Le devoir, 9 mars 2019, Cahier D
[" | CAHIER SPÉCIAL D | LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 Cultures du monde et arts décoratifs, sculptures, mobilier et objets du quotidien, design, arts graphiques, dessins, étampes, peintures d\u2019hier et d\u2019aujourd\u2019hui\u2026 les collections permanentes des musées québécois regorgent de trésors, œuvres d\u2019artistes québécois, canadiens et internationaux à découvrir et redécouvrir.Visite guidée.Voyage au cœur des collections MUSÉES MUSÉES \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 D 2 NOUVEAU SPECTACLE MULTIMÉDIA DÈS CE PRINTEMPS 350, place Royale, Vieux-Montréal (Québec) H2Y 3Y5 pacmusee.qc.ca R o m a i n G u i l b a u l t A l a i n V a n d a l R o m a i n G u i l b a u l t Le Musée McCord ouvre chaque année ses collections permanentes à une artiste en résidence.Hannah Claus explique ce que lui a inspiré la réserve de l\u2019établissement avec l\u2019exposition C\u2019est pas pour rien qu\u2019on s\u2019est rencontrés.Le Devoir est allé la voir alors qu\u2019elle mettait la dernière touche à ses installations, dévoilées ce week-end.E T I E N N E P L A M O N D O N E M O N D Collaboration spéciale H annah Claus venait de terminer le montage d\u2019un mobile qui évoque les châles portés dans certaines danses lors des pow-wow.Sur chaque corde sont enfilés plusieurs petits disques, sur lesquels sont imprimées les photographies de motifs perlés qui se trouvent sur des objets de la collection des cultures autochtones du Musée McCord.Les broderies de perles constituent depuis des siècles un moyen d\u2019expression im- por tant dans la culture iroquoise.« Dans mes sculptures suspendues, je me rapproche du processus du perlage, dans la manière de placer, de répéter et d\u2019accumuler », souligne l\u2019artiste d\u2019ascendance Kanien\u2019kehá : ka (mohawk) devant sa création.De l\u2019autre côté de la pièce, certains des objets, dont les détails ont été photographiés pour son installation, sont exposés dans une vitrine.Le programme Artiste en résidence de l\u2019établissement muséal, lancé en 2012, semblait tout indiqué pour elle.Parmi ses sources d\u2019inspiration figurent les cosmogonies autochtones, particulièrement celle des Mohawks, qui l\u2019amène à remettre en question notre perception linéaire du temps, de l\u2019espace et de la mémoire.« Les objets du Musée McCord ne sont pas figés dans le passé et restent contemporains dans une culture vivante, observe-t-elle.C\u2019est bien de les faire sortir pour qu\u2019ils respirent un peu, de prendre des images de choses qui sont sous verre et de les arranger pour que ce soit animé.» Des archives aux artefacts « C\u2019est toujours surprenant, ce qu\u2019ils font dire aux objets », dit Guislaine Lemay, conser vatrice Cultures MUSÉE MCCORD Faire dialoguer les collections VOIR PAGE D 4 : MCCORD Hannah Claus, Souvenir apprentissage oubli, 2019, cire d\u2019abeille MARILYN AITKEN Ce cahier spécial a été produit par l\u2019équipe des publications spéciales du Devoir, grâce au soutien des annonceurs qui y figurent.Ces derniers n\u2019ont cependant pas de droit de regard sur les textes.La rédaction du Devoir n\u2019a pas pris part à la production de ces contenus. H É L È N E R O U L O T - G A N Z M A N N Collaboration spéciale I ls sont sept.Sept ar tistes émer- gents, nés ici ou ailleurs, vivant ici ou installés ailleurs, mais ayant tous un lien avec le Canada.Ils ont des origines en Chine, au Sri Lanka, au Mexique, au Kenya ou encore en Libye.Et leurs œuvres sont empreintes de cette identité multiple qu\u2019ils vivent et sur laquelle ils réfléchissent.«Nous leur avons proposé un dialogue avec notre collection des cultures du monde, raconte Erell Hubert, conservatrice de l\u2019art précolombien au MBAM.Cela représente 10 000 pièces environ.Chacun en a choisi une ou un groupe, d\u2019autres ont plutôt préféré travailler de manière plus conceptuelle.L\u2019idée, c\u2019est de s\u2019inspirer de nos œuvres, pour la plupart issues d\u2019un répertoire classique, afin de les regarder autrement et de faire ainsi dialoguer les cultures.» Un fragment de la création artistique originelle Brendan Fernandes est né à Nairobi en 1979.Il vit aujourd\u2019hui à Chicago.Dans sa pratique artistique, il utilise souvent des objets africains issus des musées.La perte des traces de leur provenance soulève en lui des questions quant à leur authenticité et met en lumière leur passé colonial.L\u2019artiste établit ainsi une analogie entre leur histoire et son propre parcours d\u2019ar tiste canadien d\u2019ascendance kenyane et indienne.Mais Fernandes est aussi un ancien danseur de ballet classique, et il s\u2019intéresse depuis toujours à l\u2019importance du corps dans l\u2019expression des identités culturelles.« Je m\u2019intéresse à tout l\u2019aspect du mouvement de la performance inhérent à l\u2019art classique africain, précise Mme Hubert.Lorsqu\u2019on présente des masques dans un musée, ce mouvement est perdu.On se retrouve avec une présentation de masques sans le costume, statiques, qui ne sont qu\u2019un fragment de la création artistique originelle.» Pour son œuvre intitulée Lost in Display, l\u2019ar tiste a ainsi choisi des masques de la collection et en a fait des modèles 3D.Il a par ailleurs créé des chorégraphies qu\u2019il a filmées, et en réalité vir tuelle a fait porter les masques aux danseuses.« Il redonne du mouvement aux masques pour recréer le concept d\u2019origine, poursuit Erell Hubert, qui précise qu\u2019il ne s\u2019agit cependant pas de danses de l\u2019époque.Il ne travaille pas comme le ferait un anthropologue.Il s\u2019agit d\u2019une création purement artistique.» Préoccupations contemporaines Parmi les autres artistes, on retrouve la Montréalaise d\u2019origine libyenne Ar wa Abouan, qui avec son œuvre Sans chez-soi explore la transmission des connaissances par les femmes, les préjugés en général et le supposé obscurantisme musulman en particulier.L\u2019œuvre Objets personnels est pour sa part le fruit d\u2019une collaboration entre l\u2019ar tiste d\u2019origine argentine Maria Ezcurra, qui explore souvent les conséquences mentales, physiques et émotionnelles du déplacement, et l\u2019historienne d\u2019art d\u2019origine mexicaine Nuria Carton de Gram- mont, spécialiste de l\u2019art contemporain latino-américain.Elles ont demandé à 21 migrants de leur présenter un objet ayant une valeur particulière dans leur processus de migration et ont établi un dialogue entre les objets contemporains présentés par les participants et les objets de la collection du Musée afin de mettre l\u2019accent sur l\u2019histoire de leur périple.« Nous avons également deux artistes d\u2019origine chinoise, ajoute Laura Vigo, conser vatrice de l\u2019ar t asiatique du MBAM.Hua Jin insiste sur le sacrifice environnemental, culturel et spirituel que la Chine impose au nom du développement économique.L\u2019artiste s\u2019inspire des porcelaines chinoises du Musée et de leurs décors bleu cobalt pour créer douze assiettes qui jettent un pont entre le passé et le présent.Chaque assiette illustre un motif traditionnel, imprimé au laser puis estompé et décoloré.Tout en évoquant la tradition chinoise, cette décoloration met en évidence les notions de disparition et de transformation.» Quant à Karen Tam, elle s\u2019inspire elle aussi des porcelaines chinoises du Musée, mais pour dénoncer de manière ironique les lieux communs et l\u2019idée que l\u2019Occident en général et le Canada en particulier se font de la « chinitude ».«Au début du XVIIIe siècle, afin de satisfaire à la demande occidentale, la Chine fabriquait des pièces dans le s t y l e j a p o n a i s I m a r i , r a c o n t e Mme Vigo.Les sept vases à triple gourde conçus par Tam s\u2019inspirent des porcelaines de ce genre dans notre collection.Elle imite la décoration traditionnelle avec des paillettes et de la mousse de polystyrène.Mais, plutôt que de peindre des oiseaux, l\u2019ar tiste représente des insectes rampants qui imitent l\u2019apparence d\u2019autres insectes afin de se fondre dans leur environnement pour tromper leurs prédateurs ou leurs proies.» Remettre en question le discours muséal dominant À l\u2019issue de l\u2019exposition, ces sept œu- vres entreront dans la collection du Musée et seront présentées dès le mois de novembre dans la nouvelle aile des cultures du monde et du vi- vre-ensemble, dans le pavillon Stephan Crétier et Stephany Maillery.«Elles apporteront un nouveau regard sur la culture d\u2019ailleurs, indique Laura Vigo.Les œuvres que nous avons dans notre collection nous viennent pour la plupar t des premiers collectionneurs canadiens, qui n\u2019avaient jamais mis les pieds en Orient.Ils regardaient cela de manière fantasmagorique, ils créaient cette idée de l\u2019Orient charmant, mystérieux.Les œuvres qui sont arrivées au Musée n\u2019étaient même pas considérées comme des œuvres d\u2019art dans leur pays d\u2019origine.» Pour Erell Huber t, il s\u2019agit de poursuivre le dialogue à long terme.De faire entrer des voix plus contemporaines afin de démontrer que le discours muséal dominant jusqu\u2019à aujourd\u2019hui n\u2019est pas le seul possible.« Il y a différentes façons d\u2019être en relation avec les objets, conclut-elle.Les objets anciens ont une résonance, une per t inence dans le monde contemporain, dans le questionnement identitaire.Ils ne sont pas simplement relégués à l\u2019historique, mais ils permettent de comprendre les relations dans le présent.» CONNEXIONS : NOTRE DIVERSITÉ ARTISTIQUE DIALOGUE AVEC NOS COLLECTIONS Jusqu\u2019au 23 juin 2019 MUSÉES \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 D 3 En attendant l\u2019ouverture en novembre de la nouvelle aile des cultures du monde et du vivre-ensemble, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) braque les projecteurs sur sept artistes émergents issus de la diversité culturelle.Avec l\u2019exposition Connexions : notre diversité artistique dialogue avec nos collections, le musée présente sept œuvres contemporaines remettant en question la notion d\u2019identité culturelle.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Dialogue sur l\u2019identité culturelle « L\u2019idée, c\u2019est de s\u2019inspirer de nos œuvres [.] afin de les regarder autrement et de faire ainsi dialoguer les cultures » Vue de l\u2019exposition Connexions : notre diversité artistique dialogue avec nos collections au Musée des beaux-arts de Montréal DENIS FARLEY MBAM MUSÉES \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 D 4 autochtones au Musée McCord, au sujet des artistes en résidence.Elle remarque qu\u2019ils s\u2019attardent parfois à des artefacts auxquels les employés de l\u2019établissement n\u2019accordent un intérêt que dans une perspective de recherche, sans jamais penser les dévoiler au grand public.Au moment d\u2019accueillir son artiste en résidence, le Musée McCord lui fait toujours visiter l\u2019ensemble de la réserve, où sont entreposées les six collections permanentes de l\u2019établissement : celle de peintures, estampes et dessins, celle de costumes, mode et textiles, celle des cultures autochtones, celle d\u2019arts décoratifs, les archives photographiques Notman, ainsi que les archives textuelles.Ce sont ces dernières qui ont d\u2019abord piqué la curiosité d\u2019Hannah Claus.Elle a consulté les cartes, manuscrits et registres concernant la traite des fourrures.Mais très vite, elle a été confrontée à un vieux français écrit dans une ancienne calligraphie difficile à déchiffrer.« Tout ça m\u2019aliénait, exprime-t-elle.J\u2019étais frustrée en voyant les pages et j\u2019ai pensé aux Autochtones qui devaient faire affaire avec les Français, les Anglais et des phrases écrites de cette façon.C\u2019était un nouveau système pour eux et ils s\u2019étaient sans doute sentis isolés dans les communications.» Cette impression l\u2019a menée à créer une œuvre réalisée à l\u2019aide de couvertures, sur lesquelles des épingles en cuivre forment des symboles associés à des wampums.« Je vois l\u2019exposition comme étant un dialogue avec les objets de la collection, dit- elle.Ce ne sont pas des cartes ni des pages et il n\u2019y a pas de mots, mais en même temps, pour moi, c\u2019est un dialogue avec un registre.Si on avait à montrer notre propre registre, voilà peut-être à quoi il ressemblerait.» Hannah Claus s\u2019est ensuite tournée vers d\u2019autres collections, dont celle des arts décoratifs et celle des cultures autochtones.« Au début, je m\u2019inquiétais, parce que je me disais qu\u2019il n\u2019y avait pas de thématique, que les choses étaient trop dif férentes les unes des autres », dit-elle.Mais c\u2019est justement ce qui fait la fraîcheur de la démarche des artistes en résidence, selon Guislaine Lemay.Comme conservatrice, cette dernière va explorer la réserve pour trouver des objets qui vont soutenir un propos.Les artistes vont plutôt y repérer une « inspiration fondamentale », remarque-t-elle.« C\u2019est une tournure différente et ça apporte un regard très différent.» C\u2019est dans la collection des cultures autochtones, qui compte plus de 16 400 artefacts, qu\u2019Hanna Claus a déniché des objets perlés dont elle a utilisé les motifs dans son mobile, mais aussi dans des montages photographiques aux effets kaléidoscopiques.Montréal, territoire mohawk La membre de Tyendinaga, une communauté mohawk de l\u2019Ontario, a ainsi fermé une boucle : lorsqu\u2019elle a déménagé à Montréal au début de la décennie 2000, elle s\u2019était arrêtée au Musée McCord, où l\u2019exposition À la croisée des chemins : le perlage dans la vie des Iroquois montrait ce type d\u2019objets.« J\u2019étais tellement contente de voir ça, se rappelle-t-elle.Pour moi, Montréal c\u2019est vraiment le territoire mohawk.Et c\u2019était comme un beau bonjour pour venir ici.» Jusqu\u2019au 11 août prochain, ce sont ses œuvres que l\u2019on pourra admirer entre les murs de l\u2019établissement.«Le titre que j\u2019ai donné, C\u2019est pas pour rien qu\u2019on s\u2019est rencontrés, c\u2019était un peu les choses qui se mettent en place, sans qu\u2019on sache pourquoi, et pour lesquelles on fait les liens après.» Des liens qui, assurément, nous incitent à voir les objets des collections du Musée d\u2019une nouvelle manière.SUITE DE L A PAGE D 3 MCCORD Faire parler la culture autochtone Hannah Claus, Châle de danse pour la Femme du Ciel, 2019, tirage numérique sur film transparent, fil, colle, miroir en Mylar MARILYN AITKEN MUSÉES \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 D 5 A N D R É L A V O I E Collaboration spéciale A vant de jeter les bases de ce qui allait devenir le Musée des beaux-ar ts de Mont-Saint-Hilaire (MBAMSH) en 1995, André Michel avait déjà développé une expertise, à Sept-Îles avec la création du Musée du Vieux Poste en 1975 suivi du Musée régional de la Côte-Nord en 1985, et finalement du Musée du peuple innu en 1998.Par la suite, s\u2019établir à Saint-Hilaire, c\u2019était en quelque sorte côtoyer trois grands ar tistes au- jourd\u2019hui disparus, mais « qui ont marqué l\u2019histoire du Québec et du Canada » : Ozias Leduc (1864-1955), Paul-Émile Borduas (1905-1960) et Jordi Bonet (1932-1979).Les deux premiers y sont nés et y ont passé une par tie de leur existence, tandis que le dernier, d\u2019origine catalane, a choisi de s\u2019y installer.« Je trouvais anormal qu\u2019il n\u2019y ait pas de musée pour mettre régulièrement leurs œuvres en valeur », précise celui dont la démarche artistique est imprégnée de ses rapports complices avec les peuples autochtones.Mais se consacrer à son univers personnel ne l\u2019a jamais empêché de célébrer celui des autres.Ce musée, aussi surnommé les Muséales et regroupant sous la même direction générale les maisons d\u2019Ozias Leduc et de Paul-Émile Borduas, ainsi que la Maison amérindienne (pourvue d\u2019un conseil d\u2019administration indépendant du MBAMSH, et entièrement composé de membres de cinq communautés autochtones), a d\u2019abord pris racine\u2026 dans un centre commercial.«En 1993, j\u2019ai monté là une grande exposition consacrée à Jordi Bonet, se souvient André Michel.Je voulais démontrer qu\u2019un musée à Saint-Hilaire pourrait susciter l\u2019intérêt, et convaincre l\u2019ancien maire de la ville, Honorius Charbonneau \u2014 qui a déjà détenu le titre de maire étant resté le plus longtemps en poste au Québec.En deux mois, on a reçu 15 000 visiteurs, et ce fut le levier nécessaire pour trouver l\u2019argent et construire le Musée.» Distincts, mais complémentaires Deux décennies plus tard, le MBAMSH compte 620 œuvres dans ses réser ves, en majorité de Jordi Bonet, mais aussi d\u2019Ozias Leduc et de Paul-Émile Borduas.Le travail d\u2019acquisition demeure un défi pour chaque musée, dont pour les musées régionaux, mais selon André Michel, les lignes directrices étaient claires à la fondation, et le demeurent.« Contrairement à d\u2019autres institutions, nous n\u2019acceptons pas toutes les œuvres que l\u2019on veut nous don- MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONT-SAINT-HILAIRE Un mont et des merveilles «Saint-Hilaire, c\u2019est certainement une des villes au Québec où il y a le plus de créateurs de tous les horizons, qui y résident et qui y créent», déclare André Michel, lui-même peintre et sculpteur, fier résident de cette municipalité de la Montérégie.Passionné de grands espaces et de culture amérindienne, né à Avignon en 1945 avant de s\u2019installer au Québec en 1970, il est surnommé également «l\u2019homme qui plantait des musées».ner.Elles doivent être signées par des artistes qui ont été touchés par Saint-Hilaire, qui y ont habité ou qui ont peint les lieux.J\u2019ai déjà refusé des œuvres de Guido Molinari et de Claude Tousignant : j\u2019aime leur travail, mais ça ne correspondait pas à notre mission.» Il y a tout de même un défi à faire cohabiter dans un même espace trois grands artistes de générations différentes, un contraste esthétique qui pourtant attire chaque année entre 13 000 et 15 000 visiteurs, certains curieux d\u2019admirer leurs œuvres, d\u2019autres de découvrir là où Leduc et Borduas ont vécu.Car entre le grand peintre des lieux de culte et l\u2019instigateur du manifeste Refus global, premier signal en 1948 d\u2019une Révolution tranquille à venir, il y avait plus qu\u2019un lieu de résidence en commun, mais une réelle amitié, un respect mutuel.Pour André Michel, «ce sont trois artistes complémentaires», eux qui ont décoré des églises, et servi d\u2019inspiration pour les générations d\u2019artistes qui les ont suivis.D\u2019ailleurs, bien avant le fameux 1%, cette politique culturelle qui intègre des œuvres d\u2019art aux édifices publics et gouvernementaux, le fougueux Jordi Bonet savait déjà s\u2019imposer dans les universités et les hôpitaux, mais il demeure à jamais lié à l\u2019imposante murale qui orne le foyer du Grand Théâtre de Québec.On pourra d\u2019ailleurs en explorer le processus d\u2019élaboration dans le cadre de la prochaine exposition estivale du MBAMSH consacrée à Bo- net, qui se tiendra du 2 juin au 29 septembre 2019.« On soulignera à la fois le 40e anniversaire de sa mort et le 50e anniversaire de la murale », déclare fièrement André Michel, ayant mis la main sur des ébauches de béton que Bonet a présentées à l\u2019architecte Victor Prus pour le convaincre de se lancer dans cette grande aventure artistique qui a aussi fait couler beaucoup d\u2019encre.Et tout cela a un peu pris sa source à Saint-Hilaire.Vue de l\u2019exposition Rétrospective Michel Bourguignon, affichée jusqu\u2019au 13 mars au Musée des beaux-arts de Mont Saint-Hilaire MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONT-SAINT-HILAIRE « Contrairement à d\u2019autres institutions, nous n\u2019acceptons pas toutes les œuvres que l\u2019on veut nous donner.Elles doivent être signées par des artistes qui ont été touchés par Saint- Hilaire, qui y ont habité ou qui ont peint les lieux.» MUSÉES \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 D 6 EXPOSITION JUSQU\u2019AU 17 MARS 2019 Partez à l\u2019aventure et retrouvez les jouets égarés ! DERNIÈRE CHANCE! M A R I E - H É L È N E A L A R I E Collaboration spéciale Grande et petite histoire de Montréal Compte tenu de la richesse de son histoire, Montréal regorge de musées historiques et, dans ce domaine, Pointe-à-Callière fait office de figure de proue puisqu\u2019il est en lui-même un site historique et archéologique.Visiter l\u2019exposition Ici a été fondée Montréal, c\u2019est marcher sur un sol de verre surplombant les vestiges du fort de Ville-Marie.Le Musée des Hospitalières présente une exposition qui relate la folle entreprise de Jeanne Mance : fonder Ville-Marie avec Paul de Chomedey de Maisonneuve, et doter la ville d\u2019un hôpital, l\u2019Hôtel-Dieu de Montréal.De plus, cette année, deux nouvelles œu- vres viennent enrichir la collection du musée, des toiles de Pellan et de Met- sys et la crypte où reposent les restes de Jeanne Mance et de six cents hospitalières sera également ouverte au public du 24 mars au 5 mai.Construit sous le régime français, le Château Ramezay est un témoin privilégié de la ville.On y expose au- jourd\u2019hui la vie quotidienne au XVIIIe siècle tandis que, à la Maison Saint-Gabriel, on peut admirer le mobilier artisanal et différentes collections de peintures, de broderies et de sculptures des XVIIIe et XIXe siècles.Des premiers peuples à la modernité, le Centre d\u2019histoire de Montréal couvre les temps anciens et ceux un peu plus proches de nous, comme Expo 1967, un événement international qui a fait rayonner Montréal avec plus de 50 millions d\u2019entrées et des pavillons de 62 pays.Québec, capitale de la Nouvelle-France Québec\u2026 Là où tout a commencé ! Et le Musée de la civilisation est là pour nous le rappeler.L\u2019exposition Le temps des Québécois regroupe plus de 375 objets et documents d\u2019archives relatant les temps forts de l\u2019histoire, ceux qui aident à comprendre le Québec d\u2019aujourd\u2019hui.De son côté, La colonie retrouvée expose les artefacts trouvés sur le site archéologique Car tier-Rober val, emplacement de la toute première colonie française en Amérique, soixante ans avant l \u2019ar rivée de Champlain.Une invitation à revisi- ter l\u2019histoire apprise à l\u2019école ! L\u2019histoire exposée en permanence De Gatineau à la Gaspésie, les collections permanentes des musées regorgent de trésors Exposition 350 ans de pratiques artistiques au Québec du Musée national des beaux-arts du Québec IDRA LABRIE MNBAQ MUSÉES \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 D 7 Cette exposition itinérante a été produite par l\u2019Art Museum de l\u2019Université de Toronto en partenariat avec le Musée d\u2019art du Centre de la Confédération, Charlottetown, et a été réalisée en partie grâce au gouvernement du Canada, au Conseil des arts du Canada et au Conseil des arts de l\u2019Ontario.Commanditaire principal : Fondation Donald R.Sobey Kent Monkman, Les papas, 2016.Collection de Christine Armstrong et Irfhan Rawji.L\u2019Îlot des Palais est lui aussi un site historique et archéologique qui présente dans ses caves voûtées du XVIIIe siècle une exposition immersive: mapping au sol, projections et 3D sont au rendez-vous pour ce voyage dans la vie de ce lieu qui a vu la Brasserie Jean Talon, les Palais de l\u2019Intendant, les prisons, les Magasins du Roi et la brasserie Boswel.Mais bien avant que les Français ne débarquent, les Hurons- Wendat occupaient le territoire.Le Musée Huron-Wendat de Wendake nous parle d\u2019une culture toujours vivante à travers une collection d\u2019objets qui propose au visiteur d\u2019en explorer les territoires, les mémoires et les savoirs.Tout juste sous la terrasse Dufferin se cache une crypte archéologique qui témoigne de ce que fut la résidence officielle et le siège du pouvoir des gouverneurs de 1620 à 1834: le lieu historique national des Forts-et-Châteaux- Saint-Louis.La visite s\u2019effectue à l\u2019aide de dispositifs technologiques de pointe.Si l\u2019école des Ursulines existe encore aujourd\u2019hui, c\u2019est peut-être grâce à la petite révolution pédagogique qui a eu lieu en ses murs au XIXe siècle.En effet, l\u2019établissement était bilingue et multiconfessionnel, et tous les champs d\u2019études y étaient mis en valeur.L\u2019exposition L\u2019Académie des demoiselles présentée au Pôle culturel du Monastère des Ursulines raconte ce pensionnat parmi les plus prestigieux d\u2019Amérique du Nord.Près de 350 ans d\u2019art s\u2019exposent au Musée national des beaux-ar ts du Québec et, pour fêter son 85e anniversaire, le musée inaugure cinq nouvelles salles consacrées aux collections d\u2019ar t ancien et moderne.Sont ainsi mises en valeur quelque 600 œuvres d\u2019artistes qui ont marqué l\u2019histoire de l\u2019art au Québec.Le long de la grande voie d\u2019eau\u2026 Porte d\u2019entrée de la Nouvelle-France, le Saint-Laurent a lui aussi toute une histoire à raconter.Le Musée de la Gaspésie nous parle de la mer et de ses bateaux.Le grand large, c\u2019est l\u2019histoire de la Gaspésie à travers quinze voiliers : drakkars vikings, canots de haute mer micmacs et gaspé- siennes.De son côté, le Musée régional de Rimouski fait se côtoyer art contemporain et histoire régionale.C\u2019est le même concept qui prévaut au Musée du Bas-Saint-Laurent, où l\u2019on mêle volontiers art moderne et photographie ethnologique.On peut presque dire que c\u2019est à Kamouraska qu\u2019a été inventée la villégiature au Québec, et son Musée régional en rend compte dans l\u2019exposition Prendre les eaux à Kamouraska. Et autres rivières Le Musée des beaux-arts de Sherbrooke met en avant les ar tistes de la région dans l\u2019exposition Espaces et paysages.Des œuvres traditionnelles, contemporaines ou actuelles imaginent les panoramas des Cantons-de-l\u2019Est.À Trois-Rivières, le Musée POP possède plus de 100 000 artefacts.Comme il est impossible de tout exposer, trois grandes vitrines proposent les trésors cachés de la collection.Une rotation régulière du contenu permet de découvrir un grand nombre de ces richesses.À l\u2019ouest cette fois, du côté de Gati- neau, le Musée canadien de l\u2019histoire retrace la grande histoire du Canada en dix-huit récits : des événements, des personnages et des courants historiques, tout ce qui a façonné le Canada de la préhistoire à aujourd\u2019hui.On traverse la rivière des Ou- taouais et on se retrouve à Ottawa aux portes du Musée des beaux-arts du Canada.Ici, les collections sont gigantesques, et de nombreuses expositions permanentes mettent en lumière leurs joyaux d\u2019art canadien et autochtone.À travers les expositions permanentes des musées, des siècles d\u2019histoire nous contemplent\u2026 Vue de l\u2019exposition permanente Révélations de L\u2019Îlot des Palais, à Québec L\u2019ÎLOT DES PALAIS MUSÉES \u2014 LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 MARS 2019 D 8 DE L\u2019ARCHÉOLOGIE À L\u2019ART CONTEMPORAIN, TANT D\u2019OCCASIONS DE VISITER LA COLLECTION DU MUSÉE ! TÉLÉCHARGEZ GRATUITEMENT NOTRE APPLICATION MOBILE Plan directionnel interactif \u2013 Audioguides \u2013 Parcours thématiques \u2013 Activités culturelles Visitez gratuitement et en priorité d\u2019accès toutes nos expositions et notre collection, en plus de profiter d\u2019une foule d\u2019avantages ! mbam.qc.ca/vip DEVENEZ Présentant plus de 4 000 œuvres réparties dans 5 pavillons, la collection du MBAM est l\u2019une des plus importantes au Canada.Impressionnante par son ampleur et sa diversité, elle regorge d\u2019œuvres exceptionnelles des plus grands artistes de tous les courants tels Rodin, Matisse, Renoir, Riopelle, Tiffany, Basquiat, Chihuly, Thomson, Rembrandt, Pellan et Borduas.Parcours thématiques, activités famille, visites guidées, ?lms, conférences et concerts, venez (re)découvrir la collection ! ART QUÉBÉCOIS ET CANADIEN ARCHÉOLOGIE ET CULTURES DU MONDE ART INTERNATIONAL ARTS DÉCORATIFS ET DESIGN Le Musée remercie le ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Conseil des arts de Montréal et le Conseil des arts du Canada pour leur soutien constant.Art québécois et canadien, art international, arts décoratifs et design : Photos © Marc Cramer I Archéologie et cultures du monde : Photo Denis Farley © Successions Jean-Paul Riopelle, Louis Archambault, Yves Gaucher, Jacques Hurtubise, Guido Molinari, Serge Lemoyne et Jean McEwen / SOCAN (2019) "]
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