Le devoir, 12 février 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 29 / LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Droit au but Dead Obies lance l\u2019album DEAD PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR uatre majuscules suivies d\u2019un point : DEAD.« Il n\u2019y a jamais eu un meilleur moment pour la n c e r u n a lb u m h o m o - nyme », affirme 20some.Joe Rocca estime que le titre de ce troisième album des Dead Obies se passe d\u2019explications.Ogee Rodman suggère plutôt que la pochette du disque qu\u2019ils tenaient pour la première fois entre leurs mains est plus limpide encore, « une illustration florissante, comme si après la mort, quelque chose d\u2019autre repousse.Tu penses que c\u2019est fini, mais tellement pas\u2026 » Lorsque Jean-François Ruel (Yes McCan) a annoncé son départ du collectif fondé en 2011 pour poursuivre en solo sa carrière de rappeur et consacrer plus d\u2019énergie à celle d\u2019acteur, d\u2019aucuns ont craint la désintégration des Obies.Pas Rocca, ni 20, ni Ogee et leurs deux compères absents au moment de cette conversation, Snail Kid et le compositeur/réalisateur/DJ VNCE \u2014 ni plusieurs milliers de leurs fans qui, aux dernières Francos montréalaises, avaient envahi la place des Festivals pour ce grand concert gratuit, le premier sans McCan.Néanmoins, les trois membres réunis dans cette salle de conférence de leur maison de disque reconnaissent que le départ de Ruel a INDEX Avis légaux .B7 Culture .B1 Décès .A4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B7 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 ACTUALITÉS La partielle d\u2019Outre- mont en prélude à l\u2019élection générale A 8 CULTURE Répertoire des villes disparues, le film du Québécois Denis Côté, reçoit un accueil tiède à la Berlinale HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR La controverse entourant l\u2019implication du bureau de Justin Trudeau dans le dossier de SNC-Lavalin a pris une nouvelle tournure alors que le commissaire à l\u2019éthique a ouvert une enquête, soupçonnant un potentiel trafic d\u2019influence.De leur côté, des juristes invitent à ne pas conclure trop vite que cette affaire ébranle l\u2019indépendance judiciaire: rien, à leur avis, n\u2019indique que l\u2019entourage du premier ministre a transgressé les règles en demandant à la ministre de la Justice pourquoi elle persistait à poursuivre le géant québécois du génie civil.« J\u2019ai des raisons de croire que l\u2019article 9 de la Loi sur les conflits d\u2019intérêts a CONFLIT D\u2019INTÉRÊTS Enquête du commissaire à l\u2019éthique sur l\u2019« affaire SNC-Lavalin » peut-être été transgressé.L\u2019article 9 interdit à un titulaire de charge publique de chercher à influencer la décision d\u2019une autre personne afin de favoriser les intérêts personnels de quelqu\u2019un», a écrit lundi le commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique, Mario Dion, dans une lettre envoyée au NPD en réponse à sa demande d\u2019enquête.Le NPD se réjouit de ce développement.« Les libéraux n\u2019arrêtent pas de nous dire à quel point l\u2019indépendance du système judiciaire est importante, mais tout cela ne tient plus quand leurs amis sont en difficulté », a déclaré le chef Jagmeet Singh par communiqué de presse.Selon le NPD, le Parti libéral se range du côté « des grandes entreprises et des ultrariches ».Un article du Globe and Mail publié jeudi dernier a allégué, sur la foi de sources non nommées, que la ministre Jody Wilson-Raybould avait été soumise à une « pression soutenue » de personnes du bureau du premier ministre inconnues du quotidien afin de conclure avec SNC-Lavalin un « accord de poursuite suspendue » (APS).SNC-Lavalin a été accusée en 2015 de fraude et de corruption en Libye.Une condamnation au criminel l\u2019empêcherait de soumissionner sur des contrats gouvernementaux pendant dix ans au Canada, cinq au Québec.SNC-Lavalin, qui emploie près de 50 000 personnes, dont 9000 au Canada, fait valoir qu\u2019un tel interdit pourrait compromettre sa ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Québec se pense à l\u2019abri de poursuites d\u2019aspirants immigrants Dead Obies a survécu au départ de Jean-François Ruel.JF SAUVÉ/DEAD OBIES À l\u2019époque où les médias prennent le virage numérique, L\u2019Itinéraire, qui fête ses 25 ans, fait figure de résistant.Et pour cause: le magazine ne peut exister que pour et par ses camelots.Sur notre photo, le directeur général, Luc Desjardins, dans les locaux du magazine.PAGE B 3 PEDRO RUIZ LE DEVOIR L\u2019Itinéraire fête son premier quart de siècle VOIR PAGE A 2 : ÉTHIQUE ASSEZ D\u2019HYPOCRISIE!.L\u2019ÉDITORIAL DE JEAN-ROBERT SANFAÇON PAGE A 6 VOIR PAGE A 4 : DEAD OBIES Q Le ministre de l\u2019Immigration Simon Jolin-Barrette pense que le gouvernement est à l\u2019abri d\u2019éventuelles poursuites découlant de l\u2019annulation projetée des 18 000 dossiers en attente à son ministère.Le ministre est confiant pour deux raisons : la victoire en cour d\u2019Ottawa dans une cause similaire et un article prévu spécifiquement pour cela dans le projet de loi 9.« En 2012, le gouvernement conservateur a fait exactement la même chose que nous faisons et il y a une décision de la Cour fédérale qui s\u2019est rendue aux arguments du fédéral », a signalé M.Jolin-Barrette en entrevue au Devoir lundi.À l\u2019époque, le gouvernement Harper avait été traîné devant les tribunaux après avoir annoncé l\u2019élimination de VOIR PAGE A 2 : IMMIGRANTS En 2012, le gouvernement conservateur a fait exactement la même chose que nous faisons SIMON JOLIN-BARRETTE » ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 Avec l\u2019appui de : INSCRIPTION \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Rachel Kyte Chef de la direction, Sustainable Energy for All Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies Plus de leadership pour décarboniser les systèmes énergétiques Déjeuner-causerie de la Série Environnement présentée par : Les travailleurs temporaires invités à déposer une demande 280 000 dossiers en attente.Un groupe d\u2019avocats avait porté la cause devant la Cour fédérale au nom de 1500 aspirants immigrants, mais la Cour avait estimé essentiellement que le gouvernement avait le pouvoir de faire une telle chose.À Québec, le ministre Jolin-Barrette a aussi inclus une protection dans le projet de loi 9.L\u2019article 20 édicte « qu\u2019aucuns dommages-intérêts ni aucune indemnité [relativement à] une telle demande ne peuvent être réclamés au gouvernement ».Rappelons que le ministre caquiste a dévoilé jeudi sa première pièce législative en immigration, qui prévoit notamment l\u2019annulation des 18 139 dossiers en attente au ministère.Le gouvernement souhaite ainsi mettre un terme à la règle du « premier arrivé, premier servi » et recruter plus rapidement des immigrants en fonction des besoins du marché du travail alors qu\u2019une importante pénurie de main- d\u2019œuvre sévit dans plusieurs secteurs.De ces 18 139 dossiers, 3700 ont été déposés par des gens qui étaient déjà au Québec, a confirmé le cabinet du ministre mardi.Ces derniers sont particulièrement mécontents qu\u2019on jette leur dossier à la poubelle et ils seraient nombreux à envisager des recours, selon des avocats consultés par Le Devoir.Mardi, le ministre Jolin-Barrette a multiplié les entrevues pour calmer le jeu.Les travailleurs temporaires qui sont au Québec peuvent toujours renouveler leur permis de travail auprès du gouvernement fédéral, a-t-il expliqué.Pour ceux parmi les 3700 qui «travaillent au Québec depuis plus de douze mois et parlent français », il y a une « voie rapide », le programme Expérience québécoise, a-t-il souligné.« Certains se sont peut-être inscrits dans le mauvais programme», laisse-t-il entendre.Quant aux travailleurs temporaires qui avaient déposé une demande d\u2019immigration au Québec, ils sont invités à présenter une nouvelle demande \u2014 gratuite \u2014 dans le nouveau système de déclaration d\u2019intérêt, et ce, même si le projet de loi n\u2019a pas encore été adopté.Car il faudra en effet attendre plusieurs mois avant que le projet de loi soit étudié, débattu et adopté par le Parlement, exercice au cours duquel il pourrait faire l\u2019objet d\u2019importantes modifications.En attendant le test des valeurs Reste aussi à savoir dans quelles circonstances le gouvernement souhaite retirer la résidence permanente (RP) à des immigrants qui ne respectent pas ses exigences.On sait par exemple que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) veut obtenir du fédéral le pouvoir de la retirer aux immigrants qui ne seraient pas parvenus à maîtriser le français ou auraient échoué à leur test de valeurs.« Je pourrais imposer des conditions en fonction de l\u2019évaluation des connaissances au test des valeurs québécoises, au niveau de la connaissance du français », a mentionné M.Jolin- Barrette mardi.Le ministre n\u2019est toutefois pas en mesure de dire quand ou jusqu\u2019à combien de temps après avoir été reçus, les immigrants pourraient perdre leur résidence permanente.« C\u2019est à déterminer », a-t-il dit.Par contre, le gouvernement ne pourrait pas retirer la résidence permanente à un immigrant simplement parce qu\u2019il a quitté la région du travail pour lequel il avait été sélectionné au départ, indique le ministre, qui souhaite toutefois favoriser la régionalisation en amont.« Je ne peux pas obliger quelqu\u2019un à rester au Saguenay\u2013Lac- Saint-Jean, par exemple.Mais je peux le sélectionner plus rapidement s\u2019il a une offre d\u2019emploi en région.» IMMIGRANTS SUITE DE LA PAGE A 1 Le milieu juridique apporte des nuances viabilité.Un APS permet de suspendre une poursuite visant une entreprise moyennant une reconnaissance de responsabilité, le versement d\u2019une pénalité financière et la renonciation aux bénéfices tirés de l\u2019activité reprochée.Le respect de ces conditions est assuré par un juge.Selon le journaliste Bernard Drain- ville, le patron de SNC-Lavalin aurait dit à François Legault être prêt à verser une pénalité de 250 à 300 millions de dollars pour éviter une poursuite.Ottawa a refusé à SNC-Lavalin un APS et cette dernière s\u2019adresse à la Cour fédérale pour faire annuler la décision.Le chef conservateur Andrew Scheer demande que M.Trudeau autorise son équipe à comparaître en comité parlementaire pour expliquer leurs interventions.« Si Justin Trudeau décide de nous bloquer en comité mercredi, nous utiliserons tous les outils juridiques à notre disposition.» Selon lui, le refus de comparaître est une preuve que les libéraux « ont quelque chose à cacher ».Y a-t-il eu faute ?Si la classe politique s\u2019est emparée de cette histoire comme d\u2019un juteux scandale, le milieu juridique, lui, apporte d\u2019importantes nuances.Plusieurs font valoir qu\u2019en l\u2019absence complète de détails dans l\u2019histoire du Globe and Mail sur la nature des « pressions » qui auraient été exercées sur Mme Wilson-Raybould, il est impossible de déterminer si les gestes posés étaient déplacés.Dans une longue entrée de blogue, le professeur de droit à l\u2019Université d\u2019Ottawa Craig Forcese rappelle la doctrine Shawcross \u2014 du nom d\u2019un illustre procureur britannique \u2014, qui codifie le double rôle d\u2019un ministre de la Justice et procureur général.Cette doctrine prévoit qu\u2019un ministre peut prendre conseil auprès de ses collègues du cabinet avant de déterminer la meilleure voie judiciaire à suivre.Toutefois, l\u2019aide du cabinet se limite à donner des conseils, pas des directives.Le Globe n\u2019a pas allégué que le bureau du premier ministre a demandé directement à Mme Wilson-Raybould de suspendre la poursuite contre SNC-Lavalin.L\u2019entourage de M.Trudeau soutient au Devoir que les conversations ont eu pour but de demander pourquoi un APS n\u2019a pas été considéré, d\u2019explorer les solutions alternatives à la poursuite criminelle, et de sensibiliser aux enjeux la ministre à laquelle l\u2019entreprise « n\u2019est pas nécessairement familière ».« Ne sachant pas ce qui a été dit et dans quel contexte, il est essentiellement impossible de savoir si ces discussions tombent dans la catégorie de ce que le principe Shawcross permet ou si la ligne de démarcation entre la discussion et la pression a été franchie », conclut M.Forcese.Il ajoute que « si la ligne établie par Shawcross a été franchie, on se serait attendu à ce que la procureure générale démissionne.Et cela n\u2019est pas arrivé ».Martine Valois, professeure de droit à l\u2019Université de Montréal et auteure d\u2019Indépendance judiciaire.La justice entre droit et gouvernement (2011), abonde dans le même sens.Elle rappelle que c\u2019est la directrice des poursuites pénales qui décide d\u2019aller ou non de l\u2019avant avec des poursuites.Si la ministre désire qu\u2019une décision différente soit prise, elle doit publier une directive à cet effet dans la Gazette du Canada.Si la ministre a le droit de donner une telle directive, il en découle qu\u2019elle a le droit au préalable d\u2019en discuter avec ses collègues.« Je suis plutôt d\u2019accord avec l\u2019interprétation du bureau du premier ministre, dit Mme Valois.Ils ont le droit de discuter de cela, c\u2019est permis dans la loi.C\u2019est permis de donner des instructions sur la manière dont les poursuites doivent être menées.Alors je ne vois pas en quoi le fait qu\u2019il y ait eu des discussions sur cette question est en soi une pression.[\u2026] En soi, que le bureau du premier ministre rencontre et discute de l\u2019opportunité pour SNC- Lavalin de conclure une entente pour payer une amende au lieu de poursuivre le dossier au criminel n\u2019est pas un problème.» Pas de démission Dans l\u2019entourage du premier ministre, on présente le fait que Mme Wilson- Raybould soit demeurée au cabinet et n\u2019ait pas démissionné comme la preuve qu\u2019aucune limite n\u2019a pas été franchie.M.Trudeau a d\u2019ailleurs fait allusion à cela en point de presse lundi.« Dans notre système de gouvernement, sa présence même au conseil des ministres parle d\u2019elle-même.» M.Trudeau dit avoir rencontré à deux reprises Mme Wilson-Raybould depuis qu\u2019il est à Vancouver, dimanche, et qu\u2019elle jouit encore de sa « pleine confiance ».Il a relaté avoir discuté personnellement avec elle à l\u2019automne du cas SNC-Lavalin et lui avoir dit « que toute décision en lien avec la directrice des poursuites pénales est la sienne ».Mme Wilson-Raybould refuse de faire tout commentaire sur l\u2019histoire du Globe and Mail, qu\u2019elle n\u2019a cependant jamais démentie, en invoquant le secret professionnel qui la lie au gouvernement.MM.Scheer et Singh demandent à M.Trudeau de lever ce secret.Il a indiqué avoir demandé à son nouveau ministre de la Justice, David La- metti, de « regarder cet enjeu et de [lui] faire des recommandations ».ÉTHIQUE SUITE DE LA PAGE A 1 Justin Trudeau était à Vancouver lundi, où il a notamment visité un chantier de construction.Le premier ministre a toutefois été à nouveau interpellé sur le dossier de SNC-Lavalin.JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE Le ministre Simon Jolin-Barrette a tenté d\u2019éteindre les feux, lundi, en multipliant les entrevues avec les journalistes.JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE Je ne peux pas obliger quelqu\u2019un à rester au Saguenay\u2013 Lac-Saint- Jean, par exemple.Mais je peux le sélectionner plus rapidement s\u2019il a une offre d\u2019emploi en région.SIMON JOLIN-BARRETTE » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 Les états d\u2019âme de QS L es bonnes nouvelles sont plutôt rares pour le PQ, qui ne sait manifestement pas si et comment il pourra assurer sa survie.Dans l\u2019état où il se trouve présentement, il ne peut pas constituer une solution de remplacement sérieuse à la CAQ, qui monopolise le terrain nationaliste.Dans un premier temps, il doit au moins redevenir le premier choix des souverainistes.À cet égard, les états d\u2019âme de Québec solidaire sur le port de signes religieux sont encourageants.Le gouvernement Marois a cru à tort que la laïcité pourrait prendre le relais de la question linguistique comme moteur de la souveraineté.Il n\u2019en demeure pas moins que la charte de la laïcité a provoqué le débat le plus intense que le Québec ait connu depuis l\u2019adoption de la loi 101, il y a plus de quarante ans.Il n\u2019existe toujours pas de consensus sur l\u2019étendue de l\u2019interdiction qu\u2019il convient d\u2019imposer au port de signes religieux.Au départ, on voulait les bannir de toutes les administrations publiques, y compris les municipalités, les universités, les cégeps et les hôpitaux.L\u2019irréalisme d\u2019une telle ambition est vite apparu, mais la conviction que la laïcité de l\u2019État doit s\u2019incarner au moins en partie dans ses employés est restée.La très grande majorité des Québécois estiment que les signes religieux devraient être interdits à tout le moins aux juges, aux policiers, aux gardiens de prison et aux procureurs de la Couronne, comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor.Même dans le cas des enseignants, la question n\u2019est plus tellement de savoir s\u2019ils devraient être exemptés, mais plutôt s\u2019ils devraient bénéficier d\u2019une clause dite « grand-père » qui préserverait les droits acquis.Compte tenu de sa clientèle anglophone et allophone, sans laquelle il aurait presque disparu le 1er octobre dernier, personne n\u2019a dû être surpris de voir le PLQ réitérer son opposition à toute interdiction.Si l\u2019électorat de QS est très majoritairement francophone, il ne faut cependant pas sous-estimer l\u2019appui dont le parti bénéficie chez les non-franco- phones, dont certains militent très activement en faveur du libre-choix.Consciente de l\u2019évolution de la société québécoise, l\u2019aile parlementaire de QS s\u2019était ralliée aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, dans lesquelles Amir Khadir disait voir un « équilibre » acceptable.À l\u2019époque, le caucus solidaire ne comptait cependant que deux députés, alors qu\u2019ils sont maintenant dix.Au moins un d\u2019entre eux, Vincent Ma- rissal, a déclaré que l\u2019interdiction le mettait « mal à l\u2019aise », y compris dans le cas des agents de l\u2019État qui détiennent un « pouvoir de coercition ».La position de M.Marissal est peut-être en porte à faux avec l\u2019opinion publique, mais il peut légitimement prétendre s\u2019appuyer sur le programme officiel du parti, qui se lit ainsi : « C\u2019est l\u2019État qui est laïque, pas les individus.Québec solidaire accepte le port de signes religieux par les usagers et les usagères des services offerts par l\u2019État.En ce qui concerne les agents et agentes de l\u2019État, ces derniers peuvent en porter pourvu qu\u2019ils ne servent pas d\u2019instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve.Le port de signes religieux peut également être restreint s\u2019ils entravent l\u2019exercice de la fonction ou contreviennent à des normes de sécurité.» « Il faut voir comment on interprète l\u2019application de ce programme », a plaidé Manon Massé à l\u2019issue de la journée de réflexion sur la journée que QS a tenue en fin de semaine dernière à Trois-Rivières.L\u2019interprétation qu\u2019en a faite l\u2019aile parlementaire au cours des dernières avait cependant toutes les apparences d\u2019une déformation.Lors du conseil national de mars prochain, « on ne va pas absolument rien changer à notre programme », mais plutôt l\u2019« actualiser », a expliqué Mme Massé.Cela vous paraît clair ?À moi non plus.Ce flou a été soigneusement entretenu au cours de la dernière campagne électorale.La plateforme de QS était totalement muette sur le sujet et ses porte-parole ne l\u2019ont jamais abordé.Quand le gouvernement Legault déposera son projet de loi, il ne sera cependant plus possible de ménager la chèvre et le chou.Il n\u2019est pas question de se laisser influencer par les sondages, a lancé Mme Massé.À la bonne heure, mais le PQ ne demande qu\u2019à pouvoir dire que QS est prêt à sacrifier l\u2019identité québécoise à son credo multiculturaliste.Cela risque de faire très mauvais effet dans les régions où QS a réussi une étonnante percée le 1er octobre.Chez les partisans d\u2019une refondation du PQ qui permettrait de relancer le mouvement souverainiste sur de nouvelles bases, on ne se fait aucune illusion sur la possibilité d\u2019une fusion avec QS.On préférerait d\u2019ailleurs le vider de ses membres, comme René Lévesque l\u2019avait fait jadis avec le RIN.Si QS veut se disputer les non-francophones avec le PLQ, grand bien lui fasse ! GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Dans la tourmente depuis le congédiement du lanceur d\u2019alerte Louis Robert, le ministre de l\u2019Agriculture, des Pêcheries et de l\u2019Alimentation, André Lamon- tagne, a été à nouveau la cible de critiques de la part de l\u2019opposition après avoir comparé des fonctionnaires du ministère de l\u2019Environnement à des « ayatollahs ».M.Lamontagne a tenu ces propos au congrès de l\u2019Union paysanne, samedi, critiquant la rigidité de certains fonctionnaires dans l\u2019application des normes environnementales dans les fermes de la province.Il a ensuite annoncé vouloir alléger les lois et la réglementation en la matière, ainsi que sur le plan de la salubrité alimentaire.« Il est en poste depuis à peine trois mois et il discrédite encore une fois la science », estime Marie Montpetit, porte-parole libérale en matière d\u2019environnement et d\u2019agriculture, en faisant référence au congédiement de Louis Robert.L\u2019agronome s\u2019est fait montrer la porte du Centre de recherche sur les grains fin janvier pour avoir transmis des documents confidentiels à des journalistes, mettant en lumière une ingérence de l\u2019industrie dans la recherche sur des pesticides.« Plutôt que d\u2019antagoniser les gens, il me semble que son rôle est de rallier les scientifiques, les fonctionnaires et les agriculteurs, et surtout de proposer des actions concrètes, ce qui n\u2019est pas le cas en ce moment », ajoute Mme Montpetit.«Avant d\u2019aller frapper à la porte du ministère de l\u2019Environnement, je pense que M.Lamontagne a beaucoup de leviers dans son propre ministère pour permettre à la petite agriculture de prendre son essor », renchérit la porte-parole solidaire en matière d\u2019agriculture, Émilise Lessard-Therrien, qui a participé au congrès de l\u2019Union paysanne.Son homologue au Parti québécois, Sylvain Roy, invite de son côté le ministre caquiste à préciser sa pensée.« Quand il dit qu\u2019il y a des \u201cayatollahs\u201d au sein du ministère de l\u2019Environnement, il parle de quoi exactement ?Qu\u2019il arrête de lancer des affaires dans les airs comme ça avec une suspicion qui fait réagir tout le monde et qu\u2019il définisse lui-même ce qu\u2019il veut régler comme problématique.» Si André Lamontagne a refusé de commenter la situation lundi, le premier ministre, François Legault, s\u2019est porté à sa défense, critiquant les délais « beaucoup trop longs » au ministère de l\u2019Environnement dans l\u2019analyse des projets soumis par les municipalités et les entreprises.« Le premier ministre a pris le pari que c\u2019était moins dommageable politiquement de garder M.Lamontagne que de le changer », a commenté Sylvain Roy, qui n\u2019hésite pas à parler de « deux poids, deux mesures ».La libérale Marie Montpetit abonde en ce sens, notant que l\u2019ancienne ministre de l\u2019Environnement MarieChan- tal Chassé a été démise de ses fonctions pour « beaucoup moins que ça », en début d\u2019année.Sur le fond De son côté, l\u2019Union paysanne ne souhaite pas que les normes environnementales soient allégées, mais plutôt adaptées aux plus petits producteurs agricoles, précise au Devoir son président, Maxime Laplante.S\u2019il concède que le choix des mots du ministre La- montagne n\u2019était pas « idéal », sur le fond, ce dernier a exprimé samedi l\u2019une des revendications de l\u2019Union.« On applique uniformément un système taillé sur mesure pour l\u2019agriculture industrielle, avec des conséquences graves sur l\u2019économie du territoire.» Se gardant de commenter les propos controversés du ministre, le président de l\u2019Union des producteurs agricoles du Québec, Marcel Groleau, juge que les producteurs agricoles québécois doivent faire face à plus de contraintes administratives qu\u2019ailleurs au pays.« Sur la nécessité d\u2019avoir des systèmes étanches pour entreposer le fumier, par exemple, on ne remet pas ça en question, dit-il.On veut plutôt une administration judicieuse des règlements qui touchent à la protection de l\u2019environnement.» AGRICULTURE André Lamontagne sème à nouveau la controverse Le ministre des Transports, François Bon- nardel, et le maire de Québec, Régis Labeaume, se sont entretenus lundi, à Laval, à l\u2019occasion d\u2019un déjeuner- conférence de l\u2019organisme Trajectoire Québec.JACQUES NADEAU LE DEVOIR ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR L\u2019atteinte des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre du Québec passe impérativement par des « investissements massifs » en transport en commun, selon le président de l\u2019Union des municipalités du Québec, Alexandre Cusson.Le ministre des Transports, François Bonnardel, admet toutefois que ce virage nécessaire représente un « grand défi de société ».« La réalité est la suivante : si l\u2019on veut atteindre nos cibles de réduction des gaz à effet de serre, il faudra d\u2019abord s\u2019attaquer au premier responsable du bilan carbone du Québec : le transport routier», a insisté M.Cusson, lundi, lors d\u2019une allocution prononcée dans le cadre d\u2019un déjeuner-conférence de l\u2019organisme Trajectoire Québec.Selon le plus récent bilan des émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec, les transports (routier, aérien, ferroviaire et fluvial) représentent pas moins de 43 % de toutes les émissions du Québec.Les émissions de ce secteur ont aussi augmenté de 21,9 % depuis 1990.« C\u2019est pourquoi la priorité devra être donnée au transport en commun.Sans un sérieux coup de barre, sans un transfert modal important de la voiture solo au transport en commun, ce sera difficile, voire impossible de lutter efficacement contre le réchauffement planétaire », a insisté Alexandre Cusson, reprenant ainsi un message porté depuis plusieurs années par les groupes environnementaux.À quelques semaines de la présentation du premier budget du gouvernement de François Legault, le président de l\u2019Union des municipalités du Québec réclame donc « des investissements massifs en transport en commun et de nouvelles infrastructures, et ce, partout au Québec, dans toutes les régions du Québec ».Défi de société Compte tenu du fait que les transports pèsent de plus en plus lourd dans le bilan des GES du Québec, est-ce qu\u2019on peut parler d\u2019un échec en matière de réduction des émissions du secteur ?« C\u2019est un grand défi de société de s\u2019assurer d\u2019amener un changement de cap pour ce qui est des gens qui utilisent leur voiture jour après jour », a répondu lundi le ministre des Transports, François Bonnardel, en point de presse.Selon lui, il faut donc « augmenter l\u2019offre de transport en commun », mais aussi travailler sur les questions de « confort, de temps et de coûts ».M.Bonnardel a d\u2019ailleurs rappelé que le nouveau gouvernement caquiste a « énormément de projets » sur la table, dont le Réseau express métropolitain (REM), le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal et le Réseau structurant de transport en commun de la région de Québec.« Je veux une vision qui va toucher les Québécois pour les 20, 30 ou 40 prochaines années.Il faut voir grand et il faut voir loin », a-t-il ajouté, tout en promettant de « penser à l\u2019usager » pour inciter les citoyens à opter pour le transport collectif dans leurs déplacements quotidiens.M.Bonnardel a justement admis qu\u2019en raison de la « popularité » du métro de Montréal, « il y a une certaine saturation à certaines heures de pointe.Mais je pense que le REM va aider, de même que la ligne bleue et le SRB [service rapide par bus] sur Pie-IX ».Qu\u2019en est-il du projet de « ligne rose », cher à la mairesse de Montréal, Valérie Plante ?« Ce n\u2019est pas une priorité à court, moyen et long terme pour notre gouvernement », a répondu le ministre.ENVIRONNEMENT « Un grand défi de société » Le ministre Bonnardel reconnaît que des investissements dans le transport collectif sont essentiels pour lutter contre les changements climatiques MICHEL DAVID Si l\u2019électorat de QS est très majoritairement francophone, il ne faut cependant pas sous- estimer l\u2019appui dont le parti bénéficie chez les non-francophones, dont certains militent très activement en faveur du libre-choix LEDEVOIR // LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 4 Moins progressif et champ gauche provoqué une remise en question.«Durant la dernière année, on a fait beaucoup de cheminement, explique 20some.Quelqu\u2019un partait, il nous a fallu nous recentrer.On a fait un examen de conscience : qu\u2019est-ce que c\u2019est, Dead Obies ?Où en sommes-nous, qui sommes-nous, qu\u2019avons-nous envie de faire?Je pense que [toutes ces questions sont] à la base [du nouvel album], non seulement dans les thèmes abordés, mais aussi dans la manière avec laquelle on a approché chacune des tracks.» Le dénominateur commun des onze nouvelles chansons de l\u2019album DEAD.serait ainsi « l\u2019honnêteté et la franchise » qui a émergé de leur examen.Ça, et un remarquable sens de la concision, aussi.C\u2019est la première chose qui frappe en découvrant le nouveau matériel du (désormais) quintette: l\u2019envie d\u2019aller droit au but.Avec des chansons plus brèves, des textes moins triturés, des mélodies nettement plus pop, presque aussi pop que celles qu\u2019on découvrait sur l\u2019étonnant microalbum Air Max que le groupe avait offert au printemps 2017, un an après avoir balancé l\u2019audacieux et complexe Gesamtkunstwerk.Moins progressif et champ gauche que ce précédent, le troisième album de Dead Obies n\u2019est pas moins diversifié, écartelé entre le refrain pop et la rythmique bondissante du premier extrait Run Away et le raclage de basses fréquences de la corrosive André.Et entre ces deux extrêmes, quelques envolées trap bien teigneuses, Royautés, F1 et 24.« Air Max, c\u2019était nos premiers pas dans la pop », abonde 20some, le plus bavard des trois membres, interrompu par Joe Rocca: «Mais un des aspects négatifs de ce EP, c\u2019est que toutes les chansons étaient de la même couleur.On s\u2019est rendu compte que les Dead représentent aussi la diversité.On ne veut pas se contenter d\u2019explorer un seul style, on veut représenter toute la complexité de cette musique, et c\u2019est ce qu\u2019on a fait avec ce nouvel album.Oui, il y a des côtés plus pop, mais aussi les André et Royauté pour contrebalancer.» Le modus operandi, durant les sessions de création \u2014 ils appellent ça «les chalets», cinq ou six furent nécessaires, générant plus d\u2019une soixantaine de chansons \u2014, était d\u2019aller à fond sur chacune des plages instrumentales soumises au groupe par VNCE.«On était dans ce mode-là: on fait plein de tracks, on y va à fond dans chacune d\u2019elles \u2014 pop comme sur Doo Wop avec Ogee qui claque le refrain, ça marche, le genre de truc qu\u2019on veut écouter dans un party.Mais quand c\u2019est le temps de creuser avec des chansons plus sérieuses comme André ou C\u2019est bon, on y va à fond aussi.» « Avec DEAD., on a appris à synthétiser notre travail pour que le message passe mieux.Miser sur la qualité plutôt que la quantité.Auparavant, on faisait des trucs hyperdenses et chargés ; ça nous permettait de dire beaucoup de choses, ça délimitait un large périmètre.Maintenant, il me semble qu\u2019on rapetisse le périmètre, mais on vise plus juste avec ce qu\u2019on veut dire.C\u2019est le métier qui rentre.» Et l\u2019avantage de perdre un membre, relève Joe : un rappeur de moins permet des chansons plus courtes.« Dans le fond, le départ de J-F n\u2019a pas nécessairement réorienté le projet, mais l\u2019a fait débloquer.Organiser un rendezvous à six membres, c\u2019est dur.Sa décision a simplifié notre logistique.» Dead Obies commencera sa tournée québécoise d\u2019une vingtaine de dates le 28 février à Chicoutimi, fera escale à Québec le 1er mars et à Montréal le 26 avril.DEAD.paraît officiellement vendredi.KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR Le milieu sportif amateur québécois réclame la création d\u2019une entité indépendante pour traiter les plaintes liées aux inconduites sexuelles et assurer la vérification des antécédents judiciaires des entraîneurs, a appris Le Devoir.Cette demande émane d\u2019une rencontre impliquant les principales fédérations sportives québécoises qui a eu lieu la semaine dernière, quelques jours avant qu\u2019une enqu ête de CBC/Radio-Canada ne révèle dimanche qu\u2019au moins 222 entraîneurs de niveau amateur ont été accusés de délits sexuels sur des mineurs entre 1998 et 2018, dont 57 au Québec.Lors de cette rencontre de deux jours, organisée à l\u2019initiative du ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur, les différentes fédérations sportives se sont entendues sur la nécessité d\u2019uniformiser le processus de dénonciation et de vérification des antécédents, affirme la directrice des communications de Sports Québec, Michèle Demers.« C\u2019est unanime », dit-elle.Délais variables Les principales fédérations sportives québécoises se sont toutes dotées il y a quelques années d\u2019une politique de vérification des antécédents judiciaires, à laquelle doivent se soumettre les entraîneurs qui œuvrent auprès des jeunes.La manière de faire les vérifications, la rapidité du processus et le partage d\u2019informations varie cependant d\u2019une fédération à une autre.Chez Soccer Québec, le mandat est par exemple confié aux associations régionales ou aux clubs, qui peuvent effectuer les vérifications auprès des autorités policières ou d\u2019une compagnie privée, explique le directeur administratif de la fédération, Luis R.Galvez.L\u2019entreprise spécialisée peut traiter les dossiers en 48 heures, tandis que la police peut prendre jusqu\u2019à un mois pour donner une réponse, dit-il.« Si on peut accélérer le processus de vérification, ça va rassurer les parents.[\u2026] On a besoin d\u2019une entité indépendante pour nous épauler dans ces démarches-là.» Travailler en vases clos Le directeur général de Hockey Québec, Paul Ménard, fait remarquer qu\u2019en laissant le soin aux fédérations sportives de faire les vérifications, il se crée des vases clos.« Dès qu\u2019on a une information, la personne est retirée immédiatement.Elle est codée dans notre système [\u2026], mais ça demeure au hockey.Si l\u2019entraîneur ou la personne s\u2019en va dans un autre sport, je ne le sais pas, note-t-il.Si on avait un système commun, on pourrait le voir.» Jean-François Marceau, le directeur général de Judo Québec, aimerait quant à lui savoir quelles informations sa fédération peut ou doit rendre publiques au sujet d\u2019entraîneurs sanctionnés.« On aurait besoin de lignes directrices », juge-t-il.La ministre déléguée à l\u2019Éducation, Isabelle Charest, fait remarquer que les fédérations, les athlètes et les parents ont déjà des outils à leur disposition, comme Sport\u2019Aide, qui offre des services d\u2019accompagnement pour lutter contre la violence dans le sport, et le site SportBienÊtre, une plateforme d\u2019information et de sensibilisation.Pour ce qui est de la création d\u2019une entité indépendante, Mme Charest demeure ouverte.« Je pense que c\u2019est une idée très intéressante, a-t- elle dit lundi.On va continuer les travaux en ce sens-là.» DÉLITS SEXUELS Les fédérations sportives québécoises veulent être épaulées AMÉLI PINEDA LE DEVOIR JUSTICE Cadotte n\u2019était pas dépressif, selon l\u2019expert de la Couronne Le milieu sportif réclame une entité indépendante pour traiter les plaintes et vérifier les antécédents judiciaires des entraîneurs.MADDIE MEYER AGENCE FRANCE-PRESSE DEAD OBIES SUITE DE LA PAGE A 1 Guide pour le hockey mineur Le gouvernement du Québec, Hockey Québec et Équijustice Arthabaska/Érable ont présenté lundi un guide pour agir face aux comportements inacceptables dans le hockey mineur.Le document énumère les comportements à éviter, précise les rôles et les responsabilités de tous les intervenants et propose des interventions adaptées à différentes situations.Son objectif est d\u2019assainir le climat dans les aré- nas de la province et de prévenir les débordements.« Ce qui était inacceptable il y a plusieurs années, mais parfois toléré, est maintenant inacceptable, et n\u2019est plus toléré », a résumé le directeur général de Hockey Québec, Paul Ménard.Le procès de Michel Cadotte se poursuit mardi.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Il existe une différence entre la compassion qui peut pousser un individu à abréger la souffrance d\u2019une autre personne et la compassion que l\u2019on pourrait qualifier de \u201cface à soi- même\u201d qui pourrait nous amener à abréger la vie d\u2019une autre personne » DR GILLES CHAMBERLAND » Michel Cadotte n\u2019était ni perturbé ni dépressif lorsqu\u2019il a étouffé sa femme, atteinte d\u2019Alzheimer, soutient un psychiatre de la Couronne.L\u2019expert estime plutôt qu\u2019il a voulu soulager sa propre souffrance face à la maladie de son épouse.« Il était capable de travailler.Il était capable d\u2019interactions sociales, principalement via les réseaux sociaux.Il était capable de s\u2019occuper de sa conjointe quelques jours par semaine.En fait, M.Cadotte ne semblait limité d\u2019aucune façon par des symptômes dépressifs », soutient le psychiatre Gilles Chamberland dans un rapport remis lundi au jury.Le témoignage du Dr Chamberland est venu s\u2019opposer à celui des deux experts de la défense qui ont affirmé la semaine dernière que le jugement de M.Cadotte était altéré par la sévère dépression dont il souffrait au moment de mettre fin aux jours de sa femme.L\u2019homme de 57 ans est accusé du meurtre non prémédité de Jocelyne Li- zotte.M.Cadotte, qui a été l\u2019aidant naturel de sa femme pendant près de dix ans, a plaidé non coupable.Compassion Lors de son témoignage, M.Cadotte a admis avoir mis fin aux jours de sa femme pour la soulager de ses souffrances.Il avait expliqué que la maladie d\u2019Alzheimer avait complètement fait perdre son autonomie à Mme Li- zotte.Elle ne reconnaissait plus personne, elle ne pouvait manger que des aliments en purée et, en raison de son errance, elle devait être retenue par contention sur une chaise gériatrique toute la journée.Le Dr Chamberland a remis en doute la souffrance de Mme Lizotte le jour du drame, soulignant qu\u2019elle bénéficiait de meilleurs soins que dans d\u2019autres établissements qu\u2019elle avait fréquentés.Le psychiatre s\u2019est aussi prononcé sur la notion de compassion.Il estime que M.Cadotte a surtout voulu soulager sa souffrance en étouffant sa femme.« Il existe une différence entre la compassion qui peut pousser un individu à abréger la souffrance d\u2019une autre personne et la compassion que l\u2019on pourrait qualifier de \u201cface à soi-même\u201d qui pourrait nous amener à abréger la vie d\u2019une autre personne », a soutenu le Dr Chamberland.La juge Hélène Di Salvo, qui préside le procès, a d\u2019ailleurs rappelé à ce moment que le meurtre par compassion n\u2019existe pas en droit criminel.Abus d\u2019alcool Selon le Dr Chamberland, les symptômes dépressifs qu\u2019a pu présenter M.Cadotte sont plutôt liés à sa trop grande consommation d\u2019alcool.Lors de son témoignage, l\u2019accusé avait raconté qu\u2019il n\u2019avait pas prévu de rendre visite à son épouse le jour du drame.Il s\u2019est rappelé être déprimé et avoir bu toute la fin de semaine, si bien qu\u2019il a décidé de ne pas aller travailler.« [M.Cadotte] dit que s\u2019il n\u2019avait pas pris d\u2019alcool durant la fin de semaine précédente, les événements qui se sont produits ne seraient probablement pas arrivés », souligne le Dr Chamberland.Le procès de M.Cadotte se poursuivra mercredi avec le contre-interrogatoire du Dr Chamberland. LEDEVOIR // LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 5 Aide aux sinistrés de l\u2019incendie de samedi matin à Longueuil Un vent d\u2019entraide souffle sur la ville de Longueuil alors que les dons affluent pour venir en aide aux sinistrés de l\u2019incendie de samedi, qui a fait trois morts et jeté quarante personnes à la rue.« Il y a un énorme élan de solidarité », a raconté Nathalie Thirion-Armani, directrice générale du Carrefour Mousseau, qui reçoit des dons de vêtements depuis le sinistre.« Quand je suis arrivée, je n\u2019arrivais pas à passer la porte ! Déjà hier [dimanche] je suis passée et il y avait une vingtaine de sacs.Ce matin [lundi], il y avait presque le double », a-t-elle expliqué.La Ville de Longueuil a son service téléphonique 311 à la disposition des personnes qui souhaiteraient faire un don pour venir en aide aux personnes touchées.Le sinistre a coûté la vie à trois adultes d\u2019une même famille, un homme, une femme et la mère de l\u2019un d\u2019eux.Un enfant de 11 ans qui était dans le même appartement, devenu orphelin, a eu la vie sauve en sautant du haut d\u2019un balcon.La Presse canadienne EN BREF GRAHAM HUGHES LA PRESSE CANADIENNE JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les élus de Ville-Marie s\u2019apprêtent à donner le feu vert à la construction de deux tours d\u2019une cinquantaine d\u2019étages sur l\u2019emplacement de l\u2019ancien Spectrum, dans le Quartier des spectacles.Même s\u2019il approuve le projet, le comité consultatif d\u2019urbanisme (CCU) invite les promoteurs à y intégrer des logements sociaux.Quand, en novembre dernier, De- vimco Immobilier et le Fonds immobilier de solidarité FTQ avaient dévoilé leur projet de plus de 1500 unités, la mairesse Valérie Plante avait qualifié le dossier de « stunt publicitaire ».L\u2019imposant projet devait être analysé par le CCU avant que la Ville puisse l\u2019autoriser, avait-elle déclaré.C\u2019est maintenant chose faite.Le CCU a examiné le projet à deux reprises, en décembre et en janvier.Dans un premier temps, le CCU, qui réunit des élus et des professionnels en architecture et en urbanisme, a demandé quelques modifications volumétriques pour la tour nord ainsi que des ajustements de nature architecturale.Les promoteurs se sont pliés à plusieurs exigences et le CCU a remis un avis favorable au projet en janvier.Mardi soir, ce sera au tour du conseil d\u2019arrondissement de se prononcer sur le dossier.Le CCU a toutefois recommandé aux promoteurs de réfléchir à l\u2019intégration de logements sociaux.Une part de 15 % de logements abordables est prévue dans les immeubles, mais pas de logements sociaux, car le projet n\u2019est pas assujetti aux règles d\u2019inclusion en vigueur.Lundi, les promoteurs n\u2019ont pas voulu émettre de commentaires.À l\u2019ombre des tours Le terrain sur lequel s\u2019érigeront les deux tours de 51 et de 53 étages est vacant depuis la démolition du Spectrum, il y a plus de 10 ans.Le Fonds immobilier de solidarité FTQ, qui a acheté le terrain en 2011, s\u2019est associé à Devimco Immobilier et à la firme d\u2019architectes Lemay pour proposer Maestria, dont les deux tours qui dépasseront en hauteur les autres constructions du secteur, dont le Complexe Desjardins (41 étages) et l\u2019hôtel AC Marriott (37 étages).Sur les rues De Bleury et Sainte-Ca- therine, les rez-de-chaussée seront occupés par des commerces.Des 1636 logements des deux tours, 700 seront mis en location.Au 25eétage, une passerelle reliera les deux immeubles.L\u2019arrondissement estime que le projet Maestria comporte des avantages par rapport à celui qui avait été autorisé auparavant.« Les volumes ayant front sur la rue Sainte-Catherine offrent une MONTRÉAL Le projet Maestria s\u2019apprête à franchir une nouvelle étape occasion idéale de retisser la trame urbaine », note-t-on dans les documents rendus publics lundi.Malgré la taille des tours, l\u2019arrondissement souligne que les critères généraux d\u2019ensoleillement sont respectés.« L\u2019impact sur la place des Festivals est concentré le matin », précise-t-on.Déficit en logements sociaux Coordonnateur au Comité logement Ville-Marie, Éric Michaud déplore que la Ville n\u2019ait pas exigé des promoteurs de Maestria la construction de logements sociaux.Entre 2005 \u2014 année de l\u2019entrée en vigueur de la politique d\u2019inclusion de la Ville \u2014 et 2017, seulement 942 des 24 754 logements mis en chantier dans Ville-Marie étaient des logements sociaux, soit 3,8 %, souligne-t-il.Ailleurs à Montréal, la proportion de logements sociaux construits a atteint 14,3 %.« Le centre-ville est devenu le terrain de jeu des promoteurs », juge M.Michaud.« Il faut trouver des solutions pour que des logements sociaux y soient réalisés.Ça fait 15 ans qu\u2019on soulève ce problème.» La Ville travaille sur un nouveau projet de règlement sur l\u2019inclusion, mais d\u2019ici son adoption, des projets comme celui du Maestria n\u2019y seront pas assujettis, conclut-il.Estimé à 700 millions, le projet Maestria fera l\u2019objet d\u2019une consultation publique avant d\u2019aller de l\u2019avant.La GRC démantèle un réseau international de blanchiment d\u2019argent La Gendarmerie royale du Canada a procédé à une vaste opération lundi matin visant à démanteler un réseau mondial de blanchiment d\u2019argent, qui avait des ramifications jusque dans la grande région de Montréal.Des enquêteurs de la GRC du Québec et de l\u2019Ontario, en collaboration avec l\u2019Agence du revenu du Canada, ont mené ce projet baptisé «Collecteur» entre mai 2016 et le printemps 2018.Selon le sergent Luc Thibault, du bureau de la GRC à Montréal, les individus visés par les mandats d\u2019arrestation facilitaient «la collecte d\u2019argent auprès de groupes criminels pour ensuite blanchir le fruit de leurs activités illicites».Plus de 300 policiers de la GRC du Québec et de l\u2019Ontario ainsi que des corps de police des villes de Montréal, de Laval et de Toronto ont participé à l\u2019opération.Onze perquisitions ont été menées et 19 individus étaient visés par des mandats d\u2019arrestation, dont 12 dans la grande région de Montréal et 7 dans la région de Toronto.Quatre individus demeurent recherchés par la GRC.La Presse canadienne Des médecins réclament un meilleur contrôle des armes à feu Toronto \u2014 Des médecins ont créé une nouvelle organisation pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu au Canada, faisant valoir que la violence liée aux armes dévaste la vie de leurs patients et de leurs communautés.Le groupe Canadian Doctors for Protection from Guns affirme que la violence par armes à feu devrait être considérée comme un enjeu de santé publique, tout comme la sécurité routière ou le tabagisme.L\u2019organisation est formée de médecins de famille, d\u2019urgentologues, de chirurgiens traumatologues et de psychiatres.Ceux-ci réclament une interdiction des armes de poing et des armes d\u2019assaut, jugeant que la violence par armes à feu est une « crise de santé publique » qui doit être considérée.Le groupe rappelle que selon Statistique Canada, les crimes violents liés aux armes à feu ont augmenté de 42 % depuis 2013.La Presse canadienne Porte-parole des Journées de la persévérance scolaire, Laurent Duvernay-Tardif, joueur des Chiefs de Kansas City, a insisté lundi sur l\u2019importance du sport et de l\u2019activité physique dans la persévérance scolaire chez bien des jeunes.« Ç\u2019a été un élément clé de ma réussite scolaire, de pouvoir faire de l\u2019activité physique, de canaliser mon énergie pour, après ça, mieux focu- ser dans les salles de classe », a relaté le diplômé en médecine de l\u2019Université McGill.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Un modèle de persévérance GUILLAUME LEPAGE LE DEVOIR Muets depuis la condamnation de leur fils, les parents d\u2019Alexandre Bis- sonnetter ont déploré lundi soir une « peine très sévère » dans une lettre envoyée à des médias québécois.L\u2019homme de 29 ans, auteur des six assassinats commis il y a deux ans au Centre culturel islamique de Québec, a été condamné vendredi dernier à la prison à perpétuité sans possibilité de libération avant 40 ans.Si Manon Marchand et Raymond Bis- sonnette soulignent que leur fils a reçu «la plus lourde peine jamais imposée au Québec depuis l\u2019abolition de la peine de mort», ils en ont surtout contre la réforme du Code criminel du gouvernement Harper.Depuis 2011, les tribunaux canadiens peuvent imposer des peines multiples, soit 25 ans pour chaque vie enlevée.Ils critiquent ainsi la requête de la Couronne, qui a exigé pour Alexandre Bissonnette le maximum des peines consécutives, soit 150 ans derrière les barreaux.«Il nous semble que cette position encourage un désir de vengeance, en plus d\u2019éteindre tout espoir en exi- JUSTICE Les parents de Bissonnette jugent la peine « très sévère » geant une peine au-delà de l\u2019espérance de vie d\u2019une personne, contournant ainsi l\u2019abolition de la peine de mort », peut-on lire dans leur lettre.« Contrairement à d\u2019autres pays, le Canada a choisi de s\u2019ouvrir pour accueillir des personnes venues de partout dans le monde, leur offrant ainsi l\u2019espoir d\u2019une seconde chance dans la vie.Pourquoi vouloir nier le moindre espoir aux condamnés ?» écrivent aussi les parents de Bissonnette.Vendredi, le juge François Huot s\u2019est positionné entre la défense \u2014 qui demandait seulement 25 ans \u2014 et la Couronne, qui réclamait 150 ans.La peine, selon les mots du magistrat, se voulait « exemplaire », afin, a- t-il souligné en s\u2019adressant à Bisson- nette, de « décourager ceux qui, partageant votre vision sectaire, ambitionneraient de suivre vos traces ».Il a toutefois expliqué dans son jugement de quelque 200 pages qu\u2019il ne pouvait pas imposer une peine de 50, 75 ou 150 ans, comme le permet l\u2019article 745.51 du Code criminel.Cet article, a-t-il dit, doit être déclaré « inconstitutionnel ».Dans leur missive, les parents d\u2019Alexandre Bissonnette rappellent de nouveau l\u2019intimidation subie par leur fils pendant ses années passées sur les bancs d\u2019école, qui ont « eu des effets dévastateurs sur sa personnalité ».Le terrain sur lequel s\u2019érigeront les deux tours de 51 et de 53 étages est vacant depuis la démolition du Spectrum, il y a plus de 10 ans.La mère et le père en ont surtout contre la réforme du Code criminel du gouvernement Harper LEDEVOIR // LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin e Canada est en émoi depuis que le Globe and Mail a révélé que le bureau du premier ministre (BPM) Trudeau était intervenu auprès de la ministre de la Justice et procureure générale Jody Wilson-Raybould pour qu\u2019elle applique au cas de SNC-Lavalin la nouvelle disposition du Code criminel autorisant la négociation d\u2019un « accord de réparation » en lieu et place d\u2019un procès criminel.Le BPM a-t-il exercé des pressions indues sur la ministre, comme le prétend l\u2019opposition, ou s\u2019est-il contenté de lui suggérer d\u2019opter pour cette procédure instituée précisément pour sauver SNC ?La nuance est importante puisque, règle générale, le politique ne doit pas intervenir dans le judiciaire.Il existe des cas comme celui-ci où la jurisprudence et le gros bon sens imposent qu\u2019un ministre de la Justice consulte ses collègues et même des experts externes avant de prendre une décision aux conséquences importantes pour le pays.Répétons la question de départ : le BPM a-t-il exercé une pression indue sur Mme Wilson-Ray- bould ?M.Trudeau répond que non, mais l\u2019opposition ne le croit évidemment pas.Hier, à la demande du NPD, le commissaire à l\u2019éthique, Mario Dion, a annoncé qu\u2019il enquêterait.Fort bien, mais cela ne réglera pas le fond du problème.Si pressions il y a eu, la ministre n\u2019y a pas donné suite puisque SNC est toujours accusée de corruption dans le cadre de ses activités en Libye.Ce qui laisse croire qu\u2019elles n\u2019étaient pas aussi « indues » qu\u2019on veut le laisser croire\u2026 ou que Mme Wilson-Raybould n\u2019a pas bien saisi l\u2019importance du message, puisqu\u2019elle a été rétrogradée quelques semaines plus tard.Pour les commentateurs du Canada anglais et pour l\u2019opposition à Ottawa, M.Trudeau a eu tort de vouloir influencer sa ministre de la Justice.Ils ont raison, mais quelle hypocrisie tout de même! En fait, nos collègues de Toronto aimeraient bien empêcher politiquement le gouvernement Trudeau de sauver ce géant québécois aux prises avec des problèmes qu\u2019il s\u2019est lui-même infligés, il faut le dire.Mais pourquoi punir ses milliers d\u2019employés alors que les coupables sont ses anciens dirigeants?Depuis que des scandales de corruption ont été mis au jour, SNC-Lavalin a fait un grand ménage et poursuit au civil ses anciens patrons congédiés.En étant reconnue coupable, SNC ne pourrait plus participer aux appels d\u2019offres du fédéral.Qui en profitera sinon les autres grandes sociétés canadiennes comme la torontoise Aecon, dont Ottawa vient tout juste de bloquer l\u2019acquisition par une société chinoise?Le Canada anglais s\u2019est-il scandalisé d\u2019une telle intervention gouvernementale dans l\u2019économie de marché ?Au contraire, on a applaudi au «sauvetage» d\u2019Aecon.Et quand Ottawa a exclu le chantier maritime Davie des 60 milliards de dollars de contrats de construction de bâtiments militaires, le ROC a simplement trouvé normal que ces brouillons de Québécois soient tassés.Vu de toutes les capitales au pays, le Québec est non seulement une province capricieuse et gâtée, mais surtout très corrompue.Comme si le favoritisme et la corruption faisaient partie de notre code génétique.La réalité est que le Canada anglais et sa presse «nationale» aiment se regarder penser dans le miroir déformant de l\u2019autosatisfaction.À quand des enquêtes sur la corruption pratiquée en Amérique du Sud et en Afrique par les dizaines de sociétés minières inscrites à la bourse de Toronto pour profiter du laxisme des lois canadiennes?Plus honnêtes nos voisins canadiens ?Certainement pas.Seulement plus sûrs de leur domination sur la vie politique et économique canadienne, sauf en territoire gaulois.Alors, quand on peut empêcher les politiciens fédéraux d\u2019intervenir en faveur du Québec, on ne se gêne pas, même si on doit utiliser des moyens détournés.Qu\u2019on punisse les ex-dirigeants corrompus de SNC, soit \u2014 et on ne redira jamais assez notre frustration devant l\u2019entente ridicule intervenue il y a quelques jours entre les procureurs du Québec et ceux de l\u2019ex-p.-d.g., Pierre Duhaime.Mais cela ne justifie pas la perte d\u2019un siège social et d\u2019une grande société dont le Québec, et le Canada, a toujours besoin.Dans une entrevue accordée à CTV, dimanche, le nouveau ministre de la Justice à Ottawa, David Lametti, a laissé entendre que des négociations étaient toujours possibles entre son ministère et SNC-Lavalin, sans pour autant préciser si cela se fera.Passage obligé, de telles négociations ne pourraient conduire qu\u2019au versement de plusieurs centaines de millions en dédommagement punitif de la part de SNC, mais c\u2019est là la seule issue acceptable pour éviter que cette grande société québécoise soit acculée à un démantèlement dont nous ferions tous les frais.Zora Page Travailleuse autonome Montréal Je suis née en 1994, et bien qu\u2019il n\u2019y ait pas de calcul exact de l\u2019âge des « millenials » \u2014 le nom donné à cette génération de jeunes qui carburent aux « hashtags », qui basent la valeur de leur existence sur le nombre de « j\u2019aime » reçus sur leur dernière publication Ins- tagram et qui fuient la vie d\u2019adulte au profit d\u2019une vie de loisirs, libre de responsabilités \u2014 les gens nés entre le début des années 1980 et le milieu des années 1990 sont le plus souvent désignés comme tels.Cette définition me positionne donc, du haut de mes 24 ans, parmi les plus jeunes de ma génération.Le calcul est simple : en 2019, ces « jeunes » milléniaraux sont majoritairement dans la trentaine.Pourtant, les textes qui traitent des problèmes auxquels ma génération fait face ignorent constamment ce fait, incluant le texte de Sylvie St-Jacques « Dur, dur d\u2019être un adulte » publié dans Le Devoir le 4 février dernier.La ligne imaginaire entre les « adultes » et les « jeunes adultes » ne cesse d\u2019être repoussée, incluant maintenant des gens à l\u2019aube de la quarantaine dans cette dernière catégorie\u2026 Il serait peut-être temps de cesser de parler de problèmes « de jeunes » et de commencer à parler d\u2019un problème de société.Comme le dicton le dit, quand l\u2019eau entre en notre bouche, il est trop tard pour apprendre à nager.Je comprends que d\u2019un point de vue extérieur il puisse paraître futile ou même déplacé de célébrer les quelques fois où notre tête sort de l\u2019eau, mais l\u2019alternative n\u2019a rien de réjouissant.Le « #adul- ting » n\u2019est pas un refus des responsabilités, une moquerie ou une performance, mais plutôt un candide signe de fierté et même d\u2019espoir.Pour nous qui sommes devenus adultes dans une réalité bien différente de celle de nos aînés, ces accomplissements nous rassurent, nous montrant que Un peu plus d\u2019humanité Le Québec est et doit demeurer une terre d\u2019accueil.Cela n\u2019a pas toujours été sans débats difficiles, notamment concernant le français comme langue d\u2019intégration des nouveaux arrivants.Mais la société québécoise a su développer les consensus nécessaires pour réussir à confirmer dans l\u2019espace public la légitimité de ses aspirations.Notre société, comme beaucoup d\u2019autres, continue de s\u2019interroger, avec raison d\u2019ailleurs, sur sa capacité réelle d\u2019ouverture à l\u2019immigration; sur les ressources requises en matière d\u2019intégration des immigrants; sur leurs besoins et les meilleurs moyens pour répondre à leurs aspirations.Elle peut et doit également pouvoir tout aussi légitimement s\u2019interroger sur les besoins et les attentes de la société d\u2019accueil à leur égard.La volonté du gouvernement actuel du Québec de traduire dans une politique et un projet de loi sa propre vision de ces enjeux, et les réponses qu\u2019il souhaite y apporter, est non seulement normale, mais aussi devenue nécessaire.Mais le gouvernement doit se rappeler que ce débat demeure complexe, délicat et difficile; qu\u2019il soulève beaucoup d\u2019émotions et de préjugés; que les contradicteurs de sa politique seront nombreux; nombreux également ceux qui voudront profiter de ce débat pour étaler leurs préjugés à l\u2019égard du Québec.Malheureusement, la récente décision du ministre de l\u2019Immigration de déclasser la totalité des demandes déjà reçues à son ministère risque de leur donner inutilement des arguments, détournant le débat nécessaire sur la politique annoncée, et risquant de déstabiliser toute la démarche du gouvernement.Compte tenu des enjeux, difficile d\u2019imaginer que les fonctionnaires de son ministère ne puissent aider le ministre à trouver à ce défi administratif une réponse plus humaine, plus satisfaisante, quitte à étaler dans le temps les réformes souhaitées.Aussi convaincu soit-il de la justesse de sa vision pour l\u2019avenir, le gouvernement ne peut faire table rase des contraintes héritées du passé.D\u2019autant plus qu\u2019au-delà des problématiques administratives, il s\u2019agit ici de la vie d\u2019hommes, de femmes et d\u2019enfants qui, de bonne foi, ont suivi les étapes que nous leur avions fixées et qui ont toutes les raisons d\u2019espérer une autre attitude du Québec à leur égard.Les Québécois ont la maturité démocratique requise pour faire avec ouverture et sérénité le débat relatif aux enjeux de l\u2019immigration chez nous ; mais ils seraient sûrement plus fiers et plus sereins de faire ce débat en sachant que leur gouvernement a su, en leur nom, faire preuve de toute l\u2019humanité attendue dans les circonstances.Robert Perreault, ex-ministre de l\u2019Immigration au Québec Le 11 février 2019 Une loi injuste Le gouvernement de Justin Trudeau dit avoir de bonnes raisons de laisser en plan les cas qui ne sa- LIBRE OPINION LETTRES SNC-LAVALIN Assez d\u2019hypocrisie ! L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu malgré la précarité, le manque de repères et le rythme de vie rapide dans lesquels plusieurs d\u2019entre nous pataugent, nous sommes sur le bon chemin.Ironie et désinvolture Je suis d\u2019avis que la difficulté des milléniaraux à acquérir la « maturité frugale et organisée » dont fait mention l\u2019article ne peut pas être simplement résumée par le rapport que nous avons à la technologie et aux réseaux sociaux.Notre rapport à l\u2019image, notre ironie et notre désinvolture ne sont pas la cause de nos maux, mais un symptôme de la violente scission entre les idéaux qui nous ont été inculqués et la réalité changeante de la vie moderne.Refuser de reconnaître qu\u2019un nombre aussi important d\u2019adultes \u2014 jeunes et moins jeunes \u2014 se sentent démunis face aux tâches de la vie quotidienne puisse être la responsabilité de tous me semble témoigner de la dangereuse tendance actuelle à mettre tout sur le compte de la responsabilité individuelle au détriment des circonstances sociales, politiques et économiques qui nous ont menées au point où nous en sommes.Je sais trop bien que mon habileté à me faire une salade de quinoa ne me garantira pas un fonds de pension et qu\u2019une cinquantaine de brassées de lavage n\u2019empêcheront pas la spéculation immobilière, alors, comme tant de gens de mon âge, je me réjouis de mes moments d\u2019« adulting » avec une pointe d\u2019ironie, mais surtout avec une joie sincère d\u2019avoir trouvé un point de repère dans une ère où il y a autant de manières d\u2019être « adulte » qu\u2019il y a de restaurants sur Uber Eats.Sur « ma » génération, un candide signe de fierté et d\u2019espoir JEAN-ROBERT SANSFAÇON tisfont pas l\u2019exigence d\u2019être en « fin de vie » pour se prévaloir de l\u2019aide médicale à mourir en prétextant que la loi adoptée reposait sur l\u2019atteinte d\u2019un juste équilibre, alors qu\u2019elle crée, en fait, une disparité non légitime entre les personnes dont la mort est imminente et celles qui, pour des raisons de temporalité sans fondement, sont condamnées à une lente déchéance inhumaine.Aussi s\u2019imposerait-il de formuler une définition plus extensible de la notion de fin de vie qui, au- delà de l\u2019imminence de la mort, inclurait aussi l\u2019état d\u2019une personne qui, étant définitivement privée des conditions et de la qualité de vie sans lesquelles perdurer lui est devenu insupportable, ne peut que se résoudre à vouloir anticiper sa fin.Ce meilleur encadrement permettrait de colmater les brèches d\u2019une loi dont l\u2019humanité est visiblement bancale.Jean-Charles Merleau Gatineau, le 9 février 2019 On n\u2019a encore rien vu Le Québec voulait avoir un gouvernement d\u2019hommes d\u2019affaires ?Il en a un.Pour l\u2019environnement, rien.Pour l\u2019immigration, on a vu cela hier (et tant pis pour la réputation du Québec).Pour le contrôle de l\u2019entreprise privée sur le MAPAQ, bonne chance aux lanceurs d\u2019alerte.Pour les services informatiques, une reddition totale à l\u2019entreprise privée.Et ce n\u2019est qu\u2019un début.Nous en avons comme cela pour quatre ans.Pierre Desrosiers Val-David, le 8 février 2019 La réalité est que le Canada anglais et sa presse « nationale » aiment se regarder penser dans le miroir déformant de l\u2019autosatisfaction A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.À la merci des Américains ?L e gouvernement du Québec entend se départir de ses infrastructures informatiques et entreposer les données des différents ministères et organismes publics auprès d\u2019entreprises commerciales proposant des services d\u2019infonuagique.Concrètement, cela signifie que les banques de données des ministères et organismes publics québécois pourraient se retrouver hébergées sur des serveurs appartenant à des fournisseurs américains comme Amazon, Microsoft, Google, Apple, etc.Bien que le ministre ait manifesté son intention de faire en sorte que les données demeurent physiquement sur le territoire québécois, il n\u2019a pas exclu que les services d\u2019infonua- gique puissent être assurés par des entreprises assujetties aux lois américaines.Or, il se trouve que le droit américain accorde aux autorités de ce pays un droit étendu d\u2019accéder aux données où qu\u2019elles se trouvent, et ce, dès lors qu\u2019elles sont entre les mains d\u2019une firme assujettie aux lois américaines.Le Cloud Act Au nombre des lois qui sont susceptibles de s\u2019appliquer et de mettre à risque les données relevant du gouvernement du Québec, il y a le Cloud Act, cette loi promulguée au début 2018 après avoir été votée par le Congrès sans vraiment de débats sur le fond.L\u2019expression « Cloud Act » signifie Clarifying Lawful Overseas Use of Data.Cette législation a pour but de clarifier l\u2019étendue du droit des autorités américaines d\u2019accéder à des données stockées hors des États-Unis, mais sur des installations qui sont contrôlées par des entreprises américaines.Deux dispositions du Cloud Act sont à la source des préoccupations de ceux qui expriment des craintes à la perspective de voir le gouvernement du Québec faire appel à des firmes américaines pour stocker ses données.Une première prévoit que toute société américaine (c\u2019est- à-dire enregistrée aux États-Unis), ainsi que les sociétés contrôlées par elle, a l\u2019obligation de communiquer aux autorités américaines, à leur demande, les données placées sous son contrôle sans égard au lieu où ces données se trouvent stockées.Cela met radicalement à mal la souveraineté de tous les pays dans lesquels sont stockées des données.Une autre disposition prévoit la possibilité pour le gouvernement des États-Unis de conclure avec des gouvernements étrangers des accords permettant aux autorités respectives de chaque pays de demander la divulgation de données directement aux fournisseurs de services de communication, traitement et stockage électroniques de données relevant de la juridiction d\u2019un autre pays.Ces ententes pourraient court-circuiter l\u2019obligation de passer par un juge afin de forcer les entreprises à donner accès aux données sous leur garde.Bien sûr, a priori, l\u2019accès par les autorités américaines à plusieurs types de données est conditionnel à un mandat d\u2019un tribunal ou un ordre donné par un juge.De plus, les entreprises américaines qui se font réclamer des fichiers entreposés sur leurs serveurs ont en principe une possibilité de contester le bien-fondé de telles demandes devant les tribunaux américains.Mais ce qui inquiète est le caractère trop souvent obscur des dispositions applicables et surtout le déficit de crédibilité des autorités américaines depuis les révélations d\u2019Edward Snowden.En Europe, ces inquiétudes ont alimenté des prises de position réclamant des lois imposant aux autorités publiques l\u2019obligation de s\u2019assurer que les données de leurs citoyens sont entreposées dans des environnements informatiques protégés des décisions possiblement arbitraires d\u2019une autorité étrangère.Mais par-dessus tout, ce qui importe est la limpidité du cadre juridique auquel seront soumis les fichiers contenant les données des Québécois.L\u2019une des façons d\u2019y arriver est de prévoir dans les lois québécoises les conditions minimales des contrats qui pourront intervenir entre tout organisme relevant des lois du Québec et les fournisseurs de solutions in- fonuagiques.Renforcer la loi québécoise L\u2019actuel article 70.1 de la Loi sur l\u2019accès aux documents des organismes publics et sur la protection des renseignements personnels oblige de s\u2019assurer avant d\u2019autoriser leur transfert que les renseignements personnels bénéficieront d\u2019une protection équivalant à celle prévue à la loi québécoise.À défaut d\u2019une telle protection, les organismes publics doivent refuser de les confier à une entreprise de l\u2019extérieur du Québec.Dans ce même esprit, avant de confier des données à toute firme susceptible d\u2019être assujettie aux lois d\u2019un autre État, les autorités québécoises devront expliquer clairement les garanties qui s\u2019appliqueront.C\u2019est pourquoi les décisions de confier des données à des entreprises commerciales devraient être soumises à l\u2019examen public de la Commission d\u2019accès à l\u2019information, l\u2019organisme chargé au Québec d\u2019assurer la protection des renseignements personnels.PIERRE TRUDEL Vincent Geloso Professeur invité en économie, Bates College (Lewiston, Maine) Dans la foulée de l\u2019annonce du projet de loi 9 quant à l\u2019intégration des immigrants au Québec, il est nécessaire de déboulonner les mythes qui circulent dans la sphère publique au sujet de l\u2019immigration.Il y a trois grands mythes qui doivent cesser de circuler.Premièrement, nombreux sont ceux qui affirment que les immigrants sont un «drain fiscal» \u2014 c\u2019est-à-dire que les dépenses allouées aux immigrants surpassent les revenus.Strictement parlant, c\u2019est vrai \u2014 mais seulement de 500$ par année, selon des économistes de l\u2019Université Simon Fraser.Cependant, cela n\u2019implique pas que les immigrants n\u2019augmentent pas de manière nette les revenus de l\u2019État.La plupart des études montrent qu\u2019il existe en fait des effets bénéfiques modestes pour la population d\u2019accueil.L\u2019arrivée d\u2019immigrants augmente la taille du marché et ouvre des possibilités de spécialisation additionnelles (qui n\u2019existaient pas avant).Comme la spécialisation nous enrichit en nous permettant de nous concentrer sur ce qu\u2019on fait de mieux, les revenus augmentent.Le montant de 500$ ne tient donc pas compte des revenus additionnels pour l\u2019État provenant de l\u2019effet modeste sur le revenu des natifs.S\u2019il n\u2019existe pas d\u2019études spécifiques au Québec sur ce mécanisme, les études sur le cas américain montrent que, lorsque l\u2019on tient compte de cette augmentation des revenus, l\u2019immigration n\u2019a aucun effet net sur les finances publiques.Deuxièmement, on entend souvent des chiffres voulant que les immigrants aient un taux d\u2019emploi inférieur à celui de la population native du Québec, et que ce taux est inférieur à celui des autres provinces canadiennes.Il y a deux problèmes avec cet argument.Tout d\u2019abord, on remarquera que les pays avec des taux élevés d\u2019immigration ont tendance à avoir des taux de chômage plus bas \u2014 indépendamment de la différence entre les natifs et les immigrants.Cela résulte du fait que l\u2019immigration augmente notre capacité de spécialisation, et donc notre capacité à produire.Cela augmente autant la demande de travail que l\u2019offre de travail.Qui plus est, il est important de noter que la différence du taux d\u2019emploi entre les immigrants et les natifs ne dépend pas beaucoup des immigrants eux- mêmes.Le taux d\u2019emploi dépend des politiques réglementaires et fiscales qui réduisent les rendements du travail, de l\u2019entrepreneuriat et de l\u2019épargne.En tenant compte de ces éléments, on peut remarquer que les endroits qui encouragent davantage l\u2019entrepreneuriat et taxent moins les fruits du travail des familles ont aussi tendance à avoir de plus petits écarts entre immigrants et natifs au titre du taux d\u2019emploi.Troisièmement, il est fréquent d\u2019entendre que les immigrants ne s\u2019intègrent pas et qu\u2019ils ont une culture différente.Ces différences culturelles et ce refus de s\u2019intégrer, selon ceux qui en parlent, détériorent les institutions qui produisent la prospérité économique qui a attiré les immigrants pour commencer.Il s\u2019agit là d\u2019un argument qui contredit tant la logique que les données empiriques.Tout d\u2019abord, lorsqu\u2019un immigrant quitte son pays d\u2019origine, il paie un prix important \u2014 celui de laisser derrière lui une bonne partie de sa vie.Ce genre de coût génère un effet de sélection: ceux qui sont prêts à l\u2019assumer sont aussi ceux qui sont les plus susceptibles de déployer tous les efforts possibles pour s\u2019intégrer.Ensuite, un immigrant fait un choix entre différentes institutions: il rejette le cadre institutionnel du pays qu\u2019il quitte et choisit celui qui améliorera le plus sa qualité de vie.Dans une telle situation, on peut s\u2019attendre à ce que l\u2019immigrant moyen s\u2019oppose fermement aux décisions politiques qui répliqueront les institutions qu\u2019il a quittées.C\u2019est pour cette raison que l\u2019on remarque que l\u2019immigration améliore les indicateurs de qualité des institutions.Par exemple, les immigrants réduisent la corruption dans les pays développés, selon une récente étude produite par des chercheurs de l\u2019Université Texas Tech.Certes, il y a des immigrants qui sont plus réticents à s\u2019intégrer, mais c\u2019est l\u2019exception, non la règle.La plupart des études montrent en fait que les immigrants ont des opinions sur les politiques publiques qui ressemblent largement à celles de la population native du pays.Ainsi, il est donc invraisemblable que l\u2019immigration réduise la qualité des institutions.Ces trois mythes ne tiennent pas la route \u2014 sur le plan tant logique qu\u2019empirique.Tant que ces mythes servent à cadrer les débats sur l\u2019immigration, ils mèneront à des politiques qui empireront la situation tant pour les Québécois que pour les immigrants.EMPLOI Les mythes économiques quant à l\u2019immigration Camille Louis Professeure de philosophie et dramaturge Nous sommes le 15 septembre 2018 et commencent en France les renommées Journées du patrimoine, dont le thème est, cette année, le partage.Divers lieux culturels disséminés sur tout le territoire français invitent les visiteuses et visiteurs à célébrer cette belle et honorable vertu qui, pour être articulée ainsi à la notion de patrimoine, pourrait être considérée comme ce qui nous appartient, ce qui nous est propre, à nous, Français, à nos «pères» et à notre patrie.Cette patrie française, aujourd\u2019hui gouvernée par un président qui entend en effet l\u2019élever comme s\u2019il en était le père, le protecteur, l\u2019éducateur et le responsable de sa lumineuse propreté, est pourtant le lieu où ne cessent de se multiplier des scènes agencées non pas selon «l\u2019art du partage », conçu comme créateur d\u2019expérience de convivialité et d\u2019égalité, mais selon sa technique contemporaine qui réduit le sens du partage à celui de l\u2019attribution inégale des parts.[\u2026] [A]u-delà de la prétention française dont ces journées sont aussi le symbole, il y a l\u2019expérience telle qu\u2019elle peut être ainsi faite, chaque matin, non seulement d\u2019un déni mais aussi et surtout d\u2019une destruction des existences.Existences de tous ces « autres » qui n\u2019ont pas part à la communauté policée qui, elle, se réjouit de son sens du partage au moment même où ses gestes en réduisent le sens à cette peau de chagrin de la partition, de la privatisation, de l\u2019exclusion.[\u2026] Demain, dimanche 16 septembre, certains d\u2019entre nous se réuniront au Musée d\u2019art contemporain du Val-de- Marne afin de lire aux visiteurs un mélange de témoignages d\u2019hospitalité et d\u2019arguments réclamant l\u2019inscription de cette dernière au statut de patrimoine culturel immatériel de l\u2019humanité.L\u2019action a été lancée par le PEROU (Pôle d\u2019exploration des ressources urbaines), qui, depuis 2012, s\u2019efforce de collecter tout ce qui continue de résister à une politique mondiale grandement devenue police immonde.[\u2026] Les chantiers du PEROU s\u2019inscrivent dans le sillage et sous l\u2019égide des gestes de soin, d\u2019attention, de considération, d\u2019amitié que ne cessent de cultiver nombre de nos concitoyens à l\u2019endroit des personnes cherchant refuge parmi nous.En dépit des lois les criminalisant, en dépit des dispositifs de contrôle visant à les juguler, ces actes d\u2019hospitalité demeurent solidement enracinés dans le quotidien d\u2019anonymes, d\u2019associations, de collectifs démultipliés.Ils constituent un patrimoine vivant non reconnu comme tel, un trésor précieux pour les générations à venir, qui connaîtront au centuple les migrations et brassages planétaires.[\u2026] Je suis engagée dans cette action alors que, depuis quelque temps, j\u2019éprouve un certain malaise à recevoir de manière quasi hebdomadaire une invitation à participer à un événement, à une publication, à un colloque sur ce «thème» de l\u2019hospitalité.J\u2019essaie chaque fois de bien évaluer les ressorts et effets de ces invitations : s\u2019agit-il de poser les bases d\u2019actions collectives porteuses de transformations réelles ou s\u2019agit-il simplement de relever, du haut de nos tribunes et confortablement assis sur nos sièges de doctes, le niveau des atrocités que « nous » savons si bien expliquer tout comme nous saurions en indiquer le remède?[\u2026] J\u2019accompagne le PEROU depuis quelques années, car nous nous sommes rencontrés loin des célébrations de « paroles » et des conférences sur l\u2019hospitalité, et au plus près des gestes qui la rendent effective.Nous nous sommes retrouvés à Calais, au temps de ladite « jungle », lorsque nous y étions, avec mon si cher et précieux collègue récemment décédé Étienne Tassin, et que nous faisions l\u2019expérience immédiate de ce type d\u2019hospitalité, qui renverse ce que l\u2019on aime tant en vanter « de loin ».C\u2019est-à-dire celle qui la confond avec une forme de charité par laquelle le sujet installé en un chez-soi identifié [peut] accueillir « l\u2019autre ».Ce qui s\u2019éprouve très souvent pour quiconque est un jour allé dans le camp est précisément de se trouver interpellé par un résident temporaire qui, tout en n\u2019ayant ici aucun « chez lui », nous y invite.Et nous y invite d\u2019emblée.Pas un regard croisé qui ne soit succédé d\u2019un « Hello ! How are you ?», pas un groupe de jeunes hommes ou femmes assis sur un petit tas de caisses de bois qui ne vous propose de les rejoindre pour boire un thé ou échanger des histoires.Dans ce temps suspendu de l\u2019arrêt auquel sont assignés les femmes et hommes exilés, il y a autant la détresse du vide que le besoin incommensurable d\u2019un peuplement nouveau, celui par lequel nous pouvons encore occuper le temps ensemble [\u2026] Cela paraît d\u2019une simplicité extrême et pourtant, c\u2019est ce bien le plus simple de l\u2019existence en commun que tout, et particulièrement les techniques qui répartissent inégalement les parts en se couvrant sous le nom de « partage », tendent à annuler.[\u2026] Les personnes exilées ne sont pas seulement les témoins passifs d\u2019une mondialisation vorace qui détruit les vies pour sauver les richesses.Elles sont aussi les témoins du monde qui pourrait émerger de nos actions partagées [\u2026] d\u2019un peuple enfin retrouvé dans le chaos du demos qui est pour nous tous une chance d\u2019existence.Des commentaires ou des suggestions pour des Idées en revues ?Écrivez à rdutri- sac@ledevoir.com.Prendre part, faire monde Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Liberté, hiver 2019, no 322.L\u2019arrivée d\u2019immigrants augmente la taille du marché du travail.JACQUES NADEAU LE DEVOIR LEDEVOIR // LE MARDI 12 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com 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Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.C\u2019est peu de dire que les élections partielles du 25 février seront cruciales pour le Nouveau Parti démocratique (NPD).Non seulement le chef Jagmeet Singh joue-t-il son avenir politique en Colombie-Britannique, mais les électeurs d\u2019Outremont pourraient le même jour mettre un terme symbolique à l\u2019ère Mulcair.Contexte d\u2019une partielle qui prépare le terrain de la générale.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR ÉLECTIONS Vers la fin de la vague orange Dans Outremont, la partielle du 25 février a les allures d\u2019un laboratoire pour les élections générales chacun ses collections : Rachel Ben- dayan, elle, s\u2019intéresse aux portes.Plus précisément, celles auxquelles elle a cogné depuis cinq ans en tant que candidate libérale dans Outremont.Et elles sont nombreuses, selon son décompte : quelque 32 000.Autant de toc-toc-toc ou de coups de sonnette pour expliquer qui elle est (avocate, candidate à l\u2019investiture libérale, puis aux élections générales de 2015, et maintenant à la partielle de 2019\u2026) et tenter de convaincre les citoyens d\u2019aller voter pour elle.Une campagne politique dans sa forme la plus classique : une maison et une courte discussion à la fois.Elle n\u2019est pas seule à s\u2019activer depuis un moment pour tenter de rafler le siège laissé vacant par la démission de Thomas Mulcair.La néodémocrate Julia Sánchez (qui a fait carrière en coopération et développement international) se consacre à sa campagne à temps plein depuis\u2026 le mois d\u2019août.« Les libéraux font tout ce qu\u2019ils peuvent pour reprendre la circonscription.Ils veulent gagner\u2026 et nous aussi », note-t-elle.Dans l\u2019eau des redoux (comme la semaine dernière) ou sur la glace à \u201320 degrés (comme lorsque Justin Trudeau est venu donner un coup de main à sa candidate, fin janvier), Mmes Bendayan et Sánchez battent donc le pavé.« Ça permet un contact direct avec les citoyens, d\u2019entendre les enjeux qui les préoccupent, de leur faire réaliser qu\u2019on n\u2019est pas seulement un visage sur une pancarte », soutient Rachel Ben- dayan lorsqu\u2019on lui demande si cette méthode du porte-à-porte a encore son utilité.Une préparation pour octobre En 2015, Mme Bendayan est allée chercher un tiers des votes face à un adversaire de taille : Thomas Mulcair, chef de l\u2019opposition officielle et bête politique hors norme.Quatre ans plus tard, le départ de M.Mulcair pourrait lui ouvrir les portes du Parlement, si l\u2019on se fie au tableau esquissé par les sondages fédéraux au Québec.Ceux-ci montrent que les libéraux pointent loin devant les autres, et que les néodémo- crates accumulent les reculs (8 % d\u2019appuis dans le dernier Léger).Cette partielle donnera ainsi des débuts de réponse à des questions plus larges touchant les prochaines élections générales.Assiste-t-on à la fin de l\u2019ère Mulcair, une période durant laquelle le NPD a cru qu\u2019il s\u2019était durablement implanté au Québec ?Les libéraux sauront-ils profiter des ennuis du parti de Jagmeet Singh ?Le bilan environnemental controversé du gouvernement Trudeau pourrait-il avoir un impact aux urnes ?Quelle résonance a le discours autonomiste du chef conservateur Andrew Scheer auprès des Québécois ?À une autre échelle, les enjeux ne manquent pas non plus pour le Bloc québécois (premier test électoral pour le nouveau chef, Yves-François Blanchet), les verts (qui espèrent eux aussi profiter des ennuis du NPD) et le Parti populaire du Canada, la nouvelle formation de Maxime Bernier.Leurs candidats sont eux aussi à pied d\u2019œuvre au cœur de Montréal.Le symbole Outremont ?« L\u2019importance symbolique est forte », reconnaissent avec les mêmes mots deux stratèges libéral et néodémocrate interrogés dans les derniers jours.Ne l\u2019oublions pas : ce fief libéral fut le point de départ de la percée du NPD au Québec.En remportant la partielle de septembre 2007 \u2014 les photos de cette soirée le montrent avec un immense sourire aux côtés d\u2019un Jack Layton tout aussi heureux \u2014, Thomas Mulcair jetait les bases de ce qui donnerait l\u2019étonnante vague orange de 2011 (59 députés néo- démocrates sur 75 circonscriptions).Le NPD a certes reculé en 2015 (16 députés, 25 % du vote), mais demeurait néanmoins une force politique importante dans la province.Cette fois, la perte d\u2019Outremont dans une partielle, à huit mois des élections générales, n\u2019augurerait rien de bon pour les néodémo- crates.« Ça va donner un état de santé du NPD au Québec», admettait déjà en juillet le député Alexandre Boulerice.« On est plusieurs à partager cette analyse qu\u2019Outremont est hyperimpor- tante pour le NPD, reconnaît sans ambages la candidate Sánchez.C\u2019est historiquement important \u2014 la victoire de M.Mulcair a lancé un mouvement plus large pour les progressistes à Montréal [Québec solidaire et Projet Montréal ont élargi la brèche, note-t-elle].Mais c\u2019est aussi plus largement important pour l\u2019avenir du parti.» Joint lundi, le député Boulerice soulevait que le NPD « n\u2019est pas dans un scénario de défaite.Mais si Outremont redevient libéral, ce serait un choc.Ça nous ferait mal, et il faudrait voir comment nous retrousser les manches.» L\u2019effet Singh Les sondages actuels sont certes « inquiétants», avoue Mme Sánchez.«C\u2019est clair que ça n\u2019a pas été une année facile [pour le NPD] ».Plusieurs députés actuels ont annoncé qu\u2019ils ne se représenteront pas.Les critiques contre le chef Singh se font entendre un peu partout.« Le problème n\u2019est pas avec le chef, dit Alexandre Boulerice.C\u2019est plus que les gens se demandent qui est le chef\u2026 Et c\u2019est un problème, parce qu\u2019un chef doit être une locomotive, et que lui n\u2019est pas assez connu [pour l\u2019être].En plus, il est accaparé par sa partielle en Colombie-Britannique.» Même avant l\u2019élection de M.Singh à la tête du NPD, des militants québécois avaient mis en garde contre les risques politiques d\u2019élire un chef portant des signes religieux ostentatoires.La campagne de Julia Sánchez entend-elle l\u2019écho de ces craintes ?«Ce n\u2019est pas une grosse inquiétude», répond Mme Sánchez.« Mais j\u2019entends certaines personnes qui ont un malaise avec ça [le port du turban].C\u2019est un enjeu québécois, on ne peut pas le nier, étant donné le débat qu\u2019on a encore sur ça.Mais honnêtement, ce que j\u2019entends davantage des citoyens, ce sont les critiques contre le gouvernement Trudeau, son bilan environnemental, l\u2019abandon de la réforme du mode de scrutin\u2026 » En entrevue dans un café animé d\u2019Outremont, Rachel Bendayan affirmait pour sa part mardi dernier qu\u2019elle reçoit un tout autre message des gens avec qui elle parle.Nulle critique du bilan du gouvernement Trudeau, malgré ces 32 000 portes ?« Rien de particulier ne me vient à l\u2019esprit », répond-elle prudemment.Et même : « Je sens un engouement pour les valeurs libérales, pour le gouvernement Trudeau, pour ses politiques », dit-elle.En coulisses, l\u2019équipe libérale reconnaît toutefois spontanément que l\u2019achat du pipeline Trans Mountain par le gouvernement a suscité passablement de mécontentement au Québec.« Il faudra arriver avec une plateforme environnementale très forte pour contrer les effets négatifs du pipeline », indique une source.Mais on ne croit pas pour autant que cela aura une grande influence le 25 février.« L\u2019idée est d\u2019avoir une victoire marquante, pour envoyer un message en vue de la générale », souhaite un stratège libéral.« C\u2019est une partielle qui aura un impact concret d\u2019une façon ou d\u2019une autre », pense Julia Sánchez.« Et tout le monde est conscient de ça », ajoute-t- elle en parlant plus spécifiquement des troupes néodémocrates.La libérale Rachel Bendayan est allée chercher en 2015 un tiers des votes face à Thomas Mulcair.JACQUES NADEAU LE DEVOIR La néodémocrate Julia Sánchez sait que le mécontentement suscité au Québec par l\u2019achat du pipeline Trans Mountain par le gouvernement Trudeau peut jouer en faveur de son parti.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Conscient de l\u2019enjeu de cette élection complémentaire, Justin Trudeau a fait campagne avec sa candidate à la fin janvier.PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE À Cette partielle donnera ainsi des débuts de réponse à des questions plus larges touchant les prochaines élections générales.Assiste-t-on à la fin de l\u2019ère Mulcair, une période durant laquelle le NPD a cru qu\u2019il s\u2019était durablement implanté au Québec ?Les libéraux sauront-ils profiter des ennuis du parti de Jagmeet Singh ?"]
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