Le devoir, 25 octobre 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 242 / LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM L\u2019étudiante rebelle et le génocidaire Dans Lèvres de pierre, Nancy Huston établit des parallèles entre la jeunesse de Pol Pot et la sienne MANON DUMAIS LE DEVOIR En 2008, visitant le Cambodge, Nancy Huston est troublée de se rappeler que dans les années 1970, alors qu\u2019elle étudiait à Paris, elle avait soutenu Pol Pot et les Khmers rouges, responsables de la mort de 1,7 million de Cambodgiens.Dix ans plus tard, la romancière livre le fruit de ses réflexions, Lèvres de pierre, sous la forme d\u2019une autofiction relatant le parcours de Dorrit, « mad girl » canadienne et future romancière, et d\u2019une exofiction où elle imagine comment le doux Saloth Sâr est devenu un despote sanglant.«J\u2019avais envie de réfléchir à cette époque de ma vie où j\u2019avais été successivement quelqu\u2019un de très paumé, de très marxiste-léniniste et de très féministe, quasiment prête à tuer une bonne partie des mâles sur la surface de la Terre», confie l\u2019écrivaine.« C\u2019est vraiment un livre sur ce que j\u2019appelle le grand écart, poursuit-elle.Nous sommes naïvement convaincus que tous les êtres humains sont comme nous, qu\u2019ils se racontent leur vie comme un roman.Dans cette partie du monde, on a vraiment le sentiment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une autre humanité, d\u2019une autre façon d\u2019être dans la vie, dans le corps, dans l\u2019histoire.» Tandis qu\u2019elle replonge dans son passé et dans celui de ce pays peuplé de grands bouddhas de pierre au sourire bienveillant, elle tente vainement INDEX Avis légaux.B4 Culture.B7 Décès.B2 Économie.B1 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B5 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 CULTURE La musique des femmes : la chronique d\u2019Odile Tremblay | B 8 ÉCONOMIE La Banque du Canada relève ses taux d\u2019intérêt et sert une autre mise en garde aux ménages du pays GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Des «actes de terreur» relevant de la «violence politique»: plusieurs bombes artisanales adressées à des adversaires notoires de Donald Trump ont été interceptées mercredi aux États-Unis, mettant en lumière un climat de profonde division à moins de deux semaines des élections de mi-mandat.Les colis, qui n\u2019ont fait aucun dommage, visaient tous des têtes d\u2019affiche démocrates ou des critiques du président Trump.Ceux-ci partagent aussi le fait d\u2019être régulièrement ciblés et invectivés par ce même président, et plus largement par la droite américaine.« Les actes et les menaces de violence politique n\u2019ont pas leur place aux États- Unis », a tout de même réagi M.Trump mercredi après-midi.Sur un ton contrasté par rapport à sa rhétorique partisane, il a fait valoir que « dans des moments comme celui-ci, nous devons nous rassembler ».M.Trump a soutenu que son gouvernement et lui étaient « extrêmement fâchés, bouleversés et mécontents de ce qui [s\u2019est passé mercredi] ».Plusieurs autres républicains ont emboîté le pas.« Tous les Américains ÉTATS-UNIS Un acte terroriste partisan ?Des bombes artisanales envoyées à plusieurs démocrates sèment l\u2019émoi à la veille des élections de mi-mandat Le président Barack Obama MATT ROURKE ASSOCIATED PRESS BRENDAN SMIALOWSKI AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019ancien directeur de la CIA John Brennan SCOTT OLSON AGENCE FRANCEL-PRESSE Les policiers montent la garde devant l\u2019édifice Time Warner, à New York, où loge CNN.Un colis piégé y avait été déposé à l\u2019intention de l\u2019ancien directeur de la CIA John Brennan.KEVIN HAGEN ASSOCIATED PRESS C\u2019est une période perturbante, une période de divisions profondes, et nous devons faire tout ce que nous pouvons pour nous rassembler HILLARY CLINTON » Nancy Huston MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR VOIR PAGE A 4 : ÉTUDIANTE VOIR PAGE A 2 : TERRORISTE 1,75 % COLIS SUSPECTS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 [doivent] dénoncer des tentatives d\u2019actes de terrorisme intérieur », a soutenu le leader des républicains au Sénat, Mitch McConnell.« Ces gestes ignobles n\u2019ont pas leur place dans ce pays », estime le vice-président Mike Pence.En soirée, lors d\u2019un rassemblement partisan à Mosinee, au Wisconsin, Donald Trump a repris le discours tenu plus tôt dans la journée.Qui donc fut ciblé ?Le FBI a lié à ce dossier des envois faits à l\u2019ancien président Barack Obama, l\u2019ancienne secrétaire d\u2019État et candidate à la présidence Hillary Clinton, la chaîne d\u2019informations CNN (par un colis adressé à l\u2019ancien directeur de la CIA John Brennan), l\u2019ex-ministre de la Justice de M.Obama Eric Holder et le milliardaire George Soros, un grand donateur démocrate chez qui une bombe artisanale avait été découverte lundi.Au moins un autre colis suspect aurait été adressé à une élue californienne, Maxine Waters.Celle-ci est régulièrement moquée par M.Trump, qui l\u2019accuse d\u2019avoir « un quotient intellectuel extraordinairement bas ».Pour le maire de New York, Bill de Bla- sio, il y avait derrière tous ces envois et dans le message implicite qu\u2019ils transmettent une « volonté de terroriser ».Colis semblables Un communiqué diffusé par le FBI indiquait en fin de journée que les colis en cause étaient semblables et contenaient tous « des dispositifs potentiellement destructeurs ».Leur potentiel explosif n\u2019était toutefois pas évident.Plusieurs médias américains ont fait état du caractère amateur des colis.L\u2019adresse de l\u2019expéditeur des paquets était par ailleurs toujours celle de l\u2019élue démocrate Debbie Wasserman Schultz, ancienne présidente du comité national du Parti démocrate.«Cette enquête est de la plus grande priorité pour le FBI, a indiqué le directeur Christopher Wray.Nous déploierons la pleine puissance des ressources du FBI pour identifier et arrêter les responsables.» La première alarme dans ce dossier est venue mercredi matin par le service fédéral chargé de la protection des anciens présidents.Il a annoncé avoir intercepté deux colis destinés à Mme Clinton (adressé à sa résidence de la banlieue de New York, où elle habite avec son mari, l\u2019ancien président Bill Clinton) et à M.Obama, qui demeure à Washington.Dans les deux cas, les envois ne sont jamais passés près d\u2019arriver à destination.Peu après, les bureaux new-yorkais de CNN \u2014 que M.Trump accuse régulièrement de colporter des « fake news » \u2014 étaient évacués après la découverte d\u2019un colis suspect adressé à John Brennan, un critique récurrent et mordant de Donald Trump.Deux fausses alertes ont aussi fait monter la pression en cours de journée.« Haine » « Nous traversons une période où les gens ressentent beaucoup de haine dans l\u2019air », a constaté le maire de New York mercredi.«C\u2019est une période troublante, une période de divisions profondes, a ajouté Hillary Clinton dans un discours prononcé en Floride.Nous devons faire tout notre possible pour nous rassembler.» Mme Clinton a enjoint aux Américains de voter le 6 novembre pour des candidats « qui feront cela » : rassembler plutôt que diviser.Dans un communiqué diffusé conjointement, les chefs démocrates au Congrès (Nancy Pelosi et Chuck Schu- mer) ont dénoncé plus directement le rôle d\u2019agent agitateur joué par Donald Trump dans le débat politique américain.« De façon répétée, le président cautionne la violence physique et divise les Américains avec ses mots et ses actes », ont-ils dit.Le président de CNN, Jeff Zucker, a quant à lui accusé la Maison-Blanche « d\u2019incompréhension totale face à la gravité de ses attaques continues contre les médias ».« Le président et surtout la porte-parole de la Maison-Blanche [Sarah Huckabee Sanders] doivent comprendre que les mots ont une importance », estime M.Zucker.Tout ceci a lieu dans le contexte tendu des élections de mi-mandat, qui doivent renouveler les 435 membres de la Chambre des représentants et le tiers des sénateurs.La polarisation entre républicains et démocrates s\u2019est aussi récemment exprimée autour de la confirmation à la Cour suprême du juge conservateur Brett Kavanaugh.Avec l\u2019Agence France-Presse Des appels à la solidarité ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Si on ne savait rien lundi du ou des auteurs des « actes de terreur » qui ont ci- blé des personnalités bien en vue du Parti démocrate et le réseau CNN, plusieurs y voient déjà la résultante de la rhétorique persistante du président Donald Trump.Et rien n\u2019indique qu\u2019il serait enclin à changer de ton face à ses adversaires politiques, malgré la dégradation du climat politique aux États-Unis.Président de l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandu- rand, Charles-Philippe David ne s\u2019étonne pas de la tournure des événements en sol américain, à deux semaines des élections de mi-mandat, mais aussi près de deux ans après l\u2019élection du milliardaire républicain Donald Trump au poste de président des États-Unis.« Ça ne me surprend pas.Le climat politique est tellement délétère, hautement toxique et très polarisé aux États- Unis, avec ce président pour le moins atypique », résume-t-il.M.David le dit et le répète : Donald Trump est un véritable « pyromane » de la politique.« Dans toutes les catégories, nous avons affaire à un président qui dépasse tous les sommets de la politique sale.» À maintes reprises, au fil des mois, des discours, des déclarations et des tweets, il a d\u2019ailleurs multiplié les propos incendiaires contre les démocrates, ou encore les médias.« À la moindre occasion, et de façon totalement intempestive et grotesque, il attaque ses adversaires politiques.Il est constamment en train de vouloir désigner des coupables pour tout et rien », souligne Charles-Philippe David.À plusieurs occasions, il s\u2019en est pris ouvertement à Hillary Clinton, à qui était destinée une des bombes artisanales découvertes au cours des dernières heures.Trump l\u2019a souvent accusée d\u2019être « malhonnête », en plus de répéter, lors de la campagne de 2016, qu\u2019elle devrait être carrément emprisonnée.Des « actes de terreur » alimentés par la rhétorique trumpiste L\u2019agressivité du président américain inspire les gestes de violence, soulignent des experts Chronologie des événements Lundi, Bedford, NY George Soros, un philanthrope proche des démocrates, est la cible d\u2019une bombe.La police est avertie et elle détruit le dispositif.Personne n\u2019a encore été arrêté dans cette affaire.Tard mardi soir, Chappaqua, NY Un engin explosif adressé à la résidence d\u2019Hillary et Bill Clinton est intercepté par l\u2019agence fédérale des services secrets, chargée entre autres de la protection du président et des anciens présidents des États-Unis.Tôt mercredi matin, Washington D.C.Un second colis contenant une bombe, adressé au bureau de l\u2019ex-président Barack Obama, est intercepté par les services secrets.Peu après 10 h, New York, NY Un colis suspect force l\u2019évacuation de l\u2019édifice où se trouvent les bureaux new-yorkais de CNN.Il est adressé à John Brennan, l\u2019ancien directeur de la CIA, qui n\u2019a pourtant pas de lien direct avec CNN.11 h, Sunrise, Floride Un colis suspect est découvert près du bureau de la représentante Debbie Wasserman Schultz, ex- présidente du Comité national démocrate.Le paquet est en fait destiné au procureur général sous Obama, Eric Holder, mais une erreur dans l\u2019adresse fait en sorte qu\u2019il se retrouve à l\u2019adresse de l\u2019expéditeur correspondant au bureau de Mme Wasserman Schultz.12 h, New York, NY Le gouverneur démocrate de l\u2019État de New York, Andrew Cuomo, s\u2019inquiète d\u2019un colis suspect livré à son bureau.La police confirme plus tard que ce n\u2019est qu\u2019une fausse alerte.13 h, San Diego, Californie Le bureau de la sénatrice Kamala Harris est évacué à cause d\u2019un colis suspect.C\u2019est en fait une fausse alerte.13 h 45, Washington D.C.On apprend qu\u2019un colis adressé à la représentante démocrate Maxine Waters est intercepté par la police du Capitole.Il n\u2019est pas clair si le paquet contient un engin explosif.Alexis Riopel avec l\u2019Agence France-Presse Un chien policier au travail près des bureaux de CNN à New York SPENCER PLATT AGENCE FRANCE-PRESSE Il s\u2019en est aussi pris à son mari et ex- président Bill Clinton, insinuant que celui-ci avait « agressé des femmes ».M.Trump a en outre remis en question le fait que l\u2019ancien président Barack Obama était né en sol américain.Un des colis suspects lui était destiné.On ne compte par ailleurs plus les attaques virulentes contre les médias, dont le réseau CNN, accusé de diffuser des «fake news» (fausses informations).Le média américain a dû être évacué de toute urgence mercredi, après la découverte d\u2019un engin « potentiellement destructeur » envoyé à ses bureaux de New York.Bref, souligne M.David, le président a de toute évidence semé les germes qui ont pu mener à ces « actes de terreur ».« Il n\u2019est pas conscient qu\u2019il est lui-même responsable, en bonne partie, de l\u2019aggravation du climat politique aux États-Unis.Il a été un accélérateur puissant du développement de la haine politique.» Titulaire de la Chaire UNESCO en prévention de la radicalisation et de l\u2019extrémisme violents à l\u2019Université de Sherbrooke, David Morin constate lui aussi que ces événements « se déroulent dans le contexte d\u2019une très forte polarisation sur le plan politique aux États-Unis, qui s\u2019est publiquement cristallisée depuis l\u2019élection de M.Trump».« Plus récemment, l\u2019affaire du juge Kavanaugh et l\u2019approche des élections de mi-mandat, où les démocrates pourraient l\u2019emporter, ajoutent à ces tensions sociétales.Ces colis piégés contribuent à accentuer le climat de tension extrême et de suspicion, voire de peur, qui caractérise le débat politique américain aujourd\u2019hui », ajoute M.Morin.Terrorisme intérieur Dans ce contexte, peut-on s\u2019attendre à un changement de ton du président?«Non», répond Charles-Philippe David.« Il n\u2019agit pas comme une autorité morale, alors que c\u2019est très important lorsqu\u2019on est le président des États- Unis, particulièrement dans les moments difficiles.Les anciens présidents nous ont montré cela à plusieurs reprises, tant les républicains que les démocrates.Trump, au contraire, n\u2019a jamais quitté son rôle de politicien en campagne électorale.C\u2019est frappant.» Difficile, cependant, de voir qui pourrait être à l\u2019origine de ces colis piégés.« Sans présumer des motivations dans ce cas précis, si les regards se tournent vers l\u2019extrême droite, c\u2019est que les États- Unis ont une longue histoire de terrorisme intérieur et de violence politique, notamment liée, d\u2019une part, à l\u2019extrême droite et, d\u2019autre part, aux mouvements antigouvernementaux », explique M.Morin.« Les colis piégés, ici artisanaux, sem- ble-t-il, sont un modus operandi bien connu dans ce pays.On l\u2019a vu au Texas l\u2019an passé ou avec la ricine auparavant, pour ne citer que ces exemples », ajoute-t-il.Dans ce contexte, selon M.David, la question qui se pose maintenant est simple : «Est-ce qu\u2019on ne risque pas de voir de nouveau des événements comme ceux-là, voire pire ?» Un démineur inspecte un colis suspect au bureau de la démocrate Debbie Wasserman Schultz, à Sunrise en Floride.JOE RAEDLE GETTY IMAGES/AGENCE FRANCE-PRESSE TERRORISME SUITE DE LA PAGE A 1 ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 Le feu sous la cendre L a mairesse Valérie Plante et le chef de l\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville de Montréal, Lionel Perez, ont eu la sagesse de refuser de se lancer prématurément dans un débat sur les signes religieux, mais ce n\u2019est que partie remise.La motion du conseiller indépendant de Snowdon, Marvin Rotrand, qui semble se complaire dans le rôle du boutefeu, était d\u2019ailleurs sans objet.La CAQ n\u2019a jamais évoqué la possibilité d\u2019interdire le port de signes religieux aux élus, que ce soit à l\u2019Assemblée nationale ou au niveau municipal.La charte de la laïcité du gouvernement Marois ne le prévoyait pas non plus.M.Rotrand soutient avoir obtenu l\u2019assurance que les élus de Projet Montréal et d\u2019Ensemble Montréal auraient appuyé sa motion si celle-ci avait été mise aux voix.Cela est en effet probable, mais quel aurait été l\u2019intérêt d\u2019enfoncer une porte ouverte, sinon d\u2019envenimer un débat qui est déjà suffisamment explosif ?M.Rotrand n\u2019en est pas à sa première intervention du genre.Au printemps dernier, il avait demandé au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) d\u2019autoriser ses agents à porter le hidjab ou le turban, comme c\u2019est le cas dans de nombreux corps policiers municipaux ailleurs au Canada, que ce soit à Toronto, Vancouver, Calgary ou Edmonton, ou encore dans la GRC.Aucun policier en service au Québec n\u2019avait manifesté l\u2019intention d\u2019en porter, mais une jeune étudiante en techniques policières du collège Ahuntsic, Sandos Lamrhari, qui souhaite faire carrière au SPVM ou au Service de police de la Ville de Laval tout en portant le hidjab, avait été érigée en symbole par le premier ministre Couillard, qui voyait en elle l\u2019incarnation d\u2019un Québec confiant dans l\u2019avenir, où tout le monde peut participer.Là encore, il était permis de s\u2019interroger sur l\u2019opportunité de provoquer ce débat, puisque le gouvernement libéral refusait d\u2019interdire à qui que ce soit de porter des signes religieux, pour autant que le visage soit découvert, contrairement à la recommandation de la commission Bouchard- Taylor.Il entendait plutôt laisser à chaque corps policier le soin d\u2019établir son propre code vestimentaire.Or, la direction du SPVM se disait ouverte à toute demande, tout comme la mairesse Plante.Le changement de gouvernement rend cependant le débat inévitable.Si le premier ministre Legault n\u2019exclut pas que les enseignants puissent échapper au projet de loi que présentera éventuellement le ministre de l\u2019Immigration, de la Diversité et de l\u2019Inclusion, Simon Jolin-Barrette, il n\u2019y aura pas de recul dans le cas des agents de l\u2019État exerçant un « pouvoir de coercition », notamment les policiers.La constitutionnalité du projet sera contestée à coup sûr.M.Jolin-Barrette se dit convaincu que son projet passera le test des tribunaux.Sinon, M.Legault a réitéré dès le lendemain de l\u2019élection qu\u2019il était prêt à invoquer la disposition dérogatoire (« clause nonobstant ») prévue dans les chartes des droits.D\u2019une manière ou d\u2019une autre, l\u2019interdiction du port de signes religieux finira donc par avoir force de loi.Ce débat risque d\u2019accentuer encore davantage le clivage entre l\u2019île de Montréal et le reste du Québec, dont la dernière élection a donné une illustration spectaculaire.Le feu couve sous la cendre et il ne faut pas sous-estimer le risque de dérapage.Il y a à peine deux semaines, le maire de l\u2019arrondissement de Pierrefonds-Roxboro, Dimitrios Jim Beis, s\u2019en est pris férocement à la CAQ, dont il dénonçait les « politiques perçues comme racistes ».« La CAQ instrumentalise la laïcité comme un cheval de Troie pour la mise en œuvre de politiques d\u2019exclusion et de division.Aucun Québécois ne devrait avoir à choisir entre sa carrière et sa foi », écrivait-il sur Facebook.Des propos qui avaient un désagréable accent de déjà entendu.On peut légitimement plaider que, dans une ville aussi multiethnique que Montréal, la population fera davantage confiance à son corps policier si sa composition reflète la diversité ambiante.La commission Bouchard-Taylor avait pris cet argument en compte, mais avait néanmoins conclu que la nécessité d\u2019incarner pleinement la neutralité de l\u2019État l\u2019emportait dans le cas des policiers.À l\u2019Hôtel de Ville de Montréal, on trouvera sans doute cette interdiction excessive, même si le projet de loi de M.Jolin-Barrette sera nettement moins contraignant que l\u2019était celui de Bernard Drainville, qui visait, au terme d\u2019une période de transition, l\u2019ensemble des employés d\u2019une municipalité.Le gouvernement Couillard accordait aux divers corps policiers, donc aux municipalités, le droit de définir leurs propres règles.On ne parle cependant pas ici d\u2019aménagement urbain, mais d\u2019un principe directeur applicable à toute la société québécoise.L\u2019expression de la neutralité de l\u2019État ne peut pas être à géométrie variable.Que cela leur plaise ou non, il n\u2019appartient pas aux municipalités d\u2019en fixer les paramètres, mais au gouvernement élu par l\u2019ensemble de la population du Québec.MICHEL DAVID JESSICA NADEAU LE DEVOIR Taux de diplomation alarmant, manque de services aux élèves en difficulté, fermeture de classes par manque de personnel et accès très limité aux études postsecondaires\u2026 La protectrice du citoyen relève une série de lacunes dans les services éducatifs au Nunavik et somme le ministère de l\u2019Éducation d\u2019assumer ses obligations envers les jeunes Autochtones.Au nord du 55e parallèle, le taux de di- plomation est de 26 %.C\u2019est donc dire qu\u2019à peine un jeune sur quatre termine sa 5e secondaire dans les temps prévus, contre trois sur quatre dans le reste du Québec.Cette statistique illustre bien comment « différents facteurs viennent compliquer la démarche du jeune Inuit tout au long de son parcours scolaire », estime la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, qui a fait enquête à la suite de plaintes sur la qualité des services éducatifs offerts dans les écoles du Nunavik.Pour expliquer le faible taux de diplo- mation, la protectrice évoque notamment la langue d\u2019enseignement.Dans les premières années, les cours sont donnés en inuktitut, mais dès la quatrième année, ils doivent passer à l\u2019anglais ou au français.« On exige alors beaucoup des élèves.On attend d\u2019eux qu\u2019ils apprennent à communiquer, à lire et à écrire dans une langue seconde ou une langue tierce, qui leur est parfois étrangère, tout en poursuivant l\u2019acquisition des apprentissages du cursus scolaire (mathématiques, sciences, univers social, etc.) enseignés dans une autre langue que l\u2019inuktitut.» Ceci entraîne des retards importants sur le plan pédagogique, et ce, dès la sixième année, note-t-elle.Ceux qui obtiennent malgré tout leur diplôme se voient également limités dans leurs choix d\u2019études postsecon- daires.Non seulement ils doivent déménager à Montréal ou dans une autre grande ville du « Sud » pour aller au cé- gep, mais ils n\u2019ont pas accès à certains programmes.En effet, faute de ressources, les cours de mathématiques avancées, de chimie et de physique, qui sont des prérequis pour plusieurs programmes, ne sont tout simplement pas offerts dans les écoles du Nunavik.Les difficultés de recrutement et de rétention du personnel enseignant sont aussi un enjeu majeur.Peu d\u2019Inuits détiennent un brevet d\u2019enseignement, ce qui force la commission scolaire à recruter à l\u2019extérieur.Or, il manque de logements pour héberger ces derniers, ce qui limite les possibilités d\u2019embauche.Le taux d\u2019absentéisme est important, ce qui « force » les directions à fermer des classes, faute de remplacement.« On annule en moyenne 8 cours de 45 minutes pour chaque jour de classe, pour chaque école, en raison de l\u2019absence du personnel enseignant.» Autre grand problème : le manque de services pour les élèves handicapés ou en difficulté d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage.Selon les chiffres du ministère, ils seraient à peine 2,4 % à avoir de tels problèmes dans les écoles du Nunavik, contre 26 % pour l\u2019ensemble du Québec.Cette statistique illustre que les jeunes qui ont des besoins spécifiques n\u2019obtiennent aucun service : il n\u2019y a ni évaluation ni plan d\u2019intervention, et il manque de ressources qualifiées.La protectrice du citoyen n\u2019a pas d\u2019autorité sur les commissions scolaires.Elle vise donc le ministère de l\u2019Éducation, qui tarde à répondre aux demandes répétées de la commission scolaire, et l\u2019invite à s\u2019asseoir avec la communauté pour trouver des solutions.« Le ministre adopte une vision restrictive de son rôle, écrit-elle.Ce faisant, il ne fournit pas à la commission scolaire les outils nécessaires à la réalisation de son mandat.» Échec du ministère de l\u2019Éducation au Nunavik MARCO FORTIER LE DEVOIR Les exercices de confinement barricadé dans les écoles peuvent entraîner de l\u2019anxiété et de la confusion.La Commission scolaire de Montréal (CSDM) a décidé de ne pas imposer ces exercices controversés visant à enseigner aux élèves et au personnel des écoles comment réagir en cas d\u2019attaque armée entre les murs de l\u2019établissement.Dans une décision qui risque de faire boule de neige, la plus grande commission scolaire du Québec a entériné mercredi soir le rapport d\u2019un comité d\u2019experts qui exprime des doutes sur la pertinence des exercices de confinement barricadé.« Actuellement, il n\u2019existe aucune étude qui démontre l\u2019efficacité des exercices de confinement dans les écoles pour diminuer les pertes humaines en cas de tireur actif », indique le rapport de 26 pages.Le comité était formé de huit membres du personnel de la CSDM, dont des directeurs d\u2019école, appuyés par les chercheurs Lyse Turgeon (Université de Montréal), Camillo Zacchia (Institut Douglas) et Jacques Hébert (UQAM).« Il existe cependant des risques importants, tant physiques que psychologiques, qui doivent être soupesés par rapport aux bénéfices présumés des exercices de confinement », poursuit le document.La Commission scolaire compte ainsi rappeler aux directions d\u2019école que chaque établissement peut décider d\u2019offrir ou non des exercices de confinement aux élèves et au personnel.Plusieurs écoles croyaient à tort qu\u2019ils étaient obligatoires.Par contre, tous les employés des écoles de la CSDM, y compris les enseignants, les concierges et les secrétaires, devront suivre une séance d\u2019information sur les « bonnes pratiques à adopter en cas de tireur actif », élaborée avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).Il ne s\u2019agit pas d\u2019un exercice de confinement où les participants doivent se barricader en classe dans le cadre d\u2019une attaque armée simulée.Alerte à l\u2019anxiété « On prend bonne note du rapport qui nous indique que les exercices de confinement barricadé peuvent créer de l\u2019anxiété chez les élèves et les membres du personnel », a indiqué au Devoir Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.Dans l\u2019île de Montréal, le SPVM a participé à 180 exercices de confinement dans les écoles en 2016, dont la moitié avec la participation des élèves, précise le rapport.« Parmi les obstacles rencontrés par les établissements ayant effectué des démarches en matière d\u2019exercices de confinement, l\u2019anxiété des élèves et des membres du personnel est celui qui est invoqué le plus souvent, soit près de deux fois plus souvent que l\u2019appréhension et la résistance des parents.» Fait à noter, les exercices de confinement barricadé sont obligatoires pour le personnel et les élèves de toutes les écoles des deux commissions scolaires anglophones de l\u2019île (English- Montreal et Lester-B.-Pearson).Le ministère de l\u2019Éducation du Québec a le pouvoir de rendre obligatoire la tenue d\u2019exercices de confinement, mais il laisse cette décision aux décideurs locaux.Ces exercices sont obligatoires en vertu de la loi en Ontario et au Manitoba, et d\u2019une décision ministérielle ou des commissions scolaires dans quatre autres provinces.Non aux exercices de confinement dans les écoles de la CSDM Trois enfants sur quatre ne terminent pas le secondaire dans les temps prévus.SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE On prend bonne note du rapport qui nous indique que les exercices de confinement barricadé peuvent créer de l\u2019anxiété chez les élèves et les membres du personnel CATHERINE HAREL BOURDON » Ce débat risque d\u2019accentuer encore davantage le clivage entre l\u2019île de Montréal et le reste du Québec, dont la dernière élection a donné une illustration spectaculaire.Le feu couve sous la cendre et il ne faut pas sous-estimer le risque de dérapage. LEDEVOIR // LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER : Avis est donné à STEPHANE VOISARD que la partie demande- resse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de TERRE- BONNE une demande introductive d\u2019instance.Une copie de cette demande et de l\u2019avis d\u2019assignation ont été laissés à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de SAINT- JÉRÔME, situé au 25 RUE DE MARTIGNY OUEST À SAINT- JÉRÔME dans le dossier 700-22-039857-189.Il est ordonné à la partie défenderesse de se présenter au Palais de justice dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 19 octobre 2018 Sonia Lavoie, huissier de justice AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (135, 136 et 137 C.p.c.) PAR ORDRE DE L\u2019HUISSIER : Avis est donné 9366- 7681 QUEBEC INC.que la partie demande- resse a déposé au greffe de la Cour du Québec, du district de JOLIETTE une demande introductive d\u2019instance.Une copie de cette demande et de l\u2019avis d\u2019assignation ont été laissés à l\u2019intention de la partie défenderesse, au greffe du tribunal, au palais de justice de JOLIETTE, situé au 200 RUE ST-MARC À JOLIETTE dans le dossier 705-22-017835-180.Il est ordonné à la partie défenderesse de se présenter au Palais de justice dans les 30 jours de la présente.À défaut de répondre dans le délai, un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous sans autre avis dès l\u2019expiration de ce délai et vous pourriez devoir payer les frais de justice.À Montréal, le 23 octobre 2018 Sonia Lavoie, huissier de justice Appel d\u2019offres Service des infrastructures de la voirie et des transports Direction des infrastructures Appel d\u2019offres # 403914 Construction d\u2019une nouvelle marquise sur la rue Saint-Hubert entre les rues Jean-Talon et de Bellechasse.L\u2019ouverture de la soumission prévue pour le 25 octobre 2018 est reportée au 1 novembre 2018 à 13h30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019Hôtel de ville.Fait à Montréal, le 25 octobre 2018 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat Réfection de toitures, lot 2 (3 immeubles) Montréal Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 25 octobre 2018 sur le site Internet SEAO (Système électronique d\u2019appel d\u2019offres) au www.seao.ca ou en communiquant avec le service à la clientèle de SEAO au 514 856-6600 (sans frais au 1 866 669-7326).Le coût pour l\u2019obtention de ces documents est celui établi par le SEAO.Les soumissionnaires pourront également obtenir plus d\u2019informations sur cet appel d\u2019offres à l\u2019adresse : approvisionnement@shdm.org AVIS PUBLIC APPEL D\u2019OFFRES DEV-CP18-090 AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES Services institutionnels Direction gestion des projets immobiliers Appel d'offres : 5976 Le réaménagement de la bibliothèque Mordecai-Richler pour l'implantation de la phase 3 du projet RFID et libre-service.L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le, 30 octobre 2018, est reportée au, 1er novembre 2018, à 13 h 30, au Service du greffe de la Ville de Montréal, à l\u2019attention du greffier, 275, rue Notre-Dame Est, bureau R-134, Montréal (Québec) H2Y 1C6.Fait à Montréal, le 25 octobre 2018.Le greffier de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres S u i t e d e s a v i s d e l a p a g e B 4 MARIE-MICHÈLE SIOUI LE DEVOIR À LAC-BEAUPORT Les élus libéraux ont ouvert la porte toute grande mercredi à une proposition de leur Commission-Jeunesse, qui souhaite faire de la protection de l\u2019environnement et de la lutte contre les changements climatiques la neuvième valeur officielle du Parti libéral du Québec (PLQ).Aux huit valeurs qui séquencent l\u2019ADN libéral, les jeunes libéraux souhaitent inclure cet enjeu afin qu\u2019il soit « au cœur des priorités des candidats » à la chefferie du parti.« Pendant la campagne électorale, malheureusement, la question de l\u2019environnement n\u2019a vraiment pas été une question prioritaire [pour le PLQ].On en a parlé deux ou trois jours maximum.On ne veut plus que ça arrive », a déclaré le président de la Commission- La protection de l\u2019environnement pourrait devenir la 9e valeur libérale HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le Nouveau Parti démocratique et le Bloc québécois ne verraient pas d\u2019objection à ce que le gouvernement canadien verse un milliard de dollars pour annuler le contrat permettant à une entreprise ontarienne de vendre des véhicules légers blindés à l\u2019Arabie saoudite.« Si on a 2,6 milliards de dollars à donner à Chrysler, on peut se permettre de payer la pénalité pour se dissocier d\u2019un État meurtrier et sauver des vies », a fait valoir le bloquiste Mario Beaulieu en faisant référence à la récente radiation d\u2019un prêt consenti par Ottawa pendant la crise économique.« Nous n\u2019avons pas besoin d\u2019en faire un choix entre les droits de la personne et les employés.On peut faire les deux », a soutenu pour sa part le chef néodémocrate Jagmeet Singh, qui suggère de transformer le contrat pour qu\u2019il fournisse plutôt des blindés à l\u2019armée canadienne.L\u2019entreprise ontarienne General Dynamics Land System (GDLS) a conclu en 2014 un contrat pour fournir à l\u2019Arabie saoudite un nombre non divulgué de véhicules légers blindés.Dans la foulée de l\u2019assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien d\u2019Istanbul, les voix s\u2019élèvent pour demander la résiliation de ce contrat d\u2019une valeur de 15 milliards de dollars.Or, en entrevue à CBC mardi, le premier ministre Justin Trudeau a laissé entendre que cela entraînerait une lourde pénalité.« Le contrat signé par le précédent gouvernement, par Stephen Harper, rend cela très difficile de le suspendre ou de le résilier.[\u2026] Je ne veux pas laisser aux Canadiens une facture d\u2019un milliard de dollars parce qu\u2019on tente d\u2019aller de l\u2019avant en faisant la bonne chose.» L\u2019équipe de M.Trudeau soutient depuis qu\u2019il ne s\u2019agissait là que d\u2019une façon de parler.Le Canada prétend être lié par un contrat particulièrement restrictif lui interdisant d\u2019en divulguer le moindre détail.Le gouvernement refuse donc de dire la valeur réelle de la pénalité ou encore à qui, de l\u2019entreprise ou de Riyad, il devrait la verser.Un parlementaire libéral se confiant au Devoir se demande si le chiffre d\u2019un milliard de dollars n\u2019a pas été lancé tel un ballon d\u2019essai pour tester la réaction du public à un tel scénario.Les conservateurs, pour leur part, refusent de dire s\u2019ils seraient ouverts à l\u2019idée d\u2019annuler le contrat avec l\u2019Arabie saoudite, pénalité ou pas.Avec Marie Vastel ARABIE SAOUDITE Les principes n\u2019ont pas de prix, disent le Bloc et le NPD Jeunesse du parti, Stéphane Stril.« Sachant que les jeunes ont un très gros poids dans le vote pour le prochain chef, nos revendications ont intérêt à être entendues par les candidats », a aussi fait valoir le porte-parole des jeunes libéraux, Maxime Debeauvais, dans un échange avec Le Devoir.Le PLQ a adopté sept valeurs cardinales en 2002.À celles-là s\u2019est greffée, en 2004, la valeur de « l\u2019équité intergé- nérationnelle », qui a notamment guidé le désir de l\u2019ex-premier ministre Philippe Couillard d\u2019équilibrer les finances publiques, selon Stéphane Stril.Un enjeu « incontournable » À son arrivée au caucus présessionnel du PLQ à Lac-Beauport, le chef intérimaire Pierre Arcand a dit de l\u2019enjeu environnemental qu\u2019il était «incontournable».« J\u2019accueille avec beaucoup d\u2019enthousiasme cette idée qui vient de la Commission-Jeunesse, a-t-il déclaré.Le reproche qui a été fait pendant la campagne, c\u2019est qu\u2019on a présenté nos mesures environnementales un peu plus tard que ce qui aurait peut-être dû être [fait], compte tenu de l\u2019importance que l\u2019environnement a prise durant la campagne.» Stéphane Stril a été plus direct.« En environnement, on a proposé d\u2019abolir les pailles [de plastique].Ce n\u2019est pas quelque chose de très intéressant », a- t-il jugé.À son avis, la proposition libérale la plus porteuse en environnement était celle promettant la gratuité des transports en commun pour les étudiants à temps plein et les aînés.La nouvelle critique libérale en environnement, Marie Montpetit, a évoqué une «initiative extrêmement louable» de la part des jeunes libéraux.«C\u2019est certainement une demande qui va être considérée avec beaucoup d\u2019attention.C\u2019est très pertinent et très en phase avec nos positions», a-t-elle affirmé.La responsabilité de trancher la question incombera toutefois aux membres du parti lors d\u2019un congrès, a-t-elle rappelé.L\u2019élue de Saint-Laurent, Marwah Rizqy, s\u2019est quant à elle dite « très d\u2019accord avec les jeunes libéraux ».Selon elle, « les jeunes, les millénariaux, ne parlent que de ça ».Et puis, c\u2019est à ces jeunes que les aspirants à la chefferie du PLQ \u2014 dont elle ne cache pas faire partie \u2014 devront parler lors de la course, puisque le nouveau mode de scrutin adopté par le parti leur donne un pouvoir accru.« Le tiers des votes », a-t-elle souligné.Bilan de campagne Marwah Rizqy n\u2019a pas mâché ses mots lorsqu\u2019est venu le moment de critiquer la campagne électorale de l\u2019ex-chef Philippe Couillard.«On n\u2019a pas fait assez rêver les Québécois et il n\u2019y a pas grand- chose pour faire rêver lorsqu\u2019on parle d\u2019une deuxième carte d\u2019assurance maladie lors de la deuxième journée de campagne», a-t-elle déclaré.Pierre Arcand n\u2019a pas voulu aller aussi loin.« Il y aura une discussion au caucus sur cette question-là.Il est clair, par le résultat, qu\u2019il y a des choses à améliorer.Il faut quand même le dire de façon très claire.Il y a certainement des rajustements au tir qui devront être faits », a-t-il concédé.Sachant que les jeunes ont un très gros poids dans le vote pour le prochain chef, nos revendications ont intérêt à être entendues par les candidats MAXIME DEBEAUVAIS » tant de se souvenir qu\u2019on fait partie des espèces animales.La grande découverte en ce qui concerne les rituels, c\u2019est de me rendre compte que ce sont les moments où notre nature animale se manifeste de façon incontournable qui sont ritualisés, qui ont besoin d\u2019être humanisés.La mort est un événement animal, de même que la naissance, le mariage, qui promet la reproduction, l\u2019accouchement et la puberté.» Ce texte, écrit peu après les attentats de Paris de novembre 2015, qu\u2019elle présentera vendredi à Montréal, rappelle la place que le sacré tient dans l\u2019œuvre de l\u2019auteure, notamment dans Cantique des plaines (1993), Instrument des ténèbres (1996) et Dolce Agonia (2001).«Dans ma vie, la religion est partie assez tôt et a été remplacée très vite par des personnages de romans, ceux des autres et les miens.J\u2019ai constamment des personnages imaginaires dans ma tête.» Dans le même esprit, les jeunes personnages de Lèvres de pierre tourneront le dos à la religion.À l\u2019instar de sa créatrice, Dorrit embrassera l\u2019écriture, tandis que Sâr adhérera au communisme avec une ferveur quasi religieuse.« On est une espèce très orgueilleuse, mais on est aussi fondamentalement depuis toujours une espèce croyante.Donc, quand on cesse de croire à nos dieux anciens, c\u2019est que l\u2019on en a inventé des nouveaux.La fabulation \u2014 le fait d\u2019inventer des récits qui donnent sens à l\u2019existence et d\u2019y adhérer \u2014 est consubstantive à notre espèce.» Lèvres de pierre Nancy Huston, Actes Sud, Paris, 2018, 240 pages Anima laïque Nancy Huston et Quentin Sirjacq, Actes Sud, Paris, 2017, 84 pages et un CD Anima laïque Concert-lecture avec Nancy Huston et Quentin Sirjacq Vendredi 26 octobre, 20h, école Rudolf Steiner, 4855, rue Kensington La part du sacré dans l\u2019œuvre de Nancy Huston ÉTUDIANTE SUITE DE LA PAGE A 1 d\u2019imaginer ce que c\u2019est, d\u2019être dans la tête d\u2019un Cambodgien.Au cours de ses recherches, elle découvre qu\u2019elle partage des points communs avec Pol Pot : « Comme moi, il a reçu une bourse pour étudier à Paris, où il a été transformé en marxiste illuminé comme moi \u2014 un peu plus illuminé que moi ! » « Après beaucoup d\u2019hésitations et de faux départs, c\u2019est la seule personne que j\u2019ai trouvée pour en faire un personnage.Ce n\u2019est pas par provocation du tout.Au cours de sa jeunesse, Sâr a été plongé comme moi dans des univers très différents, et cette expérience a engendré chez lui comme chez moi une espèce d\u2019insécurité.» La compagnie des hommes Derrière leurs lèvres de pierre, leur doux sourire, leur mutisme, Dorrit et Sâr dissimulent une peur qui se transformera graduellement en une soif de savoir et une rage sourde.«L\u2019une des différences entre nous est due à notre sexe: les filles esquintées et furieuses auront tendance à glisser vers la prostitution, les garçons, à se muer en caïds.Mais si l\u2019évolution de Sâr a conduit à la catastrophe, c\u2019est en raison de la situation historique du Cambodge.Et cette situation-là a été provoquée par les deux pays où j\u2019ai vécu, les États-Unis et la France, d\u2019abord par le colonialisme français, puis par le marxisme français parisien et par les bombardements américains.» Adolescents, Dorrit et Sâr rencon- Le Bloc québécois et le NPD estiment que verser 1 milliard pour annuler le contrat de fourniture de blindés légers à l\u2019Arabie saoudite ne serait pas cher payer.MARK SPOWART LA PRESSE CANADIENNE trent chacun un homme de dix ans leur aîné qui transformera leur destin : Adam, professeur d\u2019université et ami du père de Dorrit, et Mahé, frère catholique enseignant à l\u2019école française de Phnom Penh.Par amour, Dorrit acceptera même qu\u2019Adam la frappe et Sâr, d\u2019être initié à la sexualité par Mahé.«C\u2019est arrivé une fois, et c\u2019est important de le mentionner.Mais je suis restée avec cet homme encore deux ans et ça ne s\u2019est jamais reproduit.On pourrait dire que le personnage de Mahé que j\u2019invente pour Sâr est inadmissible, mais en même temps, je pense que parfois c\u2019est vécu comme quelque chose de valorisant pour les élèves en question.» Sur la nature de ces amours, Nancy Huston poursuit : « La littérature est là pour parler des ambiguïtés, pour nous rappeler que la vie n\u2019est pas cut-and- dried [déjà décidée].Si elle l\u2019était, on ne serait pas des êtres humains.C\u2019est sûr qu\u2019en tant que mère, si j\u2019apprends que le prof de ma fille de 15 ans lui fait des avances, je ne suis pas d\u2019accord, mais en tant que fille de cet âge-là, je ne voulais surtout pas que ma belle- mère s\u2019en mêle, parce que je tenais à vivre ça.En fait, c\u2019était une relation décisive pour moi, qui m\u2019a introduite à la littérature contemporaine.» Renouer avec l\u2019animal en nous Au cours de la rencontre, la conversation glissera du côté d\u2019Anima laïque, essai poétique porté par la musique de Quentin Sirjacq, où Nancy Huston s\u2019intéresse aux rituels d\u2019une vie hors religion.« Dans le discours public en Occident, on fait comme s\u2019il y avait la nature et les animaux d\u2019un côté et les êtres humains de l\u2019autre.C\u2019est impor- LEDEVOIR // LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 5 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le vent tourne dans le dossier du transport interurbain en Beauce.Deux des trois MRC sur lesquelles repose le maintien du service se disent désormais prêtes à contribuer à son financement.La troisième est en réflexion.« Si on prend un pas de recul, je pense qu\u2019il y a eu peut-être un manque de communication entre nous et M.Breton [le patron de la compagnie Autobus Breton] », a expliqué le préfet de Beauce- Sartigan, Normand Roy, en entrevue au Devoir mercredi.Sa MRC et celle de la Nouvelle-Beauce ont annoncé en matinée qu\u2019elles renonçaient à suspendre la subvention accordée à la compagnie d\u2019autocar comme elles l\u2019avaient annoncé le mois dernier.Et ce n\u2019est pas tout : elles garantissent que cette aide serait désormais accordée sur trois ans, plutôt que sur une base annuelle.Sans subvention, le patron d\u2019Autobus Breton avait annoncé son intention d\u2019interrompre le service à compter du 31 décembre.Il affirme qu\u2019en raison de la diminution de l\u2019achalandage, le trajet entre Saint-Georges et la capitale est déficitaire depuis des années.Reste à savoir si la troisième MRC de la Beauce, celle de Robert-Cliche, emboîtera le pas, d\u2019autant plus que c\u2019était la plus réticente dès le départ, remarque Pierre Breton.« Il ne faudrait pas qu\u2019ils disent non, parce que ça peut vraiment faire retomber le dossier.» Chose certaine, la décision ne sera pas connue avant deux semaines, puisque Service d\u2019autocar en Beauce : deux MRC font marche arrière Des maires acceptent finalement de subventionner la ligne Québec\u2013Saint-Georges À défaut de subvention, la compagnie Autobus Breton avait annoncé son intention d\u2019interrompre le service entre Québec et Saint- Georges à compter du 31 décembre.FRANCIS VACHON LE DEVOIR la réunion à ce sujet entre les maires de ce secteur n\u2019est prévue que pour le 14 novembre.Joint mercredi, le préfet suppléant de Robert-Cliche, Jean-Rock Veilleux, ne voulait pas présumer de la décision de ses collègues, mais a indiqué que la MRC allait « réévaluer » la décision de suspendre l\u2019aide.« Normalement, les trois MRC, on fonctionne ensemble, mais je ne veux présumer de rien», a-t-il dit.Des comptes à rendre Qu\u2019adviendrait-il si les maires de Ro- bert-Cliche votaient contre ?Le service pourrait-il survivre en partie ?Aucun des intervenants n\u2019était en mesure de le dire mercredi.L\u2019aide des MRC est d\u2019autant plus importante qu\u2019elle a un effet de levier et permet d\u2019avoir accès au programme d\u2019aide au transport collectif du gouvernement du Québec.Ainsi, pour les quelque 30 000$ consentis par les MRC l\u2019an dernier, le gouvernement du Québec a accordé 90 000$ à Autobus Breton.L\u2019annonce de la fin du service à la fin septembre avait causé un choc chez certains résidents de la région, dont Amélie Carrier, une jeune femme avec des problèmes de vision qui avait lancé une pétition.Avisée mercredi de la sortie des deux préfets, elle a dit que cela « augure bien ».Cette résidente de la Beauce, qui travaille comme rédactrice malgré son handicap, ne peut pas conduire et utilise l\u2019autobus notamment pour se rendre à ses rendez-vous médicaux dans la capitale.Elle en use aussi pour le travail lorsqu\u2019elle doit se déplacer chez des clients.Mme Carrier utilise le service environ une fois toutes les deux semaines.Elle se dit réticente à recourir au covoitu- rage, qu\u2019elle juge « moins fiable » et moins « fixe ».« L\u2019autobus, ça génère beaucoup moins d\u2019anxiété pour les gens comme moi.» Lors d\u2019un reportage récemment dans le bus, Le Devoir a aussi pu constater que beaucoup de jeunes l\u2019utilisaient pour aller visiter de la famille, ainsi qu\u2019un nombre grandissant d\u2019immigrants qui travaillent en Beauce mais n\u2019ont pas de voiture, voire de permis de conduire.Lors du reportage, l\u2019autobus était rempli environ au tiers, et ce, sur l\u2019un de ses parcours hebdomadaires les plus populaires.Le gouvernement interpellé Pourquoi ce changement de cap de la part des préfets ?Ces derniers avancent qu\u2019ils n\u2019avaient pas eu suffisamment d\u2019information d\u2019Autobus Breton pour justifier la subvention.« Les trois MRC ont demandé une reddition de comptes et M.Breton n\u2019avait rien fourni », plaide Gaétan Va- chon.Or les documents ont été remis depuis, dit-il.Le préfet de Beauce-Sar- tigan ajoute qu\u2019il a aussi été très « touché » par la démarche d\u2019Amélie Carrier décrite plus haut.Mais les deux élus demeurent mal à l\u2019aise avec le fonctionnement actuel du programme de subvention, qui devrait être « modifié et bonifié », selon eux.Les régions, avancent-ils, devraient recevoir des fonds « équitables » avec ceux de la capitale et de la métropole, soulignent-ils.Interrogé à ce sujet, le nouveau député caquiste de Beauce-Sud, Samuel Pou- lin, rétorque que « c\u2019est un programme qui fonctionne » et souligne qu\u2019il faut « que le service demeure ».LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR La Commission canadienne des droits de la personne refuse d\u2019étudier la plainte d\u2019une mère sans statut expulsée du pays qui prétend avoir été brutalisée lors de son arrestation par des agents de l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).Qu\u2019à cela ne tienne, des groupes de défense des sans-papiers, qui réclament plus de transparence et d\u2019obligation redditionnelle de la part de l\u2019ASFC, envisagent de porter la requête aux Nations unies et à la Cour inter- américaine des droits de l\u2019homme.Le cas de Lucy Francineth Granados, qui a vécu neuf ans au Canada avant d\u2019être arrêtée et expulsée au printemps dernier, a été fortement médiatisé ces derniers mois.Cette mère de famille guatémaltèque disait avoir dû fuir son pays d\u2019origine pour s\u2019installer au Canada après avoir été menacée par la mafia locale.Lors de son arrestation en mars dernier, Mme Granados dit avoir été blessée au bras et au cou à la suite de manœu- vres brutales de la part de certains des quatre agents venus l\u2019arrêter à son domicile de Montréal.Mme Granados n\u2019opposait pourtant aucune résistance, selon un rapport de l\u2019ASFC obtenu en vertu d\u2019une demande d\u2019accès à l\u2019information.Mme Granados n\u2019aurait pas non plus reçu les soins requis alors qu\u2019elle était en détention au centre de Laval.Sept mois plus tard, elle dit encore porter des séquelles physiques et psychologiques qui l\u2019empêchent de travailler pour subvenir à ses besoins.Pas dans sa juridiction Pour justifier son refus, la Commission canadienne des droits de la personne allègue que la plainte, pour discrimination systémique, ne relève pas de sa juridiction, notamment parce qu\u2019elle n\u2019a pas l\u2019autorité de juger des plaintes de personnes qui sont sans statut légal, pas plus qu\u2019elle ne peut se prononcer sur l\u2019arrestation comme telle.« Pour ce qui est des motifs qui justifient l\u2019ordre d\u2019expulsion, il y a des recours, mais concernant la violence su- IMMIGRATION Qui surveille l\u2019Agence des services frontaliers du Canada ?La plainte de Lucy Francineth Granados est rejetée par un organisme fédéral Une manifestation de soutien à Lucy Granados en avril à Montréal VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR bie pendant [l\u2019arrestation], il semble que la Commission n\u2019a pas juridiction », a expliqué Guillaume Cliche-Rivard, président de l\u2019Association québécoise des avocats et avocates en droit de l\u2019immigration (AQAADI).L\u2019avocat déplore que l\u2019ASFC soit la seule instance pouvant faire l\u2019usage de la force à ne pas avoir de mécanisme de surveillance externe pouvant permettre des enquêtes indépendantes, comme le ferait un vérificateur général.À l\u2019heure actuelle, la seule manière de déposer une plainte contre l\u2019ASFC est via son site Internet, et plus de 100 plaintes auraient été déposées en 2017, selon l\u2019organisme Solidarité sans frontières.« Tout le monde demande depuis longtemps un mécanisme de surveillance, comme il en existe pour le SPVM [Service de police de la Ville de Montréal] où d\u2019autres corps policiers qui ont le droit d\u2019utiliser la force», fait remarquer M.Cliche-Rivard.« Bien des choses ont été critiquées, avancées, mais rien de concret n\u2019est encore sur la table.» Solidarité sans frontières rappelle que Mme Granados a également déposé une demande de résidence permanente pour considérations humanitaires à laquelle Immigration Canada sera obligé de répondre.Exaspéré de l\u2019attente, l\u2019organisme déplore du même coup une nouvelle tendance du gouvernement fédéral à expulser les personnes sans même avoir étudié ladite demande humanitaire.Responsable de l\u2019ASFC, le cabinet du ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, n\u2019a pas répondu aux questions du Devoir.Caroline Bourgeois sera candidate à la mairie de RDP-PAT Le parti de Valérie Plante, Projet Montréal, a choisi l\u2019ancienne conseillère municipale Caroline Bourgeois pour tenter de mettre la main sur la mairie de Rivière- des-Prairies\u2013Pointe-aux-Trem- bles, laissée vacante par l\u2019élection de Chantal Rouleau à l\u2019Assemblée nationale.Conseillère de la Pointe-aux-Prairies entre 2009 et 2013 avec Vision Montréal, Mme Bourgeois a aussi occupé les fonctions de directrice de cabinet pour Chantal Rouleau, alors membre d\u2019Équipe Coderre.Dans Saint-Michel, Nadine Raymond, directrice principale innovation et développement des YMCA du Québec, briguera le poste de l\u2019ex- conseiller Frantz Benjamin, qui vient d\u2019être élu député libéral de Viau.Les élections partielles auront lieu le 16 décembre.Le Devoir Maxime Bernier, climatosceptique ?OTTAWA \u2014 Maxime Bernier dit reconnaître l\u2019existence des changements climatiques, mais il refuse d\u2019affirmer que ceux-ci sont causés par l\u2019activité humaine et la production de CO2.« Les changements climatiques existent.La vraie question, c\u2019est \u201cest-ce que c\u2019est l\u2019homme qui cause les changements climatiques ou non ?\u201d Ça, je ne suis pas un scientifique pour me prononcer là-dessus », a-t-il martelé mercredi.En matinée, sur Twitter, le chef du Parti populaire du Canada venait de critiquer la tarification du carbone de Justin Trudeau en arguant que « le CO2 n\u2019est PAS de la pollution.C\u2019est ce qui sort de votre bouche quand vous respirez et ce qui nourrit les plantes ».Le Beauceron a plaidé en après-midi que c\u2019était plutôt l\u2019excès de CO2 qui était toxique et que, là-dessus, les experts n\u2019étaient pas tous d\u2019accord pour blâmer l\u2019homme.« D\u2019autres experts disent que le soleil a un impact là-dessus.Je ne suis pas un scientifique.Je ne me prononcerai pas là-dessus », a-t-il argué.Le Devoir EN BREF l ne fallait pas être devin pour prévoir que l\u2019entrée en vigueur des baisses d\u2019impôt pour les entreprises américaines, en janvier dernier, allait donner un prétexte à tous les lobbies canadiens de la droite pour revendiquer un traitement encore plus privilégié de la part des gouvernements.Il ne se passe pas une semaine sans que l\u2019on assiste à la publication d\u2019une analyse ou d\u2019un rapport en ce sens, le dernier en date étant celui du Comité permanent des banques et du commerce du Sénat, à Ottawa.Dès janvier dernier, le Comité se donnait lui-même pour mandat d\u2019étudier la question de la compétitivité des entreprises canadiennes sur les marchés mondiaux.Présidé par le sénateur Doug Black, fondateur de l\u2019Energy Policy Institute of Canada de Calgary, le Comité a remis son rapport d\u2019une trentaine de pages le mois dernier, lequel propose un allégement urgent de l\u2019impôt des entreprises, de la réglementation, et la création d\u2019une commission royale d\u2019enquête pour revoir la fiscalité, jugée désavantageuse par rapport à celle des États-Unis de Donald Trump.Faute de compétences particulières, le Comité a entendu une dizaine d\u2019experts et une quinzaine d\u2019organismes, dont au moins cinq représentants de l\u2019industrie pétrolière.Pour cette industrie dont le rapport utilise largement l\u2019analyse, les modifications fiscales et la déréglementation environnementale auxquelles on assiste chez nos voisins « nuiront aux grands investissements de capitaux au Canada ».Ce à quoi le Fraser Institute et sa filiale l\u2019Institut économique de Montréal \u2014 qui refusent tous deux de publier la liste de leurs commanditaires \u2014 font écho en répétant que « nous sommes en train de perdre notre avantage [et] il serait tout à fait à propos d\u2019adopter des mesures immédiates ».Rappelons ici qu\u2019entre 2001 et 2015, libéraux et conservateurs fédéraux ont fait passer l\u2019impôt sur les profits de 28 % à 15 %, un mouvement qui a été suivi par les provinces.Or, dans sa plus récente analyse de la conjoncture canadienne publiée en début de semaine, le directeur parlementaire du budget, à Ottawa, prévoit que « la Tax Cut and Jobs Act des États-Unis n\u2019aura pas de répercussions notables sur le climat d\u2019investissement au Canada ».D\u2019abord parce que la mesure de déduction totale et immédiate des dépenses d\u2019investissement qui permet aux sociétés de dégager des profits plus élevés à court terme disparaîtra progressivement après quelques années d\u2019application.Ensuite, et surtout, parce que « les décisions d\u2019investissement reposent sur bien d\u2019autres facteurs que le taux d\u2019imposition », tels « l\u2019accès au marché, un cadre juridique et réglementaire prévisible et non discriminatoire, une stabilité macroéconomique, un marché du travail spécialisé et adaptable et des infrastructures bien développées ».Au chapitre des lois et règlements, le comité du Sénat y va de propositions d\u2019apparence inoffensive qui masquent pourtant bien mal l\u2019objectif de favoriser l\u2019exploitation des hydrocarbures : amortissement accéléré des investissements, simplification des études d\u2019impact, « clarification » des règles de consultation des Autochtones, etc.Car, pour les sénateurs, « les circonstances qui ont mené à la récente décision concernant l\u2019expansion de l\u2019oléoduc TransMountain sont inacceptables » et exigent de « réparer les dommages qui ont été causés ».Comme si l\u2019achat du pipeline au coût de 4,5 milliards n\u2019était pas déjà trop ! Au Canada, depuis 2001, les recettes tirées de la TPS, de l\u2019impôt sur les profits des entreprises et des revenus des particuliers ont toutes les trois diminué en proportion du PIB.Si, malgré cela, Ottawa a pu maintenir ses dépenses sans augmenter le ratio de la dette au PIB, c\u2019est grâce à l\u2019importante baisse des taux d\u2019intérêt.Alors qu\u2019il fallait consacrer 37 ¢ par dollar de recettes fiscales au service de la dette en 1990, ce poste de dépense accapare seulement 7 ¢ par dollar aujourd\u2019hui.Avant de réduire encore l\u2019impôt des entreprises, notamment celui des sociétés pétrolières, il faudrait se demander s\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autres priorités plus urgentes au pays.Depuis que les libéraux ont choisi de procéder à des nominations indépendantes au Sénat, les commentateurs ont été trop cléments à l\u2019endroit de ces honorables bénéficiaires d\u2019amitiés politiques passées.Des élites qui n\u2019ont d\u2019honorable que le titre et d\u2019indépendant que la prétention.Car, grâce à ce statut d\u2019indépendants, ils se sont éloignés des partis élus par le peuple pour se rapprocher des groupes de pression qui les courtisent.Ce dernier rapport du comité des notables du Sénat jette une pierre de plus sur la tombe de l\u2019institution la moins démocratique et la plus superflue du régime parlementaire britannique.LEDEVOIR // LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Charles-Albert Morin Patient et assistant de recherche à l\u2019Institut universitaire de santé mentale Douglas Il s\u2019agit d\u2019un fléau faisant souffrir des centaines de milliers d\u2019individus et coûtant des centaines de millions à la société québécoise en perte de productivité.Il a été complètement ignoré par les politiciens lors de la dernière campagne électorale, même par les partis se réclamant du progressisme, historiquement voué à la protection des plus vulnérables.La maladie mentale, qui brise et fauche des vies, n\u2019a fait l\u2019objet d\u2019aucun débat sérieux en dépit des carences alarmantes du système de santé, qui ne s\u2019attaque qu\u2019à la pointe de l\u2019iceberg.À l\u2019automne 2017, le gouvernement Couillard semblait enfin comprendre l\u2019urgence de la situation en dévoilant un programme public de remboursement de la psychothérapie.Or, quelle déception de constater que cette politique, « trompeuse », comme l\u2019a qualifiée le président de l\u2019Association des psychologues du Québec, Charles Roy, était dotée d\u2019une enveloppe qui ne pourrait rembourser que l\u2019équivalent de deux séances et demie de psychothérapie pour les Québécois qui n\u2019ont pas suffisamment de moyens pour aller au privé, et pour qui l\u2019accès au programme public serait laborieux.Ce qui s\u2019annonçait être une avancée historique en santé mentale au Québec n\u2019était en fait qu\u2019une réforme cosmétique et électoraliste.Il faut comprendre que l\u2019accès rapide à des soins de qualité est le nerf de la guerre pour prendre en charge adéquatement les gens qui sont aux prises avec des problèmes de santé mentale.À l\u2019heure actuelle, les délais pour recevoir de l\u2019aide d\u2019un professionnel se comptent souvent en mois.La littérature scientifique sur la question est claire : dans la plupart des cas, les gens qui vont chercher de l\u2019aide attendent que la situation devienne critique et que le feu soit pris (arrêt de travail ou de l\u2019école, isolement social, idées suicidaires).Arrivée à ce stade, la personne a des besoins criants et pressants.Cette impasse trouve sa source dans l\u2019épineuse question de la distinction entre ce qui est normal et ce qui est pathologique.Difficile diagnostic L\u2019un des rares éléments sur lequel les psychiatres s\u2019entendent tous, c\u2019est que la maladie crée une détresse importante et/ou altère le fonctionnement des individus.Avant qu\u2019elle ne se déclare, donc, on peut facilement confondre les symptômes avant-coureurs avec des problèmes triviaux comme la tristesse, la fatigue ou l\u2019inquiétude.D\u2019où l\u2019immense difficulté, autant pour les gens atteints de la maladie que pour les professionnels, de poser un diagnostic précoce.La longueur du délai entre l\u2019apparition des premiers symptômes et l\u2019accès à des soins de qualité est critique.Comme le soulignait un document de l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé en 2012, J\u2019ai compris les changements climatiques ! Les nombreux scientifiques que j\u2019ai entendus réagir à ce terrible rapport du GIEC sur les changements climatiques m\u2019ont convaincue.Bien entendu, il y a des années déjà que je recycle religieusement papier, carton, contenants divers, que je ne gaspille jamais de nourriture et que je vais porter mes vieux appareils électroniques là où c\u2019est indiqué.Je visite régulièrement placards, armoires et tiroirs pour donner à bon escient ce qui ne me servira plus.J\u2019ai renoncé aussi à ma voiture, et le transport en commun me va très bien.Je me voyais comme une femme à la conscience blanche.Cependant, mon bac de récupération se remplissait trop vite à mon goût.Sans voiture, vivant seule, loin des commerces de vrac, je me croyais forcée de tolérer et de verser au recyclage cet amoncellement de cartons d\u2019emballage et de contenants de plastique pour compotes et yogourts.Je viens de comprendre qu\u2019il me suffit de délaisser toutes les portions individuelles dans toute la mesure du possible.Quels que soient mes futurs achats, j\u2019ai la ferme intention de m\u2019en tenir à un format raisonnable pour répondre à mes besoins et de fuir absolument tous ces produits emballés individuellement pour me « simplifier » la vie.J\u2019ai enfin compris.Il était temps ! Geneviève Laplante Québec, le 22 octobre 2018 Politique trompeuse en matière de maladie mentale L\u2019accès rapide à des soins de qualité est le nerf de la guerre LIBRE OPINION LETTRES FISCALITÉ CANADIENNE Le lobby du Sénat I ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu plus ce délai est long, moins le patient sera enclin à persister dans sa volonté d\u2019obtenir des traitements, et plus son état risque de se détériorer.Dans un article scientifique publié cet été, la doctorante en psychiatrie de l\u2019Université McGill Kathleen Macdonald souligne que moins la maladie est soignée rapidement, plus les impacts futurs sur la vie des patients risquent d\u2019être importants.L\u2019Association des psychiatres du Canada considère qu\u2019en aucun cas, le délai pour obtenir une consultation ne devrait excéder 30 jours, que ce soit pour une évaluation ou pour un traitement.Même en l\u2019absence de toutes ces connaissances, la valeur intrinsèque de l\u2019intervention rapide en fait la seule posture morale pour réduire et combattre la souffrance humaine, comme c\u2019est le cas pour un problème de santé physique.Des efforts considérables sont déployés dans la société pour réduire le délai entre les premiers signes de détresse et la demande d\u2019une aide professionnelle.On cherche à réduire la stigmatisation, on dédramatise le recours à l\u2019aide et on augmente la littératie de la population en santé mentale afin de favoriser un dépistage précoce.Québec interpellé Le gouvernement est le seul acteur qui ne prend pas ses responsabilités.Quelle situation absurde, en effet, que l\u2019on fasse tout ce qui est en notre pouvoir pour inciter les gens à aller chercher de l\u2019aide si ceux-ci se frappent au mur des délais d\u2019attente et d\u2019une psychothérapie qui ne leur permet que de verbaliser le problème qui les fait souffrir ! Il y a dix ans, quand la maladie a frappé, j\u2019ai reçu des soins rapidement car j\u2019avais les moyens de me les payer.Je suis maintenant guéri.Je vis aujourd\u2019hui une vie riche et heureuse.Combien de temps devront attendre les Québécois malades qui n\u2019ont pas ma chance pour que les politiciens prennent leur souffrance au sérieux ?JEAN-ROBERT SANSFAÇON L\u2019acte manqué de François Legault Pourquoi François Legault avait- il confié à son ministre de l\u2019Immigration, Simon Jolin-Barrette, le dossier de la laïcité (Le Devoir de ce 20 octobre nous apprend que ce n\u2019est plus le cas) ?Tout le monde semblait se poser « naïvement » la question : quel lien y avait-il entre la laïcité et l\u2019immigration?C\u2019est pourtant clair comme de l\u2019eau de roche! Cela fait au moins 20 ans, ici comme dans le reste de l\u2019Occident, que la « laïcité » est instru- mentalisée par plusieurs comme un outil de répression et de domination de certains groupes « altérisés ».L\u2019immigration et la diversité sont des enjeux continuellement réduits \u2014 par des discours et des politiques de droite sur lesquels la CAQ a surfé pour se faire élire \u2014 à la dimension de « problèmes » ; et la laïcité a été dénaturée en « instrument de gestion et de contrôle » de ces soi-disant problèmes.Après, peut-on vraiment s\u2019étonner qu\u2019un gouvernement caquiste puisse \u2014 dès la création de son premier Conseil des ministres \u2014 révéler l\u2019amalgame au grand jour ?Ils me font bien rire, depuis jeudi dernier, ceux et celles faisant mine d\u2019en être étonnés.Cette décision du nouveau premier ministre avait au moins le mérite d\u2019être honnête \u2014 tel un acte manqué (au sens psychanalytique de révélation du non-dit et du refoulé).François Legault peut bien maintenant rétropédaler, la vérité a été dévoilée.Et cette vérité, c\u2019est tout simplement que la « laïcité » est devenue un instrument pour réprimer et dominer des « minorités » considérées comme étant « gênantes » : certaines catégories d\u2019immigrants et toute une partie de nos concitoyens \u2014 et surtout une partie de nos concitoyennes \u2014 ayant le malheur d\u2019avoir une identité religieuse repérable à un signe vestimentaire.Depuis des années au Québec, à l\u2019ombre du crucifix « patrimonia- lisé » de l\u2019Assemblée nationale, la laïcité se voit insidieusement détournée en « verni vertueux » pour couvrir la xénophobie et l\u2019islamo- phobie ambiantes.Qui peut encore prétendre en être dupe ?Marco Veilleux Montréal, le 20 octobre 2018 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet André Beauchamp Ancien président du BAPE Louis-Gilles Francœur Ancien vice-président du BAPE Lucie Sauvé Professeure titulaire au Centr\u2019ERE de l\u2019UQAM Louise Vandelac Professeure titulaire l\u2019Institut des sciences de l\u2019environnement de l\u2019UQAM Madame MarieChantal Chassé, Votre gouvernement arrive au pouvoir au terme d\u2019un été et d\u2019un automne électoral fort chauds, au moment où le Groupe intergouvernemental sur l\u2019évolution du climat (GIEC) et la Plate- forme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosysté- miques (IPBES) sont formels : la vie sur la planète n\u2019a jamais été aussi menacée depuis des millions d\u2019années.Votre engagement sous serment de faire appliquer la Loi sur la qualité de l\u2019environnement, qui assure à toute personne un droit à la «qualité de l\u2019environnement, à sa protection et à la sauvegarde des espèces vivantes qui y habitent» vous offre un défi d\u2019autant plus stimulant et important que vous êtes issue des milieux d\u2019affaires, où certains sont de plus en plus conscients qu\u2019une croissance sans limites est impossible sur une planète déjà surexploitée.Vous avez été témoin, lors de la récente campagne électorale, de la forte mobilisation des citoyens et en particulier des jeunes autour des grands enjeux environnementaux.Tous auront les yeux tournés vers les gestes concrets qui traduiront la vocation fondamentale d\u2019un ministère de l\u2019Environnement digne de ce nom, à savoir qu\u2019il doit être d\u2019abord le gardien impitoyable de la qualité des milieux de vie et le contrôleur vigilant des activités destructrices plutôt qu\u2019un «aidant » des demandeurs de permis de polluer et de dévaster.Nous espérons donc que votre participation à « l\u2019équipe économique de rêve », formée des ministres des Finances, de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation, indiquera sans ambiguïté que la fonction de contrôleur environnemental n\u2019est pas instrumentalisée au profit d\u2019une conception archaïque de l\u2019économie à tout prix.Des ressources à la hauteur des défis Heureusement, votre patron et nouveau premier ministre, François Le- gault, affirme que son gouvernement veut être « à l\u2019écoute des gens », et qu\u2019il a « de sincères préoccupations pour les La gouvernance environnementale a besoin d\u2019une commission Parent Lettre de bienvenue à la ministre de l\u2019Environnement MarieChantal Chassé André Binette Constitutionnaliste et auteur de La fin de la monarchie au Québec (Éditions du Renouveau québécois, 2018) En 1998, dans un jugement majeur appelé le Renvoi relatif à la sécession du Québec, la Cour suprême a créé une obligation juridique de négocier de bonne foi toute modification constitutionnelle demandée par l\u2019Assemblée nationale.Contrairement à une opinion répandue, cette obligation n\u2019est pas liée au seul cas de l\u2019accession à l\u2019indépendance et ne requiert aucun référendum.Voici le passage pertinent du Renvoi, qui se trouve au paragraphe 88 : « La modification de la Constitution commence par un processus politique entrepris en vertu de la Constitution elle- même.Au Canada, l\u2019initiative en matière de modification constitutionnelle relève de la responsabilité des représentants démocratiquement élus des participants à la Confédération.Pour ces représentants, le signal peut être donné par un référendum mais, en termes juridiques, le pouvoir constituant au Canada, comme dans bien d\u2019autres pays, appartient aux représentants du peuple élus démocratiquement.La tentative légitime, par un participant de la Confédération, de modifier la Constitution a pour corollaire l\u2019obligation faite à toutes les parties de venir à la table des négociations.» Les participants à la Confédération sont pour la Cour suprême les assemblées législatives fédérale et provinciales.Dans l\u2019état actuel de la jurisprudence, ils ne comprennent pas les Premières Nations ni les territoires du Nord canadien.Cependant, ceux-ci peuvent légitimement s\u2019attendre à être consultés.L\u2019unique condition pour déclencher l\u2019obligation de négocier est une résolution de l\u2019Assemblée nationale qui demande des modifications précises à la Constitution.En fait, l\u2019Assemblée nationale détient le pouvoir de rouvrir la Constitution depuis 20 ans, mais elle a choisi jusqu\u2019ici de ne pas se prévaloir de cette possibilité.Les gouvernements libéraux au pouvoir pendant près de 15 ans depuis 2003 n\u2019ont pas démontré une volonté réelle d\u2019agir sur ce plan.De leur côté, les gouvernements péquistes de Lucien Bouchard et de Pauline Marois n\u2019ont pas voulu envisager de se prévaloir de l\u2019obligation de négocier dans un contexte autre que l\u2019indépendance.Une résolution de l\u2019Assemblée nationale peut être adoptée par une simple majorité parlementaire.Elle aura plus de poids si elle recueille l\u2019appui d\u2019un plus grand nombre de députés.L\u2019unanimité n\u2019est pas requise, mais il est préférable dans une résolution de cette nature de tenter de s\u2019en rapprocher afin de démontrer un consensus dans notre société.L\u2019obligation de négocier de bonne foi est une notion empruntée au droit du travail.Elle n\u2019équivaut pas à une obligation de s\u2019entendre, mais elle impose des efforts sincères et démontrés pour arriver à une entente.La sanction d\u2019un échec est de nature politique.Une réforme est possible Contrairement à l\u2019avis de Pierre Elliott Trudeau, pour qui le simple écoulement du temps imposerait le statu quo, le peuple québécois n\u2019a jamais renoncé à renforcer son autonomie.Les deux référendums sur la souveraineté ont suivi l\u2019échec de négociations constitutionnelles qui, elles, n\u2019ont pas toujours été menées de bonne foi.La préférence majoritaire des Québécois semble être l\u2019autonomie croissante dans le cadre canadien, tout en faisant évoluer ce dernier.Il est faux de dire que la Constitution canadienne ne peut être réformée tant qu\u2019on ne se sera pas prévalu au moins une fois de l\u2019obligation de négocier.Les sujets pouvant faire l\u2019objet de la résolution de l\u2019Assemblée nationale Comment rouvrir la Constitution canadienne sont nombreux.D\u2019après tous les sondages pertinents depuis des décennies, il existe un large consensus au Québec pour abolir la monarchie.L\u2019Assemblée nationale pourrait demander le passage à la république pour le Canada et pour le Québec.Le lieutenant-gouver- neur pourrait être remplacé par un gouverneur du Québec désigné par l\u2019Assemblée nationale ou élu par le peuple québécois.La résolution pourrait aussi demander des pouvoirs accrus en matière d\u2019immigration, de langue et de culture, de protection de l\u2019environnement et de fiscalité (par exemple, une déclaration de revenus unique).Elle pourrait aussi demander que le Québec soit exempté de l\u2019article 27 de la Charte canadienne, qui oblige les tribunaux à favoriser le multiculturalisme dans leur interprétation des droits fondamentaux.La résolution devrait être accompagnée de la mise en place d\u2019une Constitution formelle du Québec.L\u2019abolition de la monarchie permettrait aux députés de prêter serment à la seule Constitution du Québec.Enfin, la résolution de l\u2019Assemblée nationale pourrait demander la modification de la Constitution canadienne pour reconnaître le droit des Premières Nations à l\u2019autonomie gouvernementale.Cette reconnaissance aurait pour principal effet de conduire à l\u2019abrogation de la Loi sur les Indiens.Le Québec démontrerait ainsi une sagesse et une intelligence politiques qui lui permettraient de reprendre une position de tête dans la définition des rapports de nation à nation avec les peuples autochtones.On éviterait aussi que les demandes du Québec soient opposées à celles des peuples autochtones, comme cela fut le cas dans le passé.Contrairement à l\u2019avis de Pierre Elliott Trudeau, pour qui le simple écoulement du temps imposerait le statu quo, le peuple québécois n\u2019a jamais renoncé à renforcer son autonomie Issue du milieu des affaires, MarieChantal Chassé devra appliquer la Loi sur la qualité de l\u2019environnement.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE changements climatiques ».Comme les sondages durant l\u2019élection ont indiqué que la protection de l\u2019environnement se situait en troisième place des préoccupations de la population et que l\u2019environnement est devenu la quatrième priorité du nouveau gouvernement, cela vous confère une responsabilité particulière qui devrait se traduire par une hausse conséquente des budgets faméliques du ministère, lequel arrive au 19e rang sur 20 ministères québécois avec un maigre 0,2 % de l\u2019assiette globale.Le prochain budget du gouvernement Legault offrira donc une mesure objective de l\u2019importance qu\u2019il accorde à l\u2019environnement, une donnée d\u2019autant plus attendue que le programme de votre parti était muet sur cet enjeu.Vous qui avez œuvré dans le domaine de l\u2019aviation, une des grandes sources d\u2019émissions de gaz à effet de serre, qu\u2019envisagez-vous concrètement pour engager le Québec dans l\u2019atteinte de ses objectifs de réduction planifiés pour 2020, soit dans deux ans ?Nous vous souhaitons d\u2019avoir la vision et la détermination d\u2019y arriver sans pelleter ce défi aux gouvernements des années 2025-2030.La difficulté sera d\u2019autant plus grande que cet objectif entre en contradiction avec l\u2019ouverture de votre formation politique à l\u2019exploitation des hydrocarbures malgré les vives oppositions citoyennes.Quant à la possibilité d\u2019engager le Québec dans de nouveaux développements hydroélectriques malgré les surplus actuels, elle entre aussi en contradiction avec les impératifs de la protection de la biodiversité, enchevêtrés aux enjeux climatiques et tout aussi importants.Heureusement, le développement de stratégies centrées sur la résilience des milieux de vie et sur de nouvelles technologies de production d\u2019énergies propres constitue un domaine d\u2019essor économique capable de conférer au Québec un rôle de leader mondial.Une politique de la biodiversité En plus d\u2019accélérer la transition énergétique, vous pouvez laisser un héritage important en dotant le Québec d\u2019une première politique de protection et de gestion de sa biodiversité, qu\u2019il conviendrait d\u2019amorcer par une audience générique du BAPE.Il est d\u2019autant plus névralgique d\u2019accoucher rapidement de cette politique avant que d\u2019autres promoteurs entreprennent, par exemple, d\u2019assassiner ce qui reste de la biodiversité fluviale par un creusement supplémentaire de l\u2019artère vitale du Québec, le Saint-Laurent, ou encore de compromettre la biodiver- sité rurale par un usage croissant de pesticides.Ils seront nombreux ceux qui voudront, dans l\u2019appareil gouvernemental, confiner votre ministère au rôle de balayeur derrière les pelles mécaniques et les gros camions, alors que c\u2019est plutôt votre rôle de statuer sur la pertinence et la légitimité de ces projets, de même que sur leur emplacement et leurs impacts cumulatifs.Or, ce pourrait bien être les mêmes promoteurs qui voudront réduire l\u2019accès des citoyens à votre registre public des projets et qui vont s\u2019appuyer sur des comités ministériels de facilitation avant même qu\u2019une évaluation indépendante par le BAPE ait pu être réalisée.Ces vieilles pratiques gouvernementales, ces négations de véritables consultations publiques, ces manques de transparence et d\u2019équité, nous vous souhaitons de pouvoir les mettre au rancart dans le cadre de cette nouvelle gouvernance que votre équipe entend instaurer.Pour y arriver, il serait sans doute pertinent, après 40 ans d\u2019une gestion insuffisante et inadéquate des enjeux environnementaux, que vous lanciez une sorte de commission Parent sur la gouvernance environnementale au Québec afin de redéfinir la place et le rôle que doit assumer votre ministère dans l\u2019appareil d\u2019État.Au Québec, le Conseil du trésor harmonise, contrôle et oriente la gestion de l\u2019ensemble des fonds publics à l\u2019échelle gouvernementale.Dans la même logique de cohérence et d\u2019efficacité, il serait temps que le Québec songe à se doter de moyens organisationnels et financiers pour orienter, harmoniser et surtout contrôler dans une perspective de bien commun les divers aspects environnementaux de l\u2019ensemble de l\u2019activité gouvernementale.L\u2019atteinte d\u2019un tel objectif commande un large débat public sans lequel il est illusoire de penser que l\u2019environnement et la place de votre ministère se retrouveront en tête de la liste de priorités politiques. LEDEVOIR // LE JEUDI 25 OCTOBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Qui sont les 67 recrues de l\u2019Assemblée nationale ?Comment vivent-elles leurs premiers pas en politique ?Troisième portrait d\u2019une série de huit sur quelques-uns des nouveaux visages du Parlement.MARIE-MICHÈLE SIOUI LE DEVOIR PREMIERS PAS AU PARLEMENT Trudeauiste et un peu nationaliste a première fois que la députée libérale de Westmount\u2013Saint-Louis, Jennifer Maccarone, a mis les pieds au parlement, c\u2019était pour pourfendre le projet de loi 86, par lequel le gouvernement Couillard entendait abolir les élections scolaires.« Je me suis dit à ce moment-là : je ne vais jamais revivre cette expérience, alors je ferais mieux de tout ancrer dans ma tête », raconte l\u2019élue de 48 ans au sujet de son passage au Salon rouge.En deux ans, l\u2019ex-présidente de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) s\u2019est visiblement ravisée.Non seulement les salles de l\u2019Assemblée nationale sont- elles devenues ses nouveaux lieux de travail, Jennifer Maccarone a de surcroît adouci le discours qu\u2019elle a tenu publiquement à l\u2019endroit de l\u2019ex-gou- vernement libéral.Dans une rencontre avec Le Devoir, en marge d\u2019une journée de formation pour tous les nouveaux élus, elle dit croire que l\u2019équipe de Philippe Couil- lard en a fait « beaucoup, beaucoup pour les enjeux et la communauté anglophones », notamment par la création d\u2019un secrétariat leur étant destiné.Du projet de loi 105 sur la réforme des pouvoirs dans les commissions scolaires, qui a remplacé le projet de loi 86, elle ne dit que du bien.«[Il a été adopté], mais avec beaucoup de consultations auprès de la communauté.Et ils ont fait énormément de modifications dans ce projet de loi là, pour rejoindre nos attentes », fait-elle valoir.Dans une lettre ouverte publiée dans la Montreal Gazette au lendemain de l\u2019adoption de la réforme, Jennifer Mac- carone écrivait plutôt qu\u2019il valait mieux ne pas accorder de « confiance aveugle à un gouvernement qui s\u2019est très peu soucié de notre communauté ».« Aucun gouvernement ne peut prendre nos droits », insistait alors la présidente de l\u2019ACSAQ.Une députée « de terrain » Dès lors, sa pugnacité a inspiré les partis politiques : Jennifer Maccarone dit avoir été pressentie pour faire le saut en politique par les libéraux fédéraux et provinciaux, mais aussi les péquistes.C\u2019est l\u2019attrait du « terrain » et des enjeux qui sont « dans notre cour » qui l\u2019a convaincue de rencontrer l\u2019Association libérale de Westmount\u2013Saint-Louis, qui était à la recherche d\u2019un candidat anglophone.La circonscription était représentée depuis 1994 par Jacques Chagnon, également président de l\u2019Assemblée nationale depuis 2011.« Étant donné qu\u2019il a dû être non partisan [de par son rôle de président], je pense que ça manquait d\u2019avoir quelqu\u2019un de terrain [\u2026] qui pouvait vraiment s\u2019investir au quotidien au sein de sa circonscription, observe-t-elle.Alors, la langue parlée, je pense que c\u2019était beaucoup moins important.» Sur cette question, l\u2019élue bilingue propose une opinion qui pourrait rallier ses collègues ayant récemment plaidé en faveur d\u2019un virage nationaliste au Parti libéral.« Non », répond-elle d\u2019emblée quand on lui demande si elle est nationaliste.Puis, elle nuance ses propos.« Je suis nationaliste dans le sens où je veux protéger notre culture, notre éducation, mais c\u2019est sûr que je suis fière d\u2019être Canadienne.» L MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le gouvernement québécois gèle sur- le-champ le salaire des médecins spécialistes, a indiqué le premier ministre, François Legault, mercredi après-midi.D\u2019ici à la conclusion d\u2019une nouvelle entente, «il n\u2019y aura pas de nouvelles augmentations», a-t-il laissé tomber après la séance hebdomadaire du Conseil des ministres.« Il y a des augmentations prévues qui vont être mises en fiducie.Donc ça, ça ne sera pas donné à partir de maintenant.» « Ce n\u2019est pas des montants importants », a indiqué par la suite le chef du gouvernement.La Coalition avenir Québec soupçonne le gouvernement libéral d\u2019avoir consenti une rémunération aux médecins spécialistes québécois supérieure à celle octroyée aux médecins spécialistes onta- riens, ce qui serait, selon M.Legault, «injuste» et «inéquitable» pour les autres professionnels du réseau de la santé québécois qui «gagnent moins» que leurs confrères et consœurs de l\u2019Ontario.« Le rattrapage qui était prévu pour les médecins spécialistes n\u2019a jamais été prévu pour dépasser la rémunération de l\u2019Ontario ou du reste du Canada », a réitéré M.Legault.En campagne électorale, le chef ca- quiste avait promis de récupérer la somme versée en trop aux médecins spécialistes par le gouvernement lors des dernières négociations, qu\u2019il évaluait à 1 milliard de dollars.De la poudre aux yeux ?La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ ) a indiqué mercredi soir que « l\u2019entente en vigueur ne prévoit aucune augmentation de la rémunération pour les médecins spécialistes jusqu\u2019en 2023 ».« Seules des sommes destinées à la gestion du réseau ou à des services directs aux citoyens, comme le déploiement de plans de couverture dans les spécialités de base, demeurent à être versées », a-t-elle précisé, appelant à mots couverts le gouvernement caquiste à verser les sommes prévues pour « ne pas affecter les patients ».M.Legault a demandé au président du Conseil du trésor, Christian Dubé, de «négocier une entente qui est raisonnable » avec la FMSQ, et ce, « le plus rapidement possible ».« On ne peut pas commencer les négociations tant qu\u2019on n\u2019a pas l\u2019étude comparative [du traitement des médecins spécialistes québécois et onta- riens] », a-t-il ajouté.À cet égard, M.Legault a annoncé que le gouvernement de Philippe Couillard n\u2019avait pas accordé le mandat d\u2019effectuer un tel exercice à l\u2019Institut canadien d\u2019information sur la santé (ICIS).« Malheureusement, on a eu une mauvaise surprise.En arrivant, on a vu que le mandat n\u2019avait pas encore été donné.[\u2026] On a été évidemment surpris, déçus », a-t-il expliqué aux journalistes.Médecins spécialistes : Québec suspend la hausse des salaires Selon lui, l\u2019équipe gouvernementale n\u2019avait « pas réussi à s\u2019entendre avec la FMSQ pour établir un devis ».« On va tout faire pour s\u2019entendre avec la FMSQ sur un devis, mais il faut que le dossier avance », a-t-il lancé.À la demande de M.Dubé, la négociatrice en chef du gouvernement Édith Lapointe devra trouver un terrain d\u2019entente avec la fédération médicale.La FMSQ a souligné mercredi soir que l\u2019étude comparative sur la rémunération des médecins « portera sur l\u2019ensemble du pays » et non seulement sur le Québec et l\u2019Ontario, ce qui risque de donner du fil à retordre à des chercheurs pressés par le temps.L\u2019opposition libérale a été incapable de dire si l\u2019étude comparative sur la rémunération des médecins québécois et ontariens a été commencée, ou même de confirmer que l\u2019ICIS a bel et bien été mandaté pour la faire.« Ce que je comprends, c\u2019est qu\u2019il y a entente entre le gouvernement, la FMSQ et l\u2019ICIS pour amorcer cette étude-là.À savoir exactement où ils en sont, la meilleure personne pour vous répondre, c\u2019est le gouvernement actuel et la FMSQ », a répété le nouveau critique libéral en santé, André Fortin.« Vous pourrez demander exactement à la FMSQ, à l\u2019ICIS et au gouvernement actuel où ils en sont rendus », a-t-il encore suggéré.« Il y avait une entente.À savoir où ils étaient rendus, les meilleures personnes pour vous le dire, c\u2019est le gouvernement et la FMSQ.» L\u2019ex-ministre de la Santé Gaétan Barrette a quant à lui déclaré qu\u2019il était possible que l\u2019ICIS ait été mandaté pour mener l\u2019étude, mais qu\u2019il ne l\u2019ait pas commencée.« Mais je peux vous dire une chose, selon les dernières informations que j\u2019avais lorsque j\u2019étais en poste [\u2026] les travaux qui mènent à l\u2019étude ont été commencés », a-t-il déclaré.Avec Marie-Michèle Sioui Le rôle des libéraux anglophones dans la nouvelle vision du parti sera de « s\u2019assurer que nous sommes bilingues », mais aussi d\u2019« assimiler la culture francophone le plus possible, que ce soit dans [notre] milieu de vie personnel, au travail ou autre », croit-elle.« Ça veut dire qu\u2019il faut parler en français, qu\u2019il faut travailler en français \u2014 ça, c\u2019est très important \u2014, mais aussi se réserver une place pour dire : je fais partie d\u2019une communauté minoritaire, alors j\u2019ai le droit et le choix d\u2019envoyer mes enfants à l\u2019école anglophone, par exemple.» Dans le même entretien, Jennifer Maccarone cite Justin Trudeau comme un modèle politique, car elle estime notamment qu\u2019il est « à l\u2019écoute de tous les citoyens », « jeune » et axé sur le « travail de terrain ».Sans craindre la contradiction, elle affirme être une consommatrice de culture québécoise, et cite avec auto- dérision son obsession du moment pour la téléréalité Occupation double.« Please don\u2019t put that in there ! » lance-t-elle en riant, dans l\u2019unique phrase qu\u2019elle prononcera en anglais au cours de la rencontre.« Mais c\u2019est ça, la vérité, admet-elle dans un fou rire.Je suis une semaine en retard, donc si jamais tu l\u2019écoutes, tu ne me dis rien ! » Reconnue pour sa pugnacité, Jennifer Maccarone dit avoir été pressentie pour faire le saut en politique par les libéraux fédéraux et provinciaux, mais aussi les péquistes.ALICE CHICHE LE DEVOIR En cinq points Âge: 48 ans Ville natale: Belœil Modèle politique: Justin Trudeau Profession: entrepreneure en communication marketing, puis présidente de l\u2019Association des commissions scolaires anglophones du Québec Enjeux qui la préoccupent: les personnes handicapées, la santé mentale, les commissions scolaires, la vie familiale Cannabis : Carmant veut hausser l\u2019âge légal « d\u2019ici 180 jours » Le ministre Lionel Carmant a dit mercredi qu\u2019il souhaitait resserrer l\u2019accès au cannabis, notamment en haussant de 18 à 21 ans l\u2019âge de consommation de la drogue douce, dans les 100 premiers jours du gouvernement Legault.Dans les 180 premiers jours\u2026 s\u2019est-il repris plus tard.L\u2019élu, qui s\u2019est vu confier le dossier du cannabis, a dit vouloir «éviter la banalisation et prévenir les effets délétères à long terme» de la consommation de cannabis.«Ce qui nous inquiète, ce sont les complications psychiatriques pour les jeunes», a expliqué le neurologue.Le nouveau ministre n\u2019appréhende pas un afflux d\u2019individus âgés de 18,19 et 20 ans, qui auraient fait l\u2019essai et pris goût au pot en toute légalité depuis le 17 octobre dernier, vers le marché noir lors de l\u2019entrée en vigueur de la loi plus restrictive de la CAQ.Le gouvernement Legault misera sur la prévention, mais aussi sur la répression, pour dissuader les «jeunes» de consommer de la marijuana, M.Carmant évoquant des «amendes».Le Devoir EN BREF Je suis nationaliste dans le sens où je veux protéger notre culture, notre éducation, mais c\u2019est sûr que je suis fière d\u2019être Canadienne JENNIFER MACCARONE » Il y a des augmentations prévues qui vont être mises en fiducie.Donc ça, ça ne sera pas donné à partir de maintenant.FRANÇOIS LEGAULT » "]
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.