste opposition «maîtres et valets» est aussi mise à contribution par le biais de la domesticité, y compris le chauffeur ténébreux et la bonne nunuche recrutée au village.D\u2019ailleurs, avec ce personnage et celui du voisin cultivateur fruste, les coscénaristes trahissent une condescendance urbaine d\u2019autant plus ironique qu\u2019ils se plaisent eux-mêmes à se moquer des préjugés, hypocrisies et aveuglements de leur ménagerie.Cela, avec une abondance de dialogues ciselés, quoique la «moyenne au bâton » arrive en deçà des plus belles collaborations Jaoui-Bacri.Car il ne faudrait pas oublier qu\u2019outre les cinq films réalisés par la première, on doit aux complices les scénarios de Smoking/No smoking et On connaît la chanson, d\u2019Alain Resnais, ainsi que ceux, d\u2019après leurs pièces, de Cuisine et dépendances, de Philippe Muyl, et Un air de famille, de Cédric Klapisch.Ces deux-là savent tourner une réplique afin que celle-ci produise son petit effet.Cela, sans freiner le mouvement d\u2019ensemble \u2014 un art en soi \u2014, auquel s\u2019accorde la mise en scène typiquement fluide de Jaoui.Note douce-amère À cet égard, Place publique maintient un r ythme allègre, mais les bons mots, on l\u2019évoquait, ronronnent plus qu\u2019ils ne pétillent.Idem pour le troisième acte, où tout culmine un peu mollement, de manière plus attendue, mécanique, qu\u2019à l\u2019accoutumée.Après maints tiraillements entre idéalisme (la Hélène d\u2019Agnès Jaoui) et cynisme (le Castro de Jean-Pierre Ba- cri), un refus de trancher prévaut, la possibilité d\u2019une jeunesse amoureuse s\u2019imposant comme seul espoir éventuel (un idéalisme sentimental ?).Clore sur une note douce-amère constitue pour le compte l\u2019une des caractéristiques de la signature Jaoui-Ba- cri.Là encore, toutefois, ce dénoue- ment-ci a l\u2019heur de laisser en appétit.En définitive, Place publique s\u2019avère un film confortable, non dénué de moments inspirés, mais moins stimulant que ce à quoi l\u2019on s\u2019attend du duo au sommet de sa forme.À voir, certes, mais avec des attentes ajustées en conséquence.Place publique ?Comédie dramatique d\u2019Agnès Jaoui.Avec Léa Drucker, Jean-Pierre Bacri, Agnès Jaoui, Nina Meurisse, Kévin Azaïs.France, 2018, 98 minutes.Nuit de galère Le tandem Jaoui-Bacri séduit l\u2019oreille et l\u2019esprit, à défaut de se renouveler, dans Place publique Entre causticité et marivaudages, les coauteurs proposent un récit choral, en filigrane duquel ils intègrent différentes marottes et préoccupations.AXIA FILMS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 8 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Cette nuit-là, Joan est condamnée à ne pas dormir.Non qu\u2019elle souf fre d\u2019insomnie : c\u2019est plutôt son conjoint, Joe, qui ne peut trouver le sommeil.Et pour cause : le romancier sexagénaire figure sur la cour te liste du prix Nobel de littérature, qui sera décerné d\u2019un jour à l\u2019autre.Victoire ! Et voici le couple qui s\u2019envole pour Stockholm.Au cours des 48 heures qui suivront, le regard que Joan pose sur Joe se transformera, la fierté et la patience laissant place à quelque chose comme de l\u2019amertume, voire du dégoût.Dans The Wife, le bilan impromptu de celle qui n\u2019en peut plus d\u2019être réduite au statut de « femme de » ne constitue que la pointe de l\u2019iceberg.Basé sur un roman de Meg Wolit- zer, The Wife consacre sa première partie à positionner Joan au sein de son couple.En retrait, mais toujours proche, disponible, Joan veille sur Joe comme une mère sur son enfant.Elle s\u2019assure qu\u2019il prend ses médicaments pour le cœur, le conforte, le cajole, organise son emploi du temps\u2026 « Je ne suis rien sans elle », dira-t-il à un certain moment : des paroles qu\u2019il livre de manière convenue, inconscient qu\u2019il en est alors de leur vérité profonde.En plusieurs occasions, on voit Joe, centre d\u2019intérêt de tel ou tel attroupement, faire signe à Joan d\u2019approcher afin qu\u2019il la présente.Tâche dont il lui arrive d\u2019oublier de s\u2019acquitter si, d\u2019aventure, son ego est sollicité par quelque compliment.Un pas derrière, Joan reste digne (regard entendu échangé avec une autre « femme de »).À dessein, ces moments montrent chez Joe un mélange de paternalisme et de vanité auquel, d\u2019une fois à l\u2019autre, la protagoniste réagit dif fé- remment, en une gradation subtile.Brio de Glenn Close L\u2019un des aspects les plus intrigants du personnage de Joan est qu\u2019il repose initialement sur un paradoxe, celui qui consiste à placer une figure ef facée sous les projecteurs narratifs.Plus l\u2019histoire progresse, et plus Joan se révèle.Soudain, de vieilles rancœurs refont sur face alors que Joan laisse libre cours à une animosité latente.Dans ce rôle cousu main, Glenn Close est électrisante.Le film, en dépit de maints enjeux passionnants, ne l\u2019est pas.En ef fet, si la peinture d\u2019un milieu littéraire aveuglé par sa propre misogynie fascine (voir ce retour en arrière avec une Elizabeth McGovern fabuleuse en auteure désillusionnée), il en va autrement du récit, qui cumule les invraisemblances.On pense au premier chef à cette conversation autour d\u2019un verre entre Joan et un journaliste (Christian Slater) désireux d\u2019écrire la biographie de Joe (excellent Jonathan Pryce).Close y est impeccable, mais jamais n\u2019arrive-t-on à croire que son personnage, d\u2019une part, accepterait qu\u2019on lui parle avec un tel sans-gêne pour ensuite, d\u2019autre part, faire des confidences compromettantes.Problèmes, aussi, avec David (Max Irons), fils boudeur et aspirant écrivain venant af fronter Joe de façon puérile (avant que Joan monte au créneau avec autrement plus d\u2019aplomb).Ces deux personnages sous-écrits ne semblent avoir pour fonction que d\u2019annoncer les différents coups de théâtre qui surviennent en seconde partie.Réalisation en deçà À ce propos, la grande révélation, bien qu\u2019on la voie venir de loin justement à cause de la présence plaquée du journaliste inquisiteur, ne convainc pas du tout.Sans en éventer les tenants et aboutissants, on se bornera à signaler que les implications logistiques engagées rendent la chose sinon impossible, du moins fort improbable.Quoi qu\u2019il en soit, ce qui promettait d\u2019être une sombre méditation psychologique se meut en mélodrame appuyé.À la réalisation, Björn Runge s\u2019en remet presque exclusivement au talent de Glenn Close.Filmé en gros, à répétition, le visage de l\u2019actrice t ient souvent l ieu de « mise en scène » (non, l\u2019exercice ne saurait se comparer à La passion de Jeanne d\u2019Arc de Dreyer).Tout du long, Runge recourt à une grammaire cinématographique rudimentaire (« épurée », si l\u2019on se sent charitable).Une héroïne de la trempe de Joan méritait plus de panache.The Wife (V.O.) ?1/2 Drame psychologique de Björn Runge.Avec Glenn Close, Jonathan Pryce, Max Irons, Christian Slater.Suède\u2013Grande-Bretagne\u2013États-Unis, 2018, 100 minutes.De la vie d\u2019une femme Glenn Close est électrisante dans The Wife, un film qui n\u2019est pas à la hauteur de sa performance À la réalisation, Björn Runge s\u2019en remet presque exclusivement au talent de Glenn Close.Filmé en gros, à répétition, le visage de l\u2019actrice tient souvent lieu de « mise en scène ».MÉTROPOLE FILMS DISTRIBUTION C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 1ÈRE ÉDITION 5 AU 8 OCTOBRE 4 journées et soirées d\u2019activités gratuites avec musique, danse et animation.Rendez-vous sur la rue Sainte-Catherine Est, piétonnière entre Amherst et Champlain.carnavaldescouleurs.org Carnavaldescouleurs CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Karl R.Hearne ne pourrait nier une certaine parenté avec les univers oppressants de Roman Polanski, ne serait-ce que le choix de l\u2019immeuble vieillot, et désertique, dans Fêlure, son premier long métrage.En fait, personne ne se surprendrait d\u2019y croiser une jeune Isabelle Adjani (celle du Locataire), et une tout aussi fragile Mia Farrow (celle de Rosemary\u2019s Baby).Ces deux films étaient un amalgame de plusieurs genres, entre l\u2019horreur, le thriller et le drame psychologique, une ambition également par tagée par Karl R.Hearne avec cette plongée dans la tête, tourmentée, d\u2019un concierge qui semble prendre la couleur des murs pendant son travail, lui dont le placard est garni de vêtements tous identiques.Cela en dit long sur la personnalité de Gabriel (Hugh Thompson, solide, habité), ainsi que son obsession des rituels, ou plutôt de la routine, le tout comme une véritable question de survie.On a toujours dit de lui qu\u2019il était un peu fêlé, et c\u2019est sans doute ce que croient les rares locataires qu\u2019il croise, sauf la petite Caitlyn (Lola Flanery), avec qui il entretient des rapports étranges, mais toujours dynamiques, prenant le thé, partageant des secrets.Or, enchaînée à un pied, toujours baignée dans une lumière bleutée, cette enfant précoce, à la langue bien perdue, ne semble vivre que dans les rêves et les hallucinations de cet homme très perturbé depuis le départ inexpliqué, précipité, d\u2019une locataire\u2026 dont la jeune Caitlyn pourrait bien être le double.Ces échanges dans un autre espace- temps apparaissent pour Gabriel d\u2019une troublante authenticité pendant qu\u2019il réaménage l\u2019appartement vide, délabré, pour satisfaire sa petite amie imaginaire qui lui fournit également des clés pouvant résoudre l\u2019énigme de sa propre disparition, celle de l\u2019adulte qu\u2019elle serait, peut-être, devenue.Ce qui confond bien sûr l\u2019entourage de Gabriel, et la police, ne voyant qu\u2019en lui un homme à tout faire dont la principale qualité est de se faire invisible, partout où il passe.Auteur de plusieurs cour ts métrages, capable de créer des climats angoissants sans recourir à un arsenal clinquant ou tapageur, Karl R.Hearne offre un bel exercice de style sur les frontières floues entre le rêve et la réalité.Même si ses idées cinématographiques auraient gagné en concision pour une plus grande force de frappe \u2014 on sent parfois le court métrage quelque peu allongé pour satisfaire les impératifs du long \u2014, Fêlure révèle un talent certain pour la création d\u2019atmosphères inquiétantes, et un doigté évident pour la direction d\u2019acteur.Car même les personnages furtifs réussissent à s\u2019imposer, contribuant ainsi à épaissir le mystère autour de cet être habité de visions violentes qui pourraient éventuellement quitter le monde de son imagination.De quoi se méfier des gens que l\u2019on qualifie, un peu vite, de « sans histoire ».Fêlure prouve que certains d\u2019entre eux ne ménagent rien pour rendre leurs illusions très crédibles.Fêlure (V.F.de Touched) ?Drame psychologique de Karl R.Hearne.Avec Hugh Thompson, Lola Flanery, John Maclaren, Linda Smith.Canada, 2017, 78 minutes.Dans la tête de Gabriel Au cœur d\u2019un immeuble à logements, quand les fantômes sont des locataires encombrants On a toujours dit de Gabriel qu\u2019il était un peu fêlé, et c\u2019est sans doute ce que croient les rares locataires qu\u2019il croise, sauf la petite Caitlyn.MAISON 4:3 Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 2 0 | Les nouveautés sont en rose La tendresse (V.F.de La tenerezza) ?1/2 On garde un souvenir ému de certains films de l\u2019Italien Gianni Amelio (Lame- rica, Le voleur d\u2019enfants).Malgré la distance et le temps (le cinéma italien n\u2019a plus trop la cote en nos contrées), les retrouvailles en valaient la peine.Avec La tenerezza, il continue d\u2019aborder ses thèmes de prédilection, dont celui des enfances blessées, dressant aussi un portrait peu flatteur de son pays au- jourd\u2019hui.Mais il s\u2019agit surtout d\u2019une traversée douloureuse, celle d\u2019un avocat à la retraite, et acariâtre, forcé de nouer des liens avec une famille de son immeuble, de qui il devient plus proche que de ses deux enfants, pleins de rancœur à son égard.Ce voisinage prendra une tournure étonnante, voire tragique, le tout se déroulant à Naples, ville aux mille beautés, dont plusieurs usées par le temps et la négligence.Un peu à l\u2019image des clans qui peuplent ce film émouvant, étonnant, où l\u2019architecture apparaît comme un personnage à part entière.André Lavoie La douleur ?1/2 Emmanuel Finkiel adapte Marguerite Duras avec admiration et respect, mais sans soumission aux diktats du cinéma de l\u2019Occupation.Avec des moyens modestes, il reconstitue l\u2019attente douloureuse de la jeune romancière, entre 1944 et 1945, s\u2019imaginant le pire à propos de son mari, Robert Antelme, un résistant tombé aux mains des nazis.Le cinéaste apparaît tout entier dévoué aux déchirements intérieurs de cette femme incarnée par Mélanie Thierry, ne cherchant jamais à imiter cette figure légendaire.Paris semble parfois grouillant et agité, vu le plus souvent à travers le regard anxieux, désespéré, et contradictoire de celle qui a tiré un grand livre, La douleur, de cette expérience singulière, ici revisitée dans la délicatesse et la mélancolie.André Lavoie La librairie de mademoiselle Green (V.F.de The Bookshop) ?1/2 En 1959, dans un village insulaire anglais, une libraire déterminée devient la La disparition des lucioles ?L\u2019été s\u2019amène et Léo, 17 ans, tâche de ne pas penser à l\u2019avenir, préférant le présent.Sur un coup de tête, elle apprend la guitare auprès de Steve, adulescent insouciant et troisième figure paternelle après Sylvain, père absent idéalisé, et Paul, beau-père présent et détesté.Reprenant un thème de prédilection, le rapport père-fille, Sébastien Pilote s\u2019arrime pour la première fois au point de vue de la seconde après avoir privilégié celui du premier dans Le vendeur et Le démantèlement.Léo, héroïne, réglera ses comptes avec ladite figure, avec ces trois hommes en orbite autour de sa vie, de son récit.Récit que l\u2019auteur raconte avec plus de couleur et de légèreté qu\u2019à l\u2019accoutumée.En résulte un côté suranné, rétro, irrésistible, avec musique orchestrale grandiose et effets technicolor discrets, en faux avec la morne modernité.Dotée d\u2019une présence peu commune, Karelle Tremblay suggère chez Léo un feu contenu qui, le moment venu, jaillira.François Lévesque Fahrenheit 11/9 ?Quoique plus réussi que ses derniers documentaires, Fahrenheit 11/9, du trublion américain Michael Moore, charge contre Donald Trump, malgré un brûlant démarrage, se dilue sans garder sa force de frappe.Le film tra- gicomique suit plusieurs lièvres à la fois, s\u2019égare en route, et malgré des parallèles provocateurs entre Trump et Hitler, ne nous apprend pas grand- chose de neuf sur le locataire de la Maison-Blanche.Son constat d\u2019échec de la société américaine dans l\u2019ensemble, règne des démocrates y compris, est plus saisissant, témoignant aussi d\u2019une détresse militante, par- delà ses appels à la résistance.Odile Tremblay Pauline Julien, intime et politique ?La vie de Pauline Julien pourrait être un condensé de l\u2019histoire du Québec moderne.Pascale Ferland a plutôt privilégié une démarche impressionniste, nous offrant un magnifique portrait dominé par les mots, la voix et la présence incandescente de cette artiste vouée à la cause des femmes et de l\u2019indépendance du Québec.Mis à part un ami de longue date de la chanteuse décédée par suicide le 1er octobre 2018, pas d\u2019entrevues, si ce n\u2019est des extraits d\u2019entretiens de toutes les époques où Julien s\u2019exprime avec clarté, même en anglais !, sur ses rêves et ses angoisses.Pour raconter ce parcours singulier, abrupt, Pascale Ferland préfère ses grandes chansons (L\u2019âme à la tendresse, Jack Monoloy, Mommy) et de multiples photographies, avec à l\u2019arrière-plan les voix rassurantes de Dominique Quesnel et Marc Béland lisant la correspondance de Julien avec Gérald Godin, le politicien-poète dont elle fut la conjointe.Moins une chronique de son existence tumultueuse qu\u2019une belle radiographie de son âme d\u2019artiste.André Lavoie yétis dans leur environnement d\u2019une blancheur immaculée.Comme quoi ils ne sont pas tous bien cachés à Washington D.C.André Lavoie cible d\u2019une riche et influente femme ayant des visées sur l\u2019édifice où elle a ouvert son commerce.En filigrane de cette adaptation du roman de Penelope Fitzgerald: une critique acerbe des puissants qui, plutôt que d\u2019aider à l\u2019épanouissement de leurs communautés, en favorisent au contraire l\u2019incurie.La cinéaste Isabel Coixet s\u2019en remettant à une approche mesurée, les émotions que dissimulent les uns et les autres s\u2019en trouvent, par effet de contraste, exacerbées.Ce détachement de façade aide en outre à faire passer certaines facilités mélodramatiques.Conséquente, Coixet traite les élans romantiques avec un flegme idoine, avec pour résultat une empathie accrue envers des personnages qui expriment du bout des lèvres des désirs impossibles.Emily Mortimer porte le film avec une assurance tranquille face à une Patricia Clarkson glaçante de fausse douceur.François Lévesque Place publique ?Le cinquième film du tandem formé par Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri (Le goût des autres, mais aussi Un air de famille pour Klapisch, entre autres) constitue une sorte de «best of», alors qu\u2019une pendaison de crémaillère dans un manoir champêtre devient le théâtre de divers quiproquos.Entre causticité et marivaudages, les coauteurs proposent un récit choral, leur spécialité, en filigrane duquel ils intègrent différentes marottes et préoccupations tels la célébrité, la famille et les contrastes entre vies publiques et vies privées.Le sort du monde est abordé, en surface\u2026 Comme à l\u2019accoutumée, les dialogues ciselés abondent, quoique ceux-ci ronronnent plus qu\u2019ils pétillent.Jusqu\u2019au troisième acte un peu mou, l\u2019ensemble maintient un mouvement allègre auquel s\u2019accorde la mise en scène fluide de Jaoui.Il en résulte un film confortable, non dénué de moments inspirés, mais moins stimulant que ce à quoi l\u2019on s\u2019attend du duo au meilleur de sa forme.François Lévesque Primas (V.O.esp.avec s.-t.f.) ?1/2 Entre l\u2019Argentine et le Québec, Ro- cio et Aldana se retrouvent et se souviennent, les deux toutes jeunes femmes, des cousines, relatant chacune leur tour leur histoire d\u2019horreur.Au sein d\u2019une reconstitution brutale lorsque les mots nomment l\u2019indicible, et impressionniste lorsque silences, regards et panoramas prévalent, le documentaire de Fêlure (V.F.de Touched) ?Karl R.Hearne ne saurait nier une certaine parenté cinématographique avec Roman Polanski, celui du temps où les grands immeubles à logements étaient le théâtre de toutes ses névroses (Le Locataire, Rosemary\u2019s Baby).Dans son premier long-mé- trage de fiction, il s\u2019intéresse au quotidien, mais surtout à la psyché, d\u2019un concierge taciturne (solide et intense Hugh Thompson), mais plus bavard devant une fillette (Lola Flanery) dont on comprend vite qu\u2019elle est le fruit de son imaginaire.Mais est-ce vraiment le cas?Serait-elle la variation enfantine d\u2019une locataire disparue dans des circonstances troubles?À la frontière de plusieurs genres, entre l\u2019horreur et le drame psychologique, ce cauchemar inquiétant aurait sans doute gagné en concision \u2014 on sent parfois l\u2019excellent court-métrage allongé pour les impératifs du long \u2014, mais révèle un cinéaste au doigté certain.André Lavoie Les abominables petits-pieds (V.F.de Smallfoot) ?On songe à tant de films devant Smallfoot que l\u2019on pourrait croire que cette animation de type comédie musicale n\u2019a rien de singulier: entre Happy Feet, Ice Age et Monsters, Inc., les parallèles ne manquent pas.Cette escapade dans les hauteurs enneigées rappelle même Lost Horizon, tant qu\u2019à donner dans les vieilles comparaisons kitsch.Cette rencontre inopinée entre le monde des yétis et celui des humains donne lieu à quelques affrontements spectaculaires, et autant de chansons sirupeuses (on cherche à déclasser Let It Go, le solide ver d\u2019oreille de Frozen\u2026).En prime, une leçon sur le sens critique et la curiosité hors de ses frontières rassurantes, apprise à la dure par à peu près tous les personnages, certains amusants (un possède la voix survoltée de James Corden), dont plusieurs Playing Hard.Quand le jeu devient réalité ?L\u2019industrie du jeu vidéo, c\u2019est une affaire de création, mais aussi de gros sous, et comme pour celle du cinéma, les deux se font la lutte! Le cinéaste Jean-Simon Chartier a obtenu un accès privilégié aux studios d\u2019Ubisoft à Montréal, et tout particulièrement à l\u2019équipe derrière For Honor, un jeu imaginé par Jason VandenBerghe, artiste se proclamant incompris.Il croyait enfin l\u2019être grâce au producteur Stéphane Cardin et au directeur de marque Luc Duchaine, mais ce compagnonnage, observé pendant quelques années, témoigne des enjeux psychologiques liés à cette folle entreprise qui, à un moment, comptait 500 employés répartis dans cinq studios à travers le monde, dont en Chine et en Inde.Un documentaire qui porte moins sur la mécanique du Laura Bari intègre des extraits de performances circassiennes et théâtrales de Rocio et d\u2019Aldana.Il en résulte une proposition hétéroclite dont la lecture est parfois inutilement ardue.L\u2019ajout d\u2019accents symboliques, un peu plaqués, amplifie cette impression.Pour autant, la cinéaste (et monteuse) réussit à suggérer quelque chose comme une mémoire fragmentée, en phase avec les souvenirs émergents de Rocio et d\u2019Aldana.En cela, son approche a le mérite indéniable de favoriser l\u2019immersion et l\u2019empathie.Sans esquiver la douleur, Primas place l\u2019accent sur la guérison, sur la force de résilience.Une œuvre réfléchie, sensible et inspirante.François Lévesque C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 L\u2019ENTITÉ DU DOUBLE ÉLODIE ET SÉVERINE LOMBARDO [SŒURS SCHMUTT] TRACES-CHORÉGRAPHES « Sœurs jumelles, à la vie comme à la scène.» 4 AU 13 OCTOBRE 2018 Théâtre Prospero, Montréal Création et interprétation : Elodie et Séverine Lombardo / Composition et musicien sur scène : Guido Del Fabbro RECHERCHE.CRÉATION.PRODUCTION.DIFFUSION www.danse-cite.org © David Wong / Danse-Cité MAINTENANT AU CINÉMA -NOW MAGAZINE « GLENN CLOSE MÉRITE DE FINALEMENT GAGNER UN OSCAR AVEC THE WIFE.» -THE WASHINGTON POST « GLENN CLOSE DONNE L\u2019UNE DES PERFORMANCES LES PLUS RICHES, FASCINANTES ET COMPLEXES DE SA CARRIÈRE.» -THE HOLLYWOOD REPORTER « UN FILM EXTRAORDINAIRE QUI VIENT TOUT JUSTE AU BON MOMENT.» -DEADLINE Glenn Close Jonathan Pryce A FILM BY BJÖRN RUNGE SCREENPLAY BY JANE ANDERSON BASED ON THE BOOK BY MEG WOLITZER The Wife /4 /5 13, un ludodrame sur Walter Benjamin ?L\u2019expérimenté documentariste Carlos Ferrand (Americano) \u2014 40 ans derrière la caméra \u2014 signe un essai audacieux sur l\u2019exil parisien du philosophe Walter Benjamin.L\u2019Allemagne vient de tomber sous le régime du Troisième Reich, et l\u2019intellectuel marxiste et juif fuit en France, terre d\u2019un de ses auteurs fétiches, Charles Baudelaire.Le réalisateur québécois ne se contente pas de livrer un portrait de son sujet.Il explore sa pensée éclatée par un document fragmenté et disparate, construit avec des images tournées pour l\u2019occasion, des archives et des séquences animées peu banales.Jérôme Delgado jeu que celle des relations humaines dans ce grand bocal technologique, celles-ci donnant une réelle profondeur à ce monde d\u2019illusions.André Lavoie L\u2019amour à la plage ?Existe-t-il une limite d\u2019âge pour aimer?Les quatre snowbirds en vedette dans L\u2019amour à la plage ne croient pas à une date de péremption pour les élans du cœur, encore moins ceux du corps! Dans un décor de pacotille, celui d\u2019un motel comme il en existe de moins en moins en Floride, tombant sous le pic des démolisseurs, deux hommes et deux femmes acceptent avec abandon, parfois en versant quelques larmes, le jeu des confidences.Même à 70 ans, ils évoquent l\u2019espoir de trouver le grand amour\u2026 et surtout de le savourer longtemps.Or, la mort, la maladie, la situation conjugale et «la nature qui fait que les choses descendent» (!), tout cela complique la dynamique sentimentale.Les cinéastes Judith Pla- mondon et Lessandro Socrates observent ce curieux tango de l\u2019amour et de la mort sous un soleil radieux, les pieds dans le sable fin.André Lavoie Qu\u2019est-ce qu\u2019on attend ?En France, il existe encore des lieux de résistance qui s\u2019apparentent au célèbre village gaulois des aventures d\u2019Astérix.L\u2019un d\u2019entre eux se nomme Unger- sheim, en Alsace, où se déploie depuis moins d\u2019une décennie une importante transition écologique: énergies renouvelables, agriculture biologique\u2026 et retour du cheval ainsi que de la calèche comme bus scolaire! Documentariste, mais d\u2019abord et avant tout journaliste d\u2019enquête, Marie-Monique Robin, celle qui a fait trembler l\u2019industrie agrochimique (Le monde selon Monsanto), passe en revue toutes les initiatives de ce lieu inspirant et donne la parole aux principaux acteurs de ce changement.La démonstration s\u2019avère exhaustive, parfois trop près du long reportage formaté ou du film à thèse plutôt que du documentaire soucieux d\u2019humanisme, et surtout de cinéma.André Lavoie The Wife (V.O.) ?1/2 De passage à Stockholm avec son époux Joe, Prix Nobel de littérature, Joan dresse un bilan existentiel inopiné.Dès lors, le regard qu\u2019elle pose sur Joe se transforme, fierté et patience se muant en amertume, voire en dégoût.Glenn Close est électrisante dans ce rôle cousu main.Le film, en dépit d\u2019enjeux passionnants, ne l\u2019est pas.En effet, si la peinture d\u2019un milieu littéraire aveuglé par sa propre misogynie fascine, il en va autrement du récit, qui cumule les invraisemblances.Fonctions narratives plus que personnages, le journaliste inquisiteur et le fils aspirant auteur ne semblent être là que pour annoncer les coups de théâtre qui surviennent en seconde partie, le film passant alors de sombre étude psychologique à mélodrame appuyé.À la réalisation, Björn Runge s\u2019en tient à une grammaire cinématographique rudimentaire.Une héroïne de la trempe de Joan méritait plus de panache.François Lévesque Burn out, ou la servitude volontaire ?L\u2019épuisement professionnel est un sujet tristement à la mode, d\u2019une grande pertinence.Michel Jetté, que l\u2019on connaît surtout pour ses incursions dans les milieux criminels (Ho- chelaga, Histoire de pen, BumRush), a décidé de s\u2019égarer dans les dédales du drame psychologique et les névroses de la classe moyenne suren- dettée.Il observe les aléas d\u2019un couple (Jézabel Drolet et Emmanuel Auger) aussi malheureux au travail qu\u2019à la maison, sombrant peu à peu dans leurs obsessions de performance, avec la peur de ne jamais remonter à la surface.La démonstration, visuellement surchargée d\u2019effets et de symboles, n\u2019est jamais convaincante, souvent brouillonne, accentuée par des dialogues lourdement explicatifs.André Lavoie Gueule d\u2019ange ?1/2 Ce n\u2019est pas la première fois que Marion Cotillard joue à la prolétaire paumée, et elle était sublime chez les Dardenne (Deux jours, une nuit).Dans le premier long métrage de Vanessa Filho, elle en fait cette fois des tonnes, croulant sous les maquillages outranciers, les robes trop serrées et les bouteilles d\u2019alcool.Ici en mère indigne, elle abandonne sa fille de 8 ans sur un coup de tête, geste cohérent pour une femme aux comportements aussi erratiques.Cette chronique d\u2019une famille dysfonctionnelle est portée par la dévotion de Cotil- lard, et celle aussi d\u2019une cinéaste qui ne mesure pas toujours ses effets.Au point d\u2019ailleurs d\u2019en oublier l\u2019intériorité de personnages dont la mission était de nous tirer les larmes.Mission plus ou moins réussie.André Lavoie L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 2 2 | CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR Marie-Michelle Deschamps présente un solo notable à la Parisian Laundry, son premier dans cette galerie qui la représente désormais à Montréal.Dans le vaste espace nouvellement redécoupé par des murs, l\u2019artiste y déploie son plus récent corpus, composé d\u2019aquarelles et de sculptures dont les frontières s\u2019entremêlent élégamment.Les œuvres partagent une propension pour l\u2019écriture ; une écriture qui reste à faire.Celle-ci se signale par des balbutiements ou son absence, dans les espaces laissés vierges sur des surfaces prêtes à la recevoir.Feuilles sagement lignées, cartables à anneaux généreusement ouver ts et blocs- notes rudimentaires s\u2019incarnent sur papier, sur cuivre ou dans la graphie de tiges d\u2019acier, noires et épurées.Des signes inventés s\u2019égrènent ça et là, s\u2019accrochent sur les fines barres horizontales qui traversent des plans autrement dégarnis.Les lettres distinctes ont disparu du répertoire visuel de l\u2019artiste, qui demeure néanmoins attachée au langage.Résonne encore dans ces récentes productions l\u2019œuvre fondatrice de Deschamps, The Twofold Room, un livre d\u2019artiste aussi traduit en français, qui depuis ses études de maîtrise à la Glasgow School of Art en Écosse, fait du langage le pivot de son travail.« Si l\u2019espace commence par des mots, est-il donc possible de dire que nous habitons le langage ?» amorçait l\u2019ouvrage.Dans son texte, l\u2019ar tiste comparait le recours au langage à un séjour dans un hôtel, fait d\u2019emprunts et de passages, des lieux partagés que personne ne possède.Cette allusion est maintenue dans les œuvres actuelles dont la parenté avec le mobilier et les objets, avec le design finalement, renvoient aux corps qui habitent ce monde et aux objets utilisés.Les œuvres de Deschamps en captent subtilement les transformations en travaillant avec des techniques par ticulières qu\u2019elle a peaufinées avec le temps.Raffinés, les résultats ravissent.Feux ardents L\u2019émail vitrifié sur feuille de cuivre est de ces techniques que Des- champs pratique dans une manufacture de Toronto qui, dans la chaîne de production, lui fait une place pour ses pièces.Les feux ardents de l\u2019émaillage et la matérialité du cuivre dictent d\u2019ailleurs la palette de ses aquarelles qui se déclinent entre des verts turquoise et des roses saumon.Ces dessins, des teintes délicates organisées en taches organiques ou en nuées, sont protégés par des plaques de verre parcourues de fins motifs dépolis.Rien cependant ne trahit le labeur opéré sur la matière ; coup de feu, vaporisation et jet de sable ont, en effet, agi sur les surfaces par de brefs et vifs contacts.Ancrées dans ces techniques parfois anciennes, artisanales et manufacturières qu\u2019elles revisitent, les œuvres évoquent par ailleurs des dispositifs de communication qui tombent en désuétude, en cette ère du numérique.Téléphone à fil, journal papier et écriture manuscrite apparaissent sous des formes variées qui appellent à leur conservation, à leur souvenir.L\u2019ar tiste introduit dans cette exposition, fiché sur un tableau, un des 1000 exemplaires du journal qu\u2019elle a fait imprimer par le Financial Times, avec son papier et sa couleur si caractéristique.Pour Deschamps, des nuages clairsemés d\u2019aquarelle ont pris la place des chiffres et des analyses.Son économie n\u2019est pas celle de la finance, mais des restes d\u2019atelier à qui elle redonne une place capitale.Ces traces d\u2019aquarelle sont en fait les excédents essuyés de son pinceau, un surplus indésirable qu\u2019elle ne s\u2019est pas résolue à jeter.Et pour cause, ces tâches se font plutôt le témoin d\u2019un temps précieux, une résistance au gaspillage.Dans cet esprit, une des œuvres comprend au sol des retailles de feuille de cuivre non émaillée, simplement mar te- lées.Leur matérialité brute introduit un heureux hiatus dans cette exposition tout en retenue.Sous ses dehors polis, elle sécrète encore le faire de l\u2019atelier et l\u2019impulsion forte de l\u2019esquisse.Instances De Marie-Michelle Deschamps.À la Parisian Laundry, 3550, rue Saint- Antoine Ouest, jusqu\u2019au 20 octobre.Entre les lignes Marie-Michelle Deschamps et la pulsion d\u2019écriture à la Parisian Laundry Photo du haut : Marie-Michelle Deschamps, sans-titre, 2018.Photos du centre et du bas : vues de l\u2019exposition Instances, à la Parisian Laundry.Marie-Michelle Deschamps, Writer's Block, 2018 PHOTOS MAXIME BROUILLET LI RE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Entrevue Chloé Savoie-Bernard : pour en finir avec la honte péter le cube Conversation avec les nouveaux mâles de la littérature québécoise L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n 2 4 | ENTREVUE MANON DUMAIS LE DEVOIR as d\u2019essuyer les refus des producteurs tandis qu\u2019il tentait de por ter un scénario au petit écran, Michael Imperioli, l\u2019interprète de Christopher Moltisanti dans Les Soprano (1999-2007), a eu l\u2019idée de se lancer dans un projet où il serait le seul maître à bord.Du moins, jusqu\u2019à ce que le manuscrit se retrouve entre les mains d\u2019un éditeur.«Ces dernières années, je me suis beaucoup intéressé à la fiction; j\u2019en lisais constamment dans l\u2019intention d\u2019en écrire.J\u2019ai d\u2019ailleurs écrit quelques livres qui sont demeurés inachevés», raconte l\u2019auteur new-yorkais joint lors d\u2019une tournée en France.Campé en 1977, Wild Side met en scène Matthew, 16 ans, qui, à la suite du décès de son père qu\u2019il a peu connu, quitte son Queens natal pour aller vivre avec sa mère, qui carbure aux barbituriques, dans un chic appartement de Manhattan.Suivront la première clope, la première cuite, la première baise, la première peine d\u2019amour\u2026 « J\u2019aime les récits d\u2019apprentissage.Adolescent, j\u2019ai lu L\u2019attrape-cœurs et Candide ; ces deux romans m\u2019ont grandement impressionné.Dans le roman de Salinger, c\u2019est la découverte de la cruauté du monde et des difficultés de la vie qui m\u2019a marqué, tandis que chez Voltaire, c\u2019était l\u2019optimisme innocent du héros.J\u2019ai donc combiné ces deux points de vue.» Le 27 octobre 2013, trois mois après avoir commencé l\u2019écriture du roman, survient un événement qui bouleverse Michael Imperioli : Lou Reed, figure de proue du Velvet Underground, parrain du punk et ange noir du rock, meurt à 71 ans.« J\u2019ai connu Lou dans les douze dernières années de sa vie.J\u2019ai alors eu l\u2019idée de réunir Matthew et Lou.Sans l\u2019ajout de ce personnage, qui devient à la fois figure paternelle et mentor pour Matthew, je ne crois pas que j\u2019aurais pu aller aussi loin.La présence de Lou m\u2019a réellement inspiré.Je n\u2019aurais sans doute jamais écrit ce roman s\u2019il avait été encore vivant, car j\u2019aurais eu l\u2019impression de faire intrusion dans sa vie privée.J\u2019ose espérer qu\u2019il aurait aimé mon livre », confie l\u2019acteur, qui désire transposer Wild Side au grand écran.S\u2019étant fortement inspiré par l\u2019album live Take No Prisoners, enregistré à Greenwich Village en 1978 \u2014 «un album étrange où Lou raconte plein d\u2019histoires», d\u2019articles de magazines et de livres de l\u2019époque \u2014, Michael Imperioli a voulu être fidèle à Lou Reed au moment où il vivait avec Rachel, sa copine transgenre qu\u2019il mentionne dans Coney Island Baby (1976), dans un grand appartement à peine meublé où l\u2019on ne trouvait rien dans le frigo, tandis qu\u2019il travaillait sur l\u2019album Street Hassle (1978).« Il y a des détails biographiques, mais beaucoup d\u2019inventions.À travers ce récit, j\u2019exprime mon amour, mon respect et ma gratitude envers Lou et son œuvre.Par respect, j\u2019ai envoyé le manuscrit à Laurie Anderson, sa compagne des vingt dernières années.Elle m\u2019a dit ne pas avoir connu \u201cce\u201d Lou puisqu\u2019elle l\u2019a rencontré dans les années 1990, alors qu\u2019il ne prenait plus de drogue et s\u2019était assagi.Il y avait donc une distance qui lui a permis de lire le roman sans qu\u2019elle se sente concernée.» Au-delà du récit d\u2019apprentissage et de l\u2019hommage à Lou Reed, Michael Imperioli a voulu faire revivre le New York de l\u2019ère punk.« Artistiquement et culturellement parlant, c\u2019était une époque très importante.On n\u2019a qu\u2019à penser aux films de Scorsese, de Friedkin et de Lumet sortis à ce mo- ment-là.La musique de cette époque a émergé de l\u2019obscurité.New York était un endroit dangereux, mais j\u2019éprouve tout de même beaucoup de nostalgie pour cette époque.» Et pourtant, l\u2019acteur, âgé de 52 ans, se souvient à peine de ce temps-là\u2026 « Je crois que le New York de mes 17 ans n\u2019était pas si différent de celui-ci que j\u2019évoque dans Wild Side.La grande différence entre le New York d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui, c\u2019est qu\u2019avant, il y avait plus d\u2019artistes qui vivaient pauvrement à Manhattan et qui faisaient des trucs audacieux, comme les artistes de la beat generation.C\u2019est ainsi qu\u2019ont émergé les artistes punk.À l\u2019arrivée de Giuliani à la mairie dans les années 1990, le système économique a changé; c\u2019est devenu plus difficile pour les artistes de vivre à Manhattan.Ils se sont donc déplacés vers Brooklyn.Et aujourd\u2019hui, Brooklyn est devenu un quartier pour les mieux nantis.» Lou perdu dans Manhattan Le parrain du punk revit dans le premier roman de l\u2019acteur Michael Imperioli Michael Imperioli a voulu être fidèle à la figure de Lou Reed au moment où il vivait avec sa copine transgenre.CHRIS PIZZELLO ASSOCIATED PRESS Écrit sous la forme d\u2019un journal tenu par un ado romantique carburant à l\u2019humour noir, Wild Side raconte l\u2019improbable amitié du jeune narrateur avec Lou Reed, être au comportement excentrique.Rappelant par endroits Kicking Tomorrow de Daniel Richler (Random House, 1991) et Just Kids de Patti Smith (Ecco, 2010), ce roman d\u2019apprentissage aux accents picaresques, somme toute conventionnel, tire sa force du portrait plus grand que nature que Michael Im- perioli trace de la rock star.On regrette d\u2019ailleurs qu\u2019il n\u2019ait pas davantage étoffé ses descriptions du New York des années 1970, le roman se déroulant surtout dans des huis clos anonymes.Truffé de passages tantôt loufoques, tantôt tragiques, traversé de personnages tantôt pittoresques, tantôt énigmatiques, Wild Side distille un prenant parfum de nostalgie qui plaira aux éternels adolescents.M.D.Wild Side ?Michael Impe- rioli, traduit de l\u2019anglais par Éloïse Esquié, Autrement, Paris, 2018, 292 pages L L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Chambre 1002 Chrystine Brouillet/Druide \u2013/1 La BTLF (Société de gestion de la Banque de titres de langue française) est propriétaire du système d\u2019information et d\u2019analyse Gaspard sur les ventes de livres français au Canada.Ce palmarès est extrait de Gaspard et est constitué des relevés de caisse de 260 points de vente.La BTLF reçoit un soutien ?nancier de Patrimoine canadien pour le projet Gaspard.© BTLF, toute reproduction totale ou partielle est interdite.Du 17 au 23 septembre 2018 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Romans québécois Romans étrangers Essais québécois Essais étrangers REFONDATIONS NATIONALES AU CANADA ET AU QUÉBEC Simon Langlois s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Les fantômes de la conscience Quand ma fille est née, la première chose qui m\u2019est passée par la tête, c\u2019est sa voix.Comment serait sa voix?Puis, celle de mon père, éteinte trop tôt, m\u2019est revenue sous forme de cascades, comme des échos lointains teintés de regrets.Regret de ne pas avoir eu le réflexe, enfant de l\u2019ère technologique que je suis, de l\u2019enregistrer, même pas sous forme de message vocal.Regret de la trace de la voix, regret, donc, d\u2019une conscience qui s\u2019est éteinte.Je me suis alors demandé si la conscience n\u2019était pas un amalgame de voix qui nous habitent ; celles imprégnées inconsciemment sur la tabula rasa de nos plus jeunes années ; celles aussi que nous avons choisi d\u2019entendre pour leurs ondes vibratoires positives, jusqu\u2019à ce qu\u2019on tombe, comme sur un fantôme, sur notre propre voix.Les voix des autres résonnent en nous et tissent les fibres de notre appareil psychologique.À refaire mon parcours universitaire, j\u2019aurais opté pour la neuropsychanalyse, cette science déroutante qui synthétise les avancées de la biologie, de la neurologie, de la psychologie et de la psychanalyse pour démontrer que «nous portons dans nos voix des fantômes que nous transportons, le plus souvent à notre insu, de génération en génération et qui nous parlent de notre histoire, de notre descendance et de notre identité.Ils refont surface dans nos rêves, nos lapsus, nos anxiétés et dans nos symptômes», comme l\u2019explique Ariane Bazan de l\u2019Université de Bruxelles dans Des fantômes dans la voix : une hypothèse neuropsychanalytique sur la structure de l\u2019inconscient (Liber, 2007).Mais qu\u2019arrive-t-il lorsque la conscience, par un malheureux accident, tombe dans le coma et patine dans l\u2019inconscient, sans perspective de réveil ni de contact avec les réveillés ?Quelles voix entend-on au juste, si bien qu\u2019on entende quelque chose de l\u2019autre côté du miroir ?Ce cauchemar, arrivé au premier ministre israélien Ariel Sharon en 2006, m\u2019a toujours intriguée : que s\u2019est-il passé au juste dans sa conscience pendant ces huit années dans le coma?Il m\u2019a fallu attendre le troisième roman de la romancière et anthropologue palestinienne Yara El- Ghadban pour répondre à cette question.Le titre Je suis Ariel Sharon MAYA OMBASIC (Mémoire d\u2019encrier, 2018) m\u2019a paru banal et inapproprié parce qu\u2019il sonnait faux face à un refrain limpide «Je suis Charlie», la charge pulsionnelle n\u2019étant pas tout à fait la même.Puis, à nouveau, le sujet de l\u2019éternel conflit israélo-palestinien, raconté par un des deux camps, et le «déjà vu» allaient se transformer en étiquette, pour donner lieu à une «nouveauté».Mais heureusement qu\u2019il ne faut pas juger un livre à son titre.Ce roman à plusieurs voix et d\u2019une étonnante oralité donne corps aux femmes qui ont côtoyé de près l\u2019ancien premier ministre israélien, pour mettre en lumière ce qu\u2019autrement serait resté dans l\u2019ombre: le côté obscur et profondément inhumain de celui que certains appellent «le bourreau du Liban».Parmi toutes les voix des femmes qui défilent dans «le fleuve de sa conscience», celle de la mère est de loin la plus significative parce que grâce à sa vie et à sa mort, on comprend un peu mieux celle du fils.Par delà la mort Véra, l\u2019exilée russe, l\u2019éternelle «naufragée dans une terre étrangère parmi un peuple ingrat» dont elle est censée faire partie, mais dans lequel elle ne se reconnaît guère, restera à jamais rebutée devant un projet politique si peu organique.Elle s\u2019adresse au fils par delà la mort pour lui dire qu\u2019elle est heureuse qu\u2019il ait perdu la mémoire et qu\u2019il soit proche d\u2019elle dans ce lieu où la conscience ne «doit rien à personne», car c\u2019est précisément dans ce no man\u2019s land qu\u2019elle lui demande de lui pardonner sa légendaire froideur à son égard.Elle s\u2019avoue ne pas être la femme dure qui émigre en Palestine pour construire Israël, mais plutôt l\u2019épouse misérable exilée au pays d\u2019Herzl qui ne sait pas comment réconcilier sa vie sacrifiée sur l\u2019autel des hommes prêts à mourir pour une idée.Dans ce livre savamment documenté par une anthropologue, c\u2019est plutôt le talent d\u2019écrivain qui nous fait comprendre que derrière chaque être humain, qu\u2019il soit héros ou bourreau, défilent les voix des autres, avec leurs propres bagages déposés sur l\u2019écran de nos consciences, pour tisser à jamais les fils de notre identité.S\u2019il appartient à chacun de faire la part des choses, il n\u2019est pas question de faire de procès moral.Il faut plutôt tenter de braquer la lumière sur l\u2019altérité afin de saisir une partie de son caractère insaisissable.Or, étant donné la complexité historique et géopolitique du roman, on ne peut que s\u2019incliner devant la sensibilité et le souci d\u2019objectivité de cette plume prometteuse farouchement fluide et que le théâtre gagnerait à découvrir.Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 L i r e Po é s i e 2 6 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Merci à Chloé Savoie- Bernard pour la conversation au yoga», écrit Kevin Lambert à la fin de son plus récent roman, Querelle de Roberval, et c\u2019est plus fort que nous, il faut absolument savoir ce que l\u2019écri- vaine a bien pu raconter de si important à son ami yogi.« C\u2019est drôle, parce que je ne me souvenais plus trop de ce que je lui avais dit, répond la principale intéressée en rigolant.Je pense que je lui avais dit qu\u2019il faut toujours écrire à partir de la honte.» À partir de la honte ?, répète-t-on, puis la discussion prend rapidement son envol.« Oui, parce que c\u2019est un peu honteux pour moi d\u2019avoir autant de misère à habiter mon corps, quand il est en santé, quand il n\u2019est pas précaire, alors que je continue pourtant à le sentir réellement précaire.Le corps, c\u2019est quelque chose que je touche mal, que je réalise mal, et peu importe les changements que je lui apporte, il y a quelque chose qui reste très dissocié, quelque chose qui reste presque fictif dans mon rapport avec mon corps.J\u2019ai de la misère à croire que c\u2019est réel.Et il y a une certaine honte à ressentir ça.» Royaume scotch tape (L\u2019Hexagone, 2015), son premier recueil de poésie, célébrait la loyauté de la sororité au lendemain d\u2019un avor tement.Des femmes savantes (Triptyque, 2016), son premier recueil de nouvelles, accumulait les voix de femmes se butant contre les limites de leurs idéaux et le subreptice cycle de la même erreur constamment répétée.Chloé Sa- voie-Bernard y décrivait sans pitié, mais avec bienveillance, ces femmes «qui rushaient, qui refaisaient des affaires qu\u2019elles savaient qu\u2019il ne fallait pas qu\u2019elles fassent, qui savaient qu\u2019il y avait un feu, mais qui continuaient de se mettre la main dedans» ! «ambidextre du ratage / je cherche le tison / qui saura cautériser mon corps / fendu // alchimie de conne», écrit-elle aujourd\u2019hui dans Fastes, son second recueil de poésie, qui tente à nouveau de mesurer le troublant fossé entre le désir de mettre en pratique ses valeurs et une vie où prendre conscience de ce qui nous assaille ne suffit pas à l\u2019éradiquer.« On traverse présentement un moment très vertueux où personne n\u2019est jamais aussi vertueux qu\u2019il devrait l\u2019être et je me sens constamment en situation d\u2019échec par rapport à ça», observe celle qui dirigeait le collectif Corps (Triptyque) un peu plus tôt cette année.Les corps qui s\u2019effacent « Je suis féministe, je lis sans cesse des auteures féministes pour mon doctorat et souvent, quand même, je me demande au quotidien: \u201cPourquoi je fais ça?Pourquoi je prends cette dé- cision-là, alors que je sais tout ce que je sais?\u201d Mais en creusant cette honte à être prise dans rapports amoureux malsains, en essayant de mettre des mots poétiques là-dessus, on peut mieux la comprendre.J\u2019y crois que la littérature est là pour mettre des mots sur ce qui n\u2019en a pas et pour sortir du cadre de la victime, parce qu\u2019à partir du moment où tu nommes, tu dépasses le cadre de la honte.Tu t\u2019appropries un discours, une situation.Tu fais acte de nouveauté.» Malgré son enracinement dans une expérience très intime, Fastes prend en fin de texte une étonnante tournure dystopique, alors que des morceaux de femmes, « roadkill des villes», jonchent les rues sans que nos dirigeants savent comment s\u2019y prendre pour endiguer ce fléau.Jusqu\u2019à ce que de fins gourmets s\u2019en mêlent.« les chefs invités viennent se servir / on leur a demandé de concevoir / avec ces organes épars des recettes inventives / ludiques estivales savoureuses // nous réinventons le goût des femmes / disent-ils en entrevue », écrit une Chloé Savoie- Bernard que l\u2019on a rarement connu aussi sarcastique.« est par ticuliè- rement prisé / l\u2019intérieur des cuisses des jeunes filles auburn / préférablement scolarisées à la villa sainte- marcelline / elles sont apprêtées pour une cuisson au beurre sésamé / infusé de fougères de la côte-nord» S\u2019il n\u2019est donc pas explicitement question de #MoiAussi dans Fastes, ses poèmes investissent néanmoins cet espace relationnel n\u2019appartenant pas encore au registre de l\u2019agression, mais à celui, du moins, des rapports de pouvoir se manifestant dans l\u2019alcôve du couple.« Je ne suis sans doute pas la seule à avoir vécu des expériences très désubjectivantes dans mes relations avec les hommes, confie la poète.Souvent, il y a quelque chose de dés- ubjectivant dans la manière dont mon corps pouvait entraîner du dé- s ir, où je n \u2019ar r ivais pas à fa ire émerger ma personnalité dans ces rapports de désir et de séduction.» L\u2019intime n\u2019est, comme de raison, jamais qu\u2019intime.« Je pense, oui, qu\u2019il y a quelque chose qui ef face les corps féminins dans la société, quelque chose qui fait qu\u2019on n\u2019en prend pas soin.Ce quelque chose là est à la fois concret, on peut nommer ses raisons, les structures, la dif fi- culté à avorter, les viols, mais il y a aussi quelque chose qui reste mystérieux.Les livres, pour moi, ça aide à toucher à ces affaires-là qui ne sont pas nommables, à ces relations dans lesquelles il y a souvent un ef face- ment.Ce livre est une tentative de montrer ce qui disparaît, mais cette tentative-là échoue.Le corps reste labile, difficilement tangible.» Pour en finir avec la honte Chloé Savoie-Bernard conclut avec Fastes un cycle d\u2019écriture sur le corps et la gêne qu\u2019il peut générer Malgré son enracinement dans une expérience très intime, le livre de Chloé Savoie-Bernard prend en fin de texte une étonnante tournure dystopique.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR « Fastes Chloé Savoie- Bernard, L\u2019Hexagone, Montréal, 2018, 80 pages S\u2019il n\u2019est pas explicitement question de #MoiAussi dans Fastes, ses poèmes investissent néanmoins cet espace relationnel n\u2019appartenant pas encore au registre de l\u2019agression, mais à celui, du moins, des rapports de pouvoir se manifestant dans l\u2019alcôve du couple | 2 7 L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 CRITIQUE ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Dans le labyrinthe étourdissant de blancheur de Mykonos, à travers l\u2019ivresse de la foule, la musique assourdissante, les baisers volés, l\u2019immensité turquoise de l\u2019eau et les vertigineuses falaises rocheuses, Olga Duhamel- Noyer exploite la tragique insouciance d\u2019une jeunesse prête à tout pour un instant de liberté.Pour Christopher, Sebastian, Jules et Pavel, la semaine à venir s\u2019annonce palpitante.Pour la première fois, les quatre amis d\u2019enfance voyagent ensemble.Leur destination ?L\u2019île de toutes les convoitises, la plus festive de Grèce: Mykonos.Frivoles et déterminés à vivre l\u2019expérience de leur vie, les adolescents sautent à pieds joints dans les imprudentes aventures qui se dressent sur leur chemin.« Passé la cafétéria, une piste de danse surélevée vibre dans le rythme de la foule compacte qui s\u2019agite face au soleil déclinant.Des garçons et des filles venus de tous les pays dansent sur la piste.Des filles en bikini sont montées sur des tables et des chaises.Elles remuent les fesses, le ventre.Elles hurlent le refrain, on les entend à peine.» Fêtes, séduction, désirs\u2026 les nuits sont longues et pleines de promesses dans ce paradis terrestre.Mais, attention, la désinvolture ne peut durer éternellement.Au-delà du plaisir, le havre recèle son lot de vices cachés et la superficialité n\u2019est pas sans séquelles.L\u2019absence d\u2019arbres, les déchets qui jonchent les routes, la musique assourdissante, l\u2019odeur d\u2019essence, les parcs déserts\u2026 la désolation côtoie l\u2019ivresse des illusions de la jeunesse.Habile créatrice d\u2019ambiance, l\u2019écri- vaine montréalaise fait de l\u2019île des vents un véritable personnage.Ses nuits surtout qui, habitées d\u2019une inquiétante étrangeté, manipule les esprits, estompe les défenses, accentue l\u2019audace et la confiance.Dans la légèreté suspecte de la première aventure, le drame est latent, remarquablement brodé autour d\u2019une narration froide et distancée qui impose une certaine lourdeur.Dénuée de toute fioriture, concise, presque formelle, en opposition avec l\u2019incessant bourdonnement qui anime la ville, la plume se fait sournoise, hypnotise, force le détachement pour mieux déconcerter.Sans trop s\u2019appesantir, avec une finesse remarquable, Olga Duhamel- Noyer dresse un parallèle intéressant entre le passage à l\u2019âge adulte et les illusions perdues du voyageur inconscient, du consommateur effréné introduit pour la première fois aux conséquences de ses actes.Mis à part Pavel, dont la curiosité, le désir d\u2019introspection et le sens de l\u2019observation le distinguent de ses acolytes, les personnages ne demeurent qu\u2019esquissés.Aveuglés par leur volonté et l\u2019éclat du soleil, ils se noient dans cette foule de touristes sans scrupules, leur véritable nature flouée par un effet de masse ne laissant aucune place aux questionnements et à la personnalité.Un roman surprenant et révélateur.La tragédie de l\u2019insouciance Olga Duhamel-Noyer raconte l\u2019éveil d\u2019une jeunesse en quête de liberté dans la splendeur des îles grecques Olga Duhamel-Noyer fait de l\u2019île des vents un véritable personnage.VALÉRIE LEBRUN HÉLIOTROPE Mykonos ?1/2 Olga Duhamel- Noyer, Héliotrope, Montréal, 2018, 120 pages CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Avec Les écrivements, son septième roman, où une femme de 81 ans pourchasse d\u2019anciens souvenirs, Matthieu Simard nous décline encore une fois une histoire à la première personne du singulier emplie de tendresse moelleuse, moins d\u2019un an après Ici ailleurs (Alto).Un brin philosophe, la vieille femme ne se fait plus trop d\u2019illusions : «À mon âge, il n\u2019y a dans l\u2019avenir que les rêves échoués d\u2019hier, qu\u2019on cède aux autres en souhaitant qu\u2019ils aient plus de chance ou de courage que nous.» Le traumatisme remonte à des événements mystérieux survenus en 1959 au cœur des montagnes de l\u2019Oural, en URSS.« Chacun de notre côté nous étions laids et brisés mais ensemble nous étions notre propre trousse de premiers soins, capables de sur vivre à tous les hivers.Du moins, c\u2019est ce que je pensais.» Un voyage improbable en URSS qui ne nous est brièvement raconté qu\u2019à la moitié du roman et qui entraînera l\u2019éclatement du couple qu\u2019elle formait avec Suzor.Ici, Matthieu Simard reprend à son compte l\u2019affaire du col Dyatlov et la mort jamais élucidée de neuf randonneurs.Incapable d\u2019oublier ce qu\u2019il a vu, son compagnon partira un jour sans s\u2019expliquer, emporté par «sa volonté maladive de comprendre ce qui s\u2019était vraiment passé ».Quarante ans plus tard, en 2017, au temps du récit, elle apprendra par la bande que Suzor, qui a tout fait pour essayer d\u2019oublier ce qu\u2019il a vu là-bas, est atteint de la maladie d\u2019Alzheimer.« Je suis maintenant Alzheimer, comme beaucoup d\u2019autres.Ne vous inquiétez pas, je vais plutôt bien.Il y a depuis trop longtemps des choses que je suis incapable d\u2019oublier.Je me por terai mieux quand elles auront disparu », écrit-il à des proches \u2014 comme si cette maladie, une fois diagnostiquée, ne se résumait qu\u2019à la perte progressive de la mémoire.Dans sa quête pour retrouver l\u2019homme qu\u2019elle aimait, la narratrice aura l \u2019a ide d \u2019une adolescente, Fourmi, une ancienne voisine qui l\u2019appelle « Mamie » et sollicite ses lumières sur l\u2019existence.« Mamie ?Est-ce que ça arrête de faire mal, un jour ?» « Quoi ?» « La vie.» « Non.Ça arrête jamais.Mais un jour tu vas trouver quelqu\u2019un avec qui avoir mal, et tu vas comprendre que ça vaut la peine.» Sans surprise, i l faudra aussi l\u2019entendre nous expliquer que « les fausses familles, celles qu\u2019on choisit, sont plus importantes que les vraies ».La vieille femme nous raconte ses souvenirs de la gamine qui lui lisait autrefois, en inventant parce qu\u2019elle ne savait pas lire, ce qu\u2019elle appelait ses « écrivements » : le contenu de petits carnets dans lesquels elle s\u2019adressait à Suzor.Tout en voulant tuer Suzor, Jeanne entreprend de retrouver sa trace.Pourquoi ?« Je ne veux pas être la seule condamnée au souvenir de nos bonheurs.» Sur tout pas quand on sait que « la mémoire est un animal qu\u2019on ne contrôle pas».À l\u2019évidence, l\u2019auteur de Ça sent la coupe et de Llouis qui tombe tout seul (Stanké, 2004 et 2006) était pressé de publier ce roman.Mais sous l\u2019humanité et les longueurs, Les écrivements enfile invraisemblances, phrases sentencieuses et alambiquées, bons sentiments et lieux communs.La mémoire en fuite Le roman de Matthieu Simard est une histoire d\u2019amour et d\u2019oubli à la tendresse moelleuse Matthieu Simard reprend à son compte l\u2019affaire du col Dyatlov et la mort jamais élucidée de neuf randonneurs.IDRA LABRIE ALTO Les écrivements ?1/2 Matthieu Simard, Alto, Québec, 2018, 240 pages est le très amusant personnage d\u2019Anouck qui le dit, dans le nouveau livre d\u2019Antoine Charbonneau-Demers, Good Boy.«Oh my god, faut que je pète le cube.» Péter le cube comme dans sortir de sa zone de confort, comme dans narguer les conventions, comme dans pulvériser la norme sociale.Péter le cube comme dans réduire en poussière cette camisole de force que peut devenir la masculinité traditionnelle, combat nécessaire et courageux que mènent aussi à leur manière les romans de Jean-Guy Forget, After, et de Kevin Lambert, Querelle de Roberval.Après l\u2019onirique et anxiogène Coco (2016), Antoine Charbonneau-Demers accompagne dans cette seconde fiction l\u2019éducation sentimentale et érotique d\u2019un jeune homme de 19 ans, né en région éloignée, qui embrassera en ville tous les fantasmes troubles ou émancipateurs germant dans son esprit avide d\u2019expériences étourdissantes.Son (pas si) bon garçon, c\u2019est un peu la Good Girl Gone Bad de la chanteuse Rihanna, qui surgit ponctuellement en oracle afin de guider ou de terroriser un nar rateur se dévoyant auprès d\u2019hommes plus vieux.GRAND ANGLE TEXTES DE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR L i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D Les nouveaux mâles de la littérature québécoise Conversation avec trois écrivains qui « pètent le cube » de la masculinité traditionnelle Antoine Charbonneau-Demers, Jean-Guy Forget et Kevin Lambert conjuguent sans inhibition références populaires et nobles.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR C\u2019 Malgré la révolte, parfois violente, qui bouille sous quelques- unes de leurs phrases, les romans iconoclastes de ces auteurs témoignent tous d\u2019une poignante tendresse envers certains de leurs personnages «Je voulais parler d\u2019épanouissement volontaire et forcé, et pour moi, en arrivant à Montréal, c\u2019est beaucoup passé par la sexualité», se souvient le lauréat du prix Robert-Cliche 2016 au sujet des nombreux passages de Good Boy détonant avec l\u2019élégance studieusement surannée de son premier roman, tant ils n\u2019excusent pas leur absence de voile.«Quand t\u2019es un enfant homosexuel, tu n\u2019as pas d\u2019éducation sexuelle, et c\u2019est souvent auprès d\u2019hommes plus vieux que, plus tard, tu trouves des réponses.» Péter le cube, c\u2019est aussi le fonds de commerce de Kevin Lamber t.Après avoir imaginé la ruine flamboyante de Chicoutimi dans Tu aimeras ce que tu as tué (2017), il raconte dans Querelle de Roberval la grève épuisant de plus en plus les employés d\u2019une scierie du Lac-Saint-Jean, une « fiction syndicale » aussi gorgée de scènes de sexualité homosexuelle frondeusement explicites.« C\u2019est un discours qui pèse lourd, le poids de la représentation positive, policée, observe-t-il.C\u2019est comme si la seule façon d\u2019être politique en littérature, c\u2019était de créer des personnages gais et heureux, de décrire l\u2019homosexualité selon les critères de l\u2019hétérosexualité : pas de sexe anal, pas de maladie, un seul amant.C\u2019est un réel enjeu pour la littérature, ce discours de normalisation.Ça ne m\u2019intéresse pas d\u2019écrire des personnages heureux, ce qui m\u2019intéresse, c\u2019est l\u2019abjection de l\u2019homosexualité.» L\u2019abjection ?« Oui ! Comme gai, on comprend rapidement qu\u2019on est construit dans l\u2019abject.On vit une déchéance de masculinité, au même sens qu\u2019on parle d\u2019une déchéance de nationalité.J\u2019ai beaucoup essayé de correspondre à la norme, mais l\u2019échec est devenu ce que je suis, la position que je peux occuper.J\u2019habite les retailles, les ratages de la masculinité et je suis très bien là.» Littérature pirate Chronique d\u2019une dévastatrice peine d\u2019amour hétérosexuelle anesthésiée dans l\u2019abus d\u2019alcool et de poudre grisante, After ne serait sans doute que le énième portrait d\u2019une nuit montréa- laise dans laquelle il fait bon s\u2019oblitérer, si ce n\u2019étaient sa critique mutine d\u2019une masculinité étouf fante et son emploi de l\u2019écriture inclusive.Une stratégie permettant à Jean-Guy Forget de « lutter contre ces constructions hétéronormatives et patriarcales présentes à même la grammaire, qui conditionnent notre vécu».«Voir quelqu\u2019un être soi-même avec la puissance qu\u2019il faut pour se tenir debout et cracher dans la face du genre me forçait à faire la même chose avec qui j\u2019étais, à accepter de ne pas être tout à fait un gars, à revendiquer mon droit d\u2019être queer sans avoir à constamment me défendre ou me justifier », écrit son alter ego lors de sa rencontre passionnée avec une personne non binaire, occasion de se réconcilier avec sa propre masculinité constellée de trous.En conjuguant sans inhibition références populaires et nobles, Antoine Charbonneau-Demers, Jean-Guy Forget et Kevin Lambert participent tous d\u2019un même mépris, très queer, pour une forme de hiérarchisation de la culture et l\u2019impératif d\u2019avoir lu ce qu\u2019il faut absolument avoir lu.La piraterie «Il n\u2019y a rien qui me repousse plus que l\u2019idée d\u2019une littérature parfaite et intemporelle, qui reprend encore une fois les mêmes vieux récits entérinés par des hommes blancs et bourgeois, où on ne peut citer que des œuvres appartenant au canon littéraire», tempête Jean-Guy Forget, maître des clins d\u2019œil truculents à la musique du top 40.Remix très libre du Querelle de Brest (1947) de Jean Genet, Querelle de Roberval emprunte de son côté autant aux héros de la poésie maudite (Lau- tréamont, Baudelaire, Rimbaud) qu\u2019à Tarantino.« J\u2019aime la piraterie dont parlait Kathy Acker [défunte écrivaine américaine] : les ressources littéraires sont là et on peut aller chercher dans d\u2019autres œuvres ce qu\u2019on veut bien utiliser dans la nôtre, fait valoir Kevin Lambert.J\u2019aime faire semblant de me soumettre à une œuvre littéraire par grand respect, mais cracher sur ses souliers en me penchant.» Malgré la révolte, parfois violente, qui bouille sous quelques-unes de leurs phrases, les romans iconoclastes de ces nouveaux mâles de notre littérature témoignent tous d\u2019une poignante tendresse envers certains de leurs personnages.C\u2019est une mère ayant dû se sacrifier sur l\u2019autel de la famille que magnifient par exemple les narrateurs d\u2019After et de Good Boy.«Je suis très tendre avec les personnages qui sont laissés pour compte», souligne Kevin Lambert en évoquant un trio d\u2019incontrôlables adolescents qui se consumeront tout au long de Querelle de Roberval, figures tragiques et émouvantes commettant pourtant certains des gestes les moins admissibles du livre.«À chaque fois qu\u2019ils apparaissaient, je pleurais.Il y a quelque chose de magique chez eux», confie Antoine Charbonneau-Demers au sujet de l\u2019univers de son collège.« J\u2019avais le goût de les chanter, de les rendre beaux, poursuit leur créateur, parce que le monde ne veut pas d\u2019eux.Je me suis dit : \u201cPeu importe ce qu\u2019ils vont faire, la narration va rester avec eux, avec amour.\u201d La littérature, ce n\u2019est pas la justice, ce n\u2019est pas la loi, alors j\u2019ai voulu tout leur pardonner.» La voix de Kevin casse.Qu\u2019est-ce qui t\u2019émeut, lui demande- t-on?«Leur révolte.» | 2 9 I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Trois ados lancent des cocktails Molotov dans la vitrine de maisons paisibles, le soir de Noël.Voilà le genre d\u2019attentat que fomente également Kevin Lambert avec Querelle de Roberval, cocktail Molotov lancé dans la vitrine du patriarcat et du capitalisme, mais aussi dans la vitrine bien astiquée de ceux qui pensent toujours être du bon côté.Vision enfiévrée d\u2019un monde où le syndicalisme n\u2019aurait pas été phagocyté par le corporatisme, ce deuxième roman parfois fabuleusement pervers transcende le désir de vengeance émouvant, bien que parfois stérile, de Tu aimeras de ce que tu as tué.Tout à la fois condamnation et lettre d\u2019amour adressée à une région de solidarité et d\u2019étroitesse d\u2019esprit, cette prière aux dépravés, entrecroisant les voix de Jean Genet et de Rambo Gauthier (!), ne sait donner vie qu\u2019à des personnages aussi sympathiques que condamnables, comme si son auteur rejetait tous les appels manichéens à la pureté morale alourdissant l\u2019air du temps.Peut-être se vautre-t-il simplement, et sans retenue, dans un des rares lieux refusant d\u2019être usurpés par d\u2019autres discours : la littérature.ROMAN Querelle de Roberval ?Kevin Lambert, Héliotrope, Montréal, 2018, 288 pages Regard torve, faciès d\u2019éphèbe, demi-sourire suggérant un appétit pour les fruits juteux de l\u2019interdit : ce n\u2019est pas un hasard si le narrateur de Good Boy ressemble beaucoup au jeune homme qui en orne la couverture (une photo du Russe Alexander Kargaltsev, intitulée The Age of Innocence).Son innocence, le nouveau citadin de 19 ans ne souhaite, lui, que la perdre au plus vite en répondant oui à toutes les invitations surgissant sur son téléphone, autant d\u2019occasions d\u2019enfin d\u2019apprendre à se connaître.Hommage à une ville généreuse en ressources érotiques, ce deuxième roman d\u2019Antoine Charbonneau-Demers nomme sans jugement la trouble intransigeance du désir qui bourgeonne et qui engouffre tout.L\u2019humour brillamment oblique de sa description de la vie en colocation, ainsi que la beauté d\u2019une relation mère-fils dont la complexité ne supplantera jamais l\u2019inconditionnalité nourrissent la justesse de cet étrange et enivrant portrait d\u2019un jouisseur condamné à se forger lui-même ses propres balises morales.Sans doute est-il possible de demeurer un mauvais garçon au lit, tout en en devenant un bon dans la vie.ROMAN Good Boy ?1/2 Antoine Charbonneau- Demers VLB, Montréal, 2018, 392 pages ROMAN After ?Jean-Guy Forget, Hamac, Québec, 2018, 176 pages « Mes larmes sont souvent un esti de cataclysme, de quoi faire passer du Death Grips pour du Cœur de pirate », annonce Jean-Guy Forget dans son premier roman plein de ce genre de suaves références musicales \u2014 le gars ferait un fabuleux critique rock.Écrit dans un franglais rappelant le Charlotte before Christ d\u2019Alexandre Soublière, After chante les abus qui déchantent, tout en fustigeant la fausse ouverture d\u2019esprit des privilégiés.Sa critique de l\u2019hétéronormativité dépasse donc pour le mieux la seule question des identités de genre, et recoupe aussi celle des classes sociales et des inégalités économiques, judicieuse façon de signaler que la masculinité toxique est une maladie tentaculaire.Bien qu\u2019elle revendique un rapport très étroit avec la vraie vie, son autofiction ne parvient pas toujours à sublimer la douleur qui l\u2019accable, mais l\u2019énergie (du désespoir) déployée afin de tout, tout, tout dire débouche, elle, sur une forme de provocante et éclairante pornographie émotive.Il y a là matière à réfléchir longtemps à la vulnérabilité que l\u2019on autorise, ou pas, aux hommes.Il n\u2019y a rien qui me repousse plus que l\u2019idée d\u2019une littérature parfaite et intemporelle, qui reprend encore une fois les mêmes vieux récits entérinés par des hommes blancs et bourgeois, où on ne peut citer que des œuvres appartenant au canon littéraire JEAN-GUY FORGET » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 L i r e F i c t i o n 3 0 | CRITIQUE MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR « Aujourd\u2019hui / je me sens comme une catastrophe nucléaire / au- jourd\u2019hui / est le pire jour de toute ma vie [\u2026] l\u2019amour / vient d\u2019exploser dans mon ventre / je ne sais pas comment / retrouver les morceaux.» Amoureux de Mathieu, ce « géant fabuleux », ce garçon solide fait de muscles, ce sourieur exemplaire, Il se sent minuscule, trop mince, sans épaule et sans torse, sans corps « à mettre par-dessus / [s]es os qui se cassent ».Dans ce monde d\u2019apparence, où la bonté, la politesse et les qualités de l\u2019âme n\u2019attirent pas les regards, Il a du mal à trouver sa place.Malheureux et mal à l\u2019aise dans son corps, Il saute alors sur son vélo stat ionnaire , « à en défa ire la route », lève des haltères, mais rien n\u2019y fait.Le bonheur se trouve peut- être ailleurs.Récit poétique sur le thème du désir, sur la volonté de sortir de l\u2019ombre, Des muscles en fer forgé nous conduit dans les profondeurs de l\u2019âme d\u2019un adolescent bouleversé par l\u2019amour, sans doute, mais surtout tourmenté par de profonds questionnements identitaires.Na- thaël Molaison, qui s igne son deuxième roman \u2014 son premier écrit pour la jeunesse \u2014 rejoue les thèmes abordés dans Il n\u2019y aura pas d\u2019autres saisons.Le besoin d\u2019être reconnu, cette propension à croire que nous existons que dans le regard de l\u2019Autre, et, par-dessus tout, cette volonté de s\u2019affranchir de ce poids, voilà ce qui fonde l\u2019essence de ce recueil.Timide et résolument mal dans sa peau, le personnage adolescent tente ainsi de fuir ce corps repoussant qui l\u2019empêche, croit-il, de conquérir Mathieu.Un chemin prévisible Accompagné dans cette traversée de son amie Louise, tout aussi insatisfaite de ses courbes, le duo rêve de « géants / vêtus d\u2019amour et de muscles », jusqu\u2019au jour où Il surprend Mathieu à pleurer.Sous cette carapace dorée, le bellâtre s\u2019effondre un instant à l\u2019abri des regards, pour conserver, bien sûr, sa réputation.Molaison a visiblement une sensibilité toute naturelle pour faire état des tourments d\u2019un cœur en peine.Le sentiment de manque tout comme celui du désir nous sont rendus dans des vers délicats, bien tournés, empreints d\u2019une simplicité émouvante et, quelques-uns, taillés à même les courbes de la beauté.« À bord / de mon vélo stationnaire / je pédale [\u2026] je fuis mon désir / mon amour de Mathieu / comme un orage violent/désolé je m\u2019ennuage / mes gouttes de sueur / me noient.» S\u2019il parvient à rendre avec justesse le déchirement vécu par le personnage, si la quête et l\u2019ascension du héros vers une acceptation de soi sont présentées avec aplomb, Molaison emprunte malheureusement plusieurs pistes prévisibles.Il y a d\u2019abord ce Il, qui bien qu\u2019attendrissant, reste au final un émule de certains héros de Simon Boule- rice.Authentique, mais déjà vu.Il y a aussi ces quelques clichés lancés ici et là qui atténuent la portée du message, notamment celui de ce père rigide, déçu de son fils aux maigres épaules, de ce vers dans lequel on nous raconte que les « gars ne savent pas pleurer », qu\u2019à « la place/ils donnent des coups de poing aux murs », ou, encore, de cette meilleure amie avec qui le héros forme, au bout du compte, un duo pathétique.Il y a, enfin, cette quête de bonheur qui se termine \u2014 assurément trop rapidement \u2014 sur un sentiment de légèreté improbable.Force est de constater que ce roman jeunesse, malgré l\u2019ouver ture du propos, s\u2019inscrit dans un corpus déjà bien connu.Le droit de s\u2019aimer Nathaël Molaison signe un récit poétique pour tracer le chemin vers l\u2019acceptation de soi Nathaël Molaison nous conduit dans les profondeurs de l\u2019âme d\u2019un adolescent tourmenté par des questionnements identitaires.SOULIÈRES ÉDITEUR Des muscles en fer forgé ?Nathaël Molaison, Éditions Soulières, Saint-Lambert, 2018, 104 pages CRITIQUE YANNICK MARCOUX COLLABORATEUR LE DEVOIR Un être, c\u2019est un univers en soi.Un passé, des amours, des luttes, un milieu.Le dernier roman de L yonel Trouillot, Ne m\u2019appelle pas Capitaine, convoque deux univers.Celui d\u2019Aude, une jeune « gosse de riche » qui s\u2019invite à la table du Capitaine, dans son quartier de Morne Dédé à Port-au-Prince, un lieu enclavé dans la pauvreté «d\u2019où l\u2019on s\u2019en va» et «où personne ne revient ».Aude, dit la Blanchette, n\u2019est « qu\u2019une indéfinition préoccupée d\u2019elle-même ».Elle n\u2019aime pas ce qu\u2019elle est et cherche à se sor tir d\u2019une famille pour laquelle « le reste du monde n\u2019a pas de nom ».Sous prétexte d\u2019un papier à faire dans un cours de journalisme, elle se rend chez cette vieille connaissance de son oncle, le Capitaine : « Un vieux con qui n\u2019allait nulle part.» « Sur cette terre divisée entre la richesse et la misère », leur réunion est délicate.L\u2019altérité montre les dents.Toute sa vie, le passé du vieil homme «n\u2019a eu droit qu\u2019au silence ».Mais il por te en lui ce qu\u2019elle ne connaît pas.Elle insiste et il sort peu à peu de sa torpeur, révélant son histoire.Ce n\u2019est pas encore une complicité : c\u2019est une rencontre.L\u2019invitation de l\u2019auteur haïtien dans cette société ségréguée se fait à l\u2019abri des clichés.La lutte que mènent les personnages avec leurs contradictions et leurs souvenirs est sensible.Dans un style tantôt hachuré, tantôt ample, Trouillot se fait attentif et précis, créant des moments de tension dont les chutes, salvatrices et sagaces, nous libèrent.Ne m\u2019appelle pas Capitaine con - voque l \u2019humanité en nous et annonce une rencontre nécessaire avec cette altérité, riche et effrayante, qui nous perdra ou nous fera ériger des ponts.Une belle invitation à aller vers l\u2019inconnu, puisque « les choses ne finissent pas forcément où elles commencent.» La nécessité des temps à venir Le roman de Lyonel Trouillot s\u2019ancre dans un Port-au-Prince à portée universelle Dans le livre de Lyonel Trouillot, la lutte que mènent les personnages avec leurs contradictions et leurs souvenirs est sensible.FRED TANNEAU AGENCE FRANCE-PRESSE Ne m\u2019appelle pas Capitaine ?Lyonel Trouillot, Actes Sud, Arles, 2018, 160 pages | 3 1 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR Il y a un peu plus de dix ans, bien avant de connaître un succès foudroyant avec les enquêtes de Carl Mørck du célèbre Département V, le Danois Jussi Adler-Olsen publiait ce tout premier roman.Fraîchement traduit en français, il recèle déjà la façon bien particulière qu\u2019a l\u2019écrivain de creuser ses histoires en dévoilant, un engrenage à la fois, la machine implacable du récit.Bien loin du Danemark, le lecteur se voit ici plongé dans l\u2019atmosphère tendue des derniers jours de la Deuxième Guerre mondiale.L\u2019histoire est à la fois simple et complexe : deux aviateurs britanniques voient leur appareil abattu lors d\u2019un vol de reconnaissance au-dessus de Magdebourg.Poursuivis, ils sautent dans un train ramenant des blessés allemands du front russe\u2026 et prennent l\u2019identité de deux officiers SS mal en point.James Teasdale et Bryan Young se retrouveront du coup internés dans un hôpital secret, l\u2019unité Alphabet, dans les montagnes entourant Fri- bourg-en-Brisgau.James est devenu le Standartenfürher Gerhart Peuckert et Bryan, l\u2019Oberführer Arno van der Leyen.Tous deux sont en principe plongés dans un profond coma.Les médicaments et les traitements-chocs qu\u2019on leur administre n\u2019arrangent pas les choses et, avec le temps, les deux hommes n\u2019auront plus le choix: ils se verront forcés de simuler la folie.Mais ils prennent conscience peu à peu qu\u2019ils sont entourés d\u2019au moins trois autres simulateurs: les deux rescapés devront feindre encore davantage et la vie dans la petite unité deviendra un enfer.Puis, alors que les bombardements alliés s\u2019intensifient et que James est abruti par une séance d\u2019électrochocs, Bryan décide de prendre la fuite en abandonnant son ami.Et ce n\u2019est que beaucoup plus tard, à l\u2019occasion des Jeux de Munich, en 1972, qu\u2019il tentera une dernière fois de s\u2019assurer que James est bien mort.Cette deuxième partie du roman est menée à une allure folle et met toujours en scène la plupart des personnages rencontrés dans l\u2019unité psychiatrique.Le « jeune » Adler- Olsen tourne par fois les coins un peu raide et les rebondissements en tous genres se multiplient en série à un point tel que certains éléments du récit sont un peu tirés par les cheveux.Mais, bien au-delà des méandres de l\u2019intrigue, le roman pose des questions troublantes.Jusqu\u2019où peut- on aller pour survivre ?Jusqu\u2019à quel point est-il possible de s\u2019emmurer délibérément en soi-même ?Peut-on simuler la folie sans devenir fou?Tout cela est raconté vivement avec ce souci du détail absolument maniaque qui fera la réputation de Jussi Adler-Olsen.Même si la surcharge est par fois évidente, on ne pourra s\u2019empêcher de dévorer ce gros livre, on vous aura prévenu ! Le lourd prix du silence Un « vieux » premier roman sur fond de simulation révèle le talent de Jussi Adler-Olsen Avec le roman de Jussi Adler-Olsen, le lecteur se voit plongé dans l\u2019atmosphère tendue des derniers jours de la Deuxième Guerre mondiale.PHILIP DRAGO JORGENSEN ALBIN MICHEL L\u2019unité Alphabet ?Jussi Adler-Olsen, traduit du danois par Caroline Berg, Albin Michel, Paris, 2018, 628 pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Roman familial ?Maxime Olivier Moutier, Québec Amérique, Montréal, 2018, 168 pages Ni romanesque ni vraiment familial, Roman familial se compose de trois moments d\u2019une enfance vécue dans les années 1970 et 1980.Des souvenirs vrais ou inventés qui, ailleurs que chez Maxime Olivier Moutier, pourraient sembler drôles ou émouvants, mais que la tonalité dérisoire habituelle de l\u2019auteur désamorce de façon systématique.À l\u2019âge de huit ans, élève dans une petite école de Laval où «tous les enfants rentraient chez eux sur l\u2019heure du dîner pour dîner», la voisine adolescente qui le gardait cinq soirs par semaine s\u2019est mise à le masturber frénétiquement.S\u2019il a depuis pensé à consulter un avocat, juste «pour savoir s\u2019il n\u2019y aurait pas moyen de me faire passer pour une victime », il n\u2019en a rien fait.«Je crois qu\u2019elle aimait cela et que moi aussi j\u2019aimais cela.» Dans «Georgette et Madame Sara- sin », un même narrateur évoque le souvenir de deux chambreuses qui ont vécu au sous-sol de la maison familiale, une mère et sa fille semblant souffrir toutes les deux de déficience intellectuelle.Plus intéressant peut-être, dans « Julio Iglesias », un narrateur raconte qu\u2019après le décès de sa mère dans un accident d\u2019auto, son père, presque soulagé, a entrepris de changer de sexe.« J\u2019ai lu des études qui confirmaient que ce n\u2019était pas de notre faute si nous pensions un jour devoir devenir transgenre.» Ouvrage de commande à l\u2019écriture faible, Roman familial avance à coups de phrases courtes et décousues \u2014 comme un homme de plus de 50 ans qui chercherait à écrire comme l\u2019enfant qu\u2019il était.Toujours provocateur, Moutier, qui s\u2019intéresse depuis longtemps à la famille et à la vie conjugale, s\u2019amuse aussi par moments à tourner en dérision certains enjeux sociaux contemporains: les dénonciations d\u2019agressions sexuelles, la «transidentité».Mais qu\u2019il invente ou qu\u2019il dise la vérité, l\u2019auteur de Marie-Hélène au mois de mars et de Scellé plombé, qui est aussi psychanalyste, donne de plus en plus l\u2019impression de s\u2019étourdir à faire des pirouettes et à ne jamais vraiment se prendre au sérieux.Et ça finit par fonctionner : on ne le prend pas non plus au sérieux.Christian Desmeules Enfance en difficulté BANDE DESSINÉE Zviane au Japon ?Zviane, Pow Pow, Montréal, 2018, 92 pages Arigato gozaimasu Dans un entrefilet, en novembre 2017, Le Devoir annonçait la tenue prochaine d\u2019une exposition au Japon présentant le travail de sept auteurs québécois de bédé, dont Zviane.Moins d\u2019un an plus tard, l\u2019auteure des Deuxièmes et de Ping-Pong publie ce petit recueil, simplement intitulé Zviane au Japon, ses impressions récoltées au fil d\u2019un mois et des poussières passé en sol nippon.Sous une éclatante couver ture, clin d\u2019œil au kawaii et à l\u2019univers des mangas, se cache un carnet de voyage, mélange de guide pratique et de collection d\u2019observations sociologiques.Zviane au Japon aborde tant la multiplicité des modes de « flush » des toilettes japonaises que la dépendance technologique du pays des animes.Les politesses débordantes, les caractères compliqués à déchiffrer pour un œil occidental\u2026 les connaisseurs de la contrée du Studio Ghibli revisitent des expériences bien connues, alors que les simples curieux y découvriront au mieux les dessous d\u2019une culture entourée de mystère.Tout cela en courts chapitres dessinés.Les commentaires sur l\u2019argent, le graphisme ou les coutumes qui dif fèrent de celles que l \u2019on connaît en Amérique du Nord sont entrecoupés d\u2019illustrations plus vagues tirées de scènes de la vie courante, de personnes rencontrées, de lieux.Comme ces cafés, ces soupers, ces ambiances que le voyage laisse figés dans notre mémoire des mois après.Des instantanés, en quelque sorte.Parsemées à travers cet étrange ouvrage bourré de «bons à savoir », qui tient plus du blogue que de la bédé, ces pages dessinées où l\u2019on voit les moments volés du temps de Zviane à Kyoto sont les plus touchantes.Le reste est chouette ; Zviane a une parole drôle, rafraîchissante, candide.Son talent de dessinatrice se passe de présentation.Hyper mignon, son trait toujours changeant (elle le mentionne d\u2019ailleurs dans l\u2019ouvrage) est ici mini- maliste et adorablement fr uste.Somme toute, l\u2019entreprise est louable, mais son but demeure, disons- le, un peu flou.Sophie Chartier L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 L i r e E s s a i 32 | ENTREVUE ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Les Européens devraient se garder de trop faire les fiers.Le Brexit ne sera pas, pour le Royaume-Uni, le naufrage qu\u2019ils croient, dit le journaliste Marc Roche dans l\u2019essai Le Brexit va réussir.Le divorce pourrait même permettre aux Britanniques d\u2019en profiter pour prendre encore plus leur distance des valeurs so- ciales-démocrates de l\u2019Europe afin de lui faire concurrence, même s\u2019il fallait que ce soit au prix de se transformer « en État voyou ».L\u2019Union européenne n\u2019aura alors pas d\u2019autre choix que de regarder ses problèmes en face et de sortir de l\u2019immobilisme.Le jour du mois de juin 2016 où une majorité de Britanniques a décidé, à la surprise générale, de voter en référendum pour la sortie de leur pays de l\u2019Union européenne (UE), le ciel est tombé sur la tête de Marc Roche.« J\u2019étais K.O.L\u2019effarement se mêlait à l\u2019incompréhension et à la colère », raconte le Belge en introduction de son livre.Correspondant depuis 30 ans à Londres, longtemps pour le quotidien français Le Monde, puis, plus récemment, pour le magazine d\u2019actualité Le Point, le journaliste était à la fois un partisan convaincu du projet d\u2019intégration européenne et un amoureux du Royaume-Uni, au point d\u2019avoir écrit la première biographie en français de sa souveraine, Élisabeth II.Aujourd\u2019hui, il pense que les Européens se fourvoient sur l\u2019avenir qui attend les Britanniques, comme ils se sont fourvoyés sur l\u2019issue du référendum sur le Brexit.«J\u2019ai été stupéfait par la morgue des autres Européens, de gauche comme de droite, à l\u2019endroit du Royaume-Uni.Comme si, hors de l\u2019Union européenne, il ne pouvait y avoir de salut.Je suis convaincu que les Britanniques vont nous démontrer le contraire », dit l\u2019auteur, joint à Londres, de ceux qui doivent théoriquement commencer à quitter le bateau européen à la fin du mois de mars et avoir terminé avant le 1er janvier 2021.Inexpugnable Albion Tout le monde a oublié un peu vite, croit-il, les nombreux atouts dont dispose Albion.La City de Londres est d\u2019abord l\u2019une des principales places financières dans le monde, en raison notamment de ses règles permissives et de ses liens étroits avec un vaste réseau d\u2019anciens territoires britanniques reconvertis en paradis fiscaux.Pétris des valeurs libérales, les Britanniques s\u2019accommodent mieux aussi des inégalités sociales que la plupart des Européens du continent, assure Marc Roche, ce qui les amène à accepter plus volontiers un filet social plus léger et des normes du travail moins contraignantes.Longtemps à la tête d\u2019un empire, le Royaume-Uni conserve aussi une certaine influence mondiale en matière non seulement économique, militaire et politique, mais aussi culturelle, à travers sa langue, ses universités, sa musique, sa presse, sa télévision ou encore son football.À défaut de tendre vers une société plus juste et plus généreuse, ces caractéristiques ont l\u2019avantage de favoriser l\u2019innovation et la per for- mance économiques, dit l\u2019auteur.«On est loin de la société idéale telle que le concevraient la plupart des Européens, convient-il, mais les Britanniques n\u2019ont jamais vraiment connu autre chose.Et puis, il y a quand même un minimum de justice sociale.Ce n\u2019est pas les États-Unis.» Le Brexit ne changera rien à cela, prévient-il.Au contraire, Londres n\u2019aura que plus intérêt encore à se démarquer d\u2019une Europe plus taxée et plus réglementée, pour attirer, entre autres, l\u2019argent des nouvelles puissances économiques comme la Chine, quitte à « devenir un État voyou sans contrainte ni entrave ».On peut bien se menacer de sanctions aujourd\u2019hui, la future relation commerciale et économique qui finira par s\u2019établir entre le Royaume- Uni et l\u2019UE ressemblera à la relation entre le Canada et les États-Unis, dit- il, c\u2019est-à-dire un pays qui a le pouvoir de faire ses lois et ses politiques de façon souveraine, tout en entretenant des liens économiques très étroits avec son immense voisin.Au Royaume-Uni, ce seront ironiquement les élites économiques et sociales qui étaient contre le Brexit qui en profiteront le plus, prédit-il, alors que les autres n\u2019y gagneront probablement rien.Paradoxalement, Marc Roche s\u2019en fait plus aujourd\u2019hui pour les autres pays de l\u2019UE que pour son futur ex- membre.«L\u2019Europe est incapable de se réformer, paralysée par sa règle du consensus.» Pour s\u2019attaquer efficacement aux problèmes de chômage, d\u2019immigration ou de compétitivité économique qui plombent la croissance et nourrissent la montée de courants populistes et xénophobes, « les Vingt-Sept vont être obligés d\u2019impor ter des pans entiers du modèle planétaire anglais», écrit-il.Mais plutôt que de faire sécession de l\u2019UE comme le Royaume-Uni, il faudrait qu\u2019ils parviennent à une plus grande intégration politique, intégration dont ne veulent pas tous ses membres d\u2019Europe de l\u2019Est, héritiers d\u2019une vision étriquée de l\u2019Europe toute britannique, et qu\u2019on ne peut pas faire non plus avec ceux trop à la traîne, comme l\u2019Italie ou la Grèce.Marc Roche ne voit pas d\u2019autre espoir qu\u2019une Europe à différentes vitesses, où un noyau de pays plus développés et plus volontaires serait autorisé à avancer plus vite sur la voie de l\u2019intégration que les autres.En attendant, le journaliste a choisi son camp.Il a demandé la citoyenneté du pays qu\u2019il a appris à connaître et qu\u2019il aime depuis 30 ans, et y prêtera serment mardi.Mais il conser vera aussi sa citoyenneté belge et par conséquent européenne.Divorce à l\u2019européenne Au tour de l\u2019Europe de se demander comment elle s\u2019attaquera à ses propres problèmes Le journaliste Marc Roche, correspondant depuis 30 ans à Londres, longtemps pour le quotidien français Le Monde, puis, plus récemment, pour le magazine d\u2019actualité Le Point ANDREW TESTA PANOS REA Le Brexit va réussir Marc Roche, Albin Michel, Paris, 2018, 235 pages L\u2019Europe est incapable de se réformer, paralysée par sa règle du consensus MARC ROCHE » | 3 3 L i r e E s s a i L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Quel État pour le Québec ?Que le Parti libéral du Québec (PLQ) soit encore dans la course après quinze ans de pouvoir presque ininterrompu a de quoi étonner.Pendant toutes ces années, en effet, le parti de Jean Charest et de Philippe Couillard a plus souvent fait la manchette avec ses ratés qu\u2019avec ses bons coups, comme le rappelle le journaliste Pierre Godin dans son récent Corruption, collusion, absolution (Leméac, 2018).Les sondages récents lui accordent tout de même autour de 30 % des intentions de vote, tout juste derrière la Coalition avenir Québec (CAQ), même chez les jeunes de 18- 34 ans.Cela, je le répète, est étonnant et porte à se demander si ces électeurs connaissent bien l\u2019objet de leur adhésion.Chercheurs à l\u2019Institut de recherche et d\u2019informations socioéco- nomiques (IRIS), la sociologue Julia Posca et le politologue Guillaume Hébert proposent, dans Détournement d\u2019État (Lux, 2018, 184 pages), un «bilan de quinze ans de gouvernement libéral » qui laisse bien peu de raisons de trouver du charme au parti des «vraies affaires».Rigoureux et dévastateur, cet essai va plus loin qu\u2019une simple compilation des faits accablants reprochés au PLQ; il montre comment ce dernier s\u2019est attaqué systématiquement au modèle social-démocrate, celui qui «a permis de hausser le niveau de vie des Québécoises et des Québécois tout en réduisant les écarts entre riches et pauvres».Économie politique Fondé en 2000, l\u2019IRIS réalise un remarquable travail de recherche et de vulgarisation socioéconomique.Depuis 1987, l\u2019Institut économique de Montréal, un laboratoire d\u2019idées néo- libérales, déversait sans coup férir ses thèses dans les médias, en se drapant du manteau de la «science » économique.En 2000, enfin, l\u2019IRIS, qui se réclame d\u2019une vision du monde de gauche basée sur un équilibre entre l\u2019intérêt collectif et la liberté individuelle, est venu lui opposer un contre-discours particulièrement efficace.Ses jeunes chercheurs, de plus, savent écrire avec clarté et style.L\u2019économie est toujours politique.On peut donc, à partir des mêmes données objectives, tirer des conclusions différentes selon l\u2019idéologie qui nous anime.François Le- gault, par exemple, répète depuis des années qu\u2019en matière de PIB LOUIS CORNELLIER par habitant, les Québécois sont nettement plus pauvres que les Américains.Le sous-entendu est clair : pour créer de la richesse, le modèle américain est meilleur.En 2011, pourtant, alors qu\u2019il était encore journaliste, Jean-François Li- sée, en collaboration avec l\u2019économiste Pierre Fortin, avait démontré que, quand on tient compte du partage de la richesse, 95 % des Québécois sont plus riches que 95 % des Américains.L\u2019économie, on le voit, est peut-être une science, mais l\u2019angle choisi pour l\u2019aborder change tout.D\u2019une même réalité, Legault tire une interprétation libérale alors que Lisée et Fortin en tirent une d\u2019inspiration sociale-démocrate.Dans Détournement d\u2019État, Hébert et Posca illustrent cette vérité d\u2019éclatante manière.Le PLQ, montrent-ils, depuis quinze ans, a « transformé le visage de l\u2019État québécois» en mettant tout en œuvre pour le faire passer d\u2019un État-providence à un État néolibéral au service de l\u2019entreprise privée, affaiblissant ainsi « l\u2019idéal démocratique qui se voulait au cœur des sociétés modernes».Richesse et solidarité Hébert et Posca reviennent sur la saga des partenariats public-privé (PPP) \u2014 un modèle catastrophique dans les cas du CHUM et du CUSM \u2014 et sur les ratés de la sous-traitance au ministère des Transports et dans l\u2019octroi des contrats informatiques.Le recours au privé a peut-être créé de la richesse, concluent-ils, mais ce ne fut pas pour les contribuables.Les chercheurs critiquent aussi « la révolution culturelle » de Raymond Bachand, qui, comme ministre des Finances, a plaidé pour le modèle de l\u2019utilisateur-payeur \u2014 moins d\u2019impôts et plus de taxes et de tarifs \u2014, transformant ainsi «une responsabilité collective en un ensemble de charges individuelles».Le cas des garderies, à cet égard, est éloquent.Mon frère, qui a trois enfants, a été durement frappé par l\u2019augmentation et la modulation des tarifs.Moi, qui n\u2019en ai pas, je n\u2019ai rien eu de plus à payer.Pourtant, comme citoyen, je bénéficie d\u2019une société qui a des enfants et s\u2019en occupe bien.Le bilan, qui passe aussi en revue les ravages de l\u2019austérité libérale sur les plus pauvres, le traitement royal réservé aux médecins et à Bombardier, ainsi que les affaires de corruption, est implacable.«Au nom de la création de la richesse, écrivent Hé- bert et Posca, ce sont surtout les plus riches qui ont été protégés», au mépris de la solidarité.Ceux qui veulent vraiment passer à autre chose, préviennent les chercheurs, devraient regarder ailleurs qu\u2019à la CAQ, dont le programme, en matière économique, ne se distingue en rien, sur le fond, du programme libéral.Alors, on change ?CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Si les revendications autochtones montrent des signes de fatigue, une perspective nouvelle leur donne une por tée planétaire.Naomi Klein le soutient.Elle af firme que l\u2019alliance avec les Premières Nations « est le meilleur moyen de faire obstacle » à la pollution pétrolière en suivant « les traces d\u2019un véritable visionnaire » amérindien, Arthur Manuel (1951- 2017), qui voyait en Gabriel Nadeau- Dubois, aujourd\u2019hui à Québec solidaire, un compagnon de lutte.L\u2019autobiographie Décoloniser le Canada, d\u2019Arthur Manuel, né en Colom- bie-Britannique et leader là-bas de la nation secwepemc, retrace « 50 ans de militantisme autochtone».Elle bénéficie, en plus d\u2019une préface de la militante écologiste Naomi Klein, de celle de l\u2019In nu Alexandre Bacon, originaire de Mashteuiatsh, au Lac- Saint-Jean, et conseiller politique de sa nation.Ronald M.Derrickson, homme d\u2019affaires et grand chef amérindien en Colombie-Britannique, signe la postface.Allant au fond des choses, Manuel dénonce « la doctrine de la découverte », fiction juridique sur laquelle s\u2019appuient encore nombre d\u2019énoncés et de lois justifiant la prise de possession par les Européens des terres habitées par les Autochtones, mais jugées « sans maîtres ».Il se félicite de voir que l\u2019ONU a fini par reconnaître le caractère « raciste » de cette doctrine en adoptant en 2007 sa Déclaration sur les droits des peuples autochtones par une majorité de 143 États.Seuls quatre, dont le Canada, s\u2019y étaient opposés.Comme la France et le Royaume-Uni, puissances colonisatrices de jadis, s\u2019étaient prononcés pour, l\u2019attitude récalcitrante de leur ancienne colonie restait honteuse : le Canada n\u2019appuira of ficiellement la Déclaration qu\u2019en 2016.Malgré la réticence d\u2019assimilationnistes qui redoutaient l\u2019éclatement du pays, Manuel, si lucide, estime que la justice ne défie pas le bon sens.Il souligne : « En cherchant à nous réapproprier un certain contrôle sur notre territoire, nous n\u2019avons naturellement pas l\u2019intention d\u2019en arracher tous les autres habitants et de les renvoyer dans leurs pays d\u2019origine.» On comprend dès lors pourquoi l\u2019indépendantiste québécois Nadeau-Du- bois a pu être d\u2019accord avec cette position qui ne contredit pas un mouvement progressiste de libération nationale, mais le nationalisme d\u2019esprit européen d\u2019un Lionel Groulx.Manuel donnait une leçon de cohérence à tous les progressistes.Il reprochait aux élites autochtones du Canada de se compromettre trop souvent avec le pouvoir en devenant « fonctionnaires subalternes » du gouvernement fédéral.Faisant de la protection écologique de la « Terre-Mère » la « mission première » de la lutte autochtone, il cherchait l\u2019alliance avec « les forces émergentes » du monde entier.Il avait pour toujours remplacé les récriminations par la solidarité.L\u2019Amérindien altermondialiste Arthur Manuel plaçait l\u2019avenir écologique de la planète au cœur de la lutte autochtone L\u2019autobiographie d\u2019Arthur Manuel retrace 50 ans de militantisme autochtone.ÉCOSOCIÉTÉ Décoloniser le Canada ?Arthur Manuel, traduit de l\u2019anglais par Geneviève Boulanger, Écoso- ciété, Montréal, 2018, 352 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 | 3 5 A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C U L T U R E CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Musiciens dans une autre vie, les peintres John Heward et Jean-François Lauda ont plusieurs points en commun.Il fallait bien qu\u2019un jour ou l\u2019autre, leurs œuvres soient rapprochées.C\u2019est chose faite avec l\u2019exposition The Silver Cord, à la Fonderie Darling.Le premier est batteur spécialisé en free jazz, le second, membre de Le Bœuf et la Violette, duo versé dans la musique électronique.L\u2019improvisation et l\u2019échantillonnage, l\u2019im- por tance du geste, sa spontanéité aussi, ainsi que la répétition et la réutilisation font partie des univers de chacun d\u2019eux.Les toiles-presque-sculptures de John Heward et les tableaux sans cesse recommencés de Jean-François Lauda sont animés de ces mêmes processus de création.Il ne faut pas non plus penser que leur travail plastique est l\u2019illustration de ce qu\u2019ils font en musique.Ni de croire qu\u2019au bout du compte, les œuvres de l\u2019un et de l\u2019autre s\u2019y apparentent.On est certes dans les mêmes tonalités, un gris dominant avec quelques discrètes touches de couleurs vives.On a aussi af faire dans les deux cas à une matière rugueuse, à une esthétique de l\u2019usure et à une application de la peinture quelque peu aléatoire, comme des traces incontrôlées du geste créatif.L\u2019exposition que propose Caroline Andrieux, la directrice de la Fonderie Darling, qui agit ici en tant que commissaire, attribue à chaque artiste son espace.L\u2019occupation des salles, magistrale, donne l\u2019impression que les deux séries d\u2019œuvres sont entièrement consacrées à ces lieux déjà chargés du passage du temps.Un effet de camouflage se fait même par moments présent.Du plafond au plancher Artiste à la fois minimaliste et expressif, John Heward a fait de la toile suspendue \u2014 ou clouée, brochée dans les airs \u2014 une de ses signatures dans les années 1980, deux décennies après ses débuts.Dressés à la verticale, du plafond au plancher, trois de ses assemblages de tissus signalent de leur simple présence l\u2019immensité de la salle principale de la Fonderie Darling.Il y a dans ces œuvres non narratives, baptisées Untitled (Abstraction), une invitation, en discrétion et en silence, à s\u2019imprégner d\u2019un lieu, de sa vacuité, de ses murs nus, de sa lumière naturelle et instable.D\u2019ailleurs, pour une rare fois, cette grande salle n\u2019est pas plongée dans un éclairage contrôlé, comme elle l\u2019est souvent pour les besoins des installations vidéo.Heward, comme Lauda, nous ramène à l\u2019essence des choses, à l\u2019essentiel de l\u2019expression artistique.La simplicité de leurs moyens, en plis et déchirures, en surfaces raclées et frottées, et la matérialité de leur poésie se situent bien en deçà de l\u2019univers des arts numériques.Elles sont tout aussi complexes, sinon plus.Jean-François Lauda, à qui Caroline Andrieux a réservé la petite salle, plus conforme à des tableaux disons classiques, appar tient à une plus jeune génération d\u2019artistes portée par l\u2019exploration des matières et des protocoles de fabrication.À l\u2019instar d\u2019un Numa ou d\u2019une Jessica Eaton (celle- ci active en photographie), Lauda procède de manière instinctive, sans programme à peine préétabli.Auteure des textes de l\u2019exposition, Ji-yoon Han qualifie ce travail « d\u2019indéterminé », un terme for t juste.Loin de la facture décorative à laquelle la peinture abstraite est condamnée depuis qu\u2019elle n\u2019incarne plus le renouveau esthétique du XXe siècle, les tableaux de Lauda demeurent néanmoins critiques.L\u2019indéterminé, écrit Ji-yoon, représente justement tout ce que notre époque «de déterminations, de règlements et de prescriptions cherche à abolir ».En d\u2019autres mots, les dix Sans titre que Lauda expose à la Fonderie Darling sont d\u2019admirables trous sans fond, malgré l\u2019accumulation de matière, malgré leur apparente organisation.Des représentations du néant, duquel le monde a tant horreur.Les politiciens peuvent s\u2019évertuer à nous rassurer avec leurs promesses d\u2019un avenir meilleur \u2014 et nous décevoir, tant elles n\u2019aboutissent pas.L\u2019art, lui, gagne à nous placer, comme chez Lauda et chez Heward, devant de vastes incertitudes, si concrètes et libres d\u2019interprétation.Face aux certitudes, l\u2019art La Fonderie Darling réunit les peintres John Heward, Prix Borduas 2012, et Jean-François Lauda Jean-François Lauda, Sans titre, 2018.John Heward, Untitled (Abstraction), 1990-2018.PHOTOS MAXIME BOISVERT The Silver Cord John Heward / Jean-François Lauda, à la Fonderie Darling, 745, rue Ottawa, jusqu\u2019au 9 décembre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | Le Quatuor selon Zorn John Zorn Cat O\u2019Nine Tails The Dead Man Memento Mori Kol Nidre Vendredi 5 octobre 19h30 Conservatoire de Montréal 4750, avenue Henri Julien, Montréal Billets 26,50$, 21,50$, 11,50$ www.quatuormolinari.qc.ca Tél.: 514-527-5515 ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR Les trolls, ces internautes toxiques qui dépassent bien souvent les bornes \u2014 et transgressent même les lois \u2014, prolifèrent sur les multiples réseaux sociaux qui pavent la vie numérique de millions de Québécois.L\u2019animatrice Pénélope McQuade et le réalisateur Hugo Latulippe se sont penchés sur ce phénomène inquiétant et bien d\u2019actualité dans le documentaire Trol- ler les trolls, qui prendra les ondes mercredi soir à Télé-Québec.« Les gens ne se cachent plus », y lance rapidement le chroniqueur à La Presse Patrick Lagacé.Le verdict, pour tant si évident si l\u2019on se promène un tant soit peu sur les réseaux sociaux, tombe comme une tonne de brique.Les masques de jadis ne sont même plus de mise.Au bout du fil, Hugo Latulippe raconte que c\u2019est justement pour ça que Troller les trolls affiche de vrais noms, fait parler de vraies personnes.« C\u2019est le reflet de ce que c\u2019est devenu.Avant, c\u2019était assez anonyme, les gens se cachaient derrière des avatars, mais de plus en plus, les gens s\u2019assument complètement.» Les attaques sont frontales, à découvert.Et souvent virulentes, comme en témoignent de nombreux messages montrés dans le documentaire.« Au-delà de ce que les nouvelles technologies nous ont apporté, comme les chambres d\u2019écho, par exemple, le sujet que j\u2019ai découvert, c\u2019est le racisme, la misogynie organisée, certains mouvements assez radicaux qui sont en dessous de la couche, sous le vernis de ce qu\u2019on entend tous les jours, lance Latulippe.Dans leurs chambres d\u2019écho, les super-racistes s\u2019organisent concrètement au Québec.» Dans Troller les trolls, Pénélope McQuade ne se contente pas de parler à des experts ou à des victimes \u2014 plusieurs apparaissent tout de même, Décrypter les trolls Le documentaire de Pénélope McQuade et Hugo Latulippe va à la rencontre des internautes toxiques de Gabriel Nadeau-Dubois à Dalila Awada en passant par Judith Lussier.Celle qui mène le documentaire va aussi parler à de vrais trolls.Certains regrettent leurs propos, d\u2019autres les assument complètement, devant le regard ébahi de McQuade.« C\u2019est ça, le travail du documentaire, souligne le réalisateur.C\u2019est d\u2019aller aux gens et d\u2019entendre ce qui, dans leurs propos quotidiens, est terrible, ce qui est le début d\u2019un glissement.Mais ces gens ne sont pas des monstres et peuvent être mon monocle, ma matante, mon grand-père, ma grand- mère.Et je me garde de les juger ; c\u2019est souvent ce qu\u2019on entend à Noël, dans les familles.A priori, c\u2019est inoffensif, mais quand ça s\u2019organise, il faut s\u2019inquiéter.Il faut prendre à la racine ce genre de propos et se dire en société où est le problème.» Visuellement, Troller les trolls épouse le sujet avec une facture bleutée et plusieurs ajouts d\u2019images et de sons.«L\u2019environnement en général est saturé pour les sens, parce que c\u2019est un peu ça, le sujet: on est bombardés dans tous les sens», illustre Hugo Latulippe.La production a été faite avec «un budget de 2018 », c\u2019est-à-dire plutôt mince.Mais Latulippe et le responsable des images, Jérémie Battaglia, ont pris quelques moyens simples pour enrichir l\u2019image, comme l\u2019utilisation de miroirs, qui sont habilement placés dans les plans de caméra.«On s\u2019est dit, au fond, qu\u2019on travail- | 37 C u l t u r e É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 © D a v i d S i m s / T r u n k A r c h i v e EXPOSITION ORGANISÉE PAR LE VICTORIA AND ALBERT MUSEUM, LONDRES PRÉSENTÉE PAR MAÎTRE DE LA HAUTE COUTURE EXPOSITION EN EXCLUSIVITÉ NORD-AMÉRICAINE DU 15 JUIN AU 14 OCTOBRE 2018 museejoliette.org Au Musée d\u2019art de Joliette jusqu\u2019au 6 janvier 2019 MAT CHIVERS Migrations Un dialogue entre art contemporain et intelligence artificielle M i g r a t i o n ( d é t a i l , t r a v a i l e n c o u r s ) , 2 0 1 8 © M a t C h i v e r s Commissaires : Jean-François Bélisle et Anne-Marie St-Jean Aubre Aussi : Leisure Sheena Hoszko Groupe Épopée Vernissage : samedi 6 octobre à 14 h Navette aller-retour Montréal-Joliette disponible Dans Troller les trolls, Pénélope McQuade ne se contente pas de parler à des experts ou à des victimes.Celle qui mène le documentaire va aussi parler à de vrais trolls.ESPERAMOS FILMS lait sur un sujet où les gens ne se présentent pas sur leur vrai jour, ou se présentent sous le jour qu\u2019ils veulent bien montrer.Donc on se retrouve avec des reflets de nous dif férents, même qu\u2019en changeant de plateforme, on change un peu d\u2019identité.Tout le film est tourné avec des réflexions, avec des transparences, il y a souvent quelque chose, un filtre, entre Péné- lope et nous, entre les gens et nous.On voulait jouer avec ça.On avait l\u2019impression qu\u2019on ne voit jamais exactement ce qui se présente devant nous.» Alors que les corps policiers se sont jusqu\u2019à récemment montrés très discrets ou plutôt tolérants devant les propos en ligne des trolls, il semble que la donne soit en train de changer, explique Hugo Latulippe, rappelant l\u2019accusation d\u2019Alexandre Chebeir, qui a été condamné à quatre mois de prison pour avoir utilisé le mot-clic #JeSuisLépine, en référence au tueur de Polytechnique.Troller les trolls observe et documente plus qu\u2019il soumet des solutions, avoue le réalisateur.«Mais on dit qu\u2019il y a un questionnement d\u2019État à avoir, parce que le contexte est nouveau.» Reste que l\u2019œuvre amène une réflexion certaine sur les conséquences de toutes les plateformes numériques qui s\u2019ancrent dans nos vies.« Pénélope l\u2019a dit un moment donné, au fond, on appelle ça \u201créseaux sociaux\u201d, mais paradoxalement ça fait tout pour nous éloigner.» Troller les trolls Avec Pénélope McQuade.Réalisé par Hugo Latulippe.À Télé-Québec le mercredi 3 octobre à 20h.En reprise le jeudi 4 octobre à 14h et à 23h. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI JOBS (5) É.-U.2013.Drame biographique de Joshua Michael Stern avec Ashton Kutcher, Josh Gad, Dermot Mulroney.- La vie et la carrière mouvementée du visionnaire cofondateur de la compagnie Apple, Steve Jobs.ARTV 12h AU CŒUR DE LA TERRE (4) (The Core), É.-U.2003.Science-fiction de Jon Amiel avec Aaron Eckhart, Hilary Swank, Stanley Tucci.- Pour prévenir la fin du monde, une expédition est envoyée au centre de la Terre afin de réactiver le magma autour du noyau de la planète.MP 12h LES SEIGNEURS (5) Fr.2012.Comédie de Olivier Dahan avec José Garcia, Gad Elmaleh, Franck Dubosc.- Contraint d\u2019entraîner une équipe de foot bretonne, un joueur étoile déchu fait appel à ses ex-coéquipiers afin d\u2019en rehausser le niveau.V 12h30 LE RETOUR DE LA MOMIE (5) (The Mummy Returns), É.-U.2001.Drame fantastique de Stephen Sommers avec Brendan Fraser, Rachel Weisz, Arnold Vosloo.- Une momie ressuscitée qui veut prendre le contrôle d\u2019une armée de monstres kidnappe le fils d\u2019un couple d\u2019égyptologues.TVA 13h30 LE PACIFICATEUR (5) (The Peacemaker), É.-U.1997.Drame d\u2019espionnage de Mimi Leder avec George Clooney, Nicole Kidman, Alexander Baluev.- Une scientifique et un soldat américains tentent d\u2019empêcher un Serbe de faire exploser une bombe atomique à New York.Z 14h YVES SAINT LAURENT (4) Fr.2013.Drame biographique de Jalil Lespert avec Pierre Niney, Guillaume Gallienne, Charlotte Le Bon.- Avec l\u2019aide de son amoureux et partenaire d\u2019affaires Pierre Bergé, le couturier français Yves Saint Laurent révolutionne l\u2019univers de la mode féminine.ARTV 14h22 LES GARDIENS DE LA GALAXIE (4) (Guardians of the Galaxy), É.-U.2014.Science-fiction de James Gunn avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Benicio Del Toro.- Pourchassé par un fanatique qui menace l\u2019univers, un aventurier de l\u2019espace obtient l\u2019aide de quatre confrères extraterrestres.MP 14h30 BEAN (5) G.-B.1997.Comédie de Mel Smith avec Rowan Atkinson, Peter MacNicol, Pamela Reed.- Un musée londonien se débarrasse d\u2019un employé gaffeur en l\u2019envoyant à Los Angeles en tant qu\u2019expert pour y présenter un célèbre tableau.V 14h30 THE WAR (3) É.-U.2007.Documentaire de Ken Burns.- Le rôle des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale, raconté par les vétérans et leurs proches.PBS (WETK) 15h30 ELYSIUM (4) É.-U.2013.Science-fiction de Neill Blomkamp avec Matt Damon, Jodie Foster, Sharlto Copley.- En 2154, sur la Terre surpeuplée et polluée, un ouvrier à l\u2019article de la mort tente d\u2019atteindre une station spatiale où les plus riches ont élu domicile.TVA 16h ABSOLUTELY FABULOUS.LE FILM (4) (Absolutely Fabulous \u2013 The Movie), G.-B.2016.Comédie de Mandie Fletcher avec Jennifer Saunders, Joanna Lumley, Julia Sawalha.- Accusée du meurtre d\u2019une top-modèle, la directrice d\u2019une boîte de relations publiques de Londres s\u2019enfuit à Cannes avec son amie journaliste de mode.MAX 18h DANS LA TEMPÊTE (5) (Into the Storm), É.-U.2014.Film catastrophe de Steven Quale avec Richard Armitage, Sarah Wayne Callies, Matt Walsh.- Tout en tentant de sauver leur vie, divers habitants d\u2019une petite ville et des spécialistes des phénomènes climatiques filment en direct une série de tornades qui ravagent la région.TVA 18h30 LE CHEVALIER NOIR (3) (The Dark Knight), É.-U.2008.Drame fantastique de Christopher Nolan avec Christian Bale, Heath Ledger, Aaron Eckhart.- Alors qu\u2019un procureur zélé vient d\u2019être nommé à Gotham, le Joker sème l\u2019anarchie dans la ville et force Batman à se démasquer.V 18h30 INVINCIBLE (4) (Unbroken), É.-U.2014.Drame biographique d\u2019Angelina Jolie avec Jack O\u2019Connell, Jai Courtney, Garrett Hedlund.- En 1943, un soldat américain dont l\u2019avion s\u2019est abîmé dans le Pacifique est rescapé par l\u2019armée japonaise après 47 jours de dérive puis envoyé dans un camp de prisonniers.TVA 20h15 AU-DELÀ DES COLLINES (3) Roum.2012.Drame de Cristian Mungiu avec Cosmina Stratan, Cristina Flutur, Valeriu Andriuta.- Une jeune Roumaine qui rêve de s\u2019établir en Allemagne avec son ancienne amante échoue à convaincre celle-ci de quitter le monastère isolé où elle vit.TFO 20h59 LES ÂMES VAGABONDES (5) (The Host), É.-U.2013.Science-fiction d\u2019Andrew Niccol avec Saoirse Ronan, Diane Kruger, Jake Abel.- Une jeune fille possédée par une âme extraterrestre convainc cette dernière de s\u2019enfuir dans le désert à la recherche d\u2019une poche de résistants à cette colonisation.MP 21h VOLEUR DE VIES (5) (Taking Lives), É.-U.2004.Drame policier de D.J.Caruso avec Angelina Jolie, Ethan Hawke, Tcheky Karyo.- La police de Montréal obtient l\u2019aide d\u2019une agente du FBI pour traquer un tueur en série qui vole l\u2019identité de ses victimes.V 21h45 MÉLANCHOLIA (2) (Melancholia), Dan.2011.Drame de Lars von Trier avec Kirsten Dunst, Charlotte Gainsbourg, Kiefer Sutherland.- Tandis qu\u2019une planète menace d\u2019entrer en collision avec la Terre, une jeune publicitaire qui s\u2019est enfoncée dans la dépression trouve refuge chez sa sœur.TQ 22h JOBS (5) É.-U.2013.Drame biographique de Joshua Michael Stern avec Ashton Kutcher, Josh Gad, Dermot Mulroney.- La vie et la carrière mouvementée du visionnaire cofondateur de la compagnie Apple, Steve Jobs.ARTV 23h TOTAL RECALL.MÉMOIRES PROGRAMMÉES (5) (Total Recall), É.-U.2012.Science-fiction de Len Wiseman avec Colin Farrell, Kate Beckinsale, Jessica Biel.- À la fin du XXIe siècle sur la Terre, un ouvrier au passé mystérieux est pourchassé par des agents du gouvernement.TVA 23h30 L\u2019ARMÉE DU CRIME (4) Fr.2009.Drame historique de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin.- En 1941 à Paris, un groupe de jeunes résistants de diverses nationalités, mené par un poète d\u2019origine arménienne, tente de déstabiliser l\u2019occupant allemand.TFO 23h38 GANTS D\u2019ACIER (4) (Real Steel), É.-U.2011.Science-fiction de Shawn Levy avec Hugh Jackman, Dakota Goyo, Evangeline Lilly.- Dans un futur proche, un ancien boxeur devenu gérant de robots pugilistes renoue avec le fils qu\u2019il avait abandonné à sa naissance.RC 0h05 DEAD MAN (3) É.-U.1995.Western de Jim Jarmusch avec Johnny Depp, Gary Farmer, Lance Henriksen.- Gravement blessé, un hors- la-loi traqué reçoit l\u2019aide d\u2019un Amérindien érudit.TFO 2h05 DIMANCHE FEMMES DE RÊVE (5) (Beautiful Girls), É.-U.1996.Comédie dramatique de Ted Demme avec Timothy Hutton, Matt Dillon, Michael Rapaport.- Un jeune pianiste retrouve ses amis à l\u2019occasion d\u2019une réunion d\u2019anciens élèves.V 14h ASTÉRIX & OBÉLIX CONTRE CÉSAR (5) Fr.1998.Comédie fantaisiste de Claude Zidi avec Christian Clavier, Gérard Depardieu, Roberto Benigni.- Deux Gaulois se portent au secours de leur druide qui a été enlevé par un gouverneur romain corrompu qui veut prendre la place de César.TVA 15h45 LA RUMEUR COURT (5) (Rumour Has It), É.-U.2005.Comédie sentimentale de Rob Reiner avec Jennifer Aniston, Kevin Costner, Mark Ruffalo.- Après avoir découvert que sa famille a inspiré l\u2019histoire du film The Graduate, une jeune femme cherche à en savoir plus sur ses véritables origines.V 16h30 ABSOLUTELY FABULOUS.LE FILM Voir samedi, 18h.MAX 20h L\u2019ARMÉE DU CRIME (4) Fr.2009.Drame historique de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin.- En 1941 à Paris, un groupe de jeunes résistants de diverses nationalités, mené par un poète d\u2019origine arménienne, tente de déstabiliser l\u2019occupant allemand.TFO 21h TANGUY (4) Fr.2001.Comédie de mœurs d\u2019Étienne Chatiliez avec André Dussollier, Sabine Azéma, Éric Berger.- Un universitaire de 28 ans qui vit toujours chez ses parents résiste aux tentatives de ceux-ci de le mettre à la porte.TQ 21h30 YVES SAINT LAURENT (4) Fr.2013.Drame biographique de Jalil Lespert avec Pierre Niney, Guillaume Gallienne, Charlotte Le Bon.- Avec l\u2019aide de son amoureux et partenaire d\u2019affaires Pierre Bergé, le couturier français Yves Saint Laurent révolutionne l\u2019univers de la mode féminine.ARTV 23h LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE (1) Fr.1972.Comédie satirique de Luis Buñuel avec Fernando Rey, Delphine Seyrig, Stéphane Audran.- Deux couples bourgeois et un diplomate subissent divers contretemps à chaque fois qu\u2019ils se réunissent pour prendre un repas.TFO 23h30 SEPT ANS DE RÉFLEXION (2) (The Seven Year Itch), É.-U.1954.Comédie de Billy Wilder avec Tom Ewell, Marilyn Monroe, Evelyn Keyes.- Au cours d\u2019une canicule à New York, un homme profite de l\u2019absence de son épouse pour flirter avec sa voisine, une blonde capiteuse.RC 23h38 BARBECUE (5) Fr.2014.Comédie d\u2019Éric Lavaine avec Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti.- En rébellion depuis qu\u2019il a subi un infarctus, un bourgeois quinquagénaire quitte son emploi et devient odieux envers sa femme et ses amis, réunis pour les vacances dans les Cévennes.TVA 0h30 L\u2019ARMÉE DU CRIME (4) Fr.2009.Drame historique de Robert Guédiguian avec Simon Abkarian, Virginie Ledoyen, Robinson Stévenin.- En 1941 à Paris, un groupe de jeunes résistants de diverses nationalités, mené par un poète d\u2019origine arménienne, tente de déstabiliser l\u2019occupant allemand.TFO 1h15 CONFIDENCES TROP INTIMES (4) Fr.2003.Drame sentimental de Patrice Leconte avec Sandrine Bonnaire, Fabrice Luchini, Michel Duchaussoy.- Une femme instable confie ses problèmes conjugaux à un conseiller fiscal austère qu\u2019elle prend à tort pour son nouveau psychologue.RC 1h22 LUNDI AU CŒUR DE LA TERRE Voir samedi, 12h.MP 12h SEPT JOURS À UTOPIA (5) (Seven Days in Utopia), É.-U.2011.Drame de Matthew Dean Russell avec Lucas Black, Robert Duvall, Melissa Leo.- Après une défaite humiliante, un golfeur texan obtient l\u2019aide professionnelle et spirituelle d\u2019un vieux fermier, ancien champion de ce sport.TVA 13h LES ÂMES VAGABONDES Voir samedi, 21h.MP 16h30 NOCES (4) Bel.2016.Drame de Stephan Streker avec Lina El Arabi, Sébastien Houbani, Babak Karimi.- Éprise de liberté, une Belgo-Pakistanaise de 18 ans s\u2019oppose au mariage arrangé que lui imposent ses parents, sa sœur aînée et son grand frère.TFO 21h DARK MONEY (3) É.-U.2018.Documentaire de Kimberly Reed.- Un journaliste du Montana enquête sur la provenance des contributions politiques dans son État, qui peuvent demeurer anonymes depuis une décision de la Cour suprême en 2010.PBS (WETK) 22h CAMILLE CLAUDEL (3) Fr.1988.Drame biographique de Bruno Nuytten avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Laurent Grévill.- La jeune sculpteure Camille Claudel finit par être détruite par la passion dévorante qu\u2019elle éprouve pour son art et pour Auguste Rodin.TFO 23h VISITE LIBRE (5) (5 Flights Up), É.-U.2014.Comédie dramatique de Richard Loncraine avec Morgan Freeman, Diane Keaton, Cynthia Nixon.- Sur le point de vendre l\u2019appartement de Brooklyn qu\u2019ils habitent depuis 40 ans, un vieux peintre et sa femme s\u2019interrogent sur la pertinence de leur décision.TVA 1h MARDI UN AMOUR DE PÂTISSERIE (5) (The Sweeter Side of Life), É.-U.2013.Comédie sentimentale de Michael Damian avec Kathryn Morris, James Best, Alastair Mackenzie.- Larguée par son riche mari, une New-Yorkaise oisive est contrainte de retourner vivre chez son père qui tient une petite pâtisserie dans le New Jersey.TVA 13h CAMILLE CLAUDEL (3) Fr.1988.Drame biographique de Bruno Nuytten avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Laurent Grévill.- La jeune sculpteure Camille Claudel finit par être détruite par la passion dévorante qu\u2019elle éprouve pour son art et pour Auguste Rodin.TFO 21h DARK MONEY Voir lundi, 22h.PBS (WCFE) 22h LES ADIEUX À LA REINE (4) Fr.2012.Drame historique de Benoît Jacquot avec Léa Sey- doux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen.- Les jours précédant le déclenchement de la Révolution française, à travers le regard de la lectrice de la reine Marie-Antoinette.TFO 0h VOUS DESCENDEZ?(5) (A Long Way Down), G.-B.2013.Comédie dramatique de Pascal Chaumeil avec Pierce Brosnan, Toni Collette, Imogen Poots.- À Londres, quatre hommes et femmes suicidaires, qui se sont rencontrés le 31 décembre au soir sur le toit d\u2019un immeuble, s\u2019engagent à ne pas attenter à leur vie avant la Saint-Valentin.TVA 0h35 CAMILLE CLAUDEL (3) Fr.1988.Drame biographique de Bruno Nuytten avec Isabelle Adjani, Gérard Depardieu, Laurent Grévill.- La jeune sculpteure Camille Claudel finit par être détruite par la passion dévorante qu\u2019elle éprouve pour son art et pour Auguste Rodin.TFO 2h MERCREDI LA LÉGENDE DES GARDIENS.LE ROYAUME DE GA\u2019HOOLE (3) (Legend of the Guardians \u2013 The Owls of Ga\u2019Hoole), É.-U.2010.Film d\u2019animation de Zack Snyder.- Après qu\u2019un jeune hibou aventureux les a prévenus du danger, de sages Stri- gidae partent au combat contre une caste de hiboux aux desseins machiavéliques.MP 21h LES ADIEUX À LA REINE (4) Fr.2012.Drame historique de Benoît Jacquot avec Léa Sey- doux, Diane Kruger, Virginie Ledoyen.- Les jours précédant le déclenchement de la Révolution française, à travers le regard de la lectrice de la reine Marie-Antoinette.TFO 21h LE JOUR OÙ LA TERRE S\u2019ARRÊTA (5) (The Day the Earth Stood Still), É.-U.2008.Science-fiction de Scott Derrickson avec Keanu Reeves, Jennifer Connelly, Kathy Bates.- Une scientifique vient en aide à un extraterrestre venu sur notre planète porter un message aux conséquences tragiques.Z 23h AVANT QUE MON CŒUR BASCULE (5) Can.2012.Drame de Sébastien Rose avec Clémence Dufresne-Deslières, Sophie Lorain, Sébastien Ricard.- Une adolescente ayant sans le vouloir provoqué la mort de l\u2019automobiliste qu\u2019elle détroussait s\u2019immisce incognito dans la vie de la conjointe de ce dernier.TFO 0h29 BÉBÉ ENTRE AMIS (5) (Expecting), É.-U.2013.Comédie de Jessie McCormack avec Michelle Monaghan, Radha Mitchell, Jon Dore.- Enceinte à la suite d\u2019une aventure d\u2019un soir, une femme irresponsable propose de donner son bébé à naître à sa meilleure amie, qui n\u2019a pas réussi à avoir d\u2019enfants avec son conjoint.TVA 0h35 JEUDI APRÈS LA FIN (4) (Z for Zachariah), É.-U.2015.Drame de Craig Zobel avec Mar- got Robbie, Chris Pine, Chiwetel Ejiofor.- Dans une ferme isolée, la jeune survivante d\u2019une catastrophe nucléaire ramène à la santé un étranger affaibli par une forte exposition aux radiations.TVA 13h LA LÉGENDE DES GARDIENS.LE ROYAUME DE GA\u2019HOOLE Voir mercredi, 21h.MP 17h UNE NUIT À NEW YORK (4) (Nick and Norah\u2019s Infinite Playlist), É.-U.2008.Comédie sentimentale de Peter Sollett avec Michael Cera, Kat Dennings, Alexis Dziena.- Un amoureux largué se lance avec une inconnue dans une folle virée nocturne, en quête d\u2019indices devant les conduire à l\u2019endroit où le groupe de l\u2019heure se produira avant l\u2019aube.MP 21h AVANT QUE MON CŒUR BASCULE (5) Can.2012.Drame de Sébastien Rose avec Clémence Dufresne-Deslières, Sophie Lorain, Sébastien Ricard.- Une adolescente ayant sans le vouloir provoqué la mort de l\u2019automobiliste qu\u2019elle détroussait s\u2019immisce incognito dans la vie de la conjointe de ce dernier.TFO 21h ATTENTION LES DÉGÂTS (4) It.1984.Comédie d\u2019E.B.Clucher avec Terence Hill, Bud Spencer, April Glought.- Menacés de mort, deux industriels brésiliens se font remplacer temporairement par des sosies.Z 23h BIENVENUE CHEZ LES RILEYS (4) (Welcome to the Rileys), G.-B.2010.Drame de Jake Scott avec James Gandolfini, Kristen Stewart, Melissa Leo.- Un couple de l\u2019Indiana, dont la fille unique est morte depuis huit ans, prend sous son aile une jeune strip-teaseuse de La Nouvelle- Orléans qui ressemble beaucoup à la défunte.TVA 23h35 LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (2) Fr.1967.Comédie musicale de Jacques Demy avec Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.- Des jumelles font la conquête d\u2019un jeune marin et d\u2019un musicien américain.TFO 0h30 UNE ORGIE TRADITIONNELLE (5) (A Good Old Fashioned Orgy), É.-U.2011.Comédie de Peter Huyck avec Jason Sudeikis, Leslie Bibb, Michelle Borth.- Avant que son père ne la vende, un jeune homme organise dans leur vaste demeure des Hamptons une orgie convoquant ses amis des deux sexes.TVA 1h50 VENDREDI UNE NUIT À NEW YORK Voir jeudi, 21h.MP 17h LES MOINS QUE RIEN (4) (Matchstick Men), É.-U.2003.Comédie policière de Ridley Scott avec Nicolas Cage, Alison Lohman, Sam Rockwell.- Un escroc souffrant du trouble obsessionnel compulsif retrouve sa fille adolescente qu\u2019il entraîne dans ses arnaques.MAX 20h LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (2) Fr.1967.Comédie musicale de Jacques Demy avec Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.- Des jumelles font la conquête d\u2019un jeune marin et d\u2019un musicien américain.TFO 21h QUAND HARRY RENCONTRE SALLY.(4) (When Harry Met Sally.), É.-U.1989.Comédie sentimentale de Rob Reiner avec Billy Crystal, Meg Ryan, Carrie Fisher.- Une amitié de longue date entre un homme et une femme est remise en question quand ils vivent ensemble une aventure amoureuse d\u2019un soir.MAX 22h30 L\u2019EXERCICE DE L\u2019ÉTAT (3) Fr.2011.Drame politique de Pierre Schoeller avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman.- Le ministre français des Transports voit son ascension freinée par un dossier controversé visant la privatisation du secteur ferroviaire.TQ 23h30 À L\u2019OMBRE DE SHAWSHANK (4) (The Shawshank Redemption), É.-U.1994.Drame de Frank Darabont avec Tim Robbins, Morgan Freeman, Bob Gunton.- Injustement condamné pour meurtre, un jeune banquier passe vingt ans en prison avant d\u2019apprendre par un autre détenu l\u2019identité du véritable assassin.TVA 23h35 FRENCH CANCAN (3) Fr.1955.Comédie musicale de Jean Renoir avec Jean Gabin, Françoise Arnoul, Maria Felix.- À Paris, une jeune blanchisseuse devient danseuse vedette au Moulin Rouge.TFO 0h29 CHUTE MORTELLE (4) (Deadfall), É.-U.2012.Thriller de Stefan Ruzowitzky avec Eric Bana, Olivia Wilde, Charlie Hunnam.- Recherchés pour vol et pour meurtre, un braqueur et sa sœur se séparent en plein blizzard afin de semer la police.RC 0h50 LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (2) Fr.1967.Comédie musicale de Jacques Demy avec Catherine Deneuve, Françoise Dorléac, Gene Kelly.- Des jumelles font la conquête d\u2019un jeune marin et d\u2019un musicien américain.TFO 2h30 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 9 C u l t u r e É c r a n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 LES TALENS LYRIQUES CHRISTOPHE ROUSSET Concert I Ombre samedi 20 octobre, 14 h Concert II Lumière Samedi 20 octobre, 16 h Grand spécialiste de Couperin, Christophe Rousset et son ensemble nous invite à un merveilleux voyage partagé entre ombre et lumière.Arte Musica présente sallebourgie.ca Présenté par 18 19 ANNE QUEFFÉLEC, piano Jeudi 18 octobre, 19 h 30 Le Tombeau de Couperin F.Couperin, Debussy, Rameau et Ravel Récital exceptionnel montrant l\u2019in?uence de Couperin sur la musique française.Une immersion dans l\u2019œuvre de l\u2019illustre François Couperin pour célébrez son 350e anniversaire ! Salle Bourgie SUITES DANSÉES Dimanche 21 octobre, 14 h CHRISTOPHE ROUSSET, clavecin ALBAN RICHARD, danseur Improvisations sur des suites de danses soigneusement sélectionnées par Christophe Rousset.JOURNÉES COUPERIN 6 CONCERTS 2 CONFÉRENCES 1 ENTRETIEN JEAN-WILLY KUNZ, orgue Dimanche 21 octobre, 17 h Œuvres de F.Couperin et J.S.Bach L\u2019orgue selon Couperin et son in?uence sur Bach.PREMIÈRE F OIS AU QUÉBEC Programmation complète MANON DUMAIS LE DEVOIR Enfants migrants Série documentaire de trois épisodes réalisée par James Bluemel, Exode, un million de destins raconte la crise des migrants syriens, afghans, pakistanais, somaliens, érythréens et irakiens à travers le regard des enfants et de leur famille.Alliant entrevues et prises de vue tournées à bord des embarcations de fortune, cette série- choc salue le courage de ces gens qui risquent leur vie dans l\u2019espoir d\u2019un monde meilleur et dénonce les passeurs qui les exploitent.Exode, un million de destins Planète +, dimanche, 19h30 SU R VOS ÉC R A N S \u2013 P L AC E À L A J E U N E S S E Le visionnement en continu de la semaine Forte du grand succès de La casa de papel, où huit cambrioleurs s\u2019introduisaient dans la Maison de la monnaie d\u2019Espagne, la plateforme numérique Netflix mise une fois de plus sur une série espagnole.Décrite comme un croisement entre Gossip Girls et Scream Queens, créée par Dario Madrona et Carlos Montero, Elite met en scène trois adolescents de la classe ouvrière qui sont admis à Las Encinas, l\u2019école privée la plus élitiste \u2014 et la plus décadente ! \u2014 d\u2019Espagne, après que leur école secondaire eut été détruite lors d\u2019un tremblement de terre.La rivalité entre les nouveaux élèves et les jeunes bourgeois sera exacerbée lorsqu\u2019un meurtre sera commis.Elite Netflix, vendredi Info-jeunesse Depuis décembre 2016, la zone jeunesse du site de Radio-Canada propose une série de capsules où l\u2019on décortique l\u2019actualité à travers une grande variété de sujets pour les enfants âgés de six à huit ans, Le monde est petit.Animée par Caroline Bouchard, la première saison abordait notamment les changements climatiques, l\u2019histoire des Premières Nations et les droits d\u2019auteur, de même qu\u2019elle présentait des personnalités politiques telles Justin Trudeau, Donald Trump et Fidel Castro.Depuis le 11 septembre, Sébastien Leblanc a repris le flambeau.Parmi les sujets présentés depuis le début de la saison se trouvent la crise des migrants, la légalisation du cannabis et, bien sûr, les élections.Produites par Toast Studio, toutes les capsules des deux saisons sont en ligne.Le monde est petit Radio-canada.ca Retour en classe Un an après avoir été lancée sur le Club Illico, L\u2019Académie débarque sur les ondes de TVA.Écrite par Sarah-Maude Beauchesne, la série met en scène Agathe (Léa Roy), Marie (Juliette Gosselin) et Wendy (Sabrina Bégin Te- jeda), trois meilleures amies qui ont juré de faire une croix sur l\u2019amour.Leur pacte sera mis à rude épreuve lorsque le pensionnat qu\u2019elles fréquentent ouvrira ses portes aux garçons.Très attendue, la deuxième saison, dont l\u2019action est campée quelques jours après les événements de la première saison, sera disponible sur le Club Illico la semaine suivante.Deux nouveaux personnages y feront leur entrée, soit un élève sûr de son charme et une enseignante sévère qu\u2019incarneront Anthony Therrien et Macha Limonchik.L\u2019Académie saison 1 TVA, mardi, 19h30 L\u2019Académie saison 2 Club Illico, dès le jeudi 11 octobre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 10/01 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Élections Québec 2018 / La soirée électorale TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Québec 2018 / Mario Dumont , Paul Larocque.TQ Pat'Patrouille Conseils Génial! Ça vaut le coût National Geographic Cette année-là L'heure grave Mc$ween Dans médias V Souper parfait Occupation Rire et délire Vendeurs Je suis chef Scorpion Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR In Situ Secrets d'histoire / Joséphine, l'atout irrésistible de Napoléon Habiter le Monuments Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Machines de génie Incendie Mont-Blanc Projet impossible Déroute CANAL VIE Mini-maisons sur mesure Quoi ton plan?Les gratteux On efface et on recommence Jamie et Doug Jamie et Doug Il y a de l'amour dans l'air On se marie RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° L'antichambre Blitz 20h15 LNF Football / Chiefs de Kansas City c.Broncos de Denver (D) HISTORIA FantomWorks Hors route: défi extrême La malédiction d'Oak Island Le mystère de l'or confédéré Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Pour l'amour du country Patrice Michaud et les Majestiques aux Francos Avudo Pour emporter EXPLORA Le refuge de l'espoir Venise sauvage S'aime chien Big History Terres de glace À l'épreuve d'une tribu Légendes Z Les pires chauffards canadiens Top Gear Les hors-la-loi du volant Rapide et mill Semi-Pro Arrow Six SAVOIR Face à Face Découvertes DeGarde 36.9° Autisme Publications Nomade mers Découvertes Monde Routes science TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Amélie Métiers/ Top! Conseils Motel Monstre NOCES (2016) Lina El Arabi.22h40 Miam! Cinéma Planète Police de l'autoroute Violences d'extrême Irezumi, japonais Angélique Kidjo: Portrait Astéroïdes, de la vie à la mort?À la recherche CBC CBCNews Politics Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake / Last Dance CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal The Good Doctor Quebec Votes CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood H.Together 9-1-1 / Help Is Not Coming Bull Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars / New York City Night The Good Doctor News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Neighborhood H.Together Magnum P.I.Bull Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow POV / Dark Money UNIS Pas plus bêtes Cochon dingue Chez nous Un vrai selfie Les fermiers / Les chefs PINOCCHIO (2014) Louis la faune Guides HBO State-Play Tracey Ullman Last Week Vice News Habla y Vota Real Time With Bill Maher The Deuce / What Big Ideas Ballers TVA Sports Le TVA sports Le Top MLB 42: L'HISTOIRE DE JACKIE ROBINSON (2013) Chadwick Boseman.Dave Morissette en direct Le TVA sports Canada Rough 09/30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Le Téléjournal Périodes TVA TVA nouvelles VLOG LOL :-) Révolution / Les auditions Tout le monde aime One Manu Show TVA nouvelles TQ Les francs-tireurs Deux hommes en or Les grands documentaires Like-moi! TANGUY (2001) avec Sabine Azéma, André Dussollier.V Cinéma Occupation double Grèce OD+ en direct Occupation double Grèce LE MARI DE MA MEILLEURE .ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Les grands reportages Le Téléjournal Le 21e Second Regard Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché 22h15 Mixeur / Sophie Bohrt Journal/ L\u2019invité CANAL D Comédie Club / Pierre Hébert B Texas Chrome Le convoi de l'extrême Docu-D / Waco: La folie d'un gourou Partie 1 de 2 Machines CANAL VIE On efface et on recommence Enfants sous surveillance La vie avec des quintuplées Jo Frost / Sharon Carr Ça change pas Les gratteux Idées-grandeur RDS 16h50 F1 Course automobile Sports 30 Sports 30 Blitz /20h15 LNF Football / Ravens de Baltimore c.Steelers de Pittsburgh (D) HISTORIA Le mystère de l'or confédéré La justice dans le sang Zodiaque / Le code déchiffré JFK déclassifié Racines Infiltrateur ICI ARTV C'est juste de la TV Pour emporter TRICHEURS (2009) avec Andrew Francis, Greyston Holt.Les Borgia Cinéma EXPLORA S'aime chien Curiosités Planète Terre / Les villes Alex+Tyler, éco Planète techno Était fois humanité / Âge du fer Découverte Sexplora Z Défi limo Maripier! Semi-Pro Pinel Seuls et tout nu Les Brown / Lutter ou s'envoler Remorquage South Park Les hors-la-loi SAVOIR Monde Dactylo Mémoires Routes science Capsule Électron/ Thèse Nomade mers Voir autrement 22h20 L'ONU Connaissance Apostrophes TFO Subito texto Amélie Les jumelles Conseils Tout pour la musique L'ARMÉE DU CRIME (2009) Virginie Ledoyen.23h20 Canada Planète 17h00 L'accusé Films perdus de SGM Exode, un million de destins Secrets Titicaca Les discrètes Sempé CBC 17h00 MONSTERS, INC.Anne The Nature of Things Great Barrier Reef / Visitors CBC News: The National CBCNews CTV 16h25 LNF Football (D) NFL on CTV God Friended Me / Pilot Shark Tank Criminal Minds National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur Bull / Bring It On NCIS: Los Angeles Madam Secretary Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos FROZEN (2013) avec Voix de Idina Menzel, Kristen Bell.Shark Tank / Rohan Oza News CBS 16h25 LNF Football (D) 60 Minutes God Friended Me / Pilot NCIS: Los Angeles FBI / Pilot PBS (33) Art in the 21st Cen./ Berlin Jamestown Masterpiece Classic Masterpiece Classic / Poldark Masterpiece Classic Midwife UNIS Bouffe en cavale File d'attente Devenir adulte Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Rire à l'autre HBO 17h30 G.Lopez Ferrell Takes the Field Tomorrow Real Time With Bill Maher The Deuce / What Big Ideas Ballers Insecure 23h05 Last Wk TVA Sports Le TVA sports RAW Team Ninja Warrior Team Ninja Warrior Le TVA sports Supercross LMB Baseball 09/29 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie De l'Univers / Julie Bélanger Victoria / Entente cordiale Liar: La nuit du mensonge Le Téléjournal Périodes 23h05 Dre Grey TVA TVA nouvelles DANS LA TEMPÊTE (2014) Richard Armitage.20h15 INVINCIBLE (2014) avec Takamasa Ishihara, Jack O'Connell.22h45 TVANou.Cinéma TQ 17h30 Génial! 19h35 Jungle Cette année-là Belle et Bum MELANCHOLIA (V.F.) (2011) Kirsten Dunst.V Cinéma LE CHEVALIER NOIR (2008) avec Heath Ledger, Morgan Freeman, Christian Bale.21h45 LE VOLEUR DE VIES (2004) Angelina Jolie.ICI RDI La Semaine verte Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 300 choeurs chantent le meilleur des chansons d'amour / Isabelle Boulay , Vianney.Journal/ L\u2019invité CANAL D Enchères Enchères Douanes Douanes Galas ComédiHa! 2017 Comédie Club / Pierre Hébert B Galas ComédiHa! 2017 AccidentStar CANAL VIE Pas le choix de rénover! Trading Spaces Rénos On se marie Il y a de l'amour dans l'air L'escouade féminine Le Club Mel RDS Sports 30 Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Sénateurs d'Ottawa - Pré-saison (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Les a$ de la brocante Pirates et trésors Humanité en péril! Top 10 / Le meilleur de Rome Miracles décodés Taverne ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country Sherlock / La chute du Reichenbach La révolte des bonnes filles JOBS (V.F.) EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir Big History: Une nouvelle histoire de l'humanité Les pionniers / Le son Cerveau Z Les hors-la-loi du volant Comédie Dans l'net Les stupéfiants Face Off / Le top 20 du jury Semi-Pro / Sur la route Porn SAVOIR Face à Face Reportage Géo 19h50 Nature Ombre doute 20h55 50 ans Monde Dactylo Semaine Verte Forêt/ Idées Découvertes TFO 18h05 Texto Amélie Flip Conseils Tout pour la musique AU-DELÀ DES COLLINES (2012) avec Cristina Flutur, Cosmina Stratan.Planète Wu Jing, flûtiste 2.0 Rendez-vous avec Jane Birkin Horizons / Corée du Sud Vu sur terre / Shetland Global sushi CBC CBCNews marketplace Short Film Face Off BREAKAWAY (2011) avec Russell Peters, Vinay Virmani.WATER (2005) avec Seema Biswas, Lisa Ray.CTV CTV News Montreal W5 DEADLY DEED: A FIXER UPPER MYSTERY (2018) Jewel.The Big Bang The Big Bang National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur WHAT COMES AROUND (2006) Emmanuelle Vaugier.Remedy / Bad Blood Global News ABC 15h30 Football Football Score.Football Score.Pre-game (D) /19h35 NCAA Football (D) 22h50 WrapUp Local 22 News CBS 15h30 NCAA Football (D) Ch.3 News TBA Magnum P.I.48 Hours 48 Hours Channel 3 N.PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Upstart Crow The Doctor Blake Mysteries Death in Paradise Austin City UNIS Sacrés objets / Bouteille D'un rire à l'autre Balade Louis la faune LE CONFESSIONNAL (1995) Lothaire Bluteau.Mauvais karma HBO 17h45 BillMaher 18h45 JANE FONDA IN FIVE ACTS (2018) Michelle Wolf: Nice Lady Amy Schumer: Live W.Cummings TVA Sports Le TVA sports Avant-match LMS Soccer / Montreal Impact c.United de D.C.(D) Équipes rêve Le TVA sports Football / Laval vs Concordia S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR La télévision française ne nous épate pas souvent, surtout en matière de comédie.Par contre, la tendance commence à se renverser, avec entre autres l\u2019ir résistible Appelez mon agent, qui aura d\u2019ailleurs une version québécoise cet hiver sur les ondes de TVA.Irresponsable, un projet de fin d\u2019études scénaristiques qui s\u2019avère finalement un beau succès critique et public, après deux saisons diffusées dans l\u2019Hexagone (une troisième saison est en chantier), fait partie de la même catégorie.Cette comédie aux accents juvéniles raconte le retour de Julien, un trentenaire pas trop vaillant et fauché (Sébastien Chassagne, fabuleux), chez sa mère dans sa banlieue pavillonnaire d\u2019enfance, alors qu\u2019il découvre qu\u2019il est le père d\u2019un grand adolescent de 16 ans, fruit de sa relation avec son amour de jeunesse, Marie.La première saison racontait comment ce Tanguy d\u2019une fainéantise inouïe et parfois sans scrupule s\u2019habituait à sa nouvelle condition tout en essayant de regagner le cœur de Marie.La deuxième saison suit toujours ce «nouveau papa» adulescent, qui doit cependant se prendre un peu plus sérieusement en main car sa très patiente maman choisit d\u2019aller habiter avec son nouveau compagnon (et ex- psychologue\u2026), ce qui le laisse à nouveau sans logis.Il a heureusement toujours quelques plans foireux pour ne pas se retrouver complètement à la rue, à moins qu\u2019il ne gaffe\u2026 Dans ce deuxième effort, le créateur de la série, Frédéric Rosset, poursuit son exercice comique de situation en mettant un peu plus l\u2019accent sur les moments plus tendres et sérieux, où les personnages se révèlent dans toute leur complexité.Une suite un peu plus adulte, qui vaut franchement le détour.Irresponsable, saison 2 TV5, mardi, 20h30 Un peu moins Tanguy La suite de cette comédie française fait toujours autant rire, mais avec plus de finesse SU R VOS ÉC R A N S Un « dur », les siens et le chemin L\u2019ex-hockeyeur et animateur de TVA Sports Dave Morissette se dévoile sous un jour diffé- rent dans ce documentaire où on le suit en compagnie de ses fils et son père sur les routes du chemin de Compostelle.Il avait fréquenté cet itinéraire « initiatique» seul à vélo les deux étés précédents et en était revenu «bouleversé ».Une heure de rencontres et d\u2019émotions fortes dans des décors naturels magnifiques.Dave Morissette \u2013 Arrêter le temps Moi et Cie, jeudi, 20h TV5 | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 10/05 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant ICI on chante / Steve Dumas Galas ComédiHa! Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Encore plus L'heure est grave Curieux Bégin Deux hommes en or Like-moi! Belle et Bum V Souper parfait Taxi payant L'arbitre Huissiers Huissiers Tous contre le crime Les disciples Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Irresponsable Les routes de l'impossible Les flots Chacun son île Champions Journal/ C à dire CANAL D Projet impossible En quête de vérité / Noirceur Scènes de crime 60 jours en prison Craindre son voisin Panique 401 CANAL VIE Naissances Dog Tales On se marie Ça change pas Tous pour un chalet! / Terrasse Efface et recommence / Upton Ouvrez, jamais Dog Tales Naissances RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Images/sec.LMB Baseball - Série de division de la ligue nationale (D) L'antichambre (D) HISTORIA La preuve manquante Dundee Dundee Les montagnards Haute tension / Toile infernale Mississippi Mississippi Les Canadiens ICI ARTV Moi et l'autre Mr Bean Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter C'est juste de la TV Louis T: Objectivement parlant 23h15 Sherlock EXPLORA Curiosités Recyclage Planète techno Pharmachien Les héros de l'espace Humains 3.0 / L'homme réparé Sexplora Stupidité Stupidité Z Les pires chauffards canadiens Rapide et mill Remorquage Américars Partie 1 de 2 Top Gear Porn South Park Comédie SAVOIR Voir autrement 18h50 L'ONU Apostrophes 20h15 Savoir Secrets Électron/ Thèse Encore plus Santé! MTL innovante Nomade mers TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Club cinq Métiers/ Top! King Lionel Motel Monstre LES DEMOISELLES DE ROCHEFORT (1966) Catherine Deneuve.23h10 Miam! Planète Les larmes du crocodile L'homme aux cobras Au coeur de l'escalade À la recherche de la vérité Wu Jing, flûtiste 2.0 Jane Birkin CBC CBCNews Politics Still Standing Coronation St.marketplace In the Making CBC Docs POV CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Criminal Minds / The Bunker How to Get Away With Murder Blue Bloods CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Chicago Fire Partie 1 de 3 Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless Child Support 20/20 News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Breaking Big Great Performances / Grammy Salute to Music Legends 2018 Amanpour & C UNIS Bizarroscope Devenir adulte Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Trait d'humour / Cathy Gauthier Chars HBO Rock and Roll Hall of Fame / 2018 Induction Ceremony Last Week Animals.Real Time With Bill Maher Ballers TVA Sports Le TVA sports MLB: moments LMB Baseball - Série de division (D) Dave Morissette en direct 10/04 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman Les dieux de la danse Enquête Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Face à la rue J.E.Ninja Warrior: Le parcours ultime / Qualifications à Indianapolis TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Génial! Mc$ween 180 jours / La grande séduction Dans les médias House of Cards (v.f.) / Tables de négociations V Souper parfait Occupation The Amazing Race Bootcamp Chicago Police / Promesse Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Le sommeil des animaux Faites entrer l'accusé / Agnès Marin, la mort au collège Berlin 56' Journal/ C à dire CANAL D Le convoi de l'extrême Cauchemar Pays Mitchifs Accident de star Célèbres et fauchés Docu-D / Waco: La folie d'un gourou CANAL VIE Mini-maisons sur mesure La vie avec des quintuplées Enfants sous surveillance Le Club Mel Jo Frost / Michael Hamer Mères à boutte RDS 16h00 LMB Baseball (D) Hockey 360° LNH Hockey / Blackhawks de Chicago c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Taverne Hors route / Un défi agricole La preuve manquante JFK déclassifié / La vérité FantomWorks FantomWorks ICI ARTV 17h30 Dorrit La petite Dorrit Mr Bean Esprit critique Anne Anne TRICHEURS EXPLORA Animal Fight Club / La savane Secrets d'écureuils Planète: Attention danger Les héros de l'espace Big History Les génies de Stephen Hawking Z Les pires chauffards canadiens Seuls et tout nu Les Brown / La faune Maripier! Comédie Dans l'net South Park Cinéma SAVOIR 36.9° DeGarde Nomade mers Routes science Capsule Mémoires Dactylo Découvertes The Migrant Semaine Verte Forêt/ Idées TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Flip Métiers/ Top! Doc junior Motel Monstre AVANT QUE MON COEUR BASCULE (2012) 22h40 Amélie 23h05 Miam! Planète Irezumi, japonais Angélique Kidjo: Portrait Films perdus de SGM / Jours J Le visiteur de l'Histoire Tout savoir.Invasions animales CBC CBCNews Politics Investigator Coronation St.Dragons' Den The Detectives / Nine Shots CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Station 19 / No Recovery Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Superstore GoodPlace Will & Grace I Feel Bad S.W.A.T./ Gasoline Drum Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy / Gut Feeling Station 19 / No Recovery How to Get Away With Murder News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Murphy Brown S.W.A.T./ Gasoline Drum Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour The Heroin Effect Age Reversed Dionne Warwick: Then Came You (My Music) Amanpour & C UNIS Échappe Cochon dingue Filles de moto Louis la faune Chars À plein gaz Guides d'aventures Un vrai selfie File d'attente Meilleur ami HBO My Tomorrow Real Time With Bill Maher Vice News Last Week Tracey Ullman Girls Girls Girls Girls The Deuce TVA Sports L'Impact Avant-match LNH Hockey / Capitals de Washington c.Penguins de Pittsburgh (D) Hockey / Philadelphie vs Vegas (D) 10/03 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Trop Les Simone Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or XOXO Blue Moon TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Conseils Génial! Format familial Les francs-tireurs Like-moi! Banc public 180 jours V Souper parfait Occupation Rire et délire Moment Ne jamais faire à la maison SEAL Team / Prise d'otage Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les flots / Tunisie - Sud Cash Investigation / Plastique, la grande intox Classe à part Journal/ C à dire CANAL D Texas Chrome Déroute SOS Infesta.Alaska: La ruée vers l'or La ruée vers l'or: Dakota Boys Les hommes du Yukon Cauchemar CANAL VIE Mini-maisons sur mesure Rénos Ouvrez, jamais Rénovateurs à l'entrainement Mères à boutte Naissances Secondaire / Intimidation Les gratteux RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Canadiens de Montréal c.Maple Leafs de Toronto (D) L'antichambre (D) Sports 30 Canadien HISTORIA Béliveau / Redonner Surcharge maximale De l'acier et du feu De l'acier et du feu Aux armes! Artéfacts ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Moi et l'autre Appelez mon agent Appelez mon agent / François Appelez mon agent Appelez agent EXPLORA Animo Alex+Tyler, éco Le mystère de Yellowstone La Semaine verte Au coeur du cerveau L'âge de l'angoisse Épreuve tribu Z Les pires chauffards canadiens Les stupéfiants Tout s'explique! Cobaye humain Pinel South Park Cinéma SAVOIR Encore plus Électron/ Thèse Découverte 19h40 Savoir Santé! MTL innovante Mémoires Reportage Géo 22h20 Nature 36.9° DeGarde TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Amélie Métiers/ Top! C'est WOW Motel Monstre LES ADIEUX À LA REINE (2012) Diane Kruger.22h40 Amélie 23h05 Miam! Planète Horizons / Corée du Sud Vu sur terre / Shetland Police de l'autoroute La mafia avec Trevor McDonald Les oubliés Ma vie de femme / En Italie CBC CBCNews Politics marketplace Coronation St.Great Canadian / Bread Week Vanity Fair CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs Am.Housewife Grey's Anatomy / Gut Feeling Criminal Minds / 300 CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: David vs.Goliath SEAL Team / Fracture Chicago P.D.Partie 3 de 3 Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Am.Housewife Modern Family Single Parents A Million Little Things News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight Survivor: David vs.Goliath SEAL Team / Fracture Criminal Minds / 300 Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee Nature / Animal Misfits Nova / Operation Bridge Rescue Secrets of the Dead Amanpour & C UNIS Top science Cochon dingue Bouffe en cavale File d'attente Un vrai selfie Devenir adulte Balade Mauvais karma Chez nous HBO 17h00 RobinWilliamsComeIns Tracey Ullman Vice News Real Time With Bill Maher Ballers Insecure The Deuce / What Big Ideas State of Play TVA Sports Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Bruins de Boston c.Capitals de Washington (D) D.Morissette 22h45 RAW 10/02 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Unité 9 Faits Divers Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) L'Académie O' / Retour au bercail L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Conseils Génial! Banc public Point doc Homeland / Visions troubles L'heure grave Format familial Deux hommes V Souper parfait Occupation Rire et délire Taxi payant Les jeux fous d'Ellen NCIS: Los Angeles Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal RDI économie Le National Le National TV5 17h50Champion Journal FR Voisins/ Voisins Classe à part Irresponsable Chacun son île Accusé / L'histoire de Nathalie Journal/ C à dire CANAL D Incendie Mont-Blanc Vie de chantier Le convoi de l'extrême Panique sur la 401 Texas Chrome Alaska: La ruée CANAL VIE Mini-maisons sur mesure Trading Spaces Pas le choix de rénover! Tous pour un chalet! / Terrasse Quoi ton plan?Rénos Ça change pas RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) ATP Tennis - Tournoi de Chine L'antichambre (D) Sports 30 Hockey 360° HISTORIA De l'acier et du feu Cash Cowboys Cash Cowboys Pawn Stars Pawn Stars Les a$ de la brocante A$ de brocante ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Quelle famille! Anne Anne La révolte des bonnes filles Les Borgia EXPLORA Planète Terre Sauve qui pique! Découverte Dossiers IIIe Reich / Jihad nazi Méga convois YouTube Rev.Z Les pires chauffards canadiens Face Off / Body painting Orphan Black / Le Monstre Surnaturel Marvel's Inhumans (v.f.) Maripier! SAVOIR Forêt/ Idées Reportage Géo 19h20 Nature The Migrant CORIM/ 50 ans Ombre doute 21h25 50 ans Apostrophes 22h45 Savoir Connaissance TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Amélie Métiers/ Top! Subito texto Motel Monstre CAMILLE CLAUDEL (1988) avec Gérard Depardieu, Isabelle Adjani.Planète 17h00Propagan Marie-Antoinette, la véritable histoire Les larmes du crocodile L'homme aux cobras Fermiers du futur A.Gursky CBC CBCNews Politics JFL: Gags Coronation St.Still Standing 22 Minutes Baroness Hang Ups CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Voice This Is Us The Big Bang The Big Bang CTV National GBL Global National Global News NCIS: New Orleans / Inside Out NCIS / Love Thy Neighbor FBI New Amsterdam / Rituals Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Dancing With the Stars / Las Vegas Night A Million Little Things / Pilot News CBS Channel 3 News at Six Evening News Ent.Tonight NCIS / Love Thy Neighbor FBI NCIS: New Orleans / Inside Out Ch.3 News PBS (33) PBS NewsHour Guest of House Outdoor The Great American Read Frontline / Trump's Showdown Amanpour & C UNIS Ouache/ Ouache Cochon dingue Mauvais karma L'ÎLE DE SABLE (1999) Caroline Dhavernas.Ciné tout court Sacrés objets HBO A Dangerous Son Vice News Tracey Ullman Last Week The Deuce / What Big Ideas Student Athlete TVA Sports Le TVA sports MLB: moments Les Gardiens de la glace Dave Morissette en direct Le TVA sports Le Top MLB J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I CRITIQUE ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Au cours de sa présidence du G7, le Canada a fait de la lutte contre la pollution plastique une de ses priorités environnementales.Pendant la présente campagne électorale québécoise, certains partis ont promis de s\u2019attaquer au problème, et notamment à la paille, devenue le symbole de cette plaie planétaire qu\u2019est le plastique.Mais concrètement, nous sommes collectivement dépendants de cette matière, devenue très commune seulement depuis les années 1950, soit en même temps que l\u2019établissement de la société de consommation de masse.Et rien n\u2019indique que la situation est sur le point de changer, nous révèle Cash investigation, dans une enquête percutante intitulée « Plastique : la grande intox».Les lobbys industriels, Coca-Cola en tête, font d\u2019ailleurs tout en leur pouvoir pour que le plastique demeure un produit d\u2019usage très, très courant.« On ne voit pas un monde sans plastique.On voit les avantages du plastique», répètent, les uns après les autres, les porte-parole de la multinationale, mais aussi ceux d\u2019organismes pseudo-environnementaux de façade financés par les Danone, Nestlé et autres géants de la mise en marché de produits faits de plastique.Résultat : le monde produit chaque année plus de 300 millions de tonnes de plastique.Une matière résistante, qui pollue les océans jusqu\u2019aux plus grandes profondeurs, en plus de nuire de plus en plus sérieusement à la bio- diversité.L\u2019équipe de Cash investigation nous rappelle aussi que nous, humains, sommes directement touchés par les effets nocifs de certains plastiques, qui contiennent des composés toxiques, notamment pour les enfants.Cash investigation TV5, mercredi, 20h La planète plastique Nous sommes collectivement dépendants de cette matière, détaille Cash investigation TV5 n micro-road trip de village en vignoble pour profiter à plein de l\u2019été indien, cela vous dit ?Tout au plus 500 kilomètres en une semaine.À faire à vélo, si vous le souhaitez.Un lent voyage pour bien voir, bien boire et prendre le temps de manger sous la tonnelle.Tentant, non?Mais d\u2019abord, qu\u2019est-ce que l\u2019Occi- tanie ?Rien d\u2019autre que la fusion de deux régions : Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées.Pour vous situer, Toulouse sera notre point d\u2019arrivée et de départ, et nous roulerons de Puy-l\u2019Évêque à Saint-Cirq-Lapopie le long du Lot.Ainsi, nous serons « interceptés » en allant vers le nord par un vignoble qui s\u2019étale d\u2019est en ouest, tel que le souhaite Jérémy Arnaud, spécialiste du (re)développement des terroirs que nous rencontrons au Cahors Malbec Lounge.C\u2019est à Cahors, au XIIIe siècle, qu\u2019est né le fameux black wine dont raffolent alors les Anglais.Exporté de Bordeaux, le vin fait de malbec connaît son apogée cinq siècles plus tard quand l\u2019Église or thodoxe le choisit comme vin de messe.Puis voilà que le phylloxéra anéantit le vignoble.Lorsqu\u2019il renaîtra, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on privilégiera la quantité et Cahors ira cahin-caha jusqu\u2019à ce que l\u2019appellation renoue avec la qualité.C\u2019est alors que ses vins profiteront d\u2019un coup de pouce inopiné d\u2019un important producteur de mal- bec andin, qui en stimulera la renaissance : l\u2019Argentine.« Oui, c\u2019est l\u2019Argentine qui a mis le malbec de Cahors \u201csur la carte\u201d vinicole mondiale i l y a environ une décennie, reconnaît M.Arnaud.D\u2019ailleurs, les étiquettes des bouteilles, qui indiquent normalement le terroir et non le cépage, spécifient \u201cmalbec\u201d.» Après les Français, les Québécois sont les deuxièmes consommateurs de vins de Cahors.« Mais qui sait que le terroir est si beau ?demande l\u2019expert.Il faut que les Québécois sachent que ce vin est lié à une typi- cité paysagère ! » Une typicité due au Lot, cette rivière sans gêne qui slalome dans la vallée et y laisse sa griffe, des méandres géants.Une rivière que corsètent des falaises de calcaire appelées causses en occitan.Ajoutez au tableau des châteaux haut perchés et du soleil pour dorer L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 V I V R E CAROLYNE PARENT À CAHORS COLLABORATRICE LE DEVOIR L\u2019Occitanie de tous les appétits De black wine en bonnes tables au fil d\u2019un Sud-Ouest français qui régale aussi l\u2019œil, c\u2019est par ici ! Le village de Saint-Cirq-Lapopie et les causses.Page de droite : le viticulteur Philippe Lejeune explique les principes de la biodynamie dans son vignoble de Floressas ; et la fleur de safran, une culture du Lot.PHOTOS DOMINIQUE VIET CRT OCCITANIE / CAROLYNE PARENT / J.MOREL LOT TOURISME U la pierre, et vous avez là des panoramas aussi inoubliables qu\u2019une bouteille de Château Lagrézette 2013.Tentant, non ?1re étape: Toulouse \u2013 Puy-l\u2019Évêque Quelque 140 kilomètres séparent Toulouse de ce superbe village, qui tire son nom de puech, mot celtique signifiant «site élevé».Quant à «l\u2019évêque» en question, c\u2019était celui de Cahors, qui l\u2019avait annexé à son domaine.C\u2019est qu\u2019il avait du goût, celui-là ! Étagées, les maisons ocre des chevaliers sont du plus bel effet cubiste.En juillet et en août, plusieurs évé- nements (L\u2019Été du malbec, Les Ran- dochais) animent le bourg médiéval.Hors saison, il retrouve son calme.Les cavistes ont alors tout le loisir de débattre des mérites des dif férents vignobles de Cahors, et vous, de goûter leurs vins aux notes caractéristiques de violette et de réglisse.Tout à côté, à Floressas, vous voilà à Moulinsart ou presque ! Philippe Lejeune, propriétaire du château de Chambert, ne se fait pas prier pour causer de sol (« le même qu\u2019à Chablis»), de biodynamie et de la « tisane de camomille » qu\u2019il sert à ses ceps pour qu\u2019ils résistent mieux à la chaleur.«Moi, je veux juste que la vigne donne le meilleur d\u2019elle-même », dit l\u2019informaticien parisien devenu viticulteur.Nous, on a fait une belle rencontre et découvert des vins racés.Cela devrait s\u2019avérer pour vous aussi.Suggestion d\u2019hébergement : Hostellerie Le Vert, à Mauroux.Pour y être accueillis «comme des amis» et y déguster une «cuisine sincère», le tout dans un ancien domaine viticole du XVIIe siècle (hotellevert.com).2e étape : Luzech Nous sommes arrivés à Luzech un mercredi, jour de marché et\u2026 noua vous conseillons d\u2019en faire autant ! Ce serait alors l\u2019occasion de faire provision de fritons (rillettes rustiques) de canard, de cabécou (fromage de chèvre) du Quercy, d\u2019un bout de pain, de pastis (un autre mot occitan qui signifie ici pâtisserie, soit une fine pâte feuilletée fourrée à la pomme), tout un butin à grignoter au sommet de la colline de l\u2019Impernal, où le regard embrasse le méandre le plus resserré du Lot.Ensuite, cap sur le château de Cayx, tout près.Érigé il y a des siècles pour contrôler la navigation sur la rivière, il est la propriété de la famille royale du Danemark depuis 1974.Caves voûtées exposant la collection d\u2019art de feu Henri de Monpezat, le prince consort appelé ici « le roi du malbec», jardins impeccables et salle de dégustation sont ouverts au public.Sans oublier, en surplomb de la rivière, la cigaralle, « belvédère » en occitan, « où les hommes se retrouvaient pour fumer le cigare et les dames, pour écouter le chant des cigales », explique notre guide.Trop romantique! Suggestion d\u2019hébergement : Le Domaine Le Peyrou, un bed and breakfast charmant qui a aussi le mérite d\u2019être situé près du château Armandière, à Parnac.Le propriétaire, Bernard Bouyssou, un bon vivant, nous y a accueillis en déclarant : «On est là pour boire du vin et se faire plaisir ! » Difficile de trouver meilleur mot de bienvenue\u2026 (lepeyrou.com) 3e étape : Cahors Une excellente façon d\u2019explorer Cahors, l\u2019ancienne Divona des Romains, est de prendre le chemin de ses « jardins secrets ».Au nombre de 25, ils mènent, en une demi-journée, dans des lieux clés de la cité médiévale : du jardin de l\u2019ivresse au pied du pont Valentré (classé au patrimoine mondial de l\u2019UNESCO) au Préau céleste de la cathédrale Saint-Étienne en passant par l\u2019Hortus de la fée Mélusine.Au centre-ville, la Villa Cahors Mal- bec, où se tiennent certaines des animations du festival gastronomique Lot of saveurs (sic!), début juillet, accueille les visiteurs toute l\u2019année dans son Cahors Malbec Lounge, un bel espace de dégustation.Suggestion d\u2019hébergement : Le Best Western Divona.Oui, c\u2019est un hôtel de chaîne, mais il a pour atout d\u2019être situé à côté du plus photogénique des ponts médiévaux et à distance de marche du centre-ville (divona-hotel- cahors.com).4e étape : Saint-Cirq-Lapopie Avant de vous poser pour deux nuits là où l\u2019écrivain surréaliste André Breton disait avoir «cessé de se désirer ailleurs », vous ferez un petit détour par la grotte du Pech Merle, à Cabrerets.Plus qu\u2019un site préhistorique majeur, ce « Lascaux du Lot » est un lieu d\u2019émotion.« La grotte était un endroit dangereux, explique le guide.Des animaux s\u2019y réfugiaient.On n\u2019y emmenait donc pas ses enfants.Mais on y venait avec ses pigments, qu\u2019on ne trouvait pas sur place.Ce qui prouve bien qu\u2019on y allait dans le but de s\u2019exprimer.» D\u2019où ces tracés digitaux dans la pierre calcaire et ces peintures rupestres illustrant bisons et autres mammouths vieux de 25 000 ans ! À Saint-Cirq-Lapopie, hameau médiéval comptant parmi les Plus Beaux Villages de France, règne une rare ambiance feutrée.Et pour cause : les ar tistes annoncent leur atelier d\u2019un fanion pour se distinguer des commerçants qui, eux, ont droit à une enseigne en fer forgé, mais à aucun étal de rue.Point de grand cirque touristique ici ! Après une promenade dans ses rues, qui passera obligatoirement par l\u2019auberge des Mariniers si vous êtes fan de Breton (c\u2019était sa résidence d\u2019été dans les années 1950), vous pourriez aller casser la croûte au restaurant Le Cantou, où vous mangerez frais, local et à bon prix.Suggestion d\u2019hébergement : Dans le Parc naturel régional des Causses, à l\u2019hôtel Le Saint-Cirq, pour la vue.(hotel-lesaintcirq.com) 4e étape, 2e jour : Bonjour, Sagan Et si vous partiez en randonnée dans ce même parc ?Le parcours en boucle de six kilomètres au départ de Marcilhac-sur-Célé nous a enchantés, car il of fre de beaux points de vue soit sur la rivière et les falaises, soit sur la vallée et ses cultures.Une autre belle promenade est celle de l\u2019ancien chemin de halage entre Saint-Cirq et Bouziès, soit 10 kilomètres aller-retour.Tracé dans le roc, il permettait autrefois aux hommes et aux animaux de trait de haler les gabares (bateaux à fond plat) qui remontaient le Lot afin de livrer leur cargaison de morue séchée et autres denrées en provenance de Bordeaux.À l\u2019heure du souper, optez pour Cajarc et le restaurant L\u2019Allée des vignes, où le chef Claude-Emmanuel Robin concocte des bijoux de plats autour de produits locaux te ls qu\u2019agneau, canard et safran du Quercy.D\u2019ailleurs, la ville qui a vu naître Françoise Sagan organise une fête du cher pistil les 20 et 21 octobre prochain, au temps de la récolte.C\u2019est l\u2019occasion de visiter les safranières des alentours et d\u2019assister à des démonstrations culinaires où l\u2019épice est à l\u2019honneur.5e étape : Toulouse De retour dans la ville rose après 125 kilomètres de route depuis Saint-Cirq, vous en profiterez pour voir une exposition d\u2019ar t contemporain dans un étonnant bâtiment reconverti, Les Abattoirs, pour vous promener le long des quais de la Garonne et pour savourer un authentique cassoulet tou- lousain (canard, saucisse de Toulouse, porc) Chez Émile, qui le prépare selon la même recette depuis 70 ans.Déjà coché le jour de votre arrivée ?Alors, direction musée Aero- scopia, à Blagnac, pour voir l\u2019exposition Tintin et ses avions (jusqu\u2019au 10 janvier 2019), une thématique appropriée pour le siège mondial d\u2019Airbus.Faites escale au marché Victor Hugo pour faire une razzia de délices du terroir, puis soupez chez Bibent, la grande table toulousaine, place du Capitole.En passant, bibent signifie « bien boire », en occitan.Voilà qui résume plutôt bien cette virée ! Suggestion d\u2019ébergement : Au centre- ville, au paisible Hôtel Albert Ier, où vous pourriez également poser vos pénates le premier jour.(Demandez une chambre dans l\u2019aile rénovée; hotel-albert1.com) Renseignements : tourisme- occitanie.com, tourisme-lot.com, tourisme-cahors.fr (téléchargez la brochure des jardins secrets et la carte de la Vélo Route), toulouse-tourisme.com et airtransat.com.Carolyne Parent était l\u2019invitée du Comité régional du tourisme Occitanie, de l\u2019Agence de développement du Lot et d\u2019Air Transat.| 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 4 | COUPON RABAIS EN PAGE ARRIÈRE DU CAHIER ART DE VIVRE! JEAN-PHILIPPE TASTET COLLABORATEUR LE DEVOIR Dans le cadre du par tage de bons tuyaux gastros, j\u2019ai pensé que vous seriez contents de mettre en banque ces quelques adresses catalanes où l\u2019on reçoit le client comme une personne importante et qu\u2019il est donc important de bien nourrir.Vous irez un jour en Catalogne, là n\u2019est pas la question, tous les chemins mènent en Catalogne.Air Transat, qui a eu l\u2019extrême amabilité de s\u2019occuper de mon transport, propose des vols vers Barcelone et vers Toulouse permettant de s\u2019y rendre facilement.Les quelques adresses que je vous suggère ici sont des endroits un peu hors du temps, éloignés des feux de la rampe et dont même les médias sociaux \u2014 qui pour tant blatèrent beaucoup \u2014 ne parlent pas.Bien sûr, voulant rester dans l\u2019abordable, il a fallu choisir ; à Banyuls-sur-Mer, je ne vous parlerai donc pas du Fanal, étoilé Michelin où le chef Pascal Bor- rell prépare de si jolies assiettes.Dans la frange relaxe des tables locales, je ne m\u2019appesantirai pas trop non plus sur La Ganotte, cette espèce de bistrot sur le port où l\u2019on grignote des choses divertissantes servies par le truculent patron, Moïse, qui anime le spectacle à la Pagnol.J\u2019ai conser vé quatre adresses, deux de chaque côté d\u2019une frontière qui n\u2019en est plus une, que je vous présente en alternance, sautant chaque fois par-dessus les belles Pyrénées.Les 9 caves Commençons donc à Banyuls, aux 9 caves plus exactement.Installé dans une ancienne cave coopérative restaurée avec goût, ce restaurant atypique vient d\u2019être repris par Natasja Postma et Jan Paul Delhaas, deux fringants jeunes Hollandais.La chef a donné un sérieux coup de balai dans la car te et propose de délicieuses assiettes.Jan Paul pioche dans les réserves très tentantes des crus disponibles sur place et vendus avec un droit de bouchon de 5\u20ac la bouteille.À midi, une formule entrée, plat principal et dessert est proposée pour une vingtaine d\u2019euros, mais on peut facilement se contenter d\u2019un plat unique pour une quinzaine, comme pour cette «assiette de charcuterie», une palette ibérique venue de Salamanca servie avec un chutney de pommes, oignon, gingembre, dattes et figues et de succulentes minimarinades de concombre, aneth et oignon rouge.Le soir de mon passage, le festival culinaire se présentait comme suit : Carottes grillées, purée des carottes, yaourt fumé, sarrasin croustillant et chips de chou ; Merlu «a la plancha», tomates, concombre, gaspacho de concombre, coques et oseille ; Épaule de cochon, betteraves, cerises, jus de cassis, shiso et boulettes au raifort ; Poulet, chou lisse, aspergettes, petits pois, sésame, jus de citron et gingembre ; Sardines marinées, crème d\u2019avocat, poivron grillé, mayonnaise au piment fermenté et oseille.Tout est extrêmement soigné, créatif et savoureux.On pourra oublier les gnocchis, trop chers pour une si petite portion, mais tout le reste du menu est digne d\u2019intérêt, y compris les desserts, tout aussi guillerets et estivaux.Les 9 caves 56, avenue du Général-de-Gaulle, 66650 Banyuls-sur-Mer, (+33) 04 68 36 22 37 Can Tenli Dans un registre différent en matière de recherche gastronomique, mais tout aussi divertissant pour les papilles, Can Tenli appartient à cette catégorie d\u2019établissements que les locaux gardent précieusement dans leur carnet de tables à visiter régulièrement, sans pour autant ébruiter la chose.Le plat phare de la maison est cette morue servie en portions pantagruéliques, cuite au four, nappée d\u2019un écrasé de tomates et couronnée de croustilles.Depuis plus de 40 ans, la maison sert ce plat relativement modeste et les clients affluent.Compte tenu de l\u2019extrême générosité de l\u2019assiette, trois personnes y trouveront leur bonheur et en ressortiront rassasiées.D\u2019autres spécialités régionales sont dignes de mention ici, escargots ou joues de porc à la catalane pour ne mentionner que ces deux-ci.Une promenade dans les ruelles tortueuses et rafraîchissantes du village de Maçanet de Cabrenys vous permettra d\u2019entamer une digestion laborieuse tant vous vous serez laissé aller à des excès de table.Ensuite, vous pourriez prendre la route vers Coustouges et Saint-Laurent-de- Cerdans, les deux premiers petits villages côté français.Dans le premier, Délicieuses petites tables catalanes Vous irez un jour en Catalogne, là n\u2019est pas la question, tous les chemins mènent en Catalogne, et à sa tradition culinaire.PHOTOS PHILIPPE TASTET | 4 5 Vi v r e R e c e t t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres Des voyages d\u2019exceptions : Culture, Histoire & Petits Groupes DÉJA 24 ANS ! Présentations Conférences Dimanche 14 octobre Hôtel Royal Versaillles 7200 Rue Sherbrooke E, Montréal 10h00 Splendeurs de l\u2019Italie - 20 jrs 10h00 Circuit Europe de l\u2019est - 24 jrs 11h30 Angleterre Ecosse Irlande - 23 jrs 11h30 Magnifique Égypte - 19 jrs 13h00 Trésors de Grèce - 20 jrs 13h00 La Grande Argentine - 20 jrs 14h30 Magistrale Russie - 21 jrs 14h30 Inde des Grands empires - 29 jrs Grande Argentine, Patagonie, Iguaçu \u2013 20 jrs Départ 2019 : 18 mars & 6 novembre Buenos Aires 5 nts, Croisière 3 jrs, Puerto Madryn 3 nts, Salta 3 nts.Inclus 46 repas, guides francophones, vol Air Canada.Magnifique Égypte Pharaonique \u2013 19 jrs / Départ 11 février 2019 Une destination des plus sécuritaires !! (Extension Pétra) Inclus : Tous les repas, hôtels 5*, croisière sur le Nil, Lac Nasser.Promotion exceptionnelle sur ces destinations d\u2019exception Réservez avant le 5 octobre 2018 P e r m i s d u Q u é b e c Il reste 2 places Il reste 8 places POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT APPELEZ AU 514 985-3454 B O N VOYAGE L A R EC E T T E D E M I C H A E L TOZ Z I Biscuits au chocolat et tahini Donne environ 28 biscuits Ingrédients Beurre de tahini : 3/4 tasse de tahini 3/4 tasse de sucre en poudre Biscuits au chocolat: 1/2 tasse de beurre non salé, à température ambiante 1/4 tasse de tahini 1/2 tasse de sucre blanc, et plus pour rouler 1/2 tasse de sucre brun clair 1 gros œuf 1 cuillerée à thé d\u2019extrait de vanille 3/4 cuillerée à thé de sel cacher 1/2 cuillerée à thé de bicarbonate de soude 1/2 tasse de cacao en poudre 1 tasse, plus 5 c.à table de farine tout usage 1 pincée de fleur de sel pour saupoudrer Préparation Mélanger le beurre de tahini dans le pot pour incorporer toutes les huiles séparées.Mettre au congélateur environ 15 minutes, ou jusqu\u2019à ce qu\u2019il soit ferme \u2014 imaginez la texture du beurre d\u2019arachide sucré standard.Mélanger le tahini et le sucre en poudre dans un bol jusqu\u2019à ce que la préparation soit complètement lisse.Former le mélange de beurre de ta- hini en 28 petites boules (1 grosse cuillerée à thé chacune).Réserver au réfrigérateur pendant la confection de la pâte à biscuits.Combiner le beurre, le tahini, le sucre blanc et le sucre brun dans un bol.Mélanger jusqu\u2019à consistance légère et mousseuse, en raclant le bol avec une spatule en caoutchouc si nécessaire.Ajouter l\u2019œuf et la vanille.Continuer à mélanger jusqu\u2019à obtenir une consistance moelleuse.Ajouter le sel, le bicarbonate de soude et la poudre de cacao.Mélanger jusqu\u2019à ce que le tout soit juste incorporé.Ajouter la farine et mélanger jusqu\u2019à incorporation complète.Préchauffer le four à 350°F, et remplir un petit bol de sucre blanc.Pour former les biscuits, utiliser une cuillère à biscuits pour récupérer 1 cuillerée à soupe de pâte au chocolat.Former une galette mince dans la paume de la main.Placer 1 boule de beurre de tahini au centre et enrouler la pâte au chocolat autour.Rouler dans la paume quelques fois pour lisser.Rouler la balle dans le sucre.Placer sur une assiette.Répéter l\u2019opération avec la pâte de chocolat et la garniture au beurre de tahini.Déposer les boules, espacées de quelques centimètres, sur une plaque à biscuits, soit 9 à 12 par plaque.Aplatir les boules avec un verre d\u2019eau \u2014 elles ne s\u2019étalent pas beaucoup à la cuisson, alors elles doivent être assez fines, de 3 à 6mm.Saupoudrer de fleur de sel et appuyer légèrement pour qu\u2019il adhère.Cuire au four de 8 à 9 minutes, en faisant pivoter la plaque à mi-temps.MICHAEL TOZZI vous flânerez et vous recueillerez au frais dans la petite église en implorant Santa Maria de Costoja de pardonner ce vilain péché de gourmandise commis auparavant ; dans le second, vous essaierez de résister aux innombrables tentations proposées par la boutique des Toiles du soleil.Can Tenli Carrer de les Dòmines, 11, 17720 Maçanet de Cabrenys, Espagne, (+34) 972 54 40 51 Les clos de Paulilles Retour en Catalogne française, à mi- chemin entre Por t-Vendres et Ba- nyuls-sur-Mer, sur le site de Pau- lilles.Lieu d\u2019essai d\u2019une fabrique de dynamite au XIXe siècle, le site a été racheté il y a une vingtaine d\u2019années par le Conservatoire du littoral, qui a décontaminé les lieux, les a classés et protégés des promoteurs immobiliers.Aujourd\u2019hui, les 17 hectares de paysage constituent un site gratuit et écologique qui attire un public de plus en plus vaste.Le restaurant Les clos de Paulilles se trouve là, au milieu des vignes, tables avec vue imprenable sur la Méditerranée.La vue sur les assiettes est tout aussi intéressante et le travail méticuleux des cuisiniers laisse lui aussi un excellent souvenir.On est ici dans un registre plus gastronomique que la moyenne locale, et il faut mentionner les noms de ces artistes de la casserole qui jonglent avec salé et sucré.Chef d\u2019orchestre : Étienne Coquin ; sous-chef : Jeremy Prat ; pâtissière : Fanny Badet.Ce trio-là fait les choses en grand.Le midi de mon dernier passage à l\u2019improviste, la formule entrée, plat, dessert à 30\u20ac se présentait ainsi: Grav- lax de saumon d\u2019Écosse; Filet de porc en croûte de chapelure japonaise accompagné de fenouil grillé, de courgettes et de tendres carottes et un magnifique dessert aux fruits du moment, en l\u2019occurrence des cerises (sans doute de Céret) confites, voisinant deux ravissants petits choux et soulignées de pâte de pistache.Un sans- faute complet et un choix d\u2019éléments pour chaque ser vice par faitement adaptés à la chaleur torride ambiante.La car te des vins proposés ici risque for t de vous entraîner dans quelques égarements.Vous pourrez toujours aller sautiller sur le sentier du littoral qui passe à deux pas ou faire quelques longueurs jusqu\u2019à la bouée comme les baigneurs frimeurs.Les clos de Paulilles Baie de Paulilles, 66660 Port-Vendres, (+33) 04 68 81 49 79 Chez Louisette Repassons en Catalunya, dans un autre de ces petits villages écrasés de soleil qui semblent figés dans le temps.Garriguella vaut le détour pour sa coopérative où vous pourrez faire le plein de vivres locaux de qualité \u2014 huiles d\u2019olives, charcuteries et autres gourmandises \u2014 et de crus stimulants.Le restaurant Chez Louisette est une fantaisie légèrement baba cool dans le paysage.Cuisine familiale qui joue avec les classiques régionaux en y ajoutant une touche très personnelle.L\u2019extrême gentillesse du personnel et le côté décontracté du service qui demeure en tout temps très attentif contribuent au charme de l\u2019endroit.Irrésistibles tastets (les tapas catalanes) à gérer avec discernement au risque de ne plus avoir faim pour la suite, risotto de l\u2019Alt Emporda (la région), grillades de poissons ou de viandes venues de bétail local, tout est à recommander.Cet endroit est sans doute le lieu le plus détendu parmi tous ceux visités au cours des semaines passées à écumer la région.À bien y penser, c\u2019est sans doute l\u2019un des lieux les plus détendus que j\u2019ai visités au cours des dernières années, c\u2019est vous dire.Chez Louisette Estany de la llebre, 8, 17780 Garriguella, Espagne, (+34) 972 53 19 16 CAROLYNE PARENT À PHOENICIA COLLABORATRICE LE DEVOIR Il écrivait : « Adoptez le rythme de la nature : son secret est la patience.» Il était l\u2019un des pères du transcen- dantalisme, un courant littéraire américain du XIXe siècle, inspiré d\u2019une philosophie qui exaltait la pensée intuitive et la bonté intrinsèque de l\u2019Homme.Il s\u2019appelait Ralph Waldo Emerson, et c\u2019est ici, à l\u2019ouest de la vallée de l\u2019Hudson, dans les montagnes Catskills, que l\u2019influent essayiste de Boston venait se ressourcer.Et il n\u2019était pas le seul ! Des peintres, dont Thomas Cole, le fondateur de l\u2019Hudson Valley School, y séjournaient aussi.Sommets ronds, rochers moussus, cascades qui glougloutent\u2026 Leurs toiles aux scènes romantico- idylliques inspirèrent l\u2019État de New York, qui amenda sa constitution, fin XIXe siècle, pour créer la Catskills Forest Preser ve et ainsi mettre à l\u2019abri des promoteurs immobiliers 1200 km2 de territoire forestier.Au siècle suivant, c\u2019est la Borscht Belt, corridor d\u2019hôtels aujourd\u2019hui disparus, tenus par des juifs new-yorkais, qui contribua à la renommée des Catskills à titre de centre de villégiature.Puis eut lieu Woodstock, festival de référence de tous les Osheaga de la planète musicale.C\u2019était en 1969.« Saviez-vous que le Woodstock Music and Art Fair n\u2019a pas eu lieu à Woodstock, mais bien près de Bethel ?» demande Tamara Murray, directrice des ventes à l\u2019Emerson Resort and Spa, qui me raconte l\u2019histoire de la région.Eh oui, sur la ferme d\u2019un certain Max Yasgur, à une centaine de kilomètres de Woodstock, qui ne voulait pas des L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e E s c ap a d e 4 6 | Dans l\u2019État de New York, près de Woodstock, une légendaire région de montagnes attire les randonneurs et les nostalgiques du Flower Power.Esprit nature et retour aux sources dans les Catskills Sur les pas du mouvement Peace and Love dans l\u2019État de New York L'automne dans toute sa splendeur dans les Catskills MSMOUTDOORS 50 000 hippies attendus \u2013 un bad trip appréhendé par les autorités municipales\u2026 Il en vint plutôt 400 000 dans le champ de luzerne du fermier ! Quatre heures et demie de route séparent Montréal de la petite ville « granole » qui n\u2019accueillit pas le par ty du XXe siècle, mais qui fait comme si avec brio.En ce lundi ensoleillé de la fête du Travail, des riffs de guitare nous par viennent du square : un duo y joue des airs folks.Autour de l\u2019église, des boutiques de vinyles avoisinent des friperies, des cafés équitables, des bistrots végéta- liens, un bazar tibétain, un marché aux puces et une braderie de t-shirts tie-dye.Évidemment, la seule épicerie du coin est indépendante et bio, et la dame qui m\u2019en donne l\u2019adresse porte une longue jupe des années 1960.J\u2019ai presque envie de lui demander : « Sister, c\u2019est par où, la commune ?» Des galeries d\u2019ar t, un centre consacré à la photographie et le musée centenaire de l\u2019Association des artistes de Woodstock complètent le tableau culturel, sans oublier une dizaine de festivals annuels.Celui du film, « farouchement indépendant », se déroulera d\u2019ailleurs du 10 au 14 octobre.Pas mal pour une municipalité de 5000 habitants.Crotales et ours noirs Woodstock est une étape sur une route bucolique qui traverse le Catskills State Park ainsi que les localités de Tannersville, un bled pimpant aux maisons multicolores, Roxbur y, Fleischmanns, Phoenicia et New Paltz.Cette dernière est particulièrement fière de sa collection de maisons de pierres du XVIIe siècle : ce sont celles de ses premiers colons, des Français, et elles bordent ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui l\u2019Historic Huguenot Street.Chemin faisant sur cette route panoramique, on croise d\u2019authentiques diners d\u2019époque, d\u2019artisanales brasseries bien de notre temps, des fermes, ainsi que la fameuse cascade Kaaters- kill, qui enchantait tant les peintres et poètes transcendantalistes.À défaut de brandir ses couleurs touristiques \u2013 où sont les hôtels?\u2013, la destination affiche haut et fort ces temps-ci les couleurs automnales de ses feuillus.« Phoenicia a fait partie du palmarès de Travel + Leisure des 10 plus belles petites vil les r urales des États-Unis en 2013 », souligne Tamara Murray.Phoenicia, c\u2019est en fait une rue pittoresque, quelques res- tos, deux églises, un terrain de camping et\u2026 un festival international d\u2019opéra, en août.C\u2019est aussi le point de dépar t d\u2019une activité estivale populaire, la descente de l \u2019Esopus Creek sur chambre à air, ainsi que celui de notre ascension du mont Tremper.De tous les sentiers des environs, Giant Ledge et Overlook Mountain offrent cer tainement les plus beaux points de vue sur la vallée.Le sentier (en partie de caillasse) du mont Tremper (9,2 km et 620 m de dénivelé) mène quant à lui à une tour d\u2019observation haute de 14 mètres, mais pour le pique-nique panoramique, c\u2019est raté, puisque le sommet est boisé.«Avez-vous vu le crotale qui traversait le sentier?» demande un randonneur en me croisant.Non et, de grâce, inutile de m\u2019en rappeler l\u2019existence.L\u2019ours noir, au moins, est bien visible\u2026 Nous regagnons ensuite l\u2019Emerson Resort and Spa.Érigé en pleine campagne, sur le terrain d\u2019une ancienne ferme laitière, l\u2019établissement familial est une « œuvre évolutive » en plusieurs modules \u2013 pavillons, auberge, spa, restaurant, café, boutiques rustiques \u2013, dont la construction a débuté dans les années 1970 « pour faire travailler les gens de la région», précise Mme Murray.Situé en bordure de l \u2019Esopus Creek, l\u2019établissement de 53 chambres est charmant.Abondamment vitrés, ses espaces communs comme privés permettent à l\u2019extérieur forestier de s\u2019inviter à l\u2019intérieur.Ici et là, sur les murs, les bons mots de Ralph Waldo Emerson nous sont rappelés.Des mots inspirants sur lesquels on médite dans le bain à remous de la terrasse, où devant nous se déploient les ingrédients clés de tout ressourcement : nature, beauté, tranquillité.Effluves d\u2019herbe \u2014 la vraie \u2014 compris.| 47 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Bons plans Une activité familiale amusante à faire au départ de Phoenicia est le Rail Explorer, un parcours de 13 kilomètres à bord d\u2019une sorte de pédalo sur rail, qui roule sur une voie ferroviaire désaffectée le long de l\u2019Esopus Creek.Si le temps est clément, on peut pique-niquer en chemin dans l\u2019aire prévue à cette fin (railexplorers.net).Avis aux pleinairistes : l\u2019application All Trails recense plus de 50 000 sentiers de randonnée, de course et de vélo de montagne à travers le monde.On peut utiliser divers filtres de recherche, tels «adapté aux enfants» ou «panorama».Dans les Catskills, All Trails répertorie une quarantaine de pistes.À télécharger sur l\u2019AppStore ou Google Play.Situé à 110 kilomètres au sud- ouest de Woodstock, sur le site même du festival éponyme, le Bethel Woods Center for the Arts commémore l\u2019esprit des sixties.Samedi prochain, le 6 octobre, s\u2019y tiendra le Festival du vin de la vallée de l\u2019Hudson et des Finger Lakes (bethelwoodscenter.org).Avis aux fans finis de Bob Dylan : à Saugerties, Big Pink, la maison où il enregistra The Basement Tapes avec The Band, peut être louée sur homeaway.com.Combien ça coûte ?Moins cher les jours de semaine à l\u2019Emerson Resort and Spa.En vigueur jusqu\u2019au 1er novembre, le forfait «trois nuitées pour le prix de deux» coûte 595$US en occupation double et inclut un crédit de 100$US au spa, les taxes et pourboires.D\u2019autres offres avantageuses sont proposées à emersonresort.com, visitthecats- kills.com, woodstockny.org et woodstockfilmfestival.org.L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E Nouvelles habitudes «Faire une courte promenade à l\u2019extérieur chaque jour.» C\u2019est le genre de bonne habitude assez facile à caser dans un horaire, mais aussi très aisée à oublier.Pour que vous puissiez vous donner la chance de réussir, l\u2019application Ha- bitHub vous propose de vous envoyer des alertes dans des plages horaires prédéterminées pour vous rappeler vos habitudes, et vous construit ensuite des relevés de réussite basés sur le nombre de fois où vous rapportez avoir réalisé la tâche.On peut programmer trois habitudes gratuitement, ou payer 4$ pour en enregistrer un nombre illimité.HabitHub, dont l\u2019interface est anglaise, est disponible seulement sur les appareils Apple, mais le développeur Randome Studios reproduit le même concept (avec le même nom) sur Android.HabitHub Sabana Patel Du pixel art sans effort Pourquoi est-il si satisfaisant de tapoter des carrés numérotés pour les colorer, et ensuite constater le résultat de notre persévérance en pixel art?Peu importe la réponse, la popularité des applications de type «coloriage par numéro» en témoigne: il y a de l\u2019attrait pour un tel genre d\u2019activité.Il en existe plusieurs, et elles sont la plupart du temps gratuites à télécharger et à essayer, mais ensuite, il faut payer pour pouvoir faire d\u2019autres dessins.Certaines, comme Pixel Art d\u2019Easybrain, sont essentiellement gratuites, à condition d\u2019endurer les publicités.Cupcakes colorés, arcs- en-ciel ou voitures de sport ; choisissez votre canevas ! Pixel Art Easybrain Camille Dauphinais-Pelletier Easybrain Un authentique diner sur la route bucolique 23A CAROLYNE PARENT Woodstock fut le festival de référence de tous les Osheaga de la planète musicale.C\u2019était en 1969.Sur la ferme d\u2019un certain Max Yasgur, qui ne voulait pas des 50 000 hippies attendus.Il en vint plutôt 400 000 dans le champ de luzerne du fermier ! L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 26 OCTOBRE 2018 Musée des Beaux-Arts de Montréal PROGRAMME ET INSCRIPTION SUR mbam.qc.ca/FestivalLeMonde AVEC | 4 9 Vi v r e Jar d i n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 BILLET LISE GOBEILLE COLLABORATRICE LE DEVOIR Mais d\u2019où vient cette drôle d\u2019idée de devoir fermer son jardin à l\u2019automne ?Préparer les plantes à passer l\u2019hiver, d\u2019accord, mais le fermer\u2026 comme on ferme une porte, me disait Guillaume Pelland, de chez Paysage Gourmand, avec qui j\u2019en ai discuté, est un non-sens pour nous qui aimons nos jardins, hiver comme été.Donc, gardons-les ouverts, mais bien préparés, car même l\u2019hiver ils sont beaux et on tend à l\u2019oublier ! J\u2019ai donc demandé à Guillaume comment il prépare ses jardins pour la saison froide.Quels gestes doit- on faire dans le jardin à l\u2019automne ?L\u2019approche de mon entreprise est d\u2019utiliser surtout des vivaces, des arbustes et des arbres comestibles en aménagement, alors comme nous mettons peu d\u2019annuelles, en vérité, il n\u2019y a vraiment pas grand-chose à faire à l\u2019automne, sauf de la récolte, ce qui est fantastique.À ce temps-ci, donc, on optimise les récoltes des plantes vivaces, par exemple les fines herbes.Toutefois, attention, on ne récolte jamais plus du tiers de la plante afin qu\u2019elle demeure de bon calibre pour passer l\u2019hiver.Est-ce une bonne idée, la plantation à l\u2019automne, pour prendre de l\u2019avance pour le printemps ?Absolument, chez Paysage Gourmand, nous plantons sans réserve tous les types de végétaux jusqu\u2019au gel du sol.Ainsi, dès les premières douceurs printanières, les plantes poursuivent ou commencent leur enracinement.Elles ont donc le temps de bien s\u2019implanter avant les canicules, ce qui a l\u2019avantage de les rendre plus résilientes.Est- ce vrai qu\u2019une bonne couche de paillis protège les racines du gel ?Selon mes observations et mes lectures, une bonne couche de paillis \u2014 nous mettons 7 cm de bois raméal fragmenté (BRF) \u2014 permet de gagner une zone de rusticité.Donc oui, le paillis protège les racines.Le BRF est le paillis que je préfère, car il favorise la vie des micro-organismes dans le sol et il est un excellent apport de matière organique.Un autre de ses avantages, la strophaire rouge vin, un champignon comestible, y pousse naturellement.Toutefois, afin d\u2019éviter une carence en azote des plantes avec ce paillis, on applique une couche de compost avant de l\u2019étendre.Enfin, s\u2019il y a une chose qu\u2019il ne faut pas faire à l\u2019automne, c\u2019est laisser un sol à nu.Finalement, que faire avec toutes les feuilles qui nous tombent sur la tête ?Les feuilles, c\u2019est de la matière organique, le sol en a besoin.Comme chaque année, on ajoute un peu de paillis pour maintenir son épaisseur, on peut simplement le mettre pardessus les feuilles pour les maintenir en place.Doit-on préparer ou fermer son jardin à l\u2019automne ?Les gestes à faire pour qu\u2019il passe un bel l\u2019hiver Comment ne pas assassiner vos plantes d\u2019intérieur Conseils de survie pour horticulteurs amateurs Veronica Peerless, Broquet, Saint-Constant, 2018, 142 pages Un bon bouquin pour l\u2019amateur qui n\u2019arrive pas à garder ses plantes.Simple, il vous aidera à choisir des plantes selon les conditions de votre maison et à leur donner les soins de base pour les garder en santé.Largement illustré, il propose cent dix- neuf plantes différentes avec chacune sa fiche technique.On y trouve aussi un top 5 des plantes pour les coins ensoleillés, à la mi- ombre, dans la salle de bain, etc.Une façon rapide de pouvoir choisir.Les nombreux pictogrammes, encadrés et photos rendent l\u2019information rapidement accessible et l\u2019ouvrage agréable à consulter.Guillaume Pelland, de chez Paysage Gourmand, à la récolte de fleurs LISE GOBEILLE Q&R Au jardin cette semaine Pour ma part, je n\u2019arrache jamais mes annuelles ornementales avant qu\u2019elles aient gelé, j\u2019aime en profiter le plus longtemps possible.Néanmoins, il y a des exceptions, si vous souhaitez conserver vos géraniums, entre autres, il est temps de les rentrer.Aussitôt que les plantes à bulbes non rustiques, tels que les dahlias, les bégonias tubéreux, les cannas\u2026 auront gelé, il sera temps de les arracher pour les entreposer.Du début à la fin octobre, on plante les bulbes d\u2019ail et les bulbes ornementaux.Pour avoir de bons résultats, on les choisit bien dodus, fermes et de gros calibre.Pour les bulbes ornementaux, j\u2019aime bien ceux qui se naturalisent.Ainsi on ne recommence pas chaque année.En voici quelques-uns: jonquilles «Barret Browning», la scille de Sibérie, les tulipes botaniques et les crocus.Plantez-en beaucoup, l\u2019effet est toujours meilleur ! Quant aux vivaces, je suis de ceux qui ne taillent à peu près rien.La matière organique doit demeurer là où elle est, et j\u2019aime voir les feuillages se transformer.Au printemps, je taille ce qui reste et le laisse au sol.Quant aux feuilles, je conserve toutes celles que je peux, en les glissant sous les arbustes et en les utilisant comme paillis.Un paillis que j\u2019aère légèrement au printemps.Besoin de compost ?C\u2019est la distribution gratuite pour les résidents de Montréal au Complexe environnemental Saint-Michel les 6 et 7 octobre. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e Vi n 5 0 | Moins de 16 $ Las Mulas 2016, Cabernet Sauvignon, Torres, Valle del Curico, Chili (16$ \u2013 13647225) Il serait dommage de passer sous silence la production chilienne qui, il y a encore deux décennies, était sur toutes les lèvres, à bon prix.Le prix est demeuré modeste pour des vins qui, aujourd\u2019hui, ont gagné en précision.Ce bio tient ses promesses avec sa constitution moyenne, sa fraîcheur et son sens de l\u2019origine.(5) ?1/2 La surprise Pinot Noir 2015, Domaine Loubejac, Willamette Valley, États-Unis (25,05$ \u2013 12875533) Je vous ai déjà parlé de cette maison, entre autres avec la version chardonnay (le 2017 arrivera sous peu d\u2019ailleurs à 23,95$ \u2013 13003201, un must !).Le pinot noir s\u2019inscrit dans ce profil épuré et pourtant substantiel, délicieusement étoffé sur le plan structure, au velouté soutenu sur celui de la texture.À ce prix, oubliez la Bourgogne! (5 +) © ?Le blanc Grüner Veltliner Karmeliterberg Classic 2017, Hermann Moser, Kremstal, Autriche (21,95$ \u2013 13110022) Parfumé comme une vigne au printemps, avec tout le ressort fruité derrière qui monte comme une sève pour s\u2019éclater au soleil : voilà à peine le profil illustré de ce blanc sec et léger, friand et doté d\u2019un indice élevé de palatabilité, soutenu par une jolie densité fruitée.Reste plus qu\u2019à presser un quartier de citron sur votre wiener schnitzel maison ! (5) ?Le rouge Easton House 2011, Californie, États-Unis (23,35$ \u2013 10744695) Déjà quelques années à se fondre sous verre et toujours ce discours fruité qui ne semble pas avoir pris une ride.C\u2019est qu\u2019elle a encore bon teint et du souffle dans la voilure, cette cuvée où domine un cabernet sauvignon déjà nuancé, aux tanins lisses, abondants et fondus.C\u2019est ample, chaleureux et passablement savoureux.(5) © ?Le bio Domaine D\u2019Orfeuilles, Les Coudraies, Loire, France (24,35$ \u2013 13234931) Rien n\u2019interdit, sur une mousse de foie, un fromage doucement persillé ou une tarte aux poires peu sucrée de servir un chenin doux pour en exalter les saveurs et textures.Celui-ci oppose douceur à une acidité et à une amertume qui en décuplent la longueur tout en faisant un clin d\u2019œil à la fibre minérale du terroir.Bien joué ! (5 +) ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR La réalité chantée par le « Grand Gilles » pour évoquer notre froidure commune n\u2019est pas sans s\u2019opposer à l\u2019ardeur chaleureuse de ces femmes et de ces hommes inlassablement appliqués, saison après saison, à butter et à débutter la vigne d\u2019ici, enracinant toujours un peu plus ce pays en eux-mêmes pour en partager ensuite l\u2019héritage commun.Une réalité crue qui tient de l\u2019opiniâtreté, pour ne pas dire de la résistance.Qu\u2019ils soient du Vignoble de L\u2019Orpailleur, des Côtes d\u2019Ardoise, du Marathonien, du Domaine Les Brome, du Vignoble de la Bauge ou encore, plus récemment, de chez Pinard & Fille, des Per venches, de la Rivière du Chêne, du Nival ou du Négondos, nos artisans alignent les fils de fer dans une batterie de vignobles désormais imbriqués dans une courtepointe cousue aux quatre coins de la Belle Province.Une législation précise délimitant les terroirs (et ses assises pédologiques) n\u2019assure toutefois pas encore une cohésion parfaite de cette même courtepointe \u2014 perçue comme destinations touristiques plutôt que relevant de régions viticoles \u2014, bien que l\u2019Association des vignerons du Québec (AVQ) soit actuellement dans l\u2019attente d\u2019une motion visant une certification IGP Vin du Québec (Indication géographique protégée) qui devrait aboutir sous peu.L\u2019AVQ n\u2019est cependant pas demeurée pour autant les bras croisés en attendant que le gouvernement se mouille en mettant de son côté sur pied le label Vin du Québec certifié (VQC) dont la notion d\u2019origine et de traçabilité, entre autres choses, garantissait, pour l\u2019année 2018 seulement, 144 vins du Québec adoubés du label en question.Un gage de qualité encore inégalée qui assure désormais que le contenu d\u2019une bouteille VQC ne soit plus élaboré qu\u2019avec des raisins récoltés ici, au Québec.Ce qui n\u2019est pas encore toujours le cas.Quelques mordus parmi les Amis du vin du Devoir se penchaient la semaine dernière à l\u2019aveugle sur quelques vins d\u2019ici, histoire de mesurer le chemin parcouru et de se frotter à quelques hybrides issus de l\u2019agriculture biologique.Huit vins pour une moyenne de 25,55 $ la bouteille, offerts à la SAQ, en boutique ou au vignoble.Consultez l\u2019édition hors série actuellement disponible du magazine Caribou consacrée aux vins du Québec pour repérer les points de vente.Riesling 2017, Vignoble de Saint- Pétronille, île d\u2019Orléans (30,50 $) Voilà qui vous tient en haleine, avec ce contraste coupant comme des ciseaux entre sucres (très peu), acidité (beaucoup) et fruité (bien présent).(5+) ?Moyenne du groupe : ?1/2 Matière à discussion 2017, Domaine du Nival, Saint-Louis (26,50$) Ce bio à base de vidal intéresse par son profil ample, au fruité de pomme si naturel qu\u2019on en croque pour lui.Un domaine à surveiller de près.(5) ?Moyenne du groupe : ?Frontenac Gris 2017, Vignoble Ga- gliano, Dunham (17,10$ \u2013 11575731) Belle surprise ici ! En somme, la trilogie des frontenacs (blancs, gris et noirs) est très prometteuse.Rondeur, volume et fruité sur un milieu de bouche qui ne manque pas de fond.Un régal.(5) ?1/2 Moyenne du groupe : ?Chardonnay «Les Rosiers» 2017, Vignoble Les Pervenches, Farnham (30$) Une trace de CO2 et des arômes fermentaires ont ici desservi ce bio dont la texture de poire pochée du fruité est pourtant alléchante.À revoir.(5) © ?Moyenne du groupe : ?Pigeon Hill 2016, Saint-Armand (20$) Manon et Kevin savent faire.En bio avec ça.Ici, le marquette (+20 % de frontenac) évoque un gamay juvénile à peine épicé avec son goût de marc de cerise noire, sa touche festive.J\u2019en redemande ! (5) ?1/2 Moyenne du groupe : ?Sélection Rouge 2016, Domaine St- Jacques, Saint-Jacques-le-Mineur (16,45$ \u2013 11506306) Est-ce le goût du maréchal foch, du lucy kuhlmann ou la pointe torréfiée qui n\u2019a pas semblé plaire ici ?Pourtant, la trame fruitée est jolie, lisse et arrondie, ne manquant pas de vitalité.Question de goût ?(5) ?1/2 Moyenne du groupe : ?Pinot noir 2014, Vignoble du Ruisseau, Dunham (23$) Un exploit que cette cuvée ! (voir encadré sur le Web).Certains y ont vu du nebbiolo en raison du caractère subtil de rose fanée, de zeste d\u2019orange et de réglisse.C\u2019est léger, délicat, précis et harmonieux.Pas mal du tout ! (5) © ?Moyenne du groupe : ?1/2 guideaubry@gmail.com Vins du Québec : des pas de géants en moins de 20 ans (2) Des sauvignons au Vignoble du Ruisseau du côté de Dunham JEAN AUBRY L\u2019AVQ a mis sur pied le label Vin du Québec certifié (VQC) dont la notion d\u2019origine et de traçabi- lité, entre autres choses, garantissait, pour l\u2019année 2018 seulement, 144 vins du Québec adoubés du label en question | 5 1 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Pour annoncer dans ce regroupement Contacter Évelyne de Varennes au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS CRITIQUE CATHERINE FERLAND À QUÉBEC COLLABORATRICE DU DEVOIR L\u2019arrivée de l\u2019automne nous fait la grise mine depuis quelques jours.À défaut d\u2019une réelle escapade sous des cieux plus cléments, tentons d\u2019ensoleiller le tout au moyen d\u2019un viatique gastronomique ! Suivant la recommandation d\u2019une amie, je me rends au Bistro La Cohue en compagnie de ma maman.Situé dans un carrefour commercial de l\u2019arrondissement de Sainte- Foy, l \u2019extérieur ne paie pas de mine.Or, dès l\u2019entrée, nous nous retrouvons dans un cocon évoquant le confort.Les banquettes et dossiers capitonnés, les reproductions noir et blanc surdimensionnées montrant des scènes du passé québécois, les poutres de bois vernies ; tout concourt à conférer une atmosphère chaleureuse et intime.L\u2019ardoise est restreinte, mais soignée.Sirotant un apéro, nous faisons bientôt notre choix.Mon entrée de carpaccio de pétoncles s\u2019avère plus que convaincante.Les fines tranches, disposées comme des pétales, sont surmontées d\u2019un petit monticule de verdurette assaisonnée.Et le Porta 6 Fernao Pires, un vin portugais d\u2019importation privée dont les cépages dominants sont l\u2019arinto et le moscatel, s\u2019accorde à merveille avec le délicat pétoncle.La tarte aux tomates choisie par mon invitée est fort appétissante.Encerclées de pâte croustillante, lesdites tomates légèrement grillées sont juchées sur un appareil d\u2019oignons caramélisés et de fromage 1608 dont les arômes donnent l\u2019eau à la bouche.Du beau travail.Loin de refléter son nom, le bistro, quoiqu\u2019achalandé, bruisse gentiment de conversations.Heureux hasard, un duo de jazz se produit justement ce soir-là, ponctuant la soirée d\u2019un agréable programme alternant standards et arrangements.Pour poursuivre, Christine a choisi le boudin noir maison.Le boudin présente une texture fine et fort agréable, accompagné de purée de pommes de terre bien onctueuse, de légumes racines, d\u2019asperges grillées, d\u2019une compotée de pommes et mini-oignons, ainsi que d\u2019une sauce relevée.Notre ser veuse suggère l\u2019Inka, un robuste cabernet sauvi- gnon chilien, pour accompagner le plat.Heureux choix.Si la joue de veau avait bien failli me convaincre, je me suis décidée pour la cuisse de canard.La chair confite, à point, se marie merveilleusement aux légumes du marché et aux pommes de terre dauphinoises, tandis que le Nuviana 2015, une IGP espagnole combinant tempranillo et cabernet sauvignon, lance ses beaux éclats rubis dans mon verre.Toujours environnées par la voix feutrée de la chanteuse et par les arrangements de guitare du musicien, nous convenons que la soirée tire à sa fin\u2026 mais pas sans avoir d\u2019abord goûté à l\u2019un des desserts qui figurent au menu.J\u2019opte pour le bavarois de poires caramélisées à la fleur de sel et pa- canes, une mignardise bien réalisée et équilibrée.L\u2019auteure de mes jours a choisi le Bagdad café, un léger gâteau qui fleure bon le café, flanqué d\u2019un léger coulis et de quelques fruits frais.Avec le thé, voilà une finale qui conclut très bien ce repas.Bistro La Cohue ?$$$ 1/2 3440, chemin des Quatre-Bourgeois, Québec,?418 659-1322 Les plus : cuisine impeccable dans une atmosphère de velours.Service attentionné.Stationnement gratuit, indéniablement un atout.Les moins : il serait intéressant de mettre davantage en valeur les produits québécois en les identifiant clairement dans le menu.Coût pour deux, nourriture seulement, avant taxes: 105$.Coût total pour deux, y compris alcool, taxes et service: 164$.Ambiance feutrée et plats antigrisaille Si l\u2019extérieur de La Cohue ne paie pas de mine, dès l\u2019entrée, nous nous retrouvons dans un cocon évoquant le confort.FRANCIS VACHON LE DEVOIR Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com DIMANCHE 30 SEPTEMBRE 2018 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS SICILE & ITALIE DU SUD Du 14 avril au 4 mai 2019 MYANMAR & LAOS Du 11 janvier au 1 février 2019 CHYPRE & MALTE Du 5 au 21 mai 2019 JAPON Départs : 2 & 7 avril 2019 ROUMANIE & BULGARIE Du 11 mai au 2 juin 2019 10h30 10h30 12h00 12h00 13h45 JEUDI 4 OCTOBRE 2018 INDE DU NORD & BOMBAY Du 10 février au 4 mars 2019 ÉNIGMATIQUES ROYAUMES HIMALAYENS Départs : 5 avril & 1er mai 2019 GRAND TOUR DE L'INDE Du 11 janvier au 8 février 2019 15h30 18h45 20h00 n s e o * Par personne.Chambre d'hôtel en occupation quadruple.Toutes taxes incluses.Fonds d'indemnisation des clients des agents de voyage FICAV de 1 $ par tranche de 1000 $ en sus.Prix valide pour tous les départs en 2018.Permis du Québec (702378).Inclus : autocar grand tourisme, hôtels 3,5 étoiles (ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones et circuits captivants.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.Fins de semaine DE DÉCOUVERTES NIAGARA, nature et viniculture 3 jours, à partir de 321 $* CHICAGO, arts et science 6 jours, à partir de 589 $* BOSTON, charme et démesure 3 ou 4 jours, à partir de 265 $* PHILADELPHIE, histoire et avant-garde 4 jours, à partir de 389 $* NEW YORK, urbanité et magie 3 ou 4 jours, départs tous les vendredis, à partir de 205 $* Expérience d'immersion interculturelle Dharamsala (Inde), Madagascar, Pérou, Sénégal et Vietnam.Séjour de 7 semaines COÛT : de 5 195 $ à 6 225 $ (formule « tout inclus ») proposée aux personnes de 50 ans et plus avec hébergement dans une famille et bénévolat Voyages solidaires Pour assister à une séance d'information, téléphonez au 514 325-0150, poste 2039 http://voyagessolidaires.collegemv.qc.ca ÉLUE Meilleure agence spécialisée au Québec Il reste 10 places Il reste 8 places Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres DÉJA 24 ANS ! 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Est-ce que ça veut dire qu\u2019ils sont moins impliqués?Pas du tout \u2014 et comprenez-moi bien, il y a autant de degrés d\u2019implication qu\u2019il y a de grands-parents \u2014, mais ça s\u2019articule différemment.Les familles d\u2019au- jourd\u2019hui doivent composer avec de nouvelles distances, avec des horaires plus chargés, avec de nouvelles attentes\u2026 Le rôle des grands-parents s\u2019inscrit dans cette nouvelle réalité.» «Chose certaine, renchérit Magda Fahrni, le temps est, bien souvent, devenu une denrée rare.Alors, ce qu\u2019on remarque, c\u2019est que les relations entre les grands-parents et leurs petits-enfants sont de plus en plus construites autour du jeu.Leur présence brise la routine, soulage le train-train quotidien.» «Le lundi, j\u2019ai du yoga ; le mardi, je passe du temps avec ma mère ; le mercredi, je m\u2019occupe de la maison\u2026 » illustre Sylvie, en échappant un léger rire.Retraités depuis peu, son conjoint et elle ont récemment décidé de vendre la maison familiale pour poser leurs pénates à Joliette, étirant par le fait même la distance qui les sépare de Karine, leur fille, nouvellement maman.« Ce qui est important pour moi, c\u2019est sur tout de pouvoir of frir du temps de qualité à mon petit-fils, souligne la jeune grand-mère, la voix chargée d\u2019émotion.Je n\u2019en ai pas toujours beaucoup et j\u2019habite un peu loin pour être là au quotidien\u2026 Alors on essaie de se parler le plus souvent possible \u2014 beaucoup par texto ou via Facebook \u2014, et quand Benjamin est avec nous, toute notre attention est pour lui.» Plus rares, les visites ont pris des airs de fête.« Je me vois un peu comme une gardienne du temps, ajoute-t-elle, un sourire dans la voix.Du temps pour souffler un peu, du temps de jeu, du temps précieux ! » Les nouveaux grands-parents Miser sur le temps de qualité plutôt que sur la quantité Une promenade, trois générations : Sylvie, grand-maman, promène Benjamin dans sa poussette, aux côtés de sa fille, Karine.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Aujourd\u2019hui, près du tiers des grands-parents canadiens sont toujours sur le marché du travail C L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1.2.1.2.1.2.1.2.1.3.2.ENSACONIÉ CHLÉSIE RE JOTINU BISATAK SÉNAILIT 1746 MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Il est aisé de s\u2019accrocher à ses stéréotypes et ses idées préconçues, on se sent ainsi rassuré dans sa propre ignorance.(Michelle Obama) MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE MOINS FOINS FINS FINE FIGE LES ANAGRAMMES \u2022 OMBRAGE / EMBARGO \u2022 OPTIQUES / TOPIQUES \u2022 LAURIERS / LEURRAIS \u2022 IMPOSERONT / EMPORTIONS \u2022 TERMINAIS / MENTIRAIS / AMNISTIER JEUX 1745 1746 1746 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1746 1.Champignon à lamelles et à chapeau rouge 2.Théologien musulman 3.Libérer 4.Rôle social ou théâtral 5.Disposer en combinant des éléments 6.Quadrature du\u2026 7.Ensemble des ecclésiastiques (plur.) 8.La terreur nazie 9.Divinité masculine de la beauté 10.Un long moment \u2022 TRAPÉZOÏDE \u2022 IDENTIFIABLE \u2022 BLÊMIR \u2022 MIRACLE \u2022 CLEPSYDRES \u2022 RESTAURANT \u2022 ANTILOPES \u2022 PESTE \u2022 STÉNODACTYLOS \u2022 LOSANGE BROUTE OSÉE Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 418 Horizontalement I.Passe-partout.II.Occupation.III.Na.Aires.Car.IV.Traîner.Elit.V.II.Ré.Inséré.VI.Fameuse.Sel.VII.Ite.Xénon.Le.VIII.Crut.Rn.Silt.IX.Aérobies.Pet.X.Tsé-tsé.Alèse.Verticalement 1.Pontificat.2.Acariâtre.3.Sc.Meure.4.Suaire.Tôt.5.Epineux.Bs.6.Paré.Série.7.Atérienne.8.Ris.Nso.Sa.9.To.Es.Ns.10.Oncles.Ipé.11.Airelles.12.Tartelette.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 419 1.Pas la dernière mais presque.2.Très bien accueillis.3.Dans un compte romain.Leurs cordes sont pincées.4.Glacés en toutes saisons.Un peu d\u2019amour.5.Pour que le naïf se fasse bien entendre.Travaux d\u2019approche.6.Donne des couleurs.7.Ne donne pas signe de vie.Liaisons rapides.8.Dieu à tête de faucon.Protège la poule et ses poussins.9.Son plateau est entré dans l\u2019histoire de la Résistance.Mesure à Pékin.10.Bosser dur.Fait l\u2019innocent.11.Saint manchois.L\u2019homme aux chevrons.12.Pour les ordures \u2026 par des ordures.I.Une petite pause qui n\u2019est pas toujours facile à placer dans le texte.II.Plus efficace avec deux bacs.A fait prendre l\u2019eau la flotte française.III.Grande fraîcheur dans le naturel.Doublé romain.IV.Note.Sortie soudaine.V.Mettait à plat.Vire n\u2019importe comment.VI.Personnel.Long et fin ruban enfoui dans la vase.VII.Pas encore touché.Habitudes.En armes.VIII.Pris et épris.A terminé son périple sur les monts d\u2019Ararat.IX.Haute vers le large.Bovidé disparu.Rapproche et maintient en place.X.Mettraient au sec.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 9 E T D I M A N C H E 3 0 S E P T E M B R E / 2 0 1 8 Quand ça fait mal .Ça fait mal ! Ce produit pourrait ne pas vous convenir.Toujours lire l\u2019étiquette et suivre le mode d\u2019emploi.ACTION ANTI-INFLAMMATOIRE La Membrane Naturelle de Coquille d\u2019Oeuf renferme notamment la glucosamine, la chondroïtine, l\u2019acide hyaluronique, le collagène et d\u2019autres protéines d\u2019origine 100 % naturelle, qui agissent en synergie comme un puissant anti-infl ammatoire.ACTION RÉGÉNÉRATRICE Le Collagène AminoLock®, exclusif à Genacol®, régénère le cartilage et soulage les douleurs articulaires reliées à l\u2019arthrose.Possédant la taille moléculaire la plus petite au monde, il permet une absorption supérieure pour de meilleurs résultats.GENACOL® ANTI-DOULEUR 2 ACTIONS NATURELLES ET EFFICACES POUR EN FINIR AVEC LA DOULEUR Réduisez vos douleurs articulaires anti-douleur.genacol.ca AU CONSOMMATEUR : Limite d\u2019un coupon original par produit.Prenez note que le détaillant est dans son droit de refuser ce coupon.Renseignez-vous avant de vous rendre à la caisse.Dans le cas d\u2019un refus du détaillant, communiquez avec Genacol au 1.888.240.3002 ou par courriel au info@genacol.ca pour obtenir un remboursement.Limite d\u2019un coupon par produit.Il est interdit de vendre et/ou de reproduire ce coupon en plusieurs exemplaires.Rabais applicable uniquement chez un détaillant.Aucun coupon reçu par la poste chez Redemco ne sera remboursé directement aux consommateurs.AU DÉTAILLANT: Sur présentation du présent coupon utilisé par votre client à l\u2019achat du produit mentionné, Corporation Genacol Canada inc.vous remboursera le montant indiqué sur ce coupon internet plus les frais de manutention habituels.Des factures indiquant les achats de stocks suffisants pour couvrir tous les coupons soumis pour remboursement doivent être présentées sur demande.La réduction correspondant aux taxes applicables est comprise dans la valeur nominale du coupon.Échangeable au Québec seulement.Pour remboursement, ce coupon doit être reçu par la poste avant le 31 janvier 2019 à : REDEMCO INC., C.P.128, Longueuil, Québec, J4K 4X8.3$ RABAIS DE À L\u2019ACHAT D\u2019UN PRODUIT GENACOL® ANTI-DOULEUR 90 CAPSULES OFFRE VALIDE JUSQU\u2019AU 31 OCTOBRE 2018 "]
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