Le devoir, 6 octobre 2018, Cahier B
[" lice Risi a subi du harcèlement sexuel pendant des années sur les réseaux sociaux de la part d\u2019un jeune homme de son entourage.Elle avait 18 ans lorsqu\u2019elle l\u2019a dénoncé, mais il lui aura fallu encore quelques années \u2014 et une autre agression \u2014 pour commencer à en parler ouvertement.Au sein de son association étudiante, elle a aidé d\u2019autres victimes, mais n\u2019a jamais pris le temps de s\u2019occuper d\u2019elle.Puis, un matin d\u2019octobre l\u2019an dernier, elle a ouvert son compte Facebook et a été happée par une déferlante de dénonciations portant toutes le mot-clic #MoiAussi.« En tant que survivante, ça a été vraiment difficile.Je voyais des témoigna - ges que j\u2019avais déjà entendus, d\u2019autres dont je me doutais.Mais il y en avait encore plus.Beaucoup plus que je ne pouvais l\u2019imaginer.C\u2019est surtout ça que j\u2019ai trouvé violent.» L\u2019étudiante réalisait soudainement que c\u2019était « normal » de se sentir blessée.Le réconfort du nombre lui a donné le courage d\u2019aller chercher de l\u2019aide.«Avec le #MoiAussi, je me suis dit : OK, j\u2019ai pris soin de beaucoup de femmes, là je prends soin de moi.» Elles sont nombreuses, les femmes comme Alice, à avoir cherché de l\u2019aide dans la foulée du mouvement.Dans les centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALACS), le nombre de demandes d\u2019aide a triplé en octobre 2017.L\u2019an passé, on a observé une augmentation de 25 %.Du jamais vu depuis la sortie publique de Nathalie Simard en 2004, explique Stéphanie Tremblay, porte- parole du Regroupement québécois des CALACS.« Depuis 2014, il y a eu une série de mouvements et d\u2019événements qui ont montré la voie à #MoiAussi.Ils ont tous eu un impact sur les demandes d\u2019aide, mais jamais comme le mouvement #MoiAussi.» Redéfinir les limites Pour l\u2019essayiste féministe Pascale Navarro, le mouvement #MoiAussi a permis de redéfinir la limite des choses acceptables pour les femmes elles-mêmes.«On a pris conscience qu\u2019il y a beaucoup de choses qu\u2019on acceptait et qu\u2019au- jourd\u2019hui, on se sent dans notre bon droit de dénoncer.Tout ça a trait au consentement, sur lequel on a fait une énorme pédagogie dans la dernière année.Si le mouvement #MoiAussi prend autant de place aujourd\u2019hui, c\u2019est parce qu\u2019on est moins tolérantes.La frontière de ce qui est acceptable est en train de bouger.» Dans la population, chez les hommes en particulier, la notion de « culture du viol», dont les féministes parlent depuis longtemps, a soudainement un écho, constate pour sa part Mélanie Lemay, cofondatrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles.Les hommes, aussi Parce que le mouvement a fait exploser le nombre de dévoilements sur les réseaux sociaux, beaucoup de gens ont découvert des victimes d\u2019agression sexuelle parmi leurs connaissances.«Pour les gens qui étaient sceptiques de cette culture du viol, de voir que leur cousine, leur amie, leur collègue ou le gars avec qui ils jouent au hockey a été victime de violence sexuelle, ça ouvre certaines consciences.» On reconnaît mieux désormais les violences sexuelles et leurs impacts sur les victimes.Mais il y a encore toute une facette de la réalité \u2014 celle des agresseurs \u2014 qui est occultée, ajoute la militante.« Un des problèmes, c\u2019est que tout le monde connaît maintenant une victime, mais personne ne connaît un agresseur.Ça n\u2019a pas de sens ! » « La polarisation dans l\u2019espace public sur ce qu\u2019est un agresseur sexuel fait qu\u2019on n\u2019est même pas capable de se reconnaître soi-même comme ayant peut-être déjà commis des gestes de violence sexuelle.On ne peut remarquer que notre ami, notre conjoint, notre frère ou notre sœur peut être une personne qui peut commettre des gestes de violence sexuelle.Tant qu\u2019on stigmatise les agresseurs et qu\u2019on les cantonne à cette image caricaturale du \u201cvrai agresseur\u201d, ça fait de l\u2019ombre sur l\u2019ensemble de ceux qui commettent des gestes de violence sexuelle.» Impunité égratignée Oui, on banalise encore.On excuse encore.Mais le changement est amorcé, notamment avec cette idée, qui commence à faire son chemin dans la population, que les témoins ont eu aussi un rôle à jouer pour prévenir et dénoncer les agressions sexuelles.« Pour la première fois, l\u2019impunité de l\u2019agresseur est un peu ébranlée, ajoute Stéphanie Tremblay, du RQCALACS.J\u2019ose croire que les mononcles se tiennent un peu plus tranquilles et commencent à avoir un peu plus peur qu\u2019avant d\u2019être dénoncés.» Même si de récentes décisions des tribunaux laissent penser que les agresseurs peuvent encore s\u2019en sortir indemnes \u2014 on n\u2019a qu\u2019à penser à l\u2019animateur Jian Ghomeshi, acquitté, ou aux policiers dénoncés par des femmes autochtones de Val-d\u2019Or qui n\u2019ont jamais fait l\u2019objet d\u2019accusations \u2014, les femmes osent aujourd\u2019hui se nommer et dénoncer publiquement.Et ce, avant même que des démarches judiciaires ne soient entamées.« Avant, les dénonciations étaient extrêmement confidentielles, chacune était seule avec son secret.Aujourd\u2019hui, je pense que ça a secoué la certitude que les agresseurs s\u2019en tireraient toujours, affirme Pascale Navarro.Mais je ne suis pas prête à dire que l\u2019impunité est tombée, le cadre des pouvoirs fournit des impunités et le système se protège.» Dans la foulée de #MoiAussi, c\u2019est la multiplication des témoignages de victimes qui a fait tomber des hommes puissants.Assiste-t-on à une nouvelle forme de dénonciation collective ?Faut-il désormais dénoncer en groupe pour être crue ou, à tout le moins, prise au sérieux ?Sandrine Ricci, sociologue et coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes, parle d\u2019une «logique de soli- darisation» des victimes pour contrer les failles du système juridique.«Devant les tribunaux, c\u2019est généralement la parole d\u2019une femme contre celle d\u2019un homme.C\u2019est donc un calcul logique des femmes de se dire: si on est plusieurs à dire la même chose, peut-être qu\u2019on va enfin commencer à nous croire.» Et pourtant.Elles sont encore nombreuses à garder le silence.Car la dénonciation n\u2019est pas la solution pour tout le monde et il faut faire attention de ne pas mettre de pression sur celles qui ne sont pas prêtes à parler, met en garde Stéphanie Tremblay.«Certaines victimes ont senti une pression parce que tellement de survivantes dévoilent leur agression et que cette pa- role-là est valorisée.On dit des femmes qui dénoncent qu\u2019elles sont courageuses.C\u2019est vrai qu\u2019elles le sont.Mais celles qui ne dénoncent pas ne le sont pas moins.Et malheureusement, il y a des survivantes qui se sentent moins courageuses que les autres parce qu\u2019elles ne participent pas au mouvement #MoiAussi.» PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 ÉLECTIONS 2018 Que sera le Québec de la CAQ avec François Legault?| B 4 MONDE L\u2019extrême droite aux portes du pouvoir au Brésil | B 7 SCIENCE Des sacs à usage unique encore plus compostables | B 9 Libérer la parole, mettre des visages sur les agressions sexuelles : #MoiAussi a permis un éveil collectif.La tolérance s\u2019amenuise, l\u2019impunité est ébranlée et les femmes redéfinissent elles-mêmes les limites.Radiographie d\u2019un mouvement aux résonances sans précédent au Québec.JESSICA NADEAU LE DEVOIR L\u2019après-MeToo au Québec Le mouvement a pris l\u2019allure d\u2019une vague qui a fait chanceler l\u2019impunité et la culture du viol On reconnaît mieux désormais les violences sexuelles et leurs impacts sur les victimes.Mais il y a toute une facette de la réalité, celle des agresseurs, qui est occultée, estime la militante Mélanie Lemay.JACQUES NADEAU LE DEVOIR A On a pris conscience qu\u2019il y a beaucoup de choses qu\u2019on acceptait et qu\u2019aujour - d\u2019hui, on se sent dans notre bon droit de les dénoncer PASCALE NAVARRO » Les suites concrètes Politiques de prévention et de lutte contre les violences à caractère sexuel obligatoires dans les établissements d\u2019enseignement supérieur.Révision des dossiers d\u2019agression sexuelle jugés non fondés par la Sécurité du Québec.Fonds accrus aux centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS).Formation des députés de l\u2019Assemblée nationale, membres des cabinets et des bureaux de circonscription sur le harcèlement et les violences sexuelles.Cours d\u2019éducation à la sexualité réintroduits dans les écoles primaires et secondaires.Malgré tout, certains experts estiment que la réponse institutionnelle est encore insuffisante. LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 PERSPECTIVES B 2 AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Le mouvement #MoiAussi a poussé bon nombre de victimes d\u2019agression sexuelle à porter plainte à la police.Un an plus tard, plusieurs se questionnent sur les délais de traitement de ces dossiers par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).Entrevue avec Me Carmen Rioux, procu- reure spécialisée dans les cas de violence sexuelle au DPCP.Quel est le délai entre le moment où une victime porte plainte et celui où des accusations sont portées ?Il n\u2019y a pas de délai précis.C\u2019est vraiment du cas par cas.Quand une victime décide de porter plainte, il faut passer par un processus où aucune étape ne peut être oubliée.D\u2019abord, il y a l\u2019enquête policière.Selon le moment où l\u2019agression a pu être commise et celle où elle est dénoncée, il se peut que les policiers aient une scène de crime à aller voir, des témoins à rencontrer, puis finalement le suspect à questionner.Une fois l\u2019enquête terminée, le rapport rédigé est remis au DPCP et attribué à un procureur.Là, le procureur étudie le dossier, analyse la preuve et regarde s\u2019il est en mesure de retrouver un ou des crimes qui ont été commis.[\u2026] Les délais, il y a ceux qui sont préinculpa- toires, soit avant qu\u2019on dépose des accusations, puis ceux suivant les accusations.L\u2019arrêt Jordan a fait en sorte qu\u2019aujourd\u2019hui, les délais pour faire entendre une victime sont plus raisonnables.Y a-t-il un délai maximal pour porter des accusations ?Non.Il ne faudrait pas, après un certain délai, que quelqu\u2019un perde la possibilité qu\u2019on judiciarise la situation qui le concerne juste parce que l\u2019enquête a été longue.Les cas de violence sexuelle sont imprescriptibles [sauf pour certaines infractions dites mineures, qui, elles, ont une prescription de six mois].Est-ce qu\u2019une enquête sur une agression sexuelle récente est menée plus rapidement qu\u2019une autre survenue il y a des dizaines d\u2019années ?Non, il y a des particularités propres à chacun des crimes [\u2026] Mais disons que pour une situation survenue hier, il y a plus de chances de trouver la scène où le crime s\u2019est produit.Toute une partie de l\u2019enquête sera consacrée à l\u2019examen de cette scène-là, à des perquisitions.Quand on parle de crimes qui remontent à cinq, dix ou même trente ans, c\u2019est plus rare que les scènes de crime puissent être une source pour l\u2019enquête, parce qu\u2019il est plus difficile par exemple d\u2019y retrouver des substances corporelles.Mais on ne peut pas affirmer qu\u2019un crime contemporain, récent, en comparaison avec un crime historique, est traité plus vite que l\u2019autre.Quel impact a eu le mouvement #MoiAussi au DPCP et en quoi a-t-il contribué à faire changer les choses ?Il aurait fallu vivre sur une autre planète pour ne pas être concerné par un pareil mouvement [\u2026] On s\u2019est penché sur ce qu\u2019on faisait et sur ce qu\u2019on pouvait faire mieux encore.On a développé d\u2019autres moyens de servir [la population].Au mois d\u2019avril dernier, on a instauré une ligne téléphonique sans frais pour des victimes qui se demandent si elles devraient aller de l\u2019avant et porter plainte aux policiers.Cette ligne permet d\u2019aller plus loin dans notre contact avec les victimes.Avant même une plainte, elles peuvent vérifier certaines choses auprès d\u2019un procureur de la Couronne [\u2026].Des questions qui reviennent souvent, c\u2019est de savoir si elles seront obligées de revoir leur agresseur, de témoigner devant lui.On leur explique qu\u2019au Canada, il existe des mesures de protection pour permettre aux victimes de tout âge de témoigner sans avoir à être en présence de l\u2019accusé.Dénoncer, et puis après ?Q&R JESSICA NADEAU LE DEVOIR Le mouvement #MoiAussi, porté par des stars hollywoodiennes, a eu des répercussions importantes pour plusieurs victimes, qui y ont trouvé un écho à leurs propres douleurs, un encouragement à dénoncer leur agresseur.Mais toutes les femmes ne se reconnaissent pas dans ce mouvement « de vedettes » et de femmes blanches privilégiées.Lise Laramée a 58ans.Agressée sexuellement à l\u2019âge de 15 ans, elle traîne un diagnostic de stress post-traumatique.Elle suit une thérapie, prend des antidépresseurs.Elle peine à trouver les sous pour se battre contre le système afin d\u2019obtenir réparation au programme d\u2019indemnisation des victimes d\u2019acte criminel.Laissées en plan Le mouvement #MoiAussi ?C\u2019est bien loin de sa réalité.« Quand je vois toutes ces vedettes sur le tapis rouge qui dénoncent Weinstein et compagnie, c\u2019est tellement loin de ce que moi, je vis.Moi, j\u2019ai pédalé pendant 40 ans dans le vide.Maintenant, je suis assez forte pour faire face à tout ça, mais ce n\u2019est pas joli.C\u2019est dur.C\u2019est sale.C\u2019est glauque.Ce n\u2019est pas glamour.» Elle ne se reconnaît pas dans l\u2019image de ces « très belles femmes » qui tentent de briser les tabous en dénonçant collectivement les abus d\u2019hommes tout aussi célèbres.Lise Laramée, elle, se sent isolée.Sans voix.« Le mouvement #MoiAussi, c\u2019est un éveil collectif et c\u2019est positif.Mais il y a quelque chose de superficiel dans tout ça.Ce n\u2019est pas la vraie vie.La vraie vie, ce sont des femmes comme moi qui rament pour s\u2019en sortir.Mais personne ne porte cette voix-là, parce que ce n\u2019est pas une voix gagnante.» Glamour, le mouvement #MeToo ?« Par définition, tout ce que les vedettes font est glamour, alors le fait que celles- ci dévoilent [ce qu\u2019elles ont vécu], ça peut devenir un modèle pour les jeunes filles », constate Mélanie Lemay, co- fondatrice du mouvement Québec contre les violences sexuelles.« Mais il n\u2019y a rien de glamour à se faire voir publiquement comme une victime, ajoute-t-elle.Il n\u2019y a rien de merveilleux qui arrive, tu te fais juger par ton entourage, plusieurs personnes ne veulent plus s\u2019associer à toi.On te dit que tu es une personne à problème.Non, personne ne fait ça pour la gloire, au contraire, tu te mets dans une position encore plus vulnérable.» Non seulement certaines victimes ne se reconnaissent pas dans le mouvement #MoiAussi, mais certaines n\u2019en ont même jamais entendu parler.C\u2019est le cas d\u2019Aline, 50ans, qui a subi du harcèlement sexuel de la part de son père presque toute sa vie.Lorsque son père alcoolique entrait dans la salle de bain pour la toucher, elle demandait de l\u2019aide à sa mère, terrorisée elle aussi, qui se contentait de crier: «Arrête donc, maudit cochon.» La plupart du temps, elle se laissait faire pour éviter qu\u2019il ne devienne encore plus violent.Elle a vécu toute sa vie sous la menace et dans la peur.Les agressions se sont terminées il y a quelques mois à peine, lorsqu\u2019elle a décidé de rompre tout lien avec lui.Ses blessures vives l\u2019ont menée de la consommation à l\u2019itinérance.Elle habite présentement dans une ressource d\u2019hébergement et suit une thérapie pour tenter de reprendre le contrôle sur sa vie.Quel impact a eu le mouvement #MeToo ?« Je ne connais pas cet organisme », répond-elle candidement.Victimes invisibles #MoiAussi ne rejoint pas toutes les femmes, car c\u2019est un mouvement porté par des « femmes blanches privilégiées » qui ont les moyens de se faire entendre, constate Sandrine Rici, sociologue et coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes.« La madame de la rue Panet, qui cumule trois boulots pour survivre et qui fait son épicerie avec 75 $ par semaine, elle n\u2019a pas nécessairement le temps d\u2019aller libérer sa parole sur Twitter », ironise-t-elle.Pourtant, note Mme Ricci, chaque fois qu\u2019une vedette sort publiquement, c\u2019est repris dans les médias et ça se traduit par une hausse des demandes d\u2019aide dans les CALACS.C\u2019est donc dire que la parole des femmes d\u2019influence a un impact.Et comme on en parle dans la sphère publique, ça met aussi la table pour celles qui n\u2019ont pas de voix, ajoute-t- elle.« Il y a un mouvement de protestation mené par des femmes noires qui travaillent dans les McDonald\u2019s contre le harcèlement aux États-Unis.Ça montre que la parole des moins bien nanties atteint aussi l\u2019espace public.» Mais il y a tout de même une préoccupation, note Mme Ricci.« Certaines paroles sont plus audibles que d\u2019autres et il y a là un danger qu\u2019on occulte des réalités.» En effet, ce sont les femmes marginalisées, racisées, autochtones, handicapées ou issues de la diversité sexuelle qui sont les plus susceptibles d\u2019être victimes d\u2019agression sexuelle.Le mouvement met en lumière l\u2019invisibilité de ces femmes dans nos sociétés.Comble de l\u2019ironie, peu de gens savent encore que le mouvement #MeToo existait bien avant que les vedettes n\u2019en fassent un mot-clic en vue.Il a été créé il y a plus de dix ans par Tarana Burke, une activiste afro-américaine de Harlem.Son mouvement est né d\u2019une rencontre avec une jeune fille de 13 ans qui lui a confié être victime d\u2019agression sexuelle.Sur son site Internet, la travailleuse sociale raconte le désarroi qu\u2019elle avait alors ressenti.Elle s\u2019était retrouvée sans voix, incapable d\u2019accueillir ce témoignage et d\u2019offrir du soutien à la jeune fille.« Je l\u2019ai regardée partir, alors qu\u2019elle tentait de ravaler ses secrets pour les enfouir à nouveau au plus profond d\u2019elle-même.Je l\u2019ai regardée remettre son masque et retourner dans le monde, toute seule, parce que je n\u2019avais même pas été capable de lui dire : moi aussi.» Tarana Burke a été applaudie par les femmes qui ont popularisé le mouvement.Mais elle n\u2019était pas sur la page couverture du Time lorsque le magazine a choisi de nommer « personnalité de l\u2019année » les stars hollywoodiennes à l\u2019origine de #MeToo.« C\u2019est un mouvement qui existait déjà, qui avait très peu de visibilité et qui, une fois récupéré par des vedettes, a encore une fois invisibilisé certaines femmes », résume Stéphanie Tremblay, du regroupement québécois des CALACS.Une vague glamour qui a laissé des femmes dans l\u2019ombre Le producteur de cinéma Harry Weinstein a été arrêté en mai dernier pour plusieurs accusations déposées par la police de New York, relativement à des allégations faites par l\u2019aspirante actrice Lucia Evans.KEVIN HAGEN GETTY AGENCE FRANCE-PRESSE L'ex-actrice et militante Rose McGowan a fait lever le mouvement #MeToo en alléguant, sur les réseaux sociaux, avoir été violée par le magnat du cinéma hollywoodien Harvey Weinstein.Mais c'est Tarana Burke (à droite), qui a d\u2019abord fondé ce mouvement en 2007 pour dénoncer les violences sexuelles.PAUL SANCYA ASDOCIATED PRESS #MoiAussi, c\u2019est un éveil collectif et c\u2019est positif.Mais il y a quelque chose de superficiel dans tout ça.Ce n\u2019est pas la vraie vie.La vraie vie, ce sont des femmes comme moi qui rament pour s\u2019en sortir.Mais personne ne porte cette voix-là, parce que ce n\u2019est pas une voix gagnante.LISE LARAMÉE » LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 PERSPECTIVES B 3 AMÉLI PINEDA LE DEVOIR En octobre 2017, les affaires Éric Sal- vail et Gilbert Rozon ont ébranlé le Québec, provoquant les premières secousses associées au mouvement de dénonciation #MoiAussi.Un an plus tard, les résultats des enquêtes policières se font toujours attendre.« Ça traîne [\u2026], la procureure nous avait dit que des accusations [pourraient être] déposées avant l\u2019été et on ne sait pas ce qui se passe depuis», confiait l\u2019animatrice Pénélope McQuade, de passage à l\u2019émission Tout le monde en parle le 23 septembre dernier.Pénélope McQuade fait partie des neuf femmes qui ont confié au Devoir ainsi qu\u2019au 98,5 FM avoir été victimes de harcèlement et d\u2019agressions sexuelles de la part du fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon.Le 19 octobre 2017, sept d\u2019entre elles ont accepté de témoigner à visage découvert dans la foulée du mouvement #MoiAussi.La veille, onze personnes rapportaient dans La Presse + des allégations d\u2019inconduite sexuelle, allant du harcèlement aux agressions, par le producteur et animateur Éric Salvail.Obtenir une condamnation Dans les deux cas, plusieurs victimes ont porté plainte au Service de police de la Ville de Montréal.Après plusieurs mois d\u2019enquête, leurs dossiers seraient désormais entre les mains du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).Ce dernier refuse de donner tous les détails sur le cheminement de ces dossiers, préférant ne pas commenter des cas précis lorsqu\u2019aucune accusation n\u2019est pas encore portée.« Quand on parle d\u2019un crime commis il y a plusieurs années, nécessairement, l\u2019enquête risque d\u2019être un peu plus compliquée.Avant d\u2019accuser un suspect, un procureur de la Couronne doit avoir la conviction morale de pouvoir obtenir une condamnation.S\u2019il intente une poursuite, ça signifie qu\u2019il estime qu\u2019il a une possibilité sérieuse d\u2019obtenir une condamnation », souligne l\u2019avocat criminaliste Walid Hijazi.Par ailleurs, même si aucune accusation criminelle n\u2019a encore été portée contre Gilbert Rozon, ce dernier est sous le coup d\u2019une action collective menée par les Courageuses, un groupe d\u2019une vingtaine de présumées victimes alléguant avoir subi des gestes à caractère sexuel de la part de l\u2019ancien magnat de l\u2019humour.Les gestes reprochés auraient été commis de 1982 à 2017.Ces femmes affirment que Gilbert Rozon est un « prédateur sexuel » qui a utilisé son pouvoir pour commettre des inconduites sexuelles allant jusqu\u2019au viol.Contre un individu seul L\u2019action collective, autorisée en mai dernier par la Cour supérieure du Québec, est la première au Québec à être autorisée contre un individu seul.Jusqu\u2019ici, les poursuites collectives déjà menées en justice en matière de crimes sexuels visaient non seulement des individus, mais également des organismes, notamment des congrégations.Depuis, Gilbert Rozon a porté cette décision en appel, d\u2019avis que cette action « s\u2019appuyant principalement sur un article paru dans Le Devoir » lui cause une « injustice » qui le force à « dépenser des sommes substantiel - les » pour se défendre.Le dossier étant toujours devant les tribunaux, des victimes préfèrent ne pas commenter dans les médias les répercussions du mouvement de dénonciation #MoiAussi.#MOIAUSSI Québec: un an plus tard Des femmes de tous âges et toutes classes sociales se sont senties interpellées par la vague #MeToo, au Québec comme ailleurs dans le monde.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Une époque terrifiante It\u2019s a very scary time for young men in America », a déclaré Donald Trump dans un point de presse en marge des audiences sur la nomination du juge Brett Kavanaugh, accusé publiquement d\u2019agression sexuelle.La présomption d\u2019innocence, a-t-il ajouté, a aujourd\u2019hui été renversée.Je m\u2019étonne toujours lorsque ceux qui, par ailleurs, hurlent à la rectitude politique et à l\u2019étouffement de la liberté d\u2019expression brandissent la présomption d\u2019innocence dès qu\u2019une voix s\u2019élève pour nommer une violence.Que gagnerait la liberté d\u2019expression, dites-moi, à ce qu\u2019on applique au discours public une règle de droit conçue pour protéger une personne accusée, dans le cadre spécifique d\u2019une procédure judiciaire ?N\u2019est-ce pas réclamer une judiciarisation accrue du débat public, laquelle gruge précisément la liberté d\u2019expression ?It\u2019s a very scary time, indeed.La présomption d\u2019innocence est essentielle à la justice pénale, car le tribunal détient le pouvoir de priver un individu de sa liberté.Il en découle un ensemble de règles encadrant ce qui peut être présenté au juge, et comment ; des règles qui déterminent ce sur quoi le juge s\u2019appuie pour écrire l\u2019histoire de la culpabilité, ou de l\u2019innocence.Écrire l\u2019histoire plutôt que de trancher Je parle délibérément d\u2019« écrire l\u2019histoire » plutôt que de « trancher » ou « décider ».Car si l\u2019on fait un arrêt sur image afin d\u2019évaluer où nous en sommes depuis #MeToo, on touche ici un point névralgique.Voilà un an que nous réexaminons tout ce que nous pensions savoir sur le pouvoir, la place de la parole et du récit, en société.D\u2019abord, un étonnement : le tribunal n\u2019est pas le seul à produire des récits dont découle une sanction concrète, immédiate.Prenez les enquêtes journalistiques qui ont fait tomber Harvey Weinstein ou Gilbert Rozon, en amont de tout procès.L\u2019inverse est aussi vrai : le récit personnel, constate-t-on, peut subvertir le droit.Un Jian Ghomeshi blanchi par la justice peut livrer son histoire dans une revue littéraire prestigieuse sans jamais dire que son acquittement ne portait pas sur l\u2019ensemble des allégations relayées par les journaux ; qu\u2019il a été innocenté par la maladresse des témoins.De la même façon, Donald Trump, dénigrant Christine Blasey Ford, pose un verdict, avec toute la force conférée à sa parole par l\u2019institution qu\u2019il incarne : un verdict sur la légitimité d\u2019une femme, puis celle de l\u2019homme qu\u2019elle accuse.Et quand Les Inrockuptibles publient un long entretien avec Bertrand Cantat sur sa « rédemption » sans jamais nommer Marie Trintignant, qu\u2019il a assassinée à coups de poing en 2003, ils réécrivent ce qui fut pourtant dit par un tribunal.Le journaliste et le juge Le pouvoir de nommer, d\u2019écrire le récit qui sanctionne, ne serait donc pas la prérogative exclusive du judiciaire.Voilà l\u2019évidence qu\u2019on découvre.Ce n\u2019est donc peut-être pas un hasard si le travail du journaliste et du juge se ressemble autant, dans la façon dont ils se saisissent des faits.Le journaliste, pour autant qu\u2019il fasse un travail sérieux, adopte, comme le juge, la posture du tiers, en surplomb, dans la résolution d\u2019un conflit opposant des faits et des perceptions contradictoires.Le journaliste, avant d\u2019écrire ou d\u2019aller en ondes, lui aussi, tranche : sur la crédibilité des faits, sur leur valeur pour fonder un récit légitime.Le juge fait essentiellement la même chose, bien qu\u2019il soit tenu par des règles formelles et strictes, et que la sanction de sa décision, de son récit, n\u2019est jamais laissée au hasard.Le journaliste, lui, n\u2019est tenu que par des normes déontologiques, souvent informelles, et la livraison de son travail n\u2019encourt pas un effet défini.Toutefois, si, dans les deux cas, la valeur accordée à leur récit est élevée, il serait erroné de croire qu\u2019ils se prononcent sur la même chose : le journaliste tente de dire « ce qui est », le plus fidèlement, mais aussi le plus largement possible.Le juge répond, lui, à une question précise, qui suppose un traitement des faits beaucoup plus restrictif.Le juge répond à une question de droit ; le journaliste, en quelque sorte, la pose.Il me semble qu\u2019un an après #MeToo, nous avons encore du mal à penser concrètement cette articulation, que nous ne pouvons plus tenir pour acquise.Il y a quelque chose qui coince ; comme une incapacité à définir tout à fait la place, tout en les protégeant respectivement, des discours public et judiciaire.Les tiraillements sont nombreux Voilà les eaux marécageuses dans lesquelles nous pataugeons encore.Les tiraillements sont nombreux, souvent douloureux.Mais ce travail intense qu\u2019il nous faut mener ensemble, sans céder ni succomber à la démonisation d\u2019autrui, est fécond.Ce travail se fait au carrefour des sensibilités humaines et du droit ; de l\u2019intime et du politique ; de la raison et de l\u2019empathie.Cela amène bien sûr son lot d\u2019hésitations, de tiraillement, de coups durs.Mais si cette posture est inconfortable, l\u2019inconfort est ici la preuve que nous nous tenons exactement au bon endroit.Les révolutions, forcément, avancent à tâtons.AURÉLIE LANCTÔT Tania Bergeron a été agressée à trois reprises, par trois personnes différentes, entre l\u2019âge de 12 et 18 ans.Elle a tenté de dénoncer la dernière agression, mais la police n\u2019a pas retenu sa plainte.Laissée à elle-même, elle a développé au fil des années des mécanismes de défense.« Je faisais de l\u2019évitement.J\u2019avais des symptômes, mais je fonctionnais relativement bien\u2026 Jusqu\u2019à ce que le mouvement #MoiAussi fasse surface », raconte la jeune femme aujourd\u2019hui âgée de 31 ans.C\u2019était partout.Sur toutes les chaînes.Dans les journaux.Sur Facebook.Partout.Même dans les soupers de famille.Il n\u2019y avait pas moyen de l\u2019éviter.« Ce qui a été le plus confrontant pour moi, c\u2019est tout ce discours autour du #MoiAussi, tous ces gens qui disent que la victime l\u2019a cherché ou qui remettent en question le fait que c\u2019est une agression sexuelle », confie-t-elle.Ses symptômes ont explosé.Elle faisait de deux à trois crises de panique par jour.Elle n\u2019était plus capable de fonctionner au travail.Ni les antidépresseurs ni la psychothérapie, qu\u2019elle a dû interrompre faute de fonds, ne lui ont permis de remonter la pente.«En décembre 2017, j\u2019étais au bout du rouleau, et ça a eu des répercussions sur ma vie familiale.Je me suis retrouvée au pied du mur, où mon conjoint m\u2019a dit : je t\u2019aime, mais je ne peux pas vivre comme ça.C\u2019est là que je suis allée chercher de l\u2019aide dans un groupe de soutien pour les victimes d\u2019agression sexuelle et que j\u2019ai entamé des démarches pour obtenir une indemnisation à l\u2019IVAC.» Cette période a été difficile, mais nécessaire, raconte-t-elle.«Aujourd\u2019hui, je peux dire que le mouvement #MoiAussi a eu un impact positif, parce que ça m\u2019a poussée à prendre des actions et que je suis sur la voie de la guérison, ce que je ne pensais pas possible pour moi.Je ne serai plus sur le mode de la survie.Ça me donne une vie.» Au-delà des impacts sur sa vie personnelle, Tania est heureuse de voir que le discours autour des agressions sexuelles s\u2019est élargi: on parle désormais de consentement, de slut-shaming, d\u2019éducation sexuelle.«#MoiAussi, c\u2019est un mouvement qui permet aux victimes de s\u2019affranchir de la honte et de briser les tabous.Ça a permis un changement de vision, dans la mesure où les gens arrêtent de voir ça comme quelque chose qui relève du privé pour considérer les agressions sexuelles comme un problème de société.» Jessica Nadeau Tania Amélie (nom fictif) a été agressée sexuellement par son conjoint, dans un con - texte de violence conjugale alors qu\u2019elle n\u2019avait que 17 ans.Dans les années qui ont suivi, elle a été agressée encore deux autres fois.Quand elle est tombée enceinte, elle espérait, dans une vision un peu romantique, que l\u2019accouchement la réconcilierait avec son corps.Ça n\u2019a pas été le cas.Et la chute a été difficile.Elle a sombré dans la dépression et, sur les conseils de ses proches, a entamé une thérapie avec une sexologue.«C\u2019est là que je me suis rendu compte de tous les mythes qui alimentent la culture du viol.Comme je croyais que c\u2019était la responsabilité des femmes de se protéger, dans ma tête, je me disais que j\u2019avais été incompétente dans cette capacité à me protéger.Donc je suis coupable, je suis responsable et c\u2019est honteux.» Quand le mouvement #MoiAussi a fait surface l\u2019an dernier, la trentenaire était encore «dans les limbes».Elle s\u2019est sentie réconfortée par la vague de dénonciations, véhiculée par des visages qu\u2019elle avait l\u2019impression de connaître pour les avoir vus si souvent au petit écran.« C\u2019était rassurant de voir que je n\u2019étais pas seule à vivre ça.Mais je n\u2019ai jamais été capable d\u2019écrire #MeToo sur mon Facebook.Je me sentais encore bien trop coupable, j\u2019avais encore trop honte.Tranquillement, avec la thérapie, c\u2019est en train de partir.» Encore aujourd\u2019hui, elle a peur de ne pas être crue.« Ma crainte, c\u2019est toujours : est-ce qu\u2019on va me croire ?lance- t-elle en ravalant ses larmes.C\u2019est encore une peur trop grande pour l\u2019instant.Je sais qu\u2019un jour, je vais cheminer et me dire : si les gens ne me croient pas, tant pis.Mais je ne suis pas rendue là.» Car les rares fois où elle a tenté d\u2019en parler, dans le passé, on ne l\u2019a pas crue.«Les mégatraumatismes de ma vie, c\u2019est que mes propres parents ne m\u2019ont pas crue et que les gens en autorité qui sont censés me protéger ne m\u2019ont pas crue.La blessure reliée à ça a été tellement forte que oui, ça m\u2019aide le #MeToo, mais c\u2019est bien peu dans la balance\u2026» Jessica Nadeau Il existe une ligne ressource sans frais pour les victimes d\u2019agression sexuelle, mise sur pied par le gouvernement du Québec: 514 933-9007, 1 888 933-9007.Amélie Agressée à répétition par son beau- père quand elle était adolescente, Judith Trickey McCullough, 50 ans, a été tenté de mettre derrière elle cette « histoire de famille bien banale » pendant des années.Quand son aînée a eu 12 ans, elle a alors réalisé qu\u2019à cet âge, une enfant ne peut être consentante ou responsable.Elle a porté plainte à la police et fait condamner son agresseur.Même si elle avait obtenu justice depuis longtemps, le mouvement #MoiAussi a rouvert ses blessures.«Ça m\u2019a touchée tout le débat social autour de ça.C\u2019est vraiment venu me chercher.» Saturée, elle a cessé de lire ces histoires d\u2019agressions omniprésentes dans les médias québécois et la pres - se internationale.Trop douloureux.Elle se gardait aussi de lire les commentaires des lecteurs, parfois blessants, lui rappelant à quel point le fardeau de la preuve repose encore sur les épaules de la victime.« On entend souvent les gens dire que [l\u2019agression] n\u2019est pas arrivée, parce que l\u2019agresseur n\u2019a pas été reconnu coupable.Le fardeau de la preuve pour mettre quelqu\u2019un en prison est immense.Mais personne ne dénonce pour le plaisir.C\u2019est extrêmement douloureux et difficile tant sur le plan personnel que social et financier.J\u2019ai été déshéritée par ma famille, j\u2019ai perdu ma mère, ça a été une hécatombe familiale.» Judith ne s\u2019est pas confié sur les réseaux avec le #MoiAussi.Elle avait besoin de garder une saine distance.« J\u2019avais dit ce que j\u2019avais à dire.» Mais elle juge « très positif » ce mouvement qui permet de lever le voile sur ce « cancer » sociétal que sont les agressions sexuelles.« Ça met fin à l\u2019isolement, ça aide tout le monde.» À travers ce mouvement, elle observe cependant une certaine tendance, très nord-américaine, à vouloir s\u2019affranchir de l\u2019étiquette de victime.« Cette crainte d\u2019être vue comme quelqu\u2019un qui joue à la victime, c\u2019est assez dangereux », lance-t-elle.« Plusieurs vont dire : \u201cJe ne suis pas une victime, ne me voyez pas comme une victime.\u201d Il y a cette idée de montrer qu\u2019on est capable de passer pardessus.Que ce qui ne te tue pas te rend plus fort.Mais moi, je ne crois pas qu\u2019une mauvaise cho se arrive pour une raison.Oui, je suis une victime.Je n\u2019en ai pas hon te.Et je n\u2019ai pas à avoir honte d\u2019avoir encore mal.» Jessica Nadeau Judith Voilà un an que nous réexaminons tout ce que nous pensions savoir sur le pouvoir, la place de la parole et du récit, en société.D\u2019abord, un étonnement : le tribunal n\u2019est pas le seul à produire des récits dont découle une sanction concrète, immédiate.Prenez les enquêtes journalistiques qui ont fait tomber Harvey Weinstein ou Gilbert Rozon, en amont de tout procès.« ÉLECTIONS 2018 B 4 LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 L\u2019héritier de Philippe Couillard T ant qu\u2019à y être, ajoutons le nom de Philippe Couillard à la liste de tous ceux qui pourraient se réclamer d\u2019être l\u2019héritier politique de René Lévesque.Au risque de susciter l\u2019indignation de certains de ses anciens collaborateurs, il faut reconnaître que le fondateur du Parti québécois se fit un devoir d\u2019éviter de faire de la politique sur le dos des minorités linguistiques et religieuses.Or, à l\u2019occasion de l\u2019annonce de son départ de la politique après la cuisante défaite du Parti libéral lors des élections de lundi, le premier ministre sortant tenait à rappeler aux 125 députés qui prendront bientôt leurs sièges à Québec la lourdeur de leurs responsabilités envers les minorités.« Notre Assemblée nationale, comme tous les parlements, a dit M.Couillard, se doit de protéger leurs droits plutôt que de les restreindre, si elle veut conserver sa légitimité.» Le contraste avec les propos qu\u2019avait tenus mardi François Legault, lors de sa première conférence de presse postvictoire, ne pouvait qu\u2019être plus frappant.Celui qui remplacera maintenant M.Couillard à la tête du gouvernement n\u2019a pas tardé à manifester son manque de compréhension d\u2019un principe aussi fondamental en démocratie que celui de la protection des droits des minorités en invoquant l\u2019appui de la majorité québécoise pour justifier sa promesse d\u2019interdire le port de signes religieux par certains employés de l\u2019État.« Et si nous devons avoir recours à la clause dérogatoire [de la Constitution canadienne] pour appliquer ce que la majorité des Québécois veut, on le fera », de dire M.Legault, faisant ainsi les manchettes à travers le Canada et se lançant d\u2019une manière pour le moins prématurée dans un débat qui risque de lui coûter cher.Comme première impression, disons qu\u2019elle n\u2019inspirait pas beaucoup confiance.M.Legault ne semble pas encore saisir en quoi ses propos ont maintenant une portée plus large que ceux du chef du troisième parti à l\u2019Assemblée nationale.S\u2019il veut éviter de replonger le Québec dans les débats déchirants qu\u2019il a lui-même invoqués pour justifier la création de sa Coalition avenir Québec, M.Legault devrait vite apprendre à moduler son discours selon les circonstances.On a beau invoquer l\u2019exemple du premier ministre on- tarien Doug Ford, qui tire sur tout ce qui bouge, le recours à sa clause dérogatoire n\u2019est pas le genre de menace qu\u2019on devrait brandir à la légère.D\u2019ailleurs, M.Ford a renoncé à invoquer ladite clause après que la Cour d\u2019appel de l\u2019Ontario eut validé sa loi visant à réduire la taille du conseil municipal de Toronto.Il n\u2019en avait tout simplement plus besoin, puisque la constitutionnalité de sa démarche n\u2019était plus en question.Les municipalités étant les créatures des provinces selon la Constitution canadienne, les provinces peuvent en disposer comme bon leur semble.Et si d\u2019aventure M.Ford devait avoir recours à la clause dérogatoire pour instaurer quelque réforme municipale que ce soit, il ne s\u2019agirait pas d\u2019une abrogation des droits fondamentaux apte à susciter l\u2019indignation d\u2019Amnistie internationale.Tout au plus, il s\u2019agirait de la politique interne d\u2019une province.L\u2019interdiction du port des signes religieux est d\u2019un tout autre ordre.Elle serait susceptible d\u2019attirer l\u2019attention du monde entier.On a beau citer l\u2019exemple des pays européens qui interdisent le port du voile islamique dans certains établissements publics, le Québec devrait apprendre de leurs erreurs plutôt que de les répéter.En France, l\u2019interdiction du voile et de la burqa n\u2019a en rien renforcé la cohésion sociale de la République ni servi à l\u2019intégration de la population musulmane pratiquante.Cette dernière est devenue encore plus marginalisée et se sent d\u2019autant plus exclue.Bien sûr, on ne devrait pas bannir au nom de la rectitude politique le débat sur les défis que pose la diversité religieuse pour la laïcité de l\u2019État.Mais de là à offrir des réponses irréfléchies à des questions plus qu\u2019hypothétiques comme l\u2019a fait M.Legault cette semaine, cela n\u2019augure rien de bon pour un premier ministre qui se veut rassembleur.Non seulement a-t-il plongé dès le début le nouveau gouvernement dans la controverse, mais M.Legault a fait fi de son engagement, lors de son discours de lundi soir, à gouverner au nom de tous les Québécois.En mettant vite à dos une bonne partie d\u2019entre eux, il n\u2019a fait que prouver qu\u2019il faut plus qu\u2019une pluralité de sièges à l\u2019Assemblée nationale pour accéder à la stature d\u2019un premier ministre.Quoi qu\u2019on dise de M.Couillard, lui, il l\u2019avait, cette stature.Et son discours de départ devrait guider tous ceux et toutes celles qui lui succéderont.« Ayons confiance en nous.Ne craignons surtout pas l\u2019autre ou l\u2019avenir.Écoutons notre belle jeunesse, qui nous dit de rester confiants et ouverts.» M.Legault saurait-il en ce sens être l\u2019héritier de M.Couillard ?KONRAD YAKABUSKI STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR La Coalition avenir Québec a promis du changement pendant toute la campagne électorale et sitôt élu, le chef de la jeune formation a reformulé la promesse sans aucune ambiguïté.« On va changer le Québec », a dit François Legault en rencontrant mercredi son nouveau caucus à Boucherville.« On va le changer.On ne va pas s\u2019énerver en tirant dans toutes les directions.On va faire ça dans l\u2019ordre.Mais dans quatre ans, le Québec ne sera pas le même Québec qu\u2019aujourd\u2019hui.» C\u2019est clair et net, et dans la lignée du dégagisme qui a finalement balayé les deux vieilles formations politiques ayant gouverné le Québec depuis un demi-siècle.François Legault a aussi promis que toutes les promesses de son programme seraient réalisées pendant le premier mandat.Alors, osons un peu de politique-fic- tion.De quoi aura l\u2019air le Québec au bout de cette grande mutation annoncée ?Comment sera transformé le Québec en quatre ans?Pour asseoir cette prospective, il faut d\u2019abord se demander quel grand principe guidera la course des quelque 1450 jours avant les prochaines élections du 1er octobre 2022.De quelle philosophie politique le caquisme est-elle le nom?«À force de regarder la CAQ, après avoir lu toute sa littérature, j\u2019en viens à l\u2019idée d\u2019un courant de la droite entre- preneuriale», répond le professeur Frédéric Boily de l\u2019Université de l\u2019Alberta, spécialiste du conservatisme canadien et de la CAQ en particulier.«L\u2019idéologie de base est dirigée vers les individus, et c\u2019est pourquoi on n\u2019y retrouve pas vraiment de grand projet de société.» La professeure Isabelle Fortier, de l\u2019École nationale d\u2019administration publique (ENAP), fait en gros la même lecture en liant cette conception du monde aux électeurs qui viennent de la défendre.Elle cite une enquête de l\u2019Institut du Nouveau Monde de 2015 qui montrait que plus de la moitié (53%) des jeunes Québécois de 18-34ans avait déjà songé sérieusement à fonder une entreprise, à devenir leur propre patron.L\u2019enquête révélait aussi qu\u2019ils comptaient avant tout sur eux-mêmes et pas sur l\u2019État ou les syndicats pour améliorer leur sort.Mme Fortier souligne aussi que les entrepreneurs sont bien représentés dans le lot des candidats caquistes élus, à l\u2019image du chef, qui se décrit comme un homme d\u2019affaires pragmatique.«Cette idée existe dans la société, dit la professeure Fortier.C\u2019est tout à fait dans le courant nord-américain néoli- béral de l\u2019entrepreneuriat de soi, cette idée qu\u2019on doit construire sa vie, cette obsession de la performance et de la concurrence.On est là-dedans.C\u2019est sur cette idéologie que la CAQ au pouvoir va miser pour changer l\u2019État et la société dans les prochaines années.» Des projets concrets Reste à savoir comment.La majorité confortable donne les coudées franches au nouveau gouvernement même si la société civile et les corporations vont assurément réagir à certaines réformes.Quand on le force au jeu des prédictions, le professeur Boily se risque à dire que la renégociation salariale avec les médecins spécialistes va certainement aboutir.La CAQ veut en tirer 1 milliard et attend une étude comparative avec la situation ontarienne avant de trancher.La maternelle à 4 ans se fera aussi, avec des aménagements pratiques pense-t-il.La réforme du mode de scrutin ?Il a « l\u2019impression » qu\u2019elle se réalisera si M.Legault décide d\u2019en faire le symbole de sa capacité à tenir promesse, d\u2019autant plus que la transformation pourrait faire reculer le cynisme et le désengagement civique.« On pourra mesurer le sérieux de ses intentions quand on saura quelle personne il place à la tête de cette réforme.Au fédéral, on a compris que la réforme n\u2019aboutirait pas quand Justin Trudeau a confié le dossier à [Karina Gould], une ministre inexpérimentée.» Cela noté, le plus grand point de friction viendra probablement de la question de l\u2019immigration, prévoit le professeur Boily.« Des députés caquistes ont commencé à parler sur ce thème et leur précipitation pourrait être nuisible au parti », dit le spécialiste interrogé par téléphone mercredi.La CAQ veut interdire les signes religieux aux fonctionnaires en situation d\u2019autorité, aux enseignants notamment.François Legault est prêt à utiliser la massue de la disposition de dérogation (la « clause nonobstant ») Que sera le Québec de la CAQ ?La philosophie du citoyen-entrepreneur teintera la joute politique L a scène se passe en début de campagne.François Legault est interpellé par des journalistes, qui lui demandent lesquels de ses candidats pourraient former une escouade environnementale.Il faut dire que quelques jours auparavant, il avait affirmé compter sur une véritable «escouade» économique de 37 candidats.Cette fois, le chef caquiste est pris de court.Spontanément, il nomme quand même un certain «Richard» (son nom de famille lui avait échappé, mais il s\u2019agissait de Richard Campeau, directeur du comité environnemental du parti et maintenant député de Bour- get), en plus d\u2019évoquer deux ou trois candidats selon lui intéressés par les enjeux environnementaux.M.Legault mentionne aussi le nom de Christian Dubé, ancien premier vice-président de la Caisse de dépôt et placement du Québec.Mais quelques jours plus tard, M.Dubé était resté bouche bée quand un journaliste lui avait posé une question en l\u2019interpellant en tant que membre désigné de l\u2019escouade environnementale de la CAQ.« Qui, moi ?» avait-il répondu.Des quatre principaux partis qui ont pris part à la campagne électorale, la Coalition avenir Québec (CAQ ) est de loin la formation qui a le moins parlé d\u2019environnement.Les quelques engagements pris au cours des dernières semaines sont aussi demeurés très sommaires.Maintenant que les troupes de François Legault ont le pouvoir en main pour quatre ans, difficile de prévoir ce qui attend le Québec.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR La construction du complexe hydroélectrique de la rivière Romaine, au coût de 6,5 milliards, a soulevé des doutes sur la rentabilité du projet pour Hydro-Québec.La Coalition avenir Québec promet de son côté de relancer la construction de grands barrages.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans le brouillard environnemental En campagne électorale, François Legault a montré un angle mort important sur le front climatique S\u2019il veut éviter de replonger le Québec dans les débats déchirants qu\u2019il a lui-même invoqués pour justifier la création de sa Coalition avenir Québec, M. Legault devrait vite apprendre à moduler son discours selon les circonstances LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 ÉLECTIONS 2018 B 5 L\u2019antinationaliste D es années Couillard, la mémoire collective retiendra surtout les douloureuses compressions budgétaires du début de mandat.Tout le monde reconnaît les bienfaits de finances publiques en santé, mais l\u2019empressement du premier ministre sortant à atteindre le déficit zéro, peu importe le prix, laisse toujours aussi perplexe.On ne peut s\u2019empêcher de penser qu\u2019il a surtout été motivé par le désir d\u2019être en mesure de multiplier les promesses à l\u2019approche de l\u2019élection.Aux dernières heures de la campagne, M.Couillard a soutenu qu\u2019il était nationaliste.En réalité, le trait le plus marquant de sa personnalité politique était un antinatio- nalisme qui semblait presque viscéral.Comme Daniel Johnson fils se décrivait lui-même, il était « un Canadien d\u2019abord et avant tout ».Il est vrai que Québécois et Canadiens partagent de nombreuses valeurs.Ils sont aussi attachés les uns que les autres à la démocratie, au respect des droits et libertés, à l\u2019égalité des hommes et des femmes, mais cela ne signifie pas qu\u2019être Québécois soit simplement une façon d\u2019être Canadien.M.Couillard a toujours clamé son attachement aux « valeurs libérales » dont Claude Ryan avait fait l\u2019apologie dans le petit ouvrage que Jean Charest lui avait commandé en 2002 et qui est devenu une sorte de bible au PLQ.Il n\u2019a toutefois retenu que les passages consacrés aux libertés individuelles et à la diversité, omettant toujours le chapitre intitulé « L\u2019identification au Québec ».« L\u2019identification avec le Québec passe d\u2019abord par l\u2019identification avec sa majorité francophone.Elle postule que l\u2019on assume les aspirations de cette majorité, ainsi que son histoire, sa langue et sa culture, ses institutions, ses modes de vie et ses particuralismes », écrivait M.Ryan.M.Couillard n\u2019a jamais donné cette impression.Bien sûr, il aime le Québec et ses rivières à saumon.C\u2019est la québécitude qui lui pose problème.Cet amoureux de la langue française, qu\u2019il parle admirablement, n\u2019a jamais compris, encore moins ressenti, l\u2019insécurité culturelle qui habite ses concitoyens, y voyant même une sorte de paranoïa causée par la démagogie de ses adversaires.Qu\u2019il s\u2019agisse de langue, de laïcité ou d\u2019immigration, M.Couillard a présenté le moindre geste d\u2019affirmation identitaire comme une tentative d\u2019attiser l\u2019intolérance à des fins politiques.En revanche, il ne lui est jamais venu à l\u2019esprit que le bilinguisme et le multiculturalisme dont le gouvernement canadien fait activement la promotion puissent contribuer à affaiblir cette identité.M.Couillard est en quelque sorte l\u2019antithèse de cet autre médecin qu\u2019était Camille Laurin, qui s\u2019était donné pour mission de libérer les Québécois de cette insécurité en faisant adopter la loi 101.Un psychiatre et un neurochirurgien, deux spécialistes du cerveau humain, l\u2019un s\u2019intéressant au contenu, l\u2019autre au contenant.Dans sa dernière conférence de presse en qualité de premier ministre, M.Couillard a demandé à son parti de « rester fidèle à ses valeurs et surtout de ne jamais les marchander pour quelques votes », mais les libéraux devraient plutôt se demander si les valeurs qu\u2019il défendait étaient réellement celles du PLQ.Le désastre de lundi dernier ne peut pas s\u2019expliquer simplement par le désir de changement, le souvenir des compressions budgétaires ou de Gaétan Barrette.De toute évidence, cette « identification avec la majorité francophone » dont parlait Claude Ryan a disparu.Si les libéraux ne détiennent plus que quatre circonscriptions en dehors de l\u2019île de Montréal, ce n\u2019est pas qu\u2019ils ont un problème avec les régions, c\u2019est qu\u2019ils en ont un avec les francophones qui y habitent.« Tenter d\u2019imiter nos adversaires ne nous mènera pas à la victoire », a déclaré M.Couillard.Rien n\u2019est moins sûr.S\u2019il veut renouer avec le succès, le PLQ devra s\u2019adapter lui aussi à un nouveau climat politique, où l\u2019indépendance ne représente plus une menace.Il ne peut plus compter sur la simple addition du vote des anglophones, des allophones et des francophones ultrafédéralistes pour l\u2019emporter.Afin d\u2019assurer sa réélection en 1989, Robert Bourassa avait jugé nécessaire d\u2019utiliser la disposition de dérogation pour maintenir l\u2019unilinguisme français dans l\u2019affichage commercial, malgré un jugement de la Cour suprême.La communauté anglophone avait crié au meurtre, mais le PLQ avait recueilli 50 % des voix et remporté 92 sièges.Sur la question des signes religieux, bien des libéraux auraient préféré que leur parti se joigne au consensus autour des recommandations de la commission Bouchard-Taylor.Tous les partis, sauf le PLQ, préconisent également d\u2019étendre la francisation aux entreprises de 26 à 49 employés, ce qui ne brimerait les droits de personne.Qui sait, une relecture du livre de M.Ryan permettra peut-être au prochain chef de redécouvrir que le respect des « valeurs libérales » n\u2019exige pas d\u2019étouffer les aspirations de la majorité francophone, mais plutôt de les soutenir.MICHEL DAVID Le sous-texte était clair: il ignorait qu\u2019il faisait partie de l\u2019«escouade» environnementale caquiste.Au lendemain du scrutin, on se demande toujours qui portera les dossiers environnementaux au sein du gouvernement de la Coalition avenir Québec.François Legault a lui-même dit, en fin de campagne, qu\u2019il n\u2019était pas du genre à « jouer au géant vert », tout en soulignant qu\u2019il n\u2019en a pas moins « l\u2019environnement à cœur ».Qu\u2019est-ce que cela veut dire au juste?Difficile à dire, puisque la CAQ s\u2019est contentée de mettre en ligne une page « Environnement » qui se résume à quelques grands principes, sans plan précis.Celui qui est aujourd\u2019hui le premier ministre désigné du Québec a d\u2019ailleurs offert des réponses très générales aux questions sur ces enjeux.Un exemple: le chef caquiste a été incapable de dire si le Québec était en voie d\u2019atteindre ses cibles de réduction d\u2019émissions de gaz à effet de serre (GES), objectif central du Plan d\u2019action 2013-2020 sur les changements climatiques (PACC), qui doit coûter plus de quatre milliards de dollars de fonds publics.« Je ne suis pas en mesure, dans l\u2019opposition, d\u2019être capable de voir si la tendance est dans la bonne direction.Si elle n\u2019est pas dans la bonne direction, il faudra être capable de la corriger», a- t-il expliqué en campagne.Le bilan de mi-parcours du PACC, disponible depuis le mois de mars, indique pourtant clairement que le Québec est en voie de rater complètement ses objectifs de réduction de GES.Tout au plus sera-t-il possible de les stabiliser à la moitié de l\u2019objectif.Garder le cap Le Devoir a obtenu une réponse plus précise de la part des instances de la CAQ.« Nous gardons le cap vers les objectifs de réduction des gaz à effet de serre, soit une réduction de 37,5% sous le niveau de 1990 d\u2019ici 2030, même si le gouvernement libéral nous lègue un retard pour 2020 », a précisé l\u2019attaché de presse Ewan Sauves.Pour espérer rattraper le retard actuel et placer le Québec sur la bonne trajectoire, les caquistes promettent de demeurer dans le marché du carbone, mais aussi d\u2019exiger « des cibles concrètes et ambitieuses » de réduction des GES pour tous les programmes financés par le Fonds vert.La gestion libérale a été «une véritable honte» qui a mené à un «gaspillage» de millions de dollars, selon la CAQ.Interpellé sur les moyens de réduire les GES, François Legault a répété qu\u2019il lancerait de nouveaux projets de grands barrages, afin d\u2019exporter cette énergie.Fait à noter, cette volonté était inscrite dans la première mouture du Plan Nord des libéraux, en 2011.Il était alors question d\u2019investissements d\u2019Hydro- Québec de plus de 47 milliards de dollars sur 25 ans.Ce plan de développement hydraulique n\u2019est tout simplement pas «réaliste», selon Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion du secteur de l\u2019énergie à HEC Montréal.Les coûts de construction seraient «élevés», les projets seraient «controversés» et «les contrats à long terme ne sont pas à l\u2019horizon» pour la vente de cette énergie.M.Legault a aussi promis d\u2019agir en transport pour lutter contre les changements climatiques.«On les connaît, les moyens : plus de transport en commun, on veut prolonger le Réseau électrique métropolitain (REM), on veut inciter à ce qu\u2019il y ait plus de véhicules électriques, donc, on les connaît, les moyens », a-t-il fait valoir en campagne.Le parti n\u2019a cependant pas précisé de cible pour l\u2019électrification des transports au Québec.Auto solo La CAQ a en même temps promis d\u2019investir des fonds publics dans des infrastructures qui favorisent l\u2019utilisation de l\u2019auto solo, dont le développement autoroutier et la construction d\u2019un troisième lien dans la région de Québec.Bref, le parti présente des positions « contradictoires », selon Annie Cha- loux, professeure à l\u2019École de politique appliquée de l\u2019Université de Sherbrooke.« La marche est haute pour rattraper les retards dans la réduction des GES.Et 40 % des GES proviennent du secteur des transports.Il faudra donc remettre en question les projets d\u2019élargissement d\u2019autoroutes et de troisième lien.» « La priorité actuelle en transport serait de mettre fin à l\u2019hémorragie de véhicules utilitaires sport qui coule sur les routes du Québec : elle contribue à la hausse de la consommation de pétrole qu\u2019on a connue ces dernières années, elle endette les ménages québécois, elle congestionne comme jamais les routes et, évidemment, elle est une des principales sources de GES », estime pour sa part M.Pineau.Pour le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, mais aussi pour Mme Cha- loux, le changement de gouvernement signifie surtout qu\u2019on se retrouve «devant une page blanche».«C\u2019est un parti qui n\u2019a pas mis en avant de position antienvironnement, comme on peut le voir en Ontario avec le premier ministre Doug Ford, qui a tourné le dos au marché du carbone.Mais la CAQ n\u2019a pas non plus de véritable réflexion environnementale», résume M.Mayrand.Dans ce contexte, le risque le plus important, selon Karel Mayrand, est de perdre du temps et d\u2019accentuer les retards du Québec en environnement, principalement dans la réduction des GES.« Ne rien faire pendant deux ou trois ans serait dévastateur pour le développement de la nouvelle économie, basée sur la transition énergétique.Or, si on veut des emplois payants, comme le dit M.Legault, il faut emprunter cette voie.» Avec Guillaume Bourgault-Côté et Marco Bélair-Cirino pour soustraire sa propre réforme légale aux chartes des droits.Frédéric Boily lie ce dossier brûlant aux tensions prévisibles entre les régions et la métropole, Montréal étant finalement absente du gouvernement.« Je l\u2019ai vu en Alberta, dit-il.C\u2019est sur cette dichotomie entre les grandes villes et les régions qu\u2019a trébuché le gouvernement néodémo- crate dans les premiers mois.Évidemment, c\u2019est à l\u2019inverse avec la CAQ.Le parti peut trébucher sur Montréal, ce qui compliquerait la mise en œuvre de certaines politiques, dont celle sur l\u2019immigration et les signes religieux qui concernent plus directement les Montréalais.» Et l\u2019État ?La réaction de la fonction publique sera aussi à surveiller.Le programme caquiste prévoit l\u2019élimination par attrition de 5000 postes de fonctionnaires.Et si la tendance des vingt dernières années se maintient, le gouvernement va vite passer le couperet dans des dizaines de postes de hauts fonctionnaires, en dessous de l\u2019échelon des sous-ministres.Les libéraux en avaient sabré environ 70 en 2014, explique la professeure de l\u2019ENAP.« Au fédéral, on ne voit pas ce genre de raz-de-marée, dit Mme Fortier.Les personnes que j\u2019ai interrogées dans mes recherches depuis dix ans m\u2019ont décrit une politisation des nominations à Québec.La durée du dernier gouvernement va affecter la confiance qu\u2019ont les caquistes dans les fonctionnaires.Ils vont donc être tentés de faire un assez grand ménage.» La spécialiste de l\u2019administration publique pointe aussi vers une autre transformation possible de l\u2019État sous la gouverne de la Coalition.« La vision caquiste transforme les citoyens en clients et met finalement l\u2019accent sur les services directs visibles à la population tout en coupant dans les revenus de l\u2019État pour remettre de l\u2019argent dans les poches des gens, note la professeure interrogée jeudi.La partie non visible de l\u2019intervention de l\u2019État pourrait en souffrir.L\u2019État n\u2019est pas seulement un prestataire de services directs aux individus.Son rôle beaucoup plus large concerne par exemple l\u2019inspection alimentaire ou les politiques environnementales.La CAQ pourrait être tentée de couper à cet endroit.Ça ne paraîtra pas à court terme, mais à moyen terme, oui.» Bref, le nouveau premier ministre a promis de « changer le Québec » et il y arrivera vraisemblablement.« Si jamais la CAQ peut mettre en place toutes les réformes promises, ce dont on peut douter, le Québec s\u2019en trouvera transformé en 2022, termine le professeur Boily, spécialiste de cette formation politique.Je dirais cependant que le Québec sera transformé de manière importante, mais pas de manière radicale.» Le nouveau premier ministre désigné du Québec, François Legault, et le député caquiste François Bonnardel JACQUES NADEAU LE DEVOIR À force de regarder la CAQ, après avoir lu toute sa littérature, j\u2019en viens à l\u2019idée d\u2019un courant de la droite entrepreneuriale FRÉDÉRIC BOILY » Oui aux fossiles Après des années de débats et de controverses sur la pertinence de lancer le Québec sur la voie de l\u2019exploitation pétrolière et gazière, que fera la CAQ ?En campagne, le parti a d\u2019abord fait disparaître de son site les mots «pétrole» et «gaz de schiste».Par courriel, la CAQ a par la suite indiqué au Devoir que «l\u2019exploitation conventionnelle» serait permise au Québec, pour autant que les projets tiennent compte de l\u2019acceptabilité sociale et permettent de «réduire nos importations de pétrole».La CAQ ne ferme par ailleurs pas la porte à un retour de l\u2019exploration sur Anticosti, où la saga du pétrole de schiste a déjà coûté 94 millions de dollars à l\u2019État.Qui plus est, les ca- quistes s\u2019inscrivent dans la volonté des libéraux d\u2019ouvrir la porte aux forages dans les lacs et les rivières, estimant que « la science a su démontrer qu\u2019on peut atténuer les risques ».Le parti de François Legault dit toutefois non au gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.Un refus qui pourrait déboucher sur une bataille légale potentiellement coûteuse pour le Québec.Les entreprises qui y contrôlent 13 000km2 de permis d\u2019exploration évoquent déjà des poursuites si elles ne peuvent poursuivre leurs activités.C\u2019est un parti qui n\u2019a pas mis en avant de position antienvironnement, comme on peut le voir en Ontario avec le premier ministre Doug Ford, qui a tourné le dos au marché du carbone.Mais la CAQ n\u2019a pas non plus de véritable réflexion environnementale.KAREL MAYRAND » Aux dernières heures de la campagne, M. Couillard a soutenu qu\u2019il était nationaliste.En réalité, le trait le plus marquant de sa personnalité politique était un antinationalisme qui semblait presque viscéral. ÉLECTIONS 2018 B 6 LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 La CAQ a beau avoir promis cette semaine que ses réformes se feraient dans « l\u2019ordre » et par étapes, personne ne doute de sa détermination à brasser la cage à la bureaucratie de l\u2019éducation.DAVID AFRIAT LE DEVOIR E Lutte des classes dans les écoles La CAQ veut libérer l\u2019éducation du pouvoir « étouffant » des commissions scolaires.Jusqu\u2019où ira-t-elle ?t c\u2019est reparti.Avec le changement de gouvernement, le réseau de l\u2019éducation aura un\u2026 neuvième ministre depuis 2007.Après la réforme d\u2019il y a deux décennies, les coupes budgétaires et les récents «réinvestissements», le milieu scolaire redoute un autre brassage de structures susceptible de bouleverser les écoles publiques.Il faut dire que le premier ministre désigné, François Legault, a toujours laissé entendre qu\u2019il n\u2019aurait pas peur de bousculer le système pour améliorer les services aux élèves.Il reste à voir l\u2019ampleur que prendra un de ses plus importants engagements \u2014 la transformation des commissions scolaires en simples centres administratifs.Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a beau avoir promis cette semaine que ses réformes \u2014 comme l\u2019implantation des maternelles 4 ans \u2014 se feraient dans « l\u2019ordre » et par étapes, personne ne doute de sa détermination à brasser la cage à la bureaucratie de l\u2019éducation.Il s\u2019agit de la deuxième mission de l\u2019État en importance après la santé, avec un budget de 18,9 milliards.En lançant dès cette semaine la bataille contre les signes religieux pour les représentants de l\u2019État en position d\u2019autorité, y compris les enseignants, la CAQ a peut-être envoyé un signal témoignant qu\u2019elle est prête à « agir ».En éducation, en tout cas, le livre récent du député caquiste Jean-François Roberge donne une idée de la volonté de la CAQ de réformer le système.Ce n\u2019est pas le programme du parti, mais la vision d\u2019un «prof idéaliste» qui a enseigné au primaire durant 17 ans avant d\u2019être élu député en 2014.M.Roberge est pressenti pour accéder au poste de ministre de l\u2019Éducation.« Tous les groupes impliqués dans le réseau scolaire doivent accepter de renoncer à leurs intérêts corporatistes et n\u2019avoir désormais qu\u2019un seul but en tête : donner priorité à l\u2019élève », écrit- il dans cet essai, Et si on réinventait l\u2019école ?, publié en 2016.Encourager la singularité Le chambardement proposé des commissions scolaires vise bien plus qu\u2019à faire des économies, apprend-on en lisant le député.Comme Sébastien Proulx, ministre de l\u2019Éducation sortant, le député de la CAQ propose de donner davantage de pouvoir aux écoles.« Les écoles du Québec sont devenues de simples succursales des commissions scolaires, qui leur imposent un pouvoir bureaucratique étouffant », écrit Jean-François Roberge.« Nous avons conçu un système qui privilégie la norme au détriment de la singularité », ajoute l\u2019auteur de 44 ans, diplômé en éducation de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM), qui a milité au sein de la défunte Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).De simples initiatives qui sortent du moule des conventions collectives ou des règles de gouvernance du réseau se heurtent à un mur, souligne le député.Il raconte ses difficultés à organiser une nuit de lecture à l\u2019école pour ses élèves, une sortie à Québec ou l\u2019achat de dictionnaires dans une classe qui en avait cruellement besoin.Les écoles ne manquent pourtant pas de directrices et de profs allumés, inspirants, prêts à tout pour stimuler les enfants.Égalité des chances Le gouvernement Couillard voulait aussi éliminer les commissions scolaires, mais a changé d\u2019idée pour une raison principale : la résistance de la communauté anglophone, qui a fait valoir le droit constitutionnel des minorités de gérer leurs institutions scolaires.Le Parti libéral a toujours été sensible aux anglophones, qui sont une clientèle captive du parti.Mais la CAQ semble avoir tourné le dos aux Anglos durant la campagne électorale.François Legault se sentira-t-il à l\u2019aise d\u2019aller de l\u2019avant avec sa réforme des commissions scolaires ?« Ça va être un défi pour nous », répond Russell Copeman, directeur général de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec \u2014 et ancien député libéral.Les commissions scolaires anglophones et francophones tiennent le même discours : « On fait une bonne job, les résultats sont là.» Le taux de diplo- mation chez les Anglos a grimpé à 86 % et les frais d\u2019administration représentent à peine 4 % des coûts du réseau, fait valoir M.Copeman.Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires du Québec, croit lui aussi que le premier ministre Legault a moins envie de « brasser des structures » que lorsqu\u2019il était dans l\u2019opposition.« J\u2019ai confiance que, lorsqu\u2019on va se mettre à travailler ensemble, ils verront toute la valeur d\u2019un gouvernement scolaire de proximité », dit-il.Il reste que la fameuse autonomie des écoles, tant souhaitée par la CAQ (et les libéraux), existe à l\u2019heure actuelle : dans le réseau des écoles privées.Pour les syndicats et les défenseurs de l\u2019école publique, les commissions scolaires et les conventions collectives des enseignants sont garants de l\u2019égalité des chances entre les élèves pauvres et les élèves riches, entre les élèves qui réussissent bien et ceux qui ont des difficultés.Oui, les règles du jeu actuelles favorisent l\u2019uniformité et nuisent à la créativité.Mais c\u2019est le prix à payer pour un système égalitaire, affirment les tenants de l\u2019école publique.Ils estiment que l\u2019arrivée au pouvoir de la CAQ fait pencher la balance encore un peu plus vers un système élitiste, moins égalitaire, qui répondra davantage aux besoins des élèves les plus « performants ».Ou les plus riches.Un exemple : le candidat ca- quiste Mario Asselin (élu dans Vanier- Les Rivières) a appuyé le financement public d\u2019un complexe sportif à l\u2019Académie Saint-Louis, école privée de la région de Québec, qui a été accordé par les libéraux en juillet dernier.Quand on connaît l\u2019état des écoles publiques du Québec, cette annonce a de quoi étonner.Mais le parti de François Legault ne craint pas de bousculer les « vieilles » habitudes.D\u2019autres réformes à l\u2019horizon « Il faut revoir notre façon d\u2019écrire les conventions collectives même si, en surface, tout semble fonctionner », écrit aussi Jean-François Roberge.Il a appuyé les carrés rouges (mais pas la violence) durant le printemps étudiant de 2012, mais contrairement à Gabriel Nadeau-Dubois, le député de la CAQ ne donne pas le bon Dieu sans confession aux syndicats.Il prône la création d\u2019un Ordre des enseignants, auquel s\u2019opposent farouchement les syndicats.La mise en place d\u2019un ordre professionnel devrait se faire « avec les profs », a-t-il précisé lors du débat sur l\u2019éducation organisé par Le Devoir et l\u2019UQAM, le mois dernier.Pourquoi un ordre professionnel ?Pour les élèves.Jean-François Roberge est encore traumatisé par son prof de 3esecondaire qui se présentait en classe confus et imbibé d\u2019alcool.Un ordre professionnel permettrait de sanctionner les enseignants fautifs, d\u2019imposer une formation digne de ce nom et même d\u2019exiger de meilleures conditions de travail.Il cite en exemple l\u2019Ordre des infirmières, qui se bat pour de meilleurs ratios patients-infirmière.Dans son livre, Jean-François Roberge déplore le phénomène des « élèves endeuillés », qui perdent leur enseignant en cours d\u2019année parce que les règles permettent aux profs de changer d\u2019école.Il propose d\u2019instaurer des contrats de trois ans pour les enseignants et les professionnels à temps complet.« Changer le mode d\u2019affectation des tâches de manière à assurer une plus grande stabilité ne ferait pas que des heureux, c\u2019est l\u2019évidence même.Nul doute que certaines personnes accordent plus d\u2019importance à leur \u201cdroit\u201d de changer d\u2019école à tout bout de champ qu\u2019au droit des élèves à bénéficier des avantages de la stabilité du personnel.Je leur réponds qu\u2019il est plus que temps de remettre l\u2019élève au cœur de notre réseau et d\u2019organiser le système de façon que la contribution de chacun soit optimale », écrit-il.Changement dans la continuité Martin Maltais, professeur spécialisé en politiques de l\u2019éducation à l\u2019Université du Québec à Rimouski (UQAR), estime que le gouvernement Legault a les coudées franches pour aller de l\u2019avant avec son programme en éducation.Les syndicats et la CAQ ne font pas nécessairement bon ménage, mais on peut penser que des milliers de syndiqués ont voté pour le parti de François Legault, souligne-t-il.M.Maltais croit que les commissions scolaires ne sont pas près de disparaître, même si leur mission est appelée à changer.« La réforme des commissions scolaires, ce n\u2019est pas un débat de structures.Elles continueraient d\u2019exister et de jouer un rôle, mais sans commissaires élus », dit-il.« L\u2019objectif est de rapprocher le pouvoir décisionnel des écoles, de donner plus d\u2019autonomie et de marge de ma- nœuvre aux directions d\u2019école et aux conseils d\u2019établissement », ajoute-t-il.On peut prévoir de la résistance des commissions scolaires et des syndicats d\u2019enseignants, mais la philosophie caquiste est louable, croit le professeur Maltais.Dans les faits, la CAQ propose sans le dire de continuer dans les pas du gouvernement Couillard \u2014 mais sans les compressions budgétaires \u2014, estime-t- il.Le ministre Sébastien Proulx a toujours dit qu\u2019il voulait favoriser l\u2019autonomie des écoles.Une de ses réformes a consisté à transférer des fonds directement aux écoles pour qu\u2019elles puissent répondre à leurs besoins, sans le passage obligé par les commissions scolaires.Les pauvres commissaires scolaires n\u2019ont pas fini de se démener pour justifier leur existence.MARCO FORTIER LE DEVOIR Tous les groupes impliqués dans le réseau scolaire doivent accepter de renoncer à leurs intérêts corporatistes et n\u2019avoir désormais qu\u2019un seul but en tête : donner priorité à l\u2019élève JEAN-FRANÇOIS ROBERGE » Les ministres de l\u2019Éducation du Québec depuis 2007 2005-2007 Jean-Marc Fournier 2007-2010 Michelle Courchesne 2010-2012 Line Beauchamp 2012-2012 Michelle Courchesne 2012-2014 Marie Malavoy 2014-2015 Yves Bolduc 2015-2016 François Blais 2016-2018 Sébastien Proulx 2018 - Ministre de la CAQ Source: Assemblée nationale du Québec B 7 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 PETITES ANNONCES À vendre à Québec Condo 3 1/2 adjacent terminal de croisière stationnement disponible 418-694-1389 TERRAIN À VENDRE Près de Ste-Adèle 52 500 Pi2, Semi-boisé Pris 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N B R E F Indonésie : le bilan du violent séisme et du tsunami s\u2019alourdit PALU \u2014 Plus de 1000 personnes sont encore présumées disparues vendredi, une semaine après le tremblement de terre de magnitude 7,5 suivi d\u2019un tsunami meurtrier qui a frappé l\u2019île indonésienne des Célèbes, et dont le bilan atteint à présent 1571 morts.Les autorités craignent que beaucoup de victimes ne soient restées prisonnières du vaste complexe résidentiel gouvernemental de Balaroa, dans la banlieue de Palu, où les bâtiments ont été rasés et où la terre s\u2019est un temps « liquéfiée ».Après des jours d\u2019attente, l\u2019aide internationale a commencé à arriver au compte-gouttes dans la zone où près de 200 000 personnes ont un besoin urgent d\u2019aide humanitaire.Les voies d\u2019accès et l\u2019aéroport sont très endommagés et ralentissent sa progression.Agence France-Presse Un policier coupable du meurtre d\u2019un jeune Noir CHICAGO \u2014 Un policier blanc de Chicago a été reconnu coupable vendredi du meurtre d\u2019un adolescent noir, sur lequel il avait tiré « 16 fois » de façon « totalement inutile » en octobre 2014.Jason Van Dyke, qui avait plaidé non coupable, était accusé d\u2019avoir abattu à distance et sans raison Laquan McDonald, 17 ans, alors que ce dernier tenait un couteau.Les douze jurés ont rendu leur verdict dès le lendemain du début de leurs délibérations.Ils ont également décidé de sa culpabilité à seize autres chefs d\u2019accusation pour usage aggravé d\u2019une arme à feu, mais l\u2019ont acquitté de celui de faute professionnelle.Sa sentence sera connue ultérieurement.L\u2019homicide de Laquan McDonald fait partie d\u2019une série de bavures policières contre des Noirs aux États-Unis, donnant naissance au mouvement Black Lives Matter.Agence France-Presse Un cinéaste ukrainien met fin à sa grève de la faim MOSCOU \u2014 Le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov, emprisonné en Russie, a annoncé vendredi arrêter sa grève de la faim, disant vouloir éviter d\u2019être nourri de force.L\u2019homme originaire de Cri- mée demandait la libération de tous les « prisonniers politiques ukrainiens » en Russie.Son jeûne de plus de quatre mois a suscité une mobilisation internationale pour sa libération.Après « 145 jours de lutte, 20 kilos en moins et un corps brisé », « l\u2019objectif n\u2019est pas atteint », a déploré le réalisateur dans une lettre.« Je suis reconnaissant à tous ceux qui m\u2019ont soutenu et demande pardon à ceux que je laisse tomber », conclut-il.La Russie et l\u2019Ukraine sont à couteaux tirés depuis l\u2019arrivée au pouvoir en 2014 de pro-occidentaux à Kiev, suivie de l\u2019annexion de la Cri- mée par Moscou et d\u2019un conflit armé meutrier dans l\u2019Est séparatiste.Agence France-Presse Les sondages donnent une confortable avance à l'ultraconservateur Bolsonaro sur le candidat de gauche Haddad, pour le premier tour dimanche.FRANÇOIS-XAVIER GOMEZ LIBÉRATION Le Brésil va vivre dimanche le premier tour d\u2019une élection présidentielle polarisée comme jamais avec, pour la première fois, un candidat d\u2019extrême droite en position de favori : l\u2019ex-capitaine de l\u2019armée Jair Bolsonaro, apologiste de la dictature militaire qu\u2019a subie le pays entre 1964 et 1985.Depuis plusieurs semaines, tous les sondages prédisent la qualification pour le second tour, le 28 octobre, du député de 63 ans, sous les couleurs du petit Parti social-libéral (PSL).Crédité jusqu\u2019alors de 32 % d\u2019intentions de vote, Bolsonaro a encore progressé de trois points dans un sondage publié jeudi (35 %).Le candidat de gauche Fernando Haddad, 55 ans, du Parti des travailleurs (PT), devrait arriver en deuxième position (22 % dans le dernier sondage de jeudi), quatre semaines seulement après avoir remplacé l\u2019ex-président Luiz Inácio Lula Da Silva, inéligible car emprisonné pour corruption.Bolso- naro, blessé d\u2019un coup de couteau début septembre dans un attentat en pleine campagne, martèle qu\u2019il sera élu L\u2019extrême droite aux portes du pouvoir au Brésil AGENCE FRANCE-PRESSE À YAOUNDÉ Deux candidats d\u2019opposition camerou- nais ont formé vendredi soir une coalition, à moins de 48 heures de l\u2019élection présidentielle prévue dimanche, a annoncé le porte-parole de l\u2019un d\u2019eux, Akere Muna, dans un communiqué reçu vendredi soir.« Akere Muna accepte de retirer sa candidature à la présidence de la République [\u2026] et de soutenir Maurice Kamto », indique un communiqué signé du porte-parole d\u2019Akere Muna, Paul Mahel.M.Muna faisait partie des huit candidats qui affronteront dimanche le président sortant, Paul Biya, 85 ans, en poste depuis 1982 et qui brigue un 7e mandat de suite.C\u2019est la première fois depuis l\u2019élection présidentielle de 1992 que deux opposants à Paul Biya forment une coalition contre le président sortant.« Ce ralliement, intéressant pour la vitalité de la vie politique camerou- naise, pourrait arriver trop tardivement pour créer une dynamique de fond », a déclaré à l\u2019AFP Hans De Marie Heun- goup, chercheur au centre d\u2019analyses International Crisis Group (ICG).Maurice Kamto, ancien ministre délégué à la Justice entre 2004 et 2011, a fondé son parti politique en 2012.Il fait figure d\u2019opposant de poids, selon les analystes.Avocat au Barreau de Paris, il a notamment négocié avec succès pour son pays le contentieux territorial avec le Nigeria sur la presqu\u2019île de Bakassi.Ses partisans estiment que son expérience au sein de l\u2019appareil d\u2019État est un atout quand ses détracteurs n\u2019hésitent pas à critiquer son soutien passé à Paul Biya.Akere Muna est l\u2019ancien bâtonnier du Cameroun et fondateur de la branche camerounaise de l\u2019ONG de lutte contre la corruption Transparency International.Il faisait aussi figure d\u2019opposant de poids à Paul Biya, malgré une campagne plus timorée.Rumeurs confirmées Le président Biya, invisible physiquement durant la campagne hormis un rassemblement dans la région de l\u2019Ex- trême-Nord samedi, est néanmoins omniprésent : des milliers d\u2019affiches à son effigie ont été collées partout dans le pays depuis le début de la campagne.Cela faisait plusieurs jours que des rumeurs couraient sur la formation d\u2019une coalition de plusieurs candidats de l\u2019opposition.D\u2019autres candidats à l\u2019élection présidentielle ont évoqué l\u2019idée d\u2019une coalition, notamment le candidat du principal parti d\u2019opposition Joshua Osih, sans que cela se concrétise pour l\u2019heure.Vendredi matin, le camp de Kamto a accusé le pouvoir en place de préparer une « fraude massive » en vue du scrutin de dimanche.« Nous n\u2019accepterons aucun résultat si ce type de fraude continue », a indiqué le directeur de campagne de Maurice Kamto, Paul-Eric Kingue.« En tentant d\u2019organiser le chaos, ils risquent d\u2019être désagréablement surpris », a réagi le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary.L\u2019élection présidentielle se tiendra dans un contexte sécuritaire tendu, avec un conflit armé dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et les assauts répétés des djihadistes de Boko Haram dans la région de l\u2019Extrême-Nord.CAMEROUN Deux opposants à Paul Biya s\u2019unissent en vue de la présidentielle Le président sortant, en poste depuis 1982, brigue un 7e mandat de suite Les autres principaux candidats Fernando Haddad Il est entré en campagne le 11 septembre, à quatre semaines du premier tour, quand la justice a invalidé l\u2019ex-président Lula, dont il était le colistier.Ancien maire de São Paulo, ministre de l\u2019Éducation pendant sept ans, il s\u2019est lancé à la reconquête de l\u2019électorat traditionnel du PT (gauche) en proposant la relance des dépenses publiques et une mutation de la politique antidrogue, du sécuritaire à la dé- pénalisation.Le ticket qu\u2019il forme avec la communiste Manuela d\u2019Avila est estimé à 21 % des voix.Marina Silva La seule femme parmi les principaux candidats et unique écologiste est investie par Rede (Réseau durable), parti qu\u2019elle a créé en 2015.Issue des rangs du PT, elle a été cinq ans ministre de l\u2019Environnement de Lula, avant de claquer la porte, dégoûtée par les concessions à l\u2019agroalimentaire.Favorable au mariage égalitaire et à un référendum sur l\u2019avortement malgré sa foi évangélique affichée, elle refuse de s\u2019allier aux grands partis pour se tenir loin du clientélisme.Ciro Gomes Le troisième dans les sondages (11%) est un vieux routier de la politique.Ministre de l\u2019Intégration nationale de Lula puis de Dilma Rousseff entre 2003 et 2016, il a changé sept fois de parti dans sa carrière, tout en conservant un positionnement au centre gauche.Député du Ceará, un État pauvre du Nordeste, il porte aujourd\u2019hui les couleurs du Parti démocratique travailliste (PDT) et cherche à séduire les classes populaires en promettant de ne pas toucher aux acquis sociaux.Geraldo Alckmin L\u2019ancien gouverneur de São Paulo est un conservateur catholique au programme économique libéral qui prévoit réforme des retraites et la résorption de la dette en deux ans à coups de privatisations.Un moment tenté par la surenchère droitière de Bolsonaro, il se campe maintenant en défenseur de la démocratie face à ses accents autoritaires.Handicapé par la participation de son parti, le MDB, au gouvernement Temer, et par les scandales de corruption qui touchent sa formation, il n\u2019obtiendrait que 8 % des voix.Le président d\u2019Interpol est toujours porté disparu LYON \u2014 Une enquête pour disparition a été ouverte en France concernant Meng Hongwei, le président de l\u2019organisation internationale de coopération policière Interpol.Jeudi, la femme de M.Meng a fait part à la police de Lyon, où le couple réside, de la disparition « inquiétante » de son mari depuis le 25 septembre.Meng Hongwei aurait rejoint la Chine en avion depuis Stockholm quelques jours plus tôt.L\u2019épouse du ressortissant chinois de 64 ans a également indiqué à la police lyonnaise avoir reçu des menaces sur les réseaux sociaux et par téléphone.Selon le quotidien anglophone de Hong Kong South China Morning Post, qui cite une source anonyme, Meng Hongwei fait l\u2019objet d\u2019une enquête dans son pays.Il a été « emmené » par les autorités « dès son atterrissage » pour des motifs encore flous.Agence France-Presse dès le premier tour, une option que certains analystes n\u2019excluent plus, sans toutefois la juger très probable.Ère inconnue Jeudi soir avait lieu le dernier débat télévisé de la campagne.Bolsonaro, qui avait montré ses faiblesses lors d\u2019une première confrontation avec ses concurrents, avait produit un certificat médical pour éviter de se rendre sur le plateau de TV Globo.Mais il a joué les trouble-fêtes en apparaissant, au même moment, sur la chaîne évangélique de la richissime Église universelle du royaume de Dieu, qui soutient sa candidature.Pendant vingt minutes, sans contradicteur, il a tapé sur son rival Fernando Haddad, accusé de soutenir le régime du président vénézuélien, Nicolás Ma- duro.« Nous ne pouvons pas accepter cette idéologie au Brésil.Ce sera la fin de notre patrie si le Parti des travailleurs revient au pouvoir », a assené l\u2019ancien militaire.Si la présidentielle peut faire basculer le Brésil dans une ère inconnue, les élections des gouverneurs et des assemblées des 27 États, des 513 députés de la Chambre basse et des deux tiers des 81 sénateurs \u2014 également prévues dimanche \u2014 ne devraient en revanche pas transformer radicalement le paysage politique.Jair Bolsonaro n\u2019a pas participé au dernier débat électoral avant le premiet tour pour raison médicale.MIGUEL SCHINCARIOL AGENCE FRANCE-PRESSE C\u2019est la première fois depuis l\u2019élection présidentielle de 1992 que deux opposants à Paul Biya forment une coalition contre le président sortant LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 B 8 MONDE AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre con nais sance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que l'inventaire des biens de feu Louise CHARRON, du 8222 Sain- te-Claire, Montréal H1L 1W7, décédée le 27 mai 2018, a été dressé et clos par Isabelle SAVAGE, liquidateur, le 26 septembre 2018 et déposé au greffe de Me Pierre H.Archam- bault, notaire, où il peut être consulté au 589, St-Thomas, Longueuil, Qc, J4H 3A7.Longueuil, le 3 octobre 2018 Pierre H.Archambault, notaire AVIS PUBLIC La Commission scolaire de Montréal, dans le cadre de sa recherche de terrains et d\u2019autres opportunités pour la construction d\u2019une école primaire dans le secteur Angus (arrondissement de Rosemont\u2013La Petite-Patrie) à Montréal, a publié un avis d\u2019appel d\u2019intérêt.Cet avis, qui porte le numéro 27-578S, peut être consulté sur le site du Système électronique d\u2019appels d\u2019offres du Gouvernement du Québec (SEAO) jusqu\u2019au lundi 22 octobre 2018 à 14 h.Fait à Montréal La secrétaire générale, le 1er octobre 2018.Geneviève Laurin AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : CONSTRUCTION 440 765-32-700254-189 9342-9397-Québec inc (Climatisation Plus) 765-32-004912-185 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district Richelieu situé au 46, rue Charlotte, Sorel-Tracy dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d\u2019une ordonnance rendu le 3 octobre 2018 par la greffière dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Sorel-Tracy, le 3 octobre 2018 Magali Dubé, greffière-adjointe de la Cour du Québec CENTRE DE VILLÉGIATURE AVEC UN POTENTIEL DE DÉVELOPPEMENT IMPORTANT À VENDRE SOUS CONTRÔLE DE JUSTICE DE GRÉ À GRÉ En bordure du fleuve St-Laurent, cet établissement offre 68 unités de motel et un centre de santé, 2 salles à manger, un bar, des salles de réception, des salles de réunion.Il offre également un potentiel de développement pour des projets de chalets, condos ou condo-hôtel grâce à un terrain de 360 000 pieds carrés adjacent au fleuve.Il est situé au 280, de Gaspé Ouest, Route 132, St- Jean-Port-Joli (Québec) G0R 3G0.Valeur au rôle d\u2019évaluation : 1 448 300,00 $ Prix demandé : 1 323 000,00 $ Superficie du terrain : 38 180,70 m2 Lots : 4 956 614 \u2013 4 956 615 \u2013 4 956 616 \u2013 4 956 617 \u2013 4 956 618 Pour informations : Pour toute question sur le processus de vente ou pour obtenir un formulaire de promesse d\u2019achat : veuillez communiquer avec Richard Dubé.Téléphone : 418- 648-1717 Courriel : rdube@gschuis.com Conditions de vente : Ce centre est vendu sans garantie légale.Le soussigné se réserve le droit de ne retenir ni la plus haute, ni aucune des promesses d\u2019achat.Les autres conditions seront détaillées sur le formulaire de promesse d\u2019achat.Toute promesse d\u2019achat devra être déposée en personne ou par courrier : Avant 15h00, le 6 novembre 2018, au 800, boulevard des Capucins, Québec (Québec) G1J 3R8, et devra être accompagnée d\u2019une traite bancaire représentant 5% du montant offert, payable à l\u2019ordre de Gagnon Sénéchal Coulombe inc.en fidéicommis.En conséquence, aucune promesse d\u2019achat transmise par courriel ou par télécopieur ne sera considérée.Québec le 6 octobre 2018 Richard Dubé, huissier de justice Personne désignée par le tribunal Pour procéder à la vente pour et au nom de 9091-2551 Québec inc.800, boul.des Capucins Québec (Québec) G1J 3R8 Tél : (418) 648-1717 Fax : (418) 648-0110 www.monhuissieraquebec.com CANADA PROVINCE DE QUÉBEC DISTRICT DE MONTRÉAL No: 500-12-339971-180 COUR SUPÉRIEURE (Chambre de la famille) HAFSSA LOULAD Demanderesse c.ALEXANDRE DI PALMA Défendeur AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (Articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Alexandre Di Palma de vous présenter au greffe du Palais de justice de Montréal du district de Montréal, situé au 1, rue Notre-Dame Est, à Montréal dans les 40 jours afin de recevoir la demande introductive d'instance en divorce qui y a été laissée à votre attention.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Montréal, le 2 octobre 2018 MARIO AUBIN Greffier adjoint AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (article 795 C.c.Q.) Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès survenu le 3 juillet 2017 à Beloeil (Québec), de Marielle BERGERON, en son vivant domiciliée à Mont-Saint-Hilaire (Québec), un inventaire des biens de la défunte a été fait par les liquidateurs successoraux, Jean DE LA CHEVROTIÈRE et Robert BRODEUR, le 19 juillet 2018, devant Me Eric LAVOIE, notaire, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude dudit notaire sise au 1550, rue Ampère, bureau 401, Boucherville (Qc) J4B 7L4.Donné à Boucherville, ce 24 juillet 2018.Jean DE LA CHEVROTIÈ- RE et Robert BRODEUR, liquidateurs AVIS public de notification (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à Les héritiers et légataires de Feu Marc Chaput de vous présenter au greffe civil du district de Joliette situé au 200, rue St-Marc à Joliette dans les 30 jours afin de recevoir le préavis de prise en paiement qui y a été laissé à votre attention et qui porte le numéro de cour 705-17-008437-186.Le présent avis est publié à la demande de Julie Côté, huissier, qui a tenté sans succès de vous signifier le préavis de prise en paiement.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l'exigent.Repentigny, ce 4 octobre 2018 Julie Côté, Huissier de justice Nos fils vont très bien, merci.C\u2019est une période effrayante pour les hommes », a dit le président.« Je m\u2019inquiète pour mes fils », a tweeté Donald Trump fils.Cette époque est anxiogène pour des pans entiers de la société américaine \u2014 et par contagion, au-delà de ses frontières.Le président américain a publiquement imité l\u2019accent portori- cain, critiqué un juge parce qu\u2019il portait un nom latino, fustigé les musulmans à maintes reprises au point de pouvoir faire avaliser un moratoire sur les politiques d\u2019asile, il a mis en doute le courage d\u2019un prisonnier de guerre au Vietnam et raillé le handicap d\u2019un journaliste.Les femmes ne sont donc qu\u2019une des cibles de la diatribe présidentielle.Mais elles ont sans doute des raisons d\u2019avoir peur.Car cet homme est téflon.Il s\u2019est vanté de pouvoir agripper les parties génitales des femmes qui le laisseront faire, 17 femmes l\u2019ont accusé d\u2019agression sans altérer l\u2019appui d\u2019une majorité de républicains ; récemment, il a remis en question l\u2019intelligence d\u2019une journaliste latina, et tourné en dérision les propos de la Dre Ford.Avec derrière lui, chaque fois, cette foule hilare.Ces rires.Semblables à ceux qu\u2019évoque Christine Blasey Ford.La nomination du juge Kavanaugh est ainsi devenue le point focal de cette « guerre des sexes », comme celle de Clarence Thomas, qui avait consacré l\u2019élection d\u2019un plus grand nombre de femmes au Congrès.Sa confirmation pourrait électriser l\u2019électorat féminin \u2014 majoritaire aux États-Unis.Avant même cet épisode, elles sont plus nombreuses dans ce cycle électoral à être candidates aux postes de gouverneurs, aux législatures d\u2019État, à la Chambre, au Sénat.Et le vent pourrait souffler dans leurs voiles.En effet, dans une élection où la santé et ses coûts sont un enjeu central, les femmes sont souvent vues comme des agents de changement.L\u2019économie pourrait également rebattre les cartes, car la Chine a choisi, dans la guerre commerciale qui l\u2019oppose au président américain, de cibler ses hausses de taxes sur les comtés et États pro-Trump : ainsi, la carte de l\u2019impact des mesures chinoises se superpose presque exactement à la carte électorale de 2016.Or, si 61 % des femmes blanches sans diplôme postsecon- daire et 52 % des femmes blanches tous niveaux de scolarité confondus ont voté pour Donald Trump en 2016, un réali- gnement est déjà perceptible.Les femmes mariées, traditionnellement conservatrices (certaines études comme celle publiée dans Political Research Quaterly l\u2019an passé par Stout, Kretschmer et Ruppanner montrent le poids des choix du mari dans leurs décisions électorales) désapprouvent de manière croissante le président (10 points en 22 mois selon Greenberg).Elles se rapprochent ainsi des femmes ayant un diplôme postsecondaire : ces dernières représentent, selon le States of Change Project, un cinquième de l\u2019électorat et se sont clairement identifiées à la Dre Ford.Parmi elles, les Blanches qui ont souvent oscillé côté républicain sont 63 % \u2014 fait inédit \u2014 à basculer dans l\u2019escarcelle démocrate.Pour autant, cela ne paraît pas inquiéter les républicains.Cette vague rose est surtout bleue, selon Kelly Dittmar : il y a en effet une hausse de 127 % du nombre de candidates démocrates, contre 28 % chez les républicaines.Or, dans les 67 districts les plus disputés pour la Chambre des représentants, les femmes ont, selon le Cook Report, collecté en moyenne 500 000 $ de moins que les hommes, et les femmes démocrates drainent moins d\u2019argent de l\u2019extérieur de l\u2019État que leurs alter ego masculins.Le danger féminin est donc moindre du point de vue républicain.Et ce, d\u2019autant plus qu\u2019un sondage Marist College-NPR- PBS Newshour montre que l\u2019enthousiasme républicain pour les mid-terms va croissant \u2014 égalant désormais celui des démocrates.Plus encore, les dons au Comité national républicain du Congrès ont, selon Politico, presque triplé au cours de la semaine des auditions de Ford et Kavanaugh.Ajoutons à cela que les républicains, qui tiennent nombre de législatures fédérées, ont dessiné des cartes électorales rocambolesques qui leur sont favorables, et que certains États purgent leur liste électorale tambour battant tandis que les procédures pour infirmer ces décisions s\u2019apparentent parfois aux 12 travaux d\u2019Astérix.Bien sûr, il se pourrait que les républicains sous-estiment la capacité de mobilisation des femmes, advenant la confirmation de Kavanaugh.Il se pourrait qu\u2019ils minorent la peur des femmes, face au spectre qui planera sur le droit à l\u2019avortement\u2026 ou leur colère quant au mépris des victimes d\u2019agressions sexuelles qui a transparu dans l\u2019enceinte sénatoriale.Mais il est également envisageable qu\u2019on surestime la rage des femmes, d\u2019autant que le discours sur la « peur des hommes » est susceptible de trouver un écho chez les mama grizzlies-soccer moms comme dans l\u2019électorat américain\u2026 simplement parce que parler de consentement n\u2019est pas chose aisée.Jamais la volatilité de l\u2019électorat (et sa faible prédictibilité) n\u2019a été aussi palpable.CHARLOTTE PLANTIVE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE Le juge Brett Kavanaugh est quasi assuré d\u2019entrer à la Cour suprême après le ralliement vendredi d\u2019élus indécis qui \u2014 sauf coup de théâtre \u2014 devraient offrir ainsi une importante victoire politique au président Donald Trump à un mois d\u2019élections à haut risque.Après un premier vote de procédure, passé à une courte majorité (51 pour, 49 contre), deux sénateurs susceptibles de changer d\u2019avis avant le vote final ont fait savoir qu\u2019ils voteraient bien en faveur du magistrat conservateur, dont la candidature divise les États-Unis.« Honte à vous », ont scandé des manifestants rassemblés devant les bureaux de la républicaine Susan Collins et du démocrate Joe Manchin, après l\u2019annonce de leur choix.« Merci, Séna- trice Collins, d\u2019être fidèle à vos convictions », a au contraire tweeté la porte- parole de la Maison-Blanche, Sarah Sanders.Sauf surprise, le vote final \u2014 qui pourrait intervenir dès samedi \u2014 devrait donc être la copie fidèle de celui enregistré vendredi.Sur les 51 sénateurs républicains, seule Lisa Murkowski ne soutient pas le juge Kavanaugh.Ce « n\u2019est pas l\u2019homme qu\u2019il faut pour la Cour en ce moment », a-t-elle déclaré à la presse.Les démocrates ont voté contre, à l\u2019exception de Joe Manchin, habitué à rallier la majorité.Le président Trump, qui n\u2019a jamais lâché le juge Kavanaugh, même lorsqu\u2019il a été accusé d\u2019agressions sexuelles remontant à sa jeunesse, s\u2019était dit « fier » des sénateurs après leur premier vote.Le milliardaire a promis à ses électeurs de nommer un juge conservateur à la Cour suprême et espérait pouvoir s\u2019en prévaloir avant les élections parlementaires du 6 novembre, qui risquent de lui faire perdre sa majorité à la Chambre des représentants.« Ton tranchant » La Cour suprême est l\u2019arbitre des questions de société les plus épineuses aux États-Unis : peine de mort, droit à l\u2019avortement, lois sur les armes à feu, mariage homosexuel\u2026 L\u2019entrée de Brett Kavanaugh, 53 ans, en son sein placerait les juges progressistes en minorité pour des décennies.Malgré la vive opposition des démocrates, Brett Kavanaugh, un brillant magistrat, était en bonne voie pour être confirmé quand une femme est sortie de l\u2019ombre mi-septembre et l\u2019a accusé d\u2019une tentative de viol remontant à une soirée entre lycéens en 1982.Ces affirmations ont fait l\u2019effet d\u2019un coup de tonnerre dans un pays sensibilisé à la question des violences sexuelles depuis la dénonciation du producteur Harvey Weinstein et de dizaines d\u2019hommes de pouvoir dans le sillage du mouvement #MeToo.Lors d\u2019une audition au Sénat suivie par vingt millions d\u2019Américains, Christine Blasey Ford, une universitaire de 51 ans, s\u2019est dite sûre « à 100 % » d\u2019avoir été agressée par le jeune Kava- naugh.En colère et offensif, le magistrat s\u2019est dit dans la foulée tout aussi certain de son innocence.« Message démoralisant » Démarche extrêmement rare pour un candidat à la Cour suprême, ce dernier s\u2019est expliqué dans une tribune publiée par le Wall Street Journal sur ce ton « tranchant ».« J\u2019ai dit des choses que je n\u2019aurais pas dû dire.J\u2019espère que tout le monde peut comprendre que j\u2019étais là-bas en tant que fils, mari et père », a- t-il justifié.Face à deux vérités irréconciliables, le Sénat avait, sous la pression d\u2019élus indécis, demandé un complément d\u2019enquête à la police fédérale (FBI), qui a rendu sa copie mercredi soir.Le rapport a conforté les républicains, qui n\u2019y ont « rien » trouvé de compromettant, mais les démocrates ont dénoncé une enquête tronquée.Vendredi, dans un long discours devant ses collègues, Susan Collins a justifié son choix de soutenir le juge Kava- naugh en assurant qu\u2019il était « plus centriste que le portrait dressé par ses détracteurs ».Ses opposants le dépeignent comme un opposant à la peine de mort et défenseur du port d\u2019armes, ce qu\u2019il s\u2019est gardé de confirmer pendant le processus de confirmation.Quant aux accusations de Mme Blasey Ford, « elles n\u2019atteignent pas le palier de \u201cplus probable qu\u2019improbable\u201d », a estimé la sénatrice.Il ne faudrait toutefois pas en conclure que le Sénat donne un blanc-seing aux auteurs de violences sexuelles, a-t-elle pris le soin de préciser.S a n s c o nva i n c re.« S i l e S é n at confirme Kavanaugh, cela va envoyer un message clair et démoralisant aux Américains : si vous êtes agressé sexuellement, il vaut mieux rester silencieux », a estimé l\u2019organisation féministe Equality Now.Collins fait pencher la balance en faveur de Kavanaugh La sénatrice républicaine Susan Collins a confirmé vendredi auprès des membres de la presse qu\u2019elle appuierait la nomination du juge Kavanaugh, à Washington.JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE ÉLISABETH VALLET COUR SUPRÊME DES ÉTATS-UNIS La nomination du juge Kavanaugh est ainsi devenue le point focal de cette « guerre des sexes » comme celle de Clarence Thomas, qui avait consacré l\u2019élection d\u2019un plus grand nombre de femmes au Congrès.Sa confirmation pourrait électriser l\u2019électorat féminin \u2014 majoritaire aux États-Unis.« SCIENCE B 9 LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 Des sacs encore plus compostables PAULINE GRAVEL LE DEVOIR es sacs en plastique léger servant à emballer les aliments en vrac comme les légumes et les fruits dans les marchés d\u2019alimentation du Québec \u2014 désormais interdits en France et en Italie \u2014 continuent d\u2019être une importante source de pollution, étant donné qu\u2019ils ne sont pas biodégradables.De plus, ils se retrouvent fréquemment par erreur dans les matières compostables et causent des maux de tête aux entreprises qui les traitent.Et les rares sacs compostables qui sont offerts sur le marché québécois répondent à des exigences qui sont nettement moins élevées qu\u2019en Europe.Pour obtenir la certification « com- postable» du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), les sacs doivent se dégrader en tout au plus 180 jours dans des installations de compostage industrielles où prévalent des conditions particulières d\u2019hygrométrie, de température \u2014 qui doit atteindre 60 °C \u2014 et d\u2019oxygénation.Ces sacs doivent produire un compost de qualité, non toxique (contenant une très faible concentration en métaux lourds) et capable de favoriser la croissance végétale.Ils sont avant tout destinés à faciliter la manutention des matières biologiques qui font l\u2019objet d\u2019un ramassage par les services municipaux en vue d\u2019un compostage industriel.« Ces sacs pourront peut-être se décomposer dans un composteur domestique, mais cela prendra beaucoup plus de temps en raison de la faible température prévalant dans les composteurs domestiques comparativement aux installations industrielles, où on élève la température à 60 °C », précise Jean Rousseau, directeur principal du BNQ.Pourtant, plusieurs entreprises de compostage indiquent avoir des problèmes avec ces petits sacs en apparence inoffensifs.« Le temps pour que les sacs compostables se désintègrent est supérieur au temps de compostage.C\u2019est le principal défi auquel nous faisons face », disait récemment au DevoirBenoît Lamarche, le responsable des opérations dans l\u2019ouest du Québec chez Englobe, une entreprise spécialisée dans la gestion des matières résiduelles.Les experts et groupes environnementaux s\u2019entendent tous pour dire Depuis 2017, en plus d\u2019interdire les sacs en plastique léger servant à emballer les fruits et les légumes dans les supermarchés, la France n\u2019autorise que des sacs compostables constitués en grande partie de matière végétale et qui sont compostables dans un composteur domestique.Une solution dont pourrait s\u2019inspirer le Québec pour améliorer le traitement de ses matières résiduelles.Le défi du sac compostable entièrement végétal « La matière végétale n\u2019a pas une tenue mécanique suffisante pour faire des sacs, c\u2019est pourquoi on doit la combiner à un polymère biodégradable de source pétrolière pour lui donner plus de résistance », explique Basil Favis, directeur du Centre de recherche sur les systèmes po- lymère et composite à haute performance à l\u2019École polytechnique de Montréal.La portion végétale des sacs compostables se compose le plus souvent d\u2019amidon (aussi appelé fécule) que l\u2019on extrait de plantes, telles que la pomme de terre, le riz ou le maïs.L\u2019amidon pur est solide et se présente sous forme de poudre.On y ajoute généralement de l\u2019eau et un plastifiant d\u2019origine pétrolière, mais qui est compos- table.On soumet ce mélange à « un cisaillement intense à haute température afin de briser la cristallinité de l\u2019amidon et de permettre aux petites molécules de plastifiant de s\u2019insérer entre les chaînes macromoléculaires d\u2019amidon.On obtient ainsi un liquide appelé amidon thermoplastique qui peut être moulé comme un poly- mère classique », explique M.Favis.« L\u2019amidon thermoplastique seul n\u2019a toutefois pas de tenue mécanique suffisante pour fabriquer des sacs très minces.C\u2019est pour cette raison qu\u2019on le mélange à d\u2019autres polymères compos- tables, notamment le polybutyrate adipate té- réphtalate [PBAT], qui est un polymère d\u2019origine pétrolière, mais qui est biodégradable et com- postable », dit-il.« La fabrication d\u2019emballages constitués uniquement de matière végétale demeure encore un grand défi », lance M.Favis, dont les recherches visent à mettre au point « des mélanges de polymères qui permettraient d\u2019obtenir des matériaux de très haute résistance à l\u2019impact, pouvant servir à la fabrication de pare-chocs de voiture et de téléphones cellulaires, par exemple, et qui soient complètement biodégradables ».que le sac est indispensable pour donner envie au citoyen de composter.Mais si on en changeait la composition?La France mise sur le végétal En France, les petits sacs en plastique sont interdits depuis le 1er janvier 2017.Et on exige que les sacs à usage unique soient compostables en compostage domestique, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils puissent être incorporés à un composteur de jardin dans lequel ils se biodégraderaient en six à douze mois selon la température et l\u2019hygrométrie du composteur.« La norme est différente entre un compostage domestique et un compostage industriel : un sac composta- ble en compostage domestique doit être plus facilement dégradable (dans des conditions de température et d\u2019humidité moins contrôlées).Le compostage industriel induit des montées en température plus importantes et mieux contrôlées qui favorisent la biodégradabilité.Un sac prévu pour un compostage industriel n\u2019est pas compostable en compostage domestique [ou très peu et en beaucoup plus de temps], alors que l\u2019inverse l\u2019est », précise Anne-Sophie Lebriton, du service de presse du ministère de la Transition écologique et solidaire.Tous les sacs compostables doivent contenir au moins 40 % de matières végétales.Et la teneur biosourcée \u2014 c\u2019est-à-dire en matières végétales \u2014 minimale doit augmenter progressivement à 50 % à partir du 1er janvier 2020 et à 60 % à compter de 2025.Fondamentalement, cette mesure vise à réduire l\u2019utilisation d\u2019une matière fossile (pétrole) qui est une ressource limitée et à la remplacer par une matière renouvelable.Au ministère de la Transition écologique et solidaire, on fait aussi valoir que « la teneur croissante en matière biosourcée permet d\u2019accroître le niveau d\u2019innovation du secteur de fabrication des sacs et de relocaliser en France, ou du moins en Europe, une partie de leur fabrication qui se faisait en Asie pour les sacs de plastique ».Avec cette mesure, la France espère donc créer de nouveaux emplois en recherche et développement, ainsi que dans la fabrication des sacs.Les normes du BNQ n\u2019exigent pas quant à elles que les sacs composta- bles contiennent une teneur minimale en matière végétale.Plus complexes Les 40 % de matière végétale sont majoritairement de la fécule de pomme de terre.Les 60 % sont quant à eux constitués d\u2019un « co-polymère d\u2019origine fossile, dont les liaisons entre les molécules sont différentes de celles présentes dans le polyéthylène, et donc plus faciles à dégrader par les bactéries.Les molécules du co-poly- mère proviennent certes d\u2019un composé fossile, mais elles sont structurées de telle manière qu\u2019elles peuvent être ingérées par les bactéries qui les dégraderont en CO2, en eau et en humus exempt de tout résidu dangereux », explique Pascal Melois, responsable du développement de produits chez Publi Embal, une filiale du groupe français SPhere, spécialisé dans l\u2019emballage et les sacs.Plus on augmente la proportion de matière végétale dans la composition des sacs, plus leur résistance diminue.« Pour obtenir des sacs qui soient suffisamment solides pour transporter des aliments, on a développé des matériaux un peu plus complexes pour compenser la faiblesse de la mécanique de la partie végétale », indique-t-il.Compost maison La France a modifié les normes pour faciliter le compostage hors des zones couvertes par le ramassage industriel.« Pour généraliser le compostage industriel, il faut déjà que le pays soit équipé sur tout le territoire de centres industriels de compostage, explique Pascal Melois.Or, ce n\u2019est pas le cas aujourd\u2019hui en France.Pour mettre en avant le sac biodégradable et compos- table, le gouvernement a préféré donner une contrainte supplémentaire pour qu\u2019il puisse être biodégradé plus facilement dans les composteurs domestiques, celui du jardin, et en compostage collectif en bas des immeubles, qui se fait, comme pour le compostage domestique, à température faible.» Plus on augmente la proportion de matière végétale dans la composition des sacs, plus leur résistance diminue L LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e verdict a été sans appel pour Philippe Couillard.Pourtant, le Québec se retrouve dans une situation avantageuse sur le plan des finances publiques, du jamais vu depuis 40 ans, et son gouvernement avait commencé à délier ses goussets pour injecter des sommes en éducation et en santé.L\u2019économie est vigoureuse et le taux de chômage est descendu au-dessous de la moyenne canadienne.Malgré tout, les électeurs lui ont montré la porte sans ménagement et le Parti libéral du Québec, avec son pire score quant au pourcentage des voix recueillies depuis sa fondation il y a 150 ans, en est quitte pour un sérieux examen de conscience.La plus grande réalisation du gouvernement Couil- lard, c\u2019est sans nul doute le redressement des finances publiques, un redressement durable qui tiendra à moins que le Québec soit plongé dans une récession, ce qui n\u2019est pas à écarter à moyen terme.Sa plus grande réalisation, mais aussi un de ses principaux écueils.À son arrivée au pouvoir, le premier ministre avait déclaré que son plan de redressement épargnerait les services destinés aux plus vulnérables.Or dans son rapport annuel en 2016, la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, constatait que la bureaucratie avait moins souffert que les personnes vulnérables des compressions, des critiques que Philippe Couil- lard avait balayées du revers de la main.« Ce n\u2019est que du vent, ça ne veut rien dire pour la population », avait-il répliqué, trahissant son insensibilité.Comme le soutient l\u2019économiste Pierre Fortin dans l\u2019ouvrage collectif Bilan du gouvernement de Philippe Couillard.158 promesses et un mandat contrasté, le gouvernement libéral a appliqué la méthode du « stop and go » : dans les deux premières années du mandat, des mesures d\u2019austérité \u2014 un mélange de réduction des dépenses et d\u2019alourdissement des charges pour les contribuables (relèvement des tarifs d\u2019électricité et de garderie, hausses de diverses taxes) \u2014 qui ont contribué à ralentir la croissance économique puis, dans les deux dernières années, relance des dépenses et allégement de la pression fiscale, qui ont eu l\u2019effet inverse.Compte tenu des perturbations infligées aux services publics, il est clair, à nos yeux, que le gouvernement Couillard y est allé trop fort, trop vite.Parallèlement aux compressions, Philippe Couillard a maintenu la hausse pharaonique de la rémunération des médecins, des milliards qui auraient dû servir à améliorer les services de santé pour les personnes âgées, principalement.S\u2019il importe que le Québec demeure la société la plus équitable d\u2019Amérique, comme le chef libéral l\u2019a souligné dans sa déclaration confirmant sa démission jeudi, il n\u2019y avait rien d\u2019équitable à enrichir des privilégiés parmi les privilégiés et à aggraver ainsi les inégalités de revenus.Il faut dire que Philippe Couillard a été sanctionné aussi pour une raison qu\u2019il ne contrôlait pas : l\u2019usure du pouvoir.Le fait qu\u2019il s\u2019agissait de son premier mandat n\u2019a pas fait oublier que le Parti libéral, outre l\u2019intermède du gouvernement Marois, a eu « les mains sur le volant » pendant 15 longues années, un parti impliqué dans le plus grand scandale de corruption du Québec moderne.Dans notre système démocratique, l\u2019alternance est une vertu.Mais cette défaite historique a une autre origine : l\u2019incapacité de Philippe Couillard à comprendre l\u2019insécurité culturelle des Québécois.Jeudi, le chef libéral en a remis : « La majorité n\u2019a pas tous les droits, et ceux qu\u2019elle exerce doivent être compensés par la protection de ceux des minorités », a-t-il dit, exprimant sa conviction profonde.Fortement influencé par le communautarisme, fondement du multicul- turalisme canadien, Philippe Couillard ne voit dans le « vivre-ensemble » au Québec qu\u2019une lutte entre une majorité francophone, qui chercherait à imposer ses vues, et des minorités brimées.Or, l\u2019objectif ultime de ce « vivre-ensemble », surtout pour le peuple québécois \u2014 minoritaire lui-même au Canada, rappelons-le \u2014, c\u2019est que les minorités rallient éventuellement la majorité francophone, en l\u2019influençant certes, et que les distinctions, qu\u2019on aurait tort d\u2019exacerber, cèdent le pas à l\u2019égalité entre les citoyens.À l\u2019heure où les libéraux, encore sonnés par la dégelée qu\u2019ils ont encaissée, parlent de se « reconnecter » avec la majorité francophone, Philippe Couillard leur lance un autre message : « Tenter d\u2019imiter nos adversaires ne nous conduira pas à la victoire ».Il y a donc au Québec le Parti libéral, défenseur des libertés « fragiles » \u2014 c\u2019est son mot \u2014, et les autres partis, chauvins et liberticides.Si elle s\u2019inspire d\u2019une telle analyse manichéenne, la reconnexion libérale ne se produira pas de sitôt.Eric Deguire Enseignant d\u2019histoire à la formation générale des adultes Depuis que j\u2019enseigne l\u2019histoire du Québec et du Canada à la formation générale des adultes, chaque élection \u2014 qu\u2019elle soit fédérale, provinciale ou municipale \u2014 a mené à des discussions fort stimulantes avec mes élèves, mais aussi dans toute l\u2019école.L\u2019élection qui a pris fin le 1er octobre semble par contre faire exception.Si je ne soulevais pas le sujet, presque aucun élève n\u2019était porté à le faire.Certes, on peut présumer que c\u2019est par manque d\u2019intérêt.Mais bien souvent, au courant de la campagne, on a entendu des analystes parler d\u2019elle d\u2019un ton critique en la qualifiant de « provinciale » et qu\u2019à cause du manque de grands enjeux nationaux, le peuple redevenait canadien-français.À une époque où il n\u2019y a presque plus de grands projets emballants et collectifs, le problème résiderait possiblement dans le confort de l\u2019indifférence, comme l\u2019aurait dit Denys Arcand.Cette indifférence serait-elle alors la faute de la population ou celle des politiciens ?Je dirais une responsabilité partagée.Si on rappelle quelques élections récentes qui ont stimulé des débats, que ce soit par de bons ou de moins bons coups, je penserais d\u2019abord à la fin du règne Jean Cha- rest en 2012, à la suite d\u2019une grève étudiante qui aura duré plus de six mois.Il y a ensuite eu tout le débat entourant la charte des valeurs du gouvernement de Pauline Marois et la façon dont cette dernière a perdu son pari de vouloir transformer sa minorité en majorité.En 2015, nous avons assisté à l\u2019impressionnante campagne de Justin Trudeau, marquée par des promesses comme celles portant sur la légalisation du cannabis ou sur la nécessité de faire des déficits budgétaires.Et l\u2019an dernier, ça a été au tour de Valérie Plante de montrer qu\u2019on pouvait faire de la politique avec un sourire tout en faisant des promesses notables, entre autres en ce qui concerne les transports collectifs.L\u2019arrivée au pouvoir de François Legault ne semble pas mener au même entrain; il ne semble pas susciter de discussions vives, que ce soit chez mes élèves ou dans l\u2019ensemble de la population.Certains s\u2019y opposent, c\u2019est normal.D\u2019autres ont tout simplement voulu envoyer un message clair au Parti libéral du Québec en élisant un nouveau parti, sans vraiment s\u2019intéresser à de nouvelles visions, qu\u2019elles portent sur les enjeux économiques ou bien sur la question nationale.Premier ministre en attente Malgré toutes les critiques parfaitement légitimes qu\u2019on peut formuler à l\u2019endroit de François Le- gault, il faut se rappeler que les Québécois n\u2019ont jamais autant anticipé l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019un premier ministre.On parle de François Legault comme un éventuel premier ministre du Québec depuis 2005 \u2014 et même avant \u2014, alors qu\u2019il avait fait plusieurs déçus lorsqu\u2019il a décidé de ne pas se lancer dans la course à la succession de Bernard Landry.L\u2019idée d\u2019un premier ministre Le- gault mijote donc dans la conscience collective québécoise Un toast au cynisme Le cercle des égoïstes, roman d\u2019Eric-Emmanuel Schmitt, présente un philosophe croyant que le monde n\u2019est que l\u2019unique reflet de ses pensées.Le monde provenant de lui, tout était dans les faits sa possession (hommes, animaux, végétaux, etc.).Rapidement, dans le roman, un cercle d\u2019individus, dont chacun persistait à croire qu\u2019ils étaient le foyer du monde, s\u2019est formé autour de sa philosophie.Lors de la soirée électorale, cette image ne pouvait en aucun moment quitter mon esprit.Si les résultats des élections n\u2019ont prouvé une seule chose, ce n\u2019est pas la mort du souverainisme ni celle du Parti québécois, mais bien l\u2019égoïsme des Québécois comme décrit plus haut.Qu\u2019est- ce qui me permet de dire cela ?Le faible intérêt pour les enjeux environnementaux des Québécois moyens illustré notamment par l\u2019élection du parti ayant un des programmes environnementaux les moins développés, oui, mais aussi par une campagne générale ne l\u2019abordant uniquement qu\u2019à reculons.Un mot ici, un mot là et c\u2019est fini ! L\u2019enjeu de l\u2019environnement se caractérise chez la jeunesse par une grande mobilisation et un désir de s\u2019exprimer.C\u2019est d\u2019abord nous qui allons être principalement affectés par les impacts environnementaux.Or, l\u2019élection de la Coalition avenir Québec comme gouvernement majoritaire a été d\u2019une désillusion foudroyante.Ce qui a suscité tant d\u2019émotions chez la jeunesse en a laissé de marbre plusieurs.Le Québec ne s\u2019est donc pas seulement prononcé sur le blason qu\u2019il allait arborer pour les quatre prochaines années, mais aussi sur sa philosophie.La soirée électorale 2018 marquera la journée où le Québec devenu un membre à part entière du cercle des égoïstes.Comme quoi l\u2019étoffement du portefeuille l\u2019emporte sur des enjeux bidon tels que l\u2019écosystème.Nicolas Brizard Université de Sherbrooke, le 4 octobre 2018 François Legault et ses chances de marquer l\u2019histoire LIBRE OPINION LETTRES AVENIR DU PARTI LIBÉRAL Perdre par conviction L ÉDITORIAL B 10 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu depuis bien longtemps.[\u2026] L\u2019arrivée au pouvoir de François Legault et de la CAQ représente, je crois, l\u2019avènement naturel d\u2019une tendance nationaliste de centre droit qui existe dans la société québécoise depuis trente ans \u2014 sinon depuis ses origines.Elle passe par Maurice Duplessis, Daniel Johnson (père) et plus récemment par Mario Dumont, Lucien Bouchard et Joseph Facal.François Legault a tout simplement récolté les fruits de cette lointaine tradition politique qui vise à baisser les impôts et les tarifs en promettant une gestion soi-disant plus efficace de l\u2019État.À cela, on peut ajouter quelques éléments importants comme les valeurs familiales, la décentralisation du pouvoir ou la baisse des seuils d\u2019immigration.Nous voilà devant un résultat électoral où les quatre principaux partis ont respectivement obtenu le meilleur ou le pire score de leur histoire.Si le Parti québécois est en déclin tranquille depuis sa dernière victoire majoritaire en 1998, je crois par contre que le Parti libéral saura se reconstruire et qu\u2019il maintient des acquis non négligeables.La montée en parallèle de Québec solidaire confirme, comme plusieurs l\u2019avaient prévu, le retour d\u2019un débat entre la gauche et la droite et la montée en force d\u2019une nouvelle génération d\u2019électeurs.Instinctivement, lorsque j\u2019ai vu la victoire majoritaire de la CAQ, je me suis dit qu\u2019on signait l\u2019arrêt de mort de la réforme du mode de scrutin.Comme enseignant d\u2019histoire, je saisis bien qu\u2019après le départ d\u2019un gouvernement, les cahiers d\u2019histoire et l\u2019ensemble de la population ne retiennent qu\u2019une ou deux réalisations.Si Legault veut marquer sa place dans l\u2019histoire du Québec, ce ne sera pas par des baisses d\u2019impôts ou même par une période de croissance économique, mais par des virages marquants et majeurs, que ce soit un nouveau système électoral ou encore \u2014 qui sait ?\u2014 l\u2019avènement d\u2019une relation plus constructive et durable avec Ottawa.Mais pour cela, il faudra peut-être qu\u2019il attende l\u2019arrivée au pouvoir d\u2019Andrew Scheer.Sur la démission de Philippe Couillard comme député Je conçois tout à fait que M.Couillard désire quitter la vie politique après la défaite électorale qu\u2019il vient de subir.Qu\u2019il quitte ses fonctions de chef du Parti libéral du Québec est dans l\u2019ordre des choses.Cependant, sa démission comme député de Roberval est, à mon avis, douteuse sur le plan éthique.En effet, M.Couillard a demandé aux électeurs de Roberval de renouveler son mandat de député et il a été réélu sur cette base.Il n\u2019a pas précisé dans cette demande qu\u2019il désirait être député uniquement dans le cas où il continuerait à occuper le poste de premier ministre du Québec.Désirons- nous, au Québec, des candidats qui veulent être députés uniquement s\u2019ils sont du côté des gagnants ?Poser la question, c\u2019est y répondre : bien sûr que non.De telles mœurs politiques alimentent le cynisme de la population à l\u2019égard de la politique et de nos institutions démocratiques en général.À mon avis, lorsque quelqu\u2019un demande la confiance des électeurs pour les représenter, l\u2019aspirant député devrait avoir l\u2019obligation de remplir son mandat de député dans le cas où il est élu.Le respect envers les électeurs commande cela.En cas de non-respect de cet engagement, le député démissionnaire devrait, comme minimum, assumer personnellement tous les frais encourus par l\u2019État pour organiser une élection partielle en vue de pourvoir le poste de député ainsi laissé vacant.L\u2019occasion de corriger cette lacune se présente possiblement avec la révision du mode de scrutin annoncée.Il est grand temps d\u2019améliorer nos mœurs politiques.Guy Rivest Le 5 octobre 2018 ROBERT DUTRISAC B 11 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Une performance célébrant la tenue prochaine des Jeux de la Francophonie à Abidjan, en Côte d\u2019Ivoire, en 2016.SIA-KAMBOU AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019Afrique est le continent de tous les espoirs et de toutes les convoitises.Nous avons développé, avec cette région du monde, des relations de confiance et de respect.C\u2019est sur cette base qu\u2019il nous faut intensifier nos échanges avec ce continent, dans tous les domaines.En éducation, santé, infrastructures, électrification, environnement, numérique, économie sociale, culture, les besoins sont immenses.Un Sommet Québec-Afrique ne manquerait pas de sujets d\u2019intérêt ! De même qu\u2019un Davos de la Francophonie, qui ferait la promotion d\u2019une vision plus équilibrée des relations économiques internationales.Les perspectives démographiques de l\u2019Afrique francophone (700 millions de francophones en 2050) peuvent faire rêver, mais elles mettent en relief le défi urgent de l\u2019éducation.Dans un contexte de diversité linguistique, l\u2019enseignement des langues française et nationales constitue l\u2019enjeu prioritaire de la francophonie africaine.Certes, la mobilisation d\u2019enseignants, l\u2019ouverture de l\u2019Institut francophone pour l\u2019éducation et la formation (IFEF) à Dakar et le programme École et langues nationales en Afrique (ELAN) vont dans le bon sens, mais ils sont sous- proportionnés par rapport aux besoins.L\u2019éducation est la mère de toutes les batailles ! Les résultats du combat que nous avons remporté à l\u2019UNESCO en 2005 pour la sauvegarde de la diversité culturelle dans la mondialisation sont mis en péril par le développement d\u2019entreprises du numérique oligopolistiques et la montée des populismes destructeurs d\u2019un certain ordre international.Dialogue interculturel Dans un monde où le « village planétaire » est en passe de se transformer en une planète de villages, plus encore de communautés balkanisées, la Francophonie doit se recentrer et être aux avant-postes du dialogue inter- culturel pour porter une vision du monde plus solidaire, plus équitable et plus démocratique.C\u2019est pour cela que son véhicule institutionnel principal, l\u2019OIF, a vocation à demeurer un acteur clé des relations internationales.Elle doit fédérer, rassembler, mobiliser les bâtisseurs d\u2019un monde plus juste.Notre langue en partage est un outil fédérateur et facilitateur du vivre-ensemble.Pour autant, l\u2019OIF, cette jeune organisation qui aura 50 ans en 2020, doit avoir le souci permanent de servir ses États membres et leurs populations, mais aussi de s\u2019adapter aux nouvelles réalités du monde.Rien n\u2019est joué d\u2019avance.Le travail, la passion et le dévouement de milliers de militants et de centaines de fonctionnaires internationaux qui font vivre les idéaux de la francophonie valent que nous, Québécois, continuions à nous y investir avec nos partenaires.L\u2019ambitieuse politique pour le français d\u2019Emmanuel Macron et les perspectives du Sommet d\u2019Erevan (où la première stratégie pour l\u2019égalité femme-homme, après 25 ans d\u2019actions dans ce domaine, devrait être entérinée) doivent nous encourager à aller de l\u2019avant.Clément Duhaime Ancien administrateur de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (2006- 2015) La francophonie est pour moi, et pour beaucoup d\u2019entre nous, un combat pour le rayonnement de notre langue et la diversité du monde.À l\u2019orée de ma retraite du service public, ayant eu le privilège d\u2019être délégué général du Québec en France (2000-2005) et administrateur de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (2006-2015), j\u2019aurai consacré près de 30 ans à contribuer à l\u2019approfondissement des liens franco-québé- cois et au développement d\u2019une francophonie concrète et utile.Dans une rare complicité avec le secrétaire général de la Francophonie, le président Ab- dou Diouf, j\u2019aurai poursuivi cet engagement pendant 10 ans en tant que numéro 2 de l\u2019OIF.J\u2019aurai inscrit mes pas dans ceux d\u2019illustres prédécesseurs (Jean-Marc Léger, Jean-Louis Roy\u2026) qui ont apporté leur énergie et leur militantisme à cette organisation atypique du système international.Sur la scène québécoise Aujourd\u2019hui, je constate que les Québécoises et les Québécois méconnaissent souvent ce que nous avons construit.En tant qu\u2019ancien administrateur de l\u2019OIF, j\u2019ai longtemps hésité à sortir de ma réserve, choqué de lire et d\u2019entendre ces dernières années tant de faussetés sur la francophonie.Nous avons laissé ces contre-vérités se répandre sans dire haut et fort l\u2019importance, pour l\u2019humanisation de la mondialisation, des grandes organisations linguistiques et culturelles comme la Francophonie.Au Québec, malgré notre devise, il semblerait que nous ayons oublié ce que la francophonie nous a apporté en fait d\u2019ouverture au monde et de solidarité.Et ce que nous avons apporté en retour en accueillant deux Sommets des chefs d\u2019État et de gouvernement, les Jeux de la Francophonie, mais aussi le siège de l\u2019Agence universitaire de la Francophonie, l\u2019Institut de la Francophonie pour le développement durable, TV5, le premier Forum mondial de la langue française, l\u2019Observatoire démographique et statistique de l\u2019espace francophone à l\u2019Université Laval, l\u2019Observatoire de la Francophonie économique à l\u2019Université de Montréal, le Centre Franco- Paix de l\u2019UQAM, le Centre de la francophonie des Amériques, et c\u2019est sans compter le foisonnement de réseaux militants de la société civile.Pour soutenir l\u2019élan de notre langue, promouvoir la diversité des expressions culturelles, le développement durable, l\u2019éducation et la formation professionnelle, la Francophonie a toujours été notre alliée, notre démultiplicatrice.Elle l\u2019a été, par exemple, pour généraliser le modèle des Centres de lecture et d\u2019animation culturelle, ces « bibliothèques de l\u2019espoir » conçues par les Québécois Philippe Sauvageau et Lucie Alexandre.Ce fut une réussite internationale : plus de 300 de ces centres permettent à 5 millions de jeunes dans une vingtaine de pays d\u2019avoir accès à la lecture, à la culture, au numérique et à l\u2019éducation citoyenne.Forum de solidarité Il faut prendre conscience de l\u2019importance de la Francophonie internationale comme forum de solidarité majeur quant aux défis climatiques, démocratiques, sécuritaires, migratoires.Ces défis concernent au premier chef la jeunesse, si nombreuse, si volontaire, mais hélas si entravée dans la plupart des pays francophones du Sud.Pour corriger ces inégalités, nous devons mettre l\u2019expertise des Offices jeunesse internationaux du Québec dirigés avec dynamisme par Michel Robitaille au service de la jeunesse francophone.C\u2019est le sens de la proposition d\u2019un Office francophone de la jeunesse que Louise Beaudoin, Benjamin Boutin et moi- même appelons de nos vœux.La francophonie, notre combat pour la diversité du monde Au Québec, malgré notre devise, il semblerait que nous ayons oublié ce que la francophonie nous a apporté en fait d\u2019ouverture au monde et de solidarité Claudette Carbonneau Présidente des Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI Québec) La soirée électorale du 1er octobre en a sûrement décoiffé plus d\u2019un.La CAQ a, à l\u2019évidence, été elle-même surprise par l\u2019ampleur de sa majorité, alors qu\u2019elle ne récolte qu\u2019un peu plus de 37 % des votes exprimés.Elle devient ainsi le premier gouvernement de l\u2019histoire du Québec à obtenir un gouvernement majoritaire avec si peu d\u2019appui populaire ! Dans ce contexte, saluons le premier discours de François Legault, où il s\u2019efforce de se faire rassembleur et ouvert.Mais la surprise va bien au-delà.Le PLQ et le PQ goûtent sévèrement à la médecine administrée à peu près partout en Occident à l\u2019égard des partis de gouvernement.Mirage ou réalité, le désir de changement a soufflé fort sur l\u2019élection.Ces deux partis, dont les programmes sont très différents (question nationale, austérité, urgence d\u2019une transition écologique et identité), ont chacun une sérieuse introspection à faire.QS a connu un succès qu\u2019il n\u2019espérait probablement pas.En plus d\u2019avoir triplé ses sièges, il est sorti de Montréal de façon assez convaincante.Il faut certainement y voir les fruits de l\u2019excellente campagne que ce parti et sa chef ont menée et de la réussite de sa fusion avec Option nationale, qui lui a valu deux circonscriptions dans la région de Québec.Enfin, la façon dont les solidaires ont mobilisé les jeunes, notamment dans les villes universitaires de Sherbrooke et de Rouyn-Noranda, est digne de mention.La relance du projet indépendantiste passe sans conteste par l\u2019implication et l\u2019adhésion de la jeunesse.Une certaine marginalité Sans inviter QS à bouder son plaisir, une réalité implacable demeure toutefois.Dans 57 des 125 circonscriptions, ni QS ni le PQ n\u2019apparaissent dans la liste des deux principaux partis politiques inscrits dans la course.Si ces derniers ne trouvent pas une façon originale de conjuguer leurs efforts autour de quelques essentiels, ils se condamneront à une certaine marginalité.Ils laisseront orphelin le tiers des Québécois qui a voté pour eux, espérant une action rapide et vigoureuse Leçons et perspectives pour indépendantistes quant aux changements climatiques, à l\u2019urgence de réinvestir massivement dans nos services publics, sans oublier la responsabilité qu\u2019ils ont de faire advenir le projet d\u2019indépendance, indissociable de ces objectifs.Les quelques luttes victorieuses à trois ou à quatre auxquelles nous avons assisté sont loin de faire le poids devant les objectifs évoqués plus haut.Voilà qui préoccupe au plus haut point les Organisations unies pour l\u2019indépendance (OUI Québec), dans un contexte où un Québécois sur trois ayant voté pour le PQ ou pour QS doit se contenter d\u2019un maigre 19 sièges sur 125 pour se faire entendre.C\u2019est dire l\u2019urgence d\u2019une réforme du mode de scrutin.En 2018, la volonté populaire en prend pour son rhume.La CAQ règne sans partage, alors que, cynisme aidant, seulement un Québécois sur quatre s\u2019est déplacé pour lui donner son vote, ce qui nuance grandement l\u2019impression de « raz-de-marée caquiste » qui court depuis quelques jours.C\u2019est dire aussi l\u2019importance de revoir le partage des budgets dévolus aux partis politiques pour assurer la représentation des électeurs.Le PQ et QS doivent y avoir accès, au nom du tiers de la population qu\u2019ils représentent.C\u2019est une question de démocratie.Les faits sont têtus.Des Québécois ayant voté, 33 % ont donné leur vote à un parti indépendantiste.D\u2019autres se sont sentis libres de voter ailleurs ou sont restés chez eux.Voilà qui devrait inciter à la prudence avant de sonner le glas de l\u2019option indépendantiste ! On nous objectera que ce qui motive un vote peut varier d\u2019une personne à l\u2019autre.C\u2019est vrai.Cependant, la question nationale n\u2019est pas un enjeu comme un autre, elle les traverse tous.Réussir la nécessaire transition écologique est certainement plus à portée de main au Québec que dans le pétro-État qu\u2019est devenu le Canada.Assurer notre sécurité culturelle et linguistique, tout comme disposer de tous les leviers nécessaires à notre développement économique et social, passe aussi par la récupération des pouvoirs et des impôts que nous versons à Ottawa.Cessons donc de jouer à l\u2019autruche et de raisonner en vase clos ! Au-delà du mode de scrutin Ce sont ces débats que les OUI Québec voudront conduire à terme lors des Assises nationales de concertation qu\u2019elles se sont engagées à convoquer quant à l\u2019avenir du projet d\u2019indépendance.Il faudra certes laisser la poussière retomber.Il faudra aussi voir comment évolue l\u2019engagement de la CAQ sur la réforme du mode de scrutin.Tout importante soit-elle, cette réforme ne réglera pas tout.Nous donner une feuille de route commune pour aller vers l\u2019indépendance, renouveler le discours, les façons de faire et les objectifs qui sous-tendent le pays demeurent des incontournables.Enfin, sans préjuger de la forme que cela pourra prendre, nous devrons sortir de ces assises convaincus d\u2019avoir placé sur ses rails une véritable force politique qui nous sorte des divisions paralysantes et qui nous permette, enfin, d\u2019avancer avec plus de cohésion.Si QS et le PQ ne trouvent pas une façon originale de conjuguer leurs efforts autour de quelques essentiels, ils se condamneront à une certaine marginalité LEDEVOIR // LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018 B 12 PETITES ANNONCES 26 OCTOBRE 2018 Musée des Beaux-Arts de Montréal PROGRAMME ET INSCRIPTION SUR mbam.qc.ca/FestivalLeMonde AVEC DEMEURES , OCCAS IONS D \u2019AFFAIRES ET L IEUX PR IV ILÉG IÉS 514.985.3322 1 800 363.0305 petitesannonces@ledevoir.com PRESTIGE 720 av.OUTREMONT STATIONNEMENT 569 000 $ CENTRIS 227 679 52 OUTREMONTAIS À 100% LOCALISATION \u2014 BEAUTÉ \u2014 STYLE LOIS HARDACKER Ctr.imm.Agréé.Royal LePage Action, Agence Immobilière 450 242-2000 www.loishardacker.com LAC BROME BOLTON-OUEST DOMAINE de 7,7 acres, avec cour intime, au coeur du village de Knowlton.Résidence de 5 chambres en pierres des champs circa 1845, spacieuse et élégante.Une allusion aux tendances européennes.895 000 $ LE GROS LOT : Vue à couper le souffle, magnifique résidence de style nordique au Domaine Mont-Foster près de Knowlton/ Lac Brome, 8,6 acres.N\u2019est-ce pas le temps de réaliser votre rêve ?935 000 $ WESTMOUNT ADJ.4054 Av.Highland - 2 049 00$ Maison ancestrale au look contemporain.MLS: 17338438 WESTMOUNT ADJ.4111 Av.Marlowe - 1 535 000$ Magni?que semi détaché à quelques pas du village Victoria ! 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