Le devoir, 24 novembre 2018, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Afrobeats L\u2019année de la nouvelle Afrique musicale Lire Le premier dernier testament de Leonard Cohen Vivre Masar Ibrahim, le sentier de la Palestine L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Entrevue Le balado Rap carcéral, une plongée dans les zones sombres du hip-hop.Odile Tremblay Théâtre Les flâneurs Danse Cinéma Arts visuels Musique Écrans Écrans et grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 4 68 17 22 35 10 16 24 9 5 28 30 25 42 44 47 48 50 51 52 Entrevues Trois poètes se nourrissant des cendres des identités figées.Entrevue Véronique Côté Fiction Critiques Louis Cornellier Poésie Voyage Masar Ibrahim, le sentier de la Palestine, dans les pas du peuple du désert.Escapade Société Resto Vin Alimentation Santé SOMMAIRE 26 33 34 Photo de la une du D : Marie-France Coallier Le Devoir Photo de la une Lire : Lorca Cohen C U L T U R E ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR L\u2019année de la nouvelle Afrique musicale Le son des enfants de la diaspora, miroir de la modernité africaine a compilation du collectif Moonshine attendue vendredi prochain coif fe une année 2018 confirmant l\u2019émergence d\u2019une scène que l\u2019on appellera celle des « musiques de club électroniques africaines », à défaut d\u2019une meilleure étiquette.« En fait, j\u2019aimerais bien qu\u2019on appelle ça du Moonshine », blague le cofondateur du collectif, Pierre Kwenders, qui dresse avec le rappeur français MHD et le DJ Bonbon Kojak la cartographie de cette force sonore renvoyant au monde l\u2019image d\u2019une Afrique moderne, avant-gardiste et exemplaire dans son ouverture aux autres et à leurs influences musicales.Par tout, les musiques de club d\u2019Afrique gagnent du terrain sur les planchers de danse.Dans les pays du continent africain, on appelle cette musique afrobeat.Au Royaume-Uni, ça se complique : afro bass, afro bashment, UK afrobeat\u2026 L\u2019Europe francophone semble avoir retenu le mot afro-trap, revendiqué par le phénoménal MHD.Aux États-Unis, la scène n\u2019a pas de nom, parce qu\u2019encore confinée à l\u2019underground malgré le succès de la bande originale du film Black Panther assemblée par Kendrick Lamar qui mettait en vedette plusieurs musiciens d\u2019Afrique, dont l\u2019espoir Wizkid, recruté par RCA Records/Sony Music International.« Mais on peut aussi juste appeler ça de la musique populaire, hein ?Parce que les gens aiment ça, ils aiment simplement danser sur ces r ythmes », tranche Kwenders, qui réfute du même souffle l\u2019appellation world 2.0.« L\u2019appellation \u201cworld\u201d tout court, en fait.Dire 2.0, c\u2019est encore pire.Je pense qu\u2019il faut faire l\u2019effort d\u2019oublier ce terme qui n\u2019est plus pertinent.» Car ces musiques ont beau prendre racine dans les cultures d\u2019Afrique, elles sont toutes cousines du rap américain, du dancehall jamaïcain, du soca trinidadien, du zouk marti- niquais et, surtout, du house et du techno.« Tout le monde s\u2019inspire de tout le monde, tous les artistes Le cofon- dateur de Moonshine Pierre Kwenders en compagnie de Bonbon Kojak, le DJ résident des soirées mensuelles du collectif MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR L Ce phénomène est celui de toute une génération, les enfants d\u2019immigrants qui veulent partager la musique avec laquelle ils ont grandi bien qu\u2019étant à l\u2019étranger.La musique africaine de leur enfance définit ce qu\u2019ils sont, mais en reconnaissant ce qu\u2019ils ont appris de la musique qu\u2019ils ont écoutée là où ils ont émigré.PIERRE KWENDERS » | 3 M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 trouvent quelque chose d\u2019intéressant chez les autres artistes », qu\u2019importe leur nationalité, insiste Kwenders.« Ce n\u2019est pas du plagiat, c\u2019est de l\u2019inspiration.Ensuite, qualifier une musique de world simplement parce qu\u2019elle est dans une langue dif fé- rente que celle de la majorité, il faut changer ça.» Pour MHD, c\u2019est encore plus simple : ce que lui et ses collègues font, c\u2019est de la pop.« Ce n\u2019est qu\u2019une question de savoir s\u2019adapter à la nouvelle génération » d\u2019amateurs de musique, estime le rappeur contacté à New York, où il enchaînait les entrevues avec les médias américains, un signe de plus que les sonorités contemporaines d\u2019Afrique ont le vent en poupe.Afro-trap tant qu\u2019on voudra, « pour moi, c\u2019est une nouvelle facette de la musique africaine.C\u2019est une manière d\u2019explorer d\u2019autres territoires dans ce registre, africain oui, mais pop ».Ce qu\u2019a très bien compris la grande star malienne Salif Keita, qui déclarait il y a quelques semaines aux Inrockupti- bles : « MHD, c\u2019est tout simplement mon fils : la relève.» Révolution afro-numérique À Montréal, les musiques de club d\u2019Afrique trouvent leur public notamment aux fêtes Moonshine et aux soirées Qualité de Luxe de Poirier, M.Touré et Kyou.Résident des soirées mensuelles Moonshine et habitué des platines du bistro-bar créole Agrikol, DJ Bonbon Kojak a assisté aux balbutiements de cette révolution musicale lors de son séjour en Afrique du Sud, il y a douze ans : « Je sortais beaucoup dans les bars, j\u2019aimais l\u2019énergie passant entre les DJ et les gens qui dansaient.» C\u2019était alors le début du courant afro-house\u2013 township funk sud-africain, alors incarné par DJ Mujava.« Ces soirées n\u2019étaient pas seulement l\u2019occasion pour les gens d\u2019aller boire ensemble, mais vraiment pour communier avec cette nouvelle musique » expérimentale et excitante, se rappelle le DJ qui fut invité l\u2019été dernier à se produire au Fest ival inter nat ional Nuits d\u2019Afrique de Montréal et à MUTEK.La démocratisation des outils numériques et de l\u2019accès à Internet a servi d\u2019accélérateur, estime Kwen- ders, né au Congo en 1985, arrivé au Québec à l\u2019adolescence.« On a évolué avec Internet qui nous a ouvert des portes et les oreilles à différents sons.Ce phénomène est celui de toute une génération, les enfants d\u2019immigrants qui veulent partager la musique avec laquelle ils ont grandi bien qu\u2019étant à l\u2019étranger.La musique africaine de leur enfance définit ce qu\u2019ils sont, mais en reconnaissant ce qu\u2019ils ont appris de la musique qu\u2019ils ont écoutée là où ils ont émigré.» C\u2019est ça, la galaxie des musiques de club d\u2019Afrique qui se manifeste en France avec le succès de MHD, du rappeur-ambianceur Naza (en spectacle à l\u2019Olympia le 18 avril 2019) ou encore de Dadju (en concert à l\u2019Olympia le 20 janvier), en Angleterre grâce à Stevie B, Team Salut, Kojo Funds, Belly Squad et une myriade d\u2019autres nouveaux talents fusionnant le grime, le garage et le rap britannique aux rythmes de club du Nigeria et du Ghana, avec toujours une bonne dose de sons jamaïcains.Surtout, l\u2019échange musical est tout aussi audible chez les jeunes compositeurs qui n\u2019ont pas quitté le continent africain, insiste Bonbon Kojak, en évoquant l\u2019œuvre du Congolais DJ Spilulu, pionnier des fusions entre house, techno, zouk et rap.Certains, comme le compositeur Nazar, qui vient de lancer un premier EP de kuduro angolais futuriste, Enclave, chez Hyperdub, ont même choisi de quitter l\u2019Europe où ils ont grandi comme immigrés pour retourner s\u2019installer dans leur pays d\u2019origine et poursuivre là leur car r ière.« Cette génération de musiciens est en train de révolutionner la musique d\u2019Afrique, ou plutôt de faire tomber ses frontières physiques », s\u2019emballe le DJ.Preuve de l\u2019éclatement de ces frontières, la compilation SMS for Location Volume 2 de l\u2019étiquette Moonshine.On y trouve Kwenders, en solo et en duo avec Ngabo (le projet ABAKOS) ; le Californien d\u2019origine dominicaine Kelman Duran qui renchérit aussi avec des références congolaises.Il sera cependant plus risqué de reconnaître le rythme kompa dans la Miray du Montréalais Jerico, alors que, pour leur par t, le Chilien De Pereiras invente une r ythmique techno tribale et la Montréalaise Foxtrott (sous le pseudonyme La Panga) condense breakbeats, reg- gaeton et mélodie chantée sur l\u2019épatante Mad for You.Si les musiques électroniques dansantes servent de dénominateur commun aux compositions des artistes réunis sur cette compilation, c\u2019est l\u2019esprit de partage qui soude la famille Moonshine.« Nos goûts, nos choix musicaux ne connaissent pas de frontières.Toute musique est bienvenue, on veut juste faire voyager les gens.On veut que tout le monde se retrouve pour danser, et s\u2019i ls découvrent de nouveaux sons qu\u2019ils ne connaissaient pas, nos soirées sont là pour ça », abonde Kwenders, qui s\u2019envolera avec son ami Bonbon Kojak pour Paris en décembre, histoire de présenter là une soirée Moonshine.Au sein des diasporas africaines, la musique de danse de leurs origines a toujours circulé, explique Bonbon Kojak, lui aussi né au Congo.« Or, aujourd\u2019hui, on ne fait cependant pas de la musique juste entre Africains.On mélange nos influences, chacun trouve sa recette, à Londres ils ont la leur, même chose à Paris ou à Lisbonne, même chose sur le continent.Il faut que les Africains continuent à travailler des productions modernes, c\u2019est ça qui va lancer la musique africaine du futur.» L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e M é d i a s 4 | \\ENTREVUE PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR ls s\u2019appellent Connaisseur Ticaso, Bilo da Kid, Flawless Gretzky, Souldia, et sont des rap- peurs qui ont fricoté avec la rue et fait de la prison.Ils ne sont pas des anges \u2014 certains sont encore dans le pétrin \u2014, mais leur parcours est fascinant et le rapport entre leur vie et leur art est méconnu.Le journaliste Simon Coutu a passé un an à comprendre cette réalité, livrée dans le balado Rap carcéral, une production de Radio-Canada développée avec Vice Québec.Au fil de cinq épisodes d\u2019environ 25 minutes, Rap carcéral offre une plongée dans une sphère par ticu- lière du genre musical, sphère très souvent absente dans les médias en général.On écrit beaucoup sur le hip-hop, mais peu sur le travail et la vie de ceux qui sont passés « en dedans» après avoir erré dehors.« Tu regardes la scène rap en ce moment et, selon moi, elle est plus intéressante que jamais, mais ce qui fonctionne, ce qui passe à la radio, c\u2019est du rap beaucoup plus accessible, j\u2019aurais envie de dire par fois \u201cgentil\u201d, explique Simon Coutu.Mais ça ne représente pas du tout ce rap plus street, plus violent.C\u2019est aussi représentatif [du traitement médiatique] de ces communautés-là.Les quartiers plus ouvriers à Québec, ou plus multiculturels à Montréal, on ne donne pas si souvent la parole à ces gens-là.» Rap carcéral permet d\u2019entendre ces voix, justement.Des voix pas toujours polies, mais des voix qui éclairent des réalités concrètes, celles de la prison, de la rue et de la musique qui en découle.Dans les quatre dernières années, Simon Coutu a couvert la scène rap québécoise pour Vice, un média en marge des zones éclairées.Son expérience et l\u2019étiquette de son média lui ont ouvert des portes et l\u2019ont aidé à obtenir la confiance de plusieurs rappeurs, qui se confient à lui.Des entrevues se déroulent même par téléphone avec des gens encore en prison.« C\u2019est plus compliqué de nouer des relations avec ces gars-là.C\u2019est vraiment un des projets en matière d\u2019accès et de recherche dont je suis le plus satisfait », raconte Simon Coutu, qui a travaillé avec Alain Loi- selle, coréalisateur du balado.Le rap, entre la rue et la prison Le journaliste Simon Coutu offre le balado Rap carcéral, une plongée en profondeur dans les zones d\u2019ombre du hip-hop Ces quatre dernières années, Simon Coutu a couvert la scène rap québécoise pour Vice, un média en marge des zones éclairées.Son expérience et l\u2019étiquette de son média lui ont ouvert des portes et l\u2019ont aidé à obtenir la confiance de plusieurs rappeurs, qui se confient à lui.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR I | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Un beau film québécois prend l\u2019affiche cette semaine.Portrait d\u2019un héros sans argent et sans armure, sans concessions et sans chaînes, allergique à tous les conformismes et au succès, touché pourtant par une femme et son fils qui l\u2019empêchent de sombrer.À ceux qui ne me lisent pas, premier long métrage de Yan Giroux, coscénarisé avec Guillaume Corbeil, est librement inspiré de la vie du poète Yves Boisvert, clochard céleste à la Jack Kerouac, trublion multipliant les coups de pied dans le tas.Ses Chaouins, livre illustré par sa compagne Dyane Gagnon, célébraient les chants d\u2019éclopés magnifiques émergés du fond des rangs, plus vivants que tous les grands de ce monde.L\u2019outrance de sa parole poétique aura été brandie dans son œuvre comme une arme de poing.Mais qui le lisait tant que ça?Figure de l\u2019ombre pourtant incandescente, assurant à tous les vents que la vraie vie est ailleurs, accessible par un simple changement de perspective.Dans les légendes anciennes, des présages annoncent le destin des héros.Le poète Yves Boisvert, né en 1950 dans le village de L\u2019Avenir, près de Drummondville, grand brûlé à 18 mois avec épisodes de coma, un temps considéré comme mort, aura fait figure de miraculé en retrouvant le souffle, à la suite, dit-on, des neuvaines de paroissiennes à saint Jude, le patron des causes désespérées.Ainsi naissent les mythes, surtout dans l\u2019esprit du futur héros lui-même, qui se sent investi d\u2019une mission.Celui-là allait se faire poète nomade, en quête du feu sacré à cracher comme un dragon.La période de l\u2019enfance est absente du film de Yan Giroux, librement inspiré des années de maturité d\u2019Yves Boisvert à Sherbrooke, mais elle flotte sur son atmosphère survoltée.Formidable Martin Dubreuil dans la peau du poète désargenté et alcoolique qui s\u2019installe chez sa flamme (Céline Bonnier); grand duo d\u2019acteurs auquel s\u2019ajoute Marc (Henry Picard), fils ado de cette femme, bientôt transformé par l\u2019homme hors du commun qui bouscule leur quotidien.À ceux qui ne me lisent pas aborde la transmission d\u2019une démarche de libération intérieure, film tourné à juste distance, avec une poésie de regard posé sur la banalité des choses et les visions intérieures sur les images hantées de Ian Lagarde.Sous le souffle du poète Yves Boisvert ODILE TREMBLAY Le cinéma et le théâtre québécois mettent souvent en scène l\u2019aliénation de notre société et du monde, sans échappatoire possible.Ce film-ci nous entraîne ailleurs, avec une dimension épique supplémentaire, une pulsion.Je lui souhaite de séduire beaucoup de monde, des jeunes surtout, lesquels ont besoin de contempler des paysages plus démesurés que ceux d\u2019un horizon bouché trop entrevu.Figures d\u2019aliénation «Je suis aliéné par un monde satisfait de la vie / aliéné dans un complexe d\u2019intrigues dérisoires», écrivait Yves Boisvert dans Poèmes sauvés du monde.Mais son insatisfaction le maintenait en vie et envoie sa charge d\u2019adrénaline aux spectateurs.Avant de voir À ceux qui ne me lisent pas, j\u2019avais visité au théâtre des trajectoires d\u2019aliénation collective, me demandant : Émergerons- nous un jour de ce puits creusé par les défaites anciennes?Deux pièces présentées à Montréal sont nées à un demi-siècle d\u2019intervalle: Bilan, de Marcel Dubé, datant de 1968 et reprise au TNM, et la création Centre d\u2019achats, d\u2019Emmanuelle Jimenez, au Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Vues en tête à queue, elles donnaient l\u2019impression troublante que rien n\u2019avait vraiment changé au royaume du Québec.Marcel Dubé aborde dans Bilan, aux rives de la Révolution tranquille, le milieu québécois des classes dominantes gangrenées face à une jeunesse en quête d\u2019air.Centre d\u2019achats brosse le portrait de femmes contemporaines au bas de l\u2019échelle sociale.Sept figures féminines ivres de consommation y hantent ces aires de magasinage où acquérir des pantoufles et des t-shirts en solde n\u2019évacue ni la peur de la mort, ni les sentiments d\u2019échec, ni les élans suspendus du cœur et de l\u2019esprit.Dans les deux cas, les personnages demeurent prisonniers de leurs chimères, rêvant à une vie palpitante de passions et de découvertes, sans pouvoir y atteindre.Le public aime rire au Québec.Aux moments les plus dramatiques de ces tragicomédies résonnaient au parterre de joyeux éclats de voix, mais était-ce si drôle que ça?Par-delà la vérité de ces pièces suintait leur mélancolie.On a parfois envie de secouer nos brouillards.Dans le film de Yan Gi- roux, le personnage de poète pauvre et radioactif balaie les envies de renommée et les fièvres consommatrices, ange exterminateur doublé d\u2019un être en marche vers sa propre humanité.Anti-modèle pour les uns, j\u2019aurai pourtant entendu sa voix en quête d\u2019absolu lancer au vent le plus stimulant des messages : «Réveillez-vous ! Réveillez-vous ! » La plupart des premières rencontres avec ces rappeurs se sont d\u2019ailleurs faites sans micro, pour adoucir les choses.C\u2019est le plus souvent dans les pages judiciaires qu\u2019on peut lire leurs noms, souligne Coutu, et pas dans les pages culturelles.Des peurs Simon Coutu avait quelques craintes en fouillant ce sujet et en produisant le balado.D\u2019une part, il ne voulait pas renforcer le c l iché du rap comme une musique violente \u2014 ce qui est parfois vrai, mais dans une mince proportion \u2014 et il ne voulait pas glorifier les crimes commis par ses intervenants.Reste que l\u2019histoire de ces rap- peurs est souvent rocambolesque, et plus complexe qu\u2019un titre dans le journal.« Comme journaliste, comment ne pas être intéressé ?» demande Simon Coutu, donnant l\u2019exemple de Bilo da Kid.Ce dernier a été reconnu coupable de meurtre mais a gagné en appel en Cour suprême, et est finalement sorti de prison pour recommencer à faire du rap.Au- jourd\u2019hui, souligne le journaliste chez Vice, celui qui était membre du gang des Crips (les bleus) enregistre des pièces avec des rappeurs associés aux Bloods, le clan adverse.«C\u2019est sûr qu\u2019il faut faire attention, il faut poser de bonnes questions, il faut faire ses recherches, mais ça demeure un accès extraordinaire, souligne Coutu.Quand est-ce qu\u2019on a la chance de parler avec des gars de gangs de rue qui nous expliquent comment ça fonctionne ?» C\u2019est là qu\u2019est entré en scène le vétéran rappeur Dice B, aussi intervenant jeunesse et animateur depuis 1994 de l\u2019émission Nuit blanche sur les ondes de Radio Centre-Ville.Dans Rap carcéral, il joue presque le rôle de coanimateur.« Il connaît bien les gars, il connaît bien l\u2019univers carcéral», explique Simon Coutu, qui précise que l\u2019émission est très écoutée par les prisonniers montréalais, qu\u2019on peut même souvent entendre en ondes.«Et aussi, dès le départ, je l\u2019ai appelé pour savoir si je faisais fausse route avec mon sujet.Et il a répondu : \u201cNon, mais il va falloir que tu le fasses comme du monde.\u201d Je lui ai demandé d\u2019embarquer et il a dit : \u201cGo.\u201d» L\u2019apport de Dice B est important dans Rap carcéral, lui qui permet d\u2019éclairer l\u2019auditeur moyen sur certains concepts et qui traduit même pour nous plusieurs des expressions qu\u2019on ne retrouve pas dans le Larousse.Pas un bon ménage Le rap est omniprésent en prison, a constaté Simon Coutu, mais il est encore très mal perçu par les directions et les employés des lieux de détention.« C\u2019est surréaliste de voir qu\u2019un CD gravé avec des beats dessus est plus difficile à faire entrer en prison que de la dope, illustre le journaliste.Ils ne veulent pas que, par exemple, quelqu\u2019un de la rue passe des messages à l \u2019 intérieur, mais quand même\u2026 » Bien sûr, si d\u2019une part le rap de rue véhicule des propos parfois violents ou en l ien avec le crime, i l peut aussi « être une soupape », estime Coutu.« Et je vois un peu une occasion manquée de la part des autorités carcérales d\u2019embrasser cette culture-là.» Rap carcéral Disponible sur le site et l\u2019application de Radio-Canada Première.Vice produit, Radio-Canada diffuse Le balado Rap carcéral est le fruit d\u2019une collaboration entre deux entités médiatiques.Radio-Canada, qui joue le rôle de diffuseur, a fait l\u2019acquisition des cinq épisodes du balado produit par Vice Québec.« Je dirais que ç\u2019a été un travail de collaboration entre les deux boîtes, explique Simon Coutu.Honnêtement, ç\u2019a été un beau mélange, ça s\u2019est fait en toute collégialité.» Pour la patronne de la radio de Radio-Canada, Caroline Jamet, le diffuseur public allait ainsi « rejoindre un public qui nous intéressait.De façon globale, on produit pas mal en interne, mais des fois, il y a de l\u2019expertise qui peut nous intéresser.» Contrairement à la production radio régulière, qui s\u2019inscrit dans une grille, chaque balado demande une approche assez spécifique, précise Mme Jamet.«C\u2019est varié, et ça nécessite chaque fois de travailler avec un groupe de personnes qui se penchent sur ce projet-là et qui l\u2019amènent à bon port.» En balado, Radio-Canada a déjà collaboré avec Urbania \u2014 pour une production avec Louis T.\u2014 ainsi qu\u2019avec Marie-France Bazzo.Simon Coutu, de Vice, souligne que pour Rap carcéral, il n\u2019a pas eu à adopter une approche plus radio-canadienne, disons.« Tu l\u2019entends dans le ton des intervenants dans le reportage, j\u2019ai vraiment eu une carte blanche.» Caroline Jamet CATHERINE LEGAULT LE DEVOIR \u2019est en 1969, paradoxalement une intense période d\u2019af firmation francophone au Québec, que Maurice Podrey a cofondé la compagnie théâtrale qu\u2019il allait diriger durant presque trente ans.Et celle-ci a justement trouvé sa niche grâce à ce brassage linguistique et politique proprement montréalais, selon Eda Holmes, qui est devenue il y a un an la première femme à diriger le Centaur.« La pièce qui nous a mis sur la car te, c\u2019est Balconville », rappelle-t-elle.La création bilingue de David Fennario confrontait les deux solitudes en 1979.« C\u2019était comme une [incarnation] de Montréal, avec les conflits mais aussi tout ce qu\u2019on a en commun.La pièce a donné à la compagnie son identité.» Fennario est l \u2019un des auteurs anglo-montréalais que le théâtre, installé dans l\u2019ancien édifice de la Bourse, au cœur du Vieux-Montréal, a contribué à faire entendre.Une dramaturgie distinctive, parce qu\u2019influencée par les auteurs francophones, croit Eda Holmes.«Le théâtre canadien anglophone est beaucoup plus influencé par la dramaturgie naturaliste des Britanniques et des Américains.Je trouve les Anglos d\u2019ici beaucoup plus à l\u2019aise avec les structures narratives abstraites.» C\u2019est cet accent mis sur le développement des voix de la métropole qui différencie le Centaur, selon Patrick Lloyd Brennan, directeur général de L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e T h é ât r e 6 | ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR Le Théâtre Centaur célèbre son demi-siècle d\u2019existence De l\u2019importance d\u2019une institution anglo-montréalaise Environ 30 % du public fréquentant le Centaur serait francophone.Une proportion que sa directrice Eda Holmes aimerait encore augmenter.Elle espère collaborer avec « des artistes francophones connus ».MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR C la Quebec Drama Federation.«On y présente des histoires canadiennes, mais plus spécifiquement québécoises et montréalaises.Sa programmation inclut beaucoup de dramaturges locaux : on s\u2019y voit sur scène.» Le Centaur aurait aussi favorisé cette dramaturgie montréalaise en «invitant des artistes et des compagnies émer- gentes et en faisant du mentorat».Reste que la communauté est petite \u2014 comme ses prédécesseurs Gordon McCall (de 1997 à 2007) et Roy Surette, Eda Holmes a été recrutée à l\u2019extérieur du Québec.Mais pour l\u2019ex-directrice adjointe du Shaw Festival, ce statut unique de culture anglophone minoritaire n\u2019est pas sans intérêt.« Il force à se questionner : quelles sont les histoires [essentielles] qu\u2019on doit raconter ici en anglais ?» Réponse : pas nécessairement les mêmes qu\u2019ailleurs au Canada.« Par exemple, Choir Boy, notre pièce d\u2019ouverture, [était] un texte américain mettant en vedette de jeunes Noirs.À Toronto, il y en a beaucoup, des pièces comme ça.» Mais pas ici.Un carrefour Le Centaur attire une clientèle étonnamment diversifiée, af firme sa directrice.« Du côté francophone, le public de chaque théâtre est très spécifique.Le nôtre change, selon les spectacles qu\u2019on présente.Ainsi, lorsqu\u2019on monte une pièce d\u2019un auteur d\u2019ascendance italienne, le public est majoritairement issu de la communauté italo-montréalaise.On est comme un carrefour.» Dans ce paysage théâtral anglo- montréalais plus restreint, la programmation doit donc ratisser large pour s\u2019adresser à différentes sections de la population.« On ne peut pas être seulement le Théâtre Jean-Du- ceppe anglophone.Aussi parce que le théâtre indépendant est très fort.Il y a beaucoup de jeunes artistes qui font des choses très intéressantes et qui ont besoin d\u2019un endroit pour faire de l\u2019exploration.» D\u2019où des initiatives destinées à la relève, comme le Wildside Festival et Brave New Looks.Environ 30% du public fréquentant le Centaur serait francophone.Une proportion qu\u2019Eda Holmes aimerait encore augmenter.Elle espère collaborer avec «des artistes francophones connus».«Beaucoup de francophones ne savent pas que nous sommes ici.On va essayer de leur tendre la main.» Dans l\u2019histoire du Centaur, il aura fallu attendre la 17e saison, en 1985, pour voir une première traduction d\u2019une pièce de Michel Tremblay.Mais depuis une couple de décennies, les Jean-Marc Dalpé, François Archambault et autres ont été montés rue François-Xavier.Des liens ont été noués avec certaines compagnies francophones.Patrick Lloyd Brennan voit même dans le Centaur un symbole «de la réconciliation des deux communautés».Pour l\u2019actuelle directrice, qui a étudié à l\u2019École nationale de théâtre et qui a elle-même depuis mis en scène des pièces québécoises (dont la première anglophone du Tom à la ferme de son « bon ami » Michel Marc Bouchard), l\u2019importance de la dramaturgie franco paraît claire : « Elle m\u2019a formée comme artiste.» Cette native du Texas tient d\u2019ailleurs à faire l\u2019entrevue en français, une langue qu\u2019elle continue d\u2019apprendre \u2014 bien qu\u2019elle recoure parfois à la bouée de sauvetage de l\u2019anglais.Eda Holmes, qui avait quitté Montréal pour Toronto en 2003, estime le contexte actuel plus favorable aux échanges entre les deux communautés et voit chez les jeunes ar tistes francophones une ouverture beaucoup plus grande à travailler dans les deux langues.Elle développe d\u2019ailleurs un projet avec Sylvain Bélan- ger, du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui.Sa prochaine saison comportera la traduction d\u2019une pièce francophone.« J\u2019essaie de créer une coproduction avec un théâtre torontois, afin de donner aussi une fenêtre sur la culture québécoise au reste du pays.Il y a de jeunes écrivains incroyables au Québec.Et nous vivons ici ! Montréal est l\u2019inspiration du théâtre urbain que je veux faire.Toute la ville ! Pas juste la communauté anglophone.» C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Essai 384 pages 32,95 $ PDF et ePub : 24,99 $ Essai 200 pages 24,95 $ PDF et ePub : 18,99 $ D a v e N o ë l F r a n ç o i s R i c a r d « UNE ENQUÊTE TRÈS FOUILLÉE ! » Annie Desrochers, Le 15-18 (Radio-Canada) « LA PROSE ME SÉDUIT, LA HAUTEUR DU PROPOS ME RAVIT.» Louis Cornellier, Le Devoir Boréal Boréal P h o t o : M a r t i n e D o y o n P h o t o : F r a n c i s V a c h o n Prix Athanase-David 2018 La saison anniversaire Pour la programmation principale de sa première saison, celle déjà en cours, Eda Holmes a choisi six pièces contemporaines, dont une majorité de canadiennes.L\u2019an 2019 débutera par True Crime, un solo « très provocateur » de Torquil Campbell, chanteur du groupe rock local Stars.En février, The Last Wife de Kate Hennig, «une pièce très connue au Canada», s\u2019inspire de Catherine Parr, la dernière épouse d\u2019Henri VIII, pour dresser un «examen des femmes au pouvoir ».Au printemps, Morris Panych adaptera au contexte montréalais, avec deux personnages francisés, sa satire sur le consumérisme, The Shoplifters.Enfin, la saison se fermera sur Blind Date, de l\u2019Albertaine Rebecca Northan.Une pièce entièrement improvisée dans laquelle un clown choisit chaque soir un spectateur\u2026 Du côté francophone, le public de chaque théâtre est très spécifique.Le nôtre change, selon les spectacles qu\u2019on présente.EDA HOLMES » osant le thème de la fragilité humaine au cœur de ses créations, Karine Ledoyen s\u2019attache à dévoiler les dimensions faillibles du corps dansant.Après avoir convié dans ses pièces des comédiens et des danseurs amateurs, la chorégraphe de Québec cherche au- jourd\u2019hui à saisir la vulnérabilité que les danseurs dissimulent sous la virtuosité.« Les danseurs sont formés pour cacher les failles, mais ce qui me touche le plus dans leur travail, c\u2019est au contraire quand il y a des petites choses qui ne marchent pas et qu\u2019ils doivent s\u2019adapter et se réorganiser pour faire face à l\u2019imprévu, affirme la chorégraphe.Au début de chaque projet, j\u2019essaie donc de trouver une nouvelle façon d\u2019amener la fragilité sur scène.C\u2019est pourquoi j\u2019en suis venue à me demander quel serait le moment le plus fragile d\u2019une vie de danseur.» C\u2019est dans le très dur fait de renoncer à la danse comme métier qu\u2019elle a trouvé ce point ultime de vulnérabilité, trame de fond qui compose De la glorieuse fragilité.Paroles et dramaturgies plurielles Ainsi, il y a un an et demi, la créatrice s\u2019est lancée dans un travail documentaire en approchant des danseurs qui ont mis fin à leur carrière et a recueilli une dizaine d\u2019heures de témoignages.« J\u2019ai fait des entrevues avec des danseurs de toutes sortes \u2014 de ballet, de contemporain et même de danse sociale \u2014 et de toutes générations ; des gens qui ont mené des carrières et d\u2019autres qui n\u2019ont pas eu cette chance, ex- plique-t-elle.Je pensais au dépar t que j\u2019allais devoir aborder le deuil, L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e 8 | L E S F L  N E U RS Le titre seul intrigue: La philosophie à l\u2019abattoir.Le sous-titre renchérit: Réflexions sur le bacon, l\u2019empathie et l\u2019éthique animale.Il s\u2019agit du 14e essai publié dans la collection «Documents» du magazine Nouveau Projet.Cette fois, l\u2019analyse de Christiane Bailey et Jean- François Labonté traite de nos rapports aux animaux en présentant avec une clarté exemplaire les arguments éthiques, politiques et juridiques pour changer radicalement la manière humaine de les concevoir et de les traiter.La cause animale est une de celles qui se développent le plus rapidement.La bête humaine Le Soweto Gospel Choir se pose samedi soir à la Place des Arts pour donner un spectacle en hommage à Nelson Mandela, qui aurait célébré son 100e anniversaire de naissance cette année.Au programme, on trouve autant divers chants de la résistance anti-apartheid et des chants qui racontent la vie de Nelson Mandela que des pièces de gospel ou des chansons contemporaines, comme le célèbre Hallelujah, de Leonard Cohen.On rendra aussi hommage à l\u2019auteure-compositrice-interprète Aretha Franklin, décédée plus tôt cette année.Un antidote sûr à la dépression saisonnière ! Chanter la liberté Laisser sa trace c\u2019est facile, pour paraphraser la ritournelle pour enfants.Facile, mais parfois désolant, quand on regarde l\u2019empreinte souvent permanente que laisse l\u2019être humain sur son environnement.C\u2019est ce qui se dégage de la puissante exposition Anthropocène, présentée au Musée des beaux-arts du Canada, à Ottawa.Menée par le trio formé d\u2019Edward Burtynsky, Jennifer Baichwal et Nicholas de Pencier, l\u2019exposition \u2014 qui prend aussi la forme d\u2019un film et d\u2019un livre \u2014 fait vivre des émotions contradictoires.On sent une grande tristesse de voir notre planète malmenée ainsi.Jusqu\u2019au 24 février.Coiffé du prix Femina, Le lambeau (Gallimard) de Philippe Lançon fait son retour sur les étals de nos librairies, où s\u2019entassent des piles de ce magnifique livre-témoignage.La traversée d\u2019épreuves et de lumière dans le milieu hospitalier de ce chroniqueur et critique, blessé et défiguré lors de l\u2019attentat à Charlie Hebdo le 7 janvier 2013, éblouit par son style, son intelligence, sa hauteur de vues et son éthique personnelle.Le lambeau montre aussi à quel point les grandes œuvres littéraires et musicales qui accompagnent son retour à la vie peuvent être des phares dans la nuit.Le retour du Lambeau Laisser sa trace ODILE TREMBLAY PHILIPPE PAPINEAU CAROLINE MONTPETIT STÉPHANE BAILLARGEON ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR L\u2019envers des feux de la rampe Karine Ledoyen porte sur scène la parole sensible de danseurs poussés à renoncer à leur carrière Les entrevues que Karine Ledoyen a réalisées avec d\u2019anciens danseurs ont représenté la porte d\u2019entrée de cette nouvelle création.Elles sont devenues une matière sonore et visuelle pour le spectacle, en plus de développer une trame narrative en résonance avec les danseurs sur scène.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR mais mon intention n\u2019était pas de rouvrir des blessures.» Ce qui ressort de son montage est plutôt une célébration de la danse, car même s\u2019ils ont renoncé à en faire leur métier, pour tous ses interlocuteurs, la danse demeure bel et bien présente dans leur vie sous une autre forme de rapport : «Comme ils en témoignent, il n\u2019y a pas qu\u2019une façon de danser.Ils ont quitté la scène, mais pas la danse.» En superposant des séquences vidéo, des captations sonores et du texte tirés des entrevues, la créatrice a voulu rendre compte de la multiplicité des points de vue des interviewés et établir des jeux de résonance entre la danse et la parole fragmentée por tée sur scène : « La beauté P | 9 C u l t u r e D an s e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 réside dans la diversité des voix et de leurs timbres, mais aussi des danseurs sur scène qui ont chacun leur manière de bouger et d\u2019être.C\u2019est un spectacle où parfois l\u2019abstrait devient concret, parce que les voix nomment ce que la danse évoque.» La force de la vulnérabilité Se montrer vulnérable est rarement vu d\u2019un bon œil dans nos sociétés soumises à l\u2019injonction de la productivité et de la per formance.Encore moins dans le milieu du spectacle, où le corps virtuose est magnifié et où il y a très peu de place pour l\u2019échec.En cherchant à faire paraître la faille, Ka- rine Ledoyen touche à une forme d\u2019authenticité qui reste encore taboue : « Il y a une force qui se dégage de la vulnérabilité et il faut la glorifier, la mettre davantage en avant.C\u2019est dans des moments où tu n\u2019es pas à ton maximum dans la vie qu\u2019il y a des forces que tu ne pensais pas avoir qui te soutiennent et te permettent de passer au travers des épreuves.Ces forces, tu les gardes pour toujours après, elles s\u2019accumulent.» Même s\u2019il est centré sur la parole de danseurs, le message de la pièce tend à dépasser du cadre de la danse.En donnant à entendre ces voix d\u2019oubliés de la scène, la créatrice veut toucher plus largement aux renoncements et aux deuils que nous vivons tous quotidiennement, que ce soit dans la sphère du travail, la vie sentimentale ou bien familiale.« Le jeu de la création implique d\u2019aller parfois dans des endroits où ça ne nous tente pas toujours d\u2019aller.Je ne me suis jamais autant posé de questions sur mon métier que durant ce processus et je me suis mise moi-même dans une position extrêmement fragile.C\u2019est la première fois dans ma vie de création que je porte une matière qui ne vient pas de moi et je tiens à honorer la parole de ceux qui se sont livrés à moi si généreusement », conclut-elle.De la glorieuse fragilité Création de Karine Ledoyen (Danse K par K).Avec Elinor Fueter, Jason Martin, Simon Renaud et Ariane Voineau.Présenté par l\u2019Agora de la danse de l\u2019Édifice Wilder \u2013 Espace Danse, du 28 novembre au 1er décembre.22 NOVEMBRE AU 1ER DÉCEMBRE 2018 \u2013 20H La Chapelle Scènes Contemporaines, Montréal Mise en scène et interprétation : Emile Pineault Conception lumière et scénographie : Julien Brun Conception son : Joël Lavoie RECHERCHE.CRÉATION.PRODUCTION.DIFFUSION | www.danse-cite.org © Romain Huck / Danse-Cité EMILE PINEAULT | TRACES-INTERPRÈTES NORMAL DESIRES « Une performance post-acrobatique.» ans sa vie comme dans ses films, les questions politiques et religieuses sont toujours présentes chez Danae Elon, comme si la documentariste is- raélo-canadienne ne pouvait jamais y échapper.C\u2019est d\u2019ailleurs un peu la même chose pour ses personnages, emportés dans les remous qui agitent constamment le Moyen-Orient.Elle-même a d\u2019ailleurs observé de près ces tumultes en braquant sa caméra sur sa propre famille lors de son installation dans la Ville sainte après des années passées aux États- Unis, à Brooklyn.Dans P.S.Jerusalem (2015), l\u2019atterrissage s\u2019avère douloureux, tout comme le choc de la réalité quotidienne dans ce lieu où chaque pierre cache un enjeu délicat \u2014 elle prépare d\u2019ailleurs un film sur la complexité de cette vil le pas comme les autres.Celle qui vit maintenant à Montréal avec les siens, et s\u2019en accommode très bien (« Malgré la neige ! » lance- t-elle sur un ton catastrophé en cette journée hivernale), continue de braquer sa caméra sur la complexité de cette région du monde, optant pour des angles inusités, dont les scandales immobiliers et la loi du silence qui rongent l\u2019Église or thodoxe grecque en Israël, dans La chambre du patriarche (2016).C\u2019est à l\u2019occasion de ce tournage aux allures d\u2019enquête journalistique qu\u2019elle a fait la connaissance de Tatiana, qui préfère qu\u2019on la nomme sœur Jérusalem, et préparait la voie, sans trop qu\u2019elle le sache, à son nouveau film, Le chant d\u2019une sœur.Drame familial «J\u2019ai été frappée par l\u2019intensité de Tatiana, se rappelle la cinéaste, mais aussi par sa beauté, sa voix mélodieuse, et ce qui l\u2019animait avec tant de ferveur.» C\u2019est toutefois en causant avec Marina, sa sœur, que les choses ont pris une tournure dif fé- rente et un éclairage nettement moins enthousiaste.Car derrière les L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 0 | ENTREVUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Folle de Dieu, mais à quel prix ?La documentariste Danae Elon filme les retrouvailles douloureuses de deux sœurs séparées par la distance et la religion dans Le chant d\u2019une sœur D La caméra de la cinéaste est devenue, de son propre aveu, « un confessionnal », le témoin direct de cet immense dialogue de sourds entre Marina et Tatiana.Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point les femmes de cette communauté peuvent être méchantes les unes envers les autres.En apparence, elles affichent la perfection et la quiétude, mais elles ont failli me rendre folle ! DANAE ELON » C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 3 5 0 A N S D E P R AT I Q U E S A R T I S T I Q U E S A U Q U É B E C MIMI PARENT, AUTOPORTRAIT AU CHAT (DÉTAIL), 1945.HUILE SUR TOILE, 76 X 79 CM.COLL.MNBAQ, ACHAT (1947.170) © SUCCESSION MIMI PARENT.PHOTO : MNBAQ, IDRA LABRIE VOTRE COLLECTION NATIONALE 5 NOUVELLES SALLES ET PLUS DE 600 ŒUVRES MNBAQ.ORG La documentariste israélo-canadienne Danae Elon lors du tournage en Grèce PHOTOS FILMOPTION INTERNATIONAL propos de celle qui ne pratique aucune religion, mère célibataire vivant à Haïfa, se cachait un immense drame familial dont Tatiana était en partie la cause.Même si, par son silence obstiné, elle ne semblait porter le poids d\u2019aucune culpabilité.Leur histoire, et celle de leur famille, n\u2019avait pourtant rien de très original : avec leurs parents d\u2019origine russe, elles ont immigré en Israël, peinant à s\u2019y faire une place, au point où Marina est maintenant la seule à y vivre, père et mère ayant préféré les États-Unis.Et Tatiana ?Depuis l\u2019âge de 13 ans, elle entretient des rêves mystiques, décidant de joindre les rangs de l\u2019Église orthodoxe grecque à un jeune âge et de s\u2019établir dans un monastère en Grèce, loin de sa famille et surtout de sa sœur.Sa sœur qui a vécu et vit toujours cet éloignement, ce retrait du monde comme une trahison.Mais en est-ce vraiment une?Danae Elon a vite commencé à se poser des questions sur la légitimité de sa démarche, celle de provoquer les choses entre ces deux personnes si différentes et que plus rien ne semblait souder.« Marina, une femme très pragmatique, voulait comprendre cette décision, surtout celle de se couper de sa famille, surtout en souscrivant à une religion où l\u2019on croit en Dieu tout en blessant autant de gens.Pour Tatiana, je percevais sa motivation comme une tentative de rapprocher Marina de Dieu.Elle en faisait une sorte de mission.» Confessionnal La caméra de la cinéaste est devenue, de son propre aveu, « un confessionnal», le témoin direct de cet immense dialogue de sourds entre une femme transparente et émotive (Marina) face à une autre, peu loquace, parfois imprévisible (Tatiana).Danae Elon a ainsi pu obser ver sœur Jérusalem dans son monastère, accompagnant Marina dans ce curieux voyage, toutes les deux découvrant un lieu pas si idyllique.« Vous ne pouvez pas vous imaginer à quel point les femmes de cette communauté peuvent être méchantes les unes envers les autres, dit-elle sur un ton outré.En apparence, elles affichent la perfection et la quiétude, mais elles ont failli me rendre folle ! » Dans un étonnant revirement de situation dont nous tairons ici les détails, Tatiana retrouvera aussi sa mère, avec qui les liens étaient totalement rompus depuis des années, contrairement aux deux sœurs qui entretenaient des contacts épisodiques, le plus souvent virtuels.Une autre situation délicate pour la c inéas te , e t sur t ou t pour une mère «qui a vécu le choix de sa fille comme une honte ».Parce qu\u2019une femme d\u2019origine juive embrassait la chrétienté ?« Pas du tout, rétorque Danae Elon.C\u2019est d\u2019entendre de la bouche de Tatiana : \u201cVous n\u2019êtes plus mes parents, vous n\u2019êtes plus ma famille, j\u2019en ai une autre maintenant.\u201d» De là à y voir un cas de brainwashing, il n\u2019y a qu\u2019un pas que la cinéaste, elle, n\u2019est pas prête à franchir.Car sur tout cela plane « un mystère », mais aussi des blessures.« Marina croit toujours sa sœur malheureuse, que cette décision n\u2019est pas la sienne, et qu\u2019en prenant le voile si jeune, Tatiana n\u2019a jamais pu évoluer.» Et si Danae Elon se dit particulièrement fière de son film, elle aurait souhaité bien plus que des retrouvailles, « mais une véritable transformation » de ces deux femmes fascinantes.Au moins, dit-elle en se consolant, « Marina a pu passer du temps avec sa sœur».Le chant d\u2019une sœur À l\u2019affiche le 30 novembre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e C i n é m a 1 2 | CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Tina mène une existence morne dans la petite ville côtière suédoise qui l \u2019a vue naître.Employée des douanes, la jeune femme possède un don : celui de flairer, littéralement, les contrebandiers.Mais la singularité de Tina ne s\u2019arrête pas là.En effet, conjugué à une physionomie trapue, son visage aux traits ingrats (front proéminent, nez large et tombant, dentition irrégulière) la distingue de la masse.Si elle paraît s\u2019être résignée à encaisser regards obliques et murmures désobligeants, Tina n\u2019en dégage pas moins une tristesse poignante.Puis, débarque un jour Vore, un inconnu si pareillement affligé qu\u2019elle que Tina en est troublée.D\u2019autant que Vore semble savoir sur elle des choses qu\u2019elle-même ignore.Sis à la lisière du monde tel qu\u2019on le connaît et du conte de fées, Border est le second film d\u2019Ali Abbasi, qui a fait équipe au scénario avec John Aj- vide Lindqvist, auteur du roman à l\u2019origine du drame vampirique Morse (Let the Right One In) et de son remake américain, et qui coadapte ici l\u2019une de ses nouvelles.D\u2019ailleurs, le titre Border, gräns en suédois ou « frontière » en français, outre ce rapport volontairement flou au réel évoqué, s\u2019applique aussi aux identités multiples du film : drame social, romance aux accents surnaturels, policier\u2026 Une « fluidité de genre », ce n\u2019est pas un hasard, qui distingue également Tina et Vore.Ainsi, à la première qui s\u2019est toujours crue affligée d\u2019un dérèglement chromosomique rare, le second répondra qu\u2019elle est juste supérieure aux humains, en un indice explicite des révélations à venir.Audaces et écueils Car révélations il y a, certaines fascinantes car purement visuelles, cinématographiques.On pense à cette scène d\u2019amour passionnée et singulière en forêt.D\u2019autres, explicatives, alourdissent ce que l\u2019image et surtout les interprètes, formidables de naturel sous leurs maquillages, ont d\u2019ores et déjà rendu implicite.Autre bémol : plaquée à l\u2019histoire afin d\u2019illustrer le pire de l\u2019humanité, et cela, de manière à rendre d\u2019autant plus illusoire la pseudo-monstruosité de Tina, une sous-intrigue concernant un réseau de pédophiles ne fonctionne pas.Pareillement, la relation entre Tina et son colocataire éleveur de chiens, Roland, est d\u2019une ambiguïté quelque peu fabriquée.Sans imputer cela au fait qu\u2019il s\u2019agit de l\u2019adaptation d\u2019une nouvelle \u2014 maints films ayant de tout temps su tirer ample matière de courts récits \u2014, il reste qu\u2019on éprouve parfois une vague impression de remplissage narratif.Intrinsèquement imaginatif et audacieux néanmoins, Border se prête, lorsqu\u2019il s\u2019en tient à son volet fantastique, à moult lectures allégoriques.C\u2019est particulièrement vrai lors du dénouement, qui voit la protagoniste obtenir des réponses quant à ses origines, avec à la clé des implications insoupçonnées.Au bout du compte, ou du conte, Border séduit davantage par ses idées que par son exécution.Border (V.O.avec s.-t.a.) ?Drame d\u2019Ali Abbasi.Avec Eva Melander, Eero Milonoff, Sten Ljunggren, Jörgen Thorsson.Suède, 2018, 108 minutes.Aux frontières du réel L\u2019imaginatif et audacieux film suédois Border séduit davantage par ses idées que par son exécution CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Mara a quitté sa Roumanie natale pour les États-Unis, espérant non pas le proverbial rêve américain, mais juste une existence meilleure.Aide-soignante, elle a fait la connaissance de Daniel, qu\u2019elle vient d\u2019épouser.La noce étant sur venue à la onzième heure, soit juste avant l\u2019échéance du visa temporaire de la jeune femme, les autorités migratoires sont sur le coup en la personne d\u2019un officier aimant tout particulièrement abuser de son autorité.Premier film d\u2019Ionana Uricaru, Limonade tire son titre du fameux adage voulant que, lorsque la vie ne donne que des citrons, autant en faire ladite boisson.Pour l\u2019héroïne éprouvée qu\u2019est Mara, cela prendra valeur de dure leçon.Pour la petite histoire, la cinéaste s\u2019est en partie inspirée de ses propres expériences auprès de l\u2019Immigration américaine.D\u2019où, nul doute, la dimension très intime de Limonade.L\u2019acuité du regard, cette capacité de cerner, sans appuyer, toutes ces occasions où la protagoniste est traitée avec condescendance dans le meilleur des cas, et avec animosité dans le pire, n\u2019est sans doute pas étrangère non plus à ce vécu.La liste d\u2019injustices que subit Mara (Malina Malovici, très juste) est longue, et cer taines apparaissent d\u2019emblée moins apparentes que d\u2019autres.Et pourtant.Ainsi cet épisode, vers le début, lors duquel on lui inocule un vaccin sans la consulter à l\u2019issue d\u2019une visite médicale.Abus de pouvoir Plus manifestes s\u2019avèrent les abus perpétrés par Moji, cet officier des services d\u2019immigration dont les manières onctueuses cachent mal la misogynie sous-jacente.Et pire, bien pire.On pense ici à deux scènes pénibles mais nécessaires illustrant ce qu\u2019il peut en coûter d\u2019outrages afin d\u2019obtenir sa citoyenneté dans le «pays de la liberté».Le fait que l\u2019on «vit» presque entièrement le film à travers la perspective de Mara ajoute aux chavirements par lesquels passe le cinéphile.Pour autant, cette figure antagoniste n\u2019est pas le seul personnage en orbite autour de la protagoniste.Il y a évidemment ce mari de convenances, et un peu plus, par l\u2019entremise duquel la cinéaste explore un type plus insidieux d\u2019abus de pouvoir, péril que courent, davantage que quiconque, les femmes \u2014 c\u2019est là le thème central.Enfin, il y a ce fils de neuf ans (Milan Hurduc) qui vient rejoindre sa mère, silencieux, observateur.On le devine prématurément vieilli.Une scène, très courte, où on le voit écouter depuis sa chambre son nouveau beau-père en train d\u2019invectiver sa mère constitue à dessein une rare occasion de changement de focalisation narrative.Sobre et immédiat À signaler : Limonade a été produit par Cristian Mungiu, Palme d\u2019or pour 4 mois, 3 semaines et 2 jours.D\u2019ailleurs, Malina Malovici fut révélée par le cinéaste dans Baccalauréat.Cela étant, la mise en scène d\u2019Ioana Uricaru n\u2019évoque en rien le travail de Mungiu.Sobre, la facture se veut quasi documentaire, un choix valable en théorie mais se traduisant hélas, en pratique, par un résultat quelque peu «drabe».Même absence de fla-fla dans l\u2019écriture de Tatiana Ionascu et de la réalisatrice, avec cette fois une immédiateté seyant parfaitement à la proposition.À terme, Limonade trouve une façon judicieuse de justifier son titre.En cela qu\u2019à force de ne rencontrer que malheur au sein du système en étant honnête, Mara en viendra à apprendre les vertus du mensonge.Constat ironique, pour ne pas dire acidulé.Limonade (V.O.avec s.-t.f.) ?1/2 Drame social d\u2019Ioana Uricaru.Avec Malina Manovici, Steve Bacic, Dylan Scott Smith, Milan Hurduc.Roumanie\u2013 États-Unis\u2013Canada\u2013Allemagne, 2018, 88 minutes.Destin acidulé Limonade dresse un portrait intime dévastateur de ce qu\u2019il en coûte d\u2019immigrer aux États-Unis La liste d\u2019injustices que subit Mara (Malina Malovici, très juste) est longue.FRIEDE CLAUSZ MOBRAFILMS Les interprètes sont formidables de naturel sous leurs maquillages.MÉTROPOLE FILMS | 1 3 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Le premier court métrage de Yan Gi- roux s\u2019intitulait Il faut que je parle à mon père.Ce titre aurait pu coif fer son premier long métrage de fiction, À tous ceux qui ne me lisent pas, une incursion débridée, ancrée dans le temps présent, dans la vie et de l\u2019œu- vre du poète Yves Boisvert, décédé en 2012.Car le cinéaste ne fait pas de mystère sur ses motivations à redonner vie à un écrivain dont la notoriété apparaissait bien relative ; il l\u2019a connu à l\u2019adolescence, fut marqué par son œuvre autant que par le personnage, animé depuis d\u2019un réel désir de transmission.Et Boisvert, disons-le, constitue un excellent personnage de cinéma : contradictoire, excessif, irresponsable, mais aussi tendre et généreux (à sa façon).Comme vu par Giroux et le scénariste et dramaturge Guillaume Corbeil (sa pièce Cinq visages pour Camille Brunelle a brillamment en- capsulé notre époque), Yves Boisvert (Martin Dubreuil, en osmose totale avec le personnage) ne revendique aucun milieu d\u2019appartenance, et certainement pas le littéraire, préférant « la périphérie».C\u2019est ce qui explique qu\u2019il sera bientôt sans logis, victime de l\u2019embourgeoisement, sans argent, car ce n\u2019est pas de cela que vivent les poètes, et bientôt sans éditeur, avalé par plus puissant que lui.Bref, que fait-il dans ce monde où personne ne semble vouloir de son œuvre?Inlassablement, l\u2019homme écrit, un peu partout et sur n\u2019importe quoi, prêt à toutes les pirouettes pour séduire de belles inconnues ou des flammes d\u2019autrefois.C\u2019est ce qu\u2019il réussira avec Dyane (Céline Bonnier), craquant pour sa belle insolence, prête à lui faire une place dans sa vie, ce qui n\u2019est pas au goût de son fils Marc (Henri Picard), adolescent bien sage, décontenancé par sa désinvolture.Or, malgré une hostilité le plus souvent muette, le garçon se laisse éblouir par l\u2019éloquence et la témérité de celui que l\u2019on pourrait assimiler tour à tour à un rebelle, à un itinérant, à un for t en gueule, à un esprit libre, et parfois volage.Autant de qualités qui lui permettent de dormir sur les divans de ses amis, de leur quêter du fric et de discourir mieux que personne sur la nécessité de l\u2019authenticité dans une démarche artistique.Dans un absolu Loin de la biographie exhaustive, nous sommes plutôt devant une tranche de vie en concentré, offrant un éclairage souvent blafard sur une existence à la fois nomade et tout entière soumise à l\u2019écriture.Et de la même manière «que les sœurs prient pour ceux qui n\u2019ont pas le temps», ce Boisvert vu par Giroux est porté par une nécessité impérieuse de création, ce qui semble l\u2019autoriser à agir de manière imprévisible et incohérente, sans compter ses remarques acerbes à un entourage épuisé par tant de franchise ravageuse.L\u2019ancrage temporel dans un au- jourd\u2019hui qui n\u2019était pas si différent du monde où a évolué le poète \u2014 celui où les artistes crèvent de faim, ou d\u2019indifférence\u2026 \u2014 évite le recours à la nostalgie, plaçant la démarche poétique dans son absolu, même si une musique souvent omniprésente, et parfois tapageuse, souligne à gros traits les intentions.Un peu comme si le cinéaste faisait moins confiance à la musicalité des mots ou au caractère singulier de son sujet, soit la vie d\u2019un créateur pratiquant un genre littéraire que l\u2019on semble apprécier une fois ses porte-étendard disparus.Parlez-en à Émile Nelligan ou à Marie Uguay.Un des recueils de Boisvert s\u2019intitule: Aimez-moi.C\u2019est peut-être grâce au cinéma que sa supplication sera enfin entendue\u2026 À tous ceux qui ne me lisent pas ?1/2 Drame biographique de Yan Giroux.Avec Martin Dubreuil, Céline Bonnier, Henri Picard, Marie-Ève Perron.Québec, 2018, 107 minutes.Aimez-moi La pensée et l\u2019existence sinueuses d\u2019un poète pour qui le quotidien était une aventure Inlassablement, Yves Boisvert (Martin Dubreuil, en osmose totale avec le personnage) écrit, prêt à toutes les pirouettes pour séduire de belles inconnues ou des flammes d\u2019autrefois.C\u2019est ce qu\u2019il réussira avec Dyane (Céline Bonnier).FILMS SÉVILLE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 14 | Les nouveautés sont en rose La disparition des lucioles ?L\u2019été s\u2019amène et Léo, 17 ans, tâche de ne pas penser à l\u2019avenir, préférant le présent.Sur un coup de tête, elle apprend la guitare auprès de Steve, adu- lescent insouciant et troisième figure paternelle après Sylvain, père absent idéalisé, et Paul, beau-père présent et détesté.Reprenant un thème de prédilection, le rapport père-fille, Sébastien Pilote s\u2019arrime pour la première fois au point de vue de la seconde après avoir privilégié celui du premier dans Le vendeur et Le démantèlement.Léo, héroïne, réglera ses comptes avec ladite figure, avec ces trois hommes en orbite autour de sa vie, de son récit.Récit que l\u2019auteur raconte avec plus de couleur et de légèreté qu\u2019à l\u2019accoutumée.Les salopes ou le sucre naturel de la peau ?En apparence, rien ne semble lier Le garagiste, premier film de Renée Beaulieu, et cet étonnant portrait d\u2019une femme libre (sur le plan sexuel), mais dont les escapades vont quelque peu lui brûler les ailes.La cinéaste affectionne les personnages qui ne veulent pas céder à certains diktats, médicaux ou conjugaux, et sa nouvelle héroïne, incarnée avec force et abandon par Brigitte Poupart, ne recule devant rien.Exploration de la sexualité féminine où les hommes sont parfois des objets, parfois des complices, parfois des victimes, tout cela est exécuté sans mièvrerie ni romantisme.Sous une lumière crue, des corps imparfaits, marqués par le temps, bousculent une certaine conception de la sexualité dans le cinéma d\u2019ici, qui fut jadis plus folichon.Mais les ambitions de Renée Beaulieu sont ailleurs, dans cette célébration du désir sexuel, et pas que féminin, dans un monde où ce désir effraie parfois.André Lavoie Casse-Noisette et les quatre royaumes (V.F.de The Nutcracker and the Four Realms) ?Ce n\u2019est pas un ballet, encore moins un conte de Charles Dickens, bien que le décor londonien puisse créer l\u2019illusion.Il s\u2019agit en fait d\u2019un bel amalgame du chef-d\u2019œuvre de Tchaï- kovski, d\u2019une nouvelle aux contours macabres d\u2019E.T.A.Hoffman et d\u2019emprunts parfois évidents à The Wizard of Oz.La petite Clara (excellente Mackenzie Foy) se retrouve elle aussi au milieu d\u2019un monde enchanté, mais pas seulement en spectatrice émerveillée.Elle aura pour tâche de le sauver, entre des souris, des soldats de bois et des princesses hypocrites (suave Keira Knightley), une fantaisie orchestrée avec assurance et panache par Lasse Halls- tröm (The Cider House Rules).Le cinéaste s\u2019y connaît en guimauveries (Dear John, Safe Haven), mais il se met cette fois au service d\u2019un spectacle éblouissant pour petits et grands.Avec, oui, parfois, quelques magnifiques pas de deux.André Lavoie tous les horizons, et même du Québec (Xavier Dolan, Théodore Pellerin), défendant ce portrait dévastateur des thérapies de guérison de l\u2019homosexualité, elles, très dévastatrices\u2026 Jared, le fils d\u2019un pasteur baptiste et alter ego de l\u2019auteur, traverse cette épreuve comme un chemin de croix; il ne sera pas le seul à sortir écorché de ce traitement de choc.Celui-ci est décrit avec sobriété, si ce n\u2019est quelques percutants retours en arrière, et une caméra au service d\u2019interprètes bouleversants, parfois même le temps d\u2019apparitions éclair, tout ça grâce au doigté de l\u2019acteur et cinéaste Joel Edgerton, s\u2019octroyant un rôle de crapule bien-pensante.Ce monde en comporte quelques-unes\u2026 André Lavoie Garçon effacé (V.F.de Boy Erased) ?Était-ce l\u2019aspect troublant du sujet ou l\u2019envie d\u2019envoyer un message clair à tous les fossoyeurs de la diversité?Boy Erased, inspiré des mémoires de Gar- red Conley, est porté par une distribution exceptionnelle, des acteurs de Mademoiselle de Joncquières ?Cette plongée dans le passé, plus précisément le XVIIIe siècle, réussit très bien à Emmanuel Mouret (Vénus et Fleur, Changement d\u2019adresse, Caprice), explorant ici les mêmes thèmes que d\u2019habitude, mais avec un degré supérieur d\u2019élégance.S\u2019inspirant librement, et partiellement, de Jacques le fataliste de Denis Diderot, il décrit la vengeance d\u2019une femme noble et veuve (impériale Cécile de France) trahie par un libertin (du sur- mesure pour Édouard Baer) dont elle croyait aux sentiments amoureux.Son cœur brisé deviendra cœur de pierre pour assurer l\u2019élaboration d\u2019une vengeance dont on peut dresser quelques parallèles avec Les liaisons dangereuses, de Laclos, et certaines de ses adaptations au cinéma.Chez Mouret, la joute est bien sûr verbale et littéraire, mais surtout d\u2019un goût exquis et d\u2019un raffinement constant.André Lavoie Les veuves (V.F.de Widows) ?1/2 Ce polar féministe du cinéaste britannique Steve McQueen (Twelve Years a Slave, Shame) marie à Chicago les codes du film de genre aux contraintes de la production de divertissement, en embrassant de grands enjeux sociaux.Portée par une très forte distribution dominée par Viola Davis en veuve de malfrat trahie et déterminée, cette histoire de femmes qui exécutent le cambriolage prévu par leurs maris défunts afin de payer leurs dettes et de vivre à l\u2019aise est menée tambour battant.Les répliques sont souvent jouissives et les revirements, imprévus.Mais ce film efficace, souvent poignant, entre plusieurs tons, dont l\u2019humour noir, a parfois du mal à maintenir sa charge.Odile Tremblay Transit (V.O.s.-t.f.) ?1/2 En possession des papiers d\u2019un écrivain qui vient de se suicider, Georg (remarquable Franz Rogowski), un réfugié juif allemand, fuit le Paris occupé pour Marseille, où il espère trouver un passage vers l\u2019Amérique latine.Périlleuse, sa situation se complique lorsqu\u2019il s\u2019éprend de la veuve qui s\u2019ignore telle.Jeux de dupes identi- taires sur fond mélodramatique assumé et rehaussé par une atmosphère quasi onirique rendant plausibles les développements les plus invraisemblables, mélancolie amoureuse, rumination sur le sentiment de culpabilité des survivants: tout cela envoûtait dans Phoenix, film précédent de Christian Petzold, et éblouit encore davantage dans Transit.Or, s\u2019il maintient les données historiques de la Deuxième Guerre mondiale, le cinéaste transpose l\u2019action dans un présent indéfini, parti pris radical donnant à cette épopée valeur de fable.Une fable qui aborde, avec un raffinement ne souffrant aucun didactisme, les avancées actuelles de l\u2019extrême droite.François Lévesque À tous ceux qui ne me lisent pas ?1/2 Beaucoup de poètes trouveront savoureuse, ou déprimante, l\u2019ironie du titre du premier long de fiction de Yan Gi- roux.Sans compter le culot qu\u2019il a fallu au cinéaste pour consacrer un film à Yves Boisvert, écrivain qui n\u2019a jamais connu gloire et fortune.Cette tranche de vie, pleine de libertés face à son sujet, présente les errances d\u2019un être en périphérie de tout: du milieu littéraire, de la société mercantile, de son entourage qui a du mal à le suivre ou à le comprendre.C\u2019est aussi une ode à la transmission, ce pouvoir subtil de la poésie lorsque l\u2019on tend l\u2019oreille, comme le fait un adolescent (Henri Picard), d\u2019abord malgré lui, perplexe devant cet original débarquant chez sa mère (Céline Bonnier) sans crier gare.Ce magnétisme sera aussi ressenti par le spectateur devant l\u2019interprétation de Martin Dubreuil, lui dont l\u2019audace et l\u2019abandon sont choses coutumières, et qui trouve ici un grand rôle à sa mesure.André Lavoie Limonade (V.O.s.-t.f.) ?1/2 Se déroulant pour l\u2019essentiel sur une durée de 24 heures, le film conte le désenchantement de Mara (excel- Une étoile est née (V.F.de A Star Is Born) ?1/2 On exagère à peine en disant que cette histoire-là a été racontée mille fois \u2014 quatre versions officielles pour maintes officieuses.Fort d\u2019une chimie palpable avec sa partenaire Lady Gaga, voici que Bradley Cooper, aussi réalisateur et coscénariste, s\u2019y attelle à son tour.Gaga affiche un naturel désarmant en aspirante chanteuse face à Cooper, très habité en idole country-rock sur le déclin.À cet égard, le surcroît d\u2019attention accordé à la déchéance de ce personnage engendre des longueurs alors que l\u2019acteur-réalisateur se regarde jouer.Certaines défaillances de montage heurtent également la temporalité.En revanche, la critique de l\u2019industrie musicale qui broie l\u2019authenticité, enjeu propre à cette mouture-ci, est bien développée.En cela, le jeu de miroirs entre la trajectoire réelle de Gaga et son personnage est fascinant.Il en résulte une variation prenante, voire électrisante lorsque chante Lady Gaga.François Lévesque En résulte un côté suranné, irrésistible, avec musique orchestrale grandiose et effets technicolor discrets, en faux avec la morne modernité.Dotée d\u2019une présence peu commune, Karelle Tremblay suggère chez Léo un feu contenu qui, le moment venu, jaillira.François Lévesque lente Malina Manovici), une immigrée roumaine venue chercher aux États-Unis non pas le rêve américain, mais juste un avenir décent pour son fils et elle.Mariée depuis peu à un homme dont elle a été l\u2019aide-soi- gnante, Mara subit ainsi humiliations et agressions, tantôt au sein d\u2019un système sourdement hostile, tantôt aux mains d\u2019un officier de l\u2019Immigration abject.Se voulant quasi documentaire, choix logique en théorie, la facture se traduit hélas en pratique par un résultat tout bonnement drab.Même absence de fla-fla dans l\u2019écriture, avec cette fois une immédiateté seyant parfaitement à la proposition.Quant au titre, il trouve son sens à la fin.En cela qu\u2019à force de ne rencontrer que malheurs \u2014 c\u2019est-à-dire de se faire donner des citrons par la vie, comme le dit l\u2019adage \u2014 en étant honnête, Mara apprendra les vertus du mensonge.Constat ironique, voire acidulé.François Lévesque Limonade, drame de Ioana Uricaru FRIEDE CLAUSZ MOBRA FILMS | 1 5 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 UNE COLLABORATION DE À l\u2019affiche ! TNM.QC.CA avec Guy Jodoin et Sylvie Léonard Christine Beaulieu Joseph Bellerose Philippe Cousineau Mickaël Gouin Rachel Graton Jonathan Morier Jean-Philippe Perras Mathieu Quesnel Denis Trudel Rebecca Vachon Assistance à la mise en scène Marie-Christine Martel Un classique remixé Une distribution cinq étoiles Beautiful Boy ?1/2 Ce n\u2019est ni le premier ni le dernier film sur « l\u2019enfer de la drogue », mais on aurait tort de ne pas jeter un œil à la première incursion américaine du cinéaste belge Félix Van Groeningen (La merditude des choses, The Broken Circle Breakdown).La fusion des mémoires du journaliste David Sheff (Steve Carell) et de son fils Nic (Ti- mothée Chalamet) offre un récit de souvenirs heureux et d\u2019épisodes dramatiques entremêlés, ainsi qu\u2019un portrait en deux temps, celui du père démuni et du garçon toxicomane à la dérive.Tout cela se déroule dans un cadre résolument chic, façon de dire que les ravages des dépendances touchent tous les milieux, même les plus privilégiés.Et nous le sommes aussi devant tant d\u2019acteurs dévoués, peu importe l\u2019étendue du rôle, mais parfois écrasés par une bande sonore accrocheuse qui souligne à gros traits des situations déjà fortes et poignantes.André Lavoie Le livre de Green (V.F.de Green Book) ?Un Prix du public au dernier Festival du film de Toronto apparaît évident pour cette œuvre édifiante et consen- suelle, vantant les mérites du voyage, du métissage et de la simple curiosité culturelle.En 1962, Tony (Viggo Mor- tensen, dévoué comme De Niro dans un film de Scorsese), un Italo-Améri- cain du Bronx, devient le chauffeur d\u2019un grand pianiste, riche et princier.Or, en tant qu\u2019Afro-Américain, celui-ci a besoin, pour une tournée dans le sud des États-Unis, d\u2019une protection, et Tony ne saurait rechigner sur le salaire offert pour nourrir sa famille.Ce voyage en sera un de découvertes, celles de ce pays contradictoire, de cette société opulente et obtuse, mais aussi l\u2019occasion d\u2019illustrer que, même en amitié, les contraires s\u2019attirent.Et vous avez bien lu: tout cela est orchestré par Peter Farrelly, lui qui a signé quelques formidables pochades avec son frère Bobby (There\u2019s Something About Mary, Dumb and Dumber To).André Lavoie Border ?Alors qu\u2019elle s\u2019est toujours crue affligée d\u2019un dérèglement chromosomique rare, Tina, une agente des services douaniers suédois, est stupéfaite puis fascinée par un inconnu pareillement affligé: Vore.Le titre Border, gräns en suédois ou «frontière» en français, outre un rapport volontairement flou au réel, s\u2019applique aussi aux identités multiples du film: drame social, romance aux accents surnaturels, policier\u2026 Une «fluidité de genre», ce n\u2019est pas un hasard, qui distingue également Tina et Vore.Hélas, ledit volet policier paraît plaqué et l\u2019ambiguïté de la relation entre Tina et son colocataire Roland, controuvée.Imaginatif et audacieux néanmoins, le film se prête, lorsqu\u2019il s\u2019en tient à sa dimension fantastique, à moult lectures allégoriques.Au bout du compte, ou du conte, Border séduit davantage par ses idées que par son exécution.François Lévesque Bohemian Rhapsody ?L\u2019épopée de Queen défile sous une tonne de succès, comme un best of, en images.Mais il n\u2019y a pas que ça.Revoir l\u2019histoire du groupe britannique, c\u2019est célébrer son leader charismatique Freddy Mercury, ses costumes moulants, sa moustache.Or, derrière la bête de scène, il y a l\u2019homme qui fuit sa réalité, ses réalités.Si le portrait social manque de profondeur, ce que le réalisateur Bryan Singer a réussi à livrer (avant son congédiement !) dépasse la simple fresque musicale.Croire en ses rêves, se battre comme des champions, c\u2019est ça, Queen.En parfait sosie de Freddy Mercury, Rami Malek porte le film sur ses épaules avec brio.La reconstitution presque note par note de la participation de Queen au Live Aid de 1985, quant à elle, étonne et émeut.Jérôme Delgado Ralph brise l\u2019Internet ?1/2 Un peu moins naïf (ou frais) et un peu plus usé (ou répétitif) que Les mondes de Ralph, Ralph brise l\u2019Internet (Rich Moore et Phil Johnston) est une suite\u2026 non pas de trop, mais pas loin.Il ne manque pas grande-chose à cette fresque technologique pour qu\u2019elle décolle.L\u2019allégorie du nouveau territoire à explorer est fascinante dans sa mise en images.Mais le récit passe par les mêmes voies, entre des obstacles à franchir (ici l\u2019argent et le temps) et un puissant ennemi à éliminer (un virus).Il y a néanmoins un effort louable de féminiser un univers d\u2019action et de compétition et de recycler, dans ce même esprit, le concept de princesse.La scène où on retrouve toutes les Blanche-Neige et Pocahontas de Disney est un pur ravissement.Jérôme Delgado Animaux fantastiques.Les crimes de Grindelwald (V.F.de Fantastic Beasts \u2013 The Crimes of Grindelwald) ?Toujours en deuil des aventures d\u2019Harry Potter et jamais rassasié d\u2019histoires de sorciers ?J.K.Rowling ne perd plus de temps et écrit de nouveaux univers directement pour le grand écran.Dans le deuxième chapitre (d\u2019une série de cinq, du moins pour le moment\u2026) de Fantastic Beasts, le magizoologiste Newt, reclus à Londres après avoir foutu le bordel à New York, se voit confier une périlleuse mission par son ancien professeur, un jeune Al- bus Dumbledore, pour contrer les desseins maléfiques de l\u2019inquiétant Grindelwald.Toujours sous la gouverne de David Yates, immuable dans le monde d\u2019Harry Potter, ce nouveau volet se veut ténébreux et tarabiscoté, plantant un décor macabre pour la suite des choses, pessimisme nourri par le choix des années 1920 comme cadre historique.Tout le reste n\u2019est que pure fantaisie, avec son lot d\u2019allusions poli- Nos batailles ?1/2 Après le départ inexpliqué de sa conjointe Laure, Olivier fait de son mieux pour s\u2019occuper de leurs deux enfants.Cela, au moment où l\u2019entreprise qui l\u2019emploie procède à des congédiements.Une absence soudaine explorée par la seule perspective \u2014 limitée \u2014 du papa aux abois dont la situation au travail devient un enjeu prépondérant.Après s\u2019être quelque peu complu dans ses velléités socio-économiques, le film se recentre.Les enfants retrouvent alors l\u2019ascendant par rapport aux aléas professionnels du protagoniste pour un dernier segment plus prenant, émotion- nellement parlant.Rappel visuel involontaire du déséquilibre présent au scénario, la réalisation tendance naturaliste succombe de-ci de-là à des plans esthétisants.Bien observées, les situations domestiques sonnent en revanche justes tout comme le jeu.Sorte de croisement entre Kramer contre Kramer et le cinéma des frères Dardenne, Nos batailles ne possède, à terme, ni le brio d\u2019écriture du premier ni l\u2019authenticité des seconds.François Lévesque Overlord ?Plusieurs croyaient la « torture porn» révolue, car il suffisait de regarder les infos pour en trouver, dont celle concoctée par l\u2019armée américaine au Moyen-Orient.Elle fait un retour, grâce aux bons soins de J.J.Abrams (Lost, Super 8), ayant la main haute sur le réalisateur Julius Avery (Son of a Gun), les scénaristes Billy Ray et Mark L.Smith, tous respectant son cahier des charges.Ils devaient livrer un film de série B pas très fauché, prenant beaucoup de libertés avec l\u2019Histoire, mêlant allègrement nazis et zombies, une formule déjà éprouvée.Le résultat?Outrancier, excessif, fourmillant d\u2019emprunts assumés (Tarantino va bien rigoler), déversant sur nous hémoglobine et chair en lambeaux, un tapage supposément nécessaire pour permettre le débarquement de Normandie le 6 juin 1944, rien de moins.Mais n\u2019en espérez pas beaucoup plus, si ce n\u2019est un plaisir éphémère assorti de frissons, et de fous rires involontaires.André Lavoie tiques et de références sexuelles.Mais que les disciples des évangiles selon Rowling se rassurent : ils auront beaucoup à décoder\u2026 André Lavoie L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 1 6 | CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATRICE LE DEVOIR L\u2019idée de construire une identité nationale par son image, montrée au reste du monde, est toujours bien actuelle.Bien qu\u2019elle ne semble jamais être autant traitée en programme que dans les régimes répressifs, en guise de propagande interne et extérieure au pays, elle œuvre également ailleurs et bien souvent à l\u2019insu des populations.Les expositions universelles et autres productions culturelles nationales en sont la preuve, sous les dehors édifiants de l\u2019art et du progrès.L\u2019artiste slovène Jasmina Cibic en fait son sujet de prédilection, qu\u2019elle explore de manière spécifique à la DHC/ART, où elle croise l\u2019histoire de la Yougoslavie avec celle de son pavillon national à Expo 67 à Montréal.Active depuis environ dix ans, l\u2019artiste fut révélée à la Biennale de Venise en 2013 où elle représentait la Slovénie pour son pavillon national.L\u2019installation immersive déployée en plusieurs salles interrogeait justement les stratégies mobilisées dans l\u2019édification d\u2019une identité nationale, qui s\u2019incarnait entre autres dans le motif répété du scarabée, une icône nationale tombée en disgrâce en raison de son nom scientifique aux consonances gênantes, Anophthal- mus hitleri.C\u2019est dans cette veine que s\u2019engage la production présentée à la DHC/ART, qui se concentre sur la Yougoslavie sans aborder la période trouble post-Tito et du démembrement.L\u2019ar tiste dévoile les formes déguisées du pouvoir en créant elle-même une exposition inspirée du concept allemand d\u2019œuvre d\u2019art totale, lequel visait la synthèse entre toutes les formes d\u2019ar t.Elle montre ainsi le fonctionnement de la construction nationale lorsque l\u2019État crée un contexte (architecture, discours et autres formes de représentation of ficielles) qui sert de cadre de référence en dehors duquel il n\u2019y a pas de vérité possible.La théâtralité exacerbée du travail de Jasmina Cibic critique ce phénomène dont elle expose avec maîtrise les rouages complexes.Architecture Immersif, le parcours joue de séduction, mimant une stratégie à l\u2019œuvre quand les États se présentent dans leurs meilleurs atours.L\u2019ar tiste a marqué les deux édifices d\u2019ambiances distinctes, l\u2019une plus intimiste, voire domestique, l\u2019autre plus conforme à l\u2019esprit d\u2019un espace public.L\u2019architecture y est justement Les formes déguisées du pouvoir L\u2019édification de l\u2019identité nationale sous le scalpel de la Slovène Jasmina Cibic Jasmina Cibic, Tear Down and Rebuild (extrait de production), 2015 IVAN PETROVI?prise à partie, intégrée sous forme de maquette ou ayant servi de lieu de tournage pour trois des films présentés.Tear Down and Rebuild (2015), par exemple, a été tourné dans l\u2019ancien palais de la Fédération à Belgrade, un magnifique édifice où quatre personnages féminins, des allégories \u2014 la conser vation- niste, la bâtisseuse de nation, l\u2019ar- tiste-architecte et la pragmatiste \u2014, se donnent la repartie.Elles sont les interprètes de discours politiques historiques, de Thatcher, de Mussolini, de Tito et d\u2019autres dirigeants, où résonnent des préoccupations autour du rôle de l\u2019architecture, penchant tantôt pour la tabula rasa moderniste, tantôt pour la conservation des monuments anciens au nom de la tradition.Les vêtements, bijoux, maquillages et coiffures parfaitement étudiés de ces femmes ventriloques contribuent à les imbriquer avec harmonie dans le décor de l\u2019édifice, au demeurant somptueux.Cibic critique par la bande l\u2019instrumental isation des femmes et de leurs images dans le mythe national.Motifs et matières perçus dans le film donnent d\u2019ailleurs le ton à l\u2019installation, qui s\u2019incarne notamment dans un lourd drapé de velours couvrant l\u2019intégralité des murs du 451 de la rue Saint-Jean.Motifs La récurrence étourdissante des motifs décoratifs dans les œuvres de Ci- bic n\u2019est pas anodine.Elle leur reconnaît un rôle clé sous l\u2019innocence de leurs dehors.Dans l\u2019histoire de l\u2019architecture, il fallait pour les uns se débarrasser de la décoration et de l\u2019ornementation (Loos) au profit de l\u2019honnête structure, prélude au modernisme.Par leur abstraction, les motifs tendent aussi vers ce discours en proposant un nouveau langage universel, utopie moderniste s\u2019il en est.C\u2019est ce tiraillement qui semble intéresser l\u2019artiste dans l\u2019élection d\u2019une image nationale qui serait composée de traditions locales et d\u2019innovations unificatrices.Dans cet esprit, The Fabric of Our Nation (2018) présente deux tapisseries dont la technique traditionnelle est toujours pratiquée par les femmes en Bosnie et qui font lire Statecraft et Stagecraft.Les samedis, des femmes viennent en broder les pourtours en chantant des slogans politiques sur des airs empruntés aux mélodies entendues dans les pavillons yougoslaves, est-il écrit dans l\u2019opuscule par la commissaire Cheryl Sim.Leur performance atteste d\u2019un processus toujours en cours qui revi- site des éléments du passé dans un récit tourné vers l\u2019avenir.En plus de celle de Montréal, les participations de la Yougoslavie aux expositions universelles de Barcelone (1929) et de Bruxelles (1958) sont évoquées en de multiples références qui intègrent autant les réalisations concrètes que celles projetées, d\u2019architecture bien sûr, mais aussi de musique, de danse et d\u2019autres œuvres d\u2019art.Commandé à l\u2019artiste pour Montréal, État d\u2019illusion (2018) est un film qui allégorise le pavillon yougoslave à Terre des hommes, fédération alors constituée de six républiques.Cette œuvre n\u2019est cependant pas la plus convaincante des contributions de l\u2019artiste et se perd un peu dans l\u2019ensemble qui, par l\u2019ampleur des références croisées, sur les plans politique, historique et culturel, nous sature au point de perdre de son mordant.Everything That You Desire and Nothing That You Fear Jasmina Cibic.À la DHC/ART Fondation pour l\u2019art contemporain, 451 et 465, rue Saint-Jean, Montréal, jusqu\u2019au 3 mars 2019. | 17 C u l t u r e Jaz z L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Il y a quelques jours, le trompettiste Wallace Roney s\u2019est produit parmi nous.Au Upstairs, pour être exact.Lui et sa troupe de jeunes, qui jouent comme des briscards tellement ils sont toujours pile-poil, furent conquérants.Ils furent surtout les dignes représentants de ce que les experts et historiens de la note bleue nomment le post-bop.En d\u2019autres termes, ils firent dans le jazz, et non dans l\u2019ambiance, le décor.Simultanément à cette prestation, l\u2019alter ego de Roney poussait son dernier souffle à New York.Il s\u2019appelait Roy Hargrove.Il avait 49 ans à peine.Depuis 13 ans, il traînait sur toutes les scènes du globe une satanée maladie rénale.Signe qui en dit long sur l\u2019af fection suscitée par ce trompettiste, au lendemain de son décès, les grands médias de ce monde soulignaient ce qui fut indéniable : Har- grove avait insufflé une secousse de jeunesse dans le monde du jazz.Il avait été découvert par Wynton Marsalis dans les années 1980.À l\u2019époque, Roney, lui, avait pour mentor Miles Davis, qui d\u2019ailleurs lui légua sa trompette.Dans cet épisode, il y a un fait qui relève du paradoxe : Davis n\u2019appréciait guère, pour ne pas dire pas du tout, Marsalis.Il le trouvait trop classique.Bizarrement, Roney et Hargrove furent à l\u2019avant-garde, avec d\u2019autres évidemment, de ce mouvement dit post-bop.Ils étaient complices là où Davis et Marsalis s\u2019affrontaient.Toujours est-il qu\u2019il s\u2019agissait pour eux de reprendre et surtout de poursuivre là où Art Blakey et ses Jazz Messengers avaient laissé.En un mot, ils se sont attelés à prendre le contre-pied esthétique des maisons de disques qui produisent un jazz bien blanc, bien propre, bien lisse.Bref, à l\u2019instar de Bla- key, ils étaient aussi des combattants.Pour illustrer tout cela, de Roney on suggère ses deux récents albums: A Place in Time publ ié i l y a quelques mois sur High Note et Powerhouse paru sur l\u2019étiquette Chesky en 2015.L\u2019un comme l\u2019autre sont décapants, virevoltants.De Hargrove, on a retenu Earfood sur Emarcy et une petite mer veille qui s\u2019intitule Jazz in The Key of Blue par le Jimmy Cobb Quar tet, avec Hargrove évidemment, sur l\u2019étiquette Chesky.Cela étant, ami lecteur, pour avoir une idée du prix comme de la présence en magasin d\u2019albums de l\u2019un et de l\u2019autre, on est allé sur place.Et alors ?L\u2019espace dévolu autrefois à la musique ayant été réduit à une peau de chagrin, force est de constater que les dirigeants de ces boutiques favorisent l\u2019achat en ligne.Il n\u2019y avait aucune copie de ces albums comme des autres.Tout cela pour dire qu\u2019outre Amazon, on vous conseille de fureter du côté de JazzDepot, de Delmark, de Cheap Trills ou d\u2019ArkivJazz.En vue de sa 20e édition qui se tiendra en octobre 2019, l\u2019Off Festival de jazz invite les musiciens souhaitant se produire dans le cadre de cet événement à soumettre leurs projets d\u2019ici le 8 février.Le dossier de présentation doit comprendre un CD ou un démo rassemblant trois morceaux au minimum, le titre du projet et une courte présentation de celui- ci, le nom de l\u2019auteur et une courte biographie, la liste des instrumentistes impliqués, une photo du leader ou du groupe et enfin l\u2019adresse cour- riel et postale, le numéro de téléphone et des liens Internet.Après avoir découvert des enregistrements inédits de Bill Evans en 2017 et de Dexter Gordon et de Woody Shaw cette année, les détectives du jazz viennent de découvrir un Thelonious Monk capté live à Copenhague en mars 1963.Cet album réalisé notamment avec l\u2019immense Charlie Rouse au ténor est un bijou, d\u2019autant que la prise de son fut remarquable.Son titre : Monk, sur Gearbox Records.Roney et Hargrove, les trompettes de la renommée Wallace Roney s\u2019est produit au Upstairs à Montréal le 3 novembre dernier.JEAN-FRANÇOIS HAYEUR UPSTAIRS L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e D i s q u e 1 8 | CHANSON Les sources ?Vanessa Paradis, Barclay / Universal Et c\u2019est l\u2019acteur-écrivain d\u2019époux Samuel Benchetrit qui s\u2019y colle.Comme si ça allait de soi.Comme si le parcours de la chanteuse, depuis 1987 et Joe le taxi, était lié par définition à l\u2019homme du moment, là un Pygmalion, là un mari, un compagnon, ou encore un collaborateur- vedette.De Frank Langolff à Gains- bourg, de Lenny Kravitz à Matthieu Chedid, d\u2019Albin de la Simone à Benjamin Biolay, elle semble se fondre dans leurs univers comme l\u2019actrice joue pour divers réalisateurs.Jusqu\u2019à Johnny Depp qui se mêla de musique.À la fin, malgré des périodes fastes qui correspondent aux plus fructueuses alliances (avec les spectacles mémorables assortis), on ne sait pas trop qui est Vanessa Paradis.On ne le saura pas plus ici : les textes de Benchetrit, qui se veulent romantiques (Ces mots simples, flagrant exemple), glissent sur le corps et les mélodies faciles ne les retiennent pas.Les arrangements de cordes, sous-Melody Nelson dans le genre, n\u2019arrangent rien.Dommage.Sylvain Cormier ÉLECTRO-POP EXPÉRIMENTALE En pays lointain ?Ellemetue, Dare to care Ellemetue est le plus punk des duos électroniques d\u2019ici.Composée de Mingo l\u2019Indien, des Georges Leningrad et de Nunu Métal, artiste multidisciplinaire, la formation présente son second album, le premier au sein de l\u2019écurie Dare to Care.L\u2019Indien s\u2019occupe de la guitare \u2014 parfois touffue et enveloppante, parfois cinglante \u2014 alors que Métal manie le clavier psychotronique et chante \u2014 récite plutôt \u2014 une poésie entre mythologie païenne et science-fiction futuriste.Jouant avec le malaise de la proximité et de la distance, Nunu Métal chante à la manière d\u2019une Gainsbourg messianique (Renaissance, Carte d\u2019or).La structure, volontairement incongrue, est un chemin sinueux.En pays lointain est une œuvre visuelle, une bande sonore fantasmée.On pense en ce sens à un album du Brian Jonestown Massacre, Musique de film imaginée.Sauf qu\u2019ici les bruits sont parfois incohérents, rendant le tout inégal.On saura si l\u2019impulsion brechtienne se transpose bien sur scène le 30 novembre à l\u2019Esco.Sophie Chartier HIP-HOP Oxnard ?Anderson .Paak, Aftermath Dernier volet de la « trilogie des plages» californiennes du multidoué Anderson .Paak, Oxnard s\u2019avère également le moins digeste, surtout en raison des thèmes et des textes, capables d\u2019être à la fois vulgaires et vindicatifs, comme sur 6 Summers, où .Paak imagine ce à quoi pourrait ressembler la fille illégitime du président Trump, sur une rythmique rap old school.La production, supervisée par Dr.Dre, est de loin l\u2019élément le plus captivant du troisième album de l\u2019auteur-compositeur-chanteur-rap- peur-batteur, qui rend hommage aux racines funk de la Californie sur un disque capable de se lover dans le soul (Smile/Petty, ou encore The Chase avec Kadhja Bonet) avec la même aisance qu\u2019il balance de lourds grooves rap (Who R U?, Mansa Musa).Lorsque laissé seul, .Paak semble vouloir en faire trop, ce qui justifie l\u2019impression que ce sont les invités \u2014 Kendrick Lamar sur Tints, Pusha T sur Brothers\u2019 Keepers, Qu-Tip sur Cheers \u2014 qui l\u2019aident à mettre un peu d\u2019ordre dans cet album en quête de sens.Philippe Renaud HIP-HOP A Short Story About War ?Shad, Secret City Le vétéran rappeur torontois Shad, sans doute une des meilleures plumes du rap anglo-canadien, n\u2019explore qu\u2019un seul thème sur son sixième album studio en carrière : les périls de la guerre, au propre comme au figuré.Il a beau retourner le sujet dans tous les sens, à la fin, l\u2019analyse socio-politique de l\u2019histoire des conflits armés, ou encore l\u2019analogie de l\u2019économie de marché comme champ de bataille, ça devient lourd, en dépit des efficaces passages rap- jazz lubrifiant l\u2019ensemble.Si seulement il avait mieux mis à profit ses talentueux invités ! Lido Pimienta quasiment invisible sur Magic.Des couplets instables sur la rythmique chaloupée de Kaytranada (The Fool Pt 3), c\u2019est déjà mieux, quoique sans étincelles, pour la collaboration avec Yukon Blonde (All I Need en fin d\u2019album), et parfait sur Another Year avec les poètes et rappeurs Ian Kamau et Eternia, l\u2019une des meilleures de cet album sincère, articulé, mieux écrit qu\u2019interprété.Shad lancera A Short Story About War samedi soir sur la scène du Ministère.Philippe Renaud CLASSIQUE Magnificat ?1/2 Arcangelo, Jonathan Cohen, Hyperion CDA 68157 À l\u2019occasion du Festival Bach, il nous a paru intéressant de présenter ce projet pertinent, paru au printemps, du nouveau directeur musical des Violons du Roy, qui dirige son ensemble londonien Arcangelo et couple trois Magnificat de la famille Bach, le plus ample étant celui de Carl Philipp Emanuel.Jonathan Cohen n\u2019est pas le premier à avoir cette idée, mais son CD très bien réalisé et fort généreux (77 minutes) montre notamment l\u2019influence que pouvait avoir Johann Christian (ce Magnificat date de 1760) sur le jeune Mozart.Le projet peut compter sur deux vraies vedettes : la soprano Joëlle Harvey et le contre-ténor Iestyn Davies, vu récemment au Met dans Marnie de Nico Muhly.Si nous ne nous étions pas précipité sur ce disque à sa parution, c\u2019est en raison d\u2019un bémol nommé Thomas Walker, ténor de son état, qui tend à s\u2019engorger sur certaines notes lors des vocalises.Deux plages (sur 25) sont ainsi sinistrées: le Depo- suit de Johann Sebastian et le Quia Fecit de Carl Philipp Emanuel.Assez pour se priver de l\u2019ensemble?Christophe Huss HOMMAGE We Love Belafonte ?1/2 Artistes divers, Spectra Musique Harry est là, incontournable des ventes de garage, six décennies après la sortie de Calypso, le premier 33 tours millionnaire de l\u2019histoire de la musique populaire : chaque famille avait du Belafonte dans la Hi-Fi.Avec Nat King Cole, Sidney Poitier, Louis Armstrong, ce fils de Harlem a longtemps été l\u2019Afro-Américain le plus en vue d\u2019une télévision uniformément blanche, brisant bien des barrières en chantant avec les Julie Andrews et Petula Clark dans leurs émissions de variétés.Sa voix caressante et ses rythmes chaloupés résonnent encore, et l\u2019hommage que Florence K et Nicolas Petrowski lui ont brassé ne manque pas de goût (jamais tapageuses, les percussions), à la manière douce de ce nonagénaire déjà légendaire.Le timbre grave d\u2019un David Myles, la délicate joie de Florence, la tendresse du trémolo de Katie Moore se marient tout naturellement aux Jamaica Farewell, Coconut Woman et autres Island in the Sun.Noble projet, dont on imagine d\u2019ici le spectacle heureux.Sylvain Cormier CLASSIQUE Bach ?1/2 Concertos bran- debourgeois, Concerto Copenhagen, Lars Ulrik Mortensen, CPO 2 SACD 555 158-2 Deux nouvelles versions des Brande- bourgeois : l\u2019une par le huppé Zefiro d\u2019Alfredo Bernardini chez Arcana ; l\u2019autre par Lars Ulrik Mortensen, ce Danois qui réussit à être pratiquement toujours parfait mais à ne pas faire parler de lui au-delà d\u2019un cercle d\u2019initiés.Les deux surpassent largement un remake inutile, luxueusement lissé de Reinhard Goebel (Sony), bardé de prix en Allemagne, qui m\u2019a laissé de glace.Bernardini (note 4), dans une acoustique chaude et un peu sèche d\u2019une salle d\u2019apparat en boiseries, séduit par ses couleurs pétillantes et son feu d\u2019artifice musical.Comme beaucoup d\u2019interprètes, il cherche « l\u2019événement permanent» alors que Mortensen semble être en quête d\u2019une sorte d\u2019équilibre cosmique et de beauté sonore suprême.On ne peut imaginer plus idéal aux opposés du spectre interprétatif.La démarche la plus courageuse est celle de Mortensen : sans stress, ni à-coup, ce sage va à contre-courant de la mode en une célébration solaire de Bach.C\u2019est autant de la philosophie que de la musique.Christophe Huss INDIE FOLK Z-Sides ?Tom Rosenthal, Tinpot Records Tom Rosenthal est relativement peu connu de ce côté-ci de l\u2019océan.Il faut dire que le Britannique \u2014 qui fait aussi de la composition publicitaire et de la musique de films \u2014 préfère les petites étiquettes et compte surtout sur les réseaux sociaux pour se faire connaître.Pour ce Z-Sides, Rosenthal a cherché musicalement le relâchement qui mène au sommeil, ce qui veut dire: des morceaux au rythme très lent, une voix chaude au premier plan, des chœurs façon berceuse.À côté, son album Fenn (2017) était\u2026 endiablé.Certes, son psycho-folk où guitare, bruits de nature et piano sourd (jolie Lights Are On) forment une onde en variations régulières est encore une fois parfaitement (et prévi- siblement) harmonieux, comme si on écoutait d\u2019un bout à l\u2019autre la même chose.Sentiment persistant de convenu et d\u2019histoires gentiment dociles, entre Roo Panes et Novo Amor.Mais on ne peut pas reprocher à Tom Rosenthal d\u2019atteindre son but : générer une certaine mise en veilleuse du monde, chose dont nous avons certainement besoin.Geneviève Tremblay | 19 C u l t u r e M u s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR Le moment ne pouvait être mieux choisi pour rééditer les quatre premiers albums ambient de l\u2019auteur- compositeur-interprète et réalisateur bri tannique Brian Eno.Depuis quelques années, ce genre musical caractérisé par son déploiement langoureux et ses constructions mini- malistes et répétitives connaît une véritable résurgence coïncidant avec l\u2019émergence de ce qu\u2019on a baptisé la musique néoclassique.Survol de ces quatre piliers d\u2019une musique « qui doit être aussi négligeable qu\u2019intéressante », écrivait Eno.D\u2019Erik Satie à Alexandra Stréliski, la ligne ambient imaginaire traverse forcément la première pièce (officiellement nommée 1/1) du célèbre album Ambient 1 : Music for Airports de Brian Eno (1978).Le musicien citait d\u2019ailleurs les mots du compositeur et pianiste français dans les notes accompagnant la parution de son album Discreet Music (1975), prototype de cette musique qu\u2019il allait, trois ans plus tard et pour la postérité, baptiser «ambient music».Fonctionnelle Sur la pièce 1/1 \u2014 un simple et évocateur motif de piano interprété par nul autre que Robert Wyatt (ex-Soft Machine), répété en boucle et couché sur des nuages de synthés qui apparaissent et disparaissent \u2014, pensée pour être oubliée en arrière-plan, ou alors complètement enveloppante.La nature presque aléatoire de sa structure fut justement conçue par manipulation de boucles de rubans magnétiques rejouées simultanément \u2014 une technique qui allait définir le style d\u2019un de ses disciples et nouveau héraut de l\u2019ambient, l\u2019Américain William Basinski.Cette conception d\u2019une musique ambient, une musique d\u2019atmosphère, découle autant de la « musique d\u2019ameublement » de Satie que des tristement célèbres produits Musak inc.(Eno reconnaît cette dernière filiation dans les notes d\u2019Ambient 1, d\u2019où est également tirée la citation ci-dessus.) Là où le travail d\u2019Eno s\u2019élève, c\u2019est dans sa conception voulant que cette musique ne soit pas simplement utilitaire : oui, elle constitue la trame sonore par faite pour se concentrer sur la rédaction d\u2019un texte, mais pour peu qu\u2019on lui accorde de l\u2019attention, impossible de ne pas tomber sous le charme des belles harmonies, de la finesse des timbres, de l\u2019éloquence des univers musicaux qui s\u2019ouvrent à nous.La nature « fonctionnelle » de ces compositions se reconnaît dans les Quarante années « ambiantes » Les quatre premiers albums ambient de Brian Eno sont remastérisés et réédités L\u2019artiste britannique Brian Eno alors qu\u2019il livrait un discours à Berlin en 2016 TOBIAS SCHWARZ AGENCE FRANCE-PRESSE motivations du compositeur.La petite histoire derrière Discreet Music veut qu\u2019Eno, convalescent après avoir été frappé par une voiture, ait gardé le vague souvenir d\u2019une musique classique jouant doucement au fond d\u2019un couloir d\u2019hôpital, noyée dans les sons environnants.D\u2019où l\u2019idée d\u2019utiliser la seconde face pour déconstruire les motifs du célèbre Canon de Pachelbel, réassemblés en studio à l\u2019aide de magnétophones.L\u2019histoire derrière Music for Airports est dans le titre : coincé à l\u2019aéroport de Cologne durant l\u2019enregistrement de la trilogie berlinoise de Bowie, Eno fut frappé par la piètre qualité de la « musak » qu\u2019on y diffusait.Le titre évoque aussi la nature de la compilation de compositions pour films imaginaires Music for Films (1978), volatil ensemble de brèves compositions constituant le plus diversifié, sur le plan des matériaux sonores (une dizaine de musiciens, dont John Cale, Phil Collins et Robert Fripp, collaborent à l\u2019enregistrement), mais le plus statique de ces premiers disques ambient.Expérimental Ambient 4 : On Land, le sublime dernier volume de la série (le volume 2 est une collaboration avec Harold Budd et le 3, réalisé par Eno, fut composé par Laraaji), tout aussi visionnaire que le premier, s\u2019avère le plus expérimental du lot.Avec l\u2019aide notamment de Jon Hassell à la trompette, de Bill Laswell à la basse et de Daniel Lanois aux ef fets de studio, Eno y incorpore des bruits de la nature et les sons d\u2019instr u- ments inusités (« found sound »), ainsi que des enregistrements d\u2019anciennes sessions de studio rejouées sur magnétophones, constituant ainsi une sor te de « remix » de ses dernières années d\u2019expériences studio.Surtout, On Land explore les parts d\u2019ombre du registre ambient, suggérant d\u2019autres types d\u2019émotions à travers ses épaisses et sombres couches synthétiques maculées de bruitages singuliers.Plus que les trois précédents, ce quatrième chapitre semble montrer la direction à prendre pour le nouveau style musical en poussant l\u2019auditeur hors de sa zone de confort et en enrichissant le vocabulaire \u2014 en comparaison avec les complexes textures de On Land, les 30 premières minutes synthétiques de Discreet Music paraîtront même rudimentaires.Enf in, les audiophi les seront convaincus par le soin particulier apporté au travail de matriçage de ces rééditions vinyle of fer tes en deux formats : la version traditionnelle d\u2019un seul disque vinyle 33 tours de 180 grammes ainsi que l\u2019édition double vinyles, 45 tours, 180 grammes.Cette dernière bénéficie de la technique «Half Speed Mastering» grâce à laquelle Virgin s\u2019enorgueillit d\u2019une qualité sonore optimale.La promesse n\u2019est pas vaine, ces nouvelles éditions sont resplendissantes pour les tympans, rehaussant les opulentes orchestrations d\u2019Ambient 4 : On Land, insuf flant beaucoup de chaleur aux voix de 1/2 et de 2/1 sur Ambient 1 : Music for Airports.L\u2019histoire derrière Music for Airports est dans le titre : coincé à l\u2019aéroport de Cologne durant l\u2019enregistrement de la trilogie berlinoise de Bowie, Eno fut frappé par la piètre qualité de la « musak » qu\u2019on y diffusait \u2019est avec le pianiste coréen Seong-Jin Cho que Yannick Nézet-Séguin poursuit son exploration mozar tienne chez Deutsche Grammophon.Son nouveau disque nous permet de nous arrêter sur un concerto hors du commun et de parcourir la légende des grands interprètes mozartiens.Wolfgang Amadeus ?Le ré mineur lui va si bien ! Le 20e Concerto, Köchel 466 que Yannick Nézet-Séguin et le lauréat du Concours Chopin 2015, Seong-Jin Cho, ont enregistré pour Deutsche Grammophon n\u2019est pas un concerto comme les autres.Parmi les 27 concertos de Mozart, beaucoup ont des personnalités distinctes.Celle-ci est chargée en électricité.Ce n\u2019est pas un hasard si les premières mesures dirigées par Yannick Nézet-Séguin paraissent si haletantes.Ce n\u2019est pas un hasard non plus si Beethoven écrivit des cadences (morceaux pour piano solo laissés à la libre inspiration des interprètes) à la fin des 1er et 3e mouvements de ce Concerto en ré mineur, dont le drama- tisme préfigure ses propres compositions, notamment le 3e Concerto pour piano.Il ne fit cela pour aucun autre concerto de Mozart.Une tonalité rare C\u2019est autour de 1785 que Mozar t (1756-1791) commença à se confronter à la tonalité ré mineur.Dans le corpus des Quatuors dédiés à Haydn, celui en mineur, le K.421, est en ré.Mais le choc étrange pour tout mélomane est une œuvre de moins de six minutes qui conclut le disque de Seong-Jin Cho : la Fantaisie K.397.On ne sait pas vraiment de quand elle date.Elle pourrait très bien être postérieure à la Fantaisie en ut mineur , K.475.On sait seulement qu\u2019elle est inachevée et fut publiée en 1804, après la mort de Mozart.C\u2019est dans cette Fantaisie K.397, un concentré qui se termine dans un doux allegretto, qu\u2019apparaît la force expressive de cette tonalité que Mozart réservera à son 20e Concerto, puis à deux œuvres titanesques : Don Giovanni et le Requiem.On peut donc associer la tonalité ré mineur au drame, mais aussi à l\u2019inquiétude, voire à la terreur, à l\u2019instabilité, c\u2019est-à-dire à ce qui, philosophiquement, per turbe l\u2019ordre cosmique.Est-ce pour cela que le Concerto en ré se distingue par une renversante originalité : la séparation entre soliste et orchestre ?En effet, L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e C l a s s i q u e 2 0 | CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Mozart, le Ré mineur et ses pianistes de légende Un pianiste et chef est allé plus loin que tout le monde : Christian Zacharias, dont la « touche » mozartienne n\u2019est plus à vanter.MICHAEL KESSLER Mozart : Concerto pour piano no 20, Sonates K.281 et 322, Fantaisie K.397.Seong-Jin Cho, Orchestre de chambre d\u2019Europe, Yannick Nézet-Séguin, DG 483 5523 C le pianiste, lorsqu\u2019il entre en scène, ne reprend rien de ce que l\u2019orchestre a énoncé dans l\u2019introduction du 1er mouvement.Pareillement dans le finale : le piano lance une idée, mais l\u2019orchestre part sur un bouillonnement passionné.Autre moment saisissant : l\u2019épisode central de la Romance, en mode mineur, incroyablement tourmenté.Seong-Jin Cho donne de cette œu- vre une interprétation très serrée rythmiquement, plutôt vive de tempos.Conformément à la tendance actuelle, comme Till Fellner dans le 27e Concerto à Montréal récemment, Seong-Jin Cho ornemente élégamment le 2e mouvement sans perdre en concentration dramatique.Le pianiste coréen complète le programme avec les Sonates K.281 et 322 et la Fantaisie K.397 : jeu distingué et cristallin, pur et détaché.Il n\u2019a pas tout à fait la poésie ni la maturité de son compatriote William Youn, 36 ans, auteur d\u2019une remarquable intégrale des sonates chez Oehms, plus sensible aux ombres mozar- tiennes.À noter que William Youn donnera son premier concer t au Québec, à Montréal, le 3 décembre, dans le cadre du Festival Bach.Les ordres de Staline La parution du disque franc et droit de Seong-Jin Cho et Yannick Nézet- Séguin nous donne, alors qu\u2019on porte toujours prioritairement attention aux grands concertos virtuoses du répertoire, l\u2019occasion d\u2019évoquer l\u2019histoire de ce grand concerto au disque et de brosser un portrait des pianistes qui ont marqué l\u2019histoire de l\u2019interprétation de la musique de Mozart.Deux jalons sont posés dès les débuts du 20e Concerto de Mozart au disque, par deux artistes qui assument tous les rôles.L\u2019un, Edwin Fischer, en 1933 à Londres, est un pianiste qui dirige.L\u2019autre, Bruno Walter, à Vienne en 1937, est un chef qui joue du piano.L\u2019histoire retiendra davantage le chef pour la beauté suave de son orchestre.Bruno Walter sera aussi longtemps une référence dans le Requiem.La mozar tienne « historique » la plus originale fut sans conteste la Russe Marina Yudina.Pendant les années de guerre, Staline l\u2019entendit jouer un soir le 23e Concerto à la radio et exigea qu\u2019on lui apporte le disque d\u2019un enregistrement aussi parfait.Personne n\u2019osa dire à Staline qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un concer t et que le disque n\u2019existait pas! De zélés commissaires allèrent donc réveiller Yudina à 3h du matin pour la faire enregistrer la chose avec l\u2019Orchestre d\u2019État dirigé par Alexander Gauk.Après la guerre, Yudina enregistra un autre concerto de Mozart, le Ré mineur évidemment, l\u2019une des versions les plus subjectives et beetho- véniennes, les assauts tempétueux s\u2019arrimant avec des accélérations et ralentissements.À l\u2019opposé de Yudina, la pianiste qui a le plus marqué l\u2019Occident dans l\u2019après-guerre est un monument de tempérance et de tact : la voix de Clara Haskil (deux versions en studio pour Philips, une en mono, l\u2019autre en stéréo) est celle d\u2019une poétesse.Ce que nous disons là dans le Concerto en ré mineur a valeur de repères dans les autres concertos et les sonates de Mozart : les gentlemen et poètes Clif ford Curzon (icône de Christian Blackshaw) et Ivan Moravec rejoignent Haskil sur le même terrain.Par opposition, le trio de jeunes loups viennois de la fin des années 1950 \u2014 Friedrich Gulda, Alfred Brendel, Paul Badura-Skoda \u2014, avec un Mozart aux sonorités plus « centrées » et au discours plus véloce, vont ouvrir la porte à l\u2019or thodoxie musicologique de Cho et Nézet-Sé- guin, et même, s\u2019agissant de Ba- dura-Skoda, au recours aux instruments anciens.Plus encore que Daniel Baren- boïm ou Murray Perahia, l\u2019artiste qui me semble synthétiser le meilleur de toutes les tendances est Mitsuko Uchida, notamment dans son enregistrement à Cleveland (Decca).Un pianiste et chef est pourtant allé plus loin que tout le monde : Christian Zacharias, dont la « touche » mozar- tienne n\u2019est plus à vanter.Adoptant comme le très méconnu enregistrement (EMI) d\u2019André Pre- vin l\u2019idée d\u2019injecter de la folie dans la cadence du 3e mouvement (Previn en fait un irrésistible jazz à la Mozart), Zacharias y insère les accords de Don Giovanni dans sa première version (EMI, avec David Zinman) comme dans sa plus récente (MDG), où il joue du piano en se dirigeant.Seong-Jin Cho et Yannick Nézet- Séguin vous préparent à ne plus jamais écouter ce concerto distraitement.Pour élargir le spectre, tout dépendra de vos goûts et de votre appétit pour les découvertes historiques.Mais 20e Concerto, Don Giovanni, Requiem : la trilogie est là ! | 2 1 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC DU SAINT-LAURENT AU RHIN Carnets de guerre 1 9 1 4 - 1 9 1 8 Joseph Alphonse Couture Édité et annoté par Mourad Djebabla-Brun Yannick Nézet-Séguin poursuit avec le pianiste coréen Seong-Jin Cho (photo) son exploration mozartienne chez Deutsche Grammophon.HARALD HOFFMANN Concerts de la semaine Helmchen.Très intéressante visite à l\u2019OSM avec la venue du pianiste Martin Helmchen qui jouera le Concerto de Schumann jeudi et vendredi, sous la direction de Kent Nagano.La chose est d\u2019autant plus passionnante que ce même Concerto sera interprété par Hélène Grimaud dans un mois au Métropolitain avec Yannick Nézet-Sé- guin.L\u2019ouverture de Rosamunde de Schubert et la 7e Symphonie de Dvorák complètent le programme.Jeudi 29 novembre à 10h30 et 20h et vendredi 30 novembre à 19h, Maison symphonique de Montréal.Festival Bach.Luc Beauséjour samedi, Stéphane Tétreault dimanche à l\u2019Oratoire, Mélisande McNabney et l\u2019Ensemble Pallade Musica lundi, Julie Boulianne à l\u2019église Saint-Jean- Baptiste mardi.Le pianiste Jeremy Denk dans les Variations Goldberg mercredi, le contre-ténor Jakub Jó- zef Orli?ski jeudi, Valérie Milot et l\u2019Ensemble Caprice ainsi que Mino Cinelu en trio vendredi sont les affiches de la seconde semaine du Festival Bach de Montréal.À Montréal cette semaine. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 2 2 | SOURCE D\u2019ÉNERGIE VITALE 1 866 656.9111 | SKYSPA.CA QUARTIER DIX30 | QUÉBEC NOURRISSEZ L\u2019ESSENTIEL | ALIMENTEZ LA PASSION | DÉCOUVREZ LA DÉTENTE VIVANTE Offrez une Aventure gastronomique au moulin à une heure de Québec ! \u2022 Sentiers et raquettes \u2022 Massothérapie \u2022 Ski de fond - 50 km de pistes L\u2019ISLET 1 877 245-2247 À une heure de Québec! www.aubergedesglacis.com auberge gourmande POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER CHANNEL BOISSÉ AU 514 985-3454 I D E E S CADEAUX \u2013 AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR La morale des robots Le titre fait peur, mais le sujet exploré dans ce documentaire, à savoir les dangers que les robots qui font partie de notre quotidien, au travail ou ailleurs, représentent pour les humains, est tout aussi effrayant.Et déstabilisant.Le documentariste d\u2019origine russe Maxim Pozdorovkin relate trois cas d\u2019humains tués par robots : dans une chaîne de montage d\u2019une usine Volkswagen, à cause d\u2019une voiture électrique sans conducteur, et un drone de la police de Dallas qui a provoqué la mort de suspects.À ces deux exemples évocateurs s\u2019ajoute l\u2019illustration des usages nombreux que l\u2019on fait maintenant des robots et autres automates dans toutes sortes de domaines, qui font le travail jadis occupé par des êtres humains.Le film montre également de belle façon comment le progrès nous a fait ignorer les fictives mais pas moins pertinentes « trois lois de la robotique » exposées par Isaac Asimov dans sa nouvelle Cercle vicieux : les robots ne doivent pas porter atteinte aux êtres humains ni permettre qu\u2019ils soient en danger, ils doivent obéir aux ordres, tant que ça ne contrevient pas à la première règle et ils doivent assurer leur protection pourvu que ça n\u2019entre pas en conflit avec les deux premières lois\u2026 De quoi déchanter sur le tout-à-l\u2019automatisation\u2026 The Truth about Killer Robots HBO, lundi, 22h SU R VOS ÉC R A N S \u2013 D E S RO B OTS, D E S P R I M AT E S E T D E S RY T H M E S Le visionnement en continu de la semaine Dystopie «soviétique»\u2026 Première série originale polonaise produite par le géant du streaming, ce «thriller dystopique» en huit épisodes relate l\u2019enquête d\u2019un étudiant en droit et un enquêteur de police déchu dans un Pologne toujours sous l\u2019emprise d\u2019un régime totalitaire soviétique en 2003, vingt ans après un attentat qui a stoppé les élans d\u2019émancipation de la population.Leur découverte autour de cet attentat alerte les autorités toujours en place\u2026 1983 Netflix, dès vendredi Dissiper les brumes autour de Dian Fossey Le grand public se souvient de la pri- matologue américaine Dian Fossey grâce au film biographique qui lui a été consacré en 1989, Gorilles dans la brume, mettant en vedette Sigour- ney Weaver.Cette courte série documentaire produite par National Geographic dresse le portrait de cette femme d\u2019exception qui a dédié les dernières décennies de sa vie à la défense et à la protection de la population de gorilles des montagnes au Rwanda.Elle a été assassinée là-bas à la fin de 1985 dans des circonstances qui n\u2019ont jamais été élucidées.La série, présentée en rafale le même soir, tente à la manière des productions « true crime» de dissiper le brouillard autour de ce crime resté irrésolu, surtout grâce aux nombreux témoignages d\u2019anciens collègues et amis de la primatologue.Les abondantes images d\u2019archives montrant Fossey au travail auprès de ces grands primates donnent toute l\u2019ampleur de son œuvre et donnent le goût de revoir le biopic qui lui a été consacré.Dian Fossey : secrets dans la brume Canal D, jeudi, dès 21h L\u2019échantillon, source de création Cette courte série documentaire en quatre épisodes dresse le portrait de cinq créateurs québécois de rythmes hip-hop dans leur processus créatif à partir d\u2019un album qu\u2019ils doivent échantillonner; un classique du jazz québécois des années 1970: Jérémie de Lee Gagnon.Toast Dawg, un vétéran du genre, VNCE Carter, acolyte des Dead Obies, Foxtrott, une des rares femmes de ce milieu, KNLO du collectif Alaclair Ensemble et High Klas- sified, un petit nouveau qui monte vite, se prêtent à l\u2019exercice de création à partir du même disque, et racontent leur travail bien différemment.Beatmakers : les nouveaux compositeurs lafabriqueculturelle.tv, dès maintenant L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 LI RE Femmes d\u2019aujourd\u2019hui en poésie québécoise Conversation avec trois poètes se nourrissant des cendres des identités figées de jeunesse Le premier dernier testament de Leonard Cohen L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 L i r e Po é s i e 2 4 | ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Dis, Jean-Sébast ien Larouche, comment la poésie est-elle arrivée dans ta vie ?«Un ballon de football », répond-il très laconiquement, en se régalant de la curiosité soudainement exacerbée de son interlocuteur.C\u2019est d\u2019ailleurs souvent en usant de pareilles stratégies \u2014 retorses ! brillantes ! \u2014 que ses poèmes pleins de hooks harponnent l\u2019oreille puis se faufilent tranquillement jusqu\u2019à l\u2019intérieur de la poitrine.À l\u2019instar du barman d\u2019expérience, Larouche sait faire ce qu\u2019il faut pour qu\u2019on en veuille encore et qu\u2019on s\u2019accroche les pieds chez lui.Un ballon de football, donc.Mais encore ?« J\u2019avais 14 ans et je lisais Rimbaud en dessous d\u2019un arbre, pendant la pause à l\u2019école.Des jocks m\u2019ont garroché un ballon de football dans\u2019 face en me gueulant : \u201cEille, le cave, t\u2019as pas besoin de lire, c\u2019est la pause.\u201d Et à ce moment-là, je me suis dit : \u201cOuain, ben m\u2019a en lire encore plus, des livres, gang de fuckers.\u201d » Gros euphémisme : Jean-Sébastien Larouche n\u2019est pas la docilité incarnée ni du genre à céder à la pression.En 1997, 1998 et 2000, le poète lance ses trois premiers recueils à la défunte enseigne de Lanctôt éditeur, puis silence complet jusqu\u2019à au- jourd\u2019hui.« Pendant un salon du livre, après mon troisième livre en quatre ans, Dany Laferrière m\u2019avait dit : \u201cFaudrait peut-être que t\u2019apprennes à te laisser désirer.\u201d » Le jeune homme, 45 ans aujourd\u2019hui mais arborant toujours le même sourire de petit maudit, obéira un peu trop au futur académicien.Le voici qui retontit enfin, 18 ans plus tard, avec Des longueurs dans le Styx, ce nouveau livre que lui réclament, à chaque soirée de lecture à laquelle il par ticipe, ses disciples nombreux ayant écorné des dizaines de pages d\u2019Avant qu\u2019le char de mon corps se mette à capoter.L\u2019anthologie regroupait à l\u2019Écrou en 2009 les poèmes de ses trois livres de jeunesse, réécrits avec les élisions et le joual qu\u2019avait gommés l\u2019auteur à la demande de son premier éditeur.La poésie, ça arrive «Je m\u2019étais prostitué parce que j\u2019avais été refusé partout ailleurs, se sou- vient-il.Dans le milieu, quand j\u2019ai commencé à participer à des micros ouverts à 19 ans, on disait : \u201cC\u2019est ben le fun ce que tu fais, mais c\u2019est pas de la poésie.\u201d Parce que je parlais ben simplement, sans grand symbolisme, c\u2019était pas de la poésie ! Et moi, pendant ce temps-là, j\u2019avais l\u2019impression que tout ce que je lisais au Québec, c\u2019était le même poème tout le temps.Je voulais fucker la patente.» Cofondées avec Carl Bessette en 2009, les Éditions de l\u2019Écrou auront permis à Jean-Sébastien Larouche d\u2019arriver à ses fins et de rompre le ronron d\u2019une cer taine poésie trop confor table, en compagnie d\u2019une chorale de méchants moineaux qui ne demandaient pas mieux.Son travail d\u2019éditeur explique ainsi en partie cet interminable hiatus.« Il y a aussi que pendant sept, huit ans, j\u2019étais en couple, tout allait bien, et je ne ressentais pas le besoin d\u2019écrire.Après, j\u2019ai travaillé pendant cinq ans sur un horaire de nuit [comme malteur], j\u2019étais en dehors de tout, pis moi, j\u2019écris sur la vie, je ne pars pas en introspection, j\u2019ai besoin de prendre des polaroïds du monde.» Écriture et existence sont à ce point inextricables chez lui, que Jean-Sébastien Larouche prononce par fois des phrases comme : « Ce poème-là, ça m\u2019est arrivé à Winnipeg\u2026 » La poésie, oui, ça lui arrive.Même authenticité revendiquée dans le cas de « Well », un de ses grands succès de scène, qui fait émaner du fond d\u2019un puits la prière enténébrée d\u2019un cascadeur de l\u2019amour refusant de cesser de croire à la tendresse, même s\u2019il a été floué par « la patente étincelante / que tu m\u2019avais montrée / avant de l\u2019y jeter / tout au fond / en disant : va chercher ».Confidence d\u2019un gars qui sait de quoi il parle : « Il y a quand même une lumière quand t\u2019es au fond, tu la vois tout le temps, c\u2019est juste que t\u2019as aucune idée comment faire pour réussir à grimper pis à sortir.» « On s\u2019met-tu beaux / comme des tounes de Crass?», propose Larouche dans « Même si on est fuckés dans\u2019 tête », séditieux manifeste unissant la voix de tous ceux et celles qui refusent d\u2019assimiler leur insoumission à une forme de folie, peu importe ce qu\u2019en pensent leur famille, leur patron ou leur travailleur social.« Beaux comme des tounes de Crass » : l \u2019oxymoron ne pourrait mieux encapsuler l\u2019œuvre de celui chez qui, tout comme chez le groupe anarcho-punk anglais, rien ne correspond à une conception traditionnelle et lisse de la beauté.Ça pue, ça saigne, ça sacre, ça chiale, mais « ceux qui savent pus aimer, les fuckés, les médicamentés, les tapo- chés, les cancéreux, les crosseurs, les crossés, les addicts, les bienheureux, les dormeurs dehors, ceux qui vomissent le soir, les mères pognées, les amants frettes, les zens, les émeutiers » refusent chaque jour la mort.C\u2019est déjà beaucoup.Une lueur d\u2019espoir « J\u2019ai un respect énorme pour ces gens-là, parce qu\u2019ils pourraient abandonner, mais ils sont encore là.Je respecte le struggle.Et s\u2019ils sont encore là, c\u2019est parce qu\u2019il y a une lueur d\u2019espoir.Elle est là, hypercachée en dessous d\u2019un paquet d\u2019affaires, mais elle est là, sinon ils seraient tous morts dans la neige.C\u2019est ça, des longueurs dans le Styx : faut pas que t\u2019oublies que t\u2019es encore en train de nager.Sinon, ça se serait appelé la noyade dans le Styx.» Jean-Sébastien Larouche sait faire ce qu\u2019il faut pour qu\u2019on s\u2019accroche les pieds chez lui.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Des longueurs dans le Styx Jean-Sébastien Larouche, Éditions de l\u2019Écrou, Montréal, 2018, 88 pages La noyade chaque jour évitée Jean-Sébastien Larouche, cofondateur des Éditions de l\u2019Écrou, lance son premier livre en 18 ans | 2 5 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Les replis Les matins d\u2019automne, m\u2019extirper des draps chauds est chaque fois une petite bataille.Plus la saison se creuse, plus je deviens difficile à mettre en mouvement.L\u2019homme à mes côtés invente régulièrement de nouveaux stratagèmes pour démarrer les journées.Entre les fines gouttelettes d\u2019eau pulvérisées sur mon visage (« Je n\u2019arrête pas tant que tu ne te lèves pas ! »), la tasse de café préparée et posée à mon intention là-bas au loin dans la cuisine, le chat des voisins déposé sous la couette pour me surprendre, les innombrables blagues destinées à me tirer du lit avec le sourire, je suis une privilégiée du petit matin gris.L\u2019amour m\u2019arrache infatigablement à mon arrière-saison.J\u2019aime un matinal, qui croit au froid, à l\u2019air tranchant et au mouvement.Tous les jours, il m\u2019apprend à recommencer avec aplomb, sans craindre la fin des choses.En riant.N\u2019empêche : les nouvelles, le plus souvent ces temps-ci, incitent à se recoucher.Le tracé projeté de ce nouveau projet de gazoduc, en pleine nature sauvage entre Rouyn et le fjord du Saguenay, le satané (pas tuable !) troisième lien à l\u2019est de Québec, qui menace les battures de l\u2019île d\u2019Orléans, le ton acrimonieux de certains échanges des dernières semaines autour du Pacte de la transition lancé par Dominic Champagne m\u2019ont donné envie d\u2019aller me cacher, loin et longtemps, sous d\u2019épaisses couches de neige, et de détourner le regard de tout ce fatras pour ne plus contempler que le petit feu de bois qui chauffe mon refuge, une maison tapie au milieu d\u2019une région agricole pas à la mode, oubliée et tranquille.J\u2019ai voulu me planquer.J\u2019ai souhaité me taire.J\u2019ai emporté des livres, bien entendu, puisqu\u2019ici il n\u2019y a que les arbres, la radio, le piano pas tout à fait accordé et des dictionnaires de papier pour donner une texture au temps.Pas de télé, pas d\u2019Internet : même pas de réseau.La sainte paix et pas une seule chronique d\u2019opinion, excepté celles utilisées pour allumer le feu.Ciao bye, les humains.Est-ce un hasard si j\u2019ai choisi deux romans construits autour de profondes envies de repli et de fins du monde intimes plutôt que collectives\u2026?Ce qu\u2019on respire sur Tatouine (Del Busso), du poète Jean-Chris- tophe Réhel, raconte le quotidien étouffant, sans horizon, répétitif mais étonnamment prenant, d\u2019un VÉRONIQUE CÔTÉ narrateur (lui aussi poète) aux prises avec la fibrose kystique.Le récit, empreint d\u2019une solitude qui m\u2019est apparue insondable (« Je suis un astronaute qui hurle depuis trente-et-un ans »), est tissé d\u2019ordinaire et de visites médicales, d\u2019amours avortées, de désir de vivre, de loyer difficile à payer, de jo- bines vides de sens.J\u2019ai tout lu d\u2019un trait, comme si je recevais enfin des nouvelles d\u2019un ami pour qui je m\u2019inquiétais.Partout, c\u2019est le poète qui persiste et signe, et nous emmène en nous tenant par la main dans cette vie de défaites suffocantes et de joies temporaires, émaillant tout le livre d\u2019un humour vif qui sauve la vie, mais surtout d\u2019une façon unique de contempler le monde : «La fille qui regarde par la fenêtre a les yeux verts.Ils sont très pâles.Elle se mêle à la rangée de roseaux sur le bord des fenêtres.[\u2026] La fille aux roseaux sourit et je sais que je ne connaîtrai jamais intimement ce sourire.C\u2019est un petit drame et toutes les chaises du café le savent très bien.» C\u2019est beau.C\u2019est beau, et ça fait mal.Ça donne envie de prendre le poète dans ses bras.Le poète, sa sœur Camille, son touchant propriétaire Normand (« Il a construit une petite cabane de pêche sur le bord de l\u2019eau quelque part dans ma tête.Je sais qu\u2019il ne bougera pas de là»), Willy l\u2019infirmier, et le système de santé au grand complet.Bonté divine, que de fatigue, de chagrin, d\u2019amour ravalé dans les chambres des malades.Et comme nous avons besoin les uns des autres.Aux premiers temps de l\u2019Anthropo- cène (Leméac), d\u2019Esther Laforce, est un autre récit d\u2019une apocalypse privée mais pas moins déchirante pour autant.Une grande sœur se meurt, du même cancer qui a emporté les parents de la narratrice.Entre ce deuil annoncé et ses tentatives infructueuses de donner la vie en solo, on suit Émilie, qui peine à trouver des raisons de continuer.C\u2019est magnifiquement écrit, avec une sorte de distance pudique, celle qui sied aux trop grandes peines.En imaginant le jour où elle enterrera celle à qui elle s\u2019adresse tout au long du roman : « Je me transporterai dans un lointain futur.Je m\u2019y figurerai des archéologues découvrant nos tombes et les petits animaux qui habitaient nos rêveries d\u2019enfants.[\u2026] \u201cMorts dans les premiers temps de l\u2019Anthropocène.\u201d Et ainsi disparaîtront les années que j\u2019aurai vécues sans vous.» Ces deux histoires si tristes m\u2019ont guérie de toutes mes envies de repli.Je suis vivante.Je veux participer à ce monde imparfait pendant qu\u2019aucune fin du monde ne m\u2019accable personnellement.Et je me suis levée.CRITIQUE MANON DUMAIS LE DEVOIR Poète ascendant geek ou geek ascendant poète, selon le point de vue, Constantin a quitté la vie rosemon- toise afin de s\u2019installer à La Meunière, où la faune du coin le regarde de travers \u2014 «on te truste pas, man» \u2014, dans une petite maison achetée grâce à l\u2019obtention d\u2019une bourse.Ponctuellement, Marianne, sa blonde qui ressemble « aux sylvi- dres, ces femmes-plantes extraterrestres que combat Albator », vient lui rendre visite.Outre les chats perdus qu\u2019il adopte, Constantin se lie d\u2019amitié avec Angé- line, «qui rôde dans le coin [\u2026] passe sur son dix vitesses devant la maison en jetant des regards louches dans sa direction».Morne quotidien Si chaque page du Modèle de Nice suinte l \u2019ennui et le désespoir qu\u2019éprouve Constantin, qui peine à écrire et s\u2019évade dans des délires éthyliques, c\u2019est avec un plaisir croissant qu\u2019on se délecte de l\u2019écriture de Patrick Brisebois (Trépanés, Chants pour enfants morts) dans ce « roman en forme de journal fictionnel », qu\u2019on s\u2019attache à ce personnage d\u2019écrivain solitaire, croisement attendrissant entre l\u2019adolescent attardé et le poète maudit.Alors qu\u2019il décrit le morne quotidien en un irrésistible mélange de mélancolie, de fantaisie et de dérision, l\u2019auteur ponctue le tout de scènes loufoques, telles ce passage à l\u2019épicerie où les noix d\u2019acajou « sont à deux piasses» ou celui chez l\u2019antiquaire où il espère trouver des « figures Star Wars vintage» et se fait dire que c\u2019est des « grands gars » comme lui qui «ont l\u2019air un peu fou» et «sont bloqués à douze ans» qui en achètent.Bien qu\u2019il ne se passe pas grand- chose à La Meunière, le lecteur est néanmoins projeté dans bon nombre d\u2019univers, parfois à une vitesse fulgurante, tant fusent les références à la culture populaire (avec un penchant pour Star Wars) et à la littérature (avec un faible pour la littérature du XIXe siècle).Ainsi, Constantin rêve tour à tour qu\u2019il évolue dans un jeu vidéo, dans un film de Cronenberg et dans un récit de Maupassant.En une seule phrase, Patrick Brisebois parvient à provoquer des collisions entre divers mondes, évoquant d\u2019insolites associations d\u2019idées : « Son iTunes le fait sursauter, on vient de passer de Chopin à Duran Duran.» Personnages ducharmiens Tandis que Constantin et Marianne se retrouvent au fil des semaines, tantôt pour se livrer à des dialogues de sourds, tantôt pour se tirer la pipe quant à leurs modes de vie respectifs, Patrick Brisebois paraît rendre hommage au fusionnel couple Fer- ron de L\u2019hiver de force, qui semblait parfois parler à l\u2019unisson.Outre l\u2019amour des livres et du cinéma qu\u2019ils partagent avec André et Nicole, le poète en panne d\u2019inspiration et sa muse maussade se rapprochent encore plus des personnages ducharmiens lorsque leurs propres voix s\u2019entremêlent jusqu\u2019à provoquer la confusion.«C\u2019est toi ou c\u2019est moi qui parle ?\u2014 Écoute, je sais pas.\u2014 J\u2019adore ce film-là.» Journal de bord d\u2019un poète à la dérive, récit d\u2019apprentissage d\u2019un adu- lescent ou fragments de vie d\u2019un « pas d\u2019vie » solitaire, Le modèle de Nice est d\u2019abord et avant tout une fascinante incursion dans la tête (fêlée ?) d\u2019un écrivain aux prises avec les affres de la création.Journal d\u2019un poète à la dérive L\u2019angoisse de la page blanche inspire drôlement l\u2019auteur Patrick Brisebois C\u2019est avec un plaisir croissant qu\u2019on se délecte de l\u2019écriture de Patrick Brisebois.JUSTINE LATOUR LE QUARTANIER Le modèle de Nice ?1/2 Patrick Brisebois, Le Quartanier, Montréal, 2018, 152 pages Le personnage d\u2019écrivain solitaire est un croisement attendrissant entre l\u2019adolescent attardé et le poète maudit L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 L i r e Apprendre.S\u2019adapter.Survivre.Albin Michel CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Les apparences sont trompeuses.C\u2019est plus vrai encore lorsque sous les apparences se cachent d\u2019autres apparences.À Londres, en 1945, deux adolescents, Nathaniel et Rachel Williams, 14 et 16 ans, sont confiés par leurs parents, soi-disant partis s\u2019établir à Singapour pour un an, à un homme qu\u2019ils ne connaissaient pas.Personnage énigmatique avec son «flegme à toute épreuve ou presque», disparaissant à l\u2019aube et ne rentrant qu\u2019au crépuscule, il sera vite surnommé le Papillon de nuit par les deux adolescents \u2014 qui le soupçonnent d\u2019être une sorte de criminel.Inconnus sympathiques Dans Ombres sur la Tamise, le septième roman de Michael Ondaatje, soir après soir au cours des dernières heures du Blitz, alors que fait toujours rage la Seconde Guerre mondiale, la maison familiale se remplit d\u2019inconnus sympathiques, mais tous un peu louches.Tandis qu\u2019il fréquente de plus en plus l\u2019école buissonnière, entretient une liaison passionnée avec une jeune serveuse, Nathaniel va se lier avec l\u2019un de leurs tuteurs qu\u2019ils appellent le Dard, impliqué dans des trafics illicites et les courses de lévriers \u2014 dopage, paris illégaux, falsification de pedigree.Après quelques mois de ce régime, une agression dont lui et sa sœur seront victimes viendra confirmer ce que soupçonnait déjà Nathaniel : sa mère, en réalité, est toujours à Londres, peut-être même active au sein des services secrets britanniques.Des années plus tard, en 1959, bien après que sa mère fut décédée dans d\u2019étranges circonstances, Nathaniel est recruté par le Foreign Office britannique pour mettre de l\u2019ordre dans les archives des services secrets pour la Seconde Guerre mondiale.Un objectif plus personnel le pousse à retrouver des traces des activités de sa mère au sein des services secrets durant la guerre.Romancier et poète canadien-an- glais né au Sri Lanka en 1943, Michael Ondaatje reprend ici l\u2019un des motifs auxquels il a souvent eu recours : celui d\u2019une quête pour éclairer l\u2019identité de l\u2019un des personnages.C\u2019était au cœur même, on s\u2019en souvient, de L\u2019homme flambé (L\u2019Olivier, 1992, réédité quelques années plus tard sous le titre Le patient anglais), l\u2019un de ses plus beaux livres, adapté au cinéma par Anthony Minghella en 1996.Dans Le fantôme d\u2019Anil (2000, Prix du Gouverneur général, prix Giller et Médicis étranger), une femme médecin légiste entreprenait d\u2019identifier un squelette trouvé dans un cimetière ancien du Sri Lanka en pleine guerre civile.Divisadero le faisait avec la figure d\u2019un poète français imaginaire, Lucien Segura.Relations labyrinthiques Prenant appui sur le «rêve confus et saisissant » qu\u2019avait été sa jeunesse, Nathaniel entreprend de nous raconter ce qu\u2019il croit savoir.Pour le reste, il est bien capable de «combler les trous d\u2019une histoire à partir d\u2019un grain de sable ou d\u2019un fragment de vérité découvert par hasard».Comme dans la plupart de ses romans, Ondaatje y tisse des relations labyrinthiques entre les personnages, façon de mettre au jour tout un « monde inconnu et inexprimé» où le flou règne en maître.Ni roman d\u2019espionnage ni roman historique, Ombres sur la Tamise est un long roman plutôt atmosphérique, une sorte de fleuve tranquille dont l\u2019action, si elle comporte quelques rebondissements, nous laisse aussi un peu sur notre faim.Zones grises Michael Ondaatje raconte le destin de deux adolescents à Londres en 1945 Michael Ondaatje reprend ici une quête pour éclairer l\u2019identité de l\u2019un des personnages.BORÉAL Ombres sur la Tamise ?Michael Ondaatje, traduit de l\u2019anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Boréal, Montréal, 2018, 352 pages | 2 7 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 CRITIQUE STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Une nouvelle technologie fabuleuse permet de transporter l\u2019information instantanément partout, y compris par-dessus les frontières.Les compagnies américaines prennent très vite le contrôle, y compris des publicités.Les productions concurrencent et menacent les médias traditionnels, les magazines, les journaux.Alors le quotidien La Presse décide de s\u2019y mettre et de prendre le virage à son tour.On parle de quoi et de quand exactement ?Du Web, de Facebook et de La Presse+ ?Non.Il s\u2019agit bel et bien de la situation développée autour de la radio il y a un siècle.L\u2019invention monopolisée par l\u2019armée pendant la Première Guerre mondiale prend de l\u2019expansion commerciale grâce à une loi fédérale en 1922.La Presse s\u2019allie alors à la société Marconi pour fonder la station CKAC, la première du monde francophone.L\u2019équivalent anglophone montréalais, CFCF, est lancé la même année.Le nouveau média s\u2019impose vite avec sa caractéristique fondamentale qui permet d\u2019offrir la couverture et le commentaire sur le monde en temps réel.La première description en direct d\u2019un match de hockey se fait en 1925.La concurrence vient alors des chaînes américaines, qui dif fusent des émissions parlées et beaucoup de musique.En 1929, CKAC s\u2019associe à CBS pour diffuser des émissions musicales produites aux États-Unis.La chaîne montréalaise forme son propre orchestre symphonique l\u2019année suivante.Devant les dangers d\u2019américanisation des ondes, Ottawa suit les recommandations de la commission Aird (1928) en créant en 1932 ce qui va engendrer CBC/RC.Et maintenant, la stratégie biculturelle de nation building née dans ce temps paraît à nouveau menacée par une nouvelle technologie sous contrôle américain.Voilà une des histoires éclairantes racontées en quelques pages par Denis Saint-Jacques dans le recueil Les médias parlent et chantent.On en retrouve une vingtaine d\u2019autres pour composer des « chroniques de la vie culturelle à Montréal durant la crise et la guerre », comme l\u2019indique le sous-titre.Le florilège va des caricatures à la danse sociale, des sports d\u2019hiver aux af fiches, des fêtes du 300e de la ville au théâtre (en fait, la production du Soir des rois des Compagnons de Saint-Laurent) jusqu\u2019aux tournées d\u2019Oscar Peterson, en passant par la modernité des peintres juifs.Presque chaque coup, l\u2019auteur imagine un texte en forme de témoignage (une lettre, un extrait de journal, un ar ticle de revue\u2026) livré à l\u2019époque et retrouvé récemment.L\u2019ensemble permet de corriger bien des clichés colportés sur l\u2019histoire de la métropole et du Québec tout entier.Bien sûr, les années 1930 et 1940 ont aussi fait déverser sur ce coin du monde des Niagara de peines et de misères.En même temps, Montréal s\u2019est alors engagée dans une révolution culturelle tranquille autour des médias qui parlent et qui chantent, le cinéma et la radio, le disque, mais aussi dans les salles de spectacles ou de danse, comme dans les galeries d\u2019art.L\u2019ouvrage s\u2019adresse au grand public et résume les dernières recherches en histoire culturelle.Il permet finalement de relativiser nos propres transformations comme les grandes et petites misères de notre début de siècle.La turlutte des années de rupture La vie culturelle montréalaise au temps de la crise et de la guerre HISTORIA Les médias parlent et chantent ?Sous la direction de Denis Saint-Jacques et Marie-Josée Des Rivières, Nota Bene, Montréal, 2018, 352 pages CRITIQUE CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Le monde végétal est bien plus complexe qu\u2019on a longtemps voulu le croire.Entraide, partenariats élaborés entre espèces, systèmes de communication : si Darwin s\u2019en doutait, aujourd\u2019hui nous savons que les arbres se « parlent », qu\u2019ils sont des êtres sociables.Peter Wohlleben le soulignait dans La vie secrète des arbres : la division entre règnes végétal et animal relève de l\u2019arbitraire et la seule vraie différence, en réalité, est le temps nécessaire au traitement des informations et à leur transformation en actions.Douzième roman de l\u2019Américain Richard Powers, L\u2019arbre-monde est un récit arborescent, une « écofic- tion » complexe où les arbres sont maîtres des lieux.Une fresque botanique et humaine dans laquelle l\u2019auteur du Temps où nous chantions et de La chambre aux échos (National Book Award en 2006) apparaît au sommet de son art.Le roman réunit en un seul faisceau les histoires de neuf personnages qui, pour une raison ou une autre, vont converger vers la Californie et s\u2019y rencontrer afin de protéger un immense séquoia menacé de destruction, avant de se redéployer à nouveau aux quatre coins du pays \u2014 partageant désormais pour le meilleur ou pour le pire une histoire commune.Racines, tronc, branches.Un châtaignier semé en Iowa par un immigrant norvégien au milieu du XIXe siècle.Un mûrier planté par un étudiant chinois arrivé aux États- Unis dans la foulée de la révolution culturelle.Érable, chêne, tilleul, hêtre ou sapin : neuf essences d\u2019arbre, neuf personnages dont Richard Powers nous condense ici l\u2019existence, avant de créer des liens.Loin d\u2019un roman à thèse, L\u2019arbre- monde, qui figurait parmi les finalistes du Man Booker Prize cette année, pousse plus loin l\u2019idée derrière Le gang de la clef à molette d\u2019Edward Abbey et capte les dérives actuelles de l\u2019humanité au moyen d\u2019une structure narrative magistrale.Une arborescence complexe de causes et d\u2019effets, des personnages liés les uns aux autres.Un rappel de la relation d\u2019interdépendance entre l\u2019humanité et la nature : «Vous et l\u2019arbre de votre jardin êtes issus d\u2019un ancêtre commun.Il y a un milliard et demi d\u2019années, vos chemins ont divergé.Mais aujourd\u2019hui encore, après un immense voyage dans des directions séparées, vous partagez avec cet arbre le quart de vos gènes\u2026» Pat Westerford, l\u2019une des héroïnes, prof de botanique à l\u2019université, explique à ses étudiants que, s\u2019il fallait concentrer la création du monde en une heure, la naissance des sols, des montagnes, des fleuves et des végétaux occuperait une quarantaine de minutes, tandis que l\u2019humanité, elle, n\u2019apparaîtrait que dans les trente dernières secondes.Et le temps de quelques battements de cœur pour détruire, asser vir et programmer aveuglément sa propre disparition.L\u2019humanité est-elle condamnée ?Sans en être certain, Richard Powers semble manifester un optimisme plutôt sombre.L\u2019un des personnages du livre l\u2019évoque : «Nous ne voyons que les choses qui nous ressemblent.» Peut-être serait-il temps, implore l\u2019écrivain de 61 ans à travers les branches, de commencer à voir ce qui ne nous ressemble pas.Car l\u2019équation est simple : sans les arbres, l\u2019humanité est perdue.Ils sont les véritables héros de cette tragédie élaborée.D\u2019une cer taine façon, c\u2019est l\u2019air du temps un peu vicié que respire Richard Powers et qu\u2019il transforme en littérature.Chant d\u2019amour, alerte rouge, fascinant puits de connaissances et de mythes, poème botanique, livre militant, L\u2019arbre-monde risque de changer votre perception du monde.Un livre foisonnant et nécessaire.Racines profondes L\u2019arbre-monde, douzième roman de Richard Powers, est une « écofiction » magistrale Le roman de Richard Powers réunit les histoires de neuf personnages.HANNAH ASSOULINE L\u2019arbre-monde ?Richard Powers, traduit de l\u2019anglais par Serge Chauvin, Le Cherche-Midi, Paris, 2018, 488 pages Grâce à une loi fédérale en 1922, La Presse s\u2019allie à la société Marconi pour fonder la station CKAC, la première du monde francophone uand je suis née, je n\u2019étais pas une femme », lance l\u2019anthropologue Roseline Lambert.Souhaite-t-elle ainsi annoncer que le mauvais genre lui a été assigné à la naissance ?Non, plutôt paraphraser deux vers surgissant dans les premières pages de son second livre, Les couleurs accidentelles : « Je commence comme ça / dans la douce ignorance du genre ».La douce ignorance du genre?«Oui, parce que lorsque je suis née, je ne savais pas qui j\u2019étais, puis il y a plein d\u2019éléments qui m\u2019ont construit femme, plein de normes qui ont contraint ma féminité et face auxquelles j\u2019ai toujours eu une rage, précise Mme Lambert.Il y a toute une nuance autour de qui je suis au- jourd\u2019hui qui n\u2019est pas dans la binarité, qui n\u2019est pas genré.Mon livre, c\u2019est un appel à la déconstruction des cases.» Déconstruire des cases, les recueils de l \u2019actrice Gabrielle Boulianne- Tremblay, Les secrets de l\u2019origami, et de la psychiatre Ouanessa Younsi, Métissée, y travaillent également à divers degrés.D\u2019abord parce que les auteures mènent toutes les deux, comme Roseline Lambert, des doubles vies et nourrissent de la réflexion sur les mots que suppose la poésie ces métiers « de l\u2019écoute et du langage » qui occupent leurs journées.Quand Ouanessa Younsi est née, elle ne se savait pas différente.Ainsi pourrait-on aussi résumer (très succinctement) Métissée, une série de poèmes en prose enquêtant sur les mystères de son héritage et de sa famille arabe, que cette fille de père algérien et de mère québécoise n\u2019a pas connue.« Comment me remémorer celles que je n\u2019avais pas rencontrées ?» se demande-t-elle en pensant, entre autres, à sa grand-mère, dans ce recueil dont le titre tient à la fois de la célébration de tout ce qui la compose et de l\u2019adhésion subversive aux bêtises qu\u2019elle essuyait dans la cour d\u2019école, étrangère en terre natale, à cause de son teint basané.« La question de mon identité jaillit souvent de mon prénom et de ma peau.C\u2019est mon prénom arabe qui dépasse et qui raconte cette culture arabe qui est plus absente que présente en moi, et qui fait que mes patients sont surpris quand ils entendent pour la première fois mon accent québécois », explique celle qui, en 2016, signait l\u2019essai Soigner, aimer.«Alors, le poème, c\u2019est une façon de mettre en avant un membre fantôme.C\u2019est un peu comme s\u2019il me manquait une jambe ou un bras, et qu\u2019avec le poème, je me créais une jambe, un bras, un œil, une langue.Notre identité est faite de présences et d\u2019absences, et les absences sont aussi impor tantes dans sa construction que ce qui existe.» Mettre le feu à la honte Les secrets de l\u2019origami est à la fois un livre témoignant d\u2019une expérience universelle (la brûlure de l\u2019amour) n\u2019ayant absolument pas à voir avec la transidentité de Gabrielle Boulianne- Tremblay, et rien d\u2019autre qu\u2019un livre témoignant d\u2019une trop longue inhibition de ce qu\u2019elle est depuis toujours.À genoux dans les cendres de plusieurs incendies successifs, l\u2019actrice révélée en 2016 dans Ceux qui font les révolutions à moitié n\u2019ont fait que se creuser un tombeau, de Mathieu Denis et Simon Lavoie, se délite et se laisse happer par un tourbillon de relations vénéneuses et de shooters trop momentanément apaisants.« On m\u2019a beaucoup appelée \u201cla femme trans\u201d dans les médias et je n\u2019étais jamais à l\u2019aise avec ça quand ça se trouvait dans le titre d\u2019un article, parce que c\u2019est très réducteur.Ma vie, ce n\u2019est pas que ça, il y a autre chose.Mais je pense quand même que la publication du livre d\u2019une femme trans, c\u2019est politique, surtout quand Trump veut retirer leurs droits à plein de gens [qui ne s\u2019inscrivent pas dans une binarité traditionnelle].Ce qu\u2019il fait, c\u2019est ef facer des gens qui existent.Qui existent pour vrai.» «Moi abjecte car sexuée», écrit-elle GRAND ANGLE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR L i r e Po é s i e 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D Femmes d\u2019aujourd\u2019hui en poésie québécoise Conversation avec trois poètes se nourrissant des cendres des identités figées «Q À l\u2019instar des identités de genre, les genres littéraires traversent aussi une époque de redéfinition et d\u2019atomisation On sait aujourd\u2019hui qu\u2019on peut être la femme qu\u2019on veut, tout en assumant une certaine part de masculinité.Mais dans l\u2019imaginaire, on peut décider qu\u2019on va être quelque chose de plus grand que ça.ROSELINE LAMBERT » | 2 9 D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Maïmaï ?Aki Shimazaki, Leméac / Actes Sud, Montréal, 2018, 173 pages Le quotidien de Maïmaï est empreint d\u2019un calme qui semble inatteignable.Et pourtant.Dans ce cinquième et dernier roman du cycle de L\u2019ombre du chardon, les secrets du passé, arrivés dans la lumière du jour avec la lenteur d\u2019un escargot, s\u2019apprêtent à imposer leur fatalité.Tout commence avec la mort subite de Mitsuko, femme for te, intellectuelle autodidacte, propriétaire d\u2019une librairie spécialisée et, surtout, mère de Tarô, jeune peintre sourd et muet.Les gens sont nombreux \u2014 surtout des hommes \u2014 à passer à la librairie pour offrir leurs condoléances.Selon ses volontés, les cérémonies funèbres sont sobres et, bientôt, la vie reprend le dessus.Tarô transforme la librairie en galerie et emménage dans l\u2019appar tement du dessus avec sa grand-mère, Bâchan.La mort aurait pu être un tsunami, mais elle n\u2019est qu\u2019une vague de plus dans le flot de la vie.Et puis Mitsuko n\u2019est pas tout à fait mor te : elle vit dans les tableaux de Tarô et les récits qui nourrissent son souvenir.Or, dans ce calme retrouvé surgit Hanako, amie d\u2019enfance de Tarô depuis longtemps perdue de vue.Aussitôt, c\u2019est le coup de foudre.Dans la naissance de leur amour et le collage de leurs souvenirs d\u2019enfance s\u2019immisce un passé qui porte son lot de tracas.Maïmaï nous of fre un univers où tout est en sourdine.À l\u2019instar de cette écriture simple, dénudée, les rapports humains y sont dictés par la douceur et la spontanéité.La force de Shimazaki est d\u2019opposer la sensibilité de ses personnages à la structure sociale qui les régit, complexe et insidieuse, imposant son fardeau aux destins individuels.La chute de l\u2019histoire se laisse deviner à mi-récit et cela émousse le plaisir de lecture.Néanmoins, Maïmaï est une belle immersion dans l\u2019univers de l\u2019écri- vaine, où tragédie et douceur se confondent en une méditative mélancolie.Yannick Marcoux Doux-amer Gabrielle Boulianne- Tremblay, Ouanessa Younsi et Roseline Lambert GUILLAUME LEVASSEUR LE DEVOIR au haut d\u2019une rare page abordant fron- talement cette question, quatre petits mots ramenant du côté de la blessure inguérissable Les secrets de l\u2019origami, recueil dans lequel le corps est à la fois le lieu de toutes les transcendances et de tous les achoppements.«J\u2019ai parfois senti que je devenais un monstre, une chimère inconcevable, que mon sexe était de trop, qu\u2019il fallait que je le coupe», confie Gabrielle, et il se peut qu\u2019à ce moment de la conversation, la douleur d\u2019un souvenir pénible lui étouf fe momentanément la voix.«Sur la couverture, je suis nue, parce que je veux lever le voile sur plein de choses, mais surtout lever le voile sur la honte.La honte a été trop longtemps trop présente en moi.» Les injonctions à une forme de pureté identitaire ou idéologique sont non seulement violentes, elles sont profondément absurdes, plaide Roseline Lambert dans un passage aussi amusant que grave de ses Couleurs accidentelles : «Et si toute pensée était périodiquement menstruée ?Colorée dans [son] hybridité, propre et sale, belle et laide tout à la fois.» Une pensée menstruée, vraiment ?Un brin de malice teinte son sourire.« On a tendance à voir le masculin comme rationnel, alors qu\u2019on dit de la littérature des femmes qu\u2019elle est irrationnelle, trop intime, trop émotive, re- grette-t-elle.Alors, suggérer que toute pensée puisse être menstruée, c\u2019est pour moi une façon de dire : \u201cHeille, les gars, votre pensée qu\u2019on considère comme propre, blanche, limpide, forte, puissante est aussi soumise à des cycles, elle n\u2019est pas propre, blanche, limpide, forte, puissante.\u201d» Toutes les réinventions À l\u2019instar des identités de genre, les genres littéraires traversent aussi une époque de redéfinition et d\u2019atomisation.«Tant mieux si les livres deviennent inclassables», se réjouit Ouanessa Younsi en feuilletant le livre hybride de Roseline Lambert, mélange de vers libres, d\u2019extraits de journal, de phrases glanées dans des textes savants et de cogitations sur la matérialité des couleurs.Tant mieux si le livre permet toutes les réinventions, conclut Roseline Lambert, en chantant l\u2019écriture comme espace souverain, capable de résister à toutes les pressions de ce qui socialement donne aux limites arbitraires définissant les identités les allures de barrières immuables.«On sait aujourd\u2019hui qu\u2019on peut être la femme qu\u2019on veut, tout en assumant une certaine part de masculinité.Mais dans l\u2019imaginaire, on peut décider qu\u2019on va être quelque chose de plus grand que ça», avance l\u2019anthropologue, tout en admettant que cette fuite est un luxe que peuvent s\u2019of frir plus facilement ceux qui ne vivent pas l\u2019oppression.«Allons vers l\u2019imaginaire, oui, vers le réalisme magique, vers le surréalisme, pour repenser les catégories, passer à travers les catégories ! Pourquoi je ne pourrais pas devenir un oiseau et m\u2019envoler pour vrai, dans le livre?» Trois lectures de poèmes sont disponibles sur ledevoir.com.Métissée Ouanessa Younsi, Mémoire d\u2019encrier, Montréal, 2018, 96 pages Les secrets de l\u2019origami Gabrielle Boulianne- Tremblay, Del Busso, Montréal, 2018, 72 pages Les couleurs accidentelles Roseline Lambert, Poètes de brousse, Montréal, 2018, 136 pages Aki Shimazaki VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 L i r e Du plus petit au plus grand, chaque don est important?! Soutenir Le Devoir, c\u2019est soutenir le média de référence au Québec afin de lui permettre d\u2019innover et de défendre les idées et les causes qui assureront l\u2019avancement politique, économique, culturel et social de la société québécoise.Pourquoi donner?Parce que c\u2019est une façon de contribuer au développement et à la pérennité du Devoir.Vos dons permettent d\u2019enrichir l\u2019offre de contenu rédactionnel et la mise à jour de nos plateformes numériques.Objectif : 300 000?$ Partenaires d\u2019avenir Pour faire votre don : www.lesamisdudevoir.com ou envoyer votre chèque à : Les Amis du Devoir, 1265, rue Berri 8e étage, Montréal Québec, H2L 4X4 CRITIQUE RALPH ELAWANI COLLABORATEUR LE DEVOIR C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un livre qui doit s\u2019écrire et d\u2019un livre qui ne s\u2019écrit pas.Ou du moins, d\u2019un livre qui ne s\u2019écrit pas assez vite au goût de la mère de la narratrice.Une mère qui, à l\u2019image de celle qui flottait déjà comme un acouphène dans les deux précédents «récits de recherche» de Nathalie Léger, L\u2019exposition (P.O.L.2008) et Supplément à la vie de Barbara Loden (P.O.L.2012), devient partie intégrante du rythme, du staccato de la narration, qu\u2019elle accentue par sa quête d\u2019un vindex pour venir à bout de ses froissements intérieurs \u2014 héritage d\u2019un mariage ayant trop longtemps agonisé dans le grabat de l\u2019adultère.C\u2019est l\u2019histoire, comme le disait Faulkner, d\u2019un passé qui n\u2019est jamais mort et qui n\u2019est même jamais passé.Un passé qui se voit ici filtré au tamis d\u2019une écriture qui le fragmente \u2014 une décision poétique, disait Léger, en 2012, à l\u2019époque de Supplément\u2026 \u2014 et d\u2019un récit qui obéit à son sujet premier : la mort brutale de l\u2019artiste italienne de performance Pippa Bacca, qui « voulait porter la paix dans les pays qui avaient connu la guerre.» C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une robe de mariée, comme il y en a tant d\u2019autres dans les annales de l\u2019art performance (Marie-Ange Guilleminot, Niki de Saint-Phalle, Jana Sterbak, etc.).Mais celle de Bacca, plus que toute autre, n\u2019a pas suf fi à « racheter les souffrances du monde».Durant son périple performatif en auto-stop de Milan à Jérusalem, Bacca fut assassinée.Son corps a été retrouvé en Turquie, le 11 avril 2008, onze jours après sa disparition.« Il l\u2019a violée, il l\u2019a tuée, il l\u2019a dépouillée et pour finir il lui a volé son regard», constate l\u2019auteure qui a eu vent de l\u2019affaire par l\u2019entremise du film La mariée, de Joël Curtz (2012).Une aventure de l\u2019esprit C\u2019est l\u2019histoire d\u2019une écrivaine qui ma- nœuvre dans la poussière de traces qui se sont perdues.L\u2019exposition tournait autour d\u2019un projet muséal et d\u2019une rencontre avec le personnage de la comtesse de Castiglione, Supplément\u2026 partait d\u2019une entrée à rédiger au sujet du film Wanda (1970), de Barbara Loden.La robe blanche poursuit dans cette lignée d\u2019œuvres tissées de coïncidences par une écriture en situation («non, je me reprends\u2026»).Des crinolines de calvaires laissant paraître, comme tant de coutures visuelles, les petits bruits du moteur de la pensée de cette spécialiste de l\u2019histoire de l\u2019art.On y découvre une écriture du mouvement, dont l\u2019érudition ne nous éloigne pas tant du sujet qu\u2019elle nous rapproche de l\u2019auteure.Nathalie Léger « écrit des projets » ; des « aventures de l\u2019esprit », aurait dit le philosophe Tzvetan Todorov.Est-ce l\u2019histoire de la robe ou de la morte?Ni l\u2019une ni l\u2019autre.C\u2019est celle du mouvement de l\u2019une vers l\u2019autre, de la photographie d\u2019une bourrasque et de ses effets sur le monde.Léger glisse un doigt dans l\u2019échancrure (comme elle le dit) de l\u2019œuvre d\u2019une autre et y fait passer Svetlana Alexievitch, Roland Barthes, Marguerite Duras, Ferdinand de Lesseps, Herman Melville, Yoko Ono.Quelque part, sa mère s\u2019y glisse aussi, puis celle de Pippa et, pour finir, le lecteur.Crinoline de calvaires Nathalie Léger se remémore la trajectoire tragique de l\u2019artiste Pippa Bacca Nathalie Léger « écrit des projets », des « aventures de l\u2019esprit », aurait dit le philosophe Tzvetan Todorov.JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE La robe blanche ?Nathalie Léger, P.O.L., Paris, 2018, 138 pages | 3 1 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 BIOGRAPHIE Henri de Rothschild Un humanitaire avant l\u2019heure ?Nadège Forestier, Le cherche midi, Paris, 2018, 237 pages Que retenir des innombrables réalisations d\u2019Henri de Rothschild, dont la devise était « Altruisme et charité doivent être la rançon de tout homme que la fortune a favorisé » ?Une question d\u2019abord : comment un individu, aussi riche soit-il, a-t-il pu en faire autant ?De ce personnage romanesque né en 1872, la journaliste Nadège Forestier dresse un portrait élogieux, parfois pudique.Son récit biographique évoque les châteaux et les hôtels particuliers parisiens de la Belle Époque et des Années folles au milieu desquels l\u2019homme ainsi que son entourage prennent vie, une vie au service des autres.Médecin engagé contre la mortalité infantile, cible parfois de l\u2019antisémitisme ambiant, Henri de Rothschild découvrit le lait stérilisé et soigna, dans ses cliniques et à ses frais, des milliers de patients défavorisés, de Paris à l\u2019Algérie.Il offrit 500 000 kilos d\u2019une pommade miraculeuse, l\u2019ambrine, pour traiter les grands brûlés des tranchées de 14-18 ; il fut mécène, entre autres, de Marie Curie dans sa lutte contre le cancer.Entrepreneur inventif, il développa la mise en bouteille des jus de fruits et le chocolat en poudre; il confia un vignoble à son fils Philippe qui eut une idée d\u2019avant-garde en 1930: la création de Mouton Cadet, « le premier vin de marque de bonne qualité».Grand voyageur, coureur automobile, ami du Tout-Paris, auteur à succès, fondateur du théâtre Pigalle en 1929, il a chéri sa bibliothèque et ses œuvres d\u2019art, qu\u2019il dut préserver de la gourmandise nazie.Tout ou presque de ce qu\u2019il avait construit se dispersa après sa mort en 1947.Henri de Rothschild avait « le désir d\u2019être bon, la passion d\u2019être utile », affirme Nadège Forestier.En préférant la philanthropie à la finance, il « se forgea, sa vie durant, une identité en tous points dissemblable à celle des autres membres de sa famille ».C\u2019était un Rothschild.C\u2019était « mon arrière-grand-père », écrit l\u2019au- teure, avec fierté, sans doute.Sébastien Vincent L\u2019autre Rothschild Portrait d\u2019un humaniste avant l\u2019heure ROMAN JEUNESSE Moi, c\u2019est Tantale ?André Marois et Julien Castanié, Éditions de l\u2019Isatis, Montréal, 2018, 56 pages Réveillé par des bruits de pic et de masse, Tantale rencontre d\u2019abord Norbert, un enfant congolais qui est employé pour extraire de la roche le métal si précieux.Ce court échange prend fin lorsque Tantale est envoyé en Asie, où Wang l\u2019attend sur une chaîne de montage.Viendront ensuite les beaux jours, ceux pendant lesquels il croise la route de Thomas, émerveillé par le téléphone cellulaire qu\u2019il tient entre ses mains.Avec Moi, c\u2019est Tantale, André Marois explore le chemin parcouru par le métal depuis l\u2019extraction jusqu\u2019à la chute qui envoie les objets électroniques valser sur une montagne de déchets inutiles et non recyclables.Se tenant loin de l\u2019approche didactique, l\u2019auteur du Voleur de sandwichs emprunte plutôt un chemin de traverse rempli d\u2019humanité pour nous faire découvrir les vies derrière cette petite chose que nous regardons tous avec intérêt.Située à hauteur de l\u2019objet, la narration tenue par le métal donne à voir la réalité de l\u2019intérieur.La forme du roman graphique, divisé en quatre chapitres, permet par ailleurs de s\u2019arrêter à chacune des étapes de transformation et de prendre conscience, à travers Thomas notamment, de l\u2019étendue du problème.La surconsommation, le travail des enfants, le gaspillage, la menace écologique se mêlent à la mythologie grecque là où le chimiste, Anders Gus- taf Ekeberg, a, au début du XIXe siècle, puisé l\u2019inspiration pour donner ce nom au métal.À ce texte riche en pistes diverses, Julien Castanié joint des illustrations poignantes.Jouant de noir, de rouge et de blanc, l\u2019illustrateur varie l\u2019atmosphère selon le contexte.La dureté des moments passés dans la mine laisse ainsi place à une abondance de rouge et de noir, alors que la légèreté vécue par Thomas s\u2019exprime à travers un sapin de Noël rouge et un fond blanc empreint de douceur.Le naturel et la simplicité avec lequel le duo raconte cette traversée préparent la voie à une réflexion nécessaire.Marie Fradette Sur la route du tantale Un livre poignant sur l\u2019industrialisation CRITIQUE MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR James Ellroy et Henning Mankell sont deux des plus grands noms de la littérature dite policière\u2026 mais ils n\u2019ont pas beaucoup de choses en commun.Ils sont même aux antipodes l\u2019un de l\u2019autre: Mankell est un humaniste qui déplore la perte progressive de l\u2019idéal collectif, alors qu\u2019Ellroy prend plaisir à la décrire dans des détails souvent sanguinolents.Le premier situe ses histoires en Scandinavie ou en Afrique, et l\u2019autre, en Amérique, le plus souvent en Californie.Mais voilà qu\u2019on nous propose deux livres portant leur signature ; deux livres d\u2019ailleurs pas tout à fait neufs.Le dynamiteur est le tout premier roman de Mankell, jusqu\u2019ici inédit en français, et les deux histoires regroupées dans Reporter criminel sont en fait des textes rédigés par Ellroy au siècle dernier pour le magazine Vanity Fair lors de deux procès célèbres.Les deux livres se rejoignent par le biais de l\u2019enquête\u2026 La vérité est ailleurs On a l\u2019habitude de voir Henning Man- kell mener des enquêtes, mais dans ce tout premier roman, on ne rencontrera aucun policier.Il s\u2019y penche plutôt sur la vie d\u2019un citoyen ordinaire né à la fin du XIXe siècle : Oskar Johannes Johansson, ouvrier, père et fils d\u2019ouvrier.Le narrateur, un peu sur le modèle d\u2019un chercheur suivant de très près son sujet d\u2019analyse, veut nous raconter la vie dif ficile d\u2019un homme du peuple, travailleur ordinaire.On pense à John Lennon écrivant son Working Class Hero\u2026 Dynamiteur de métier, Johansson est grièvement blessé en 1911 par l\u2019explosion malencontreuse d\u2019un bâton de dynamite ; Oskar y laisse un œil, une par tie de son pénis, une main entière et plusieurs doigts.Tout cela ne l\u2019empêchera pas, après un long séjour à l\u2019hôpital, de retourner travailler comme dynamiteur et de fonder une famille.Lumineuse, touchante, l\u2019écriture de Mankell nous fait sentir l\u2019héroïsme ordinaire de cet homme du peuple qui est de ceux qui ont construit le « modèle social suédois ».La vie d\u2019Oskar, à l\u2019instar sans doute de celle de ses camarades, fut cependant à peine marquée par tout ce qui a changé le monde entre 1888 et 1969.Dure constatation.James Ellroy arrive finalement lui aussi au même constat : l\u2019évolution des sociétés ne parviendra jamais à faire disparaître le poids des préjugés et l\u2019horreur du racisme.Les humains semblent ainsi faits que les solutions de facilité auront toujours préséance sur la justice et la vérité.C\u2019est précisément ce que démontrent les deux enquêtes bâclées que le romancier nous décrit en se plaçant dans la perspective des enquêteurs.C\u2019est le ton d\u2019Ellroy qui séduit.En s\u2019appuyant sur les rappor ts d\u2019enquête et en dégainant comme personne ne sait le faire, il réussit à faire sentir de l\u2019intérieur la démarche des policiers.Et ce ne sont pas des enquêtes anodines : la première, l\u2019affaire George Whitmore, mènera à l\u2019ar rêt Miranda qui mit fin à plusieurs types d\u2019inter férences policières ; et la seconde concerne l\u2019assassinat de l\u2019acteur Sal Mineo pour des motifs ridicules.Mais on est quand même loin, avouons-le, des chefs-d\u2019œuvre de Truman Capote ou de Norman Mailer\u2026 De vieilles affaires intéressantes D\u2019anciennes enquêtes de deux poids lourds du polar viennent marquer le caractère unique de leur approche Henning Mankell, un humaniste qui déplore la perte progressive de l\u2019idéal collectif.SEUIL Le dynamiteur ?Henning Mankell, traduit du suédois par Rémi Cassaigne, Seuil, Paris 2018, 215 pages Reporter criminel ?James Ellroy, traduit de l\u2019anglais par Jean-Paul Gratias, Rivages Noir, Paris 2018, 203 pages L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 L i r e Fou de culture?LeDevoir.com/samedigratuit édition papier \u2019 l Chaque samed oir v du De i, dans ement pendant 4 semaine atuit gr édition z l\u2019 e v ece R s.du samedi O?rez l\u2019inspiration À PETIT PRIX POUR LES FÊTES ! *Cette offre se termine le 21 décembre 2018 à 17 h par téléphone, et 31 décembre 2018 en ligne.Taxes et frais de manutention en sus.Offre valide au Canada seulement.velo.qc.ca/noel 514 521-8356 1 800 567-8356, poste 504 20 %* DE RABAIS PLUSIEURS AUTRES TITRES ! CRITIQUE ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR « Tous les fleuves vont à la mer : mais la mer n\u2019en est point remplie ; pourtant les fleuves ne continuent pas moins d\u2019y couler sans arrêt », dit le sage Qohéleth.À cette observation de l\u2019auteur de l\u2019Ecclésiaste, qui laissait certainement songeur il y a 2500 ans, la science a maintenant de quoi répondre.L\u2019évaporation des océans, la condensation de la vapeur en nuages, la précipitation sous forme de pluie et l\u2019écoulement des eaux dans les ruisseaux, les rivières et enfin les fleuves forment un cycle parfaitement équilibré qui maintient la mer à un niveau stable.Du moins, avant que l\u2019être humain ne fasse fondre les glaciers et les calottes polaires\u2026 Dans son essai Sur la science qui surprend, éclaire et dérange, l\u2019astro- physicien québécois Jean-René Roy livre un plaidoyer pour la science, une manière de comprendre le monde qui « marche ».Grâce à une collection d\u2019exemples tirés de la biologie, de la physique nucléaire, de la génétique, de la géophysique ou de la cosmologie, l\u2019auteur montre comment la science permet de comprendre le monde avec intelligence.La science tire sa force de son dynamisme.D\u2019abord, elle bouge constamment: la lecture des ondes gravitationnelles fait partie, depuis 2016, des outils à la disposition des astrophysiciens pour comprendre le monde.Puis, la science surprend: l\u2019univers s\u2019agrandit et, qui plus est, son expansion s\u2019accélère.Ensuite, la science éclaire: le tableau périodique, au XIXe siècle, a permis de prévoir l\u2019existence de nouveaux éléments.Et la science dérange: le réchauffement anthropique du climat est bien réel et il impose un bouleversement de notre mode de vie.Pourquoi en parler maintenant?Selon l\u2019auteur, deux visions erronées et contradictoires de la science circulent.Il y a d\u2019abord la science des encyclopédies, celle de Galilée, Newton et Darwin, qui semble irréfutable et figée dans le temps.Puis, il y a la science tape-à-l\u2019œil, quand, dans les médias, on nous annonce «en fanfare» de nouvelles découvertes scientifiques.La science est pourtant à cheval entre ces deux régimes : elle se construit lentement, gagne en complexité, mais n\u2019est jamais définitive.Alors que, dans la première partie de l\u2019ouvrage, on perd parfois de vue ce dont l\u2019auteur veut nous convaincre, Roy détaille ensuite sa fine vision des usages de la science.Il la distingue d\u2019abord de la croyance, puis explique dans quelles conditions on peut s\u2019en remettre au jugement des autres.Il déplore l\u2019instrumentalisa- tion de la science par les tenants des techno-utopies.Les promesses de voyages sur Mars imminents servent avant tout à promouvoir les activités bien terriennes des milliardaires qui les font miroiter, croit-il.Entre-temps, pour le véritable curieux, les mystères scientifiques ne manquent pas.Pour en donner la mesure, l\u2019auteur conclut en citant Blaise Pascal, qui « proposa l\u2019analogie d\u2019une sphère dont le rayon augmente avec le temps pour décrire la croissance de la connaissance et des savoirs scientifiques : le volume des connaissances croît, mais aussi la sur face frontière avec l\u2019espace de l\u2019inconnu».La science, ça marche L\u2019astrophysicien québécois Jean-René Roy partage sa passion pour cette discipline Grâce à des exemples tirés de plusieurs disciplines, Jean-René Roy montre comment la science permet de comprendre le monde avec intelligence.SVISIO Sur la science qui surprend, éclaire et dérange ?Jean-René Roy, Presses de l\u2019Université Laval, Québec, 2018, 263 pages | 3 3 L i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 CRITIQUE MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Écrites dès 1866 par le communard Jean-Baptiste Clément, les paroles de la chanson Le temps des cerises symboliseront la Commune de Paris (1871), ne serait-ce que par l\u2019interprétation libre des mots « cerises d\u2019amour » tombant « en gouttes de sang », rappel de la répression du mouvement utopiste.On les a chantées à la mort de Marcel Rioux, père québécois de la sociologie émancipatrice.Son disciple Gabriel Gagnon veut qu\u2019on les rechante à la sienne.Gagnon, né à Mont-Joli en 1935, a enseigné l\u2019anthropologie à l\u2019Université de Montréal, notamment au futur cinéaste anticonformiste Pierre Falardeau, et par la suite la sociologie.Dans son autobiographie De Parti pris à Possibles, préfacée par son collègue Jacques Hamel, il explique comment l\u2019importante participation à ces deux revues phares du progressisme québécois a orienté son évolution intellectuelle.Dans Par ti pris (publiée entre 1963 et 1968), il a défini, à partir de 1966, « l\u2019urgence d\u2019un socialisme dé- colonisateur » en insistant, avec d\u2019autres collaborateurs, comme Jean- Marc Piotte, sur, écrit-il, « un socialisme de la vie quotidienne basé sur l\u2019autogestion et susceptible de rejoindre l\u2019ensemble des travailleurs ».Cette tendance annonce déjà Possibles, qu\u2019il fondera en 1976 avec son aîné Marcel Rioux (1919-1992) et, chose étrange aux yeux de nombre d\u2019universitaires, avec des poètes ! On ne peut s\u2019empêcher de penser à Rioux lorsque Gagnon, en syndicaliste universitaire audacieux, rêvait d\u2019insérer l\u2019autogestion dans le haut savoir et « de protéger de la tyrannie du groupe la carrière de nos collègues originaux ou dissidents ».Et que dire de Possibles, qui compte parmi ses fondateurs les poètes Roland Giguère, Gaston Miron, Gérald Godin et Gilles Hénault, en plus de publier en 2016, pour son 40e anniversaire, un numéro codirigé par Gagnon sur les « utopies concrètes » et les «pratiques émancipatrices»?Dès 1988, Rioux, qui, deux ans plus tôt, avait pris sa retraite, avoua, désespéré, devant un auditoire d\u2019étudiants : « l\u2019indépendance du Québec ne se ferait jamais», puis « la sociologie critique que j\u2019avais pratiquée était devenue sans objet puisque l\u2019émancipation de l\u2019homme occidental et de ses sociétés m\u2019apparaissait désormais impossible ».Il mettait la faute sur l\u2019économisme.Nullement insensible à ce « pessimisme cer tain », Gagnon, influencé par l\u2019utopisme rationnel de Castoriadis et de Gorz, maintient toutefois le cap.Avec un succès tout relatif, il lutte pour que le PQ adopte en congrès une résolution sur la diminution de la durée légale de la semaine de travail.Il défend en vain l\u2019idée du «revenu de citoyenneté» préconisée contre la pauvreté par l\u2019ex-syndicaliste Michel Char- trand.L\u2019«inquiétude pour l\u2019environnement et le souci d\u2019une décroissance soutenable» hanteront Gagnon jusqu\u2019à la mort sous les cerises de l\u2019espoir.Une vie pour les « utopies concrètes » Le sociologue Gabriel Gagnon ne craint pas la dissidence des poètes pour changer le monde Gabriel Gagnon explique comment son importante contribution à deux revues phares du progressisme québécois a orienté son évolution intellectuelle.MARIE NICOLE LEMIEUX De Parti pris à Possibles Souvenirs d\u2019un intellectuel rebelle 1935-2016 ?1/2 Gabriel Gagnon, Varia, Montréal, 2018, 208 pages Bourgeois de Joliette L\u2019histoire dite sociale domine dans le discours savant, mais n\u2019a pas la cote auprès du grand public.Il est vrai que cette manière de faire de l\u2019histoire peut s\u2019avérer déstabilisante pour les non-initiés.L\u2019histoire sociale ne fait pas le récit des grands événements qui ont marqué la nation et ne met pas les personnages célèbres sous les projecteurs.Elle s\u2019intéresse plutôt aux faits socio-économiques et étudie les groupes sociaux.Qu\u2019en était-il, par exemple, de la situation des femmes ou des ouvriers en 1850?Les ouvrages d\u2019histoire sociale attirent donc moins les profanes que les livres d\u2019histoire traditionnelle puisque les premiers n\u2019ont pas le caractère narratif des seconds, qui se lisent comme des romans.Comme lecteur, j\u2019ai une préférence pour l\u2019histoire- récit, mais je reconnais néanmoins l\u2019apport indispensable de l\u2019histoire sociale à la connaissance du passé.Cette approche de l\u2019histoire repose sur un indéniable constat : quand un livre affirme, par exemple, que les Québécois, à telle époque, réagissent comme ceci ou comme cela à tel événement, il est évident qu\u2019il tourne les coins ronds.Les ouvriers et les patrons n\u2019ont pas la même perception de la situation pendant le règne de Duplessis.Faire justement l\u2019histoire de cette époque exige qu\u2019on en tienne compte.L\u2019histoire sociale, en ce sens, est indispensable, même si elle porte en elle le danger de négliger le caractère englobant de la référence nationale.Construire une supériorité Je pensais à tout ça en lisant La formation d\u2019une culture élitaire dans une ville en essor.Joliette, 1860-1910 (Septentrion, 2018, 196 pages), un essai d\u2019histoire sociale de Lysandre St-Pier re.La région qu\u2019étudie la jeune historienne est la mienne.Je vis à Joliette depuis trente ans.Je ne suis pas originaire de cette ville.Je viens de Saint-Gabriel-de-Brandon, 50 km plus au nord, le village de la famille d\u2019André Laurendeau, où ce dernier a d\u2019ailleurs été inhumé.Au- jourd\u2019hui, toutefois, quand j\u2019entends « Joliette », je me dis toujours qu\u2019on parle un peu de moi.Or, plongé dans le livre de St-Pierre, et c\u2019est là l\u2019intérêt de l\u2019histoire sociale, je découvre qu\u2019il y avait des mondes dans le monde de mon passé.L\u2019historienne se penche sur l\u2019élite économique, culturelle et politique joliettaine de la fin du XIXe siècle.Elle cherche à comprendre et à LOUIS CORNELLIER exposer comment ces gens cultivent leur supériorité sociale par leur mode de vie, leur éducation et leurs possessions matérielles.Elle évoque bien, d\u2019une certaine façon, une partie de mon histoire \u2013 je passe régulièrement devant la maison bourgeoise qui lui sert d\u2019exemple \u2014, mais ce n\u2019est pas, nuancerais-je, celle de « ma gang », plus populaire.Ce n\u2019en est pas moins intéressant pour autant.St-Pierre, rigoureuse, a dépouillé la correspondance de quelques membres de l\u2019élite joliettaine, les journaux locaux de l\u2019époque et les procès-verbaux de l\u2019Institut d\u2019artisans et association de bibliothèque de Joliette, une sorte de pendant local de l\u2019Institut canadien, afin d\u2019étudier la construction de l\u2019identité élitaire, les rapports de genre dans ce groupe et « le rôle de la culture matérielle dans l\u2019affirmation de l\u2019appartenance à ce milieu».Pour incarner sa démonstration, elle illustre le parcours de vie d\u2019un couple de l\u2019élite joliettaine entre 1860 et 1910.On peut facilement croire que toutes les bourgeoisies des petites villes québécoises de l\u2019époque ont eu des cheminements semblables.Reproduction de classe Ces bourgeois du passé, note St-Pierre, se tiennent entre eux dès leur enfance et sont obsédés par leur « honorabilité », ce qui ne les empêche pas, apprend-on, d\u2019apprécier des spectacles de blackface.Les jeunes hommes fréquentent le prestigieux Collège Joliette et les jeunes filles étudient à la Congrégation de Notre-Dame.À l\u2019époque, la bourgeoisie, pour se démarquer, fait étalage de son amour du théâtre et de la musique.Quand on compare cela avec la situation actuelle, on se dit qu\u2019il y a de bonnes choses qui se perdent.Par ailleurs, dans l\u2019élite joliettaine du temps, le patriarcat règne, les femmes sont invitées à l\u2019élégance et à l\u2019obéissance, mais les excès d\u2019autorité masculine sont condamnés et plusieurs hommes, note l\u2019historienne, sont « très investis auprès de leur famille».Deux choses n\u2019ont pas changé depuis le temps : la passion des riches pour leur maison, considérée à la fois comme «un refuge pour la famille et un outil d\u2019ostentation du prestige du propriétaire », et le sentiment qu\u2019ont les bourgeois de se sacrifier individuellement en s\u2019engageant dans la vie sociale et politique\u2026 à leur bénéfice ! «Pour les bourgeois, note St- Pierre, rien n\u2019est complètement intime et confidentiel puisque tout procède d\u2019une logique de représentation sociale et de reproduction de classe.» À Joliette comme ailleurs, c\u2019est une constante historique. ENTREVUE DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Le livre-testament de Leonard Cohen », claironne le bandeau enrubannant la traduction française de The Flame, livre posthume du poète et chanteur montréalais, claquemuré depuis un peu plus de deux ans dans le luxueux penthouse occupant l\u2019étage supérieur de la « tour de la chanson».Les extraits de carnets reproduits dans la troisième partie du livre ne représenteraient pourtant que de 5 % à 10 % « du matériel inédit qui pourrait être publié au cours des prochaines années », précise la représentante académique de la succession et des archives Leonard Cohen, Alexandra Pleshoyano.« Je ne sais pas du tout pourquoi ils ont écrit ça», regrette la professeure associée au Centre d\u2019études du religieux contemporain de l\u2019Université de Sherbrooke, au sujet de l\u2019argument marketing de cette traduction très franco-française, remplie de «putain » et « far fouille bidouille tripatouille » (« fiddle fiddle, fiddle »).Une lecture affligeante pour qui admire le travail d\u2019orfèvre de Michel Garneau, dont les traductions de certains des livres de son défunt ami permettaient presque de croire que Cohen les avait lui-même d\u2019abord écrits dans ce richissime français typiquement montréalais.Déchiffrer Cohen En avril 2017, Alexandra Pleshoyano reçoit un classeur blanc, contenant des morceaux de textes choisis par Leonard Cohen et Rober t Faggen parmi les 3000 pages de carnets transcrits par ce dernier, avec qui la Québécoise a coédité la version originale de The Flame.La première partie du livre comporte ainsi 63 poèmes inédits, inachevés selon son auteur, qui avait coutume de réécrire et réécrire pendant des décennies, mais néanmoins réellement mis en forme.La deuxième partie rassemble les poèmes qui seront devenus les paroles des chansons de ses quatre derniers albums.Et la troisième, une kyrielle de fragments plus ou moins achevés ponctionnés des foisonnantes archives du «perdant magnifique».«Tout ce qui était dans ce classeur se retrouve dans The Flame, mais relu et disposé avec la minutie que Leonard se serait lui-même imposée s\u2019il n\u2019était pas décédé », explique l\u2019universitaire, qui a révisé l\u2019ensemble des transcriptions en retournant à la source, puis choisi des dessins afin d\u2019en ponctuer le livre.« Ce n\u2019est pas une crit ique de M.Faggen, mais ça prenait vraiment une deuxième paire d\u2019yeux, parce que retranscrire tout ça, c\u2019est un travail de moine.Déchiffrer l\u2019écriture de Leonard Cohen pose problème, parce qu\u2019il était par fois très moody, mais aussi parce qu\u2019il y en a partout, des papiers.Il écrivait sur tout ce qui lui tombait sous la main et il aimait beaucoup aller dans les Dollarama, acheter des calepins cheaps.C\u2019est le fouillis et ça suppose plein de décisions: il y a toujours au milieu d\u2019un fragment le numéro de téléphone d\u2019une femme.Je pouvais m\u2019obstiner pour des virgules avec la maison d\u2019édition, parce que Leonard Cohen était un perfectionniste et il faut le devenir soi-même pour lui être fidèle.» Comment Alexandra Pleshoyano, qui vit à Sainte-Catherine-de-Hatley, en Estrie, a-t-elle hérité d\u2019un pareil mandat ?« Je ne sais pas ! » jure celle qui a beaucoup travaillé sur la dimension spirituelle de l\u2019œuvre du Mont- réalais, avant d\u2019être embauchée par son équipe, après sa mort.La dame se mordra la langue à plusieurs reprises pendant l\u2019entrevue afin de ne pas en dire trop sur ce que l\u2019avenir réserve aux admirateurs du dandy.Elle ne l\u2019aura rencontré qu\u2019une seule fois, à l\u2019arrière-scène du Zénith de Strasbourg, le 10 septembre 2010, à l\u2019invitation des administrateurs du site Web leonardcohensite.com, Olivier Mory et Patrice Clos, à qui elle avait accordé un entretien.Elle parvenait ainsi à contourner la vigilance de Robert Kory, gérant de Leonard Cohen, aujourd\u2019hui administrateur de son patrimoine, qui tenait à distance même les visiteurs les plus célèbres pendant la longue tournée d\u2019adieu de son client.«Leonard me demande d\u2019abord ce que je fais dans la vie et je me suis trouvée à lui dire que j\u2019avais fait deux recherches postdoctorales, se souvient-elle.Il me regarde interloqué et il me dit : \u201cPourquoi deux ?\u201d, comme si c\u2019était suspect.Je lui ai répondu que c\u2019est parce que je n\u2019avais pas trouvé de job et soudainement, c\u2019était correct, j\u2019étais blanchie.On a parlé de mystique juive et ça m\u2019a nourrie pour la vie.Devant Leonard Cohen, on se sentait comme la plus belle femme du monde, on avait son undivided attention.Comme dans sa poésie, où il y a toujours un \u201cje\u201d et un \u201ctu\u201d, il reconnaissait en conversation le mystère chez l\u2019autre.» Cette déférence se manifestera même face à la mort.« Je prie pour avoir le courage / À présent je suis vieux / Pour accueillir la maladie / Et le froid / [\u2026] Je prie pour avoir le courage / À la fin / De voir la mort venir / En amie », écrit-il dans un des poèmes les plus lumineusement sombres de The Flame, autrement composé du même mélange de gratitude et d\u2019ar rogance, de sexes chauds et de prières, de certitudes et de doutes, que ses recueils les plus importants.«J\u2019aime encore plus Leonard Cohen maintenant parce qu\u2019il reconnaît à nouveau dans ces poèmes inédits qu\u2019à partir des ténèbres peut parfois arriver un éclat de lumière, confie Mme Ples- hoyano.Pas les fausses lumières des masques que l\u2019on revêt: la lumière qui ne peut venir que lorsqu\u2019on les dépose et qu\u2019on montre ses ombres.» Le premier dernier testament de Leonard Cohen The Flame ne contiendrait que de 5 % à 10 % des archives du défunt poète montréalais L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 L i r e Po é s i e 3 4 | Une partie du livre rassemble les poèmes qui seront devenus les paroles des chansons des quatre derniers albums de Leonard Cohen.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Lenny affronte Yeezy «Kanye West n\u2019est pas Picasso / C\u2019est moi Picasso / Kanye West n\u2019est pas Edison / C\u2019est moi Edison», raille Leonard Cohen dans un poème que certains ont décrit comme une correction infligée au rappeur à l\u2019ego costaud, alors que des spécialistes du hip-hop y ont plutôt vu le vieil homme adhérer à la tradition du rap battle, ces joutes verbales durant lesquelles des rappeurs s\u2019invectivent.L\u2019opinion d\u2019Alexandra Ples- hoyano?«Est-ce que Leonard a écrit ça en se moquant ?Je suis convaincue que oui.Est-ce qu\u2019il a écrit ça en se faisant lui-même rappeur ?Je suis aussi convaincue que oui.C\u2019était un taquin, un pince-sans-rire.Il est né enfant.Il est mort enfant.» The Flame Leonard Cohen, traduit de l\u2019anglais par Nicolas Richard, Éditions du Seuil, Paris, 2018, 360 pages.En librairie le 27 novembre.« | 3 5 É c r an s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C U L T U R E CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR L e documentariste Jean-Nicolas Orhon a filmé Yannick Nézet-Séguin et les musiciens de l\u2019Orchestre Métropolitain pendant et dans l\u2019année précédant leur tournée européenne.Le film Ensemble a pris l\u2019affiche vendredi dans sa version intégrale de 90 minutes.Une version abrégée de 52 minutes sera dif fusée sur ICI Artv lundi à 20 h 30.Samedi 27 octobre 2018.Ensemble vient d\u2019être présenté aux musiciens et à l\u2019équipe du Métropolitain.Les larmes d\u2019émotion affleurent ou coulent, les uns et les autres ont du mal à se séparer.Ce n\u2019est pas de la vanité de s\u2019être vu sur un grand écran.Voilà bien des gens qui sont loin d\u2019avoir le luxe d\u2019être vaniteux.En 90 minutes, les musiciens viennent de voir l\u2019étendue du chemin parcouru, en 12 moins pendant l\u2019année 2017, mais aussi depuis 35 ans.Plus encore, ils ont conscience que Jean-Nicolas Orhon a capté l\u2019essentiel : l\u2019esprit qui les unit, cet esprit qui fait qu\u2019un orchestre, c\u2019est autre chose que la somme de cent individus.Solidarité et identité Lorsque l\u2019on atteint la quintessence de cette communion, lorsque le groupe devient « un grand couple à 100 personnes », comme le dit une musicienne dans le film, les « énergies réunies au même moment sont disponibles à la beauté ».Cette formule de Jennifer Bourdages, pianiste de l\u2019orchestre, est l\u2019une de celles qui illuminent comme de petites étincelles la version longue d\u2019Ensemble.Le film, émaillé de portraits d\u2019instrumentistes, amène logiquement à la conclusion de Yannick Nézet-Séguin : « On ne peut faire de musique sans faire d\u2019amour, sans faire l\u2019amour.Les gens sont abasourdis d\u2019entendre l\u2019amour à travers le son.» Au-delà d\u2019un regard sur la musique ou d\u2019un documentaire qui illustrerait le parcours menant un orchestre à vocation initialement locale à faire se lever des salles à Paris, à Hambourg ou à Amsterdam, Ensemble est un témoignage sur la résilience, la solidarité et le partage \u2014 la «multiplication d\u2019âmes», une des autres belles formules entendues ici.Il est dommage que Jean-Nicolas Orhon esquive le hiatus entre le prestige des décors des salles visitées et la réalité de la vie quotidienne du musicien d\u2019un orchestre en manque de reconnaissance (en matière de soutiens publics) par rapport à son utilité sociale et ses accomplissements.Une bataille de la reconnaissance que mène désormais ouvertement Yannick Nézet-Séguin à l\u2019égard de disparités de traitement à tous les étages.Un écar t dont l\u2019étendue ne se justifie plus.Deux visions La version cinéma de 90 minutes et le documentaire de 52 minutes qui sera diffusé lundi soir sur Artv, puis repris sur ICI Radio Canada pendant les Fêtes, ont un même substrat, mais deux natures différentes.Le « vrai » film est avant tout une aventure humaine.L\u2019ampleur, palpable, de cette aventure rend la musique encore plus touchante, étrei- gnante.La version courte évacue les portraits individuels, les parcours et les destinées, au profit du projet collectif (la tournée), émaillé d\u2019extraits de répétitions qui sont autant de portes ouvertes des considérations sur l\u2019art et la musique dans nos vies.Quelle que soit la version, Ensemble met le doigt sur l\u2019importance de la musique classique comme îlot de sérénité, de réflexion, de méditation, ou de simple temps d\u2019arrêt dans les turbulences de nos vies.Ce film est important aussi et surtout parce qu\u2019il témoigne sereinement et objectivement \u2014 on entend ainsi le chef dire à ses musiciens avant le concert de Dortmund : « Ne le prenez pas perso, mais ici les gens ne se lèvent pas pour applaudir », avant de voir la salle se lever comme un seul homme pour une standing ovation comme on n\u2019en avait jamais vu ou presque là-bas ! \u2014 de ce qui peut être considéré comme le plus grand événement de la musique classique québécoise depuis la création de l\u2019OSM il y a 84 ans.En effet, ces dix jours, à l\u2019issue desquels un orchestre à portée originellement régionale, offrant des débouchés professionnels aux musiciens québécois, a acquis une stature internationale, sous la houlette d\u2019un chef québécois devenu une vedette planétaire, auront des suites.Même s\u2019il met un peu de temps à plonger dans le vif du sujet (les 30 premières minutes de la version longue sont très centrées sur le chef et la musique en répétition), Jean-Nicolas Orhon a filmé le déclic et, en même temps, documenté l\u2019alchimie, la fierté, l\u2019abnégation.Bref : l\u2019ADN du Métropolitain et une identité que nul ne peut aujourd\u2019hui snober ou contester.Montrer la chose à l\u2019écran permettra peut-être à ceux qui trouvent encore trop pratique de faire semblant de ne pas comprendre ce qui s\u2019est passé en musique classique en 2017 au Québec.Ensemble et pour tous.Ensemble Film écrit et réalisé par Jean-Nicolas Orhon et produit par Sandra-Dalhie Goyer (2018).Version originale de 92 minutes: Cinéma Beaubien, Cinéma du Musée et Cinéma du Parc, Le Tapis rouge, Cinéma Pine, Cinéma Cartier et Maison du cinéma.Version courte de 52 minutes: ICI Artv le 26 novembre à 20h30.ICI Radio-Canada Télé le 29 décembre à 19h30.L\u2019amour à travers le son Ensemble, de Jean-Nicolas Orhon, nous parle de musique, d\u2019identité, de solidarité et d\u2019amour Sur quatre saisons, la caméra de Jean-Nicolas Orhon a suivi l\u2019OM alors que l\u2019Orchestre entamait à l\u2019automne 2017 sa première tournée internationale.PHOTOS ARTV L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | SAMEDI LE GRAND BLEU (4) Fr.1988.Aventures de Luc Besson avec Jean-Marc Barr, Jean Reno, Rosanna Arquette.- Pour récupérer son titre de champion du monde de plongée en apnée, Enzo Molinari entraîne son rival et ami d\u2019enfance Jacques Mayol dans des compétitions en eaux de plus en plus profondes.ARTV 12h LE RÈGNE DU FEU (4) (Reign of Fire), É.-U.2002.Drame fantastique de Rob Bowman avec Christian Bale, Matthew McConaughey, Izabella Scorupco.- Dans un futur post-apocalyptique, des humains réfugiés dans un château fort sont en proie aux attaques de dragons.MP 13h INDIANA JONES AND THE KINGDOM OF THE CRYSTAL SKULL (4) É.-U.2008.Aventures de Steven Spielberg avec Harrison Ford, Shia LaBeouf, Cate Blanchett.- En 1957, un archéologue part à la recherche d\u2019un mystérieux crâne de cristal convoité par un commando soviétique.CTV 14h L\u2019AGENT CODY BANKS (4) (Agent Cody Banks), É.-U.2003.Comédie d\u2019espionnage d\u2019Harald Zwart avec Frankie Muniz, Angie Harmon, Hilary Duff.- Un adolescent recruté par la CIA fait équipe avec une super- espionne pour lutter contre de dangereux criminels.V 14h LES GARÇONS ET GUILLAUME, À TABLE! (3) Fr.2013.Comédie de Guillaume Gallienne avec Guillaume Gallienne, André Marcon, Françoise Fabian.- Par la façon dont sa mère l\u2019a toujours distingué de ses frères, un garçon grandit en pensant qu\u2019il est une fille.ARTV 15h LA MARIÉE EST EN FUITE (5) (Runaway Bride), É.-U.1999.Comédie sentimentale de Garry Marshall avec Julia Roberts, Richard Gere, Joan Cusack.- Un journaliste s\u2019intéresse à une jeune femme qui a pris l\u2019habitude de fuir chaque fois qu\u2019elle est sur le point de se marier.MAX 15h30 ARMÉE ET DANGEREUSE (5) (Jane Got a Gun), É.-U.2016.Western de Gavin O\u2019Connor avec Natalie Portman, Joel Edgerton, Ewan McGregor.- Son mari étant grièvement blessé, une femme engage son ex-fiancé pour l\u2019aider à défendre leur ranch, menacé par les anciens complices de son époux.TVA 16h08 ESPIONS EN HERBE (4) (Spy Kids), É.-U.2001.Comédie fantaisiste de Robert Rodriguez avec Alexa Vega, Daryl Sabara, Antonio Banderas.- Deux enfants entreprennent de sauver leurs parents agents secrets qui ont été faits prisonniers par un mégalomane voulant dominer le monde.TQ 18h LES APPRENTIS CHAMPIONS (5) (Cool Runnings), É.-U.1993.Comédie dramatique de Jon Turteltaub avec Leon, Doug E.Doug, Malik Yoba.- Les difficultés qu\u2019a dû surmonter la première équipe jamaïcaine de bobsleigh pour se rendre aux Jeux olympiques de Calgary en 1988.MAX 18h HARRY POTTER À L\u2019ÉCOLE DES SORCIERS (4) (Harry Potter and the Philosopher\u2019s Stone), É.-U.2001.Drame fantastique de Chris Columbus avec Daniel Radcliffe, Rupert Grint, Emma Watson.- Aidé de ses amis, un jeune apprenti sorcier part à la recherche de la pierre philosophale, également convoitée par un mage diabolique.V 18h ASSAUT SUR LA MAISON-BLANCHE (5) (Olympus Has Fallen), É.-U.2013.Thriller d\u2019Antoine Fuqua avec Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman.- Un garde du corps en disgrâce reprend du service afin de libérer la Maison-Blanche prise d\u2019assaut par un commando nord-coréen.TVA 18h30 LES AMANTS PASSAGERS (4) Esp.2013.Comédie de Pedro Almodóvar avec Javier Camara, Carlos Areces, Raul Arévalo.- Tandis qu\u2019un Airbus en panne attend de pouvoir se poser en catastrophe, le personnel de bord et les passagers noient leur anxiété dans un cocktail fortifié à la mescaline.ARTV 20h DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX \u2013 CODE U.N.C.L.E.(5) (The Man from U.N.C.L.E), É.-U.2015.Drame d\u2019espionnage de Guy Ritchie avec Henry Cavill, Armie Hammer, Alicia Vikander.- Au début des années 1960, deux agents secrets, l\u2019un américain, l\u2019autre soviétique, unissent leurs efforts pour déjouer un complot nucléaire qui menace l\u2019avenir du monde.TVA 20h49 LE CHOC DES TITANS (5) (Clash of the Titans), É.-U.2010.Drame fantastique de Louis Leterrier avec Sam Worthington, Liam Neeson, Ralph Fiennes.- Le demi-dieu Persée est amené à combattre Hadès, frère de Zeus, dont la colère s\u2019est abattue sur le peuple de Sériphos après que celui-ci eut défié l\u2019ordre divin.MP 21h QU\u2019UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT (3) Fr.2009.Drame de Léa Fehner avec Farida Rahouadj, Reda Kateb, Pauline Étienne.- Les destins de trois individus d\u2019horizons divers convergent pour finalement se croiser dans le parloir d\u2019une prison.TFO 21h TROIE (4) (Troy), É.-U.2004.Drame épique de Wolfgang Petersen avec Brad Pitt, Eric Bana, Orlando Bloom.- L\u2019enlèvement de la reine Hélène de Sparte par le jeune prince Pâris provoque la guerre de Troie.V 21h15 HISTOIRES D\u2019HIVER (4) Can.1998.Chronique de François Bouvier avec Joël Drapeau-Dalpé, Denis Bouchard, Luc Guérin.- La vie d\u2019un garçon qui, en 1966, rêve de rencontrer son idole, le joueur de hockey Henri Richard.TQ 22h LE GRAND BLEU Voir samedi, 12h.ARTV 23h MY NAME IS JOE (4) G.-B.1998.Drame de mœurs de Ken Loach avec Peter Mullan, Louise Goodall, David McKay.- Un ex-alcoolique au chômage s\u2019éprend d\u2019une assistante sociale qui mène une vie calme et rangée.TFO 23h02 RAMBO 4 (5) (Rambo), É.-U.2008.Drame de guerre de Sylvester Stallone avec Sylvester Stallone, Julie Benz, Paul Schulze.- Retiré en Thaïlande, un ancien soldat d\u2019élite américain reprend du service pour sauver des missionnaires chrétiens détenus dans la Birmanie voisine par un chef de guerre sadique.TVA 23h38 PARKLAND (5) É.-U.2013.Drame historique de Peter Landesman avec Billy Bob Thornton, Paul Giamatti, Zac Efron.- L\u2019assassinat du président Kennedy à Dallas en 1963, tel que vécu par un urgentologue, deux policiers, le frère du présumé meurtrier et un témoin qui a filmé le drame.RC 0h30 CONAN LE BARBARE (5) (Conan the Barbarian), É.-U.2011.Aventures de Marcus Nispel avec Jason Momoa, Stephen Lang, Rachel Nichols.- Un guerrier puissant tente de retrouver l\u2019homme qui a décimé son village alors qu\u2019il était enfant.TVA 1h23 QU\u2019UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT Voir samedi, 21h.TFO 1h30 DIMANCHE SECRETARIAT (5) É.-U.2010.Drame biographique de Randall Wallace avec Diane Lane, John Malkovich, Otto Thorwarth.- En 1973, une mère au foyer réussit à s\u2019imposer dans le milieu macho des champs de courses quand le cheval dont elle est propriétaire remporte la triple couronne.TVA 10h ESPIONS EN HERBE Voir samedi, 18h.TQ 12h BOULE & BILL (5) Fr.2013.Comédie d\u2019Alexandre Charlot avec Franck Dubosc, Marina Foïs, Charles Crombez.- En 1976, dans une tour d\u2019habitation en banlieue de Paris, le cocker d\u2019un gamin rouquin crée des soucis aux parents de ce dernier.TVA 13h45 NUIT FOLLE (5) (Fun Size), É.-U.2012.Comédie de Josh Schwartz avec Victoria Justice, Jackson Nicoll, Jane Levy.- Le soir de l\u2019Halloween, une adolescente part à la recherche de son petit frère espiègle qui a trompé sa vigilance durant la tournée des maisons de son quartier.V 14h LE CHOC DES TITANS Voir samedi, 21h.MP 14h30 ROBIN DES BOIS (4) (Robin Hood), É.-U.2010.Drame épique de Ridley Scott avec Russell Crowe, Cate Blanchett, Mark Strong.- À l\u2019aube du XIIIe siècle, un archer anglais de retour des Croisades s\u2019illustre lors d\u2019une tentative d\u2019invasion française fomentée par un cruel conseiller de l\u2019inique roi Jean.TVA 15h18 THE TOWN (4) É.-U.2010.Drame policier de Ben Affleck avec Ben Affleck, Rebecca Hall, Jeremy Renner.- À Boston, un cambrioleur noue, sous une fausse identité, une relation amoureuse avec la gérante de la banque qu\u2019il a braquée quelques jours plus tôt avec ses complices.MAX 15h30 MON FANTÔME D\u2019AMOUR (4) (Ghost), É.-U.1990.Drame fantastique de Jerry Zucker avec Patrick Swayze, Demi Moore, Whoopi Goldberg.- Devenu un fantôme après son assassinat, un jeune cadre se sert d\u2019un faux médium pour contacter sa compagne aux prises avec des criminels.V 15h45 LES APPRENTIS CHAMPIONS Voir samedi, 18h.MAX 20h NELLY (4) Can.2016.Drame biographique d\u2019Anne Émond avec Mylène Mackay, Mickael Gouin, Mylia Corbeil-Gauvreau.- Variation sur la vie et l\u2019œuvre de l\u2019écrivaine québécoise Nelly Arcan, qui s\u2019est enlevé la vie en 2009, à l\u2019âge de 36 ans.ARTV 21h TERREUR SOUS LA MER (5) (Deep Blue Sea), É.-U.1999.Drame d\u2019horreur de Renny Harlin avec Saffron Burrows, Thomas Jane, LL Cool J.- Les employés d\u2019un laboratoire flottant en haute mer sont aux prises avec des requins monstrueux.MP 21h MY NAME IS JOE Voir samedi, 23h02.TFO 21h02 INCENDIES (2) Can.2010.Drame de Denis Villeneuve avec Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette.- À la mort de leur mère, des jumeaux montréalais sont amenés à découvrir des faits troublants sur sa jeunesse dans un pays du Moyen- Orient ravagé par la guerre civile.TQ 22h30 LES GARÇONS ET GUILLAUME, À TABLE! Voir samedi, 15h.ARTV 22h45 BEAUMARCHAIS, L\u2019INSOLENT (4) Fr.1996.Comédie de mœurs d\u2019Édouard Molinaro avec Fabrice Luchini, Manuel Blanc, Sandrine Kiberlain.- Aperçu de la vie publique et privée d\u2019un célèbre auteur dramatique du XVIIIe siècle à l\u2019aube de la Révolution française.TFO 23h EN SOLITAIRE (4) Fr.2013.Drame sportif de Christophe Offenstein avec François Cluzet, Samy Seghir, Guillaume Canet.- Un participant à une course de voiliers autour du monde en solitaire découvre qu\u2019un passager clandestin s\u2019est glissé dans son bateau à la faveur d\u2019une escale technique.TVA 23h03 LA DUCHESSE (4) (The Duchess), G.-B.2008.Drame historique de Saul Dibb avec Keira Knightley, Ralph Fiennes, Hayley Atwell.- Au XVIIIe siècle en Angleterre, la vie tumultueuse de Georgiana Spencer, épouse du duc de Devonshire.RC 23h25 LE MILLIARDAIRE (4) (Let\u2019s Make Love), É.-U.1960.Comédie musicale de George Cukor avec Yves Montand, Marilyn Monroe, Tony Randall.- Pour séduire une danseuse dont il s\u2019est épris, un milliardaire se fait engager sous une fausse identité comme acteur dans son prochain spectacle.RC 1h09 MY NAME IS JOE Voir samedi, 23h02.TFO 1h30 LUNDI LE CHOC DES TITANS Voir samedi, 21h.MP 17h NON COUPABLE (5) (A Time to Kill), É.-U.1996.Drame judiciaire de Joel Schu- macher avec Matthew McConaughey, Samuel L.Jackson, Sandra Bullock.- Une ville du sud des États-Unis est secouée par des tensions raciales durant le procès d\u2019un Noir qui a abattu deux jeunes violeurs blancs.MAX 20h BEAUMARCHAIS, L\u2019INSOLENT Voir dimanche, 23h.TFO 21h AN HONEST LIAR (4) É.-U.2014.Documentaire de Tyler Measom.- La vie de James Randi, un magicien réputé qui a consacré une partie de sa carrière à dénoncer les guérisseurs, mentalistes et fraudeurs de toutes sortes.PBS (WETK) 22h SOMMEIL D\u2019HIVER (2) Turq.2014.Drame de Nuri Bilge Ceylan avec Haluk Bilginer, Melisa Sözen, Demet Akbag.- Dans un village d\u2019Anatolie, un riche homme d\u2019affaires quinquagénaire subit les affronts et rebuffades de son entourage.TFO 23h30 MARDI UN HOMME INQUIÉTANT (5) (A Daughter\u2019s Nightmare), Can.2014.Thriller de Vic Sarin avec Emily Osment, Victoria Pratt, Paul Johansson.- Une jeune étudiante soupçonne le nouvel ami de sa mère, veuve depuis peu, de vouloir l\u2019empoisonner.V 12h30 LES LUCIOLES DANS LE JARDIN (5) (Fireflies in the Garden), É.-U.2007.Drame de Dennis Lee avec Ryan Reynolds, Willem Dafoe, Emily Watson.- Un romancier, qui s\u2019apprête à publier un livre sur ses rapports tendus avec son père tyrannique, doit plutôt composer avec la mort subite de sa mère dans un accident.TVA 13h MARIE-FRANCINE (5) Fr.2017.Comédie de Valérie Lemercier avec Valérie Lemercier, Patrick Timsit, Hélène Vincent.- De retour chez ses parents en raison de problèmes conjugaux et professionnels, une quinquagénaire s\u2019éprend d\u2019un cuistot, qui lui cache qu\u2019il vit aussi chez sa mère.TFO 0h29 JOYEUSES FUNÉRAILLES (4) (Death at a Funeral), É.-U.2010.Comédie de Neil LaBute avec Chris Rock, Martin Lawrence, Zoe Saldana.- Les funérailles du patriarche d\u2019une famille afro-américaine sont perturbées par une série d\u2019incidents, ainsi que par les révélations d\u2019un inconnu de race blanche au sujet du défunt.TVA 0h35 MERCREDI FESTIN D\u2019AMOUR (4) (Feast of Love), É.-U.2007.Drame de mœurs de Robert Benton avec Morgan Freeman, Greg Kinnear, Alexa Davalos.- À Portland, un professeur mélancolique suit avec intérêt les démêlés sentimentaux des habitants de son quartier.VIE 13h NOTRE PETITE SŒUR (4) Jap.2015.Drame d\u2019Hirokazu Kore-eda avec Haruka Ayase, Masami Nagasawa, Kaho.- À l\u2019enterrement de leur père, trois femmes aux tempéraments opposés font la connaissance de leur charmante demi-sœur.TFO 21h MASSACRE À LA TRONÇONNEUSE: LA NOUVELLE GÉNÉRATION (5) (Texas Chainsaw Massacre: The Next Generation), É.-U.1995.Drame d\u2019horreur de Kim Henkel avec Renée Zellweger, Matthew McConaughey, Robert Jacks.- À la suite d\u2019une panne de voiture, une étudiante tombe sur une famille de dégénérés qui prennent plaisir à la terroriser.Z 23h VALLEY OF LOVE (4) Fr.2015.Drame de Guillaume Nicloux avec Isabelle Huppert, Gérard Depardieu, Dan Warner.- Deux acteurs qui ne se sont pas vus depuis 30 ans se retrouvent dans la vallée de la Mort en Californie, où leur fils qui s\u2019est suicidé leur a donné rendez-vous.TFO 0h29 JEUDI FILM DE SUPER-HÉROS (5) (Superhero Movie), É.-U.2008.Comédie satirique de Craig Mazin avec Drake Bell, Sara Paxton, Christopher McDonald.- Après avoir été piqué par une libellule génétiquement modifiée, un adolescent timoré se découvre des pouvoirs surnaturels qui font de lui un nouveau superhéros.MP 21h VALLEY OF LOVE Voir mercredi, 0h29.TFO 21h LE COGNEUR (5) It.1975.Comédie policière de Steno avec Bud Spencer, Al Lettieri, Robert Webber.- Se faisant passer pour un criminel, un inspecteur italien remonte la filière d\u2019un trafic de drogue jusqu\u2019en Orient.Z 23h NELLY Voir dimanche, 21h.ARTV 23h MARIAGES (4) Can.2001.Drame psychologique de Catherine Martin avec Marie-Ève Bertrand, Guylaine Tremblay, Mirianne Brûlé.- À la fin du XIXe siècle, une jeune femme promise au couvent s\u2019éprend du fiancé de sa nièce.TFO 0h30 HONEST LIAR, AN Voir lundi, 22h.PBS (WETK) 1h MADEMOISELLE JULIE (4) (Miss Julie), Norv.2014.Drame sentimental de Liv Ullmann avec Jessica Chastain, Colin Farrell, Samantha Morton.- Le soir de la Saint-Jean 1890 en Irlande, une jeune aristocrate névrosée entame un jeu de séduction malsain avec le valet de son père.TVA 1h50 VENDREDI SEUL EN MER (3) (All Is Lost), É.-U.2013.Drame de J.C.Chandor avec Robert Redford.- En plein océan Indien, un navigateur solitaire doit affronter l\u2019avarie de son bateau et de terribles tempêtes.TVA 13h FILM DE SUPER-HÉROS (5) (Superhero Movie), É.-U.2008.Comédie satirique de Craig Mazin avec Drake Bell, Sara Paxton, Christopher McDonald.- Après avoir été piqué par une libellule génétiquement modifiée, un adolescent timoré se découvre des pouvoirs surnaturels qui font de lui un nouveau superhéros.MP 17h THE TOWN Voir dimanche, 15h30.MAX 20h MARIAGES Voir jeudi, 12h30.TFO 21h ROSE BONBON (4) (Pretty in Pink), É.-U.1986.Comédie dramatique d\u2019Howard Deutch avec Molly Ringwald, Andrew McCarthy, Jon Cryer.- Les tribulations sentimentales d\u2019une adolescente, fille de chômeur, étudiant dans une école fréquentée par des jeunes de milieux aisés.MAX 22h30 LES PSYCHOPATHES (4) (Seven Psychopaths), G.-B.2012.Comédie de Martin Mc- Donagh avec Colin Farrell, Sam Rockwell, Christopher Walken.- Un scénariste en panne d\u2019inspiration est entraîné par un ami acteur dans une folle histoire de kidnapping de chien.ARTV 23h NELLY Voir dimanche, 21h.RC 23h06 IL FAUT QU\u2019ON PARLE DE KEVIN (3) (We Need to Talk About Kevin), G.-B.2011.Thriller de Lynne Ramsay avec Tilda Swinton, Ezra Miller, John C.Reilly.- L\u2019existence difficile d\u2019une femme dont le fils a été incarcéré à la suite d\u2019une tuerie dans son école secondaire.TQ 23h30 LE CAS 39 (5) (Case 39), É.-U.2009.Drame d\u2019horreur de Christian Alvart avec Renée Zellweger, Jodelle Ferland, Ian McShane.- Après avoir recueilli une fillette de dix ans menacée de mort par ses parents, une travailleuse sociale découvre que sa protégée est possédée par une entité diabolique.TVA 23h35 MON PETIT DOIGT M\u2019A DIT.(3) Fr.2005.Comédie policière de Pascal Thomas avec Catherine Frot, André Dussollier, Geneviève Bujold.- Une châtelaine en mal de sensations fortes enquête sur une disparition et une série d\u2019empoisonnements survenues dans une maison de retraite cossue.TFO 0h29 W.E.(5) G.-B.2011.Drame sentimental de Madonna avec Andrea Riseborough, James D\u2019Arcy, Abbie Cornish.- En 1998 à New York, l\u2019épouse insatisfaite d\u2019un psychiatre revoit en pensée les épisodes marquants de la liaison du roi Édouard VIII avec l\u2019Américaine divorcée Wallis Simpson.RC 0h46 FACE À FACE (5) (Killing Season), É.-U.2013.Thriller de Mark Steven Johnson avec John Travolta, Robert De Niro, Milo Ventimiglia.- En Nou- velle-Angleterre, l\u2019affrontement entre un soldat serbe et le colonel américain qui, vingt ans plus tôt, l\u2019a laissé pour mort durant la guerre de Bosnie.TVA 0h35 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 ?CONTENU PARTENAIRE Le recyclage des appareils électroniques, on y voit?! Martin Carli devant une montagne de pièces d\u2019appareils électroniques en attente d\u2019être traitées et recyclées.Sylvain Bellavance et Martin Carli, les coanimateurs de Génial! à Télé-Québec.z e Découvr F H i d on or e r e e n e v o 8 n 2 o si is m é \u2019 l e i d i t o u q a F s l r e v e a u q a h C , à T n i a h c o r e p r b m u Q - é l é à T ! al ni é G n t p n o r r u i po u e q n n e R e d n r e Ho i r e d n o es d n n o es t , d e é n n bec?! é u Q - é l é es l é l t i s i i a v u , q bec é ec e r r t e ê t i u a s r l a .L a d n a r No - n y u o l e es c n o h p é l é e t r u e s i l éa r y r u x po u e i o z i r o h \u2019 r d u o .T és l c y a r t x n e f?E i t ec j b o \u2019 es e t t e l b a , t es r i a l u l z e d n e .R e g a n r u o n t r a n C i t r a ec M v n a x es u a t é es m e d r i e u és s d r u e t a n i d r t o e e l t i u a s r l u s po u o v - e e d u q i f i t n e i c e s , l i l e i e v r t o s à n l e i t n e s es é n i m e h c t a n o s s t , je f e t x e t n o c s?! J n io t s e qu o l p ie t n e s ie s s o n d u e m m o e c J ous pr v s- ête tin C ar M o b a l l o C MA AR P s et l e s n o p é s r e e l l u m r o a m s l i a , je f e t x e e t s l i r c é \u2019 s b e r l e s o e p s s i u e je p r qu u \u2019 .C et l p m o e c h c r e h c e e r r d e g n o l e p ar m s p r u ujo o e t c n é à ce tournage?épar ous arli, comment v iale c é p n s o i t a r S MA U D E D U e qu c ar E p P R A \u2019 l e d é d t p e c c i a a \u2019 J onique électr clage de y ec le r A \u2019 s de l è aupr -nous de v z arle P ux ie c é r aux p ét m e e s s i u n p o \u2019 qu s e e qu i n o r t c e l é - x s e e n e e s i s e nn o - s t e s e s an r d s r u e al s v e t m n i jo e a r e ç e d l o ar p - e t r o e p r l i n e v e s du Québec s oduit s pr tion pour ocia s s ôle e r otr .e e et d r iv u e du c r i a r t x n e u o s p é t i a r e t r êt \u2019 e d t n e t t n a e s r d N qu \u2014 i o n s e r du s u e l p am \u2019 L ois sur place?une f st-ce qui v e \u2019 Qu e à e l p m i s s a p à l l o o c e r êt e m o s m e d p i qu e é n u .P é d i al et v , s n io t a ic l p ie , b é i h i \u2019 .L e R r d u œ é au c t an l p m t i s i e n e u qu s e r t p s e \u2019 c \u2014 e t i , ous a étonné r?! e qu i l xp ujet n e s e l s qu i a , m é l é a t u s é r e e l s qu i d e je m ù s o t n i a d l e .C s e t s i h c r e h c e e r e d u p s ap i u , je s l! ia n é G r u o e r t êt i o d t u o t i o s qu è r ap .P clage y ec r s dans le é s dépo s ne doiv suet dé eils électr s appar e L au l f .I t n e m e t c e r g a i g n qu o s i a m , o s é nn io t n e t n i s d r ie ux t e s d e L v n e \u2019 l e d n io t c e t e c s l an t d u o t r u s .L û - n y u o e l l i e v a r e e s a t v a t l l y a i , t ar é p y ié f i r é v quoi?our s de s bac e ent pas êtr s onique e?! g a s s e e m r l e s s a t p o s c é l c y c e e r r t à êt n ie a r e n s?» à l n ie ar u p r e s s « e t d n ie e b m ê , m s i o c é b é u s Q e é t i r io r p e n t u s e t n e m e nn o r i o r a p ù l l o e u t c e a t x e t n o - r a n .- , t n o s m e c s c è r i t s s au e qu i r fu l u s e m e t c e r i d g i g n i a r r e t a an r o ap \u2019 aux d e c r o e m s d e n g a r d e v u o r et e r e m t d n e t n o t?! J an nn io s s e r p m t i s e \u2019 \u2026 C d e n i s u \u2019 , l ie r e d n o a f l t à n ar i qu s n i a r t s e l , e qu s e t an n s e n m e e c s n e m m e r au s e qu i n o r t u o i v .S b m o l e p l x o s t e c an t s b u s iv u c du t n e m e l ie ar u p r e s «?s o V s l i e ar p t an v e é i ét a \u2019 e d i c a \u2019 t n e iv r e r s e d t n e qu s i r s l i , e g a l c y c c e l s é l i e ar p s ap o z v e t et s m e et r u c r e e m e l m m o s c e qu i e d i s s au s i a m , r o \u2019 l e d et e r u e n s o t n n e m r e f n e s?» r n e - s - L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Découvrez La première coulée de cuivre de la Fonderie, qui porte le nom de son fondateur, Edmund Horne, a eu lieu en 1927.C\u2019est la seule fonderie de cuivre au Canada et le plus grand producteur de cuivre et de métaux précieux en Amérique du Nord.La fonderie reçoit deux types de matériaux pour produire des anodes?: les pièces d\u2019appareils recyclables et le concentré de cuivre, qui provient de mines régionales ou situées un peu partout dans le monde.En 2016, la Fonderie Horne obtient la certification ISO 14001?: 2015 qui atteste sa gestion environnementale.Les activités de la Fonderie Horne génèrent 601 emplois directs et 600 emplois indirects.La Fonderie Horne, en activité depuis 90 ans retrouver dans les mains d\u2019un ferrailleur qui les démantèlera pour en extraire les métaux précieux et qui se débarrassera des matières toxiques sans soucis pour l\u2019environnement.Il est donc impératif de déposer vos appareils dans un point de dépôt officiel.Qu\u2019est-ce que le cuivre et l\u2019or extraits de ces appareils ont de si particulier?Le cuivre est un bon conducteur électrique, qui transporte le courant avec efficacité d\u2019un point A à un point B.C\u2019est un métal solide, résistant, qui ne rouille pas.Il y a du cuivre dans tout ce qui est branché et peut recevoir du courant, c\u2019est donc dire qu\u2019il y en a dans tous les appareils électriques et électroniques.Avec l\u2019or, qui est le champion de la conductivité, mais qui est beaucoup plus cher, il n\u2019y a pas de corrosion.On l\u2019utilise quand on a besoin d\u2019une efficacité très pointue, en exploration spatiale par exemple, où les bris ne sont pas permis.C\u2019est pourquoi quarante kilogrammes d\u2019or ont été utilisés dans les systèmes électriques et électroniques de la première navette Columbia.Parce que l\u2019or est ductile et malléable, on peut le travailler en couches extrêmement minces, un atout pour les circuits électroniques, ce qui explique qu\u2019on en trouve de petites quantités dans chaque ordinateur sur la planète.C\u2019est ce qui attire les ferrailleurs?! Les métaux peuvent-ils être recyclés à l\u2019infini?À l\u2019infini, c\u2019est une façon de parler?! Mais oui, les métaux peuvent être recyclés en totalité.Par exemple, on peut extraire tout le cuivre des morceaux d\u2019appareils électroniques qui sont acheminés à la Fonderie Horne, où, après quelques étapes d\u2019extraction, on obtiendra du cuivre pur.Cette matière, qui a déjà été extraite du sol, pourra par la suite être remise dans la chaîne de production pour être utilisée dans la fabrication de nouveaux appareils électroniques.Comment passer le message autour de nous?Les communications de l\u2019ARPE s\u2019adressent souvent aux jeunes qui, tout comme mes enfants d\u2019ailleurs, s\u2019intéressent de près à la question environnementale.J\u2019ai l\u2019impression que ce sont eux qui influencent leurs parents et leurs grands-parents.Mais attention : ce n\u2019est pas une donnée scientifique?! Martin Carli coanime avec Stéphane Bellavance le jeu questionnaire Génial?!, diffusé depuis neuf ans à Télé-Québec.À ce jour, il a créé plus de 1000 expériences \u2014 et quelque 3000 réponses plausibles \u2014 mettant la science à l\u2019avant-plan.Titulaire d\u2019un doctorat en sciences neurologiques de l\u2019Université de Montréal, ce vulgarisateur hors pair est aussi un magicien et un mentaliste accompli?! Créatrice de richesses, l\u2019industrie minière du Québec s\u2019est dotée de processus rigoureux en matière de développement durable afin de mettre en valeur le potentiel minéral québécois dans le respect des gens et de l\u2019environnement.À la base de tous les objets qui nous entourent, l\u2019industrie minière est réellement la force intérieure du Québec.En collaboration avec L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 CONTENU PARTENAIRE Vrai ou faux?On trouve du cuivre dans des ampoules, des appareils électroménagers, des avions, des pianos, des sèche-cheveux\u2026 Le cuivre perd ses propriétés de conductivité au fil des opérations de recyclage.Le cuivre a des propriétés antibactériennes remarquables.La Fonderie Horne reçoit près d\u2019un million de tonnes métriques de matériaux à base de cuivre par année.Le poids du cuivre présent dans une maison de taille moyenne équivaut à celui d\u2019un humain.1 2 3 4 5 Séparation De retour dans le réacteur, les matières se séparent en deux couches liquides.Au fond, le cuivre et d\u2019autres métaux précieux forment ce qu\u2019on appelle la matte, qui renferme 70 % de cuivre.Au-dessus, le fer et d\u2019autres métaux forment la scorie, qui renferme 4 % de cuivre.Deuxième vie Le téléphone du début trouvera une seconde vie sous plusieurs formes et ses composantes pourront entre autres être utilisées dans la fabrication de nouveaux appareils électroniques.Car si les modèles et les fonctionnalités évoluent rapidement, les composantes d\u2019un ordinateur ou d\u2019un téléphone cellulaire ne changent pas nécessairement ! Coulage Le concentré de cuivre est coulé sous forme d\u2019anodes, de grandes plaques de 354 kg qui seront ensuite acheminées vers l\u2019affinerie CCR, à Montréal-Est.Le cuivre y sera séparé des métaux précieux par un procédé d\u2019électrolyse et sa pureté atteindra 99,9%.L\u2019affinerie vendra ce cuivre à différents types d\u2019entreprises qui le recycleront dans la fabrication de leurs produits.Épuration La scorie est envoyée dans un concentrateur où l\u2019on sépare le cuivre des impuretés.La matte est acheminée au convertisseur pour séparer le cuivre par un processus d\u2019oxydation.Le cuivre concentré est ensuite transféré dans un four pour poursuivre le processus d\u2019épuration.À ce moment, le taux de pureté du cuivre atteint 99,1 %.Le 0,9 % restant est constitué de métaux précieux \u2013 or, argent, platine, palladium \u2013 qui seront également recyclés.Le cycle de vie d\u2019un téléphone cellulaire Je recycle ! Le téléphone obsolète arrive dans un point de dépôt officiel.Premier tri Un recycleur spécialisé démantèle l\u2019appareil et en retire les pièces contenant du cuivre et des métaux précieux.Transport Les pièces sont acheminées à la Fonderie Horne, à Rouyn-Noranda.Second tri Les composantes électroniques sont triées à nouveau puis déchiquetées avant d\u2019être envoyées par convoyeur vers le réacteur Noranda.Fonte Les matériaux sont chauffés à plus de 1200 °C.À cette température, le cuivre se liquéfie.Le processus s\u2019accomplit dans un environnement riche en oxygène qui permet d\u2019oxyder les impuretés et de libérer les métaux recherchés comme le cuivre.Récupération des gaz Certaines impuretés à base de soufre se retrouvent sur le dessus du réacteur sous forme gazeuse.Les gaz sont captés puis transformés dans une autre partie de la fonderie en acide sulfurique.Le sous-produit pourra par la suite être utilisé par différentes industries pour fabriquer des engrais ou des batteries automobiles ; en raison de sa grande qualité, il pourra même se retrouver dans des produits pharmaceutiques ou alimentaires.Bis est une section qui regroupe des contenus produits pour des annonceurs.Ces derniers n\u2019ont cependant pas droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas été impliquée dans la production de ces contenus.S ON I T S UE Q 1 2 3 4 5 é t é i t s i e e e r e s r v i u e c L .x u Fa c t r o p s an r t e d s e m è t e m u r t s n s i e , l s f i t r o p s o r a l et ie r e ut a y u t a l l é s l i e ar p ap s e L .i a r V S E NS PO É R s l s d t t t i s d - i f n i \u2019 t à l n e m e u q i at r e p l c y c .e r iv u c du t n e nn ie t n o - s y s s e t l e e u q i s u e m s d t n s t n e m e p i qu é s e l , ie r e t et n i b s, e qu i n o r t c e l é u o s e qu i r t c e f r u a s i l 0?% s 0 0?% à 1 9 e b e d c n e s é r a p e l u q i n m .E x u a t i p ô s h e t l e s l n a e d m m o , c s e t n e s e ù l s o c i l b u x p u e i s l e d i u e c l e s i l i t n u O .i a r V - i u q s é e t d c a t n o e c e d c a e e d t i u d é t r s s e e i r é t c a e m i t s n e , o r e i l a t i p s o u h e i l n u m m o n c s e t r o p s n a r s t e - é r p i n m t o n o s s e i r é t c a s b s n a s d u l n p s e u l e p d e r v à x u a i r é at m e d s e c r u o s t d n a n e v o r e p r v i u e c s d é r t o n c i e s s u d a n e r n p o \u2019 i l S e 1 t d n e l a v i u q é \u2019 t l i o , s e é n at m e d s e u q i r t é m s e n n o t e rn o e H i r e d n o a F L .i a r V t n o s e c e r v i u c e d e s a b s e r t u s a e t l s e e n i s m e - n e c n o s c e n l o i at r é d i s n l?! l a b ot o e f s d n i a rr e 8 t - n r a a p s é l c y c e r x u a i r é 0 0 0?0 1 e 1 s d u l t p i o ç e r .us s s e c o pr r p o r s p e n e n a e c a n n e r u e m e .s le a i m o c o s no s l n a é d l e c l ô n r t u n e m e r v i u n c t e s s e t n e m e p s n o i t c e f n i \u2019 n d o i t c u d é a r - e l a g t é i a r e u o l j a t é e m .C 0 à 9 e 7 e d rm e f n e s r é rr a c m e n u , c e b é u Q u A .i a r V u q a h s c e é t i a r t t n o i y s u q s m e n n o 0 t 0 0?0 5 e 8 s d è r p .e r v i u e c g d 0 k s e r t è m 0 7 e d e p y t n o s i a .e é n n e a s e r è i at e m s d e u q i r t é , L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 11/26 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Discussions Erreur fatale / Une vie brisée Ruptures Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Refuge animal Boomerang L'échappée Philippe Laprise Partie 1 de 2 TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Conseils Génial! Ça vaut le coût Point doc Cette année-là L'heure grave Mc$ween Dans médias V Souper parfait Occupation Rire et délire Vendeurs Je suis chef Scorpion Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Le riz a-t-il un grain?Paris mystères / Partie 3 Verdun, ils ne passeront pas Habiter le Monuments Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Villes submergées / Miami Le cosmos dans tous ses états Ancient Mysteries Déroute CANAL VIE De taudis à logis Quoi ton plan?Les gratteux Josée Boudreault Goldwater à l'écoute Amour aveugle Amour aveugle Célibataires RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° LNH Hockey / Sénateurs d'Ottawa c.Rangers de New York (D) L'antichambre (D) Sports 30 Bonne pêche HISTORIA FantomWorks Fous bolides Fous bolides La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Nos ancêtres les extraterrestres Extraterrestres ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Amour du country / Irvin Blais Ensemble Les grands entretiens Faire oeuvre utile EXPLORA Le refuge de l'espoir Elle nage avec les requins S'aime chien Repères Exploration glaciale Mystérieux vestiges Étincelles Z Les pires chauffards québécois Top Gear / Rallye Monte-Carlo Les hors-la-loi du volant Pros du ticket Rodéo Québec Arrow / La part du diable Commando SAVOIR En mouvement 18h55 Mieux Uranium 19h50 Capsule Nomade mers Monde Hollywood 21h50 L'ONU Dactylo Publications Semaine Verte TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Amélie Métiers/ Top! Conseils Motel Monstre BEAUMARCHAIS L'INSOLENT (1996) 22h40 Amélie Mosquée Planète L'enquête de ma vie Les reines de la mafia Rochefort en baskets Or maison Politique mensonge Ces villes qui CBC CBCNews Politics Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Frankie Drake / Dealer's Choice CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident / The Dance Magnum P.I.The Good Doctor / Empathy CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Neighborhood H.Together 9-1-1 / Merry Ex-Mas Bull / The Devil, the Detail Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Great Christmas Light Fight The Great Christmas Light Fight The Good Doctor / Empathy News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Neighborhood H.Together Magnum P.I.Bull / The Devil, the Detail News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Nature Independent Lens / An Honest Liar UNIS Pas plus bêtes Cochon dingue Chez nous Un vrai selfie Cow-boy urbain / Le rodéo Coureurs toits 21h40 Soeur Violaine Louis la faune Guides HBO 17h15 JANE FONDA IN FIVE ACTS (2018) Camping My Brilliant Friend My Brilliant Friend THE TRUTH ABOUT KILLER ROBOTS (2018) TVA Sports 17h30 TVA sp.LHJMQ LNH Hockey / Bruins de Boston c.Maple Leafs de Toronto (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ 11/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG LOL :-) Révolution / Demi-finale La vraie nature TVA nouvelles Opér.Narcos EN SOLITAIRE TQ Les francs-tireurs Deux hommes en or La bombe Like-moi! L'heure est grave INCENDIES (2010) V Cinéma Occupation double / OD: la soirée d'élimination OD+ en direct Occupation double / OD: la soirée d'élimination MEURTRE À LA UNE (2015) ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal FR On n'est pas couché Mixeur / Éric Fréchon Journal/ L'invité CANAL D Madame Lebrun Texas Chrome Le convoi de l'extrême Docu-D / Sylvie à l'école Docu-D Submergées CANAL VIE On efface et on recommence La famille Groulx La vie avec des quintuplées Jazz: Ado Jazz: Ado Sans coupons Les gratteux Idées-grandeur RDS 17h00 Avant LCF Football - Coupe Grey (D) Sports 30 Images/sec.HISTORIA La malédiction d'Oak Island Les grandes évasions Hitler déclassifié Sur le pied de guerre Klondike Confessions ICI ARTV C'est juste de la TV Faire oeuvre utile Les Borgia / Le Siège de Forli NELLY (2016) Mylène Mackay.22h45 LES GARÇONS ET G.EXPLORA S'aime chien Curiosités Destination Floride Alex+Tyler, éco Planète techno L'évolution de nos gènes Découverte Sexplora Z Défi limo Maripier! Rodéo Québec Passe ou casse Seuls et tout nu / Les traqués Les Brown / Seul chez soi Remorquage South Park Les hors-la-loi SAVOIR Semaine Verte Avenir/ Science Arrêt monde Publications De garde 24/7 Capsule/ Nature 36.9° Autisme Cancer 22h55 L'ONU Routes science TFO 18h05 Texto 18h35 Amélie Les jumelles C'est WOW Mosquée Citoyen monde MON NOM EST JOE (1998) avec Louise Goodall, David Mckay.Cinéma Planète 17h00 L'accusé Films perdus de SGM Castro: Mythe Energy Observer Champs de bataille Hemingway, sa vraie nature CBC MIRACLE ON 34TH STREET (1947) Maureen O'Hara.A CHRISTMAS FURY (2017) avec Mark McKinney, Mary Walsh.CBC News: The National CBCNews CTV 16h25 LNF Football (D) NFL on CTV God Friended Me Shark Tank Law & Order: S.V.U.National News GBL Global News Global National Security Security Dancing With the Stars: Juniors NCIS: Los Angeles Madam Secretary Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Dancing With the Stars: Juniors Shark Tank Shark Tank News CBS 16h25 LNF Football (D) 60 Minutes God Friended Me NCIS: Los Angeles Madam Secretary PBS (33) Sinking Cities / Miami Jamestown ANNE OF GREEN GABLES: THE GOOD STARS (2017) Julia Louis-Dreyfus: The Mark Twain Prize UNIS Bouffe en cavale File d'attente Devenir adulte Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Trait d'humour HBO Last Week AXIOS Courtside at the NBA Finals 19h55 My Brilliant Friend My Brilliant Friend Camping Sally4Ever TourBus TVA Sports 17h00 LMS Soccer / NYRB/ATL (D) LMS Soccer / Sporting KC vs Portland (D) RAW Le TVA sports Kevin Raphael 11/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Anne Docteur Foster Le Téléjournal Que mangera-t-on / Food 3.0 TVA TVA nouvelles ASSAUT SUR LA MAISON-BLANCHE (2013) Gerard Butler.20h45 DES AGENTS TRÈS SPÉCIAUX: CODE U.N.C.L.E (2015) Henry Cavill.TVA nouvelles TQ ESPIONS EN HERBE (2001) Antonio Banderas.Lagrande Cette année-là Belle et Bum HISTOIRES D'HIVER (1997) Denis Bouchard.V HARRY POTTER À L'ÉCOLE DES SORCIERS (2001) avec Rupert Grint, Daniel Radcliffe.21h15 TROIE (2004) avec Orlando Bloom, Eric Bana, Brad Pitt.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Enquête Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Reportages TV5 Saison au zoo Journal FR Vivement dimanche! 20h15 Les années bonheur / Julien Clerc, Marc Lavoine, François Feldman / Magic System Journal/ L'invité CANAL D Enchères Enchères Douanes Douanes Galas ComédiHa! 2017 Madame Lebrun Galas ComédiHa! 2017 Docu-D CANAL VIE Pas le choix de rénover! Le combat des flips Maisons Célibataires Il y a de l'amour dans l'air Vendre ou rénover?Le Club Mel RDS Sports 30 CH Express (D) Offroad F1 Magazine F1 Course automobile - Grand Prix d'Abou Dabi Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 Sport30 23h15 Sport30 HISTORIA Les a$ de la brocante La route des croix L'épave milliardaire Révoltes barbares Trésors décodés Grands nature ICI ARTV Faire oeuvre utile Amour du country / Irvin Blais LES AMANTS PASSAGERS (2013) Antonio Banderas.Génie: Picasso Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir Big History: Une nouvelle histoire de l'humanité Méga convois Cerveau Z Les hors-la-loi du volant Comédie Dans l'net Les stupéfiants Expédition extrême Rodéo Québec South Park Vandal show SAVOIR Nomade mers Archi branchés Rature et lit Connaissance Cinéma québecois / Pierre Even L'inis reçoit.Claude Lelouch VJ Étudiants voyageurs TFO 18h05 Texto 18h35 Amélie Flip C'est WOW Mosquée Citoyen monde QU'UN SEUL TIENNE ET LES AUTRES SUIVRONT (2009) Cinéma Planète Si loin, si proche Energy Observer Horizons / Costa Rica Les Horizons Chimériques Semeurs d'espoir en terres arides CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Flyers de Philadelphie c.Maple Leafs de Toronto (D) Hockey / Vancouver vs Los Angeles (D) CTV CTV News Montreal We Day MURDER, SHE BAKED: A PLUM PUDDING MYSTERY (2015) The Big Bang The Big Bang National News GBL Global News Global National Security Security OPERATION CHRISTMAS (2016) Tricia Helfer.Remedy / Scary Bears Global News ABC 15h30 Football Football Score.Local 22 News Home HQ NCAA Football (D) CBS 15h30 Football / Aub./Ala.(D) Ch.3 News Friends RobbieReindr RobbieReindr The Story of Santa Claus 48 Hours News PBS (33) Father Brown Time Goes By 19h40 Appear.20h20 French Fields Happy Valley The Bletchley Circle Austin City UNIS Sacrés objets / Tuyau Trait d'humour Partie 2 de 2 Balade Louis la faune LE DÉSERTEUR (2008) Émile Proulx-Cloutier.Double identité HBO Robin Williams: Come Inside My Mind KING IN THE WILDERNESS (2018) ALL THE WAY (2016) Bryan Cranston.TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Bruins de Boston c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette Dans le ring (D) S A M E D I L U N D I D I M A N C H E CRITIQUE LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Conçue sans grandes ambitions, la minisérie Trauma a déchiré les Britanniques l\u2019hiver dernier au point de faire surchauffer les claviers des critiques et des quidams avec sa finale cousue de fil blanc.Cela n\u2019a pas empêché Radio-Canada de repiquer à ITV sa dramatique en trois épisodes, qui sera diffusée au Québec sous le titre équivoque d\u2019Erreur fatale.Il y a du bon dans ce thriller étouffant qui débute avec l\u2019attaque au couteau d\u2019un garçon de 15 ans.Ce dernier succombera à ses blessures sur la table d\u2019opération du Dr Jon Aller- ton sous les yeux mêmes de son père impuissant, Dan Bowker, qui trouvera chez le chirurgien le coupable dont il a besoin pour accuser le choc de cette mort absurde.Le duel entre les deux pères, en soi une rareté sur nos écrans, n\u2019est pas dénué d\u2019intérêt.Le premier respire la réussite, le second peine à vivoter.Dans la peau du père en perte de repères, John Simm (Life on Mars, Dr Who) épate, même quand il aligne les pires tirades manichéennes.Drapé dans sa superbe, Adrian Lester joue quant à lui de prudence sur une très petite surface de jeu.La mécanique du deuil est imbriquée à une critique sociale étonnamment bien campée (méritocratie et élitisme s\u2019y font joyeusement varloper), bien qu\u2019elle soit livrée avec une lourdeur atroce.Ce qui ne rachète en rien l\u2019ineptie renversante des personnages de ce drame hyperbolique dont le titre annonce crûment les couleurs.So bad, it\u2019s good, diraient les Brits ?Le doute est ici de mise.Erreur fatale Radio-Canada, lundi, 20h À qui la faute ?Erreur fatale oppose deux pères dans un combat manichéen sur la responsabilité SU R VOS ÉC R A N S « Ultra-extrême » C\u2019est cette expression improbable qui nous vient en tête en regardant cette série documentaire en six épisodes, une coproduction franco-québécoise qui met en scène Marc Mouret, ingénieur et adepte de séjour de survie, qui se prête à des expériences particulièrement éprouvantes: nager 1km dans un lac glacé, marcher 100km dans le chaud désert marocain, descendre en apnée dans les profondeurs de la mer Méditerranée\u2026 Pour chacune de ces épreuves, le cobaye bien volontaire a 100 jours pour se préparer.La série documente cette préparation et les changements physiologiques qu\u2019elle induit, montrant la résistance dont peut faire preuve l\u2019être humain dans des situations hors de l\u2019ordinaire.Intéressant, mais mal servi par une facture visuelle et sonore tapageuse.100 jours TV5, vendredi, 19h30 ICI RADIO-CANADA TÉLÉ | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 11/30 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant ICI on chante Galas ComédiHa! 2018 Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire / L'informateur TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Encore plus 180 jours Curieux Bégin Deux hommes en or Like-moi! Belle et Bum V Souper parfait Taxi payant L'arbitre Huissiers Huissiers Bootcamp Les disciples Atomes ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands report Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal FR Irresponsable 100 jours Les flots Des bateaux et des hommes Champions Journal/ C à dire CANAL D Ancient Mysteries En quête de vérité Palais Patrouille 60 jours en prison Jumeaux diaboliques Panique 401 CANAL VIE Dépendance SPCA en action Célibataires Sans coupons Tous pour un chalet! Josée Boudreault Ouvrez, jamais SPCA en action Dépendance RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LAH Hockey / Phantoms de Lehigh Valley c.Rocket de Laval (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Hitler déclassifié Au coeur de la tempête Les montagnards Yukon Gold / Le coût de l'or Les trappeurs du Klondike Country ICI ARTV Moi et l'autre Mr Bean Dre Grey, leçons d'anatomie Faire oeuvre utile Saint-Élie-de-Légen./ Rocker Luc Langevin: Si la Cinéma EXPLORA Curiosités Planète colère Planète techno Pharmachien Astronaute Concevoir l'impossible Sexplora Stupidité Stupidité Z Les pires chauffards québécois Pros du ticket Remorquage Américars: Rapides et musclés Top Gear / Rallye Monte-Carlo Vandal show South Park Comédie SAVOIR 18h15 Beau Cancer 19h25 L'ONU 36.9° Autisme Routes science 21h15 Beau Encore plus Électron/ Nature FutureMag En mouvement TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Club cinq Métiers/ Top! Amélie Motel Monstre MARIAGES (2001) Guylaine Tremblay.22h40 Amélie 23h05 Miam! Planète L'appel de la nature Éléphants, chemins Ewan McGregor: Mission Bataille d'Angleterre Ville du futur Si loin, si proche Observer CBC CBCNews Politics Interrupt Coronation St.marketplace Stats of Life CBC Docs CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang Blindspot Flashpoint Blue Bloods / Handcuffs CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Private Eyes Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Child Support Child Support 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight MacGyver Hawaii Five-0 Blue Bloods / Handcuffs News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Firing Line Great Performances / Irving Berlin\u2019s Holiday Inn: The Broadway Musical UNIS Bizarroscope Devenir adulte Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Trait d'humour Chars HBO 18h15 A SWINGERS WEEKEND (2017) 19h50 Bill Maher: Live from Tulsa, Oklahoma Robin Williams: Come Inside My Mind VICE TVA Sports 17h30 TVA sp.Avant-match LNH Hockey / Devils du New Jersey c.Capitals de Washington (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports Aréna Esports 11/29 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman Les dieux de la danse Enquête Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Face à la rue J.E.Ninja Warrior: Le parcours ultime / Finales à Minneapolis TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Génial! Mc$ween 180 jours Dans les médias House of Cards (v.f.) Une identité V Souper parfait Occupation The Amazing Race Bootcamp Chicago Police / Confidentiel Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR La vie aux sommets Devoir d'enquête / Rapts parentaux: loin des yeux, près du coeur Anomalia Journal/ C à dire CANAL D Le convoi de l'extrême Destination cauchemar Docu-D Dian Fossey: Secrets Dian Fossey: Secrets Dian Fossey CANAL VIE De taudis à logis La vie avec des quintuplées La famille Groulx Le Club Mel Jazz: Ado Jazz: Ado Espaces RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Rangers de New York c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Plus grands que nature Fous bolides Fous bolides Hitler déclassifié Sur le pied de guerre FantomWorks FantomWorks ICI ARTV 17h30 L'appel L'appel du coeur / Tentations Mr Bean Lumière sur./ Sonia Benezra Grantchester Grantchester NELLY EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Le grand blanc Planète: Attention danger Astronaute Repères Prouesses d'ingénierie Z Les pires chauffards québécois Seuls et tout nu Les Brown: génération Alaska Maripier! Comédie Dans l'net South Park LE COGNEUR SAVOIR 18h20 L'ONU Ombre doute 19h25 L'ONU Semaine Verte Nature/ Savoir Publications Dactylo Hollywood 22h20 L'ONU Arrêt monde Uranium TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Flip Métiers/ Top! Doc junior Motel Monstre VALLEY OF LOVE (V.F.) (2015) 22h40 Amélie 23h05 Miam! Planète Rochefort en baskets Or maison L'Antiquité Champs de bataille Sublimes bars Mâle vs.Femelle CBC CBCNews Politics Investigator Coronation St.Dragons' Den / Holiday Special From the Vaults CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon The Big Bang The Big Bang Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Will & Grace GoodPlace Will & Grace I Feel Bad S.W.A.T./ Day Off Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Olaf's Frozen Toy Story The Wonderful World of Disney: Magical Holiday Celebration News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon Mom Murphy Brown S.W.A.T./ Day Off News PBS (33) PBS NewsHour HOWARD ZINN: YOU CAN'T BE NEUTRAL ON .Chet Atkins: Certified Guitar Player Rick Steves Rick Steves' Amanpour & C UNIS Échappe Cochon dingue Filles de moto Louis la faune Chars À plein gaz Guides d'aventures Hors série File d'attente Peaky Blinders HBO Cinéma It Will Be Chaos 20h05 Drew Michael Special All Def Comedy All Def Comedy All Def Comedy All Def Comedy All Def Comedy TVA Sports 17h30 TVA sp.Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Coyotes de l'Arizona c.Predators de Nashville (D) Dave Morissette en direct 11/28 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Trop Les Simone Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or XOXO Les 5 saisons TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Conseils Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs Like-moi! Banc public 180 jours V Souper parfait Occupation Rire et délire Moment Ne jamais faire / Brigitte Lafleur SEAL Team / Risque nucléaire Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Les flots Cellule de crise 21h35 Faits d.Les nouveaux vétérinaires Journal/ C à dire CANAL D Texas Chrome Déroute SOS Infesta.Alaska: La ruée vers l'or Parker: Sa ruée vers l'or Les hommes du Yukon Cauchemar CANAL VIE De taudis à logis Maisons Ouvrez, jamais Propriétaire Propriétaire Espaces Dépendance Cris du coeur Les gratteux RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 Pas d'match HockeyQc.ca Images/sec.Oups L'antichambre (D) Sports 30 Sports 30 HISTORIA En 6ième vitesse C'est dynamite C'est dynamite Les as de l'aviation De l'acier et du feu Les armuriers Les armuriers Profondeurs ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Moi et l'autre Les pays d'en haut Les pays d'en haut Les pays d'en haut Les pays EXPLORA Animo Alex+Tyler, éco Le super prédateur des mers La Semaine verte Musclé mon cerveau Le chien et l'enfant Mystérieux Z Les pires chauffards québécois Les stupéfiants BattleBots: Combats de robots C'est pour la science! Passe ou casse South Park Cinéma SAVOIR Encore plus Archi branchés Rature et lit Connaissance Au coeur du cinéma québécois Arrêt monde Publications Semaine Verte Nature/ Savoir Ombre doute TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Amélie Métiers/ Top! C'est WOW Motel Monstre NOTRE PETITE SOEUR (2014) 23h05 Amélie Planète Horizons / Costa Rica Les Horizons Chimériques L'enquête de ma vie Les reines de la mafia Les oubliés Juin 1940: Le grand chaos CBC CBCNews Politics marketplace Coronation St.Canada's Smartest Mr.D Comedy Fest CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs Am.Housewife Criminal Minds Legendary Christmas CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Survivor: David vs.Goliath FBI / Prey Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Am.Housewife Modern Family Single Parents A Million Little Things News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Survivor: David vs.Goliath Magnum P.I.News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee Nature / Snow Bears Nova Koko: The Gorilla Who Talks UNIS Top science Cochon dingue Bouffe en cavale File d'attente Hors série Devenir adulte Balade Double identité Chez nous HBO 18h10 Tapia 19h05 My Brilliant Friend 20h05 My Brilliant Friend Camping 21h35 Sally4E 22h10 MY DINNER WITH HERVÉ (2018) TVA Sports 17h30 TVA sp.Le TVA sports Avant-match LNH Hockey / Sharks de San Jose c.Maple Leafs de Toronto (D) D.Morissette 22h45 RAW 11/27 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Unité 9 Le cri du rhinocéros Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) L'Académie O' / Esquives L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Conseils Génial! Banc public National Geographic Homeland / Sacrifice L'heure grave Format familial Deux hommes V Souper parfait Occupation Rire et délire Taxi payant L'incroyable M.Goodwin NCIS: Los Angeles Rousseau 22h45 Occupation double ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal FR Variées Les nouveaux vétérinaires Irresponsable Des bateaux et des hommes 21h55 Le chalet Journal/ C à dire CANAL D Le cosmos dans tous ses états Rat rods de Vegas Le convoi de l'extrême Panique sur la 401 Texas Chrome Alaska: La ruée CANAL VIE De taudis à logis Le combat des flips Pas le choix de rénover! Tous pour un chalet! Quoi ton plan?Maisons Sans coupons RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Hurricanes de la Caroline c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu / La sica Les a$ de la brocante Les a$ de la brocante Pawn Stars / Chumlee s'ennuie Les a$ de la brocante A$ de brocante ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Quelle famille! Grantchester / Grandir trop vite Grantchester Génie: Picasso Les Borgia EXPLORA Destination Floride Le grand requin-marteau Découverte Deux guerres, une histoire Titans des mers Concevoir Z Les pires chauffards québécois Cameron Black: L'Illusionniste Penny Dreadful (v.f.) Surnaturel / Longue vie au roi Après l'Apocalypse Maripier! SAVOIR 18h25 L'ONU 36.9° Autisme Mémoires/ VOD CORIM Routes science 21h15 Beau Découverte Avenir/ Dis-moi Électron/ Nature uniVERT TFO Maxi/ Mirette S.O.S.!/ Top! Amélie Métiers/ Top! Subito texto Motel Monstre CERISE (2014) Zoé Adjani.22h40 Amélie Miam! Planète 16h30 Faites La Symphonie animale L'appel de la nature Éléphants, chemins Le Soldat méconnu Décomposition CBC CBCNews Politics JFL: Gags Coronation St.Still Standing 22 Minutes Baroness In Long Run CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Conners Kids-Alright This Is Us The Rookie / The Hawke CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight NCIS / Dark Secrets NCIS: New Orleans New Amsterdam Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Kids-Alright Black-ish Splitting Up The Rookie / The Hawke News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Rudolph Red Reindeer NCIS / Death From Above FBI / Prey News PBS (33) PBS NewsHour Guest of House Outdoor We'll Meet Again Great Performances Food Flirts Amanpour & C UNIS Ouache/ Ouache Cochon dingue Double identité FAMILIA (2005) avec Macha Grenon, Sylvie Moreau.Ciné tout court Sacrés objets HBO 18h05 THE TRUTH ABOUT KILLER ROBOTS Andre the Giant Sally4Ever Camping 22h05 My Brilliant Friend 23h05 Brilliant TVA Sports 17h30 TVA sp.Le TVA sports Kevin Raphael Dans le ring Boxe Dave Morissette en direct Le TVA sports J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Vous nous trouvez un peu tardifs avec notre commentaire sur la troisième saison de l\u2019excellente comédie dramatique Appelez mon agent ?C\u2019est que Tou.tv nous a pris par surprise en la rendant disponible le 9 novembre dernier, alors qu\u2019elle devait être lancée le 29, au lendemain de la diffusion sur la chaîne qui la produit, France 2.La visite au Québec de son idéateur, l\u2019agent artistique d\u2019expérience Dominique Besnehard, explique sans doute cette diffusion hâtive.Peu importe, on tenait à vous en glisser un mot, parce que cette troisième saison, l\u2019avant-dernière selon les dires de l\u2019équipe qui ont filtré dans les médias hexagonaux récemment, est sans aucun doute la meilleure, la plus aboutie, la plus équilibrée, la plus drôle du lot.La panoplie de vedettes de catégorie A qui ont accepté d\u2019y participer avec un enthousiasme évident et une autodérision à toute épreuve (Jean Dujardin, Monica Bellucci, Isabelle Hupper t) y est sans doute pour quelque chose.Les intrigues imaginées par l\u2019équipe scénaristique, menée par la créatrice de la série Fanny Herrero \u2014 qui a d\u2019ailleurs annoncé récemment qu\u2019elle passait à d\u2019autres projets \u2014, bien équilibrées entre les stars invitées et les attachants personnages fictifs de l\u2019agence, dont la plupart vivent une certaine renaissance, et les dialogues, toujours aussi relevés sans jamais tomber dans le cynisme, font le reste du travail.On a déjà hâte de voir la suite, et la relecture québécoise, diffusée en janvier à TVA.Appelez mon agent, saison 3 (et les précédentes) Tou.tv Extra Consécration et renaissances La comédie auto- parodique du show-business français continue d\u2019épater TOU.TV EXTRA On ne saurait trouver meilleure façon de découvrir la Palestine véritable qu\u2019en y marchant sur les traces du patriarche et prophète Abraham, à la rencontre d\u2019une population chaleureuse, d\u2019un passé qui se perd aux confins de l\u2019histoire de l\u2019humanité, d\u2019une culture résiliente, d\u2019une cuisine aussi savoureuse que colorée, d\u2019une nature saisissante et d\u2019un présent préoccupant.Ce n\u2019est pas sans raison que ceux qui sont à l\u2019origine du sentier de longue randonnée Masar Ibrahim al-Khali l le présentent de prime abord comme un circuit pédestre culturel.Plus que nulle part ailleurs, la marche en Palestine revêt un aspect humain éminemment saillant.Cette piste bien balisée et cartogra- phiée parcourt le territoire sur plus de 330 kilomètres, à partir de Rummana, au nord-ouest, jusqu\u2019à Beit Mirsim, au sud-ouest.Elle traverse plus de 50 villes, villages et communautés bédouines, dont Naplouse, Ramallah, Jéricho, Bethléem et Hébron, et nous fait traverser des environnements d\u2019une incroyable biodiversité.Des milieux verdoyants à l\u2019approche de la côte méditerranéenne jusqu\u2019au désert austère qui encadre la mer Morte et aux vallées grandioses sur les flancs desquels s\u2019agrippe le sentier.Étape marquante Nous n\u2019avons pas franchi le sentier au complet, mais réalisé plusieurs étapes stratégiques.Coup de foudre dès l\u2019entrée à l\u2019intérieur des terres avec la charmante petite ville de Sébastia, près de Naplouse, nichée sur une colline dont l\u2019étroit chemin d\u2019approche est bordé d\u2019un alignement de colonnes romaines.Sébastia compte deux auberges on ne peut plus accueillantes et belles de simplicité, que leurs jeunes propriétaires essaient d\u2019établir dans un marché qui n\u2019existe pas encore.Le petit- déjeuner servi sur la terrasse constitue l\u2019un des tableaux culinaires les plus pigmentés et savoureux qui se trouvent.Une des sections du sentier nous mène carrément dans le désert, aux portes de Jérusalem, jusqu\u2019aux panoramas qui dominent la fabuleuse vallée du Jourdain.C\u2019est à la conclusion de cette marche qu\u2019apparaît la vision hallucinante du monastère grec orthodoxe de Saint-Saba, que seuls les hommes peuvent visiter\u2026 L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 V I V R E REPORTAGE YVES OUELLET EN PALESTINE COLLABORATION SPÉCIALE LE DEVOIR Masar Ibrahim, le sentier de la Palestine Marcher dans les pas du peuple du désert à la rencontre d\u2019une culture millénaire Lever de soleil sur la mer Morte PHOTOS YVES OUELLET | 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 L\u2019étape de Duma à Kafr Malek (12,1 km) relève quelque peu le niveau de dif ficulté en alternant le sommet du canyon au lit de la rivière asséchée qui a sculpté cette nature éblouissante.Pour varier, nous avons visité Jé- richo à vélo sous les clameurs de bienvenue des travailleurs de la construction, des marchands et des automobilistes.La ville, une des premières dans l\u2019histoire de l\u2019humanité, recèle plusieurs trésors anciens, outre le mont de la Tentation, dont le palais d\u2019Hérode perdu dans un terrain vague.Ce dernier, qui a fait l\u2019objet de fouilles archéologiques dans le passé, est maintenant laissé à l\u2019abandon à cause du classement du territoire effectué par Israël après les accords d\u2019Oslo et qui interdit toute forme d\u2019initiative palestinienne en zone C (administration et sécurité assumées par Israël).Quelque 60 % du territoire est classé zone C.La dernière journée, nous sommes debout à 2 h 30 du matin pour nous diriger vers la communauté bédouine d\u2019Arab ar-Rashayida, qui nous fera faire en 4X4 une par tie du sentier vers la crête des falaises qui bordent la mer Morte afin d\u2019assister au spectacle solennel et mystifiant du lever du soleil au-dessus de la Jordanie.Hébergement et entreprises L\u2019hébergement en Palestine s\u2019avère de qualité étonnante.On y loge dans des hôtels modernes et confortables, dont le Taybeh Golden (Ramallah) et le Manger Square (Bethléem).Au cœur de la ville, le Jerusalem Hotel est chargé de mémoire, tout comme son fascinant propriétaire.Dans Taybeh, un quar tier de la ville chrétienne de Ramallah (à 15km de Jérusalem), la famille Khour y (propriétaire du Golden Hotel) possède également la seule micro- brasserie en Palestine et la première au Moyen-Orient.Durant les deux semaines passées en Palestine, de même qu\u2019en Jordanie, j\u2019ai eu maintes fois l\u2019occasion d\u2019être accueilli chez des Bédouins.La rencontre avec Jameel al Hammadkeen a été par ticulière- ment instructive.Lui et plusieurs groupes ont développé toutes les infrastructures nécessaires pour accueillir des groupes de touristes dans leurs campements et proposer des activités aux voyageurs, dont des excursions en 4X4 dans le désert et la randonnée pédestre.Après le repas gargantuesque qu\u2019il nous a servi, Jameel s\u2019est assis avec nous pour parler de sa réalité.« Nous sommes le peuple du désert.Nous sommes venus du désert du Néguev parce que les Israéliens nous en ont chassés.Nous nous sommes installés en Palestine alors qu\u2019elle était sous autorité jordanienne.Aujourd\u2019hui, les Israéliens veulent à nouveau nous expulser, mais lorsqu\u2019ils démolissent nos camps, nous les reconstruisons.» Les Palestiniens semblent bien les intégrer et voient dans leur présence un avantage certain en ce qui a trait au développement touristique.En sécurité Durant une semaine, nous avons multiplié les découvertes au fil du sentier Masar Ibrahim afin d\u2019en constater la grande diversité.J\u2019ai naturellement abordé cette destination avec les craintes normales que l\u2019ignorance et toutes les informations contradictoires nourrissent en nous.Réglons la question concernant la sécurité.La Palestine qui m\u2019a été révélée n\u2019effraie ni ne menace personne.Au contraire, elle charme et enjôle plutôt.Pas un instant je ne me suis senti en danger, insécurisé, ni même inquiet.Je craignais qu\u2019on tente de me passer des messages ou de m\u2019enrôler, ce qui ne fut jamais le cas.Les Palestiniens qui nous accompagnaient, ou que nous avons rencontrés, ont fait preuve d\u2019une immense discrétion et il a même fallu insister pour engager de véritables discussions politiques avec eux.« Nous ne cherchons en rien à convaincre qui que ce soit de quoi que ce soit.Nous n\u2019abordons surtout pas les touristes avec un discours partisan parce que la dernière chose que nous souhaitons, c\u2019est de les effrayer», affirme George S.Rishmawi, directeur exécutif de Masar Ibrahim al-Khalil.Leurs objectifs sont de mettre en place une industrie touristique à partir de l\u2019engouement international pour les activités de plein air, de soutenir les communautés rurales, de restaurer une économie dans laquelle les jeunes peuvent s\u2019inscrire et au sein de laquelle les Palestiniens perçoivent leur part du gâteau.Une industrie qui engendre des retombées en Palestine alors que la quasi-totalité des activités touristiques en Terre sainte sont organisées et dispensées à partir d\u2019Israël, ne laissant que des miettes aux Palestiniens.À tous ceux qui peuvent trouver bizarre l\u2019idée de faire du tourisme en Palestine, rappelons que la Terre sainte accueille trois millions de touristes annuellement.Ce genre d\u2019expérience culturelle en Palestine est mis sur pied par le fonds d\u2019investissement privé et équitable Siraj et encadré par un organisme professionnel, Masar Ibrahim al-Khalil, qui développe des forfaits sur mesure, recrute des guides expérimentés, organise l\u2019hébergement et le transport.En haut : le monastère grec orthodoxe de Saint-Saba dans la vallée du Jourdain.Au centre : les enfants de la communauté bédouine de Sea Level accueillent les touristes.Ci-contre : une Bédouine prépare le pain traditionnel.Recommandations du gouvernement canadien Jérusalem Faites preuve d\u2019une grande prudence à Jérusalem en raison des manifestations et des affrontements entre manifestants et forces de l\u2019ordre à Jérusalem-Est et dans certains secteurs de la Vieille Ville, mais aussi en raison des attentats et des actes de violence de nature politique qui sont commis un peu partout dans la ville.Bethléem, Jéricho et Ramallah Faites preuve d\u2019une grande prudence dans les villes de Bethléem, de Jéri- cho et de Ramallah en Cisjordanie, car la situation en matière de sécurité peut changer soudainement. REPORTAGE BENOIT LEGAULT À HAMILTON COLLABORATEUR LE DEVOIR À une heure d\u2019un vol direct de Montréal, une ville canadienne méconnue propose des scènes gastronomique et culturelle dynamiques, ainsi que des sites historiques magnifiques.Cette ville industrielle est insérée dans un écrin de nature comportant une myriade de petites chutes aussi hautes que celle du Niagara.Cette ville, située entre Toronto et Niagara Falls, c\u2019est Hamilton.Depuis quelques années, Hamilton sort de l\u2019ombre de Toronto.Cette cité de 550 000 habitants (taille similaire à celle de Québec) devient une concurrente à Toronto dans tous les sens, même pour des visites touristiques.« Toronto coûte trop cher, dit mon chauffeur de taxi, et beaucoup de gens et d\u2019entreprises déménagent à Hamilton.Tout est plus abordable ici.» À preuve, la scène gastronomique d\u2019Hamilton a pris du galon ces dernières années, alors que des restaurateurs de Toronto ont ouvert de bonnes adresses dans la ville de l\u2019acier, souvent pour travailler en marge des loyers enflés de Toronto.Ainsi, le restaurant The French propose une cuisine bistro fraîche, in- novante et satisfaisante, à prix abordables.The French est situé rue King-William, à quelques pas de la rue James Nord, l\u2019épicentre de la revitalisation du centre-ville.Pour sa part, le restaurant Radius est un clone du type de restaurant le plus populaire en Amérique du Nord en ce moment : une cuisine robuste faite d\u2019aliments régionaux et souvent biologiques, arrosée d\u2019une variété de boissons alcoolisées novatrices.Le Radius a pignon sur la rue James Sud, près de la gare des trains et des autocars, à quelques minutes à pied du centre-ville.La destination brunch par excellence d\u2019Hamilton est actuellement l\u2019Aberdeen Tavern, dont le service chaleureux, la nourriture impeccable et le décor d\u2019une ancienne banque attire une clientèle fidélisée le dimanche matin.Cette taver ne se trouve sur l\u2019avenue Aberdeen, l\u2019une des gracieuses rues historiques de la ville qu\u2019on risque de manquer si on la traverse trop vite.Histoire en vitrine Eh oui, Hamilton fait encore et toujours une mauvaise première impression.Le centre-ville est carré et dénué de charme, sauf la rue James, laquelle va de la gare au lac Ontario.La beauté du centre-ville est intérieure, c\u2019est-à-dire qu\u2019on la trouve dans les musées, dans les restaurants et dans les salles de concert.L\u2019histoire est en vitrine en marge du centre-ville.J\u2019ai séjourné dans la résidence (bâtie en 1854) du médecin William Osler, l\u2019un des grands noms de l\u2019histoire mondiale de la médecine.On appelle cette demeure, située dans une rue tranquille et cossue du bucolique secteur Dundas, l\u2019Osler House Bed & Breakfast.Les musées d\u2019Hamilton sont d\u2019ailleurs remarquables.Avec ses 40 pièces, l\u2019immense, sobre et magnifique Château Dundurn n\u2019a pas d\u2019équivalent ni à Toronto ni au Québec.Ancienne résidence d\u2019un premier ministre du Canada-Uni, ce lieu historique rappelle l\u2019univers de la série britannique Downton Abbey.À l\u2019arrière du château s\u2019étend un terrain boisé offrant une belle vue de la baie d\u2019Hamilton.Plus intime, au cen- tre-ville, Whitehern est une autre maison historique de haut rang.À l\u2019aéroport d\u2019Hamilton se dresse l\u2019un des meilleurs musées de l\u2019aviation du Canada.Assez tranquille, l\u2019aéroport d\u2019Hamilton sert de plus en plus de solution de rechange à l\u2019aéroport Pearson de Toronto pour les passagers qui vont dans la péninsule du Niagara et dans le sud-ouest de l\u2019Ontario.Depuis l\u2019an dernier, des vols directs d\u2019Air Canada permettent d\u2019aller de Montréal à Hamilton avec une impression de facilité\u2026 et de zénitude à l\u2019arrivée.L\u2019histoire est aussi très actuelle et en vitrine au Farmer\u2019s Market du centre-ville, grand marché fermier intérieur récemment rénové.Attraits populaires Ville ouvrière, Hamilton demeure fondamentalement populaire.Le quartier «cols bleus» par excellence, c\u2019est l\u2019East End où l\u2019on trouve le tout premier temple du beignet Tim Hortons (ouvert en 1964).Sis rue Ottawa, ce café s\u2019avère une attraction touristique en soi avec son exposition nostalgique et sa statue du regretté hockeyeur érigée à l\u2019extérieur.Pas loin de là, le vaste stade Tim Hortons (des mythiques Tiger-Cats) se dresse comme un géant au sein d\u2019un quartier résidentiel aux maisons en série.Depuis l\u2019été dernier, le nouveau musée de la Ligue canadienne de football est situé en marge de ce stade.L\u2019East End, c\u2019est aussi une rencontre avec de grandes communautés ethniques qui ont bâti Hamilton, comme les Italiens, à qui l\u2019on doit de délicieux sandwichs aux boulettes, et les Ukrainiens, qui ont laissé leurs traces un peu partout, notamment près de l\u2019ancienne gare.Louer une voiture permet de faire le tour des quartiers ouvriers et d\u2019explorer les secteurs industriels, souvent abandonnés, dont la taille effraie et fascine à la fois.Malgré son « sale » passé, Hamilton est devenue une bonne élève de la dépollution et du développement responsable.Musique et spectacles La scène musicale d\u2019Hamilton a toujours été distincte de celle de Toronto.Depuis les années 1990, le label Sonie Unyon Records fédère la musique indépendante d\u2019Hamilton, et par fois d\u2019ailleurs.Saviez-vous que le groupe métal québécois Voi- vod y avait enregistré un album ?Notez aussi que le musicien et producteur Daniel Lanois est originaire d\u2019Hamilton.Depuis quelques années, des musiciens torontois déménagent à Hamilton, car tout y est moins cher et la scène y est active et fer tile.Résultat, les clubs de musique live L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e E s c ap a d e 4 4 | Hamilton, gastronomique et historique La ville industrielle sort de l\u2019ombre de Toronto grâce à son offre culturelle L\u2019une des gracieuses rues historiques de la ville BENOIT LEGAULT La statue du regretté hockeyeur Tim Horton BENOIT LEGAULT | 4 5 Vi v r e E s c ap a d e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Renseignements Office de tourisme d\u2019Hamilton : tourismhamilton.com, tourism@hamilton.ca ; ?905 546-2666 ou 1 800 263-8590.Tourisme Ontario : ontariotravel.net/fr/home; ?1 800 668-2746.À gauche : la destination brunch par excellence est l\u2019Aberdeen Tavern, dont le décor d\u2019une ancienne banque attire l\u2019œil.À droite : l\u2019histoire est en vitrine au Farmer\u2019s Market, grand marché fermier intérieur récemment rénové.CLAUDE ANDRÉ / BENOIT LEGAULT y prospèrent encore plus qu\u2019avant.En 2004, le film Clean, du réalisateur français Olivier Assayas, présentait la scène musicale d\u2019Hamilton, ses marges cocaïnées et la poésie industrielle de la ville de l\u2019acier.Ville de culture, Hamilton compte aussi un orchestre philharmonique, un musée des beaux-arts et de nombreuses galeries.Nature environnante Ironiquement, l\u2019industrielle Hamilton est aussi une ville-jardin.La grande entrée ouest de la vil le donne sur les Royal Botanical Gardens, le plus grand jardin botanique de l\u2019Ontario.L\u2019escarpement du Niagara entoure une grande par tie d\u2019Hamilton.On peut admirer quelque 100 cascades dans la région qui, à l\u2019instar des chutes Niagara, tombent le long du fameux escarpement.La randonnée balisée classique (de 3 km) consiste à marcher des chutes Webster aux chutes Tews (stationnements payants), et ensui te de monter jusqu\u2019au Dundas Peak, qui accorde une vue imprenable de la gorge Spencer et d\u2019Hamilton.LA SAUVAGINE GIBIER ET CUISINE DU MARCHÉ | 115 ST -PAUL EST | SOLMAR-MONTREAL.COM 514 861-3210 SOLMAR GASTRONOMIE PORTUGAISE VOUS TRANSPORTE AUX RUES D\u2019ALFAMA SPECTACLE DE FADO VENDREDI - SAMEDI | 111 ST -PAUL EST 514 861-4562 EST.1972 EST.1984 POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT CONTACTER CHANNEL BOISSÉ AU 514 985-3454 TA B L E S FEST IVES L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com INDE DÉPART DE GROUPE 2019 Merveilles de l\u2019Inde du Nord & du Rajasthan Du 7 février au 1er mars 2019 5449$ Tarif régulier -200$ Rabais réservez tôt avant le 30 novembre 2018 -150$ Rabais paiement par chèque 5099$* par personne en occupation double.LES PLUS DU GROUPE VIP : Accompagnateur de Montréal, petit groupe, maximum 17 personnes, guide accompagnateur francophone.Vol au départ de Montréal avec LH/LX.Tous les repas inclus, vols domestiques inclus.Hébergement hôtels catégorie 3*- 4*- 5* Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages pas comme les autres P e r m i s d u Q u é b e c VOYAGES GAUTHIER spécialité voyages sur mesure 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(ou plus), petits déjeuners, guides accompagnateurs francophones et circuits captivants.beltour.ca 514 336-0033 ou 1 866 235-8687 vous amène ailleurs.Les fêtes À NEW YORK Célébrez le jour de l\u2019An sur Times Square à New York! Prenez part à cette grandiose célébration pour fêter le passage vers la nouvelle année.Départ de New York le 22 février 2019 à bord du très coloré Anthem of the Sea où vous ferez une croisière inoubliable de neuf jours.À partir de : 205 $* Départ : 30 décembre 9 JOURS À partir de : 1 399 $** Croisière AUX BAHAMAS RÉSERVEZ TÔT POUR ASSURER VOS PLACES Jumelage possible, demandez à nos agents.ÉLUE Meilleure agence spécialisée au Québec cuit gr \u2014 cir ael classique Isr ol Air C , v epas par jour 2 r cuit gr \u2014 cir s lacs italiens e L cuit gr \u2014 cir danie ael et Jor Isr 17 jrs \u2014 and tour de l'Italie Gr , v jour / epas /7 nts, 2 r 8 jrs San Jose à Dr Costa Rica de Air T l enise, vo e, V err Cinque T \u2014 cir anzanie et Zanzibar T /7 nts, pension complète, v 8 jrs ari, 13 jours pour le saf /7 nts, oupe, 8 jrs anada enise, oupe, à partir de V jour / epas 4 nts, 2 r 1 / oupe, 15 jrs ence, , Flor ento Sorr , e m o R 16 nts, / ansat r ol Air T oupe, cuit gr \u2014 cir e Baie ak ansat r é, pension complète cuit priv anada ol Air C 2 P e r m i s d u Q u é b e c vis détaillé et précis.Nous consulter pour un de tionaux si spécifié, transf ols interna Inclus : V tir de, par personne en occ Prix à par ari, 13 jrs \u2014 en saf Afrique du sud ts, visites. ts, hébergements, transpor er t et disponibilité.tes de dépar .double, selon da oupe 12 nts, en gr / e r m i s d u Q u é b e c P P e r m i s d u Q u é b e c arif p T omotionnel / Places limitées ! r 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal (QC).Adresse : 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 sans frais Tél.: angie@legroupevip.com Courriel : permis du Québec .COM LEGROUPEVIP .facebook.com/legroupevip www Suivez-nous sur Facebook Prenons l\u2019exemple de la route du café à Fond Jean Noël, au nord-est de Jacmel.Gesper Myrtil a toujours gardé espoir.L\u2019espoir que sa terre, celle de ses ancêtres, redevienne un jour une zone reconnue pour la qualité de son café.Et il est cer taine- ment sur la bonne voie.En collaboration avec le Réseau national des promoteurs du tourisme solidaire, Gesper Myrtil a créé un parcours à travers les terres de 35 familles.Chacune d\u2019entre elles peut se procurer un semis de caféier au coût modique de 5 gourdes (0,10$).Les petits producteurs rassemblent ensuite leur récolte, qu\u2019ils envoient à l\u2019Association des planteurs de Fond Jean Noël, qui assure la transformation du café.Dans sa pépinière, Gesper Myrtil décrit passionnément les étapes de croissance de la plante : « Une fois qu\u2019elle s\u2019est levée comme un petit soldat, dit-il en se tenant en position de garde-à-vous, ses feuilles se déploient comme les ailes d\u2019un papillon.C\u2019est comme nous ! On ne va pas rester là, à ne rien faire.Nous aussi devons faire comme le papillon, pour voler de nos propres ailes.» Pour le moment, il faut se rendre à Fond Jean Noël pour se procurer ce café.Ça tombe bien puisque c\u2019est aussi l\u2019occasion de partager une tasse de café fraîchement torréfié, moulu et infusé avec la communauté.C\u2019est d\u2019ailleurs le type d\u2019expérience que l\u2019agence de voyages Passion Terre fait vivre à ses clients qui ont envie d\u2019un voyage plus vrai, plus près des gens.Au-delà des critères de Village Monde, le tourisme solidaire et durable a même sa place dans les hôtels de grand luxe.Par exemple, le réseau Relais & Châteaux s\u2019est joint au mouvement en 2014.Ses membres ont signé un manifeste de l\u2019UNESCO dans lequel il est notamment question de préserver les cuisines du monde en s\u2019associant aux agriculteurs, aux pê- cheurs et aux éleveurs locaux.Qui plus est, des établissements comme Sol y Luna à Urubamba, dans la Vallée sacrée au Pérou, s\u2019impliquent dans l\u2019éducation des enfants de leur communauté.Depuis près de 10 ans, les propriétaires, Marie-Hélène (Petit) Miribel et Franz Schilter, ont ouvert une école interculturelle.Elle accueille aujourd\u2019hui 185 élèves provenant de 11 communautés différentes et emploie 37 personnes, le tout étant financé par les profits de l\u2019hôtel.Ainsi, en optant davantage pour la route des artisans et des hébergements au cœur de la communauté, on permet, entre autres, de limiter l\u2019exode rural.« On ne peut pas tous vivre dans les villes.Ce n\u2019est pas viable, insiste Charles Mony.Dans les pays en développement ou émergents, les gens n\u2019ont souvent pas les moyens de vivre en ville.Ils se retrouvent donc dans les bidonvilles.» Vient ensuite l\u2019augmentation des risques de crime, de trafic de drogues et de tourisme sexuel.À l\u2019inverse, s\u2019il y a de l\u2019emploi pour les jeunes dans leur communauté, il y a de plus fortes chances qu\u2019ils y restent.Au-delà de la destination D\u2019autres acteurs de l\u2019industrie tentent également de contribuer à mettre des bâtons dans les roues du tourisme sexuel, voire de l\u2019esclavage moderne.« Air Canada a entrepris d\u2019évaluer les risques de traite des personnes et de travail forcé associés à ses activités et à sa chaîne d\u2019approvisionnement pour ses nouvelles liaisons et à ses nouvelles destinations», explique Isabelle Arthur, chef de service des relations avec les médias d\u2019Air Canada.En bref, si l\u2019emploi rural est valorisé et que le travail forcé est découragé, cela ne peut que faire en sorte que les communautés se por tent mieux et vivent plus dignement.C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019approche d\u2019Abner Septembre.« Depuis la création de l\u2019APV en 1987, nous accompagnons les paysans en vue d\u2019améliorer leur qualité de vie de façon significative et durable.Cela permet aussi de renforcer le tissu social », conclut-il.| 47 Vi v r e S o c i é t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE EN HAÏTI ET AU PÉROU COLLABORATRICE LE DEVOIR Voyager sans laisser trop de traces, voir le monde au sens propre et figuré, aller là où la vraie vie se passe, c\u2019est l\u2019essence même du tourisme solidaire.Peu importe les adjectifs utilisés pour le décrire, ce modèle de tourisme « tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l\u2019environnement et des communautés d\u2019accueil », selon l \u2019Organisation mondiale du tourisme.À bien y penser, toutes les formes de tourisme favorisent l\u2019emploi local.Cependant, le tourisme solidaire, et donc durable, mise sur les initiatives locales, conçues par et pour la communauté, plutôt que d\u2019encourager de grandes sociétés internationales qui ne réinvestissent pas toujours leurs profits sur place.C\u2019est d\u2019ailleurs la mission que s\u2019est donnée Village Monde, un organisme de Québec, qui a notamment conçu la plateforme Vaolo, sur laquelle on retrouve des hébergements et des attraits touristiques durables partout dans le monde.«Au départ, Village Monde est né dans le but de faire de l\u2019entrepreneu- riat en régions éloignées qui n\u2019était pas forcément en lien avec le tourisme, raconte Charles Mony, président et fondateur de Village Monde.C\u2019est à Madagascar en 2013 qu\u2019on a réalisé toute la richesse qu\u2019avaient les communautés pour accueillir les voyageurs.» Aujourd\u2019hui, l\u2019organisme compte 330 hébergements écoresponsables dans 36 pays.Elle souhaite en avoir 500 dans 50 pays d\u2019ici la fin de l\u2019année.Et qui dit écoresponsable ne veut pas systématiquement dire «cabane rudimentaire à 5$ la nuit».«Le tourisme solidaire ne se résume pas aux voyages sac au dos, ajoute Charles Mony.Si l\u2019hébergement est confortable et que sa mission partage la philosophie de Village Monde, il peut se retrouver sur notre plateforme.» De bons exemples L\u2019hôtel Villa Ban-Yen, à Vallue, près de Petit-Gôave, est le premier hébergement en Haïti à porter l\u2019étiquette Village Monde.Il a été inauguré en 2004 par Abner Septembre, cofondateur de l\u2019Association des paysans de Vallue (APV), et plusieurs de ses membres bénéficient des activités de l\u2019hôtel.Ensemble, ils ont développé de nombreux projets afin que les habitants puissent subvenir eux-mêmes à leurs besoins.Il existe aussi des attraits touristiques qui vont dans le même sens.Tourisme solidaire, tourisme durable L\u2019organisme Village Monde propose de voyager de façon écoresponsable dans 36 pays Des établissements comme Sol y Luna à Urubamba, dans la Vallée sacrée au Pérou, s\u2019impliquent dans la communauté.Les propriétaires, Marie-Hélène (Petit) Miribel et Franz Schilter, ont ouvert une école intercul- turelle qui accueille 185 élèves provenant de 11 communautés.JAD HADDAD Au nord de Jacmel, Gesper Myrtil partage sa passion pour les caféiers.CATHERINE LEFEBVRE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e R e s t o 4 8 | CRITIQUE CATHERINE FERLAND À QUÉBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Il est arrivé, ce temps de l\u2019année où les fins de semaine tendent à se surcharger, entre les obligations habituelles, la préparation du terrain pour l\u2019hiver (arrivé rudement vite), le début des partys de bureau\u2026 Pour m\u2019accorder un espace-temps de sérénité, j\u2019aspire à un repas en tête-à-tête dans une ambiance feutrée.Ce sera le Galopin.L\u2019accueil du personnel est affable et chaleureux.Installés confortablement sous l\u2019éclairage tamisé, nous débutons par un apéro.Amatrice de kir, je suis ravie d\u2019essayer une variante inhabituelle, à la mandarine.Mon homme, qui connaît ses classiques, opte pour le Long Island Iced Tea.C\u2019est en « rompant le pain », oint d\u2019un peu d\u2019huile infusée d\u2019ail et de basilic, que nous examinons le menu.La formule table d\u2019hôte est retenue.Une touche de crème Les tartares sont l\u2019une des spécialités du Galopin.On m\u2019a déjà parlé avantageusement de celui au cerf et canard fumé, mais j\u2019ai envie de simplicité.J\u2019y vais donc pour le saumon, tandis que le bœuf sourit à mon compagnon.Crémeux, finement coupé et rehaussé d\u2019un mélange d\u2019aromates où la moutarde est adroitement dosée, ce tartare de saumon fait honneur à la réputation du resto.Le bovidé est traité avec autant d\u2019égards, assaisonné de mini-dés de cornichons bien croquants, évitant le piège du vinaigre trop envahissant auquel on a souvent affaire ailleurs.Le potage compris dans la table d\u2019hôte lors de notre passage au Galopin est une crème de brocoli lisse et veloutée.Encore ici, une maîtrise évidente a présidé à la préparation de ce potage à la fois raf finé et réconfortant.Galoper ou giguer ?En guise de plat principal, Dave a choisi le médaillon de cerf rouge, accompagné de légumes vapeur et, Un saut au Galopin Une expérience à cheval entre le confort et la sophistication Actualités culinaires de la région de Québec Ricardo Boutique + Café a ouvert ses portes cet automne aux Galeries de la Capitale, à Québec.Le nouveau commerce compte une boutique offrant des produits gourmands, des accessoires de cuisine et autres agréments de l\u2019art de la table.Un restaurant de 90 places assises propose un menu tiré des quelques milliers de recettes élaborées par l\u2019équipe de Ricardo.En saison estivale, une vaste terrasse sera également ouverte.Le Saint-Amour, célèbre restaurant gastronomique du Vieux-Québec, souligne son quarantième anniversaire de savoureuse manière.Le chef propriétaire Jean-Luc Boulay a créé un appétissant menu où se côtoient notamment les escargots persillés en espuma d\u2019ail doux et les aiguillettes de canard au jus émulsionné au foie gras\u2026 Ce menu est offert à prix exceptionnel de 40$ du dimanche au jeudi, jusqu\u2019au 20 décembre 2018.Le Galopin, pour s\u2019accorder un espace-temps de sérénité dans une ambiance feutrée.PHOTOS FRANCIS VACHON LE DEVOIR Pour 4 personnes Lorsque l\u2019hiver pointe le bout de son nez, un produit exceptionnel arrive en épicerie au même moment, comme une petite dose de soleil à déballer : la clémentine ! Quoi de mieux que l\u2019odeur d\u2019une clémentine fraîchement pelée ?J\u2019ai voulu faire une recette simple aux parfums de Noël.Pour moi, Noël c\u2019est, entre autres bonheurs, l\u2019odeur des clémentines et du sapin.J\u2019ai donc conçu une recette alliant ces deux parfums.Un poulet courant pourrait tout aussi bien se prêter à cette recette si vous ne trouvez pas de poulet de Cornouailles.En quoi le poulet de Cornouailles est-il différent d\u2019un poulet courant ?Il s\u2019agit en fait d\u2019une jeune poule d\u2019environ 500 g qui a l\u2019avantage d\u2019être plus tendre et plus juteuse.Ingrédients 1 courge Butternut ou autre 1 oignon 2 c.à soupe de romarin frais haché 2 gousses d\u2019ail hachées 3 clémentines 4 c.à soupe de beurre 2 poulets de Cornouailles Préparation Préchauffer le four à 375°F.Peler (facultatif) et couper la courge en tranches d\u2019environ 2cm et déposer dans le fond d\u2019une plaque ou d\u2019une rôtissoire avec l\u2019oignon tranché en rondelles.Saler et poivrer.Hacher finement le romarin avec l\u2019ail, zester deux clémentines et mélanger avec le beurre.Avec les doigts, décoller la peau de la poitrine de la volaille et insérer le mélange de beurre et de romarin sous la peau.Couper les clémentines en quatre quartiers et déposer un quartier dans chaque poulet, ainsi qu\u2019une branche de romarin.Saler et poivrer les poulets et les déposer sur les tranches de courge.Enfourner et cuire environ 45 minutes à une heure ou jusqu\u2019à ce que la température atteigne 74°C (165°F) lorsqu\u2019un thermomètre à viande est inséré dans la cuisse près de l\u2019os et que les jus soient clairs.Marie-Élaine Thibault est conceptrice et styliste culinaire.Pour la suivre : marielenfer.com ; facebook.com/marielenfercuisine ; instagram.com/maryhellyeah | 4 9 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre MARIE-ÉLAINE THIBAULT L A R EC E T T E D E M A R I E- É L A I N E T H I BAU LT Poulets de Cornouailles rôtis au romarin et aux clémentines surtout, d\u2019une cassolette de poireaux et pommes de terre grelots au camembert.Le cerf est tendre, légèrement rosé et accompagné d\u2019une riche sauce.Une assiette très bien réalisée et équilibrée, parfaite pour contrebalancer la froidure du noroît qui souffle dehors.Je ne suis pas par ticulièrement friande d\u2019agneau, dont la saveur et la texture me conviennent rarement, alors c\u2019est avec hardiesse (et un brin de circonspection) que j\u2019ai choisi mon plat.On est en mission ou on ne l\u2019est pas ! Ma gigue d\u2019agneau à la moutarde me convainc pour tant dès la première bouchée.Les spätzles et le fromage de chèvre émietté accompagnent très bien la viande ultraten- dre, cuite sous vide puis passée au grill et nappée de jus réduit.C\u2019est très réussi.De l\u2019importance des vins Je me dois d\u2019ouvrir une parenthèse sur le choix du vin.Malgré la gentillesse et l\u2019empressement de notre ser veur, je n\u2019ai pas l\u2019impression d\u2019avoir été bien orientée pour sélectionner ma liqueur de Bacchus ; au- delà du nom d\u2019un plat ou la lecture de ses quelques ingrédients de base, il est bien dif ficile de deviner à l\u2019avance toutes les subtilités (les herbes et épices de la sauce, par exemple) dont il faudrait tenir compte.La carte des vins aurait avantage à être rajeunie et construite de manière à correspondre étroitement aux mets.Une sélection (idéalement au verre) pourrait alors être proposée d\u2019emblée en accord avec la quinzaine de belles propositions du menu.Finale en douceur Une petite touche de douceur, pour terminer cette escapade « galo- pine » ?J\u2019opte pour une crème brûlée à la vanille, dont la surface bien cra- quante et dorée révèle un agréable arôme de rhum.Mon homme est très heureux de sa verrine de mas- carpone, crumble et fines juliennes de pomme verte.Le Galopin ?$$$ 1/2 3135, chemin Saint-Louis Québec ?418 652-0991 Les plus Un ser vice impeccable et des plats extrêmement bien maîtrisés.Une expérience à cheval entre le confort et la sophistication.Les moins Une car te des vins qui aurait besoin d\u2019être renouvelée et, sur tout, bien ar rimée aux plats proposés.Le menu ne convient pas aux végétariens.L\u2019addition Repas pour deux, nourriture seulement, avant taxes et service: 108 $.L\u2019addition totale Repas pour deux, y compris alcool, taxes et ser vice : 208 $. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e Vi n 5 0 | Moins de 16 $ Sauvignon 2017, Domaine de Bellevue, Touraine, Loire, France (15,75$ \u2013 10690404) Ce sauvignon bien sec est le type de vin à siroter au bistrot, histoire de saisir au passage ces «brèves de comptoir » déclinées par des individus qui ont déjà un sérieux coup dans le nez ! Il y a ici de la densité, un fruité vif et frais, des notes citronnées et une finale qui ne manque pas de longueur.Simple mais franc du collier.(5) ?La surprise Le Difese 2016, Bolgheri, Tenuta San Guida, Italie (34,75$ \u2013 10987427) Le puîné de la famille Sassicaia, avec des cabernets sauvignons maison enrichis de 30 % de sangiovese qui, eux, sont achetés à d\u2019autres producteurs.Il en résulte un rouge qui, même à ce niveau «d\u2019entrée de gamme», offre une finesse et une classe indéniables.Seulement, moins large et profond que le grand vin.(5+) ?1/2 Le blanc Chardonnay V.V.2016, Nicolas Potel, Bourgogne, France (23,40$ \u2013 11890926) Pour moins de 50 $, pourquoi ne pas se faire plaisir avec un duo Potel, en démarrant avec ce chardonnay généreux et gourmand de la région du Mâconnais et de celle de Beaune pour poursuivre ensuite avec le Pinot noir V.V.2017 (23,15 $ \u2013 719104) à la souplesse fruitée indéniable ?Notation : (5) ?pour les deux ! Le rouge Mencia 2015, Viernes, Bierzo, Espagne (16,90$ \u2013 12751451) Ce cépage mencia donne l\u2019impression d\u2019un adolescent qui refuse de faire ses devoirs pour plutôt aller jouer avec ses amis tant le fruité y est turbulent, actif et bien décidé à faire l\u2019école buissonnière.Un rouge qui ne manque pas de vigueur, avec de beaux tanins bien frais doublés d\u2019une mâche soutenue et vineuse.Un hamburger fera l\u2019affaire ici ! (5) ?1/2 Le bio Bodega Villa d\u2019Orta 2013, Somontano, Espagne (19,25$ \u2013 13566679) La dominante de cabernet sauvignon déroule ici une présence qui est à la hauteur de sa réputation.Surtout que l\u2019élevage et quelques années de bouteille lui confèrent un bouquet qui gagne en largeur avec l\u2019aération.Robe chaude et soutenue, parfums de cassis mûr, de fumée et de truffe sur une bouche étoffée, bien fraîche.(5) ?(5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Elle n\u2019est certes pas la seule à avoir vu le jour au XXe siècle, mais l\u2019appellation Bolgheri, dans la Maremma italienne, en bordure de la mer Tyr- rhénienne, demeure sans conteste le berceau d\u2019un vin devenu aujourd\u2019hui une référence absolue : le Sassicaia.Le marché québécois fut d\u2019ailleurs l\u2019un des premiers à reconnaître, dès le début des années 1980, la spécificité de ce cru qui allait non seulement bousculer la hiérarchie des appellations italiennes, mais qui allait révéler sur place au grand jour le potentiel du cabernet sauvignon planté à même un sol de graves fines.D\u2019où le nom de « sassicaia » qui, en dialecte toscan, parle de sol pierreux.Le marquis avait du flair ! L\u2019histoire est édifiante à ce sujet.Dès les années 1920, le marquis Mario Incisa della Rocchetta, convaincu que le pinot noir et le cabernet sauvi- gnon trouveraient, respectivement en Italie du Nord et en Italie centrale, à développer un beau potentiel de garde, passe à l\u2019action en plantant une parcelle du fameux cabernet dans le milieu des années 1940 à la Tenuta San Guido, sise toute au nord de l\u2019appellation, tout juste à l\u2019ouest de la commune de Bolgheri.Le vin qu\u2019il en tire est à ce point conforme avec l\u2019esprit qu\u2019il se fait d\u2019un bon bordeaux qu\u2019il récidive en 1965 en fichant de nouveau, en contrebas du vignoble originel, quelques plants du cépage en question en y ajoutant aussi du cabernet franc.Le Sassicaia voit alors le jour avec une première commercialisation dès le millésime 1968.Le marquis avait à ce point du flair que l\u2019appellation Bolgheri Sassicaia adoubera le domaine 26 ans plus tard, en 1994, en même temps que celle, plus large, de Bolgheri Superiore.Avec le recul, on constate que l\u2019homme avait perçu d\u2019instinct l\u2019adéquation parfaite d\u2019un cépage planté à quelques centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer, sous les auspices d\u2019un climat méditerranéen lumineux et bien ventilé.Avec comme résultat des vins qui n\u2019ont rien à envier à leurs cousins bordelais d\u2019ascendance Atlantique.Ce même cabernet n\u2019atteint nulle part ailleurs en Italie ce mélange de puissance et de finesse qui consacre le grand vin.Quelques mots.Guidalberto 2016 (60,50 $ \u2013 10483384) Issu des jeunes vignes du domaine avec 40 % de merlot dans l\u2019assemblage, ce Guidalberto n\u2019a jamais été aussi réussi qu\u2019à ce jour ! Ample et bien mûr, il demeure d\u2019une étonnante lisibilité avec ses tanins fins abondants et doucement ser- rants.Bien plus que le Sassicaia du pauvre ! Un 16e millésime époustouflant ! (10+) © ?Sassicaia 2015 (226,25 $ \u2013 13057401 \u2013 6 décembre) Relativisons déjà le prix : le second vin de Lafite Rothschild (Carruades) dans le «mince » millésime 2012, vendu près de quatre fois plus cher que ce grand 2015, n\u2019est-il pas déjà une aberration côté prix?Cela dit, il demeure intéressant de sentir les modulations fines des cabernets sauvignons (85 %) et cabernets francs dans ce brillant millésime ainsi que dans les 2013, 2010 et 2008 qui ont suivi.Quel que soit le millésime, la maison évite toute extraction poussée ou autre concentration démesurée en laissant le vin respirer entre les fines mailles tanniques de sa structure pour mieux souligner une espèce de grâce naturelle qui n\u2019est pas sans évoquer, en amont, une aristocratie de terroir certaine.Ce 2015 possède raffinement et des proportions idéales (10+) © ?1/2 ; le 2013, plus « frais», donne la parole au cabernet franc avec un resserrement minéral qui allonge la finale (10+) ?; le 2010 est complet et atteint un sommet d\u2019équilibre (10+) © ?, alors que le 2008, qui joue les grandes orgues, y va d\u2019une sapidité saline modulant race et profondeur (10+) © ?1/2.guideaubry@gmail.com Bolgheri Naissance, croissance et affirmation d\u2019une appellation Nicolo Incisa della Rocchetta et sa fille Priscilla TENUTA SAN GUIDO | 5 1 Vi v r e A l i m e n t at i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 REPORTAGE GWENAËLLE REYT COLLABORATRICE LE DEVOIR Un nouveau logo apparaîtra sous peu sur les rayons de la Société des alcools du Québec (SAQ).L\u2019indication géographique protégée «Vin du Québec» a été reconnue le 16 novembre dernier par André Lamontagne, ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation.« C\u2019est la ligne d\u2019arrivée du marathon.Avec cette IGP, on obtient la reconnaissance de notre gouvernement.C\u2019est un gage de qualité et notre image va être bonifiée », assure Yvan Quirion, président du Conseil des vins du Québec.Cette appellation réservée s\u2019ajoute aux six déjà existantes dans la province (voir encadré).Depuis 2008, l\u2019Association des vignerons du Québec, rebaptisée Conseil des vins du Québec au printemps 2018, travaille pour la reconnaissance des vins d\u2019ici.La première étape a été la mise en place en 2009 d\u2019une certification qui imposait déjà un cahier des charges à ceux qui souhaitaient apposer le logo noir et blanc sur leur bouteille.« On a commencé avec une certification.Ça a été le moyen de bien huiler le processus et de raf finer toutes les étapes pour arriver ultimement à notre IGP », poursuit le vigneron copropriétaire du vignoble du Domaine St- Jacques, en Montérégie.L\u2019association rassemble 71 membres.Des vins 100 % québécois L\u2019indication géographique protégée permet de reconnaître et de protéger la qualité ou les caractéristiques particulières d\u2019un produit attribuables à son origine (terroir).Ainsi, le sol, le climat, les espèces animales élevées ou les variétés cultivées, les savoirs et les savoir-faire sont reconnus comme propres aux produits ayant une appellation.«Tous les vignerons qui seront dans la zone géographique et qui respecteront le cahier des charges pourront avoir l\u2019IGP », note Yvan Quirion, qui précise que les critères pour avoir l\u2019IGP sont quasi identiques à ceux de la certification.«Ceux qui avaient la certification ne devraient pas avoir de problème à obtenir l\u2019IGP.» Contrairement à cer tains vins français, les critères pour avoir l\u2019IGP « Vin du Québec » sont très larges.Avec des limites allant des frontières avec l\u2019Ontario et celle avec les États-Unis, à la chaîne des Laurentides et celle des Appalaches, la zone géographique concernée est plutôt vaste.L\u2019IGP concerne également plusieurs sortes de vins, dont les vins tranquilles, les vins effervescents et les vins liquoreux.De plus, ces vins peuvent être blancs, rouges, roses, mousseux, pétillants, de vendange tardive, de vendange tardive sélective et de raisins passerillés.Renouveau des appellations ?Pour les cépages, là aussi, le cahier des charges permet l\u2019utilisation d\u2019un grand nombre de variétés de vignes allant des Vitis vinifera aux cépages rustiques et semi-rustiques.Seuls les vins élaborés à partir de Vitis la- brusca pure sont interdits.Le raisin doit provenir de la zone géographique désignée et la vinification doit se faire entièrement au vignoble.En plus de respecter le cahier des charges, les vins seront également testés par le comité d\u2019agrément composé d\u2019experts qui ef fectueront les dégustations et l\u2019analyse des vins.Les millésimes 2018 seront les premiers vins à pouvoir arborer l\u2019IGP.L\u2019organisme indépendant Ecocer t Canada s\u2019occupera de la certification et ef fectuera les contrôles chez les producteurs.En contrepartie, ceux- ci devront s\u2019acquitter d\u2019un montant annuel de 1000 $ pour couvrir les frais de certification.C\u2019est pour lutter contre la fraude et l\u2019usurpation du nom de produits renommés que les systèmes d\u2019appellations réservées ont été mis en place.En France, au début du XXe siècle, ce sont les vignerons qui ont été les premiers à se battre pour défendre la réputation et la qualité qui étaient associées à leurs vins.Par la suite, l\u2019Union européenne a repris ce modèle, qui a également servi de base pour le Québec.Dès la fin des années 1990, ce dernier a entamé une réflexion qui, après plusieurs étapes, a débouché en 2006 sur la création du Conseil des appellations réser vées et les termes valorisants (CAR TV).Son mandat était d\u2019appliquer la Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants (LARTV).L\u2019agneau de Charlevoix a été le premier produit québécois protégé.Douze ans plus tard, seulement sept appellations sont reconnues dans la province, alors que l\u2019Union européenne en compte plus de 1600.«La France a une tradition beaucoup plus longue que la nôtre », souligne Sylvie Marier, por te-parole du CARTV, qui ajoute : « Le CARTV a beau soutenir et accompagner les processus, les demandes doivent être faites par un groupe de producteurs et/ou de transformateurs.Ce sont les gens du milieu qui doivent faire en sorte que le processus s\u2019effectue.Cela peut prendre plus ou moins de temps.» Alors que certains projets parviennent à obtenir une reconnaissance en quelques années, d\u2019autres stagnent, comme celui de la Volaille Chantecler, tradition ayant débuté en 2011.Car mettre en place une appellation implique de se mettre d\u2019accord sur un cahier des charges, donc sur des façons de produire et aussi sur une zone géographique déterminée selon l\u2019appellation demandée.C\u2019est par fois à ce stade que les demandeurs n\u2019arrivent pas à se mettre d\u2019accord.Pour l\u2019IGP Vin du Québec, le cheminement n\u2019a pas toujours fait l\u2019unanimité.L\u2019association Vignerons indépendants du Québec ne s\u2019oppose pas à l\u2019IGP, mais estime que le cahier des charges compor te de nombreuses lacunes, dont celles des frontières de la zone protégée.« Déjà avec l\u2019IGP Vin de glace du Québec, il y a eu des exclus.Un de nos membres doit appeler son vin de glace \u201cvin de neige\u201d.Qu\u2019est-ce qu\u2019on va dire à nos clients ?Et dans les concours internationaux, comment allons-nous appeler nos vins faits au Québec ?» se demande Charlotte Reason, présidente de l\u2019association.Elle estime que l\u2019IGP devrait rallier l\u2019ensemble de l\u2019industrie et regrette de ne pas avoir été consultée dans le processus.« Ils pourront indiquer \u201cproduit au Québec\u201d ou \u201cproduit du Québec\u201d », précise la porte-parole du CARTV.Autre point surprenant, Anthony Carone, propriétaire du vignoble Ca- rone, a déposé en septembre dernier une demande de marque de commerce «IGP Vin du Québec».Si cette marque est reconnue par l\u2019OPIC, son usage collectif serait impossible, mais la situation ne semble pas inquiéter le CARTV.« La demande est en cours, mais elle n\u2019a pas été acceptée.Les avocats du MAPAQ et ceux du CARTV sont sur le dossier», assure la porte-parole du CARTV.Appellations mal connues En plus de la complexité du processus pour les groupes de demandeurs, les appellations semblent encore mal connues du public, qui ne fait pas toujours la dif férence avec une marque de commerce.Mais cela pourrait changer.L\u2019été dernier, le MAPAQ a annoncé la mise en place d\u2019un programme d\u2019appui au développement des appellations réservées et des termes valorisants (PADARTV) de 2,5 millions sur quatre ans.Celui- ci vise à soutenir l\u2019ensemble du processus allant de l\u2019étude de faisabilité à la promotion des appellations.De plus, le CARTV est en train de finali- ser son plan stratégique pour les prochaines années ; il a aussi indiqué qu\u2019une réflexion était en cours pour moderniser les logos.Du côté des vignerons, comme le souligne Yvan Quirion, on pense déjà à la prochaine étape : « On va s\u2019intéresser aux sous-régions.Elles vont pouvoir se développer en fonction de leur typicité, leurs produits ou des cépages.Ça va être très intéressant ce qui va se passer d\u2019ici 10-15 ans.» Nouveau label pour le vin québécois Les vignerons d\u2019ici pourront apposer l\u2019indication géographique protégée sur leurs bouteilles 2018 L\u2019indication géographique protégée « Vin du Québec » a été reconnue le 16 novembre dernier par le ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, André Lamontagne.JACQUES NADEAU LE DEVOIR a prévalence des maladies chroniques non transmissibles, comme les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2, ne cesse d\u2019augmenter.Cela s\u2019explique, entre autres, par notre surconsommation d\u2019aliments ultra-transformés et de boissons sucrées.Parallèlement, les produits alimentaires et les soins affichant les meilleurs bienfaits du monde se taillent une place de choix sur le marché.Manifestement, notre mode de vie est paradoxal.Outre l\u2019anorexie et la boulimie, les troubles du comportement alimentaire se présentent sous diverses formes.De plus en plus, il est question d\u2019orthorexie.Bien qu\u2019elle ne soit toujours pas reconnue dans le DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, publié par l\u2019Association américaine de psychiatrie), l\u2019or- thorexie est décrite comme « un comportement névrotique caractérisé par l\u2019obsession d\u2019une alimentation saine », selon l\u2019Office québécois de la langue française.En ef fet, les personnes atteintes d\u2019orthorexie sont très conscientes de l\u2019importance d\u2019une saine alimentation pour leur santé.Elles angoissent à l\u2019idée de manquer de nutriments ou de consommer des traces de pesticides et d\u2019additifs alimentaires.Les fruits et légumes n\u2019étant jamais assez nutritifs pour elles, elles préfèrent les consommer en jus fraîchement pressés à froid ou, mieux encore, y ajouter des « super-aliments » pour s\u2019assurer de ne manquer de rien.Cela dit, il existe des concentrés de jus agrémentés de gingembre, de curcuma et de poivre de Cayenne à boire d\u2019un trait dans l\u2019espoir de briser notre rhume ou d\u2019éviter de vieillir d\u2019un coup.L\u2019art de vivre dans la peur Lors d\u2019un récent séjour à Los An- geles, le constat était troublant.Au- delà de l\u2019of fre généreuse de soins esthétiques, un « centre de santé » proposait des injections intraveineuses de vitamines et de minéraux à 189 $US la dose.Ils sont, entre autres, recommandés pour « promouvoir » la beauté, stimuler le système immunitaire ou donner un regain d\u2019énergie, sous prétexte que le système digestif n\u2019est pas toujours optimal pour l\u2019absorption des nutriments.« Même en adoptant une alimentation saine, on ne sait jamais si on manque de quelque chose », nous dit-on sur place.Cette idée que le corps n\u2019est pas en mesure de fonctionner normalement et que les aliments sont incapables de combler nos besoins en nutriments est problématique.Par conséquent, l\u2019industrie saisit cette occasion en or de faire de généreux profits en af f ichant une montagne de bienfaits dif ficiles à obtenir autrement qu\u2019en se gavant de leurs produits.Pas étonnant qu\u2019une entreprise comme Goop, l\u2019empire du bien-être de l\u2019actrice américaine Gwyneth Pal- trow, soit aujourd\u2019hui évaluée à 250 millions de dollars américains.Éloge de la sueur Outre la frénésie des vitamines et des minéraux, l\u2019appel à la détoxifica- tion résonne partout, comme nous pouvons le constater dans la série Netflix A User\u2019s Guide to Cheating Death, de Timothy Caulfield, professeur en droit et politique de la santé à l\u2019Université de l\u2019Alberta.La fièvre du moment dans les spas est de loin le sauna à infrarouge lointain (SIRL).Au studio Shape House à L.A., nous étions enveloppés pendant 55 minutes dans une couverture chauffée aux IRL.Le traitement permettrait de faire perdre du poids (comprendre de la sueur), d\u2019améliorer le sommeil, d\u2019embellir le teint, de récupérer plus rapidement à la suite d\u2019un effort physique et, bien sûr, de se détoxifier.Selon l\u2019Observatoire de la prévention de l\u2019Institut de cardiologie de Montréal, le SIRL «procure des bienfaits pour les personnes susceptibles de développer une maladie coronarienne ou qui sont atteintes d\u2019insuffisance cardiaque ou de maladies artérielles périphériques, et il améliore la qualité de vie des patients souffrant d\u2019insuffisance cardiaque, en augmentant l\u2019appétit et le bien-être en général.Cette thérapie pourrait être aussi bénéfique pour les personnes légèrement dépressives, en améliorant l\u2019appétit et l\u2019humeur.» Notez que, dans les études aux- L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e S a n t é 52 | Voyage santé au Mexique accompagné par une naturopathe D é t e n t e u r d \u2019 u n p e r m i s d u Q u é b e c Les places sont limitées ! *Pour tous les détails : info@collectionneursdevoyages.com Tél.: 514 730 9293 / 819 446 5893 Optimisez votre santé par le voyage et la médecine naturelle ! 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Pas de kilométrage inutile, VOUS PRENEZ LE TEMPS DE VISITER Nous couchons à l\u2019intérieur des villes.Entrées et visites incluses, c\u2019est la force de nos circuits.P e r m i s d u Q u é b e c Trésors de l\u2019Italie du Sud et de la Sicile \u2013 22jrs Mai & Septembre Un circuit unique, exeptionnel d\u2019une incomparable diversité, culturel et historique EXCLUSIF à Voyages Symone Brouty Naples 4nts, Iles Ischia, Procida, Paestum, Matera, Alberobello, Lecce, Rossano, Cosenza, Reggio di Calabria, Taormina, Etna, Catane, Syracuse 2nts, Noto Ragusa, Agrigente 2nts, Noto, Ragusa, Selinonte, Marsala, Erice, Segeste, Monreal, Palerme 2 nts, Ceverteri, Rome 2nts.Hôtels 4* 49 repas.Toutes les entrées, visites incluses.Un circuit des plus complet.PAS DE MAUVAISES SURPRISES ! REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE EN CALIFORNIE COLLABORATRICE LE DEVOIR Le paradoxe du bien-être Lorsque la santé devient une obsession L Il n\u2019y a pas grand-chose dans la littérature scientifique à propos de la chaleur dans une optique de récupération post-entraînement ALEXIS LASALLE » | 5 3 Vi v r e S an t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 L E S A P P L I CAT I 0 N S D E L A S E M A I N E On a tous déjà eu cette expérience: après avoir fait une recherche en ligne, on se fait proposer un peu partout sur Internet des publicités en lien direct avec ce champ d\u2019intérêt.La vérité, c\u2019est qu\u2019on est tous sous surveillance.Voici deux outils simples d\u2019utilisation pour la contrer.Un meilleur bottin téléphonique Tout ce qui se fait sur Internet commence par une requête DNS.Peu importe que vous cliquiez sur un lien, consultiez votre fil Facebook ou écoutiez une chanson, votre appareil doit demander à un serveur DNS, bottin téléphonique d\u2019Internet, où trouver le contenu recherché.Seul problème, votre serveur DNS par défaut, offert par votre fournisseur de service, est dans plusieurs cas lent et peu sécuritaire.La nouvelle application de Cloudflare, 1.1.1.1, vous permet d\u2019utiliser son propre bottin, sécurisé et jusqu\u2019à six fois plus rapide que les autres.Facile d\u2019utilisation, on l\u2019installe, puis on l\u2019oublie.1.1.1.1 Cloudflare, gratuit, Apple iOS et Google Android Le meilleur bloqueur de publicités Marre des pubs?1Blocker X vous en débarrasse complètement.Mieux encore, l\u2019application promet de vous protéger de ces «cookies» pernicieux qui informent les publicitaires de vos intérêts personnels.Et comme l\u2019application est payante et produite par une petite équipe de développeurs indépendants, elle promet aussi de ne pas vendre vos données au plus offrant.Point bonus: 1Blocker X vous donne le choix de cacher les sections commentaires de nombreux sites, vous aidant ainsi à garder votre tension artérielle sous contrôle.Pour les parents, installer 1Blocker X sur les appareils des enfants permet de bloquer certains sites Web de son choix et le contenu pour adultes.1Blocker X Salavat Khanov, essai gratuit, Apple iOS et macOS seulement SALAVAT KHANOV La fièvre du moment dans les spas est le sauna à infrarouge lointain (SIRL).En haut à droite : le jour se lève sur la Cité des anges.Ci-contre : des concentrés de jus de fruits pour la vitalité.quelles l\u2019Observatoire fait référence, il est question de SIRL chauf fés à 60 °C (140 °F) dans lesquels les personnes passent 15 minutes.Et bien que ces études soient faites sur des êtres humains, leur échantillonnage demeure de très petite taille, de 20 à 30 personnes.Il serait donc préférable de faire preuve de prudence avant de s\u2019enfermer dans un SIRL.En ce qui a trait aux bienfaits après un effort physique, la récupération active est davantage préconisée en physiothérapie.« Il n\u2019y a pas grand-chose dans la l ittérature scientifique à propos de la chaleur dans une optique de récupération post-entraînement, explique Alexis Lasalle, physiothérapeute à la clinique PhysioExtra St-Henri.Ce qui est mieux démontré, c\u2019est l\u2019utilisation du rouleau et des balles de massage, et la récupération active, comme un jogging léger après un effort intense.» Malgré l\u2019absence de données probantes quant aux vertus «détox» des SIRL, leur popularité ne cesse de croître.Il n\u2019est pas étonnant de voir cette vague de chaleur atteindre tranquillement le Québec.En effet, SweatFX a récemment vu le jour à Montréal.Au lieu de couver tures chauffantes, il s\u2019agit plutôt ici d\u2019un sauna dans lequel on passe 40 minutes.C\u2019est plus facile à supporter et plus confor table que d\u2019être enveloppé dans une lourde couverture pendant une heure.Cela demeure toutefois près de trois fois plus long que la durée des SIRL des études auxquelles l\u2019Institut de cardiologie de Montréal se réfère pour faire ses recommandations à ce sujet.Faire une pause dans l\u2019hiver frileux en passant un peu de temps à la chaleur est certainement apaisant, mais il est faux de croire que cela règle tous les maux.Il est tout aussi erroné de penser que notre alimentation est constamment contaminée par de vilaines toxines et que notre corps est trop faible pour métaboliser, filtrer et éliminer correctement quoi que ce soit.Par contre, nous ne pouvons qu\u2019être gagnants à tourner le dos aux aliments ultra-transformés et aux boissons sucrées.En plus d\u2019être scientifiquement prouvé pour contribuer à la santé globale, ce geste n\u2019a aucun effet néfaste.Il est erroné de penser que notre alimentation est constamment contaminée par de vilaines toxines et que notre corps est trop faible pour métaboliser, filtrer et éliminer correctement quoi que ce soit JAD HADDAD PHOTOS CATHERINE LEFEBVRE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1.2.RINVESTÉ 1.2.TRISOANE 1.2.UNIPETAL 1.2.MOINFRES 1.2.TREFLENIAI 1754 Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 426 Horizontalement I.Reconversion.II.Améliorée.Ho.III.Gi.If.Essaim.IV.Ogives.Paroi.V.Urge.Animé.VI.Tan.Givré.Aa.VII.Atours.Uht.VIII.Nib.II.Rosai.IX.Toluène.Nano.X.Energéticien.Verticalement 1.Ragoûtante.2.Emigration.3.Ce.Ignoble.4.Olive.Ur.5.Nifé.Grieg.6.Vo.Saisine.7.Ere.Nv.Et.8.Respirer.9.Sésame.Onc.10.Are.Usai.11.Ohio.Ahane.12.Nomination.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 427 1.Risque de mettre les feuilles à mal.2.Petite musique un peu lente.Sur la côte nippone.3.A suivre les ciseaux à la main.4.Traverse le Tyrol.Préposition.5.Finement tamisées.Long ruban italien.6.Encadrent le bandit.Petites musiques pour séduire.7.Devra se représenter.Malin mais pourchassé.8.Point de suspension.9.Du cochon chez les orfèvres.Sommet suisse.10.Accompagne la lumière.Espère quitter l\u2019opposition.11.Forme d\u2019avoir.Sur l\u2019Aar.12.Mise définitivement à labri.I.S\u2019étalent à vos pieds.II.Belle demoiselle un peu carnassière.C\u2019est souvent le moment de partir en vacances.III.En dessous de la moyenne.Risque de vous piéger.IV.Met la France à l\u2019échelle.Préparé en cocotte.Dans l\u2019erreur.V.Participe à la mise en page.Vingt-troisième chez les Grecs.VI.Homme de pouvoir.Belles et dures africaines.VII.Causa du tort.Romains.Double tout.VIII.Relèvent en cuisine.Tenues avec hauteur.IX.Trois points sur quatre.A régler au passage.Ile de France.X.Ne fait pas de mal en faisant mâle.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE C\u2019est pas dur la politique comme métier ! Tu fais cinq ans de droit et tout le reste c\u2019est de travers.Coluche MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE HORDE CORDE CARDE CARNE CARPE LES ANAGRAMMES \u2022 GLANÉS/SANGLÉ \u2022 GUITARES/ARGUTIES \u2022 INTESTINS/INSISTENT \u2022 ISRAÉLIEN/LINÉAIRES \u2022 NITRATES/ASTREINT/TARTINES /TRANSIT JEUX 1753 1754 1753 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1754 1.Comme un bon camembert 2.Le bulletin météo nous y a familiarisés 3.Chère 4.Élimer un vêtement 5.Dans les fêtes, petit ruban de papier qui se déroule quand on le lance 6.Se dit d\u2019une clochette qui sonne (verbe) 7.Petit rongeur semblable au loir 8.Griller 9.Encourageons celui du Devoir! 10.Être dans une attitude de prière ou de soumission \u2022 IMBIBER \u2022 BERGES \u2022 GÉSIR \u2022 SIROPS \u2022 OPSINE \u2022 INEXACT \u2022 ACTIVISTE \u2022 STÉROÏDES \u2022 DÉSAMORCER \u2022 CERVICAL L ARME MARBRE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R 3. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 2 4 E T D I M A N C H E 2 5 N O V E M B R E / 2 0 1 8 OFFREZ-VOUS CUBA POUR NOËL ! « INCROYABLE, ÉBLOUISSANT, SAISISSANT » - The New York Times SAMEDI 23 FÉVRIER 2019 \u2013 20H THÉÂTRE MAISONNEUVE DE LA PLACE DES ARTS LUMIÈRES SUR CUBA EN TOURNÉE AU QUÉBEC 24 février, Salle André-Mathieu, Laval - 450-667\u20132040 \u2022 2 mars, St\u2013Hyacinthe - 450-778-3388 \u2022 3 mars, St\u2013Jean-sur-Richelieu - 450-358-3949 \u2022 6 mars, Grand Théâtre, Québec - 418-643-8131 DE LA HAVANE, 17 DANSEURS ET 8 MUSICIENS.ARTISTIQUEMENT FLAMBOYANT, MUSICALEMENT DÉSALTÉRANT ! BILLETTERIE : 514 842-2112 "]
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