Le devoir, 19 janvier 2019, Le D Magazine
[" Écouter | Voir | Lire | Réfléchir | Voyager | Déguster | Vivre | Jouer M A G A Z I N E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Lire Tout sur la rentrée littéraire Vivre Virée aquatique à Las Vegas Ingrid St-Pierre Du naufrage au rivage epuis son premier texte en 2013, Ce samedi il pleuvait, sa progression aura été fulgurante.Annick Lefebvre en est bien consciente.Celle qui a vu sa pièce Les barbelés créée à Paris en 2017 a un autre projet, « immense », prévu au Théâtre de la Colline, une coproduction avec plusieurs théâtres québécois.L\u2019auteure de J\u2019accuse vit des années «un peu folles».« Je sais ce que j\u2019écris, concrètement, jusqu\u2019en 2022.Et je suis programmée dans des lieux prestigieux sur des synopsis ou des ébauches.Je suis extrêmement privilégiée.» Quelques mois après la production montréalaise des Barbelés au Quat\u2019Sous, Annick Lefebvre crée une nouvelle œuvre, qu\u2019elle juge « un peu à l\u2019opposé » de cette tranchante pièce.Tout en nous informant, candidement, que ses impressions sur ses créations en cours sont souvent trompeuses.«Mais dans ma tête, c\u2019est vraiment une pièce feel good.» Pour cette prise de parole mise au monde lors du 50e anniversaire du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui, la dramaturge souhaitait « faire un théâtre plus populaire, au sens noble du terme».Œuvre de remémoration, de « célébration », ColoniséEs revoit notre histoire du dernier demi-siècle, se promenant entre passé et présent.Avec un Québec personnifié par une jeune serveuse qui a suspendu ses études après le Printemps érable.«On a vraiment un rapport étrange à notre histoire récente, constate l\u2019au- teure.Je pense qu\u2019il y a des choses qu\u2019on porte inconsciemment et qu\u2019on évacue en les discréditant.» Elle fait référence, par exemple, à l\u2019indépendance politique, déplorant une certaine amnésie face aux « gens qui nous ont précédés et aux idées qui ont, quelque part, libéré le Québec de son carcan».«De la même manière, ajoute-t-elle, on a fait une croix sur la religion catholique, mais on devrait au moins admettre que notre société est construite sur ces valeurs-là.C\u2019est quand même ça qui nous constitue.On vient de là.Après, on n\u2019est pas obligés d\u2019adhérer à ces idées-là.Mais si on est ici, à se parler en français, dans un lieu de culture, c\u2019est qu\u2019il y a des gens qui se sont battus pour ça!» Après avoir accumulé une riche masse d\u2019infos, la dramaturge s\u2019est sentie un peu comme «le DJ de l\u2019Histoire».Par où la saisir ?La revisiter à travers la vie de Pauline Julien et Gérald Godin lui a donné une assise.Sa pièce est la troisième depuis l\u2019automne à convoquer ces mythiques figures.Ce n\u2019est pas un hasard, puisqu\u2019au dépar t Annick Lefebvre avait amorcé ce texte à la demande de Catherine Allard, l\u2019interprète de Je cherche une maison qui vous ressemble \u2014 qui a finalement fait appel à une autre auteure, moins surchargée, pour écrire le spectacle créé à Fred-Barry.La fabrication de mythes Celle qui n\u2019est pas issue d\u2019un milieu souverainiste \u2014 « jeune, ma mère avait des posters de Pierre Elliott Trudeau dans sa chambre » \u2014 avait découvert le couple par son contact avec le milieu culturel.« Ça m\u2019a fascinée, combien ils étaient devenus de grandes figures.Et j\u2019avais envie d\u2019interroger ce qui, dans leur petite histoire, avait créé ces personnages plus grands que nature dans l\u2019inconscient collectif.Envie de me demander comment on fabrique les mythes, finalement, à travers eux.» C\u2019est entre autres, dit-elle, leur arrestation en 1970 qui fut un tournant.L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Entrevue Ingrid St-Pierre, du naufrage au rivage, avec son disque Petite plage.Danse Odile Tremblay Musique Cinéma Arts visuels Écrans Grilles télé C U L T U R E V I V R E L I R E 6 5 8 22 36 40 14 4 23 30 26 24 42 44 45 46 48 50 53 Rentrée littéraire Tout un cahier pour voir venir le meilleur de l\u2019hiver en fiction comme en essai.Fiction québécoise Fiction d\u2019ailleurs Fiction française Bédé et jeunesse Essais d\u2019ici et d\u2019ailleurs Polar Voyage Explorer le Las Vegas aquatique, oasis de fraîcheur au cœur du désert.Nature Société Alimentation Resto Tendance Vins SOMMAIRE 28 32 34 Photo de la une du D : Marie-France Coallier Le Devoir Photo de la une Lire : Dorian Danielsen C U L T U R E ENTREVUE MARIE LABRECQUE COLLABORATRICE LE DEVOIR Annick Lefebvre se souvient La dramaturge fait œuvre de mémoire avec ColoniséEs D Explication d\u2019un titre «Je ne cherche pas à dire que nous sommes un petit peuple de colonisés», affirme Annick Lefeb- vre.Le mot revenait souvent dans ses lectures sur les années 1960 et 1970.«Ce n\u2019était pas une expression péjorative à l\u2019époque; ça voulait strictement dire: il y a au-dessus de nous une élite anglophone qui nous réprime.J\u2019avais envie de réhabiliter ce mot-là.Un peu de la même manière que Godin prenait des mots du peuple qu\u2019il transformait dans sa poésie.» Quant au «E », il provient de sa difficulté, lors de ses recherches, à savoir «si des femmes participaient aux manifestations, puisque jamais ce n\u2019était mentionné ».Elles étaient invisibili- sées par la règle du masculin qui l\u2019emporte.«Et ce n\u2019est pas vrai qu\u2019en 2019 je vais présenter une pièce sur l\u2019histoire récente du Québec sans montrer clairement que les femmes aussi ont lutté, qu\u2019on fait partie de la grande marche de cette histoire.» ColoniséEs Texte d\u2019Annick Lefebvre, mise en scène de René Richard Cyr, avec Macha Limonchik, Benoit McGinnis, Maude Demers- Rivard, Myriam Fournier, Charles Aubey-Houde, Sébastien Rajotte, Zoé Tremblay-Bianco.Au Centre du Théâtre d\u2019Aujourd\u2019hui du 22 janvier au 16 février. | 3 T h é ât r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 L\u2019auteure Annick Lefebvre vit des années « un peu folles » et sait ce qu\u2019elle écrit, concrètement, jusqu\u2019en 2022.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR «C\u2019est tombé à une période où la popularité des ar tistes associés aux boîtes à chansons, comme Pauline, commençait un peu à décliner.Et on dirait qu\u2019elle s\u2019est donné pour mandat de devenir la porte-parole de grandes causes.De la même manière, Godin, un poète qui n\u2019avait jamais eu beaucoup de reconnaissance du milieu littéraire, fréquentait des intellectuels tout à coup.Cette injustice a aussi marqué ses écrits.Et je suis pas mal certaine que ça lui a donné envie de faire le saut en politique.» La répression de la crise d\u2019Octobre les a donc magnifiés.«C\u2019est sûr que c\u2019est fort de dire: \u201cLe fait qu\u2019on se souvienne de nous, on le doit à Octobre 70.\u201d Mais je trouvais intéressant d\u2019explorer ces zones plus paradoxales.» Ces événements peuvent devenir des moteurs, dit-elle, rappelant que la contestation étudiante de 2012, elle, a mené Gabriel Nadeau-Dubois à se lancer en politique.« Sans vouloir dire que l\u2019Histoire se répète, j\u2019ai vraiment tenté de créer des parallèles.» Rassembleuse En choisissant René Richard Cyr pour créer sa pièce, l\u2019auteure désirait notamment établir un dialogue avec un metteur en scène appar tenant «clairement» à une génération différente.De même, leur décision d\u2019avoir plusieurs narrateurs plutôt que d\u2019attribuer les rôles de Julien et Godin à des interprètes uniques leur a permis d\u2019engager une distribution multigé- nérationnelle.« Je trouvais important de faire un retour en arrière avec des gens qui avaient d\u2019autres expériences de cette histoire.» Il était aussi capital pour elle de ne pas por ter de jugement dans sa pièce.Afin que « tout le monde puisse s\u2019y retrouver, peu importe leurs allégeances politiques.» S\u2019il rappelle plusieurs épisodes historiques violents, le dernier-né de l\u2019auteure au verbe acéré n\u2019est pas avare de tendresse ou de lyrisme.« Je me suis donné pour défi d\u2019avoir une écriture plus poétique.À cause des figures auxquelles je rendais hommage, mais aussi parce que j\u2019essayais d\u2019aller ailleurs.C\u2019est souvent une dimension que je réprime parce que j\u2019ai incroyablement peur d\u2019être quétaine.Mais je voulais injecter un peu de beauté dans tout ça.» On a vraiment un rapport étrange à notre histoire récente.Je pense qu\u2019il y a des choses qu\u2019on porte inconsciemment et qu\u2019on évacue en les discréditant.ANNICK LEFEBVRE » L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e D a n s e 4 | ENTREVUE MÉLANIE CARPENTIER COLLABORATRICE LE DEVOIR es corps avalés et recrachés des entrailles de la terre forment la matière première d\u2019un étrange théâtre d\u2019images dans The Great Tamer.Derrière les ficelles de ce qu\u2019il décrit comme un « freak show existentiel », l\u2019artiste grec Dimitris Papaioannou entretient l\u2019illusion scénique en jouant de distorsions à saveur surréaliste.C\u2019est que pour cet ancien bédéiste adopté par le milieu de la danse, l\u2019image précède le mouvement.En témoignent les scénari- mages qu\u2019il conçoit comme canevas de ses pièces.«Je me vois plutôt comme un chorégraphe d\u2019éléments et de matières qui travaille avec des corps», affirme le créateur de 54 ans tombé dans l\u2019œil du grand public en 2004 avec ses gigantesques mises en scène des cérémonies d\u2019ouverture et de clôture des Jeux olympiques d\u2019Athènes.Depuis, celui qui a forgé son savoir-faire sur la scène underground athénienne est devenu un incontournable des grands festivals européens et s\u2019est vu confier des mandats de taille, dont une nouvelle création pour l\u2019emblématique Wuppertal Tanztheater de Pina Bausch.«Même si toutes sortes de virtuosités en danse m\u2019enchantent, dans mon travail, la virtuosité n\u2019est pas un élément de premier plan.Si elle m\u2019est utile, ce n\u2019est que pour servir l\u2019aspect freak show que j\u2019affectionne.» L\u2019œil d\u2019un peintre Formé initialement à la peinture aux beaux-arts et auprès du célèbre peintre Yannis Tsarouchis, c\u2019est dans les années 1980 que Dimitris Papaioan- nou s\u2019initie à la danse et se tourne vers le théâtre expérimental, touchant autant à la performance qu\u2019à la L\u2019archéologie scénique de Dimitris Papaioannou Le chorégraphe-plasticien creuse dans son héritage grec pour en déterrer des archétypes Les danseurs Costas Chrysafidis et Ektor Liatsos PHOTOS JULIAN MOMMERT D Les danseurs Pavlina Andriopoulou, Evangelia Randou, Kalliopi Simou et Alex Vangelis dans The Great Tamer | 5 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 On ne nage pas impunément dans le monde des fake news sans y perdre pied.On ne se met pas en scène constamment sur Facebook sans se prendre pour un héros de fiction.On ne regarde pas Trump s\u2019époumoner, ni la planète se décomposer, sans éprouver une sensation diffuse d\u2019irréalité, avec l\u2019envie soudaine de sauter la clôture.Alors, si vous voyez des zombies déambuler sur le trottoir en lorgnant votre jugulaire, ce sont peut-être des êtres humains jouant aux morts-vi- vants, qui empruntent leurs mœurs vampiriques.Gare à vous ! Le phénomène du Bird Box Challenge, bien gros et bien sot, le crie haut et fort : la barrière entre fiction et réalité est en train de s\u2019effacer.Rappelons que le film post-apocalyp- tique très populaire Bird Box de Suzanne Bier, diffusé sur Netflix, porte à l\u2019écran des forces démoniaques que les humains ne peuvent regarder sans périr, et qui se bandent donc les yeux pour survivre.D\u2019où le périple à l\u2019aveugle d\u2019une famille en fuite, la mère étant incarnée par Sandra Bullock.Qu\u2019à travers les réseaux sociaux un défi ait été lancé d\u2019imiter ces personnages de cécité laisse baba.Désormais viral chez les jeunes surtout.Plusieurs adeptes de ce jeu se prennent en égoportraits, yeux bandés, dans leur quotidien, avec des buts divers : préparer son café sans se brû- ler, traverser la rue sans se faire écraser\u2026 Hue, allons-y donc ! Depuis qu\u2019une adolescente de l\u2019Utah, au volant d\u2019un camion roulant en sens inverse du trafic, les yeux couverts par son bonnet, a embouti un autre véhicule \u2014 sans faire de blessés, on s\u2019en félicite \u2014, la peur s\u2019est accrue chez ceux qui gardent encore un pied sur terre.Les dirigeants de Netflix, les policiers et d\u2019autres autorités impliquées ont beau tempêter, supplier les adeptes de cette vague de faire gaffe aux accidents, rien n\u2019y fait.Ah ! la jeunesse ! diront les plus indulgents en espérant que ce défi particulier passe vite.Folie ! crieront les autres.On y voit aussi une roulette russe nouveau modèle en ces temps de no future et de perte de sens.Comme si les films et les séries devenaient plus réels que le réel, toutes cloisons éclatées en mille miettes.Tant de productions post- apocalyptiques sont mises en boîte.Faut-il craindre qu\u2019elles n\u2019engendrent de nouveaux phénomènes Tous au Bird Box Challenge ! ODILE TREMBLAY d\u2019identification, précipitant filles et garçons dans les gouffres du voisinage par effet d\u2019entraînement, comme les moutons de Panurge ?Voilà qui donne froid dans le dos.Propager la sottise Les réseaux sociaux ont leurs vertus.Rien de tel pour révéler une injustice, monter une manifestation, créer des liens.Mais à l\u2019heure de propager le crime et la bêtise, autant l\u2019admettre, on n\u2019a jamais fait mieux non plus.À quand une éducation réelle au maniement des nouvelles technologies, pour autant qu\u2019elle puisse encore s\u2019envisager?Toute époque engendre ses aberrations.On n\u2019est aujourd\u2019hui en Occident sans doute pas plus idiots collectivement que nos aïeux (ni plus fins non plus).Quoi qu\u2019il en soit, nous voici désormais en mesure de répercuter des mots d\u2019ordre et des modes insensées à si large échelle et si vite qu\u2019ils peuvent se transformer en armes de destruction massive du jour au lendemain.J\u2019exagère à peine\u2026 Tant d\u2019égoportraits devant des requins ou fauves bouches ouvertes, toutes dents aiguisées, réalisés par des adultes, tantôt captés aussi au bord de précipices, surgis au détour d\u2019un clic sur nos écrans, laissent songeurs.\u2014 Ben voyons donc! Ils ont fait ça!!! \u2014 Le Bird Box Challenge ne vient pas du néant, mais s\u2019inscrit dans une pensée magique triomphante et désespérée, aux couleurs du jour, véhiculée en ligne et adoptée les yeux clos.L\u2019autre jour, j\u2019ai mis la main sur un petit ouvrage d\u2019Armand Farrachi dont le titre m\u2019avait fait sourire et un peu grimacer: Le triomphe de la bêtise, publié en France chez Actes Sud.L\u2019auteur épingle dans ce pamphlet la sottise contemporaine, celle des gens et de leurs dirigeants, Trump en figure de proue, celle d\u2019un monde en destruction de son propre habitat, celle de la pulsion triomphante en courte vue.«Ce qui semble nouveau dans l\u2019histoire de notre civilisation, écrit-il, ce n\u2019est pas la bêtise en soi, comme forme de radicale inaptitude, ni celle des individus, même s\u2019ils sont en plus grand nombre, plus péremptoires dans la stupidité, mieux équipés pour l\u2019exprimer et la diffuser, mais l\u2019abêtissement du monde pris dans son évolution globale, dans son destin, la bêtise au niveau politique, celle d\u2019une société jadis plus éclairée qui sombrerait peu à peu dans la confusion mentale comme le jour sombre peu à peu vers la nuit.» Rien de bien optimiste, mais à méditer entre deux challenges.Que vou- lez-vous?Le Bird Box Challenge et autres délirants défis du jour n\u2019ont rien su m\u2019inspirer de mieux.conception de décors, d\u2019éclairages et de costumes.Alors qu\u2019il commence à composer ses propres créations chorégraphiques, il découvre le travail de Robert Wilson : « Je pouvais voir que ses œuvres étaient le fruit du regard d\u2019un peintre.À cette époque, je cherchais des mentors.Je suis donc allé cogner à sa porte en Allemagne pour être observateur de ses processus de création.Ça m\u2019a indéniablement influencé et permis d\u2019évoluer », explique l\u2019artiste dont les scénographies constituent toujours un point de départ.Ce penchant pour les arts visuels et plastiques teinte tant son approche de la création scénique que le contenu de ses pièces, qui sont truffées de références à l\u2019histoire de l\u2019art (El Greco, Rembrandt, Magritte, Raphaël et Botticelli) : « Parce que les enjeux que je traite sont philosophiques et existentiels, je communique souvent à travers l\u2019évocation d\u2019archétypes.Et quand vous avez dans la tête une encyclopédie de l\u2019histoire de l\u2019art et que vous travaillez avec le corps, inévitablement, quand vous créez, vous faites face à des formes du corps humain qui ont été cristallisées par les grands maîtres, des images qui ont marqué la mémoire de nos civilisations à travers les temps.J\u2019ai souvent besoin de ces références et de cet éveil de notre mémoire collective pour raconter mes histoires.» Excaver des archétypes Après avoir dépeint Sisyphe en héros de la classe ouvrière dans Still Life (2014), Dimitris Papaioannou continue de fouiller dans son héritage grec pour en réactualiser les mythes et les archétypes.On retrouve dans The Great Tamer son obsession pour les corps fragmentés et hybrides \u2014 semblables aux vestiges de l\u2019Antiquité \u2014, le collage et les recompositions.« Pour cette pièce, je me suis centré sur la notion de mémoire archéologique.L\u2019idée que sous la surface de la terre, il existe en quelque sorte une racine de l\u2019existence humaine ; elle traverse des couches et des couches de traces laissées par les civilisations précédentes, par nos morts et nos ancêtres.D\u2019où cette vision d\u2019un plateau dont on pourrait dégager des possibilités nouvelles en dessous de la surface.» Un troublant fait divers survenu il y a quelques années en Grèce a agi comme catalyseur de cet imaginaire de la friche archéologique : le corps sans vie d\u2019un jeune homme victime d\u2019intimidation avait été retrouvé enfoui dans la terre.Ne traitant pas explicitement de ce tragique événement, l\u2019artiste s\u2019en est en revanche inspiré afin de toucher au caractère paradoxal et contradictoire de la nature humaine, à cette tendance de l\u2019humain à « être à la fois un saint et une bête, à vouloir glorifier le vivant et à rechercher la grâce pour ensuite la sacrifier, la détruire et la dévorer, et toujours finir par se rembarquer dans cette même quête ».Cette infinie compulsion de répétitions, renvoyant encore au fardeau de Sisyphe, se matérialise dans un univers sensationnel et onirique où transitent également des idoles, des figures christiques et des martyrs.Des images sacrées qu\u2019il se plaît à ramener à la surface de la conscience et à distordre pour leur donner une résonance contemporaine.The Great Tamer Création de Dimitris Papaioannou.Avec Pavlina Andriopoulou, Costas Chrysafidis, Dimitris Kitsos, Ioannis Michos, Evangelia Randou, Kalliopi Simou, Drossos Skotis, Christos Strinopoulos, Yorgos Tsiantoulas et Alex Vangelis.À l\u2019Usine C du 23 au 27 janvier.Parce que les enjeux que je traite sont philosophiques et existentiels, je communique souvent à travers l\u2019évocation d\u2019archétypes.Et quand vous avez dans la tête une encyclopédie de l\u2019histoire de l\u2019art et que vous travaillez avec le corps, inévitablement, quand vous créez, vous faites face à des formes du corps humain qui ont été cristallisées par les grands maîtres, des images qui ont marqué la mémoire de nos civilisations à travers les temps.DIMITRIS PAPAIOANNOU » ENTREVUE SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR e cher v ieux lecteur CD, dans l\u2019auto, vit mal l\u2019hiver.Gèle.On insère l\u2019objet, on attend, ça finit par indiquer « Error », et puis rejet.Violent.La plupart du temps, la vilaine bête n\u2019accepte d\u2019ingérer sa nourriture qu\u2019au troisième ou au quatrième morceau.Le nouvel album d\u2019Ingrid St-Pierre a donc démarré à la piste 3, Les éléphants massaï.Avec des notes de piano nimbées d\u2019écho, comme autant de bulles remontant à la surface des choses.Première impression très aquatique, ou alors très flottante.Le titre d\u2019après, Les amoureux scaphandres, a confirmé en mots ce que les sons disaient.Bulle de bonheur.Une fois le disque fini, c\u2019est reparti tout seul, cette fois à la piste 1.Et la bulle a éclaté.Ingrid, d\u2019une voix presque sombre, ne chantait pas sa joie : « Une fille à la mer, une mère s\u2019effile / J\u2019ai tout foutu en l\u2019air et je ne tiens qu\u2019à un fil [\u2026] Je me noie tant je tangue et là je vais m\u2019échouer / Et là je vais m\u2019échouer\u2026 » La musique était encore liquéfiante, mais Ingrid au timbre sombre sombrait.Perdue corps et biens « C\u2019est là que j\u2019étais, à pareille date il y a un an.Au fond.En grosse dépression.J\u2019ai passé les Fêtes sur les genoux.C\u2019est ça que ça dit, cette chanson.» Dans le café du Mile-End où je la retrouve (café fermé, sauf pour nous), on se regarde, chamboulés tous les deux.C\u2019est bien à ça que ça sert, les chansons : à se connaître, à se reconnaître.« Ça a commencé par un épuisement.J\u2019avais pas dormi depuis deux ans.Trop poussé la machine.J\u2019ai étiré ça tout l\u2019automne, et puis en janvier, j\u2019ai coulé.Un soir, autour de cinq heures, mon chum me demande d\u2019aller chercher je ne sais plus quoi à l\u2019épicerie, pour souper.Je suis revenue une heure et demie plus tard, j\u2019avais perdu mon chemin.Je ne savais plus ce que j\u2019allais chercher.» À la dérive, pour rester dans l\u2019analogie de la « fille à la mer ».L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 6 | Ingrid St-Pierre, du naufrage au rivage Aboutissement d\u2019une traversée, Petite plage montre bien qu\u2019à force de creuser en soi, on trouve les autres Ingrid St-Pier re perdue corps et biens, au large.« C\u2019est ça.Je suis rentrée avec rien.Non seulement j\u2019avais rien acheté, mais je n\u2019étais plus rien.Ni une conjointe, ni une mère, ni une chanteuse.Rien.» Envisager la fin, chanter la suite Un album a surgi de ce rien, entre la chanteuse et toutes celles et tous ceux qui un jour frappent un mur.Ou tombent à l\u2019eau.Ça lie l\u2019artiste et l\u2019auditeur dans l\u2019instant présent, comme dans la chanson Les épousailles, qui est au beau milieu de l\u2019album et qui me fait tellement penser à La non- demande en mariage de Brassens : « Mais ne m\u2019épouse pas s\u2019il te plaît / Tout ce que l\u2019on se promet / C\u2019est du cinéma / L\u2019éternité c\u2019est pas si long que ça.» Plaidoyer pour l\u2019instant d\u2019éternité, ode au moment qui a lieu mais ne revient pas, acceptation de soi sans lendemain : c\u2019est beaucoup le propos de Petite plage.Une plage certes petite, mais assez grande pour contenir l\u2019existence au grand complet.Grain de sable dans l\u2019immensité.«On n\u2019a pas besoin de grand-chose dans la vie : c\u2019est banal à dire, mais il faut juste s\u2019aimer comme on est.J\u2019ai passé ma vie à me battre contre la culpabilité.Je me sentais coupable si j\u2019emmenais Polo [son jeune garçon] en tournée, coupable de l\u2019allaiter entre deux parties de show, coupable de rentrer tard\u2026 quel genre de mère j\u2019étais?Quand je le laissais à ma belle- mère, quel genre de mère j\u2019étais ?Je me sentais coupable de tout, de tout ! Je me sentais même coupable ne pas aller bien, je me disais : \u201cT\u2019es qui, toi, pour te plaindre ?\u201d Ben il y a quand même eu un moment où je pensais que je ferais jamais plus d\u2019albums.Rien que d\u2019y penser, j\u2019avais des haut- le-cœur.Je me souviens de la fois où j\u2019ai appelé papa pour lui demander de me prendre dans sa compagnie\u2026 La chanson, c\u2019était fini.» L\u2019égoïsme nécessaire Dif ficile d\u2019imaginer une Ingrid St- Pierre dont les chansons ne seraient pas le prolongement naturel, un geste plus fort qu\u2019elle, la manière privilégiée de tout exprimer.Entre sa tête, son cœur, ses doigts et les notes du piano, ça semble tout connecté, depuis toujours, au moins depuis ce café à Trois-Rivières où elle jouait tout Richard Desjardins à l\u2019endroit et à l\u2019envers.F-i-fi, n-i-ni, vraiment ?« Vraiment.Je ne voulais pas qu\u2019on L Je ne voulais pas qu\u2019on me voie, qu\u2019on m\u2019entende, encore moins refaire un album INGRID ST-PIERRE » Petite plage Ingrid St-Pierre, Simone Records | 7 C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 L E S F L Â N E U RS Les adolescents, évadés de l\u2019enfance et pas encore rejoints par l\u2019âge adulte, évoluent dans un monde clos.Dans son dernier roman, Les loyautés, Delphine de Vigan les observe avec attention et délicatesse.Le roman explore les conflits de loyauté de l\u2019un d\u2019eux, déchiré entre le couple séparé de son père en difficulté et une mère qui l\u2019ignore.Portant en lui ces mondes qui s\u2019opposent, le jeune Théo s\u2019étourdit d\u2019excès, au point de risquer sa vie.Mais la loyauté qu\u2019il porte en lui trouve des échos dans son entourage, auprès d\u2019un camarade ou d\u2019un professeur.Tourments d\u2019adolescence Ceux qui ont amié les articles sur l\u2019origine de certaines polices de caractères parus dans nos pages l\u2019été dernier trouveront certainement leur compte dans ABCD de la typographie (Gallimard), une histoire de la typographie sous forme de bande dessinée, habilement écrite par David Rault et magnifiquement illustrée par une dizaine de bédéistes et d\u2019illustrateurs.Cette chronologie passionnante et souvent très drôle est un hommage vibrant aux artistes, graphistes et typographes qui permettent aux communs des mortels de varier l\u2019esthétique de leurs communications écrites.Histoires de polices Réputée pour ses drames déchirants, Susanne Bier s\u2019est essayée au genre fantastique\u2026 et le résultat s\u2019avère diablement efficace! Adaptation du roman de Josh Malerman, Bird Box nous plonge dans un univers apocalyptique où les gens se suicident après avoir été témoins de visions horrifiques \u2014 que la réalisatrice nous laisse imaginer (on ne parle pas ici des images de Mégan- tic repiquées par la production).Cinq ans plus tard, une femme (Sandra Bullock) doit mener deux enfants vers un endroit sûr en descendant une rivière les yeux bandés.À défaut d\u2019être original, le tout nous tient en haleine jusqu\u2019à l\u2019émouvante finale.Sur Netflix.En marge de ses marathons, le Jamais Lu s\u2019invite aux Écuries pour trois soirs décontractés.Trois acteurs-auteurs partageant le sens du risque y feront entendre leurs textes: Sharon Ibgui, Marie-Ève Perron et Sébastien Ra- jotte.On a lu le Dieu, Sandra et moi de Rajotte, qui comporte de riches envolées et une finale d\u2019une grande beauté.Cela étant, on attend aussi beaucoup du Christian Saint-Pierre n\u2019aimera pas ça d\u2019Igbui qui ouvrira le bal, le 24 janvier.Les extraits glanés jusqu\u2019ici laissent présager que sa plume, bien lunée et juste assez décalée, pourrait en ravir plusieurs, jusqu\u2019à l\u2019estimé collègue du titre, qui sait?Au risque d\u2019aimer ça Le chant des oiseaux LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY MANON DUMAIS AMÉLIE GAUDREAU CAROLINE MONTPETIT me voie, qu\u2019on m\u2019entende, encore moins refaire un album.Quand j\u2019ai recommencé à écrire, c\u2019est parce que j\u2019avais des choses à me dire.Comme un journal personnel.En faire des chansons, je m\u2019en foutais complètement.J\u2019avais pas d\u2019autre lecteur que moi, même quand j\u2019écrivais à propos de mon chum, ou de mon fils.À la fin, il y a un album, mais c\u2019est l\u2019album le plus égoïste de ma vie.Ma petite plage à moi.» Évidemment, ce faisant, à force de creuser en soi, on trouve les autres.Et Ingrid St-Pierre offre, un an plus tard, un an après la fin, son album le plus intimement universel, son plus lumineux, son plus bienfaisant, son plus ouvert.À chaque titre, on constate : moins elle se regarde écrire, moins elle cherche la per fection dans la prosodie, plus son ar t d\u2019écriture chansonnière gagne à la fois en ef ficacité et en beauté.Dans La lumineuse (lettre à mon fils), elle ne se demande pas si ce qu\u2019elle veut pour son Polo est trop demander : elle y va, transmet ce qu\u2019elle veut transmettre, et puis advienne que pourra : « À chaque seconde tout commence / En naissance toujours, on existe.» Dans La vie devant, Ingrid avance, yeux grand ouverts : « Nous sommes la vie dans la chaumière / Un petit garçon noctambule / Rue Saint-Denis, la ruelle / Et la vie devant nous.» La pleine lumière « La différence, c\u2019est que j\u2019avance en toute connaissance de cause.J\u2019ai encore peur, j\u2019aurai toujours peur, mais c\u2019est correct.Je serai toujours un peu scolaire, bien préparée, c\u2019est correct, peut-être un peu moins perfectionniste.On a nos patterns, c\u2019est correct.Mais changer, ça aussi c\u2019est possible.» L\u2019album, notons-le, est à l\u2019enseigne de Simone Records.Jusque-là, elle n\u2019avait enregistré qu\u2019au sein de La Tribu.« Il y a un avant et un après, quand tu passes à travers une dépression.C\u2019est une occasion à saisir aussi, pour voir qui tu peux être ailleurs.» Et Ingrid d\u2019ajouter: « On est tellement nombreux à vivre ça.On mêle l\u2019orgueil et la fierté.On pense qu\u2019on peut s\u2019en sortir tout seul, mais non.Ça prend les proches, et ça prend du temps.Et après, ce que tu réussis à faire, tu peux en être content.Cet album, j\u2019en suis fière pour moi.Si ça parle à d\u2019autres, tant mieux».Ingrid St-Pierre offre son album le plus intimement universel et son plus lumineux avec Petite plage.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C l a s s i q u e 8 | ENTREVUE CHRISTOPHE HUSS LE DEVOIR Mon véritable déclic à l\u2019égard de la musique de Fauré est assez récent », avoue franchement Louis Lortie, qui donnera à la salle Bourgie trois concer ts dont le compositeur français est la pièce maîtresse.La confession est franche.Pourtant, ce qui a mené Louis Lor tie à « plonger » et à approfondir Gabriel Fauré (1845-1924) est encore plus surprenant.« Ce sont plusieurs compositeurs contemporains qui ont sonné l\u2019alarme et m\u2019ont suggéré de m\u2019intéresser davantage à Fauré.Il s\u2019agit pourtant de créateurs de musique extrêmement avancée.Ainsi, Luciano Berio n\u2019arrêtait pas de me dire : \u201cFauré est le grand méconnu du romantisme tardif.\u201d Puis, quand j\u2019ai préparé le Quintette de Thomas Adès, dans un passage où je ne comprenais pas trop ce qui se passait, Adès m\u2019a dit : \u201cC\u2019est très simple : pense à Fauré ! C\u2019est une chute libre harmonique, comme dans Fauré.\u201d » En approfondissant l\u2019œuvre du compositeur, Louis Lor tie en est sor ti lui-même convaincu : « Cette modernité me fait dire que la musique de Fauré va être redécouverte, car on va redécouvrir des choses qui se passent au niveau harmonique.Fauré, c\u2019est très moderne.Je travaillais hier le scherzo du 2e Quatuor avec piano et j\u2019avais l\u2019impression de jouer de la musique américaine.Il y a un côté minimaliste avec un aspect rythmique très avancé, sous une enveloppe pourtant très classique et académique.» Un rendez-vous manqué Cette accointance aurait pu s\u2019opérer il y a très longtemps.« Mon grand professeur à Montréal était Yvonne Huber t (1895-1988).Or, Yvonne Hubert, très proche de Fauré, a travaillé beaucoup d\u2019œuvres avec lui.C\u2019est Fauré qui lui a donné son 1er Prix de conservatoire, en 1910.Elle avait 15 ans.Fauré était président du jur y et n\u2019était pas sourd à l\u2019époque ! Voyez, on dit souvent : \u201cJe ne regrette rien.\u201d Moi, je ne peux pas dire cela, car si j\u2019avais été un peu plus vieux et plus mature, j\u2019aurais fait parler Yvonne Hubert, je lui aurais joué plein de Fauré.Je suis passé à côté de cela.» Les concerts à la salle Bourgie cultiveront la diversité.« Fauré est un compositeur très riche qui va dans tellement de directions à différentes périodes.C\u2019est ce que je souhaite que l\u2019on retrouve, à travers des œu- vres en solo, à quatre mains, des sonates et des quatuors.» « On peut se permettre de faire cela à la salle Bourgie », se réjouit le pianiste qui, dans ses rares récitals à Montréal, s\u2019est produit à la Maison symphonique de Montréal programmant des œuvres phares du répertoire, Préludes de Chopin ou Années de pèlerinage de Liszt : «Pour les gens qui organisent les choses, je n\u2019aurais évidemment pas osé un concert tout Fauré à la Maison symphonique!» Le déclic Fauré de Louis Lortie Conquis par la modernité du compositeur, le pianiste en explorera la mécanique en trois concerts Louis Lortie note une certaine recrudescence de l\u2019intérêt pour la musique de Fauré à l\u2019aube du centenaire de sa mort, qui sera commémoré en 2024, remarquant par exemple qu\u2019il y a davantage d\u2019enregistrements que par le passé.ELIAS PHOTOGRAPHY Cette modernité me fait dire que la musique de Fauré va être redécouverte, car on va redécouvrir des choses qui se passent au niveau harmonique.Fauré, c\u2019est très moderne.Je travaillais hier le scherzo du 2e Quatuor avec piano et j\u2019avais l\u2019impression de jouer de la musique américaine.LOUIS LORTIE » | 9 C u l t u r e C l a s s i q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Louis Lor tie note une cer taine recrudescence de l\u2019intérêt pour la musique de Fauré à l\u2019aube du centenaire de sa mort, qui sera commémoré en 2024, remarquant par exemple qu\u2019il y a davantage d\u2019enregistrements que par le passé.« Le public s\u2019est davantage familiarisé avec des œuvres différentes.Il en va d\u2019ailleurs de même avec bien des compositeurs.Regardez Saint-Saëns : le public ne connaît Saint-Saëns ou Fauré qu\u2019à travers certaines œuvres.» Cette remarque remet en mémoire une discussion avec le défunt collègue Claude Gingras, en 2018, après la parution du remarquable disque des Concertos nos 1, 2 et 4 de Saint- Saëns par Louis Lortie (l\u2019un de nos dix disques de l\u2019année 2018), un échange portant sur les raisons possibles de l\u2019étrange ostracisme dont souffre le remarquable 4e Concerto de Saint-Saëns, absent des programmations de concerts par rapport aux Concertos nos 2 et 5.« Tiens ! Justement, relève le pianiste, je vais jouer le 4e Concer to de Saint-Saëns avec l\u2019Orchestre symphonique de Toronto en tournée.Mais à Montréal, ils ne l\u2019ont pas pris ! Ils ont choisi les Variations symphoniques de Franck.C\u2019est une belle œuvre aussi, mais on la joue plus souvent\u2026 » Lor tie lui-même nous fait par t d\u2019une réévaluation récente : «Puisque nous parlons de César Franck.Les Djinns, j\u2019étais passé complètement à côté.J\u2019avais entendu cela une fois, joué assez médiocrement, et je m\u2019étais dit que ce n\u2019était pas intéressant.Or là, après l\u2019avoir analysée et préparée avec un de mes étudiants, je me rends compte que c\u2019est une partition remarquable.» Une équipe rodée Les concerts de la semaine à venir sont le fruit d\u2019une collaboration avec la Chapelle musicale Reine Élisabeth de Belgique, où Louis Lor tie enseigne à sept pianistes.« J\u2019y fais beaucoup de musique de chambre.Nous sommes allées au Domaine Forget avec un projet de quatuors avec piano de Brahms et de Fauré.Comme cela avait très bien fonctionné, nous avons contacté Isolde Lagacé à la salle Bourgie avec le souhait de reprendre Fauré.J\u2019imagine qu\u2019on ne doit pas souvent entendre les quatuors avec piano de Fauré à Montréal.» À par tir de l\u2019idée chambriste a émergé un projet plus large avec l\u2019idée du mélange des pièces pour piano seul ou à quatre mains, d\u2019autant que Louis Lortie prépare un projet discographique Fauré.C\u2019est ce qui explique le choix de la Ballade pour piano opus 19, du 9e Nocturne et de Thème et variations opus 73.« Les musiciens seront les mêmes qu\u2019à Forget, les jeunes musiciens de la Chapelle Reine Élisabeth, dont le violoniste canadien Kerson Leong, un talent extraordinaire.Tout est déjà rodé.» On trouvera donc autour de Louis Lortie le pianiste Na- thanaël Gouin pour la Suite Dolly à 4 mains, ainsi que le violoniste Ker- son Leong, l\u2019altiste Hélène Desaint et la violoncelliste Astrig Siranos- sian.Lors du concert du mardi 22, Louis Lor tie laissera la par tie de piano du 1er Quatuor à Nathanaël Gouin afin de s\u2019associer à Kerson Leong dans la sublime Sonate pour violon et piano no 1.Le jeudi 24 janvier, le troisième concert sera une soirée avec en duo Hélène Mercier.Le programme, filmé par ProdCan, associera la 1re Suite de Rachmaninov, la 1re Suite d\u2019Arensky, une version pour deux pianos de La mer de Debussy et les Danses symphoniques de Rachmaninov, œuvre que Louis Lortie considère comme la plus redoutable des quatre.« Les Danses symphoniques sont une œuvre curieuse.Il y a vingt ans, on ne les comprenait pas vraiment.Mais il en va de même avec le 4e Concer to pour piano.Le dernier Rachmaninov dérangeait le public parce qu\u2019il ne retrouvait pas le Rach- maninov auquel il s\u2019attendait.Désormais, le public s\u2019ouvre davantage à ces œuvres.» Louis Lortie regrette beaucoup qu\u2019aucune bande ne témoigne de la rencontre entre Rach- maninov et Horowitz dans cette partition, mais il a savouré les archives sonores récemment découver tes dans lesquelles le compositeur présente sa composition à Eugène Or- mandy avant la création de la version orchestrale.Quant au piano des concerts mont- réalais, il n\u2019est pas encore choisi.Louis Lortie va tendre une oreille attentive au piano Érard de la salle Bourgie dans certaines pièces et témoigne d\u2019un grand intérêt pour un Bö- sendorfer récemment arrivé en ville.Trois soirées avec Louis Lortie Salle Bourgie, les 22, 23 et 24 janvier à 19h30 Le concert de la semaine ECM+.Après un premier hommage à Gilles Tremblay en janvier 2018, l\u2019Ensemble contemporain de Montréal (ECM+), l\u2019Ensemble Para- mirabo et le Conservatoire de musique de Montréal s\u2019unissent au quintette à vent Choros, à Magnitude6, au baryton Vincent Ranallo et à la pianiste Louise Bessette.Parmi les œuvres, À quelle heure commence le temps?vingt ans après sa création.Le concert sera précédé, à 18h30, d\u2019une table ronde parcourant l\u2019héritage du compositeur.Vendredi 25 janvier, à 19h30, au Conservatoire de musique de Montréal. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e Ja z z 1 0 | BILLET SERGE TRUFFAUT COLLABORATEUR LE DEVOIR Au piano, il y a évidemment comme toujours McCoy Tyner.Puis il y a le pianiste caméléon : Kenny Barron.Ensuite ?Les aventuriers Jason Moran et Robert Glasper.Les modernes Craig Taborn et Vijay Iyer.L\u2019iconoclaste Matthew Shipp.Il y a également un savant : Ethan Iverson.Il y a aussi le classique, soit Bill Charlap, et celui qui incline toujours au gospel des origines, Eric Reed.Il y a enfin, et peut-être surtout, Harold Mabern, qui propose aujourd\u2019hui un double CD, The Iron Man sur Smoke Sessions, un live à vous jeter à terre.Quel étrange parcours que celui de cet homme originaire de Memphis, Tennessee.De tous les pianistes nommés, il est le plus vieux.Il a 82 ans, soit deux ans de plus que McCoy Tyner.Il est suf fisamment vieux pour avoir accompagné les figures de proue du genre : Miles Davis, Sonny Rollins, Archie Shepp, Sarah Vaughan, Betty Carter, J.J.Johnson, Hank Mobley, Max Roach, Donald Byrd, Jackie McLean, etc.Aujourd\u2019hui comme hier, Mabern est un pianiste recherché et très admiré par ses pairs.Pour sa dextérité, sa polyvalence et un sens rythmique sans équivalent.À l\u2019origine de ses singularités, de ses qualités, il y a un homme qui demeure une légende au sein même de la communauté des musiciens : le pianiste Phineas Newborn Jr, né à\u2026 Memphis.C\u2019est Newborn qui a formé Ma- bern.Qui l\u2019a initié aux subtilités et aux dif ficultés grammaticales du jazz.Qui lui a sur tout fait rentrer dans la tête qu\u2019être pianiste, donc quelqu\u2019un qui se mettra régulièrement au service d\u2019autrui, exige le dépassement constant.Ce qu\u2019il a fait pendant trois décennies\u2026 avant d\u2019abandonner la scène au tout début des années 1980.C\u2019est là que son parcours devint quelque peu étrange.Plutôt que de continuer à fréquenter les scènes du monde, il s\u2019est retiré de celles-ci, mais pas du jazz.Ayant constaté que la pédagogie inhérente à l\u2019enseignement du jazz dans les universités était propre à le « glacifier », il a décidé de secouer le cocotier.Pendant une vingtaine d\u2019années, il a enseigné au William Paterson College où il fut, assurent les initiés, un grand professeur.C\u2019est d\u2019ailleurs en ce lieu qu\u2019il a eu pour élève un des meilleurs ténors d\u2019aujourd\u2019hui : Eric Alexander.Avec ce dernier, Mabern a enregistré plusieurs albums pour les étiquettes High Note et Smoke Sessions, dont le dernier en compagnie de John Webber à la contrebasse et de Joe Farnswor th à la batterie.Dans le cas de ces deux derniers, il faut souligner qu\u2019ils forment une des deux sections r ythmiques les plus demandées, l\u2019autre réunissant Ray Drummond à la contrebasse et Kenny Washington à la batterie.Toujours est-il que le dernier disque que ces messieurs ont confectionné fait penser, dès la première écoute, aux grandes heures de Blue Note.Car cet Iron Man est aussi dynamique que les live des Jazz Messengers, aussi joyeux que le Sidewinder de Lee Morgan, aussi puissant que Blowin\u2019 the Blues Away d\u2019Horace Silver, aussi convaincant que Go de Dexter Gordon.Bref, cet Iron Man: Live at Smoke est à ranger dans la catégorie des poids lourds.P.-S.\u2013 Les aléas de la distribution étant ce qu\u2019ils sont, on a commandé ce disque directement sur le site de Smoke Sessions.Harold Mabern, le passe-muraille du jazz Son disque The Iron Man sur Smoke Sessions propose un live à vous jeter à terre Aujourd\u2019hui comme hier, Harold Mabern est un pianiste recherché et très admiré par ses pairs.DL MEDIA MUSIC Le concert de la semaine Le vendredi 25 janvier, le Upstairs propose une affiche aussi originale que sympathique.Originale?Deux trompettistes seront sur le devant de la scène, soit Kevin Dean et Lex French, entourés d\u2019une rythmique à la configuration classique.Sympathique?Le programme sera consacré aux géants de l\u2019instrument: Dizzy Gillespie et Roy Eldridge.Ayant constaté que la pédagogie inhérente à l\u2019enseignement du jazz dans les universités était propre à le « glacifier », Harold Mabern a décidé de secouer le cocotier.Pendant une vingtaine d\u2019années, il a enseigné au William Paterson College. | 1 1 C u l t u r e D i s q u e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 CLASSIQUE Gustav Mahler ?Symphonie no 6, MusicAeterna, Teodor Currentzis, Sony 190758229522 C\u2019est désormais évident : le Grec Teodor Currentzis (qui possède aussi la nationalité russe) est avec l\u2019Autrichien Manfred Honeck le chef dont on guette les nouveautés avec le plus de curiosité.Il nous a donné des opéras de Mozart controversés mais passionnants, immortalisés de nuit en Sibérie pendant des séances d\u2019enregistrement épiques, puis une Symphonie pathétique de Tchaïkovski dont chaque mesure était chargée d\u2019intentions.Il récidive avec la 6e Symphonie de Mahler, l\u2019une des plus funestes de l\u2019histoire de la musique.Le travail de détail réalisé dans le volet final et la hargne de chaque accentuation sont renversants, même si les coups de marteau restent discrets.Comme la Pathétique, cette Sixième burinée est un livre d\u2019images bourré d\u2019histoires.Tout n\u2019est pas parfait.Ainsi, le 2e thème du 1er volet est un peu complaisant et certaines couleurs viennoises manquent à la panoplie de l\u2019orchestre.Mais les idées fusent, la témérité suscite l\u2019admiration et l\u2019acheteur vit des émotions en proportion de son investissement.Christophe Huss CHANSON FOLK Comme June aime Johnny ?Alicia Deschênes, LMM Mots-clés de la bio : guitare, 12 ans, Beatles, Green Day, EP en anglais (deux fois), diplôme de l\u2019École nationale de la chanson de Granby, divers concours, rencontres marquantes, Louis-Jean Cormier, Luc de Laro- chellière, des premières parties.Et puis Daran qui réalise le premier mi- nialbum en français, en 2017.Et voilà le premier album complet, avec Da- ran aussi.Premier émoi de 2019.Dès J\u2019trouve ça beau, c\u2019est l\u2019évidence : on trouve ça (vraiment, vraiment) beau.La délicate peur dans le timbre, les élans de confiance fugaces, Alicia touche au cœur sans trop vouloir y toucher.Les guitares façon Daran soutiennent admirablement l\u2019interprète inquiète, qui s\u2019affirme à mesure qu\u2019on avance avec elle dans l\u2019album.Arrivés à Est-ce que vous m\u2019entendez?, ça résonne fort : « Je cherche ma place entre vos ombres\u2026 » L\u2019acoustique Aimez-moi, inlassablement, implore.Et puis à la fin, la chanson-titre s\u2019offre des modèles, comme un espoir.On répond : oui, Alicia.On va te suivre.Sylvain Cormier POST-PUNK Fugitive Vesco ?Fist of Facts, Telephone Explosion Les Torontois de Telephone Explosion rééditent ce petit bijou de 1988 sorti des caves sombres du Lower East Side new-yorkais, projet protéiforme qui a suivi la fin de Liquid Liquid, groupe phare de la no-wave des années 1980.Fugitive Vesco, l\u2019album, est aussi élusif et énigmatique que le visuel qui coiffe sa pochette : il a certes une forte notion de contraste entre les différents éléments constituants, avec, en première ligne, les percussions colorées et fluides \u2014 celles-là mêmes qui ont fait la marque de commerce de Liquid Liquid.Dans cette optique, la parenté avec CAN, la krautrock et Fela Kuti est palpable.Mais on parlait de contraste : la voix de fausset invectivante de Salvatore Principato, à la tête du projet, surplombe une instrumentation parfois cassante, cérébrale (ça reste bien dans le genre post-punk, hein), mais aussi donc un groove langoureux, un jazz amoureux et lumineux.Pour les plus motivés, le groupe remonte sur scène à la mi-mars à Toronto.Sophie Chartier POP Assume Form ?James Blake, Polydor Assume Form\u2026 mais laquelle, au juste?À ses débuts, le compositeur James Blake tissait de complexes toiles électroniques avant-gardistes, parfois ornementées de son falsetto caractéristique.Dix ans, quatre albums et plusieurs rencontres en studio (Beyoncé, Frank Ocean, Kendrick Lamar) plus tard, l\u2019expérimentaliste a mué en auteur-compositeur au goût juste et à l\u2019âme plus légère que sur ses précédents disques.Les structures soul-pop classiques comme celles des superbes ritournelles Into the Red, Can\u2019t Believe the Way We Flow et I\u2019ll Come Too, le duo avec Rosalía et le titre, presque house, avec André 3000, font la preuve par cinq de l\u2019expérience acquise depuis les grooves abstraits de son premier album.Blake privilégie désormais la mélodie, le texte et l\u2019interprétation vocale, épurant au passage les orchestrations, dont les effets de studio pouvaient parfois barrer la route à un bon refrain.Tout n\u2019est pas parfait ici (la niaise Power On, les formes hip-hop simplettes des deux collaborations avec Metro Boo- min), mais sa forme de crooner pop inspiré est pleinement assumée.Philippe Renaud CLASSIQUE Hector Berlioz ?Orchestre symphonique de San Francisco, Michael Tilson Thomas, SFS Media 2 SACD SFS 074 Parmi les orchestres qui publient leurs propres CD, l\u2019Orchestre symphonique de San Francisco est l\u2019un de ceux qui a réussi à construire un catalogue intéressant et varié, avec, aussi un soin éditorial remarquable.Ce Roméo et Juliette de Berlioz, enregistré en juin 2017, dernière parution en date, vaut pour la somptueuse réalisation orchestrale et chorale, magnifiée par une superbe prise de son.Tilson Thomas n\u2019est pas le plus excité des interprètes de Roméo et Juliette (voir pour cela Charles Munch), mais le raffinement, le luxe de détails, l\u2019opulence et la richesse harmonique des timbres compensent ce léger manque de flamme.Cet enregistrement peut compter sur l\u2019apport inestimable de Sasha Cooke, bien plus dans le style qu\u2019Olga Borodina qui figure dans les enregistrements Davis et Gergiev, ainsi que sur Luca Pisaroni, brillante basse.Le San Francisco Symphony avait aussi, un peu plus tôt, publié une intégrale symphonique Schumann, là aussi ample, mais qui, dans le genre, cède le pas à Barenboïm-Warner et à Bernstein-Vienne.Christophe Huss ROCK Why Hasn\u2019t Everything Already Disappeared ?1/2 Deerhunter, 4AD Bradford Cox n\u2019a rien perdu de sa superbe ni de sa verve, comme en témoigne le huitième album du groupe qu\u2019il pilote, Deerhunter, enregistré dans un bled texan à deux heures d\u2019où Trump souhaite ériger sa muraille.Si le climat délétère qui empeste aux États-Unis force les préoccupations, les thèmes et les images de l\u2019auteur, sa musique, elle, renvoit à des contrées nettement plus optimistes.On pense à la Californie de Buffalo Sprinfield sur Death in Midsummer ou au verdoyant village des Kinks auquel Cox fait allusion sur No One\u2019s Sleeping, l\u2019une des plus entêtantes mélodies du disque \u2014 retenons également celle de Futurism, petit bijou psyché-pop.L\u2019occasionnelle incartade synthétique, comme les étranges claviers de Détournement et l\u2019angoissante Nocturne, viennent dissiper toute velléité trop rétro de Deer- hunter, qui a accouché d\u2019un disque bref et résigné, trompeusement pop, néanmoins antitrumpiste dans ses propos: «No one\u2019s sleeping / Great unrest / In the country / There\u2019s much duress / Violence has taken hold\u2026» Philippe Renaud EXPÉRIMENTAL Camino de Flores ?El Búho, Shika Shika Drôle d\u2019oiseau que ce Robin Perkins, un producteur de musique britannique qui crée sous le nom de scène El Búho.Non seulement est-il dépourvu d\u2019attaches (il a vécu à Mexico, son étiquette est «mondiale» et il se trouve actuellement à Paris), mais ses genres n\u2019en ont pas plus que lui.Camino de Flores, son deuxième album, est une escapade de sons ambient en plusieurs lieux frémissants \u2014 jungle, plage, espace, piste de danse \u2014 qui ne se décrit pas tout à fait unilatéralement.El Búho aime en effet superposer des couches mélodiques, où se distingue néanmoins toujours un droit fil, et jouer sur des sons trompe-l\u2019œil : ce bruit d\u2019insectes (véritable), ne serait-ce pas finalement des percussions?Très inspiré par la nature, cet album divertissant est parfois calme (superbe Mirando el Fuego), mais sa ligne est surtout pul- satile, façon électro de jardin, avec un bel enrobage de rythmes latins, avec flûtes et vents andins \u2014 sorte de joie insouciante qui, parfois, trempe dans une vase inquiète (Mot Mot).Voilà le travail curieux d\u2019un vrai caméléon.Geneviève Tremblay POP ÉLECTRO Extravaganza ?Alexandre Désilets, Téléchargement Ce minialbum pas du tout attendu de l\u2019ange chantant Alex Désilets fait irruption au beau milieu de notre janvier frigorifié, sur les plateformes numériques et pas ailleurs.C\u2019est approprié, les plateformes, se dit-on, pour danser : Extravaganza est en effet une suite de six séances de réchauffement pour plancher de danse, idéal en boucle pour le gym.Très pulsion électro dansante des années 1990 dans le genre, avec du pur disco dans l\u2019ADN.Pas tellement mon trucmuche, j\u2019avoue, j\u2019aime mon hiver engourdi : je ressortirais plus volontiers l\u2019orchestral Windigo, génial album précédent, j\u2019aime mon Alex lancinant.«Faut pas compter sur les hommes pour sauver les hommes\u2026 », chante ici le champion en sautillant, et il a bien raison.Je dis non merci sans façon tout en admettant que, dans le genre, c\u2019est fichtrement bon.Pour les engelures, c\u2019est souverain.Encore faut-il sortir dehors.Ma préférée est la moins dance et la plus soul : Dis-moi oui.Ça se danse sans bouger.Sylvain Cormier Pendant longtemps, ma vie a été racontée par les autres, parce que c\u2019est comme ça que ça fonctionne, le journalisme », estime sans rancune Maggie Rogers, qui s\u2019y connaît un peu, ayant envisagé un moment d\u2019exercer la profession.Son nouvel album, le bien nommé Heard It in a Past Life, est pour elle « la chance enfin de raconter [sa] vie, à [sa] manière, avec [ses] propres mots et en prenant le temps nécessaire pour le faire », affirme la musicienne américaine de 24 ans, qui s\u2019apprête à prendre la planète pop d\u2019assaut de la plus douce manière, avec des chansons mûries, confortables et rêvasseuses.«Bonjour, ça va?» s\u2019enquiert d\u2019abord la musicienne, jointe «sous la pluie à Los Angeles ».Le sourire dans la voix et dans un très bon français, je vous en prie : « Oui, je parle un peu français parce que j\u2019habite en France depuis\u2026 quatre mois déjà ?J\u2019habite à Paris \u2014 c\u2019est différent de l\u2019accent québécois ! » dit-elle en rigolant, suggérant ensuite de poursuivre l\u2019entrevue en anglais, par souci de clarté.Pour l\u2019auteure, compositrice et interprète de l\u2019heure sur la planète pop, le dévoilement de Heard It in a Past Life fait l\u2019effet d\u2019une première, bien qu\u2019elle ait déjà deux autres disques à sa ceinture.« Je suis si excitée ! J\u2019aime tellement cet album, et j\u2019ai attendu tellement longtemps avant de pouvoir le présenter.C\u2019est comme la célébration de tout ce qui m\u2019est arrivé au cours de la dernière année », lance Maggie Rogers.Parlons plutôt de ce qui lui est arrivé au cours de ces deux dernières années.En 2016 apparaissait sur YouTube les images d\u2019une classe de maître offerte par Pharrell Williams à la New York University\u2019s Clive Davis Institute of Recorded Music, L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e M u s i q u e 1 2 | ENTREVUE PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR La belle vie de Maggie Rogers, dans ses propres mots Conversation avec la musicienne américaine autour de son nouvel album Heard It in a Past Life L\u2019artiste de 24 ans Maggie Rogers s\u2019apprête à prendre la planète pop d\u2019assaut de la plus douce manière, avec des chansons mûries, confortables et rêvasseuses.CHRISTOPHER POLK AGENCE FRANCE-PRESSE « où a étudié Rogers après une formation au Berklee College of Music de Boston.Une poignée d\u2019étudiants venaient lui faire entendre leur travail de fin de session, l\u2019enregistrement d\u2019une de leurs compositions originales qu\u2019ils avaient aussi réalisée.Maggie avait écrit la sienne, Alaska, en une quinzaine de minutes.Son travail a laissé Williams béat, la vidéo est rapidement devenue virale, Capitol l\u2019a mise sous contrat et, après la parution d\u2019un mini-album en février 2017, voici son «major label debut».À son image Ça, c\u2019est précisément l\u2019histoire racontée par les autres.« Aujourd\u2019hui, je suis emballée de pouvoir exprimer qui je suis, mon humanité en quelque sorte, sans raccourcis, sans que les gens reçoivent des versions dif fé- rentes de ce que je suis.» Une jeune femme des vastes campagnes du Maryland où elle a grandi, qui a ensuite vécu cinq ans dans le tumulte de New York.« Je compose des chansons et fais des disques d\u2019abord pour moi, pour m\u2019aider à comprendre le monde qui m\u2019entoure.Ma vie, mon univers, ma manière de percevoir », dit celle qui se décrit comme une introvertie.« Je ne compose pas si souvent que ça et, lorsque je le fais, tout se met en place plutôt rapidement.Je passe plus de temps à mariner mes idées, à les développer de l\u2019intérieur\u2026 Les mettre sur papier puis les enregistrer, c\u2019est mon côté extraverti.» Maggie est agacée lorsque d\u2019aucuns insistent sur le caractère «naturel » \u2014 lire : champêtre \u2014 de ses chansons, puisqu\u2019elle a vécu jusqu\u2019ici sa vie d\u2019adulte dans la grande ville.Son style est l\u2019amalgame de ces deux influences : la musicienne, qui maîtrise la harpe, le banjo, la guitare et le piano, accompagne ses chansons autrefois très folk d\u2019un squelette de pop électronique dansante, avec une scintillante touche de gospel, notamment dans les chœurs de Fallingwater.Vêtues d\u2019une simple guitare, ses compositions s\u2019apprécient autour d\u2019un feu de camp ; habillées par un orchestre et des synthétiseurs, elles pourraient donner l\u2019envie de danser dans un club.Un disque à son image, insiste Margaret Debay Rogers, qui supervise et réalise le tout.Elle est tout de même allée chercher de l\u2019aide extérieure, notamment de Rostam Batmanglij (Vampire Weekend) et de l\u2019omnipotent réalisateur Greg Kurstin (Adèle, Sia, Paul McCartney).« C\u2019est le fun, travailler avec d\u2019autres.S\u2019installent alors un dialogue, un partage d\u2019expertise.Mais c\u2019est aussi la chance de voir le monde à travers leur regard, d\u2019écouter la musique avec leurs oreilles, de comprendre leur processus de création.» Qui veut signer ?Or, l\u2019autre facette de son histoire se lit en filigrane de son parcours scolaire : passionnée de musique depuis l\u2019enfance, elle s\u2019est dotée d\u2019outils pour non seulement en maîtriser les formes, mais aussi les mécanismes de sa mise en marché.Ce nouvel album paraît sur l\u2019étiquette Debay Sounds.« C\u2019est ma compagnie, et je possède mes bandes maîtresses, que j\u2019ai signées en licence chez Capitol pour qu\u2019ils les exploitent un certain temps.Ensuite, elles me reviennent.» Au magazine Billboard, elle déclarait : « D\u2019un point de vue strictement d\u2019affaires, la vidéo avec Phar- rell m\u2019a donné suf fisamment de poids pour [me présenter aux maisons de disques en disant] : \u201cVoici mes conditions, qui veut signer ?\u201d » En plein contrôle de sa voix et de sa carrière, Maggie Rogers continue d\u2019apprendre son métier, mais loin des bancs d\u2019école.«La différence entre ce qu\u2019on apprend à l\u2019école et la réalité de ce milieu est un peu comme apprendre le français et déménager dans un pays où on parle vraiment le français : tu peux lire tous les livres que tu veux, y\u2019a rien comme d\u2019être plongée dans le milieu.Mais ce que j\u2019ai surtout dû apprendre, c\u2019est que ma vie personnelle mène ma carrière, et non l\u2019inverse.Oui, travailler, enchaîner les entrevues, faire les tests de son, mais aussi prendre le temps d\u2019aller faire la fête avec mes colocs et m\u2019amuser.» Et d\u2019insister : la vie de tournée, c\u2019est plus que du travail, c\u2019est du bonheur.« C\u2019est le fun, rencontrer des gens chaque soir, changer de ville, se baigner dans d\u2019autres cultures.La chimie est dif férente à chaque concert et c\u2019était important pour moi d\u2019avoir un orchestre me permettant de réagir à ça et d\u2019être créative en même temps.J\u2019ai fait cet album en réfléchissant à la manière d\u2019assouvir ma créativité tout en tournant avec ces chansons pour les deux prochaines années.» Maggie Rogers sera au MTelus le 22 mars prochain, elle qui avait dû reporter son concert de novembre dernier pour honorer l\u2019invitation faite à la dernière minute par le plateau de Saturday Night Live.C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 t h e a t r e l a l i c o r n e .c o m p r o d u c t i o n TEXTE Jean Marc Dalpé MISE EN SCÈNE Fernand Rainville AVEC David Boutin Marie-Thérèse Fortin Alice Pascual Dominique Quesnel Hamidou Savadogo DU 15 JANVIER AU 23 FÉVRIER CONCEPTION Jean Gaudreau, Larsen Lupin, André Rioux, Patricia Ruel et Mireille Vachon eduardo ruiz vergara | TRACES-CHORÉGRAPHES EL SILENCIO DE LAS COSAS PRESENTES © M a r t i n B e n o i t / D a n s e - C i t é « Danse performative.Ré?exion artistique sur le toucher.» 16 \u2013 26 JANVIER 2019 \u2013 19 H La Chapelle Scènes Contemporaines danse-cite.org Je compose des chansons et fais des disques d\u2019abord pour moi, pour m\u2019aider à comprendre le monde qui m\u2019entoure.Ma vie, mon univers, ma manière de percevoir.MAGGIE ROGERS » Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 14 | ENTREVUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR artin Dubreuil est l\u2019un des acteurs les plus doués de sa génération.C\u2019est là un fait qui n\u2019est plus à démontrer, mais qu\u2019on peut néanmoins encore vérifier dans La grande noirceur, film stupéfiant de beauté, prochainement en salle.Cela, alors qu\u2019en sort à peine l\u2019heureuse surprise que fut À tous ceux qui ne me lisent pas , où le poète Yves Boisver t revit sous les traits du comédien.Nouveau film du complice Maxime Giroux ayant d\u2019ores et déjà eu la faveur de moult festivals, Martin Dubreuil, ode à la complicité Le comédien retrouve avec La grande noirceur le réalisateur de Félix et Meira, Maxime Giroux La grande noirceur est un road movie à la fois cr yptique et minima- liste ; une proposition foncièrement originale que celle-là.Pour mémoire, Martin Dubreuil et Maxime Giroux ont auparavant collaboré sur le formidable mais plus narratif Félix et Meira, ou l\u2019amour interdit entre une juive hassidique mariée et un sympathique hurluberlu, elle Anglo, lui Franco.La grande noirceur non seulement s\u2019éloigne de toute écriture classique, mais prend également ses distances par rapport au réel.En effet, on y suit, dans un passé indéterminé imprégné d\u2019onirisme et de surréalisme, les pérégrinations américaines calamiteuses d\u2019un Québécois errant, piètre imitateur de Chaplin de son métier ayant fui la conscription.Donner rendez-vous à Martin Dubreuil dans un café à la déco surannée semblait tout indiqué.« L\u2019idée du film vient de Simon Beaulieu.Elle a plu à Maxime, mais il s\u2019agissait d\u2019une production dispendieuse.Max venait de devoir renoncer à un projet auquel il tenait, Ordo \u2014 pas de financement.Bref, il a dit oui à Simon en précisant qu\u2019il écrirait le scénario avec Alexandre Laferrière [son coscénariste de Félix et Meira], mais qu\u2019il en ferait une production peu coûteuse.Il était un peu désabusé et voulait procéder sans niaiser, librement.À titre d\u2019exemple : Martin Dubreuil incarne le rôle d\u2019un piètre imitateur de Charlie Chaplin dans le prochain film de Maxime Giroux, La grande noirceur.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR M Donner rendezvous à Martin Dubreuil dans un café à la déco surannée semblait tout indiqué | 1 5 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Alexandre Goyette Anne-Marie Cadieux Rémy Girard entourés de 14 comédiens PRODUCTION ORIGINALE DU FESTIVAL DE STRATFORD 2018 CRÉÉE EN COLLABORATION AVEC EX MACHINA PRODUCTION THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE UNE PRÉSENTATION DE 8 supplémentaires ! NOUVELLES dates : SAM 16 FÉV 20 h + DIM 17 FÉV 14 h Billets à partir de 35 $ CORIOLAN DE SHAKESPEARE \u2014 TRADUCTION ET ADAPTATION MICHEL GARNEAU MISE EN SCÈNE ROBERT LEPAGE TNM.QC.CA une scène de gare avec des trains et des passagers partout est devenue juste un gars qui longe une voie ferrée abandonnée dans le désert.» Changer de peau C\u2019est lors de la soirée d\u2019anniversaire du producteur Sylvain Corbeil, comparse chez Metafilms, que le cinéaste s\u2019ouvrit à son ami acteur.« Il m\u2019a expliqué qu\u2019il avait accepté [le projet] à deux conditions: tourner sans budget ou presque et me confier le premier rôle.» De la musique aux oreilles du principal intéressé.Et c\u2019est ainsi que, découvrant son personnage, Martin Dubreuil revisita la filmographie de Charlie Chaplin.« J\u2019ai pensé qu\u2019il me faudrait apprendre cer taines de ses routines, et tout ça, mais pas longtemps après, Max m\u2019appel le et me dit : \u201cRegarde sur tout pas les films de Chaplin, là !\u201d Oups ! Il avait raison en plus, parce qu\u2019au fond, ce gars-là ne connaît rien à Chaplin, à par t peut-être un film qu\u2019il aurait vu au cinéma.Il a trouvé cette job- là par hasard, pour survivre.» Pour l\u2019anecdote, il ne s\u2019écoula que trois jours entre la fin du tournage d\u2019À tous ceux qui ne me lisent pas et le début de celui de La grande noirceur.Trois jours qui suffirent à Martin Dubreuil pour quitter la peau d\u2019Yves Boisver t et se glisser dans celle de ce Chaplin du pauvre.Exercice périlleux ?« Pas vraiment .C\u2019est comme quelqu\u2019un qui pratique plusieurs sports ; qui joue au basket et après au hockey.Il ne va pas se mettre à dribler avec la rondelle.C\u2019est pareil.C\u2019est comme\u2026 des espaces mentaux distincts.Et puis, en amont du tournage, Pat McNeil [la créatrice des costumes] m\u2019a beaucoup aidé à trouver le personnage, lors des essayages.» Satiété esthétique Du même souffle, Martin Dubreuil décrit un tournage fabuleux malgré des conditions par fois ardues.Il y Le contexte difficile, les imprévus, tout ça, c\u2019était l\u2019équipe adverse contre laquelle on se battait.Le soir au motel, on n\u2019avait pas de médaille, mais on avait un film ; on visionnait les images magnifiques de la journée.MARTIN DUBREUIL » eut deux blocs : les extérieurs aux États-Unis, fruit d\u2019un repérage méticuleux fait au préalable, puis, un mois plus tard environ, les intérieurs à Montréal.« Je me revois, à l\u2019aube dans le dé- ser t : je por tais des combines en dessous de mon costume de Chaplin, à cause du froid.Rendu à midi, c\u2019était suf focant : enlève les combines ! Le scénario était complet et tout, mais il arrivait à Max d\u2019improviser en me demandant d\u2019aller courir dans telle par tie du paysage.Moi, je suis toujours willing, dans tout ce que je fais.» Un surcroît de bonne volonté en l\u2019occurrence partagé par tous.« On n\u2019était qu\u2019une douzaine au total et on était soudés comme une équipe spor tive \u2014 encore le spor t .Le contexte dif ficile, les imprévus, tout ça, c \u2019était l \u2019équipe adverse contre laquelle on se battait.Le soir au motel, on n\u2019avait pas de médaille, mais on avait un film ; on visionnait les images magnifiques de la journée.» Le qualificatif n\u2019est pas exagéré, Maxime Giroux et la directrice photo Sara Mishara, collaboratrice de la première heure, s\u2019étant dépassés, ce qui n\u2019est pas peu dire.Lors de la présentation du film au Festival de cinéma de la ville de Québec, on écrivait que « La grande noirceur multiplie les possibles allégoriques, engendrant un plaisir distinctement cérébral ».C\u2019est le cas, mais on ne saurait trop insister sur cette \u2014 rarissime \u2014 satiété esthétique que procure le film.D\u2019un voyage à l\u2019autre Œuvre contemplative, La grande noirceur est jalonné d\u2019épisodes impliquant tour à tour le détrousse- ment puis la séquestration du protagoniste, homme aux abois livré non pas à une sempiternelle quête, mais plutôt à un périple.Le but, c\u2019est le voyage.Parlant de voyage, outre celui qui y est dépeint, le film se trouve aussi être la continuation d\u2019un autre, professionnel celui-là, et qui a cours depuis des années entre Mar tin Dubreuil et Maxime Giroux.« Max, et Sarah avec, tant qu\u2019à faire, je les connais depuis leur université.Mine de rien, Max et moi, on a travaillé ensemble, quoi, une quinzaine de fois ?Des courts, des clips, des longs\u2026 Il a même perdu un contrat de pub à cause de moi : paraît que le client trouvait que je faisais pas assez propre ! » lance le comédien en éclatant de rire à ce souvenir.« C\u2019est drôle parce que, l\u2019année où Max finissait ses études en cinéma, j\u2019avais joué dans les courts de tous les autres étudiants, mis à par t le sien.Lors des projections, c\u2019est son cour t à lui que j\u2019ai préféré, et je me suis dit qu\u2019il fallait qu\u2019on travaille ensemble.Son film était très poétique.Après, il a eu une période où il était très influencé par les frères Dar- denne.Il fallait que ce soit réaliste, sec, pas de musique, parce que tu faisais pas ça pour plaire.Mais il est brillant, Max, et il savait que, après Demain et Jo pour Jonathan, s\u2019il arrivait avec un troisième film aride d\u2019affilée, il ne pourrait probablement plus tourner.» Entre autres choses une démonstration de polyvalence, donc, le subséquent Félix et Meira mit surtout en exergue la maîtrise accrue du cinéaste.« Là, avec La grande noirceur, Max est revenu à cet esprit poétique qui m\u2019avait tellement séduit au commencement.Au fond, c\u2019est comme s\u2019il s\u2019était\u2026 je ne sais pas\u2026 retrouvé ?» Martin Dubreuil se tait un instant, ses yeux soudain remplis d\u2019eau.« Je sais pas pourquoi, mais ça m\u2019émeut.» Normal, car c\u2019est là, très précisément, l\u2019état dans lequel on se trouve au sortir du film.La grande noirceur prend l\u2019affiche le 18 janvier. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 6 | premières armes U CINÉMA A J S LE 18 DÈ ANVIER CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Une petite ville industrielle anglaise, par un soir pluvieux.D\u2019un taxi émergent deux hommes aux physiques contrastés, l\u2019un maigrelet, l\u2019autre ventripotent.Leur simple vue fait sourire.Mais mais mais\u2026 Ne serait-ce pas ce duo comique, naguère célèbre ?Laurel et Hardy ?Il s\u2019agit bien d\u2019eux.Or, on est en 1953, et leur dernier succès au cinéma remonte à 1937.Ceci expliquant cela, les voici à des lieues d\u2019Hollywood, contraints de faire une tournée dans de petits théâtres à moitié vides en attendant le coup de fil d\u2019un élusif producteur, clé d\u2019un possible retour au grand écran.Dans Stan and Ollie, Steve Coogan et John C.Reilly se glissent dans la peau des as de la pitrerie alors que ces derniers entamaient sans le savoir leur ultime tour de piste.Écrit par Jeff Pope, scénariste du film Philomena, qui mettait déjà en vedette Coogan, Stan and Ollie (en V.O.) of fre un récit adéquatement construit, mais somme toute prévisible et, surtout, excessivement sentimental.Rendue nécessaire par des motifs financiers, les deux anciens camarades ne roulant ni l\u2019un ni l\u2019autre sur l\u2019or à ce stade avancé de leur existence, cette tournée en Grande-Bre- tagne devient l\u2019occasion de retrouvailles professionnelles et de réconciliations personnelles pour le tandem, en rupture depuis la fin des années 1930 \u2014 les motifs de la bisbille sont évoqués lors d\u2019un prologue filmé en un faux mais très adroit plan-séquence.À la onzième heure, les vieilles rancœurs ruminées depuis lors reviendront hanter Stan et Ollie.Un point d\u2019orgue préparé en amont avec force retours en arrière explicatifs Dernier tour de piste Steve Coogan et John C.Reilly font revivre l\u2019ultime tournée du duo Laurel et Hardy John C.Reilly et Steve Coo- gan s\u2019investissent au point de disparaître derrière leur personnage.LES FILMS SÉVILLE insérés çà et là de manière plus ou moins heureuse.Conventionnel, le procédé est représentatif des limites narratives du film, qui se borne à faire bien sans chercher à faire mieux.Brio des interprètes De beaux moments surviennent néanmoins, par exemple lorsque Stan et Ollie reproduisent sans le vouloir, dans la vie, des éléments de certaines de leurs routines les plus connues, telle cette malle qui leur échappe dans l\u2019escalier de la gare comme le piano jadis dans leur populaire court métrage The Music Box.Plus touchante : cette séquence lors de laquelle Stan s\u2019enquiert de la santé de son vieux compagnon alité, et où l\u2019on assiste à une variation douce-amère de leur numéro de la visite à l\u2019hôpital vue sur scène.Doté d\u2019un petit budget (10 millions de dollars pour une production historique de cette nature, c\u2019est très, très peu), Stan and Ollie démontre une débrouillardise indéniable au rayon de la réalisation, de la direction artistique et de l\u2019imagerie numérique.Toutefois, l\u2019atout principal du film réside dans l\u2019interprétation assez merveilleuse de Steve Coogan, dans le rôle de Stan Laurel, et de John C.Reilly, dans celui d\u2019Oliver Hardy.Passionné par l\u2019écriture de gags, Stan trouve son premier \u2014 et meilleur \u2014 public chez Ollie, dit «Babe », qui n\u2019a ensuite pas son pareil pour donner vie à ceux-ci.Chacun s\u2019investit au point de disparaître derrière son personnage, Reilly s\u2019avérant tout particulièrement touchant sous un maquillage grossissant fort réussi.Pour autant, ces messieurs passent à un cheveu de se faire éclipser par Nina Arianda et Shirley Henderson, savoureuses en épouses de Stan et d\u2019Ollie.Comme le dit l\u2019un des personnages dans le film: on a droit à deux duos comiques pour le prix d\u2019un.Bref, c\u2019est là une production qui ronronne plus qu\u2019elle ne vrombit : modeste, mais sympathique.Stan and Ollie ?Drame biographique de Jon S.Baird.Avec Steve Coogan, John C.Reilly, Shirley Henderson.États-Unis\u2013 Grande- Bretagne\u2013 Canada, 2018, 97 minutes. | 17 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Jennifer Alleyn est de ces cinéastes qui tournent trop peu.Pour toutes sortes de raisons, financières surtout, on ne se le cachera pas.Beaucoup d\u2019appelés, peu d\u2019élus, et encore moins d\u2019éluEs.Près de 25 ans qu\u2019elle persiste, lancée qu\u2019elle fut jadis avec les camarades Denis Villeneuve, André Turpin et Manon Briand, entre autres, par le film collectif Cosmos.C\u2019était en 1996.Depuis, quelques courts, y compris une fiction, des vidéos d\u2019ar t et deux longs métrages documentaires : Dix fois Dix, sur le peintre Otto Dix, et L\u2019atelier de mon père, sur un autre peintre, Edmund Alleyn, son papa.Synthèse de tout cela et plus encore, Impetus est le troisième long seulement de Jennifer Alleyn.En examinant de près sa filmographie qu\u2019on voudrait plus longue étant donné son talent, on en mesure toute la cohérence.De fait, ce qui meut la cinéaste, chaque fois, c\u2019est l\u2019exploration des mécanismes de la création.Après s\u2019être penchée sur ceux d\u2019autres ar tistes, voici qu\u2019elle fait œuvre d\u2019introspection.Le résultat ne ressemble à rien, sinon à son auteure.À l\u2019origine d\u2019Impetus, terme signifiant « force d\u2019impulsion», «élan», se trouve le récit d\u2019un jeune Montréa- lais qui fuit une peine d\u2019amour en partant à New York sur un coup de tête.Ce film ne vit jamais le jour, mais Jennifer Alleyn était trop éprise du beau matériel déjà tourné pour l\u2019envoyer aux oubliettes avec le reste de ses projets inaboutis .Aussi trouva-t-elle le moyen de l\u2019utiliser néanmoins.Comment ?En devenant elle-même \u2014 et telle qu\u2019en elle-même \u2014 l\u2019une des protagonistes d\u2019un second film : un documentaire à l\u2019intérieur duquel elle intégrerait des passages du premier film, mais aussi d\u2019autres segments tirés de documentaires en suspens, l\u2019un avec un musicien philosophe dans la dèche (John Reissner), l\u2019autre avec une pianiste refusant de se produire plus depuis la mort de son fils (Esfir Dyashkov).Ce qu\u2019elle fit donc.Déconstructivisme commenté À l\u2019arrivée, Impetus s\u2019avère un objet mer veilleusement singulier dans lequel une fiction, dont on voit le tournage en cours, est commentée dans le réel par sa metteure en scène.Et Jennifer Alleyn de s\u2019interroger, de tergiverser, de douter, guidée, à terme, par un instinct sûr et une sensibilité rare.Et pourquoi ce titre ?Parce que tous les participants, fussent-ils vrais ou inventés, aspirent à un second souf fle, à un nouvel impetus : qu\u2019il s\u2019agisse de la cinéaste en plein désarroi personnel et professionnel, du personnage éploré qu\u2019incarne l\u2019acteur Emmanuel Schwartz au commencement avant que la cinéaste se ravise et confie le rôle à la comédienne Pascale Bussières au mitan\u2026 Amies de longue date, les deux femmes commentent çà et là le processus créatif ainsi déconstruit.Proposition stimulante s\u2019il en est pour n\u2019impor te quel cinéphile le moindrement aventureux, que cet Impetus .À cet égard, on se permettra de citer Denis Villeneuve qui, après l\u2019avoir vu, évoqua un ludisme à la Godard et à la Varda.On ne peut que renchérir, en cela que cette manière qu\u2019a Jennifer Al- leyn de constamment désigner les ar tif ices du cinéma pour mieux leur renouveler son amour n\u2019est pas sans rappeler cer tains par tis pris de l\u2019un et de l\u2019autre vétérans.Un film unique Il n\u2019empêche, l\u2019enchevêtrement de vrai, de faux et tout ce qui survient entre les deux aurait pu se solder par un pensum ar tistique.À l\u2019inverse, Impetus livre avec générosité ses différentes clés de lecture.Jennifer Alleyn y ouvre ni plus ni moins son intimité d\u2019artiste, avec toute la vulnérabilité que cela suppose.La démarche séduit en outre par sa rigueur, puisqu\u2019en donnant de la sorte une deuxième vie à des matériaux cinématographiques existants, mais jusque-là laissés pour compte, Jennifer Alleyn transforme son film, de façon inhérente, en un impetus créatif.Alors qu\u2019elle s\u2019avoue au début en remise en question, bloquée, voici qu\u2019elle puise en elle-même cette « force d\u2019impulsion » dont elle se croyait désormais dépourvue.Pour le compte, ce à quoi on assiste dans Impetus n\u2019est pas tant l\u2019émergence d\u2019un second souf fle qu\u2019une renaissance.C\u2019est sans doute ce qui émeut le plus.L\u2019inhérente force d\u2019Impetus La cinéaste Jennifer Alleyn déconstruit son propre processus créatif dans un film superbement original Pourquoi ce titre ?Parce que tous les participants aspirent à un second souffle, qu\u2019il s\u2019agisse de la cinéaste en plein désarroi ou du personnage éploré qu\u2019incarne l\u2019acteur Emmanuel Schwartz, entre autres.LA DISTRIBUTRICE DE FILMS Impetus ?1/2 Film hybride de Jennifer Alleyn.Avec Jennifer Alleyn, Pascale Bussières, Emmanuel Schartz, John Reissner, Esfir Dyashkov.Québec, 2018, 94 minutes. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e C i n é m a 1 8 | CRITIQUE ANDRÉ LAVOIE COLLABORATEUR LE DEVOIR Les titres des deux premiers longs métrages de Pierre Schoeller annonçaient déjà un intérêt pour l\u2019histoire de la France.Après Versailles (2008) et L\u2019exercice de l\u2019État (2011), deux œu- vres ancrées dans le temps présent, radiographies d\u2019un malaise social d\u2019une part et politique d\u2019autre part, le cinéaste fait preuve d\u2019une grande ambition avec Un peuple et son roi.Ce n\u2019est toutefois pas celle qui animait jadis Robert Enrico (La Révolution française) et par la suite Sofia Coppola (Marie-Antoinette), touristes égarés dans les artifices du XVIIIe siècle, ici maîtres décorateurs plutôt que metteurs en scène.Schoel- ler adopte une posture beaucoup plus studieuse, s\u2019appuyant sur de multiples sources historiques, reproduisant avec exactitude les discours enflammés, ou solennels, de certains tribuns de la jeune Assemblée nationale, tels Robespierre et Marat.Ils ne forment pourtant qu\u2019un des nombreux maillons d\u2019une chronique qui s\u2019étale sur quatre ans, des années qui ébranlèrent le monde, le pouvoir de la monarchie et celui, nouveau, du citoyen, cette identité qui jusque-là ressemblait surtout à une gigantesque bête de somme.Avec la prise de la Bastille en 1789, ces révolutionnaires fiévreux, et fiévreuses!, ont non seulement pris les armes, mais aussi la parole, le tout en marchant sur Versailles ou en s\u2019indignant au Champ-de-Mars, souvent au péril de leur vie.Cette misère s\u2019est depuis longtemps incrustée dans les ruelles sombres du faubourg Saint-Antoine et au milieu d\u2019un clan dominé par un souffleur de verre (Olivier Gourmet), ainsi que des lavandières, dont l\u2019une (Adèle Haenel) tombera sous le charme d\u2019un vagabond orphelin (Gaspard Ulliel).Face à ce microcosme « prolétarien » s\u2019érigent les grandes figures de l\u2019Histoire, Louis XVI (Laurent Lafitte, impérial) d\u2019abord, monarque de plus en plus hébété devant ce tsunami politique, et une succession étourdissante de personnages illustres, qu\u2019ils se nomment Saint-Just, Danton ou Condorcet.Un peuple et son roi s\u2019inscrit dans ces courants historiographiques où la quotidienneté n\u2019est plus exclue du récit des grands remous, où la domesticité révèle autant de choses que les dates des couronnements ou celles de la chute des empires.Et c\u2019est d\u2019ailleurs là où Schoeller excelle, dans cette attention méticuleuse aux gestes harassants, gracieux ou désespérés d\u2019une population qui ne voit jamais la lumière du jour (il la retrouve devant une Bastille vacillante, une des plus belles scènes du film), pour qui la vie ne peut qu\u2019être crasseuse, éreintante, sans horizons.Là où l\u2019élève Schoeller veut prouver à tout prix qu\u2019il a bien fait ses devoirs, c\u2019est dans sa contemplation parfois béate des discours qui ont suivi la création de l\u2019Assemblée nationale, succession pas toujours enivrante d\u2019exposés révolutionnaires ou réactionnaires \u2014 le fil est parfois bien mince\u2026 Dans une approche oratoire comparable à celle adoptée par Robin Campillo dans 120 battements par minute, il met en exergue les effets de toge, les sursauts de joie et d\u2019outrage de la foule entassée au balcon du pouvoir ou dans la pénombre de leurs taudis.De cet amoncellement de personnages qui ne font que passer émane une impression tenace d\u2019éparpillement, celle d\u2019un film choral qui ne s\u2019attarde jamais à une seule trajectoire, nous perdant ainsi dans plusieurs dédales.Un peuple et son roi cause avec grande dévotion de révolution, mais de manière trop didactique pour insuffler chez le spectateur le désir impérieux du changement.Un peuple et son roi ?Drame historique de Pierre Schoeller.Avec Gaspard Ulliel, Adèle Haenel, Olivier Gourmet, Laurent Lafitte.France\u2013Belgique, 2018, 121 minutes.Aux armes, et aux arguments, citoyens La Révolution française telle que vue par le bon peuple et telle que subie par Louis XVI Un peuple et son roi s\u2019inscrit dans ces courants historiogra- phiques où la quotidienneté n\u2019est plus exclue du récit des grands remous.MK2 MILE END | 19 C u l t u r e C i n é m a L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 CRITIQUE FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR Malek est arrivé au Québec depuis une période indéterminée.Il a quitté le Liban, laissant là-bas un passé traumatique.Mais voilà, il est des événements qui refusent qu\u2019on les oublie.Trop accablé par ceux-ci, on se retrouve un jour pendu, l\u2019esprit confus et la vie qui ne tient plus qu\u2019au toron d\u2019une corde par chance usée.C\u2019est le sor t que vient de connaître Malek lorsqu\u2019on le rencontre.Forcé de voir une psychiatre après cette tentative de suicide, le jeune homme en viendra, d\u2019un rendez-vous à l\u2019autre, à affronter ce qu\u2019il a tant cherché à fuir.Cela, alors qu\u2019il s\u2019éprend de Shohreh, une immigrante iranienne elle-même prisonnière d\u2019un drame en suspens auquel Malek sera bientôt mêlé.Tiré du roman Le cafard, de Rawi Hage, Malek propose le genre de voyages introspectifs dont le cinéaste Guy Édoin a le secret.Ainsi, après ce gamin parricide dans Marécages, puis cette actrice célèbre et cette infirmière unies par l\u2019absence d\u2019un fils dans Ville-Marie, le voici qui s\u2019attarde à cet immigrant hanté par le souvenir trouble d\u2019une sœur dont on ne sait trop ce qu\u2019il est advenu.Avec adresse, le cinéaste et son monteur, Yvann Thibaudeau (Borderline, 1991), font surgir le passé dans le présent, la moiteur du Liban se substituant à l\u2019hiver montréalais.Fluides, les passages de l\u2019un à l\u2019autre sur viennent à la faveur de jeux de correspondances visuelles qui gardent l\u2019œil captif, et ce, même lorsque certaines circonvolutions narratives faillissent à convaincre (Malek est le premier film qu\u2019Édoin réalise sans l\u2019avoir initié).En gros plan Mal en point sous des dehors trop machos pour berner Geneviève, sa psychiatre gentiment obstinée, Ma- lek est, peut-être plus encore qu\u2019au moment d\u2019attenter à ses jours, sur la brèche.Avalant ses cachets d\u2019antidépresseurs selon son bon vouloir, il boit, fume et sniffe, préférant courtiser la mort plutôt que de faire face à ses démons.Alternant les temporalités, donc, mais aussi les niveaux de conscience, tandis qu\u2019en proie à des épisodes hallucinatoires, Malek reçoit chez lui, ponctuellement, la visite d\u2019une version fantasmée de sa psychiatre.Fruit d\u2019une réalisation judicieusement sobre, ces séquences possèdent une étrangeté subtile.Elles offrent en outre un contrepoint habile aux séances «réelles» auxquelles on assiste, dans le bureau de Geneviève.Techniquement, ces deux volets reposent, encore, sur un travail visuel tout en économie (échelle de plans déclinée de manière aussi simple que redoutable).D\u2019ailleurs, Guy Édoin ne craint pas d\u2019aller au plus près des visages de ses interprètes.Ceux-ci, éclairés il est vrai par l\u2019as directeur photo Michel La Veaux (Le démantèlement, La disparition des lucioles), deviennent dès lors un prolongement organique de sa mise en scène.Un bel ajout À cet égard, l\u2019acteur français Tewfik Jallab, présent de bout en bout dans le rôle-titre, est complètement crédible.Il par vient à faire passer les tourments intérieurs de Malek au moyen d\u2019un jeu, paradoxalement, très physique.Dans le rôle de Shoh- reh, la comédienne espagnole Hiba Abouk convainc également, quoique sa par tition à elle paraît curieusement sous-écrite malgré un temps d\u2019écran et un texte plus copieux que ceux impartis à la psychiatre, défendue par Karine Vanasse.Chargée de composer non pas un, mais deux personnages légèrement dif férents, l \u2019actrice québécoise affiche pour sa part, d\u2019un côté, une retenue intrigante et, de l\u2019autre, une suggestivité fascinante.À terme, si Malek n\u2019envoûte pas comme le tordu Marécages ni n\u2019impressionne comme le baroque Ville-Marie, le film n\u2019en constitue pas moins un bel ajout à la filmographie merveilleusement vénéneuse de Guy Édoin.Saisissant mais d\u2019une cohérence parfaite quant à l\u2019arc dramatique du protagoniste, le dénouement est par surcroît assuré de faire jaser.Malek ?1/2 Drame psychologique de Guy Édoin.Avec Tewfik Jallab, Hiba Abouk, Karine Vanasse, Mani Soleymanlou.Québec, 2018, 105 minutes.Subtile étrangeté Guy Édoin trouve dans le roman Le cafard la matière d\u2019une autre introspection sinueuse L\u2019acteur français Tewfik Jallab, présent de bout en bout dans le rôle-titre, est complètement crédible.Chargée de composer non pas un, mais deux personnages légèrement différents, Karine Vanasse affiche pour sa part, d\u2019un côté, une retenue intrigante et, de l\u2019autre, une suggesti- vité fascinante.LES FILMS SÉVILLE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e 2 0 | Les nouveautés sont en rose À la porte de l\u2019éternité (V.O., s.-t.f.de At Eternity\u2019s Gate) ?1/2 Arles, dans le sud de la France, en 1888.En quête d\u2019inspiration, Vincent Van Gogh bat la campagne, ignorant qu\u2019il ne lui reste que deux ans à vivre.Dans le plus récent film du trop rare Julian Schnabel, on suit le peintre dans ses dernières pérégrinations, le pas allègre, le regard fiévreux.Souvent subjective, mais pas seulement, la caméra semble branchée par un fil invisible à l\u2019esprit du peintre.Lui-même un artiste visuel réputé, Schnabel, ceci expliquant en partie cela, parvient à s\u2019arrimer à l\u2019âme tourmentée de Van Gogh comme personne avant lui.Évoquant parfois son approche sur Le scaphandre et le papillon, le réalisateur établit une proximité quasi palpable avec le protagoniste qu\u2019incarne un Willem Dafoe extraordinaire.À terme, le niveau d\u2019intimité atteint est tel que le cinéphile a l\u2019impression de se trouver aux côtés de Vincent Van Gogh alors que ce dernier s\u2019apprête à franchir l\u2019ultime seuil, celui de l\u2019éternité.François Lévesque Roma ?Chef-d\u2019œuvre d\u2019Alfonso Cuarón (cinéaste de Gravity) que ce retour à son enfance au début des années 1970, en banlieue cossue de Mexico.À travers l\u2019admirable portrait de Cleo (Yalitza Aparicio), servante et ange d\u2019une famille en éclatement, c\u2019est l\u2019âme du Mexique qui vibre et respire dans ce film contemplatif et immersif.Les images en noir et blanc sublimes, les cadrages artistiques, somptueusement filmés, sans musique, et une caméra 65mm qui embrasse à la fois les détails intimes et la violence du pays, la sensibilité et la force du film en font une œuvre d\u2019anthologie.Odile Tremblay La favorite (V.F.de The Favourite) ?Courses de canards, lapins gambadant autour des jupes d\u2019une reine, ménage à trois: c\u2019est le quotidien à la cour de la reine Anne (Olive Colman), malade et neurasthénique, en ce début de XVIIIe siècle alors que l\u2019Angleterre et la France s\u2019affrontent.D\u2019autres combats font pourtant rage, car lady Sarah (Rachel Weisz), amie d\u2019enfance et conseillère influente de la souveraine, voit son pouvoir s\u2019effriter au profit d\u2019une jeune rivale (Emma Watson), tout aussi futée, perverse et implacable.Ce combat, brillamment orchestré par Yorgos Lanthimos (The Lobster, The Killing of a Sacred Deer), lui permet de déployer une virtuosité jusque-là plus contenue, grâce à un scénario d\u2019une redoutable efficacité et des images d\u2019une beauté irradiante.On savoure aussi pleinement cet humour corrosif, ces amusantes libertés avec l\u2019histoire et ce ton jouissif faisant de ces trois guerrières du passé des héroïnes du temps présent.André Lavoie Le retour de Ben (V.F.de Ben Is Back) ?Pour certains, la crise des opioïdes se limiterait à certains milieux marginaux.Or, elle touche aussi la classe moyenne, et c\u2019est ce que Peter Hedges (Dan in Real Life, The Odd Life of Timothy Green) illustre avec brio dans ce drame familial concentré en 24 heures, autour de Noël, et qui ne sera un cadeau pour personne.À peine sorti du centre de désintoxication, Ben (Lucas Hedges, touchant comme d\u2019habitude) devra faire face à ses démons, entraînant avec lui ses proches, tout particulièrement sa mère (Julia Roberts, grandiose), dont l\u2019amour inconditionnel sera mis à rude épreuve.Ce portrait implacable des ravages de la toxicomanie se double d\u2019une radiographie d\u2019une petite communauté où grouillent des secrets que la coquetterie banlieusarde n\u2019arrive pas à camoufler.Une œuvre poignante, bouleversante, et d\u2019une criante vérité.André Lavoie Dilili à Paris ?Si Paris est une fête, les films de Michel Ocelot le sont aussi.C\u2019est particulièrement vrai pour cette traversée dans la capitale française, du temps de la Belle Époque, qui regorgeait de grands esprits au mètre carré.Au milieu de ce magnifique aréopage (de Marie Curie à Érik Satie et de Picasso au Douanier Rousseau), Dilili, une enfant métissée de la Nouvelle-Calédonie, embrasse la vie parisienne avec passion.Mais elle est aussi déterminée à contrecarrer les plans machiavéliques d\u2019un groupuscule multipliant les kidnappings de fillettes pour les asservir.Cette échappée, fantastique sur tous les plans, illustre les idéaux et les visions fulgurantes du début du XXe siècle, mais aussi les angoisses et les remous du temps présent.Une fable d\u2019une beauté époustouflante par le créateur de Kirikou.André Lavoie Une affaire de famille (V.O., s.-t.f.) ?Lauréat de la Palme d\u2019or, Une affaire de famille marque un nouveau sommet pour l\u2019auteur des déjà exceptionnels Nobody Knows et Still Walking, Hiro- kazu Kore-eda.On y suit le quotidien ardu de la famille Shibata, qui joint les deux bouts en recourant à divers larcins et dont l\u2019équilibre précaire est compromis lorsque le père et la mère recueillent une fillette abandonnée dans le froid.Kore-eda, malgré une empathie évidente envers ses personnages, ne minimise jamais l\u2019ampleur des dilemmes moraux en présence, non plus qu\u2019il ne se montre complaisant par rapport aux failles du couple, qui n\u2019en est dès lors que plus poignant, que plus humain.Porté par une poésie visuelle sur laquelle l\u2019adversité n\u2019a aucune prise, c\u2019est là un film qui reste.On l\u2019emporte avec soi, en pensées, y revenant inopinément\u2026 On sent des larmes monter alors que défilent en boucle des scènes si justes qu\u2019elles semblent avoir été arrachées au réel.François Lévesque Si Beale Street pouvait parler (V.F.de If Beale Street Could Talk) ?Cette touchante et poétique histoire d\u2019amour de Barry Jenkins, adaptée du roman de James Baldwin, éclaire dans un milieu afro-américain des années 1970 le New York de la discrimination raciale brisant ici la vie d\u2019un tendre, beau et jeune couple de Harlem (Kiki Layne et Stephan James).Les images somptueuses, la musique inspirée, le montage complexe, l\u2019intimité érotique de plusieurs scènes et le naturel des acteurs éblouissent, mais le côté esthétisant empêche le film de cogner aussi fort que l\u2019oscarisé Moonlight du même cinéaste.Odile Tremblay Pachamama.Le trésor sacré ?1/2 Ce n\u2019était sans doute pas l\u2019ambition du cinéaste argentin Juan Antin, mais les enfants pourront enfin apprendre qu\u2019il n\u2019y a pas seulement Tintin qui peut déployer courage et ingéniosité à l\u2019ombre du temple du Soleil.Dans la cordillère des Andes à l\u2019époque précolombienne, les gamins d\u2019un petit village vivant en harmonie avec la terre mère, la fameuse Pachamama, découvriront la part sombre de deux empires qui s\u2019affrontent à armes inégales: les Incas et les conquistadors espagnols.Leur destin se jouera entre les deux dans une magnifique fable à saveur écologiste, animée de couleurs vives et de formes Malek ?1/2 Après avoir attenté à ses jours, Ma- lek est contraint de voir une psychiatre qui entend l\u2019aider à affronter son passé au Liban.En proie à des hallucinations, il hésite, car ce serait peut- être là un sort pire que la mort.Puis, voilà que Malek s\u2019éprend de la belle Shohereh, elle-même prisonnière d\u2019un drame en suspens, auquel il sera bientôt mêlé.Dans cette adaptation du roman Le cafard, de Rawi Hage, Guy Édoin opte pour une économie visuelle redoutable et une approche subtile de l\u2019étrangeté.Ainsi, en dépit du fait que certaines circonvolutions narratives échouent à convaincre, la mise en scène, elle, a l\u2019heur de garder l\u2019œil captif alors qu\u2019alternent temporalités et niveaux de conscience.Tewfik Jallab est très crédible dans le rôle-titre, tandis que Karine Vanasse étonne et fascine dans une partition dédoublée.Saisissant, mais d\u2019une cohérence parfaite quant à l\u2019arc du protagoniste, le dénouement est assuré de faire jaser.François Lévesque Impetus ?1/2 Dans ses précédents documentaires, dont L\u2019atelier de mon père, Jennifer Alleyn explorait les mécanismes de la création.Or, après s\u2019être penchée sur les démarches d\u2019autres artistes, voici que la cinéaste met la sienne à nu.Cela, alors qu\u2019elle vit une profonde remise en question.D\u2019où le titre Impetus, qui signifie « force d\u2019impulsion», «élan».Car c\u2019est dans l\u2019expectative de cet état que se trouvent les personnes réelles et imaginaires qui se côtoient dans un film unique où Jennifer Alleyn, en une forme de déconstructivisme cinématographique, désigne les artifices du cinéma pour mieux leur renouveler son amour.Ici, la cinéaste ouvre ni plus ni moins son intimité d\u2019artiste, avec toute la vulnérabilité que cela suppose.Pour le compte, ce à quoi on assiste dans cet enchevêtrement audacieux de documentaire et de fiction n\u2019est pas tant l\u2019émergence d\u2019un second souffle qu\u2019une renaissance.C\u2019est dire qu\u2019outre qu\u2019il intrigue, stimule et fascine, Impetus émeut.François Lévesque Malek, drame psychologique de Guy Édoin LES FILMS SÉVILLE | 2 1 C u l t u r e No t r e s é l e c t i o n c i n é m a e n s a l l e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Mary Queen of Scots ?Porté par les impressionnants sites naturels d\u2019Écosse et par de magnifiques costumes, Mary Queen of Scots est un film d\u2019époque qui charme par ses images.Mais le retour au XVIe siècle proposé par la réalisatrice Josie Rourke n\u2019est pas qu\u2019épatant.Le récit débute en 1561, alors que Marie Stuart, reine d\u2019Écosse, rentre d\u2019exil.Elle affrontera non seulement sa rivale d\u2019Angleterre, la reine Élisabeth 1re, mais sa propre cour aussi.Saoirse Ronan (Lady Bird) et Margot Robbie (I, Tonya) incarnent les deux reines avec beaucoup d\u2019aplomb.Derrière le portrait d\u2019un personnage historique, le film pointe des enjeux toujours actuels, de la place au pouvoir des femmes à des questions géopolitiques telles que l\u2019indépendance de l\u2019Écosse ou les rapports avec l\u2019Europe.Jérôme Delgado La course des tuques ?C\u2019est une suite, mais c\u2019est surtout une variation sur le même thème.La course des tuques remplace une bataille de boules de neige par une course de luges, mais au final, c\u2019est encore une fois la camaraderie qui triomphe au son de chansons résolument accrocheuses.Car la transposition soigneusement animée de ce petit monde archiconnu de toute une génération, celle des premiers Contes pour tous des années 1980, affiche une efficacité renouvelée et exploite jusqu\u2019à l\u2019excès le potentiel énergique des acrobaties hivernales.Pour le reste, on retrouve la même galerie de personnages, avec de nouveaux venus qui tiennent le haut pavé et sèment, évidemment, la zizanie.Ils devront affronter l\u2019ingéniosité bricoleuse de François les Lunettes, pourvu de la voix d\u2019Hélène Bourgeois-Leclerc qui en fait des tonnes, et avec fierté.André Lavoie Les filles du soleil ?1/2 Si la vérité est la première victime de la guerre, la subtilité s\u2019avère parfois celle des drames de guerre.Eva Husson n\u2019y échappe pas dans cette apologie du courage de femmes victimes des sévices atroces commis par le groupe État islamique, souvent réduites à l\u2019état d\u2019esclaves sexuelles.Certaines d\u2019entre elles se sont engagées dans une résistance courageuse aux côtés de soldats kurdes, petit bataillon dirigé par une ancienne avocate se faisant justice elle-même (Golshifteh Farahani) et qu\u2019observe une correspondante de guerre (Emmanuelle Bercot) au passé tout aussi douloureux.Si le tableau d\u2019ensemble ne manque jamais de sincérité militante, la ferveur cinématographique s\u2019en trouve un peu écorchée, victime de personnages schématiques et de dialogues aux allures de slogans politiques, donnant à l\u2019ensemble un aspect artificiel.Pour se coller au plus près à la réalité de ces guerrières, on ne saurait trop recommander le documentaire Gulîs- tan, terre de roses, de Zaynê Akyol.André Lavoie six mois après le documentaire biographique RBG.Les deux visent à faire connaître la contribution majeure à la justice de Ruth Bader Ginsburg.On the Basis of Sex a cependant le bonheur de se pencher sur les débuts de celle qui deviendra juge à la Cour suprême.Si le premier donne une vue de l\u2019ensemble de l\u2019œuvre, le second s\u2019attarde à un détail.Mais quel détail ! Ruth Bader Ginsburg se sera battue contre des moulins dans son souhait de revoir des lois basées sur la discrimination du sexe.Et elle gagne son premier combat.Certes, le portrait est romancé, mais les textes, savoureux, et la réalisation, hautement dramatique, nous tiennent en haleine jusqu\u2019à la fin.Jérôme Delgado On the Basis of Sex ?La fiction historique de Mimi Leder a le malheur d\u2019arriver sur les écrans nue réalité grâce à Hervé Mimran (Tout ce qui brille, Nous York), s\u2019inspirant du roman autobiographique de l\u2019homme d\u2019affaires Christian Streiff, lui qui vivait à vive allure avant d\u2019être freiné par un AVC.C\u2019est moins le récit d\u2019un chemin de croix que celui d\u2019une renaissance, celle d\u2019un être que l\u2019on croyait sans cœur, mais fin causeur! S\u2019exprimer avec peine, mélanger les mots (souvent grivois), ralentir, c\u2019était ce qui pouvait lui arriver de mieux, ainsi qu\u2019à son entourage, soumis à ses caprices.Rien de nouveau ou de singulier dans ce cinéma de la rédemption, qui ne craint pas d\u2019embrasser quelques clichés, dont l\u2019incontournable virée sur le chemin de Compostelle, mais qui sait aussi jongler avec les subtilités parfois laborieuses du langage.André Lavoie Un homme pressé ?1/2 Fabrice Luchini dans un film où on lui couperait le sifflet?La chose est deve- Stan and Ollie ?En froid depuis la fin des années 1930, mais à présent sans le sou, Stan Laurel et Oliver Hardy acceptent de reformer leur duo le temps d\u2019une tournée en Grande-Bretagne, en 1953.Voici donc les deux comiques à des lieues d\u2019Hollywood, contraints de se produire devant des salles à moitié vides.Alors que les rancœurs du passé menacent de compromettre ces retrouvailles professionnelles, la santé d\u2019Oliver périclite.Dans Stan and Ollie, Steve Coogan et John C.Reilly se glissent dans la peau des as de la pitrerie avec une aisance merveilleuse.Nina Arianda et Shirley Henderson, qui incarnent respectivement les épouses de Stan et d\u2019Ollie, passent toutefois à un cheveu de les éclipser.Les interprètes, qui donnent un peu de piquant à un récit prévisible et excessivement sentimental, constituent en l\u2019occurrence l\u2019atout principal de ce qui s\u2019avère une production conventionnelle: le genre qui se borne à faire bien sans chercher à faire mieux.François Lévesque Un peuple et son roi ?La Révolution française fut l\u2019affaire de la France à la fin du XVIIIe siècle, mais l\u2019onde de choc a été ressentie partout à travers le monde, et on s\u2019en réclame encore aujourd\u2019hui.Pierre Schoeller (Versailles, L\u2019exercice de l\u2019État) a fait œuvre utile en revisitant les principaux moments charnières entre la prise de la Bastille en 1789 et l\u2019exécution du roi Louis XVI en 1793, mais en optant pour le point de vue du petit peuple de Paris.Ceci n\u2019exclut pas les grandes figures révolutionnaires ou réactionnaires de cette époque, s\u2019attardant (trop longuement) sur leurs discours à la jeune et tumultueuse Assemblée nationale.C\u2019est davantage dans ses descriptions minutieuses du quotidien harassant des gens des faubourgs de la capitale qu\u2019il apparaît le plus juste, et le plus émouvant, moins empêtré dans la pédagogie.Même celle au ton le plus révolutionnaire.André Lavoie Verre (V.F.de Glass) ?1/2 Chaque nouveau film de M.Night Shyamalan nous rappelle ce qu\u2019il a représenté il y a près de 20 ans, et surtout ce qu\u2019il n\u2019est plus.Même s\u2019il s\u2019acharne encore à nous duper avec ses finales tarabiscotées, un émerveillement à la The Sixth Sense semble au- jourd\u2019hui impossible.Après l\u2019étonnant Unbreakable (2000), que personne ne voyait comme le premier chapitre d\u2019une trilogie, il l\u2019a conclu de manière précipitée, d\u2019abord avec Split en 2016, et maintenant Glass, au potentiel commercial très fragile.Il réunit dans les corridors blafards d\u2019un hôpital psychiatrique les trois superhéros tourmentés des films précédents, face à une psychiatre aux allures d\u2019automate cherchant à les convaincre qu\u2019ils sont humains, très humains.Mis à part James McAvoy qui renoue avec son personnage aux identités multiples, prétexte à toutes les cabrioles, Bruce Willis et Samuel L.Jackson semblent s\u2019ennuyer ferme.Ils ne seront pas les seuls.André Lavoie rations, la suivante toujours plus tragique que la précédente (une certaine surenchère dramatique, il y a).Des tourments filmés en noir et blanc, comme Ida, du même Pawlikowski.Exquise, la direction photo met en valeur le sens de la composition du cinéaste, qui aligne des plans tous plus magnifiques les uns que les autres.Malgré les risques bien réels, la facture n\u2019est jamais ampoulée, car empreinte d\u2019une nostalgie élégiaque qui prend à l\u2019âme autant qu\u2019aux tripes.François Lévesque reflétant tout le génie architectural d\u2019une civilisation.Mais il s\u2019agit d\u2019abord et avant tout d\u2019un joli plaidoyer animé sur la nécessaire harmonie entre les êtres humains et la nature, une leçon principalement livrée aux enfants, mais leurs parents sont tenus d\u2019être très attentifs.Et seront tout aussi séduits.André Lavoie La guerre froide (V.O., s.-t.f.) ?1/2 Wiktor aime Zula.Zula aime Wiktor.Hélas, lorsqu\u2019ils sont ensemble, les amants ne s\u2019endurent pas.Des deux côtés du Rideau de fer, le film de Pawel Pawlikowski, Prix de la mise en scène à Cannes, conte l\u2019amour impossible entre ce musicien ténébreux et cette chanteuse passionnée.Il passe à l\u2019Ouest, elle choisit de rester derrière.S\u2019ensuit la première de plusieurs sépa- Buster Keaton : une célébration (V.F.de The Great Buster : A Celebration) ?On disait de lui qu\u2019il ne souriait jamais, du moins à l\u2019écran, mais pendant toute sa carrière, il a fait rire des millions de spectateurs du monde entier.Toujours un peu dans l\u2019ombre de Charles Chaplin, Buster Keaton apparaît tout de même comme l\u2019une des grandes figures du cinéma muet, et lui aussi a signé des chefs-d\u2019œuvre, particulièrement dans les années 1920 (The General, The Navigator, College, Steamboat Bill, Jr.).L\u2019historien et cinéaste Peter Bogdanovich retrace le parcours exceptionnel, mais chaotique, de celui qui a souvent risqué sa vie sur les plateaux, au service d\u2019une cinématographie foisonnante et époustouflante.Malgré les revers de fortune, en partie causés par son alcoolisme, et une fin de carrière aigre-douce marquée par la publicité et quelques belles accolades, sa filmographie triomphe encore de tout.Bogdanovich y apporte sa généreuse contribution, avec de multiples extraits à l\u2019appui et plusieurs interlocuteurs d\u2019une pertinence variable.André Lavoie Sous un autre jour (V.F.de The Upside) ?Un milliardaire tétraplégique engage comme auxiliaire de vie un homme sorti de prison.Celui-ci n\u2019a aucune expérience, ni aucun scrupule, ce qui plaît à son futur patron.Ça vous dit quelque chose ?Normal, cette fiction campée dans un penthouse de New York est le remake d\u2019Intouchables (2011), qui avait révélé Omar Sy en proche aidant d\u2019un immobile François Cluzet.Une fois de plus, ce touchant conte est miné par sa tonne de clichés.Tiré d\u2019un fait vécu dans les années 1990, le récit raconte la relation d\u2019autorité qui en deviendra une d\u2019amitié entre un Blanc riche et cultivé et un Noir démuni et naïf.On rit, certes, mais au bout du compte, on assiste à une histoire déjà mille fois vue.Et à moins d\u2019être un fan de Kevin Hart, ne vous ruez pas dans les salles\u2026 Jérôme Delgado L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e A r t s v i s u e l s 2 2 | CRITIQUE MARIE-ÈVE CHARRON COLLABORATEUR LE DEVOIR Chez Clark, la commissaire invitée Daisy Desrosiers puise dans son vécu de femme métissée pour présenter des œuvres inédites de Theaster Gates, artiste réputé de Chicago qui s\u2019intéresse tant aux constructions culturelles des identités noires qu\u2019au rôle de l\u2019urbanisme dans la cohésion du tissu social.L\u2019artiste tient sa première exposition au Québec grâce au contact privilégié de Desrosiers, pour qui il s\u2019agit du premier commissariat indépendant.À la direction de la regrettée galerie Battat à Montréal entre 2012 et 2017, elle a depuis pris son envol, soutenue d\u2019abord par Clark, qui lui a confié une résidence de recherche à Brooklyn, ferment de l\u2019exposition en cours.Elle fait faire un bref retour dans la métropole à Desrosiers, alors qu\u2019elle assumera pour les trois prochaines années la direction des programmes du Lun- der Institute of American Art au Colby College, dans le Maine, où Gates est également impliqué.De Saint-Hyacinthe où elle a grandi \u2014 fille d\u2019un père haïtien et d\u2019une mère blanche québécoise \u2014 à ses plus récents séjours aux États-Unis, la commissaire place en filigrane de ses réflexions son expérience des représentations de femmes noires.En exergue de l\u2019exposition, elle relate d\u2019ailleurs un souvenir d\u2019enfance, tenace, autour d\u2019un album de Whitney Houston, figure noire devenue iconique dans un environnement marqué par sa blan- chité.Ces préoccupations trouvent un écho dans le travail de Gates, et en particulier dans le corpus retenu chez Clark qui se compose de quatre bannières arborant une imagerie puisée dans la culture populaire africaine- américaine des années 1960-1970.Bruyantes bannières Le travail de Gates fouille l\u2019histoire par l\u2019investigation de sa culture matérielle, des objets comme des images, ce qui fait de lui un féru des archives et des collections.Les œuvres présentées à Montréal, qui font partie d\u2019une plus large production actuellement exposée à la Fondation Prada à Milan, puisent en particulier dans les archives de la Johnson Publishing Company, qui fut l\u2019éditeur des revues américaines Jet, Ebony et Tan, tribunes de prédilection pour le marché africain-américain et sorte de pendants à l\u2019hebdomadaire Life.L\u2019artiste a choisi d\u2019extraire certaines images archivées par l\u2019éditeur pour les reproduire agrandies sur des bâches.En ne leur apportant aucune autre modification, il laisse voir des inscriptions à la main trahissant le travail sur maquette de ces images qui n\u2019ont peut- être pas été diffusées et dont la source précise n\u2019est pas identifiée.La démarche de l\u2019artiste repose sur l\u2019aspect performatif des archives: les archives retiennent le passé et le créent à la fois dans le présent, un passé choisi donc, qui se fonde par et dans l\u2019image.D\u2019où le potentiel subversif et critique lié à la (re)contextualisation du matériel d\u2019archives, en l\u2019occurrence ici une imagerie populaire de personnes noires.Si l\u2019une des images, sous forme caricaturale, met clairement en scène du racisme, les trois autres se recentrent autour de figures féminines étonnantes, et parfois sous l\u2019emprise de stéréotypes, se faisant pieuse, jolie, ou s\u2019adonnant à une danse débridée.Liées à une marchandisation culturelle, ces images dévoilent les lieux possibles de revendications croisant races, sexes et classes sociales.Ces œuvres \u2014 qui ne sont pas étrangères aux travaux pionniers des féministes pour qui agir sur les représentations assurait une portée politique de l\u2019art \u2014 occupent bruyamment Réveiller les archives Clark présente des œuvres du réputé Theaster Gates Vue de l\u2019expo The Banner Waves Calmly, de Theaster Gates.La bannière accroche?e au mur s\u2019intitule Death Knows No Peace et celle suspendue, Dancehall Dance.PHOTOS PAUL LINTHERLAND l\u2019espace de la galerie.Les grandes dimensions du support en tissu industriel leur octroient une présence physique indéniable qui renforce la charge de l\u2019iconographie.Avachie, mal tendue ou dévoilant ses arrières, la toile épaisse, négligeant son rôle habituel de sur face impénétrable ou d\u2019enveloppe opaque, af firme la contingence comme l\u2019aspect construit d\u2019images autrement tenues pour simple reflet de la réalité.Sommaire, mais recherchée, cette exposition tire sa force en faisant valoir, encore, la pertinence d\u2019interroger les représentations, surtout celles invisibles d\u2019archives endormies.Celia Perrin Sidarous Les archives et la collection ne sont pas loin non plus dans l\u2019univers de Celia Perrin Sidarous, lauréate du prix Pierre-Ayot 2017, qui, dans l\u2019autre salle chez Clark, présente sa plus récente production, un corpus conçu sur mesure pour l\u2019espace.Des photographies sont posées en dialogue avec des céramiques, nouvelle technique que l\u2019artiste peaufine de plus en plus, et que complètent des socles, à cheval entre le mobilier et l\u2019architecture.Plus qu\u2019avant, l\u2019objet devient image et l\u2019image devient objet, sans que la prééminence d\u2019un des termes soit établie, ce qui précipite la production dans une fiction qui confond astucieusement le fabriqué et le trouvé, le reproduit et l\u2019unique.« Que devrait-on à tout prix conserver, et de la vie perpétuer dans le temps?» semble dire son installation.Derrière la joliesse renouvelée de ses œuvres, notamment empruntée au langage du design, Perrin Sida- rous pose des questions à différents régimes visuels, liés à la consommation ou à des disciplines culturelles : publicité, archéologie, photojourna- lisme, muséologie et histoire de l\u2019art constituent le cadre hybride de ses références.En plus d\u2019un papier peint qui sert de toile de fond, l\u2019autre photo qui compose le corpus a pour modèle le genre du quodlibet, une variante de la nature morte, plutôt axé sur la présentation de documents en trompe-l\u2019œil sur fond rabattu.Le dispositif, que Perrin Sidarous re- visite librement, force l\u2019examen des pièces exhibées montrant des végétaux, des figures humaines et des vases dans une composition chargée, inhabituelle à l\u2019artiste.C\u2019est comme si l\u2019image était un réceptacle et que l\u2019artiste avait voulu tout appor ter.À l\u2019exemple des admoniteurs dans les peintures anciennes, sa main dans l\u2019image tire un rideau encadrant la représentation, qu\u2019elle dévoile par le fait même.Contre l\u2019aspect pétrifié émanant de l\u2019image, tels les témoins figés d\u2019un passé, l\u2019ar tiste procède à une mise en vue inspirée qui réalise des connexions nouvelles entre le très ancien et aujourd\u2019hui, entre son histoire personnelle et des artefacts conservés.The Banner Waves Calmly / Pores De Theaster Gates.Commissaire : Daisy Desrosiers./ De Celia Perrin Sidarous.Au Centre Clark, 5455, avenue de Gaspé, local 114, jusqu\u2019au 16 février.Vue de l\u2019exposition Pores, de Celia Perrin Sidarous L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 LI RE Que lire cette saison ?Un cahier pour s\u2019y retrouver.R E N T R É E L I T T É R A I R E L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 R e n t r é e l i t t é r a i r e F i c t i o n q u é b é c o i s e 2 4 | DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR Excusez le cliché: il y a peu de choses plus agréables que d\u2019enfin avoir des nouvelles d\u2019amies précieuses, après des années de silence.C\u2019est d\u2019ailleurs ce genre de doux sentiment qui nous étreignait en scrutant les listes de sorties littéraires à venir, dans lesquelles nous reconnaissions le nom de plusieurs écrivaines qui nous ont manqué, à commencer par celui de Myriam Beaudoin.Comment réagir autrement à l\u2019annonce d\u2019un premier livre en 10 ans (!) pour l\u2019auteure de Hadassa, cette visite dans les couloirs d\u2019une école juive hassidique jadis plébiscitée par la critique?Son récit Épiphanie (Leméac, 23 janvier) épouse cette fois-ci le ton de l\u2019intime afin de raconter, à l\u2019aide d\u2019un je collé au réel, le souverain désir d\u2019enfant, de la clinique de fer tilité jusqu\u2019au bureau gris de la DPJ.Elle n\u2019aime pas du tout qu\u2019on l\u2019affuble du titre de grande dame, nous confiait-elle cet été, mais insistons quand même : la grande dame de notre littérature Suzanne Jacob lance son premier livre depuis 2011, le recueil de nouvelles Feu le soleil (Boréal, 29 janvier), une série de « petites allégories sur la mort annoncée de notre monde ».Comme quoi l\u2019angoisse écologique n\u2019est pas qu\u2019une maladie de millénarial.Entre fiction et vécu, Louise Portal célèbre quant à elle la complexité de la trajectoire de 15 femmes chères à son cœur, 15 femmes avançant dans la noirceur de leur solitude obligée, dans Seules.Ces femmes que j\u2019aime (Druide, mars).Dans la catégorie « Elles nous ont moins fait languir, mais leur retour ne nous enthousiasme pas moins pour autant », nommons d\u2019abord Corinne Larochelle qui, dans Pour cœurs appauvris (Le Cheval d\u2019août, 16 avril), examine le désir sous 60 angles différents (pour autant de microrécits).La reine de la littérature populaire intelligente, Mylène Gilbert-Dumas, révèle le 1er mai Le livre de Judith (VLB), énième roman portant sur la Deuxième Guerre mondiale, mais rare roman sur le sujet imaginé autour de véritables figures féminines d\u2019espionnes.Emilie Andrewes réfléchit de son côté à «l\u2019impossible réconciliation entre l\u2019amour des autres et l\u2019effroi qu\u2019ils nous inspirent» dans Déments à cheval (Druide, en librairie), un roman qui, malgré cette description, ne dépeindrait pas l\u2019effet délétère des réseaux sociaux sur notre capacité à nourrir de l\u2019affection pour notre prochain.Des suites, des suites, des suites À vue de nez, un généreux nombre de suites figurent parmi les parutions à venir dans les prochains mois, dont ce nouveau Sylvie Drapeau , qui conclut avec La terre (Leméac, 6 février) sa tétralogie amorcée en 2015.Abla Farhoud, elle, retrouve le personnage principal du Fou d\u2019Omar, un homme atteint de maladie mentale qui trace le bilan de sa vie dans Le dernier des snoreaux (VLB, 3 avril).L\u2019amour, à l\u2019orée de l\u2019âge adulte, c\u2019est rarement facile.Parlez-en à Lily Pinsonneault, qui renoue avec la narratrice de son savoureux premier roman, Sauf que j\u2019ai rien dit, Jolen, dans Pas pressée (Québec Amérique, 6 mars).Fanie Demeule renoue elle aussi avec la narratrice de son premier roman, Déterrer les os, dans Roux clair naturel (Hamac, 19 février).On ne naît pas rousse, on le devient ?Quelque chose comme ça, oui.La réapparition de celles qui nous ont manqué 2019 marque le retour de plusieurs écrivaines québécoises importantes Les punks écrivent ! Au sein de La Descente du coude ou du groupe culte Suck la marde, Simon Leduc avait l\u2019habitude de balancer ses cocktails Molotov de poésie anarcho-lyrique dans la vitrine du statu quo.Pas étonnant que le premier roman du chanteur, L\u2019évasion d\u2019Ar thur ou La commune d\u2019Hoche- laga (Le Quartanier, 26 mars), tienne la chronique de la fondation d\u2019une commune révolutionnaire dans une école incendiée.Requiem en punk mineur (XYZ, 27 février), c\u2019est le titre du second roman de Sylvain David, autre punk converti à la littérature après sa vie au sein de la formation Banlieue rouge, qui conjugue cette fois-ci l\u2019univers des musiques vociférantes à la mécanique du polar.Un chien crucifié par un homme déguisé en cheval.Cette «scène sanglante digne d\u2019un clip de black métal» émerge de la caboche tordue de Julien Guy-Béland, ancien bassiste de la formation metalcore Skip The Foreplay, dont le premier roman, Vos voix ne nous atteindront plus (Héliotrope, 30 janvier), semble couver tout un monde de visions sacrilèges et d\u2019ensorcelantes images subversives.David Clerson n\u2019a jamais, à ce qu\u2019on sache, joué dans un groupe punk, mais ses fictions glauques doivent très cer tainement quelque chose au romantisme désespéré de ceux qui aiment l\u2019humanité au point d\u2019en être dégoûtés.L\u2019auteur de Frères et d\u2019En rampant balance un premier recueil de nouvelles, Dormir sans tête (Héliotrope, 27 février).Les vétérans Vous avez toujours pensé, comme nous, que le meilleur Gilles Archam- bault est le Gilles Archambault de la brièveté ?Réjouissez-vous : le faux pessimiste aligne pas moins de 100 récits très, très courts dans Tu écouteras ta mémoire (Boréal, 12 mars).Un peu plus jeune que le vénérable Gilles, mais auteur d\u2019une œuvre presque aussi imposante, Louis- Philippe Hébert offre un recueil de nouvelles au titre trempé dans le gros bon sens : Petit chagrin ou Il ne Collections de genre Nouvelle preuve qu\u2019il est révolu, le temps où il valait mieux taire sa geekitude, Le Quartanier met au monde ce printemps une collection de romans de genre, «Parallèle », à l\u2019enseigne de laquelle paraîtra de deux à quatre fois l\u2019an des polars, du fantastique, de la science-fiction et de l\u2019horreur.Mathieu Bergeron et Grégoire Courtois l\u2019inaugurent le 14 mai avec La ville escale et Les agents.Triptyque dévoile aussi une collection flambant neuve dont le nom, «Queer », se passe d\u2019exégèse et dont l\u2019écrivain Pierre-Luc Landry tiendra la barre.Premier titre : La Minotaure, de Mariève Maréchale (23 janvier).Dans Épiphanie, l\u2019auteure My- riam Beaudoin épouse le ton de l\u2019intime afin de raconter, à l\u2019aide d\u2019un je collé au réel, le souverain désir d\u2019enfant, de la clinique de fertilité jusqu\u2019au bureau gris de la DPJ.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Alto continue de remonter son catalogue avec Mademoiselle Samedi soir, de Heather O\u2019Neill.ANNIK MH DE CARUFEL LE DEVOIR | 2 5 R e n t r é e l i t t é r a i r e Po é s i e q u é b é c o i s e L E D E V O I R /L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 DOMINIC TARDIF COLLABORATEUR LE DEVOIR «Où habiter sinon dans le rappel de moments fous et la possibilité qu\u2019ils se reproduisent ?» demande sur le ton grave du deuil et de l\u2019espoir Marie- Andrée Gill.Où habiter, sinon en poésie, quand les grisants vertiges du passé refusent qu\u2019on les conjugue au présent ?Comment distinguer embrasements et brûlures ?Autant de questions traversant Chauf fer le dehors (La Peuplade, 26 février), exceptionnel troisième livre de la poète saguenéenne, qui s\u2019agenouille dans les beaux bancs de neige d\u2019un amour qui fond à vue d\u2019œil.Il y en a qui savent parler aux femmes.«[O]n pourrait se revoir si tu veux / je pourrais manger / du jello dans ta vulve / dans les corridors discrets / de ruelles phosphorescentes», propose ainsi le prolifique Daniel Leblanc-Poirier.Malgré la violence de son titre, Fuck you (l\u2019Hexagone, 13 mars) chante une sexualité dévorante à l\u2019aide d\u2019un luxe de métaphores alimentaires, quelque part entre Paul Éluard et Les Denis Drolet (on l\u2019entend, évidemment, comme un grand compliment).Nous faisons l\u2019amour, proclame plus doucement Jonathan Lamy (prix Émile-Nelligan 2016), dans un éloge de l\u2019étreinte et de la beauté de tous les corps, où «nos deux langues / de rivières en débâcle / s\u2019emmêlent / comme des draps au ralenti ».En avril, aux Éditions du Noroît.«Quand je lis des livres qui parlent d\u2019amour, j\u2019utilise un Band-Aid comme signet », confie la Torontoise Tara- Michelle Ziniuk, une stratégie à adopter en parcourant son Whatever, un iceberg (Triptyque, février).L\u2019auteure Daphné B.(Delete) signe la traduction de ce recueil \u2014 désarmant, désespérant, hilarant \u2014 de longs textes en prose dans lequel la poète rejette et embrasse dans un même mouvement la langue de l\u2019Internet et du self-care.Parce qu\u2019«[i]l y a quelque chose à dire en faveur de la vulnérabilité, de l\u2019amour en tant que geste radical».Investir le territoire Ne croyez pas ce qu\u2019on dit: la poésie, ce n\u2019est pas forcément compliqué.«J\u2019ai un territoire, je l\u2019investis.Je l\u2019occupe non seulement physiquement, mais aussi sur le plan de l\u2019imaginaire.Je l\u2019anime de ma culture.Pour m\u2019épanouir, j\u2019ai besoin de ce territoire particulier à raconter», écrit le poète aîné de la communauté wendate Jean Sioui dans le prologue d\u2019A\u2019yarahskwa\u2019.L\u2019envers du temps (Mémoire d\u2019encrier, 23 janvier).Simple et limpide, n\u2019est-ce pas?La vastitude du territoire gonfle comme une voile les mots d\u2019Andréane Frenette-Vallières, qui rapporte d\u2019un séjour sur la Côte-Nord Juillet, le nord (Éditions du Noroît, février), un premier livre mettant en question la possibilité même d\u2019un enracinement.Le grand Jean-Marc Desgents élabore quant à lui une « sorte de bestiaire des mythologies personnelles, poétiques et collectives» (dixit son éditrice) dans Misère et dialogue des bêtes (Poètes de brousse, 26 février).Toute ressemblance entre les animaux aux abois qui peuplent ses poèmes en prose et ces gens que vous croisez dans les transports en commun n\u2019est sans doute pas pantoute fortuite.Pas fortuite non plus la parenté entre l\u2019œuvre de la défunte photographe américaine Francesca Woodman et celle de Clémence Dumas- Côté, qui s\u2019y est enfoncée pendant l\u2019écriture de La femme assise (Les Herbes rouges, 26 février).En vrac Dénicher les livres de certaines figures majeures de la poésie québécoise ressemble trop souvent à une impossible chasse aux trésors.Parce que bon nombre de ses recueils sont au- jourd\u2019hui introuvables, Michel Garneau plonge dans son œuvre immense et en ponctionne un Choix de poèmes (pas trop longs).Parution prévue au Habiter en poésie Amour, désir, territoire et mémoire hantent les recueils à paraître dans les prochains mois Le héros du poème, c\u2019est toi «Pourquoi n\u2019y aurait-il pas de la poésie de science-fiction, de la poésie de détective, de la poésie dont vous êtes le héros?» demandait en avril la poète et chercheuse Stéphanie Roussel dans un article portant sur ce que nous avions appelé la poésie pop.Preuve irréfutable qu\u2019il suffit de lancer un rêve dans l\u2019univers pour qu\u2019il se matérialise, L\u2019Écrou fait paraître, fin avril, En chaloupe dans l\u2019crushed stone d\u2019Alexandre Deschênes, un authentique recueil de poésie dont vous êtes le héros, à lire à l\u2019aide d\u2019un dé à 12 faces.Aussi au menu des festivités entourant le dixième anniversaire (déjà!) de la trublionne maison: des livres de deux de ses étoiles, Frédéric Dumont (Je suis célèbre dans le noir, fin février) et Maude Veilleux (fin mai), dont le titre demeure pour l\u2019instant secret.faut pas laisser les êtres fragiles jouer avec des couteaux (Lévesque éditeur, 20 mars).Larry Tremblay replonge pour sa part dans ses obsessions avec L\u2019œil soldat (La Peuplade, 12 mars), un récit poétique en vers auscultant l\u2019horreur et l\u2019absurdité de la violence guerrière.Rapide coup de chapeau à deux autres vétérans : François Gravel, qui parvient à rire d\u2019un diagnostic grave dans À vos ordres, colonel Parkinson ! (Québec Amérique, 13 mars), et Jean-Marc Beausoleil, qui s\u2019amuse avec les codes de la fiction historique dans Corsaire d\u2019hiver (Sémaphore, 7 mai).En traduction Elle écrit en anglais, mais on ne fait pas plus Montréalaise que Heather O\u2019Neill.Alto continue de remonter son catalogue avec Mademoiselle Samedi soir (12 février), un roman d\u2019abord paru en anglais en 2014.Fidèle à O\u2019Neill, Dominique Fortier en signe la traduction.William S.Messier et Patrick Isabelle s\u2019inscrivent eux aussi dans cette féconde tradition d\u2019écrivains traduisant des collègues anglo-québécois.Le premier se range derrière Fille d\u2019intérieur (Ta mère, 19 mars), de Frankie Barnet, bref recueil de nouvelles à l\u2019humour aussi bienveillant que sans pitié, alors que le second accompagne Fée (Marchand de feuilles, 29 janvier), premier roman de la cinéaste Eisha Marjara, une plongée dans le gouffre de l\u2019anorexie.Gilles Archambault aligne pas moins de 100 récits très, très courts dans Tu écouteras ta mémoire.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Larry Tremblay replonge dans ses obsessions avec L\u2019œil soldat.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Malgré la violence de son titre, Fuck you, de Daniel Leblanc- Poirier, chante une sexualité dévorante à l\u2019aide d\u2019un luxe de métaphores alimentaires.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR printemps chez L\u2019Oie de Cravan, à temps espère-t-on pour fêter l\u2019anniversaire du traducteur de Leonard Cohen, qui aura 80 ans le 25 avril.Signalons en vrac le troisième titre de Laurence Veilleux, Elle des chambres (Poètes de brousse, 30 avril), recueil sans faux-fuyant sur « l\u2019agression, la honte et la résilience», la seconde livraison de l\u2019instapoète canadienne Rupi Kaur, Soleil et fleurs, en traduction chez Guy Saint-Jean le 20 février, ainsi que L\u2019enfer de Dante mis en vulgaire parlure (Le Quartanier, 4 juin) d\u2019Antoine Brea, un monstre de 496 pages.Le reste de l\u2019espace dévolu à ce texte appartient au héros obscur du rock alternatif québécois Navet Confit, qui rassemble textes de chansons, poésie, récits, dessins et blagues chez Somme toute en avril, sous un titre interminable (prendre son souffle) : Les films, les desserts, les chaises, les souvenirs, les voyages, la radio, les vedettes, le journal, les rêves, les fantômes, les monsieurs, les animaux, les insectes, les médicaments, les voitures, les énumérations, la répétition, les énumérations.Juste ça.L\u2019instapoète canadienne Rupi Kaur RUPI KAUR L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 R e n t r é e l i t t é r a i r e F i c t i o n d \u2019a i l l e u r s 2 6 | CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Alors que l\u2019incertitude semble flotter plus que jamais autour du Brexit, avec De l\u2019Angleterre et des Anglais (Gallimard, 6 février), recueil de nouvelles, Graham Swift nous livrera une cartographie émotionnelle et humaine de son pays tout en présentant une vision vivante et cosmopolite de la société britannique.Après avoir fait le plein de lecteurs avec les quatre tomes de L\u2019amie prodigieuse, et tout en conservant précieusement son anonymat, l\u2019écrivaine italienne Elena Ferrante se livre à une sor te d\u2019autopor trait dans Frantu- maglia (Gallimard, 23 janvier), une mosaïque de lettres échangées avec son éditeur italien, de textes et d\u2019entretiens qui devraient nous éclairer sur sa démarche de création.Récompensé par le plus prestigieux prix littéraire belge, Trouble (Stock, février), sixième roman de l\u2019écrivain belge néerlandophone Jeroen Olyslaegers, raconte le conflit moral, 60 ans plus tard, d\u2019un homme qui avait été incapable de choisir son camp pendant le Seconde Guerre mondiale.Dans Comme il pleut sur la ville (Denoël, 23 janvier), le cinquième et avant-dernier volet de sa colossale saga autobiographique, le Norvégien Karl Ove Knausgaard nous entraîne cette fois à la fin des années 1980, racontant en 848 pages son inscription, à 19 ans, dans la prestigieuse académie d\u2019écriture de Bergen et ses difficiles débuts littéraires.Kaspar Colling Nielsen, que son éditeur français présente comme le « Houellebecq danois », frappe fort avec Les outrages (Calmann-Lévy, 11 février), une satire explosive où, dans une Europe à vif, le Danemark décide de louer un territoire sur la côte du Mozambique où il exporte tous ses immigrés, y construisant une ville pouvant héberger 300 000 personnes avec des conteneurs Mærsk.Autre écrivain originaire du Royaume du Danemark, Peter Høeg (Smilla et l\u2019amour de la neige, 1995) nous revient avec Le pouvoir de Susan (Actes Sud, 7 février), un thriller politique et scienti?que inclassable révélant une société occidentale au bord du chaos.Toujours en Scandinavie, Fair-play (La Peuplade, 29 janvier), de l\u2019écri- vaine, peintre et illustratrice finlandaise de langue suédoise Tove Jansson, créatrice des célèbres Moumines \u2014 sympathique famille de trolls ressemblant à des hippopotames \u2014, est un roman paru en 1989 qui explore avec finesse la relation amoureuse de deux femmes artistes.Le même éditeur nous donnera un second livre de l\u2019écrivain islandais Gyrðir Elíasson (Les excursions de l\u2019écureuil) avec Au bord de la Sandá (12 février).Un récit contemplatif dans lequel un homme vit et peint dans une roulotte installée près d\u2019une rivière glaciaire en Islande.Tandis que Bernard Schlink (Le liseur) nous revient avec Olga (Galli- mard, 23 janvier), l\u2019histoire d\u2019un amour confronté aux rêves de grandeur d\u2019une nation de la fin du XIXe siècle jusqu\u2019à la Seconde Guerre mondiale, l\u2019Autrichien Robert Menasse (La pitoyable histoire de Leo Singer) publie La capitale (Verdier, février), fable burlesque qui s\u2019ouvre sur l\u2019agression d\u2019un Turc par un cochon en liberté dans le centre de Bruxelles.Fin de parcours pour l\u2019écrivain allemand Edgar Hilsenrath, mor t le 30 décembre 2018 à l\u2019âge de 92 ans et qui s\u2019était rendu célèbre avec Le nazi et le barbier, une impitoyable satire sur les juifs et les SS.Son dernier livre, Terminus Berlin (Le Tripode, mars), est la chronique d\u2019un retour désenchanté en Allemagne.Du côté russe Côté russe, il faudra compter sur Texto, de Dmitry Glukhovsky (Ata- lante, 27 février), une descente aux enfers dans laquelle, de retour chez lui après sept années de détention dans un camp de Sibérie, un homme tue le policier qui l\u2019avait piégé.S\u2019étant fait un nom avec l\u2019inoubliable Volia volnaïa il y a deux ans, Victor Remi- zov continuera d\u2019explorer, avec De- vouchki (Belfond, fin février), les paradoxes d\u2019une Russie à deux vitesses, entre les grands espaces sibériens et la frénésie chaotique de Moscou.Avec La femme aux cheveux roux (Gallimard, en mars), son 10e roman, exploration complexe des relations père-fils, le romancier turc nobélisé Orhan Pamuk semble renouer avec l\u2019esprit de ses premiers romans, comme Neige et La maison du silence.L\u2019écrivain grec Petros Markaris, auteur dramatique, traducteur de Brecht et de Goethe, scénariste de Theo An- gelopoulos, appartient à la famille des auteurs de romans policiers en colère, comme Mankell et Montalbán, avec les enquêtes de son commissaire Kos- tas Charitos (Liquidations à la grecque, Le justicier d\u2019Athènes, etc.).Dans Trois jours (Seuil, 26 mars), un recueil de huit nouvelles, l\u2019auteur nous promène dans le temps et dans l\u2019espace, de la Grèce contemporaine à celle des colonels, de l\u2019Allemagne d\u2019aujourd\u2019hui à celle de 1944, d\u2019Athènes à Istanbul Un tour du monde Un choix parmi les dizaines de fictions en provenance de l\u2019étranger Le romancier turc nobélisé Orhan Pamuk ULISES RUIZ AGENCE FRANCE-PRESSE L\u2019écrivaine, peintre et illustratrice finlandaise de langue suédoise Tove Jansson HANS PAUL LEHTIKUVA AGENCE FRANCE-PRESSE | 2 7 R e n t r é e l i t t é r a i r e F i c t i o n d e s A m é r i q u e s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Des fébriles et universelles premières fois aux sombres et mystérieux univers de groupes religieux et criminels méconnus, les traductions des auteurs américains et canadiens qui nous parviennent cette année exploitent et confrontent les failles, la détresse, l\u2019aveuglement, les détours inattendus et l\u2019émerveillement qui accompagnent la vie, la vraie.Canada Les filles sont bien traitées, rue Sub- Rosa.Elles n\u2019ont jamais faim, jamais froid, jamais mal.À condition d\u2019offrir leur corps à tous les hommes de la ville assez fortunés pour voir leurs désirs devenir réalité.Dix ans après sa parution, Sub-Rosa (XYZ), premier roman d\u2019Amber Dawn, réalisatrice, ar tiste, enseignante et ancienne prostituée très impliquée dans la communauté LGBTQ, fait finalement l\u2019objet d\u2019une traduction française.Entre 2005 et 2009, dans une communauté mennonite isolée de la Bolivie, plus de 130 femmes sont intoxiquées et violées par des hommes de la secte.Pour Miriam Toews, lauréate du Prix du Gouverneur général en 2004, qui a elle-même grandi dans le village mennonite de Steinbach, au Manitoba, il était impératif de faire entendre la voix de ces victimes.Dans Ce qu\u2019elles disent (Boréal, 11 avril), l\u2019écrivaine imagine un huis clos entre ces femmes meurtries, contraintes de prendre leur avenir en main, offrant ainsi un vibrant hommage à la solidarité.Empruntant au roman d\u2019aventures comme au conte philosophique, l\u2019auteur, compositeur et artiste multidisciplinaire Gary Barwin dénonce l\u2019extrémisme religieux dans sa nouvelle satire, Le yiddish à l\u2019usage des pirates (Boréal, 25 février).Véritable épopée, le roman raconte l\u2019histoire de Moshé, moussaillon de 14 ans embarqué sur un navire de commerce qui le conduira, en plein cœur de l\u2019Inquisition espagnole, à sauver des Juifs du bûcher, à voyager aux côtés de Christophe Colomb et à apprendre les secrets de l\u2019immortalité auprès des pirates.Une ode à l\u2019imaginaire et à la musicalité de la langue yiddish.États-Unis André Aciman, auteur du primé Ap- pelle-moi par ton nom, adapté au cinéma en 2017 par Luca Guadagnino, poursuit son exploration de l\u2019éveil amoureux et de l\u2019énigmatique désir humain avec son roman Les variations sentimentales (Grasset, 18 mars.) De son adolescence sur une petite île italienne à son entrée dans le monde adulte dans la frénésie de New York, Paul grandit à travers les êtres aimés qui se suivent et s\u2019entrechoquent sur sa route.Treize ans après l\u2019immense succès obtenu avec Les cinq personnes que j\u2019ai rencontrées là-haut (vendu à plus de 10 millions d\u2019exemplaires dans le monde), l\u2019écrivain et journaliste Mitch Albom s\u2019intéresse de nouveau au mystère de la vie après la mort avec la suite : L\u2019autre personne que j\u2019ai rencontrée là-haut (Kero, 11 mars).Annie est marquée à jamais par le sacrifice d\u2019Eddie, un vétéran de guerre mort en lui sauvant la vie lorsqu\u2019elle était enfant.Le jour de son décès, elle retrouve son ange gardien, l\u2019une des cinq personnes qui lui montreront à quel point sa vie a compté.Quelques mois avant la parution du très attendu long métrage de Martin Scorsese The Irishman, prévue à l\u2019automne sur Netflix, le récit biographique J\u2019ai tué Jimmy Hof fa (JC Lattès, février) revient sur la carrière du mystérieux tueur à gages Frank Sheeran, dont la vie sert de trame au film.Peu de temps avant de mourir, cet assassin légendaire avait avoué à son confesseur et ami, Charles Brandt, son implication dans la disparition jamais élucidée de Jimmy Hoffa, dirigeant syndicaliste, en juillet 1975.Le résultat ?Un aperçu exclusif de l\u2019univers de la mafia et de ses liens et conflits avec les grandes élites politiques.Amérique du Sud Dans Le retour du jeune prince (City, printemps 2019), premier roman traduit en français de l\u2019écrivain argentin A.G.Roemmers \u2014 déjà vendu à plus de deux millions d\u2019exemplaires dans le monde \u2014, un homme voyageant seul en voiture dans les paysages désertiques de la Patagonie trouve un adolescent seul et affamé sur le bord de la route, jeune prince d\u2019une contrée lointaine en voyage autour du globe: une rencontre d\u2019où émergera une réflexion sur l\u2019amour, le bonheur et la simplicité.Caraïbes Après Sirena Selena, son premier roman, la poète et romancière portori- caine Mayra Santos-Febres est de retour avec un récit ensorcelant et sensuel d\u2019émancipation ponctué de désir et d\u2019ambition.La maîtresse de Carlos Gardel (Zulma, en librairie) entremêle la destinée d\u2019une femme, héritière d\u2019une famille de guérisseuses, passionnée de médecine et de botanique, à celle d\u2019un irrésistible roi du tango argentin.Ce qui nous unit Entre l\u2019individuel et le collectif, les auteurs des Amériques réfléchissent sur les failles et la beauté de l\u2019humanité durant les pogroms visant la communauté grecque.L\u2019écrivain israélien Sayed Kashua, qui nous avait donné Les Arabes dansent aussi, raconte avec un mélange d\u2019ironie et de mélancolie, dans Les modifications (L\u2019Olivier, avril), le retour au pays d\u2019un Arabe israélien expatrié aux États-Unis.De son côté, Avraham B.Yehoshua publiera Le tunnel (Grasset, mars), sorte de fable douce-amère dans laquelle il explore une fois de plus les contradictions de la société israélienne.En exil à Londres depuis 1999 et considéré par le Prix Nobel Gao Xingjian comme « l\u2019une des voix les plus importantes et les plus courageuses de la littérature chinoise contemporaine », Ma Jian (Chemins de poussière rouge, La route sombre) publie China Dream (Flammarion, 14 février), un roman mélangeant fiction et réalité dans lequel l\u2019écrivain dresse un por trait subversif de la Chine d\u2019aujourd\u2019hui, livrée au « rêve chinois» du président Xi Jinping.Pays-prison Romancière nord-coréenne qui a fui son pays pour la Corée du Sud dans les années 2000, Kim Yu-kyeong revi- sitera son ancien «pays prison» dans Le camp de l\u2019humiliation (Philippe Picquier, 19 mars).L\u2019Argentine Paula Porroni livre, avec Bonne élève (Noir sur Blanc «Notabi- lia», février), un premier roman «optimiste et désespéré » campé dans un pays en crise.Enfin, avec La procession infinie, l\u2019écrivain péruvien Diego Trelles Paz (Buchet-Chastel, février) nous donnera un roman noir et polyphonique campé dans un pays, le Pérou, traumatisé par son histoire politique récente.Le Norvégien Karl Ove Knausgaard JEMAL COUNTESS AGENCE FRANCE-PRESSE En haut : André Aciman, auteur du primé Appelle-moi par ton nom.À gauche : Miriam Toews, lauréate du Prix du Gouverneur général en 2004.À droite : Jimmy Hoffa, dirigeant syndicaliste, mystérieusement disparu en 1975.DIA DISAPUPIL AGENCE FRANCE-PRESSE / CAROL LOEWN / ASSOCIATED PRESS R e n t r é e l i t t é r a i r e F i c t i o n f r a n ç a i s e 2 8 | L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T ANNE-FRÉDÉRIQUE HÉBERT-DOLBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR lors que le mouvement des gilets jaunes s\u2019essouffle progressivement en France, les sentiments de colère, de désespoir et d\u2019impuissance qui ont mis les Champs- Élysées à feu et à sang ces dernières semaines sont tangibles dans les romans de la rentrée hivernale qui nous proviennent de l\u2019Hexagone.Si certains auteurs sondent le passé ou jonglent avec les frontières de l\u2019absurde pour trouver un sens au présent, plusieurs ont le regard résolument tourné vers l\u2019avenir, porteurs d\u2019une volonté : celle de sur vivre, d\u2019être libres.L\u2019année littéraire s\u2019est amorcée avec le très attendu Sérotonine (Flammarion, en librairie) de Michel Houellebecq \u2014 chronique amère, à travers les déceptions et les regrets d\u2019un ingénieur agronome pathétique, de la déchéance programmée d\u2019une Europe plombée par une quête vaine du profit et par l\u2019abysse qui continue de se creuser entre les classes sociales.Avec le ton provocateur et ironique qu\u2019on lui connaît, l\u2019auteur revisite ses thèmes de prédilection, de l\u2019animalité de l\u2019homme à la dénonciation du libéralisme.Dans Ces femmes-là (Albin Michel, en librairie le 30 janvier), Gérard Mor- dillat se fait l\u2019écho, par le truchement d\u2019une fresque de destins individuels, de la puissance de l\u2019action collective.Extrêmement critique de la société néolibérale, l\u2019auteur de La Brigade du rire laisse gronder la colère des femmes et encense leur engagement et leur courage, espoirs d\u2019un retour à une solidarité perdue au profit de la poursuite insatiable de la réussite.Chez Actes Sud, Éric Vuillard, lauréat du prix Goncourt en 2017, est attendu avec La guerre des pauvres (5 février), un récit qui fait également écho aux révoltes d\u2019aujourd\u2019hui : en 1954, la classe populaire se soulève dans le sud de l\u2019Allemagne.Menée notamment par le théologien Thomas Müntzer, la rébellion gagne rapidement la Suisse et l\u2019Alsace, promettant de renverser l\u2019ordre du monde.Gérard de Cortanze (lauréat du Renaudot 2002) pose de nouveau son regard vif et tranchant sur la société contemporaine à travers une figure historique au parcours hérissé d\u2019embûches.Femme qui court (Albin Michel, février) s\u2019attarde à celui de Violette Morris, boulimique de vie, athlète accomplie, espionne nazie.Fascinante, scandaleuse et féministe, elle épouse les revendications des femmes retardées par la Grande Guerre et la crise économique, cristallisant des conflits toujours criants d\u2019actualité.Le drame personnel La mélancolie ambiante ne se manifeste pas uniquement dans les mouvements de masse et les luttes de pouvoir, mais également dans les traumatismes et les tragédies de personnages et d\u2019écrivains en perte de repères, bouleversés par la violence d\u2019un monde sans concession.Avec Vigile (Le Tripode, 18 février), son premier roman, l\u2019actrice Hyam Zaytoum revient sur la nuit où tout a basculé.Victime d\u2019un arrêt cardiaque, l\u2019homme qu\u2019elle aime est plongé dans un coma artificiel.De ce récit bouleversant et d\u2019une rare intensité irradie l\u2019universalité de l\u2019affolement et de la détresse provoqués par une per te violente et imprévisible.Lauréat du Goncourt en 2008, l\u2019écrivain franco-afghan Atiq Rahimi est de retour avec une œuvre écrite dans la langue de Molière, la première depuis Maudit soit Dostoïevski en 2011.Ayant pour trame de fond les événements du 11 mars 2001, où les deux bouddhas de Bâmiyan, en Afghanistan, sont détruits par un groupe de talibans, Les porteurs d\u2019eau (Éditions P.O.L., 21 janvier) évoque les destins parallèles de deux Afghans \u2014 l\u2019un exilé en France, l\u2019autre confiné dans son pays natal \u2014 dont les rencontres décisives provoquées par cette journée historique changeront à jamais le cours de leur vie.La prolifique écrivaine et scénariste Valérie Zenatti évoque sa complicité avec l\u2019auteur israélien disparu Aharon Appelfeld \u2014 dont elle a traduit une grande part de l\u2019œuvre \u2014 dans le roman Dans le faisceau des vivants (L\u2019Olivier, 18 février).Lors de son décès en janvier 2018, ne pouvant se résoudre à perdre cette voix fondamentale, la jeune femme part à sa recherche, de l\u2019Ukraine à Czernowitz, empruntant ainsi le chemin salvateur du deuil.Après le foudroyant L\u2019été des charognes, l\u2019auteur Simon Johannin revient en compagnie de son épouse Des romans au cœur de la révolte Les auteurs de l\u2019Hexagone se font les porte-étendard de la colère de leurs compatriotes En haut : une rentrée littéraire n\u2019en est jamais vraiment une sans un nouveau texte d\u2019Éric-Emmanuel Schmitt.Ci-dessus : l\u2019écrivain franco-afghan Atiq Rahimi est de retour avec une œuvre écrite dans la langue de Molière.VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR / ANDREW H.WALKER AGENCE FRANCE-PRESSE A Éric Vuillard est attendu avec un récit q JOËL SAGET AGENCE FRANCE-PRESSE D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Capucine avec Nino dans la nuit (Allia, 18 février), une fresque noc- tur ne mouvementée et sauvage, portrait de la France d\u2019aujourd\u2019hui et de sa lourde précarité.Truffé de dialogues truculents, le roman suit le parcours de Nino, 19 ans, figure d\u2019une génération qui peine à envisager un avenir dans un monde à la dérive.La romancière Isabelle Marrier se porte de nouveau à la défense d\u2019une existence marginale et délaissée avec sa cinquième of frande, Le silence de Sandy Allen (Flammarion, 12 février), où la plus grande femme du monde est érigée en miroir gênant d\u2019une société inadaptée et effrayée par la différence.Autres plumes attendues Une rentrée littéraire n\u2019en est jamais vraiment une sans un nouveau texte d\u2019Éric-Emmanuel Schmitt.Dans l\u2019esprit du célèbre Oscar et la dame rose, l\u2019écrivain interroge les mystères de l\u2019enfance, des croyances et de l\u2019animisme dans Félix et la source invisible (Albin Michel, janvier), brossant le portrait d\u2019un gamin à la recherche de l\u2019âme vagabonde de sa mère, plongée dans une grande dépression.Cinq ans après l\u2019acclamé Terminus radieux (Médicis 2014), Antoine Volo- dine publie Frères sorcières (Seuil, 18 février).Dans un pays de montagnes et de désert, une troupe itinérante est attaquée par des bandits.L\u2019unique survivante sera entraînée malgré elle dans la vie criminelle de ses ravisseurs.À cette histoire s\u2019ajoutent deux voix puissantes, vociférations magiques et chamaniques sur la mort, la renaissance et la survie.Véritable hymne au conte et au romanesque, Le rituel des dunes (Zulma, en librairie), de Jean-Marie Blas de Roblès (Médicis 2018), raconte le quotidien d\u2019un petit groupe d\u2019expatriés à Tientsin, mégapole glaciale du nord de la Chine.En son centre, Beverly, une Américaine exubérante et excentrique qui, à l\u2019image inversée d\u2019une Schéhérazade des temps modernes, réclame à son jeune amant des histoires à la hauteur de l\u2019existence rocambolesque qu\u2019elle a menée.ui fait écho aux révoltes d\u2019aujourd\u2019hui. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 R e n t r é e l i t t é r a i r e 3 0 | MARIE FRADETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Depuis la toujours très percutante Su- sin Nielsen jusqu\u2019à Sandra Dumais, au- teure et illustratrice à la plume et aux pinceaux minutieux, en passant par les désormais célèbres Michaël Escoffier, Benjamin Lacombe et Clotilde Perrin, l\u2019édition jeunesse fourmille de titres à découvrir ce printemps.Arrêt sur quelques-unes des propositions qui piquent notre curiosité.Née en Nouvelle-Écosse, ayant grandi à Toronto, Sandra Dumais a adopté Montréal depuis un moment déjà, où elle passe beaucoup de temps à dessiner, notamment des cartes de souhaits.Mais voilà que, pour une première fois, elle se lance dans l\u2019écriture et l\u2019illustration jeunesse avec L\u2019affaire de l\u2019œuf disparu, premier titre de la série «Crimes à la ferme!» publiée à La courte échelle.Présentée sous forme de bande dessinée, l\u2019intrigue nous plonge dans une enquête policière menée par un détective peu compétent.On y découvre un univers animalier humoristique, peuplé de détails, de dialogues courts, enlevants, de personnages colorés et rafraîchissants, le tout grâce à un trait tout simple, précis et fort agréable à l\u2019œil.À découvrir dès février.Ces tout-petits auront beaucoup à voir et à lire dans les prochains mois.Dans le lot, retenons Le royaume de RIEN DU TOUT, album de Ronald Wohlman illustré par Dylan Hewitt, qui offre une ode à la simplicité.Dans ce royaume enviable, roi, reine et enfants s\u2019amusent avec le vent, l\u2019eau, le soleil, la lune et les étoiles.Rien d\u2019autres pour déranger leur quiétude.Les illustrations épurées appuient avec éloquence ce thème très tendance.(Comme des géants, en février.) On ne peut non plus passer à côté du duo que forment Michaël Escoffier et Kris Di Giacomo qui, avec La petite bûche, s\u2019amusent dans une suite truculente de jeux de mots et de quiproquos savoureux.Un ours aux tendances dyslexiques essaie d\u2019écrire sa première histoire mais se voit continuellement arrêté dans sa démarche par un ami plutôt très critique.(D\u2019eux, en mars.) Chez Albin Michel, l\u2019incontournable et incandescent duo Sébastien Pérez et Entre nouveautés et classiques revisités Une sélection des œuvres jeunesse les plus prometteuses du printemps SYLVAIN CORMIER LE DEVOIR C\u2019est un beau symbole.Le libraire des Animal lecteur ! (sept tomes parus, signés Salma et Libon) a fermé boutique et L\u2019atelier Mastodonte, qui mettait en scène un lieu de travail et de rencontre où collaboraient les meilleurs créateurs des dernières années, a cassé son bail.Est-ce à dire que la bande dessinée entre dans un hiver difficile ?On pourrait le penser.Quel est le titre le plus attendu de l\u2019après-Noël ?Les vieux fourneaux (Dargaud, en librairie), cinquième tome, sur les talons de l\u2019adaptation (ratée) au cinéma.Certes, on se marre à chaque planche de la série de Wilfrid Lupano et Paul Cauuet, mais on est quand même aux antipodes des Nombrils.Pour ce qui est de l\u2019âge des protagonistes, à tout le moins.Ce qui nous amène à Tintin, qui célèbre ses 90 ans.Si je calcule bien, on est donc à T+13.La promesse faite aux lecteurs de 7 à 77 ans ne tient plus, de la même façon que les aînés sont aînés de plus en plus longtemps.Les tribulations de Tintin au Congo, version colorisée et commentée de la mouture inédite de 1940- 1941, est d\u2019ores et déjà disponible sur le site officiel de Moulinsart (et non pas en édition papier chez Cas- terman, signe des temps).Et un autre, et un autre\u2026 Qu\u2019attend-on aussi ?Un Blake et Mor timer (Dargaud, en librairie), 25e du nom, énième suite de la mythique série d\u2019Edgar P.Jacobs.Et un 36e Thorgal (Le Lombard, printemps).Et n\u2019oublions pas Astérix, qui a 60 ans cette année et les fêtera en même temps que l\u2019illustré qui l\u2019a vu naître : Pilote.On nous prépare tout un programme de rééditions grand luxe : l\u2019épisode premier, Astérix le Gaulois (Dargaud, 23 janvier), sera resservi, et plutôt deux fois qu\u2019une.Planches originales grand format, tapuscrit de Goscinny en alternance, la totale.Et puis ce sera le tour du Combat des chefs (Dargaud, mai).De quoi se rendre jusqu\u2019au prochain Astérix de Conrad et Ferri à l\u2019automne.De là à croire que, dans un monde où le manga mange de l\u2019espace partout (de Kid Noize à SuperGroom), la bédé trouve son salut dans les valeurs refuges, il n\u2019y a qu\u2019un tout petit pas allègrement franchi.Jusqu\u2019à Lewis Trondheim qui ravive son Lapi- not avec Les herbes folles T2 (L\u2019Association, 26 février).Le prolifique Lewis a beaucoup fait pour rallier les univers du fantasy, du manga et de la bédé franco-belge, et s\u2019il cherche encore à renouveler le genre en publiant une sorte d\u2019improvisation, dessins en direct sans texte, couchés au jour le jour dans un carnet, il a néanmoins tout naturellement retrouvé son personnage fétiche.Reprises, dérivés, anniversaires et suites de bédés Entre les « vieux fourneaux », Blake et Mortimer, Thorgal et Tintin nonagénaire, l\u2019hiver ne rajeunit personne.Sauf le comte de Champignac.Sandra Dumais, auteure et illustratrice à la plume et aux pinceaux minutieux VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Corrida chez Burma Parmi les repreneurs de bandes dessinées célébrées, Nicolas Barral a réussi un rare exploit : ne pas démériter du créateur d\u2019origine.Ce n\u2019est pas rien que de succéder à Tardi, encore moins de faire passer les adaptations des polars de Léo Malet du noir et blanc des pavés ruisselants à la couleur sans qu\u2019on y perde au change.Corrida aux Champs- Élysées (Casterman, hiver), à la couverture au ciel bleu resplendissant, n\u2019est pas moins une sombre histoire de star déchue, de starlettes prêtes à tout et de producteurs véreux, et ça se regarde comme un Cinémonde, avec l\u2019envers du décor en plus.Nestor Burma, une fois de plus, y reçoit son lot de coups sur la tête, mais finit quand même par «mettre le mystère knock-out». Décantez, qu\u2019ils disaient.Parfois pour le meilleur.Le tome 1 de la série Champignac, «Enigma» (Dupuis, 1er février), de l\u2019excellent tandem Etien-Beka, nous présentera le comte Pacôme Hégésippe encore jeune homme et précocement génial (et déjà mycologue !), travaillant dans l\u2019Angleterre du Blitz à la résolution des codes de la fameuse machine Enigma, et découvrant ce faisant\u2026 l\u2019amour ! La guerre, sujet inépuisable parce que la guerre n\u2019est jamais finie ?Jacques Tardi, après avoir creusé et creusé les tranchées de la Première Guerre mondiale, arrive à la fin du cycle consacré à son père.Moi, René Tardi, prisonnier de guerre au Stalag IIB (Casterman, janvier), troisième tome, suit le vétéran et son futur bédéiste de fiston dans les ruines de l\u2019après-guerre.Le passé rattrape l\u2019auteur lui-même.Et chez les bédéistes québécois ?On conjugue aussi au passé : le premier tome de Bootblack (Dargaud, printemps), de Mikaël, après la série Giant, nous ramènera dans le New York des années 1930 : les cases révélées sur la page Facebook de l\u2019auteur sont magnifiques.La série MacGuf fin et Alan Smithee (Perro, hiver), de Michel Viau et Ghislain Duguay, se poursuivra également dans l\u2019esprit sixties du premier épisode \u2014 imaginez Modesty Blaise avec James Bond sur le site d\u2019Expo 67.Le général de Gaulle échappera-t- il à l\u2019attentat sur le chemin du Roy ?Gageons que oui.Mais non sans l\u2019intervention de nos tourtereaux.R e n t r é e l i t t é r a i r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 s e p t e n t r i o n .q c .c a LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Les Sœurs de la Charité de Saint-Louis en Amérique Émilie Guilbeault-Cayer 1902 - 2018 Benjamin Lacombe revisite Le magicien d\u2019Oz.Écrit par Lyman Franck Baum en 1900, ce classique de la littérature américaine \u2014 une fois passé sous l\u2019œil de Pérez \u2014 est raconté ici par l\u2019écervelé épouvantail.La candeur du ton prend le dessus lors de cette traversée singulière et riche en réflexion.Cet album paraît dans « Les classiques illustrés», une toute nouvelle collection dirigée par Lacombe dans laquelle figureront aussi Pinocchio, de Carlo Collodi, illustré par Justine Brax, et La Petite Poucette, d\u2019Andersen, illustré par Marco Mazzoni.Ça promet.Romans pour ados Après l\u2019ef frayant et atmosphérique Guillotine (2016), Véronique Drouin revient en mars chez Québec Amérique avec un titre qui risque de faire frissonner.Avec Rivière-au-Cer f- Blanc, l \u2019auteure of fre un roman d\u2019horreur en pleine nature, le tout saupoudré de fantastique et de suspense, où elle raconte l\u2019histoire d\u2019Estelle qui voit son séjour amoureux en forêt tourner au cauchemar.Tout autre univers, mais non moins percutant, celui que Susin Nielsen proposera avec Sans domicile fixe, une réflexion aux accents sociologiques.Félix, 12 ans, et sa mère Astrid se voient expulser de leur appartement à la suite du congédiement de cette dernière, peu encline à garder ses emplois et ses logements.Sans ressources, ils trouvent refuge dans une camionnette.Cette réalité, peu honorable, pousse Astrid à menacer son fils de se retrouver en famille d\u2019accueil s\u2019il répand la nouvelle de leur nouveau statut.La honte et le regard de l\u2019autre se mêlent aux difficultés de l\u2019itinérance.À découvrir début mai à La courte échelle.Le documentaire Après À l\u2019intérieur des méchants et À l\u2019intérieur des gentils, la Vosgienne Clotilde Perrin revient en janvier avec À l\u2019intérieur de mes émotions, album documentaire fait de nombreux rabats, languettes et autres petites trappes qui nous présentent les personnages de l\u2019intérieur et en font un album interactif.Fidèle à sa verve habituelle, à l\u2019angle singulier emprunté pour traiter de sujets mille fois entendus, l\u2019auteure et illustratrice décomplexe les émotions et surtout la façon d\u2019en parler.Elle parvient ainsi à personnifier la joie, la peur, la colère, la tristesse et le dégoût, qui se dévoilent sous un jour nouveau.Chacune de ces émotions, contrairement aux idées reçues, a des envies, des jeux préférés, des points for ts et des points faibles, et plus encore.C\u2019est à ne pas manquer au Seuil en janvier.Le tome 1 de la série Champignac, «Enigma », de l\u2019excellent tandem Etien-Beka, présentera le comte Pacôme Hégésippe encore jeune homme et précocement génial (et déjà mycologue !) ETIEN - BEKA L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 R e n t r é e l i t t é r a i r e E s s a i s q u é b é c o i s 32 | CHRISTIAN DESMEULES COLLABORATEUR LE DEVOIR Professeur de science politique à l\u2019UQAM, Francis Dupuis-Déri publiera une mise à jour d\u2019un ouvrage d\u2019abord paru en 2003, Les black blocs.La liberté et l\u2019égalité se manifestent (Lux, 7 février).En compagnie des chercheuses Christina Bard et Mélissa Blais, Francis Dupuis-Déri codirige également un collectif intitulé Antiféminismes et masculinismes.D\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui (PUF, 16 avril), actes d\u2019un colloque tenu à Angers, en France, au printemps 2017.Dans la foulée de Moi aussi j\u2019aime les hommes, qu\u2019il avait fait paraître il y a deux ans, Alain Labonté proposera, avec Moi aussi j\u2019aime les femmes (Stanké, 27 février), un échange de lettres avec son amie Pénélope McQuade sur les enjeux qui touchent les femmes.Normand Baillargeon va diriger un collectif consacré à la liberté d\u2019expression et à la censure: Liberté surveillée.Quelques essais sur la parole à l\u2019intérieur et à l\u2019extérieur du cadre académique (Leméac, 23 janvier).Le même auteur nous donnera aussi à réfléchir avec le deuxième tome d\u2019une anthologie de textes anarchistes: Anarchisme et éducation: du XXe siècle à aujourd\u2019hui (M éditeur, février).La nature du langage Dans la veine de son ouvrage capital Les sources du moi, le philosophe Charles Taylor nous revient avec une somme sur la nature du langage avec L\u2019animal langage.La compétence linguistique humaine (Boréal, 19 mars).Sur un ton beaucoup plus léger, les journalistes Jean-Benoît Nadeau et Julie Barlow vont nous proposer Ainsi parlent les Français (Robert Laffont, 7 février), que l\u2019on nous présente comme une trousse de survie pour comprendre l\u2019ar t subtil de la conversation à la française.Des livres d\u2019ici pour affronter l\u2019hiver Liberté d\u2019expression et protection du territoire sont au cœur de nos préoccupations Sheila Watt- Cloutier raconte son combat pour protéger sa culture, l\u2019Arctique et la planète.À gauche : Normand Baillargeon dirige un collectif consacré à la liberté d\u2019expression et à la censure.CHRIS WINDEYER LA PRESSE CANADIENNE / JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans la foulée de Moi aussi j\u2019aime les hommes, paru il y a deux ans, Alain Labonté proposera, avec Moi aussi j\u2019aime les femmes, un échange de lettres avec Pénélope McQuade sur les enjeux qui touchent les femmes Pierrette Lafond s\u2019intéressera aux livres à l\u2019index de la bibliothèque historique du Séminaire de Québec, volet occulté de l\u2019histoire du Québec.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Dans le cadre d\u2019entretiens dirigés par Stéphane Chalifour et Judith Trudeau, nous aurons droit, avec Une gauche en commun (Écoso- ciété, 30 avril), à une « conversation sur l\u2019anarchisme et le socialisme » entre Marcos Ancelovici et Pierre Mouterde.Professeur d\u2019histoire à l\u2019Université du Québec à Montréal, Stéphane Sa- vard s\u2019est entretenu avec Denis Vau- geois, historien, éditeur et cofonda- teur des Éditions Septentrion et témoin capital des dernières décennies : Denis Vaugeois.Entretiens avec Stéphane Savard (Boréal, 5 février).Dans Wake up mes bons amis ! (Septentrion, 12 mars), Hugo Bureau Meunier s\u2019intéresse pour sa part à la représentation de la nation québécoise dans le cinéma de Pierre Per- rault, en par ticulier dans ses cinq premiers longs métrages produits entre 1961 et 1971.Un monde nordique en crise Dans Contre le colonialisme dopé aux stéroïdes.Le combat des Inuits du Québec pour leurs terres ancestrales (Boréal, 12 février), l\u2019écrivain et homme de radio inuit Zebedee Nun- gak se raconte.Ardent défenseur de la langue inuktitut, Zebedee Nungak est une figure impor tante dans la création du Nunavik et faisait partie des négociateurs de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois.Particulièrement de saison, dans Le droit au froid (Écosociété, 29 janvier), la militante écologiste inuite Sheila Watt-Cloutier fait le récit de son combat pour protéger sa culture, l\u2019Arctique et la planète.Avec ses Carnets de Salluit (XYZ, 13 mars), un essai composite constitué d\u2019entrées de journal, d\u2019échanges épistolaires et de poèmes inspirés par les gens et la nature, Jean Désy partagera quant à lui ses méditations et ses observations sur un monde nordique en crise.Directeur de cabinet adjoint de Pauline Marois de 2012 à 2014, expérience dont il avait tiré le livre Dans l\u2019intimité du pouvoir (2016), Dominique Lebel publie L\u2019entre-deux mondes (Boréal, 26 mars), titre provisoire d\u2019un journal qu\u2019il a tenu de 2016 à 2018.Avec Point final (Fides, 15 avril), Jules Tessier publiera le cinquième titre d\u2019une série d\u2019essais inaugurée par Sur la terre comme un ciel (Fides, 2010).Pierrette Lafond s\u2019intéresse aux livres à l\u2019index de la bibliothèque historique du Séminaire de Québec, volet occulté de l\u2019histoire morale et culturelle du Québec, avec Promenade en enfer (Septentrion, 9 avril).Pour sa part, en mélangeant librement réflexions sur l\u2019art et sur la vie, Étienne Beaulieu signera un essai particulièrement personnel intitulé La pomme et l\u2019étoile (Varia, en mars).Dans Les fous crient toujours au secours (Écosociété, 16 avril), Sadia Messaili lance un cri du cœur contre un système de santé qui n\u2019a pas su sauver son fils.Enfin, Serge Leblanc publie son autobiographie et tentera de nous faire comprendre que « les personnes handicapées ne sont pas des extraterrestres » : Par-delà la paralysie cérébrale (M éditeur, mars). | 3 3 R e n t r é e l i t t é r a i r e E s s a i s é t r an g e r s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 www.pum.umontreal.ca MICHEL LAPIERRE COLLABORATEUR LE DEVOIR Il est cocasse que les lubies de Donald Trump, le moins intellectuel des présidents américains que l\u2019on puisse imaginer, servent de prétexte à de savants essais qui visent à révéler les dernières tendances de l\u2019esprit contemporain ! Dans Postvérité et autres énigmes (PUF, 26 février), le philosophe italien Maurizio Ferraris démontre que, grâce à Trump, le refus de la vérité objective est devenu pour nombre d\u2019électeurs une option politique crédible.Basés à New York, les auteurs de Nouveau pouvoir (Plon, 24 janvier), Jeremy Heimans, cofondateur de Purpose, organisme qui soutient des réseaux sociaux sur le Web, et Henry Timms, rattaché à Stanford, examinent « comment marche le pouvoir dans un monde hyperconnecté » en cernant des phénomènes aussi différents que le mouvement #MeToo ou le succès de Trump.Les politologues américains Daniel Zyblatt et Steven Levitsky expliquent, dans La mort des démocraties (Cal- mann-Lévy, 11 mars), que l\u2019arrivée de Trump au pouvoir résulte de la dégradation de la vie démocratique.Fasciné par l\u2019influence du Web et par le progrès technologique en général, l\u2019essayiste français Laurent Alexandre s\u2019interroge toutefois sur les dangers que représente l\u2019intelligence artificielle (IA), au point de consacrer un ouvrage au problème : L\u2019IA va-t-elle aussi tuer la démocratie?(JC Lattès, 18 mars).L\u2019économie de la connaissance serait-elle en train de devenir un outil de désinformation et de contrôle policier?Les algorithmes Algorithmes.La bombe à retardement (Les Arènes, en librairie), de la mathématicienne américaine Cathy O\u2019Neil, révèle que les algorithmes, opérations logiques résolvant un problème et liées à l\u2019intelligence artificielle par leur puissance de calcul exponentielle, feraient le jeu d\u2019un profit déshumanisant en politique, dans l\u2019emploi, l\u2019éducation, la consommation.En attendant les robots (Seuil, fin février), du sociologue français d\u2019origine italienne Antonio A.Casilli, prévoit la montée d\u2019une main-d\u2019œu- vre défavorisée chez les tâcherons du clic.Au-delà du progrès, la recherche d\u2019un équilibre nous ramène à la question de l\u2019égalité sociale universelle.Nous retrouvons ici la critique de l\u2019attitude de Trump et d\u2019autres chefs d\u2019État à l\u2019égard des migrations dictées par la pauvreté ou les conflits.Un ouvrage dirigé par Anna- lisa Lendaro, Youri Lou Vertongen et Claire Rodier, De la crise des réfugiés à la crise de l\u2019accueil (18 avril), puis Immigration.Faux problèmes, vrais enjeux (14 mars), du sociologue François Héran (les deux titres publiés à La Découverte), ne peuvent qu\u2019éclairer le débat.Des livres au programme de la même maison d\u2019édition abordent aussi d\u2019autres sujets brûlants: La victoire des vaincus (7 mars), du journaliste français Edwy Plenel, consacré à la révolte des gilets jaunes, ces gagne-petit de la France actuelle, et Féminisme pour les 99% (7 mars), manifeste progressiste en faveur de la masse des femmes étrangères à la mince élite occidentale que signent les chercheuses américaines Cinzia Arruzza, Tithi Bhattacha- rya et Nancy Fraser.Dès que l\u2019on touche à la question socioculturelle liée aux migrations et en particulier au progrès de l\u2019islam en Occident, on s\u2019interroge sur la nature profonde de ce même Occident.Voilà ce que fait audacieusement Olivier Roy, spécialiste français de l\u2019islam politique, dans L\u2019Europe est-elle chrétienne ?(Seuil, fin février), plus de 50 ans après l\u2019encyclique Humanæ vitæ de Paul VI, condamnation morale de la contraception artificielle, rupture de l\u2019Église avec le monde moderne sécularisé, procès presque irréaliste de l\u2019égoïsme occidental.Des auteurs scrutent les racines philosophiques des enjeux.Dans La science de la richesse (Gallimard, début mars), l\u2019économiste français Jacques Mistral estime que, devant l\u2019ef frite- ment du néolibéralisme et la montée des populismes, seul un regain keynésien pourra réconcilier l\u2019économie et la politique.Dans La pensée écologique (Zulma), Timothy Morton, chercheur britannique installé aux États-Unis, juge que le réchauffement climatique n\u2019exige rien de moins qu\u2019une nouvelle conception de la réalité.La brûlure des flammes Ces réflexions sur la dureté d\u2019au- jourd\u2019hui font écho au Dernier entretien de James Baldwin (Flammarion, 7 février).Jusqu\u2019ici introuvables sous forme écrite, les paroles furent prononcées l\u2019année de sa mort par l\u2019écrivain afro-américain (1924-1987) qui croyait que la brûlure des « flammes dévorantes de la cruauté humaine » surpasse tout enseignement.Elles ont maintenant une résonance singulière dans le pays de Trump et, à travers le monde, près des admirateurs du président.Des lubies, des robots, mais aussi des idées Les essayistes passent au crible le président des États-Unis pour cerner l\u2019air du temps Dernier entretien de James Baldwin donnera à entendre des paroles prononcées l\u2019année de sa mort, et jusqu\u2019ici introuvables sous forme écrite.RALPH GATTI AGENCE FRANCE-PRESSE Le président Donald Trump JIM WATSON AGENCE FRANCE-PRESSE L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 R e n t r é e l i t t é r a i r e Po l a r 3 4 | MICHEL BÉLAIR COLLABORATEUR LE DEVOIR a disparition subite de Philippe Kerr a laissé un grand vide ; la dernière enquête de Bernie Gunther (Greeks Bearing Gifts) n\u2019est toujours pas traduite en français, mais le genre que Kerr a créé fait déjà de nombreux adeptes.Parmi ceux-ci, un nouveau venu, Cay Rademacher, s\u2019intéresse avec son héros, l\u2019inspecteur principal Frank Stave, à ce qui se passe sur les docks de Hambourg dans l\u2019immédiate après-guerre.Cap donc sur Hambourg ! Le faussaire de Hambourg (Le Masque, fin février) se déroule en 1948 dans une ville dévastée encore occupée par les Britanniques : tout n\u2019est que r uines, les gens vivent dans des trous à rats et le marché noir est omniprésent.Stave, qui est passé des Homicides à l\u2019Of fice de lutte contre le marché noir, tombe sur des œu- vres d\u2019ar t puis sur de faux billets de banque alors que l\u2019on dégage des décombres.Bientôt, l\u2019inspecteur principal découvre d\u2019étranges points communs entre les deux affaires\u2026 Cette histoire à compar timents est en fait le troisième tome d\u2019une série déjà nommée « trilogie ham- bourgeoise », en référence à la fameuse « trilogie berlinoise » qui avait définitivement lancé les carrières de Phil ippe Ker r\u2026 et de Bernie Gunther.Les deux premiers tomes, L\u2019assassin des ruines et L\u2019orphelin des docks, plantés tous deux dans le même décor de ruines, sont parus coup sur coup l\u2019automne dernier chez le même éditeur.En complément, sur tout si vous êtes un fan de la période, un autre titre, Sous les décombres de Mechtild Borrmann (Masque, mi-mars), raconte le combat du jeune Hanno Dietz pour survivre avec sa famille dans la même ville en ruine.Les titres les plus prometteurs Mais il n\u2019y en a pas que pour Hambourg dans cette rentrée d\u2019hiver.Voici, sous forme de capsules, les titres les plus prometteurs d\u2019ici le retour de l\u2019été (vous vous rappelez\u2026).Robert Galbraith (pseudonyme de J.K.Rowling) signe la quatrième enquête de Cormoran Strike avec Blanc mor tel.Comme d\u2019habitude avec la mère d\u2019Harry Potter, on ne sait absolument rien de l\u2019intrigue à venir en avril ou en mai.À peine Grasset, l\u2019éditeur français, souligne-t-il que les trois précédents épisodes se sont vendus à 11 millions d\u2019exemplaires à travers le monde.Q u i n e c o n n a î t p a s M i c h a e l Connelly ?On ne connaît rien toutefois d\u2019En attendant le jour, ce livre sans Harry Bosch et qui devrait paraître en mars chez Calmann-Lévy.Arnaldur Indridason a donné ses lettres de noblesse au polar islandais.Il raconte dans Ce que savait la nuit la macabre découver te du c a d a v r e d \u2019 u n h o m m e d i s p a r u trente ans plus tôt, avalé par le glacier.Konrad, policier à la retraite, reprend l\u2019af faire qu\u2019il n\u2019avait pas pu résoudre à l \u2019époque (mars, chez Métailié).On sait aussi qu\u2019il y aura un nouveau R.J.Ellory chez Sonatine en mai (Le chant de l\u2019assassin) ; le retour de l\u2019unité Europol d\u2019Arne Dahl (Le jeu du loup) chez Acte Sud en juin.On devra toutefois se contenter de quelques rééditions et de rares nouveautés québécoises, comme ce Tribunal de la rue Quirion, de Guillaume Morrissette, chez Guy St-Jean en mars.Cap sur Hambourg Une nouvelle trilogie située dans l\u2019Allemagne de l\u2019après-guerre\u2026 et des nouveautés à la pelle ! Coffrets d\u2019hiver Une bonne façon pour les néophytes d\u2019aborder l\u2019univers polymorphe du polar est de plonger dans la lecture des grandes pointures ; on ne peut pas tout lire d\u2019un coup, mais il est possible de trouver sa voie en goûtant aux meilleurs.Les coffrets qu\u2019on vous propose ici vous y aideront.Arrivés il y a peu dans les bacs des libraires d\u2019ici, deux incontournables publiés chez Points.D\u2019abord, Le polar qui vient du froid propose trois titres : un Henning Mankel, Meurtrier sans visage ; un Arnaldur Indridason, Opération Napoléon ; et un troisième de la nouvelle coqueluche islandaise Ragnar Jonasson, Snjor.Pas vraiment de sueurs froides, mais plaisir garanti.Chez le même éditeur, on offre un coffret du maître John le Carré mettant en relief trois époques différentes de sa carrière : le remarquable La constance du jardinier et les deux «vieux» classiques que sont La taupe et Le tailleur de Panama.Irrésistible.Autre occasion à ne pas rater, un peu plus tard en avril : Viviane Hamy réédite en un coffret Fred Vargas \u2014 un «pack collector», comme disent les cousins \u2014 quatre des premières enquêtes du commissaire Adamsberg : L\u2019homme aux cercles bleus, L\u2019homme à l\u2019envers, Pars vite et reviens tard et Sous les vents de Neptune.Difficile de trouver mieux en attendant la prochaine enquête\u2026 Et puis, tant qu\u2019à y être, on vous rappelle que les Éditions Omnibus se sont mises à la publication, en coffrets toujours, de l\u2019œuvre de l\u2019inimitable et précieux Georges Simenon.On en est déjà de ce côté aux coffrets 7, 8 et 9 regroupant les enquêtes du célèbre commissaire Maigret.Bel hiver en perspective.En haut : Robert Galbraith (pseudonyme de J.K.Rowling) signe la quatrième enquête de Cormoran Strike.À gauche : Arnaldur Indridason, qui a donné ses lettres de noblesse au polar islandais, revient avec Ce que savait la nuit.À droite : il y aura un nouveau R.J.Ellory en mai, Le chant de l\u2019assassin.LEFTERIS PITARAKIS AP / DANIEL ROLAND AFP / PEDRO RUIZ LE DEVOIR L | 3 5 A r t s v i s u e l s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C U L T U R E CRITIQUE JÉRÔME DELGADO COLLABORATEUR LE DEVOIR Plus on a l\u2019impression qu\u2019on manque de temps, plus on manque de temps.Une étude de l\u2019Institut de la statistique du Québec dévoilée en 2018 révélait en effet que les gens qui courent après leur temps réduisent leurs heures consacrées aux loisirs et au repos.Le travail, professionnel ou domestique, passe encore avant tout.Le temps, si précieux dans nos vies hyperconnectées et hyperpro- ductives, est au cœur de l\u2019exposition L\u2019attente à la Galerie de l\u2019UQAM.Le temps à la job, plus précisément, tel que l \u2019obser vent, le commentent ou même le pratiquent les artistes sélectionnés par le commissaire invité Fabrizio Gallanti.Emmanuelle Léonard et le duo Jean-Maxime Dufresne et Virginie Laganière \u2014 couple dans la vie et au travail, notez-le \u2014, proposent des œuvres inédites, fortes, sensibles.Mais il n\u2019y a pas que du neuf.Le survol thématique cite un film de 1975, Fantozzi (du nom d\u2019un illustre personnage comique italien), et inclut la pochette-formulaire pour chômeurs de Signing Off (1980), premier disque du groupe britannique UB40, né à l\u2019ère Thatcher.Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait au bureau et à l\u2019usine ?On attend.On attend que la machine finisse son œuvre.On attend aussi la pause, ou la fin de la jour née, à l \u2019 instar des fonctionnaires dans Fantozzi qui se bousculent vers la sor tie lorsque le 9 à 5 prend fin.Encore faut-il avoir un horaire.Suspendue au plafond, une bannière de Jeremy Deller rappelle la dure réalité de ces travailleurs dont le contrat « zéro heure » ne leur garantit aucun revenu.Le texto cité par Deller, « Bonjour, aujourd\u2019hui vous avez congé [day of f] », est un procédé courant pour annoncer à un employé que sa présence n\u2019est pas requise.L\u2019attente, dans ce cas, est un cruel Travail, travail, travail L\u2019attente sonde ce que signifie le temps passé au boulot Emmanuelle Léonard, Nord de Montréal, 2018, image tirée de la vidéo GALERIE DE L\u2019UQAM moment, qui se manifeste au quotidien et de manière expéditive, sans contact réel.Le patron n\u2019a même plus de visage.Survol mondial Le système capitaliste est souvent considéré comme aliénant, sans pitié pour les travailleurs.Au Japon, le surmenage de la population, si dévouée, a provoqué le karoshi, phénomène de la mort par épuisement.C\u2019est d\u2019une résidence de création au pays du karoshi que le duo Dufresne- Laganière a tiré le projet Intervalles.Hétéroclite et potentiellement déroutante, l\u2019installation comprenant photos, vidéos et mobilier exclut la figure humaine, sauf quelque cas, sous des lunettes de réalité virtuelle ou sous forme d\u2019androïde.Ici, le temps permet de s\u2019échapper du quotidien et de son rythme en accéléré.Le thème du refuge a orienté le duo montréalais.Et son motif principal, c\u2019est un hibou, emblème d\u2019attente, de passivité et d\u2019observation.L\u2019oiseau est cependant aussi un appât dans les cafés de Tokyo, tant il est devenu une mode, un décor, enchaîné et privé de son habitat.Si la figure du travailleur est absente dans Intervalles, elle est omniprésente dans Le travail en une seule prise , d\u2019Antje Ehmann et Har un Farocki, autre couple actif comme collectif.En cours de réalisation depuis 2011 \u2014 le travail n\u2019a pas de fin \u2014, le projet réunit une multitude de cour tes vidéos (plans-séquences de deux minutes, max), tournées partout dans le monde.Hommage et plainte en même temps, Le travail en une seule prise offre un panorama de la débrouillardise et du cheap labour.On y voit des gens au travail, actifs ou en pause, de la conseillère en propos érotiques au vendeur de glaces.Le projet d\u2019Ehmann et Farocki est noble, tant leur parcours se transforme en ateliers de création.Ce sont leurs « élèves », quelque peu exploités, dirait-on, qui tournent les images.L\u2019installation en neuf écrans (un par ville) se présente comme un chœur à la fois cohérent et chaotique.Présent avec une photo et deux corpus de dessins, Alain Parent est un cas à part, comme artiste-travailleur, détenteur de deux identités parallèles.Cet urgentologue de l\u2019Hôtel-Dieu de Québec, actif aussi au Nunavik et dans un camp de réfugiés, a traduit ses déplacements, ses moments d\u2019attente et ses inter ventions en œuvres conceptuelles.Avec Parent, le temps à l\u2019ouvrage devient œuvre.Quelque part, sa double production fait de lui le parfait rejeton de la rentabilité capitaliste.Mais il fait figure de privilégié.Pas sûr que le livreur de Pepsi ou le signataire d\u2019un contrat « zéro heure » puisse maximiser ainsi son temps.Travailleuses sociales pour l\u2019organisme RAP Jeunesse, Joëlle et Sarah sont des modèles d\u2019un tout autre ordre.Elles ont été suivies par Emma- nuelle Léonard, dont la pratique flir te habilement avec le documentaire depuis plusieurs années.Dans Le camion et la grâce, les nuits de Joëlle et de Sarah sont faites de longs moments d\u2019attente, si on résume leur boulot à la distribution de préservatifs et d\u2019autres objets destinés à des populations marginalisées.Il ne se passe rien et pourtant, il y a beaucoup de non-dits dans ce récit en ellipses.Sans ces temps à attendre le « client », le service, le travail perdraient sans doute de leur richesse, de leur efficacité.Pendant ce temps\u2026 Dans la petite salle, la Galerie de l\u2019UQAM présente Terrain de jeux, projet de fin de maîtrise de Leila Zelli.L\u2019installation en plusieurs vidéos, dont certaines sont à découvrir à travers les orifices d\u2019un mur, parle aussi d\u2019attente et de temps en apparence non productif.Au-delà de nous transporter dans un camp de réfugiés syriens, l\u2019œuvre sonde notre désir de tout voir, de tout comprendre, de tout raisonner.L\u2019ensemble est animé d\u2019un beau dosage de visible et d\u2019invisible.L\u2019attente / Terrain de jeux À la Galerie de l\u2019UQAM, 1400, rue Berri, jusqu\u2019au 23 février./ De Leila Zelli.À la Galerie de l\u2019UQAM, 1400, rue Berri, jusqu\u2019au 23 février.Jeremy Deller, Hello, Today You Have Day Off, 2013 THE MODERN INSTITUTE, TOBY WEBTERS LTD, GLASGOW L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 6 | L\u2019avidité comme symptôme de l\u2019époque Farce efficace mais grossière, la comédie Black Monday sur le krach de 1987 blague à vide Le récit s\u2019organise autour de Maurice Monroe (irréprochable Don Cheadle, au centre) à la tête de la 11e firme de courtage de Manhattan.Le drôle de zig a construit une entreprise qui ressemble à toutes les autres du secteur par sa vocation unique et totale à générer des profits.PHOTOS BELL MÉDIA CRITIQUE STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR L\u2019argent n\u2019a pas d\u2019odeur, ne dort jamais et ne fait pas le bonheur, selon autant d\u2019adages contestables.Par contre, l\u2019argent, surtout le gros argent sale, inspire assez régulièrement des productions culturelles de qualité.Une part des romans de Zola et de Balzac ne traite que de bidous, en trop ou qui manquent.La très véreuse pièce Glengarry Glen Ross a parfaitement réussi son transfert à l\u2019écran.The Sting décline une jouissive histoire de revanche de petites crapules sur des grandes.Et Wall Street parle (de) Wall Street.«Greed is good», dit une de ses répliques célèbres.L\u2019avidité est le symptôme de notre époque.The Wolf of Wall Street (2013), adapté des mémoires de Jordan Belfort, concentre la métaphore.La comédie propose un portrait dévastateur de notre société obsédée par le fric, sans morale aucune, en parfaite déliquescence matérialiste.La suite s\u2019écrit maintenant en direct, quotidiennement, à la Maison-Blanche.Jour de krach La série Black Monday ne pourra pas éviter les rapprochements avec ce quasi-chef-d\u2019œuvre de Scorsese.La production diffusée sur Showtime (et relayé par CraveTV) à compter de dimanche traite du même sujet (la Bourse et le capitalisme financier) avec le même ton (grinçant et franchement amoral).On pourrait oser parler de la «Malbête noire» de Wall Street.L\u2019histoire se déroule en flash-back, sur un an exactement, avant le 19 octobre 1987.Ce jour-là, la Bourse de New York a enregistré la plus importante chute en un seul jour de l\u2019histoire des grands marchés d\u2019action.La désignation « Black Monday », reprise dans le titre de la série, fait directement référence au vendredi noir du krach du 24 octobre 1929 qui avait plongé les États-Unis dans la Grande Dépression.Les causes complexes, techniques, multiples et combinées de cette chute catastrophique permettent la construction de la fiction avec sa propre version loufoque des faits.La proposition emberlificotée (et les journalistes n\u2019ont vu que les trois premiers épisodes) semble aussi audacieuse que l\u2019idée d\u2019investir dans une compagnie de location de DVD par la poste baptisée Netflix en 1997.Le récit s\u2019organise autour de Maurice Monroe (ir réprochable Don Cheadle) à la tête de la 11e firme de courtage de Manhattan.Le drôle de zig a construit une entreprise qui ressemble à toutes les autres du secteur par sa vocation unique et totale à générer des profits.« Je suis dans cette business pour l\u2019argent, et puis l\u2019argent, et encore l\u2019argent », déclare- t-il à un journaliste. C u l t u r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 7 AU 10 FÉVRIER Une programmation originale de quatre concerts en quatre jours présentant l\u2019intégrale des symphonies de Brahms, des concertos de maîtres et des courts-métrages primés de l\u2019ONF, le tout sous la direction de maestro Nagano ! À PARTIR DE Taxes en sus 46$ semaine eART et BRAHMS Billets en vente maintenant ! osm.ca 514 842-9951 Partenaire de saison Partenaires publics En vente aussi à www.lesbeauxdetours.com 514-352-3621 En collaboration avec le Club Voyage Malavoy Titulaire d\u2019un permis du Québec Une saison nouvelle, des destinations audacieuses\u2026 7 avril - Les Petits chanteurs de Vienne en concert à Ottawa 8-12 mai - La BAIE GÉORGIENNE et l\u2019art de Tom Thomson 2 juin - Charles Richard-Hamelin et Andrew Wan en concert privé à la Maison de la musique de Sorel 20 juin - Exposition Portraits de Gauguin à Ottawa 6 juillet - Et les 350 ans de pratiques artistiques à Québec 23-26 juillet - PORTLAND, le Maine\u2026 LA BROCHURE 2019 EST ARRIVÉE ! Comme le veut ce monde macho, ses employés aussi sont mâles (en grande majorité), sur voltés, grossiers, vulgaires et «cokés».Quelques- uns des siens sont afro-américains, comme lui.Ce qui permet un tas de blagues plus ou moins subtiles mais de circonstances, comme quand Mo déclare qu\u2019il veut mettre du «brother» dans Lehman Brothers.La pochade tourne en partie autour de cette firme sinistrement célèbre.Ken Marino joue les frères jumeaux banquiers en rivalité constante avec tout le monde, et le monde de Mo en par ticulier.Dans cette lutte sans merci et vraisemblablement fatale pour tous, le rival utilise une nouvelle recrue, le blanc-bec Blair (Andrew Rannells), qui vient d\u2019inventer un algorithme de courtage automatisé.Dans la caricature La comédie exagère tellement qu\u2019elle plonge dans la caricature.Il faut accepter cette convention pour l\u2019apprécier.Un rythme accéléré et des dialogues macaroniques complètent la proposition à consommer avec le plaisir coupable de la mode, de la musique et de la culture des délirantes années 1980.Les références rameutent Michael J.Fox, Top Gun (une suite est en préparation) et même Michael Jackson dès le premier épisode.La reconstitution baigne dans le bling-bling.Les traders portent des bretelles et des montres grosses comme des horloges, déjà.Les femmes se gonflent la tignasse.Mo arbore fièrement une boule afro et une belle moustache.Il conduit une Lamborghini transformée en limousine (une Limbo) qui n\u2019offre que les inconvénients des deux voitures, mais qui en jette, enfin, qui impressionne les parvenus en leur rappelant de manière ostentatoire que son argent lui permet de se payer cette niaiserie exorbitante.Et pour les simplets qui n\u2019ont pas compris, un tableau représentant un requin (noir) orne son bureau.Tout le monde se drogue, évidemment.La coke se consomme comme du Coke.Le portrait reprend donc là aussi un des clichés forts du Loup de Wall Street.Par contre, s\u2019il est beaucoup question de sexe, avec des remarques sexistes et vulgaires.On ne voit pas beaucoup de nudité, à l\u2019exception notable d\u2019un employé de la firme qui ose, comment dire, hum, déballer son appareillage sur l\u2019épaule d\u2019un nouveau collègue.Les producteurs et les créateurs répètent qu\u2019ils n\u2019ont pas voulu idéaliser ce monde objectivement détestable.Ni même voulu présenter une histoire de revanche du Noir paumé sur les Blancs exploiteurs.« Ce n\u2019est pas une polémique autour de l\u2019avidité, a dit le comédien principal.C\u2019est plutôt une manière de dire : regardez ces idiots qui essaient de traverser une période folle quand les gens s\u2019éliminaient entre eux.» Ouin.On regarde plutôt des surdoués complices d\u2019une période folle.À force de ne pas vouloir dénoncer quoi que ce soit, la série comique se retrouve à ne plus rien dire de sérieux.Au total, on se retrouve avec une farce efficace mais grossière, tellement (et uniquement) au service de sa caricature qu\u2019elle en devient insensée, inutile même.Il ne s\u2019agit pas de demander le retour d\u2019une sorte de code Hays du XXIe siècle.Personne ne réclame ne serait-ce que la présentation antipathique d\u2019un milieu malhonnête.Seulement, l\u2019éthique et l\u2019esthétique ne font qu\u2019un, y compris en humour.La responsabilité commence dans les rêves, y compris ceux des faiseurs de blagues.Ne dit-on pas que l\u2019humour est la politesse du désespoir ?Wall Street dénonçait l\u2019avidité.The Wolf of Wall Street l\u2019exposait cyniquement.Black Monday blague à vide et ne semble même plus chercher à comprendre, à exposer ou, pourquoi pas, à moraliser.Dommage.Black Monday Showtime et CraveTV, dimanche, 22h Andrew Rannells tient le rôle du blanc-bec Blair, nouvelle recrue de la firme qui vient d\u2019inventer un algorithme de courtage automatisé. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e É c r a n s 3 8 | SAMEDI LA SOUPE AUX CHOUX (4) Fr.1981.Comédie fantaisiste de Jean Girault avec Louis de Funès, Jean Carmet, Jacques Villeret.- Deux vieux paysans reçoivent la visite d\u2019un extra-terrestre.ARTV 12h SECOURS À L\u2019AUBE (4) (Rescue Dawn), É.-U.2006.Drame de guerre de Werner Herzog avec Christian Bale, Steve Zahn, Jeremy Davies.- Durant la guerre du Vietnam, un pilote américain tente de s\u2019évader d\u2019un camp de prisonniers au Laos.TVA 13h30 L\u2019AILE OU LA CUISSE (4) Fr.1976.Comédie de Claude Zidi avec Louis de Funès, Coluche, Julien Guiomar.- L\u2019éditeur d\u2019un guide gastronomique est en lutte contre le président d\u2019une chaîne de restaurants.ARTV 13h52 REVOLVER (5) G.-B.2005.Thriller de Guy Ritchie avec Jason Statham, Ray Liotta, Vincent Pastore.- Un ex-détenu avide de vengeance, devenu en prison expert aux jeux et arnaqueur professionnel, est pris sous son aile par un individu mystérieux.Z 14h L\u2019ULTIME COMBAT (5) (Forever Strong), É.-U.2008.Drame sportif de Ryan Little avec Sean Faris, Gary Cole, Arielle Kebbel.- Un joueur de rugby placé en centre correctionnel pour conduite avec les facultés affaiblies tente de faire réduire sa sentence en s\u2019impliquant dans l\u2019équipe d\u2019une école secondaire.TVA 16h NOS VOISINS LES JONES (5) (Keeping Up With the Joneses), É.-U.2016.Comédie d\u2019espionnage de Greg Mottola avec Zach Galifianakis, Isla Fisher, Jon Hamm.- Le train-train d\u2019un couple de banlieusards est chamboulé par l\u2019arrivée de nouveaux voisins menant une double vie d\u2019agents secrets.V 16h15 L\u2019INCONNU DE LAS VEGAS (3) (Ocean\u2019s Eleven), É.-U.2001.Thriller de Steven Soderbergh avec George Clooney, Brad Pitt, Julia Roberts.- Un criminel réunit autour de lui dix experts dans différents domaines pour cambrioler trois casinos à Las Vegas.MAX 17h30 DOCTEUR DOLITTLE (4) (Dr.Dolittle), É.-U.1998.Comédie fantaisiste de Betty Thomas avec Eddie Murphy, Kristen Wilson, Oliver Platt.- L\u2019existence d\u2019un médecin est bouleversée quand, grâce à un don refoulé depuis l\u2019enfance, il devient capable de parler aux animaux.TQ 18h CAPITAINE AMERICA : LE PREMIER VENGEUR (4) (Captain America: The First Avenger), É.-U.2011.Aventures de Joe Johnston avec Chris Evans, Hugo Weaving, Hayley Atwell.- En 1942, un Américain maigrelet devient le super- soldat Capitaine America et affronte un nazi mégalomane planifiant la destruction des grandes villes de l\u2019Occident.TVA 18h30 LE RETOUR DE DANNY OCEAN (4) (Ocean\u2019s Twelve), É.-U.2004.Comédie policière de Steven Soderbergh avec George Clooney, Brad Pitt, Catherine Zeta- Jones.- Un cambrioleur et sa bande doivent perpétrer divers casses en Europe pour rembourser une ancienne victime qui n\u2019entend pas à rire.MAX 20h INTERSTELLAIRE (3) (Interstellar), É.-U.2014.Science-fiction de Christopher Nolan avec Matthew McConaughey, Anne Hathaway, Wes Bentley.- Après avoir traversé un trou de ver près de Saturne, des astronautes recherchent une planète habitable pour l\u2019espèce humaine, dont les jours sur la Terre sont comptés.V 20h30 COLOMBIENNE (5) (Colombiana), É.-U.2011.Thriller d\u2019Olivier Megaton avec Zoe Saldana, Jordi Molla, Cliff Curtis.- Témoin du meurtre de ses parents lorsqu\u2019elle était enfant, une jeune femme de Bogota, devenue tueuse à gages, entreprend de se venger du responsable, un puissant trafiquant de drogue.TVA 20h54 UN CARGO POUR L\u2019AFRIQUE (4) Can.2009.Comédie dramatique de Roger Cantin avec Pierre Lebeau, Julien Adam, Louise Richer.- Un travailleur humanitaire qui veut retourner clandestinement en Afrique voit ses plans contrecarrés par un jeune fugueur qui s\u2019impose à lui.TFO 21h LA LEÇON DE PIANO (1) (The Piano), Aust.1992.Drame sentimental de Jane Campion avec Holly Hunter, Harvey Keitel, Anna Paquin.- Vers 1850 en Nouvelle-Zélande, une Écossaise muette, mère d\u2019une fillette, délaisse le colon qu\u2019elle a épousé par correspondance pour entamer une liaison avec un voisin de ce dernier.TQ 22h LA SOUPE AUX CHOUX Voir samedi, 12h.ARTV 23h LA PEUR DANS LA PEAU.L\u2019HÉRITAGE DE BOURNE (5) (The Bourne Legacy), É.-U.2012.Drame d\u2019espionnage de Tony Gilroy avec Jeremy Renner, Rachel Weisz, Edward Norton.- Un agent secret tente d\u2019échapper au gouvernement américain alors que celui-ci décide d\u2019effacer toute trace du programme spécial dont il est issu.TVA 23h32 ATANARJUAT.LA LÉGENDE DE L\u2019HOMME RAPIDE (3) Can.2001.Conte de Zacharias Kunuk avec Natar Ungalaaq, Peter Henry Arnatsiaq, Sylvia Ivalu.- Dans une communauté inuite, un chasseur entre en conflit avec le fils du chef, dont la famille est frappée par un mauvais sort.TFO 0h DIMANCHE LES SUFFRAGETTES (4) (Suffragette), G.-B.2015.Drame de Sarah Gavron avec Carey Mulligan, Anne-Marie Duff, Helena Bonham Carter.- Dans l\u2019Angleterre de 1912, une blanchisseuse prend part au mouvement des suffragettes.TVA 10h DOCTEUR DOLITTLE Voir samedi, 18h.TQ 12h JCVD (5) Bel.2008.Comédie satirique de Mabrouk El Mechri avec Jean-Claude Van Damme, François Damiens, Zinedine Soualem.- Alors qu\u2019il est au centre d\u2019un acrimonieux procès, la vedette de films d\u2019action Jean-Claude Van Damme se retrouve mêlée à une prise d\u2019otages.Z 14h LA LÉGENDE DU DRAGON (5) Aust.2011.Aventures de Mario Andreacchio avec Louis Corbett, Jordan Chan, Sam Neill.- Négligés par leurs parents archéologues, deux adolescents s\u2019unissent pour retrouver une perle magique qui permettra de délivrer un dragon millénaire.TVA 14h L\u2019ARME FATALE 2 (4) (Lethal Weapon 2), É.-U.1989.Drame policier de Richard Donner avec Mel Gibson, Danny Glover, Joe Pesci.- Deux inspecteurs disparates poursuivent des truands qui se révèlent être des agents sud-africains protégés par leur immunité diplomatique.V 14h ZOOTOPIA (4) É.-U.2016.Film d\u2019animation de Byron Howard.- Dans une mégapole peuplée d\u2019animaux civilisés, une lapine policière fait équipe avec un renard arnaqueur pour enquêter sur une série de disparitions de mammifères.RC 15h LE RETOUR DE DANNY OCEAN Voir samedi, 20h.MAX 15h30 À LA CROISÉE DES MONDES.LA BOUSSOLE D\u2019OR (4) (The Golden Compass), É.-U.2007.Drame fantastique de Chris Weitz avec Dakota Blue Richards, Nicole Kidman, Tom Courtenay.- Dans un univers parallèle, une orpheline part à la rescousse de son meilleur ami, enlevé par le gouvernement pour fins d\u2019expérience scientifique.TVA 15h49 TORNADE (4) (Twister), É.-U.1996.Film catastrophe de Jan De Bont avec Helen Hunt, Bill Paxton, Jami Gertz.- Des scientifiques tentent de percer le mystère des tornades en les étudiant de près, souvent au risque de leur vie.V 16h30 WORLD WAR Z (4) É.-U.2013.Drame d\u2019horreur de Marc Forster avec Brad Pitt, Mireille Enos, Daniella Kertesz.- Un ex-enquêteur de l\u2019ONU reprend du service pour retrouver la source d\u2019une infestation de morts-vivants à l\u2019échelle planétaire.V 19h LES LOUPS (4) Can.2014.Drame de Sophie Deraspe avec Evelyne Brochu, Louise Portal, Benoît Gouin.- Une étudiante montréalaise débarque sur une île de l\u2019Atlantique Nord, où elle suscite la méfiance de la matriarche, à la tête de l\u2019industrie de la chasse au loup marin.ARTV 20h NE NOUS FÂCHONS PAS (4) Fr.1966.Comédie policière de Georges Lautner avec Lino Ventura, Mireille Darc, Jean Lefebvre.- Un ancien truand est entraîné dans un règlement de comptes en voulant rendre service à un ami.TFO 21h AU BOUT DU CONTE (4) Fr.2013.Comédie dramatique d\u2019Agnès Jaoui avec Agathe Bonitzer, Arthur Dupont, Agnès Jaoui.- Comme dans les contes de fées, une jeune femme tombe amoureuse d\u2019un charmant et talentueux pianiste, mais un redoutable séducteur s\u2019interpose entre eux.TQ 22h30 BOOMERANG (5) Fr.2015.Drame psychologique de François Favrat avec Laurent Lafitte, Mélanie Laurent, Audrey Dana.- Malgré les manœuvres d\u2019obstruction de sa famille, un travailleur de la construction enquête sur les circonstances entourant la noyade de sa mère, survenue trente ans plus tôt.TVA 23h L\u2019AILE OU LA CUISSE Voir samedi, 13h52.ARTV 23h POLLOCK (4) É.-U.2000.Drame biographique d\u2019Ed Harris avec Ed Harris, Marcia Gay Harden, Amy Madigan.- La vie professionnelle et sentimentale du peintre abstrait new-yorkais Jackson Pollock, de 1941 jusqu\u2019à sa mort en 1956.RC 0h25 LE NOM DES GENS Voir lundi, 21h.TFO 0h38 LUNDI KINGSMAN.SERVICES SECRETS (4) (Kingsman \u2013 The Secret Service), G.-B.2014.Comédie d\u2019espionnage de Matthew Vaughn avec Colin Firth, Taron Egerton, Samuel L.Jackson.- Un espion émérite, à l\u2019emploi d\u2019une agence ultra-secrète, recrute un jeune homme rustre mais prometteur, au moment où un génie de l\u2019informatique menace l\u2019avenir du monde libre.V 20h LA LÉGENDE DES GARDIENS.LE ROYAUME DE GA\u2019HOOLE (3) (Legend of the Guardians \u2013 The Owls of Ga\u2019Hoole), É.-U.2010.Film d\u2019animation de Zack Snyder.- Après qu\u2019un jeune hibou aventureux les a prévenus du danger, de sages Strigi- dae partent au combat contre une caste de hiboux aux desseins machiavéliques.MP 21h LE NOM DES GENS (3) Fr.2010.Comédie dramatique de Michel Leclerc avec Jacques Gamblin, Sara Forestier, Michèle Moretti.- Un vété-rinaire coincé, qui tait ses origines juives, amorce une idylle avec une beurette extravertie, qui couche avec des hommes de droite pour les convertir à ses idées gauchistes.TFO 21h RUMBLE.THE INDIANS WHO ROCKED THE WORLD (4) Can.2017.Documentaire de Catherine Bainbridge.- Avec sa pièce Rumble, le guitariste Link Wray devient en 1958 le tout premier Amérindien à influencer la musique rock.PBS (WCFE) 22h K-19.TERREUR SOUS LA MER (4) (K-19: The Widowmaker), É.-U.2002.Drame de guerre de Kathryn Bigelow avec Harrison Ford, Liam Neeson, Peter Sarsgaard.- En 1961, une fuite dans le réacteur d\u2019un sous- marin soviétique menace de provoquer une fusion nucléaire aux conséquences catastrophiques.TVA 0h35 LE NOM DES GENS Voir lundi, 21h.TFO 1h25 MARDI LA LÉGENDE DES GARDIENS.LE ROYAUME DE GA\u2019HOOLE Voir lundi, 21h.MP 17h L\u2019ÉVEIL D\u2019UN CHAMPION (4) (The Blind Side), É.-U.2009.Drame sportif de John Lee Hancock avec Quinton Aaron, Sandra Bullock, Tim McGraw.- À Memphis, un adolescent afro-américain est recueilli par une famille blanche aisée qui l\u2019encourage à développer son talent prodigieux pour le football.V 20h PARTIS EN 60 SECONDES (5) (Gone in 60 Seconds), É.-U.2000.Drame policier de Dominic Sena avec Nicolas Cage, Angelina Jolie, Giovanni Ribisi.- Une bande de voleurs s\u2019efforce de subtiliser 50 automobiles en 24 heures.MP 21h LE CŒUR A SES RAISONS Voir mercredi, 21h.TFO 23h42 MERCREDI SAVANNAH (4) É.-U.2012.Drame biographique d\u2019Annette Haywood-Carter avec Jim Caviezel, Chiwetel Ejiofor, Jaimie Alexander.- Dans les années 1920 en Géorgie, un homme qui vit de la chasse aux canards voit son mode de vie menacé par l\u2019évolution et la modernisation de la société.TVA 13h LA TRAPPE DANS LE PLANCHER (4) (The Door in the Floor), É.-U.2004.Drame psychologique de Tod Williams avec Jeff Bridges, Jon Foster, Kim Basinger.- Un étudiant devenu l\u2019assistant d\u2019un auteur de livres pour enfants s\u2019éprend de l\u2019épouse de ce dernier et découvre alors une tragédie familiale.VIE 13h LE PASSAGE (4) (Holes), É.-U.2003.Comédie dramatique d\u2019Andrew Davis avec Shia LaBeouf, Sigourney Weaver, Jon Voight.- Dans un camp de travail pour délinquants situé en plein désert, un garçon apprend que la directrice recherche activement un trésor.MP 21h LE CŒUR A SES RAISONS (3) (Lemale et ha\u2019chalal), Isr.2012.Drame de Rama Burshtein avec Hadas Yaron, Yiftach Klein, Irit Sheleg.- Une jeune femme issue de la communauté hassidique de Tel-Aviv subit la pression de sa mère afin qu\u2019elle épouse son beau-frère endeuillé.TFO 21h PLEIN SOLEIL Voir jeudi, 21h.TFO 23h26 LA TRAPPE DANS LE PLANCHER Voir mercredi, 13h.VIE 0h RUMBLE.THE INDIANS WHO ROCKED THE WORLD Voir lundi, 22h.PBS (WETK) 0h PAPA OU MAMAN (4) Fr.2014.Comédie de Martin Bourboulon avec Marina Foïs, Laurent Lafitte, Alexandre Desrousseaux.- En instance de divorce, un obstétricien et une ingénieure rivalisent d\u2019ingéniosité pour ne pas obtenir la garde des enfants, quand l\u2019un et l\u2019autre se font offrir un poste à l\u2019étranger.TVA 0h35 LE CŒUR A SES RAISONS Voir mercredi, 21h.TFO 1h24 JEUDI UN BON CRU (4) (A Good Year), É.-U.2006.Comédie dramatique de Ridley Scott avec Russell Crowe, Albert Finney, Marion Cotillard.- Ayant hérité de son oncle un vignoble en Provence, un loup de la finance londonien revient sur sa décision de le vendre lorsque diverses circonstances l\u2019empêchent d\u2019en repartir.TVA 13h UN AMOUR INFINI (4) (Endless Love), É.-U.1981.Drame psychologique de Franco Zeffirelli avec Martin Hewitt, Brooke Shields, Shirley Knight.- Follement épris de la sœur de son meilleur ami, un adolescent entame avec elle une relation amoureuse, toutefois compromise par l\u2019intransigeance du père de la jeune fille.VIE 13h RUMBLE.THE INDIANS WHO ROCKED THE WORLD Voir lundi, 22h.PBS (WETK) 14h LE PASSAGE Voir mercredi, 21h.MP 16h30 IRON MAN (4) É.-U.2008.Drame fantastique de Jon Favreau avec Robert Downey Jr., Jeff Bridges, Gwyneth Paltrow.- Transformé par une éprouvante expérience, un riche marchand d\u2019armes se consacre désormais au Bien en se glissant dans une armure superpuissante de son invention.V 20h PLEIN SOLEIL (3) Fr.1959.Thriller de René Clément avec Alain Delon, Marie Laforêt, Maurice Ronet.- Un jeune homme sans scrupules tue son ami et se fait passer pour lui afin de s\u2019emparer de sa fortune et de séduire sa maîtresse.TFO 21h VAMPIRES (5) (John Carpenter\u2019s Vampires), É.-U.1997.Drame d\u2019horreur de John Carpenter avec James Woods, Daniel Baldwin, Sheryl Lee.- Engagé par le Vatican pour anéantir les vampires, un chasseur de primes affronte avec son équipe un redoutable buveur de sang âgé de plus de 600 ans.Z 23h LES LOUPS Voir dimanche, 20h.ARTV 23h01 LE DERNIER MÉTRO Voir vendredi, 21h.TFO 23h52 UN AMOUR INFINI Voir jeudi, 13h.VIE 0h PLEIN SOLEIL Voir jeudi, 21h.TFO 1h59 VENDREDI POUR TOUJOURS LES CANADIENS (5) Can.2009.Comédie dramatique de Sylvain Archambault avec Dhanaé Audet-Beaulieu, Antoine L\u2019Écuyer, Céline Bonnier.- Démotivé, un joueur étoile de hockey collégial reprend son souffle au contact d\u2019un enfant malade passionné par les Canadiens de Montréal.TVA 13h SPLASH (4) É.-U.1984.Comédie fantaisiste de Ron Howard avec Daryl Hannah, Tom Hanks, John Candy.- Un jeune commerçant célibataire se désole de n\u2019avoir jamais connu l\u2019amour véritable, jusqu\u2019au jour où une sirène le sauve de la noyade.MAX 20h LE DERNIER MÉTRO (3) Fr.1980.Comédie dramatique de François Truffaut avec Catherine Deneuve, Gérard Depardieu, Heinz Bennent.- À Paris, sous l\u2019Occupation, une comédienne continue à diriger le théâtre de son mari qui a disparu parce qu\u2019il était juif.TFO 21h ROMY ET MICHELE, REINES DE LA SOIRÉE (4) (Romy and Michele\u2019s High School Reunion), É.-U.1997.Comédie de David Mirkin avec Mira Sorvino, Lisa Kudrow, Janeane Garofalo.- Deux copines un peu paumées font croire qu\u2019elles mènent la grande vie afin de bien paraître lors d\u2019une réunion d\u2019anciens de leur école.MAX 22h30 LA PROMESSE (4) (The Pledge), É.-U.2000.Drame policier de Sean Penn avec Jack Nicholson, Robin Wright, Aaron Eckhart.- Un policier à la retraite est obsédé par son désir de remplir la promesse qu\u2019il a faite à une mère de retrouver l\u2019assassin de sa fillette.Z 23h DÉTACHEMENT (4) (Detachment), É.-U.2011.Drame de Tony Kaye avec Adrien Brody, Marcia Gay Harden, James Caan.- Suppléant dans une école secondaire du Bronx, un enseignant imperturbable tente d\u2019aider une élève à se sortir de la prostitution.ARTV 23h AMSTERDAM (5) Can.2013.Thriller de Stefan Miljevic avec Louis Champagne, Gabriel Sabourin, Robin Aubert.- Ayant fait croire à leurs conjointes qu\u2019ils sont à la pêche, deux amis en virée à Amsterdam sont pris au dépourvu lorsque le troisième choisit de ne pas rentrer au Québec.RC 23h06 SÉCURITÉ MAXIMALE (5) (Lockout), Fr.2012.Thriller de James Mather avec Guy Pearce, Maggie Grace, Peter Stormare.- En 2079, un agent secret injustement accusé de meurtre part sauver dans un pénitencier spatial la fille du président des États-Unis, prise en otage par les détenus mutinés.TVA 23h35 PLEIN SOLEIL Voir jeudi, 21h.TFO 0h01 W.E.(5) G.-B.2011.Drame sentimental de Madonna avec Andrea Riseborough, James D\u2019Arcy, Abbie Cornish.- En 1998 à New York, l\u2019épouse insatisfaite d\u2019un psychiatre revoit en pensée les épisodes marquants de la liaison du roi Édouard VIII avec l\u2019Américaine divorcée Wallis Simpson.RC 1h07 LE DERNIER MÉTRO Voir vendredi, 21h.TFO 1h59 LES FILMS À VOIR À LA TÉLÉ Source : Mediafilm Légende (1) Chef-d\u2019œuvre; (2) Remarquable; (3) Très bon; (4) Bon; (5) Moyen; (6) Pauvre; (7) Minable | 3 9 C u l t u r e É c r a n s L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Présenté par LOUIS LORTIE JOUE FAURÉ Mardi 22 janvier 19 h 30 Mercredi 23 janvier 19 h 30 En solo et en formation de chambre avec des musiciens de la Chapelle Musicale Reine Élisabeth (Belgique).QUATUOR DEBUSSY Mercredi 30 janvier 19 h 30 DEBUSSY, RAVEL et TAILLEFERRE Le Quatuor rend hommage à l\u2019élégance et au raf?nement de la musique française ! Rendez-vous Bach ENSEMBLE CAPRICE MATTHIAS MAUTE, chef Samedi 26 janvier 19 h 30 J.S.BACH Messe en si mineur, BWV 232 Dimanche 27 janvier 14 h J.S.BACH Cantates BWV 72, 120, 184 et 200 sallebourgie.ca Arte Musica présente 18 19 Salle Bourgie AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Comiques « minoritaires » : la réalité La chaîne Unis a eu la bonne idée de programmer tout de suite après sa comédie sur les débuts rocambolesques d\u2019un trio d\u2019humoristes acadiens une série qui dresse le portrait d\u2019humoristes d\u2019un peu partout au Canada qui pratiquent leur art en milieu «minoritaire».Chaque épisode, animé avec enthousiasme par le comédien et comique acadien de la Nouvelle-Écosse Ryan Doucette, nous entraîne à la rencontre d\u2019un de ces valeureux, essentiellement des francophones, dont certains font rire dans les deux langues officielles, pour joindre les deux bouts ou pour leur bon plaisir, comme c\u2019est le cas de Mike Ward.L\u2019animateur et son invité, qui se livrent à un numéro devant un public dans la ville d\u2019origine de ce dernier, parlent entre autres des sources d\u2019inspiration, des méthodes de travail et de leur perception de leur métier.Ça nous change un peu des vedettes québécoises du rire\u2026 Le sens du punch Unis, mercredi, 20h30 SU R VOS ÉC R A N S \u2013 R I R E S E T DA N G E RS AU CA N A DA Le visionnement en continu La réalisatrice et actrice Frankie Shaw poursuit sa formidable exploration de la vaste quête d\u2019identité de son attachant personnage « semi-auto- biographique » de jeune mère célibataire désargentée du quartier sud de Boston, apprentie actrice et basketteuse du dimanche.Dans cette deuxième saison, elle se permet quelques digressions à son récit jusque- là linéaire et réaliste, avec des retours dans le temps et un épisode « western ».SMILF, saison 2 Showtime et Cravetv.ca, dimanche, dès 21h Automne ontarien Après une première saison dans la froidure de l\u2019hiver nord-ontarien et une deuxième saison dans les nuées de mouches de l\u2019été, la troisième saison de cette adaptation des romans de Giles Blunt se déroule en automne, au lendemain du décès tragique de l\u2019épouse du personnage principal, le détective Cardinal (Billy Campbell).Ce dernier doit également enquêter sur un double meurtre avec sa collègue Lise Delorme (Karine Vanasse), dont il se rapproche de plus en plus\u2026 Le réalisateur Daniel Grou (Podz) signe encore une fois cette série policière canadienne, qui a la particularité d\u2019être diffusée en simultané dans les deux langues officielles.Une quatrième saison est déjà en production.Cardinal : quand tu liras ces mots Super Écran et CTV, jeudi, 21h Obstacles ferroviaires La fondation de la fédération canadienne est intimement liée au projet de chemin de fer qui la traverse désormais, d\u2019un océan à l\u2019autre.Cette série documentaire s\u2019intéresse à la façon dont ceux qui l\u2019utilisent et l\u2019entretiennent arrivent à protéger les routes ferroviaires du pays pour qu\u2019elles soient efficaces.Intéressant, si on arrive à faire abstraction de la narration et de la réalisation tapageuses\u2026 Train d\u2019enfer Canal D, mardi, 19h L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 C u l t u r e Té l év i s i o n 4 0 | 01/21 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Lâcher prise Une autre histoire Les pays d'en haut Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Un zoo pas En tout cas L'échappée / Dans la peau Les invisibles / L'instinct TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Génial! Ça vaut le coût Point doc Cette année-là L'heure grave Mc$ween Dans médias V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Détestables KINGSMAN: SERVICES SECRETS (2014) avec Taron Egerton, Colin Firth.22h45 Un souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h In Situ Churchill, un géant dans le siècle La vie en quatre temps / Japon Journal/ C à dire CANAL D Douanes Douanes Enchères Enchères Structures abandonnées Face cachée villes Erreurs de génie Alaska: La ruée CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Vendre ou rénover?Joue Docteur Dévisagés Goldwater à l'écoute Bienvenue dans notre zoo ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Curling - Coupe Continentale Tir 10 Hommes et femmes skins L'antichambre (D) Sports 30 émotions HISTORIA Confessions Hells Chasseurs Chasseurs La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Nos ancêtres les extraterrestres Pirates trésors ICI ARTV Temps-Paix Temps-Paix Temps-Paix Pour l'amour du country Entends ma voix Nous autres, les autres Virtuose EXPLORA Le refuge de l'espoir L'odyssée des chiens S'aime chien Grands rep.Photographes Photographes Rivalité de génies Étincelles Z Les stupéfiants Américars: Rapides et musclés Les hors-la-loi du volant Garage d'élite Milot Land Arrow ST: Discovery SAVOIR En mouvement 18h50 Fabrique Réparer nature 19h50 Nature Nomade mers Le grand 15 ans terreur 21h55 VOD Dactylo Publications Semaine Verte TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Conseils LE NOM DES GENS (2010) Sara Forestier.Top!/ Top! Cinéma Planète 17h30 Cicatr.Faites entrer l'accusé / Combat pour Angélique Musée Picasso de Paris Trésors volés Puissante planète Green Cops CBC CBCNews JFL: Gags Coronation St.Coronation St.Murdoch Mysteries Coroner Partie 1 de 2 CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Resident / Operator Error Magnum P.I./ Day of the Viper The Good Doctor / Aftermath CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition FBI Bull / Split Hairs Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Bachelor / Chris Harrison The Good Doctor / Aftermath News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition Magnum P.I./ Day of the Viper Bull / Split Hairs News PBS (33) PBS NewsHour This Old House Hour Antiques Roadshow Antiques Roadshow Independent Lens UNIS Cochon dingue Pas plus bêtes Trait d'humour Hooké Les encanteurs Les Coasters Liberté Chez nous HBO1 17h55 Three Days of Terror My Tomorrow 19h35 NIGHTINGALE (2015) David Oyelowo.Crashing High Main 22h05 True Detective Cinéma TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Sharks de San Jose c.Panthers de la Floride (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports LHJMQ 01/20 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal Découverte ICI Laflaque Tout le monde en parle 22h20 Journal 22h50 Sports 22h55 Infoman TVA TVA nouvelles VLOG LOL :-) La Magie des Stars Arrêter le temps Tout le monde aime TVA nouvelles BOOMERANG TQ Les francs-tireurs Deux hommes en or Faut en parler M'entends-tu?L'heure est grave AU BOUT DU CONTE (2013) V 16h30 TORNADE (1996) WORLD WAR Z (V.F.) (2013) avec Mireille Enos, Daniella Kertesz, Brad Pitt.FRISSONS 4 (2011) avec Courteney Cox, Neve Campbell.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Découverte Le Téléjournal Les coulisses du pouvoir Le National Semaine Verte TV5 Saison au zoo Journal de 13h On n'est pas couché Mixeur / Gérald Passédat Journal/ L'invité CANAL D Les héros du feu Mayday / Virage mortel Le convoi de l'extrême Docu-D / Johnny Cash: le rebelle américain Le cosmos CANAL VIE Vendre ou rénover au Québec Les naufragés de l'amour Quintuplées Partie 2 de 2 Joue Docteur Dévisagés Goldwater à l'écoute Le Club Mel RDS Sports 30 LNF Football - Championnat de l'AFC (D) FIT Tennis - Open d'Australie (D) HISTORIA Pirates et trésors Miracles décodés Nos ancêtres les extraterrestres La malédiction d'Oak Island La malédiction d'Oak Island Chasseurs ICI ARTV C'est juste de la TV Pour emporter À COMMUNIQUER BD QC Les Borgia Cinéma EXPLORA 17h00Empereur 18h50 Ailes S'aime chien Les Poilus Gros labo Planète techno Mission spatiale Découverte Game Fever Z Ultime défi ninja BattleBots: Combats de robots Talk show Roast Battle Seuls et tout nus XL Pinel Maripier! Expédition SAVOIR Semaine Verte Avenir/ Thèse Arrêt monde Publications De garde 24/7 20h45 Revues 10 découvertes TDAH Cancer 22h55 Idées Routes science TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Conseils Subito texto Les sapiens Les sapiens NE NOUS FÂCHONS PAS (1966) avec Mireille Darc, Jean Lefebvre, Lino Ventura.Planète 17h00 L'accusé Mission couler le Tirpitz Les eaux blanches L'histoire gourmande de LU Le jour où.Petits livres rouges CBC When Calls the Heart Heartland / Just Breathe The Nature of Things the fifth estate CBC News: The National CBCNews CTV 15h00 Football LNF Football - Séries éliminatoires (D) Magnum P.I./ Winner Takes All National News GBL Global News Global National MINIONS (2015) avec Jon Hamm, Sandra Bullock.Private Eyes / Finding Leroy SEAL Team / Boarding Party Global News ABC News News at 6:30 Funniest Home Videos Funniest Home Videos Shark Tank Shark Tank News CBS The NFL Today 18h40 LNF Football - Championnat de l'AFC (D) Magnum P.I./ Winner Takes All News PBS (33) The Dictator's Playbook Great British Baking / Cakes Masterpiece Classic / Victoria Masterpiece Classic / Victoria Victoria and Albert Midwife UNIS Les encanteurs Les Newbies Les Newbies Degrassi Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Balade HBO1 18h15 BREXIT: THE UNCIVIL WAR (2019) Real Time With Bill Maher True Detective Crashing High Main Cinéma TVA Sports 17h30 LHJMQ Le TVA sports RAW COMMOTION (2015) avec Alec Baldwin, Will Smith.22h15 Xtreme Le TVA sports Hockey 01/19 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal La Petite Vie En direct de l'univers Deuxième chance Galas Juste pour rire Le Téléjournal Les canadiens errants TVA TVA nouvelles CAPITAINE AMERICA: LE PREMIER VENGEUR (2011) Chris Evans.COLOMBIENNE (2011) avec Michael Vartan, Zoe Saldana.23h15 TVANou.TQ DOCTEUR DOLITTLE (1998) Eddie Murphy.19h35 Oscar Cette année-là Belle et Bum LA LEÇON DE PIANO (1992) Holly Hunter.V Cinéma L'ÈRE DE GLACE: LES LOIS DE L'UNIVERS (2016) INTERSTELLAIRE (2014) avec Anne Hathaway, Jessica Chastain, Matthew McConaughey.ICI RDI Le Téléjournal Le Téléjournal Le National Le National Enquête Le Téléjournal Second Regard Le Téléjournal Le National Grands rep.TV5 Saison au zoo Journal de 13h Destination Eurovision / Deuxième demi-finale Voisins/ Voisins Journal/ L'invité CANAL D Enchères Enchères Douanes Douanes Riches et coupables Madame Lebrun Galas ComédiHa! 2016 Les Recrues CANAL VIE Bienvenue dans notre zoo Cauchemar Palm Springs Mini-maisons sur mesure Taxi au-delà Mariages Mosaic Quintuplées RDS Sports 30 CH Express (D) Images/sec.SkateCan Patinage artistique - Championnats Nationaux (D) Sports 30 /21h45 Antichambre 22h45 FIT Tennis (D) HISTORIA Le lot du diable Poirier enquête Poirier enquête Confessions Hells JFK déclassifié JFK déclassifié / La vérité A$ de brocante ICI ARTV Pour emporter Pour l'amour du country Sherlock La révolte des bonnes filles Cinéma EXPLORA Animo Pharmachien Le refuge de l'espoir Game Fever Outback Sexplora Sexplora Sexplora Z Fallait pas essayer Rapide et mill Déroute Top Gear Ultime défi ninja Le web obscur Maripier! Le trône de fer SAVOIR Nomade mers Au coeur du cinéma québécois Connaissance Ombre doute 20h50 1763 Ombre doute 21h55 L'ONU La boîte noire Cégeps en spectacle TFO Top!/ S.O.S.! Amélie Flip Subito texto Les sapiens Les sapiens UN CARGO POUR L'AFRIQUE (2009) Julien Adam.Top!/ Top!/ Flip Planète Voiture Natura Les Robinsons / Belize Le secret des villes / Naples Tribus XXI Puissante CBC CBCNews Hockey Sat.LNH Hockey / Flyers de Philadelphie c.Canadiens de Montréal (D) Hockey / Calgary vs Edmonton (D) CTV CTV News Montreal SkateCan Figure Skating - Championnat National Canadien (D) Laughs Cardinal / El Brujo National News GBL Global News Global National BorderSecur BorderSecur RUN FOR YOUR LIFE (2014) avec Aislyn Watson, Amy Smart.Remedy Global News ABC News News at 6:30 Extra NBA Countdwn NBA Basketball / Lakers de Los Angeles c.Rockets de Houston (D) News CBS Ch.3 News Weekend News Ent.Tonight NCIS: Los Angeles NCIS: New Orleans 48 Hours News PBS (33) Father Brown Time Goes By Appearances French Fields Upstart Crow Doc Martin / Sons and Lovers Death in Paradise Austin City UNIS Hôpital vétérinaire Liberté Écrivain public Mauvais karma Mauvais karma UN PARALLÈLE PLUS TARD (2014) Maxime Dumontier.L'espionne HBO1 Michelle Wolf: Nice Lady BEWARE THE SLENDERMAN (2016) Richard Dawkins.BREXIT: THE UNCIVIL WAR (2019) 22h45 U2 Innocence TVA Sports Avant-match (D) LNH Hockey / Flyers de Philadelphie c.Canadiens de Montréal (D) 21h45 Dave Morissette 22h45 LHJMQ: 50 ans S A M E D I L U N D I D I M A N C H E FRANÇOIS LÉVESQUE LE DEVOIR En ce territoire maritime isolé qu\u2019est la Basse-Côte-Nord, trois communautés cohabitent et tentent de maintenir leurs traditions, leur mode de vie en des temps d\u2019exode et de morosité économique.Francophones, anglophones et Innus: trois nations, un même combat, peu ou prou, qu\u2019explorent Nico- las-Alexandre Tremblay et Stéphane Trottier dans le film Les Coasters.Vivant à Montréal, les deux complices ne connaissaient pas le secteur.Leur premier repérage, ils le firent en novembre, il y a trois ans pile.Les co- réalisateurs firent quelques rencontres marquantes qu\u2019ils filmèrent afin de monter un «démo».Lors d\u2019une seconde visite, ils s\u2019en servirent à la fois comme d\u2019une carte de visite et d\u2019une note d\u2019intention.D\u2019autres voyages suivirent sur une période de deux ans.Pour faciliter leurs séjours logisti- quement complexes, ils établirent un plan reposant sur les apparitions entrelacées des «personnages principaux» que sont les membres du clan Monger, Anne Monger et sa fille Jo-Anne en particulier, Dieudonné Uzubahi- mana, venu du Burundi et qui s\u2019occupe à présent des Rangers juniors, ainsi que Baudoin Lalo, un agent de développement touristique innu.Chacun pourrait faire l\u2019objet d\u2019un documentaire individuel, et chacun permet de découvrir la Basse-Côte- Nord sous un jour dif férent.Ceux qui sont là depuis des générations et observent avec impuissance l\u2019exode des jeunes, celui qui s\u2019est fait là une nouvelle vie, celui dont le peuple fut là de tout temps avant d\u2019être « déplacé » pour mieux revenir, entêté, fier\u2026 Des Coasters, tous.Les Coasters Unis, lundi, 21h; en reprise mercredi, 12h30, jeudi, 1h30 et dimanche 14h30 Trois nations, un même combat Les Coasters permet de découvrir la Basse-Côte-Nord sous un jour différent SU R VOS ÉC R A N S L\u2019art de la guerre référendaire Ce téléfilm de la BBC, d\u2019abord diffusé au Royaume- Uni au début de janvier, ne perd pas de son intérêt au lendemain du vote fatidique du Parlement britannique sur l\u2019accord sur le Brexit.C\u2019est qu\u2019il met en lumière la campagne référendaire de 2016 sur cet épineux sujet à travers les tactiques adoptées par les stratèges du camp pro-Brexit et tout particulièrement celles de son directeur, Dominic Cummings, interprété par Benedict Cumberbatch.Brexit HBO et Cravetv.ca, samedi, 21h TORTUGA FILMS | 4 1 C u l t u r e Té l év i s i o n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 01/25 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy Au suivant Prière de ne pas Guillemets Les Poilus Le Téléjournal Cinéma TVA TVA nouvelles Le Tricheur Ça finit bien la semaine Du talent à revendre La liste noire TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Encore plus De garde 24/7 / Plan Un chef à la cabane Deux hommes en or M'entends-tu?Belle et Bum V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Détestables DERNIER CRI (2010) avec Anthony Lemke, Jeri Ryan.Gotham / Les Maniax attaquent Souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Le Téléjournal Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Nus et cullotés Les flots / Tahiti 2 Les routes de l'impossible Des bateaux et des hommes Journal/ C à dire CANAL D Alaska: La ruée vers l'or Amour fatal Marqué l'Amérique Les pires prisons du monde Craindre son voisin Outback CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Mariages Design V.I.P.Vendre ou rénover au Québec Les naufragés de l'amour Joue Docteur Dévisagés ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° FIT Tennis - Open d'Australie Quart de finale L'antichambre (D) Sports 30 émotions HISTORIA Traqueurs De père en fils En 6ième vitesse Les montagnards Les montagnards Les montagnards / Les loups Le lot du diable ICI ARTV Moi et l'autre Mr Bean Dre Grey, leçons d'anatomie Pour emporter De peigne et de misère L'effet Wow Cinéma EXPLORA Curiosités Planète colère Planète techno Pharmachien Gros labo Les Poilus Véhicules extrêmes Stupidité Stupidité Cerveau Z Expédition extrême Week-end Garage d'élite Américars: Rapides et musclés Les hors-la-loi du volant Infiltration Maripier! LA PROMESSE SAVOIR Nature/ Capsule Cancer 19h25 Thèse 36.9° TDAH Routes science 21h15 Revues Encore plus Électron/ Thèse FutureMag En mouvement TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! 19h05 Texto C'est WOW Doc/ Je dors Mosquée LE DERNIER MÉTRO (1980) Catherine Deneuve.Top!/ Top! Planète Traqueur de serpents Tanzanie sauvage Ghost Chasers (v.f.) / Londres Gypsies: Les gitans Voiture Natura CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.JFL: Gags LNH Hockey - Concours d'habileté du match des étoiles (D) The National CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang TO BE ANNOUNCED Blue Bloods / Peter Fonda CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition Hawaii Five-0 The Blacklist Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Fresh Off-Boat Speechless 20/20 20/20 News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition Hawaii Five-0 Blue Bloods / Peter Fonda News PBS (33) PBS NewsHour News Vermont Week Wash.Week Firing Line Great Performances / Doubt From Minnesota Opera UNIS À fond de train / Saint-Boniface Degrassi Degrassi Radio enfer Radio enfer Le Loup-garou Le Loup-garou Les Newbies Le punch Les encanteurs HBO1 Cinéma 18h45 ELIZABETH I, PART 2 (2006) Helen Mirren.Partie 2 de 2 20h40 Stolen Daughters Real Time With Bill Maher Strike Back TVA Sports 17h00 JiC Avant-match (D) LNH Hockey - Concours d'habileté du match des étoiles (D) D.Morissette 01/24 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 Infoman 1res fois / Karine Vanesse Enquête Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur LOL :-) La Dérape Le bon docteur J.E.Tu ne m'as pas TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Passager Génial! Mc$ween De garde 24/7 / Plan Dans les médias House of Cards (v.f.) La gloire V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Détestables IRON MAN (V.F.) (2008) avec Terrence Howard, Jeff Bridges, Robert Downey Jr.22h45 Un souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Imposture(s) / Genèse Munch / Destins croisés Journal/ C à dire CANAL D Le convoi de l'extrême Routiers de l'Outback Les héros du feu Riches et coupables Docu-D Docu-D CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?La vie avec des quintuplées Bienvenue dans notre zoo Mosaic Cauchemar Palm Springs ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° Hors-jeu 2.0 FIT Tennis - Open d'Australie Quart de finale L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA De l'acier et du feu Les moteurs Les moteurs Fous bolides Fous bolides Fous bolides Fous bolides Détroit: bêtes d'acier Traqueurs ICI ARTV 17h30 L'appel L'appel du coeur Mr Bean Lumière sur.La foire aux vanités La foire aux vanités Cinéma EXPLORA Animal Fight Club (v.f.) Créatures lumineuses Planète: Attention danger Sonder l'espace Grands rep.Géants de la construction Z Les stupéfiants Seuls et tout nus XL BattleBots: Combats de robots Talk show Roast Battle Star Trek: Discovery VAMPIRES SAVOIR 18h25 Publica.Ombre doute 19h20 Thèse Semaine Verte Avenir/ Fabrique Publications Dactylo 15 ans terreur 22h25 VOD Arrêt monde Réparer nature TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Flip Amélie Les sapiens Motel Monstre PLEIN SOLEIL (1960) avec Marie Laforêt, Alain Delon.Top!/ Top!/ Flip Planète Musée Picasso de Paris Trésors volés La Grande Guerre Champs de bataille Les oubliés Puma, seigneur des montagnes CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Dragons' Den Workin' Moms Little Dog CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Big Bang Young Sheldon Cardinal / Sam Law & Order: S.V.U.CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight The Titan Games / Trials Four Schooled GoodPlace S.W.A.T./ Fire and Smoke Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition Grey's Anatomy A Million Little Things How to Get Away With Murder News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight The Big Bang Young Sheldon The Big Bang Fam S.W.A.T./ Fire and Smoke News PBS (33) PBS NewsHour Mr.Connolly Budget Address Rick Steves' Paul Simon's Concert in the Park Amanpour & C UNIS Cochon dingue Échappe Fous animaux Hôpital vétérinaire Chez nous Liberté Écrivain public Web Thérapie Balade Tor.Peaky Blinders HBO1 18h15 Living With Lincoln 19h25 Everything Is Copy BREXIT: THE UNCIVIL WAR (2019) 22h45 BEHIND THE CANDEL.TVA Sports 17h00 JiC RAW LHJMQ: 50 ans Dave Morissette en direct / Spécial week-end des étoiles Le TVA sports 01/23 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 L'Épicerie Les enfants de la télé Cheval-Serpent Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur Oeufs d'or Malaises Lâchés lousses Victor Lessard TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Génial! Format familial Point doc Les francs-tireurs M'entends-tu?Kebec De garde 24/7 V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Détestables L'ÉPREUVE: LA TERRE BRÛLÉE (2015) avec Kaya Scodelario, Dylan O'Brien.22h45 Un souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Les flots / Tahiti Envoyé spécial Enfants prodiges / Australie Journal/ C à dire CANAL D Structures abandonnées Les Recrues Les Recrues Alaska: La ruée vers l'or À la poursuite du trésor inca Vie de chantier ComédiHa! CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Amour aveugle Taxi au-delà Les naufragés de l'amour Vendre ou rénover?Design V.I.P.À vos marques ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Coyotes de l'Arizona c.Canadiens de Montréal (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Pawn Stars Pawn Stars Prêt au combat Prêt au combat De l'acier et du feu De l'acier et du feu De l'acier et du feu Rois scrap ICI ARTV 17h30 Temps Le temps d'une paix Moi et l'autre Victoria Victoria Limites illusion EXPLORA Animo Alex+Tyler, éco L'odyssée des chiens La Semaine verte Gros labo Pharmachien Troubles de someil Rivalité Z Les stupéfiants Ultime défi ninja Expédition extrême Week-end Déroute Fous Maripier! Prêt sur gage SAVOIR Encore plus Archi branchés Rature et lit Connaissance Au coeur du cinéma québécois Arrêt monde Publications Semaine Verte Avenir/ Fabrique Montcalm.TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens Citoyen monde LE COEUR A SES RAISONS (2012) Top!/ Top! Flip Planète Les Robinsons / Belize Le secret des villes / Naples Les cicatrices de la Justice Faites entrer l'accusé / Le crime fou de Stéphane Moitoiret Lancaster CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Burden of Truth Unspeakable CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal eTalk The Big Bang The Goldbergs The Big Bang Grey's Anatomy Criminal Minds / Chameleon CTV National GBL Global National Global News Chicago Med Big Brother: Celebrity Edition Chicago Fire / Make This Right Chicago P.D./ Outrage Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Goldbergs Schooled Modern Family Single Parents Match Game News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition SEAL Team Criminal Minds / Chameleon News PBS (33) PBS NewsHour Crossroads Outdoor Nature Partie 2 de 2 Nova / Island Volcano The Dictator's Playbook Amanpour & C UNIS Cochon dingue Monde Les encanteurs Web Thérapie Les Newbies Le punch Mauvais karma Mauvais karma Tournée générale Vétérinaire HBO1 17h45 Thought Crimes 19h10 Nothing Left Unsaid True Detective Crashing High Main 23h05 I Can Be TVA Sports 17h00 JiC Avant-match LNH Hockey / Capitals de Washington c.Maple Leafs de Toronto (D) D.Morissette 22h45 RAW 01/22 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 ICI RC Télé Le Téléjournal avec Patrice Roy District 31 La Facture Unité 9 5e rang Le Téléjournal Sports/ Entrée TVA TVA nouvelles Le Tricheur World of Dance la compétition O' / Chose promise, chose due L'heure bleue TVA nouvelles 22h35 Denis Lévesque TQ Pat'Patrouille Cochon dingue Génial! Kebec National Geographic SOS sages-femmes L'heure grave Format familial Deux hommes V Souper parfait Souper parfait Rire et délire Détestables L'ÉVEIL D'UN CHAMPION (2009) avec McGraw Tim, Sandra Bullock.22h45 Un souper parfait ICI RDI Le National RDI économie 24/60 Les grands reportages Le Téléjournal Mordus de politique Le National TV5 17h50Champion Journal de 13h Enfants prodiges / Australie La vie en quatre temps / Japon Des bateaux et des hommes Caïn / Jardin secret Journal/ C à dire CANAL D Face cachée villes Train d'enfer Le convoi de l'extrême Mayday / Traverser la tempête Routiers de l'Outback Mme Lebrun CANAL VIE ByeMaison Quoi ton plan?Palm Springs Cauchemar Mini-maisons sur mesure Vendre ou rénover au Québec Taxi au-delà Mariages ByeMaison RDS 17h00 Le 5 à 7 Hockey 360° (D) LNH Hockey / Coyotes de l'Arizona c.Sénateurs d'Ottawa (D) L'antichambre (D) Sports 30 HISTORIA Miracles décodés JFK déclassifié JFK déclassifié / La vérité Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars Pawn Stars ICI ARTV Temps-Paix Le temps d'une paix Quelle famille! La foire aux vanités La foire aux vanités Pique-nique à Hanging Rock Les Borgia EXPLORA Chats des villes et L'odyssée des chiens Découverte Mégastructures nazies Rêver le futur Véhicules extr.Z Les stupéfiants L'Illusionniste / Jeux de rôles Penny Dreadful (v.f.) Surnaturel Après l'Apocalypse / Pleine lune Le trône de fer SAVOIR 18h25 Thèse 36.9° TDAH La boîte noire CORIM Routes science 21h15 Revues Découverte 22h10 Oser Électron/ Thèse Découvertes TFO Maxi/ S.O.S.! Top!/ Top! Métiers/ Métiers Amélie Les sapiens C'est WOW EN ATTENDANT LES HIRONDELLES (2017) 22h50 Top! Top!/23h15 Flip Planète Je suis amoureuse d'un condamné Arts backstage Traqueur de serpents Tanzanie sauvage Energy Observer Yellowstone CBC CBCNews JFL: Gags Schitt's Creek Coronation St.Kim's 22 Minutes Schitt's Creek Cavendish CBC News: The National CBCNews CTV CTV News Montreal Ellen's Game of Games The Conners Kids-Alright This Is Us The Rookie / Redwood CTV National GBL Global National Global News E.T.Canada Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition FBI New Amsterdam / Animal Sola Global News ABC News News Local 22 News Inside Edition The Conners Kids-Alright Black-ish Splitting Up The Rookie / Redwood News CBS Channel 3 News at 6 p.m.Evening News Ent.Tonight Big Brother: Celebrity Edition NCIS / Third Wheel / Joe Spano FBI News PBS (33) PBS NewsHour Born to Expl Yankee Finding Your Roots American Experience Frontline / Coal's Deadly Dust Amanpour & C UNIS Cochon dingue Ouache/ Ouache Écrivain public Vu intérieur SOUVENIRS INTIMES (1998) Pierre-Luc Brillant.Ciné tout court Hooké HBO1 18h10 Words Built America Every Brilliant Thing 20h05 CONFIRMATION (2016) Wendell Pierce.Crashing High Main 23h05 Detect TVA Sports 17h00 JiC LNH Hockey / Sharks de San Jose c.Capitals de Washington (D) Dave Morissette en direct Le TVA sports COMMOTION J E U D I V E N D R E D I M E R C R E D I M A R D I CRITIQUE AMÉLIE GAUDREAU LE DEVOIR Voilà une série documentaire comme on voudrait en voir un peu plus : simple, efficace, drôle et surtout utile.Le concept est tout simple : huit personnes qui ont un handicap similaire répondent à des questions anonymes du public, de celles que l\u2019on garde habituellement pour soi, parfois un peu choquantes ou très pratiques, voire anodines, mais qui ont toutes en commun de piquer notre curiosité.Elles se prêtent à cet exercice pas toujours facile, surtout lorsqu\u2019il est question de leur intimité, avec un plaisir évident et une franchise souvent déstabilisante, détruisant au passage un lot d\u2019idées préconçues, ce qui aura peut-être pour effet de modifier certains comportements chez les téléspectateurs.Cette adaptation de You Can\u2019t Ask That, une série documentaire de la télé publique australienne, qui s\u2019intéresse également aux minorités «sociales» (transgenre, centenaires, musulmans, alcooliques) et qui a reçu des Prix des médias de l\u2019ONU, n\u2019est pas seulement utile pour en savoir plus sur la réalité des personnes aux prises avec un handicap, elle est tout simplement agréable à écouter grâce aux propos allumés des participants, particulièrement à l\u2019aise devant la caméra, qui sont admirablement servis par la réalisation fluide et le montage rythmé de ces demi-heures qui passent trop vite.Les huit épisodes de cette chouette série donnent ainsi la parole à des personnes de petite taille, non voyantes, avec un handicap auditif, autistes, amputées, paralysées, en fauteuil roulant et trisomiques.Ça ne se demande pas AMI-Télé, lundi, 20h, rediffusions mardi 16h, mercredi 8h et samedi 16h30, disponible dès mardi à amitele.ca Tout ce que vous avez voulu savoir\u2026 Des personnes handicapées répondent aux questions qu\u2019on n\u2019ose pas toujours leur poser AMI-TÉLÉ L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 On peut se déplacer en kayak transparent sur les flots rafraîchissants du fleuve Colorado.Page de droite : à l'hôtel Paris, il est possible de se baigner à l'ombre de la « tour Eiffel ».PHOTOS BENOIT LEGAULT V I V R E ui dit Las Vegas dit chaleur sèche intense et paysages rôtis par le soleil.Pour tant, celle que l\u2019on surnomme la ville des péchés ou la capitale mondiale du divertissement offre une large panoplie d\u2019activités aquatiques.Avec ses 2700 tonnes de sable, la célèbre plage de l\u2019hôtel Mandalay Bay donne sur une immense piscine aux vagues tranquilles.On peut y louer des cabanas, des chaises longues ou des villas ; notez que les chaises longues les plus éloignées de la plage sont gratuites.S\u2019y trouvent aussi deux petites piscines et un lagon peu profond qui font le bonheur des familles.Si la nourriture qu\u2019on y propose est plutôt basique et coûteuse, elle a au moins le mérite de rassasier.Sur le site du Mandalay Bay se dresse également le Shark Reef Aquarium.Sa reconstitution d\u2019éléments marins historiques (ruines mayas inondées, épaves, etc.) s\u2019avère si extraordinaire que les poissons s\u2019y sentent vraiment\u2026 comme des poissons dans l\u2019eau ! Surfer près du Strip L\u2019Aquatic Club de l\u2019hôtel Palazzo permet de vivre une des expériences diurnes les plus en vogue à Las Vegas : boire et s\u2019amuser dans de petites piscines au son des tubes de l\u2019heure.La nourriture, les boissons et le service sont de haut niveau, et les piscines les plus luxueuses donnent l\u2019impression de participer à l\u2019émission Occupation double \u2014 voyeurs bienvenus, complexés s\u2019abstenir.À l\u2019hôtel Planet Hollywood, les plus sportifs voudront vivre la Flow Rider Experience où le courant d\u2019un bassin est propulsé si fort qu\u2019on peut y surfer sur place.Facile, croyez-vous ?Sachez qu\u2019à la moindre perte d\u2019équilibre, vous vous retrouvez le bec à l\u2019eau.Des piscines et de grandes terrasses complètent cet espace bain de soleil qui offre une vue imprenable sur\u2026 la tour Eiffel.Le restaurant de la tour Eif fel de l\u2019hôtel Paris est l\u2019un des meilleurs endroits pour admirer les célèbres fontaines de l\u2019hôtel Bellagio.Le repas que nous y avons pris a été le moment le plus fort de ce voyage.La vue sur les fontaines et sur le Strip est remarquable, tandis que l\u2019expérience culinaire du resto et son ser vice de grande classe sont tout simplement mémorables.Quant aux prix, compte tenu de ce qui est proposé, ils sont abordables le midi et raisonnables en soirée.Réservez une window table pour maximiser l\u2019expérience.Pour d\u2019autres moments aquatiques hors du commun au cœur de Las Vegas, rendez-vous aux canaux de l\u2019hôtel Venitian, au Lake of Dreams de l\u2019hôtel Wynn et au spectacle O du Cirque du Soleil.Hors Strip Les excursions hors de Las Vegas sont de plus en plus populaires.Afin de satisfaire les touristes qui veulent faire des excursions hors Strip permettant de revenir en ville à temps pour assister à un spectacle le soir, toutes sor tes de promenades en jeep, en hélicoptère, etc.sont organisées.Notre escapade aquatique nous a permis de nous déplacer en kayak transparent (de Vegas Glass Kayaks) sur les flots rafraîchissants du Colorado, dont les eaux recèlent des surprises, telles ces sources chaudes vert émeraude où viennent s\u2019abreuver des coyotes.En route, nous avons visité le site du barrage Hoover, dont l\u2019eau a rendu possible le développement de Las Vegas.La croissance accélérée de Las Vegas (500 000 nouveaux habitants depuis 10 ans) étonne, impressionne et rend perplexe en cette époque de développement durable et de réduction des ressources.Malgré sa croissance, Las Vegas utilise environ 20 % moins d\u2019eau qu\u2019en 2008.L\u2019eau est recyclée et réutilisée au maximum, notamment dans les golfs.Les terrains sportifs couverts de gazon naturel ont été remplacés par des terrains synthétiques qui ne requièrent pas d\u2019arrosage.Dans les parcs publics, on cultive des plantes résistant bien à la sécheresse.Quant aux habitants de Las Vegas, i ls consomment environ 50 % moins d\u2019eau par personne qu\u2019en 1990.Le niveau du fleuve Colorado Malgré tout, le niveau du fleuve Colorado est dangereusement à la baisse à cause d\u2019une agriculture intensive, des villes et de la baisse des précipitations liée aux changements climatiques.Attribuer à Las Vegas la responsabilité de la baisse inquiétante du Colorado serait injustifié, mais rien n\u2019empêche de demeurer critique devant l\u2019incroyable possibilité de vivre des vacances aquatiques en milieu désertique.| 4 3 Voya g e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 REPORTAGE BENOIT LEGAULT À LAS VEGAS COLLABORATEUR LE DEVOIR Explorer le Las Vegas aquatique Une foule d\u2019activités s\u2019offrent à vous dans une oasis de fraîcheur au cœur du désert Q Le sport-spectacle vole la vedette La nouveauté majeure à Las Vegas, c\u2019est que le tourisme sportif est devenu un pilier de cette ville de deux millions d\u2019habitants prospérant principalement grâce au tourisme.Délaissant de plus en plus les casinos, les touristes se tournent davantage vers les spectacles, les attractions, les restaurants et maintenant le sport-spectacle.Fait étonnant pour une ville chaude, c\u2019est le hockey sur glace qui a lancé cette vogue avec les Golden Knights de la Ligue nationale de hockey.Encore une fois, un Québécois est la figure de proue d\u2019une tendance lourde à Vegas, le brillant gardien Marc-André Fleury étant le joueur le plus en vue des Golden Knights.Une équipe de la NFL Dès l\u2019an prochain, Las Vegas accueillera une équipe de la prestigieuse NFL (National Football League), les Raiders, qui jouera dans un stade de 65 000 places doté d\u2019un toit transparent et de murs ouvrants afin d\u2019assurer une aération naturelle.Las Vegas est aussi l\u2019hôte d\u2019une nouvelle équipe de la WNBA (Women\u2019s National Basketball Association), les Aces, qui se produit au Mandalay Bay Event Center.Le basket-ball féminin de haut niveau est excitant et, à certains égards, plus intéressant à regarder que le basket masculin de la NBA.En plus, c\u2019est l\u2019un des spectacles les plus abordables à Vegas.Un nouveau stade À 18kilomètres du Strip, le baseball professionnel (niveau Triple AAA) aura un nouveau stade à Summer- lin en 2019.Summerlin est aussi le site des entraînements des Golden Knights au City National Arena.Le stade comprend quelque 600 places assises et un espace pour accueillir des spectateurs debout à une extrémité de la patinoire.Ces séances d\u2019entraînement font souvent salle comble.Finalement, Las Vegas est devenue l\u2019un des centres mondiaux des e-sports (sports électroniques), où des as du jeu vidéo s\u2019affrontent devant des auditoires enthousiastes.C\u2019est également l\u2019un des rares endroits où l\u2019on trouve un lieu réservé aux sports électroniques, l\u2019Esports Arena. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Vi v r e Nat u r e 4 4 | REPORTAGE NATHALIE SCHNEIDER COLLABORATRICE LE DEVOIR Derrière chaque amateur de ski de fond ou de fatbike se cache, bien souvent, un ardent défenseur de l\u2019environnement.Privilégier la propulsion humaine aux activités motorisées dans nos loisirs est souvent le signe d\u2019un engagement au profit de l\u2019environnement et du lien qu\u2019on entretient avec la nature.Et si se rendre sur son lieu de pratique spor tive pouvait aussi s\u2019inscrire dans une démarche écoresponsable ?C\u2019est désormais possible : les acteurs du tourisme de nature sont de plus en plus nombreux à offrir aux citadins un service de transpor t en commun jusqu\u2019au pied des pistes et des sentiers.Détour nature Cela fait 35 ans que l\u2019entreprise propose des sorties de groupe toute l\u2019année aux amoureux du plein air mont- réalais.Un service «clés en main» inclut le transport en minibus et le repas de midi pour des groupes de 13 personnes maximum.Ces escapades d\u2019une journée sont accompagnées d\u2019un guide-chauffeur, qui s\u2019assure, entre autres choses, de la sécurité sur le terrain.Les produits les plus populaires chez Détour nature : du ski ou de la marche en montagne (raquettes ou crampons) dans les États du Vermont, du New Hampshire ou de New York (Adirondacks).Il y en a une multitude dans plusieurs régions du Québec.Certaines escapades fusionnent l\u2019activité de plein air à une dégustation en soirée.Les points de rencontre sont multiples : métro Berri ou Crémazie Nord, Brossard et Laval.Infos pratiques.Le prix d\u2019une escapade d\u2019une journée tout compris s\u2019élève à 85 $.Des excursions de trois jours sont aussi of fertes.?514 312-2101 ou detournature.com.Bonjour Nature Cette toute nouvelle coopérative de solidarité a été créée en 2018 par une trentaine d\u2019acteurs en tourisme de la région de Lanaudière pour soutenir l\u2019offre touristique locale.Pour sa première année d\u2019activité, l\u2019OBNL propose des sorties en raquettes au parc régional des Chutes Monte-à-Peine- et-des-Dalles ou, encore, du traîneau à chiens à Rawdon.Le transport est assuré par bus ou minibus selon la taille du groupe, avec quatre points de dépar t à Montréal et à Mas- couche.Comme dans tout OBNL, les profits sont réinvestis dans l\u2019of fre touristique.Le point fort de Bonjour nature : tous les départs sont garantis\u2026 même pour un seul client ! Infos pratiques.Le prix d\u2019une escapade d\u2019une journée tout compris varie entre 120 $ et 150 $.?450 834-8088 ou bonjournature.ca.Ski-Bus Voilà une initiative à saluer : un système de navette au départ de la grande région métropolitaine et de la capitale nationale pour se rendre au pied des pistes des stations de ski.Les Montréalais ont rendez-vous au métro Longueuil pour se rendre à Ski Saint-Bruno et au parc national du Mont-Saint-Bruno.Quant aux citoyens de Québec, ceux-ci peuvent aller à Mont-Sainte-Anne et au Massif en autobus toujours avec le laissez-passer Ski-Bus.Le service Ski-Bus est offert à partir du début janvier et se termine le 10 mars.Encore mieux: en prenant la navette, on obtient une réduction de 50% sur le prix du billet de ski et de 25% sur la location d\u2019équipement.Un bel incitatif pour amener les skieurs à opter pour le transport collectif ! Infos pratiques.Le prix de la navette aller-retour depuis Montréal est de 3,25$, soit le prix du Réseau de transport de Longueuil.rtl-longueuil.qc.ca.Le prix de la navette aller-retour depuis Québec est de 27,95$ (19,95 $ entre Mont-Sainte-Anne et Le Massif).?418 664-0460 ou toursvieuxquebec.com.La Navette nature Non sans humour, elles se sont elles- mêmes baptisées les « Nana », les deux fondatrices de cet organisme qui s\u2019est fixé un objectif depuis sa création en 2016 : amener les citadins jusque dans des parcs périurbains, comme le parc nature du Cap-Saint- Jacques ou celui du Mont-Tremblant, ou, encore, celui de Mauricie.Le service de transpor t Navette nature s\u2019adresse aussi bien aux Montréalais sans voiture qu\u2019aux touristes de passage.Au programme durant l\u2019hiver : des sorties de jour, mais aussi des escapades nocturnes pour observer les chouettes et hiboux en compagnie d\u2019un guide-naturaliste.Cette année, un projet-pilote en partenariat avec la Ville de Montréal propose une Route gratuite, particulièrement appréciée par les néo-Canadiens qui veulent découvrir leur terre d\u2019adoption par la cour arrière ! Infos pratiques.Le prix d\u2019une escapade d\u2019une journée incluant le transport varie de 45$ à 53$.?1 866 857-NANA ou navettenature.com.Randonnée plein air Ce club, soutenu par la Fédération québécoise de la marche, organise durant la saison estivale des sorties de groupe pour aller sillonner les sentiers des parcs nationaux et autres espaces naturels.Le transport en autobus est toujours inclus dans l\u2019activité.Des escapades de plusieurs jours sont également proposées aux citadins de la grande région métropolitaine.D\u2019autres clubs moins « officiels » proposent un calendrier toute l\u2019année et, bien souvent, le covoiturage entre membres du club est fortement recommandé.Les fédérations sont d\u2019excellentes sources pour trouver un club de plein air, spécialisé ou non, et donc des partenaires motorisés.Infos pratiques.Le prix d\u2019une escapade d\u2019une journée incluant le transport varie de 72 $ à 79 $.?514 252-3330 ou randopleinair.com.Communopolis Les citadins sans voiture connaissent bien Communauto, spécialisée dans l\u2019autopartage.Ce qu\u2019ils savent peut- être moins, c\u2019est que l\u2019entreprise suggère des sorties en plein air sur sa plateforme (Communopolis) avec un calcul de ce que peut coûter le transport vers chaque destination.Durant l\u2019été, chaque personne qui se déplace avec Communauto bénéficie d\u2019un rabais de 50 % sur le prix du billet d\u2019entrée dans l\u2019un des parcs nationaux de Parcs Canada.Un partenariat brillant qu\u2019on aimerait voir prolongé toute l\u2019année ! Info pratique.communopolis.com Vert, le plein air ! Des escapades en transport collectif pour citadins en manque de nature La Navette nature lors de sa première sortie hivernale NATHALIE PHOTOGRAPHIE | 4 5 Vi v r e S o c i é t é L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 REPORTAGE CATHERINE LEFEBVRE COLLABORATRICE LE DEVOIR De plus en plus d\u2019organisations non gouvernementales (ONG) offrent la possibilité de participer à de courtes missions à l\u2019étranger en guise d\u2019activité de financement ou de projets en lien avec leur raison d\u2019être.Lorsque votre grand cœur s\u2019emballe à l\u2019idée d\u2019apporter votre contribution, cela vaut la peine de réfléchir et de faire vos recherches avant de participer à ce type de séjour.«Il y a beaucoup de confusion quant au choix des mots utilisés, explique d\u2019entrée de jeu Katina Babette, chargée de programme à l\u2019Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).Tout d\u2019abord, je n\u2019appellerais pas ça des voyages humanitaires, mais plutôt des séjours de solidarité internationale.» Lorsqu\u2019il est question de jumeler quelques heures ou quelques jours de bénévolat à vos vacances, il s\u2019agit davantage de « volontourisme », contraction des mots volontariat et tourisme.L\u2019organisme Village Monde rappelle d\u2019ailleurs qu\u2019«une conscienti- sation sur les conséquences à long terme de ce genre d\u2019implication à l\u2019étranger est primordiale».Des gestes à proscrire Peu importent les gestes faits, ils découlent presque toujours de bonnes intentions.Récupérer des livres, des vêtements et des jouets inutilisés ici pour les donner à des enfants défavorisés est un exemple fréquent des petits gestes que plusieurs font en voyage sans penser que cela pourrait être nuisible.Selon Katina Babette, ces gestes sont à proscrire.« Tout ce qui est un don matériel [tee-shirts, stylos, ballons de soccer], c\u2019est non, insiste-t-elle.Ça entretient le rapport du colonisateur.Puis, donner des jouets de Dollarama fabriqués probablement dans un contexte d\u2019exploitation humaine, c\u2019est incohérent avec la notion de solidarité.À l\u2019inverse, la consommation responsable et équitable, c\u2019est un geste politique et social qui la respecte davantage.» Dans le cas des missions ponctuelles d\u2019une à deux semaines pour répondre à des besoins précis, comme offrir des soins de santé gratuits dans une région éloignée, quelques questions s\u2019imposent avant même de choisir un organisme avec lequel collaborer.Katina Babette suggère les questions suivantes : 1.Quelles sont vos motivations à participer à un tel séjour ?Sont-elles principalement personnelles ?2.Le projet est-il axé sur la collaboration humaine ou un don matériel ?3.Les habitants auraient-ils pu faire le travail à votre place ?4.Êtes-vous formé pour faire cela (ex.: construction ou éducation)?Si oui, avez-vous suivi une formation spécialement conçue pour ce contexte, en médecine tropicale par exemple?5.Le projet apporte-t-il un soutien véritable et durable ou ne fait-il que pallier temporairement une plus grande problématique ?6.Cela encourage-t-il un lien de dépendance entre le pays en question et l\u2019aide internationale ?7.Vos gestes risquent-ils d\u2019avoir des conséquences sur les populations locales ?Aller câliner des enfants dans un orphelinat puis repartir aussitôt, par exemple ?Katina Babette termine sa liste de questions en rappelant que « les gens ont leurs propres solutions dans tous les pays du monde ».Bien choisir avec qui partir Force est de constater que plusieurs séjours n\u2019apportent pas un soutien durable et continuent de propager l\u2019image du « sauveur blanc ».Mais il y a aussi des organisations qui réfléchissent elles aussi avant d\u2019entamer un projet quelque part.Prenons par exemple IRIS Mun- dial qui depuis 2001 a pour mission d\u2019« améliorer la santé visuelle des personnes vulnérables dans les pays en voie de développement en leur donnant accès à des ser vices ophtalmologiques préventifs et curatifs de qualité, et ainsi améliorer leurs conditions d\u2019existence ».Pour y parvenir, les membres de cet OBNL collaborent avec un partenaire local reconnu, opérationnel et œuvrant dans le domaine de la santé.Ensemble, ils recensent d\u2019abord les besoins en santé oculaire de la population et la faisabilité d\u2019une mission ponctuelle et d\u2019un programme permanent.Après une première mission sur le terrain, ils compilent les statistiques épidémiologiques en partenariat avec l\u2019École d\u2019optométrie de l\u2019Université de Montréal.En Haïti notamment, deux programmes ont été instaurés et financés par IRIS Mundial, mais ils sont autonomes depuis 2017.De plus, un nouveau programme est entamé à Saint-Louis au Sénégal et sera opérationnel dès juin prochain grâce au Programme québécois de développement international (PQDI).Si jamais les activités à long terme ou même ponctuelles sont irréalisables, les données seront tout de même transmises au ministère de la Santé du pays en question.Évidemment, l\u2019idéal est que les programmes ou services deviennent autonomes dans un avenir plutôt rapproché.La réalité, par contre, est souvent tout autre.Or, il est important de réfléchir à l\u2019impact réel des activités au programme avant même de les mettre en branle, peu importe l\u2019ONG, et peu importe qu\u2019il s\u2019agisse de missions à plus ou moins long terme.À la question « est-ce que vos gestes risquent d\u2019avoir des conséquences sur les populations locales», il est impératif de choisir une ONG reconnue et qui collabore avec des partenaires locaux qui connaissent les réels besoins sur le terrain.Dans un contexte de santé, les risques de complication ou d\u2019infections sont souvent nettement plus élevés étant donné la situation sanitaire et l\u2019absence de suivi médical dans la plu- par t des cas.Or, passer deux semaines quelque part pour traiter les gens sans prendre le temps de faire de l\u2019éducation adaptée à la situation locale pour prévenir la réapparition d\u2019une telle condition a ni plus ni moins le même effet que de panser nonchalamment une plaie sans la nettoyer.L\u2019AQOCI compte 65 organisations dans son réseau, dont seulement une vingtaine envoie des gens à l\u2019étranger.« Il y a aussi beaucoup de choses à faire ici », insiste Mme Babette.Que les bénévoles agissent ici ou ailleurs, des formations continues sont offertes pour bien les préparer avant de prendre part à ces activités.Cela permet sans doute d\u2019éviter que des «écoles» fraîchement construites soient vides ou dont la construction est incomplète par manque de fonds des ONG impliquées.Au-delà de la bâtisse, elles auront probablement pensé aux pupitres, aux chaises, aux tableaux et surtout aux enseignants qui veilleront à l\u2019éducation des élèves.«Dans notre réseau, ce sont les organisations locales qui planifient les projets», précise-t-elle.Puis, il y a toute la question de la sécurité des voyageurs qui est à prendre en considération.«Assurez-vous que l\u2019ONG offre une bonne formation avant de par tir et qu\u2019elle suit les conseils et avertissements du gouvernement canadien à propos des destinations à risque», ajoute Mme Babette.Enfin, il est impératif de voir chaque projet dans la situation inverse.Accep- teriez-vous que des étrangers non formés construisent l\u2019école de vos enfants ?Que diriez-vous si des gens s\u2019improvisaient enseignants pour faire votre travail bénévolement?«Il ne faut pas oublier qu\u2019on y va surtout pour apprendre et vivre une expérience, pas pour changer le monde », conclut Katina Babette.Les effets du volontourisme Malgré les bonnes intentions, quel est l\u2019impact à long terme de ces séjours de solidarité internationale ?Une clinique ponctuelle d\u2019IRIS Mundial au Sénégal IRIS MUNDIAL L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Vi v r e A l i m e n t at i o n 4 6 | Vigneronnes, sommelières, cavistes ou œnologues, elles représentent le nouveau visage du vin.Autrefois éloignées des caves, souvent à l\u2019ombre de leurs pères ou maris, les femmes occupent aujourd\u2019hui une place de plus en plus importante dans le monde viticole.REPORTAGE ALICE MARIETTE COLLABORATRICE LE DEVOIR Conquête féminine De plus en plus de femmes s\u2019illustrent dans l\u2019univers du vin Pour Françoise Roumieux, des vignobles Mayard à Châteauneuf- du-Pape, le vin a été une évidence.Fille de vigneron, elle a repris le domaine familial en 1989 et le gère avec son frère et sa sœur.VIGNOBLES MAYARD Les femmes ont maintenant compris qu\u2019elles étaient considérées à la même valeur que leurs frères, et cela se voit de plus en plus », lance d\u2019emblée Françoise Roumieux des vignobles Mayard à Châteauneuf-du-Pape, transmis de père en fille.Pour elle, le vin a été une évidence.Fille de vigneron, elle a repris le domaine familial en 1989 et le gère aujourd\u2019hui avec son frère et sa sœur.« Être une femme n\u2019a jamais été un handicap pour moi, même s\u2019il y en a peu dans le secteur », assure-t-elle.Françoise Roumieux est aussi présidente de l\u2019association Femmes Vignes Rhône, qui réunit les vigneronnes de sa région.« Le but est d\u2019avoir une visibilité, de s\u2019entraider, d\u2019échanger sur nos compétences et nos valeurs », explique-t-elle.De son côté, Isabelle Perraud, du Domaine des Côtes de la Molière à Vauxrenard dans le Beaujolais, n\u2019est pas une héritière.Elle s\u2019est lancée dans le monde du vin et a rejoint son mari, Bruno \u2014 relève de la 6e génération VIGNOBLES MAYARD Isabelle Perraud, du Domaine des Côtes de la Molière à Vauxrenard dans le Beaujolais, n\u2019est pas une héritière.Elle s\u2019est lancée dans le monde du vin et a rejoint son mari, Bruno \u2014 relève de la 6e génération de vignerons dans sa famille \u2014, en 1989.DOMAINE DES CÔTES DE LA MOLIÈRE « | 47 Vi v r e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 LA RECETTE DE MARIE-ÉLAINE THIBAULT Spaghettis aux rapinis, raisins de Corinthe et anchois Pour deux personnes Ingrédients Croûtons 2 tranches de pain, coupées en petits morceaux 1 gousse d\u2019ail hachée 1 branche de thym Huile d\u2019olive Pâtes 1/2 botte de rapinis 1/2 paquet de spaghettis 2 gousses d\u2019ail 3 anchois 1/2 c.à thé de flocons de chili 1/4 tasse de raisins de Corinthe Garniture Le zeste d\u2019un demi-citron 1 poignée de noix de pin, légèrement dorées Jus de citron Préparation Pour les croûtons : dans une poêle, faire dorer le pain et l\u2019ail dans un peu d\u2019huile d\u2019olive à feu moyen-doux jusqu\u2019à ce que le pain soit croustillant.Ajouter le thym et cuire 1 minute.Dans une grande casserole d\u2019eau bouillante légèrement salée, cuire les rapinis environ 4 minutes.Égoutter et réserver.Conserver l\u2019eau de cuisson.Plonger les spaghettis dans l\u2019eau de cuisson bouillante des rapinis et cuire jusqu\u2019à ce qu\u2019ils soient al dente.Pendant ce temps, dans un poêlon, verser 2 c.à soupe d\u2019huile d\u2019olive et faire dorer légèrement l\u2019ail 2 minutes à feu moyen-doux.Ajouter les anchois, les flocons de chili, les raisins de Corinthe et les rapinis.Égoutter les pâtes lorsqu\u2019elles sont al dente.Ajouter un peu d\u2019huile d\u2019olive au mélange de rapinis et y incorporer les pâtes pour bien les enrober.Ajouter environ 1/4 tasse d\u2019eau de cuisson des pâtes si le mélange est trop sec.Garnir avec le zeste de citron, les croûtons et les noix de pin.Arroser d\u2019un mince filet de jus de citron.Marie-Élaine Thibault est conceptrice et styliste culinaire.Pour la suivre : marielenfer.com.MARIE-ÉLAINE THIBAULT Pour Sandrine Goeyvaerts, caviste à Liège, sommelière de formation, auteure d\u2019un blogue et de livres, le monde du vin est imprégné de machisme et de sexisme.ARCHIVES PERSONNELLES de vignerons dans sa famille \u2014, en 1989.« Au début, j\u2019allais à la vigne pour soulager mon mari ; comme la plupart des femmes, je n\u2019avais aucun statut.Puis, j\u2019ai suivi une formation en viticulture et en œnologie », relate-t-elle.Petit à petit, elle a pris sa place dans le domaine, pour au- jourd\u2019hui en faire partie intégrante.« Je ne viens pas du milieu du vin et je me sentais un peu comme une extraterrestre », ajoute la vigneronne.Entrer dans un monde majoritairement masculin et où les traditions sont très impor tantes n\u2019a pas été chose aisée.Isabelle Perraud parle aussi des remarques sexistes et des oublis fréquents de mentionner les femmes lorsque l\u2019on fait référence aux vignerons.Un chemin encore long Pour Isabelle Perraud, l\u2019un des problèmes, c\u2019est que les femmes «n\u2019existent pas», car elles sont les conjointes et qu\u2019elles travaillent dans l\u2019ombre.«Pourtant, autant que leur mari, elles vont à la vigne, mais elles n\u2019apparaissent nulle part, donc elles ne sont pas légitimes », détaille-t-elle, même si cette réalité tend à changer progressivement.En outre, les femmes dans le monde du vin restent peu visibles dans les médias et ont du mal à se faire remarquer.C\u2019est notamment de ce constat de sous-représentation médiatique qu\u2019est né le mouvement #womendowine, lancé par l\u2019association du même nom, qui tente de mettre en lumière les femmes dans le monde du vin.À l \u2019origine, on trouve Sandrine Goeyvaerts, caviste à Liège, sommelière de formation, auteure d\u2019un blogue et de livres sur le vin.Pour Mme Goeyvaerts, le monde du vin est imprégné de machisme et de sexisme.«Pendant longtemps, on a considéré que le détenteur du savoir et de l\u2019expertise c\u2019était l\u2019homme, même si les femmes étaient là, il y a donc beaucoup de réflexes ancrés », réagit-elle.Women do Wine, créé il y a trois ans, compte aujourd\u2019hui près de 300 membres venant de 14 pays différents.« On voulait réunir toutes les femmes du vin et proposer une base de données pour faire découvrir les femmes du secteur », raconte Sandrine Goeyvaerts, qui constate que les choses commencent tout juste à bouger.Des femmes commencent à se distinguer dans le monde du vin.C\u2019est le cas de la sommelière française Pascaline Lepeltier.Installée à New York depuis neuf ans, elle a été désignée personnalité de l\u2019année 2019 par la Revue des vins de France, en plus d\u2019avoir été lauréate 2018 du concours de Meilleur ouvrier de France en sommellerie (première femme à décrocher ce prix) et elle a obtenu le titre de meilleure sommelière de France la même année.« C\u2019est bien, mais sur 12 récompensés par la Revue des vins de France, Pascaline Lepeltier est la seule femme », tient à préciser Sandrine Goeyvaerts.Pour elle, les «modèles» féminins restent trop peu nombreux dans le monde viticole, alors que les nouvelles promotions en œnologie atteignent la parité, que 30 % des exploitations viticoles sont gérées par des femmes et que l\u2019on compte 20 % de sommelières en France et 80 % dans les pays nordiques, comme en Suède\u2026 Un vin n\u2019a pas de genre « Il n\u2019y a pas de vins plus féminins que d\u2019autres », rappelle Françoise Roumieux.Un avis partagé par Sandrine Goeyvaerts, qui estime qu\u2019en goûtant un vin il est impossible de savoir s\u2019il a été produit par une femme ou un homme.« Je connais des vins qui, selon les clichés en vigueur, seraient définis comme féminins, car on pourrait dire qu\u2019ils sont sensuels ou légers et en fait, non, ce sont des vins faits par des hommes», énonce-t-elle.De même, les femmes peuvent proposer des vins robustes, tanniques et puissants, tout autant que des vins plus délicats.« On ne peut pas réduire les femmes à des vins féminins.Elles font des vins différents selon leur personnalité et ce qu\u2019elles veulent transmettre », ajoute- t-elle.Si les femmes commencent à prendre leur place dans le monde du vin, les clichés, eux, ont toujours la vie dure. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Vi v r e 4 8 | L E S A P P L I CAT I O N S D E L A S E M A I N E S\u2019organiser pour le retour à l\u2019université Il est ardu de recommencer l\u2019université juste après les vacances des Fêtes.Dans le sillage d\u2019une période de liberté totale, les étudiants se voient jongler avec cours, travaux, famille et travail.Avec ces deux applications, il est cependant possible de rester organisé et sain d\u2019esprit.Pour le control freak L\u2019application iStudiez Pro est l\u2019option la plus complète des deux que je vous offre aujourd\u2019hui ; elle combine agenda, horaire de cours, liste de travaux universitaires à terminer et examens à venir.On peut aussi y intégrer les numéros de téléphone et adresses courriel de ses professeurs pour ces moments où l\u2019on a besoin de clarifications sur un essai à rendre le lendemain.Imposant, vu la quantité d\u2019information qu\u2019il permet de contenir, cet agenda électronique fera le bonheur du control freak.iStudiez Pro est multiplateforme et utilise son propre service de synchronisation.iStudiez Pro Enfiero, offert pour iOS, macOS, Android, et Windows Pour faire simple Things 3 est à l\u2019opposé total d\u2019iStu- diez Pro.Reposant sur l\u2019approche Getting Things Done de David Allen, Things 3 permet de se concentrer sur les tâches importantes à accomplir et de reporter le reste à plus tard.Cette application sera aussi un plaisir pour les yeux des amateurs de design avec son interface épurée et sa gestion de travail simplifiée.Un reproche: l\u2019application doit être achetée à trois reprises si on veut l\u2019utiliser sur plusieurs appareils (iPhone, iPad et Mac) et se limite à l\u2019écosystème d\u2019Apple.Ce petit outil de Cultured Code se synchronise aussi grâce à son propre service infonuagique.Things 3 Cultured Code, offert pour iOS (iPhone), iOS (iPad) et macOS Olivier Sylvestre CRITIQUE CATHERINE FERLAND À QUÉBEC COLLABORATRICE LE DEVOIR Quand un froid quasi sibérien règne sur Québec et que le portefeuille est encore tout endolori par le temps des Fêtes, une occasion d\u2019évasion sympathique à prix amical peut s\u2019avérer plus que bienvenue.Pourquoi pas une petite immersion dans la cuisine traditionnelle du pays des Mystérieuses cités d\u2019or ?En compagnie de mon amoureux et de deux amis, je me dirige donc vers le El Ceviche, rue Saint-Vallier à Québec, un resto péruvien qui a ouvert ses portes l\u2019été dernier.L\u2019accueil, chaleureux et sincère, donne le ton à la soirée.Pablo, notre serveur, qui est aussi le fils du propriétaire, nous propose deux types d\u2019apéritifs.Germain et moi optons pour le Pisco Sour, un cocktail à base de pisco (l\u2019alcool national péruvien fait de moût de raisin) et de jus de lime, de blanc d\u2019œuf et d\u2019un trait d\u2019Angostura.On y a mis une touche québécoise en y ajoutant un peu de sirop d\u2019érable, qui contribue à adoucir l\u2019ef fet tonique sans le masquer.Dave et Daniel y vont pour le Chil- cano, aussi à base de pisco, qui s\u2019apparente à une limonade.Notre quatuor sirote l\u2019apéro en discutant avec animation.Le décor est plutôt simple, avec quelques éléments de décoration évoquant évidemment le Pérou.L\u2019ambiance repose surtout sur la musique typique des Andes qui, à volume raisonnable, crée un chaleureux écrin sonore.À la façon des Incas La pomme de terre, le maïs, le piment sont consommés depuis plusieurs milliers d\u2019années par la population andine.Ces ingrédients, très présents dans la cuisine péruvienne, le sont aussi (quoique depuis moins longtemps) dans la cuisine québécoise : c\u2019est pourquoi l\u2019expérience El Ce- viche se révèle être un très heureux mélange d\u2019exotisme et de familiarité.En guise d\u2019entrée, nous nous régalons des yucas fritas , sor tes de grosses frites de manioc accompagnées d\u2019une sauce épicée.Avec le froid qui règne à l\u2019extérieur, ces quelques bouchées de chaleur font un bien fou ! L\u2019aréopage poursuit avec la Papa a la Huancaína, plat emblématique du Pérou composé de pommes de terre cuites à l\u2019eau, tranchées puis simplement nappées de salsa huancaína, une sauce crémeuse à base de piment jaune.Quelques morceaux d\u2019œufs durs et des olives noires accompagnent l\u2019ensemble.La Causa de Pollo est notre coup de cœur.Il s\u2019agit d\u2019un joli étagé de pommes de terre et d\u2019une délicieuse préparation à base de poulet ef filoché, nappé lui aussi de salsa huan- caína et servi avec oignons émincés, quartiers d\u2019œufs durs et feuilles de laitue.Pour nos papilles québécoises, ce mets évoque le côté rassurant et un peu rustique de la cuisine familiale, tout en étant incontestablement dépaysant.Les Andes à Québec Rien de mieux que la cuisine péruvienne pour contrer la température sibérienne OLIVIER SYLVESTRE Señor Ceviche Le poisson préparé en ceviche, spécialité éponyme du restaurant, est également un grand classique du Pérou, héritage de la cuisine des Incas.Pouvant s\u2019appliquer à de nombreux poissons ou fr uits de mer, cette préparation repose sur l\u2019action du jus d\u2019agrume qui, avec l\u2019oignon et le piment, produit une sorte de cuisson à froid.Malgré les alléchantes propositions du menu \u2014 et les 20 degrés sous zéro \u2014, il est hors de question que je choisisse autre chose.Dans une présentation sans prétention, mon ceviche de flétan se révèle fantastique.La lime a adouci la texture du poisson, lui conférant un arôme relevé.Déposé sur une feuille de laitue, il est encadré de quelques tranches de patate douce et de frites de manioc, et surmonté de fines lamelles d\u2019oignon rouge.Traditionnellement, on consomme le ceviche arrosé d\u2019une bière.Je souscris à l\u2019usage sans rechigner.L\u2019un de nos amis a choisi le Seco de carne, type de ragoût de bœuf à la coriandre, ser vi avec des haricots blancs et du riz, qui me semble aussi fort appétissant.Pour sa part, mon invité s\u2019est laissé tenter par l\u2019Aji de gal- lina.Il s\u2019agit de poulet cuit, effiloché et mélangé à une généreuse portion de salsa huancaína, puis parsemé de coriandre fraîche.Un petit monticule de riz blanc complète le tout.Encore ici, une comfort food péruvienne qui fait du bien.Le chocolat, qui a été consommé en Amérique centrale et du Sud bien avant de l\u2019être par les Occidentaux, se trouve évidemment au menu.N\u2019ayant plus de place pour avaler quoi que ce soit, je délègue à Dave le soin de goûter une part de gâteau au chocolat.Tendre et moelleuse, cette ultime gourmandise ne s\u2019avère pourtant pas trop lourde sur l\u2019estomac.Le propriétaire, artiste et homme d\u2019af faires Micko Rojas a des projets de restaurant pér uvien plus gastronomique.Entre-temps, je ne saurais trop vous recommander d\u2019aller vous dépayser les papilles en famille, en toute simplicité, rue Saint-Vallier.El Ceviche ?$$ 184, rue Saint-Vallier Ouest Québec ?418 649-9333 Les plus.Plats servis avec enthousiasme.La Causa de Pollo, le ceviche et le Pisco Sour sont fantastiques.Ambiance agréable et excellent rapport qualité-prix.Les moins.Local frisquet et un peu dépouillé : un coupe-froid et quelques éléments de décor supplémentaires augmenteraient le confort.Repas pour deux.Nourriture seulement, avant taxes et ser vice : 50 $.Coût total pour deux, incluant alcool, taxes et service : 120 $.| 4 9 Vi v r e R e s t o L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 10 nuits à bord du Luxueux Oceania Regatta Croisière en Polynésie Française Inclusions : Vol* Montréal \u2013 Papeete A/R Hébergement selon la catégorie choisie Repas gastronomique Pourboires prépayés Vin et bière au lunch et souper taxes du 4 au 14 avril 2020 Tahiti, Moorea, Fakarava, Rangiroa, Nuku Hiva (Marquises), Bora Bora (2 jours) et Raiatea À partir de 5499 $cad./ p.p.Occ double Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages ayant du contenu ! Des voyages d\u2019exceptions : Culture, Histoire & Petits Groupes BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT APPELEZ AU 514 985-3399 *v t cie aérienne annoncées 3 sem a e e air ffert par Oceania, itinér ol o ermis du Québec, FICA t le départ.P an v .s en sus ansfert t tr V de 1$/1000$ e Actualités culinaires de la région de Québec Le milieu de la restauration est réputé difficile, particulièrement dans le contexte actuel où il est compliqué de recruter et de retenir du personnel.Pour ces raisons et bien d\u2019autres, les propriétaires des restaurants Toast !, rue du Sault- au-Matelot, et SSS, rue Saint-Paul, ont décidé de mettre la clé sous la porte début janvier.Une grande perte pour l\u2019écosystème gastronomique du Vieux-Québec.Le Graffiti offre un répit aux budgets serrés avec le Mois des Kassés.En vigueur jusqu\u2019à la Saint- Valentin, les midis du lundi au vendredi, ainsi qu\u2019en soirée du dimanche au mercredi, cette promo permet de se prévaloir de plusieurs tables d\u2019hôte à petit prix.Jusqu\u2019au 8 février, le 47e Parallèle propose trois tartares à 15$, dont un intrigant tartare de bœuf aux escargots à l\u2019ail et persil, oignons marinés et aïoli au pastis, accompagnés d\u2019une salade.Plusieurs restaurants verront le jour dans la grande région d\u2019ici le printemps.C\u2019est à suivre\u2026 El Ceviche propose un accueil chaleureux et sincère qui donne le ton à la visite.Ci-dessus : un ceviche de crevettes.PHOTOS FRANCIS VACHON LE DEVOIR est du masochisme », répond en riant un client du restaurant L\u2019Avenue, Étienne Lamotte, quand on lui demande pourquoi il fait la queue pour bruncher, lors d\u2019un froid dimanche de janvier.Il est 14 h 30.Étienne attend, avec sa conjointe Catherine Gauthier, depuis une vingtaine de minutes.Quant aux premières de la file, Emma Lalonde et son amie Talie, cela fait une heure qu\u2019elles patientent pour accéder aux tant désirés œufs, bacon, pain doré ! Si on pense inévitablement au restaurant L\u2019Avenue du Plateau Mont- Royal lorsqu\u2019on parle de files d\u2019attente pour bruncher, l\u2019établissement est loin d\u2019être le seul à voir s\u2019accumuler devant sa porte une multitude de clients af famés le samedi et le dimanche midi.Été comme hiver, sous un soleil caniculaire ou lorsque le thermomètre chute sous les -15 degrés.À force d\u2019observer, l\u2019air dubitatif, ces files d\u2019attente infinies, on s\u2019est demandé quelles raisons pouvaient bien pousser les Homo sapiens à s\u2019agglutiner devant un restaurant, frigorifiés et affamés, pour combler un de leurs besoins primaires?Un calcul rationnel Pour Vincent Paris, professeur de sociologie au Cégep Saint-Jean-sur- Richelieu et spécialiste des interactions entre les gens dans les lieux publics, se joindre à une file d\u2019attente est le résultat d\u2019un calcul rationnel chez un individu.«La file d\u2019attente se crée quand la demande [de produits ou de services] est supérieure à l\u2019offre.» Ce fut, par exemple, le cas en URSS et dans la Russie du début des années 1990 où des files d\u2019attente \u2014 décrites et étudiées par le sociologue Jacques Coenen-Huther dans la Revue française de sociologie de 1992 (« Production informelle de normes : les files d\u2019attente en Russie soviétique ») \u2014 se formaient lors de la distribution de nourriture ou de produits rationnés, comme le tabac et l\u2019alcool.Étant donné que nous ne vivons pas dans un régime où s\u2019applique le rationnement alimentaire, si on transpose cette théorie au cas spécifique des brunchs, on note qu\u2019une file d\u2019attente se crée lorsque la demande de qualité est supérieure à celle offerte sur le marché.Notre tournée non exhaustive des files d\u2019attente de la métropole, un dimanche midi, nous apprend qu\u2019en effet, la réputation d\u2019un établissement pousse ses clients à attendre en file pour une omelette et une salade de fruits, au risque de contracter des engelures.« Chaque fois qu\u2019on va ailleurs, on est déçus», affirment Benoît Cisecky et Julien Bodechon devant le L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Vi v r e Te n d a n c e 5 0 | REPORTAGE KATIA TOBAR LE DEVOIR Pourquoi faire la file pour bruncher?Un rituel auquel se prête l\u2019Homo sapiens pour combler un besoin primaire ISTOCK «C\u2019 Régine Café, rue Beaubien.La file a par ailleurs un effet d\u2019entraînement.Pour Brianna Lesenko, par exemple : c\u2019est la première fois qu\u2019elle fait la queue devant L\u2019Avenue.Si elle choisit de braver ces minutes glaciales qui la séparent de son brunch, c\u2019est «parce que d\u2019autres personnes sont en file, alors ce doit être bon», pense-t-elle.Trois autres raisons ont émergé de notre tournée matinale.Tout d\u2019abord, la proximité : un bruncheur va accepter de se joindre à la file d\u2019attente d\u2019un établissement s\u2019il est près de son domicile.Dans les confidences de nos valeureux bruncheurs, on a également relevé la fatalité.Il semblerait que la file d\u2019attente soit un indissociable du brunch tardif.Ce qui nous amène à la troisième raison, donnée par les plus optimistes: la file d\u2019attente ferait partie de l\u2019expérience.On profiterait de ce moment d\u2019attente pour se retrouver, échanger et partager un moment privilégié de conversation en couple ou entre amis.Devant La Grand-Mère Poule, dans l\u2019arrondissement Rosemont, une cliente interrogée dans la file explique : « C\u2019est dimanche, on est en congé, on a le temps.» Au point qu\u2019au Régine Café, on essaie même de rendre ce moment plus agréable en distribuant des thés et des cafés.La file socialement codée Mais attention, la file d\u2019attente, si elle peut être enjouée car nous ne sommes pas en situation de pénurie alimentaire et que le bruncheur vit avec la certitude que son attente sera récompensée, répond aussi à des codes sociaux très stricts.Remontons à ses origines.La file d\u2019attente est née avec la révolution industrielle au tournant des années 1880.«Les files d\u2019attente ont émergé lorsque les sociétés sont devenues de plus en plus denses et qu\u2019on avait besoin de réduire les possibilités de chaos », explique Vincent Paris.Elle est donc un «symbole de modernité» et se veut «démocratique», ajoute-t-il.« Dans les sociétés primitives, il n\u2019y avait pas de file d\u2019attente, les places étaient décidées selon le rang, le prestige ou le statut social, la place que l\u2019on occupait dans la tribu.[Au contraire] dans la société moderne, la place dans la file n\u2019est pas déterminée en fonction de la classe sociale, de l\u2019origine ethnique ou du statut.On ne peut passer devant quelqu\u2019un parce qu\u2019on a un revenu de plus de 80 000 $ par année.» Ainsi, tricher dans une file d\u2019attente est par ticulièrement audacieux, sur tout si la file est petite.« Tromper les autres est beaucoup plus dif ficile que dans d\u2019autres contextes sociaux.Tricher dans la file signifie mettre sa réputation, ou sa face en jeu, risquer de la perdre devant le groupe.Les déviants sont vite remis à leur place, et parfois par le groupe en entier, qui ne se gêne pas pour manifester son irritation », indique M.Paris.Il nous décrit également un réflexe inconscient que nous avons tous déjà appliqué inconsciemment.Si un ami nous rejoint dans une file d\u2019attente, on aura tendance à le placer devant nous plutôt que derrière nous.« La personne devant n\u2019est alors pas trop choquée, car cela ne change rien à sa place, et la personne derrière nous a moins l\u2019impression qu\u2019elle s\u2019est fait dépasser, puisque nous sommes toujours devant elle», précise Vincent Paris.Le piège abscons Parfois, la file d\u2019attente peut devenir un piège dont on ne peut se libérer, car elle nous place face à un dilemme.«La file est un indicateur de temps social.Elle produit de la certitude : je suis certain de passer lorsque ce sera mon tour.Mais aussi de l\u2019incertitude: dans combien de temps vais-je passer?» souligne Vincent Paris.Face à cette incertitude, certains se fixent des limites.C\u2019est le cas d\u2019Étienne Lamotte et de Catherine Gauthier devant L\u2019Avenue.Ils font la file oui, mais pas plus de 30 minutes et tant que la température reste supportable.Par contre, Emma et Talie, toutes grelottantes, sont tombées dans ce qu\u2019on appelle en sociologie un piège abscons.C\u2019est-à-dire qu\u2019en arrivant dans la file, elles pensaient attendre seulement 20 minutes, mais finalement leur attente a duré une bonne heure, au point de devenir très inconfortable.Mais elles étaient piégées : elles avaient trop attendu pour partir et sont restées coincées dans cette incertitude insécurisante.Alors, la prochaine fois que vous irez bruncher, pensez à bien vous équiper : pantalon de neige et chocolat chaud.Vous vivrez ainsi l\u2019expérience de file d\u2019attente comme une véritable activité hivernale.| 5 1 Vi v r e Te n d an c e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Pour annoncer dans ce regroupement.Contacter la publicité au 514 985-3454 HÉBERGEMENT EN RÉGIONS VIEUX-QUÉBEC ESCAPADE au cœur du Vieux-Québec 44, Côte du Palais Vieux-Québec (Québec) G1R 4H8 TARIFS À PARTIR DE : PAR NUIT, EN OCCUPATION DOUBLE, PLUS TAXES.155$ Abonnez-vous à notre infolettre matinale.Du lundi au samedi, découvrez l\u2019essentiel de l\u2019actualité.LeDevoir.com/infolettre Devant La Grand-Mère Poule, dans l\u2019arrondissement Rosemont, une cliente dans la file explique : « C\u2019est dimanche, on est en congé, on a le temps.» KATIA TOBAR LE DEVOIR La file d\u2019attente ferait partie de l\u2019expérience.On en profiterait pour se retrouver, échanger et partager un moment privilégié de conver sation. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 BON VOYAGE POUR ANNONCER DANS CE REGROUPEMENT, COMMUNIQUEZ AVEC LE DÉPARTEMENT DE PUBLICITÉ AU 514 985-3399 / publicite@ledevoir.com 2105, ch.Ste-Foy, Québec voyages-lambert.com À MONTRÉAL LIEU : AUBERGE UNIVERSEL - 5000, RUE SHERBROOKE EST ENTRÉE LIBRE PRÉSENTATIONS DE NOS CIRCUITS DIMANCHE 3 FÉVRIER 2019 CHYPRE & MALTE Du 5 au 21 mai 2019 GRAND TOUR DES ÎLES BRITANNIQUES Départs : 1er juin & 6 septembre 2019 ROUMANIE & BULGARIE SAISON DE LA CUEILLETTE DES ROSES Du 11 mai au 2 juin 2019 LE PORTUGAL & L'ÎLE DE MADÈRE Du 8 au 25 septembre 2019 JAPON À L'AUTOMNE SYMBIOSE DE LA BEAUTÉ ET DE LA MODERNITÉ Du 14 octobre au 2 novembre 2019 DE L'ANCIENNE PERSE À L'IRAN D'AUJOURD'HUI LES HAUTS-LIEUX DE L\u2019IRAN DÉVOILÉS Du 6 au 27 octobre 2019 10h30 10h30 12h00 12h00 13h45 13h45 LES TRÉSORS DE PERSE INCLUANT : Avion - 12 nuits en hôtels 4* et 5* - Transport en minibus - Pension complète en Iran Excursions, musées, et frais d\u2019entrées - Guide local francophone qualifié - Les pourboires au guide et chauffeur Scenic Opal 5* Croisière fluviale sur le Rhin Ultra tout inclus : \u2013 Vols de Montréal a/r \u2013 Transferts \u2013 Cabine fenêtre 7 nuits \u2013 Service de Majordome \u2013 Tous les repas à bord \u2013 Toutes les boissons (alcoolisées ou non) à bord \u2013 Excursions lors des escales \u2013 Pourboires prépayés et taxes de Zurich à Amsterdam du 3 au 10 juillet 2019 Tarif à partir de 5 290$ CAD p.p.Occ.double AGENCE SPÉCIALISÉE MAROC Maroc: Villes impériales et le sud Du 15 au 28 avril 2019 Circuit de 13 jours / 12 nuits avec 35 repas Petit groupe privé (12 personnes maximum) Tél.: 450-984-2585 www.experienceberberetours.com No permis de l\u2019OPC : 702865 Inclus : Non inclus : Courriel : angie@legroupevip.com Tél.: 514.844.3616 ou 1 877.887.7843 sans frais Adresse : 2055 rue Peel, Suite 525, Montréal (QC).Suivez-nous sur Facebook www.facebook.com/legroupevip LEGROUPEVIP.COM permis du Québec Circuit Grand Tour de la Turquie Authentique ?14 nuits Voyages Symone Brouty 1 800 650-0424 www.voyagesbrouty.com Pour des voyages ayant du contenu ! 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Guides francophones quali?és pendant le circuit *Visites et droit d\u2019entrées selon le programme $ par personne pour réser *Pension complète * ransport aérien avec Air Canada *T 34 : \u2013150 vez-tôt Rabais réser tir de À par ts garantis à par Dépar vation effectuée avant le 28 février 2019 ransferts *14 nuits d\u2019hébergement ol domestique * T ou selon disponibilité *V par personne en occupation dou $ 90 vril à Oc A tir de 2 personnes - ble tobre 2019 vices non mentionnés *Ser *Les boissons, dépenses personnelles et pourboires *Frais de visa électronique *Contribution FICAV TIONS CONFÉ A PRÉSENT 15h00 ope de l\u2019Est et Centrale \u2013 24 jrs Eur 14h00 Les Perles des Balkans \u2013 20 jrs 13h00 Remise documents Inde 11h30 Remise documents Égypte 10h00 Salle 1 Hôtel Ruby Foo\u2019 Dimanche le 20 janvier 2019 Réservez vos places RENCES Pour des voyages pas comme les autr résors de T 15h00 Splendeurs de l\u2019Italie \u2013 20 jrs 14h00 cuit Espagne et Portugal \u2013 25 jrs Cir 13h00 Magistrale Russie \u2013 21 jrs 11h30 e Angleterr 10h00 Salle 2 d Decarie s : 7655 boulevar ! Grèce \u2013 21 jrs es , Écosse, Irlande \u2013 23 jrs !!! t cie aérienne disponible au momen e e air s par Scenic, itinér ffert ols o *v ermis du Québec, FICA t ?nal.P t du paiemen .s en sus ansfert t tr V de 1$/1000$ e 1-800-387-0999 14-987-9798 tréal, 5 Mon 4 389-7777 51 AHUNTSIC 0 1 0 4 593-1 51 ROSEMONT -2485 1 888 861 2 1 450 472-71 ACHE -EUST SAINT | 5 3 Vi v r e Vi n L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Moins de 16 $ Espelt Saulo 2017, Empordà, Espagne (16,75$ \u2014 10856241) Vous ne m\u2019en voudrez pas de ces 75 sous de supplément au-dessus de la barre des 16$, mais voilà, dans les p\u2019tits pots les meilleurs onguents, comme aimait à le dire ma tante Huguette.Des grenaches et carignans qui regardent la mer et se chauffent en terroir de schistes pour un rouge épicé, frais, avec la structure voulue.(5) © ?1/2 La surprise Cognac Pierre Ferrand Ambré 1er cru de Cognac Grande Champagne, Charentes, France (65,50$ \u2014 10867530) J\u2019aime voir briller les yeux de ma mère de 87 ans quand je lui offre à Noël cet élixir de jeunesse qui, non seulement, la rend heureuse, mais la dynamise pour une autre année ! Car ici, classe et distinction vont de pair, en raison d\u2019un fondu, d\u2019une complexité, d\u2019une profondeur qui enlèvent et portent longuement.Très civilisé ! ?Le blanc Saumur 2017, A.Lambert, Saint-Cyr-en-Bourg, Loire, France (18,40$ \u2014 13587963) Ce chenin blanc sec du côté de la commune de Brézé semble porté en état de grâce sous la baguette d\u2019Arnaud Lambert.Fruits blancs, dont la poire et le coing, soutiennent un ensemble suave et coulant, satiné et de belle vivacité.Pas des plus complexes, mais engageant et charmeur.Poissons et coquillages seront ici comblés.(5) ?1/2 Le rouge Quinta do Infantado 2015, Douro, Portugal (23,70$ \u2014 10371761) Ne pas s\u2019attendre ici à un excès de confidences ou autres révélations tapageuses, non.Nous sommes ici dans le Douro, où le jour est brûlant et la nuit, taciturne.On se recueille devant cet assemblage qui libère au compte-gouttes un fruité noir et poivré que l\u2019on croirait sourdre des schistes.Corps, rondeur, volume et longueur.(5+) © ?Le bio Château Puy-Landry 2016, Côte de Castillon, Bordeaux, France (15,65$ \u2014 852129) Dans un monde idéal, loin de l\u2019activité spéculative ou de celle des critiques qui lèvent le nez, par snobisme interposé, sur ces «petits» vins qui tracent le bonheur au quotidien, les vins de la famille Moro demeurent un exemple parfait.Jamais trop musclé, toujours enrobé, ce Puy-Landry à dominante merlot sait réjouir, simplement.(5) ?1/2 (5) à boire d\u2019ici cinq ans (5+) se conserve plus de cinq ans (10+) se conserve dix ans ou plus © devrait séjourner en carafe L E S V I N S D E L A S E M A I N E BILLET JEAN AUBRY COLLABORATEUR LE DEVOIR Le vin est le prolongement naturel de celui qui l\u2019élabore.Une espèce de manifestation artistique bien vivante ancrée dans un lieu, un contexte, une culture donnée.C\u2019est le vocabulaire végétal des gens de la terre, qu\u2019ils soient de France, d\u2019Italie, d\u2019Espagne, du Québec, de Nouvelle-Zélande, de Bulgarie, des États-Unis ou de la Croatie.Un Allemand saisirait-il, par exemple, le sens d\u2019une corvina veronese transformée en amarone della valpolicella ?Un Portugais aurait-il nécessairement des atomes crochus avec un frontenac ou un vidal de chez nous ?Léger décalage culturel en perspective ! L\u2019être humain \u2014 tout comme n\u2019importe quel vigneron penché sur son propre vin au point qu\u2019il en perd tout sens critique \u2014 n\u2019est que l\u2019interface du lieu qui l\u2019a vu naître et grandir.À tel point qu\u2019il se fait caméléon, épousant dans sa fibre même (à son insu) les mœurs, la trame culturelle, l\u2019histoire, la gastronomie locale ou encore le relief et le climat environnants.Ainsi, l\u2019Autrichien se réjouira-t-il de l\u2019accord d\u2019un grüner veltliner accompagné d\u2019un wiener schnitzel sur fond musical mozartien, alors que l\u2019Australien résistera pour sa part difficilement à un braisé d\u2019émeu mijoté à partir d\u2019une solide rasade de shiraz d\u2019encre en égrenant, sur fond de soleil couchant d\u2019une Coonawarra empoussiérée, le blues du grand Gerry Joe Weise.Il sera de même difficile à un Espagnol de la Galice de décliner un alba- rino bien sec et mordant, surtout s\u2019il est servi avec une poignée de cirri- pèdes tout juste arrachés à leur rocher en bord d\u2019Atlantique.Tout cela relèverait sans doute d\u2019évidences dignes de Jacques de La Palice si ce n\u2019était que, d\u2019un océan à l\u2019autre, ici même, en ce pays du Canada, goûts et couleurs sont par fois diamétralement opposés, comme nous l\u2019apprenait cette semaine Bianca Grohmann, professeure de marketing à l\u2019École de gestion John- Molson de Concordia et auteure d\u2019une étude sur le sujet en collaboration avec Camilo Peña et Annamma Joy.Nos deux solitudes canadiennes L\u2019objet de l\u2019étude en question ?Les œnologues diffèrent d\u2019opinion selon la région où ils vivent.Mieux, et je cite.« [\u2026] l\u2019ancrage géographique constitue un facteur déterminant dans l\u2019évaluation qualitative des vins \u2014 de même que de caractéristiques sensorielles comme l\u2019équilibre ou l\u2019acidité».La dame poursuit : « À la lumière des résultats d\u2019une étude comparative entre deux groupes d\u2019œnologues provenant de zones géographiques bien distinctes, soit la vallée de l\u2019Okanagan, en Colombie-Britannique, et Montréal, au Québec, nous constatons l\u2019existence d\u2019une situation qu\u2019on pourrait qualifier de \u201cdeux solitudes\u201d».Deux provinces, sept vins et vingt- deux spécialistes plus tard, il semble clair que l\u2019exercice découlant de l\u2019expertise des dégustateurs auprès du grand public a des répercussions évidentes, ne serait-ce que sur la validité du bilan suggéré.Dit autrement, un consommateur du Manitoba serait ici confronté à pas moins de deux opinions divergentes pour un même vin ! J\u2019étais l\u2019une des 22 personnes à déguster à l\u2019aveugle pour cette étude.Encore moins surpris des résultats.Les conclusions, récemment publiées dans la revue Journal of Wine Research, indiquent que, «comparativement à leurs confrères de l\u2019Okana- gan, les œnologues montréalais ont décelé davantage l\u2019acidité, l\u2019amertume, les goûts de chêne, d\u2019épices, de poivron ver t et de végétaux, l\u2019équilibre et les défauts aromatiques \u2014 notamment l\u2019odeur de bouchon ».À la dif férence des Québécois qui «se réclament de la tradition sommelière et du journalisme œnologique français\u2026 », les experts en vins de Colombie-Britannique sont attachés à un modèle de formation britannique, à un agrément délivré par le Wine and Spirit Education Trust, indique la Bianca Grohmann.Finalement, des informations en or pour une industrie qui veut cibler une clientèle au plus près, comme le cite en conclusion le rapport: «Notre analyse montre que la sapidité se définit et se perçoit diversement dans les deux régions étudiées.En matière de marketing, cette information peut favoriser la prise de décisions éclairées.» guideaubry@gmail.com De racine, de culture et de goût Une étude avance que les œnologues diffèrent d\u2019opinion selon la région où ils vivent « À la lumière des résultats d\u2019une étude comparative entre deux groupes d\u2019œnologues provenant de zones géographiques bien distinctes, soit la vallée de l\u2019Okanagan, en Colombie- Britannique, et Montréal, au Québec, nous constatons l\u2019existence d\u2019une situation qu\u2019on pourrait qualifier de \u201cdeux solitudes\u201d », explique Bianca Grohmann, professeure de marketing à l\u2019École de gestion John- Molson de Concordia.JEAN AUBRY L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Vi v r e M o t s d e t ê t e 5 4 | SUDOKU GRILLE DES FÉRUS MOTS FLÉCHÉS GRILLE BLANCHE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com | 5 5 Vi v r e M o t s d e t ê t e L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 GRILLE INTERMÉDIAIRE LES ANAGRAMMES Découvrez les mots cachés dans ces anagrammes.1.2.STAGNINIE 1.2.ÉNVORÉS 1.2.NAT T TOPE 1.2.CR ADITOU 1.2.MÉTRISOPE 1762 Mots-croisés du samedi Horizontalement Verticalement I II III IV V VI VII VIII IX X Solution du n° 434 Horizontalement I.Entraînement.II.Mouillère.Oe.III.Pré.Le.Dur.IV.Amure.Denier.V.Lasagne.IV.VI.Eleva.Bp.Abs.VII.Mi.Italie.Os.VIII.Est.Inaltéré.IX.Néologie.Une.X.Technocrates.Verticalement 1.Empalement.2.Normalisée.3.Tueuse.Toc.4.Ri.Ravi.Lh.5.Allégation.6.Ile.Ango.7.Ne.Déblais.8.Erne.Piler.9.Me.Ni.Et.10.Diva.Eut.11.Noue.Borne.12.Terrassées.Philippe Dupuis 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 1 1 12 MOTS CROISÉS PROBLÈME N° 435 1.Espère bien avoir la main.2.Un grand de Bourgogne.Sur la portée.3.Echassier africain.4.Pour les amateurs de bouillonnement.Mis à plat.5.Les plus grands doivent vieillir.Fait des vagues en tribune.6.Pourra toujours être modifié.7.Prophète biblique.Patrie d\u2019Abraham.8.Précipitation.Supérieure en remontant.9.Pas facile à partager.Un maître pour Stradivari.10.Piégés.Souvent pour rien.11.Demi tour.Production ouvrière.Assure la liaison.12.Ne laisse rien traîner côté court et côté champs.I.Met dehors sans ménagement.II.Mettre en pièces.Appuiera sur les premières notes.III.Essaient de conserver belle allure à ceux qui sont partis.IV.Luth en forme de huit.Déshonore.Possessif.V.Enfant d\u2019Anchise et d\u2019Aphrodite.Fait l\u2019innocent.Pousse à la reprise.VI.Fait du propre.Le plus belliqueux des grands de l\u2019Olympe.VII.Prit ses jambes à son cou.Cherche à faire aussi bien.VIII.Préparai avec réflexion.IX.Norme de qualité.Fermetures dans la descente.X.Essaient de redonner belle allure après le départ.Philippe Dupuis est également l\u2019auteur des mots-croisés du Monde MOTS CROISÉS DU SAMEDI CITATION MYSTÉRIEUSE MOTS ENCHAÎNÉS L\u2019INTERVALLE SOLUTIONS DE LA SEMAINE DERNIÈRE SUDOKU : SOLUTION DU PROBLÈME D\u2019HIER GRILLE BLANCHE CITATION MYSTÉRIEUSE Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu\u2019il ne nous prenne par la gorge.Winston Churchill MOTS ENCHAÎNÉS MOTS FLÉCHÉS GRILLE DES FÉRUS L\u2019INTERVALLE HAUTE FAUTE FASTE FASSE BASSE LES ANAGRAMMES \u2022 CALOMNIES / LACONISME \u2022 LABEURS / SALUBRE \u2022 RAGTIME / GERMAIT \u2022 NERVEUSE / REVENUES \u2022 REMUANTS / MESURANT / TRANSMUE JEUX 1761 1762 1762 Entre le premier et le dernier mot, et en ne changeant qu\u2019une seule lettre à chaque étape (changement, ajout ou retrait d\u2019une lettre), trouvez les mots intermédiaires.Les accents sont permis, mais aucun nom propre.Formez une chaîne de mots à partir des trois dernières lettres de chaque mot et à l\u2019aide des définitions.Les noms propres sont permis et les accents peuvent changer.Vous aimez ces pages ?Écrivez-nous pour nous faire part de vos commentaires : redaction@ledevoir.com Placez les lettres contenues dans les colonnes au-dessus de la grille dans les cases du bas, de manière à former une citation qui se lira de gauche à droite.1762 1.Qui fait preuve d\u2019un courage extraordinaire 2.Un peu de bœuf 3.Raturer 4.Comme un grizzly, par exemple 5.Peut parler longtemps des mers 6.Comme une hormone du désir 7.Qui coûte cher ( fém.) 8.Vous élimerez 9.Avec terrasse 10.Fou?! \u2022 DERMATOLOGUE \u2022 GUEULETON \u2022 TONG \u2022 ONGUENT \u2022 ENTÊTANT \u2022 ANTÉRIEUR \u2022 EUROSCEPTIQUE \u2022 QUEUE-DE-RAT \u2022 RATTACHER \u2022 HERMÉTIQUE CROISE MÉRITE S O L U T I O N P U B L I É E D A N S L A P R O C H A I N E É D I T I O N D U D E V O I R 3.4. L E D E V O I R / L E S S A M E D I 1 9 E T D I M A N C H E 2 0 J A N V I E R / 2 0 1 9 Salle Claude-Champagne 220, avenue Vincent-d\u2019Indy (métro Édouard-Montpetit) Billets : 28 $ et 14 $ (étudiants) Billetterie : musiqueumontreal.tuxedobillet.com Renseignements : 514 343-6427 musique.umontreal.ca 1er/2 19 h 30 /3 15 h mars 2019 28 19 h 30 février DIRECTION MUSICALE Jean-François Rivest - MISE EN SCÈNE Claude Poissant DIRECTION DE L\u2019ATELIER D\u2019OPÉRA Robin Wheeler - SCÉNOGRAPHIE Carl Pelletier - COSTUMES Elen Ewing MAQUILLAGES ET COIFFURES Pierre Lafontaine - ÉCLAIRAGES Alexandre Pilon-Guay de Wolfgang Amadeus Mozart Livret de Lorenzo da Ponte présentent l\u2019Orchestre de l\u2019Université de Montréal L\u2019Atelier d\u2019opéra et "]
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