Le devoir, 5 mars 2019, Cahier A
[" VOL.CX NO 47 / LE MARDI 5 MARS 2019 / 1,52 $ + TAXES = 1,75 $ WWW.LEDEVOIR.COM Oubliez le Mardi gras ! Haïti n\u2019a pas le cœur à la fête en ces jours de protestation PHILIPPE RENAUD COLLABORATEUR LE DEVOIR \u2019aurait dû être jour de liesse dans les rues d\u2019Haïti.Le Kana- val, fête populaire carburant aux merengues carnavalesques, aux danses, aux chars allégoriques et au défoulement collectif, le moment pourtant tout désigné pour, le temps de quelques jours, oublier tous ses tracas, sera exceptionnellement tranquille en ce Mardi gras, conséquence des soulèvements populaires des dernières semaines contre le président, Jovenel Moïse.En cette importante période du calendrier haïtien, la population n\u2019a pas le cœur à la fête : si Jac- mel, capitale culturelle haïtienne, a malgré tout \u2014 et malgré l\u2019absence des nombreux touristes qui y affluent habituellement \u2014 organisé son célèbre carnaval le 24 février dernier, le grand Carnaval national qui devait avoir lieu aux Gonaïves a été annulé.À moins d\u2019un revirement de dernière minute, celui de Port-au-Prince le sera aussi.Certaines autres fêtes organisées par les municipalités (aux Cayes hier, par exemple) ont pu surmonter la grogne populaire, avec néanmoins un succès tiède selon les informations rapportées par les médias locaux.INDEX Avis légaux .B7 Culture .B1 Décès .B4 Économie.B4 Éditorial.A6 Grille TV.B2 Idées.A7 Météo .B6 Monde .B7 Mots croisés.B6 Sports.B6 Sudoku .B6 CULTURE Le Pharmachien n\u2019en peut plus des menaces dont il est victime ACTUALITÉS Les deux Canadiens détenus en Chine soupçonnés d\u2019espionnage | A 3 MONDE L\u2019Algérie ne décolère pas contre Bouteflika B 8 HÉLÈNE BUZZETTI CORRESPONDANTE PARLEMENTAIRE À OTTAWA LE DEVOIR Les problèmes s\u2019accumulent pour Justin Trudeau.Sa ministre responsable du Conseil du Trésor, Jane Philpott, a démissionné à son tour du cabinet, au motif qu\u2019elle a perdu confiance dans le gouvernement à cause de l\u2019affaire SNC-La- valin.Cette proche de Jody Wilson-Ray- bould prend donc fait et cause pour son amie au point de ne même pas attendre la version des faits que doit livrer mercredi l\u2019ancien conseiller du premier ministre, Gerald Butts.En coulisses, des députés se sentent trahis.Mme Philpott entame sa lettre de démission en rappelant que les conventions constitutionnelles canadiennes exigent des membres du cabinet la solidarité ministérielle, c\u2019est-à-dire qu\u2019ils défendent «toutes les décisions du cabinet».Il était devenu «intenable» pour elle d\u2019offrir cette solidarité, explique-t-elle.«Malheureusement, les efforts des politiciens et/ou des hauts fonctionnaires pour mettre de la pression sur l\u2019ancienne procureure générale afin qu\u2019elle intervienne dans la poursuite criminelle impliquant SNC-Lavalin et le contenu de ces efforts soulèvent de sérieuses préoccupations à mes yeux», écrit-elle.Mme Philpott poursuit en disant que «les principes en jeu ici sont l\u2019indépendance et l\u2019intégrité de notre système de justice.C\u2019est une doctrine fondamentale de la règle de droit que la procureure générale ne devrait pas être soumise à de la pression politique ou à de l\u2019interférence en ce qui concerne l\u2019exercice de sa discrétion dans les dossiers criminels.C\u2019est avec tristesse que je dis que j\u2019ai perdu confiance dans la manière dont le gouvernement a géré ce dossier».AFFAIRE SNC-LAVALIN Philpott lâche Trudeau Disant avoir perdu confiance en son gouvernement, la présidente du Conseil du Trésor démissionne de son poste de ministre ADRIAN WYLD LA PRESSE CANADIENNE La procureure générale ne devrait pas être soumise à de la pression politique ou à de l\u2019interférence en ce qui concerne l\u2019exercice de sa discrétion dans les dossiers criminels JANE PHILPOTT » De retour au Venezuela malgré une menace d\u2019arrestation, l\u2019opposant autoproclamé président, Juan Guaidó, a aussitôt lancé un nouvel appel à manifester samedi pour maintenir la pression sur le régime de Nicolás Maduro.PAGE B 7 RONALDO SCHEMIDT AGENCE FRANCE-PRESSE Retour au Venezuela MARCO FORTIER LE DEVOIR MATERNELLES 4 ANS Québec songe à recruter dans les garderies pour combler la pénurie ACTUALITÉS Faut-il cesser de diffuser l\u2019œuvre de Michael Jackson ?A 8 VOIR PAGE A 2 : DÉMISSION La plupart des célébrations du Kanaval ont été annulées en raison des manifestations des dernières semaines.HECTOR RETAMAL AGENCE FRANCE-PRESSE VOIR PAGE A 4 : MARDI GRAS C Le ministère de l\u2019Éducation est prêt à appeler en renfort des éducatrices de garderie pour prendre en charge des classes de maternelle 4 ans à la rentrée scolaire de l\u2019automne prochain, à la condition qu\u2019elles s\u2019engagent à suivre une formation universitaire reconnue.Selon ce que Le Devoir a appris de plusieurs sources, des représentants du ministère de l\u2019Éducation et de l\u2019Enseignement supérieur (MEES) ont évoqué cette possibilité lors de rencontres récentes visant à trouver des solutions à la pénurie d\u2019enseignants.Le MEES mène une série de consultations avec le milieu de l\u2019éducation \u2014 doyens de facultés de sciences de l\u2019éducation, cadres de Les éducatrices s\u2019engageraient à suivre une formation universitaire VOIR PAGE A 4 : MATERNELLES ACTUALITÉS A 2 LEDEVOIR // LE MARDI 5 MARS 2019 Bibliothèque et Archives nationales du Québec TOUT CE QU\u2019IL VOUS FAUT.Simon est fanatique de hockey.Nous avons pour toi, Simon, une exposition interactive qui te plongera dans l\u2019univers du hockey amateur, des ?lms et des livres sur le hockey que tu peux emporter chez toi et même des centaines de photos historiques que tu peux regarder en ligne.De quoi continuer à marquer des buts ! banq.qc.ca ALEXANDRE SHIELDS LE DEVOIR L\u2019UNESCO s\u2019inquiète des impacts d\u2019un important déversement de produits pétroliers survenu tout près d\u2019un récif corallien inscrit sur la prestigieuse Liste du patrimoine mondial, dans la région des Îles Salomon, dans le Pacifique.Le 4 février 2019, le vraquier MV Solomon Trader s\u2019est échoué dans le secteur alors qu\u2019il chargeait du minerai de bauxite.Depuis, le navire de 225 mètres aurait perdu au moins 75 tonnes de mazout à proximité de Rennell Est, le seul site naturel du patrimoine mondial aussi inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril.Incapable de remettre le navire à flot et face à une marée noire qui s\u2019étend dans le secteur, le gouvernement des Îles Salomon a demandé l\u2019aide de l\u2019Australie pour tenter de contenir la pollution, selon ce qui a été annoncé dimanche par les autori- PATRIMOINE MONDIAL Déversement pétrolier près d\u2019un récif corallien au bien du patrimoine mondial et aux moyens de subsistance des communautés locales soit entièrement couvert par l\u2019entreprise, les propriétaires et les assureurs responsables », a ainsi déclaré la directrice du Centre du patrimoine mondial de l\u2019UNESCO, Mech- tild Rössler.Un site naturel d\u2019importance Rennell Est a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en 1998.Considéré comme le plus grand atoll corallien surélevé du monde, il comprend le lac Tegano, un lac saumâtre parsemé de nombreux îlots calcaires robustes qui constitue l\u2019ancien lagon de l\u2019atoll, une couverture forestière intacte et un secteur marin s\u2019étendant jusqu\u2019à trois milles nautiques.Il s\u2019agit du « premier site naturel inscrit sur la Liste du patrimoine mondial dont la propriété et la gestion sont régies par la coutume » de la population locale, a souligné lundi l\u2019UNESCO.Rennell Est a été inscrit sur la Liste du patrimoine mondial en péril en 2013, « en raison des menaces que font peser sur sa valeur universelle exceptionnelle l\u2019exploitation commerciale de ses forêts et l\u2019invasion incontrôlée de rats.Le site souffre également de la surexploitation de ses ressources marines, dont nous savons peu de choses à l\u2019heure actuelle », a déploré l\u2019organisme onusien.tés australiennes, citées par l\u2019Agence France-Presse.Un geste salué par l\u2019UNESCO, qui a jugé ce déversement « préoccupant », dans un communiqué publié lundi.« Bien que le déversement d\u2019hydrocarbures et l\u2019échouement se soient produits juste à l\u2019extérieur du bien du patrimoine mondial, un impact possible sur le site du patrimoine mondial et sur les moyens de subsistance des communautés locales inquiète », a fait valoir l\u2019organisme onusien.Ses représentants travaillent donc « avec les autorités nationales afin d\u2019évaluer la situation et d\u2019identifier les meilleures mesures de mitigation à prendre ».L\u2019UNESCO en a d\u2019ailleurs appelé à la responsabilité des entreprises impliquées, dont une société minière des Îles Salomon et une entreprise de Hong Kong théoriquement propriétaire du navire.« Il est de la plus haute importance que tout dommage causé Les deux ministres démissionnaires veulent rester députées libérales DÉMISSION SUITE DE LA PAGE A 1 Carla Qualtrough la remplacera au Conseil du Trésor d\u2019ici au remaniement ministériel, le troisième de l\u2019année.Mme Philpott est considérée comme un des ministres les plus compétents et fiables du cabinet Trudeau.À titre de ministre de la Santé, elle avait copiloté avec Mme Wilson-Ray- bould le dossier de l\u2019aide médicale à mourir ainsi que la légalisation de la marijuana.On dit les deux femmes très proches.« Ce sont de grandes amies.Elles sont tout le temps en train de prendre un verre de vin ensemble », relate un député libéral qui ne veut pas être nommé.Pour cette raison, cette source, comme d\u2019autres à qui Le Devoir a parlé, ne pense pas que cette démission en entraînera d\u2019autres.« Ça m\u2019apparaît comme un cas de \u201cJe ne te laisserai pas partir toute seule\u201d.Elles se sont peut-être \u201ccrinquées\u201d l\u2019une l\u2019autre.» Mme Philpott est d\u2019ailleurs une de celles qui s\u2019étaient portées à la défense de l\u2019ancienne ministre de la Justice sur Twitter après la démission de cette dernière.« Tu m\u2019as appris tellement, en particulier à propos de l\u2019histoire, des droits et de la justice des autochtones.Je suis fière des lois sur lesquelles nous avons travaillé ensemble.» Son gazouillis était accompagné d\u2019une photo des deux femmes debout sur un bateau, bras dessus, bras dessous.Lorsque Mme Wilson-Raybould a fait l\u2019objet de commentaires négatifs anonymes à son sujet dans les médias, Mme Philpott a dénoncé ce « traitement offensant ».Trahison En coulisse, un autre député libéral se dit « outré » de cette démission.« J\u2019éprouve un grand sentiment de trahison.» « En quoi leur intégrité [aux deux ministres démissionnaires] estelle remise en question ?», demande cette personne, qui rappelle que l\u2019affaire SNC-Lavalin n\u2019a rien à voir avec une quelconque tentative de corrup- Séparer deux postes Le premier ministre Justin Trudeau n\u2019est pas convaincu, dans la foulée de l\u2019affaire SNC-Lavalin, qu\u2019il faille séparer les fonctions de ministre de la Justice et de procureur général présentement assumées par un seul et même ministre.«On peut toujours réfléchir sur les façons de faire mieux les choses, mais un changement aussi significatif que celui-là nécessiterait mûre réflexion et une quantité considérable d\u2019analyse, a-t-il dit lundi matin.Ce n\u2019est pas quelque chose que l\u2019on fait sur un coup de tête ou comme si c\u2019était un changement mineur.C\u2019est quelque chose à considérer soigneusement et de manière responsable.» Depuis que Mme Wilson-Raybould a qualifié d\u2019«inappropriées» les pressions qu\u2019elle a subies pour intervenir dans le dossier SNC-Lavalin, des juristes ont rappelé que d\u2019autres pays, dont la Grande-Bretagne, ont séparé le rôle de ministre de la Justice (qui siège au cabinet des ministres) de celui de procureur général (qui n\u2019y siège pas).tion.Mme Wilson-Raybould a allégué avoir subi des pressions « régulières et persistantes » de M.Trudeau et de son entourage pour qu\u2019elle envisage d\u2019ordonner à la directrice des poursuites pénales de négocier une entente avec SNC-Lavalin plutôt que de déposer des accusations criminelles.Cet élu, qui se rappelle à quel point il a fallu travailler fort pour rebâtir le parti après le scandale des commandites, ne digère pas que « des soi-disant saintetés qui n\u2019ont aucun attachement au Parti libéral, qui n\u2019ont rien foutu pour le reconstruire » fassent tout partir en fumée pour des considérations « égoïstes ».Les deux femmes n\u2019ont pas de racines au Parti libéral du Canada.Mme Phil- pott, tout comme Jody Wilson-Ray- bould, a été élue pour la première fois à la Chambre des communes en 2015.Toutes deux disent vouloir demeurer dans le caucus libéral.Consultations Le premier ministre aura donc deux décisions à prendre à cet égard.Déjà, des consultations informelles auprès du caucus avaient lieu depuis quelques jours pour décider si Mme Wilson-Ray- bould pouvait rester, elle qui avait refusé lors de sa comparution en comité de dire qu\u2019elle avait confiance en M.Trudeau.Les consultations visaient justement à éviter de se mettre à dos ses proches en l\u2019expulsant.Ces consultations peuvent-elles avoir convaincu Mme Philpott de partir ?Aucun libéral à qui Le Devoir a parlé ne s\u2019est risqué à faire des conjectures.La députée libérale Celina Caesar- Chavannes, une militante pour les droits des minorités, s\u2019était aussi portée à la défense de Mme Wilson-Ray- bould lorsque l\u2019affaire avait éclaté, y voyant un autre cas de femme forte qu\u2019on tente de faire taire.Mme Caesar- Chavannes a annoncé samedi qu\u2019elle ne serait pas candidate à l\u2019automne.Cela ne veut pas dire qu\u2019on ne doive pas ménager ses susceptibilités pour autant, pense-t-on.« Il faut gouverner d\u2019ici octobre », indique une autre source.Le chef conservateur, Andrew Scheer, estime que ce départ prouve que le gouvernement de Justin Trudeau est « en plein chaos ».En point de presse en soirée, il a invité les autres ministres « à se poser la même question que Jane Philpott s\u2019est posée ».« Est-ce pour cela que vous êtes venus en politique ?Pour soutenir un premier ministre qui renverse les lois pour faire profiter ses amis ?» Si aucun autre ministre n\u2019emboîte le pas à Mme Philpott, ce sera la preuve pour M.Scheer que « la pourriture éthique qui gangrène ce gouvernement a avalé le Parti libéral en son entier ».Le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, a réitéré par communiqué de presse sa demande d\u2019une commission d\u2019enquête.Le chef conservateur ne se gêne plus pour parler d\u2019un « scandale de corruption » en vertu duquel le premier ministre a cherché à aider ses amis.En fait, c\u2019est plutôt SNC-Lavalin qui est accusée d\u2019avoir corrompu des autorités libyennes.Le gouvernement plaide plutôt qu\u2019il a agi pour préserver les quelque 9000 emplois de la firme d\u2019ingénierie en sol canadien.En matinée, Justin Trudeau a d\u2019ailleurs souligné à grands traits que ces emplois n\u2019étaient pas uniquement québécois.« Il est important de souligner qu\u2019il y a des emplois potentiellement affectés à Corner Brook à Terre-Neuve, à Port Elgin en Ontario, à Grande Prairie en Alberta.Partout à travers le Canada.Notre travail, en tant que ministres, premier ministre, en tant que gouvernement, est de se battre pour les emplois canadiens partout et de le faire dans le respect de nos institutions et de l\u2019indépendance judiciaire.» Selon un coup de sonde effectué par la maison Nanos auprès de 750 personnes pour le compte du Globe and Mail, 55 % des Canadiens pensent que SNC-Lavalin devrait faire face à un procès criminel, contre seulement 35 % qui se disent pour une entente.Or, au Québec, il y a plus de gens pour une entente (48 %) que pour un procès (41 %).C\u2019est la province où l\u2019appui à un procès est le plus faible.Le 4 février 2019, le vraquier MV Solomon Trader s\u2019est échoué dans la région des Îles Salomon, dans le Pacifique.AFFAIRES ÉTRANGÈRES - AUSTRALIE Trudeau dit prendre « les choses au sérieux » En soirée, lors d\u2019un rassemblement à Toronto, Justin Trudeau a remercié Jane Philpott pour son travail.« Je sais que Mme Philpott se sentait comme ça depuis un certain temps et bien que ça me déçoive, je respecte sa décision de se retirer.» Il a été interrompu à répétition par des militants pour le bien-être animal ayant infiltré le rassemblement.Le premier ministre a reconnu que les événements des dernières semaines avaient suscité « des conversations importantes » sur le fonctionnement des institutions canadiennes.« Les inquiétudes de cette nature doivent être prises au sérieux et je peux vous assurer qu\u2019on prend les choses au sérieux.» Démission réclamée Le député néodémocrate Charlie Angus réclame la démission du plus haut fonctionnaire du Canada, qui, selon lui, a été « profondément compromis » par son témoignage dans l\u2019affaire SNC-Lavalin.Dans une lettre ouverte transmise au premier ministre Justin Trudeau, M.Angus juge que Michael Wernick, le greffier du Conseil privé, a été incendiaire et sensationnaliste lorsqu\u2019il a indiqué au comité de la justice de la Chambre des communes qu\u2019il se disait préoccupé par la possibilité que la rhétorique acerbe de certains politiciens ne mène à un assassinat au Canada.M.Wernick avait aussi défendu le bilan du gouvernement libéral sur les questions autochtones et l\u2019intégrité.Selon M.Angus, ces déclarations étaient inappropriées pour un fonctionnaire qui doit être neutre politiquement.La Presse canadienne ACTUALITÉS A 3 LEDEVOIR // LE MARDI 5 MARS 2019 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Laura adore les papillons.Nous avons pour toi, Laura, des centaines de ?lms, guides et histoires sur les papillons, des photos et des affiches à découvrir en ligne, et même un endroit où tu peux bricoler le papillon de tes rêves, équipement fourni ! De quoi cultiver ta passion.banq.qc.ca TOUT CE QU\u2019IL VOUS FAUT.Notre chroniqueur Michel David fait relâche cette semaine.Retrouvez sa chronique mardi prochain.ISABELLE PORTER À QUÉBEC LE DEVOIR Solidaires et maintenant syndiqués La CSN pourra négocier les conditions de travail du personnel de Québec solidaire GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Le dossier de l\u2019ex-diplomate canadien Michael Kovrig se précise\u2026 et se complexifie.Les autorités chinoises ont indiqué lundi que l\u2019homme arrêté en décembre est soupçonné d\u2019espionnage et de vol de secrets d\u2019État.Un développement qui inquiète Justin Trudeau \u2014 et avec raison, disent des experts.« C\u2019est très grave », estime par exemple Fred Bild, ancien ambassadeur du Canada en Chine (1990-1994).«Le fait que Pékin ait l\u2019intention de porter ce type d\u2019accusations indique qu\u2019ils vont procéder avec un procès où ils n\u2019auront rien à prouver, parce qu\u2019on parle de documents secrets.Ça nous laisse très peu de marge de manœuvre.» Dans un court communiqué publié lundi, la centrale politique du Parti communiste et des affaires judiciaires soutient que Michael Kovrig est souvent entré en territoire chinois avec un passeport ordinaire, cela pour « voler des secrets d\u2019État et espionner les services de renseignement chinois grâce à un contact en Chine ».Ce contact serait Michael Spavor, un autre Canadien arrêté en Chine au début décembre \u2014 quelques jours après que le Canada eut arrêté, à la demande des États-Unis, la directrice financière du géant des télécommunications Huawei, Meng Wanzhou.« Spavor était le principal contact de Kovrig, et il lui a transmis des renseignements », affirment les autorités chinoises.C\u2019est la première fois qu\u2019un lien aussi clair est établi entre les deux arrestations.Pékin avait indiqué en décembre que MM.Kovrig (qui travaille pour l\u2019International Crisis Group) et Spavor étaient soupçonnés d\u2019avoir mis en danger la sécurité nationale, sans plus de détails.Trudeau préoccupé « Nous sommes préoccupés par les développements d\u2019aujourd\u2019hui, a réagi le premier ministre Trudeau en point de presse.Les deux Canadiens qui sont détenus [le sont] de façon entièrement arbitraire.» M.Trudeau a ajouté que « le Canada est un pays de la règle de droit » qui va « toujours respecter l\u2019indépendance judiciaire ».Le dossier de Meng Wanzhou sera de retour devant les tribunaux mercredi à Vancouver, cinq jours après que le ministère de la Justice a donné son feu vert à la procédure d\u2019extradition.« Le Ministère est convaincu qu\u2019il existe suffisamment de preuves à présenter devant un juge d\u2019extradition pour une décision », indiquait-on.La Cour suprême de la Colombie-Britannique se penchera donc sur le cas Meng, mais la décision finale d\u2019extrader ou non la dirigeante de Huawei sera prise par le nouveau ministre de la Justice, David Lametti.L\u2019ambassade de Chine à Ottawa s\u2019est dite « extrêmement insatisfaite » de cette décision, qualifiant le dossier de « persécution politique contre une entreprise chinoise de haute technologie ».Représailles Professeur de droit spécialiste de la Chine, Donald C.Clarke (Université George Washington) estime qu\u2019il est « clair que tant M.Kovrig que M.Spa- vor sont retenus en otages [en réaction à l\u2019arrestation de Mme Meng].Ils ne sont pas de réels suspects criminels ».Selon lui, « la synchronicité de l\u2019annonce de lundi, quelques jours après la décision du Canada de procéder à la procédure d\u2019extradition, montre clairement que la Chine envoie le message que ces dossiers sont liés ».Michael Kovrig n\u2019aurait ainsi « aucune chance de gagner sa cause sur des bases légales », pense Donald Clarke.« Sa libération dépendra de considérations politiques.» « Il n\u2019y a pas de coïncidences avec la Chine, ajoute Guy Saint-Jacques, ancien ambassadeur canadien qui a été en poste à Pékin de 2012 à 2016.Nous sommes dans une tactique d\u2019escalade qui dit que les accusations qui pourraient être déposées sont très sérieuses.Ils veulent accroître la monnaie d\u2019échange.» Y a-t-il une porte de sortie pour les deux Canadiens ?Tant M.Bild que M.Saint-Jacques sont plutôt pessimistes à cet égard.« Le seul espoir, c\u2019est que le juge sera peut-être assez sage pour déterminer que cette affaire n\u2019est pas de son ressort, parce qu\u2019elle a été politisée par Donald Trump et que c\u2019est donc une affaire politique », suggère Fred Bild.« Nous sommes dans un dilemme créé par les États-Unis », dit-il en parlant d\u2019un « traquenard épouvantable dans lequel le Canada est tombé ».«Il n\u2019y a pas grand-chose que l\u2019on peut faire», concède Guy Saint-Jacques.«La porte de sortie qu\u2019on peut espérer, c\u2019est un miracle.Et ce serait que la justice américaine abandonne les accusations contre Meng Wanzhou.» Donald C.Clarke fait pour sa part valoir que le Canada « ne peut pas faire grand-chose unilatéralement ».Par contre, la campagne que mène Ottawa pour que ses alliés fassent pression sur Pékin pour dénoncer « qu\u2019une prise d\u2019otage comme manière de faire de la diplomatie est une chose totalement inacceptable » peut aider, pense-t-il.Détention En attendant, les deux Canadiens en cause sont détenus dans des conditions extrêmement difficiles, selon plusieurs informations.Guy Saint-Jacques confirme que les habitudes chinoises dans ce genre de cas sont de « détenir la personne dans une pièce où la lumière est allumée 24 heures sur 24, où la personne est sous constante surveillance, et où elle subit trois séances d\u2019interrogatoire par jour.On essaie de mettre le maximum de pression pour que la personne craque.Ce sont des conditions de détention d\u2019autant plus difficiles que la personne détenue n\u2019a pas accès à un avocat ».Dimanche, les avocats de Meng Wanzhou ont pour leur part déposé un avis de poursuite contre différentes instances canadiennes.On allègue que Mme Meng a subi des « violations graves » de ses droits constitutionnels, notamment parce qu\u2019elle a été détenue et questionnée pendant trois heures avant d\u2019être avertie de son arrestation.JUSTICE Pékin augmente la pression L\u2019ex-diplomate canadien Michael Kovrig aurait volé des secrets d\u2019État avec l\u2019aide de son compatriote Michael Spavor, soutient la Chine La syndicalisation du personnel politique de Québec solidaire au Parlement est une première au Québec, mais risque de rester un cas isolé, si l\u2019on se fie à la réaction des autres partis à l\u2019annonce lundi.Le Tribunal administratif du travail (TAT) vient d\u2019autoriser la syndicalisation des 45 employés de Québec solidaire qui épaulent les députés au Parlement ainsi qu\u2019à la permanence du parti à Montréal.À la Confédération des syndicats nationaux (CSN), qui les représente, on fait remarquer que c\u2019est une première au Québec pour le personnel politique.« Les employés du NPD à Ottawa sont syndiqués avec une autre organisation, mais ce n\u2019est pas le même Code [du travail] qui s\u2019applique », note le vice-président du Syndicat Jean Lacharité.« Ça veut dire que même les attachés politiques d\u2019autres partis politiques pourraient être intéressés par une syndicalisation.» La décision du TAT a ceci de particulier qu\u2019elle reconnaît 10 accréditations différentes, chaque employé étant rattaché au député pour lequel il travaille directement ou l\u2019un des deux co-porte-parole (le patron).Cela signifie qu\u2019en théorie, les employés d\u2019un seul député d\u2019un autre parti pourraient se syndiquer si la majorité d\u2019entre eux le souhaitaient.Scepticisme chez les autres partis Jointes au téléphone lundi après-midi pour savoir si cela pourrait intéresser certains des leurs, les porte-parole de la CAQ et du PLQ se sont montrées sceptiques.À la CAQ, la porte-parole n\u2019a finalement pas fait de commentaires, alors qu\u2019au PLQ, on a rappelé que le chef intérimaire, Pierre Arcand, avait déjà fait valoir que la nature du travail et les horaires du personnel politique rendaient la syndicalisation difficile à appliquer.M.Lacharité, de la CSN, concède que c\u2019est un secteur « plutôt atypique ».« Évidemment, ce sont des gens qui sont soumis aux aléas de la politique au sens où, à chaque élection, si les députés perdent leur comté, ces gens-là perdent leur emploi, mais au moment où ils sont en emploi, nous, ce qu\u2019on va tenter de faire, c\u2019est de négocier les meilleures conditions de travail pour eux dans le meilleur environnement possible.» Enfin, au Parti québécois, on semblait moins surpris par la démarche.À Montréal, les employés de la permanence sont syndiqués « depuis de nombreuses années », a fait remarquer un porte-parole, qui précise toutefois que le parti n\u2019a reçu « aucune demande d\u2019accréditation » des employés de l\u2019aile parlementaire.Si les employés du PQ à la permanence montréa- laise sont syndiqués, les collaborateurs des députés ne le sont pas.Au PLQ et à la CAQ, il n\u2019y a aucun syndiqué.À Pékin, deux soldats montent la garde devant l\u2019ambassade canadienne.La Chine semble sur le point de déposer des accusations sérieuses contre les Canadiens Michael Kovrig et Michael Spavor, considérés par plusieurs comme des otages.GREG BAKER AGENCE FRANCE-PRESSE LEDEVOIR // LE MARDI 5 MARS 2019 ACTUALITÉS A 4 Bibliothèque et Archives nationales du Québec TOUT CE QU\u2019IL VOUS FAUT.Mei veut tout découvrir sur le Québec.Nous avons pour vous, Mei, une multitude d\u2019activités et d\u2019outils d\u2019initiation à la langue française, une ligne du temps numérique pour découvrir l\u2019histoire du Québec et une collection pratique destinée aux nouveaux arrivants qui vous guidera sur votre terre d\u2019accueil ! banq.qc.ca E N B R E F Québec va de l\u2019avant avec la réfection du pont Pie-IX La réfection «majeure» du pont Pie-IX, qui relie Montréal à Laval, sera réalisée simultanément avec le projet du service rapide par bus (SRB) du boulevard Pie- IX, a annoncé lundi la ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la Métropole, Chantal Rouleau.Les travaux, évalués à près de 200 millions de dollars, devraient débuter à la fin de l\u2019été.En plus de remplacer les dalles en béton du pont, le projet permettra d\u2019aménager une voie réservée au SRB, une piste polyvalente pour les piétons et les cyclistes et un trottoir.«La réfection du pont et l\u2019ajout d\u2019une voie réservée permettront d\u2019améliorer la sécurité, en plus d\u2019offrir une solution de mobilité durable moderne et efficace», a déclaré la ministre Rouleau.Environ 61 000 automobilistes empruntent chaque jour le pont Pie-IX.Le Devoir Québec traitera les 18 000 dossiers jusqu\u2019à l\u2019adoption de la loi sur l\u2019immigration Le ministère de l\u2019Immigration accepte de continuer à traiter les 18 000 dossiers d\u2019immigrants en attente jusqu\u2019à l\u2019adoption de son projet de loi sur l\u2019immigration.Québec n\u2019entend pas plus contester la requête de l\u2019Association québécoise des avocats et avocates en droit de l\u2019immigration (AQAADI).Lundi, une demande commune pour une ordonnance de sauvegarde a été déposée à la Cour supérieure pour transformer l\u2019ordonnance provisoire qui avait été prise la semaine dernière par le juge Frédéric Bachand.« La décision du ministre [Simon Jolin-Bar- rette] ne peut évidemment pas trouver une justification juridique valable dans un texte législatif non encore en vigueur », avait souligné le juge Ba- chand dans sa décision.Le Devoir La traverse Matane\u2013Baie- Comeau\u2013Godbout sera de nouveau interrompue QUÉBEC \u2014 Le service maritime de traverse Matane\u2013Baie-Comeau\u2013Godbout sera de nouveau interrompu à compter de mardi.La Société des traversiers du Québec (STQ) explique que le NM CTMA Voyageur, qui a pris la relève il y a quelques jours du NM Apollo pour assurer ce service, doit retourner aux îles de la Madeleine.Les difficiles conditions de glace qui perdurent à l\u2019Île-du- Prince-Édouard rendent difficile le ravitaillement des îles de la Madeleine en marchandises de première nécessité, dont la nourriture et le gaz propane.Par conséquent, le NM CTMA Voyageur devra quitter Matane ce lundi, après les traversées, et il est incertain qu\u2019il puisse y revenir.Quant à la remise en service du NM Apollo, elle est planifiée au plus tôt jeudi prochain, le 7 mars.La Presse canadienne Le pont Pie-IX VALÉRIAN MAZATAUD LE DEVOIR Pénurie de professeurs MATERNELLES SUITE DE LA PAGE A 1 commissions scolaires et autres acteurs du réseau \u2014 dans l\u2019espoir de résoudre le manque criant de personnel dans les écoles.La création de 250 classes supplémentaires de maternelles 4 ans dès la rentrée de septembre ajoutera une pression intenable pour les commissions scolaires aux prises avec des banques de suppléants dégarnies, surtout dans la grande région de Montréal.Le Devoira rapporté samedi le cas de deux classes du primaire qui se trouvaient sans enseignant titulaire depuis le mois d\u2019octobre.Pas moins d\u2019une dizaine de remplaçants se sont succédé dans ces classes, ce qui a un effet catastrophique sur la motivation des élèves.Le ministère de l\u2019Éducation «doit vraiment répondre à un besoin à court terme des commissions scolaires », indique une source qui connaît bien le dossier.Un des premiers gestes du ministre Jean-François Roberge, l\u2019automne dernier, a été d\u2019assouplir les « tolérances d\u2019engagement » pour permettre à des gens qui n\u2019ont pas de brevet de venir enseigner au primaire et au secondaire.Ces enseignants « non légalement qualifiés » ont désormais 10 ans pour suivre une formation universitaire qui leur accordera un brevet en bonne et due forme.Il peut s\u2019agir d\u2019un baccalauréat de quatre ans en enseignement préscolaire et primaire ou d\u2019une maîtrise qualifiante destinée aux diplômés universitaires dans une discipline (mathématiques, français, histoire ou autre) qui veulent enseigner au secondaire.Plutôt que de se retrouver avec une chaise vide devant les classes de maternelle 4 ans, le ministre Roberge est prêt à confier des groupes à des techniciennes en service de garde ayant une formation collégiale.Elles devront s\u2019engager à suivre une formation universitaire menant à un brevet d\u2019enseignement.Formation et financement Un des grands arguments du gouvernement Legault pour justifier l\u2019élargissement des maternelles 4 ans est pourtant la meilleure formation des enseignants par rapport aux éducatrices de garderie : les professeurs ont au minimum un baccalauréat de quatre ans, contre un diplôme d\u2019études collégiales (DEC) de trois ans pour les techniciennes en service de garde.L\u2019important est que les éducatrices s\u2019engagent à suivre une formation universitaire qui mène à un brevet, insiste- t-on à Québec.En plus de réfléchir à des solutions à la pénurie d\u2019enseignants, le ministre Jean-François Roberge tient à améliorer leur formation, notamment au préscolaire.Selon nos sources, le ministre envisage la création d\u2019un profil distinct pour la formation en enseignement préscolaire.À l\u2019heure actuelle, le baccalauréat en enseignement préscolaire et primaire comporte très peu de cours sur le préscolaire.Il faudra en ajouter.Le gouvernement s\u2019apprête à « soutenir financièrement les universités pour accélérer le développement de nouveaux parcours et en assurer la qualité», précise une source à Québec.Cet investissement annoncé est essentiel parce que le développement de nouveaux programmes universitaires coûte cher, explique Serge Striganuk, doyen de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université de Sherbrooke.Il voit d\u2019un œil favorable les tolérances d\u2019engagement pour permettre à des éducatrices de garderie de prendre en charge des classes de maternelles 4 ans, tout en améliorant la formation des futurs enseignants : « À cause de la pénurie, certaines commissions scolaires disent qu\u2019elles se contentent de trouver un adulte responsable, formé ou non, pour s\u2019occuper d\u2019une classe », rappelle-t-il.«On veut aider à répondre à la pénurie, mais notre grande préoccupation, c\u2019est la qualité de la formation, ajoute Serge Striganuk.On nous disait et on nous dit que la formation initiale est insuffisante, que les futurs enseignants sont mal préparés à faire de la gestion de classe et à répondre aux besoins des élèves qui ont des difficultés d\u2019apprentissage.» Brassage d\u2019idées Le MEES se livre à un vaste brassage d\u2019idées dans l\u2019espoir de venir à bout de la pénurie d\u2019enseignants, qui ne peut que s\u2019amplifier dans la prochaine décennie.Plus de 100 000 élèves viendront s\u2019ajouter au réseau d\u2019écoles publiques dans les 11 prochaines années, selon les prévisions du ministère.Le nombre d\u2019élèves doit augmenter de 14% d\u2019ici 2029, et de 16 % dans les écoles francophones.La hausse des effectifs atteindra même 29 % dans les trois commissions scolaires francophones de l\u2019île de Montréal.« Il va falloir penser un peu \u201cen dehors de la boîte\u201d pour trouver des solutions à la pénurie », dit Fernand Ger- vais, doyen de la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université Laval.Il faut faciliter la reconnaissance des diplômes étrangers pour permettre aux nouveaux arrivants qui ont les compétences d\u2019enseigner dans le réseau québécois, disent nos sources.Des professeurs ayant un brevet d\u2019une autre province, dont l\u2019Ontario, se plaignent aussi de la paperasse et des examens obligatoires pour enseigner au Québec.Le ministère et ses partenaires réfléchissent aussi à la possibilité d\u2019appeler des retraités à la rescousse sans pénalité financière pour des postes d\u2019enseignant ou de direction d\u2019école.La mise en place de partenariats entre cégeps et universités, pour créer de nouveaux postes d\u2019enseignants adjoints \u2014 sur le modèle des assistant teachers canadiens \u2014 fait aussi partie des scénarios évoqués dans le milieu de l\u2019éducation.Le MEES s\u2019est engagé à ce qu\u2019il y ait deux adultes par classe au préscolaire et à la première année du primaire.Ces professeurs adjoints pourraient être la deuxième personne en classe, indiquent nos sources.Il faudrait pour cela négocier des ententes avec les syndicats.Pas une priorité MARDI GRAS SUITE DE LA PAGE A 1 « La société civile ainsi qu\u2019une majorité d\u2019artistes se sont mobilisés pour faire annuler le Kanaval en signe de protestation contre tout ce qui se passe en ce moment », observe le compositeur, remixeur, DJ et pionnier du rara house Gardy Girault, qui se produira à Montréal le 22 mars.«C\u2019est une manière de dire: n\u2019essayez pas de faire dévier la conviction que nous avons que les choses doivent changer dans le pays.On ne veut pas de distraction, on garde le focus sur le changement qu\u2019on demande, sur les explications concernant l\u2019argent perdu dans [le scandale de la dilapidation de 5 milliards de dollars canadiens du Fonds] PetroCaribe, on veut des solutions, on veut des propositions durables.Trois ou quatre jours de carnaval, ce n\u2019est pas notre priorité, maintenant.» Ainsi, la population, appuyée par une majorité d\u2019artistes, dont les importants orchestres kompa T-Vice et Djakout #1, lesquels se sont abstenus de diffuser leurs merengues carnavalesques cette année, se retient de célébrer le Kanaval en raison de la « situation d\u2019instabilité sociale et du déclin économique extraordinaire », assure Girault.« C\u2019est une tradition qui perdure depuis très longtemps, qui se déroule chaque année; si le carnaval n\u2019a pas lieu, ça signifie que le pays souffre, en quelque sorte», abonde le compositeur et DJ Michael Brun, qui, après s\u2019être fait un nom sur la scène house internationale, présentera vendredi à la Société des arts technologiques (SAT) son projet Bayo, fusionnant rythmes et chants populaires de son île natale avec les tendances électroniques de l\u2019heure.« De mon vivant, je n\u2019ai jamais connu l\u2019annulation du carnaval.» Si la majorité des musiciens unissent leurs voix à celles des citoyens, une minorité d\u2019entre eux, affirme Gardy Gi- rault, « ne voient pas les choses de la même façon ; selon eux, le carnaval est nécessaire puisqu\u2019il suscite de l\u2019activité économique ».Ainsi, jeudi dernier, une coalition d\u2019orchestres \u2014 Boukman Eksperyans, RAM, Barikad Crew, Kreyòl La, entre autres \u2014 a tenu une conférence de presse pour défendre la tenue du carnaval, lequel sert aussi à stimuler l\u2019économie locale, et particulièrement celle de l\u2019industrie musicale du pays.Car depuis l\u2019instauration d\u2019un Carnaval national (et itinérant) en 2012, les subventions accordées par l\u2019État aux municipalités pour organiser le carnaval ont gonflé pour atteindre cette année environ 50 millions de gourdes (803 000 $CAD).D\u2019aucuns y voient une manœuvre de politisation des activités carnavalesques de la part du pouvoir, alors que d\u2019autres remettent en question la pertinence de l\u2019utilisation de ces fonds publics, un sujet récurrent sur la scène musicale depuis plusieurs années.La population « a réalisé cette année que c\u2019était une aberration, commente Girault.On s\u2019est enfin demandé, après tout ce temps: qu\u2019est ce que ça change?Se mettre dans cette ambiance carnavalesque pendant trois jours, c\u2019est comme se poser sur un nuage, mais après, la réalité frappe à nouveau.Les sommes dépensées pour le carnaval, mieux vaudrait les investir dans les hôpitaux, dans l\u2019éducation, dans les centres culturels où au moins on pourrait en profiter toute l\u2019année durant, pas seulement durant ces trois jours de carnaval», dit-il en reconnaissant que ces quelques millions de gourdes mieux investies «ne propulseront pas le pays dix ans en avant».Métissage moderne Les Haïtiens ont néanmoins pu profiter des excellents merengues carnavalesques des musiciens de l\u2019île, plusieurs centaines d\u2019entre eux ayant été proposés depuis le début de l\u2019année.« Cela peut être difficile à saisir pour qui n\u2019est pas originaire d\u2019Haïti, mais cette période est très importante pour les artistes, indique Michael Brun.Le carnaval est un long processus durant lequel les musiciens présentent de nouvelles chansons, pas seulement festives, carnavalesques, mais surtout des chansons qui abordent directement la situation politique, économique et sociale du pays », comme le populaire merengue du duo Blayi One, Prezidan Pa Pridan (Le président n\u2019est pas prudent) et son vidéoclip recyclant des images des récentes manifestations qui ont ébranlé le gouvernement.Depuis quelques années, on peut entendre les voix de la nouvelle génération occuper l\u2019espace carnavalesque, alors que les influences contemporaines, hip-hop, dancehall, rabodày et musiques électroniques percolent dans le rara, les musiques rasin et kompa, qui constituent le répertoire du Kanaval.Exactement le genre de métissage moderne que pratiquent Gardy Gi- rault, enfant des années 1990 « marqué autant par la dance de SNAP, Tech- notronic, Dr Alban que par le house de Louis Vega », et son ami Michael Brun, lequel a participé à la mi-février au Krewe du Kanaval organisé par Arcade Fire à La Nouvelle-Orléans.Le concept du projet Bayo, que Michael Brun présentera vendredi à la SAT, « est de redonner \u2014 c\u2019est la signification du mot bayo.On entend toujours qu\u2019Haïti prend [l\u2019aide qu\u2019on lui donne], j\u2019avais envie de redonner, d\u2019abord en lien avec l\u2019histoire du pays et toute la culture qu\u2019elle a à offrir.[\u2026] C\u2019est un mélange de performance live, avec des chanteurs et des rappeurs, et de DJ set, une expérience pleinement haïtienne dans un même concert», avec plusieurs invités spéciaux, dont un orchestre rara.On veut aider à répondre à la pénurie, mais notre grande préoccupation, c\u2019est la qualité de la formation SERGE STRIGANUK » Le carnaval est un long processus durant lequel les musiciens présentent de nouvelles chansons, pas seulement festives, carnavalesques, mais surtout des chansons qui abordent directement la situation politique, économique et sociale du pays MICHAEL BRUN » LEDEVOIR // LE MARDI 5 MARS 2019 ACTUALITÉS A 5 CAMPS D\u2019ÉTÉ Pour annoncer dans ce regroupement, communiquez avec le département de publicité au 514 985-3399 publicite@ledevoir.com FANNY CARRIER À LA CITÉ DU VATICAN AGENCE FRANCE-PRESSE Le pape François a annoncé lundi l\u2019ouverture en mars 2020 des archives du Vatican sur le pontificat de Pie XII (1939-1958), après des décennies de polémiques sur son attitude face à la Shoah.De nombreux chercheurs réclament depuis des années de pouvoir examiner pourquoi Pie XII n\u2019est pas intervenu davantage contre la Shoah, une attitude que des organisations juives dénoncent comme une forme de complicité passive.« J\u2019ai décidé que l\u2019ouverture des archives du Vatican pour le pontificat de Pie XII aurait lieu le 2 mars 2020 », au 81eanniversaire de l\u2019élection d\u2019Eugenio Pacelli, a déclaré le pape en recevant les archivistes du Saint-Siège.« L\u2019Église n\u2019a pas peur de l\u2019histoire», a-t-il affirmé.À Jérusalem, le Mémorial de la Shoah de Yad Vashem a salué cette décision « qui va permettre des recherches ouvertes et objectives de même qu\u2019une étude complète des questions liées à l\u2019attitude du Vatican en particulier, et de l\u2019Église catholique en général, pendant l\u2019Holocauste ».En 2012, le mémorial avait modifié le panneau sur Pie XII dans son musée, expliquant que son attitude face à la Shoah était « objet de controverses ».Le gouvernement israélien s\u2019est déclaré « satisfait de cette décision » et a souhaité qu\u2019elle permette « d\u2019avoir accès aux archives pertinentes ».Controverses Alors que Jean XXIII (1958-1963), Paul VI (1963-1978) et Jean-Paul II (1978- 2005) ont été canonisés, le procès en béatification de Pie XII, relancé en 2009 par Benoît XVI, est au point mort en raison de ces controverses.Pour beaucoup d\u2019historiens, Eugenio Pacelli, qui avait longtemps été nonce (ambassadeur) en Allemagne avant de diriger la diplomatie du Vatican, aurait dû condamner bien plus fermement le massacre des juifs, mais ne l\u2019a pas fait pour ne pas mettre en péril les catholiques dans l\u2019Europe occupée.Une pièce de théâtre, Le vicaire, du dramaturge allemand Rolf Hochhuth HOLOCAUSTE « L\u2019Église n\u2019a pas peur de l\u2019histoire » Le pape annonce l\u2019ouverture des archives du Vatican sur Pie XII en 1963, adaptée en 2002 dans le film à charge Amen, du Franco-Grec Costa- Gavras, a largement contribué à cette image.D\u2019autres historiens assurent en revanche qu\u2019il a sauvé des dizaines de milliers de juifs italiens en demandant aux couvents de leur ouvrir leurs portes.Selon Mgr Sergio Pagano, responsable des Archives secrètes du Vatican, les travaux en vue de cette ouverture ont débuté sous Benoît XVI en 2006, après l\u2019ouverture des archives sur le pontificat de Pie XI (1922-1939).À cette époque, le Saint-Siège pensait que tout serait prêt à l\u2019horizon 2014- 2015, mais l\u2019étendue de la documentation et le manque de personnel ont allongé les délais, a rappelé Mgr Pagano dans l\u2019Osservatore Romano, le quotidien du Vatican.Selon lui, ce patient travail d\u2019archivage sur « une période cruciale pour l\u2019Église et pour le monde» permettra aux historiens de découvrir une « œuvre surhumaine d\u2019humanisme chrétien ».« J\u2019assume cette décision », a déclaré lundi le pape François, « sûr que la recherche historique sérieuse et objective saura évaluer sous sa juste lumière, avec les critiques appropriées, les moments d\u2019exaltation de ce pape et, sans doute aussi, les moments de graves difficultés, de décisions tourmentées, de prudence humaine et chrétienne ».Ces décisions « pourront paraître à certains comme une réticence et furent en fait des tentatives [\u2026] de maintenir, dans les périodes de ténèbres les plus profondes et de cruauté, la petite flamme des initiatives humanitaires, de la diplomatie cachée mais active », a assuré le souverain pontife argentin.Dans une interview en 2014, il s\u2019était montré plus incisif : les alliés « connaissaient parfaitement le réseau ferroviaire pour transporter les juifs vers les camps de concentration.Ils avaient les photos.Mais ils n\u2019ont pas bombardé ces lignes.Pourquoi ?».En revanche, Pie XII a caché des milliers de juifs dans les couvents, jusqu\u2019à Castel Gandolfo.« Là, dans la maison du pape, dans sa chambre, 42 bébés sont nés, fils de juifs et d\u2019autres persécutés », avait rappelé le pape François.ayant des implants ont des modèles de type texturés, a-t-il ajouté.Les femmes seront avisées par lettre des symptômes à surveiller \u2014 tels qu\u2019un gonflement anormal d\u2019un sein, des douleurs ou une masse palpable, entre autres \u2014 et à prendre rendezvous avec leur médecin pour un suivi, le cas échéant.Le Centre universitaire de santé McGill (CUSM) indique sur son site Internet qu\u2019il va contacter toutes ses patientes pour les informer du risque « très faible, mais potentiel», de ce lym- phome.Il a mis en place une ligne téléphonique à leur disposition.Ce cancer demeure très rare, écrit le CUSM, qui note qu\u2019un seul cas a été répertorié au Québec, et que la patiente a été traitée avec succès.La conclusion de la mise à jour de l\u2019examen d\u2019innocuité de Santé Canada est attendue pour le printemps 2019.Bientôt une action collective?Au Québec, une demande d\u2019autorisation d\u2019intenter une action collective contre des fabricants de ces implants mammaires texturés a été déposée à la Cour.Le recours n\u2019a pas encore reçu le feu vert d\u2019un juge.Selon l\u2019un des fabricants visés par ce recours, Allergan Canada, il n\u2019y a eu aucune nouvelle donnée clinique concernant l\u2019examen du profil avantages- risques des implants mammaires texturés.L\u2019augmentation du nombre de cas de lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires signalés à Santé Canada serait principalement attribuable à l\u2019attention récente des médias et à une plus grande sensibilisation à cette maladie, fait-il valoir sur son site Internet.En France, l\u2019Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a recommandé en novembre aux chirurgiens de ne plus utiliser les implants mammaires texturés.Elle a aussi demandé en décembre à la société Allergan de procéder au rappel de ses implants texturés actuellement en stock.STÉPHANIE MARIN LA PRESSE CANADIENNE Le ministère de la Santé du Québec veut que toutes les Québécoises \u2014 elles seraient des milliers \u2014 qui ont reçu des implants mammaires texturés depuis 1995 soient contactées et avisées d\u2019un risque potentiel de cancer.Le ministère a demandé à tous les établissements de santé d\u2019ouvrir les dossiers de leurs patientes, dont les femmes ayant subi une intervention chirurgicale de reconstruction mammaire, afin de recenser celles ayant reçu ces implants spécifiques.Ils doivent ensuite aviser les femmes concernées, c\u2019est-à-dire toutes celles qui ont reçu de tels implants au cours des 24 dernières années.Le risque de développer ce cancer serait faible, soit de 1 femme sur 30 000, a indiqué une porte-parole du ministère de la Santé du Québec, Marie-Claude Lacasse.Mais le ministère veut que les femmes soient informées.Cette décision de Québec a suivi une mise à jour publiée par Santé Canada à la mi-février.Le ministère fédéral signalait alors une augmentation du nombre de cas du lymphome anaplasique à grandes cellules associé aux implants mammaires texturés chez les Canadiennes.Au 1er janvier 2019, Santé Canada avait été informé de 22 cas confirmés et de 22 cas soupçonnés.Selon le ministère fédéral, il ne s\u2019agit pas d\u2019un cancer des tissus mammaires, mais d\u2019une forme rare de lymphome non hodgkinien, c\u2019est-à-dire un cancer touchant le système immunitaire qui peut apparaître plusieurs mois ou années après la pose d\u2019implants mammaires.Il se caractérise généralement par l\u2019accumulation de liquide entre l\u2019implant et les tissus environnants.Les implants visés ont une surface texturée qui ressemble à du papier sablé très fin et qui ont, selon des chirurgiens, une meilleure adhérence aux tissus que les implants à surface lisse, ce qui augmente leur stabilité dans la poitrine.Un nombre difficile à estimer Il est difficile de savoir combien de femmes au Québec ont reçu ce type d\u2019implants avant que les hôpitaux et cliniques aient fait le tour de leurs dossiers.Mais le ministère de la Santé du Québec estime qu\u2019elles pourraient être 15 000.Seulement 10 % des femmes Un juif regarde un panneau consacré au pape Pie XII au Mémorial de la Shoah de Yad Vashem, à Jérusalem.GALI TIBBON AGENCE FRANCE-PRESSE SANTÉ Implants mammaires : des milliers de Québécoises à risque Le risque de développer ce cancer serait faible, soit de 1 femme sur 30 000, a indiqué une porte-parole du ministère de la Santé du Québec, Marie-Claude Lacasse vec le mouvement de protestation pacifique contre la candidature d\u2019Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat présidentiel, c\u2019est toute une société qui se décide, dans un élan extraordinaire, à en finir avec le traumatisme de la « décennie noire » des années 1990.Ce traumatisme qui la faisait se taire aura été bien entretenu depuis vingt ans au nom « de la sécurité et de la paix » par une classe dirigeante accrochée à ses privilèges.Et maintenant que le réveil sonne, il est difficile d\u2019imaginer que les Algériens puissent être dupes de l\u2019absurde concession que leur a faite dimanche par la voix de sa coterie leur président grabataire et fantomatique.Éli- sez-moi le 18 avril prochain, leur a-t-il proposé, et je vous promets d\u2019organiser ensuite des élections précipitées auxquelles je ne serai pas candidat.Ou bien, faut-il comprendre, la répression risque de renvoyer la colère à ses cachots.La décennie noire, ce sont l\u2019annulation des législatives de 1991 devant la victoire au premier tour du Front islamique du salut (FIS) et la plongée du pays dans une guerre civile qui coûta la vie à au moins 100 000 personnes.Arrivé au pouvoir en 1999, Bouteflika est bien parvenu à incarner le retour à l\u2019ordre et une forme, certes incomplète, de réconciliation nationale.Avec lui se sont appliquées, grâce à la rente pétrolière, d\u2019importantes politiques de développement.L\u2019État-providence algérien subventionne la petite entreprise et les produits de base, et met sur pied une politique utile de logements pour faire face aux centaines de milliers de personnes déplacées par la guerre civile.Les Algériens lui en savent gré.Sauf que l\u2019homme a maintenant largement dépassé sa date de péremption politique.Après l\u2019AVC qui l\u2019a terrassé en 2013, il a été réélu en 2014 avec 82 % des voix au terme d\u2019une campagne à laquelle il n\u2019a pas participé et que l\u2019opposition a boycottée.Il est entendu que la légitimité de ce héros de la guerre d\u2019indépendance s\u2019est étiolée et que M.Bouteflika, duquel Paris aurait dû apprendre à se distancier, aurait déjà dû avoir quitté le pouvoir.Manifestement, la demande de sursis ne vise donc pour le régime qu\u2019à gagner du temps, de manière non pas tant à lancer le pays sur la voie d\u2019une véritable transition démocratique qu\u2019à préserver les intérêts de l\u2019élite qui tient le pouvoir à Alger.Si ce président qui n\u2019en est plus un avait vraiment entendu l\u2019appel de la population à un « changement du système », ainsi qu\u2019il le prétend dans sa déclaration de dimanche, il démissionnerait tout de suite.Et le scrutin du 18 avril serait reporté en espérant que pourraient être réunies les conditions d\u2019un climat électoral plus sain.La colère populaire est spontanément politique en ce que les Algériens n\u2019ont plus pu cacher leur incrédulité à l\u2019idée insensée qu\u2019on ose même re- déposer la candidature de M.Bouteflika, vu son état de santé.« On n\u2019ira pas voter pour une chaise vide », scandent les manifestants.Avec raison.On insulte leur intelligence.On fait le pari qu\u2019ils ont trop peur de revivre une « décennie noire » pour dénoncer cette mascarade.Pari raté.Mais c\u2019est aussi que la chaise est vide sur le plan socio-économique.Ou du moins qu\u2019elle se vide.La fameuse rente pétrolière, dont la minorité aux commandes approprie la plus grande part, se dégonfle lentement mais sûrement avec la chute du prix du pétrole depuis 2014 et peut de moins en moins financer les programmes sociaux et les projets d\u2019infrastructures.L\u2019Algérie « n\u2019a plus les moyens de cette politique d\u2019achat de la paix sociale », dit, avec d\u2019autres, l\u2019historienne Karima Dirèche dans Le Monde.C\u2019est un modèle à bout de souffle, constate pour sa part l\u2019International Crisis Group.Le fait est que plus du quart des jeunes Algériens sont aujourd\u2019hui au chômage et qu\u2019on voit mal comment leur situation, dans l\u2019ordre actuel des choses, pourrait bientôt s\u2019améliorer.La crise en Algérie n\u2019est d\u2019ailleurs pas sans parallèle avec celle que traverse le Venezuela.Dérivant politiquement, l\u2019un et l\u2019autre n\u2019écoutent que les sirènes de la rente pétrolière, échouant complètement à diversifier leur économie, piégés par la « malédiction des ressources ».Ce sont tous ces verrous que les Algériens voudraient voir (et faire) sauter.Entre un régime qui s\u2019accroche et une opposition faible qu\u2019on n\u2019a pas laissée s\u2019organiser, il n\u2019est qu\u2019à plaider pour que le ras-le-bol de la rue contribue à sortir de l\u2019ornière la vie politique algérienne.LEDEVOIR // LE MARDI 5 MARS 2019 DIRECTEUR BRIAN MYLES Rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard Vice-présidente du développement Christianne Benjamin Gaston Marcotte Professeur associé à la Faculté des sciences de l\u2019éducation de l\u2019Université Laval et président-fondateur du Mouvement Humanisation Dès son lancement, le cours Éthique et culture religieuse a été considéré comme un programme bâtard par de nombreux observateurs qui s\u2019y opposaient.Ce programme visait à concilier l\u2019inconciliable, c\u2019est-à- dire, deux concepts totalement opposés de la nature humaine et de son développement.Avant de complètement revoir, corriger et améliorer ce programme hybride comme le premier ministre et le ministre de l\u2019Éducation le proposent, il faut avant tout séparer ces deux matières pourtant indispensables à une éducation fondamentale.Critiqué autant par des croyants que des non-croyants, ce programme résulte des pressions du lobby religieux et du Conseil des affaires religieuses, qui ont fait reculer le gouvernement malgré la résistance de hauts fonctionnaires et d\u2019une majorité de Québécois.L\u2019opposition acharnée du lobby religieux contre la séparation de l\u2019éthique et de la culture religieuse est compréhensible.Les chefs religieux sont très conscients que, dès que les démocraties offriront un véritable programme d\u2019éthique fondé sur la nature humaine, les religions perdront progressivement leur raison d\u2019être, puisqu\u2019elles se fondent sur un monde surnaturel.Présentement, le ministre de l\u2019Éducation veut le laisser dans sa structure actuelle.Pourtant, ces deux volets relèvent de registres différents.Les intégrer dans le même programme d\u2019enseignement est non seulement irrationnel, mais immoral.C\u2019est un crime contre la conscience des enfants et des adolescents, qui sont en train de construire une carte mentale de la réalité, du monde, de la vie, d\u2019eux-mêmes, de la société et de l\u2019humanité qui devrait respecter la réalité et la raison.Pour une espèce dont les nouveaux membres ne naissent humains qu\u2019en potentiel, aucun programme de l\u2019école obligatoire ne peut être plus crucial que celui de l\u2019éthique, à la condition expresse qu\u2019il soit fondé sur la primauté de l\u2019humain et non de Dieu et des institutions religieuses.L\u2019éthique doit enseigner aux enfants et aux adolescents à respecter avant tout la dignité inhérente à tout être humain.Et respecter sa dignité consiste essentiellement à connaître et à respecter les exigences de bon développement et de bon fonctionnement de son être dans ses rapports avec le réel, l\u2019environnement, la vie, eux-mêmes, autrui, la société et l\u2019humanité.Pour enseigner à respecter sa dignité, l\u2019éducation obligatoire devra offrir aux élèves un programme d\u2019humanisation fondé sur une science et un art transdisciplinaires du développement humain, qui n\u2019existe pas présentement, bien que nous ayons toutes les connaissances théoriques et pratiques pour les développer.Le gouvernement actuel a une chance unique d\u2019extirper le Québec du cul-de-sac politico-religieux dans lequel il est enlisé comme bien d\u2019autres pays.Pour cela, le premier ministre et les ministres doivent être enseignants.Ils doivent expliquer au peuple québécois que seul un plus grand respect de la dignité humaine est susceptible d\u2019unir l\u2019ensemble de la société dans des projets au service du bien commun.Il faut surtout cesser de nous diviser et de gaspiller des sommes astronomiques de temps, d\u2019énergie et d\u2019argent, qui devraient servir plutôt à améliorer les services communs comme l\u2019éducation et la santé.Santé Canada, vraiment ?Je ne suis pas un spécialiste du glyphosate, mais plutôt un observateur qui n\u2019aime pas ce qu\u2019il voit dans l\u2019usage du Roundup en agriculture.La compagnie Bayer, longtemps associée aux remèdes pharmaceutiques, est-elle passée dans le camp adverse responsable de maladies, en faisant l\u2019acquisition de Monsanto, propriétaire de la marque Roundup, cet herbicide controversé ?Pourquoi le monde scientifique est-il divisé sur la question de l\u2019utilisation du glyphosate comme désherbant ?Si certains chercheurs, souvent à la solde de l\u2019industrie des herbicides, nient le potentiel de dangerosité de ce produit sur la santé et l\u2019environnement, d\u2019autres affirment le contraire en se basant sur des études indépendantes.Certains pays, comme la France, se sont montrés prudents face à ces herbicides en restreignant l\u2019homologation de ces produits à cinq ans.Quant à lui, le Canada sous la gouverne de son agence de santé, a ouvert les vannes pour une durée de quinze ans.Par principe de précaution et comme il n\u2019y a pas de fumée sans feu, Santé Canada n\u2019aurait-il pas dû se méfier de Monsanto qui finance des recherches en inondant le monde scientifique pour éteindre les feux ?Là où le bât blesse encore plus, c\u2019est lorsque l\u2019on apprend que des agriculteurs utiliseraient le Roun- Non pas l\u2019abolition, mais la séparation du cours ECR LIBRE OPINION LETTRES ALGÉRIE Faire sauter les verrous A ÉDITORIAL A 6 L E D E VO I R // F O N D É PA R H E N R I B O U R A S SA L E 1 0 JA N V I E R 1 91 0 > FA I S C E Q U E D O I S ! Directeur des finances Stéphane Roger Chef des technologies Sylvain Coutu Intégrer [les deux volets du cours ECR] dans le même programme d\u2019enseignement est non seulement irrationnel, mais immoral.C\u2019est un crime contre la conscience des enfants et des adolescents, qui sont en train de construire une carte mentale de la réalité, du monde, de la vie, d\u2019eux- mêmes, de la société et de l\u2019humanité qui devrait respecter la réalité et la raison.150 ans, la science officielle recommandait l\u2019administration de vaccins pour prévenir des maladies contagieuses qui, auparavant, faisaient des ravages parmi la population.Grâce aux éminents médecins spontanés formés à l\u2019UF, nous savons maintenant que ces vaccins sont extrêmement dangereux et qu\u2019il vaut mieux les éviter à tout prix.Toujours dans le domaine de la santé, nous apprenions que les céréales pour bébés produisent des miracles pour augmenter en quelques minutes le taux de fer sanguin avant un don de sang.Cette nouvelle vient détruire toutes les études antérieures qui statuaient que le fer d\u2019origine végétale, très différent de celui des humains, n\u2019était que très peu absorbé (1 % à 5 %) par notre système.L\u2019UF, c\u2019est à la fois l\u2019Université des Fake News, l\u2019Université de la Fantaisie et l\u2019Université de la Folie.N\u2019en déplaise aux savants de l\u2019UF, je continue d\u2019admirer les levers et les couchers d\u2019un soleil rond comme ma Terre, je suis assidue aux campagnes de vaccination annuelle pour me garder en santé quand des tas de gens autour de moi sont malades, et je consomme plusieurs repas de foie de porc pour augmenter mon taux d\u2019hémoglobine avant un don à Héma-Qué- bec.Comme je fais partie des aînés de notre société, je reste fidèle aux enseignements de mon alma mater, pour mon bien-être et celui de mes semblables.Je laisse à d\u2019autres le (dé)plaisir d\u2019étudier à l\u2019UF! Annette Côté, B.Sc., M.Sc.(nutrition en santé communautaire) Diplômée de l\u2019Université Laval Le 28 février 2019 dup en le pulvérisant sur des champs de céréales pour faciliter la récolte juste avant la moisson.Le glyphosate serait épandu sur une récolte presque mûre, forçant la plante à concentrer toute son énergie sur les graines affectées par le produit.N\u2019oublions pas que ces mêmes graines seront à terme transformées en farine pour la fabrication du pain, des pâtisseries, des pâtes sèches et autres aliments que nous consommons quotidiennement.Ces comportements sont nuisibles à la santé et à l\u2019environnement.Santé Canada ne devrait-il pas se pencher sur cette question, puisqu\u2019il en va justement de la santé des Canadiens ?Marcel Perron Neuville, le 2 mars 2019 Université Facebook Il existe une université avec des campus à la grandeur de la planète, qui n\u2019exige aucun examen d\u2019admission ni de présélection, et dont chaque étudiant peut également devenir professeur émérite en quelques jours.Cette institution révolutionnaire et accessible à tous de par sa gratuité, forme des millions de cerveaux dans tous les domaines de la connaissance humaine en quelques clics: c\u2019est l\u2019Université Facebook (UF).Par exemple, les découvertes que les humains avaient réalisées depuis des millénaires ont été balayées en quelques jours lorsque de savants professeurs de l\u2019UF ont décrété que notre planète était plate, et non ronde comme on nous l\u2019avait démontré depuis des siècles.Depuis plus de GUY TAILLEFER Si ce président qui n\u2019en est plus un avait vraiment entendu l\u2019appel de la population à un « changement du système », ainsi qu\u2019il le prétend dans sa déclaration de dimanche, il démissionnerait tout de suite A 7 IDÉES LEDEVOIR // LE MARDI 5 MARS 2019 Directeur de l\u2019information Florent Daudens Adjoints Paul Cauchon, Véronique Chagnon, Valérie Duhaime, Louis Gagné Adjoints Jean-François Nadeau, Dominique Reny, Louise-Maude Rioux Soucy Directeur de la production Christian Goulet Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Nous vous demandons de limiter votre contribution à 5000 caractères, espaces compris, soit environ 550 mots.Envoyez-nous vos textes à redaction@ledevoir.com.Nous communiquerons avec les auteurs dont les textes seront retenus.L\u2019avocat de Harvey Weinstein L e 28 février dernier, dans un article du Chronicle of Higher Education, Randall Kennedy relate la vendetta contre un professeur de la Faculté de droit de l\u2019Université de Harvard.Un exemple extrême de ces revendications pour des « espaces sécuritaires » (safe spaces), une pathologie qui envahit de plus en plus les universités nord-américaines.Ronald S.Sullivan Jr.est professeur de droit à l\u2019Université de Harvard et doyen de la Winthrop House, l\u2019une des 12 résidences du collège.Premier homme noir à occuper un tel poste, il dirige l\u2019Institut de justice pénale et l\u2019atelier de plaidoiries de Harvard.En 2008, il était conseiller dans l\u2019équipe de campagne du sénateur Barack Obama en matière de justice pénale.Il a représenté la famille de Michael Brown, ce jeune Noir abattu par un policier en août 2014 à Ferguson (Missouri) alors qu\u2019il n\u2019était pas armé, dans le procès contre la ville de Ferguson.Ses travaux ont abouti à la libération de plus de 6000 personnes incarcérées à tort.Voilà un avocat et universitaire au parcours exemplaire.Pas pour tout le monde.Depuis quelques semaines, plusieurs étudiants demandent que Sullivan soit démis de ses fonctions de doyen.Défendre Harvey Weinstein Ronald S.Sullivan Jr.n\u2019est pas accusé d\u2019actes répréhensibles.Son tort ?Il a accepté d\u2019être l\u2019avocat de Harvey Weinstein, ce producteur de cinéma déchu, accusé de harcèlement sexuel et d\u2019agressions sexuelles.Aux yeux de certains défenseurs des droits des victimes, ce serait là une faute grave.Si grave que cela mettrait en péril leur droit à un espace sécuritaire au sein de l\u2019Université.Ce type de revendications pour des espaces sécuritaires repose souvent sur l\u2019affirmation d\u2019un sentiment d\u2019« inconfort » que l\u2019on tente de présenter comme un argument rationnel.Au nom de vagues impressions individuelles, on ne revendique rien de moins que la mise à l\u2019écart des droits fondamentaux des autres.Une telle démarche doit être prise pour ce qu\u2019elle est : une manifestation de caprices.Bien sûr que les accusés de crimes sont rarement des personnages a priori sympathiques.Lors d\u2019un procès où l\u2019accusé doit répondre de gestes graves, plusieurs sont tentés de s\u2019interroger sur la « moralité » de l\u2019avocat qui défend l\u2019accusé.L\u2019un des plus anciens débats au sujet des différences entre le droit et la justice concerne les interrogations au sujet du rôle de l\u2019avocat.Mais un procès ne sera équitable et crédible que si l\u2019accusé est jugé uniquement en fonction des dispositions de la loi dans le cadre d\u2019un procès juste et équitable.À cette fin, nos lois reconnaissent le droit des accusés d\u2019être défendus par un avocat de leur choix.Les normes déontologiques des avocats font une nette distinction entre l\u2019opinion qu\u2019un avocat peut avoir quant à la culpabilité de son client et ses devoirs de le défendre de manière rigoureuse et compétente.C\u2019est là que se situe l\u2019essence même de cette profession.On pourrait croire que cela est évident pour tous, surtout à ceux qui sont engagés dans des études de droit.Il faut se détromper.Un éditorial du Harvard Crimson, l\u2019un des médias étudiants de l\u2019Université de Harvard, reproche à Sullivan de s\u2019être placé dans une situation incongrue.Une position qui l\u2019empêcherait de prétendre de manière crédible assurer la sécurité de chacun contre les violences sexuelles sur le campus puisqu\u2019il agit comme avocat d\u2019une personne accusée de tels crimes.Imputer à l\u2019avocat les fautes de son client Défendre un accusé de crimes devant la justice n\u2019est pas cautionner les gestes qu\u2019il a commis.Ce n\u2019est pas non plus les excuser.Le rôle de l\u2019avocat est de faire valoir les arguments factuels et juridiques afin que l\u2019accusé puisse être condamné uniquement si les exigences prévues par les lois sont respectées.Imputer à un avocat les fautes de son client relève du populisme le plus pathétique.Bien sûr, tout n\u2019est pas parfait, loin de là ! Il est indéniable que le droit d\u2019être effectivement défendu devant la justice demeure trop souvent tributaire du poids du compte bancaire de l\u2019accusé.Il y a beaucoup de travail à faire pour rendre le système de justice vraiment équitable pour tous les accusés, et surtout pour l\u2019ensemble des victimes.Mais le vrai combat à mener pour assurer la protection des droits des victimes d\u2019agressions sexuelles est celui de promouvoir le développement de processus judiciaires qui protègent effectivement les victimes et favorisent les dénonciations des actes répréhensibles.Lancer des anathèmes contre ceux dont le seul tort est de défendre des accusés qu\u2019on trouve infréquentables ne fait qu\u2019affaiblir le processus judiciaire.C\u2019est surtout faire bon marché du principe du procès équitable, qui inclut le droit de tout accusé à une défense pleine et entière dans le respect des lois.De la part d\u2019étudiants d\u2019une faculté de droit, c\u2019est une posture qui étonne.PIERRE TRUDEL Anithe de Carvalho Historienne de l\u2019art et professeure La contre-culture s\u2019est en grande partie développée dans les premiers regroupements hippies, au sein des communes.Des revues comme Logos, Le voyage et Mainmise y ont également beaucoup contribué.Suivant la maxime de Ian Dury, « Sex & Drugs & Rock & Roll », les disciples de la contre-culture ont des relations sexuelles libres, consomment toutes sortes de drogues et évoluent au son de la musique rock.[\u2026] On assiste alors à l\u2019émergence d\u2019une culture « autre» et singulière, qui tente d\u2019avoir droit de cité au sein de la société.C\u2019est dire donc que lorsqu\u2019on entend le terme art underground, nous sommes portés à croire qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un art marginal, rebelle, inconnu ou mal connu des élites culturelles.[\u2026] Pourtant, la contre- culture en arts visuels, bien qu\u2019elle fût contestataire et revendicatrice, voire néo-avant-gardiste et engagée, a pris naissance et s\u2019est dessinée à l\u2019intérieur du champ de l\u2019art.La contre-culture n\u2019a pas été récupérée par l\u2019establishment, comme on a eu tendance à le penser.Démocratie culturelle Les artistes de la néo-avant-garde artistique des années 1960 et 1970 contestent l\u2019art traditionnel et sa fonction interne dans le milieu de l\u2019art, tout en lui attribuant un rôle émancipateur, grâce auquel il donnera naissance à de nouvelles formes d\u2019art.Celles-ci pourront même être réalisées avec la collaboration de publics variés, et investiront des lieux inusités.Cette vision chez les artistes d\u2019un art qui peut être fait par toutes et tous rejoint la nouvelle vision culturelle de l\u2019État.Si la visée de la démocratisation de la culture est de rendre accessible la culture d\u2019élite à un public plus large, celle de la démocratie culturelle est très différente.Cette dernière consiste à faire la promotion de la culture au sens large.Elle naît des traditions et des coutumes populaires et est produite par les gens eux-mêmes.[\u2026] Dès 1968, on voit apparaître le terme «animation culturelle» chez les artistes et les groupes comme Fusion des arts et Maurice Demers, qui suscitent une autre idée de l\u2019art, de l\u2019artiste, du public, du financement et des lieux de diffusion.Si, d\u2019un côté, le milieu artistique veut réinventer le monde avec le public, de l\u2019autre côté, le gouvernement est prêt à réviser ses propres orientations en matière culturelle et à les adapter à une vision plus large, englobant les nouveaux publics participatifs que certains voudraient voir naître et proposant des activités d\u2019animation socioculturelle répondant à leurs besoins.[\u2026] Cette conception de l\u2019animation socioculturelle suppose l\u2019intervention d\u2019un artiste animateur au sein d\u2019une activité culturelle ouverte à de nouveaux publics, considérés comme des partenaires.Ces nouveaux publics sont diversifiés et sont invités à s\u2019impliquer spontanément au sein de rassemblements volontaires \u2014 ils deviennent les producteurs mêmes de leurs propres biens culturels.On peut alors mettre en parallèle les caractéristiques du modèle de la démocratie culturelle et ce que l\u2019artiste néo-avant-gardiste met en place.De cela découle une nouvelle vision, une autre façon de voir la fonction sociale émancipatrice de l\u2019art, qui sera assumée de concert par l\u2019artiste et le public, dans des espaces inusités pour la diffusion artistique, et qui profitera de nouvelles ressources financières.En outre, l\u2019État et les artistes semblent désormais partager un ensemble de valeurs humanistes.Le financement proviendra des nouveaux programmes fédéraux Perspectives jeunesse (1971), Initiatives locales (1971) et Explorations (1973-1974) du Conseil des arts du Canada.Mais plusieurs observateurs et observatrices ont critiqué ces programmes et les ont accusés de tenter de soumettre les jeunes au contrôle étatique.Ou au contraire, de lui échapper.Dans son autobiographie, le ministre Gérard Pelletier affirme, par exemple, qu\u2019il était devenu dangereux de financer les emplois des jeunes cadets de l\u2019armée au moment où le Front de libération du Québec (FLQ) était très populaire chez la jeunesse.Il considérait plus approprié de faire dériver les subventions des emplois d\u2019été des cadets vers les autres programmes d\u2019employabilité.Autrement dit, on ne voulait pas subventionner la formation militaire des jeunes membres du FLQ ! Les œuvres underground réalisées avec un public s\u2019inscrivent dans les nouveaux enjeux et tendances historiques en matière d\u2019étatisation de la culture, dans le cadre de la mise en place d\u2019un nouveau paradigme des politiques culturelles, celui de l\u2019idéologie de la démocratie culturelle, qui vise entre autres à atteindre de nouveaux publics.La plupart du temps, ces œuvres sont réalisées avec l\u2019assentiment de l\u2019État et des institutions culturelles et artistiques, au moment de l\u2019élargissement d\u2019un champ culturel dont la vision de l\u2019art relève aussi de l\u2019idéologie de la démocratie culturelle.Voilà la manière dont la contre-culture, dès sa naissance, a elle- même intégré les institutions.Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ?Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.Quand l\u2019État chérissait l\u2019art underground Dès sa naissance, la contre-culture a intégré les institutions Des Idées en revues Chaque mardi, Le Devoir offre un espace aux artisans d\u2019un périodique.Cette semaine, nous vous proposons une version abrégée d\u2019un texte paru dans la revue À bâbord !, fé- vrier-mars 2019, no 78.Rémi Lesmerises Biologiste La morale a grandement évolué au cours de l\u2019histoire.Au milieu du XIXe siècle, lors de la première grande Exposition universelle à Paris, on présentait des autochtones provenant des différentes colonies françaises dans des cages, un peu comme un zoo le fait aujourd\u2019hui avec les animaux, pendant qu\u2019aux États-Unis l\u2019esclavage était encore la norme.Des écrits de l\u2019époque établissaient clairement une distinction entre les différentes «races d\u2019humains», les castes inférieures étant jugées tenir davantage des animaux que de l\u2019homme civilisé.Évidemment, avec une telle posture morale, l\u2019exploitation de ces ethnies ne causait plus aucune difficulté, puisque l\u2019exploitation animale avait toujours été considérée comme allant de soi.Quel lien avec le véganisme, me di- rez-vous ?J\u2019y viens.On pourrait croire que l\u2019évolution normale de la morale devrait logiquement mener à l\u2019inclusion des animaux sensibles à leur environnement et à la douleur dans ce « nous » égalitaire qui exclut toute exploitation.Toutefois, il faut voir qu\u2019il n\u2019y a pas eu d\u2019évolution formelle dans notre positionnement par rapport au reste du vivant.De tout temps, les humains ont fait une distinction entre leur propre espèce et les autres.Le meurtre a toujours été la faute suprême et n\u2019a jamais été considéré sur un pied d\u2019égalité avec la mise à mort d\u2019un animal.Même les esclavagistes devaient rabaisser les victimes de leur trafic à des bêtes pour justifier leurs agissements.Il y a donc eu évolution morale, mais au sein de notre propre espèce.Il y a également eu une évolution morale dans notre perception de cet autre grand groupe que constitue le reste du vivant.Les recherches en comportement animal, en études de la douleur et en biologie cérébrale nous ont permis de retrouver chez plusieurs espèces animales des caractéristiques que nous avions l\u2019habitude de considérer comme exclusivement humaines.La question est maintenant de savoir si l\u2019évolution de cette morale va se poursuivre pour inclure graduellement les autres règnes, à savoir les végétaux, les champignons et autres micro-organismes.Si cette évolution est réellement basée sur les avancées scientifiques, il semblerait que oui.Des études de plus en plus nombreuses sur les végétaux font état de systèmes de communication interindividuels aériens ou myco- rhiziens.Cette communication, plus efficace entre individus apparentés, sert à avertir les autres individus de se prémunir contre le broutement (sécrétion de composés chimiques, rétraction des feuilles, etc.).Même s\u2019il est présentement impossible de statuer si les plantes ressentent ou non de la douleur, au sens humain du terme, elles synthétisent des anesthésiants lorsqu\u2019elles sont blessées et leurs réseaux de cellules comportent des similarités frappantes avec les neurones du règne animal.La frontière entre les organismes vivants, du point de vue de la conscience, s\u2019effrite.Ces découvertes mettent en lumière que la principale distinction est encore une fois purement anthropomorphique.Puisque nous accordons naturellement à notre propre espèce un statut supérieur (pas par supériorité divine ou intrinsèque, mais parce que notre survie est plus importante pour nous que celle des autres espèces), certains ont étendu cette prétention aux espèces vivantes auxquelles il est possible de s\u2019identifier.C\u2019est pourquoi les mammifères et les oiseaux, par leur esthétisme, mais surtout par leur comportement qui nous rappelle notre propre humanité, sont toujours l\u2019objet d\u2019une protection et d\u2019une attention plus importantes que les autres espèces animales.De la même façon qu\u2019on a rabaissé certains humains au niveau animal pour justifier leur exploitation ou leur extermination, on élève certaines espèces vivantes au niveau de l\u2019humain pour justifier leur protection intégrale.C\u2019est malheureusement faire preuve d\u2019aveuglement volontaire dans les deux cas.Puisque cette distinction entre les espèces et les règnes du vivant quant au niveau de conscience est arbitraire, pourquoi certaines espèces peuvent-elles être exploitées à loisir et d\u2019autres doivent- elles être épargnées?Pourquoi ne pas considérer que toutes les espèces méritent notre respect et ont un droit égal à la vie?Pourquoi ne pas reconnaître que notre propre espèce a aussi le droit de répondre à ses besoins et qu\u2019il est naturel qu\u2019elle le fasse?Pourquoi ne pas vouloir protéger la nature en acceptant d\u2019en faire partie intégrante?Si on accepte ces postulats, le véganisme, ou toute doctrine visant à exclure la consommation de produit animal, n\u2019a plus de raison d\u2019être.Que faire alors avec notre morale et nos enjeux éthiques ?Tout simplement utiliser notre intelligence pour répondre à nos besoins en limitant au maximum nos impacts sur la qualité de vie des organismes qui vont être consommés ou utilisés, de même que pour ceux qui cohabitent avec nous sans que nous les utilisions.Utiliser notre intelligence pour rendre leur existence la plus naturelle et leur mort la plus indolore et rapide possible.Tout simplement.Véganisme : vertu morale ou imposture ?Pourquoi ne pas reconnaître que notre propre espèce a aussi le droit de répondre à ses besoins et qu\u2019il est naturel qu\u2019elle le fasse ?Pourquoi ne pas vouloir protéger la nature en acceptant d\u2019en faire partie intégrante ?Si on accepte ces postulats, le véganisme, ou toute doctrine visant à exclure la consommation de produit animal, n\u2019a plus de raison d\u2019être. LEDEVOIR // LE MARDI 5 MARS 2019 ACTUALITÉS A 8 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4 Métro Berri-UQAM Ouvert du lundi au vendredi de 8 h 30 à 16 h 30 Suivez-nous sur LeDevoir.com et sur nos réseaux sociaux RÉDACTION Téléphone 514 985-3333 Courriel redaction@ledevoir.com RENSEIGNEMENTS ET ADMINISTRATION Téléphone 514 985-3333 ABONNEMENTS (du lundi au vendredi de 7 h 30 à 16 h 30) Téléphone 514 985-3355 Extérieur de Montréal 1 800 463-7559 (sans frais) Courriel abonnements@ledevoir.com Télécopieur 514 985-5967 PUBLICITÉ Téléphone 514 985-3399 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Courriel publicite@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 AVIS PUBLICS ET APPELS D\u2019OFFRES Téléphone 514 985-3452 Courriel avisdev@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 PETITES ANNONCES ET PUBLICITÉ PAR REGROUPEMENT Téléphone 514 985-3322 Courriel petitesannonces@ledevoir.com Télécopieur 514 985-3340 Le Devoir peut, à l\u2019occasion, mettre la liste d\u2019adresses de ses abonnés à la disposition d\u2019organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir inc., dont le siège social est situé au 1265, rue Berri, 8e étage, Montréal (Québec) H2L 4X4.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel inc., 12800, rue Brault, Saint-Janvier de Mirabel, division de Québecor Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, qui a retenu pour la région de Québec les services de l\u2019imprimerie du Journal de Québec, 450, avenue Béchard, Québec, qui est la propriété de Corporation Sun Media, 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.Envoi de publication \u2014 Enregistrement no 0858.Dépôt légal?: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007.Michael Jackson à son arrivée au palais de justice de Santa Barbara en mai 2005 pour répondre à des accusations de pédophilie AARON LAMBERT SANTA MARIA TIMES / ASSOCIATED PRESS PHILIPPE PAPINEAU LE DEVOIR Au lendemain de la diffusion du premier volet d\u2019un documentaire sur Michael Jackson contenant de graves accusations de pédophilie, les acteurs du monde de la diffusion \u2014 et le public en général \u2014 jouent aux funambules sur le fil tenu entre un homme et son œuvre.Trois stations de Cogeco ont banni le chanteur alors que le Cirque du Soleil reste muet quant au maintien de son spectacle hommage à l\u2019auteur de Thriller.La statue du roi de la pop a beau s\u2019effriter depuis longtemps en raison d\u2019accusations de pédophilie (qui remontent à 1993), quelques coups de pioche supplémentaires font revoler plusieurs morceaux du mythe à la suite de la diffusion sur HBO du documentaire de quatre heures Leaving Neverland, réalisé par le Britannique Dan Reed.Au cœur de cette production se retrouvent James Safechuck, aujourd\u2019hui âgé de 41 ans, et Wade Robson, 36 ans, qui racontent comment le chanteur les aurait violés de façon répétée.Le format de cette production, avec de longs témoignages précis face à la caméra, qui se corroborent l\u2019un l\u2019autre, éclaire l\u2019artiste sous une lumière plus crue que jamais.Sous ces projecteurs, les réactions du public sur les réseaux sociaux divergent, certains dénigrant les médias et le documentaire pour son traitement du chanteur décédé en juin 2009, d\u2019autres déversant leur colère sur Jackson.Les entreprises culturelles et médiatiques, quant à elles, marchent sur des œufs.À commencer par le Cirque du Soleil, qui présente en ce moment au Mandalay Bay Theatre de Las Vegas le spectacle hommage Michael Jackson One.Contactée par Le Devoir, l\u2019entreprise a expliqué par courriel que « comme des procédures légales sont en cours impliquant l\u2019un de nos partenaires, nous ne commentons pas la situation ».Le Cirque n\u2019a pas précisé s\u2019il avait entamé quelconque réflexion à ce sujet.Du côté des radios, seules les stations de Cogeco CKOI, Rythme et The Beat, ont bougé, décidant de ne plus diffuser la musique de l\u2019auteur de Beat It.La décision est en vigueur depuis lundi matin.« Nous sommes attentifs aux commentaires des auditeurs et le documentaire [de dimanche] soir crée des réactions », a expliqué au Devoir la directrice principale, communication marketing de Cogeco, Christine Dicaire.Quelques auditeurs ont manifesté directement leur malaise à l\u2019entreprise, « mais le tout est également un sentiment partagé dans la sphère publique, d\u2019où notre retrait », a ajouté Mme Dicaire.Rien chez Corus et Bell Mais au Québec et au Canada, la plupart des radios sont en réflexion quant à leur programmation musicale.Chez Corus, qui compte 39 stations au pays, « il n\u2019y a en ce moment pas de plans pour retirer les chansons [de Michael Jackson], mais nous suivons la situation de près », a expliqué Rishma Govani.Chez Bell, autre gros joueur radiophonique, on se contente de dire que l\u2019entreprise est « à évaluer la situation » et qu\u2019elle ne veut pas faire davantage de commentaires.Bell possède une soixantaine de postes, dont sept au Québec (Énergie, Virgin Radio, CHOM, Boom, entre autres).Ni Corus ni Bell n\u2019ont voulu expliquer en vertu de quels critères ils jugeront cet épineux sujet.De son côté, Radio-Canada explique privilégier sur Ici Musique des contenus canadiens et francophones, mais ajoute que « tout en suivant avec attention l\u2019évolution du dossier, la direction laisse à ses équipes la liberté ou non de programmer une chanson de Michael Jackson, tout en rappelant qu\u2019il AGRESSIONS SEXUELLES Diffuser ou bloquer Michael Jackson ?Le Cirque du Soleil reste muet alors que CKOI, Rythme et The Beat ne joueront plus la musique du roi de la pop est rarement entendu chez nous, sans égard à la controverse ».Le cas de la pop « Je ne suis pas psychologue, ni sexologue, mais plus on creuse dans la vie de Michael Jackson, et plus on se rend compte qu\u2019on a affaire à un personnage fort complexe, à la trajectoire trouble, raconte au Devoir Danick Trottier, professeur de musicologie à l\u2019UQAM.Et c\u2019est là où, pour moi, il faut toujours faire la distinction entre le résultat musical et le personnage lui-même.» Le professeur note que plusieurs des musiciens classiques qu\u2019il étudie, comme Wagner, voient leur génie souligné même s\u2019ils ont un « passé très lourd ».Ce qui ne semble pas être le cas en musique populaire, ajoute M.Trottier.« On a tellement personnalisé la musique populaire, on l\u2019a tellement élevée autour de personnalités fortes que sont les chanteurs et chanteuses qu\u2019on a tendance à ne pas voir tout ce qui se cache derrière la pop », dit le musicologue.Un titre de Michael Jackson, à ses yeux, n\u2019est pas juste Michael Jackson, mais c\u2019est aussi les musiciens qui l\u2019accompagnent, son réalisateur, Quincy Jones, une équipe qui a façonné son son.En ce moment, témoigne-t-il, la tension est « vraiment forte entre bannissement et aveuglement, il y a cette espèce de dialectique qu\u2019on a vue avec Bertrand Cantat ou Chris Brown, et qu\u2019on voit avec R.Kelly et d\u2019autres, illustre M.Trottier.Mais cette tension-là, je la trouve réductrice, elle est typique des débats qu\u2019on a en ce moment, par exemple autour de SL?V, où il y a une polarisation entre \u201c?je suis pour \u201d ou \u201c?je suis contre \u201d.Il y a des zones grises entre ces deux pôles-là qu\u2019il faut regarder et mettre en perspectives.» Professeur à l\u2019université de Syracuse, Robert Thompson voit dans l\u2019intensité des réactions au documentaire sur Michael Jackson l\u2019effet du mouvement #MeToo.« Le degré de conscience est plus élevé », disait-il à l\u2019Agence France- Presse samedi.Pour lui, « un documentaire aussi extrême pourrait complètement changer l\u2019image posthume » du chanteur.Toutefois, malgré l\u2019accumulation des accusations, l\u2019ancien leader des Jackson 5 conserve un noyau de fidèles que rien ne semble pouvoir atteindre.Pour Diane Dimond, qui a écrit le livre Be Careful Who You Love : Inside the Michael Jackson Case, « Jackson touche des gens au plus profond, même au- jourd\u2019hui ».Ses fans, dit-elle, « croiront à jamais qu\u2019il était comme Jésus ».De quoi aura donc l\u2019air le test de la réalité ?Est-ce que le public changera de poste en entendant Billie Jean ou quittera le plancher de danse aux premières notes de Smooth Criminal ?« Je pense qu\u2019au début les gens vont avoir une réaction épidermique, mais qu\u2019après ils vont faire la part entre l\u2019homme et l\u2019œuvre», dit Danick Trottier.Les héritiers de Michael Jackson ont quant à eux réfuté les allégations du documentaire et saisi la justice pour réclamer à HBO 100 millions de dollars au titre de ce qu\u2019ils qualifient d\u2019« assassinat posthume ».Avec l\u2019Agence France-Presse Le réalisateur du documentaire Leaving Never- land, Dan Reed, entouré de Wade Robson et de James Safechuck, qui auraient été violés à plusieurs reprises pendant une longue période par le chanteur TAYLOR JEWELL INVISION / ASSOCATED PRESS "]
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