Le devoir, 9 novembre 2018, Cahier A
[" VOL.CIX NO 255 / LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.B8 Culture .B1 Décès .A6 Économie.B6 Éditorial .A8 Grille TV.B2 Idées.A9 Météo .B9 Monde.A6 Mots croisés.B9 Sports.B9 Sudoku .B9 ACTUALITÉS #MoiAussi a eu plus de résonance au Québec qu\u2019ailleurs au Canada | A 5 WEEK-END Un billet pour le ciel.À la rencontre d\u2019Éris, de Makémaké, Quaoar et Sedna.FRANÇOIS DESJARDINS LE DEVOIR Rencontrés aux abords du complexe de Bombardier dans l\u2019arrondissement de Saint-Laurent, où se trouve un centre de développement de produits reposant sur des cerveaux d\u2019ingénieurs, les employés sortis pour manger n\u2019avaient pas encore toutes les réponses à leurs questions jeudi midi, mais l\u2019un d\u2019eux a résumé ainsi ce qu\u2019il voit comme une trame de fond.«Ça arrive tous les deux ans.C\u2019est devenu une routine.» Concentrée plus que jamais sur le resserrement de ses coûts, Bombardier a pris les milieux politique et syndical de court jeudi matin en annonçant la suppression prochaine de 5000 postes, dont 2500 au Québec, et la vente de deux morceaux de l\u2019entreprise \u2014 les avions Q400 et un programme de formation \u2014 afin de se dégager des marges de manœuvre supplémentaires.Alors que le président de la société a mentionné la fin des grands investissements et la concrétisation de la «pleine valeur du portefeuille» de Bombardier, Bombardier élimine 5000 emplois Au Québec, 2500 postes seront abolis d\u2019ici 12 à 18 mois, principalement dans le secteur aéronautique Le gouvernement a adopté une loi en 1935 afin de protéger le patrimoine de l\u2019île d\u2019Orléans alors menacé par le trafic automobile.FRANCIS VACHON LE DEVOIR Sexualité, une histoire des sociétés CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Même avec l\u2019imagination la plus débridée, la variété d\u2019actes sexuels possibles entre deux êtres humains demeure limitée, n\u2019est-ce pas ?Pourtant, les sociétés humaines ont traité ces actes de façon très différente à travers les âges.C\u2019est ce que dévoile le livre Une histoire des sexualités, dirigé par Sylvie Steinberg, aux Presses universitaires de France, qui survole quelques millénaires de sexualité en Europe occidentale.Dans cette longue histoire, le récent mouvement #MoiAussi sera-t-il plus qu\u2019un simple sursaut ?Chez les Grecs, l\u2019idée d\u2019une sexualité heureuse n\u2019était pas pensée à l\u2019intérieur du couple, où la fidélité n\u2019était d\u2019ailleurs pas liée à l\u2019amour.En entrevue, Sylvie Stein- berg ajoute que les Romains condamnaient le sexe oral parce qu\u2019il souillait l\u2019organe de la parole, cette fonction supérieure, ou que la stimulation du plaisir féminin pendant l\u2019acte sexuel a été encouragée en Occident jusqu\u2019au XIXe siècle.C\u2019est au cours de ce siècle, pas si lointain d\u2019ailleurs, que le diktat biblique « tu enfanteras dans la douleur » a été pris au mot par les ISABELLE PORTER DAVE NOËL À QUÉBEC LE DEVOIR C\u2019est maintenant clair : le gouvernement de François Legault n\u2019exclut pas de faire passer le troisième lien par l\u2019île d\u2019Orléans.Sur place, on commence à peine à mesurer les implications d\u2019un tel projet.« On a été élevés en se faisant dire que l\u2019île, c\u2019était différent, c\u2019était beau, c\u2019était patrimonial, lance le préfet de l\u2019île d\u2019Orléans, Harold Noël, lors d\u2019un entretien jeudi.Il ne faut pas, pour de quelconques fins, tasser ça.» La veille, tous les élus de l\u2019île avaient discuté, en réunion, des plus récents propos du ministre des Transports, François Bonnardel.Ce dernier avait annoncé que le projet du troisième lien routier et la réfection du pont seraient étudiés conjointement.La première pelletée de terre, a-t-on promis, se fera d\u2019ici la fin du mandat.Depuis que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) a pris la décision de construire le lien routier à l\u2019est de Québec et nulle part ailleurs, cela le rapproche beaucoup du pont de l\u2019Île-d\u2019Orléans, qui doit être remplacé.Pour le ministère, il s\u2019agit dès lors de faire d\u2019une pierre deux coups.Troisième lien ou pas, les habitants de l\u2019île sont pressés de voir leur pont remplacé.Le maire Noël, qui est également maire de Sainte-Pétronille, souligne qu\u2019il a été rassuré d\u2019entendre M.Bonnardel dire que le nouvel ouvrage serait construit entre 2021 et 2024.Vieux de plus de 80 ans, le pont à deux voies a atteint sa durée de vie utile depuis près de dix ans.Plusieurs automobilistes en ont même peur.On l\u2019a oublié, mais sa construction en Touche pas à mon île ! Des résidents de l\u2019île d\u2019Orléans s\u2019inquiètent des projets routiers de la CAQ TROISIÈME LIEN 1935 avait entraîné une prise de conscience de la valeur du patrimoine au Québec.La même année, le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Ta- schereau avait adopté la Loi concernant l\u2019île d\u2019Orléans afin de préserver les attributs ruraux du territoire désormais menacé par le trafic automobile.C\u2019est dans le moule de cette législation que sera développé le concept d\u2019arrondissement historique dans les années 1960.Où pourrait-il passer ?Le maire Noël, dont la famille est présente sur l\u2019île depuis onze générations, prévient qu\u2019on ne pourra pas faire n\u2019importe quoi sur le territoire.« L\u2019île d\u2019Orléans est un arrondissement historique, et c\u2019est évident qu\u2019on est chatouilleux sur ça.» de plus en plus tourné vers les avions d\u2019affaires et le matériel roulant, le premier ministre François Legault a parlé d\u2019une «journée triste», promettant de tout faire pour minimiser les pertes d\u2019emplois.Les abolitions de postes, qui se convertiront en économies de 250 millions par année à terme, auront lieu sur 12 à 18 mois, mais plusieurs croient que les employés se retrouveront vite un emploi, compte tenu de la santé de l\u2019industrie.L\u2019entreprise montréalaise, qui se trouve dans la dernière ligne droite d\u2019un redressement devant aboutir en 2020, a fait les annonces en même temps que la publication d\u2019un bénéfice net au troisième trimestre.Puisque l\u2019entreprise a tourné la page sur les investissements majeurs, a dit son président Alain Belle- mare, il faut redéployer des ingénieurs aéronautiques vers la division des avions d\u2019affaires.Le programme CSe- ries a été cédé à Airbus en juillet.VOIR PAGE A 10 : EMPLOIS VOIR PAGE A 5 : SEXUALITÉ À LIRE AUSSI : « BOMBARDIER L\u2019INGRATE », L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC PAGE A 8 Les abolitions de postes permettront à Bombardier d\u2019économiser 250 millions par année VOIR PAGE A 2 : ÎLE L\u2019île d\u2019Orléans est un arrondissement historique, et c\u2019est évident qu\u2019on est chatouilleux sur ça HAROLD NOËL » ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 La mairesse Valérie Plante a déposé un budget de 5,7 milliards, en hausse de 4,3 %.JACQUES NADEAU LE DEVOIR « Les gens viennent ici pour le cachet » ÎLE SUITE DE LA PAGE A 1 La valeur patrimoniale de l\u2019île d\u2019Orléans découle d\u2019abord de son parc immobilier, qui comprend plusieurs églises et maisons du Régime français.Le territoire orléanais se distingue également par ses paysages agricoles et sa valeur de symbole pour les descendants de 300 familles souches établies au Canada dans le courant du XVIIe siècle.Mais encore, quelle forme pourrait prendre le raccordement du troisième lien à l\u2019île ?« Il y a 172 options qui pourraient être analysées, mais pour nous, c\u2019est évident, il ne faut pas toucher à l\u2019intégrité de l\u2019île », poursuit le maire Noël.Certains se demandent si le troisième lien ne pourrait pas longer la côte ouest de l\u2019île, sur le rivage.On parle aussi d\u2019un tunnel que les gens emprunteraient une fois le nouveau pont de l\u2019île traversé.C\u2019est manifestement l\u2019option que préfère le maire.« L\u2019une des seules possibilités qu\u2019on voit en ce moment, c\u2019est de passer en dessous de l\u2019île.Ça, si c\u2019est bien fait, on va bien réagir.» Quant à l\u2019idée d\u2019une grande route traversant l\u2019île vers Lévis, « ça ne passera pas », croit-il.« Notre réseau routier ne peut pas endurer ça.Il ne faut pas arriver avec une desserte qui va multiplier par deux le nombre de voitures qui vont venir.» À l\u2019heure actuelle, une seule route permet de traverser l\u2019isle de Bacchus du nord au sud : la route Prévost, qui permet d\u2019accéder au pont actuel.Les deux autres sont fermées l\u2019hiver.Le resto-pub L\u2019O2 L\u2019île est situé sur le bord de cette route.Entre deux services aux tables, la serveuse, Céline Paquette, a bien voulu partager ses impressions sur le projet.«Ce ne serait pas une bonne chose pour l\u2019île.Ça enlèverait tout le charme », dit-elle.« Moi la première, je la défendrais.» Un client assis au bar semblait du même avis.« Impossible », dit-il.Originaire de Montréal, Mme Paquette est venue s\u2019installer à l\u2019île il y a une dizaine d\u2019années.Avant cela, elle venait y visiter sa grand-mère chaque année.« Les gens viennent ici pour le cachet.Il n\u2019y a aucune chaîne ici à part la station-service et la pharmacie.» Mais tous ne l\u2019entendent pas ainsi.La patronne du restaurant, Sonia Daudignon, pense que ce serait super.« L\u2019île serait beaucoup moins isolée l\u2019hiver », dit-elle spontanément.Et le cachet ?Y perdrait-il ?« Non, pourquoi ?Le cachet, ça se préserve.Ce n\u2019est pas un problème.C\u2019est grand, quand même.[\u2026] Nous, comme commerçants, c\u2019est sûr qu\u2019on ne dira pas le contraire.» Un symbole Pour les défenseurs du patrimoine, tout cela est évidemment très inquiétant.L\u2019historien Pierre Lahoud, qui vit à l\u2019île depuis 40 ans, craint le pire.« L\u2019île, c\u2019est un symbole.Dans l\u2019imaginaire des Québécois, c\u2019est exceptionnel, c\u2019est unique.» Pas de doute, dit-il, Félix Leclerc se retourne dans sa tombe.L\u2019historien et photographe craint particulièrement que le troisième lien longe l\u2019île à partir des berges à l\u2019ouest (avec une voie de raccordement vers le pont, par exemple).«Ça serait catastrophique, parce qu\u2019on est sur le bord de l\u2019eau.Ce serait pire parce que là, on vient bloquer carrément le paysage.» Il songe par exemple aux panoramas comme celui de la rue Horatio- Walker, à Sainte-Pétronille, où la vue s\u2019étend de Lévis jusqu\u2019au mont Sainte-Anne.«Là, il n\u2019y aurait plus de villégiature.Tout ce qu\u2019on verrait, c\u2019est une autoroute.» M.Lahoud croit qu\u2019un tel projet pourrait être accepté par la population de l\u2019île.Malgré le statut de site patrimonial de l\u2019île, il ne voit pas non plus comment cela pourrait être stoppé.« Le ministère de la Culture pourrait s\u2019opposer, mais on s\u2019entend qu\u2019il ne s\u2019opposera pas.» Questionné mercredi sur le patrimoine de l\u2019île d\u2019Orléans, le ministre François Bonnardel a dit que «pour lui, c\u2019était important», tout comme «l\u2019acceptabilité sociale».«On va parler à tout le monde sur l\u2019île quand on aura défini où passera ce futur troisième lien.Ils peuvent être assurés de ma collaboration.» Les hausses de taxes Ahuntsic-Cartierville : +1,58 % Anjou : +1,66 % Côte-des-N.\u2013N.D.G.: +2,75 % Lachine : +0,55 % LaSalle : +1,44 % L\u2019Île-Bizard\u2013Ste-Gen.: +2,53 % Mercier\u2013Hoch.-Mais.: +1,78 % Montréal-Nord : +1,28 % Outremont : +2,03 % Pierrefonds-Roxboro : +1,11 % Plateau-Mont-Royal : +2,12 % RdP\u2013PaT : +0,63 % Rosemont\u2013P.-Patrie : +2,58 % Saint-Laurent : +1,36 % St-Léonard : +0,81 % Sud-Ouest : +1,83 % Verdun : +1,19 % Ville-Marie : +1,41 % Villeray\u2013St-Mi.\u2013P.-Ext.: +2,16 % Moyenne montréalaise : +1,7 % JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR MONTRÉAL La hausse de taxes épouse le taux d\u2019inflation La Ville allège le fardeau fiscal des commerçants des crédits supplémentaires de 40,6 millions à l\u2019habitation.La mairesse Plante insiste aussi sur l\u2019importance de lutter contre les changements climatiques.Le programme triennal d\u2019immobilisations (PTI) 2019- 2021 prévoit une somme de 60 millions sur trois ans pour l\u2019acquisition de milieux naturels.Le geste est important, estime le responsable des grands parcs au comité exécutif, Luc Ferran- dez.« C\u2019est substantiel.Pendant des années, on a dépensé 3 millions par année dans l\u2019achat de terrains.On passe à 20 millions d\u2019acquisitions par année, auxquels s\u2019ajoutent 6 millions pour [l\u2019achat de] terrains en rive.» Le PTI prévoit aussi 56,8 millions pour la mise aux normes des grands parcs et 57 millions pour un nouveau programme destiné à la réfection de parcs locaux.L\u2019opposition L\u2019opposition à l\u2019Hôtel de Ville ne partage pas l\u2019enthousiasme de l\u2019administration et s\u2019inquiète du niveau d\u2019endettement de la Ville.« L\u2019administration utilise sa carte de crédit pour payer l\u2019épicerie d\u2019aujourd\u2019hui », croit le chef d\u2019Ensemble Montréal, Lionel Perez.Les éloges sont plutôt venus de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et de son président.« C\u2019est un budget de finances publiques municipales robuste, en contrôle, avec un signal très clair pour les petits commerçants : la Ville veut les aider », a dit Michel Leblanc.P.-d.g.de l\u2019Institut de développement urbain du Québec, André Bois- clair se dit lui aussi satisfait.« On sent une administration qui est à l\u2019écoute, qui a complètement changé de perspective et qui donne enfin un répit aux petits commerçants », a-t-il indiqué, tout en admettant que la situation au centre-ville demeure préoccupante.L\u2019administration Plante-Dorais a tenu promesse et limitera la hausse moyenne des taxes des propriétaires montréalais du secteur résidentiel à 1,7 %, ce qui correspond au taux d\u2019inflation anticipé pour 2019.La Ville donnera aussi un coup de pouce aux commerçants et plus de la moitié d\u2019entre eux bénéficieront d\u2019une baisse des charges fiscales de 10 %.Le deuxième budget de l\u2019administration Plante-Dorais atteint 5,7 milliards, soit une hausse de 4,3 % par rapport au précédent.Si l\u2019administration a choisi de geler le taux de taxe foncière générale, elle a en revanche augmenté la taxe de l\u2019eau de 1 % et celle de voirie de 0,05 %, en plus d\u2019introduire une nouvelle taxe pour la création de l\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM), qui équivaut à une hausse de 0,35 % de l\u2019impôt foncier.Les augmentations de taxes pour le secteur résidentiel atteignent donc 1,7 % en moyenne et celles du secteur non résidentiel oscilleront autour de 1,3 %.Ainsi, pour une propriété moyenne de 432 000 $, la hausse de taxes sera de 63 $.« Ce budget 2019 rompt clairement avec le passé.Il est résolument à l\u2019image de notre administration, pro- économie et pro-écologie », a déclaré la mairesse Valérie Plante mercredi.De plus, dès 2019, les Montréalais pourront payer leur compte de taxes en six ou onze versements, au lieu de deux.Commerçants Montréal souhaite aussi donner un répit aux commerçants et accordera une réduction de la taxation de 10 % pour la première tranche de 500 000 $ et moins de l\u2019évaluation foncière.Cela signifie que 90 % des propriétaires d\u2019immeubles non résidentiels profiteront d\u2019un allégement fiscal.La Ville estime que pour 57 % d\u2019entre eux, soit 22 800 commerçants, la baisse sera de 10 %.À titre d\u2019exemple, pour un immeuble non résidentiel d\u2019une valeur de 450 000 $, la baisse de taxes atteindra 1620 $.« Ce budget montre qu\u2019on a entendu les Montréalais », a souligné Valérie Plante.De nombreux commerçants sont locataires, mais la Ville soutient qu\u2019une majorité des baux leur permettront de bénéficier d\u2019une baisse de taxes dès 2019.Le budget de la Ville prévoit par ailleurs un montant de 5,2 millions en 2019 pour venir en aide aux commerçants qui subissent les chantiers.Les modalités du programme, lequel sera rétroactif au 1er janvier 2016, seront dévoilées le 14 novembre prochain.Les budgets des arrondissements connaîtront une hausse de 25,1 millions, tout comme celui de la sécurité publique.Montréal accorde également 1,7 % Hausse moyenne de l\u2019impôt foncier du secteur résidentiel « L\u2019une des seules possibilités qu\u2019on voit en ce moment, c\u2019est de passer en dessous de l\u2019île.Ça, si c\u2019est bien fait, on va bien réagir », dit le préfet de l\u2019île, Harold Noël.FRANCIS VACHON LE DEVOIR ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Il n\u2019y a pas qu\u2019au Québec que la légalisation du cannabis s\u2019est soldée par des pénuries.Toutes les autres provinces consultées par Le Devoir rapportent qu\u2019elles ont elles aussi manqué de produits de cannabis depuis trois semaines, car les producteurs n\u2019ont livré qu\u2019une partie de la quantité qui leur avait été commandée.Un tour d\u2019horizon pancanadien révèle que les consommateurs de cannabis du reste du Canada se sont eux aussi heurtés à des portes closes de magasins ou des sites Internet en rupture de stock.D\u2019est en ouest, les sociétés de vente de cannabis admettent ne pas avoir reçu les milliers de kilogrammes de marijuana attendus.Au Nouveau-Brunswick, Cannabis NB s\u2019est vu livrer « seulement 20-30 % de la livraison commandée au départ pour la date de lancement [de la légalisation du cannabis] le 17 octobre », explique au Devoir la porte-parole de la société, Marie-Andrée Bolduc.Résultat, neuf des vingt magasins de la province sont demeurés fermés lundi matin, faute de stock.Deux d\u2019entre eux n\u2019avaient toujours pas rouvert leurs portes jeudi.Même scénario en Nouvelle-Écosse, où trois succursales de vente de cannabis ont été contraintes de fermer leurs portes plus tôt que prévu une journée, en réduisant leurs heures d\u2019ouverture de quatre à six heures.« Puisque nous avons reçu moins de 40 % des produits que nous avions commandés, nous avons connu des pénuries d\u2019huiles, de gels et de paquets d\u2019un gramme », rapporte Beverley Ware de la Nova Scotia Liquor Corporation.Et la situation a été la même dans l\u2019Ouest, admet la société albertaine qui gère le dossier, l\u2019Alberta Gaming, Liquor and Cannabis.« Compte tenu des problèmes d\u2019approvisionnement, l\u2019AGLC n\u2019a pas reçu tous les produits qui avaient été convenus avec les producteurs autorisés.Du coup, nous nous sommes retrouvés en rupture de stock pour certains produits », indique Heather Holmen.La vente au détail se fait par le secteur privé, en Alberta.Certains magasins ont dû fermer leurs portes pendant quelques heures ou quelques jours.Au Manitoba, Susan Harrison de la Manitoba Liquor & Lotteries admet que, comme dans les autres provinces, la société « a reçu beaucoup moins de cannabis que ce qui avait été réclamé au départ.Les pénuries de produits concernent à la fois les magasins et la vente en ligne ».En Colombie-Britannique, « la quantité de produits était considérablement inférieure à ce que les producteurs autorisés s\u2019étaient engagés à fournir.Jusqu\u2019à présent, les cinq producteurs les plus importants n\u2019ont pas respecté leurs engagements», indique-t-on au ministère du Procureur général de la province.L\u2019unique magasin de Colombie-Britannique, situé à Kamloops, n\u2019a toutefois pas eu à suspendre ses activités.Idem à l\u2019Île-du-Prince-Édouard, où certains produits ont manqué, mais aucune des quatre succursales de vente n\u2019a eu à fermer ses portes.À Terre- Neuve aussi, on reconnaît que « l\u2019approvisionnement aux premiers jours de la légalisation a été un défi constant », comme ailleurs au pays.Seul l\u2019Ontario a refusé de discuter de ses réserves de cannabis.La Société ontarienne du cannabis dispose « d\u2019un approvisionnement adéquat de produits pour répondre aux commandes » sur le Web, s\u2019est contentée de dévoiler une porte-parole.Aucun magasin n\u2019y est encore ouvert.Au Québec, les succursales de la Société québécoise du cannabis demeurent toujours fermées du lundi au mercredi depuis que la SQDC en a fait l\u2019annonce il y a deux semaines afin de gérer la pénurie de produits dont elle dispose.La société a fait valoir qu\u2019elle n\u2019avait reçu que 40 % des commandes initiales \u2014 ou 400 kilogrammes \u2014 qu\u2019elle avait placées pour les deux premières semaines suivant la légalisation de la marijuana au Canada.Le bureau de la ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a reconnu que, « comme il s\u2019agit d\u2019un nouveau marché légal, nous savons que certains ajustements seront nécessaires.Toutefois, nous sommes convaincus que les producteurs pourront répondre à la demande au fur et à mesure que toute la chaîne d\u2019approvisionnement gagnera en expérience », a fait valoir le porte-parole de la ministre, Thierry Bélair.Au Colorado, l\u2019industrie du cannabis a mis quatre ans à s\u2019ajuster et à répondre à la demande en produisant suffisamment de marijuana et les produits que désiraient réellement les consommateurs.Au pays, Santé Canada a accéléré la cadence d\u2019approbation de permis de production à la veille de la légalisation, en délivrant 89 des 132 permis actuels au cours de la dernière année et demie.CANNABIS Pénurie généralisée au pays Les producteurs ont livré moins de produits que prévu MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Tony Clement n\u2019a pas été victime d\u2019une seule tentative d\u2019extorsion, mais de deux, en raison de relations intimes avec des internautes.L\u2019ex-ministre conservateur en a fait l\u2019aveu jeudi, reconnaissant du même coup que ses rencontres sur le Web avaient mené à des infidélités.La première fois que les échanges intimes de M.Clement sur le Web lui ont causé des ennuis, c\u2019était l\u2019été dernier.« Un échange inapproprié avec une femme a mené à ce qu\u2019elle se fasse offrir de l\u2019argent en échange d\u2019informations personnelles et intimes par un compte anonyme sur les médias sociaux.J\u2019ai immédiatement rapporté l\u2019affaire à la PPO [Police provinciale de l\u2019Ontario] l\u2019été dernier », a révélé le député onta- rien dans une déclaration écrite.Le chef conservateur, Andrew Scheer, parlait pourtant d\u2019un incident isolé, mercredi, lorsqu\u2019il a déploré la « terrible erreur de jugement » qu\u2019a commise Tony Clement en envoyant des images et une vidéo sexuellement explicites à une internaute qu\u2019il croyait consentante et qui lui a valu des menaces d\u2019extorsion d'« agents étrangers », selon le député.Ce premier incident avait été dévoilé mardi soir.Jeudi après-midi, M.Clement en avouait un second.M.Scheer a affirmé jeudi qu\u2019il n\u2019en savait rien.M.Clement ne lui en avait pas parlé.« Non seulement nous n\u2019étions pas au courant, mais les agences de sécurité ne l\u2019étaient pas non plus lorsque M.Clement a été nommé au Comité de parlementaires sur la sécurité nationale », a déploré Andrew Scheer, qui a exclu le député de son caucus.Le comité ultrasecret surveille les opérations des agences de sécurité du Canada et a accès, pour ce faire, à des informations classifiées.La loi qui l\u2019a créé stipule que ses membres «sont tenus de faire rapport sans délai au greffier du Conseil privé de tout changement dans leur situation personnelle pouvant avoir une incidence sur leur habilitation de sécurité ».Tony Clement a avisé il y a quelques jours le Bureau du Conseil privé de la seconde tentative d\u2019extorsion \u2014 celle révélée mardi et qui a débuté avec l\u2019envoi de sextos il y a trois semaines.Il semble qu\u2019il n\u2019ait pas dévoilé le premier incident.« Au cours d\u2019une période de difficultés et de faiblesse personnelles, j\u2019ai eu des échanges inappropriés qui ont franchi une ligne qui n\u2019aurait jamais dû être franchie.Ces échanges ont mené à des actes d\u2019infidélité », a avoué M.Clement dans la déclaration adressée à ses commettants.« Je présente mes excuses aux femmes avec qui j\u2019ai eu ces échanges et je m\u2019excuse aussi à toute personne qui a senti de quelque façon que ce soit que je n\u2019ai pas respecté les limites virtuelles en les mettant mal à l\u2019aise, même sans m\u2019en rendre compte.» Une jeune femme dans la vingtaine a affirmé au Toronto Star que M.Clement l\u2019avait contactée via Instagram l\u2019an dernier et qu\u2019au fil de leurs échanges le député lui avait envoyé des photos et des vidéos de lui nu.En juillet, M.Clement l\u2019avait avertie que quelqu\u2019un tentait de lui soutirer de l\u2019argent.D\u2019autres internautes ont déclaré que M.Clement leur envoyait des messages en pleine nuit ou qu\u2019il « aimait » toutes leurs photos Instagram.Les fautes de Tony Clement se multiplient Les consommateurs de cannabis de tout le Canada ont dû composer avec la pénurie.JACQUES NADEAU LE DEVOIR À une époque où la vie politique est truffée d\u2019invectives, de déclarations outrancières et de vulgarités, il vaut probablement la peine de rappeler combien l\u2019ancien premier ministre Bernard Landry, décédé cette semaine, était un homme digne.En d\u2019autres temps, cela aurait été une évidence.La politique était ainsi et on n\u2019entrait pas dans ces fonctions sans tenter au moins d\u2019afficher une certaine hauteur.Ce n\u2019est plus toujours le cas aujourd\u2019hui, alors que la règle des 140 caractères et du populisme télévisuel impose sa loi d\u2019airain.Cela ne semblait pas avoir affecté le moins du monde cet homme cultivé qui se tenait au-dessus de la mêlée sans jamais être méprisant.Une discussion avec Bernard Landry, ce n\u2019était pas un concours de formules toutes faites, c\u2019était un échange franc à bâtons rompus dans lequel se mêlaient l\u2019histoire, la grande comme la petite, le contexte international et le destin du Québec.Car, pour Bernard Landry, le Québec existait dans et par le monde.Tous les hommes politiques n\u2019ont pas cette vision ni cette sensibilité.Lui avait cette conscience aiguë que le Québec, et à plus forte raison un Québec indépendant, avait quelque chose d\u2019essentiel à apporter au monde, mais aussi à en retirer.Chaque fois qu\u2019il débarquait à Paris, il ne se passait pas 48 heures avant que sa voix un peu caverneuse résonne au téléphone.« Monsieur Rioux, nous avons d\u2019importantes choses à discuter.Il s\u2019agit de l\u2019avenir du Québec ! » On avait chaque fois l\u2019impression d\u2019être convoqué à une réunion où se déciderait le sort de la nation.Pour Landry, le Québec était dans les grandes comme dans les petites choses, dans chaque geste, chaque phrase et chaque intonation.C\u2019est peu dire que l\u2019homme dévorait la presse.Il aimait le journalisme d\u2019idées, celui qui tente d\u2019aller au-delà de l\u2019immédiateté des choses.Quand il n\u2019était pas d\u2019accord avec un article, il décrochait son téléphone et prenait sa voix rude.J\u2019y ai eu droit un jour où j\u2019avais oublié de mentionner qu\u2019il comptait parmi les premiers ministres québécois qui, comme son imposant collègue Jacques Parizeau, avaient étudié à Science Po.Ami du premier ministre Michel Rocard et admirateur de celui des Affaires étrangères Hubert Védrine, Landry était comme un poisson dans l\u2019eau à Paris, où il se montrait à l\u2019aise aussi bien avec les élites qu\u2019avec les gens du peuple.Je me souviens de mon étonnement lorsque, invité à une tribune téléphonique, il se mit à échanger avec les auditeurs sur ses années d\u2019étudiant à Paris, citant le nom des rues et des quartiers comme s\u2019il ne les avait jamais quittés.Pour l\u2019avoir suivi à Bruxelles, à Strasbourg et dans quelques capitales européennes, je peux dire que jamais les Québécois n\u2019ont eu à rougir de l\u2019image qu\u2019il donnait de nous à l\u2019étranger.Bernard Landry était un homme de culture, qui a pourtant œuvré dans un univers économique qui se caractérise souvent par sa profonde inculture.Un peu comme dans la chanson de Luc Plamondon, il aimait se présenter comme un artiste qui s\u2019était égaré en économie par devoir, à la demande de René Lévesque.Sans nier l\u2019importance des comptables qui peuplent le milieu, il est bon que l\u2019économie soit ainsi prise en main par des hommes qui savent lire plus que des colonnes de chiffres.Ses formules en latin ont souvent fait sourire.À tort ! Elles étaient le fait d\u2019un homme qui avait fait ses humanités, ce qui devient rare en politique.Mais surtout, elles n\u2019étaient jamais déplacées.À moins que l\u2019on juge inutile de savoir, comme il le répétait à tous, qu\u2019en latin le mot « province » désigne un territoire vaincu (pro vincere).Lui-même se désolait de voir ce mot, pourtant oublié depuis la Révolution tranquille, revenir en force dans la presse québécoise depuis quelques années.Contrairement à ces anciens premiers ministres qui s\u2019enferment dans une certaine réserve \u2014 ce qui peut se comprendre et se justifier \u2014, Bernard Landry sera demeuré un militant jusqu\u2019à la fin, répondant à toutes les invitations, au grand désespoir de ses proches parfois.Souverainiste pragmatique, comme l\u2019a souligné mon collègue Michel David, Landry ne craignait pourtant pas de se retrouver au milieu de jeunes militants enthousiastes souvent plus agités et plus pressés que lui.Député dans l\u2019âme, il savait s\u2019enquérir des membres de votre famille qui habitaient Saint-Jacques de Montcalm, là où il était né et où a toujours résidé sa mère.Les habitants de la municipalité, dont un grand nombre sont d\u2019origine acadienne comme les Landry, se souviennent encore de la limousine qui certains soirs venait discrètement déposer le fils prodigue.Craignant peut-être que, pour moi, cette affirmation n\u2019ait pas toujours été une évidence, Bernard Landry m\u2019a souvent répété qu\u2019il ne fallait « jamais désespérer de son peuple ».« Jamais ! » insistait-il.Il disait cela avec une conviction qui forçait le respect.C\u2019est un conseil qui pourrait ne pas être inutile par les temps qui courent.Bernard Landry , un homme digne CHRISTIAN RIOUX Bernard Landry était un homme de culture, qui a pourtant œuvré dans un univers économique qui se caractérise souvent par sa profonde inculture.Un peu comme dans la chanson de Luc Plamondon, il aimait se présenter comme un artiste qui s\u2019était égaré en économie par devoir, à la demande de René Lévesque. LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 DOSSIER DU SAMEDI L\u2019Église qui joue les rock stars Les mouvements évangélistes gagnent en popularité au Québec et certains ciblent les millénariaux à grands coups de concerts, de musique rock, usant avec e?cacité des réseaux sociaux.Incursion dans une Église pas comme les autres.TEXTES JEAN-PHILIPPE PROULX ANNABELLE CAILLOU PHOTOS ET VIDÉO CATHERINE LEGAULT À LIRE DEMAIN La colère serait-elle nécessaire à l\u2019engagement politique ?Une étude récente laisse entendre que oui.Sauf que la bête humaine a une tendance naturelle à chercher le confort, et elle cherche donc à émousser les émotions perçues comme négatives, à les cadrer\u2026 CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Est-ce la colère des citoyens qui a fait perdre aux républicains de Trump des sièges à la Chambre des représentants ?Ou une certaine agilité émotive des électeurs qui leur ont permis de prendre plus de place au Sénat ?Un peu des deux, si l\u2019on transpose aux élections américaines de mi-mandat les résultats d\u2019une récente étude.Partant des théories en cours sur la régulation des émotions, qui suggèrent qu\u2019en général, chacun va chercher naturellement à estomper celles qui sont vues comme négatives, le Laboratoire de la science et de la santé affective de l\u2019Université de Toronto a voulu en tâter les conséquences.C\u2019est un cercle, pas seulement vicieux, mais qui peut le devenir.Une étrange boucle psycho-humaine.Suivez le raisonnement : les émotions perçues dans notre société et en Occident comme négatives (la colère, la déception, le dégoût et autres sombres consœurs de l\u2019âme) peuvent aussi servir d\u2019étincelles.C\u2019est sur 1552 partisans d\u2019Hillary Clinton, déçus par l\u2019élection de Donald Trump le 20 janvier 2017, que s\u2019est penchée l\u2019équipe dirigée par Brett Ford, du Département de psychologie de l\u2019Université de Toronto, le temps de six études effectuées en deux temps.On y voit que l\u2019utilisation du « reca- drage » \u2014 cette capacité à mettre en perspective sa vision des choses, à changer de point de vue \u2014 diminue, de manière indirecte, l\u2019engagement politique.Que ce soit dans des formes d\u2019action plus traditionnelles, comme la protestation, le don, le bénévolat, ou dans les manières plus novatrices, comme la prise de position sur les réseaux sociaux.« De manière conceptuelle, peut-on lire en conclusion, quand le recadrage est utilisé dans un contexte où il serait possible d\u2019effectuer des changements à long terme, son utilisation pour réduire les émotions négatives peut aussi Gérer ses émotions diminue l\u2019engagement politique La colère serait-elle nécessaire pour se lancer dans l\u2019action citoyenne ?Selon les chercheurs, les émotions négatives ne sont pas nécessairement synonymes d\u2019une action politique efficace.SUZANNE CORDEIRO AGENCE FRANCE-PRESSE HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Le NPD assure ne pas être divisé sur les questions d\u2019identité, même si trois de ses députés du Québec ont appuyé un projet de loi du Bloc québécois qu\u2019une de leurs collègues avait assimilé à une mesure anti-immigration.Mercredi soir, la Chambre des communes a rejeté le projet de loi C-393 du bloquiste Luc Thériault, qui aurait exempté le Québec de l\u2019application de la Loi sur le multiculturalisme canadien.« Ça aurait fait en sorte que le Québec puisse décider lui-même de son propre modèle d\u2019intégration», explique le député de Montcalm.Selon lui, cette question est « au cœur du différend Canada-Québec ».Tous les députés autres que les blo- quistes ont voté contre ce projet de loi, à l\u2019exception des néodémocrates Pierre Nantel, Christine Moore et Robert Aubin.« Le Québec est une nation, une société distincte, et tout projet de loi ou motion qui tient à préciser cela, je vais le soutenir », s\u2019est justifié M.Nantel.Christine Moore voulait, elle, seulement appuyer le principe de C-393, à savoir « que le Québec pourrait avoir sa propre loi sur le multiculturalisme et l\u2019interculturalisme ».Elle estime que le C-393 était mal rédigé parce qu\u2019il ne spécifiait pas être conditionnel à l\u2019adoption par le Québec d\u2019une loi de remplacement.Quant au président du caucus québécois du NPD, Robert Aubin, il a appuyé le projet de loi bloquiste pour démontrer que le multiculturalisme à la cana- OTTAWA Le NPD divisé sur le multiculturalisme Trois députés néodémocrates du Québec ont appuyé un projet de loi du Bloc québécois dienne et l\u2019interculturalisme à la québécoise ne sont pas incompatibles.« Un député du ROC au sein de mon parti, très à l\u2019aise avec le multicultura- lisme, ne me demande pas à moi, député québécois, de renier l\u2019intercultu- ralisme que nous avons adopté au Québec, explique-t-il.Ces deux approches peuvent vivre au sein de mon parti et c\u2019est ce qu\u2019on a tenté de démontrer avec le vote.» M.Aubin soutient que le vote dissident de certains élus du Québec « a été même négocié » afin de prouver cette possible cohabitation.Un projet de loi raciste ?Pourtant, lors du débat sur le C-393 en septembre, le NPD avait envoyé au front la députée de Colombie-Britannique Rachel Blaney, qui avait eu des mots durs.«On parle d\u2019un projet de loi inutile qui sème la discorde», avait-elle lancé.Elle avait reproché au Bloc québécois de se faire l\u2019allié objectif du Parti conservateur.« C\u2019est plutôt une tentative flagrante t\u2019attiser les flammes de la rhétorique anti-immigration et anti-réfugiés.» À cela, le lieutenant québécois du NPD, Alexandre Boulerice, répond que le C-393 n\u2019était « pas du tout » un projet de loi raciste.Il ne l\u2019a pas appuyé, car il pensait qu\u2019il « n\u2019avait pas de portée pratique ».Selon lui, le Bloc québécois a voulu jouer « un jeu politique ».M.Thériault estime que l\u2019intercul- turalisme québécois se distingue du modèle canadien en ce qu\u2019il établit que l\u2019acceptation de la différence se limite à tout ce qui respecte l\u2019égalité homme-femme, la séparation de l\u2019Église et de l\u2019État et le français comme langue commune.CATHERINE LALONDE LE DEVOIR Étudier, scientifiquement, les émotions ?« Bien sûr », répond Brett Ford.Cette professeure adjointe au Département de psychologie de l\u2019Université de Toronto a toujours été fascinée par la façon dont les gens vivent et expriment leurs sentiments.Au point d\u2019en faire son métier, lançant il y a plus de deux ans le Laboratoire de la science et de la santé affective [Affective Science & La science des émotions réduire la motivation d\u2019un individu à exercer un changement.» Ici, plus les partisans de Clinton géraient aisément leurs émotions, moins ils cherchaient à s\u2019engager dans des actions pouvant transformer leur paysage et la démocratie.Activisme « Il peut sembler étrange au premier coup d\u2019œil que des expériences émotives comme l\u2019inquiétude ou la tristesse soient liées aux grandes actions politiques, mais il est essentiel de noter que le résultat de quelque discrète émotion négative que ce soit dépend de la cible de l\u2019émotion », poursuit l\u2019étude.Ainsi, les individus préoccupés par les répercussions de leurs actions politiques étaient moins motivés à agir que ceux qui s\u2019inquiétaient des conséquences de la présidence de Trump.Ces premiers résultats pourraient être utiles aux activistes, croient les chercheurs, le recadrage émotif pouvant court-circuiter leurs efforts de mobilisation.Dans certains cas, tabler sur les émotions négatives pourrait être utile.En contrepoint, l\u2019étude rappelle que les émotions négatives ne sont pas nécessairement synonymes d\u2019une action politique efficace puisqu\u2019elles peuvent entraîner aussi des gestes violents, un manque de pertinence des actions.« Ces résultats soulignent la nécessité de lier les recherches en psychologie politique avec celles en régulation des émotions, afin d\u2019arriver à des conclusions nuancées qui permettront la création d\u2019outils efficaces pour ceux qui veulent promouvoir une démocratie en santé.» Health Laboratory], au cœur de son alma mater.Avec son équipe, elle cherche, par exemple, les avantages et désavantages de croire à la valeur des émotions négatives ; se demande s\u2019il est possible de contrôler ses émotions ; évalue si la colère a un impact sur l\u2019engagement politique (voir autre texte) ; pense les liens entre la santé mentale des aidants des patients atteints de maladie neuro- dégénérative et la mortalité de ces derniers.Entre autres.Regard sur ce labo qui passe les émotions au microscope.« On sait maintenant à quel point la biologie, la psychologie et la chimie sont intereliées », explique Brett Ford, qui a fondé il y a plus de deux ans ce labo du cœur et du cerveau.« Quand je mesure le rythme cardiaque d\u2019un des sujets que j\u2019étudie, c\u2019est de la biologie; et on sait que le psychologique influence le biologique.Il faut désormais chercher à comprendre l\u2019ensemble, à voir ces systèmes comme un tout.C\u2019est là que plusieurs recherches en psychologie se dirigent: vers la compréhension de l\u2019organisme humain comme un tout, de l\u2019humain comme être biologique autant que social, existant au sein d\u2019une culture plus large.Ça implique de considérer aussi des aspects venus de l\u2019anthropologie et de la sociologie.Dans cette tendance, la psychologie se retrouve en belle position pour naviguer dans le concret comme dans l\u2019abstrait.» Le public est avide des résultats de ce type de recherche, mentionne Mme Ford.« Les gens sont fascinés par leurs propres émotions.Cette idée, par exemple, qu\u2019accepter ses émotions négatives puisse être une stratégie efficace à long terme pour optimiser son bien-être a beaucoup circulé.» Comment vous sentez-vous ?Un des défis quotidiens de la chercheuse est de chercher comment, fac- tuellement, mesurer des émotions.« De la même manière, il est ardu de mesurer des croyances, une attitude, un degré de satisfaction dans une relation.Et c\u2019est tous ces feelings qu\u2019il nous faut quantifier en trouvant des manières, quelle qu\u2019elles soient, de mesurer l\u2019intangible.Ces expériences, par nature complexes, intègrent du subjectif mais aussi des aspects physiologiques.» On sait tous, poursuit Brett Ford, qu\u2019en colère, un cœur va battre plus rapidement, une respiration va s\u2019accélérer, que l\u2019anxiété provoque la poussée d\u2019adrénaline.«C\u2019est simple de prendre le pouls.Mais le résultat demeure une seule pulsation, pas une émotion.Il nous faut donc trouver des façons de trianguler diverses expériences: on peut mesurer le sourire comme élément du bonheur \u2014 sans oublier qu\u2019on sourit pour toutes sortes de raisons différentes, et aussi quand on est moins heureux.Souvent, les éléments colligés entrent en contradiction, ce qui est en soi intéressant.À la fin de la journée, on s\u2019appuie beaucoup sur les réponses que nous font les patients, sur ce qu\u2019ils nous disent quand on leur demande comment ils se sentent.Ça nous a bien servis jusqu\u2019à maintenant.» En 2016, plus les partisans de Clinton géraient aisément leurs émotions, moins ils cherchaient à s\u2019engager dans des actions pouvant transformer leur paysage et la démocratie Le Québec est une nation, une société distincte, et tout projet de loi ou motion qui tient à préciser cela, je vais le soutenir PIERRE NANTEL » LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 5 MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR L\u2019autorisation d\u2019intenter une seconde action collective contre les frères de Sainte-Croix pour des abus sexuels commis par certains de ses membres s\u2019est retrouvée, mercredi, devant la Cour suprême du Canada.Une question de droit se trouve au cœur de cette bataille juridique : une victime ayant subi un préjudice corporel se voit-elle déchue de ses droits d\u2019intenter une poursuite civile trois ans après le décès de son agresseur ?Si la Cour suprême décidait de reconnaître ce droit de déchéance, de nombreuses victimes de prêtres pédophiles perdraient leur droit de poursuivre au civil, puisque plusieurs agresseurs sont décédés depuis plus de trois ans.L\u2019appel de la Congrégation de Sainte- Croix vise une décision rendue l\u2019an dernier par la Cour d\u2019appel du Québec qui infirmait un jugement rendu en août 2015 par la Cour supérieure, donnant ainsi le feu vert à une seconde poursuite collective.Si elle est autorisée, cette action en justice toucherait tous les établissements de la Congrégation à l\u2019exception des trois institutions visées par la première action collective.En vertu d\u2019un règlement à l\u2019amiable conclu en 2013, la Congrégation s\u2019était engagée à verser 18 millions à 206 victimes.Ce premier procès se limitait aux abus commis au collège Notre-Dame de Montréal, au collège Saint-Césaire en Montérégie et à l\u2019école Notre-Dame de Pohénéga- mook, dans le Bas-Saint-Laurent.Délai de déchéance En 2013, le gouvernement québécois a introduit une modification au Code civil touchant le délai de prescription.La période à l\u2019intérieur de laquelle une victime d\u2019agression sexuelle peut intenter un recours civil a alors été prolongée de 3 à 30 ans.Et le point de départ du calcul de cette prescription a été établi comme étant le jour où la victime fait un lien entre le préjudice subi et l\u2019acte reproché.Il est spécifié qu\u2019« en cas de décès de la victime ou de l\u2019auteur de l\u2019acte, le délai applicable, s\u2019il n\u2019est pas déjà écoulé, est ramené à trois ans et il court à compter du décès ».Selon les arguments avancés par les procureurs de la Congrégation de Sainte-Croix, ce « délai » en est un de déchéance et non de prescription.Ainsi donc, le demandeur de l\u2019action collective J.J.aurait perdu son droit d\u2019intenter un recours civil puisque ses deux agresseurs sont décédés depuis plus de trois ans.Dans sa plaidoirie, CONGRÉGATION DE SAINTE-CROIX La victime d\u2019un pédophile perd-elle ses droits après le décès de son agresseur ?Me Éric Simard, qui représente la Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix, a fait valoir qu\u2019en 2013, le gouvernement a voulu accroître le délai pour de nombreuses victimes, mais que dans certains cas, « le choix du législateur » a fait en sorte d\u2019appliquer un délai de déchéance.Me Robert Kugler, qui représente J.J., a rétorqué que la volonté du législateur en 2013 était plutôt de faciliter l\u2019accès à la justice pour toutes les victimes d\u2019agressions sexuelles et non pas de «diminuer ou retirer des droits qui existaient avant 2013 ».Le plus haut tribunal du pays a pris la décision en délibéré.Dans une déclaration écrite transmise au Devoir, la Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix dit « condamner inconditionnellement les abus de toute sorte à l\u2019endroit tant des mineurs que des personnes vulnérables ».Le choix de porter la cause devant la Cour suprême était nécessaire pour « clarifier rapidement l\u2019interprétation à donner au régime juridique en place depuis 2013, dans l\u2019intérêt du plus grand nombre », poursuit-elle.Me Alain Arsenault, qui fait partie de l\u2019équipe d\u2019avocats qui représentent J.J., déplore pour sa part que les frères de Sainte-Croix étirent les procédures.La demande d\u2019autorisation a été déposée il y a près de cinq ans, rappelle-t-il.Me Arsenault souligne que dans un autre dossier similaire qu\u2019il pilote, touchant les Oblats, une ententeà l\u2019amiable pourra « possiblement » être conclue « à l\u2019intérieur d\u2019un délai de 12 mois ».En rendant sa décision, la Cour suprême devra également trancher si une action collective peut être autorisée à l\u2019encontre de la Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix, incorporée en 2008, pour des crimes commis avant cette date et si l\u2019oratoire Saint-Joseph peut également être visé par cette seconde action collective.Avec La Presse canadienne MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR Le Québec est l\u2019endroit au pays où le mouvement #MoiAussi a résonné avec le plus de force.Dans la foulée de cet élan de libération de la parole des femmes, qui a jailli en octobre 2017, le taux d\u2019agressions sexuelles confirmées par la police a bondi de 61 % au Québec.À l\u2019échelle du pays, la variation moyenne enregistrée est de 24 %.Ces données, compilées par Statistique Canada et dévoilées jeudi, s\u2019appuient sur les informations fournies par les services de police.Elles ne concernent que les dénonciations jugées fondées par la police.Statistique Canada compare ainsi la période précédant l\u2019éclosion du mouvement #MoiAussi \u2014 du 1er janvier 2016 au 30 septembre 2017 \u2014 à celle la suivant \u2014 1er octobre 2017 à 31 décembre 2017.Pour Stéphanie Tremblay, porte-parole du Regroupement québécois des centres d\u2019aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCA- LACS), le mouvement #MoiAussi a permis une explosion des dénonciations puisque « les survivantes se sont senties soutenues par la société, elles ont senti qu\u2019elles avaient le droit de porter plainte et qu\u2019elles seraient crues ».Au Québec, la hausse de 61 % notée \u2014 qui a fait passer le nombre de victimes par tranche de 100 000 habitants de 12,4 à 20 \u2014 est bien au-delà des augmentations enregistrées dans les autres provinces.Terre-Neuve-et-Labrador se situe au second rang avec une variation de 36 % et le Manitoba suit avec une hausse de 27 %.Toutes les autres provinces et l\u2019ensemble des territoires affichent des variations inférieures à la moyenne canadienne de 24 %.Les régions métropolitaines de recensement où les plus fortes hausses ont été consignées sont Québec (78 %), Sherbrooke (76 %), Brantford en Ontario (76 %), Saguenay (69 %) et Montréal (67 %).Selon Franca Cortoni, psychologue spécialisée en délinquance sexuelle et professeure de criminologie à l\u2019Université de Montréal, le fait qu\u2019Éric Salvail et Gilbert Rozon, deux personnalités « très présentes dans l\u2019œil du public », aient été la cible de dénonciations a pu créer une « sensibilisation particulière au Québec ».Gilbert Rozon nie les faits qui lui sont reprochés.Une analyse que partage Stéphanie Tremblay.« On sait que lorsque des personnalités publiques dénoncent publiquement des agressions sexuelles, ça a un impact », souligne-t-elle, rappelant la hausse des dévoilements survenus en 2005 après que Nathalie Si- mard eut brisé le silence.Mais cette hausse des dénonciations ne signifie pas pour autant que plus d\u2019agressions sexuelles surviennent au Québec.« Il n\u2019y a rien qui nous indique qu\u2019il y a [une plus grande prévalence] au Québec », insiste Mme Cortoni.Répercussions réelles La naissance du mot-clic #MoiAussi a eu des répercussions bien réelles dans la vie de nombreuses femmes.En octobre 2017 seulement, Statistique Canada révèle que la police a confirmé près de 2500 cas d\u2019agressions sexuelles.Le nombre d\u2019agressions sexuelles déclarées par la police en 2017 a été plus élevé que lors de toute autre JUSTICE #MoiAussi : le taux d\u2019agressions sexuelles bondit au Québec année depuis 1998.Dans la foulée de #MoiAussi, 74 victimes d\u2019agression sexuelle ont été déclarées en moyenne chaque jour par la police, comparativement à 59 auparavant.Un chiffre qui ne représente qu\u2019une portion des victimes, puisque ce ne serait qu\u2019une faible proportion des agressions sexuelles qui seraient rapportées aux autorités.L\u2019impression voulant que #MoiAussi ait permis avant tout de déterrer de vieilles histoires n\u2019est pas confirmée par les données de Statistique Canada.Avant comme après #MoiAussi, la vaste majorité des dénonciations concernent une agression survenue le jour même (47%) ou lors du mois précédent (26%).Une hausse des dévoilements touchant des agressions commises il y a plus de 10 ans a été notée, mais elle ne touche que 8% des cas.Avant comme après #MoiAussi, les femmes sont les principales victimes d\u2019agression sexuelle, dans une proportion de 90%.Difficile de prédire si les effets du mouvement #MoiAussi continueront à se faire sentir.Depuis quelques mois, Stéphanie Tremblay note une hausse des demandes pour les ateliers de sensibilisation offerts par les CALACS, ce qui pourrait avoir un effet encore plus profond sur la prévention des violences à caractère sexuel.De son côté, Franca Cortoni dit espérer que des effets se feront sentir sur le système de justice, pour qu\u2019il parvienne à mieux accompagner les victimes d\u2019agression sexuelle.Le Québec est l\u2019endroit au pays où le mouvement #MoiAussi a résonné avec le plus de force.JACQUES NADEAU LE DEVOIR 78 % La région métropolitaine de Québec est celle qui a connu la plus forte hausse du taux d\u2019agressions sexuelles depuis octobre 2017 au Canada Variation du taux d'agressions sexuelles déclarées En vertu d\u2019un règlement à l\u2019amiable conclu en 2013, la Congrégation de Sainte- Croix s\u2019est engagée à verser 18 millions à 206 victimes Normalité et déviance hommes bourgeois.L\u2019accusation de « viol » a longtemps servi surtout à condamner le viol de filles vierges, tandis que les femmes dites «de mauvaise vie» ou même les femmes mariées étaient susceptibles de voir ces accusations retournées contre elles, notamment sous forme d\u2019accusations d\u2019adultère.En fait, en Grèce antique, l\u2019adultère féminin était d\u2019ailleurs considéré comme un crime pire que le viol.Le terme même de «sexualité» serait quant à lui un produit du XIXesiècle, siècle qui aurait aussi inventé le terme «homosexualité».L\u2019étude de la sexualité à travers les âges, assez récente elle aussi, devient donc plutôt une étude des sociétés, avec leurs valeurs et leurs interdits, qui pose les rapports sexuels comme des faits sociaux.Ainsi, plutôt que l\u2019opposition entre normalité et déviance, que l\u2019on retrouve dans la société d\u2019aujourd\u2019hui, ou celle entre péché et vertu, qui prévalait dans les siècles précédents, c\u2019est une opposition entre «ce qui convient socialement» et «ce qui ne convient pas socialement» qui avait cours en Grèce antique.On y désapprouvait davantage les excès que les actes eux- mêmes.«Il n\u2019était pas mal vu de fréquenter des hommes prostitués, écrit par exemple Sandra Boehringer sur la Grèce antique, mais fort mal vu de dépenser trop d\u2019argent dans ce type de divertissement».De même, les séducteurs invétérés, comme ceux qui fréquentent des prostituées, sont source de moqueries en Grèce antique «parce qu\u2019ils montrent qu\u2019ils ne peuvent résister à un désir qui nuit à la concorde sociale et qui fait d\u2019eux des parasites», lit-on dans cet ouvrage.Fin de la permissivité Mais cette relative permissivité antique prend bel et bien fin avec le Moyen Âge, marqué du sceau chrétien.En 1179, le concile de Latran considère comme «contre nature» toutes activités sexuelles «à des fins non procréatrices», écrit Didier Lett sur l\u2019Occident médiéval.Les actes sexuels ne sont notamment pas permis le dimanche, le mercredi et le vendredi, jours de liturgie.Et pas n\u2019importe comment.«L\u2019Église tente de faire admettre qu\u2019une seule position est acceptable dans l\u2019acte de chair, celle du missionnaire », écrit-il encore, avant d\u2019ajouter « si toutes les autres postures sont condamnées aussi souvent, c\u2019est bien parce qu\u2019elles existent».En entrevue, Sylvie Steinberg ajoute que l\u2019âge du mariage relativement tardif a, paradoxalement, favorisé les pratiques sexuelles « non procréatrices », chez les jeunes gens.Dans le contexte médiéval, d\u2019ailleurs, l\u2019homme est actif et la femme passive, dans l\u2019acte sexuel.« Dans le discours médical, les femmes sont considérées comme des réceptacles ou, au mieux, fournissent la matière qui deviendra un fœtus, tandis que seul l\u2019homme informe et donne la forme », écrit Didier Lett.Le XIIesiècle voit cependant la notion d\u2019adultère masculin pénalisée juridiquement pour la première fois.Fait à noter, à travers ces années, le plaisir féminin demeure valorisé dans l\u2019acte de procréation, explique Sylvie Steinberg en entrevue.« Jusqu\u2019à la société bourgeoise du XIXe siècle, dit-elle, même pour un théologien catholique, le plaisir féminin était nécessaire au mariage », « et la conception d\u2019un bébé ne pouvait se faire que s\u2019il y avait plaisir partagé ».Loin de #MoiAussi On est pourtant loin, très loin du mouvement #MoiAussi, qui donne la parole aux femmes et place la notion de consentement au cœur des échanges sexuels.Pour Sylvie Steinberg, la notion de consentement était, dans l\u2019Europe chrétienne, essentiellement inscrite dans le mariage et la promesse de mariage, et était du même souffle obtenue pour la vie.Le crime de viol conjugal n\u2019a-t-il pas été reconnu en France qu\u2019en 2006 ?Mais c\u2019est dans les années 1960, avec la popularisation de la pilule contraceptive, que s\u2019est produite la vraie révolution.Ça n\u2019est d\u2019ailleurs pas arrivé d\u2019un seul coup.Déjà, au XVIIIe siècle, celui du libertinage, l\u2019utilisation de divers contraceptifs, plus ou moins efficaces, donnait lieu à une véritable baisse de la fécondité dans les grandes villes européennes.Pour ce qui est du mouvement #MoiAussi, de dénonciation des agressions sexuelles, « il faudra voir s\u2019il aura des suites » avant de pouvoir réellement le qualifier de révolution, dit Mme Steinberg.Une histoire des sexualités Dirigé par Sylvie Steinberg, Presses universitaires de France, Paris, 2018, 520 pages SEXUALITÉ SUITE DE LA PAGE A 1 A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON Au moins 500 000 personnes sont mortes en Irak, en Afghanistan et au Pakistan depuis le lancement par les États- Unis de la «guerre contre le terrorisme» après les attentats du 11-Septembre, selon une étude rendue publique jeudi.Le rapport de l\u2019Institut Watson pour les relations internationales de l\u2019Université Brown, au Rhode Island, évoque un bilan de 480 000 à 507 000 morts, précisant que le nombre réel de victimes devrait être plus élevé.Ce nouveau bilan «montre une augmentation de 110000 par rapport au pré- cédent», rendu public en août 2016, a indiqué l\u2019université dans un communiqué.« Même si la guerre contre le terrorisme est souvent négligée par le public, la presse et les élus américains, l\u2019augmentation du nombre de morts montre que, loin de diminuer, cette guerre reste intense », ajoute-t-elle.Le bilan de l\u2019étude inclut les civils, les insurgés, la police et les forces de sécurité locales, ainsi que les militaires américains et des forces alliées.L\u2019Irak compte le bilan le plus lourd pour les civils \u2014 entre 182 272 et 204 575 morts \u2014, suivi par l\u2019Afghanistan (38 480) et le Pakistan (23 372).ÉTATS-UNIS Au moins 500 000 morts depuis 2001 dans la « guerre contre le terrorisme » CHARLOTTE PLANTIVE À WASHINGTON AGENCE FRANCE-PRESSE « Ligne rouge », « crise constitutionnelle » : le président Donald Trump était accusé jeudi d\u2019avoir bafoué deux principes fondamentaux de la démocratie américaine, l\u2019indépendance du judiciaire et la liberté de la presse.La veille, il a limogé son ministre de la Justice, Jeff Sessions, faisant craindre une reprise en main de la très épineuse enquête russe.Le soir, la Mai- son-Blanche a retiré son accréditation à un journaliste de CNN.Des décisions controversées qui ont poussé dans la rue des centaines de personnes jeudi soir, devant la Maison- Blanche à Washington et à New York.Brandissant des pancartes «Vous ne pouvez pas limoger la vérité» ou «Trump est un danger pour nous tous», les manifestants ont notamment demandé au Congrès d\u2019intervenir pour «protéger l\u2019enquête [russe]».Les États-Unis sont «au bord de la crise constitutionnelle», a dénoncé l\u2019opposition démocrate, qui a repris le contrôle de la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat mardi, et semble prête à la contre-offensive.Forts de cette nouvelle majorité, les démocrates ont en effet brandi la menace d\u2019une enquête parlementaire dès qu\u2019ils prendront leurs fonctions, en janvier.Dans cette perspective, leurs leaders ont écrit au FBI, à la CIA, au Trésor, entre autres, pour leur demander de conserver tous les documents liés à ce limogeage et à la délicate enquête russe.Il n\u2019y a ni «crise constitutionnelle» ni «crise politique», a rétorqué la conseillère du président Kellyanne Conway.La Maison-Blanche n\u2019a, selon elle, «jamais entravé » l\u2019enquête sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, dont un volet porte sur des soupçons de collusion entre Moscou et l\u2019équipe du candidat Trump.Le ministre de la Justice Jeff Sessions s\u2019était récusé en 2017 dans cette enquête \u2014 en raison de contacts noués avec l\u2019ambassadeur russe \u2014, ce qui lui avait valu de tomber en disgrâce auprès du président.Mercredi, il a présenté sa démission « à la demande » de Donald Trump, qui lui reprochait depuis des mois d\u2019être un ministre « très faible », incapable de le protéger.Le président, dont plusieurs anciens Donald Trump accusé d\u2019outrepasser ses pouvoirs Les États-Unis sont « au bord de la crise constitutionnelle », a dénoncé l\u2019opposition démocrate collaborateurs ont été inculpés dans l\u2019enquête russe, dénonce une « chasse aux sorcières » et a régulièrement souhaité la fin des investigations du procureur spécial Robert Mueller.Whitaker, intérim à la Justice L\u2019intérim au ministère de la Justice est assuré par l\u2019ancien chef de cabinet de Jeff Sessions, Matthew Whitaker, qui, avant d\u2019entrer à son service, avait critiqué l\u2019ampleur de l\u2019enquête russe et son coût.Au-delà des démocrates, certains républicains ont craint que son arrivée signifie la fin de l\u2019indépendance pour le procureur Mueller.La sénatrice républicaine Susan Collins a ainsi jugé «impératif que le gouvernement n\u2019entrave pas son enquête».Le républicain modéré Jeff Flake a quant à lui prévu de demander au Sénat, lors de la reprise de ses travaux la semaine prochaine, de voter une loi garantissant l\u2019indépendance du procureur spécial, déjà adoptée en commission.Certains commentateurs ont fait le parallèle entre cette éviction et l\u2019ordre donné en 1973 par le président Richard Nixon à son ministre de la Justice de limoger le procureur spécial chargé de l\u2019enquête du Watergate.Le ministre et son numéro deux avaient préféré démissionner plutôt que de s\u2019y plier, mais Nixon était parvenu à ses fins lors du «massacre du samedi soir».Jake Tapper, journaliste vedette de CNN, a estimé que le départ contraint de Jeff Sessions était une répétition « au ralenti et sur plusieurs mois de ce massacre ».La chaîne est très critique envers Donald Trump, qui, en retour, la qualifie souvent de « média bidon » (« fake news media »).Mercredi soir, la Maison-Blanche a suspendu l\u2019accréditation d\u2019un de ses journalistes après une altercation avec Donald Trump en conférence de presse.Le reporter de CNN Jim Accosta, engagé dans un échange houleux avec le président, avait refusé de rendre le micro à une employée de la Maison- Blanche, la touchant légèrement lors de cet échange.«Nous ne tolérerons jamais qu\u2019un reporter pose sa main sur une jeune femme», a commenté dans la foulée Sarah Sanders pour justifier son exclusion.CNN a apporté son soutien à son journaliste et s\u2019est alarmée d\u2019une «décision sans précédent» qui constitue selon elle «une menace pour notre démocratie».Une association représentant la presse présidentielle a appelé la Maison- Blanche à annuler une sanction « disproportionnée» et «inacceptable».Mercredi, le président américain a limogé son ministre de la Justice, Jeff Sessions, faisant craindre une reprise en main de la très épineuse enquête russe.MANDEL NGAN AGENCE FRANCE-PRESSE AVIS DE DÉCÈS Bernard Landry s\u2019est éteint paisiblement entouré des siens le 6 novembre 2018 à l\u2019âge de 81 ans après une maladie fulgurante.Il laisse dans le deuil, outre son épouse Chantal Renaud, ses enfants Julie, Philippe et Pascale et leurs conjoints Caroline, Josée et Maxime, ses petits-enfants Camille, Gabrielle, Médéric, Flavie, Elsie, Robin, Marguerite, Clémentine et Jules, ses arrière-petits-enfants Matéo et Sacha ainsi que sa sœur Céline Landry, sa belle-sœur Isabelle Laporte et son conjoint, Ron Levy.Il fut l\u2019époux de Lorraine Laporte, décédée en 1999.Élu pour une première fois en 1976 comme député à l\u2019Assemblée nationale pour le Parti québécois, Bernard Landry a mené une carrière politique proli?que.Ministre au Développement économique dans les gouvernements de René Lévesque de 1976 à 1984, puis du Commerce extérieur en 1984 et des Finances en 1985, il lancera le Québec dans le virage technologique.Après la défaite de son parti aux élections de 1985, Bernard Landry enseigne les sciences de la gestion à l\u2019UQAM.Il se fait également le pédagogue du libre-échange et convainc ses compatriotes d\u2019en devenir des partisans en 1989.De 1989 à 1994, il assure la vice-présidence du Parti québécois.En 1994, il est réélu député, dans la circonscription de Verchères.Vice-premier ministre dans le cabinet Parizeau, ministre de l\u2019Immigration et des Relations internationales, il est en première ligne dans la bataille référendaire de 1995.Ministre de l\u2019Économie et des Finances dans le gouvernement Bouchard, il assainira la dette publique.Bernard Landry devient le 28e premier ministre du Québec en 2001.Dans cette haute fonction, il laissera en héritage une économie adaptée au 21e siècle et la Paix des braves, un traité devenu exemplaire.Bernard Landry était commandeur de la Légion d\u2019honneur, Grand-croix de l\u2019Ordre de la Pléiade et décoré de l\u2019Ordre du Mérite bavarois.Il était grand of?cier de l\u2019Ordre national du Québec depuis 2008.Le grand public est invité à lui rendre un dernier hommage.Chapelle ardente de Québec Date : 10 novembre 2018 Heure : 10 h à 18 h Lieu : Hôtel du Parlement 1045, rue des Parlementaires Québec Chapelle ardente de Montréal Date : 12 novembre 2018 Heure : 10 h à 18 h Lieu : Basilique Notre-Dame de Montréal 110, rue Notre-Dame Ouest Montréal Funérailles d\u2019État Date : 13 novembre 2018 Heure : 14 h Lieu : Basilique Notre-Dame de Montréal 110, rue Notre-Dame Ouest Montréal Merci de ne pas envoyer de ?eurs, vos témoignages de sympathie peuvent se traduire par un don à la Fondation de l\u2019UQAM, Fonds Bernard Landry - 100millions.uqam.ca.Un registre de condoléances est accessible en ligne à l\u2019adresse protocole.gouv.qc.ca/registre.Un registre papier est également mis à la disposition du public le vendredi 9 novembre 2018, de 9 h à 15 h, au 525, boulevard René-Lévesque Est, à Québec.Bernard Landry 1937-2018 Près de 7000 soldats américains ont été tués en Irak et en Afghanistan.« Nous pourrions ne jamais connaître le bilan direct de ces guerres », affirme toutefois Neta Crawford, l\u2019auteure du rapport, car beaucoup de victimes enregistrées comme combattants pourraient en fait être des civils, ou parce que les victimes civiles n\u2019ont pas encore été comptabilisées.Le bilan n\u2019inclut pas non plus les victimes indirectes du conflit, notamment celles tuées par les maladies ou le manque d\u2019infrastructures.L\u2019Irak compte le bilan le plus lourd pour les civils \u2014 entre 182 272 et 204 575 morts Les craintes sur l\u2019avenir de l\u2019enquête de Robert Mueller se multiplient A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 E N B R E F Delhi dans la pollution après les pétards de Diwali NEW DELHI \u2014 La police indienne a procédé à plus de 300 arrestations de fêtards ayant enfreint les restrictions des traditionnels pétards du grand festival hindou de Diwali, qui ont laissé jeudi New Delhi dans un brouillard de pollution toxique.La méga- pole de 20 millions d\u2019habitants s\u2019est réveillée jeudi dans une grisaille toxique qui enveloppait les rues et ses monuments historiques emblématiques.Le voile de pollution était tel que, dans le ciel, le soleil apparaissait comme une sphère rouge orangé à la faible luminosité.À 8 h heure locale, l\u2019ambassade américaine à New Delhi affichait une concentration de particules fines supérieure à 1000 micro- grammes par mètre cube d\u2019air.L\u2019OMS recommande de ne pas dépasser 25 en moyenne journalière.Agence France-Presse Correa, réclamé par la justice équatorienne, a demandé l\u2019asile en Belgique BRUXELLES \u2014 L\u2019ancien président équato- rien Rafael Correa, réclamé par la justice de son pays, qui l\u2019a sommé mercredi de revenir en vue d\u2019un procès, a déposé une demande d\u2019asile en Belgique, où il réside depuis 2017.Deux sources proches du dossier ont expliqué que cette demande, formulée cet été, était actuellement examinée à Bruxelles par le Commissariat général aux réfugiés et aux apatrides.L\u2019intéressé n\u2019a pas voulu cependant confirmer cette information, tout en se disant victime d\u2019un «harcèlement judiciaire terrible» dans son pays.L\u2019ancien président, accusé d\u2019avoir ordonné l\u2019enlèvement à Bogotá de l\u2019ex-député équato- rien Fernando Balda en 2012, a été sommé mercredi par la justice équato- rienne de rentrer dans son pays afin d\u2019y être jugé.Agence France-Presse Interpol se résout à la démission de son ex-président LYON \u2014 Le secrétaire général d\u2019Interpol, Jürgen Stock, a estimé jeudi que l\u2019organisation n\u2019avait pas d\u2019autre choix que «d\u2019accepter» la démission de son ex-président chinois, accusé de corruption par Pékin après avoir mystérieusement disparu lors d\u2019un voyage en Chine.«Ce fut une situation difficile pour l\u2019organisation», a reconnu devant la presse le secrétaire général de l\u2019organisation policière mondiale au sujet de la démission subite de son président, Meng Hongwei, le 7 octobre, annoncée après que sa femme eut alerté la veille sur sa disparition 11 jours plus tôt en Chine.L\u2019épouse de Meng Hongwei, Grace Meng, a déclaré ne pas être sûre que son mari «soit vivant» dans un entretien accordé en octobre à la chaîne britannique BBC.Agence France-Presse JAVIER TOVAR LAURENT BANGUET À THOUSAND OAKS AGENCE FRANCE-PRESSE Un ex-militaire ayant servi en Afghanistan a abattu au moins douze personnes, mercredi soir, dans un bar bondé près de Los Angeles, en Californie, avant de retourner l\u2019arme contre lui.Le tireur de 28 ans \u2014 Ian Long, selon les autorités locales \u2014 a ouvert le feu lors d\u2019une soirée rassemblant plus d\u2019une centaine de personnes, dont plusieurs étudiants, dans la ville de Thousand Oaks, au nord de Malibu.Il s\u2019est présenté à l\u2019entrée du Borderline Bar and Grill armé d\u2019un pistolet semi-automatique Glock, qu\u2019il a équipé d\u2019un chargeur à capacité augmentée, illégal en Californie.Il a lancé un engin fumigène avant de pénétrer dans l\u2019établissement pour y perpétrer sa tuerie, a relaté à la presse le shérif du comté, Geoff Dean.Le bilan exact des blessés n\u2019a pas été dressé, mais 23 personnes ont été transportées vers des hôpitaux de la région, a également fait savoir le shérif.Ian Long s\u2019est enrôlé en 2008 dans l\u2019armée américaine, où il a servi dans l\u2019unité d\u2019élite des Marines jusqu\u2019en 2013.Il a été déployé en Afghanistan pendant sept mois.Scènes d\u2019horreur Bien qu\u2019il soit connu des policiers et de ses voisins pour des troubles de santé mentale, rien ne laisse croire aux enquêteurs que le drame soit lié au terrorisme.«J\u2019ai vu le tireur.Il était habillé en noir.Il a sorti une arme et a commencé à ti- CALIFORNIE Une fusillade fait au moins 12 morts Un ancien Marines a ouvert le feu dans un bar où se trouvaient plusieurs étudiants SAJJAD TARAKZAI GOHAR ABBAS À ISLAMABAD AGENCE FRANCE-PRESSE La Pakistanaise Asia Bibi, libérée de prison dans la nuit de mercredi à jeudi à la suite de son acquittement par la Cour suprême, se trouve désormais dans un « endroit sûr », mais toujours dans le pays.« Elle se trouve dans un endroit sécurisé au Pakistan », a déclaré un porte- parole du ministère des Affaires étrangères, Muhammad Faisal, alors que certains médias avaient fait état d\u2019un départ dans la nuit pour l\u2019étranger.«#AsiaBibi a quitté la prison et a été transférée dans un endroit sûr! Je remercie les autorités pakistanaises», avait auparavant tweeté le président du Parlement européen, Antonio Tajani, ajoutant l\u2019attendre « dès que possible avec son mari et sa famille» à Bruxelles.La vie de Mme Bibi, condamnée à mort pour blasphème en 2010 et acquittée la semaine dernière, est considérée comme en grave danger dans le pays du fait des extrémistes islamistes qui rejettent le verdict de la Cour suprême.Sa famille a sollicité ces derniers jours l\u2019aide de plusieurs pays occidentaux pour les accueillir.Son sort a suscité une grande mobilisation dans les pays occidentaux ces dernières années.Fureur des islamistes L\u2019annonce de sa libération a d\u2019ores et déjà provoqué la fureur des milieux islamistes radicaux, qui appellent de longue date à son exécution.Quelque 10 000 protestataires ont défilé jeudi à Karachi, la grande ville du sud du Pakistan, criant des slogans comme «Pendez Asia».«Nous pouvons sacrifier nos vies, mais nous ne ferons jamais de compromis sur l\u2019honneur du prophète», a lancé un orateur à la tribune.D\u2019autres manifestations pourraient suivre vendredi.Le compromis passé avec le Tehreek-e- Labaik Pakistan, un parti religieux a valu au gouvernement de vives accusations de «reddition» face aux extrémistes.«Pas une seule goutte de sang n\u2019a été versée pendant ces trois jours et le sit-in s\u2019est achevé par des négociations pacifiques», a justifié jeudi le secrétaire d\u2019État à l\u2019Intérieur, Shehryar Khan Afridi, devant le Parlement.Demandes d\u2019asile Le calvaire de Mme Bibi, ouvrière agricole chrétienne âgée d\u2019une cinquantaine d\u2019années et mère de famille, remonte à une dispute avec des villageoises musulmanes au sujet d\u2019un verre d\u2019eau en 2009.Elle avait été condamnée l\u2019année suivante à mort pour blasphème et ses recours ont tous été rejetés.Le mari d\u2019Asia Bibi a réclamé samedi l\u2019asile pour sa famille aux États-Unis, en Grande-Bretagne ou au Canada, arguant d\u2019un trop grand danger s\u2019ils restaient au Pakistan.Asia Bibi libérée, mais toujours au Pakistan La chrétienne est considérée comme en grave danger puisque des extrémistes islamistes rejettent le verdict de la Cour suprême rer », a raconté à l\u2019AFP Holden Harrah, 20 ans, qui a précisé avoir dû «ramper» pour sortir et rejoindre sa voiture.De l\u2019avis des autorités, Ian Long ne semblait pas avoir de cible spécifique à l\u2019intérieur du bar.« Il tirait autant de balles qu\u2019il pouvait, et quand il rechargeait, les gens essayaient de s\u2019enfuir », a témoigné au Los Angeles Times Matt Wennerstrom, un étudiant de 20 ans.La plupart des témoins cités par les médias américains, en majorité des étudiants des nombreuses universités de cette banlieue résidentielle de Los Angeles, ont décrit des scènes de panique après les premiers coups de feu : bousculade et clients piétinés, certains se réfugiant dans les toilettes ou sur un balcon, d\u2019autres brisant les fenêtres Des personnes se sont recueillies en mémoire du policier Ron Helus, tué pendant l\u2019attaque.APU GOMES AGENCE FRANCE-PRESSE pour s\u2019extirper.Un policier, Ron Helus (54 ans), se trouve parmi les victimes.Le shérif Dean a indiqué que le sergent Helus a été atteint de plusieurs balles dès qu\u2019il est entré dans le bar.Un autre policier qui l\u2019accompagnait l\u2019a tiré à l\u2019extérieur et a attendu l\u2019arrivée de l\u2019escouade tactique (SWAT) et de dizaines d\u2019autres membres des forces de l\u2019ordre.Une procession a été organisée dans le comté en son honneur et le président Donald Trump a ordonné que tous les drapeaux du pays soient mis en berne en mémoire des victimes.Motif inconnu Les autorités ignoraient jeudi la raison pour laquelle Ian Long a commis cette fusillade.En avril dernier, des policiers spécialisés dans les interventions auprès de personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale se sont rendus chez lui en raison d\u2019un comportement « irrationnel ».S\u2019il n\u2019a pas été arrêté, le jeune homme a laissé aux agents l\u2019impression qu\u2019il souffrait de stress post- traumatique, vraisemblablement lié à ses antécédents militaires.Ian Long vivait avec sa mère dans un quartier cossu de Thousand Oaks.« C\u2019est une dame très gentille, mais elle a eu beaucoup de problèmes avec son fils », a déclaré au Los Angeles Times un voisin, Richard Berge, selon qui Ian Long souffrait effectivement de ce syndrome de stress répandu chez les anciens soldats.Le jeune homme s\u2019était plus d\u2019une fois fait remarquer en donnant de violents coups dans les murs de sa maison, selon plusieurs voisins.Les États-Unis sont régulièrement le théâtre de fusillades, du fait de la dissémination des armes à feu dans le pays.La dernière en date avait fait onze morts dans une synagogue de Pittsburgh, la pire attaque antisémite jamais perpétrée en sol américain.Avec Associated Press Trump durcit les conditions d\u2019asile pour les migrants WASHINGTON \u2014 Le gouvernement de Donald Trump a annoncé jeudi vouloir interdire aux migrants n\u2019étant pas entrés légalement sur le territoire américain de déposer une demande d\u2019asile, dernière décision en date du président sur l\u2019immigration, dont il a fait son cheval de bataille.Avec cette nouvelle règle, les migrants n\u2019étant pas arrivés sur le territoire américain via un point d\u2019entrée officiel à la frontière avec le Mexique ne pourront pas déposer de demande d\u2019asile.Cette disposition, publiée par le ministère, devrait être signée rapidement par le président américain alors que des «caravanes» de migrants se dirigent actuellement vers les États-Unis.Elle est censée soulager un système déjà surchargé, quelque 700000 cas étant actuellement en attente dans les tribunaux.Agence France-Presse ar le truchement de son rapport financier trimestriel, la filiale aéronautique de Bombardier a annoncé la suppression de 2500 postes au Québec, sur un total de 13 000 employés, ainsi que la vente d\u2019actifs dit « non stratégiques », soit le programme d\u2019avions Q Series, basé dans la région de Toronto, à Longview Aviation Capital Corp., de Colombie-Britannique, et ses activités de formation de pilotes et de techniciens pour ses avions d\u2019affaires à CAE, une multinationale montréalaise.Avant tout, il y a la manière.Bombardier, qui s\u2019est allègrement abreuvée aux mamelles de l\u2019État au fil des ans, n\u2019a pas discuté de sa restructuration avec le gouvernement québécois.Pris de court, le nouveau ministre caquiste de l\u2019Économie et de l\u2019Innovation, Pierre Fitz- gibbon, en fut quitte, jeudi, à faire des bulles devant les médias, n\u2019ayant pas de solution concrète à proposer.Le syndicat qui représente la plupart des employés de Bombardier Aéronautique, l\u2019Association des machinistes et des travailleurs et des travailleuses de l\u2019aérospatiale, l\u2019a appris en même temps que tout le monde.Comme le soulignait Michel Nadeau, de l\u2019Institut sur la gouvernance (IGOPP), il s\u2019agit d\u2019une manière d\u2019agir typiquement américaine.C\u2019est d\u2019autant plus cavalier que depuis l\u2019investissement, en 2016, de 1,3 milliard du gouvernement Couillard dans la C Series, dont le contrôle fut cédé à Airbus pour un dollar, le président et chef de la direction, Alain Bellemare, et quatre autres hauts dirigeants se sont partagé plus de 40 millions en salaires et primes.Ces dirigeants profitent, et continueront à profiter, du redressement d\u2019une entreprise que seul l\u2019engagement de l\u2019État a pu maintenir en vie.Soulignons que l\u2019annonce ne touche pas le partenariat de la C Series que Bombardier, qui en détient près du tiers, a retiré de son périmètre comptable.De ce côté-là, le partenariat tient bon, les commandes sont au rendezvous et les emplois ne sont pas menacés.Bombardier se donne entre 12 et 18 mois pour licencier les 2500 employés visés, qui représentent environ 20 % de ses effectifs en aéronautique.On peut croire que bon nombre des ingénieurs, techniciens et machinistes mis à pied retrouveront un emploi dans la grande région de Montréal.Le secteur de l\u2019aéronautique, qui compte 40 000 employés au Québec, est frappé, comme d\u2019autres, par des pénuries de main-d\u2019œuvre.Dans un sens, le moment est bien choisi pour faire ces licenciements alors que bien des entreprises dans le domaine affichent des postes à pourvoir.En aéronautique, la société entend se concentrer sur ses programmes les plus prometteurs et les plus rentables, soit l\u2019aérostructure, c\u2019est-à- dire la fabrication d\u2019ailes, de fuselages et autres pièces d\u2019avions, ainsi que la production de jets d\u2019affaires de la nouvelle génération, les Global 7500, 6500 et 5500, dont le développement est à peu près terminé et qui sont mûrs pour la commercialisation.Mûrs pour permettre à Bombardier d\u2019engranger des profits.Pour l\u2019heure, Bombardier cherche avant tout à améliorer ses marges bénéficiaires et ses flux financiers à court terme, d\u2019ici 2020.Le mode de rémunération de ses dirigeants les encourage fortement à agir de la sorte en raison d\u2019un régime d\u2019options qui peuvent être exercées dans deux ans.C\u2019est l\u2019avenir à moyen et long terme de Bombardier Aéronautique \u2014 après qu\u2019Alain Bellemare et consorts seront à nouveau passés à la caisse \u2014 qui devient préoccupant.Le « cycle d\u2019investissements massifs en aéronautique étant terminé, Bombardier rajustera la taille de son équipe centrale d\u2019ingénierie aéronautique et la redéploiera», principalement dans sa division Avions d\u2019affaires, peut-on lire dans le communiqué diffusé jeudi.Ainsi, Bombardier laisse planer la possibilité qu\u2019elle vende sa division d\u2019avions régionaux CRJ, qui a fait sa renommée, mais qui affronte à l\u2019heure actuelle la féroce concurrence de la brésilienne Embraer, maintenant contrôlée par Boeing.« Comme nous visons le retour à la rentabilité du programme CRJ, nous évaluons également les options stratégiques qui s\u2019offrent pour ce programme », peut-on lire.Dans le jargon capitaliste, « évaluer les options stratégiques » signifie chercher un acquéreur, que ce soit sous forme de partenariat ou non.En clair, l\u2019avionneur a achevé ou presque le développement de ses nouveaux jets d\u2019affaires et n\u2019a aucun projet de recherche-développement en vue de concevoir des avions régionaux qui seraient appelés à remplacer les CRJ.C\u2019est une mauvaise nouvelle pour l\u2019ensemble de la filière québécoise de l\u2019aéronautique qui doit compter l\u2019innovation de son fleuron pour assurer sa pérennité et son dynamisme.D\u2019emblée, le ministre Fitzgibbon a du pain sur la planche.LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Laurent Howe Conseiller en aménagement Montréal Peu après sa nomination, le nouveau ministre des Transports du Québec, M.Bonnardel, annonçait l\u2019intention de son gouvernement d\u2019aller de l\u2019avant avec le prolongement, entre autres, des autoroutes 13 et 19, de même qu\u2019avec l\u2019ajout de voies sur la 30 ou même la construction du « troisième lien » entre Québec et Lévis.Il n\u2019en fallait pas plus pour que plusieurs organisent les funérailles de nos terres agricoles.Pour beaucoup, l\u2019élargissement ou le prolongement d\u2019autoroutes, ou la construction de réseaux de transport comme le REM, engendreront nécessairement un saccage en règle de nos terres agricoles, sur lesquelles on fera pousser des bungalows plutôt que des haricots.L\u2019histoire récente le démontre : que ce soit avec l\u2019élargissement de l\u2019autoroute 15 vers Saint-Jé- rôme ou avec le prolongement du métro vers Laval, l\u2019amélioration des modes de transport vers les banlieues induit un fort déplacement de la population.Les chiffres parlent d\u2019eux-mêmes.Dans les dix années qui ont suivi l\u2019élargissement de la 15, la population de Mirabel, dans les Lauren- tides, a augmenté d\u2019environ 45% et a généré la construction de plus de 5000 habitations, très majoritairement des bungalows.Il suffit de regarder les abords des stations de métro à Laval pour y voir pousser des tours d\u2019habitation.Or, il est faux d\u2019affirmer que l\u2019amélioration d\u2019une offre de transport provoque, en soi, de l\u2019étalement.Cela n\u2019est vrai qu\u2019à cause de la législation particulière qui encadre la protection des terres agricoles au Québec.Le problème de l\u2019étalement urbain, au Québec, est dû aux dispositions de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (LPTAA).Cette loi, instituée en 1978 par le ministre Jean Ga- ron, a été instituée après des rapports dévastateurs concluant que si rien n\u2019était fait pour protéger les terres agricoles au Québec, celles- ci auraient pratiquement disparu au tournant des années 2000.Le gouvernement devait agir.Pourtant, l\u2019opposition était extrêmement forte, et la loi fut très difficile à faire adopter.Pour aider à faire accepter cette nouvelle loi, le gouvernement Lévesque a permis aux villes et aux municipalités régionales de comté (MRC) de demander une extension de leur territoire constructible.Celles-ci, généralement, se basent sur la croissance de la population au courant des cinq à dix années précédentes et projettent ces chiffres dans le futur.On demandera à la Commission de protection du territoire agricole du Québec un dézonage en se basant sur l\u2019espace requis pour loger toute la population à venir.Impact sur les terres agricoles On peut s\u2019attendre à ce que des villes comme Mirabel se servent de cela pour demander un maximum de terres agricoles, tout en sachant que, dans son cas, les chiffres sont faussés par l\u2019élargissement ponctuel de l\u2019autoroute 15.Si l\u2019extension de sa zone « blanche » est accordée, on peut s\u2019attendre à voir des milliers de bungalows se construire sur les meilleures terres arables de la province.Heureusement que la Commission fait en sorte que ces villes sont obligées de négocier.Depuis les années 1990, celle-ci a refusé des autorisations sur plus de 80 000 hectares.Bien qu\u2019officiellement, la superficie totale de la zone agricole n\u2019ait à peu près pas changé depuis des années, on omet l\u2019ensemble des zones qui n\u2019ont pas été protégées.Là, c\u2019est l\u2019hécatombe : plus de 66 000 hectares de terres agricoles ont été détruits depuis 30 ans.Il ne faut pas se surprendre qu\u2019on entende aujourd\u2019hui des maires de la Rive-Nord faire front commun pour demander la construction de nouvelles autoroutes.Dans les dernières années, ces mêmes maires ont laissé des milliers de nouveaux habitants s\u2019installer chez eux pour profiter des bas prix et, visiblement, aucun de ces nouveaux habitants n\u2019a réalisé qu\u2019ils sont eux- mêmes la cause de la prolifération des bouchons de circulation.Pourtant, cette problématique de l\u2019étalement n\u2019en serait plus une si on modifiait simplement la loi.Il serait possible, gratuitement, de geler le périmètre d\u2019urbanisation de villes de banlieue, ce qui ne leur laisserait aucun autre choix que de densifier leur bâti en stoppant net l\u2019étalement urbain.Rappelons aussi que le Québec s\u2019est doté de cibles de réduction d\u2019émissions de gaz à effet de serre qu\u2019il est en voie de manquer.Évidemment, ce genre de mesure prendrait un courage politique énorme.Les différents gouvernements provinciaux l\u2019ont toujours su : la densification du bâti dans les villes de banlieue, bien que nécessaire, leur ferait perdre en attractivité, car les grands espaces bordés de grands boulevards sont exactement la raison qui nourrit leur croissance et qui fait le bonheur de leurs habitants.Le nouveau gouvernement agira-t-il pour le bien à long terme de tous les Québécois ?Malheureusement, on pourrait penser que la réponse est négative, attendu que plusieurs des villes qui grugent la terre ont formé le terreau de sa victoire.En sol québécois En 1989, j\u2019ai croisé Bernard Landry tout près de l\u2019UQAM.Je le connaissais déjà depuis nos études doctorales à Paris.Je n\u2019ai pas pu m\u2019empêcher de l\u2019arrêter pour lui dire combien j\u2019avais apprécié ce qu\u2019il venait de dire lors d\u2019une interview à une chaîne de Radio-Ca- nada.C\u2019était dans le contexte des débats qui ont précédé la commission Bélanger-Campeau.À un journaliste qui lui demandait ce qui définit un ou une Québécois(e), il avait répondu « est Québécois celui qui habite en sol québécois ».C\u2019est cette phrase qui m\u2019a décidée à me rallier au Parti québécois.J\u2019ai par la suite gagné sa confiance lors de ma nomination à un des postes les plus difficiles de la diplomatie québécoise, la représentation du Québec à Washington durant la période référendaire de 1995.Près de trente ans plus tard, nous sommes bien loin de la représentation de l\u2019identité québécoise désignant tous ceux qui résident en sol québécois.Il m\u2019arrive de me demander si au- jourd\u2019hui, devant un certain discours issu d\u2019un nationalisme conservateur, je trouverais encore ce motif fondamental pour soutenir l\u2019objectif de souveraineté, ce « nous » désignant tous les résidents du Québec.Bernard Landry a été un bâtisseur et un modèle pour les souverainistes.Marcher La vraie cause de l\u2019étalement urbain LIBRE OPINION LETTRES AÉRONAUTIQUE Bombardier l\u2019ingrate P ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu ROBERT DUTRISAC d\u2019examen des édifices fédéraux du patrimoine).Un nouveau chantier sera ouvert prochainement pour restaurer les murs du Bastion du roi, à courte distance de votre deuxième résidence, et les devis dressés par des professionnels ont été envoyés aux soumissionnaires.Surprise, voilà que la Défense nationale a choisi un soumissionnaire qui utilisera la pierre américaine Bluestone, qui ne respecte pas les propriétés physiques des devis.De plus, sa couleur bleu pâle est fortement contrastante avec le vert de la pierre d\u2019origine, le grès vert de Sillery.La Défense nationale doit renoncer à l\u2019usage de cette pierre Bluestone, non conforme aux devis, incompatible pour être mise en contact avec le grès vert de Sil- lery à cause de son fort coefficient d\u2019absorption d\u2019eau, des cycles gel/dégel de notre environnement, et une couleur qui affecte l\u2019apparence esthétique de ce monument patrimonial faisant partie du Vieux-Québec, site du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO.La Défense nationale doit respecter la règle qui consiste à utiliser la pierre d\u2019origine afin d\u2019assurer la préservation de l\u2019intégrité du patrimoine militaire de la Citadelle de Québec.Il faut agir pour éviter que ces travaux de restauration avec une pierre américaine non conforme se réalisent sur le lieu de votre résidence à Québec.Robert Ledoux, Ph.D.Québec, le 7 novembre 2018 dans ses pas et ne pas tergiverser sur l\u2019identité québécoise est une condition de réussite de l\u2019objectif que nous poursuivons.Anne Legaré, professeure de science politique à l\u2019Université du Québec à Montréal, ancienne déléguée du gouvernement du Québec en Nouvelle-Angleterre 6 novembre 2018 Lettre à la gouverneure générale du Canada La Citadelle de Québec est le lieu d\u2019hébergement du Royal 22eRégi- ment dont vous êtes la commandante en chef et aussi celui de votre deuxième résidence au Canada.Depuis l\u2019an 2000, des travaux de restauration des murs de la Citadelle érigés entre 1820 et 1832 sont devenus nécessaires et furent réalisés sous la surveillance de Parcs Canada et de la Défense nationale, qui ont toujours été respectueux des devis dressés par les architectes et les ingénieurs concernant les propriétés physiques et esthétiques de la pierre de remplacement et en conformité avec la règle de l\u2019art en restauration patrimoniale qui est d\u2019utiliser la pierre d\u2019origine, le grès de Sil- lery, amplement disponible dans les carrières de la région de Québec.Cette règle est clairement décrite à la page 213 dans le document fédéral du BEEFP (Bureau A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.S\u2019entasser (2) J e disais vendredi dernier que la ville se répand, chose injustifiable à l\u2019heure de la crise climatique.Mais tout comme il est absurde de parler de mobilité sans aborder l\u2019aménagement du territoire, on ne peut pas critiquer l\u2019étalement urbain sans regarder aussi les conditions dans lesquelles on s\u2019entasse, au cœur de la ville.Je discutais avec Julie Aubin dans un café de Villeray, quartier rêvé pour les familles où il est pourtant de plus en plus difficile pour celles-ci de se loger, du moins les locataires.Julie et son conjoint ont eu leurs enfants jeunes et occupent des emplois précaires.Pour mille dollars par mois, ils s\u2019entassent donc avec leurs trois petits dans un cinq pièces « mal divisé, avec juste deux chambres fermées.Mais on est chanceux ! » Pour moins que ça, les grands logements qui tolèrent les familles \u2014 discrimination illégale mais courante \u2014 sont quasi inexistants.Doit-on parler d\u2019une pénurie ?La Société canadienne d\u2019hypothèque et de logement (SCHL) pose que la pénurie survient si le taux d\u2019inoccupation est inférieur à 3 % du marché locatif.À Montréal, on oscille un peu au-dessus et en deçà de ce seuil.Mais pour les familles, la crise est claire : le loyer moyen des logements de trois chambres ou plus a augmenté de 38 % entre 2001 et 2014, et ils se font toujours plus rares, alors que le nombre de condos, lui, a doublé.Envisageable, la banlieue, ai-je demandé à Julie ?Hors de question.Pour des raisons environnementales comme pour le style de vie.« On a accepté qu\u2019on ne sera jamais propriétaires, mais on a des ressources et un réseau.On va s\u2019organiser.» Une posture de plus en plus fréquente chez les jeunes familles, en ville.« La petite classe moyenne qui ne peut pas accéder à la propriété, c\u2019est une chose », me dit Annie Lapalme de L\u2019Œil de Côte-des-Neiges.Mais la crise se vit de façon plus dramatique ailleurs.« On travaille avec les exclus des exclus.Des personnes pauvres ou immigrantes, qui paient 50 % de leur revenu pour un logement cher et insalubre.On en voit tous les jours.» Et les évictions sont fréquentes.« On imagine mal la violence d\u2019une éviction.Les meubles à la rue.Les enfants qui reviennent de l\u2019école en catastrophe pour ramasser quelques affaires\u2026 » La Direction de santé publique (DSP) évaluait en 2015 qu\u2019un ménage montréalais sur dix avait déjà craint l\u2019éviction et que 21 % des locataires avaient déménagé au moins trois fois dans les dix dernières années.C\u2019est une réalité pourtant occultée : « Le phénomène affectant la vie des pauvres le moins étudié », m\u2019explique Martin Gallié, professeur au Département des sciences juridiques de l\u2019UQAM.Les rares données sont justement celles de la DSP, mais le rapport dont je les ai tirées a été tabletté aussitôt produit.« On sait qu\u2019il y a de 40 000 à 50 0000 demandes d\u2019expulsion présentées à la Régie du logement par an \u2014 volume plus important que tous les autres contentieux », souligne Martin Gallié.Presque toutes ces demandes reçoivent une réponse positive.Qu\u2019advient-il des expulsés ?Mystère, puisqu\u2019on ne le documente pas.« On semble plutôt résigné à voir les évictions comme une simple externa- lité du marché immobilier.Pourtant, elles ont un impact considérable sur la santé publique, sur les problèmes de santé mentale, le taux de suicide, la surcharge du réseau de la santé\u2026 » remarque M.Gallié.Ça s\u2019est aggravé récemment ?Mais non.Le ver est dans la pomme depuis longtemps : « Le problème des expulsions est structurel dans toutes les sociétés capitalistes occidentales, qui n\u2019ont jamais réglé la question du logement.» On caresse parfois l\u2019illusion qu\u2019à Montréal, c\u2019est mieux qu\u2019ailleurs, qu\u2019on dispose d\u2019outils pour encadrer le marché immobilier.C\u2019est faux : il n\u2019y a eu aucune réforme réglementaire depuis les années 1970.La Régie du logement applique des règles qui n\u2019admettent aucune notion d\u2019ordre public.C\u2019est un droit expéditif, qui ne considère ni principe de proportionnalité ni aucun autre mécanisme.Et alors que la ville est rongée par la spéculation immobilière, que les familles s\u2019entassent et qu\u2019on ignore les évincés, la marmite environnementale, elle, déborde.Si le courage politique nécessaire pour encadrer le marché locatif fait défaut, évaluons maintenant à quel point nous sommes loin des réflexions qui s\u2019imposent sur la densification et la résilience urbaines.Dans un futur rapproché, la pression sur la ville ne fera que s\u2019accroître.Pensez à l\u2019arrivée inévitable de réfugiés climatiques qu\u2019il faudra loger, à l\u2019aggravation des problèmes de salubrité causés par les canicules plus fréquentes, et au poids que cela mettra sur les services publics, les infrastructures\u2026 Nous ne sommes assurément pas prêts.On se contente de jouer au funambule sur le seuil d\u2019une crise du logement, sans vision claire.À ce rythme, on finira bien par étouffer la ville et ceux qui y vivent, et l\u2019étalement perpétuel du bitume ne réglera rien.Mourad Djebabla Collège militaire royal, Saint-Jean-sur-Richelieu Il y a 100 ans, le 11 novembre 1918, un armistice est signé, mettant fin aux combats de la Première Guerre mondiale.Au Canada, c\u2019est un soupir de soulagement qui prévaut: la guerre est enfin finie! À Montréal, le gros bourdon de Notre- Dame sonne à toute volée, accompagné par les cloches des églises.La première réaction est une joie débordante en pensant au retour prochain des soldats volontaires ou conscrits.La fin des hostilités annonce aussi la fin des privations et pressions liées à l\u2019effort de guerre.C\u2019est sans compter que, jusque-là, le mois de novembre a été éprouvant à cause de la grippe espagnole: de 30 à 40 morts en moyenne par jour à Montréal.L\u2019annonce de l\u2019armistice est une lueur dans un quotidien bien terne.La joie s\u2019exprime aussi par une parade militaire dans la rue Sherbrooke.Cette parade, initialement prévue pour encourager l\u2019épargne de guerre, la fin des combats en fait le défilé de la victoire.Mais cette euphorie collective est rattrapée par la conscience du prix payé et, très vite, cette joie retombe et le deuil s\u2019installe.Le paradoxe du 11 novembre 1918 est d\u2019être une victoire endeuillée.Le traumatisme de la mort de masse fait naître le besoin de donner un sens aux disparus, en plus d\u2019un devoir de reconnaissance pour ne pas oublier leur sacrifice.Pour la première fois après un conflit, au regard des pertes, le besoin d\u2019un deuil collectif émerge.Au Canada, ce besoin est d\u2019autant plus présent que les corps sont absents.Très tôt, des monuments aux morts émergent, lieu de ralliement des deuils et suprême hommage d\u2019une communauté au sacrifice des siens.Les communautés ca- nadiennes-anglaises, si présentes dans le Corps expéditionnaire canadien, sont les plus actives pour ériger ces monuments.Au contraire, devant l\u2019inaction des Mont- réalais pour un tel projet, le cénotaphe de Montréal est offert à la ville par une association patriotique canadienne.Si la mise en place du monument reflète les tensions du temps de guerre, le deuil des disparus commande de les taire.Autour de ces monuments, le noir des veuves domine et leurs silhouettes hanteront les cérémonies du 11 novembre jusqu\u2019à leur disparition progressive au fil des décennies.Une invention britannique La cérémonie du 11 novembre, établie dès 1919, est une invention britannique.C\u2019est de Londres que vient l\u2019idée d\u2019observer deux minutes de silence à la date anniversaire de l\u2019armistice, silence devant unir l\u2019Empire autour des disparus.Mais le Canada de l\u2019après-guerre n\u2019est plus celui de l\u2019été 1914.Le poids des 60 000 morts constitue l\u2019assise aux prétentions à plus d\u2019autonomie vis-à-vis de la métropole.C\u2019est sur ses morts et ses anciens combattants que le Canada développe un discours national pour offrir au monde, et aux Canadiens eux-mêmes, l\u2019image d\u2019une nation adulte et maîtresse de sa destinée.Le point culminant de ce discours est le dévoilement du Monument commémoratif du Canada à Vimy en 1936.Au Canada, la cérémonie du 11 novembre a une aura particulière, surtout depuis 1921 alors que, sous la pression des anciens combattants, le Parlement vote la Loi du jour de l\u2019Armistice, modifiée, en 1931, en Loi du jour du Souvenir.La commémoration du 11 novembre se développe alors comme un moment clé de communion nationale autour des disparus et des vétérans du premier conflit mondial.Leur sacrifice constitue le socle du Canada contemporain.Au sein du discours national canadien, qui s\u2019impose dans les années 1920-1930, nulle place n\u2019est faite aux différences ou aux tensions passées.De fait, les Canadiens français se détournent de cette mémoire canadienne englobante.Très longtemps, le Québec a boudé cette cérémonie du 11 novembre.Ce n\u2019est que depuis la fin des années 1990, à la faveur d\u2019anniversaires commémoratifs et de travaux d\u2019historiens sur la place des Canadiens français dans les conflits mondiaux, que la tendance tend à s\u2019inverser.Cependant, avec la disparition des derniers vétérans des guerres mondiales, le 11 novembre devient un instant de communion entre les Canadiens et les membres des Forces armées canadiennes.Cette dimension militaire nourrit des réticences au Québec, que l\u2019on pense à la polémique du coquelicot blanc: le Québec veut préserver sa singularité face à ce qui est vu comme une valorisation du passé militaire canadien.La commémoration du 11 novembre n\u2019est en rien un exercice dépourvu de sens au Canada.La guerre est-elle finie pour autant, ce 11 novembre 1918 ?Si les peuples alliés pleurent leurs morts et clament « Plus jamais ça », en Allemagne, des groupes d\u2019extrême droite parlent rapidement de revanche.Devant une paix impossible, le souvenir des disparus de 14-18 ne parvient pas à freiner la marche vers la Deuxième Guerre mondiale.Hitler savoure sa revanche le 22 juin 1940, quand il impose à la France vaincue de signer un armistice à l\u2019endroit même où l\u2019Allemagne avait dû le faire le 11 novembre 1918.Il fait ensuite dynamiter les lieux pour en effacer toutes traces.Le centenaire de l\u2019armistice de 1918 nous rappelle aussi combien la paix peut être fragile face aux extrêmes.Histoire et enjeux d\u2019un armistice Mario Renaud, Robert Letendre, Nicole Saint-Martin, Nigel Martin, Yves Pétillon et Pierre Véronneau Membres du Groupe de réflexion en développement international et coopération, formé d\u2019anciens directeurs généraux d\u2019organismes de coopération internationale et de l\u2019ACDI L\u2019accord de libre-échange États-Unis\u2013 Mexique\u2013Canada étant maintenant réglé, le gouvernement Trudeau re- viendra-t-il enfin aux engagements pris sur la lutte contre la pauvreté et les changements climatiques ?Le Canada a ratifié en novembre 2015 l\u2019Agenda 2030 des Nations unies visant une croissance économique pour tous et l\u2019élimination de la faim et de la pauvreté extrême, une plus grande justice sociale ainsi que la protection de l\u2019environnement partout sur la planète, y compris au Canada.Peu après, en décembre 2015, le Canada se joignait à l\u2019Accord de Paris sur la lutte contre les changements climatiques pour limiter le réchauffement de la planète à moins de 2 degrés.Mais en avril dernier, le Vérificateur général du Canada produisait un rapport dévastateur qui dénonçait le manque flagrant de leadership du gouvernement fédéral et l\u2019absence de plan concret pour la mise en œuvre de l\u2019Agenda 2030, en particulier le manque de coordination et de suivi des divers ministères.Peu après, la société civile canadienne, par la voix du Conseil de coopération internationale de la Co- lombie-Britannique, énonçait le même verdict de manque de coordination et de suivi de l\u2019engagement du Canada, en particulier avec les partenaires de la société civile.Pourtant, en juin 2017, la ministre Bi- beau lançait la nouvelle politique d\u2019aide internationale féministe qui présente la promotion de l\u2019égalité des sexes et le renforcement du pouvoir des femmes et des filles comme le moyen le plus efficace pour réduire la pauvreté et favoriser une croissance économique pour tous.Cela représente un défi particulier en Afrique subsaharienne, dont un tiers des pays ont enregistré une baisse de revenus de 40 % des populations les plus pauvres, la seule région au monde dans cette situation selon un récent rapport de la Banque mondiale.Les femmes africaines peuvent aider à améliorer cette situation, mais elles ont besoin d\u2019appuis financiers beaucoup plus importants pour soutenir leurs efforts dans les domaines sociaux, économiques et environnementaux, ainsi que pour la reconnaissance de leurs droits.Une promotion théorique du principe d\u2019égalité n\u2019est pas suffisante.L\u2019Afrique comme priorité Le gouvernement Trudeau devrait mettre l\u2019Afrique comme priorité centrale de son programme d\u2019aide internationale et exercer un leadership fort auprès des pays de la région et de la communauté internationale pour que des mesures concrètes soient prises en vue d\u2019améliorer la situation des plus pauvres et des plus vulnérables, dans l\u2019immédiat et à plus long terme.Il pourrait aussi appuyer des partenariats efficaces entre les sociétés civiles locales et celles du Canada pour des actions visant un développement local durable, équitable et juste.Le Canada a déjà été reconnu comme un leader dans ce domaine.Pourtant, nous sommes maintenant parmi les derniers des pays de l\u2019OCDE, n\u2019y accordant que 0,28 % de notre PIB.Le gouvernement Trudeau a-t-il vraiment l\u2019intention de reprendre ce leadership en y mettant les ressources qui auront vraiment un effet concret ?Sur les changements climatiques, on peut se demander si effectivement le Canada peut se présenter en modèle international en construisant plus de pipelines pour les sables bitumineux.La commissaire fédérale à l\u2019environnement et au développement durable et ses collègues des provinces ont d\u2019ailleurs noté en mars dernier la piètre performance du Canada à atteindre nos objectifs de limiter la production des gaz à effet de serre.Même si notre premier ministre nous dit que la protection de l\u2019environnement et le développement de l\u2019économie vont de pair, nous pouvons rester incrédules devant l\u2019évidence actuelle des effets du réchauffement du climat.Et les experts le disent, ce sont les populations les plus pauvres qui souffrent les premières des changements climatiques et qui tentent de migrer vers l\u2019Europe ou l\u2019Amérique du Nord.On est malheureusement obligé de conclure que le Canada «n\u2019est pas de retour» sur la scène internationale.Face à la montée des populismes, le monde a besoin d\u2019un leadership fort du Canada pour promouvoir un plus grand humanisme et faire face aux défis de la protection de l\u2019environnement et de l\u2019adaptation aux changements climatiques.Le Canada est-il vraiment de retour sur la scène internationale ?Au Canada, la cérémonie du 11 novembre se développe comme un moment clé de communion nationale autour des disparus et des vétérans du premier conflit mondial.Leur sacrifice constitue le socle du Canada contemporain.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE AURÉLIE LANCTÔT La Direction de la santé publique (DSP) évaluait en 2015 qu\u2019un ménage montréalais sur dix avait déjà craint l\u2019éviction et que 21 % des locataires avaient déménagé au moins trois fois dans les dix dernières années LEDEVOIR // LE VENDREDI 9 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.On pourrait être porté à voir dans les mises à pied et les ventes d\u2019activités annoncées jeudi par Bombardier une « catastrophe » pour les employés directement touchés, le signe d\u2019un secteur aéronautique québécois en déclin et la preuve que les gouvernements n\u2019auraient jamais dû mettre de l\u2019argent public dans cette galère.On aurait trois fois tort.ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Il est compréhensible qu\u2019après l\u2019annonce, par la multinationale montréa- laise, de la mise à pied de 5000 de ses 70 000 employés dans le monde, dont 2500 sur les 15 000 qu\u2019elle compte au Québec seulement, on s\u2019en fasse d\u2019abord pour les travailleurs qui apprendront, quelque part au cours des 18 prochains mois, qu\u2019ils ont perdu leur emploi.La nouvelle est d\u2019autant plus troublante qu\u2019elle a été présentée comme un autre « solide progrès dans l\u2019exécution [d\u2019un] plan de redressement » par des dirigeants qui, non seulement n\u2019ont rien à craindre pour leur propre emploi, mais se sont partagé à cinq 40 millions en rémunération l\u2019an dernier.Mais qu\u2019on se rassure, les travailleurs touchés ne resteront pas longtemps au chômage, disent les observateurs.Croulant sous les contrats, les entreprises du secteur sont forcées d\u2019en refuser faute de têtes et de bras, rappor- tent-ils.« Ma plus grande crainte au- jourd\u2019hui est que les jeunes et leurs parents retiennent qu\u2019il n\u2019y a pas d\u2019avenir dans l\u2019industrie aéronautique alors que la réalité est exactement le contraire et que notre problème est le manque de main-d\u2019œuvre », s\u2019est exclamé au Devoir Suzanne Benoît, p.-d.g.d\u2019Aéro Montréal, la grappe industrielle du secteur au Québec.De saignée à transfusion Probablement issus principalement des équipes de conception et de développement des avions commerciaux CSeries et des avions d\u2019affaires Global désormais rendus à l\u2019étape de production, les travailleurs de Bombardier bientôt mis à pied disposeront d\u2019une expertise qui serait précieuse dans les quelque 200 autres entreprises québécoises de ce secteur, qui tirent souvent de la patte en matière d\u2019innovation, estime l\u2019expert de l\u2019UQAM Meh- ran Ebrahimi.ANALYSE L\u2019état de l\u2019industrie aérospatiale québécoise n\u2019est pas ce qu\u2019il paraît Ce qui est présenté comme une saignée chez Bombardier pourrait ainsi se révéler, en fait, une transfusion de sang frais dans ces autres compagnies qui font affaire, non seulement avec Bombardier, mais aussi avec les autres grands de l\u2019industrie, comme Airbus et Boeing, mais aussi CAE, Pratt & Whitney, Bell Helicopter, Héroux-Devtek ou CMC Electronics au Québec.Quant à Bombardier, il est difficile de se défaire de l\u2019impression que celui qui s\u2019est longtemps vanté d\u2019être le troisième fabricant aéronautique au monde est en train aujourd\u2019hui d\u2019organiser sa sortie, à tout le moins du secteur des avions commerciaux.On a annoncé hier la vente de la production de ses avions à hélices Q400 et Dash 8 et on dit réfléchir à l\u2019avenir des fameux jets régionaux qui ont fait sa gloire dans le passé, mais qui ne se vendent presque plus dans un marché où la concurrence est de plus en plus nombreuse et féroce.Quant à la fameuse CSeries, dont les coûts de développement l\u2019ont amené au bord de la faillite et qui a été rebaptisée A220 quand on en a donné un peu plus de la moitié des actions à Airbus, personne ne serait surpris d\u2019apprendre, dans un plus ou moins proche avenir, que le géant européen rachète toute l\u2019affaire à Bombardier (33,6 % des actions) et au gouvernement du Québec (16,4 %).Bombardier aboutirait ainsi là où il a commencé en aéronautique dans les années 1980, c\u2019est-à-dire dans les avions d\u2019affaires, qui ont rapporté 1 milliard à la compagnie au dernier trimestre, contre 2 milliards pour les trains et autres métros et moins de 260 millions pour les avions commerciaux.Les règles du jeu Les gouvernements ont-ils eu tort alors d\u2019apporter de l\u2019aide financière à Bombardier ?Tous les pays qui ont une industrie aérospatiale apportent à celle- ci une telle aide, souvent plus généreuse, martèlent les experts.« Même le Maroc donne plus en proportion », observe Mehran Ebrahimi.Au Québec, le secteur représente plus de 40 000 emplois, bien payés, dans un secteur technologique, et des ventes annuelles de 14 milliards, dont 80 % à l\u2019étranger.Une aide d\u2019urgence comme le milliard de dollars américains que Québec a investis en catastrophe pour sauver la CSeries n\u2019est évidemment pas l\u2019idéal toutefois.L\u2019expert de l\u2019UQAM préférerait, par exemple, qu\u2019on choisisse des domaines où le Québec se démarque particulièrement, comme les matériaux, les systèmes électroniques, les trains d\u2019atterrissage ou encore l\u2019intelligence artificielle.Cette aide pourrait passer principalement par le financement de centres de recherche et leur maillage avec les entreprises.« Contrairement à ce que la nouvelle d\u2019aujourd\u2019hui pourrait laisser croire, le secteur québécois se révèle très bien placé.» Il est difficile de se défaire de l\u2019impression que Bombardier, qui s\u2019est longtemps vanté d\u2019être le troisième fabricant aéronautique au monde, est en train aujourd\u2019hui d\u2019organiser sa sortie, à tout le moins du secteur des avions commerciaux.CLÉMENT SABOURIN AGENCE FRANCE-PRESSE Le titre de Bombardier chute « Nous venons de finaliser la phase des investissements majeurs, avec la certification du Global 7500, le meilleur avion d\u2019affaires au monde », a dit M.Bellemare lors d\u2019une conférence téléphonique avec des analystes.«Nous avons aussi réalisé plus vite que prévu notre partenariat avec Airbus, ce qui a complètement réduit le risque associé au programme CSeries, dont la plateforme des appareils A220 va créer de la valeur pour les actionnaires et les clients à long terme.» Airbus détient 50,01% du programme A220, basé à Mi- rabel, contre 33,55% pour Bombardier et 16,44% pour Investissement Québec.Bombardier abolira donc 7 % des 69 500 emplois de la société.La restructuration, dont l\u2019impact au Canada touchera surtout l\u2019aéronautique, entraînera aussi la disparition de 500 emplois en Ontario.Dans le monde, l\u2019aéronautique encaissera 75 % des 5000 abolitions, comparativement à 25 % pour le matériel roulant.Surtout l\u2019aéronautique Parmi les actifs que Bombardier a vendus figure le programme d\u2019avions Q400, en Ontario, et la marque de commerce de Havilland, pour 300 millions.L\u2019acheteur est Longview Aviation Capital, en Colombie-Britannique.La compagnie cède aussi le programme de formation des pilotes et techniciens d\u2019avions d\u2019affaires au groupe montréalais CAE, spécialisé dans les simulateurs de vol, pour des redevances totalisant 800 millions.Après des ajustements, le produit net des ventes sera de 900 millions.En Bourse, le titre de Bombardier a perdu 24 %, à 2,41 $.« Nous sommes déçus et c\u2019est un peu surprenant », a dit le coordonnateur de l\u2019Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l\u2019aérospatiale (AIMTA), David Chartrand.« On s\u2019attendait à ce qu\u2019il se passe quelque chose avec les Q400, car ils ont vendu les terrains.Mais on n\u2019a pas vu venir les abolitions de postes, car le vent était en train de tourner et les choses s\u2019amélioraient.» Se replacer rapidement Bombardier compte au Québec 15 000 employés syndiqués et non syndiqués dans l\u2019aéronautique.« Ce qui frustre le plus nos membres, et même ceux qui ne le sont pas, c\u2019est qu\u2019ils ne savent pas encore qui sera touché.» Cela dit, les emplois dans l\u2019industrie aérospatiale ont augmenté de 4 % l\u2019an dernier au Québec, a-t-il précisé.« Ces gens vont se trouver des emplois aussitôt sortis », a affirmé Meh- ran Ebrahimi, professeur et directeur du Groupe d\u2019étude en management des entreprises de l\u2019aéronautique (GEME Aéro) de l\u2019UQAM.« Il y a un tel besoin de main-d\u2019œu- vre dans le secteur aéronautique.Ils y seront d\u2019autant plus les bienvenus que les autres entreprises ont souvent du mal à trouver des talents qui ont le niveau d\u2019expertise que peut attirer et développer une compagnie comme Bombardier.» Le ministre de l\u2019Économie, Pierre Fitzgibbon, s\u2019est engagé à élaborer un EMPLOIS SUITE DE LA PAGE A 1 « plan de remédiation », dont il discutera le déploiement avec des acteurs de la grappe aérospatiale lundi prochain.« Pour rassurer les travailleurs, j\u2019aimerais leur dire que l\u2019industrie de l\u2019aérospatiale est solide.[\u2026] On va essayer de faire le plus possible pour atténuer complètement [les impacts] de cette annonce-là », a-t-il déclaré.Il a ajouté que les nouvelles mises à pied frappent « de plein fouet 2500 travailleurs et leur famille ».À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a dit que le gouvernement travaille avec l\u2019entreprise.Résultats Au cours du trimestre, Bombardier a enregistré des revenus de 3,6 milliards et un bénéfice net de 149 millions, contre une perte de 100 millions l\u2019an dernier.La division transport a généré des revenus de 2,1 milliards, contre 1,08 milliard dans les avions d\u2019affaires et 256 millions dans les avions commerciaux.Bombardier a indiqué aux analystes que le programme des avions régionaux CRJ, qui a déjà fait sa gloire, n\u2019est pas rentable à l\u2019heure actuelle.Avec la collaboration de Marco Bélair-Cirino et d\u2019Éric Desrosiers Ce qui est présenté comme une saignée chez Bombardier pourrait se révéler une transfusion de sang frais dans d\u2019autres compagnies qui font affaires avec les autres grands de l\u2019industrie [Les travailleurs] seront d\u2019autant plus les bienvenus que les autres entreprises ont souvent du mal à trouver des talents qui ont le niveau d\u2019expertise que peut développer une compagnie comme Bombardier MEHRAN EBRAHIMI » "]
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