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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-01-17, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 7 / LE JEUDI 17 JANVIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM INDEX Avis légaux.A4 Éditorial.A6 Idées.A7 Monde.B1 Décès.B2 Économie.B4 Sports.B6 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sudoku .B6 Culture.B7 Grille TV.B7 CULTURE Contrepoints sur l\u2019affaire SL?V.La chronique d\u2019Odile Tremblay.| B 8 MONDE Theresa May survit de justesse à un vote de confiance à la suite du rejet de l\u2019entente sur le Brexit FABIEN DEGLISE LE DEVOIR \u2019appel au partage aurait un objectif caché.En invitant les utilisateurs de ses réseaux à témoigner en deux photos de l\u2019effet du temps sur leur visage dans le cadre du « 10 Year Challenge » \u2014 le défi 10 ans \u2014 qui actuellement anime Facebook et Ins- tagram, la multinationale américaine cherche-t-elle plus qu\u2019à faire sourire et émouvoir ses abonnés ?Plusieurs observateurs le pensent en voyant dans ce jeu l\u2019occasion pour Facebook d\u2019alimenter et d\u2019affiner son algorithme de reconnaissance faciale, un outil utilisé par l\u2019entreprise pour le profilage et la surveillance de ses utilisateurs.La suspicion s\u2019exprime d\u2019ailleurs alors qu\u2019un regroupement de 85 ONG américaines, piloté par l\u2019American Civil Liberties Union (ACLU), a invité cette semaine un autre géant du numérique, Amazon, à cesser la commercialisation de son logiciel de reconnaissance des visages à des États et gouvernements, et ce, en raison des risques élevés que fait peser cette technologie issue de l\u2019intelligence artificielle sur les libertés civiles et individuelles tout comme sur la démocratie.« Le divertissement occulte souvent la réflexion sur l\u2019impact et les enjeux d\u2019une technologie, résume André Mondoux, professeur de communication à l\u2019UQAM et cofonda- teur du Groupe de recherche sur l\u2019information et la surveillance au quotidien (GRISQ).Le \u201c10 Year Challenge\u201d est sans doute utilisé par Facebook pour enseigner à ses algorithmes comment les gens vieillissent et comment reconnaître l\u2019évolution d\u2019un visage dans le temps.Ce n\u2019est pas une mince affaire et les abonnés y répondent sans trop se questionner.» Depuis quelques jours, des milliers de personnes, dont un grand nombre de personnalités publiques aux États- Unis comme ici au Québec, ont répondu à cet appel de l\u2019exposition du soi en diffusant deux photos côte à côte, l\u2019une datant de 2009 et l\u2019autre, de 2019.L\u2019événement fédéré par le mot-clic #10yearchallenge se veut ludique et social, même si, pour l\u2019essayiste Kate O\u2019Neill, auteure de Tech Humanist, il devrait surtout faire s\u2019allumer les lumières afin d\u2019éclairer les intentions qu\u2019il transporte.De l\u2019exposition du soi à la surveillance d\u2019État Le défi 10 ans de Facebook est-il utilisé pour nourrir un algorithme de reconnaissance des visages ?2009 2019 Apôtres d\u2019une éducation sexuelle à la carte JESSICA NADEAU LE DEVOIR « Amener un humoriste qui fait de l\u2019humour noir en cour pour une joke trash, ce serait comme donner un ticket à Vin Diesel parce qu\u2019il chauffait vite dans Fast and Furious.» C\u2019est par cette image colorée que l\u2019humoriste Mike Ward résume la cause pour discrimination plaidée à la Cour d\u2019appel mercredi.Le dossier, qui oppose l\u2019humoriste au chanteur Jérémy Gabriel, est toutefois beaucoup plus complexe.Est-ce qu\u2019une blague sur une personne handicapée peut être jugée discriminatoire ?Et si oui, où doit-on tracer la ligne entre le droit à la dignité et le droit à la liberté d\u2019expression ?C\u2019est sur ces points de droit très pointus que les trois juges de la Cour d\u2019appel devront se prononcer.« Je ne sais pas [ce que les juges vont décider], mais je peux vous dire que la question soulève des points de droit les plus essentiels de notre société », a soutenu, au terme des audiences, l\u2019avocat Julius Grey, qui défend Mike Ward.Pendant près de deux heures, il a tenté de convaincre les magistrats que le juge de première instance avait erré.Dans son jugement, qui date de 2016, le juge Scott Hughes du Tribunal des droits de la personne avait jugé que le chanteur Jérémy Gabriel et sa mère, Sylvie Gabriel, avaient été victimes de discrimination.Il avait condamné l\u2019humoriste à leur payer 42 000 $ en dommages moraux et punitifs pour une série de blagues qui écorchaient le jeune chanteur qui souffre du syndrome de Treacher Collins.Discriminatoire ?À la Cour d\u2019appel, Me Julius Grey a défendu mercredi sa vision de la discrimination, affirmant que contrairement à une personne qui aurait perdu son emploi ou à qui on aurait refusé l\u2019accès à un lieu en raison de son ethnie ou de son handicap, il n\u2019y a pas, dans une blague, de dommages concrets autres qu\u2019une blessure d\u2019ego et que cela n\u2019est pas de la discrimination.Mike Ward retrouve Jérémy Gabriel en Cour d\u2019appel L\u2019humoriste veut faire annuler sa condamnation pour avoir moqué le handicap du chanteur Mike Ward défend son droit de pratiquer un humour « trash ».JACQUES NADEAU LE DEVOIR VOIR PAGE A 2 : APÔTRES VOIR PAGE A 4 : FACEBOOK VOIR PAGE A 5 : WARD L STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR La conférence durait depuis une heure quand la troisième question de la salle était de savoir si le gouvernement encourage la fornication entre les jeunes avec son cours sur l\u2019éducation sexuelle.Comme toutes les autres, cette question a été soumise par écrit, de manière anonyme, et c\u2019est le docteur Raouf Ayas, un des deux conférenciers, qui y a répondu.«Je ne ferai pas de procès d\u2019intention, a dit le panéliste.Je ne dis pas que le gouvernement encourage quelque chose de mal.Je pense que le ministère est pris avec des théories et une idéologie et une laïcité qu\u2019il veut imposer à tout le monde.On est dans une société de consommation.Et consommer des avortements.Et consommer des capotes.Je ne sais pas.Mais de là à dire que le gouvernement encourage la fornication, je ne sais pas.» La table ronde organisée mercredi en soirée dans l\u2019arrondissement de Saint-Laurent à Montréal était présentée sous le titre « L\u2019éducation sexuelle au Québec, de la controverse à la solution ».L\u2019invitation promettait de « proposer une stratégie et un outil pour les parents qui se sentent interpellés » par le cours d\u2019éducation sexuelle qui sera implanté cette année au Québec.La salle remplie contenait une centaine de personnes, assez âgées, plutôt des grands-parents que des parents, à vrai dire.La « solution » en question n\u2019est pas de retirer les enfants des classes quand la matière jugée litigieuse est enseignée.La « stratégie » préconise plutôt une négociation avec les enseignants pour les convaincre de dessiner un plan pédagogique adapté aux rejetons des parents qui en ferait la demande quelques jours avant la classe.Cette espèce d\u2019accommodement ou d\u2019enseignement à la carte s\u2019appuie sur une analyse conjointe de l\u2019abbé Robert Gendreau, directeur du Service de pastorale liturgique de l\u2019Archevêché de Montréal, et du médecin Raouf Ayas, cardiologue.Ils cosignent un pamphlet intitulé « Réflexions pour susciter le dialogue parents/enfants sur le programme Éducation à la sexualité du ministère de l\u2019Éducation du Québec de la maternelle à la 3e année du primaire ».Le livre au titre « pas sexy » (dixit l\u2019auteur Gendreau) date du 5 janvier.« Nous vivons une époque où le gouvernement propose de prendre la place des parents, a expliqué d\u2019entrée de jeu l\u2019animateur de la table, Raymond Ayas, fils du médecin essayiste.Nous estimons que les parents sont les premiers éducateurs de leurs enfants.Nous avons produit une certaine approche ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE JEUDI 17 JANVIER 2019 JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR La tutelle du Syndicat des cols bleus de Montréal, qui dure depuis près de deux ans, n\u2019a pas calmé les tensions dans les rangs syndicaux.La rémunération de l\u2019ancienne présidente Chantal Racette de même que le projet de révision des statuts et règlements du syndicat divisent les troupes.Des retraités comptent même s\u2019adresser aux tribunaux jeudi afin d\u2019empêcher la tenue des prochaines assemblées dont ils sont exclus.Le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) national invite les cols bleus à faire le ménage dans les règles de gestion de leur syndicat, sous tutelle depuis mai 2017.Une proposition pour modifier les statuts et règlements sera soumise au vote lors d\u2019assemblées qui se tiendront les 22, 23 et 24 janvier prochains, ainsi que le 2 février dans différents lieux sur l\u2019île de Montréal.Mais la tenue même de ces assemblées est en péril.Une requête en injonction interlocutoire doit être présentée jeudi matin au palais de justice de Montréal par deux retraités cols bleus qui veulent empêcher la tenue de ces assemblées.C\u2019est que, contrairement à la coutume, seuls les membres actifs y seront admis.« Ils ne peuvent pas faire une assemblée en refusant les retraités alors que selon les statuts en vigueur, on a le droit d\u2019être là », explique André Lepage, l\u2019un des instigateurs de la requête.« Il y a des décisions qui concernent les retraités.Il faut quand même être présents.» Le projet de révision des statuts prévoit d\u2019ailleurs que pour assister aux assemblées, les retraités devront demander une carte de membre honoraire et leur présence devra être approuvée par l\u2019assemblée.En coulisse, des cols bleus ne cachent pas leur exaspération de voir l\u2019ancien président Jean Lapierre assister régulièrement aux assemblées.Mais ce dossier est loin d\u2019être le seul à diviser les troupes.La rémunération consentie à l\u2019ex-présidente Chantal Racette pendant ses deux années de mandat suscite aussi la grogne.En septembre dernier, en assemblée générale, ces données ont été présentées aux membres.La rémunération En 2016, Mme Racette a reçu un salaire de 136 505 $, pour une rémunération totalisant près de 186 000 $, montant qui inclut des allocations et divers autres avantages sociaux.Pour les cinq mois de 2017 qui ont précédé sa destitution et la tutelle du syndicat qu\u2019elle dirigeait, elle a touché un salaire de 109 191$, pour une rémunération totale de 138 500$.«Cette rémunération de 2017 est particulièrement élevée parce qu\u2019elle inclut beaucoup de vacances et congés accumulés qui ont été versés cette année-là», a précisé par courriel le SCFP, qui administre la tutelle.Ce montant fait sourciller de nombreux cols bleus compte tenu des restrictions imposées dans le règlement du syndicat qui limite à deux semaines le temps qui peut être accumulé.Des cols bleus ont confié au Devoirne pas comprendre que le SCFP ait pu approuver le versement d\u2019une telle somme.Jointe par Le Devoir, Chantal Ra- cette met les critiques sur sa rémunération sur le compte d\u2019une tentative de diversion des véritables enjeux concernant les nouveaux statuts.Elle cite la gestion des immeubles appartenant au syndicat, qui sera révisée dans les nouveaux statuts.« Michel Parent a eu ce salaire pendant douze ans.C\u2019est dans nos statuts.Je n\u2019ai rien changé à ça », soutient-elle en précisant que pour la période du 17 juillet au 2 octobre 2017 \u2014 alors qu\u2019elle n\u2019était plus présidente \u2014, elle a reçu un salaire pour des vacances, des congés remis et du temps accumulé.Chantal Racette estime faire l\u2019objet d\u2019une campagne de salissage de la part d\u2019opposants.« Ils continuent de vouloir me démoniser, comme ils l\u2019ont fait avec Jean Lapierre.[\u2026] Qu\u2019ils me disent ce que j\u2019ai fait de pas correct.J\u2019ai été innocentée de tout.» De son côté, le SCFP précise que les sommes accordées à l\u2019ex-présidente ont été permises « par une interprétation large de la politique de dépenses adoptée par la direction de la section locale, et étaient en vigueur depuis de nombreuses années ».L\u2019allocation automobile, de quelque 15 000 $, est jugée particulièrement importante, mais correspondait à une pratique de longue date, indique-t-on.Fonds d\u2019aide aux aînés Des cols bleus dénoncent également la gestion d\u2019un fonds de 1,2 million destiné à venir en aide aux retraités en difficulté.Ce fonds permettait notamment à des bénévoles d\u2019accompagner des retraités à des rendez-vous.Ils pouvaient alors bénéficier d\u2019allocations quotidiennes pour leurs repas et d\u2019un remboursement pour le kilométrage parcouru.Or, les montants versés aux anciens membres ont été très limités entre 2016 et 2018, soit environ 15 % des sommes dépensées.Le reste a servi essentiellement à rembourser les allocations quotidiennes et le kilométrage.« Le fonds avait effectivement des frais d\u2019administration démesurés compte MONTRÉAL Tensions chez les cols bleus tenu des prestations versées », a commenté le SCFP.« Personne n\u2019a abusé de cet argent.Les bénévoles recevaient des « per diem » qui n\u2019étaient pas déraisonnables en soi, mais manifestement, la gestion de ces bénéfices était trop coûteuse.» Pas de malversations Les vérifications effectuées par l\u2019équipe du tuteur Denis Régimbald, qui a pris les commandes du syndicat en mai 2017, n\u2019ont pas révélé de malversations ou de détournement de fonds, soutient le SCFP.Une « administration déficiente » et « d\u2019importantes lacunes organisationnelles » ont toutefois été constatées.« Les conditions avantageuses dont les élus ont bénéficié n\u2019étaient pas frauduleuses, mais étaient plutôt le résultat d\u2019une interprétation très généreuse des règles en place, et ce, depuis de nombreuses années », indique le SCFP.Avec les nouveaux statuts, le SCFP veut mettre fin à une concentration de pouvoirs dans les mains de trois officiers, dont la présidence.Il suggère que davantage de décisions soient assujetties au comité de direction et à l\u2019assemblée générale.Le SCFP souhaite aussi instaurer plus de transparence dans la gestion des finances du syndicat.Déception Reste que le mécontentement chez de nombreux syndiqués ne se dissipe pas.Rappelons que la contestation a l\u2019égard de l\u2019ancienne présidente avait pris de l\u2019ampleur après qu\u2019elle eut ordonné, à l\u2019automne 2016, que des GPS soient installés sur les véhicules personnels de deux membres de la direction afin de suivre leurs déplacements.Quand le directeur québécois du SCFP, Marc Ranger, a été bousculé par des cols bleus lors d\u2019un congrès en mai 2017, le SCFP avait perdu patience et imposé une tutelle.Plusieurs cols bleus, qui n\u2019ont pas voulu être nommés, se disent déçus de la tutelle.Certains accusent le SCFP de manquer de transparence.« On croyait sincèrement qu\u2019un ménage serait fait.Malheureusement, la politique est venue se mêler de ça.Aujourd\u2019hui, c\u2019est devenu ingérable à plusieurs égards », affirme l\u2019un d\u2019eux.Une fois les nouveaux statuts adoptés, des élections seront tenues pour choisir un nouveau bureau syndical.L\u2019ex-présidente du syndicat des cols bleus de Montréal Chantal Racette a touché une rémunération de 138 500 $ pour les cinq mois qui ont précédé sa destitution en 2017.JACQUES NADEAU LE DEVOIR GNL Québec : Charette corrige le tir Après avoir affirmé en fin de matinée mercredi que le gouvernement du Québec tiendrait compte des émissions de gaz à effet de serre de la production du gaz naturel qui sera liquéfié au Québec avec le projet Énergie Saguenay, le ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette, a corrigé le tir en après-midi : l\u2019examen se limitera au seul « territoire québécois ».Selon les groupes écologistes, l\u2019examen de ces impacts dits « en amont » est d\u2019autant plus nécessaire que le gaz qui sera acheminé au Québec sera exploité en utilisant la fracturation hydraulique.Cette exploitation gazière génère des fuites de gaz, notamment de méthane, et nécessite l\u2019utilisation de millions de litres d\u2019eau pour chaque forage.Le Devoir EN BREF Benoit Charette JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Rectificatif Quelques mots du texte de Christian Rioux intitulé «Et maintenant?», publié le mercredi 16 janvier en pages A 1 et A 4, ont malencontreusement été effacés à l\u2019impression.En page A 4, la première phrase aurait dû se lire ainsi: «Dans un Parlement normal, une défaite aussi humiliante aurait immédiatement provoqué la démission du premier ministre.» Et la morale ?APÔTRES SUITE DE LA PAGE A 1 pour nous conformer aux exigences du gouvernement tout en respectant notre vision du monde.» Le père Gendreau, ecclésiastique depuis plus de trois décennies, a insisté sur cette idée de permettre un dialogue constructif entre les parents et l\u2019État.« Le gouvernement a le pouvoir, les parents ont l\u2019autorité.Comment peu- vent-ils l\u2019exercer ?En donnant un petit coup de main aux parents.Qu\u2019ils soient les premiers intervenants.» Raymond Ayas a aussi dit que l\u2019État attaque la vision du monde des croyants, ce qui constitue une entorse à la liberté de croyances.«L\u2019objectif du gouvernement est louable, a encore résumé M.Ayas fils.Nous comprenons qu\u2019il veut ce programme dans toutes les écoles.Nous ne demandons pas un droit d\u2019exemption.Nous proposons un moyen alternatif, comme pour les enfants qui ont des besoins spéciaux.On se dit: \u201cEt si on créait un cheminement alternatif, négocié entre les parents et le professeur ?\u201d» Les auteurs du manuel alternatif jugent que le programme ministériel impose des enseignements sexuels à des enfants réputés trop jeunes pour les subir.Le médecin a décortiqué le programme devant l\u2019assemblée.Il a par exemple mis en doute la pertinence de prévenir les abus sexuels en faisant « de tous les adultes des suspects » et « en entrant dans la tête des choses croches ».Il a aussi demandé pourquoi les documents officiels présentent une « vision positive » de la sexualité.« Tout ce qui est sexe est positif.» Il a demandé pourquoi le programme prévoit pour les adolescents des enseignements sur différentes orientations sexuelles.« Il me semble que 12 ou 13 ans, c\u2019est quand même jeune.» Il a dit que la psychologie n\u2019est pas une science exacte.« Ça peut changer.Il faut la science, mais il faut l\u2019amour.Dans ce programme du ministère, on ne parle pas d\u2019amour.Dans la société actuelle, tout le monde accuse tout le monde.Il n\u2019y a pas d\u2019amour.Toute question qui se pose à vous abordée là avec la perspective de l\u2019amour.Le Christ a dit que notre religion est une religion d\u2019amour.» Les reproches découlent aussi du fait que le cours d\u2019éducation sexuelle contreviendrait aux valeurs catholiques.Lesquelles, précisément?«Il n\u2019y a pas d\u2019amour dans ce programme, a dit le Dr Ayas.Le vrai amour, c\u2019est quand on donne aux autres.Si vous ne voulez pas parler de chasteté, d\u2019abstinence, etc., vous faites quoi?Vous dites que tout est bon.Tu vas sortir avec ta copine, que tu aies 15ans, 11ans, 8ans, tout est bon.Il n\u2019y a pas de jugement moral.Il n\u2019y a personne qui dit moralement ce qui est bon ou pas dans ce programme.» Pour l\u2019Église catholique, la sexualité doit demeurer une réalité de l\u2019amour conjugal dans le cadre indissoluble du mariage tout en restant « ouverte à la procréation ».En clair, la doctrine ca- tho rejette les rapports sexuels hors mariage, bannit les méthodes contraceptives artificielles et abhorre l\u2019homosexualité.La recherche du plaisir pour lui-même, seul ou avec les autres, est également proscrite.« On nous accuse de parler juste de chasteté, a dit M.Gendreau.Non.Mais on en parle.La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine.» L\u2019archevêché s\u2019est dissocié de la démarche Gendreau-Ayas comme de l\u2019ouvrage présenté par la hiérarchie catholique comme une simple initiative personnelle de son directeur de pastorale.L\u2019Assemblée des évêques du Québec n\u2019a pas non plus recommandé le boycottage des cours d\u2019éducation sexuelle.« Nous ne sommes pas dans une logique de combat.Nous ne sommes pas là pour faire des poursuites judiciaires », a résumé Raymond Ayas.Le ministère de l\u2019Éducation reste ferme en affirmant que les exemptions aux formations sur le sujet de la sexualité ne seront offertes que de manière exceptionnelle et pour des motifs importants, par exemple si des enfants ont vécu des traumatismes et des agressions.Le premier ministre Legault a aussi affirmé clairement qu\u2019il n\u2019était pas d\u2019accord avec la proposition de retrait à la demande de l\u2019abbé et du Dr Ayas.Les médias n\u2019ont pas non plus épargné l\u2019idée de stricte obédience aux doctrines vaticanes.Il faut dire que les propositions catholiques sur l\u2019éducation sexuelle arrivent en pleine ère post-#MeToo et au milieu d\u2019innombrables révélations concernant les agressions sexuelles commises pendant des décennies par des membres du clergé.« On accuse l\u2019Église de bien des choses, ces temps-ci.Le timing n\u2019est pas très bon, m\u2019a dit mon archevêque, a admis le père Gendreau.Mais comme me l\u2019a dit un ami, la question des prêtres pédophiles, c\u2019est un sur 2220, selon une étude récente aux États-Unis.Est-ce qu\u2019on va complètement balayer l\u2019Église à cause de ça ?» Le docteur Raouf Ayas et l\u2019abbé Robert Gendreau, essayistes et conférenciers qui s\u2019opposent au programme d\u2019éducation sexuelle.JACQUES NADEAU LE DEVOIR On nous accuse de parler juste de chasteté.Non.Mais on en parle.La maîtrise de soi est une œuvre de longue haleine.ROBERT GENDREAU » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE JEUDI 17 JANVIER 2019 Choisir ses valeurs C eux qui étaient présents à l\u2019Assemblée nationale le 5 décembre 2014 se souviendront toujours de l\u2019hommage émouvant qui avait été rendu aux victimes de la tuerie de l\u2019École polytechnique 25 ans après le drame.Ce jour-là, le premier ministre Philippe Couillard s\u2019était engagé à reconstituer le registre des armes à feu, dont les données concernant le Québec avaient été mises sous scellés sur ordre de la Cour fédérale, les préservant ainsi de la destruction projetée par le gouvernement Harper.D\u2019une certaine façon, le registre, créé au départ à la suite des pressions des survivantes et des familles des victimes de 1989, fait maintenant partie de l\u2019identité québécoise et reflète nos valeurs.De toutes les provinces canadiennes, le Québec est la seule où il a survécu.Partout ailleurs, sa disparition a même été accueillie comme un bon débarras.Chaque fois qu\u2019il tente timidement de renforcer des mesures de contrôle dont l\u2019utilité devrait pourtant apparaître évidente, Justin Trudeau s\u2019empresse de réitérer qu\u2019il n\u2019est pas question de ressusciter le registre honni.C\u2019est le 29 janvier 2018 que la promesse de M.Couillard a été officiellement tenue.La nouvelle loi accordait un délai d\u2019un an aux propriétaires d\u2019armes à feu sans restriction pour les faire immatriculer, même si elles étaient déjà enregistrées dans l\u2019ancien registre pancanadien, sous peine d\u2019une amende pouvant aller de 500 $ à 5000 $.Un an plus tard, c\u2019est très loin d\u2019être chose faite.Les propriétaires d\u2019armes ont boudé massivement le registre.En début de semaine, seulement 317 850 armes avaient été enregistrées sur les 1,6 million qui sont en circulation sur le territoire québécois.Au début du mois, le collectif PolySeSouvient a rendu public un sondage effectué par la firme Léger entre le 21 et le 26 décembre 2018, selon lequel 78 % des Québécois souhaitent que la loi soit appliquée dès son entrée en vigueur, le 29 janvier prochain, « incluant l\u2019émission d\u2019amendes en cas de non-respect délibéré ».Le groupe « Tous contre un registre québécois des armes à feu », qui avait appelé au boycottage, estime que le sondage n\u2019est pas fiable, puisqu\u2019il a été commandité par PolySeSou- vient et aurait été « fait pour avoir une réponse pour eux ».Selon son porte-parole, Guy Morin, ses résultats n\u2019en illustrent pas moins « une bataille entre la mentalité urbaine et rurale », dans la mesure où l\u2019appui au registre est nettement plus élevé à Montréal (84 %) qu\u2019en région.Même si les modalités d\u2019enregistrement sont très simples et qu\u2019il n\u2019y a aucuns frais, bon nombre de chasseurs et d\u2019agriculteurs voient dans le registre une attaque contre leurs propres valeurs et ne voient pas en quoi ils représentent la menace que celui-ci prétend éliminer.Plus qu\u2019une simple incompréhension, il semble y avoir un conflit entre les valeurs de la majorité et celles d\u2019une minorité.Quand il a dévoilé son cabinet en octobre dernier, le premier ministre François Legault a été très clair : « Il faudra avoir l\u2019adhésion à nos changements de la plus grande partie de la population.On ne fera jamais l\u2019unanimité.D\u2019ailleurs, il est hors de question de reculer devant des groupes de pression ou devant les secousses, les premières petites secousses.» Il y a un mois, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, semblait pourtant disposée à faire preuve de souplesse envers ceux qui tarderaient à enregistrer leurs armes.« Il y a des amendes qui sont prévues, oui, pour des personnes qui n\u2019auront pas rempli leurs obligations, mais vous savez, avant la partie répression, moi, je préfère miser sur la partie prévention », expliquait-elle, invitant ses collègues députés à sensibiliser leurs commettants à l\u2019importance d\u2019enregistrer leurs armes.Pour le moment, il n\u2019est pas question d\u2019assouplissements.En début de semaine, le directeur des communications de Mme Guilbault, Jean-François Del Torchio, a assuré au Soleil que la loi allait bel et bien s\u2019appliquer à compter du 29 janvier.Encore faudrait-il que les contrevenants soient débusqués.Il faudra compter sur la diligence des policiers pour vérifier si une arme est enregistrée ou non.On verra le résultat.M.Legault a beau assurer que son gouvernement ne se laissera pas influencer par les groupes de pression, bien des opposants au registre résident dans des circonscriptions représentées par la CAQ.À l\u2019Assemblée nationale, sept députés caquistes avaient voté contre sa création.Six d\u2019entre eux y siègent toujours, dont deux ministres, Éric Caire et André Lamontagne.À l\u2019époque, M.Legault lui-même semblait hésitant.« On a des réserves, entre autres sur les coûts.On se demande si c\u2019est nécessaire de tout recommencer à zéro, de mettre une nouvelle bureaucratie », avait-il déclaré.Le PLQ, dont l\u2019électorat est concentré dans la région de Montréal, appuie le registre sans réserve.En revanche, le PQ, dont les 10 députés sont maintenant cantonnés en région, réclame plus de flexibilité.Selon le député de Bonaventure, Sylvain Roy, « il faut rendre le registre acceptable, utilisable et qu\u2019il colle à la réalité des chasseurs ».M.Legault devra dire clairement où se situent ses propres valeurs.MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR C\u2019est jeudi que les bloquistes sauront s\u2019ils vivront une course à la chefferie pour choisir leur prochain dirigeant ou si Yves-François Blanchet sera couronné à la direction du Bloc québécois.L\u2019aspirant candidat Jean-Jacques Nan- tel avait jusqu\u2019à minuit, mercredi, pour soumettre son bulletin de candidature à la chefferie du Bloc.Son camp avait toujours l\u2019espoir d\u2019y arriver, mercredi après-midi.D\u2019autres bloquistes doutaient cependant que M.Nantel parvienne à répondre aux critères d\u2019admissibilité de la course du Bloc québécois.Car non seulement les candidats doivent recueillir 500 signatures de membres en règle du parti, celles-ci doivent en outre comprendre 20 signatures dans 15 circonscriptions différentes.Les candidats doivent également verser 7500 $.M.Nantel et ses collaborateurs tentaient toujours de finaliser leur collecte de signatures mercredi.S\u2019ils y parviennent, les instances du Bloc devront vérifier que ces signatures correspondent aux conditions de la course avant de confirmer la candidature de M.Nantel \u2014 ce qui peut prendre deux ou trois jours.Mais si le militant indépendantiste a échoué, Yves-François Blanchet sera couronné chef du Bloc jeudi.L\u2019ex-ministre péquiste et ancien analyste politique s\u2019est lancé dans la course à la direction du Bloc québécois à la fin de novembre.Jean-Jacques Nantel a annoncé, pendant les Fêtes, qu\u2019il briguerait lui aussi la succession de Martine Ouellet, affirmant qu\u2019il souhaitait « qu\u2019il y ait au moins un dirigeant indépendantiste au cours des prochaines années qui parle d\u2019indépendance de façon convaincante à la population ».Yves-François Blanchet a toutefois l\u2019appui de neuf des dix députés blo- quistes (outre Michel Boudrias).Des associations de circonscription bloquistes ont aussi choisi de le soutenir.Certains présidents de circonscription avaient cependant confié au Devoir, cet automne, qu\u2019ils auraient préféré une course et un débat d\u2019idées au Bloc québécois plutôt qu\u2019un couronnement.Jean-Jacques Nantel est un militant peu connu du grand public.Des sources bloquistes affirmaient ne pas le connaître elles non plus.Il a été aperçu lors d\u2019une manifestation de La Meute, en novembre.La semaine dernière, il indiquait sur Facebook, au sujet des «multiples manifestations auxquelles» il a participé, qu\u2019il « défend toujours les causes qu\u2019elles défendaient sans [se] soucier des groupes qui s\u2019y présentaient ».CHEFFERIE Fin des mises en candidature au Bloc Ensaf Haidar, l\u2019épouse de Raïf Badawi, toujours détenu en Arabie saoudite, ne désespère pas de voir son mari la rejoindre à Sherbrooke, où elle demeure maintenant avec leurs enfants.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE MYLÈNE CRÊTE À SHERBROOKE LA PRESSE CANADIENNE L\u2019épouse du blogueur saoudien Raïf Badawi semblait optimiste à sa sortie d\u2019une longue rencontre avec le premier ministre Justin Trudeau, mercredi.Ensaf Haidar a affirmé que le premier ministre lui a promis de faire « quelque chose de plus » pour tenter d\u2019obtenir la libération de son mari, emprisonné en Arabie saoudite depuis 2012.Raïf Badawi a été condamné à mille coups de fouet et à dix ans de prison pour avoir fait la promotion de la liberté de religion.M.Trudeau est à Sherbrooke pour la retraite de son cabinet avant la reprise des travaux parlementaires.Mme Hai- dar, qui s\u2019est installée dans cette ville québécoise en 2013, lui a demandé de faire de son mari un citoyen canadien pour accélérer sa libération.La rencontre entre Mme Haidar et M.Trudeau, à laquelle a assisté la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a duré plus de trente minutes.Le premier ministre n\u2019aurait pas accepté ou rejeté sa demande, selon Mme Haidar, qui garde espoir d\u2019être réunie un jour avec son mari.Or, M.Badawi pourrait seulement obtenir une citoyenneté honorifique du Canada, puisqu\u2019il n\u2019est pas en sol canadien et qu\u2019il serait donc impossible pour lui d\u2019effectuer les démarches requises.Ce geste symbolique n\u2019aiderait pas nécessairement sa cause, selon une source gouvernementale au fait du dossier.En plus d\u2019envenimer des relations déjà tendues entre le Canada et l\u2019Arabie saoudite, la citoyenneté honorifique ne donnerait pas accès à une aide consulaire au blogueur.Par ailleurs, Mme Haidar ne craint pas que l\u2019arrivée de la jeune Saoudienne Rahaf Mohammed au Canada samedi ait un impact négatif sur la cause de son mari.Celle-ci a été accueillie par la ministre Freeland à l\u2019aéroport de Toronto.La femme de 18 ans a obtenu le statut de réfugiée après avoir lancé un cri du cœur sur les réseaux sociaux.Elle avait profité d\u2019un voyage en famille pour s\u2019échapper.Elle disait avoir été violentée par ses proches, qui tentaient de la contraindre à un mariage forcé, et craignait d\u2019être assassinée si elle retournait dans son pays d\u2019origine.L\u2019épouse de Raïf Badawi garde espoir après sa rencontre avec Trudeau MICHEL DAVID D\u2019une certaine façon, le registre, créé grâce aux pressions des survivantes et des familles des victimes de 1989, fait partie de l\u2019identité québécoise et reflète nos valeurs.Le premier ministre Justin Trudeau a réuni son Conseil des ministres à Sherbrooke en prévision de la rentrée parlementaire.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE JEUDI 17 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 4 POUR NOUS JOINDRE avisdev@ledevoir.com Tél.: 514-985-3344 // Fax : 514-985-3340 www.ledevoir.com/services-et-annonces/avis-publics www.ledevoir.com/services-et-annonces/appels-d-offres HEURES DE TOMBÉE Les réservations doivent être faites avant 15 h pour publication deux (2) jours plus tard.Publications du lundi : Réservations avant 11 h le vendredi Publications du mardi : Réservations avant 15 h le vendredi Avis légaux et appels d\u2019offres AVIS LÉGAUX ET APPELS D\u2019OFFRES téléphone : 514 985-3452 télécopieur : 514 985-3340 Courriel : avisdev@ledevoir.com AVIS À TOUS NOS ANNONCEURS Veuillez, s\u2019il vous plaît, prendre connaissance de votre annonce et nous signaler immé dia tement toute anomalie qui s\u2019y serait glissée.En cas d\u2019erreur de l\u2019éditeur, sa res pon sa bilité se limite au coût de la parution.AVIS DE CLOTURE D'INVENTAIRE Avis est par les présentes donné qu'à la suite du décès de Lauréat Bégin, survenu le 3 août 2018, à Québec, province de Québec, un inventaire des biens du défunt a été fait par la liquidatrice successorale, Sylvie Bégin aux termes d'un acte signé devant deux témoins daté du 19 décembre 2018.Lauréat Bégin, était en son vivant retraité et domicilié au 4525-2135, rue de la Terr.- Cadieux, Québec, province de Québec, Canada, G1C 1Z2.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés à l'adresse suivante : Me Christine Lacombe, notaire 15, rue Gamelin, Bureau 405 Gatineau (Québec) J8Y 6N5 819-205-9800 clacombe@notarius.net DONNÉ A GATINEAU, PROVINCE DE QUÉBEC, CANADA, CE 9 JANVIER 2019 SYLVIE BEGIN LIQUIDATRICE A LA SUCCESSION DE LAUREAT BEGIN AVIS DE CLÔTURE D'INVENTAIRE (C.c.Q., art.795) Avis est par les présentes donné que, à la suite du décès de Thomas LY, un inventaire des biens a été fait par leliquidateur successoral, Ha Loan PHAN, le 15 janvier 2019, devant Me Christopher Dicecca, notaire, conformément à la loi.Cet inventaire peut être consulté par les intéressés, à l'étude de Me Christopher Dicecca, notaire, sise au 6024, rue de Bordeaux, Montréal (Québec), H2G 2R7.Donné ce 15 janvier 2019 Avis de clotûre d'inventaire (C.c.Q.art.795, al.2) Prenez avis que Pasquale PONTILLO, en son vivant résidant et domiciliée au 3050 St Elzéar E., Laval, province de Québec, H7E 4P2, est décédée à Laval le 15 novembre 2017.Un inventaire de ses biens a été dressé conformément à la loi et peut être consulté par les intéressés à l'étude de Me Carmine Pontillo, avocat située au 1868 boul.des Sources suite 310, Pointe-Claire, Québec, H9R 5R2, sur rendez-vous uniquement en téléphonant au (514) 636-4992.Le 15 janvier 2019.Autorisé par le liquidateur de la succession.Avis public AVIS PUBLIC EN VERTU DE L\u2019ARTICLE 192 DE L\u2019ANNEXE C DE LA CHARTE DE LA VILLE DE MONTRÉAL, MÉTROPOLE DU QUÉBEC 2e avis Avis est donné qu\u2019aux dates ci-après mentionnées, la Ville a approuvé la description des immeubles suivants, lesquels forment des rues, ruelles, voies ou places, a?n d\u2019en devenir propriétaire en vertu de l\u2019article 192 de l\u2019annexe C de la Charte de la Ville de Montréal, métropole du Québec: - Les lots 1 702 856 et 1 702 956 du cadastre du Québec, situés dans le polygone délimité par les avenues Rolland et Windsor et les rues des Érables et Desro- siers, dans l\u2019arrondissement de Lachine (DA186896047 \u2013 6 décembre 2018) - Les lots 1 424 274 et 1 424 403 du cadastre du Québec, situés dans le polygone délimité par le boulevard De Maisonneuve Est et les rues Poupart, Dufresne et Logan, dans l\u2019arrondissement de Ville-Marie (DA186896050 \u2013 7 décembre 2018) Les propriétaires des immeubles expropriés en vertu de l\u2019article 192 peuvent réclamer une indemnité de la Ville.À défaut d\u2019entente, l\u2019indemnité est ?xée par le Tribunal administratif du Québec à la demande des propriétaires ou de la Ville, et les articles 58 à 68 de la Loi sur l\u2019expropriation (RLRQ, chapitre E-24) s\u2019appliquent, compte tenu des adaptations nécessaires.Cet avis est le deuxième de trois que la Ville est tenue de publier.Fait à Montréal, le 17 janvier 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat Avis public Service des ?nances Avis aux contribuables Le rôle de perception de la Ville de Montréal de l\u2019exercice ?nancier 2019 est complété et a été déposé au bureau du soussigné.Les comptes de taxes seront envoyés d\u2019ici la ?n du mois de janvier.Rôle de perception : Taxes foncières Taxes spéciales (améliorations locales et autres taxes) Fait à Montréal, le 17 janvier 2019 Le trésorier, Yves Courchesne LOI SUR LA FAILLITE ET L\u2019INSOLVABILITÉ AVIS AUX CRÉANCIERS DE LA PREMIÈRE ASSEMBLÉE DANS L'AFFAIRE DE LA FAILLITE DE : ROYAL ÉLECTRIQUE GC INC., corps politique légalement constitué selon la Loi, ayant son siège social et son principal établissement au 1450, rue Bégin, en la ville de Montréal, pro - vince de Québec, H4R 1X1.Débitrice AVIS est par les présentes donné que la faillite de ROYAL ÉLECTRIQUE GC INC.est survenue le 5e jour de janvier 2019, suite au non-dépôt de la proposition et que la première assemblée des créanciers sera tenue le 25e jour de janvier 2019 à 10 h, au bureau de KPMG INC., 600, boul.de Maisonneuve Ouest, bureau 1500, Montréal, Québec.FAIT à Montréal, le 17e jour de janvier 2019.KPMG INC.Syndic à l\u2019actif de ROYAL ÉLECTRIQUE GC INC.Maxime Codere, CPA, CA, CIRP, SAI 600, de Maisonneuve Ouest, bureau 1500 Montréal QC H3A 0A3 Téléphone : 514 940-7528 Télécopieur : 514 840-2121 Avis public ENTRÉE EN VIGUEUR D\u2019UNE RÉSOLUTION PRENEZ AVIS que le conseil d\u2019arrondissement du Sud-Ouest a adopté la résolution suivante lors de sa séance ordinaire du 14 janvier 2019 : ADOPTION, EN VERTU DU RÈGLEMENT SUR LES PROJETS PARTICULIERS DE CONSTRUCTION, DE MODIFICATION ET D\u2019OCCUPATION D\u2019UN IMMEUBLE, D\u2019UNE RÉSOLUTION VISANT AFIN D\u2019AUTORISER LE REDÉVELOPPEMENT DE L\u2019ÎLOT FORMÉ DES RUES GUY, WILLIAM, BARRÉ ET DU PROLONGEMENT DE LA RUE LUSIGNAN PROJET LEGADO (SECTEUR GRIFFINTOWN) Cette résolution est en vigueur et est disponible pour consultation au Bureau Accès Montréal situé au 815, rue Bel-Air, du lundi au vendredi de 8 h 30 à 17 h.Montréal, le 17 janvier 2019 La secrétaire d\u2019arrondissement substitut Daphné Claude RÉSEAU DE TRANSPORT MÉTROPOLITAIN ERRATUM Appel d\u2019offres public Dans l\u2019avis d\u2019appel d\u2019offres public numéro 1001901 « Service de placement de personnel temporaire (Commis entrepôt-cariste) pour EXO », publié le 15 janvier 2019 dans Le Devoir, par le Réseau de transport métropolitain (« exo »), le nom de l\u2019appel d\u2019offres aurait dû se lire « Services de commis d\u2019entrepôt-cariste ».Pour être validement reçue, toute soumission doit être déposée au siège d\u2019exo, situé au 700, rue de La Gauchetière Ouest, 26e étage, Montréal (Québec) H3B 5M2, durant les heures d\u2019ouverture de celui-ci, AU PLUS TARD LE 1er FÉVRIER 2019 à 10h00, heure légale.Avis donné à Montréal, Québec, par : Martine Guimond Directrice exécutive \u2013 Approvisionnement et Gestion immobilière Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres : 18-17269 Services professionnels d\u2019un économiste de la construction L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le mardi 22 janvier 2019 est reportée au jeudi 7 février 2019 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 17 janvier 2019 Le gref?er de la Ville, Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres Direction générale adjointe \u2013 Services institutionnels Service de l\u2019approvisionnement Appel d\u2019offres # 18-17261 Services professionnels \u2013 Équipe de conception Complexe aquatique et récréatif Pierrefonds-Roxboro L\u2019ouverture des soumissions prévue pour le mardi 22 janvier 2019 est reportée au jeudi 07 février 2019 à 13 h 30 dans les locaux du Service du greffe de l\u2019hôtel de ville.Fait à Montréal, le 17 janvier 2018 Le gref?er de la Ville Yves Saindon, avocat Appel d\u2019offres AVIS est donné que le secrétaire d\u2019arrondissement recevra, sous pli cacheté, avant 14 heures, le 04 février 2019, au 201, avenue Laurier Est, rez- de-chaussée, Montréal (Québec) H2T 3E6, des soumissions pour le contrat suivant : Soumission DSARCCG54-18-12 Réfection de la toiture du gymnase et des deux toits plats au Centre Multiethnique Les documents relatifs à cet appel d\u2019offres seront disponibles à compter du 17 janvier 2019.Les personnes et les entreprises intéressées par ce contrat peuvent se procurer les documents de soumission en s\u2019adressant au Service électronique d\u2019appels d\u2019offres (SÉAO) en communiquant avec un des représentants par téléphone au 1 866 669-7326 ou au 514 856-6600, ou en consultant le site Web www.seao.ca.Les documents peuvent être obtenus au coût établi par le SÉAO.Toute soumission doit être présentée avec un cautionnement de soumission égal à 10 % du montant total de la soumission, conformément au cahier des charges.Pour être considérée, toute soumission doit être présentée sur les formulaires préparés à cette ?n et placée dans une enveloppe cachetée et portant l\u2019identi?cation fournie en annexe du document d\u2019appel d\u2019offres.Les soumissions reçues seront ouvertes publiquement au bureau d\u2019arrondissement situé au 201, avenue Laurier Est, rez-de-chaussée, immédiatement après l\u2019expiration du délai ?xé pour leur réception.La Ville de Montréal ne s\u2019engage à accepter ni la plus basse, ni aucune des soumissions reçues et n\u2019assume aucune obligation ni aucun frais d\u2019aucune sorte envers le ou les soumissionnaires.Renseignements : Madame Sandra Gaudreau Courriel : sandra.gaudreau@ville.montreal.qc.ca Montréal, le 17 janvier 2019 Le secrétaire d\u2019arrondissement, Claude Groulx Les risques du jeu FACEBOOK SUITE DE LA PAGE A 1 Elle a été la première à sonner l\u2019alarme sur son compte Twitter samedi dernier, en quelques caractères : « Moi, il y a 10 ans : j\u2019aurais sûrement joué avec mon âge et mes photos de profil sur Facebook et Instagram.Moi maintenant : je réfléchis à la façon dont ces données peuvent être exploitées pour apprendre à un algorithme de reconnaissance faciale à saisir l\u2019âge et sa progression.» Une gratuité coûteuse Dans un billet publié mardi sur le site de magazine Wired, Mme O\u2019Neill en rajoute en précisant que Facebook aurait très bien pu creuser dans les nombreuses photos personnelles que ses abonnés lui ont données au cours des dix dernières années, en échange de la gratuité de son service, pour entraîner son algorithme à suivre un visage dans le temps.Le défi 2009-2019 a toutefois l\u2019avantage d\u2019offrir, selon elle, des photos plus fiables pour témoigner de l\u2019évolution, puisque choisies par les utilisateurs, qui peuvent avoir placé sur leur compte en 2009 des photos d\u2019eux prises dans les années précédentes.L\u2019ajout d\u2019un contexte, d\u2019un lieu, du nom d\u2019un ami vient également densifier l\u2019information transmise à Facebook et assure au bout du compte une plus grande efficacité du profilage.Paradoxe Mercredi, un appel lancé aux responsables de l\u2019intelligence artificielle chez Facebook est resté sans réponse.« Nous sommes devant un paradoxe en matière de surveillance », résume au téléphone Jean-François Gagné, professeur au Département de science politique de l\u2019Université de Montréal qui s\u2019intéresse à l\u2019impact de l\u2019intelligence artificielle, dont se nourrissent les systèmes de reconnaissance faciale, sur la démocratie et le contrôle social.« Quand on regarde les sondages, les gens expriment de grandes préoccupations à propos de la surveillance, du profilage et du respect de leur vie privée et demandent aux gouvernements d\u2019agir.Mais dans l\u2019action individuelle, ils envoient un autre signal.» Pourtant, l\u2019avènement des systèmes de reconnaissance faciale et surtout leur amélioration constante par l\u2019agrégation de données personnelles, dont les sources et la fiabilité ne cessent de se multiplier, ne sont pas à prendre à la légère, estime l\u2019ACLU, qui mardi a demandé, avec 84 autres ONG, à Jeff Be- zos, patron d\u2019Amazon, de mettre fin à la vente de son système de reconnaissance faciale, Rekognition.« Les dangers de la surveillance par reconnaissance des visages ne peuvent être enrayés qu\u2019en arrêtant son usage par les gouvernements », écrivent-ils dans une lettre rendue publique.Rappelons qu\u2019au Canada, cette technologie a été déployée par l\u2019Agence des services frontaliers dans les aéroports du pays dans le cadre de son programme de contrôle des voyageurs.Opprimer les marginaux « La surveillance par les visages donne aux agences gouvernementales une capacité sans précédent de vous suivre, de savoir qui vous êtes, où vous allez, ce que vous faites et qui vous connaissez, pour- suivent-ils.Cette surveillance donne aux États de nouveaux outils pour cibler et distinguer des immigrants, des minorités religieuses ou ethniques.Elle pourrait amplifier et exacerber les préjugés actuels et historiques qui menacent des communautés.» En décembre dernier, Google a décidé de suspendre les ventes d\u2019un système d\u2019intelligence artificielle lié à un outil de reconnaissance faciale, et ce, tant que les risques sociaux et politiques inhérents à cette technologie persistent, a indiqué le p.-d.g.de l\u2019entreprise Sun- dar Pichai.Dans une lettre adressée à Jeff Be- zos, plusieurs employés ont demandé également à leur patron de mettre fin aux activités de l\u2019entreprise liées à la surveillance par la reconnaissance faciale.« Nous ne devrions pas faire partie de cette industrie qui appuie ceux qui surveillent et oppriment les populations marginalisées », lui ont-ils écrit.« Les questions soulevées par la reconnaissance des visages sont très importantes », dit Jean-François Gagné, qui estime que cette technologie peut avoir de bons côtés, mais vient comme d\u2019autres avec « une dualité d\u2019usage ».« L\u2019initiative des ONG qui s\u2019adressent à Amazon est d\u2019ailleurs louable puisqu\u2019elle invite à débattre de ce sujet qu\u2019il est nécessaire de plus politiser.Sur la reconnaissance faciale, il faut parler, poser des questions et trouver des solutions ensemble », pour éviter que cette technologie, en cherchant à construire l\u2019avenir, contribue, la faute à l\u2019aveuglement et au manque de critiques, à son effondrement.E N B R E F Enquête sur la Commission scolaire English-Montréal Le ministre de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a annoncé mercredi matin l\u2019ouverture d\u2019une enquête sur l\u2019administration et la gouvernance de la Commission scolaire English-Mont- réal.Le ministre affirme avoir été mis au fait, dès sa nomination, de nombreuses allégations sérieuses concernant la CSEM qui remonteraient déjà à plusieurs années.Il a évoqué un conseil des commissaires paralysé par un climat malsain et des irrégularités concernant les programmes de formation professionnelle.De son côté, la commission scolaire affirme que cette enquête l\u2019a prise « complètement par surprise » puisque deux audits réalisés par le précédent gouvernement étaient demeurés sans suite.La Presse canadienne Retrait de la candidate libérale contre Jagmeet Singh dans Burnaby-Sud VANCOUVER \u2014 La candidate libérale qui devait affronter en février le chef néo- démocrate fédéral dans une élection partielle en Colombie-Britannique a tiré sa révérence, après avoir souligné l\u2019origine ethnique de Jagmeet Singh dans un message en ligne.Karen Wang s\u2019est excusée, mercredi, pour ses commentaires, affirmant que la diversité de la circonscription de Burnaby-Sud constituait de fait une véritable force.Dans un communiqué, elle a expliqué qu\u2019en essayant de parler de sa propre trajectoire et de l\u2019importance de faire participer des personnes de différents horizons à cette élection partielle, elle avait émis des commentaires qui faisaient également référence à la culture de M.Singh.Mme Wang admet que son choix de mots n\u2019était pas adéquat.La Presse canadienne La discrimination génétique peut aller de l\u2019avant La loi fédérale contre la discrimination génétique, qui empêche notamment les assureurs d\u2019exiger de leurs clients qu\u2019ils passent des tests de dépistage et en partagent les résultats, a été jugée invalide par la Cour d\u2019appel du Québec parce que relevant plutôt des compétences provinciales.La cause a été portée en appel à la Cour suprême du Canada mercredi par la Coalition canadienne pour l\u2019équité génétique.Le député Anthony Housefa- ther déplore qu\u2019Ottawa n\u2019ait pas défendu sa loi en première instance et demande au ministre de la Justice de changer de stratégie à la Cour suprême pour respecter la volonté du Parlement.Le gouvernement Trudeau s\u2019opposait à la loi, mais se l\u2019est fait imposer par l\u2019opposition, à laquelle s\u2019était rallié un contingent de députés libéraux d\u2019arrière-ban.Le Devoir Karen Wang LAURA KANE LA PRESSE CANADIENNE Les gens expriment de grandes préoccupations à propos de la surveillance, du profilage et du respect de leur vie privée et demandent aux gouvernements d\u2019agir.Mais dans l\u2019action individuelle, ils envoient un autre signal.JEAN-FRANÇOIS GAGNÉ » d\u2019huile de cannabis étaient offerts à la vente, a constaté Le Devoir.Derrière le comptoir, un conseiller a d\u2019ailleurs reconnu que, sur les 180 produits listés à la SQDC, à peine 10 étaient disponibles ce jour-là, soit 5,5 % de l\u2019offre envisagée sur papier par la nouvelle société d\u2019État pour opérationna- liser à l\u2019échelle provinciale la légalisation du cannabis au Canada.Rappelons que la SQDC a fait entrer le cannabis dans la légalité le 17 octobre dernier avec 110 de ses 180 produits listés, soit 60 % de son offre, en raison de problèmes importants d\u2019approvisionnement.Au lendemain de la légalisation, la société a par ailleurs mis en suspens son plan d\u2019expansion de succursales et réduit les heures d\u2019ouverture des 12 commerces ayant actuellement pignon sur rue, du jeudi au dimanche, faute de suffisamment de produits à offrir.La mesure est toujours en vigueur.Du déni, selon un consultant Questionné sur son inventaire et son offre, la SQDC a refusé catégoriquement de les quantifier, prétextant qu\u2019« il s\u2019agit de chiffres qui fluctuent beaucoup d\u2019une journée à l\u2019autre ».Elle prétend au passage avoir « un plus large éventail de produits en succursales » plutôt qu\u2019en ligne, où «l\u2019offre est plus limitée» LEDEVOIR // LE JEUDI 17 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 5 FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Trois mois après la légalisation du cannabis au pays, les tablettes des succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC) sont toujours dépourvues de la majorité des produits qui normalement devaient y être en vente libre depuis le 17 octobre dernier.La société d\u2019État cherche toutefois à minimiser la réalité de cette pénurie, censée durer plus d\u2019une année encore, selon plusieurs experts, estimant que les produits les plus recherchés par les consommateurs, soit les fleurs séchées, sont désormais disponibles en quantité suffisante.« L\u2019approvisionnement demeure un défi que nous suivons de près avec nos fournisseurs, admet Fabrice Giguère, porte-parole de la SQDC.Pour l\u2019instant, nous avons un inventaire qui est balancé entre la demande et les catégories de produits.Par exemple, nous avons beaucoup de produits dans la catégorie des fleurs séchées parce que la demande est plus forte pour ces produits.» Pourtant, vendredi dernier, le vide était franchement visible dans toutes les catégories sur les rayons de la succursale de la rue Sainte-Catherine Ouest à Montréal, où une poignée de produits à base de fleurs séchées et CANNABIS La SQDC minimise la pénurie de cannabis dans son réseau Les tablettes devraient rester vides encore longtemps, estiment les experts parce que le site Web « dessert un bien plus grand territoire ».Par ailleurs, après avoir éludé la question du Devoir, la société a finalement avoué ne pas avoir une idée claire de la date à partir de laquelle elle va être en mesure d\u2019offrir l\u2019ensemble des produits de son catalogue.« Nier l\u2019existence de la pénurie, c\u2019est éviter d\u2019admettre qu\u2019on a l\u2019air fou », résume Pascal Jamet, directeur de Can- Mar expertise, un consultant spécialiste en marché du cannabis au pays qui estime que la pénurie de cannabis était, bien avant l\u2019entrée en vigueur de la légalisation, «facile à prévoir».«Les inventaires en septembre dernier, juste avant la légalisation et pour les six mois cumulés, étaient près de sept fois moins élevés que la demande anticipée de 65 à 70 tonnes de cannabis par mois.Il était évident qu\u2019il allait en manquer, au Québec comme ailleurs au Canada.» Selon lui, les producteurs ont leur part de responsabilité dans ce démarrage chaotique, eux qui se sont concentrés dans les derniers mois sur les « fusions et acquisitions pour faire monter la valeur de leurs actions [plutôt] que sur la production pour répondre à la demande des consommateurs », dit M.Jamet.«Les grandes surfaces qu\u2019ils ont achetées pour faire face à l\u2019avenir ne sont pas encore prêtes à produire.» «?On a humilié Jérémy sur la base de son handicap » WARD SUITE DE LA PAGE A 1 « Mon argument principal était que ce n\u2019est pas une discrimination du tout que de faire une satire de quelqu\u2019un [puisqu\u2019]on ne le prive pas d\u2019un service ou de quoi que ce soit.C\u2019est très dangereux d\u2019ancrer une action en dommages sur cette vague notion de dignité quand l\u2019individu n\u2019a pas été traité différemment des autres », a résumé l\u2019avocat.Son collègue, Me Walid Hijazi, qui représente l\u2019Association des professionnels de l\u2019industrie de l\u2019humour au Québec, a plaidé dans le même sens, rappelant que ce n\u2019est pas un procès en diffamation, mais bien pour discrimination.Liberté d\u2019expression Tous deux ont largement plaidé pour la liberté d\u2019expression de l\u2019artiste et répété l\u2019importance pour les humoristes de pouvoir s\u2019attaquer aux tabous et de tenir des propos controversés.« On ne peut pas avoir une société tellement édulcorée qu\u2019on ne peut plus dire quelque chose de blessant, sinon c\u2019est pire que 1984 », a soutenu Me Grey.Selon lui, la liberté d\u2019expression est devenue une « liberté orpheline » mise à mal par ceux qui la défendent en principe, mais qui tentent de la restreindre lorsqu\u2019elle va à l\u2019encontre de leur opinion et qu\u2019elle s\u2019entrechoque avec d\u2019autres droits.« Nous vivons des tentatives constantes de limiter la liberté d\u2019expression et je pense que c\u2019est notre devoir de la défendre.» Si les juges de la Cour d\u2019appel maintiennent le jugement de première instance, cela va créer « un effet de frilo- sité » chez les humoristes, qui vont s\u2019autocensurer de crainte de faire l\u2019objet de poursuites à leur tour, ajoutent les avocats.Balises Mais l\u2019humoriste est allé trop loin, répète Me Stéphanie Fournier, l\u2019avocate de la Commission des droits de la personne qui défend Jérémy Gabriel et qui se retrouvait, par la bande, à défendre le jugement de première instance qui lui donnait gain de cause.« On n\u2019a pas parlé du handicap de Jé- rémy, on a humilié Jérémy sur la base de son handicap », a-t-elle plaidé.Selon elle, le droit à la dignité ne doit pas être limité par le droit à la liberté d\u2019expression.« On ne tolère plus au- jourd\u2019hui les blagues racistes, on a tranché une limite comme société.Les blagues homophobes ne passent plus non plus.Il y a un équilibre à trouver et c\u2019est ce qui fait la beauté des humoristes qui réussissent à le faire », ajoute-t-elle.Me Fournier fait également valoir qu\u2019en dépit des prétentions de ses opposants sur l\u2019importance de la liberté artistique, les humoristes n\u2019ont pas plus de droits que les autres.« J\u2019ai entendu mon collègue dire qu\u2019en humour, on peut tout dire.Si c\u2019est ce que vous retenez, SVP, mettez des balises, parce que moi, je ne sais pas comment je vais expliquer à mes enfants qu\u2019un humoriste a le droit de tenir de tels propos, mais qu\u2019eux n\u2019ont pas le droit d\u2019en dire autant en classe ou dans une cour d\u2019école.» Les juges ont pris la cause en délibéré.À la sortie, Jérémy Gabriel a soutenu qu\u2019il avait hâte que tout cela se termine, mais insisté sur le fait que c\u2019est un « combat important » qu\u2019il veut mener jusqu\u2019au bout.Il estime par ailleurs que l\u2019inquiétude des humoristes sur la portée de ce jugement est « exagérée ».« Je pense qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une propagande pour faire peur aux gens par rapport à la liberté d\u2019expression.» De son côté, Mike Ward a soutenu qu\u2019il trouvait « ridicule » de se retrouver en cour pour une blague qu\u2019il n\u2019a pas faite depuis six ans.Questionné à savoir s\u2019il allait s\u2019empêcher de faire des blagues sur certains sujets, l\u2019humoriste a répondu à la volée, alors qu\u2019il passait la porte tournante de la Cour d\u2019appel : « Je vais continuer à faire mon métier, pis qu\u2019ils mangent de la marde.» Les écoliers étaient de retour en classe mercredi à l\u2019école des Découvreurs.JACQUES NADEAU LA PRESSE CANADIENNE Craintes au retour en classe à l\u2019école des Découvreurs La pénurie de cannabis au pays pourrait durer encore « un peu plus d\u2019un an », dit-il.«Peut-être même deux ans, voire plus encore », estime pour sa part Gabriel Bélanger, directeur des opérations chez Benchmark Botanics, un producteur de cannabis de la Colombie-Britannique et spécialiste du marché de cette plante à la Kwantlen Polytechnic University (KPU) de Surrey, au sud de Vancouver.« Les nouveaux producteurs font face à un processus d\u2019obtention d\u2019une licence de production et de transformation délivrée par Santé Canada qui est long et lourd, dit-il à l\u2019autre bout du fil.«Cela peut prendre une année avant d\u2019avoir le droit de produire du cannabis, puis de 10 à 16 semaines avant d\u2019amener des plants à maturité.» M.Bélanger ajoute que l\u2019arrivée des produits comestibles à base de cannabis, en octobre 2019, risque d\u2019accentuer cette pénurie en déplaçant une part de la production de cannabis légal vers cette catégorie de produits qui devrait plus séduire le consommateur intéressé par le cannabis et ses effets mais réfractaire à l\u2019idée de fumer cette plante, dit-il.Il ajoute que le conservatisme du Québec face à cette substance n\u2019est pas pour aider la province à surmonter sa pénurie.« L\u2019interdiction de cultiver des plants à la maison concentre la demande sur la SQDC et exerce une pression sur ce réseau », souligne M.Bélanger en rappelant que, « si on peut brasser de la bière chez soi, on devrait aussi pouvoir faire pousser du cannabis, surtout pour enrayer le marché noir ».Selon les plus récentes données de Statistique Canada, après trois mois d\u2019existence, le marché légal aurait capté près de la moitié des achats de cannabis au pays.Mais le marché noir reste encore très actif en raison de prix plus bas et d\u2019une disponibilité accrue de la substance.Nier l\u2019existence de la pénurie, c\u2019est éviter d\u2019admettre qu\u2019on a l\u2019air fou PASCAL JAMET » de LaSalle.Plusieurs ont dû être hospitalisés après avoir ressenti des nausées et des étourdissements.Certains ont vomi, selon Urgences-santé, et au moins neuf personnes auraient perdu connaissance.Mardi, la commission scolaire Mar- guerite-Bourgeoys a publié un communiqué indiquant que les analyses de la qualité de l\u2019air avaient démontré qu\u2019aucune concentration anormale de gaz n\u2019avait été détectée.Quelques parents d\u2019écoliers ne sont pas rassurés, toutefois.Ils se sont exprimés mercredi sur le trottoir de la 39e avenue, face à l\u2019école.Ils se demandent si les mesures pour qu\u2019une telle situation ne se produise plus sont adéquates et si la détection d\u2019une possible autre défaillance du système de chauffage au gaz naturel sera appropriée.Des parents ont déclaré que leurs enfants qui ont été témoins de scènes troublantes, lundi, ne veulent plus retourner à l\u2019école des Découvreurs.La rentrée scolaire a eu lieu dès 7h mercredi matin à l\u2019école primaire des Découvreurs, dans le sud-ouest de Montréal, près de 48 heures après l\u2019évacuation forcée de l\u2019immeuble causée par une émanation de monoxyde de carbone.Le gaz toxique a incommodé des dizaines d\u2019élèves et d\u2019adultes à l\u2019intérieur de l\u2019école située dans l\u2019arrondissement Jérémy Gabriel JACQUES NADEAU LE DEVOIR Remettre de l\u2019argent dans votre portefeuille» fut l\u2019une des promesses phares de la Coalition avenir Québec (CAQ) au cours de la récente campagne électorale.Le slogan a probablement séduit cette majorité des contribuables (63 %) qui paient des impôts.Mais à y regarder de plus près, on constate qu\u2019il se résume à quelques points seulement parmi la centaine de promesses de la CAQ: l\u2019uniformisation de la taxe scolaire, le retour au tarif unique en garderie, la bonification de l\u2019allocation familiale et l\u2019aide aux handicapés et aux proches aidants.En décembre, le gouvernement a entrepris d\u2019implanter progressivement ces mesures fiscales qu\u2019on peut qualifier de bien ciblées sur les familles.Mais ne faut-il pas aller plus loin pour rendre notre fiscalité plus compétitive en ces temps de pénurie de main-d\u2019œuvre et de lutte contre les changements climatiques ?Selon les dernières données compilées par la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l\u2019Université de Sherbrooke, les prélèvements fiscaux obligatoires équivalent à 37,3 % du PIB du Québec comparativement à 32 % dans le reste du Canada et à 34,2 % en moyenne dans les pays de l\u2019OCDE.En revanche, ils sont nettement moindres ici qu\u2019en France (46,2 %) ou en Suède (44 %).Il s\u2019agit là d\u2019un choix politique pas toujours conscient qui vient avec l\u2019avantage d\u2019une quantité \u2014 sinon d\u2019une qualité \u2014 accrue de services publics, mais aussi avec ses inconvénients, dont le plus évident est la réduction du revenu disponible des ménages et l\u2019incitation à travailler moins ou à travailler au noir.Cela dit, c\u2019est au chapitre des outils fiscaux qu\u2019il faut s\u2019arrêter pour voir s\u2019il n\u2019y a pas moyen de faire mieux.À titre d\u2019exemple, le Québec privilégie l\u2019impôt sur le revenu (34,1 % des recettes fiscales totales), contrairement aux pays de l\u2019OCDE (24,2 %) qui ont plutôt choisi les taxes à la consommation (28,2 % contre 18,7 % au Québec).Même constat en ce qui a trait aux cotisations sociales, beaucoup plus élevées dans les pays de l\u2019OCDE (27,3 % du total) qu\u2019au Québec (15,7 %).Chez nous, chaque fois qu\u2019un groupe d\u2019experts propose de modifier l\u2019ordre des choses afin, par exemple, de mieux reconnaître les efforts du travail légal et d\u2019inciter à l\u2019épargne au lieu d\u2019à la consommation, les élus reculent sous la pression de ceux qui prétendent que les taxes à la consommation pénalisent davantage les moins nantis.Ce qui est loin d\u2019être le cas lorsqu\u2019elles excluent les biens essentiels, comme le logement, les soins de santé, l\u2019alimentation et le transport collectif, et qu\u2019elles s\u2019accompagnent de crédits remboursables, comme le crédit de TPS et le crédit de solidarité.Admettons toutefois qu\u2019à 15 % pour le Québec, le tandem TPS-TVQ a atteint un seuil psychologique difficilement franchissable en Amérique.Qu\u2019à cela ne tienne, il existe d\u2019autres moyens de taxer plus efficacement.À titre d\u2019exemple, pour encourager les gens à conserver un emploi au-delà de 60 ans, et même de 65 ans, on peut encore bonifier le crédit pour travailleur d\u2019expérience et, surtout, en faire la promotion.On peut aussi annuler, ou rendre optionnelles, les cotisations au RRQ, comme c\u2019est le cas dans les autres provinces, et annuler la contribution obligatoire au Fonds des services de santé.Pour l\u2019ensemble des salariés, la France est sur le point d\u2019éliminer les charges sociales imposées sur les heures supplémentaires.Une avenue coûteuse qui mérite pourtant d\u2019être étudiée dans certains cas, comme celui du travail obligatoire des infirmières.Dans un autre registre, le Québec a malheureusement très peu recours à l\u2019écofiscalité.En plus de la Bourse du carbone, on pourrait profiter de la conjoncture favorable aux gros consommateurs d\u2019hydrocarbures pour hausser les taxes sur les carburants et imposer une surtaxe à l\u2019achat des camions légers qui ne servent pas pour le travail et des gros VUS, tout en réinjectant cet argent sous forme de baisses d\u2019impôt sur le revenu.Si Québec adoptait la nouvelle taxe fédérale sur le carbone en plus de son programme d\u2019échange de droits de polluer, cela ouvrirait peut-être la porte à un remboursement du fédéral supérieur à la taxe elle-même, ce qui sera bientôt le cas en Ontario.Dans la même veine, il faut réintroduire les péages sur les autoroutes et les ponts, comme partout dans le monde, et imposer une taxe sur les places de stationnement des centres commerciaux.Mais là encore, en consacrant les sommes recueillies à l\u2019amélioration des transports régionaux ou à la baisse des impôts.L\u2019important, en somme, c\u2019est de mettre la fiscalité québécoise déjà passablement progressive au service des causes prioritaires.LEDEVOIR // LE JEUDI 17 JANVIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Robert Melanson Président de la Société de l\u2019Acadie du Nouveau-Brunswick Depuis que la nouvelle de la montée en flèche des coûts associés à la tenue des Jeux de la Francophonie 2021, tenus à Moncton, a éclaté en décembre dernier, l\u2019affaire a fait couler beaucoup d\u2019encre dans les médias francophones du pays.Bien que cette polémique puisse être analysée sous plusieurs angles, la majorité des articles et des textes de réflexion sur le sujet se sont principalement centrés sur des arguments économiques et, dans une moindre mesure, politiques.Toutefois, une autre perspective aussi importante doit absolument être prise en ligne de compte : celle de la diplomatie.À l\u2019ère de la mondialisation, la diplomatie est un outil puissant d\u2019échanges sur les plans culturel, social et économique, en plus de pouvoir faire entendre sa voix sur le plan international.L\u2019Acadie ne dispose pas d\u2019outils étatiques en matière de relations internationales.Par contre, les aspirations acadiennes en matière de diplomatie se sont depuis longtemps manifestées par le biais de la Société nationale de l\u2019Acadie (SNA), qui s\u2019est vue investie de cette mission grâce à son histoire, sa ténacité, et surtout en ayant été reconnue par la France et plus tard la Belgique (ici, on pense notamment aux quatre grands Acadiens accueillis à Paris par le général de Gaulle comme des chefs d\u2019État en 1968).Quant à la province du Nouveau- Brunswick, elle fait partie de la «Francophonie» depuis 1977, date de son adhésion à l\u2019Agence de coopération culturelle et technique (ACCT).Cette prise de conscience provinciale était largement influencée par les « relevés de conclusions » signés entre la SNA et l\u2019État français.Cette visite avait provoqué bien des remous à Fredericton et à Ottawa, certes.Toutefois, elle a catapulté l\u2019Acadie, et par extension la « situation acadienne », sur la scène internationale.L\u2019Acadie, désormais, était invitée dans la cour des grands.Il va sans dire que le Nouveau- Brunswick a été admis à l\u2019ACCT en grande partie grâce à l\u2019influence de l\u2019intelligentsia acadienne.Il n\u2019est pas exagéré de croire que la province du Nouveau-Brunswick doit beaucoup à l\u2019Acadie, car sans elle, cette dernière n\u2019aurait jamais été acceptée comme membre de l\u2019Organisation internationale de la Francophonie (OIF), organisme qui regroupe 88 États et gouvernements représentant plus de 900 millions d\u2019habitants répartis sur les cinq continents.Il est important de souligner ici que, du côté anglophone, le Nouveau-Brunswick n\u2019est pas membre du Commonwealth et que sa candidature serait très certainement jugée utopique.Mais c\u2019est toute la province qui bénéficie de sa place à l\u2019OIF, car c\u2019est la province et son drapeau qui y sont représentés.Oui, l\u2019Acadie s\u2019est montrée très courageuse, ambitieuse et déterminée en matière de francophonie internationale, et ce, depuis des décennies.[\u2026] Les visionnaires des actions et des initiatives de l\u2019Acadie sur la scène internationale méritent tout notre respect, autant chez les francophones que chez les anglophones, car leur legs est énorme.Les différentes ententes et différents échanges établis entre l\u2019Acadie et divers pays de la Francophonie ont permis à des générations de boursiers à profiter d\u2019occasions d\u2019épanouissement professionnel, scolaire et personnel exceptionnelles.Ces boursiers sont devenus, entre autres, nos gens d\u2019affaires, nos médecins, nos leaders politiques.Francophones et anglophones peuvent aujourd\u2019hui bénéficier de leur vision, de leur engagement et de leur contribution économique.La capacité financière du gouvernement du Nouveau-Brunswick limite très certainement nos aspirations internationales, et cette réalité est la même pour les deux communautés linguistiques.Mais si le gouvernement du Nouveau-Bruns- wick se limite à la question financière pour analyser les coûts et les avantages des Jeux, ce sera le début de l\u2019effritement non seulement de la place de l\u2019Acadie sur la scène internationale, mais également de la place du Nouveau-Brunswick, et par extension des provinces atlantiques à l\u2019intérieur de notre fédération canadienne.Est-ce que notre statut en tant que « province pauvre» signifie que nous ne serons jamais dignes d\u2019accueillir des événe- ments d\u2019envergure internationale sur notre territoire ?Vivons-nous dans un Canada à deux vitesses: un Canada où les provinces fortunées peuvent jouer sur la scène internationale et s\u2019épanouir alors que les provinces dites « pauvres » sont condamnées à une éternelle gestion de décroissance ?En Atlantique, faisons-nous partie d\u2019un Canada périphérique ?La participation du gouvernement du Nouveau-Brunswick à l\u2019OIF est une occasion à ne pas manquer.Il faut la saisir pour l\u2019ensemble des Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises, anglophones comme francophones.Les Jeux de la Francophonie, s\u2019ils ont lieu, seraient le plus grand événement sportif et culturel que l\u2019est du Canada ait connu.Demandons à nos gouvernements de voir les réels bénéfices de ces Jeux pour l\u2019Acadie et pour le Nouveau-Brunswick, car c\u2019est une occasion qui ne risque pas de se représenter de sitôt.Un projet aux impacts négatifs Nous voulons féliciter M.Alexandre Shields pour son excellent article paru dans Le Devoir du 11 janvier 2019, article intitulé : « Avis défavorable aux projets de ports au Saguenay ».Son article fait ressortir l\u2019impact négatif que pourraient avoir ces deux nouveaux ports sur le parc marin des bélugas dans cette zone du Saguenay et du fleuve Saint-Laurent.Il précise que « les deux infrastructures tripleront le trafic maritime actuel dans le Saguenay ».Dernièrement, l\u2019émission télévisée Découverte parlait justement du bruit des bateaux dans l\u2019habitat du béluga, bruit qui contribue à la dégradation de cet écosystème maritime.Or, le Comité sur la situation des espèces en péril (COSEPAC) signalait en 2014 que les bélugas du fleuve étaient une espèce sérieusement menacée.De plus, cette zone a été officialisée « Parc marin du Saguenay » par le gouvernement canadien.Il est alors difficile de comprendre, d\u2019une part, que le gouvernement du Canada prévoie des mesures afin de réduire le bruit dans l\u2019habitat des bélugas et d\u2019autre part, que la ministre fédérale de l\u2019Environne- En Acadie, n\u2019ignorons pas l\u2019importance de la diplomatie LIBRE OPINION LETTRES FISCALITÉ Une taxation plus efficace « ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu torique du 17 octobre signé Justin Trudeau ?Bien sûr ! Récemment, la surintendante est même débarquée chez moi afin que je signe le document « Modification de votre bail \u2014 interdiction de fumer du cannabis » avant\u2026 le 15 janvier ! En plus des « aires intérieures », la consommation de la verte substance est bannie « dans les aires extérieures de la propriété ».Question.Pour tous les fanas de chanvre qui ne sont point propriétaires d\u2019une maison, où jouir de ce plaisir désormais légal ?Combien d\u2019adeptes de gros pétards vont se conformer docilement à ces règles strictes adoptées par plusieurs proprios du Québec ?Plutôt que de courir le risque que les membres du fan-club de marie-jeanne en fument en cachette dans leur logis, pourquoi ne pas tout simplement leur permettre de s\u2019adonner à leur passe-temps dehors, soit « sur les balcons et les terrasses » des immeubles ?Au moins, les relents de mari ne persisteraient pas à l\u2019intérieur des murs et s\u2019évanouiraient rapidement dans l\u2019atmosphère.J\u2019essaie d\u2019être compréhensive, car moi aussi, j\u2019ai mon p\u2019tit bonheur\u2026 consommer des sauterelles ! Est-ce que je peux en faire l\u2019élevage chez moi ?Martine Lacroix Montréal, le 15 janvier 2019 ment, Catherine McKenna, n\u2019ait imposé aucune contrainte sur le transport maritime, notamment dans le projet minier Arianne Phosphate dans cette même zone.Le gouvernement fédéral semble se contredire lui-même.Faudra-t-il donc encore se lever pour manifester, comme à Ca- couna, afin qu\u2019une fois pour toutes, les compagnies comprennent enfin les enjeux de nos écosystèmes marins ?Il serait surprenant que la construction de deux nouveaux ports majeurs sur le Saguenay n\u2019augmente pas la dégradation sonore de l\u2019habitat naturel des bélugas.Gaétan Sirois et Urbain Arsenault Rimouski, le 14 janvier 2019 Ma voisine marie-jeanne Je ne consomme pas de marijuana.Par contre, mon abstinence n\u2019est pas partagée par tous les locataires qui habitent le même édifice que moi.Résultat, eh bien, je me trouve donc à côtoyer cette bonne vieille marie- jeanne\u2026.contre mon gré ! En effet, l\u2019odeur du cannabis qui pénètre sous la porte de mon studio ainsi que dans le système de ventilation est loin de me parer d\u2019un rire à la Dany Verveine.Est-ce que les propriétaires du bloc de 52 appartements où je loge ont réagi à ce moment his- JEAN-ROBERT SANSFAÇON A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE JEUDI 17 JANVIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Patrick Moreau Rédacteur en chef de la revue Arguments et auteur de Ces mots qui pensent à notre place (Liber, 2017) On s\u2019en souvient : dans le roman 1984, le ministère de la Guerre s\u2019appelle ministère de la Paix, celui de l\u2019Abondance gère les restrictions, et le ministère de l\u2019Amour arrête, torture et exécute les opposants.Cette inversion du sens des mots semblait à George Orwell un des éléments dominants de la novlangue.Non seulement, les langages de la propagande vident les mots de leur sens, mais ils vont souvent jusqu\u2019à les retourner comme une peau de lapin pour leur faire dire exactement l\u2019inverse de ce qu\u2019ils semblent au premier abord signifier.C\u2019est en suivant ce principe que la défunte Allemagne de l\u2019Est, qu\u2019une clôture métallique doublée d\u2019un fossé, des champs de mines et des nids de mitrailleuses frontaliers transformaient en prison à ciel ouvert, arborait fièrement le nom de RDA, République démocratique allemande.À ceux qui sont assez âgés pour avoir cru \u2014 ne serait-ce que l\u2019espace d\u2019un instant \u2014 que la chute du mur de Berlin avait enfin ouvert un espace politique exempt de telles manipulations du sens des mots, du moins dans ce qu\u2019elles avaient de plus grossier, l\u2019époque actuelle ne cesse de jour en jour d\u2019apporter son lot de démentis.Le dernier en date ?Cette triste histoire survenue tout récemment qui a vu un humoriste exclu d\u2019un spectacle pour avoir eu l\u2019impudence de porter des dreadlocks, ce qui serait constitutif, aux yeux de ces personnes qui l\u2019ont exclu, du crime ou délit d\u2019« appropriation culturelle ».Or, contrairement à ce qu\u2019affirment ceux qui s\u2019érigent en censeurs au nom de ce concept (« l\u2019appropriation culturelle, écrivent-ils, n\u2019est pas un débat ni une opinion [\u2026], mais une forme d\u2019oppression »), celui-ci est éminemment discutable.Tout d\u2019abord, parce qu\u2019il résume la culture à n\u2019être qu\u2019un catalogue folklorisé de « produits culturels » (coiffures, vêtements, tatouages, mets culinaires, etc.), et surtout parce qu\u2019il contredit, en l\u2019ethnicisant, ce qui fait de toute culture quelque chose de vivant, en perpétuelle mutation (celle- ci étant nourrie par les échanges et les emprunts, justement).D\u2019autre part, cette «appropriation culturelle » universalise une obsession états-unienne pour la «race» qui ferait, si on s\u2019y tenait, d\u2019Alexandre Pouchkine Jean-François Dupré Chargé de cours en politique environnementale à Hong Kong Les véganes sont de plus en plus nombreux.Et ils choquent.Décidément, ils choquent Christian Rioux, qui a consacré sa chronique du 11 janvier à brosser un portrait cynique et caricatural de l\u2019an- tispécisme, du véganisme et de l\u2019antina- talisme.À l\u2019ère des fake news et des polémiques populistes trompeuses, il serait bon d\u2019apporter quelques clarifications sur ces trois idéologies interconnectées qui sont souvent mal comprises.Plus qu\u2019une « parodie d\u2019antiracisme appliquée aux animaux » et dont la « conception de la nature exclut l\u2019homme», comme le qualifie M.Rioux, l\u2019antispécisme est une position selon laquelle les animaux ont, tout comme les humains, une valeur morale.Le fait de reconnaître que les animaux ont une valeur morale n\u2019implique aucunement l\u2019exclusion de l\u2019homme de la nature, mais plutôt l\u2019inclusion des animaux dans le projet (et le progrès) humain.Qu\u2019est-ce que cela implique concrètement?C\u2019est précisément ce sur quoi les partisans de l\u2019antispécisme \u2014 dont les véganes \u2014 veulent lancer un débat de société.Contrairement à ce que les critiques mal informées ont tendance à insinuer, accorder aux animaux une valeur morale ne signifie pas nécessairement qu\u2019il faille leur accorder des droits en tous points identiques et égaux à ceux des humains.Véganisme Pour les véganes, reconnaître la valeur morale des animaux implique, au minimum, de ne pas les exploiter ou de les faire souffrir inutilement.Ceci demande bien entendu de s\u2019abstenir de consommer des produits animaux, que les véganes considèrent comme n\u2019étant pas nécessaires à la survie et au bien-être des humains (du moins dans les sociétés industrialisées).Comme M.Rioux le mentionne, ceci implique donc «la disparition [\u2026] de milliards d\u2019animaux domestiques », pour la plupart des animaux de ferme, dont l\u2019existence misérable et (heureusement) courte, ainsi que la mort brutale sont orchestrées par l\u2019humain afin d\u2019assouvir ce que les véganes perçoivent comme des caprices plutôt que de véritables besoins.Mais le mouvement végane comprend un éventail de positions sur l\u2019étendue et les formes de la valeur morale dont les animaux devraient bénéficier.Antinatalisme Pour une minorité de véganes et d\u2019an- tispécistes, le refus de constituer une source de souffrance se traduit par un refus de procréer.Cependant, l\u2019antina- talisme ne se veut pas principalement un remède aux problèmes environnementaux ou à la souffrance animale, mais bien à la condition humaine.Les antinatalistes, comme le philosophe David Benatar (lui-même végane), attribuent à l\u2019existence une valeur négative.Pour Benatar, la vie n\u2019a pour sens que celui qu\u2019on lui donne, mais elle est dépourvue de « sens cosmique », de vérité absolue.En donnant naissance à un enfant, on inflige à un être, sans son consentement, une quête existentielle perpétuelle, parsemée de petits plaisirs banals et de grandes tragédies, et couronnée par la mort pour seule certitude.Pour les antinatalistes, il y a quelque chose de profondément immoral dans la procréation et surtout dans l\u2019élevage d\u2019animaux, puisque les êtres sensibles \u2014 humains et autres \u2014 auraient intérêt à ne pas être nés.Les failles de l\u2019antivéganisme Chez les conservateurs réactionnaires, ces idées, pourtant bien intentionnées, sont scandaleuses puisqu\u2019elles détruisent plusieurs des fondements idéologiques et pratiques de l\u2019ordre établi.Au lieu de travailler à rectifier la situation, certains prônent l\u2019endurcissement.D\u2019autres se donnent bonne conscience en se disant respectueux et reconnaissants du sacrifice des animaux (allez expliquer ça au cochon qui va se faire égorger).Les réactionnaires s\u2019entêtent à justifier le statu quo, à glorifier le passé, à trouver un sens facile et commode à un monde insensé, et à se convaincre de la véracité de ce sens.Mais comme on dit en anglais, two wrongs don\u2019t make a right.On ne peut pas corriger une injustice ou une faute en perpétuant cette même faute.Solution à la Trump : on accuse l\u2019adversaire de ses propres failles intellectuelles.Les faits deviennent donc des idéologies sans fondements, tandis que les idéologies se cachent derrière des mythes tenus pour factuels.C\u2019est dans cette optique que M.Rioux dépeint l\u2019antispécisme, le véganisme et l\u2019antinatalisme comme des « idéologies délétères qui sont de pures constructions de l\u2019esprit détachées de toute réalité », tout en décrivant sa propre position comme menant à « une politique rationnelle capable de s\u2019en tenir à de véritables priorités ».Ici, les soucis pour la souffrance ani- Antispécisme, véganisme et antinatalisme un écrivain «noir» puisqu\u2019il avait un arrière-grand-père abyssin ! Loin de combattre le racisme, c\u2019est un concept qui contribue bien plus à cette essentialisa- tion néfaste de la « race » que l\u2019on observe ces derniers temps.Exclu au nom de l\u2019inclusivité Ce qui est toutefois le plus intéressant (ou le plus ironique) dans toute cette affaire, c\u2019est l\u2019explication donnée par les censeurs, qui allèguent pour expliquer leur geste que l\u2019« organisme de solidarité » qu\u2019ils dirigent se veut « inclusif » et qu\u2019il « favorise une approche d\u2019éducation [\u2026] plutôt que d\u2019exclusion ».Eh oui, vous avez bien lu : le jeune humoriste en question a été exclu au nom de l\u2019inclusivité\u2026 Je ne sais s\u2019il en est pour sa part fort consolé! Pour la leur, les observateurs de la scène publique, dont je suis, déploreront qu\u2019une contradiction aussi flagrante ait désormais droit de cité, qui plus est dans un organisme géré par des étudiants universitaires dont on souhaiterait qu\u2019ils se montrent un peu plus sensibles à la logique, et aussi d\u2019ailleurs aux valeurs démocratiques, ainsi, enfin, qu\u2019à la simple équité.Au-delà de l\u2019aspect strictement linguistique de ce paradoxe qui voit s\u2019inverser le sens des mots et s\u2019imposer dans l\u2019espace public des concepts si contestables, cette nouvelle affaire de censure est révélatrice du climat inquisitorial qui envahit peu à peu les universités et la scène culturelle montréalaise.Au nom de concepts terriblement mal définis (en plus de cette «appropriation culturelle», on peut mentionner: «inclusivité», «vivre-en- semble», «diversité», etc., tous termes vagues dont on serait bien en peine de donner une définition cohérente et précise), on surveille, on proteste, on jette l\u2019anathème et l\u2019interdit, et, pour finir, on censure.Qui plus est, ces apprentis censeurs prétendent dénoncer de supposés «rapports de domination», qui, entre parenthèses, sont toujours perçus de façon unilatérale: sous les angles exclusifs de la « race » et du « genre », comme si la sphère sociale, elle, n\u2019existait pas, qui fait qu\u2019un étudiant ou un artiste, fût-il « noir », occupe dans la société québécoise actuelle une place plus enviable que celle d\u2019un employé au salaire minimum, fût-il « blanc ».Mais ils sont surtout parfaitement aveugles à la «domination » bien concrète qu\u2019ils exercent eux-mêmes en tant qu\u2019agents d\u2019une censure qui, pour être illégale ou, si l\u2019on préfère, non légale, n\u2019en est pas moins efficace, entre autres en ce qu\u2019elle bénéficie du soutien indirect des institutions universitaires ou culturelles et celui de médias complaisants.Peut-être faudrait-il signaler à ces gens, qui sont tellement persuadés de posséder la vérité qu\u2019ils refusent tout débat et s\u2019arrogent le droit de censurer leurs semblables, qu\u2019ils sombrent ce faisant dans cet autoritarisme oppressif qu\u2019ils croient dénoncer.Et que c\u2019est inquiétant pour l\u2019avenir.La démocratie, rappelons-le, est un régime politique qui permet l\u2019expression et la gestion des désaccords, tout en excluant non seulement la violence, mais aussi des interdits autres que ceux stipulés par les lois.La liberté (y compris celle de se coiffer comme on l\u2019entend) et la liberté d\u2019expression (le droit que vous avez de défendre vos idées même si elles ne plaisent pas à votre voisin) en sont le fondement.Bienvenue à la novlangue et à la censure ! male et les autres injustices ne seraient pourtant plus réels et tangibles, ils deviennent « de pures constructions de l\u2019esprit détachées de toute réalité », tandis que le charlatanisme intellectuel visant à nier ces souffrances au nom de la culture et des traditions \u2014 dont la valeur, elle, ne provient que du domaine des idées, de l\u2019imaginaire, de l\u2019interprétation que l\u2019humain se fait du monde \u2014 est présenté comme le gros bon sens.Or, c\u2019est précisément parce qu\u2019il n\u2019attribue pas de valeur morale aux animaux que M.Rioux peut conclure que les « traditions » et les « savoirs alimentaires millénaires » priment la souffrance animale.D\u2019où le parallèle entre le spécisme, le racisme, le sexisme et les autres « -ismes » qui partagent la même logique d\u2019exclusion arbitraire.Pour les véganes, l\u2019intérêt des animaux à ne pas souffrir (voire à ne jamais exister) a une valeur plus grande que le patrimoine alimentaire ou idéa- tionnel.Quel dommage pour les recettes de nos ancêtres ! Réponse du chroniqueur La question n\u2019est pas de savoir s\u2019il faut réduire la souffrance animale, ce que les paysans d\u2019hier qui vivaient près de leurs animaux comprenaient mieux que nous.Elle consiste à ne pas se laisser berner par l\u2019antihumanisme de l\u2019idéologie végane.Antihumanisme que vous illustrez mieux que je n\u2019aurais su le faire.Il faut accorder une « valeur morale » aux animaux, dites-vous.Et de nous expliquer du même souffle que pour certains véganes, « il y a quelque chose de profondément immoral dans la procréation » humaine.Bref, dans l\u2019existence même de l\u2019homme ! Ce que vous exprimez par cet étonnant oxy- more qui vous semble aller de soi : l\u2019« intérêt à ne pas exister ».C\u2019est probablement cet « intérêt à ne pas exister » qui justifierait aussi la disparition de toutes les espèces animales domestiques.Pour ne pas dire la disparition de toute vie sur Terre.Ce sont de telles constructions nébuleuses qui ont amené le très controversé philosophe antispéciste Peter Singer à s\u2019interroger sur les bienfaits de l\u2019infanticide (Should the Baby Live ?).De même, accorder des « droits » à ces êtres sensibles que sont évidemment les animaux demeure une aberration.Un droit implique un devoir.On a le droit d\u2019exprimer ses idées dans la mesure où l\u2019on ne diffame personne.Si le renard a le « droit » de ne pas être chassé, qui le sanctionnera quand il attrapera un lapin ?Il y a longtemps que la frontière est tracée entre les animaux et les hommes.On n\u2019y reviendra pas.C\u2019est d\u2019ailleurs cette séparation qui nous rappelle l\u2019immense responsabilité qui est la nôtre à l\u2019égard du monde animal.Christian Rioux Pour les véganes, reconnaître la valeur morale des animaux implique, au minimum, de ne pas les exploiter ou les faire souffrir inutilement.ISTOCK Au nom de concepts terriblement mal définis, on surveille, on proteste, on jette l\u2019anathème et l\u2019interdit, et, pour finir, on censure LEDEVOIR // LE JEUDI 17 JANVIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 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l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Porter des dreadlocks, de l\u2019appropriation culturelle ?ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR aut-il absolument être noir pour porter des dreadlocks?« La polémique me semble sans fondement.Les dreadlocks ne sont pas nécessairement associées à la communauté noire, elles sont surtout L\u2019histoire de Zach Poitras, cet humoriste blanc récemment exclu de soirées d\u2019humour montréalaises à cause de ses dreadlocks, a ravivé le débat sur l\u2019appropriation culturelle ces derniers jours.Les discussions se sont vite polarisées dans les médias et sur les réseaux sociaux, pour déterminer si porter des tresses rastas, une coiffure associée à des mouvements noirs, relevait de l\u2019appropriation culturelle.Le Devoir s\u2019est entretenu avec des experts et membres de la communauté noire pour faire le point sur la question.F vu le jour dans les années 1930 en Jamaïque.Il se fonde sur la croyance du retour d\u2019un empereur noir, Ras Tafari, dont la mission sera d\u2019unifier les peuples afrodescendants répartis sur la planète, principalement en Amérique et en Afrique.Se basant sur un texte de l\u2019Ancien Testament, les adeptes pensaient qu\u2019il fallait se laisser pousser les cheveux pour montrer sa force et son courage.L\u2019arrivée du reggae et la popularité du chanteur Bob Marley dans les années 1970 ont fait disparaître l\u2019aspect spirituel des drealocks pour en faire une mode.« J\u2019ai autant de personnes noires que blanches qui viennent demander des dreadlocksau salon.Pour certains, c\u2019est pour le symbole spirituel, mais beaucoup trouvent ça juste beau.C\u2019est devenu une mode comme une autre », raconte Abisara Machold, fondatrice du salon de coiffure InHAIRitance, spécialisé en cheveux bouclés ou crépus au naturel.Si cette coiffure trouve racine dans un mouvement spirituel et est maintenant une coupe à la mode, ce débat sur l\u2019appropriation culturelle est-il inutile ?« Le problème, c\u2019est qu\u2019on mélange les choses.On ne fait plus de différence entre l\u2019échange culturel, l\u2019appréciation culturelle et l\u2019appropriation culturelle», laisse tomber la coordonnatrice du Mois de l\u2019histoire des Noirs, Carla Beauvais.Un phénomène qui ne fait que s\u2019accentuer depuis les polémiques sur les spectacles de Robert Lepage, SL?V et Kanata.M.Le Glaunec abonde dans le même sens.«Le dialogue est juste mal amené, car c\u2019est une erreur de parler d\u2019appropriation culturelle.Dans cette histoire d\u2019humoriste exclu, on avait plutôt une occasion de débattre sur le fait que cheveux et politique vont de pair.C\u2019est ça qui est intéressant.» En devenant une mode dans les années 1970, les dreadlocksont perdu leur connotation spirituelle, mais ont gardé leur symbole politique.Le professeur rappelle que les adeptes du mouvement rastafari prônaient une absence du pouvoir, n\u2019ayant ni lieu de culte, ni dogme, ni leader.« Pour les peuples afrodescendants, cette coiffure est restée un symbole de résistance et de libération », dit-il.Rien d\u2019étonnant ainsi à voir de nos jours des groupes altermondialistes ou des activistes écologistes adopter ces mèches de cheveux longues et emmêlées.« Les enjeux politiques ont un lien fort avec les enjeux capillaires.Les révoltes sociales des années 1960-1970, le mouvement hippie notamment, étaient associées à des personnes aux cheveux longs.Les cheveux courts représentent plutôt l\u2019ordre et la rigueur, comme chez les militaires », poursuit le professeur d\u2019histoire.Il explique ainsi pourquoi les personnes avec des dreadlocks, encore plus lorsqu\u2019elles sont noires, sont encore discriminées au moment de trouver un emploi, un logement, une école, etc.ISTOCK Une polémique tirée par les cheveux ?Devenue un sujet chaud divisant les citoyens, l\u2019histoire de Zach Poitras a pris beaucoup trop d\u2019ampleur, de l\u2019avis du principal concerné et de plusieurs membres de la communauté noire.Exclu à cause de ses dreadlocks, l\u2019humoriste n\u2019estime pas pour autant avoir été censuré par la Coop Les Récoltes.« C\u2019est leur droit.Je ne suis pas d\u2019accord avec leur façon de faire ou leur opinion face aux dreads, mais ce n\u2019est pas de la censure », indique-t-il, précisant toutefois trouver « absurde » de se faire cataloguer de « raciste » à cause de ses cheveux.« Je crois qu\u2019on ne tape pas sur le bon clou.Les gens de cette coop et moi avons les mêmes combats, mais on ne s\u2019y prend peut-être pas de la même façon.» Carla Beauvais, coordonnatrice du Mois de l\u2019histoire des Noirs, y voit plutôt une dérive du débat sur l\u2019appropriation culturelle.« Les gens qui se sont prononcés sont des Blancs.Et je ne crois pas que les gens de la communauté noire sont d\u2019accord avec ce qui est arrivé au bar.Ça enlève de la légitimité au vrai débat sur l\u2019appropriation culturelle.» indissociables du mouvement rastafari, qui est une forme de culte politico-reli- gieux, un mouvement avant tout spirituel », explique Jean-Pierre Le Glau- nec, professeur d\u2019histoire à l\u2019Université de Sherbrooke, spécialisé sur les Amériques noires.Si l\u2019histoire démontre l\u2019existence des dreadlocks dans l\u2019Égypte ancienne, la culture indienne ou la civilisation aztèque, cette coiffure est principalement associée au mouvement rastafari, qui a Le problème, c\u2019est qu\u2019on mélange les choses.On ne fait plus de différence entre l\u2019échange culturel, l\u2019appréciation culturelle et l\u2019appropriation culturelle.CARLA BEAUVAIS » "]
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