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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2018-12-31, Collections de BAnQ.

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[" os fêtes du Nouvel An sonneraient faux sans Martin Héroux.Avec son associée Eugénie-Raphaëlle Lépine, le luthier dirige l\u2019atelier Héroux-Lépine dans la capitale québécoise des musiques traditionnelles, Joliette, où il répare les instruments qu\u2019on lui confie.« Les violoneux nous ont pas mal visités avec leurs instruments ces dernières semaines, justement pour être prêts pour les gros concerts de fin d\u2019année », confirme le luthier, qui fabrique aussi des violons de grande qualité, appréciés autant par les musiciens trad que par ceux de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal.La vielle à roue est un instrument rare et étrange.À cordes frottées, à pitons et à manivelle, laquelle actionne ladite roue frottant lesdites cordes.Lorsque Nicolas Boulerice du groupe Le Vent du Nord a « eu le malheur de péter sévèrement » la sienne pendant une tournée aux États-Unis il y a deux ans, il priait pour qu\u2019un miracle la remette en état.Ce miracle s\u2019est produit dans l\u2019atelier Héroux-Lépine, l\u2019hôpital des instruments des musiciens de la VOL.CIX NO 297 / LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 / 1,30 $ + TAXES = 1,50 $ WWW.LEDEVOIR.COM L\u2019âme du violon, l\u2019amour du service public Rencontre avec le luthier Martin Héroux, au chevet des instruments de la scène traditionnelle Profitant des Fêtes, Le Devoir s\u2019invite chez ceux qui fabriquent et réparent la musique, perpétuant un savoir dont ils repoussent les frontières pour s\u2019ouvrir aux sons d\u2019aujourd\u2019hui, d\u2019ici et d\u2019ailleurs.Première escale, veille du jour de l\u2019An oblige : l\u2019atelier de lutherie Héroux- Lépine dans la capitale québécoise des musiques traditionnelles.PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR INDEX Société.A5 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Avis légaux .B2 Sports.B4 Décès .B4 Sur la route.B5 Religion .B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 SUR LA ROUTE Tour d\u2019horizon des chantiers qui retiendront l\u2019attention en 2019 | B 5 CULTURE Le critique musical Claude Gingras est décédé dimanche à 87 ans | B 8 En 2007, le gouvernement décidait d\u2019asséner une cure de rajeunissement à l\u2019enceinte parlementaire fédérale.Au menu : rénover six édifices tour à tour afin de ne jamais avoir à suspendre l\u2019activité parlementaire, de la Bibliothèque du Parlement à l\u2019édifice du Centre, qui fermera ces jours-ci pour environ une décennie.En page A 3, Le Devoir vous offre un survol du plus gros chantier patrimonial de l\u2019histoire du Canada.SERVICES PUBLICS ET APPROVISIONNEMENT CANADA Travaux parlementaires à Ottawa MARCO FORTIER À CHAMBLY LE DEVOIR Par un soir glacial de décembre, le ministre Jean-François Roberge est venu jaser avec ses électeurs dans une mi- crobrasserie de Chambly.Il rappelle aux gens que c\u2019est sa première soirée « bière et politique » depuis que la Coalition avenir Québec a pris le pouvoir, le 1er octobre.« Mes amis, on est au début de quelque chose.On va en faire, des changements, mais ça va déranger, je vous le garantis.Plus tu arranges, plus ça dérange ! » La cinquantaine de personnes attablées applaudissent spontanément.Les gens sont fiers : à 44 ans, le gars de la place est devenu ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.Ce n\u2019est pas rien.Et il déborde d\u2019ambition.Les attentes sont immenses.« Il était bon dans l\u2019opposition, j\u2019ai bon espoir qu\u2019il sera bon en tant que ministre, mais il a de la pression : il n\u2019aura pas de deuxième chance, il faut que son coup de marteau soit donné directement sur la tête du clou », illustre Lucette Robert, une résidente de Chambly venue rencontrer le ministre Roberge.Lorsqu\u2019il vient s\u2019asseoir quelques minutes à notre table, les gens lui posent 2018 EN RÉTROSPECTIVE « On va faire des changements, mais ça va déranger » Le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, entend mener à terme les chantiers lancés par son prédécesseur libéral Le Devoir ne sera pas publié mardi et mercredi en raison du congé du Nouvel An.Pour suivre l'actualité en continu, consultez nos plateformes numériques.N Martin Héroux dans son atelier GUILLAUME MORIN NOTES D\u2019ATELIER VOIR PAGE A 4 : ÉDUCATION VOIR PAGE A 4 : LUTHIER MONDE La RDC tendue dans l\u2019attente des résultats d\u2019une élection présidentielle historique ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La ministre responsable des institutions démocratiques, Karina Gould, estime que les chefs de partis fédéraux auront un puissant incitatif à participer aux débats qu\u2019organisera à l\u2019automne 2019 sa nouvelle Commission aux débats : les affrontements oratoires iront de l\u2019avant quoiqu\u2019il arrive, même si un leader décide de les snober.La Commission, dévoilée cet automne par Mme Gould, est dirigée par l\u2019ancien gouverneur général David Johnston.Elle a le mandat d\u2019organiser deux débats électoraux, soit un en anglais et l\u2019autre en français, avec l\u2019aide d\u2019un producteur choisi à la suite d\u2019un appel d\u2019offres.Le gouvernement libéral souhaite éviter le cafouillage de 2015: le traditionnel débat anglophone du consortium des télédiffu- seurs avait été annulé parce que le chef conservateur Stephen Harper avait refusé d\u2019y participer.À la place, trois débats en anglais avaient été organisés par des publications écrites et un laboratoire d\u2019idées (think tank), un sans le chef blo- quiste et les deux autres sans la chef du Parti vert.Les cotes d\u2019écoute avaient été bien inférieures aux éditions antérieures.Mme Gould a refusé de rendre obligatoire la participation des chefs aux débats de sa Commission, par exemple en y rendant conditionnel le remboursement étatique des dépenses électorales d\u2019un parti.Alors qu\u2019est-ce qui garantit que cette Commission aura en 2019 plus de succès qu\u2019en a eu le consortium des télédiffuseurs en 2015 ?« La Commission aux débats aura le mandat d\u2019assurer que les deux débats vont de l\u2019avant.Le consortium n\u2019avait pas cette obligation, explique Mme Gould en entrevue avec Le Devoir.Il reviendra aux chefs politiques qui décident de ne pas y participer d\u2019expliquer leur absence aux Canadiens.La cour de l\u2019opinion publique leur demandera des comptes.» La Commission invitera les chefs qui répondent à deux des trois critères établis : avoir au moins un député déjà élu sous la bannière de leur parti, présenter des candidats dans au moins 90 % des circonscriptions du Canada, et avoir obtenu 4 % des votes lors d\u2019une campagne électorale précédente ou avoir une chance légitime de remporter des sièges en 2019.Le caractère subjectif de ce dernier critère a fait l\u2019objet de bien des critiques.Mme Gould estime qu\u2019il est au contraire en droite ligne avec la pratique passée.« C\u2019est un critère sur lequel on s\u2019était entendus lors de précédents débats », soutient la ministre, qui prétend que c\u2019est en vertu de ce concept « que le Parti vert a pu être admis à son premier débat parce qu\u2019il était à 4 % [dans les sondages] ».Elizabeth May a pu participer aux débats des chefs dès 2008.Les raisons de son inclusion sont obscures : le NPD, le Bloc et le Parti conservateur s\u2019opposaient à sa présence, mais ont changé d\u2019avis subitement.Élections biaisées La ministre s\u2019inquiète par ailleurs à savoir que les conservateurs remettent déjà en question la légitimité du résultat électoral de 2019 à cause de l\u2019aide financière promise aux médias écrits et à cause de cette Commission aux débats, dont le président a été imposé par le gouvernement libéral sans consultation des autres partis.« C\u2019est aussi comme cela que Stephen Harper traitait les médias quand il était premier ministre, rappelle-t-elle.Il ne INSTITUTIONS DÉMOCRATIQUES Karina Gould a confiance en ses débats électoraux La ministre croit que les chefs n\u2019auront d\u2019autre choix que de participer aux débats La ministre s\u2019inquiète à savoir que les conservateurs remettent déjà en question la légitimité du résultat électoral de 2019 à cause de l\u2019aide financière promise aux médias écrits et à cause de cette Commission aux débats, dont le président a été imposé par le gouvernement libéral sans consultation des autres partis.ADRYAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE 2018 EN RÉTROSPECTIVE E N B R E F Cannabis : plus que 15 jours pour interdire de fumer dans les logements Les propriétaires d\u2019immeubles n\u2019ont plus que deux semaines pour ajouter à leurs baux déjà signés une interdiction de fumer du cannabis.La loi québécoise encadrant le cannabis leur accorde jusqu\u2019au 15 janvier pour faire parvenir à leurs locataires un avis de modification de bail.Les locataires pourront uniquement refuser cette nouvelle clause pour des raisons médicales.S\u2019ils ne s\u2019y opposent pas dans les 30 jours suivant la réception de l\u2019avis, le bail sera modifié.La Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) appréhende déjà de longs délais de traitement du côté de la Régie du logement.La Presse canadienne Jean Dumontier, un des architectes du métro de Montréal, est décédé Jean Dumontier, un architecte qui a aidé à concevoir le métro de Montréal et qui en a décoré les murs avec ses œu- vres, est décédé.Il avait 83 ans.Une porte-parole de la Société de transport de Montréal (STM) a confirmé son décès.Ce natif de Labelle, dans les Lau- rentides, a réalisé les plans des stations de métro de Longueuil et de l\u2019Île- Sainte-Hélène (maintenant appelées respectivement Jean-Drapeau et Lon- gueuil\u2013Université-de-Sherbrooke).Elles font partie des premières stations qui ont ouvert leurs portes avant l\u2019Expo 67.Il a également été l\u2019un des premiers architectes à créer des œuvres pour les stations qu\u2019il a conçues, dont les quatre murales peintes à la station Île-Sainte- Hélène.La Presse canadienne Jean Pronovost, figure marquante de l\u2019agriculture au Québec, est décédé QUÉBEC \u2014 Le grand mandarin de l\u2019État et figure marquante de l\u2019agriculture au Québec Jean Pronovost est décédé mercredi à l\u2019âge de 80 ans, a annoncé l\u2019Institut Jean-Garon vendredi soir.«C\u2019est le monde agroalimentaire tout entier qui est en deuil», a estimé Simon Bégin, le président de l\u2019organisme dans un communiqué.Jean Pronovost a mené une vaste consultation en 2007 et 2008 alors qu\u2019il présidait les travaux de la Commission sur l\u2019avenir de l\u2019agriculture et de l\u2019agroalimentaire québécois.Le rapport Pronovost, comme il était communément appelé, recommandait notamment la fin du monopole syndical de l\u2019Union des producteurs agricoles (UPA) afin, soutenait-il, de permettre une réforme de l\u2019agriculture.La Presse canadienne participait pas aux mêlées de presse et ne donnait pas de conférence de presse.C\u2019est de la rhétorique conservatrice typique, mais ce qui est le plus alarmant, c\u2019est qu\u2019ils tentent déjà de conditionner la perception des gens envers l\u2019élection, et c\u2019est très irresponsable.» Le député Alain Rayes, par exemple, a dit de cette Commission aux débats que le Parti libéral de Justin Trudeau s\u2019en servirait pour « influencer les élections qui s\u2019en viennent en 2019 en sa faveur».La ministre s\u2019insurge, rappelant que le commissaire Johnston « avait été nommé gouverneur général par Stephen Harper.Il est le Canadien le moins partisan qu\u2019on puisse imaginer ».Mais alors pourquoi ne pas avoir au préalable consulté les partis d\u2019opposition avant de le nommer et ainsi apaiser les craintes ?« En fin de compte, nous sommes le gouvernement, et le gouvernement fait les nominations en conseil.C\u2019est comme cela que ça fonctionne.» La Commission aux débats aura le mandat d\u2019assurer que les deux débats vont de l\u2019avant.Le consortium n\u2019avait pas cette obligation.Il reviendra aux chefs politiques qui décident de ne pas y participer d\u2019expliquer leur absence aux Canadiens.La cour de l\u2019opinion publique leur demandera des comptes.KARINA GOULD » Une tempête pour les célébrations du jour de l\u2019An Une tempête de neige, peut-être accompagnée de pluie verglaçante, devrait frapper le sud-ouest et le centre du Québec pour les célébrations du Nouvel An.Deux systèmes dépressionnaires, l\u2019un en provenance de l\u2019Ouest canadien et l\u2019autre du sud des États-Unis, devraient se rejoindre au- dessus des Grands Lacs, pour ensuite se diriger vers le Québec, lundi soir.La plupart des régions pourraient recevoir dix à quinze centimètres.De la pluie verglaçante pourrait aussi s\u2019abattre sur l\u2019extrême sud de la province, de même qu\u2019à Montréal et à Gatineau.Les déplacements pour les festivités du jour de l\u2019An risquent donc d\u2019être compliqués.La Presse canadienne ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 L\u2019enceinte parlementaire fédérale fêtait ses 140 ans lorsque, en 2007, le gouvernement a décidé de lui assener une bonne cure de rajeunissement.Les travaux étaient colossaux : rénover six édifices tour à tour afin de ne jamais avoir à suspendre l\u2019activité parlementaire.La bibliothèque du Parlement a ainsi été restaurée la première, suivie de deux bâtiments voisins du parlement \u2014 l\u2019édifice Wellington et le Sir-John-A.-Macdonald, abritant chacun bureaux de députés et salles de comité.En 2011, ce fut au tour de l\u2019édifice de l\u2019Ouest de fermer ses portes pour qu\u2019il soit réhabilité, mais surtout bonifié avec la Chambre des communes temporaire devant remplacer celle de l\u2019édifice du Centre, qui fermera ces jours-ci pour environ une décennie.Le Sénat, également logé dans l\u2019édifice du Centre, sera quant à lui relocalisé au Centre de conférences du gouvernement, préalablement remodelé lui aussi.Survol du plus gros chantier patrimonial de l\u2019histoire du Canada.Démocratie en restauration MARIE VASTEL HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR 1,7 milliard La facture des rénovations de l\u2019enceinte parlementaire atteint pour l\u2019instant 1,7 milliard de dollars.L\u2019édifice de l\u2019Ouest a été restauré au coût de 863 millions ; l\u2019édifice du Sénat, 219 millions ; l\u2019édifice Wellington, 425 millions; le Sir- John-A.-Macdonald, 99,5 millions; et la bibliothèque, 129 millions.Ce total n\u2019inclut toutefois pas le plus gros édifice, l\u2019édifice du Centre, dont le coût des travaux n\u2019a pas encore été chiffré.Le bâtiment, qui est vidé ces jours-ci, fera l\u2019objet d\u2019une évaluation de son état en 2019.Ce n\u2019est qu\u2019ensuite que l\u2019on connaîtra l\u2019ampleur des rénovations à y faire.63 000 pierres Les murs extérieurs de l\u2019édifice de l\u2019Ouest comprennent pas moins de 140 000 pierres de maçonnerie ayant dû être nettoyées au laser.Pour 45 % d\u2019entre elles, le mortier a aussi dû être refait : les pierres ont été retirées, numérotées, puis méticuleusement replacées au bon endroit de la façade.Un casse-tête de 63 000 pièces ! 14 % des 1.63 000 pierres ont été déplacées, nettoyées au laser et réinstallées aux murs de l\u2019édifice de l\u2019Ouest.200 maçons y ont travaillé tous les jours.SERVICES PUBLICS ET APPROVISIONNEMENT CANADA 2.Relogée dans une ancienne gare de train datant de 1912, la Chambre haute s\u2019élève sur ce qui en était le quai d\u2019embarquement d\u2019où les soldats canadiens sont partis pour la Première Guerre mondiale et par où Elvis Presley est arrivé à Ottawa pour son spectacle d\u2019avril 1957.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE 3.Les rénovations du parlement ont tenté de se faire écologiques.Le Sénat a un toit vert et accueillera des ruches urbaines.L\u2019édifice Wellington a en outre un mur de plantes.SERVICES PUBLICS ET APPROVISIONNEMENT CANADA 4.La nouvelle Chambre des communes a été construite dans la cour intérieure de l\u2019édifice de l\u2019Ouest, sous un gigantesque plafond de verre.Cette conversion de l\u2019espace a permis d\u2019ajouter 50 % de superficie à l\u2019édifice.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE pierres ont par ailleurs dû être remplacées.Au plus fort des rénovations, 200 maçons s\u2019affairaient quotidiennement.3000 tonnes de sable et 108 000 seaux de mortier ont été utilisés.1,4 million de nouvelles briques ont été posées.4600 m² Le majestueux toit de verre qui recouvre la nouvelle Chambre des communes a nécessité l\u2019installation de 4600 mètres carrés de verre au-dessus de la cour intérieure de l\u2019édifice.C\u2019est l\u2019équivalent d\u2019un terrain de football, qui tient en place grâce à 7 kilomètres de poutres d\u2019acier.Les 500 travailleurs qui œuvraient en moyenne chaque jour sur le site ont en outre creusé trois étages de sous-sol.Pour ce faire, 158 000 tonnes de roches ont été excavées, soit l\u2019équivalent de 28 piscines olympiques.Plus de six millions d\u2019heures de travail ont été effectuées pour retaper l\u2019édifice de l\u2019Ouest.Des systèmes à moderniser Le dernier des bâtiments à être restaurés est le plus « jeune » de l\u2019enceinte parlementaire.L\u2019édifice du Centre n\u2019a pas connu de rénovations majeures depuis sa reconstruction en 1916-1927, à la suite du grand feu qui l\u2019avait ravagé.Tout doit être mis à niveau : la plomberie, la connectivité informatique et les systèmes électriques, de chauffage et de climatisation.L\u2019accessibilité doit être améliorée et l\u2019amiante, retirée.Les systèmes de protection contre les incendies et les tremblements de terre doivent être renforcés.Le déménagement est colossal : les bureaux du premier ministre, des chefs de l\u2019opposition, des présidents des deux Chambres et d\u2019une soixantaine de députés et sénateurs doivent être vidés.Des sabres en taxi Le déménagement de la Chambre des communes et du Sénat dans deux édifices distants de 500 mètres pose un pépin protocolaire encore irrésolu: la perpétuation des parades de l\u2019huissier du bâton noir entre les deux enceintes, auparavant séparées par à peine un corridor.Le messager de Sa Majesté doit se rendre à la Chambre coiffé de son bicorne et armé de sa canne d\u2019ébène à pommeau d\u2019or pour convier les députés au Sénat à l\u2019occasion de l\u2019ouverture d\u2019une législature, des discours du Trône et des cérémonies de sanction royale.La procession qui s\u2019en suit comprend le sergent d\u2019armes portant sabre et masse royale dorée et une poignée d\u2019officiers parlementaires portant tricornes.Une des idées qui circule est de faire voyager tout ce beau monde à bord de taxis.De nouvelles reines au Sénat Une série de dispositifs écologiques ont été inclus aux nouveaux bâtiments parlementaires.L\u2019édifice du Sénat comptera à compter du printemps des ruches urbaines sur sa façade est.L\u2019hôtel Château Laurier, situé en face, s\u2019occupera de l\u2019entretien et de la collecte du miel.Des toits verts ont été ajoutés à l\u2019édifice du Sénat, au Sir-John-A.-Macdonald et au Wellington.Dans ce dernier cas, le toit recueille aussi l\u2019eau de pluie pour arroser les plantes.Enfin, des panneaux solaires préchauffent l\u2019eau chaude de l\u2019édifice.Le majestueux toit de verre qui recouvre la nouvelle Chambre des communes a nécessité l\u2019installation de 4600 mètres carrés de verre au-dessus de la cour intérieure de l\u2019édifice 1 2 3 4 LEDEVOIR // LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 4 Les futures missions du ministre Roberge ÉDUCATION SUITE DE LA PAGE A 1 toutes sortes de questions sur son vaste programme.Jean-François Roberge rappelle qu\u2019il implantera progressivement les maternelles 4 ans pour tous, qu\u2019il transformera les commissions scolaires, qu\u2019il rendra l\u2019école obligatoire jusqu\u2019à 18 ans\u2026 Lucette Robert estime que le ministre a du pain sur la planche: «C\u2019est fantastique d\u2019avoir une enseignante et une éducatrice spécialisée par classe de maternelle, mais où va-t-il prendre l\u2019argent ?D\u2019autant plus que son gouvernement vient de baisser la taxe scolaire de 900 millions de dollars par année!» Il sera intéressant de voir si les gens de Chambly applaudiront encore leur député et ministre lors de la soirée « bière et politique » de décembre 2019.Jean- François Roberge sait très bien que les électeurs n\u2019aiment généralement pas être dérangés.Impatience dans le réseau Dans le réseau scolaire, on se demande comment ce « prof idéaliste », qui a enseigné au primaire durant dix-sept ans, réussira à convaincre son premier ministre de prouver (avec de gros dollars) que l\u2019éducation est bel et bien la priorité du gouvernement.On donne la chance au coureur, mais l\u2019impatience commence déjà à se faire sentir.« Il veut tout chambouler et il va trop vite.Ce qu\u2019il propose, c\u2019est majeur », dit une source bien placée dans le milieu de l\u2019éducation.Les commissions scolaires sont sur les dents avec leur transformation annoncée en simples centres de services.L\u2019implantation prévue de dizaines de classes de maternelles 4 ans partout au Québec \u2014 et non plus seulement dans les milieux défavorisés \u2014 ajoute au mécontentement dans les commissions scolaires qui manquent déjà de personnel et de locaux.Il faut dire que le ministre Roberge hérite de frustrations qui datent du gouvernement précédent.Les libéraux avaient imposé de douloureuses compressions durant deux ans au réseau scolaire avant de « réinvestir » à compter de la nomination de Sébastien Proulx comme titulaire de l\u2019Éducation, en février 2016.Un ministre qui a laissé l\u2019image d\u2019un homme habile à faire entendre aux gens qu\u2019il comprenait leurs doléances Une véritable bénédiction pour les musiciens traditionnels LUTHIER SUITE DE LA PAGE A 1 scène traditionnelle québécoise.« Il a su relever le défi, d\u2019autant que ce n\u2019est pas un spécialiste de la vielle à roue \u2014 en fait, il n\u2019y a pas de spécialiste de la vielle à roue au Québec.Il a mis beaucoup de temps et de soins sur la mienne », raconte Boulerice.Le compositeur trad Jean-François Bélanger n\u2019a lui aussi que des éloges à l\u2019égard de l\u2019homme qui prend soin de sa collection d\u2019instruments scandinaves rares : « C\u2019est un grand luthier, mais tellement modeste.Il travaille sur des instruments de grande valeur, mais aussi sur le violon du plus modeste violoneux qui vient à son atelier.» Formé à l\u2019ancienne l\u2019École de lutherie artistique du Noroît (aujourd\u2019hui l\u2019École nationale de lutherie, rattachée au cé- gep de Limoilou), Martin Héroux a poursuivi sa formation à la Maison Bernard de Bruxelles, « où je ne faisais que la restauration et la réparation d\u2019instruments anciens, très anciens même.Ça m\u2019a permis de voir quel type d\u2019instrument vieillissait bien et de comparer la qualité de leurs structures.J\u2019ai beaucoup compris à propos de la sonorité des violons en restaurant ces instruments», autant de précieuses observations qui l\u2019ont ensuite guidé dans son travail de facteur de violons, altos et violoncelles.« C\u2019est inspirant d\u2019être en contact avec ces vieux instruments.On s\u2019imagine comment, il y a 350 ans, avec les technologies de l\u2019époque, ils réussissaient à faire des instruments géniaux.Mais, sans vouloir être prétentieux, les instruments modernes n\u2019ont quand même rien à envier aux Stradivarius ! » Après sa formation, Martin Héroux a choisi de revenir pratiquer son métier dans son village d\u2019enfance, Sainte-Émé- lie-de-l\u2019Énergie, « parce que j\u2019avais envie de servir les musiciens locaux, pas seulement de fabriquer des violons pour les musiciens classiques.» L\u2019atelier a ensuite déménagé il y a quelques années au cœur de Joliette, tout près du Musée des arts.La présence de Héroux et de sa collègue luthière Eugénie-Raphaëlle Lé- pine dans la région est une véritable bénédiction pour les musiciens traditionnels qui bénéficient de leur expertise.« Aujourd\u2019hui, le violoneux n\u2019est plus ce qu\u2019il était, explique Nicolas Boulerice.À l\u2019époque, les luthiers qui fabriquaient de grands violons étaient presque tous en Europe, si bien que les musiciens québécois d\u2019antan se ramassaient avec des picouilles d\u2019instruments, ce qui n\u2019aidait pas l\u2019image qu\u2019on avait d\u2019eux.Grâce à des gens comme Martin Héroux, ça permet à ces violo- ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR En décrépitude, l\u2019école FACE, située dans le centre-ville de Montréal, devra subir d\u2019importants travaux dans les prochaines années, qui nécessiteront de déménager les quelque 1400 élèves pendant au moins six ans.Une situation qui inquiète plusieurs parents, qui n\u2019excluent pas l\u2019idée d\u2019inscrire leurs enfants dans une autre école de la métropole d\u2019ici là.« Je comprends que des travaux sont nécessaires, car l\u2019école est vraiment très vieille, mais c\u2019est inquiétant.Si ça devient un déménagement houleux et que les enfants se retrouvent dans une école trop éloignée ou moins bien équipée pour pratiquer la musique, je sortirai mes enfants de là avant le secondaire », confie Claudine, dont les deux enfants sont actuellement au primaire à l\u2019école FACE.L\u2019édifice patrimonial abritant l\u2019école publique à vocation artistique \u2014 qui offre des cours de la maternelle à la cinquième secondaire \u2014 se détériore à petit feu depuis plusieurs années, multipliant les petits travaux ici et là.Il faut dire qu\u2019il a été construit en 1914, conçu par les frères Maxwell qui ont aussi imaginé le Musée des beaux-arts de Montréal.« Problèmes de plomberie, des escaliers à réparer, une chaleur étouffante pendant l\u2019été.Il y a beaucoup de choses à changer.Ça me déprime un peu plus chaque fois que je vais chercher mes enfants », constate de son côté Patrick Henein, dont les deux enfants fréquentent l\u2019école FACE, l\u2019un au primaire, l\u2019autre au secondaire.Mi-décembre, les parents d\u2019élèves ont reçu une lettre du Comité de vigie de FACE, formé notamment de membres de la direction, d\u2019enseignants, d\u2019étudiants et de parents, concernant des travaux majeurs à venir.« Vu l\u2019ampleur du projet, tous les membres du [comité] sont d\u2019avis que durant la reconstruction, à cause du bruit, de la poussière, du dérangement et des dangers potentiels de sécurité, un déménagement du 3449, rue University doit avoir lieu.Sans parler du fait que rester sur place compliquerait la rénovation et prolongerait le projet », peut-on lire.Un déménagement n\u2019aurait pas lieu avant 2021 au plus tôt, selon le comité, et deux édifices seraient déjà dans la ligne de mire de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), qui souhaiterait idéalement déménager les 1400 élèves dans un même lieu.Il s\u2019agit de l\u2019ancien Institut des sourdes-muettes, sur la rue Saint-De- nis, entre Cherrier et Roy, et de l\u2019ancien hôpital Jacques-Viger, à l\u2019abandon depuis cinq ans, situé au coin du Boulevard René-Lévesque et de la rue Saint-Hubert.Deux édifices qui auront aussi besoin « de rénovations d\u2019envergure pour les rendre habitables et convenables aux besoins de FACE », indique le Comité de vigie.«On ne sait même pas si ces bâtiments peuvent accueillir autant d\u2019élèves.Est- ce que ça me tente que mon fils se retrouve entassé dans une classe avec les autres?Non», assure M.Henein, qui reconnaît considérer fortement l\u2019idée d\u2019inscrire son fils dans une autre école secondaire, une fois son primaire terminé à l\u2019école FACE.Demande de fonds La CDSM a déjà investi 25 millions de dollars depuis 2012 pour entretenir l\u2019édifice de la rue University.En 2017, elle s\u2019est tournée vers le gouvernement du Québec pour obtenir une aide financière de 120 millions de dollars pour mener à bien des travaux de rénovation majeurs.Une demande qui n\u2019a toutefois pas été retenue par l\u2019ancien gouvernement libéral de Philippe Couillard.La commission scolaire compte soumettre son projet une nouvelle fois cette année, ayant espoir que la demande sera mieux considérée par la Coalition avenir Québec, au pouvoir depuis le mois d\u2019octobre.« La Coalition avenir Québec a désigné l\u2019éducation comme l\u2019une de ses grandes priorités.Elle a également promis d\u2019aborder la détérioration de l\u2019infrastructure scolaire à travers le Québec avec un blitz majeur de reconstructions », peut-on lire dans la lettre du Comité de vigie de FACE.Les parents d\u2019élèves s\u2019inquiètent d\u2019un déménagement de l\u2019école FACE L\u2019édifice patrimonial qui abrite l\u2019école est en décrépitude tout en évitant de s\u2019engager formellement à faire quoi que ce soit.« J\u2019entends ce que vous me dites », répétait- il à tous les acteurs du milieu de l\u2019éducation.Résultat : Jean-François Roberge doit mener à terme des chantiers lancés par son prédécesseur.Sa première mission, lors de la session parlementaire d\u2019hiver, consistera à accoucher d\u2019un projet de loi clarifiant les frais pouvant être facturés aux parents dans les écoles publiques (gratuites en théorie).Le ministre Proulx a formulé une directive à ce sujet, en juin dernier, en attendant le dépôt d\u2019un projet de loi qui n\u2019est jamais arrivé à cause de la campagne électorale.D\u2019ici là, les commissions scolaires ont accepté une entente à l\u2019amiable leur ordonnant de verser 153 millions de dollars aux parents d\u2019élèves pour des frais facturés en trop.L\u2019ajout de dizaines de classes de maternelle 4 ans fait aussi partie des engagements de la CAQ.Le ministre Sébastien Proulx a créé en 2018 111 classes de maternelle 4 ans en milieu défavorisé.Le ministre Roberge devra aussi ajuster la formation en éducation à la sexualité, rendue obligatoire pour tous les élèves du primaire et du secondaire à la rentrée de septembre 2018.Les syndicats d\u2019enseignants dénoncent l\u2019improvisation et l\u2019empressement entourant l\u2019implantation de l\u2019éducation à la sexualité.Les professeurs ne sont pas prêts à donner ces cours dans toutes les écoles comme le prévoit le ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur.Le gouvernement changera-t-il le règlement qui encadre l\u2019école à la maison, présenté par Sébastien Proulx en avril dernier ?La CAQ, dans l\u2019opposition, avait critiqué le laxisme du règlement, qui ouvrirait la porte à la scolarisation de francophones en anglais.Le dernier budget du gouvernement libéral, en mars 2018, consacrait la poursuite du « réinvestissement » : Québec a promis un milliard sur cinq ans (dont 55 millions cette année) pour implanter le Plan d\u2019action numérique en éducation et en enseignement supérieur.L\u2019ajout de 1500 enseignants et autres professionnels était aussi inscrit dans le budget, tout comme des investissements importants pour construire ou rénover des écoles.Le budget de l\u2019éducation a augmenté de 5% en 2018-2019.Le gouvernement de la CAQ a promis de continuer à investir et qu\u2019il n\u2019y aurait jamais de compressions en éducation.Après tout, on ne coupe pas dans une priorité nationale.neux d\u2019avoir aussi des instruments de très grande qualité.» Olivier Demers et André Brunet du Vent du Nord jouent tous deux sur des violons Héroux, tout comme l\u2019experte du violon traditionnel Stéphanie Lépine.«Je crois être le luthier québécois, possiblement même canadien, qui a fabriqué et vendu le plus d\u2019instruments contemporains à des violoneux \u2014 au Québec, mais aussi aux États-Unis et dans les Maritimes», croit Héroux.Or, ce ne sont pas que les musiciens traditionnels qui aiment jouer sur un violon Héroux.Plusieurs instrumentistes de l\u2019Orchestre symphonique de Montréal et de l\u2019Orchestre symphonique de Québec travaillent avec ces instruments fabriqués par le luthier dont l\u2019expertise dépasse largement les frontières de Lanaudière : en 2016, il a remporté la médaille d\u2019argent en sonorité alto ainsi que le certificat de mérite en sonorité de quatuor au concours de la Violin Society of America, « un des plus grands, sinon le plus grand concours de lutherie au monde.C\u2019est comme les Jeux olympiques des luthiers ! » Martin Héroux fabrique entre six et huit violons par année, mais a dû ralentir la cadence à l\u2019automne 2017 lorsque les citoyens de Sainte-Émé- lie-de-l\u2019Énergie l\u2019ont élu maire du village.« J\u2019ai eu la piqûre de la politique municipale il y a quelques années, j\u2019en suis à ma deuxième année d\u2019un mandat de quatre ans et j\u2019adore ça.Ça me permet de vivre quelque chose de différent, après vingt-cinq ans de lutherie.» L\u2019année dernière, malgré les charges de travail inhérentes à celles de la plus haute fonction de son village de 1700 âmes, le luthier est parvenu à en fabriquer quatre.Ses grands projets pour 2019 ?D\u2019autres miracles pour la communauté trad québécoise, de nouveaux instruments Héroux dans les mains des meilleurs violonistes\u2026 et la revalorisation de la plage municipale de Sainte-Émélie-de- l\u2019Énergie, un projet qui s\u2019inscrit dans la nouvelle stratégie touristique du maire.« Être maire, c\u2019est très demandant, et vouloir en même temps mener sa carrière de luthier, ça tire du jus ! » assure- t-il.L\u2019atelier Héroux-Lépine sera fermé durant les vacances des Fêtes, entre Noël et le jour de l\u2019An.8 C\u2019est le nombre maximum de violons que Martin Héroux parvient à fabriquer en une année.C\u2019est inspirant d\u2019être en contact avec ces vieux instruments.On s\u2019imagine comment, il y a 350 ans, avec les technologies de l\u2019époque, ils réussissaient à faire des instruments géniaux.MARTIN HÉROUX » Le ministre Roberge devra ajuster la formation en éducation à la sexualité 1400 C\u2019est le nombre d\u2019élèves qui devront déménager de l\u2019école FACE lors du commencement des travaux.Deux édifices seraient déjà dans la ligne de mire de la Comission scolaire de Montréal.Il s\u2019agit de l\u2019ancien Institut des sourdes- muettes et de l\u2019ancien hôpital Jacques- Viger. SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 OLGA NEDBAEVA AGENCE FRANCE-PRESSE Blés oubliés et fermentation naturelle : les pains à l\u2019ancienne sont revenus au goût du jour, jusque sur les plus grandes tables, comme celles du Bristol, palace parisien où un moulin a même été installé pour produire une farine maison.Des miches, dont le chef 3 étoiles Éric Frechon a conservé le goût de son enfance normande et des séjours chez ses grands-parents, ont remplacé en novembre les petits pains individuels dans ce palace situé à deux pas de l\u2019Ély- sée.Parce que « le pain est une vraie valeur qui signifie avant tout le partage », explique le chef à l\u2019AFP.Celui qui « ne sait pas manger sans pain» a eu le «coup de foudre» en 2017 en visitant le moulin de Robert Feuillas, l\u2019un des hérauts du pain nature, situé à Cucugnan, dans le sud de la France.Un an plus tard, ce dernier lui installe un moulin dans les sous-sols du Bristol : la farine est moulue quelques instants avant le pétrissage.Éric Frechon pousse ainsi à l\u2019extrême ce que le guide Fooding 2019 appelle le «panifétichisme» de ces chefs qui «mettent la main à la pâte dans leur resto et redécouvrent la magie de la fermentation naturelle, proche du vin nature».« On a le luxe d\u2019aller chercher de jolis blés d\u2019exception », comme le khora- san, une très vieille variété oubliée qui donne « un pain au-dessus de tout le ALIMENTATION Les pains à l\u2019ancienne de retour jusque dans les palaces de France La baguette perd du galon, même sur les grandes tables PASCAL LAPOINTE AGENCE SCIENCE PRESSE Dans l\u2019univers de la désinformation qu\u2019observent l\u2019Agence Science-Presse et son Détecteur de rumeurs, il y a un agent perturbateur dont on parle beaucoup, mais qui ne s\u2019est pourtant pas plus matérialisé cette année que l\u2019an dernier : le deepfake, ou la capacité à mettre dans la bouche des gens, sur vidéo, des mots qu\u2019ils n\u2019ont jamais prononcés.De fait, 2018 n\u2019a pas été l\u2019année du deepfake, et 2019 ne le sera probablement pas non plus.Selon Claire Wardle, directrice de l\u2019organisme américain First Draft, un autre observateur de cet univers, nous serions encore à environ quatre ans du niveau de qualité qui pourrait vraiment causer du tort, et en parallèle, on assiste depuis au moins deux ans à une course aux armements entre les promoteurs du deepfake et les développeurs de technologies capables de détecter des vidéos « modifiées ».Impact douteux Déjà, lors du congrès 2018 de l\u2019International Fact-Checking Network (IFCN), la bonne nouvelle avait été que l\u2019impact des vidéos truquées reste encore à prouver.Parce que jusqu\u2019ici, le montage vidéo laisse des traces qui ne peuvent pas échapper à l\u2019intelligence artificielle, comme un collage saccadé d\u2019images, un mouvement des lèvres incohérent ou une désynchronisation entre les mots et les lèvres (comme dans un doublage).Les traces peuvent même se trouver dans le texte lu: quantité anormale de phrases ultracourtes, d\u2019interjections,etc.Claire Wardle voit pour sa part beaucoup plus de raisons de s\u2019inquiéter, en 2019, des grands classiques : les textes et photos jonglant avec les peurs primaires des gens \u2014 la peur de l\u2019immigration par exemple \u2014, les sophismes et les fausses équivalences.Une autre limite du deepfake, note l\u2019auteur Tim Hwang sur le site de l\u2019IFCN, est qu\u2019on a besoin d\u2019une très grande quantité de vidéos d\u2019une personne pour produire des faussetés qui ont l\u2019air crédibles.Ça pourrait en limiter l\u2019usage aux politiciens et, encore, uniquement aux plus médiatisés d\u2019entre eux.Pour l\u2019instant, les gens qui naviguent en science n\u2019ont rien à craindre\u2026 TECHNOLOGIE Pourquoi 2018 n\u2019a pas été l\u2019année du deepfake AGENCE SCIENCE-PRESSE En 2018, on a découvert des humains qui ont évolué pour être de meilleurs plongeurs, ainsi que les ancêtres de ceux qui ont évolué pour vivre en altitude\u2026 et pour finir, on a peut-être commencé nous-mêmes à jongler avec les gènes de l\u2019évolution du futur.Il y a moins de deux décennies, on aurait dit de l\u2019évolution qu\u2019elle était un processus trop lent pour être observable chez les humains.La génétique est venue démontrer le contraire : la capacité à digérer le lait à l\u2019âge adulte en est l\u2019exemple le plus connu.L\u2019adaptation des Bajau Mais en 2018, l\u2019actualité a ajouté son lot de surprises.Des chercheurs ont repéré chez un peuple de marins de l\u2019Asie du Sud-Est, les Bajau, une adaptation biologique : leur rate peut être jusqu\u2019à 50 % plus grosse, ce qui permet une meilleure répartition du sang et de l\u2019oxygène lors d\u2019un passage prolongé sous l\u2019eau.Ce qui est idéal si on fait partie d\u2019un peuple qui vit non seulement des ressources sous-marines, mais de surcroît vit comme un « nomade de la mer » : les Bajau vivent en effet essentiellement sur leurs bateaux et se déplacent d\u2019île en île depuis au moins 1000 ans.C\u2019est la première fois qu\u2019on découvre une telle adaptation génétique à l\u2019environnement océanique.Gènes d\u2019athlète À quelques milliers de kilomètres de là, c\u2019est quelque chose de similaire qu\u2019on avait découvert en 2010 chez les Tibétains : des « gènes de superathlète » qui les rendent plus aptes que le commun des mortels à la vie en haute altitude, où le taux d\u2019oxygène est moins élevé.Fait plus intrigant encore, ces gènes pourraient être un héritage du Déniso- vien, un cousin de l\u2019Homo sapiens arrivé en Asie avant lui.Or, en 2018, on a trouvé au Tibet des outils de pierre vieux de 30 000 à 40 000 ans, soit l\u2019époque où le Dénisovien marchait peut-être dans ces montagnes.2018, jouer avec les gènes Impossible de ne pas penser au fait qu\u2019à présent, en 2018, c\u2019est nous qui avons la capacité de jouer avec l\u2019évolution.L\u2019annonce en novembre des sœurs jumelles « génétiquement modifiées » pour être immunisées contre le VIH est peut-être un canular.À tout le moins, elle a été dénoncée par à peu près tout le monde, des milieux politiques aux milieux scientifiques.Mais la science et la technologie approchent tout de même du point où on serait effectivement capables de faire des modifications génétiques sur des bébés, qui seraient possiblement transmissibles plus tard à leurs propres enfants et à toute leur descendance.GÉNÉTIQUE La folle capacité d\u2019adaptation de l\u2019humain en 2018 reste », le rouge de Bordeaux (sud- ouest), le roux de Bourgogne (centre- est), l\u2019épeautre, raconte Éric Frechon.Blés anciens ressuscités Ces variétés « paysannes » avaient été abandonnées après la guerre pour pallier les insuffisances de la production céréalière, l\u2019agriculture privilégiant le rendement.Le recours aux pesticides et le croisement des espèces ont fait que les blés ont perdu en taille, en diversité et en pouvoir nutritionnel.Les blés anciens ont été ressuscités à la fin des années 1990 grâce à des passionnés de boulangerie et de botanique.« On travaille dans le respect de la nature.Ici, le boulanger est presque en retrait par rapport au pain ; moins il le façonne, meilleur il est », raconte Éric Frechon.Pour Alice Quillet, copropriétaire du café Ten Belles Bread à Paris, qui fournit le pain à des restaurants étoilés, le consommateur a «envie de manger un pain qui a une traçabilité».«Jusqu\u2019à présent, il demandait au boucher d\u2019où vient sa viande, au maraîcher pour ses légumes, mais ne demandait jamais au boulanger d\u2019où vient sa farine ou comment le pain a été fabriqué.Maintenant, ça change.» Les pains au levain ont tous les atouts pour plaire, ajoute-t-elle : plus aromatiques et plus digestes à cause de la fermentation naturelle, ils se conservent plusieurs jours et limitent les déplacements à la boulangerie pour les personnes âgées.Une fausse vidéo faisant parler Barack Obama a circulé en 2018.ASSOCIATED PRESS Des boulangers utilisent des blés « d\u2019exception », comme le khorasan.Il s\u2019agit de variétés « paysannes » qui avaient été abandonnées après la guerre pour pallier les insuffisances de la production céréalière, l\u2019agriculture privilégiant le rendement.JEFF PACHOUD AGENCE FRANCE-PRESSE « Des miches de 800 grammes permettent aux restaurateurs de réutiliser le pain parce que cela se garde sur trois, quatre jours, alors qu\u2019une baguette traditionnelle se dessèche dès qu\u2019elle est coupée », souligne Alice Quillet.Elle utilise aussi des variétés des blés anciens longtemps jugés comme non panifiables pour fabriquer les pains du jour, mais n\u2019a jamais fait de baguette, au grand dam de ses clients.La baguette, ce fleuron de la culture française, n\u2019est pas non plus la spécialité de Thomas Teffri-Chambelland, directeur de l\u2019école internationale de boulangerie à Noyers-sur-Jabron dans les Alpes-de-Haute-Provence (sud- est).« Elle n\u2019a que 100 ans, ce n\u2019est pas un produit historique.» «C\u2019est très agréable à manger, mais ce n\u2019est pas un superaliment.Elle contient beaucoup d\u2019amidon, pas mal d\u2019améliorants, des acides ascorbiques, des résidus de pesticides.La baguette s\u2019éloigne de ce qu\u2019on recherche diététiquement et pour le côté sociétal », explique à l\u2019AFP ce biologiste devenu une autorité internationale en matière de pain bio.Et même si les Français mangent de moins en moins de pain, dans un contexte d\u2019uniformisation de la boulangerie conventionnelle, «les initiatives singulières trouvent la faveur d\u2019une partie de la clientèle et cela explique la très bonne santé de la filière du pain nature», ajoute-t-il.«Les gens en ont marre de manger des produits transformés, pleins d\u2019additifs et d\u2019améliorants.» Impossible de ne pas penser au fait qu\u2019à présent, en 2018, c\u2019est nous qui avons la capacité de jouer avec l\u2019évolution On travaille dans le respect de la nature.Ici, le boulanger est presque en retrait par rapport au pain ; moins il le façonne, meilleur il est ÉRIC FRECHON » e lac Tchad est l\u2019un des plus grands lacs du continent africain.Ou plutôt l\u2019était, puisqu\u2019il a perdu 90 % de sa superficie en 40 ans.Une catastrophe attribuable à une conjugaison de facteurs cumulatifs : maldéveloppe- ment social et mauvaise gestion de l\u2019eau, croissance démographique, réchauffement climatique\u2026 Autant de facteurs qui traduisent beaucoup d\u2019aveuglement et très peu de clairvoyance.La population habitant autour et sur le lac a doublé à 40 millions de personnes au cours des dernières décennies, et l\u2019ONU évalue que le quart d\u2019entre elles ont au- jourd\u2019hui besoin d\u2019aide alimentaire d\u2019urgence.Boko Haram a troué un vivier de djihadistes dans les agriculteurs et les pêcheurs qui vivent de ce qui reste de ce lac à cheval sur le Tchad, le Cameroun, le Niger et le Nigeria.La calamité a fait récemment renaître un mégaprojet de régénération, imaginé dans les années 1980 : celui d\u2019un canal de 2600 km qui partirait du fleuve Congo, en RDC.Le projet est aussi irréaliste qu\u2019il y a 40 ans.S\u2019il refait aujourd\u2019hui surface, c\u2019est parce que la multinationale chinoise PowerChina a décidé de s\u2019y intéresser.Le sort du lac Tchad encapsule celui qui attend l\u2019ensemble du continent, pour ne pas dire du monde si rien n\u2019est fait pour articuler les enjeux de développement socio-économique en fonction de la lutte contre le réchauffement climatique.À l\u2019échelle de la planète, la situation est telle que l\u2019humanité s\u2019expose à un déficit en eau de 40% d\u2019ici 2030, dans un contexte où la demande bondira par ailleurs de 55%, affirment les experts du GIEC.L\u2019Afrique australe et la Corne de l\u2019Afrique ont été frappées ces dernières années par de graves sécheresses menaçant de pénuries et de famine des dizaines de millions de personnes \u2014 nommément les petits paysans oubliés par l\u2019agro-industrie mondialisée.Les conflits armés et l\u2019incurie des gouvernements viennent jeter de l\u2019huile sur le feu.L\u2019horizon est d\u2019autant plus inquiétant que l\u2019Afrique subsaharienne doit composer avec une démographie galopante : on évalue que sa population augmentant de plus du double, à 1,4 milliard de personnes d\u2019ici le milieu du siècle.Or, la COP24, qui vient d\u2019avoir lieu en Pologne, a donné des résultats minimaux pour aider les pays pauvres à se prémunir.Posture criminelle quand on sait que cette Afrique en déshérence, la région du monde qui pourtant produit le moins de GES, est paradoxalement la plus touchée par le réchauffement.Par la médiocrité de leurs engagements, les pays développés, y compris le Canada, auront fait honte à voir à Katowice.Autre facteur aggravant : cette indifférence collective vient se jouxter à la logique de rivalité tous azimuts que Donald Trump, par ailleurs climatoné- gationniste, ne fait pas secret de vouloir appliquer envers la Chine, partout et n\u2019importe comment.Ses coupes draconiennes dans les budgets américains d\u2019aide au développement montrent que le préoccupe moins l\u2019avenir des Africains que les « pratiques prédatrices » de Pékin sur le continent, pour reprendre les mots de John Bolton, le faucon qui lui tient lieu de conseiller à la sécurité nationale.Si bien qu\u2019entre les États-Unis de M.Trump et une Chine qui investit le continent économiquement (mais aussi militairement, avec une première base à Djibouti) sur fond d\u2019insensibilité notoire pour les droits de la personne, il est pour le moins dérisoire de penser dans l\u2019ordre actuel des choses que l\u2019un ou l\u2019autre fasse une contribution utile aux efforts de démocratisation et de développement durable de l\u2019Afrique.Madagascar, où s\u2019est tenue à la mi-décembre une présidentielle qui ne changera rien à l\u2019instabilité politique chronique de l\u2019île, constitue aussi un microcosme malheureusement trop représentatif de l\u2019état du continent (comme en est aussi un exemple l\u2019immense RDC, où ont laborieusement eu lieu dimanche, avec deux ans de retard, des élections dont le résultat sera forcément peu crédible).Madagascar, une ancienne colonie française, pourrait être \u2014 aurait pu devenir \u2014 un extraordinaire laboratoire de développement durable.Elle souffre au contraire d\u2019une déforestation extrême.Elle est un pays encore beau de 25 millions d\u2019habitants, mais qui, écologiquement, agonise, livré en pâture aux investisseurs étrangers.L\u2019île est dirigée par une clique de corrompus tournés sur eux-mêmes, c\u2019est-à-dire vers Paris, imperméables à la pauvreté dans laquelle se trouvent la majorité des Malgaches \u2014 sauf en période électorale, bien entendu, le moment venu de prétendre légitimer leur pouvoir.LEDEVOIR // LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Jocelyn Duff Architecte, résident d\u2019Ahuntsic-Cartierville, à Montréal Des travaux de réfection du mur de soutènement en béton en amont du barrage Simon-Sicard dans l\u2019arrondissement Ahuntsic-Cartier- ville ont eu lieu cet automne.La société d\u2019État a justifié les travaux par l\u2019urgence et a obtenu une exemption par décret du gouvernement du Québec pour se soustraire à la procédure d\u2019évaluation et d\u2019examen des impacts sur l\u2019environnement.En d\u2019autres mots, Hy- dro-Québec a pu éviter une consultation publique conduite par le Bureau d\u2019audiences publiques sur l\u2019environnement (BAPE).La première phase des travaux terminée, on se rend compte qu\u2019il ne s\u2019agit pas d\u2019une simple « réfection » du muret de béton, mais d\u2019un déversement massif de remblai dans la rivière des Prairies.Le remblai d\u2019enrochement devant le mur de béton était, selon la Société, la solution la plus rapide et la plus économique.Le paysage sur la rive, à proximité du parc-nature de l\u2019Île-de-La-Visitation, est au- jourd\u2019hui méconnaissable.Il a subi une grave détérioration visuelle.Le site archéologique du fort Lorette, l\u2019un des trois secteurs de travaux jugés prioritaires, est bordé de poteaux, de câbles électriques et d\u2019un transformateur.Par endroits, la vue sur l\u2019horizon de la rivière est bloquée par un monticule de gravier.Un véritable désert minéral et stérile prend place à un endroit où la Ville de Montréal projette un parcours de promenade en bordure de l\u2019eau et veut redonner l\u2019accès des berges aux citoyens.Hydro prévoit terminer les travaux en 2019 sur une longueur totale de 1,3 kilomètre en y ajoutant des couches de roches.Son rapport d\u2019évaluation environnementale mentionne que « l\u2019impact sur le paysage est jugé faible ».En voyant l\u2019état actuel des lieux, il est clair qu\u2019Hydro a négligé l\u2019environnement visuel nécessaire au bien- être d\u2019une espèce qui fréquente le milieu : l\u2019Homo sapiens.Directrices précises Les prochaines phases de travaux doivent obtenir l\u2019autorisation de la ministre de l\u2019Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.Il serait souhaitable que la ministre donne des directives précises à Hydro-Québec et qu\u2019elle remette en question : la détérioration du paysage, les mesures de remise en état des lieux, ce qu\u2019il est prévu pour la faune aquatique, la flore, l\u2019accès aux rives pour la population, l\u2019intégration des travaux au projet d\u2019espace vert municipal, les mesures de préservation et de mise en valeur du patrimoine archéologique et historique \u2014 qui remonte à 4000 ans \u2014, la consultation des communautés autochtones, notamment celle de Kanesatake, dont l\u2019origine est intimement liée à la mission du fort Lorette.Le père Jérôme Lalemant, visitant la rivière des Prairies en 1663, s\u2019exclamait : « Ce lieu-là surpasse tous les autres en beauté [\u2026] avec tous les agremens que les Peintres peuvent representer dans leur païsage [\u2026] ce sera un jour un païs tres-pro- pre pour estre la situation d\u2019une grande et grosse ville ».C\u2019est à notre époque que revient de concilier harmonieusement l\u2019environnement naturel avec le développement urbain.Une consultation publique du milieu et des communautés conduite par le BAPE est nécessaire pour mener à bien les prochaines phases des travaux.Ne serait-ce que pour mettre un peu de baume sur la fracture laissée par l\u2019autoroute 19, qui coupe le village patrimonial de Sault-au-Récollet en deux.Oubliez-moi pendant les Fêtes Lorsque les Fêtes sont proches, comme psychologue organisationnel, j\u2019ai l\u2019habitude de dire aux personnes que j\u2019accompagne : « Oubliez-moi pendant les Fêtes.» Cela n\u2019est pas dit en déconsidérant mon travail avec eux.Mais l\u2019expérience m\u2019a appris que les problèmes complexes, préoccupants ou douloureux ont parfois besoin de rester dans l\u2019oubli pour que jaillissent leurs solutions.Qui n\u2019a pas vécu cette désagréable impression de pensées tournant en rond, revenant sans fin au même point ?Peut-être avez-vous plutôt vécu cette variation prenant la forme d\u2019impulsions d\u2019action, qui une fois assouvies, laissent vide d\u2019énergie et toujours à ce même point ?Dans ces circonstances, le client a souvent besoin d\u2019une boussole capable de lui montrer son nord.C\u2019est-à-dire cette direction référence ayant trait à ses valeurs importantes, à ses besoins fondamentaux, à ses rêves essentiels ou à ses plaisirs nourriciers.Mais encore, il ne suffit pas de pointer vers son propre nord, il importe de s\u2019y diriger d\u2019une manière convenant au voyageur.Il arrive aux humains de tellement travailler à la résolution de leurs problèmes qu\u2019ils en oublient la finalité ou qu\u2019ils la travestissent en leurre.D\u2019autres fois, l\u2019absence de solutions et la présence de découragement indiquent un manque de réelle volonté, car la réussite maintien- Quand Hydro et paysage ne font pas bon ménage LIBRE OPINION LETTRES ENVIRONNEMENT L\u2019Afrique laissée à elle-même L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu GUY TAILLEFER En voyant l\u2019état actuel des lieux, il est clair qu\u2019Hydro a négligé l\u2019environnement visuel nécessaire au bien- être d\u2019une espèce qui fréquente le milieu : l\u2019Homo sapiens Cette Afrique en déshérence, la région du monde qui pourtant produit le moins de GES, est paradoxalement la plus touchée par le réchauffement climatique de gens de classe moyenne inférieure au profit des mieux nantis.M.Taillefer nous fait bien comprendre pourquoi alors il y a tant de groupes dans le monde qui manifestent à bon droit contre les écarts toujours plus grands entre riches et pauvres.Grand merci, M.Taillefer, de cette précieuse analyse que vous faites si bien et qui nous remet les pieds sur terre quand on oublie de regarder bien en face toutes ces situations qui perturbent une bonne partie de la population mondiale.Robert Bussières Joliette, le 28 décembre 2018 drait sur le même chemin de déviation, parsemé des mêmes embûches.Encore plus souvent, des personnes ne se reconnaissent plus à la suite de leurs choix de moyens inadéquats pour atteindre leurs buts.Comment alors avoir de l\u2019énergie lorsqu\u2019on ne marche plus sur un bon chemin pour soi ?« Oubliez-moi pendant les Fêtes » signifie pour mon client qu\u2019il a fait d\u2019importants efforts de réflexion, que de nombreux facteurs ont déjà été soupesés, que les pour et les contre ont été additionnés, mais que le brouillard cache encore le choix assuré.Le temps des Fêtes est un moment indiqué pour prendre du temps afin de faire ce que l\u2019on apprécie et de se rebrancher sur l\u2019essentiel.J\u2019aime souvent citer faussement l\u2019ancien premier ministre Robert Bourassa en disant « qu\u2019il est urgent de ne rien décider ».Les vacances des Fêtes, c\u2019est souvent le moment de ne rien décider, afin de choisir plus tard avec assurance et tranquillité d\u2019esprit.Richard Marcotte, psychologue organisationnel Le 21 décembre 2018 Les pieds sur terre Je voudrais féliciter grandement Guy Taillefer pour cet excellent éditorial (« Simplicité involontaire », du 27 décembre 2018).Il nous a fait une très belle synthèse des différents programmes de sécurité sociale dans le monde qui s\u2019érodent de plus en plus.Autant en France, en Russie que dans les Amériques, ces programmes subissent des coupes qui fragilisent tant Que Trudeau fasse comme Trump Les États-Unis renverront désormais les demandeurs d\u2019asile au Mexique pendant l\u2019examen de leur dossier afin d\u2019empêcher qu\u2019ils demeurent sur le territoire états- unien et échappent ainsi à la surveillance des autorités.Les États- Unis veulent ainsi « décourager » les candidats originaires pour la plupart d\u2019Amérique centrale.Pourquoi le Canada ne ferait-il pas pareil avec les nombreux demandeurs d\u2019asile qui franchissent irrégulièrement sa frontière sud avec les États-Unis ?Comme le Mexique a accepté de garantir les droits des migrants refoulés par les États-Unis pendant l\u2019instruction de leur dossier, nul doute que les États-Unis seraient disposés à faire de même avec le Canada.Le pays à la feuille d\u2019érable économiserait de la sorte des millions de dollars\u2026 canadiens.Sylvio Le Blanc Montréal, le 22 décembre 2018 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Jean-Paul Perreault Président du mouvement Impératif français Impératif français offre son appui à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, quant à son intention de faire respecter et de faire appliquer la Charte de la langue française, ou ce qu\u2019il en reste, pour endiguer la défrancisation de l\u2019affichage à Montréal et, nous l\u2019espérons, aussi ailleurs au Québec.Mais il faut plus ! Beaucoup plus ! Au premier chef, le français langue de travail donne plutôt l\u2019impression d\u2019être une langue seconde.À peine 21,2 % des Montréalais travaillent uniquement en français.Au Québec, un travailleur sur huit est unilingue anglais, et de nombreux commerces de Montréal et de l\u2019Outaouais, malgré la loi, persistent à imposer l\u2019anglais en n\u2019apprenant pas eux-mêmes le français ou en embauchant du personnel incapable de parler français, ou si peu.Dès l\u2019énoncé de ce premier problème, tout citoyen peut s\u2019apercevoir que des changements profonds et pressants s\u2019imposent dans la vision organisationnelle et la culture de cadres an- glicisantes de l\u2019OQLF.Pour bonifier sans plus attendre la Charte, il faut d\u2019abord réinstaurer l\u2019autonomie de cet organisme, notamment en révisant le mécanisme de nomination à sa présidence et en revalorisant l\u2019outil citoyen de francisation, le recours aux plaintes.C\u2019est ce dernier qui permet l\u2019expression des revendications des citoyens.Il importe d\u2019y faire disparaître sans attendre les insignifiances libérales du genre « lorsque la plainte relève de l\u2019intérêt collectif et général, le plaignant n\u2019est pas informé des actions posées par l\u2019Office ».Offre culturelle en français La démarche globale de francisation exige que le nouveau gouvernement intervienne activement pour accroître la création et la diffusion culturelle en français.Voir et écouter les programmations de nos médias télévisuels et radiophoniques suffit à convaincre tout observateur objectif de l\u2019avancement de l\u2019anglicisation quand ce n\u2019est pas l\u2019américanisation des ondes.Certaines sociétés et boîtes de communication en sont rendues à produire et diffuser leurs messages publicitaires dans un environnement musical américain, montrant ainsi leur désintérêt pour nos artistes et notre culture.C\u2019est blessant ! Pourtant, le Québec culturel regorge de talents.Nous invitons Mme Roy, qui est également ministre de la Culture et des Communications, à agir sur la colonisation des cerveaux et des préférences culturelles.Maisons d\u2019enseignement Devons-nous encore rappeler que nos établissements d\u2019enseignement postse- condaire participent eux-mêmes allègrement à l\u2019anglicisation de la relève en imposant aux étudiants de plus en plus de parcours scolaires en anglais?Nos établissements postsecondaires de «langue française» le sont de moins en moins.Ils ont pourtant toujours pour mission essentielle de former des diplômés qui, demain, au sein des entreprises privées ou ailleurs, auront à faire du français \u2014 et non de l\u2019anglais \u2014 la langue normale et habituelle de travail.Et puisque le français, en plus d\u2019être langue nationale, est la langue de travail et la langue commune d\u2019usage public au Québec, nous croyons qu\u2019une politique efficace de francisation doit Oui, il faut beaucoup, beaucoup plus en matière de langue ! Charles Breton-Demeule Étudiant à la maîtrise en droit à l\u2019Université Laval Cette année, le patrimoine culturel a fait l\u2019objet d\u2019une attention médiatique et politique sans précédent.Évidemment, il faut se questionner sur les conséquences concrètes de cette attention.La démolition d\u2019immeubles patrimoniaux qui ne sont pas classés pourra-t-elle être évitée à l\u2019avenir ?Les prochains mois nous permettront d\u2019y voir plus clair.Par contre, les événements de cet automne (Château Beauce de Sainte-Ma- rie, maison Boileau de Chambly et moulin du Petit-Sault de L\u2019Isle-Verte) ont véritablement favorisé une prise de conscience populaire.De plus en plus, l\u2019idée que le patrimoine est une ressource collective qui doit être protégée a fait, pour le mieux, son chemin dans les esprits.C\u2019est déjà beaucoup, car notre retard en ce domaine est important.Il l\u2019aurait été davantage n\u2019eussent été les pionniers comme Paul Gouin, Gérard Morisset et autres précurseurs qui ont constaté bien avant nous la fragilité de cette ressource.Tout le débat sur la protection du patrimoine ouvre la porte à des questions plus larges, qui se rattachent à la vision que nous entretenons de notre passé, mais également au présent et à l\u2019avenir.L\u2019aménagement du territoire en fait certainement partie.Notre territoire est un espace commun qui doit être habité à la hauteur de nos aspirations collectives.Les démolitions récentes nous ont permis de constater que, dans bien des cas, le patrimoine n\u2019est pas considéré comme une source de développement du territoire.Que la continuité historique du Québec se rompt par la construction d\u2019édifices et d\u2019infrastructures qui ne s\u2019intègrent pas à notre trame territoriale.Toute cette banalisation et cette uniformisation de nos milieux de vie ne sont-elles pas un signe de notre appauvrissement culturel?De la victoire de l\u2019individuel sur le collectif?Une question de culture Il faut rappeler que la protection du patrimoine est d\u2019abord et avant tout une question de culture.Tous les peuples du monde, d\u2019une manière ou d\u2019une autre, cherchent à mettre en valeur les traces particulières de leur évolution collective, les repères de leur cheminement culturel.Le débat sur le patrimoine dépasse les frontières du Québec.Il pose la question de la place de la culture dans la société, à une époque où le vent de la surconsommation et de l\u2019uniformisation déracine collectivités et individus.Et au Québec, se poser la question de la place de la culture dans la société, c\u2019est inévitablement se demander de quelle société on parle exactement.Le patrimoine est une matérialisation de l\u2019identité culturelle distincte du Québec.Les immeubles anciens, le patrimoine immatériel et les paysages sont des traces de la singularité de notre parcours en Amérique.Pour ma part, c\u2019est en lisant davantage sur l\u2019évolution de nos maisons traditionnelles \u2014 uniques au monde \u2014 que j\u2019ai pris la pleine mesure de notre richesse culturelle.C\u2019est en visitant la Gaspésie, Charlevoix ou l\u2019Estrie que j\u2019ai compris que notre parcours ne se lit pas uniquement dans l\u2019histoire, mais également dans notre territoire, et que c\u2019est pour cette raison que nous devons en prendre soin.Combien de Saint-Élie-de-Caxton restent à raconter au Québec?Combien de Côte-Nord restent à chanter ?De L\u2019Île-d\u2019Orléans à préserver?Beaucoup, Le patrimoine, une richesse collective à protéger manie : le gouvernement du Québec va offrir, en 2020 en Outaouais, une région massivement francophone, une formation en médecine qui relèvera de l\u2019université de langue anglaise McGill.Pis encore, celle-ci s\u2019est empressée de délocaliser une partie du programme d\u2019études de ce cursus en médecine obligeant les étudiants des Outaouais à suivre leur année préparatoire\u2026 en anglais, à McGill University.De tels exemples scandaleux témoignent d\u2019une aliénation politique totale.Or ils foisonnent au Québec ! Rappelons la déclaration de l\u2019OQLF cautionnant l\u2019intention d\u2019Hydro-Québec de facturer en anglais « les clients » qui en font la demande ! Ces décisions gouvernementales soulèvent clairement des questions sur le rôle anglicisant de l\u2019État national, et sur le rôle anglicisant de ses créatures publiques et parapubliques de tous les niveaux ! Mandat de l\u2019OQLF Nous voyons d\u2019un bon œil l\u2019intention du gouvernement de repenser la vision gouvernementale sur l\u2019immigration, laquelle représente nettement un enrichissement collectif dans la mesure où son intégration au Québec français est primordiale et réussie.Or nous sommes actuellement en face d\u2019un échec lamentable, comme le confirmait le Rapport annuel 2017 de la vérificatrice générale.Nous déplorons actuellement que l\u2019OQLF n\u2019ait toujours pas rempli son mandat, alors que l\u2019article 160 de la Charte de la langue française l\u2019exige pourtant clairement.Nous déplorons tout particulièrement qu\u2019il n\u2019ait pas produit un bilan quinquennal ayant « trait à l\u2019usage et au statut de la langue française ainsi qu\u2019aux comportements et attitudes des différents groupes linguistiques ».Dans l\u2019hypothèse d\u2019une intervention appropriée, il faut un bilan objectif de la situation ! Oui, Mme Roy, Impératif français est entièrement d\u2019accord avec l\u2019application de la Charte, mais il faut beaucoup, beaucoup plus, car il n\u2019y a pas que l\u2019affichage ou les raisons sociales qui sont en cause.Une politique linguistique « nationale» et surtout «transversale» s\u2019impose impérativement après quinze ans de dérive libérale.Destruction de la maison Boileau, à Chambly.Les événements de cet automne ont véritablement favorisé une prise de conscience populaire.De plus en plus, l\u2019idée que le patrimoine est une ressource collective qui doit être protégée a fait, pour le mieux, son chemin dans les esprits.JACQUES NADEAU LE DEVOIR si nous le voulons.Il faudra que les gens de ma génération se lèvent pour empêcher ce développement contraire à nos intérêts.Sans cette mobilisation, les nécessaires changements en ce domaine ne seront pas à l\u2019ordre du jour politique.Le Québec continuera à s\u2019enlaidir et à perdre une partie de son âme.Ce qu\u2019il faut souhaiter en 2019, c\u2019est que le Québec s\u2019approprie pleinement son patrimoine.Qu\u2019il découvre son potentiel immense pour nous permettre de prendre conscience de notre histoire dans une perspective qui favorise l\u2019humanisme au populisme, la culture à l\u2019ignorance et le bois au vinyle ! Le patrimoine est une matérialisation de l\u2019identité culturelle distincte du Québec Le respect du français comme langue d\u2019affichage est essentiel, mais pas suffisant.JACQUES NADEAU LE DEVOIR aussi repenser les programmes d\u2019enseignement des écoles, cégeps et universités de langue anglaise.De sorte que tous les élèves et étudiants puissent y acquérir la maîtrise du français, ce qui leur permettra ainsi de leur ouvrir l\u2019avenir, entre autres, de la Francophonie.Et non, faute d\u2019avoir appris le français, de les voir réclamer l\u2019anglicisation des services publics et privés pour accommoder leur unilinguisme ou, pire, quitter le Québec après avoir profité de nos impôts au cours de leur instruction.Le gouvernement pourrait considérer sérieusement d\u2019augmenter l\u2019offre et la fréquentation des programmes d\u2019immersion ou, mieux encore, d\u2019encourager les parents anglophones à inscrire leurs enfants dans le réseau scolaire ou de garderies de langue française.Rappelons un cas délirant d\u2019anglo- LEDEVOIR // LE LUNDI 31 DÉCEMBRE 2018 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.De rencontres intimistes en événements électrisants, nos photographes ont sélectionné pour vous les meilleures photos de leur année.Aujourd\u2019hui, les moments choisis de Valérian Mazataud.2018 dans l\u2019œil de Valérian Mazataud Manon Massé pour la sortie de son livre Parler vrai.À la suite d\u2019un accident de ski, la co-porte-parole de Québec solidaire devait passer plusieurs semaines en réadaptation dans un CHSLD de l\u2019est de la ville.Comme il peut souvent être assez difficile de trouver un endroit propice à une bonne photo dans un temps limité, nous nous sommes installés dans le fumoir, sorte de tente de bâches en plastique dressée dans la cour du CHSLD, avec une très belle lumière.J\u2019aime que tout y soit si blanc et lumineux, des cheveux à la chemise de la députée.En fin de compte, ce petit studio populaire et improvisé me semble bien correspondre à Manon Massé ! Les trois membres du groupe montréalais Paupière.Photographier des artistes et des groupes représente les trois quarts de mon travail de photographe au Devoir.La grande majorité du temps, je découvre les artistes à peine quelques heures avant de les rencontrer, ce qui laisse peu de temps pour penser à une image personnalisée à chacun.Or, il arrive souvent que des créateurs soient très mal à l\u2019aise, voire réticents devant la caméra.Avec Paupière, c\u2019était tout le contraire.Chacun des trois musiciens possède une incroyable présence naturelle et un sens de l\u2019image inné.C\u2019est le genre d\u2019image offerte où il reste juste à bien cadrer et à appuyer sur le déclencheur pour réussir la photo.26e tournoi de basket de rue de Montréal-Nord au parc Le Carignan, coorganisé par la Maison des jeunes l\u2019Ouverture.Plusieurs célébrités du quartier ont fait leurs premières armes sur le bitume du tournoi, notamment Luguentz Dort, qui évolue actuellement en Arizona, et Chris Boucher, chez les Raptors de Toronto.Je réalise des reportages photo à Montréal-Nord depuis 2012, et c\u2019est un endroit que j\u2019aime beaucoup.Le sentiment d\u2019appartenance et d\u2019identité des habitants y est très important.Le tournoi annuel de basket de rue est un moment idéal pour parler de l\u2019arrondissement de manière différente même dans un moment aussi tragique que celui de la commémoration des dix ans de la mort de Fredy Villanueva.J\u2019aime le mouvement et la passion qui ressortent de cette image.Des partisans de l\u2019équipe de France réunis devant le bar L\u2019Barouf à l\u2019occasion de la victoire de la France sur la Croatie lors de la Coupe du monde 2018 de la FIFA.Français expatrié depuis 12 ans à Montréal, je me tiens plutôt éloigné de ma communauté d\u2019origine, présente de manière non négligeable à Montréal ! Il est par ailleurs plutôt rare que les Français expriment publiquement et collectivement leur ferveur patriotique.J\u2019aime plusieurs des images de cette journée-là, denses, colorées et peuplées de détails très\u2026 franchouillards.Des baigneurs à la piscine du parc Laurier durant une période de canicule à Montréal.J\u2019aime avant tout l\u2019esthétique de cette image, la texture des peaux bronzées, la force du soleil qui noie les couleurs vives et transperce la photo, mais aussi la composition avec ce fort triangle central.Aujourd\u2019hui, au cœur de l\u2019hiver, on se rappellera la chaleur de l\u2019été qui vient de passer, on se rappellera aussi qu\u2019on vit dans une région d\u2019extrêmes météorologiques et dans une période de changements climatiques.C\u2019est aussi une photo qui représente un moment de détente en commun, une image des vacances, un peu hors du temps."]
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