Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (2)

Références

Le devoir, 2018-11-28, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
[" VOL.CIX NO 271 / LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM Poète, parolier et pionnier de la contre-culture Claude Péloquin meurt d\u2019un cancer à l\u2019âge de 76 ans STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Fulgurance.C\u2019est le mot, le très beau mot, qui vient à la chanteuse Louise Forestier quand elle pense au poète et parolier Claude Péloquin, disparu dimanche à l\u2019âge de 76 ans.Il souffrait d\u2019un cancer généralisé qui l\u2019a tué rapidement, quelques semaines après le diagnostic fatal.« C\u2019est bien lui, ça », dit Mme Forestier en apprenant ce détail sur la sortie de scène foudroyante de l\u2019écrivain.« C\u2019était un homme de fulgurances.On meurt comme on vit.Il avait des fulgurances extraordinaires.Un de ses vers dit : J\u2019ai une cathédrale d\u2019harmonique dans les genoux.Coudon, tu fais le tour du monde à pied avec ça ! » Elle en parle aussi comme d\u2019un maître des formules-chocs.« C\u2019était un homme de l\u2019instant, toujours actif.Il aurait fait fortune dans une agence de publicité.» Les paroles de la chanson Lindberg, improvisée par Claude Péloquin pendant une soirée bien arrosée, concentre un de ces instants-monuments.Interprétée par Louise Forestier et Robert Char- lebois en 1969, elle est devenue l\u2019hymne de la jeunesse psychédélique entre la Révolution tranquille, Expo 67, mai 1968 et la crise d\u2019Octobre.INDEX Éditorial.A6 Idées.A7 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B4 Sports.B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Monde .B7 Avis légaux .B7 MONDE « Menace d\u2019une guerre totale » entre l\u2019Ukraine et la Russie | B 8 CULTURE Inclusion sur les scènes montréalaises | B 1 François Paradis élu président de l\u2019Assemblée nationale JESSICA NADEAU MARCO FORTIER LE DEVOIR L\u2019éducation aux adultes dépossédée de millions de dollars La CSDM finance des services spécialisés avec des subventions pour la formation des adultes et la formation professionnelle AMÉLI PINEDA LE DEVOIR Blessing Claudevy Moukoko se trouvait au fond de la piscine au moment où un professeur, le croyant au vestiaire, lui attribuait une note de 4 sur 5 pour sa performance au cours de natation.L\u2019adolescent de 14 ans a passé près de 40 minutes sous l\u2019eau avant d\u2019être retrouvé dans la partie profonde de la piscine du centre Père-Marquette, à Montréal, a confirmé mardi le bureau du coroner.MONTRÉAL Noyade du jeune Blessing : manque de surveillance, pointe le coroner « Au visionnement des images de la piscine captées par les caméras, l\u2019inaptitude à nager du jeune Moukoko est flagrante », a confié le coroner Louis Normandin, lors d\u2019une conférence de presse où il n\u2019a pas caché avoir été très ébranlé par les images qu\u2019il a dû regarder.Dans son rapport, le coroner relève le manque de surveillance qui a coûté la vie à l\u2019adolescent de 14 ans le matin du 15 février dernier.« C\u2019était son troisième cours de natation.On voit qu\u2019il s\u2019engage pour une longueur de natation.Il a de la misère déjà dans la partie peu profonde.Il s\u2019arrête et on le voit s\u2019agripper au bord de la piscine.Il continue, puis on le voit à nouveau s\u2019arrêter.Et il repart, et cette fois-ci on ne le revoit plus », a raconté le coroner Normandin.« Blessing ne savait pas nager.Il allait à ses cours de reculons, comme on dit.» La dernière fois qu\u2019on aperçoit l\u2019adolescent dans la vidéo, il est 9 h 02, a indiqué le coroner.Il sera secouru à Comme le veut la tradition, François Paradis, fraîchement élu président de l\u2019Assemblée nationale, a été conduit « de force » mardi vers son siège du Salon bleu.Les quatre chefs des partis politiques représentés à l\u2019Assemblée nationale ont joué le jeu dans un rare moment de camaraderie.Les prochains jours seront assurément plus sérieux alors que s\u2019amorcent les travaux de la 42e législature.Page A3 JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE J A C Q U E S N A D E A U L E D E V O I R ACTUALITÉS Gare aux jouets branchés sous les branches | A 8 VOIR PAGE A 2 : NOYADE Des millions de dollars destinés à l\u2019éducation des adultes à la CSDM servent plutôt à payer les services aux élèves à besoins particuliers du primaire et du secondaire.Cette pratique, longtemps soupçonnée dans le milieu, suscite beaucoup de grogne en raison du manque criant de services pour les adultes qui font le choix de retourner sur les bancs d\u2019école.La Commission scolaire de Montréal (CSDM) ne s\u2019en cache même pas: si elle réussit à atteindre l\u2019équilibre budgétaire, c\u2019est grâce à un surplus de 20 millions de dollars dégagé à même la formation des adultes et la formation professionnelle.« La formation professionnelle et la formation générale des adultes sont de grands contributeurs à l\u2019équilibre budgétaire de la Commission scolaire », a indiqué la semaine dernière Lucie Pain- chaud, directrice générale adjointe de la CSDM, lors de la présentation du budget de l\u2019année 2017-2018 aux médias.«Déjà, dans le montage budgétaire, on prévoit qu\u2019ils vont générer des surplus, mais ils ont généré des surplus \u2014 comme chaque année \u2014 supplémentaires à ce que nous avions anticipé », a-t-elle précisé.Ainsi, la commission scolaire a reçu du ministère de l\u2019Éducation une somme de 5739 $ par élève à la formation générale des adultes (FGA), mais n\u2019a dépensé que 4477 $.VOIR PAGE A 4 : ADULTES VOIR PAGE A 4 : PÉLOQUIN Il appartient à la commission scolaire de choisir la répartition qu\u2019elle désire faire [des disponibilités budgétaires] MINISTÈRE DE L\u2019ÉDUCATION ET DE L\u2019ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR » ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 fondaction.com PLUS QU\u2019UN REER La valeur et le rendement des actions de Fondaction fluctuent, le passé n\u2019est pas indicatif du futur.Avant d\u2019investir, pour plus d\u2019information notamment sur les frais, veuillez consulter le prospectus à fondaction.com.* Crédits d\u2019impôt sujets à changement.MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Les députés bloquistes ont beau être ravis d\u2019avoir recruté Yves-François Blanchet pour leur course à la chefferie, des militants du parti craignent quant à eux un couronnement.Les présidents d\u2019association bloquiste consultés par Le Devoir estiment que le parti a grandement besoin de tenir un débat sur la direction du Bloc québécois.Yves-François Blanchet confirmait, lundi, qu\u2019il briguerait la succession de Martine Ouellet.Seul un militant et agriculteur de Portneuf, Christian Hé- bert, a lui aussi annoncé la même intention pour l\u2019instant.Le député Michel Boudrias y réfléchit, mais n\u2019a pas pris de décision.« À titre personnel, je trouvais et je continue de trouver que c\u2019est important d\u2019avoir plusieurs candidatures », fait valoir au Devoir Jacques Binette, président de l\u2019association de circonscription d\u2019Honoré-Mercier.« Je ne voudrais pas qu\u2019il y ait un couronnement \u2014 que ce soit M.Boudrias, qui est intéressé, ou M.Blanchet.Ça nous prend plusieurs candidats et candidates.C\u2019est important pour amener des débats.» M.Binette évoque les déchirements qu\u2019a vécus le Bloc l\u2019an dernier, lorsque Martine Ouellet voulait miser d\u2019abord sur la défense de la souveraineté sur toutes les tribunes alors qu\u2019une majorité de son caucus voulait défendre les intérêts du Québec.« La façon d\u2019agencer tout ça, d\u2019un point de vue stratégique, ce sont des débats importants qui doivent se tenir.» Son association d\u2019Honoré-Mercier n\u2019avait pas pris position lors de la crise sur le leadership de Mme Ouellet, mais M.Binette appuyait l\u2019ancienne chef.Il déplore aujourd\u2019hui qu\u2019Yves-François Blanchet ait été « assez dur avec elle et assez injuste ».Autre partisan de Martine Ouellet, Jocelyn Beaudoin de Shefford estime lui aussi que le projet de refondation du Bloc doit nécessairement être accompagné de débats.Et une course à la chefferie serait l\u2019occasion de mobiliser les membres et « de donner plus d\u2019attention médiatique positive » au parti.À son avis, le débat sur l\u2019orientation du Bloc est réglé depuis que Mme Ouellet a perdu son référendum, en juin, mais la stratégie du parti pour allier la défense des intérêts du Québec et l\u2019indépendance peut encore être discutée.Le président d\u2019Ahuntsic-Cartierville, André Parizeau, était quant à lui dans le camp contre Martine Ouellet, mais il préférerait également une course à un couronnement.« Je trouverais ça intéressant qu\u2019il y ait une vraie course à la chefferie, confie-t-il au Devoir.C\u2019est toujours une bonne chose.» Leur collègue Yvon Lévesque, d\u2019Abi- tibi, croit en revanche que dans le contexte actuel un couronnement serait acceptable, puisque l\u2019élection fédérale est dans moins d\u2019un an et que les coffres du Bloc québécois ne débordent pas d\u2019argent.Yves-François Blanchet rétorque que l\u2019éventualité d\u2019un couronnement ne lui appartient pas.Il martèle qu\u2019il n\u2019a pas réclamé d\u2019avoir le champ libre.Certains avaient rapporté le contraire, en CHEFFERIE DU BLOC QUÉBÉCOIS Des militants craignent un couronnement coulisse.« Ça ne me dérange pas qu\u2019il y ait, ou pas, d\u2019autres candidats.J\u2019ai même l\u2019impression que notre campagne va amasser assez d\u2019argent pour financer une course à la direction », plaide M.Blanchet en entrevue.Pas d\u2019élection partielle S\u2019il est élu chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet ne briguera pas d\u2019élection partielle pour faire son entrée aux Communes.« Je pense que ça ne vaut pas la peine», insiste-t-il, puisqu\u2019une partielle au printemps lui offrirait un siège alors qu\u2019il ne resterait que douze semaines à la session parlementaire.La rumeur veut que Justin Trudeau tienne l\u2019élection partielle à Outremont au mois de février.S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019autres candidats à la chefferie bloquiste, M.Blanchet serait élu par acclamation le 15 janvier \u2014 date limite des mises en candidature.S\u2019il y a une course, celle- ci se conclura le 24 février.L\u2019aspirant chef bloquiste assure que la crise qui a déchiré le parti est terminée.« Je suis convaincu que cette division est finie.Et que les possibles amertumes que ça a laissées vont être relativement faciles à gérer.» Yves-François Blanchet?La CSDM affirme « prendre acte » des suggestions 9 h 40.La surveillance du groupe de 19 élèves n\u2019a pas été assurée de façon adéquate et infaillible, a affirmé à plusieurs reprises le coroner.« Ce n\u2019est pas mon rôle d\u2019établir s\u2019il y a eu négligence ou pas [\u2026] mais comme je l\u2019ai mentionné dans mon rapport [\u2026] ça prenait quelqu\u2019un qui compte les 19 têtes, qui était supposé être au- dessus de la piscine, et cette personne- là n\u2019était plus là », a déclaré le coroner Normandin.Le coroner rapporte dans son rapport que, puisque le professeur n\u2019avait pas achevé le profil de natation de 90 heures nécessaires pour donner le cours, il était assisté d\u2019une sauveteuse.Toutefois, celle-ci était plutôt là comme instructrice, et son attention n\u2019était pas entièrement consacrée à la surveillance des jeunes nageurs.À la fin du cours, ils se sont tous deux limités à un balayage visuel, sans faire le tour de la piscine.Puis, plutôt que de faire l\u2019appel systématique des élèves, le professeur a choisi de les attendre à l\u2019escalier pour récupérer leur évaluation.Bien qu\u2019il note l\u2019absence de Blessing Moukoko, il suppose que celui-ci s\u2019est rendu à son casier plutôt que de le considérer comme manquant et d\u2019entreprendre des recherches.Ce n\u2019est que lorsque des élèves du cours suivant arrivent que l\u2019adolescent est retrouvé au fond de l\u2019eau.« Ils remarquent ce qu\u2019ils croient être un mannequin », a mentionné le coroner Normandin.Les manœuvres de réanimation sont entamées par la sauveteuse.Le jeune est ensuite transporté à l\u2019hôpital.Les examens cliniques révèlent des dommages cérébraux sévères et irréversibles à la suite de la noyade.Les parents de Blessing Moukoko acceptent l\u2019interruption des soins actifs.L\u2019adolescent est décédé six jours plus tard, le 21 février.La mort du jeune est accidentelle, conclut le coroner, qui souligne qu\u2019elle a été violente.Mardi, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a confirmé qu\u2019aucune accusation ne serait portée dans ce dossier.« À la suite de l\u2019examen complet du dossier d\u2019enquête transmis par le Service de police de la Ville de Montréal, le DPCP conclut qu\u2019aucune accusation ne sera portée relativement à cette affaire.Le procureur qui a procédé à l\u2019analyse du dossier a informé les proches de la personne décédée qu\u2019il n\u2019était pas en mesure de démontrer un acte criminel en l\u2019espèce », a indiqué Jean-Pascal Boucher, porte-parole du DPCP.Poursuites envisagées Les parents de Blessing Claudevy Moukoko s\u2019adresseront aux médias mercredi matin.La famille, qui est représentée par l\u2019avocat Jean-Pierre Ménard, avait indiqué en mars dernier qu\u2019elle avait l\u2019intention de poursuivre la Ville de Montréal et la Commission scolaire de Montréal (CSDM).D\u2019ailleurs, ces deux dernières ont réagi hier au rapport du coroner.La CSDM a dit «prendre acte» des suggestions.« On mettra en place les mesures nécessaires en lien avec les responsabilités qui incombent [à la CSDM].Notre devoir est de faire le maximum pour renforcer nos pratiques afin d\u2019éviter que de tels événements se reproduisent », a déclaré Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.Il n\u2019a pas été possible de confirmer si le professeur travaillait toujours à la CSDM.L\u2019arrondissement de Rosemont, qui est l\u2019employeur de la sauveteuse, a de son côté tenu à rappeler que les normes de ratio et d\u2019encadrement avaient été respectées.La sauveteuse avait également toutes les qualifications requises.Le coroner Normandin a soumis deux recommandations au ministère de l\u2019Éducation du Québec.Il propose d\u2019intégrer le programme Nager pour survivre de la Société de sauvetage du Québec au cours de natation donné en milieu scolaire.Il estime également que la formation des professeurs doit être revue pour les obliger à achever les 90 heures requises pour donner le cours.Il estime enfin que, lorsque le professeur est assisté d\u2019un sauveteur, ce dernier ne doit pas avoir d\u2019autres tâches que celle de surveiller les nageurs.« À défaut de remplir ces deux conditions, les cours de natation en milieu scolaire [devraient] être suspendus jusqu\u2019à nouvel ordre », conclut-il.La ministre déléguée à l\u2019Éducation, Isabelle Charest, a déclaré à Québec qu\u2019il était trop tôt pour annuler les cours de natation.« Je ne crois pas qu\u2019il faille suspendre les cours, je pense qu\u2019on peut commencer les travaux sans tout arrêter.C\u2019est un accident extrêmement tragique, extrêmement déplorable, mais je ne crois pas qu\u2019il y ait lieu d\u2019arrêter tous les cours pour le moment », a-t- elle affirmé.Avec La Presse canadienne NOYADE SUITE DE LA PAGE A 1 Yves-François Blanchet rétorque que l\u2019éventualité d\u2019un couronnement ne lui appartient pas.Il martèle qu\u2019il n\u2019a pas réclamé d\u2019avoir le champ libre.Le coroner Louis Normandin n\u2019a pas caché avoir été très ébranlé par les images qu\u2019il a dû regarder.JACQUES NADEAU LE DEVOIR ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR L\u2019ex-animateur de télé François Paradis veut faire grimper les cotes d\u2019écoute de l\u2019Assemblée nationale.Après avoir été élu sans opposition à la présidence, l\u2019homme politique de 61 ans a appelé les nouveaux et anciens députés à « améliorer [les] pratiques » en matière de transparence et de gestion dans la « Maison du peuple ».« Les Québécoises et les Québécois nous envoient des messages clairs.On ne peut pas faire semblant de ne pas les entendre.La population réclame davantage de transparence, une gestion toujours plus rigoureuse.Eh bien, je vous le dis, j\u2019en suis », a-t-il déclaré après avoir été tiré de force par les chefs des quatre groupes parlementaires ?François Legault, Pierre Arcand, Pascal Bérubé et Manon Massé ?vers le fauteuil de la présidence.Comme le veut la tradition, M.Paradis avait feint de résister, afin de rappeler le sort réservé à sept présidents de la Chambre des communes du Parlement de Westminster.« [Ils] avaient été décapités, rien de moins, sur ordre du roi », a relaté le député de Lévis.Promettant de «garder la tête froide», le 46e président de l\u2019Assemblée nationale s\u2019est engagé mardi à « ouvrir [les] portes [du Parlement] à tous » et à y favoriser « une démocratie moderne, efficace, innovante », y voyant des façons de faire reculer le cynisme de la population envers la classe politique.« Nous allons tout faire pour qu\u2019à travers nos travaux, les périodes de questions et réponses, notre attitude, notre ton, nous atteignions notre objectif de continuer à mieux vous servir pour que vous soyez fiers de celles et ceux en qui vous avez placé votre confiance », a poursuivi M.Paradis tout en fixant la caméra braquée sur lui.« Derrière la caméra, il y a des gens qui croient en nous, et je les souhaite de plus en plus nombreux », a souligné l\u2019ex-animateur de TVA en direct.com.Devoir d\u2019exemplarité Le chef parlementaire du Parti québécois, Pascal Bérubé, a aussi insisté sur le « devoir d\u2019exemplarité » des députés.« Nous avons bien besoin de transparence, nous avons un devoir d\u2019exemplarité, de bien gérer le dur labeur des Québécois et des Québécoises, a-t-il déclaré.Nous devons trouver des moyens d\u2019être plus efficaces, plus près des gens et de leurs préoccupations, des moyens de rendre les Québécois fiers de leur Parlement.» Le leader parlementaire de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, trépignait d\u2019impatience mardi à l\u2019idée de « faire un grand ménage sur le plan de la transparence » au Parlement.« Les homards, il faut que ça soit fini ; la culture du club privé, il faut que ce soit terminé », avait-il fait valoir avant de rejoindre le Salon bleu.Devoir de neutralité M.Paradis a été réélu sous la bannière de la Coalition avenir Québec le 1er octobre dernier, mais est désormais astreint à un devoir de « neutralité ».« Cette neutralité doit s\u2019exercer en tout temps, tant en matière de gestion budgétaire que d\u2019allocation des ressources », a fait remarquer le chef de l\u2019opposition officielle, Pierre Arcand.«Vous devez, entre autres, faire en sorte qu\u2019on puisse s\u2019assurer que le député [a] un rôle qui grandit de jour en jour », a- t-il ajouté.M.Paradis a acquiescé d\u2019un signe de tête.Le premier ministre, François Le- gault, a promis de son côté de « valoriser le rôle de député », notamment en lui octroyant «plus de pouvoirs».Le dépôt prochain du projet de loi prévoyant François Paradis plaide pour plus de transparence Le nouveau président de l\u2019Assemblée nationale veut faire reculer le cynisme de la population envers la politique la désignation des grands patrons de la SQ, de l\u2019UPAC, et du DPCP à un vote aux deux tiers de l\u2019Assemblée nationale s\u2019inscrit dans cet esprit, a-t-il mentionné dans une brève allocution.Le chef du gouvernement a aussi invité les élus à « travailler ensemble » sur un projet de loi modifiant le mode de scrutin, afin de permettre à l\u2019Assemblée nationale d\u2019être plus représentative du choix réel des électeurs.« Ce qui est visé, justement, c\u2019est de donner plus de pouvoir au vote des citoyens et, par conséquent, aux députés qui sont choisis par la suite », a soutenu le nouveau doyen de l\u2019Assemblée nationale.LISA-MARIE GERVAIS LE DEVOIR Des voix s\u2019élèvent pour dénoncer la situation « inhumaine » que vivent ces jours-ci les Haïtiens en instance de renvoi qui se font aviser à quelques heures d\u2019avis que leur expulsion est reportée.Selon ce qu\u2019a appris Le Devoir, l\u2019Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) n\u2019a procédé à aucun renvoi vers Haïti depuis le 18 novembre dernier, préférant gérer la chose au jour le jour, ce qui fait vivre un grand stress aux personnes en voie d\u2019expulsion.«C\u2019est une abomination de faire vivre ça aux familles », a déclaré Marjorie Villefranche, directrice de la Maison d\u2019Haïti, qui demande une suspension claire et à long terme des expulsions.« Ça n\u2019a pas de bon sens, s\u2019est pour sa part indigné l\u2019avocat en droit de l\u2019immigration Stéphane Handfield.On ne peut pas laisser les gens sur le qui-vive pour ensuite leur annuler ça à la dernière minute.On leur dit de tout vendre, de laisser la maison et le travail, car ils doivent partir, mais on finit par les appeler la veille pour leur dire qu\u2019on va reporter leur départ sans donner de date.» Selon nos informations, depuis le 18 novembre dernier, la décision de ne pas expulser une personne vers Haïti est effectivement prise au cas par cas par un représentant de l\u2019ASFC qui détient un pouvoir discrétionnaire.Par exemple, un renvoi peut être reporté pour des raisons médicales ou si la situation n\u2019est pas sécuritaire dans le pays de destination, selon l\u2019analyse des agents à l\u2019aéroport.Soulagement temporaire Aux multiples questions du Devoir sur les motifs de l\u2019annulation de ces renvois, l\u2019ASFC s\u2019est contentée d\u2019un courriel laconique ne fournissant aucun détail.Entre les lignes, on comprend que la décision est prise au jour le jour, localement, par le bureau de Montréal, indépendamment du politique.«Aucun sursis administratif aux renvois [n\u2019est] en place pour Haïti», a indiqué un porte-parole.Avec sa femme et ses quatre enfants en bas âge, Jean Gester devait prendre le vol de 6 h ce matin, mercredi, avant d\u2019être informé la veille, à douze heures d\u2019avis, qu\u2019on reportait leur renvoi vers Haïti.« On est soulagés, c\u2019est sûr », a- t-il lancé.D\u2019une voix tremblotante et agitée, M.Gester se disait pourtant en panique à l\u2019idée de retourner en Haïti, étant donné les tensions actuelles et la mainmise des gangs criminalisées.D\u2019autant plus qu\u2019il n\u2019y a pas mis les pieds depuis près de dix ans.« On n\u2019a pas de maison, on n\u2019a rien là-bas.On a fui pour les États-Unis en 2009 parce qu\u2019on était persécutés.Mes enfants sont nés aux États-Unis et on est ensuite venus ici parce que [le président] Trump menaçait de lever le TPS [statut de protection temporaire] et que le Canada nous ouvrait la porte.» Les personnes qui devaient être expulsées seront convoquées ultérieurement pour se faire attribuer une date de renvoi.« Ils nous ont laissés dans le néant », a raconté Alain (nom fictif ).Ce Québécois s\u2019est marié dimanche avec sa belle Lydia, une Haïtienne qui devait être expulsée mercredi matin, mais il a reçu un appel mardi en fin de journée l\u2019informant qu\u2019il y avait report du renvoi.« Je veux me réjouir de cette bonne nouvelle, mais la bataille n\u2019est pas gagnée.» Demande de moratoire Il déplore que le gouvernement ait toujours l\u2019intention d\u2019expulser des Haïtiens vers leur pays d\u2019origine alors que le site d\u2019Affaires mondiales Canada recommande, dans une mise à jour datant du 27 novembre, d\u2019éviter « tout voyage non essentiel en Haïti en raison des troubles civils ».« Une vie canadienne, ça vaut quelque chose, mais une vie haïtienne ne vaut rien ?» s\u2019indigne-t-il.Ils sont plusieurs à demander un moratoire sur les renvois en Haïti d\u2019ici à ce que la situation soit analysée par le gouvernement canadien.Prochainement mise en ligne, une pétition de la Concertation haïtienne pour les migrants (CHPM) aurait déjà récolté un bon nombre de signatures et une manifestation s\u2019organiserait dimanche « Nous ne demandons pas un arrêt IMMIGRATION L\u2019improvisation des renvois vers Haïti est montrée du doigt Les décisions des autorités frontalières sont prises au jour le jour depuis le 18 novembre temporaire, mais la suspension immédiate des renvois et le rétablissement du moratoire », a rappelé Ruth Pierre-Paul, directrice du Bureau de la communauté haïtienne de Montréal, l\u2019un des organismes membres de la CHPM.Co-porte-parole de la CHPM, Marjorie Villefranche souhaite rencontrer prochainement les responsables du gouvernement « pour trouver une solution ».« Au lieu du cas par cas, on aimerait que ce soit une suspension claire pour se donner le temps d\u2019étudier la situation.» Au cours des dix derniers jours, des manifestations demandant la démission du président Jovenel Moïse, soupçonné de corruption dans une affaire d\u2019achat de pétrole vénézuélien, ont versé dans la violence.Selon l\u2019opposition, onze personnes auraient trouvé la mort et un appel à la grève généralisée a paralysé le pays pendant plusieurs jours.Conjointement avec le Bloc québécois, Me Handfield avait déploré vendredi le rejet par la Chambre des communes d\u2019une motion demandant que cessent les expulsions vers Haïti jusqu\u2019à ce qu\u2019Affaires mondiales statue sur le retour de la paix sociale.« Il faut que le ministre [de la Sécurité publique, Ralph Goodale] intervienne et mette son pied à terre », a réitéré l\u2019avocat.Selon son cabinet, le ministre Goo- dale se dit « très sensible à la situation », qu\u2019il « surveille de près ».Mais « de toute évidence, l\u2019ASFC est tenue d\u2019appliquer les lois canadiennes », a expliqué l\u2019attaché de presse Scott Bardsley, qui confirme toutefois qu\u2019aucun renvoi n\u2019a eu lieu depuis le 18 novembre.Legault se veut rassurant\u2026 pour les cibles de 2030 Faute de données à jour, le premier ministre François Legault est incapable de dire si le Québec atteindra ou ratera la cible de réduction d\u2019émissions de gaz à effet de serre (GES) fixée pour 2020.« Je ne peux répondre.[\u2026] On n\u2019a pas de chiffres plus récents que 2015 », a-t-il déclaré, tout en promettant de « tout faire » afin que l\u2019État québécois respecte son engagement.Le Devoir indiquait samedi que le gouvernement caquiste se dotera de « cibles réalistes » de réduction d\u2019émissions de GES et conviendra des « meilleurs moyens » pour les atteindre après avoir obtenu un nouvel inventaire des émissions.« Je veux m\u2019assurer que notre plan va nous permettre d\u2019atteindre la cible de 2030 », a dit M.Le- gault mardi.Le Parti québécois le presse de soumettre un projet de loi « anti-déficit climatique » au cours des dix prochains jours, tandis que Québec solidaire l\u2019exhorte à déposer « minimalement une ébauche de plan de lutte contre les changements climatiques » d\u2019ici la mi-décembre.Plusieurs migrants, dont la majorité était d\u2019origine haïtienne en provenance des États-Unis, ont traversé la frontière canadienne par le chemin Roxham au cours du printemps et de l\u2019été 2017.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il y a même des gens qui ont dit : bien, ce nouveau président-là, il va-tu se mettre à lire des courriels puis à prendre des appels ?Bien, justement, j\u2019aimerais qu\u2019on joigne Mme Tremblay, qui est dans la\u2026 Non, c\u2019est des blagues.Mais attention, qui sait ?Qui sait ?FRANÇOIS PARADIS » LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 Partenaires d\u2019avenir Du plus petit au plus grand, chaque don est important?! Soutenir Le Devoir, c\u2019est soutenir le média de référence au Québec afin de lui permettre d\u2019innover et de défendre les idées et les causes qui assureront l\u2019avancement politique, économique, culturel et social de la société québécoise.Pourquoi donner?Parce que c\u2019est une façon de contribuer au développement et à la pérennité du Devoir.Vos dons permettent d\u2019enrichir l\u2019offre de contenu rédactionnel et la mise à jour de nos plateformes numériques.ou envoyer votre chèque à : Les Amis du Devoir 1265, rue Berri 8e étage, Montréal Québec, H2L 4X4 Objectif : 300 000?$ Pour faire votre don : www.lesamisdudevoir.com Un parcours atypique et pionnier PÉLOQUIN SUITE DE LA PAGE A 1 La collaboration de Claude Péloquin avec le sculpteur Jordi Bonnet au début des années 1970 a donné cette célèbre phrase de la murale du Grand Théâtre de Québec : « Vous êtes pas écœurés de mourir, bande de caves ?C\u2019est assez ! » Un performeur Un parcours atypique et pionnier l\u2019avait mené là, pour ainsi dire au centre de la marge contre-culturelle.« Péloquin est le premier poète per- formeur au Québec », résume l\u2019historien de la littérature Sébastien Dulude, qui lui a en partie consacré sa thèse de doctorat.« Il m\u2019a raconté qu\u2019à l\u2019âge de 15 ans il avait découvert des groupes d\u2019avant- garde californiens, dont Fluxus.[Né à Montréal en 1942], il s\u2019était rendu sur la côte ouest dès la fin des années 1950, où il avait été exposé à la performance.Il a ramené dès 1961-1962 cette idée d\u2019organiser des événements multidisciplinaires incluant de la poésie.» Le peintre Serge Lemoyne (1941- 1998) participe souvent à ces happe- chie, et Claude Péloquin et son trip cosmologique.Ils ne proposent pas le même modèle contre la culture dominante.Mais ils veulent tous changer les choses.» Carrière commerciale Étrangement, cette position en révolte va finir par se retourner en recherche de notoriété croissante, puis en ressentiment face à l\u2019échec de la starification.Louise Forestier décrit aussi « un homme infréquentable, mais qui voulait être une star».Elle ajoute qu\u2019il «crevait de faim tout en étant obsédé par l\u2019argent», ceci expliquant peut-être cela.Il avait fini par assumer une position de poète à la pige qui lui a fait réaliser des « éloges poétiques » pour des entreprises qui en passaient la commande.Cette carrière commerciale devait culminer avec l\u2019écriture d\u2019un poème qu\u2019aurait lu le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, pendant son voyage de touriste de l\u2019espace en 2009.Mais la collaboration a échoué et c\u2019est finalement l\u2019écrivain Yann Martel qui a écrit le texte de la « mission poétique ».Sébastien Dulude ajoute qu\u2019une fois passée la période avant-gardiste et « coup de gueule », la production de Péloquin, étendue sur environ 35 recueils, a dérivé vers des productions beaucoup moins marquantes liées au genre mystico-prophétique.« Je ne peux pas glorifier l\u2019ensemble de son œuvre, qui devient finalement assez pénible par moments.Il y a des œuvres très, très oubliables et réactionnaires.» En décembre 2014, dans une de ses dernières sorties médiatisées, Péloquin profite du micro de l\u2019émission Plus on est de fous, plus on lit d\u2019ICI RC Première pour livrer une charge contre l\u2019immigration, qu\u2019il décrit comme une « invasion » capable d\u2019anéantir le Québec.Avec Yann Perreau Sauf erreur, Yann Perreau est le dernier à l\u2019avoir enregistré.Lui et celui que beaucoup de proches surnommaient Pélo se sont rencontrés à un vernissage en 2010.Le poète a ensuite envoyé au compo- siteur-interprète des centaines de textes dans lesquels il a pigé à qui mieux mieux pour finalement aboutir à l\u2019album À genoux dans le désir (2012).« Je travaillais les textes par des collages et j\u2019allais le voir à son bureau, en fait le bar Le Vol de Nuit, qui était son bureau.Je passais l\u2019après-midi là.» Yann Perreau appréciait la simplicité des mots capables de créer des images et des mondes complexes et profonds, dit-il.« Oui, je m\u2019étais fait mettre en garde par un paquet de monde, qui me disait que c\u2019était un paquet de trouble.Mais moi, je n\u2019ai jamais eu de mauvaise expérience avec lui.Que du positif.Que du drôle.Que du généreux.Avec des anecdotes à n\u2019en plus finir.« Il était solitaire aussi, mal aimé et sous-estimé.Il n\u2019était même pas accepté par la gang des poètes.C\u2019était un punk.Il vivait avec pas grand- chose.C\u2019était un grand enfant au fond, un enfant qui n\u2019a jamais cru à la mort.» ADULTES SUITE DE LA PAGE A 1 Même chose pour la formation professionnelle, qui dégage cette année un surplus d\u2019un peu plus de 700$ par élève.Au total, c\u2019est donc un montant de 20 millions de dollars qui a été généré par ces deux secteurs comptant quelque 11 500 élèves.Transfert Ces sommes ont été transférées aux services aux élèves en difficulté du primaire et du secondaire, qui sont déficitaires.Pourquoi ?Tout simplement parce que, malgré les « réinvestissements » du gouvernement en éducation, les services aux élèves handicapés ou ayant des difficultés d\u2019adaptation ou d\u2019apprentissage (EHDAA) \u2014 ainsi que ceux de l\u2019accueil et de la francisation \u2014 sont sous-financés, explique la présidente, Catherine Harel Bourdon.La CSDM estime le manque à gagner dans ces secteurs à 33 millions pour l\u2019an dernier, soit 1845 $ pour chacun de ces 18 082 élèves.« Il faut le prendre quelque part, cet argent-là », affirme Mme Harel Bourdon.Elle réclame un meilleur financement du gouvernement pour les élèves en difficulté du primaire et du secondaire, pour pouvoir consacrer à l\u2019éducation des adultes et à la formation professionnelle toutes les sommes prévues à cet effet.Elle espère « développer la formation professionnelle et la formation générale adulte.C\u2019est notre objectif avec les directions de ces centres-là », explique Mme Harel Bourdon.La CSDM n\u2019est pas la seule à avoir recours à ces sommes pour financer d\u2019autres secteurs.La Fédération des commissions scolaires du Québec confirme «qu\u2019il peut effectivement arriver qu\u2019une commission scolaire dégage une marge de manœuvre et fasse le choix local d\u2019attribuer les sommes disponibles à d\u2019autres besoins de ses élèves ».Inquiétudes Dans le milieu de l\u2019éducation aux adultes et de l\u2019alphabétisation, on affirme avoir souvent entendu parler de telles pratiques, mais sans jamais avoir réussi à obtenir des preuves.« Personne ne nous a jamais confirmé que ça se faisait, mais dans des discussions de corridor, des directions de centres d\u2019éducation aux adultes nous disaient qu\u2019elles manquaient de ressources parce que l\u2019argent n\u2019arrivait pas nécessairement chez eux », soutient Benoît Bernier, directeur de Déclic, un organisme d\u2019aide aux élèves en grande difficulté qui veulent retourner aux études.«Ça m\u2019inquiète beaucoup d\u2019entendre ça, dit-il en apprenant du Devoirque c\u2019est effectivement le cas.C\u2019est un manque de considération pour les élèves qui se retrouvent à l\u2019éducation aux adultes.Ça confirme l\u2019idée que l\u2019éducation aux adultes, ce n\u2019est pas très important.» Même son de cloche du côté de l\u2019Institut de coopération pour l\u2019éducation des adultes (ICEA), qui tente de documenter cette réalité depuis des années.« Les commissions scolaires reçoivent une enveloppe fermée pour l\u2019éducation aux adultes.Si l\u2019argent n\u2019est pas utilisé pour financer les services aux adultes, les commissions scolaires ont à répondre de ce qu\u2019elles font avec », s\u2019exclame son directeur général, Daniel Baril.« Le secteur de l\u2019éducation aux adultes est victime de cette situation- là.En principe, l\u2019argent qui lui est destiné devrait servir à l\u2019éducation aux adultes.Et ce ne sont pas les besoins qui manquent.» Les adultes qui retournent sur les bancs d\u2019école \u2014 dont plusieurs éprouvent des difficultés d\u2019apprentissage \u2014 ont bien besoin de soutien, mais les professionnels se font rares dans les centres d\u2019éducation aux adultes.Selon ce qu\u2019a révélé Le Devoir le mois dernier, il y avait 353 professionnels « équivalents à temps plein » dans la formation des adultes en 2011-2012, pour tout le Québec.En 2015-2016, il en restait 303, soit une baisse de 14 % \u2014 plus que la diminution de 6 % du nombre d\u2019élèves durant la même période.« Si l\u2019argent ne se rend pas dans les écoles, c\u2019est une frustration supplémentaire parce que, d\u2019entrée de jeu, on n\u2019offre pas le bon niveau de services pour la grande partie des élèves qui sont à l\u2019éducation aux adultes », réitère Benoît Bernier de Declic.Ce dernier réclame des états généraux sur l\u2019éducation des adultes.Politique Lors d\u2019un débat électoral organisé l\u2019automne dernier par l\u2019Institut de coopération pour l\u2019éducation des adultes, le nouveau ministre de l\u2019Éducation, Jean- François Roberge \u2014 alors candidat de la CAQ \u2014, s\u2019était montré ouvert à tenir des consultations sur l\u2019éducation aux adultes, précise Daniel Baril.Ce dernier rappelle que la politique d\u2019éducation aux adultes date de 2002 et que le plan d\u2019action qui y était associé est terminé depuis 2007.« Depuis, on a des actions pointues et sectorielles, mais on n\u2019a plus un portrait d\u2019ensemble de toutes les ressources et de comment les mobiliser pour répondre aux défis d\u2019aujourd\u2019hui.Tous les morceaux sont éparpillés en éducation aux adultes.» Comme plusieurs, il attend également avec impatience la stratégie nationale en alphabétisation annoncée pour l\u2019automne prochain, par l\u2019ex-mi- nistre Sébastien Proulx, dans le cadre de la politique sur la réussite éducative.« On n\u2019a pas eu d\u2019écho à cet effet, mais on donne la chance au coureur : tant qu\u2019il n\u2019a pas dit que ça n\u2019existerait pas, on va présumer que ça va exister.» La Fédération des commissions scolaires n\u2019a pas eu de réponse elle non plus sur la stratégie, rappelant que « la formation professionnelle et la formation aux adultes sont souvent les grandes oubliées lorsque le gouvernement parle des enjeux et priorités du réseau scolaire ».Réaction du ministère Les commissions scolaires sont libres de choisir la façon dont elles dépensent les fonds destinés à la FGA, a précisé Bryan St-Louis, porte-parle du ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur.«Si le champ d\u2019activité relié à la FGA génère des disponibilités budgétaires, il appartient à la commission scolaire de choisir la répartition qu\u2019elle désire en faire», a-t-il indiqué au Devoir.«Les règles budgétaires des commissions scolaires prescrivent le mode d\u2019allocation des ressources aux commissions scolaires, et non l\u2019organisation des services.La répartition des ressources fait partie des fonctions et pouvoirs de la commission scolaire reliés aux ressources financières.» Une rumeur confirmée Claude Péloquin JACQUES NADEAU LE DEVOIR nings organisés dans les galeries d\u2019art de Longueuil.Claude Péloquin y improvise souvent, et son troisième recueil, Les mondes assujettis (1965), serait une retranscription d\u2019une de ses poussées fiévreuses.« Les poètes Claude Gauvreau et De- nys Vanier admiraient beaucoup cette démarche improvisée », raconte encore M.Dulude en rappelant le côté « très spectaculaire » des performances péloquiennes.« Sa zone d\u2019impact reste entre 1962 et 1967 : il est alors le seul poète à faire éclater le genre poétique au Québec.» Changer le monde Un paquet d\u2019idées nouvelles s\u2019opposent aux manières traditionnelles de créer, en chanson comme en littérature.Cette manière plaît à Robert Charlebois, à Louise Forestier et au Quatuor du jazz libre, qui vont tous être liés à la création du mythique Oss- tidcho au Quat\u2019Sous en 1968.« Le seul consensus de la contre-cul- ture, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y a pas vraiment de mouvement, dit encore M.Dulude.Il y a quand même un monde entre Raôul Duguay, qui milite pour le retour à la terre, Denys Vanier, qui est dans l\u2019anar- Les commissions scolaires reçoivent une enveloppe fermée pour l\u2019éducation aux adultes.Si l\u2019argent n\u2019est pas utilisé pour financer les services aux adultes, les commissions scolaires ont à répondre de ce qu\u2019elles font avec.DANIEL BARIL » LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 5 GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ À QUÉBEC LE DEVOIR Les juges de la Cour supérieure ont mis de l\u2019eau dans leur vin dans le dossier du partage des compétences avec la Cour du Québec.Alors qu\u2019ils réclamaient à l\u2019été 2017 la compétence sur tous les dossiers civils de plus de 10 000 $, ils ont ramené mardi leur demande aux seuls dossiers de plus de 55 000 $.À l\u2019heure actuelle, tout dossier de 85 000 $ et moins est jugé par la Cour du Québec.En diminuant ce seuil à 55 000 $, les juges de la Cour supérieure récupéreraient près de 3 % de tous les dossiers civils de la Cour du Québec.« Leur position est plus proche d\u2019un compromis que ce qu\u2019on pouvait constater initialement, estime le constitution- naliste Patrick Taillon, de l\u2019Université Laval.Mais est-ce un recul ?Je dirais que c\u2019est peut-être une façon de se montrer plus raisonnable devant la Cour d\u2019appel du Québec.» Après avoir fait les manchettes il y a un an et demi, ce dossier est en effet débattu depuis mardi devant la Cour d\u2019appel.Le gouvernement Couillard avait demandé à cette dernière un renvoi pour trancher l\u2019épineux contentieux soulevé par la Cour supérieure (CS).Signe de l\u2019importance de l\u2019enjeu, sept juges ont été assignés au dossier (la norme est de trois).Or, selon les mémoires consultés par Le Devoir, les arguments des juges en chef de la CS \u2014 voulant que le Code de procédure civile du Québec (CPCQ) contrevient à la Loi constitutionnelle de 1867 en donnant de trop vastes pouvoirs à la Cour du Québec \u2014 trouvent peu d\u2019alliés.Cela même auprès du gouvernement fédéral, qui nomme les juges de la CS.Ainsi le procureur général du Canada se range-t-il ici aux côtés du gouvernement québécois pour défendre la compétence de la Cour du Québec.Des appuis «Une législature provinciale ne peut validement retirer à la Cour supérieure la compétence qu\u2019elle détient en matière civile, ou l\u2019amoindrir de façon importante \u2014 par exemple en réduisant considérablement le volume ou l\u2019importance des dossiers qui lui sont dévolus », soumet le mémoire du fédéral.« Si le seuil [pécuniaire] établi par [le CPCQ] avait un tel effet, la disposition contreviendrait à [l\u2019article 96 de la Loi constitutionnelle].Mais tel n\u2019est pas le cas », ajoute-t-on.On souligne d\u2019ailleurs dans ce mémoire que la Cour supérieure du Québec demeure « saisie, année après année, d\u2019environ 40 % des litiges en matière civile », soit quelque 50 000 dossiers (contre 75 000 pour la Cour du Québec).Quelque 80 % des dossiers civils de cette dernière sont des dossiers dont la valeur en litige est de moins de 10 000 $.Le Conseil de la magistrature du Québec, qui représente la Cour du Québec, rappelle pour sa part que la volonté des Pères de la Confédération d\u2019attribuer aux provinces la compétence quant à l\u2019administration de la justice visait notamment à « protéger ce droit fondamental à l\u2019accessibilité à la justice ».Ce faisant, ils reconnaissaient également qu\u2019il « s\u2019agit d\u2019un service de proximité qui doit s\u2019adapter aux besoins locaux des justiciables, qui peuvent différer d\u2019une province à l\u2019autre.» Les propos sont similaires à l\u2019Association canadienne des juges des cours provinciales.Celle-ci soutient que l\u2019article 96 de la Loi constitutionnelle doit être interprété avec souplesse pour permettre « aux provinces de combattre efficacement les défis contemporains d\u2019accès à la justice ».Quel seuil ?Que s\u2019est-il passé pour que les juges en chef de la Cour supérieure changent à ce point d\u2019avis quant au seuil à partir duquel ils estiment que les pouvoirs de la Cour du Québec devraient s\u2019arrêter ?Une question de calcul, semble-t-il.« Lors du recours initial, les juges s\u2019étaient appuyés sur l\u2019indice des prix à la consommation » pour établir que le JURIDICTION La Cour supérieure met de l\u2019eau dans son vin Les juges revoient à la baisse le seuil des dossiers dont ils réclament la compétentce La tempête qui balayait le Québec devrait s\u2019étirer sur deux jours avant que la neige ne se transforme en pluie, selon Environnement Canada.Les niveaux de neige atteints mardi ont été plutôt inégaux d\u2019une région à l\u2019autre en raison du caractère fondant de ces précipitations.À Montréal, une dizaine de centimètres de neige sont tombés pendant la journée alors que, dans la région de Charlevoix, de 50 à 70 centimètres de neige sont attendus d\u2019ici la nuit de mercredi à jeudi.Dans la région de Québec, de 15 à 25 centimètres de neige devraient s\u2019accumuler d\u2019ici mercredi matin.Mercredi, de la pluie pourrait se mêler aux chutes de neige.En Gaspésie, environ 25 centimètres de neige devraient tomber de mardi soir à mercredi après-midi.Plus au nord, les chutes de neige dans les régions de l\u2019Abitibi-Témiscamingue et du Saguenay\u2013Lac-Saint-Jean seront négligeables.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Plusieurs régions du Québec sous un manteau blanc MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La pénurie de cannabis au pays affecte aussi les consommateurs de cannabis médicinal.À bout de patience, ils somment Ottawa d\u2019intervenir pour forcer les producteurs de marijuana à priori- ser leurs commandes plutôt que celles du marché récréatif.Clayton Goodwin, un ancien combattant devenu militant pour l\u2019accès au cannabis, se heurte lui aussi à des ruptures de stock chez son producteur.Med Releaf n\u2019a plus de l\u2019huile de CBD, qu\u2019il consomme pour soigner son stress et ses douleurs.« Il faut une priorisation des patients.Il faut deux systèmes séparés », a-t-il martelé en point de presse.La légalisation du cannabis récréatif s\u2019est avérée un échec, selon lui, car le marché médicinal en a payé les frais.« Quand vous ratez quelque chose au départ, vous le corrigez.Vous protégez les plus vulnérables », a-t-il lancé à l\u2019endroit du gouvernement.Une critique reprise par d\u2019autres consommateurs de cannabis médical récemment.M.Goodwin et d\u2019autres patients étaient au Parlement pour sommer le fédéral de forcer la main des producteurs autorisés par Santé Canada, afin qu\u2019ils garantissent l\u2019approvisionnement des clients médicaux.La ministre de la Santé, Ginette Petit- pas Taylor, a cependant aussitôt rejeté l\u2019idée.« Nous reconnaissons qu\u2019il y a certains produits où l\u2019inventaire est moins élevé.Mais grosso modo, tout autour du Canada, nous voyons quand même une disponibilité des produits de cannabis », a-t-elle fait valoir.« Les gens qui ont une prescription médicale, c\u2019est quand même leur choix d\u2019aller choisir le cannabis et de l\u2019acheter du producteur de leur choix.» M.Goodwin rétorque que, pour changer de producteur ou de souche de cannabis, il faut retourner consulter son médecin \u2014 ce qui entraîne des délais.Et les produits ne sont pas automatiquement équivalents.Aurora, qui a racheté Med Releaf cet été, a assuré que ses ruptures de stock étaient temporaires et qu\u2019elle s\u2019efforçait de répondre aux marchés médical et récréatif à la fois.« Notre priorité demeure les patients », a plaidé Heather MacGregor.Allan Rewak, du Conseil du cannabis canadien, qui rassemble les gros joueurs de l\u2019industrie, assure que les producteurs travaillent d\u2019arrache-pied pour remplir leurs stocks.Mais il argue que ces pénuries ne sont propres qu\u2019à certaines compagnies.Les patients dénoncent à leur tour la pénurie de cannabis Le marché médicinal devrait être alimenté en priorité, exhortent des consommateurs seuil initial prévu par la Loi constitutionnelle équivalait aujourd\u2019hui à quelque 10 000 $, selon l\u2019avocate Madeleine Lemieux, qui agit comme porte-parole de la CS dans ce dossier.Sauf que des experts ont souligné à la Cour supérieure qu\u2019il fallait plutôt faire le calcul en se basant sur le PIB nominal par habitant, explique Mme Lemieux.Et cette méthode donne un chiffre cinq fois plus élevé.La différence entre les deux seuils est notable.En 2017, la Cour supérieure aurait eu à juger 11 900 dossiers supplémentaires si elle avait eu juridiction pour les litiges allant de 10 000$ à 85 000$.En prenant comme référence un seuil à 55 000 $, le nombre de dossiers supplémentaires à juger aurait plutôt été de 1800, selon des chiffres transmis par le ministère de la Justice.Ceci ne change toutefois rien au fond de l\u2019affaire, croit Patrick Taillon.« La question demeure de savoir si le législateur québécois est allé trop loin.» M.Taillon « salue » la position d\u2019Ottawa dans le dossier.« Le fédéral ne souhaite pas embarquer dans une crise [de juridiction], et préfère mettre en avant une position raisonnable qui maximise la marge de manœuvre des provinces », dit-il.« Ça montre à mon sens à quel point sur le plan de l\u2019opportunité politique l\u2019action de la CS semble inopportune et combien sa position l\u2019isole dans le débat », ajoute le professeur de droit.Outre le seuil de 85 000 $, la CS conteste aussi le pouvoir de la Cour du Québec d\u2019entendre les appels de tribunaux administratifs, comme la Régie du logement.Là aussi, les principaux mémoires indiquent qu\u2019elle fait plutôt cavalier seul.Les gens qui ont une prescription médicale, c\u2019est quand même leur choix d\u2019aller choisir le cannabis et de l\u2019acheter du producteur de leur choix GINETTE PETITPAS TAYLOR » 3 % Il s\u2019agit du pourcentage de tous les dossiers civils de la Cour du Québec que doit récupérer la Cour supérieure si le seuil est abaissé à 55 000 $ Leur position est plus proche d\u2019un compromis que ce qu\u2019on pouvait constater initialement PATRICK TAILLON » LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin u\u2019ont en commun des sociétés comme Bombardier et GM à part le fait qu\u2019elles viennent d\u2019annoncer des milliers de mises à pied ?Premièrement, elles sont entièrement dépendantes des changements rapides et radicaux dans la demande mondiale ; deuxièmement, elles ont reçu des milliards en aide des gouvernements sans jamais se sentir liées à d\u2019autres qu\u2019à leurs actionnaires ; troisièmement, rien ne les force donc à rester chez nous.Depuis une trentaine d\u2019années, nos gouvernements ont favorisé la signature d\u2019accords commerciaux dans le but d\u2019avoir accès à des marchés plus étendus qui génèrent des retombées importantes sur l\u2019emploi et sur la rémunération.C\u2019est ainsi que les Bombardier, CGI et SNC-Lavalin, pour ne nommer que ces trois compagnies québécoises, ont pu croître au point de s\u2019imposer à l\u2019échelle mondiale.En contrepartie, on a ouvert nos frontières aux sociétés étrangères, souvent sans restriction, de sorte que nous payons moins cher quand vient le temps de faire l\u2019acquisition de wagons, d\u2019aéronefs ou de voitures, sur une base individuelle autant que collective.Malheureusement, en tentant ainsi de réaliser des gains sur tous les tableaux à la fois, il nous arrive de nous faire rouler dans la farine.Hier, par exemple, nous apprenions que les prochains trains de VIA Rail seraient construits en Californie par l\u2019allemande Siemens.Combien cela nous fera-t-il économiser ?Pas beaucoup, mais nous aurons ainsi respecté l\u2019accord de libre-échange signé avec l\u2019Europe.Même chose pour les trains du futur REM montréalais qui seront construits en Inde.Le pire est que, dans les deux cas, même Bombardier aurait probablement construit les siens ailleurs qu\u2019ici.Certains diront qu\u2019il faut imiter Donald Trump, mais ceux-là devront admettre que ce protectionnisme a fait augmenter de 2 milliards $US les coûts de Ford et de GM cette année.Et son slogan America first ne suffira pas pour empêcher la fermeture de quatre usines GM aux États-Unis.Si le message de M.Trump \u2014 « Investissez chez nous ou gardez vos bé- belles pour vous ! » \u2014 a quand même un effet certain auprès des investisseurs américains autant qu\u2019étrangers, c\u2019est à cause de l\u2019importance du marché américain, point.Le Canada et le Québec ne peuvent pas jouer les gros bras, mais cela ne nous empêche pas d\u2019exiger un minimum de contenu national aussi souvent que possible.Pourquoi ne le fait-on pas ?Par naïveté ou pour économiser quelques millions ?Cela dit, les mises à pied auxquelles nous assistons dans les secteurs aéronautique et automobile ne sont pas seulement dues au libre-échange.Dans les deux cas, ce sont surtout les consommateurs qui dictent le changement.GM a fait faillite en 2009 parce qu\u2019elle n\u2019avait pas réagi assez tôt aux attentes des consommateurs.En délaissant les vieux modèles comme la Chevrolet Impala qu\u2019on ne retrouve plus que dans les flottes de la police au profit des multisegments hybrides ou électriques, GM suit l\u2019exemple des constructeurs européens avant qu\u2019il soit trop tard.De même pour Bombardier qui abandonne la construction de certains modèles turbopropulsés.Verte ou pas, toute transition coûte cher.Quant à exiger que les nouveaux modèles soient construits dans les mêmes installations, combien de milliards supplémentaires faudrait-il allonger pour être entendu?L\u2019Australie a déjà fait son deuil de la présence de constructeurs automobiles.Heureusement, ce n\u2019est pas le cas du Canada, mais rendons- nous à l\u2019évidence: l\u2019Ontario a perdu beaucoup de terrain depuis vingt ans.À titre de consommateurs publics ou privés, en plus d\u2019utiliser toutes les clauses qui nous permettent d\u2019exiger un minimum de contenu canadien dans les achats que nous faisons, nous devons redoubler d\u2019efforts pour stimuler la création de sociétés dans des secteurs d\u2019avenir.D\u2019abord en mettant l\u2019accent sur la formation d\u2019une main-d\u2019œuvre très qualifiée, puis en cessant d\u2019être aussi naïfs devant ces géants américains qui installent chez nous des centres de recherche dans le but de profiter de nos chercheurs et d\u2019en tirer des brevets et des données qui serviront d\u2019abord à étendre leur propre domination.Michel Poulin Lévis Je suis un citoyen de Lévis, autrefois citoyen de Québec.Quand j\u2019étais à Québec, je travaillais à Lé- vis.Depuis que je suis à Lévis \u2014 et maintenant à la retraite \u2014, je me rends régulièrement à Québec pour faire du bénévolat, et pour beaucoup d\u2019autres motifs.Ô combien d\u2019heures passées sur la 20 pendant toutes ces années ! Ô combien de kilométrage inutile et de gaz à effet de serre relâchés dans l\u2019environnement.Mais je ne suis pas le seul.Aux heures de pointe, l\u2019autoroute est totalement encombrée dans les deux sens de milliers de citoyens roulant au pas de tortue pour se rendre de l\u2019autre côté du fleuve, souvent juste en face de leur domicile, en empruntant un parcours inutile d\u2019une quarantaine de kilomètres deux fois par jour.Et que dire des gens de la Côte-de-Beaupré, de Charlevoix, du Saguenay et de la Côte-Nord voulant se rendre dans l\u2019est du Québec \u2014 ou même à Lévis \u2014 et qui encombrent eux aussi les artères de Québec pour accéder au pont Pierre-Laporte et ensuite saturer l\u2019autoroute 20 ?De l\u2019essence gaspillée à la tonne, des autos usées prématurément et tout le tralala.Sans compter \u2014 et c\u2019est sans doute le pire \u2014 tous ces camions lourds qui polluent eux aussi à pleins tuyaux en faisant patiemment le grand tour ?Même le transport en commun pollue plus que de raison, à cause de tous ces autobus, pas toujours pleins d\u2019ailleurs, qui crachent eux aussi en continu leur crasse dans l\u2019environnement en accomplissant le même parcours inutile.Pourquoi ne pas combattre cette pollution et ce capharnaüm en aménageant \u2014 à l\u2019est évidemment! \u2014 un chemin direct qui éliminera des millions et des millions de trajets inutiles consacrés à faire le grand tour?Ne serait-ce pas du même coup une bonne façon, grâce à des trajets plus directs, plus courts et plus rapides, de rendre les transports en commun plus efficients et plus attirants?Je suis personnellement convaincu qu\u2019il est préférable, sur le plan écologique, d\u2019accepter un peu d\u2019étalement urbain que de pérenniser l\u2019énorme gaspillage actuel.Et cet étalement urbain potentiel, on pourrait le minimiser grandement par une application stricte de la Loi sur la protection du territoire agricole et par des plans intelligents d\u2019urbanisme et d\u2019aménagement du territoire, comme il semble y en avoir à Lévis, justement.Situation particulière Il est sans doute vrai que l\u2019ajout d\u2019autoroutes ou leur élargissement incite souvent les gens à déménager en banlieue, ce qui peut occasionner plus de pollution à moyen terme.Mais ce n\u2019est pas là un dogme ou une vérité de foi ne pouvant souffrir aucune exception.Il faut se servir de discernement et examiner soigneusement les deux côtés de la médaille, en faisant la liste des pour et des contre et en tenant compte de la situation particulière dans laquelle on se trouve.Or, Québec et Lévis sont justement dans une situation particulière.Ce sont des villes jumelles inextricablement liées l\u2019une à l\u2019autre, depuis toujours, de chaque côté du grand fleuve.Un peu comme Buda et Pest, de chaque côté du Danube, qui sont reliées par de nombreux ponts.On n\u2019empêchera pas les gens de circuler d\u2019un côté à l\u2019autre.Si on ne leur offre pas des points de passage en nombre suffisant et aux endroits stratégiques, on s\u2019assure de vivre dans un immense bordel ad vitam aeternam.Et qu\u2019on ne s\u2019imagine pas que tout le monde va toujours accepter de passer des heures en autobus avec des paquets plein les mains, des enfants à reconduire à la garderie ou un rendez-vous urgent à ne pas manquer.Sans compter le trajet à pied ou en auto qu\u2019il faut souvent faire pour se rendre à l\u2019arrêt d\u2019autobus au vent, au grand froid ou à la pluie battante.Pas évident non plus de se trouver un stationnement à proximité.Quant à compter sur le vélo pour régler les problèmes de communication entre les deux rives, faisons preuve d\u2019un peu de réalisme ! Améliorer les transports en commun est une nécessité absolue pour protéger l\u2019environnement \u2014 tout comme le télétravail, le covoi- turage, l\u2019élimination graduelle des automobiles polluantes et autres 4 x 4 \u2014, mais ça ne réglera pas tout.Québec et Lévis sont des villes liées, il leur faut donc des liens\u2026 Des liens en nombre suffisant et aux endroits stratégiques.Où s\u2019en va-t-on en éducation ?Le Devoir vient de publier deux articles importants sur l\u2019avenir de deux systèmes que nous connaissons bien : le système d\u2019éducation et le système de santé et des services sociaux.Le premier, sous la plume du professeur Antoine Baby, propose au nouveau ministre de l\u2019Éducation de mettre l\u2019accent sur une priorité : la revalorisation de la condition enseignante.Le second article, écrit par la conseillère en développement organisationnel Lise Denis, propose d\u2019avoir une vision de l\u2019essentiel dans la revitalisation du système de santé et des services sociaux, soit de mettre au premier plan les patients, les professionnels des soins de même que les gestionnaires du système.Mme Denis a raison d\u2019envisager comme système le domaine de la santé et des services sociaux, système auquel il faut apporter des correctifs majeurs qui s\u2019éloignent de l\u2019esprit centralisateur d\u2019un ancien ministre libéral fort bien connu.En éducation, je vois peu d\u2019écrits qui envisagent ce domaine comme système à revoir et à revitaliser, en particulier dans le secteur des écoles primaires et secondaires.Les nombreux fonctionnaires et sous-ministres restent muets sur les correctifs majeurs à apporter.Les spécialistes de l\u2019enseignement, pour leur part, ne se bousculent pas au portillon.Quant au personnel de l\u2019enseignement, ses membres sont trop peu nombreux à exiger une nouvelle réforme, échaudés qu\u2019ils ont été par le «compétentisme» de triste mémoire.Pourtant, le nouveau ministre devra montrer un certain leadership et envisager une revitalisation de l\u2019éducation axée en premier sur le noyau central que constitue la formation générale de base, prodiguée à l\u2019intérieur des écoles.Cette nouvelle réforme devra revoir, en collaboration avec tout le personnel enseignant, tant ses conditions de travail que son admission et sa préparation à l\u2019université, de même que son accueil dans le système, sans oublier le renouvellement de la gestion de ces écoles, qui elles aussi souffrent de l\u2019usure du temps.Philippe Gariépy Laval, 26 novembre 2018.Plus de GES avec ou sans troisième lien Québec-Lévis ?LIBRE OPINION LETTRES GENERAL MOTORS Un virage coûteux PATRIMOINE Le règne du faux omment l\u2019enseigne Art déco d\u2019Archambault, emblème des années 1930 sacré dans le paysage montréalais, a- t-elle pu se retrouver lundi trimballée dans un camion- remorque en pleine autoroute ?Parce que ni Québecor ni Renaud-Bray, ancien et actuel propriétaires, n\u2019y ont vu autre chose qu\u2019une marque de commerce à transbahuter.Voilà ce que ça fait d\u2019avoir le nez collé sur le patrimoine : on finit par en perdre les notions de protection les plus élémentaires.Au suivant ! Montréal vient donc de perdre une parcelle de son identité visuelle au nom du changement et de la modernité.Soupir.À quelques jets de pierre de là, Chambly s\u2019enfonce un peu plus dans le mauvais goût.L\u2019intention de la Ville de « reconstruire la maison Boileau » à l\u2019identique après l\u2019avoir donnée en pâture à la pelle mécanique est tombée sous des allures de bonne nouvelle, mais ça n\u2019en est point une.Il est désolant de constater qu\u2019on s\u2019active davantage autour d\u2019un projet de « faux » qu\u2019autour de l\u2019authenticité, qui, il y a une semaine à peine, aurait encore valu le coup qu\u2019on se penche dessus, comme l\u2019ont dit des experts au Devoir.Mais pour la maison Boileau, héritage précieux de la période des patriotes, on a préféré le sacre du faux qui, à la mode Las Vegas, finit par devenir plus vrai que le vrai.Cela s\u2019inscrit dans la tendance au « façadisme », cette manie fâcheuse de se donner bonne conscience en conservant la façade d\u2019un lieu chargé d\u2019histoire tout en effectuant derrière une totale remise à neuf.La nouvelle ministre de la Culture, Nathalie Roy, fait son entrée en poste au moment idéal.Au moment où, dans la population générale, on semble assister à une forme de « réveil » autour de l\u2019importance de protéger le patrimoine \u2014 qui ne se limite pas à un crucifix installé à l\u2019Assemblée nationale ! Les histoires de patrimoine en déroute se multiplient, et c\u2019est l\u2019occasion idéale de ne plus « réagir » lorsque c\u2019est trop tard, mais bien d\u2019« agir » quand il en est encore temps.Il faut d\u2019abord prendre acte du fait que les lois, règlements et protections mises en place ne suffisent pas à la tâche.Concéder ensuite qu\u2019un registre des biens et lieux à protéger ne rendra personne plus responsable qu\u2019il ne l\u2019est déjà.Et enfin, nommer un commissaire à la valorisation du patrimoine comme gardien convaincu, expert et attentif.C ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu MARIE-ANDRÉE CHOUINARD JEAN-ROBERT SANSFAÇON Q A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet L\u2019amour au temps des femmes alpha L \u2019amour intéresse tout le monde, mais les obligations légales qui en découlent, c\u2019est tout le contraire.C\u2019est une des raisons pour lesquelles la réforme du droit familial québécois, malgré un plan directeur déposé il y a trois ans déjà, attend toujours qu\u2019on s\u2019y intéresse vraiment.Après tout, qui jubile à l\u2019idée de voir l\u2019État se mêler de la conduite de deux personnes qui s\u2019aiment ?Souvenons-nous des cris d\u2019orfraie qui ont accueilli la loi sur le patrimoine familial en 1989.La bonne nouvelle, c\u2019est que la dernière réforme offre une approche moins paternaliste que par le passé, en plus d\u2019adapter le droit familial au goût du jour.Voici donc pourquoi il faudrait s\u2019y mettre \u2014 et vite.Présidée par le juriste Alain Roy, cette nouvelle réforme ouvre un troisième grand chapitre dans l\u2019évolution du droit familial au Québec.Le premier chapitre, inspiré du code Napoléon (1804) et mis en place au Québec dès 1866, consacrait évidemment le droit des hommes.C\u2019est l\u2019ère où « la société conjugale ne pourrait subsister si l\u2019un des époux n\u2019était pas subordonné à l\u2019autre »*.Devinez lequel.Afin de « protéger la famille », les femmes mariées n\u2019ont pratiquement aucun droit.Il faudra attendre 100 ans pour que le règne du père monarque commence à jeter du lest, grâce au bill 16 de Claire Kirkland-Casgrain (1964) qui abolira, notamment, l\u2019obligation d\u2019obéissance des femmes à leur mari.Mais c\u2019est seulement 20 ans plus tard que le droit familial s\u2019ouvre résolument à la modernité.En 1981, c\u2019est un deuxième grand chapitre, sous l\u2019égide des femmes cette fois, qui commence.Désormais, « les époux en mariage ont les mêmes droits et les mêmes obligations », dit la loi 89.À partir de ce moment, les femmes ont le devoir de garder leur nom de fille, ne sont plus perçues comme dépendantes financièrement de leur mari et les tâches ménagères se conjuguent (du moins en théorie) à deux, égalité des sexes et femmes sur le marché du travail obligent.La nouvelle loi reconnaît également ce qui était toujours perçu comme contraire aux « bonnes mœurs » : l\u2019union de fait.Les couples « accotés » sont encore très minoritaires au Québec, mais on cherche ici à légitimer les enfants nés d\u2019unions libres.Les « bâtards » sont désormais chose du passé.À partir de 1981, il y a donc deux façons de conjuguer le couple, mais l\u2019intérêt du législateur est d\u2019abord et avant tout de rendre le mariage \u2014 synonyme pendant si longtemps de dépossession et de soumission au féminin \u2014 plus acceptable pour les femmes.La loi péquiste, plus axée sur les torts à réparer que sur le futur à prévoir, tente surtout de corriger l\u2019appauvrissement de ces dernières à la suite d\u2019une séparation ou d\u2019un divorce.La loi sur le patrimoine familial scellera, un peu plus tard, cette volonté de dédommager les femmes pour leur travail familial en exigeant une répartition systématique des biens après rupture.Pour tous ceux qui n\u2019aiment pas l\u2019idée de partage obligatoire, eh bien, il y a toujours l\u2019union libre, une case laissée essentiellement vide par le législateur, ne comportant ni obligation mutuelle, mais ni protection non plus.Près de 40 ans plus tard, où maintenant en sommes-nous ?D\u2019abord, l\u2019union libre a explosé au Québec : 40 % des couples la choisissent, le double d\u2019ailleurs au Canada.Le fait que beaucoup plus d\u2019enfants naissent de ces unions-là (près de 62 %) démontre d\u2019ailleurs qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019un accommodement temporaire, mais bien d\u2019un système parallèle parfaitement viable et, visiblement, de plus en plus populaire.Aujourd\u2019hui, le futur nous a donc rattrapés.En plus de l\u2019union libre, le maelström amoureux inclut des mariages gais, des familles reconstituées, des couples qui choisissent de se marier à 70 ans et des mères porteuses.Sans oublier l\u2019autonomie financière grandissante des femmes.Ce sont elles aujourd\u2019hui, tout autant que leurs conjoints, qui s\u2019opposent à un partage forcé de leurs biens et économies.« Cette réforme a été pensée avec ma fille en tête alors que la dernière a été faite pour ma mère », résume celui qui a présidé la réforme, Alain Roy.Aujourd\u2019hui, la grande majorité des conjoints sont autonomes financièrement jusqu\u2019au jour où surviennent les enfants.La nouvelle réforme propose donc de baser le droit de la famille non pas sur le statut conjugal, mais sur le statut parental, une révolution juridique en soi.« Les parents d\u2019un enfant commun seraient mutuellement tenus à certaines obligations l\u2019un envers l\u2019autre, peu importe qu\u2019ils soient mariés ou en union de fait.» Obligations vis-à-vis de l\u2019enfant, mais aussi vis-à-vis du parent qui aurait été désavantagé financièrement à cause du temps consacré à la famille.Pour le reste, la nouvelle réforme mise sur « l\u2019autonomie et la liberté contractuelle des conjoints ».C\u2019est-à-dire qu\u2019il laisse à chacun, marié ou simplement en union libre, le choix de souscrire, ou pas, à des obligations mutuelles.« Le droit familial cherchera toujours à protéger les plus vulnérables », dit Alain Roy.Après l\u2019ère du pater familias, puis celle des femmes, voici celle des enfants et de l\u2019autonomie partagée.La réforme brille surtout par ses positions beaucoup mieux adaptées à la réalité d\u2019aujourd\u2019hui et beaucoup moins interventionniste que par le passé.À quand la loi ?Béatrice Alain Directrice générale, Chantier de l\u2019économie sociale Nancy Neamtan P.-d.g.du Chantier de l\u2019économie sociale \u2013 1999-2016 Marguerite Mendell Économiste, Université Concordia L\u2019énoncé budgétaire du ministre des Finances du Canada présenté le 21 novembre dernier contenait des nouvelles majeures qui sont passées presque sous silence dans les médias québécois et canadiens.Pourtant, certaines mesures annoncées laissent espérer des avancées importantes pour l\u2019innovation sociale et la finance sociale au Québec et se situent dans la lignée de démarches qui ont permis l\u2019essor de l\u2019économie sociale, chez nous, dans les vingt dernières années.Parmi plusieurs annonces, l\u2019énoncé fédéral incluait les premières mesures d\u2019une stratégie d\u2019innovation sociale et de finance sociale à venir \u2014 dont la création d\u2019un fonds de finance sociale de 755 millions est l\u2019élément central.L\u2019innovation sociale, c\u2019est-à-dire de nouvelles façons de faire face à des défis collectifs persistants, émerge un peu partout sur la planète comme une priorité, tout autant que l\u2019innovation technologique, face à la dégradation environnementale et à la croissance des inégalités.L\u2019engagement du gouvernement du Canada à mettre en place une stratégie en innovation sociale et finance sociale, qui fait suite au rapport du Groupe directeur pour la co-création d\u2019une telle stratégie, constitue une bonne nouvelle.Quatorze ans après la première intervention fédérale en économie sociale par le gouvernement de Paul Martin en 2004, cette annonce ouvre la voie à une contribution fédérale à l\u2019écosystème de soutien à la prise en charge collective dont le Québec s\u2019est doté et qui est devenu un point de référence non seulement au Canada, mais à l\u2019international.Le rôle de l\u2019économie sociale dans le développement socioéconomique du Québec est maintenant largement reconnu au Québec, comme en fait foi l\u2019adoption à l\u2019unanimité par l\u2019Assemblée nationale d\u2019une loi-cadre en 2013.La place importante qu\u2019occupe l\u2019économie sociale dans notre économie (plus de 10 % du PIB) et le rôle stratégique que joue la finance sociale dans le développement de nos villes et régions font du Québec un leader sur la scène mondiale dans ce domaine.À cet égard, le Québec a plusieurs longueurs d\u2019avance sur les autres provinces canadiennes et a servi, au cours des dernières décennies, de source d\u2019inspiration pour beaucoup d\u2019acteurs à travers le Canada.Nouvelles initiatives collectives Ce positionnement de chef de file s\u2019explique en partie par la place d\u2019organisations centenaires comme Desjardins et la Coop fédérée et l\u2019expérience unique d\u2019autres leviers importants du développement collectif que sont nos fonds de travailleurs, le Fonds de solidarité FTQ et FondAction.Il s\u2019explique aussi par la mise sur pied, au cours des vingt dernières années, d\u2019organismes au service du développement de nouvelles initiatives collectives.Qu\u2019il s\u2019agisse des outils consacrés à la finance sociale, comme le Réseau d\u2019investissement social du Québec (RISQ) ou la Fiducie du Chantier de l\u2019économie sociale, des organisations de transfert de bonnes pratiques, comme l\u2019organisme Territoires innovants en économie sociale et solidaire (TIESS), ou des Pôles régionaux d\u2019économie sociale présents dans toutes les régions du Québec, ces organisations, gouvernées par des représentants issus de l\u2019économie sociale et leurs partenaires, ont permis la création et le développement d\u2019initiatives innovantes qui n\u2019auraient pas vu le jour autrement.L\u2019émergence de cet écosystème est aussi le résultat de la création, par les acteurs sur le terrain, d\u2019une structure de concertation, de promotion et de développement du mouvement, le Chantier de l\u2019économie sociale.Par cette structure de concertation, le dialogue social et les processus de co- construction de politiques publiques se sont enracinés dans nos façons de faire et ont eu pour résultat la création d\u2019outils efficaces en réponse aux besoins sur le terrain.La création d\u2019un groupe directeur chargé de la cocréation d\u2019une stratégie en innovation sociale et en finance sociale par le gouvernement du Canada en juin 2017 a suscité ainsi des attentes importantes au Québec, mais également certaines inquiétudes.Au cours des consultations menées par le comité, les acteurs du Québec ont été unanimes à souligner la pertinence des outils existant ici et l\u2019importance que toute intervention fédérale reconnaisse les valeurs de prise en charge collective, de gouvernance partagée et de subsidiarité qui les caractérisent.La mise à jour budgétaire vient confirmer non seulement un regain d\u2019intérêt du gouvernement fédéral pour soutenir l\u2019innovation au service des communautés en concordance avec ces principes, mais également une volonté de reconnaître les outils pertinents dont l\u2019impact est démontré, entre autres la Fiducie du Chantier.Ces investissements importants renforceront, partout au Canada, les capacités des acteurs qui œuvrent à générer une croissance plus inclusive.Pour le Québec, cet aspect représente une continuité dans des démarches de co-construction, avec les acteurs du terrain et des outils au service de l\u2019économie sociale.De façon tout aussi importante, cette mise à jour budgétaire représente une reconnaissance de la part du gouvernement fédéral et de nos partenaires canadiens des valeurs qui ont soutenu le développement de nos outils et de leur impact.On ne peut que s\u2019en réjouir.Et offrir notre pleine collaboration pour la suite des choses.ÉCONOMIE Des nouvelles encourageantes pour l\u2019innovation sociale Dieudonné Ella Oyono Économiste et chargé de cours à l\u2019École des sciences de la gestion de l\u2019UQAM Malgré les chiffres reluisants sur l\u2019emploi, plusieurs mauvaises nouvelles sont venues assombrir ce tableau au cours des dernières semaines : 2500 pertes d\u2019emploi chez Bombardier, 200 personnes touchées par la fermeture de neuf magasins Rona dont seulement 60 perdraient leur emploi et dé- localisation de Sico qui entraînera une perte de 150 emplois.Lorsque ces nouvelles sont annoncées par les médias, beaucoup de citoyens reprochent souvent aux dirigeants de ces entreprises de mettre des pères et des mères de famille à la porte de façon un peu cavalière et croient par la même occasion qu\u2019une intervention de l\u2019État québécois permettrait d\u2019éviter ces « abus ».Qu\u2019en est-il en réalité et que peut faire concrètement le gouvernement Legault ?Commençons par régler la question des subventions aux entreprises.Les programmes gouvernementaux sont là pour de bon, car plusieurs facteurs plaident pour leur maintien : la compétition des autres juridictions, la capacité de prise de risque du gouvernement par rapport à d\u2019autres bailleurs de fonds, la structure de notre économie composée essentiellement de PME à fort potentiel de croissance, etc.À mon avis, il y a simplement lieu de réviser périodiquement ces programmes afin de s\u2019assurer qu\u2019ils répondent toujours aux objectifs préalablement établis.La Commission de révision permanente des programmes, dont les travaux se sont échelonnés du 11 juin 2014 au 31 août 2015, visait justement cet objectif.Toutefois, il est difficile de savoir à ce jour quel est le résultat tangible de cet exercice.Combien de programmes ont été révisés ?Combien d\u2019économies ont été générées et réinjectées dans quels autres programmes ?Revenons sur la question de l\u2019intervention de l\u2019État en cas de suppression d\u2019emplois.Le gouvernement dit qu\u2019il ira de l\u2019avant avec sa promesse faite en campagne électorale de revoir le mandat d\u2019Investissement Québec (IQ) en ce qui a trait notamment au maintien de sièges sociaux au Québec.L\u2019équation semble simple : si on garde les sièges sociaux au Québec, il sera plus difficile de supprimer des postes comme le font les entreprises sous contrôle d\u2019intérêts étrangers.Est-ce exact ?Pas nécessairement, et Bombardier en est un bon exemple ! Disons que ce changement chez IQ constitue certainement une condition nécessaire, mais non suffisante, pour limiter les pertes d\u2019emploi.Donc, modifier le mandat d\u2019Investissement Québec serait souhaitable, mais le gouvernement devra aller plus loin pour obtenir les effets escomptés.D\u2019une part, les aides gouvernementales devraient respecter minimale- ment deux conditions : des critères spécifiques d\u2019admissibilité et des garanties crédibles exigées de ceux qui les obtiennent.En cas de non-respect des engagements par l\u2019entreprise, le gouvernement aurait les moyens de récupérer facilement son investissement.D\u2019autre part, l\u2019expertise des conseillers en développement économique qui se retrouvent dans les 17 régions du Québec devrait être mise à contribution pour intervenir en amont des fermetures et autres délocalisations.En ayant chacun un portefeuille d\u2019entreprises à suivre, ceux-ci seraient à même de déceler d\u2019éventuelles difficultés et d\u2019intervenir avant que la situation ne s\u2019aggrave.Cette intervention pourrait d\u2019ailleurs se faire avec IQ, mais aussi avec d\u2019autres bailleurs de fonds privés.L\u2019objectif est d\u2019avoir une liste confidentielle et à jour d\u2019entreprises à risque de fermeture ou de dé- localisation.Finalement, le maintien des sièges sociaux n\u2019aura l\u2019effet qu\u2019on souhaite que si des mesures complémentaires touchant la main-d\u2019œuvre et la productivité sont aussi adoptées.Bref, il faut investir massivement dans la formation et l\u2019automatisation.C\u2019est de cette façon que nos entreprises feront face à la pression du marché, qu\u2019elles soient locales ou des filiales de multinationales.PERTES D\u2019EMPLOI Comment le gouvernement peut intervenir efficacement Le ministre des Finances Bill Morneau SEAN KILPATRICK LA PRESSE CANADIENNE FRANCINE PELLETIER La nouvelle réforme propose donc de baser le droit de la famille non pas sur le statut conjugal, mais sur le statut parental, une révolution juridique en soi LEDEVOIR // LE MERCREDI 28 NOVEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR La nouvelle élue caquiste Marie-Louise Tardif partage sa semaine de travail \u2014 et des meubles de l\u2019Assemblée nationale \u2014 entre son bureau de circonscription et l\u2019entreprise de gestion Parc de l\u2019île Melville Shawinigan inc.Près de deux mois après avoir été élue dans la circonscription de Laviolette\u2013 Saint-Maurice, Mme Tardif travaille environ douze heures par semaine dans l\u2019organisme à but non lucratif, et ce, afin d\u2019y assurer une « transition tranquille » entre elle et son remplaçant, a expliqué un attaché de presse de l\u2019aile parlementaire caquiste au Devoir, mardi soir.« Mme Tardif avait beaucoup de semaines de vacances accumulées », a-t- il ajouté, laissant entrevoir qu\u2019elle demeurera sur la liste des salariés de l\u2019entreprise encore quelque temps.Le nom de Marie-Louise Tardif apparaissait toujours mardi soir, accolé au titre de « présidente-directrice générale », sur le site Web du Parc de l\u2019île Melville, même si le premier ministre, François Legault, l\u2019a désignée le 7 novembre dernier adjointe parlementaire du ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour.Le porte-parole de l\u2019opposition officielle en matière d\u2019éthique, Jean Rous- selle, a demandé à la commissaire à l\u2019éthique et à la déontologie, Ariane Mi- gnolet, d\u2019ouvrir une enquête au sujet du cumul d\u2019emplois de Mme Tardif.Celle- ci s\u2019est exécutée.L\u2019élu libéral lui a pointé les articles 11 et 36 du Code d\u2019éthique et de déontologie des membres de l\u2019Assemblée nationale.Éléments reprochés Le premier proscrit à un député d\u2019occuper « tout emploi, tout poste ou toute autre fonction auquel correspond une rémunération ou un avantage tenant lieu de rémunération [notamment au sein] d\u2019un organisme public ».L\u2019entreprise Parc de l\u2019île Melville Shawinigan inc.reçoit des subventions gouvernementales, souligne à gros traits le PLQ.Le second prévoit que le député fait « usage [des biens de l\u2019État qui lui sont prêtés] pour des activités liées à l\u2019exercice de sa charge ».Or, « Mme Tardif aurait transféré au Parc de l\u2019île Melville des meubles qui se trouvaient au bureau de la précédente députée de La- violette [Julie Boulet] et qui sont la propriété de l\u2019Assemblée nationale », indique le Parti libéral du Québec.« La Coalition avenir Québec a toujours crié haut et fort qu\u2019en matière d\u2019éthique c\u2019était tolérance zéro.Au- jourd\u2019hui, nous invitons M.Legault à prendre acte de la situation et à poser les gestes qu\u2019il juge nécessaires à la lumière de ces nouvelles informations », a affirmé M.Rousselle par voie de communiqué.ÉTHIQUE Une députée caquiste travaille toujours pour une entreprise de Shawinigan Le chien-robot Cozmo, produit par la société américaine Anki, répond et interagit selon les déplacements, les mots et les actions de l\u2019enfant.JAE C.HONG ASSOCIATED PRESS Gare aux jouets branchés sous les branches Toutous, amis robots et autres gadgets connectés peuvent présenter de sérieux écueils liés à la protection de la vie privée, avertit Option consommateurs apacité de reconnaissance faciale, de détection de la voix et des mouvements, stockage des données personnelles : autant de réalités qui collent davantage à un film d\u2019espionnage qu\u2019à un matin de Noël sous le sapin.Pourtant, les jouets « intelligents et branchés », dotés d\u2019une forme d\u2019intelligence artificielle (IA), prennent de plus en plus de place dans la vie des enfants et plusieurs risquent à nouveau d\u2019atterrir sous le sapin alors que les parents amorcent leur chasse aux cadeaux.Or, selon la vaste enquête intitulée « Enfant sous écoute » et des tests menés en 2016 et 2017 sur une dizaine de ces jouets par Option consommateurs, plusieurs de ces gentils toutous, amis robots et autres gadgets connectés soulèvent de sérieux enjeux liés à la cybersécurité et au piratage d\u2019informations personnelles données par les enfants ou leurs parents.Les informations collectées auprès de fabricants de plusieurs des jouets testés ne permettent pas du tout de faire la lumière sur l\u2019usage et le partage des milliers de données, de conversations et d\u2019images que peuvent recueillir ces jouets connectés à Internet.Barbie rapporteuse Une conclusion peu surprenante puisqu\u2019au cours des dernières années plusieurs scandales ont éclaté concernant des jouets contrôlés à distance grâce à des applications mobiles.Ce fut le cas de la poupée Mon amie Cayla, une petite copine qui recueillait nom et adresse des enfants, mais aussi leurs habitudes, émissions et sports préférés sans que les propriétaires en soient tenus informés.Bannie en Allemagne, frappée d\u2019une mise en demeure « pour atteinte grave à la vie privée » par la France, la poupée espionne avait aussi le défaut de pouvoir être piratée à distance avec un simple téléphone par quiconque se trouvait près de la demeure des propriétaires du jouet.Ainsi transformée en taupe, la gentille figurine permettait de surveiller et d\u2019enregistrer toutes les conservations tenues à faible distance du jouet.Même portrait pour la première Barbie branchée Hello, une autre rapporteuse mise en vente par Mattel en 2015 qui s\u2019est même attiré les foudres du FBI.Pirates à l\u2019affût Au Canada, plus de 500 000 personnes (316 000 enfants et 237 000 parents) ont vu leurs données personnelles exfil- trées en 2015 par un pirate, à cause des failles béantes des systèmes de sécurité associés aux jouets du fabricant VTech.Le vendeur de jouets n\u2019a jamais pu déterminer quelles informations avaient été subtilisées, mais a admis que tous ses serveurs, abritant les données de 4,8 millions de personnes dans le monde, avaient été compromis.Poupée qui répond aux questions, miniordinateur branché sur le wifi, montre qui piste les enfants, robot capable de reconnaître un enfant et d\u2019obéir sur commande, peluche dotée de capteurs sonores et de détecteurs de mouvement ; les jouets connectés revêtent mille et un visages, mais la plupart posent le même problème, selon Option consommateurs.« Plusieurs des experts consultés démontrent que la sécurité des informations personnelles est en jeu.Le partage avec des tierces compagnies d\u2019informations \u201cdépersonnalisées\u201d semble commun, mais comment s\u2019assurer qu\u2019elles [ces infos] le sont vraiment ?Les politiques de ces fabricants sur la confidentialité ne sont pas toujours claires pour le consommateur, ce qui entrave sa capacité à consentir de façon libre et éclairée à donner ses informations », affirme Me Alexandre Plourde, avocat pour Option consommateurs.Impossible pour l\u2019organisme de dire quels jouets sont les plus à risque, puisque ce marché en pleine croissance (estimé à 6 milliards de dollars en 2017) est aussi très volatil et les produits changent d\u2019une année à l\u2019autre.Chose certaine, après avoir fait tester une dizaine de ces jouets par des familles l\u2019an dernier, Option consommateurs conclut que la plupart suscitent de la curiosité chez l\u2019enfant au début, mais sont rapidement délaissés, faute d\u2019interactivité suffisante.« Ce sont des jouets assez décevants, pour l\u2019instant.Mais avec le développement de l\u2019IA dans le futur, ils risquent de devenir plus intéressants, donc c\u2019est forcément une source de préoccupations pour nous, puisqu\u2019ils s\u2019adressent à une clientèle vulnérable.Le gouvernement doit adapter ses lois et réclamer que des informations très claires soient fournies aux consommateurs dès l\u2019achat du bien, sur l\u2019emballage, et que des tests soient menés avant la mise en marché pour garantir que les niveaux de sécurité sont adéquats », plaide Me Plourde.Options consommateurs conseille aux parents de se renseigner davantage avant l\u2019achat de ce type de jouets, notamment pour savoir si le fabricant a déjà fait l\u2019objet de plaintes ou de piratage par le passé.« Les parents devraient savoir en général que la valeur ajoutée de ces jouets est assez faible », dit-il.Les jouets « intelligents » pourraient l\u2019être beaucoup moins qu\u2019ils ne paraissent, dit Option consommateurs dans un rapport exposant les nombreux risques posés par ces jouets pour la vie privée et la protection des renseignements personnels.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR C Petit guide du jouet connecté Tous les jouets électroniques ne sont pas branchés.Mais ceux dotés des capacités suivantes le sont : Se connecte à Internet par le biais du wifi Se branche à un téléphone intelligent, relié au Web Permet la géolocalisation ou comporte un système de reconnaissance vocale Nécessite l\u2019ouverture d\u2019un compte en ligne, avec un téléphone intelligent ou une tablette Est doté de micros, de capteurs de mouvement ou de caméras Nécessite la divulgation d\u2019informations personnelles, comme le nom, le courriel, la date de naissance, le numéro de téléphone ou certaines préférences L\u2019élu libéral Jean Rousselle a demandé à la commissaire à l\u2019éthique et à la déontologie d\u2019ouvrir une enquête au sujet du cumul d\u2019emplois de Marie-Louise Tardif.Celle-ci s\u2019est exécutée."]
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.