Le devoir, 7 janvier 2019, Cahier A
[" VOL.CIX NO 301 / LE LUNDI 7 JANVIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM ENVIRONNEMENT Trois géants des mers au musée Le Groupe de recherche et d\u2019éducation sur les mammifères marins de Tadoussac s\u2019est donné un défi de taille : recueillir, nettoyer, assembler et exposer les squelettes de trois grandes baleines retrouvées échouées sur les rives du Saint-Laurent.Un projet sans précédent au Québec, qui est en voie de se concrétiser.INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 ACTUALITÉS La Québécoise disparue au Burkina Faso enlevée ?A 3 MONDE Jair Bolsonaro sous la loupe de François Brousseau B 1 MAGDALINE BOUTROS LE DEVOIR ENQUÊTE Possible cas de profilage racial à Longueuil La Commission des droits de la personne formule des directives qui devraient guider les pratiques des policiers au Québec, selon un expert ALEXANDRE SHIELDS À TADOUSSAC LE DEVOIR D ans un hangar commercial situé près de Tadoussac, sur la Côte-Nord, plusieurs dizaines d\u2019os de baleines, du plus petit au plus imposant, sont déposés sur différentes tables de travail construites pour l\u2019occasion.L\u2019œil néophyte reconnaît aisément les colonnes vertébrales de ces géants des mers, tandis que l\u2019œil aguerri se tourne d\u2019abord vers l\u2019impressionnante mâchoire d\u2019une baleine noire, qui trône au milieu de ce casse-tête hors du commun.« Cette baleine noire était bien connue.En fait, c\u2019était une vedette pour les chercheurs qui étudient l\u2019espèce», précise Patrice Corbeil, directeur de l\u2019éducation et vice-président du Groupe de recherche et d\u2019éducation sur les mammifères marins (GREMM).Il s\u2019agit en fait de « Piper », une femelle adulte retrouvée à la dérive dans le secteur de Percé à l\u2019été 2015, soit avant l\u2019hécatombe de baleines noires de l\u2019été 2017.Le chemin qui a conduit son squelette de 5000 livres jusqu\u2019à l\u2019atelier d\u2019assemblage a été VOIR PAGE A 2 : GÉANTS La saison des prix hollywoodiens s\u2019est ouverte dimanche soir, à Los Angeles, avec la remise des Golden Globes.A Star Is Born, mettant en vedette la chanteuse Lady Gaga (en photo), et Roma, film du Mexicain Alfonso Cuarón, partaient favoris lors de cette cérémonie, qui trace parfois la voie vers les Oscar.Lisez le compte rendu de notre journaliste François Lévesque sur nos plateformes numériques.KEVIN WINTER/GETTY IMAGES/AGENCE FRANCE-PRESSE Nageoire pectorale d\u2019une baleine à bosses juvénile d\u2019environ neuf mètres ALEXANDRE SHIELDS Golden Globes SOCIÉTÉ Un peu de réconfort pour les réfugiés sur le chemin Roxham A 5 La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse recommande à la Ville de Longueuil et à deux de ses policiers de verser un total de 86 000$ en dommages moraux et punitifs à quatre membres d\u2019une famille qui auraient été victimes en 2013 de profilage racial.Du même souffle, la Commission formule six mesures de redressement qui seraient d\u2019une «étendue sans précé- dent» et qui gagneraient à être mises en place dans l\u2019ensemble des corps policiers québécois, a estimé dimanche le Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR).Les quatre décisions rendues par la Commission le 12 décembre (une pour chaque plainte déposée par les membres de la famille) font suite à une intervention menée le 15 novembre 2013.Aucune de ces allégations n\u2019a été prouvée en cour.Selon l\u2019enquête menée par la Commission, aux environs d\u2019une heure du matin, Nathan Picard et son demi-frère Terell Jacobs, respectivement âgés à l\u2019époque de 19 et 17 ans, marchaient près du terminus Panama à Brossard, un secteur où le Service de police de l\u2019agglomération de Longueuil (SPAL) effectue une surveillance accrue.VOIR PAGE A 2 : PROFILAGE La Commission propose à la Ville et aux agents mis en cause de verser 29 000 $ à chacun des garçons et 14 000 $ à chacun des parents ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 7 JANVIER 2019 FRAIS SCOLAIRES CONSULTATION PUBLIQUE PARTICIPEZ EN LIGNE CONSULTATIONFRAISSCOLAIRES.GOUV.QC.CA ardu, se souvient M.Corbeil, qui coordonne le projet.« Ça a été tout un défi de la remorquer avec un bateau, puisqu\u2019elle pesait plus de 34 tonnes et mesurait un peu plus de 13 mètres.Ensuite, il a fallu la sortir de l\u2019eau avec un appareil qui sert à soulever les bateaux de pêche, puis la déposer sur une remorque et la transporter à un site d\u2019enfouissement.C\u2019est là qu\u2019a eu lieu la nécropsie de l\u2019animal et que nous avons récupéré le squelette.» Une fois le squelette récupéré, l\u2019équipe du GREMM l\u2019a fait transporter jusqu\u2019à Tadoussac, où il a dû être exposé aux éléments, nettoyé et dégraissé.Il faut dire que les baleines accumulent des graisses dans leur ossature.Pour pouvoir assembler les ossements, mais aussi exposer le squelette de l\u2019animal, il faut donc impérativement le dégraisser, sans quoi il suintera du gras pendant plusieurs années.«On parle d\u2019une série d\u2019étapes qui peuvent prendre plusieurs années.Il faut être patients», résume Patrice Corbeil.À preuve, le squelette du rorqual commun de 16 mètres qui se trouve dans le même atelier que la baleine noire a été recueilli en 2008, dans la foulée de la marée rouge d\u2019algues toxiques qui avait frappé le Saint-Lau- rent au cours de l\u2019été.Le troisième squelette de baleine qui sera assemblé au cours des prochaines semaines est toutefois plus récent.Il s\u2019agit de celui d\u2019une jeune femelle baleine à bosse d\u2019un peu plus de deux ans, mesurant 9mètres et retrouvée échouée en 2017 dans le secteur de Godbout, sur la Côte-Nord.L\u2019animal, qui arrivait à peine de sa longue migration commencée dans les Caraïbes, est probablement mort de faim.L\u2019équipe du GREMM compte exposer son squelette au Centre d\u2019interprétation des mammifères marins (CIMM) en position de saut, un trait caractéristique de la baleine à bosse, une espèce connue pour ses bonds spectaculaires hors de l\u2019eau.« C\u2019est un défi, surtout que nous n\u2019avons pas trouvé d\u2019autres exemples de cela ailleurs dans le monde.Mais nous allons trouver les solutions au fur et à mesure », indique Patrice Corbeil.« Chacune des trois baleines présente des défis techniques », ajoute Patrick Bérubé, qui travaille sur le projet d\u2019assemblage des squelettes.« Il n\u2019existe aucun manuel d\u2019instructions sur les façons d\u2019assembler ces animaux.Il y a donc un volet de recherche scientifique, mais aussi un volet très technique, puisque nous voulons placer les squelettes en leur donnant le mouvement le plus naturel possible.On veut que les visiteurs puissent imaginer ces animaux dans leur habitat naturel.Il faut donc que la structure de soutien soit la plus subtile possible, malgré le poids des ossements.» Collection unique Outre la baleine à bosse en position de saut, la baleine noire sera elle aussi suspendue à l\u2019intérieur du CIMM, situé sur le bord du fjord du Saguenay, au cœur du village de Tadoussac.L\u2019équipe du GREMM souhaite la montrer en alimentation, donc avec tous ses fanons, récupérés lors de la nécropsie.Un projet complexe, puisqu\u2019il faudra pour cela replacer dans l\u2019ordre les quelque 800 fanons de Piper, dont certains atteignent 2 mètres de longueur.Ces fanons lui servaient à filtrer, en surface, les minuscules crustacés dont elle se nourrissait.Quant au rorqual commun, il devrait lui aussi être suspendu, mais avec la tête assez près du sol pour que les visiteurs puissent entrer dans sa cage thoracique.Son assemblage pourrait d\u2019ailleurs être terminé l\u2019été prochain «en faisant participer le public», selon M.Corbeil.Même si le projet nécessitera encore plusieurs mois de travail, le GREMM évalue que les travaux d\u2019agrandissement du CIMM, essentiels pour ajouter les trois squelettes, pourraient être menés dès ce printemps.Le financement progresse bien, souligne simplement son vice-président, qui vient toutefois de lancer une campagne de so- ciofinancement.« Avec ce projet, nous aurons une collection unique de cétacés du Saint- Laurent », poursuit Patrice Corbeil.Le CIMM compte déjà des squelettes de plusieurs espèces observées dans le Saint-Laurent.En plus de bélugas, on peut y observer une femelle petit rorqual et son fœtus, un dauphin à flancs blancs, un globicéphale, un cachalot nain et un imposant squelette de cachalot, dont les ossements de la tête pèsent à eux seuls plus d\u2019une tonne.L\u2019équipe a également récupéré et exposé le squelette d\u2019une baleine à bec de Sowerby échouée à l\u2019île aux Pommes, près de Trois-Pistoles.Cette espèce relativement méconnue vivrait normalement au large de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve.« Chacun de ses animaux a son histoire, même s\u2019ils ne sont pas tous aussi connus que Piper.Notre objectif est de les faire connaître aux visiteurs, mais aussi de sensibiliser les visiteurs à la beauté, à la fragilité et à l\u2019importance de ces animaux-là.On veut aussi sensibiliser le public à la richesse du Saint- Laurent, qui est le même fleuve à Ta- doussac que sous le pont Champlain.Tout cela est connecté.» GÉANTS SUITE DE LA PAGE A 1 Une indemnité de 86 000$ suggérée PROFILAGE SUITE DE LA PAGE A 1 Les deux jeunes hommes à la peau noire se seraient fait intercepter par deux agents après qu\u2019ils eurent traversé la rue sans se trouver sur un passage piétonnier.Ils auraient alors été « agrippés, projetés sur la voiture de police, menottés puis fouillés », sans même avoir été informés des motifs de leur arrestation.La Commission suggère que l\u2019un des agents a usé d\u2019« une force excessive et non justifiée », rappelant que l\u2019infraction reprochée était mineure.Les policiers auraient ensuite reconduit les deux jeunes hommes chez leurs parents, notamment pour les aviser de l\u2019arrestation de Terell, qui était mineur, et pour confirmer son identité.La Commission note qu\u2019un des agents serait entré dans la maison, s\u2019y promenant « sans autorisation et sans permission légale », malgré les protestations des parents, Shane James et Dominique Jacobs.Dans un point de presse organisé dimanche dans les bureaux du CRARR à Montréal, Dominique Jacobs a témoigné qu\u2019en l\u2019espace d\u2019un instant, sa maison avait pris les allures d\u2019une scène de crime.«Il y avait des voitures de police qui circulaient sans arrêt sur notre rue.C\u2019était répugnant et irrespectueux», a-t-elle raconté.Dominique Jacobs s\u2019est dite persuadée que les deux garçons ont été ciblés parce qu\u2019ils sont noirs.«Il y avait d\u2019autres personnes qui marchaient près d\u2019eux ce soir-là.Ils étaient les seuls noirs et ils sont les seuls à avoir été arrêtés.» Puisqu\u2019elle estime que les droits des quatre personnes impliquées dans cet événement ont été bafoués, la Commission propose à la Ville de Longueuil et aux agents mis en cause de verser 29 000 $ à chacun des garçons et 14 000 $ à chacun des parents à titre de dommages moraux et de dommages-intérêts punitifs.Cette décision n\u2019est toutefois pas exécutoire.Pour la faire respecter, la Commission a acheminé les quatre dossiers devant le Tribunal des droits de la personne, qui devra rendre une décision prochainement.Par la voix de son porte-parole, Louis-Pascal Cyr, la Ville de Longueuil n\u2019a pas voulu indiquer, à ce moment-ci, si elle compte se conformer aux recommandations de la Commission ou les contester.« Mais on va collaborer pleinement au processus, a assuré Louis-Pascal Cyr.Les enjeux de profilage racial sont pris très au sérieux par la Ville de Longueuil.» Documenter le profilage racial Pour endiguer le phénomène de profilage racial, la Commission suggère à la Ville de Longueuil de mettre en place six mesures de redressement à l\u2019intérieur de douze mois.Alain Ba- bineau, conseiller au CRARR et ex-policier de la GRC à la retraite, voit ces recommandations d\u2019un très bon œil et estime qu\u2019elles « pourraient devenir des normes de référence pour les actions de toutes les villes du Québec contre le profilage racial effectué par les policiers ».La Ville de Longueuil est ainsi invitée à documenter le phénomène de profilage racial en recueillant et en publiant des données sur l\u2019appartenance raciale des personnes impliquées dans une intervention policière.« En recueillant des données sur la race des personnes interpellées, cela permettra de déterminer s\u2019il y a des traitements différentiels et disproportion- nels », explique Fo Niemi, directeur général du CRARR.En décembre, la Commission avait d\u2019ailleurs déploré que le nouveau plan stratégique du Service de police de la Ville de Montréal en matière de profilage racial et social restait muet sur la question de la publication de données traitant de l\u2019appartenance raciale et sociale des personnes ciblées par des actions policières.La Commission propose également à la Ville de Longueuil d\u2019instaurer une formation antiraciste pour tous les agents, accompagnée d\u2019une évaluation des acquis, et d\u2019établir des mesures de dépistage pour repérer les comportements problématiques.Davantage d\u2019interactions entre les policiers et les membres de communautés minoritaires sont recommandées, tout comme une mise à jour des pratiques de recrutement et d\u2019évaluation des agents afin que les compétences interculturelles soient prises en compte.Enfin, la Commission demande à la Ville de Longueuil d\u2019actualiser son «Plan d\u2019action contre le racisme et la discrimination 2015-2017».Fo Niemi déplore d\u2019ailleurs n\u2019avoir « trouvé aucune trace de la mise en œuvre de ce plan ni du fonctionnement du comité consultatif » qui devait l\u2019accompagner.La Ville de Longueuil n\u2019a pas été en mesure, dimanche, de nous fournir plus de détails à ce sujet.Également présent au point de presse organisé dans les bureaux du CRARR dimanche, Joel Debellefeuille s\u2019est dit convaincu « qu\u2019il y a un enjeu de profilage racial à la police de Longueuil ».Depuis 2009, celui-ci a déposé trois plaintes à l\u2019encontre de policiers du SPAL pour des incidents survenus alors qu\u2019il circulait à bord de sa BMW.L\u2019an dernier, la Commission a recommandé à la Ville de Longueuil de lui verser 12 000 $ en dédommagements pour un événement s\u2019étant déroulé en 2012.La Ville nie qu\u2019il y ait eu profilage racial.Chacune des trois baleines présente des défis techniques.Il n\u2019existe aucun manuel d\u2019instruc tions sur les façons d\u2019assembler ces animaux.On veut que les visiteurs puissent imaginer ces animaux dans leur habitat naturel.PATRICK BÉRUBÉ » Alain Babineau, Dominique Jacobs et Joel Debellefeuille en conférence de presse dimanche VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR L\u2019éducation par les os Les quelque 800 fanons de la baleine noire Piper seront replacés sur le squelette, qui sera exposé à Tadoussac.ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 7 JANVIER 2019 Le Devoir numérique en classe Mobile Tablette Ordinateur Profs du Québec, abonnez gratuitement vos étudiants de 4e et 5e secondaire et de niveau collégial au Devoir numérique pour une durée de 15 semaines*.\u2022 Accès illimité à l\u2019application Le Devoir Mobile \u2022 Accès à 100 % du contenu du site Web \u2022 Formule virtuelle et version PDF \u2022 Édition tablette chaque jour \u2022 25 articles gratuits par mois dans les archives r 2 e ri v é 5 f e 1 l p ri c s n s i e * L .r i o v e d e l n i a s m è d z ve i r c s n I .9 1 0 t n e n i m r e e t s s n o i t e s s a cl / com u t a n a n te s u vo - La résolution culturelle I ls sont touchants, les bilans de fin d\u2019année conjugués à quelques résolutions mort-nées ! Faire plus d\u2019activité physique.Économiser.Éviter le salé.Cesser de tout regretter.Consommer moins de beurre.Réguler ses humeurs.Conjurer quelques peurs.Au fond, en ces temps de résolutions, l\u2019heure est à s\u2019apitoyer sur sa condition, à trouver une recette de conversion personnelle, tout en s\u2019accordant des miséricordes.Dans la tradition judéo-chrétienne, la démarche critique de ces bilans de fin d\u2019année et des résolutions qui les accompagnent est fort limitée.Il s\u2019agit, tout au plus, de revamper de l\u2019existant, sans changer vraiment les fondements de l\u2019organisation collective qui nous détermine.Cela ne conduit d\u2019ailleurs jamais bien loin.Quel est l\u2019horizon de ces résolutions ?Elles cessent d\u2019ordinaire de respirer bien avant le mois de février, de sorte que le sérum social dans lequel chaque cellule humaine baigne demeure le même.Nouvelle année ou pas, ce système dans lequel nous flottons nous maintient sur la ligne de flottaison du chacun pour soi.Chacun est encouragé à limiter sa vision du changement aux frontières étroites de son moi, ce qui est après tout la première condition pour ne rien changer du tout.Un des traits caractéristiques des classes dirigeantes est d\u2019envisager l\u2019avenir \u2014 l\u2019année nouvelle, si on veut \u2014 de façon toute différente.Dans une opulence et un faste guindé parfaitement décomplexés, ces gens-là montrent une confiance illimitée en leurs capacités d\u2019infléchir par leur résolution la trajectoire de toute la société.Ainsi a-t-on pu voir Rocco Rossi, cet ancien directeur général du Parti libéral du Canada devenu président de la Chambre de commerce de l\u2019Ontario, un homme connu pour être l\u2019un des principaux adversaires de la hausse du salaire minimum à 15 $, publier le 31 décembre une photo de ses célébrations avec ce commentaire : « Je célèbre le Nouvel An à la façon des 1 % ! », c\u2019est-à-dire cette portion la plus riche de l\u2019humanité.Sur ses photos, on voit son champagne Veuve Clicquot, ses blinis au caviar et ses tartelettes sucrées.Comme les tenants du 1 % en effet, ce président ne s\u2019envisage pas seulement comme un individu, mais comme le tenant d\u2019une classe sociale, celle des riches qui se vautrent dans le miel tandis que leur société se dissout dans le vinaigre.Curieuse époque qui ne cesse de répéter qu\u2019à faire fermenter ses poubelles, on peut en tirer des trésors, mais qui ne s\u2019inquiète pas du fait qu\u2019en laissant aller ses trésors aux mains de quelques puissants, elle est en train de pousser la majorité de la planète à vivre au milieu des poubelles.La pauvreté s\u2019accroît tandis que tous les indicateurs affichent une augmentation du nombre de ces milliardaires dont un des traits caractéristiques est de toujours éprouver la certitude décomplexée de ne devoir leur position qu\u2019à leurs propres mérites.Selon un rapport d\u2019Oxfam, 82% des richesses créées ces dernières années dans le monde ont bénéficié au 1% des plus riches de la population mondiale, alors que la situation n\u2019a pas évolué pour les 50% les plus pauvres.Selon ce rapport de 2017 intitulé Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent, près de 60% de la planète doit parvenir à vivre avec l\u2019équivalent de moins de 10dollars par jour.Les chiffres d\u2019Oxfam, croisés avec ceux du magazine Forbes, cette bible de la richesse, montrent que la part du patrimoine mondial détenue par le 1 % des plus riches était passée de 44 % en 2009 à plus de 50 % en 2016.Les chiffres de la banque Crédit Suisse, une institution peu susceptible d\u2019être suspecte d\u2019une forte empathie envers les démunis, montre qu\u2019un groupe de 42 milliardaires contrôle les richesses de l\u2019équivalent de la moitié de la population de la planète, soit de plus de 3,7 milliards d\u2019individus.À l\u2019échelle de l\u2019histoire, nous vivons une crise des inégalités sans précédent.Comment 3,7 milliards d\u2019humains peuvent-ils en effet se retrouver à la merci de la volonté de 42 grands barons de la finance?Il est vrai que tout peut changer, même si on ne sait pas bien d\u2019où le changement pourrait venir en premier.Près de chez moi, dans les Cantons-de-l\u2019Est, il y avait un petit village, aujourd\u2019hui déserté parce que privé peu à peu de tous ses services.Là, au flanc d\u2019une colline, se trouvait son cimetière.Sur l\u2019autre flanc, on exploitait une carrière de sable.Durant des années, du sable fut prélevé en quantité de ce côté.La colline ne bougeait pas.Puis un jour, il suffit qu\u2019un grain de sable se mît à glisser pour en entraîner avec lui des centaines de milliers.La colline glissa.Des morts, je crois, furent emportés.Un seul grain de sable avait fini par mettre de la vie là où, a priori, il ne s\u2019en trouvait plus\u2026 Un univers est toujours en train d\u2019en creuser un autre, dans une suite de vagissements parfois quasi inaudibles.Il existe un travail souterrain dont en surface on ne voit pas toujours les résultats d\u2019emblée.Ainsi, la vraie nouveauté ne se trouve pas toujours à la surface d\u2019une nouvelle année, au nom de quelques résolutions de saison.Il faut apprendre la patience et trouver à regarder plus loin que son nez.Et pourquoi pas, pour commencer, dans le vaste réservoir d\u2019idées nouvelles qui dorment dans notre passé.« Homère est nouveau ce matin et rien n\u2019est peut-être aussi vieux que le journal d\u2019au- jourd\u2019hui », écrivait Charles Péguy.JEAN- FRANÇOIS NADEAU ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR La disparition au Burkina Faso de la Québécoise Edith Blais, dont la famille est sans nouvelles depuis maintenant trois semaines, serait considérée par le gouvernement canadien comme un enlèvement.C\u2019est du moins ce qu\u2019ont rapporté plusieurs médias québécois dimanche, et c\u2019est aussi une des raisons envisagées par la famille de la jeune Sher- brookoise recherchée.Restant prudent dans ses communications, Affaires mondiales Canada a confirmé au Devoir être au courant de la disparition d\u2019une citoyenne canadienne dans ce pays du nord-ouest de l\u2019Afrique et assure que des « responsables canadiens au Burkina Faso sont en contact avec les autorités locales ».« Nous ne commenterons et ne publierons aucune information susceptible de compromettre les efforts en cours et de mettre en danger la sécurité des citoyens canadiens », a toutefois précisé le porte-parole du ministère, Guillaume Bérubé.Edith Blais, 34 ans, a communiqué pour la dernière fois avec sa famille le 13 décembre dernier et a publié sur Facebook des photos de son périple africain \u2014 effectué avec un ami italien, Luca Tacchetto, âgé de 30 ans \u2014 le 15 décembre.Depuis, silence radio.« Les communications entre les deux voyageurs et leurs familles respectives étaient très fréquentes et ont cessé abruptement », précisent les proches d\u2019Edith Blais, sur une page Facebook créée spécifiquement pour la retrouver.Le « duo de voyageurs chevronnés » était attendu avant Noël au Togo pour un projet humanitaire.Mais l\u2019organisme Zion\u2019Gaïa n\u2019a jamais eu de leurs nouvelles.Ils n\u2019auraient vraisemblablement jamais passé la frontière, ni même demandé de visa pour se rendre au Togo.Aux dernières nouvelles, ils étaient encore au Burkina Faso et se dirigeaient vers Ouagadougou à partir de Bobo-Dioulasso \u2014 la deuxième ville du pays \u2014 pour y séjourner quelques jours et possiblement y vendre leur voiture.L\u2019étape suivante devait être le Togo.Recherches actives Après avoir alerté le gouvernement canadien de la disparition d\u2019Edith Blais, sa famille a décidé de se lancer elle- même à sa recherche, critiquant le manque de nouvelles de la part d\u2019Ottawa sur la situation.La sœur aînée de la Sherbrookoise, Mélanie Blais, et sa mère, Jocelyne Ber- geron, ont ainsi créé une page Facebook invitant toute personne l\u2019ayant aperçue au Burkina Faso à se manifester pour les aider.Alors que les médias ont commencé à davantage relayer l\u2019histoire samedi, la famille a indiqué avoir enfin pu discuter avec la ministre fédérale du Développement international et députée de Compton-Stanstead, Marie-Claude Bibeau, et être en contact avec le ministère des Affaires étrangères.« On a pu discuter [samedi] avec la ministre Bibeau et nous savons que les autorités burkinabées s\u2019activent, en plus de l\u2019aide de quelques personnes sur le terrain, au Burkina Faso.Plus on aura d\u2019informations, mieux on pourra diriger les recherches », peut-on lire sur la page Facebook.Parmi les nombreux messages de soutien, Mélanie Blais et Jocelyne Ber- geron ont aussi reçu des propositions d\u2019aide et sont entrées en contact avec des personnes présentement au Burkina Faso.Considérant les informations récoltées, la famille envisage la thèse de l\u2019enlèvement.Voyage risqué Sur son site Internet, le gouvernement canadien met en garde les voyageurs qui voudraient se rendre au Burkina Faso.Il y est conseillé « d\u2019éviter tout voyage non essentiel » dans le pays, en raison « du risque de banditisme, d\u2019enlèvement et de terrorisme », particulièrement aux frontières, que ce soit avec le Bénin, le Niger, le Mali ou le Togo.« Des barrages routiers illégaux et des incidents de piraterie routière ont été signalés.Les bandits armés n\u2019hésitent pas à tirer pour arrêter les véhicules afin de dévaliser leurs occupants », est-il précisé.BURKINA FASO Ottawa envisage l\u2019enlèvement de la Québécoise Edith Blais La famille de la Sherbrookoise est sans nouvelles d\u2019elle depuis trois semaines Cette photo d\u2019Edith Blais et de son ami Luca Tacchetto, lors de leur périple africain, fait partie des derniers clichés publiés sur Facebook.LA PRESSE CANADIENNE On a pu discuter [samedi] avec la ministre Bibeau et nous savons que les autorités burkinabées s\u2019activent, en plus de l\u2019aide de quelques personnes sur le terrain, au Burkina Faso.Plus on aura d\u2019informations, mieux on pourra diriger les recherches.MÉLANIE BLAIS » LEDEVOIR // LE LUNDI 7 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 E N B R E F Les timbres canadiens seront plus chers à compter du 14 janvier Les philatélistes d\u2019ici auraient avantage à faire le plein de timbres avant le 14 janvier.La grille tarifaire pour le courrier de Postes Canada changera pour la première fois depuis près de cinq ans.Ainsi, le prix d\u2019un timbre acheté à l\u2019unité et devant servir à expédier une lettre de 30 grammes ou moins à un destinataire se trouvant n\u2019importe où au pays va alors augmenter de 5 ¢.Sa valeur passera donc à 1,05 $.La hausse n\u2019épargnera pas les carnets, les rouleaux et les feuillets.Les consommateurs, qui s\u2019en procureront à partir du 14 janvier, remarqueront qu\u2019ils payeront désormais 90 ¢ pour chaque timbre faisant partie de ces divers ensembles au lieu de 85 ¢.La Presse canadienne Entre 10 et 15 cm de neige et de bons vents pour mardi au Québec Alors que Terre-Neuve-et-Labrador devrait recevoir jusqu\u2019à 40 centimètres de neige dimanche et lundi, le Québec sera aussi touché en début de semaine, mais à un degré moindre.Des systèmes dépressionnaires en provenance de l\u2019Alberta et du sud des États-Unis se combineront au-dessus du Québec dans la nuit de lundi à mardi.Selon les régions, la tempête devrait laisser entre 10 et 15 centimètres de neige, selon MétéoMé- dia.Les déplacements sur les routes risquent d\u2019être compliqués dans l\u2019ouest et le sud de la province mardi matin.Des rafales souffleront à plus de 50km/h, ce qui pourrait provoquer de la poudrerie et réduire la visibilité.Les précipitations se déplaceront graduellement vers l\u2019est dans la journée de mardi.La Presse canadienne De retour du Népal, un Canadien est inculpé pour pornographie infantile OTTAWA \u2014 Un Canadien, récemment rentré d\u2019un voyage humanitaire au Népal, a été inculpé samedi pour possession et distribution de pornographie juvénile, a annoncé la Gendarmerie royale du Canada (GRC).Cet habitant d\u2019Ottawa, âgé de 62 ans, a été interpellé vendredi alors qu\u2019il se trouvait à l\u2019aéroport de Toronto.C\u2019est une enquête menée par la police torontoise, la GRC et le département de la Sécurité intérieure des États-Unis qui a permis son interpellation.Des preuves de pornographie juvénile ainsi que des indices de communications avec des jeunes de moins de 16 ans à des fins sexuelles ont été trouvés.L\u2019enquête a déterminé que cinq garçons népalais de moins de 16 ans étaient visibles dans le matériel audiovisuel saisi.Agence France-Presse LA PRESSE CANADIENNE AGRESSIONS SEXUELLES Québec solidaire ne dit pas non à un tribunal spécialisé La porte-parole solidaire en matière de condition féminine va participer à un comité de réflexion mis sur pied par la ministre de la Justice Québec solidaire trouve «intéressante» la suggestion de la députée péquiste Véronique Hivon de créer un tribunal spécialisé en matière d\u2019agressions sexuelles.La porte-parole solidaire en matière de condition féminine, Christine La- brie, a accepté de participer à un comité de réflexion mis sur pied par la ministre de la Justice, Sonia Lebel, en compagnie de Véronique Hivon, du Parti québécois, et d\u2019Hélène David, du Parti libéral.Le comité échangera entre autres sur l\u2019accompagnement des victimes de violences sexuelles.Le député Alexandre Leduc, porte- parole en matière de justice de Québec solidaire, est aussi d\u2019avis qu\u2019il faut se pencher sérieusement sur le dossier, notamment sur le délai de prescription, qu\u2019il faudrait abolir.M.Leduc croit que des actions doivent être prises pour que les Québécois conservent leur confiance envers le système judiciaire.Le message doit être clair, selon lui : les agresseurs « ne s\u2019en sortiront pas toujours indemnes ».La ministre Sonia Lebel a rencontré avant la période des Fêtes le groupe de femmes « Les Courageuses ».On sait que celles-ci ont obtenu la permission d\u2019intenter une action collective contre Gilbert Rozon, parce qu\u2019elles allèguent avoir été victimes de harcèlement et d\u2019agressions sexuelles de sa part.Mme Lebel a déclaré que la rencontre avait pour but de « mieux comprendre leurs expériences au sein du système de justice » et que « leurs témoignages nourrissaient déjà ses réflexions ».La récente décision du Directeur des poursuites pénales et criminelles de retenir un seul dossier de plainte contre Gilbert Rozon sur les 14 présentés à la police de Montréal a suscité de nombreuses réactions émotives.Le premier ministre, François Legault, a dit être «ouvert» à l\u2019idée de créer un tribunal spécialisé en matière d\u2019agressions sexuelles évoqué par le Parti québécois.La récente décision du Directeur des poursuites pénales et criminelles de retenir un seul dossier de plainte contre Gilbert Rozon sur les 14 présentés à la police de Montréal a suscité de nombreuses réactions émotives AGENCE FRANCE-PRESSE À VIENNE La traite d\u2019êtres humains, qui concerne hommes, femmes et enfants victimes d\u2019activités criminelles allant de l\u2019exploitation sexuelle au prélèvement d\u2019organes, reste largement impunie à travers le monde, déplore un rapport des Nations unies publié lundi.Malgré une tendance récente à l\u2019augmentation du nombre de condamnations prononcées pour des faits relevant de la traite humaine en Afrique et au Moyen-Orient, « le nombre total [de condamnations, ndlr] dans ces régions reste très faible », explique un rapport de l\u2019Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), dont le siège est à Vienne.«Les trafiquants ne risquent pratiquement pas d\u2019être traduits en justice», ajoute ce document, qui appelle à renforcer la coopération internationale pour poursuivre les réseaux criminels.Le rapport, compilant des données jusqu\u2019à l\u2019année 2016, note qu\u2019à cette date, jamais les pays connaissant des situations de conflits armés n\u2019ont été aussi nombreux au cours des trente dernières années.Or, l\u2019existence d\u2019un conflit armé «renforce le risque de traite d\u2019êtres humains », car ces conflits s\u2019accompagnent souvent de la défaillance des autorités, de déplacements forcés de populations, de l\u2019éclatement des structures familiales et d\u2019une précarité économique, souligne l\u2019ONUDC.La traite à des fins d\u2019exploitation sexuelle est de loin la plus courante, représentant 59 % des victimes recensées en 2016.Cibles yézidies L\u2019ONUDC cite notamment le cas de milliers de filles et de femmes de la minorité yézidie asservies par le groupe État islamique en Irak.L\u2019une d\u2019elles, Nadia Murad, est l\u2019une des deux lauréates du prix Nobel de la paix 2018, qui l\u2019a distinguée pour son militantisme en faveur des victimes.Le travail forcé est la deuxième forme de traite la plus répandue, représentant un tiers des victimes couvertes par les données et prévalant particulièrement en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient.Cent cas relatifs à du trafic d\u2019organes ont été signalés durant la période 2014- 2017.Les camps de réfugiés sont des terrains d\u2019action privilégiés pour les trafiquants qui recrutent les victimes «avec de fausses promesses d\u2019argent ou de transport vers des lieux plus sûrs».Dans certains cas, des preuves de collusion entre trafiquants et « professionnels de la santé, recourant à des pratiques corrompues et frauduleuses, » ont été relevées.L\u2019ONUDC relève que 70 % de l\u2019ensemble des victimes de traite recensées dans le monde sont des femmes et 23 % sont des mineurs.La traite à des fins de mariage forcé est une situation qui concerne particulièrement les femmes en Asie du Sud-Est.L\u2019ONUDC n\u2019avance pas d\u2019estimation concernant le nombre de victimes de traite à travers le monde.Le nombre de cas recensés s\u2019élevait à un peu moins de 25 000 en 2016, soit une augmentation de plus de 10 000 depuis 2011, avec des hausses « plus prononcées dans les Amériques et en Asie ».Cependant, le rapport met en garde quant au fait que l\u2019augmentation pourrait être due à une recension plus efficace, plutôt qu\u2019à une augmentation du nombre de personnes victimes de traite.La traite humaine, crime largement impuni, selon un rapport de l\u2019ONU La traite à des fins d\u2019exploitation sexuelle est de loin la plus courante.L\u2019ONU cite le cas de milliers de filles et de femmes de la minorité yézidie asservies par le groupe État islamique en Irak.SAFIN HAMED AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019ONUDC relève que 70 % de l\u2019ensemble des victimes de traite recensées dans le monde sont des femmes et 23 % sont des mineurs Myron Thompson, un ancien député fédéral controversé, est décédé SUNDRE \u2014 Un ancien député fédéral connu pour son chapeau de cowboy et ses opinions controversées sur de nombreux sujets est mort à l\u2019âge de 82 ans.Myron Thompson avait appuyé l\u2019invasion américaine de l\u2019Irak, s\u2019était opposé aux lois favorisant le contrôle des armes à feu et à celles autorisant le mariage entre personnes du même sexe.Il avait réclamé des mesures plus sévères pour protéger les animaux et combattre la pornographie juvénile.Candidat du Parti réformiste, il avait été élu dans la circonscription de Wild Rose, en Alberta, en 1993.Il a successivement été réélu en 2000 pour l\u2019Alliance canadienne et en 2004 et en 2006 pour le Parti conservateur.Il avait quitté la scène politique fédérale en 2008.La Presse canadienne SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 7 JANVIER 2019 JESSICA NADEAU À CHAMPLAIN, ÉTATS-UNIS LE DEVOIR Un peu de réconfort pour les réfugiés sur le chemin Roxham Même si leur nombre a diminué depuis le printemps dernier, les migrants sont accueillis par des citoyens engagés, qui tentent d\u2019apaiser leurs craintes D \u2019un côté comme de l\u2019autre de la frontière, des citoyens engagés se rendent tous les jours sur le chemin Roxham pour accueillir les réfugiés qui s\u2019apprêtent à passer la frontière canadienne, leur offrant des manteaux d\u2019hiver, des tuques, des mitaines, des oursons en peluche et des barres tendres.Bien que ces migrants aient été moins nombreux ces derniers mois, ils peuvent ainsi trouver un peu de réconfort, avant de faire arrêter volontairement par les agents de la GRC.La neige tombait doucement sur le village de Champlain aux États-Unis.Au bout de Roxham Road, un petit chemin de campagne traversé par un fossé qui délimite la frontière canado-améri- caine, trois jeunes hommes sortent du taxi.L\u2019air perdu dans leurs manteaux de fortune, ils sortent leur valise \u2014 leur unique bien \u2014 et regardent le ponceau qui les mènera vers ce qu\u2019ils espèrent être une nouvelle vie.«Je vais au Canada parce que je veux vivre en sécurité et en liberté», confie Aimé, 19 ans, originaire du Rwanda.Un peu plus de 24heures auparavant, le jeune homme quittait l\u2019Afrique.Comme la plupart des réfugiés qui se rendent à Roxham Road, il a atterri aux États-Unis et a fini la course en taxi, avec deux compatriotes rencontrés en chemin.«On est partis du Vermont, je leur ai fait un bon prix à 120$», dit en souriant Mike, le chauffeur, qui dit faire de très bonnes affaires depuis deux ans.De l\u2019autre côté du fossé, un agent de la Gendarmerie Royale du Canada (GRC) les attend.Calmement, il leur donne les règles d\u2019usage.«Il est illégal de traverser la frontière ici, si vous le faites je vais être obligé de vous arrêter», lance-t-il en guise d\u2019avertissement.«Oui, j\u2019aimerais que vous m\u2019arrêtiez», répond Aimé d\u2019une voix qui se veut confiante.En sol canadien, l\u2019agent leur pose tour à tour la main sur l\u2019épaule et leur signifie qu\u2019ils sont en état d\u2019arrestation.Il les mène ensuite vers un grand bâtiment pour un premier contrôle de sécurité et les ramènera en minibus vers les bureaux de l\u2019Agence des services frontaliers du Canada, où ils feront une demande d\u2019asile.Mais pourquoi passer par le chemin Roxham plutôt que par le poste frontalier de Lacolle, situé tout près ?Plusieurs le font, mais c\u2019est qu\u2019ils répondent à certains critères bien précis.Tous les autres se verront systématiquement refuser le droit de faire une demande d\u2019asile au Canada et seront refoulés aux États-Unis, en vertu de l\u2019Entente entre le Canada et les États- Unis sur les pays tiers sûrs.Or, l\u2019entente ne s\u2019applique pas si les demandeurs d\u2019asile se trouvent déjà en sol canadien.Ceux qui arrivent au chemin Roxham se font donc arrêter par la GRC, mais ils savent que leur demande d\u2019asile sera traitée en bonne et due forme.Le bouche à oreille a fait son œuvre et, depuis deux ans, le chemin Roxham est devenu le point d\u2019entrée de 95 % des arrivées irrégulières au Canada.Tous ne restent pas au pays toutefois.Bien en vue à la frontière, une grande affiche gouvernementale rappelle que « demander l\u2019asile n\u2019est pas un laissez- passer pour le Canada ».On informe également les réfugiés qu\u2019ils devront répondre à plusieurs critères précis, sans quoi leur demande sera refusée.L\u2019an dernier, un peu plus de la moitié des demandeurs d\u2019asile ayant traversé la frontière de manière irrégulière ont obtenu le statut de réfugié au Canada.Le sourire bienveillant de Janet Aimé et ses deux compagnons ont disparu dans le baraquement de la GRC.Leur chauffeur, Mike, fait demi-tour et le silence reprend ses droits dans le froid de janvier aux confins de la frontière américaine.Janet arrive quelques minutes plus tard.Tous les après-midi, six jours par semaine, l\u2019enseignante de français à la retraite vient passer une heure ou deux sur Roxham Road pour offrir un sourire bienveillant aux réfugiés qui s\u2019apprêtent à passer la frontière.« Chaque personne qui arrive ici a son histoire, mais ce qu\u2019ils ont tous en commun, c\u2019est le stress.Ils sont très préoccupés, ils n\u2019ont pas trop envie de jaser, ils veulent juste passer la frontière et arriver enfin au Canada.» À travers l\u2019organisme Plattsburgh Cares, elle recueille des manteaux, des tuques et des foulards qu\u2019elle distribue à la frontière.«L\u2019hiver dernier, ils étaient nombreux à arriver en t-shirt et en gou- gounes, mais cette année, ils sont probablement mieux informés, et plusieurs ont déjà un manteau lorsqu\u2019ils arrivent.» Tous les jours, elle voit des gens vulnérables mais déterminés, surtout des femmes et des enfants.« Hier, j\u2019ai donné des manteaux à une dame et à ses quatre enfants, raconte Janet en portant les mains à son cœur.Elle m\u2019a fait un grand sourire et m\u2019a dit : \u201cje ne vous oublierai jamais\u201d.» Baisse des demandes Le soleil tombe sur Roxham Road.Janet est là depuis près de deux heures, mais personne ne s\u2019est encore présenté.«On voit moins de monde depuis quelques mois, mais c\u2019est assez inhabituel de ne voir personne», dit-elle avant de prendre le chemin du retour.Les chiffres lui donnent raison.Depuis plusieurs mois, le nombre de passages irréguliers diminue.En novembre, la GRC a intercepté 978 personnes au chemin Roxham.C\u2019est le chiffre le plus bas depuis le printemps 2017, moment où les réfugiés ont commencé à affluer massivement à ce passage frontalier.En 2017, ils ont été près de 19 000 à passer la frontière au chemin Roxham.Pour 2018, le point culminant a été atteint en printemps, avec près de 2500 passages en avril, mais ne cesse de diminuer depuis.À la fin novembre, on comptait un peu plus de 17 000 passages irréguliers pour l\u2019année 2018.Le pays d\u2019origine change aussi.Si les Haïtiens étaient nombreux en 2017, les Nigérians représentent aujourd\u2019hui la moitié des demandeurs d\u2019asile au chemin Roxham.Du côté canadien de la frontière, sur le chemin Roxham à Hemmingford, certains trouvent encore qu\u2019il y a beaucoup d\u2019activité.« On est sur une petite route de campagne super tranquille, mais depuis deux ans, c\u2019est devenu intolérable.Ces jours-ci, il passe encore quatre autobus par jour, et le trafic est incessant, déplore John (nom fictif ).Selon moi, c\u2019est un véritable gaspillage de fonds publics tout ça », ajoute-t-il en désignant le poste de la GRC au bout du chemin.Sur sa petite chaise de cuisine, près du poêle à bois, Sue Heller tente de rester calme en entendant les propos de son voisin.« Je ne suis pas d\u2019accord avec toi, ils ont bien le droit d\u2019essayer de vivre leur rêve.Ils fuient leur pays parce qu\u2019ils sont en danger.Personne ne se déracine comme ça sans raison valable », affirme la vieille dame, qui estime que le Canada pourrait accueillir beaucoup plus de réfugiés encore.Comme Janet, Sue Heller fait elle aussi partie d\u2019un groupe de soutien local (Bridges Not Borders) et se rend souvent du côté américain pour apporter son soutien aux réfugiés avant qu\u2019ils mettent les pieds en sol canadien.« Certains disent qu\u2019en accueillant des réfugiés, on se retrouve avec un plus petit morceau de tarte.Moi, je dis : on n\u2019a qu\u2019à faire une tarte plus grande ! » Les bras chargés de manteaux, de mitaines et d\u2019oursons en peluche, l\u2019Américaine Janet se rend pratiquement tous les jours au chemin Roxham pour accueillir les réfugiés qui s\u2019apprêtent à passer la frontière.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Au bout de Roxham Road, où le taxi vient de les déposer, Aimé et ses compagnons d\u2019infortune s\u2019apprêtent à franchir le fossé qui les sépare du Canada.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Certains disent qu\u2019en accueillant des réfugiés, on se retrouve avec un plus petit morceau de tarte.Moi, je dis : on n\u2019a qu\u2019à faire une tarte plus grande ! SUE HELLER » LEDEVOIR // LE LUNDI 7 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Faut-il changer nos habitudes et nos modes de production alimentaires de manière à protéger à la fois notre santé et la planète ?De plus en plus d\u2019études le soutiennent, et leur recommandation commune est de réduire, voire d\u2019éliminer, la consommation de protéines animales.C\u2019est dans ce contexte qu\u2019arrivera en 2019 la huitième édition du Guide alimentaire canadien dont les premières ébauches font déjà des vagues.es Producteurs laitiers du Canada (PLC) sont aux abois depuis que La Presse a fait état du sort que le futur guide réserve aux produits laitiers.Ils n\u2019y seraient plus considérés comme une catégorie à part, mais comme un membre du groupe des aliments protéinés, au côté des légumineuses et des noix, qui occuperaient une place de choix.Les PLC protestent.Ils craignent qu\u2019on décourage la consommation de lait, en particulier lors de la collation des enfants, et que leur industrie en subisse le contrecoup.Ils veulent se faire entendre et demandent au premier ministre Justin Trudeau d\u2019intervenir.Le premier ministre devrait s\u2019abstenir.Pour la première fois depuis des lustres, Santé Canada a revu le guide en tenant à distance les représentants de l\u2019industrie alimentaire et leurs études.Les portions, les aliments à privilégier, les habitudes à adopter ont été inspirés par les recherches scientifiques les plus récentes, à l\u2019abri de la politique et des lobbys.Il était temps.Que cela plaise ou non, c\u2019est un fait que les produits laitiers, comme les œufs, les légumineuses ou les noix sont des aliments protéinés.Les inclure dans cette catégorie n\u2019est pas une invitation à éliminer le lait ou le yogourt, mais à faire des choix informés quand vient le temps de subvenir à ses besoins en protéines.La version finale du guide n\u2019est toujours pas disponible.Il est donc impossible de juger de la pertinence de l\u2019ensemble de ses recommandations.Par contre, si le message central est celui qui a filtré, à savoir qu\u2019il faut diversifier notre alimentation en mangeant davantage de produits végétaux et moins de protéines animales, en particulier de la viande, on doit applaudir.Contrairement à ce que certains diront, il ne s\u2019agit pas d\u2019un effet de mode, mais d\u2019un écho nécessaire aux messages des chercheurs en santé publique et en environnement.Les premiers insistent depuis longtemps sur les effets nocifs du déséquilibre de l\u2019alimentation traditionnelle nord-américaine et européenne qui est, entre autres défauts, trop riche en viande et en cholestérol, mais faible en fibres.Les seconds s\u2019inquiètent de la capacité de la planète à nourrir et à garder en santé les 9 à 10 milliards d\u2019habitants qui y vivront en 2050, surtout si l\u2019augmentation constante de la consommation de viande à l\u2019échelle de la planète se poursuit.Cette tendance est « incompatible avec l\u2019objectif d\u2019éviter une hausse des températures globales au- dessus de 2 degrés Celsius », notait la semaine dernière une étude publiée par le Forum économique mondial.La production d\u2019aliments d\u2019origine animale représente de 72 à 78 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole mondial, la production de bœuf, 25 % à elle seule.Selon une autre étude publiée en octobre dans la revue scientifique Nature, la production d\u2019un kilogramme de bœuf génère 32,5 kg de CO2, comparativement à 2,9 kg pour le porc, 1,41 kg pour le poulet et 1,22 kg pour le lait, suivi de près par le riz (1,18 kg).Le bilan pour les principales sources végétales de protéines est par contre de seulement 0,1 kg pour le soya, de 0,23 kg pour les légumineuses et de 0,71 kg pour les noix.Mais comme le notent aussi ces études, les gouvernements ne peuvent pas diminuer l\u2019empreinte environnementale du système agricole en se contentant de faire des recommandations en matière d\u2019alimentation.Ils doivent, tant pour la santé publique que pour l\u2019environnement, adapter leurs politiques afin de favoriser des modes de production agricole durables, une offre diversifiée d\u2019aliments protéinés d\u2019origine végétale, un accès à des aliments sains à un coût abordable et une réduction marquée du gaspillage alimentaire.Et tout cela doit se faire en épaulant les producteurs actuels durant l\u2019inévitable période de transition.Si M.Trudeau veut répondre à l\u2019appel des PLC, c\u2019est de ce côté qu\u2019il doit agir, pas en se mêlant de la rédaction d\u2019un document d\u2019éducation publique qui aurait toujours dû être inspiré uniquement par la science.Sam Haroun Auteur Le populisme surgit dès que la démocratie attrape la grippe.C\u2019est une éruption de fièvre qui a du bon parce qu\u2019elle secoue la léthargie des gouvernants.Depuis une vingtaine d\u2019années, le populisme progresse dans les démocraties européennes et américaines en même temps que s\u2019intensifient les migrations venues du sud et de l\u2019est, et que les sociétés sont secouées par la transformation rapide des mœurs et des moyens de communication.L\u2019irruption au sein de nos sociétés des médias électroniques, l\u2019afflux parfois incontrôlé de migrants différents par la couleur de leur peau, la pratique religieuse, la langue et la culture, le contraste entre la modernité occidentale et les mentalités traditionnelles de ces migrants, créent des frictions, des antagonismes, non seulement entre les nationaux et les immigrants, mais aussi, parmi les nationaux, entre ceux qui sont favorables au métissage culturel et ceux qui s\u2019accrochent à leur culture propre.Le populisme naît du sentiment confus éprouvé par ses adeptes d\u2019être en porte-à-faux avec l\u2019esprit du temps, en décalage avec les politiques qui ne tiennent pas compte des traditions, des représentations populaires, des doléances de gens ordinaires.Il devient protagoniste de la vie publique quand ce sentiment se transforme en réaction de peur face aux changements démographiques ou aux innovations technologiques ou aux avancements relatifs au mode de vie, au statut de la femme et au mariage.Le populiste voit ou croit voir son monde se fissurer, se déliter et, à terme, se désagréger sous la poussée de forces qu\u2019il ne maîtrise pas.S\u2019en moquer serait une faute, car le débat politique n\u2019a aucun sens s\u2019il se fait entre citoyens de même opinion.Le populisme et la démocratie s\u2019influencent mutuellement, l\u2019apport populaire nourrissant les élites de ses coups de gueule, et les élites s\u2019imprégnant des doléances des gens pour gouverner.Le populisme peut toutefois altérer les institutions démocratiques pour peu qu\u2019il ait recours à la violence et qu\u2019il ne respecte pas les usages et les règles de jeu.Nouveau choc culturel Le Québec, beaucoup plus que le reste du Canada, est saisi par le nouveau choc culturel que représentent l\u2019effacement progressif des particularismes nationaux et des traditions séculaires ainsi que l\u2019uniformisation des cultures sous l\u2019influence de la technologie de masse.Alors que le Québec est menacé dans sa langue et sa culture par la civilisation anglo-amé- ricaine qui l\u2019entoure et le sub- Un Vieux Québec sans services ! Comme travailleur dans le secteur touristique du Vieux Québec, depuis plus de 20 ans, j\u2019y suis présent presque chaque jour.Toutefois, au fil des ans, on a vu l\u2019offre des services s\u2019amenuiser.La SAQ avait des magasins formidables à Place Royale, puis au Château Frontenac.Autrefois, il y avait plusieurs pharmacies, mais il en subsiste seulement deux avec des choix de produits assez restreints.On a eu aussi des boucheries et des quincailleries dans le Vieux Québec.Il n\u2019y a même plus une bonne épicerie.Richelieu a quitté le secteur il y a plusieurs années.Le dernier épisode de ce désert de services surviendra le 25 janvier.En effet, on m\u2019a annoncé hier que la Caisse Desjardins du Vieux Québec, à côté de l\u2019hôtel de ville de Québec, ferme ses portes.Pour obtenir des services de Desjardins, Le populisme, maladie infantile de la démocratie LIBRE OPINION LETTRES ALIMENTATION Une pierre, deux coups L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu bien-être matériel et la sécurité sociale.Nos dirigeants sont médiocres ?Nos taxes sont élevées ?No s h ô p i t a u x m a n q u e n t d e moyens ?Au moins, nous avons la possibilité de nous exprimer en toute liberté, d\u2019exiger de nos dirigeants de modifier leurs politiques et de les remplacer par d\u2019autres.Mille fois les insuffisances de la démocratie libérale plutôt que les sirènes de la démocratie autoritaire ! À trop courir derrière le tribun qui nous promet monts et merveilles au mépris de la vérité, il y a le risque de perdre et la liberté et la sécurité : « Un président audacieux se sachant appuyé par une majorité de l\u2019opinion serait tenté d\u2019outrepasser la loi et de priver les minorités de la protection que la loi leur assure.Il pourrait devenir un tyran non pas contre les masses, mais avec l\u2019appui des masses » (James Bryce, The American Commonwealth, 1888).merge, le repli sur soi identitaire est une tentation permanente, car nous ne sommes pas à l\u2019abri d\u2019une éruption populiste comme cela a eu lieu récemment en Allemagne, en Autriche, en France, en Hongrie, en Pologne, aux États-Unis et au Brésil.Le ras-le-bol populaire n\u2019est ni à occulter ni à combattre de front.Si le populisme est la maladie infantile de la démocratie, seule la démocratie peut apporter le remède nécessaire à la résolution de nos problèmes.Pour rappel, la démocratie libérale a apporté aux peuples les libertés individuelles, l\u2019égalité de tous devant la loi, la reconnaissance de la femme en tant que telle avec tout ce que cela implique pour elle d\u2019autonomie et de libre choix, la fin ou du moins le déclin des tabous et des dogmes liés aux morales traditionnelles, la protection de nos droits par une magistrature indépendante, le MANON CORNELLIER Bilinguisation du Québec\u2026 ou de Montréal ?Alors que l\u2019éditorialiste en chef d\u2019un autre quotidien estimait récemment que « la montée du bilinguisme à Montréal [constituait] une grande richesse », Robert Dutrisac regrette, lui, « La bi- linguisation du Québec » (Le Devoir du 5 janvier).En tant que francophone parfaitement bilingue qui a connu les avancées du français dans le Montréal d\u2019avant 1995, mais qui vient de subir un « no, I don\u2019t speak French » (sans « sorry » !) d\u2019une jeune vendeuse chez Ogilvy, je partage l\u2019inquiétude de M.Dutrisac.Si on veut corriger la tendance actuelle, il faudra cependant s\u2019assurer d\u2019abord que Montréal et le reste du Québec partagent la même lecture des enjeux, soient sur la même longueur d\u2019onde.Pour l\u2019instant, l\u2019incontestable bi- linguisation de Montréal n\u2019entraîne pas que le Québec entier se sent « bilinguisé ».Jusqu\u2019où ira alors l\u2019empathie de la province pour Montréal ?Combien de francophones à Québec ou à Roberval, Granby ou à Matane, considèrent l\u2019anglicisa- tion de Montréal comme un phénomène relativement étranger, finalement inévitable pour une métropole en notre ère de mondialisation ?Ce Québec, sécurisé dans sa langue et intégrant facilement sa « diversité » émergente, a-t-il peut-être fait une croix sur un Montréal anglo-ethno-Plateau inextricable ?Un ami en région, nationaliste, me demandait récemment si les francophones de Montréal ne crient pas au loup un peu trop facilement ! Dans ce contexte, des resserrements à la loi 101 auraient-ils l\u2019appui du Québec francophone entier, au risque de nouvelles querelles linguistiques ?La CAQ qui ne doit rien à Montréal, pourrait- elle être plus courageuse que naguère les libéraux ou le PQ ?Normand Cusson Montréal, le 6 janvier 2019 je devrai parcourir quelques kilomètres pour aller dans le Faubourg Saint-Jean-Baptiste ou à Saint- Roch.Quelle tristesse et quelles difficultés pour tout travailleur ou pour un résident de ce magnifique quartier.Y travailler et y vivre devient vraiment problématique.Jacques Leclerc Québec, le 5 janvier 2019 En réponse à M.Gérard Moysan Ce n\u2019est pas la laïcité qui divise, la laïcité unit et incite à une neutralité qui unit les gens pour un mieux-vivre-ensemble.Le problème, chez Québec solidaire, c\u2019est la « contradiction évidente » qui se vit en son sein.Ce parti se veut d\u2019avant-garde, moderne, populaire et, comme le dirait Catherine Dorion, du vrai monde ! Cela étant dit comme si nous n\u2019étions pas tous du vrai monde ! Or, Québec solidaire est inconsciemment de la vieille garde.Il est contre l\u2019évolution de la société parce qu\u2019il veut maintenir des coutumes rétrogrades telles que des signes ostentatoires religieux, et ceci, sous toutes sortes de prétextes.Le peuple n\u2019y reconnaît plus la tolérance de « mère » Françoise David.En effet, la tolérance des nouveaux disciples se tourne en lâcheté.En voulant ménager la chèvre et le chou, on court le risque de perdre les deux.À voir aller Québec solidaire, à moins d\u2019un véritable « revirement », celui-ci va perdre ses électeurs.Andréa Richard, écrivaine Trois-Rivières, le 4 janvier 2019 A 7 Le logiciel de reconnaissance faciale et 170 millions de caméras de surveillance permettent d\u2019identifier 1,37 milliard de Chinois en l\u2019espace de quelques minutes.GREG BAKER AGENCE FRANCE-PRESSE IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 7 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet La faille jaune A fin de « Comprendre le mouvement des gilets jaunes » \u2014 c\u2019était cela la promesse à la une du journal Le Monde, affichée en gros titres le 10 décembre 2018 \u2014, j\u2019ai revisité le texte d\u2019un écrivain qui ne s\u2019est pas prononcé sur ce sujet dans les pages débats du premier quotidien de France.En fait, l\u2019identité et la frustration de ces révolutionnaires inattendus et non alignés étaient traitées l\u2019été dernier dans un modeste essai de 85 pages, rédigé par le romancier Édouard Louis et titré Qui a tué mon père.L\u2019absence d\u2019un point d\u2019interrogation est clé pour « comprendre » le point de vue exprimé.Louis, aujourd\u2019hui membre de l\u2019élite parisienne tellement méprisée par les manifestants, n\u2019a pas oublié ses racines dans le nord industriel.Son livre fait l\u2019éloge, d\u2019une certaine manière, de son père, abîmé physiquement et spirituellement par une vie de travail brutal dans une usine et, plus tard, par l\u2019obligation de balayer les rues et ramasser les ordures \u2014 un emploi payé 700 euros par mois \u2014 pour ne pas perdre son aide sociale.Les gilets jaunes seraient en colère à cause d\u2019une hausse de taxe ; Louis parle également de réductions de taxe et de dépenses : « Août 2017 \u2014 le gouvernement d\u2019Emmanuel Macron retire cinq euros par mois aux Français les plus précaires.Le même jour, ou presque, peu importe, il annonce une baisse des impôts pour les personnes les plus riches de France.» Cette nouvelle politique fiscale arrive à la suite d\u2019une confrontation entre le président de la République et deux syndicalistes au mois de mai, à Lunel dans l\u2019Hérault : « Ils sont en colère », raconte Louis, « leur manière de parler le fait comprendre.Ils ont l\u2019air de souffrir aussi.Emmanuel Macron leur répond, la voix pleine de mépris : \u201cVous n\u2019allez pas me faire peur avec votre T-shirt.La meilleure façon de se payer un costard c\u2019est de travailler\u201d ».Et voilà la ligne rouge \u2014 disons plutôt la faille jaune \u2014 franchie.« Il renvoie ceux qui n\u2019ont pas les moyens de se payer un costume à la honte, à l\u2019inutilité, à la fainéantise.Il actualise la frontière, violente, entre les porteurs de costumes et les porteurs de T-shirts, les dominés et les dominants, ceux qui ont l\u2019argent et ceux qui ne l\u2019ont pas, ceux qui ont tout et ceux qui n\u2019ont rien.Ce genre d\u2019humiliation venue des dominants te fait ployer le dos encore plus.» Donc pourquoi le choc et l\u2019étonnement parmi la classe politique et les médias ?Le petit ouvrage d\u2019Édouard Louis était en vente un peu partout.Il n\u2019est pas vraiment nécessaire de s\u2019interroger sur une crise fabriquée par une classe politico- financière qui ne cesse de ronger ce qui reste de l\u2019amour- propre et des biens des classes inférieures.Il n\u2019y a pas de point d\u2019interrogation chez Édouard Louis, puisqu\u2019il connaît bien les assassins de son père.Il y a quand même des questions à poser, surtout au sujet de la gauche officielle, qui semble être aussi surprise par les gilets jaunes que La France en Marche.Le problème des socialistes est évident.Handicapée par son rigide soutien de l\u2019Union européenne et sa dominance par la machine économique allemande, la gauche molle, semblable aux démocrates américains dans leur soutien de l\u2019ALENA, a perdu la confiance de la classe ouvrière.Dispersés vers le Front national (devenu Rassemblement national) ou l\u2019abstention de la vie politique, les ouvriers ordinaires, souvent sous-em- ployés ou au chômage, n\u2019ont rien à voir avec les grands projets écologiques ou libre-échangistes qui animent les bobos ainsi que les bourgeois libéraux.En revanche, la France insoumise (LFI) de Jean-Luc Mé- lenchon aurait dû profiter de la montée des gilets jaunes.Malheureusement, ils ont l\u2019air de rater le train.Le 8 décembre, jour de manifestations violentes à Paris, Mélenchon était à Bordeaux présidant une conférence de son parti, très minoritaire à l\u2019Assemblée nationale.Bien qu\u2019il essaie de s\u2019attacher aux gilets jaunes, le chef de LFI est entravé par ses liens à la politique de la « gauche rassemblée », ce qui est pour moi l\u2019équivalent de la politique correcte aux États- Unis.Image avant substance.Récemment exclu de la liste des candidats pour les prochaines élections européennes, Djordje Kuzmanovic a quitté LFI pour protester contre ce qu\u2019il qualifie d\u2019insistance « sur l\u2019intersectionnalité et la non-hiérarchisation des luttes ».Dans une tribune publiée dans Marianne, Kuzma- novic a dénoncé une tendance qui « a conduit le mouvement à s\u2019abîmer dans des combats secondaires [\u2026] un exemple, si l\u2019immense majorité des Français soutient la lutte pour l\u2019égalité entre les hommes et les femmes, la plupart d\u2019entre eux comprennent que les priorités, dans ce domaine, renvoient à l\u2019égalité salariale, à la réduction de la pauvreté féminine, à l\u2019éradication des violences dont les femmes sont victimes ; et non à l\u2019écriture inclusive ».Bien dit de la part de quelqu\u2019un qui a parcouru les Champs- Élysées le 8 décembre, en respirant les gaz lacrymogènes au milieu d\u2019une quasi-émeute.S\u2019il n\u2019y a pas d\u2019argent pour acheter du pain, peu importe où le pain est vendu, et dans combien de variétés.John R.MacArthur est éditeur de Harper\u2019s Magazine.Sa chronique revient le premier lundi de chaque mois.JOHN R.MACARTHUR David Bensoussan Professeur de sciences à l\u2019Université du Québec Il me souvient d\u2019un petit-déjeuner au cours duquel le défunt ministre fédéral des transports Jean Lapierre me confiait sa grande satisfaction d\u2019avoir été à l\u2019origine d\u2019un investissement majeur à Prince Rupert en Colombie-Britannique, lequel devait permettre de gagner du temps en ce qui touche les cargaisons maritimes provenant d\u2019Asie.Lorsque je lui fis remarquer qu\u2019il s\u2019agissait en fait de permettre l\u2019importation de dizaines de milliers de conteneurs qui arriveraient pleins et repartiraient quasi vides, il me répondit qu\u2019il avait comme beaucoup d\u2019autres émis des réserves, mais que les économistes avaient insisté pour souligner qu\u2019il n\u2019y avait pas à se faire du souci.Avec le recul, il semble que peu d\u2019analystes avaient prédit l\u2019expansion formidable de l\u2019économie chinoise, et encore moins l\u2019importance géopolitique qui accompagne cette expansion à l\u2019échelle de la planète tout entière.On supposait aussi que le libéralisme économique aurait un effet d\u2019entraînement sur les libertés individuelles.Le consensus était que la Chine constituait un défi certes, mais un défi acceptable et maîtrisable.Toutefois, la vision corporatiste qui pousse à montrer aux investisseurs des profits à court terme n\u2019a généralement pas été accompagnée d\u2019une vision globale quant à l\u2019effet à long terme des délocalisations des usines en Extrême-Orient, et plus particulièrement celui de leurs retombées politiques.Une expansion fulgurante La Chine est devenue une superpuissance économique.Quelques indices mettent en exergue cet essor économique chinois.Depuis 2005, les exportations canadiennes vers la Chine ont plus que doublé pour atteindre 25 milliards tandis que les importations ont augmenté de 66 % pour atteindre 71 milliards de dollars.Dans son ouvrage The Thucydides Trap, Graham Allison note que la taille de l\u2019économie chinoise par rapport à l\u2019économie américaine est passée de 10 % en 1981 à 60 % en 2007, 100 % en 2014, et 115 % aujourd\u2019hui.Au rythme actuel, elle devrait passer à 150 % en 2023 et à 300 % en 2040.La Chine vise à égaler ou à dépasser le niveau technologique et économique des Américains.Toutefois, quelques paramètres montrent que l\u2019avancée des États-Unis est encore marquée : le budget de recherche militaire américain, de l\u2019ordre de 700 milliards de dollars, est 11,5 fois plus élevé que celui de la GÉOPOLITIQUE Ombres chinoises Denis Proulx Professeur associé à l\u2019ENAP Réflexions autour du jugement Manson de la Cour fédérale, qui réduit le critère d\u2019intérêt national aux seules œuvres canadiennes.La culture est un concept qui recoupe des éléments très différents.Fernand Dumont en a traité, tout comme Lus- sato et Messadié.On trouve d\u2019un côté la culture traditionnelle, ethnologique ou passive et l\u2019ensemble des éléments qui ont été développés par les individus pour survivre dans le contexte physique ou matériel qui est le leur.On pense ici, par exemple, à la langue, avec son accent et des mots particuliers, comme à des habiletés particulières, savoir marcher dans la neige, comment et quoi manger ou comment se comporter avec les autres.Cette culture est apprise dès l\u2019enfance, elle nous conditionne et est propre aux gens qui vivent dans une société donnée, c\u2019est pourquoi on l\u2019appelle ethnologique.On n\u2019a pas d\u2019effort à faire pour l\u2019acquérir, c\u2019est pourquoi on l\u2019appelle passive.La plupart des gens se sentent à l\u2019aise dans leur culture, même s\u2019il y a des exceptions avec des personnes qui préfèrent être ailleurs que dans leur culture d\u2019origine.À l\u2019opposé ou presque, on trouve la culture critique ou active.Un immigrant doit apprendre la langue de sa culture d\u2019accueil et, s\u2019il a passé un certain âge, il n\u2019arrivera jamais à la parler sans accent, contrairement à ses enfants.De plus, il doit apprendre des codes de comportement parfois très proches des siens, mais parfois très éloignés.Quand nous voulons apprendre des langues étrangères, ou à cuisiner selon de nouvelles règles, ou simplement à manger différemment, nous devons faire un effort.Plus l\u2019écart avec notre culture est grand, plus c\u2019est difficile.Manger avec ses doigts en Afrique ou en Inde n\u2019est pas facile pour nous, mais certains Chinois arrivent mal à manger avec des couverts.Mettre des gants pour qui ne l\u2019a jamais fait est une expérience qui fait rire ceux qui en ont mis depuis l\u2019enfance.Au-dessus des catégories Cette deuxième conception de la culture n\u2019est pas nationale.Chopin n\u2019est ni polonais ni français, il est au-dessus de ces catégories, sa musique peut rejoindre des gens de partout, à condition qu\u2019ils aient été en contact avec ce genre de musique.Les œuvres de Chagall ne sont ni russes ni françaises, dans la mesure où elles font partie d\u2019un patrimoine universel.Le jugement Manson confond allègrement les deux catégories en restreignant aux œuvres de peintres canadiens la protection des œuvres.Les musées sont un lieu de culture critique, où l\u2019on apprend à ouvrir son esprit, à s\u2019ouvrir sur le monde, ce qui peut être le contraire de se limiter aux œuvres « nationales ».Les peintures de Krieghoff montrent des paysages québécois, tout comme celles de Kahlo montrent sa souffrance dans un contexte mexicain, mais elles proposent à l\u2019étranger tout comme au national une vision différente du monde, permettant à l\u2019observateur d\u2019ouvrir son esprit sur du nouveau.Les ceintures fléchées sont très mignonnes, mais elles ne sont plus utilisées pour serrer des manteaux, elles sont des œuvres d\u2019art en soi, et trouvent leur sens loin de leur raison d\u2019être initiale.La culture critique demandera toujours un effort, mais c\u2019est elle qui contribue à nous ouvrir au monde.Un musée qui n\u2019aurait que des œuvres locales verrait son intérêt limité à des perspectives ethnologiques, un musée pénalisé pour acquérir des œuvres dites « étrangères » serait appauvri dans son offre.C\u2019est la mission même des musées qui est remise en cause par une confusion de valeurs, privilégiant la dimension ethnologique nationale à celle des étrangers dans un contexte où c\u2019est inapproprié.Si l\u2019on veut favoriser l\u2019ouverture sur le monde, il faut évidemment permettre à tous de s\u2019ouvrir sur le monde.PATRIMOINE Errements sur les œuvres qui vont dans les musées Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Chine.Chaque année, les États-Unis déposent 14 000 brevets contre 2000 pour la Chine.Depuis 1990, deux prix Nobel ont été octroyés à la Chine contre 114 décernés aux Américains.Néanmoins, la Chine produit au- jourd\u2019hui 87 % des produits électroniques, dispose de ses propres réseaux satellitaires, a un programme spatial ambitieux, développe son propre réseau GPS, ses propres sous-marins nucléaires, son premier porte-avions et détient une expertise avancée dans la destruction de satellites.Les surplus budgétaires de la Chine lui ont permis d\u2019entreprendre des investissements majeurs dans une nouvelle route de la soie (One Belt One Road) à l\u2019échelle planétaire, qui est terrestre, maritime, aérienne et numérique.La route de la soie numérique a un centre de contrôle au Centre logiciel de Xian construit par le géant des télécommunications chinois Huawei.Ce centre devrait employer un quart de million d\u2019informaticiens d\u2019ici 2021.Par ailleurs, bien des compagnies de la Silicon Valley sont achetées par la Chine qui bénéficie ainsi légalement de secrets technologiques.Les abus des droits de la personne Le fichage des données individuelles traitées par l\u2019intelligence artificielle donne des pouvoirs discrétionnaires inégalés au gouvernement chinois.Le logiciel de reconnaissance faciale et 170 millions de caméras de surveillance permettent d\u2019identifier 1,37 milliard de Chinois en l\u2019espace de quelques minutes.Les critiques concernant l\u2019arrestation de centaines d\u2019avocats et de militants des droits de la personne en Chine ou même le traitement des Ouïghours du Xinjiang se font plus discrètes dans les démocraties occidentales, qui sont de plus en plus dépendantes des investissements chinois.À la différence des démocraties libérales dans lesquelles les économies sont régies dans un cadre législatif bien défini et où les politiciens ne sont pas à l\u2019abri des critiques, le Parti communiste chinois agit en maître d\u2019œuvre incontesté, dirige à son gré les activités économiques et orchestre les interventions politiques.Le théâtre d\u2019ombres chinois est une mise en scène qui laisse paraître des silhouettes tout en masquant leur arrière- plan.Il a été de même pour la politique chinoise jusqu\u2019à présent.La Chine d\u2019au- jourd\u2019hui agit plus ouvertement.Tout récemment, il a été fait état d\u2019activités d\u2019espionnage informatique qui auraient pénétré 700 millions de téléphones Android ainsi que des banques canadiennes.La prise d\u2019otages politique des Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor en Chine à la suite de l\u2019arrestation dans la légalité de Meng Wanzhou, directrice financière de Hua- wei, est un chantage qui veut outrepasser le processus légal de l\u2019état de droit.C\u2019est un test qui est fait sur un petit pays pour donner le ton à ceux qui s\u2019avanceraient à critiquer ou à s\u2019opposer à certaines politiques chinoises.Devant la remise en question de certains engagements des États-Unis sous la présidence de Trump, il est fort possible que la Chine cherche à intervenir prochainement dans l\u2019arène politique internationale et nuance bien moins son jeu d\u2019ombres.L\u2019affirmation militaire de la Chine en mer de Chine et la réclamation de droits territoriaux sur des îles flottantes armées de missiles ont semé la panique dans les états du Sud-Est asiatique.Elle n\u2019est qu\u2019un signe avant-coureur de ce changement de cap. LEDEVOIR // LE LUNDI 7 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.De rencontres intimistes en événements électrisants, nos photographes ont sélectionné pour vous les meilleures photos de leur année.Aujourd\u2019hui, les moments choisis de Renaud Philippe.2018 dans l\u2019œil de Renaud Philippe Le sous-sol de Jocelyn Vandal s\u2019est transformé en un amoncellement d\u2019objets brisés et souillés en janvier 2018.Accessoires de pêche, meubles, boîtes de conserve, souvenirs d\u2019enfance\u2026 la crue de la rivière Saint- Charles n\u2019a rien épargné.À Québec, dans le secteur de Duberger-Les Saules, plus d\u2019une trentaine de propriétaires ont été surpris par la montée des eaux.Renaud Philippe a pu constater les dégâts en compagnie d\u2019une amie de M.Vandal.« C\u2019est plus qu\u2019une image de rue inondée, l\u2019information.C\u2019est montrer l\u2019impact sur monsieur et madame Tout-le-Monde.Ces gens ont tout perdu, ils voulaient en témoigner, partager leur douleur et leur désarroi.» En dépit du malheur et des conditions d\u2019existence difficiles dans les camps de Rohingyas au Bangladesh, la vie continue.Renaud Philippe a pu assister à un grand rassemblement dans la joie et la bonne humeur dans l\u2019un d\u2019entre eux, des moments qui ont été interdits dans certains endroits.« Je ne voulais pas montrer uniquement le drame qui les touche, je voulais raconter comment les gens retrouvent tranquillement un peu de liberté et vivent des moments un peu moins difficiles parfois.» Montas Begum, 30 ans, a été battue et brûlée lorsque des troupes du Myanmar ont attaqué son village, Tula Tuli.Son mari et ses trois fils ont été assassinés dans l\u2019attaque.Toujours vivante, sa fille a été marquée à vie par un coup de machette.Renaud Philippe a rencontré Montas Begum au camp de réfugiés de Balukhali, au Bangladesh.« C\u2019est une rencontre que je n\u2019oublierai jamais.Elle a partagé des moments difficiles et de grande intimité avec moi.Elle pleurait en vidant tout ce qu\u2019elle avait sur le cœur.Le pire, c\u2019est que ce n\u2019est pas une situation exceptionnelle, c\u2019est presque devenu la norme pour les Rohingyas.» Les conditions de vie dans les camps de réfugiés rohingyas au Bangladesh sont très difficiles.La plupart vivent dans des habitations de fortune.« En passant une première fois devant cette maison inondée dans le camp de réfugiés de Balukhali, j\u2019ai pensé qu\u2019elle était inhabitée.Mais quand j\u2019y ai vu de la lumière le soir, je suis allé discuter avec les gens.» Sur la route en Abitibi-Témiscamingue pour rencontrer les citoyens et connaître les vrais enjeux de l\u2019élection provinciale du 1er octobre dans cette région, Renaud Philippe et la journaliste Isabelle Porter se sont arrêtés en chemin pour assister au Rodéo du camion.« Un concours de camions \u2014 qui font de la boucane incroyable \u2014 auquel les gens viennent assister même sous une pluie battante, c\u2019était quelque chose.Un moment photographique idéal, et une façon parfaite pour rencontrer les gens et connaître les vrais enjeux électoraux de cette région dont on parle peu.» "]
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