Le devoir, 10 octobre 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 229 / LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM ARMÉNIE Sortir de la victimisation Il faut se souvenir des résistants, dit Harutyun Marutyan Le XVIIe Sommet de la Francophonie se déroule cette année en Arménie, un pays millénaire qui porte le lourd fardeau du premier génocide du XXe siècle et qui est aujourd\u2019hui en pleine crise démocratique.Le Devoir est allé à la rencontre de ces Arméniens qui cultivent, encore aujourd\u2019hui, un amour profond pour la langue française.INDEX Avis légaux .B2 Carrières.B3 Culture.B7 Décès .B4 Économie.B1 Éditorial.A6 Grille TV.B6 Idées.A7 Météo .B4 Monde .B4 Mots croisés.B4 Sports.B6 Sudoku .B4 ACTUALITÉS La CAQ ouvre la porte à un compromis sur les signes religieux | A 3 MONDE Démission surprise de l\u2019ambassadrice américaine à l\u2019ONU B 5 CULTURE Guy, le faux documentaire plus vrai que vrai B 8 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR FRANCOPHONIE Ottawa largue Michaëlle Jean MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Le diocèse de Montréal accepterait de collaborer avec les autorités si une enquête était lancée sur le scandale des prêtres pédophiles \u2014 en donnant notamment accès aux dossiers des prêtres \u2014, mais il ne souhaite pas pour autant aller au-devant d\u2019un tel exercice.« Si le processus judiciaire juge que c\u2019est ce qu\u2019il faut faire, on va collaborer avec le processus judiciaire.Mais on ne veut pas le devancer », soutient Mgr Christian Lépine, archevêque de Montréal.À l\u2019occasion d\u2019une rencontre avec Le Devoir organisée vendredi au diocèse de Montréal, Mgr Lépine a déclaré être favorable à un exercice plus circonscrit de statistiques, «validé de façon externe», qui permettrait de mieux saisir l\u2019étendue du scandale au Québec.L\u2019Église ne serait toutefois pas encore prête à se lancer dans cette voie, puisqu\u2019il y a «encore du travail à faire pour protéger la confidentialité», fait valoir Mgr Lépine.Comme en Irlande ?C\u2019est en 1989 que le scandale des prêtres pédophiles a éclaté au grand jour au Canada, lorsque le public a pris connaissance des sévices sexuels subis par des pensionnaires de l\u2019orphelinat Mount Ca- shel à Terre-Neuve.Trente ans plus tard, on ne sait toujours pas à quel point le phénomène était répandu au Canada comme au Québec.Aucune enquête n\u2019a été menée pour déterminer le nombre total de victimes de prêtres pédophiles ainsi que le nombre d\u2019abuseurs.PRÊTRES PÉDOPHILES Prendre la mesure du scandale au Québec L\u2019archevêque de Montréal dit vouloir collaborer avec la justice, mais il n\u2019est pas encore prêt à ouvrir ses livres La présidente sortante de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie espérait obtenir un deuxième mandat.KAREN MINASYAN AGENCE FRANCE-PRESSE CHRISTIAN RIOUX À EREVAN LE DEVOIR L\u2019arrière-grand-père de Tatevik Grigoryan, Me- lik, n\u2019était qu\u2019un marmot lorsqu\u2019en 1915 l\u2019armée turque est venue exterminer sa famille, à Kars en Anatolie orientale.Il fut le seul survivant et dut la vie à un officier qui tira en l\u2019air au lieu de l\u2019abattre.Envoyé à l\u2019orphelinat américain, il n\u2019apprit son âge et son nom de famille qu\u2019à 20 ans, après la découverte par hasard d\u2019un document d\u2019état civil.Tatevik Grigoryan conserve précieusement le certificat de l\u2019orphelinat dont elle a envoyé un exemplaire au Mémorial du génocide à Erevan.Un homme et ses enfants circulent à vélo dans une rue d\u2019Erevan en arborant le drapeau arménien.VANO SHLAMOV AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE A 4 : MYSTÈRE VOIR PAGE A 2 : ARMÉNIE VOIR PAGE A 2 : OTTAWA Le Québec, à l\u2019instar du gouvernement fédéral, se rallie à la candidature rwandaise La carrière de Michaëlle Jean au sein de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie est pour ainsi dire terminée.Justin Trudeau et François Le- gault l\u2019ont tous deux laissée tomber pour appuyer plutôt la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo au poste de secrétaire générale de l\u2019organisme.Une nouvelle que l\u2019équipe de Michaëlle Jean a apprise\u2026 du Devoir.Les premiers ministres canadien et québécois s\u2019apprêtaient à prendre l\u2019avion ensemble vers le sommet d\u2019Erevan en Arménie, mardi, lorsqu\u2019ils ont tour à tour confirmé qu\u2019ils se rangeront derrière le consensus France- Afrique au lieu de défendre la réélection de Michaëlle Jean jusqu\u2019à la toute dernière minute.Le gouvernement canadien laissait déjà entendre depuis une semaine, en coulisses, qu\u2019il pourrait finir par accepter cette tradition de consensus qui règne au sein de l\u2019OIF lors d\u2019élections au poste de secrétaire général.Mais le bureau de la ministre de la Francophonie Mélanie Joly l\u2019a finalement confirmé publiquement mardi : « Nous saluons le travail de Mme Jean à la tête de la Francophonie, notamment en ce qui a trait à l\u2019éducation des filles et à l\u2019émancipation des femmes.Pour ce qui est du poste de secrétaire général, le Canada est prêt à se rallier au consensus, comme le veut la façon de faire en Francophonie », a laissé tomber l\u2019attaché de presse de Mélanie Joly, Jeremy Ghio. ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 Avec l\u2019appui de : Pourquoi les arts doivent-ils traverser les frontières ?Simon Brault Directeur et chef de la direction, Conseil des arts du Canada Nathalie Bondil Directrice générale et conservatrice en chef, MBAM Vice-présidente du conseil, CAC Pierre Lassonde Président du conseil d\u2019administration, Conseil des arts du Canada (CAC) INSCRIPTION \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Déjeuner-causerie de la Série Culture présenté par : Thèmes abordés : L\u2019impact des réseaux et partenariats internationaux pour le développement des entreprises culturelles L\u2019importance de la collaboration et de la coordination avec le secteur privé Financer la création culturelle à l\u2019ère de la transformation numérique et de la diversité L\u2019in?uence des arts sur la société et le monde des aff aires Pas de réconciliation sans reconnaissance du génocide ARMÉNIE SUITE DE LA PAGE A 1 Dans sa famille, on se raconte cette histoire de mère en fille et de père en fils pour préserver la mémoire du premier génocide du XXe siècle qui raya de la carte un million et demi d\u2019Arméniens assassinés ou morts en déportation.Les autres se dispersèrent à travers le monde.C\u2019est pourquoi, aujourd\u2019hui encore, 70 % des Arméniens vivent hors d\u2019Arménie.Nul doute qu\u2019en accueillant le XVIIe Sommet de la Francophonie cette semaine, l\u2019Arménie cherchera à faire avancer la reconnaissance de ce génocide.Un drame sans nom que le Québec fut parmi les premiers à reconnaître, dès 1980 sous le gouvernement de René Lévesque.La France le fit en 2001 et le Canada en 2004 (mais sans en préciser l\u2019auteur).« Avant de mourir, à 93 ans, ma grand-mère a rassemblé dans un album toutes les photos qu\u2019elle avait sur ces événements et elle nous l\u2019a remis, pour qu\u2019on se souvienne », dit Tatevik.C\u2019est un peu à la mémoire de son grand-père qu\u2019elle a entrepris en 2011 de rencontrer les derniers réfugiés encore vivants en Arménie.La plupart étaient centenaires ou presque.En deux ans, elle a ainsi brossé 34 portraits publiés pour la plupart par l\u2019agence de presse nationale Armenpress.« On voulait juste ajouter notre petite contribution à cette histoire immense », dit- elle.Sillonnant le pays, elle a rencontré des vieillards aujourd\u2019hui décédés mais dont la mémoire était toujours vive.« Certains avaient des souvenirs d\u2019enfance, d\u2019autres, trop petits, s\u2019étaient fait raconter les événements.La plupart pleuraient en parlant de cette époque.» L\u2019impossible réconciliation « La mémoire du génocide, ici en Arménie, c\u2019est une affaire quotidienne qui touche tout le monde », dit Haru- tyun Marutyan qui dirige depuis peu le Mémorial du génocide arménien, Tsit- sernakaberd (le « fort aux hirondelles »), qui domine la ville.Tous les 24 avril, des centaines de milliers d\u2019Arméniens se rassemblent autour de cette gigantesque flèche de béton qui domine la ville.La nuit, des jeunes viennent avec des flambeaux veiller les morts en contemplant le sommet enneigé du mont Ararat aujourd\u2019hui en Turquie, mais qui fut le cœur de l\u2019Arménie historique.C\u2019est là, dit La Genèse, que Noé se serait échoué avec son arche.Ironiquement, en turc, Ararat se dit « montagne de la souffrance ».« Cette souffrance durera tant que ce drame ne sera pas reconnu, dit Maru- tyan.Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a plus guère que l\u2019Iran et quelques petits pays qui nient la Shoah.Le génocide arménien, lui, n\u2019est toujours pas reconnu par de grandes puissances.Or, sans la reconnaissance, il ne peut y avoir de réconci- La France appuyait déjà Louise Mushikiwabo OTTAWA SUITE DE LA PAGE A 1 Le premier ministre désigné du Québec, François Legault, s\u2019est fait plus circonspect.«Je vous annonce que le gouvernement élu de la CAQ n\u2019appuiera pas Mme Jean pour sa réélection à la tête de l\u2019OIF.Nous nous joindrons au consensus africain qui est plein de potentiel.Il est maintenant temps de laisser place à un nouveau style de gestion », a annoncé M.Legault sur Twitter.Un désaveu sans préavis À Erevan, en toute fin de soirée, c\u2019est Le Devoir qui a appris la nouvelle au porte-parole de Michaëlle Jean, Bertin Leblanc, qui a indiqué qu\u2019il n\u2019y aurait pas de réaction dans l\u2019immédiat.Selon nos sources, le renouvellement du mandat de Michaëlle Jean n\u2019avait plus que le soutien de trois ou quatre pays africains.Mardi soir, Michaëlle Jean a remis le prix littéraire des Cinq continents à l\u2019écrivain belge Jean-Marc Turine dans un théâtre du centre de la capitale arménienne.Visiblement fébrile, elle a prononcé un discours sans texte et refusé de répondre aux questions du Devoir.Plus tôt, contrairement à la tradition, la secrétaire générale avait confié à l\u2019administrateur de l\u2019OIF, Adama Ouane, le soin d\u2019inaugurer le Village de la Francophonie, où le public peut visiter les kiosques de nombreux pays membres.Les sorties d\u2019Ottawa et de Québec viennent sceller son sort à la tête de l\u2019OIF, indique François Audet, de l\u2019Institut d\u2019études internationales de Montréal.« Si le Canada ne soutient pas Mme Jean, c\u2019est la fin de tous les espoirs \u2014 si jamais il restait des espoirs », a résumé le politologue au Devoir.Front commun africain Michaëlle Jean faisait face à un consensus des pays africains, qui se sont rangés en bloc derrière la candidature de la ministre des Affaires étrangères du Rwanda, Louise Mushikiwabo.La Rwandaise a en outre reçu l\u2019appui du président français, Emmanuel Macron, au mois de mai.Devant cet imposant front commun, le gouvernement canadien a préféré se rallier au consensus plutôt que de résister et de courir le risque de froisser des alliés.Or, selon François Audet, Justin Trudeau aurait dû trancher plus tôt puisque les « dés étaient joués depuis plusieurs semaines ».Le gouvernement canadien fait campagne pour décrocher un siège au Conseil de sécurité liation.Si on nous dit qu\u2019il ne s\u2019est rien passé, alors comment pouvons-nous nous demander ce qu\u2019il faut retenir ou oublier de ces événements afin d\u2019apaiser la mémoire ?On ne peut même pas poser la question.» Malgré l\u2019accumulation des preuves, le génocide arménien n\u2019a toujours pas été reconnu par des pays aussi importants que le Royaume-Uni.Même Barack Obama n\u2019a jamais prononcé le mot malgré une résolution du Congrès en ce sens.« Aujourd\u2019hui, on a tous les documents pour prouver l\u2019organisation systématique de ce génocide », dit-il.On pense notamment aux travaux titanesques de l\u2019historien turc Taner Ak- çam de l\u2019Université Clark, dans le Massachusetts, qui a décodé des câbles secrets du gouvernement turc dans lesquels il est question d\u2019« annihiler tous les Arméniens ».Mais on ne se met pas à dos un membre de l\u2019OTAN aussi important que la Turquie, où la seule utilisation du mot « génocide » est passible de prison.Ceux qui ont résisté Après avoir consacré l\u2019essentiel de sa carrière à cette question, Harutyun Marutyan estime qu\u2019il est néanmoins temps d\u2019avoir une vision moins misérabiliste de ces événements.Est-ce parce que sa famille vient de Van, où les Arméniens opposèrent une véritable résistance aux soldats de l\u2019Empire ottoman ?Avant l\u2019extermination des 192 000 Arméniens de la ville de Van, dit-il, sa grand-mère aidait les résistants à recharger leurs fusils en récupérant les balles.Toujours est-il que l\u2019anthropologue voudrait « que l\u2019on mette enfin l\u2019accent sur ceux qui ont résisté et qui se sont battus.Il faut sortir de la victimisation.Je sais qu\u2019il y a beaucoup de jeunes qui hésitent à venir manifester le 24 avril car ils ne veulent pas s\u2019identifier à des descendants de fusillés ».En 1920 lorsqu\u2019il retourna à Constantinople occupée par les Alliés, le poète Gostan Zarian, qui écrivait en français et en russe et avait côtoyé Lénine, Apollinaire et Picasso avant d\u2019être traité de contre-révolutionnaire et de nationaliste arménien, eut ces mots : « Ce que nous avons perdu est si immense que c\u2019est un sujet sur lequel il est impossible de ne rien écrire.Nos hiers sont pleins de sang et de feu, nos aujourd\u2019hui d\u2019incertitude, nos lendemains restent enveloppés de mystère.» Même si, en 2017, on estimait que seulement 18 survivants du génocide étaient toujours vivants en Arménie, cette page ne semble toujours pas tournée, déplore Marutyan.Presque un siècle plus tard, Tatevik Grigoryan, elle, veut écrire l\u2019histoire de sa famille.Une façon peut-être de laisser quelque chose au petit dont elle accouchera en décembre, reconnaît-elle.« Ce sera la cinquième génération après le drame.C\u2019est peut-être juste une goutte d\u2019eau, mais ce sera la mienne.» Le mont Ararat aujourd\u2019hui en Turquie, mais qui fut le cœur de l\u2019Arménie historique.KAREN MINASYAN AGENCE FRANCE-PRESSE des Nations unies dans trois ans.Le continent africain rassemble à lui seul 54 votes en vue de cette élection.« C\u2019est pousser l\u2019audace, fait valoir M.Audet.Le Canada est extrêmement en retard dans sa quête pour un siège aux Nations unies.Il ne peut pas se permettre de jouer les fanfarons dans un processus aussi important.» Le gouvernement Trudeau a expliqué mardi qu\u2019il voulait s\u2019assurer que le sommet d\u2019Erevan ne sera pas monopolisé par l\u2019élection de la secrétaire générale mais permettra de « discuter des priorités ».« Nous allons continuer de promouvoir le fait français, les valeurs de démocratie et de droits de la personne, et la croissance économique qui profite au plus grand nombre au sein de l\u2019organisation et ailleurs sur la scène internationale », a plaidé l\u2019attaché de presse de Mélanie Joly.Du côté de Québec, François Legault a affirmé par voie de communiqué que « l\u2019Afrique recèle des potentiels énormes, tant pour notre économie que pour l\u2019avenir de la langue française.C\u2019est pourquoi [il a] l\u2019intention d\u2019appuyer une candidature provenant de ce continent ».Des critiques La candidature du Rwanda à la tête de l\u2019OIF a cependant été critiquée, parce que l\u2019anglais y est devenu la langue d\u2019enseignement et d\u2019administration.Le bilan du régime de Paul Ka- game en matière de démocratie et de respect des droits de la personne a lui aussi été dénoncé.Le XVIIe Sommet de la Francophonie débutera officiellement jeudi.Mi- chaëlle Jean doit accueillir les chefs d\u2019État et de gouvernement \u2014 dont Justin Trudeau et François Legault \u2014 et leur présenter son rapport.L\u2019élection de la nouvelle secrétaire générale se déroulera ensuite à huis clos vendredi, juste avant la clôture de la rencontre.L\u2019OIF rassemble 58 gouvernements et États membres.Une tribune importante pour un pays comme le Canada, souligne M.Audet, car Justin Trudeau peut y avoir un poids plus important qu\u2019au sein de l\u2019ONU, par exemple, où il est un plus petit joueur.« Pour le Canada, c\u2019est une institution qui lui permet d\u2019avoir une influence à l\u2019international dans des forums qu\u2019il ne pourrait pas avoir ailleurs, parce que c\u2019est un pays important de la Francophonie.» De ce fait, Justin Trudeau devrait faire preuve de leadership cette semaine, selon lui, en s\u2019opposant à la demande d\u2019adhésion de l\u2019Arabie saoudite, qui veut se joindre à l\u2019OIF.Avec Christian Rioux ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le député de Matane Pascal Bérubé a annoncé mardi qu\u2019il agirait à titre de chef intérimaire du Parti québécois et qu\u2019il ne serait dès lors pas candidat lors de la véritable course à la chefferie du parti, qui aura lieu au plus tôt l\u2019an prochain.Entouré des huit autres élus de son parti, Pascal Bérubé a déclaré mardi ne pas être intéressé par le poste de chef.« Je suis un gars d\u2019équipe », a-t-il répété.« Je vous dirais franchement que je n\u2019ai jamais eu cette ambition.» Le député de 43 ans est pourtant le candidat péquiste à avoir récolté le plus fort appui dans sa circonscription aux dernières élections, avec 69,4 % des votes dans Matane-Matapédia.Politicien de carrière, il est au Parti québécois depuis toujours.« Je suis au PQ depuis l\u2019âge de 18 ans, j\u2019en ai maintenant 43.J\u2019ai commencé comme militant jeune, j\u2019ai occupé à peu près toutes les fonctions dans ma formation politique, a-t-il raconté.C\u2019était le parti de mon père, c\u2019était le parti de mon grand-père.» Pas question de disparaître Lors des précédentes courses à la chefferie, il s\u2019était rangé derrière Pierre Karl Péladeau (2015), puis Jean-François Lisée (2016).Quant à la prochaine, personne au parti ne semble pressé de la lancer.« On pense que le temps va être notre plus grand allié », a dit à ce sujet la députée de Joliette, Véronique Hivon, que beaucoup perçoivent comme une future chef.Le parti, a-t-elle dit, doit plus se concentrer sur « le quoi et le pourquoi » que se « précipiter sur le qui ».Ainsi, les paramètres mêmes de la course ne seront pas discutés avant 2019, prévient son groupe de députés.Le parti fondé par René Lévesque a connu le 1er octobre une défaite cuisante, son nombre d\u2019élus passant de 32 à 9, soit un député de moins que Québec solidaire.Malgré tout, les élus péquistes ne se découragent pas.« Pour certains, il faudrait tirer un trait sur notre mouvement comme si nous avions atteint la fin de notre vie utile.Non.L\u2019histoire se poursuit », a notamment affirmé M.Bérubé.« Nous continuons avec l\u2019esprit des pionniers de ce grand mouvement politique.» Poursuivant avec l\u2019analogie des pionniers, le député de Matane-Matapédia a comparé le travail qui attend son parti à une « corvée », dans le sens positif du terme.« Les corvées pour les Québécois, ce sont des moments de mobilisation sans précédent qui laissent des traces profondes dans le paysage.» Pour repenser le PQ, M.Bérubé souhaite entendre aussi des gens de l\u2019extérieur du parti.Des consultations sont notamment au programme.D\u2019ici là, les péquistes entendent se distinguer au Parlement.« L\u2019étude des projets de loi [\u2026] On était tout le temps les meilleurs, les plus assidus, les plus rigoureux », a-t-il dit avant de décocher des flèches à Québec solidaire et au Parti libéral.« Nous, on ne va pas se proclamer l\u2019opposition officielle.[\u2026] Ce ne seront pas les slogans qui feront parler de nous, ce n\u2019est pas la nostalgie du pouvoir, ça va être les actions.» PARTI QUÉBÉCOIS Pascal Bérubé à la tête de la « corvée » MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC MARCO FORTIER LE DEVOIR Une semaine après avoir annoncé des pertes d\u2019emploi pour des employés de l\u2019État qui renonceraient à retirer leurs signes religieux, la Coalition avenir Québec a jeté du lest mardi en ouvrant la porte à un «droit acquis» pour les enseignants \u2014 et peut-être même d\u2019autres personnes en « position d\u2019autorité ».Simon Jolin-Barrette a rappelé que la position de la CAQ a « toujours été de dire [qu\u2019]il n\u2019y a pas de clause de droits acquis » pour les personnes portant des signes religieux.« Cela étant dit, on est prêts à discuter avec les différents partis d\u2019opposition », a-t-il ajouté.L\u2019équipe de François Legault est donc ouverte au compromis ; elle souhaite « collaborer avec les partis d\u2019opposition » et « passer enfin à autre chose » en adoptant « une loi qui va consacrer la laïcité de l\u2019État ».La semaine dernière, la CAQ s\u2019était montrée formelle, attestant que les enseignants, policiers, procureurs de la Couronne, juges et gardiens de prison devraient, sous un gouvernement ca- quiste, s\u2019abstenir de porter un signe religieux, à défaut de quoi ils perdraient leur emploi.Tout juste confirmé au poste de chef intérimaire du Parti québécois, Pascal Bérubé a accueilli la nouvelle prise de position de la CAQ d\u2019un ton plutôt positif.« On ne veut pas que personne soit congédié.[\u2026] J\u2019ai cru comprendre que la CAQ avait reculé à nouveau sur cette question-là.[\u2026] Lorsqu\u2019on aura une pièce législative, on pourra l\u2019apprécier, mais nos positions demeurent les mêmes », a-t-il affirmé.Québec solidaire a déclaré qu\u2019il n\u2019y avait pas, au Québec, « de problème avec les enseignants qui portent le voile ou la kippa », outre un « problème de perception ».« M.Legault devrait mettre ses priorités ailleurs », a fait savoir le parti.Le Parti libéral n\u2019a pas répondu aux questions du Devoir.La laïcité avec le crucifix Simon Jolin-Barrette a par ailleurs affirmé que son parti avait l\u2019intention de garder le crucifix dans l\u2019enceinte du Salon bleu, « parce qu\u2019il s\u2019agit pour nous d\u2019un objet patrimonial ».La CAQ a effectué l\u2019an dernier une volte-face sur cette question : elle a retiré à la dernière minute son appui à une motion de Québec solidaire visant à retirer l\u2019objet de la salle de l\u2019Assemblée nationale.À l\u2019instar des caquistes, les libéraux souhaitent le maintien de cette croix \u2014 en fait une copie de l\u2019originale offerte par Maurice Duplessis en 1936.Les péquistes proposent quant à eux de la retirer.LAÏCITÉ La CAQ assouplit sa position Les enseignants pourraient obtenir des « droits acquis » pour le port de signes religieux Porte-parole de la CAQ, Simon Jolin-Barrette a rappelé que la position de son parti a « toujours été de dire [qu\u2019]il n\u2019y a pas de clause de droits acquis » pour les personnes portant des signes religieux, mais qu\u2019il était « prêt à en discuter avec les autres partis ».JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR La CAQ a confirmé mardi son intention de soumettre les nominations des grands patrons de la Sûreté du Québec et de l\u2019Unité permanente anticorruption de même que du Directeur des poursuites criminelles et pénales à un vote aux deux tiers de l\u2019Assemblée nationale.Le député élu Simon Jolin-Barrette a annoncé que le gouvernement de François Legault déposera un projet de loi en ce sens d\u2019ici la fin de l\u2019année, puisque « le processus actuel n\u2019est plus convenable pour nos institutions démocratiques ».« Il faut valoriser le rôle de député », a-t-il déclaré.Or cette «valorisation» ne permettra pas le vote libre en Chambre, a confirmé le porte-parole de la CAQ Ewan Sauves.La réforme vise plutôt à ce que les partis s\u2019entendent sur un même candidat avant la tenue du vote, a-t-il expliqué.« Le but, c\u2019est que [le choix du candidat ou de la candidate] fasse l\u2019unanimité.Si les gens votent contre, ça montrerait plutôt que la réforme ne marche pas.» Appuis La proposition caquiste profite de l\u2019appui du Parti québécois et de Québec solidaire.Elle est contraire à la recommandation de la commission Char- bonneau \u2014 qui suggérait plutôt que le gouvernement s\u2019en remette à un comité de sélection qui choisirait un commissaire de l\u2019UPAC pour un mandat de sept ans non renouvelable \u2014, mais conforme à un engagement pris en campagne électorale par le chef caquiste, François Legault.Elle marque aussi un recul dans la volonté de la CAQ de soumettre la nomination du directeur du Service de police de la Ville de Montréal à l\u2019assentiment des deux tiers des élus.Cette tâche relève du conseil municipal de Montréal, a reconnu Simon Jolin- Barrette.FONCTION PUBLIQUE La nomination de grands patrons serait soumise à un vote de l\u2019Assemblée nationale Le député élu de Borduas a en outre annoncé que le gouvernement caquiste confiera à son nouveau secrétaire général, Yves Ouellet, le mandat de « revoir en profondeur le processus de nomination aux postes stratégiques du gouvernement ».En cela, la CAQ vise à mettre fin au processus de nomination des « p\u2019tits amis » du gouvernement, comme son chef aime les appeler.Plus question, cependant, de confier les nominations au Vérificateur général, comme l\u2019avait promis la CAQ dans le passé.Le secrétaire Ouellette devra formuler des recommandations « rapidement », mais d\u2019ici là, le parti de François Legault se réserve le droit de « faire quelques nominations », « parce qu\u2019il faut que le gouvernement fonctionne ».Yves Ouellet jettera aussi un coup d\u2019œil à ceux qui occupent des emplois supérieurs, afin de s\u2019assurer qu\u2019on a les «bonnes personnes aux bons endroits», a confirmé Simon Jolin-Barrette, se défendant néanmoins de vouloir procéder à un « grand ménage ».Si elle est perçue comme un pas de côté dans la joute politique, la nouvelle approche de la CAQ sur les signes religieux n\u2019est pas « moins inconstitutionnelle pour autant », a fait valoir Stéphane Beaulac, professeur de droit constitutionnel à l\u2019Université de Montréal.«Les droits et libertés ne sont pas tributaires d\u2019une chronologie quelconque», a-t-il avancé dans un entretien avec Le Devoir.Ce n\u2019est pas parce qu\u2019une catégorie de citoyens conserverait le « droit acquis » de porter un signe religieux qu\u2019il serait moins illégal d\u2019en interdire le port à une autre catégorie de personnes, a-t-il expliqué.Quant au maintien du crucifix à l\u2019Assemblée nationale, il envoie selon le professeur Beaulac un message contradictoire pour un gouvernement qui prône la laïcité.« Le président de notre institution démocratique par excellence au Québec a un crucifix au-dessus de la tête.C\u2019est la laïcité à vitesse variable », a-t- il affirmé.À la Fédération autonome de l\u2019enseignement (FAE) comme à la Centrale des syndicats du Québec, la possibilité de créer « deux classes de salariés » par la reconnaissance d\u2019un droit acquis a dérangé.« Les disparités de traitement ont souvent pour effet de diviser les personnes salariées et clairement, ce n\u2019est pas ce qu\u2019on souhaite.Donc, il faudra étudier la question vraiment plus attentivement », a déclaré la présidente de la seconde organisation, Sonia Éthier.« Comment peut-on accepter que quelqu\u2019un ait un droit acquis, mais que l\u2019autre personne n\u2019ait pas le même droit ?Il n\u2019y a pas une organisation syndicale qui peut accepter ça », a ajouté Sylvain Mallette, de la FAE.Et puis, sur le fond, la CAQ se fourvoie, à son avis, puisqu\u2019elle prétend que les enseignants « détiennent la même autorité que les policiers ou juges ».« Des mesures disciplinaires à l\u2019encontre de profs qui auraient cherché à convertir leurs élèves, il y en a eu\u2026 zéro.Pourquoi vouloir régler un problème qui n\u2019existe pas ?» a-t-il demandé.Avec Isabelle Porter La CAQ vise à mettre fin au processus de nomination des « p\u2019tits amis » du gouvernement, comme son chef aime les appeler Les corvées pour les Québécois, ce sont des moments de mobilisation sans précédent qui laissent des traces profondes dans le paysage PASCAL BÉRUBÉ » LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 26 OCTOBRE 2018 Musée des Beaux-Arts de Montréal PROGRAMME ET INSCRIPTION SUR mbam.qc.ca/FestivalLeMonde AVEC « L\u2019Église réagit seulement lorsqu\u2019elle [\u2026] n\u2019a plus le choix » SCANDALE SUITE DE LA PAGE A 1 « Ça pourrait être astronomique », lance Thomas Doyle en parlant du nombre potentiel de victimes québécoises.Cet ancien prêtre dominicain est l\u2019un des premiers lanceurs d\u2019alerte de l\u2019Église catholique.En 1985, il avisait les plus hautes instances du Vatican de l\u2019ampleur du phénomène des agressions sexuelles commises par le clergé aux États-Unis et de l\u2019entreprise de camouflage qui s\u2019en est suivie.Depuis, il a été témoin expert ou consultant aux enquêtes publiques déployées entre autres en Irlande, en Australie et aux États-Unis, en plus d\u2019avoir été appelé à la barre de nombreux procès intentés contre des congrégations religieuses.Thomas Doyle, qui a grandi dans l\u2019ouest de Montréal, croit que « des milliers de victimes ne sont toujours pas sorties de l\u2019ombre au Québec ».En entrevue au Devoir depuis la Virginie, l\u2019homme de 74 ans dresse un parallèle entre ce que l\u2019on pourrait découvrir au Québec et ce qui a été mis au jour en Irlande, où quelque 15 000 personnes ont révélé avoir été victimes d\u2019abus AMÉLI PINEDA LE DEVOIR La Ville de Laval a récupéré 721 000 $ auprès de Pierre Lambert, l\u2019avocat responsable de la caisse occulte du parti de l\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt.Lors de son passage devant la commission Charbonneau, en juin 2013, M.Lambert avait reconnu avoir reçu environ 2 millions de dollars en argent comptant provenant de la caisse occulte du parti PRO des Lavallois entre 2006 et 2012.L\u2019avocat s\u2019était même présenté devant la commission avec les liasses de billets de 1000 $, de 100 $ et de 50 $ totalisant 721 920 $, qu\u2019il avait remis aux enquêteurs.M.Lambert avait expliqué qu\u2019il avait caché cet argent dans un mini-entre- pôt, où, en plus des contributions illégales, il entreposait divers objets.L\u2019argent lui était remis par l\u2019ingénieur Roger Desbois, un des collecteurs du maire Vaillancourt.M.Lambert avait été arrêté en 2013 dans le cadre de l\u2019opération Honorer.Il avait été accusé au criminel, mais le Directeur des poursuites criminelles et pénales a annoncé en avril 2017 un arrêt de procédures à la suite de l\u2019arrêt Jordan.L\u2019avocat a été radié par le Barreau du Québec pour une période de 24 mois en septembre 2016.Interdit de publication L\u2019argent a été versé à la Ville de Laval en juillet 2016, mais un interdit de publication empêchait l\u2019administration municipale de diffuser l\u2019information.« Par souci de transparence, je trouvais important d\u2019informer les Lavallois que nous avions récupéré cette somme importante », a indiqué l\u2019actuel maire de Laval, Marc Demers.L\u2019ex-maire Vaillancourt avait aussi été condamné à rembourser 8,5 millions de dollars à la Ville de Laval.Le maire Demers a rappelé que l\u2019argent récupéré a contribué à la mise en place du Fonds Place-du-Souve- nir, qui soutient des initiatives destinées aux jeunes issus de milieux défavorisés.FRAUDE Laval a récupéré 721 000 $ Le responsable de la caisse occulte du parti de l\u2019ex-maire Gilles Vaillancourt avait apporté cette somme lors de sa déposition devant la commission Charbonneau GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR Mgr Christian Lépine, archevêque e Montréal sexuels perpétrés par des membres du clergé alors qu\u2019elles étaient enfants.Ici comme là-bas, l\u2019Église catholique a régné en maître pendant des décennies et contrôlait nombre d\u2019orphelinats et d\u2019écoles où résidaient des pensionnaires.Et ici comme là-bas, bien des gens savaient, mais tout le monde acceptait.Jean-Guy Nadeau, aujourd\u2019hui professeur à la retraite de l\u2019Institut d\u2019études religieuses de l\u2019Université de Montréal, se souvient qu\u2019à son entrée dans un collège dirigé par une communauté religieuse, en 1961, ses oncles le taquinaient ouvertement.« Ils disaient que j\u2019allais me faire taponner par des pères, se rappelle-t-il.Ce n\u2019était pas la fin du monde dans le temps.On était dans une autre culture.» Du langage codé Serait-ce donc possible qu\u2019il y ait plus de 10 000 victimes au Québec ?« Quand on généralise, on exprime une blessure, on est en état de choc parce qu\u2019il y a eu des abus.Mais généraliser n\u2019amène pas plus de justice », répond Mgr Lépine, qui se dit sceptique sur la possibilité d\u2019une telle envergure.« Le point de départ, c\u2019est lorsqu\u2019il y a une allégation », affirme-t-il.Aux yeux de Thomas Doyle, c\u2019est justement là que réside une partie du problème.« L\u2019Église réagit seulement lorsqu\u2019elle est confrontée et qu\u2019elle n\u2019a plus le choix », dit-il.Selon plusieurs experts interrogés, les dossiers que l\u2019Église conserve sur ses prêtres permettraient de révéler d\u2019autres cas d\u2019abus.Thomas Doyle explique que du langage codé était utilisé pour y désigner les prêtres abuseurs.Les termes « actions inappropriées », « affection déplacée », « faiblesse morale » ou « de sexto », qui fait référence au 6e commandement traitant de l\u2019adultère, ont ainsi été consignés par écrit dans certains cas.Pendant que ces dossiers dorment dans les diocèses, le temps joue contre nombre de victimes qui souhaitent obtenir compensation.Plusieurs d\u2019entre elles ne peuvent intenter de poursuite en raison du délai de prescription.Thomas Doyle y voit une « hypocrisie » de l\u2019Église catholique.« D\u2019un côté, ils disent qu\u2019ils veulent tout faire pour aider les victimes, mais de l\u2019autre, ils invoquent la prescription.» De son côté, Mgr Lépine fait valoir que « si le délai de prescription existe, c\u2019est qu\u2019il est vu comme un chemin de justice ».L\u2019Église catholique aux États-Unis a dépensé des millions de dollars en frais de lobbying pour maintenir les délais de prescription en place.Rien ne prouve que de telles activités ont été menées de ce côté-ci de la frontière.Mais une chose est certaine, l\u2019arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec pourrait sonner le glas de cette limite imposée aux victimes, puisque le parti a promis d\u2019abolir la prescription. LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 5 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Montréal triplera son aide financière au projet de 90 logements étudiants de l\u2019avenue Papineau.Les coûts de construction de l\u2019immeuble ayant grimpé, la Ville a accepté d\u2019accorder 1,1 million de dollars supplémentaires.Annoncé sous l\u2019administration Co- derre en 2017, le projet baptisé La Note des bois devait bénéficier d\u2019une subvention de 500 000 $ de la Ville de Montréal, mais celle-ci a accepté de hausser sa contribution à 1,6 million, a annoncé la mairesse Valérie Plante mardi.« On veut envoyer un message clair que notre administration veut soutenir le logement abordable », a-t-elle dit.Le projet, qui verra le jour dans un nouvel immeuble de l\u2019avenue Papineau en face du parc La Fontaine, pourra accueillir 144 étudiants dans 90 logements qui compteront des studios et des appartements de deux à quatre chambres à coucher.Coordonnateur de l\u2019Unité de travail pour l\u2019implantation de logement étudiant (UTILE), l\u2019organisme qui pilote le projet, Laurent Levesque a signalé que Montréal comptait peu de logements abordables pour les étudiants.« On a beaucoup moins de résidences et logements étudiants que d\u2019autres métropoles de calibre semblable », a-t- il expliqué en citant le cas de Boston, où la moitié des étudiants logent dans de tels appartements, alors qu\u2019à Montréal, moins de 10 % de la population aux études y a accès.Le coût initial du projet était évalué à 14 millions, mais la facture atteint maintenant 18 millions, le prix des soumissions reçues pour la construction de l\u2019immeuble s\u2019étant avéré beaucoup plus élevé que prévu.Alors que les estimations fixaient à 7,15 millions MONTRÉAL Subvention haussée de 1,1 million pour des logements étudiants AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Des accusations d\u2019entrave à la justice ont été retirées mardi contre une femme qui aurait changé sa version des faits alors qu\u2019elle devait être une témoin clé dans le procès pour terrorisme d\u2019un couple de Montréalais en novembre dernier.Rania Djermane avait été accusée en mai 2016 d\u2019avoir « volontairement » tenté « d\u2019entraver, de détourner ou de contrecarrer le cours de la justice ».Les accusations avaient été déposées au moment où se déroulait l\u2019enquête préliminaire de sa sœur aînée, Sabrine Djermane, et de son copain, El Mahdi Jamali, tous deux soupçonnés d\u2019avoir tenté de quitter le Canada pour se rendre en Syrie.Après plus de deux ans et demi de détention et trois mois de procès, le couple a été acquitté en décembre 2017 de toutes les accusations de terrorisme qui pesaient contre lui.El Mahdi Jamali a cependant été reconnu coupable d\u2019un chef réduit de possession d\u2019une substance explosive sans excuse légitime.Dans la résidence des parents de M.Ja- mali, les policiers avaient trouvé un sac à dos appartenant au jeune homme qui contenait les ingrédients nécessaires à la fabrication d\u2019une bombe.Mardi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a annoncé le retrait des accusations contre Rania Djermane, sans toutefois en préciser les motifs exacts.La jeune femme devait subir son enquête préliminaire et s\u2019exposait à une peine d\u2019emprisonnement de 10 ans si elle avait été reconnue coupable.Confidences Selon des mandats de perquisition, Ra- nia Djermane, qui s\u2019inquiétait du comportement de sa sœur Sabrine, avait raconté aux policiers plusieurs confidences que lui aurait faites sa sœur aînée en avril 2015.« Même si elle fait de 15 à 20 ans de prison, elle ira quand même combattre en Syrie », aurait déclaré Rania Djer- mane.Elle a rapporté que sa sœur lui aurait dit : « Si tu dois tuer des gens pour sauver les frères musulmans, tu dois le faire.» Rania Djermane aurait accepté de témoigner pour la Couronne contre sa sœur, mais aurait finalement changé d\u2019idée, modifiant ses déclarations.JUSTICE Retrait des accusations contre la sœur de Sabrine Djermane cette année, a été reportée à 2020.La Ville croit que ce projet de logements étudiants permettra de libérer de grands logements qui sont recherchés par les familles.Selon les données d\u2019octobre 2017 de la Société canadienne d\u2019hypothèques et de logement (SCHL), le taux d\u2019inoccupation des logements de trois chambres à coucher et plus était de 2,4 % à Montréal et il était inférieur à 1 % dans plusieurs arrondissements.Dans le Plateau-Mont-Royal, où est situé le projet de l\u2019UTILE, on estime que 40 % des grands logements sont occupés par des étudiants en colocation.En 2013, l\u2019UTILE avait dû renoncer à créer une résidence étudiante à l\u2019îlot Voyageur et s\u2019était tournée vers d\u2019autres options.En 2016, elle avait finalement mis la main sur le terrain du 3499, avenue Papineau.L\u2019UTILE espère pouvoir réaliser d\u2019autres projets dans le futur.Valérie Plante, qui a promis la construction de 12 000 logements sociaux et abordables lors de son mandat de quatre ans, a pressé le nouveau gouvernement Legault d\u2019engager rapidement des discussions avec le fédéral afin de finaliser l\u2019entente de la Stratégie nationale sur le logement et confirmer la part octroyée au Québec : « À cause des élections, entre autres, ç\u2019a été mis en suspens.Mais on a vraiment besoin de l\u2019argent qui est maintenant disponible avec la Stratégie nationale.» BRENDAN SMIALOWSKI LEILA MACOR À PANAMA CITY ET À MIAMI La Floride, pour laquelle le président Donald Trump a déclaré l\u2019état d\u2019urgence mardi après-midi, se préparait à l\u2019arrivée de l\u2019ouragan Michael, qui pourrait être «la tempête la plus dévastatrice depuis des décennies » dans l\u2019État, selon son gouverneur.L\u2019ouragan, qui s\u2019est hissé en catégorie 3 mardi après-midi sur une échelle de 5 \u2014 quelques heures à peine après être passé en catégorie 2 \u2014, générait des vents à 195 km/h en moyenne avec des rafales parfois supérieures, et il devrait continuer de se renforcer, a annoncé le Centre national des ouragans (NHC).Selon les prévisions, il devrait atteindre mercredi, toujours en catégorie 3, les côtes de la Floride, dans le sud-est des États-Unis, causant notamment de fortes précipitations, jusqu\u2019à 30 cm.Il devrait perdre en intensité une fois sur le continent.À 17 h (heure locale), Michael se trouvait dans le golfe du Mexique, à 470 kilomètres de Panama City en Floride, et se déplaçait vers le nord à la vitesse de 19 km/h.Des vents de la force d\u2019une tempête tropicale devraient commencer à se faire ressentir dès mardi soir.Les autorités ont également mis en garde contre la montée du niveau de la mer, qui pourrait atteindre 3,65 m par endroits.Michaelpourrait être « la tempête la plus dévastatrice ayant touché ÉTATS-UNIS L\u2019ouragan Michael se hisse en catégorie 3 L\u2019état d\u2019urgence est décrété dans les États de la Floride et de l\u2019Alabama la Floride depuis des décennies », a déclaré mardi matin Rick Scott, gouverneur républicain de la Floride.« C\u2019est votre dernière chance de vous préparer à cette tempête monstrueuse et meurtrière », potentiellement, a-t-il ajouté lors d\u2019une conférence de presse dans l\u2019après-midi, précisant que 2500 soldats de la Garde nationale étaient mobilisés.« N\u2019oubliez pas qu\u2019on peut reconstruire votre maison, mais pas vous ramener à la vie.» État d\u2019urgence L\u2019ouragan pourrait toucher des «parties de la Géorgie et, malheureusement, de nouveau les Carolines du Nord et du Sud », déjà frappées par l\u2019ouragan Florence il y a un mois, a par ailleurs averti le président Trump sur Twitter.Des réparateurs de lignes électriques ont été déployés sur le territoire de la Floride pour répondre rapidement aux urgences causées par l\u2019ouragan Michael.MIKE LANG SARASOTA HERALD-TRIBUNE / ASSOCIATED PRESS le coût de construction de l\u2019édifice, la plus basse soumission conforme reçue a été de 11,2 millions, soit un écart de 4 millions.«On peut attribuer la révision du budget à l\u2019évolution des coûts de construction dans la métropole», a soutenu Laurent Levesque.L\u2019UTILE a dû solliciter des fonds supplémentaires auprès de ses bâilleurs de fonds, dont le Fonds d\u2019investissement pour logement étudiant (FILE) et le fonds CLE de l\u2019association étudiante de l\u2019Université Concordia.C\u2019est dans ce contexte que la Ville a bonifié sa subvention.Les grands logements L\u2019UTILE a dû aussi revoir à la hausse les loyers, mais ils seront « abordables » et demeureront entre 5 et 15 % plus bas que ceux du marché, assure Laurent Levesque.L\u2019inauguration du nouvel immeuble, qui devait avoir lieu Rania Djermane avait été accusée en mai 2016 d\u2019avoir « volontairement » tenté « d\u2019entraver, de détourner ou de contrecarrer le cours de la justice » Valérie Plante, mairesse de Montréal Florence a fait une quarantaine de morts et plusieurs milliards de dollars de dégâts.Le président américain a approuvé mardi l\u2019état d\u2019urgence déclaré la veille dans 35 comtés de Floride, ce qui permet de débloquer des moyens matériels supplémentaires, ainsi que des fonds fédéraux afin de faire face aux conséquences de l\u2019ouragan.La gouverneure de l\u2019État voisin de l\u2019Alabama, Kay Ivey, a décrété l\u2019état d\u2019urgence en fin d\u2019après-midi lundi.Mardi matin, l\u2019archipel des Keys, à l\u2019extrémité sud de la Floride, subissait déjà les pluies battantes annonçant l\u2019ouragan.La circulation routière s\u2019y densifiait depuis lundi, les files s\u2019allongeaient devant les stations essence.L\u2019ouragan, générait mardi après-midi des vents à 195 km/h en moyenne avec des rafales parfois supérieures LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e dernier rapport du Groupe intergouvernemental d\u2019experts sur l\u2019évolution du climat (GIEC) est catégorique : le monde doit entreprendre de toute urgence une « transition rapide et de grande portée » pour espérer limiter à +1,5 °C le réchauffement climatique, qu\u2019on évalue d\u2019ores et déjà à +1 °C par rapport à l\u2019ère préindustrielle.À l\u2019heure actuelle, les mesures prises à l\u2019échelle de la planète sont à ce point insuffisantes que les experts prédisent un réchauffement de l\u2019ordre d\u2019au moins 3 °C d\u2019ici la fin du siècle.Or, même en respectant une cible de 1,5 °C, nous assisterons à des changements importants, comme la fonte des glaciers et la hausse du niveau des mers, l\u2019accroissement de la fréquence et de l\u2019intensité des catastrophes naturelles, la disparition d\u2019espèces animales et l\u2019appauvrissement de dizaines de millions d\u2019individus.Le problème, majeur, c\u2019est que pour limiter la hausse du réchauffement à 1,5 °C, il faut réduire les émissions de CO2 de moitié (-45 %) d\u2019ici douze ans seulement, puis les éliminer totalement d\u2019ici 2050.Or, pour y parvenir, les pays du monde entier doivent non seulement s\u2019entendre entre eux, mais faire en sorte que les populations, entreprises et individus, adhèrent à des mesures nécessairement radicales sans précipiter la chute des gouvernements démocratiques au profit de gouvernements d\u2019extrême droite.Lors de la dernière campagne électorale québécoise, plusieurs électeurs ont critiqué les partis pour la faiblesse de leur programme en matière d\u2019environnement.Mais c\u2019est quand même le parti qui en a parlé le moins qui a obtenu l\u2019appui populaire.Quant à Québec solidaire, à qui on reconnaît le plus d\u2019audace, il a été élu dans les quartiers montréalais qui sont déjà les mieux desservis par le transport collectif et où il est le moins nécessaire de posséder une voiture pour le travail, les études et les loisirs.Qu\u2019en sera-t-il le jour où ce parti, lui ou un autre, proposera de tripler le prix de l\u2019essence, d\u2019ajouter plusieurs milliers de dollars à l\u2019achat d\u2019une moyenne cylindrée et d\u2019installer partout des péages ?Et que dire du transport par camion, qu\u2019il faudra aussi pénaliser si on veut ralentir l\u2019explosion à laquelle on assiste depuis une vingtaine d\u2019années ?Et si la voiture électrique apparaît comme une solution aux yeux de plusieurs, on ne peut ignorer le fait que sa popularité ne règle en rien les problèmes de congestion et qu\u2019elle accroît même la pression en faveur d\u2019infrastructures routières plus étendues sous prétexte d\u2019y ajouter des voies réservées aux bus et\u2026 à l\u2019auto électrique.À l\u2019échelle du Canada, on constate l\u2019énorme difficulté rencontrée par le gouvernement de Justin Trudeau à implanter une banale taxe de 20 $ par tonne de carbone alors que le GIEC suggère un strict minimum de 150 $ la tonne pour obtenir des résultats tangibles.Alors que neuf provinces appuyaient Ottawa l\u2019an dernier, cinq d\u2019entre elles, dont l\u2019Ontario, s\u2019y opposent aujourd\u2019hui.Quant au principal parti d\u2019opposition à Ottawa, il fait du rejet de cette taxe son principal cheval de bataille en vue des prochaines élections sans proposer d\u2019autres solutions.Selon plusieurs sondages effectués ces dernières années, les électeurs de la plupart des pays développés, y compris chez nous, placent l\u2019environnement en tête de leurs attentes à l\u2019endroit des gouvernements.Mais ils redoutent d\u2019avoir à en payer le prix, que ce soit sous forme d\u2019augmentations de taxes, de changements à leurs habitudes de vie et d\u2019alimentation (moins de viande) ou de moratoire sur le développement immobilier en dehors des zones déjà desservies par les services publics.Avec un leader politique aussi réactionnaire que Donald Trump à la tête de la plus grande puissance économique mondiale, le cri d\u2019alarme répété ad nauseam par le GIEC se cherche plus que jamais des porte-parole politiques crédibles, populaires et résolus aux quatre coins de la planète.Des porte-parole qui ne parlent pas des deux côtés de la bouche, comme c\u2019est le cas du gouvernement Trudeau, dont les milliards consacrés à l\u2019exploitation des hydrocarbures discréditent tous les efforts de lutte contre le réchauffement climatique.Quant aux militants locaux tels que Steven Guilbeault (Équiterre) ou Patrick Bonin (Greenpeace), ils restent positifs et optimistes.Tant mieux, mais avouons qu\u2019il y a de quoi se réveiller la nuit pour se convaincre que les choses vont de mieux en mieux.Éric Richard Professeur de sociologie Saint-Hubert Cher Monsieur Legault, chers élus caquistes, je tiens d\u2019abord à vous féliciter pour votre récente élection.Cependant, force est de reconnaître que sur le nombre d\u2019électeurs inscrits, c\u2019est quand même moins d\u2019un Québécois sur quatre qui a explicitement exprimé son soutien envers la CAQ.C\u2019est maigre pour soutenir qu\u2019on a reçu un mandat clair et fort de la part des Québécois pour « changer » le Québec.Heureusement, c\u2019est la dernière fois que nous faisons ce genre de calcul et réflexion puisque vous avez promis de modifier le mode de scrutin.Je me réjouis de cette promesse et sachez que nous sommes plusieurs à vous avoir à l\u2019œil et à attendre un réel changement à ce sujet.Ici s\u2019arrêtent mes félicitations.Je m\u2019interroge plutôt sur vos premières actions, notamment celle concernant le port de signes religieux.Certes, ce thème fait partie de vos « idées », comme plusieurs autres d\u2019ailleurs, dans votre plate- forme électorale.En fait, j\u2019aimerais comprendre pourquoi mettre celle- ci en avant avec un tel empressement au lieu d\u2019autres idées.Va-t- elle amener un réel changement pour une part importante de la population?Combien d\u2019employés de l\u2019État en situation d\u2019autorité comme les juges, les procureurs, les policiers, les gardiens de prison (et vous y ajoutez les professeurs) portent des signes religieux?Si on se limite à ces fonctions, on parle de quelques dizaines, voire quelques centaines d\u2019employés.On peut aussi se demander quelle part de la population remet en cause la neutralité de l\u2019État à la vue d\u2019un enseignant qui porte un crucifix ou d\u2019un enquêteur de police qui porte une kippa.Cela soulève-t-il de réels problèmes dans la vie d\u2019une proportion importante de Québécois?D\u2019autres enjeux Par ailleurs, on peut se questionner sur d\u2019autres enjeux qui peuvent toucher bien plus de personnes.Combien d\u2019élèves dans le système scolaire ne sont pas accompagnés d\u2019un éducateur spécialisé alors qu\u2019ils en ont besoin ?Combien d\u2019immigrants sont sous- employés au Québec parce que leurs diplômes ne sont pas reconnus ?Combien d\u2019aidants naturels peinent à s\u2019occuper convenablement des gens qui leur sont chers sans trop d\u2019aide de l\u2019État ?Combien d\u2019organismes communautaires ou environnementaux continuent de pallier le désengagement de l\u2019État pour s\u2019occuper des plus vulnérables ou de dossiers importants pour l\u2019avenir écologique du Québec malgré les coupes subies ces dernières années ?Combien d\u2019entrepreneurs sont inquiets par la pénurie de main-d\u2019œuvre, qui touche toutes les régions du Québec, pour l\u2019avenir de leur entreprise ?Comment de citoyens sont frustrés quotidiennement par les attentes de toutes sortes dans le système de santé ?Ils sont ici des centaines de milliers à vivre quotidiennement des difficultés de toutes sortes et à Pour une réforme électorale simple et rapide : le vote secret Cette campagne électorale plutôt morose a vu réapparaître, une fois de plus, la question d\u2019une réforme du mode de scrutin.Si la proposition est d\u2019une grande valeur, il faut toutefois garder à l\u2019esprit qu\u2019il n\u2019y a pas de mode de scrutin parfait; ils ont tous leurs forces et leurs travers, le système parlementaire y compris.Ensuite, il ne faut pas croire qu\u2019une réforme du système électoral va automatiquement réformer les politiciens et leurs partis.C\u2019est comme imaginer que la courroie de direction cessera de «crier» simplement parce qu\u2019on a installé à sa voiture quatre pneus neufs; ce n\u2019est pas le système électoral qui fait la fougue des candidats et la beauté de leurs projets.Mais il y a peut-être d\u2019autres voies qui permettraient d\u2019améliorer notre démocratie sans tout chambarder.Déjà, si le vote blanc était comptabilisé comme tel ou si nous avions la possibilité de voter pour «aucun de ces candidats», il serait alors possible de mesurer la légitimité réelle d\u2019un candidat élu, voire d\u2019un parti.Imaginez la marge de manœuvre d\u2019un député dont 35% du suffrage est constitué de votes annulés.Mais aujourd\u2019hui, la façon de faire le dénombrement des voix permet aux députés, parfois, de prétendre à une légitimité qu\u2019ils n\u2019ont pas toujours.Et le taux de participation sera peut-être plus élevé si les électeurs savent que leur rejet des partis sera entendu et compté.Ensuite, ne serait-il pas souhaitable d\u2019affranchir les travaux de l\u2019Assemblée nationale de l\u2019emprise de la ligne de parti en imposant le vote secret ?Car actuellement, notre Assemblée est plus partisane que nationale.Le vote secret pourrait donc avoir un effet libérateur pour de nombreux députés muselés qui, au quotidien, entendent les espérances de leurs électeurs, mais n\u2019ont (toujours) pas le droit de les retransmettre à l\u2019Assemblée nationale.Certes, le vote secret n\u2019est pas une panacée non plus: un député pourra toujours voter comme bon lui semble, avec ou contre la ligne de son parti.Mais le vote secret lui donne à tout moment une plus grande marge de manœuvre.Quant aux citoyens, avec le vote secret, ils savent que leurs démarches auprès de leur député sont susceptibles d\u2019avoir plus d\u2019impact.Pour les partis, le vote secret les obligera à être plus attentifs aux préoccupations de leur députation et donc de citoyens.Ainsi, et sans être la solution parfaite, le vote secret à l\u2019Assemblée nationale constitue une mesure simple et rapide d\u2019injecter dans cette institution une dose de démocratie.Malheureusement, avec un gouvernement majoritaire, ce n\u2019est pas demain que les choses vont changer\u2026 Rémi Guertin Québec, le 4 octobre 2018 LIBRE OPINION LETTRES RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE Avancez en arrière ! L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu remettre en cause, non pas la neutralité, mais l\u2019engagement de l\u2019État.Et vous, l\u2019un des dossiers sur le dessus de votre pile est celui des signes religieux.Bravo, vous avez sans aucun doute le sens des priorités à la CAQ ! Vous qui vous présentez comme le gardien d\u2019une bonne gestion des dépenses publiques et de la réduction du gaspillage, je me demande combien vous allez engloutir de fonds publics et combien d\u2019argent sera dépensé dans la défense juridique de ce projet.Et c\u2019est vous qui voulez amener un vrai changement au Québec ?Vous n\u2019apporterez pas de changement ayant des répercussions concrètes dans la vie des Québécois en légiférant sur le port de signes religieux.Pourquoi ?Parce que dans le quotidien des gens, ça ne soulève pas de problèmes.Vous ferez certes plaisir à quelques militants ou chroniqueurs pour qui cette question est une obsession, mais les gens de la classe moyenne, les familles, les entrepreneurs auxquels vous vous êtes tant adressé lors de la campagne électorale ont des préoccupations plus concrètes que celle de voir ressurgir une question, en bonne partie idéologique, débattue pendant plus d\u2019une décennie par les « vieux partis » que vous désiriez tant expulser du pouvoir.Je ne dis pas que cette question est sans importance et qu\u2019elle ne doit pas être rediscutée une fois de plus (même si j\u2019ai des réserves quant à la possibilité de trouver un consensus qui rallie une majorité sans compromettre les droits de certains), mais pas de là à la mettre en avant 48 heures à peine après votre élection.Est-ce là l\u2019enjeu le plus important d\u2019un gouvernement caquiste ?À quoi cela sert-il ?Dans mon cas, cela m\u2019amène déjà à douter de vos capacités à écouter, pour reprendre vos mots, « les vrais enjeux » qui touchent les Québécois.Monsieur Legault, dans votre discours lundi soir, vous disiez que vous alliez être le premier ministre de tous les Québécois.N\u2019oubliez pas que 75 % d\u2019entre eux n\u2019ont pas voté pour vous.Les signes religieux, la priorité ?JEAN-ROBERT SANSFAÇON Oubli d\u2019une minorité ?« Couillard se retire en défendant les minorités », titrait vendredi dernier Le Soleil.Sauf erreur, il n\u2019a pas fait référence à la minorité de langue française au Canada.À ses yeux, doit-on comprendre que cette dernière dans l\u2019ensemble du Canada serait moins importante que d\u2019autres minorités au Québec ?C\u2019est en cela, pourrait-on penser, qu\u2019il s\u2019est distingué considérablement des Lesage, Ryan, Bourassa et même Charest.Il est paradoxal que le plus fédéraliste des premiers ministres libéraux du Québec depuis près de soixante ans, Couillard, ait omis de « défendre » la minorité francophone du Canada dans son dernier message à ses concitoyens et aux nouveaux dirigeants du Québec, pourtant une minorité toujours fragile qui se voit accorder spécifiquement une protection aux termes de la Constitution canadienne.André Juneau Québec, le 5 octobre 2018 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 Directeur de l\u2019information par intérim Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Par ici, la chicane F rançois Legault n\u2019a pas froid aux yeux.L\u2019empressement qu\u2019il démontre à s\u2019attaquer aux signes religieux en fait foi.Sans doute pense-t-il ainsi annoncer ses couleurs.Préparer ses plates-bandes.Mais pour un homme qui n\u2019aime pas la chicane \u2014 « La chicane est terminée », annonçait-il vendredi après sa rencontre avec son prédécesseur \u2014, il se méprend drôlement sur ce qu\u2019il l\u2019attend.La chicane ne fait que commencer.Trois mille personnes ont d\u2019ailleurs pris la rue dimanche pour le lui rappeler.Après avoir atteint, 10 ans plus tard, l\u2019inatteignable étoile, celle de premier ministre, pour ne rien dire de voir la carte du Québec soudainement peinte bleu pâle (euphorie garantie), peut-être doit-on s\u2019attendre à ce que le nouveau premier ministre se méprenne un peu sur les intentions des Québécois.Remettons donc les pendules à l\u2019heure.Contrairement à ce que pense M.Legault, il n\u2019y a pas de « consensus » concernant les signes religieux.Je dirais même que le consensus concernant la recommandation principale de la commission Bouchard-Taylor n\u2019est pas aussi solide qu\u2019on le croit.L\u2019interdiction pour les juges, procureurs de la Couronne, policiers et gardiens de prison de porter des signes religieux est davantage un compromis auquel se sont accrochés, d\u2019abord Gérard Bouchard et Charles Taylor à la suite des débats acrimonieux des accommodements raisonnables, le chapitre 1 de la grande chicane québécoise (2007-2008), et plus tard, les partis politiques siégeant à l\u2019Assemblée nationale après les bouleversements causés par la charte des valeurs, le chapitre 2 de la foire d\u2019empoigne (2013-2014).Étant toujours incapable de s\u2019entendre sur une définition de la laïcité, encore moins sur la signification d\u2019un crucifix qui plane au-dessus de la tête de nos élus, il fallait bien pouvoir s\u2019entendre sur quelque chose.Les employés de l\u2019État qui ont le pouvoir de nous priver de liberté et qui, par le fait même, ont une charge tout à fait exceptionnelle semblaient constituer l\u2019espace de convergence tout indiqué.La vérité est que même cette « évidence » est plus compliquée qu\u2019elle n\u2019en a l\u2019air.Charles Taylor a d\u2019ailleurs depuis changé d\u2019avis sur l\u2019interdiction de signes religieux pour les gardiens de l\u2019ordre.A-t-il raison ?Vu la situation volatile au Québec et l\u2019urgence de trouver un modus operandi, peut-être pas.Mais encore faut-il examiner le raisonnement derrière.S\u2019il est du devoir de ceux et celles qui détiennent un pouvoir de coercition de faire preuve de neutralité, en quoi l\u2019absence de signes religieux le garantit-elle ?Depuis quand l\u2019apparence physique (l\u2019extérieur) traduit-elle la disposition profonde (l\u2019intérieur) d\u2019un individu ?Les juges et autres gardiens de la paix sont également censés être dignes, ouverts d\u2019esprit et imperturbables.Mais ce genre de dispositions ne se légifère pas.Comme l\u2019ont fameusement illustré les audiences entourant la nomination du juge Kavanaugh aux États-Unis, on possède les facultés requises, ou pas.Une loi n\u2019y changerait rien.L\u2019autre raison de se méfier du soi-disant consensus sur l\u2019interdiction faite aux gardiens de l\u2019ordre, c\u2019est qu\u2019elle pourrait bien contrevenir aux dispositions de la Charte des droits et libertés, tant québécoise que canadienne.Aucune contestation juridique n\u2019ayant eu lieu à ce chapitre, on n\u2019en sait rien pour l\u2019instant.La Cour suprême pourrait un jour décider, à l\u2019instar de beaucoup de Québécois francophones, que la tâche collective qui incombe à ceux qui ont un pouvoir de coercition dépasse les droits individuels des personnes concernées.Le contraire est cependant plus probable.Vu la tendance nord-américaine de permettre l\u2019affichage religieux même du côté des chiens de garde de l\u2019État \u2014 les droits individuels sont après tout le socle des démocraties libérales \u2014, il y a fort à parier que le gouvernement Legault perdrait sa cause.L\u2019obligeant alors à invoquer la clause dérogatoire.On a beau dire que cette clause est une arme légitime qui a été invoquée plusieurs fois au Québec, jamais n\u2019a-t-elle été utilisée pour suspendre des droits fondamentaux.M.Le- gault, fidèle au jovialisme qui le caractérise, ne semble guère s\u2019en émouvoir.Mais quel gouvernement pourrait se vanter de proscrire la liberté de conscience auprès de même une poignée de ses citoyens ?Ce qui m\u2019amène à l\u2019interdiction de signes religieux à laquelle le nouveau gouvernement voudrait également assujettir les enseignantes du primaire et du secondaire.Comme l\u2019a déjà souligné un éditorial du Devoir cette semaine, rien ne pourrait justifier un tel dérapage.Les enseignantes n\u2019ont pas de « pouvoir de coercition », d\u2019abord.Congédier des femmes qui ne demandent qu\u2019à s\u2019intégrer par le travail au Québec est sûr de semer l\u2019acrimonie et la bisbille pour des années à venir.Est-ce bien ce que veut François Legault ?Réjean Hébert Ancien député et ministre.Doyen de l\u2019École de santé publique de l\u2019Université de Montréal.L\u2019élection du 1er octobre devrait préoccuper toutes les personnes progressistes au Québec.Pendant que les partisans de Québec solidaire célébraient, je n\u2019avais pas du tout le cœur à la fête.J\u2019étais certes troublé par la débâcle du parti où j\u2019ai milité et par la défaite de mes ex-collègues et amis, mais pas autant que par la chute dramatique des appuis à la gauche.Toute la soirée, j\u2019ai surveillé les deux pourcentages d\u2019appui à QS et au PQ.Cette addition, qui n\u2019atteint que le tiers des votes, représente en fait un appui d\u2019à peine 20 % de la population québécoise aux partis de gauche, en tenant compte du faible taux de participation.Cela signifie pour le Québec un virage à droite important, comme on l\u2019a observé chez nos voisins.Les deux partis de gauche n\u2019ont donc pas réussi à présenter aux électeurs une solution de rechange progressiste sérieuse et attrayante au populisme conservateur.Une fois de plus, la population a été séduite par le chant des sirènes néolibérales.Cette situation risque de compromettre sérieusement l\u2019héritage social-démocrate du Québec échafaudé au long des cinquante dernières années.Portés d\u2019abord par les libéraux de Lesage, puis par les gouvernements successifs du Parti québécois, nos programmes sociaux constituent notre caractère distinctif en Amérique du Nord.Notre nouveau gouvernement de centre droit propose des ajustements ponctuels de financement et d\u2019accessibilité pour certaines missions de l\u2019État, par exemple en matière d\u2019éducation et pour les CPE.Mais qu\u2019adviendra-t-il de l\u2019intégrité des autres programmes sociaux qui font partie intégrante de notre réussite sociale ?Les baisses d\u2019impôts promises sont bien incompatibles avec des réinvestissements majeurs dans les politiques sociales.Au cours de la dernière campagne, loin de claironner d\u2019une seule voix les avantages de la social-démocratie, les deux partis progressistes se sont livré une lutte fratricide.QS a dénigré injustement les réalisations du PQ et son orientation résolument progressiste depuis sa création.Même sous Lucien Bouchard, le gouvernement du PQ a quand même mis en place les garderies à 5 $ et l\u2019assurance médicament.Il faut rappeler que l\u2019objectif du déficit zéro présenté comme une stratégie démoniaque de droite avait fait l\u2019objet d\u2019un très large consensus lors d\u2019un sommet historique réunissant tous les représentants de la société civile, syndicats inclus.Par ailleurs, pris de panique, le PQ a lui aussi démonisé QS en l\u2019associant au mouvement communiste et marxiste et en alimentant les pires calomnies de la droite à son endroit.Mêmes valeurs Le PQ et QS partagent pourtant les mêmes objectifs et les mêmes valeurs.Tous deux sont animés des valeurs d\u2019équité sociale, de bienveillance, d\u2019universalisme et de respect de l\u2019environnement.Ils visent une plus grande solidarité sociale, une répartition plus juste de la richesse, une pleine intégration des nouveaux Québécois, un développement durable, un meilleur accès à l\u2019éducation, à des logements sains, à des emplois intéressants, à un système de santé de qualité et des programmes sociaux généreux et efficaces.Ils sont tous deux mus par un idéal de souveraineté qui permettrait de récupérer le plein contrôle de nos institutions et de notre économie.Ces deux partis ne diffèrent que sur les moyens et la vitesse de leur implantation.QS est plus impatient et présente des propositions plus idéalistes.Le PQ, fort de ses années au pouvoir, est plus conscient des contraintes et apparaît ainsi plus timoré.QS a réussi à mobiliser les jeunes et c\u2019est là une consolation rafraîchissante de la dernière élection.Le PQ représente encore une force de mobilisation populaire avec ses 80 000 membres et ses structures démocratiques.Je doute que le PQ puisse mobiliser davantage les jeunes, plus sensibles à la manière dont QS véhicule ses idéaux.Mais je pense que le langage de QS ne pourra pas rejoindre les baby-boomers, pourtant toujours engagés et mobilisables, pour construire un Québec meilleur.Il est donc temps d\u2019abandonner ces deux véhicules de la solidarité et de construire un nouveau parti libéré du passif du pouvoir et des boulets de l\u2019image d\u2019un socialisme révolu.Un nouveau parti qui porterait les idéaux solidaires de toutes les générations et qui présenterait une solution de rechange attrayante aux forces néolibé- rales.C\u2019est ce nouveau parti \u2014 l\u2019Union solidaire, pourquoi pas \u2014 que je nous invite à créer en misant sur les forces de QS et du PQ.Sortons des carcans de la partisanerie, misons sur ce qui nous rassemble et tentons de trouver un consensus sur les moyens d\u2019atteindre nos nobles objectifs.Faisons de la politique autrement.C\u2019est à mon avis une voie, peut-être la seule, pour rassembler les progressistes, rallier les orphelins politiques et mobiliser les désabusés afin de récupérer les leviers nécessaires pour façonner un Québec plus juste, plus sain, plus vert, plus distinct.Pour une union solidaire Michel Gourd L\u2019Ascension-de-Patapédia Plus de deux députés sur trois qui ont été élus le 1er octobre dernier dans les élections provinciales au Québec n\u2019ont pas eu la majorité absolue des voix dans leur circonscription.Encore une fois, les élections au Québec ont montré les problèmes démocratiques qu\u2019il y a dans le système électoral actuel.Comme dans chaque gouvernement précédent, il y aura des élus qui siégeront à l\u2019Assemblée nationale qui n\u2019auront pas reçu un mandat clair de leurs électeurs pour le faire.En fait, si on regarde de plus près les résultats disponibles depuis le 1er octobre sur la page Internet d\u2019Élection Québec, on voit que sur les 125 élus à ces élections, 84 députés ont moins de 50 % des voix exprimées dans leur circonscription.Il y aura donc dans la prochaine Assemblée nationale plus de deux élus sur trois qui ne pourront pas affirmer qu\u2019ils ont reçu l\u2019appui de la majorité des personnes qui ont voté dans leur circonscription.Parmi ceux-ci, il y en a sept qui n\u2019ont même pas eu un tiers des votes des électeurs.Si on prend les cas extrêmes en exemple, dans la circonscription d\u2019Ungava, le candidat de la CAQ, Denis Lamothe, a été élu avec seulement 26,49 % des votes.Dans la circonscription de Bour- get, le candidat de la CAQ, Richard Campeau, a été élu avec 27,57 % des votes.La candidate du PLQ Marie Montpetit, dans la circonscription Mau- rice-Richard, a été élue avec seulement 29,72 % des voix exprimées.Cela pourrait être considéré comme un problème démocratique qui toucherait potentiellement chacun des votes auquel ils participeront à l\u2019Assemblée nationale.À ce qui peut être considéré comme une distorsion de la démocratie au Québec s\u2019ajoute la manière dont le système électoral calcule le parti gagnant des élections.Avec 37,4 %, du vote, la CAQ a eu 74 sièges et un gouvernement majoritaire alors qu\u2019il a à peine quelques points de plus que le tiers des votes.Le parti au pouvoir n\u2019aura donc pas reçu les votes de la majorité des électeurs.De plus, avec 17,06 % des votes, le Parti québécois n\u2019a eu que 9 sièges, tandis que Québec solidaire a eu 10 sièges avec 16,1 % des votes.Changer le mode de scrutin Ces situations donnent des arguments à ceux qui avancent que la démocratie n\u2019est qu\u2019accidentelle dans le présent système uninominal à un tour.C\u2019est une chose que semblent oublier ceux qui sont contre le changement du mode de scrutin que veut faire la CAQ.La bonne nouvelle est qu\u2019avec au total 70,58 % des votes exprimés, les trois partis qui se sont entendus avant les élections pour mettre en avant un régime proportionnel mixte compensatoire régional peuvent considérer qu\u2019ils ont la légitimité démocratique nécessaire pour le faire sans se préoccuper de tenir un référendum comme le demande le Parti libéral.Comme l\u2019ont cependant fait remarquer ses opposants, ce régime proportionnel mixte compensatoire régional n\u2019est pas une panacée qui réglera tous les problèmes démocratiques du système électoral québécois.Il aura cependant l\u2019avantage de prendre en considération les votes qu\u2019ont recueillis tous les candidats non élus et qui sont simplement balayés sous le tapis avec le système actuel.Pour améliorer la représentativité de ses élus, le nouveau processus électoral québécois pourrait inclure un deuxième tour où s\u2019opposeraient les deux candidats ayant reçu le plus de votes au premier tour.Cela entraînerait que chaque député élu aurait plus de 50 % des votes exprimés, ce qui est un pas de plus vers un système électoral plus démocratique.Ce deuxième tour pourrait aussi être la solution que cherchent ceux qui affirment que le régime proportionnel mixte compensatoire régional entraînerait une dilution du pouvoir décisionnel du gouvernement en y intégrant plusieurs petits partis.En le basant sur le deuxième tour, ceux-ci pourraient n\u2019avoir le droit d\u2019accéder à des sièges au gouvernement que s\u2019ils plaçaient des candidats dans les deux premières positions dans une circonscription.Cela éliminerait du coup les partis trop marginaux qui présentent parfois des visions extrémistes ou excentriques de la société.Le système de représentation de la population au gouvernement québécois est bâti sur les députés.Aussi longtemps qu\u2019ils ne pourront pas tous affirmer qu\u2019ils ont été élus par la majorité des personnes qui ont voté dans leur circonscription, on peut considérer qu\u2019il y aura un problème démocratique dans le processus d\u2019élection du gouvernement du Québec.Il ne faut pas confondre élection et démocratie L\u2019appui au PQ, et plus largement aux partis de gauche, est en baisse.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR 80 000 Nombre de Québécois membres du PQ FRANCINE PELLETIER S\u2019il est du devoir de ceux et celles qui détiennent un pouvoir de coercition de faire preuve de neutralité, en quoi l\u2019absence de signes religieux le garantit-elle ? LEDEVOIR // LE MERCREDI 10 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.E N B R E F Des ONG dénoncent des restrictions imposée s aux sauveteurs en Indonésie PALU \u2014 Plusieurs ONG ont dénoncé mardi les restrictions d\u2019accès imposées par les autorités indonésiennes aux équipes étrangères de sauveteurs, interdites d\u2019intervenir directement en soutien aux populations des Célèbes.Un séisme et un tsunami y ont fait quelque 2000 morts et des milliers de disparus le 28 septembre.L\u2019agence indonésienne de gestion des catastrophes a interdit à ces équipes de procéder à des recherches de corps de victimes, envoyant le message que leur aide n\u2019était plus requise.L\u2019Indonésie avait initialement refusé l\u2019aide internationale, assurant que son armée pouvait faire face à la situation.Mais devant l\u2019ampleur du désastre, le président Joko Widodo avait accepté à contrecœur le soutien d\u2019ONG humanitaires internationales.Agence France-Presse Les étudiants en éducation à l\u2019UQAM retournent en grève Devant l\u2019impasse à laquelle se heurte leur lutte pour des stages rémunérés, les membres de l\u2019Association des étudiants de la Faculté des sciences de l\u2019éducation (ADEESE) de l\u2019UQAM retournent en grève du 19 au 23 novembre.« On veut lancer un message au nouveau gouvernement de François Legault, qu\u2019il comprenne qu\u2019on va continuer notre lutte », a indiqué le responsable aux affaires externes de l\u2019association, David Lacombe.Depuis près de deux ans, les étudiants en enseignement, en travail social ou encore en soins infirmiers militent pour une meilleure reconnaissance des stages obligatoires dans leur parcours universitaire, à commencer par leur rémunération.Le Devoir Cannabis : des règles strictes pour les policiers canadiens L\u2019Association canadienne des policiers critique les politiques insensées que souhaitent appliquer certains services de police pour encadrer la consommation de cannabis des agents qui ne sont pas en service.La Gendarmerie royale du Canada et le Service de police de Toronto envisageraient d\u2019interdire toute consommation un mois avant le début d\u2019un quart de travail.À Calgary, la grande majorité des agents ne pourraient tout simplement pas « fumer un joint » pendant leur temps libre.Selon le président de l\u2019association, Tom Stamata- kis, il n\u2019y a eu aucune consultation sérieuse sur la mise en œuvre de politiques raisonnées qui seraient basées sur la majorité plutôt que sur les cas particuliers.La Presse canadienne Une femme indonésienne a fondu en larmes à son retour dans son village détruit par un tremblement de terre et un tsunami.AARON FAVILA ASSOCIATED PRESS STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR CULTURE L\u2019art du marketing, le marketing de l\u2019art L\u2019autodestruction d\u2019une œuvre de Banksy décortiquée a destruction en direct d\u2019une œuvre d\u2019art n\u2019aura probablement jamais autant fait sourire.Oubliez les massues iconoclastes du Groupe armé État islamique pulvérisant des statues millénaires.Rien à voir avec les autodafés de livres «dégénérés» par les nazis.Vendredi dernier, dans la maison d\u2019encan Sotheby\u2019s, à Londres, sitôt La petite fille au ballon rouge adjugée pour 1,8 million de dollars, l\u2019œuvre a glissé hors de son gros cadre pour être à moitié réduite en bandelettes par une déchiqueteuse dissimulée.« Going, going, gone\u2026 » a commenté Banksy, créateur du pochoir et de la machine à l\u2019avaler, sur les réseaux sociaux, en reprenant la fameuse formule des encanteurs britanniques.La scène filmée a vite fait le tour du monde.Le New York Times a parlé d\u2019une gigantesque « blague ».Et tout le monde a en effet bien ri.« Je me suis mise à rire en voyant les images », dit la jeune historienne de l\u2019art Linakim Champagne, qui a déposé en août 2017 un mémoire intitulé L\u2019institutionnalisation du street art.Elle est en congé de maternité de son poste de coordonnatrice de la programmation de l\u2019Association des galeries d\u2019art contemporain (AGAC) du Québec.« J\u2019ai bien ri, mais je ne suis pas particulièrement surprise de la chose.Ça me semble fidèle aux habitudes de Banksy, qui agit souvent dans l\u2019humour et l\u2019autodérision, mais aussi pour tester les limites du marché de l\u2019art.Et ma deuxième réaction a été de dire à mon conjoint que l\u2019œuvre allait probablement prendre beaucoup de valeur.» Une autre jeune historienne de l\u2019art, spécialiste de Banksy, a eu la même réaction.« Je n\u2019ai pas été très surprise et j\u2019ai été plutôt amusée, dit Géraldine Savoie-Dugré, qui a déposé en janvier 2017 le mémoire L\u2019art de rue et les institutions artistiques : relation paradoxale entre marginalité et commercialisation.« C\u2019est un move très Banksy.C\u2019est typique de lui de rire du marché de l\u2019art pendant un grand événement artistique comme une vente chez Sotheby\u2019s.» Elle rappelle que cet artiste a créé une lithographie montrant une vente aux enchères où tous les acheteurs sont des singes.L\u2019encan porte sur un cadre dans lequel il est écrit : « Je ne peux pas croire que vous pauvres idiots achetez vraiment cette merde.» Une épreuve a trouvé preneur chez Sotheby\u2019s en 2014.« Ça se vend.Il rit du marché et en même temps il en profite beaucoup », résume Mme Savoie-Dugré.De la contradiction Les paradoxes se multiplient, comme si Banksy lui-même, toujours resté dans l\u2019anonymat, les reproduisait à la photo- Sitôt La petite fille au ballon rouge adjugée, l\u2019œuvre de Banksy a glissé hors de son gros cadre pour être à moitié réduite en bandelettes par une déchiqueteuse dissimulée.PIERRE KOUKJIAN ASSOCIATED PRESS copieuse.S\u2019il s\u2019agit d\u2019un pied de nez au marché de l\u2019art, le geste contestataire se retourne contre lui-même puisque de nombreux spécialistes pensent comme Mmes Champagne et Savoie-Dugré que l\u2019œuvre en lambeaux pendouillant vaut dorénavant beaucoup plus cher.Son prix de revente potentielle a probablement fait une ou deux culbutes en quelques secondes.Même les actions de compagnies de production de cannabis ne gonflent pas aussi rapidement.« Rien n\u2019est fait à la légère, dit Géraldine Savoie-Dugré.Tout est très réfléchi, chez Banksy.Il entre dans le monde de la spéculation artistique pour mieux la dénoncer.Et acheter une de ses œuvres vient toujours avec un lot de risques.» La contradiction fait davantage grincer Jonathan Keats, critique du magazine Forbes.Il juge l\u2019autodestruction médiatisée «aussi puérile et d\u2019actualité que l\u2019effacement automatique sur Snap- chat».Il ajoute que «paradoxalement, Girl With Balloon échoue comme critique de l\u2019institution parce que la critique de l\u2019institution est le métier de Banksy.Le marché pour ses œuvres découle de son antagonisme vis-à-vis du marché».Le critique d\u2019art reconnaît tout de même que ce geste spectaculaire s\u2019inscrit dans une longue tradition anti-artis- tique de l\u2019histoire moderne et contemporaine de l\u2019art.Tout le mouvement dada, né en pleine Première Guerre mondiale, il y a cent ans, reposait sur cette volonté de critique radicale, irrespectueuse et extravagante des «vieilleries» du passé et de l\u2019art officiel.L\u2019idée de détruire pour créer a été reprise depuis de mille et une manières.En 1953, l\u2019artiste américain Robert Rauschenberg (1928-2008) a acheté un dessin de son compatriote Willem de Kooning, l\u2019a effacé et l\u2019a exposé sous le titre Erased de Kooning Drawing en signant l\u2019œuvre Rauschenberg.Un autre artiste américain.John Bal- dessari, a brûlé toutes ses œuvres réalisées entre 1953 et 1966 pour ensuite exposer une urne contenant des cendres de l\u2019auto-autodafé.« Les contradictions se retrouvent au cœur de la démarche de Banksy depuis toujours, note encore Mme Champagne.À l\u2019origine, le graffiti est un art de la rue, illégal.Les œuvres du street art ont assez vite été collectionnées par les musées et vendues aux enchères C\u2019est de la contre-culture et pourtant tous les grands médias viennent de parler de l\u2019œuvre de Londres.C\u2019est la force de Banksy de jouer avec cette dualité, de jouer avec le vandalisme.» Chose certaine, l\u2019art de rue, l\u2019art anti- institutionnel peut rapporter gros, très gros \u2014 énorme, en fait.Une œuvre de Jean-Michel Basquiat, autre figure tutélaire émergée du graffiti, s\u2019est vendue 140 millions l\u2019an dernier.Mais Basquiat, pionnier de la mouvance underground mort à 28 ans en 1988, n\u2019a jamais cherché à jouer des paradoxes entre l\u2019art anti-institutionnel et l\u2019institutionnalisation de l\u2019art.Il a été le plus jeune artiste à exposer au Withney Museum, en 1982.En 1985, il faisait la une du New York Times Magazine sous le titre « Le marketing d\u2019un artiste américain ».Rire et profiter du système Géraldine Lavoie-Dugré demande de ne pas tout mélanger non plus.« Bas- quiat est le père de l\u2019art de rue, si on veut, dit-elle.Mais son œuvre sur toile ne tombe pas dans cette catégorie.Banksy, lui, a rapidement compris comment jouer le système pour le retourner en sa faveur avec un usage calculé des réseaux sociaux et des médias.Je crois d\u2019ailleurs que sans le partage sur les réseaux sociaux, la destruction de la semaine dernière n\u2019aurait pas eu autant d\u2019impact.Maintenant, tout le monde en parle.» À la limite, les œuvres banksiennes au pochoir sur les murs de Londres ou de New York peuvent même être vues comme des catalyseurs pour la production artistique monnayable.Les plus cyniques pensent d\u2019ailleurs que So- theby\u2019s devait nécessairement être complice de la destruction de vendredi.Certains croient même avoir reconnu l\u2019artiste secret en train de filmer le coup de théâtre sur place.La spécialiste de son oeuvre Lavoie- Dugré rappelle alors cette phrase de Banksy lui-même : « J\u2019utilise l\u2019art pour contester l\u2019ordre établi, mais peut-être que j\u2019utilise simplement la contestation pour promouvoir mes œuvres.» Tout se vend, tout s\u2019achète.Et finalement, le génie de Banksy, c\u2019est aussi de l\u2019avoir compris.« Pour moi, Banksy est un cas un peu à part, dit à son tour Li- nakim Champagne.Si on apprenait qu\u2019il a une maîtrise en marketing, je ne serais pas surprise.» Autres signes des étranges mariages contemporains entre l\u2019art visuel et la publicité, au moins trois agences de publicité ont déjà récupéré et détourné l\u2019idée de la déchiqueteuse artistique.Deux compagnies européennes, l\u2019une de Malte et l\u2019autre de Vienne, ont proposé une version pour annoncer les frites de McDonald.Des designers norvégiens ont aussi diffusé une publicité pour les magasins IKEA proposant aux clients de « bank- siser » leur propre reproduction avec un cadre à 99 couronnes (15 $), une image dans le style recherché à 49 couronnes et une paire de ciseaux à 9.La valeur potentielle du résultat reste à déterminer, avertit la pub\u2026 L Si on apprenait que Banksy a une maîtrise en marketing, je ne serais pas surprise LINAKIM CHAMPAGNE » "]
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