Le devoir, 5 octobre 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 226 / LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux A6, B8-9 Monde .A7 Éditorial .A8 Idées.A9 Carrières.B3 Culture.B2 Grille TV.B2 Décès .B4 Météo .B4 Mots croisés.B4 Sudoku .B4 Économie.B6 Sports.B9 Zeitgeist.B10 CULTURE Amours, délices, orgues et poésie.Sainte-Mélanie propose un premier festival culturel aux couleurs de l\u2019automne.ZEITGEIST Wipés de la map.Bonjour-Hi, je suis Canadien franglais.B 10 Le chef démissionnaire du PLQ, Philippe Couillard, était accompagné de son épouse, Suzanne Pilote.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR L\u2019appui indéfectible qu\u2019a offert le Bloc québécois au Parti québécois est mal passé dans les rangs du parti fédéral.Un membre du bureau national a démissionné, a appris Le Devoir.Le vice- président du parti y est quant à lui allé d\u2019un rappel à l\u2019ordre, arguant que le Bloc venait de faire une « erreur stratégique » en ravivant les divisions qui déchiraient encore le parti il y a à peine quelques mois.À la veille du scrutin provincial, le chef et l\u2019exécutif du Bloc québécois avaient désavoué une poignée de blo- quistes qui venaient d\u2019inviter les indépendantistes de Québec à appuyer les deux candidats locaux de Québec solidaire, Catherine Dorion et Sol Zanetti, devenus députés lundi soir.Le Bloc appuyait plutôt résolument le Parti québécois, martelaient Mario Beaulieu et le quartier général du parti.Une sortie que n\u2019a pas digérée Jocelyn Beaudoin, qui a quitté son poste de représentant des membres au bureau national du Bloc dès le lendemain.« Il s\u2019agit d\u2019une rebuffade magistrale pour nos membres », a-t-il déploré dans une lettre transmise à l\u2019exécutif du parti et à ses députés le 28 septembre.Le Bloc avait justement choisi de ne pas appuyer un parti ou un autre dans le cadre de l\u2019élection québécoise, « sachant qu\u2019un tel sujet allait diviser les membres », rappelle M.Beaudoin dans sa lettre, dont Le Devoir a obtenu copie.« À la première occasion où nous aurions pu nous élever au-dessus du débat et adopter une approche constructive, le parti se tire dans le pied », dénonce-t-il, en parlant d\u2019un SOUVERAINETÉ La bisbille au Bloc continue L\u2019élection québécoise a rouvert des plaies au sein du parti fédéral MARIE-MICHÈLE SIOUI MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANTS PARLEMENTAIRES À QUÉBEC LE DEVOIR Philippe Couillard a profité de l\u2019annonce de sa démission jeudi pour lancer un appel aux militants du Parti libéral du Québec qui s\u2019affairent déjà à planifier sa succession : mieux vaut « rester fidèle » aux valeurs de leur formation politique et, surtout, « ne jamais les marchander pour quelques votes ».De l\u2019hôtel du Parlement, il a confirmé en matinée qu\u2019il renonçait à ses fonctions de chef du PLQ et de député de Roberval.« Avec un bilan plus qu\u2019enviable et le résultat de l\u2019élection du 1er octobre, après avoir mis toute mon énergie au service du Québec, demeurer en politique, à quelque titre que ce soit, est au-delà de ce que je me sens humainement capable de faire », a déclaré Philippe Couillard, les yeux embués, devant quelques dizaines d\u2019employés politiques.« Je demande aux Québécoises et aux Québécois de le comprendre et de me laisser prendre congé en paix.» Philippe Couillard demeure premier ministre jusqu\u2019à l\u2019assermentation de son successeur, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, dans une dizaine de jours.La courte réflexion qu\u2019il avait dit entamer dans Des adieux émus Philippe Couillard quitte la vie politique en donnant quelques conseils à ceux qui restent Le désir de changement s\u2019est clairement exprimé, il faut donc en assumer les conséquences.[\u2026] Il est maintenant temps de penser un peu à nous.PHILIPPE COUILLARD » la foulée de la pire défaite de l\u2019histoire du PLQ, lundi soir, est donc terminée.« Le caucus des députés choisira sous peu un chef intérimaire », a-t-il mentionné devant quelques dizaines d\u2019employés politiques.Les candidats à l\u2019intérim Gaétan Barrette, Pierre Arcand, Christine St- Pierre et Marc Tanguay brillaient par leur absence dans l\u2019enceinte du parlement, à l\u2019instar des principaux membres de l\u2019équipe gouvernementale de Philippe Couillard.Ils se sont tous présentés à Québec en après-midi, à temps pour une rencontre des candidats libéraux, élus et battus lundi soir, organisée par le parti \u2014 ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR # METOO Parole de femmes Il y a un an, un vaste mouvement de dénonciation voyait le jour VOIR PAGE A 2 : BLOC ymbolisée par les mots-clics #MeToo, #MoiAussi, #BalanceTonPorc, #YoTam- bien, #YeWoShi, la vague de dénonciations des agressions sexuelles, partie de l\u2019affaire Weinstein, a secoué la planète dans la dernière année.Mais d\u2019un pays à l\u2019autre, l\u2019impact n\u2019a pas été le même.Si certaines dénonciations ont mené à des poursuites judiciaires, d\u2019autres sont restées sans suite, ignorées et critiquées.Le 5 octobre 2017, le New York Times lançait les prémisses d\u2019un mouvement de solidarité sans précédent en publiant les témoignages d\u2019actrices qui accusaient le producteur Harvey Weinstein de harcèlement sexuel.Rapidement, d\u2019autres accusations se sont ajoutées.Le mot-clic #MeToo s\u2019est emparé de la toile, invitant les femmes à travers le monde à dénoncer leur agresseur.Un an plus tard, M.Weinstein multiplie les visites au tribunal, visé par plusieurs poursuites pour harcèlement et agressions sexuels.VOIR PAGE A 2 : #METOO S VOIR PAGE A 4 : ADIEUX M A R K R A L S T O N A G E N C E F R A N C E - P R E S S E « manque de jugement politique majeur » qui illustre « que la division est encore le mot d\u2019ordre ».M.Beaudoin est un ancien président d\u2019Option nationale.Il avait farouchement appuyé Martine Ouellet, lorsqu\u2019elle était chef du Bloc.« Parce que la majorité des membres de notre parti provient du Parti québécois, supposément qu\u2019il ne faudrait pas les décevoir.[\u2026] Si certains de nos membres ne comprennent pas que leur parti n\u2019a plus le monopole de l\u2019indépendance, c\u2019est à nous de le leur expliquer », argue Jocelyn Beaudoin.Or, son malaise n\u2019était pas isolé, a constaté Le Devoir.Car le jour même de l\u2019envoi de sa missive, le vice-président du parti, Gilbert Paquette, y est allé de sa propre série de remontrances, en reprochant lui aussi à M.Beaulieu et au parti de ne pas avoir consulté les instances avant de proclamer l\u2019appui du BQ au PQ.Cette sortie est venue « renforcer l\u2019impression créée par l\u2019ancien chef Gilles Duceppe par son attaque frontale sur la porte-parole de Québec solidaire [Manon Massé], à savoir que le Bloc se voyait comme une espèce d\u2019appendice du Parti québécois », regrette M.Paquette dans une lettre distribuée au bureau national et aux députés.Le Bloc a pourtant besoin des appuis de tous les indépendantistes au fédéral, souligne-t-il.« Ce n\u2019est pas en rebutant les membres de QS ou ceux d\u2019ON qui s\u2019y sont joints que nous pourrons gagner en 2019.» L\u2019appui au PQ « ravive les divisons résultant de la récente ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 26 OCTOBRE 2018 Musée des Beaux-Arts de Montréal PROGRAMME ET INSCRIPTION SUR mbam.qc.ca/FestivalLeMonde AVEC La difficile réconciliation BLOC SUITE DE LA PAGE A 1 Mais il n\u2019est plus seul sur la sellette.De l\u2019acteur Kevin Spacey au patron de la chaîne CBS, Leslie Moonves, en passant par le procureur de l\u2019État de New York, Eric Schneiderman, des accusations tombent et des carrières s\u2019écroulent.Encore récemment, la candidature à la Cour suprême des États-Unis de Brett Kavanaugh a été remise en question alors qu\u2019il fait l\u2019objet d\u2019allégations d\u2019agressions sexuelles.Le Québec a aussi connu son lot de scandales avec les affaires Éric Salvail et Gilbert Rozon, ce dernier étant d\u2019ailleurs visé par une action collective regroupant une vingtaine de femmes.C\u2019est toutefois en Suède que le mouvement a eu le plus d\u2019impact, soutient l\u2019auteure québécoise Brigitte Paquette dans son livre La déferlante #MoiAussi, en librairie le 10 octobre.Elle rappelle que 456 comédiennes ont lancé les hostilités le 9 novembre 2017, dénonçant des inconduites sexuelles dans leur milieu de travail.Des dizaines de milliers de femmes, de divers milieux, ont rejoint le mouvement.Il y a aussi Jean-Claude Arnault, visé par dix-huit femmes, dont plusieurs sont membres de l\u2019Académie suédoise.Grandement secouée, l\u2019Académie n\u2019a pas remis de prix Nobel de littérature cette année.Et M.Arnault a été condamné à deux ans de prison pour viol lundi.«Que ce soit au Québec, en Allemagne ou encore en Suède, le sol était fertile» pour ouvrir le débat et amorcer un changement, estime Mélanie Lemay, cofon- datrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles.«La Suède est l\u2019un des pays les plus égalitaires.Et au Québec, on avait déjà un fort mouvement féministe, on avait connu le mouvement #AgressionNonDenoncee.» Débat polarisé Elle croit que cette ouverture au discours féministe et à une égalité des sexes explique la réception différente du mouvement d\u2019un pays à l\u2019autre.Elle donne l\u2019exemple de la France, où le débat s\u2019est vite polarisé, car il y « règne encore une culture de la femme dominée par l\u2019homme ».D\u2019ailleurs, le #Ba- lanceTonPorc a fait tomber peu de têtes, le cas le plus médiatisé étant celui de l\u2019islamologue Tariq Ramadan, reconnu coupable de viols.La sortie publique en janvier d\u2019une centaine de Françaises \u2014 dont l\u2019actrice Catherine Deneuve \u2014 défendant la « liberté d\u2019importuner » des hommes, au nom de la liberté sexuelle, a davantage fait parler, d\u2019un continent à l\u2019autre.«Je me suis dit qu\u2019elles n\u2019avaient absolument rien compris! [\u2026] Il est possible de montrer à une femme qu\u2019elle nous plaît d\u2019une manière respectueuse sans user de mots grossiers ou déplacés et sans la rendre mal à l\u2019aise», écrit Brigitte Paquette.En Italie, c\u2019est l\u2019une des dénonciatrices d\u2019Harvey Weinstein qui a fait scandale : l\u2019actrice Asia Argento.En lançant le mouvement dans son pays, elle a dû passer au travers de nombreuses critiques, notamment de la part de journalistes masculins l\u2019accusant « d\u2019avoir volontairement utilisé le sexe comme tremplin professionnel ».Elle s\u2019est ensuite retrouvée au banc des accusés, en août.Le New York Times a révélé qu\u2019elle avait versé de l\u2019argent à l\u2019acteur américain Jimmy Bennett, qui affirme avoir été agressé sexuellement par l\u2019actrice italienne en 2013.De son côté, Mélanie Lemay ne s\u2019étonne pas de voir le mouvement de dénonciation stagner ou dériver dans ces pays.«C\u2019est trop facile de croire que créer un [mot-clic] et dénoncer va tout changer.C\u2019est un raccourci, il faut que les actions politiques et sociales suivent pour enfin sortir de la culture du viol.» Des limites au mot-clic Ailleurs dans le monde, plusieurs femmes n\u2019ont pas été prises au sérieux lorsqu\u2019elles ont dénoncé leur agresseur.En Russie et au Japon, par exemple, des journalistes ont mené un combat contre des politiciens, mais sans #METOO SUITE DE LA PAGE A 1 Le mouvement n\u2019a pas la même ampleur partout grand succès.En Corée du Sud, le mouvement s\u2019est même retourné contre les femmes, indique Brigitte Paquette.Dans ce pays réputé pour être « singulièrement ma- chiste », les femmes ont quand même pu dénoncer et ouvrir le débat sur les agressions sexuelles.Mais très vite, elles ont été isolées et discriminées.De peur d\u2019être accusés de violences sexuelles au travail, certains hommes ont réduit leurs interactions avec le sexe opposé, au point de ne communiquer que par messagerie.Mme Paquette se dit toutefois surprise de l\u2019impact de #MeToo en Chine.Plus lent à se manifester, « notamment parce que le gouvernement usait de censure pour freiner les dénonciations sur les réseaux sociaux », déjà peu nombreux, le mouvement a pris de l\u2019ampleur depuis quelques mois.« C\u2019est spectaculaire pour une société si conservatrice », confie-t-elle.En Suède, des dizaines de milliers de personnes ont rejoint le mouvement MeToo.Sur la photo, une manifestation d\u2019appui aux victimes d\u2019agressions sexuelles.JONAS EKSTROMER TT NEWS AGENCY / AFP crise interne dans notre parti et nuit à nos efforts de réunification ou de reconstruction », se désole M.Paquette, qui était lui aussi un proche allié de Martine Ouellet.Et la réconciliation ?À la suite de l\u2019élection de lundi, les bloquistes voulaient se faire les architectes d\u2019une réconciliation entre péquistes et solidaires.Leur processus de refondation, qui doit rassembler des membres de tous les partis souve- rainistes provinciaux et se conclure en janvier, était vu comme une première étape vers une réunification qui se ferait aussi sur la scène provinciale.« Le processus de refondation arrive à point nommé, se réjouissait Mario Beaulieu au lendemain de l\u2019élection mardi.Ça va permettre d\u2019établir une réflexion et d\u2019établir une nouvelle unité de tous les indépendantistes à Ottawa.» Le doyen bloquiste Louis Plamon- don était du même avis cette semaine.« C\u2019est certain qu\u2019il n\u2019y a plus d\u2019avenir pour la souveraineté sans l\u2019union de toutes les forces souverai- nistes, observait-il.C\u2019est sûr que nous, on souhaite que tous les souve- rainistes se stationnent derrière le Bloc pour l\u2019élection fédérale.Ça va être la prochaine étape.Et peut-être que ça pourrait être le signal du premier grand geste d\u2019unité.» La fracture entre factions péquiste et solidaire ou anciennement d\u2019ON est cependant encore présente dans les rangs bloquistes, a-t-on confié en coulisses au Devoir.Et l\u2019élection québécoise a révélé que le clivage entre les deux camps qui opposaient l\u2019ancienne garde bloquiste à Martine Ouellet et ses alliés \u2014 plus proches de l\u2019héritage d\u2019ON avec leur volonté de faire davantage la promotion de la souveraineté \u2013 n\u2019avait pas complètement disparu.« C\u2019est une question philosophique quant à la façon de voir le Bloc québécois à l\u2019avenir », a expliqué une source bloquiste au Devoir.« Certains disent que c\u2019est la chasse gardée du Parti québécois.D\u2019autres pensent qu\u2019on doit être plus ouverts.» Les tensions au sein du Bloc québécois avaient culminé avec la démission de sept des dix députés, l\u2019hiver dernier.Leur retour n\u2019a pas effacé les divisions idéologiques entre les deux camps. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR// LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 Vu de loin C \u2019était à la fin de l\u2019été.J\u2019avais quitté la 132 pour rejoindre la côte.Le ciel était bas, ce qui décuplait la majesté du fleuve.La pente était abrupte comme si l\u2019on allait plonger pour toujours dans l\u2019immensité verte.En bas, le Théâtre de la Vieille Forge de Petite- Vallée m\u2019attendait le temps d\u2019un café.Je me souviens que je m\u2019étais retrouvé seul quelques minutes à peine dans la pénombre de cette salle dont les murs étaient littéralement couverts d\u2019affiches des plus grands monuments de la chanson québécoise.Ils étaient tous là à me regarder, les Félix, Vigneault, Julien, Léveillé, Leyrac, Lelièvre, Ferland et quelques autres.Morts ou vivants, ils me fixaient dans le clair-obscur comme s\u2019ils voulaient désespérément comprendre pourquoi on les avait trahis.Pourquoi on leur avait dit non à deux reprises, eux qui marchaient d\u2019un pas allègre sur un air de guitare vers le pays.Je sais que ce n\u2019est pas un sentiment à la mode, mais j\u2019ai eu honte, ce jour-là.Heureusement, le sourire de la serveuse m\u2019a sorti de ma torpeur.C\u2019est le souvenir qui m\u2019est revenu à l\u2019esprit en apprenant à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous la déroute du parti de René Lévesque.Je ne comprends pas que certains se réjouissent.Il n\u2019y a que les barbares pour danser sur les tombes.« Vous n\u2019avez pas été digne de ce pays ; c\u2019est pourquoi il brûle », écrivait dès 1983 Pierre Vade- boncoeur dans une lettre tirée d\u2019un recueil de sa correspondance avec Hélène Pelletier-Baillargeon qui paraîtra la semaine prochaine (Le pays qui ne se fait pas, Boréal).Mais les peuples fiers cachent leurs plaies et c\u2019est ce que j\u2019entends ces jours-ci, malgré la distance.C\u2019est ce que je fais moi-même avec mes amis français qui affichent un sourire compatissant depuis au moins dix ans chaque fois qu\u2019ils entendent évoquer d\u2019une manière ou d\u2019une autre ces moments de grâce envolés.Pourtant, vu de l\u2019étranger, la véritable surprise de ce scrutin, c\u2019est qu\u2019il aura fallu plus d\u2019une génération pour tourner la page du référendum de 1995.L\u2019ironie du sort veut d\u2019ailleurs que le Québec se détourne de ce débat au moment précis où le monde entier voit les identités nationales revenir à l\u2019avant-scène.On peut ne pas aimer les mots que l\u2019on entend, on peut rêver d\u2019un débat plus civilisé, comme sut le faire le PQ pendant un demi-siècle.Pourtant, de la Hongrie au Royaume- Uni, en passant par les États-Unis, l\u2019identité est redevenue la grande question de l\u2019heure.Comme si, à force d\u2019avoir été en avance, le Québec se retrouvait aujourd\u2019hui à la traîne.Mais ce décalage n\u2019est peut-être qu\u2019apparent.Et cette élection, moins anachronique qu\u2019on pourrait l\u2019imaginer.De Washington à Budapest en passant par Londres et Paris, partout le clivage entre la gauche et la droite s\u2019efface au profit de nouveaux enjeux repoussant dans la marge les partis qui n\u2019ont pas eu l\u2019intelligence de s\u2019en apercevoir à temps.En France, Emmanuel Macron l\u2019a compris le premier en unissant les libéraux de droite et de gauche sur un programme européiste aux accents multiculturels.L\u2019Italie est aujourd\u2019hui gouvernée par une alliance insolite entre un parti de centre gauche et un autre d\u2019extrême droite sous le thème « Les Italiens d\u2019abord ».Au Royaume-Uni, le Brexit a profondément fissuré les rangs des deux principales formations.Au point que les anciennes circonscriptions ouvrières du Parti travailliste, pourtant depuis longtemps eu- ropéiste, ont voté pour.En Europe de l\u2019Est, l\u2019affrontement est frontal entre une Europe perçue comme ultralibérale, attachée aux seuls droits de l\u2019individu, et ces vieilles nations longtemps humiliées par l\u2019histoire qui n\u2019entendent pas sacrifier leur mode de vie, quitte à prendre quelques libertés avec la démocratie.Le Québec n\u2019échappe ni au « dégagisme » ambiant ni à ces nouveaux clivages.Si le débat national a été mis de côté, il n\u2019a pas été remplacé par un clivage droite-gauche.Loin de là ! Ceux qui croyaient l\u2019emporter en brandissant leur progressisme vertueux auront été déçus.Ce n\u2019est pas sur ces questions que se sont démarqués les deux partis arrivés en tête, tous deux de droite et fédéralistes.Comme ailleurs, le clivage s\u2019est fait entre un parti ultralibéral et multicultura- liste attaché aux seuls droits individuels (ne représentant plus que les anglophones et les immigrants) et un parti légèrement nationaliste et plus conservateur surtout inquiet d\u2019une immigration qui est, rappelons-le, l\u2019une des plus élevées au monde.Il faut une énorme dose d\u2019ignorance pour qualifier François Legault de populiste à la Orban comme on l\u2019a fait dans la presse française.Mais est-ce un hasard si ce dernier est le seul dans cette campagne à avoir osé prononcer, même timidement, le mot « identité » ?Lorsqu\u2019il sera dès la semaine prochaine au Sommet de la Francophonie, en Arménie, François Legault ne sera peut-être pas en terrain si étranger.Il n\u2019est jamais exclu que l\u2019histoire nous rejoigne au moment où l\u2019on s\u2019y attend le moins.Même un pessimiste radical comme Vadeboncoeur admettait que « la merveille, c\u2019est que le monde continue\u2026 Tout cela nous met dans l\u2019obligation d\u2019avoir maintenant à penser le monde autrement, ce qui loin de nous exclure, nous Québécois, nous inclurait encore ».CHRISTIAN RIOUX Vu de l\u2019étranger, la véritable surprise de ce scrutin, c\u2019est qu\u2019il aura fallu plus d\u2019une génération pour tourner la page du référendum de 1995.L\u2019ironie du sort veut d\u2019ailleurs que le Québec se détourne de ce débat au moment précis où le monde entier voit les identités nationales revenir à l\u2019avant-scène.Plusieurs dizaines de personnes, à pied comme à vélo, se sont donné rendez-vous au pied du mont Royal, jeudi, afin de souligner le premier anniversaire de la mort tragique de Clément Ouimet.Le cycliste de 18 ans a percuté le véhicule d\u2019un automobiliste américain qui effectuait un demi-tour interdit sur la voie Camillien-Houde le 4 octobre 2017.Les gens présents au rassemblement organisé par Marc-André Desjardins ont observé une minute de silence avant d\u2019entamer une ascension jusqu\u2019au vélo fantôme installé à la mémoire du jeune homme.Le rapport du coroner avait conclu en mars à un accident et aucune accusation criminelle n\u2019a été déposée.Un projet- pilote interrompant la circulation automobile au sommet de la montagne pour une période de cinq mois doit prendre fin le 31 octobre.Depuis le lancement des consultations publiques devant aussi se terminer à la fin du mois, l\u2019Office de consultation publique de Montréal (OCPM) a reçu plus de 6000 questionnaires, et plus de 1700 profils ont été créés sur une plateforme en ligne.La Ville de Montréal fera un premier bilan de l\u2019expérience lors d\u2019une soirée d\u2019information le 8 novembre prochain.L\u2019audition des mémoires aura lieu le 28 novembre.Le rapport de l\u2019OCPM est attendu pour le début de 2019.JACQUES NADEAU LE DEVOIR En souvenir du cycliste Clément Ouimet PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Une nouvelle technique de reconstruction de peau conçue par des chercheurs de l\u2019Université Laval fait des miracles pour les grands brûlés, qui retrouvent grâce à elle une nouvelle peau presque normale qui, en plus, se régénère.Les greffons créés par cette technique feront l\u2019objet d\u2019un essai clinique pancanadien.À partir d\u2019un prélèvement de peau saine du patient \u2014 de la surface d\u2019une pièce de deux dollars \u2014, les scientifiques du Centre de recherche en orga- nogénèse expérimentale de l\u2019Université Laval (LOEX) isolent les cellules de l\u2019épiderme (des kératinocytes) et du derme (appelées fibroblastes), puis les cultivent séparément en laboratoire.Une fois qu\u2019un derme (couche intermédiaire de la peau) s\u2019est constitué, ils déposent à sa surface les kératinocytes qui contribueront à former l\u2019épiderme.« Le grand défi en culture de tissu est de préserver les cellules souches de l\u2019épiderme, d\u2019assurer leur survie tout au long du processus.Car si on perd les cellules souches en cours de route, le tissu que l\u2019on greffera finira par faire des plaies, parce que ce sont les cellules souches qui renouvellent normalement l\u2019épiderme tous les 28 jours.Sans cellules souches, le greffon ne possède pas cette capacité de proliférer continuellement pour remplacer le tissu.Or, nous avons réussi à mettre au point des conditions de culture (matrice nourricière, facteurs de croissance, etc.) qui permettent de conserver non seulement les cellules déjà différenciées, mais aussi les cellules souches qui autrement se différencieront et migreront vers la surface », fait remarquer Lucie Germain, directrice scientifique du LOEX.Le derme est quant à lui reconstruit par la méthode d\u2019auto-assemblage.Cette technique découverte au LOEX permet aux fibroblastes isolés de la biopsie de sécréter la matrice extra- cellulaire qui les entoure dans la peau normale, et de s\u2019auto-assembler « comme cela se produit au cours de l\u2019embryogénèse ».« L\u2019avantage de l\u2019auto-assemblage est qu\u2019il ne nécessite pas l\u2019ajout de matériaux exogènes, comme le collagène, car les cellules le font elles-mêmes », précise Mme Germain, qui est professeure à l\u2019Université Laval et chercheuse au Centre de recherche du CHU de Québec-Univer- sité Laval.Quand ils ont réussi à reconstruire en laboratoire des morceaux de peau comportant un derme et un épiderme, et dont l\u2019épaisseur était comparable à celle des prélèvements effectués sur le patient dans le but de réparer la peau brûlée, les chercheurs du LOEX ont éprouvé leurs greffons sur des animaux dans le cadre de tests précli- niques.Par la suite, ils ont traité quatorze patients dont une si grande superficie du corps était brûlée qu\u2019il était impossible de prélever suffisamment de peau saine pour la greffer aux endroits endommagés.Huit ans et demi plus tard, la peau reconstruite au LOEX et qui a été greffée à ces patients est « normale, sans plaie ni cicatrice hypertrophique », et « elle se régénère ».« Cette peau a de belles qualités du point de vue de la cicatrisation et de l\u2019élasticité », souligne Mme Germain avant d\u2019ajouter qu\u2019elle présente néanmoins quelques défauts.La préparation d\u2019un greffon par culture cellulaire en laboratoire prend deux longs mois, durant lesquels on doit couvrir les plaies « de pansements spécialisés ou de peau de cadavre ».« Aussi, la peau reconstruite ne contient aucune glande (ni sudoripares ni sébacées) ni aucun poil.De plus, sa pigmentation est irrégulière et souvent très faible.Nous travaillons à tenter d\u2019améliorer ces points faibles », affirme la chercheuse.Les résultats probants obtenus chez ces quatorze patients ont été publiés dans la revue scientifique European Cells and Materials Journal, le 13 septembre dernier.Et forts de ces résultats spectaculaires, les chercheurs entament maintenant une étude clinique plus large à travers le Canada.GRANDS BRÛLÉS Une nouvelle technique pour faire peau neuve Des chercheurs de l\u2019Université Laval obtiennent des résultats probants E N B R E F Pétrole en Arctique : vers une levée du moratoire sur l\u2019exploration ?YELLOWKNIFE \u2014 Le gouvernement fédéral entame des pourparlers avec les territoires du Nord et les communautés inuites concernant l\u2019exploration ex- tracôtière des hydrocarbures dans l\u2019Arctique, ce qui laisse présager un éventuel assouplissement de l\u2019interdiction actuelle.Les ministres des Affaires intergouvernementales et du Nord, Dominic LeBlanc, et des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, ont annoncé jeudi qu\u2019Ottawa négocierait un accord de cogestion du pétrole et du gaz de la mer de Beaufort et de partage des revenus avec les gouvernements des Territoires du Nord-Ouest et du Yukon, ainsi qu\u2019avec la Société régionale inuvialuit.En 2016, le premier ministre Justin Trudeau avait annoncé un moratoire indéfini sur toute exploration extracô- tière dans l\u2019Arctique canadien, sous réserve d\u2019un réexamen tous les cinq ans.Il avait fait cette annonce en compagnie de l\u2019ancien président Barack Obama, qui avait présenté des mesures similaires.Depuis, le président Donald Trump a annoncé son intention d\u2019autoriser les forages dans la partie américaine de l\u2019Arctique.Le ministre LeBlanc a souligné l\u2019importance des ressources énergétiques pour l\u2019économie des territoires.La Presse canadienne Le grand défi en culture de tissu est de préserver les cellules souches de l\u2019épiderme, d\u2019assurer leur survie tout au long du processus LUCIE GERMAIN » LEDEVOIR // LE VEND ÉLECTI A 4 L\u2019angle mort de la mondialisation I l n\u2019aura fallu que deux jours avant que François Legault ouvre la boîte de Pandore identitaire.Curieux, alors que les négociations de l\u2019accord États-Unis\u2013Mexique\u2013Canada (AEUMC) se concluent et qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un événement majeur.Il aurait été souhaitable que le gouvernement élu soit au rendez-vous, sur ce front.Lundi, François Legault s\u2019est dit déçu par l\u2019issue des négociations de l\u2019AEUMC et déterminé à défendre les producteurs laitiers.On s\u2019étonne donc de le voir partir dans une croisade que personne n\u2019a demandée tout en demeurant évasif sur la marche qu\u2019il entend suivre pour défendre les intérêts du Québec dans l\u2019accord qui succédera à l\u2019ALENA.Le fait que la CAQ se soit plutôt ruée sur un débat purement symbolique sur le fond et toujours toxique sur la forme \u2014 car nous n\u2019avons visiblement rien appris \u2014 dit quelque chose d\u2019inquiétant sur son sens des priorités.Plus généralement, il est déplorable qu\u2019on ne parle jamais des implications profondes des accords comme l\u2019AEUMC dans la conduite des affaires internes de l\u2019État.Il est frustrant que personne, chez ceux qui nous dirigent, ne prenne la peine de faire l\u2019exercice de vulgarisation qui s\u2019impose, afin d\u2019expliquer aux citoyens à quel point ces instruments normatifs supranationaux façonnent nos lois et le fonctionnement de nos institutions démocratiques.Résolution de conflits Que révèle le compromis cédé par Ottawa pour conclure les négociations de l\u2019AEUMC ?Que voulait-on préserver à un point tel qu\u2019il est apparu politiquement viable, pour le Canada, de sacrifier la quiétude de ses producteurs laitiers, dont près de la moitié sont Québécois ?Certains ont souligné qu\u2019Ottawa avait choisi de privilégier le secteur automobile par rapport aux agriculteurs \u2014 déshabillant ainsi Pierre pour habiller Paul, suivant un simple calcul d\u2019utilité.Il n\u2019est pas saugrenu d\u2019envisager les choses ainsi, mais c\u2019est, à mon sens, un peu court.Les chapitres 19 et 20 de l\u2019ALENA, qu\u2019on a voulu préserver dans l\u2019AEUMC, sont des mécanismes de résolution des différends.Or il en existe plusieurs types, à l\u2019intérieur de ces accords commerciaux.Le chapitre 11 de l\u2019ALENA, par exemple, offrait un recours aux investisseurs s\u2019estimant désavantagés par rapport aux acteurs locaux, sur le territoire d\u2019un État partenaire.Ce chapitre n\u2019a pas trouvé place dans l\u2019AEUMC, ce qui, pour le Canada, s\u2019avère positif, puisque c\u2019est lui qui, au long du cycle de vie de l\u2019ALENA, a fait l\u2019objet du plus grand nombre de recours intentés par des investisseurs, le forçant à débourser des centaines de millions de dollars.Le chapitre 20, celui-là reproduit dans l\u2019AEUMC, prévoit pour sa part la résolution des conflits d\u2019interprétation dans l\u2019application de l\u2019accord.Quant au chapitre 19, qui semble avoir cristallisé les tensions à la table de négociation, il nous révèle le paradoxe qui loge au cœur des traités qui, comme l\u2019AEUMC, le PTP ou l\u2019AECG, visent l\u2019intégration approfondie de l\u2019économie de ses partenaires.Le chapitre 19 permet d\u2019instituer un mécanisme de révision judiciaire hors État \u2014 donc soi-disant neutre \u2014 si l\u2019un des partenaires adopte une mesure commerciale contrevenant à l\u2019esprit ou à la lettre de l\u2019Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, le bon vieux GATT, avatar juridique par excellence de la mondialisation économique.Or si le Canada a tant besoin d\u2019un tel mécanisme, c\u2019est spécifiquement parce que le président Trump méprise les normes de l\u2019OMC et affiche une tendance décomplexée au protectionnisme.Cela n\u2019a rien d\u2019une contingence économique ni juridique : c\u2019est purement politique.Paradoxe Voilà donc le paradoxe : les États acceptent de contraindre leur souveraineté pour participer aux accords comme l\u2019AEUMC.Ils se soumettent à des normes promulguées hors du giron politique, et acceptent de leur donner force de loi.Or lorsqu\u2019on s\u2019assoit à la table de négociations, on voit en fait que tout finit par se réduire à des rapports de force politiques.Les États prétendent préférer le contrat à la Loi, et réduisent volontiers l\u2019exercice politique à l\u2019application d\u2019un calcul, mais il suffit d\u2019un personnage comme Donald Trump pour révéler la fragilité de cet édifice normatif.D\u2019un côté, c\u2019est épeurant.Mais de l\u2019autre, cela révèle que le pouvoir de la souveraineté est tout sauf obsolète, contrairement à ce qu\u2019on laisse souvent entendre.Il est possible, pour un État, de dire « non », de refuser de sacrifier les agriculteurs, les travailleurs et la protection de l\u2019environnement.Ç\u2019aurait été bien qu\u2019on aborde cela.Mais nous voilà partis pour une nouvelle ronde d\u2019angoisses identitaires.Si le parti orange qui, depuis mardi, se présente comme la « véritable opposition officielle » et la première force souverainiste à l\u2019Assemblée nationale voulait faire œuvre utile, il pourrait, déjà, éclairer cet angle mort.à laquelle le gagnant Guy Ouellette et la perdante Gertrude Bourdon ne se sont pas présentés.Certains d\u2019entre eux ont révélé lequel \u2014 ou laquelle \u2014 des candidats à l\u2019intérim ils comptaient appuyer.« Pour la première fois, on est 50 % de femmes et 50 % d\u2019hommes [chez les élus libéraux]», a souligné l\u2019élue Marwah Rizqy.« Je crois que Christine Saint-Pierre serait une excellente chef [intérimaire] », a-t-elle lancé.Le groupe parlementaire libéral compte dans les faits une majorité de femmes (16 sur 31) depuis la démission de Philippe Couillard.L\u2019ex-ministre « égalitaire » de la Condition féminine, Lise Thériault, s\u2019est elle aussi rangée derrière sa collègue Christine St-Pierre.« À compétences égales, quand vous avez deux candidats qui sont excellents, je pense qu\u2019on est rendus au Parti libéral à placer une femme », a déclaré la ministre sortante des Relations internationales.La principale intéressée a évité les questions sur le sujet.« C\u2019est la journée de M.Couillard, aujourd\u2019hui, alors on en reparlera un autre jour », a proposé Mme St-Pierre.Gaétan Barrette a lui aussi fait preuve d\u2019une réserve inhabituelle.« M.Couil- lard va rentrer dans l\u2019histoire du Québec, j\u2019en suis convaincu, pour avoir positionné le Québec là où on est au- jourd\u2019hui.Bon, l\u2019Histoire portera peut- être d\u2019autres jugements », a-t-il lancé en réponse à une question sur la course à l\u2019intérim.Les candidats libéraux élus doivent choisir leur chef intérimaire vendredi.La course à la chefferie se prépare Or le Parti libéral devra aussi se trouver un nouveau chef.Jeudi, les aspirants présumés à la succession de Philippe Couillard se sont timidement manifestés.« Moi, je veux faire partie du renouveau au Parti libéral.On a besoin d\u2019un renouveau au Parti libéral », a lancé l\u2019un d\u2019eux, le ministre des Transports sortant, André Fortin.Le numéro deux de la précédente course à la chefferie, Pierre Moreau, a signalé son intérêt à participer à la reconstruction du parti.« J\u2019ai l\u2019intention de jouer un rôle actif », a attesté le candidat défait dans Châteauguay.Et puis « non », il n\u2019a pas mis un terme à sa carrière politique, a- t-il ajouté.Sébastien Proulx et Dominique An- glade, eux aussi vu comme des prétendants à la chefferie du PLQ, n\u2019ont pas voulu faire de commentaires sur leurs ambitions présumées.« Je n\u2019ai pas pris de décision à cet égard-là pour l\u2019instant, non, je n\u2019ai pas pensé à ça », a dit le premier.Carlos Leitão a été l\u2019un des rares à écarter du revers de la main la direction du PLQ.« Premier ministre, oh mon Dieu, non ! » a-t-il lancé à la presse, rappelant qu\u2019il est âgé de 62 ans.« C\u2019est le temps maintenant pour une autre génération.Il y a un besoin pour qu\u2019une autre génération prenne les rênes.Ce n\u2019est pas ma génération.» Dure défaite Les libéraux ont fait élire lundi soir 32 députés sur 125, obtenant leur plus faible proportion de sièges depuis 1976.« Le résultat [était] sans équivoque », a convenu Philippe Couillard jeudi, avant d\u2019annoncer son intention d\u2019entreprendre une « nouvelle phase de [sa] vie » avec son épouse, Suzanne Pilote.Les libéraux tentaient tant bien que mal d\u2019expliquer leur dégelée électorale de lundi.«Les francophones [\u2026] honnêtement, ils voulaient entendre un autre message que le mien.Les gens m\u2019ont dit: \u201cOn t\u2019aime bien, mais on est dus pour passer à autre chose\u201d», a dit la ministre sortante Lucie Charlebois, triste de la tournure des événements.«Je ne mérite pas la volée que j\u2019ai eue», a-t-elle laissé tomber.ADIEU SUITE DE LA PAGE A 1 Le parcours de Philippe Couillard 1957.Naissance à Outremont.Il est le fils du biologiste Pierre Couillard et de la géographe française Hélène Pardé.1979.À 22 ans, il obtient un doctorat en médecine de l\u2019Université de Montréal.Neurochirurgien à compter de 1985, il est promu chi- rurgien-chef de l\u2019hôpital Saint-Luc quatre ans plus tard.1991.Fonde le service de neurochirurgie de Dhahran en Arabie saoudite.1996.De retour au Québec, il enseigne la médecine à l\u2019Université de Sherbrooke.En 2000, il est nommé chirurgien-chef et directeur du Département de chirurgie du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke.2003.Élu député libéral de Mont- Royal, Philippe Couillard est nommé ministre de la Santé par le premier ministre Jean Charest.Il est réélu quatre ans plus tard dans Jean-Talon, à Québec.2008.Annonce son départ de la vie politique.Au cours de cet intermède, il devient partenaire d\u2019un fonds d\u2019investissement propriétaire de cliniques privées.Il fonde également une société avec Arthur Porter, qui sera par la suite accusé de fraude et d\u2019abus de confiance.2013.Élu chef du Parti libéral du Québec avec 58,5 % des voix contre 22 % pour Pierre Moreau et 19,5 % pour Raymond Bachand.Il devient chef de l\u2019opposition officielle après sa victoire dans la partielle d\u2019Outremont.C\u2019est toutefois dans Roberval, sa quatrième circonscription en dix ans, qu\u2019il se présente l\u2019année suivante.2014.Remporte les élections avec 41,5 % des voix.Son unique mandat à la tête du Québec est marqué par une politique d\u2019austérité et par la réforme du système de santé.2018.Il mène les troupes libérales à leur pire performance électorale depuis 1867.Le premier ministre déchu annonce son départ de la vie politique trois jours plus tard.Dave Noël LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Un éventuel projet de loi sur la laïcité se heurtera à la résistance du milieu enseignant.La sortie publique du nouveau gouvernement caquiste rappelant son intention de légiférer pour interdire le port de signes religieux pour les personnes en autorité, comme les juges, les policiers et les enseignants, a suscité de nombreuses réactions, dont certaines d\u2019incompréhension.« Ça témoigne d\u2019une certaine improvisation », a déclaré Sylvain Mallette, président de la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE).« La CAQ a été élue il y a à peine quelques jours, on ne sait même pas qui va être ministre de l\u2019Éducation, et deux porte-parole sortent sur la place publique pour annoncer l\u2019adoption de ce cadre législatif qui va toucher la profession.Dans la méthode, on a vu mieux.» Pour lui, un enseignant n\u2019a pas du tout la même autorité qu\u2019un policier ou un juge.« Un prof n\u2019a pas le pouvoir d\u2019arrêter un élève, il y a là une confusion sur le concept et on va le rappeler», a-t-il poursuivi, indiquant que son syndicat allait quand même participer à la réflexion collective.Miville Boudreault, président de la Commission scolaire de la Pointe-de- l\u2019Île, à Montréal, estime pour sa part que légiférer sur le port des signes religieux n\u2019est « pas du tout une priorité en éducation ».« Ça n\u2019aiderait d\u2019aucune façon la réussite éducative des élèves, dit-il.On sort un canon pour écraser une mouche.Et un canon, ça cause de gros dégâts.» Le flou demeure Afin d\u2019éviter la stigmatisation, les commissions scolaires ne tiennent pas de statistiques sur le port des signes religieux.Toutes celles contactées par Le Devoir, principalement dans la grande région de Montréal, ont néanmoins confirmé que des enseignants, dans une faible proportion, en portent.À la Commission scolaire English- Montreal, certains profs portent la kippa ou une croix au cou que rien ne saurait leur faire enlever, a-t-on insisté.En entrevue à la radio, la présidente Angela Mancini a réitéré son intention de s\u2019opposer à un tel projet de loi, comme ce fut le cas par le passé.La présidente de la Commission scolaire de Laval, Louise Lortie, dit attendre de voir le détail du projet de loi avant de le commenter.« C\u2019est quoi, une personne en autorité ?Il y a beaucoup de choses encore à définir », a-t-elle dit.La Fédération des établissements d\u2019enseignement privés attend aussi des précisions pour savoir si ses enseignants seront visés.Est-ce que les surveillants du dîner et le personnel du service de garde devront se plier aux exigences ?ont demandé les écoles.Pour en finir avec le débat Ex-bâtonnière du Barreau de Montréal, Julie Latour croit que pour clore enfin le débat qui a cours depuis tant d\u2019années, la CAQ doit légiférer sur le port des signes religieux, là où les libéraux avaient échoué avec leur « loi 62 » sur la neutralité religieuse.« Circonscrire cette obligation à la neutralité va nous permettre d\u2019aller de l\u2019avant, car il y a un surplace qui n\u2019est pas sain et qui est source de tensions sociales.» RELIGION Les enseignants s\u2019inquiètent d éventuel projet de loi sur la laïc St-Pierre pressentie comme comme chef intérimaire AURÉLIE LANCTÔT Ça témoigne d\u2019une certaine improvisation SYLVAIN MALLETTE » DREDI 5 OCTOBRE 2018 IONS 2018 A 5 Selon elle, inclure les enseignants dans le projet de loi est approprié, puisque ceux-ci représentent «l\u2019État et la transmission des valeurs citoyennes».« Déjà, ils sont soumis à un devoir de réserve et de neutralité en matière politique, alors le corollaire est qu\u2019ils le sont aussi en matière religieuse.» La jurisprudence et les positions de la Cour suprême, qui ont grandement évolué ces dernières années, permettront de valider un tel projet de loi, assure-t-elle.Me Latour prône aussi l\u2019emploi de la disposition de dérogation, qui, rap- pelle-t-elle, est actuellement utilisée dans onze lois, notamment pour autoriser la représentation sans avocat à la cour des petites créances.« Pour inscrire une paix sociale et se donner cinq ans pour voir comment les choses vont, il peut être avisé d\u2019utiliser la disposition de dérogation », a-t-elle soutenu.« En société, il faut aller plus loin que la position victimaire qui fait voir tout par la lorgnette de l\u2019individu[alisme].» Plusieurs groupes de la société civile ont appelé à une manifestation dimanche pour dénoncer « le racisme de la Coalition avenir Québec », où « au moins 1000 personnes » seraient attendues place Émilie-Gamelin.Avec Marco Fortier d\u2019un cité GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR C\u2019est un constat que des libéraux font eux-mêmes : la dégelée de lundi est largement due à la désaffection de l\u2019électorat francophone.Et même dans les châteaux forts qui ont résisté, on note que les anglophones sont nombreux à être restés à la maison au terme d\u2019une campagne où la question nationale n\u2019a pas été un enjeu.« Clairement, le taux de participation [des anglophones] a été plus faible qu\u2019en 2014, a lancé jeudi avant un caucus tenu à Québec l\u2019ancien ministre Carlos Leitão, réélu lundi.Les électeurs ont choisi de rester à la maison [\u2026] Nous allons regarder ça.» Se pourrait-il que l\u2019absence de la question nationale dans la trame narrative de la campagne électorale ait incité les électeurs anglophones à rester à la maison ?André Blais, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études électorales, est convaincu que oui.« Quand l\u2019enjeu d\u2019indépendance est important, les anglophones se mobilisent, dit-il.Et l\u2019enjeu était certainement moins présent cette année.» « Les sondages le montrent : l\u2019appui des francophones devra être nettement supérieur, ça va faire partie des questions à se poser, ajoutait jeudi Hélène David, autre ex-ministre réélue.Il y a beaucoup de questions à se poser.» Nouvellement élue, Marwah Rizqy soutenait pour sa part que la base libérale n\u2019est pas « limitée aux anglophones et aux allophones.Il y a des francophones qui ont voté pour nous dans le passé, de façon importante.Il y a des gens qui sont restés à la maison le 1eroc- tobre.On a un taux de participation terriblement bas, et ça, ça veut dire qu\u2019il y a des gens qui pensent qu\u2019on n\u2019est plus à l\u2019écoute.» Si les analyses poussées du vote de lundi restent à établir, les grandes tendances sont déjà claires.Dans une lettre ouverte publiée vendredi dans Le Devoir, Youri Rivest, ancien sondeur chez CROP et consultant en analyse stratégique pour la Coalition avenir Québec lors de la dernière campagne, note ainsi que le PLQ a remporté la victoire dans 27 des 28 circonscriptions ayant la plus forte proportion d\u2019électeurs non francophones.« Le vote du PLQ est essentiellement le fait de non-francophones et d\u2019un niveau socioéconomique très élevé », indique M.Rivest.Repli D\u2019autres statistiques confirment le repli du vote libéral auprès de circonscriptions où les francophones ont une influence moindre\u2026 et où les gens votent moins.Ainsi, 24 circonscriptions ont enregistré lundi un taux de participation en deçà de la barre des 60 %.En soit, c\u2019est une donnée qui illustre le recul géné- Les libéraux constatent les dégâts L\u2019appui des francophones devra être nettement supérieur, admet Hélène David L\u2019Université de Montréal et de Jean Grondin.Toutes nos félicitations à Jean Grondin, professeur au Département de philosophie de l\u2019Université de Montréal, pour la Médaille d\u2019or des prix Impacts, la plus haute distinction accordée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada.Spécialiste de la métaphysique et de la philosophie allemande, biographe de Hans-Georg Gadamer et chercheur reconnu internationalement pour ses travaux sur l\u2019herméneutique, Jean Grondin inspire de nombreux étudiants et philosophes contemporains par l\u2019originalité de sa pensée et la profondeur de son œuvre, traduite en plus de 15 langues.« Les gens n\u2019ont pas voté \u201cpour\u201d quelque chose.Ils ont voté \u201ccontre\u201d quelque chose.C\u2019est comme ça que, très souvent, les Québécois votent », a fait remarquer le député sortant dans Du- buc, Serge Simard.« Mon idée à moi, c\u2019est qu\u2019on a mal exprimé ce qu\u2019on voulait pour l\u2019ensemble du Québec, en matière d\u2019immigration peut-être.» 24 Nombre de circonscriptions qui ont enregistré lundi un taux de participation en deçà de la barre des 60 %.Quatorze d\u2019entre elles se trouvent dans le top 25 des circonscriptions où le pourcentage d\u2019anglophones est le plus élevé au Québec.Hélène David à son arrivée au caucus libéral jeudi matin JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE ral de la participation électorale : en 2014, seules trois circonscriptions avaient raté cette marque.Le Parti libéral du Québec (PLQ) a remporté 18 de ces 24 circonscriptions (essentiellement dans l\u2019ouest de Montréal), contre trois pour la Coalition avenir Québec (dans Chapleau et Gati- neau, en Outaouais, ainsi que dans Ungava), deux au Parti québécois (René- Lévesque et Duplessis, sur la Côte- Nord) et une pour Québec solidaire (Manon Massé dans Sainte-Marie\u2013 Saint-Jacques).Autre indicateur : des données croisées par Le Devoir montrent que sur les 24 circonscriptions en déficit de participation, 14 se trouvent dans le top 25 des circonscriptions où le pourcentage d\u2019anglophones est le plus élevé au Québec.Sur ces 14 circonscriptions plutôt anglophones, les libéraux ont tout raflé\u2026 sauf Ungava, dans le nord du Québec, remportée cette année par la Coalition avenir Québec (le taux de participation y a été de 30,9 %).En bas de classement Plus largement, Ungava donne à elle seule une lecture de la dégradation de la situation : en 2012 et en 2014, le taux de participation avait été de 41 %.Quatre ans plus tard, Ungava est toujours en bas de classement, mais enregistre aussi une baisse de près de 25 % du nombre d\u2019électeurs qui sont allés voter.Deux circonscriptions en milieu urbain, Westmount\u2013Saint-Louis et D\u2019Arcy- McGee, ont enregistré un taux de participation en bas de 50 %.Il faut dire que le scrutin et le vote par anticipation tombaient en pleine fête juive (Chemini At- zeret, qui dure plusieurs jours), ce que des membres de la communauté avaient dénoncé la semaine dernière.Avec Marie-Michèle Sioui et Simon Poirier LEDEVOIR // LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 A 6 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES La suite des avis se trouve en page B 8 POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.Régie des alcools, des courses et des jeux Avis de demandes relatives à un permis ou à une licence Toute personne, société ou association au sens du Code civil peut, dans les trente jours de la publication du présent avis, s\u2019opposer à une demande relative au permis ou à la licence ci-après mentionnée en transmettant à la Régie des alcools, des courses et des jeux un écrit sous af?rmation solennelle faisant état de ses motifs ou intervenir en faveur de la demande, s\u2019il y a eu opposition, dans les quarante-cinq jours de la publication du présent avis.Cette opposition ou intervention doit être accompagnée d\u2019une preuve attestant de son envoi au demandeur par tout moyen permettant d\u2019établir son expédition et être adressée à la Régie des alcools, des courses et des jeux, 1, rue Notre-Dame Est, bureau 9.01, Montréal (Québec) H2Y 1B6.9349-7949 Québec Inc.CLUB DE BILLARD LE SKRATCH PIERREFONDS 11841, Boulevard De Pierrefonds Montréal (Québec) H9A 1A1 Dossier : 2 353 951 Restaurant Mazila Kreyol Inc.RESTAURANT MAZILA KREYOL INC 3650, Rue Monselet Montréal (Québec) H1H 2A9 Dossier : 1 357 367 9376-8745 Québec Inc.GYROLIGUE 1239, Avenue Lajoie Montréal (Québec) H2V 1P2 Dossier : 233 395 9382-7012 Quebec Inc.HURLEY\u2019S BISTRO IRLANDAIS 1225-1229-A, Et 1233, Rue Crescent Montréal (Québec) H3G 2B1 Dossier : 202 721 Augmentation de la capacité du permis de Bar 1 Restaurant pour vendre 1 Restaurant pour vendre Cession totale de permis de Bar avec autorisations de danse, projection de ?lm et spectacles sans nudité incluant la terrasse 11841, Boulevard De Pierrefonds Montréal (Québec) H9A 1A1 3650, Rue Monselet Montréal (Québec) H1H 2A9 1239, Avenue Lajoie Montréal (Québec) H2V 1P2 1225-1229-A, Et 1233, Rue Crescent Montréal (Québec) H3G 2B1 NOM ET ADRESSE DU DEMANDEUR NATURE DE LA DEMANDE ENDROIT D\u2019EXPLOITATION NOM ET ADRESSE DU DEMANDEUR NATURE DE LA DEMANDE ENDROIT D\u2019EXPLOITATION Sélection d\u2019entrepreneurs généraux pour des travaux de remise en état dans divers logements dans des immeubles de la SHDM \u2013 Secteur Est 1 et Ouest 2 Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 5 octobre 2018 sur le site Internet SEAO (Système électronique d\u2019appel d\u2019offres) au www.seao.ca ou en communiquant avec le service à la clientèle de SEAO au 514 856-6600 (sans frais au 1 866 669-7326).Le coût pour l\u2019obtention de ces documents est celui établi par le SEAO.Les soumissionnaires pourront également obtenir plus d\u2019informations sur cet appel d\u2019offres à l\u2019adresse : approvisionnement@shdm.org AVIS PUBLIC APPEL D\u2019OFFRES GI-CP18-083 Avis public AUX PERSONNES INTÉRESSÉES AYANT LE DROIT DE SIGNER UNE DEMANDE D\u2019APPROBATION RÉFÉRENDAIRE SECOND PROJET DE RÉSOLUTION NUMÉRO PP18-14006 INTITULÉ : « Adopter, en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modi?cation ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble (RCA04-14003), et ce, malgré les dispositions prévues à l\u2019article 119 du Règlement de zonage de l\u2019arrondissement (01-283), une résolution à l\u2019effet de permettre l\u2019usage restaurant dans un local du bâtiment situé au 432, rue de Castelnau Est.» 1.Objet du projet et demande d\u2019approbation référendaire À la suite de l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 13 septembre 2018, le conseil d\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension a adopté, lors de sa séance du 2 octobre 2018, le second projet de résolution numéro PP18-14006, lequel est intitulé tel que ci-dessus.L\u2019objet du projet de résolution est à l\u2019effet d\u2019accorder la demande d\u2019autorisation pour permettre l\u2019usage restaurant dans un local du bâtiment situé au 432, rue de Castelnau Est, aux conditions suivantes : - l\u2019aménagement d\u2019un usage « restaurant, traiteur » ne doit pas comprendre un équipement générant des bruits ou des odeurs à l\u2019extérieur du bâtiment telle une hotte commerciale.- la super?cie du commerce est limité à un maximum de 100 mètres carrés; - les demandes de permis de transformation et de certi?cat d\u2019occupation doivent être déposées dans les 6 mois suivants l\u2019autorisation, à défaut de quoi l\u2019autorisation sera caduque.Ce projet déroge à l\u2019article 119 du Règlement de zonage de l\u2019arrondissement (01-283).Ce second projet de résolution contient des dispositions qui peuvent faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées de la zone visée et des zones contiguës a?n qu\u2019une résolution qui les contient soit soumis à leur approbation conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.Ainsi, une demande relative à ces dispositions peut provenir de la zone visée 0634 et de ses zones contiguës 0310, 0340, 0342, 0358 et 0635.Une telle demande vise à ce que ces dispositions soient soumises à l\u2019approbation des personnes habiles à voter de la zone à laquelle elles s\u2019appliquent et de celle de toute zone contiguë d\u2019où provient une demande valide à son égard.2.Description du territoire La zone ainsi touchée par ces amendements est la zone et ses zones contiguës.Le territoire visé par le présent avis est montré ci-dessous : 3.Conditions de validité d\u2019une demande Pour être valide, toute demande doit : - indiquer clairement la disposition qui en fait l\u2019objet et la zone d\u2019où elle provient; - être reçue au bureau de la secrétaire d\u2019arrondissement dans les 8 jours du présent avis, soit au plus tard le 15 octobre 2018 à 16 h 30; - être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d\u2019où elle provient ou par au moins la majorité d\u2019entre elles si le nombre de personnes intéressées dans la zone n\u2019excède pas 21.4.Conditions pour être une personne intéressée à signer une demande 4.1 Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter et qui remplit les conditions suivantes le 2 octobre 2018 : - être domiciliée dans la zone d\u2019où peut provenir une demande; - être domiciliée depuis au moins six mois au Québec; ou 4.2 Tout propriétaire unique d\u2019un immeuble ou occupant unique d\u2019un établissement d\u2019entreprise qui n\u2019est frappé d\u2019aucune incapacité de voter et qui remplit les conditions suivantes le 2 octobre 2018 : - être propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise situé dans la zone d\u2019où peut provenir une demande depuis au moins douze mois ; ou 4.3 Tout copropriétaire indivis d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise qui n\u2019est frappé d\u2019aucune incapacité de voter et qui remplit les conditions suivantes le 2 octobre 2018 : - être copropriétaire indivis d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise situé dans la zone d\u2019où peut provenir une demande depuis au moins douze mois; - être désignée, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des personnes qui sont copropriétaires ou occupants depuis au moins douze mois comme celui qui a le droit de signer la demande en leur nom et d\u2019être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant.Cette procuration doit être produite avant ou en même temps que la demande.Dans le cas d\u2019une personne physique, il faut qu\u2019elle soit majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle.Dans le cas d\u2019une personne morale, il faut : avoir désigné parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 2 octobre 2018 : - est majeure, de citoyenneté canadienne, qui n\u2019est pas en curatelle et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue à la loi; - avoir produit avant ou en même temps que la demande, une résolution désignant la personne autorisée à signer la demande et être inscrite sur la liste référendaire, le cas échéant.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne intéressée à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.5.Absence de demandes La disposition du second projet de résolution numéro PP18-14006 qui n\u2019aura fait l\u2019objet d\u2019aucune demande valide pourra être inclus dans une résolution qui n\u2019aura pas à être approuvée par les personnes habiles à voter.6.Consultation du projet Le second projet de résolution numéro PP18-14006 ainsi que l\u2019illustration du secteur concerné du territoire de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension, peuvent être consultés au bureau de la secrétaire d\u2019arrondissement situé au 405, avenue Ogilvy, bureau 200, Montréal, aux heures régulières d\u2019ouverture.Fait à Montréal, le 5 octobre 2018 La secrétaire d\u2019arrondissement, Me Danielle Lamarre Trignac Avis public AUX PERSONNES INTÉRESSÉES AYANT LE DROIT DE SIGNER UNE DEMANDE D\u2019APPROBATION RÉFÉRENDAIRE SECOND PROJET DE RÉSOLUTION NUMÉRO PP18-14008 INTITULÉ : « Accorder, par résolution, la demande d\u2019autorisation pour l\u2019implantation de la construction hors toit et des équipements mécaniques à moins de deux fois leur hauteur par rapport aux murs de façades en vertu du Règlement sur les projets particuliers de construction, de modi?cation ou d\u2019occupation d\u2019un immeuble de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension (RCA04-14003) pour la propriété située au 7345, boulevard Saint-Laurent.» 1.Objet du projet et demande d\u2019approbation référendaire À la suite de l\u2019assemblée publique de consultation tenue le 13 septembre 2018, le conseil d\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension a adopté, lors de sa séance du 2 octobre 2018, le second projet de résolution numéro PP18-14008, lequel est intitulé tel que ci-dessus.L\u2019objet du présent projet est à l\u2019effet d\u2019autoriser l\u2019implantation de la construction hors toit ainsi que des équipements mécanique à une distance inférieure à celle autorisée qui correspond à deux fois leur hauteur par rapport aux murs de façades.La demande, telle que soumise, déroge aux articles 22 et 23 du Règlement de zonage qui ont à trait aux éléments suivants: - article 22 : super?cie et retrait de la construction hors toit; - article 23 : implantation d\u2019un équipement mécanique.Ce second projet de résolution contient des dispositions qui peuvent faire l\u2019objet d\u2019une demande de la part des personnes intéressées de la zone visée et des zones contiguës a?n qu\u2019une résolution qui les contient soient soumises à leur approbation conformément à la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.Ainsi, une demande relative à ces dispositions peut provenir de la zone visée 0593 et de ses zones contiguës 0105, 0136, 0239, 0243, 0250, 0291, 0301, 0320 Une telle demande vise à ce que ces dispositions soient soumises à l\u2019approbation des personnes habiles à voter de la zone à laquelle elles s\u2019appliquent et de celle de toute zone contiguë d\u2019où provient une demande valide à son égard.2.Description du territoire La zone ainsi touchée par ces amendements est la zone et ses zones contiguës.Le territoire visé par le présent avis est montré ci-dessous : 3.Conditions de validité d\u2019une demande Pour être valide, toute demande doit : - indiquer clairement la disposition qui en fait l\u2019objet et la zone d\u2019où elle provient; - être reçue au bureau de la secrétaire d\u2019arrondissement dans les 8 jours du présent avis, soit au plus tard le 15 octobre 2018 à 16 h 30; - être signée par au moins 12 personnes intéressées de la zone d\u2019où elle provient ou par au moins la majorité d\u2019entre elles si le nombre de personnes intéressées dans la zone n\u2019excède pas 21.4.Conditions pour être une personne intéressée à signer une demande 4.1 Toute personne qui n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter et qui remplit les conditions suivantes le 2 octobre 2018 : - être domiciliée dans la zone d\u2019où peut provenir une demande; - être domiciliée depuis au moins six mois au Québec; ou 4.2 Tout propriétaire unique d\u2019un immeuble ou occupant unique d\u2019un établissement d\u2019entreprise qui n\u2019est frappé d\u2019aucune incapacité de voter et qui remplit les conditions suivantes le 2 octobre 2018 : - être propriétaire d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise situé dans la zone d\u2019où peut provenir une demande depuis au moins douze mois ; ou 4.3 Tout copropriétaire indivis d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise qui n\u2019est frappé d\u2019aucune incapacité de voter et qui remplit les conditions suivantes le 2 octobre 2018 : - être copropriétaire indivis d\u2019un immeuble ou occupant d\u2019un établissement d\u2019entreprise situé dans la zone d\u2019où peut provenir une demande depuis au moins douze mois; - être désignée, au moyen d\u2019une procuration signée par la majorité des personnes qui sont copropriétaires ou occupants depuis au moins douze mois comme celui qui a le droit de signer la demande en leur nom et d\u2019être inscrit sur la liste référendaire, le cas échéant.Cette procuration doit être produite avant ou en même temps que la demande.Dans le cas d\u2019une personne physique, il faut qu\u2019elle soit majeure, de citoyenneté canadienne et ne pas être en curatelle.Dans le cas d\u2019une personne morale, il faut : avoir désigné parmi ses membres, administrateurs ou employés, par résolution, une personne qui, le 2 octobre 2018 : - est majeure, de citoyenneté canadienne, qui n\u2019est pas en curatelle et n\u2019est frappée d\u2019aucune incapacité de voter prévue à la loi; - avoir produit avant ou en même temps que la demande, une résolution désignant la personne autorisée à signer la demande et être inscrite sur la liste référendaire, le cas échéant.Sauf dans le cas d\u2019une personne désignée à titre de représentant d\u2019une personne morale, nul ne peut être considéré comme personne intéressée à plus d\u2019un titre conformément à l\u2019article 531 de la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités.5.Absence de demandes La disposition du second projet de résolution numéro PP18-14008 qui n\u2019aura fait l\u2019objet d\u2019aucune demande valide pourra être inclus dans une résolution qui n\u2019aura pas à être approuvée par les personnes habiles à voter.6.Consultation du projet Le second projet de résolution numéro PP18-14008 ainsi que l\u2019illustration du secteur concerné du territoire de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc-Extension, peuvent être consultés au bureau de la secrétaire d\u2019arrondissement situé au 405, avenue Ogilvy, bureau 200, Montréal, aux heures régulières d\u2019ouverture.Fait à Montréal, le 5 octobre 2018 La secrétaire d\u2019arrondissement, Me Danielle Lamarre Trignac Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d'offres : 18-17273 Services professionnels animateur de processus conception intégrée (PCI) L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le jeudi 11 octobre 2018 est reportée au jeudi 25 octobre 2018 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 5 octobre 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AVIS PUBLIC AVIS est par les présentes donné que le conseil d\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint-Michel\u2013Parc- Extension a adopté, lors de sa séance ordinaire du 2 octobre 2018, une résolution par laquelle il a édicté l\u2019ordonnance suivante : ORDONNANCE No 14-18-31 SUR L\u2019INSTALLATION D\u2019UNE ENSEIGNE PUBLICITAIRE TEMPORAIRE D\u2019autoriser, en vertu de l\u2019article 516 du Règlement de zonage de l\u2019arrondissement de Villeray\u2013Saint- Michel\u2013Parc-Extension (01-283), à certaines conditions, l\u2019installation d\u2019une enseigne publicitaire temporaire de type « bannière » sur le bâtiment situé au 500, boul.Crémazie Est.Fait à Montréal, le 5 octobre 2018 La secrétaire d\u2019arrondissement, Danielle Lamarre Trignac, avocate, M.A.Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d'offres : 18-16877 Prestation de services en intelligence artificielle - STI L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le 16 octobre 2018 est reportée au 06 novembre 2018 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 5 octobre 2018 Le greffier de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Service des infrastructures de la voirie et des transports Direction des infrastructures Appel d\u2019offres # 409110 Travaux d\u2019égout, de conduite d\u2019eau et de voirie dans la 20e Avenue, de la rue Everett à la rue Villeray et travaux de voirie dans les rues avoisinantes.L\u2019ouverture de la soumission prévue pour le 4 octobre 2018 est reportée au 11 octobre 2018 à 13h30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019Hôtel de ville.Fait à Montréal, le 5 octobre 2018 Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Avis public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à MIKE GERMAIN de vous présenter au greffe de la Cour du Québec du district de Montréal situé au 1, Notre- Dame Est, Montréal, H2Y 1B6, dans les 15 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance, avis d'assignation, liste de pièces et pièces P-1 à P-3 qui ont été laissés à votre attention dans le numéro de cause 500-22-250181-180.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l'avis d'assignation qui l'accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié à la demande de Louis-Philippe Tourigny, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier les procédures ci-haut mentionnées.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Laval, le 3 octobre 2018 Sylvain Brouillard Huissier de justice A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 E N B R E F Poutine en Inde pour vendre des armes NEW DELHI \u2014 Le président russe Vladimir Poutine a amorcé jeudi en Inde une visite de deux jours dominée par la vente par Moscou de systèmes antiaériens S-400, susceptible d\u2019irriter simultanément les États-Unis, la Chine et le Pakistan.Le contrat serait d\u2019une valeur d\u2019environ 5 milliards de dollars.Les négociations pour l\u2019acquisition de ce dispositif de missiles sol-air ont cours depuis de nombreux mois, mais se heurtent aux menaces de sanctions brandies par les États-Unis en cas d\u2019achat d\u2019armement russe.L\u2019Inde espère obtenir une dérogation de Washington, mais n\u2019a pour l\u2019instant reçu de sa part que des mises en garde.L\u2019Inde et les États-Unis ont le même intérêt à contrebalancer la montée de la Chine en Asie.Agence France-Presse Pence accuse la Chine de tenter d\u2019éjecter Trump WASHINGTON \u2014 La Chine s\u2019ingère dans la politique américaine en vue d\u2019aboutir à un changement de président, a déclaré jeudi le vice-président des États- Unis, Mike Pence, reprenant avec force des accusations déjà émises par Donald Trump.« La Chine a lancé un effort sans précédent pour influencer l\u2019opinion publique américaine, les élections » législatives de novembre « et l\u2019environnement menant à l\u2019élection présidentielle de 2020 », a-t-il dénoncé dans un discours sur la stratégie gouvernementale à l\u2019égard de Pékin.« La Chine s\u2019ingère dans la démocratie américaine » et, « pour dire les choses de manière abrupte, le leadership du président Trump fonctionne : la Chine veut un président américain diffé- rent », a-t-il lancé.Agence France-Presse Un bateau témoignera du drame des migrants ROME \u2014 Un nouveau bateau humanitaire, affrété par plusieurs associations et battant pavillon italien, est en route pour patrouiller au large de la Libye, où les secours aux migrants ont été quasiment suspendus.Cette annonce survient le jour où l\u2019Aquarius, principal navire humanitaire encore actif en Méditerranée centrale mais menacé de perdre son pavillon panaméen, est rentré à Marseille.La mission principale du Mare Jonio sera de « surveiller, témoigner et dénoncer » ce qui se passe dans cette zone « frontière » transformée « en cimetière », ont expliqué les membres du collectif Medi- terranea.Le budget, évalué à 700 000 euros, a été réuni grâce à un prêt de la Banca Etica.Le collectif a lancé un appel aux dons.Agence France-Presse Vladimir Poutine à New Delhi PRAKASH SINGH AGENCE FRANCE-PRESSE LUCIE AUBOURG CHARLOTTE PLANTIVE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Un rapport du FBI sur les accusations d\u2019agression sexuelle visant Brett Kava- naugh a conforté jeudi les républicains dans leur soutien au candidat de Donald Trump à la Cour suprême, qu\u2019ils espèrent confirmer dès samedi.Des milliers d\u2019opposants au juge Ka- vanaugh ont manifesté au même moment à Washington pour appeler les sénateurs à bloquer l\u2019entrée du magistrat conservateur dans le temple du droit américain.Les sénateurs ont pu consulter jeudi matin, dans une salle fermée, un rapport confidentiel de la police fédérale, qui a mené un complément d\u2019enquête sur le juge Kavanaugh, accusé par plusieurs femmes d\u2019agression sexuelle ou de comportements inappropriés remontant à sa jeunesse.Il n\u2019y a « rien » de nouveau dans ce rapport, a assuré le chef républicain de la Commission judiciaire du Sénat, Chuck Grassley.Selon lui, « cette enquête n\u2019a trouvé aucune trace de comportements inappropriés ».« Ce qui est notable avec ce rapport, ce n\u2019est pas ce qui est dedans, mais ce qui n\u2019y est pas », a souligné la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, en dénonçant une enquête « incomplète ».«Nous demandons que les directives transmises au FBI par la Maison-Blanche [\u2026] soient rendues publiques parce que nous pensons qu\u2019elles ont fortement restreint l\u2019enquête», a ajouté le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer.« Obstructionnistes », leur a renvoyé Donald Trump.«S\u2019il y avait eu 100 en- ÉTATS-UNIS Les républicains prêts à confirmer le juge Kavanaugh Les démocrates dénoncent une enquête « incomplète » du FBI AGENCE FRANCE-PRESSE Les puissances occidentales ont accusé jeudi la Russie d\u2019orchestrer une série de cyberattaques mondiales dont une tentative de piratage du siège de l\u2019Organisation pour l\u2019interdiction des armes chimiques (OIAC) aux Pays-Bas, qui ont annoncé avoir expulsé quatre espions russes.Dans une ambiance digne de la guerre froide prévalant depuis l\u2019empoisonnement en mars au Royaume-Uni de l\u2019ex- agent double russe Sergueï Skripal, la justice américaine a parallèlement annoncé l\u2019inculpation de sept membres du renseignement militaire russe (GRU), parmi lesquels figurent ceux expulsés par les Néerlandais.Le tout dans le cadre d\u2019une campagne de mondiale de cybe- rattaques attribuée au Kremlin et dénoncée par les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, le Canada, l\u2019Australie et la France.Les autorités néerlandaises ont révélé comment les agents russes avaient positionné un véhicule truffé d\u2019équipements électroniques dans le stationnement d\u2019un hôtel proche du siège de l\u2019OIAC dans le but de pirater son système informatique.Les événements se sont déroulés en avril, au moment où l\u2019OIAC enquêtait sur l\u2019empoisonnement de l\u2019ex-espion russe Sergueï Skripal en Angleterre et sur une attaque chimique présumée à Douma, en Syrie, imputée par les Occidentaux aux forces gouvernementales syriennes.Les autorités néerlandaises n\u2019ont pas officiellement établi un lien entre la tentative de piratage et ces deux enquêtes de l\u2019OIAC.La Russie a dénoncé « un acte de propagande », ajoutant que « cette campagne anti-russe d\u2019espionnite aiguë » portait « atteinte aux relations bilatérales ».« Le gouvernement néerlandais juge extrêmement inquiétante l\u2019implication de ces agents du renseignement », a pour sa part déploré la ministre néerlandaise de la Défense, Ank Bijleveld.« Habituellement, nous ne divulguons pas ce type d\u2019opération de contre-espionnage ».Attaque à Montréal Les Pays-Bas, qui ont bénéficié de la coopération de Londres, ont identifié les présumés espions russes, soulignant que l\u2019opération avait selon eux été coordonnée par le GRU.Les sept agents qui sont poursuivis par les États-Unis auraient piraté des instances sportives internationales, dont l\u2019Agence mondiale antidopage (AMA), située à Montréal, et le groupe américain Westinghouse, qui fournit notamment du combustible nucléaire aux centrales ukrainiennes.Ils sont aussi poursuivis pour blanchiment d\u2019argent, utilisation de monnaie virtuelle, fraude bancaire et vol d\u2019identité.Les opérations « concernaient des accès sophistiqués, continuels et non autorisés aux réseaux informatiques des victimes en vue de voler des informations d\u2019ordre privé ou sensible », a précisé John Demers, ministre-adjoint de la Justice pour la sécurité nationale.Trois des sept Russes poursuivis font partie des douze responsables inculpés en juillet par le procureur spécial Robert Mueller pour ingérence dans la présidentielle américaine de 2016.Les deux dossiers sont différents, mais ils se chevauchent, a souligné John Demers.Le gouvernement canadien a pour sa part annoncé jeudi que l\u2019AMA, basée à Montréal, avait fait l\u2019objet d\u2019une cyberat- taque dont le GRU était « fort probablement responsable ».Pour la première fois, le renseignement militaire russe, donc le Kremlin, a été aussi spécifiquement mis en cause jeudi par Londres dans les cyberattaques mondiales, qui l\u2019accuse par ailleurs d\u2019être responsable de l\u2019empoisonnement de l\u2019ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia le 4 mars à Salisbury.« La Russie doit cesser son comportement irresponsable, incluant l\u2019usage de la force contre ses voisins, des tentatives d\u2019immixtion dans des processus électoraux et des campagnes massives de désinformation », a renchéri le secrétaire général de l\u2019OTAN, Jens Stoltenberg, dans un communiqué.De son côté, la justice norvégienne a prolongé jeudi de deux semaines la détention provisoire d\u2019un Russe soupçonné d\u2019espionnage, une affaire qui a là aussi suscité l\u2019ire de Moscou.Les Occidentaux accusent la Russie de cyberattaques mondiales La justice américaine a inculpé sept membres du renseignement militaire russe Des milliers de manifestants se sont rassemblés jeudi à Washington pour s\u2019opposer à la nomination à la Cour suprême de Brett Kavanaugh.Le juge est accusé d\u2019agressions sexuelles.JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE quêtes» du FBI, les démocrates auraient encore trouvé à redire, a-t-il jugé sur Twitter, en demandant au Sénat de passer désormais au vote sur son candidat, «un homme bien, d\u2019un grand intellect».Les yeux rivés sur trois sénateurs Un premier vote de procédure est prévu vendredi matin au Sénat, chargé par la Constitution de valider les nominations à vie à la Cour suprême.M.Grassley a souhaité que le vote final se tienne dès samedi.Depuis que l\u2019affaire Kavanaugh a éclaté mi-septembre, perturbant une confirmation qui semblait acquise au magistrat farouche défenseur des valeurs conservatrices, les débats n\u2019ont cessé de gagner en intensité.La haute cour est l\u2019arbitre des questions de société les plus épineuses aux États-Unis: peine de mort, droit à l\u2019avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel\u2026 L\u2019entrée de Brett Kava- naugh, 53 ans, en son sein, placerait les juges progressistes en minorité pour de nombreuses années.Les républicains, qui détiennent une courte majorité au Sénat (51 sièges sur 100), soutiennent quasi tous le candidat de Donald Trump, mais trois d\u2019entre eux n\u2019ont toujours pas fait connaître leurs intentions et pourraient faire basculer l\u2019issue du vote.Tous les regards étaient braqués sur eux jeudi.Deux d\u2019entre eux, le sénateur républicain Jeff Flake et sa consœur Susan Collins ont loué « une enquête très approfondie».Les ennuis de M.Kavanaugh ont commencé quand une universitaire de 51 ans, Christine Blasey Ford, est sortie de l\u2019ombre pour l\u2019accuser d\u2019une tentative de viol remontant à une soirée alcoolisée de 1982 alors qu\u2019ils étaient adolescents.Le juge, qui nie catégoriquement, et la chercheuse ont été auditionnés il y a une semaine au Sénat lors d\u2019une audience forte en émotions, suivie par 20 millions d\u2019Américains.Devant deux vérités irréconciliables, le Sénat avait ensuite demandé, sous la pression de Jeff Flake, un complément d\u2019enquête au FBI.Mais les enquêteurs ont créé de fortes frustrations en limitant leurs interrogatoires à neuf personnes.Ni le juge ni Mme Blasey Ford n\u2019ont été entendus.Cette enquête fait « tâche », ont donc critiqué les avocats de cette dernière dans un courrier adressé au directeur du FBI.Une autre femme, Deborah Ramirez, qui a accusé le futur juge d\u2019avoir exhibé son sexe devant elle lors d\u2019une soirée arrosée à l\u2019université, a bien été auditionnée, mais une troisième femme, qui a accusé le juge d\u2019avoir eu, jeune, des comportements agressifs envers les femmes sous l\u2019effet de l\u2019alcool, ne l\u2019a pas été.Nous demandons que les directives transmises au FBI par la Maison-Blanche [\u2026] soient rendues publiques parce que nous pensons qu\u2019elles ont fortement restreint l\u2019enquête CHUCK SCHUMER » LEDEVOIR // LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e Manitoba a rejoint pour de bon les opposants au Plan canadien de lutte contre les changements climatiques.Mercredi, le premier ministre Brian Pallister a annoncé qu\u2019il n\u2019irait pas de l\u2019avant avec sa propre taxe sur le carbone et a laissé entendre qu\u2019il pourrait se joindre à l\u2019Ontario et à la Saskatchewan, qui contestent la taxe sur le carbone fédérale devant les tribunaux.Cette nouvelle tuile pourrait ne pas être la dernière pour le gouvernement Trudeau, puisqu\u2019on ignore toujours qui formera le gouvernement au Nouveau-Bruns- wick.Les progressistes-conservateurs ont toutefois averti qu\u2019une fois au pouvoir, ils rejoindraient la fronde menée par leurs frères politiques.La taxe fédérale sur le carbone doit entrer en vigueur le 1er janvier prochain.Elle sera de 20 $ la tonne et augmentera de 10 $ par année pour atteindre 50 $ en 2022.Elle s\u2019appliquera dans les provinces n\u2019ayant pas un plan de réduction des émissions capable de respecter les cibles fédérales.La Saskatchewan a refusé de soumettre son plan pour examen.Le gouvernement ontarien de Doug Ford, lui, a mis fin au programme de plafonds et d\u2019échange de crédits d\u2019émissions.Le Manitoba, qui prévoyait d\u2019imposer une taxe de 25 $ la tonne en janvier, refusait de la hausser les années suivantes, d\u2019où son recul.Il y a quelques mois, M.Pallister disait pourtant avoir un avis juridique confirmant le pouvoir du gouvernement fédéral d\u2019imposer une taxe sur le carbone.La résistance de ces provinces aura un prix.Ottawa a averti que leur retrait pourrait leur faire perdre leur part des 2 milliards de fonds fédéraux prévus dans le plan canadien.Mais le calcul de ces gouvernements conservateurs et de leurs alliés fédéraux n\u2019est, de toute évidence, pas financier mais politique.Les libéraux fédéraux doivent faire face à l\u2019électorat dans un an.En les laissant imposer leur taxe sur le carbone, les provinces dissidentes les forcent à porter l\u2019odieux de la hausse du prix de l\u2019essence, du mazout de chauffage, du gaz naturel et ainsi de suite.L\u2019opposition sait aussi qu\u2019après l\u2019achat du pipeline Trans Mountain, les libéraux ne peuvent plus reculer, à moins de faire pour toujours une croix sur ce qui peut leur rester de vernis vert.Le gouvernement Trudeau a un atout dans son jeu, cependant.Il a promis que chaque dollar récolté dans une province y retournerait.On a cru un moment que les fonds aboutiraient dans les mains des provinces qui auraient pu, au détriment des libéraux fédéraux, prendre le crédit d\u2019éventuels allégements fiscaux.Les libéraux ont vu le piège et, dans le dernier projet de loi budgétaire, se sont accordé le pouvoir de verser directement aux citoyens les revenus de la taxe sur le carbone.Selon une étude publiée à la fin septembre par le groupe Clean Prosperity, un tel scénario ferait en sorte que pratiquement tous les contribuables des provinces concernées y gagneraient au change.Encore faut-il que le gouvernement Trudeau en ait le temps avant le scrutin d\u2019octobre 2019.Le poids de la taxe se fera sentir dès janvier alors qu\u2019il faudra peut-être des mois avant qu\u2019un chèque atterrisse dans la boîte aux lettres des citoyens.Si les provinces récalcitrantes avaient un plan de lutte contre les changements climatiques assorti de mesures crédibles, on pourrait les croire quand elles présentent leur contestation comme une affaire de principes.Mais quand l\u2019inaction et les calculs bassement politiques sont au rendezvous, impossible de ne pas y voir aussi une forme de déni de cette menace qui plane sur la planète.Il est à espérer que les citoyens verront à travers cet écran de fumée et qu\u2019en 2019, ils jugeront les plans de tous les partis à leur mérite.Youri Rivest* Associé chez Synopsis L\u2019élection du 1er octobre 2018 fut à bien des égards historique.Le relâchement de la tension autour de la question nationale a permis à un nouveau parti de prendre le pouvoir, la CAQ, et à un autre, QS, d\u2019émerger comme une force politique.Les deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 50 ans sont à des creux historiques.Les observateurs de la scène politique québécoise, y compris des commentateurs chevronnés, se perdent en conjectures pour expliquer ce vote.Mais il suffit d\u2019analyser quelques données socio-dé- mographiques pour comprendre que la CAQ l\u2019a emporté en misant sur le Québec modéré.Comment comprendre ces élections en cinq étapes faciles : Étape 1 : Procurez-vous les données macro (big data) du recensement de 2016.Étape 2: Triez les circonscriptions selon la proportion de la population non francophone.Vous observerez que 27 des 28 (ainsi que 29 des 34) circonscriptions ayant la plus forte proportion d\u2019électeurs non francophones* sont allées au Parti libéral.Les exceptions s\u2019expliquent ainsi : Jean-Talon est la circonscription où les évaluations foncières sont les plus élevées en dehors de l\u2019île de Montréal.Roberval est la circonscription du premier ministre sortant, tandis que l\u2019élection dans Gaspé est contestée.La conclusion : le vote du Parti libéral est essentiellement le fait des non-francophones et d\u2019un niveau socio-économique très élevé.Il s\u2019agit d\u2019un vote qui s\u2019éloigne sensiblement du Québec moyen, constitué d\u2019une majorité de francophones à revenu moyen.Étape 3 : Enlevez les circonscriptions non francophones du PLQ et triez vos données en fonction de la proportion de locataires dans la circonscription.Vous observerez que les 8 circonscriptions ayant la plus forte proportion de locataires sont allées à QS, de même que 9 des 10.L\u2019exception étant Rouyn-Noranda\u2013 Témiscamingue.Ainsi, la proportion de locataires (dont beaucoup d\u2019étudiants) explique presque entièrement le vote solidaire.Étape 4 : Mettez les circonscriptions non francophones et/ou à forte proportion de locataires de côté, et jetez un coup d\u2019œil aux indicateurs socio-économiques.Le premier constat est que le vote péquiste est généralement caractérisé par une très faible perspective socio-économique.Trois des quatre circonscriptions où les transferts gouvernementaux occupent une plus grande place dans le revenu des ménages sont péquistes, la quatrième étant Gaspé, où un dépouillement judiciaire a lieu, peut-être au profit du Parti québécois.De plus, 8 des 19 circonscriptions où le taux d\u2019emploi chez les hommes est le plus faible sont péquistes (9 sur 19 si Gaspé bascule vers le PQ).La seule circonscription péquiste où les perspectives socio-économiques sont moins défavorables est Marie-Vic- torin, où Catherine Fournier l\u2019a emporté avec seulement deux points de pourcentage d\u2019avance.Étape 5: Faites la liste des circonscriptions caquistes et vous constaterez que ce sont des circonscriptions très diverses et très représentatives du Québec «moyen», c\u2019est- à-dire ni très riche ni très pauvre, plutôt francophone et pas dispro- portionnellement locataire.En conclusion, on peut affirmer que les trois partis d\u2019opposition se sont marginalisés par rapport au Québec moyen.Le Parti libéral est devenu essentiellement le parti des riches et surtout des non-franco- phones.Le Parti québécois est devenu le parti des électeurs qui dépendent le plus des transferts gouvernementaux, tandis que Québec solidaire est le parti des locataires, souvent de jeunes étudiants.La CAQ aura réussi de son côté à se brancher solidement sur le Québec moyen, ce qui a assuré sa victoire éclatante.(*) Nous excluons les langues autochtones aux fins de l\u2019analyse.* L\u2019auteur a été consultant au cours de la dernière campagne en tant qu\u2019analyste stratégique de l\u2019opinion publique pour la CAQ.Il était auparavant vice-président au sein de la maison de sondage CROP.Un Québec centralisé Selon les partisans d\u2019une réforme du mode de scrutin, la solution aux distorsions électorales réside dans un régime proportionnel mixte compensatoire régional.Mais ce n\u2019est pas une solution miracle.S\u2019il était appliqué tel qu\u2019on le propose, semblable régime ne mettrait pas notre système politique désormais multipartiste à l\u2019abri d\u2019un embâcle démocratique et d\u2019une paralysie parlementaire.Au contraire.Il suffit d\u2019imaginer une carte électorale avec quatre partis ayant chacun récolté plus ou moins le quart des votes pour s\u2019en convaincre.Dans ce cas, le parti ayant une pluralité de députés risquerait d\u2019évoluer dans un environnement vicié de compromission pour le seul exercice du pouvoir.Renforçant ainsi le pouvoir du Conseil exécutif dans la gestion de l\u2019État.Si cette réforme se réalisait tout de même, comme s\u2019y sont engagés la CAQ, le PQ et QS, il y aurait avantage pour la santé de la démocratie qu\u2019elle soit assortie d\u2019un vote de deuxième tour qui permettrait à l\u2019électorat de se prononcer au final sur les conclusions des négociations et des alliances partisanes entre les deux tours.Sans compter l\u2019impact démocratique négatif des tendances démographiques défavorables aux régions en dehors de Montréal et Québec.Le nombre et la division des circonscriptions devraient suivre des critères qui favorisent une pondération équilibrée entre la densité et la superficie.Le principal problème est d\u2019un autre ordre, me semble-t-il, celui de notre système de gouvernance.Faut-il rappeler que l\u2019État du Québec est devenu et est toujours extrêmement centralisé, autant dans son appareil administratif que dans sa gouvernance politique ?Le premier ministre est le chef du Conseil exécutif, lequel exerce un contrôle serré et incontestable sur le Conseil des ministres et l\u2019action gouvernementale.Et donc, sur la démocratie québécoise.Ce système politique de plus en plus inadapté (paternaliste ou materna- liste, c\u2019est selon) crée et entretient une dépendance malsaine et une influence néfaste dans la société civile et la population.Pour les prochaines années, le plus grand défi du Québec, préférablement indépendant, mais pas nécessairement, est dans l\u2019instauration d\u2019une gouvernance décentralisée et régionalisée.Par des chambres régionales et une chambre nationale des régions.Pour établir un meilleur équilibre dans les rapports de force en répartissant judicieusement le pouvoir.Pour mieux partager la souveraineté.Pour l\u2019étendre, pour l\u2019amplifier.Pour être autonomes et responsables.Laval Gagnon Chicoutimi, le 3 octobre 2018 L\u2019élection de la CAQ , la victoire du Québec moyen LIBRE OPINION LETTRES PLAN CANADIEN POUR LE CLIMAT Les calculs des opposants DÉMISSION DE ROBERT LAFRENIÈRE Pitoyable sortie L our un homme qui souhaitait rester à l\u2019écart de la politique et se concentrer sur son travail, Robert Lafrenière s\u2019y est pris d\u2019une curieuse façon pour quitter la direction de l\u2019Unité permanente anticorruption (UPAC).On pardonnera aux lecteurs d\u2019avoir raté ce « grand » moment.Le jour même où les yeux du Québec étaient rivés sur les élections, lundi, M.Lafrenière a annoncé sa démission, ne fournissant aucune explication.Ce faisant, il s\u2019est placé dans une situation telle que son action sera interprétée comme une volonté de défier, voire de narguer le pouvoir, pour une dernière fois.Quel curieux baroud d\u2019honneur pour conclure une carrière de plus de 25 ans à la Sûreté du Québec, au ministère de la Sécurité publique et à l\u2019UPAC.Le passage du temps est un révélateur impitoyable de la conduite de M.Lafrenière.Après ses succès du début dans la lutte contre la corruption et la collusion à Laval et dans d\u2019autres municipalités en décadence, l\u2019UPAC connaît un sérieux passage à vide.Le procès découlant de l\u2019opération Faufil, impliquant l\u2019ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal Frank Zampino et l\u2019entrepreneur Paolo Catania, s\u2019est soldé par des acquittements en série.La vaste enquête sur le financement illégal du Parti libéral du Québec (PLQ), le projet Machûrer, piétine depuis 2013.Les fuites dans cette enquête avaient amené l\u2019UPAC à tendre un traquenard au député libéral Guy Ouellette, en octobre 2017, alors qu\u2019un enquêteur s\u2019était fait passer pour l\u2019une des sources du député afin de l\u2019attirer hors de l\u2019Assemblée nationale, en pleine étude d\u2019un projet de loi sur l\u2019indépendance de l\u2019UPAC, et de procéder à son arrestation.C\u2019est la même UPAC qui avait arrêté l\u2019ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau le jour du dépôt du budget alors que planaient des rumeurs de renvoi de M.Lafrenière.La même UPAC qui avait rencontré Philippe Couillard le jour de son assermentation comme premier ministre.Il y a trop de coïncidences pour dissiper l\u2019impression que M.Lafrenière jouait du coude avec le politique.Pour en revenir à Guy Ouellette, il n\u2019a été accusé d\u2019aucun crime.Des documents obtenus par Le Devoir jettent de sérieux doutes sur les méthodes de l\u2019UPAC, qui aurait possiblement enfreint la loi pour le piéger.Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a décidé de ne pas contester la requête de M.Ouellette pour faire casser les mandats de perquisition le visant.C\u2019est l\u2019équivalent d\u2019une gifle à l\u2019UPAC pour son manque de rigueur.Le successeur de Robert Lafrenière aura fort à faire pour redresser l\u2019UPAC, un corps policier qui demeure nécessaire.Espérons qu\u2019il sera choisi hors du giron des policiers de carrière qui ont évolué dans l\u2019ombre du pouvoir politique.Il s\u2019agissait là du principal défaut de Robert Lafrenière, avec le résultat que sa réputation et celle de l\u2019UPAC sont aujourd\u2019hui ternies.P ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MANON CORNELLIER BRIAN MYLES A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet La situation créée par l\u2019AEUMC va clairement au-delà de ce que prévoyait l\u2019ALENA et menace davantage la souveraineté culturelle du Canada.DEJAN LJAMIC GETTY IMAGES Véronique Guèvremont Professeure titulaire de la Chaire UNESCO sur la diversité des expressions culturelles de la Faculté de droit de l\u2019Université Laval Le 30 septembre 2018, le Canada a annoncé la conclusion du nouvel Accord États-Unis\u2013Mexique\u2013Canada (AEUMC) qui remplace l\u2019Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) de 1992.Le gouvernement du Canada, des représentants des milieux culturels canadiens et plusieurs experts ont confirmé le maintien de l\u2019exemption culturelle canadienne et son application aux engagements qui découlent du nouveau chapitre sur le commerce électronique.Ainsi pouvait-on lire dans divers articles et communiqués que « le Canada aura désormais les coudées franches pour protéger l\u2019ensemble de sa production culturelle nationale devant les États-Unis », une telle exemption permettant au Canada « de conserver sa souveraineté culturelle [\u2026] essentielle pour l\u2019avenir du secteur à l\u2019ère numérique ».Afin de bien mesurer l\u2019ampleur de cette nouvelle, il est utile d\u2019évoquer la conclusion d\u2019une autre négociation, cette fois au sein de l\u2019Union européenne.Le 2 octobre 2018, le Parlement européen a adopté de nouvelles règles sur les services audiovisuels qui visent désormais les plateformes de vidéo à la demande et de partage de vidéos en ligne, telles que Netflix, You- Tube ou Facebook.Ainsi, afin de promouvoir la diversité culturelle, les États membres de l\u2019UE devront s\u2019assurer que les fournisseurs de services audiovisuels, y compris ces plateformes, offrent un minimum de 30 % de contenus nationaux et qu\u2019ils participent au développement des productions audiovisuelles européennes, par exemple en versant des contributions à des fonds nationaux.La question qui se pose aujourd\u2019hui est donc la suivante : le Canada dis- pose-t-il effectivement de la marge de manœuvre requise pour adopter et mettre en œuvre des mesures similaires à celles qui viennent d\u2019être adoptées par le Parlement européen ?La réponse se trouve justement dans le nouvel AEUMC.Clause de représailles La situation créée par ce nouvel accord va clairement au-delà de ce que prévoyait l\u2019ALENA et menace davantage la souveraineté culturelle du Canada.Certes, le Canada a réussi à maintenir l\u2019exemption culturelle qui figurait dans l\u2019ALENA et celle-ci couvre tous les chapitres de cet accord, y compris le nouveau chapitre sur le commerce électronique, dont les règles s\u2019appliquent aux « produits numériques ».Toutefois, et cela est totalement passé sous silence dans les médias, cette exemption culturelle est toujours assortie d\u2019une clause de représailles.Une telle clause peut être utilisée par les autres parties, dont les États-Unis, pour « sanctionner » le Canada lorsque l\u2019une de ses politiques culturelles est incompatible avec les engagements au titre de l\u2019AEUMC et qu\u2019elle ne peut être maintenue que grâce à la « protection » offerte par l\u2019exemption culturelle.En d\u2019autres mots, le recours à la protection offerte par l\u2019exemption culturelle peut avoir un prix ! Le côté pernicieux d\u2019une telle clause de représailles est qu\u2019elle pourrait facilement décourager, purement et simplement, la mise en place de mesures de protection et de promotion des expressions culturelles canadiennes.Il est vrai que cette clause, déjà présente dans l\u2019ALENA, n\u2019a jamais été utilisée par les États-Unis.Il faut cependant préciser que les engagements susceptibles d\u2019affecter les politiques culturelles du Canada étaient limités ; ainsi, la clause de représailles, qu\u2019il était possible d\u2019activer pour sanctionner des politiques couvertes par l\u2019exemption culturelle canadienne, ne présentait en réalité qu\u2019un faible intérêt pour les États-Unis.En effet, dès la fin des an- Une menace à la souveraineté culturelle du Canada nées 1990, la stratégie commerciale des États-Unis avait évolué vers une libéralisation du commerce électronique, et les restrictions maintenues au commerce « traditionnel » des biens et des services culturels ne les préoccupaient plus tellement.Seuls les quotas au cinéma continuaient d\u2019être ciblés dans les négociations commerciales menées de manière bilatérale par les Américains, les réserves ou restrictions visant à préserver d\u2019autres types de politiques culturelles étant généralement acceptées.Par ailleurs, dès le début des années 2000, il était devenu clair que la priorité des États-Unis consistait à obtenir des engagements de libéralisation sans réserve du commerce électronique.Car l\u2019avenir des industries culturelles allait se dessiner principalement dans l\u2019environnement numérique.Nouvel univers numérique L\u2019ALENA de 1992 ne contenait pas d\u2019engagements relatifs au commerce électronique.Il permettait donc au Canada d\u2019innover et de se doter de nouvelles politiques culturelles visant à soutenir les contenus culturels canadiens dans l\u2019environnement numérique.Ces politiques n\u2019avaient pas à s\u2019appuyer sur l\u2019exemption culturelle canadienne puisque la portée de l\u2019ALENA n\u2019atteignait pas l\u2019environnement numérique.Aujourd\u2019hui, la situation est bien différente.En vertu de la règle de non-discrimination inscrite dans le chapitre sur le commerce électronique de l\u2019AEUMC, ce type de politique contrevient aux engagements au titre de cet accord.Certes, l\u2019exemption culturelle permettra de maintenir en vigueur une politique culturelle applicable au numérique.Car, répétons-le, l\u2019exemption culturelle est présente et elle s\u2019applique au chapitre sur le commerce électronique.Mais à la demande d\u2019une autre partie (les États- Unis ou le Mexique), ce maintien pourra par exemple être conditionné par le versement de compensation financière de la part du Canada.Si le Canada décidait tout de même d\u2019aller de l\u2019avant avec l\u2019adoption de telles mesures adaptées au numérique, couvertes par l\u2019exemption culturelle du nouvel AEUMC, il ne nous resterait plus qu\u2019à espérer que les États- Unis s\u2019abstiennent de recourir à leur droit de représailles et qu\u2019ils renoncent à nous demander le paiement de quelque compensation que ce soit.Dans ce monde idéal, nous pourrions ainsi exiger de la part des Netflix de ce monde que 20, 30, 40 % de contenus canadiens figurent dans leurs catalogues.Nous pourrions également leur imposer le versement de contributions dans nos fonds de soutien à la production de contenus culturels canadiens.Et, pour assurer la dé- couvrabilité de nos œuvres, nous pourrions sans doute aussi contraindre ces plateformes de mettre en avant nos propres contenus sur les pages d\u2019accueil de leur site lorsqu\u2019ils sont visités par des Canadiens, en particulier par nos jeunes qui sont exclusivement tournés vers le numérique.Roméo Bouchard Cofondateur de l\u2019Union paysanne Une nouvelle fois, le scrutin proportionnel est mis en avant comme le remède miracle au cynisme politique et à la distorsion de la représentation des opinions politiques des citoyens.Une nouvelle fois aussi, ses opposants font valoir le danger qu\u2019un scrutin proportionnel peut entraîner pour la stabilité et la capacité d\u2019agir des gouvernements pris en otage par des coalitions instables et des partis marginaux détenant la balance du pouvoir.Rien de nouveau jusqu\u2019ici.Dans ce débat classique, qui finit généralement par l\u2019avortement des tentatives de réforme, plusieurs aspects importants des enjeux démocratiques de cette réforme sont généralement passés sous silence.Je voudrais en signaler quelques-uns.Question de représentation Les libéraux ont récemment justifié leur opposition à la proportionnelle en prétendant que ce mode de scrutin allait défavoriser les régions périphériques en diminuant le nombre de députés territoriaux.On leur a vite répondu que dans le système mixte à compensation régionale qui est mis en avant par la CAQ, le PQ, QS et le Parti vert, il y aurait 75 députés territoriaux (selon les circonscriptions fédérales actuelles) et 50 députés de listes répartis en fonction du vote obtenu régionale- ment par les partis, ce qui ne fait pas pour autant des députés de listes des députés élus par les électeurs de la circonscription, et ce qui n\u2019élimine pas le fait que les circonscriptions seraient désormais beaucoup plus grandes et moins homogènes.Mais là n\u2019est pas la question principale.Les tenants de la proportionnelle fondent leur argumentation sur la représentation des individus : « un homme-une femme, un vote ».Dans le système uninominal britannique, par contre, la représentation est basée sur la communauté territoriale, la circonscription.Ce qui, si on y réfléchit bien, est loin d\u2019être si bête.Le citoyen n\u2019est pas isolé, surtout quand il est question de bien commun : ses besoins sont intimement liés à sa communauté, à sa situation géographique, à la situation socio-économique et aux institutions propres à sa région.C\u2019est particulièrement vrai dans un pays nordique immense comme le Québec.C\u2019est d\u2019ailleurs ce qui fait que les citoyens des régions éloignées réagissent si fort quand on veut modifier Le leurre de la proportionnelle les limites de leur circonscription sous prétexte de respecter le plus possible la parité du nombre d\u2019électeurs par circonscription.En somme, le principe du « un homme-une femme, un vote » n\u2019est pas si juste qu\u2019on veut le faire croire.On dira que la proportionnelle mixte cumule l\u2019avantage des deux, mais elle cumule aussi les défauts des deux.En d\u2019autres mots, c\u2019est un système bâtard qui ne règle rien.Le projet initial du gouvernement Lévesque avait réussi une bien meilleure combinaison en proposant une proportionnelle intégrale territoriale, dans laquelle tous les députés étaient des députés issus de listes régionalisées, selon un découpage de régions qui devenaient, du même coup, de véritables gouvernements régionaux dotés de pouvoirs et de ressources décentralisées.Mais personne n\u2019a voulu de cette décentralisation démocratique, comme en témoigne André Larocque dans son ouvrage sur Robert Burns.Le rôle des partis, ce problème Ce qu\u2019on oublie surtout, c\u2019est que le mode de scrutin n\u2019est qu\u2019un bien petit morceau du puzzle de la représentation démocratique dans notre système britannique de gouvernement par les partis.La distorsion principale de la représentation des citoyens ne vient pas du mode de scrutin, mais du rôle que jouent les partis politiques dans la représentation électorale et parlementaire.Les partis, largement financés par l\u2019État maintenant, contrôlent tout le jeu électoral et parlementaire.C\u2019est eux qui fixent les thèmes, contrôlent la publicité, choisissent les candidats, imposent la ligne de parti et contrôlent l\u2019Assemblée nationale et l\u2019Exécutif.Le choix des électeurs et leur contrôle sur les décisions de l\u2019Assemblée législative se situent dans un corridor bien mince et bien illusoire.Les partis ont littéralement usurpé la représentation des citoyens.C\u2019est le cœur même de la tromperie de notre système britannique de démocratie de représentation, une monarchie parlementaire.Ce cancer qui ronge nos institutions démocratiques et nourrit le cynisme des citoyens ne peut être corrigé qu\u2019en éliminant les partis politiques du processus électoral et parlementaire, ce que beaucoup croient impossible sans pourtant y avoir vraiment réfléchi.Et malheureusement, l\u2019adoption d\u2019un mode de scrutin proportionnel, même mixte et régionalisé, n\u2019y changerait rien, si ce n\u2019est d\u2019exacerber encore davantage la compétition entre les partis qui se multiplieraient puisqu\u2019ils pourraient davantage espérer avoir voix au chapitre, comme on le voit dans les pays qui ont adopté la proportionnelle.Personnellement, je serais plutôt pour un scrutin préférentiel qui prio- rise le candidat plutôt que le parti, comme on le constate dans la fameuse Constitution de la Gironde (1791), vite écartée par les jacobins de Robespierre, la seule Constitution connue qui met en avant la démocratie directe.Mais, n\u2019ayons crainte, ni l\u2019une ni l\u2019autre de ces réformes n\u2019auront lieu, car elles défavoriseraient les partis, les partis au pouvoir surtout, et ceux qui se croient en mesure d\u2019y accéder.Seules une assemblée constituante tirée au sort et une Constitution ratifiée par un référendum populaire pourraient modifier librement nos institutions démocratiques et permettre au peuple d\u2019exercer sa souveraineté.La distorsion principale de la représentation des citoyens ne vient pas du mode de scrutin, mais du rôle que jouent les partis politiques dans la représentation électorale et parlementaire Le Canada dispose-t-il effectivement de la marge de manœuvre requise pour adopter et mettre en œuvre des mesures similaires à celles qui viennent d\u2019être adoptées par le Parlement européen ? LEDEVOIR // LE VENDREDI 5 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.À une semaine du XVIIe sommet de la Francophonie qui se tiendra à Erevan, en Arménie, les tractations s\u2019intensifient pour éviter un affrontement brutal entre la secrétaire générale actuelle, la Canadienne Michaëlle Jean, et sa rivale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo.Alors que la première souhaite la reconduction de son mandat à la tête de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui regroupe 58 États et gouvernements membres, la seconde a le soutien de la France et de l\u2019Organisation de l\u2019Unité africaine (OUA).Ce qui réduit les chances de Michaëlle Jean à une peau de chagrin, estiment la plupart des observateurs.Pour éviter que le premier ministre canadien, Justin Trudeau, perde la face à Erevan, en voyant sa candidate battue, la France a multiplié depuis quelques semaines les démarches diplomatiques.Le Devoir a notamment appris que le Quai d\u2019Orsay avait proposé au premier ministre canadien de soutenir certains de ses dossiers à l\u2019ONU en échange du retrait de la candidature de Michaëlle Jean.Selon une source diplomatique, « les Français veulent vraiment éviter un clash à Erevan et, surtout, que Trudeau perde la face ».Ce qui ne serait pas dans l\u2019intérêt du président Emmanuel Macron.Une proposition à laquelle auraient été étroitement associées Kareen Ris- pal, ambassadrice de la France à Ottawa, et Isabelle Hudon, ambassadrice du Canada en France, serait sur le bureau du premier ministre canadien, qui doit se rendre à Erevan dès la semaine prochaine.Michaëlle Jean perd le Québec Les Français, qui ont fait connaître leur soutien à Louise Mushikiwabo au printemps, souhaitent, selon nos sources, préserver la tradition qui veut que le secrétaire de l\u2019OIF soit normalement choisi par consensus plutôt que par un vote formel.Les soutiens de Michaëlle Jean semblent d\u2019autant plus minces que, depuis l\u2019élection du 1er octobre, l\u2019ancienne gouverneure générale du Canada a perdu le soutien que lui a toujours offert, du moins publiquement, le premier ministre Philippe Couillard.La position de son successeur, François Legault, apparaît beaucoup plus réservée, pour l\u2019instant du moins.S\u2019il a affirmé en campagne qu\u2019il «réservait sa décision », il ne s\u2019est jamais gêné pour critiquer les dépenses considérables de Michaëlle Jean et son peu de transparence révélés par la presse québécoise.À Erevan, le nouveau premier ministre pourrait être tenté de ne pas amorcer son mandat par un affrontement avec la France.La voix du Québec Or, la voix du Québec pèse d\u2019un véritable poids dans l\u2019OIF.Il y a quatre ans, il n\u2019est pas sûr que Michaëlle Jean aurait pu être élue à Dakar sans le soutien, alors indéfectible, du Québec et de sa ministre des Relations internationales Christine Saint-Pierre.À l\u2019époque, les Africains étaient aussi divisés, ce qui n\u2019est plus le cas aujourd\u2019hui.Ces derniers mois, pendant que Mi- chaëlle Jean était souvent retenue par ses fonctions à Paris, sa rivale ne s\u2019est pas gênée pour sillonner le monde francophone.Les deux femmes ont profité de l\u2019Assemblée générale des Nations unies tenue la semaine dernière à New York pour mesurer leurs appuis.Pendant que Louise Mushikiwabo multipliait les rencontres, un cocktail organisé par la secrétaire générale de l\u2019OIF n\u2019a attiré que trois ministres africains.CHRISTIAN RIOUX À EREVAN LE DEVOIR Justin Trudeau s\u2019est rendu à la rencontre de Michaëlle Jean au siège social de l\u2019OIF à Paris en avril dernier.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE « Plusieurs dirigeants africains espèrent un forfait du Canada », écrivait l\u2019hebdomadaire Jeune Afrique.La semaine dernière, la Rwandaise a aussi obtenu le soutien du président du Gabon, Ali Bongo Ondimba, président de la Communauté économique des États de l\u2019Afrique centrale (CEEAC).En juin, Louise Mushikiwabo avait été photographiée en compagnie du très estimé Abdou Diouf, dont l\u2019autorité et le prestige comme secrétaire de l\u2019OIF (de 2003 à 2015) ont dépassé ceux de tous ses prédécesseurs.Le message n\u2019a pas pu échapper aux leaders africains.Recentrer l\u2019OIF ?Ce qui ne veut pas dire que la candidature rwandaise fait l\u2019unanimité.Certains n\u2019y voient toujours qu\u2019une stratégie de la France pour se réconcilier avec le Rwanda.D\u2019autres, comme l\u2019ancien ministre français de la Francophonie Pierre-An- dré Wiltzer, s\u2019inquiètent du caractère anglophile et peu démocratique du Rwanda.Quoi qu\u2019il en soit, « la pente semble impossible à remonter pour Michaëlle Jean », nous confie un diplomate.Dans certains cercles, la rumeur court même d\u2019une éventuelle nomination à l\u2019ONU pour sauver la face.À quelques jours du Sommet d\u2019Ere- van, Michaëlle Jean se montre pourtant toujours pugnace.En entrevue avec Jeune Afrique, elle semblait même viser indirectement la France et son président en affirmant, au sujet de l\u2019OIF : « Nous ne sommes pas une alliance française ! » La secrétaire générale se dit notamment en désaccord avec la volonté de certains, dont celle présumée d\u2019Emmanuel Macron, de recentrer les missions de l\u2019OIF sur la promotion de la langue française.Une volonté souvent exprimée aussi par les représentants québécois.L\u2019appui d\u2019Ottawa à Michaëlle Jean semble s\u2019étioler OTTAWA \u2014 À quelques jours de l\u2019ouverture du Sommet de la Francophonie, la ministre Mélanie Joly martèle que la position d\u2019Ottawa «n\u2019a pas changé» concernant la candidature de Michaëlle Jean, mais elle insiste principalement sur le fait que «l\u2019important, c\u2019est que le sommet d\u2019Erevan soit un succès».Au printemps dernier, le gouvernement canadien avait défendu bec et ongles la candidature que le Parti conservateur avait désavouée.La ministre Marie-Claude Bibeau, qui était responsable du dossier la Francophonie, assurait que les libéraux étaient «fiers» de le faire.Sa successeure, Mélanie Joly, a affiché nettement moins d\u2019enthousiasme, jeudi, en entrevue avec La Presse canadienne.Peu importe la question, la réponse était la même: «L\u2019important, c\u2019est que le sommet d\u2019Erevan soit un succès», s\u2019est-elle contentée d\u2019offrir à plusieurs reprises.La Presse canadienne E N B R E F Front commun contre la taxe sur le carbone SASKATOON \u2014 Les premiers ministres de la Saskatchewan et de l\u2019Ontario se serrent les coudes contre le plan de taxe sur le carbone d\u2019Ottawa, ont-ils dit jeudi.Réunis à Saskatoon, Scott Moe et Doug Ford se sont également réjouis de la décision du Manitoba d\u2019abandonner son propre plan visant à mettre un prix sur le carbone.Son premier ministre, Brian Pallister, a en effet annoncé mercredi que sa province n\u2019irait pas de l\u2019avant avec une taxe de 25 $ la tonne prévue pour décembre.M.Moe a fait savoir jeudi que sa province demanderait le statut d\u2019intervenant dans le cadre de la contestation judiciaire du plan fédéral de tarification du carbone.L\u2019Ontario a déjà indiqué qu\u2019elle appuyait la contestation constitutionnelle du plan par la Saskatchewan.La Presse canadienne Réforme électorale : les libéraux font une concession OTTAWA \u2014 Afin de rallier les conservateurs à leur réforme de la loi électorale, le gouvernement Trudeau a convenu d\u2019augmenter les sommes que les partis peuvent dépenser dans la période précédant le début d\u2019une campagne électorale.Les libéraux avaient initialement proposé dans le projet de loi C-76 de limiter à 1,5 million de dollars les dépenses publicitaires des formations au cours de la période dite préélectorale \u2014 à compter du 30 juin d\u2019une année électorale jusqu\u2019au jour du déclenchement du scrutin.Les conservateurs jugeaient que cette mesure avait pour objectif de réduire leur avantage financier et de favoriser les libéraux.Le gouvernement a dénoué l\u2019impasse qui perdurait depuis juin en acceptant jeudi de porter à 2 millions le plafond des dépenses par parti.La Presse canadienne Victoire libérale confirmée au Nouveau-Brunswick SAINT-JEAN \u2014 Si un juge a confirmé jeudi la mince victoire des libéraux après un dépouillement judiciaire dans une circonscription de Saint- Jean, au Nouveau-Brunswick, de nouvelles contestations juridiques sont encore possibles.Les résultats des élections provinciales du 24 septembre restent donc inchangés : 22 sièges pour les progressistes-conservateurs et 21 pour les libéraux, avec un écart de 10 voix seulement.Toutefois, un avocat du candidat progressiste- conservateur a allégué qu\u2019une quarantaine d\u2019électeurs ont voté deux fois.Il a ajouté qu\u2019il pourrait déposer de nouveau une requête auprès du tribunal afin que les résultats soient annulés au début de la semaine prochaine.Deux autres résultats sont contestés devant un tribunal de Moncton.La Presse canadienne Brian Pallister, premier ministre du Manitoba JOHN WOODS LA PRESSE CANADIENNE FRANCOPHONIE La France veut éviter que Trudeau perde la face Les tractations se multiplient à quelques jours de l\u2019élection de la secrétaire générale de l\u2019OIF "]
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