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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2018-11-20, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CIX NO 264 / LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM Le naufrage du Liban Diane Mazloum fait renaître le pays de ses parents en temps de guerre DANIELLE LAURIN COLLABORATRICE À PARIS LE DEVOIR «J\u2019ai beau m\u2019en défendre, je suis attirée par le gâchis, par le grand gâchis», confie l\u2019auteure d\u2019origine libanaise Diane Mazloum.Au centre de son excellent roman, L\u2019âge d\u2019or, le grand gâchis en question est incarné par la guerre qui a ravagé le Liban de 1975 à 1990, celle-là même qu\u2019ont fuie les parents de l\u2019au- teure, née à Paris en 1980.« Quand la guerre a commencé, personne au Liban ne croyait que ça allait INDEX Éditorial.A6 Idées.A7 Culture.B2 Grille TV.B2 Décès.B7 Économie.B4 Météo .B5 Mots croisés.B5 Sudoku .B5 Avis légaux.B6 Sports .B7 Monde .B8 ACTUALITÉS Renault-Nissan punit l\u2019inconduite de son patron tout puissant | B 4 CULTURE Place à la relève aux Sommets du cinéma d\u2019animation GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Mi-figue, mi-raisin.François Legault est sorti de sa rencontre avec Doug Ford à la fois satisfait et déçu, lundi.Satisfait parce que la réunion a permis de jeter les bases d\u2019une bonne relation économique.Mais déçu parce que ses arguments pour inciter M.Ford à revoir sa décision sur les services aux francophones n\u2019ont pas porté.« Je lui ai demandé de revenir sur sa décision, a indiqué le premier ministre du Québec après sa rencontre avec son homologue ontarien.Pour l\u2019instant, il FRANCOPHONIE Ford reste insensible aux arguments de Legault Le premier ministre ontarien dit n\u2019avoir rien contre les Franco-Ontariens n\u2019est pas ouvert à ça.» M.Legault dit avoir «parlé du fait qu\u2019on a trois universités anglophones aux Québec, qu\u2019on a créé un secrétariat pour les anglophones, que c\u2019est important que les deux peuples fondateurs du Canada soient bien servis et qu\u2019un commissaire ou un secrétaire fasse le suivi des services donnés aux minorités.» Il a également souligné qu\u2019il n\u2019a « pas aimé qu\u2019on compare les francophones avec les Chinois, ou d\u2019autres cultures.Je lui ai dit qu\u2019on était un des deux peuples fondateurs du Canada.[\u2026] J\u2019ai fait valoir les arguments que je pouvais.» Mais voilà : ça n\u2019a pas ébranlé Doug Ford.Peu après le passage de François Legault, M.Ford a défendu en point de presse le bien-fondé de deux décisions annoncées jeudi et qui suscitent depuis d\u2019intenses débats dans le Canada francophone : l\u2019abolition du Commissariat aux services en français (l\u2019Ombudsman s\u2019occupera dorénavant de ces dossiers), et l\u2019annulation « des plans de création » de l\u2019Université de l\u2019Ontario français, dont l\u2019ouverture était prévue en 2020.MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Le PQ et le PLQ paient le prix de la désaffection populaire durer », constate Diane Mazloum.Elle ajoute que personne non plus ne comprenait ce qui se passait.« C\u2019était quelque chose d\u2019aberrant pour les Libanais : comment ce pays pacifique, neutre, surnommé la Suisse du Moyen-Orient, le Paris du Levant, en était-il venu à se retrouver dans la pire des guerres, la guerre civile ?» Son livre commence en 1967.Le Liban est en pleine effervescence, en plein âge d\u2019or.On est du côté d\u2019une famille chrétienne aisée, les jeunes vivent dans l\u2019insouciance\u2026 ils vont tomber de haut ! Au fil des événements, on détecte les premiers soubresauts du conflit à venir.Le pays se retrouve pris en étau entre Israël et les Palestiniens qui affluent comme réfugiés.La tension monte entre chrétiens et musulmans.L\u2019ouvrage se termine en 1979, alors que le pays est en pleine guerre.«Ce que je raconte, c\u2019est le naufrage du Liban», souligne Diane Mazloum.Naufrage qu\u2019elle compare à celui du Titanic.«Ce beau bateau qui a coûté si cher et qui incarne le luxe, la légèreté, eh bien voilà, c\u2019est fini, une erreur, et il coule.» Le point de bascule : c\u2019est ce qui intéressait la romancière au départ.« Je VOIR PAGE A 4 : NAUFRAGE Les premiers ministres du Québec et de l\u2019Ontario, François Legault et Doug Ford, ont eu une première renonctre ce à Toronto, lundi.CHRIS YOUNG LA PRESSE CANADIENNE « LA MAUDITE BUSINESS », L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC PAGE A 6 VOIR PAGE A 2 : FRANCOPHONIE Carlos Ghosn 25 % Le PLQ perd le quart de son financement total.Pour le PQ, la perte représente 20 % de son budget.Les électeurs imposent l\u2019austérité au Parti libéral du Québec et au Parti québécois.L\u2019effondrement du vote libéral (-16,8 %) et péquiste (-8,4 %) se traduira par une baisse du financement public de 1 535 000 $ au PLQ et de 754 000 $ au PQ.Le PLQ perd l\u2019équivalent du quart de son financement total, qui s\u2019élevait à 5,8 millions de dollars en 2017.« On va devoir s\u2019ajuster, ça, c\u2019est certain », a lancé le porte-parole du parti, Maxime Roy, dans un échange avec Le Devoir, lundi soir.L\u2019état-major du PLQ s\u2019affaire à dresser, non sans difficulté, le budget de l\u2019année 2019.« Tout est sur la table », fait remarquer M.Roy.La réduction de la durée des rassemblements de militants fait partie des mesures envisagées afin de réduire les dépenses.« Ça peut aller jusqu\u2019à tenir un conseil général sur une journée ou deux au lieu de trois, c\u2019est le genre de choses que le parti est en train de voir », a expliqué M.Roy.Le PLQ étudie aussi la possibilité de recourir davantage à des « outils numériques » afin de consulter \u2014 « au moyen de questionnaires en ligne », par exemple \u2014 ses membres, tout en gardant intacts les événements militants prévus aux statuts du parti.À l\u2019heure actuelle, le PLQ compte une équipe permanente formée de quelque 25 employés et deux bureaux \u2014 l\u2019un sur la rue Queen, à Montréal, et l\u2019autre sur le boulevard Wilfrid-Hamel, à Québec \u2014, dont il est propriétaire.VOIR PAGE A 4 : PRIX ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 Avec l\u2019appui de : INSCRIPTION \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 S.E.Lu Shaye Ambassadeur de Chine au Canada La nouvelle route de la soie : plus d\u2019opportunités pour le Canada et le monde Thèmes abordés : L\u2019expansion et l\u2019ouverture économiques de la Chine Renforcer les relations Chine-Canada : les priorités Déjeuner-causerie de la Série Aff aires Étrangères présentée par : « Rien de personnel contre les Franco-Ontariens » M.Ford a soutenu que la vive réaction à ces annonces tient pour l\u2019essentiel au fait que « les gens sont mal informés ».« Nous avons dix collèges et universités qui offrent plus de 300 cours en français, a-t-il dit.Ces cours ne sont pas entièrement remplis.On aimerait bien construire de nouvelles écoles et hôpitaux, mais nous avons un déficit structurel de 15 milliards.» Rien de personnel Selon M.Ford, « ce n\u2019est rien de personnel contre les Franco-Ontariens, ce sont de très bonnes personnes ».Sa ministre déléguée aux Affaires francophones, Caroline Mulroney, a elle aussi tenté d\u2019arrondir les angles de ce dossier.«C\u2019est un projet très important pour la communauté, a-t-elle dit.Notre gouvernement reconnaît ça.Nous avons dû prendre une décision très difficile.On a dû annuler trois autres projets de campus [annoncés en octobre].Nous ne pouvons malheureusement pas aller de l\u2019avant.» M.Ford et Mme Mulroney ont accusé les libéraux provinciaux (qui ont dirigé l\u2019Ontario dans les 15 dernières années) d\u2019avoir promis une université sans budget.« On a le mandat d\u2019être transparent avec la population, a lancé Caroline Mulroney.Et malheureusement, ça veut dire de regarder les Franco-On- tariens dans les yeux et de dire : nous n\u2019avons pas l\u2019argent pour financer ce projet important.» Selon elle, le transfert des activités du Commissariat vers l\u2019Ombudsman n\u2019aura dans les faits « aucun impact sur la manière de protéger les droits des francophones.Le travail du Commissariat \u2014 qui est de s\u2019assurer que le gouvernement et ses organismes respectent la Loi sur les services en français \u2014 va continuer dans les bureaux de l\u2019Ombudsman », a-t-elle soutenu.N\u2019empêche : peu importe la manière de présenter les choses, François Le- gault est resté en appétit sur ce point.«Ça ne m\u2019a pas satisfait», a-t-il reconnu.Sauf qu\u2019il ne peut pas faire beaucoup plus que de souligner son désaccord, a- t-il laissé entendre.«Je suis ouvert aux propositions [pour la suite].J\u2019ai fait valoir mes arguments», a-t-il répété.Ottawa À Ottawa, le dossier des Franco-Onta- riens a continué d\u2019animer les conversations.La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a notamment déploré ne pas avoir eu de retour de la part de Caroline Mulroney, à qui elle a écrit vendredi pour « solliciter une rencontre dans les plus brefs délais ».Depuis jeudi, Mme Joly martèle sur toutes les tribunes que le gouvernement fédéral trouve « inacceptable » la décision du gouvernement Ford \u2014 ennemi notoire des libéraux de Justin Trudeau et ami confirmé des conservateurs d\u2019Andrew Scheer.Personne ne conteste que ce dossier relève d\u2019un champ de compétence provincial, mais Mélanie Joly « pense que, clairement, on doit maintenir la pression politique », et que tous les « partis politiques à la Chambre des communes » devraient lui emboîter le pas.Le Nouveau Parti démocratique partage ses préoccupations.Mais les conservateurs fédéraux estiment que le gouvernement Trudeau va trop loin.Il « joue à des jeux politiques irresponsables et cyniques avec le bilinguisme officiel du Canada », a affirmé Andrew Scheer dans une déclaration publiée lundi.« Je crois à l\u2019autonomie des provinces.Les gouvernements provinciaux doivent pouvoir prendre des décisions budgétaires sur les questions relevant de leurs compétences.» Au-delà de cet affrontement politique, la communauté franco-onta- rienne poursuivait de son côté l\u2019organisation de la résistance.L\u2019Assemblée de la francophonie de l\u2019Ontario a tenu en fin de semaine un « gros remue-méninges avec ses leaders », confiait lundi son président, Carol Jolin.Quatre comités d\u2019action ont été formés.Prochaine étape: une rencontre, jeudi, pour évaluer si une action juridique peut être envisagée.Économie Francophonie mise à part, François Le- gault s\u2019est autrement réjoui de la teneur du volet économique de sa première rencontre avec Doug Ford.« On s\u2019est très bien compris, a-t-il dit.On s\u2019est parlé d\u2019échanges économiques, et on s\u2019est fixé une barre très haute », celle d\u2019augmenter de près de 25 % les échanges commerciaux annuels entre les deux provinces (pour qu\u2019ils atteignent 50 milliards de part et d\u2019autre).M.Legault a aussi profité de ce face- à-face pour tenter de convaincre M.Ford que « le Québec est capable d\u2019offrir un prix et un coût d\u2019électricité beaucoup plus bas avec l\u2019hydroélectricité qu\u2019avec la rénovation de centrales nucléaires ».FRANCOPHONIE SUITE DE LA PAGE A 1 Plusieurs anciens élus déplorent le manque de leadership de Jagmeet Singh depuis son élection à la tête du NPD.DARRYL DYCK LA PRESSE CANADIENNE NPD D\u2019anciens élus québécois tournent le dos à Singh Rectificatif Dans notre dossier du samedi 17 novembre 2018, nous avons pris la catégorie trains de banlieue plutôt que trains longue distance pour représenter les émissions de GES du train; le poids est donc plus faible.Les graphiques ont été modifiés en ligne.Les plus récents coups de sonde, qui confirment la débâcle du NPD dans les intentions de vote, ravivent les inquiétudes des néodémocrates.Au point que d\u2019anciens députés du Québec y vont de leurs propres solutions, qui vont de rejoindre le Parti vert à réclamer le départ du chef.Un sondage Mainstreet mené début novembre confirmait que le Nouveau Parti démocratique se classe bon troisième à l\u2019échelle canadienne, en ne récoltant que 10,8 % des appuis.Le NPD fait à peine meilleure figure au Québec, avec 12 %.Et le chef Jagmeet Singh n\u2019arriverait même pas à se faire élire à l\u2019éventuelle élection partielle dans Burnaby-Sud, où il se classe troisième.Il n\u2019en fallait pas plus pour que d\u2019anciens élus néodémocrates sonnent l\u2019alarme sur Facebook.« Bon, on fait quoi ?Attendre que le Parti vert nous dépasse ?», a lancé l\u2019ex- député Alain Giguère, suscitant tout un débat chez d\u2019autres anciens élus.« Le pire ennemi de Jagmeet, c\u2019est Justin Trudeau.Et le meilleur ami de Justin Trudeau, c\u2019est Jagmeet », déplore M.Giguère en entrevue avec Le Devoir.« Il faut qu\u2019il parte en décembre », tranche-t-il sans équivoque, en expliquant que le NPD aurait ainsi le temps de choisir un nouveau chef avant l\u2019élection d\u2019octobre prochain.Pour l\u2019instant, Alain Giguère fait bande à part.Mais il espère que sa sortie en convaincra d\u2019autres \u2014 peut-être au caucus \u2014 de sortir de leur mutisme.«Moi, je me suis mouillé.C\u2019est aux autres qui parlent d\u2019arrêter de parler et de lever le fly[de se dévoiler].Je suis tanné d\u2019attendre.» L\u2019ex-député de la région de Laval assure que certains élus actuels sont tout aussi insatisfaits de voir le NPD traîner la patte sous le leadership de Jagmeet Singh.Le départ de sa chef de cabinet Willy Blomme, le mois dernier, en témoigne.« C\u2019était un message du caucus.J\u2019espère qu\u2019en envoyant des messages, le tir va se corriger et qu\u2019il va comprendre qu\u2019il n\u2019a plus vraiment de soutien.» Manque de leadership Éric Dubois, qui était le candidat néo- démocrate à la partielle de Chicoutimi- Le Fjord en juin, n\u2019en est pas là.Il déplore toutefois que le chef n\u2019ait toujours pas précisé ce qu\u2019il offre.« S\u2019il y a un truc qu\u2019on doit reprocher à Jagmeet, c\u2019est son manque de leadership, son manque de vision.Il a accédé à la tête du NPD il y a un an et demi, et on dirait que le NPD n\u2019a pas de direction.» M.Dubois dit demeurer résolument néodémocrate, mais il réclame comme d\u2019autres que le NPD parle davantage de transition verte.Devant les difficultés du NPD, certains commencent en effet à se tourner vers le Parti vert.L\u2019ancien élu Pierre Dionne Labelle résume sa pensée en disant : «Se retrouver dans l\u2019opposition pour les 15 prochaines années, ça ne m\u2019intéresse pas.» Il n\u2019évoque rien de moins qu\u2019une fusion des deux partis.« Parce que je sens que la prochaine vague canadienne, comme au Québec, ce sera une vague verte.Ce ne sera pas une vague orange», explique-t-il au Devoir.« L\u2019enjeu de la transition énergétique est au cœur des préoccupations de tous les progressistes à l\u2019échelle internationale.Et je ne vois pas pourquoi on serait en décalage par rapport à ce mouvement planétaire.» Jean Rousseau, qui a été député de Compton-Stanstead, a fait le saut du NPD vers le Parti vert peu après l\u2019élection de 2015.Il recrute désormais chez ses anciens collègues.« Il y a beaucoup de réflexion, parce que l\u2019ancien caucus du Québec n\u2019est pas du tout d\u2019accord avec l\u2019élection de M.Singh à la chefferie», explique M.Rousseau, sans pouvoir chiffrer ce virage vert.«Jagmeet, dans le fond, ce sont les sikhs de Toronto qui l\u2019ont élu.Les Québécois, au lieu de respecter ce choix, se sont totalement dissociés du NPD.Ils sont vraiment partis, autant les anciens députés que les militants.» M.Rousseau aurait ainsi convaincu les ex-élus Jonathan Tremblay et Ré- jean Genest, qui songent selon lui à se porter candidats pour le Parti vert ou à tout le moins à lui prêter main-forte l\u2019an prochain.Créer un nouveau parti ?D\u2019autres néodémocrates envisageraient carrément la création de nouveaux partis : un Parti travailliste au Canada anglais, qui aurait pour équivalent un Parti socialiste du Québec.Les deux instances seraient distinctes, mais ne se feraient pas concurrence lors d\u2019élections.Les déboires du NPD s\u2019expliquent, de l\u2019avis de l\u2019ex-élu Denis Blanchette, par une «déconnexion entre les geeks de politique au sein du NPD et la population».« Quand un parti n\u2019est composé que de passionnés de politique, de lob- byistes de groupes très ciblés et que les gens pour lesquels on veut travailler quittent ce parti, cela donne les résultats d\u2019aujourd\u2019hui », a-t-il analysé sur la page Facebook d\u2019Alain Giguère.Ce dernier partage la lecture de son ex-collègue et place la faute de l\u2019impopularité du NPD sur les épaules du parti, qui s\u2019est fait « l\u2019esclave des petites chapelles », déplore-t-il, en évoquant les communautés ethniques et « la gang de Toronto ».MARIE VASTEL HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a déploré ne pas avoir eu de retour de la part de Caroline Mulroney, à qui elle a écrit vendredi pour « solliciter une rencontre dans les plus brefs délais » Jean Rousseau, qui a été député de Compton- Stanstead, a fait le saut du NPD vers le Parti vert  peu après l\u2019élection de 2015.Il recrute désormais chez ses anciens collègues. ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 La tentation du déni S i aucune erreur n\u2019a été commise durant la campagne électorale, comme Jean-François Lisée semble le croire, la situation du PQ est encore plus dramatique qu\u2019on pouvait le croire.M.Lisée soutient avoir réussi à éviter le pire, mais un résultat aussi catastrophique après un parcours sans faute aurait de quoi décourager les plus optimistes.Il fallait être culotté pour se féliciter d\u2019avoir sauvé les meubles après avoir promis de mener le PQ sur le « chemin des victoires ».Quoi qu\u2019il en dise, M.Lisée a bel et bien brisé l\u2019élan de son parti \u2014 et le moral de ses troupes \u2014 avec son attaque incongrue contre Manon Massé lors du deuxième débat en français, mais il ne faudrait pas exagérer l\u2019effet de cette bourde.Le PQ aurait peut-être sauvé quelques sièges de plus, mais sa situation n\u2019aurait pas été tellement plus rose.Au lendemain d\u2019une défaite, surtout une telle raclée, la tentation est grande de se réfugier dans le déni ou de chercher des boucs émissaires.Le PLQ semble également avoir beaucoup de mal à faire une analyse objective des résultats du 1er octobre.Certains, comme les anciens députés Nicolas Marceau et Alain Therrien, s\u2019en prennent à la « convergence ».En voulant s\u2019allier à Québec solidaire, le PQ aurait fait fuir ceux qui voient en QS une bande de bolcheviques ou, au mieux, de rêveurs.Cela est très possible.D\u2019ailleurs, de nombreux solidaires étaient encore plus horrifiés à l\u2019idée de faire alliance avec le PQ.La plus grande erreur a peut-être été d\u2019avoir sous-estimé leur répulsion.Il est également vrai que le report du référendum après 2022 a pu inciter des électeurs souverainistes à tourner le dos au PQ, tout comme des électeurs fédéralistes se sont sentis autorisés à faire faux bond aux libéraux.Tout cela n\u2019explique cependant pas pourquoi la popularité du PQ était en baisse depuis vingt ans, malgré la victoire de 1998, remportée avec moins de voix que le PLQ, et le bref gouvernement de Pauline Marois, qui apparaît en rétrospective comme un accident de parcours.On a évoqué avec raison la charte des valeurs, mais elle a accéléré plus qu\u2019elle n\u2019a provoqué cette désaffection.Il est sans doute injuste de comparer le PQ des dernières années à celui de sa période glorieuse, alors que le bipartisme lui assurait de revenir au pouvoir quand le passage du temps avait suffisamment usé les libéraux.L\u2019avènement du multipartisme a fait disparaître cet automatisme.Cet éclatement du paysage politique était sans doute inscrit dans le résultat du référendum de 1995.Il était difficile d\u2019envisager un match revanche à court terme.À partir du moment où l\u2019indépendance était reportée sine die, maintenir intacte la coalition du oui devenait pratiquement impossible.Au PQ, on se plaît à répéter le mot de Bernard Landry, à savoir que l\u2019indépendance n\u2019est ni à gauche ni à droite, mais en avant.On a cependant beaucoup de mal à accepter que le PQ n\u2019est plus la coalition d\u2019antan ; il ne peut plus qu\u2019être un membre parmi d\u2019autres au sein d\u2019une nouvelle coalition, dont l\u2019instauration d\u2019un mode de scrutin proportionnel faciliterait la formation.Il va de soi que la promotion de la souveraineté doit être au centre de l\u2019action du PQ, mais le parti ne peut pas faire l\u2019économie d\u2019un projet de société et de gouvernement en attendant le Grand Soir.C\u2019est très bien de dire que « la maison doit être accueillante pour tout le monde », mais un parti politique n\u2019est pas un magasin général où chacun peut choisir ce qu\u2019il veut.Cela implique de faire des choix d\u2019ordre idéologique.Après le virage à gauche du congrès de septembre 2017, voilà maintenant qu\u2019on voudrait ramener le PQ vers la droite, mais est-ce réellement l\u2019orientation social-démocrate du PQ qui a été rejetée le 1er octobre ?Cloner la CAQ est-il la solution ?Le plus difficile après une défaite est de regarder la réalité en face.Avant de discuter de stratégie, les péquistes devraient peut-être se demander pourquoi la souveraineté n\u2019intéresse plus la jeune génération.On connaît la réponse : « Parce qu\u2019on ne leur en a pas assez parlé.» Vraiment ?Finalement, Jean-François Lisée a peut-être raison : le pire est encore à venir.MICHEL DAVID AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Le fondateur de Juste pour rire, Gilbert Rozon, tente de « retirer tout accès pratique à la justice » aux Courageuses en contestant leur action collective, plaide le groupe dans un document déposé lundi à la Cour d\u2019appel.Les présumées victimes estiment que l\u2019ancien magnat de l\u2019humour sait qu\u2019elles n\u2019auront pas le courage de le poursuivre individuellement.« Avant la vague de dénonciation #MoiAussi, survenue à l\u2019automne 2017, les victimes étaient dans une situation d\u2019impossibilité en fait d\u2019agir et n\u2019avaient pas la capacité de dénoncer l\u2019appelant vu le pouvoir et le statut dont il jouissait », soulignent les avocats des Courageuses.Le groupe des Courageuses a été créé à la suite des révélations du Devoir et du 98,5 FM à propos d\u2019allégations d\u2019agressions sexuelles portées par neuf femmes contre Gilbert Rozon, en octobre 2017.Rappelons que c\u2019est en mai dernier que les Courageuses ont été autorisées à intenter une action collective contre Gilbert Rozon par le juge Donald Bis- son de la Cour supérieure.Le groupe lui réclame 10 millions de dollars en dommages punitifs seulement.M.Ro- zon, qui réfute les allégations d\u2019agressions et de harcèlement sexuels, a obtenu en août dernier le feu vert du plus haut tribunal de la province pour contester le jugement du juge Bisson.« L\u2019objectif de [M.Rozon est] de leur retirer tout accès pratique à la justice sachant que si elles ne peuvent procéder par voie d\u2019action collective, plusieurs d\u2019entre elles n\u2019auront pas le courage d\u2019intenter des actions individuelles vu les énormes difficultés qu\u2019elles doivent surmonter dans l\u2019exercice de leurs recours individuels », estiment les avocats des Courageuses.Les avocats du groupe, qui rassemble désormais une vingtaine de femmes, insistent sur l\u2019importance de la force du nombre dans un tel dossier.« C\u2019est [\u2026] l\u2019action collective qui a permis aux victimes vulnérables de se manifester et d\u2019affronter leur agresseur sur un pied d\u2019égalité », font-ils valoir.D\u2019ailleurs, le caractère unique de l\u2019action, qui pour la première fois au pays vise uniquement un individu sans le rattacher à une institution, n\u2019entrave pas la justice, contrairement à ce que prétend M.Rozon, soutiennent les avocats des Courageuses.« La seule différence entre ces autres actions collectives visant à la fois un individu et une institution et la présente action collective est que Gilbert Rozon a réussi à systématiquement agresser et harceler sexuellement ses victimes sans recourir à l\u2019assistance, à la complicité ou à la négligence d\u2019une institution pour faciliter et camoufler ses gestes.[M.Rozon] n\u2019a eu besoin que de son importante position de pouvoir, son statut influent au Québec et son prestige », écrivent-ils.Les avocats des Courageuses reviennent sur les démêlés de M.Rozon avec la justice en 1998, lorsqu\u2019il a plaidé coupable à une accusation criminelle d\u2019agression sexuelle sur une jeune femme de 19 ans.« Il a obtenu une absolution inconditionnelle pour éviter de gêner ses importantes activités professionnelles et internationales [envoyant] le message haut et fort aux victimes qu\u2019il pouvait continuer sa prédation sans aucune conséquence », soulignent-ils, ajoutant que l\u2019action collective constitue le seul véhicule procédural qui permettra l\u2019accès à la justice aux victimes de M.Rozon.Le fondateur de Juste pour rire estime quant à lui que l\u2019action collective du groupe de présumées victimes d\u2019agressions sexuelles qui le vise est « une injustice » qui le force « à dépenser des sommes substantielles», selon son mémoire d\u2019appel déposé le 1er octobre.Aucune accusation criminelle n\u2019a été portée jusqu\u2019ici contre Gilbert Rozon.AGRESSIONS SEXUELLES Les Courageuses plaident la force du nombre Les présumées victimes de Gilbert Rozon déposent leur mémoire d\u2019appel JESSICA NADEAU LE DEVOIR Le ministre de l\u2019Éducation a beau tenter de se faire rassurant en disant être « déjà au travail » dans le dossier de la rémunération des stages, les étudiants en grève n\u2019ont pas l\u2019intention de rentrer en classe et prévoient plutôt une escalade des moyens de pression.« On est en grève pour une semaine et le ministre a une semaine pour répondre à nos revendications, sans quoi on va tenir une assemblée générale de grève générale illimitée pour la session d\u2019hiver.On n\u2019arrêtera pas tant qu\u2019on n\u2019a pas de réponses claires », affirme Maria-Alexandra Craciun, étudiante au cégep du Vieux-Montréal et militante pour le Comité unitaire sur le travail étudiant (CUTE), qui chapeaute le mouvement de grève.« Nous ne sommes pas satisfaits de la réponse du ministre et nous n\u2019avons pas l\u2019intention d\u2019arrêter les moyens de pression », renchérit Virginie Robert, de l\u2019Association facultaire étudiante de science politique et droit de l\u2019UQAM.Quelque 54 000 étudiants des cé- En grève pour des stages rémunérés Le ministre de l\u2019Éducation est prêt à discuter, mais les étudiants veulent de l\u2019action Au cégep du Vieux-Montréal, les étudiants sont en grève cette semaine.La banderole qu\u2019ils ont déployée laisse peu de doute sur leur détermination, affirmant que ce débrayage est un premier pas « vers la grève générale » à la session d\u2019hiver.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il va de soi que la promotion de la souveraineté doit être au centre de l\u2019action du PQ, mais le parti ne peut pas faire l\u2019économie d\u2019un projet de société et de gouvernement en attendant le Grand Soir.C\u2019est très bien de dire que « la maison doit être accueillante pour tout le monde », mais un parti politique n\u2019est pas un magasin général où chacun peut choisir ce qu\u2019il veut.Cela implique de faire des choix d\u2019ordre idéologique.geps et de différentes facultés universitaires au Québec sont en grève depuis lundi pour réclamer la rémunération des stages.Interpellé sur le sujet en marge d\u2019une visite au Salon du livre de Montréal lundi, le nouveau ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, a invité les étudiants à rentrer en classe.« Je les invite à ne pas défoncer des portes ouvertes, nous sommes déjà au travail pour faire un état des lieux et voir dans quelle mesure certains stages peuvent être compensés.» Il s\u2019est dit « très ouvert » à étudier les différentes options et dit « comprendre » l\u2019impatience des étudiants, mais il veut d\u2019abord avoir un portrait complet de la situation.« Les travaux se font déjà, ils ne peuvent se faire plus vite qu\u2019en ce moment », a soutenu le ministre, qui espère rencontrer les étudiants « dans les prochains mois pour discuter avec eux des meilleures pratiques ».Pour les étudiants en grève, cet horizon est encore trop loin, d\u2019autant plus que l\u2019évaluation demandée par le ministre n\u2019est pas nécessaire.« Cette façon de faire sert à différencier les stages, alors que nous, on lutte pour la rémunération de tous les stages, affirme Sandrine Boisjoli, étudiante en enseignement à l\u2019UQAM.Peu importe la durée ou le type de stage que tu effectues, que ce soit une journée, trois mois ou un an, tu mérites un salaire parce que tu effectues du travail pendant ton stage.» Les étudiants en grève sont persuadés que le mouvement va prendre de l\u2019ampleur et s\u2019attendent à une mobilisation importante pour la manifestation de mercredi, à Montréal.Les deux principales associations étudiantes \u2013 l\u2019Union étudiante du Québec et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) \u2014 n\u2019ont pas rejoint le mouvement de grève, voulant laisser une chance aux discussions qui ont cours avec le ministère.Mais les deux instances commencent elles aussi à taper du pied.« Le mouvement étudiant veut des avancées rapides et concrètes sur ce dossier, affirme Fred-William Mireault, président de la FECQ.Si le gouvernement ne saisit pas l\u2019urgence d\u2019agir, nous étudierons toutes nos options.» LEDEVOIR // LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 Reconstruire le PQ avec moins de ressources PRIX SUITE DE LA PAGE A 1 Le financement public des formations politiques étant en partie proportionnel aux suffrages exprimés, chaque vote vaut son pesant d\u2019or \u2014 ou plutôt 1,58 $ par année.« Prudence » au PQ Les finances du Parti québécois sont aussi plombées par les résultats des dernières élections générales.Le parti doit composer avec un manque à gagner de près de 755 000 $ par année.C\u2019est 20 % de son financement annuel total (3,9 millions de dollars en 2017).Par ailleurs, le PQ de Jean-François Lisée a échoué à obtenir l\u2019appui d\u2019au moins 15 % des électeurs \u2014 le seuil fixé par le Directeur général des élections du Québec (DGEQ) pour que la moitié des dépenses effectuées par un candidat soit remboursée \u2014 dans 65 circonscriptions sur 125 (52 %).En 2014, le PQ de Pauline Marois n\u2019y était pas parvenu dans 24 circonscriptions sur 125 (19 %).« Ça nous oblige à une prudence », dit la présidente du parti, Gabrielle Lemieux.La baisse des allocations versées par le DGEQ est « en partie amortie » par le montant amassé depuis le coup d\u2019envoi de la campagne de financement de 2018 \u2014 plus de 1,6 million jusqu\u2019ici \u2014, nuance le porte-parole du PQ , Lucas Medernach.« Puis, nous explorons des pistes pour atténuer l\u2019impact de la baisse [de revenus], par exemple en organisant nos événe- ments dans des salles moins chères que des salles de congrès.On n\u2019écarte aucune piste », ajoute-t-il.L\u2019exécutif soumettra au prochain conseil national une proposition de « plan d\u2019action [renfermant] des solutions pour équilibrer le budget ».« Les délégués pourront y apporter leurs suggestions », précise M.Medernach.Au PQ, « la question des finances sera assurément un enjeu pour les prochaines années », estime le politologue Éric Montigny.Le parti politique indépendantiste se trouve aujourd\u2019hui dans la même situation que le Bloc québécois en 2011 : il doit entreprendre un gros chantier de reconstruction avec des moyens financiers amputés.« Quand il n\u2019y a que le portrait de René Lévesque dans la salle de l\u2019exécutif, mais plus personne autour de toi, voulais essayer de retracer la chaîne de réactions qui a fait que, de festif et insouciant, le Liban puisse devenir aussi sanglant.Je voulais aussi remonter à la première étincelle : c\u2019était la faute de qui, si on peut parler de faute ?» Plusieurs scénarios possibles s\u2019offraient à elle : « Est-ce que c\u2019étaient les Palestiniens qui étaient en cause ?Est- ce que c\u2019était les pays arabes, qui ont vu dans le Liban un terrain de jeu pratique pour se débarrasser du problème encombrant des Palestiniens ?Est-ce que c\u2019était Israël, un pays voisin déjà su- rarmé ?Ou c\u2019est tout simplement le destin des Libanais ?Je ne sais pas.» Les points d\u2019interrogation demeurent, dans L\u2019âge d\u2019or.Pour la bonne et simple raison que l\u2019histoire du Liban repose sur des points d\u2019interrogation, avance l\u2019auteure, qui a fait trois années de recherches intenses.« La guerre du Liban n\u2019existe pas.C\u2019est-à-dire que l\u2019histoire du Liban s\u2019arrête le 15 avril 1975, qui marque le début de la guerre.Dans les livres scolaires, après cette date, il n\u2019y a plus rien.» Diane Mazloum a son explication à propos de ce silence : « Les hommes et les femmes qui se sont battus étaient NAUFRAGE SUITE DE LA PAGE A 1 presque des personnes comme vous et moi, ils mettaient un masque pour aller se battre contre leurs propres voisins.Quand la guerre s\u2019est terminée, pour ne pas que tout le pays soit jugé, ce qui aurait été impossible, on s\u2019est dit : amnistie.Pas de recherches, de statistiques, d\u2019élucidation, d\u2019investigation.Pas de version officielle.On oublie tout ce qui s\u2019est passé.» Couple mythique Fresque sociale et politique, L\u2019âge d\u2019or.Roman de fureur, de terreur.Mais aussi, roman d\u2019amour.Au centre de l\u2019histoire, qui amalgame personnages fictifs et historiques, un couple passionné, inspiré de personnes réelles.Celui formé par Georgina Rizk et Ali Hassan.Georgina Rizk : une chrétienne, reine de beauté, Miss Liban puis Miss Univers.Une jeune femme frivole, symbole de l\u2019âge d\u2019or du Liban, de l\u2019Occident au Moyen-Orient.Ni l\u2019histoire ni la politique ne font partie de son monde.Ali Hassan : un Palestinien exilé, musulman, bras droit de Yasser Arafat.Il est accusé d\u2019être à la tête de l\u2019organisation terroriste Septembre noir et des attentats aux Jeux olympiques de Munich en 1972.Symbole de la violence, de la guerre, de la cause.Recherché par le Mossad, il mourra assassiné.« C\u2019est un couple emblématique, extrêmement mythique, au Liban et dans la région arabe, précise la romancière.Ensemble, ils ont incarné la diversité, l\u2019hybridité et toutes les contradictions qui caractérisaient le Liban de cette époque.» Tout connaître du Liban Parmi les personnages fictifs qui entrent en jeu dans le roman, il y a le premier amour de Georgina, Roland.Et son petit frère, Micky, qui a cinq ans au début.Le garçon collectionne dans son journal des preuves minuscules et enfantines sur son pays.Il veut devenir l\u2019expert numéro 1 du Liban : tout petit Des points d\u2019interrogation hausse, QS a de son côté embauché pas moins de 8 personnes, dont le contrat s\u2019achevait le jour du scrutin.La formation politique entend déployer des initiatives en environnement qui lui permettront de s\u2019imposer comme « une vraie opposition » au gouvernement caquiste à l\u2019intérieur, mais également à l\u2019extérieur de l\u2019Assemblée nationale.« Il faut garder l\u2019énergie militante [qui anime le parti] », affirme la responsable des relations publiques à QS, Élise Tanguay, tout en reconnaissant que la formation n\u2019a pas réfléchi attentivement à l\u2019utilisation de ses nouveaux moyens financiers.« La priorité était de faire fonctionner les bureaux de circonscription », souligne-t-elle.Avec Guillaume Bourgault-Côté et Dave Noël pays, donc facile de tout apprendre sur lui, se dit-il.« Micky est mon double », précise Diane Mazloum.Enfant, elle aussi était curieuse de connaître intimement le pays de ses parents.Établis à Paris, puis à Rome, ils l\u2019emmenaient voir la famille, avec sa sœur, lors des périodes de vacances\u2026 quand la guerre connaissait des périodes d\u2019accalmie.Mais ce n\u2019est qu\u2019au cours des années 2000 que la jeune femme a décidé de faire le grand saut et de s\u2019installer au Liban.Après des études en astrophysique à Paris, elle s\u2019est inscrite à l\u2019Université américaine de Beyrouth, où elle a étudié pendant quatre ans les beaux- arts et le design.Son premier livre, Nucleus, en plein cœur de Beyrouth City, un récit graphique, témoigne de cette période : la plus heureuse de sa vie, dit-elle.Quant à son premier roman, Beyrouth, la nuit, il met en scène six personnages dans la fin de la vingtaine et du début de la trentaine.On les suit le temps d\u2019une nuit, à Beyrouth, en 2010, sur fond de coupe du monde de foot et de tensions liées à la politique.La publication de ce livre, en 2014, a changé sa vie.Elle est retournée vivre à Paris, par amour.Son éditeur chez Stock à l\u2019époque, Manuel Carcassonne, est devenu son mari et le père de son enfant.C\u2019est à ses parents qu\u2019elle dédie son nouveau roman.« Ils avaient entre 18 et 20 ans au début de la guerre du Liban.Comme tous les gens de cette génération, ils sont nés en plein âge d\u2019or, ils étaient porteurs de ce pays neutre et pacifique, et leur jeunesse a été brisée.» Ils ont fui le Liban en 1976.« Mes parents se sont débrouillés pour se faire une vie ailleurs, et ensuite nous donner, à ma sœur et moi, une des meilleures vies possible, mais tout en portant la mélancolie et la blessure de l\u2019exil, de leur paradis perdu.» Ses parents, source d\u2019inspiration inépuisable.C\u2019est à eux, à ce qu\u2019ils lui ont raconté, à ce qu\u2019ils ont vécu et perdu que Diane Mazloum doit en grande partie L\u2019âge d\u2019or.L\u2019âge d\u2019or Diane Mazloum, JC Lattès, Paris, 2018, 336 pages DAVE NOËL MARCO BÉLAIR-CIRINO À L\u2019ASSEMBLÉE NATIONALE Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, n\u2019écarte pas l\u2019idée de modifier le contenu du matériel didactique du cours d\u2019Histoire du Québec et du Canada à la lumière des critiques découlant du retrait d\u2019une terminologie et d\u2019une iconographie autochtone jugée stéréotypée.« Vous savez, moi, j\u2019ai enseigné pendant 17 ans, ça arrivait assez fréquemment que je changeais de manuel », a-t-il déclaré lundi, réagissant à la levée de boucliers de plusieurs historiens.« Je vais regarder vraiment attentivement leurs critiques et voir si vraiment il y a lieu de changer les manuels », a ajouté l\u2019ancien professeur entre deux kiosques du Salon du livre de Montréal.Le rappel et la réimpression des ouvrages ont coûté 1,6 million de dollars.L\u2019opération a permis l\u2019ajout de « nuances sur la perception des Autochtones face à l\u2019exploration invasive de Jacques Cartier » et l\u2019ajout d\u2019un « texte sur l\u2019appropriation du territoire par les Français ».On a également éliminé toute référence à l\u2019appellation « Amérindiens » au profit de « Premières Nations » et « Autochtones ».Champlain La centaine de changements apportés aux manuels par le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES) a satisfait le Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN).« Ce qui n\u2019a pas été retenu, vite de même, je ne pourrais pas vous le dire », dit le conseiller à la réussite scolaire de l\u2019organisme, Bruno Rock.Mais, appelé à donner un exemple des stéréotypes toujours véhiculés dans les manuels, M.Rock montre du doigt la célèbre gravure de la bataille remportée par Samuel de Champlain et ses alliés algonquins, hurons et montagnais contre les Iroquois, le 29 juillet 1609.« Champlain se sent menacé.Le jeune qui voit cette repré- sentation-là, ça peut biaiser sa pensée.Faut au moins que ce genre d\u2019image là, qui est très forte, soit expliquée.De là à demander qu\u2019elle soit retirée, ça, je ne sais pas.» Iconographie Le retrait des illustrations d\u2019époque n\u2019est pas souhaitable, estime le président de la Société des professeurs d\u2019histoire du Québec, Raymond Bédard.« L\u2019iconographie nous permet de comprendre aussi l\u2019histoire.Ce sont des documents que nous pouvons utiliser de façon pédagogique intelligente.» Par ailleurs, M.Bédard souligne que les intervenants autochtones ont tardé à se manifester dans le cadre du processus de révision du programme d\u2019Histoire.« Ils ont été consultés dès le début du processus, c\u2019est un peu dommage que ça soit arrivé si tardivement.C\u2019est le programme d\u2019Histoire où il y a eu le plus de consultations dans l\u2019histoire du ministère de l\u2019Éducation.Faire plaisir à tout le monde, ce n\u2019est pas évident, on le sait.» Le CEPN revendique le fin mot de l\u2019histoire des Premières Nations.« C\u2019est les personnes concernées qui devraient choisir », estime la responsable des communications, Eve Bastien.L\u2019Histoire revue, corrigée, critiquée et peut-être recorrigée Fresque sociale et politique, roman de fureur, de terreur.Mais aussi, roman d\u2019amour.Au centre de l\u2019histoire, qui amalgame personnages fictifs et historiques, un couple passionné, inspiré de personnes réelles.c\u2019est lourd », raconte de son côté un habitué de la permanence du PQ.La CAQ et QS font de l\u2019argent La Coalition avenir Québec et Québec solidaire bénéficieront quant à eux de, respectivement, 1 455 000 $ et 775 000 $ supplémentaires par année de la part du DGEQ.La directrice générale de la CAQ, Brigitte Legault, n\u2019entend pas se lancer dans de folles dépenses au cours des prochains mois.Le parti politique employait 17 personnes avant la campagne électorale.Il en sera de même au cours des prochains mois, indique Mme Legault.Il n\u2019est pas question non plus de déménager le quartier général de la CAQ, qui se trouve dans un demi- sous-sol d\u2019un immeuble de la rue Mill, à Montréal.Fort d\u2019appuis (et de revenus) en Le résultat des élections a une incidence directe sur les finances des partis.Ainsi, le dernier scrutin appauvrira le PQ et le PLQ, tandis qu\u2019il enrichira la CAQ et QS.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La CAQ et QS obtiendront respectivement 1 455 000 $ et 775 000 $ de plus de la part du DGEQ ACTUALITÉS A 5 LEDEVOIR // LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 PLAIDOYER POUR NOTRE GARDE-MANGER Pour une troisième entente commerciale consécutive, l\u2019agriculture québécoise et canadienne a fait les frais des négociations.Dans l\u2019Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), les concessions dans le secteur laitier canadien sont sans précédent.La signature de l\u2019AEUMC est la goutte qui fait déborder le vase.À l\u2019instar des ententes commerciales précédentes, le gouvernement canadien n\u2019a imposé aucune exigence sur les aliments importés, même si les normes sanitaires, sociales et environnementales au Québec et au Canada sont parmi les plus sévères au monde.Cette incohérence désavantage fortement nos agriculteurs et notre industrie agroalimentaire, en amont et en aval de la production.Elle va aussi à l\u2019encontre de la volonté des consommateurs de chez nous, pour qui ces normes sont importantes.D\u2019assurer notre avenir alimentaire en soutenant l\u2019agriculture de chez nous et en encourageant la consommation des aliments locaux, produits par des entreprises québécoises; De cesser d\u2019utiliser notre agriculture comme monnaie d\u2019échange dans les négociations commerciales; De soumettre les aliments importés aux mêmes normes sanitaires, sociales et environnementales que les aliments québécois et canadiens; De prioriser l\u2019achat local dans toutes les institutions publiques québécoises et canadiennes; De protéger davantage les terres agricoles québécoises face à l\u2019étalement urbain, la spéculation et en appuyant mieux le secteur biologique, en misant davantage sur l\u2019accompagnement des entreprises et en assurant le maintien et la mise à jour d\u2019un environnement réglementaire raisonné; De soutenir l\u2019agriculture québécoise et canadienne grâce à des budgets et des programmes de partage des risques adaptés à la réalité des changements climatiques, et modulés en fonction des particularités de chaque région et de chaque secteur de production.Une initiative de : Avec l\u2019appui de : ANNABELLE CAILLOU MARCO FORTIER LE DEVOIR L\u2019Université de Montréal emboîte le pas à l\u2019Université Laval et prévoit interdire les relations intimes entre étudiants et professeurs en position d\u2019autorité dans sa nouvelle politique sur les violences à caractère sexuel, dévoilée lundi.Si la nature des sanctions est claire, leur application reste incertaine tant que les professeurs et la direction ne s\u2019entendront pas.Une relation «amoureuse, intime ou sexuelle» entre un étudiant et un membre du personnel sera autorisée à condition que ce dernier n\u2019exerce aucune fonction «pédagogique ou d\u2019autorité», précise le document de 20 pages, adopté le 12 novembre par l\u2019établissement et rendu public lundi.L\u2019université souhaite ainsi préserver «l\u2019intégrité de la relation» entre étudiants et professeurs, et «éviter la possibilité d\u2019abus de pouvoir».Cette nouvelle politique répond aux exigences de la loi 151, adoptée l\u2019année dernière par l\u2019ancien gouvernement libéral.Elle oblige les établissements d\u2019enseignement supérieur du Québec à se munir d\u2019ici janvier d\u2019une politique spécifique pour combattre et prévenir les violences sexuelles, et à l\u2019appliquer au plus tard le 1er septembre 2019.Dans l\u2019ensemble, la politique « formalise » des pratiques déjà en vigueur, précise la porte-parole de l\u2019UdeM, Geneviève O\u2019Meara.« La politique demande qu\u2019un bureau spécifique traite les plaintes et signalements.Le BIMH [Bureau d\u2019intervention en matière de harcèlement] s\u2019en occupait déjà, mais maintenant c\u2019est écrit noir sur blanc.» D\u2019ailleurs, l\u2019équipe du BIMH s\u2019est récemment agrandie pour mieux accompagner les victimes.« Des spécialistes ont été embauchés : des psychologues, des conseillers en relation d\u2019aide, des travailleurs sociaux, et une spécialiste dans les cas de violences sexuelles », indique Mme O\u2019Meara.Accueil en demi-teinte De son côté, la Fédération des associations étudiantes de l\u2019Université de Montréal (FAECUM) se dit « relativement satisfaite du contenu » de la politique, se réjouissant d\u2019y retrouver plusieurs de ses recommandations.« Il reste des petits détails à bonifier, mais ça pourra se faire au moment de la révision au bout d\u2019un an », précise son secrétaire général, Matis Allali.Seule ombre au tableau : l\u2019application des sanctions \u2014 allant de la réprimande à l\u2019exclusion ou au renvoi \u2014 lorsqu\u2019un professeur est visé par une plainte ou un signalement.Il est prévu dans la politique \u2014 et c\u2019est déjà le cas présentement \u2014 que toutes les plaintes pour harcèlement sexuel et agression sexuelle soient traitées par le BIMH.Il revient après au secrétariat général de demander une enquête supplémentaire, au besoin, et de décider des sanctions.Les dossiers impliquant un professeur font exception.Dans leurs cas, il revient plutôt au comité de discipline, formé essentiellement de professeurs, d\u2019imposer les sanctions.«Des chumsqui jugent des chums», dénoncent les étudiants.Depuis plusieurs mois, la communauté étudiante, appuyée par la direc- VIOLENCES SEXUELLES La politique de l\u2019UdeM ne règle pas le litige sur le traitement des plaintes tion de l\u2019université, remet en question le rôle de ce comité.Toutes les affaires ne relevant pas de l\u2019enseignement \u2014 harcèlement, violence physique, intimidation, vol\u2026 \u2014 devraient être, selon eux, traitées et sanctionnées par le BIMH.«On comprend que c\u2019est mieux que des pairs jugent leurs pairs dans le cas de fautes académiques, comme le plagiat par exemple, mais autrement, il n\u2019y a aucune raison », insiste Matis Allali.« Passer par le BIMH puis le comité de discipline, c\u2019est lourd et très long comme processus, renchérit Geneviève O\u2019Meara.La victime doit revenir témoigner une deuxième fois, et en plus devant un comité de professeurs alors qu\u2019elle met en cause les agissements d\u2019un de leurs pairs.» Négociations Mais les professeurs s\u2019y opposent et réclament plutôt la mise en place d\u2019un comité indépendant, formé uniquement de membres externes à la communauté universitaire, pour traiter les plaintes en matière de violences sexuelles.Et puisqu\u2019ils ont un droit de veto sur tout changement au comité de discipline \u2014 cela relève de leur convention collective \u2014, difficile de faire fi de leur opinion dans la nouvelle politique.Le Syndicat général des professeurs et professeures de l\u2019Université de Montréal (SGPUM) a d\u2019ailleurs accueilli avec des réserves la politique dévoilée lundi.« Ça ne rencontre pas l\u2019objectif de l\u2019indépendance [du traitement des plaintes] », a réagi Jean Portugais, président du SGPUM.En pleine négociation collective, les professeurs et la direction peinent à s\u2019entendre sur le processus de traitement des plaintes disciplinaires.Vendredi, les professeurs syndiqués ont d\u2019ailleurs rejeté par une majorité écrasante de 96% des voix la dernière proposition de convention collective soumise par la direction de l\u2019UdeM.Cette proposition prévoyait notamment des hausses salariales de 12% sur cinq ans, selon le SGPUM.« On doit trouver un terrain d\u2019entente avec les professeurs sur cette question- là, mais évidemment on souhaite que les instances actuelles en matière de violences sexuelles s\u2019appliquent pour tous », affirme Mme O\u2019Meara.La Fédération des associations étudiantes de l\u2019Université de Montréal se dit « relativement satisfaite du contenu » de la politique, se réjouissant d\u2019y retrouver plusieurs de ses recommandations.JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e premier ministre François Legault a qualifié sa première rencontre avec son homologue ontarien, Doug Ford, de « beau succès ».D\u2019une déconcertante mollesse, le caquiste estime que la défense du fait français au Canada, qui a pourtant son importance pour les Québécois, est une broutille qui ne saurait nuire aux relations entre le Québec et l\u2019Ontario.Après la gifle infligée aux Franco-Ontariens, une minorité qui n\u2019est pas particulièrement choyée, François Legault place la business au-dessus de tout.En point de presse après la rencontre lundi, François Legault a dit qu\u2019il avait fait savoir à Doug Ford qu\u2019il était « déçu » de ses décisions d\u2019abolir le poste de Commissaire aux services en français et d\u2019abandonner le projet de l\u2019Université de l\u2019Ontario français, qui devait ouvrir ses portes en 2020 à Toronto.Déçu et impuissant, mais surtout pressé de passer aux affaires qui comptent.Tout de même, le premier ministre a souligné ne pas avoir aimé qu\u2019on compare les Franco-Ontariens, issus d\u2019«un des deux peuples fondateurs», avec des Ontariens d\u2019autres origines.Comme l\u2019a rapporté le quotidien Ottawa Citizen, Doug Ford a affirmé qu\u2019il y avait peut-être 600 000 Franco-Ontariens, mais qu\u2019il y avait aussi 600 000 «Ontariens chinois» et 600 000 Ontariens d\u2019origine italienne et que la province ne pouvait plaire à tout le monde.Devant une telle conception bêtement communauta- riste, on comprend que le statut des Canadiens français en Ontario est précaire.Mais voilà, François Legault était avant tout «très heureux» lundi de sa rencontre avec Doug Ford.«Tous les deux, nous sommes des gens d\u2019affaires», s\u2019est-il réjoui.Il est quelque peu inquiétant de constater que l\u2019actuel premier ministre du Québec se découvre autant d\u2019affinités avec un homme obtus, qui «ne brille ni par le goût ni par l\u2019esprit», pour reprendre les mots de Brassens, et qui, surtout, affiche un tel mépris envers la minorité francophone.Car ce qui saute aux yeux dans cette affaire, c\u2019est la différence de traitement de la minorité de langue anglaise au Québec \u2014 une minorité qui fait paradoxalement partie de la majorité au Canada \u2014 et celui de la minorité de langue française en Ontario, une minorité « historique » au même titre que les Anglo-Québécois.À juste titre, François Legault a rappelé à Doug Ford que notre minorité historique disposait de trois universités anglaises, sans compter un centre universitaire de santé de calibre mondial.Évidemment, rien de tel en Ontario.Depuis les années 1970, les Franco-On- tariens caressaient l\u2019ambition d\u2019avoir leur université française, qu\u2019ils auraient contrôlée, mais voilà que, si près du but, on leur tire le tapis sous les pieds.Contrairement à l\u2019hôpital Montfort à la fin des années 1990, que le gouvernement conservateur de Mike Harris voulait fermer pour des « raisons budgétaires », lui aussi, l\u2019Université de l\u2019Ontario français n\u2019était qu\u2019un projet.Si les tribunaux ont empêché la fermeture du seul hôpital universitaire francophone en Ontario, les contestations judiciaires ont peu de chances de réussir dans le cas du projet d\u2019université.Or si le maintien d\u2019un hôpital francophone était essentiel pour les Franco- Ontariens, la fondation d\u2019une université française à Toronto, où convergent de plus en plus de francophones, est tout aussi importante, sinon davantage.Le Québec ne peut rester indifférent.Certes, le gouvernement québécois ne peut contester le droit de l\u2019Ontario de gérer comme elle l\u2019entend son réseau d\u2019universités sans remettre en question ses propres prérogatives.D\u2019ailleurs, dans des causes portant sur l\u2019ouverture d\u2019écoles françaises dans les autres provinces, le Québec, qui défendait ses compétences constitutionnelles, s\u2019est souvent retrouvé à s\u2019opposer à des parents francophones.Il y a 20 ans, pour l\u2019hôpital Montfort, Lucien Bouchard, sans couper les ponts avec le gouvernement ontarien, avait tout de même tenté de convaincre Mike Harris de revenir sur sa décision.Puis, son gouvernement, sous l\u2019impulsion de Bernard Landry, alors ministre des Finances, avait versé 300 000 $ au mouvement S.O.S.Montfort.Est-ce que l\u2019Université de Montréal ou l\u2019Université Laval pourrait ouvrir un campus à Toronto avec l\u2019aide du gouvernement québécois, comme le suggèrent dans nos pages deux de nos lecteurs ?C\u2019est à envisager.Les Franco-Ontariens méritent d\u2019obtenir leur université française à Toronto et ils ont besoin de l\u2019appui des Québécois.Entre-temps, François Legault devrait au moins avoir la décence d\u2019éviter de faire copain-copain avec le fossoyeur de l\u2019Université de l\u2019Ontario français.Il devrait se rappeler qu\u2019au-delà de la business, il y a des principes qu\u2019un premier ministre digne de la fonction doit défendre.Axel Fournier Avocat, Varennes Jean-Michel Laliberté Étudiant en génie logiciel à l\u2019Université Concordia, Boucherville Tout le Canada français s\u2019entend: la décision du gouvernement Ford d\u2019annuler le projet d\u2019université francophone et de supprimer le Commissariat aux services en français constitue une attaque frontale contre la nation canadienne-fran- çaise.Le Québec, seule province majoritairement francophone, ne peut se contenter de critiquer publiquement le gouvernement ontarien.Nous avons le devoir moral de soutenir les francophones hors Québec, et des mesures concrètes s\u2019imposent.Notre proposition est donc simple: le Québec devrait financer l\u2019installation d\u2019un campus d\u2019une université à charte québécoise à Toronto, afin de remplacer le projet d\u2019Université de l\u2019Ontario français, et financer en partie la mesure en haussant les droits de scolarité des étudiants on- tariens au Québec.Cette mesure pourrait s\u2019inscrire dans les compétences provinciales québécoises, dans la mesure où ce nouveau campus d\u2019une université québécoise permettrait de raffermir les échanges entre les deux provinces, en plus de fournir une formation compatible avec le marché du travail du Québec.D\u2019ailleurs, avant de déménager son école à Gatineau, le Barreau du Québec a longtemps maintenu une école à Ottawa, preuve qu\u2019il y a déjà eu un précédent d\u2019institution scolaire québécoise en Ontario.Il est dans l\u2019intérêt du Québec de promouvoir la francophonie à l\u2019échelle canadienne.D\u2019ailleurs, la province offre déjà aux Canadiens hors Québec de payer les frais scolaires des Québécois lorsqu\u2019ils s\u2019inscrivent dans un programme universitaire de littérature française ou d\u2019études québécoises, subventionnant ainsi indirectement la francophonie à l\u2019échelle canadienne.Défendre nos compatriotes Une intervention financière du Québec forcerait le gouvernement Ford à se positionner sur la véritable question.S\u2019il s\u2019oppose à un projet entièrement financé par le Québec, il démontrera que sa mesure vise à nuire aux Canadiens français et qu\u2019elle n\u2019a aucune lo- Le fait français décimé en Ontario ! On assiste à un véritable génocide du fait français en Ontario orchestré d\u2019une façon irréfléchie, spontanée \u2014 voire inconsciente \u2014 par le populiste premier ministre de ladite province, Doug Ford, notre Trump canadien.On voit donc disparaître sous sa hache \u2014 pour des raisons d\u2019économies, semble-t-il \u2014 le Commissariat aux services en français de l\u2019Ontario après que M.Ford eut aboli, au début de son mandat, le ministère des Affaires francophones.Ce sont près de 600 000 Franco-Ontariens qui sont ainsi touchés et qui font l\u2019objet d\u2019un abandon et d\u2019un très grand mépris de la part du gouvernement conservateur en place.En fait, il s\u2019agit de la deuxième communauté de francophones du Canada, après le Québec, qui se voit ainsi bafouée de belle façon.Alors, comment ne pas se sentir révolté par un tel rejet du fait français en Ontario?À titre de Québécois fier de sa langue et des institutions qui la représentent, je me sens interpellé et directement touché par ses mesures draconiennes, mais qui ne font qu\u2019entériner le constat suivant: l\u2019unilinguisme anglophone est la règle d\u2019or en Ontario depuis des lustres, et les francophones y ont toujours été des laissés-pour- compte.Des Canadiens français isolés, obligés de se battre constamment pour préserver leurs acquis.Alors, pourquoi faudrait-il reconnaître la communauté francophone de cette province et lui permettre de prospérer tout en préservant sa langue?Voilà sans doute l\u2019essence de la réflexion du premier ministre ontarien.Et comme Doug Ford est un populiste, il se dit tout simplement qu\u2019il aura de toute manière l\u2019appui des anglophones de souche de sa province avec ses coupes qui seront populaires auprès des électeurs qui l\u2019ont porté aux pouvoirs.Il agit donc ainsi que le ferait un certain Donald Trump s\u2019il était à sa place.Le gros bon sens d\u2019un populiste inculte et inconséquent.Yvan Giguère Saguenay, le 19 novembre 2018 LIBRE OPINION LETTRES LEGAULT ET LES FRANCO-ONTARIENS La maudite business ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu gique budgétaire.Si, au contraire, il plie et accepte de financer l\u2019université ou même d\u2019accepter un projet québécois, nous aurons atteint notre objectif de défense de nos compatriotes.Certains Québécois s\u2019opposeraient sans doute à une telle velléité de financer les études en français en Ontario, en arguant que les impôts des Québécois doivent servir à améliorer l\u2019éducation au Québec et non dans la province voisine.Nous leur répondons que le meilleur moyen de défendre le français au Québec est précisément de le promouvoir partout dans le monde, et particulièrement dans une province contiguë avec laquelle nous sommes particulièrement intégrés économiquement.Une telle mesure pourrait également être financée en partie par une augmentation des droits de scolarité des étudiants ontariens dans les universités québécoises anglophones.En effet, nombreux sont les Ontariens qui viennent étudier dans le réseau universitaire anglophone du Québec pour bénéficier des droits de scolarité moins élevés qu\u2019en Ontario.Par exemple, les frais scolaires annuels pour un baccalauréat en génie en Ontario représentent en moyenne plus de 12 500 $, alors que, pour un Ontarien, ils représentent environ 7600$ au Québec.Il en est de même pour la grande majorité des programmes, y compris la gestion, les sciences pures, l\u2019informatique, la médecine et le droit.En somme, ces deux mesures permettraient de favoriser l\u2019épanouissement de la francophonie canadienne et de développer davantage de liens économiques et culturels entre les communautés francophones du pays.Elles auraient aussi le mérite d\u2019envoyer un message politique clair au gouvernement ontarien : nous n\u2019abandonnerons pas les francophones hors Québec.Au Québec de financer une université francophone en Ontario Brûler du gaz, pour sauver la planète ! En 2007, lorsque le gouvernement Charest a octroyé les permis au consortium Rabaska, pour l\u2019implantation d\u2019un terminal méthanier face à l\u2019île d\u2019Orléans, le ministre des Ressources naturelles de l\u2019époque avait affirmé que, sans ce projet « Le Québec allait manquer de gaz ».Les opposants clamaient haut et fort que le Canada, 3e producteur de gaz naturel au monde, n\u2019avait absolument pas besoin de cette entreprise, qu\u2019il s\u2019agissait en fait d\u2019un projet pour nos voisins du sud, qui refusaient toute implantation de ce genre d\u2019usine sur leur territoire.Nous allions devenir la poubelle de service des Américains, dépendants de cette énergie fossile.Aujourd\u2019hui, dans vos pages actualités, on nous annonce la construction d\u2019un nouveau terminal méthanier sur le majestueux fjord du Saguenay, mais cette fois-ci, non pas pour importer la molécule, mais bien pour l\u2019exporter vers l\u2019Europe, qui dépend trop du gaz russe.Rappelons que Rabaska avait signé son contrat d\u2019approvisionnement avec la russe Gazprom.Encore là, les opposants criaient sur toutes les tribunes que nous ne pouvions nous permettre de dépendre du gaz d\u2019un des pays les plus corrompus de la planète en lieu et place du gaz de l\u2019Ouest canadien.Les libéraux tenaient tellement à ce projet qu\u2019ils retirèrent le dossier de l\u2019examen de la Commission de protection du territoire agricole et refusèrent de s\u2019en remettre à leurs propres experts en Santé publique qui émettaient de très nombreuses réserves quant à la santé et la sécurité des citoyens.Force est de constater que le gouvernement libéral, comme les commissaires du BAPE s\u2019étaient totalement fourvoyés en n\u2019écoutant que les arguments, qui se sont tous révélés faux, des promoteurs! Alors que les citoyens tentent de grands efforts afin de réduire leur empreinte carbone, est-ce que le gouvernement Legault va être derrière ce projet financé par des intérêts américains ?Parce que les nouveaux promoteurs utilisent le même genre d\u2019argument : mieux vaut brûler du gaz que du charbon ou du mazout, pour sauver la planète ! Yves St-Laurent Stoneham, le 16 novembre 2018 ROBERT DUTRISAC L Ce qui saute aux yeux dans cette affaire, c\u2019est la différence de traitement de la minorité de langue anglaise au Québec et celui de la minorité de langue française en Ontario A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.La rectitude extrême I l y a quelques jours, on apprenait qu\u2019un comité de l\u2019Université McGill allait examiner les motifs de conserver ou de changer le nom de l\u2019équipe de football, les Redmen.Une majorité des étudiants consultés par référendum estiment que le nom est offensant pour les peuples autochtones, d\u2019autres font plutôt valoir que l\u2019origine du nom tient au fait que les joueurs de l\u2019équipe portaient des casques de couleur rouge.C\u2019est à ceux qui appellent à l\u2019abandon d\u2019une désignation qu\u2019ils estiment péjorative à l\u2019égard de groupes identifiables de démontrer en quoi le vocable contesté est effectivement le résultat d\u2019attitudes condamnables.Dans ce cas-ci, il est loin d\u2019être certain que les origines historiques du nom contesté ont quelque chose à voir avec le racisme envers les peuples autochtones.Abandonner une désignation pour soulager les angoisses de ceux qui ne semblent pas désireux de tenir compte de l\u2019origine historique d\u2019une désignation, c\u2019est aller vite et loin dans la rectitude.Dans plusieurs campus s\u2019est installé un climat d\u2019intolérance et de police du langage.À l\u2019égard d\u2019un nombre croissant de situations, certains réclament que soient diffusées des mises en garde ou que soient mis en place des espaces sûrs (safe spaces), protégeant contre l\u2019exposition à des idées que certains risqueraient de ne pas approuver.En somme, on revendique le droit de ne pas être dérangé ou offensé par certains propos.Propos haineux Réglons tout de suite le volet légitime de telles revendications.Les lois canadiennes répriment évidemment le propos qui porte une personne raisonnable à détester ou à mépriser ses semblables.Le discours haineux est l\u2019objet de dispositions des lois criminelles et est interdit par les lois protégeant les droits de la personne.Il n\u2019a donc pas à être toléré dans les milieux universitaires ou ailleurs.Mais les revendications pour des « espaces sûrs » vont beaucoup plus loin : elles portent sur des propos qui en eux-mêmes ne contreviennent à aucune loi.Par exemple, préconiser de réduire ou de limiter les droits des personnes appartenant à certains groupes ostracisés est assurément un discours avec lequel plusieurs seront spontanément en désaccord.Toutefois, il ne peut être interdit par la loi ou par une décision d\u2019une autorité publique que s\u2019il s\u2019agit d\u2019une limite raisonnable justifiable dans une société démocratique.Le fait que certains puissent ressentir de l\u2019inconfort à voir ou entendre un discours ou même de ressentir de la détresse du seul fait de savoir que de tels propos sont diffusés est-il un motif suffisant pour justifier la censure ?Si on répond par l\u2019affirmative à une telle question, il n\u2019y a plus réellement de liberté d\u2019expression.Dès qu\u2019est signalée une situation d\u2019inconfort, il deviendrait possible de supprimer l\u2019expression.Le seul fait qu\u2019un désaccord soit exprimé sous forme de malaise serait suffisant pour légitimer la censure.Dans un environnement juridique où la liberté d\u2019expression est reconnue, il faut une démonstration documentée du caractère raisonnable de chacune des limites que l\u2019on préconise d\u2019imposer à l\u2019activité expressive.Il ne suffit pas de changer le sens des mots pour ensuite réclamer qu\u2019un discours soit interdit.Par exemple, dans certains milieux, on ne trouve pas de problème à dénoncer comme « violentes » certaines opinions qui dérangent.Pourtant, une opinion n\u2019est pas en soi violente.Mais on réclame la censure au nom du droit de ne pas subir la « micro-agression » que constituerait la présence, voire l\u2019existence d\u2019un discours.En somme, on change le sens du mot « violence » pour étiqueter de manière péjorative un propos dérangeant et réclamer qu\u2019il soit supprimé.Les préjudices Une façon de départager ce qui relève de la censure injustifiée et ce qui relève de la prise en compte des préoccupations légitimes de groupes qui subissent des injustices est d\u2019exiger de ceux qui réclament de censurer un contenu d\u2019expliquer de façon documentée en quoi un propos cause de réels préjudices à un intérêt identifiable.Appliquée à une controverse comme celle relative au nom de l\u2019équipe de football de McGill, une telle analyse devrait s\u2019appuyer sur des investigations et des preuves obtenues selon les méthodes approuvées par les historiens.Si le nom tire ses origines des racines écossaises de l\u2019équipe ou de l\u2019institution ou de la couleur des vêtements des joueurs, il faudrait expliquer en quoi le vocable serait devenu si offensant pour les peuples autochtones avant de réclamer de le supprimer.Une telle démarche permettrait au minimum d\u2019éviter de mettre en accusation les moindres expressions ou les mots transformés en tabous.Dans une société pluraliste, il faut endurer les propos qui nous dérangent ; le seul inconfort ne saurait être une justification suffisante pour supprimer le propos qui ne contrevient à aucune loi.PIERRE TRUDEL Marc-André Houle Candidat au doctorat en science politique et chargé de cours à l\u2019Université du Québec à Montréal En décembre 2015, le premier ministre Justin Trudeau déclarait dans une entrevue au New York Times Magazine que son pays était le premier État « postna- tional ».Il s\u2019en expliquait ainsi : « Il n\u2019y a pas d\u2019identité fondamentale, pas de courant dominant, au Canada.Il y a des valeurs partagées \u2014 ouverture, compassion, la volonté de travailler fort, d\u2019être là l\u2019un pour l\u2019autre, de chercher l\u2019égalité et la justice.Ces qualités sont ce qui fait de nous le premier État postnational.» Si l\u2019affirmation a pu alors surprendre, elle aurait sans doute paru évidente aux yeux du philosophe canadien-anglais George Parkin Grant (1908-1988), dont les réflexions peuvent servir d\u2019avertissement en ce qui concerne le destin du Québec.Grant est connu comme un nationaliste conservateur avec la particularité, de plus en plus rare aujourd\u2019hui, d\u2019être un « red tory », c\u2019est-à-dire un conservateur embrassant à la fois les valeurs du conservatisme et l\u2019interventionnisme d\u2019État.Cette vision des choses est exposée dans son ouvrage qui, à ce jour, est peut-être le plus connu : Lament for a Nation, publié en 1965.Dans cet ouvrage, Grant y va d\u2019une charge à fond de train contre les gouvernements libéraux et conservateurs des années 1940 et 1950 qui auraient, pour des raisons essentiellement économiques et militaires, mis au rancart les fondements de l\u2019identité de la société canadienne en évacuant tout nationalisme de leur politique au profit d\u2019un continentalisme nord-américain et d\u2019une homogénéisation culturelle avec les États-Unis.[\u2026] Adhérant à la conception dualiste des deux peuples fondateurs, Grant voyait le fait français comme la clef de voûte de la nation canadienne.Sauf que les gouvernements ont adopté une vision de l\u2019unité canadienne faisant primer les droits individuels sur les droits collectifs.La suite des choses va confirmer le constat que Grant posait en 1965.D\u2019une part, le Canada va poursuivre dans les décennies qui suivent son intégration économique et culturelle avec les États-Unis.Mais surtout, à la faveur de l\u2019entreprise de construction nationale mise en œuvre par le Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau, le Canada va définitivement tourner le dos à son identité traditionnelle, du moins au sens où l\u2019entendait Grant.Cette entreprise de construction nationale, que le politologue Kenneth McRoberts appelle « la nouvelle orthodoxie canadienne », rompt avec la vision dualiste du Canada et repose sur trois nouveaux piliers : la Loi sur les langues officielles de 1969, la Politique du multiculturalisme de 1971 ainsi que l\u2019adoption de la Charte des droits et libertés de 1982 et son enchâssement dans la Constitution qui vient donner une valeur immuable à la vision tru- deauiste du Canada.50 ans plus tard Plus de cinquante ans après la publication de Lament for a Nation, le Canada est peut-être le premier État postnational dans l\u2019esprit de Justin Trudeau, mais c\u2019est aussi, par là même, un État à l\u2019identité incertaine.Certes, les Canadiens peuvent s\u2019identifier à un certain nombre de symboles nationaux qui sont abondamment utilisés par le gouvernement fédéral afin d\u2019assurer l\u2019« unité nationale » : le drapeau et la feuille d\u2019érable, l\u2019hymne national, le hockey et maintenant\u2026 la poutine.On notera en passant que la plupart de ces symboles sont d\u2019origine canadienne- française.Mais ces symboles forment un bien mince vernis sur l\u2019identité canadienne, dont la substance est profondément minée par des politiques autrement plus concrètes, qui œuvrent activement à la dissolution du Canada dans les États-Unis.[\u2026] George Grant exprimait une certaine sympathie pour le nationalisme canadien-français tel qu\u2019il se manifestait au Québec dans les années 1960 et y voyait une possible bouée de sauvetage pour le Canada : « Le nationalisme canadien-français constitue une ultime résistance.Au moins, les Français canadiens, sur ce continent, disparaîtront de l\u2019histoire autrement qu\u2019avec le sourire suffisant et les pleurnicheries de leurs compatriotes de langue anglaise \u2014 leurs drapeaux claquant au vent et même avec quelques coups de fusil.» Or, la confiance affichée par Grant dans le nationalisme des Québécois semble de moins en moins fondée et en ce sens, sa pensée a le mérite de nous faire comprendre que la dissolution de l\u2019identité canadienne à la faveur d\u2019une intégration culturelle et économique aux États-Unis et d\u2019un légalisme abstrait préfigure un triste destin pour le Québec.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.La dissolution de l\u2019identité canadienne préfigure un triste destin Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue L\u2019Action nationale, octobre 2018, volume CVIII, no 8.Justin Leroux Professeur agrégé d\u2019économie à HEC Montréal, Fellow du CIRANO et du CRE Daniel Spiro Associate Senior Lecturer en économie à l\u2019Université d\u2019Uppsala On estime qu\u2019un quart des réserves de pétrole et de gaz encore non découvertes se trouvent en Arctique.Il est donc crucial de les laisser intactes afin d\u2019avoir un espoir de limiter le réchauffement climatique à 2 °C, dont l\u2019importance a été rappelée récemment, notamment par le dernier rapport du GIEC.Les conditions difficiles rendent risquée l\u2019exploitation des ressources arctiques : une marée noire pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les écosystèmes fragiles dans la région.Mais les conditions difficiles sont aussi synonymes de coûts élevés, estimés à plus de 100 $ (US) le baril dans certaines zones, ce qui n\u2019est pas rentable au prix actuel.Malgré tout, certains pays comptent sur les progrès technologiques et envisagent l\u2019exploration future de l\u2019Arctique.Et ce, même si le bien-être mondial en dépend.La question se pose : comment garder ces réserves intactes ?Dans un récent article scientifique, nous détaillons une stratégie pour éviter l\u2019extraction des ressources arctiques.La logique est la suivante: actuellement, il est intéressant d\u2019exploiter l\u2019Arctique uniquement si les innovations technologiques abaissent les coûts.Mais les progrès technologiques n\u2019arrivent pas d\u2019eux-mêmes.Ils nécessitent des investissements, qui dépendent eux-mêmes de la taille du marché pour ces technologies.En effet, on sait que plus le marché pour une technologie (ici, plateformes pétrolières, navires pétroliers, etc.) est important, plus les investissements seront conséquents et, par suite, plus la technologie sera abordable pour tous les acteurs concernés.Les porte-parole de l\u2019industrie disent eux-mêmes que l\u2019exploitation des ressources arctiques ne sera rentable que si le marché est suffisamment important.Cela veut dire que, si un pays comme le Canada décide de laisser ses ressources intactes, le marché pour les plateformes et les navires pétroliers adaptés aux conditions arctiques rétrécit.Cela a pour résultat de diminuer les investissements technologiques et, donc, de maintenir les coûts relativement élevés pour les pays qui choisiraient d\u2019exploiter l\u2019Arctique.Cela pourrait ainsi lancer une réaction en chaîne, où un autre pays déciderait que l\u2019Arctique n\u2019est désormais pas rentable, limitant ainsi davantage la taille du marché, et augmentant davantage les coûts pour les autres.Et ainsi de suite.Difficile de chiffrer l\u2019ampleur des retombées technologiques, mais des recherches ont montré qu\u2019une réduction de la taille du marché pourrait considérablement faire augmenter les coûts d\u2019exploitation : les coûts baissent généralement de 25 % lorsque la taille du marché double.Avec ce chiffre, et en considérant les réserves estimées en Arctique, on constate que l\u2019absence du Canada équivaudrait à une augmentation des coûts pour les autres pays de 2 $ à 4 $ par baril (en dollars américains).Cela n\u2019est qu\u2019un ordre de grandeur, à cause de l\u2019incertitude entourant l\u2019ampleur des réserves, notamment.Toutefois, en combinant ces résultats avec l\u2019aveu des porte-parole de l\u2019industrie selon lequel la taille du marché importe pour leur rentabilité, cela indique clairement que le comportement du Canada pourrait être décisif quant à la rentabilité pour les autres pays.Boule de neige Dans la mesure où le Canada se préoccupe réellement des changements climatiques, il ne devrait évidemment pas être le premier à exploiter.Cela abaisserait les coûts pour les autres pays, les incitant à exploiter à leur tour et déclenchant ainsi un effet « boule de neige arctique ».Il est possible que la tentation soit forte d\u2019agir comme suiveur, une fois que plusieurs pays ont commencé à exploiter et que l\u2019Arctique devient rentable.C\u2019est précisément ce qu\u2019espèrent les pays qui se soucient peu du climat.Nous proposons une stratégie pour que les pays qui se préoccupent réellement du climat puissent contrecarrer cette tactique: tenir un référendum sur l\u2019exploitation de l\u2019Arctique dans plusieurs années, disons dix ans.Cela maintiendra l\u2019incertitude pendant dix ans de plus.Les pays qui comptent sur la participation des suiveurs seront obligés d\u2019y réfléchir à deux fois ou de courir le risque d\u2019entrer seuls entre-temps, à des coûts plus élevés et avec des profits plus bas.Cela donnera aussi du temps à la société pour se sevrer des énergies fossiles.Avec un peu de chance, au moment du référendum, les ressources arctiques seront moins attrayantes dans dix ans qu\u2019elles le sont aujourd\u2019hui.On parle parfois de « ruée vers l\u2019Arctique».Notre analyse indique qu\u2019il n\u2019en est rien, puisque l\u2019attente est une bonne stratégie.C\u2019est le moment pour les pays qui se disent réellement préoccupés par le climat de le prouver au monde entier en faisant acte de patience.Rarement aura-t-il été aussi productif de ne rien faire.ÉCONOMIE Comment éviter l\u2019exploitation des ressources arctiques On parle parfois de « ruée vers l\u2019Arctique ».Notre analyse indique qu\u2019il n\u2019en est rien, puisque l\u2019attente est une bonne stratégie.JUSTIN LEROUX ET DANIEL SPIRO » LEDEVOIR // LE MARDI 20 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.De plus, parce que la lumière bleue émise par les lampadaires se diffuse mieux dans l\u2019atmosphère, elle contribue à éclairer davantage le ciel nocturne, dont les étoiles et planètes deviennent alors moins visibles.Les animaux perdent ainsi d\u2019importants repères, et l\u2019humain le contact avec le ciel.« Quand on regarde les étoiles, c\u2019est une des rares expériences que l\u2019on partage avec nos ancêtres à quelques détails près.À l\u2019œil, c\u2019est exactement le même ciel que voyaient Lucy et les premiers homo sapiens », rappelle Sébastien Gauthier, astronome et responsable de la programmation au Planétarium Rio Tinto Alcan.Aveuglante La lumière bleue est également éblouissante pour l\u2019œil humain, d\u2019où le danger qu\u2019elle représente pour la sécurité routière.L\u2019éblouissement que certaines DEL riches en lumière bleue induit est particulièrement marqué chez les personnes âgées de 50 ans et plus, dont l\u2019humeur aqueuse, un liquide à l\u2019intérieur de l\u2019œil, devient de moins en moins translucide, et de ce fait de plus en plus diffusant.« L\u2019humeur aqueuse finit par se comporter comme l\u2019atmosphère, ce qui fait que quand l\u2019œil est exposé à de la lumière bleue, celle-ci est diffusée à l\u2019intérieur de l\u2019œil, qui voit alors comme à travers un voile », ajoute M.Aubé.« Nombreux sont ceux qui croient que l\u2019éclairage blanc froid est plus sécuritaire lorsqu\u2019on se déplace en voiture parce qu\u2019il offre une meilleure fidélité des couleurs.Mais les conducteurs peuvent être éblouis et ne verront plus rien en sortant d\u2019un carrefour fortement éclairé avec cette lumière, ce qui devient dangereux », fait remarquer Sébastien Gauthier, qui donnait une conférence sur la pollution lumineuse dans le cadre des Rencontres humain-nature d\u2019Espace pour la vie.Réduire l\u2019exposition Il est possible de réduire notre exposition à la lumière bleue émise par l\u2019éclairage artificiel (extérieur et intérieur) et les écrans d\u2019affichage des téléphones intelligents, tablettes et ordinateurs en optant pour des ampoules ou DEL ayant une plus basse température de couleur et en installant des applications sur nos dispositifs électroniques qui filtrent la lumière bleue et en diminuent la quantité émise quand la nuit tombe.De telles précautions auront assurément des impacts sur la santé et les écosystèmes, comme en témoigne une étude menée par des chercheurs berli- nois qui ont observé des différences marquées dans la production de biomasse, de micro-algues notamment, dans un lac selon le type d\u2019éclairage utilisé.« Selon que l\u2019éclairage était composé de DEL blanc neutre [qui contient au moins 30 % de lumière bleue] ou de DEL ambrées [qui en contient 1 %], les populations de microorganismes n\u2019étaient pas les mêmes.Or, comme les microorganismes forment la base de la chaîne alimentaire, ces perturbations auront à terme des effets sur les poissons », relate M.Aubé qui assistait à un Symposium international sur la pollution lumineuse (Symposium in Promotion and Protection on the Night Sky) à l\u2019île de Capraia, en Italie, en septembre.A lliée précieuse le jour et ennemie pernicieuse la nuit: la lumière bleue fait l\u2019objet d\u2019une attention croissante, et les scientifiques cherchent comment la contenir.« La lumière bleue n\u2019est pas dangereuse tout le temps.Le jour, nous en avons besoin, car elle nous dynamise, elle augmente notre niveau d\u2019éveil.Mais la nuit, sa présence inhibe la production de mélatonine, une hormone impliquée dans la synchronisation du cycle d\u2019éveil-sommeil et la régulation de nos rythmes biologiques, qui est un puissant antioxydant doté de propriétés anticancéreuses », souligne, Martin Aubé, professeur au Département de physique du Cégep de Sherbrooke et professeur de géo- matique appliquée à l\u2019Université de Sherbrooke.Ces dernières années, la plupart des villes qui ont modernisé leur éclairage ont troqué leurs lampes au sodium haute pression pour des diodes électro- luminescentes (DEL) blanc neutre à 4000 kelvins \u2014 Montréal est à 3000 kelvins \u2014 qui émettent beaucoup plus de lumière bleue, soit 30 % de lumière bleue comparativement à 8 % pour le sodium haute pression.C\u2019est aussi la lumière qu\u2019émettent les écrans de téléphone, notamment.Cet accroissement de la portion de lumière bleue dans l\u2019éclairage artificiel est d\u2019autant plus problématique que la lumière bleue contribue davantage que les autres longueurs d\u2019onde (ou couleurs) à la pollution lumineuse étant donné qu\u2019elle se diffuse beaucoup plus facilement dans l\u2019atmosphère que les lumières rouge, orange et jaune contenues dans la lumière blanche.« Tout milieu diffusant, qu\u2019il soit liquide ou gazeux, comme l\u2019atmosphère, favorise la dispersion de la lumière dans toutes les directions.Or, la lumière bleue est celle qui se disperse le plus dans ces milieux.Le ciel est bleu pour cette raison.Bien que la lumière du soleil contienne toutes les couleurs, le bleu est plus facilement diffusé, il est favorisé par rapport aux autres couleurs », explique M.Aubé.E N B R E F Montréal convoite un lot appartenant à une élue Une élue de Pierrefonds-Roxboro a découvert qu\u2019un terrain lui appartenant était visé par le droit de préemption que pourrait exercer Montréal pour agrandir ses parcs-nature.En octobre, le conseil municipal a adopté une résolution désignant 71 lots sur lesquels la Ville pourrait exercer son droit de préemption.La conseillère Catherine Clément-Talbot a reconnu lundi ne pas avoir signalé son intérêt ni s\u2019être exclue des délibérations lors de l\u2019assemblée, car elle ignorait que son terrain figurait parmi les lots visés.«Les plans qui nous avaient été remis ne nous permettaient pas de cons-tater qu\u2019un lot de petite dimension à pro-ximité de ma résidence était visé par le droit de préemption envisagé», a-t-elle dit.Le Devoir Longueuil : le rejet d\u2019eaux usées est terminé Le rejet d\u2019eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent à Longueuil a pris fin en début d\u2019après-midi lundi, trois jours et demi plus tôt que ce qui avait été annoncé par la Ville.L\u2019opération visait à permettre le remplacement d\u2019une conduite sous l\u2019eau reliée au Centre d\u2019épuration Rive-Sud de l\u2019île Charron.Les travaux s\u2019étant déroulés rondement, la station de pompage Lafrance a pu être remise en fonction.Ce sont donc environ 90 millions de litres d\u2019eaux usées, plutôt que les 162 millions prévus, qui se sont retrouvées dans le fleuve sans traitement.Longueuil publiera un avis quand l\u2019interdiction de contact à l\u2019eau du fleuve sera levée.Le Devoir Labeaume ne veut pas d\u2019inspecteur général La Ville de Québec devrait imiter Montréal, Laval et Saint-Jérôme et créer un poste d\u2019inspecteur général, plaide le chef de l\u2019opposition, Jean- François Gosselin.L\u2019organisme coûterait à la ville 1,5 million de dollars par an, selon Québec 21, qui propose de le baptiser « BICEP » pour « Bureau de l\u2019intégrité des contrats et de l\u2019éthique publique ».Une proposition toutefois jugée inutile par le maire de Québec, Régis Labeaume, qui fait valoir que la capitale nationale a « une culture de l\u2019honnêteté » et n\u2019a pas connu de problèmes semblables à ceux vécus par Montréal et Laval.Le Devoir Une photo aérienne de la région de Milan, en Italie, prise en 2015 de la station orbitale internationale, montre la différence de couleur entre la lumière blanche des lampadaires DEL de la ville et celle jaunâtre de l\u2019éclairage traditionnel au sodium toujours en usage dans les banlieues.SAMANTHA CRISTOFORETTI ENVIRONNEMENT Attention à la lumière bleue Des recherches de plus en plus nombreuses indiquent que l\u2019éclairage artificiel dans les zones habitées de notre planète est nocif pour la santé et qu\u2019il perturbe les écosystèmes.Et la lumière bleue est la plus nocive de toutes.Deuxième texte d\u2019une série de trois.PAULINE GRAVEL LE DEVOIR La température de couleur La température de couleur représente la température à laquelle un corps a été chauffé lorsqu\u2019il émet la couleur correspondante à la lumière choisie.« Si on chauffe un corps, l\u2019élément chauffant d\u2019une cuisinière par exemple, ce corps émettra une lumière d\u2019une couleur différente à mesure qu\u2019il se réchauffe.L\u2019élément chauffant émet d\u2019abord de l\u2019infrarouge sous forme de chaleur, puis du rouge profond très foncé qui deviendra peu à peu jaune orange.Si on pouvait continuer à le chauffer, il passerait alors de jaune à blanc, bleu et ultraviolet », explique le physicien Martin Aubé.Plus la température de couleur est basse, plus le rouge est dominant par rapport au bleu.Alors que plus la température de couleur est élevée, plus la quantité de lumière bleue est importante par rapport aux autres couleurs.Marvin Rotrand perd son siège au conseil de la STM L\u2019administration Plante a décidé de remanier le conseil d\u2019administration de la Société de transport de Montréal (STM) pour en exclure deux élus, soit Marvin Rotrand et Valérie Patreau, qui céderont leurs sièges à l\u2019ex-maire de Westmount, Peter Trent, et à la spécialiste en transport de Polytechnique Montréal, Catherine Morency.Marvin Rotrand estime qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une décision politique.«Ça vient en contradiction avec la promesse faite en campagne électorale par Valérie Plante de gouverner de façon moins partisane», a-t-il dit.La mairesse a rejeté les critiques de M.Rotrand.« Mon intention, c\u2019est vraiment de professionnaliser le conseil d\u2019administration de la STM et d\u2019y amener de l\u2019expertise», a-t-elle dit.Le Devoir "]
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