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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-10-23, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 240 / LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès.B5 Économie.B1 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B5 Monde .B6 Mots croisés.B5 Sports .B5 Sudoku .B5 MONDE La « caravane » des Honduriens attise la colère de Trump | B 6 PREMIERS PAS AU PARLEMENT La députée Christine Labrie face au trône | A 8 HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR DIPLOMATIE La vente de blindés à Riyad suspendue ?Affaire Khashoggi : Ottawa refuse de dire s\u2019il compte imposer des sanctions à l\u2019Arabie saoudite Le vénérable Gilles Vigneault, à presque 90 ans, publie un recueil de poèmes inédits intitulé Le chemin montant.JACQUES NADEAU LE DEVOIR DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR « Mets le temps de ton côté?/?C\u2019est un vieil outil fidèle », suggère Gilles Vigneault à son petit-fils dans Le chemin montant, son nouveau recueil de poèmes inédits.«L\u2019art mûrit sous sa chaleur?/?C\u2019est le soleil du silence.?/ L\u2019âme, c\u2019est du temps qui pense?/ L\u2019espoir du fruit dans la fleur.» Mettre le temps de son côté.En cet après-midi d\u2019automne frisquet, attablé dans son studio de Saint-Placide, c\u2019est très précisément l\u2019attitude que notre hôte invite les souverainistes à adopter, alors que nous évoquons enfin la récente défaite historique du Parti québécois, après avoir longuement discuté de son amour pour les contraintes formelles en poésie.« Je mets toujours un temps avant de juger et de jauger ce qui m\u2019arrive dans la vie », confie l\u2019homme qui célébrera son 90eanniversaire samedi, et qui tente le plus possible de trouver au quotidien l\u2019équanimité, l\u2019égalité d\u2019âme et d\u2019humeur, que chantait en son temps l\u2019empereur Marc Au- rèle dans ses Pensées pour moi-même.« Je dis à mon petit-fils \u201cMets le temps de ton côté\u201d, parce que le temps, on le considère trop souvent L\u2019inébranlable foi en l\u2019autre de Gilles Vigneault VOIR PAGE A 5 : VIGNEAULT VOIR PAGE A 4 : OTTAWA comme un plancher qui n\u2019a pas été balayé, alors que c\u2019est pourtant le plancher sur lequel nous sommes, le plancher sur lequel nous pouvons nous déplacer.Et c\u2019est un plancher sur lequel nous avons quelques fois le droit d\u2019être silencieux, sur lequel nous pouvons nous entourer de murs pour n\u2019écouter que ce que peut nous inspirer le bruit de l\u2019intérieur.» Petites fois nécessaires Le silence, denrée rare, faisons nous remarquer très succinctement, comme en déposant trente sous dans le plus philosophe des juke-box.Alors que l\u2019Allemagne a décidé de ne plus autoriser de nouvelles exportations d\u2019armes vers l\u2019Arabie saoudite et exhorte ses alliés européens à l\u2019imiter, le Canada refuse toujours de dire s\u2019il suspendra ses ventes de véhicules blindés légers dans la foulée de l\u2019assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.Ottawa prétend néanmoins prendre les événements très au sérieux tandis qu\u2019Ankara promet de révéler mardi matin « toute la vérité » sur cette sombre affaire.« Je ne suis pas d\u2019accord avec vous [pour dire] que le Canada ne fait rien », s\u2019est défendue la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, quand une journaliste lui a demandé pourquoi le Canada ne prenait pas de sanctions contre Riyad, maintenant que le régime saoudien a reconnu le meurtre du journaliste exilé aux États-Unis.Malgré des questions répétées, Mme Freeland a refusé de dire si elle envisageait de suspendre le contrat canadien de 15 milliards de dollars permettant à General Dynamics Land Systems de vendre un nombre non divulgué de véhicules blindés légers à l\u2019Arabie saoudite.À la Chambre des communes, le premier ministre a déclaré que le Canada s\u2019attendait à ce que ses exportations soient utilisées de manière respectueuse des droits de la personne.«Nous avons suspendu les exportations dans le passé lorsque nous avons eu des préoccupations quant à un mauvais usage et nous n\u2019hésiterons pas à le faire de nouveau.» Le Canada a suspendu pendant quatre mois, à la fin de l\u2019été 2017, les permis JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Au jour même de son assermentation, la nouvelle ministre de la Culture, Nathalie Roy, a mis le holà à la volonté du conseil municipal de Sainte-Marie d\u2019autoriser la démolition d\u2019un des bâtiments les plus importants de son centre-ville : le Château Beauce.Le 18 octobre, après avoir prêté serment, la ministre a publié un avis de classement pour ce bâtiment conçu en 1903 par le réputé architecte Jean-Omer Marchand.« C\u2019est un premier pas dans la bonne direction », dit Gaston Cadrin, vice-président du GIRAM, le Groupe d\u2019initiatives et de recherches appliquées au milieu.« La façon dont la décision de démolir le Château Beauce a été prise est inadmissible.Ça a été adopté de façon expéditive, sans que des modalités pour étudier la question soient prévues, et sans que les opposants puissent faire connaître leurs objections.On a un problème au Québec avec la PATRIMOINE Le Château Beauce sauvé de la démolition pour l\u2019instant VOIR PAGE A 4 : CHÂTEAU ÉCONOMIE Le cannabis demeure un placement spéculatif K A T H L E E N S I M A R D Je ne suis pas d\u2019accord avec vous [pour dire] que le Canada ne fait rien CHRYSTIA FREELAND » ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 M alheureusement, le quotidien de plusieurs Canadiens est empreint de d\u2019enfants n\u2019ont pas accès à des repas nour- sous la protection des services sociaux, sans le soutien d\u2019une famille, et vivent une soins de santé essentiels en raison de pro- - la réussite scolaire de leurs enfants et avoir En tant que citoyen et parent, je trouve ces Comme Canadiens, nous devons nous envers les plus démunis, en annonçant le lancement de la Fondation TELUS pour un compassion humaine, nous ouvrons la voie à un futur meilleur pour les jeunes de Terre- et Montréal, ainsi que partout ailleurs d\u2019un La Fondation TELUS pour un futur meil- favorisent l\u2019autonomie des jeunes à risque en leur donnant accès à l\u2019encadrement, aux ressources, aux outils, aux soins de santé mentale et aux services médicaux dont ils - qui jouent un rôle de premier plan, com- de nos collectivités, mais ils sont trop sou- leur taille, de leurs ressources limitées et de - - dent la main à nos concitoyens les plus - tés plus saines, mieux connectées et plus nous avons aidé les enfants vivant avec un handicape à communiquer au moyen de - environnement sécuritaire, ainsi que d\u2019une avons veillé à ce que des cours spécialisés - par TELUS à la Fondation est le plus important de l\u2019histoire du pays provenant d\u2019une investissement permettra à la Fondation d\u2019assurer la pérennité de notre culture de Surtout, la Fondation TELUS pour un fu- partenaires et nos clients d\u2019unir leurs forces être de nos collectivités et de nos conci- causes importantes, nous avons la chance Jour après jour, je suis inspiré par la déter- - - tion TELUS pour un futur meilleur, je peux allons améliorer la qualité de vie des Cana- C\u2019est une promesse.CONTENU PARTENAIRE Grâce à son économie ?eurissante, ses universités renommées, ses in?uences culturelles diversi?ées, et ses paysages à couper le souf?e, le Canada est sans cesse reconnu comme l\u2019un des meilleurs endroits où vivre, travailler et élever une famille.Or, le partage de cette abondance n\u2019est pas garanti.Offrir un meilleur avenir aux jeunes malgré les inégalités de notre monde par Darren Entwistle Darren Entwiste Président et chef de la direction de TELUS MARIE-MICHÈLE SIOUI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le chef intérimaire du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand, a dévoilé lundi matin son cabinet fantôme, au sein duquel la recrue Marwah Rizqy obtient le poste de critique en éducation.L\u2019élue de Saint-Laurent, qui s\u2019est auparavant dite favorable à la gratuité scolaire, fera ses premières armes en politique en se mesurant au nouveau ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge.La députée Hélène David hérite quant à elle de la délicate question de la laïcité.Elle sera donc impliquée dans les débats sur le port des signes religieux : un dossier qui sera traité par le premier ministre François Legault lui-même.Surprise à la Santé : le ministre sortant des Transports, André Fortin, en devient le critique dans l\u2019opposition officielle.La députée montréalaise et diplômée en sciences de l\u2019environnement Marie Montpetit devient quant à elle porte-parole libérale en environnement et en agriculture.Gaétan Barrette est désormais critique de l\u2019opposition officielle dans les dossiers relevant du Conseil du trésor ou du ministère des Transports.Il pourra notamment s\u2019exprimer au sujet du troisième lien routier devant connecter les villes de Québec et de Lévis ou insister sur le sort qui sera réservé à la ligne rose de la mairesse Valérie Plante, sous un gouvernement ne comptant que deux élus sur l\u2019île de Montréal.Isabelle Melançon, autrefois directrice de cabinet de la ministre de la Culture, hérite des dossiers liés à ce portefeuille, dont relèvent aussi les communications et la protection de la langue française.Le PLQ et le PQ dévoilent leurs cabinets fantômes MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019Institut de recherche sur l\u2019autodétermination des peuples et les indépendances nationales (IRAI) remporte son long bras de fer contre l\u2019Agence du revenu du Canada (ARC).Le groupe créé par l\u2019ex-chef du Parti québécois Pierre Karl Péladeau se verra accorder le statut d\u2019organisme de bienfaisance, a tranché la Direction des appels en matière fiscale et de bienfaisance de l\u2019ARC, a appris Le Devoir.Par conséquent, le fisc canadien procédera à l\u2019enregistrement de l\u2019organisme, peut-on lire dans un message laconique daté du 1er octobre dernier qui a été transmis à l\u2019IRAI.« C\u2019est une victoire pour nous », a déclaré le président du conseil d\u2019administration, Daniel Turp, au Devoir lundi soir.Les administrateurs se réuniront mardi afin de « donner un nouvel élan » à l\u2019Institut, a-t-il ajouté.« On a bien fait d\u2019aller jusqu\u2019au bout.» L\u2019IRAI compte demander à l\u2019ARC de lui octroyer rétroactivement le statut d\u2019organisme de bienfaisance, et ce, en date de la demande d\u2019enregistrement initiale (9 juin 2016), ce qui permettrait à ses donateurs \u2014 y compris à M.Péladeau, qui a déjà déboursé plus d\u2019un million de dollars \u2014 d\u2019obtenir des crédits d\u2019impôt d\u2019Ottawa et de Québec pouvant équivaloir à près de la moitié de leur contribution (42 % et 48 %).L\u2019IRAI poursuit des « fins politiques non énoncées », soit « promouvoir l\u2019indépendance du Québec et faire avancer les intérêts du PQ », avait conclu l\u2019ARC, après quelque deux ans d\u2019atermoiements, le 2 mai dernier.Après avoir passé en revue des publications de l\u2019IRAI, la Direction générale des appels, qui est « responsable d\u2019assurer un processus d\u2019examen impartial », en est venue à une conclusion différente.PKP remporte une victoire contre l\u2019Agence du revenu du Canada L\u2019institut de recherche sur l\u2019indépendance se verra accorder le statut d\u2019organisme de bienfaisance C\u2019est la députée de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, qui devient porte-parole du Parti libéral en matière d\u2019éducation.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Christine St-Pierre devient porte- parole en matière de sécurité publique et de justice.Carlos Leitão obtient le dossier des finances ; Dominique An- glade obtient celui de l\u2019économie ; Francine Charbonneau se voit confier les questions liées aux aînés et aux proches aidants et Enrico Ciccone, les enjeux liés aux sports aux loisirs et aux saines habitudes de vie.Comme cela a été annoncé auparavant, Sébastien Proulx occupe les fonctions de leader parlementaire, tandis que Filomena Rotiroti et Nicole Ménard demeurent présidente du caucus et whip.Pascal Bérubé, critique en matière de laïcité Au Parti québécois, le chef intérimaire Pascal Bérubé se réserve le dossier de la laïcité.L\u2019ex-vice-chef Véronique Hivon devient quant à elle critique en matière d\u2019éducation, de famille, de justice, d\u2019accès à l\u2019information et de soins de fin de vie, en plus de s\u2019occuper du dossier des relations Québec-Canada.Le PQ a confié à l\u2019élu de Jonquière Sylvain Gaudreault les dossiers de la santé et de l\u2019environnement.La députée Catherine Fournier devient critique en économie, en immigration et en transports, en plus de commenter les dossiers de la réforme des institutions démocratiques, de la condition féminine et des transports.Martin Ouellet obtient le poste de leader parlementaire et porte-parole sur les questions liées aux finances, au Conseil du trésor et aux régions.Harold LeBel occupe les fonctions de whip et président du caucus.Il devient aussi critique en culture, tandis que Sylvain Roy hérite de l\u2019enseignement supérieur, des affaires municipales et de l\u2019agriculture.Lorraine Richard obtient de son côté le dossier de la sécurité publique.Les recrues Joël Arseneau et Méganne Perry-Melançon deviennent critiques en matière de relations internationales et de francophonie et de tourisme et sport, respectivement. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 Une femme et son rapport L a députée d\u2019Iberville, Claire Samson, ne cachait pas sa déception d\u2019avoir été exclue du nouveau Conseil des ministres jeudi dernier, quittant le Salon rouge avant la fin de cérémonie d\u2019assermentation de ses collègues plus heureux.Sa longue feuille de route dans le monde de la télévision et du cinéma, où elle a assumé des fonctions de haut niveau, en faisait une candidate toute désignée à la Culture et aux Communications.Qui plus est, le rapport qu\u2019elle avait présenté en novembre 2016, intitulé « Une langue commune à tous et pour tous », était devenu la politique officieuse de la CAQ en matière de langue.Sa publication était survenue à un moment stratégique pour François Legault.Quand il s\u2019est transformé en fier Canadien, il était impératif qu\u2019il donne des gages de son nationalisme.Le rapport de Mme Samson, qu\u2019il n\u2019a cessé de louer par la suite, lui a fourni cette caution.C\u2019est ce rapport qui a établi le principe de la francisation obligatoire des immigrants et fait du succès à un examen la condition de l\u2019obtention du certificat de sélection permettant de demander la citoyenneté canadienne.Il n\u2019y était cependant pas question d\u2019expulsion en cas d\u2019échec.Claire Samson n\u2019est évidemment pas la première à faire l\u2019expérience de cette « ingratitude » qu\u2019on dit si fréquente en politique.Au fil des décennies, des exclusions spectaculaires ont marqué la formation des nouveaux gouvernements : Jean-Guy Cardinal en 1976, Reed Scowen en 1985, Camille Laurin en 1994, Pierre Paradis en 2003.Il est vrai que la composition d\u2019un cabinet est un exercice d\u2019équilibrage difficile qui nécessite souvent des choix douloureux.Mme Samson représente une circonscription située dans une région, la Montérégie, qui a élu une flopée de ca- quistes et qui est surreprésentée au Conseil des ministres.Elle est néanmoins en droit de se demander pourquoi c\u2019est elle qui a écopé plutôt qu\u2019un(e) autre.M.Legault a décidé d\u2019attribuer la Culture et les Communications à sa collègue de Montarville, Nathalie Roy, qui s\u2019était surtout signalée par sa lutte incessante contre le port de signes religieux et le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l\u2019État, que le gouvernement Couillard a traîné comme un boulet durant la plus grande partie de son mandat.L\u2019opposition est une chose, le gouvernement en est une autre.On peut très bien comprendre que le premier ministre ait préféré confier un dossier aussi délicat à Simon Jolin-Bar- rette, qui a démontré un sens politique supérieur au cours des dernières années.On ne peut pas parler de la nomination de Mme Roy comme d\u2019un contre-emploi, au même titre que celle de sa collègue de Chicoutimi, Andrée Laforest, que la gestion d\u2019une garderie ne semblait pas destiner aux Affaires municipales.Sans minimiser l\u2019expérience de Mme Roy à la télévision, elle n\u2019a cependant pas la même connaissance du milieu culturel que Mme Samson.M.Legault a peut-être pensé que la personnalité de cette dernière, qui ne fait pas dans la dentelle, détonnerait un peu trop avec le raffinement ambiant.La politique culturelle et le plan d\u2019action 2018-2023 de 600 millions dévoilés en juin dernier par l\u2019ex-ministre Marie Montpetit, après deux ans de consultation, avait été très bien accueillie, même s\u2019il était difficile de ne pas y voir de préoccupations électorales.M.Legault avait alors indiqué que certaines modifications pourraient y être apportées si la CAQ prenait le pouvoir, mais que les fondements de cette première politique culturelle en plus d\u2019un quart de siècle ne seraient pas remis en question.On peut donc penser que Mme Roy inscrira son action dans la continuité.Ce sont les intentions du nouveau gouvernement en matière de langue, dont Mme Roy est également la ministre responsable, qui suscitent des interrogations.Mme Samson aurait sans doute tenu à ce que les recommandations de son rapport soient appliquées intégralement.Lui survi- vront-elles ou sa mise à l\u2019écart est-elle aussi une façon de les assouplir ?Lors de sa formation de son cabinet, M.Legault n\u2019a pas retenu celle de remplacer le ministère de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion par un nouveau ministère de l\u2019Immigration et de la Francisation de manière à donner « un signal fort pour montrer l\u2019importance accordée à l\u2019enjeu de la francisation ».Le rapport de Mme Samson proposait aussi la création d\u2019un Commissaire de la langue française, nommé par l\u2019Assemblée nationale, qui serait notamment chargé de recevoir les plaintes du public et de faire des recommandations touchant l\u2019application de la loi 101 et d\u2019une nouvelle Politique nationale de francisation.La communauté anglophone \u2014 et le PLQ \u2014 ne manquerait pas d\u2019y voir la résurrection de ce qu\u2019elle qualifiait jadis de « police de la langue ».Comme dirait l\u2019autre : « On verra.» MICHEL DAVID AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Le policier Patrick Ouellet devrait être condamné à huit mois de prison et à une interdiction de conduire d\u2019un an, selon la poursuite et la défense, en considération du fait qu\u2019il était en service lorsqu\u2019il a causé la mort du petit Nicholas Thorne-Belance lors d\u2019une opération de filature à très haute vitesse en février 2014.Reconnu coupable en juillet dernier de conduite dangereuse ayant causé la mort d\u2019un enfant, Patrick Ouellet est passible d\u2019une peine d\u2019emprisonnement maximale de quatorze ans.Lors des observations sur la peine lundi, les deux parties ont recommandé au juge de prendre en considération le fait qu\u2019il était en service lorsque, en roulant à près de 134 km/h, il a percuté la voiture conduite par le père de Nicholas Thorne-Belance dans un quartier résidentiel de Saint- Hubert.Au total, cinq dossiers de conduite dangereuse impliquant des policiers en fonction dans les 25 dernières années ont été recensés par les parties.Les peines imposées à ceux-ci allaient de 45 jours à deux ans de détention.« L\u2019ensemble des circonstances aggravantes et atténuantes a été [\u2026] minutieusement évalué par les parties », a indiqué Geneviève Langlois, procu- reure de la Couronne.« L\u2019effet choc » au sein de la communauté policière à la suite de la mise en accusation de l\u2019agent a été soulevé par l\u2019avocate du policier, MeNadine Touma.Celle-ci estime que cela constitue un élément dissuasif, tout comme la couverture médiatique qu\u2019a subie l\u2019accusé tout au long des procédures judiciaires.Lors de son procès, Patrick Ouellet avait soutenu que « la vitesse était la seule option » pour rattraper le suspect et ne pas faire échouer l\u2019opération de filature à laquelle il participait.Il avait allégué que, dans de telles missions, des excès de vitesse étaient parfois nécessaires et admis que l\u2019opération menée ce jour-là n\u2019était pas « urgente », mais néanmoins « pressante ».Témoignages La suggestion a été énoncée par les parties après les témoignages des personnes touchées par la tragédie qui a coûté la vie au garçon de cinq ans.En larmes, la mère du petit Nicholas Thorne-Belance a fait le récit de la matinée du 13 février 2014 où elle a aidé pour la dernière fois son garçon à boutonner son pantalon.Quelques heures plus tard, elle revoyait son fils à l\u2019hôpital, méconnaissable, entouré d\u2019énormes bandages à la tête.Le père de Nicholas Thorne-Belance a été incapable d\u2019assister à l\u2019audience, a expliqué son épouse.« Il est toujours aux prises avec la tristesse et la culpabilité d\u2019avoir été au volant de l\u2019auto », a souligné Dalia Thorne-Joseph, la sœur de la victime, qui était assise à côté de son petit frère lors du drame.Elle a aussi exposé les conséquences de la tragédie sur sa vie.« Chaque fois que j\u2019entends une sirène, mes poings se serrent et mes yeux fixent l\u2019endroit d\u2019où provient la sirène avec la peur irrationnelle que le véhicule d\u2019urgence vienne prendre la vie de quelqu\u2019un que j\u2019aime », a confié l\u2019adolescente.Les yeux rivés au sol tout au long des témoignages, le policier s\u2019est aussi présenté à la barre des témoins.« Ma perception des risques associés à la vitesse a bien changé.Chaque panneau préventif sur la vitesse, chaque véhicule de police que je croise, chaque fois que je prends la route accompagné de mes deux enfants, chaque véhicule qui me dépasse rapidement me rappellent douloureusement l\u2019accident dans lequel je fus impliqué », a mentionné Patrick Ouellet, qui est père d\u2019une fillette de 3 ans et d\u2019un poupon de sept mois.L\u2019homme qui sera destitué en tant que policier a exprimé ses condoléances à la famille de l\u2019enfant.« Aucune mission policière ne vaut la perte d\u2019une vie humaine », a-t-il confié, en se retournant vers la mère de la victime.Le juge Éric Simard de la Cour du Québec a décidé de prendre la cause en délibéré et se prononcera le 20 novembre prochain sur la suggestion qui lui a été formulée.JUSTICE Huit mois de prison réclamés pour le policier Patrick Ouellet JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Valérie Plante n\u2019attendra pas le gouvernement Legault pour faire avancer le projet de ligne rose.La mairesse a annoncé lundi la création d\u2019un bureau de projet pour cette nouvelle ligne de métro promise en campagne électorale.La Ville de Montréal y consacrera un million de dollars en 2019.Les travaux de ce bureau, qui vise à établir le potentiel de la ligne rose, seront menés parallèlement aux études que réalise depuis l\u2019été dernier l\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) sur 9 projets de transport.La ligne rose du métro, telle qu\u2019elle avait été présentée par Valérie Plante lors de la campagne électorale de 2017, s\u2019étendrait de Montréal-Nord à Lachine en passant par le centre-ville.Le bureau montréalais se penchera notamment sur les caractéristiques des terrains traversés, les différents corridors à envisager et le potentiel de développement urbain le long du tracé et autour des stations.Les études réalisées par l\u2019ARTM serviront davantage à déterminer la technologie à privilégier, a précisé Valérie Plante.Rappelons que le chef caquiste, François Legault, s\u2019est opposé au projet de ligne rose, estimant qu\u2019une nouvelle ligne de métro serait trop coûteuse.En campagne électorale, il s\u2019était toutefois mis d\u2019accord avec la mairesse pour examiner un scénario de train en surface.«Si on est vraiment sérieux par rapport à l\u2019environnement et notre lutte contre les changements climatiques, c\u2019est dans le transport collectif qu\u2019il faut investir», a soutenu Valérie Plante.La mairesse a précisé que son cabinet avait communiqué avec le ministère des Transports et avec la responsable de la métropole au sein du gouvernement Legault, Chantal Rouleau, pour les aviser de la création du bureau de projet.«C\u2019étaitsuper important pour moi de les tenir au courant.C\u2019est important dans notre esprit de collaboration et d\u2019ouverture», a-t-elle dit.La mairesse a aussi dévoilé la composition d\u2019un comité consultatif qui réunira six experts afin d\u2019épauler la Ville.L\u2019urbaniste Josée Bérubé, Nadia Bhuiyan, vice-rectrice à l\u2019Université Concordia, Frantz Saintellemy, président et chef des opérations chez Led- dartech, André Poisson, directeur général au Bureau du taxi de Montréal, et Florence Paulhiac-Scherrer, profes- seure au Département d\u2019études urbaines et touristiques de l\u2019UQAM, et Sidney Ribaux, directeur général d\u2019Équi- terre, y siégeront.« Ce comité sera en quelque sorte le gardien des préoccupations de la société civile », a expliqué Valérie Plante.L\u2019opposition à l\u2019hôtel de ville estime que la création du bureau de projet est prématurée puisque l\u2019ARTM n\u2019a toujours pas terminé ses études.Selon le chef d\u2019Ensemble Montréal, Lionel Perez, la sortie de la mairesse n\u2019est qu\u2019un « exercice de relations publiques ».« Ce n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un lobby qui est en train d\u2019être créé en réaction à l\u2019élection des caquistes.On sait que la CAQ est contre la ligne rose telle qu\u2019elle est formulée.La mairesse est en train de politiser l\u2019enjeu», a dit le chef de l\u2019opposition.Ligne rose : Montréal n\u2019attendra pas Québec pour aller de l\u2019avant Mme Samson représente une circonscription située dans une région, la Montérégie, qui a élu une flopée de caquistes et qui est surreprésentée au Conseil des ministres.Elle est néanmoins en droit de se demander pourquoi c\u2019est elle qui a écopé plutôt qu\u2019un(e) autre.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a annoncé lundi la création d\u2019un bureau de projet pour une nouvelle ligne de métro.JACQUES NADEAU LE DEVOIR façon dont on confie aux municipalités la tâche de préserver le patrimoine.Ça ne fonctionne pas.» Dans une lettre adressée à la nouvelle ministre, le GIRAM dit tout haut ce que beaucoup de groupes militant pour la protection du patrimoine québécois ne cessent de répéter: «Ce dossier, comme tant d\u2019autres auparavant, démontre l\u2019incapacité des municipalités à reconnaître et à protéger leur patrimoine, démontrant l\u2019échec quasi total de l\u2019application de l\u2019article 127 de la Loi sur le patrimoine culturel par celles-ci.» Si les municipalités peuvent en principe citer et protéger des biens patrimoniaux, la pratique montre qu\u2019elles ne le font pas, faute de compétences, de moyens et d\u2019intérêt.Un échec L\u2019application de la loi à ce chapitre est un échec, soutient le GIRAM : « Les bâtiments cités par les municipalités pour être vraiment protégés sont trop rares.C\u2019est justement ce que le maire de Sainte-Marie de Beauce plaidait pour justifier la démolition : ce n\u2019est pas classé ! Après l\u2019étude de la volonté de classement de la ministre, on pourrait toujours en revenir à l\u2019idée que le lieu est sous la seule responsabilité de la Ville.C\u2019est donc une victoire temporaire.Au moins, ça donne le temps au milieu d\u2019étudier la question et de se mobiliser.» L\u2019administration du maire Gaétan Vachon, qui est aussi préfet de la MRC de la Nouvelle-Beauce, appuyait sans réserve l\u2019idée de démolir l\u2019immense demeure historique au bénéfice d\u2019un promoteur privé qui souhaitait construire là des résidences pour personnes âgées ainsi qu\u2019un stationnement.La municipalité avait pourtant déjà souligné par le passé l\u2019intérêt culturel de la maison visée sur son site Internet, tout en l\u2019intégrant à un circuit patrimonial qui mettait en lumière l\u2019importance du lieu pour l\u2019histoire de la région.Le promoteur, l\u2019homme d\u2019affaires Yvan Roy, a aussi d\u2019autres projets de démolition dans la ville.Il a ainsi fait raser une maison de 1895 il y a moins d\u2019un mois.L\u2019urbaniste Guillaume St-Jean, animateur d\u2019une riche page Facebook consacrée à la documentation des atteintes au patrimoine bâti et aux paysages du Québec, a été un des premiers, en compagnie de l\u2019avocat Charles Breton-De- meule, à dénoncer le sort malheureux promis au Château Beauce.Pour l\u2019urbaniste, « la décision de la ministre annonce les couleurs du nouveau parti, ce qui est encourageant ».Mais l\u2019urbaniste n\u2019est pas non plus rassuré quant à l\u2019avenir : le caractère décentralisé de la politique culturelle en matière de patrimoine laisse à son sens beaucoup trop de latitude à des municipalités peu ou prou préparées en la matière.Importance Devant l\u2019urgence de la situation, le ministère de la Culture a publié un avis d\u2019intention de classement du Château Beauce à titre de bien patrimonial.Cela donne un sursis d\u2019au moins 90 jours au bâtiment, le temps que le Conseil du patrimoine culturel rende son avis.En attendant, la ministre Nathalie Roy a fait connaître son intention de protéger le bâtiment et, à terme, la propriété au complet, ce qui préserverait aussi une clôture en fer forgé plus que centenaire.La ministre n\u2019était pas en mesure de commenter la décision hier, malgré une demande du Devoirà ce sujet.Selon le document signé par la nouvelle ministre, le Château Beauce présente un intérêt important.Construite en 1903 pour le notaire Georges-Si- méon Théberge et son associé Ernest Larue, deux figures de l\u2019histoire de la Beauce, la maison a été commandée aux architectes Jean-Omer Marchand et Samuel Haskell.Un bâtiment peu commun Marchand est « le premier architecte québécois et canadien à obtenir un diplôme de l\u2019École des beaux-arts de Paris ».Il a travaillé à la conception de bâtiments importants au Canada, dont le parlement d\u2019Ottawa.Les ajouts subséquents sont aussi l\u2019œuvre d\u2019architectes, ce qui « témoigne du soin apporté par les divers propriétaires à l\u2019ensemble ».Ce vaste bâtiment peu commun hors des grands centres comporte encore des « éléments d\u2019intérêts », dont « les colonnes, l\u2019escalier monumental avec ses lambris à caisson et sa tapisserie en tissu, les chambranles moulurés et les plafonds à caissons ».Une conférence de presse doit avoir lieu d\u2019ici la fin de la semaine pour annoncer l\u2019intérêt du ministère de la Culture à l\u2019égard de cette maison.LEDEVOIR // LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 d\u2019exportation de blindés Gurkha, fabriqués par Terradyne en Ontario, après avoir soupçonné que ceux-ci avaient été utilisés lors du siège sanglant d\u2019Awamiyah.On peut se demander ce que vaut la déclaration de Justin Trudeau dans ce cas-ci, dans la mesure où personne ne prétend que de l\u2019équipement canadien a été utilisé pour assassiner Jamal Khashoggi.Après des semaines de démenti, Riyad a reconnu samedi que le journaliste avait bel et bien été tué à l\u2019intérieur de son consulat d\u2019Istanbul, où il s\u2019était rendu, sur rendez-vous, pour obtenir des documents de divorce.Le régime saoudien avait soutenu jusqu\u2019alors que M.Khashoggi était ressorti vivant du consulat.D\u2019ailleurs, un journal turc a révélé lundi qu\u2019une mascarade avait été organisée pour soutenir ce mensonge : un membre du commando de 15 personnes dépêchées de Riyad et ayant exécuté le journaliste a revêtu les habits de M.Khashoggi ainsi qu\u2019une fausse barbe puis est sorti du consulat.Ce « sosie » a été vu déambulant à Istanbul.Riyad prétend maintenant que le journaliste est mort au cours d\u2019une rixe.Une autre version véhiculée par certains proches du régime veut qu\u2019il ait été étranglé.Dans tous les cas, Riyad prétend que le meurtre n\u2019a pas été commandé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.Or, la presse turque proche du pouvoir a publié des dépêches lundi affirmant que le chef du commando de 15 personnes, Maher Abdulaziz Mutreb, a appelé à quatre reprises le chef de cabinet du prince héritier le jour du meurtre de M.Khashoggi.Au moins un de ces appels a été effectué depuis le bureau du consul général.Le président turc, Recep Tayyip Erdo- gan, a promis de révéler, mardi au petit matin à l\u2019heure de Montréal, « toute la vérité » sur l\u2019affaire Khashoggi.« Nous cherchons la justice ici, et toute la vérité sera révélée [\u2026], la vérité nue », a-t-il lancé lors d\u2019un rassemblement.Un porte-parole de l\u2019AKP, son parti politique, a poussé encore plus la note.« Nous sommes face à une situation qui a été sauvagement planifiée et des efforts conséquents ont été déployés pour dissimuler » ce meurtre, a déclaré Omer Celik.Au courant de la fin de semaine, le Canada a déclaré que « les explications données à ce jour ne sont pas cohérentes ni crédibles ».Invitée lundi à expliquer pourquoi elle estimait que la version saoudienne des faits n\u2019était pas crédible, la ministre Freeland est restée coite près de 10 secondes avant de dire : « Je pense que le manque de cohérence est pleinement évident.Je ne pense pas que c\u2019est nécessaire [d\u2019expliquer pourquoi].» Pour manifester l\u2019importance accordée au dossier, le bureau de Justin Trudeau a indiqué que le tout nouveau « groupe d\u2019intervention en cas d\u2019incident », créé cet été, s\u2019était réuni lundi matin pour discuter de cette affaire.Il réunit le premier ministre, des ministres et des hauts fonctionnaires.Le groupe a pour mandat de « réagir aux urgences » et aux « incidents survenus ailleurs ayant des conséquences importantes pour le Canada ».Aucune décision prise à cette rencontre n\u2019a été communiquée.L\u2019Allemagne donne le ton En Allemagne, le ministre de l\u2019Économie, Peter Altamaier, a invité ses voisins à faire preuve de solidarité et à suspendre tous ensemble les exportations militaires destinées à l\u2019Arabie saoudite.« Ce n\u2019est que si tous les pays européens se mettent d\u2019accord que cela impressionnera le gouvernement de Riyad », a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision ZDF.« Il n\u2019y a aucun effet positif si nous restons les seuls à arrêter les exportations et si en même temps d\u2019autres pays comblent le trou.» Le président des États-Unis, Donald Trump, avait d\u2019ailleurs évoqué le risque OTTAWA SUITE DE LA PAGE A 1 Une victoire temporaire PATRIMOINE SUITE DE LA PAGE A 1 Des médecins légistes affectés à l\u2019enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi ont pénétré dans un parking gardé par la police, lundi à Istanbul.OZAN KOSE AGENCE FRANCE-PRESSE d\u2019être remplacé par la Chine ou la Russie pour justifier son refus de suspendre les contrats militaires avec Riyad.Selon le Stockholm International Peace Research Institute, dont le rapport de mars portait sur la période 2013- 2017, les États-Unis sont, de loin, le plus grand fournisseur militaire de l\u2019Arabie saoudite (61 %), suivis de la Grande- Bretagne (23 %) et de la France (3,6 %).Avec Le Monde, le New York Times et l\u2019Agence France-Presse La Turquie promet de révéler « la vérité nue » LEDEVOIR // LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 5 La liberté, partout Quelques mots suffisent la plupart du temps à relancer le généreux monologue de celui qui rejette néanmoins la trop solennelle posture du sage, parce que « la sagesse, c\u2019est un vieux manteau que les fous endossent quand il commence à faire froid ».« Le silence est rare, oui, parce qu\u2019on dirait que l\u2019humanité a besoin de bruit pour oublier qu\u2019elle va mourir, alors que la mort est très intéressante.Comme dirait François Cheng [écrivain français] : \u201cLa mort, c\u2019est ce qui donne de l\u2019avenir à la vie.\u201d C\u2019est ce qui génère la foi : la foi d\u2019abord en soi-même, puis la foi en l\u2019autre.Aujourd\u2019hui, j\u2019ai foi en vous deux ici [il désigne le photographe Jacques Nadeau assis au sol].Je suis absolument sûr que vous n\u2019êtes pas ici pour me trahir, pour me faire dire des bêtises et les publier ensuite, ou pour présenter mon mauvais profil.J\u2019ai foi en vous et ce sont toutes ces sortes de petites fois qui donnent la possibilité d\u2019avoir foi en l\u2019humanité.» Il ajoute, en mesurant très bien le poids de la patate chaude qu\u2019il dépose sur la table : « C\u2019est aussi ce qui peut donner la foi d\u2019accepter et d\u2019accueillir l\u2019immigrant.On se rappelle trop rarement que l\u2019immigrant le plus dépaysé, le plus métissé et métissable, c\u2019est un enfant qui vient de naître.Il arrive dans un monde dont il ne connaît rien.» Gilles Vigneault n\u2019évoque évidemment pas l\u2019immigration innocemment.Inquiet, le patriarche, du rapport des VIGNEAULT SUITE DE LA PAGE A 1 Québécois à l\u2019étranger qui espère faire son nid chez nous ?« Oui, oui, je suis inquiet, mais ce sont des choses qui se corrigeront peut-être dans quatre ans », répond-il en conjuguant sa boutade à un grand sourire espiègle.Gilles Vigneault a presque 90 ans, mais a aussi encore parfois l\u2019âge éternel de la douce insolence.« Ce sont des choses qui se corrigeront assurément grâce aux gens eux- mêmes, reprend-il plus sérieusement.Les gens vont graduellement connaître un monsieur Ibrahim et finir par dire à la voisine : \u201cTu sais, c\u2019est du monde comme nous autres !\u201d Ce sont des raisonnements qui se tiennent tous les jours dans le peuple et qui ne passent pas à la télé.Ces raisonne- ments-là ont plus de pouvoir que les paroles politiciennes.» M.Vigneault lira à voix haute, à la fin de notre conversation, Petit mode d\u2019emploi, sa recette du bonheur déclinée en vers, justifiant à elle seule la publication de son Chemin montant.Écoutez un peu le silence qu\u2019il laisse s\u2019épanouir après avoir prononcé pour la première fois le mot « peur », sobre manière de désigner notre pire ennemi.Pour goûter au bonheur, il faut donc savoir «Être voile pour le vent / Entendre tomber la neige / Et voir comme un privilège / De consoler un enfant / N\u2019avoir peur\u2026 que de la peur / Retourner la femme et l\u2019homme / Au partage de la pomme / Et cueillir du foin d\u2019odeur».Liberté plurielle À 37 ans, Gilles Vigneault crée presque sous la menace de son pianiste Gaston ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR Lundi, les associations médicales ont appelé à une clarification rapide dans le dossier des traitements de chimiothérapie administrés de manière incomplète, révélé le matin même par Le Devoir.Les patients doivent être rassurés au plus vite, affir- ment-ils, et cela commence par une plus grande transparence du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.Des patients atteints de cancer n\u2019ont pas reçu la dose entière de chimiothérapie par intraveineuse qui leur avait été prescrite parce qu\u2019une partie du médicament est restée dans les tubulures, confirmait il y a quelques jours le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) au Devoir, qui assurait toutefois qu\u2019aucun patient n\u2019avait subi « d\u2019effets négatifs » et que la situation avait été corrigée depuis le mois d\u2019août avec un nouveau protocole d\u2019administration des soins.Or, la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ ) et l\u2019Association des médecins hématologues et oncologues du Québec (AMHOQ ) n\u2019étaient pas au courant du problème avant lundi matin.«Actuellement, on sait très peu de choses, se désole Martin A.Champagne, le président de l\u2019AMHOQ.Les patients sont en droit de savoir.Pour l\u2019instant, c\u2019est très nébuleux, et mon plus grand regret, c\u2019est le manque de transparence», ajoute-t-il.Même constat à la FMSQ, qui ne sait toujours pas quels établissements ou quels médicaments sont touchés.« C\u2019est un problème qui avait été soulevé ailleurs au pays cet été, explique Jacques Tétrault, un porte-parole.Toutefois, comme les médecins québécois n\u2019avaient obtenu aucune information de la part du ministère, ils avaient tenu pour acquis que ce n\u2019était pas un enjeu ici.» Et s\u2019il semble que le problème n\u2019ait pas eu de conséquences notables sur la qualité des soins prodigués, la présidente de la FMSQ, Diane Francœur, réclame quand même les détails au plus vite.« Nous exigeons que la Direction générale de cancérologie [du MSSS] fasse la lumière auprès des patients, de leur famille et des médecins spécialistes dès maintenant », écrivait-elle dans un courriel envoyé aux membres de la Fédération lundi matin.Pas de problème systématique Se voulant rassurant, Martin A.Champagne estime toutefois que le problème est loin d\u2019être systématique.S\u2019il s\u2019agit bien de traitements de chimiothérapie par immunothérapie \u2014 ce que le MSSS n\u2019a pas confirmé, mais qui a été le cas en Ontario, au Nouveau-Brunswick et au Manitoba \u2014, ce serait le petit volume de la dose, souvent de 50ml, qui causerait problème.Avec 10 ou 15ml qui reste dans les tubulures, une fraction significative du médicament n\u2019est pas délivrée au patient, explique le Dr Champagne.Toutefois, l\u2019injection d\u2019un soluté à la suite du médicament permet de bien vider la ligne d\u2019infusion.Selon le Dr Champagne, la grande majorité des centres adoptaient déjà cette mesure avant que le nouveau protocole uniformisé établi par le MSSS, publié en août dernier, l\u2019ordonne.Le problème aurait donc été réglé, mais sans que les patients touchés en soient informés.« S\u2019il y a une chose que le scandale du sang contaminé nous a apprise, c\u2019est que la transparence est primordiale, soutient le Dr Champagne.Si certains établissements sont au courant de problèmes, ils devraient en faire part aux médecins traitants au plus vite.» CHIMIOTHÉRAPIE Les médecins n\u2019ont pas été informés du problème des doses incomplètes SHERYL UBELACKER À TORONTO LA PRESSE CANADIENNE Des cas rares de paralysie semblables à la poliomyélite ont commencé à se manifester chez certains enfants canadiens, à la suite de dizaines de cas signalés aux États-Unis ces dernières semaines.Cette maladie, appelée myélite flasque aiguë, provoque une faiblesse musculaire dans un ou plusieurs membres et survient généralement après une infection virale.Le docteur Jeremy Friedman, pédiatre en chef à l\u2019Hôpital pour enfants malades de Toronto, n\u2019a pas voulu donner un nombre précis, mais a affirmé que les médecins de l\u2019hôpital torontois avaient vu moins de 20 cas de paralysie des membres depuis le début du mois de septembre \u2014 dont une douzaine confirmés comme étant des cas de myélite flasque aiguë.Ce nombre peut sembler faible, mais M.Friedman a souligné que l\u2019hôpital de Toronto ne recense habituellement qu\u2019environ deux cas de cette maladie par an et que le risque d\u2019incidence annuel est d\u2019environ un cas par million d\u2019enfants.Il a indiqué lundi que la maladie se manifeste chez les enfants « par une faiblesse soudaine ou la paralysie d\u2019un ou de plusieurs membres », généralement « d\u2019un seul côté du corps ».Le déclencheur de la maladie est inconnu, mais les examens d\u2019imagerie par résonance magnétique montrent que les personnes atteintes présentent une anomalie inflammatoire dans une région de la moelle épinière appelée la corne antérieure.Une prédisposition génétique ?Bien qu\u2019ils n\u2019en soient pas encore certains, de nombreux médecins pensent que ceux qui développent une myélite flasque aiguë peuvent avoir une prédisposition génétique sous-jacente à la maladie.« Même avec le bond de cas que nous avons à l\u2019heure actuelle, cela demeure une maladie extrêmement rare », a souligné M.Friedman.La semaine dernière, les Centres de contrôle des maladies aux États-Unis ont fait état de plus de 60 cas confirmés dans 22 États américains au cours des dernières semaines.Depuis le début de l\u2019année, 127 cas de la maladie ont été signalés aux États-Unis, dont un décès.L\u2019âge moyen des personnes touchées est de quatre ans.Un porte-parole de l\u2019Agence de la santé publique du Canada a déclaré qu\u2019il y avait eu 25 cas probables et cinq cas confirmés de faiblesse musculaire soudaine chez les enfants rapportés dans le pays cette année, tout en ajoutant que les données de surveillance actuelles ne font pas ressortir une augmentation récente du nombre de cas.M.Friedman a souligné que le risque qu\u2019un enfant développe la maladie « est toujours incroyablement faible ».« Mais cela dit , parce que nous voyons beaucoup plus de cas que nous ne le verrions normalement, nous voulons certainement que nos collègues [\u2026] sachent ce qu\u2019il faut avoir à l\u2019œil », a-t-il affirmé à propos des autres professionnels de la santé et des hôpitaux.« Le message que je voudrais envoyer est qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de s\u2019alarmer », a dit M.Friedman, mais si un enfant présente une faiblesse soudaine d\u2019un membre ou ne bouge pas un bras ou une jambe, les parents devraient consulter un médecin le plus rapidement possible.Des cas rares de paralysie ressemblant à la polio se manifestent au Canada Rochon et de son mentor Claude Fleury Les gens de mon pays.« Je suis arrivé avec un texte en disant : \u201cJe viens d\u2019écrire un poème, qu\u2019est-ce que vous en pensez ?\u201d Claude m\u2019a répondu : \u201cCe n\u2019est pas un poème, c\u2019est le premier couplet d\u2019une chanson.\u201d » Le fils de Natashquan improvisera bientôt la mélodie de ce qui deviendra sa chanson amirale, contenant et permettant toutes les autres.« Ce qui reste à écrire, c\u2019est ce qu\u2019on a déjà écrit, mais en mieux ! » lance-t-il aujourd\u2019hui afin d\u2019expliquer son livre flambant neuf, alors que son œuvre contient déjà plus de textes majeurs qu\u2019un poète puisse espérer.Il reste aussi à découvrir ce que les chansons d\u2019hier peuvent dire du présent.Voilà tout l\u2019objectif des réinter- prétations de Ma jeunesse, album nouveau du Vigneault vieux, tentant de jeter une lumière inédite sur des classiques comme La danse à Saint-Dilon, J\u2019ai pour toi un lac et Les gens de mon pays.Les gens de mon pays se concluant toujours, bien sûr, par cette profession de foi associée au pays à naître (« Je vous entends demain parler de liberté»), mais dans laquelle son auteur nous propose désormais d\u2019entendre aussi autre chose.« La liberté, ce n\u2019est pas seulement aux élections que ça se passe, fait-il valoir.Cette liberté, maintenant, c\u2019est la liberté de choisir d\u2019arrêter de manger de la viande de bœuf qui coûte si cher à la planète.C\u2019est la liberté de ne plus acheter de plastique pour ensuite le rejeter à la mer, la mer qui nous a donné la vie.Quelle reconnaissance ! Quelle sorte de gratitude ! » « La liberté, ça s\u2019exprime partout et c\u2019est beaucoup plus large que l\u2019indépendance pour un territoire défini.C\u2019est la liberté de rêver que tout le monde ait une voiture électrique et qu\u2019on cesse de creuser la terre.C\u2019est la liberté d\u2019entendre les voix des savants qui nous disent où on est rendu.C\u2019est la liberté dont nous parle Nicolas Hulot [ministre français de la Transition écologique qui démissionnait en août dernier].C\u2019est la liberté de voter pour qui va protéger la planète pour les enfants qui viennent.C\u2019est la liberté d\u2019essayer de protéger la vie.Il faut rêver au-delà du rêve.À mon sens, dans une chanson comme Les gens de mon pays, tous les rêves sont permis.» Le chemin montant Gilles Vigneault, Boréal, Montréal, 2018, 120 pages Ma jeunesse Gilles Vigneault, Tandem.mu L\u2019ouragan Willa, qui se dirige vers le nord-ouest du Mexique depuis le Pacifique, a légèrement perdu de sa force en fin de journée lundi, passant de la catégorie 5 à 4 sur l\u2019échelle de Saffir-Simpson, mais reste « extrêmement dangereux », selon le Centre américain des ouragans (NHC).En début de soirée, l\u2019ouragan se trouvait à environ 160 kilomètres des côtes mexicaines et les rafales pouvaient atteindre 240 km/h.Willa, qui se déplaçait à la vitesse de 13 km/h, devrait accélérer pour toucher les côtes mexicaines « dans l\u2019après- midi ou la nuit de mardi », a ajouté le NHC.Dans les zones côtières des États de Sinaloa, Jalisco et Nayarit, les écoles ont été fermées lundi et des messages de prévention étaient transmis à la population, qui a déjà commencé à évacuer et à protéger les demeures.DANIEL SLIM AGENCE FRANCE-PRESSE Le Mexique menacé par l\u2019ouragan Willa LEDEVOIR // LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Daniel Sansfaçon Ancien directeur de la recherche du comité du Sénat sur les drogues illicites Permettez-moi de rappeler que la légalisation du cannabis, qui fait tant couler d\u2019encre et dire le vrai et son contraire ces jours-ci, tient en partie son origine du rapport du Comité du Sénat sur les drogues illicites de 2002, mieux connu sous le nom de rapport Nolin.Dans la préface du livre que les Presses de l\u2019Université de Montréal (PUM) ont publié en 2003 du rapport de 700 pages du Sénat, le Sénateur Pierre-Claude Nolin, trop tôt décédé en 2015, rappelle que c\u2019est non seulement à titre de parlementaire qu\u2019il a abordé la question des drogues illicites et du cannabis, mais aussi à titre de parent.Parent frustré devant l\u2019hypocrisie ambiante (quand on sait que bon an mal an 40% des jeunes Can a d i e n s d e 1 7 à 2 5 a n s o n t consommé du cannabis dans l\u2019année précédente) et le manque d\u2019information en découlant lorsqu\u2019on est confronté à un enfant dont on apprend qu\u2019il consomme.Parent frustré de ne pas pouvoir savoir ce que contient la substance consommée par son enfant, mais qui sait par ailleurs qu\u2019il ne suffit pas de juste dire non.Et parent inquiet que ce même enfant se retrouve un jour avec un dossier criminel, comme plus d\u2019un demi-million de Canadiens, pour la seule raison d\u2019avoir été en possession de cannabis, la plupart du temps en petites quantités! Il voulait en effet que son rapport, en plus d\u2019informer de manière rigoureuse le débat de politique publique sur le cannabis, contribue aussi à favoriser la transmission d\u2019une connaissance factuelle, et non basée sur des préjugés hérités de cent ans de prohibitionnisme.Prohibition du cannabis dont on ignore trop souvent qu\u2019elle tirait ses origines au début du XXe siècle de la combinaison de racisme et d\u2019intérêts économiques autant que géopolitiques.Prohibition inefficace Le rapport du comité du Sénat proposait la réglementation de l\u2019usage du cannabis.Une réglementation qui serait encadrée par l\u2019État, et qui traiterait les usages différemment selon leurs caractéristiques sous l\u2019angle de la santé publique et non plus d\u2019une prohibition à caractère moraliste.Il voulait ainsi favoriser l\u2019accessibilité restreinte d\u2019une substance dont les propriétés seraient contrôlées comme ce l\u2019est pour l\u2019alcool, et qui ne serait plus sous l\u2019emprise du crime organisé.Car la prohibition, en plus d\u2019engendrer des coûts élevés pour une répression au demeurant inefficace et de priver l\u2019État de moyens pour mettre en œuvre une véritable politique publique socio- sanitaire, permettait au crime organisé d\u2019engranger les bénéfices.S\u2019appuyant sur un programme de recherche documentaire \u2014 faute d\u2019avoir les moyens de mener ses propres recherches \u2014 et d\u2019audiences publiques où plus de 200 experts de tout le pays et de l\u2019international ont témoigné, le rapport Nolin a posé, trente ans après le rapport LeDain, les bases d\u2019une discussion sociale mieux informée, moins émotive, et surtout plus ambitieuse sur le cannabis et les drogues illicites en général.À défaut de lire le rapport dans son entièreté, beaucoup de commentateurs et décideurs auraient sûrement intérêt à relire la version sommaire qui en a été tirée pour les PUM.Au- delà d\u2019un rappel de faits relevant de la connaissance scientifique, ils y trouveront surtout un énoncé de principes directeurs pour une politique sur les drogues qui vaut au- jourd\u2019hui autant qu\u2019hier.Principes qui soulignent que le rôle de l\u2019État ne consiste pas à imposer une morale, mais à favoriser l\u2019action humaine construite dans le rapport à l\u2019autre et à la collectivité, que le droit pénal ne doit intervenir que lorsque l\u2019action entraîne un danger significatif et direct à autrui, et que la science doit être un outil d\u2019aide à la décision de politique publique sans jamais prétendre en être la seule source.J\u2019aimerais souligner en terminant que le rapport Nolin ne se limitait pas à recommander la réglementation du cannabis pour mieux en contrôler l\u2019accessibilité.Il insistait sur le fait que cette substance ne devrait pas être isolée des autres substances psychoactives et il appelait de ses vœux l\u2019élaboration d\u2019une véritable stratégie intégrée sur l\u2019ensemble des drogues, incluant l\u2019alcool.Il est malheureux de constater que toute l\u2019attention porte sur la seule légalisation du cannabis \u2014 toute justifiée que soit cette démarche \u2014 et non sur l\u2019ensemble des substances et leurs usages.Visionnaire, Pierre-Claude No- lin aura jeté les bases de la démarche actuelle du gouvernement sur le cannabis.Souhaitons que ses autres recommandations de politique publique ne tombent pas dans l\u2019oubli.Un anglicisme à l\u2019Assemblée nationale Nous avons récemment entendu nos députés prononcer leur discours d\u2019assermentation à l\u2019Assemblée nationale du Québec.Dans tous les cas, le texte commençait par un magnifique anglicisme.Ainsi, la phrase d\u2019ouverture «Je, Manon Massé, déclare sous serment\u2026» s\u2019avère en fait un calque de la formulation anglaise utilisée entre autres au parlement fédéral: «I, Justin Trudeau, do solemnly, sincerely\u2026».En français, on ne peut pas isoler le pronom personnel «je», comme ça, devant une virgule.Le discours d\u2019assermentation devrait donc plutôt s\u2019amorcer ainsi: «MOI, Manon Massé, JE déclare sous serment\u2026».À mon avis, cela démontre bien la fragilité du français au Québec jusqu\u2019en son cœur même: le Parlement.Devrons-nous attendre que tous les pogos de la boîte soient décongelés pour que quelqu\u2019un réagisse et fasse corriger cette erreur?Luc Gobeil Québec, le 19 octobre 2018 Le rapport Nolin sur les drogues illicites garde toute sa pertinence LIBRE OPINION LETTRES DÉSARMEMENT NUCLÉAIRE Trump fait fausse route n traitement de chimiothérapie destiné à des patients atteints de cancer est-il efficace si 10 à 15 % de la dose prévue initialement s\u2019est perdue en cours de perfusion ?À question vitale, réponse essentielle.Le ministère de la Santé du Québec ne peut pas faire l\u2019économie d\u2019un portrait de situation détaillé et d\u2019une communication destinée à toutes les personnes concernées, patients et professionnels compris.Les premiers soubresauts de cette histoire nous ont secoués en plein cœur de l\u2019été : rapportée par CBC, une enquête menée par Cancer Care Ontario à la suite d\u2019une anomalie détectée dans un hôpital de Mississauga a révélé que 1063 patients n\u2019avaient pas reçu la dose recommandée de trois agents anticancéreux dans le cadre de leur traitement d\u2019immunothérapie, ceci après défaillance du protocole de perfusion dans 28 établissements sur 74.Les professionnels ont été prévenus, de même que les patients, parmi lesquels 10 % ont dû subir une autre série de traitements.Un nouveau protocole d\u2019administration de la dose fut mis en place afin d\u2019éviter les pertes à travers la perfusion.Vue d\u2019ici, l\u2019enquête fut menée rondement et dans la plus grande transparence.Au Québec, c\u2019est le brouillard complet.Une seule certitude est tombée après les questions du Devoir : oui, des patients atteints de cancer ont reçu des doses incomplètes de leur traitement (chimiothérapie ?Immunothérapie ?), sans « effet négatif ».Combien de patients ?Quels médicaments ?Quels établissements ?Aucune de ces questions essentielles n\u2019ont trouvé réponse satisfaisante, laissant aujourd\u2019hui des milliers de personnes vulnérables, déjà soumises aux aléas de la maladie, rongées par un cran d\u2019anxiété supplémentaire.Le Québec a changé son protocole d\u2019administration en août, mais ni les spécialistes ni les ordres professionnels n\u2019ont été informés que des établissements avaient recensé des doses incomplètes.Quant à la déclaration « obligatoire » de ce type d\u2019incident, la loi dispense de le faire quand « les conséquences ou leur niveau de gravité sont inconnus », ce qui semble être le cas ici.Quel apaisement de pacotille ! Les patients ne trouveront aucune sécurité dans les approximations servies en guise de réponse.Même si les risques sont quasi nuls et que rien ne permet de conclure à un vice de système, les malades sont en droit de savoir ce qui s\u2019est passé.C\u2019est un devoir de transparence élémentaire.\u2019humanité avait poussé un soupir de soulagement en 1987 quand, pour sceller la fin de la guerre froide, la Russie et les États-Unis avaient conclu un traité de désarmement nucléaire bannissant les missiles à portée intermédiaire (entre 500 et 5500 km).En fin de semaine, c\u2019est l\u2019incrédulité et l\u2019inquiétude qui ont pris la place après l\u2019annonce du président américain, Donald Trump, du retrait prochain de son pays.Le président américain soutient que la Russie ne respecte pas les termes du traité, ce qu\u2019elle nie, et que, par conséquent, les États-Unis reprendront le développement de ce type d\u2019armes, ce à quoi Moscou promet de répliquer.La recette parfaite pour une reprise d\u2019une course aux armements nucléaires inutile et coûteuse ! M.Trump n\u2019est pas le premier à accuser la Russie de bafouer le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), le gouvernement Obama exprimait des reproches similaires.Il n\u2019était toutefois pas question pour Barack Obama de mettre fin au traité FNI, un maillon de la sécurité européenne.Moscou a qualifié un tel scénario de « très dangereux », mais son éventualité semble avoir eu un effet puisque le secrétaire du Conseil de sécurité russe a dit être prêt à travailler avec les Américains pour résoudre leurs plaintes « mutuelles ».Car les Russes en ont aussi.Les deux pays estiment être menottés face à la montée de la Chine et des quelques autres pays dotés de l\u2019arme nucléaire mais qui ne sont pas liés par ce traité.Mais les forces en présence ne sont pas les mêmes.Au début de 2018, des années après avoir détruit un total de 2692 missiles en vertu du FNI, Américains et Russes avaient encore chacun environ 6500 armes nucléaires en stock, comparativement à environ 900 pour tous les autres pays réunis.Si le retrait américain se confirme, ce sera le deuxième coup dur en moins de 20 ans porté à l\u2019édifice du désarmement nucléaire, dont le FNI est une pierre d\u2019assise.Le premier coup a été asséné par George W.Bush en 2001.Désireux de munir les États-Unis et l\u2019Europe d\u2019un bouclier antimissile, il avait retiré son pays du traité sur les missiles antibalistiques.La logique du désarmement est remise en question depuis des années.De nouveaux pays se sont dotés de missiles, dont la Corée du Nord.La donne militaire a changé en Europe avec le renforcement de la présence militaire de l\u2019OTAN à la porte de la Russie, qui y voit une menace à sa propre sécurité.Vladimir Poutine y a répondu d\u2019ailleurs en ordonnant le renforcement de la force de frappe de son pays et la modernisation de ses armements.On aurait pu croire que Donald Trump, qui se vante de ses bonnes relations avec M.Poutine, aurait tenté de trouver un terrain d\u2019entente, mais il a toujours favorisé une Amérique forte et musclée qui en impose au reste du monde.Et il s\u2019est entouré en conséquence.Faucon parmi les faucons, son conseiller à la Sécurité nationale, John Bolton, serait, selon le journal britannique The Guardian, le plus grand partisan du retrait américain et le plus grand opposant à toute négociation d\u2019une prolongation d\u2019un autre traité, le New START sur les missiles stratégiques qui arrivera à échéance en 2021.Le monde a raison de s\u2019inquiéter et, comme bien des pays, dont l\u2019Allemagne et la France, de sonner l\u2019alarme.Quant à M.Trump, il peut bien blâmer la Russie, c\u2019est lui qui assumera la responsabilité d\u2019avoir mis fin au FNI et d\u2019avoir donné le feu vert à une nouvelle prolifération des armes nucléaires.Il est facile de déchirer une entente, il en va autrement en ce qui à trait au fait d\u2019en conclure une.Fruit d\u2019années de pourparlers, le FNI doit être préservé coûte que coûte, car qui sait quand le climat sera à nouveau propice à la relance de la marche inachevée vers le désarmement.U ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Crucifix : gardons les perspectives ouvertes Si l\u2019appréciation et la préservation de patrimoines visent la conservation de la mémoire et de pratiques particulières reliées à un lieu, à une culture et à une époque, tel geste se fait généralement en marge des expressions culturelles évoluées et distanciées qui les remplacent ou les dépassent.Si le Québec fait un pas de plus pour affirmer la prédominance de l\u2019esprit laïque dans ses politiques et ses institutions collectives, il est évident que le crucifix placé par Duplessis à l\u2019Assemblée nationale en haut du siège du président n\u2019est plus d\u2019actualité et doit être déplacé.Cet arrachement est alors d\u2019autant plus pertinent que l\u2019activité autoritaire de l\u2019Église catholique pour dominer l\u2019ensemble de la vie sociale, culturelle, artistique et politique dans l\u2019histoire du Québec [\u2026] est précisément ce en regard de quoi, au sein de notre propre histoire collective, la laïcité est demeurée à plusieurs égards une voie libératrice permettant des progrès humains.L\u2019esprit laïque d\u2019ailleurs, n\u2019a rien de nouveau au Québec.Il y est présent, avec ses Lumières, depuis le XVIIIesiècle au moins.C\u2019est un symbole laïque ou mieux, un espace libre qui devrait être ouvert au-dessus de la chaise du président pour garder ouvertes les perspectives.Mathieu Parent, artiste et anthropologue La Malbaie, le 21 octobre 2018 MARIE-ANDRÉE CHOUINARD L MANON CORNELLIER DOSES DE CHIMIOTHÉRAPIE Information vitale Martin Drouin Professeur au Département d\u2019études urbaines et touristiques à l\u2019ESG-UQAM L\u2019intérêt pour le patrimoine émerge au Québec dans le dernier tiers du XIXe siècle, porté par une curiosité nouvelle pour l\u2019histoire locale et la commémoration.Bien avant que les gouvernements adoptent des lois favorisant la protection, des individus ou des groupes s\u2019associent afin de faire valoir leur point de vue.À Montréal, dans les années 1860, un groupe de citoyens scandalisés par l\u2019abattage d\u2019arbres sur le flanc sud du mont Royal milite avec succès pour la création du parc du même nom.À Québec, dans les années 1870, le gouverneur général du Canada, Lord Duf- ferin, réussit à convaincre les autorités de stopper la destruction des fortifications de la ville.Des élans semblables ont aussi lieu ailleurs.À Chambly, Jo- seph-Octave Dion déploie tous les efforts pour lancer une campagne de restauration du fort Chambly, qui tombe en ruine.Parallèlement, les sociétés savantes et d\u2019histoire travaillent à connaître l e u r m i l i e u .D e c et t e m e i l l e u re connaissance découlent des actions plus directes.En Mauricie, la Société d\u2019histoire régionale, fondée en 1926, organise dans les années 1930 des excursions.Quelque 1500 personnes se déplaceront aux forges du Saint-Mau- rice, et l\u2019intérêt pour le lieu sera revivifié.Au Lac-Saint-Jean, le Musée Louis- Hémon ouvre en 1938 grâce aux membres de la Société des amis de Maria Chapdelaine, qui désirent préserver la maison de l\u2019écrivain de ce roman publié en 1914.En somme, la première période de la participation citoyenne, qui s\u2019étend jusque dans les années 1960, est animée par des amateurs éclairés, membres des élites locales, qu\u2019on appelle parfois « antiquaires ».Intéressés par l\u2019histoire, ils portent attention à ses traces.Frappés par le processus d\u2019urbanisation et de modernisation, ils réagissent aux transformations de la société traditionnelle.Un nouveau mouvement se dessine à la fin des années 1960.Des citoyens portés par la quête de l\u2019identité nationale trouvent dans le patrimoine un objet de fierté.D\u2019autres, révoltés par les opérations de démolition-reconstruc- tion, deviennent de fervents militants.Les amateurs d\u2019histoire sont toujours de la partie, mais des personnes intéressées par l\u2019architecture, la culture matérielle et la qualité des milieux de vie se joignent à eux.Dans Bellechasse, le Comité de promotion du patrimoine de Beaumont, formé en 1977, joue un rôle actif.Il organise une fête estivale, publie un bulletin, conduit un inventaire patrimonial et milite auprès des autorités.Enfin, il s\u2019investit dans la reconstruction du vieux presbytère, incendié en 1979, pour qu\u2019il soit converti en bibliothèque.De plus grands organismes voient également le jour.Le Conseil des monuments et sites du Québec (devenu Action patrimoine en 2011) ainsi qu\u2019Héritage Montréal sont fondés en 1975.Ils sont rejoints par d\u2019autres associations nationales, qui se regroupent pour connaître et défendre un patrimoine spécifique (industriel, moderne, vivant, etc.).Des propriétaires passionnés De tout temps, en marge des mouvements collectifs, des propriétaires soucieux de leur héritage ont été les gardiens du patrimoine.Les communautés religieuses ont en cela donné l\u2019exemple.En 1854, les Sulpiciens conservent deux tours du mur d\u2019enceinte du fort de la Montagne malgré la construction du Grand Séminaire de Montréal.En 1862, les religieuses de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec choisissent de préserver l\u2019ancien moulin des Mères, bâti en 1695.De même, quantité de citoyens ont fait des gestes aussi porteurs.Des passionnés ont décidé d\u2019acheter une maison ancienne et de se lancer dans sa restauration.Il suffit de parcourir le Vieux Chemin de Cap-Santé pour en voir de magnifiques preuves.La création en 1982 de l\u2019association Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec (APMAQ ) s\u2019inscrit dans ce mouvement.De la maison ancestrale du XVIIIe siècle au bungalow de la deuxième moitié du XXe, le travail des propriétaires laisse une marque incontournable dans le paysage patrimonial québécois.Un engagement multiforme Aujourd\u2019hui, la par ticipation citoyenne dans le domaine du patrimoine prend des formes extrêmement variées.Les associations sont appelées à jouer différents rôles.Celui de défenseur ou de sentinelle du patrimoine est le plus manifeste.Ces regroupements sont aussi amenés à produire des connaissances, car il vaut toujours mieux maîtriser ce que l\u2019on défend.Lorsque ces notions sont diffusées par la production de guides ou par des offres de formation, les associations jouent un rôle d\u2019expert.Elles peuvent également, à la faveur de visites guidées et d\u2019expositions, devenir des médiatrices.Dans certains cas, on leur confie même la mission de participer à la gestion d\u2019un site.Il est certain que la valorisation, la protection et la transmission du patrimoine seraient totalement différentes sans la participation citoyenne.Les individus, les sociétés savantes et les associations \u2014 locales ou nationales \u2014 donnent un véritable sens au projet patrimonial grâce à leurs efforts inlassables.Sans les citoyens qui l\u2019inventent, l\u2019animent et le font vivre, le patrimoine ne serait pas le même.En fait, existerait-il ?[\u2026] Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Quand les citoyens se portent à la défense du patrimoine A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons un texte paru dans la revue Continuité, automne 2018, no 158.Les lois du quotidien À l\u2019instar de ses prédécesseurs, la nouvelle ministre de la Justice va vite constater que les lois et la justice ne sont pas des sujets qui font courir les foules.Dans la récente campagne électorale, il a été question de la nécessité de réduire les délais, de rénover les palais de justice, d\u2019actualiser les seuils d\u2019accès à l\u2019aide juridique et de faire passer le système judiciaire à l\u2019ère numérique.Voilà des mesures qui réduiraient le retard engendré par des décennies d\u2019indifférence gouvernementale à l\u2019égard du système judiciaire.Mais le problème est plus profond, il découle de l\u2019incapacité d\u2019assurer de manière proactive la tenue à jour des lois, surtout celles qui n\u2019intéressent pas les lobbies.On s\u2019est résigné à subir des lois obsolètes, même si cela contribue à l\u2019encombrement des tribunaux.Les lois régissent la vie de tout un chacun.Mais pour la plupart, les lois et la justice sont des enjeux diffus.Elles ne deviennent visibles qu\u2019en situation de coups durs.Hors des situations extrêmes, il est rare que l\u2019on soit directement confronté au caractère désuet des lois et de la justice.La vie de tous les jours Des lois régissent les conditions de travail, de même que les règles d\u2019exploitation des entreprises.Certaines lois s\u2019appliquent au quotidien, comme celles qui régissent les baux d\u2019habitation ou les transactions entre consommateurs et commerçants.D\u2019autres édictent les obligations associées à notre vie intime et familiale ou déterminent les conditions de nos interactions avec les autres.Ce sont les règles du droit commun, contenues pour la plupart dans le Code civil.Le Code civil regroupe les règles régissant les rapports entre les particuliers et les entreprises, de même que les règles à appliquer lorsque aucune autre loi ne vient régir spécifiquement un champ d\u2019activité.Le Code civil a beau avoir été révisé dans les années 1990, il y subsiste encore trop de règles formulées de manière à attiser les conflits.Par exemple, même si on dispose désormais de technologies capables de délimiter avec précision les limites des propriétés, le Code civil permet à un voisin de mauvaise foi de prétendre que le seul fait qu\u2019une clôture soit en décalage par rapport à la ligne qui délimite son terrain d\u2019un immeuble voisin lui donne le droit de se prétendre propriétaire d\u2019une portion du terrain de son voisin.Il peut traîner ses voisins devant les tribunaux en brandissant la règle archaïque de la prescription acquisitive héritée de la Rome antique ! Ce n\u2019est là qu\u2019un exemple de ces règles dépassées qui encouragent l\u2019abus des tribunaux et gardent bien vivant le folklore des chicanes de clôture.En dehors des situations de crise, le droit commun, celui qui régit la vie quotidienne ou les événements qui ne se produisent que rarement, ne génère pas d\u2019intérêt assez marqué pour qu\u2019on trouve opportun de faire les mises à niveau qui s\u2019imposent.Habituellement, les démarches de modernisation des lois se déroulent de façon sectorielle, à la pièce habituellement pour répondre à des situations qui soulèvent la consternation.Le retard des lois : une fatalité ?Les mutations sociales et technologiques transforment le déroulement de la plupart de nos vies quotidiennes.Il faut cesser de prendre comme une fatalité le décalage entre les lois, leurs modes d\u2019application et les contextes nouveaux.Il faut doter le système de justice de capacités d\u2019innover et d\u2019être en phase avec les façons contemporaines d\u2019agir.Cela passe par une capacité d\u2019observation critique de l\u2019application des lois qui régissent nos vies.Il faut trouver des approches innovatrices.C\u2019est là toute l\u2019importance d\u2019une fonction de monitoring et d\u2019analyse de l\u2019application des lois indépendante des lobbies.C\u2019est ce type de capacité qui a été considérablement affaiblie par les coupes successives dans les effectifs de la fonction publique et par le sous-finance- ment de la recherche en sciences humaines.Ailleurs, on s\u2019est doté de moyens pour repérer les dysfonctionnements des lois.Par exemple, la Colombie-Britannique, l\u2019Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, la Nouvelle- Écosse et l\u2019Ontario se sont dotés d\u2019organismes ayant mission d\u2019observer, d\u2019analyser et de proposer des réformes aux lois et au système de justice.En Angleterre, Écosse, Irlande et Nouvelle-Zélande, des commissions d\u2019étude et de réforme du droit ont été établies.Aux États-Unis, l\u2019American Law Institute produit des analyses de l\u2019état du droit et met en avant des propositions de modernisation.Au Québec, une loi adoptée en juin 1992 créait l\u2019Institut québécois de réforme du droit.Depuis plus d\u2019un quart de siècle, les gouvernements qui ont été en place n\u2019ont pas jugé bon adopter le décret d\u2019application qui aurait permis à l\u2019institut de voir le jour.Alors, on attend\u2026 Voilà qui en dit long sur la nonchalance avec laquelle on aborde la question de la qualité des lois et de la justice\u2026 en dehors des crises ! PIERRE TRUDEL Andreas Krieg Professeur assistant au King\u2019s College de Londres Sébastien Boussois Chercheur associé à l\u2019Université libre de Bruxelles S\u2019il y a bien un futur dirigeant mondial pressenti qui a été accueilli dans les pays occidentaux avec tous les honneurs depuis quelques années, de Paris à Washington, c\u2019est bien le prince héritier saoudien Mohammed ben Sal- mane.Grâce à une campagne massive de communication, le royaume a tenté de vendre au monde le produit « MBS » comme le grand réformateur qui amènerait le royaume saoudien au XXIe siècle vers la modernité et qui serait plus conforme aux intérêts et aux valeurs des Occidentaux.Peu de gens ont regardé qui était ce nouveau venu et d\u2019où il venait.Il est arrivé au centre du jeu politique du royaume en 2015, lorsque son père est devenu roi.Mal préparé aux responsabilités politiques, le jeune prince héritier a été mis dans la lumière pour la première fois de sa vie, surveillant constamment par-dessus son épaule ses cousins et ses oncles plus puissants et plus influents que lui.Sa prise de décision est vite devenue impulsive, irrationnelle et souvent motivée par le besoin impérieux de reconnaissance.Dans le même temps, son excès de confiance dans ses capacités en faisait un micro-manager toxique, ne tolérant aucune voix critique et réprimant durement ceux qui osaient s\u2019opposer à lui.Avec des responsabilités, une puissance et une influence croissantes depuis qu\u2019il est devenu prince héritier en 2017, les dérapages se sont multipliés.Sa stratégie au Yémen, son isolement du Qatar, l\u2019enlèvement du premier ministre libanais Hariri, son boycottage du Canada à la suite des commentaires d\u2019Ottawa sur le bilan du royaume en matière de droits de l\u2019homme, montrent que la personnalité de MBS est devenue un obstacle à la stabilité régionale.L\u2019affaire de trop L\u2019affaire Khashoggi, qui n\u2019est que la partie émergée de l\u2019iceberg, est l\u2019affaire de trop, peut-être celle qui verra la fin des rêves de Mohammed Ben Sal- mane avant même que son règne ne soit effectivement survenu.La guerre au Yémen a fait plus de 10 000 morts et a produit l\u2019une des plus graves crises humanitaires du XXIe siècle.Le projet avorté de MBS d\u2019envahir le Qatar aurait pu conduire à une montée des tensions irréversible alors que la crise de 2017 et le blocus contre le Doha ont déjà conduit à la quasi-disparition du Conseil de Coopération du Golfe, outil politique majeur de stabilité de la région.L\u2019assassinat du journaliste Jamal Khas- hoggi et tous les détails glauques qui jour après jour révèlent la personnalité diabolique et cynique de MBS devraient pousser les chancelleries occidentales à réagir enfin.Avec des amis et alliés comme l\u2019Arabie saoudite, nous n\u2019avons plus besoin d\u2019ennemis.Fan de jeux vidéo, MBS est déconnecté du monde qu\u2019il prétend vouloir gérer : il provoque crise sur crise et nous fait courir à tous un grand danger, celui de la déstabilisation de tout le Moyen-Orient, qui conduira inévitablement à celle de l\u2019Europe et de l\u2019Occident.Il est temps de mettre un terme au mélange effrayant pour le monde de sauvagerie, d\u2019ignorance et d\u2019indifférence à toutes les règles de MBS, encouragé par le gouvernement Trump et par son mentor de l\u2019ombre, Mohammed ben Zayed, prince héritier des Émirats arabes unis.Ne laissons pas le champ libre à Mohammed ben Salmane Le prince saoudien constitue un réel danger Le prince Mohammed ben Salmane tente de convaincre le monde qu\u2019il est le réformateur attendu.PHOTO OBANDAR AL- JALOUD/PALAIS ROYAL SAOUDIEN/AFP Il faut cesser de prendre comme une fatalité le décalage entre les lois, leurs modes d\u2019application et les contextes nouveaux Une grande marée bleu pâle un peu partout dans la province : à l\u2019exception de l\u2019île de Montréal, c\u2019est grâce à une solide répartition géographique du vote que François Legault a remporté le scrutin du 1er octobre, indique une carte interactive des résultats, bureau de vote par bureau de vote.Créée par Le Devoir avec les données du Directeur général des élections du Québec (DGEQ ), cette carte met en lumière le fait que la CAQ a terminé première dans près de 60 % des sections de vote.LEDEVOIR // LE MARDI 23 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Qui sont les 68 recrues de l\u2019Assemblée nationale ?Comment vivent-elles leurs premiers pas en politique ?Premier portrait d\u2019une série de huit sur quelques-uns des nouveaux visages du Parlement.ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR PREMIERS PAS AU PARLEMENT La députée Christine Labrie face au trône Lors de sa première visite au parlement il y a quelques mois, Christine Labrie dit avoir été frappée par une chose : l\u2019imposant trône en bois sculpté du président de l\u2019Assemblée.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Carte du haut : Montréal.En bas : Québec.GESTION DES DONNÉES: GUILLAUME LEVASSEUR ET SIMON POIRIER La carte interactive et la version longue du texte sur les plateformes numériques du Devoir.uel que soit son avenir politique, la députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, ne risque pas de s\u2019asseoir un jour sur le siège de la présidence de l\u2019Assemblée nationale.À moins peut- être qu\u2019on change le mobilier.Lors de sa première visite au parlement il y a quelques mois, elle dit avoir été frappée par une chose : l\u2019imposant trône en bois sculpté du président de l\u2019Assemblée.« Ça m\u2019a vraiment mise mal à l\u2019aise », dit-elle.Elle a alors pensé aux révélations des médias sur les fastes repas au homard du président de l\u2019époque, Jacques Cha- gnon, et les missions bien arrosées de certains élus à l\u2019étranger.« Disons que, quand j\u2019ai vu le trône sur lequel on l\u2019assoyait, ça ne m\u2019a pas étonnée que cette personne-là, qui est assise là depuis des années, en vienne à sentir qu\u2019elle devrait avoir plus de privilèges que les autres.» Christine Labrie s\u2019exprime calmement et ses propos sont entrecoupés d\u2019éclats de rire gênés.Or la nouvelle députée de Sherbrooke n\u2019a visiblement rien à envier aux Catherine Do- rion et autres solidaires en matière d\u2019indignation.« Moi, j\u2019ai des gens qui m\u2019envoient des vidéos de leurs dents.Leurs dents les font tellement souffrir qu\u2019ils sont obligés de se mettre en arrêt de travail, qu\u2019ils envisagent de se mettre sur l\u2019aide sociale pour pouvoir se payer des soins dentaires, parce que l\u2019estimation du dentiste leur dit que ça leur coûterait 7000 ou 8000 $ pour régler leur problème.C\u2019est ça que j\u2019ai en tête quand je les représente, alors c\u2019est sûr que, quand je vois le trône doré à l\u2019Assemblée nationale, j\u2019ai un profond malaise », explique-t-elle.Une historienne Âgée de 31 ans, Christine Labrie a fait ses débuts en politique au municipal, l\u2019an dernier, au sein du parti d\u2019opposition Sherbrooke Citoyen (SC).Malgré la défaite (de justesse), elle sort de l\u2019expérience avec l\u2019envie de « continuer à s\u2019engager ».« J\u2019avais senti que j\u2019étais capable de redonner aux gens confiance dans la politique », poursuit la députée.Cartographie de la victoire caquiste Son passage au municipal l\u2019a sensibilisée notamment au dossier du transport en commun.À Sherbrooke, le réseau est « axé sur les besoins des étudiants, pas assez sur ceux des travailleurs, souligne-t-elle.Ça fait en sorte que c\u2019est très difficile de se promener autrement qu\u2019en voiture.» Même si elle est mère de trois enfants, cela ne l\u2019empêche pas de se déplacer à vélo l\u2019été et en autobus l\u2019hiver.Jusqu\u2019à présent, son « horaire atypique » lui facilitait la tâche, concède-t-elle.Historienne, elle a entrepris un doctorat sur le sujet tabou des femmes qui ont donné leur enfant en adoption à l\u2019époque de l\u2019après-guerre.Elle a trouvé 15 femmes qui ont accepté de lui raconter leur histoire.Ces rencontres permettent, à son avis, de mesurer l\u2019impact des mentalités et des services d\u2019une époque sur les choix individuels.« Même si c\u2019est un phénomène assez lointain, ça vient toucher des situations qui se passent en ce moment : comment les gens se retrouvent à prendre des décisions qu\u2019ils ne prendraient peut- être pas s\u2019ils avaient des ressources à leur disposition.» Parlant de ressources, elle a parlé beaucoup de santé mentale en campagne électorale, en s\u2019engageant notamment à créer un centre de crise communautaire à Sherbrooke si les solidaires étaient élus.« Je ne compte plus les personnes autour de moi qui ont traversé des périodes difficiles, que ce soit de l\u2019épuisement, une dépression ou d\u2019autres troubles.Je sais à quel point ça se répercute sur les proches, fait-elle valoir.On a fait du chemin ces dernières années, mais je trouve qu\u2019on n\u2019a pas suffisamment de services pour aider les gens qui décident de briser le tabou et demander de l\u2019aide.Ici, en Estrie, quand les gens appellent au CIUSS pour avoir du soutien psychologique, la liste d\u2019attente pour rencontrer un psychologue peut dépasser un an.» En cinq points Âge: 31 ans Ville natale: Sherbrooke Modèle en politique: Françoise David et Sondes Allal, l\u2019instigatrice du frigo communautaire de Sherbrooke Profession: Historienne Enjeux qui la préoccupent: Le transport et la santé mentale Q GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Montréal Les grandes conclusions de l\u2019élection sur l\u2019île de Montréal \u2014 la progression de Québec solidaire, l\u2019effacement du Parti québécois, la percée de la CAQ et le repli des libéraux auprès de la clientèle anglophone \u2014 s\u2019observent au premier coup d\u2019œil.Mais un deuxième regard révèle quelques particularités qui pourraient annoncer d\u2019autres mouvements à l\u2019avenir.Dans l\u2019ouest, d\u2019abord.Québec solidaire a remporté 57 bureaux de vote dans Verdun (contre 90 pour les libéraux).Dans Saint-Henri\u2013Sainte-Anne, remportée par les libéraux, la CAQ (15) et QS (25) ont réussi à s\u2019imposer à plusieurs endroits au sud du canal Lachine (Ville-Émard).Dans Marquette, la CAQ a arraché la victoire dans 34 bureaux de vote (le libéral Enrico Ciccone a obtenu la faveur dans 84 bureaux).Une ligne de fracture (la rue Querbes) est dessinée dans Lau- rier-Dorion : le solidaire Andres Fonte- cilla a pratiquement tout remporté à l\u2019est, alors que les libéraux ont gardé la main à l\u2019ouest.Dans l\u2019est, ensuite.Dans Pointe- aux-Trembles, où le Parti québécois présentait Jean-Martin Aussant (et où le parti n\u2019avait jamais perdu en 29 ans), l\u2019économiste a terminé premier dans seulement 22 bureaux de vote, contre 8 6 p our s on adversaire caquiste (Chantal Rouleau).Même chose dans Rosemont, où le chef péquiste, Jean- François Lisée, compte des victoires dans 22 bureaux, contre 99 pour le solidaire Vincent Marissal (et une quinzaine pour les libéraux).Québec Dans la région de la capitale nationale, le Parti québécois a remporté un total\u2026 d\u2019un seul bureau de vote, dans Tasche- reau.Cette circonscription était jusqu\u2019ici considérée comme un fief péquiste, mais le départ de la députée Agnès Maltais et la poussée de Québec solidaire (QS) ont complètement changé le portrait: la solidaire Catherine Dorion l\u2019a emporté dans 110 des 127 bureaux.La carte montre que les appuis de QS à Québec se sont concentrés dans les deux circonscriptions gagnées (Jean- Lesage et Taschereau), ainsi que dans quelques bureaux dans Jean-Talon.Sur la carte de cette région, la CAQ domine autrement presque partout.En dehors de Jean-Talon, les libéraux n\u2019ont remporté le décompte que d\u2019une vingtaine de bureaux de vote.J\u2019avais senti que j\u2019étais capable de redonner aux gens confiance dans la politique CHRISTINE LABRIE » À LIRE "]
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