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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2018-11-10, Collections de BAnQ.

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[" imanche, un peu avant 17h.Les passants de l\u2019avenue du Parc, située dans le quartier branché du Mile- End à Montréal, terminent leurs emplettes, entrent et sortent des nombreux petits cafés.Devant le théâtre Fair- mount, deux immenses fanions font leur apparition: «la Chapelle».Chaque semaine depuis 2013, plus de 200 jeunes millénariaux s\u2019y entassent pour louanger Dieu, là où quelques heures plus tard se produira le groupe de musique métal Dance With the Dead.Pour ceux qui n\u2019y vont pas « Bienvenue à la Chapelle ! » s\u2019exclament des assistantes bénévoles vêtues de chandails noirs sur lesquels on peut lire «Allô.Comment ça va?».Le slogan de la Chapelle ?« Une église pour ceux qui n\u2019y vont pas.» Tout autour de la scène, des stands sont dressés : la Chapelle Junior (un service de garde), une boutique où l\u2019on vend de multiples produits et livres à l\u2019effigie de l\u2019Église et un point de ravitaillement.Ce soir, les bières en fût sont remplacées par du café et du thé, offerts gratuitement dans des gobelets aux couleurs de la Chapelle.La fébrilité s\u2019empare de la salle quand l\u2019écran géant qui occupe toute la scène amorce un décompte de cinq minutes.Les gens prennent place.Autour de nous, les fidèles portant chaussures Adidas, skinny jeans, tuques orange, hoody et autres vestes en jean prolifèrent.À quelques exceptions près, ils ont moins de 35 ans.Pendant que des placiers armés de walkies-talkies s\u2019affairent à installer les retardataires, les stroboscopes s\u2019activent.Le décompte arrive soudain à zéro et un nom apparaît à l\u2019écran : Jésus.Le spectacle peut commencer.Karaoké pop Sur scène, les musiciens ont pris place.Loin d\u2019être des amateurs, ils ont des voix puissantes.Le groupe, photogénique, adopte les codes de l\u2019industrie de la musique pop.Sur des airs à mi- chemin entre U2 et Coldplay, ils entament des chants de louange.Comme dans un karaoké, les fidèles chantent grâce aux paroles qui apparaissent en temps réel sur l\u2019écran géant.Véritables vers d\u2019oreille, ces mélodies montantes deviennent de puissantes machines à faire surgir les émotions.« La musique est tellement forte que je ne m\u2019entends pas chanter.Ça me permet de chanter plus librement.Je suis moins focalisé sur ma voix et plus concentré sur la louange », raconte Raphaël Boulerice, 20 ans.Plus que des chansons, c\u2019est une façon « d\u2019avoir une relation avec Dieu », confie ce fidèle.Sur la scène, un couple de jeunes pasteurs trentenaires donnant l\u2019impression de sortir d\u2019Occupation double fait son entrée.André-elle Mirck, qui porte publiquement le nom de son époux, le pasteur David Mirck, demande aux croyants réunis : « Est-ce qu\u2019il y a des personnes qui sont en amour ce soir ?Pour toutes les personnes qui se \u201cdatent\u201d, on offre des cours de préparation au mariage.» Les autres sont invités à accueillir les nouveaux en disant bonjour à au moins cinq personnes.On profite ensuite de l\u2019occasion pour promouvoir la vente de billets d\u2019un spectacle de Noël qui tiendra l\u2019affiche deux soirs dans la grande salle du théâtre Saint-Denis, d\u2019une capacité de plus de 2000 places.Une technique marketing audacieuse et inusitée pour tenter de rejoindre un nouveau public.Évangéliser sur Instagram Téléphones à la main, les gens n\u2019hésitent pas à prendre des photos ou à filmer, partageant ce contenu sur les réseaux sociaux.La Chapelle répand sa foi dans les médias sociaux autant que dans les âmes, en adoptant le langage des millénariaux.Véritable Église de l\u2019ère Instagram, la Chapelle offre des services à la fois high-tech et minima- listes, entre concert rock et discussion TED.En plus d\u2019Instagram, les fidèles sont encouragés à utiliser Facebook, notamment pour partager les sermons, disponibles en baladodiffusion.Peut-on incarner le « christianisme traditionnel » en misant autant sur les médias sociaux ?« Pour parler au peuple, il faut parler un langage que le peuple va comprendre à l\u2019aide d\u2019outils qui vont rejoindre la population.Si on peut utiliser les réseaux sociaux pour être une lumière, pourquoi pas?Tous les moyens sont bons, tant que le respect est là », croit le fidèle Raphaël Boulerice.La Bible version 2018 Ce soir-là s\u2019amorce la série «Rêve en couleur», une suite de sermons qui vont s\u2019échelonner sur quelques semaines, offerts par le très charismatique pasteur David Mirck.«Avec Dieu, t\u2019as le droit d\u2019avoir la tête dans les nuages», lance-t-il.Pour toucher un public le plus large possible, il réinterprète des messages de la Bible, les incarnant dans des concepts plus que contemporains, comme le rêve «d\u2019être populaire», d\u2019être p.-d.g.ou d\u2019avoir la paix, provoquant des rires dans le théâtre.Dans des élans enflammés dignes des conférenciers les plus motivés, il invite les gens à trouver leurs propres rêves plutôt que de vivre ceux des autres.À retrouver les rêves enfouis trop loin, en prenant soin de rappeler que « Dieu a un rêve » pour chacun.Tout au long du sermon, des amen fusent spontanément dans la foule.« Est-ce qu\u2019on peut faire du bruit pour Jésus ?» demande David, avant d\u2019enchaîner le songe de Jacob tiré du Livre de la Genèse.« Il fit un rêve : une échelle était appuyée sur la terre et son sommet touchait le ciel ; des anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle.» Une Église pour toi Tout au long de la soirée, l\u2019accent est mis sur le visiteur qui franchit la porte de cette église pour la première fois.Il y a trois ans, cette personne, c\u2019était Alice.« Je voulais vraiment intégrer une communauté dans laquelle je n\u2019allais pas me perdre, dans laquelle chacun peut trouver sa place.Il y a énormément de nouveaux croyants, des gens qui sortent un peu de nulle part, qui veulent juste adhérer à une communauté, dit Alice, une expatriée française de 25 ans.Surtout la jeune génération, qui n\u2019a pas nécessairement un héritage de la foi catholique comme nos parents.Les gens ont besoin de se retrouver entre eux, ont besoin de retrouver Dieu.Surtout dans le monde dans lequel on vit, c\u2019est essentiel.» Au milieu de son sermon, le pasteur est rejoint discrètement sur scène par les musiciens.Doucement, ils viennent soutenir la prédication, mais surtout participer à une mise en scène élaborée.À l\u2019instar de Jacob, David Mirck terminera ce soir-là son sermon juché au sommet d\u2019un escabeau.À défaut d\u2019avoir la tête dans les nuages et de toucher le ciel, comme Jacob, il toucha le plafond du théâtre Fairmount, et quel - ques âmes.PERSPECTIVES LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 HISTOIRE 1918-2018: centenaire de l\u2019Armistice B 4 POLITIQUE L\u2019associé canadien, par Michel David B 5 ÉDITORIAL Bernard Landry, un vrai patriote, par Brian Myles B 8 Les mouvements évangéliques gagnent en popularité au Québec et certains ciblent les millénariaux à grands coups de concerts, de musique rock, usant avec efficacité des réseaux sociaux.Incursion dans une Église pas comme les autres.JEAN-PHILIPPE PROULX COLLABORATEUR LE DEVOIR Une Église qui joue les rock stars Chaque semaine depuis 2013, plus de 200 jeunes millénariaux s\u2019entassent pour louanger Dieu à la cérémonie de l\u2019Église la Chapelle au théâtre Fairmount, à Montréal.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR «Faites du bruit pour Jésus» VOIR PAGES B 2 ET B 3 : LA SUITE DU DOSSIER La musique est tellement forte que je ne m\u2019entends pas chanter.Ça me permet de chanter plus librement.Je suis moins focalisé sur ma voix et plus concentré sur la louange.RAPHAËL BOULERICE » D e mouvement Hillsong, c\u2019est 28 églises dans 21 pays, des sermons disponibles en baladodiffusion et Hillsong Channel, une chaîne télé disponible 24/7 dans plusieurs pays du monde et sur AppleTV.Cette Église revendique plus de 130 000 croyants sur six continents, dont le chanteur pop Justin Bieber, la chanteuse Selena Gomez ou l\u2019acteur Chris Pratt.Propulsé par la popularité de l\u2019évangélisme, le mouvement s\u2019a - breuve à la culture des jeunes milléna- riaux, projetant une image conviviale.Hillsong ne cesse de croître.Les croyances et pratiques du mouvement, fondé en 1983 en banlieue de Sydney en Australie, par les pasteurs Brian et Bobby Houston, sont enracinées dans le pentecôtisme.Mais le mouvement a quitté en septembre dernier les Assemblées de Dieu, regroupement mondial d\u2019églises chrétiennes évangéliques de courant pentecôtiste.Signe d\u2019une volonté d\u2019expansion internationale, Hill- song a créé sa propre dénomination et se définit aujourd\u2019hui comme un «mouvement charismatique évangélique».C\u2019est le label musical de Hillsong qui est une des clés de son influence sur d\u2019autres mouvements évangéliques, dont ceux du Québec.Avec plus de deux milliards de visionnements et 40 millions d\u2019albums à travers le mon - de, ses chansons cartonnent sur You- Tube.L\u2019un de ses succès, What a Beautiful Name, a même décroché un prix Grammy en 2018.« Ils ne se contentent pas de recréer la société de consommation.C\u2019est une façon de subvertir la culture populaire.Dans leur musique, vous avez du rap chrétien, de la pop chrétienne, etc.Tout peut devenir chrétien ou religieux », souligne Frédéric Dejean, professeur au Département de sciences des religions de l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).Traduits dans plus de 100 langues, leurs refrains sont entonnés chaque semaine aux États-Unis par plus de 45 millions de personnes.Cela, parce que toute église peut utiliser ces chansons sans payer de droits d\u2019auteur.Le mouvement étend ainsi son emprise sur d\u2019autres groupes chrétiens évangéliques.Bien qu\u2019efficace, certains critiquent ce modèle, basé sur le bénévolat de jeunes âmes créatives produisant vidéos et louanges, qui assure la prospérité de Hillsong.« On appelle Hillsong un \u201cculte\u201d, mais aussi une \u201ccorporation\u201d visant à accumuler des gains », estime Véronique Pronovost, chercheuse à la Chaire Raoul-Dandurand, rattachée à l\u2019UQAM.À l\u2019assaut de Toronto et Ottawa Si d\u2019autres groupes évangélistes sont surtout présents dans les milieux ruraux, plus conservateurs et homogènes, Hillsong choisit de s\u2019implanter en ville, là où la population est dense et son impact sur la culture plus grand.Pourquoi Ottawa et Toronto ?Selon la pasteure de Hillsong Ottawa, Julie Davidson, c\u2019est Dieu qui guide ces décisions.« Tout ce que font Brian et Bobby Houston [les fondateurs] est basé sur les relations, a-t-elle dit au Devoir.C\u2019est là qu\u2019ils implantent des églises.La question du \u201cqui\u201d est plus importante pour eux que le \u201coù\u201d.» La réalité semble toutefois plus complexe.« C\u2019est intéressant qu\u2019ils choisissent Ottawa, plutôt que Calgary ou à Vancouver.Hillsong n\u2019est pas une église, mais un groupe de revendication.Ils répandent des vues conservatrices, estime Hillary Kaell, profes- seure adjointe à l\u2019Université Concor- dia.La grande question pour eux, ce sera de voir ce qu\u2019ils feront pour atténuer le message de Hillsong, en particulier sur le plan politique, dans l\u2019espoir d\u2019attirer un plus large public de jeunes Canadiens.» Un mouvement religieux peut-il se perdre à multiplier des tournées mon- dailes et courir des émissions de télé comme le Today Show ?« C\u2019est une inquiétude fondamentale pour des églises comme Hillsong, relance Hillary Kaell.Si un produit [est créé] en harmonie avec la culture qui l\u2019entoure, lorsque les gens le consomment, ils ne remarquent même pas qu\u2019il est chrétien.» Évangélisme et politique Chose certaine, les positions de cette Église sur l\u2019homosexualité ont parfois fait sourciller.En 2015, un pasteur de la branche Hillsong New York a affirmé au magazine GQ « que l\u2019homosexualité et l\u2019avortement sont des péchés, mais qu\u2019il accueille tous les pécheurs dans son église ».Or, les personnes homosexuelles ne pouraient pas devenir membres ou pasteurs.Interrogée sur la place des personnes LGBTQ dans son église, la pasteure de Hillsong Ottawa répond de façon ambiguë.« Notre position est que nous som - mes remplis d\u2019amour.Nous aimons les gens », a-t-elle rétorqué.Jusqu\u2019en 2011, Hillsong pratiquait des thérapies de conversion, une forme violente de « guérison de l\u2019homosexualité » qui s\u2019apparente à un exorcisme.Mais cet te pratique est maintenant restreinte dans plusieurs États américains, en plus de l\u2019Ontario, de la Nou- velle-Écosse, du Manitoba et de la ville de Vancouver.Ces dernières semaines, plusieurs évangélistes ont ap- puyéTrump aux élections de mi-mandat, ou ont salué la victoire de Bolsonaro au Brésil.Mais le discours de Hillsong choisit de rester discret.«Hillsong s\u2019adapte aux réalités contemporaines, mais avec une approche plus individualiste et positive que d\u2019autres églises évangéliques plus traditionnelles, souligne Véronique Pronovost.[Hillsong] rejette l\u2019idée que la religion puisse servir à moraliser les individus.» À Hillsong Ottawa, la pasteure Davidson est sans équivoque: « Nous prions pour le gouvernement, mais nous n\u2019allons pas dire pour qui voter.Utiliser notre influence pour ça, c\u2019est juste wrong .» « Mais ce n\u2019est pas tellement par convictions progressistes que ceux-ci refusent de prendre position publiquement, mais plutôt pour garder une apparence cool, pense Mme Pronovost.Hillsong cultive sa différence, attirant plus de jeunes que n\u2019importe quelle autre congrégation évangélique.Et avoir plus de membres signifie avoir plus d\u2019argent\u2026 » LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 PERSPECTIVES B 2 Controversé pour certains, adulé par d\u2019autres, Hillsong bouscule, mais inspire nombre d\u2019églises autour du monde.Dernières en date ?Ottawa et Toronto.JEAN-PHILIPPE PROULX COLLABORATEUR LE DEVOIR Quand Jésus porte un logo Le mouvement mondial Hillsong mise sur la musique et la culture populaires L\u2019un des succès de Hillsong, What a Beautiful Name, de Brooke Ligertwood, a décroché un prix Grammy en 2018.JASON DAVIS GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE Des musiciens lors d\u2019une cérémonie de la Chapelle CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR L Le pasteur Josias Laporte officie tous les dimanches à l\u2019église la Chapelle.CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 PERSPECTIVES B 3 ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR Les églises évangéliques pentecôtistes ont beau gagner en popularité, notamment auprès des jeunes au Québec, l\u2019argent ne tombe pas du ciel.Sans vendre de biens ou de services pour en récolter des profits, comment ces églises réussissent-elles à survivre ?Location de salles, salaires des employés, organisation d\u2019événements : tout a un coût.Et ces dépenses ne pourraient s\u2019effectuer sans la générosité des fidèles qui donnent chaque année, parfois sans compter.L\u2019Église la Chapelle, basée à Montréal, est ainsi loin de faire faillite.Pour l\u2019année 2017, elle a déclaré à Revenu Canada un revenu total de 2 130 948$, dont les trois quarts proviendraient essentiellement de dons pour lesquels l\u2019organisme a remis un reçu pour crédit d\u2019impôt.Des sommes qui lui permettent de rémunérer une équipe d\u2019employés \u2014 de 11 à 25 personnes selon la déclaration de revenus \u2014, pour une somme s\u2019élevant à 876 641$ en 2017.Les autres principales dépenses sont les activités de bienfaisance (805 431 $), ou encore les coûts d\u2019occupation (264 032$).Contrairement à d\u2019autres organisations religieuses, l\u2019Église la Chapelle ne possède pas de lieu de culte, mais loue des salles à plusieurs endroits.Impossible de connaître les sommes versées par l\u2019organisme aux propriétaires de salles, qui affirment que ces ententes sont d\u2019« ordre privé », et donc « confidentielles ».Au moment où ces lignes étaient écrites, la Chapelle n\u2019avait pas répondu aux appels du Devoir sur cette question.« Ces coûts d\u2019occupation sont vraiment importants, c\u2019est à se questionner sur la rentabilité de ce modèle d\u2019église qui ne veut pas de locaux, mais préfère en louer », constate de son côté Frédéric Dejean, professeur en scien - ces des religions à l\u2019UQAM.D\u2019autant plus que la loi québécoise prévoit une exemption de taxes municipales, incluant la taxe foncière, pour les lieux de culte.D\u2019après la Commission municipale du Québec, la Chapelle n\u2019aurait jamais fait de demande en ce sens.Mais l\u2019Église est inscrite au fichier des organismes de bienfaisance enregistrés (OBE), ce qui lui permet, sur le plan fiscal, de remettre des reçus pour les dons recueillis et d\u2019être exonérée d\u2019impôt sur le revenu.Aucune cotisation obligatoire En plus de ses employés, la Chapelle compte environ 450 bénévoles qui n\u2019ont « aucune cotisation obligatoire à payer afin d\u2019adhérer à l\u2019Église », précise Julie Desrochers, conseillère en communication pour l\u2019organisme religieux.Que ce soit les musiciens et chanteurs sur scène, les artistes à l\u2019origine de nombreux produits dérivés vendus sur place, ou encore ceux qui accueillent les fidèles les dimanches: tous sont bénévoles.« Il ne faut pas voir ça uniquement comme du travail gratuit.Dans la culture protestante évangélique, les gens doivent être impliqués au sein de leur Église d\u2019une façon ou d\u2019une autre.[\u2026] Ils ont un rôle au sein de la communauté et doivent ressentir qu\u2019ils ont un impact sur la pérennisation de l\u2019Église », explique Frédéric Dejean.Développer le sentiment d\u2019appartenance chez les fidèles permet de compter sur leur aide pour faire fonctionner l\u2019Église, mais aussi de recueillir plus de dons.« C\u2019est évident qu\u2019il y a des cas d\u2019abus parfois, révélés par les médias.Mais pour des personnes très investies dans leur communauté religieuse, qui leur permet d\u2019avoir des activités sociales, c\u2019est normal de donner beaucoup d\u2019argent », fait remarquer Frédéric Dejean.Vivre grâce aux dons et au bénévolat Intimement liée au mouvement mondial Hillsong, la Chapelle attire l\u2019attention de jeunes millénariaux en changeant la forme de l\u2019Église.JEAN-PHILIPPE PROULX COLLABORATEUR LE DEVOIR « C\u2019est pas une religion.Tout ce qu\u2019on fait, c\u2019est de pointer vers celui qui sauve, le seul qui peut amener une transformation incroyable, Jésus.Il y a trois ans, il n\u2019y avait rien ici, ce n\u2019était qu\u2019une salle de spectacle.Maintenant, chaque dimanche, il y a la présence de Dieu », déclare le pasteur David Mirck devant une foule gonflée à bloc au théâtre Fairmount.Chaque dimanche, la Chapelle revendique 1500 fidèles dans cinq différents services religieux offerts à Montréal, notamment à la Tohu, à l\u2019école Père- Marquette et au théâtre Fairmount.Fondée en 2013 par David Pothier, ancien pasteur jeunesse de l\u2019Église évangélique Nouvelle Vie à Longueuil, associée au courant du christianisme non dénominationnel, la Chapelle a des antennes aux quatre coins de la ville.«Ils apposent leur marque et créent un environnement reproductible qui attire leur clientèle », explique Hillary Kaell, professeure associée au Département des religions de l\u2019Université Concordia.Il y a des comparatifs entre la marque d\u2019une Église comme la Chapelle et McDonald\u2019s, selon Mme Kaell.«Ils vont aussi chercher à implanter ce modèle ailleurs, à attirer plus de gens dans leur congrégation.Mais cela ne nuit pas à l\u2019efficacité de ces églises.Leur modèle s\u2019inscrit dans l\u2019esthétique de la culture occidentale contemporaine.» Le rejet de la religion au sein du mouvement pentecôtiste, c\u2019est une pirouette rhétorique, mais ça traduit aussi un mode de fonctionnement bien spécial, souligne Frédéric Dejean, professeur au Département de sciences des religions à l\u2019Université du Québec à Montréal (UQAM).« On propose une expérience, une rencontre avec Jésus.On associe la religion du côté de l\u2019institution, de la bureaucratie et du désengagement de l\u2019individu.C\u2019est perçu négativement », explique M.Dejean.«C\u2019est bien plus qu\u2019une religion, clame passionnément le jeune croyant Raphaël Boulerice.C\u2019est une relation avec Dieu.Dans l\u2019histoire, la religion a fait beaucoup de mal, [\u2026] des guerres, des atrocités commises au nom de la religion.On s\u2019en éloigne parce qu\u2019il y a un danger de s\u2019égarer de la base, de la relation avec Dieu.» Engouement Si l\u2019islam est souvent perçu comme la confession religieuse en croissance au Québec, c\u2019est plutôt le christianisme qui attire l\u2019attention.« Lorsqu\u2019on regarde le nombre de lieux de culte et les créations de lieux de culte, on remarque que c\u2019est vraiment les communautés évangéliques qui sont en croissance », nuance M.Dejean.Pour se démarquer, la Chapelle cible des jeunes professionnels québécois non issus de l\u2019immigration.À voir ceux qui en franchissent les portes, on peut penser que la mission semble réussie.Cela fait aussi mentir l\u2019idée que le christianisme serait en fin de vie au Québec, selon M.Dejean.C\u2019est faux que les Québécois « ont décroché de la religion », selon Solange Lefebvre, professeure titulaire à l\u2019Institut d\u2019études religieuses de l\u2019Université de Montréal.« Maintenant que l\u2019idée d\u2019une religion nationale au Québec s\u2019est effritée, de nouvelles Églises arrivent pour répondre à des marchés spécifiques.Nous sommes dans une ère du marché religieux, face à des Églises plus convaincantes que quand leurs effectifs [étaient] assurés.» Sur le site Web de la Chapelle, aucune explication claire des croyances véhiculées n\u2019est affichée.En passant du rite à la performance dans les cérémonies, l\u2019« expérience » permet d\u2019interpeller des jeunes ayant une vague culture catholique.« On est ici dans une logique de spectacle, de performance.Ce que les gens vont vivre est constamment une expérience inédite, explique Frédéric Dejean.Le succès ne vient pas tant du message que des groupes de musique et de la forme que prend le message dans les chansons.» Mains levées en signe de louange à Dieu, les croyants vivent pleinement à la Chapelle, largement inspirée dans ses façons de faire par l\u2019Église mondiale Hillsong.« On met en avant un côté hipster.Les gens sont toujours très beaux, très souriants.Il y a vraiment une esthétique », ajoute Frédéric Dejean.En tenant cérémonie dans des endroits comme le théâtre Fairmount ou la Tohu, le mouvement rallie les gens peu enclins à pousser les portes d\u2019une église.«Dans une église, on a parfois l\u2019impression que c\u2019est un salon funéraire, se rappelle Raphaël Boulerice.[Ici] je n\u2019ai jamais peur d\u2019inviter des amis, parce qu\u2019ils ne seront jamais déçus.» D\u2019autres Églises, comme l\u2019Église 21 ou Resurgent Church, se réunissent quant à elles au cinéma Banque Scotia et Cineplex Kirkland pour faciliter la prise de contact avec leurs fidèles et limiter les coûts associés aux taxes foncières.Croissance personnelle Des messages positifs, livrés par des pasteurs charismatiques, voilà la recette gagnante des sermons.Messages qui, à la lecture des titres offerts en ba- ladodiffusion par Nouvelle Vie, pourraient facilement être confondus avec des conférences sur la croissance personnelle : « Comment réagir à des situations incontrôlables » ou « Plus jamais seul ».« Les gens n\u2019ont pas besoin d\u2019une grande interprétation théologique des textes bibliques, mais plutôt qu\u2019on leur parle de leur vie quotidienne », explique M.Dejean.À chaque génération son mouvement.Les années 2000 ont vu percer l\u2019Église de scientologie à travers Tom Cruise, Madonna et Britney Spears ont embrassé la Kabbale, et, récemment, Justin Bieber s\u2019est fait l\u2019égérie de Hillsong.« Les Églises évangéliques sont très sensibles à l\u2019air du temps.Rien n\u2019indique que, dans quelques années, ce ne sera pas autre chose », conclut M.Dejean.En attendant, la Chapelle souhaite ouvrir 30 églises en 30 ans.Depuis plusieurs semaines, la Chapelle a refusé toutes nos demandes d\u2019entrevue, promettant d\u2019y répondre « après Noël ».Quant à l\u2019Église Nouvelle Vie, on nous a indiqué qu\u2019on avait pour « politique de ne pas accorder d\u2019entrevues aux médias ».Le plus hipster des mouvements évangéliques du Québec L\u2019Église la Chapelle, basée à Montréal, est inspirée des Hillsong américains Le pasteur David Mirck (à gauche) et des fidèles lors d\u2019une cérémonie du mouvement évangélique la Chapelle au théâtre Fairmount, à Montréal, la semaine dernière PHOTOS CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR Homosexualité : des réponses floues Derrière une façade d\u2019Église cool et progressiste, quels messages véhiculent les mouvements évangéliques au Québec?À l\u2019Église Nouvelle Vie, d\u2019où provient et où continue de prêcher à l\u2019occasion le fondateur de la Chapelle, les statuts interdisent nommément aux personnes homosexuelles d\u2019être membres.L\u2019homosexualité y est associée à certains actes criminels: «[\u2026] tout manquement moral impliquant une conduite sexuelle ou une déviation sexuelle (notamment, mais sans limitation, l\u2019adultère, l\u2019homosexualité, l\u2019inceste, l\u2019agression sexuelle, la pornographie et les contacts inconvenants avec le sexe opposé)».Cette Église brandit l\u2019article 20 de la Charte des droits et libertés de la personne pour justifier cette exclusion.« Comme la communauté LGBT se sent offensée de ça, [elle] voudrait nous imposer en tant qu\u2019Église ses croyances et venir brimer notre liberté de religion.Ils ont plein de libertés et nous, nous avons notre liberté de religion.Dans un pays libre et démocratique, ces deux libertés se doivent de pouvoir coexister.Je trouve ça un peu intolérant envers nous de vouloir nous attaquer », a expliqué au Devoir Me Nancy Collette, avocate de l\u2019Église Nouvelle Vie.Du côté de la Chapelle, on a répondu par courriel qu\u2019on n\u2019avait pas « de constitution ou de guide de règlements où l\u2019on mentionne des critères d\u2019admissibilité ».On ajoute également que la Chapelle « est ouverte à tous ».2 millions En 2017, l\u2019Église la Chapelle a déclaré un revenu de 2 130 948 $, dont les trois quarts proviendraient de dons pour lesquels l\u2019organisme a remis un reçu pour crédit d\u2019impôt. LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 PERSPECTIVES B 4 L CENTENAIRE DE L\u2019ARMISTICE es témoignages directs des soldats ca- nadiens-français de la Première Guerre mondiale sont rares.Très rares.Gens de peu, plongés au milieu de conditions insoutenables pour des motifs qui échappent le plus souvent à l\u2019entendement, il ne leur venait pas à l\u2019idée, au milieu de leur enfer, de coucher par écrit des souvenirs qu\u2019ils ne demandaient à l\u2019avance qu\u2019à oublier au plus vite.Pour échapper à leur enfer au beau milieu de la guerre, l\u2019humour devint parfois une arme.La plaisanterie sur un ton badin se trouve chez le soldat qui cherche à supporter le difficile.Mais on trouve aussi chez les soldats, toujours sous le couvert commode de l\u2019humour, des critiques acérées de leur condition, explique Bernard Andrès, professeur émérite de l\u2019UQAM.Bernard Andrès s\u2019est attaché à étudier les récits de Canadiens français.« Il y en a très peu, remarque-t-il.Une poignée, à peine.Il y en a plus au Canada anglais.» Mais il note que dans ces rares témoignages écrits existe « une méchante ironie », qui va même en certains cas jusqu\u2019au pamphlet.« Il y a un humour de base, trivial, dans les écrits de l\u2019époque.Mais il y a aussi un humour réflexif », dit-il en entrevue au Devoir à l\u2019occasion du centenaire de l\u2019armistice.En marge de trois expositions temporaires présentées par le Musée du Château Ramezay à l\u2019occasion de ce centenaire, Bernard Andrès propose sur place, le 11 novembre 2018, à compter de 13 h 30, une conférence intitulée « La fine fleur de l\u2019humour en 14-18.Témoignages de soldats canadiens- français ».Andrès vient de faire paraître L\u2019humour des Poilus canadiens-français de la Grande Guerre (PUL).Des écrits des soldats Paul Caron, Noël et Henri Chassé, Claudius Corneloup, Joseph Lapointe, Joseph Lavoie et Moïse Martin, sans compter les illustrations tirées des livres et des journaux d\u2019époque, il a tiré les meilleures pointes lancées contre les officiers et les sous-officiers.« Par moments, ça frôlait l\u2019insubordination.Si on en juge d\u2019après leurs écrits, ces soldats ont été l\u2019objet de mesures injustes », que leur humour montre du doigt.Sans remettre en cause l\u2019armée, comme cela se fera ailleurs, ces soldats canadiens-français dénoncent une structure militaire britannique qui n\u2019est pas propre à assurer leur inclusion dans un registre de commandements où ils se sentiraient, à tout le moins, dûment représentés.Question de drapeaux Pour plusieurs engagés canadiens- français, il est impensable de se battre pour l\u2019Empire britannique.C\u2019est ainsi qu\u2019on trouvera au Québec un fort mouvement contre la conscription obligatoire.Le sentiment qui conduit nombre de Canadiens français à la guerre, sous l\u2019uniforme canadien ou autre, n\u2019en devient que plus intéressant.L\u2019élan pour l\u2019Empire n\u2019était certainement pas du même ordre qu\u2019au Canada anglais, où la moitié des engagés étaient nés au Royaume-Uni.C\u2019est ainsi qu\u2019on a pu plusieurs fois menacer Henri Bourassa, le directeur du Devoir, fermement opposé à la conscription, de le pendre haut et court à la première occasion.Pour certains, l\u2019engagement se fera sous les drapeaux d\u2019une autre armée.Au parc La Fontaine, à Montréal, un monument rappelle les noms de 106 jeunes hommes de la ville qui se sont engagés dans l\u2019armée française.Ils n\u2019étaient pourtant pas tous d\u2019origine française, ces engagés de Montréal.« Six étaient des Canadiens français qui se sont portés volontaires », explique l\u2019historien et généalogiste Marcel Fournier, qui vient de consacrer un ouvrage à ces soldats.Dans Les soldats français de Montréal morts en Europe, Marcel Fournier fait remarquer que ce monument aux engagés sous le drapeau français est le seul du genre au Canada.Mais au Québec seulement, ils ont pourtant été 1200 à s\u2019engager sous les drapeaux de cette armée.De ces soldats, plusieurs étaient bel et bien inscrits dans la réalité québécoise de longue date.C\u2019est le cas de Paul Caron.Né en 1889 à Montmagny, entré au service du journal Le Devoir en 1909 à titre de sténographe, puis comme journaliste deux ans plus tard, Caron signera plusieurs chroniques dans le journal.Catholique ultra, dans l\u2019esprit nationaliste d\u2019un Henri Bourassa, Caron envoyait régulièrement ses écrits au journal.On y perçoit son vif sentiment de mener une guerre juste, au milieu de conditions pourtant nouvelles.« Il n\u2019y a plus de bataille, c\u2019est un embrasement général.Mourir le cœur troué par une balle ou une baïonnette ennemie, c\u2019est triste, sans doute, mais [\u2026] autre chose est de se faire occire à distance par un engin qui vous tombe dessus sans crier gare et contre lequel vous ne pouvez rien », écrit-il dans Le Devoir en 1915, en donnant ainsi une idée de ce nouveau type de guerre menée avec des moyens industriels.Le 16 avril 1917, Caron est tué sous l\u2019uniforme français à Nivelle, dans le nord, à titre d\u2019adjudant du 133e Régiment d\u2019infanterie.Ses chroniques ont été rassemblées et commentées par Béatrice Richard, doyenne à l\u2019enseignement du Collège militaire royal de Saint-Jean.Garder une trace « Les francophones ont été plus enclins à s\u2019engager quand le 22e Régiment a été mis en place.Là, ils pouvaient au moins être commandés en français », dit l\u2019historien Mourad Djebabla-Brun, professeur au Collège militaire royal du Canada à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui vient de faire paraître, à l\u2019enseigne de l\u2019éditeur Septentrion, les carnets de guerre du soldat Joseph Alphonse Couture.« Avec les écrits de Couture, on se rend compte que les Canadiens français se trouvaient aussi dans des unités anglo-saxonnes.» Souvent, explique l\u2019historien, ces Canadiens français servaient de sauf-conduits une fois en Europe.« On les mettait devant, comme premier contact avec les populations, parce que les liens étaient beaucoup plus faciles avec les Canadiens français, à cause de la culture et de la langue », explique le professeur Djeba- bla-Brun au Devoir.Dans ses carnets publiés sous le titre Du Saint-Laurent au Rhin, le soldat Couture note la proximité qui se trouve à l\u2019unir avec les Français et les Belges de la Wallonie.« Il parle avec émerveillement de sa découverte de l\u2019Europe, de ses permissions à Londres, mais surtout de Paris, des théâtres, des amusements.Pour lui, c\u2019est vraiment l\u2019émerveillement.» Il vient de Saint-Agapit.Il a 19 ans.Il écrit comme il parle, très simplement.« Il veut garder une trace.Il écrit.» Une trace d\u2019émerveillement, au beau milieu de l\u2019horreur de cette guerre.Plus de 600 000 Canadiens se retrouvèrent sous les drapeaux de l\u2019Empire britannique entre 1914 et 1918.Environ 60 000 n\u2019en revinrent pas.JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Enjeux de l\u2019après-guerre Pour souligner les 100 ans de l\u2019armistice, la Fédération Histoire Québec et le Collège militaire royal de Saint-Jean organisent au collège militaire une rencontre scientifique qui abordera la fin des hostilités et les effets de la sortie de guerre au Québec, sous le titre général « Défis et enjeux de l\u2019après-guerre au Québec».Plusieurs conférenciers seront présents, dont Bernard Andrès, Marcel Fournier et Béatrice Richard.Après l\u2019ouverture officielle vendredi soir, l\u2019événement a lieu toute la journée aujourd\u2019hui, samedi 10 novembre, à compter de 8 h 30, et le public est invité.Les soldats du 22e Régiment bivouaquent à proximité du front de la bataille d\u2019Amiens.MUSÉE ROYAL 22E RÉGIMENT.PH-172-0172 Paysages et visages du simple soldat Pour plusieurs engagés canadiens-français, il était impensable de se battre pour l\u2019Empire britannique On les mettait devant, comme premier contact avec les populations, parce que les liens étaient beaucoup plus faciles avec les Canadiens français, à cause de la culture et de la langue MOURAD DJEBABLA-BRUN » À gauche : des militaires canadiens se reposent dans des trous d\u2019obus en marge de la bataille d\u2019Amiens, en août 1918.À droite : des membres du 22e Régiment, composé en grande majorité de soldats canadiens-français, dans les tranchées en juillet 1916.MUSÉE ROYAL 22E RÉGIMENT.PH-172-0176 / MINISTÈRE DE LA DÉFENSE NATIONALE \u2013 BIBLIOTHÈQUE ET ARCHIVES CANADA.PA-000262 LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 PERSPECTIVES B 5 L\u2019associé canadien L e premier ministre Legault a profité du jugement de la Cour suprême sur le contrat de Churchill Falls pour promouvoir son projet de « Baie-James du XXIe siècle » en partenariat avec les acheteurs potentiels d\u2019électricité, notamment l\u2019Ontario, dont il avait déjà esquissé les grandes lignes à l\u2019automne 2016.Son enthousiasme avait été refroidi l\u2019an dernier quand la première ministre ontarienne, Kathleen Wynne, avait nié tout intérêt pour le projet, contrairement à ce que le chef de la CAQ lui avait fait dire à l\u2019issue de leur tête-à-tête, mais il entend reprendre bientôt la discussion avec son successeur, Doug Ford.Pour la première fois, M.Legault a également proposé de prendre Ottawa comme associé.« Je ne serais pas gêné \u2014 et j\u2019en ai déjà parlé à Justin Trudeau \u2014 de demander au gouvernement fédéral éventuellement une participation », a-t-il déclaré mardi.Contrairement à ce qu\u2019il avait fait dans le cas de Mme Wynne, il ne nous a pas fait part de la réaction de M.Trudeau.Jusqu\u2019à présent, aucun gouvernement québécois, qu\u2019il soit libéral ou péquiste, n\u2019avait envisagé une participation d\u2019Ottawa ou de qui que soit d\u2019autre au développement de ce joyau qu\u2019est Hydro-Québec, symbole par excellence du savoir-faire québécois et du « Maîtres chez nous ».Hydro-Québec s\u2019est plutôt fait reprocher son impérialisme.Terre-Neuve n\u2019a jamais digéré son refus de renégocier le contrat de 1969, qui s\u2019est transformé en véritable marché de dupes.En 2010, la tentative d\u2019achat d\u2019Énergie NB a soulevé un tollé au Nouveau-Brunswick et a contribué à la chute du premier ministre de l\u2019époque, Shawn Graham.Que l\u2019initiative d\u2019un nouveau partenariat pancanadien vienne d\u2019un gouvernement qui a fait de l\u2019autonomie sa marque de commerce est pour le moins paradoxal.Ce n\u2019est peut-être pas un hasard si M.Legault avait dévoilé son projet de « Baie-James du XXIe siècle » lors du congrès qui avait été marqué par sa profession de foi dans le Canada.L\u2019intégration politique du Québec à l\u2019ensemble canadien trouverait là un prolongement économique dans un secteur où il a toujours préféré faire cavalier seul.Certes, M.Legault a bien précisé que les installations actuelles d\u2019Hydro-Québec demeureraient sa propriété exclusive.Le partenariat, qui pourrait prendre la forme d\u2019une nouvelle société d\u2019État, ne concernerait que les nouveaux équipements : barrages, parcs d\u2019éoliennes, etc.Il n\u2019en demeure pas moins que d\u2019autres États seraient copropriétaires d\u2019actifs en sol québécois.On n\u2019en est pas encore là.Hydro-Québec disposera encore d\u2019importants surplus pendant de nombreuses années, mais le jour viendra inévitablement où les combustibles fossiles seront remplacés un peu partout par des sources d\u2019énergie plus propres.Les coûts élevés de la remise à niveau des centrales nucléaires ontariennes vont également renforcer l\u2019attrait de l\u2019hydroélectricité québécoise.Des premières études à l\u2019entrée en exploitation d\u2019un barrage, il peut s\u2019écouler une quinzaine d\u2019années.S\u2019il doit y avoir une autre Baie-James, il n\u2019est pas trop tôt pour en jeter les bases.L\u2019idée d\u2019intégrer les différents réseaux d\u2019électricité au Canada n\u2019est pas nouvelle.Le réseau de réflexion L\u2019idée fédérale a publié en 2012 une étude effectuée par Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal, qui, tout en reconnaissant la logique économique d\u2019une telle intégration et ses bienfaits pour l\u2019environnement, soulignait les risques politiques qu\u2019elle comportait.« Pour les politiciens provinciaux, changer le statu quo pour une approche pancanadienne [ou une collaboration inter- provinciale] représente un double risque : d\u2019une part, les électeurs pourraient mal percevoir la \u201cperte\u201d de pouvoirs au profit d\u2019un autre gouvernemen ; d\u2019autre part, un sentiment de menace sur un service essentiel pourrait être ressenti, à cause de possibles changements de tarif ou de mode d\u2019opération.Il est donc très délicat pour les politiciens de développer des projets conjoints, parce qu\u2019ils représentent une sortie du statu quo qui est souvent très mal perçue par les électeurs.» Qui plus est, les gains résultant de l\u2019intégration ne seraient réalisés qu\u2019à long terme, alors que les échéances électorales viennent beaucoup plus rapidement.Le professeur Pineau expliquait que les lois du marché feraient en sorte que les consommateurs des provinces productrices d\u2019hydroélectricité verraient leur facture augmenter.« En effet, des consommateurs prêts à payer plus cher [mais moins cher que pour leur production actuelle d\u2019électricité à partir de combustibles fossiles ou renouvelables non hydrauliques] auraient accès à cette hydroélectricité et seraient en concurrence avec les consommateurs locaux.Les consommateurs actuels d\u2019hydroélectricité sont donc légitimement indisposés à renoncer à cet accès exclusif sous une tarification favorable.» Depuis l\u2019élection du 1er octobre, M.Legault semble découvrir presque chaque jour que les choses sont plus compliquées au gouvernement qu\u2019elles ne le paraissaient dans l\u2019opposition.Il était facile de faire miroiter une « Baie- James du XXIe siècle ».Comme de promettre de faire rendre gorge aux médecins spécialistes.Il n\u2019est pas au bout de ses surprises.MICHEL DAVID MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Plus d\u2019un indépendantiste affichait un air sombre et abattu au lendemain de la lourde défaite infligée par les électeurs au Parti québécois le 1er octobre dernier.Bernard Landry n\u2019était pas du nombre.« Des fois, je suis enragé, mais jamais découragé », souligne-t-il dans un entretien diffusé sur les ondes de TVA jeudi soir.Quelques jours avant son décès, M.Landry a partagé des moments forts de sa vie politique, qui était intrinsèquement liée à celle du mouvement indépendantiste québécois, au journaliste Paul Laroque.La maladie l\u2019avait affaibli physiquement, mais n\u2019était pas parvenue à lui ôter l\u2019espoir de voir la nation québécoise choisir l\u2019indépendance.Un « devoir » que lui impose l\u2019Histoire, selon lui.« Ça n\u2019a pas de bon sens qu\u2019une nation comme le Québec soit traitée comme la simple province d\u2019une autre nation.Surtout que notre nation, ce ne n\u2019est pas n\u2019importe quoi en termes économique, culturel, social », fait valoir le 28e premier ministre du Québec, assis devant une grande fenêtre donnant sur l\u2019automne et un drapeau du Québec garni d\u2019une bordure dorée.« Aller chercher l\u2019indépendance, pour une nation, c\u2019est un devoir, ce n\u2019est pas juste un accident.Et puis, ça demande du courage », poursuit-il d\u2019une voix claire au lendemain de la victoire électorale de la Coalition avenir Québec.Le patriote de 81 ans n\u2019avait pas renoncé à la « cause de [sa] vie », malgré l\u2019érosion des votes exprimés en faveur du Parti québécois au fil des vingt dernières années ; de 43 % (76 députés élus) en 1998 à 17 % en 2018 (10 députés élus).« Le Parti québécois, c\u2019est le parti d\u2019un idéal.Et un idéal, c\u2019est plus difficile à vendre que simplement le tracé de l\u2019autoroute.Alors, René Lé- vesque a fondé ce parti pour nous faire aller à l\u2019indépendance nationale.Et puis, c\u2019est ça qui est la mission ; qui l\u2019était, qui doit le rester.On n\u2019arrêtera jamais le combat », promet M.Landry dans une entrevue ayant les allures de testament politique.« Il n\u2019était jamais déprimé » La formule choisie par M.Landry n\u2019est pas sans rappeler le « Que l\u2019on continue, merci ! » griffonné sur un bout de papier par le chef du Bloc québécois Lucien Bouchard depuis son lit d\u2019hôpital à l\u2019automne 1994.« Pour lui, l\u2019avenir du Québec, ça passait par la souveraineté.Depuis qu\u2019il était petit, depuis le biberon, qu\u2019il pensait ça, Bernard.Il l\u2019a rêvé.Puis, il n\u2019a pas fait que rêver, il est entré dans l\u2019action au maximum », rappelle M.Bou- chard sur le plateau de LCN, après l\u2019annonce du décès de M.Landry, mardi.Il rend un vibrant hommage à M.Landry : un homme « extrêmement talentueux », « extrêmement cultivé », qui s\u2019est avéré être « plus que [son] homme de confiance » lorsqu\u2019il assumait les responsabilités de premier ministre du Québec, de 1996 à 2001.« Vous savez, dans la carrière des souverainistes, il n\u2019y a pas eu beaucoup de grands sommets, il y a eu beaucoup de difficultés, beaucoup d\u2019échecs\u2026 En tout cas, beaucoup de périodes difficiles, beaucoup de traversées du désert.[Bernard Landry] n\u2019était jamais déprimé », fait remarquer M.Bou- chard, relatant à son auditoire des moments choisis où la vie de M.Landry et la sienne se sont croisées et mêlées.Choix impossible ?Après l\u2019avoir remercié, l\u2019animateur de l\u2019émission spéciale, Pierre Bruneau, lui demande ses impressions sur le Bloc québécois.L\u2019ex-premier ministre empoigne sa canne.Son visage se crispe.« Il y a assez de deuils comme ça.Je n\u2019ai pas envie de parler de ça, de ce que c\u2019est devenu que le Bloc », répond-il.Le chef d\u2019antenne lui demande alors comment il entrevoit l\u2019avenir du PQ.M.Bouchard se rassoit.« Ça, c\u2019est une grande question.Ça, c\u2019est le dilemme cornélien.Le Parti québécois se distingue des autres par le fait que \u2014 monsieur Lisée a changé ça, mais en principe \u2014 [c\u2019est] une coalition de gens plutôt de gauche, de plutôt de droite, mais liés par la souveraineté.[\u2026] Autrement dit, si on enlève la souveraineté, il ne reste plus grand-chose.[\u2026] Par contre, la souveraineté, où est-ce que ça va mener le Parti québécois ?Ça ne semble pas l\u2019amener au pouvoir.Un parti qui ne va pas au pouvoir, qu\u2019est-ce que c\u2019est ?» déclare-t-il, tout en ajoutant que les militants péquistes sont mûrs pour « de grandes réflexions ».« Ça va être difficile », précise-t-il.« On est toujours en ondes, là, je comprends ! Je pensais qu\u2019on faisait un \u201cdébriefing\u201d ensemble.» Pierre Karl Péladeau lui a succédé sur le plateau de LCN.Il fait aussi allusion à l\u2019« orientation que le chef [Jean-François Lisée] avait donnée » au PQ, soit de « chasser les libéraux » en 2018, puis de « réussir l\u2019indépendance » en 2022.« Est-ce qu\u2019on devait s\u2019interroger ?Je pense que les résultats de l\u2019élection sont là pour en témoigner », soutient M.Péladeau.Il est « difficile » pour un parti politique « gêné » de sa principale proposition, l\u2019indépendance du Québec, de « faire le plein de votes », fait valoir l\u2019instigatrice du Mouvement Québec indépendant, Martine Ouellet, au Devoir.« C\u2019est sûr qu\u2019en tassant l\u2019indépendance, ça devient quoi, la raison d\u2019être du Parti québécois ?» s\u2019interroge l\u2019ex-députée de Vachon au téléphone.« Pourquoi voter pour le Parti vert s\u2019il vous promet de ne rien faire en environnement pendant quatre ans ?» il- lustre-t-elle encore.La présidente du PQ, Gabrielle Le- mieux, soutient que « le Parti québécois n\u2019a jamais renié ses convictions ».« [En vue du scrutin du 1er octobre dernier,] on a tenté des choses, on a essayé des stratégies qu\u2019on croyait être les meilleures au moment où on les a choisies.Avec le recul, on n\u2019est pas plus fous qu\u2019un autre, on constate qu\u2019elles n\u2019ont pas fonctionné », dit-elle sans ambages au Devoir.Les militants du PQ auront l\u2019occasion de réfléchir ensemble aux causes de la défaite à l\u2019occasion d\u2019une conférence nationale des présidentes et des présidents (CNPP), le week-end prochain à Montréal.« Tournée vers l\u2019avenir », Gabrielle Lemieux leur posera la question : « Comment peut-on mettre le Parti québécois au service du mouvement indépendantiste ?» De Verchères, Bernard Landry a lancé, au crépuscule de sa vie, un ultime appel aux indépendantistes en vue des élections générales de 2022 : « Joignons nos forces ! » « Si tous les indépendantistes quel que soit leur parti quand le temps de l\u2019élection arrive font front commun, on gagne », a-t-il parié.POLITIQUE Depuis l\u2019élection du 1er octobre, M. Legault semble découvrir presque chaque jour que les choses sont plus compliquées au gouvernement qu\u2019elles ne le paraissaient dans l\u2019opposition Une chose aussi importante, tu ne peux pas la négliger et passer à autre chose: une nation qui peut être indépendante a le devoir de l\u2019être.Autrement, ça ne peut que finir très mal sur le plan psychologique, sur le plan économique, sur le plan culturel\u2026 Alors, moi, je ne me décourage jamais.BERNARD LANDRY » « Vous savez, dans la carrière des souverai- nistes, il n\u2019y a pas eu beaucoup de grands sommets, il y a eu beaucoup de difficultés, beaucoup d\u2019échecs\u2026 En tout cas beaucoup de périodes difficiles, beaucoup de traversées du désert.[Bernard Landry] n\u2019était jamais déprimé », confie l\u2019ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard.Sur cette photo, MM.Landry et Bouchard prononcent un discours en 1998.JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR L\u2019indépendance ou le pouvoir Le Parti québécois est-il face à un choix impossible, comme le demande l\u2019ex-premier ministre Lucien Bouchard ? B 6 MONDE LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ avis-publics www.ledevoir.com/ services-et-annonces/ appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS AUX CREANCIERS AVIS EST PAR LES PRÉSENTES donné que PRACXIS INTERNATIONAL QUALITE ET CHANGEMENTS LTEE, société légalement constituée ayant son siège social au 4, avenue de Montsec à Lorraine, Québec, a fait cession de ses biens le 6 novembre 2018 entre les mains de PINSKY, BISSON INC., et que la premiere assemblée des créanciers se tiendra le 26 novembre 2018 à 11h00, au 96, rue Turgeon, Sainte- Thérèse, Québec.DATÉ À SAINTE-THÉRÈSE, ce 8 novembre 2018.Eric Bisson, CPA, CA, SAI Responsable de l'actif AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE Prenez avis que Rollande Tétreault en son vivant domiciliée au 271, boul.Sain- te-Rose, #206, Laval, est décédée à Laval le 23 mars 2018.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à 297, chemin du Lac-de- la-Sucrerie, Amherst.Donné ce 7 novembre 2018 à Blainville, Jocelyne Paquette, liquidatrice.AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Québec situé au 300 Jean-Lesage, 1.24, Québec, QC G1K 8K6 dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d\u2019instance / demande d\u2019intervention forcée d\u2019un tiers en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d\u2019une ordonnance rendue le 31-10-2018 par le greffier de la cour du Québec dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Québec, le 31-10-2018 Sophie Mignault-Morin Greffier de la Cour du Québec Nom et dernière adresse connue POULIOT LUC, 2360 CH STE FOY 380, QUEBEC, QC, G1V 4H2 MUHIZI IRAKOZE ERIC, 106 RUE STE ANNE, QUEBEC, QC, G1R 3Y8 BELLEAU MICHEL, 2-260 RUE JOSEPH ISABELLE, QUEBEC, QC, G1M 3N6 LETOURNEAU ASSELIN CLAUDINE, 1752 CH DES PLUVIERS, ST NICOLAS, QC, G7A 3S6 9221 4386 QUEBEC INC, 675 RTE DU PRESIDENT KENNEDY, LEVIS, QC, G6C 1E1 BRONZAGE LIFETAN INC, 309 DES EPERVIERES, SAGUENAY, QC, G7G 0A6 COTE LACHANCE KAROLANNE, 125 CH DES AFFLUENTS, STONEHAM, QC, G3C 2S5 COMPLEXE BUREAU & SERVICES AFF INC,1 PL VILLE-MARIE 2901, MONTREAL, QC, H4B 0E9 PICHETTE ANNICK, 62 RUE JOSEPH ERNEST, QUEBEC, QC, G3A 1W7 CHASSE DANY, 63 RUE DES ORMES, QUEBEC, QC, G1L 1M7 HEMENG FRANCIS, 8623, AVE WISEMAN, APT 8, MONTREAL, QC, H3N 2P8 DESJARDINS FRANCIS, 24 RUE LALIBERTE, ST-HENRI-DE-LEVIS, QC, G0R 3E0 MARTIN JYPSY, 343 RUE ADER, QUEBEC, QC, G1C 5N6 WONG PIERRETTE, 2021 ATWATER 1811, MONTREAL, QC, H3H 2P2 PELLETIER RAYNALD, 651 FRANCOIS-THOMAS, LEVIS, QC, G6W 1P6 DANICK MARQUIS ESQUA S.MARQUIS, 100-1175 LEBOURGNEUF, QUEBEC, QC, G2K 0B7 PAVAGE ORLEANS INC., 14102 BOUL DE LA COLLINE, QUEBEC, QC, G3E 1H2 BRONZAGE DIAMOND (9286-2630 QUEBEC), 1200 BLANCHE, BAIE-COMEAU, QC, G5C 3N9 9262-7512 QUEBEC INC, 55-212 RUE POIRIER, SAINT-EUSTACHE, QC, J7R 6B1 9348-9060 QUEBEC INC, 1369 NOTRE DAME, ANCIENNE LORETTE, QC, G2E 4P2 TREMBLAY MARC, 124 RUE DE SANCERRE, GATINEAU, QC, J9H 7V2 THERRIEN STEPHANE, 3812 CHEMIN DE TILLY, SAINT-ANTOINE-DE-TILLY, QC, G0S 2C0 IMPORTS GAMES 9300-2566 QUEBEC INC, 402-325 ST VALLIER EST, QUEBEC, QC, G1K 3P7 GARNEAU FREDERIC, 2019 RUE DES SOURCES, SHERBROOKE, QC, J1R 0J5 EL-KHATTABI OUSSAMA, 300-2 RUE ST-JULES, QUEBEC, QC, G1E 4W4 COMPTOIRS BETON QUEBEC INC., 1932 AVE METHOT, QUEBEC, QC, G1E 4K9 ASSELIN MARTIN, 1932 AVE METHOT, QUEBEC, QC, G1E 4K9 BRETON HAROLD, 611 BEGIN, ST ANSELME, QC, G0R 2N0 PELLETIER MELANIE, 1247 JOSEPH-ROUSSEAU, QUEBEC, QC, G1S 4H2 TRANS AXION INC, 231 RUE RIVERSIDE 231, ST LAMBERT, QC, J4P 1A3 GARON JOCELYN, 7050 BOUL WILFRID HAMEL, QUEBEC, QC, G2G 1B5 ASSELIN MARTIN, 331 DES EXPLORATEURS, SAINT-LAMBERT-DE-LAUZON, QC, G0S 2W0 LEVESQUE NORMAND, 2527 BOULEVARD TALBOT, QUEBEC, QC, G3C 1H5 BEAUMONT SEBASTIEN, 4-780 TRAIT CARRE EST, QUEBEC, QC, G1H 2Y9 FORTIN JOCELYN, 3726 BOUL STE ANNE, QUEBEC, QC, G1E 3H3 RAYMOND LUC, 5209 RTE DU FOSSAMBAULT, SAINTE-CATHERINE-DE-L, QC, G3N 1V5 KENNEY MARC-OLIVIER, B-76 NOTRE-DAME EST, CAP-CHAT, QC, G0J 1E0 Numéro de dossier 200-32-067938-174 200-32-067992-171 200-32-068253-185 200-32-068297-182 200-32-068433-183 200-32-068501-187 200-32-068534-188 200-32-068565-182 200-32-068577-187 200-32-068582-187 200-32-068597-185 200-32-068656-189 200-32-702086-181 200-32-701316-175 200-32-701324-179 200-32-701361-171 200-32-701488-172 200-32-701536-178 200-32-701724-188 200-32-701772-187 200-32-701822-180 200-32-701867-185 200-32-701914-185 200-32-701915-182 200-32-701964-180 200-32-702070-185 200-32-702070-185 200-32-702077-180 200-32-702120-188 200-32-702332-189 200-32-702350-181 200-32-702385-187 200-32-702495-184 200-32-702559-187 200-32-702671-180 200-32-702721-183 200-32-702756-189 AVIS PUBLIC DE NOTIFICATION (articles 136 et 137 C.p.c.) Avis est donné à : XAVIER CONSTANTINEAU, dernière adresse connue au 5-36, Place Mercier, Candiac (Québec) J5R 4W2 BERNARDA JOFRE ROJAS, dernière adresse connue au 4200, boulevard des Sources, Dollard-des-Ormeaux (Québec) H9B 3M6 de vous présenter au greffe de la Cour du Québec, Division des petites créances, du district de Terrebonne situé au 25, de Martigny Ouest, Saint-Jérôme (Québec) J7Y 4Z1 dans les 30 jours afin de recevoir la demande introductive d\u2019instance en recouvrement d\u2019une petite créance qui y a été laissée à votre attention.Vous devez répondre à cette demande dans le délai indiqué dans l\u2019avis d\u2019assignation qui l\u2019accompagne, sans quoi un jugement par défaut pourrait être rendu contre vous et vous pourriez devoir payer les frais de justice.Le présent avis est publié aux termes d\u2019une ordonnance rendue le 7 novembre 2018 par la greffière dans les dossiers portant les numéros ci-haut mentionnés.Il ne sera pas publié à nouveau, à moins que les circonstances ne l\u2019exigent.Saint-Jérôme, le 7 novembre 2018 François Langevin, Greffier-adjoint de la Cour du Québec 700-32-701921-189 700-32-034265-189 Australie : une attaque « terroriste » fait un mort à Melbourne MELBOURNE \u2014 Un homme originaire de Somalie et connu des services de renseignement a tué une personne au couteau et en a blessé deux autres, vendredi, en plein cœur de Melbourne, dans ce que la police australienne considère comme un acte terroriste, revendiqué par le groupe État islamique.Le suspect, qui a été capturé par la police et est mort en détention, «était connu de nous» et son véhicule 4x4 était rempli de bouteilles de gaz, a déclaré Graham Ashton, le patron de la police de l\u2019État de Victoria, dans le sud de l\u2019Australie.Agence France-Presse Yémen : 132 morts dans la bataille de Hodeïda en 24 heures HODEÏDA \u2014 Les combats des 24 dernières heures à Hodeïda ont fait 110 morts parmi les rebelles hou- this, qui contrôlent cette ville stratégique de l\u2019ouest du Yémen, et tué 22 combattants des forces loyalistes tentant de la reprendre, selon des sources médicales et militaires.Ce bilan porte à 382 le nombre de combattants des deux camps à avoir été tués depuis l\u2019intensification le 1er novembre de la bataille de Hodeïda.Les rebelles houthis tentent par tous les moyens de ralentir la progression des forces pro- gouvernementales.Point d\u2019entrée de trois quarts des importations et de l\u2019aide internationale dans un pays menacé par la famine, la ville portuaire de Hodeïda est contrôlée par les rebelles depuis 2014.Agence France-Presse EN BREF STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Quand c\u2019est fini, ça recommence.Les résultats des élections de mi-mandat étaient encore incomplets dans la nuit de mardi à mercredi de cette semaine quand le compte du mouvement des Indivisibles a publié son premier gazouillis d\u2019encouragement à poursuivre la lutte.« Ce soir est la preuve que notre modèle fonctionne », dit le texte de @indivisibleTeam, en référence à la majorité acquise à la Chambre des représentants.« Nous l\u2019avons prouvé.Faites confiance et investissez dans le leadership local.Ne dites pas aux gens quoi faire, donnez-leur le pouvoir de se diriger eux-mêmes.Organiser, organiser, organiser.» Les Indivisibles n\u2019ont fait que ça depuis deux ans.Le mouvement veut « sauver la démocratie américaine » en développant une politique sociale-dé- mocrate opposée à la réputée oligarchie prévaricatrice au pouvoir.L\u2019alliance multiforme dit fédérer près de 6000 groupes de résistance à travers le pays, ce qui en donnerait 120 par État en moyenne, du minuscule Dakota à la gigantesque Californie.Un autre message du soir des élections faisait leur bilan.Ces milliers de groupes ont organisé 2220 rassemblements électoraux dans 45 États pendant 25 semaines consécutives.Les militants ont entamé plus de 11 millions de démarches concrètes auprès des électeurs, notamment des visites à domicile.Cette armée semble maintenant prête à continuer le combat pour prendre le Sénat et faire élire un président démocrate qui pourrait travailler de concert avec la nouvelle Chambre basse restée bleue.Évidemment, oui, bien sûr, qui ne le souhaiterait pas pour son camp ?Alors comment ?Viser le centre Christophe Cloutier-Roy, chercheur en résidence de l\u2019Observatoire sur les États-Unis de la Chaire Raoul-Dandu- rand de l\u2019UQAM, tire des leçons du passé récent pour le proche avenir.Il propose deux leçons pour ainsi dire géographiques pour commencer : Midwest.« Cette région apparaît de plus en plus comme la zone névralgique pour le contrôle de la politique américaine, dit-il.C\u2019est dans cette région que Trump a assuré ses victoires décisives pour arriver à la Maison-Blanche.Les démocrates ont maintenant pris beaucoup de sièges dans les États de la région.Sauf en Indiana, leurs sénateurs ont été réélus.Ils ont arraché des postes de gouverneur.Il y a donc intérêt à comprendre encore plus les besoins et les demandes de cette région qui a été beaucoup touchée par la désindustria- lisation.Ce serait donc peut-être un bon plan d\u2019adopter des mesures de populisme économique, de progressisme économique, puisque les syndicats y sont encore relativement forts, surtout en Ohio.Par contre, c\u2019est peut-être une région où les idées plus radicales de la gauche culturelle passent moins bien.» Sud-Ouest.« Cette autre région semble aussi prometteuse.Au Texas par exemple, la forte poussée démocrate ne s\u2019est pas soldée par une victoire au Sénat de Beto O\u2019Rourke, mais sa performance est franchement encourageante.Ce résultat pourrait donner envie aux démocrates d\u2019investir dans des courses sénatoriales, au poste de gouverneur, voire pour la présidence.Les résultats de l\u2019élection sénatoriale ne sont pas encore finaux en Arizona, mais là encore, la performance de la démocrate Kyrs- ten Sinema est encourageante pour son parti.Dans cette région, on mise plus sur la montée de la diversité ethnique, la force croissante du vote hispanique, notamment.Le Parti démocrate devra aussi miser davantage sur les banlieues de certaines grandes villes où des populations de femmes éduquées et professionnelles se rebellent contre la présidence Trump.Sans négliger bien sûr le nord-est et la côte ouest, deux fiefs progressistes.» «En fait, la conclusion de base, c\u2019est que les démocrates ont plus de succès quand ils présentent des candidats qui cadrent bien dans leur région, ajoute le spécialiste.Les démocrates montrent, depuis l\u2019arrivée de Donald Trump au pouvoir, qu\u2019ils performent bien, même en territoires républicains, quand ils choisissent des candidats plus en fonction des aspirations de la population locale et moins en fonction des considérations idéologiques.La diversification des candidats sera donc une stratégie assez gagnante dans la perspective de 2020.» Viser la gauche Ce dilemme va tarauder le parti dans les deux prochaines années et il faudra bien trancher quand viendra le temps ÉTATS-UNIS La tentation centriste Quelle stratégie pour les démocrates en prévision du prochain rendez-vous électoral ?Aspirants présidents La prochaine lutte politique épique va se faire pour la fonction suprême américaine.Quel « ticket » choisiront les démocrates pour monter au front contre Donald Trump et son vice-président Mike Pence ?Des candidatures fortes et quasi obligées se profilent, dont celle de l\u2019ancien vice-président Joe Biden.Le Sénat, pouponnière de candidats à la présidence, fournit encore des noms très probables : Elizabeth Warren du Massachusetts, Kirsten Gillibrand de New York, Kamala Harris de Californie, Cory Booker du New Jersey ou Bernie Sanders du Vermont.« Le problème [entre guillemets], c\u2019est que ces candidats potentiels viennent de territoires acquis aux démocrates, dit le chercheur Christophe Cloutier-Roy, de l\u2019UQAM.On voudra peut-être plus privilégier une candidature du Midwest ou du Sud-Ouest.Ce qui favoriserait une modérée comme Amy Klobuchar du Minnesota ou Beto O\u2019Rourke du Texas, même si ce dernier a perdu contre Ted Cruz.Il a beaucoup de charisme et de notoriété.» Les gouverneurs donnent aussi des aspirants de qualité : Gavin Newsom, nouvel élu de la Californie, Andrew Cuomo de New York ou le modéré John Hicken- looper, qui dirigeait le Colorado jusqu\u2019à mardi.On pourrait aussi voir des milliardaires se lancer dans la course, dont le philanthrope et environnementaliste Tom Steyer, ou l\u2019ancien maire de New York Michael Bloomberg, 11e fortune mondiale.La liste des candidats potentiels comprend aussi la vedette Oprah Winfrey et le maire de La Nouvelle-Or- léans Mitch Landrieu.Même l\u2019avocat anti-Trump Michael Avenatti, procureur de la star porno Stormy Daniels, songe à se lancer dans la course.« Je ne serais pas surpris qu\u2019on ait une quinzaine de candidats démocrates », annonce le spécialiste.À Marseille, un huitième corps retrouvé sous les décombres MARSEILLE \u2014 Les secours ont retrouvé vendredi un huitième corps, celui d\u2019une femme, peut- être celui de la dernière victime de la catastrophe, sous les décombres des immeubles vétustes qui se sont effondrés lundi à Marseille, où de nouvelles évacuations ont eu lieu par précaution dans le centre-ville.Cinq hommes et deux femmes avaient déjà été retrouvés morts.Les autorités estimaient à huit le nombre de personnes présentes dans le seul immeuble habité au moment du drame.Agence France-Presse LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 B 7 MONDE PETITES ANNONCES AVIS DE DÉCÈS TROIS-RIVIÈRES Très belle maison de ville sur 3 niveaux à 2 pas de l'amphitéâtre Cogeco 418-208-1101 trem38claude@gmail.com DISCRIMINATION INTERDITE La Commission des droits de la personne du Québec rappelle que lorsqu'un logement est offert en lo-cation (ou sous-location), toute personne disposée à payer le loyer et à respecter le bail doit être traitée en pleine égalité, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge du locataire ou de ses enfants, la religion, les convict ions pol i t iques, la langue, l'origine ethni-que ou nationale, la condit ion sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handi-cap.101 PROPRIÉTÉS À VENDRE 160 APPARTEMENTS ET LOGEMENTS À LOUER À PARIS Petit bijou d'appart sur la Butte Montmartre, au coeur de Paris.Paisible, ensoleillé, ascenseur.514-489-5955 appartement-montmartre.com CONDOS PARIS CENTRE Près métro et services.WIFI.Sem./mois À partir de 790 $.Location : 514-999-0546 paris.condo@sympatico.ca PROVENCE - Vallée du Rhône Maison tout équipée à Nyons.Terr.ensol.2 cc, 2 sdb.819-300-1330 www.bonnevisite.ca/nyons mariehalarie@gmail.com FLORIDE - Bal Harbour Luxueux condo neuf.Directement sur la mer.Restaurants, commerces.(514) 594-8881 *Librairie Bonheur d'Occasion* achète à domicile livres de qualité en tout genre.514 914-2142 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irrégularités dans les votations.Or le chef d\u2019État déverse des barils d\u2019acide dans chacune des fissures de la société américaine pour les transformer en failles abyssales où l\u2019âme du pays se perd.Il utilise les mécanismes démocratiques pour insuffler des habitudes autoritaires.Dans ce contexte, minorer le poids des mots et des gestes qui les accompagnent ne fait qu\u2019accélérer la course vers le vide.Car les mots d\u2019autorité portent.Ils érigent des institutions démocratiques en ennemis du peuple, des opposants en adversaires à abattre, ils normalisent l\u2019inconcevable, érigent les théories conspirationnistes en réalité.Ils se métamorphosent parfois en armes, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une AR- 15 ou d\u2019une machette.Il n\u2019est donc pas anodin que le personnel du New York Times ait choisi de suivre une formation en premiers soins, redoutant les effets du climat actuel.Il n\u2019est pas insignifiant que depuis la tuerie dans une synagogue à Pittsburgh, plusieurs mosquées peinent à embaucher des gardes de sécurité parce qu\u2019ils craignent pour leur vie, tandis que les actes haineux (antisémites, anti-gai, anti-latino, anti-noir) ont augmenté substantiellement depuis 2017.Particulièrement significatif dans ce contexte est le remplacement du procureur général par une figure partisane, Matthew Whitaker, qui a déjà conclu à l\u2019inanité de l\u2019enquête Mueller : en tant que supérieur du procureur spécial, il pourra prendre connaissance de l\u2019avancement du rapport d\u2019enquête et en informer le président.Il est l\u2019ultime pare-feu du gouvernement face à une Chambre qui a basculé dans l\u2019opposition.Car les commissions parlementaires peuvent remettre des assignations à comparaître, des mandats d\u2019amener, imposer la transmission de documents\u2026 au nombre desquels le rapport (une fois terminé) de Robert Mueller.Ainsi, l\u2019entrée en fonction du nouveau Congrès, le 3 janvier, devrait voir la mise en place graduelle d\u2019enquêtes sur les pratiques du gouvernement, l\u2019utilisation de fonds publics à des fins personnelles, la violation de la clause sur les émoluments, le degré de collusion avec la Russie en 2016, l\u2019utilisation par des membres du gouvernement de leur courriel personnel à des fins professionnelles, l\u2019abandon de Porto Rico à la furie de l\u2019ouragan Maria\u2026 Pour autant, elles se heurteront au futur conseiller juridique de la Maison-Blanche, Pat Cipollone, qui a annoncé ses couleurs : chaque assignation sera portée devant les tribunaux\u2026 jusqu\u2019en Cour suprême, s\u2019il le faut.D\u2019où l\u2019importance de l\u2019indépendance et de l\u2019équilibre politique de cet aréopage.Dans le même temps, les femmes et les minorités n\u2019ont jamais été aussi nombreuses à tous les paliers de la politique américaine et, conformément aux recherches montrant l\u2019impact d\u2019une meilleure représentativité dans la production de normes, elles auront la capacité, à terme, de redéfinir la pratique de la politique.L\u2019alternance aux niveaux fédérés aura aussi une incidence sur les législations locales pour contrer les effets des (dé)réglementations fédérales (de la réalité du changement climatique au salaire minimum, de la justice pénale au contrôle des armes à feu).Le changement de la teinte politique des législatures et des gouverneurs aura un effet sur le tracé des circonscriptions électorales dans la foulée du recensement de 2020.L\u2019alternance aux postes de juges, de procureurs de district et de procureurs généraux aura un impact sur le droit.Un rôle crucial, comme en atteste la décision de la Cour fédérale d\u2019appel du 9e ressort, il y a deux jours, de maintenir la suspension d\u2019invalidation du programme DACA, dont le juge Kim Wardlaw a affirmé qu\u2019elle était arbitraire.Ou celle, hier, de la Cour fédérale de district au Montana suspendant la construction du pipeline Keystone XL, au motif que le gouvernement avait ignoré des informations cruciales sur le changement climatique.À plus long terme, cette évolution au niveau local aura un effet au niveau fédéral.Car les fonctions locales sont des pépinières qui permettent de percoler vers le haut et d\u2019investir Washington : le paysage politique pourrait changer en 2020.Mais pour que la démocratie se régénère, il lui faut du temps.C\u2019est ce dont elle manque le plus aujourd\u2019hui.En effet, les primaires du prochain cycle électoral commencent dans moins de quatorze mois.Ceux qui imaginent que le climat actuel a atteint son paroxysme se leurrent : la magnitude des séismes à venir pourrait ne pas être mesurable sur les échelles actuelles.Même si les résultats de l\u2019élection sénatoriale ne sont pas encore finaux en Arizona, la performance de la démocrate Kyrsten Sinema est encourageante pour son parti.CHRISTIAN PETERSEN GETTY IMAGES AGENCE FRANCE-PRESSE de choisir un « ticket » pour la présidentielle.Faudra-t-il opter pour un militant de la gauche comme l\u2019était le sénateur Bernie Sanders ?Faudra-t-il plutôt une candidate centriste de l\u2019establishment à la Barack Obama ou à la Hillary Clinton ?En fait, ce dilemme insoluble déchire le Parti démocrate au moins depuis les années 1940.« Les démocrates ont encore décidé de tirer profit du choc de 2016 et de l\u2019impopularité de Donald Trump en se positionnant au centre plutôt que sur un programme idéologiquement très campé à gauche.Je crois que c\u2019est une bonne option qui réussit à ménager l\u2019ensemble des groupes de la coalition.Mais certains diront que c\u2019est une mauvaise stratégie pour 2020 puisqu\u2019elle a déjà échoué avec Mme Clinton.En plus, il reste l\u2019impression que les dernières primaires présidentielles avaient été un peu manipulées par l\u2019establishment pour favoriser Mme Clinton.» La dégelée de 2016 liée aux politiques trumpiennes a stimulé la naissance de mouvements de la base allant jusqu\u2019aux plus radicaux à l\u2019échelle états-unienne, dont Alexandria Oca- sio-Cortez élue dans un district de New York, maintenant la plus jeune représentante au Congrès à 29 ans.Le Parti démocrate va devoir composer avec cette frange de gauche et la satisfaire en partie pour ne pas entraîner une désillusion et une désaffection de cette faction, moins fidèle que les conservateurs aux républicains.« On a vu un ressac dans les années 1960, explique M.Cloutier-Roy.Beaucoup de groupes issus de la nouvelle gauche des campus ont alors été abandonnés par le Parti démocrate sur la question de la guerre au Vietnam par exemple.La démobilisation qui a suivi a contribué à l\u2019essor du conservatisme à la fin des années 1970 et 1980.» ÉLISABETH VALLET Les femmes et les minorités n\u2019ont jamais été aussi nombreuses à tous les paliers de la politique américaine et, conformément aux recherches montrant l\u2019impact d\u2019une meilleure représentativité dans la production de normes, elles auront la capacité, à terme, de redéfinir la pratique de la politique l fut un grand second, dit-on de Bernard Landry dans une formule d\u2019une déconcertante simplicité.Le second est en réalité un éternel premier de classe dont la juste valeur se révèle au passage du temps.Ne serait-ce que pour la Paix des Braves, un accord conclu en 2002 avec le grand chef de la nation crie Ted Moses, Bernard Landry mérite sa place au firmament des grands hommes politiques du Québec moderne.Grâce à son leadership et au lien de confiance qu\u2019il a tissé avec le chef Moses, M.Landry a permis au Québec de se hisser parmi les nations avant-gardistes dans ses relations avec les Premières Nations.Encore aujourd\u2019hui, la Paix des Braves est citée à travers le monde comme un exemple de succès dans les relations entre les gouvernements occidentaux et les Autochtones.Bernard Landry accepta de négocier d\u2019égal à égal avec les Cris, de nation à nation, à partir de la prémisse partagée de part et d\u2019autre que les Québécois et les Cris pouvaient coexister sur un même territoire.Le traité libéra le Québec de la menace des poursuites judiciaires et lui permit de développer le potentiel hydroélectrique de la Eastmain.Les Cris obtinrent pour leur part plus de 3,5 milliards en 50 ans et la garantie d\u2019être impliqués dans la mise en valeur du Nord.Cela peut sembler une évidence aujourd\u2019hui, mais la reconnaissance du droit fondamental des peuples autochtones de profiter de l\u2019exploitation des ressources naturelles sur leur territoire était un geste politique courageux et singulier, posé bien avant que la réconciliation avec les Premières Nations ne devienne l\u2019expression à la mode.Que vaut la réconciliation si elle n\u2019est pas soutenue par une reconnaissance pleine et entière des nations autochtones, avec un accès aux leviers politiques et économiques de la pleine autodétermination ?Bernard Landry, l\u2019érudit, avait trouvé la réponse à cette question dès 2002, là où d\u2019autres avancent encore à tâtons.Bernard Landry fut également un promoteur ardent du premier traité de libre-échange, signé en 1987 sous le gouvernement conservateur de Brian Mulroney.L\u2019indépendantiste convaincu mit le prestige de son intelligence en matière d\u2019économie au service d\u2019un projet d\u2019Ottawa dont il présagea des retombées positives pour le Québec.L\u2019ouverture au commerce international et à l\u2019abolition des barrières tarifaires n\u2019était pas naturelle chez les sou- verainistes des années 1980, qui avaient les mêmes réflexes de méfiance à l\u2019égard du libéralisme que les solidaires aujourd\u2019hui.Visionnaire, encore une fois, Landry avait compris que l\u2019avenir de la nation québécoise ne passait pas par l\u2019autarcie et le repli.Il manifesta le même esprit d\u2019ouverture dans son approche de la main tendue aux communautés culturelles qu\u2019il conviait au projet de pays.Associé au centre droit au sein du Parti québécois, il sut concilier dans la même pensée les dimensions économiques et sociales.Sa vision des rapports entre l\u2019entreprise privée et l\u2019État n\u2019a pas perdu un iota de sa pertinence.S\u2019il appartient au privé de créer de l\u2019emploi et de la richesse, il revient à l\u2019État d\u2019en faire la redistribution dans un souci d\u2019équité et de justice sociale.La création du réseau de garderies à 5 $, les lois sur l\u2019équité salariale, l\u2019assurance médicaments et la lutte contre la pauvreté, autant d\u2019initiatives auxquelles fut associé Bernard Landry, procèdent de cette réconciliation de l\u2019économie et du social.Cette vision n\u2019empêche pas l\u2019interventionnisme lorsque nécessaire pour sauver des emplois (Paccar), préserver des actifs au Québec (achat de Vi- déotron par Québecor) ou accélérer l\u2019émergence d\u2019une grappe comme celle de l\u2019industrie du jeu vidéo.Sans les crédits d\u2019impôt de Bernard Landry, il n\u2019y aurait pas quelque 10 000 emplois en jeu vidéo à Montréal.Loin de faire partie de ces élites politiques qui auraient supposément trahi le Québec, Bernard Landry fut le défenseur d\u2019un idéal de social-démocratie en constante recherche du point d\u2019équilibre entre l\u2019interventionnisme d\u2019État et le libre marché.En dépit de son caractère parfois intempestif et bouillant, qui le rendait particulièrement abrasif pour les journalistes, Bernard Landry fut enfin un homme de principes comme il y en a peu.Il fut constant dans ses valeurs et dans ses convictions politiques.Là où d\u2019autres envisagent la participation à la vie publique comme une occasion de se mettre en valeur et de se féliciter de leur magnanime prestance, il s\u2019est investi en politique à des fins nobles d\u2019avancement et d\u2019émancipation de la nation québécoise.Servir, et non se servir.« Parti sans pays », titrait Le Devoir au lendemain de sa disparition.Mais parti sans y renoncer.Parti sans succomber au cynisme et au ressentiment.Parti tel un patriote contemporain, franc et droit.LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Joel Chiarello Étudiant à la maîtrise en science politique à l\u2019Université du Québec à Montréal La goutte qui fait déborder le vase, elle est tombée lorsque j\u2019ai ouvert mon Facebook et que les organisateurs de la manifestation « La planète s\u2019invite au Parlement » (le samedi 10 novembre) ont mentionné le fait que la nouvelle ministre de l\u2019Environnement allait être présente.Les organisateurs croient encore que le gouvernement sera le moteur de changement pour le climat.Comment peut-on être aussi dupe ?Comment peut-on se voiler la face de cette manière ?Le gouvernement Legault a été clair dès le début par ses actions, mais aussi par les gens qui composent son équipe : l\u2019environnement est subordonné au profit.Si l\u2019environnement nous empêche de faire des profits, l\u2019environnement prendra le bord.L\u2019une des premières déclarations du gouvernement caquiste a été pour dire qu\u2019il allait retirer la protection d\u2019exploration pétrolière sur l\u2019île d\u2019Anticosti.Puis relancer et encourager encore plus vigoureusement l\u2019exploration pétrolière et gazière en Gaspésie.[\u2026] Je le répète : comment peut-on, malgré toutes ces évidences, continuer à croire que ce sera le gouvernement qui changera quoi que ce soit aux problèmes climatiques ?De surcroît, le premier ministre actuel est le fondateur d\u2019une entreprise faisant partie d\u2019un des secteurs les plus polluants au monde, celui de l\u2019aviation.Mais allons un peu plus loin dans la réflexion, car on pourrait croire que cette tangente anti-climat n\u2019est réservée qu\u2019à la CAQ.Ce n\u2019est pas du tout le cas.Avant la CAQ, les libéraux ont dirigé en conquérants pendant près de 15 années sans interruption.Qu\u2019ont-ils fait ?Ils ont voulu faire passer un oléoduc pour augmenter l\u2019exportation du pétrole le plus polluant au monde, ils ont voulu faire construire un port à Cacouna et ont autorisé l\u2019exploitation pétrolière sur l\u2019île d\u2019Anticosti avant de faire marche arrière et de verser 41,4millions de dollars en dédommagement aux entreprises pétrolières.On pourrait continuer longtemps sur cette vague, passant des gaz de schiste à l\u2019exploration pétrolière et gazière en Gaspésie, en faisant un arrêt par le projet d\u2019exploitation du Grand Nord et en finissant notre petit périple à travers nos lacs et rivières, desquels le gouvernement libéral espérait faire sortir on ne sait trop quoi encore.Oublions même que nous continuons à vendre notre eau potable à des entreprises privées qui font un profit monstre sur notre or bleu alors que Le Cap, en Afrique du Sud, est sur le point de devenir la première grande ville à manquer d\u2019eau.Mentionnons aussi par la bande que le gouvernement péquiste de Pauline Marois, malgré son très court passage au pouvoir, est celui qui a, le premier, autorisé l\u2019exploration pétrolière sur l\u2019île d\u2019Anticosti.Au fédéral?Ce n\u2019est guère mieux.Le gouvernement Harper, rappe- lons-nous, est celui qui a déclassé plus de 99 % des cours d\u2019eau et lacs protégés.Cela donne nettement le ton sur la politique anti-environne- ment que Harper menait.Il était aussi à l\u2019origine du fameux pipeline de la ligne 9 qui était si essentiel à notre survie (mais qui allait mettre en péril des centaines de cours d\u2019eau et des dizaines de villes et villages).Suivit alors le ô combien vertueux Justin.Ce grand politicien qui se couvre de vert et se targue de protéger l\u2019environnement d\u2019une main pendant qu\u2019il achète un pipeline à 4,15 milliards de l\u2019autre.Ce tout aussi grand premier ministre qui se dit vert fait de grands discours sur l\u2019importance de l\u2019environnement pendant qu\u2019il va aux États-Unis rassurer les compagnies pétrolières sur le fait que le Canada continuera à exploiter son pétrole sale.Alors, non, je n\u2019y crois plus, à ces beaux discours que les gouvernements changeront les choses pour protéger l\u2019environnement.Pourquoi ?Parce que Jean Charest est devenu lobbyiste pro-pétrole, que Legault est le fier fondateur d\u2019une compagnie d\u2019aviation, que Harper traficote sans aucun scrupule avec les géants pétroliers et que Trudeau défend mordicus l\u2019État pétrolier saoudien.Je le répète : ce ne sera vraiment pas l\u2019État qui changera quoi que ce soit à la crise environnementale.Ses intérêts sont l\u2019économie et l\u2019économie.Le principe de base de l\u2019économie actuelle est la croissance, et le GIEC nous a précisément dit que la décroissance était nécessaire.[\u2026] Le 10 novembre, il faut donc aller marcher, mais pas pour « inviter le Parlement à faire bouger les choses ».Il faut aller marcher pour voir que nous ne sommes pas seuls, que tous ensemble nous pouvons donner un gros coup de pied aux fesses de ces États pétroliers que sont le Canada et le Québec et reprendre notre destinée en mains.Nous avons les connaissances et les capacités pour changer les choses, il n\u2019est pas trop tard.Pour cela, il faudra d\u2019abord accepter d\u2019écouter les experts du GIEC et plancher sur la décroissance, pas sur la croissance.Socialiser les pertes, privatiser les profits Bombardier vient d\u2019annoncer la suppression de 2500 emplois au Québec.On se souvient que Bombardier avait reçu une aide financière de 1,3 milliard de dollars de la part du gouvernement Couillard dans la CSeries, qui est maintenant la propriété d\u2019Airbus.Même si la « restructuration » annoncée ne touche pas la CSeries, il n\u2019en demeure pas moins que Bombardier a profité largement de l\u2019aide financière de l\u2019État tout au long de son histoire.Si ces suppressions de postes vont plaire aux actionnaires, elles auront des conséquences désastreuses pour les employés licenciés qui ont appris la nouvelle par un communiqué de presse laconique venant de la haute direction de l\u2019entreprise.Véritables « assistés sociaux » dans les moments difficiles, les dirigeants de Bombardier se sont rempli les poches aussitôt que l\u2019entreprise a eu la tête hors de l\u2019eau en s\u2019octroyant des hausses salariales et des primes indécentes.Pour eux, sky is the limit\u2026 même si parfois certaines décisions concernant les grandes orientations de l\u2019entreprise ont volé bas.Voilà un bel exemple d\u2019une société néolibérale où les gouvernements interviennent à même les fonds publics en socialisant les La décroissance plutôt que la croissance LIBRE OPINION LETTRES III BERNARD LANDRY, 1937-2018 Un vrai patriote I ÉDITORIAL B 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES lent pour gagner leur pitance de les rejoindre dans ce pacte qui vise à modifier nos comportements individuels de consommation pour diminuer notre empreinte écologique.Je me demande à quoi ces vedettes sont prêtes à renoncer pour donner l\u2019exemple.Soyons sérieux, consommer local, manger bio et végane, ou conduire une voiture électrique n\u2019ont rien du renoncement quand on a les poches profondes.Quand j\u2019écoute Louis Morissette parler de sa maison cossue de banlieue et de ses grosses voitures où montent ses trois enfants, je me dis qu\u2019il a du chemin à faire pour diminuer son empreinte écologique au niveau de la mienne.Le fait que lui ou Guillaume Lemay Thivierge, marchand de voitures Hyundai, admettent publiquement leurs contradictions constitue un double affront.Je ne peux m\u2019empêcher de penser que ces gens, qui peuvent tout s\u2019acheter dans la vie, sont en train de se magasiner une conscience toute neuve et au rabais.J\u2019accorderais plus de crédit à leur engagement s\u2019il se faisait dans l\u2019anonymat et l\u2019humilité.On me dira que leur notoriété et le fait de s\u2019afficher publiquement peuvent avoir un effet d\u2019entraînement positif.Mais encore faudrait-il qu\u2019ils soient inspirants.Or, tout ce que ces riches vedettes m\u2019inspirent en ce moment, c\u2019est l\u2019idée que je devrais faire ce qu\u2019elles disent, mais non ce qu\u2019elles font.Benoit Léger, retraité Le 8 novembre 2018 pertes des grandes entreprises dans les secteurs des banques, de l\u2019automobile, de l\u2019aéronautique et autres.Une fois la tempête passée, ils laissent libre cours à des stratagèmes qui visent une maximisation des profits, engraissant ainsi les portefeuilles des actionnaires avides de rendements, tout cela au détriment d\u2019une main-d\u2019œuvre de plus en plus jetable.Marcel Perron Neuville, le 9 novembre 2018 Le pacte après le pactole Je me méfie de tout ce qui est ostentatoire et davantage encore lorsqu\u2019il s\u2019agit de la vertu.Je ne doute pas que plusieurs des personnalités qui ont signé ce pacte écologique soient de bonne foi.Je m\u2019interroge cependant sur les motivations profondes de certaines d\u2019entre elles.L\u2019instigateur de cette démarche, Dominic Champagne, peut se permettre de consacrer tout son temps à la cause environnementale parce qu\u2019il a fait fortune grâce à son talent bien sûr, mais aussi grâce à la ville, Las Vegas, qui est le symbole même de la décadence écologique et de la surconsommation.Idem pour son ami Guy Laliberté, qui s\u2019apprête à ériger une pyramide dans le vieux port, métaphore parfaite de sa conception du capitalisme.Eux, et d\u2019autres, demandent à un million de personnes qui travail- B 9 IDÉES LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Les beautés d\u2019une taxe sur le carbone L a photo léchée de Justin Trudeau à la une du magazine L\u2019actualité du mois de décembre, qui vient de sortir en kiosque, démontre une fois de plus que le premier ministre n\u2019a pas d\u2019égal en politique canadienne en matière de gestion de l\u2019image.Primus inter pares n\u2019est pas son genre.En contraste, la page couverture du magazine Maclean\u2019s de décembre montre cinq chefs de partis conservateurs du pays \u2014 Andrew Scheer, Doug Ford, Jason Kenney, Scott Moe et Brian Pallister \u2014 que personne ne confondrait avec des mannequins.Trudeau 10, Scheer et cie, -5.Peut-être qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une observation superficielle de ma part.Que l\u2019électeur moyen commence à trouver l\u2019amour de M.Trudeau pour la caméra un peu lassant.Que le chef du Parti conservateur du Canada et ses pairs provinciaux sont plus authentiques qu\u2019un premier ministre qui ne semble jamais vieillir malgré le poids de ses responsabilités.Peut-être.Mais la façon dont la une de Maclean\u2019s a été tournée en ridicule sur les réseaux sociaux suggère que l\u2019idée de M.Scheer et les autres de se confier au photographe de Ma- clean\u2019s n\u2019était pas la meilleure de leur carrière.Avec un titre comme « La résistance », ils invitaient les parodies qu\u2019aucun politicien ne peut se permettre en cette ère numérique.Seule consolation pour M.Scheer, M.Trudeau s\u2019est aussi exposé à la dérision des critiques lors de son dernier voyage en Inde, où il portait allègrement des costumes traditionnels.Ce sera aux électeurs canadiens à décider si les deux chefs sont maintenant quittes.Passant au contenu, on apprend grâce au chroniqueur de Maclean\u2019s Paul Wells que c\u2019est Jason Kenney, l\u2019ancien ministre sous Stephen Harper devenu chef du Parti conservateur uni de l\u2019Alberta, qui a organisé la résistance contre la taxe fédérale sur le carbone à laquelle le titre de l\u2019article fait référence.C\u2019est lui qui a approché le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, le premier ministre progressiste- conservateur de l\u2019Ontario, Doug Ford, et celui du Manitoba, Brian Pallister, afin de coordonner leurs efforts contre M.Trudeau et sa ministre de l\u2019Environnement, Catherine McKenna.Ces derniers ont promis d\u2019imposer une taxe fédérale dès 2019 dans les provinces qui n\u2019auront pas elles- mêmes mis un prix sur les émissions de gaz à effet de serre.Le Québec étant membre de la Bourse de carbone avec la Californie, ses citoyens ne paieront pas la taxe fédérale dans la mesure où Ottawa détermine que le programme québécois est conforme à ses exigences.Mais les Québécois ne bénéficieront pas non plus des remises d\u2019argent qu\u2019Ottawa promet aux citoyens de l\u2019Ontario, du Manitoba, de la Saskatchewan en guise de compensation pour la taxe fédérale sur le carbone qu\u2019ils paieront.L\u2019Alberta s\u2019ajoutera à la liste des provinces récalcitrantes dès l\u2019an prochain si M.Kenney devient premier ministre et abolit la taxe sur le carbone provinciale adoptée par le gouvernement néodémocrate actuel.Plusieurs analystes politiques croient que les conservateurs font fausse route en s\u2019opposant à la taxe fédérale sur le carbone, d\u2019autant plus que les remises d\u2019argent que promet le gouvernement dépasseront les sommes que paieront la plupart des citoyens en taxes additionnelles.C\u2019est ainsi que les libéraux comptent neutraliser l\u2019opposition à leur plan.Mais M.Wells cite l\u2019ancien chef de cabinet de M.Harper, Ian Brodie, qui insiste pour dire que les Canadiens se rappelleront la taxe fédérale chaque fois qu\u2019ils feront le plein.S\u2019ils pensent que les libéraux auront imposé une telle taxe uniquement à des fins politiques, pour plaire aux environnementalistes sans qu\u2019une telle mesure ait un véritable impact sur les émissions de GES, ils ne seront pas très contents.Selon M.Brodie, une taxe fédérale sur le carbone serait un irritant majeur pour les électeurs qui vivent en banlieue de Toronto, là où les élections se décident souvent.C\u2019est pour cela que M.Ford répète sans cesse maintenant qu\u2019une taxe fédérale sur le carbone pénaliserait les conducteurs et non pas les pollueurs, «commuters, not polluters».En effet, les exemptions données aux industries feront en sorte que les plus grands pollueurs ne paieront rien ou presque pour leurs émissions, alors que les conducteurs paieront jusqu\u2019à 10 cents le litre d\u2019essence en 2022, lorsque la taxe fédérale aura atteint 50$ la tonne.Personne ne sait encore si l\u2019environnement sera un enjeu central de la campagne électorale en 2019.Mais parmi les bases respectives des partis libéral et conservateur, la bataille pour et contre une taxe sur le carbone est déjà lancée.Chaque parti s\u2019en sert pour solliciter des dons.Les libéraux ont d\u2019ailleurs envoyé un courriel à leurs membres jeudi avec la photo de la une de Ma- clean\u2019s en demandant de l\u2019argent pour livrer la bataille contre M.Scheer et cie.Preuve que la beauté est affaire de goût.Yves-Marie Abraham Professeur à HEC Montréal Il est tentant de se demander ce que Guy Laliberté va faire de son île polynésienne et de son jet privé maintenant qu\u2019il a signé ce « Pacte pour la transition » qui circule au Québec depuis peu.Cela ne va pas être simple pour notre cracheur de feu milliardaire de réduire son empreinte carbone à un niveau considéré comme compatible avec les limites biophysiques planétaires.Toutefois, puisque le pacte en question autorise l\u2019achat de crédits carbone compensatoires (ces permis de détruire offerts à un prix dérisoire aux plus offrants), il devrait s\u2019en sortir sans trop de mal et avec bonne conscience.On peut s\u2019inquiéter en revanche de la manière dont cet appel lancé par 400 personnalités québécoises sera reçu par celles et ceux dont le niveau de vie est à l\u2019opposé de celui de monsieur Laliberté et que l\u2019invitation à signer ce « pacte » semble exclure.Comment en effet s\u2019engager à utiliser moins sa voiture ou à acheter une automobile électrique quand on dispose à peine de quoi se payer une carte mensuelle d\u2019autobus (ou quand il n\u2019existe pas d\u2019autobus) ?Comment promettre de prendre l\u2019avion moins souvent quand l\u2019idée même de pouvoir monter un jour dans l\u2019une de ces machines constitue un rêve impossible ?Comment penser à améliorer « la performance écoénergé- tique » de son logement quand on loue un appartement vétuste à un « marchand de sommeil » ?Comment se préoccuper de désinvestir son épargne du secteur des énergies fossiles quand on gagne trop peu d\u2019argent pour mettre un seul sou de côté ?Comment jurer de consommer autant que possible bio et local quand on parvient tout juste en fin de mois à s\u2019acheter un Kraft Dinner au dépanneur du coin, en plein désert alimentaire ?Une affaire de riches ?La plupart de ces femmes et de ces hommes à qui notre société ne garantit pas des conditions matérielles d\u2019existence décentes vont sans doute ignorer cet appel \u2014 ils ont bien d\u2019autres chats à fouetter.Mais il est probable que certaines et certains d\u2019entre eux le jugeront indécent et qu\u2019ils en concluront que l\u2019écologie est décidément une affaire de riches (citadins).Ils n\u2019auront pas tout à fait tort.Après d\u2019autres, Hervé Kempf a bien montré Comment les riches détruisent la planète (Seuil, 2007).Et les voilà aujourd\u2019hui, ces membres de l\u2019élite, exhortant le peuple à adopter des comportements plus « écologiques » qui ne vont pas leur coûter grand-chose sur le plan matériel et leur rapporter éventuellement quelques bénéfices sur le plan symbolique.Il est donc bien tentant de les envoyer au diable et de vaquer à ses occupations quotidiennes.Le problème est que la catastrophe écologique nous menace effectivement toutes et tous, à commencer par les moins nantis d\u2019entre nous.L\u2019idée d\u2019un pacte contre la poursuite du désastre en cours n\u2019est donc pas si mauvaise.Comment toutefois ne pas en exclure d\u2019emblée une partie de la population québécoise, celle qui n\u2019a pas les moyens de se payer le luxe de ces actions individuelles « vertueuses » que les signataires du pacte doivent s\u2019engager à accomplir?La solution n\u2019est pas très compliquée.La destruction de notre planète et les conditions de vie indignes qui sont imposées à une partie de nos concitoyennes et concitoyens ont une même cause.Il faut commencer par la nommer : elle s\u2019appelle « capitalisme ».Il faut ensuite que ce pacte réaffirme l\u2019incompatibilité fondamentale entre cette forme de vie sociale et la préservation de la vie sur terre, d\u2019une part, la justice sociale, d\u2019autre part.Il faut enfin que les signataires n\u2019aient à s\u2019engager que sur une action individuelle, qui pourrait être formulée ainsi : « Je m\u2019engage dans la mesure de mes moyens à tout mettre en œuvre pour en finir au plus vite avec le capitalisme et contribuer à bâtir des collectivités humaines soutenables, égalitaires et démocratiques.» Évidemment, on peut faire l\u2019hypothèse que cette reformulation du « Pacte pour la transition » lui ferait perdre quelques-uns de ses soutiens actuels\u2026 Mais elle en rallierait bien d\u2019autres, pour qui la lutte écologique est inséparable de la lutte contre l\u2019injustice sociale, et qui sont très impatients d\u2019agir vraiment pour accomplir cette transformation radicale de notre société que la situation exige.On découvrirait alors sans doute qu\u2019ils et elles sont beaucoup plus nombreux qu\u2019on ne le pense.Lutte écologique et lutte contre l\u2019injustice sociale Jean Johnson Président de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada Dans une lettre publiée dans Le Devoirdu jeudi 8novembre («Une nécessaire mise au point sur la francophonie canadienne»), François Charbonneau remet en cause l\u2019utilisation, par notre organisme, du chiffre de 2,7millions pour décrire le fait français dans les neuf provinces et trois territoires où se trouvent les communautés francophones et acadiennes que nous servons.Ce chiffre correspond à ceux et celles qui connaissent le français, qu\u2019il s\u2019agisse de leur langue maternelle ou non.La lettre de M.Charbonneau faisait écho au débat suscité par la mention de ces 2,7 millions à l\u2019émission Tout le monde en parle dimanche dernier.Dans ce débat, cette semaine, certains ont joint leur voix à celle de M.Char- bonneau pour prôner des définitions plus restreintes de la francophonie.Il y en a même qui avancent que seuls ceux et celles qui ont le français comme langue maternelle, et ceux et celles qui parlent français le plus souvent à la maison, devraient figurer dans cette petite case statistique francophone.Or, selon cette définition, trois des employés et employées de la FCFA ne sont plus des francophones.Deux sont nés respectivement au Burundi et au Chili et ont une autre langue maternelle que le français ; le troisième parle à égalité le français et l\u2019anglais à la maison.Trouvez l\u2019erreur.Nous sommes en 2018.La francophonie a changé.Près de 30 % des francophones de la Colombie-Britannique et 26 % de ceux et celles de l\u2019Alberta ne sont pas nés au Canada.Un nombre croissant de personnes de langue anglaise vivent en partie en français à la maison parce que leur conjoint ou conjointe est francophone et que leurs enfants fréquentent nos écoles.Bien sûr que les 2,7 millions de personnes qui parlent le français ailleurs qu\u2019au Québec ne s\u2019identifient pas tous comme francophones.Mais ces parents de langue anglaise qui participent aux activités en français à l\u2019école de leurs enfants, ces gens issus de l\u2019immersion qui font la fête au Festival du voyageur à Saint-Boniface, participent-ils à la vie de la communauté francophone ?De plus en plus, la réponse est oui.L\u2019expérience quotidienne La question n\u2019est pas de savoir s\u2019ils sont francophones ou non.La question est de savoir si, peu importe comment ils s\u2019identifient eux-mêmes, ils font partie de cette expérience quotidienne qui s\u2019appelle la francophonie.Qui sommes-nous pour statuer sur leur appartenance?Qui sommes-nous pour trier qui se situe à l\u2019extérieur plutôt qu\u2019à l\u2019intérieur?Si on nous donne le choix entre deux statistiques foncièrement imparfaites pour dépeindre tout le spectre des façons de s\u2019identifier à la francophonie ou d\u2019y participer, nous ferons toujours le choix de la plus inclusive.C\u2019est une question d\u2019ouverture.Une question de non plus uniquement protéger la francophonie, mais aussi la partager.Différentes statistiques dépeignent différentes facettes d\u2019une réalité et sont utiles dans différents contextes.Autour du noyau dur formé de 1,1 million de personnes pour qui le français est la principale langue de communication, peu importe leur langue maternelle, il y a ce fruit de 1,6 million de personnes qui ont appris le français et l\u2019utilisent beaucoup, modérément ou un peu dans la vie quotidienne.Le potentiel de croissance de la francophonie, il est là.Et dans le cas qui nous occupe, le public de Radio-Canada et de l\u2019émission Tout le monde en parle \u2014 qui, à ce que l\u2019on sache, n\u2019a pas comme mandat de s\u2019adresser aux seuls francophones de langue maternelle \u2014, il est là.Utiliser ce chiffre ne revient pas à nier le défi majeur de l\u2019assimilation.Pas plus que de corriger les propos de Denise Bombardier sur la disparition de nos communautés ne revient à dire que tout va bien en francophonie.Trouver des solutions à ce défi majeur ?Oui, absolument, et nous y travaillons chaque jour.Continuer d\u2019exclure systématiquement les immigrants et immigrantes qui ont choisi le français, les gens qui se battent à nos côtés et participent à nos communautés ?Non, cent fois non.Si notre francophonie existe toujours dans 40 ans, elle sera portée non plus seulement par les enfants qui sont présentement dans nos écoles, mais aussi par tous ceux et toutes celles qui ont choisi de vivre une partie de leur vie en français, peu importe leur origine ou leur langue maternelle.Autant commencer à les inclure maintenant.FRANCOPHONIE Une histoire de chiffres et de réalités KONRAD YAKABUSKI Personne ne sait encore si l\u2019environnement sera un enjeu central de la campagne électorale en 2019.Mais parmi les bases respectives des partis libéral et conservateur, la bataille pour et contre une taxe sur le carbone est déjà lancée.Pour plusieurs, la lutte écologique est inséparable de la lutte contre l\u2019injustice sociale.JACQUES NADEAU LE DEVOIR B 10 LE DEVOIR DE PHILO LEDEVOIR // LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2018 Deux fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés de philosophie et d\u2019histoire des idées le défi de décrypter une question d\u2019actualité à partir des thèses d\u2019un penseur marquant.L\u2019heure est à la défense d\u2019une presse libre Le journaliste Charles Comte a défendu la liberté de la presse en son temps, un combat toujours actuel Dans un article paru en juillet 1814, Charles Comte explique pourquoi l\u2019indépendance de la presse s\u2019avère nécessaire pour éviter que les institutions représentatives ne glissent à la longue dans le despotisme.ILLUSTRATION TIFFET Simon Pelletier Doctorant à l\u2019Université Laval (Québec) et à l\u2019École des hautes études en sciences sociales (Paris) e 25 octobre dernier, alors que les États- Unis étaient secoués par la découverte d\u2019une vague de colis explosifs envoyés principalement à des personnalités démocrates, le président Donald Trump accusait les médias d\u2019avoir contribué à causer la « colère » qui plane sur le pays, leur imputant ainsi de façon à peine voilée une grande part de responsabilité dans l\u2019affaire.Venant de lui, la remarque n\u2019a pas vraiment de quoi surprendre.Irrité par la couverture médiatique de son mandat, le président américain ne cesse de jeter le discrédit sur le journalisme et en fait un véritable pilier de sa stratégie de communication.Selon lui, la presse américaine, muée en parti d\u2019opposition, fabrique délibérément de fausses nouvelles (fake news) afin de lui nuire politiquement.En réaction à ces propos, les médias se sont progressivement lancés dans une campagne afin d\u2019expliquer leur rôle en démocratie et de rappeler la rigueur de leurs méthodes.« Journalists are not the enemy », titrait le 16 août dernier l\u2019équipe éditoriale du Boston Globe, prenant la tête d\u2019une action concertée regroupant près de 350 journaux américains.Pour celui qui s\u2019intéresse à l\u2019histoire des médias, cette campagne en rappelle une autre, qui marque le destin de la France du XIXe siècle.Jusqu\u2019en 1881, malgré leurs promesses de rendre la presse libre, les différents régimes qui forgent le sort du pays la soumettent à un ensemble de mesures très strictes garantissant sa mise sous tutelle.Cependant, les bouleversements politiques qui ponctuent tout le siècle permettent à de nombreuses reprises aux journaux de s\u2019émanciper momentanément.Pendant ces interstices de liberté, l\u2019indépendance de la presse à l\u2019égard du pouvoir se voit défendue par un déluge d\u2019articles, de pamphlets et de publications de tous types.L\u2019un des instigateurs de cette longue campagne médiatique fut l\u2019avocat, journaliste et homme politique Charles Comte (1782-1837), qui fonda, avec son ami Charles Dunoyer, les journaux Le Censeur (1814-1815) et Le Censeur européen (1817-1820).Qui se familiarise avec ses idées est saisi par l\u2019acuité avec laquelle il pressent le rôle politique qui allait devenir celui de la presse dans nos sociétés (ou du moins celui qu\u2019elle joue dans le meilleur des cas).Adapter à notre temps quelques-unes de ces idées, c\u2019est se rappeler les raisons qui étayent les prétentions actuelles de la presse américaine et qui justifient la nécessité de poursuivre le combat.Censure des journaux par le pouvoir Dans un long article paru en juillet 1814 et intitulé « Lettre au ministre de l\u2019Intérieur sur la liberté de la presse, considérée dans ses rapports avec la liberté civile et politique », Charles Comte explique pourquoi l\u2019indépendance de la presse s\u2019avère nécessaire pour éviter que les institutions représentatives ne glissent à la longue dans le despotisme.En démocratie représentative, les gouvernements sont soumis à une série de garde-fous ayant pour objectif d\u2019exercer un contrôle sur la rédaction et l\u2019exécution des lois.En d\u2019autres mots, les chambres (l\u2019Assemblée nationale et le Sénat) examinent, amendent, approuvent ou rejettent les projets de loi du gouvernement ; elles critiquent sa gestion des ministères, dénoncent certains de ses décrets, etc.Pour jouer leur rôle légitime de contrepoids, les chambres \u2014 et dans celles-ci l\u2019opposition en particulier \u2014 ont besoin de faire connaître publiquement leurs protestations afin d\u2019influer sur l\u2019opinion publique.Or, lorsque la presse se trouve directement ou indirectement placée sous l\u2019influence du gouvernement, cette possibilité disparaît, et son travail s\u2019avère inutile.La presse devient alors une tribune où le gouvernement peut faire diffamer tout adversaire politique influent sans que ce dernier ait la faculté de répondre.En faisant perdre à cet adversaire la faveur du public, on l\u2019écarte sans violence de la vie politique.Dans des circonstances exceptionnelles, on peut même pousser cette logique à l\u2019extrême : la découverte simulée d\u2019un complot peut préparer l\u2019opinion à accueillir sans trop de remous la dissolution de chambres indociles.« La liberté de la presse, juge ainsi Comte, est donc aussi nécessaire à notre existence politique que l\u2019air est nécessaire à la vie.» En d\u2019autres mots, sans la liberté de la presse, les contre-pouvoirs prévus par les constitutions deviennent de simples simulacres.Il en va de même des droits de la personne, qui peuvent être soumis aux caprices de ceux qui disposent dans l\u2019État d\u2019une forme quelconque d\u2019autorité.L\u2019existence et la solidité de ces droits, en effet, sont intimement liées à la faculté de réclamer publiquement leur respect et de dénoncer leur violation.Censure du pouvoir par les journaux Selon Comte, ce n\u2019est donc pas aux agents du pouvoir d\u2019exercer une censure sur les journaux, mais bien aux journaux d\u2019exercer une censure sur les hommes politiques \u2014 d\u2019où le nom de son journal : Le Censeur.Mais signalons que le sens du mot « censure » est ici quelque peu différent de celui de son acception courante.Il signifie « jugement », « évaluation » ou encore « critique ».Une presse indépendante met chaque homme politique sous les yeux de la société entière, si bien qu\u2019il sent quotidiennement que ses actions sont scrutées à la loupe, puis jugées non pour ce qu\u2019il en dit lui-même, mais telles qu\u2019elles apparaissent à un observateur perspicace.Elle attire ainsi l\u2019œil du public sur tout écart des élus par rapport aux lois qu\u2019ils ont votées au nom de tous, par rapport aux promesses qu\u2019ils ont faites aux citoyens ou même par rapport aux mœurs de la société.La pression induite chez les élus par la nécessité d\u2019acquérir et de conserver la faveur du public les pousse à démontrer qu\u2019ils partagent les préoccupations de leurs électeurs et à se comporter de telle sorte que les citoyens reconnaissent chez eux leurs opinions et préoccupations.Lorsqu\u2019elle joue correctement son rôle, et qu\u2019elle censure la vie politique, la presse montre également à chaque citoyen que son existence individuelle est liée au sort de la société dans son ensemble.Contre l\u2019indifférence et le repli sur soi, qui favorise le pouvoir arbitraire, la presse oppose une « existence publique ».Elle invite ses lecteurs à se préoccuper de l\u2019intérêt commun et à contribuer à la formation d\u2019une opinion publique capable d\u2019influer sur les décisions politiques.La presse indépendante a donc son rôle à jouer dans le jeu des institutions représentatives : elle y augmente l\u2019autorité des lois et le poids réel de la société en dehors des périodes électorales.Par ailleurs, sans ce regard indépendant, le processus électoral lui-même perdrait tout son sens.Dépourvu d\u2019une pierre de touche pour départager le vrai du faux et sur la base de discours partiels et partiaux sur la réalité, comment espérer voter de manière avisée ?Prétendre que les élections peuvent seules assurer la représentativité des institutions revient à affirmer que les citoyens sont « bien éclairés sur le choix qu\u2019ils doivent faire de leurs représentants » quand ils n\u2019apprennent ce qui se passe « que par l\u2019organe de ceux qui se croient toujours intéressés à les tromper ».Une lutte à poursuivre En résumé, les écrits de Comte justifient une expression que d\u2019innombrables journalistes américains martèlent aujourd\u2019hui : la presse libre est le chien de garde (watchdog) de la démocratie.Chercher à nuire à son indépendance, c\u2019est chercher à arracher la digue qui empêche le pouvoir du chef de l\u2019État de devenir absolu.Certes, on ne doit pas idéaliser la presse pour autant.Souvent, elle n\u2019est pas à la hauteur de son rôle et ne sait être ce qu\u2019elle doit pourtant être.Depuis quelques années surtout, de multiples bouleversements sociaux et économiques ont rendu sa tâche beaucoup plus difficile.Or, si la presse, malgré ses travers, joue un rôle crucial en démocratie, l\u2019heure est grave pour nos voisins du sud puisque leurs médias traversent une crise de confiance majeure.Selon les résultats d\u2019un sondage Ipsos publié par le Boston Globe le 16 août dernier, 43 % des électeurs républicains et 26 % des Américains considèrent que le président devrait avoir le pouvoir de fermer un média qui se serait « mal comporté ».Si les attaques verbales de Donald Trump contre la presse ont peu de chances de la priver de son indépendance, elles semblent néanmoins capables de dissoudre la confiance que beaucoup d\u2019Américains lui portent.Détruire cette confiance, c\u2019est casser le fil qu\u2019ils peuvent suivre pour se référer à un monde objectif commun, où les opinions sont forgées à partir des faits ; c\u2019est isoler chacun dans ce qu\u2019il pense déjà de la réalité et l\u2019inciter à décider des faits à partir de ses opinions.Autrement dit, en assimilant la critique indépendante de la presse à une opposition de type politique, Trump ne peut espérer museler les journalistes qui refusent d\u2019applaudir à ses décisions, mais il fait en sorte que sa base électorale cesse de leur prêter l\u2019oreille.Ainsi, même sans exercer de censure sur la presse, il peut espérer se soustraire à la censure de la presse.Des commentaires ?Écrivez à Robert Du- trisac : rdutrisac@ledevoir.com.Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir de philo : www.ledevoir.com/societe/le- devoir-de-philo-histoire L Simon Pelletier Une presse indépendante met chaque homme politique sous les yeux de la société entière, si bien qu\u2019il sent quotidiennement que ses actions sont scrutées à la loupe, puis jugées non pour ce qu\u2019il en dit lui-même, mais telles qu\u2019elles apparaissent à un observateur perspicace Sans la liberté de la presse, les contre-pouvoirs prévus par les constitutions deviennent de simples simulacres.Il en va de même des droits de la personne, qui peuvent être soumis aux caprices de ceux qui disposent dans l\u2019État d\u2019une forme quelconque d\u2019autorité. 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