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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2018-11-03, Collections de BAnQ.

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[" Recherche universitaire LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 NOVEMBRE 2018 CAHIER SPÉCIAL D Le contre-coup des catastrophes naturelles D 3 Dans les dédales du cerveau D 5 VOIR PAGE D 3 : POST-DOCTORAT On souffle du côté des chercheurs.Après les années Harper, qui avaient vu le financement de la recherche fondamentale réduite à la portion congrue, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé au printemps dernier qu\u2019il réinjecterait près de 4 milliards de dollars sur cinq ans, faisant passer le budget de la recherche scientifique à 3,8 milliards de dollars dès cette année.S\u2019il faudra attendre encore plusieurs années afin que cette décision se concrétise dans les résultats de recherche, force est de constater que, dans les laboratoires, c\u2019est l\u2019effervescence.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale « F aire de la recherche, pour une nation, c\u2019est primordial, affirme Vincent Larivière, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les transformations de la communication savante et directeur scientifique adjoint de l\u2019Observatoire des sciences et des technologies [OST].Bien sûr, il y a une question de prestige.Être rattaché à une découverte, gagner un prix Nobel, ça donne une certaine renommée.C\u2019est important aussi pour l\u2019enseignement puisque les résultats de recherche permettent de faire évoluer les cours, donc de mieux former les étudiants.Et puis, certaines découvertes peuvent aussi avoir un potentiel économique.» M.Larivière ajoute qu\u2019il faut également différencier ce que l\u2019on nomme communément les sciences dures des sciences humaines et sociales.Si les premières, qu\u2019il s\u2019agisse de mathématiques, de physique, de médecine ou encore de chimie, sont très internationales, dans le sens où le même sujet de recherche pourrait être mené en Russie et au Canada sans que cela ait un impact sur les résultats, les deuxièmes sont souvent bien plus locales.« La recherche nationale s\u2019intéresse à des problématiques nationales, explique-t-il.Chaque société a ses propres problématiques.Étudier l\u2019alcoolisme, le chômage, les discriminations et bien d\u2019autres sujets liés à l\u2019homme ne donnera pas les mêmes résultats en Russie et au Canada.Or, les gouvernements ont besoin de ces résultats de recherche pour mieux comprendre la société qu\u2019ils dirigent et ainsi mettre en place des politiques publiques à partir de données probantes.» Le cas des post-doctorats Mieux comprendre notre société et placer le Canada et le Québec comme des leaders mondiaux en matière d\u2019innovation et de recherche, voilà donc à quoi devraient servir les milliards de dollars réinjectés par Ottawa dans la recherche.Déjà, le taux de succès, à savoir les réponses positives aux demandes de subventions, a augmenté ces derniers mois, notamment dans le secteur des sciences sociales et humaines.Surtout, il semble y avoir un changement de stratégie au sein des organismes subventionnaires.« Il y a deux stratégies possibles pour délivrer des bourses, explique Vincent Larivière.Soit on mise uniquement sur l\u2019excellence et on attribue de gros montants à très peu de chercheurs aguerris.Soit on met l\u2019accent sur la découverte et on distribue des sommes plus petites à un plus grand nombre de chercheurs.Les fonds semblent vouloir aller dans la deuxième direction ces temps-ci et je crois que c\u2019est une bonne nouvelle.» M.Larivière indique qu\u2019ainsi les domaines de La recherche a besoin d\u2019un refinancement Le Canada produit 4 % des publications scientifiques dans le monde.Le Québec, à lui seul, est derrière 1 % des publications mondiales.Un pourcentage énorme, comparativement à son poids démographique.Coup d\u2019œil sur ce qui se fait chez nous en recherche universitaire, un domaine en pleine ébullition.En pleine ébullition DXL UNSPLASH J O E L F I L I P E U N S P L A S H M A G D A L I N E B O U T R O S Collaboration spéciale « J\u2019 a i t r a v a i l l é c o m m e u n dingue pendant toute ma carrière sans jamais penser que j\u2019aurais un prix comme celui-là», admet en entrevue André Gaudreault, professeur en études cinématographiques à l\u2019Université de Montréal.Lors d\u2019une réception organisée en mai à l \u2019Université de Montréal pour célébrer cet honneur qui couronne 35 ans de carrière, André Gaudreault n\u2019a pas hésité à lancer : « Si tous les primés méritent leur prix, tous ceux qui mériteraient un prix n\u2019en reçoivent pas nécessairement.» André Gaudreault estime que les planètes étaient en quelque sorte alignées en sa faveur.En l\u2019espace de quatre ans, cet éminent chercheur a cumulé les honneurs.En 2013, il devient fellow de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation, l\u2019année suivante, il est élu membre de la Société royale du Canada puis devient lauréat du prix ACFAS André- Laurendeau.En 2016, il est nommé chevalier de l\u2019Ordre des arts et des lettres par le ministère de la Culture de France et il reçoit en 2017 le prix Léon-Gérin, la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec dans les sciences humaines et sociales.«Lorsqu\u2019on reçoit un prix, ensuite on se fait plus remarquer, ce qui aide pour le suivant », glisse en entrevue André Gaudreault, dans un sursaut d\u2019humilité.La remise of fi- cielle du prix Killam se fera le 18 novembre à la résidence officielle du gouverneur général de la Nouvelle- Écosse.« Penser un jour qu\u2019il y aurait un prix Killam en études cinématographiques, c \u2019é ta i t i l y a quelques années encore de la pure rêverie ! » note M.Gaudreault.Les études cinématographiques ont connu « une naissance tardive », explique le professeur.Et dans cette pluie d\u2019honneurs, ce qui demeure le plus impor tant aux yeux d\u2019André Gaudreault, «c\u2019est la reconnaissance du champ des études cinématographiques ».« Ça confirme leur place dans l\u2019institution universitaire», souligne celui qui est également titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études cinématographiques et médiatiques.Les travaux d\u2019André Gaudreault portent principalement sur le cinéma des premiers temps, qui s\u2019étend des années 1890 à 1915, sur l\u2019avènement du montage, puis sur la transformation numérique survenue ces dernières années.« Je me suis intéressé au cinéma des premiers temps à une époque où celui-ci était mal vu et jugé inintéressant, sans valeur », explique-t-il.Le chercheur développe alors le concept de cinéma des attractions et fonde Domitor, l\u2019Association internationale pour le développement de la recherche sur le cinéma des premiers temps.« Le cinéma était d\u2019abord et avant tout un cinéma des attractions, c\u2019est-à-dire des films courts avec un événement qui menait à une chute abrupte », analyse le chercheur.« Plus tardivement, le cinéma a fini par intégrer les attractions à l\u2019intérieur d\u2019une couche narrative.Et encore aujourd\u2019hui, l\u2019attraction est encore très importante, mais elle est mise au service de la narration», poursuit M.Gaudreault.Au tournant des années 2000, le professeur en études cinématographiques plonge ses recherches dans le virage numérique qui bouleverse alors le milieu du cinéma.«C\u2019est estomaquant à quel point la naissance du cinéma et le virage numérique sont deux périodes qui se ressemblent », lance-t-il.De fil en aiguille, André Gaudreault devient un spécialiste du phénomène de transmission des opéras dans les salles de cinéma.«Non seulement la salle de cinéma n\u2019est plus une salle que de cinéma, mais en plus le cinéma n\u2019est plus présenté seulement dans les salles et dans les téléviseurs, mais aussi dans des conditions de visionnement qui sont totalement autres, par exemple sur les téléphones ou les tablettes», fait-il remarquer.« Mais ce n\u2019est pas la fin du cinéma », clame haut et fort celui qui explore les innovations technologiques sous un angle archéologique.« C\u2019est plutôt la fin d\u2019une certaine conception du cinéma.» En 2016, André Gaudreault a fondé le Laboratoire CinéMédias, qui englobe le Programme de recherche sur l\u2019archéologie et la gé- néa log ie du montage/edi t ing (PRAGM/e), le Groupe de re - cherche sur l\u2019avènement et la formation des institutions cinématographique et scénique (GRAFICS), le par tenariat international de recherche TECHNÈS et l\u2019Obser va- toire du cinéma au Québec.Dans les prochains mois, André Gaudreault s\u2019attellera à peaufiner une encyclopédie sur l\u2019évolution des technologies du cinéma qui sera publiée en ligne en collaboration avec d\u2019autres chercheurs internationaux, un outil décrit comme « une sorte de musée virtuel accessible à tous».Sans oublier que l\u2019auteur a déjà publié quatre ouvrages : Du littéraire au filmique.Système du récit (1988) ; Cinéma et attraction.Pour une nouvelle histoire du cinématographe (2008) ; La fin du cinéma ?Un média en crise à l\u2019ère du numérique (avec Philippe Marion, 2013) ; et Le récit cinématographique.Films et séries télévisées (avec François Jost, 1990 et 2017).R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 D 2 NOTRE LA RECHERCHE MOTEUR Pendant toute sa carrière, André Gaudreault a œuvré à élever les études cinématographiques au rang de sciences.Un apport monumental que le Conseil des arts du Canada vient de reconnaître en lui décernant le prestigieux prix Killam dans le domaine des sciences humaines; une distinction assortie d\u2019une bourse de 100 000$.Élever les études cinématographiques au rang de sciences JOSEPH PEARSON UNSPLASH « Je me suis intéressé au cinéma des premiers temps à une époque où celui-ci était mal vu et jugé inintéressant, sans valeur » R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 D 3 Des champs ont été ravagés par un orage violent à Nappierville, en août 2017.GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR recherche sont plus diversifiés.Il soutient également que pour faire des découvertes, il faut bien sûr une grande dose de recherche, mais qu\u2019il faut aussi une petite dose de chance.Et que plus il y a de chercheurs qui cherchent, plus la chance a de chance de survenir.Le portrait serait cependant trop beau s\u2019il n\u2019y avait pas un «mais».Le professeur explique que, s\u2019il y a encore un moment très difficile à passer pour les chercheurs, c\u2019est bien celui du post-doctorat.Ce moment de transition entre le doctorat et le poste d\u2019enseignant-chercheur, qui a tendance à s\u2019éterniser ces dernières années.«Dans le temps, on faisait un postdoc, indique-t-il.C\u2019était souvent l\u2019occasion de voyager, de se faire des relations professionnelles dans d\u2019autres pays et de se spécialiser.Sauf qu\u2019il y a de plus en plus d\u2019étudiants qui obtiennent un doctorat, et pas p lus de pos tes d \u2019ense ignants qu\u2019avant.Moins même que dans les années 1980.Résultat, il n\u2019est pas rare de demeurer une dizaine d\u2019années en post-doc, et les bourses qui y sont octroyées ne sont pas aussi intéressantes que celles des doctorants et des professeurs.» Rayonnement du Canada et du Québec Ces années de post-doctorat sont pourtant cruciales parce qu\u2019elles encouragent les futurs chercheurs à la coopération internationale entre laboratoires de par tout dans le monde.Cela est primordial pour faire avancer la science, mais aussi pour continuer à faire rayonner le Canada et le Québec.À ce propos, Vincent Larivière rappelle que, si l\u2019on excepte l\u2019Amérique de Donald Trump, la plupart des pays développés réinvestissent dans la recherche, et que l\u2019argent injecté par Ottawa permettra seulement de maintenir notre place sur l\u2019échiquier mondial, pas de l\u2019améliorer.Il précise d\u2019ailleurs que c\u2019est au- jourd\u2019hui la Chine qui produit le plus de connaissances.Le professeur s\u2019inquiète par ailleurs que dans le nouveau gouvernement Legault à Québec, le ministère de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation ait perdu la responsabilité de la science, au moins dans son titre.« Les mots ne sont pas anodins, conclut-il.Que signifie ce changement de dénomination ?Est-ce que la science est incluse dans l\u2019innovation ?Auquel cas, ça met de côté toute la recherche fondamentale.C\u2019est quelque chose à surveiller.» SUITE DE L A PAGE D 1 POST-DOCTORAT Faire rayonner le Québec les inondations de la vallée de l\u2019Ou- taouais sur venues au printemps 2017.Il rappelle que, 18 mois plus tard, nombreux sont ceux qui ne sont pas rentrés chez eux.« C\u2019est sûr que cela engendre du stress, commente-t-il.Beaucoup de Québécois n\u2019ont que leur maison comme patrimoine et, aujourd\u2019hui, elle ne vaut plus grand-chose.Cela est d\u2019autant plus vrai que les assurances au Canada ne couvrent pas le risque d\u2019inondation.C\u2019est donc au gouvernement d\u2019indemniser.Ça prend du temps et ce n\u2019est souvent pas à la hauteur des dommages réels.» Plusieurs suicides ont ainsi été constatés parmi les victimes de ces inondations.Philippe Gachon fait d\u2019ailleurs remarquer que les conséquences psychologiques des catastrophes naturelles sont très longues à guérir et que, huit à dix ans après les faits, le stress est parfois encore présent.L\u2019absence de suivi de la part des pouvoirs publics crée un sentiment d\u2019impuissance.Les populations déplacées se retrouvent également en situation de perte de repère.«Lorsque la catastrophe survient, les sinistrés sont souvent soutenus, mais très vite, ils sont livrés à eux- mêmes ou presque », note-t-il.Culture du déni Les médias, les représentants polit iques , l es ser v i ces de san té publique sont sur place dans les premiers jours.Une cellule de crise est la plupart du temps mise en place pour soutenir les victimes, les écouter.La solidarité nationale se met en branle.Et puis, chacun retourne à ses occupations, laissant les sinistrés seuls avec leurs problèmes.« C\u2019est d\u2019autant plus problématique chez les agriculteurs, ajoute M.Gachon.Ils perdent non seulement leur maison, mais aussi leurs terres, à savoir leur gagne-pain.Ils doivent attendre que l\u2019eau se retire.Mais, parfois, le sol a été contaminé par l\u2019inondation, et les séquelles durent pendant des années.» Cette incer titude engendre du stress, qui peut lui-même produire des problèmes physiques, comme des blessures, notamment chez les personnes âgées, pour qui il est moins facile de gérer le changement.Et si certains sont capables de résilience face à l\u2019adversité, face à la multiplication des catastrophes et alors que tout porte à croire que cela n\u2019est qu\u2019un début, d\u2019autres vivent dans la peur que cela ne recommence.« Malgré les aler tes cependant, en Amérique du Nord, nous avons encore la culture du déni, fait valoir M.Gachon.On ose encore croire que l\u2019on ne sera pas af fecté directement par les changements climatiques.Ça ne permet pas de développer un système de résilience collective.» Le professeur estime que certains pays européens sont bien plus avancés en la matière et ont mis en place une prévention plus efficace que ce qui se fait de ce côté-ci de l\u2019Atlantique.« Les populations sont mieux préparées, af firme-t-il.Au Canada, on fait dans la gestion de crise plutôt que dans la gestion du risque.C\u2019est une façon de faire qui n\u2019est pas sans conséquences.» « Il y a de plus en plus d\u2019étudiants qui obtiennent un doctorat, et pas plus de postes d\u2019enseignants qu\u2019avant » Si les conséquences économiques et environnementales des changements climatiques sont relativement bien documentées et très médiatisées, lorsque survient une catastrophe naturelle notamment, on s\u2019attarde généralement moins sur les conséquences psychologiques.Pourtant, les populations touchées par les sécheresses, les ouragans et autres inondations à répétition développent des pathologies psychologiques qui peuvent parfois mener au suicide.H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale S tress, dépression, choc post- traumatique, et même par fois suicide\u2026 les conséquences des catastrophes naturelles sur les humains ne sont pas à prendre à la légère, constatent les chercheurs.«Ce sont des gens qui, du jour au lendemain, perdent tout, explique Philippe Gachon, professeur au Département de géographie de l\u2019UQAM et spécialiste du risque climatique.Des gens qui parfois un, deux, trois ou cinq ans plus tard, n\u2019ont toujours pas récupéré leur maison.Des gens qui ont aussi des deuils à faire parfois.Et qui ne trouvent pas toujours le soutien adéquat au moment où ils en auraient besoin.» Les conséquences psychologiques des changements climatiques sont donc énormes.Énormes dans les pays en voie de développement parce que l\u2019appareil d\u2019État n\u2019est pas assez puissant pour apporter toute l\u2019aide nécessaire.M.Gachon explique ainsi qu\u2019en Afrique, les sécheresses tuent particulièrement parce que les populations sont vulnérables et peu mobiles et qu\u2019elles ont peu accès à des denrées qui viendraient de l\u2019extérieur.Il rappelle qu\u2019en Haïti, plus de huit ans après le tremblement de terre, bien des gens vivent encore sous des tentes et n\u2019ont pas accès à l\u2019eau potable.Mais il précise que les conséquences humaines sont considérables dans les pays riches également.« Il y a souvent moins de morts et de blessés dans les pays développés, mais ce n\u2019est pas une règle absolue, explique-t-il.Regardez ce qui s\u2019est passé en France le mois dernier avec la crue de l\u2019Aude.Quatorze personnes sont mortes.Au Québec, 80% des municipalités sont susceptibles d\u2019être touchées par des inondations à l\u2019avenir.Les inondations comptent d\u2019ailleurs pour 40% de toutes les catastrophes naturelles dans le monde.Elles totalisent 75% des coûts économiques et une grande part des morts et des blessés.» Des cas de suicide Avec d\u2019autres collègues de son département, Philippe Gachon étudie Le contre-coup des catastrophes naturelles La recherche en chiffres 43 640 C\u2019est le nombre de chercheurs que compte le Québec, sur les 160 000 qu\u2019héberge le Canada, en 2013.16 000 C\u2019est le nombre d\u2019articles scientifiques publiés au Québec en 2015, soit la moitié de l\u2019Ontario.Le Canada en a publié plus de 76 000, soit 4?% de toute la production mondiale.106 000 Le domaine biomédical est le plus fort au Québec en matière de publications.Entre 2009 et 2014, ce secteur a totalisé 106 000 publications, contre 38 000 pour les technologies de l\u2019information et des communications et 36 000 pour le génie, qui se classent respectivement 2es et 3es. S T É P H A N E G A G N É Collaboration spéciale L e 24 octobre dernier, le chercheur Federico Rosei remportait le prix John Wheatley remis par la Société américaine de physique (APS).Ce dernier prix d\u2019une longue série remis au chercheur reconnaît son approche innovatrice de l\u2019enseignement et les retombées de son travail dans les pays du Sud.Feder ico Rosei , professeur - chercheur de réputation internationale, est titulaire de la Chaire de l\u2019UNESCO sur les matériaux et la technologie pour la conversion, l\u2019économie et le stockage de l\u2019énergie depuis 2014.Il est aussi titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les matériaux nanostructurés depuis 2016.Enfin, il est directeur du Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l\u2019INRS.Malgré tous ces titres qui occupent beaucoup de son temps et sa charge de professeur, l\u2019intérêt de M.Rosei pour l\u2019encadrement des étudiants, étrangers ou pas, n\u2019a jamais diminué.C\u2019est la raison pour laquelle ce dernier prix le touche par ticulièrement.« J\u2019ai rencontré beaucoup de jeunes chercheurs à travers mes nombreux voyages dans le monde et j \u2019ai remarqué beaucoup d\u2019enthousiasme chez eux pour poursuivre des études supérieures en sciences», dit-il.On dit d\u2019ailleurs ceci de lui dans le communiqué annonçant le prix : « M.Rosei défend l\u2019importance et l\u2019urgence de combler l\u2019écar t en sciences entre les pays développés et ceux en développement.Pour y contribuer, il a organisé plus de 20 conférences en physique dans des pays en développement permettant des échanges fructueux et un ré- seautage international.» De la recherche sur de nouveaux matériaux Parallèlement à cela, M.Rosei est lui-même un chercheur passionné.Depuis 2001, i l s \u2019 intéresse aux nanomatériaux.Dernièrement, il effectue de la recherche fondamentale sur des nanostructures organiques.Ce monde de l\u2019infiniment petit pourrait avoir un fort potentiel d\u2019applications en nanoélectronique, notamment pour les dispositifs pho- tovoltaïques, les diodes électrolumi- nescentes (DEL) et les capteurs.« On n\u2019en est encore qu\u2019à l\u2019étape de la recherche et nos nanostructures ne remplaceront pas à court terme les traditionnels panneaux solaires au silicium, mais le potentiel est là », dit M.Rosei.La recherche nouvellement amorcée par l\u2019équipe de M.Rosei (en association avec le Centre d\u2019excellence en électrification des trans- por ts et en stockage de l\u2019énergie d\u2019Hydro-Québec) semble aussi très prometteuse.« Coupler le stockage de l\u2019énergie avec les sources d\u2019énergie renouvelables est primordiale, car ces énergies sont intermittentes, af firme le chercheur Rosei.Par exemple, le solaire ne produit pas d\u2019énergie la nuit et l\u2019éolien n\u2019en produit pas non plus lorsqu\u2019il n\u2019y a pas de vent.C\u2019est la raison pour laquelle il est essentiel de développer des dispositifs de stockage efficaces.» Un itinéraire impressionnant Lauréat de nombreux prix (qu\u2019il avoue être en bonne partie attribuables aux travaux de son équipe de 30 chercheurs), M.Rosei se considère comme privilégié et chanceux.« Lorsque je suis arrivé au Québec, en 2002, à 30 ans, détenteur d\u2019un doctorat en physique de l\u2019Université de Rome La Sapienza, je souhaitais survivre dans ma profession », relate-t-il.Embauché à l\u2019INRS très rapidement en 2002, il a fait son chemin.« Je suis devenu professeur, titulaire d\u2019une Chaire, puis de deux, et également directeur du Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l\u2019INRS.» Ses recherches sur les nouveaux matériaux pour les dispositifs pho- tovoltaïques, les matériaux nanos- tructurés et les dispositifs luminescents l\u2019ont amené à publier plus de 285 articles scientifiques, dont plusieurs dans de prestigieuses revues scientifiques.Jusqu\u2019ici, M.Rosei a été cité 10 700 fois dans la littérature scientifique.Il est d\u2019ailleurs membre de plusieurs sociétés et académies scientifiques à travers le monde, dont la Société royale du Canada et l\u2019Académie américaine pour l\u2019avancement des sciences.Enfin, il a reçu plus de 20 prix et distinctions au Canada et à travers le monde.R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 D 4 Dans les laboratoires du Centre Énergie Matériaux Télécommunications de l\u2019Institut national de la recherche scientifique (INRS), Federico Rosei et son équipe s\u2019activent à la recherche de nouveaux matériaux qui pourraient faire évoluer la conversion énergétique et le stockage, et accroître les économies d\u2019énergie.Le professeur-chercheur prend aussi vraiment à cœur l\u2019encadrement des jeunes chercheurs.Haro sur les nanomatériaux « Il est essentiel de développer des dispositifs de stockage [d\u2019énergie] efficaces » Frederico Rosei CHRISTIAN FLEURY R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 D 5 Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.Pour toute information sur le contenu, vous pouvez contacter Catherine Girouard, chargée de projets des publications spéciales, à cgirouard@ledevoir.com.Pour vos projets de cahier ou toute autre information au sujet de la publicité, contacter iDmedia@ledevoir.com.M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale À l\u2019Université de Sherbrooke, la recherche partenariale s\u2019inscrit dans une stratégie innovation, partenariat et entrepreneuriat en parallèle de laquelle « on a développé des thèmes fédérateurs interdisciplinaires qui viennent nourrir le réseau des par tenaires », explique Jean- Pierre Perreault, vice-recteur à la recherche et aux études supérieures.« Notre recherche est colorée par le contact qu\u2019on a quotidiennement avec les entreprises, les OBNL et les organisations gouvernementales dans lesquels nos étudiants participent à des stages coopératifs.Pour nous, la recherche se fait systématiquement en partenariat », ajoute-t-il.C\u2019est ce qui la rend per tinente et bien alignée sur les besoins de la société, « et c\u2019est notre désir en tant qu\u2019institution universitaire ».Bon an mal an, l\u2019Université propose près de 5000 stages.Si des étudiants partent aux quatre coins de la planète, d\u2019autres resteront dans la région de l\u2019Estrie : « Ces entreprises ont appris à travailler avec nous, tant pour leurs besoins de main- d\u2019œuvre immédiats que futurs.C\u2019est ce qui fait de nous un chef de file pour toute la région.» À l\u2019Université de Sherbrooke, la recherche partenariale s\u2019effectue à double sens.Comme l\u2019explique Jean-Pierre Perreault : « Soit l\u2019idée vient de notre communauté de recherche qui sollicite des partenariats, soit, à l\u2019inverse, un groupe de partenaires détermine les besoins de l\u2019entreprise et fait le maillage avec les chercheurs en l\u2019interne.» Dans les faits, c\u2019est toute une équipe d\u2019intervention en innovation qui est chargée d\u2019accélérer le développement de projets de recherche estriens.Composée de professionnels de recherche, elle permet de diversifier les champs d\u2019intervention et de faire le pont entre la communauté de recherche de toutes les facultés et la communauté des affaires.«Ces gens trouvent les conditions gagnantes pour qu\u2019une collaboration se concrétise », précise le vice-recteur.Mitacs est un organisme canadien qui appuie la recherche universitaire par différents programmes de partenariats d\u2019innovation industrielle et sociale : « Avec ce programme, l\u2019Université va chercher plus de 4 millions de dollars par année », cite fièrement en exemple le professeur en indiquant que « c\u2019est pas mal pour une petite université comme Sherbrooke ! » L\u2019Université de Sherbrooke déboulonne ce mythe qui veut que la recherche universitaire soit complètement déconnectée de la réalité.Jean- Pierre Perreault en est convaincu ; cette manière de faire nourrit les activités de recherche, mais aussi toute la société : « Ça permet de préparer nos f inissants à être f in prêts lorsqu\u2019ils arrivent sur le marché du travail au jour un, ils sont là !» Des partenaires partout La recherche nourrit l\u2019entreprise, qui nourrit la recherche Pour éviter cela, il faut procéder avec doigté et surtout en comptant sur des données précises, obtenues de manières non invasives.Le professeur Lina a développé avec Christophe Grova, un collègue de l\u2019Université Concordia, une approche aidant à évaluer les régions cérébrales responsables de l\u2019épilepsie.Cependant, les connaissances évoluent sans cesse.Les chercheurs croient aujourd\u2019hui que l\u2019épilepsie est peut-être plus liée à l\u2019activité intégrée que locale.Cela pourrait compliquer la chirurgie de l\u2019épilepsie, puisque cela signifierait qu\u2019opérer une seule région ne suffirait plus pour guérir le patient.« Mon travail consiste justement à déterminer si l\u2019épilepsie est liée au réseau ou à une région du cerveau en particulier, il reste du travail à faire sur ce plan», précise le professeur.Sommeil réparateur Si le professeur Lina a consacré de nombreuses recherches à l\u2019épilepsie, il a un nouveau sujet d\u2019étude depuis quelques années : les troubles du sommeil.La nuit fait bien plus que porter conseil.Pendant notre sommeil, le cerveau accomplit de nombreuses tâches impor tantes, comme éliminer les bêta-amyloïdes.Cette protéine cérébrale est toxique, et de nombreuses recherches la lient au développement de la maladie d\u2019Alzheimer.Pendant la nuit, le cerveau consolide aussi la mémoire, améliorant ainsi les capacités d\u2019apprentissage et l\u2019activité cognitive.M.Lina collabore avec la chercheuse de l\u2019Université de Montréal, Julie Carrier, grande spécialiste canadienne des troubles du sommeil.Avec les outils de mesure électromagnétiques, ils tentent de décoder le sommeil et le vieillissement.En vieillissant, l\u2019individu voit son sommeil s\u2019altérer et l\u2019anatomie même de son cerveau se modifier.Les chercheurs souhaitent comprendre le sommeil et le vieillissement normaux, afin de décoder les signaux d\u2019apparition de pathologies comme la maladie de Parkinson ou d\u2019Alzheimer.« Le sommeil constitue un magnifique laboratoire, car l\u2019activité cérébrale n\u2019y est plus dirigée par l\u2019individu, elle fonctionne en roue libre », souligne M.Lina.En rêvant un peu, le chercheur pense qu\u2019il sera peut-être possible un jour d\u2019agir pendant le sommeil, à l\u2019aide d\u2019appareils, afin de pallier les déficits du cerveau vieillissant.Il aimerait aussi contribuer au développement d\u2019applications permettant, grâce à des mesures électromagnétiques, de détecter l\u2019arrivée de pathologies comme la maladie d\u2019Alzheimer ou de Parkinson avant même l\u2019apparition des premiers symptômes ou encore d\u2019analyser la qualité du sommeil à partir d\u2019un matelas équipé de capteurs.« Nous avons la chance, à Montréal, d\u2019avoir une masse critique en neurosciences avec beaucoup de ressources, tant sur le plan des chercheurs que des équipements, et nous réussissons assez bien à faire fructifier toute cette exper tise », conclut-il.ISTOCK J E A N - F R A N Ç O I S V E N N E Collaboration spéciale D epuis 20 ans, le professeur en génie électrique de l\u2019École de technologie supérieure (ETS) Jean- Marc Lina s\u2019intéresse au potentiel de la neuro-imagerie électromagnétique pour résoudre l\u2019énigme du cerveau humain.« Nous pouvons au- jourd\u2019hui mesurer assez précisément le processus bioélectrique de l\u2019activité cérébrale à l\u2019extérieur de la tête, et mon travail consiste notamment à interpréter ces signaux électriques et à contribuer à l\u2019utilisation de ces connaissances dans des applications biomédicales», explique-t-il.Le chercheur utilise avec l\u2019élec- troencéphalographie (EEG) une méthode qui consiste à placer des électrodes sur le cuir chevelu d\u2019un individu afin de capter les signaux électriques de son cerveau.Il emploie aussi une méthode moins répandue et plus coûteuse : la magné- tocéphalographie (MEG).Il n\u2019existe que deux machines à Montréal pour produire des mesures de ce type.Il s\u2019agit de mesurer les champs magnétiques produits par l\u2019activité électrique des neurones du cerveau, lesquels se comptent par milliards.Ensemble, toutes ces données aident à cartographier assez précisément le fonctionnement du cerveau.« Il y a dans le cerveau des activités localisées, raconte le chercheur.Par exemple, lorsque vous écoutez quelqu\u2019un, la région responsable de l\u2019audition s\u2019active, de même qu\u2019une autre région plus frontale, laquelle aide à comprendre ce qui est dit.Cependant, il y a aussi un réseau de communications, dont le rôle est d \u2019 in tégr er l \u2019 ensemble de ces tâches.» Décoder l\u2019épilepsie Les travaux de M.Lina visent notamment à améliorer les chirurgies effectuées sur des patients épileptiques.L\u2019épilepsie se contrôle avec des médicaments, mais certains patients ne réagissent pas à ces traitements.La chirurgie devient donc l\u2019ultime recours pour ces malades «pharmacorésistants».Cependant, il faut pouvoir reconnaître les zones du cerveau responsables de la maladie et opérer sans affecter d\u2019autres régions, par ailleurs essentielles au bon fonctionnement de l\u2019individu.Lorsque le Dr Wilder Penfield (1891-1976) commence à effectuer des opérations au cerveau sur des patients épileptiques au milieu du siècle dernier, il réussit à atténuer les symptômes de l\u2019épilepsie chez plusieurs d\u2019entre eux.Toutefois, certains souf frent ensuite de paralysie, de troubles du langage ou de problèmes de mémoire.Dans les dédales du cerveau Un chercheur montréalais sonde l\u2019activité cérébrale grâce à l\u2019électricité et au magnétisme « Le sommeil constitue un magnifique laboratoire » Le campus de l\u2019Université de Sherbrooke, à Longueuil JACQUES GRENIER LE DEVOIR A L I C E M A R I E T T E Collaboration spéciale Q ue cela soit au sein de la Faculté des arts et des sciences, de l\u2019École de génie et d\u2019informatique Gina-Cody, de la Faculté des beaux- arts ou de l\u2019École de gestion John- Molson, chercheurs, professeurs et étudiants sont très actifs en re- cher che e t en c réa t ion .« Au - jourd\u2019hui, la recherche à Concordia est très importante et en pleine croissance, avec des objectifs, annoncés il y a quelques années, de la doubler», lance d\u2019emblée Christophe Guy, vice- recteur à la recherche et aux études supérieures de l\u2019Université Concor- dia, soulignant au passage le soutien important de toute la communauté universitaire.Des secteurs porteurs Plus particulièrement, Christophe Guy mentionne cinq secteurs pour lesquels l\u2019université fait des efforts importants.« Cela fait partie de notre volonté de nous identifier aux domaines qui sont à la fine pointe de la recherche et de la technologie », précise-t-il.Le premier, la biologie synthétique, répond à plusieurs enjeux planétaires, comme la sécurité alimentaire, le changement climatique ou la santé humaine, à travers l\u2019élaboration de nouveaux médicaments.« C\u2019est un domaine en plein essor et nous sommes pratiquement les seuls au Québec et parmi les rares au Canada à faire de la recherche dans ce secteur », annonce Christophe Guy.D\u2019ailleurs, Concor- dia abrite depuis l\u2019été dernier une fonderie de génomes.Premier laboratoire du genre au pays, il permet notamment l\u2019automatisation afin d\u2019accélérer la recherche en biologie synthétique.L\u2019autre élément sur lequel l\u2019Université se penche particulièrement est l e concep t de v i l l e in te l l i - gente.« C\u2019est un secteur important pour nous, car on l\u2019aborde dans chacune des facultés avec des réalités particulières, nous voulons ainsi traduire la volonté de Concordia d\u2019aborder d e s p r o b l é m a t i q u e s d e n o t r e époque selon une approche transdisciplinaire », défend M.Guy.La chaire d\u2019excellence en recherche du Canada (CERC) sur les collectivités et les villes intelligentes, durables et résilientes de Concordia va sans doute permettre une avancée fulgurante dans le domaine.L\u2019Université parachève actuellement le processus de nomination du titulaire, un poste assor ti d\u2019un financement de 10 millions de dollars réparti sur sept ans.Le secteur aérospatial est aussi très dynamique en matière de recherche à Concordia, qui est notamment impliqué dans le Consor tium de recherche et d\u2019innovation en aérospatiale au Québec (CRIAQ).«Nombre de nos chercheurs et activités dans ce domaine ont des projets qui répondent aux besoins du secteur industriel », assure le vice-recteur.Par ailleurs, les arts numériques prennent aussi une place importante de la recherche à l\u2019Université, avec des créateurs dans la culture numérique allant des textiles intelligents aux ar ts comme le cinéma ou la musique en passant par les jeux numériques.« Et finalement, même si nous n\u2019avons pas de faculté de médecine, la santé préoccupe beaucoup nos chercheurs, à travers le volet de la santé mentale », détaille M.Guy.Avec sa clinique de sommeil et celle de nutrition, ou encore le centre de recherche sur le vieillissement engAGE de Concordia, la santé mentale est au cœur de nombre de recherches universitaires.Au Québec et au Canada « Le Québec s\u2019est démarqué plus que les autres, puisque nous avons eu des fonds subventionnaires de recherche avant les autres provinces canadiennes », rappelle Christophe Guy.Il af firme que le Québec a toujours favorisé, particulièrement depuis les années 2000, une approche de la recherche universitaire en collaboration avec le tissu social et industriel.Il prend l\u2019exemple des consortiums québécois, comme le CRIAQ.« Il oblige à faire travailler ensemble deux universités et deux entreprises.Cela a donné un essor important à la recherche universitaire au Québec, car ce travail nous a permis de mieux nous positionner par rapport au reste du Canada.En travaillant avec d\u2019autres, cela nous a permis d\u2019être meilleurs », croit-il.De même au niveau fédéral, avec notamment le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), qui permet le travail en réseau.D\u2019ailleurs, le financement fédéral a lui aussi évolué ces dernières années, toujours selon M.Guy.«Si on se compare à d\u2019autres, ce n\u2019est pas trop mal, même si on voudrait être plus haut dans les classements, surtout que le Canada l\u2019a été par le passé», pense-t-il.Pour lui, même si le pays peut mieux faire, «on fait de la très bonne recherche au Canada».R E C H E R C H E L E D E V O I R , L E S S A M E D I 3 E T D I M A N C H E 4 N O V E M B R E 2 0 1 8 D 6 www.pum.umontreal.ca Un secteur en pleine croissance « Nombre de nos chercheurs et activités dans ce domaine ont des projets qui répondent aux besoins du secteur industriel » Concordia abrite depuis l\u2019été dernier une fonderie de génomes.Premier laboratoire du genre au pays, il permet notamment l\u2019automatisation afin d\u2019accélérer la recherche en biologie synthétique.UNIVERSITÉ CONCORDIA "]
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