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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2019-02-19, Collections de BAnQ.

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[" VOL.CX NO 35 / LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Littérature, cryptomonnaie et chaîne de blocs Une nouvelle revue dématérialisée pourrait voir le jour KARL RETTINO-PARAZELLI LE DEVOIR INDEX Éditorial.A6 Idées.A7 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B4 Météo .B6 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 Monde .B7 Avis légaux .B7 ACTUALITÉS La bactérie mangeuse de pétrole : le Saint-Laurent pourrait-il composer naturellement avec un déversement ?| A 8 MONDE Facebook, un « gangster numérique » à contrôler, écrit une commission d\u2019élus britanniques B 7 HÉLÈNE BUZZETTI MARIE VASTEL CORRESPONDANTES PARLEMENTAIRES À OTTAWA LE DEVOIR Le scandale SNC-Lavalin dans lequel s\u2019engouffre le gouvernement de Justin Trudeau a fait une deuxième victime : Gerald Butts, le secrétaire principal du premier ministre, a démissionné de son poste afin, dit-il, de ne pas devenir un boulet pour son chef.À moins de huit mois de l\u2019élection, c\u2019est une pièce maîtresse que perd l\u2019équipe libérale, soit celui qui était considéré comme le cerveau politique du gouvernement et qui était devenu le paratonnerre de la hargne de l\u2019opposition.«Récemment, des sources anonymes m\u2019ont accusé d\u2019avoir fait pression sur l\u2019ancienne procureure générale, l\u2019honorable Jody Wilson-Raybould, afin d\u2019offrir à SNC-Lavalin la possibilité de négocier un accord de réparation, écrit M.Butts.Je nie catégoriquement les allégations selon lesquelles moi ou un membre de ce cabinet [aurions] tenté d\u2019influencer Mme Wilson-Raybould.Nous respectons le rôle unique qu\u2019est celui de procureure générale.» Selon nos informations, M.Trudeau n\u2019a pas demandé la démission de son conseiller.C\u2019est lui qui la lui a offerte après mûre réflexion.Sa démission s\u2019ajoute à celle de Mme Wilson-Ray- bould, qui a quitté le cabinet la semaine dernière après que Justin Trudeau eut déclaré que sa présence au Conseil des ministres était la preuve qu\u2019elle n\u2019avait rien à reprocher au gouvernement.Depuis que le Globe and Mail a allégué que l\u2019entourage de M.Trudeau avait fait pression sur Mme Wilson-Ray- bould pour qu\u2019elle ne dépose pas d\u2019accusations criminelles contre le géant SNC-Lavalin et négocie plutôt un accord, M.Butts était dans la mire publique.Selon la version du bureau du AFFAIRE SNC-LAVALIN Le principal conseiller de Trudeau démissionne Gerald Butts, principal conseiller et ami personnel de Justin Trudeau, a démissionné dans la foulée de l\u2019affaire SNC-Lavalin.Sur cette photo prise en avril 2018, on voit les deux hommes qui sortent d\u2019une séance de travail au bureau du premier ministre.JUSTIN TANG LA PRESSE CANADIENNE ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Les deux principales institutions représentant les médecins omnipraticiens du Québec ne sont pas d\u2019accord sur la place à donner aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS).Alors que le Collège des médecins du Québec (CMQ) envisage des changements majeurs, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) reste sur ses gardes.Lundi, le CMQ a confirmé ce qu\u2019avait dit la ministre Danielle McCann en entrevue : l\u2019organisme étudie une proposition visant à permettre aux IPS de poser des diagnostics.Il se dit aussi ouvert à revoir certaines règles pour faire en sorte que les patients qui sont vus actuellement par une IPS pour un suivi de maladie chronique n\u2019aient plus l\u2019obligation de voir aussi un médecin dans les trente jours suivants.En entrevue, le président du CMQ, Mauril Gaudreault, a expliqué qu\u2019il comptait soumettre une proposition pour « alléger tout cela ».M.Gaudreault ne veut pas dire exactement ce qu\u2019il compte proposer comme changement, puisque cela doit d\u2019abord être entériné par son conseil d\u2019administration.Il ne préconise pas qu\u2019on donne aux IPS une « autonomie complète » pour poser des diagnostics, mais parle d\u2019une ouverture sur la règle des 30 jours.Pour en arriver là, le CMQ a notamment consulté des médecins qui ont travaillé avec des IPS ces dernières années.« Il y a une ouverture plus grande [au sein du conseil d\u2019administration] à intensifier la collaboration interprofessionnelle pour le mieux- être de la population », dit-il.« On sait bien que le système doit s\u2019améliorer, donc on veut y participer de façon pleine et entière.[\u2026] Le jour où les partenariats entre médecins et IPS vont fonctionner comme il faut, à mon avis ça va être extraordinaire.» RÉFORME MCCANN Un bras de fer se dessine avec les médecins Walid Romani a posé les premiers jalons d\u2019une revue francophone de « cryptolittérature ».MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR VOIR PAGE A 2 : DÉMISSION VOIR PAGE A 4 : RÉFORME UNE RÉFORME ESSENTIELLE.L\u2019ÉDITORIAL DE ROBERT DUTRISAC.PAGE A 6 xaspéré par la précarité des emplois dans le monde littéraire québécois et la fragilité des modèles d\u2019affaires traditionnels, un Montréalais mise sur une nouvelle cryptomonnaie et la technologie de la chaîne de blocs pour lancer H, qui pourrait devenir la «première revue francophone de cryptolittérature au monde».Walid Romani se rappelle les nombreuses discussions qu\u2019il a eues au fil des ans avec ses collègues qui œuvrent dans l\u2019univers de la littérature.Combien de fois a-t-il entendu parler d\u2019auteurs qui ont passé des années à travailler bénévolement pour mettre sur pied leur propre maison d\u2019édition, ou de ceux qui ont de la difficulté à joindre les deux bouts, même s\u2019ils parviennent à vendre leurs écrits ?« Le modèle actuel [des revues littéraires] est basé sur l\u2019abonnement et les subventions provenant du gouvernement, mais ça laisse toujours un petit VOIR PAGE A 4 : LITTÉRATURE E Si le Collège des médecins se dit ouvert à des changements, les omnipraticiens, eux, se méfient d\u2019un élargissement de l\u2019autonomie des infirmières praticiennes ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 Avec l\u2019appui de : INSCRIPTION \u2022 CORIM.QC.CA \u2022 514 340-9622 Jacques Aubé Vice-président exécutif et chef de l\u2019exploitation, evenko Événements et spectacles dans le monde : une approche créative montréalaise Déjeuner-causerie de la Série Affaires présentée par : Gérald Butts dit n\u2019avoir rien à se reprocher premier ministre, Mme Wilson-Ray- bould a pris l\u2019initiative de soulever la question avec M.Butts en décembre, et ce dernier lui aurait dit de s\u2019adresser au greffier du Conseil privé.Ce serait la seule fois que M.Butts aurait discuté de cette affaire avec l\u2019ancienne ministre de la Justice.Les partis d\u2019opposition à la Chambre des communes veulent entendre la version des faits de Gerald Butts en comité parlementaire.Jusqu\u2019à présent, la majorité libérale sur le comité s\u2019y est opposée.Le comité doit se rencontrer à huis clos mardi pour reconsidérer la question.M.Butts réitère qu\u2019il n\u2019a rien à se reprocher, mais que les apparences ont aussi leur importance.« La réalité, c\u2019est que ces allégations existent.Elles ne peuvent pas et elles ne doivent en aucun cas faire obstacle au travail essentiel qu\u2019effectuent le premier ministre et son bureau au nom de tous les Canadiens.Ma réputation est ma responsabilité.C\u2019est à moi de la défendre.C\u2019est dans les meilleurs intérêts [sic] du cabinet et de son important travail que je démissionne.» En coulisses, on reconnaît que M.Butts était depuis le premier jour du gouvernement Trudeau le paratonnerre des critiques.Les sites Web conservateurs aimaient le détester.« Il n\u2019est pas aveugle.Il sait qu\u2019il y a beaucoup de gens qui n\u2019arrêteront pas [de l\u2019attaquer et d\u2019attaquer par extension les libéraux] tant qu\u2019il sera dans l\u2019arène politique.» Or, si les libéraux espéraient que le départ de M.Butts retirerait de l\u2019équation ce personnage controversé, sa démission surprise a au contraire ravivé leurs critiques.Conservateurs, néodé- mocrates et bloquistes ont sommé Justin Trudeau de relever une fois pour toutes Mme Wilson-Raybould de son secret professionnel afin qu\u2019elle puisse livrer sa version des faits.Car la lettre de démission de Gerald Butts pose plus de questions qu\u2019elle n\u2019en résout, selon le conservateur Pierre Paul-Hus, puisque le stratège politique martèle n\u2019avoir rien fait de mal.« S\u2019il y a eu ingérence, qui l\u2019a faite ?, demande le député.Tant et aussi longtemps que Mme Wilson- Raybould n\u2019aura pas le droit de parler, on sera en droit de se demander qui d\u2019autre alors a fait pression, si ce n\u2019est pas lui.» Le néodémocrate Alexandre Boule- rice est d\u2019avis que M.Butts « mange le coup pour éviter que ce soit Justin Trudeau qui subisse le choc politique ».Mais son départ laisse penser, selon lui, que Gerald Butts part surtout parce qu\u2019il a bel et bien quelque chose à se reprocher, ou parce que le bureau du premier ministre prévoit que Jody Wilson-Raybould « a encore des choses fracassantes à dire ».Le chef du NPD, Jagmeet Singh, a réclamé lundi, comme la chef du Parti vert, Elizabeth May, une enquête publique sur toute cette affaire.« Il y a quelque chose de grave, c\u2019est manifeste, a quant à lui dénoncé le blo- quiste Rhéal Fortin.Et quand M.Butts nous dit qu\u2019il démissionne pour ne pas être une distraction, il a raté son coup parce qu\u2019il confirme qu\u2019il y a effectivement un gros, gros problème au bureau du premier ministre.» De grands amis Dans un bref commentaire diffusé sur Twitter, M.Trudeau a déclaré que «Gerald Butts a servi notre gouvernement \u2014 et notre pays \u2014 avec intégrité, sagesse et dévouement.Je tiens à le remercier pour son service et son amitié indéfectible».Dans son autobiographie de 2014, Justin Trudeau décrit Gerald Butts comme son «meilleur ami» et son «plus proche conseiller».Les deux hommes ont étudié ensemble la littérature anglaise à l\u2019Université McGill.Gerald Butts a même aidé Justin Trudeau à rédiger le fameux éloge funèbre qu\u2019il a prononcé aux funérailles d\u2019État de son père en 2000, oraison touchante qui avait grandement contribué à susciter l\u2019intérêt du public pour le jeune homme et à engendrer des conjectures sur ses ambitions politiques.Immanquablement, M.Butts se trouvait aux côtés de M.Trudeau depuis sa campagne au leadership de 2012.Aucune décision importante n\u2019était prise sans que les deux hommes en discutent.Il était plus que son bras droit : il était aussi les yeux et les oreilles du premier ministre, accompagnant même la ministre Chrys- tia Freeland aux États-Unis pour négocier l\u2019accord de libre-échange.Gerald Butts, 47 ans, est un opérateur politique de l\u2019ombre depuis toujours.Dans sa jeunesse, sur recommandation de sa tante sénatrice, il travaille pour le sénateur Allan MacEachen à la préparation de mémoires qui ne seront jamais publiés.Il passe ensuite à la scène politique provinciale, devenant en 1999 le conseiller principal du libéral Dalton McGuinty.Gerald Butts accompagne ce dernier pendant ses deux mandats de premier ministre de l\u2019Ontario.Déjà à cette époque, on le considérait comme le cerveau politique de l\u2019administration McGuinty et il avait conservé ce rôle auprès de Justin Trudeau.Il fait une pause de la politique de 2008 à 2012, devenant le président du groupe environnemental World Wildlife Fund.DÉMISSION SUITE DE LA PAGE A 1 Des groupes qui défileront devant la commission parlementaire étudiant le projet de loi sur le cannabis plaideront pour le maintien à 18 ans de l\u2019âge légal pour posséder ou consommer de la marijuana.Les municipalités tenteront pour leur part de défendre leurs pouvoirs en réclamant le retrait de l\u2019article interdisant à quiconque de fumer du cannabis dans l\u2019espace public.GETTY IMAGES MARCO BÉLAIR-CIRINO CORRESPONDANT PARLEMENTAIRE À QUÉBEC LE DEVOIR CANNABIS Des experts en santé publique contredisent le ministre Carmant Une coalition dirigée par l\u2019Association pour la santé publique du Québec (ASPQ) réfute l\u2019argument principal avancé par le ministre Lionel Carmant pour justifier la hausse de l\u2019âge minimal requis pour acheter et posséder des produits du cannabis de 18 à 21 ans : l\u2019apparition de dommages au cerveau de consommateurs âgés jusqu\u2019à 25 ans.Il est « impossible pour l\u2019instant de tirer des conclusions probantes » à partir d\u2019imageries du cerveau de jeunes consommateurs occasionnels de cannabis dans lesquelles certains changements ont été observés, soutiendront l\u2019ASPQ et l\u2019Association des spécialistes en médecine préventive du Québec (ASMPQ) en commission parlementaire mardi.« La nature et la taille des échantillons ne permettent pas d\u2019établir que ces changements sont associés à des effets négatifs », sont-ils d\u2019avis.La coalition, à laquelle s\u2019est également joint le professeur de criminologie de l\u2019Université d\u2019Ottawa Bastien Quirion, exhortera mardi l\u2019auteur du projet de loi 2, Lionel Carmant, à maintenir l\u2019âge minimal d\u2019accès légal au cannabis à 18 ans « par souci de cohérence législative, de rigueur scientifique, de lutte contre la stigmatisation et de prévention ».Les municipalités québécoises, dont la Ville de Montréal, feront de même.Elles redoutent pour leur part des « désagréments » et des « coûts » ad- venant l\u2019adoption du projet de loi resserrant l\u2019encadrement du cannabis.La mairesse de Montréal, Valérie Plante, incitera le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, à renoncer à son projet d\u2019interdire toute consommation de cannabis dans les lieux publics, lors de son passage à l\u2019Assemblée nationale mardi soir.« La consultation qui a eu lieu [sous le gouvernement Couillard] et le cadre qui prévaut répondent aux réalités montréalaises », a fait valoir l\u2019un de ses proches collaborateurs dans un échange avec Le Devoir, lundi.« Effectuer des changements en cours de route impliquerait beaucoup de désagréments, sans parler des coûts », a-t- il ajouté.Le président de l\u2019Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, tentera aussi de dissuader les élus caquistes d\u2019« empiéter sur les compétences des municipalités en matière d\u2019aménagement du territoire et de paix et bon ordre dans l\u2019espace public » en décrétant une interdiction de fumer un joint de marijuana sur leur territoire.D\u2019ailleurs, « les municipalités n\u2019ont pas encore constaté [près de cinq mois après la légalisation du cannabis au Canada] de situations vraiment problématiques devant exiger des changements législatifs », souligne l\u2019UMQ dans son mémoire adressé à l\u2019Assemblée nationale.Le Devoir en a obtenu copie.M.Cusson tentera de convaincre la Commission de la santé et des services sociaux de maintenir le pouvoir des municipalités d\u2019adopter, si elles le souhaitent, un règlement déterminant les « lieux publics extérieurs (rues, trottoirs, parcs, etc.) où il sera permis ou interdit de fumer du cannabis ».Sensibiliser plutôt qu\u2019interdire Par ailleurs, l\u2019UMQ doute fortement que la consommation de cannabis fléchisse chez les jeunes après l\u2019entrée en vigueur du projet de loi 2, qui prévoit faire passer l\u2019âge légal d\u2019achat et de consommation de 18 à 21 ans.« [Cette mesure] encourage plutôt une consommation d\u2019un produit non encadré », souligne le regroupement de « gouvernements locaux » représentant plus de 85 % de la population.« Il importe d\u2019abord et avant tout de continuer à faire des campagnes de sensibilisation et de prévention auprès de ces personnes plutôt que de simplement leur en interdire l\u2019accès », ajoute-t-il.D\u2019ailleurs, la légalisation du cannabis au Canada, le 1er octobre dernier, n\u2019a pas suscité l\u2019engouement des jeunes pour le cannabis, qui était tant redouté.Selon Statistique Canada, 27,4 % des 15-24 ans ont consommé du cannabis entre octobre et décembre 2018, comparativement à 27,6 % entre janvier et septembre 2018.Le président de l\u2019UMQ , Alexandre Cusson, profitera de son passage devant la commission parlementaire afin de réclamer le versement des 20 millions de dollars mis de côté par l\u2019ex-ministre des Finances, Carlos Leitão, pour faciliter la transition des municipalités vers la légalisation du cannabis.Le monde municipal pourra compter mardi sur l\u2019appui de l\u2019ASPQ et ses partenaires.Les adultes de 18, 19 et 20 ans consommant du cannabis risquent d\u2019acheter, si le gouvernement caquiste ne révise pas le projet de loi 2, une « substance non contrôlée et de moindre qualité » vendue sur le marché illégal, craignent l\u2019ASPQ, l\u2019ASMPQ, ainsi que le professeur Bastien Quirion.Les recherches sur les dommages au cerveau des jeunes ne seraient pas probantes ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 Le renchaussage L e Bloc québécois entend défendre à Ottawa « le mandat que les Québécois viennent de confier à la CAQ », a déclaré vendredi son nouveau chef, Yves-François Blanchet.À l\u2019approche des élections fédérales, il fallait s\u2019attendre à ce que le Bloc tente d\u2019entrer dans les bonnes grâces du gouvernement Legault, que le Parti conservateur courtise déjà assidûment.Alors que Martine Ouellet voyait une incompatibilité entre la défense des intérêts du Québec et la promotion de l\u2019indépendance, M.Blanchet estime que « c\u2019est ultimement une seule et même chose ».Cela dépend du point de vue.Pour un fédéraliste, les intérêts du Québec seront mieux servis en demeurant au sein du Canada, ce que ne croit évidemment pas le chef du Bloc.Sa posture relève plutôt du « beau risque ».Si un gouvernement autre que celui de Justin Trudeau décidait à terme d\u2019accéder aux demandes de la CAQ, en acceptant de céder la perception de l\u2019impôt fédéral sur le revenu au Québec et en lui accordant les pouvoirs en matière d\u2019immigration que réclame M.Legault, il est clair que l\u2019indépendance perdrait de son attrait plutôt que l\u2019inverse.À l\u2019époque où il était commentateur aux Ex, M.Blanchet ne croyait pas que le Québec puisse avoir gain de cause et il ne le croit sûrement pas davantage aujourd\u2019hui.Il calcule plutôt que plus les demandes de M.Legault auront d\u2019écho, plus le refus d\u2019Ottawa sera retentissant.Presque devenues la règle, les querelles fédérales-provin- ciales n\u2019ont sans doute plus l\u2019effet mobilisateur qu\u2019elles ont eu dans le passé, mais toute nouvelle démonstration du manque d\u2019ouverture du Canada anglais peut rendre les Québécois plus réceptifs au discours souverainiste.De toute manière, dans l\u2019état actuel des choses, semer pour l\u2019avenir est tout ce que peut faire le Bloc.C\u2019est aussi ce que doit faire le PQ.Il n\u2019est pas nécessaire d\u2019approuver la nouvelle approche de l\u2019immigration préconisée par la CAQ, ni la brutale élimination des 18 000 demandes que les libéraux avaient laissées s\u2019accumuler, pour exiger que le Québec ait le droit de choisir seul la façon dont il entend faire les choses.Le PQ devrait non seulement appuyer les revendications de M.Legault, mais également veiller à ce qu\u2019il ne les mette pas en veilleuse de peur qu\u2019Ottawa les rejette, comme les gouvernements libéraux l\u2019ont fait de façon systématique depuis l\u2019échec de l\u2019entente de Charlottetown.M.Legault est encore en début de mandat, et les demandes qu\u2019il a présentées jusqu\u2019à présent ne constituent qu\u2019une petite partie de la liste qu\u2019on trouve dans le « Nouveau projet pour les nationalistes du Québec », qui tient lieu de politique constitutionnelle à la CAQ.Il est sans doute préférable d\u2019y aller progressivement.Il serait impossible de faire avaler le « Nouveau projet » d\u2019un coup au reste du pays.Il semble déjà s\u2019étouffer à la première bouchée\u2026 Certains objecteront que le PQ n\u2019a pas à appuyer un parti dont le chef a trahi la cause et qui trompe la population en lui laissant croire que le fédéralisme peut encore être réformé.Il faut cependant regarder les choses en face.Il y a très peu de chances qu\u2019un gouvernement souverainiste soit élu à Québec dans un avenir prévisible.Le PQ pourra toujours promettre un référendum dans le mandat qu\u2019il voudra, mais ce n\u2019est pas demain la veille.Jacques Parizeau avait également pris la décision d\u2019appuyer l\u2019accord du lac Meech, même si les modifications prévues à la Constitution auraient sans doute ruiné ses chances de devenir premier ministre et de tenir un référendum.Lors de sa conclusion en 1987, le PQ avait pourtant décrié l\u2019accord.Son chef de l\u2019époque, Pierre Marc Johnson, parlait du « monstre du lac Meech ».À l\u2019entendre, Robert Bourassa avait vendu l\u2019avenir du Québec pour un plat de lentilles.Dans un premier temps, M.Parizeau avait parlé d\u2019un « hochet donné aux Québécois ».Quand il en est arrivé à la conclusion que l\u2019accord échouerait, il a décidé de l\u2019appuyer et de « renchausser » M.Bourassa pour l\u2019empêcher de faire des concessions, tout en prenant soin de multiplier les déclarations qui attisaient l\u2019opposition du Canada anglais.L\u2019alerte a été chaude au début de juin 1990, quand l\u2019accord a semblé pouvoir être sauvé in extremis.Quand l\u2019échec a été consommé, M.Parizeau a « tendu la main » au premier ministre libéral, participé à la création de la commission Bélan- ger-Campeau\u2026 On connaît la suite.Bien entendu, on est très loin de cette période dramatique de l\u2019histoire récente du Québec, mais qui peut savoir de quoi l\u2019avenir sera fait ?Le premier réflexe des souverainistes est de dénoncer l\u2019insignifiance des demandes de la CAQ, comme celle de l\u2019accord du lac Meech.Pour le moment, le PQ a pourtant tout intérêt à « renchausser », M.Legault.Le gaz naturel liquéfié est transporté par des méthaniers de quelque 300 mètres de longueur.KEVIN CLANCY NEWSY/?AP ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR Même si le transport maritime du gaz naturel qui sera exporté à partir du terminal d\u2019Énergie Saguenay est indissociable du projet, l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale a statué que cet aspect n\u2019en fait pas partie.Une situation qui pourrait ouvrir la porte à des recours devant les tribunaux lorsque le gouvernement autorisera la construction du complexe industriel.À l\u2019instar du projet portuaire qui avait été envisagé à Cacouna, celui de GNL Québec entraînera une augmentation du trafic maritime dans l\u2019habitat essentiel du béluga du Saint-Laurent, principalement dans les limites du parc marin du Saguenay\u2013Saint-Laurent.Or, cette navigation «échappe à la responsabilité et au contrôle de GNL Québec », puisque l\u2019entreprise ne sera pas responsable des navires méthaniers qui exporteront le gaz naturel albertain.Elle n\u2019est donc pas considérée «comme faisant partie du projet aux fins de l\u2019évaluation environnementale », stipule l\u2019Agence canadienne d\u2019évaluation environnementale (ACEE) dans les « lignes directrices » fixées pour l\u2019étude d\u2019impact du projet Énergie Saguenay, qui comprend une usine de liquéfaction et un terminal maritime.« Par conséquent, la ministre [canadienne de l\u2019Environnement] ne prendra pas de décision en vertu de la [Loi canadienne sur l\u2019évaluation environnementale de 2012] pour établir si cette navigation maritime associée au projet » est susceptible « d\u2019entraîner des effets environnementaux négatifs importants et ces activités ne seront pas assujetties aux conditions imposées au promoteur par une déclaration de décision autorisant l\u2019exécution du projet », peut-on lire dans ces mêmes « lignes directrices ».Effets cumulatifs En réponse aux questions du Devoir, l\u2019ACEE a précisé que GNL Québec « devra fournir, dans son étude d\u2019impact environnemental, une analyse des effets environnementaux découlant de la navigation maritime associée au projet, y compris les effets sur le béluga du Saint-Laurent ».Ces informations seront prises en compte dans « l\u2019évaluation des effets environnementaux cumulatifs du projet », a indiqué l\u2019Agence, tout en refusant de préciser si cela pourrait être un motif de refus du projet.« L\u2019ACEE serait mal placée pour en faire fi.Il est donc probable qu\u2019elle décide d\u2019en prendre note dans le cadre des effets cumulatifs.Mais ça ne fait pas partie du projet.Elle va donc le prendre en compte comme un aspect secondaire, et non un aspect qui serait important dans ce projet », a fait valoir au Devoir un avocat spécialisé en droit environnemental qui a préféré ne pas être nommé, en raison de ses engagements professionnels.« Dans son rapport, l\u2019Agence va se prononcer sur les effets environnementaux négatifs importants uniquement pour les éléments qui font partie du projet.Elle ne va donc pas émettre de recommandations sur les conditions [d\u2019autorisation] concernant les aspects qui ne font pas partie du projet », a-t-il ajouté.L\u2019ACEE pourrait toutefois difficilement changer les règles du jeu maintenant, selon lui, puisque l\u2019entreprise a réalisé son étude d\u2019impact en respectant des « lignes directrices » qui lui ont déjà été transmises.La vice-présidente, Affaires publiques, de GNL Québec, Marie-Claude Lavigne, a assuré pour sa part que « les impacts de la navigation découlant du projet ont été évalués » et qu\u2019« un chapitre entier de l\u2019étude d\u2019impact est dédié à la navigation».Cette étude devrait d\u2019ailleurs «être déposée sous peu», a-t-elle ajouté.Action en justice Selon l\u2019avocate Karine Péloffy, ancienne directrice du Centre québécois du droit de l\u2019environnement, cette exclusion du transport maritime de la définition du « projet » évalué pourrait conduire à une action en justice une fois que le gouvernement fédéral autorisera la construction.Elle a ainsi rappelé que dans le dossier du controversé projet d\u2019expansion du pipeline Trans Mountain, la cour d\u2019appel fédérale a annulé en août dernier le décret autorisant le projet en soulignant notamment que l\u2019Office national de l\u2019énergie avait commis « une erreur cruciale » en définissant le projet de façon à exclure le transport maritime du pétrole de l\u2019évaluation fédérale.« La décision qui a été rendue par la cour d\u2019appel dans le dossier Trans Mountain nous indique que le transport maritime doit être évalué comme faisant partie du projet », a souligné Me Péloffy.Un avis que partage Robert Michaud, un expert qui étudie les bélugas du Saint-Laurent depuis plus de 30 ans.Selon lui, il faut surtout évaluer « dans une perspective globale » les impacts des différents développements portuaires prévus sur le Saguenay, en incluant notamment le projet de port pour la minière Arianne Phosphate et celui d\u2019Énergie Saguenay.Les experts de Pêches et Océans Canada ont d\u2019ailleurs produit l\u2019an dernier un avis scientifique qui conclut que la construction de ces deux ports va à l\u2019encontre des objectifs du plan de rétablissement du béluga, une espèce en voie de disparition officiellement protégée par les dispositions de la Loi sur les espèces en péril.ENVIRONNEMENT Seul le gazoduc sera évalué L\u2019exportation maritime du gaz naturel sera exclue de la définition du projet Énergie Saguenay dans l\u2019évaluation fédérale MICHEL DAVID 297 mètres Longueur en mètres des méthaniers qui emprunteraient le Sagnenay pour rejoindre le port.En comparaison,le Titanic mesuraient 269 mètres de longueur.6 à 8 Le nombre prévu de passages des navires par semaine sur le Saguenay.635 Le total annuel prévu de navires de passage sur le Saguenay en 2030 en additionnant les différents projets prévus ou à l\u2019étude.Il s\u2019agirait d\u2019une hausse de 180% par rapport à la situation actuelle.Certains objecteront que le PQ n\u2019a pas à appuyer un parti dont le chef a trahi la cause et qui trompe la population en lui laissant croire que le fédéralisme peut encore être réformé LEDEVOIR // LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 4 Une campagne de sociofiancement LITTÉRATURE SUITE DE LA PAGE A 1 groupe qui reçoit une certaine part et les autres qui se retrouvent avec pas grand-chose.Et même pour ceux qui reçoivent la plus grosse part, c\u2019est difficile.C\u2019est là que la cryptomonnaie est devenue pour moi quelque chose d\u2019intéressant », raconte ce diplômé en littérature de l\u2019Université de Montréal et de l\u2019Université Concordia, qui est présentement candidat au doctorat à l\u2019Université du Québec à Montréal.Il y a deux ans, il s\u2019est mis à tout lire sur les cryptomonnaies.Comme d\u2019autres, il a d\u2019abord découvert le bitcoin, la plus connue des monnaies virtuelles, mais il a par la suite compris qu\u2019il existe plusieurs autres cryptomonnaies dont l\u2019objectif premier n\u2019est pas de réaliser un profit.« Je n\u2019ai jamais été attiré par la spéculation ou les produits financiers, mais j\u2019ai été très attiré par les principes idéologiques de la crypto- monnaie », raconte-t-il.Financement inusité Au terme de ses recherches, Walid Romani a arrêté son choix sur la crypto- monnaie Steem et sur la chaîne de blocs du même nom, dont le but est de permettre aux éditeurs de monétiser leur contenu en ligne.L\u2019objectif du rédacteur en chef et de son équipe est de publier la revue H en ligne, comme n\u2019importe quelle publication numérique, mais de l\u2019intégrer à la chaîne de blocs Steem, qui permet de stocker et de transmettre des informations de manière décentralisée.La raison est simple: sur cette chaîne de blocs différente de celle du bitcoin, la création de contenu et les interactions \u2014 comme les votes et les commentaires \u2014 sont récompensées en monnaie Steem.En bref, le mode de financement se résume donc ainsi : la revue fait appel au financement participatif pour constituer un fonds en argent canadien.Cet argent est utilisé pour acheter une certaine quantité de cryptomon- naies Steem sur la chaîne de blocs.Après la publication de chaque édition, les gains réalisés grâce à la production de contenu et aux interactions s\u2019ajoutent au fonds de départ.Cette somme totale, en cryptomonnaie Steem, est ensuite reconvertie en dollars canadiens et distribués aux auteurs.Les collaborateurs reçoivent 75 % de l\u2019enveloppe et les 25 % restants retournent dans le fonds pour financer les numéros suivants.Une unité Steem vaut actuellement près de 0,40$, mais comme la plupart Les infirmières se réjouissent des intentions de la ministre RÉFORME SUITE DE LA PAGE A 1 Or, du côté de la FMOQ, ces propositions sèment surtout de l\u2019inquiétude.Le syndicat « ne croit pas à un modèle » où les IPS seraient « totalement autonomes », plaide le président, Louis Godin.« En donnant aux IPS trop d\u2019autonomie, elles risquent de travailler de leur côté sans les médecins, dit-il en donnant l\u2019exemple de l\u2019Ontario.Dans beaucoup d\u2019endroits où on a donné beaucoup d\u2019autonomie, on s\u2019est retrouvés avec des cliniques d\u2019IPS et souvent à côté, t\u2019as une clinique de médecins qui souvent, a les mêmes patients, dit- il.Il n\u2019y a pas de gains d\u2019efficience dans ce cas-là.» Quant à la règle des 30 jours, il la juge nécessaire.« Ne perdons pas de vue que ce patient-là, c\u2019est aussi le patient du médecin.Et moi, comme médecin, j\u2019ai une responsabilité.Je peux être appelé à intervenir pour différentes raisons, soit parce que la situation se complexifie, soit parce que l\u2019IPS n\u2019est pas là.Que je sois au courant et que j\u2019aie les informations pour intervenir, c\u2019est tout à fait correct.» La décision en matière d\u2019actes médicaux revient toutefois au Collège, et non à la Fédération.La FMOQ se défend par ailleurs d\u2019être opposée à tout changement.« Notre plus grande préoccupation, c\u2019est : si jamais il y a un élargissement [du rôle des IPS], ça va s\u2019intégrer comment dans l\u2019organisation des soins ?» Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) ont une maîtrise en sciences infirmières et en sciences médicales leur permettant de faire certaines interventions (suivi de grossesse, traitement de maladies chroniques, soins palliatifs).La plupart sont spécialisées en soins de première ligne, mais certaines ont une spécialité en soins aux adultes, en soins pédiatriques, en santé mentale ou en néonatalogie.On recense actuellement environ 500 d\u2019entre elles dans le réseau et 2000 de plus sont actuellement en formation.En entrevue au Devoir lundi, la ministre de la Santé, Danielle McCann, affirmait que les médecins étaient prêts à donner plus de place aux infirmières pour désengorger le système de santé.« L\u2019objectif, c\u2019est que les infirmières praticiennes spécialisées puissent utiliser toutes leurs compétences.Il y en a presque 500 en première ligne.Imaginez le potentiel ! Actuellement, elles doivent se fier au médecin, elles ne peuvent pas poser de diagnostic », LA PRESSE CANADIENNE Après avoir récemment lancé une mise en garde contre la surconsommation de médicaments pour traiter les diagnostics de trouble déficitaire d\u2019attention/hyperactivité (TDAH), des pédiatres proposent maintenant des solutions, notamment de réduire le temps passé par les jeunes devant les écrans et les jeux vidéo.Après leur lettre du 31 janvier dernier, les pédiatres écrivent cette fois que des études ont démontré que l\u2019utilisation abusive des jeux vidéo peut favoriser l\u2019émergence de symptômes de TDAH ou en aggraver la portée.Ils proposent donc qu\u2019une campagne de sensibilisation soit envisagée et qu\u2019à l\u2019instar de ce qui a déjà été fait dans certaines écoles, l\u2019interdiction de l\u2019utilisation des téléphones cellulaires et tablettes en milieu scolaire soit appliquée, excepté pour des fins pédagogiques.Dans leur lettre publiée lundi, les pédiatres ajoutent que davantage d\u2019activités physiques devraient être offertes à l\u2019école, de 30 à 45 minutes par jour, car cela devrait améliorer la concentration de ceux qui ont un TDAH.Les médecins proposent aussi d\u2019améliorer l\u2019accès à des services psychosociaux et de dresser des lignes directrices sur le trouble du déficit de l\u2019attention avec ou sans hyperactivité.Ils suggèrent la mise sur pied d\u2019un comité-conseil.Dans leur lettre du 31 janvier, 48 pédiatres qui citaient des données de l\u2019Institut national d\u2019excellence en santé et service sociaux (INESSS) affirmaient que les taux de prévalence de la consommation de médicaments pour traiter un TDAH étaient beaucoup plus élevés au Québec que dans le reste du Canada.Chez les 10- 12 ans, on compte 13,97% de jeunes qui consomment des médicaments psy- chostimulants au Québec; un taux qui grimpe à 14,5 % chez les 13-17 ans.Dans le reste du pays, les taux pour ces mêmes groupes d\u2019âge sont d\u2019à peine 5,08 % et 4,3 %, respectivement.L\u2019un des signataires des deux lettres, le Dr Guy Falardeau, affirmait que le danger du vaste recours aux médicaments est que, dans certains cas, on masque un problème de santé mentale.Le médecin de Québec rappelait que les problèmes affectifs, émotionnels et sociaux devaient être réglés et qu\u2019il ne fallait pas changer le comportement des enfants qui en souffrent avec des médicaments.Moins de jeu vidéo, plus d\u2019exercice, pour prévenir le TDAH Des pédiatres proposent des pistes de solution pour éviter la surmédication Réduire le temps passé devant les écrans contribuerait à freiner le développement du TDAH.PEDRO RUIZ LE DEVOIR des monnaies virtuelles, son cours est volatil.Et comme les principales crypto- monnaies en circulation, son échange n\u2019est pas encadré par les autorités réglementaires québécoises, qui invitent généralement à la prudence.« Ça reste généralement assez stable comme monnaie, répond M.Romani.Ce qui m\u2019intéressait aussi, c\u2019est d\u2019avoir une monnaie qui ne change pas constamment de prix pour garantir un certain revenu.» Ouvert à tout Wa l i d R o m a n i e s p è re ré c o l t e r 10 000 $ pour financer la première édition de sa revue, qui pourrait être mise en ligne à partir du mois de mai.Il est encore loin du compte, avec seulement 700 $ amassés, mais il demeure persuadé que son objectif est réaliste.En plus de représenter un potentiel de monétisation, le recours à la chaîne de blocs Steem permettra de protéger les droits d\u2019auteur des collaborateurs, fait-il remarquer.Par définition, la chaîne de blocs répertorie les informations qui y ont été inscrites au fil du temps et permet en principe de détecter toute modification.« Après 7 jours, les textes seront enregistrés et ne seront plus modifiables », explique-t-il.M.Romani sait que son projet bouscule les conventions et que le mode de fonctionnement complexe de sa revue pourrait en rebuter certains.Il avance malgré tout en se disant que les cryptomonnaies constituent une occasion à saisir pour le milieu littéraire québécois et que son initiative pourrait en inspirer d\u2019autres.« Je pense que ça pourrait être intéressant pour d\u2019autres projets, que ce soient des projets comme le nôtre, ou simplement des projets qui vont aller chercher l\u2019interaction du lecteur, parce que c\u2019est ce que beaucoup de publications recherchent.» Et le contenu de la revue, dans tout ça ?« On veut être surpris, dit-il, ouvert à tout.On veut des textes qui vont nous faire tomber de notre chaise.Parce qu\u2019on veut se distinguer non seulement par notre mode de fonctionnement, mais aussi par la qualité de nos textes, leur contenu, leur forme.On veut que ce soit quelque chose de différent.» avançait-elle.« Imaginez-vous si on dégage ça ! On a l\u2019offre de service qui va être augmentée.» Les partis de l\u2019opposition Cette sortie a beaucoup fait réagir.Tant le Parti québécois que Québec solidaire se sont dits généralement favorables à l\u2019idée de confier un rôle accru aux IPS.« J\u2019étais quand même heureux de lire cette nouvelle-là parce que nous, ça fait longtemps qu\u2019on plaide pour ça », a déclaré Sylvain Gaudreault, porte-parole en santé du Parti québécois.« Ça a été l\u2019élément central, sinon au cœur de nos engagements électoraux.» Chez Québec solidaire (QS) aussi, on a réservé un accueil positif à ce plan de match.« Nous, on accueille ça évidemment très favorablement », a déclaré le porte-parole de QS en santé, Sol Zanetti.Du côté du Parti libéral aussi, on est ouvert aux propositions visant à donner plus de place aux infirmières et aux pharmaciens.« Il semble que c\u2019est positif pour les patients », avance le porte-parole libéral en santé, André Fortin.Quant aux infirmières praticiennes spécialisées, elles étaient pour le moins ravies de la sortie de la ministre à leur sujet.Leur porte-parole, Christine Laliberté, est même allée jusqu\u2019à dire qu\u2019elle était « sur un nuage » à la lecture de l\u2019entrevue lundi matin.Selon elle, les IPS devraient pouvoir réaliser des diagnostics simples et ne solliciter leur médecin partenaire que pour des cas plus complexes.« Le problème dans la législation actuelle, c\u2019est que je suis obligée de référer les cas que je peux régler toute seule », dit-elle.Questionnée sur les réticences de la FMOQ, elle avance que le syndicat des médecins s\u2019inquiète pour rien.« Il n\u2019y a aucune infirmière praticienne au Québec qui veut s\u2019isoler.On veut vraiment travailler ensemble, puis notre force, c\u2019est de travailler en équipe.» On veut des textes qui vont nous faire tomber de notre chaise WALID ROMANI » En donnant aux IPS trop d\u2019autonomie, elles risquent de travailler de leur côté sans les médecins LOUIS GODIN » Les trois partis de l\u2019opposition estiment que la ministre de la Santé fait un pas dans la bonne direction LEDEVOIR // LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 5 CAMPS D\u2019ÉTÉ Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec le département de publicité au 514 985-3399 publicite@ledevoir.com MÉLANIE MARQUIS À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE La disponibilité des armes à feu contribue au fléau du suicide dans les communautés autochtones, a témoigné Michèle Audette en comité sénatorial, lundi.Et elle a dit aux sénateurs qu\u2019elle était bien placée pour le savoir, étant passée à un cheveu d\u2019en retourner une contre elle.La commissaire de l\u2019Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées a offert à titre personnel un touchant témoignage devant le comité sénatorial de la sécurité nationale et de la défense, qui étudie le projet de loi C-71.«En 2013, j\u2019étais toute prête à partir.J\u2019avais pris une montagne de pilules, et j\u2019avais bu.Et chose qui ne s\u2019était pas produite les fois où j\u2019avais fait mespremières tentatives, je suis allée chercher un des fusils qui se trouvaient où j\u2019habitais, et j\u2019ai essayé de l\u2019utiliser», a-t-elle raconté.« Ce qui m\u2019a sauvé la vie ce matin-là, c\u2019est le cocktail de substances que j\u2019avais pris, qui m\u2019a fait sombrer dans un coma et qui m\u2019a empêchée de prendre l\u2019arme pour la retourner vers moi », a continué Mme Audette, la gorge nouée.Le fait qu\u2019autant d\u2019armes circulent permet aussi « la commission d\u2019actes d\u2019une violence inouïe dans nos communautés », surtout compte tenu de la prévalence des cas de violence conjugale et familiale.La militante des droits des femmes autochtones a exhorté les membres du comité à faire progresser le projet de loi, même si elle est consciente du fait que la présence d\u2019armes à feu dans les communautés permet de respecter leurs droits ancestraux.C\u2019est de cet aspect que voulait entre autres discuter le chef de l\u2019Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard.Il a ainsi réclamé divers assouplissements à C-71.« Ce projet de loi ne prend pas en compte et ne protège pas nos droits ancestraux issus de traités.[\u2026] Nulle part est-il mentionné [\u2026] de quelle façon les dispositions du projet de loi seront appliquées pour les Premières Nations ou sur leurs terres », a-t-il exposé.« Il devrait être clairement indiqué que le droit de chasser des Premières Nations sera respecté et que nous n\u2019aurons pas à obtenir une autorisation de transport pour des fusils de chasse, mais [pour] ceux qui sont classés à autorisation restreinte », a ajouté M.Picard.Michèle Audette réclame un meilleur contrôle des armes La militante des droits autochtones témoigne de sa tentative de suicide devant le comité sénatorial PIERRE SAINT-ARNAUD LA PRESSE CANADIENNE Les deux Québécois lourdement handicapés qui réclament l\u2019aide médicale à mourir entendent démontrer non seulement que les interdictions que leur imposent les lois sont inconstitutionnelles, mais que le législateur a outrepassé ses pouvoirs en établissant des critères trop restrictifs.La cause qui oppose Nicole Gladu et Jean Truchon aux gouvernements du Canada et du Québec en Cour supérieure est entrée dans sa phase finale avec le début des plaidoiries, lundi, devant la juge Christine Baudouin au palais de justice de Montréal.« Je veux continuer, autant que faire se peut, à contrôler ma destinée », a répété avec fermeté Mme Gladu lors d\u2019une pause dans la plaidoirie de son avocat, Me Jean-Pierre Ménard.Nicole Gladu et Jean Truchon, atteints tous deux de graves maladies dégénératives, ne peuvent réclamer l\u2019aide médicale à mourir parce que la loi québécoise n\u2019accorde cette aide que si la personne est « en fin de vie », alors que la version fédérale impose le critère de « mort naturelle raisonnablement prévisible ».Souffrance ou mort prévisible Me Ménard soutient que ces critères outrepassent l\u2019arrêt Carter, rendu par la Cour suprême en 2015 dans une cause similaire.«[L\u2019arrêt] Carter permettait l\u2019aide médicale à mourir basé sur la souffrance tout au long de la vie , peu importe à quel moment de la vie ça survient.Quand c\u2019est intolérable, vous avez le droit d\u2019avoir l\u2019aide médicale à mourir moyennant certaines autres conditions.Le [gouvernement] fédéral a dé- JUSTICE « Je veux continuer à contrôler ma destinée » Aide à mourir : Ottawa a outrepassé ses droits en imposant des critères trop restrictifs, plaide Nicole Gladu cidé que ce seraient seulement les maladies terminales qui généreraient le droit à l\u2019aide médicale à mourir.» Selon lui, Ottawa a improvisé dans ce dossier.« La fin de la vie, dans [l\u2019arrêt] Carter, on n\u2019en parle pas.C\u2019est un critère qui a été introduit par le fédéral dans la loi.On ne sait pas d\u2019où il sort.« On soutient que ce que le fédéral et la province ont décidé n\u2019est pas compatible du tout avec ce que la Cour suprême a dit, qu\u2019il y a un écart trop important », a insisté le juriste spécialisé dans le domaine de la santé, en dehors du tribunal.Devant la juge Beaudouin, il est allé plus loin.« C\u2019est la première fois que le gouvernement fédéral met en œuvre une loi qui rétrécit les droits émis par la Cour suprême », a-t-il plaidé.Protection des personnes Les avocats représentant les gouvernements fédéral et provincial ont beaucoup insisté sur la nécessité du critère de fin de vie ou de mort prévisible pour protéger les personnes vulnérables ou encore pour éviter de faire de l\u2019aide médicale à mourir une forme de suicide assisté.Jean-Pierre Ménard a toutefois amorcé sa plaidoirie en reprochant aux représentants gouvernementaux d\u2019avoir voulu mêler les enjeux, faisant valoir qu\u2019il représentait « deux personnes qui ont senti qu\u2019une grande partie du procès ne les concernait pas ».« Le Procureur général du Canada, sa défense face à notre requête, a été de parler de toutes sortes de choses comme, par exemple, l\u2019esprit suicidaire, les troubles psychiatriques, qui n\u2019avaient rien à voir avec nos deux cas », a renchéri Mme Gladu.De plus, Me Ménard a écarté toute possibilité d\u2019associer les personnes qui font une demande d\u2019aide médicale à mourir à une forme de suicide, la première étant une « démarche longue, réfléchie, coordonnée », la seconde étant plutôt une démarche impulsive.Quant à la protection des personnes vulnérables, Nicole Gladu a elle-même fait valoir que « les autres critères (pour avoir accès à l\u2019aide médicale à mourir), d\u2019être sain d\u2019esprit, raisonnablement informé, libre de toute pression indue, etc., nous protègent déjà ».Contraire à la Charte Par ailleurs, l\u2019équipe de Me Ménard espère également démontrer que les restrictions de fin de vie et de mort naturelle raisonnablement prévisible contreviennent à la Charte des droits et libertés, en l\u2019occurrence aux articles 7 et 15 qui garantissent respectivement le droit à la vie et à la sécurité et le droit à l\u2019égalité.L\u2019objectif ultime de ses clients est d\u2019obtenir du tribunal qu\u2019il autorise des médecins à leur prodiguer l\u2019aide médicale à mourir et qu\u2019il déclare invalides et inopérants les articles des deux lois mettant en place les critères de fin de vie et de mort raisonnablement prévisible.Nicole Gladu est atteinte d\u2019une grave maladie dégénérative.JACQUES NADEAU LE DEVOIR JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR À Saint-Malachie, une municipalité de 1500 habitants, le ministère de la Culture et des Communications a ordonné l\u2019arrêt d\u2019un projet de démolition d\u2019une ancienne maison de ferme désormais située au cœur du village.Une évaluation du bien-fondé de cette saignée doit être réalisée, a plaidé le Ministère.Deux citoyennes de la ville, Julie Côté et Mélanie Dumas, ont lancé une pétition afin que la municipalité puisse démolir à sa guise.Au journal régional La Voix du Sud, Julie Côté déclare que la maison « pourrait peut-être être patrimoniale, mais à Saint-Malachie, il y en a déjà plusieurs ».Elle estime que, puisque les propriétaires de la demeure n\u2019avaient jamais fait de démarches pour la protéger, il n\u2019y a pas à en faire davantage.Plus de 400 citoyens ont signé la pétition pour la démolition de la maison ancienne.Mme Côté est présidente du comité organisateur des derbys de démolitions de voitures de Saint-Malachie, un événement annuel qui se déroule depuis près d\u2019un demi-siècle.La Ville souhaite démolir cette maison de ferme typique du XIXe siècle.Le bâtiment, qui date de 1873, serait démoli pour agrandir le stationnement adjacent à l\u2019épicerie, située au cœur du village.C\u2019est dans cette maison que se seraient déroulées les premières assemblées municipales.Devant le conseil municipal, un groupe de citoyens s\u2019est opposé en vain à cette décision.L\u2019« ordonnance de sauvegarde » du Ministère a été mise en vigueur le 23 janvier dernier.Elle est d\u2019une durée de trente jours.PATRIMOINE Pétition pour une démolition à Saint- Malachie [L\u2019arrêt] Carter permettait l\u2019aide médicale à mourir basé sur la souffrance tout au long de la vie, peu importe à quel moment de la vie ça survient NICOLE GLADU » Le bâtiment, qui date de 1873, serait démoli pour agrandir le stationnement adjacent à l\u2019épicerie, située au cœur du village LEDEVOIR // LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin a ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, a décidé de prendre le taureau par les cornes et de permettre aux infirmières praticiennes spécialisées (IPS), communément appelées superinfirmières, de remplir pleinement le rôle pour lequel elles sont formées en posant certains diagnostics.Dans une entrevue accordée au Devoir, Danielle McCann a révélé qu\u2019elle avait demandé au Collège des médecins d\u2019envisager la possibilité que les IPS, qui détiennent une formation universitaire de deuxième cycle, puissent poser des diagnostics dans le cas de maladies chroniques tels l\u2019hypertension, le diabète ou l\u2019asthme, comme cela se fait partout dans le reste du Canada, de façon à désengorger le système de santé.La ministre projette de faire « une petite révolution de l\u2019accès à la première ligne » et croit être en mesure de convaincre à la fois le Collège des médecins et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ).De fait, on peut se demander pourquoi, depuis le temps qu\u2019on en parle, les IPS ne peuvent remplir pleinement leur rôle au Québec.La réponse est simple : la forte résistance des médecins, qui ont toujours refusé de céder une partie de leurs prérogatives, et ce, au nom de la protection du public.Cette prétention ne tient pas la route.À l\u2019heure actuelle, les IPS posent des diagnostics qui n\u2019en portent pas le nom.Les patients vus par ces infirmières doivent, dans les 30 jours, prendre rendez-vous avec un médecin, qui confirmera l\u2019évaluation initiale.Le médecin encaisse une rémunération de 30 000 $ par an pour « superviser » une IPS.C\u2019est à la fois inutile et inefficace, occupant du temps que le médecin pourrait consacrer à voir davantage de patients.Mais c\u2019est aussi franchement méprisant pour les patients, dont on semble se soucier comme d\u2019une guigne.Dans une entrevue à Radio-Canada, le président de la FMOQ, Louis Go- din, a affirmé que l\u2019argent n\u2019était pas en cause.Les médecins, dont aucun « n\u2019a de la misère à gagner sa vie », ne sont « pas inquiets pour leur rémunération », a-t-il dit.Après les spectaculaires augmentations qu\u2019ils ont touchées, le contraire aurait été étonnant.Mais ce que la FMOQ refuse, c\u2019est de mettre fin à la complète subordination des infirmières aux médecins.Son président s\u2019oppose à ce qu\u2019elles « pratiquent de façon totalement autonome » comme dans les autres provinces.De son côté, le nouveau président du Collège des médecins, Mauril Gaudreault, qui s\u2019est dit favorable à un élargissement du rôle des IPS, ne semble pas prêt à les affranchir de la tutelle.Pour Danielle McCann, il y a « urgence à agir » puisqu\u2019un demi-million de Québécois n\u2019ont toujours pas de médecins de famille, malgré la loi qu\u2019a fait adopter Gaétan Barrette.Il faut rappeler que les pénalités auxquelles s\u2019exposaient les omnipraticiens n\u2019ont jamais été appliquées.La ministre souhaite aussi que les médecins puissent obtenir une rémunération pour des consultations par téléphone ou sur Internet, ce qui n\u2019est pas possible avec le mode de paiement actuel.D\u2019une façon plus générale, elle veut qu\u2019une plus grande part de leur rémunération vienne de la prise en charge des patients, ce qu\u2019on appelle la capitation, au détriment du paiement à l\u2019acte.La ministre, qui croit que les IPS pourront, d\u2019ici un an, poser des diagnostics, mise sur la « collaboration », la « négociation ».Mais elle n\u2019écarte pas la possibilité de présenter un projet de loi si les médecins se rebiffent.Cette réforme de l\u2019accès aux soins est essentielle et les médecins doivent comprendre qu\u2019ils ont une obligation de résultats.L\u2019intérêt public doit primer les intérêts corporatistes de la profession médicale dont les services n\u2019ont jamais coûté aussi cher à la société.Marco Micone Écrivain Qui aurait pensé, il y a à peine quelques mois, que le Québec, qu\u2019on citait partout dans le monde comme modèle d\u2019accueil et d\u2019ouverture à l\u2019égard des immigrants, recevrait des félicitations de la part de Marine Le Pen ?Le premier ministre a eu beau les refuser, la réduction, contre toute logique, du nombre d\u2019immigrants et la brutalité avec laquelle son gouvernement a déchiqueté les 18 000 dossiers des candidats à l\u2019immigration ne peuvent que réjouir la droite xénophobe.Comment en sommes-nous arrivés là ?Si la politique d\u2019austérité du gouvernement précédent a certainement contribué à l\u2019avènement de ce parti xéno-sceptique au pouvoir, les causes sont multiples et vont bien au-delà du contexte québécois.Depuis au moins vingt ans, partout en Occident, l\u2019immigration est présentée comme une menace sur les plans culturel, économique et social, tandis que les musulmans sont perçus comme les ennemis premiers de la civilisation occidentale.Le discours anti-immigration se nourrit aussi de mythes tenaces.Parmi les plus récurrents, il y a celui des hordes de miséreux prêts à envahir les pays riches, alors qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019une très faible proportion, à peine 3,2 % de la population mondiale, qui ne vit pas dans son pays de naissance.Qui plus est, les deux tiers ont migré d\u2019un pays du Sud à un autre pays du Sud, étant trop pauvres pour rejoindre les pays riches.Ces derniers feraient mieux de tout mettre en œuvre pour en attirer davantage car, selon l\u2019ONU, les pays industrialisés auront besoin de millions d\u2019immigrants, dans les prochaines années, pour maintenir un bon équilibre entre personnes actives et retraitées.Un autre mythe, qui sert la cause des xénophobes, est celui de croire que les humains seraient potentiellement tous des migrants.Pourtant, l\u2019émigration est rarement un choix.La pauvreté, les guerres et les persécutions (et bientôt les catastrophes climatiques) expliquent la quasi-tota- lité des départs.C\u2019est le cas de l\u2019Italie qui, après avoir connu des exodes bibliques à cause de la pauvreté, est devenue un pays d\u2019immigration.Plus près de nous, lorsque, en 2015, des fonctionnaires canadiens sont allés recruter des réfugiés syriens, au Moyen-Orient, ils ont découvert que 94 % d\u2019entre eux souhaitaient retourner dans leur pays, malgré les ravages de la guerre.Il y a de ces richesses qui ne se traduisent pas en biens matériels.Non, nous ne sommes pas menacés d\u2019invasion.Au Québec, le nombre d\u2019immigrants sera le résultat d\u2019une délicate négociation entre les xénophobes qui en veulent le moins possible, les nativistes qui préfèrent des berceaux locaux, le milieu économique qui manque de main-d\u2019œuvre et ce gouvernement de droite qui, sans le dire clairement (peut- être par manque de vocabulaire), souhaite agrandir son armée de réserve de travailleurs temporaires, sans droits et corvéables à merci, dans le plus pur esprit du néolibéralisme qui conçoit la vie sociale comme un processus sans fin de sélection naturelle des plus performants.Quant au discours antimusul- man, il a pris la voie détournée de la laïcité utilisée à des fins de contrôle et de domination surtout des femmes.Il s\u2019est beaucoup radicalisé ces dernières années.En 1994, 62% des Québécois étaient contre l\u2019interdiction du foulard islamique, aujourd\u2019hui il y en a au moins autant pour.Pourtant, il n\u2019y a que 3 % de musulmans au Québec, dont seulement 15% sont pratiquants.En outre, 84 % d\u2019entre eux sont francophones.Il n\u2019est pas impossible que les générations futures aient non seulement honte de nous, mais aussi que notre fixation sur le couvre-chef de quelques musulmanes leur paraisse aussi ridicule que la crâniométrie de Lapouge.Les musulmans d\u2019ici sont au moins aussi sécularisés que les Québécois d\u2019héritage catholique, mais beaucoup plus scolarisés qu\u2019eux (pas moins de 45% d\u2019entre eux sont détenteurs d\u2019un diplôme universitaire contre 21% pour les francophones).Un musulman montréalais a récemment confié à un journaliste du Monde diplomatique qu\u2019il s\u2019est fait refuser un emploi parce qu\u2019il parlait trop bien et que cela risquait d\u2019intimider ses collègues québécois.Y a- t-il de cela aussi enfoui dans la psyché québécoise?Plus le pays d\u2019immigration est ouvert et accueillant, plus l\u2019immigrant a tendance à s\u2019y fondre.C\u2019est la xénophobie qui fait l\u2019étranger et l\u2019islamophobie qui fait le musulman.D\u2019où qu\u2019il vienne, l\u2019immigrant n\u2019a aucun intérêt à s\u2019isoler ni à reproduire le cadre de vie qu\u2019il a quitté.Il serait dommage que des peurs irrationnelles et des calculs politiciens nous interdisent, à l\u2019avenir, de parler du Québec, malgré ses imperfections, comme un modèle d\u2019accueil et d\u2019ouverture.Maternelles 4 ans : le moyen pour la fin Comment expliquer que le gouvernement Legault fonce à toute allure vers l\u2019implantation de maternelles 4 ans « mur à mur » ?Hypothèse.Les campagnes électorales relativement courtes et les réseaux sociaux, qui imposent des formules de communication simplifiées (lire : simplistes), forcent les partis politiques à ramener leurs programmes électoraux à quelques cris de ralliement.Mais derrière les slogans, il y a des motivations ; dans le cas des « maternelles 4 ans » : dépister les problèmes d\u2019apprentissage le plus tôt possible.Comme citoyens qui votent, on peut bien évidemment adhérer pleinement à cet objectif de dépistage.Comme citoyens gouvernés, on compte toutefois que le parti élu fera preuve de discernement et qu\u2019il sera capable de choisir, parmi les moyens à sa disposition, ceux qui permettront d\u2019atteindre réellement l\u2019essentiel de l\u2019objectif visé plutôt que de ressasser obstinément le slogan qui l\u2019annonçait.Ce qui vaut pour les maternelles 4 ans vaut aussi, mutatis mutandis, pour l\u2019immigration et la laïcité, notamment.Merci, Monsieur le Premier Ministre François Legault, de retourner à l\u2019écoute attentive de vos concitoyens et, surtout, de ne pas oublier les véritables motifs qui sont, qui devraient être, à la source de votre action politique.Il faut distinguer les slogans de campagne électorale des éléments fondamentaux d\u2019un véritable programme de gouvernement.Michel Gay Montréal, 18 février 2019 Comment en sommes-nous arrivés là en immigration?LIBRE OPINION LETTRE INFIRMIÈRES PRATICIENNES Une réforme essentielle REGISTRE DES ARMES Ne pas lâcher prise e lobby des chasseurs prend une direction préoccupante.En date du 12 février dernier, moins du tiers des armes à feu en circulation étaient enregistrées au nouveau Service d\u2019immatriculation des armes à feu du Québec, soit 411 095 des 1,4 million d\u2019armes sur le territoire.La Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs invite ses membres à respecter la loi, malgré son opposition.« Jamais on ne va encourager la désobéissance civile », a dit son directeur général, Alain Cossette.Il semble bien que cet appel au sens des responsabilités tombe à plat.La désobéissance civile est au cœur des stratégies du groupe Tous contre un registre québécois des armes à feu, soucieux de défendre ses prérogatives au détriment de l\u2019intérêt public.Son porte-parole, Guy Morin, clame que ses armes ne sont pas enregistrées et qu\u2019elles ne le seront jamais.Quelque 200 opposants au registre ont manifesté, dimanche à Québec, en exigeant que les sommes consacrées au registre soient investies à la place dans la santé mentale.Sacrés sophistes ! Si tous les lobbies enfreignaient les lois et les règlements qui leur déplaisent, le désordre social l\u2019emporterait sur la primauté du droit.Les chasseurs ne sont pas d\u2019accord avec le registre ?Qu\u2019ils en contestent la validité devant les tribunaux.Dans l\u2019intervalle, qu\u2019ils cessent de se faire justice eux-mêmes en s\u2019appuyant sur de fallacieuses questions de principes ou de divergences idéologiques.Le gouvernement Legault est dans son droit d\u2019exiger l\u2019enregistrement des armes, au nom de l\u2019intérêt public et de la santé publique.La Fédération des policiers et policières municipaux du Québec appuie cette mesure, tout comme le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale et les spécialistes de l\u2019intervention en santé mentale.Les armes à feu ne sont pas des biens comme les autres.Même les armes d\u2019épaule, que les chasseurs veulent soustraire au registre, doivent être enregistrées.Pour l\u2019heure, le gouvernement Legault serait bien mal avisé d\u2019imposer des amendes (elles vont de 500 $ à 5000 $) aux récalcitrants.Le zèle bureaucratique est un piètre substitut à la prévention et à la sensibilisation.Québec doit aussi améliorer les imperfections dans son système d\u2019enregistrement des armes, qui prête flanc à la critique, et rassurer les sceptiques sur ses intentions.Le registre n\u2019est pas et ne deviendra pas un nouvel outil de taxation ou de contrôle social des chasseurs.Ceux-ci peuvent-ils exercer en revanche une citoyenneté responsable ?L ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu BRIAN MYLES ROBERT DUTRISAC L A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.Abus par stylo voyeur L \u2019infraction de voyeurisme a été ajoutée au Code criminel en 2005.Elle interdit d\u2019observer ou de filmer secrètement une personne se trouvant dans une situation où elle a une attente raisonnable de vie privée.Dans une décision rendue jeudi, la Cour suprême du Canada a explicité la portée de cette infraction de même que les critères permettant de déterminer si une personne se trouve dans des circonstances où elle peut raisonnablement s\u2019attendre à ce que sa vie privée soit respectée.La vie quotidienne regorgeant de dispositifs capables d\u2019enregistrer des images, il est rassurant que la Cour clarifie les principes balisant le droit de faire usage de ces outils à fort potentiel intrusif.L\u2019infraction de voyeurisme Selon l\u2019article 162 du Code criminel, une personne peut être condamnée si la preuve a été faite hors de tout doute raisonnable de tous les éléments qui constituent l\u2019infraction de voyeurisme.L\u2019infraction comporte trois éléments : (1) l\u2019observation ou l\u2019enregistrement se fait clandestinement, (2) la personne observée se trouve dans une situation où elle a une attente raisonnable de protection de la vie privée et (3) le but de la captation ou de l\u2019enregistrement est à caractère sexuel.L\u2019accusé Ryan Jarvis est professeur dans une école secondaire de London, en Ontario.Il s\u2019est servi d\u2019une caméra dissimulée dans un stylo pour filmer des élèves de sexe féminin s\u2019adonnant à des activités scolaires courantes.Les images ont été prises dans les salles de classe et des zones communes de l\u2019école.La plupart des vidéos mettaient à l\u2019avant- plan le visage et le haut du corps des élèves, surtout leur poitrine.Les élèves ne savaient pas qu\u2019elles étaient filmées.Les vidéos étaient de grande qualité et pouvaient être téléchar- gées sur un ordinateur.Au procès, le juge de première instance n\u2019a pas été convaincu hors de tout doute que Jarvis avait produit les enregistrements dans un but sexuel.En Cour d\u2019appel, les juges majoritaires ont conclu que la preuve montrait hors de tout doute que Jarvis avait produit les vidéos dans un but sexuel.Il restait à la Cour suprême à déterminer s\u2019il s\u2019agissait de situations dans lesquelles les élèves s\u2019attendaient raisonnablement au respect de leur vie privée.La question se posait, car les captations avaient eu lieu dans les espaces publics de l\u2019école.L\u2019attente raisonnable de vie privée À l\u2019unanimité, la Cour suprême juge que Jarvis doit être déclaré coupable.Les élèves ne s\u2019attendaient pas à être filmées par la caméra dissimulée dans le stylo du professeur.Les juges majoritaires écrivent que, pour décider si quelqu\u2019un peut raisonnablement s\u2019attendre au respect de sa vie privée, il faut examiner l\u2019ensemble de la situation.Parmi les facteurs à prendre en compte, il y a le lieu de l\u2019observation ou de l\u2019enregistrement, la manière dont le tout a été réalisé et l\u2019existence de règles ou de politiques en place.Il faut aussi considérer la question de savoir si la personne observait ou enregistrait.Un enregistrement peut révéler plus de détails, il est permanent et peut facilement être visionné, modifié et diffusé.La relation entre les personnes impliquées est aussi un facteur à examiner.Les juges reconnaissent « qu\u2019on s\u2019attend à être filmé par des caméras de surveillance dans certains lieux, à figurer accessoirement en arrière-plan sur des photographies ou des vidéos d\u2019autres personnes, dans le cadre d\u2019un paysage urbain ou sur la scène d\u2019un reportage ».Ils ajoutent que, dans le contexte scolaire, un élève devrait s\u2019attendre à être filmé accessoirement en arrière-plan de la vidéo d\u2019un autre élève, à être photographié pour l\u2019album scolaire de l\u2019année dans une salle de classe ou à faire l\u2019objet d\u2019enregistrements vidéo des parents de camarades de classe pendant qu\u2019ils participent, par exemple, à un match de rugby.Par contre, de préciser le juge en chef : « Une élève qui fréquente une école, marche dans un couloir de l\u2019établissement scolaire ou parle à son enseignant ne s\u2019attend certainement pas à être ciblée par ce dernier et à faire l\u2019objet d\u2019un enregistrement secret de plusieurs minutes ou d\u2019une série d\u2019enregistrements mettant à l\u2019avant-plan son corps.» Cette décision éclaire sur les limites à respecter lorsqu\u2019on fait usage d\u2019appareils capables d\u2019enregistrer et de traiter des images à l\u2019insu des individus.Il faut être attentif au contexte et évaluer s\u2019il justifie qu\u2019une personne estime qu\u2019elle a une attente légitime que les autres respectent sa vie privée.Il ne suffit pas de se demander si les lieux sont privés ou publics.La prise d\u2019images dans les lieux publics demeure en principe permise.Mais la faculté d\u2019y enregistrer clandestinement des images pouvant concerner des situations relatives à l\u2019intimité des personnes, même dans des espaces publics, est limitée par l\u2019obligation de respecter le droit à la vie privée des personnes.À plus forte raison si les informations recueillies ont une dimension sexuelle.PIERRE TRUDEL Louis Favreau Lucie Fréchette Professeurs émérites, CRDC (UQO), et coauteurs de Solidarité internationale.Écologie, économie et finance solidaire, PUQ (à paraître fin février) Il faut aller au-delà des seules réponses dictées par la nouvelle crise humanitaire en cours en sachant fort bien qu\u2019il n\u2019est pas évident qu\u2019Haïti pourra s\u2019en sortir.Il n\u2019est pas certain que le type d\u2019aide internationale que ce pays reçoit lui soit vraiment utile.Bien des gens en doutent et certains ont démissionné.Trois constats s\u2019imposent: premièrement, le pays n\u2019a eu la tête hors de l\u2019eau que grâce à la coopération internationale; deuxièmement, le pays ne s\u2019appartient pas, car 90% de son financement provient de l\u2019extérieur; troisièmement, dans le pays des Amériques le plus mis à mal par des catastrophes naturelles récurrentes et des épisodes politiques particulièrement difficiles, les projets de sortie de crise et de développement se construisent sur le temps long.Or la tragique disproportion entre les ressources financières et humaines consacrées à des secours d\u2019urgence et celles consacrées au développement durable des communautés est désastreuse.C\u2019est comme si le pays était condamné à réparer ses dégâts en allant d\u2019un secours d\u2019urgence à l\u2019autre.Cependant, un certain nombre d\u2019organisations répondent qu\u2019il existe bel et bien des interventions de plus longue portée, celles qui appuient l\u2019action collective de communautés travaillant à se doter d\u2019organisations inscrites elles- mêmes dans la durée : des coopératives, des fédérations paysannes, des mutuelles d\u2019épargne et de crédit, des associations de femmes, etc.Cette partie de l\u2019aide internationale du Québec transformée en solidarité avec des organisations haïtiennes existe depuis un bon moment, mais elle est trop faible de moyens et trop investie dans de petits projets fortement ancrés dans le seul développement social.Elle n\u2019a pas encore les moyens de ses ambitions et accuse un certain retard par rapport à ses homologues européens.Un nouveau scénario est en construction, celui de miser sur des économies de proximité et une finance sociale fondée sur une épargne solidaire.Adossée au seul financement public (ou presque) pendant plusieurs décennies, cette coopération a subi un choc majeur sous la gouverne des conservateurs au début de la présente décennie.Cette coopération de proximité a été forcée de se redéployer autrement tant sur le plan de son autonomie financière que dans ses priorités d\u2019intervention.Le scénario qui suit pourrait être mis à profit en Haïti.La plupart des experts s\u2019entendent pour dire que l\u2019agriculture familiale de ce pays est un maillon stratégique.Cependant, ses communautés rurales sont privées d\u2019activités agricoles suffisamment génératrices de revenus, d\u2019accès à l\u2019électricité à des prix raisonnables, de petites infrastructures économiques locales, d\u2019accès à l\u2019eau potable, etc., permettant de faire face à l\u2019insécurité alimentaire et au changement climatique qui lui est associé.La mise à contribution d\u2019une finance solidaire à la bonne hauteur et d\u2019assises économiques locales adossées à un plan d\u2019action pour une transition sociale et écologique font partie de l\u2019équation d\u2019avenir.Finance solidaire Plutôt que de miser uniquement sur le financement public, cette solidarité du Québec avec Haïti et d\u2019autres pays du Sud est en train de se donner des outils financiers collectifs semblables à ceux que plusieurs mouvements sociaux d\u2019ici se sont donnés au cours de leur histoire : fonds de travailleurs à l\u2019initiative des syndicats ; coopératives d\u2019épargne et de crédit et fonds destinés au développement des régions.Bref, une économie non capitaliste de marché, cheville ouvrière d\u2019un développement économique lancé par les communautés elles-mêmes.Début 2019, l\u2019AQOCI ainsi que les fonds de travailleurs ont pris une décision hors de l\u2019ordinaire en mettant en œuvre un projet de Fonds québécois d\u2019investissement solidaire consacré aux économies de proximité au Sud fondé sur des épargnes d\u2019organisations québécoises.Ce fonds permettra notamment de soutenir des systèmes de prêts rotatifs en agriculture ; des prêts et garanties de prêts à des PME tels des ateliers de production de panneaux solaires pour l\u2019électrification des villages, la commercialisation collective de produits agricoles et des coopératives de collecte des déchets.Développement et écologie Depuis la COP21, le développement économique, la question sociale et le défi écologique se télescopent dans une crise ouverte en 2007.Or Haïti est une des sociétés les plus vulnérables du monde à cet égard et sa variable écologique est le principal marqueur de sa situation.Dans la foulée, la solidarité Nord-Sud du Québec est amenée à se diriger vers le développement d\u2019une économie faite de filières plus écologiques \u2014 énergies renouvelables, agriculture écologiquement intensive, aménagement durable des forêts.Dans le combat contre la pauvreté, tel qu\u2019il est mené par les institutions internationales en Haïti, apparaissent aujourd\u2019hui [\u2026] de bien maigres solutions.Dans ce pays, l\u2019aide humanitaire occupe beaucoup trop la première place.Elle ne panse que les dégâts.Une solidarité adossée au développement d\u2019économies de proximité est une autre manière de faire désormais inscrite à l\u2019agenda québécois.Une solidarité économique favorisant la sécurité alimentaire, l\u2019accès au crédit, la lutte contre la précarité énergétique.C\u2019est un choix politique : notre coopération avec Haïti sera-t-elle encore et surtout celle de pompiers de service ou plutôt celle d\u2019architectes du développement ?CRISE HUMANITAIRE Comment « aider» Haïti aujourd\u2019hui ?Élise Solomon Organisatrice communautaire au Réseau d\u2019aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM) Les policiers sont de plus en plus amenés à intervenir auprès de populations en situation de grande vulnérabilité et d\u2019itinérance.[\u2026] La précarité du marché du travail, l\u2019absence d\u2019un revenu de base décent, la pénurie chronique de logements abordables et les difficultés d\u2019accès au système de santé et de services sociaux contribuent à l\u2019augmentation du nombre de personnes qui se retrouvent en situation de grande précarité, d\u2019itinérance et de désaffiliation sociale.S\u2019ajoutent à cela les enjeux [\u2026] vécus par les communautés autochtones et inuites, dont plusieurs membres migrent dans les villes, se butent à de grandes difficultés, perdent leurs repères et se retrouvent en situation d\u2019iti- nérance.Les autorités s\u2019en remettent de plus en plus au droit pénal et criminel et à la sécurité publique pour « gérer » les problèmes sociaux de pauvreté, de santé mentale, de toxicomanie et d\u2019itinérance.Le rôle joué par la police est double.D\u2019une part, elle surveille, contrôle, sanctionne et judiciarise de façon disproportionnée les populations marginalisées.Les effectifs destinés à la lutte contre les « incivilités » (consommation d\u2019alcool sur la voie publique ou le tapage), souvent reliées au mode de survie des personnes en situation d\u2019itinérance ou de troubles mentaux ou de dépendance, tendent à augmenter.Intervenir en réponse à un sentiment subjectif d\u2019insécurité suscitée par la présence de personnes marginalisées fait souvent fi du fait que ces dernières ont droit elles aussi à la sécurité publique.Elles sont généralement plus à risque de subir de la violence que d\u2019en causer.D\u2019autre part, ces mêmes policiers ont également le mandat de venir en aide à ces personnes lorsque des circonstances mettent en jeu leur sécurité ou celle d\u2019autrui, notamment lorsqu\u2019une personne se retrouve en crise ou atteinte de troubles mentaux.Les autorités policières admettent que ces interventions représentent une part significative de leur travail et que la formation policière traditionnelle ne les prépare pas suffisamment à intervenir adéquatement auprès de cette population.Comment faire mieux ?[\u2026] Il est inacceptable que perdurent autant de décès, de dérives, de pratiques de profilage et d\u2019abus à l\u2019égard des populations marginalisées.Les solutions à mettre en place pour améliorer les pratiques policières d\u2019intervention [\u2026] sont connues et documentées.Le rapport du coroner Malouin à la suite du décès d\u2019Alain Magloire, celui issu de la consultation publique sur la lutte contre le profilage social et racial de la Ville de Montréal, les publications de groupes de défense de droits [\u2026] en proposent plusieurs.Il faut revoir qui est le plus apte à intervenir auprès des personnes itinérantes ou en crise et investir afin d\u2019augmenter le nombre d\u2019intervenants sociaux et de travailleurs de rue et de proximité.Il faut établir un partenariat solide entre les organisations policières, le système de santé et les organismes communautaires et ainsi bien définir et préciser les rôles de chacun.Il est primordial que tous les agents reçoivent une formation obligatoire sur les réalités et les interventions adaptées auprès des différentes populations vulnérables et marginalisées.[\u2026] Les équipes mixtes spécialisées en itinérance et en santé mentale du Service de la police de la Ville de Montréal (SPVM), réunissant des policiers spécialement formés et des intervenants du réseau de la santé, ont fait leurs preuves [\u2026].Ces équipes ont développé une expertise et des approches plus adaptées.Cependant, elles ne rejoignent pas toutes les personnes dans le besoin et leur approche ne contamine pas suffisamment les pratiques de l\u2019ensemble du corps policier.Les solutions impliquent une profonde révision des orientations des services de police, notamment celles qui sont liées à la lutte contre les incivilités, des protocoles traditionnels d\u2019intervention et des règles d\u2019engagement de l\u2019arme à feu.Les services de police doivent se donner des directives [\u2026] visant à éliminer le profilage social et à diminuer la judiciarisation des personnes marginalisées.En finir avec l\u2019impunité policière Pour rétablir les droits fondamentaux des populations vulnérables, réparer le bris de confiance envers l\u2019organisation policière et assurer un contrôle des pratiques policières par les citoyens, il faut en finir avec l\u2019impunité policière, rendre plus accessible et démocratique le système de recours, et sanctionner les comportements problématiques au sein du corps de police.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Quand les problèmes sociaux se retrouvent dans la cour de la police Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue Droits et libertés, automne 2018, volume 37, no 2.La disproportion entre les ressources consacrées à des secours d\u2019urgence et celles consacrées au développement durable des communautés est désastreuse LEDEVOIR // LE MARDI 19 FÉVRIER 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.À BORD DE L\u2019ADMUNDSEN La bactérie mangeuse de pétrole L\u2019estuaire et le golfe du Saint-Laurent pourraient-ils composer naturellement avec un déversement ?La poupe de l\u2019Amundsen, un brise-glace de la Garde côtière canadienne, renferme un laboratoire au bénéfice des scientifiques.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR explique-t-elle.Sauf qu\u2019en le mettant en gouttelettes, on rend le pétrole bioaccessible pour la faune marine.» Avec le biochar, les chercheurs veulent donc développer une solution moins nocive pour l\u2019environnement.Prévenir plutôt que guérir Finalement, tard dans l\u2019après-midi, l\u2019Amundsen a retrouvé le pockmark.Le brise-glace de recherche a descendu sa rosette, un gros carrousel de bouteilles, pour aller récupérer de l\u2019eau au cœur du panache de bulles.Croisée dans son laboratoire à l\u2019arrière du navire quelques jours plus tard, Marie-Ève montre des éprouvettes remplies de ses échantillons d\u2019eau de mer.Une mélasse épaisse enduit le fond du contenant.Ce sont quelques gouttes de pétrole qu\u2019elle a déposées là intentionnellement.Même dans ces petites bouteilles, l\u2019activité des bactéries hydrocarbono- clastes se poursuit.Après des incubations de 24 heures, 7 jours et 15 jours, elle va vérifier l\u2019évolution de leur population et la dégradation du pétrole.Elle réalise l\u2019expérience avec deux types de pétrole : du Cold Lake Dilbit Blend, typique des sables bitumineux de l\u2019Alberta, et un pétrole conventionnel.« Souvent, on croit qu\u2019il y a plus de dégradation en milieu tempéré parce qu\u2019il fait plus chaud et que les organismes sont plus actifs, explique Marie-Ève, mais en milieu froid ce ne sont tout simplement pas les mêmes communautés.Il y a de la dégradation quand même.» Chose certaine, un déversement de pétrole en hiver serait bien plus complexe à gérer qu\u2019en été.La glace de mer crée une barrière qui empêche la dispersion de la substance, mais qui la rend aussi moins accessible aux intervenants.La glace, poreuse, peut même éponger le pétrole et le garder prisonnier jusqu\u2019au printemps.Notre journaliste a été invité sur l\u2019Amundsen par Réseau Québec maritime, organisateur de l\u2019Odyssée Saint-Laurent.ALEXIS RIOPEL SUR LE BRISE-GLACE AMUNDSEN LE DEVOIR l\u2019embouchure du Sa- guenay, Dominique St-Hilaire-Gravel se rappelle avoir vu de magnifiques dunes sous-marines.En Arctique, elle a contemplé des planchers océaniques scarifiés par le passage d\u2019icebergs.Ailleurs sur le globe, elle a vu des volcans sous-marins s\u2019élevant du fond des eaux.Aujourd\u2019hui, au large de Matane, nous sommes cependant à la recherche de pockmarks : des cratères sous-marins, connectés aux entrailles de la terre, par lesquels des bulles de méthane s\u2019échappent.Des dizaines de tels cratères picotent le fond de l\u2019estuaire, mais, du nombre, plusieurs sont inactifs.Plus tôt dans la journée, Dominique, la spécialiste du sonar, avait réussi à localiser la structure quand l\u2019Amundsen a dû interrompre ses opérations scientifiques pour aller déloger un navire pris dans la glace au port de Matane.« En passant au-dessus du pockmark ce matin, on voyait le panache de gaz qui sortait du sol, s\u2019élevant de 200 mètres dans la colonne d\u2019eau », dit la professionnelle en géophysique marine pour Amundsen Science.Pourtant, depuis maintenant une bonne demi-heure, le brise-glace peine à retrouver l\u2019évent sous-marin.Le pockmark qu\u2019on cherche fait environ 40 mètres de diamètre.Ici, le fond de la mer est à 300 mètres de la surface.Une cible difficile à atteindre, même avec des instruments sophistiqués.L\u2019an dernier, la première mission Odyssée Saint-Laurent avait permis de prendre une image sonar à haute résolution du pockmark en question.Cette année, les scientifiques à bord de l\u2019Amundsen espèrent récolter des échantillons d\u2019eau au cœur de la colonne de gaz.Marie-Ève Lamarre, étudiante à la maîtrise à l\u2019Institut des sciences de la mer de l\u2019Université du Québec à Ri- mouski, soupçonne que des bactéries spécialement adaptées pour digérer le méthane s\u2019y trouvent.Et puis, « si ces bactéries sont capables de dégrader le méthane, elles peuvent aussi dégrader le pétrole », énonce la jeune femme.Ces bactéries dites «hydrocarbono- clastes» sont présentes naturellement dans toutes les mers du monde, mais leur concentration varie d\u2019un endroit à l\u2019autre.Marie-Ève Lamarre prendra des échantillons ici, au large de Matane, mais aussi ailleurs dans l\u2019estuaire pour évaluer la capacité du Saint-Laurent à dégrader du pétrole en cas de déversement.Une farine nutritive Avant de se retrouver sur l\u2019Admunsen, Marie-Ève a œuvré pendant près de quatre ans dans le domaine de l\u2019urgence environnementale, intervenant sur le terrain en cas de déversements maritimes.Elle est récemment retournée à l\u2019université pour travailler sur une méthode de dégradation du pétrole tirant parti de la présence naturelle des hydro- carbonoclastes.« Quand il y a un déversement, ces bactéries peuvent consommer les chaînes de carbone, comme le pétrole.Mais souvent, elles manquent de nitrate et de phosphate pour continuer à se multiplier.L\u2019idée, c\u2019est d\u2019ajouter ces nutriments-là quand il y a un déversement pour créer un environnement favorable à leur croissance.» Avec son directeur de recherche, le professeur de l\u2019UQAR Richard Saint- Louis, elle veut fournir les nutriments manquants grâce à une poudre de biochar (des résidus forestiers brûlés sans oxygène) enrichi d\u2019une farine de résidus des pêches (des peaux et des organes de poisson, par exemple).L\u2019engrais à hydrocarbonoclaste serait répandu sur la nappe de pétrole en cas de besoin.Présentement, au Canada, la récupération mécanique du pétrole est favorisée en cas de déversement.Cependant, le gouvernement a approuvé en 2016 l\u2019emploi du Corexit, le dispersant qui a été utilisé dans le golfe du Mexique pour nettoyer l\u2019accident du Deepwater Horizon de BP, en 2010.« Il y a une controverse autour de ce produit », avertit Ma- rie-Ève, qui évoque une toxicité accrue pour la faune, la flore et les travailleurs qui manipulent la substance.Le principe du Corexit est de fragmenter la nappe de pétrole en gouttelettes.« Le pétrole cale dans la colonne d\u2019eau, puis on ne le voit plus.Il y a moins de chances que des oiseaux plongent dans la nappe de pétrole, ou encore que des mammifères marins s\u2019y enduisent, Au cœur de l\u2019hiver, une vingtaine de scientifiques sont montés à bord du brise-glace Amundsen pour la seconde édition de l\u2019Odyssée Saint- Laurent.Notre journaliste s\u2019est joint à eux pendant deux semaines.Troisième texte : apprivoiser les bactéries naturellement présentes dans l\u2019eau qui dégradent le pétrole en cas de déversement.À Marie-Ève Lamarre, étudiante à la maîtrise à l\u2019Institut des sciences de la mer de l\u2019Université du Québec à Rimouski, soupçonne que des bactéries spécialement adaptées pour digérer le méthane s\u2019échappent du fond du fleuve.ALEXIS RIOPEL LE DEVOIR "]
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