Le devoir, 1 mars 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 44 / LE VENDREDI 1E R MARS 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Oubliez le passé ! Le film La fin des terres, de Loïc Darses, conjugue la question nationale au présent avec les voix de 17 jeunes CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR II n\u2019y a personne devant la caméra du documentaire La fin des terres, de Loïc Darses.Les participants, qui y réfléchissent tour à tour sur l\u2019avenir du Québec, sont en voix off, derrière les images.C\u2019est dire tout de suite combien ce jeune cinéaste de 25 ans s\u2019exprime par la forme autant que par le fond.Pour son premier long métrage, Loïc Darses ne s\u2019est pas attaqué à un mince sujet.Il propose une méditation sur l\u2019implication politique des jeunes en général et sur le projet d\u2019indépendance du Québec.Et il le fait à travers les voix de 17 participants qui, comme lui, n\u2019ont jamais vraiment vécu de référendum.« Un de mes points de départ, c\u2019était de faire un film sur la question nationale, sur l\u2019avenir politique du Québec, sans images d\u2019archives, et en ne voyant pas les gens qui sont interrogés », dit- il en entrevue, quelques jours avant la projection de son film aux Rendez-vous Québec Cinéma.Refuser d\u2019intégrer des images d\u2019archives à son propos, c\u2019était une façon de refuser de faire de l\u2019indépendance du Québec une affaire du passé, bercée par les souvenirs euphoriques du Centre Paul-Sauvé, le jour de l\u2019élection du PQ en 1976, ou encore assombrie par le discours de Jacques Parizeau après la défaite référendaire de 1995.INDEX Décès .A4 Monde.A6 Éditorial .A8 Idées.A9 Culture .B1 Grille TV.B2 Économie.B6 Avis légaux.B8 Sports.B9 Météo .B9 Mots croisés.B9 Sudoku .B9 Zeitgeist.B10 MONDE Donald Trump et Kim Jong-un se séparent sur un échec A 7 CULTURE Bilan de santé du rock, un genre qui résiste à tous les vents contraires | B 1 etc.L\u2019inaction climatique expliquée par le neuroscientifique Sébastien Bohler | B 10 MARIE VASTEL CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Jody Wilson-Raybould a eu son droit de parole et a tiré à boulets rouges sur l\u2019entourage de Justin Trudeau, l\u2019accusant de lui avoir fait subir des pressions indues et répétées dans le dossier de SNC-La- valin.L\u2019ancien bras droit du premier ministre aura maintenant son droit de réplique.Gerald Butts sera convoqué à son tour en comité parlementaire pour livrer sa version des faits.Au lendemain du témoignage fracassant de l\u2019ancienne procureure générale, l\u2019ex-secrétaire principal de Justin Trudeau a réclamé de se faire entendre.« Je crois que mes preuves seront utiles au comité de la justice et des droits de la personne.Je demande respectueusement l\u2019occasion de participer au comité », a-t-il fait valoir par écrit, dix jours après sa démission du bureau du premier ministre.Le Comité permanent de la justice a convenu, jeudi, de l\u2019inviter à comparaître mercredi prochain afin qu\u2019il réponde au compte rendu qu\u2019a livré Mme Wilson- Raybould au sujet de leurs échanges.Le comité convoquera en outre une deuxième fois le greffier du Conseil privé, Michael Wernick, et la sous-minis- tre de la Justice, Nathalie Drouin.Jody Wilson-Raybould a relaté, mercredi, que M.Butts et la chef de cabinet de Justin Trudeau, Katie Telford, ont fait pression sur sa propre chef de cabinet afin de convaincre son bureau d\u2019annuler la décision de la directrice des poursuites pénales de ne pas accorder d\u2019accord de poursuite suspendue à SNC-Lavalin.« Il n\u2019y a pas de solution qui n\u2019inclue pas d\u2019interférence », aurait dit M.Butts.« On ne veut plus débattre de légalité», aurait affirmé Mme Telford.Les députés de l\u2019opposition auraient souhaité entendre aussi Katie Telford, de même que les autres conseillers de Justin Trudeau et le premier ministre puisque Mme Wilson-Raybould les a incriminés.Justin Trudeau a pour sa part continué de marteler que son équipe n\u2019avait rien fait de mal.Quant au sort de Jody Wilson-Raybould au sein du caucus libéral, M.Trudeau n\u2019avait toujours pas pris de décision jeudi.La riposte viendra mercredi L\u2019ex-bras droit et ami de Trudeau Gerald Butts a réclamé et obtenu le droit de témoigner Le premier ministre Justin Trudeau n\u2019a pas voulu dire si Jody Wilson-Raybould pourrait demeurer membre du caucus des députés libéraux après le témoignage accablant qu\u2019elle a livré mercredi.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Pour les partis d\u2019opposition à Ottawa, il ne fait aucun doute que Justin Trudeau et son entourage ont transgressé les règles et compromis l\u2019indépendance judiciaire en harcelant l\u2019ex-ministre Jody Wilson-Raybould à propos de SNC-La- valin.Mais les juristes consultés par Le Devoir ne sont pas aussi catégoriques.Si certains estiment que le gouvernement libéral a dépassé les bornes, d\u2019autres font valoir que la frontière entre représentation acceptable et pression indue est floue.« Il y a certainement des choses troublantes dans ce témoignage, notamment les menaces voilées qui étaient des menaces de perdre son emploi de ministre de la Justice et de procureure générale.Ces menaces sont inacceptables », lance d\u2019entrée de jeu l\u2019ancien ministre et constitutionnaliste Benoît Pelletier.M.Pelletier pense que le gouvernement de Justin Trudeau a été « extrêmement maladroit » l\u2019automne dernier en organisant, au dire de Mme Wil- son-Raybould, 10 appels et 10 rencontres pour discuter de la décision de la directrice des poursuites pénales (DPP) de déposer des accusations criminelles contre SNC-Lavalin.L\u2019entourage du premier ministre aurait préféré que soit négociée une entente de poursuite suspendue (APS) pour éviter à la firme d\u2019ingénierie québécoise d\u2019être exclue pendant 10 ans des contrats gouvernementaux.La ministre avait le pouvoir d\u2019ordonner à la DPP de changer de cap.La ligne rouge a-t- elle été franchie ?Le gouvernement a été « extrêmement maladroit », juge Benoît Pelletier Loïc Darses, 25 ans, cinéaste MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR AFFAIRE SNC-LAVALIN VOIR PAGE A 4 : PASSÉ VOIR PAGE A 2 : LIGNE ROUGE VOIR PAGE A 2 : RIPOSTE ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 Déconnecter, une tendance qui croît T I F F E T D U S R D E I S S O I D E M A S TE X TE DEMAIN LIRE À e R de leurs ap Or endant la r P ui ur un phénomène q d s gar s, de ue iq umér eils n par ent ens t , de plus en plus de g st à la « e e \u2019heur elâche, l ampli?e.s\u2019 ssants.ahi v op en us tr en v se i empr \u2019 er l ent de limit ».tion déconnec N A TI S I HR C T A R T S U L L I O I R IS X E L A ME U A LL I U G T E F F TI S N IO EL P E G A P LE Des discussions inacceptables au point d\u2019être indues ?LIGNE ROUGE SUITE DE LA PAGE A 1 Néanmoins, M.Pelletier rappelle « qu\u2019il n\u2019y a pas de frontière, de ligne claire », entre ce qui est acceptable et ce qui ne l\u2019est pas.Tout cela relève plutôt de « conventions ».Pour lui, le test ultime est que la procureure générale ait eu la conviction que la décision lui revenait.« Elle a fait l\u2019objet de pressions qui, étant donné leur nombre et leur nature, étaient inacceptables, dit-il.Mais la ligne de ce qui est une pression indue qui entraînerait la violation d\u2019une doctrine quelconque n\u2019a pas été franchie parce qu\u2019elle a tenu tête et qu\u2019il a toujours été clair dans le processus, et pour elle et pour les autres intervenants, que c\u2019était sa décision.» La professeure de droit Elizabeth Sanderson, qui a publié cet automne un livre à propos du rôle des avocats du gouvernement et du procureur général, conclut elle aussi que le témoignage de Jody Wilson-Raybould ne permet pas de dire que des règles ont été transgressées.« Il y a des aspects inquiétants, mais je ne peux pas dire qu\u2019on a franchi une ligne.» Ces « aspects inquiétants » sont le fait que, dans sa conversation avec sa ministre, M.Trudeau a rappelé qu\u2019il était un « député du Québec » et qu\u2019une élection était en cours dans la province.À l\u2019inverse, l\u2019ancienne juge et professeure de droit Mary Ellen Turpel-Lafond (qui avait témoigné à titre d\u2019expert devant le Comité de la justice plus tôt cette semaine) estime que « oui, absolument, une ligne a été transgressée ».Le 19 octobre, SNC-Lavalin s\u2019est adressée à la Cour fédérale pour contester le refus du DPP de négocier un APS avec elle.Pour Mme Turpel-Lafond, il ne fait aucun doute que les communications avec Mme Wilson-Raybould après cette date posent problème.« Une fois qu\u2019une application est déposée à la Cour fédérale, vous avez des gens qui tentent délibérément d\u2019entraver le cours de la justice dans une procédure judiciaire.» Elle désire entendre les autres intervenants de cette affaire avant de se faire une tête.« Je ne dis pas qu\u2019il y a un crime.[\u2026] Il y a un voyant jaune qui s\u2019allume.Je suis plus préoccupée [qu\u2019avant son témoignage], mais j\u2019ai besoin d\u2019en savoir plus.» Pas une affaire policière Paul Bégin, qui a été ministre péquiste de la Justice, se dit soufflé par ce qu\u2019il a entendu de la part de Mme Wilson-Ray- bould.« Ont-ils transgressé une ligne ?C\u2019est évident.» Il est normal, à son avis, que des conversations, même de nature partisane, aient lieu avec la procureure générale en amont.« Mais à compter du moment où elle a pris une décision, c\u2019est final.Plus personne ne doit lui parler.Insister comme ils l\u2019ont fait [\u2026], c\u2019est incroyable.Je n\u2019ai jamais vu une affaire semblable.C\u2019est exorbitant.» Il souligne toutefois que ce « geste répréhensible » ne conduit à aucune sanction.Et en ce sens, « la GRC n\u2019a pas d\u2019affaire là-dedans ».Le chef conservateur a demandé jeudi à la Gendarmerie royale d\u2019ouvrir une enquête.« Ce n\u2019est pas un acte criminel, donc qu\u2019est-ce que la police fait là ?» Il estime que le commissaire aux conflits d\u2019intérêts et à l\u2019éthique est mieux placé pour enquêter.Le professeur de droit à l\u2019Université de Toronto Kenneth Jull se demande pour sa part pourquoi Mme Wilson-Raybould a refusé avec autant d\u2019obstination de négocier un APS avec SNC- Lavalin.M.Jull a lui aussi témoigné devant le Comité de la justice plus tôt cette semaine à titre d\u2019expert des APS.Est-elle opposée par principe aux ententes de culpabilité négociées avec les sociétés ?Elle a refusé de répondre à cette question lors de son témoignage mercredi : « Je ne pense pas que mon opinion personnelle à propos des accords de poursuite suspendue soit pertinente.» Un rappel Selon M.Jull, ce l\u2019est au contraire.Il cite une observation \u2014 prémonitoire! \u2014 de la Commission de réforme du droit du Canada de 1990 indiquant que «le procureur général est nommé par le premier ministre et peut être congédié s\u2019il s\u2019entête à agir d\u2019une manière qui est contraire à l\u2019avis du cabinet.Dans de telles circonstances, le procureur général pourrait sentir le besoin de démissionner avant d\u2019être congédié.Dans les deux cas, on pourrait s\u2019attendre à d\u2019importants impacts politiques pouvant aller jusqu\u2019à compromettre la survie du gouvernement.» «Dans ce contexte, dit le professeur, il m\u2019apparaît pertinent de savoir si le cabinet avait un point de vue différent de celui de la procureure générale.» Selon M.Jull, il est d\u2019autant plus difficile de conclure qu\u2019une ligne a été franchie par l\u2019équipe du premier ministre qu\u2019il y a un aspect «quasi politique» aux APS: la loi commande qu\u2019on prenne en compte l\u2019intérêt public.« Les facteurs que la procureure générale doit prendre en compte sont beaucoup plus larges que dans une cause criminelle typique.» La semaine dernière, la sous-ministre de la Justice, Nathalie Drouin, a témoigné devant le Comité.Elle a rappelé un cas britannique où un directeur des poursuites pénales s\u2019était fait dire que, s\u2019il poursuivait son enquête, « il y aurait du sang dans les rues ».L\u2019enquête avait cessé et la Chambre des lords avait conclu qu\u2019aucune règle n\u2019avait été violée.« Ça illustre à quel point les conversations peuvent être musclées.» Scheer demande à la GRC d\u2019enquêter RIPOSTE SUITE DE LA PAGE A 1 « J\u2019ai pris connaissance de son témoignage.J\u2019ai encore des réflexions à avoir par rapport à son statut au sein du caucus », a-t-il expliqué, de passage à Montréal.Mme Wilson-Raybould s\u2019est abstenue à deux reprises, en comité parlementaire, d\u2019indiquer si elle avait toujours confiance en son premier ministre.« J\u2019ai démissionné du conseil des ministres parce que je n\u2019étais plus à l\u2019aise de siéger autour de la table du cabinet », s\u2019est-elle contentée de répliquer.Mais les avis sont partagés, chez ses collègues.Une élue libérale s\u2019est avouée mal à l\u2019aise de la voir demeurer membre du caucus et participer aux rencontres à huis clos.Certains libéraux estiment que le lien de confiance est grandement menacé.D\u2019autres, en revanche, n\u2019ont pas d\u2019objection.« C\u2019est son choix.C\u2019est le choix du premier ministre », a affirmé le député Rob Oliphant, qui estime que ce n\u2019est pas à lui de réclamer son expulsion.Le député Adam Vaughan se dit du même avis.« Elle a choisi de siéger comme libérale.Elle devrait continuer de siéger comme libérale.» Jody Wilson-Raybould compte en outre deux fidèles soutiens, qui l\u2019ont défendue publiquement depuis le début cette affaire : la présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, et la députée Celina Caesar-Chavannes.Son expulsion du caucus libéral pourrait froisser ses alliés.L\u2019ex-ministre de la Justice a martelé mercredi qu\u2019elle avait été la cible de pressions répétées, voire de menaces à peine voilées de la part de l\u2019entourage du premier ministre.Justin Trudeau a réitéré jeudi qu\u2019il était « totalement en désaccord » avec son récit.« Comme Mme Wilson-Ray- bould l\u2019a dit elle-même, je lui ai dit à plusieurs reprises que c\u2019était sa décision, et sa décision seule.» La ligne de défense du gouvernement a été martelée ad nauseam : il est tout à fait normal de protéger les emplois, tout en respectant l\u2019intégrité des institutions et l\u2019état de droit \u2014 ce que M.Trudeau assure avoir fait.Mme Wilson-Raybould a en outre incriminé le chef de cabinet du ministre des Finances, Bill Morneau.Ben Chin aurait le premier fait valoir à sa chef de cabinet qu\u2019il y avait un risque de pertes d\u2019emplois si SNC quittait le Canada à la suite d\u2019une condamnation au criminel.M.Morneau a défendu son adjoint.Bien qu\u2019il ne l\u2019ait pas mandaté pour entreprendre ces démarches, il les appuie pleinement.« Le rôle de mon chef de cabinet est de s\u2019assurer que nous avons des échanges avec d\u2019autres pans du gouvernement afin de nous assurer qu\u2019ils comprennent les conséquences économiques des décisions.C\u2019est ce que Ben tentait d\u2019accomplir », a insisté le ministre.La GRC interpellée Le chef conservateur a par ailleurs officialisé sa demande d\u2019enquête de la Gendarmerie royale par écrit.La GRC a confirmé avoir reçu la missive, mais comme à son habitude refusé de confirmer ou nier la conduite d\u2019une enquête.Jody Wilson-Raybould a estimé, mercredi, que la pression qu\u2019elle a subie ne contrevenait pas au Code criminel.Des experts consultés par Le Devoir sont du même avis.L\u2019ex-ministre a également concédé que le premier ministre, son bureau ou le greffier du Conseil privé ne lui ont pas ordonné de conclure un accord avec SNC.Néanmoins, les conservateurs soutiennent qu\u2019il faut une enquête policière et la démission du premier ministre.La chef du Parti vert, Elizabeth May, a quant à elle réclamé le licenciement du greffier Michael Wernick.Les néo- démocrates et Mme May exigent une enquête publique.Avec Stéphane Baillargeon LEE BERTHIAUME À OTTAWA LA PRESSE CANADIENNE Le directeur parlementaire du budget laisse entendre que le ministère de la Défense nationale a pu délibérément sous-estimer de 200 millions de dollars le coût d\u2019achat et d\u2019exploitation de 18 avions de chasse F-18 d\u2019occasion australiens, pour rendre la pilule plus facile à avaler.Cette estimation n\u2019est que la dernière en date du Bureau du directeur parlementaire du budget (DPB) à conclure que ce ministère sous-estime souvent les coûts d\u2019importantes acquisitions, à commencer par le projet avorté d\u2019achat de chasseurs furtifs F-35 en 2011.Mais selon le directeur parlementaire du budget, Yves Giroux, la plus récente estimation du ministère diffère des autres parce qu\u2019il ne s\u2019agit pas ici de l\u2019achat de nouvel équipement : les F-18 australiens d\u2019occasion ressemblent beaucoup aux CF-18 canadiens.En conséquence, ajoute-t-il, le ministère aurait dû être en mesure de produire des estimations extrêmement précises du coût d\u2019achat, de mise à niveau et d\u2019exploitation de ces 18 avions australiens au cours de la prochaine décennie.Or, le DPB indique que le coût réel sera 22 % plus élevé que ce qui a été estimé par le ministère : en dollars bruts, les contribuables devront payer 1,1 milliard, et non 900 millions.M.Giroux se dit perplexe devant les chiffres avancés par le ministère.En entrevue à La Presse canadienne, il se demande si les responsables n\u2019ont pas délibérément « tordu » leurs chiffres pour éviter de franchir le seuil psychologique du milliard de dollars pour 18 chasseurs d\u2019occasion \u2014 un chiffre qui aurait pu frapper l\u2019imaginaire de certains contribuables.« C\u2019est peut-être pour cette raison qu\u2019ils ont opté pour le scénario très optimiste de moins de 900 millions.» Le gouvernement de Justin Trudeau a décidé d\u2019acheter les 18 avions d\u2019occasion australiens \u2014 et jusqu\u2019à sept appareils de rechange \u2014 pour venir appuyer les CF-18 vieillissants jusqu\u2019à ce que toute la flotte de chasseurs soit remplacée par de tout nouveaux avions à réaction au cours de la prochaine décennie.L\u2019appel d\u2019offres pour ces nouveaux appareils n\u2019a pas encore été lancé.Peu de temps après la publication du rapport du DPB jeudi, le ministère de la Défense a publié un communiqué dans lequel il soutient que son estimation était en réalité très proche de celle du directeur parlementaire du budget dans la plupart des domaines.Le ministère précise par contre que ses chiffres ne prenaient pas en compte le coût de modernisation des systèmes de combat des avions australiens.L\u2019Aviation royale canadienne indique qu\u2019elle envisage diverses options pour ces mises à niveau, qui s\u2019appliqueront également au reste de la flotte de vieux CF-18 afin qu\u2019ils puissent mener des missions jusqu\u2019à leur retraite.Ces mises à niveau pourraient coûter plus d\u2019un milliard de dollars.Les F18 australiens d\u2019occasion coûteront plus cher que prévu BULLIT MARQUEZ LA PRESSE CANADIENNE Pas d\u2019intervention Sonia LeBel n\u2019entrevoit pas la perspective où elle interviendrait dans une poursuite visant SNC-Lavalin.« Je n\u2019ai pas l\u2019intention d\u2019intervenir dans ce dossier et rien ne me laisse penser que j\u2019aurai à le faire », a déclaré la procureure générale du Québec, jeudi.« Si un jour, la décision change parce que les circonstances changent ou les informations qu\u2019on pourrait détenir changent, je devrai le faire en toute transparence.Je devrai expliquer à la population pourquoi j\u2019interviens dans ce dossier-là pour éviter des allégations de pressions politiques et expliquer l\u2019intérêt public », a-t-elle ajouté.Mme LeBel pourrait voir, à son tour, une affaire visant le géant du génie-conseil atterrir sur son bureau.En effet, le DPCP travaillerait avec la GRC, selon La Presse, à préparer le dépôt d\u2019accusations contre SNC-Lavalin.Le ministre de l\u2019Économie, Pierre Fitzgibbon, a pour sa part réitéré jeudi sa volonté de « protéger » SNC-Lavalin « dans la mesure où on peut le faire légalement ».Marco Bélair-Cirino ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 L \u2019Opéra Garnier, à Paris, est une œuvre architecturale incomparable.Autrefois appelé simplement Opéra de Paris, il demeure un des hauts lieux de la vie culturelle française.Rehaussée d\u2019un plafond dessiné par Marc Chagall, la salle de spectacle est un prototype de ces salles en fer à cheval typiques des opéras italiens.Or, ce qui fascine dans cette architecture, ce n\u2019est pas tant la richesse de l\u2019ornementation que la forme qui permet à chacun de contempler les autres spectateurs.On a en effet l\u2019impression que le plus important n\u2019était pas tant d\u2019observer ce qui se passait sur scène que d\u2019être vu et de voir ce qui se passait dans les loges.Comme si la bonne société, en allant écouter Wagner, souhaitait surtout se donner en spectacle.Il y a longtemps que les mœurs raffinées du Second Empire ont disparu.Pourtant, les réseaux sociaux ont récemment ressuscité les pires travers de cette société de cour.Longtemps après l\u2019Opéra, ces réseaux sont devenus le lieu où il faut être vu.Comme à l\u2019époque de Napoléon III, c\u2019est là que l\u2019on voit se constituer les coteries, les chapelles et les cliques.Pour ne pas dire les factions, les sectes et les mafias.Le « twitteux » est en effet un surprenant volatile qui se déplace en bandes et pratique l\u2019entre-soi.Dis-moi qui tu ret- wittes (ou ne retwittes pas) et je te dirai qui tu es.Ainsi voit- on se constituer dans ce bal des « m\u2019as-tu vu » d\u2019étranges sociétés qui prennent parfois des allures incestueuses.Il n\u2019y a pas si longtemps, on connaissait les opinions d\u2019un leader en lisant ses articles, ses livres ou ses discours.Au- jourd\u2019hui, on suit quotidiennement ses moindres désirs et sautes d\u2019humeur.Il faut avoir une opinion sur tout.Peu importe que l\u2019objet du tweet concerne le sort de nos démocraties ou le ramassage des ordures.Il arrive même que, sur ces réseaux, le journalisme se transforme en cour de récréation.Cette transparence est notamment en train de détruire toute forme d\u2019autorité morale.Car le respect et l\u2019autorité passent aussi par une certaine pénombre et une certaine distance.Il n\u2019est pas certain que Churchill aurait pu convaincre les Britanniques avec son célèbre discours sur le « sang et les larmes » si Internet avait passé son temps à étaler sa vie sexuelle et sa consommation de whisky.Mais cela serait un moindre mal si tous ces séides et sectateurs ne se transformaient pas aux premiers soubresauts en fantassins d\u2019une véritable guerre civile.Un mot de trop ou qui n\u2019est pas dans l\u2019air du temps et les voilà qui se forment en bataillons prêts à en découdre.On se trompe sur le sens des mots en croyant que ce délire a quelque chose à voir avec la démocratie.Umberto Eco y voyait plutôt « l\u2019invasion des imbéciles ».Une invasion « qui donne le droit de parler à des légions d\u2019idiots qui auparavant ne parlaient qu\u2019au bar après un verre de vin, sans nuire à la communauté et ont maintenant le même droit de parler qu\u2019un Prix Nobel ».On se félicite presque que le grand philosophe René Girard soit décédé pour ne pas voir comment Internet illustre à des niveaux inégalés jusque-là ses thèses sur le bouc émissaire et le mimétisme sacrificiel.Avec pour résultat que nous vivons de plus en plus dans une atmosphère de guerre civile larvée qui peut éclater à tout moment.On dira que tout cela est virtuel et se déroule sur Internet.Mais l\u2019exemple des gilets jaunes a montré qu\u2019il ne manque pas de situations où le virtuel déborde sur le réel.Surtout quand la presse s\u2019amuse \u2014 probablement par paresse \u2014 à prendre les réseaux sociaux pour l\u2019opinion publique.Il y a plusieurs semaines, l\u2019historien polonais Dariusz Stola, qui dirige le Musée de l\u2019histoire des Juifs polonais, à Varsovie, me confiait son opinion sur le sujet.Spécialiste de l\u2019antisémitisme qui sévissait sous le voile communiste, il a vu la situation des Juifs s\u2019améliorer dans son pays.Selon lui, grâce à un débat sérieux amorcé dès 1989, les Polonais étaient depuis une trentaine d\u2019années en voie de se réconcilier avec leur histoire.Aujourd\u2019hui, un Juif a moins de chances d\u2019être agressé à Varsovie qu\u2019à Paris, disait-il.Le débat se mena sereinement jusqu\u2019au tournant de 2010.C\u2019est alors qu\u2019Internet a pris le dessus sur les médias sérieux et que tout s\u2019est mis à déraper.« Le langage du débat public est devenu brutal à cause des médias sociaux », disait-il.Avec pour résultat que la parole a été monopolisée par les extrêmes.Et qu\u2019elle est moins libre qu\u2019avant.Selon Stola, il en va de la survie de nos démocraties, qui ne résisteront pas longtemps à un tel régime qui hystérise tout.Un point de vue qui rejoint celui de Luc Ferry.Opposé à une loi sur les fake news qu\u2019il juge liberticide, le philosophe réclamait récemment l\u2019interdiction de l\u2019anonymat sur les réseaux sociaux.Un premier pas qui devrait être suivi, disait-il, de l\u2019application stricte des lois sur la diffamation.« Certains disent que cela entraînera une autocensure, écrivait-il.Mais c\u2019est bien le but ! L\u2019anonymat permet de parler en public comme en privé, une pratique dont l\u2019universalisation rendrait le monde invivable.Sa levée obligerait enfin chacun à assumer ses opinions.» « L\u2019invasion des imbéciles » CHRISTIAN RIOUX ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Le gouvernement Legault s\u2019est engagé jeudi à donner un traitement spécial aux dossiers des candidats qui vivent déjà au Québec parmi les 18 000 qui ont été annulés.Ces personnes seront invitées avant les autres à postuler dans le nouveau système d\u2019immigration Arrima, promet-on.« Les 3700 peuvent être priorisés, une fois que notre projet de loi a été adopté », a expliqué le premier ministre Legault à la sortie de la période de questions jeudi.« On veut se concentrer sur les personnes qui correspondent aux besoins du marché du travail.» Concrètement, cela veut dire qu\u2019ils seront les premiers à recevoir une invitation dans le cadre du système de déclaration d\u2019intérêt Arrima.Ce nouveau système prend la forme d\u2019une banque de candidats en ligne.Les gens peuvent s\u2019y inscrire gratuitement.Le ministère lance ensuite des invitations et les personnes dans la banque peuvent alors soumettre officiellement leur dossier si elles sont intéressées.Jusqu\u2019à présent, plus de 91 000 personnes ont déjà inscrit leur nom, mais pour l\u2019instant, aucune invitation n\u2019a été lancée.Ce sera fait uniquement lorsque le projet de loi 9 (réforme sur l\u2019immigration) sera adopté, vraisemblablement en juin.Parmi les 18 000 dossiers, les 3700 de candidats vivant au Québec pourront alors être soumis avant les autres, à condition toutefois que ceux-ci se soient déjà inscrits dans Arrima, a-t-on souligné jeudi au cabinet du ministre Simon Jolin-Barrette.Des excuses L\u2019idée de donner la priorité à ces personnes n\u2019est pas nouvelle et le gouvernement en avait déjà parlé depuis la présentation du projet de loi.Or il en a fait un engagement formel jeudi en soulignant qu\u2019il retenait ainsi une recommandation de la protectrice du citoyen, Marie Rinfret, faite la veille en commission parlementaire.Le gouvernement n\u2019a toutefois retenu qu\u2019une partie de la proposition de Mme Rinfret, puisque cette dernière plaidait pour qu\u2019on traite ces dossiers dès maintenant, comme prévu dans le vieux système, plutôt que d\u2019attendre après l\u2019adoption du projet de loi.« Il y a beaucoup d\u2019insécurité », a-t- elle dit.« Ils ne seront pas basculés automatiquement dans Arrima.[\u2026] Tout à coup, ils se retrouvent dans le vide et n\u2019ont pas l\u2019heure juste parce que la situation est en mouvance.» Or le premier ministre, François Le- gault, a fait valoir jeudi que ce n\u2019était pas possible.Son gouvernement n\u2019a pas non plus retenu pour l\u2019instant la suggestion de rembourser les tests de français (environ 500 $) faits dans le passé par ces candidats (ces tests tombent à échéance après deux ans).Au cabinet du ministre Jolin-Barrette, on dit toutefois que ce n\u2019est pas exclu et qu\u2019on cherche actuellement à éviter que ces personnes doivent faire les mêmes démarches une deuxième fois.Le premier ministre s\u2019est par ailleurs dit ouvert à la suggestion de Mme Rinfret d\u2019envoyer aux candidats des 14 300 autres dossiers toujours à l\u2019extérieur du Québec un message écrit contenant des excuses et les motifs ayant justifié l\u2019annulation de leur dossier.Or il ne s\u2019agirait pas d\u2019excuses en bonne et due forme de la part de son gouvernement, mais « pour le gouvernement libéral qui a créé des délais d\u2019attente trop longs », a-t-il répondu à une question en anglais.IMMIGRATION Québec donnera priorité à ceux qui sont déjà au Québec Le gouvernement Legault s\u2019excusera auprès des autres\u2026 pour les fautes du gouvernement précédent PATRICE BERGERON À QUÉBEC LA PRESSE CANADIENNE Les caquistes blâment les libéraux pour le report d\u2019éventuelles consultations sur les pesticides, dans la foulée de l\u2019affaire Louis Robert, cet agronome congédié par le ministère de l\u2019Agriculture pour avoir dénoncé l\u2019influence indue de l\u2019industrie des pesticides sur la recherche.Les députés ont reporté, jeudi après- midi, le vote pour la tenue de consultations sur les pesticides, faute d\u2019avoir pu s\u2019entendre sur la formulation du mandat.L\u2019opposition libérale « dénature complètement » l\u2019objectif de la commission en voulant discuter aussi du lanceur d\u2019alerte Louis Robert, a accusé un porte-parole du gouvernement, Marc-André Gosselin, dans un entretien téléphonique.« Ça n\u2019a pas de bon sens de tout mélanger, les libéraux obstruent le déroulement des travaux », a-t-il poursuivi.Le député péquiste Sylvain Roy, à l\u2019origine du mandat d\u2019initiative demandé, voulait que la commission examine « les impacts sur la santé publique et l\u2019environnement de l\u2019utilisation de produits chimiques tels que les pesticides dans les secteurs de l\u2019agriculture et de l\u2019alimentation ».Les caquistes voulaient quant à eux que la commission se penche aussi sur « les pratiques de remplacement inno- vantes disponibles », ainsi que sur le « respect de la réciprocité et de la compétitivité du secteur agroalimentaire québécois ».Le vote a été reporté dans deux semaines, lors de la reprise des travaux parlementaires, après la relâche.Plus tôt en matinée, des élus ca- quistes avaient refusé d\u2019entendre à la Commission des institutions Louis Robert.Majoritaires, les caquistes ont voté contre une proposition qui était appuyée par l\u2019opposition.La proposition de mandat d\u2019initiative sur la question émanait du député indépendant Guy Ouellette.Dans un point de presse en matinée au Parlement, le député libéral de La Pinière, Gaétan Barrette, qui a pris part à la séance de travail sur cet enjeu, a dit être « déçu » de la position des caquistes.Les libéraux proposaient de l\u2019entendre à huis clos s\u2019il le fallait.Ils voulaient « faire le point sur l\u2019étanchéité » entre l\u2019appareil administratif et le législatif, a expliqué M.Barrette.« Les arguments évoqués [par la CAQ] ne tenaient pas la route », a-t-il déploré.Le chef intérimaire péquiste, Pascal Bé- rubé, reproche aux élus caquistes d\u2019avoir obéi à une consigne du parti.Il a soutenu que les députés du gouvernement se sont concertés pour suivre un mot d\u2019ordre, sans égard au sérieux de l\u2019enjeu sur lequel ils devaient se prononcer.« C\u2019est épouvantable, ils sont pareils aux libéraux, a-t-il déclaré en mêlée de presse jeudi matin.C\u2019est un autre recul [de la CAQ].» Le président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Richard Perron, a également condamné le refus du gouvernement caquiste.Louis Robert a déposé deux griefs, un pour contester son congédiement et demander sa réintégration avec pleine compensation, et un autre pour demander réparation en raison d\u2019une suspension qui dépassait 30 jours.M.Robert pourrait aussi déposer sous peu une poursuite au civil pour diffamation, mais le syndicat souhaite « que le gouvernement réfléchisse et change d\u2019avis » rapidement avant de se rendre aux tribunaux, a laissé entendre M.Perron.Mésentente sur le mandat de la consultation sur les pesticides Il n\u2019y a pas si longtemps, on connaissait les opinions d\u2019un leader en lisant ses articles, ses livres ou ses discours.Aujourd\u2019hui, on suit quotidiennement ses moindres désirs et sautes d\u2019humeur.Il faut avoir une opinion sur tout.Peu importe que l\u2019objet du tweet concerne le sort de nos démocraties ou le ramassage des ordures.Il arrive même que, sur ces réseaux, le journalisme se transforme en cour de récréation.Le premier ministre François Legault a réitéré la volonté de son gouvernement de traiter prioritairement dans le système Arrima les dossiers des immigrants déjà établis au Québec.RYAN REMIORZ LA PRESSE CANADIENNE LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 ACTUALITÉS A 4 Un Québec qui demande à être pris PASSÉ SUITE DE LA PAGE A 1 D\u2019ailleurs, en 1995, Loïc Darses avait deux ans\u2026 « L\u2019idée du film, c\u2019est un peu de parler de cette idée-là au présent [\u2026] C\u2019est un peu un essai de s\u2019émanciper de ce passé-là.» Quant aux participants, ils ne sont pas présentés sur la trame sonore, bien qu\u2019on puisse voir défiler leurs noms au générique.Loïc Darses les a choisis parce que leurs écrits ou leurs interventions publiques l\u2019avaient interpellé.« Mes choix politiques ont influencé le choix des participants », dit-il.Mais il ne voulait pas que leur notoriété ni même leur image ne viennent troubler l\u2019écoute de leur propos.Ces participants, on le voit au générique, sont Maïtée Labrecque-Saganash, Aurélie Lanctôt, Jean-François Ruel, Carl Bergeron, Nora Loreto, Mélanie Hotchkiss, Sibel Ataogul, Jade Barshee, Jonathan Durand Folco, Catherine Do- rion, Simon-Pierre Savard-Tremblay, Lucia Carballo, Pierre-Luc Brisson, Alexandre Leduc, Patricia Boushel, Léane La- brèche-Dor et Clara L\u2019Heureux Garcia.Un espace à habiter Loïc Darses les a rencontrés un à un et a projeté en eux ses interrogations.« Ce sujet de la question nationale m\u2019a toujours fasciné et appelé, à une époque où cet appel n\u2019est pas facile », dit-il.Cet intérêt était chez lui instinctif : « Une des questions qu\u2019on se pose est d\u2019où je viens, qui suis-je ?» Le film de Loïc Darses se décline en trois volets : le questionnement, l\u2019impasse et la réappropriation.« On dirait qu\u2019il y a quelque chose qui a du mal à mourir et quelque chose qui du mal à naître », dira une participante au sujet de la question nationale au Québec.À travers la caméra, le Québec devient donc un espace à habiter, à conquérir.Une autre dit que son attachement au Québec est plus ancré dans le territoire que dans l\u2019identité.Or, ce territoire fait intrinsèquement partie de la culture autochtone.« Il n\u2019y a pas deux solitudes au Québec, mais trois », dit une participante.C\u2019est sans parler de l\u2019immigration.On ne peut d\u2019ailleurs plus parler d\u2019une seule identité québécoise, poursuit le cinéaste en entrevue.« L\u2019identité est multiple, précise-t-il, elle ne peut plus se fonder sur un seul point de vue, un seul bagage historique.» Le seul parti politique vraiment évoqué dans La fin des terres est le Parti québécois.Pas un mot sur Québec solidaire, même si deux des participants, Catherine Dorion et Alexandre Leduc, sont élus sous la bannière de ce parti à Québec.«À l\u2019époque, Catherine Dorion n\u2019était pas encore à Québec solidaire.Elle n\u2019était pas encore élue», dit Loïc Darses, qui a commencé à travailler sur ce film il y a un peu plus de deux ans.Même constat pour le député de QS Alexandre Leduc.« Je ne veux pas tomber dans l\u2019analyse politique.Ça n\u2019est pas mon rôle», dit le cinéaste.En entrevue, il explique que le Parti québécois dont il est question dans le film n\u2019est d\u2019ailleurs pas celui des dernières élections, ni même celui des dernières années.« C\u2019est plutôt l\u2019idée du PQ à laquelle on fait référence.Ces images d\u2019archives du PQ de René Lé- vesque.C\u2019est mythifié.Ça n\u2019a plus de portée aujourd\u2019hui.Ça ne se passe plus maintenant », dit Darses.L\u2019après-Printemps érable L\u2019événement politique fondateur et fédérateur pour la génération de jeunes de l\u2019âge de Darses, c\u2019est le Printemps érable de 2012.Loïc Darses était alors inscrit au cégep du Vieux-Montréal, mais le plus souvent dans la rue en train de manifester.Pour lui, ce rassemblement était porteur de quelque chose de beaucoup plus que de la simple opposition à la hausse des frais de scolarité.Un mot se dessine sur ses lèvres : « révolution ».« Ça n\u2019est pas pour rien que plusieurs des jeunes impliqués dans ce mouvement ont flirté ensuite avec la politique », dit-il.Pour Loïc Darses, comme pour « plusieurs autres », dit-il, le mouvement de protestation du printemps 2012 était associé à l\u2019idée de l\u2019indépendance du Québec.Mais à quoi bon faire un pays si on ne veut pas changer les choses ?demande une participante.«Mes propres idéaux politiques ont influencé le choix des gens, et ensuite il y a ce qui a été gardé au montage, explique le cinéaste.C\u2019est sûr que c\u2019est une certaine vision du Québec» qui transparaît dans le film.« Mais on voulait se tenir le plus loin possible des partis.Parce que pour nous, c\u2019est un film sur la question nationale, sur l\u2019identité.On ne voulait pas tomber dans la politique partisane.» À l\u2019heure des déluges d\u2019images et de sons, à l\u2019heure des selfies déferlant tous azimuts sur nos écrans, les longs plans de Loïc Darses, dévoilant des paysages vides et immobiles, apparaissent comme une signature contre-culturelle.Sa caméra visite autant les estrades vides du Centre Bell que les bancs vides des églises du Québec.Elle promène son regard dans les rues des centres-villes de Montréal et de Québec, dans les corridors de l\u2019UQAM et dans la salle de prière vide de la mosquée de Québec où a eu lieu la tuerie d\u2019Alexandre Bissonnette.Elle se rend à Kahnawake et au Stade olympique, à Manic 5 et à l\u2019Assemblée nationale.Elle longe aussi les rives du Saint-Laurent, circule dans les forêts d\u2019automne, et suit des traces de pas dans la neige.Ce qu\u2019elle montre, c\u2019est un Québec qui demande à être pris.Et un cinéaste à suivre.La fin des terres Loïc Darses 90 minutes Québec, Canada Hugo Barrette a remporté l\u2019or à l\u2019épreuve du sprint aux Jeux panaméricains de 2015 disputée au vélodrome de Milton, en Ontario.FELIPE DANA ASSOCIATED PRESS JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Depuis la destruction de la piste olympique du vélodrome de Montréal il y a trente ans, il n\u2019y avait plus de vélodrome couvert au Québec.Pour 2020, le Centre national de cyclisme de Bro- mont (CNCB) promet de remédier à la situation en inaugurant un nouveau vélodrome intérieur.La construction projetée à Bromont compte sur un budget de moins de 10 millions.En comparaison, le vélodrome olympique de Montréal, longtemps le plus grand du monde, avait coûté 86,5 millions en 1976, soit l\u2019équivalent de 381 millions en 2019.Mais cette construction modeste pourrait changer la vie de bien des cyclistes et relancer une passion autrefois très vive pour ce sport.Depuis des années, les Québécois doivent s\u2019expatrier pour se rendre au vélodrome le plus près.Depuis 2015, ils se rendent au mieux à Milton, en Ontario, une piste construite avec l\u2019aide du gouvernement fédéral au coût de 63 millions.Faute de pouvoir compter sur un vélodrome au Québec, une étoile comme le colosse Hugo Barrette, spécialiste des épreuves de vitesse, double médaillé d\u2019or aux Jeux panaméricains, doit s\u2019expatrier comme d\u2019autres depuis des années.Jeudi, Barrette a été éliminé lors d\u2019une des compétitions des Championnats du monde sur piste qui se déroulent à Puskow, en Pologne.Nicolas Legault, le directeur général du CNCB, a pu annoncer cette semaine que le projet de vélodrome couvert à Bromont sera achevé pour 2020.Un don privé Le budget global a pu être bouclé grâce à un don de 2 millions de la Fondation familiale de canado-israélien Sylvan Adams, un passionné de cyclisme âge de 59 ans.Adams a géré Développements Iber- ville limitée, un des plus importants propriétaires immobiliers au Québec, désormais dirigé par son fils Josh.Il est copropriétaire d\u2019Israël Cycling Academy, une équipe cycliste professionnelle.En 2018, il a réussi à faire débuter pour la première fois le Tour d\u2019Italie, une des trois grandes courses cyclistes du monde, en Israël, son pays d\u2019adoption depuis 2015.Il a aussi financé la construction d\u2019un vélodrome à Tel- Aviv, lequel porte désormais son nom.Ce don qui couvre en fait le cinquième du coût du nouveau vélodrome québécois permet au donateur de voir son nom coiffer l\u2019édifice.«Adams vit désormais CYCLISME Un nouveau vélodrome intérieur à Bromont Le budget de dix millions a pu être bouclé grâce à un don privé d\u2019une fondation familiale canado-israélienne à Tel-Aviv, mais c\u2019est à Bromont qu\u2019il s\u2019est passionné d\u2019abord pour le cyclisme sur piste», explique Nicolas Legault.Le gouvernement du Québec finance le bâtiment à hauteur de 4,5 millions.En 2016, Québec avait refusé une première demande d\u2019aide de 2,6 millions du CNCB, dans le cadre d\u2019un programme de soutien aux installations sportives et récréatives.La Ville de Bro- mont promet pour sa part 2 millions.Mais où se trouve la part du gouvernement fédéral ?« C\u2019est vrai qu\u2019Ottawa n\u2019a pas manifesté jusqu\u2019ici d\u2019intérêt pour notre projet.Ils n\u2019ont pas embarqué.On essaye de les relancer », dit Nicolas Legault, tout en ajoutant qu\u2019« il reste aussi des annonces de commanditaires privés à annoncer ».En septembre 2014, l\u2019homme d\u2019affaires Louis Garneau avait par exemple lancé au Devoir un cri du cœur pour la construction d\u2019un vélodrome.« Ça presse ! Il faut que des hommes d\u2019affaires se réunissent pour ça.Moi, je suis prêt à mettre tout de suite les premiers 100 000 $.» Invité à commenter l\u2019annonce de ce nouveau vélodrome par Le Devoir, l\u2019homme d\u2019affaires a fait savoir qu\u2019il n\u2019était pas disponible.Pour l\u2019instant, il ne figure pas sur la liste des donateurs privés du futur vélodrome, confirme Nicolas Legault.Construction et tradition La firme d\u2019architectes Duquette a réalisé des esquisses préalables à la construction du vélodrome de Bro- mont.L\u2019expertise en la matière est rare.«C\u2019est certain que, pour les vélodromes, les constructions sont rares », explique au Devoir l\u2019architecte André Mercier.Des appels d\u2019offres publics devraient désormais être lancés.La nouvelle installation sportive réutilisera l\u2019ancienne piste des Jeux olympiques d\u2019Atlanta.Elle avait été déménagée à Bromont en 2001, pour un usage à la belle saison.Pendant un siècle, le Québec a été le centre canadien du cyclisme sur piste.En 1899, le vélodrome multifonctions de Verdun avait accueilli des Championnats du monde.En 1928, un nouveau vélodrome avait été construit à Montréal, au parc Jarry.Jusqu\u2019en 1942, on construisit chaque année, à l\u2019intérieur du Forum, des pistes pour accueillir des compétitions cyclistes.On fera de même au Centre Paul-Sauvé de même qu\u2019au Colisée de Québec.On trouve aussi d\u2019autres pistes au Québec tout au long du XXe siècle.En 1974, Montréal eut un autre vélodrome, cette fois pour accueillir, à proximité de l\u2019Université de Montréal, les Championnats du monde, en quelque sorte un prélude aux Olympiques de 1976.Pour Loïc Darses, comme pour « plusieurs autres », dit-il, le mouvement de protestation du printemps 2012 était associé à l\u2019idée de l\u2019indépendance du Québec.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 ACTUALITÉS A 5 E N B R E F Le député Sol Zanetti, infidèle à la reine L\u2019élu solidaire Sol Zanetti a déposé jeudi un projet de loi visant à mettre fin à « un rituel de soumission idéologique pour les députés » : le serment d\u2019allégeance à la reine.Le projet de loi 192 vise à reconnaître le serment à l\u2019égard du peuple du Québec comme le seul obligatoire à l\u2019entrée en fonction des députés.À l\u2019instar des neuf autres solidaires, M.Zanetti avait prêté serment d\u2019allégeance à la reine en catimini l\u2019automne dernier.« Ça a fait mal.[\u2026] Je me sens, je pense, souillé à jamais.» Il a demandé jeudi au gouvernement Legault de l\u2019appuyer afin qu\u2019il n\u2019y ait plus personne qui soit « obligé » de se soumettre à une « pratique humiliante pour tous les peuples qui ont subi le colonialisme britannique ».Le Devoir Projet Gazoduq : Benoit Charette se dissocie d\u2019un rapport de son ministère QUÉBEC \u2014 Le ministre de l\u2019Environnement, Benoit Charette, se dissocie d\u2019un rapport de son ministère qui pose des exigences inédites au promoteur d\u2019un projet de gazoduc et d\u2019une usine de liquéfaction au Saguenay.Le rapport en question est une synthèse de 272 pages qui résume les consultations publiques tenues pendant un mois, du 19 décembre 2018 au 18 janvier 2019, sur le projet appelé Gazoduq.L\u2019opposition déplore que le ministre balaie du revers de la main le travail de ses fonctionnaires.Le projet Gazoduq consiste en la construction d\u2019un gazoduc de 750 km qui s\u2019étendrait de l\u2019Ontario jusqu\u2019à une usine de liquéfaction à Sa- guenay, pour acheminer ensuite le gaz naturel liquéfié (GNL) en Europe.La Presse canadienne Un nouveau président à la Commission des droits La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) a désormais un nouveau patron en la personne de Philippe-André Tessier.M.Tessier, un avocat spécialisé en droit du travail, avait assuré l\u2019intérim à la présidence depuis la démission dans la controverse de Tamara Thermi- tus en novembre 2018.Mme Thermitus faisait également l\u2019objet d\u2019une enquête du Protecteur du citoyen pour abus de pouvoir, mauvaise gestion et attitude irrespectueuse.Secouée par une série de crises, la Commission avait auparavant dû mettre à la porte un autre président intérimaire, Camil Picard, qui avait démissionné à la suite de révélations sur une enquête de présumées agressions sexuelles.La CDPDJ doit encore pourvoir deux postes à la vice-présidence.Le Devoir LA PRESSE CANADIENNE À la suite d\u2019incidents racistes survenus à Saint-Jérôme samedi dernier, la Ligue nord-américaine de hockey (LNAH) a adopté de nouvelles mesures.Ainsi, à compter des matchs de vendredi, un message sera diffusé avant chaque duel rappelant la tolérance zéro de la LNAH à l\u2019égard des gestes ou propos discriminatoires.Les spectateurs contrevenant à ces règles seront immédiatement expulsés.La sécurité sera d\u2019ailleurs renforcée dans tous les amphithéâtres du circuit .Les officiels auront aussi comme directive d\u2019interrompre tout match au cours duquel de tels incidents devaient se produire jusqu\u2019à l\u2019expulsion des spectateurs fautifs, a annoncé la ligue par communiqué, jeudi.Lors d\u2019un match impliquant les Marquis de Jonquière et les Pétroliers du Nord de Saint-Jérôme, le défenseur jonquiérois Jonathan-Ismaël Diaby a été la cible de partisans, qui lui ont lancé des insultes à caractère raciste en plus de lui montrer des vidéos de singe alors qu\u2019il se trouvait au banc des pénalités.L\u2019ex-choix des Predators de Nashville a aussi constaté qu\u2019on s\u2019en prenait à sa famille.Craignant de ne pas être en mesure de garder son calme après avoir écopé d\u2019une deuxième pénalité, il a lui- même demandé à l\u2019arbitre de purger celle-ci au vestiaire.C\u2019est à ce moment qu\u2019il a décidé d\u2019aller chercher sa famille \u2014 Diaby est originaire de la région \u2014 et de quitter l\u2019aréna régional Ri- vière-du-Nord.Selon la description des événements de Diaby, le service de sécurité, au lieu de mettre les fautifs dehors, a demandé à sa famille de se déplacer, tandis qu\u2019on s\u2019est contenté de demander à l\u2019homme qui lui montrait des vidéos racistes au banc des punitions de s\u2019asseoir.Condamnation C\u2019est à la suite de ces incidents que les gouverneurs du circuit et son commissaire, Jean-François Laplante, ont décidé « de mettre en œuvre une série de mesures qui contribueront à assurer une meilleure sécurité pour toutes les personnes qui viennent assister [aux] matchs et à informer le public sur les attentes et sur les propos et les comportements qui ne seront pas tolérés lors des activités » de la LNAH.« Nous accueillons avec plaisir les partisans, les parents et les amis de nos joueurs, ainsi que le grand public à tous nos matchs et nous voulons leur offrir un bon spectacle de sport dans un environnement agréable et sécuritaire », a affirmé Laplante.« Nous condamnons tout comportement ou propos raciste, sexiste ou ho- mophobe à l\u2019égard d\u2019un joueur, d\u2019un entraîneur ou d\u2019un officiel et nous ne les tolérerons pas.» Racisme : la LNAH adopte des mesures En cas d\u2019incidents, les officiels devront interrompre tout match jusqu\u2019à l\u2019expulsion des spectateurs fautifs Le premier ministre Justin Trudeau a discuté avec l\u2019astronaute David Saint- Jacques, jeudi, lors de sa visite à l\u2019Agence spatiale canadienne à Saint-Hubert.M.Trudeau a annoncé que le Canada se rendra vers la Lune, à titre de partenaire de la NASA dans la création d\u2019une station spatiale envoyée en orbite de la Lune à partir de 2022.Ce projet fait partie de la nouvelle stratégie spatiale dans laquelle Ottawa prévoit d\u2019investir 2,05 milliards sur 24 ans.MARIE-FRANCE COALLIER LE DEVOIR Cap sur la Lune JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR Les travaux d\u2019aménagement du Service rapide par bus (SRB) du boulevard Pie- IX commenceront le 18 mars prochain.Ce chantier, qui s\u2019échelonnera sur les quatre prochaines années, risque d\u2019être pénible, tant pour les résidents des alentours que pour les automobilistes.Le bureau de projet du SRB Pie-IX a présenté jeudi les détails des travaux visant la reconstruction complète de l\u2019artère, entre la station de métro Pie-IX et le boulevard Saint-Martin, à Laval.La Ville en profitera pour mettre à niveau les conduites d\u2019eau et d\u2019égouts, remplacer le mobilier urbain et élargir les trottoirs.Le chantier se déroulera en quatre phases.La première phase se déroulera de mars à décembre 2019 et les travaux seront concentrés sur le côté ouest de l\u2019artère.Les trois voies en direction sud seront fermées.Les voies de la chaussée du côté est seront maintenues, mais comporteront deux voies vers le sud et une vers le nord.« On peut penser que durant l\u2019été, ce sera beaucoup moins fluide que ce ne l\u2019est actuellement, mais on peut aussi penser qu\u2019après une certaine période d\u2019ajustement, les gens auront ajusté leurs habitudes », a expliqué Marc Dionne, directeur principal du bureau de projet SRB Pie-IX.De mars à décembre 2020, le chantier se déplacera sur le côté est du boulevard.L\u2019année 2021 sera consacrée à la construction du terre-plein central et des quinze stations sur le territoire montréalais.Les travaux seront réalisés en tronçons afin de limiter les impacts pour les résidents.Ce chantier pourrait néanmoins être éprouvant à plusieurs égards.Les travaux se dérouleront de 7 h à 19 h, mais pourraient s\u2019étirer jusqu\u2019à 23 h, et même se poursuivre la fin de semaine en cas d\u2019urgence.MONTRÉAL Le boulevard Pie-IX en chantier pendant quatre ans pour le SRB Annoncé il y a dix ans, le projet de SRB sur le boulevard Pie-IX a été reporté à quatre reprises.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Comme il ne restera qu\u2019une seule voie vers le nord, les autobus emprunteront une déviation dans les rues environnantes, ce qui allongera le temps de parcours pour les usagers.Piétons mieux protégés Annoncé il y a dix ans, le projet de SRB a été reporté à quatre reprises.Cette voie réservée pour autobus de onze kilomètres comptera dix-sept stations.Le SRB devrait accueillir ses premiers passagers à l\u2019automne 2022 et permettre 70 000 déplacements par jour alors que l\u2019achalandage actuel est de 40 000 déplacements quotidiens.Les autobus du SRB circuleront au centre de l\u2019artère en site propre, mais ils rouleront dans le même sens que les voitures.« Une quinzaine de mesures seront mises en place pour protéger les piétons.Entre autres, la chaussée sera colorée, les mouvements piétons seront canalisés sur des parcours sécurisés par des clôtures et on élargira les passages pour piétons à cinq mètres », a expliqué M.Dionne.L\u2019Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) investit 394 millions dans ce projet alors que la Ville de Montréal prévoit d\u2019y consacrer 131 millions, pour un total de 525 millions.Les autobus de trois transporteurs circuleront dans l\u2019axe du boulevard Pie-IX, soit ceux de la Société de transport de Montréal (STM), de la Société de transport de Laval (STL) et d\u2019Exo.La loi impose toutefois que ces organisations se limitent à la desserte de leur propre territoire.À titre d\u2019exemple, un autobus de la STL circulant vers le sud ne pourra faire monter des passagers à Montréal.« Cette situation a l\u2019air compliquée, mais elle ne le sera pas tant que ça.La principale offre de service sur Pie-IX sera la STM», a indiqué Anthony D\u2019Alba, chargé de projets à l\u2019ARTM.Chantier du REM : des mesures d\u2019atténuation de 192 millions Québec mettra en place des mesures d\u2019atténuation pour les usagers des trains de banlieue, qui verront le service partiellement interrompu pendant le chantier de construction du Réseau express métropolitain (REM).À compter de janvier 2020, les trains de la ligne Mas- couche s\u2019arrêteront à la gare Ahuntsic alors que ceux de la ligne Deux-Montagnes termineront leur parcours à la gare Bois-Franc.En 2021, l\u2019axe Deux-Montagnes sera hors service.Des autobus transporteront les passagers de la ligne de Mascouche à la station de métro Radisson (ligne verte) alors que les usagers de la ligne Deux- Montagnes seront conduits à la station Côte-Vertu (ligne orange).Leur temps de déplacement sera cependant allongé.Le plan de mesures d\u2019atténuation pour l\u2019ensemble du projet du REM coûtera 192 millions.Benoit Charette JACQUES BOISSINOT LA PRESSE CANADIENNE A 6 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 E N B R E F Sénégal : Macky Sall triomphe dès le premier tour DAKAR \u2014 Le président sénégalais sortant, Macky Sall, a triomphé dès le premier tour de l\u2019élection présidentielle et écrasé ses quatre adversaires de l\u2019opposition, qui ont « rejeté fermement » les résultats provisoires annoncés jeudi mais décidé de ne pas introduire de recours.Macky Sall, 56 ans, a remporté plus de 58 % du suffrage, soit une confortable majorité absolue qui lui ouvre la voie à un nouveau mandat de cinq ans, au cours duquel il entend poursuivre la mise en œuvre de son plan « Sénégal émergent ».« Nous rejetons fermement et sans aucune réserve ce résultat », qui « reflète parfaitement la commande du candidat sortant », a déclaré au nom des quatre candidats de l\u2019opposition Idrissa Seck, ancien premier ministre.Agence France-Presse Guaidó veut rentrer au Venezuela « malgré les menaces » BRASÍLIA \u2014 Le chef de l\u2019opposition au Venezuela, Juan Guaidó, a déclaré jeudi à Brasília vouloir rentrer à Caracas « dans les prochains jours, malgré les menaces » qu\u2019il a reçues pour avoir ignoré une interdiction judiciaire de sortie du territoire.M.Guaidó, président autoproclamé par intérim reconnu par plus de cinquante pays, a fait cette déclaration à l\u2019issue d\u2019un entretien avec le président brésilien, Jair Bolsonaro, avant de poursuivre au Paraguay vendredi une tournée destinée à s\u2019assurer des soutiens internationaux.Le président socialiste Nicolas Maduro a déclaré à la télévision américaine ABC News que Juan Guaidó « aurait affaire à la justice » pour avoir quitté le territoire vénézuélien malgré l\u2019interdiction de sortie du pays.Agence France-Presse L\u2019ONU accuse Israël de possibles « crimes contre l\u2019humanité » à Gaza GENÈVE \u2014 La riposte israélienne aux manifestations de Palestiniens à Gaza en 2018 s\u2019apparente à des «crimes de guerre ou des crimes contre l\u2019humanité», a conclu jeudi une commission d\u2019enquête de l\u2019ONU dans un rapport jugé «partial» par Israël.Trois enquêteurs, mandatés par le Conseil des droits de l\u2019homme de l\u2019ONU, se sont penchés sur les violences ayant entouré les rassemblements de mars à décembre 2018 dans le territoire palestinien.Selon la commission, ces manifestations étaient essentiellement de «nature civile» et il existe des «motifs raisonnables de croire que des tireurs d\u2019élite israéliens ont tiré sur des journalistes, du personnel de santé, des enfants et des personnes handicapées, sachant qu\u2019ils étaient clairement reconnaissables comme tels».Agence France-Presse SEYLLOU AGENCE FRANCE-PRESSE LAURENT LOZANO À JÉRUSALEM AGENCE FRANCE-PRESSE Le procureur général israélien a informé jeudi, en pleine campagne électorale, le premier ministre Benjamin Nétanyahou de son intention de l\u2019inculper et de le faire juger pour corruption, fraude et abus de confiance.Le magistrat, Avichaï Mandelblit, a indiqué que sa décision n\u2019était pas « finale » et qu\u2019il offrait au premier ministre la possibilité de s\u2019expliquer devant lui avant de prendre la décision définitive de le renvoyer devant un tribunal, selon le ministère de la Justice.Bien qu\u2019anticipée depuis des semaines, la décision d\u2019Avichaï Mandelblit, 40 jours avant les législatives anticipées du 9 avril, est cependant susceptible de changer la donne électorale et menace le long règne de «Bibi» qui, à 69 ans et après bientôt 13ans de pouvoir, brigue un cinquième mandat.S\u2019il était reconduit à son poste et inculpé, M.Nétanyahou serait le premier chef de gouvernement en exercice à connaître une telle avanie dans l\u2019histoire d\u2019Israël.Le premier ministre a dénoncé une « chasse aux sorcières » et un plan de ses adversaires, y compris ses principaux adversaires centristes assimilés à des « gauchistes », qui auraient fait pression sur le procureur général pour renverser son gouvernement de droite.«Ce château de cartes s\u2019écroulera totalement après les élections», a dit M.Né- tanyahou en refoulant difficilement son émotion à l\u2019évocation des épreuves endurées selon lui par sa famille.«J\u2019ai l\u2019intention de continuer à vous servir en tant que premier ministre pendant encore de nombreuses années», a-t-il assuré dans une intervention télévisée.Couverture favorable M.Mandelblit a l\u2019intention d\u2019inculper M.Nétanyahou pour corruption, fraude et abus de confiance dans le « dossier 4000 », considéré comme le plus grave pour le premier ministre.Le premier ministre y est soupçonné d\u2019avoir tenté de s\u2019assurer une couverture favorable de la part du site d\u2019informations Walla, en contrepartie de facilités réglementaires gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien.M.Mandelblit compte par ailleurs inculper M.Nétanyahou pour fraude et abus de confiance dans deux autres dossiers.Le parti de droite de M.Nétanyahou, le Likoud, a dénoncé une « persécution politique ».Benny Gantz, tête de la liste centriste représentant la menace électorale la plus sérieuse pour M.Nétanyahou, a succédé à ce dernier sur les plateaux de télévision pour le presser de partir.«Benjamin Nétanyahou, je me tourne vers vous ce soir pour vous exhorter à faire preuve de sens des responsabilités nationales et à démissionner», a-t-il dit.Le parti travailliste (opposition) a également réclamé la démission du premier ministre.Une inculpation, si elle se concrétisait, ne devrait pas survenir avant plusieurs mois.M.Nétanyahou ne serait donc pas inculpé avant les législatives.ISRAËL Nétanyahou inculpé pour corruption ?AGENCE FRANCE-PRESSE À MADRID Le président régional basque avait averti l\u2019ancien chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy avant le référendum interdit de 2017 en Catalogne que la situation risquait d\u2019échapper « à tout contrôle », a-t-il raconté jeudi lors du procès des dirigeants indépendantistes catalans.Entendu comme témoin par la Cour suprême, Iñigo Urkullu a rappelé qu\u2019il avait tenté de jouer un rôle de médiateur entre le gouvernement central de M.Rajoy et le gouvernement régional catalan de Carles Puigdemont et parlé avec les deux pendant des mois avant le référendum du 1er octobre 2017, interdit par la justice.Il a raconté avoir mis en garde M.Rajoy des conséquences potentiellement catastrophiques de la crise en Catalogne dès le 21 septembre 2017, au lendemain de l\u2019interpellation de plusieurs dirigeants catalans et de la perquisition au ministère régional de l\u2019Économie à Barcelone.Quelques véhicules des forces de l\u2019ordre avaient été détruits lors de la manifestation contre ces perquisitions, des ESPAGNE Le président basque avait averti Rajoy La crise catalane risquait d\u2019échapper « à tout contrôle » faits qui sont au centre du procès, car ils font partie, selon le parquet, de ceux justifiant les poursuites pour « rébellion ».« J\u2019ai fait l\u2019observation du fait que la situation échappait à tout contrôle », lors d\u2019une conversation avec M.Rajoy, a affirmé M.Urkullu.« Je lui ai dit [\u2026] qu\u2019il fallait considérer les prochaines étapes de façon mesurée afin de ne pas provoquer des situations pouvant conduire à une fracture sociale », a-t-il ajouté.M.Urkullu a par ailleurs indiqué qu\u2019il avait redoublé d\u2019efforts en octobre 2017 pour dissuader M.Puigdemont de déclarer unilatéralement l\u2019indépendance le 27.M.Puigdemont « n\u2019avait aucune envie de procéder à la déclaration unilatérale d\u2019indépendance » et ne l\u2019a fait que sous la pression de sa base, a assuré M.Urkullu.Selon lui, Rajoy n\u2019était de son côté «pas très enclin» à mettre la région sous tutelle et ne l\u2019aurait pas fait si Puigde- mont avait convoqué des élections régionales pour tenter de sortir de la crise.Le 27octobre, après l\u2019adoption de la déclaration unilatérale d\u2019indépendance, Madrid avait destitué le gouvernement de Puigdemont, dissous le Parlement et suspendu l\u2019autonomie de la Catalogne.Le président de ce pays d\u2019Amérique centrale, Carlos Alvarado, a lancé le 24 février un plan national de décarbonisation avec pour objectif de faire du Costa Rica l\u2019un des premiers États au monde à atteindre zéro émission nette d\u2019ici 2050.AUDE MASSIOT LIBÉRATION Connu pour ses forêts tropicales resplendissantes et ses plages préservées, le Costa Rica, qui abrite à lui seul 6 % de la biodiversité mondiale, se veut aussi leader planétaire dans la lutte contre le dérèglement climatique.Carlos Alvarado, à la tête de ce pays un peu plus grand que la Suisse, a lancé, le 24 février, son plan national pour atteindre la neutralité carbone d\u2019ici la moitié du siècle.La neutralité carbone est le moment où les émissions de gaz à effet de serre des activités humaines, qui ne sont pas captées par les forêts, les sols et les océans, sont réduites à zéro.Le Costa Rica n\u2019est pas le seul État à s\u2019être fixé un tel objectif \u2014 la France l\u2019a fait aussi dans son plan Climat non contraignant présenté en 2017 \u2014, mais Le Costa Rica présente le plan climat le plus ambitieux au monde le pays d\u2019Amérique centrale est le premier à présenter un plan concret à court, moyen et long terme pour y arriver.Les trois étapes sont intitulées « Le commencement » pour 2018 à 2022, « Le virage » pour 2023-2030 et « Le déploiement massif » de 2031 à 2050.Le texte, résumé en onze pages, a été publié en même temps qu\u2019un décret présidentiel pour son application.Carlos Alvarado et son gouvernement se targuent déjà de profiter d\u2019un réseau électrique n\u2019émettant à 95 % aucune émission de gaz à effet de serre et d\u2019un couvert forestier sur 52% du territoire costaricain.Des actions concrètes Pour aller plus loin, le plan d\u2019action développe dix piliers, comme le transport, l\u2019agriculture, l\u2019énergie, l\u2019immobilier et la gestion des déchets.Entre autres mesures, il prévoit que 100 % des bus et des taxis seront à zéro émission d\u2019ici le milieu du siècle, avec un quota de 70 % visé pour 2035.En 2050, 60 % de la flotte de véhicules légers (particuliers comme administratifs) devront fonctionner sans émission, avec 100 % des ventes respectant ce critère « au maximum » au milieu du siècle.De plus, d\u2019ici onze ans, tout le réseau électrique fonctionnera avec les énergies renouvelables et tous les nouveaux bâtiments construits devront respecter des normes de basses émissions.Plus largement, une réforme de la fiscalité verte est prévue, encadrée par un débat sur les « valeurs économiques à donner aux externalités négatives », comme la pollution.Avec le slogan «Sans laisser personne derrière» («Sin dejar a nadie atras», en espagnol), le gouvernement assure que sa politique respectera les «principes d\u2019inclusion, de respect des droits de la personne et de l\u2019égalité entre les genres».Cependant, le plan ne fait pas mention des mesures précises prévues pour rendre le secteur agricole plus durable.Or, d\u2019après un rapport de l\u2019Organisation des Nations unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture (FAO) de 2017, le Costa Rica est l\u2019un des pays au monde, avec la Colombie, le Japon et le Mexique, à utiliser les plus fortes concentrations de pesticides.Des intrants agricoles dont les effets néfastes sur l\u2019environnement et sur la santé humaine ne sont plus à démontrer.Ce plan climat servira aussi de support pour la révision de la contribution nationale du pays publiée lors de la COP21 en 2015, une obligation dans le cadre de l\u2019Accord de Paris sur le climat, et annoncée pour 2020.Le Costa Rica abrite à lui seul 6 % de la biodiversité mondiale.ANA FERNANDEZ AGENCE FRANCE-PRESSE Le procès des indépendantistes catalans se poursuit à Madrid Le plan d\u2019action développe dix piliers, comme le transport, l\u2019agriculture, l\u2019énergie, l\u2019immobilier et la gestion des déchets A 7 MONDE LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 E N B R E F Brexit : le secrétaire britannique d\u2019État à l\u2019Agriculture démissionne LONDRES \u2014 Le secrétaire d\u2019État à l\u2019Agriculture, George Eustice, a démissionné jeudi après la décision de la première ministre Theresa May de donner aux députés la possibilité de reporter la date du Brexit.Le secrétaire d\u2019État a indiqué dans sa lettre de démission qu\u2019il redoutait que cette perspective ne «conduise à une série d\u2019événements avec pour point culminant que l\u2019UE dicte les termes de toute prolongation qui serait demandée, et l\u2019humiliation finale de notre pays».«Nous ne pouvons pas négocier un Brexit couronné de succès si nous ne sommes pas prêts à le faire vraiment», a-t-il ajouté.Mme May ne souhaite pas reporter la date du divorce avec l\u2019UE, prévue pour le 29 mars, mais elle laissera aux députés le choix de voter sur un délai supplémentaire.Agence France-Presse Le Pakistan va libérer un pilote indien dans un « geste de paix » ISLAMABAD \u2014 Le Pakistan libérera vendredi un pilote indien capturé dans la région poudrière du Cachemire dans un «geste de paix» à l\u2019égard de New Delhi, qui continue d\u2019afficher sa fermeté envers son voisin dans la crise aiguë entre les deux puissances nucléaires.Le geste d\u2019ouverture pakistanais annoncé jeudi survient après deux journées de dangereuse confrontation militaire entre les deux frères ennemis d\u2019Asie du Sud, la communauté internationale craignant que leurs dirigeants ne perdent le contrôle de la situation.«En un geste de paix, nous libérerons le pilote indien» vendredi, a déclaré le premier ministre pakistanais, Imran Khan, devant le Parlement.L\u2019armée pakistanaise avait affirmé mercredi avoir capturé le pilote après avoir abattu deux avions indiens.Agence France-Presse Algérie : des journalistes détenus plusieurs heures ALGER \u2014 Une dizaine de journalistes algériens ont été arrêtés et détenus durant plusieurs heures jeudi après avoir participé à Alger à un rassemblement « contre la censure », à la veille de nouvelles manifestations annoncées contre la candidature du président Abdelaziz Bouteflika à un 5e mandat.En début de soirée, la Direction générale de la sûreté nationale a indiqué que plus « aucun journaliste » ne se trouvait « dans les locaux de la police ».Leur interpellation a eu lieu en fin de matinée, au début d\u2019un rassemblement d\u2019une centaine de journalistes des médias algériens \u2014 écrits et audiovisuels, publics et privés \u2014 visant à dénoncer les pressions subies et les restrictions de couverture « imposées par [leur] hiérarchie » du mouvement de contestation actuel.Agence France-Presse Une manifestation contre la censure a eu lieu jeudi à Alger.RYAD KRAMDI AGENCE FRANCE-PRESSE AGENCE FRANCE-PRESSE À WASHINGTON L\u2019ex-avocat de Donald Trump, Michael Cohen, poursuivra son témoignage à huis clos devant une commission du Congrès le 6 mars, a-t-il annoncé jeudi, au terme de trois jours d\u2019auditions-ma- rathons au cours desquelles il a accusé le président américain d\u2019être un « escroc » aux liens suspects avec Moscou.Après plusieurs heures d\u2019audition devant la Commission du renseignement de la Chambre des représentants, Michael Cohen a qualifié les échanges de «productifs» lorsqu\u2019il a quitté la salle en fin d\u2019après-midi.«Je tiens à dire la vérité et je serai de retour le 6 mars pour terminer», a-t-il ajouté devant les caméras.Le président démocrate de la Chambre, Adam Schiff, a ensuite précisé que cette audition se ferait également à huis clos.Puis il a annoncé que la Commission entendrait le 14 mars, en public cette fois, Felix Sater, sulfureux personnage de l\u2019entourage de Donald Trump, né en Russie.Cette audition portera sur le projet de construire une tour Trump à Moscou, qui serait resté en négociations jusqu\u2019à l\u2019élection présidentielle de 2016, selon Michael Cohen, contrairement à ce qu\u2019a longtemps affirmé Donald Trump.Ami d\u2019enfance de Michael Cohen, Felix Sater aurait été chargé de jouer les intermédiaires avec la Russie sur ce projet.Adam Schiff s\u2019est montré satisfait jeudi de l\u2019audition de Michael Cohen, le qualifiant de «complètement coopératif».Il avait annoncé vouloir l\u2019interroger sur de nombreux points liés aux soupçons de collusion entre Moscou et l\u2019équipe de campagne de Donald Trump en 2016, dont ce projet de « Trump Tower » à Moscou, ainsi que sur la question de savoir si M.Trump connaissait à l\u2019avance les révélations de WikiLeaks sur sa rivale démocrate, Hillary Clinton.Enfin, il souhaitait aborder «le rôle de la Maison- Blanche dans les déclarations mensongères » passées de Michael Cohen devant le Congrès, qui lui ont valu une condamnation.À sa sortie, Adam Schiff a indiqué, sans détailler, que la Commission avait pu «creuser en profondeur» plusieurs sujets déjà traités mercredi, devant les caméras, lors du spectaculaire témoignage de Michael Cohen devant une autre commission, ainsi que d\u2019autres volets qui n\u2019avaient pas été traités en public.Le témoignage à huis clos de Michael Cohen sera publié à terme, a-t-il précisé, mais seulement une fois qu\u2019il ne pourra pas interférer avec les enquêtes en cours.Radié du barreau, Michael Cohen a été condamné en décembre à trois ans de prison pour parjure devant le Congrès et infraction au code électoral.ÉTATS-UNIS Michael Cohen entendu à huis clos Son témoignage se poursuivra le 6 mars.« Je tiens à dire la vérité et je serai de retour [.] pour terminer », a-t-il affirmé.JÉRÔME CARTILLIER EMMY VARLEY À HANOÏ AGENCE FRANCE-PRESSE Donald Trump et Kim Jong-un se sont séparés jeudi sur un échec à Hanoï après un sommet consacré à l\u2019épineux dossier de la dénucléarisation du pays reclus, le président américain imputant les espoirs déçus aux exigences nord-coréennes sur les sanctions.Le sommet était censé apporter de la substance aux engagements pris durant leur tête-à-tête historique à Singapour en juin.Les deux dirigeants avaient alors simplement signé une déclaration commune « sur la dénucléarisation de la péninsule » et les deux camps divergent depuis sur le sens de la formule.Il «faut parfois quitter» les négociations, a lancé le locataire de la Maison- Blanche lors d\u2019une conférence de presse, visiblement fatigué, voire abattu, sans son énergie habituelle.Il a expliqué que les discussions avaient achoppé sur la question des sanctions économiques infligées à la Corée du Nord du fait de ses programmes nucléaire et balistique interdits.«En fait, ils voulaient que les sanctions soient levées complètement, mais on ne pouvait pas faire ça.» « J\u2019aurais aimé aller plus loin », a-t-il dit, assurant toutefois que Pyongyang ne reprendra pas ses essais nucléaires.Le troisième de la dynastie au pouvoir à Pyongyang «a déclaré qu\u2019il ne testerait pas de missiles, ou de fusées, ou quoi que ce soit qui ait un rapport avec le nucléaire», a martelé Donald Trump.Les deux dirigeants étaient passés en quelques mois des insultes personnelles et menaces apocalyptiques à des déclarations «d\u2019amour» de la part de Donald Trump.Mais, après Singapour et Hanoï, aucune nouvelle rencontre n\u2019est à l\u2019hori- Trump et Kim se séparent sur un échec Après Singapour et Hanoï, aucune nouvelle rencontre n\u2019est à l\u2019horizon, a relevé le président américain.SAUL LOEB AGENCE FRANCE-PRESSE zon, a relevé le président américain.« C\u2019est un échec majeur », a déclaré dans un tweet Joe Cirincione, président de la Fondation Ploughshares, qui milite pour une dénucléarisation globale.Cela montre les limites de ce genre d\u2019exercice survenu «sans assez de temps et de ressources humaines» pour convenir d\u2019un accord, a-t-il ajouté.Échec du « tout ou rien » « Ce sommet manqué est symptomatique d\u2019une diplomatie manquée », a déclaré Adam Mount, analyste à la Fédération des scientifiques américains.«Quand Pyongyang s\u2019oppose à des mesures de désarmement, Donald Trump est mal outillé pour conclure de petits accords pour créer un élan [\u2026] La politique du tout ou rien ne mène à rien.» Initialement, la Maison-Blanche avait prévu une « cérémonie de signature conjointe» entre les deux dirigeants.En fait, ils ont quitté l\u2019hôtel Metropole, luxueux établissement du centre de Hanoï, sans signer quoi que ce soit.Et Donald Trump a pris le chemin du retour vers les États-Unis dans l\u2019après-midi.Ils ont «eu des réunions très constructives » et ont « discuté des différentes manières d\u2019avancer sur des concepts en rapport avec la dénucléarisation et l\u2019économie », a néanmoins souligné la Mai- son-Blanche.Séoul a déploré un « résultat regrettable », mais a relevé néanmoins des progrès.Si Kim Jong-un a évoqué la perspective d\u2019une représentation permanente des États-Unis en Corée du Nord, Donald Trump avait tempéré dès avant la rencontre les espoirs de percée à court terme.« Je ne suis pas pressé, avait-il répété.La vitesse n\u2019est pas si importante que ça pour moi.» Donald Trump assure régulièrement qu\u2019il n\u2019y a nul besoin de se précipiter pour convaincre la Corée du Nord de désarmer, tant que celle-ci s\u2019abstiendra, comme elle le fait depuis plus d\u2019un an, de procéder à des tirs de missiles et à des essais nucléaires.Kim Jong-un avait souligné quant à lui qu\u2019il ne serait pas présent à Hanoï s\u2019il n\u2019était pas prêt à la dénucléarisa- tion, tout en restant évasif sur d\u2019éventuelles mesures concrètes.Le locataire de la Maison-Blanche est sous pression dans ce dossier où ses prédécesseurs ont échoué.Une percée diplomatique lui aurait permis de détourner l\u2019attention de ce qui se passe à Washington, où son ex- avocat Michael Cohen a livré devant le Congrès un témoignage aussi explosif qu\u2019accablant. \u2019ancienne procureure générale, Jody Wilson-Raybould, voulait faire connaître sa « vérité ».Elle y est parvenue mercredi, devant le Comité de la justice, et sa comparution a eu l\u2019effet d\u2019une bombe.Sans mettre en doute sa crédibilité ni la gravité des faits étayant cette tentative d\u2019ingérence politique, on ne pourra jamais dire que la lumière a vraiment été faite sans connaître la version des autres acteurs.L\u2019exposé des faits présenté par Mme Wilson-Raybould est incriminant : quatre mois de pressions exercées par le premier ministre Justin Trudeau, son personnel politique et celui du ministre des Finances ainsi que le greffier du Conseil privé afin d\u2019amener la procureure générale, censée être indépendante, à poser le seul geste en son pouvoir pour changer le cours des choses pour SNC- Lavalin.Et au cours des échanges, certains, y compris le greffier Michael Wernick, ont soulevé la question des élections au Québec.Pour avoir ainsi trahi la nature non partisane de son poste en participant à cette campagne insistante auprès de la ministre, M.Wernick devrait d\u2019ailleurs démissionner.Le chef conservateur, Andrew Scheer, a réclamé la démission du premier ministre et, jeudi, écrit à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour qu\u2019elle fasse enquête, et ce, même si l\u2019ancienne ministre a déclaré en comité qu\u2019elle ne croyait pas que les gestes posés étaient illégaux ou contraires au Code criminel.Personne ne lui a explicitement ordonné d\u2019exiger de la directrice des poursuites pénales qu\u2019elle négocie un accord de poursuite suspendue avec SNC-Lavalin.C\u2019était toutefois le but implicite des pressions exercées sur elle.C\u2019était inapproprié, mais pas nécessairement criminel.M.Trudeau conteste la lecture que sa députée fait des événements ?Qu\u2019il y réponde alors de façon précise s\u2019il veut dissiper un tant soit peu l\u2019impression d\u2019une dangereuse incompréhension du principe de l\u2019indépendance judiciaire que doit protéger le procureur général.Et s\u2019il ne veut pas perdre toute crédibilité sur la scène internationale, surtout face aux pays qui se moquent de la primauté du droit.Le commissaire à l\u2019éthique a entrepris une enquête et les libéraux n\u2019ont d\u2019autre choix que d\u2019y collaborer.À défaut d\u2019une enquête publique, prématurée à cette étape, ce fonctionnaire indépendant du Parlement est le mieux placé pour faire la lumière rapidement et sans partisanerie.Quant au Comité de la justice, il devrait entendre les autres protagonistes et se pencher sur l\u2019idée de séparer les fonctions de ministre de la Justice et de procureur général.Le scénario d\u2019élections anticipées, lui, doit être écarté, le prochain scrutin étant prévu dans sept mois.Les institutions dont s\u2019est doté le Parlement pour assurer la reddition de comptes doivent finir leur travail pour permettre aux électeurs de porter un jugement éclairé.LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Félix Bégin Médecin résident en 2e année au programme postdoctoral de résidence en médecine familiale, UMF de Chicoutimi Tout le monde s\u2019entend pour dire que dans un monde idéal, chaque patient devrait avoir accès à un médecin de famille et être vu à l\u2019intérieur d\u2019un délai de 48 heures si besoin.Présentement, ce n\u2019est pas le cas.Est-ce possible d\u2019y arriver ?Je crois que oui.À court terme ?Je crois que non.Augmenter le nombre d\u2019infirmières praticiennes spécialisées en soins de première ligne (IPSPL) n\u2019est qu\u2019une partie de la solution.La solution véhiculée par notre gouvernement semble être d\u2019augmenter leur degré d\u2019autonomie et d\u2019en faire des « mini-docteurs ».Or, je peux affirmer avec certitude que cela n\u2019augmentera ni la quantité de patients pris en charge ni la qualité des soins prodigués.Actuellement, une IPSPL peut détecter des problèmes de santé courants, les traiter et les suivre.Elle peut même amorcer le traitement de six problèmes de santé chroniques fréquemment rencontrés en médecine familiale, dont l\u2019hypertension et la dyslipidémie.Le médecin devra revoir le patient dans un délai de 30 jours idéalement pour confirmer l\u2019un de ces nouveaux diagnostics.Mais pour la grande majorité des cas plus simples, elle n\u2019a pas l\u2019obligation d\u2019en discuter avec le médecin et les patients n\u2019ont pas besoin d\u2019être revus par ce dernier.De façon hebdomadaire, le médecin et l\u2019IPSPL devront discuter de certains cas plus complexes, environ 30 minutes par semaine.Alors, contrairement à ce qui est véhiculé, le temps que prend un médecin pour revoir ou superviser une IPSPL n\u2019est pas significatif dans l\u2019horaire du médecin et n\u2019empêche donc pas l\u2019accès aux soins.En fait, les IPSPL n\u2019ont pas la formation requise pour diagnostiquer l\u2019ensemble des pathologies rencontrées en médecine, puisque seulement deux années sont consacrées à l\u2019apprentissage des différentes maladies, leur investigation et leur traitement, dont seulement six mois d\u2019exposition clinique (à environ 35 heures par semaine), et ce, essentiellement dans un contexte de bureau.En effet, leurs trois années de baccalauréat ne sont pas orientées vers l\u2019apprentissage de la médecine, et leurs deux années de pratique entre le baccalauréat et la maîtrise non plus.De mon côté, en plus des années de théorie, j\u2019ai cumulé 48 mois d\u2019exposition clinique, et ce, dans divers milieux et à travers différentes spécialités, divisés entre l\u2019externat et la résidence en médecine familiale.C\u2019est minimalement huit fois plus d\u2019exposition clinique qu\u2019une IPSPL, sans compter les très longues journées de garde durant souvent au- delà de 14 à 16 heures.En plus, on parle d\u2019augmenter la durée de la résidence en médecine familiale de deux à trois ans.Tout cela serait donc inutile si en seulement six mois, on est prêt à faire le même travail.De plus, je dois réussir les examens prévus par l\u2019université d\u2019attache, ainsi que les trois gros examens nationaux, dont l\u2019examen (parties 1 et 2) du Conseil médical canadien (CMC) et celui du Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) qui comprennent une partie écrite et une partie théorique.Les IPSPL, depuis cette année, pour accélérer leur entrée en pratique, n\u2019ont plus AUCUN examen à passer à la fin de leur formation avant d\u2019entrer en pratique.En somme, la solution est de continuer d\u2019investir dans le modèle actuel de collaboration du médecin avec les IPSPL et les autres professionnels dans les groupes de médecine familiale (GMF), et non de dédoubler les rôles et de créer des pratiques en vases clos.Réalisons l\u2019énorme progrès des dernières années au niveau de l\u2019accès aux soins de santé primaire.Cessons de trop vouloir accélérer les choses et de trouver des solutions trop simplistes et partisanes à l\u2019accès «imparfait» aux soins de santé, car je crains que cela ne se fasse qu\u2019au détriment d\u2019une chose, la sécurité du patient.Jody, Justin et SNC-Lavalin Beaucoup d\u2019entre nous connaissent Noam Chomsky, sinon comme linguiste, du moins comme pourfendeur des grands privilégiés de nos sociétés toujours de plus en plus choyés par nos représentants au pouvoir depuis des décennies.Cet homme nous a apporté, en linguistique, deux concepts de base que nous pouvons utiliser dans de nombreux domaines : la structure de surface (le contour, la forme, l\u2019apparence des choses) et la structure profonde (le noyau, le cœur, l\u2019essence de ces mêmes choses).Le conflit latent depuis plusieurs jours entre M.Trudeau et Mme Wilson- Raybould et surtout le show présenté cet après-midi ne nous montrent que la surface du problème.Mais qu\u2019est-ce qui est le plus important ?Qu\u2019est-ce qui est au cœur du problème, sinon Comment devenir médecin, version simplifiée LIBRE OPINION LETTRES AFFAIRE SNC-LAVALIN Ne sautons pas les étapes AFFAIRE SNC-LAVALIN Que cesse l\u2019acharnement L e témoignage de l\u2019ex-procureure générale Jody Wilson- Raybould n\u2019a pas permis de lever le voile sur une question fondamentale concernant l\u2019affaire SNC-Lavalin : pourquoi diable la directrice des poursuites pénales, Kathleen Roussel, a-t-elle refusé d\u2019entamer des négociations avec ce fleuron mondial de l\u2019ingénierie en vue d\u2019un accord de réparation comme le lui permettait une nouvelle disposition du Code criminel ?Mercredi, l\u2019ex-procureure générale a refusé de dévoiler les motifs du Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) sous prétexte que l\u2019affaire est devant les tribunaux.En effet, en octobre dernier, SNC-Lavalin a demandé une révision judiciaire de la décision devant la Cour fédérale.Si le grand public ne connaît pas les raisons de ce refus, la firme d\u2019ingénierie non plus.Dans sa requête, SNC- Lavalin indique que la lettre du SPPC qui confirme sa décision ne donne aucune raison expliquant qu\u2019il n\u2019est pas « approprié » de négocier un accord de réparation avec la firme qui est accusée de corruption relativement à ses activités en Libye.La nouvelle disposition du Code criminel permet à une firme accusée au criminel d\u2019éviter un procès si elle reconnaît ses fautes, prend toutes les mesures nécessaires pour que la situation puisse se reproduire et s\u2019acquitte d\u2019amendes substantielles.Il en va de l\u2019intérêt public, puisqu\u2019on protège ainsi des employés, des actionnaires et des fournisseurs qui n\u2019ont rien à voir avec les actes répréhensibles commis par d\u2019anciens dirigeants qui, eux, font face à la justice.Si on ne peut les excuser, les faits reprochés à SNC-Lavalin n\u2019ont rien d\u2019exceptionnel : toutes les grandes multinationales en infrastructures ont versé des bakchichs à des potentats pour obtenir des contrats.Que ce soient les États-Unis, le Royaume-Uni, la France ou l\u2019Allemagne, tous ces pays ont conclu des accords de réparation avec leurs grandes firmes qui ont trempé dans des magouilles.Au Canada anglais, on semble vouloir en finir avec SNC-Lavalin, oubliant sans doute que la multinationale compte 9000 employés au pays, dont une majorité à l\u2019extérieur du Québec.Or le gouvernement Trudeau a raison de considérer qu\u2019il est dans l\u2019intérêt public d\u2019éviter à la firme un long procès au terme duquel elle risque de perdre, pendant dix ans, la possibilité d\u2019obtenir des contrats fédéraux.Heureusement, SNC-Lavalin est protégée pour l\u2019heure contre une prise de contrôle grâce à la minorité de blocage que détient la Caisse de dépôt et placement du Québec.Qu\u2019on cesse toutefois de s\u2019acharner contre elle comme le font avec légèreté Andrew Scheer et Jagmeet Singh.L ÉDITORIAL A 8 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu la protection de milliers et de milliers d\u2019emplois de chez nous et d\u2019ailleurs ?Et tant qu\u2019on se laissera, comme peuple, dicter par « les autres » ce qu\u2019on doit faire, nos genoux fléchiront de plus en plus.Et jusqu\u2019à quand ?Jacques Gagné Repentigny, le 27 février 2019 trouver une solution au double danger qui guette constamment les Montréalais par les temps qui courent, c\u2019est-à-dire la noyade dans une flaque d\u2019eau au bord d\u2019un trottoir ou bien la glissade sur la glace d\u2019une intersection à l\u2019autre.Eurêka ! Nous avons trouvé.Il s\u2019agit de la patte de grenouille à crampons.Spécialement conçu pour les conditions hivernales de Montréal, l\u2019indispensable accessoire pourrait se trouver dans toutes les bonnes pharmacies près de chez vous, là où on cherche un ami par exemple, dans le rayon des bandages, et porterait le nom de La Mont- réalaise.Pour le financement, nous comptons passer prochainement à l\u2019émission Dans l\u2019œil du dragon.Avec une idée comme celle-là, avec Montréal en tête, il est certain que le succès du produit est assuré.Vivement La Montréalaise, alors, pour l\u2019hiver prochain ! D\u2019ici là, restez chez vous.Alain Petel Montréal, le 28 février 2019 La Montréalaise, l\u2019accessoire indispensable Quiconque n\u2019a pas pris une plonge cet hiver sur un trottoir à Montréal, levez le pied gauche ; les autres, avec un bras cassé, restez chez vous.Non mais, avec deux amies poètes, un soir que nous sortions à la Cinémathèque, cette semaine, pour voir le merveilleux documentaire Chronique de La nuit de la poésie 1980, de Jean-Pierre Masse et Jean-Claude La- brecque, présenté dans le cadre des Rendez-vous Québec Cinéma, nous avons réfléchi pour MANON CORNELLIER ROBERT DUTRISAC M. Trudeau conteste la lecture que sa députée fait des événements ?Qu\u2019il y réponde alors de façon précise s\u2019il veut dissiper un tant soit peu l\u2019impression d\u2019une dangereuse incompréhension du principe de l\u2019indépendance judiciaire que doit protéger le procureur général. A 9 IDÉES LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet RÉFORME DU BULLETIN SCOLAIRE Luc Papineau Enseignant de français L\u2019Assomption Cette semaine, avec un hiver qui n\u2019en finit pas, c\u2019est comme si on assistait à une mauvaise reprise du film Le jour de la marmotte.En effet, le Conseil supérieur de l\u2019éducation (CSE) a ramené cette lubie chère aux partisans du défunt Renouveau pédagogique d\u2019abolir les moyennes et les pourcentages dans les bulletins.Heureusement, le ministre de l\u2019Éducation, Jean-François Roberge, qui a déjà joué comme enseignant dans cette mauvaise production pédagogique au cours de sa carrière, a eu tôt fait d\u2019inviter les membres de cet auguste comité à retourner dans leur tanière avec cette idée.Passons sur le mépris que véhicule cette suggestion des membres de ce conseil si supérieur à l\u2019égard des enseignants, comme si ces derniers ne savaient pas effectuer des évaluations formatives ou encore des rétroactions significatives afin de permettre aux élèves de mieux se connaître et de s\u2019améliorer.Passons aussi sur cette culpabilisation implicite laissant entendre que l\u2019anxiété chez les jeunes élèves est causée par les formes actuelles d\u2019évaluation, comme si l\u2019école seule était responsable des maux qui affligent l\u2019estime de soi de notre jeunesse.Complaisance Non, intéressons-nous à l\u2019essentiel.Par leur intervention, ces immortels de la pédagogie québécoise préconisent encore une fois, il ne faut pas s\u2019y tromper, un bulletin qui évacue l\u2019évaluation des connaissances pour privilégier celle des compétences.Or, en français, par exemple, on ne le dira jamais assez, les évaluations actuelles par compétence ne mobilisent pas un ensemble significatif de connaissances.Sinon, comment peut-on expliquer que certains bons élèves de première secondaire (pas des élèves surdoués, je le précise) pourraient aisément réussir, comme de nombreux enseignants en sont convaincus, les épreuves ministérielles de cinquième secondaire sans avoir suivi quatre années complètes de formation ?Ils sont déjà, semblent-ils, même à douze ans, assez compétents pour satisfaire les « exigences » ministérielles de la fin du secondaire.Au lieu de se préoccuper des notes et des bulletins, les membres du CSE devraient davantage s\u2019interroger sur ce qu\u2019apprennent nos jeunes dans les écoles et sur les exigences qu\u2019on a envers eux.Ainsi, ils pourraient se demander s\u2019il est acceptable que, de la première à la quatrième secondaire, un élève puisse « réussir » un examen d\u2019écriture en effectuant une faute d\u2019orthographe d\u2019usage ou grammaticale par mot ?Qu\u2019on ne croit pas qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019une exagération ici : la chose est permise, sue et hautement tolérée.Encore une fois, ces élèves aussi en savent assez pour satisfaire aux « attentes » des évaluations.Qu\u2019on maquille leur résultat avec un 60 %, un D ou un émoticône souriant ne changera rien au men- Le jour de la marmotte Collectif* En tant que professeures et professeur en formation initiale et continue des enseignants du primaire et du secondaire, spécialistes en évaluation des apprentissages, nous souhaitons réagir aux propos du ministre et soutenir les recommandations des membres du Conseil supérieur de l\u2019éducation en regard du bulletin.Le bulletin scolaire est un document fourni par l\u2019école pour communiquer aux parents de façon claire et synthétique le résultat des apprentissages de leur enfant.La communication est la dernière étape d\u2019une démarche d\u2019évaluation où l\u2019enseignant informe les parents de la progression de leur enfant par rapport aux apprentissages qu\u2019il réalise et aux compétences qu\u2019il développe.Le bulletin scolaire assure ainsi un suivi entre l\u2019école et la famille et représente un outil de communication d\u2019une grande importance.Il y a consensus sur le fait que les parents doivent être informés régulièrement du cheminement de leur enfant et pas seulement lors de la remise du bulletin.En effet, d\u2019autres moyens peuvent être mis en place par l\u2019enseignant pour communiquer avec les parents, notamment le portfolio et l\u2019agenda scolaire.Avant les années 2000 Soulignons qu\u2019avant les années 2000, le bulletin était géré par chaque école, qui décidait du format de celui-ci : bulletin descriptif, relevé de notes, résultats en lettres (A, B, C, D), en chiffres (1, 2, 3, 4), selon certaines expressions (réussite, réussite partielle, non-réussite), en pourcentage, ou une combinaison de codes (pourcentage pour certaines matières et cotes pour d\u2019autres).Après l\u2019instauration de la Politique d\u2019évaluation des apprentissages en 2003, dans laquelle on retrouvait comme première orientation l\u2019évaluation en aide à l\u2019apprentissage, certaines écoles ont poursuivi l\u2019utilisation du bulletin descriptif et d\u2019autres l\u2019ont implantée.Il fallait trouver une façon de communiquer la progression des élèves en fonction d\u2019une norme fixée en fonction des attentes du programme et non pas sur une base comparative entre les élèves eux-mêmes.C\u2019était donc, pour certains enseignants, la fin des moyennes de groupe et d\u2019une évaluation finale par cumul des points obtenus dans le bulletin.Le bilan des apprentissages à la fin d\u2019un cycle de deux ans faisait état du niveau de maîtrise des compétences développées pendant le cycle.En adoptant cette manière de faire, le Québec se montrait progressiste et exemplaire relativement aux pratiques évaluatives, chaque enseignant restant par ailleurs libre de choisir ses instruments et d\u2019exercer son jugement professionnel.Ce principe signifie concrètement que l\u2019évaluation ne sert pas seulement à produire un résultat au terme des apprentissages, mais aussi à guider les élèves face à leurs apprentissages.Le chiffre, la seule valeur ?Les nombreuses décisions ministérielles qui ont modifié la manière d\u2019évaluer les élèves depuis 2007 semblent s\u2019appuyer sur cette croyance populaire que seul ce qui est chiffré possède une valeur et est « vrai ».Rappe- Le bulletin, plus qu\u2019un résultat, et un guide pour l\u2019élève et ses parents lons que la production de résultats chiffrés traduit, hélas, beaucoup de faux échecs et même de fausses réussites.Le problème n\u2019est donc pas uniquement de savoir si produire un résultat chiffré et une moyenne a du sens ou pas, mais surtout de savoir comment est effectué le calcul pour produire le résultat final qui détermine la destinée des élèves.Nous pensons qu\u2019il serait intéressant que les parents et les élèves se questionnent sur la diversité des pratiques à ce niveau et sur leur validité.C\u2019est normal, l\u2019évaluation n\u2019est pas une science exacte.Bref, en voulant résoudre un problème, les instances ministérielles en ont au moins créé deux autres : le problème de la cohérence du système de notation avec les buts du curriculum et le problème de la validité des pratiques mises en œu- vre pour produire de tels résultats.Ces décisions ne s\u2019appuyant pas sur des données probantes, il nous est permis de croire qu\u2019elles sont fondées sur des a priori contestables.C\u2019est ici que le CSE intervient en documentant rigoureusement, à plusieurs reprises, la problématique de l\u2019évaluation des apprentissages.Déjà, en 2008, un premier document intitulé « Rendre compte des connaissances acquises par l\u2019élève\u2026 » relevait les situations problématiques en regard de l\u2019évaluation des apprentissages et proposait des pistes intéressantes pour répondre aux besoins d\u2019information des parents.Aujourd\u2019hui, il revient à la charge en mettant en lumières les lacunes de notre système en proposant encore une fois des façons de faire qui mériteraient au moins une réflexion.Le nouveau ministre de l\u2019Éducation, fort de son expérience en enseignement, devrait, minimale- ment, prendre acte de ce document et tenter de faire le test de la cohérence avec les prescriptions dictées par son ministère en matière d\u2019évaluation.Les réformes au Québec durent près de 20 ans.Serions-nous prêts à amorcer une réflexion sur le sujet qui nous permettrait, à l\u2019exemple de nos voisins de l\u2019Ontario et de la Colombie-Britannique, d\u2019entrer de plain-pied dans le monde d\u2019aujourd\u2019hui ?* Micheline Joanne Durand, professeure, Université de Montréal, Isabelle Nizet, professeure, Université de Sherbrooke, Anick Baribeau, professeure, Université de Sherbrooke, Carla Barroso da Costa, professeure, Université du Québec à Montréal, Sébastien Béland, professeur, Université de Montréal; membres de l\u2019Association pour le développement de la mesure et de l\u2019évaluation en éducation \u2013 ADMEE Canada songe dans lequel on se complaît.On veut que nos élèves réussissent, mais que « réussissent »-ils au juste ?Peut faire mieux Au lieu de fabuler sur un bulletin imaginaire qui favoriserait la réussite, nos docteurs de l\u2019éducation pourraient-ils unir leurs voix à celles des milliers d\u2019intervenants en éducation qui déplorent les conditions abominables dans lesquelles nos jeunes vivent et tentent d\u2019apprendre dans nos écoles ?D\u2019ailleurs, où étaient-ils, on se le demande, quand le précédent gouvernement libéral sabrait allègrement les services directs aux élèves ?De même, estiment- ils acceptable qu\u2019aujourd\u2019hui, dans une école publique, les élèves n\u2019aient pas avec eux partout et en tout temps une grammaire ou un équivalent numérique ?Que pensent-ils de la loi sur la gratuité scolaire du ministre Roberge qui reconduit le principe d\u2019une école à trois vitesses, principe qu\u2019ils avaient pourtant dénoncé ?Voilà autant de sujets, quant à moi, auxquels les membres du Conseil supérieur de l\u2019éducation devraient s\u2019attarder s\u2019ils voulaient faire œuvre utile.Car, pour l\u2019instant, au bulletin de la pertinence, leur intervention ne répond assurément pas aux attentes de ceux qui se soucient des élèves.Au lieu de se préoccuper des bulletins, les membres du CSE devraient davantage s\u2019interroger sur ce qu\u2019apprennent nos jeunes dans les écoles.FRED DUFOUR AGENCE FRANCE- PRESSE Les nombreuses décisions ministérielles qui ont modifié la manière d\u2019évaluer les élèves depuis 2007 semblent s\u2019appuyer sur cette croyance populaire que seul ce qui est chiffré possède une valeur et est « vrai ».PIERRE ANDRIEU AGENCE FRANCE-PRESSE LA CHRONIQUE D\u2019AURÉLIE LANCTÔT FAIT RELÂCHE CETTE SEMAINE L\u2019évaluation n\u2019est pas une science exacte LEDEVOIR // LE VENDREDI 1E R MARS 2019 ACTUALITÉS A 10 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Des poissons nagent au-dessus d\u2019un récif de corail près d\u2019Hawaï.CALEB JONES ASSOCIATED PRESS PAULINE GRAVEL LE DEVOIR I l ne s\u2019agit plus seulement d\u2019hypothèses, ni de prédictions.Selon une étude parue dans la revue Science, les changements climatiques ont déjà affecté la productivité des ressources halieutiques à travers le monde, et ce, en grande partie négativement, entraînant un déclin qui atteint 35 % dans certaines régions.Ces observations appellent l\u2019adoption de stratégies de gestion de la pêche qui tiendront compte des changements qu\u2019entraînera l\u2019élévation future de la température des océans, qui risque d\u2019avoir des conséquences encore plus catastrophiques que ce que les chercheurs ont observé jusqu\u2019à présent, souligne l\u2019étude.Ces stratégies sont d\u2019autant plus essentielles qu\u2019une proportion grandissante de la population mondiale compte sur ces ressources marines pour combler ses besoins alimentaires en protéines.Grâce à des modèles permettant de mesurer l\u2019impact du réchauffement des océans survenu entre 1930 et 2010 sur la productivité de 235 populations de 124 espèces marines visées par la pêche dans 38 régions du monde, les chercheurs de l\u2019Université Rutgers au New Jersey ont découvert que le nombre maximal de poissons ayant pu être pê- chés au sein de ces 235 populations a diminué en moyenne de 4,1 % durant cette période de 80 ans.Dans cinq régions du monde, dont notamment la mer du Japon et la mer du Nord, la diminution atteint même 35 %.Alors que la plupart des populations ont souffert du réchauffement survenu au cours des dernières décennies, dans d\u2019autres régions, telles que Terre-Neuve- et-Labrador et la mer Baltique, le ré- ENVIRONNEMENT La pêche souffre du réchauffement des océans Les changements climatiques causent l\u2019extinction d\u2019un rongeur Sur terre aussi le réchauffement climatique a déjà commencé à faire des victimes.Un petit rongeur australien dénommé Melomys rubicola serait vraisemblablement le premier mammifère à disparaître en raison des changements climatiques induits par l\u2019homme.Ce rongeur vivait exclusivement dans la rare végétation émergeant des bancs de sable d\u2019une petite île de 0,05 kilomètre carré située dans le détroit de Torres, entre la Papouasie-Nouvelle-Guinée et l\u2019État australien de Queensland.Conscients qu\u2019il était en danger d\u2019extinction, des biologistes avaient ratissé l\u2019île en 2015 dans l\u2019espoir de capturer quelques individus qu\u2019ils auraient accouplés en captivité.Mais ils n\u2019en ont trouvé aucun.Les derniers représentants de cette espèce se sont vraisemblablement noyés lors d\u2019une violente tempête, comme il en survient de plus en plus en raison des changements climatiques, qui aurait submergé l\u2019île qui ne dépasse pas trois mètres d\u2019altitude, avancent les chercheurs.chauffement de l\u2019eau s\u2019est avéré bénéfique, car on y a connu une augmentation moyenne de 14% et de 11,2% respectivement des prélèvements réguliers.Depuis 1930, les prises de morue ont crû de 46 % dans le nord du golfe du Saint-Laurent.Par contre, elles ont décliné de 28 % dans la mer du Nord.« Nous avons trouvé que les populations de morue qui vivaient dans des eaux d\u2019une température plus fraîche que celles qu\u2019elles préfèrent ont profité du réchauffement, alors que celles vivant dans des eaux dont la température était près de, ou plus chaude que celles qu\u2019elles préfèrent ont souffert du réchauffement», explique, par courriel, le premier auteur de l\u2019article, Chris Free, actuellement stagiaire postdoctoral à l\u2019Université de Californie à Santa Barbara.Les prises de flétan du Groenland ont également augmenté de 54 % dans le golfe du Saint-Laurent.Par contre, dans l\u2019Atlantique nord, soit la portion de l\u2019Atlantique située en haute mer et au nord de l\u2019équateur, les populations de thon, de makaire et de voilier ont connu des déclins allant de 2,5 % à 7,6 %.« Les bénéfices que certaines populations ont tirés du réchauffement de l\u2019eau risquent toutefois de diminuer à mesure que le réchauffement se poursuit », préviennent les auteurs.Sensibles au réchauffement Les chercheurs ont remarqué que les populations ayant été victimes d\u2019une « surpêche intense et prolongée étaient vraisemblablement plus susceptibles de pâtir du réchauffement, qui, par ailleurs, risque d\u2019entraver les efforts déployés pour rebâtir les populations actuellement décimées par la surpêche ».Ils ont également noté que «les espèces à croissance rapide, comme les harengs, les sardines et les anchois, sont particulièrement sensibles au réchauffement, auquel elles réagissent beaucoup, positivement ou négativement », précise M.Free tout en donnant l\u2019exemple de la population de harengs vivant en mer Baltique, qui a connu un gain de productivité de 30% depuis 1930, alors que celle de la mer du Nord a plutôt décru de 22%.Le déclin des ressources halieutiques est grandement préoccupant compte tenu du fait que poissons et invertébrés (fruits de mer) marins constituent une source de nourriture de plus en plus importante à mesure que la population augmente, particulièrement dans les pays côtiers en voie de développement, où les ressources marines représentent jusqu\u2019à 50 % des protéines animales consommées par la population, soulignent les chercheurs.Dans un commentaire publié aussi dans Science, Éva Plaganyi, de la Commonwealth Scientific and Industrial Research Organisation Oceans and Atmosphere, en Australie, fait remarquer que l\u2019aquaculture effectuée sur la terre ferme, qui a été envisagée comme une des solutions au déclin des pêcheries, voit sa croissance devenir incertaine étant donné sa vulnérabilité aux événe- ments météorologiques extrêmes qui devraient devenir de plus en plus fréquents avec le réchauffement global.Selon Mme Plaganyi, si les océans continuent de se réchauffer plus rapidement que prévu en raison de l\u2019accroissement des gaz à effet de serre émis par des activités humaines, la production halieutique future pourrait être affectée encore plus sérieusement.« Le déclin de certaines espèces dans des régions particulières pourra de moins en moins être compensé par leur essor ailleurs, car les populations ayant profité dans un premier temps du réchauffement se retrouveront désormais dans des eaux ayant atteint une température qui excède celle qui leur est optimale, ou encore elles seront exposées à d\u2019autres facteurs de stress environnementaux, tels qu\u2019une concentration réduite en oxygène et l\u2019acidification des océans, des facteurs qui n\u2019ont pas été pris en considération dans l\u2019analyse de Chris Free et al.», souligne-t-elle dans son commentaire.Mme Plaganyi insiste sur la responsabilité qui incombe « aux gestionnaires de pêche régionaux et autres intervenants du secteur des pêcheries d\u2019élaborer et d\u2019adopter des stratégies et des pratiques de gestion durable ».En conclusion, elle rappelle que, néanmoins, « des efforts globaux sont nécessaires pour limiter la hausse de la température à tout au plus 2 °C, car au- delà, l\u2019intégrité des écosystèmes marin et terrestre, et par conséquent notre approvisionnement alimentaire, sera compromis ».WIKICOMMONS "]
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