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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2019-02-18, Collections de BAnQ.

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[" LIVRE Le réseau de la santé à l\u2019heure des changements climatiques ANNABELLE CAILLOU LE DEVOIR V agues de chaleur, hivers qui font le yoyo et inondations : les événe- ments météorologiques extrêmes, liés aux changements climatiques, risquent d\u2019augmenter les hospitalisations et les décès dans les prochaines années au Québec.Mais devant un système de santé déjà à bout de souffle, des experts tirent la sonnette d\u2019alarme et appellent au changement, et vite.«Les risques liés aux changements climatiques vont s\u2019amplifier, se cumuler à un système qui a déjà de la difficulté à fonctionner.[\u2026] C\u2019est plus qu\u2019urgent de changer la façon dont on voit notre système de santé», prévient au téléphone Céline Campa- gna, responsable scientifique du programme Changement climatique et santé de l\u2019Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).Avec trois de ses collègues de l\u2019Institut \u2014 Diane Bélanger, Pierre Gosselin et Ray Bustinza \u2014, elle cosigne le livre Changements climatiques INDEX Avis légaux .B2 Culture.B7 Décès .B4 Éditorial.A6 Grille TV.B7 Idées.A7 Météo .B6 Monde.B1 Mots croisés.B6 Religion .B6 Société .A5 Sports.B4 Sudoku .B6 Sur la route.B5 SUR LA ROUTE Le calme sonore, une denrée rare dans les anciens faubourgs ouvriers | B 5 ACTUALITÉS Une loi encadrant la rémunération des stages réclamée A 3 ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Après avoir longtemps résisté, les médecins sont désormais prêts à donner plus de place aux infirmières pour désengorger le système de santé, croit la ministre de la Santé, Danielle McCann.D\u2019ici un an, on pourrait même voir des infirmières praticiennes spécialisées faire des diagnostics, selon elle.« L\u2019objectif, c\u2019est que les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) puissent utiliser toutes leurs compétences.Il y en a presque 500 en première ligne.Imaginez le potentiel ! Actuellement, elles doivent se fier au médecin, elles ne peuvent pas poser de diagnostic », a expliqué la ministre de la Santé en entrevue au Devoir.« Imaginez-vous si on dégage ça ! On a l\u2019offre de service qui va être augmentée.» Récemment, Danielle McCann a officiellement demandé au Collège des médecins de « regarder la possibilité » que les IPS puissent poser un diagnostic.Elle a aussi suggéré au Collège de modifier la règle voulant que les patients vus par une IPS soient tenus de rencontrer un médecin dans les 30 jours suivants.« Ils doivent me revenir à court terme, dans les prochaines semaines, avec une proposition », dit-elle.Cette réforme « va peut-être être une petite révolution de l\u2019accès en première ligne », avance la ministre, qui n\u2019exclut pas la possibilité que les IPS puissent commencer à faire des diagnostics d\u2019ici un an.« On va essayer », dit-elle.Tout en négociant avec le Collège des médecins, Danielle McCann a bon espoir de convaincre les omnipraticiens de La « petite révolution » de McCann Les médecins sont « prêts » à donner plus de place aux infirmières, soutient en entrevue la ministre de la Santé FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Malgré une vive opposition, Québec n\u2019en démord pas et fait avancer son projet d\u2019implantation de maternelle 4 ans universelle en créant 250 nouvelles classes lors de l\u2019année scolaire 2019-2020, dont 125 sur l\u2019ensemble de l\u2019Île de Montréal, a confirmé dimanche au Devoir le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge.Entre 30 et 40 millions de dollars vont y être consacrés.L\u2019annonce a été faite, 24 heures avant l\u2019escale dans la métropole lundi de la grande mobilisation provinciale contre le plan caquiste.Elle fait également fi des demandes répétées des organismes représentant les services d\u2019éducation de la petite enfance qui, dimanche, ont réclamé à nouveau à François Legault de faire machine arrière pour se concentrer et soutenir les structures éducatives actuellement en place.« Le réseau des centres de la petite enfance [CPE] et des services de garde se demande pourquoi le premier ministre tient tant à développer les maternelles 4 ans et pourquoi il ne reconnaît pas le réseau actuellement offert au Québec et qui fait pourtant notre fierté et l\u2019envie d\u2019autres pays.Le gouvernement doit consolider ce réseau », plutôt que de chercher à en créer un autre, a indiqué Francine Lessard, directrice du Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance (CQSEPE) lors d\u2019une conférence de presse tenue dimanche à Montréal et à laquelle les trois partis d\u2019opposition ont pris part.Le plan détaillé du gouvernement Le- gault, dévoilé par le réseau TVA dimanche, portera à 644 le nombre total des maternelles 4 ans lors de la prochaine année scolaire sur l\u2019ensemble du territoire.Ces classes vont devoir accueillir un minimum de six élèves vivant en milieu défavorisé.Le personnel enseignant y sera assisté par une ressource spécialisée à mi-temps.ÉDUCATION 250 nouvelles classes de maternelle 4 ans dès septembre La tension reste vive en Haïti alors que de violentes manifestations contre le gouvernement se sont poursuivies tout le week-end.Les principales villes du pays ont subi d\u2019importants dégâts matériels.Issus en majorité des quartiers les plus pauvres, les contestataires réclament la démission du président et de meilleures conditions de vie.Une vingtaine d\u2019élèves québécois et leurs accompagnateurs ont réussi dimanche à quitter Haïti, où ils étaient bloqués.Ils sont arrivés sans encombre à Montréal en soirée.PAGE A 4.HECTOR RETAMAL AGENCE FRANCE-PRESSE Haïti en crise VOIR PAGE A 4 : MATERNELLES SOCIÉTÉ Boycotter les voyages en avion pour lutter contre le réchauffement | A 5 VOL.CX NO 34 / LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ VOIR PAGE A 2 : RÉVOLUTION VOIR PAGE A 2 : RÉSEAU Nombre de personnes perdent la vie ou finissent à l\u2019hôpital chaque année, à la suite d\u2019une vague de froid.JACQUES NADEAU LE DEVOIR ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 et santé.Prévenir, soigner et s\u2019adapter, qui fera son entrée dans les librairies québécoises mercredi prochain.L\u2019ouvrage dresse un portrait exhaustif des impacts directs et indirects des changements climatiques sur la santé de la population.Nombre de personnes perdent la vie ou finissent à l\u2019hôpital chaque année, à la suite d\u2019une tempête, d\u2019inondations, d\u2019une canicule ou encore d\u2019une vague de froid.Mais ces événements climatiques extrêmes sont aussi à l\u2019origine de problèmes cardiovasculaires, rénaux ou respiratoires ; ils engendrent également des cas de stress post-trauma- tique, d\u2019anxiété ou de détresse psychologique.Sans oublier leur rôle dans la contamination de l\u2019eau ou des aliments, qui propagent alors divers virus et bactéries.Résultats : les urgences débordent et les agendas des professionnels de la santé \u2014 du médecin de famille, au travailleur social en passant par le psychologue \u2014 se remplissent à grande vitesse.« Il y a déjà de longues listes d\u2019attente, et la population vieillissante apporte son lot de maladies supplémentaires.Si on ajoute l\u2019impact des changements climatiques, c\u2019est impossible que le système actuel soit en mesure de s\u2019adapter si on ne change pas nos façons de faire », redoute Céline Campagna, rappelant le manque criant de personnel dans le réseau de la santé.Gare à la canicule Elle donne l\u2019exemple des centres d\u2019hébergement de soins de longue durée (CHSLD) au Québec.Si l\u2019organisation et la qualité des soins prodigués y sont souvent critiquées, la situation est d\u2019autant plus problématique en pleine canicule.« La plupart de nos CHSLD sont dans de vieux hôpitaux non climatisés, situés dans des îlots de chaleur.Avec ça, on a à peine assez d\u2019infirmières et de préposés aux bénéficiaires pour faire le tour des patients.Comment s\u2019assurer en pleine canicule que ces personnes vulnérables \u2014 qui souffrent parfois de démence et ne sont plus capables de dire si elles ont froid, chaud ou soif \u2014 ne sont pas déshydratées ou en hyperthermie ?», se questionne la chercheuse.Une situation d\u2019autant plus préoccupante que la population vieillissante augmentera la demande de places en CHSLD et que les canicules seront plus fréquentes.Rappelons que près de 90 personnes sont décédées en pleine canicule en juillet dernier dans la province, selon un bilan préliminaire.En 2010, ce sont pas moins de 106 décès liés à la chaleur accablante qui avaient été recensés, dont une quinzaine en centre hospitalier.C\u2019est de l\u2019impact des changements climatiques que le Québec devrait le plus se préoccuper selon Mme Campa- gna, qui précise que, d\u2019ici 2050, les épisodes de chaleur extrême par été devraient doubler dans la province.« On est tous vulnérables à la chaleur, et encore plus les personnes déjà fragiles, comme les personnes âgées ou celles avec des problèmes cardiovasculaires ou pulmonaires entre autres.» Davantage de formation Pour les auteurs du livre, le système de santé n\u2019a d\u2019autre choix que de s\u2019adapter au plus vite à cette réalité, puisque le réchauffement climatique est tel qu\u2019un retour en arrière semble désormais impossible.« Même si on élimine demain matin les émissions mondiales de gaz à effet de serre, [ceux] déjà présents dans l\u2019atmosphère vont continuer à changer le climat pour le prochain siècle.Le système de santé et ses professionnels doivent se préparer en conséquence.» Les médecins gagneraient à être mieux formés RÉSEAU SUITE DE LA PAGE A 1 J\u2019ose espérer que ça va changer, mais il va falloir sans doute des morts pour qu\u2019on se rende compte, au niveau politique, qu\u2019il faut changer des choses CÉLINE CAMPAGNA » Un rôle infirmier accru changer la façon dont ils sont payés.Elle veut qu\u2019ils prennent en charge plus de patients, mais ne soient pas obligés de les voir en personne.Avec le nouveau système, ils pourraient être consultés par téléphone sans en subir un préjudice financier, par exemple.« Ils sont prêts, on les a rencontrés », dit l\u2019ancienne dirigeante de l\u2019Agence de la santé de Montréal.La méthode douce Aux antipodes de Gaétan Barrette pour ce qui est de l\u2019approche, la ministre de la Santé préconise clairement la méthode douce avec les médecins.Depuis son arrivée, elle n\u2019a pas non plus imposé de pénalités aux médecins de famille qui n\u2019avaient pas atteint leurs cibles pour le nombre de patients.Elle a aussi cédé dans le dossier de la Régie de l\u2019assurance maladie du Québec (RAMQ ) en abandonnant l\u2019idée de rendre publics les noms des médecins qui surfacturent, ce qu\u2019elle avait pourtant promis de faire en début de mandat.La carotte sera-t-elle plus efficace que le bâton ?C\u2019est le pari que fait Danielle McCann.« Quand je suis arrivée, le ministre était à couteaux tirés avec les fédérations médicales.C\u2019est très important parce qu\u2019on n\u2019avance pas dans ce temps-là.J\u2019ai instauré une collaboration.Le ton a changé », dit-elle.« Les médecins réalisent que le système ne fonctionne pas.La population n\u2019en peut plus, et je pense que les médecins, y compris la Fédération, [le] réalisent.» Son président, Louis Go- din, « dit lui-même qu\u2019il faut faire quelque chose », précise-t-elle.Quand on lui fait remarquer que les médecins ont souvent résisté aux changements dans le passé, la ministre affirme qu\u2019on verra des « changements graduels » et que le modèle sera « opérationnel d\u2019ici la fin du mandat ».« On veut soutenir nos médecins de famille.On veut qu\u2019ils prennent en charge davantage de patients, mais on ne veut pas qu\u2019ils s\u2019épuisent.Au contraire qu\u2019ils se déchargent, qu\u2019ils délèguent à d\u2019autres professionnels, dont les pharmaciens.Et qu\u2019ils aient la possibilité dans la prise en charge du patient de consulter le médecin spécialiste sans être pénalisés.» Suivant cette logique, au lieu de voir 500 patients chacun par exemple, ils pourraient en voir 1000 parce que 50 % de leur temps serait libéré, explique-t-elle.Rencontrée la journée de la publication d\u2019une chronique remettant en question son leadership, elle n\u2019a pas voulu dire quel était l\u2019état de santé du- dit leadership.« Vous en pensez quoi, vous ?», s\u2019est-elle contentée de répondre avec un sourire en coin.Délestée cet automne de trois gros dossiers \u2014 les négociations (confiées à Christian Dubé), les CHSLD (Marguerite Blais) et le cannabis (Lionel Carmant), la ministre de la Santé a consacré toute son énergie aux soins de première ligne.La CAQ a promis pendant la campagne que tous les Québécois malades allaient pouvoir avoir une consultation en moins de 90 minutes d\u2019ici la fin du mandat, et c\u2019est là d\u2019abord que les changements se feront sentir, dit-elle.« Ça ne s\u2019est jamais fait au Québec », dit-elle.« Dégager un potentiel qu\u2019on a chez les professionnels pour vraiment augmenter les services en première ligne.» De l\u2019air pour les infirmières Or les effets de cette réforme ne se feront pas sentir demain matin.Que fera-t-elle d\u2019ici là notamment pour aider les infirmières et les préposés aux bénéficiaires qui sont débordés ?Des fonds « ciblés » seraient prévus dans le budget, avance la ministre.« On va aussi avoir des ressources d\u2019appoint.Il faut attendre le budget pour être plus précis là-dessus.» Des fonds seront ainsi débloqués pour embaucher des préposés aux bénéficiaires, des aides de service et des infirmières supplémentaires aux endroits où les besoins sont les plus criants.« On ne peut pas nier qu\u2019à certains endroits on est en dessous du ratio qu\u2019on devrait avoir, vous comprenez, notamment dans certains CHSLD.Nous, on sait où.Donc on ne va pas Danielle McCann promet une nouvelle ère dans la relation entre les médecins et son ministère.RENAUD PHILIPPE LE DEVOIR Les médecins omnipraticiens sont même les premiers à estimer qu\u2019ils manquent de formation face aux enjeux climatiques dans leur pratique.C\u2019est du moins l\u2019opinion de 65 % des médecins ayant répondu à un sondage réalisé par l\u2019INSPQ et l\u2019Université Laval en 2015 à ce sujet.« Et il est fort probable que ce besoin de formation soit aussi ressenti chez d\u2019autres intervenants de première ligne, comme les infirmiers, les travailleurs sociaux et les psychologues », notent les auteurs.Leur ouvrage est d\u2019ailleurs l\u2019outil principal d\u2019une formation en ligne offerte par l\u2019INSPQ à partir de lundi.Elle vise à éduquer les professionnels de la santé sur le lien entre les changements climatiques et la santé des individus, afin qu\u2019ils sensibilisent et renseignent au mieux leurs patients.Mme Campagna espère toutefois que l\u2019ouvrage aura un impact plus large et saura interpeller la classe politique.Les gouvernements pourraient en faire plus en matière de prévention, d\u2019organisation, d\u2019ajout de personnel et même d\u2019aménagement du territoire.« J\u2019ose espérer que ça va changer, mais il va falloir sans doute des morts pour qu\u2019on se rende compte, au niveau politique, qu\u2019il faut changer des choses », laisse- t-elle toutefois tomber avec regret.Changements climatiques et santé.Prévenir, soigner et s\u2019adapter Céline Campagna, Diane Bélanger, Pierre Gosselin et Ray Bustinza, Presses de l\u2019Université Laval, Québec, 2019, 236 pages RÉVOLUTION SUITE DE LA PAGE A 1 ajouter des ressources à travers le Québec, mais là où on en a le plus besoin.» La ministre caquiste a aussi demandé aux Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de créer davantage de postes à temps plein pour les infirmières.Certains le faisaient déjà, mais elle souhaite que cela se généralise.Elle n\u2019a toutefois pas l\u2019intention d\u2019intervenir sur le salaire des préposés aux bénéficiaires, qui demeurent très bas.« On n\u2019est pas à cet endroit-là en ce moment », dit-elle.Pour « valoriser la profession », elle souhaite qu\u2019ils soient formés à même les CHSLD et parle de « payer leur formation, au moins une partie ».Le budget au printemps devrait aussi inclure les 200 millions de dollars promis pour les soins à domicile, mais il faudra attendre plus longtemps avant qu\u2019il y ait un coup de barre dans le domaine des services en santé mentale.Danielle McCann veut d\u2019abord consulter.Ainsi, un forum, ou une consultation à l\u2019image de celle organisée par Marguerite Blais sur la proche aidance, sera organisé ce printemps.La ministre souhaite alors tester les idées des proches de personnes malades auprès des experts.Les médecins réalisent que le système ne fonctionne pas.La population n\u2019en peut plus, et je pense que les médecins, y compris la Fédération, [le] réalisent.DANIELLE MCCANN » ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 La thèse immunitaire À l\u2019émission de Marie-Louise Arsenault, à la radio de nos impôts, mon collègue historien Denis Vaugeois présentait, la semaine dernière, son plus récent livre.Il soutenait, comme il l\u2019a déjà fait, que les Espagnols, les Britanniques, les Portugais ont maltraité les Autochtones, mais que ce n\u2019est pas le cas, au fond, pour les Français et leurs descendants.En ce cas, écrit-il, « on ne peut pas dénoncer la brutalité du colonisateur, ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est passé ».Il y aurait donc, du moins à l\u2019en croire, l\u2019immunité de ce côté.Cette thèse immunitaire, Vaugeois la répète, bien que la probité scientifique de celle-ci soit pour le moins discutable tant sa conclusion apparaît antérieure aux preuves.L\u2019historien, doublé d\u2019un fond de politicien, invite en effet à d\u2019abord penser sa société en vertu d\u2019une fidélité à une histoire qui l\u2019aurait façonnée pour de bon.Mais qu\u2019en est-il des faits ?Dès 1535, Jacques Cartier exige qu\u2019on lui ramène en vitesse la jeune Autochtone qu\u2019on lui avait offerte et qui s\u2019était enfuie parce que les serviteurs du marin, sans donner le détail, la battaient.Dans les Relations des Jésuites, très vite, on parle bien, ici et là, d\u2019Autochtones réduits en esclavage.Si plusieurs ont lu les Mémoires d\u2019outre-tombe de Chateaubriand, comme l\u2019ancien premier ministre Lucien Bou- chard, qui en est un passionné, il est en revanche plutôt rare d\u2019entendre parler des Natchez.Chateaubriand y évoque pourtant, au temps de la Nouvelle-France, le sort qui fut réservé à cette tribu.Bienville, né à Montréal, les réduisit en 1723 en esclavage à la suite de fausses allégations lancées contre eux.Dans la correspondance passionnée qu\u2019adresse Élisabeth Bégon à son commissaire de la marine adoré, elle lui dit, en date du 25 décembre 1748, que son cheval et son nègre Jupiter vont bien.À l\u2019égard des Noirs, l\u2019ex-mari de Madame, Claude-Michel Bégon, gouverneur de Trois-Ri- vières, était du même avis que son frère, intendant de la Nouvelle-France.Les Bégon jouissent d\u2019une jolie expertise en la matière : leur père, intendant des galères à Marseille puis gouverneur de Saint-Domingue, est un des rédacteurs du Code noir, document qui fixe les modalités de la mise en servitude.Le pays des neiges comptera sur l\u2019usage d\u2019Autochtones réduits en esclavage, mis en vrac sous le nom de « Panis ».La Vérendrye, partout béni par l\u2019onction de la toponymie, n\u2019en est pas moins près d\u2019être un marchand d\u2019esclaves.Le marquis de Vaudreuil, quand vient le temps de réfléchir à des modalités de paix avec les Autochtones, affirme en 1716 que ce pourrait être une bonne idée que de commencer par restituer à ces peuples leurs enfants maintenus en esclavage.En 1723, Vaudreuil possède une esclave Renard âgée de 14 ans.Si les travaux de Marcel Trudel sur l\u2019esclavage ont suscité, à leur parution, l\u2019indignation de ceux qui juraient que cela n\u2019avait pu exister, bien mauvais historien serait celui qui, aujourd\u2019hui, voudrait nier ce fait.Pourtant, on continue de le masquer en partie, arguant que cela n\u2019avait pas l\u2019ampleur de ce qui se déroulait dans les colonies britanniques.Comme si l\u2019histoire était liée à la lecture d\u2019un thermomètre des souffrances qui, lecture prise, justifiait d\u2019ignorer, voire de cacher certaines données.Dans des vers, René-Louis de Lotbinière soutient la nécessité contre les Autochtones, pour parler de l\u2019expédition de Courcelles en 1666, de « percer même une femme étant blessée ».Des Agniers, comme on appelait les Iroquois, seront envoyés aux galères, rappelle l\u2019historien Brett Rushforth.Dans une des nombreuses pièces de théâtre consacrées au faux héros Dollard des Ormeaux, les enfants sont encouragés, en 1938, à tuer les Iroquois.« Nous irons, n\u2019est-ce pas, tuer ce grand Sournois ?» Le bon Indien est un Indien mort, physiquement ou moralement.Ce thème demeure longtemps vivant, jusque dans la littérature enfantine des années 1950, un temps qui n\u2019était pas si noir, écrit Vaugeois.À preuve, dit-il, il y vivait parfaitement heureux.Les Autochtones ont-ils été exterminés ?Non.Mais ce n\u2019est pas faute d\u2019avoir essayé, y compris sur papier.En 1919, Lionel Groulx écrit, avec son aplomb coutumier, que tous les enfants issus d\u2019alliances entre des colons et des femmes autochtones sont décédés avant la fin du XVIIe siècle ! Groulx tient à ce verdict d\u2019extinction, car il existe, insiste-t-il, des théories sur « l\u2019infériorité des races métissées », théories auxquelles, à l\u2019évidence, il croit.La Grande Paix de 1701, signée par 39 nations, témoigne d\u2019alliances importantes.Mais l\u2019alliance, ce n\u2019est pas l\u2019amitié.Faut-il romancer et croire au mythe de la colonie sans colonialisme jusqu\u2019à en oublier les visées des missions et des pensionnats ?« On veut nous faire sentir coupables ! », affirment ceux qui ne souffrent pas qu\u2019on leur mette ce passé sous le nez.Ce n\u2019est pas évidemment le cas de Vaugeois, trop avisé pour réduire le passé à de simples fabulations du présent.Mais la prudence pourrait le dispenser de croire à quelques raccourcis, comme lorsqu\u2019il affirme que sur 3400 cas d\u2019enfants autochtones perdus ou malmenés répertoriés au Canada, 35 seulement l\u2019ont été au Québec.Ce qui le mène à conclure qu\u2019il y eut plus d\u2019enfants agressés dans les collèges classiques que dans les pensionnats.Prétendre traiter du sort des oubliés de l\u2019histoire, mais sans se donner la peine de remettre en question la qualité de pareilles données, voilà qui ne cesse de m\u2019étonner.Vaugeois a bien raison de le dire dans son livre : « L\u2019histoire des Autochtones du nord de l\u2019Amérique reste à écrire.» JEAN- FRANÇOIS NADEAU Le pays des neiges comptera sur l\u2019usage d\u2019Autochtones réduits en esclavage, mis en vrac sous le nom de « Panis » Le ministre caquiste Jean-François Roberge s\u2019est engagé à présenter différents « scénarios possibles » d\u2019ici la fin du mois d\u2019avril.PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR Les principales fédérations étudiantes collégiale et universitaire demandent au gouvernement caquiste de légiférer afin de « protéger » et de « dédommager » les stagiaires à temps pour l\u2019année 2019-2020, à défaut de quoi leurs membres étudieront les « moyens » à leur disposition pour être « pris au sérieux ».Avec l\u2019aide de juristes, la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et l\u2019Union étudiante du Québec (UEQ) ont rédigé un projet de loi visant à octroyer aux stagiaires en milieu professionnel « des droits et des conditions de travail claires, prévisibles et cohérentes avec les protections normalement offertes aux travailleurs ».Ils invitent les ministres Jean-François Roberge (Enseignement supérieur) et Jean Boulet (Travail) à s\u2019en inspirer.« Pour nous, ce projet de loi là, c\u2019est la décence minimale à offrir aux stagiaires pour une réelle équité dans les conditions de travail », a fait valoir le président de la FECQ, Fred-William Mireault, dans un entretien téléphonique avec Le Devoir.« Clairement, les étudiantes et les étudiants sur les campus vivent un ras-le-bol par rapport aux stages, autant au niveau des conditions que de la compensation financière », a poursuivi le président de l\u2019UEQ, Guillaume Lecorps.Le projet de loi de la FECQ et de l\u2019UEQ prévoit un statut particulier pour les stagiaires dans la Loi sur les normes du travail.Celui-ci leur permettrait, par exemple, de bénéficier des « protections minimales », sans toutefois cotiser à la Commission des normes, de l\u2019équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).« Cela évitera de décourager des milieux de stage d\u2019accueillir des étudiants et étudiantes stagiaires », pensent MM.Mi- reault et Lecorps.Sur un pied d\u2019égalité Les porte-parole étudiants demandent aussi que tous les stagiaires soient assujettis à la Loi sur les accidents du travail et les maladies professionnelles, qui prévoit « la fourniture des soins nécessaires à la consolidation d\u2019une lésion, la réadaptation physique, sociale et professionnelle du travailleur victime d\u2019une lésion, le paiement d\u2019indemnités de remplacement du revenu, d\u2019indemnités pour préjudice corporel et, le cas échéant, d\u2019indemnités de décès ».Le gouvernement caquiste pourra par la suite élaborer un mécanisme de compensation financière des « dépenses », des « coûts » engrangés par un stagiaire (salaire, bourse ou allocation) en plus de déterminer la durée d\u2019une semaine normale de stage, les jours de congé auxquels les stagiaires sont admissibles et « toute autre mesure visant à protéger les droits des stagiaires », ont poursuivi la FECQ et l\u2019UEQ.« Ce projet de loi vise, oui, à créer un certain niveau d\u2019équité entre les stagiaires et les travailleurs au niveau des protections minimales.Il vise également à créer une équité entre les milieux de stage.Présentement, des stagiaires en milieu privé, qui sont payés par les entreprises qui les reçoivent, sont généralement des hommes, donc bénéficient automatiquement par la rémunération de cette compensation-là, ce qui n\u2019est pas le cas des stagiaires en milieu public ou parapublic, qui sont majoritairement des femmes.On pense entre autres aux futures infirmières, sages-femmes, enseignantes », a soutenu M.Lecorps de l\u2019UEQ.« Ce qu\u2019on cherche, c\u2019est vraiment une équité entre les travailleurs et les stagiaires.On ne pense pas qu\u2019ils doivent bénéficier nécessairement de 100 % des mêmes conditions, mais il y a quand même un minimum à donner pour valoriser particulièrement le milieu public et le communautaire », a poursuivi M.Mireault, de la FECQ.Des sommes à prévoir Les deux étudiants s\u2019attendent à ce que des sommes soient mises de côté dans le premier budget du ministre des Finances, Eric Girard, dans le but d\u2019assurer le « strict minimum » aux étudiants qui effectueront un stage dans un milieu professionnel dès l\u2019automne prochain.« Ce que la population étudiante demande au ministère, c\u2019est d\u2019avoir des stagiaires compensés et protégés de façon minimale pour l\u2019automne 2019.Donc, ça va prendre des sommes au prochain budget », a affirmé M.Le- corps au téléphone.Le ministre Jean-François Roberge s\u2019est engagé à présenter différents « scénarios possibles » d\u2019ici la fin avril après avoir dressé un état de la situation et rencontré les représentants de la communauté étudiante, les directions d\u2019établissements d\u2019enseignement, les partenaires du marché du travail et les ministères concernés.« Le dossier mérite que l\u2019on fasse le tour de la question, et j\u2019espère que nous pourrons continuer de compter sur la collaboration des étudiants et de l\u2019ensemble des acteurs pour le mener à terme.Ultimement, notre volonté est d\u2019améliorer concrètement les conditions de stage des étudiantes et des étudiants », avait-il déclaré le 19 janvier dernier.« Les étudiants vont juger le ministre en fonction de ses actions », a conclu M.Mireault.ÉDUCATION Équité réclamée entre stagiaires et travailleurs La FECQ et l\u2019UEQ demandent au ministre de l\u2019Enseignement supérieur de déposer un projet de loi En novembre, quelque 54 000 étudiants du cégep et de différentes facultés universitaires ont tenu une journée de grève pour réclamer la rémunération de tous les stages en milieu de travail.Ce que la population étudiante demande au ministère, c\u2019est d\u2019avoir des stagiaires compensés et protégés de façon minimale pour l\u2019automne 2019.Donc, ça va prendre des sommes au prochain budget.GUILLAUME LECORPS » LEDEVOIR // LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 4 MIA RABSON À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE L\u2019Office national de l\u2019énergie (ONÉ) dira vendredi à Ottawa s\u2019il estime toujours qu\u2019il devrait y avoir expansion de l\u2019oléoduc controversé Trans Mountain, mais le dernier mot du cabinet Trudeau sur l\u2019avenir du projet ne devrait pas intervenir avant l\u2019été.L\u2019ONÉ réévalue l\u2019impact du projet sur la vie marine, y compris les épaulards vivant au large de Vancouver \u2014 qu\u2019on appelle les épaulards résidents du sud et qui sont en voie de disparition \u2014, après que la Cour d\u2019appel fédérale eut statué l\u2019année dernière que l\u2019approbation de l\u2019ONÉ en 2016 n\u2019avait pas pris en compte de manière appropriée les impacts sur les épaulards de la présence de navires pétroliers additionnels dans les eaux.Après la livraison du rapport, le cabinet aura 90 jours pour décider si le projet controversé sera mis en œuvre \u2014 un délai qui pourrait déjà être repoussé, selon les responsables.En plus de l\u2019évaluation de l\u2019ONÉ, le ministre des Ressources naturelles, Amarjeet Sohi, a ordonné une nouvelle série de consultations avec les communautés autochtones.Ces consultations ont commencé en octobre et 70 communautés ont maintenant rencontré des équipes fédérales, mais il reste plus de 60 communautés qui ne l\u2019ont pas encore fait.Il n\u2019y a aucune date limite pour la tenue de ces consultations, mais des responsables du bureau de M.Sohi ont dit à La Presse canadienne qu\u2019une décision définitive sur le projet ne serait pas prise tant qu\u2019elles ne seront pas finies.Le gouvernement Trudeau subit des pressions pour conclure ce dossier avant les élections de l\u2019automne.Ottawa est aussi contraint d\u2019agir étant donné qu\u2019il a acheté l\u2019oléoduc pour la somme de 4,5 milliards de dollars en août.L\u2019impact de l\u2019expansion sur les épaulards résidents du sud \u2014 dont seulement 74 espèces subsistent \u2014 est au centre des discussions.Les écologistes disent que l\u2019oléoduc rendra leur rétablissement presque impossible.En 2016, l\u2019Office national de l\u2019énergie a conclu que l\u2019élargissement de l\u2019oléoduc Trans Mountain « entraverait davantage » le rétablissement des épaulards, mais a néanmoins donné son feu vert au projet.Le Plan de protection des océans, dévoilé en 2016, comprend de nouvelles zones protégées pour les baleines, des mesures pour le rétablissement de leur principale source de nourriture, le saumon quinnat, ainsi que des plans pour réduire le bruit des bateaux qui passent chaque année près des baleines.Le plan n\u2019était pas en place lorsque l\u2019ONÉ a examiné le projet pour la première fois.Une décision retardée pour Trans Mountain ?AGENCE FRANCE-PRESSE À OTTAWA Une vingtaine d\u2019élèves québécois, bloqués en Haïti par de violentes manifestations antigouvernementales, sont arrivés à Montréal dimanche soir, au lendemain de l\u2019évacuation d\u2019une centaine de touristes du Québec.« On est dans l\u2019avion » de retour vers Montréal, avait confirmé en milieu d\u2019après-midi dans un message à l\u2019AFP l\u2019un des accompagnateurs.Le voya- giste Transat avait également fait savoir que le groupe scolaire, parti pour un voyage humanitaire, était à bord d\u2019un avion qui a décollé vers 16h de Port-au-Prince.Outre les élèves, des employés de l\u2019ambassade du Canada en Haïti \u2014 fermée depuis jeudi \u2014 ont aussi pris place à bord de cet avion pour être rapatriés vers la métropole québécoise.La vingtaine d\u2019élèves québécois, provenant des écoles secondaires Le tandem et Le Boisé situées à Victoriaville, étaient partis le 10 février en Haïti, mais face à la rapide détérioration de la situation, avaient rapidement cherché à écourter leur séjour.Le Canada a appelé vendredi ses ressortissants à éviter tout voyage dans ce pays, étant donné les violences.Depuis le 7 février, les manifestations se sont multipliées à travers les principales villes d\u2019Haïti, qui ont subi d\u2019importants dégâts matériels.Issus en majorité des quartiers les plus pauvres, les contestataires ont réclamé la démission du président, Jovenel Moïse, et de meilleures conditions de vie.Par ailleurs, un petit groupe mont- réalais de la Fondation des missions La Bible parle, coincé dans un village situé à environ 200 kilomètres à l\u2019ouest de Port-au-Prince, est aussi parvenu à quitter Haïti.Le vice-président de la fondation, Michel Bougie, a indiqué que le groupe de 26 personnes avait dû se résoudre à noliser un avion auprès d\u2019une entreprise américaine pour amener le groupe vers l\u2019aéroport Toussaint- Louverture de Port-au-Prince.Selon M.Bougie, tous les membres du groupe se portent bien.Les missionnaires devaient quitter Haïti mercredi, mais ils n\u2019ont pu le faire à cause de la situation prévalant dans le pays.Ils avaient tenté en vain de joindre de différentes façons les gouvernements pour les mettre au courant de leur situation.« On n\u2019a pas réussi à avoir une communication qui nous permettait d\u2019avoir une solution », a souligné M.Bougie.Touristes rapatriés Samedi, 113 touristes québécois ont été évacués depuis leur hôtel \u2014 où ils étaient bloqués depuis une semaine \u2014 par des hélicoptères spécialement affrétés par Air Transat pour contourner les multiples barrages sur la route.Ils ont ensuite pu regagner Montréal.Un Québécois d\u2019origine haïtienne, qui ne faisait pas partie des vacanciers qui séjournaient dans un complexe touristique, a déclaré lors de son arrivée à l\u2019aéroport Pierre-Elliott-Tru- deau, samedi, qu\u2019il avait bravé les rues de Port-au-Prince pour se rendre à l\u2019aéroport.« C\u2019était chaotique, extrêmement difficile », a déclaré l\u2019homme, dont le prénom est Pierre.« Ma sœur était avec moi et j\u2019ai pris une moto, ce n\u2019était pas si facile.» Il a dit que s\u2019il était soulagé d\u2019être à la maison, il s\u2019inquiétait toutefois pour sa mère et sa sœur, demeurées en Haïti.« J\u2019espère que les choses vont bien se passer, mais je ne sais pas quand la situation sera réglée.» Mesures d\u2019urgence Le premier ministre haïtien, Jean- Henry Céant, a annoncé samedi soir des mesures économiques d\u2019urgence, comme la rigueur pour les administrations et la lutte contre la contrebande et la corruption, après dix jours de crise paralysant le pays.« La première décision est de couper le budget de la primature de 30 %, en suggérant à la présidence et au Parlement d\u2019en faire autant », a déclaré Jean- Henry Céant.« Aussi il faut retirer tous les privilèges non nécessaires aux hauts fonctionnaires de l\u2019État, comme les frais d\u2019essence, de téléphone, les voyages inutiles à l\u2019étranger et les quantités de consultants », a-t-il ajouté lors d\u2019une allocution diffusée à la télévision d\u2019État samedi soir.Dans son discours d\u2019une vingtaine de minutes en créole, le chef du gouvernement a également indiqué que l\u2019accent serait mis dans la lutte contre la corruption et la contrebande frontalière.Des rencontres avec le secteur privé sont annoncées pour envisager une hausse du salaire minimum.Avec La Presse canadienne Les élèves coincés en Haïti rentrent au bercail L\u2019avion transportant les Québécois s\u2019est posé dimanche à Montréal Depuis le 7 février, les manifestations se sont multipliées à travers les principales villes du pays, surtout à Port-au-Prince.HECTOR RETAMAL AGENCE FRANCE-PRESSE Les Commissions scolaires du Chemin- du-Roy, à Trois-Rivières, de Kamou- raska\u2013Rivière-du-Loup, des Rives-du- Saguenay et de l\u2019Énergie à Shawinigan sont les principales visées par ce déploiement avec la création de 62 nouvelles classes.À Montréal, 36 doivent être ouvertes en grande majorité dans les commissions scolaires anglophones (Lester-B.-Pearson et English-Mont- réal) puisque la Commission scolaire de Montréal va en obtenir 4.C\u2019est toutefois elle qui en a le plus au Québec.« Le choix des 250 classes a été fait de concert avec les commissions scolaires depuis décembre dernier, a indiqué M.Roberge.Ce sont elles qui nous ont indiqué qu\u2019elles avaient les classes disponibles et le personnel nécessaire pour offrir le service.» Seuls les milieux défavorisés sont ciblés par ces implantations pour la prochaine année.« Nous avons tenu compte de cette contrainte », dit-il en rappelant que son projet de loi déposé dans les derniers jours, s\u2019il est adopté, devrait permettre par la suite d\u2019étendre cette mesure sur tout le territoire, pour, à terme, y faire apparaître 3000 classes de maternelle 4 ans, d\u2019ici 5 ans.La CAQ a fait la promesse en campagne électorale d\u2019offrir un accès à la maternelle dans les écoles du Québec à tous les enfants de 4 ans, à partir de l\u2019année scolaire 2023-2024.Les coûts de cette mesure, chiffrée à l\u2019époque à 250 millions de dollars, ont explosé pour s\u2019établir désormais entre 400 et 700 millions.« Où est la logique ?a demandé le député de Québec solidaire Vincent Marissal, présent à la conférence de presse.Le gouvernement a fait de l\u2019éducation la priorité, mais comme premier geste, il prive les commissions scolaires de revenus autonomes à hauteur de 900 millions [selon les calculs de l\u2019opposition après l\u2019instauration envisagée d\u2019un taux de taxe scolaire unique au Québec], et comme deuxième, il se lance dans un beau brassage de structure avec des maternelles 4 ans dont on n\u2019a pas besoin.» La députée péquiste Véronique Hivon croit que les services de garde et la maternelle 4 ans devraient être complémentaires.Selon elle, en « mettant tous ses oeufs » dans le panier de la maternelle 4 ans, le gouvernement fait fausse route.« Des milliers de gens attendent des places [en CPE], a-t-elle précisé.C\u2019est quoi le message qu\u2019on envoie ?» «Pourquoi dire qu\u2019on va investir dans la maternelle 4 ans au sein de nos écoles quand on peut investir dans notre réseau de garde, qui est réputé mondialement, [et] qui, on le sait, répond déjà aux besoins de nos enfants ?» s\u2019est pour sa part interrogée la députée libérale Jennifer Maccarone.En entrevue au Devoir, M.Roberge a tenu à mettre en perspective cette opposition, qu\u2019il qualifie de « vieille politique » en rappelant qu\u2019à peine 25 à 27 % des enfants de 4 ans étaient à l\u2019heure actuelle dans un CPE et qu\u2019il y a encore de la place pour le développement de plusieurs réseaux capables de coexister les uns avec les autres.« Le déploiement des maternelles 4 ans ne se fait pas contre les CPE, a-t-il dit.Des fois, j\u2019ai l\u2019impression que l\u2019opposition tient de la pensée binaire, comme s\u2019il y avait les bons et les méchants, les CPE contre les maternelles 4 ans.Rien de tout ça n\u2019est fondé.On peut très bien vouloir déployer un réseau de maternelles 4 ans sans mettre les choses en antagonisme.Nous allons maintenir les CPE et même en ajouter.» Lundi, les organismes liés aux services éducatifs à la petite enfance feront circuler une pétition dans les CPE de Montréal réclamant à Québec de revenir sur cette décision.Ils demandent également des excuses publiques du premier ministre pour les «propos méprisants» qu\u2019il a tenus, selon eux, la semaine dernière à l\u2019endroit du personnel des services éducatifs de garde au Québec.MATERNELLES SUITE DE LA PAGE A 1 « Sur le terrain, les éducatrices sont en colère contre François Legault, a dit Valérie Grenon, présidente de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec.Jeudi, pour justifier son projet, il a dénigré le travail de milliers de femmes au Québec en les réduisant au simple statut de techniciennes de garde.Or, ce n\u2019est pas de la garde que nous offrons, ce sont des services éducatifs.» Échos des commissions scolaires Le Devoir a tenté d\u2019obtenir le pouls des commissions scolaires touchées par cette annonce.À la Commission scolaire English- Montréal, la présidente, Angela Mancini, nous a indiqué que des locaux sont disponibles dans certaines écoles pour accueillir de nouvelles classes, mais pas dans toutes.Le recrutement des enseignants ne devrait pas poser problème, croit-elle.« Mais pour le personnel spécialisé, on a toujours de la difficulté à recruter.» Mme Mancini s\u2019est néanmoins questionnée sur la pertinence de l\u2019implantation de nouvelles classes de maternelle 4 ans, soulignant qu\u2019il aurait pu être plus avisé de simplement bâtir des « partenariats » entre les CPE et les écoles « en misant sur les forces des deux réseaux ».La Commission scolaire du Chemin- du-Roy à Trois-Rivières nous a répondu qu\u2019elle souhaitait avoir en main les critères et les modalités du ministère avant de commenter officiellement la nouvelle.Nos autres demandes sont restées lettre morte.Les milieux défavorisés d\u2019abord ciblés L\u2019Office national de l\u2019énergie réévalue en ce moment l\u2019impact du projet sur la vie marine, y compris les épaulards vivant au large de Vancouver JONATHAN HAYWARD LA PRESSE CANADIENNE On peut très bien vouloir déployer un réseau de maternelles 4 ans sans mettre les choses en antagonisme.Nous allons maintenir les CPE et même en ajouter.JEAN-FRANÇOIS ROBERGE » SOCIÉTÉ A 5 LEDEVOIR // LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 Le lancement du Manifeste Stay on the Ground, publié dans Libération la semaine dernière, fait beaucoup jaser.Son but : boycotter les voyages en avion pour agir sur le climat.Doit-on dire adieu aux vacances outremer pour avoir un réel impact sur le sort de la planète ?Julien Goguel, son auteur, a répondu aux questions du Devoir.Propos recueillis par Isabelle Paré.Pourquoi avoir lancé ce manifeste et qui est à l\u2019origine de cette initiative ?Ce manifeste est une initiative personnelle.C\u2019est en voyant des amis participer à la marche pour le climat le samedi et partir en vacances le dimanche à quelques milliers de kilomètres que j\u2019ai eu l\u2019envie de mettre des mots sur ce qui m\u2019apparaît comme une incroyable incohérence.Actuellement, le manifeste a déjà recueilli plus d\u2019un millier de signatures, et chaque jour de nouvelles personnes s\u2019engagent.Pourquoi visez-vous le transport par avion, puisque les émissions issues des vols ne comptent que pour 3 à 4 % des émissions de GES mondiales ?Dans la lutte contre le réchauffement climatique, il n\u2019y a pas de combat inutile.Chaque geste compte ; partout où l\u2019on peut diminuer notre empreinte carbone, il faut le faire.Et les déplacements en avion sont très faciles à supprimer : il suffit d\u2019imaginer autre chose pour ses vacances.D\u2019autre part, l\u2019avion symbolise l\u2019injustice qui accompagne la crise climatique : la très grande majorité des humains n\u2019a jamais pris et ne prendra jamais l\u2019avion.Et ces populations sont justement celles qui sont les premières et les plus touchées par le réchauffement du climat.Les déplacements en voiture comptent pour 54 % des GES issus du secteur des transports en France, contre 4 % pour le transport aérien.Pourquoi viser spécifiquement le secteur aérien ?Ne serait-il pas plus efficace de s\u2019attaquer au secteur du transport routier, notamment au recours à la voiture, souvent conduite en solo ?L\u2019un n\u2019exclut pas l\u2019autre.Il faut évidemment travailler à réduire l\u2019usage de la voiture.Cela s\u2019avère difficile : les solutions de rechange à la voiture pour aller travailler n\u2019existent pas toujours ni partout.Le changement peut passer par des choix personnels et des efforts bien sûr, mais à grande échelle, seules des politiques publiques ambitieuses peuvent aboutir.Je crois d\u2019ailleurs que nous devons Un manifeste contre les voyages en avion Pour l\u2019auteur de Stay on the Ground, lancé en France, chaque geste compte pour lutter contre le réchauffement climatique DANIEL ABELOUS À LYON AGENCE FRANCE-PRESSE Ils s\u2019entraînent comme de vrais athlètes, jouent impunément pendant les cours et comptent faire de leur passion un métier : bienvenue à la Gaming Academy de Lyon, une école française qui forme des joueurs professionnels de jeux vidéo, un marché en pleine expansion.Comme ses six camarades dans cette école, ouverte à la rentrée 2018, Jérémy Joseph, 20 ans, a déboursé près de 8000 euros (12 000 dollars canadiens) pour entamer ce cursus de deux ans.Une « certification athlète e-sport haut niveau » pas encore reconnue par l\u2019éducation nationale.Son objectif: intégrer dès sa sortie une équipe de ces nouveaux sportifs au terrain de jeu virtuel.Les plus talentueux peuvent gagner des dizaines, voire des centaines de milliers d\u2019euros chaque année en commandites et dotations de tournois.«Avec mon cursus, je n\u2019avais jamais pensé pouvoir intégrer une école comme ça», explique ce diplômé de cuisine et boulangerie (CAP).Il n\u2019a pas hésité à quitter son travail dans la restauration pour espérer vivre de sa «passion».La France compte déjà une poignée d\u2019écoles formant des e-sportifs.Le pays représentait en 2018 le 3e marché européen de l\u2019e-sport, avec 30 millions de dollars, derrière la Russie (52) et la Suède (43), selon une étude financée par Pay- Pal.Le pays comptait en 2018 plus de 5 millions de spectateurs d\u2019e-sport (sur Internet, à la télévision ou lors d\u2019événe- ments) aux trois quarts âgés de 13 à 34 ans, selon l\u2019institut Médiamétrie.ÉDUCATION Une école de Lyon forme des « athlètes » du jeu vidéo aller vers des mesures contraignantes et restrictives.Le législateur ne doit pas attendre l\u2019adhésion de l\u2019ensemble de la population pour mener des politiques radicales en matière de lutte contre le réchauffement climatique.Votre manifeste vise les particuliers plutôt que l\u2019industrie aérienne.Ces compagnies ne devraient-elles pas être les premières ciblées pour réduire leurs propres émissions ou les compenser par l\u2019achat de crédits ou de quotas ?L\u2019industrie aérienne fait des efforts, les avions récents sont beaucoup plus sobres que ceux d\u2019il y a trente ans ou plus.Malheureusement pour le climat (et donc pour nous), les objectifs de rentabilité et de croissance de n\u2019importe quelle compagnie aérienne ne peuvent qu\u2019accentuer la crise.C\u2019est tout le dilemme auquel notre époque est confrontée.À la suite de la publication de ce manifeste, plusieurs ont déploré que cette solution limite la capacité des citoyens à s\u2019ouvrir sur le monde, ou même à visiter leur famille à l\u2019extérieur du continent.Que pensez-vous de ces arguments ?On peut s\u2019ouvrir sur le monde de beaucoup d\u2019autres manières que par le voyage.Et on peut aussi voyager sans avion, y compris loin.Cela demande du temps et tout le monde Dans l\u2019école lyonnaise traînent un peu partout des manettes et des consoles devant de larges écrans.On y parle, pense et respire « FIFA » et « League of Legends », les jeux les plus pratiqués dans le monde de l\u2019e-sport.L\u2019entrée dans cette Gaming Academy n\u2019est pas donnée à tout le monde : seuls 7 élèves ont été reçus sur 350 dossiers.Du jeu au professionnalisme « Le critère numéro un de sélection, c\u2019est le niveau de jeu qui doit être très élevé.[.] Qu\u2019on ait le baccalauréat ou pas », prévient la directrice de la Gaming Academy, Valérie Dmitrovic.Rameur, vélo d\u2019appartement, tapis de course et séances d\u2019étirements les attendent régulièrement dans une salle pour soulager les élèves de leurs huit heures de cours quotidiens.« Un problème qu\u2019on retrouve chez le gamer, c\u2019est sa posture spécifique.En position assise, il va plutôt avoir tendance à se tasser donc à raccourcir les muscles de l\u2019avant du corps » au détriment de ceux du dos notamment, note Mathieu Charrat, entraîneur de l\u2019école.L\u2019état de santé de l\u2019e-sportif doit être «optimal» pour des compétitions qui peuvent durer plusieurs jours d\u2019affilée, comme la «Paris Games Week» ou la «Gamers Assembly» de Poitiers, célèbres tournois français de jeux vidéo en réseau qui ont attiré plus de 300 000 et 20 000 visiteurs l\u2019an dernier.À la fatigue peut s\u2019ajouter la pression psychologique qu\u2019évoque volontiers avec ses élèves Vivien Dessaints, professeur de « League of Legends », le jeu le plus utilisé dans la promotion.Derrière les jeunes joueurs, concentrés devant leurs écrans, M.Dessaints alterne encouragements, conseils « en stratégie et en tactique » et aide « au mental, à la gestion du stress ».« Il y a une rigueur, une méthode de travail, une assiduité », explique-t-il.Un « bon sommeil » est crucial.« Si vous n\u2019êtes pas assez reposé, vous pouvez faire des erreurs, mal anticiper les mouvements adverses et ça peut se retourner contre vous », détaille-t-il.Les jeunes gens reçoivent aussi une formation en marketing, en management, en communication et en événementiel, qu\u2019ils peuvent approfondir ensuite s\u2019ils le souhaitent.La Gaming Academy propose également une formation d\u2019« entrepreneur influen- ceur », qui permet de créer autour du talent d\u2019un joueur une communauté en ligne (sur Twitch, YouTube\u2026) et de la rentabiliser.Érigé en discipline sportive en Corée du Sud dès 2000, l\u2019e-sport est rapidement devenu une affaire de gros sous.Son marché, à la croissance très rapide, devrait représenter environ 1,5 milliard de dollars de chiffre d\u2019affaires dans le monde en 2020, selon une étude du cabinet Deloitte publiée à l\u2019été 2018.n\u2019en dispose pas, j\u2019en conviens.Bien sûr, on ne peut pas brimer quelqu\u2019un qui utilise l\u2019avion pour aller voir un proche qu\u2019il n\u2019a pas vu depuis longtemps.C\u2019est à chacun de s\u2019interroger en considérant l\u2019énorme coût pour le climat.Et d\u2019envisager de reporter, voire d\u2019annuler un long trajet en avion.Nous changeons d\u2019époque, et cela est difficile à accepter.Désormais, nous savons que nos actes (ici les déplacements en avion) ne sont pas sans conséquence.Chacun doit, en conscience, accepter ou non d\u2019en assumer la responsabilité.Les restrictions sur les transports aériens ne devraient-elles pas d\u2019abord viser les voyages d\u2019affaires, parfois évitables par les conférences en ligne et le télétravail ?Elles devraient toucher tous les usages de l\u2019avion : les affaires, le tourisme, le fret.Pour le tourisme, c\u2019est très simple : chacun peut s\u2019imposer une restriction (partielle ou totale), sans aucune conséquence sur son emploi.Il suffit de le décider, sans avoir à attendre que d\u2019autres le décident à ma place, par des lois par exemple.D\u2019autres solutions de réduction des GES, comme la conversion à une alimentation végétarienne, n\u2019auraient-elles pas plus d\u2019impact sur la réduction des émissions de CO2 ?Selon une étude récente publiée dans Nature, l\u2019élevage des bestiaux compte pour environ de 72 à 78 % des émissions liées au secteur agricole.Il est évident que la consommation de viande est une énorme source d\u2019émission de CO2.Tout ce qui est fait pour promouvoir la diminution de sa consommation ou le végétarisme est excellent.On peut être végétarien et ne plus prendre l\u2019avion, l\u2019un n\u2019empêche pas l\u2019autre : vive le vélo et vive les légumes ! Pour commencer, changer sa destination de vacances est quelque chose de très simple à faire et qui n\u2019engage que quelques jours de l\u2019année.En clair, le rapport coût/bénéfice d\u2019une annulation d\u2019un vol long-courrier est excellent.À ce jour, quelles ont été les réactions à votre manifeste en France ?Plutôt positives ou négatives ?C\u2019est difficile à dire.Sur Facebook, la tribune publiée dans Libération a reçu plus de 2000 « like » et a été partagée près de 3000 fois.J\u2019ai moi-même reçu de nombreux messages de soutien et de remerciement de gens qui sont heureux de savoir que nous sommes nombreux à nous interroger sur notre cohérence.Ceux qui montrent de l\u2019hostilité voire de l\u2019agressivité, c\u2019est compréhensible.Aucun des flocons d\u2019une avalanche ne se sent responsable\u2026 Je crois que l\u2019intérêt suscité par ma tribune est lié au fait que, à travers un exemple concret, elle pose une question très simple à laquelle beaucoup n\u2019osent pas répondre : sachant que mon mode de vie est la cause du péril environnemental, suis- je vraiment prêt à en changer ?Une suite politique est-elle prévue à ce manifeste ?Comptez-vous utiliser les signataires pour faire pression auprès des gouvernements ?Non.Mon manifeste n\u2019est qu\u2019une goutte d\u2019eau déversée sur un très gros incendie.Un vol transatlantique émet de 1,6 à 2,8 tonnes d\u2019émissions de CO2.Selon Julien Goguel, il est possible de « s\u2019ouvrir sur le monde de beaucoup d\u2019autres manières que par le voyage ».JULIO CORTEZ AP Q&R 7,8 milliards C\u2019est le nombre de passagers aériens prévus pour 2036.En 2016, leur nombre s\u2019élevait à 3,7 milliards.1986 km C\u2019est la longueur d\u2019un trajet moyen.5 % C\u2019est le taux de croissance annuel de l\u2019industrie aérienne depuis 1970.Érigé en discipline sportive en Corée du Sud dès 2000, l\u2019e- sport est rapidement devenu une affaire de gros sous Sources: GIEC, IATA, OACI, Carbon Footprint Ltd. LEDEVOIR // LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Michel Rioux Syndicaliste Il paraîtrait qu\u2019il ne faudrait pas parler d\u2019événements comme celui-là, histoire de ne pas nourrir un sentiment de défaitisme chez les Québécois, chez les jeunes surtout.Des pendaisons comme celles des patriotes, c\u2019est bien connu, ça ne fait pas danser dans les chaumières.Trop tristes ?Trop sombres ?Trop de larmoiements provoqués ?Trop d\u2019idées noires entretenues trop longtemps ?« Il faut regarder en avant et cesser de rabâcher ces vieilles histoires », soutiennent ceux pour qui n\u2019existerait qu\u2019un futur ayant fait l\u2019impasse sur le passé.Sur notre passé.Cette idée qu\u2019il faudrait ranger une partie de notre histoire au placard est récurrente.On l\u2019a retrouvée dans la chronique de Mme Francine Pelletier le mercredi 23 janvier dans Le Devoir.« Peut-être fau- drait-il regarder plus souvent devant plutôt que toujours derrière, se rappeler là où on veut aller, pas seulement là d\u2019où l\u2019on vient », a-t- elle écrit.Voilà un passé que d\u2019aucuns s\u2019acharnent à faire oublier, qualifiant de radotage contre-productif les rares occasions qui nous sont données de se souvenir pour ne pas oublier.Le professeur Jocelyn Létour- neau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et en économie politique du Québec contemporain de l\u2019Université Laval (ouf !), avait mené une enquête, qui a duré dix ans, portant sur la perception qu\u2019ont les jeunes de notre histoire.Les résultats sont parus chez Fides il y a cinq ans.« La plupart des jeunes Québécois ont ainsi en tête que l\u2019histoire de leur province est teintée par l\u2019idée de la survivance et de la résistance, résume M.Létourneau dans son ouvrage», a-t-on lu dans La Presse.Plus de 4000 jeunes avaient décrit ce qu\u2019ils pensent du Québec.L\u2019un d\u2019entre eux en avait dit ceci : « La domination des autres pays rendent le Québec ce qu\u2019elle est aujourd\u2019hui.» Létourneau en fait la traduction suivante : « Pour ce jeune, l\u2019aventure québécoise dans le temps se veut tragique en ce qu\u2019elle résulte d\u2019une volonté extérieure au Nous, sorte de contrainte que l\u2019Autre a imposée au Québec et qui a freiné son accomplissement dans ce qu\u2019il aurait pu être ou dû devenir.» Ici, le jupon du lauréat en 2006 de la bourse de 225 000 $ de la fondation Pierre-Elliott-Trudeau dépasse.Cet Autre, qui revient toujours sous une forme ou sous une autre, n\u2019aurait rien imposé au Nous ?Doit-on comprendre que la trajectoire du peuple québécois, tout au long de son histoire, n\u2019aurait été qu\u2019une suite ininterrompue d\u2019orgasmes collectifs, de sublimes plaisirs partagés, de moments de grâce irrésistibles ?Qu\u2019il aurait été de mise de se tordre de plaisir en voyant l\u2019armée britannique conquérir le pays ?Qu\u2019on aurait dû sortir les chaises pliantes, comme pour les feux d\u2019artifice de La Ronde, pour admirer le spectacle offert par les troupes dirigées par le major Scott, qui ont mis le feu aux maisons de la Côte-du-Sud, de Kamouraska à Lévis, dans ce qu\u2019on a appelé l\u2019année des Anglais, en 1759, après avoir détruit les fermes de la Côte- de-Beaupré, de Baie-Saint-Paul et de La Malbaie et en assassinant au passage, à Montmagny, l\u2019ancêtre direct de Philippe Couillard et ses deux oncles ?Qu\u2019il aurait été plus seyant d\u2019applaudir quand ils ont pendu Chevalier de Lorimier, Joseph-Narcisse Cardinal, les frères Sanguinet et tous les autres, comme nous l\u2019a rappelé l\u2019historienne Micheline La- chance dans un texte saisissant publié dans Le Devoir à l\u2019occasion du 175eanniversaire des exécutions ?« Ce qui m\u2019a le plus frappée dans les récits et témoignages laissés par leurs contemporains ?La répression féroce exercée par les autorités coloniales : patriotes traqués comme des bêtes dans les bois, femmes et enfants chassés de leurs foyers à moitié nus, jeunes filles ligotées et violées, récoltes pillées, fermes saccagées\u2026 » Qu\u2019il aurait été plus poli de tuer le veau gras à la formation de la Confédération canadienne, même si on a oublié de nous consulter ?Dans ses Insolences publiées en 1960, il y a donc 59 ans, le célèbre Frère Untel racontait comment il avait testé les connaissances de ses élèves de 10e année en leur faisant écrire la première strophe de l\u2019hymne Ô Canada.Parmi les trouvailles des étudiants d\u2019Alma, il y avait celle-ci : « Ton histoire est une des pas pires » en lieu et place de « Ton histoire est une épopée » ! Un lapsus révélateur que celui- là ! Quand on y regarde de plus près, en effet, on a une histoire pas pire pantoute.Déplorer, comme l\u2019avait fait Lé- tourneau, que le peuple québécois ait pratiqué la résistance pour assurer sa survivance, après les heures difficiles qu\u2019il a dû traverser, cela relève d\u2019une mauvaise foi éhontée.Un bon petit peuple par ailleurs, qui honore ses conquérants en leur érigeant des statues ou en donnant leur nom à des lieux publics : Wolfe, Amherst, Sherbrooke, Durham.Enfin, quand on constate à quel rythme effarant sont démolies, dans une indifférence quasi généralisée, des centaines de maisons historiques ou patrimoniales pour faire place bien souvent à des centres commerciaux d\u2019une laideur consommée ou à des parkings, on se dit que c\u2019est la même logique exposée par Mme Pelletier qui s\u2019applique: faire table rase du passé pour le remplacer par du n\u2019importe quoi.Pour autant que ce soit recouvert du vernis du postmodernisme\u2026 Campagne de financement de La Presse + La Presse + mène une campagne de souscription très agressivement jaune auprès des lecteurs et des entreprises.Qui aurait pu prévoir qu\u2019un jour La Presse, propriété de l\u2019une des plus riches entreprises canadiennes, demanderait un jour à ses lecteurs une aide financière ?Mais avant de souscrire, il faut à mon avis plus d\u2019informations.Qu\u2019en est-il de la situation financière de La Presse présentement ?Avant le changement de statut, La Presse était, selon plusieurs sources, très déficitaire et ce serait là la principale raison du désistement de Power Corporation et de de sa transformation en OBNL.Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, la décision de l\u2019administration Crevier d\u2019abandonner le papier en faveur de la tablette comme seul support informatique de l\u2019entièreté de La Presse + conti- nuera-t-elle de plomber les finances de La Presse [\u2026] ?De plus, qu\u2019en est-il des 50 millions de dollars promis par Power Corporation ?Sont-ils dans les coffres de La Presse ?Et où en est la demande au fédéral de rendre admissibles en tant qu\u2019organisme de bienfaisance les contributions de vos lecteurs et mécènes à la déduction d\u2019impôts ?(Au fait, Power Corporation pourra-t-elle profiter de cet avantage ?) Ces questions peuvent paraître indiscrètes ou exagérées, mais cette demande de souscription publique impliquera plus de transparence.Le Syndicat des travailleurs de l\u2019information de La Presse vient de conclure une entente où il a dû concéder 1 million de dollars annuellement et accepter un gel des salaires jusqu\u2019en 2021, mais a en contrepartie exigé de voir les chiffres de l\u2019entreprise une fois par année.Les entreprises et les donateurs privés n\u2019en exigeront pas moins.Un dernier irritant a trait au fait que La Presse + a choisi lors de son passage au numérique de ne demander aucuns frais d\u2019adhésion.La Presse + est donc entièrement gratuite alors que ses principaux concurrents coûtent plus de 20 $ par mois.[.] Le calcul fait par l\u2019administration Crevier était que cette gratuité serait un avantage comparatif important pour attirer les annonceurs au détriment de la concurrence.Il y a donc là une situation qui se défendait lorsque La Presse était une entreprise commerciale, mais qui n\u2019a plus sa raison d\u2019être en tant qu\u2019OBNL.Les gouvernements et les souscripteurs devront exiger une concurrence plus équitable avant de souscrire.Le vieil adage « Aide-toi et le ciel t\u2019aidera » trouve ici une application.Gaétan Lepage Le 15 février 2019 LETTRES INDÉPENDANCE JUDICIAIRE Au-delà de SNC-Lavalin La tempête entourant les allégations d\u2019une possible ingérence politique dans la poursuite contre SNC-Lavalin a accru l\u2019intérêt pour un autre dossier judiciaire qui fait actuellement son chemin devant les tribunaux.La poursuite contre le vice- amiral Mark Norman, accusé d\u2019abus de confiance, a peu attiré l\u2019attention au Québec, mais suscite un intérêt renouvelé dans le reste du pays.De quoi inquiéter les libéraux.ette histoire tortueuse, dont voici seulement un aperçu, commence en 2015.La marine canadienne est confrontée à un problème.Le gouvernement a commandé de nouveaux vaisseaux afin de remplacer sa flotte vieillissante, mais il faudra des années avant de les voir amarrés au port, y compris les deux navires de ravitaillement dont les forces navales ont rapidement besoin.Sur les conseils du vice-amiral Norman, alors grand patron de la marine et numéro deux de l\u2019état-major, les conservateurs acceptent d\u2019envisager une solution temporaire, soit la location d\u2019un navire civil transformé en navire ravitailleur.Le chantier naval Davie est en lice avec son projet Astérix.Pour accélérer les choses à la veille des élections de 2015, les conservateurs modifient les règles en matière d\u2019approvisionnement afin de conclure un marché de gré à gré avec Davie.Celui-ci devra toutefois être scellé par le gouvernement suivant.Élus, les libéraux hésitent et veulent revoir l\u2019entente avant de la signer.Le concurrent de la Davie, la compagnie Irving, profite de l\u2019élection de ce nouveau gouvernement pour revenir à la charge avec sa propre solution, un message qu\u2019aurait relayé le ministre néo-écossais Scott Brison.Inquiet, Mark Norman aurait avisé la Davie du retard.Le hic est que l\u2019information émanait d\u2019un comité du cabinet et qu\u2019elle a fini par se retrouver dans les médias, mettant les libéraux dans l\u2019embarras.L\u2019entente avec la Davie ira finalement de l\u2019avant, mais le Bureau du Conseil privé (BCP), le ministère du premier ministre en quelque sorte, portera plainte à la GRC pour fuite portant atteinte au secret du cabinet.Le vice-amiral est l\u2019objet de soupçons et est suspendu de ses fonctions en janvier 2017 sans savoir ce qu\u2019on lui reproche vraiment.Il ne fera l\u2019objet d\u2019une accusation d\u2019abus de confiance que 14 mois plus tard, soit le 9 mars 2018.Depuis, une véritable guérilla juridique oppose M.Norman à la Couronne et au gouvernement.Les avocats du vice-amiral veulent avoir accès à des documents du cabinet et à des notes sur les échanges entre le bureau du premier ministre, le BCP et la Couronne.Ils sont persuadés d\u2019y trouver la preuve de l\u2019innocence du militaire.Le BCP et le ministère de la Justice rechignent, les requêtes se succèdent.L\u2019automne dernier, une masse de documents a été remise à la Cour, sous scellés, afin qu\u2019un juge détermine ce qui devrait être partagé avec la défense.La semaine dernière, ce sont les notes sur les échanges entre le Directeur des poursuites pénales (DPP) et le BCP qui se sont retrouvées sous la loupe.Et qui ont causé des remous.À leur lecture, la juge de la Cour de justice de l\u2019Ontario Heather Perkins- McVey n\u2019a pu réprimer un commentaire allant dans le sens des accusations d\u2019ingérence politique de la défense.« Voilà pour l\u2019indépendance du DPP », a lancé la juge en lisant un courriel du DPP expliquant que certains passages étaient caviardés parce qu\u2019ils portaient sur la « stratégie du procès ».Signe qu\u2019elle a senti la soupe chaude, la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel, la même qui refuse de négocier une entente avec SNC-La- valin, a fait une déclaration dès le lendemain pour expliquer que les discussions portaient sur l\u2019identification d\u2019un témoin pouvant expliquer les règles entourant le secret du cabinet.Elle a ajouté qu\u2019elle avait «entièrement confiance» en ses procureurs pour qu\u2019ils «exercent leur pouvoir discrétionnaire en toute indépendance et à l\u2019abri de toute considération politique ou partisane».Le procès doit commencer en août prochain, à la veille des élections, et durer quelques semaines.Le gratin militaire, bureaucratique et politique figure sur la liste de témoins potentiels : les anciens ministres Scott Brison et Peter MacKay, le greffier du Conseil privé, le patron d\u2019Irving et ainsi de suite.Voilà la recette parfaite pour un procès médiatisé et dommageable pour les libéraux.À moins que les avocats de M.Norman n\u2019obtiennent d\u2019ici là l\u2019abandon de l\u2019accusation, ce qu\u2019ils comptent demander en mars.ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu C MANON CORNELLIER Notre histoire, ce n\u2019est pas du passé LIBRE OPINION Je ne suis pas Québécois En discutant avec des amis, j\u2019ai constaté que nous sommes nombreux à remarquer que, depuis quelques mois, il semble y avoir une recrudescence d\u2019accusations d\u2019intolérance envers les Québécois.D\u2019ailleurs, lorsqu\u2019on se demande si « les Québécois sont racistes », on parle des francophones.On ne parle pas des Québécois d\u2019origine chinoise, italienne, grecque, et autres, qui habitent Montréal et ailleurs au Québec.Si c\u2019est ça la nouvelle définition du Québécois, j\u2019affirme ceci : je ne suis pas Québécois.Mais nous sommes nombreux à en avoir soupé de ces accusations, car elles sont injustes.[.] Il n\u2019y a pas plus d\u2019intolérants chez les francophones que dans les autres communautés, mais on dirait qu\u2019on tente de nous faire croire le contraire.C\u2019est anormal que nous devions répéter cela en 2019\u2026 Mais je n\u2019abdique pas devant les diffamateurs qui expriment leur propre intolérance en nous lançant injustement de la boue.David Doyon Québec, le 14 février 2019 A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Simon St-Georges Avocat, politologue et étudiant au doctorat en science politique à l\u2019Université de Montréal La question a fait couler beaucoup d\u2019encre, mais il sera difficile de prouver que Jody Wilson-Raybould a perdu son portefeuille en raison de la façon dont elle a traité le cas de SNC-Lava- lin.En soi, cependant, le débat et les conjectures nuisent à l\u2019apparence de la primauté du droit et de l\u2019indépendance judiciaire.Mes recherches montrent d\u2019ailleurs que les nouvelles ententes en matière de justice pénale \u2014 que le Canada tente d\u2019adapter à partir de pratiques américaines et britanniques \u2014 présentent des risques importants pour l\u2019indépendance des poursuites et la confiance des citoyens envers leurs institutions.Jody Wilson-Raybould a agi de manière louable en soutenant ses procureurs, qui ont clairement décidé que, jusqu\u2019ici, l\u2019importance économique et politique de SNC-Lavalin ne justifiait pas la tenue d\u2019une négociation pour exclure sa responsabilité criminelle.Cette dernière question, soit la façon dont nous traitons les accusations de criminalité dans les entreprises, est l\u2019un des aspects centraux de la présente histoire.Jusqu\u2019à maintenant, le gouvernement Trudeau a mal géré cet aspect du complexe débat.Le gouvernement canadien a noyé une modification au Code criminel dans sa loi budgétaire de 2018 afin d\u2019autoriser ce qu\u2019il appelle des « accords de réparation ».Comme les Canadiens sont en train de l\u2019apprendre, ce nouveau type d\u2019ententes criminelles s\u2019apparente à des plaidoyers de culpabilité, sauf qu\u2019elles n\u2019impliquent justement pas de reconnaissance de culpabilité.Les membres du Comité permanent des finances qui ont examiné et adopté la modification au Code criminel ont exprimé leur mécontentement face au processus.Même le député libéral Greg Fergus craignait qu\u2019on ne dissuade pas suffisamment les entreprises accusées d\u2019activités criminelles tout en abordant l\u2019optique d\u2019un système criminel à deux vitesses.Après tout, les personnes accusées de crimes (non violents) peuvent également avoir des tiers qui dépendent d\u2019eux et une réputation à maintenir, mais elles JUSTICE Comité exécutif de l\u2019Association des médecins psychiatres du Québec* En réponse au texte de Robert Perreault et de Jean-Yves Frappier publié le vendredi 15 février 2019 À l\u2019instar de l\u2019Association médicale du Canada, la Fédération des médecins spécialistes du Québec, l\u2019Académie canadienne de psychiatrie de l\u2019enfant et de l\u2019adolescent, l\u2019Académie canadienne de psychiatrie, l\u2019Académie canadienne de médecine psychosomatique et d\u2019autres, l\u2019Association des médecins psychiatres du Québec a proposé que l\u2019âge légal pour consommer du cannabis soit fixé à 21 ans.Cette prise de position a été mûrement réfléchie et s\u2019est articulée de façon rigoureuse sur la base de la littérature, mais aussi en tenant compte de la réalité de terrain en psychiatrie.Vous avez raison, nous sommes complètement partiaux et nous avons des intérêts.L\u2019intérêt de ces jeunes psychotiques qui souffrent, qui sont désorganisés, qui ne se reconnaissent plus.L\u2019intérêt de leurs proches en désarroi et impuissants devant un jeune qui ne voit pas de problèmes avec le cannabis.Nous avons l\u2019intérêt de nos patients parce que notre réalité, c\u2019est que nous ne traitons pas des statistiques, nous traitons des humains.Ceux qui ont un proche atteint d\u2019un trouble mental savent à quel point il est difficile de les sensibiliser.Depuis la légalisation, nous entendons trop souvent des parents qui relatent des conversations avec leurs jeunes disant : « Si c\u2019était aussi dangereux, ça ne serait pas légal.» Dans nos urgences, les jeunes ne considèrent plus le cannabis comme une drogue, si bien qu\u2019il nous faut leur poser la question spécifique sur le cannabis.La légalisation a comme effet collatéral de banaliser le produit.Fumer un joint ne peut devenir aussi anodin que de marcher dans la rue avec son latté Starbucks.Le message doit être clair et sans équivoque.Un des moyens de prévention pour y arriver est de fixer l\u2019âge à 21 ans.Au Québec, parce que les jeunes sont plus à risque, nous avons choisi d\u2019appliquer la politique de tolérance zéro sur l\u2019alcool au volant pour les moins de 25 ans.D\u2019ailleurs, le bilan routier s\u2019améliore.Pourquoi est-ce si incongru et si vertement dénoncé que l\u2019on applique CANNABIS L\u2019Association des médecins psychiatres du Québec a proposé que l\u2019âge légal pour consommer du cannabis soit fixé à 21 ans.MARTIN OUELLET- DIOTTE AGENCE FRANCE-PRESSE Selon l\u2019auteur, l\u2019ex-ministre de la Justice Jody Wilson-Raybould a agi de manière louable en soutenant ses procureurs, qui ont clairement décidé que, jusqu\u2019ici, l\u2019importance économique et politique de SNC-Lavalin ne justifiait pas la tenue d\u2019une négociation pour exclure sa responsabilité criminelle.ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE cusations.Et c\u2019est là que le débat actuel manque de profondeur.L\u2019un des risques connus des nouveaux accords de poursuite suspendue, outre la politisation du système de justice criminelle pour les grandes entreprises aux États-Unis, est une plus grande clémence du système de justice envers les entreprises nationales par rapport à leurs concurrents étrangers.Cela conduit à de mauvais signaux du marché et à un climat de faible dissuasion.Ces éléments font également partie de « l\u2019intérêt public » que les procureurs de l\u2019affaire SNC-Lavalin devaient prendre en compte.C\u2019est à eux que le Code criminel confère cette discrétion (à l\u2019Art.715.32 (1)).Ils méritent notre bénéfice du doute s\u2019ils ont pris leur difficile décision comme acteurs juridiques indépendants et en connaissance de cause.Nous savons maintenant que d\u2019autres accusations criminelles pourraient suivre concernant la corruption alléguée de SNC-Lavalin au Québec.Et puis, il y a les autres problèmes d\u2019affaires de l\u2019entreprise, comme ses opérations minières et ses relations avec l\u2019Arabie saoudite.Face à tout cela, le risque de prise de contrôle par une société étrangère est réel, mais il ne repose pas sur les épaules des procureurs ni sur celles des ministres de la Justice.Ultimement, la responsabilité première des employés de SNC-Lavalin repose sur SNC-Lavalin.Pour être clair, j\u2019estime qu\u2019Ottawa et le gouvernement du Québec devraient aider l\u2019entreprise si elle est vulnérable à une prise de contrôle.Et sur ce point, il n\u2019est pas trop tard pour avoir un bon plan sur la manière d\u2019obtenir l\u2019acceptabilité sociale \u2014 à la grandeur du pays \u2014 pour qu\u2019une aide financière soit apportée au besoin.Pour le moment, la variable du caractère distinct du Québec pourrait cependant rendre la tempête canadienne encore plus problématique.D\u2019une part, la couverture contre- productive de certains politiciens et observateurs anglophones fait de SNC- Lavalin un ennemi.Mais d\u2019autre part, des politiciens et des observateurs québécois appellent ouvertement au protectionnisme judiciaire de SNC- Lavalin sans penser aux répercussions de leur demande.Nous pouvons nous soucier de la protection de bons emplois en respectant l\u2019intégrité de nos institutions.ne bénéficient pas d\u2019accords « de réparation » pour leur éviter une reconnaissance de culpabilité.Il est vrai que la reconnaissance de culpabilité prend une dimension particulière pour SNC-Lavalin, qui veut maintenir et continuer d\u2019obtenir des contrats publics.À l\u2019heure actuelle, l\u2019entreprise refuse de négocier un plaidoyer de culpabilité pour cette raison.Notons cependant que de nombreuses entreprises multinationales signent encore des plaidoyers de culpabilité sans qu\u2019ils les mènent à leur perte.De l\u2019autre côté de la table des négociations, les procureurs de la Couronne semblent croire que, compte tenu de la gravité de la preuve amassée, ils ne peuvent pas négocier sur la reconnaissance de culpabilité de l\u2019entreprise.Il s\u2019agit d\u2019une position qui est tout aussi compréhensible que la position de négociation de SNC-Lavalin.« Si Ottawa autorise les accords de réparation, pourquoi les procureurs ne les utilisent-ils pas ?» Nous avons beaucoup entendu cette question, surtout au Québec.Mais n\u2019oublions pas qu\u2019en revanche, le Canada n\u2019a pas vraiment utilisé ses dispositions en matière de responsabilité criminelle des entreprises depuis leur réforme en 2003.Si nous voulons prendre au sérieux le crime d\u2019entreprise, nous devons laisser les procureurs considérer que certains dossiers justifient des ac- Une tempête canadienne Les accords de poursuite suspendue, les employés de SNC-Lavalin, la variable québécoise et la primauté du droit un principe de précaution semblable alors qu\u2019il est question de protéger le cerveau des jeunes ?Bien sûr que ceux qui consomment déjà ne cesseront pas parce que l\u2019âge légal passe de 18 à 21 ans, mais l\u2019État est-il tenu de leur donner une bénédiction pour autant ?D\u2019ailleurs, qu\u2019ils soient âgés de 14, 16, 18 ou 20 ans, ils continueront à s\u2019approvisionner auprès de leur réseau habituel.Le ministre Carmant rappelait cette semaine que les consommateurs de 18 à 20 ans ne représentaient que 2 % des clients de la SQDC.Ce qui est particulier, c\u2019est de lire des affirmations tranchées supposant que de facto, tous les jeunes qui consomment du cannabis vont dorénavant s\u2019approvisionner à la SQDC avec la pensée magique que le marché noir va s\u2019effondrer.Le véritable effet de statuer à 21 ans, c\u2019est le message qu\u2019on envoie.Pour certains jeunes, cette barrière légale reportera le début de la consommation ou en réduira la fréquence.Pour ceux qui se feront prendre à en consommer, nous avons proposé que les sanctions pénales, comme les amendes, soient remplacées par des sessions d\u2019information sur les dangers du cannabis afin de souscrire à l\u2019objectif de la réduction des méfaits.Les recherches ont clairement démontré que la consommation du cannabis peut induire des psychoses, que la moitié de ceux qui font une psychose toxique développeront un trouble ressemblant à la schizophrénie dans les 10 ans, que le risque de psychose augmente de 40 % pour ceux qui ont consommé du cannabis une fois dans leur vie et de près de 400 % pour des utilisateurs réguliers.Qu\u2019est-ce que ça prend de plus pour privilégier la prudence?Comme société qui valorise sa jeunesse, nous leur devons cela.*Dre Karine J.Igartua, Dr Guillaume Barbes- Morin, Dr Olivier Farmer, Dr Richard Montoro, Dre Marie-Frédérique Allard, Dr Theodore Kolivakis, Dr Patrick Lapierre Le parti pris des jeunes Les recherches démontrent que la consommation du cannabis peut induire des psychoses Si nous voulons prendre au sérieux le crime d\u2019entreprise, nous devons laisser les procureurs considérer que certains dossiers justifient des accusations.Et c\u2019est là que le débat actuel manque de profondeur.Dans nos urgences, les jeunes ne considèrent plus le cannabis comme une drogue, si bien qu\u2019il nous faut leur poser la question spécifique sur le cannabis LEDEVOIR // LE LUNDI 18 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.La transition entre la glace uniforme longeant les côtes et l\u2019eau libre, plus loin au large, est mal comprise par les scientifiques.PHOTOS ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR u pont arrière du navire, marqué d\u2019un gros « H » pour hélicoptère, file vers le ciel un moustique mécanique.La chose, pas plus grosse qu\u2019un goéland, s\u2019élève à quelques dizaines de mètres, puis s\u2019arrête net.Ses quatre pales jouent de précision pour combattre les vents et garder l\u2019appareil immobile, comme suspendu par une corde invisible.Soudain, l\u2019aéronef miniature se lance vers sa gauche sur quelques centaines de mètres.Il s\u2019avance un peu, puis vole vers sa droite à toute allure.La valse se poursuit, l\u2019appareil quadrillant le territoire.Sur le pont, Élie Dumas-Lefebvre télécommande le drone, concentré.C\u2019est un baptême de l\u2019air scientifique pour l\u2019appareil et son pilote.L\u2019étudiant en océanographie physique à l\u2019Université du Québec à Rimouski (UQAR) ne détourne pas l\u2019œil du téléphone où l\u2019image prise par le drone est retransmise en direct.Et ses mains crispées par le froid et la nervosité ne lâchent pas la manette.Autour de lui, une petite équipe s\u2019assure que l\u2019expérience se déroule bien.Quelqu\u2019un surveille le drone, tentant de ne pas le perdre de vue dans le grand ciel.Un autre assure la communication radio avec la timonerie, la cabine où se trouvent les instruments de navigation.Un autre contrôle la circulation sur le pont d\u2019envol.Mais chacun est aussi un peu là pour admirer le paysage.Un miroir de glace craquelé, coupant, cristallin, s\u2019étend devant les villages côtiers de la Gaspésie.Les Chic- Chocs tracent la ligne d\u2019horizon.La zone marginale « On utilise le drone pour créer une carte de la glace, expliquera quelques jours plus tard, bien au chaud, Élie Du- mas-Lefebvre.Chacune des images du vidéo est appliquée sur un grand plan.Grâce à cela, on pourra obtenir la distribution de la taille des floes.» Ce classement de tous les morceaux de glace photographiés en fonction de leur taille \u2014 du plus petit fragment à l\u2019immense radeau blanc \u2014 permettra de comprendre comment s\u2019opère la transition entre la glace uniforme longeant les côtes et l\u2019eau libre, plus loin au large.Le mouvement et la fragmentation des glaces dans cette « zone marginale » sont pour l\u2019instant mal compris.De prime abord d\u2019intérêt fondamental, cette question concerne aussi les scientifiques pour des raisons plus concrètes.Dotés d\u2019une meilleure compréhension de la dynamique de la banquise, ils pourraient améliorer les prévisions de glace produites pour la navigation maritime.« Les modèles de glace sont vraiment en arrière des modèles de météo », déplore Élie.Tandis que l\u2019entrevue se poursuit dans le salon des officiers, un message retentit à l\u2019interphone.« Petites nouvelles sur nos opérations, dit le commandant.On a eu un appel du bureau des glaces, un navire est pris dans la glace dans le secteur de Matane, près de la côte.Avec les vents forts, les glaces ont été poussées avec beaucoup de pression contre la côte sud sur la Gaspé- sie.» L\u2019équipage doit aller prêter main- forte au brise-glace déjà à l\u2019œuvre à Matane, conclut-il.Réfugié dans la baie de Sept-Îles, l\u2019Amundsen reprend donc la mer.Encore récemment, une couche de glace recouvrait l\u2019estuaire sur une bonne partie de sa largeur.Toute cette glace est maintenant empilée contre le littoral.Le secteur de Matane est particulièrement sujet aux accumulations parce que les vents dominants provenant de l\u2019ouest y poussent la glace formée au large.Au quai, le traversier Matane\u2013Baie- Comeau\u2013Godbout et le Georges-Alexan- dre Lebel, qui transporte des wagons de train de la Gaspésie à la Côte-Nord, sont complètement immobilisés dans un champ de blocs de glace.Cette fois- ci, seule la force brute d\u2019un brise-glace pouvait dénouer la situation, prévue ou pas par les modèles numériques.Expérience géante Par un bel après-midi, Élie entre dans le bureau des scientifiques, perché sur un des ponts supérieurs de l\u2019Amundsen, fou de joie.Il montre les premières images d\u2019une expérience géante qu\u2019il vient de réaliser avec son drone.Il a réussi à filmer comment les vagues générées par le navire, se propageant sous la mince banquise, cassent progressivement la glace.Les fissures se propagent lentement, découpant pièce par pièce des losanges de glace.On assiste en direct à la création de la zone marginale.L\u2019expérience, inspirée d\u2019une idée de son directeur de recherche, le professeur à l\u2019Institut des sciences de la mer de l\u2019UQAR Dany Dumont, n\u2019était pas planifiée en amont de l\u2019expédition.Elle a été improvisée avec la collaboration du commandant du brise-glace, Alain Gariépy.« On sait ce que le navire peut faire en mode déglaçage, quelles vagues il génère et à quelle vitesse, explique-t-il.Il s\u2019agissait donc de bien se coordonner avec Élie pour qu\u2019il place son drone au bon endroit, au bon moment.» « Quand j\u2019ai vu les vagues fracturer la couverture de glace, c\u2019était incroyable ! raconte le jeune physicien.C\u2019était un sentiment que je n\u2019avais jamais ressenti en faisant de la science.» L\u2019analyse des images pourrait l\u2019occuper pour sa maîtrise entière.Et sur le navire, l\u2019enthousiasme des scientifiques est contagieux.« Pour nous, dit Alain Gariépy, c\u2019est très rafraîchissant.On sort de notre cadre habituel des activités de la garde côtière pour parler avec de jeunes scientifiques passionnés qui ont la chance de réaliser leur prise de données en mer \u2014 ou à tout le moins d\u2019essayer.» Notre journaliste a été invité sur l\u2019Amundsen par Réseau Québec maritime.D Au cœur de l\u2019hiver, une vingtaine de scientifiques sont montés à bord du brise-glace Amundsen pour la seconde édition de l\u2019Odyssée Saint-Laurent.Notre journaliste s\u2019est joint à eux pendant deux semaines.Deuxième texte : étudier la distribution des glaces sur le Saint-Laurent grâce à un drone.ALEXIS RIOPEL SUR LE BRISE-GLACE AMUNDSEN LE DEVOIR À BORD DE L\u2019AMUNDSEN La glace à vol d\u2019oiseau Quand un drone dévoile les secrets de la valse des glaces sur le fleuve Saint-Laurent Élie Dumas- Lefebvre, qui porte le manteau rouge, est étudiant en océanographie physique à l\u2019UQAR.Il se sert d\u2019un drone pour cartographier les fragments de glace afin d\u2019améliorer les prévisions produites pour la navigation maritime.1.Matane, dans le Bas-Saint-Laurent 2.Sept-Îles, sur la Côte-Nord 3.Les monts Chic-Chocs, en Gaspésie INFOGRAPHIE NASA / LE DEVOIR "]
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